topblog Ivoire blogs

mercredi, 27 février 2013

LETTRE D'HUGO CHAVEZ A L'AFRIQUE

 

afrique,amérique,lettre d'hugo chavez à l'afrique,caracas 22 février 2013,lettre du président hugo chavez aux participants,iiième sommet afrique-amérique latine et caraïbes,guinée Équatoriale février 2013


Caracas, 22 février 2013.


Lettre du Président Hugo Chavez aux participants du IIIème Sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes (Guinée Équatoriale, février 2013)


Frères et sœurs,

 Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et de toute mon espérance dans le déroulement de ce III° Sommet si attendu des Chefs d’État et de Gouvernement d’Amérique du Sud et d’Afrique.

 Je regrette vraiment, du plus profond de mon être de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par une sincère accolade, mon irrévocable engagement en faveur de l’unité de nos Peuples. Je suis présent, cependant, dans la personne du Chancelier de la République Bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano, à qui j’ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents qui sont plus que frères, unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

 Je le dis du plus profond de ma conscience : l’Amérique du Sud et l’Afrique sont un même peuple. On réussit seulement à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent dans les entrailles de l’immense territoire africain où, j’en suis sûr, l’humanité a pris naissance. De lui proviennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de notre Amérique, créant une unité non seulement raciale entre nos peuples mais aussi spirituelle.

 De la même manière, les empires du passé, coupables de l’enfermement et de l’assassinat de millions de filles et de fils de l’Afrique mère dans le but d’alimenter un système d’exploitation esclavagiste dans leurs colonies semèrent dans Notre Amérique le sang africain guerrier et combatif qui brûlait du feu que produit le désir de liberté. Cette semence a germé et notre terre a enfanté des hommes aussi grands que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Léonardo Chirino, Pedro Camejo parmi beaucoup d’autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d’un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique Latine et caribéenne.

 Ensuite, au XX° siècle, vinrent les luttes de l’Afrique pour la liberté, ses indépendances, contre ses nouvelles menaces néo-coloniales, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral pour n’en citer que quelques-uns. Ceux qui, dans le passé nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu’ils nous imposaient deviendraient l’élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l’Amérique Latine et les Caraïbes partagent avec l’ Afrique un passé d’oppression et d’esclavage. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits , nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction, que nous unit aussi un présent de lutte indispensables pour la liberté et l’indépendance définitive de nos nations.

 Je ne me lasserai pas de le redire, nous sommes un même peuple, nous avons l’obligation de nous rencontrer au-delà des discours formels dans une même volonté d’unité et ainsi unis, donner vie à l’équation qui devra s’appliquer dans la construction des conditions qui nous permettront de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme les a jetés et, par la suite, le capitalisme néo-libéral du XX° siècle.

 Pour cela, je veux évoquer la mémoire de deux grands combattants pour la coopération sud-sud comme l’ont été les deux ex présidents du Brésil et de la Tanzanie, Luis Ignacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere dont les apports et les efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire comme l’est l’ASA (1).

 Cependant, les temps que nous vivons nous obligent à consacrer nos plus profondes et urgentes réflexions à l’effort nécessaire pour transformer l’ASA en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

 C’est sur nos continents que l’on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques suffisantes, nécessaires, pour sauver la planète du chaos où elle a été conduite. Faisons que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres qui nous offre le jour d’aujourd’hui serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec le père Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de cet immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n’est de nous-même ». Cette pensée si profonde renferme une grande vérité que nous devons assumer, j’en suis absolument convaincu.

 Notre coopération sud-sud doit être un lien de travail authentique et permanent qui doit tourner toutes ses stratégies et ses plans de développement soutenable vers le sud, vers nos peuples.

 Quoiqu’en aucune manière nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, nous devons nous rappeler que ce ne sont pas elles qui sont la source de la solution totale et définitive pour l’ensemble des problèmes de nos pays. Loin de l’être, quelques-unes d’entre elles appliquent une politique néo-coloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

 Frères et sœurs, je voudrais rappeler pour ce III° Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’ASA, l’esprit de fraternité, d’unionisme et de volonté qui a dirigé le déroulement de ce II° merveilleux Sommet dans l’île de Margarita, au Venezuela, qui nous permit d’adopter unanimement les engagements de la Déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite avec beaucoup de foi et d’espérance que nous puissions récupérer à Malabo l’impulsion et l’effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d’unité, le Sommet de 2009, qui a montré autant par sa fréquentation massive que par la quantité et le contenu des accords atteints.

 Depuis le Venezuela, renouvelons aujourd’hui notre plus ferme engagement dans le renforcement du Secrétariat Permanent de la Table Présidentielle Stratégique de l’ASA avec ses principales tâches et fonctions pour accélérer le rythme dans la consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

 Je regrette avec beaucoup de douleur et de peine que tout notre travail commencé formellement depuis 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n’est pas un hasard, je le dis et je l’assume pleinement, que depuis le Sommet de Margarita, le continent africain ait été victime des multiples interventions et des multiples attaques de la part des puissances occidentales.

 Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchant toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont commencé dans diverses nations d’Afrique, ils ont eu comme objectif principaux de freiner le processus de consolidation de l’unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l’union de ces états avec les peuples latino-américains et caribéens.

 La stratégie néo-coloniale a été, depuis le début du XIX°, de diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C’est pour cela que le Venezuela s’est opposé, radicalement et depuis le début, à l’intervention militaire étrangère en Libye et c’est pour le même motif que le Venezuela réitère aujourd’hui son rejet le plus absolu de toute activité d’ingérence de l’OTAN.

 Face à la menace extra-régionale pour empêcher l’avance et l’approfondissement de notre coopération sud-sud, je le dis avec Bolivar dans sa Lettre de Jamaïque de 1815 : « Union, union, union, cela doit être notre plus importante consigne. » Notre Gouvernement renouvelle, en ce III° Sommet de l’ ASA dans cette république sœur de Guinée Equatoriale, son absolue disposition à avancer dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j’ai personnellement proposées à notre dernier sommet, dans la belle île de Margarita. Energie, Education, Agriculture, Finances et Communication continuent d’être nos priorités et pour celles-ci, nous réitérons notre engagement pour avancer dans des initiatives concrètes comme Petrosur, l’Université des Peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que cet effort que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays de l’Amérique du Sud, TeleSur, s’articule avec l’Afrique afin qu’il puisse accomplir depuis ces latitudes sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur apporter la vérité et la réalité de nos pays.

 Enfin, je veux renouveler à tous mon désir que les résultats projetés lors de ce III° Sommet ASA nous permette de transformer ce forum en un outil utile pour conquérir notre définitive indépendance en nous plaçant à la hauteur de l’exigence de l’époque et comme le dirait le Libérateur, le plus de bonheur possible pour nos peuples. Je suis un convaincu, simple et obstiné, nous réussirons à mener à bien cette cause que nos libérateurs et martyres nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d’hommes présentés en sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d’espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens ».

 Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : « Formons une patrie,un continent, un seul peuple, à tout prix et tout le reste sera supportable. »


Source: CAMEROON VOICE

mardi, 26 février 2013

DERNIER RAPPORT D'AMNESTY INTERNATIONAL ET COMMUNIQUE - COTE D'IVOIRE: LA LOI DES VAINQUEURS

 

 

côte d'ivoire,amnesty international,communiqué de presse 26 février 2013,côte d’ivoire quand représailles et répression s’exercent,sous prétexte de maintien de la sécurité,dernier rapport d'amnesty international et communique,côte d'ivoire la loi des vainqueurs


Communiqué de presse


Côte d’Ivoire: Quand représailles et répression s’exercent sous prétexte de maintien de la sécurité


Les violations généralisées des droits humains perpétrées par les forces armées à l’encontre de partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo compromettent encore davantage la réconciliation en Côte d’Ivoire, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public mardi 26  février 2013.

L’armée nationale, créée par le président Alassane Ouattara afin d’intégrer les forces loyales à l’ancien président au lendemain des violences postélectorales de 2010 qui avaient fait près de 3 000 morts, était censée assurer « la sécurité des personnes et des biens sans distinction » et « être un puissant instrument de cohésion nationale ».

Or, malgré les apparences, cette nouvelle armée nationale, accompagnée d’une milice armée composée de chasseurs traditionnels – les Dozos – se rend coupable d’exécutions extrajudiciaires, d’homicides délibérés et arbitraires, d’arrestations motivées par des considérations politiques et d’actes de torture. Elles jouissent en outre d’une impunité quasi-totale sous le prétexte qu’elles assurent la sécurité et luttent contre les auteurs d’agressions armées.

« La Côte d’Ivoire doit briser le cycle des abus et de l’impunité. Pas un seul membre de l’armée nationale ni autre partisan du président Alassane Ouattara n’a pour l’instant été amené à rendre des comptes pour ses agissements, ce qui constitue un échec total sur le plan de l’établissement de l’état de droit et affaiblit gravement le processus de réconciliation entamé en juillet 2011 », a déploré Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International sur l’Afrique de l’Ouest.

En septembre et octobre 2012, une délégation d’Amnesty International s’est rendue dans plusieurs lieux de détention, dont deux non officiels. Les délégués ont recueilli des témoignages de première main sur la manière dont les détenus, en grande partie incarcérés en raison de leurs affiliations politiques ou de leur appartenance ethnique, sont privés de liberté pendant des mois, sans pouvoir s’entretenir avec leur famille, ni consulter des avocats et des médecins.

Certaines familles n’ont appris où se trouvait un proche incarcéré qu’après en avoir été informées par la délégation d’Amnesty International.

Des détenus et d’anciens détenus ont décrit comment on les avait torturés à l’électricité ou avec du plastique fondu afin de leur arracher des « aveux » sur leur participation présumée à des attaques armées. Deux personnes, au moins, sont mortes des suites d’actes de torture.

La délégation d’Amnesty International a été en mesure de rencontrer tous les proches et collaborateurs de Laurent Gbagbo incarcérés dans cinq centres de détention du centre et du nord du pays. Certains d’entre eux ont été soumis à des traitements inhumains et dégradants.

Un homme a raconté à Amnesty International qu’il avait été détenu pendant 49 jours avec 27 autres personnes dans une cellule de 4 mètres carrés dépourvue de sanitaires.

« Nous devions faire nos besoins dans des sacs. On ne nous donnait qu’un repas par jour, vers 14 ou 15 heures. Et nous n’avions droit qu’à un litre d’eau pour 48 heures. »

Amnesty International a relevé de graves irrégularités dans les enquêtes ouvertes sur ces cas ; les autorités n’ont quasiment pris aucune mesure pour garantir des audiences équitables et ont gravement porté atteinte aux droits de la défense.

Le rapport revient par ailleurs sur l’attaque et la destruction, en juillet 2012, d’un camp de personnes déplacées à l’intérieur du pays, principalement issues de l’ethnie guérée, qui est généralement considérée comme partisane de Laurent Gbagbo. Au moins 14 personnes ont trouvé la mort, bien que de nombreux autres corps aient, semble-t-il, été jetés dans des puits.

Cette attaque a eu lieu à Nahibly (près de la ville de Duékoué) dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, région ayant été le théâtre de certaines des violations des droits humains les plus graves qu’ait connues le pays. Elle a été menée par des Dozos – qui sont particulièrement actifs dans l’ouest – accompagnés de membres armés de la population locale et de militaires.

« Certaines des pires atteintes aux droits humains perpétrées dans le cadre du conflit de 2011 ont eu lieu à Duékoué, et il est consternant de voir les mêmes acteurs commettre les mêmes violations et abus contre les mêmes populations, deux ans plus tard, a poursuivi Gaëtan Mootoo. Où est la justice dans tout cela ? »

Face aux manquements généralisés des autorités à leur devoir consistant à garantir justice et réparations, Amnesty International demande la création d’une commission internationale d’enquête sur cette attaque.

L’organisation exhorte par ailleurs les autorités ivoiriennes à mettre fin aux violations des droits humains et autres abus que des représentants de l’État ou des milices soutenues par celui-ci continuent à commettre en toute impunité.

« Cela fait déjà trop longtemps que les Ivoiriens attendent que justice soit faite, a ajouté Gaëtan Mootoo. Si des mesures ne sont pas immédiatement adoptées afin de contrôler les forces de sécurité, la Côte d’Ivoire risque de connaître des crises politiques à répétition, et la réconciliation nationale ne sera plus qu’un lointain espoir déçu. »

 

Amnesty International, 26 février 2013.

 

Source: AMNESTY.ORG

5EME JOUR DE L'AUDIENCE: MAITRE NATACHA FAUVEAU IVANOVIC HUMILIE LE PROCUREUR

 

CPI.jpg



Session 1 : L’avocate Jennifer Naouri fait le grand déballage : « le procureur a ignoré les forces nouvelles, l’une des parties au conflit »

Dès l’entame de son speech, ce lundi 25 février 2013, Me Jennifer Naouri a poursuivi sa démonstration sur le manque de volonté du bureau du procureur à assumer l’histoire de la Côte d’ivoire. « Gbagbo est un homme de consensus et de paix. C’est encore lui qui a proposé le recomptage des voix après les élections. Ce que son adversaire refusait» a-t-elle dit. Avant d’ajouter : « Cela s’est passé aux USA en 2000, en Haïti en 2010 et en France avec l’UMP ». Pour l’avocate, le procureur en faisant croire que seules les forces pro-Gbagbo ont commis les crimes allégués, est une falsification des faits et de l’histoire de la Côte d’ivoire. Car le procureur lui-même parle de la descente des Forces Nouvelles sur Abidjan le 31 mars 2011. Il dira aussi que ces forces ont été rebaptisées FRCI par la suite. Et à l’avocate de demander au procureur, qui étaient donc ces forces nouvelles et quelles étaient leurs missions une fois à Abidjan ? Elle reviendra sur les massacres des Forces nouvelles et leurs supplétifs Dozo lors de leur descente sur Abidjan. Elle décrira comment ces rebelles fidèles à Ouattara et à Soro ont massacré plus de 1000 civils à Duekoué avant de se joindre au commando invisible qui sévissait déjà à Abobo, Anyama…

« C’est l’Onuci qui nous a armé » témoigne « P.44 », le même témoin du procureur. Une fois à Abidjan, ces mêmes forces additionnées au contingent nigérien, s’adonneront à d’autres exactions. Des vidéos des humiliations des civils à Alepé, les mutilations, meurtres au carrefour de Duekoué en mars 2011 ont été diffusées. Elle montrera comment la ville d’Abidjan a été partagée entre les ex com-zone :

- Plateau pour Chérif Ousmane
- Le sud d’Abidjan pour Wattao
- Yopougon pour ben Laden
- Abobo pour le commando invisible.

Avant de conclure, elle informera les juges que si l’on veut parler d’un groupe armé qui a planifié un plan commun pour prendre le pouvoir, c’est bien les forces pro-Ouattara. Qui ont été lourdement armées par la France, qui occupaient un territoire et qui ont ensuite lancé une offensive sur Abidjan pour la prise du pouvoir.

« Nous étions dans un conflit armé, où deux forces se combattaient. Le procureur aurait pu s’intéresser aux forces nouvelles. Ne pas le faire, c’est dénaturé son propre récit ».

Session 2 : Me Natacha Fauveau Ivanovic

« Le procureur nous a-t-il fourni le brouillon du document contenant les charges, car flou, imprécis et contraire à ses argumentations ? »

A la reprise à 15h55, la parole est revenue à la Yougoslave Ivanovitc de démontrer la faiblesse du document de preuves fourni par le procureur. D’abord, le cadre temporel. Le procureur parle de la période antérieure à l’élection et qui finit par la chute du président Gbagbo. « Cette période antérieure peut être 2005, 2006, …aucune précision » a remarqué la défense. Elle analysera par la suite évènement par évènement, la faiblesse des preuves fournies par le procureur, la crédibilité des témoins et la fiabilité des sources. Par exemple, la vidéo montrant le massacre de Yopougon alors que cette vidéo était tournée au Kenya (Vidéo 00200058). Elle dira aussi que les preuves du procureur ne sont basées que sur les coupures de presses. Elle dira aussi que les témoignages des organisations humanitaires ne peuvent constituer de preuves tangibles pour être prises en compte dans un tel jugement devant la Cour pénale internationale.

Aussi, Me Ivanovitch dira à propos du DCC: « la défense voudrait savoir si le document des charges était un brouillon ou pas ? ». Ce qui provoquera une vive réaction du bureau du procureur dans la salle.
Pour la défense, le procureur n’a pas mené d’enquête. Il s’est juste contenté des témoignages eux-mêmes non crédibles. Elle s’offusquera du fait que le procureur n’ait produit aucun document officiel étayant ses allégations. Et pourquoi alors que la France et l’Onuci sont présents en Côte d’ivoire depuis 2003, aucun rapport officiel émanant d’eux n’a pu être produit et fourni à la défense dans le cadre des 4 évènements incriminés. Pour elle, le procureur refuse d’accepter la présence d’un commando invisible en parlant « de prétendu commando invisible ».

Au vu de tout ce qui précède,( imprécision du DCC, la non crédibilité des témoins, le manque de preuves suffisantes…) la défense note qu’il n’existe pas d’éléments constitutifs du crime contre l’humanité.

Session 3 : Me Ivanovic : « Si le président Gbagbo n’a mené aucune enquête pour sanctionner les auteurs des crimes, pourquoi, le procureur qui devait éclairer la Cour ne l’a pas fait ? »

A la troisième session, Me Ivanovic démontera évènement par évènement les allégations du procureur.

1) La marche du 16 décembre sur la RTI.

Alors que le procureur affirme que cette marche était pacifique, la défense diffusera une vidéo dans laquelle, Soro donnait des instructions aux FRCI depuis l’Hôtel du golf, la veille du 16 décembre afin que ceux-ci se tiennent prêts car, lui soro ira installer Brou Aka Pascal comme le nouveau directeur de la RTI le lendemain, jeudi 16. Un témoin du procureur dira que des militaires venus de l’Hôtel du golf ont attaqué les FDS positionnés autour de la RTI.

« Au contraire, c’est bien parce que les FDS étaient informés de cette insurrection qu’une réunion s’est tenue, dont parle le procureur, pour prévenir tout débordement. Au contraire, ce sont les FDS qui ont été tués ce 16 décembre 2010. » a soutenu la défense.

Parlant des femmes violées suite à ces évènements du 16 décembre, la défense note que le procureur a failli à sa mission car, rien n’indique où, quand, par qui, ces femmes auraient été violées ? A-t-il interrogé le directeur de la police, des policiers ? Sait-il dans quelles pièces ces viols collectifs ont eu lieu ? Le procureur n’a rien fait. Ce que nous retenons, c’est que pour inculper le président Gbagbo, il a repris mot par mot des rapports d’Amnesty International et des reportages télé. En agissant ainsi, le procureur a non seulement mis en doute son indépendance et son impartialité, mais il a mis la justice au service de la politique ».

