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jeudi, 14 février 2013

CONFIRMATION DES CHARGES CONTRE GBAGBO: MAITRE ALTIT DEJOUE LE PIEGE DE BENSOUDA

 

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La procureure prise en flagrant délit de tricherie. Pourquoi Maître Altit demande encore un report


Le top départ de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur près la CPI contre Laurent Gbagbo sera-t-il vraiment donné ce 19 février 2013 ? Peut-être que oui, peut-être que non. Tout dépendra de la suite qui sera donnée à la requête en report de cette audience. Une requête déposée le 7 février dernier par Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Laurent Gbagbo.

Pourquoi Altit monte-t-il au créneau une énième fois pour solliciter un report, dans une requête présentée à la Chambre préliminaire I et datée du 7 février dernier ? Pour des raisons assez simples, selon son texte, que Le Nouveau Courrier a pu consulter.

Alors qu’il était entendu que le bureau du procureur devait transmettre à la Défense ses éléments de preuve«aussi vite que possible et sur une base régulière», l’Accusation a choisi de procéder autrement. Elle a attendu le 17 janvier 2013, c’est-à-dire le dernier jour fixé par la Chambre préliminaire, pour transmettre, en une seule «fournée», 893 pièces et documents, qui s’ajoutaient aux plus de 2 500 pièces versées au dossier durant toute la procédure.

Comment examiner, en un mois, près de 900 nouvelles pièces ? Cette technique de rétention des«preuves»jusqu’à la date ultime, la plus rapprochée possible de l’audience de confirmation des charges, obéit à unestratégie de l’inondation, qui vise manifestement à rendre le travail de la Défense difficile voire impossible dans le temps imparti.

L’Accusation n’a pas hésité à aller plus loin. Le 22 janvier 2013, elle déposait, hors délai, vingt-et-une pièces, dont des notes d’entretien avec des témoins potentiels. Le 6 février, le procureur divulguait six pièces et documents toujours hors délai. D’où la protestation de Maître Altit : « Pour lire et analyser ces documents à raison d’une vingtaine par jour, la Défense aurait besoin d’une cinquantaine de jours. Il convient de rappeler ici que les moyens de l’équipe de défense sont limités à une enveloppe de trois personnes en sus du case manager et que ces mêmes trois personnes partent en mission, interrogent des témoins potentiels, font des recherches documentaires, rédigent des requêtes ou répondent à des requêtes (…) Certains documents transmis sont volumineux et/ou demandent une analyse particulièrement poussée. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de les analyser mais aussi d’en examiner le contenu et, pour ce faire, de procéder à des vérifications ou mener des enquêtes.»

Maître Altit ajoute que l’équipe de défense était en mission en Côte d’Ivoire du 22 janvier au 4 février, pour préparer l’audience de confirmation des charges. «Le Procureur le savait et c’est donc volontairement qu’il a divulgué à la défense au dernier moment cette masse immense de documents.» Cette ruse est caractéristique d’une absence de «loyauté» dans les rapports entre Défense et Accusation, fulmine Altit.

La Défense pointe la mauvaise foi de l’Accusation. «Il est important de noter que beaucoup de ces pièces et documents auraient pu être divulgués par le Procureur avant. En effet la nature et la date de certains documents indiquent qu’ils sont aux mains du Procureur depuis plusieurs mois. A l’évidence il s’agissait donc pour lui de «noyer» la défense et l’empêcher de réagir», écrit Altit. C’est pour toutes ces raisons qu’Altit demande à la Chambre préliminaire I de «constater que si l’audience de confirmation des charges se tenait le 19 février 2013, tel qu’initialement prévu, le Président Gbagbo serait victime d’une violation de son droit à un procès équitable», mais aussi de fixer une nouvelle date «qui ne soit pas antérieure au 25 mars 2013».

Quelle sera la réaction de la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, qui a déjà manifesté lors d’une audience publique son irritation de voir la procédure piétiner depuis plus d’un an aujourd’hui ? On le saura bien vite.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


SourceCAMEROON VOICE

mercredi, 13 février 2013

SERGUEI LAVROV: «LA FRANCE COMBAT AU MALI CEUX QU'ELLE A ARMES EN LIBYE»

 

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France est en train de combattre au Mali ceux qu’elle avait armés en Libye, a estimé dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en appelant les Occidentaux à avoir “une vue d’ensemble” sur la région.

“Au Mali, la France lutte contre ceux qu’elle avait armés en Libye contre le régime de Kadhafi en violant l’embargo du Conseil de sécurité de l’ONU”, a déclaré M. Lavrov dans une interview à la télévision russe diffusée en Extrême-Orient et dont les extraits sont publiés par les agences de presse russes.

Les mêmes groupes luttent en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad, a poursuivi le ministre, dont l’interview devait être diffusée en Russie centrale à 19h30 GMT.

“Je suis accablé par l’incapacité de nos partenaires d’arrêter de fixer un point sur la carte et d’avoir une vue d’ensemble sur la région”, a-t-il poursuivi.

La France est intervenue au Mali à la demande des autorités de Bamako, à la suite d’une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Le Nord du Mali est depuis le début de 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes, devenant un sanctuaire pour el-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi).

M. Lavrov avait critiqué dans le passé les largages d’armes françaises à la rébellion hostile au régime de Mouammar Kadhafi, dénonçant des “interprétations” abusives de la résolution de l’ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population civile.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenue lors d’un vote sur la Libye en mars 2011 qui a permis les frappes internationales contre les forces de Kadhafi, conduisant à la chute du régime.

Mais Moscou n’a eu de cesse par la suite de répéter que l’ampleur de l’intervention des avions de l’Otan contre les installations libyennes sortait du cadre de la résolution des Nations unies.


In LORIENT du 11 février 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Mali, Monde, Monde arabe, Russie, Syrie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 12 février 2013

EMISSION APPELS SUR L’ACTUALITE: RFI PRISE EN FLAGRANT DELIT DE MANIPULATION ET DE SABOTAGE DE LA PAIX EN COTE D'IVOIRE


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L’animateur Juan Gomez a visiblement été recadré par ses supérieurs hiérarchiques de la direction de Rfi


Les auditeurs de la radio française Rfi ont été surpris de l’annulation subite de la diffusion le jeudi 7 février à 19h40, de la deuxième partie de l’émission «Appel d’actualité» et pour cause.

                                              

L’émission animée par Juan Gomez se déroule en deux parties et est diffusée en direct, du lundi au vendredi, de 8h 10 à 8h 30 puis, de 8h 40.à 9h. Selon le conducteur de l’animateur, la première partie est consacrée à des thèmes divers, et la deuxième partie est réservée à un sujet précis sur lequel tous les auditeurs de la radio dite « mondiale » sont invités à émettre leurs opinions respectives. L’émission diffusée dans la matinée est intégralement rediffusée en soirée, de 19h10 à 19h30 pour la première partie, puis de 19h40 à 20 h pour le second volet. Ainsi, la deuxième partie de l’émission « appels sur l’actualité » du jeudi 7 février 2013 a été consacrée au sujet de l’amnistie générale des présumés auteurs des actes criminels relatifs à la crise post-electorale en Côte d’Ivoire de 2010 et 2011.

Dans leurs différentes interventions ce jour-là, tous les auditeurs de Rfi, à l’exception du premier, ont indiqué que « la Côte d’Ivoire ne connaitra jamais de paix ni de réconciliation si une amnistie générale n’était pas votée par le pouvoir de monsieur Ouattara. »  Certains auditeurs ont rappelé que « c’est la loi d’amnistie votée sous Laurent Gbagbo qui permet aujourd’hui aux assassins de ministre d’état Emile Boga Doudou, aux égorgeurs des 99 gendarmes de Bouaké et à monsieur Soro Guillaume, de circuler librement à Abidjan. »  D’autres auditeurs ont indiqué que « seule l’amnistie générale permettra de mettre fin à la justice des vainqueurs qui a cours actuellement en Côte d’Ivoire. 

A la question de l’animateur, visiblement surpris de la quasi unanimité des intervenants sur la prise d une loi d’amnistie, « si les 3000 morts de la crise post-electorale devaient être oubliés ? », un auditeur a répliqué s’il avait connaissance du chiffre des personnes tuées par les rebelles du Mpci , Mpigo et Mjp depuis 2002 qui ont bénéficié de la loi d’amnistie de Laurent Gbagbo. L’animateur Juan Gomez, à la recherche de sons certainement discordants, s’est mis à lire les messages facebook envoyés en direct via la régie, par d’autres auditeurs sur l’adresse de l’émission. Là encore, il s’est rendu à l’évidence du plébiscite de la demande d’une loi d’amnistie générale en Côte d’Ivoire pour ramener la confiance entre les ivoiriens et permettre à tous les fils du pays de repartir sur une nouvelle base. Revenant aux auditeurs, le dernier intervenant a conclu la série des interventions sur un ton ironique, en demandant à monsieur Ouattara « si telle est sa volonté, de remplir toutes les prisons du pays exclusivement des partisans de Laurent Gbagbo et une fois satisfait de sa performance, il appréciera seule, la procédure de leur libération. »

A la fin de cette émission qui a pris fin à 8h, les nombreux partisans du présent Laurent Gbagbo qui n’ont pas l’habitude d’écouter Rfi, se sont passés le message pour suivre la rediffusion de l’émission, le même jour du 7 février à 19h 40, comme il était indiqué sur la grille de programme de ladite radio consultable sur son site web. Malheureusement, ces auditeurs de circonstance de la séance de rattrapage, entendront en vain parce que la direction des programmes de Rfi, sans aucune justification, a supprimé sans raison, la diffusion de la seconde partie de l’émission « appel d’actualité ». Une interview banale d’un spécialiste des conflits en Afrique (Mali et Rdc) a été diffusée en lieu et place de la deuxième partie de l’émission « appels d’actualité » où tous les auditeurs de ladite radio avaient appelés dans la matinée, à la prise d’une loi d’amnistie générale comme solution définitive à la crise ivoirienne 

Le lendemain, vendredi 8 février 2013, la seconde tranche de la même émission est consacrée à ce que l’animateur habituel appelle « la libre antenne » où, chaque auditeur appelle pour donner cette fois-ci, son opinion sur un sujet de son choix. Ce jour-là, l’animateur vedette Juan Gomez est remplacé sans aucune explication par son second, Zéphirin Kouadio, excellent chroniqueur mais animateur approximatif. Ce dernier, dans le second volet de l’émission, donne la parole à des auditeurs lambda sur des sujets divers, puis dans la foulée, il annonce deux (2) auditeurs qui reviennent sur le sujet de la veille, relativement à la prise d’une loi d’amnistie en Côte d’Ivoire. Dans leur intervention respective dont la trame est identique, les deux auditeurs qui disent résider en Côte d’Ivoire reviennent sur les interventions des auditeurs de la veille, en indiquant qu’ils ne comprennent pas que «  l’on puisse réclamer une amnistie générale, là, où il ya eu de nombreuses tueries. »  Ils ont donc conclu leur propos en appelant les autorités ivoirienne à « privilégier la justice en lieu place de l’amnistie générale. » 

A l’analyse, il ya lieu de constater que la séquence de rattrapage de Rfi, certainement conçue dans les officines de communication du pouvoir ivoirien présente de grosses failles. Sur la forme, tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire savent que les ivoiriens, selon leur origine géographique, parlent la langue française avec un accent spécifique. On reconnait un « bété « ou un « attié » qui parle la langue française les yeux fermés. Ainsi, les deux auditeurs spéciaux de Rfi du 8 février 2013 qui se sont fait appeler par des pseudonyme (François et Charles) à les entendre, et relativement a leur accent, sont vraisemblablement deux ivoiriens originaires du nord de la Côte d’Ivoire où les prénoms français n’ont pas pignon sur rue. Dans le fond, le contenu de leur intervention respective était identique et ressemblait à ce qu’on appelle dans les écoles primaire, une récitation ou une dictée qui commence par un préalable à savoir, « ceux qui doivent être jugés ne doivent pas être appelé des pro-Gbagbo mais, des ivoiriens qui ont commis des crimes et qui doivent répondre devant les juridictions ivoiriennes… » Exactement le même refrain que celui du gouvernement de Kablan Duncan lu dans la presse à l’issue des discussions avec le Front populaire ivoirien (Fpi). A la fin de l’émission du 8 février 2013, qui a été rediffusée cette fois-ci le soir, conformément à la grille des programmes, l’animateur du jour visiblement satisfait de sa performance, a annoncé sur un ton jovial, le retour de l’animateur, titulaire du poste Juan Gomez, dès le lundi 11 février 2013.

Ainsi va la gestion de la liberté d’expression, d’opinion et de presse dans le pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Rfi est un organe appartenant à l’Etat français, et une radio qui se vante d’être «  mondiale » aura démontré en l’espace de 48 heures qu’elle est effectivement championne mondiale mais, exclusivement en «  manipulation de l’opinion. »  Par ces actes de compromissions, ses auditeurs auront compris que leur radio préférée œuvre en réalité sur le continent africain, pour la persistance des antagonismes. Avec la mise en scène, le recadrage et le dirigisme de l’émission «  appels sur l’actualité » des 7 et 8 février 2013, l’on se rend à l’évidence que Rfi est visiblement contre le retour à la normalité en Côte d’Ivoire. « La radio mondiale » a fait le choix d’un pays déchiré avec ses fils et filles en prison ou en exil, pour offrir à ses auditeurs, des informations exclusives de conflits en Afrique, alors que le continent européen est lui, au stade de la vulgarisation de la qualité totale.

 

Une correspondance particulière de Traoré Philippe.

A QUELQUES JOURS DE L’AUDIENCE DE CONFIRMATION DE CHARGES A LA CPI: LES HOMMES D’IB FONT DE GRAVES REVELATIONS

 

côte d'ivoire,ib,rdr,rhdp,a quelques jours de l’audience de confirmation de charges à la c,les hommes d’ib font de graves révélations


A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux-là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999  avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruis sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc…

Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang. Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux PC-Crise? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux?  Bref! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du PC-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de revenir de leurs émotions, Monsieur leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation  des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connu une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche.

Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation? Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits?

Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile, s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec. Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002.

Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité: éliminer sans état d’armes tous se qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou à raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo. La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays.

Après une lecture objective de la situation socio–politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent Chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens. Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone CNO pendant ces huit années d’occupation et intéressons nous enfin à la crise postélectorale.

M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les forces nouvelle devaient intervenir après le résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des forces nouvelles est rappelé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le Sergent Chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne.

Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous-mêmes, fut détaché à la maison du PDCI à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la FESCI qu’on nous avait décrite comme une milice pro-Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité Rouge, du Campus 2000 et ceux de la Cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque jour dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010.

Ainsi des jeunes filles étaient-elles violées pendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des FDS au siége du PDCI, ce matin du 4 Janvier 2011.

Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre. Grâce au RHDP, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique? Comment se fait-il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune? Où alors l’ONUCI qui se chargeait du ramassage des corps avec la Croix Rouge  a-t-il emporté les cadavres d’Abobo? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo. Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du CECOS avant leur exécution?

Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prison à la CPI, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale». Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait pas empêché cette prétendue marche sur la RTI pour l’installation de M. Brou Aka Pascal?

Je révèlerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-FDS en se servant des marcheurs comme bouclier humain. De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le Président Gbagbo et ses proches.


Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir (proche du Sergent-Chef IB) en exil.


Source: Le quotidien "Le Temps" N° 2824 du 11 février 2013.

lundi, 11 février 2013

LE MYTHE DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE: CINQ GUERRES, TROIS CONTINENTS... ET LES MEMES MENSONGES

 

 

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«Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées» (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).

 

Alors que les roulements de tambour contre la Syrie deviennent de plus en plus forts, les allégations de plus en plus folles, et le double jeu de fomenter, comploter et financer les terroristes (pardon, aider l’opposition légitime) de plus en plus évident, il est intéressant de jeter un coup d’oeil aux justifications présentées par les gouvernants US pour leurs incursions meurtrières de l’histoire récente. 

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Panama

Ce mois de décembre 2012 est le 23e anniversaire de l’invasion de Panama le 20 décembre 1989, au moment où les Panaméens préparaient leurs fêtes de Noël. Un bref rappel nous remet en mémoire Philip Agee évoquant le président George H. W. Bush lorsqu’il disait au peuple américain que la menace de Panama (3.571.185 habitants en 2011) était telle qu’elle « compromettait notre mode de vie ». La référence figure dans la conférence bien nommée d’Agee, “Produire la crise appropriée” (1). Aussi éloquente aujourd’hui qu’hier. Rien n’a changé.

Le but de l’invasion était de s’emparer du leader du pays, le général Manuel Noriega, et bien entendu “d’établir un gouvernement démocratique”. Un changement de régime. Avec la proximité de la remise au Panama du contrôle du canal (prévue à l’origine pour le 1er janvier 1990) après un siècle de gestion coloniale US, l’Amérique voulait s’assurer que ce contrôle reste dans les mains d’alliés malléables. 

Noriega, un pion de la CIA depuis 1967 (2), qui était passé par la célèbre Ecole des Amériques à Fort Benning (Georgie), était arrivé au pouvoir avec l’aide des Etats-Unis, mais apparemment son soutien US avait faibli. En un mot, les USA le kidnappèrent et le condamnèrent à 40 ans de prison.

Les plans d’invasion avaient été baptisés “Opération livre de prières”. “Par la suite, on les renomma “Opération juste cause”. Le général Colin Powell approuva ce nouveau nom en disant “Même nos critiques les plus sévères seront obligés de parler de ‘juste cause’ quand ils nous dénonceront” (Colin Powell et Joseph E. Persico, My American Journey, 1995). 

27.000 hommes, soutenus par des hélicoptères Apache, ravagèrent la plus grande partie du petit pays qui était défendu par 3.000 hommes. George Bush senior déclara qu’il détrônait un dictateur malfaisant qui brutalisait son peuple (ça vous dit quelque chose ?) et que son action était rendue nécessaire pour “la protection de vies américaines”. Il alléguait aussi la “défense de la démocratie et des droits de l’homme au Panama” et le besoin de “protéger le canal” (Surprise, non ?).

Manuel Noriega a été libéré de son emprisonnement US en 2007, et extradé en France où il avait été décoré de la légion d’honneur en 1987. Il y est resté incarcéré jusqu’en décembre 2011, puis il a été renvoyé à Panama où il est tojurs en prison. 

Au cours de la destruction de Panama, aujourd’hui oubliée (si vous n’êtes pas Panaméen), le secteur pauvre et fortement peuplé d’El Chorillo fut à ce point ravagé par les flammes qu’il a reçu le nom de “petit Hiroshima”. Une femme a déclaré : “Les Américains du Nord ont commencé à incendier El Chorillo à 6 h 30 du matin. Ils lançaient un petit objet dans la maison et la maison prenait feu. Après, ils passaient à une autre, mettant le feu dans une rue après l’autre, en coordonnant les incendies avec des walkie-talkies.” Un soldat US a été enregistré déclarant : “Nous vous demandons de vous rendre. Si vous ne le faites pas, nous raserons toutes les maisons” D’après un habitant de la ville : “ils tiraient sur tout ce qui bougeait.”

Les morts étaient jetés dans des fosses communes. Des témoins ont vu les troupes US brûlant les victimes au lance-flammes et ont décrit comment les cadavres se recroquevillaient sous le feu. D’autres corps étaient empilés en tas par des bulldozers. (3) 

Des essais US d’armes chimiques

Il y a pire. Alors que pleuvent les allégations actuelles moralisantes de Washington et de Whitehall sur la présence sans preuve d’armes chimiques en Syrie, on dispose de faits prouvés en ce qui concerne les Etats-Unis.

Des années 1940 à 1990, les Etats-Unis se sont servis de diverses régions de Panama comme terrains d’essais d’armes chimiques, comprenant le gaz moutarde, le VX, le Sarin, le cyanure d’hydrogène et d’autres agents neurotoxiques, placés dans des mines, des roquettes ou des obus, peut-être des dizaines de milliers de munitions chimiques.” (William Blum, “Rogue State”, 2002). De plus, en quittant Panama en fin 1999, ils ont laissé “de nombreux sites contenant des armes chimiques”. Ils ont aussi “effectué au Panama des essais secrets de l’Agent Orange.” “Au cours de l’invasion, le village de Pacora, près de Panama City, a été bombardé de produits chimiques par hélicoptères et avions de l’US Southern Command, avec des substances qui brûlaient la peau et causaient des diarrhées et d’intenses souffrances.” 

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L’Irak (1er chapitre) 

Beaucoup d’analystes considèrent que Panama fut le terrain d’essai pour l’Irak. Neuf mois après la contamination de Panama, l’étranglement de l’Irak par l’embargo dirigé par les USA a été imposé par l’ONU, après que l’ambassadeur américain April Glaspie ait donné le feu vert à Saddam Hussein pour son invasion du Koweit, suite aux importantes provocations de ce dernier et à sa déstabilisation financière et géographique .(4)

Le fracas autour des armes chimiques et autres s’est amplifié, amenant Saddam Hussein à dire : “J’ai l’impression qu’un jour vous allez me dire : vous fabriquez de la poudre à canon à partir du blé”. Treize mois après Panama, l’Amérique a pris la tête d’une coalition de 31 pays visant à “ramener l’Irak à un âge pré-industriel”. Les seuls produits chimiques trouvés en Irak ont été le mélange toxique émanant des usines bombardées de pharmacie, d’engrais ou de construction automobile, et des autres établissements de la base industrielle du pays, y compris les entrepôts de substances chimiques et biologiques (à usage médical) vendues à l’Irak par les USA, l’Allemagne et d’autres pendant des décennies (ventes qui se sont poursuivies ironiquement même pendant l’agression).(5) 

Par contre, des substances hautement toxiques et radioactives ont été introduites en Irak sous la forme de 750 tonnes de munitions à l’uranium appauvri (UA) qui ont une “demi-vie” toxique de 4 à 5 milliards d’années. Les petites tombes du nombre de bébés morts-nés, avortés, déformés ou venant au monde avec des cancers sont le témoignage muet de ces armes de destruction massive d’une exceptionnelle cruauté. L’Irak a été bombardé pendant 42 jours et nuits. Les fameuses armes chimiques soi-disant fabriquées par Bagdad n’ont bien sûr jamais été trouvées.

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La Yougoslavie 

Le 24 mars 1999, l’OTAN a commencé a “libérer” le Kosovo de la Serbie (Opération Noble enclume). Le Kosovo avait une quantité “inépuisable” de minerais d’une valeur estimée à dix trillions de dollars dans les mines de Trebca. La “libération” a consisté en 78 jours de bombardement intense, comprenant l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. 20.000 tonnes de bombes ont été lâchées, détruisant systématiquement les centres de communication, les dépôts de carburant, les aéroports, le réseau routier, les trains, les marchés, et même l’ambassade de Chine (la Chine était opposée à l’agression, et l’OTAN a boiteusement allégué qu’elle avait une mauvaise carte de Belgrade), et évidemment le centre de presse. Assassiner les journalistes est devenu aujourd’hui une routine, un impardonnable crime de guerre.

Avant l’agression, le Pentagone avait affirmé que l’armée yougoslave disposait d’au moins deux sortes de gaz toxiques, avec les moyens de les produire. Le département US de la Défense avait averti Slobodan Milosevic et l’état-major de l’armée yougoslave : “Si Belgrade utilise les toxiques sarin et gaz moutarde contre l’OTAN, la riposte sera dévastatrice”. 

Curieusement, une fois commencées les frappes aériennes, l’OTAN n’a pas dit un mot sur le fait que l’attaque pouvait être motivée par la conviction américaine que la Serbie était en mesure de produire des armes chimiques. (Zagreb Globus, 16 avril 1999, pp. 18-19.)

La destruction à grande échelle de l’industrie a cependant épargné les mines de Trebca. 

Le 14 août 2000, 900 hommes lourdement armés – anglais, français, italiens, pakistanais et membres de la KFOR – ont été amenés par hélicoptères sur le site. Les managers et ouvriers qui ont essayé de les combattre ont été maîtrisés par gaz lacrymogènes et balles en plastique. Le personnel qui avait résisté a été arrêté. Les journaux de l’OTAN ont décrit l’action comme le “commencement de la démocratisation du Kosovo”. En fait l’attaque a ouvert la voie à la vente des mines – contenant les “inépuisables” réserves de 77.302.000 tonnes de charbon, cuivre, zinc, plomb, nickel, or, argent, marbre, manganèse, fer, amiante et calcaire, pour ne citer que quelques ressources – à des groupes privés étrangers. L’ “Armée de libération du Kosovo” (UCK) avait été entraînée et financée par des millions de dollars et de marks allemands de la CIA et du BND (services de renseignements de Berlin), pendant des années, pour cette guerre, faussement baptisée “guerre civile” (6) par les gouvernements de l’OTAN et leurs porte-paroles. Les meurtriers effets toxiques et radioactifs de l’UA ont été provoqués dans toute l’ex-Yougoslavie.

