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lundi, 06 mai 2013

UNIVERSITE DE BOUAKE: IVOIRIENS, VOICI A QUOI ONT SERVI VOS 175 MILLIARDS!

 

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La réhabilitation des universités de Côte d'Ivoire a coûté au contribuable ivoirien, la coquette et rondelette somme de 175 milliards (et non 110 milliards comme pudiquement annoncé). Nous devions avoir les universités les plus belles et les plus opérationnelles qui soient, à l'heure qu'il est. Au lieu de quoi, voici ce que nous offre Ouattara (assisté de Cissé Bacongo, ministre de l'Enseignement supérieur, véritable maître d'oeuvre des travaux de réhabilitation annoncés comme achevés, avec son complice Sidi Kagnassi), sa "bonne gouvernance" et "son éthique gouvernementale". Témoignage authentique d'un étudiant de Bouaké. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Un correspondant de l'université de Bouaké m'écrit ce qui suit par mail:


«En fait, on n’a même pas la possibilité de faire cours au campus. Du lundi au vendredi, on fait nos TD dans un collège. Et les samedis et dimanches, on fait les cours magistraux au campus. Même nos compositions ne se font pas au campus.

Quant aux professeurs, la majorité est régulière au cours même si certains cours sont faits sans TD, comme en Phonétique ou encore en Synthèse et en Writing Skills. On a composé sans avoir terminé les cours.

Nous avons une matière appelée Listening Comprehension. On écoute un document audio, à la suite duquel on nous donne des exercices sur ce qui est dit. Pour cela, on a besoin de bons appareils de sonorisation (ou de labos langues, Ndlr). Contre toute attente, on nous envoie un poste de radio qui fonctionne avec 3 piles. Et dans ces conditions, on ne peut rien entendre.

En plus, il n'y a pas de bus pour nous faciliter les déplacements.

Nous n'avons pas de bibliothèque (un luxe, dans ces conditions-là !, Ndlr).

Jusqu'ici, les logements ne sont pas encore livrés».

 

Vive la "nouvelle Côte d'Ivoire"!

 

Avec la collaboration de Al Hosseine Gbané, également étudiant.

NOUVELLES PEU RELUISANTES DU CAMP D'AVEPOZO ET DES REFUGIES IVOIRIENS AU TOGO

 

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D'une amie blogueuse:

Voici ce que m’écrit, aujourd'hui, mon contact sur le camp d'Avépozo. On voit vraiment l'action des ténèbres pour attiser la haine contre les Ivoiriens en détresse.


Note 1:

"Les togolais, en ville, sont tous très remontés contre les Ivoiriens, ils sont très en colère. Leurs propos sont racistes et pleins de haine. Ils disent: "Partez de chez nous, allez chez vous..."

Alassane Ouattara et les autorités togolaises, avec en plus les responsables de HCR, ont réussi leur coup de monter la population contre les Ivoiriens dans leur radio locale.

Ils en parlent avec des Ivoiriens achetés à leur cause et qui travaillent pour détruire tout ce que les femmes avaient réussi à faire, par le mensonge. 

Ils en ont même parlé sur BBC; c'est une minorité d'hommes et de femmes ivoiriens à la solde d'Alassane, au milieu de nous. Ils parlent contre la majorité dans les radios et mentent.

Voici leurs noms. Il y a parmi eux des repris de justice en Côte d'Ivoire: Sahouli Théophile, Gbahou, Valentin, Gahé, Gba Amos, Phégnon, Dago. Les autorités togolaises et ivoiriennes travaillent avec eux et plusieurs autres. 

L'environnement (le climat) est tendu entre la population et les Ivoiriens qu'on traite de tous les noms, le camp des réfugiés est laissé à l’abandon et les réfugiés sont livrés à eux-mêmes".

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Note 2:

"Elevons une barrière de feu, notre intercession pour eux.
 
Pour ceux qui voudraient envoyer des dons, car il y a un manque de tout, eau, nourriture, ils seront remis à notre contact, pour aider les familles chrétiennes, vous pouvez contacter l'association Eleutherie en écrivant à:
 
eleutherie@gmail.com ou le glaivetranchant@gmail.com
 
Nous vous enverrons un RIB.
 
Chèques à l'ordre d'Eleutherie à envoyer à:
 
Association Eleuthérie 11, rue Dumont 88560, St Maurice-sur-Moselle (spécifier pour Jonathan)".

 

Que DIEU relève et bénisse la Côte d'Ivoire!

DEPUIS L'EXIL, DAMANA PICKASS: «IL FAUT UN GOUVERNEMENT DE TRANSITION»

 

DAMANA PICKASS.jpg


Dans cette interview réalisée via le net, il y a quelques jours, Damana Adia Pickass, un des leaders de la jeunesse pro-Gbagbo en exil au Ghana, réagit aux accusations portées contre lui par le récent rapport d’experts de l’Onu sur la Côte d’Ivoire. Il parle aussi d’autres sujets d’actualité tels que les élections locales, l’appel du Fpi au Pdci et l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015.


Notre Voie : Comment se porte le mouvement des patriotes ivoiriens que vous dirigez en exil ?

Damana Adia Pickass : Le mouvement des patriotes ivoiriens en exil, l’ensemble des structures et au-delà, la communauté ivoirienne en exil, se portent bien. Nous avons maintenant développé un reflexe de survie d’exilés. Quant à notre retour au pays, le jour, l’heure, l’année qu’il plaira au Seigneur de le permettre, nous rentrerons, retrouver notre chère patrie, la Cote d’Ivoire. Tout n’est pas rose, mais tout va, en général, très bien. Oui, tout va bien, Dieu est merveilleux (rires).

N.V : Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu et le Commandant de Gendarmerie, Abéhi, constituent les exilés politiques qui ont été récemment extradés vers Abidjan de façon cavalière dans une procédure opaque. Comment avez-vous vécu de tout cela ?

D.A.P : C’est une situation déplorable que nous continuons de regretter car les exilés bénéficient de la protection organisée et prévue par la législation internationale. Toutefois, nous n’avons aucune raison de douter de la bonne foi des autorités ghanéennes qui nous hébergent et nous protègent depuis le début de notre arrivée sur leur sol.

N.V : Quel est aujourd’hui le climat au sein des exilés politiques au Ghana et ailleurs ?

D.A.P : Le climat, l’ambiance, les rapports sont très bons. Ils ne font que se raffermir. Nous formons une vraie communauté familiale.

N.V: Le régime Ouattara soutient à travers la sous-région ouest africaine que les exilés politiques pro-Gbagbo installés au Ghana veulent le déstabiliser. Est-ce vrai ?

D.A.P : Tout se passe dans ces accusations comme si le régime de M. Alassane Dramane Ouattara, après tout le mal qu’il nous fait subir notamment les assassinats, emprisonnements, tortures, confiscation de biens, gel des avoirs, expulsion de notre pays etc., ne veut pas voir les pro-Gbagbo rescapés de cette barbarie vivre ou survivre dans une relative paix. Sur la base de montages grotesques, M. Ouattara tente, par tous les moyens, de diaboliser les pro-Gbagbo, les accusant sans aucune preuve sérieuse afin de les livrer, pieds et mains liés, à la justice internationale. Certaines fois, c’est à des réunions imaginaires qu’on nous accuse d’avoir participé. D’autres fois, ce sont des attaques ou des transports de sommes d’argent tout aussi surréalistes. Tout ceci sous l’œil complaisant de l’Onu qui se prête à cette comédie de mauvais goût du régime Ouattara. Même si l’Onu, dans la crise ivoirienne, a choisi son camp, il faut que dans son parti pris, elle y mette la manière et du sérieux, ne serait-ce que pour sauver les apparences. Les pro-Gbagbo en exil n’ont ni la volonté ni les moyens de déstabiliser le régime Ouattara.

N.V : Dans un rapport de l’Onu rendu public, le dimanche 28 avril 2013, des experts mandatés reprennent à leur profit cette accusation du régime Ouattara. Le rapport vous indexe nommément d’avoir été le pourvoyeur de fonds qui auraient servi à financer l’attaque menée, le 8 juin 2012, près de Para Sao, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Une attaque dans laquelle 7 casques bleus nigériens et 26 civils ivoiriens ont été tués, précise le rapport de l’Onu. Que répondez-vous à ces graves accusations ?

D.A.P : Le régime Ouattara au bénéfice de qui ce rapport a été pourtant fait fut le premier à le charger et à le rejeter pour son manque de sérieux et son absence de preuves. Vous avez pu suivre cette position du gouvernement Ouattara à travers la réaction du ministre de la Justice et des Droits de l’homme (Gnénéma Mamadou Coulibaly, ndlr) qui a fustigé la légèreté avec laquelle les accusations ont été portées. Que dire de plus, après ce désaveux cinglant du régime Ouattara, lui-même? Sinon lui emboiter le pas pour réfuter catégoriquement toutes ces accusations infondées portées sur des bases toutes aussi légères. Hier, un rapport de ces experts de l’Onu nous accusait d’être en intelligence avec les islamistes d’Ansar Dine pour déstabiliser le régime Ouattara. Hier encore, c’était le capitaine Sanogo du Mali avec qui nous aurions été convaincus de collusion déstabilisatrice du régime Ouattara. Aujourd’hui, c’est l’attaque des casques bleus du contingent nigérien de l’Onuci dont la mort a été rendue possible par des fonds que nous aurions convoyés. Demain, ce sera certainement un bombardement aérien mené depuis le Burkina Faso avec des drones malgaches. Tout ceci pue la conspiration, le complot et cela ne fait pas sérieux de la part de prétendus experts qui sont, en fait, des mercenaires à la solde du régime Ouattara. Des indiscrétions crédibles nous font savoir que leur champ d’investigation ne va pas au-delà de l’enceinte du ministère de l’Intérieur. L’enquête concernant les pro-Gbagbo commence au ministère de l’intérieur et se termine au ministère de l’intérieur avec en prime de grosses sommes d’argent et le tour est joué. Le rapport est bouclé. Le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, est souvent manipulé par de petits fantaisistes affamés ou par des réseaux d’information qui font beaucoup plus de l’incantation pour assurer une pitance quotidienne de plus en plus incertaine. Ce travail n’est pas professionnel et objectif, c’est un torchon. Devant cette calomnie permanente, nous sommes en train de nous organiser pour commettre des avocats en vue d’attaquer devant les juridictions compétentes, les auteurs désormais connus de ce grossier mensonge.

N.V : Le 21 avril dernier, se sont tenues des élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire marquées par un très fort taux d’abstention des populations et émaillées de graves violences. Comment de l’exil, avez-vous interprété cette situation ?

D.A.P : Cette violence provient en majorité du Rdr. Ce comportement est tributaire de la méthode de prise de pouvoir d’Etat par Alassane Dramane Ouattara. Pour les gens du Rdr, être quelqu’un au plan local, suppose suivre l’exemple de leur mentor. En effet, M. Ouattara n’est-il pas chef de l’Etat alors qu’il a perdu les élections présidentielles de 2010 ? Alors dans cette logique du « qui perd gagne » chacun au plan local doit montrer ses muscles pour être désigné vainqueur. Désormais, les vrais électeurs en Côte d’ivoire, ce sont la kalachnikov, les lances roquettes, les obus etc. Par ailleurs, il y a la défaite du SG du Rdr, Amadou Soumahoro, qui n’est pas banale. Amadou Soumahoro incarne l’aile la plus brutale et inhumaine du Rdr. Celle qui divise au lieu de rassembler, celle qui crée et exacerbe la haine au lieu de la résoudre, celle qui est opposée à tout compromis politique. Ne se promène-t-il pas fièrement à Abidjan auréolé du pseudonyme effrayant de « cimetière » ?

C’est ce Rdr-là que les militants du Rdr, en particulier, et les populations du Nord, en général, ont voulu rejeter par la défaite d’Amadou « cimetière ». Les Ivoiriens, dans leur majorité, ont besoin d’un nouveau Rdr, plus humain, plus conciliateur, enclin aux solutions négociées et aux compromis. Puisse la défaite d’Amadou « cimetière » permettre l’éclosion de ce nouveau Rdr. Le dernier enseignement, ce sont les Frci. Ce conglomérat de soudeurs, jardiniers, mécaniciens, chauffeurs, apprentis-Gbakas etc.…abusivement appelés « Force Républicaine de Côte d’Ivoire » et leurs auxiliaires dozos sont, en réalité, une milice du Rdr. Des officiers supérieurs de cette armée particulière ont publiquement fait campagne et donc violé le principe sacro saint de la neutralité de l’armée qui fait d’elle « la grande muette ». Les Frci ont, de ce fait, influencé les élections locales au profit d’un camp contre un autre. Et si à des endroits, ils ont eu un peu de réserve, c’est uniquement parce que c’est entre eux, membres du Rhdp. L’attitude des Frci est fondamentale pour l’avenir. Ainsi donc les municipales et les régionales mettent fin au processus électorale le plus calamiteux que la Côte d’ivoire ait connu et qui consacre la république des « illégitimes », un chef d’Etat illégitime, une assemblée nationale illégitime, des maires illégitimes, des présidents des régions illégitimes. Et le grand taux d’abstention sorti de ces dernières élections, comme celui des législatives passées, n’est que le reflet du rejet de Ouattara et de son régime par le peuple ivoirien.

N.V : La Commission électorale indépendante (Cei) dirigée par Youssouf Bakayoko que vous connaissez bien pour avoir été un membre du bureau central de cette structure, soutient qu’au contraire, ces élections locales ont connu un taux de participation avoisinant les 60%. Une estimation en déphasage avec le constat fait par tous les observateurs nationaux et internationaux. Cette réaction de la Cei vous a-t-elle surpris ?

DAP : 7-Nooonn ! Plus rien ne me surprendra de M. Youssouf Bakayoko. Ce monsieur est un réel danger pour la démocratie en Côte d’Ivoire. En effet, s’il a pu en 2010, imaginer des chiffres pour en faire des résultats provisoires des élections présidentielles, s’il a pu s’enfuir jusqu’au QG de campagne de M. Ouattara et y donner hors délai de prétendus résultats des présidentielles, ce n’est pas faire passer le taux de participation d’environ 15% à 60% qui serait compliqué pour lui. C’est vraiment un détail à côté des prouesses frauduleuses qu’il a déjà à son palmarès.

N.V : Quelle Cei pensez-vous nécessaire pour 2015 afin d’éviter les désastres électoraux de 2010, 2011 et 2013 ?

D.A.P : Vous avez raison de poser cette question, car il faut dès à présent renouveler l’architecture institutionnelle et juridique pour des élections crédibles et fiables en 2015. Ces aménagements en profondeur ne peuvent se faire que dans une approche démocratique et consensuelle entre le pouvoir et son opposition significative. Sur ces questions hautement importantes qui engagent la vie de la nation, le pouvoir doit comprendre qu’il ne peut et doit décider seul. Nulle part ailleurs l’organe chargé des élections n’est la résultante d’une décision unilatérale du pouvoir. C’est inadmissible et ce ne sera plus admis.

Il nous faudra une Cei libérée des pesanteurs des partis politiques qui pourraient y être certes mais en qualité d’observateurs afin de vérifier la fiabilité des opérations électorales. Cela éviterait de déporter au sein de la commission électorale, les contradictions politiques. La Commission doit, en outre, bénéficier d’une sécurité financière pendant et après sa mission, pour ses membres. Ainsi que d’un régime juridique expressément aménagé à cet effet. Cette Commission ne peut être crédible et digne de confiance que si elle émane d’un gouvernement qui lui-même aura subi des modifications notables aussi bien dans sa nature, sa composition que dans ses missions. C’est pourquoi, au vu du processus électoral qui vient de s’achever et considérant les tensions permanentes dans le pays, nous en appelons vivement à la mise en place d’un gouvernement de transition pour préparer les élections capitales de 2015. Ce gouvernement serait représentatif de l’ensemble des opinions politiques et de la société civile. La Côte d’Ivoire a des problèmes dont la solution ne peut attendre 2015. C’est maintenant qu’il faut agir pour 2015 afin d’éviter que 2015 soit un 2010 aggravé. Le gouvernement de transition est une approche sage, raisonnable pour contenter au minimum toutes les parties entre un Ouattara qui n’a pas gagné les élections et nous qui avons été spolié, de notre victoire.

N.V : Mais justement Alassane Dramane Ouattara a annoncé sa candidature pour la présidentielle de 2015. Quel commentaire vous inspire cette annonce ?

D.A.P : J’avoue que M. Ouattara est un personnage assez atypique. Alors que de façon courante, c’est le chef de l’Etat en exercice, parce qu’au travail et très occupé, qui est le dernier à annoncer sa candidature, en Côte d’Ivoire à un peu plus de 2 ans des échéances électorales de 2015, la première personne à annoncer sa candidature n’est pas un opposant mais celui qui est au pouvoir. Pourquoi cette annonce prématurée ? A qui s’adresse-t-elle ? Le chef de l’Etat s’adresse-t-il à Soro Guillaume, son dauphin constitutionnel, qui se donne de plus en plus une carapace présidentielle, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, et dont, bon nombre d’élus Rdr et indépendants se réclament de plus en plus ouvertement ?

Cette annonce de candidature ne concerne-t-elle pas aussi l’allié Pdci dont les velléités d’indépendance se font de plus en plus menaçantes ?

Cette annonce pourrait aussi bien s’adresser aux soutiens extérieurs d’Alassane Dramane Ouattara qui commencent à faire l’unanimité sur son incompétence et qui attendent toujours le retour sur les investissements qu’ils ont consentis pour son installation au pouvoir. Ouattara veut sans doute leur dire : « Soyez patients et soutenez-moi toujours, surtout en 2015 et je serai plus diligent envers vous ». En tout état de cause, cette annonce renferme des énigmes qu’il faut à tout prix déceler.

N.V : Le Fpi et tous les pro-Gbagbo auront-ils un candidat en 2015, selon vous ?

D.A.P : 2015, c’est dans deux ans, toute annonce maintenant serait prématurée.