2) Marche des femmes d’Abobo (3 mars 2011)

Elle situera l’environnement qui prévalait à Abobo avant les élections de novembre 2010. Un argumentaire dans lequel le commando invisible est nommément mis en cause. Fin de l’audience du jour.

En coulisses :

Voici la liste des « P---témoins » non crédibles : ----P.48/107/164/72/184

--Les « P » non identifiés (flous) : P.49 et 239.
--Le président Gbagbo a encore félicité ses avocats.
--Le président Gbagbo a promis assister à toutes ses audiences.
--Une petite délégation de patriotes venus d’Allemagne, Hollande et Paris était à cette audience.

Elle a beaucoup --communié avec le président Gbagbo qui visiblement retrouve la grande forme au fur des audiences.


De P.Kouhon/Envoyé spécial à la Haye (Eventnews Tv)


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 25 février 2013

AFRIQUE: 8 QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 FRANçOIS HOLLANDE - AFFICHE DE CAMPAGNE.jpg


Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, beaucoup d’africains sont tentés par l’espoir d’un changement dans les relations de leurs pays avec la France. L’avalanche de publications, surtout dans la presse, le confirme. En gros, M. Hollande est propulsé nouveau sauveur, du moins quelques chances lui sont reconnues pour influer sur la terrible situation de l’Afrique, comme ce fut le cas en 1981 pour François Mittérand.

 
 
Le centre de gravité de cette effervescence tient à la promesse faite par M. Hollande de bousculer la françafrique. M. Hollande entend ainsi inscrire la relation franco-africaine dans sa promesse de normalité reposant sur la béquille « Justice et Vérité ». Vu la relation toujours « idyllique » entre la France et l’Afrique, franchement, cette béquille ne parle pas à notre continent, tout au moins à la zone considérée comme le pré-carré français, bastion de la françafrique.
 
En tant que système, la françafrique trouve ses origines à la conférence de Brazzaville en 1944. Depuis
lors, rien, absolument rien n’a changé sur les bases relationnelles entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique. Pour le moment à part le slogan « Le changement maintenant », et le virage à 180° vis-à-vis de la méthode Sarkozy[1] aucun signe tangible ne montre de différences fondamentales d’avec le passé françafricain. Il ne s’agit donc que d’une promesse d’un chef d’Etat français comme tous ses prédécesseurs de la 5ème république. Nul n’est donc tenu d’y accorder quelconque crédit. 

M. Hollande ne peut pas intéresser les africains (je parle de l’Afrique qui croit en elle-même), puisque, épluchant ses déclarations, il est facile de constater qu’il s’adresse aux français, parle de leurs problèmes, s’exprime sur leur crainte face à la crise, etc. De l’Afrique ? Pas un mot, à part l’engagement d’en finir avec la françafrique. C’est justement là qu’il ne faut pas le croire, car Hollande ne s’engage qu’à mettre fin au cercle de relations mafieuses qui lient les élites politiques françaises et africaines. Dans ce sens, il s’engage à ne pas bénéficier des financements occultes dont les chefs d’Etat africains arrosent le cœur politique français[2]. Il y a quelque mois, il a eu cette déclaration:

«Avec l'Afrique, je veux établir une nouvelle donne. La France maintiendra ses engagements vis-à-vis de ce continent plein de promesses. Toutes les puissances du monde y sont, essayent de développer leur influence et les Africains eux-mêmes ne souhaitent pas que la France se désengage. Mais notre politique doit être différente du passé. Elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques. Elle doit être fondée sur la vigilance dans l'application des règles démocratiques et le respect aussi des choix souverains. Notre vision de l'Afrique doit refléter ce qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire un continent en forte croissance et qui le sait et qui ne supporte plus le discours larmoyant à son endroit. Un continent où la démocratie progresse, où l'environnement et l'énergie sont autant de sujets majeurs. Un continent avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle. En 2050, 80% des francophones seront Africains, 700 millions de femmes et d'hommes, chacun comprend ici l'enjeu.»[3] 

En clair, M. Hollande pense le plus naturellement du monde que l’Afrique est une vaste zone de commerce et en cela, son discours parle à la France et non pas à l’Afrique. Plus encore, ce discours reste dans la ligne naturelle de la françafrique qui est d’abord et avant tout un système souterrain qui siphonne le continent noir et sur lequel aucun chef d’Etat français (gauche et droite confondues) n’a osé donner un réel coup de griffes. Et pour cause? L’essentiel de l’économie extérieure française se développe en Afrique et ce grâce à la françafrique aidée par le très charmant club de la francophonie. Tenez, La francophonie est plus une réalité économique que seulement politique: L’espace francophone c’est[4] :

- 890 millions de personnes (de consommateurs, s’entend)
- 19% du commerce mondial
- 2 pays membres du G7 (France et Canada) et 4 de l’OCDE (France, Canada, Belgique, Suisse)
- 21,19% des terres habitables de la planète
- 22% des ressources d’eau potable renouvelables mondiales.

Et si on ajoutait ces propos de Mitterrand de 1988, «Un (1) franc investi rapporte 8 frs», la coupe est pleine. Alors, face à ce potentiel à disposition, pour quelle raison un chef d’Etat français, de gauche soit-il refuserait-il de s’aligner à la doctrine gaulliste «la France n’a pas d’amis mais des intérêts»?

M. Hollande n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’y aligner sinon, il se mettrait à dos tout le milieu d’affaire français, car la relation entre la françafrique et les intérêts économiques français sont trop importants. Il fait donc tout pour ne pas fondamentalement mettre en cause cette pieuvre de françafrique. C’est pourquoi sa stratégie consiste à gommer les aspérités qui dérangent (les relations mafieuses) et à laisser en l’Etat la partie la plus intéressante pour la France, le siphonage des ressources naturelles africaines. Sa stratégie a d’ailleurs l’intelligence de ne déranger personne : les africains pourraient croire à un coup de pied dans la fourmilière, et les milieux d’affaires, malgré la transparence dont se prévaut M. Hollande, continueraient à prospérer dans les mêmes conditions qu’auparavant. François Mitterrand s’est d’ailleurs essayé au démantèlement de la françafrique et s’est lamentablement fourvoyé pour des raisons qui peuvent aujourd’hui forcer Hollande à reculer : la très forte dépendance de la France à la françafrique.

Hollande n’est donc pas forcément dans une meilleure position que Mitterrand pour réussir le démantèlement de la françafrique, encore qu’il ait la ferme volonté d’agir. Il n’y a donc aucune raison de compter sur quelconque de ses engagements et voilà ci-après Huit (8) bouchons qu’il devra sauter ou se résoudre à renoncer à sa « Normalité », tout au moins sur le dossier françafricain.
 
Contrainte n°1 : Renoncer au parrainage du FCFA?

Au delà de tout l’aspect caricatural, le principal intérêt qui motive jusque là les chefs d’Etat français à s’accommoder de la françafrique tient entre autre au contrôle des réserves de changes extérieures de 16 pays africains[5] de la zone CFA qui sont déposé dans le compte d’opération crée et géré par le trésor français. Ce dernier est lié aux propriétaires de ces réserves, la B.E.A.C.[6], la B.C.E.A.O.[7] et la B.C.C.[8] par des accords économiques qui stipulent cette transaction. Par exemple, l’article 51 du Statut de la (B.E.A.C.) précise de façon claire qu’au moins 20% des ressources financières que les pays de la zone tirent de leur commerce extérieur, ne peuvent pas être utilisés par eux. Ils doivent être laissés au Trésor français, donc à la France, qui les utilise à son gré (aucun Etat africain ne peut contrôler l’usage qu’elle en fait)[9].

Pour donner un ordre de grandeur à la question, l’économiste ivoirien N. AGBOHOU auteur de « l’Euro et le FCFA contre l’Afrique », (un livre de révolte) avait mentionné dans une interview[10], que « le solde du compte d’opération en 2007 est de 12'000 milliards de Cfa soit l’équivalent de 18 milliards d’euro ». Ne serait-ce qu’à appliquer ce montant à 2012, Hollande dispose de la moitié (52%) de son déficit budgétaire de 2012 (35 milliards d’€) payable cash par les pays CFA. Je n’étonnerais personne à estimer que le solde du compte d’opération cette année devrait tout simplement exploser vu les milliards de pétrodollars engrangés entretemps chaque année par les pays de la BEAC et la Cote d’Ivoire. Ajoutez-y l’exploitation des autres ressources et vous pouvez imaginer l’ampleur du siphonage dont nous africains sommes victimes et qui nous manquent cruellement pour financer la lutte contre notre pauvreté et ceci avec la bénédiction de nos dirigeants et élites politiques.

M. Hollande pourra-t-il nous affirmer par soucis de « justice et vérité » vis-à-vis de l’Afrique que son administration renonce à user de l’article 51 pour éponger tout ou partie du déficit budgétaire héritées de l’administration Sarkozy soit 35 milliards à combler ? S’il hésite à se servir, il doit alors nous expliquer pourquoi il ne s’attaque pas ouvertement aux accords économiques avec les pays CFA. Par contre s’il continue le manège comme ses prédécesseurs il laisse tomber le masque et adieu la normalité. D’ailleurs, on devra par ce biais comprendre la difficulté de Mitterrand qui a fait des promesses du reste moins ambitieuses que Hollande sur la françafrique. Donc, pourquoi sérieusement Hollande se priverait-il d’une telle ressource quand la crise en Europe exerce la pression que l’on connait sur les économies de la zone Euro, et surtout que la note de la France n’est toujours pas à l’abri d’une seconde dégradation par les agences de notation ? Pour la petite histoire même la puissante économie de l’Allemagne vient d’être menacée à son tour.
 
Contrainte n°2 : Fermer les bases françaises et perdre l’avantage d’une présence militaire

La présence militaire française dans le territoire qui est devenu le Tchad remonte à la fin du 19ème siècle. Plus de 100 ans de présence continue donc. Cela a un coût et si cette présence perdure, c’est que la contrepartie est forcement intéressante pour la France, d’où la nécessité des bases militaires[11]. Depuis, celles-ci ont intégré le dispositif françafricain en devenant le bras armé, au sens propre du terme. Elles ont été impliquées dans toutes les opérations de coup d’Etat et barbouzeries commandées par les différents pouvoirs français chaque fois que les intérêts de la France en Afrique ont été menacés. Hollande parle tout au plus de réaménagement comme l’avait à l’époque annoncé Juppé[12] sous Sarkozy: «Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ». On voit bien ici qu’il reste cohérent avec ce qu’il ne dit pas de la françafrique, puisque les bases font partie intégrantes du dispositif. Les réaménager ne bouscule donc le problème que dans la forme. Sur le fond, le pillage continu et les bases en assurent la sécurité. D’autre part, le président Idris Déby a demandé en 2010 une location de la base aérienne de Ndjamena[13]. Donc la France utilise gratuitement le territoire tchadien depuis 1960.

Pas un Kopek n’a été payé. Curieusement depuis cette annonce, l’évolution du dossier semble s’éloigner progressivement de la question du payement et Monsieur le Président du Tchad n’en parle plus. Monsieur Hollande, ni un membre de son gouvernement non plus. Aucune partie n’a rendu publique quelconque proposition. Pourquoi? M. Hollande me semble plus intéressé par l’option proposée par Juppé, c'est-à-dire procéder au réaménagement, auquel cas il aurait dû en prendre le contrepied. On voit bien l’avantage qu’il en tire pour son intervention au Mali. En cela il est donc un digne continuateur de la politique développée par ses prédécesseurs. Réaménager c’est renforcer la françafrique. Le silence de Hollande sur la question se comprend bien. Vive donc la françafrique.

Enfin pour pimenter la question je fais une digression pour insérer l’opinion d’un français sur la question et qui montre bien l’état d’esprit des citoyens français.
 
«Je ne suis pas sûr que ce soit au contribuable français de protéger le Tchad qui comme certains l’ont remarqué a préféré les pétroliers d’outre-atlantique (EXXON ndlr) aux français. La France-Afrique à la papa, c’est terminé, le Tchad n’est plus une colonie, alors qu’il apprenne à se défendre seul ou qu’il paye en échange». Par Requin on jan 12, 2011[14]
 
On, voit bien que l’élite politique française se débarrasse de l’opinion publique en laissant se développer ce genre d’ignorance manifeste pour se donner libre cours aux relations mafieuses françafricaines. Hollande ne montre pas qu’il regarde dans une autre direction. 
 
Contrainte n°3 : La plupart des entreprises du CAC 40[15] font leur bénéfice en l’Afrique

Avec la tournure que prend la mondialisation, l’économie mondiale est contrôlée par ceux que l’économiste camerounais François NDENGUE appelle les « Géants Compétitifs ». Les multinationales répondent désormais à deux objectifs : celui des profits dictés par les actionnaires, et celui de renforcer la position géostratégique de leur pays d’origine que leur demande leur gouvernement. C’est ce qu’à fait Elf à l’époque ou encore AREVA aujourd’hui. Or justement ces mêmes entreprises réclament en contrepartie le soutien politique de leur gouvernement. En cela, la françafrique a largement été utilisée pour ouvrir des champs d’exploitation aux géants français et garantir à la France une zone exclusive dans laquelle prospèrent ses multinationales : Bolloré, AREVA, Air-France, Bouygues, TOTAL, etc. Ce dernier par exemple, produit plus de 40% de ses bénéfices en Afrique grâce à ses implantations dans le golfe de Guinée. En 2005, TOTAL a annoncé 12 milliards d’euros de bénéfices net, soit 4,8 milliards provenant de l’Afrique. TOTAL doit ce résultat à la mafieuse françafrique grâce à laquelle il a obtenu des positions dominantes et contrats juteux.

Quel diable pousserait-il Hollande à bloquer de tels retours sur investissements? Il a quand même été élu par les français et sur la promesse de leur offrir de l’emploi et c’est ce que font ces entreprises là!
 
Contrainte n°4 : Renoncer à une balance des échanges positive avec l’Afrique

Dans la profession de foi pour sa réélection en 1988, Mitterrand avait publiquement dit: «Chaque franc investi au sud rapport 8 au nord. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont les pauvres qui financent les riches ». Le McKinsey Global Institut (MGI) estime que les dépenses générales en consommation à travers le continent africain dépasserait la barre du trillion (1000 milliards) de dollars en 2012. L’institut cite 5 secteurs lucratifs susceptibles d’attirer les investisseurs: l’agriculture, le tourisme, les mines, les infrastructures et les biens de grandes consommations. Les annonces de la Banque mondiale confirment ceux de MGI : « Même si le continent reste confronté à d'importants problèmes de développement, le taux du retour sur investissement en Afrique est tout de même le plus élevé au monde »[16]. N’y a-t-il donc aucune entreprise française pour lorgner sur ce pactole pour que Hollande y crache? Allons !!!! : Bouygues, Bolloré, Total, Sucre et denrées, AREVA, Air-France. Le gratin je dirai, du CAC40. M. Hollande reste muet sur tout cela. Soit, mais au fond, tous depuis De Gaule, sont dans la même logique: personne n’est disposé à priver la France de sa vache laitière, l’Afrique. Normal! Pourquoi seraient-ils les premiers à scier la branche sur laquelle est assis leur pays ? Aucun chef d’Etat français n’a depuis 1961[17] procédé autrement. De Gaule = Pompidou = Giscard = Mitterrand = Chirac = Sarkozy = Hollande. Et vive donc la continuité.
 
Contrainte n°5 : La hantise de décrédibiliser le statut international de la France

La cohorte d’Etat africains francophones représente un vivier de voix fidèles à la France lors des votes au conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui donne du crédit au statut de la France comme puissance mais également comme membre permanent Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour quelles raisons Hollande serait-il emmener à se priver d’un tel recours, sachant que la question de la constitution du conseil de sécurité de l’ONU est maintenant contesté par les puissances montantes et que de ce fait, un des critères de représentation pourrait être le poids économique et militaire? La France est une puissance moyenne. C’est sa véritable inquiétude. Serval est là pour le démontrer: l’armée française n’a même pas assez d’avions pour projeter ses troupes. Un minimum pour être une puissance.
 
Contrainte n°6 : Vaincre la tentation de l’arrogance

Tous les chefs d’Etat français (4ème et 5ème république particulièrement) ont marqué leur mandat par des propos offensant vis-à-vis de l’Afrique. Citons deux d’entre eux: Chirac: «l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie»; Sarkozy: «le drame de l’homme africain, c’est qu’il n’est pas encore assez entré dans l’histoire». De Hollande, encore rien de pareille. Mais, question quand même: comment cautionner le pillage de tout un bloc de continent et en avoir une pensée positive? Absence de preuves n’est pas inexistence de preuves.
 
Contrainte n°7 : La hantise de la colonisation à rebours

Les chefs d’Etat africains aussi disposent d’une capacité de nuisance avec laquelle composer. La françafrique n’est plus désormais ce système de contrôle de l’Afrique par l’élite politique et affairiste de la France. Elle s’est aussi depuis longtemps muée en un système symétrique et mafieux à cause des relations politico-affairistes entre Chefs d’Etat français et africains (de la zone CFA). Ainsi ces derniers ont aussi développé des leviers de contrôle sur leurs homologues français (de gauche comme de droite) en les arrosant de millions d’euros des financements occultes. Le dernier en date est Sarkozy lui même, soupçonné d’avoir reçu pour sa campagne électorale de 2007, 50 millions d’€ de la part de Kadhafi. Le parti socialiste ne s’est pas privé de se servir à l’époque de Mitterrand. Ce faisant, africains et français trainent tous les mêmes casseroles et ainsi, chacun tient l’autre en respect. C’est ce que les sociologues appellent «les eunuques» parce que par un jeu de mot on conçoit qu’ils sont tenus par les bourses (suivez le regard). Le documentaire de Patrick BENQUET[18] sur le sujet montre bien le pouvoir de manipulation dont disposait par exemple Omar Bongo sur la droite et la gauche française le long de ses 42 ans de pouvoir. Durant cette période, Hollande fut SG du parti socialiste. Ce qui fait dire à Robert BOURGI[19] que ce sont les africains qui colonisent maintenant la France. Que pourra faire Hollande face à cela, si de plus l’Afrique prête une oreille attentive à la Chine qui n’hésite pas à bousculer la France jusque dans son pré-carré?
 
Contrainte n°8 : Dernière contrainte et non des moindres

M. Hollande a fort à faire avec les priorités de son propre pays où les difficultés s’accumulent : le déficit budgétaire de l’Etat français, la crise financière, l’augmentation du nombre des chômeurs, le risque que fait courir la faillite grecque, espagnole et italienne sur l’économie européenne, etc. Ces dossiers là sont les priorités des français, et c’est sur eux qu’ils jugeront M. Hollande. Rien que pour ça, il serait étonnant que la françafrique soit une priorité pour le nouveau président français, même s’il le prétend. D’ailleurs, comme pour tout démentir, il a déjà reçu dans les six premiers mois de son quinquennat, les principaux piliers de la françafrique, le président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, le Burkinabé COMPAORE, le tchadien Deby, le Camerounais Biya, l’ivoirien Ouattara, etc. Vive le changement. Mais c’est apparemment dans la continuité.
 