En 2001, les médecins de l’hôpital serbe de Kosovska Mitrovica ont constaté que le nombre de patients souffrant de cancers avait augmenté de 200 % par rapport à l’enquête de 1998. Une étude de 2003 de l’UN Environmental Program (UNEP) a fait état de prélèvements contaminés d’air et d’eau potable en Bosnie-Herzégovine. Bien sûr, “il n’y avait pas lieu de s’alarmer”. Pekka Haavisto, ex-ministre finlandaise de l’Environnement à la tête de l’UNEP, a réclamé une enquête vaste et approfondie pour établir l’étendue et l’intensité de la contamination. Les Etats-Unis – cités comme étant le seul pays à avoir utilisé des armes à l’UA dans le conflit – ont bloqué la requête. (7) Cependant, l’inquiétude s’est répandue en Europe quand on a vu que des Casques bleus italiens, portugais, belges ou français étaient atteints de cancers, et étaient morts en quelques mois. Les Casques bleus norvégiens ont refusé d’être déployés sur place. (8) 

Moins d’un mois après la fin de la guerre en Yougoslavie en 1999, le British National Radiological Protection Board a averti les citoyens britanniques du danger de résider au Kosovo “en raison de la contamination de ses territoires par des armes à l’UA.”

Les Casques bleus, évidemment, n’étaient là que pour quelques semaines ou quelques mois. Les gens de la région y vivent. Ils ont vu la dégradation de leur santé et de celle de leurs générations à venir ignorées et oubliées par leurs “libérateurs”. Ces derniers avaient d’autres “tyrans” à renverser, d’autres populations à “libérer” de leurs conditions d’existence, de leurs membres et de leurs vies. 

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L’Irak (2e chapitre) 

L’Irak avait de nouveau été bombardé par les USA et le Royaume Uni pendant la période de noel 1998, quatre mois avant l’agression de la Yougoslavie, et était de nouveau sur l’agenda d’invasion. Les mensonges étaient familiers, et incessants. Un exemple, parmi des milliers d’autres, le 2 septembre 2002. “Selon les experts, l’Irak possède des tonnes d’armes chimiques. Alors que des membres de l’administration Bush réclament une frappe préventive contre l’Irak, ils font état de preuves de plus en plus nombreuses que Saddam Hussein a amassé de vastes stocks d’armes chimiques et biologiques qu’il cache d’une éventuelle attaque militaire US. La préoccupation de Washington est que l’Irak pourrait remettre ces armes à des groupes terroristes. Si nous attendons que le danger se matérialise, ce sera peut-être trop tard” a dit le sénateur Joseph Biden, président du Foreign Relations Committee. Biden étant aujourd’hui vice-président, il est impossible de ne pas se demander s’il n’inspire pas l’actuelle propagande anti-syrienne, truffée de formules si extraordinairement similaires.

Jon Wolfsthal, un analyste du Carnegie Endownment for International Peace, a affirmé que l’inventaire irakien est significatif : “l’Irak continue à posséder plusieurs tonnes d’armes chimiques, assez pour tuer des milliers et des milliers de civils et de soldats.” (9) 

Des experts de l’ONU en matière d’armement ont prétendu que l’Irak avait stocké plus de 600 tonnes d’agents chimiques, comprenant gaz moutarde, VX et sarin. Selon eux, quelques 25.000 roquettes et 15.000 obus d’artillerie pourvus de produits chimiques n’étaient pas officiellement répertoriés.

“Le souci est qu’ils (les Irakiens) disposent – ou peuvent disposer rapidement – des moyens de fabriquer de vastes quantités d’anthrax ou d’autres matériels”, a ajouté Wolfsthal. Selon le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld : “l’Irak a des laboratoires mobiles d’armes biologiques qu’il est pratiquement impossible pour les forces US de cibler”. Il affirmait que les vies de milliers de gens étaient en jeu. En fait, c’est le nombre de victimes irakiennes de troupes américaines et anglaises, de leurs milices et de leur gouvernement de marionnettes imposé, qui peut se comparer à un véritable holocauste. 

Jonathan Schwartz a revu le paquet de mensonges débité sur l’Irak à l’ONU par le général Colin Powell, le 5 février 2003. Il le cite : “Mes chers collègues. Toutes les déclarations que je fais aujourd’hui sont prouvées par des sources, des sources solides. Ce ne sont pas de simples affirmations. Ce sont des faits et des conclusions basées sur des renseignements solides.”

Aujourd’hui, Powell exprime des regrets. Schwartz n’en est pas touché pour autant. Au cinquième anniversaire des absurdités trompeuses du général, il a commenté : “Quelle que soit l’abondance de critiques dont Powell a été l’objet – il dit qu’elles ont été douloureuses et feront toujours partie de sa vie – elles ne sont rien à côté de ce qu’il aurait mérité. Il a été beaucoup plus qu’horriblement abusé. Il est prouvé qu’il a fabriqué des documents et ignoré les avertissements répétés que ce qu’il racontait était faux.” 

L’invasion totalement illégale de l’Irak, basée sur ce paquet transatlantique de mensonges, a commencé 45 jours après. Opération Iraq Liberation : OIL.

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La Libye 

Les mensonges sur la Libye, promue par le colonel Kadhafi au premier rang de l’Index de développement humain de l’Afrique, sont de récente mémoire. Quelques rappels tout de même.

La CIA a payé des Quislings pendant des décennies dans toutes ses invasions. Pour Kadhafi, il y a eu le général Abdul Fatah Younis, son ministre de l’Intérieur, qui est passé à l’opposition – on peut se demander quel a été son prix – pour devenir le chef d’état major des insurgés. Il a réclamé aux alliés de l’OTAN des armes lourdes pour les rebelles, comprenant des hélicoptères et des missiles anti-chars pour défendre la ville assiégée de Misurata. Il prédisait que “le dictateur était prêt à se servir d’armes chimiques dans son combat ultime contre les rebelles et la population civile”. (affirmations qu’on croirait sorties de la bouche de l’opposition actuelle en Syrie). “Kadhafi est acculé. Malheureusement, il a encore environ 25 % de son armement chimique qu’il pourrait utiliser s’il est dans une situation désespérée. (...) On sait qu’il lui reste environ dix tonnes de gaz moutarde sur les quantités qu’il avait détruites sous le contrôle de l’agence de l’ONU, l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.” (10) 

Pour situer le contexte, rappelons qu’en 2002, Neil Mackay, le chef plusieurs fois récompensé des enquêtes du Sunday Herald, avait dénoncé : “Poussé par la rapacité et un profond manque de moralité, le gouvernement britannique a violé la Convention sur les armes chimiques en vendant des produits toxiques pouvant être convertis en armes de guerre. Les pays bénéficiant de ces ventes comprenaient la Libye, le Yemen, Israël, l’Arabie Saoudite, Chypre, l’Inde, le Kenya, le Kuwait, la Malaisie, le Nigeria, l’Oman, le Pakistan, Singapour, la Slovénie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Tanzanie, la Turquie et l’Ouganda, une accusation ‘clairement admise’ par le département du Commerce et de l’Industrie.”

Après l’accolade donnée par Tony Blair au colonel Kadhafi en mars 2004, le gouvernement britannique a fait état de plans d’envois en Libye d’experts pour détruire les armes chimiques qu’il lui avait vendues, prétendant que le colonel Kadhafi avait trompé Blair sur leur existence. Que Londres avait les reçus de livraison en Libye lui a sûrement échappé. Une duplicité identique à celle du Royaume Uni en Irak. 

Entre le début de la destruction de la Libye le 19 mars 2011 et la prise en main des opérations par l’OTAN le 31 mars, les USA et la GB ont lancé 110 missiles Cruise sur un pays de moins de 6.500.000 habitants. Quand l’OTAN a assumé le commandement de l’”intervention humanitaire”, ils ont agressé cette faible population à travers 26.500 sorties de bombardement. Aucune larme présidentielle n’a été versée sur les enfants libyens tués, dont la mort a été précédée d’une terreur inimaginable, au cours d’attaques portant les noms idiots d’Operation Odyssey Dawn et d’Opération Unified Protector (sans commentaire).

Kadhafi a perdu trois petits-enfants et trois fils. En 1986, au cours d’un premier bombardement, il avait perdu une fille adoptive en bas âge. 

Quelques instants après avoir appris sa terrible mort aux mains d’un gang enragé de “protégés” de l’OTAN, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est apparue secouée de rire à la télévision, en s’exclamant : “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.” Combien de temps est passé depuis qu’elle a dit : “Je pense vraiment qu’il faut un village pour élever un enfant.” Aujourd’hui il semble que son credo soit d’éliminer le village, ses enfants et leurs parents, et de lyncher les anciens du cru pour avoir l’occasion de rigoler à la télévision.

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La Syrie 

Le 4 décembre 2012, elle a annoncé que le président syrien Bachar al Assad était peut-être en train de déplacer – devinez quoi – un “stock d’armes chimiques”. 

“Nous avons parfaitement clarifié notre position, a-t-elle dit au cours d’une conférence de presse à Prague. C’est une ligne rouge pour les Etats-Unis. Je ne vais pas détailler ce que nous ferons dans le cas crédible où le régime d’Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple ; il suffit de dire que nous faisons à coup sûr des plans pour passer à l’action si cette éventualité se produisait.”

Selon une autorité US, “les armes peuvent être trafiquées pour contenir du gaz sarin”. Un autre a ajouté : “Nous nous inquiétons de tout mouvement qui pourrait indiquer qu’ils sont prêts à utiliser des armes chimiques contre leur propre peuple.” (11) 

Du “déjà vu” à répétition, comme on dit.

La Syrie a répondu le 6 décembre. “la Syrie souligne une fois de plus, pour la dixième, pour la centième fois, que si elle avait ce genre d’armes, elles ne seraient pas utilisées contre son propre peuple, a dit à la télévision libanaise Al Manar le ministre adjoint des Affaires étrangères Faisal al Maqdad. Nous n’avons pas l’intention de nous suicider. (...) Nous craignons un complot consistant à fournir le prétexte d’une intervention des pays qui font pression sur la Syrie. Ce ne serait pas la première fois.” 

Fin octobre, des troupes US sont arrivées en Jordanie pour d’importants exercices conjoints près de la frontière syrienne sous le nom toujours aussi stupide d’Opération Eager Lion (Opération lion enthousiaste. En arabe, al assad veut dire le lion).

La première allusion aux armes chimiques de la Syrie semble être venue de John R. Bolton, que le député Henry Waxman accuse d’avoir persuadé George W. Bush d’inclure dans son discours de 2003 sur l’Etat de l’union le conte de fées de l’achat irakien d’uranium au Nigeria. 

L’accusation n’est pas prouvée car les documents sont encore classifiés.

Bolton est impliqué dans une mouvance d’organisations loin d’être libérales comme le Project for The New American Century, le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et la National Rifle Association. 

En ce qui concerne la Syrie, il faut rappeler que le pays est étranglé par des sanctions depuis 2004.

L’ancien chef-inspecteur de l’Armement en Irak, Scott Ritter, a écrit que “les armes chimiques ont une durée de conservation de cinq ans. Les armes biologiques de trois.” Il en émane aussi un “éther”, disent les experts, qui peut être décelé par une surveillance de satellite dont la Syrie est certainement l’objet, comme l’Irak avant elle. 

Que Dieu nous préserve de Washington, Whitehall et Tel Aviv qui crient une fois de plus “au loup !”. Et que Dieu vienne en aide à ceux qui les croient ! 

 

Felicity Arbuthnot

 

Arbuthnot est une critique bien informée et lucide de l’empire. C’est la raison pour laquelle vous ne la verrez pas dans le New York Times, pas plus que John Pilger, Amira Hass ou Noam Chomsky.

 

Notes 

(1) http://www.serendipity.li/cia/agee_...

(2) http://revcom.us/a/017/us-invasion-...

(3) http://www.addictedtowar.com/docs/p...

(4)http://www.globalresearch.ca/the-wa...

(5) http://www.commondreams.org/headlin...

(6) http://www.currentconcerns.ch/index...

(7) http://www.iacenter.org/depleted/un...

(8) http://www.frontlineonnet.com/fl180...

(9) http://articles.cnn.com/2002-09-02/...

(10) http://www.telegraph.co.uk/news/wor...

(11) http://news.yahoo.com/clinton-assad...

 

 

Sur Global Research, traduit par B.I.

 

Source: MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 10 février 2013

AU MALI, UNE LUTTE ANTI-TERRORISTE EN TROMPE-L'OEIL

 

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Le soutien à l’opération militaire française déclenchée le 11 janvier 2013 au Mali a fait l’objet d’un certain consensus, tant à l’échelle internationale qu’au sein de l’Hexagone. L’argument de la menace terroriste, ressassé par le président Hollande et repris à l’envi par les principaux médias pour justifier cette implication directe offre pourtant une grille de lecture trop simple du conflit, qui risque d’en occulter les réels enjeux.

  

Revenue au goût du jour avec les attentats du 11 septembre 2001, la « métaphore de la bombe à retardement » décrit une situation d’extrême-tension dans laquelle la nécessité impérieuse de prévenir une menace imminente permet de justifier le recours à des mesures contestables. Cet argument fut notoirement mobilisé par les officiels de l’administration Bush pour légitimer les actes de torture dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », l’urgence s’avérant un prétexte implacable pour ne pas questionner les aspects légaux, moraux ou éthiques de ces moyens d’exceptions.

Toutes proportions gardées, les motifs invoqués pour justifier l’opération Serval présentent certaines similitudes avec ce procédé. L’imminence supposée d’une offensive éclair des groupes islamistes sur Bamako et l’urgence d’agir au plus vite pour empêcher le basculement de l’entièreté du Mali sous domination de groupes terroristes ont en effet servi d’argument imparable pour légitimer cette implication directe de l’armée française dans ce conflit. Belle opportunité pour les autorités hexagonales, ainsi dispensées de fournir un surcroît d’explications sur une intervention qui soulève pourtant de nombreuses interrogations. 

Une situation de crise opportune.

A la faveur de troubles politiques internes au Mali – avec notamment le renversement le 22 mars du président Amadou Toumani Touré, et l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire aussitôt boycottée par les Etats occidentaux et africains – et de la désorganisation patente de l’armée régulière, une coalition hétéroclite rassemblant salafistes et indépendantistes touareg était parvenue début 2012 à prendre le contrôle du Nord du pays. S’appuyant sur les ressentiments des populations arabo-berbères (parmi lesquels les Touaregs sont minoritaires) du Nord envers le Sud (qui regroupe 90% de la population, et concentre l’essentiel de l’appareil productif et des centres de décisions politiques et économiques), ces derniers avaient du même coup proclamé l’indépendance du berceau historique des Touaregs, l’Azawad, amputant le Mali de 60% de son territoire. 

Les Touaregs laïcs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) avaient ensuite été rapidement chassés par les fondamentalistes radicaux d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI, largement composé de non-Maliens), du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO, scission d’AQMI, qui lui reprochait d’être trop focalisé sur l’Afrique du Nord) et d’Ançar Dine, composé de Touaregs locaux qui aspirent à transformer l’ensemble du Mali en un Etat islamique1. Si ces trois groupes salafistes (qui ont respectivement pris le contrôle de Tombouctou, Gao et Kidal, les principales agglomérations du Nord) n’ont pas lésiné sur les moyens pour imposer leur joug aux populations locales – majoritairement adeptes d’un islam modéré (le « soufisme ») et donc peu réceptifs à une application rigoriste de la charia – Ançar Dine a dans un premier temps joué la carte de la tempérance au niveau diplomatique, en se montrant ouvert aux négociations avec Bamako pilotées par la  Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest(CEDEAO).

Il est vrai que la prise par Ançar Dine le 10 janvier 2013 de la ville de Konna (Mali du Sud, près de la frontière avec la région sécessionniste), considérée comme un verrou stratégique vers la capitale malienne constituait un réel motif d’inquiétude et témoignait du peu de crédit à apporter au groupe salafiste, qui s’étaient engagés trois semaines plus tôt à cesser les hostilités. En revanche, on peut raisonnablement douter de la capacité des djihadistes (estimés à quelques milliers) de s’assurer du contrôle de la partie sud du pays, où la population leur est largement hostile2. La rapidité d’intervention des troupes françaises et les importants moyens des services de renseignements français et américains3 dans le pays laissent également planer le doute sur le caractère inattendu de l’attaque. L’argument de l’urgence semble d’autant plus contestable qu’aussitôt les premières frappes effectuées et les objectifs à court terme atteints, les troupes françaises s’orientaient vers une extension des opérations au Mali du Nord. En présentant les événements comme une situation de crise, les officiels français conservent prudemment l’ambiguïté quant à la nature, à la durée et aux objectifs politiques de cette guerre4 

Une intervention légale ?  

Zone d’ombre parmi d’autres, la légalité de cette intervention fait débat. Les autorités françaises ont ainsi usé de différents registres de légitimation, parfois sans grande cohérence. Dans son allocution du 11 janvier, le président François Hollande a pris soin d’inscrire l’intervention française dans un cadre légal, insistant d’une part sur le consentement de l’Etat malien, d’autre part sur l’adéquation de l’opération Serval avec les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il est vrai qu’à la différence des interventions de 2001 en Afghanistan et de 2011 en Libye, la France agit ici à la demande du gouvernement malien. Si, comme le relève la chercheur au GRIP Bérangère Rouppert5, la légitimité de l’impopulaire président Dioucounda Traoré – imposé par la CEDEAO à la junte militaire et en poste depuis avril 2012, alors que la constitution malienne proscrit le maintien d’un gouvernement intérimaire au-delà de 40 jours – pose question, celui-ci n’en demeure pas moins le dépositaire de la souveraineté nationale, et l’appel à la France serait donc légal d’un point de vue strictement juridique.

On peut par contre s’interroger sur la conformité de cette intervention avec la souveraineté populaire des Maliens6. « Alors qu’elle permettait jadis d’intervenir militairement à la demande du gouvernement en exercice, la doctrine7 en droit international a évolué, et considère désormais que même avec l’accord de l’Etat souverain, l’implication d’un pays tiers dans un conflit interne est contraire à l’indépendance nationale », souligne le juriste Olivier Corten. Une évolution non dénuée de fondement, quand on sait la longue liste des opérations militaires occidentales intervenues à la demande de gouvernements fantoches, qui n’hésitaient pas à brader les ressources nationales contre les intérêts de leur population pour se maintenir au pouvoir². Ainsi, même s’il s’agit de soutenir le gouvernement de fait, intervenir dans un conflit interne peut être considéré comme contraire au droit des peuples à s’autodéterminer sans ingérence extérieure.  

Conscients de cet aspect, les gouvernements français et maliens ont pris soin de présenter le conflit comme un acte de légitime défense contre une agression, insistant sur le caractère international de la rébellion8. Un argument pour le moins contestable : si les Touaregs du MNLA ont apporté leur soutien aux frappes françaises, les groupes islamistes sont constitués en grande partie de combattants maliens, ce qui rapproche davantage la situation d’un conflit interne que d’une agression extérieure. En outre, l’article 51 de la charte de l’ONU qui prévoit la légitime défense concerne les cas d’agression de la part d’un autre Etat, ce qui ne correspond pas à la situation malienne (sauf à considérer l’Azawad comme un Etat, ce que personne n’a pour l’heure accepté).

La prétention française à inscrire l’opération Serval dans le cadre des normes onusiennes porte, elle aussi, à controverse. Principal document sur lequel se fonde l’intervention, la résolution 2085 du Conseil de Sécurité adoptée à l’unanimité le 22 décembre 2012 prévoyait le déploiement d’une Mission Internationale de Soutien au Mali sous commandement Africain (MISMA) sous la conduite de la CEDEAO, et appelait les Etats à faciliter le déploiement de cette dernière, qui devait être complémentaire à un dialogue politique portant sur le statut de l’Azawad9. La France outrepasse nettement la lettre, voire l’esprit de la résolution, puisqu’en choisissant d’agir dans un cadre bilatéral avec les autorités maliennes, elle court-circuite la MISMA, et contribue à amalgamer la question du terrorisme à celle de l’indépendance du territoire du Nord10. Comme le note Bérangère Rouppert11, le déploiement précipité de la force internationale africaine dans les jours qui ont suivi témoigne davantage d’un souci de légitimation a posteriori, visant à ne pas laisser l’ancienne puissance coloniale en première ligne12. 

Une mosaïque d’intérêts occultés. 

Si la rupture du cessez-le-feu et la reprise des hostilités par Ançar Dine, qui accusait l’armée malienne de recruter subrepticement des mercenaires en vue d’une reconquête militaire de l’Azawad13, laissait peu de chance à une solution politique, il faut noter que la France privilégiait l’option militaire de longue date. Elle s’opposait notamment à l’Algérie qui, dans le même esprit que les médiateurs nigérian et burkinabé de la CEDEAO, entendait profiter de la période précédant le déploiement de la MISMA (initialement prévu fin septembre 2013) pour relancer les négociations, notamment en encourageant les composantes touarègues de la rébellion (MNLA et surtout Ançar Dine) à rompre avec les djihadistes internationaux d’AQMI et du MUJAO14. Pointant les risques humanitaires, le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-Moon s’était, jusqu’à l’offensive d’Ançar Dine sur Konna, lui aussi montré critique sur l’éventualité d’une intervention précipitée15. L’engouement français pour une posture martiale s’explique en réalité par les intérêts économiques dans la région, qui contrairement à ce que martèle Paris, sont colossaux.

Avec un cadre économique libéral imposé par les institutions financières internationales dans les années 1990, le Mali constitue un terrain favorable pour les sociétés transnationales. Le nombre d’entreprises françaises présentes est cependant relativement modeste – une cinquantaine, dont le géant Bouygue16 – et, bien que le Mali soit le troisième producteur d’or en Afrique, les prospections pour exploiter les sites de gaz, de pétrole, de phosphates et de cuivre se sont avérées décevantes. Plutôt que ses richesses intérieures, c’est davantage l’emplacement géographique du Mali qui fait de son contrôle un atout stratégique majeur : le pays occupe en effet une position centrale dans le Sahel, un espace semi-désertique grand comme l’Europe dont le contrôle constitue un défi depuis le tracé artificiel des frontières africaines lors de la décolonisation. Cette région a vu son potentiel déstabilisateur accru ces dernières années par l’apparition de différents groupes armés, l’essor de trafics en tout genre et la non-résolution de la question touarègue (v. Infra), qui, après la chute du régime du Colonel Kadhafi, a pris une tournure nouvelle avec le retour en masse de combattants nomades armés et entrainés par le guide libyen, pour qui ils servaient de mercenaires17. 

Ainsi, si les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas menacés par la déstabilisation du Mali en tant que telle, son basculement sous la domination de forces politiques qui lui seraient hostiles pourrait faire tache d’huile, et gagner des pays aux enjeux autrement plus essentiels pour un grand nombre d’entreprises multinationales. « Les sous-sols de la région sont riches en bassin miniers, gazifières et pétrolifères transfrontaliers », explique Raf Custers, chercheur au Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (Gresea) spécialisé dans l’industrie extractive. En particulier, le Niger voisin, également aux prises avec une rébellion touarègue, fournit 50% de l’uranium utilisé dans l’hexagone18. Afin de sécuriser l’approvisionnement du précieux minerai dont le contrôle relève de la plus haute importance, les forces spéciales françaises se sont de façon surprenante déployées le 23 janvier sur les sites miniers de son principal exploitant au Niger, Areva, où trois travailleurs français avaient été enlevés par AQMI en 201019. La compagnie y réalise de plantureux bénéfices, au prix d’une exploitation sans merci des travailleurs locaux, et d’un faible retour pour l’Etat Nigérien (à qui elle achète l’Uranium à 80 € le kilo, le tiers de son cours mondial) qui contribue à maintenir celui-ci dans la liste des pays les plus pauvres de la planète20.