N.V : Comment jugez-vous l’appel au sursaut patriotique lancé par le Fpi au Pdci-Rda pour sauver la Côte d’Ivoire qui est à la croisée des chemins ?

D.A.P : Cet appel au sursaut patriotique du Fpi est partagé par des cadres du Pdci et non des moindres. Cet appel doit non seulement être adoubé par les militants de ces deux partis politiques, mais au-delà, par tous les Ivoiriens soucieux de sauver la Côte d’Ivoire du naufrage dans lequel Ouattara et le Rdr l’ont mise. C’est donc la Côte d’Ivoire qui appelle le Fpi, le Pdci et voire même l’aile modérée du Rdr et les autres partis du Rhdp. Laissons de côté les égos, les récriminations personnelles et entendons ce cri du cœur de la Côte d’Ivoire. Nous avons suffisamment pris la mesure de la situation et le péril réel qui nous guette tous. A moins que nous soyons des imbéciles, des chiens, nous devons changer notre manière de nous asseoir.

Interview réalisée par Didier Depry in "Notre Voie".

didierdepri@yahoo.fr


dimanche, 05 mai 2013

LE NAUFRAGE ET L’OFFENSE - «RENDEZ LES CLES DU MALI AU PEUPLE MALIEN!»


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Par Aminata Traoré


« Toute société impérialiste voit dans l’Autre la négation de l’idéal qu’elle s’efforce, elle-même, d’atteindre. Elle cherche à le domestiquer en l’attirant dans le champ d’application de son idéal et en l’y situant au degré le plus bas »

Wolfgang Sachs.



QUE SOMMES-NOUS DEVENUS AU MALI?

« A qui allons-nous rendre les clés ? » est la question posée par Pierre Lellouche, député UMP et Président du groupe Sahel de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale française à propos du Mali. C’était le 22 avril 2013, lors du débat parlementaire qui a précédé le vote de la prolongation de l’Opération Serval. Comme pour lui répondre, Hervé Morin, ancien ministre (UMP) de la Défense dit « Mais il n’y a personne à qui passer la main ». Comme une lettre à la poste, la prolongation demandée a été adoptée à l’unanimité. S’agissant de l’organisation de l’élection présidentielle en juillet 2013. La France officielle est non seulement unanime mais intransigeante.

Je serai « intraitable » a prévenu le Président François Hollande. Ce mot est dans toutes les têtes ici et nous a blessés. Le ministre de la Défense Jean Yves Le Drian estime à ce sujet qu’ « il faut dire les choses fortement » (RFI). Les Maliens qui ont accueilli le Président François Hollande en libérateur s’imaginaient que l’Opération Serval débarrasserait rapidement leur pays de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et ses affiliés d’Ansar Dine et du MUJAO et que la vie reviendrait comme avant. L’intervention militaire a incontestablement réduit la capacité de nuisance des djihadistes en en tuant quelques centaines et en détruisant d’énormes stocks d’armes et de carburant. Mais les villes de Gao et Tombouctou sont libérées sans l’être totalement puisque des groupes que le discours officiel qualifie de « résiduels » opèrent dans ces localités et y commettent des attentats. Fait plus préoccupant, Kidal est entre les mains du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) qui interdit à l’armée malienne d’y accéder.

De peur de s’enliser, la France revoit ses effectifs à la baisse sans pour autant se retirer. Sa coopération avec la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la mobilisation des troupes africaines de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) étant loin d’être satisfaisante. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies au Mali (MINUSMA) entrera en action en juillet. La France ne s’enlisera pas. Mais dans quelle aventure a-t-elle embarqué notre pays alors qu’il ne s’y était pas préparé ? Et quel Mali laisserons-nous aux générations futures ? Celui où le départ du dernier soldat français a été l’un des temps forts de sa décolonisation et qui aujourd’hui perd ce qui lui restait de souveraineté ?

Confiant dans son rôle de libérateur, le Président Hollande nous a promis lors de son passage à Bamako une nouvelle indépendance, « non pas contre le colonialisme, mais contre le terrorisme ». Comme s’il appartenait à la France de nous sauver d’un péril auquel elle n’est pas étrangère si l’on remonte à son intervention en Libye.

L’Homme malien est-il suffisamment entré dans l’histoire ? Est-il sujet de son propre devenir de manière à jouir de son droit de dire « non » aux choix et aux décisions qui engagent son destin ?

La militarisation comme réponse à l’échec du modèle néolibéral dans mon pays est le choix que je conteste. Interdite de séjour dans les pays de l’espace Schengen, je regarde avec admiration et respect, la mobilisation et la détermination des peuples d’Europe à lutter contre le même système qui en toute quiétude nous broie, ici en Afrique.

L’EFFONDREMENT DU CAPITALISME MALIEN «GAGNANT»

Le Mali ne souffre pas d’une crise humanitaire et sécuritaire au nord du fait de la rébellion et de l’islam radical et d’une crise politique et institutionnelle au sud en raison du coup d’Etat du 22 mars 2012. Cette approche réductrice est la première et véritable entrave à la paix et la reconstruction nationale. Nous avons assisté surtout à l’effondrement d’un capitalisme malien prétendument gagnant au coût social et humain fort élevé.

Ajustement structurel, chômage endémique, pauvreté et extrême pauvreté, sont notre lot depuis les années 80. La France et les autres pays européens ont juste une trentaine d’années de retard sur le Mali, et ses frères d’infortune d’Afrique, soumis depuis plus de trois décennies à la médecine de cheval du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale.

Selon le CNUCED (rapport 2001), l’Afrique est le continent où la mise en œuvre des PAS a été la plus massive, la plus poussée et la plus destructrice le long des décennies 80 et 90 au cours desquelles les institutions internationales de financement ne se sont préoccupées que de la correction des déséquilibres macro-économiques et des distorsions du marché en exigeant des Etats des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP).

Le credo de Margaret Thatcher « There Is No Alternative » (TINA) marche à merveille sous nos cieux. Il revient à dire au plan économique « libéralisez vos économies à tout prix », au plan politique « Démocratisez selon nos normes et nos critères » et dans le cas du Mali « votez en juillet ». A cet agenda, suffisamment périlleux, s’ajoute, à présent, le volet militaire « sécurisez vos pays selon nos méthodes et conformément à nos intérêts ».

Sacrifié sur l’autel du commerce dit libre et concurrentiel, mais parfaitement déloyal comme l’illustrent les filières cotonnière et aurifère, et sur celui de la démocratie formelle, le Mali est en train de l’être, également, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

La rébellion du Mouvement Nationale de libération de l’Azawad (MNLA), le coup d’Etat, et le recrutement des jeunes chômeurs et affamés au nord comme au sud du pays par AQMI, Ansar Dine et MUJAO s’inscrivent dans un environnement national explosif. Il a été marqué en fin 2011 et début 2012 par des marches de protestations contre la vie chère, le chômage, la précarité, le référendum constitutionnel, la question foncière, la corruption et l’impunité.

Mis à part la petite minorité des nouveaux riches, c’est le peuple malien qui est le grand perdant de l’ouverture de l’économie nationale aux forceps. Il est diverti par le discours mensonger et soporifique sur l’exemplarité de notre démocratie et de nos performances économiques qui étaient semble-t-il les meilleures de l’UEMOA. Les voix discordantes sont ostracisées.

DENI DE DEMOCRATIE

Démocratique à l’intérieur de ses frontières, lorsqu’on considère la teneur et la vivacité du débat dans l’hémicycle et dans la rue sur le mariage pour tous, par exemple, elle se montre intraitable dans ses relations avec le Mali. Ne pas voir le moindre mal dans son retour en force. Ne rien savoir de ses desseins ou faire semblant de ne pas savoir. Chanter et danser à sa gloire si l’on veut être dans ses bonnes grâces, exister politiquement et circuler librement en Europe. S’y refuser reviendrait à ne pas être avec elle, donc contre elle. On se croirait au lendemain des attentats du World Trade Center aux Etats-Unis d’Amérique en 2001, au moment où le Président américain Georges W Bush déclarait : « Ou bien on est avec nous, ou bien on est avec les terroristes ». Dans mon cas ce sont les idées de gauche sur les ravages de la mondialisation néolibérale en Afrique qui sont devenues subversives. Elles m’avaient pourtant valu d’être l’invitée du Parti Socialiste à son université de la Rochelle en 2010.

Pour brouiller le sens de mon discours et de mon combat j’ai été qualifiée d’abord de pro-putschiste et d’anti-CEDEAO, avant l’étape actuelle de mon assignation à résidence. Je suis redevable à Karamoko Bamba du mouvement N’KO de cette pensée africaine selon laquelle «celui qui a le fusil ne s’en sert pas pour prendre le pouvoir. Et celui qui détient le pouvoir l’exerce dans l’intérêt du peuple et sous son contrôle».

Pourquoi devais-je faire porter l’entière responsabilité de l’effondrement de l’Etat aux laissés-pour-compte d’une armée gangrenée, comme les autres institutions de la République, par la corruption, le népotisme et l’impunité ?

Il ne peut être reproché aux militaires de ne pas savoir défendre un pays dont les élites politiques et économiques, non seulement acceptent de l’ouvrir au marché dans les pires conditions mais en profitent pour s’enrichir. Le naufrage est d’abord le leur pour avoir revendiqué un modèle économique qui rime avec le désengagement et le délitement de l’Etat, la ruine des paysans, la clochardisation des troupes et le chômage endémique. S’ils n’avaient pas les moyens d’appréhender les ravages du système dans les années 80, nos dirigeants politiques ne peuvent plus l’ignorer au regard de l’impasse dans laquelle ce système a conduit la Grèce, l’Espagne, le Portugal, Chypre et… la France, leur mode de référence.

DE L’OSTRACISATION A LA CRIMINALISATION

C’est le 12 avril au moment de me rendre à Berlin à l’invitation de la gauche allemande (Die Linke) et à Paris à celle du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) que j’ai appris que j’étais devenue persona non grata en Europe à la demande de la France. Il en est de même pour Oumar Mariko, le Secrétaire général du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance). L’ambassade d’Allemagne m’a donné un visa qui m’a permis de me rendre à Berlin en passant par Istanbul (Turquie) au lieu d’Amsterdam (Pays-Bas) comme initialement prévu. Quant à l’étape de Paris, elle a tout simplement été annulée.

J’ai pris connaissance de mon statut de persona non grata par le message suivant qui m’a été adressé par la Fondation Rosa Luxembourg.

« L'ambassade d'Allemagne à Bamako nous a informé ce matin que la condition indispensable pour votre visa pour l'Allemagne est que vous ne voyagez pas via un pays de Schengen. C'est pourquoi nous avons acheté un nouveau ticket (des vols via Istanbul/Turquie) que vous trouvez ci-joint. Je suis désolé que de ce fait vous n'avez pas la chance de rester trois jours à Paris. Mais l'ambassade d'Allemagne nous a informé que la France a empêché qu'on vous donne un visa pour tous les pays Schengen. On va venir vous chercher à l'aéroport à Berlin lundi. »

L’Association « Afrique Avenir » en co-organisatrice de l’une des conférences à Berlin a protesté et ses principaux partenaires ont réagi à leur tour. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné leur solidarité et rappelle ici le sens de mon combat, pour ceux qui considèrent que la France a le droit de porter atteinte à ma liberté de circulation en raison de mon désaccord avec Paris lorsqu’il ne pratique que la politique de ses intérêts.

Qui peut me reprocher ce que les auteurs du rapport d’information du Sénat français disent si clairement en ces termes « La France ne peut se désintéresser de l’Afrique qui est, depuis des décennies, sa profondeur stratégique, qui sera demain, plus peuplée que l’Inde et la Chine (en 2050, l’Afrique aura 1,8 milliards d’habitants contre 250 millions en 1950), qui recèle la plupart des ressources naturelles, désormais raréfiées et qui connaît un décollage économique, certes, inégal, mais sans précédent, qui n’est plus, seulement, porté par l’envolée du cours des matières premières, mais aussi, par l’émergence d’une véritable classe moyenne ».

Si le constat sur les enjeux démographiques et économiques est fondé, le « décollage économique » auquel ce rapport fait allusion est incertain, source de conflits parce qu’inégalitaire, ne profitant d’abord qu’aux entreprises étrangères et à une partie de l’élite politique et économique.

Les enjeux de l’intervention militaire en cours sont: économiques (l’uranium, donc le nucléaire et l’indépendance énergétique), sécuritaire (les menaces d’attentats terroristes contre les intérêts des multinationales notamment AREVA, les prises d’otages, le grand banditisme, notamment le narcotrafic et les ventes d’armes), géopolitique (notamment la concurrence chinoise) et migratoires.

Quelle paix, quelle réconciliation et quelle reconstruction peut-on espérer lorsque ces enjeux sont soigneusement cachés au peuple ?

L’INSTRUMENTALISATION DES FEMMES

L’interdiction de l’espace Schengen ne me vise pas en tant que femme mais elle démontre que celles qui refusent d’être instrumentalisées dans la défense des intérêts dominants peuvent être combattues. J’en fais la douloureuse expérience au niveau national depuis longtemps déjà, mais ne m’attendais à être ostracisée de la part du pays des droits de l’homme, précisément, au moment où mon pays est en guerre.

Il viole ainsi la résolution 1325, relative à la participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux, à la prévention ou à la résolution des conflits ainsi qu’à la reconstruction.

Dois-je rappeler que le 8 mars 2013, Journée Internationale des Femmes, le Président François Hollande répondait à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy qui s’interrogeait sur la présence de l’armée française au Mali, qu’elle y est allée « parce qu’il y avait des femmes victimes de l’oppression et de la barbarie ! Des femmes à qui l’on imposait de porter le voile ! Des femmes qui n’osaient plus sortir de chez elles. Des femmes qui étaient battues ! ».

A propos de voile, je suis l’une des rescapées maliennes et sahéliennes de l’analphabétisme qui tente de déchirer celui, pernicieux, de l’illettrisme économique qui maintient les Africains dans l’ignorance la plus totale des politiques néolibérales et fait d’eux du bétail électoral. Le Président Hollande se montrerait-il si intraitable quant à la date de l’élection présidentielle au Mali s’il avait devant lui un électorat malien qui place la souveraineté économique, monétaire, politique et militaire au cœur du débat politique ?

A propos des femmes qui "n’osaient plus sortir de chez elles", je sortais jusqu’ici librement de mon pays et parcourais tout aussi librement l’Europe et le monde. Quelle que soit l’issue de la situation que je traverse en ce moment, elle ne peut qu’être dissuasive pour les autres Maliennes et Africaines qui ont envie de comprendre le monde global et de lutter pour ne pas le subir mais en être des citoyennes averties et actives.

AIDE AU DEVELOPPEMENT OU A LA MILITARISATION

Au djihadisme armé il faut, semble-t-il, une solution armée. La voie est ainsi ouverte dans un pays comme le nôtre aux achats d’armement au lieu d’analyser et de soigner le radicalisme religieux qui prospère là où l’Etat, ajusté et privatisé, est nécessairement carencé ou tout simplement absent.

Faire l’âne pour avoir du foin, est le comportement qui prévaut dans ce contexte de pauvreté généralisée tant au niveau des Etats que de certaines organisations non étatiques. Et la guerre - comble de l’horreur - est aussi une occasion d’injecter de l’argent frais dans notre économie exsangue.

Déçue par les hésitations et les lenteurs de l’Europe dont la solidarité s’est traduite jusqu’ici par la formation de l’armée malienne et de certains soutiens bilatéraux, la France invite au partage de l’effort financier entre Européens dans la défense de leurs intérêts stratégiques en Afrique de l’Ouest. D’autres bailleurs de fonds y seront associés.

Le 15 mai 2013 à Bruxelles, les bailleurs de fonds examineront le plan d’actions prioritaires d’urgence (pour 2013 et 2014). Les ressources qui seront mobilisées (ou annoncées) profiteront-elles au peuple malien, qui ne sait plus où donner de la tête ou irrigueront-elles les mêmes circuits économiques selon les mêmes pratiques qui ont aggravé la pauvreté et les inégalités.

Dans le cadre de la reprise de la Coopération, le ministre français délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement annonce 240 millions d’euros destinés à financer l’agriculture, les services de bases dont l’eau et l’électricité dans les régions du nord, le retour des populations.

C’est le lieu de rappeler que Tripoli la capitale Libyenne a abrité, les 29 et 30 novembre 2010, le Troisième Sommet Afrique-UE où le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, a accueilli, en grande pompe, les dirigeants de 80 pays africains et européens.

La création d’emplois, les investissements et la croissance économique, la paix, la stabilité, les migrations et le changement climatique étaient à l’ordre du jour de ce sommet. Les participants s’étaient mis d’accord sur un « plan d’action » pour un Partenariat Afrique-UE de 2011 à 2013.

L’UE a, à cette occasion, réaffirmé son engagement à consacrer 07% de son PNB à l’aide publique et au développement d’ici 2015 et d’affecter 50 milliards d’euros aux objectifs généraux du partenariat envisagé entre 2011 et 2013. Nous sommes en 2013 et fort loin des objectifs de développement du Millénaire et des voies et moyens de les atteindre en 2020. Car le ver dans le fruit.

La paix, la réconciliation et la reconstruction du Mali, n’ont aucune chance d’aboutir si elles doivent reposer sur des arrangements politiciens en vue d’engranger l’ « aide extérieure ».

L’Etat, ou ce qu'il en reste ainsi que les rebelles se battent et négocient dans le cadre du même paradigme qui a aggravé le chômage, la pauvreté et les tensions. Les différends se règlent en termes d’investissement, dans les infrastructures, le lieu par excellence de l’enrichissement rapide et de la corruption. La liste des travaux d’infrastructures mal exécutés ou non réalisés est longue. Elle explique en partie le mécontentement des populations du septentrion qui souffrent pendant que des maisons individuelles poussent au su et au vu de tout le monde grâce aux détournements de fonds et l’argent du narcotrafic.