Leçon tirée:

On peut s’en tenir à ces 8 bouchons et on ne voit pas par quel tour de magie M. Hollande trouverait-il le tire-bouchon adéquat. Alors, son discours ressemble à s’y méprendre à de la poudre aux yeux, car vouloir s’affranchir des relations affairistes ne représente que la face apparente du problème, la face cachée étant malgré tout, l’immense potentiel de pillage de l’Afrique dont continuera à disposer la France même si son chef de l’Etat et la nouvelle élite au pouvoir prétend ne pas en profiter personnellement. Là est la seule différence avec Sarkozy, qu’aura revendiqué tôt ou tard M. Hollande : l’absence de collusion. Encore faut-il qu’il tienne son engagement électoral sur le sujet (ce dont je doute fortement). Le président français peut fort bien être propre, la France doit son niveau de vie en partie au pillage qui appauvri l’Afrique. Jacques Chirac l’a d’ailleurs publiquement avoué[20] «Une grande partie de l’argent dans nos poche vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir du bon sens et de justice pour rendre aux africains ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions ou des difficultés dans un proche avenir». Alors, posons l’ultime question à M. Hollande: quelle fierté tire-t-on de gouverner proprement un pays si une partie non négligeable de la richesse dont il jouit, tient des relations mafieuses?

Si le changement version Hollande est un vrai, alors vis-à-vis de l’Afrique, le potentiel de pillage représente le principal défi de ce changement, et non pas la relation personnelle avec le syndicat mafieux des chefs d’Etat africains.
 
Mais dans tout ce débat, le problème n’est ni Hollande, ni la France. Ce sont les africains eux-mêmes qui, en continuant à confier leur destin à d’autres peuples, se laissent dépouiller de leurs ressources et accepte en contrepartie de vivre une effroyable misère. AGBOHOU a d’ailleurs précisé que toutes les anciennes colonies françaises qui ont développé leurs propres monnaies, ne se portent pas aujourd’hui moins bien économiquement et politiquement que les pays de la zone CFA. On y trouve entre autres l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Vietnam. Pourtant l’Euro vaut par exemple aujourd’hui 655,957 Fcfa alors qu’il vaut 28’079.13 VND[21]. Le Fcfa vaut donc 42 fois la monnaie vietnamienne et le tchadiens ou sénégalais, pour ne citer que ces deux nationalités, connaissent annuellement un déficit céréalier sans le riz vietnamien. Et Sankara a raison de dire que «l’esclave qui ne fait rien pour s’affranchir de son maître, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort». Voilà un grand homme d’Etat de la trempe dont a besoin aujourd’hui l’Afrique. Faites le tour : qui parmi nos gouvernants relève encore d’une telle hauteur? Qui même parmi l’élite croit aux chances et mérites de l’Afrique? Pourtant l’Afrique détient 2/3 des réserves de matières premières de la planète, des terres suffisantes pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050 composée de 2/5ème d’africains dont 50% de jeunes, etc. L’avenir du monde est en Afrique et l’élite africaine regarde ailleurs. Désolant quand même. Les africains des 16 pays de la zone Cfa liés à la France, pourraient-ils une fois comprendre que leur sauveteur n’est pas français et que leur pauvreté est liée au train de vie d’une bonne partie de l’élite politique qui vit dans cette même France? Mais la difficulté est compréhensible, c’est plus une question d’idéologie que de simple choix de levier de changement.

Notes

[1] N. Sarkozy, extrait discours prononcé à Dakar en 2007 devant un parterre médusé de l’élite sénégalaise : “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

[2] Cf Procès Verschave Vs Sassou, Obiang et Déby

[3] Discours lors de la conférence des ambassadeurs de France réuni à Paris, Source :

[4][4]Notes du Pr Zhan Su lors du RIFE 2012 – Source : http://www.afriqueexpansion.com/la-...

[5]Sénégal, Guinée, Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Burkina-Faso, Benin, Togo, Niger, Tchad, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Comores et Djibouti.

[6]Banque des Etats d’Afrique Centrale

[7]Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

[8]Banque Centrale des Comores

[9]Extrait de l’article « la zone monétaire africaine, passé présent futur » paru dans www.Africamaat.com 

[10] Source : Intervention télévisée du Professeur Nicolas AGBOHOUN, économiste, sur la chaîne 3ATELESUD.

[11] Celles du Tchad sont implantées depuis la fin des années 60.

[12] Conférence de presse tenue à Ndjamena lors des festivités du cinquantenaire du Tchad en janvier 2010–source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-dispositif-militaire-au-tchad/

[15] La bourse française

[16]Sources : AFP, OMC, ICTSD, Sommet Europe-Afrique, Reuters, Xinhua, lettre hebdo N°330

[17]Les accords économiques entre la France et les pays CFA ont été signés en 1961 sous De Gaule et révisé en 1973 sous Giscard.

[18] « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret » en vente sur www.pharers-balises.fr

[19] Source : idem

[20] Cf La françafrique se porte bien - documentaire de l’Association Survie publié en 2009.

[21]Monnaie vietnamienne : la DONG.

dimanche, 24 février 2013

L'AFRIQUE A LA LOUPE DE LA DEPENDANCE

AFRIQUE DETTES.png

Comme le montre bien l'article qui suit, les pays africains sont largement dépendants de l'étranger du point de vue commercial. Leur route pour la souveraineté économique est donc encore longue. Elle est aussi pleine d'embûches, ainsi que nous le rappellent les interventions occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et au Mali... (IGA)

 

Sur les 48 États de l’Afrique subsaharienne, 33 sont dans le rouge. Balance commerciale négative. Ils importent plus que ce qu’ils exportent. C’est ce qui ressort de l’atlas publié par le magazine Africa24 qui, pays par pays, dresse un tableau de l’Afrique 2012. On a là un bon indicateur de l’état de dépendance de bon nombre de pays africains.

La République démocratique du Congo, par exemple, "champion" toute catégorie : elle importe neuf fois plus qu’elle n’exporte, et l’ardoise (le déficit commercial) se chiffre à plus de 76 milliards d’euros. Seize autres États, dont le Sénégal, la Gambie, l’Éthiopie, le Kenya, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda sont dans le cas d’une balance commerciale où les importations pèsent plus du double des exportations. Cela laisse peu de marge de manœuvre pour les capacités "d’appropriation" nationales et autres crécelles dont on affuble aujourd’hui l’idéal d’autodétermination, principe fondateur du concert des nations.

Prise en bloc, l’Afrique subsaharienne affiche un déficit commercial de quelque dix milliards d’euros (à comparer avec les quelque 33 milliards d’euros versés en 2010 au titre "d’aides" au développement : près d’un tiers pour se payer des marchandises importées des pays "donateurs" ?). L’Afrique du Nord, printemps arabe ou non, ce n’est guère mieux : déficit commercial de près de 9 milliards d’euros avec, comme "champions" ici, l’Egypte (déficit de 20 milliards d’euros) et le Maroc (moins 15 milliards). Place Tahir, il reste du boulot...

«Guide économique 2013 du continent», Africa 24, n°8, novembre 2012/janvier 2013, 197 pages, 6,2 euros.

 

Erik Rydberg

 

In Gresea

 

Source: MICHEL COLLON.COM

samedi, 23 février 2013

FRANCE - L’ETAT GUERRIER (Réédition)

france,algérie,l’etat guerrier,djamel labidi,le quotidien d'oran du jeudi 17 janvier 2013

 

Une intervention militaire française en chasse une autre: Côte d'ivoire, puis Libye, puis Mali, sans parler de la volonté appuyée d'intervenir en Syrie. Les troupes françaises ont à peine commencé à quitter l'Afghanistan qu'elles interviennent de nouveau au Mali.


La France apparaît ainsi, actuellement,  comme le pays  le plus agressif de la planète. Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et  s'il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire  que la France fait preuve dans le sien  d'un zèle particulier.

C'est inquiétant. Car cet Etat  par deux fois, en Libye et maintenant au Mali, est venu, avec ses armées, aux  frontières de l'Algérie et des pays du Maghreb. Chaque Algérien, chaque Nord-Africain, ressent cette inquiétude, celle d'avoir en face, de l'autre côté de la méditerranée, un Etat guerrier.

François Hollande est célébré en France comme "un chef de guerre". Sur tous les médias français, journaux, radios, télés, on proclame qu'il "est vraiment devenu président de la république maintenant qu'il a déclenché une guerre".  Comme le président Bush après la guerre contre l'Irak, et comme le président Obama, sacré "chef de guerre" après avoir fait tuer Ben Laden, ou comme le président Sarkozy après l'attaque contre la Libye. Non pas Président de la république respecté parce qu'il a réglé des problèmes économiques, des problèmes sociaux, parce qu'il est un homme de paix, mais parce qu'il a déclenché une guerre.

On reste songeur devant une telle vision, devant cette culture belliqueuse, devant "cette civilisation" qui nous ramène aux temps où les Consuls et Césars ne  devenaient légitimes et populaires, à Rome,   qu'au retour d'une expédition victorieuse, à l'époque où les rois ne le devenaient  réellement qu'après avoir conquis de nouveaux territoires, et où ils demandaient à leurs vassaux d'envoyer des contingents pour la guerre, comme l'injonction en est faite aujourd'hui par la France au Tchad, au Niger, au Sénégal, au Togo, au Bénin, à la Côte d'Ivoire, et à d'autres pays africains.

C'est l'union sacrée autour du nouveau "chef de guerre", François Hollande. C'est, de la gauche jusqu' à l'extrême droite française, l'unanimité de la classe politique française pour l'intervention militaire. Un tel unanimisme,  une démocratie aussi verrouillée, a des allures de  totalitarisme. Les socialistes français retrouvent leurs premiers amours, et les parfums  enivrants du chauvinisme de gauche et des expéditions vers des lieux aux noms exotiques: Tombouctou, Gao, le Sahara. Beaucoup d'intellectuels français les suivent. Comme cela avait été le cas pour la Libye, ils sont pris d'excitation guerrière, d'émotion et de fierté patriotiques devant le spectacle des avions "Rafale" qui décollent et celui du déploiement martial de leurs forces armées. De joie, l'un d'eux s'écrie: " Pour tous ceux qui parlaient de décadence française,  c'est la preuve que nous sommes toujours un grand pays car nous sommes capables d'intervenir."(Nicolas Domenach, Chaîne ITélé, émission "ça se dispute", 12 janvier2013). La communauté malienne en France se voit soudain entourée de sollicitude. Elle en est  étonnée et même gênée. Pourvu que ça dure. Les médias français découvrent avec tendresse que la ville française de Montreuil est, après Bamako, la seconde ville malienne par sa population originaire de ce pays.  Le parti français, le "Front National", juge cette intervention légitime, d'autant plus « qu'elle concerne, dit-il,  un pays francophone ». Les émigrés maliens ne sont plus donc, pour le moment, des " émigrés qui envahissent la France et viennent manger le pain des français". On pressent déjà des tentatives pour opposer Arabes et Africains dans l'immigration française, Afrique du Nord et Afrique noire, mais ce sera difficile tant la solidarité maghrebo-africaine est grande.

Bref, peu de voix se font entendre, en France,  pour  dénoncer l'intervention militaire, ou alors elles sont difficilement audibles. Aujourd'hui, pour l'instant, le principal reproche  fait au Président  François Hollande par le leader du Front de gauche, J.F. Mélenchon, ainsi que par les représentants du parti communiste français et de la gauche écologique c'est de…ne pas avoir convoqué le parlement avant d'avoir décidé de la guerre. A quoi le gouvernement français répond superbement qu'il n'en avait pas le temps et qu'il "fallait agir vite".

Cet argument, "qu'il fallait agir vite"  est trop souvent répété, assené, sur tous les médias français pour ne pas en devenir suspect. Il rappelle, le même, utilisé pour la Libye, lorsqu'on criait qu'il fallait vite intervenir à Benghazi, pour éviter un massacre. On sait comment cette justification s'est avérée mensongère et d'où est finalement venu  le massacre. Il semble, en réalité, que l'armée malienne avaient lancé des opérations sur la route menant à la ville de Mobti et en direction de la ville de Douentza, dés la journée de Lundi 7 Janvier (cf. le Quotidien d'Oran, 9 janvier 2013, p 6). Ces opérations, organisées en coordination avec le commandement français, avaient pour but, selon des experts occidentaux, de faire sortir les colonnes de pick-up des groupes rebelles de leurs bases et des villes afin de les bombarder en rase campagne et de permettre ainsi à l'aviation française d'intervenir. La version officielle française vise donc à justifier la précipitation de l'intervention française et à en  cacher les véritables raisons. Affaire donc à suivre, tant la gestion de ces interventions militaires par le mensonge est devenue coutumière.

La légitimation

Il est remarquable de voir comment chaque intervention militaire s'entoure d'un discours de légitimation. Chaque fois qu'elle a eu lieu, l'intervention militaire a été proclamée légitime, qu'il s'agisse de défendre un pouvoir contre des groupes armés rebelles comme c'est le cas au Mali, ou, au contraire,  de soutenir des groupes armés rebelles contre un pouvoir comme cela a été le cas en Libye ou c'est le cas en Syrie. Le droit d'ingérence n'est en fait que le droit du plus fort. Il ne s'embarrasse pas de cohérence. Mais  en aucun cas, les puissances occidentales qui  s'en réclament et interviennent, ne mettront leur influence, pourtant grande, au service d'une solution politique, pacifique. L'intervention est toujours violente et elle laisse toujours le pays dévasté, exsangue, meurtri  physiquement et moralement, fragile pour longtemps.

Dans le registre de la légitimation, il y a aussi l'argumentaire de la "menace terroriste islamiste".  Depuis que le Président Bush a trouvé et désigné  ainsi le nouvel ennemi global de l'Occident,  l'argument sert " à toutes les sauces", y compris d'ailleurs à des alliances avec ceux désignés auparavant comme "terroristes" lorsque la "realpolitik"  l'exige. La référence à la "menace terroriste" offre l'avantage à la fois de n'avoir rien à justifier et de donner une justification à n'importe quoi. Le président de la République française, François Hollande, et son ministre des affaires étrangères n'ont cessé de répéter, de marteler, qu'il s'agissait, au Mali, de lutter contre " des groupes terroristes criminels". On aura remarqué le pléonasme. Il a pour fonction d'accroître la tension. C'est ainsi qu'un amalgame est fait entre les différents groupes armés "rebelles", et que se trouvent obscurcies les véritables raisons de la crise malienne, et du même coup celles véritables de l'intervention française. Elles sont, ici comme ailleurs, à  chercher, banalement hélas, dans le pillage des richesses de la région et dans le maintien de l'influence nécessaire à cet effet.

L’Histoire se répète sur le continent africain..Entre l’an 397 et 398, Gildon,  prince Amazigh, se révolta contre la domination romaine et s'allia avec  les rebelles donatistes et circoncellions. Il arrêta les exportations de blé d'Afrique du Nord  vers Rome. Celle-ci utilisa contre lui, le fameux poète romain Claudien (un media de l'époque) qui mobilisa, à travers notamment un long poème propagandiste, l'opinion romaine, et déclencha la peur dans l'Empire en  faisant croire à la population qu'elle allait connaître la famine. Les méthodes sont les mêmes. Seule la technologie a changé.

La "menace terroriste islamiste" est brandie, comme à la plus belle époque du Président Bush junior. Le thème est repris en boucle par tous les hommes politiques et les médias français ce qui permet, collatéralement, de différer, au nom de "l'union sacrée", les échéances de la grave crise économique, sociale et morale actuelle de la société française ou d'y faire diversion.

Mais le thème comporte néanmoins un inconvénient, puisque, depuis, il y a eu le Président Obama et sa nouvelle stratégie envers le monde arabe et musulman, qui consiste à ne plus se contenter de brandir l'épouvantail de l'islamisme. Là se trouve une contradiction et une gêne, qu'on perçoit chez bien des  commentateurs français  lorsqu'il s'agit de passer du discours sur "le printemps arabe" et de la prise en compte de l'Islam politique à celui de la "menace islamiste".

Dans le registre de la légitimation de l'intervention au Mali, il faut parler, enfin, de la référence à la décision du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. Les responsables français s'enveloppent dans celle-ci  comme si la France ne faisait que se mettre,  par altruisme,  au service du droit international. Mais c'est précisément la France qui a  fait le siège du Conseil de sécurité pour obtenir une résolution autorisant l'intervention au Mali. Encore que cette intervention prévoyait d'abord de s'efforcer de trouver une solution politique aussi bien aux revendications légitimes des Touaregs du Nord Mali, qu'à la question de la légitimité du pouvoir politique malien,  mise à mal par le coup d'Etat récent. Et à ce propos, d'ailleurs, quelle  légitimité peut bien avoir un pouvoir qui ne peut se maintenir que par une intervention armée étrangère, laquelle, par ricochet, révèle d'ailleurs, par là même, sa propre illégitimité. Là est la faiblesse originelle de cette intervention militaire française. On peut s’attendre à la voir se révéler de plus en plus au fur et à mesure du développement de la situation.