L’étroite imbrication des intérêts étrangers dans cette région explique l’accueil globalement favorable réservé à l’intervention française par la plupart des Etats, qui partagent le même souci de stabilisation du Sahel. L’important soutien américain apporté à la France en termes logistiques et de renseignements doit être compris à la lumière de ses impératifs stratégiques régionaux. Le commandement unifié des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), créé en 2007 et entré en fonction en 2008, vise notamment à sécuriser les approvisionnements énergétiques et à contrer l’influence croissante de la Chine sur le continent noir21. Le soutien mesuré apporté à l’opération par la Russie et la Chine s’explique également par leurs intérêts dans la région : à travers sa compagnie Gazprom, la première a obtenu en 2011 l’accord du Niger pour la recherche et l’exploitation d’uranium. La seconde, quant à elle, dispose d’entreprises dans tous les pays du Sahel22 

Dans ce contexte, que reste-t-il du discours de François Hollande prononcé en octobre 2012 à Dakar  ? Le chef de l’Etat y avait en effet appelé à mettre fin à la « Françafrique » : ce mécanisme hérité de la décolonisation qui consistait à maintenir des relations commerciales et politiques préférentielles en échange d’un soutien militaire et économique à des régimes souvent peu démocratiques. Le déroulement de l’opération Serval évoque pourtant à s’y méprendre les vieilles pratiques tant décriées : les premières frappes ont été effectuées par des avions de chasse déployés au Tchad dans le cadre du dispositif français « épervier »23, en activité depuis 1986 et accusé de contribuer à maintenir le régime controversé du président Idriss Déby, en poste depuis 1991 et particulièrement critiqué par les associations de défense des droits de l’homme. « Les déclarations du président à Dakar ne visaient en réalité que les réseaux d’influence para-légaux entre élites françaises et élites africaines, l’aspect le plus visible de la françafrique », analyse Eric Remacle, professeur d’histoire des relations internationales à l’ULB. « Il ne s’agissait en aucun cas de remettre en cause le partenariat privilégié entre la France et les chefs d’Etat africains. »

Pour des raisons tant internes que diplomatiques, l’exécutif français semble s’être accordé pour éluder soigneusement la question des motivations stratégiques et économiques de cette guerre. Et le « désintéressement » de compléter l’« urgence » et la « légitimité » dans le trio de tête du vocabulaire choisi pour justifier l’intervention. Ces maîtres-mots de la communication officielle sont par ailleurs très mollement questionnés par les principaux médias français, peu disposés à écorner outre mesure le storrytelling si fédérateur de la « guerre juste » contre le terrorisme, et qui semblent avoir du mal à prendre la distance nécessaire pour poser les vraies questions24. Entre autre manifestation de cette omerta, on notera la cocasse passe d’arme entre le ministre français Bernard Cazeneuve et Gunther Krichbaum, président de la Commission des Affaires européennes au parlement allemand sur France Inter : visiblement peu familier de la lecture du conflit qui domine outre-rhin, ce dernier affirma comprendre la détermination française à sécuriser son approvisionnement d’Uranium au Niger, suscitant la gêne du journaliste et du ministre. « Nous sommes intervenus au Mali pour combattre la menace terroriste, et nous n’avons aucun intérêt économique », corrigea promptement M. Cazeneuve, embarrassé par cette déconstruction si soudaine du discours officiel25. 

La lutte anti-terroriste élude la question touarègue. 

Par ailleurs, la lecture quasiment exclusive de ce conflit à travers le prisme du terrorisme risque d’occulter la question de l’indépendance de l’Azawad comme manifestation des revendications des Touaregs (et plus globalement des habitants du Nord) à l’auto-détermination, pourtant au cœur du problème. Réfractaire aux diverses tentatives de soumission et de contrôle de la part de l’Etat central, ce peuple commerçant et nomade qui s’est toujours joué des frontières fut largement marginalisé par l’administration coloniale française, qui appuyait son pouvoir sur les élites urbaines du Sud. Après l’indépendance, la relative indifférence se transforma en hostilité croissante : les tentatives de contrôle administratif et les politiques de sédentarisation forcée furent très mal vécues par les populations nomades, qui refusaient de devenir des citoyens de seconde zone. Les terribles sècheresses des années ‘70 et ‘80, la déstructuration des modes de vie traditionnels (résultant notamment du déclin du commerce caravanier) et la sévère répression du soulèvement de 1962 accentuèrent le mécontentement. Si l’idée d’un Etat touareg au Mali du Nord date de 1958, les revendications de sa population et des mouvements armés n’ont, jusqu'au soulèvement de 2012, jamais considéré l’indépendance comme une fin en soi : au gré des révoltes et des rebellions, il s’agissait principalement de réclamer une meilleure prise en considération de la part du Sud. 

A l’issue d’une nouvelle phase de guérilla, un accord fut signé en 1991 entre le pouvoir et la rébellion touarègue. Cet accord, par lequel Bamako s’engageait à allouer des moyens supplémentaires pour le développement de l’Azawad et à une meilleure inclusion de sa population ne fut que partiellement respecté, contribuant ainsi à l’affirmation de la revendication nationale et à la reprise des hostilités à partir de 200626. Les transferts vers le Nord furent par ailleurs mal acceptés par la population du Sud, elle-même victime de graves problèmes de pauvreté. Dans ce contexte, la perpétuation de la déliquescence sociale au Nord s’avéra un terrain fertile pour les groupes salafistes, qui, avec une certaine complaisance de Bamako, assumèrent de plus en plus les fonctions délaissées par l’Etat. La place croissante de ces derniers ne devrait cependant pas être sur-interprétée, leur enracinement progressif ces dernières années constituant davantage le fait de phénomènes opportunistes – générés en partie par les importants moyens financiers dont ils disposent, en provenance notamment du Qatar27 – que d’une tendance lourde à la radicalisation religieuse des populations du Nord28. La déclaration d’indépendance de l’Azawad et l’essor du fondamentalisme musulman ne doivent dès lors être interprétés que comme des conséquences du sous-développement chronique de cette région et de ses implications pour sa population.  

L’association incorrecte entre terroristes, islamistes et Touaregs a déjà commencé à montrer ses effets dévastateurs : depuis la libération par les troupes françaises de villes occupées par Ançar Dine, les témoignages de massacre d’habitants du Nord indûment accusés d’avoir soutenu les salafistes se multiplient29. Le risque d’un tournant ethnique à cette guerre n’est donc pas à exclure, avec des conséquences dramatiques pour les populations arabo-berbères, qui font l’objet d’un fort ressentiment de la part de l’armée malienne. En outre, cet amalgame contribue à délégitimer les revendications d’inclusions sociales, politiques et économiques des habitants du territoire septentrional. 

Vers un dialogue entre Paris et les islamistes ?

Dans ce contexte trouble, quelle sera l’attitude adoptée à long terme par Paris ? Si son objectif prioritaire reste d’assurer la stabilité régionale, les moyens mis en œuvre pour y parvenir dépendront des évolutions sur le terrain, difficiles à prévoir à l’heure actuelle. Bien qu’il s’agisse dans un premier temps d’affaiblir au maximum les combattants rebelles, il n’est pas certain qu’elle se lancera, comme le souhaite Bamako, dans une stratégie contre-insurrectionnelle de longue haleine qui permettrait à cette dernière de recouvrer durablement son intégrité territoriale. La France a en effet peu intérêt à déployer d’énormes moyens pour contrôler ce territoire vaste et déshérité. Les risques d’enlisement sont par ailleurs réels si, avec le temps, l’opération était de plus en plus perçue comme d’inspiration néocoloniale30. Des négociations avec certains acteurs du Nord portant sur un statut particulier de l’Azawad semblent donc inévitables. 

Paradoxalement, Paris pourrait privilégier un dialogue avec les groupes qui menacent le plus leurs intérêts, à savoir les salafistes. Bien que ceux-ci soient peu représentatifs des populations du Mali du Nord, ce sont eux et non les mouvements de revendications nationales qui sont les plus à même d’assurer un contrôle effectif du terrain et qui représentent le plus grand danger. « Lors des négociations de paix, ce sont souvent les groupes au plus haut potentiel de nuisance qui sont considérés comme les interlocuteurs prioritaires », explique Eric Remacle. La consigne31 donnée par l’Elysée de proscrire le terme « islamistes » pour désigner les combattants ennemis (dès lors systématiquement qualifiés de « terroristes »), pourrait ainsi témoigner du souci de ne pas rompre totalement les ponts avec d’éventuels partenaires de négociations. Les intérêts français pourraient donc s’accommoder de l’établissement d’un état semi-autonome dirigé par des islamistes non liés au terrorisme international, qui renonceraient en échange à instaurer la charia sur l’entièreté du Mali. Cette solution laisserait cependant largement de côté la question du sous-développement de l’Azawad, qui resterait dès lors un terreau favorable au recrutement de djihadistes hostiles à la France.

L’avenir dépendra également de la capacité du MNLA à se réinsérer sur la scène. Marginalisé depuis son échec à s’imposer face aux islamistes sur le terrain après la proclamation d’indépendance, ce dernier tente, en jouant la carte du rempart laïque contre l’islamisme, de redevenir un acteur avec lequel il faut compter32. Le mouvement a ainsi apporté un soutien critique à l’armée française dès le début de l’opération Serval, accordant donc la priorité au refoulement des groupes salafistes. Il a également donné des signes d’ouverture en renonçant aux revendications indépendantistes au profit de l’auto-détermination dans le cadre du maintien de la souveraineté de l’Etat malien33. Bien que les observateurs doutent de ses capacités militaires, le MNLA pourrait, s’il parvenait à s’imposer comme un acteur légitime – ce qui est loin d’être acquis dans la mesure où il est honni au Sud, où il est largement jugé responsable de la crise actuelle – apporter aux français une caution utile en cas d’un prolongement des opérations. Le retour du mouvement (qui bien que constitué de touarègues, refuse une lecture ethnique ou religieuse du conflit et se veut le représentant de tous les habitants de l’Azawad34) à la table des négociations aurait par ailleurs le mérite de mettre à l’agenda la question du développement et de l’inclusion du Nord comme alternative à la sécession. 

Il semble toutefois illusoire de penser que la stabilisation durable du Mali soit possible sans prendre en compte la situation socio-économique dans l’ensemble de la région. De fait, l’endiguement du fondamentalisme ne pourra être couronné de succès sur le long terme si l’on ne s’attaque pas à sa source : la misère sociale. Cela implique de relégitimer l’Etat dans les domaines où celui-ci ne réponds plus aux besoins de ses citoyens. Cet objectif ne peut être atteint sans une démocratisation des structures sociales, économiques et politiques de ces pays, parmi les plus pauvres et inégalitaires au monde. Cela passe par une meilleur répartition interne des richesses, mais également par une redéfinition du rôle des multinationales (majoritairement occidentales) présentes sur place, dont la faible contribution financière au regard des bénéfices réalisés génère des implications dramatiques sur le sous-développement économique et social35. Toute solution qui viendrait tarir dans la durée le flux de djihadistes passe donc par une révision sur une base plus égalitaire du partenariat entre les Etats périphériques et les acteurs qui occupent une position centrale dans l’économie mondiale. A la vue de la myriade d’intérêts économiques que viendrait contrarier cette dynamique, il est néanmoins peu probable que ces derniers y souscriront.  

 

Gregory Mauzé

 

*Les citations non-référencées sont tirées d’entretiens avec leurs auteurs. 

 

Notes

 

1- Wallerstein, Immanuel, "Le Mali : le prochain Afghanistan ?", 28 novembre 2012, medelu.org.

2- Leymarie, Philippe, "La guerre du « Sahelistan » aura-t-elle lieu ?", Le Monde diplomatique, janvier 2013.

3-"Les services du renseignement américain aident la France au Mali ", 22 janvier 2013, maliactu.net.

4-"La France de plus en plus ambitieuse au Mali", 21 janvier 2013, arcinfo.ch.

5- Rouppert, Bérangère, "L’étonnant consensus autour de l’intervention française au Mali", Note d’Analyse du GRIP, 15 janvier 2013, Bruxelles.

6- La souveraineté nationale consiste pour une Nation à ne pas subir d’ingérences extérieures. La souveraineté populaire renvoie quant à elle au droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement et leurs dirigeants.

7- En droit international, la doctrine consiste en l’interprétation de la coutume, qui est définie comme une pratique répétée de règles non-écrites par des Etats, qui devient de fait une importante source de droit.

8- Collin, Jean-Marie, "Questions sur le Mali à Bérangère Rouppert, chercheur au GRIP", 16 janvier 2013, alternatives-economiques.fr.

9- Conseil de sécurité de l'ONU, "Le Conseil de sécurité autorise le déploiement d'une force internationale au Mali", CS/10870, 20 décembre 2012, un.org.

10- Leymarie, Philippe, "Mali : questions sur une intervention", 14 janvier 2013, blog.mondediplo.net.

11- Rouppert, Bérangère, loc.cit.

12- Hofnung, Thomas, "Les pays d’Afrique de l’Ouest sur le pied de guerre mais sans moyens", 20 janvier 2013, liberation.fr.

13- Olivier Matthieu, "Nord-Mali : Ansar Eddine renonce à cesser les hostilités et fustige "le mépris" de Bamako", 3 janvier 2013, jeuneafrique.com.

14- Benchiba, Lakhdar, "Ce qu’en pense Alger", Le Monde diplomatique, janvier 2013.

15-"Ban Ki-moon réservé sur un soutien de l'ONU à l'opération militaire au Mali", 23 janvier 2013, rfi.fr.

16- Berkouk, Safia, "Financement, intérêts, lutte d’influence : les enjeux économiques de la guerre au Mali", El Watan, 21 janvier 2013.

17- Leymarie, Philippe, "Comment le Sahel est devenu une poudrière", Le Monde diplomatique, avril 2012.

18- Ribadeau Dumas, Laurent, "Philippe Leymarie sur les causes de la guerre au Mali", 18 janvier 2013, geopolis.francetvinfo.fr.

19- Guisnel, Jean, "Niger : les forces spéciales protégeront les mines d'uranium d'Areva", 23 janvier 2013, lepoint.fr

20-"L’uranium du Niger, toujours bon à piller", 28 août 2007, gresea.be.

21- Henningsen, Patrick, "Mali : US Africa Command (AFRICOM) Prepares for Another “Humanitarian” Military Intervention ?", 12 octobre 2012, globalresearch.org.

22-Ribadeau Dumas, Laurent, loc.cit.

23-"Hollande : « La France n’a pas vocation à rester au Mali »", 15 janvier 2013, liberation.fr.

24- Armati, Lucas, Dassonville, Aude, Senejoux, Richard et Tesquet, Olivier, "Guerre au Mali : comment s'en tirent les médias français ?", 24 janvier 2013, telerama.fr.

25- Schneidermann, Daniel, "Berlin-Bamako : les bons mots font les bons amis", 22 janvier 2013, rue89.com. Emission disponible sur http://www.franceinter.fr/player/re....

26- De Santis, Gaël, "Pierre Boilley : « Il faut distinguer les terroristes des indépendantistes touaregs » ", L'humanité, 15 janvier 2013.

27-"'Notre ami du Qatar' finance les islamistes du Mali", Le Canard enchaîné, 6 juin 2012.

28- De Santis, Gaël, loc.cit.

29- Remy, Jean-Philippe, "Dans Gao libérée, désolation et règlements de comptes", Le Monde, 30 janvier 2013

30- Rouppert, Bérangère, loc.cit.

31-"L'Elysée a ordonné de ne pas parler d'islamistes", 18 janvier 2013, arretsurimages.net

32- Berthemet, Tanguy et Oberlé, Thierry, "Le MNLA tente de revenir dans le jeu malien", 22 janvier 2013, lefigaro.fr

33-"Mali : de la sécession à l'autodétermination, la nouvelle stratégie du MNLA", 10 octobre 2012, rfi.fr.

34- Bouzeghrane, Nadjia, "Situation au sahel : le MNLA met en garde contre un embrasement régional incluant le Niger", El Watan, 27 janvier 2013.

35- Selon le Tax Justice Network, les différents mécanismes d’évasion fiscale mis en place par ces dernières génère en Afrique subsaharienne un manque à gagner de 30% du PIB. Tax Justice Network for Africa, "Pillage de l’Afrique : faits et chiffres", in Alternatives Sud Vol. 14, "Evasion fiscale et pauvreté, points de vue du sud", Centre tricontinentale et Syllepse, 2007, Paris.

 

Publié sur ACJJ.BE

 

Source: INVESTIG'ACTION

vendredi, 08 février 2013

LA GUERRE DE RECONQUETE DU MALI

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La crise économique paupérise les pauvres

La conjoncture malienne n’est pas aussi complexe que l’on voudrait nous le laisser imaginer. Quels sont les ingrédients et la recette de cette bouillabaisse Françafrique ? 

La crise économique systémique qui sévit durement dans les pays d’Afrique depuis 2008 a jeté les paysans, les ouvriers et les artisans dans la misère et dans les ornières de l’exil plein de péril. Les puissances impérialistes continuent de rapatrier les profits et d’acheminer les matières premières vers les métropoles cupides, mais elles ne veulent rien entendre des souffrances qu’elles infligent à ces peuples désespérés et elles font tout pour que ces pestiférés demeurent dans ces contrées qu’elles ont affamées et sinistrées.

En conséquence, les marchés, les places publiques, les quartiers, les fleuves et les sentiers d’Afrique sont encombrés d’hommes désœuvrés, en transhumance entre le Sud paupérisé et le Nord, «marche pied» vers l’Europe, cet Eldorado inhumé. Cette main d’œuvre bon marché est prête à tout pour ravitailler leur famille demeurer au foyer. 

L’offre de service en bras armés – flibustiers engagés – métayers fusiliers – a de beaucoup augmenté depuis quelques années, au point d’engorgée les agences de recrutement et de renseignement de l’OTAN et de leurs sous-traitants – djihadistes, islamistes, intégristes – et autres pestiférés de cet univers de mercenaires sous-payés.

Le recrutement des exécutants 

Tantôt, l’aspirant «terroriste» est recruté et embauché pour un coup fourré de courte durée – cahier des charges spécifié – solde déterminée et autorisation de se payer à même ce qu’il pourra voler aux populations exécutées, ce qui comprend la permission de violer des femmes pour se rassasier. Souvent, ces flibustiers de la modernité s’emparent d’armes sophistiquées pour se préparer à honorer le prochain contrat qui sera attribué par l’OTAN, les États-Unis ou la France. Ils doivent penser à s’équiper pour la prochaine équipée.

Parfois le futur «terroriste» est embauché pour un temps indéterminé. Sa foi dans le Coran étant garant de son recrutement, de son entrainement et de son réengagement. Lavage de cerveau, rhétorique euphorisante anti Occident et le militant est prêt à donner sa vie pour son gourou du moment. En effet, les monopoles miniers criminalisés, les pétrolières polluantes et prévaricatrices, les entreprises manufacturières prédatrices, les représentants des gouvernements néo-colonialistes, les camps militaires retranchés, menaçants comme celui de la banlieue d’Abidjan (43e Bima), tout l’environnement social concourent à accréditer l’idée que l’Occident occupe et vide le continent africain de ses ressources, de sa plus-value et de ses biens. 

C’est si vrai que les services secrets américains, français, britanniques, russes s’appuient sur ces sentiments d’aversion-répulsion pour recruter et enflammer le continent africain ravagé.

Les coups d’État approuvés par la «communauté internationale»  

Quand un coup de force tordu est terminé, comme en Libye l’été dernier, en Côte d’Ivoire l’année qui a précédée, ces mercenaires – corsaires du désert regroupés en bandes armés anarchiques – sont remerciés par leurs sponsors, mais ils ne désarment pas pour autant. Ils errent à la recherche d’un nouvel engagement, d’un nouveau théâtre d’opération ou l’OTAN, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France ou les États-Unis voudront bien les exfiltrer – les aéroporter – pour une nouvelle «guerre humanitaire». Préférablement loin de la Syrie ou le gouvernement local tient bon et extermine les terroristes infiltrés dans le pays mortifié.

S’ils ne sont pas recrutés, s’ils ne sont pas de corvée, les «djihadistes» de service et les mercenaires sans foi ni loi errent dans le désert en quête de nouvelles proies à leur propre compte, tels des seigneurs de guerre… 

Pendant ce temps au Mali

Pendant ce temps au Mali le gouvernement national fantoche de ce pays artificiel dont les frontières ont été dessinées par la France impérialiste il y a cinquante années passées – quand Paris peinait à massacrer les peuples d’Indochine et d’Algérie et ne disposait pas d’assez de troupiers pour exterminer la moitié du continent africain colonisé – en mars 2012, le gouvernement malien était renversé par une révolte de palais à Bamako. Un petit capitaine obscur et imprévisible (major Sanogo) démettait le Président Touré et assignait un nouveau-ex-président, Monsieur Traoré, puis congédiait le Premier Ministre pendant que la bourgeoisie compradore malienne se remplissait les poches à même les «aides» internationales, la solde des soldats détournées, le trafic de drogues, la vente d’armes et autres activités illicites comme toutes les autres bourgeoisies patriotiques d’Afrique sponsorisées par l’Occident, la Russie et la Chine concertées. 

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA et Ansar Dine) trouvèrent approprié de profiter de la déliquescence de l’État fédéral malien pour s’emparer du contrôle du Nord du pays désertique, sous développé, affamé et oublié par Bamako l’éloignée (1).

Et voilà qu’une caravane de mercenaires terroristes désœuvrés, saqués, passait par-là, de retour de sa croisade de rapine assassine à Tripoli et à Benghazi. Les damnés armés jusqu’aux dents par les soins de la France et de l’OTAN, se trouvèrent disposés à saccager ce pays meurtri dont l’armée nationale laminée n’avait nullement l’idée de se sacrifier pour la patrie des pourris de Mopti et pour préserver les intérêts d’AREVA, de TOTAL, de Sahara Mining, de MDL d’Australie et d’OROMIN du Canada et pour que la France mette la main sur 5% environ de la production d’or dans le monde (production d’or au Mali). 

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Voici que l’armée malienne de service, ses généraux trafiquants et son capitaine gourmand avaient besoin du soutien de la «mère patrie» pour rétablir l’autorité impérialiste sur leur pays failli. Aussi, une coalition de circonstance fut vite rameutée par la CEDEAO sous la houlette de monsieur Ouattara, le présidentié reconnaissant, co-présidé par Compaoré le dictateur avéré et gracié. Hollande fier de son blanc-seing lança ses hordes meurtrières, bombardiers, blindés motorisés, bombes à fragmentationet drones nouvellement équipés aux trousses des populations désarmées et des mercenaires déglingués et des Touaregs révoltés (MNLA et Ansar Dine) et surtout à la reconquête française des mines d’or maliennes de la Françafrique.

Les «islamistes» de service comprenant enfin le message de leur ex-employeur et futur créancier se retranchèrent dans les montagnes de l’Adrar et de Gouma où ils seront peut-être contenus si les soldats de la force d’intervention africaine se résignent à compléter leur formation et à se présenter au front afin de défendre l’impérialisme français au Mali. 

Les meurtriers motorisés d’hier, aujourd’hui retranchés dans les montagnes du Sahel, seront probablement bombardés par les Rafales de la Françafrique, histoire de leur faire observer qu’ils n’ont pas mission d’occuper ou d’administrer les populations et les mines d’or des néo-colonies faillies. Ces tâches bancales sont assignées aux marionnettes désignées et à leurs armées subventionnées après élections truquées, où l’Élysée tranche qui est élu et qui est battu. Que ces mercenaires poltrons «terroristes-islamistes» de service attendent patiemment leur prochain ordre de mission pour attaquer le Niger, le Tchad, la Mauritanie, ou qui sait, l’Algérie, que l’OTAN ou la France leur assigneront en temps voulu.

Pour ce qui a trait aux révoltés Touareg, ils peuvent se maintenir sur leurs terres ancestrales s’ils sont obéissants-repentants, et à condition qu’ils n’embêtent personne et surtout pas les minières (or et uranium) monopolistes qui exploitent la force de travail local et spolient les ressources nationales (2). 

De quel côté se ranger ?

Au milieu de ce salmigondis l’intellectuel Samir Amin se défend d’appuyer l’impérialisme français mais se prononce en faveur de l’intervention des impérialistes français qui ont bien raison, dit-il, de réprimander leurs terroristes au chômage et de reprendre le contrôle de leur néo-colonie faillie, mais sans la maintenir comme un État client dominé et exploité suggère-t-il (3). Mais, pourrait-on rétorquer, c’est exactement le but recherché, replacer la néo-colonie en État de marche en tant que courroie de transmission entre les puits de mine et les usines en France métropolitaine. 

Deux intellectuels protestent outrés contre leur ami Samir Amin qu’ils réprimandent vertement. Au nom de la «souveraineté» malienne – inexistante comme nous venons de le constater – et au nom de la fraternité entre la bourgeoisie malienne dominée et les capitalistes monopolistes français dominants et occupants, ils écrivent : «(…) et si ces sommes considérables (30 millions d’euros d’effort de guerre français au Mali. NDLR) étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux «islamistes», ou aux séparatistes Touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d'ailleurs, comme espace politique pour intervenir?» (4).

Deux questions confrontent ces internationalistes. Pourquoi dénoncer la lutte de libération nationale que mène la bourgeoisie Touareg de l’Azawad et pourquoi dans ce conflit prendre parti en faveur de la bourgeoisie malienne compradore du Sud contre celle du Nord ? Question encore plus importante : que resterait-il comme espace aux impérialistes français pour spolier la plus-value des ouvriers, la rente foncière des paysans, le profit des artisans et les ressources naturelles du Mali si la France se mettait tout à coup à affecter les crédits de l’État bourgeois français au développement et à la coopération fraternelle ? L’État français bourgeois ne verse pas le sang de ses soldats et ne débourse pas de tels montants pour aider le Mali à devenir prospère et indépendant. Si c’était le cas il lui suffirait de se retirer du Mali et d’abandonner à son sort la bourgeoisie compradore qu’elle y a implantée et de cesser d’armer ses flibustiers (5). 