OSONS UNE AUTRE ECONOMIE

Rien ne sera plus comme avant. Ce qui était difficile risque de l’être davantage avec la militarisation qui absorbera des ressources dont nous avons cruellement besoin pour l’agriculture, l’eau, la santé, le logement, l’environnement et l’emploi.

Opération Serval, Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA), Mission Intégrée de Stabilisation Multidimensionnelle des Nations-Unies, la défense de notre pays et notre sécurité, avant d’être militaire, est d’abord un défi intellectuel, moral et politique.

Je me suis reconnue dans les propos du candidat François Hollande lorsqu’il déclara qu’ « il est temps de choisir une autre voie. Il est temps de choisir une autre politique ». Ce temps est, assurément, venu et pour la France et pour ses anciennes colonies d’Afrique. Il est celui des transitions économiques, sociales, politiques, écologiques et civilisationnelles qui n’ont rien à voir avec la feuille de route de la « communauté internationale ». Elles renvoient à un changement de paradigme.

Que les dirigeants africains qui ont intériorisé le discours mensonger sur l’inéluctabilité de cette guerre afin d’en finir avec le péril djihadiste ne s’y trompent pas : l’effet de contagion qu’ils redoutent, tient moins à la mobilité des djihadistes qu’à la similitude des réalités économiques, sociales et politiques induites par le modèle néolibéral.

Si les chefs djihadistes viennent d’ailleurs, la majorité des combattants sont des jeunes maliens sans emplois, sans interlocuteurs, sans perspectives d’avenir. Les narcotrafiquants puisent, eux-aussi, convoyeurs et revendeurs de drogue parmi la même jeunesse désemparée.

La misère morale et matérielle des jeunes diplômés, des paysans, des éleveurs et d’autres groupes vulnérables constitue le véritable ferment des révoltes et des rebellions qui, mal interprétées, alimentent, de l’intérieur bien des réseaux. La lutte contre le terrorisme et le crime organisé, sans effusion de sang, au Mali et en Afrique de l’Ouest passe par l’analyse honnête et rigoureuse du bilan des trois dernières décennies de libéralisme sauvage, de destruction du tissu économique et social ainsi que des écosystèmes. Rien n’empêche les centaines de milliers de jeunes Maliens, Nigériens, Tchadiens, Sénégalais, Mauritaniens et autres, qui viennent chaque année grossir le nombre des demandeurs d’emploi et de visas, de rejoindre le rang des djihadistes si les Etats et leurs partenaires techniques et financiers ne sont pas capables de remettre le modèle néolibéral en question.

L’INDISPENSABLE CONVERGENCE DES LUTTES

Je plaide pour un élan de solidarité qui prenne le contre-pied de la militarisation, nous restitue notre dignité, préserve la vie et les écosystèmes.

Tout irait dans le bon sens si les 15.000 soldats étaient des enseignants, des médecins, des ingénieurs et si les milliards d’euros, qui vont être dépensés, étaient destinés à ceux et celles qui ont le plus besoin. Nos enfants n’auraient pas besoin d’aller se faire tuer en soldats mal payés, en narcotrafiquants ou en fous de Dieu.

Nous nous devons de nous atteler, nous-mêmes, à la tâche primordiale de la transformation de notre moi profond, ébranlé et de notre pays meurtri. L’avantage considérable de l’approche systémique est la détribalisation des conflits au profit d’une conscience politique qui réconcilie et rassemble ceux que l’économie mondialisée broie. Touareg, Peulh, Arabes, Bamanan, Sonrhaï, Bellah, Sénoufos cesseraient de s’en prendre les uns aux autres et se battraient ensemble et autrement.

Cette approche altermondialiste nous rend notre « dignité » dans un contexte où nous avons tendance à culpabiliser et à nous en remettre, poings et pieds liés, à une « communauté internationale » juge et partie.
Elle plaide pour la convergence des luttes à l’intérieur des frontières entre les différentes composantes de la société éprouvées par la barbarie du système capitaliste qui ne veulent ni se résigner ni se soumettre. Elles doivent explorer ensemble des alternatives à la guerre.

Les Etats libéraux ayant privilégié la guerre et investi dans les armes de destruction des vies humaines, du lien social et des écosystèmes, innovons à travers la bataille des idées et convoquons une conférence citoyenne au sommet pour l’autre développement du Mali, en vue de desserrer l’étau de la mondialisation capitaliste. Il s’agit d’instaurer le débat sur la relation entre politiques néolibérales et chaque aspect de la crise : chômage endémique des jeunes, rébellions, mutineries, coups d’Etat, violences faites aux femmes, radicalisme religieux.

Un travail inédit et intense d’information et d’éducation citoyenne dans les langues nationales, permettra aux Maliens de parler enfin entre eux de leur pays et de leur avenir.

Parce que tous les Hommes naissent libres et égaux en droits, nous revendiquons juste notre droit à : une autre économie, de manière à disposer des richesses de notre pays, et à choisir librement des politiques qui nous mettent à l’abri du chômage, de la pauvreté, de l’errance et de la guerre; un système politique véritablement démocratique, parce que intelligible pour l’ensemble des Maliens, décliné et débattu dans les langues nationales, fondé sur des valeurs de culture et de société largement partagées; la liberté d’expression et de circulation.

RENDEZ-NOUS LES CLES DE NOTRE PAYS!

La France officielle qui déclare urbi et orbi que nous n’avons « pas d’Etat digne de ce nom », ni « d’armée digne de ce nom », considère certainement que nous n’avons pas non plus d’existence en tant que peuple pour aller jusqu’à se demander « à qui remettre les clés » et à exiger l’organisation de nos élections en juillet 2013. Elle s’accommode par ailleurs de l’annulation de la concertation nationale - qui devait nous permettre de prendre ensemble entre Maliens le pouls de notre pays. Elle s’accommode tout autant de l’état d’urgence instauré, puis prolongé une première fois, et une seconde fois de manière à « sécuriser » la transition.

Je n’ai pas le sentiment que la « guerre contre le terrorisme » ait apporté la paix en Irak, en Afghanistan et en Libye, et que les casques bleus ont su garantir aux populations de la République Démocratique du Congo et en Haïti la sécurité que celles-ci étaient en droit d’attendre d’eux.

Mais je suis persuadée qu’il y a en chaque Malienne et chaque Malien un(e) soldat(e), un(e) patriote qui doit pouvoir participer à la défense de ses intérêts et du Mali à partir d’une bonne connaissance de son état réel dans l’économie mondialisée.

La réponse à l’insupportable question de Claude Lellouche est claire : le Mali est à rendre aux Maliens. Nous pouvons-en prendre le plus grand soin parce que, comme Bouna Boukary Dioura l’a rappelé, nous savons, nous les peuples du Sahel que les rochers finissent par fleurir à force d’amour et de persévérance.

Rendez les clés du Mali au peuple malien!


Aminata Traoré, 18 avril 2013.

LE CAMP DES REFUGIES D'AVEPOZO INCENDIE PAR LES SOLDATS TOGOLAIS


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Les soldats TOGOLAIS incendient le camp de réfugiés Ivoiriens d’Avepozo au TOGO et enlèvent une dizaine de personnes...

Plus de nourriture, plus de «toits», certains ont réussi à se cacher mais pour combien de temps???

Le 3 Mai, ils sont venus à plusieurs cargos et ont incendié des tentes et abris en semi-dur afin de mettre dehors les réfugiés Ivoiriens.

côte d'ivoire,le camp des réfugiés d'avépozo incendié par les soldats togolais,claudus kouadio

Ils ont lancé des bombes lacrymogènes, sans aucun état d’âme pour les femmes et les enfants, semant horreur et panique dans un chaos total.

Claudus Kouadio

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AVEPOZO 2.jpg


Un autre témoignage reçu par une amie blogueuse:

 

"J'ai eu des nouvelles supplémentaires, hier matin, au téléphone; un pasteur qui a vu la scène. Des soldats en civil bloquaient la sortie du camp et battaient ceux qui essayaient d'en sortir pour prévenir.

Ils avaient une liste de noms de personnes à arrêter; ils ont surgi tôt le matin et arrêté deux femmes responsables du mouvement des femmes: Gougoua Danielle et Mme Gnaoré. Des femmes ont essayé de s'opposer à cette arrestation.

L'argent du HCR est detourné depuis longtemps.

côte d'ivoire,le camp des réfugiés d'avépozo incendié par les soldats togolais,claudus kouadio

Interdit aux riverains de leur porter secours sous peine de punition. Une autre troupe poursuivait les hommes qui cherchaient à s'enfuir; ils ont fermé les cyber-café de proximité pour empêcher les communications".


Pauvres Ivoiriens! Que l'ETERNEL aie compassion de vous et vous accorde la délivrance.

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côte d'ivoire,le camp des réfugiés d'avépozo incendié par les soldats togolais,claudus kouadio

Je me demande ce que vont dire maintenant ces Ivoiriens vivant sur le camp de réfugiés Ivoiriens d’Avepozo et payés par Soro Alphonse et Ehui Bernard l’ambassadeur au Togo du despote Alassane Dramane Ouattara pour dire sur BBC Afrique que: «Ce sont les réfugiés Ivoiriens eux-mêmes qui ont mis le feu au camp».

Ce sont aussi eux même qui ont attaqué ce camp à coups de gaz lacrymogènes et d’armes à feu blessant grièvement un jeune homme.

Ce sont eux qui ont enlevés 10 personnes du camp à bord de véhicules militaires de l’armée Togolaise.

Comme «les collabos de Vichy», vous rendrez des comptes.

Photo: Ce qui reste de la Clinique du camp de refugiés Ivoiriens de Avepozo à Lomé: pas de nourriture, pas de soins: il reste quoi?

Claudus Kouadio

samedi, 04 mai 2013

HOMMAGE A SIMONE GBAGBO

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Il est peu probable que nous nous rencontrions un jour, vu le fait que nous évoluions dans des sphères totalement différentes, ou que vous ayez – vu votre incarcération dans ce que certains appellent un de nos «goulags ivoiriens» – l'occasion de lire cette note mais je tenais tout de même à la  publier.

Chère Simone,

Permettez-moi d'utiliser votre prénom, sans que je ne sache vraiment pourquoi, vous ne quittez pas mes pensées depuis un bon moment. A part prier pour vous, la seconde option aurait été de vous envoyer une carte, une lettre, ou même un petit mot d'encouragement. Mais malheureusement et contrairement à votre mari, cette possibilité ne nous est pas donnée dans votre cas. Il ne me restait alors que cette dernière solution. M'adresser à vous par la voie publique, tout en sachant la probabilité pour vous de lire ces écrits très faible. Mais qu'importe... Peut-être qu´ils vous parviendront tout de même, qui sait?

Chère Simone,

Je me souviens encore de cette interview sur TV5, il y a quelque années - à l´époque je regardais encore cette chaîne - peu après la publication de votre livre «Paroles d'honneurs». Vous aviez demandé à la France d'alors, celle de Jacques Chirac, de «savoir raison garder». Malheureusement pour la Côte d'Ivoire et pour les Ivoiriens en général, les intérêts financiers ont été de tout temps plus importants que la raison. Les «grands» de ce monde ne s'embarrassent même plus de scrupules et agissent véritablement sans vergogne. Ils n'hésitent même plus au grand jour, à faire régner la loi du plus fort. Dans le passé ils prenaient au moins la peine d'habiller leurs différentes interventions du manteau «humanitaire» ou d'excuses plus ou moins plausibles. Aujourd´hui, ils s'en passent hélas et bien souvent  allègrement.

Mais je ne m'en prendrai pas à eux aujourd'hui car ce ne sont pas eux qui font le «sale boulot» mais nos propres frères. Je me demande parfois s'ils - je veux parler du pouvoir actuel et des Ivoiriens qui l'ont aidé à s'installer sous les bombes françaises et dans le sang de leurs frères - sont satisfaits du résultat final. Ce résultat qui se résume à une Côte d'Ivoire devenue méconnaissable, déchirée et exsangue. Mais cela leur importe peu, sans doute.

Mais à eux non plus, je ne voudrais pas consacrer plus de lignes aujourd´hui, car c'est à vous que je voudrais m'adresser; à vous et à vos compagnons de lutte mais aussi d'infortune. 

Chère Simone,

Je me souviens encore de ces photos de vous à Odienné, qui est malheureusement mon lieu de naissance, même si je n'en suis pas originaire, où l'on vous voyait si amaigrie, mais tout de même avec un sourire si radieux! Comme pour dire à vos tortionaires «directs» - et lointains, dans les palais d'Abidjan - qu´ils pouvaient vous brimer et vous malmener physiquement, mais que moralement et spirituellement ils n'auraient pas le dessus sur vous. Depuis que nous connaissons les conditions d'incarcération de votre mari Laurent Gbagbo, il n'est pas difficile de se faire une idée de ce que vous vivez tous. Michel, Aboudramane Sangaré, Affi N'Guessan, Genéviève Bro Grébé, Charles Blé Goudé (pour ne citer que ceux-là) et tous ces autres prisonniers politiques anonymes, en savent quelque chose. L'on a peu de nouvelles de vous et peu de blogs et de sites parlent de vous. J'espère que cela est dû au fait qu'ils n'aient  rien de nouveau à signaler, plutôt qu'au fait qu'ils vous aient oubliée...

Merci à vous tous de porter haut pour nous, assis dans nos salons douillets, le flambeau de cette lutte, qui est, à n'en pas douter, la lutte pour notre «indépendance véritable».

Celle qui nous permettra de choisir ceux que nous voulons comme chefs d'Etat.

Celle qui nous permettra de fixer nos dates d'élections sans que quelqu'un d'autre soit «intraitable» à propos de la date qu'il nous aura fixée. J'espère de tout coeur et je souhaite qu'elle aboutisse. C'est vrai qu'il est facile pour moi de vous encourager à lutter tout en demeurant en liberté, mais sachez que nous ne vous avons pas oubliée, et que nous ne ne sommes pas près de le faire. Tout comme nous n'oublions pas tous ces anonymes qui croupissent dans les geôles dramaniennes.

A tous je dirai: Ne les laissez pas avoir le dessus sur vous, tenez-bon et Allez Jusqu'Au Bout!

Que Dieu vous bénisse, Simone!

 

Une de vos «petites» soeurs ivoirienne admirant votre combat.

 

N. Coulibaly

 

NB: Je viens de lire, ce matin (vendredi 3 Mai), que vous aviez été transférée pour des soins à Abidjan. Quand j'écrivais ce texte, il y a trois jours, j'étais loin de me douter que vous alliez si mal. Que le Seigneur vous garde!

vendredi, 03 mai 2013

L'OCCIDENT A LA RECONQUETE DE L'AFRIQUE

 

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Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d'Ivoire, la Libye, le Mali... Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l'Afrique et auteur chez Investig'Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d'une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).

 

Ce qui a précédé : crise et guerre

Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.

En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue. Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi. À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.

Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques » ; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française). Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.

À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New American Century — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.

Une grossière erreur de calcul

Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre. Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes. Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine. Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.

En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays. Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan (1). Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.

Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique. Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale. Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis. Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.

À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation. Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie. « L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.

L’importance stratégique croissante de l’Afrique

C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008. Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine. L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.

Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes. Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.

La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur. Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’ « endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.

Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire. D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.

Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun. Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.

Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot. Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.

Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».


Mohamed Hassan

 

Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans Études marxistes, n°101. La suite bientôt disponible sur michelcollon.info.

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Notes

(1) Voir Wikipedia.

Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de La stratégie du chaos, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.


Source: INVESTIG'ACTION

jeudi, 02 mai 2013

REPONSE AU JOURNAL FRANÇAIS «LA CROIX»: VOTRE CROIX EST ROUGE DE SANG

 

afrique,côte d'ivoire,france,réponse au journal français «la croix»,votre croix est rouge de sang,par aurélien z. sery (politologue-juriste exilé)

 

«Sortir du conteste, des bribes de phrases, les agencer à dessein de produire l’effet sémantique contraire, n’induit pas à s’interroger sur la vérité des propos avancés, mais plutôt sur le degré de leur contrefaçon». Par Aurélien Z. SERY (Politologue-Juriste).

 

Dans sa livraison du 23 avril 2013, le journal français la Croix titre: «Profil bas pour les proches de GBAGBO au Ghana ». L’article recueille, sous la plume d’Olivier MONIER, son correspondant à Abidjan, des propos de personnalités proches du Président GBAGBO, puis en fait une analyse qui réduit leur exil au dénuement, la peur et à la nostalgie. Cette mise au point, en se fondant sur l’histoire et l’expérience française veut montrer aux ivoiriens l’autre aspect de l’exile, pour atténuer  le poids de  la Croix de désinformation  de plus en plus lourde à supporter, et toujours plus rouge de leur sang.

L’exil n’est pas une fatalité. Qui plus que Charles de Gaulle le saurait. En exil à Londres, Il lança un appel à la résistance française le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC. Si on ne peut affirmer que l’appel d’un Général en fuite a fait gagner la guerre aux alliés en 1945, on peut dire sans se tromper qu’il en a créé les dispositions aussi bien psychologiques que matérielles en France.

L’exil est un repli intelligent qui exprime d’abord un refus de la guerre, tel celui du Dallai Lama Tibétain, et ne saurait s’analyser en terme de peur. La sereine retenue des autorités ivoiriennes en exil répond au devoir de réserve de l’exilé politique.

Le Général De Gaulle, s’il avait l’amitié de Winston CHURCHILL, qui lui permit dès 1940 d’utiliser la radio nationale anglaise pour lancer son appel, il s’est heurté fréquemment à l’incompréhension de F. D. ROOSEVELT, le président Américain qui lui reprochait un nationalisme fougueux peu stratégique. Imaginez avec moi la solitude d’un général, privé de ses armées en terre étrangère, dont les scrupules n’arrivaient pas à convaincre le géant américain à ouvrir un front à l’ouest, malgré les médiations de CHRCHILL et les insistances de STALINE. Qu’est ce que ce De GAULLE, descendu de son piédestal comme nous,  répondrait à une question sur l’état de son combat ? Peut être dirait-il: « Le combat continue grâce aux bonnes volontés Anglaises ». A une question similaire posée par votre journaliste, nous avons donné une réponse voisine de celle que nous prêtons à De GAULLE par bon sens.  