 

Djamel LABIDI

 

Source:  Le Quotidien d'Oran du Jeudi 17 Janvier 2013

vendredi, 22 février 2013

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES CONTRE LAURENT GBAGBO, UN CANADIEN ECRIT A LA CPI : «VOTRE PARTI-PRIS CREVE LES YEUX»

 

CPI.jpg

 

Madame Silvia Fernández de Gurmendi, présidente de la Chambre préliminaire I

Monsieur Hans-Peter Kaul, juge de la Chambre préliminaire I

 Madame Christine Van den Wyngaert, juge de la Chambre préliminaire I

 Madame Fatou Bensouda, procureure

 Monsieur Éric MacDonald, avocat du bureau de la procureure Cour pénale internationale

Boite postale 19519 2500 CM, La Haye Pays-Bas

-----------------

 

Mesdames, Messieurs,

Comment se fait-il que l’audience tenue le 19 février à la CPI, dans l’affaire Laurent Gbagbo, ait été diffusée avec un décalage de 30 minutes ? Pourquoi ce décalage? Est-ce pour permettre à la CPI de censurer certains propos tenus à l’audience? L’un des principes fondamentaux de la justice est que celle-ci doit être publique. Or, la justice internationale a de plus en plus recours à la censure. Elle dissimule l’identité des témoins et s’appuie sur de supposés faits, qui sont cachés au public, ainsi que sur des documents secrets. Cette pra tique soulève de graves interrogations. Les témoins du procureur peuvent se parjurer tant qu’ils veulent et ne seront pas inquiétés parce qu’à part les juges, procureurs et avocats de la CPI, tous tenus au secret, personne ne pourra prendre connaissance ni de l’identité des témoins, ni de la version intégrale de leurs déclarations enfouies à jamais. Comment se fait-il en outre que des gens se plaignent de ne pas avoir pu regarder la retransmission de l’audience ? Aviez-vous prévu un nombre suffisant de connexions? Combien ? Votre serveur a-t-il été débordé ? Quand mettrez-vous la vidéo de l’audience en ligne, sur YouTube ? Cette vidéo contiendra-t-elle la version intégrale et non censurée de l’audience? Comment se fait-il que d’autres personnes affirment avoir constaté des coupures de son lors de la retransmission Web de l’audience ? Je vous le répète, pour que la justice soit impartiale, elle doit être publique. C’est un principe fondamental et incontournable. Si vous ne le respectez pas, vous n’administrez pas une vraie justice. Et ne venez surtout pas me répondre en invoquant les excuses si pratiques que sont la «protection des témoins» ou les «raisons de sécurité». Les témoins de la procureure sont dans le camp du pouvoir. Ils sont protégés par les armes et l’argent de M. Ouattara et de M. Hollande. Ils n’ont rien à craindre. Ce sont plutôt les témoins gênants pour la procureure Bensouda et son collaborateur, M. MacDonald, qui sont en danger. La CPI ne fait rien pour les protéger, alors qu’ils se font massacrer dans l’impunité la plus totale. Des témoins ont été tués, par exemple, le 21 juillet dernier, à Nahibly. Je vous soupçonne même d’être heureux que ces témoins se taisent à jamais, car ils pourraient démontrer que la version des faits de Mme Bensouda et de M. MacDonald est un tissu de mensonges. Ces témoins en savent trop sur le massacre de Duékoué perpétré à la fin mars 2011 par l’armée (…) de M. Alassane Ouattara. Aujourd’hui encore, cette armée de terroristes continue de sévir et de faire d’innombrables victimes. Sous vos regards indifférents, voire complices, le pillage des terres et des autres biens consécutif au massacre de Duékoué se poursuit aujourd’hui. Même les médias friands des ragots de la soi-disant communauté internationale finissent par l’admettre.

Le parti-pris de la CPI crève les yeux Comment se fait-il que le compte Flickr de la CPI diffuse, au bas d’une photo de Laurent Gbagbo prise le 19 février, la description ci-dessous «Former Ivory Coast President Laurent Gbagbo attends a confirmation of charges hearing in his pre-trial at the International Criminal Court in The Hague February 19, 2013. Gbagbo is charged with crimes against humanity committed during the 2011 civil war sparked by his refusal to accept the election victory of rival Alassane Ouattara. REUTERS/ Michael Kooren (NETHERLANDS). The 2011 civil war sparked by his refusal to accept the election victory of rival Alassane Ouattara.» La guerre civile de 2011 a été déclenchée par le refus de Laurent Gbagbo d’accepter la victoire électorale de son rival, Alassane Ouattara? Donc, Laurent Gbagbo serait, selon la CPI, déjà jugé responsable de la guerre civile.

De plus, toujours selon la CPI, la guerre civile aurait éclaté en 2011. Tiens, tiens. Alors, à vous entendre, il n’y a pas eu de guerre civile, ni de tentative de coup d’État contre M. Gbagbo à partir du 19 septembre 2002. En novembre 2004, nous avons tous rêvé en voyant les soldats français tuer ou blesser des centaines de manifestants sans armes devant l’Hôtel Ivoire ainsi que des personnes qui ne faisaient que circuler sur les ponts. Mais non, les soldats français ne se sont pas «égarés» à bord de leurs blindés dans les rues d’Abidjan. Ils ne se sont pas retrouvés à deux pas du palais présidentiel. Ils n’ont pas été empêchés par des Ivoiriens ordinaires, toujours sans armes, de perpétrer leur coup d’État. Nous avons tous halluciné. La CPI s’intéresse-t-elle aux faits ou à la sélection des faits ? S’inscrit-elle dans l’Histoire ou fabrique-t-elle un récit pour consommation médiatique et littérature révisionniste ? En somme, l’affaire est déjà jugée avant le procès. La CPI a décidé que Laurent Gbagbo avait perdu l’élection. Pourtant, le résultat électoral est au cœur même du litige. La prétendue victoire d’Alassane Ouattara proclamée par les fonctionnaires corrompus de l’ONU, les chefs d’État (…) de l’OTAN et les patrons de la presse menteuse n’est- elle pas contestée par l’accusé ? M. Gbagbo et ses avocats ne possèdent-ils pas de solides preuves qu’il a bel et bien remporté l’élection ? N’a-t-il pas le droit de faire valoir ses arguments avant d’être considéré comme un «mauvais perdant» qui se serait «accroché au pouvoir» et qui aurait ainsi causé une hécatombe ? Personnellement, j’ai vu beaucoup de preuves de la défaite électorale de M. Ouattara, la première étant que le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire a proclamé officiellement Laurent Gbagbo vainqueur. Comment peut-on respecter la CPI si elle- même n’a aucun respect pour les institutions dûment constituées d’un pays souverain et pour les juges qui y travaillent ? Deuxième preuve de la défaite électorale de M. Ouattara : La multiplication des fraudes massives dans la zone sous l’emprise [des forces nouvelles]. Qu’un fonctionnaire corrompu de l’ONU, M. Young-Jin Choi, prétende n’avoir rien vu, ni rien entendu ne fera jamais disparaitre les rapports des nombreux observateurs étrangers qui ont été témoins de la violence, de l’intimidation, des bourrages d’urnes et des autres manœuvres frauduleuses. Vous avez certainement pris connaissance, par exemple, du rapport de la mission d’observation électorale de l’Union africaine, même si vous feignez le contraire: La mission a relevé avec regret : des actes de violence graves notamment des pertes en vies humaines, des atteintes à l’intégrité physique, des séquestrations, des intimidations, des tentatives d’enlèvement et de dégradation du matériel électoral. Vous faites la sourde oreille ? Alors je répète plus fort, mais en empruntant les mots de la Coordination des experts électoraux africains, qui constate ceci, toujours dans la zone occupée par [les ex-rebelles proches] de M. Ouattara: «des vols d’urnes, des séquestrations des observateurs, des votes multiples, des bourrages d’urnes». Vous vous enfermez dans votre bureau capitonné et blindé pour ne pas m’entendre ? Je répète encore, cette fois sur le ton de l’Observatoire de la société civile africaine pour la démocratie et l’assistance civile, qui relève ceci, dans la même zone: «L’empêchement de voter des partisans de Laurent Gbagbo, des vols d’urnes par les militaires, des transports d’urnes à vélo par les militaires, des faux bulletins sans hologramme.» Vous pensez pouvoir fuir la vérité, mais la voici qui vous rattrape. Cette fois, c’est la Coordination des observateurs des sociétés civiles africaines, qui rassemble 21 organisations africaines et qui a pu constater ceci dans les 1541 bureaux de vote qu’elle a visités, en pleine zone souffrant de la présence de l’armée de M. Ouattara: «Des militants et représentants de Laurent Gbagbo empêchés de voter; des vols et transports d’urnes par les militaires des Forces Nouvelles [nom accrocheur donné aux rebelles pro-Ouattara pour séduire les médias]; de nombreux dégâts corporels et maté – riels; des agressions physiques contre les parti- sans de Laurent Gbagbo. Je vous soumets une troisième preuve, même si je sais que votre généreuse rétribution a tendance à causer l’aveuglement. Les résultats invoqués par M. Choi (et maintenant par la CPI) pour proclamer illégitimement la victoire de M. Ouattara, au nom de la communauté internationale, ne sont que des résultats provisoires constitués à partir de procès-verbaux bourrés de graves irrégularités. Ces résultats ont été annoncés après le délai prescrit. Ils l’ont été par M. Youssouf Bakayoko, président déshonoré de la Commission électorale indépendante (nom trompeur désignant un organisme partisan aux ordres de M. Ouattara). Pire encore, M. Bakayoko a fait cette annonce tout seul, dans le QG de M. Ouattara, en l’absence du reste de la Commission et de la presse ivoirienne, devant quelques journalistes étrangers médusés. (…) Comment la CPI peut-elle affirmer, au bas d’une photo censée représenter un procès juste et équitable, que M. Laurent Gbagbo a déclenché une guerre civile «par son refus d’accepter la victoire électorale de son rival, Alassane Ouattara»? C’est un mensonge pur, simple et fondamental. En diffusant ce mensonge au bas d’une photo de son compte Flickr, la CPI nous montre que, loin d’être impartiale, elle n’est qu’un rouage de l’injustice internationale. Et les gens qui y travaillent sont des complices parfaitement conscients de cette injustice. (…)  Nous sommes trop nombreux à connaitre la vérité sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, lors des élections présidentielles de 2010. Vous ne pourrez pas tous nous faire disparaitre ou nous museler indéfiniment. Partout dans le monde, des millions de personnes savent que M. Gbagbo est un grand démocrate et un homme de paix et de progrès. Même moi qui habite loin de la Côte d’Ivoire, dans mon pays de neige et de glace, j’ai entendu la voix chaleureuse de l’homme juste et bon, source d’inspiration pour toute l’humanité, que vous essayez de faire passer pour un criminel. J’ai senti et je sens toujours l’espoir des patriotes ivoiriens que vous essayez de déshonorer par vos mensonges. Vous n’échapperez pas au jugement de l’Histoire, malgré vos toges.


Bernard Desgagné Gatineau,

Québec

LAURENT GBAGBO PARLE: J'AURAIS PU ENVOYER DIX FOIS OUATTARA EN PRISON


LAURENT GBAGBO.jpg

 
Laurent Gbagbo devrait officiellement endosser ce mardi le statut d’accusé. La Cour pénale internationale va, en effet, décider de confirmer ou non les charges qui pèsent contre lui : celle de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010 et qui ont fait 3.000 victimes. 

"Mais qu’est-ce que je fais ici? Je n’ai jamais pris le maquis, jamais tenu une arme! Je ne suis rien d’autre qu’un prisonnier politique." Presque deux ans après son arrestation, dix-huit mois après son transfèrement à La Haye, Laurent Gbagbo, qui se confiait il y a quelques semaines à son vieil ami, l’universitaire Albert Bourgi, n’a pas bougé d’un iota. Il reste cet ancien chef d’État persuadé d’avoir remporté l’élection présidentielle ivoirienne de 2010 et d’avoir été injustement châtié par la France. 

Cette audience devrait ouvrir la voie à un procès qui s’annonce long et difficile. Il s’y prépare activement. "Il est très combatif", assure Bourgi. "Très déterminé", abonde le Français Bernard Houdin, l’un de ses anciens conseillers personnels. Dans le "bureau" mis à sa disposition, une pièce avec quatre chaises et une table, il prépare sa défense. "Il veut que la vérité soit rétablie", explique sa nièce, Kady Bame. L’ancien président reçoit aussi beaucoup : "Pour le voir, il faut parfois patienter trois mois tant la liste des visiteurs est importante", explique son neveu Jo Mamadou. Albert Bourgi parle de milliers de coups de fil reçus en 2012. 

Il perfectionne son anglais et prie 

À sa nièce, Laurent Gbagbo a toutefois confié qu’il s’ennuyait. Alors, il lit, énormément,des romans et des ouvrages politiques. "Les gardiens se sont même plaints, sourit son neveu. Il n’y avait plus de place dans sa chambre." Ces mêmes gardiens qui lui donnent du "Monsieur le Président", selon un visiteur. Gbagbo perfectionne aussi son anglais, prie, appelle sa sœur. "C’est elle qui lui donne des nouvelles de la famille", explique sa nièce. 

Si Laurent Gbagbo aurait peu de rapports avec ses co-détenus, il s’entend bien avec eux. Parmi ces derniers figure l’opposant et chef de milice congolais Jean-Pierre Bemba. Grâce à des relais au sein de la CPI, il s’arrangerait pour lui permettre de manger africain. Mais Laurent Gbagbo, qui s’est toujours perçu comme un intellectuel, rechigne à être mis dans le même panier. 

"Il n’a pas de haine, pas de rancœur", selon son neveu. Mais Gbagbo ressasse le passé. À au moins deux de ses derniers visiteurs, il a confié qu’il aurait pu, quand il était président, "envoyer dix fois Alassane Ouattara [l’actuel chef d’État ivoirien] en prison". Gbagbo dit aussi qu’il pourrait être encore utile à la Côte d’Ivoire, travailler à la réconciliation nationale. D’ailleurs, il continue de rencontrer régulièrement les cadres de son parti, le Front populaire ivoirien. Au pays, ces derniers font en sorte que l’image de l’ancien président reste bien vivante. Hier (samedi, Ndlr), une manifestation de soutien s’est notamment déroulée à Yopougon, un quartier pro-Gbagbo d’Abidjan, avant d’êre dispersée par les forces de l’ordre. 
 
 
Source: AFRIK53.COM

jeudi, 21 février 2013

SCANDALE AU 2EME JOUR D’AUDIENCE DE GBAGBO A LA CPI: BENSOUDA ACCUSE GBAGBO DE VIOLENCES COMMISES AU KENYA - LA VACUITE DU DOSSIER D’ACCUSATION MISE A NU

 

 

côte d'ivoire,audience de confirmation des charges,scandale au 2ème jour d’audience de gbagbo a la cpi,bensouda accuse gbagbo de violences commises au kenya,la vacuité du dossier d’accusation mise à nu


C’était le coup de théâtre hier au deuxième jour du procès de Laurent Gbagbo à la CPI, pendant l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges.

La procureure de la Cour pénale internationale a ajouté à l’acte d’accusation contre le Président Laurent Gbagbo, des dossiers et images de violences qui se sont déroulées au Kenya.

Révélation faite publiquement par Me Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, pour qui c’est la preuve que Fatou Bensouda ne connait pas le dossier d’accusation, et qu’elle n’a pas pris la peine de le lire ou de l’étudier. Dans la salle, un silence assourdissant s’est du coup fait sentir. La gêne était palpable du côté de l’accusation, dont la manipulation et la légèreté venaient d’éclater au grand jour.

La procureure Fatou Bensouda, du haut de sa chaire, était au paroxysme de la gêne. Prise la main dans le sac, elle évitait le regard de tous en jouant des mains et en faisant une moue. Elle aurait voulu si elle avait pu se cacher sous la table, tellement la gêne était perceptible sur son visage.

C’est un Me Altit des grands jours qui a pulvérisé méthodiquement le dossier d’accusation, balayant certaines énormité du revers de la main.

Par exemple, Me Altit s’est offusqué que Fatou Bensouda dise dans l’accusation que la Côte d’Ivoire était en paix jusqu’en 2010, et que le Président Gbagbo avait refusé le verdict des urnes à la présidentielle de 2010. C’est plus tôt Alassane Ouattara qui a toujours refusé le verdict des urnes.

Laurent Gbagbo a même exigé le recomptage des voix pour que la vérité éclate, chose que Ouattara a toujours refusé.

Pour lui, la procureure Bensouda, en passant sous silence la rébellion de Guillaume Soro de 2002 et le fait que le pays était coupé en deux même pendant la présidentielle, est la preuve qu’elle ne connait pas son dossier, et que le dossier d’accusation est d’une vacuité flagrante.

A sa suite, Me Agathe Baroan, sa collègue de la Défense, a démontré que les termes «ON GAGNE OU ON GAGNE» ET «C’EST MAÏS», étaient des termes communs employés par tous les ivoiriens. Elle s’est employée à démontrer la sociologie de la Côte d’Ivoire pour faire ressortir la vacuité de l’acte d’accusation.

Par exemple, elle a expliqué que le terme «ON GAGNE OU ON GAGNE» a été créé par la chanteuse Antoinette Hallany, fervente supportrice d’Alassane Ouattara. Laquelle s’employait durant la campagne, de le chanter dans ses chansons avant tous les meetings du RDR, le parti de Ouattara.

Comme on le voit, la défense de Gbagbo s’est employée avec brio hier, à démonter les éléments de l’accusation. "Tout se passe comme si le procureur avait été convaincu dès le début qu’il n’y avait qu’un seul responsable au drame ivoirien, a attaqué d’entrée Me Emmanuel Altit dans déclaration liminaire. Et de poursuivre : "il n’existe aucune base factuelle aux accusations […] Le récit du procureur est biaisé car il dépend des éléments transmis par les autorités ivoiriennes." et qu'"il s'agit d'un procès politique".

Mercredi, la défense a réussi à détruire le dossier du procureur, selon plusieurs analystes dont Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

Pour la procureure Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo a fomenté "un plan pour rester au pouvoir à tout prix à travers des attaques mortelles, planifiées avec soin" contre des supporters de son rival. "Le procureur, qui devra prouver que son dossier est solide, dispose de 614 pièces, qui sont des témoignages mais aussi des documents saisis dans la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo après son arrestation le 14 avril 2011", précise Stéphanie Maurepas.

UN NON LIEU

Si la défense parvient à pulvériser et démonter l’accusation comme durant les deux premiers jours, la juge de la CPI n’aura pas d’autre choix que de libérer Laurent Gbagbo en lui faisant bénéficier d’un non-lieu, bien que sur le fond, Me Altit et ses collègues aient déjà fait cette requête.

Le procès se poursuivra aujourd’hui 21 février 2013 à 14h30 min locales.

Rendez-vous donc à la COUR.

 

Michèle Laffont,

Correspondante aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.NET

UN 19 FEVRIER PEU ORDINAIRE EN DRAMANISTAN

 

PIRATE SOMALIEN.jpg


La Côte d’Ivoire est inquiète de l’activité des pirates qui sévissent en bordure de la lagune Ebrié, déjà deux bateaux, peut-être trois qui ont été délestés de leur chargement, quel rude manque à gagner. Nous pouvons aisément imaginer la craintes des nombreux investisseurs qui sont revenus en côte d’Ivoire par avions spéciaux, car il n’y avait plus de places sur les vols régulier, tellement l’engouement de cette république modèle a su convaincre les patrons de petites et moyennes entreprises d’investir dans la Côte d’Ivoire du vivre ensemble exceptionnel ! Nous espérons de tout cœur que cette lutte anti pirates mise en place cette semaine sera efficace: en effet, fraternité matin nous apprend que plusieurs pirogues, probablement équipées de filets spéciaux géants et de harpons dernière technologie en date, ont été mises à la dispositions des commandos marins, pour lutter efficacement contre ces pirates de haute mer. Quelle idée de génie! C’est normal, sortant de la tête de cet éminent économiste qui est à la tête de la Côte d’Ivoire qui gagne, et qui ne cesse de montrer son efficacité et son affection au peuple de côte d’Ivoire!