Comme vous le comprenez cette guerre de la diplomatie de la canonnière Françafrique au Mali est une querelle de famille entre petits et grands bandits et leurs thuriféraires tous divisés sur les modalités de sujétion du peuple malien. L’Islam, la souveraineté nationale, la coopération équitable et fraternelle, la démocratie, l’emploi, le développement social, la croissance économique, le prix des produits agricoles et le peuple malien ne comptent pour rien dans cette échauffourée entre vauriens.

Les progressistes et les internationalistes du monde entier n’ont qu’à se ranger du côté des paysans, des artisans et des ouvriers du Mali et de leurs familles, la grande majorité de la population malienne qui ne veut pas de cette guerre, ni de l’arbitraire. Souhaitons que les différents peuples regroupés dans cette fédération hétéroclite appelée Mali sauront s’unir et s’armer, et comme l’immense peuple algérien en 1962, chasser la puissance néocoloniale, ses terroristes-islamistes sous-traitants et les larbins nationaux stipendiés. 

La France hors du Mali.

 

Robert Bibeau, robertbibeau@hotmail.com, le 6 février 2013.

  

1.      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mali

2.      http://www.mondialisation.ca/les-veritables-raisons-pour-lesquelles-lallemagne-demande-aux-etats-unis-la-restitution-de-son-or/5321941

3.      http://www.m-pep.org/spip.php?article3184

4.      http://www.lapenseelibre.org/article-mali-gauche-proguerre-et-recolonisation-reponse-a-samir-amin-n-71-115043888.html

5.      http://www.mondialisation.ca/la-guerre-civile-au-mali-une-tragedie-a-huis-clos/5321351

 

ANNONCE


Dans le volume Impérialisme et question nationale (le modèle canadien) (2012) nous présentons l’évolution de la lutte des classes au Québec du soulèvement patriote (1837) jusqu’à aujourd’hui (2012). Le volume est disponible GRATUITEMENT en téléchargement (format PDF Acrobat) à cette adresse :   

http://www.robertbibeau.ca/imperialisme.pdf

jeudi, 07 février 2013

UNE REVUE ITALIENNE LE RECONNAIT: GBAGBO EST UN PHENOMENE SOCIOLOGIQUE

 

côte d'ivoire,la revue italienne « reset » du 30 janvier 2013 révèle,laurent gbagbo et le droit à la «différence»,une revue italienne le reconnait,gbagbo est un phénomène sociologique,nicoletta fagiolo janvier 2013

 

La revue italienne «RESET» du 30 janvier 2013 révèle: Laurent Gbagbo et le droit à la «différence»

 

Depuis Novembre 2011 Laurent Gbagbo, l’ancien président de la Côte d’Ivoire, a été détenu à la Cour pénale internationale à La Haye, accusé d’être un « co-auteur indirect » de crimes graves contre l’humanité pendant la crise post-électorale dans son pays. Mais beaucoup de gens se demandent pourquoi et doutent de la légitimité de ces accusations. Pour beaucoup, c’est son adversaire politique des élections présidentielles de 2010, Alassane Ouattara, qui devrait être à sa place en détention à La Haye, avec Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale, qui a dirigé la rébellion de 2002 qui a divisé le pays en deux.

 
Pourquoi n’y a-t-il pas de procès pour les crimes graves commis par les rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire en 2002 dans les régions centre, Nord et Ouest (connu sous le nom CNO), qui sont restés sous leur contrôle jusqu’au 17 Mars 2011, lorsque Ouattara les a renommer Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)? Un mouvement de résistance d’envergure internationale est alors né pour réclamer la vérité et la justice dans cette histoire bizarre.

Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur des élections du 2 décembre 2010 par Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Selon la Constitution ivoirienne, cette commission est autorisée à déclarer uniquement les résultats provisoires.

La victoire de M. Ouattara a été annoncée dans une chambre à l’Hôtel du Golf – le siège de la campagne électorale de M. Ouattara – en l’absence, et donc sans l’approbation du Conseil constitutionnel, qui est responsable, conformément à la Constitution ivoirienne, pour déclarer les résultats définitifs du scrutin.

Le président de la CEI, M. Bakayoko, était seul, sans la présence de ses collègues de la commission quand il a fait l’annonce de la prétendue victoire de Ouattara à l’Hôtel du Golf. Pendant ce temps, les représentants de la commission l’attendaient au siège de la CEI où ils devaient parvenir à un consensus sur les résultats provisoires.

Ainsi, les résultats provisoires, non approuvées par tous les membres de la CEI et sans la présence des représentants des candidats respectifs, ont été déclaré comme les résultats définitifs du scrutin.

C’est encore un mystère de savoir qui a gagné les élections du 28 Novembre 2010 entre le président sortant, Laurent Gbagbo, un historien, socialiste et le père fondateur du système de multipartisme en Côte d’Ivoire et Alassane Ouattara, qui a été Premier ministre sous le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny de 1990-1993 et ​​qui a fait une carrière dans la diplomatie internationale à la Banque centrale des Etats de l’Afrique (BECEAO) et au Fonds monétaire international.

Thabo Mbeki, ancien Président d’Afrique du Sud, qui a joué un rôle important en tant que médiateur, dès le début de la crise en 2004, en visitant la Côte d’Ivoire du 5 au 7 Décembre 2010, a conclu dans son rapport de mission que les élections ne pouvaient pas être considérées comme valides. Dans « What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire », il rappelle comment l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Wanda L. Nesbitt, avait déjà mis en garde son gouvernement en 2009, que sans remplir certaines exigences de base – une réunification territoriale et financière du pays, le retour de l’administration nationale au nord, et en particulier le désarmement total de la rébellion, les Forces nouvelles, implantées dans le nord du pays depuis 2002 – des élections démocratiques ne pouvaient pas être organisées.

Ce désarmement (la seule demande faite aux rebelles pro-Ouattara, les forces Forces nouvelles et répétées dans huit accords de paix depuis 2003, n’a jamais été respecté) encore aujourd’hui pas atteint, est à la base du climat d’insécurité que le pays vit actuellement. [1]

Face aux menaces contre la légalité républicaine avec le comportement anticonstitutionnel de la CEI (qui a également été approuvé par le Représentant spécial des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, bien que cela ne relevait pas de son mandat) et la violence inouïe exercée dans le nord sur les pro-Gbagbo pendant les élections, la coalition Gbagbo, La Majorité Présidentielle a déposé une demande à l’annulation du vote auprès Conseil Constitutionnel. Les observateurs électoraux dans de nombreux départements contrôlées par les rebelles ont signalé des menaces de mort, assassinats, intimidations, violences physiques, les enlèvements de personnel et d’agressions contre des militants et des représentants de la coalition « La Majorité Présidentielle ». Le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo comme le vainqueur du second tour de scrutin le 2 Décembre.

Coalition de M. Ouattara, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) n’a pas présenté de recours pour irrégularités de procédure après le deuxième tour.

Dans la Constitution ivoirienne, il est précisé que les résultats des élections doivent être annulées si le résultat est sujette à débat. Toutefois, dans le cas de l’élection du 28 Novembre 2010, la Conseil Constitutionnel a annulé le vote frauduleux et a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur en pleins sondages contradictoires et pendant les flambées de violence.

En conséquence, les critiques de l’UE et des organisations internationales par rapport au rôle du Conseil Constitutionnel sont devenues trompeuses si l’on considère les actions anticonstitutionnelles menées par la CEI et la menace sur la sécurité alimentée par la rébellion.

Comment ce sont passées ces élections? Il était évident qu’organiser des élections en présence d’une rébellion armée dans le nord du pays qui a soutenu M. Ouattara comme candidat n’était pas un exercice électoral prometteur, comme l’a souligné Arsène Touh dans « Côte d’Ivoire, Leçons du 11 avril 2011« , où il analyse les 10 dernières années de choix politiques faits par le Front Populaire Ivoirien (FPI). Touho croit que, après avoir accepté de tenir des élections, en dépit du refus de la rébellion de désarmer, était l’une des principales erreurs de Gbagbo [3], car il a ainsi rendu vulnérables ses représentants dans les bureaux de vote dans les régions CNO sous contrôle rebelle.

Le rapport final de la mission d’observation de l’Union dit que les observateurs de l’Union Européennes n’ont couverts que 4,7% des bureaux de vote, soit 943 bureaux sur les 20,073 ouverts au plan national – et que, globalement, les élections ont été correctement effectué, sauf « quelques problèmes dans les régions sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo. « Il dit aussi que » sur le déroulement des élections, la téléviseur ivoirien a donné la parole à des missions d’observations africaines inconnues»[4]. Violations seulement dans des zones sous le contrôle de Gbagbo? Missions d’observation inconnus? Pourtant, les missions de l’Union africaine (UA), la Coordination des Observateurs de la Mission Internationale de la Société Civile Africaine (COMISCA), l’Observatoire de la société civile africaine pour la démocratie et l’assistance électorale l’(OSCADAE), la Coordination des experts électoraux Africains (CEEA), le Cadre des émissaires pour la Promotion des élections Crédibles en Afrique (CEPECA), la mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mission du Comité de l ‘ interparlementaire UEMOA ne sont pas totalement «inconnues».

Plus de la moitié de ces organisations ont dénoncé les graves circonstances dans lesquelles les élections ont eu lieu dans le nord du pays sous contrôle rebelle.

Le rapport fait mention de 16 observateurs de l’UE qui ont dû être évacués pour des raisons de sécurité, un nombre important sachant qu’il y avait 120 observateurs au total. Mais le rapport fait une grave erreur en disant que les évacuations ont eu lieu dans les zones sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo.

Ce fait est en contradiction avec un article paru dans France Soir qui a publié les factures de la compagnie aérienne engagé pour transporter les observateurs européens dans un endroit plus sécurisé, dans lequel les zones d’évacuation sont définis: Man et Khorogo, deux villes sous contrôle des rebelles depuis 2002. Frédéric Lafont, propriétaire de la compagnie aérienne, rappelle que ses propres pilotes ont eu peur lors de l’évacuation des observateurs. [5]

L’Union africaine, qui a vu deux de ses observateurs enlevés et libérés avec l’aide de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) écrit: «La mission a découvert avec regret des actes de violence avec une perte grave de la vie, de violations d’intégrité physique, d’enlèvements, intimidations, enlèvements et la tentative de destruction du matériel électoral. De nombreux éléments qui devraient être une préoccupation pour les organes compétents afin de déterminer l’impact global sur le résultat des élections. « CEPECA dit dans son rapport préliminaire que« la crédibilité du scrutin dans la région des Savanes, plus précisément à Korhogo est fortement discrédité. « Le rapport de la mission CEEA dit que dans les régions sous contrôle des rebelles – Korhogo, Bouaké, Séguéla, Toriya et Garaoua – les élections ont été« entaché de graves irrégularités, telles que bulletins volés, les enlèvements de représentants des candidats respectifs, le vote multiple, obstacle à la nécessaire présence d’observateurs internationaux dans certains bureaux de vote lors du dépouillement des votes et la perte de vies humaines. « Dans un communiqué de presse daté du 2 Décembre 2010 la CEDEAO dit que« les incidents qui ont empêché les citoyens d’exprimer leur vote, en particulier dans les certaines régions du nord, doivent être condamnés et punis conformément à la loi ». [6] Le témoignage de Youssouf Fofana, président de La Voix du Nord, qui représente une coalition de M. Gbagbo dans la région de Séguéla, révèle des scènes de violence sans précédent dans lesquels les Forces nouvelles et les représentants de la coalition Ouattara (RHDP) empêchent les représentants de Gbagbo à rester dans les bureaux de vote. Ces derniers ont été chassés, certains, enlevés ou menacés de mort: un véritable Far West électoral. Aujourd’hui Fofana est en exil [7]. Le rapport du général de brigade Kouakouche Nicolas parle de 217 représentants de la coalition de Gbagbo qui ont été expulsés des bureaux de vote et l’ont rejoint pour leur sécurité. [8] Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a révélé qu’il y avait 200.000 réfugiés dans les pays voisins et un million de personnes déplacées internes (PDI) au début de la crise électorale.

Pourtant, dans les brèves mises à jour des agences de presse à travers le monde, nous ne lisons qu’une seule histoire: Gbagbo a perdu les élections en Novembre 2010 et il tente de s’accrocher au pouvoir. Mais Laurent Gbagbo a demandé qu’un simple recomptage des voix par une mission d’enquête internationale soit effectué, une option qui a été rejetée par l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Alain Dogou, ancien ministre de la Défense dans le dernier gouvernement de Gbagbo, demande aujourd’hui quels autres organes institutionnels devrait suivre Gbagbo en dehors du serment qu’il a prêté devant le Conseil constitutionnel en 2000. Contrairement à Gbagbo qui a prêté serment conformément à la constitution ivoirienne, Ouattara, le 4 Décembre 2010, a prêté serment en envoyant une lettre au Conseil constitutionnel. Ce qui a suivi, ce sont quatre mois de crise qui ont vu deux présidents et deux gouvernements pendant lesquels l’ONU et l’Union européenne, en violation de leurs mandats d’impartialité politique, ont décidé de soutenir Ouattara.

Entre Décembre 2010 et Mars 2011, l’ONU, l’UE, la France et les États-Unis a mené une politique d’asphyxie financière et diplomatique contre le gouvernement Gbagbo – qui comprenait un embargo sur les fournitures de médicaments, de cacao, de mandats internationaux, le gel des fonds privés et de biens et la fermeture des succursales locales de banques françaises et américaines – suivi en Avril 2011 par ce que le politologue Michel Galy a appelé le coup d’État français-ONU.

En Mars 2011, l’Union africaine était toujours en train de tenter de trouver une issue pacifique à la crise, lorsque les Forces Nouvelles sont descendues du nord et ont envahi la capitale économique, Abidjan, mais elles sont restées sans action en Avril, quand les Français ont commencé à bombarder le palais présidentiel et d’autres sites stratégique, en contournant, selon certains, un mandat inscrit dans la Résolution 1975 de l’ONU qui limite l’intervention militaire à la protection des civils.

Le fait que l’UA n’a pas réussi à imposer sa vision qui a émergé du panel de cinq chefs d’Etat nommés à la fin de Janvier 2011 lors de la 16e sommet de l’UA, montre la fragilité et la marginalisation de cette institution dans le domaine de politique internationale.

Les experts du panel ont commencé à mener leurs enquêtes et certains ont commencé à remettre en question la victoire de Ouattara au second tour. Mais les membres de l’UA auraient été malléable face aux promesses d’annulation de la dette ou d’autres avantages dans des accords bilatéraux en coulisses.

La deuxième réunion du groupe de haut niveau qui aurait joué un rôle crucial dans la résolution de la crise, a proposé la formation d’un gouvernement d’unité nationale et de nouvelles élections comme un moyen de sortir de la crise, et avaient exclu l’option militaire. Il a eu lieu en Mauritanie le 5 Mars et a commencé avec deux heures de retard parce que le président tanzanien a fait une escale à Paris. La dernière réunion, qui devait avoir lieu à Abidjan le même jour, a été reportée sine die, tandis que les deux avions présidentiels du Togo et le bateau et l’avion du Président de l’Afrique du Sud, présents sur le sol ivoirien, ont quitté la Côte d’Ivoire .

Gbagbo comme un phénomène sociologique

Qui est Laurent Gbagbo? En 2008, lorsque je travaillais sur un documentaire sur des dessinateurs africains en première ligne dans la défense de la liberté d’expression, Résistants du 9ème Art, j’ai aussi eu quelques images de la Côte d’Ivoire du magazine satirique Gbich!. Le rédacteur en chef adjoint Mendozza Y Caramba, m’a raconté une anecdote: un jour, il a reçu un appel téléphonique qui a annoncé l’arrivée du président. Mendozza, dont la bande dessinée a été très critique contre Gbagbo, «habits neufs du Président» se mit à rire, en pensant d’abord que c’était une blague. Au lieu de cela, Laurent Gbagbo est arrivé au bout de 10 minutes à son bureau, a salué leur travail, les a félicité, en dépit de leur satire mordante contre lui. J’ai été frappé. J’avais déjà rencontré une anecdote similaire sur un autre célèbre président africain, Nelson Mandela, que j’ai décidé d’utiliser dans le film. Mandela avait appelé Jonathan Zapiro, qui avait été un dessinateur à la pointe de la lutte anti-apartheid et lui a dit: « excellent travail, vous faites votre travail», même si Zapiro, au moment où le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC ), était au pouvoir, il l’a attaqué férocement avec ses dessins animés. Mais je n’ai pas oublié que Gbagbo avait eu le même esprit que Mandela.

Laurent Gbagbo a été né le 31 mai 1945 dans une famille modeste à Mama près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Son père, Paul Koudou Gbagbo avait participé à la Seconde Guerre mondiale comme sergent dans un bataillon commandé par un certain Laurent dont Gbagbo porte le nom. Il a été blessé et emprisonné par l’armée allemande. Plus tard, il est devenu un policier. En 1964, il a été accusé de l’un des ombreux faux complots pendant le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny et emprisonnés. La mère de Laurent Gbagbo, en dépit de la perte du soutien de son mari, ne voulait pas que son fils abandonne ses études. Gbagbo se spécialise d’abord dans les classiques, puis dans l’histoire contemporaine. En tant qu’étudiant, il a lutté pour l’existence d’un syndicat étudiant qui n’est pas inféodé au parti unique, le Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). En 1969, il a été arrêté pour la première fois pendant 15 jours, avec 400 autres étudiants qui appelaient à la pluralité des voix au sein du syndicat étudiant.

Le droit à la différence – que ce soit dans le domaine de syndicats, de partis politiques, de modèles économiques ou de la presse – est à la base de la lutte non-violente développée par Gbagbo depuis 1969. Quand en 1980, Félix Houphouët-Boigny a autorisé le vote au sein du parti unique Gbagbo a protesté: avoir la liberté de voter que dans un parti unique était pour lui une «déclaration dangereuse parce qu’elle réprime le droit d’être différent, un droit essentiel pour l’évolution d’un pays ». Il est devenu un professeur d’histoire dans un lycée à Abidjan et il a de nouveau été arrêté pour son activisme politique de Mars 1971 to Janvier 1973.

Gbagbo a lutté contre le régime du parti unique de Félix Houphouët-Boigny pour un système de multipartismes sur plusieurs fronts: d’une part, en analysant les mécanismes du régime répressif à travers ses livres et par des débats publics, et d’autre part en travaillant clandestinement à mettre en place un parti d’opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), parti qui a opté pour une transition non-violente à la démocratie. En 1980, il devient directeur de l’Institut d’histoire, d’art africain et d’archéologie de l’Université d’Abidjan. Accusé d’être l’instigateur d’un complot contre Houphouët-Boigny, « un espion libyen » et pire le « séparatiste militant du groupe ethnique Bété » Gbagbo en 1982, désireux de nier ces accusations, se protéger et de sensibiliser sur le dossier ivoirien il va en exil à Paris où il est resté jusqu’en 1988. Avant son exil, il avait déjà visité les trois quarts des villages de Côte d’Ivoire, mais le travail de «conscientisation» a poursuivi en exil, avec la création d’un réseau de structures du parti en Europe et la publication d’un programme politique, « Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique ». Pendant son exil, son épouse Simone Evihet, qui, selon Gbagbo lui-même a « , réalisé 60% de l’œuvre» et d’autres membres du FPI ont travaillé dans la clandestinité afin d’élargir la base du parti.

Quand Gbagbo est devenu président en 2000, il avait 30 ans de lutte non-violente derrière lui et avait été témoin de la réalisation en 1990 du premier point de son programme, un système multipartite.

L’année où il est arrivé au pouvoir, le courant de gauche du FPI a prévalu lors de leur congrès. Son gouvernement a institué immédiatement l’Assurance Maladie Universelle (AMU), l’assurance maladie universelle, une première en Afrique, critiquée par de nombreux ambassadeurs et des experts qui l’ont considéré trop coûteux pour un pays africain.

Il a introduit l’école gratuite et obligatoire pour tous, avec la possibilité d’accéder à des livres de texte. Il a initié une politique de décentralisation en donnant plus de pouvoir aux régions et a présenté une vision pour un développement régional ouest-africain.

Mais son gouvernement a duré moins de deux ans. En 2001, il y a eu le premier coup d’Etat connu sous le nom du coup d’Etat de « la Mercedes noire », suivi par le coup d’état du 19 Septembre 2002 qui a divisé le pays en deux.

Avec l’accord de Linas Marcoussis négocié par la France, Gbagbo a dû accepter que les rebelles, souvent illettrés, rejoingnent son gouvernement. La manifestation qui a suivi à Abidjan dans les jours qui ont suivi l’accord de paix de Marcoussis, souvent décrit comme un simple mouvement de jeunes patriotes, ressemblait plus à la protestation d’une nation entière, comme en témoignent des images prises par Sidiki Bakaba en Côte d’Ivoire et consignées dans un documentaire intitulé « La Victoire aux-nues »; deux millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur indignation face à l’accord. Gbagbo est également considéré comme un phénomène sociologique car il représente la naissance d’un État-nation et une classe moyenne intellectuelle qui a comme point de référence Abidjan, et non Paris.

Décolonisation tardive de la France

Michel Galy, politologue, écrit dans « Guerre à l’Afrique?, « La France en retard d’une décolonisation » que deux ministres français de la coopération et du développement, Jean-Pierre Cot sous François Mitterrand en 1982 et 25 ans plus tard, Jean-Marie Bockel sous Nicolas Sarkozy en 2008, ont tous deux été licenciés parce qu’ils avaient osé prononcer de la Françafrique, l’ingérence ombragé de la France en Afrique francophone. Dans l’ère post-soviétique, la politique française envers l’Afrique est devenue « une politique d’endiguement de la volonté de l’Afrique de l’autonomie et de sa migration hors du continent africain ».

De 1954 à ce jour, il y a eu au moins 122 interventions militaires françaises en Afrique sub-saharienne.

« L’état symbolique» de la France qui a besoin de légitimer son hégémonie utilise les médias français, qui, depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000 se comportent comme le bras droit du Quai d’Orsay, initiant une politique de désinformation et de diabolisation de Laurent Gbagbo et son gouvernement.

Pourtant, la Cour d’appel de Paris a condamné le journal Le Monde en 2006 pour diffamation, pour avoir publié que M. Gbagbo et son épouse, Simone Evihet, font utilisés les «escadrons de la mort. »

Auparavant, en 1986, l’hebdomadaire français Jeune Afrique a également été condamné deux fois par la Cour d’appel de Paris lorsque Laurent Gbagbo l’a poursuivi pour diffamation. Gbagbo a remportant les deux cas. Un jeune journaliste, franco-camerounaise, Theophile Kouamouo, a démissionné de Le Monde en 2002 parce qu’il ne pouvait pas accepter les modifications rédactionnelles malhonnêtes que le journal parisien a fait dans la conclusion de son article.

En 2004, le journaliste David Schneidermann analyse la presse française, qu’il accuse d’ethnocentrisme qui ressemble à la propagande de guerre et la tient coupable de détourner les lecteurs des faits: neuf soldats français ont été tués dans une frappe aérienne à Bouaké (un incident encore aujourd’hui investigué), mais la France, en représailles, détruit l’armée de l’air ivoirienne entière. En réaction, les Ivoiriens sont descendus dans les rues pour protester. Dans les jours qui ont suivi l’incident, l’armée française aurait ouvert le feu sur des manifestants désarmés, tuant 67 personnes et blessant plus de 2.000 ivoiriens, dont 500 ont subi des blessures permanentes.

En plus de la presse internationale, l’ONU a-t-elle aussi légitimé cette politique hégémonique? Deux exemples tirés de la crise post-électorale le montrent: le 27 Février 2011, le Secrétaire général Ban Ki-moon accuse la Biélorussie de violer l’embargo international qui empêche les ventes d’armes à la Côte d’Ivoire depuis 2004, indiquant que le Bélarus a fournir du matériels militaires au gouvernement de Laurent Gbagbo. Le lendemain, l’ONU a rectifié sa déclaration et le chef de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Le Roy, a fait ses excuses à la Biélorussie, étant donné que l’accusation était sans fondement.