Mais hélas, sortir du conteste des bribes de phrases, les agencer à dessein de produire l’effet sémantique contraire, n’induit pas à s’interroger sur la vérité des propos avancés, mais plutôt sur le degré de contrefaçon. Ceux qui sont sans avenir comme le prétend votre expert, ne sont pas les exilés politiques d’Accra. Mais bien plutôt le journalisme patriotique, parce que depuis toujours aveuglé par son militantisme, il ne peut voir dans notre effort pour rompre les chaînes qui nous rivent à la domination française, une œuvre collective de l’humanité. Et pour cela, il crée de toute pièce par le mensonge et la zizanie, des rivalités inconciliables d’intérêts, dites ethniques. Après deux ans de vie seulement à Abidjan, lui aussi est expert sur la Côte d’Ivoire, pour écrire à contre courant, un article de soutient hors contexte, au milieu d’une actualité mondiale  désillusionnée par les dérives totalitaires de OUATTARA.          

C’est un De GAULLE conciliant, rabaissé (du moins devant le président ROOSEVELT) et aidé par la conjoncture politico-militaire, qui reçoit enfin l’opération OVERLORD en juin 1944 en la forme d’un débarquement en Normandie, opération militairement inconcevable pour HITLER.

En parlant des personnalités ivoiriennes en exil, il faut parler avec l’humilité qui sied à notre condition humaine. De GAULLE pouvait-il prévoir que ses demandes formulées plutôt pouvaient avoir une réponse favorable quatre ans après ? Qui êtes vous pour connaître infailliblement le future des peuples ? Vous êtes peut être réalistes.

Mais l’appel lancé par De  GAULLE, dont vous êtes aujourd’hui les lointains bénéficiaires ne l’était pas. Si peu qu’il fut digne de crédit, cet appel lancé très tôt dans la guerre, au mépris du mythe de l’invincibilité allemande,  bouillait d’un nationalisme contagieux ; qui exaltait la supériorité des liens imprescriptibles unissant les français à eux-mêmes, au dessus de la technique, des panzers (chars), la blitzkrieg (la guerre éclair), et tout ce qui les soumettait à la domination étrangère. Qu’est ce qui motive donc votre pessimisme pour les exilés ivoiriens ?

Heureusement que l’histoire ne vous exauce pas toujours. F. MITTERAND, alors Ministre de l’intérieur français en 1954 assenait: « aucun pouce de l’Algérie ne sera cédé, l’Algérie reste française, L’Algérie, c’est la France ». Mais nous savons aujourd’hui, que l’Algérie, c’est l’Algérie. 

Laisser penser, qu’un ancien ministre, parce qu’il choisit délibérément la marche comme moyen de locomotion, est le signe d’une faillite, c’est tristement méconnaître les recommandations thérapeutiques modernes, mais surtout ignorer l’histoire française en Indochine.

L’armée de HO CHI MIN, sous le commandement du Général GIAP, qui défit la grande France dans la cuvette de DIEN BIEN PHU en 1954, avait parcouru plus de 100 Km à pied pour transporter à dos d’hommes tout le dispositif militaire pour l’assaut final. Marcher n’est donc pas une malédiction, particulièrement quand c’est le résultat d’un choix délibéré.   

Enfin, trouver une faiblesse même dans la nostalgie qu’éprouvent les exilés, c'est-à-dire, dans leur besoin naturel de retrouver leur patrie, est symptomatique d’une pathologie dont ne doit souffrir aucun journaliste. C’est peut être par simple  nostalgie que DE GAULLE a  lancé son appel à la résistance.

Comme par coïncidence, votre nom évoque le christianisme, tout en insinuant plutôt la croix gammée NAZZI, sachez que Moise, chassé d’Egypte, a connu l’exil; David aussi, à cause de son fils ABSALONE, Jésus nous a précédé en exil an Egypte parce que Hérode était fort; le peuple juif a connu l’exil; et de nombreux français, à cause de la deuxième guerre mondiale. Mais la belle leçon de l’exil, c’est que nul ne reste en exil. Une note d’espoir pour les Palestiniens, les Tibétains et bien sur, les Ivoiriens.


Par Aurélien Z. SERY (Politologue-Juriste exilé).

COTE D'IVOIRE ET VENEZUELA: DEFIS COMMUNS

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En ce mois d’avril, il y a deux dates importantes dans l’histoire de deux pays: la Côte d’Ivoire et le Venezuela. Le 11 avril, le peuple ivoirien commémore le jour tristement célèbre où les forces armées d’une puissance étrangère ont renversé Laurent Gbagbo, chef d’État légitime d’un pays indépendant et souverain.

 

Le 14 avril, le peuple vénézuélien choisira un nouveau président, après la mort tragique, il y a à peine un mois du Commandante Hugo Chavez. Certains diront : deux pays différents, deux continents différents. Et pourtant la Côte d’Ivoire et le Venezuela ont bon nombre de similitudes et de défis en communs.

Nous nous souvenons des images d’avril 2011 en République de Côte d’Ivoire. Des images tristes, honteuses, nous donnant l’impression de revenir aux jours les plus sombres du colonialisme, lorsque le puissant écrase et humilie le plus faible en lui imposant sa volonté. Sauf que le néocolonialisme a signé son arrêt de mort ce jour-là. Car depuis cet instant la résistance n’a perdu de son intensité. Bien au contraire : elle ne cesse de grandir et s’organise très efficacement. En Côte d’Ivoire, dans d’autres pays du continent africain et au sein de la diaspora en exil, les actions ciblées ne manquent pas. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les nombreuses images des manifestations aux quatre coins du monde en soutien à Laurent Gbagbo. D’ailleurs pas seulement au sein des Ivoiriens, mais également parmi tous les Africains, comme l’a si bien montré la manifestation d’envergure organisée aujourd’hui au Cameroun. Depuis le fameux 11 avril 2011, l’histoire de la Côte d’Ivoire et de toute l’Afrique a pris un tournant, et ce tournant a marqué définitivement la lutte pour la véritable indépendance et la souveraineté, ainsi que le combat pour la justice et la vérité. Le défi principal aujourd’hui de la Côte d’Ivoire est de voir Laurent Gbagbo libéré. Seule cette libération pourra assurer une véritable réconciliation nationale. La CPI devra d’ailleurs se prononcer d’ici peu sur cette libération.

D’ici quelques jours, le 14 avril, la République bolivarienne du Venezuela choisira son nouveau président suite au décès d’Hugo Chavez. Deux candidats sont en lice : Nicolas Maduro, partisan et successeur du président Chavez et Henrique Capriles, libéral pro-occidental, soutenu et financé activement par les USA. Le choix est assez simple : maintien de la souveraineté et de la justice sociale ou perte de l’indépendance au profit de forces extérieures et du pouvoir oligarchique. Quels parallèles avec la Côte d’Ivoire ? Chavez et Gbagbo se ressemblent sur beaucoup de points : justice sociale, défense de l’indépendance et de la souveraineté de leurs pays, priorité aux intérêts nationaux et non celles des puissances étrangères et des multinationales occidentales. Qu’en est-il des deux autres protagonistes ? Nous avons Ouattara, le « président » installé par l’armée française dans le cas ivoirien et Capriles au Venezuela pour une mainmise des USA sur le Venezuela… Étrange ressemblance également : tous deux néolibéraux, « défenseurs » ardents des privatisations massives et partisans de la baisse des programmes sociaux. Et bien sûr, aussi bien Ouattara (cadre du FMI) que Capriles (oligarque) sont des « alliés » inconditionnels des puissances occidentales. Bien que le mot « allié » ne soit pas tout à fait approprié, car il ne s’agit pas d’une relation d’égal à égal, mais plutôt du serviteur avec ses maîtres.

Le monde a beaucoup changé, en particulier depuis les dix dernières années. La Russie, humiliée dans les années 1990, a retrouvé pleinement son statut de grande puissance et continue de s’imposer à tous les niveaux et sur tous les fronts. L’Amérique latine, région ayant vécu trop longtemps sous le contrôle quasi-direct d’un pays et en particulier d’une organisation (dont le nom est CIA) est aujourd’hui dans sa grande majorité un exemple et une source d’inspiration pour le reste du monde. Le Venezuela en est un des acteurs clés. L’Afrique, continent martyr et pourtant tellement riche, aussi bien en ressources naturelles qu’humaines, ne peut toujours pas savourer pleinement sa souveraineté. D’ailleurs, a-t-elle eu dans son ensemble et dans son histoire récente la possibilité de profiter véritablement de son indépendance, ne serait-ce que brièvement ? A quelques exceptions près, la réponse est négative. En Côte d’Ivoire, à l’image des grandes personnalités africaines et mondiales, comme Patrice Lumumba, Nelson Mandela, et des autres grandes figures politiques africaines, Laurent Gbagbo a décidé d’en finir avec un système mafieux et criminel et a lancé ouvertement un défi aux néocolonialistes. Ces néocolonialistes ont répondu avec la plus grande violence qui soit afin de le faire chuter et ont installé un pantin au pouvoir par la force de leurs armes. Mais malgré tout l’arsenal armé et médiatique de ces puissances néocoloniales, elles n’ont non seulement pas réussi à détruire, ou du moins atténuer les aspirations de liberté des Africains, mais au contraire n’ont fait que confirmer la nécessité absolue d’en finir avec ce système mafieux et criminel une bonne fois pour toute.

Nous souhaitons à ces pays de réussir à gagner définitivement leur souveraineté. Cette souveraineté sera la clé pour profiter pleinement de leurs ressources et de leur potentiel. Dans le cas vénézuélien, reste également à souhaiter que quel que soit le résultat, il sera respecté par les forces extérieures, et avant tout étasunienne. Souhaitons également qu’Henrique Capriles ne copie pas son homologue Alassane Dramane Ouattara en appelant des forces armées étrangères pour bombarder son propre pays sous prétexte qu’il est « le bon candidat ».




Source: RADIO LA VOIX DE LA RUSSIE

mercredi, 01 mai 2013

AMINATA TRAORE: LA MILITARISATION POUR LE CONTROLE DES RESSOURCES AFRICAINES FAIT PARTIE DE L'AGENDA


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Ceux qui voyaient dans la présidence d’Hollande la fin de la Françafrique ou une politique africaine de la France plus équitable, peuvent enfin se faire à la cruelle évidence de la realpolitik. Aminata Traoré, la militante altermondialiste malienne, n’a pas eu son visa Schengen, sur instruction de la France à tous les pays de l’espace Schengen. Aminata Traoré paierait-elle cash sa prise de position audacieuse, contre l’intervention française au Mali, qui selon elle cacherait à peine de gros intérêts miniers et géostratégiques au Mali et dans la sous région? La France n’a pas d’amis elle n’a que des intérêts disait le Général De Gaule, et les intérêts eux, s’accommodent très mal de toutes voix discordantes. L’ancienne ministre de la culture malienne et porte-flambleau du «Non à l’intervention militaire étrangère au Mali» livre à cameroonvoice son sentiment après cette déconvenue.

 
Cameroonvoice : Nous avons appris avec stupéfaction que les autorités françaises ont refusé de vous accorder un visa d’entrée en France pour participer à une réunion publique le 22 avril dernier. Pouvez vous nous confirmer cette information?
 
Aminata Traoré : En fait, j’ai été invitée par Die Linke, un parti de gauche allemand, et des militants français. Je devais faire un tour à Berlin et par la suite donner une conférence à Paris et Lille. J’avais un visa de circulation de 4 ans de l’espace Schengen qui a expiré au mois de Février.

Quand je me suis rendue à l’ambassade d’Allemagne pour solliciter un droit d’entrée dans l’espace Schengen, ils m’ont accordé un visa de trois jours uniquement pour leur pays en me notifiant que la France a donné des instructions pour qu’aucun pays de l’espace Schengen ne m’accorde de visa.
 
Il y avait donc une interdiction de circulation dans l’espace Schengen vous concernant, dont vous ignoriez totalement l’existence?
 
Non non, on ne me l’avait pas notifié avant, c’est à la faveur de ce voyage que je l’ai su. J’ai été autorisée à aller en Allemagne et à revenir au Mali directement sans fouler le sol de l’espace Schengen mis à part l’ Allemagne. Je ne sais pas si c’était une exception allemande, ou si les autres pays de l’espace Schengen pourront m’accorder la même « faveur ».

Ma liberté de circuler est maintenant restreinte. Les consulats européens échangent entre-eux, des listes de personæ-non-grata, et les dispositions changent selon la gravité du délit entre guillemets. En ce qui me concerne, je ne sais pas ce que l’on me reproche. Dans mon cas, j’ai eu la chance d’avoir cette ouverture de la part de l’Allemagne, mon compatriote Oumar Mariko (Secrétaire général du SADI, Ndlr), lui il n’a pas pu voyager du tout.
 
Vos prises de position contre l’intervention militaire des forces étrangères au Mali et notamment celle de la France ne seraient pas la cause de cette interdiction?
 
Certainement, sinon je ne comprends pas pourquoi, la France et surtout les membres de ce gouvernement de gauche, qui m’ont reçu et qui me connaissent parfaitement le feraient. En principe, nous partageons les même idées.

Sauf que, la France considère son intervention au Mali comme une réussite politique et militaire, c’est le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui l’a dit et ce success story de leur point de vue exige certainement un verrouillage, qu’il n’ y ait pas de critiques, puisque l’unanimité leur réussit si bien ! Vous vous souvenez bien que toutes les résolutions concernant cette guerre ont été adoptées à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations Unies, et avant-hier (mardi 23 avril Ndlr) ils viennent aussi de voter à l’ unanimité à l’ Assemblée nationale et au Sénat français pour la prolongation de l’Opération Serval au Mali.

Le pouvoir politique a changé de main en France voilà bientôt un an et on peut constater pour le déplorer avec cette opération que la politique africaine de la France, demeure toujours la même.
Elle demeure inchangée et il ne nous le cache pas. Le Général De Gaulle l’a dit: « La France n’a pas d’amis mais des intérêts ». Peut-être c’est nous qui nous faisons des illusions, François Hollande l’a d’ailleurs répété récemment en parlant dossier Centrafricain quand François Bozizé l’appelait à l’aide. Il lui a fait savoir que la France défendait ses intérêts et ses ressortissants.

Nous l’apprenons peut-être à nos dépens, parce qu’on se disait aussi que les temps ont changé et puisqu’ils sont confrontés aux mêmes difficultés que nous, liées au même environnement économique international, avec les questions d’aide, de chômage de pauvreté etc. Mais à la lumière de ce qui se passe, il y a une grille de lecture qui s’applique à l’Afrique, on est considéré comme des pays en faillite, pas d’états, pas d’armées, ils peuvent faire la pluie et le beau temps et ne tolèrent pas de voix discordantes.
 
Ils ne tolèrent pas de voix discordantes, pourtant ils se clament chantre de la liberté de la d’expression. Peut-on interpréter cette interdiction de territoire comme une entrave à la liberté d’expression, puisque vous avez un point de vue discordant?
 
Oui! Pourtant moi je n’ ai pas changé, tout ceux qui me suivent depuis savent que j’ai pas changé de discours ceux sont les mêmes idées que je véhicule. Je ne m’attaque à personne, je condamne tout simplement un système économique mondial cynique et la guerre fait partie de ce système.

Aujourd’hui, la militarisation pour le contrôle des ressources de l’Afrique fait partie de l’agenda. C’est ce que j’ai dit et c’est ce qu’eux-mêmes ils reconnaissent! Alors moi malienne, pourquoi je n’ai pas le droit de poser ce regard sur les réalités de mon pays en guerre!
 
Comment envisagez-vous l’avenir du Mali et de la sous-région suite à cette intervention militaire française appuyée par des troupes africaines?
 
Je pense que les troupes africaines sont mises à contribution, et comme je l’ai déjà dit dans mon manifeste ce n’est pas notre guerre, nous sommes entrés dans une phase de la globalisation qui implique la diplomatie économico-offensive et la militarisation.

Mais seulement, Al Qaida est une réalité et en même temps une aubaine, elle permet aux dirigeants Africains qui ont mal géré de dire maintenant que la priorité, c’est la lutte contre le terrorisme et aux puissances étrangères de dire: Faisons cause commune, luttons d’abord contre le terrorisme.

Et moi, je dis que le véritable terrorisme c’est la misère, c’est les injustices, parce que je sais qu'une bonne partie des combattants des djihadistes sont avant tout, des jeunes désespérés sans boulot, ils n’ont pas de visas et se font recruter à la fois par les narcotrafiquants et les djihadistes. C’est cette réalité qu’il nous faut regarder maintenant de près.
 
Quelles leçons devrons nous tirer de la situation au Mali et de ce qui vous arrive à vous?
 
Je souhaite que les Maliens et les Africains s’ouvrent grandement les yeux et les oreilles et se disent qu’en réalité, il n’y a pas un cas malien. Ce qui se passe aujourd’hui au Mali est l’illustration d’une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent, notamment les ressources énergétiques, sans lesquelles la sortie de crise, la croissance et la compétitivité ne sont pas envisageables par l’Occident.

Au lieu de jouer cartes sur table et changer les règles du jeu on préfère, nous écrire une autre histoire, nous humilier, nous culpabiliser. Avec tout ce qui se passe je considère que le Mali est humilié, il y a donc aucune raison d’en ajouter en gardant le silence et c’est ce que tout le monde fait, et les occidentaux le savent pertinemment.

Raison pour laquelle, je me réjouis aujourd’hui de ce soutien international parce qu’il y a énormément de gens qui ne comprennent pas, quelque soit la différence de lecture, qu’un tel traitement me soit réservé. C’est donc une nouvelle phase de la décolonisation de l ‘Afrique. Il nous appartient maintenant à nous mêmes de voir ou sont les véritables défis.
 
 

mardi, 30 avril 2013

ALASSANE OUATTARA EST-IL VRAIMENT CAPABLE DE GOUVERNER LA COTE D'IVOIRE?

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO.JPG

 

Le 21ème jour du mois d’Avril de l’an de grâce 2013, le bon pays de Côte d’Ivoire a connu un non-évènement dont la banalité le disputait à la nullité. Alassane Ouattara y organisait des élections qu’il prétendait rendre démocratiques, transparentes, sincères et équitables. Connaissant les faits de guerre du renégat, on était tenté de dire… Ah bon???

 

C’était mal connaitre cet escobar de Ouattara qui n’a jamais cessé de patauger dans la fange de l’usurpation et du mensonge. A partir du moment où le FPI, le grand parti majoritaire du Président Laurent Gbagbo n’a pas été autorisé à participer à ces consultations électorales, écarté comme il l’a été par des manœuvres bassement politiciennes liées au non respect d’un minimum de garanties exigées par l’opposition, le RDR, parti provisoirement au pouvoir, devait en principe se trouver sans adversaire. Le PDCI RDA qui compte réellement pour si peu dans la coalition gouvernementale Ouattariste, n’était pas attendu comme ‘’foudre de guerre’’ contre son partenaire occasionnel, sectaire et tribaliste du Nord. En fait d’élections couplées, nous nous sommes trouvés devant une plaisanterie de mauvais goût. Aucune personne sensée ne peut perdre son temps à analyser ce qui aux yeux de tous, urbi et orbi, apparait désormais comme un bide total. Ooh honte!

Comment pouvez-vous m’expliquer que le parti au pouvoir n’ait pas réussi à faire élire dans son fief personnel et dans sa seigneurie tribale de SEGUELA son secrétaire général, l’inénarrable Amadou Soumahoro au poste insignifiant de conseiller municipal?

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Ce n’est pourtant pas la seule preuve que le RDR, ses responsables et son Président Alassane Ouattara sont vomis par l’ensemble du peuple de Côte d’Ivoire qui a choisi, comme un énorme défi à Alassane Ouattara, de voter pour des hommes nouveaux qui se sont présentés hors de ce parti gangrené et corrompu qui montre chaque jour son incapacité à gouverner la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens, les vrais. Trois ministres en activité ou presque ont été battus à plate couture dans des circonscriptions où ils étaient déjà députés. Leurs circonscriptions ont frôlé la guerre civile dont ils ont ensuite refusé d’endosser les initiatives malfaisantes.

1- Par ailleurs, un nouveau sport est né dans le Cavally et dans l’Ouest déjà meurtri, dont le tenant du titre est hélas une dame qui n’a rien ménagé pour exposer son manque d’éducation à l’égard d’un aîné hautement respectable, fut- il, par le fait du hasard, l’adversaire d’un jour. Mais je me suis laissé dire que la campagne du Cavally ne se faisait pas en 4*4 mais en bulldozers et autres Caterpillars.

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Cependant David a battu Goliath parce que ce n’était pas une question de surcharge pondérale mais une simple question d’intelligence et de popularité. Bravo Mr le Président Dagobert Banzio! La Côte d’Ivoire tout entière attendait que vous fermiez une fois pour toutes le clapet à cette parvenue de Anne Désirée Ouloto qui prétend avoir un Doctorat en droit alors même qu’elle n’a jamais obtenu le Baccalauréat et qui ressemble beaucoup trop à ses patrons Alassane et Dominique.

2- KOUMASSI: Alors là il s’agissait d’une toute autre affaire. Un ministre boulimique qui s’est imposé à ces adversaires à coups de revolver pour s’accaparer le poste de Député à l’Assemblée Nationale, a conçu l’idée qu’il lui fallait aussi et à n’importe quel prix conquérir le poste de Maire de la même circonscription. Allez savoir ce qui peut motiver l’appétit pantagruélique et désordonné d’un tel personnage.

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Peut être est-ce parce que Monsieur Ibrahim Cissé Bacongo, avant sa brutale accession aux postes de ministre sous Laurent Gbagbo puis sous Alassane Ouattara, était tout simplement un SDF (Sans Domicile Fixe) surpris par son succès politique aussi subit qu’inexplicable. Koumassi est passé à côté d’une grave crise armée uniquement à cause de la folle ambition d’un Ibrahim Cissé Bacongo qui ne voit plus de limite à son ascension depuis qu’avec ses complices Adama Bictogo et Sidy Kagnassi il s’est approprié une partie substantielle des 100 milliards de Franc CFA qui devait servir à la rénovation de l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Ne lui posez surtout pas cette question là parce que le peuple conscient mais impuissant vous répondra que son patron Alassane Dramane Ouattara fait la même chose à la tête de l’Etat par le moyen désormais légal d’une Ordonnance. Quand je me suis interrogé sur le comportement post électoral de Bacongo à Koumassi, un enfant qui passait par là m’a tout simplement donné une réponse d’enfant: «Mais papa, son patron Alassane Ouattara a bombardé la Cote d’Ivoire pour être Président ; le Ministre Cissé Bacongo peut lui au moins se permettre de bombarder un petit quartier d’Abidjan». Simple question de logique. Oui Monsieur Cissé Bacongo, vous pouvez ! En attendant, chapeau à Monsieur N’Dohi Raymond.

3- D’autres personnalités du régime ont été battues qui, même au RDR, ne représentent que le menu fretin. Exemple: Mr Adama Bictogo qui avoue publiquement avoir spolié des victimes des déchets toxiques du Probo Koala à hauteur de 600 millions de FCFA et qui se pavane librement dans la République, narguant l’opinion nationale et internationale sans compter les juges qui, paraît-il ont peur de le convoquer pour lui demander des comptes. Comme ce n’est pas suffisant pour cet escroc patenté, il ose se présenter à la mairie d’Agboville pour gérer les biens de la paisible population de la commune.

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Les enfants de l’Agnéby lui ont dit son fait et l’affaire est désormais close. Il aurait été mieux inspiré de se présenter à Ouahigouya, à Kaya ou à Koudougou en Haute Volta. Mon Dieu, que ces gens sont mal conseillés!

4- Dans le menu fretin, il y a aussi Mr Ibrahima Fanny, l’un des parrains de la rébellion des 18 et 19 Septembre 2002.

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Il a été le tout premier homme de paille d’Alassane Ouattara à avoir accueilli des milliers de dozos auxquels il a donné le gîte et le couvert à Bouaké pour mieux organiser la partition du pays. Mais comme l’histoire nous l’enseigne, « les révolutions finissent toujours par manger leurs propres enfants ». Fanny Ibrahima s’est retrouvé très vite exclu de l’organisation de Soro qui ne lui a laissé que le choix de se réfugier à l’hôtel du Golf en bon précurseur de ce qui allait suivre, pour notre malheur. Au cours de la coupure de notre pays en deux, la frontière Sud de la Haute Volta a été portée à Djébonoua. Tout le monde a compris qu’il fallait en tirer des conséquences politiques sauf Ibrahima Fanny. N’ayant rien compris aujourd’hui encore, il s’est présenté face au fils mossi du premier Maire Djibo Sounkalo pour être de nouveau Maire à Bouaké. Seul Ibrahima Fanny pouvait réussir un exploit aussi bête.

5- Autre menu fretin aux petits pieds, le Professeur de médecine aurabais Ibrahim Séga Sangaré.

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Qui, grand dieu, a pu faire croire à ce docteur à la noix qu’il pouvait être Maire d’une Cité Ivoirienne comme Attécoubé, exactement au moment où le dernier de ses frères, Jean Marie Sangaré, déposait les statuts de son propre parti politique en vue des élections présidentielles qui se préparent au Mali ? Comment peut-on à ce point renier sa Mère Patrie au moment où elle a besoin de vous ? La nationalité Ivoirienne du Professeur Séga Sangaré a à peine commencé à prendre la patine du temps qu’il s’est imaginé pouvoir ester au nom de la Cité conçue, construite et promue par N’Koumo Mobio. Comme ça! Au fond, pourquoi pas ? Il a vu faire son démiurge Alassane Ouattara. «La Côte d’Ivoire là c’est doux dèh!». Mais bon, la plaisanterie est terminée. Le grand Mali attend ses enfants. Ou sont les Sangaré? 

6- Le plus étonnant et le plus incompréhensible acte de ces soi-disant élections couplées est passé inaperçu pour le grand public et même pour le RDR lui-même.

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Un personnage fantasque, farfelu et hurluberlu du nom de Adama Diomandé, a été choisi il y a quelques années par Alassane Ouattara pour être son représentant et celui du RDR en Europe mais surtout en France. Pour se faire remarquer et pour se positionner auprès de son demi-dieu ADO, Adama Diomandé s’est véritablement surpassé. De Bruxelles à Berlin, de Londres à Rome et Madrid il a été de toutes les fêtes RDR et manifestations de soutien à ADO. Il était au four et au moulin. A Nantes et à Paris où il a organisé des commandos de « petits Dioula » dont le rôle était d’agresser physiquement tout ce qui pouvait ressembler à un pro Gbagbo à la sortie du métro et sur les grands boulevards. Se prenant lui-même pour un grand intellectuel, il s’est octroyé le rôle de débatteur sur tous les plateaux de télévisions et studios de radios de France et de Navarre. Qui n’a pas vu au moins une fois cette âme en peine divaguer ça et là et nulle part pour promouvoir son demi-dieu ADO ? Mais surtout qui n’a jamais vu Adama Diomandé agresser l’Ambassade de son propre pays à Paris à la tête de petits voyous illettrés organisés et payés pour ce sale boulot. Adama Diomandé était prêt à tuer et à se faire tuer pour Alassane Ouattara. Mais il n’avait pas compris deux choses : 1- que Alassane Ouattara ne vaut rien, 2- que lui-même Adama Diomandé est un nul. Voici donc un homme qui sacrifie tout à son combat pour faire de Ouattara un Président et une fois le but atteint, il n’obtient même pas un poste de vigile à l’entrée de l’Ambassade de Côte d’Ivoire 102 Avenue Raymond Poincaré, 75016 Paris. Ingratitude quand tu nous tiens!

Dépité par cette attitude de son chef, Adama Diomandé décide de prendre un poste en Côte d’Ivoire par ses propres moyens. Il choisit un trou perdu dans la campagne Eburnéenne du nom de Zikisso et demande l’investiture du RDR pour les municipales. Refus catégorique de Mr Amadou Soumahoro qui n’avait pourtant pas de candidat pour Zikisso. Adama Diomandé qui vient quand même de Paris se jette dans la bataille comme candidat indépendant, avec une logistique capable de conquérir la mairie de New York (affiches de 12 mètres carrés, club de soutien venu de Paris, etc.) Mais Adama Diomandé est battu par un autre candidat indépendant. Il y avait 4 candidats à Zikisso et environ 1200 voix à se partager. Adama Diomandé s’est classé dernier avec environ 200 voix.Cerise sur le gâteau, il était soutenu par un autre farfelu hirsute du RDR du nom de Gnizako, demi -lettré et pourfendeur rémunéré de Laurent Gbagbo.

Cette histoire qui demande à être complétée par des révélations que nous retenons pour l’instant, méritait d’être contée parce qu’elle est révélatrice de l’état d’esprit de Alassane Ouattara vis-à-vis de ses ouailles et de ses serveurs de thé. Adama Diomandé yaaako !

 

Mamadou Ben Soumahoro


Journaliste

Ancien Directeur Général de la Télévision Ivoirienne

Ancien Député à l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

Président Honoraire de l’URTNA (Union des Radios et Télévisons Nationales d’Afrique)

Citoyen d’honneur des villes de Lafayette et de la Nouvelle Orléans aux USA

Commandeur de l’ordre du Rio Branco (Brésil).


Illustration photo: Claudus Kouadio

ELECTIONS LOCALES EN COTE D'IVOIRE: ECHEC CUISANT DU REGIME D'ALASSANE OUATTARA


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Alors que le Front Populaire Ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo a boycotté les élections régionales et municipales,les qualifiant de «farce électorale» et ayant invité les Ivoiriens à en faire de même, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’effectivement l’appel a été largement suivi.

 

Le scrutin du 21 avril a non seulement prouvé, une fois de plus, que la Côte d’Ivoire reste plus que jamais divisée, mais il confirme également le fait que la très grande majorité des Ivoiriens est tout simplement lassée des mensonges du régime et des violences qui se poursuivent dans le pays. Selon de nombreux spécialistes, notamment occidentaux, la réconciliation nationale est véritablement « en panne ». Malgré cela, Alassane Ouattara compte se présenter de nouveau à l’élection présidentielle de 2015. Dans un entretien à l’hebdomadaireJeune Afrique, dont il est un des actionnaires, l’homme avoue son incapacité à réaliser le redressement du pays, qu’il avait pourtant promis et sur lequel il avait insisté à maintes reprises : « A priori je ne pense pas qu’il soit possible de redresser la Côte d’Ivoire comme je le voudrais dans les trois ans à venir ». Répondant à la question sur la présidentielle de 2015, Ouattara annonce sans fard : « Oui, vraisemblablement, je serais amené à solliciter un deuxième mandat».

D’autre part, une nette fracture se dessine au sein de l’alliance au pouvoir composée principalement du Rassemblement des républicains (RDR), le parti libéral d’Alassane Ouattara, et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ex-chef d’État Henri Konan Bédié. Ces tensions sont notamment dues au fait que le PDCI de Bédié, ancien parti unique, vit mal son statut de second dans cette « union » où les divergences entre le RDR et le PDCI se font de plus en plus sentir. Des observateurs parient même que cette fameuse coalition du Rassemblement des « houphouëtistes » pour la démocratie et la paix (RHDP), réunissant justement le RDR et le PDCI, ne survivra pas bien longtemps. Par ailleurs, ce vote a été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à se transformer en incidents violents, y compris avec usage d’armes à feu, dans plusieurs communes, principalement à Abidjan. Une source occidentale dans la capitale économique a affirmé que « malgré la victoire de son parti, Ouattara sort fragilisé de ces élections car il a perdu une belle occasion de montrer qu’on pouvait organiser un scrutin crédible et transparent sans contestations. » Une « victoire » obtenue pour rappel, lors d’un scrutin largement ignoré par le parti de Laurent Gbagbo, le FPI, aujourd'hui principale formation de l'opposition, ainsi que par l’écrasante majorité de la population ivoirienne.

Justement, en parlant du taux de participation, selon la Commission électorale indépendante, il se situerait autour de 30 %, entre 13 et 15 % selon le FPI, qui cite une source proche du ministère de l’Intérieur. Même en retenant le chiffre le plus optimiste pour le régime d’Ouattara, il s’agit d’une confirmation claire d’un boycott massif de ces élections. Compte tenu de ces réalités peu radieuses, le président Ouattara a du souci à se faire. Aucune avancée notable n’a été faite pour une vraie réconciliation nationale, destinée à tous les Ivoiriens, notamment les membres de l’opposition, qu’ils soient en Côte d’Ivoire ou en exil. Un fait majeur : la mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui continuent de réclamer ardemment la libération de leur président, incarcéré depuis le 30 novembre 2011 dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas), se fait sentir à tous les niveaux.

Enfin, les soutiens étrangers de Ouattara, en premier lieu la France mais également les États-Unis, devraient rapidement faire évoluer leurs approches dans la crise ivoirienne qui semble perdurer et dont l’issue est pour le moment encore bien incertaine. A noter que François Hollande recevait son ami et acolyte, le président Ouattara le mois d’avril dernier à l’Élysée. A l’issue de cette rencontre, le chef d’Etat français a « encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique», selon le communiqué de la présidence française. Pourtant, ni la France, ni les autres soutiens occidentaux de Ouattara ne font réellement pression sur un régime ouvertement liberticide et sérieusement fragilisé. Les gouvernements occidentaux ne pourront pas longtemps ignorer le fait que la résistance ivoirienne est désormais mieux organisée et déterminée, aussi bien à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’au-delà de ses frontières.




1er MAI 2013: OUATTARA FUIT ENCORE LES TRAVAILLEURS

 

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La fête du 1er Mai restera décidément un cauchemar pour Ouattara qui n’aura sans doute jamais le courage de regarder les travailleurs en face. En effet, que pourra-t-il bien leur dire? Qu’il est incapable de régler leurs problèmes? Que son régime n’est pas en mesure de tenir ses nombreuses promesses et les engagements de son gouvernement en dépit de l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative Ppte? Le dictateur ne veut certainement pas vivre l’humiliation d’avoir à balbutier et bégayer devant les travailleurs à qui, il ne saura quoi dire. Sinon que de reconnaitre son incompétence. Aussi Ouattara, après s’être adroitement esquivé le 1er mai 2012, en improvisant à dessein un voyage en France, a encore choisi d’éviter les travailleurs de Côte d’Ivoire en se débarrassant d’eux par la même manœuvre. Il préfère les confier à un Premier ministre sans réel pouvoir. En effet, le mardi 1er Mai 2012, un an après l’arrestation du Président Laurent Gbagbo que les travailleurs et les masses ouvrières de tous les secteurs d’activités regrettent aujourd’hui, Ouattara, prend la poudre d’escampette, laissant les travailleurs de Côte d’Ivoire à un Ahoussou Jeannot Kouadio dépassé par l’ampleur de la tâche.

Des Premier ministres dépassés par l’ampleur de la tâche

Révolté par cette fuite en avant, les centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité et Force ouvrière) refusèrent d’aller perdre leur temps au palais dans une cérémonie qui n’avait plus de sens, du moment que le dictateur avait pris la clé des champs. «Pour éviter la douche froide qui lui était réservée par les syndicats», soupçonne-t-on. Ahoussou Jeannot Kouadio dû donc vivre seul ce désaveu cinglant des travailleurs. «Aucun leader des centrales syndicales en Côte d’ivoire ne s’est senti concerné par le 1er Mai de Ouattara. C’est la célébration des licenciements et du chômage», avaient-ils répliqué. Pour rappeler à Ouattara les vagues de licenciements collectifs, la politique de «rattrape ethnique» dans l’Administration et les entreprises publiques, la hausse du taux du chômage, la flambée du prix des denrées et services, la pauvreté croissante… Zadi Sességnon, le secrétaire général de la Centrale syndicale Force ouvrière (F.O), n’avait pas, nous l’avons écrit, effectué le déplacement du palais, pour commémorer le 1er Mai 2012. Il n’y était pas invité.

De toutes les façons, il ne s’y serait certainement pas rendu. Ses camarades et lui s’étaient plutôt retrouver au siège de la F.O au Plateau, pour un point de presse, ce mardi 1er mai 2012. Pour saluer la mémoire des travailleurs et leurs familles tombées sous les balles lors de la crise postélectorale. Avant de dénoncer la pauvreté organisée que vivent les Ivoiriens. «Nous ne nous sentons pas concernés par ce 1er mai», avait-il dit. Pour marquer son indignation quant au mépris que le régime actuel observe vis-à vis des travailleurs dont les préoccupations sont aujourd’hui royalement ignorées par Ouattara. Le Sg de Force ouvrière avait rappelé: «Les cascades de licenciements à la Sotra, à la Présidence de la République, à la Rti, à l’Agefop, au Port… ainsi que dans le privé, les mauvais aspects de la réforme du système de retraite qui touchent à la Cgrae, aux cotisations à la Cnps et l’inadaptation des lois du travail, la reprise en main de la Mugef-ci par l’Etat alors qu’elle n’était pas en faillite, par l’Etat. L’urgence de préserver les acquis des travailleurs ivoiriens et de se pencher sur les revendications, tout en réglant les problèmes du chômage, des licenciements en masse et de la cherté de la vie». Hélas, pour la commémoration de la fête du travail, le mercredi 1er mai de cette année 2013, le tyran ne changera pas sa façon de fuir les problèmes des travailleurs.

Cette fois, c’est son nouveau Premier ministre, le docile Kablan Duncan, qui va servir de valet du roi dans ce jeu. Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 avril 2013, a déjà annoncé que Ouattara va encore se défiler. «La cérémonie officielle du 1er mai 2013 sera organisée dans les jardins de la Primature à Abidjan, sous la Présidence de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement. Sont invités à cette cérémonie, outre les travailleurs des cinq centrales syndicales identifiées, les Présidents des Institutions de la République, les membres du Gouvernement, les partenaires au développement, les représentants des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, les responsables des Administrations publiques etc. A cette occasion, Monsieur le Premier ministre délivrera le message du Gouvernement aux partenaires sociaux». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on ne serait pas surpris que «les partenaires sociaux», pour ce qui concerne les travailleurs, après avoir décliné l’invitation d’Ahoussou Jeannot en 2012, donnent la même suite à Kablan Duncan, dans deux jours.

Une mise en scène, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature»

On comprendrait qu’ils ne veuillent pas s’associer à une mise en scène grotesque organisée, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature à Abidjan par un pouvoir qui méprise les travailleurs et les jette à la rue depuis sont installation. Dans un contexte où de nombreuses entreprises ont été contraintes de mettre la clé sous le paillasson, en raison de la crise économique à laquelle Ouattara s’avère incapable de trouver les solutions promises. Les travailleurs de Côte d’Ivoire vont-ils boycotter cette année encore la cérémonie officielle du 1er Mai, pour exprimer leur mécontentement à Ouattara? Ce ne sont en tout cas pas les sujets de discorde qui manquent. De nombreux problèmes en suspend qui peuvent s’abattre à tout moment sur la tête de Ouattara : les ponctions illégales sur les salaires des enseignants grévistes, les revendications salariales du personnel de santé, la question de la revalorisation salariale et des avancements indiciaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, la question des redevances et les salaires non payés des agents qui asphyxient les formations et établissements de santé communautaires (Escom-Fsucom) …. Entre autres dossiers urticants. Qui pourraient relancer, si ce rendez-vous du 1er Mai 2013 était manqué, la fronde sociale qui risque de s’engager dans les jours à venir. On le voit, Ouattara qui joue avec l’avenir de la Côte d’Ivoire, fuit les travailleurs. Peut-être se payera-t-il encore un séjour doré à Paris où dans une autre capitale occidentale, avec l’argent du contribuable ivoirien, l’argent des travailleurs a qui, il n’accorde aucun égard. Après avoir vendu illusions sur illusions.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du lundi 29 avril 2013.

ABSENCE AU 1er MAI - MAHAN GAHE BASILE: «OUATTARA A PEU DE CONSIDERATION POUR LES TRAVAILLEURS»

 

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Absence du chef de l’Etat à la célébration du 1er mai, Mahan Gahé Basile: «Ouattara a peu de considération pour les travailleurs»


Les absences récurrentes et injustifiées du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara à la fête des travailleurs du 1er mai, la précarité du marché de l’emploi, les licenciements abusifs sur fond de règlement de compte et de rattrapage, les promesses de campagne non tenues par Ouattara.... sont disséqués par Mahan Gahé Basile, secrétaire général de Dignité.

 
Notre Voie : Mercredi prochain, c’est le 1er mai, la fête des travailleurs. Alassane Ouattara, pour la 3ème fois consécutive, sera absent à ce rendez-vous... Quel Commentaire faites-vous ?

Mahan Gahé : Les relations employeurs et travailleurs doivent être des relations saines. Et pour que ces relations soient saines, il faudrait un effort de part et d’autre. C’est-à-dire entre nous, partenaires sociaux. Le gouvernement, les employeurs du privé et tous les syndicats. Que ce soit la Fonction publique ou le privé. C’est cela, les partenaires sociaux. Nous nous devons respect mutuel. Le seul jour de rencontre des partenaires sociaux, c’est le 1er mai. Le seul jour où le chef de l’Etat doit être en symbiose avec les travailleurs, c’est le 1er mai. Je suis triste de constater que le 1er mai, Alassane Ouattara est absent. C’est tous les travailleurs de Côte d’Ivoire qui sont tristes. Le 1er mai, c’est le seul jour où les travailleurs sont en contact avec le chef de l’Etat. C’est ce jour là que le chef de l’Etat profite pour redéfinir sa politique sociale. En nous confiant à un premier ministre, c’est bien. C’est comme si vous allez à des négociations avec un employeur du privé et c’est un chef du personnel qui vous reçoit. Mais ce chef du personnel n’est pas le DG ou le PDG. Ce n’est pas lui qui a établi le programme de fonctionnement de l’entreprise. Il ne peut donc pas décider. Il ne peut qu’affirmer qu’il a pris bonne note et qu’il rendra compte à son DG ou à son PDG. Kablan Duncan, je le respecte beaucoup, mais il rendra compte au chef de l’Etat. Il sera obligé de recourir, de se référer au chef de l’Etat parce qu’il ne peut pas décider seul. Les promesses de campagne de Ouattara n’appartiennent pas à Duncan. En tant que syndicaliste, nous travaillons toujours sur le programme de campagne du chef de l’Etat.

N.V : Vous dénoncez donc un mépris pour les travailleurs ?

M.G : Je ne sais pas ce qu’Alassane Ouattara pense des travailleurs. Qu’est-ce qui est aussi pressé pour qu’il fasse une tournée à l’ouest. Pendant sa campagne électorale de 2010, il a fait des promesses aux travailleurs du secteur public et privé. Le 1er mai est une occasion pour un chef de l’Etat de faire le point de ses promesses sociales. Houphouët-Boigny, même dans sa vieillesse a toujours respecté les syndicats. Il nous a toujours reçus. Il a même offert un bâtiment au bureau international du travail (Bit) à Abidjan. Si ce siège est à Abidjan, cela veut dire que le président Houphouët a toujours respecté les travailleurs et les employeurs. Si ce n’est plus le cas, on risque de voir le siège nous échapper Le président Bédié a toujours placé les confédérations sur un plateau d’or. Il était toujours là, le 1er mai. Même le Général Robert Guéi, celui là même qui était militaire et qui pouvait dire qu’il s’en fout des syndicats a toujours reçu les syndicats. Je ne parlerai pas de Laurent Gbagbo pour qui la situation des travailleurs était au centre de ses priorités. Comme Ouattara banalise les travailleurs, qu’il ne s’adresse plus jamais à eux. Ou bien il veut que les travailleurs s’alignent derrière sa politique sociale. Ce n’est pas normal qu’il ait très peu de considérations pour les forces vives de ce pays.

N.V : Trois ans après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, quel regard jeté vous sur la situation des travailleurs et de l’emploi des jeunes ?

M.G : Rien n’a été fait par Ouattara ! La vie est devenue plus chère. Les jeunes sont toujours au chômage. Dîtes-moi quelles sont les ouvertures de certaines entreprises pour embaucher massivement les jeunes ? Il n’y en a pas ! Depuis la prise du pouvoir par Ouattara, nous sommes toujours dans l’instabilité. Ce qui préoccupe le pouvoir, c’est comment faire pour se réconcilier, commente faire pour que les élections municipales, législatives, des conseils régionaux aient lieu. Alors qu’en réalité, la cherté de la vie est en train de tuer des milliers de personnes. Alors qu’en réalité, l’ivoirien n’arrive plus à se loger, à se nourrir, à se vêtir. Ne parlons même pas de ses loisirs qui sont une vue de l’esprit. C’est vrai qu’Abidjan est en chantier. Mais est-ce que ce chantier embauche les jeunes. Non ! Le Smig est toujours à 36 mille Fcfa. La promesse du Smig à 60 mille Fcfa promis par le gouvernement est un leurre. On s’est permis de diminuer les salaires en augmentant les cotisations à la Cnps. Et c’est sur les salaires de nos camarades du privé. Quand aux enseignants du public, leurs revendications sont légitimes.

N.V : Depuis que Ouattara dirige ce pays, les licenciements abusifs font partie du quotidien des ivoiriens. Que font justement les confédérations syndicales pour arrêter l’hémorragie ?

M.G : C’est une grande préoccupation. Lorsque j’étais en prison à Boundiali, mon adjoint et tout le comité exécutif de la Centrale Dignité ont fait un travail formidable. Malgré mon arrestation, j’ai toujours lu leur déclaration. Ils ont dénoncé la cherté de la vie, tous ces licenciements abusifs. C’est lorsque je suis sorti de prison que j’ai entendu le mot rattrapage. On m’a fait savoir que c’est lorsqu’on remplace certains par d’autres originaires du nord. Je me suis demandé si certains sont ivoiriens et que d’autres ne le sont pas. Je me suis dit que s’ils ne sont pas tous ivoiriens, il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de frustrés. Cette histoire de rattrapage me gêne un peu. Qui peut répondre à cela ? C’était l’occasion pour Ouattara de se justifier le 1er mai. Sur les licenciements abusifs constatés, c’est un retour en force des programmes d’ajustement structurels (Pas). En 1990, lorsque le FMI l’imposait à la Côte d’Ivoire, l’objectif était de déréglementer le code du travail. Nous avions dénoncé en son temps ce code fabriqué de toutes pièces par un cabinet et soumis à l’assemblée nationale et appliqué aux travailleurs. Nous avions dénoncé ce code esclavagiste. Nous avions dénoncé dans les années 1990, les salaires à double vitesse. Ce sont malheureusement des choses qui reviennent. Lorsque j’étais en prison, j’ai pleuré lorsque j’ai appris qu’il y avait un recrutement d’enseignants contractuels qui seront payés à 100 mille Fcfa par mois. Un enseignant, c’est celui qui transmet son savoir à l’enfant. Comment voulez-vous transmettre sereinement votre savoir si vous êtes sous-payés, mal payés. Ne nous étonnons pas que cette jeunesse devienne de plus en plus violente.

N.V : Le futur code du travail est l’objet de vives controverses. Etes-vous partant pour l’adoption de ce code ?

M.G : Je suis partant pour la révision du travail mais à condition qu’il tienne compte de l’être humain. Ce code régit les rapports entre l’employeur et le travailleur. Déjà économiquement, l’employeur est fort. Pour des raisons économiques si vous donnez tous les privilèges à l’employeur, le travailleur n’est plus un travailleur. Il devient esclave. Et il ne peut plus satisfaire à ses besoins primaires. Se nourrir, se vêtir, se soigner, habiter dans une maison, se permettre des loisirs. Ce futur code fait malheureusement la part belle à l’employeur. La préoccupation de l’employeur et du gouvernement, c’est de faire en sorte que le délégué ne soit plus protégé. Au niveau des revendications, on affaiblit le délégué syndical pour qu’il cesse de revendiquer.. Il s’agit pour l’employeur et le gouvernement de faire en sorte que le délégué du personnel soit licencié. Nous devons empêcher l’adoption de ce code par la discussion et non par la violence. Nous demandons au gouvernement d’ouvrir les discussions. Vous aurez beau fait venir des travailleurs étrangers, mais cela ne marche pas toujours. Tôt ou tard, ils se rendront compte eux aussi qu’ils sont exploités et ils vont revendiquer. On doit être honnête avec son pays et les citoyens qui l’habitent.
Il est inadmissible qu’un élu licencie tous ceux qui ne sont pas de son bord politique. Il faut que le parlement vote une loi pour protéger les travailleurs. La seule loi qui les protège est la convention 87 du Bit qui protège les travailleurs et 98 pour les délégués.

N.V : Le siège de la Fesaci est toujours occupé par les FRCI. Le gouvernement a offert cette centrale syndicale à Traoré Dohia sur un plateau d’or…

M.G : Le chef de l’Etat doit savoir qu’un Etat qui méprise les syndicats a toujours des problèmes. Qu’il libère le siège de la Fesaci. Le choix d’un secrétaire général ou d’un président d’un syndicat est le choix exclusif des militants d’une organisation syndicale. Ce sont seulement les militants de ce syndicat qui à un congrès, ou en assemblée générale extraordinaire, peuvent élire ou défaire un secrétaire général ou un président d’un syndicat. Que le régime laisse tranquillement les militants de la Fesaci élire leur dirigeant. Il faut que la Cour suprême qui a pris cette décision en faveur de Traoré Dohia l’annule purement et simplement.

N.V : A quoi finalement peut-on s’attendre le 1er mai ?

M.G : Ce sera un 1er mai fade. Le gouvernement nous fait savoir que désormais, tous les 1er mai, c’est seulement le premier ministre qui nous reçoit. Lorsque nous rencontrerons le chef de l’Etat, nous lui dirons de ne plus mettre dans son programme social, la situation des travailleurs. C’est la seule chose qu’on peut lui dire. On demande 200 délégués par confédération à la primature, c’est très peu. C’est toujours difficile pour Dignité qui a ses délégués dans tous les secteurs d’activités. C’est la preuve manifeste du désintérêt total du régime envers les travailleurs. Nous ne sommes pas des chefs de guerre. Nous allons apaiser les cœurs meurtris de nos militants.

N.V : Comment se porte Mahan Gahié Basile après sa sortie de prison?

M.G : Je me porte bien. Comme le disent les ivoiriens, je me maintiens.

N.V : Vous avez donc repris la lutte syndicale ?

M.G : J’ai été toujours dans la lutte syndicale. C’est à cause de cette lutte que j’étais en prison. Sinon Mahan Gahié Basile assis dans son village à Diboké, je ne vois pas pourquoi on viendrait me chercher pour me mettre en prison. C’est parce que je suis à la tête d’une confédération syndicale que mes déclarations gênent et que ce régime m’a mis en prison. Ce régime a compris enfin de compte que je revendique beaucoup mais que je ne suis pas violent.


Entretien réalisé par Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


FETE DU 1er MAI: LE CAPITALISTE NEGRE ET LA PLEBE

 

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Du haut de sa gloire, le capitaliste nègre orthodoxe n’a jamais  cessé de célébrer le fossé dressé entre lui et la plèbe. Entre les deux, c’est le jour et la nuit. Ses enfants sont tenus à mille lieues de ceux de la plèbe. Il est interdit un mélange ou une fusion entre ces deux classes. L’une a les moyens de prolonger sa vie en renouvelant de façon incessante son sang, l’autre très chétive, ne cherche qu’un menu morceau pour s’accrocher à la vie. Les deux classes n’ont pas la même morale. Ce qui est anathème chez l’une est bénédiction chez l’autre. Elles n’ont pas non plus les mêmes valeurs. Le capitaliste nègre, comme ses collègues blancs, a les moyens de commandement. Il est l’impérium. Il engage la plèbe. Lui impose des contrats léonins. Lui impose des heures de travail et des tâches à cheval entre l’inacceptable et l’indécent. Lorsque la plèbe se révolte et au bout de mille morts obtient une fête, le capitaliste ne décolère pas. Il ne peut décolérer car le profil qu’il cherche par l’exploitation de la plèbe se trouve réduit. Humaniser la plèbe ! Abomination, dit le capitaliste.

Une fois la force de la plèbe imposée, le capitaliste éternellement porté sur son nombril, change de fusil d’épaule. Il a plusieurs tours dans son sac. Comment maintenir la plèbe dans la précarité sans qu’elle ne le sache? Il a un argument : la crise économique. Qu’elle a le dos large cette crise ! Dans la crise, on trouve un peu de tout. Critères de convergence de l’Uemoa, immobilisme du Smig, conditions de travail difficiles, inadéquation entre le salaire et la dictature des prix des produits, flambée des prix etc. Il suffit donc qu’il arbore cet argument pour que la plèbe  sache que le bonheur n’est pas pour demain. Clochardisée, la plèbe ne se rassasie que du mystère qui entoure le salaire du capitaliste ainsi que celui de ses collaborateurs. Elle ne voit que l’infâme jeu mêlant affairisme et spoliation avec en toile de fond, l’odeur du cacao et du pétrole.

A  la crise économique s’ajoute le mépris. Le capitaliste a toujours méprisé les plus petits. Pourtant c’est d’eux qu’il tire sa richesse, sa sève nourricière. Autant il est formellement interdit aux enfants du capitaliste de fréquenter ceux de la plèbe, autant le capitaliste s’interdit toute rencontre avec la plèbe. Ce schisme social révoltant est flagrant depuis deux ans. Il y a d’un côté la société des riches, incarnée par le capitaliste nègre et de l’autre, celle des pauvres représentée ici par le syndicat de la plèbe. Certains capitalistes nègres, par delà nos frontières, font l’effort de rapprocher les deux pôles. Mais chez nous, l’idée n’est point à l’ordre du jour. Le capitaliste nègre maintien sa posture de dominant. Il plastronne dans les lambris dorés sans jamais recevoir un seul représentant de la plèbe.

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A l’occasion de la fête arrachée de haute lutte par la plèbe aux capitalistes, ceux qui sont les plus orthodoxes gardent la ligne. Il n’est pas question de se tenir en face de ces moins que rien pour écouter leurs jérémiades. On pourrait même dire qu’ils ont la rancune tenace. Ils ne tolèrent pas l’affranchissement de la plèbe. Ils ne peuvent en conséquence tolérer leurs revendications. Cela correspond bien à la vérité historique qui entoure la fête du travail : un combat entre le bourgeois et le pauvre, l’employeur et le salarié, le capitaliste et la plèbe. Nous sommes dans l’un des épisodes de cette lutte salvatrice. Ici, le capitaliste nègre a, par délégation de pouvoirs, confié au Primus inter pares, le soin d’écouter la plèbe sans pour autant répondre favorablement à ses revendications. Il n‘a aucun pouvoir de décision. Il n’est qu’un simple agent d’exécution. Une sorte de factotum juste là pour faire de la figuration. Hier un Primus avait reçu les revendications. Aujourd’hui un autre Primus les recevra mais cette fois-ci, la réception se fera sous l’empire d’une onction décrétale. Nonobstant ce passage de témoin entre Primus, on note que les livres blancs sont toujours restés blancs. Cette année ils seront bonifiés. L’année prochaine la bonification sera portée au grade supérieur. Le mauvais traitement de ces livres blancs trouve sa justification dans le statut du destinataire desdits livres. Il est en effet un capitaliste qui penche plus pour ses intérêts que pour ceux de la plèbe. Il n’existe aucune intimité entre lui et la plèbe. Or pour mieux comprendre la basse classe il faut être plongé au cœur de ses réalités. Il faut pleurer avec elle, rire avec elle. Mission impossible pour un capitaliste qui exècre les plus petits. Pour ne pas avoir à les affronter et s’inventer un petit sentiment de pitié, le capitaliste préfère ne pas les recevoir. Il ne fera que lire les livres blancs. Or entre lire passivement et entendre la plèbe, la voix crue, exprimer ses souffrances, il y a une nette différence. La voix de la plèbe crée le sentiment humain. La lecture passive engendre un cœur  glacial, impénétrable. Le capitaliste nègre préfère le cœur glacial parce que là ou est le malheur de la plèbe, là se trouve son bonheur. Comme toujours d’ailleurs !

Dieu nous garde.

 

Alain Bouikalo, Juriste

bouikhalaud10@gmail.com


Source: Le blog d'Alain Bouikalo

OUATTARA CONTINUE DE CATEGORISER LES IVOIRIENS: LE RATTARAPAGE ETHNIQUE GAGNE L'ECOLE DE GENDARMERIE


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Cet homme est en train de détruire la Côte d'Ivoire!


C’est vendredi dernier 26 avril 2013 que les résultats du concours des sous-officiers de la gendarmerie nationale ont été proclamés, après un an d’attente (depuis 2012). Ils sont actuellement affichés au Commandement supérieur de la gendarmerie nationale au Plateau où les candidats viennent consulter le tableau d’affichage pour connaître leur sort. Certains repartent heureux parce que admis, d’autres attristés ont du mal à quitter les lieux. Ce qui est choquant et regrettable à la lecture de noms des admis au nombre de 1400, c’est le déséquilibre ethnique et régional qui accroche.

Et pourtant, la Côte d’Ivoire compte plus de 60 ethnies. Seules deux régions se partagent le gâteau. Le nord et le centre. Une véritable razzia des baoulé et des Malinké. La grande majorité des admis a des noms à consonance nordiste et centriste. Presque la moitié des admis est originaire du nord de la Côte d’Ivoire quand les noms baoulé inondent toutes les listes. Des listes Rhdp pourrait-on relever sur ce tableau. Ce qui heurte surtout les consciences en lisant attentivement les noms des admis, c’est pratiquement la quasi-absence des jeunes originaires de l’ouest. Moins d’une quarantaine sur 1400 admis. Un rattrapage ethnique comme le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, l’avait appelé devant la presse française lors d’une de ses visites en France. Apparemment, le seul but de cette opération est de reconstituer une nouvelle gendarmerie composée d’éléments pro-Ouattara. Surtout que les gendarmes que Ouattara a trouvés en fonction après sa prise du pouvoir le 11 avril 2011 sont toujours soupçonnés d’être des pro-Gbagbo. Faire de la gendarmerie nationale, une gendarmerie aux ordres de Ouattara, tel semble être l’objectif poursuivi par le chef de l’Etat. C’est pourquoi aussitôt les résultats proclamés, le régime s’empresse de lancer un autre concours cette année pour mettre en minorité les gendarmes trouvés en place. Alors que l’une des missions de la gendarmerie nationale est de défendre la République menacée dans ses fondements et non un individu.

Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 30 avril 2013.


Source: ABIDJAN.NET

lundi, 29 avril 2013

LIVRE: LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

 

côte d'ivoire,texte final de prÉsentation par la presse,prochain ouvrage collectif a paraÎtre chez l'harmattan (mai 2013,le prÉsident laurent gbagbo À  la cour pÉnale internationale,justice ou imposture?,sous la coordination scientifique de pr. raymond koudou kessié e


TEXTE FINAL DE PRESENTATION PAR LA PRESSE DU PROCHAIN OUVRAGE COLLECTIF A PARAITRE CHEZ L'HARMATTAN

(Mai 2013)

 

LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A  LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

Sous la Coordination scientifique de Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye

 

L'ouvrage rassemble les contributions d'intellectuels africains et européens, spécialistes de nombreux domaines, juristes, politologues, psychologues, sociologues, avocats, journalistes, écrivains…, qui posent la question de la crédibilité de la justice internationale incarnée et pratiquée par la Cpi, à partir d'analyses des faits et au regard des charges contre le Président Laurent Gbagbo, le Président élu de Côte d'Ivoire.

La problématique qui sous-tend cet ouvrage collectif, est surtout de montrer que le procès du Président Laurent Gbagbo, apparaît plus politique que juridique : aucun criminel dans le camp de M. Alassane Ouattara n’est interpellé par la Cpi. La mise en évidence du mensonge et de la vérité peut et doit conduire à la relaxe du Président Laurent Gbagbo des fins de toutes poursuites.  C'est l'objectif assigné à cet ouvrage collectif  par son comité de rédaction, composé de quatre (4) personnes : Pr. Raymond Koudou Kessié et  Pr. Hubert Oulaye (coordination scientifique) ,  Dr. Kouakou Edmond (coordination technique) et Ministre Émile Guiriéoulou (membre). Toutes les contributions sont regroupées dans six parties.

Dans l'Avant-Propos, les deux coordonnateurs scientifiques de l'édition, Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye, donnent les lignes force de l'ouvrage, non sans en avoir rappelé l'objectif : un ouvrage  de combat pour la libération du Président Laurent Gbagbo des geôles de la Cpi ; cette institution judiciaire internationale qui semble avoir été montée par les puissances internationales pour les seuls Africains. Les pays européens n'entendent nullement y voir déférés leurs ressortissants et les États-Unis, qui coopèrent avec la Cpi, n'ont pas ratifié le Statut de Rome l'instituant. Et, ce pays reste formel sur le fait qu'il n'acceptera,  ni ne tolérera qu'un de ses nationaux soit déféré devant la Cpi, alors même qu'il ne s'abstient pas d'être aux côtés de cette institution lorsqu'il s'agit de citoyens d'autres pays. Il vient en effet de jouer ''un rôle crucial en procédant au transfèrement rapide et efficace du rwandais Bosco Ntaganda, après sa reddition à l'Ambassade américaine'' , comme l'écrit  Human Rights Watch, 18 mars 2013.

Dans la Première Partie intitulée Le contexte : la vérité électorale qu'ils veulent cacher, Ils exposent les rapports d'observateurs électoraux internationaux qui stigmatisent les exactions et les fraudes massives orchestrées par les partisans d’Alassane Ouattara et qui ont entaché la crédibilité des résultats dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire ; zones sous occupation des rebelles pro – Ouattara. Ce sont les rapports d'Observateurs ignorés avec mépris par les occidentaux et la communauté internationale au profit de M. Ouattara de: COMISCA (Coordination de la Mission Internationale des Observateurs de la Société Civile),  CEEA (Comité des experts Électoraux Africains) et UA (Union Africaine) . Les contributeurs démontrent ensuite dans leurs articles, preuves à l’appui, que c’est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections présidentielles ivoiriennes de novembre 2010, en dépit des incantations des médias occidentaux, de la position de la communauté internationale et de la force militaire utilisée pour le renverser. Ils montrent également comment Young-ji Choi, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU, a violé son mandat en certifiant, en connaissance de cause, de faux résultats favorables à Alassane Ouattara.  Les articles de Dr. Ahoua Don Mello (Ma part de vérité) et de Pr. Hubert Oulaye (Violation du mandat de certification) donnent la preuve des fraudes massives dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire et de l'imposture, avec Ouattara dans le fauteuil présidentiel; alors que son titulaire est déporté à la Cpi, à La Haye.

Dans la Deuxième Partie intitulée Le Président Laurent Gbagbo – Un combattant de la démocratie à la Cour pénale internationale, Dr. Bertin Kadet (Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques ), et Joseph Marat (Laurent Gbagbo un brillant intellectuel dans la politique) déclinent l'identité de Laurent Gbagbo, identité qui lui vaut la haine viscérale de l'impérialisme international ; sa qualité de souverainiste et de combattant des libertés démocratiques. Il fallait l'abattre par tous les moyens au profit de M. Ouattara, un homme-lige, docile et assuré de garantir les intérêts des grandes puissances.  Viennent ensuite, les articles de Dr. Kouakou Edmond (L'histoire cocasse d'une inculpation arbitraire) et (Quand le Président Gbagbo porte sa croix) ou encore, de Me Ciré Clédor Ly (Le transfèrement du Président Gbagbo) qui décrivent le transfèrement arbitraire de ce Grand homme d'État.

Dans la Troisième partie intitulée Contrevérités et collusion du Procureur Luis-Moreno Ocampo avec le régime Ouattara, le document de charges contre le Président Laurent  Gbagbo  est passé au peigne fin. Ce document rabaisse, dans une extrême désinvolture, au rang de «dictateur africain» et de «vulgaire criminel sans foi, ni loi», un grand Africain, un humaniste, un Homme qui a consacré toute sa vie au combat pour la liberté et l’instauration de la démocratie dans son pays. Les auteurs montrent que les faits à la charge du Président Gbagbo ne sont pas avérés et que nombre de ces faits sont de purs montages destinés à l’accabler. Tout en relevant le parti-pris du Procureur de la Cpi en faveur d’Alassane Ouattara, ces analystes montrent qu’aucun crime contre l’humanité n’est imputable au Président Laurent Gbagbo. Alain Dogou et Émile Guiriéoulou (La vacuité  des accusations de la Cpi contre le Président Laurent Gbagbo), Pr. Hubert Oulaye (Partialité et dérives du Procureur Ocampo), Alain Bouikalo (Moreno Ocampo, Procureur ou mercenaire en cravate?), Dr. Kouakou Edmond, dans trois contributions (Quand Ocampo méconnaît l’autonomie constitutionnelle des États) ou (Enquête de la Cour pénale internationale : à qui profite le crime?) ou encore ( De la nécessité d’une expertise contradictoire); Théophile Kouamouo (Le document d'Ocampo qui enfonce son ami Ouattara) , Philippe Brou (La manipulation de la Cpi mise à nu) ; Coulibaly Zié Oumar (Manipulation d’une campagne sanitaire contre Gbagbo),  et, enfin, Germain Séhoué (Charges contre Gbagbo - Un scandale de légèreté et de malhonnêteté).

 Dans la Quatrième Partie intitulée La Cpi: quelle crédibilité?, les contributeurs s'interrogent sur  la crédibilité de la Cpi. Maître Josette Kadji (Faut-il mettre en doute l’impartialité de la Cour pénale internationale?) ; Dr. Kouakou Edmond (Cour pénale internationale : suspicion légitime); Calixthe Beyala ( Le Procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d'une mascarade annoncée ) ; Arsène Touho (Qui peut sauver Gbagbo?); Julius Blawa Gueye (Cour pénale internationale: Épreuve de vérité) ;  Mathias Gboziagnon (La Cpi : Tribunal pour Africains seulement?) et Alain Cappeau (La justice internationale doit être disqualifiée) . 

Dans la Cinquième partie, intitulée Interpellations de la Cpi , les auteurs interpellent cette institution internationale. Le Collectif de Juristes pour la Vérité en Côte d’Ivoire  (Lettre ouverte à Ocampo) ; Alain Cappeau (Lettre ouverte à madame la juge Présidente de la Cpi); Dr. Claude Koudou (Motion à la Cpi) .

Dans la Sixième et dernière Partie, Justice et liberté pour le Président Laurent Gbagbo, les auteurs expriment une conviction forte selon laquelle, Justice et liberté ne peuvent que s'imposer pour le Président Laurent Gbagbo, et, ce, au nom principalement de  la vérité. Les articles de, Dr. Ahoua Don Mello (Les ponts d'une réconciliation durable),  Alain Cappeau  (Le spectre de l'erreur judiciaire dans l'affaire le Procureur vs Gbagbo. Alea jacta est ),  Damana Adia Pickass  (La libération de Laurent Gbagbo, 90% du trajet de la réconciliation) et Pr. Koudou Kessié Raymond (Pourquoi le Président Gbagbo doit être libéré) bouclent le tout, avec une note d'espoir : les Magistrats de la Cpi en charge de l'affaire sauront tourner le dos à toute la machine infernale contre le Président Laurent Gbagbo et redorer le blason écorné de cette institution judiciaire internationale.

AMINATA TRAORE NOUS RACONTE «L'AFRIQUE HUMILIEE»

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Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivain malienne, née en 1947 à Bamako (Mali). Intellectuelle engagée, elle a été ministre de la Culture et du Tourisme au Mali sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Connue comme étant l’une des principales figures de l’altermondialisme africain, la Malienne se bat sur tous les fronts : OGM, coton, privatisations, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité...

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Après Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général publié en 2005 où elle analyse les crises africaines particulièrement celle déclenchée en septembre 2002 dans son « pré carré », L’Afrique humiliée est son dernier livre réquisitoire qui met à nu les rapports entre la France et ses ex-colonies en Afrique à la lumière de la mondialisation et de la globalisation.

Dans L’Afrique humiliée, Aminata Traoré dénonce la responsabilité particulière de la France et de la mondialisation libérale dans les crises africaines et « s’en prend très directement au désormais célèbre "discours de Dakar" de Nicolas Sarkozy, mais aussi à Brice Hortefeux (ministre français de l’Immigration) et à Erik Orsenna, dont elle n’a guère apprécié le chapitre malien de Voyage aux pays du coton », nous raconte Jeune Afrique du 2 décembre 2007.

Le propos est donc sans détour, comme le constate le résumé du livre par l’auteur lui-même:

«Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? Les pays riches ont peur de notre présence quand elle n’est pas susceptible d’ajouter à leur avoir, peur de nos différences quand elles sont trop visibles. Inutiles, les nouveaux naufragés entassés sur des embarcations de fortune, supposées les conduire vers la terre ferme de l’Europe. Invisibles, les désespérés qui traversent l’enfer du désert. Indésirables, ceux qui, menottes aux poignets, sont reconduits dans leur pays d’origine. Mais l’humiliation du continent africain ne réside pas uniquement dans la violence, à laquelle l’Occident nous a habitués. Elle réside également dans notre refus de comprendre ce qui nous arrive. Car il n’y a pas d’un côté une Europe des valeurs et du progrès et de l’autre une Afrique des ténèbres et des malheurs. Cette vision, que certains d’entre nous ont tendance à intérioriser, vole en éclats dès l’instant où l’on touche du doigt les mécanismes de la domination, de la paupérisation et de l’exclusion. Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières».

Préfacé par l’auteur de L’Aventure ambiguë, l’écrivain et homme politique sénégalais Cheikh Hamidou Kane, L’Afrique humiliée est le dernier essai d’Aminata Traoré publié chez Fayard, en janvier 2008.

Ses écrits :

2008 : L’Afrique humiliée, Edition Fayard.
2007 : L’Argent : en avoir ou pas : Les Rendez-vous de l’Histoire, Blois 2006, Édition Pleins feux.
2005 : Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général, Édition Fayard.
2002 : Le Viol de l’imaginaire, Édition Fayard.
1999 : Mille tisserands en quête de futur, Bamako : EDIM.
1999 : L’Étau. L’Afrique dans un monde sans frontières,Édition Actes Sud.


Par ATSE N’CHO DE BRIGNAN


Source: AGORAVOX

19:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Livre, Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, mali, aminata traoré, aminata traoré nous raconte «l’afrique humiliée», agoravox.fr | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

AMINATA TRAORE: «QUELLE AFRIQUE VOULONS-NOUS?»

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Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne relève 
de l’ingérence, affirme l’essayiste et militante altermondialiste. L’ancienne ministre de la Culture 
du Mali plaide pour une démocratie africaine par et pour les peuples, propre 
à émanciper 
le continent du pillage néocolonial.


Vous avez longtemps vécu et travaillé en Côte d’Ivoire. Que ressentez-vous à la vue du chaos dans lequel est aujourd’hui plongé ce pays ?

Aminata Dramane Traoré. Je suis horrifiée. Nous devons cette nouvelle humiliation à notre immaturité politique qui consiste à réduire la démocratie aux élections en perdant de vue le jeu des intérêts dominants et l’asymétrie des rapports de forces.

L’attaque de la résidence du président Laurent Gbagbo et son arrestation ne sont ni plus ni moins qu’une illustration de ce que cheikh Hamidou Khan appelle l’art de vaincre sans avoir raison, qui est le propre de l’Occident.

Je suggère dans ma Lettre au président des français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général une inversion des priorités de manière à privilégier le projet de société, à faire de l’élection le choix de gouvernants capables de réaliser ce projet dans le respect des aspirations des peuples. Riches de leurs expériences individuelles, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne (Laurent Gbagbo, ­Alassane Dramane Ouattara et ­Konan Bédié) auraient pu, dans une telle perspective, diagnostiquer les politiques économiques mises en œuvre et proposer des alternatives au système capitaliste qui a fait de la Côte d’Ivoire un réservoir de matières premières avec les conséquences sociales, politiques et écologiques que l’on sait.

L’absence de débats de fond sur les conséquences catastrophiques du système néolibéral sur l’emploi, l’agriculture et les sociétés ­paysannes, le revenu, l’éducation, 
la santé, la cohésion sociale, la ­relation au pouvoir et à l’argent nuit considérablement à la construction d’une démocratie conforme à la demande des Africains.

Je ne vois pas comment ni pourquoi la démocratie qui est en crise en ­Occident pourrait faire des miracles en Afrique au point de justifier une expédition punitive. Mais, à propos des ­dominés, les dominants ne se posent pas ce genre de questions.

 Comment jugez-vous la participation des militaires français de la force Licorne à l’offensive militaire qui a délogé Laurent Gbagbo de la résidence présidentielle, le 11 avril dernier ?

Aminata Dramane Traoré. À ce sujet, on en entend des vertes et des pas mûres de la part des officiels français et des prétendus spécialistes de l’Afrique. Leur thèse peut être ainsi résumée : l’Afrique se mondialise et décide librement de faire du commerce avec les partenaires de son choix, la Chine étant l’un des plus importants. La France et les autres puissances occidentales ne voient pas, semble-t-il, de mal à cette situation. Elles seraient tout simplement soucieuses de nous mettre sur le droit chemin de l’État de droit, qui passe par des élections régulières, transparentes et propres.

Les Ivoiriens n’y seraient pas parvenus tout seuls par la faute de Laurent Gbagbo qui, après avoir été battu, semble-t-il, au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 par Alassane Ouattara, se serait accroché au pouvoir.

Les tenants de ce discours le classent aussitôt parmi les dictateurs à qui la France se doit de donner un « avertissement », comme l’a exprimé le premier ministre français, François Fillon, à l’Assemblée nationale. On est stupéfaits par une telle arrogance quand on se réfère à l’opinion que les Français se font de leur démocratie et à la cote de popularité du président Sarkozy, qui est au plus bas.

À mon avis, la France de Nicolas Sarkozy est intervenue militairement, avec les Nations unies en cheval de Troie, pour ce que je considère comme une action de dressage démocratique de l’homme africain. Une bonne partie des populations civiles à défendre ont non seulement présent à l’esprit le discours de Dakar, mais sont parfaitement conscientes des humiliations de l’immigration « choisie » dont le président français est le père. Son nouveau ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en remet une couche en s’attaquant à l’immigration légale. Si nous comprenons bien, le soutien aux « révolutions » et à la « démocratisation » a des limites. La France nous aime libres et en démocratie. Mais entre nous et chez nous.

 Peut-on résumer la crise ivoirienne à une crise postélectorale, à un contentieux entre un « président reconnu par la communauté internationale » et un perdant accroché au pouvoir ?

Aminata Dramane Traoré. Le contentieux électoral est le prétexte qui, lorsque les enjeux économiques et géostratégiques l’exigent, peut servir de justification à toute sorte d’agression. Mis à part cette instrumentalisation, je ne vois aucune raison de mettre un pays souverain à feu et à sang. Point n’est besoin de rappeler que ce type de contentieux se règle souvent sans qu’aucune goutte de sang ne coule. Nous connaissons bon nombre de cas où les redresseurs de torts ont fermé les yeux sur les fraudes et sont même allés parfois jusqu’à inverser les résultats électoraux.

En somme, loin d´être un problème ivoiro-ivoirien, cette crise est l’une des expressions tragiques de la marche chaotique et macabre du monde depuis la chute du mur de Berlin.

 Laurent Gbagbo ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans cette longue crise ?

Aminata Dramane Traoré. Pas plus que la France et les Nations unies qui, depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, ont joué sans en avoir l’air la carte du « tout sauf Laurent Gbagbo ». Il suffit de se référer à l’édifiant documentaire de Patrick Benquet, la Françafrique, pour comprendre l’ingérence permanente dans nos affaires.

Le passé et le profil de Laurent Gbagbo ne répondent pas aux critères des maîtres du monde dans leur casting des dirigeants des pays dominés. Il fallait qu’il parte. Tous les leviers possibles et imaginables ont été actionnés pour atteindre cet objectif. La mauvaise volonté dans le désarmement de la rébellion, l’asphyxie, ces derniers mois, de l’économie ivoirienne, sans crainte aucune de la souffrance humaine induite par les privations et les pénuries, ainsi que le lynchage médiatique sont autant d’armes au service de l’ingérence et de la déstabilisation.

Je rends personnellement hommage à un homme de courage et de dignité qui a été le premier à défier l’un des hommes politiques les plus puissants du continent africain et à avoir fait de la prison avec sa femme au nom du multipartisme et de la démocratie.

 Qu’y a-t-il de commun entre les interventions en Côte d’Ivoire 
et en Libye ? La « protection des civils » est invoquée dans un cas comme dans l’autre. Que pensez-vous de cette invocation, qui est un autre nom du droit d’ingérence humanitaire ?

Aminata Dramane Traoré. Il y a lieu d’étudier de manière approfondie les similitudes et les différences entre ces deux situations. L’une de ces similitudes est l’instrumentalisation des populations civiles qui, dans le cas de la Côte d’Ivoire, sont d’abord victimes de la dérégulation et de la déprotection dans le cadre du libéralisme économique. Contentieux électoral ou pas, les Ivoiriens étaient déjà confrontés aux difficultés croissantes d’accès à l’emploi, à l’alimentation, aux soins de santé.

Ce sort qu’ils partagent avec l’immense majorité des Africains soumis aux diktats du FMI et de la Banque mondiale n’est pas de nature à perturber les dirigeants occidentaux qui, subitement, prétendent voler au secours de la veuve et de l’orphelin à coups de missiles « humanitaires ».

L’argument invoqué est le même dans le cas des deux pays en vue de susciter le maximum d’indignation à l’égard des dirigeants que l’Occident a décidé d’évincer.

La différence de taille entre la Libye et la Côte d’Ivoire, c’est que le lâchage de Muammar Kadhafi, qui était devenu un partenaire privilégié, se situe dans la droite ligne de celui de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte.

 Comment jugez-vous le rôle joué 
par les Nations unies tout au long du processus électoral, puis lors 
de l’offensive contre Laurent Gbagbo ?

Aminata Dramane Traoré. Le rôle joué par l’ONU en Afrique est le même depuis la fin des années cinquante. Conçue par les grandes puissances, cette organisation sert leurs intérêts. L’ONU n’a jamais été un instrument de paix en Afrique. En 1960, à propos de la mort de Patrice Lumumba, Franz Fanon écrivait : « Il ne fallait pas faire appel à l’ONU. L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. » (1) C’est dire jusqu’à quel point il est urgent de repenser le cadre normatif des relations entre les nations.

 Comment le continent africain peut-il, dans un tel contexte, reprendre en main son avenir ?

Aminata Dramane Traoré. L’intervention militaire conjointe de l’Onuci et de la force française Licorne en Côte d’Ivoire constitue, de mon point de vue, l’un de ces grands moments de dévoilement de la nature injuste et cynique du monde actuel. L’assujettissement des classes dirigeantes africaines fait partie de l’agenda de l’Occident. Il leur faut aller à l’assaut de l’Afrique pour s’assurer le contrôle des matières premières, des ressources naturelles indispensables à leurs politiques de croissance et de compétitivité face à la Chine.

Nous sommes rattrapés, en Afrique, par des questions de fond qui n’ont pas été examinées avec rigueur. Nous nous devons de les mettre à plat. La première question qui me semble essentielle est : quelle Afrique voulons-nous à la lumière de l’état du monde globalisé, fragmenté et de plus en plus violent ?

Si nous parvenons à nous saisir de cette question au niveau de chaque pays, des différentes sous-régions et du continent en outillant les populations de telle sorte qu’elles puissent s’impliquer à fond dans l’analyse de l’état des lieux, la formulation, la mise en œuvre et le suivi des solutions pourront jeter les bases d’une démocratie africaine par et pour les peuples.

C’est un chantier gigantesque, mais exaltant, qui n’a rien d’impossible si les élites acceptent enfin de se réconcilier avec le continent.

 

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Bibliographie

Mille Tisserands en quête de futur. Bamako : Edim, 1999, 
l’Étau, Actes Sud, 1999.

Le Viol de l’imaginaire, 
Fayard, 2002.

Lettre au président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général, 
Fayard, 2005.

L’Afrique humiliée, 
Fayard, 2008.

(1) « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », Afrique Action, n° 19, 20 février 1960. Repris dans Pour la Révolution africaine. Écrits politiques, 
François Maspero, 1964, réédité 
en 2001 par La Découverte.


Source: HUMANITE.FR

DEUXIEME FIASCO ELECTORAL - ALASSANE DRAMANE OUATTARA RATE SON NOUVEAU RENDEZ-VOUS AVEC LA DEMOCRATIE



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C’était le 11 octobre 1968. Il y a longtemps. Mais puisque Margaret Thatcher vient d’être enterrée en grande pompe en Angleterre et que sa politique «libérale» est encensée (encore) par quelques adeptes, cela vaut le coup de rappeler l’interrogation qui était celle de la «dame de fer» (quand elle ne l’était pas encore ; elle appartenait au Shadow Cabinet de Ted Heath). C’était à l’occasion de la conférence annuelle du Conservative Political Centre (CPC). Thatcher, qui avait alors 43 ans (mais près de dix ans d’expérience comme députée), était l’étoile montante de la vie politique britannique mais pas encore la star qu’elle deviendra quelques années plus tard, avait posé la question dans un texte fondateur du «thatchérisme»: «What’s wrong with politics?».


Elle y prônait une « politique de conviction » contre la « politique de consensus » en vigueur dans les rangs des conservateurs. La démocratie, disait-elle, « suppose l’alternative politique et un contre-gouvernement prêt à prendre en main les rênes du pays […] Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ». Elle ajoutait : « Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ».

Cette interrogation («Qu’est-ce qui ne marche pas en politique?») et ces propos thatchériens me reviennent en mémoire alors que la Côte d’Ivoire est confrontée à l’émergence d’une nouvelle crise politique.

Les élections régionales couplées, déjà reportées, viennent de se dérouler de la façon la plus indescriptible qui soit. Impréparation, faible participation, confusion… et, tout naturellement, en fin de parcours, affrontements violents dans plusieurs villes du pays. Un K.O. annoncé pour le parti au pouvoir, le RDR, et un chaos avéré pour la République de Côte d’Ivoire qui n’avait pas besoin de cela.

Deux ans après avoir prêté serment (6 mai 2011), Alassane D. Ouattara se trouve, une fois encore, confronté à la réalité politique et sociale de son pays alors qu’il ne semble s’intéresser qu’à une virtualité économique (l’émergence en 2020) à laquelle l’encouragent, hélas, ses partenaires mondiaux et les institutions internationales qui l’ont formaté.

« Il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». Quand donc ADO va-t-il les prendre en compte ? En novembre 1988, à Washington, alors qu’il se préparait à quitter le FMI pour le gouvernorat de la BCEAO, il me disait que « les bonnes politiques économiques, ce sont des recettes de bonne femme, des choses très simples » et que pour les mettre en œuvre il fallait « un assainissement préalable du terrain ». O.K pour l’économie, c’est son job. Mais en matière politique, le « libéral » qu’il est (ce que je ne suis pas, loin de là) devrait relire Thatcher qui a des « recettes de bonne femme » qui pourraient lui permettre de ne pas être dégagé en touche avant l’heure : « Aucun grand parti ne peut survivre sur des bases qui ne soient pas celles d’une ferme conviction de ce qu’il veut faire ».

Or, le RDR ne semble vouloir rien faire d’autre que d’avoir le pouvoir pour quelques uns de ses « grottos ». ADO en a pris les rênes à l’été 1999 – cela fait quand même pas loin de quatorze ans – et ce parti n’a, depuis, cessé de se « déconstruire ». Le RDR accède au pouvoir après avoir raté le coche à de multiples reprises et, après deux années d’exercice, ne semble pas en mesure d’être un pôle de mobilisation de la vie politique de la droite libérale ivoirienne. L’impréparation se doublerait d’incompétence?

Le RDR, c’est le marshmallow de la vie politique ivoirienne. Aucune consistance ; goût factice. Amadou Soumahoro, son secrétaire général par intérim depuis le 14 juillet 2011, en a été le secrétaire général adjoint de 2005 à 2011 (il aurait été battu, ce week-end, à Séguéla). On se demande ce qu’il a « foutu » toutes ces années. Et quels sont les conseils distillés en 2011-2012 à Ouattara (il était son conseiller spécial en charge des affaires politiques). Djeni Kobina, fondateur du RDR, et Henriette Dagri Diabaté, qui a pris sa suite jusqu’à la nomination d’ADO à la présidence du parti le 1er août 1999, avaient une vraie personnalité (même s’ils avaient des insuffisances organisationnelles). Ce n’étaient pas des marshmallows. Le 4 avril 2013, à la veille de la campagne pour les régionales, Soumahoro « imaginait » déjà la victoire de Ouattara « au premier tour » de la présidentielle… 2015.

« La Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, est plongée dans le clameurs et les vivats de joie et de bonheur ». Il ajoutait : « Nous devons démontrer que nous sommes prêts pour 2015, en faisant de ces élections régionales et municipales un succès républicain et populaire ». Raté.

Le site du RDR fait état, en lieu et place de sa victoire, « des violences post-électorales » dans plusieurs villes du pays, précisant que « l’armée quadrille la ville d’Abidjan ». Ces élections n’auront pas été «un succès républicain et populaire ». Ce qui serait « républicain et populaire» (et salutaire pour le RDR) c’est que Soumahoro aille exprimer ailleurs son incompétence politique. Mais comme me le répétait Balla Keïta: «Si tu es au milieu des crapauds accroupis, ne demande pas une chaise».

Les régionales devaient être l’étape « du rassemblement et de l’unité pour l’édification d’une Côte d’Ivoire paisible, réconciliée et prospère » prédisait Soumahoro. Le FPI boycottait le scrutin ; il ne restait sur la scène politique que le RDR et le PDCI-RDA et des « indépendants » parfois instrumentalisés par Soumahoro. Les deux partis s’étaient rassemblés, au second tour de la présidentielle 2010, pour faire gagner (de justesse) Ouattara. Une crise post-électorale (déjà) particulièrement meurtrière et deux années de pouvoir ont eu raison de cette alliance sans que, pour autant, puisse s’exprimer une opposition viable. Résultat de la « politique de consensus » dénoncée par Thatcher. Qui exprimait une donnée gastronomique : « Nous n’avons pas beaucoup « bouffé » pendant dix ans, nous avons, du même coup, plus d’appétit que d’ordinaire ». Or chacun sait que les « grottos » ivoiriens ne sont pas anorexiques !

Le pari de Ouattara c’est: impasse sur la politique (il déteste son « ambiance délétère ») ; relance de l’économique (ce qu’il pense savoir faire). Du même coup, « les populations voyant leurs conditions de vie améliorées [vont] massivement renouveler leur confiance au président » (pronostic de Soumahoro/maschmallow le 4 avril 2013). Sauf que ça ne marche pas comme cela. Et Toussaint Alain, le communicant du FPI, peut évoquer une « traversée du désert électoral ». « Les Ivoiriens, dit-il, dans leur ensemble, ont manifesté leur désintérêt aux élections locales, Alassane Ouattara a été incapable de rassembler les Ivoiriens ».

On peut ne pas partager l’engagement de Toussaint Alain, on ne peut que partager son diagnostic. « Même sans opposition pro-Gbagbo, qui a décidé de boycotter le scrutin, commente Jeune Afrique sur son site, la Côte d’Ivoire ne peut visiblement pas organiser un scrutin sans que des violences ne se déclenchent […] Ces nombreux incident mettent essentiellement en cause des partisans du RDR du président Alassane Ouattara et du PDCI de l’ex-chef d’Etat Henri Konan Bédié ».

La presse pro-Gbagbo, bien sûr, s’en donne à cœur joie. Mais quelques jours après que le chef de l’Etat ait décidé de faire l’impasse sur une Assemblée nationale où le RDR est pourtant majoritaire pour gouverner par ordonnances, ce (double) fiasco électoral (échec du RDR + échec gouvernemental) annonce des lendemains difficiles pour Ouattara. Il est temps de se ressaisir et de prendre conscience que la Côte d’Ivoire 2013 n’est pas celle des années «Houphouët». Personne n’a intérêt à ce que le pays renoue avec une crise politique d’ampleur. «On lui reproche de vouloir créer un apartheid, un développement séparé pour quelques privilégiés et un statut de seconde classe pour les masses» disait-on de Thatcher en 1968 qui finira par imposer ses « convictions » plutôt que la négociation. C’est ce qu’on dit de Ouattara en 2013. Il est urgent, en Côte d’Ivoire, de repenser le mode de production politique. Si tant est qu’il y en ait un.

 

Jean-Pierre BEJOT

La Dépêche Diplomatique

 

Source: LEFASO.NET