Vous êtes sceptiques? je vais vous donner un exemple récent de l’amour -pour le peuple de Côte d’Ivoire des nouvelles autorités mises en place sans douceur le 11 avril par la France, -cet ami qui ne nous veut que du bien -: samedi 16 février 2013, un petit groupe minoritaire de réactionnaires issus de l’ex majorité présidentielle, la branche jeunesse du FPI, avait prévu de manifester son soutient à Laurent Gbagbo,un « ex dictateur , oublié de presque tous », qui croupit dans les geôles de La Haye, et dont le procès, confirmation ou non des charges doit débuter aujourd’hui. Cet évènement n’a même pas fait la une du journal télévisé en France, d’ailleurs il a été complètement occulté ; il faut préciser que l’actualité tellement dense n’a pas permis de mentionner ce fait divers ! nous nous devons d’avoir chaque soir les oreilles rebattues avec l’interpellation et la probable condamnation du sportif handicapé Oscar Pistorius, qui fait pleurer ses fans dans toutes les chaumières de France et de Navarre. Mais c’est normal, l’Afrique du Sud est à deux encablures de la France, il est compréhensible donc de s’y intéresser, ce n’est pas comme la Côte d’Ivoire, simple territoire occupé par la France et l’Onuci, dont le souci et l’intégrité, et le refus d’ingérence de la France ne permettent pas d’émettre un avis sur la question

Samedi, disais-je, ces quelques cinquante manifestants selon BBC Afrique et France 24, de jeunes écervelés qui ont probablement désobéi à leurs parents, ont ému la république de Dramane Ouattara, qui a voulu a tout prix éviter un bain de sang : pour éviter qu’ils ne se fassent massacrer par les familles inconsolables des victimes du « bourreau de Scheveningen », qui organisaient une contre manifestation ce même jour,.la prévenance, le souci du président de la communauté internationale pour ces jeunes écervelés, qu’il appelle affectueusement ses « chers enfants, ses « chers jeunes frères et sœurs », a été tel,qu’il a délégué l’Onuci avec des chars, -légers, je le précise-, pleins de soldats armés de boucliers et de matraques, et que lui-même a commis toute son armée de gentils FRCI armés jusqu’aux dents pour protéger cette jeunesse inconsciente du danger!

Il faut dire que le chef de l’armée Ouatttra avait plein de FRCI à sa disposition, car un incident tout à fait mineur à la frontière guinéenne lui a permis de récupérer un contingent de ces gentils soldats hyper entrainés, hyper efficaces! En effet, vendredi 8 février, lors d’une simple incursion de l’armée guinéenne sur le sol ivoirien à Kpéaba, à 15 km de Sipilou, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Biankouma, pour reprendre un territoire ivoirien, revendiqué également par la Guinée. Les FRCI ont bien reçu et bien compris le message : ils on opéré un « repli stratégique », prenant leurs jambes à leur cou et laissant les populations se débrouiller avec ces soldats de la FAG qui se sont installés chez l’habitant, avec les joies inhérentes à cette cohabitation amicale : partage des repas, du couchage, désir de connaitre les jeunes filles… Bref, rien que du bonheur, dommage que beaucoup d’habitants effrayés se sont réfugiés dans les forêts, et que les Guinéens occupent presque tout seuls l’espace laissé vacant, par une armée ivoirienne dont le repli stratégique nous enfonce dans une méditation sans fond.

De méchantes langues avancent pourtant que les forces républicaines ivoiriennes actuelles sont incapables d’assurer la sécurité des personnes et des biens, mais je vous dirais que la sollicitude d’Alassane à l’égard des amis de Koua Justin a été telle, qu’il a décidé de ne pas renvoyer son armée d’élite là-bas à Kpéaba pour bouter les Guinéens hors du pays, mais qu’il a préféré les voir en train d’encadrer, d’entourer cette jeunesse, l’avenir du pays, et qu’il affectionne tout particulièrement en lui offrant sa protection, -des chars, des cargos de frci, des jets de gaz lacrymogènes, des arrestations - et en lui évitant de se retrouver désœuvrée,sur la place CP1.

A qui bon manifester, chère jeunesse, notre Côte d’Ivoire est au travail ! Retrouvez donc votre place dans les universités, les entreprises, car l’argent travaille sous terre, mais ne circule pas devant nos yeux de simples mortels. Au travail donc ! C’est la Saint Valentin tous les jours chez nous en Côte d’Ivoire, on vit d’amour et d’eau fraîche chaque jour, on n’a pas besoin d’autre chose! D’ailleurs aujourd’hui les rues sont désertes, tout le monde est au travail, chez lui devant son poste de télévision pour suivre le procès de l’ivoirien le plus célèbre, que tout le monde appelle Président Gbagbo, même le personnel de la CPI, nous révèlent les journaux. Celui qui n’a plus ouvert la bouche depuis son incarcération à la Haye, et dont le slogan « Ovajab », « on va aller jusqu’au bout », prononcé à la Haye en décembre 2011, a fait le tour du monde, sans l’intervention d’un quelconque conseiller en communication est l’homme du jour. OVAJAB est plus fort qu’« Ado-solutions », car les solutions se sont envolées comme l’air, elles ne sont plus que des bulles virtuelles, sans avenir ! Ovajab, c’est un programme réaliste, le seul qui puisse unir tous les ivoiriens, une parole de vie et d’espérance contre un bilan mortel et un horizon bouché.

Et cependant tout va bien ! la réconciliation est achevée, ou presque, c’est vrai ! Parole de menteur spécialisé en Economie du FMI qui n’a jamais fait ses preuve nulle part !

C’est si vrai que la retransmission depuis La Haye a été coupée, la France et les suppôts de satan en Côte d’Ivoire, voyant que le monde entier a les yeux rivés sur Laurent Gbagbo a préféré couper le son et l’image pour donner encore pour un peu de temps au mensonge institutionnalisé, au chaos…

Côte d’Ivoire, pendant combien de temps encore, vas-tu te laisser dicter tes amis et tes intérêts par ceux qui n’ont aucun droit sur ta souveraineté, ta liberté et ton avenir?

 

Shlomit Abel, le 19 février 2013.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES A LA CPI: LES REMARQUABLES ET INFALSIFIABLES VERITES DE MAITRE BAROAN

 

côte d'ivoire,AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES à LA CPI, LES REMARQUABLES ET INFALSIFIABLES VéRITéS DE MAîTRE BAROAN,fumée blanche


Le second membre de la défense du Président Gbagbo à prendre la parole après la pause est Maître Baroan, nous vous proposons une partie de sa plaidoirie :

"Mon père est venu du pays malinké, son village c'est Minignan, à la frontière avec la Guinée. Il est descendu dans le sud forestier à Sinfra dans le pays gouro et je suis née d'une mère du pays bété. Mes autres mamans sont baoulé, dioula, guéré. Et je suis descendue à Abidjan où je vis depuis des décennies. (...) C'est ça la Côte d'Ivoire, c'est ça la réalité qu'on veut cacher." 

"Le procureur vous parle de 3000 morts. Ajoutez à tout ce monde le décompte depuis 2002, les victimes directes, ces dizaines de milliers d'exilés, de déplacés, de mutilés."

"Les violences post-électorales ne sont qu'un moment d'une crise ininterrompue, d'ingérences extérieures incessantes, d'assauts répétés". 

"Ce n'est pas seulement dans les mosquées en Côte d'Ivoire... On a tué dans des mosquées, mais aussi dans des églises, dans des buissons... On a tué des imams, mais aussi des prêtres, des pasteurs, des danseuses d'adjanou (...) Toutes ces victimes crient, mais leur cri n'arrive pas jusqu'ici."

"Ces personnes qui crient depuis 10 ans sans se faire entendre nous regardent. (...) Les victimes ne se distinguent pas." 

"Nous attendons depuis 2002, 2003, 2004, 2011, 2012. Quand aurons-nous ce strapontin pour pouvoir écrire cette histoire de CI dont nous sommes la trempe ?"

"Pour les victimes, la souffrance n'a ni Nord ni Sud ni Est ni Ouest."
"le procureur vous a peu parlé de la fameuse nuit du 19 septembre 2002".


Source: FUMEE BLANCHE

mercredi, 20 février 2013

CPI - QUELQUES QUESTIONS EMINEMMENT PERTINENTES ET ESSENTIELLES

 

ENJEUX DE LA HAYE.jpg

Petit résumé des enjeux de La Haye


CPI - LEGERETE DU DOSSIER.jpg

Fin de la première journée à La Haye


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

CPI - AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES: LA MASCARADE EN MARCHE!

 

côte d'ivoire,cpi la mascarade en marche

 

Hier, mardi 19 février 2013, le président Laurent Gbagbo, le digne fils d'Afrique, a comparu en audience de confirmation des charges devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

Il est accusé de crimes contre l'humanité en tant que co-auteur direct dans les évènements suivants:

- La marche sur la RTI par les partisans de Ouattara (dont on sait qu'elle a été organisée par Soro Guillaume sous les ordres d'Alassane Ouattara, avec des FRCI armés jusqu'aux dents et appuyés par les soldats de l'ONUCI);

- La marche des femmes d'Abobo (dont on a encore présent à l'esprit que certaines d'entre elles étaient mortes et ressuscitées après le tournage de la bande vidéo devant incriminer Laurent Gbagbo et dont les véritables mortes ont reçu leurs balles assassines dans le dos, alors que les chars et blindés des FDS accusées étaient en face: prouvé par la journaliste d'investigation française LESLIE VARENNE, qui a côtoyé de près le commando invisible, dans son ouvrage intitulé "Abobo, la guerre". Qui se donne la peine de le lire verra!);

côte d'ivoire,cpi la mascarade en marche

- Le bombardement du marché d'Abobo-Centre (quand on sait que c'est le commando invisible de Ouattara, dont les opérations meurtrières étaient pilotées par le Sergent-Chef Ibrahim Coulibaly dit IB, témoignage des FRCI à l'appui, qui y règnait en maître par ses actes de terreurs et ses crimes multiples et odieux dans cette commune périphérique d'Abidjan);

- Les tueries de Yopougon, le 12 AVRIL 2011 (un jour après l'arrestation du Président Gbagbo par l'armée française et sa remise aux FRCI de Ouattara. Comment, dans ces conditions (c'est-à-dire prisonnier à l'Hotel du Golf), donnait-il encore DIRECTEMENT des ordres pour que soient tués des partisans de Ouattara? Et les milliers d'autres Ivoiriens massacrés à Yopougon, immolés par le feu, exécutés à l'arme de guerre, passés au fil d'armes blanches par le pouvoir Ouattara et ses partisans, quand est-ce qu'on en parle? Et les milliers d'autres passés à trépas par la rébellion de Ouattara depuis 2002, auront-ils droit à une séance de vérité internationale?).

côte d'ivoire,cpi la mascarade en marche

Vraisemblablement, ces audiences feront date dans l'histoire, autant que le procès qui en suivrait si ces charges ubuesques étaient retenues contre notre cher président. Si ce sont vraiment les faits qui prévalent dans ces audiences, nous verrons bien comment la procureure Fatou Bensouda parviendra à prouver la responsabilité et l'action directe du Président Gbagbo dans ces décès regrettables en tout point de vue pour notre pays et indissociablement liés au contexte politique (avec les responsabilités clairement marquées de la France et de l'ONU) dont l'accusation veut les soustraire. Entreprise vouée à l'échec si tant est que c'est le droit qui est dit à La Haye. Qui vivra, verra!


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, digne et incassable!

 

DINDE Fernand AGBO

INCOHERENCES A LA CPI

GBAGBO A L'HOTEL DU GOLF.jpg

 

Selon Fatou Bensouda, procureure de la CPI que nous citons: «Laurent GBAGBO a été arrêté par les forces françaises, le 11 avril 2011, mais continuait de donner des ordres à ses partisans pour continuer puisque le 12 avril, plus de 80 personnes ont été exécutées ou brûlées vives à Yopougon».

Merci Fatou Bensouda mais regarde cette photo du président datant du 11 avril 2011. C'était au Golf Hotel, dans le QG du putschiste Ouattara. Donc en ces lieux, le président Laurent GBAGBO avait un téléphone et pouvait communiquer avec les officiers tels Dogbo Blé, Boniface Konan, Jean-Noël Abéhi et les Alphonse Gouanou? Ou bien est-ce par télépathie qu'ils se parlaient?

Mais il y a aussi une chose qui m’intrigue: Ouattara détesterait tellement ses partisans qu'il aurait autorisé le président GBAGBO à continuer de planifier leur assassinat depuis sont propre QG?

 

Source: La page Facebook de La Majorité Présidentielle Gbagbo

mardi, 19 février 2013

LETTRE D'UN AMI AU PRESIDENT GBAGBO


LAURENT GBAGBO.png


Monsieur le Président,
 

Il me peine énormément de vous écrire cette lettre, après deux précédents courriers. En choisissant la formule de la lettre ouverte pour la présente adresse, j'ai voulu simplement traduire la similitude de mes sentiments et de ma situation avec ceux de millions d'autres de vos frères et sœurs Ivoiriens, Africains et citoyens du monde.

Pour cette lettre, la tentation a été grande de vous tutoyer, pour être conforme à la nature véritable des relations entre vous, mon aîné, et moi, le cadet que vous appeliez souvent "tête rasée", pour rappeler la similitude entre la prononciation d'un de mes prénoms et celle d'une expression de votre langue maternelle. Mais, comme par le passé, j'ai privilégié la charge à la relation personnelle et j'ai opté pour un "vous" à l'anglaise.

Monsieur le Président, en ce jour solennel de l'audience dite de confirmation des charges du Procureur de la CPI contre vous, tous nos regards sont tournés vers La Haye et nos oreilles tendues vers les instructions que vous donnerez à l'Histoire. Votre "on va aller jusqu'au bout" lors de l'audience de présentation à la CPI en décembre 2011 n'est-il pas devenu le "OVAJAB" de ralliement de la «galaxie patriotique» africaine?

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts occidentaux. En Côte d'Ivoire et en Afrique aussi, beaucoup d'eau a coulé dans les plaines et forêts, puisque nous ne pouvons nous targuer de disposer en nombre suffisant de telles infrastructures pourtant indispensables à notre développement et pour la mise en place desquelles vous aviez un plan original: le prélèvement d'un maigre pourcentage sur toutes les exportations de matières premières de la CEDEAO pour la constitution d'un Fonds Commun, en vue du financement de nos infrastructures.

Les lignes ont donc bougé et dans un Monde qui se veut juste, cette audience ne devrait qu'être une audience d'infirmation de charges. Même si, dans de nombreuses chapelles, le problème de votre relaxe tient plus de la crédibilité de certaines institutions de gouvernance mondiale que de votre réelle culpabilité au regard du droit international. La crainte de créer un précédent qui remettrait en cause des pratiques serait aussi l'un des enjeux de votre détention. Mais l'Humanité, au nom de laquelle ceux qui vous ont trop tôt condamné vous poursuivent, avec tant de férocité, au motif d'avoir commis des crimes contre Elle, peut-elle laisser se perpétrer un crime pour des crimes dont Elle sait dorénavant que vous n'êtes pas responsable?

Traqués de toutes parts au nom de la stabilisation d'un pouvoir dont tous ont fini par se rendre compte que son plus gros problème relève davantage de sa capacité à se légitimer que de la reconnaissance politique de ses opposants, nous sommes nombreux à ne pas pouvoir vous manifester, par notre présence effective, notre solidarité, comme nous l'aurions tant souhaité. Mais ces poursuites, ces exils intérieurs et extérieurs ne pouvant empêcher nos cœurs de battre, ils battront à l'unisson du vôtre. A l'unisson de ceux de votre admirable équipe de défense qui va au delà du prétoire.

"Kôrô"! Merci d'avoir tenu et encore beaucoup de courage face à une épreuve aussi tragique, injuste que pleine de fierté et d'espérance pour l'avenir des générations futures et qui vous a déjà fait rentrer dans l'Histoire. «Si vous tenez, je tiendrai», auriez-vous confié à l'un des nôtres qui vous a rendu visite. Votre lien avec le peuple est si fort que l'on se demande, qui, du peuple et de vous, aide l'autre à tenir.

Le "piment" d'un combat étant à la mesure des trahisons, des défections et de toutes sortes de surprises auxquelles vous nous avez heureusement bien préparés, nous vous assurons de les gérer avec la force et l'esprit républicains qui vous ont toujours caractérisés. Ceux qui nous disaient manipulés par l'argent, savent désormais que nous ne recevions d'instructions que de nos convictions, ces convictions à la formation desquels nous sommes nombreux à avouer que vous n'êtes certainement pas étranger. Vous aimez aussi ceux qui prennent des initiatives, alors chacun s'est fait votre avocat sans que vous n'ayez rien demandé, et cela partout où il a pu se retrouver dans son exil, contribuant ainsi à diffuser très largement la vérité sur la situation en Côte d’Ivoire.

C'est à l'épreuve des épreuves que je comprends mieux certaines de vos riches et instructives analyses que vous nous serviez à l'occasion parfois du dîner dominical de fin de culte, à la Résidence, notamment concernant votre sérénité face aux situations les plus difficiles, et en réponse à l'étonnement que nous inspirait votre fabuleuse mémoire. C'est pour cela que je reste convaincu que malgré la destruction de documents précieux, votre mémoire forgée aux exigences de la clandestinité qui n'autorisait aucun PV de réunion ni liste de présence, vous aidera à faire triompher la Vérité. Car à la vérité,  comme Nelson Mandela, le premier de vos avocats, c'est d'abord vous-même.

Monsieur le Président et cher Aîné, dans ce combat qui n'est certainement pas le dernier de votre destin exceptionnel, des millions de vos compatriotes, des villes et des hameaux les plus reculés de ce pays dont vous connaissez le moindre mètre carré, sont à vos côtés et ne doutent pas un seul instant de son issue historique.

Avec eux, d'autres millions d'Africains mais aussi d'Européens, d'Américains, d'Asiatiques, etc. Tous ont désormais compris que votre combat est celui de la dignité, le combat contre des systèmes et non contre des peuples ou des nations. C'est pour cette raison qu’alors que vous avez été conduit à La Haye par celui qui divisait fortement les Français, certains de ces Français sont aujourd'hui, de plus en plus nombreux à l'avant-garde du combat pour votre relaxe.

ERIC KAHE.jpg

Lettre d'exil, le 19 février 2013.

Le Ministre Eric Kahé

Président de l'AIRD

lundi, 18 février 2013

QUI DONC SAUVERA LE MALI?

côte d'ivoire,mali,france,qui sauvera le mali


I. Courtes considérations sur les crises africaines

Au Mali, deux grands principes s'affrontent : le despotisme oriental, dans sa forme la plus exacerbée, et le politique comme destin de l'Afrique noire. Ce n'est en rien une guerre de religions, entre les branches de l'Islam ou entre ceux-ci et le Christianisme. En réalité, le Mali n'est que le terrain où apparaissent et se déroulent les premiers actes d'une insidieuse confrontation entre le Moyen Orient et l'Afrique, autour de la question géostratégique du Sahara. Qui contrôlera cet immense désert sera l'un des prochains maîtres du monde.