En Mars 2011, l’ONUCI a dû refuser une autre accusation grave qu’il avait affiché sur son site Web – L’ONUCI a allégué que des fosses communes avaient été trouvés et les a attribués à Gbagbo, en disant que l’ONU avait été interdit de visiter les zones. Toutefois, un député norvégien, Lars Riise, est allé à la Côte d’Ivoire et après avoir découvert qu’il pouvait facilement visiter les zones et ne trouvant aucune trace de fosses communes, a organisé une conférence de presse dans laquelle il a dénoncé les «faux massacres » et la « manipulation des médias de la part de l’ONUCI qu’il trouvé irresponsable. « Le film La Francia dans Nero (France Noir) par le cinéaste d’investigation, Silvestro Montanaro, diffusé sur la télévision italienne Rai, le 3 Septembre 2012, dénonce le rôle de l’ONU dans la crise post-électorale.

En expliquant la crise de 2002 en Côte d’Ivoire comme la conséquence d’un état en décomposition, de la corruption, des élites égocentriques, des travailleurs étrangers, ou des groupes ethniques et / ou religieux, on « semble oublier une question cruciale: est-ce que l’élite post-coloniale de la Côte d’Ivoire pouvait se permettre de rompre brutalement avec la France? La privatisation apportée par les programmes d’ajustement structurel dans les années 1980 ivoirien a renforcé la dépendance et fait accroitre l’influence du capital étranger dans les secteurs clés de l’économie.

« A l’aube du 21ème siècle, France Télécom a acquis 51% de Citelcom et Orange était le plus grand fournisseur de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, le Groupe Bolloré détient 67% des actions de Sitrail qui opère le chemin de fer entre Abidjan et Ouagadougou, et a une position de quasi-monopole dans le secteur des transports (Saga) et de tabac (SITAB). Air France détient 51% des actions d’Air Ivoire, Bouygues, à travers sa filiale Saur a acquis la concession de la compagnie d’électricité Ciprel et 25% de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité et contrôle la compagnie nationale de l’eau, la Sodeci. Total et ELF ont 25% des actions de la SIR (Société ivoirienne de raffinage du pétrole), le secteur bancaire a été divisé entre la BNP, le Crédit Lyonnais et la Société Générale ».

Le gouvernement de Gbagbo, afin de ne pas suivre la voie de la privatisation qui avait conduit à une augmentation de 16% de la pauvreté de 1985 à 1988, a proposé la restructuration des entreprises publiques, au lieu de la privatisation comme un modèle pour un développement économique endogène.

Ahoua Don Mello, ancien Directeur Général de l’Office National d’Etudes et du Développement Technologique, explique comment ils ont pu sauver de nombreuses entreprises publiques et les ont rendu viables. Il explique également les difficultés rencontrées pour embrasser cette politique: par exemple dans le secteur de l’énergie, Bouygues avait stipulé un contrat en vertu duquel le gaz utilisé était acheté sur le marché international, plutôt que localement dans le pays. Ceci a causé l’augmentation du prix qui est passé de 8 à 45 Francs CFA le kilowatt en cinq ans. Le gouvernement de Gbagbo était en train de modifier cet aspect du contrat avec Bouygues quand les bombes ont commencé à tomber sur le pays. Aujourd’hui, sous Ouattara, le prix de l’électricité a augmenté pour le consommateur.

Gbagbo a décidé de commencer son histoire sur la Côte d’Ivoire dans sa thèse universitaire, « La Côte d’Ivoire, les économies et société à la veille de l’Indépendance en 1940« . Après la Seconde Guerre mondiale, le régime de Vichy a eu des répercussions dans le colonies, révélant le vrai visage de la colonisation. Cela a provoqué une rupture hégémonique qui a poussé les intellectuels à faire un pas en avant vers une forme d’indépendance, même si elle est incomplète. Mais Gbagbo a qualifié cette intelligentsia comme «pauvres», car elle ne traite pas de ce qu’il définit comme les questions cruciales du moment: le problème de la nation, l’Etat, l’impérialisme et la relation avec la puissance colonisatrice. Son «gouvernement des professeurs » a mis ces questions au cœur de leur agenda politique, bien que son gouvernement a été compromise. Par exemple, en Juillet 2008, un accord a été conclu avec la France qui a aboli sa présence militaire en Côte d’Ivoire: la base militaire du 43e Bataillon d’infanterie de marine (BIMA) a été intégré momentanément dans la force Licorne, et après la fin de la mission cette base militaire française partirait pour de bon, après des siècles de présence sur le sol ivoirien.

Des voix multiples

Bien qu’il est embarrassant de savoir vers quelles sources se tourner quand on est confronté à des preuves de la falsification de l’information, de la Côte d’Ivoire commence à raconter son histoire, déclinant des détails riches en événements pour reconstruire son histoire récente.

Les sources se multiplient, exposant les voix et des genres différents – des brochures, des récits historiques, des enquêtes, des témoignages, des romans, des journaux et des blogs, ainsi que des paroles de musique – qui soulignent la transformation d’un débat contradictoire dans une transformation plus profonde, une transformation de l’hégémonie culturelle.

Un court roman, « La Côte d’Ivoire, le pays déchiré de mon grand-père » de Sylvie Bocquet-N’Guessan est le point de vue d’un jeune étudiant d’origine ivoirienne vivant dans le nord de la France. Nous apprenons dans le roman que la RTI, la télévision nationale ivoirienne, a été censuré en France pendant la crise, mais les Ivoiriens de France et dans le reste du monde n’ont jamais été coupés de nouvelles fraîches de leur pays. Ils étaient en contact quotidien avec leurs parents et amis. Un écart évident entre ce qui a été dit à la radio, à la télévision et dans les journaux français et internationaux et ce que leur grand-père leur a dit via Skype. Cette dissonance a donné lieu dans un premier temps à l’indignation et à la naissance d’une variété de réponses qui est encore aujourd’hui en cours par le biais des blogs et des sites Web de « ivoirien, belge, canadien, du Camerounais, du Togolais, du Burkinabe et du Gabonais d’origines. » Dans l’histoire de la fille, sa mère se plaint qu’un musicien a été invité sur une chaîne de télévision française pour donner son avis sur le marché financier en Côte d’Ivoire. Elle réfléchit: «C’est comme si une télévision ivoirienne a invité le chanteur Johnny Halliday pour parler de la crise financière en France. Ne pensez-vous pas que le ministre du Budget serait plus approprié », la mère se lamente: « Ce qui est scandaleux, c’est que la France attaque. Vous voyez, nous payons des impôts pour tuer une partie de notre famille ».

Des « Contre-rapports » sont publiées qui discréditent les rapports officiels avec des faits et des explications. Par exemple, l’ONU a écrit dans son rapport d’enquête sur la crise post-électorale que la campagne de Gbagbo avait utilisé le slogan «Votez original 100% », qui auraient incité au meurtre de l’ethnie de M. Ouattara. Un contre-rapport par le ministre Alain Dogou explique cependant que le mot «original» dans le slogan se référait au programme politique de Gbagbo qui n’avait pas de fondements ethniques comme le faisait croire l’ONU. En fait, le même programme avait été copié par Ouattara pour sa campagne politique, d’où le « vote original» fait référence au «programme d’origine », c’est à dire celui de Gbagbo.

Dans la vision du film-portrait « Un homme une vision de Hanny Tchelley » Gbagbo dit « je t’aime Cicerone, mais depuis que je suis en politique, je préfère César, parce que César avait su l’importance d’une armée pour la construction d’un État-nation, mais aussi la nécessité de le soumettre au pouvoir civil. Nous n’avons pas fait de grands progrès sur le plan institutionnel, nous sommes encore dans l’antiquité. «

Avec le régime Ouattara (plus d’un millier de prisonniers politiques actuellement détenus pendant près de deux ans, la police et la gendarmerie sans armes, l’armée en déroute, le nettoyage ethnique dans l’ouest contre la population We, l’ancienne rébellion violente toujours pas désarmé, les réfugiés et des personnes déplacées d’urgence, le rétablissement de la base militaire française et de plusieurs ministres français au sein du gouvernement ivoirien, la privatisation effrénée, une presse persécutés et l’impossibilité d’organiser des manifestations) la Côte d’Ivoire est projeté en arrière de 50 ans dans la construction d’un Etat-nation.

L’Europe suivra-t-elle la politique de l’européanisation de l’armée française en Afrique? Est-ce que la multilatéralisation de sa politique étrangère profite au reste du monde? La crise ivoirienne met également en avant le besoin urgent de réformer le Conseil de sécurité, en augmentant le nombre de sièges permanents pour autres continents et en prévoyant une place pour l’Europe (en enlevant la France et l’Angleterre), afin de créer une arène de la gouvernance mondiale digne de recevoir le processus de démocratisation authentique.

 

Nicoletta Fagiolo, Janvier 2013.

 

Source: Le blog de Steve Beko

mercredi, 06 février 2013

MALI: «NOUS AURIONS DU HAUSSER LA VOIX DES LE JOUR OU DES CHARS DE COMBAT FRANÇAIS ONT FORCE LES GRILLES DU PALAIS DE GBAGBO»



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Boubacar Boris Diop sur le Mali, la France et l'Afrique : "Nous aurions dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo (...) Les Maliens ont perdu leur Etat et leur honneur"


Dans une interview accordée au journal sénégalais Le Pays au Quotidien, reprise par son collègue djiboutien Abdourrahmane Waberi sur son blog hébergé par Slate Afrique, l'écrivain Boubacar Boris Diop analyse les différentes implications de la guerre au Mali... et refuse d'applaudir à tout rompre la France officielle... qu'il qualifie de "pompier pyromane".

 

"Le danger, à mon humble avis, c’est d’analyser cette guerre comme un fait isolé. Tout le monde la relie à l’agression contre la Libye, mais pas avec autant d’insistance qu’il faudrait. Il ne suffit pas de dire que l’agression contre la Libye est en train de déstabiliser la bande sahélienne et toute l’Afrique de l’Ouest. Il faut la placer, de même que le « printemps arabe », au cœur de la réflexion sur le Nord-Mali. Nous devons peut-être même aller plus loin et nous demander si nous n’aurions pas dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo. Il était possible, sans forcément soutenir Laurent Gbagbo, de bien faire savoir à Paris qu’une ligne rouge venait d’être franchie. Mais nous avons trop bien appris notre leçon sur la démocratie, on a inventé exprès pour nous des termes comme « bonne gouvernance » – qui donc a jamais entendu parler de la « bonne gouvernance » en Belgique ? – et nous en sommes venus à perdre tout sens des nuances et surtout la capacité d’inscrire des évènements politiques particuliers dans une logique globale.

(...) Il suffit de remonter le fil des évènements. Après avoir assassiné Kadhafi dans les conditions scandaleuses que l’on sait, L’Etat français a cru le moment venu de confier la sous-traitance de la guerre contre Aqmi et le Mujao à la rébellion touarègue. Comme vient de le rappeler Ibrahima Sène dans une réponse à Samir Amin, Paris et Washington décident alors d’aider les Touareg présents en Libye à rentrer lourdement armés au Mali mais, détail important, pas au Niger où on ne veut prendre aucun risque à cause d’Areva. Les Touareg sont ravis de pouvoir concrétiser enfin leur vieux rêve d’indépendance à travers un nouvel Etat de l’Azawad, allié de l’Occident.

Certains médias français se sont alors chargés de « vendre » le projet de ces « hommes bleus du désert » qui se préparent pourtant tout simplement à entrer en guerre contre le Mali. Il suffit de faire un tour dans les archives de France 24 et de RFI pour voir que le MNLA en particulier a été créé de toutes pièces par les services de Sarkozy. Ces stratèges savaient très bien que cela allait se traduire par l’effondrement de l’Etat malien et la partition de son territoire. Ça ne les a pourtant pas fait hésiter une seconde. Juppé s’est ainsi permis de minimiser l’égorgement collectif par les Touareg d’une centaine de soldats et officiers maliens le 24 janvier 2012 à Aguelhok et suggéré la possibilité d’un Azawad souverain au nord. Mais au bout du compte, le MNLA qui n’a pas été à la hauteur des attentes de ses commanditaires face aux jihadistes, s’est pratiquement sabordé, ce qui est d’ailleurs sans doute une première dans l’histoire des mouvements de libération. Dans cette affaire, la France est clairement dans le rôle du pompier pyromane. Tout laisse croire qu’elle va défaire les jihadistes, mais sa victoire coûtera aux Maliens leur Etat et leur honneur.

Je veux juste dire que c’en est fini pour longtemps de l’indépendance du Mali et de sa relative homogénéité territoriale. Il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’après s’être donné tant de mal pour libérer le Nord, la France va remettre les clefs du pays à Dioncounda Traoré et Maliens et se contenter de grandes effusions d’adieu. Non, le monde ne marche pas ainsi. La France s’est mise en bonne position dans la course aux prodigieuses richesses naturelles du Sahara et on la voit mal laisser tomber la rébellion touarègue qui reste entre ses mains une carte précieuse. Un épisode de cette guerre est passé inaperçu, qui mérite pourtant réflexion : la prise de Kidal. On en a d’abord concédé la « prise » à un MNLA qui n’a plus aucune existence militaire et quelques jours plus tard, le 29 janvier, les soldats français sont entrés seuls dans la ville, n’autorisant pas les forces maliennes à les y accompagner. Iyad Ag Ghali, patron d’Ansar Dine, discrédité par ses accointances avec AQMI et le MUJAO, est presque déjà hors jeu et son rival « modéré » Alghabasse Ag Intalla, chef du MIA, est dans les meilleures dispositions pour trouver un terrain d’entente avec Paris. En somme, les indépendantistes Touareg vont avoir après leur débâcle militaire un contrôle politique sur le nord qu’ils n’ont jamais eu. C’est un formidable paradoxe, mais l’intérêt de l’Occident, c’est un Etat central malien sans prise sur la partie septentrionale du pays. Les pressions ont commencé pour obliger Dioncounda Traoré à négocier avec des Touareg modérés sortis de la manche de Paris et on ne voit pas un président aussi affaibli que Dioncounda Traoré résister à Hollande. Que cela nous plaise ou non, le « printemps arabe » est en train de détacher définitivement l’Afrique du Nord du reste du continent et la « nouvelle frontière » c’est en quelque sorte le Nord-Mali. Cela correspond à un projet stratégique très clair, très cohérent, de l’Occident et il est en train de le mettre en œuvre."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 05 février 2013

LE COMMANDANT ABEHI ET JEAN-YVES DIBOPIEU ARRETES AU GHANA, EXTRADES ET DETENUS DANS UN LIEU SECRET PAR OUATTARA

 

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Les services secrets ghanéens du BNI ont arrêté le Commandant Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu, un jeune patriote ivoirien, hier après-midi au Ghana, selon des sources concordantes.

Les deux exilés,  le Commandant de Gendarmerie Jean Noel Abéhi et le jeune patriote Jean-Yves Dibopieu, après une brève détention dans les locaux du BNI à Accra, ont été extradés, tôt ce mardi 5 février 2013, selon les mêmes sources.

"Très tôt ce mardi 05 février 2013 à 05h00 du matin, à la frontière ivoiro-ghanéenne,  les services secrets ghanéens ont procédé à la remise des deux (2) exilés au Commissaire Youssouf Kouyaté, Directeur des Unités d’Intervention des FRCI, chargé de les conduire à Abidjan", a précisé une source proche de la hiérarchie des FRCI.

La même source indique que le Commandant Abéhi de la Gendarmerie et Jean-Yves Dibopieu sont détenus dans une prison secrète du régime Dramane Ouattara, depuis ce matin mardi, à 09H.

Pour rappel, le Commandant Jean-Noël Abéhi de la gendarmerie a dirigé le camp de Gendarmerie d’Agban qui a essuyé les bombardements de l’armée française en avril 2011. Il est allé en exil, après la crise postélectorale et depuis toujours, le régime Dramane Ouattara avait le sommeil troublé à l’idée de savoir que ce très respecté Commandant est en exil. Maintenant que Ouattara et ses FRCI tiennent le Commandant Abéhi, tous les ivoiriens redoutent que le régime Dramane Ouattara torture le Commandant Abéhi, comme cela a été le cas pour les autres extradés.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

Ghana: Jean-Noël Abéhi et de Jean-Yves Dibopieu pris et conduits à Abidjan. Comment?

 

Ce matin, l'agence de Presse Alerte-Info annonçait l’arrestation au Ghana du Commandant Jean-Noël Abéhi et de Jean Yves Dibopieu, ce lundi soir (ndrl: Hier). L’information précisait qu’ils  étaient déjà en cours de  transfert par la route vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La nouvelle s’est très vite répandue dans le milieu des refugiés et exilés Ivoiriens du Ghana, ce matin, chacun prenant attache avec qui il peut pour en savoir plus. Il ressort de mes premiers contacts que Jean-Yves Dibopieu n’avait pas donné signe de vie depuis hier soir. Ses proches ici ne s’en étaient pas vraiment inquiétés jusqu’à ce que nous entrions en contact avec eux pour vérifier cette nouvelle. Dibopieu reste injoignable au téléphone et ne s’est pas manifesté depuis. Ce qui donne du crédit à cette alerte qui se confirme quasiment.  Le schéma est quasi identique pour le Commandant Abéhi.

Mais cette fois, le nom du BNI (Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) n’est pas encore cité dans cette nouvelle affaire sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Ghana voisin où sont refugiés des milliers d’Ivoiriens qui ont fui le régime brutal du putschiste Alassane Dramane Ouattara, depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.


En l’état actuel des choses, la question légitime sera de demander à savoir comment ces deux exilés Ivoiriens ont été arrêtés et transférés en catimini vers Abidjan? S’agit-il d’une arrestation légale en bonne et due forme ou d’un rapt des hommes du despote d’Abidjan? Affaire à suivre donc.


Claudus Kouadio – Accra (Ghana)


Source: Le blog de Claudus

LA CHRONIQUE DE ATHANASE ZOKOU: FRANÇOIS HOLLANDE REND VISITE A SES SUJETS MALIENS

 

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Beaucoup d'africains ont l'art d'oublier facilement les choses les plus graves qui se sont déroulées dans leur histoire alors qu'ils conservent précieusement, en mémoire, plusieurs faits futiles de leur existence.Cela fait  trois cents ans, quatre cents ans, cinq cents ans et même plus que la France a déposé ses valises de prédateur sur un si vaste territoire qui est le continent africain.

Le masochisme, cette pathologie des damnés à qui les diseurs de boniments français vendent le cirque de l'aide à la chasse aux islamistes et aux gargantuas du Sahara est devenu une pandémie au pays de Soundiatta kéita.

Les Maliens ont en effet touché le fond.  Nos frères et soeurs de Bamako, de Sikasso et de Tombouctou sont en plein dans du délire; pas parce qu'ils sont assiégés par des islamistes dont nous savons à peu-près tout du parcours, mais parce qu'ils viennent de profaner la grandeur de leur cité aux 333 saints. Tombouctou aurait un autre saint du nom de François Hollande, selon les Maliens. François le françafricain, Hollande le ténor du mitterrandisme serait donc le numéro 334 sur la liste des saints de la ville de Tombouctou.

Au passage, je rappelle à mes compatriotes Maliens que René Caillé a bien eu du mal à pénétrer cette cité. Jadis, ville interdite aux occidentaux et aux  hommes non-circoncis, elle ne peut, sous le coup d'un agrégat d'émotion, perdre de sa superbe et de son authenticité. Non, François Hollande n'est pas un saint. C'est un être humain qui n'a pas reçu l'onction de canonisation. Il est ce qu'il est, c'est-à-dire un citoyen français. Président de la république de son pays, il poursuit un premier but qui est la quête des matières premières qui feront la richesse de son pays puis positionneront ensuite l'industrie française sur le devant de la scène. En l'espèce, s'il doit être mille fois chef de guerre, faire tuer des personnes innocentes sur son chemin, il ne va pas hésiter un seul instant. Surtout si les morts éventuels, par milliers, se trouvent être des Maliens, ce sera considéré par la rue comme étant le prix à payer pour chasser les islamistes qui, faudrait-il le souligner, ont le dos très large!

Et le sauveur de la nation malienne, selon le terme puéril employé par les autorités de Bamako, n'aura sauvé que lui-même, puis par ricochet, son fauteuil présidentiel pour le prochain quinquennat gaulois. De Saint François de Tombouctou, il deviendra dès lors, très vite, le saint patron qui donnera le tempo politico-économique, par procuration dans les mines d'or de Taoudéni, ville du grand nord malien. Tandis que les autochtones, au même titre que leurs voisins du Niger, seront les dindons de la farce instituée par Areva un jour en Libye et  qui s'est propagée au Mali.


Source: IVOIRE-POLITIQUE

GUERRE AU MALI - PAPA FRANÇOIS «MALI» HOLLANDE L'AFRICAIN S'INSTALLE DEFINITIVEMENT AU PAYS


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Près de 4.000 soldats français sont actuellement déployés sur le terrain nigéro-malien. Avec, bien sûr, l’aval des autorités. Pire, pour que la France déploie autant de monde au sol, elle qui disait ne pas vouloir intervenir au Mali, a demandé aux différents présidents, Mahamadou Issoufou du Niger et Dioncounda Traoré du Mali, des garanties écrites. Les autorités françaises ont dépêché des forces spéciales dans le nord du Niger afin d’assurer la sécurité des sites miniers du groupe nucléaire Areva . C’était donc ça le but ? La portion congrue serait-elle le fameux peuple malien qu’il fallait à tout prix sauver des affreux islamistes-terroristes?


Papa François « Mali » Hollande l’Africain, s’installe (enfin), et définitivement,  au pays. L’armée française  a fait depuis le début du week-end dernier, plus de 200 sorties avec près de 30 avions de combat dans la zone de Kidal. Selon les autorités militaires, il faut détruire toute la logistique des djihadistes, entre des dépôts de munition et de centres d’entraînement. La prochaine phase serait de les encercler et de demander leur reddition, eux, qui se seraient introduit dans des grottes et dans les montagnes alentours. Ne pouvant plus se rendre, ni au Niger ni au Burkina Faso, ni en Algérie, l’étau semble se resserrer et en matière de provisions, ils risquent de manquer de tout. La ville de Kidal elle-même est sous contrôle total des forces tchadiennes, seules autorisées à entrer dans la vile, les forces maliennes obligées de rester en dehors.

Au Niger, les localités d’Imouraren et d’Arlit (centre) ont vu s’installer les forces spéciales françaises. C’est dans ces zones que sévit Areva. Areva exploite de l’uranium depuis plus de 40 ans au Niger en reversant au Niger des miettes. La France toucherait plus de 90% des revenus alors que le Niger, pas même 10%. C’est une forme de patriotisme criminel. A partir du moment où, nous, ici en France avons de l’électricité, pas d’autres soucis. Si les groupes armés qui ont menacé de s’en prendre aux intérêts français agissent sur un site d’Areva, nous risquons de nous éclairer avec des lampes torches ou des lampes tempêtes. Quelle régression ! N’est-il pas ?

L’intervention française au mali a finalement donné à la France, une certaine latitude sur les ressources minières maliennes. Plus besoin de batailler ou d’attendre un quelconque appel d’offres. Depuis plusieurs années, la France remuait terre et ciel pour obtenir l’exploitation de quelques 5’000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17’000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako. Un protocole d’accord aurait été signé pendant la visite de François « Mali » au pays entre les autorités maliennes et  l’entreprise française Foraco, qui cédera sa place à…Areva.

Les Maliens n’ont vu que du feu. Tout un peuple, plus de 15 millions d’âmes est convaincu que 5000 islamo-terroristes pouvaient ou allaient les mettre en joue ? Quelle ironie ! Aujourd’hui, comme par hasard, les Etats-Unis « offrent » leurs drones. Le Tchad a envoyé 1000 hommes sur place, après avoir reçu son chèque. Vous croyez que c’est le hasard ? Qui peut déployer autant de force et d’argent simplement pour aider les Africains ? Or, ces gens, pour mieux préparer leur aventure africaine, se sont appuyés sur les idiots utiles de l’Occident, ces soi-disant djihadistes, qui disaient lutter pour Allah et mourir pour lui. Ils ont multiplié les exactions pour le bonheur de l’Occident. Pourquoi fuient-ils donc maintenant ? Ils ont aussi peur de mourir ? Avis aux amateurs!


Source: Le blog d'Allain Jules

lundi, 04 février 2013

OUATTARA LANCE UNE FATWA CONTRE LES PRO-GBAGBO A ACCRA

 

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Depuis qu’ils ont réussi à pécher le président du Cojep dans le marigot ghanéen, des agents d’Interpol, appuyés de certains éléments des forces de sécurité du pays de Jerry Rawlings et d’autres venus d’Abidjan, ne se donnent pas de répit pour mettre le grappin sur les Ivoiriens exilés.