Ce conflit suit immédiatement la période de désintégration des souverainetés africaines et ouvre une époque nouvelle, dont l'enjeu essentiel est la viabilité voire l'existence même des États en Afrique noire.

Au vrai, le Mali n'est plus un État indépendant, si ce n'est par l'apparence des attributs. Il ne peut garantir ses frontières, sa classe politique est anéantie et l'ensemble du corps social est désemparé. Le Mali n'a plus les moyens de sa propre existence et ne doit sa survie, si l'on en croit ses hommes politiques, qu'à l'intervention de son ancien colonisateur. Aussi affligeant soit-il, ce constat pourrait être étendu à la quasi-totalité des États francophones d'Afrique noire. En effet, en matière de sécurité intérieure et extérieure, la France porte à bout de bras toutes ses anciennes colonies. Le Mali en est l'exemple le plus cru et le plus éclatant. Cruelle ironie de l'histoire, jamais la FrançAfrique n'a été aussi forte.

Au reste, il y a quarante-trois ans, à Paris, Franklin Boukaka chantait ses « lamentations » africaines, avec Ayé Africa. Ce titre, sa triste mélodie et ses paroles restent dans les mémoires, parce qu'ils mettaient déjà au jour le dévoiement des États africains, dix ans à peine après les indépendances. Les premières paroles établissent un constat sans équivoque : Ayé é Africa, Eh é é Africa, O oh lipando.

Pour les nations, être dans l'histoire, y rester, persister, y tenir une place, c'est s'organiser en État. En un État viable et fiable. Aussi controversé soit-il, le Discours de Dakar ne voulait pas dire autre chose. La Crise malienne révèle la fragilité des États africains. Et la communauté des sciences sociales africaines, si prolixe en d'autres occasions, s'est enfermée dans un assourdissant mutisme, quand on se rappelle de son vent de colère soulevé par le Discours de Dakar. Sous ce rapport, le silence d'Adame Ba Konaré est frappant.

Somme toute, la crise malienne conforte les « lamentations » de Franklin Boukaka et elle juge sévèrement Amadou et Mariam, dont la belle innocence vante les dimanches de mariage à Bamako.

En tous les cas, avec et après la Crise malienne, l'Afrique ne sera plus la même. Il s'agit d'un tournant dont on n'entrevoit pas encore la portée, tournant aussi important et décisif que de celui de 1989, qui vit l'écroulement du monde soviétique. Une nouvelle carte des nations est en cours de distribution. Les États africains impotents ne résisteront pas.

II. Quelques causes majeures de la crise malienne

Le Mali ? Vaste territoire, en Afrique de l'ouest, à la charnière de deux « mondes », arabe et noir. Ex-colonie française. Un État pauvre et un pauvre État. Les institutions publiques n'y sont plus qu'un amas chaotique ou des structures de vacarme. Pire, l'idée de l'État y a disparue. Il n'en reste que le squelette, une apparence totalement décharnée. Le Mali n'a pas échappé à une vérité universelle : un État qui ne se nourrit pas de « l'idée de l'État », un État qui donc ne repose pas sur lui-même, cet État-là entre en décomposition, de façon inéluctable. Il n'y a pas de magie, mais des règles objectives dans l'histoire des peuples et des nations.

S'il n'y a pas d'État, comment pourrait-il y avoir de « Chose publique », de Ré-publique ? Tout est privé, ou du moins est conçu et géré comme une affaire privée. Le caprice et l'arbitraire sont maîtres au Mali. Lorsque [la] vertu cesse, dit Montesquieu, [...] la République est une dépouille. Le Mali est face à cette vérité. Or, s'il n'y a ni État ni République, sur quels fondements solides peut reposer la Démocratie ? Partout est admis qu'une nation ne se gouverne que par les lois. Là-bas, la « chose publique » ne s'appuie pas sur la « vertu » ou sur les « lois », mais tout à l'opposé sur les « grins », qui valent plus que les partis politiques. Qu'est-ce que cela qui, tout en étant informel, est au-dessus du formel, c'est-à-dire des partis politiques et des institutions ?

Le « grin » au Mali, écrit Seydou Keïta, est une habitude sociale de rencontres régulières entre amis, à la limite entre le « privé » et le « public » ; ce qui revient à admettre que le grin abolit, de fait, la grande distinction républicaine entre le « privé » et le « public ». Ils constituent des espaces importants du tissu social. Une sorte d'arbre à palabres, où l'on rend des combines d'arbitrage, où se font et se défont les arrangements de complaisance, où se recrutent les dirigeants. La République y est malmenée. Une telle invention, dont on entrevoit le danger et les effets dévastateurs, a fini par éroder l'ensemble des institutions publiques.

Pour s'en convaincre, relisons la présentation qu'en fait Seydou Keïta : Les grins des jeunes, écrit-il, ne sont pas les seuls à être impliqués dans les activités politiques. Les aînés ont aussi leurs grins. Ils reposent sur des affinités parentales, de promotion, de ressortissants d'un même village, des bases ethniques, ou même des relations de travail.

C'est en leur sein que sont véhiculées les idéologies politiques. Les différentes stratégies politiques d'ascension au pouvoir sont élaborées en leur sein, de même que les oppositions et les clivages politiques se retrouvent dans des grins différents. Les recrutements politiques commencent dans les grins. Ils constituent les noyaux des associations et partis politiques.

Il y a une relation asymétrique entre les grins des jeunes et ceux de leurs aînés. Les premiers sont au service des seconds sur la base du patronage. Les représentations populaires au Mali ne disent-elles pas que le Gouvernement lui-même n'est formé essentiellement que des membres d'un même grin ? Cela dénote de la prégnance d'un tel regroupement dans la vie sociale des cités maliennes.

Malgré la pertinence de cette présentation et tout l'intérêt de l'analyse, comment ne pas s'étonner que l'auteur ne songe pas, l'ombre d'un instant, à indiquer les périls antirépublicains et les risques anti-démocratiques que les grins font peser sur l'ensemble des institutions publiques, jusques y compris la formation des gouvernements ? Ses arguments auraient dû le conduire à dire que, au Mali, les gouvernements ne sont que l'expression des grins. Quel scandale !

Au Mali, la corruption a tout emporté, particulièrement la citoyenneté et le patriotisme qui rendent seules savent rendre vivantes les institutions républicaines. C'est le mal qui gangrène tout le corps social. La corruption est plus forte et mieux enracinée, que partout ailleurs dans la sous-région.

« L'affaire Saïdi » (SICG Mali) est un exemple éloquent. Ce promoteur ivoirien d'origine libanaise, après avoir construit les Halles de Bamako et quelques programmes immobiliers, s'est vu spolié et dépossédé de ses droits élémentaires. « L'affaire Saïdi » suffit à elle seule à illustrer la nature, le degré, l'étendue et les méthodes de la corruption.

Dans cette injustice organisée, hormis quelques journaux, dont La Dépêche aux titres évocateurs, tous se sont liés pour le dépouiller : et le gouvernement, et l'administration, et les banques, et la Justice qui, dans une ligue d'intrigue, lui ont « pris » 25 milliards de Francs CFA.

Citoyens maliens et amis du Mali, « la patrie est en danger », et pas depuis janvier 2013. Il y a longtemps déjà.

En effet, si la chronologie politique de la dictature militaire (1968-1991), avec tout son lot d'arrestations arbitraires, d'abus de pouvoir, de suppressions brutales des libertés individuelles et publiques, de gabegies, de concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul, si ces pratiques liberticides montrent l'affaissement progressif des institutions, il n'en reste pas moins vrai que le régime ATT qui a succédé à la Deuxième République, et qui n'eut de république que le nom, n'a rien réglé des grands problèmes du Mali (crise sociale, question Touareg, etc.).

Car, il n'y pas pire mal, pour une nation, que la corruption des mœurs publiques, auquel rien ne résiste et qui ravage tout. Rien ne résiste donc à la corruption, sinon la vertu. Il n'y a nul autre remède. C'est pourquoi, à sa manière et fort justement, Cabral dira : en Afrique, il suffit seulement d'être honnête.

C'est cela « l'esprit public », l'intérêt général. Tout le reste coule de source : le repos public, la solidarité, la croissance, le développement, l'alternance politique, etc. Un État juste est invincible. Car tous ses membres savent ce qu'ils ont à défendre.

Alors, au Mali, que voulait-on qu'il advint ? Le 25 mars 2012, un capitaine-sans-projet et une poignée de soldats dotés d'un matériel militaire d'occasion renversent un régime qui, depuis longtemps, ne reposait que sur du « bois pourri ». En une demi-journée, la dépouille d'un État, d'une République et d'une Démocratie a été incinérée.

C'est que ces trois structures étaient déjà moribondes, quand elles furent frappées. Le capitaine-sans-projet, pourrait-on dire, n'y est pour rien. Il n'a fait que révéler à la face du monde stupéfait, et avec une déconcertante facilité, toute la putréfaction d'un régime qui, en deux mandats présidentiels, a épuisé et vidé la belle citoyenneté malienne.

Qui ne se souvient, en effet, et avec une émotion sublime, de la vigueur citoyenne qui emporta la dictature militaire de Moussa Traoré ? La jeunesse y prit une part déterminante. Mais,  où sont-ils ces jeunes citoyens qui s'étaient légitimement arrogé le droit à l'insurrection au nom de l'amour de la patrie ?

L'amour de la liberté, écrit Mably, suffit pour donner naissance à une République ; mais l'amour seul pour les lois peut la conserver et la faire fleurir, et c'est l'union de ces deux sentiments que la politique doit faire par conséquent son principal objet. C'est tout le contraire qui a été engagé.

Qu'a-t-il été fait de cette jeunesse malienne, une des plus conscientes du continent noir ? Je la reverrai toujours défiler dans Bamako à l'annonce de l'assassinat de Cabral, le 20 janvier 1973. Où est cet esprit de liberté de l'Association des élèves et étudiants du Mali de ce juin 1990, qui anima les journées républicaines du 21 au 26 mars 1991, réprimées dans le sang, et aboutirent à la chute du dictateur ?

Où est la force des manifestations estudiantines du 5 avril 1993 ? Et l'élan de liberté et de justice qui porta les journées du 3 au 15 février 1994 ? Et toi Birus, où es-tu donc ? Il me souvient de notre dernier entretien, à Bamako, sur les valeurs qui font vivre la République ?

Et toi l'ami, Anatole Sangaré, soldat droit et militaire de devoir, représentant de la communauté catholique du Mali ? Je garde trace de la dédicace que tu me fis, le 24 décembre 2003, à la Gare du Nord, à Paris. Et vous Kafougouna Koné, oiseau du ciel, où sont vos Migs ? Je me revois dans votre ministère, où vous me fîtes l'amitié de me recevoir. Et vous Aminata Traoré, Marianne du Mali, qu'attendez-vous pour tonner, de votre voix forte qui traduit votre éthique des convictions ? Et combien d'autres vaillants Maliens !

C'est pourquoi le spectacle est triste de ne voir aucun sursaut d'orgueil national. Accepterez plus longtemps que la presse politico-anthropologique (Pascale Boniface, Antoine Glaser, Stephen Smith, etc.) et les médias du monde diffusent, à longueur de journée, des témoignages de Maliens désemparés remerciant la France et appelant les pays voisins au secours, comme s'ils avaient perdus toute ardeur au combat pour la liberté ?

Quel affligeant spectacle offert par Tiéblé Dramé, ex Premier ministre, sur les plateaux de France 2 allant jusqu'à oublier que seul un peuple libre se ibère de son dictateur ou se délivre de ses envahisseurs. La France ne peut faire la guerre du Mali à la place du Mali. N'aurait-il pas pu, lui, présenter la France comme l'allié du Mali ?

L'honneur eut été sauf. Mais il ne le peut, parce qu'il ne croit plus en son pays, en son peuple. Le Mali a « prêté son palabre » à la France. Il est des délégations honteuses.

 

Aux sombres heures de la France, lorsque les Nazis, après avoir percé Maginot, enchaînèrent l'État français, il s'est trouvé un homme qui réapprit à son peuple ce qu'est l'idée de l'État dont parle Hegel. Aussi, pendant que j'écoutais Tiéblé Dramé, je revoyais un autre spectacle, plus digne celui-là, La Pepa de Sara Baras, dont le Flamenco retrace l'exploit espagnol face aux troupes napoléoniennes.

C'est qu'un peuple libre est invincible. Un peuple qui a été libre une fois, l'est pour toujours. Et lorsqu'il a renversé une dictature, que peut-il craindre ?

Pauvre Etat, car au Mali l'amour de la liberté et l'amour pour les lois ont été perdus, sous le régime précédent. En 2004, alors qu'à renfort d'oukases et de batteries la presse politico-anthropologique louait le régime ATT, j'interrogeais gravement : Le Mali, pour combien de temps encore ? 

En effet, tous les prophètes de flatteries qui savent si bien prendre demeure dans les cabinets présidentiels et les chancelleries, tous les spécialistes français de l'Afrique qui occupent les médias et jusqu'à l'assourdissement de masse entretenue par la presse internationale, tous, vantaient les mérites du régime ATT comme modèle à suivre, mais qui dans son fond n'était qu'un système qui vidait de leur substance éthique l'État, la République et la Démocratie.

Aucun d'eux ne voulut voir ni entendre. Chacun voulait tromper ou, pire, être trompé. Tout le monde le sera. Car enfin, si un capitaine-sans-projet parvient si facilement à renverser un régime « modèle », mais qui en vérité a fini comme il a commencé dans la farce, comment imaginer que les débris de ce régime et un capitaine-sans-projet puissent résister à Aqmi, à Ansar Dine, au Mujao, à Boko Haram, etc., qui, au Sahel, ont formé une dendrite internationale, très disciplinée, aguerrie, solidement armée et surdéterminée, avec une inouïe volonté d'expansion « religieuse » ?

Personne ne voulut voir la lente et inexorable érosion des institutions et l'entreprise d'affaiblissement de la citoyenneté et du patriotisme maliens. Les sourds d'hier s'émeuvent aujourd'hui de ne pas entendre L'Etat. Tous feignent d'ignorer et s'étonnent de l'absence d'une « Armée sans armes ».

On est dans quoi-là ?, aiment à dire les Ivoiriens quand l'absurde dicte sa courbe aux événements. Constat de bon sens : il eût coûté moins cher au Mali, à la France et au monde aujourd'hui, si l'armée malienne avait été dotée de matériel militaire et instruite dans l'art de la guerre.

Et, avec délectation, les reportages télévisés français en rajoutent, qui montrent à l'opinion publique européenne des soldats maliens ébahis à la vue d'un hélicoptère, ou un militaire malien à l'entraînement et feignant de tirer, et qui, faute de minutions, reproduit le bruit des balles.

Ou encore l'Armée française qui, après avoir  chassé les rebelles de Gao et de Tombouctou par les bombardements aériens, stoppent net leur avancée aux portes de ces villes et invite l'armée malienne à y entrer et à en prendre possession.

Quel spectacle ! On avait connu la drôle de guerre. Là, nous voyons une guerre drôle. Pauvre Mali, qui, à la face du monde, joue avec son propre sort !

Nous payons en drames et en vies humaines, en recul de croissance et en expansion de la pauvreté, en foule de réfugiés, en famine, en instabilité politique et en misère médicale, ce que les responsables n'ont pas voulu voir. Et si nous n'y prenons garde, peut-être assisterons-nous à la formation du premier État islamiste de l'Afrique dans le Sahel. Alors, prenons garde !

Car les mêmes qui, hier, ne voulurent pas voir les difficultés maliennes se répandent à présent en longs discours d'explication et justifient leur erreurs d'analyse et de décision par la guerre française au Mali. Aucun d'eux, bien étrangement, ne parle de la Société civile. Mais c'est d'abord d'elle et de l'Armée malienne moquée que viendra ce qui sauve.

III. François Hollande et l'Occasionalisme de Malebranche

M. François Hollande aurait donc eu raison d'intervenir. Il l'aurait fait à temps. Quelques jours plus tard, dit-on, il n'y aurait plus de Mali. Ainsi, en une semaine un État peut disparaître. Et tout ce que l'histoire universelle n'enseigne pas (disparition subite des États), nous devrions donc l'accepter et nullement le contester ?

Mais, aussi difficile que soit une situation, aussi grand que soit le péril, il n'est aucun argument d'autorité qui puisse ou ne doive affaiblir l'esprit critique, cet exercice banal de la raison naturelle.

Appelons ici Bossuet, dont l'un des grands enseignements est précisément ce qu'il appelle la science des temps. Il est, dit-il, du devoir du prince de savoir penser et agir à propos, ni avant ni après, mais au bon moment.

Les Grecs anciens nommaient cela le kairos, le temps opportun. La France s'est-elle conformée à « la science des temps » ? Le président François Hollande a-t-il décidé selon le kairos ?

Plus d'un, à droite et à gauche, lui reprochent de n'avoir pas fixé un cap et des objectifs, d'où ses changements continus. A première vue, les faits leur donnent raison. En effet, François Hollande n'avait-il pas publiquement affirmé que la France ne s'engagerait pas au Mali, comme en République Centrafricaine, au motif qu'elle n'a plus vocation à être le gendarme de l'Afrique ?

Or, dès la prise de Konna par les Islamistes et la désinformation de sa reprise par l'Armée malienne, il a d'autorité constitutionnelle engagé la France, en déclarant que cette implication ne se limiterait tout au plus à un appui logistique et aérien, dans le but de stopper l'avancée des Islamistes qui se dirigeaient vers Bamako où réside une forte communauté française.

Puis, quelques jours plus tard, contradiction nouvelle, il décide d'engager au sol près de trois bataillons français.

En outre, après avoir indiqué que cette intervention serait de courte durée et localisée, il affirmera qu'elle durera autant que nécessaire et sur toute l'étendue du territoire malien. Toutes ces variations lui ont valu un double reproche : improvisations (impréparation, organisation sur-le-champ, hâtive, absence de  vision) et imprévisions (défaut de prévision, peu de maîtrise des événements).

A première vue, ces tâtonnements semblent indiquer une série d'improvisations doublée d'une suite d'imprévisions.

Si tel était le cas, nous pourrions légitimement en être choqués, parce qu'il n'entre pas dans les usages républicains que le Chef de l'État français ne fixe pas de cap ni d'orientation, alors que la Constitution lui confère cette prérogative quasi monarchique.

Mais, au fond, ne serions-nous pas tout simplement en présence d'un Président qui, de façon inconsciente ou non, et contre toute attente, ne ferait que mettre en pratique, au cœur du champ politique français, l'Occasionnalisme  de Malebranche ?

Selon Nicolas Malebranche, le monde n'est régit que par des causes occasionnelles que Dieu met savamment à profit, pour agir dans l'histoire. Par conséquent, les causes réelles des actions individuelles et collectives échappent aux hommes.

Tout n'est qu'occasion pour Dieu, c'est-à-dire moment d'intervention dans le cours du monde. Dans le Tout réside les « occasions » qui ne sont que des causes pour ainsi dire fictives, des causes qui ne sont pas effectives ; et parce qu'elles sont sans effet, elles ne sont pas véritables.

Pour Malebranche, à l'opposé d'Aristote, il ne peut donc exister de causes substantielles (existant par elles-mêmes), puisqu'elles sont toutes « occasionnelles ». L'Occasionalisme est le système de causes occasionnelles.

A bien observer, François Hollande semble avoir complètement laïcisé cette conception malebranchiste, pour l'appliquer au champ politique.

En effet, pour la première fois, qui plus est en République française, un Chef d'État développe, de façon méthodique, une ligne politique qui se donne à voir comme une suite combinée d'occasions.

Cette politique, qui laisse circonspect, peut se définir, d'une part, comme le rapport entre les occasions, et, d'autre part, la gestion même de ce rapport. On comprend mieux pourquoi le Premier ministre de son gouvernement apparaît autant en déphasage.

Car là où François Hollande attend les occasions, Nicolas Sarkozy, lui, recherchait ardemment des « dossiers » ou des « cas » voire même les suscitaient.

Ainsi, l'affaire de l'Arche de Zoé n'était pour Nicolas Sarkozy qu'un « cas », un casus, un événement, dans lequel retentissait l'ancien cadere qui signifie « tomber ». Tout « tombe », pour Nicolas Sarkozy. Aussi conçoit-il les « cas » comme des faits « accidentels » qui ne peuvent être relevés que par une technè, un savoir-faire technique porté par une énergie personnelle qui porte aux excès, quand François Hollande ne saisit que les occasions, et ce en autant d'événements « nécessaires » (qui s'imposent par eux-mêmes) auxquels il doit simplement s'ajuster.

Une telle différence concerne le fond, c'est-à-dire la manière d'être, et n'est pas seulement la forme ou le style, comme les politologues s'efforcent de nous le faire croire. Pour ces derniers, cette conception occasionnaliste est incompréhensible, parce qu'ils leur manque les fondamentaux de la pensée.

Il y a chez François Hollande une fiance affirmée dans les occasions et les causes occasionnelles. Sa longue « absence » politique après sa victoire à la présidentielle, et qui a tant inquiété, n'a duré que le temps que surgisse une occasion.

Ainsi a-t-il appréhendé la crise du Mali comme une cause occasionnelle, et l'on ne saurait expliquer autrement le caractère individuel et solitaire de sa décision d'agir, tout comme la promptitude de son engagement militaire et l'étonnement que ces deux faits ont suscité.

Car l'occasion se suffit à elle. Elle est érigée en « principe de raison ». Florange, par exemple, ne surgit pas comme une occasion, mais plutôt comme un « cas », ce qui ne peut vraiment l'intéresser. C'est le domaine du Premier ministre. Il suffirait que ce « cas » se transforme en cause occasionnelle, pour qu'il s'en empare aussitôt et s'y implique.

Quant au « mariage pour tous », il n'est ni une cause occasionnelle ni un « cas », d'où les atermoiements de François Hollande qui en confie la responsabilité à la représentation nationale.

En revanche, l'affaire Dominique Strauss Khan fut pour lui une cause occasionnelle, dont il a su si bien tirer parti.

Au fond, il ne semble pas croire en la grâce, en la prédestination à la manière du protestantisme. Tout n'est pour lui qu'occasion, comme l'affaire Florence Cassez ou le controversé impôt à 75% spontanément sorti d'une occasion.

Les exemples d'occasions et de causes occasionnelles pourraient de la sorte être multipliés, pour de montrer comment ils jalonnent et structurent sa carrière politique. Cette problématique est la matière d'un essai en cours de rédaction, Hollande et l'Occasionalisme de Malebranche.

Mais on aurait tort de croire que ce trait personnel est totalement déconnecté de la réalité nationale. Outre le fait qu'il prend racine dans une tradition théologico-philosophique française, celle de Malebranche, cette inclination correspond à une caractéristique culturelle bien française. En effet, comme le prétend Bruno Pinchard Les Français sont des occasionnalistes. Mais le savent-ils toujours ?

IV. Répercussions libyennes

Reprenons le fil de nos propos sur le Mali, en opérant une courte digression sur la Libye. L'aveuglement libyen de Nicolas Sarkozy, qui ne voulut pas voir les liens organiques entre la Jamahiriya libyenne et ses États voisins, en particulier le Mali, est lourd de trop de conséquences.

Outre qu'elle partage une longue frontière avec le Mali, la Libye avait été une terre de refuge pour les Touaregs maliens, après 1980, où nombre d'entre eux furent enrôlés dans les armées de la Jamahiriya. Et nous savions le rôle de médiateur que le Colonel Kadhafi tenait dans la vieille crise entre Bamako et l'Azawad.

Fallait-il être grand clerc pour imaginer qu'une déstructuration de la Jamahiriya aurait mécaniquement une répercussion sur le Mali, déjà fragile ? Qui ignorait la présence de Djihadistes dans les Sahel ? Mais il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, surtout s'il est entouré de conseillers muets. Ainsi, la confusion organisée en Libye, dont nous n'avons pas fini de payer le prix, a gagné le Mali en y produisant des détonations bien  plus fortes.

A présent, au Mali, mélangé, tout est mélangé, pour reprendre le mot d'une caricature ivoirienne. M. Nicolas Sarkozy et les Nations Unies ont tapé dans la Jamahiriya comme on frappe du pied une fourmilière. Il y avait d'autres options.

Ainsi ont-ils indûment armé les opposants et accepté la mobilisation de Djihadistes qui avaient en horreur le Livre Vert, dont la ligne politique est socialiste et la vocation affichée était de se substituer à la Sunna. Que croyons-nous qui devait arriver ? Car le colonel Kadhafi, bien informé des équilibres de la sous-région, avait averti.

Mais, les prophètes des flatteries, la cohorte des spécialistes de l'Afrique et un philosophe fatigué dirent en chœur leur exodos : '' regardez, peuples de la terre, comment un dictateur n'est qu'un menteur et de quelle manière il est puni ''. Bossuet a raison de dire que tout prince doit se défier de ses conseillers qui donnent des conseils pour eux-mêmes.

Par exemple, très fatigué, Bernard Henry Levy conseillait Nicolas Sarkozy pour lui-même, comme le montre si bien les Guignols de l'Info. Aujourd'hui, s'agissant du Mali, tous ces conseillers ont « trouvé » une nouvelle cause explicative : la question Touareg. Mais au Mali, le problème premier et le seul, c'est le Mali.

V. Les cinq crises maliennes

La Crise malienne est une dialectique de cinq grandes crises, qui ont formé un écheveau difficile à démêler. Énumérons ces crises:

Tout d'abord, une « crise politique » sans précédent, dont nous avons rappelé les grandes lignes (faillite de l'État, dépouillement de la République et extinction de la Démocratie), qui débute avec le coup d'état militaire du 19 novembre 1968 ;

Ensuite, une « crise sociale » marquée par le sous emploi et la précarisation constante des populations et la formation d'une diaspora de travail ;

Puis, une « crise de la religion » qui, d'un côté, voit s'affronter l'Islam africain (laïc et tolérant) et l'Islamisme d'origine moyen-orientale (salafisme djihadiste), et, de l'autre, fait peser une menace sur la petite communauté chrétienne.

En outre, une « crise ''raciale'' » ou plus exactement phénotypique entre Arabes et Noirs, sur le modèle du Soudan, dans laquelle prévaut l'argumentation ethniciste qui peut être conçue à bon escient, comme le fait Ed. Bernus lorsqu'il affirme que le pays Touareg [...] constitue un pont entre le Maghreb et l'Afrique noire, ou alors pour susciter de stupides conflits ethniques, en agitant les différences phénotypiques comme autant de facteurs essentielles.

Enfin, la « crise du transit des narcotiques » mis au jour par la ''stupéfiante'' aventure du « Boeing 727 de la coke », et qui vise à faire du Sahara (donc depuis l'intérieur du continent) le point d'escale le plus court pour l'écoulement de la cocaïne vers l'Europe, avec l'abandon des voies maritimes plus longues et mieux surveillées.

La dialectique de ces cinq crises (influence réciproque des causes, interaction des facteurs,  relance des effets, des contradictions et les évolutions inhérentes à ce processus) donne à la Crise malienne une dimension spécifique, lui confère son caractère particulier et détermine sa force de propagation sous-régionale voire au-delà.

C'est cette dialectique, où la corruption est le ferment et le facteur déterminant, qui a fait s'effondrer le Mali, après la Guinée-Bissau. Dans les mêmes circonstances, des causes identiques produisent les mêmes effets.

Par suite, si rien n'est entrepris, comme rien n'a été fait en Guinée-Bissau, un troisième pays de la sous-région s'écroulera.

Tout comme la Guinée-Bissau qui, à force d'ajustements structurels, de gabegie, d'une armée dévoyée, de tensions interethniques et de politiques publiques inadaptées, a été livrée au narcotrafic, le Mali est en passe d'être abandonné au narcotrafic et aux Islamistes. L'ouest africain en sera déstabilisé.

Aqmi croît dans le terreau de cette quintuple crise. Et toute l'Afrique de l'ouest, qui constitue un vaste ensemble géographique, historique et anthropologique est directement concernée.

Tous les pays, tous les Etats y ont un lien organique et structurel. Tel est « l'effet papillon » : un événement dans l'un de ces pays affecte tous les autres.

La Crise ivoirienne l'a bien montré. Si « la planète est un village », l'Afrique de l'ouest est un quartier, dans lequel se déroule des batailles qui ne sont que des épisodes de la grande guerre ouest-africaine.

La Côte d'Ivoire, grand éléphant de verre, signale déjà dans sa région nord la présence d'éléments djihadistes.

A titre préventif, elle devrait s'instruire de la Crise malienne et faire son unité nationale. En effet, si le Mali n'avait pas laissé croître la « Question Touareg », Aqmi n'eut pas été aussi fort. Toute division nationale et les guerres civiles qui en découlent sont des brèches profondes.

Qui peut croire que la Côte d'Ivoire, poumon économique de la Cedeao, n'est pas ou ne sera pas à court terme une cible ?

Le Burkina Faso, quelque peu affaibli, lui est historiquement lié, tout comme le Libéria, qui se remet difficilement d'une odieuse guerre civile, et le Ghana, le frère rival, qui forme un tout avec le vacillant Togo et le Bénin qui demeure un point d'appui, « mais, pour combien de temps encore ? ».

La Côte d'Ivoire est également rattachée à la Guinée-Conakry, pays en équilibre précaire, qui forme un sous-ensemble avec la Sierra Léone en situation délicate.

Le Sénégal, vitrine démocratique, est à quelques encablures du Mali, avec lequel il fut lié fédéralement dans un passé récent. Qui tient Bamako, menace directement Dakar. Qui dirige Bissau peut provoquer Dakar (crise de la Casamance) et inquiéter Banjul (Gambie) ou vice-versa, car ces trois capitales appartenaient à l'ancien empire du Cayor.

Le Sénégal doit faire sa concorde nationale mise à mal par les dernières présidentielles. La Guinée-Bissau, elle, est déjà paralysée. La Gambie, petite enclave, ne résistera pas aux secousses.

La Mauritanie, instable, liée au Sénégal,  doit craindre sa « malisation », en raison des tensions entre Noirs et Arabophones.

Le Niger, outre la famine, ne supportera pas le basculement du Mali. Le Cap Vert est à part, protégée par la mer et une classe politique responsable. Le Nigéria, géant de la sous-région, n'a pas vaincu Boko Haram. Que peut-il au Mali, le plus fragile de tous les États ?

Plus au nord, d'après le bornage rectiligne du 8 mai 1983, l'Algérie partage 1400 kms de frontières avec le Mali. Mais pourquoi s'engagerait-elle à l'extérieur de ses frontières, de façon directe dans un conflit qu'elle a externalisé et dont elle est à peine sortie ?

Sous ce rapport, comment ne pas se demander si la surprenante prise d'otages sur le site gazier de Tiguentourine, près d'In Amenas, ne vaut pas comme un avertissement direct adressé à l'Algérie, pour qu'elle reste neutre dans les conflits qui sont en cours au Sahara, au risque de devoir subir la paralysie de son principal secteur d'activité ?

Pour l'Algérie, la crise malienne vaut-elle la mise en jeu de son moteur de sa croissance ? Et si cette épineuse question était celle que pose Aqmi à l'Algérie ? Il semble que ce soit probablement là l'enjeu de cette prise d'otages, sinon comment l'expliquer ?

A l'avertissement djihadiste, les autorités algériennes ont répondu par une brutalité inouïe. Dès lors, les modalités d'intervention de l'armée algérienne, le choix du matériel militaire (armes lourdes, chars de combat, hélicoptères, etc.) et la nature du résultat de cette opération (plus de morts d'étrangers que de terroristes) indique pour toute réponse un équilibre de la terreur.

Le statu quo serait une intention doublement partagée. Notons donc que l'Algérie et tout comme la Mauritanie sont sur des lignes de prudence.

La moitié du continent africain est directement concerné par  la crise malienne, avec l'implication massive du Tchad (2.000 soldats) et du Burundi, l'Afrique centrale est engagée.

Par le jeu des menaces et des alliances cette crise nous amène à la première guerre continentale africaine, qui ne laissera pas indifférent le Moyen Orient et l'Occident.

VI. Que peut la France?

Que peut la France ? Cent guerres et cinq cent batailles, en deux mille ans d'histoire. Une incontestable tradition militaire faite de victoires éclatantes et de lourdes défaites. Que peut-elle, dans une guerre sans bataille ? Bien peu et beaucoup à la fois.

La guerre du Mali, qui n'en est qu'à des débuts, tend à être longue et difficile, en raison même de sa nature. Elle prolonge la crise libyenne avec laquelle elle entretient des rapports complexes.

En outre, le coût quotidien de l'engagement militaire français est plus important qu'on ne le dit. Il est à minima de deux millions euros/jour, selon les experts que nous avons consultés, ce qui le rend insupportable au regard des contraintes budgétaires.

Une année de guerre au Mali absorberait la totalité du budget des Opérations Extérieures (Opex), soit huit cents millions d'euros. En outre, le risque d'enlisement est réel, si le Tchad ne prend pas la relève. Et dès lors que les Djihadistes passeront à la guerre de guérilla (retraits des villes et bourgs, harcèlements des casernes, attentats suicides, etc.), le rapport de forces pourrait s'équilibrer.

Or, la France s'est mise en première ligne, sans qu'elle ne sache comment se retirer. Sun Tzu enseigne que l'on entre dans une guerre, quand on sait d'avance comment en sortir. Mais, pour envisager une fin, encore faut-il que l'action conduite ait une finalité.

La difficulté ici tient dans le fait que la « situation d'urgence » invoquée pour justifier la rapide et soudaine implication française au Mali n'est pas la cause occasionnelle ni ne peut être un but.

En tous les cas, s'il faut féliciter la France d'avoir arrêté l'avancée des troupes djihadistes,  et si nous ne sommes qu'au début d'une des guerres ouest-africaines, la question reste entière de savoir qui sauvera le Mali, si l'on admet qu'aucun peuple n'a jamais été libéré par un autre ?

C'est aux Maliens qu'il revient de sauvegarder le Mali, avec le concours d'alliés.

Pour lors toutes les institutions publiques maliennes sont « tombées » et restent dans un état de délabrement. Seuls l'ardeur citoyenne et les combats républicains pourront les redresser. L'amour de la patrie, dit Montesquieu, corrige tout.

Rien, en matière historique, n'est désespérant. Aucune nuit n'arrête l'aube. Le crépuscule du matin est une conquête toujours recommencée. Là où naît le danger, croît aussi ce qui sauve. Rien n'est impossible à un peuple libre ou qui combat pour sa liberté, parce que libre. Nul joug ne résiste au souffle puissant d'une nation qui combat pour être.

VII. Quatre propositions pour une sortie de la crise malienne

Napoléon, qui sut ce qu'est vaincre des peuples, mais aussi ce qu'est être vaincu par des peuples, fixa dans son testament politique, au terme de sa folle course impériale, une pensée : l'histoire est la seule philosophie. En nous gardant de donner des leçons de patriotisme aux Maliens, qu'il nous soit cependant permis de faire quatre suggestions politiques :

1°) la mise en place d'un Comité de Salut public qui, pour une courte période, concentrera tout le pouvoir exécutif, supprimant ainsi l'actuelle diarchie politico-militaire au sommet de l'État, entre un président « provisoire » et toléré, dont le Premier ministre est nommé par un capitaine-sans-projet.

L'une des missions essentielles de ce Comité de Salut public serait de procéder à une levée en masse de soldats maliens, d'organiser et de diriger l'armée dont la tâche essentielle sera de sécuriser les frontières actuelles ;

2°) instituer un changement politique, par la proclamation d'un régime parlementaire (sur l'exemple du Cap Vert), qui donne toute sa légitimité à un Premier ministre fort.

L'élection du Président de la République, au suffrage universel indirect (par les députés), et qui ne peut être que d'origine Touareg, pour les deux mandants suivants. Car il faut savoir mettre un terme aux courses présidentielles sur fond ethnique ;

3°) sur la base d'une stricte séparation des pouvoirs, la représentation nationale malienne devra reprendre l'initiative des lois, autant que durera le Comité de Salut public. En outre, la Justice et le quatrième pouvoir devront être réellement indépendants.

Sans cette mesure, qui fonde l'objectivité des institutions, il sera impossible d'éradiquer la corruption qui est le mal le plus profond.

Cette vaste réforme institutionnelle, conjointement impulsée par le Comité de Salut Public et la Justice (l'esprit de modération), permettra de poser les fondements de l'idée de l'État, d'enraciner les deux grandes valeurs de la République, la vertu et la frugalité.

Il n'y a que la mise en œuvre simultanée de l'idée de l'État, du sentiment de vertu et de la volonté de frugalité qui puisse faire de la Démocratie une coutume par laquelle pourront être organisées des élections libres et le règlement de la question Touareg ;

4°) sous la double initiative de l'Union Africaine et de l'Union Européenne, il sera nécessaire de procéder à la suppression immédiate de toutes les dettes publiques externes et à la suspension de tout ajustement structurel.

Sans cette réforme de justice sociale, non seulement il ne peut y avoir d'État viable au Mali, mais le Mali ne saura conduire de lutte efficace contre les Narcotrafiquants et Aqmi.

VIII. Conclusion

Le désert croît, disait Nietzsche. Cette parole résonne autrement aujourd'hui, en Afrique, pour se laisser entendre comme la décroissance de L'État. Le Sahara, une fois de plus, surgit comme un destin.