 

Plus de peur que de mal pour Mosis Christian-Pierre, un exilé ivoirien au Ghana. Enlevé mercredi 23 janvier dernier à Accra, il a finalement été libéré le 29 janvier à 19 heures par le Bureau of National Investigation (BNI), équivalent local de la DST. Un autre réfugié ivoirien, Koffi Serge alias «Anaconda», a eu moins de chance. Arrêté selon le même modus operandi, il est toujours porté disparu au moment où nous mettons sous presse. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été extradé dans des conditions extrajudiciaires ou enlevé par des éléments venus directement d’Abidjan dans le cadre d’une opération en marge de la légalité ? En tout cas, il ne se trouve pas au BNI, ce qui inquiète profondément la communauté des réfugiés ivoiriens…

Dans ce climat de traque des réfugiés politiques ivoiriens au Ghana par le régime Ouattara, l’ancien ministre du gouvernement Aké N’Gbo, Charles Rodel Dosso, le leader de la galaxie patriotique et Gohourou Claude, ancien responsable d’association de défense des victimes des déchets toxiques, en conflit avec Adama Bictogo dans le cadre du scandale qui lui a valu son poste de ministre de l’Intégration africaine, ont échappé récemment à un enlèvement, alors qu’ils se trouvaient ensemble, selon des informations parvenues à la rédaction du Nouveau Courrier. Il y a une dizaine de jours, poursuivent nos sources, l’ex-DG de la douane, Alphonse Mangly, a vu sa maison d’Accra attaquée par des hommes armés qui seraient vraisemblablement venus le kidnapper. Il a échappé in extremis à un enlèvement.

Depuis ces différentes tentatives d’enlèvements ciblés à Accra, c’est la psychose au sein des exilés pro-Gbagbo qui soupçonnent certains des leurs de servir d’infiltrés à la solde du régime d’Abidjan, en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

L’attitude des autorités ghanéennes difficilement lisible

Le hic, c’est que Interpol et des agents venus de Côte d’Ivoire en mission opèrent à leur guise. Alors que le Parlement ghanéen avait voté une loi en session extraordinaire accordant le statut de refugiés politiques à tous les Ivoiriens exilés au Ghana depuis la guerre post-électorale. Et ce, deux jours avant la visite à Accra d’Alassane Dramane Ouattara, le 6 octobre 2011. La carte bleue d’exilé avait été ensuite distribuée. Elle place les victimes du régime d’Abidjan sous la protection de la Constitution ghanéenne et interdit l’extradition d’un exilé politique dans son pays.

Les autorités ghanéennes vont-elles laisser piétiner leur propre loi en regardant opérer librement Interpol sur leur territoire ? Cette traque sournoise s’opère-t-elle avec leur bénédiction ?

Au cours d’une de ses sorties publiques en décembre dernier, après l’élection de John Dramani à la tête de l’Etat ghanéen, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, avait déclaré que le rapatriement des exilés politiques était une question de temps. Est-ce ce processus qui s’opère de la façon la plus brutale ? Les autorités ghanéennes gagneraient à éclairer la lanterne de l’opinion.

 

Gilles Naismon, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


SourceEBURNIENEWS

dimanche, 03 février 2013

L'IMPERIALISME PREVOIT «DES DECENNIES DE GUERRE» EN AFRIQUE

 

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L’intervention française au Mali, suivie du siège sanglant en Algérie, représente un tournant dans ce qui se présente comme une nouvelle ruée impérialiste vers l’Afrique. Ces événements, si peu de temps après la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en vue d’un changement de régime en Libye et la guerre civile sectaire en Syrie avec le soutien de Washington, sont le signe que l’humanité assiste à une poussée convulsive des grandes puissances pour la redivision du monde, de ses territoires, ses marchés, ses ressources.

Il y a tout lieu de croire que cette campagne de recolonisation d’une grande partie de la planète sera encore plus sanglante et plus tyrannique que la première colonisation de l’Afrique.

Tout comme durant la guerre contre la Libye, la France a pris les devants en déchaînant sur le territoire malien ses chasseurs-bombardiers et ses chiens de guerre que sont la Légion étrangère. Cependant, les autres grandes puissances impérialistes ont clairement signalé qu’elles ne resteront pas à l’écart.

Le premier ministre britannique David Cameron a juré que le Royaume-Uni « collaborera avec d’autres pour verrouiller ce territoire non gouverné » en Afrique du Nord-Ouest, « avec tous les moyens dont nous disposons. » Qualifiant les développements au Mali et dans les pays avoisinants de « menace mondiale », Cameron a déclaré que cette situation « exigera une réponse sur plusieurs années, voire même plusieurs décennies, plutôt que quelques mois. »

Le gouvernement Obama a d’abord adopté une approche prudente envers les événements au Mali, préoccupé, sans doute, de se retrouver à aider un rival impérialiste, sapant ainsi ses propres objectifs prédateurs en Afrique. Cependant, avec la crise des otages en Algérie qui a coûté la vie à au moins 80 personnes, y compris trois Américains, Washington a clairement exprimé ses intentions d’intervenir de manière agressive.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré vendredi dernier: « Nous avons la responsabilité de chasser Al-Qaïda, où qu’il se trouve. Nous les avons chassés dans le FATA (les zones tribales administrées fédéralement au Pakistan). Nous sommes en train de les chasser au Yémen et en Somalie. Nous avons la responsabilité d’assurer qu’Al-Quaïda n’établisse pas de bases d’opérations en Afrique du Nord et au Mali. »

Le message est clair. Le Mali et la région seront transformés en un nouveau front dans la crise de folie meurtrière à échelle mondiale des Etats-Unis et qui sera perpétrée en premier lieu avec des drones Predator et des missiles Hellfire.

Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils sont en train d’envoyer des Forces Spéciales comme « formateurs » et « conseillers » aux six pays, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Ghana, qui fourniront les soldats permettant à la Communauté économique ouest africaine (Cédéao) de bricoler une force africaine qui agira en intermédiaire de l’intervention impérialiste. Les Etats-Unis fourniront le transport aérien pour acheminer les troupes africaines de la Cédéao au Mali.

Autant pour la belle rhétorique d’Obama lors de son investiture. « Une décennie de guerres se termine, » a-t-il déclaré lundi, un jour seulement après que Cameron avertissait que c’était le commencement de décennies de guerres en Afrique.

Nous sommes maintenant dans une ère historique où chaque nouvelle guerre engendre la suivante: La Libye, la Syrie et maintenant le Mali, en l’espace de moins de deux ans.

Le lien entre ces guerres est rarement reconnu dans les médias officiels, qui, d’une voix haletante, font des reportages sur chaque nouvelle crise, des combats au Mali au drame des otages en Algérie dans le complexe gazier, comme s’il s’agissait d’un outrage insensé ne pouvant s’expliquer que comme le développement d’une lutte entre le bien et le mal, connue sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme.

On n’est pas censé prononcer le terme de « boomerang explosif » lorsque l’on est en présence des délicats réseaux médiatiques. Et pourtant c’est précisément de cela qu’il s’agit. La guerre Etat-Unis/OTAN pour le changement de régime en Libye a déstabilisé la région tout entière. Cela a eu pour effet de faire fuir les Touaregs, dont beaucoup avaient servi parmi les forces de sécurité de Khadafi, qui sont entrés se réfugier au Mali dans une situation où les « révolutionnaires » de Libye soutenus par l’OTAN chassaient et tuaient toute personne à peau noire.

Les Touaregs sont un peuple nomade du Sahel qui s’étend en bordure du désert du Sahara. Ils habitent le Nord du Mali ainsi que le Niger, l’Algérie, le Maroc, la Libye et le Burkina Faso.

Au Mali, l’oppression et la négligence du gouvernement central ont provoqué quatre révoltes depuis l’indépendance en 1960. Des révoltes similaires se sont produites au Niger voisin. L’arrivée des Touraegs fuyant la Libye, combinée aux grandes quantités d’armes libyennes disponibles, ont déclenché cette dernière révolte qui a été alimentée par la défection de grande envergure de soldats et d’officiers touaregs de l’armée malienne.

Les nationalistes touaregs laïcs ont cependant été supplantés par des forces islamistes mieux équipées et mieux financées. Fortement consolidées par la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye où elles ont été armées et soutenues par Washington comme force terrestre par procuration contre Kadhafi, elles sont à présent armées et financées de la même façon comme troupes de choc pour un changement de régime en Syrie. O ne peut pas comprendre la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique si on ne reconnaît pas que Washington opère au sein d’une alliance de fait avec des forces liées à Al Qaïda.

Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), nouvel épouvantail de la « guerre contre le terrorisme, » est comme son prédécesseur en Afghanistan, le monstre Frankenstein de l’impérialisme occidental. AQMI avait émergé au sein de forces qui étaient parties se battre en Afghanistan, soutenues par les Etats-Unis, contre le régime de Kaboul, soutenu par l’Union soviétique dans les années 1980. Elles étaient ensuite rentrées pour se battre dans la sanglante guerre civile algérienne des années 1990, où l’impérialisme américain et français soutenaient l’armée algérienne dans sa prise de pouvoir visant à empêcher l’élection du Front de salut islamique. La répression qui s’ensuivit provoqua la mort de 100.000 Algériens.

Le gouvernement algérien a accusé l’émirat du Qatar, un allié clef de Washington, de financer AQMI, tout comme il finance les « rebelles » soutenus par les Américains en Syrie. Avant même le conflit actuel, ce n’était un secret pour personne que AQMI et des groupes similaires jouissaient de l’approbation tacite du gouvernement central du Mali, appuyé par Washington et Paris, qui voyait les Islamistes comme un contrepoids utile aux Touaregs.

Et maintenant, on nous demande de croire que cette même organisation est devenue une menace « mondiale », capable d’attaquer à tout moment « notre patrie ».

Le conflit grandissant en Afrique n’a rien à voir avec Al Quaïda ni avec la lutte contre le terrorisme. Le magazine Time a succinctement exposé les motifs réels au Mali: « Les dangers se développent ailleurs, avec d’énormes réserves de pétrole attirant les entreprises occidentales à mettre en place la production de pétrole à travers le vaste Sahel. Au sud de l’Algérie et du Mali se trouve le Niger, un pays désertique extrêmement pauvre avec une production d’uranium au quatrième rang mondial, qui alimente le réseau essentiel du parc nucléaire de la France. A l’est de l’Algérie se trouve la Libye, où un certain nombre d’entreprises occidentales exploitent quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole de l’Afrique. »

L’impérialisme américain et les puissances européennes qui avaient précédemment colonisé l’Afrique sont déterminés à s’emparer de ces ressources. Après avoir été supplantés par la Chine comme unique et plus important partenaire commercial de l’Afrique, et toujours derrière Pékin en termes de croissance de l’investissement direct étranger, Washington et les puissances européennes se tournent vers une intervention militaire comme moyen de compenser leur déclin économique.

Tout comme cela avait été le cas avec les rivalités inter-impérialistes générées par la ruée vers l’Afrique il y a un siècle, les conflits actuels pour la domination du continent conduiront à l’éruption d’un nouvelle guerre mondiale.


Bill Van Auken

Article original, WSWS, paru le 23 janvier 2013


Source: MONDIALISATION.CA

DEMASQUER LES FRERES MUSULMANS: SYRIE, EGYPTE ET AU-DELA


EGYPTE. LES FRERES MUSULMANS A L'EPREUVE DE LA REVOLUTION.jpg


La complexité du Printemps Arabe et le combat pour la liberté politique …

…à travers le monde arabe ne doit pas obscurcir ce qui est desormais devenu évident pour tout anti impérialiste : les Frères Musulmans sont l’une des plus puissantes armes de la classe dirigeante occidentale dans le Monde Musulman. C’est peut être une pillule difficile à avaler pour des raisons émotionnelles ou psychologiques, mais il suffit de regarder le rôle insidieux joué par cette organisation en Syrie et les abus de pouvoir et des droits de l’homme du gouvernement en Egypte. Dans la guerre soutenue par les US/OTAN contre le gouvernement Assad, les Frères Musulmans apparaissent comme la force bénéficiant du soutien de l’Occident, l’avant garde de l’assaut impérialiste. alors qu’en Egypte le président Morsi et le gouvernement des Frères Musulmans cherchent à détruire ce qui a été il y a un peu plus d’un an la promesse d’une révolution.

Les Frères Musulmans en Syrie

La création cette semaine d’un commandement suprême militaire en charge de toute l’aide militaire et la coordination des rebelles prouve sans équivoque le rôle de dirigeants des Frères Musulmans dans l’objectif de changement de régime en Syrie. Comme l’a rapporté Reuters :

 » Le commandement unifié comprend beaucoup d’individus ayant des liens avec les Frères Musulmans et les Salafistes… il exclut les plus hauts officiers qui ont fait défection de l’armée d’Assad(1). »

Cette structure de commandement formée à la demande et avec le soutien des US, de la GB, de la France de l’Arabie Saoudite du Qatar et de la Turquie entre autres, n’inclue pas seulement des membres des Frères Musulmans elle est en fait dominée par eux.Est ce possible que les puissances impérialistes occidentales n’aient pas noté que le groupe qu’il formait comprenait ces éléments ? Suggérer cela serait accuser les « hommes d’état » dirigeant le monde (Hillary Clinton, William Hague, Laurent Fabius, Ahmet Davutoglu, ect…) d’être stupides. Hélas ce n’est pas le cas. En fait ces individus ont collaboré pour recréer une force de proxies des Frères Musulmans en Syrie, une force qui peut être contrôlée et dépendre d’eux pour faire ce que veut l’Occident.

Cependant ce n’est pas suffisant de dire que les Frères Musulmans dirigent la nouvelle structure militaire car cela voudrait dire qu’il n’ont pas joué de rôle principal jusqu’à présent. En fait l’Organisation a été au centre de la déstabilisation de la Syrie depuis le début du conflit armé. Le Conseil National Syrien ce qui tenait lieu au début « d’opposition » soutenue par l’Occident était lui-même dominé en coulisses par les Frères Musulmans. Comme la déclaré l’ancien dirigeant des Frères Musulmans Ali Sadreddine concernant le CNS :

 » nous choisissons le visage acceptable par l’Occident…Nous avons nommé (l’ancien chef du CNS Burhan) Ghalioun à la tête du front d’action nationale. Nous n’agissons pas actuellement en tant que Frères Musulmans mais comme faisant partie d’un front qui inclus tous les courants. »(2)

Nous voyons donc là que l’organisation a depuis le tout début maintenu une grande partie du contrôle sur l’opposition basée à l’étranger distinctement différent de l’opposition interne des Conseils de Coordination Nationale et d’autres groupes. Les Frères Musulmans une machine politique internationale et para militaire a été amenée à diriger la bataille contre le gouvernement d’ Assad.

En fait, les Frères Musulmans ont fourni un certain nombre de cadres de direction et d’assistance à l’opposition basée à l’étranger et soutenue par l’étranger bien au delà de la simple direction. Allant de la couverture diplomatique et politique au soutien tactique sur le terrain tels la fourniture clandestine d’armes, le recrutement de combattants, et d’autres responsabilités nécessaires, cela couvre tout ce que nous en Occident appelons parce que cela nous arrange les « rebelles ».

Dés Mai 2012 les Frères Musulmans en Egypte le centre d’organisation fournissait déjà le soutien diplomatique et politique dont les rebelles avaient besoin pour renverser le régime d’Assad. Alors qu’ils étaient sur le point de remporter les élections égyptiennes les Frères Musulmans étaient occupés à faire des déclarations publiques sur la nécessité d’une intervention militaire occidentale en Syrie. Le porte parole de l’Organisation, Mahmoud Ghozlan a déclaré :

 » les Frères Musulmans appellent les gouvernements arabes islamiques et internationaux à intervenir… pour renverser le régime(d’Assad) » (3).

Cette déclaration publique enflammée est une coup asséné à tous ceux qui affirment que les Frères Musulmans sont d’une certaine façon anti-impérialistes qu’ils s’opposent à la domination par l’Occident du Monde Arabe. Au contraire bien qu’ils puissent se poser comme opposants à l’Occident ils sont en fait des outils des puissances impérialistes utilisés pour détruire des nations indépendantes qui s’opposent à la domination hégémonique des US au Moyen Orient.

Ce soutien politique et diplomatique est l’un des aspects de l’implication des Frères Musulmans dans la destruction de la Syrie. Comme l’a rapporté le New York Times en Juin 2012:

  « des officiers de la CIA agissent secrètement dans le Sud de la Turquie aidant les alliés à choisir quels combattants de l’opposition syrienne recevront des armes de l’autre côte de la frontière… par le biais d’un réseau clandestin d’intermédiaires incluant les Frères Musulmans syriens (4)»

L’utilisation des Frères Musulmans pour fournir clandestinement des armes aux rebelles en Syrie ne devrait pas être une surprise étant donné que ce sont les monarchies sunnites de la région ( Arabie Saoudite et Qatar principalement) qui ont été les voix les plus vociférantes pour un changement de régime en Syrie par tous les moyens nécessaires. La relation entre ces monarchies et les Frères Musulmans est évidente. Elles partagent les mêmes convictions religieuses et sont des ennemis farouches de toute forme de Shi’isme. De plus elles ont été partie prenante du système d »hégémonie US qui a maintenu toute la région sous son emprise vicieuse depuis des décennies.

Beaucoup ont affirmé par le passé que bien qu’ils partagent la même idéologie et « marque » les Frères Musulmans de Syrie étaient d’une certaine façon indépendants de la « Maison Mère ». Cette affirmation hasardeuse ne résiste pas au simple fait que chaque position publique prise par les Frères Musulmans syriens s’aligne directement sur les déclarations publiques du Caire.

Comme le montre l’article du Carnegie Middle East Center « The Muslim Brotherhood in Syria » :

« depuis le début de la révolution les Frères Musulmans ont maintenu qu’une intervention étrangère est la seule solution possible à la crise en Syrie. En Octobre 2011 ilsont également appelé la Turquie à intervenir et à établir des zones humanitaires protégées en territoire turc. »(5).

Quand deux entités portent le même nom ont les même sponsors et adoptent les mêmes positions c’est un exercice d’ignorance voulue que d’affirmer qu’elles ne sont pas tout à faire pareilles; plus précisément qu’elles prennent leurs ordres des mêmes maîtres mais qui sont ces maîtres ?

Les Puissances derrière les Frères Musulmans.

En examinant le rôle extrêmement insidieux que les Frères Musulmans jouent en Syrie on doit commencer par comprendre la relation historique entre les Frères Musulmans et l’impérialisme occidental. L’organisation a été fondée en 1928 par Hassan al Banna dans le but de rétablir une forme pure d’Islam comme il a existé il y a des siècles. Cependant ce n’était simplement que le vernis religieux crée pour dissimuler les intentions politiques de l’organisation. Comme cela a été expliqué dans un article de Mother Jones  » What is the Muslim Brotherhood and will it take over Egypt ? » l’auteur explique que:

 « Les Frères Musulmans servent à combattre les nationalistes et communistes malgré l’anti impérialisme de base des Frères Musulmans le groupe finit souvent par faire cause commune avec le colonialisme britannique. Elle fonctionne comme une agence de renseignement y compris à ses tout débuts de facto comme une arme des renseignements occidentaux et ceci est primordial pour comprendre son développement et son pouvoir politique actuel. »

Cependant il y a ceux qui affirment que malgré cette « coïncidence » d’objectifs et d’agendas les Frères Musulmans ne pourraient jamais être directement liés à la communauté du renseignement. Cependant comme Robert Dreyfuss auteur de l’article de Mother Jones l’a fait clairement remarquer il y a de nombreuses preuves liant la direction des Frères Musulmans directement avec la CIA :

« A ce moment là (1954) le chef de l’organisation du groupe à l’international un responsable bien connu était Said Ramadan gendre d’Hassan al banna. Ramadan avait attiré l’attention à la fois de la CIA et du MI-6 les services de renseignements britanniques. En faisant des recherche pour mon livre… je suis tombé sur une photo inhabituelle montrant Ramadan avec le Président Eisenhower dans le bureau oval. A ce moment là ou juste après Ramadan avait probablement été recruté comme agent de la CIA. Le reporter du Wall Street Journal Ian Johnson a fourni depuis les preuves des liens étroits entre Ramadan et différentes agences de renseignements occidentaux… Johnson écrit :  » à la fin de la décennie la CIA soutenait ouvertement Ramadan. »(7).

Le fait que le personnage central dans l’organisation internationale était un agent connu de la CIA corrobore les affirmations faites par de nombreux analystes et enquêteurs que les Frères Musulmans ont été utilisés comme arme contre Nasser et en fait contre tous les dirigeants socialistes arabes qui à cette époque faisaient partie du nationalisme arabe montant qui visait comme but ultime l’indépendance de la domination impérialiste occidentale.

Afin de comprendre pleinement comment les Frères Musulmans se sont développés pour être ce qu’ils sont actuellement on doit comprendre la relation entre eux et la maison royale d’Arabie Saoudite. En fait les Saoudiens ont été depuis des décennies les principaux financiers des Frères Musulmans pour les mêmes raisons que les US et les puissances occidentales avaient besoin d’eux : s’opposer au nationalisme arabe et à ‘l’insolence » accrue des états shi’ites. Dreyfuss écrit :

« Dés le début les Frères Musulmans ont été généreusement financés par le Royaume d’Arabie Saoudite qui appréciait sa politique ultra conservatrice et sa haine virulente des communistes arabes. »(8)

C’est principalement alors que les US commençaient à exercer leur pouvoir partout dans la région après la seconde guerre mondiale que les Frères Musulmans se sont trouvés là comme bénéficiaires volontaires et humbles servants semant la haine entre les Sunnites et les Shi’ites adoptant une idéologie haineuse salafiste qui incitait au conflit et à la guerre inexorable entre les différentes branches de l’Islam. Bien sûr tout ceci bénéficie aux puissances occidentales qui non cure de l’idéologie l’essentiel étant leur argent et les ressources.

Actuellement un outil des puissances occidentales ?

On dit souvent que bien que l’histoire des Frères Musulmans les lient intimement aux services secrets occidentaux néanmoins l’organisation a changé et s’est transformée en force pacifique pour le progrés politique du Monde Arabe. Comme l’ont montré les évènemernts récents en Egypte rien n’est plus éloigné de la vérité. Avec la tentative anti -démocratique de s’accaparer le pouvoir du président égyptien Morsi la régression en matière de droits civils de droits des femmes et des minorités ethniques et religieuses, les Frères Musulmans ont montré qu’ils n’étaient qu’une force politique réactionnaire faisant semblant d’être une force de « progrés ».

S’il reste à quelqu’un un doute sur les vraies intentions et motivations des Frères Musulmans une fois arrivés au pouvoir en Egypte il suffit d’observer leur position sur les institutions de la finance mondiale capitaliste, le FMI. Au Caire l’une des premières décisions prises par Morsi et le gouvernement des Frères Musulmans cela a été de dire qu’en fait ils accepteraient volontiers les prêts sous conditions du FMI (9) pour se sauver de la perspective d’une crise économique continuelle. Néanmoins comme faisant partie des conditions du prêt le gouvernement Morsi devrait réduire drastiquement les subventions, régulations et autres  » restrictions commerciales » tout en augmentant les taxes de la classe moyenne. Cela veut dire principalement que les frères Musulmans ont accepté le cocktail habituel d’austérité administré par les agents de la finance capitaliste de si nombreuses fois partout dans le monde. Ceci naturellement nous amène à poser la question : est ce que c’est la fin de la révolution ? Effectivement beaucoup dans les rues du Caire se posent cette question. Ou plus précisément ils connaissent la réponse.

En Egypte comme en Syrie les Frères Musulmans se sont transformés en serviteurs de la classe dirigeante impérialiste occidentale. Ils ont scrupuleusement servi ses intérêts pendant des décennies même si les noms, les visages et la propagande ont changé pendant ces années. Alors que nous regardons les photos tragiques provenant de Syrie ou les dizaines de milliers de personnes dans les rues du Caire nous devons nous demander pourquoi il a fallu si longtemps à cette organisation perfide pour être exposée ou même comprise. La réponse c’est comme d’habitude car ils servent les intérêts du capitalisme mondial pour maintenir le reste du monde dans la confusion pour reconnaître qui sont les vrais ennemis du progrés. En révélant leur vraie nature (des FM ndlt) les vraies forces de paix et de progrés partout dans le monde peuvent rejeter les Frères Musulmans et le système impérialiste sous toutes ses formes visibles et invisibles.


Eric Draitser

Le 12 décembre 2012

StopImperialism.com

Article original en anglais :

 

The U.S. and the Privatization of El Salvador, le 12 décembre 2012

Traduction : Mireille Delamarre, http://french.irib.ir/

Eric Draitser a créé le site StopImperialism.com. Il est analyste indépendant en géopolitique, basé à New York City.  Il contribue régulièrement à Russia Today, Press TV, GlobalResearch.ca, et d’autres médias.

 

[1] http://news.yahoo.com/rebels-circle-damascus-airport-russia-u-downbeat-013515100.html

[2] http://www.reuters.com/article/2012/05/06/us-syria-brotherhood-idUSBRE84504R20120506

[3] http://english.al-akhbar.com/content/egypts-brotherhood-calls-intervention-syria

[4] http://www.nytimes.com/2012/06/21/world/middleeast/cia-said-to-aid-in-steering-arms-to-syrian-rebels.html?pagewanted=all&_r=0

[5] http://carnegie-mec.org/publications/?fa=48370

[6] http://www.motherjones.com/politics/2011/02/what-is-the-muslim-brotherhood

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] http://www.albawaba.com/business/morsi-egypt-imf-loan-432065

 

Traduction Mireille Delamarre


SourceMONDIALISATION.CA

samedi, 02 février 2013

MICHEL COLLON: «L'ALGERIE EST CLAIREMENT LA SUIVANTE SUR LA LISTE»

 

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Entretien accordé au quotidien algérien La Nouvelle République à propos de la guerre au Mali, du conflit syrien et des «printemps arabes».

 

Michel Collon est écrivain et journaliste indépendant. Il écrit des livres, collabore à des documentaires et a fondé le Collectif Investig’Action. Celui-ci anime le site Internet michelcollon.info avec une newsletter hebdomadaire diffusée à 100 000 abonnés en trois langues : français, espagnol et anglais. Il est spécialisé dans l’analyse des stratégies de guerre, des relations Nord-Sud et des médiamensonges.

Il a organisé des déploiements d'observateurs civils en Yougoslavie et en Irak, et s'est rendu en Libye en juin et juillet 2011. Il est co-auteur du film documentaire Les Damnés du Kosovo sur la guerre menée par l’Otan en Yougoslavie. Il a produit le documentaire de Vanessa Stojilkovic Bruxelles–Caracas sur l’expérience du Venezuela. Il est membre du Conseil consultatif de la télévision latino-américaine TeleSur. Michel Collon s'est fait connaître du grand public francophone lors de ses passages à l'émission « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéï (France 3). Ses idées et son argumentation ont suscité l’intérêt des téléspectateurs.

Son livre Bush le cyclone (2006), prenant pour point de départ la catastrophe de La Nouvelle-Orléans et la guerre en Irak, étudie les liens entre l’économie et la guerre, ainsi que le rôle des médias. Son livre Les 7 péchés d’Hugo Chavez, publié en 2009, analyse les raisons de la pauvreté de l’Amérique latine, la politique générale et l’histoire des multinationales pétrolières. Il décrit l’entreprise menée par Hugo Chavez pour libérer son pays de la pauvreté et de la dépendance envers les USA. Son livre Israël, parlons-en ! comporte vingt entretiens avec des spécialistes juifs et arabes, européens et nord-américains : Noam Chomsky, Sand, Alain Gresh, Tariq Ramadan, Mohamed Hassan… Il en a rédigé la synthèse sous le titre Comment parler d’Israël.

Au cœur de tout son travail et du site michelcollon.info, on trouve en effet l’idée que, face à la désinformation, le rôle des citoyens est essentiel pour garantir le droit à, l’info. Son livre Libye, Otan et médiamensonges (septembre 2001), tout en ne cachant pas les fautes de Kadhafi, a exposé les véritables objectifs des Etats-Unis, de la France et de l’Otan par rapport au pétrole, au contrôle du Moyen-Orient et au maintien de l’Afrique en dépendance des multinationales.

Son dernier livre, corédigé avec Grégoire Lalieu et publié en décembre 2011, La Stratégie du Chaos (Impérialisme et islam – Entretiens avec Mohamed Hassan) analyse la nouvelle stratégie mondiale des USA pour le contrôle des richesses et des régions stratégiques du monde musulman (Méditerranée, Moyen-Orient, Corne de l’Afrique, Asie du Sud) en liaison avec la crise économique mondiale.

La Nouvelle République : Vous avez travaillé sur l'intervention militaire en Libye et ses répercussions stratégiques sur la région du Sahel, quelle est votre approche sur la situation au Nord-Mali et son impact régional et international ?

Michel Collon : Je pense que l’intervention de la France contre le Mali, c’est la continuation de la guerre contre la Libye et contre la Syrie. C’est une nouvelle phase dans ce que j’appellerais la recolonisation ou le fait de stabiliser la colonisation de l’Afrique en général, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Je pense que la chose qui n’est jamais traitée dans les médias européens et des Etats-Unis, c’est que le Mali et toute la région est pour la France, je veux dire la France officielle, la France des 1%, une zone de richesses naturelles que les multinationales françaises considèrent leur appartenir et pas aux populations locales.

L’exploitation des mines d’or par des groupes français comme Bouygues, dans des conditions scandaleuses avec de nombreux mineurs qui meurent à cause de l’utilisation du cyanure et de l’arsenic sans prévention et sans soins corrects, est la preuve que ces multinationales sont prêtes à écraser des êtres humains pour maintenir ou augmenter leur profit. Au Mali, on trouve également des gisements d’uranium ; c’est une richesse stratégique pour la multinationale française Areva, numéro un dans l’exportation du nucléaire au niveau mondial et la France a toujours fait en sorte de s’assurer le contrôle des gisements d’uranium et pour cela, elle a commis les pires crimes.

Et, donc, quand on veut voir comment la France considère les richesses naturelles, il suffit de voir l’exemple du Niger, c’est le pays n°174 sur la liste du développement humain, c'est-à-dire le dernier pays, le plus pauvre, les Nigériens ont une espérance de vie de 49 ans et moins de trois enfants sur dix vont à l’école. Et lorsqu’on a demandé à la multinationale Areva de faire un geste pour ces enfants, elle a répondu que ce n’était pas son problème, donc les Nigériens peuvent crever de faim, littéralement, et les Maliens aussi, pendant que des firmes comme Areva et celles qui travaillent avec elle, c'est-à-dire Suez, Bouygues, Alstom, construisent des profits fabuleux et que leurs actionnaires et leurs principaux dirigeants se construisent des châteaux un peu partout dans le monde.

Donc on a l’or, l’uranium, on a bien entendu le gaz et le pétrole, avec des richesses très importantes en Algérie et aussi dans d’autres pays de la région, et on constate qu’il y a une guerre pour les matières premières qui se mène, avec comme acteurs principaux, la France, les Etats-Unis, mais aussi le Qatar qui jour un rôle trouble en coulisses et qui veut devenir le n°1 mondial du gaz en alliance avec les Etats-Unis et contre la Russie, et donc je pense que cette guerre au Mali, c’est une guerre contre les patriotes maliens qui ont essayé de mettre fin à la corruption et de faire en sorte que les richesses naturelles du Mali profitent aux Maliens et permettent de mettre fin à la pauvreté. C’est une guerre contre le Niger, dont l’uranium est absolument stratégique.

C’est une guerre contre l’Algérie, parce que ce pays a lui aussi des ressources naturelles très importantes comme chacun sait. Il n’entend pas les offrir aux multinationales françaises et autres, donc c’est un pays qui conserve un secteur public important. C’est un pays qui résiste à Israël, qui a refusé de s’intégrer dans l’Otan et dans Africom, l’organisation militaire des Etats-Unis pour le contrôle des richesses de l’Afrique. Ses dirigeants militaires ont très clairement expliqué que le but d’Africom, donc le but des interventions militaires que les Etats-Unis préparent dans toute l’Afrique, c’est d’empêcher que l’Afrique ne soit indépendante et n’aie des partenaires comme la Chine, le Brésil, la Russie et d’autres pays.

Leur vision, c’est que l’Afrique doit rester la chasse gardée des puissances coloniales européennes et j’emploie à dessein le terme colonial parce que, selon moi, le colonialisme n’est pas fini, il a seulement changé de forme. Et la question de la Chine et de sa présence en Afrique comme partenaire alternatif est très importante et le meilleur exemple c’est que le jour où au Niger, il y a un président qui a commencé à vouloir rencontrer les Chinois pour discuter des alternatives commerciales, il a été très rapidement destitué par un coup d’Etat organisé par la France.

Que pensez-vous de l'évolution de la situation en Syrie et du rapport de force entre les groupuscules et milices qui composent l'« ASL » et l'armée nationale syrienne, et quel avenir voyez-vous pour une Syrie en proie à une guerre totale ?

La Syrie est l’objet d’une guerre qui est en réalité menée par une coalition : les Etats-Unis, la France, Israël discrètement dans les coulisses, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar. On sait, le New York Times l’a confirmé, que les Etats-Unis fournissent des armes aux rebelles syriens via l’Arabie Saoudite et le Qatar. C’est donc assez ironique, ce serait drôle, si ce n’était tragique, de voir que l’Occident nous dit qu’il va apporter la démocratie en Syrie grâce à l’Arabie Saoudite et le Qatar qui sont deux régimes théocratiques, ce qu’il existe de plus réactionnaire sur le plan politique et social et de plus fanatique sur le plan religieux, et que ce sont des régimes traitant les femmes comme des animaux et traitant les travailleurs comme des esclaves, littéralement l’esclavage règne au Qatar, en Arabie Saoudite, et c’est avec ces gens-là qu’on prétend apporter la démocratie.

Donc, il est certain qu’en Syrie, il y a beaucoup de choses qui devraient changer, et je pense que tous les patriotes syriens, y compris ceux de l’opposition, devraient entamer un dialogue pour voir ce qu’il faut changer et comment le changer, et établir un programme. Mais l’objectif des agents des Etats-Unis, de la France, de l’Arabie Saoudite et du Qatar n’est pas d’amener la démocratie en Syrie, parce que si on amène la démocratie dans le monde arabe d’une manière générale, que vont dire les Arabes : que l’agression et le colonialisme israélien, c’est intolérable, qu’il faut y mettre fin, qu’il faut donner leurs droits aux Palestiniens, que sur le plan économique et social, le vol des ressources naturelles, le pétrole essentiellement, et d’autres par les multinationales avec comme effet de maintenir la pauvreté dramatique dans des pays comme l’Egypte et ailleurs. Je veux dire que le pétrole est une ressource qui devrait servir globalement à la nation arabe, quel que soit l’endroit où il se situe et donc s’il y avait la démocratie, les Arabes diraient que le pétrole doit leur profiter pour mettre fin à la pauvreté, à la dépendance et au colonialisme et qu’il faut cesser de considérer qu’il appartient à Exxon, British Petroleum et Total. Donc, je pense que ce qui se passe en Syrie est très important et j’espère que le peuple syrien va trouver les forces pour s’unir et pour résister à une agression très très grave.

On constate la situation instable et anarchique des pays qui ont connu « le printemps arabe » ; êtes-vous optimiste à l'idée d'une éventuelle sortie de crise ? 

Je pense que les Etats-Unis, la France et leurs alliés craignent énormément les peuples arabes, craignent qu’ils soient unis et qu’ils prennent leur sort en main. Je pense donc que les Etats-Unis et compagnie craignent énormément la démocratie dans le monde arabe, la preuve, c’est que leurs meilleurs amis sont les régimes les plus dictatoriaux, Arabie Saoudite, Koweït, Qatar, Emirats, Jordanie, et qu’ils ont essayé de protéger jusqu’à la dernière minute les régimes en Egypte et en Tunisie. Par rapport à ça, il est très important que les peuples arabes s’unissent entre eux pour échapper à ces manœuvres qui sont coloniales et la seule façon de le faire, à mon avis, est de proposer à la nation arabe un programme indépendant des multinationales et des puissances coloniales, un programme dans la lignée de ce que le Mouvement des non-alignés a voulu mettre en place dans les années 60, un programme qui, comme Chavez et Evo Morales en Amérique latine, met au centre la récupération de la souveraineté du pays, l’utilisation des richesses au profit de ce que je vais appeler les 99%, au profit de la grande majorité, au profit de la population, et pas au profit du 1%, et que, aussi, c’est la nation arabe dans ce sens-là qui doit s’unir avec les autres forces de libération qui existent en Afrique noire, en Amérique latine et ailleurs.

Cela me semble très important et je crois que si l’on veut mettre fin à ces agressions, c’est la piste de l’unité d’un programme de souveraineté qui est la clé.

Dans une de vos nombreuses interviews, vous avez déclaré que l'Algérie est la future cible si elle ne plie pas devant les multinationales, pouvez-vous nous éclairer sur cette thèse ? 

Je pense que l’Algérie est un pays qui a une longue histoire de résistance au colonialisme. Sa lutte de libération a été une des plus courageuses et exemplaires de toute l’Afrique. Elle a été en pointe avec quelques autres pays dont la Yougoslavie elle aussi attaquée par le colonialisme moderne, un pays détruit d’ailleurs, elle a été en pointe pour établir une solidarité du Tiers-Monde dans la résistance au colonialisme, et je pense qu’elle est la « bête noire » pour cette raison depuis très longtemps.

Je ne vais pas dire que tout va bien en Algérie et qu’il n’y a pas des problèmes importants et des maux à régler, mais je pense qu’elle est la bête noire parce qu’elle représente une force de résistance à Israël, aux Etats-Unis, au colonialisme en général des multinationales, et on sait que tout comme la Libye, l’Algérie s’est distinguée en finançant des projets de développement économiques et sociaux alternatifs, développement indépendant de pays d’Afrique noire. Et je crois que là, elle heurte les intérêts de la Banque mondiale et du FMI qui sont justement les employés des multinationales dont on a parlé, et la Banque mondiale et le FMI sont les gendarmes financiers des multinationales, ce sont aussi des assassins financiers quand on voit comment ils se comportent en Afrique noire, surtout où vraiment ils détruisent les programmes d’éducation, de santé, d’aide aux petites entreprises, d’aide aux paysans pour transformer les pays en véritables boulevards ouverts aux multinationales. Donc, je crois que c’est pour cette raison qu’on a éliminé Kadhafi et je crois que c’est pour cette raison que l’Algérie est clairement la suivante sur la liste.

Concernant la prise d’otages à In Amenas, dans ce genre d’évènement, évidemment, on doit être prudent dans la mesure où beaucoup de choses se déroulent dans les coulisses dont nous ne sommes pas forcément informés. Les prises d’otages civils sont une méthode de lutte que je réprouve totalement et je pense que cette prise d’otages-là, dont l’Algérie a été victime, avec un nombre important et fort regrettable de victimes civiles, soulève plusieurs questions. Essentiellement, il y a deux choses qui me semblent bizarres dans cet évènement : la France attaque des forces qu’on appelle islamistes au Mali et les forces islamistes ripostent en attaquant l’Algérie, quasiment LE pays qui avait dit qu’il ne fallait pas faire la guerre et qu’il fallait négocier entre les différentes parties, donc ce n’est pas très logique. Et deuxièmement, ils en veulent à la France, et ils attaquent British Petroleum, un concurrent de Total. Ça n’a aucune logique. Sachant que ces forces ont été armées en Libye – c’est archi connu – sachant que la France et les Etats-Unis, et l’Otan en général, ont passé une alliance pour renverser Kadhafi avec le groupe islamique de combat libyen qui est donc la section libyenne d’Al-Qaïda et qu’aussi on a retourné certaines forces qui étaient en Libye en leur faisant des promesses – ça se trouve dans toute une série de revues plus ou moins spécialisées et ce n’est pas du tout un secret – je crois que cette prise d’otages pose beaucoup de questions.

La victoire politique de certains leaders progressistes en Amérique latine aidera-t-elle à l'émergence d'un pôle de résistance à l'impérialisme US et ses alliés et serviteurs à travers le monde ? 

Absolument. J’ai mentionné Chavez, Evo Morales, vous avez aussi Correa et d’autres dirigeants, c’est frappant que les latino-américains ont repris espoir depuis 1999 et la victoire de Chavez qui a réussi à mettre en œuvre une politique économique et sociale de récupération des richesses, d’utilisation des richesses au service de la population, tout ça avec un grand développement de la démocratie, des comités de quartier, des débats politiques, des médias libres, et en général, pour moi qui suis allé plusieurs fois au Venezuela, il est très frappant de voir la politisation dans le bon sens du terme et la fertilité du débat politique au Venezuela, y compris parmi les révolutionnaires, donc c’est vraiment l’espoir qui est rendu à l’Amérique latine, et Chavez a toujours inscrit son action dans le sens de construire une unité des forces progressistes et indépendantes d’Amérique latine, d’Afrique, auxquelles il accorde une importance énorme, du monde arabe, de l’Asie également, et je souscris totalement à cette perspective de Chavez.

Nous avons besoin d’un front contre les manœuvres impérialistes et des puissances néocoloniales, nous avons besoin d’un front pour permettre à l’humanité d’échapper à la dictature des multinationales, à la dictature du 1%.

Comment voyez-vous l'avenir de cette planète ? Etes-vous optimiste ? 

Je pense que oui. Je viens d’expliquer que nous sommes les 99% contre le 1% et donc le 1% se maintient au pouvoir par la force, bien sûr, par la violence, mais aussi et beaucoup par le mensonge, par la tromperie de l’opinion publique en cachant que toutes ces guerres sont économiques, en cachant les véritables politiques qui affaiblissent le tiers-monde, la majorité de l’humanité, et je pense que si nous arrivons à développer une bataille pour l’information, une bataille contre les médiamensonges, une bataille pour rallier les cœurs et les esprits à l’idée d’une autre conception de l’humanité, c'est-à-dire non pas la guerre d’une minorité contre tous mais la coopération, la solidarité, je pense que oui, l’humanité va pouvoir résoudre les problèmes de la faim, de la pauvreté et de la destruction de la nature également. Donc, à terme, oui, je suis optimiste, à condition que chacun, chaque citoyen, prenne ses responsabilités là où il est et entame le travail pour une information véritable et pour le débat politique sur les vrais enjeux.

 

Entretien réalisé à Bruxelles (Belgique), Mohsen Abdelmoumen

 

SourceLA NOUVELLE REPUBLIQUE

vendredi, 01 février 2013

LES ORIGINES D'AL-QAIDA AU MAGHREB ISLAMIQUE: QUI EST DERRIERE LES TERRORISTES?

 

 

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Qui est derrière le groupe terroriste qui a attaqué le complexe gazier d’In Amenas exploité par BP, Statoil et Sonatrach, situé sur la frontière libyenne au sud-est de l’Algérie? (Voir la carte ci-dessous)

L’opération a été coordonnée par Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade islamiste des Moulathamine (brigade masquée) ou « Ceux qui signent avec du sang », affiliée à Al-Qaïda

L’organisation de Belmokhtar a été impliquée dans le trafic de drogue, la contrebande ainsi que des opérations d’enlèvement d’étrangers en Afrique du Nord. Alors que ses allées et venues sont connues, le renseignement français a surnommé Belmokhtar l’« insaisissable ».

Belmokhtar a revendiqué au nom d’Al-Qaïda l’enlèvement de 41 otages occidentaux, dont 7 Étatsuniens, au complexe gazier de BP à In Amenas.

Belmokhtar n’était toutefois pas impliqué directement dans l’attaque. Le commandant de l’opération sur le terrain était Abdul Rahman al-Nigeri, un vétéran djihadiste du Niger qui s’est joint en 2005 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie. (Albawaba,  17 janvier 2013) 

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L’opération d’enlèvement d’In Amenas a été menée cinq jours après les frappes aériennes françaises contre des militants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Nord-Mali.

Les forces spéciales françaises et les troupes maliennes ont repris le contrôle de Diabali et Konna, deux petites villes au nord de Mopti. La ville de Diabali avait apparemment été prise quelques jours auparavant par les combattants menés par l’un des principaux commandants d’AQMI, Abdelhamid Abou Zeid.

Bien que l‘attaque terroriste et le rapt à la raffinerie d’In Amenas aient été décrits comme des actes de vengeance, cette opération n’était aucunement improvisée. Des analystes ont confirmé que, selon toute probabilité, l’opération avait été planifiée longtemps à l’avance:

Les représentants européens et étasuniens affirment que le raid était presque certainement trop élaboré pour avoir été planifié dans un laps de temps si court, quoique la campagne de bombardement française ait pu être un élément déclencheur amenant les combattants à lancer un assaut qu’ils avaient déjà préparé.

Selon les récents reportages (20 janvier 2012), il y a environ 80 morts, dont des otages et des combattants djihadistes. Il y avait plusieurs centaines de travailleurs à la raffinerie de gaz dont la plupart étaient algériens. « Parmi les rescapés, seuls 107 des 792 travailleurs étaient étrangers », selon le ministère algérien de l’Intérieur.

Les gouvernements britannique et français ont blâmé les djihadistes. Selon les termes du premier ministre britannique David Cameron :

« Les gens vont certainement poser des questions à propos de la réaction algérienne à ces événements, toutefois je dirai seulement que ces morts sont directement imputables aux terroristes qui ont perpétré cette attaque lâche et violente. (Reuters, 20 juin 2013.)

Les reportages confirment cependant qu’un grand nombre de décès chez les otages et les combattants islamiques ont été causés par les bombardements des forces algériennes.

Les négociations avec les ravisseurs, qui auraient pu sauver des vies, n’ont pas été envisagées sérieusement par les gouvernements algérien et occidentaux. Les militants avaient demandé l’arrêt des attaques françaises au Nord-Mali en échange de la sécurité des otages. Le dirigeant d’Al-Qaïda Belmokhtar avait déclaré :

« Nous sommes prêts à négocier avec l’Occident et le gouvernement algérien à condition qu’ils cessent de bombarder les musulmans du Mali » (Reuters, 20 janvier 2013.)

Au sein des rangs djihadistes se trouvaient des mercenaires provenant de nombreux pays musulmans, dont la Libye (cela reste à confirmer), ainsi que des combattants de pays occidentaux.

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Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI): De qui s’agit-il?

De nombreux groupes affiliés sont activement impliqués au Nord-Mali

  • -Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dirigé par Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI
  • -Ansar Dine dirigé par Iyad Ag Ghaly
  • -Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)

-Le Groupe islamique armé (GIA), très en vue dans les années 1990, est pratiquement disparu. Ses membres se sont joints à AQMI

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement touareg laïc, nationaliste et indépendantiste

Historique

En septembre 2006, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a uni ses forces à Al-Qaïda. Le GSPC a été créé par Hassan Hattab, un ancien commandant du GIA.

En janvier 2007, le groupe a officiellement changé son nom pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Donc au début septembre 2007, l’AQMI récemment formé a établi une relation étroite avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL).

Les commandants du GSPC avaient été inspirés par les enseignements religieux salafistes en Arabie Saoudite, ayant autrefois joué un rôle important dans la formation des moudjahidines en Afghanistan.

L’histoire des commandants djihadistes d’AQMI est significative dans le contexte plus vaste de cette question

  • Qui est derrière les diverses factions affiliées à Al-Qaïda?
  • Qui appuie les terroristes?
  • Quels intérêts économiques et politiques sont servis?

Le Council on Foreign Relations (Conseil des relations internationales, CFR) situé à Washington retrace les origines d’AQMI à la guerre soviéto-afghane :

La plupart des hauts dirigeants d’AQMI auraient été formés en Afghanistan durant la guerre contre les Soviétiques de 1979 à 1989. Ils auraient fait partie d’un groupe de volontaires nord-africains connus sous le nom d’« Arabes afghans » revenu dans la région après la guerre et qui radicalisait les mouvements islamistes. Le groupe est divisé en « katibas » ou brigades formant diverses cellules le plus souvent indépendantes.

Depuis 2004, le chef du groupe, ou l’émir, est Abdelmalek Droukdel, également connu sous le nom d’Abou Mossab Abdelwadoud, un ingénieur de formation et expert en explosifs qui s’est battu en Afghanistan et est issu du GIA algérien. C’est sous son leadership qu’AQMI a déclaré que la France était sa cible principale. L’un des dirigeants d’AQMI les « plus radicaux et les plus violents » est Abdelhamid Abou Zeid selon les experts en contre-terrorisme. Abou Zeid est lié à plusieurs enlèvements et exécutions d’Européens dans la région. (Council on Foreign Relations, Al Qaeda in the Islamic Maghreb, cfr.org, non daté.)

L’article du CFR omet de mentionner que le djihad islamique en Afghanistan était une initiative de la CIA, lancée en 1979 à l’époque de l’administration Carter et fortement appuyée par Ronald Reagan au cours des années 1980.

En 1979 la plus vaste opération clandestine de l’histoire de la CIA a été lancée en Afghanistan. Des missionnaires wahhabites d’Arabie Saoudite ont mis sur pied les écoles coraniques (madrasas) au Pakistan et en Afghanistan. Les manuels scolaires utilisés dans les madrasas ont été imprimés et publiés au Nebraska. Le financement clandestin a été acheminé aux moudjahidines avec l’appui de la CIA.

« Fortement encouragés par la CIA et l’ISI du Pakistan, qui désiraient transformer le djihad afghan en guerre mondiale menée par tous les États musulmans contre l’Union soviétique, 35 000 musulmans radicaux provenant de 40 pays islamiques se sont joints à la lutte afghane entre 1982 et 1992. Des dizaines de milliers d’autres sont allés étudier dans les madrasas pakistanaises. Avec le temps, plus de 100 000 musulmans radicaux ont été directement influencés par le djihad afghan. (Ahmed Rashid, “The Taliban: Exporting Extremism”, Foreign Affairs, novembre-décembre 1999.)

La Central Intelligence Agency (CIA) a joué un rôle clé dans la formation des moudjahidines en utilisant l’Inter-Services Intelligence (Direction pour le renseignement inter-services) pakistanais. La formation des guérilleros parrainée par la CIA était intégrée aux enseignements de l’islam.

« En mars 1985, le président Reagan a signé la directive nationale de sécurité 166 [laquelle] autorisait un appui militaire clandestin supplémentaire et signalait clairement que la guerre secrète afghane avait un nouvel objectif : vaincre les troupes soviétiques en Afghanistan par des actions clandestines et encourager le retrait soviétique. La nouvelle aide secrète étasunienne a débuté par une augmentation spectaculaire des livraisons d’armes, une progression constante atteignant 65 000 tonnes annuellement en 1987 […] ainsi qu’un « flot incessant » de spécialistes de la CIA et du Pentagone se rendant au quartier général secret de l’ISI au Pakistan, situé sur la route principale près de Rawalpindi. Les spécialistes de la CIA y rencontraient des officiers du renseignement pakistanais afin d’aider à planifier des opérations pour les rebelles afghans ». (Steve Coll, Washington Post, 19 juillet 1992)

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Mokhtar Belmokhtar, le cerveau des attaques terroristes perpétrées par la brigade islamiste des Moulathamine (masquée) au complexe gazier d’In Amenas est l’un des membres fondateurs d’AQMI.

Il a été formé et recruté par la CIA en Afghanistan. Belmokhtar était un volontaire nord-africain, un « Arabe afghan » enrôlé à 19 ans comme moudjahidine pour se battre dans les rangs d’Al-Qaïda en Afghanistan à une époque où la CIA et sa filiale pakistanaise, l’ISI, appuyaient activement le recrutement et la formation des djihadistes. Mokhtar Belmokhtar a fait la « guerre civile » en Afghanistan.

Il est retourné en Algérie en 1993 et s’est joint au GSPC. Le passé et l’implication de Belmokhtar en Afghanistan suggèrent qu’il était un « agent de renseignement » appuyé par les États-Unis.

Le rôle des alliés des États-Unis, l’Arabie Saoudite et le Qatar

Dès le début en 2007, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a établi des liens étroits avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), dont les dirigeants avaient également été formés et recrutés en Afghanistan par la CIA. La CIA et le MI6 britannique appuient clandestinement le GICL.

Le GICL a été directement appuyé par l’OTAN durant la guerre de 2011 contre la Libye « fournissant des armes, de la formation des forces spéciales et même des avions pour appuyer le renversement du gouvernement libyen ». (Tony Cartalucci, The Geopolitical Reordering of Africa: US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, Global Research, janvier 2013.)

Les Forces spéciales britanniques SAS avaient été envoyées en Libye avant l’insurrection, agissant à titre de conseillers militaires du GICL.

Plus récemment, des reportages ont confirmé qu’AQMI a reçu des armes du GICL, dont les mercenaires ont intégré les rangs des brigades d’AQMI. Le commandant Mokhtar Belmokhtar, qui a coordonné l’opération d’enlèvement d’In Amenas, a déclaré :

« Nous avons été l’un des principaux bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe. En ce qui concerne le fait que nous bénéficions des armes [libyennes], cela est normal dans ce genre de circonstances. » http://www.hanford.gov/c.cfm/oci/ci_terrorist.cfm?dossier=174

La raffinerie de BP à In Amenas est située en plein sur la frontière libyenne. On peut soupçonner l’implication d’un contingent de combattants du GICL dans l’opération.

AQMI a également des liens avec le Front Al-Nosra en Syrie, appuyé clandestinement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

AQMI est lié de manière indélébile à un programme de renseignement occidental. On le décrit comme « l’un des groupes militants les plus riches et mieux armés de la région », financé secrètement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Le journal français Le Canard enchaîné a révélé (juin 2012) que le Qatar (un fidèle allié des États-Unis) finance diverses entités terroristes au Mali, incluant le groupe salafiste Ansar Dine :

Et les rebelles touareg du MNLA (indépendance et laïcité), d’Ansar Dine, d’AQMI et de Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu de l’argent du Qatar selon un reportage (The Examiner).

L’information du journal satirique Canard enchaîné, qui rapportait (juin 2012) que le Qatar financerait des groupes armés au Nord-Mali, a été relayée par les médias d’Algérie et d’Afrique de l’Ouest.

Depuis plusieurs mois au Mali on soupçonne Ansar Dine, le principal groupe armé pro-charia de la région, de recevoir du financement du Qatar.

Au début du conflit par exemple, des reportages (non confirmés) indiquaient qu’un avion qatari rempli d’armes, d’argent et de drogue était atterri à Gao.

Le reportage original cite un rapport du renseignement français indiquant que le Qatar a fourni de l’aide financière à trois des principaux groupes armés du Nord-Mali : Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali, AQMI et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Le montant du financement donné à chaque groupe n’est pas révélé mais on signale que de nombreux rapports de la DGSE française remis au ministère de la Défense ont mentionné l’appui du Qatar au terrorisme au Nord-Mali. (C’est l’auteur qui souligne)

Il faut évaluer attentivement le rôle d’AQMI comme atout du renseignement. L’insurrection islamiste crée des conditions favorisant la déstabilisation politique du Mali en tant qu’État-nation. Quels intérêts géopolitiques ont été servis?

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Conclusion : Le « Soudan étasunien »

Ironiquement, l’opération d’enlèvement au sud de l’Algérie et la tragédie provoquée par l’opération de « sauvetage » militaire menée par l’Algérie fournissent une justification humanitaire à l’intervention militaire occidentale menée par AFRICOM, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. Celle-ci ne concerne pas uniquement le Mali et l’Algérie, mais pourrait aussi comprendre la région plus vaste s’étendant de la zone sahélienne sub-saharienne, de la Mauritanie à la frontière occidentale du Soudan.

Ce processus d’escalade fait partie d’une « feuille de route » militaire et stratégique des États-Unis, et constitue une étape subséquente de la militarisation du continent africain, un « suivi » de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Libye en 2011.

Il s’agit d’un projet de conquête néocoloniale d’un vaste territoire par les États-Unis.

Même si la France constitue l’ancienne puissance coloniale, intervenant pour le compte de Washington, le but ultime est d’exclure tôt ou tard la France du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne. Le remplacement de la France comme puissance coloniale se fait de manière constante depuis la guerre d’Indochine des années 1950.

Alors que les États-Unis sont, à court terme, prêts à partager le butin de guerre avec la France, l’objectif ultime est de redessiner la carte de l’Afrique et de transformer par la suite l’Afrique francophone en sphère d’influence étasunienne. Celle-ci s’étendrait de la Mauritanie, au bord de l’Atlantique, jusqu’au Soudan, à l’Éthiopie et à la Somalie.

Un procédé similaire visant à exclure la France de l’Afrique francophone a lieu depuis les années 1990 au Rwanda, au Burundi et en République du Congo.

En conséquence, on empiète sur le français comme langue officielle en Afrique. Aujourd’hui au Rwanda, l’anglais est une langue officielle avec le kinyarwanda et le français : Le gouvernement du FPR en 1994 a commencé par offrir l’éducation secondaire en anglais ou en français. Depuis 2009, elle est offerte uniquement en anglais. Depuis 1994, l’université n’utilise plus le français comme langue de travail. (Le président rwandais Paul Kagame ne lit pas et ne parle pas le français.)

Un vaste territoire est en jeu, celui qui, durant la période coloniale, comprenait l’Afrique de l’Ouest française et l’Afrique équatoriale française. (Voir la carte ci-dessous)

À l’époque de la France coloniale, on appelait le Mali le Soudan français.

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Il est ironique que ce processus visant à affaiblir et, tôt ou tard, à exclure la France de l’Afrique francophonesoit mis en œuvre avec l’approbation tacite de l’ancien et de l’actuel présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, servant tous deux les intérêts géopolitiques étasuniens au détriment de la République française.

La militarisation du continent africain relève du mandat d’AFRICOM.

L’objectif à plus long terme consiste à exercer le contrôle géopolitique et militaire sur une vaste zone ayant historiquement appartenu à la sphère d’influence française. Cette zone est riche en pétrole, en gaz naturel, en or, en uranium et en minéraux stratégiques. (Voir R. TeichmanThe War on Mali. What you Should Know: An Eldorado of Uranium, Gold, Petroleum, Strategic Minerals …, Global Research, 15 janvier 2013.)

La division coloniale de l’Afrique décidée à la conférence de Berlin (à droite). Voir les cartes de l’Afrique coloniale française ci-dessous.

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Article original : Al Qaeda in the Islamic Maghreb: Who’s Who? Who is Behind the Terrorists?

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).

CHARGES CONTRE GBAGBO: DU FAUX FABRIQUE AU SIEGE DU RDR - UN SCANDALE DE LEGERETE ET DE MALHONNETETE

 

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La procureure Fatou Bensouda, de la Cour pénale internationale.


Du faux fabriqué au siège du RDR

«…les forces pro-Gbagbo, qui avaient jusqu’alors, eu recours aux moyens habituellement destinés à assurer le maintien de l’ordre, ont utilisé des armes lourdes plus sophistiquées, dont des fusils-mitrailleurs, des grenades à tube, des mortiers, des lance-roquettes multiples, des chars d’assaut, des véhicules de reconnaissance et d’appui dotés de mitrailleuses lourdes et des canons antiaériens». Ceux qui ne le savent peut-être pas penseraient sûrement que ce texte est tiré de l’un des nombreux brulots qui entonnent chaque jour des hymnes à la gloire de Ouattara. Tant il ressemble trait pour trait, aux chants anti-Gbagbo qu’on entonne régulièrement à la Rue-Le Pic, siège du Rdr. Tout compte fait, il y a rien d’étonnant, puisse que ce rapport à été écrit depuis le siège de ce parti pour être remis clé en main, à la Cpi. C’est pourquoi on y trouve à profusion, ces incongruités qui sont bien le propre de ce parti. La Cpi laisse croire que pour contenir une «marche pacifique» du Rdr le 16 décembre 3010, le Président Gbagbo s’est vu contraint de déployer armes lourdes. Alors que ce jour-là, Ouattara et Soro ont bien dit qu’ils partaient prendre la Rti. Lance-roquettes et autres kalaches ont donc été déployés depuis le Golf Hôtel, Qg de Ouattara par ces derniers pour cette «marche» qui est en fait une déclaration de guerre contre la Côte d’Ivoire. Sur les écrans des télévisions du monde entier, ceux qui ont des yeux pour voir ont vu des chefs de guerre sortant du Golf Hôtel ce matin du 16 décembre avec des armes lourdes. Il n’y a que les enquêteurs de la Cpi qui n’on pas vu ça. Parce qu’ils avaient depuis longtemps décidé de tordre le coup au droit. Pour fermer les yeux sur des crimes, ou ennoblir des criminels jamais connus dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Et pour bien entretenir ce faux, voila ce que dit la Cpi à propos du Président Gbagbo. «Ce dernier était intrinsèquement criminel». On croit rêver. Et pourtant, c’est du Président Gbagbo que parle Fatou Bensouda. Que dira-t-elle de Soro et ses parrains alors? Ainsi va la justice de la Cpi qui ne fait qu’ériger en héros, tous les criminels par la victimisation des bourreaux. Heureusement que l’Histoire, la vraie Histoire de la Côte d’Ivoire est en train de s’écrire contre la volonté de Ouattara et ses parrains qui n’ont d’yeux que pour ce que la Côte d’Ivoire a comme richesses.


Gueye Brence

Charges contre Gbagbo: Un scandale de légèreté et de malhonnêteté

 

La version dite «publique expurgée» du «Document amendé de notification des Charges» de la Cour pénale internationale (Cpi) brandie contre le Président Laurent Gbagbo, est un scandale de légèreté et de malhonnêteté. Dont le seul but est loin de rendre justice, mais d’écarter un adversaire politique.Observons ceci, au chapitre 22, au titre de (E. Exposé des faits en cause au regard des éléments du chapeau de l’article 7 et 1. Attaque contre une population civile) : «Bien que les Fds aient parfois participé à des opérations militaires contre le prétendu commando invisible, groupe armé basé à Abobo et censé être acquis à la cause de Ouattara, les attaques dont il est question en l’espèce ont été commises à l’encontre de civils dans le cadre de la Politique, qui consistait à attaquer les partisans présumés de Ouattara afin de maintenir Gbagbo au pouvoir coûte que coûte. Ainsi qu’il est précisé dans d’autres parties du présent document, les attaques ont été orchestrées et dirigées par Gbagbo et ses proches.» Dans un conflit comme celui dont a souffert la Côte d’Ivoire, tous les observateurs ont suivi le rôle joué par les hommes du pro-Ouattara, Ibrahim Coulibaly dit «le général IB», dans la commune d’Abobo, pour la prise de la ville d’Abidjan. Alors qualifier le commando invisible d’Ib, qui fut une terreur réelle pour les populations abidjanaises, de «prétendu commando invisible», pour une justice internationale sensée être juste, est la preuve palpable que la Cpi est une officine politique encagoulée sous les apparences de justice. Et que dire si Sémefia Sékou ou «Colonel Sékouba», Com’théâtre des Opérations de ce groupe armé pour Ouattara, avoue de sang froid dans le livre-révélations «Le Commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan» (L’Harmattan 2012), ce qui suit? Question : «De combien d’éléments était composé le Commando invisible pendant cette guerre de 2010-2011 ?» Réponse : «Nous avions 5400 hommes sur le terrain. C’est notre clan qui était majoritaire dans cette belligérance. » Question : «Comment opériez-vous à Abobo ?» 

Réponse : «Nous avions d’abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d’Abidjan pour pouvoir venir envahir la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d’Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c’est par le train qu’on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N’Dotré, à Abobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l’acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C’est là qu’on a commencé sous les consignes et ordres de l’Onuci. C’est l’Onuci qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout. Par la suite, nous avons envahi Anyama, Anonkoua Kouté, Bocambo et les zones Abobo Centre, Ouest, Nord. Lorsqu’on a pris le contrôle d’Abobo en commençant par Abobo ouest, vers Akéikoi, dans le rayon du camp commando d’Abobo, on a pris davantage de confiance. Mais comme on n’arrivait pas à déloger les hommes du camp d’Abobo, on avait demandé des renforts en armes lourdes que la Licorne nous avait promises.» P.36. Avec des détails aussi rigoureux et impressionnants, de quel ridicule se couvre la Cpi ! En niant des évidences les plus élémentaires et faisant de la coupure des journaux pro-Ouattara sa seule source de documentation, la Cpi affiche sa lutte contre l’équité pour défendre des intérêts, non du peuple de Côte d’Ivoire, non même de l’humanité, mais d’un groupuscule d’impérialistes manipulateurs. Au point 62 du document de la Cpi, relatif à l’«Existence d’un plan commun entre Gbagbo et les membres de son entourage immédiat», on lit ceci : «Le Général Philippe Mangou occupait le poste de chef de l’Etat-major. Il a démissionné de son poste le 31 mars 2011, à la suite de quoi Dogbo Blé a été nommé chef de l’Etat-major par intérim.» La Cpi affirme des choses qui relèvent des supputations et des ragots, malheureusement, cela dans le cadre d’une accusation contre un honnête homme politique. C’est vrai que le Général Philippe Mangou s’était mis à l’abri, dans une ambassade, à un moment de la crise postélectorale. Mais de là, à parler de sa démission et de la nomination du Général Dogbo Blé comme «chef de l’Etat-major par intérim», on se demande selon quel document officiel, la Cpi dit ces choses. Pourquoi ne parlerait-elle pas alors et aussi, de nomination du Commandant Konan Boniface comme «chef de l’Etat-major par intérim» qui, à un moment donné, a eu à diriger des opérations de résistance de ses troupes? Avec le dossier «Laurent Gbagbo», la Cpi achève de convaincre les observateurs qu’elle ne mérite aucun crédit.


Germain Séhoué

 

Source: Le quotidien ivoirien "Le Temps".

LE PANAFRICANISME EST-IL MORT DANS LES SABLES DU SAHEL?

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L’opération «Serval» lancée par l’armée française pour chasser les islamistes du Nord-Mali sera-t-elle couronnée de succès? Au-delà de l’unanimisme de façade qui marque en général le commencement de telles opérations, l’honnêteté recommande d’admettre que la tournure prise par les événements signe une des défaites les plus accablantes du panafricanisme.

 
Qui pourra encore continuer à défendre l’idée selon laquelle l’Afrique doit – et peut – résoudre elle-même ses problèmes politiques et tout ce qui touche aux enjeux de sécurité collective ? Comme dans un film de guerre, la communication impériale française captive les esprits, repousse les objections, transforme nos chefs d’Etat en midinettes serviles – le pompon revenant au Béninois Yayi Boni, se déclarant « aux anges » sans avoir la moindre amertume quant à l’incompétence notoire de l’Union africaine, dont il est le président en exercice !
 
 Recolonisation cha cha ! N’importe quoi !
 
Bien entendu, nous entendons déjà les zélés porte-flambeaux du « réalisme », toujours partisans de la loi du plus fort et du fait accompli, nous demander avec agacement : « Vous proposez quoi alors ? Vous voulez vivre sous le règne des barbus ? On vous aide et vous n’êtes pas content ! Vous n’êtes que d’horribles dogmatiques du panafricanisme fanatique ! »

Au moment de la guerre de Libye, il aurait juste fallu un peu de courage…

A ceux-là, nous répondons qu’il est profondément malhonnête de mettre en place les conditions du pire pour se réjouir par la suite de mener la moins mauvaise des politiques du pire. Comment en sommes-nous arrivés à ce point ? Comment le Mali pacifique est-il devenu la menaçante poudrière que nous regardons tous, les yeux écarquillés ?
 
Tout est parti de l’organisation, sous couvert de « révolution arabe », de l’invasion de la Libye par des hordes d’islamistes fanatisés et soutenus à tous points de vue par un Occident déchaîné. A l’époque, il suffisait d’un peu de courage pour conjurer la malédiction qui se déploie devant nos yeux impuissants. Si la CEDEAO et l’Union africaine, prenant leur courage à deux mains, s’étaient opposées à la virée catastrophique de l’OTAN en Libye, jamais la résolution 1973 des Nations unies – mère de tous les malheurs ! – n’aurait été votée. Et les rebelles du CNT auraient pris une déculottée, face à une armée libyenne bien plus « consistante » que la pitoyable troupe malienne…
 
Plus cyniquement, l’on peut dire que même en cas de guerre de longue durée entre laïcs et salafistes (comme celle qui a cours en Syrie), le centre de gravité de l’affrontement serait demeuré un peu plus haut un peu plus longtemps. Ce qui aurait permis aux pays d’Afrique de l’Ouest de se préparer… Mais à quoi avons-nous eu droit à l’époque ?
 
A la lâcheté.
A la couardise.
A l’attentisme.
A la discorde et aux trahisons.
Aux obscures hésitations de Jacob Zuma, qui a dit « oui » et « non » en une fraction de seconde aux projets de l’OTAN.
Au lâchage de ces pays sahéliens longtemps subventionnés par Kadhafi, qui n’était pas non plus un saint, mais qui était leur allié objectif dans ce contexte précis.
Au « laissez les Blancs faire, ils trouveront toujours une solution ».
Et ce qui devait arriver arriva !

Une menace encore plus grande…

Personne ne nous empêchera de penser que les islamistes sont les alliés objectifs de l’Occident. Ils sont leurs amis en Libye et en Syrie, leurs ennemis au Mali et en Afghanistan, mais ils sont toujours le prétexte idéal à une remilitarisation du monde dont ne profiteront que les nations occidentales, en raison de leur supériorité militaire évidente, qui compense très opportunément leur déclassement économique.
 
Et maintenant ? Alors que les youyous enthousiastes empêchent une réflexion prospective, nous nous faisons un devoir de gâcher l’ambiance. Quel sera le prix de l’intervention française au Mali, car en diplomatie il n’y a pas de service gratuit ? Les Maliens à la reconnaissance dégoulinante nous casseront-ils les tympans si au sortir de cette opération, la « métropole » choisit leurs dirigeants, prend possession de leurs ressources et se rembourse avec le taux d’intérêt qu’elle aura choisi ?
 
Que dira l’Afrique si cette guerre du « Sahelistan » fournissait aux Américains le prétexte idéal pour étendre encore plus leur domination militaire, économique et politique ? Quand les occupants du Nord-Mali seront dispersés par les frappes de la France, où iront-ils ? Quels sont les pays africains susceptibles d’être ébranlés par quelques colonnes de 4X4 surmontés de lance-roquettes ? Le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad, la Centrafrique, voire la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Cameroun… sont-ils préparés à un harcèlement tous azimuts ? La France pourra-telle protéger tout le monde tout le temps ? N’est-il pas urgent que l’Union africaine, dont le Conseil de paix et de sécurité (CPS) est aux abonnés absents, se réveille de son long sommeil et mette en place aussi vite que possible une vraie force de réaction rapide au commandement unifié pour protéger les Etats qui la constituent ?
 
N’est-il pas temps que l’Afrique se joigne aux autres puissances qui le souhaitent pour dénoncer le rôle sournois du Qatar et de l’Arabie saoudite, meilleurs amis de la France officielle, et dénonce leur soutien aux forces obscures qui agressent le continent ? Pour cela, il faudrait renoncer à l’esprit de facilité et aux pétrodollars ensanglantés des wahhabites ! Tout un programme !
 
 
Théophile Kouamouo
 
 
 

LA RECONQUETE DE L'AFRIQUE - L'ART DE LA GUERRE

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Au moment même où le président démocrate Obama réaffirmait dans son discours inaugural que les Etats-Unis, « source d’espoir pour les pauvres, soutiennent la démocratie en Afrique », de gigantesques avions étasuniens C-17 transportaient des troupes françaises au Mali, où Washington a installé au pouvoir l’an dernier le capitaine Sanogo, entraîné aux USA par le Pentagone et par la Cia, en aiguisant les conflits internes. La rapidité avec laquelle a été lancée l’opération, officiellement pour protéger le Mali de l’avancée des rebelles islamistes, démontre que celle-ci avait été planifiée depuis longtemps par le socialiste Hollande.

La collaboration immédiate des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui a décidé d’envoyer au Mali des spécialistes de la guerre avec des fonctions d’entraînement et de commandement, démontre que l’opération avait été planifiée conjointement à Washington, Paris, Londres et dans d’autres capitales. Les puissances occidentales, dont les groupes multinationaux rivalisent entre eux pour s’accaparer les marchés et les sources de matières premières, se compactent quand leurs intérêts communs sont en jeu. Comme ceux qui en Afrique sont mis en péril par les soulèvements populaires et par la concurrence chinoise. Le Mali, un des pays les plus pauvres du monde (avec un revenu moyen par habitant 60 fois inférieur à celui des Italiens, et plus de la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté), est très riche en matières premières : il exporte de l’or et du coltan, dont les gains finissent cependant dans les poches des multinationales et de l’élite locale. Pareil au Niger voisin, encore plus pauvre (avec un revenu par habitant 100 fois inférieur à l’italien) bien qu’il soit un des pays les plus riches en uranium, dont l’extraction et l’exportation est aux mains de la multinationale française Areva.

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Multinationales en Afrique


Ce n’est pas un hasard si Paris, en même temps que l’opération au Mali, a envoyé des forces spéciales au Niger. Situation analogue au Tchad, dont les riches gisements pétrolifères sont exploités par l’étasunienne Exxon Mobil et d’autres multinationales (mais des compagnies chinoises sont aussi en train d’arriver) : ce qui reste des profits va dans la poche des élites locales. Pour avoir critiqué ce mécanisme, l’évêque combonien (ordre religieux missionnaire italien, NdT) Michele Russo avait été expulsé du Tchad en octobre dernier. Niger et Tchad fournissent aussi des milliers de soldats, qui, sous commandement français, sont envoyés au Mali pour ouvrir un deuxième front. Ce qui a été lancé au Mali, avec la force française comme fer de lance, est donc une opération de vaste envergure, qui du Sahel s’étend à l’Afrique occidentale et orientale. Elle se soude à celle qui a commencé en Afrique du Nord avec la destruction de l’Etat libyen et les manœuvres pour étouffer, en Egypte et ailleurs, les rebellions populaires.

Une opération à long terme, qui fait partie du plan stratégique visant à mettre la totalité du continent sous le contrôle militaire des « grandes démocraties », qui reviennent en Afrique avec un casque colonial peint aux couleurs de la paix.


Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 29 janvier 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130129/manip2pg/14/manip2pz/335194/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Manlio Dinucci est géographe et journaliste.


Source: MONDIALISATION.CA