Telles sont les considérations d'ensemble que suscite la Crise malienne. Celle-ci marque un tournant décisif, dont le risque majeur est de voir les États africains s'effondrer.

Et devant le grand péril, la pensée est le plus grand recours, qui précède le courage, cet exercice de la volonté. Penser la Crise malienne, c'est revenir à ce qu'est l'essence de l'État qui est trop peu méditée par les intellectuels africains. Hegel a consacré maintes recherches sur ce qu'est L'État.

Peut-être les Africains gagneraient-ils, enfin, à questionner le plus puissant philosophe de son temps, lorsque, dans les Leçons qu'il lui a consacrées, il a présenté L'État comme la Raison. Écoutons, ce qu'il dit de son ouvrage :

Ainsi, dans la mesure où il contient la science de l'État, ce traité ne doit être rien d'autre qu'un essai en vue de concevoir et de décrire l'État comme quelque chose de rationnel en soi [...]

Si ce traité contient un enseignement, il ne se propose pas toutefois d'apprendre à l'État comment il doit être, mais bien plutôt de montrer comment l' Etat, cet univers éthique, doit être connu.

L'État ne se laisse connaître que comme idée, mais une « idée » effective qui mène le monde. Comble de guigne, il n'y a pas de culture d'État ou d'idéalisme de l'État en Afrique. Aussi peut-être même est-ce dans cette « crise de la connaissance » que la Crise africaine demeure dans toute son ampleur. Le Mali le montre. Mais ce pays, qui n'est plus un pays-État, voudra-t-il s'élever à cette idée ? Et s'il le veut, le saura-t-il ?

Mably a donné la clé de cet idéalisme politique : l'union de « l'amour de la liberté » et de « l'amour des lois », qui doit devenir le principal  objet de la politique. Mettre en pratique politique cette union, c'est surmonter le destin qui préoccupait tant mon vieil ami, Jean-Pierre Ndiaye, dont je salue la mémoire.

 

Dr Pierre Franklin Tavares

Paris, le 1er février 2013

 

--------------------------------------

 

Jean-Pierre Ndiaye, Monde noir et Destin politique, Présence Africaine, Paris, 1976.

P. F. Tavares, Pourquoi tous ces coups d'état en Afrique, Le monde diplomatique, janvier 2005.

Franklin Boukaka à Paris, Ayé Africa,

HYPERLINK "http://www.youtube.com/watch?v=qeVKpqIB5F4"

http://www.youtube.com/watch?v=qeVKpqIB5F4, 1970.

F. Boukaka, Oh, ô Afrique, Eh Afrique, Où est ton indépendance ? [...] Où est ta liberté ?

P. F. Tavares, Nicolas Sarkozy : Relire le Discours de Dakar, NEI, Abidjan, 2008.

Hegel, Principes de la philosophie du droit, ou Droit naturel et science de l'État en abrégé, Vrin, Paris, 1982, p. p. 263 - 341.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, t. 1, Garnier Frères, Paris, 1973, p. 27.

Seydou Keïta, Un espace de liberté et d'organisation sociale : le Grin, 21 avril 2007. C'est nous qui soulignons.

Abdoulaye Niangaly, Malversations, mal gouvernance, Affaire SICG Mali - ACI, les magouilles d'ATT, Bamako, La Dépêche, n° 7, 03 septembre 2012 ; Scandale autour d'un financement occulte : ils ont escroqué 600 millions FCFA pour arriver au pouvoir, La Dépêche, n° 2, 23 juillet 2012 ; Affaire de 600 millions FCFA escroqués par Yacouba Diallo : l'escroc sommé de payer, La Dépêche, n° 4, 06 août 2012 ; Maître Madina Dème : Rebondissement dans un scandale ''enterré'', 6 août 2012.

Les deux mandats d'Alpha Konaré (1992 - 2002) font partie du Régime ATT (1991 - 2012).

Gabriel Bonnot de Mably, Des droits et des devoirs du citoyen (1758), édit. Marcel Didier, Paris, 1972, p. 104.

Le Lieutenant-colonel Oumar Diallo alias Birus, aide de camp du président Moussa Traoré, Anatole Sangaré, Kafougouna Koné, Bakary Coulibaly et Chiaka Koné furent les principaux acteurs du coup d'état qui renversa le régime. C'est au cours de cette action qu'Amadou Toumani Touré s'emparera du pouvoir, en évinçant les autres.

Anatole Sangaré, Code de conduite des Forces Armées et de Sécurité du Mali, Ministère des Forces Armées et des Anciens Combattants, Sofidi, Bamako.

Mots Croisés, émission d'Yves Calvi, France 2, 21 janvier 2013.

Sara Baras, La Pepa, ballet flamenco, Théâtre des Champs-Elysées, Paris, 21 décembre - 8 janvier 2013.

P. F. Tavares, Pourquoi tous ces coups d'état en Afrique ?, Le monde diplomatique, janvier 2005.

Bossuet, Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, Livre cinquième, Droz, Genève, 1967, p. 136.

Malika Groga-Bada et Christophe Boisbouvier, Mali : heure par heure, le récit de la fuite d'ATT, Jeune-Afrique, 7 avril 2012. Il eût été pertinent que les auteurs indiquassent les conditions dans lesquelles AAT, qui n'était pas le principal instigateur du coup d'état qui le porta au pouvoir, prit le pouvoir.

Bossuet, XIe Proposition, Le prince doit savoir connaître les occasions et les temps, Op. Cit., p. p. 129 - 131.

Le groupe sidérurgique (acier et mines) ArcelorMittal, dont l'usine de Florange (Moselle) fait l'objet d'un vaste plan social et d'arrêt des hauts fourneaux.

La Française accusée d'association de malfaiteurs et de complicité d'enlèvement par la Justice mexicaine.

Bruno Pinchard, Les formes substantielles chez Malebranche et Leibniz, Cours 2011 - 2012.

Thomas Baïetto, Au Mali, 50 ans de conflits touaregs et une proclamation d'indépendance, Francetvinfo.fr, 6 avril 2012.

L'exodos, troisième et dernière partie du théâtre tragique grec, est marquée par la sortie du chœur qui tire la morale des événements.

Jean-Pierre Ndiaye, Monde noir et Destin politique, Présence Africaine, Paris, 1976.

Edmond Bernus, Être Touareg au Mali, Orstom, p. 1.

Les quatre principales dates des soulèvements touaregs: mai 1963 - avril 1964 (première insurrection et défaite) ; mars - juin 1990 (attaque de la caserne de Ménaka) ; mai 2006 (prise de Kidal et Ménaka) ; janvier 2013, soulèvement armée et proclamation de la souveraineté de l'Azawad.

Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, sous la direction de Jacques Garnier, Paris, 2004.

Sun Tzu, L'art de la guerre, Flammarion, champs classiques, Paris, 1972, édition revue en 2008.

Montesquieu, Op. Cit., p. 130.

Montesquieu : « La vertu, dans une république, est une chose très simple : c'est l'amour de la république ; c'est un sentiment, et non une suite de connaissances ; le dernier homme de l'État peut avoir ce sentiment, comme le premier », Op. Cit., p. 48.

Montesquieu : « L'amour de l'égalité et celui de la frugalité sont extrêmement excités par l'égalité et la frugalité même [...] pour que l'on aime l'égalité et la frugalité dans une république, il faut que les lois les y aient établies », Op. Cit., p. 50.

Hegel, Principes de la philosophie du droit, p. 57.

 

vendredi, 15 février 2013

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES: GBAGBO VA PARLER LE 27 FEVRIER

 

côte d'ivoire,audience de confirmation des charges,gbagbo va parler le 27 février,cour pénale internationale,laurent gbagbo


Les Ivoiriens et certainement le monde entier auront l’occasion d’entendre Laurent Gbagbo pour la deuxième fois quatorze mois après sa première comparution à la cour pénale internationale. 

Ce sera les 27 et 28 février prochain à l’occasion de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire qui l’oppose au procureur de cette institution judiciaire internationale. 

Le calendrier définitif de l’audience qui démarre le 19 février place l’intervention du président Gbagbo aux deux derniers jours de l’audience. 

Le calendrier provisoire publié en janvier sur le site internet de la Cpi plaçait la fin de l’audience au 1er mars. C’est finalement le 28 février que l’audience prendra fin comme indiqué dans le calendrier définitif publié en annexe d’une décision rendue le mardi 12 février dernier par la chambre préliminaire de la Cpi. 

Ainsi, pendant huit jours ouvrables, le bureau du procureur conduit par la Gambienne Fatou Bensouda affrontera la défense menée par l’avocat français Emmanuel Altit secondé par l’Ivoirienne Agathe Baroan. Mais dans cette procédure unique en son genre, le procureur a un allié qui n’est autre que le bureau du représentant légal des victimes conduit par l’Italienne Paolina Massidda. Comme cela s’est déjà vu depuis l’ouverture de la procédure contre Laurent Gbagbo Paolina Massidda et ses collaborateurs ne se sont pas toujours fait prier pour accabler Laurent Gbagbo alors qu’ils représentent les victimes qui sont censées être de tous les bords dans la situation ivoirienne. Ce qui a parfois le don d’agacer la défense qui se retrouve finalement seule dans un forum totalement déséquilibré. 

Qu’à cela ne tienne, Me Emmanuel Altit et ses collègues sont bien déterminés à défendre leur client jusqu’au bout. Et comme il l’a lui-même indiqué dans une vidéo réalisée par la Cpi, il a les éléments pour démonter l’accusation. Même si ces derniers mois, la chambre préliminaire 1 de la Cpi s’est montrée particulièrement décevante en n’invoquant que des arguments politiques pour rejeter les demandes de liberté provisoire de Laurent Gbagbo. 

C’est le 5 décembre 2011 que Laurent Gbagbo s’est exprimé publiquement pour la dernière fois lors de sa première comparution à la Cpi. Malgré le grand traumatisme qu’il avait subi et le traitement dégradant dont il avait été l’objet, Laurent Gbagbo était apparu serein. Maitrisant parfaitement l’art oratoire, il avait décrit avec des mots bien choisis ses conditions d’arrestation et de détention pendant huit mois. Il avait suscité un immense espoir chez ses partisans qui revoyait avec joie le combattant déterminé à aller jusqu’au bout. L’intervention du 27 février devrait constituer à n’en point douter un autre moment magique de communion entre le leader et son peuple. 


Source: AFRIK53.COM

jeudi, 14 février 2013

CPI - MAITRE EMMANUEL ALTIT: «NOUS ALLONS DEMONTRER QUE LES ACCUSATIONS REPOSENT SUR DU VENT»

 

MAITRE EMMANUEL ALTIT.gif

Me Emmanuel Altit (Conseil principal de la défense de Gbagbo)

L’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur contre Laurent Gbagbo s’ouvre le 19 février prochain à la cour pénale internationale (CPI), à La Haye au Pays Bas. Avant cette étape finale de la phase préliminaire de la procédure engagée contre Laurent Gbagbo, le conseil principal de sa défense, Me Emmanuel Altit, explique ce qu’il fera lors de cette audience dont la durée n’excédera pas deux semaines.

«Le rôle de la défense est très particulier dans une audience de confirmation des charges. Parce que d’une certaine façon, on n’attend pas la même chose de la défense et du procureur. Lors de cette audience, c’est surtout au procureur qu’il appartient de montrer que sa preuve est solide et qu’il dispose de suffisamment d’éléments pour ensuite pouvoir aller au procès, pouvoir initier une procédure contre quelqu’un, pouvoir l’accuser. Nous sommes donc à une étape qui est très en amont du procès. Alors dans ce cadre-là, le rôle de la défense, c’est de pointer les insuffisances de la preuve du procureur et d’abord de pointer les faiblesses de l’enquête. Et puis de pointer la faiblesse de la preuve en elle-même, c’est-à-dire les témoignages dont il dispose, les éléments documentaires qu’il veut déposer; de montrer que, finalement, tout cela n’est pas solide de façon à souligner que les accusations elles-mêmes reposent sur du vent. Autant que faire ce peut naturellement. C’est cela l’idée. L’idée, encore une fois, c’est de pointer les insuffisances, les faiblesses, les manques du travail qu’a pu fournir le procureur pour constituer son dossier. De souligner les faiblesses du dossier à charge. Naturellement, nous allons discuter la teneur de la preuve du procureur. Nous allons aller en profondeur dans la preuve du procureur parce que nous disposons des éléments qui nous permettent de le faire. Nous allons monter toutes les insuffisances de cette preuve et nous allons conforter cette analyse en produisant nous-mêmes des documents. Nous avons, aujourd’hui même, transmis au procureur un certain nombre de documents qui viendront conforter, étayer nos arguments. Maintenant en ce qui concerne les témoins, ce n’est pas le rôle de la défense que de faire venir les témoins lors de l’audience de confirmation des charges. Si le procureur avait fait venir des témoins, ou si le besoin s’était fait sentir de faire venir un témoin particulier, nous l’aurions fait. Mais comme lors de cette audience, il appartient au procureur d’expliquer et de convaincre qu’il dispose d’un dossier solide et qu’il appartient à la défense de convaincre que le dossier du procureur n’est pas solide, le besoin de témoin est moins pressant».

 

Augustin Kouyo, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 février 2013, à partir d'une Vidéo Cpi.


Source: IVORIAN.NET

CONFIRMATION DES CHARGES CONTRE GBAGBO: MAITRE ALTIT DEJOUE LE PIEGE DE BENSOUDA

 

FATOU BENSOUDA.jpg

La procureure prise en flagrant délit de tricherie. Pourquoi Maître Altit demande encore un report


Le top départ de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur près la CPI contre Laurent Gbagbo sera-t-il vraiment donné ce 19 février 2013 ? Peut-être que oui, peut-être que non. Tout dépendra de la suite qui sera donnée à la requête en report de cette audience. Une requête déposée le 7 février dernier par Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Laurent Gbagbo.

Pourquoi Altit monte-t-il au créneau une énième fois pour solliciter un report, dans une requête présentée à la Chambre préliminaire I et datée du 7 février dernier ? Pour des raisons assez simples, selon son texte, que Le Nouveau Courrier a pu consulter.

Alors qu’il était entendu que le bureau du procureur devait transmettre à la Défense ses éléments de preuve«aussi vite que possible et sur une base régulière», l’Accusation a choisi de procéder autrement. Elle a attendu le 17 janvier 2013, c’est-à-dire le dernier jour fixé par la Chambre préliminaire, pour transmettre, en une seule «fournée», 893 pièces et documents, qui s’ajoutaient aux plus de 2 500 pièces versées au dossier durant toute la procédure.

Comment examiner, en un mois, près de 900 nouvelles pièces ? Cette technique de rétention des«preuves»jusqu’à la date ultime, la plus rapprochée possible de l’audience de confirmation des charges, obéit à unestratégie de l’inondation, qui vise manifestement à rendre le travail de la Défense difficile voire impossible dans le temps imparti.

L’Accusation n’a pas hésité à aller plus loin. Le 22 janvier 2013, elle déposait, hors délai, vingt-et-une pièces, dont des notes d’entretien avec des témoins potentiels. Le 6 février, le procureur divulguait six pièces et documents toujours hors délai. D’où la protestation de Maître Altit : « Pour lire et analyser ces documents à raison d’une vingtaine par jour, la Défense aurait besoin d’une cinquantaine de jours. Il convient de rappeler ici que les moyens de l’équipe de défense sont limités à une enveloppe de trois personnes en sus du case manager et que ces mêmes trois personnes partent en mission, interrogent des témoins potentiels, font des recherches documentaires, rédigent des requêtes ou répondent à des requêtes (…) Certains documents transmis sont volumineux et/ou demandent une analyse particulièrement poussée. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de les analyser mais aussi d’en examiner le contenu et, pour ce faire, de procéder à des vérifications ou mener des enquêtes.»

Maître Altit ajoute que l’équipe de défense était en mission en Côte d’Ivoire du 22 janvier au 4 février, pour préparer l’audience de confirmation des charges. «Le Procureur le savait et c’est donc volontairement qu’il a divulgué à la défense au dernier moment cette masse immense de documents.» Cette ruse est caractéristique d’une absence de «loyauté» dans les rapports entre Défense et Accusation, fulmine Altit.

La Défense pointe la mauvaise foi de l’Accusation. «Il est important de noter que beaucoup de ces pièces et documents auraient pu être divulgués par le Procureur avant. En effet la nature et la date de certains documents indiquent qu’ils sont aux mains du Procureur depuis plusieurs mois. A l’évidence il s’agissait donc pour lui de «noyer» la défense et l’empêcher de réagir», écrit Altit. C’est pour toutes ces raisons qu’Altit demande à la Chambre préliminaire I de «constater que si l’audience de confirmation des charges se tenait le 19 février 2013, tel qu’initialement prévu, le Président Gbagbo serait victime d’une violation de son droit à un procès équitable», mais aussi de fixer une nouvelle date «qui ne soit pas antérieure au 25 mars 2013».

Quelle sera la réaction de la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, qui a déjà manifesté lors d’une audience publique son irritation de voir la procédure piétiner depuis plus d’un an aujourd’hui ? On le saura bien vite.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


SourceCAMEROON VOICE

mercredi, 13 février 2013

SERGUEI LAVROV: «LA FRANCE COMBAT AU MALI CEUX QU'ELLE A ARMES EN LIBYE»

 

SERGUEI LAVROV.gif

 

France est en train de combattre au Mali ceux qu’elle avait armés en Libye, a estimé dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en appelant les Occidentaux à avoir “une vue d’ensemble” sur la région.

“Au Mali, la France lutte contre ceux qu’elle avait armés en Libye contre le régime de Kadhafi en violant l’embargo du Conseil de sécurité de l’ONU”, a déclaré M. Lavrov dans une interview à la télévision russe diffusée en Extrême-Orient et dont les extraits sont publiés par les agences de presse russes.

Les mêmes groupes luttent en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad, a poursuivi le ministre, dont l’interview devait être diffusée en Russie centrale à 19h30 GMT.

“Je suis accablé par l’incapacité de nos partenaires d’arrêter de fixer un point sur la carte et d’avoir une vue d’ensemble sur la région”, a-t-il poursuivi.

La France est intervenue au Mali à la demande des autorités de Bamako, à la suite d’une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Le Nord du Mali est depuis le début de 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes, devenant un sanctuaire pour el-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi).

M. Lavrov avait critiqué dans le passé les largages d’armes françaises à la rébellion hostile au régime de Mouammar Kadhafi, dénonçant des “interprétations” abusives de la résolution de l’ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population civile.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenue lors d’un vote sur la Libye en mars 2011 qui a permis les frappes internationales contre les forces de Kadhafi, conduisant à la chute du régime.

Mais Moscou n’a eu de cesse par la suite de répéter que l’ampleur de l’intervention des avions de l’Otan contre les installations libyennes sortait du cadre de la résolution des Nations unies.


In LORIENT du 11 février 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Mali, Monde, Monde arabe, Russie, Syrie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |