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mardi, 10 mars 2015

SIMONE GBAGBO - PLAIDOIRIE DE Me DADJE: C’EST LE PROCES DE LA POLITIQUE ETRANGERE FRANÇAISE

 

SIMONE GBAGBO. PROCES.jpg

 

Pardonnez-moi pour cette émotion car je suis aujourd’hui incapable de plaider sans cette émotion. Cette émotion tient sa source dans le fait que c’est un enfant de la Côte d’Ivoire, né après les indépendances, qui vient défendre celle qui fut la Première Dame de Côte d’Ivoire.
C’est un honneur redoutable qu’une pareille tâche me soit confiée. C’est l’amour de mon pays, et une foi inébranlable en la Justice et en la grandeur de la cause que je viens défendre, qui m’aident à en supporter le poids.

Mesdames et Messieurs les jurés, voyez en moi, un fils du pays et écoutez ce que j’ai à dire. Mes paroles viennent du cœur.

L’Avocat qui se présente à vous, a fait son stage à la DST et à la MACA. J’ai été inculpé sous les mêmes chefs d’inculpations que ceux qui sont aujourd’hui reprochés à ma Cliente.

Mais en réalité, mon crime a été d’être l’Avocat de la Première Dame Simone GBAGBO. Mon crime a été, par devoir et conscience professionnelle, de rentrer de mon lieu d’exil, au risque de ma vie, pour accomplir ma profession d’Avocat.

J’ai, par chance, et grâce à la mobilisation du Barreau et de la famille judiciaire, bénéficié d’un non-lieu car je n’ai effectivement rien fait de ce pour quoi j’étais accusé.

Mais j’aurais pu être le 84ème accusé, et être assis aux côtés de ma cliente, mais cette fois comme co-accusé. Je vous explique cela car ma famille, comme bon nombre de familles ivoiriennes, a connu l’exil.

Je vous explique cela car vous ne pouvez-vous imaginer le prix que mes Confrères ici présent et moi-même avons payé pour simplement assurer la défense des accusés.

Nous avons perdu bon nombre de clients qui avaient peur de représailles rien que du fait d’avoir le même Avocat que Madame Simone GBAGBO ou ses co-accusés.

Certains ont même vu leur Cabinet attaqué. Nous avons dû défendre les accusés, depuis 2011, sans percevoir de quelconques honoraires de leur part, dans la mesure où ils avaient eux- mêmes leurs comptes gelés.

Nous avons dû engager des frais pour aller les voir à Odienné, à Bouna, à Katiola, à Boundiali, à Korhogo, à Man, à Séguéla, dans des conditions de sécurité précaires.

Beaucoup de personnes nous trouvaient fous d’entreprendre ces voyages dangereux. Il nous est arrivé plus d’une fois parcourir en voiture toute la Côte d’Ivoire, souvent à plus de 800 kilomètres, pour finalement nous voir empêcher de rencontrer nos clients. Juste parce que le Com zone de la ville n’était pas de bonne humeur…et que sa décision était supérieure à celle de la Justice, à la loi, hélas. Cela, nous l’avons fait par conscience professionnelle, mais aussi par amour de notre pays.

Ce procès, Mesdames, Messieurs les Jurés ne peut et ne doit donc être assimilé à aucun de ceux que peuvent habituellement connaître nos Tribunaux et Cours.

Il ne s’agit pas ici d’un procès de droit commun. Il ne s’agit même pas du procès de ces accusés regroupés ici. Il s’agit ici d’un procès politique. C’est le procès de la politique étrangère française, telle qu’elle a été menée par certains de ses dirigeants. Il s’agit ici du procès du néocolonialisme français qui pratique l’ingérence dans la politique nationale de ses anciennes colonies ;

Qui impose à la tête de nos Etats qui ils veulent, en fonction de leurs intérêts économiques, financiers, politiques.

Ce procès est, si l’on peut dire, pratiquement souhaitable. Car il nous permet de poser devant l’opinion publique nationale et internationale, le problème si douloureux de la relation de l’Etat français avec ses anciennes colonies.

En élargissant les limites de ce débat, sans les déborder toutefois, je vous demande de considérer qu’elles n’ont pas pour seul but la recherche de la culpabilité de ces accusés ;
Non, Mesdames et Messieurs les Jurés, ce procès a une portée plus grande. Il porte en réalité sur le respect de la souveraineté des pays africains ; sur le respect des institutions dont les Etats africains se sont dotés. Les accusés disparaissent ainsi derrière cette grande fresque, ce procès les dépasse.

De quoi s’agit-il à la base ?

D’un contentieux électoral qui aboutira à la mort de milliers d’ivoiriens et au piétinement de notre Constitution. Comme si les vies brisées depuis 2002 n’étaient pas suffisantes.

Aujourd’hui, dans cette salle, il n’y a ni avocats, ni magistrats, ni jurés. Aujourd’hui, nous sommes entre nous, entre compatriotes astreints à un devoir de vérité pour nous même, pour nos enfants et pour les générations à venir. Le Monde nous regarde. Le Monde entier nous regarde. Mais surtout, nos enfants nous regardent, nos petits-enfants nous regardent, nos héritiers nous regardent et ils nous jugeront.

Il s’agit d’un procès historique dans lequel nous sommes tous acteurs. Si malgré les efforts que je veux faire sur moi-même, mes observations vous paraissent empreintes de consternation, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser.

C’est que la question de la souveraineté de la Côte d’Ivoire me tient véritablement à cœur et me semble primordiale. C’est que Madame la Première Dame Simone GBAGBO n’est pas un personnage anodin. Son parcours devrait être un exemple pour toutes les ivoiriennes, et pour tous les ivoiriens.

Laissez-moi vous parler de cette grande Dame dont la place n’est certainement pas ici.

PRESENTATION DE SIMONE GBAGBO ET DE SON COMBAT

Issue d’une famille de 18 enfants, Simone EHIVET GBAGBO est née en 1949 sous l’empire colonial français. Deuxième de sa fratrie, elle sera comme une mère pour ses 16 petits frères et sœurs.

Née d’un père gendarme, elle a vécu à Dakar, puis a parcouru la Côte d’Ivoire au gré des affectations de son père dans les villes de Bouaké, Béoumi, Sinfra avant de revenir sur Abidjan.
Titulaire d’un CAPES de lettres modernes, elle a soutenu une thèse de 3ème cycle en littérature orale ivoirienne. Elle a enseigné au Lycée classique d’Abidjan, puis à l’Université de Cocody, pour ensuite se consacrer à la recherche sur les traditions orales ivoiriennes et les langues ivoiriennes ; Ce qui lui permettra à nouveau de parcourir la Côte d’Ivoire et de la connaître de l’intérieur.

Son engagement politique tient sa source :

De sa formation de chrétienne dans sa famille, puis dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Elle y a acquis les valeurs de Justice, d’équité, d’intégrité, et de compassion ;
De son militantisme dans les organisations de jeunesse, puis syndicales et politiques. Elle y a appris à connaître l’importance de la démocratie, de la souveraineté nationale, du multipartisme, des droits des femmes, des enfants, du citoyen, la primauté de la nation ;

De ses études et recherches sur la Tradition Orale et la linguistique qui l’ont aidé à connaître l’âme des divers peuples constituant la Côte d’Ivoire, à les aimer, à connaître leurs problèmes de développement, de vie quotidienne ;

De son rejet pratiquement viscéral des injustices dont elle a été témoin ;

Son engagement, elle le tient aussi de son amour sans commune mesure de ce pays qu’elle veut voir devenir réellement maître de son destin.

De toutes ses connaissances et expériences sont nées sa volonté profonde de voir une Côte d’Ivoire libre, indépendante qui n’ait rien à envier aux puissances occidentales.

C’est encore son engagement politique qui l’amènera à rencontrer un certain Laurent GBAGBO.

Tous deux, jeunes, beaux et idéalistes, partagent le même rêve, celui de voir la Côte d’Ivoire devenir véritablement indépendante, moderne et développée.

Car comme elle le dit, en 1960, la Côte d’Ivoire a eu une « indépendance aux oreilles percées ».

Nous avions quitté le système colonial pour entrer dans le système néo-colonial de la françafrique. Or, il n’y a aucune indépendance monétaire avec cette monnaie des Colonies Françaises d’Afrique, communément appelées « Franc CFA » ; Pas d’indépendance militaire avec ces accords de défense qui permettent à la France de gérer militairement ses anciennes colonies ; Aucune indépendance institutionnelle, aucune indépendance diplomatique ; la crise postélectorale nous le démontrera.

Mais voilà, quand on parle de souveraineté en Afrique, quand on parle de fierté africaine, on est immédiatement stigmatisé ! On fait peur.

Simone GBAGBO sera dès lors présentée comme la Dame de Fer, la Dame intransigeante, la «Dame de sang du régime ivoirien» par certains médias occidentaux dont notamment le journal Paris Match qui sera condamné pour les propos diffamatoires évoqués à l’encontre de Simone GBAGBO.

Mandela dira lors de son procès de Rivonia : « Le non-respect de la dignité humaine dont les Africains sont victimes est le résultat direct de la suprématie des Blancs. La suprématie des Blancs implique l’infériorité des Noirs ».

50 ans après ces propos qui dénonçaient une certaine réalité, qui peut taxer MANDELA d’être anti-blanc ou raciste ?

Mais quand Madame Simone GBAGBO parle de souveraineté, de liberté des peuples africains, on la qualifie immédiatement de «Dame de Fer» ou de «Dame Sanguinaire» de «patronne des escadrons de la mort».

En réalité, et cela est bien regrettable, l’homme ou la femme noire intellectuellement libre fait peur. Mandela n’a-t-il pas été pendant longtemps considéré comme un terroriste ?! Malcolm X ne faisait-il pas peur au pouvoir américain ?! LUMUMBA n’était-il pas craint au point que l’on l’élimina ?! Pourtant toutes ces figures n’étaient animées que d’un profond amour pour leur continent et d’un puissant rêve de liberté.

ARRIVEE AU POUVOIR DU PRESIDENT GBAGBO

Avec l’arrivée au pouvoir en 2000, du Président GBAGBO, c’est le combat de toute une vie qui se concrétise.

Eux, qui ont vu la Côte d’Ivoire passer du statut de colonie à celui d’Etat qui n’avait d’indépendant que le nom, rêvent de pouvoir faire de leur pays un Etat véritablement indépendant.

Ils rêvent d’organiser le multipartisme en Côte d’Ivoire. Ils rêvent de réaliser le développement équilibré de tout le pays avec la décentralisation ;

Ils rêvent de réaliser l’équipement moderne du pays avec l’électrification généralisée, l’eau courante, l’école gratuite, l’Assurance Maladie Universelle, l’industrialisation.

Ils pensent pouvoir le faire : Simone EHIVET GBAGBO en participant en qualité de Député à l’élaboration des lois du pays ; et le Président Laurent GBAGBO par le biais du pouvoir exécutif.
Mais voilà, quelqu’un qui se reconnaîtra certainement, a décidé de rendre ce pays ingouvernable … Bref…

Avançons comme dirait Madame Simone GBAGBO.

TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 SEPTEMBRE 2002

Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire connaîtra une tentative de coup d’état en 2002, et voilà le Président Laurent GBAGBO arrivé démocratiquement au pouvoir, 18 mois plus tôt, contraint par les autorités françaises à partager le pouvoir avec les putschistes.

Pendant 8 ans, les rebelles partageront le pouvoir avec le Président démocratiquement élu Laurent GBAGBO. Pendant 8 ans, le Président Laurent GBAGBO sera contraint de céder de plus en plus de terrain aux doléances des rebelles.

Lui ne demandait qu’une seule chose: le désarmement pour la réunification du pays. Il ne l’obtiendra jamais. C’est dans ces conditions qu’auront lieu les élections présidentielles de 2010 sous la pression de la Communauté Internationale.

LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

En ce qui concerne les résultats provisoires, Madame Simone EHIVET GBAGBO, l’a dit lors de son intervention. Ils n’existent pas ! Ne refaisons pas l’histoire ! Tous les protagonistes de cette affaire savent bien qu’après le 1er décembre 2010 à minuit, la CEI était forclose.

Tout le monde sait que la Commission Electorale Indépendante ne s’est jamais réunie pour proclamer des résultats. Tout le monde sait que la déclaration de Monsieur Youssouf BAKAYOKO tout seul à l’hôtel du Golf, faite au siège de campagne du candidat Alassane OUATTARA, est scandaleuse à plus d’un titre :

Il n’y a jamais eu de procès-verbal de délibérations émargé par les membres de la CEI ;
Il n’est ni moral ni légal d’aller proclamer de manière solitaire, de prétendus résultats au QG d’un candidat ; En France, en 2012, un tel acte posé par le Secrétaire Général de l’UMP a failli casser le parti en deux.

Seul le Conseil Constitutionnel proclame vainqueur un candidat à l’élection présidentielle, et sa décision s’impose à tous à l’intérieur comme à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, même à l’ONU.

Ne nous méprenons pas ! La crise est née uniquement du non-respect de la décision du Conseil Constitutionnel. L’acte de rébellion du candidat perdant et de ses alliés nationaux et internationaux entraineront un déferlement des troupes rebelles rebaptisées FRCI, des milices dozo, et divers mercenaires sur les territoires restés sous contrôle du Gouvernement, semant la mort, la violence, les pillages sur leurs passages.

Au bout du compte, l’Etat français achèvera ce plan d’agression par le bombardement de la résidence présidentielle, du Palais Présidentiel et des quartiers d’Abidjan pendant 11 jours.

LES CONDITIONS DE SON ARRESTATION ET LES HUMILIATIONS

C’est dans ces conditions que Madame la Première Dame Simone GBAGBO a été arrêtée, battue, humiliée !

Sa pudeur, et sa volonté de voir la Côte d’Ivoire se réconcilier et aller de l’avant l’ont amenée à, à peine évoquer les sévices graves dont elle a été victime.

Nous avons tous été témoins de la barbarie de ses geôliers !

Au-delà de sa personne, c’est la République ivoirienne, une et indivisible, qui a été malmenée !
Croyez-vous un seul instant que, pour un contentieux électoral, on aurait pu malmener la

Première Dame des Etats-Unis ?

Croyez-vous que l’on aurait pu montrer dans les médias du monde entier la Première Dame de n’importe quel pays occidental dans une position aussi humiliante que celle infligée à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

Nous avons tous vu ces images écœurantes qui créent un malaise… aujourd’hui encore.
Oui, car lorsque l’on aime son pays, et quelque soit les divergences politiques que l’on peut avoir avec Madame la Première Dame Simone GBAGBO, on ne peut qu’être choqué face aux images humiliantes diffusées à profusion sur les médias français et sur internet.

Il est d’ailleurs surprenant de voir que les médias occidentaux qui prennent tant de soin à respecter la dignité de tous leurs ressortissants se trouvant en situation de difficulté notamment en tant qu’otage ou victime d’exaction, en refusant de diffuser les images ou en les grimant, et n’ont pas hésité un seul instant à diffuser des vidéos humiliantes de celle qui fut la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire.

Je me souviens de toute la polémique qu’il y a eu en France lors de la diffusion de l’arrestation de Dominique STRAUSS KAHN alors Président du Fonds Monétaire International.

Certains médias français et politiques s’étaient émus du fait qu’il ait été présenté devant le monde entier menotté. Dommage que cette émotion soit à géométrie variable en fonction de ce que l’on parle d’occidentaux ou d’africains !

En tout état de cause, les humiliations et les sévices subis par la Première Dame furent nombreux… Mais tournons la page et avançons, comme elle a tenu à le dire… La violation de ses droits : détention arbitraire ; Violation de son immunité

Au-delà de ces sévices, Madame Simone GBAGBO a vu tous ses droits bafoués :
Enlèvement et séquestration ;
Immunité parlementaire piétinée !
En effet, à tour de rôle, Procureur, Juge d’Instruction, et Chambre d’Accusation, refuseront de prendre en compte sa qualité de parlementaire, prétextant du fait que son mandat aurait pris fin en 2005.

Et pourtant tout en contestant sa qualité de parlementaire, des Décrets d’application sont pris se fondant sur des lois votées postérieurement à 2005 par la Députée Simone GBAGBO !

Cela est notamment le cas de la Loi du 27 Décembre 2007 portant statut du corps diplomatique, votée par Madame Simone GBAGBO, et dont le Décret d’application sera pris le 21 décembre 2011 par Monsieur Alassane OUATTARA. Nous ne sommes malheureusement pas à la première contradiction dans ce dossier, ni à la première aberration ! Les infractions qui lui sont reprochées en témoignent.

LES INFRACTIONS : ABSENCE DE FAIT

Pendant 4 ans, il a été expliqué au peuple ivoirien et à l’opinion publique internationale que la Première Dame Simone GBAGBO est une sanguinaire !

On a même affirmé de façon péremptoire, au Peuple ivoirien que le couple présidentiel avait occasionné près de 3000 morts pendant la crise postélectorale !

On a tenté de faire croire que le Président Laurent GABGBO, son Gouvernement et la Première Dame massacraient les populations civiles.

On a tenté de faire croire, que la Première Dame avait les mains pleines de sang, qu’elle avait mis à mal l’Etat.

On a tenté de faire croire que son époux et elles, avaient ordonné le viol de femmes, de jeunes filles pendant cette période violente et douloureuse.

On a tenté de faire croire qu’elle avait recruté et armé de jeunes nationaux et étrangers pour tuer des ivoiriens ;

Pendant 4 ans, la Justice ivoirienne a été endormie par ces allégations dont on attend encore les preuves !

Quel est donc ce procès sans aucun fait précis ?!

Quel est donc ce procès sans aucun élément matériel constitutif d’une infraction ?

Quel est donc ce procès pénal où la partie civile est l’Etat de Côte d’Ivoire ?

Un Etat de Côte d’Ivoire représenté ici doublement par le Ministère Public et par des Avocats !

Comment peut-on appeler autrement ce procès que par ce qu’il est, à savoir un procès politique ! Ce procès, aboutissement d’une instruction qui a duré des années, met en évidence une chose :

C’est que pendant toute l’instruction, et au travers de toutes les discussions devant la Chambre d’accusation, ce n’est pas le droit qui semble avoir primé sur toute autre considération.

Ce dossier a été construit à l’envers ! On a arrêté des personnalités parce qu’on les trouvait gênants, et on a tenté de justifier leur détention par une inculpation intervenue tardivement et collectivement mais qui ne repose sur aucun fait précis et personnel !

Qu’est-il reproché à la Première Dame ? D’avoir respecté la Constitution et les Institutions ivoiriennes ?

Mais ce n’est pas 83 personnes qui devraient alors être sur le banc des accusés, mais 22 millions de personnes !

Tous les ivoiriens devraient donc être sur le banc des accusés ! Tous les fonctionnaires de ce pays devraient se trouver sur le banc des accusés !

Car il faut être sérieux ! Si l’on estime que le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement étaient illégitimes, si tous les actes posés par eux étaient illégaux ! Les fonctionnaires ne se sont-ils pas rendus complices de cette prétendue forfaiture ? Ne se sont-ils pas rendus coupables de recel en encaissant les salaires qui leur étaient réglés par le Gouvernement GBAGBO de Décembre 2010 à Mars 2011 ! Soyons sérieux !!!

Il n’y a, à l’encontre de la Première Dame Simone GBAGBO, aucune infraction pénale ! Aucun fait précis qui serait constitutif d’une infraction !

Par ailleurs, même dans l’hypothèse absurde où il y aurait existé des faits, l’intention criminelle indispensable à la constitution de l’infraction aurait forcément fait défaut. Oui car la Première Dame Simone Gbagbo n’a fait que respecter la décision du Conseil Constitutionnel déclarant son époux vainqueur et recevant son serment en audience solennelle comme l’exige la Constitution. Elle a donc agit de bonne foi convaincu que la vérité et la loi sont avec elle.

Alors que reproche-t-on à la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ?

CONSTITUTION DE BANDES ARMEES – MASSACRE DE CIVILS : DES TEMOINS PEU CREDIBLES ET SUSCITES

L’audition devant la Cour d’Assises de Mme Gbagbo a également démontré qu’elle n’était coupable de rien et qu’elle doit être déclarée non coupable de tous les chefs d’accusation, oui tous les chefs d’accusation.

Nous en voulons pour preuve les questions du Parquet Général qui étaient vagues, et ne faisaient allusion à aucun fait à elle allégué, sinon plutôt des questions sur ce qu’elle pense de la CEI, du Conseil Constitutionnel et autres, mais jamais de faits à elle personnellement reprochés. Question alors: Comment le Parquet a-t-il eu connaissance des témoins? Car tous les témoins disent qu’ils ont été appelés par le Parquet pour venir témoigner.

Pourquoi le Parquet qui avait connaissance desdits témoins n’a posé aucune question à Mme Gbagbo sur les faits que devaient raconter les témoins, afin de mieux la confondre. Le Parquet représente t-il le peuple ou le régime au pouvoir pro RDR?

Je pensais que le parquet représentait le peuple et par conséquent se devait de rester juste et équitable. On pourrait penser que tous les témoins ont été suscité par le RDR pour tenter de salir Mme Gbagbo, oui car tous les témoins sont du RDR ou sympathisants.

Des Témoins qui n’ont jamais été une seule fois entendus au cours de cette longue instruction.

Témoins qui n’ont jamais été confrontés à Mme Gbagbo pendant cette longue instruction.

Ces témoins viendront déclarer faussement sous serment ici à la barre hélas.

Faute de faits constitutifs d’infraction, il a été annoncé par l’Accusation un rattrapage, grâce à 16 témoins à charge, pour finalement n’en présenter que 5.

En écoutant les discours des témoins, on en conclut que le Parquet Général, tentait visiblement d’apporter enfin des faits incriminant l’accusée, et démontrant sa culpabilité au moins dans ces deux domaines.

Contre Madame GBAGBO, l’accusation produira tout d’abord le témoignage de Monsieur Issa BOCOUM.

Ce Monsieur expliquera avoir vu 8 véhicules DAKOTA, ayant de nouvelles plaques d’immatriculation « ww », rentrer dans une église à ABOBO, pour décharger des armes se trouvant dans des caisses.

Il prétendra y avoir vu Madame GBAGBO, en lunettes fumées de marque « Ray Ban », donnant des instructions à cette fin mais sans jamais parler, se contentant, selon lui, de faire des gestes.
Ce témoignage est évidemment peu sérieux dans la mesure où il n’est corroboré par aucun élément de preuves ! Monsieur Issa BOCOUM se limitant à présenter deux photos, prises il y a juste 3 mois, d’une montrant l’église méthodiste en question, et l’autre une mosquée qui se situerait selon lui, en face de ladite église.

Or, aucune des photos nous permet de savoir que les 2 bâtiments dont il parle, se trouvent face à face, vu que l’une montre uniquement une église et l’autre uniquement une mosquée. On ne voit nulle part Mme Simone GBAGBO présente et en action, sur ces photos.

Qui peut sérieusement croire que Madame Simone GBAGBO, qui n’a au demeurant aucune formation militaire, se serait rendue en plein jour dans la cour d’une église méthodiste, pour aller y déposer des armes, habillée comme une héroïne de films policiers de série B ?

Par ailleurs, ce témoin jure mordicus que sa maison a été bombardée par un obus tiré depuis le camp commando d’Abobo et qui l’aurait même personnellement blessé.

Il poursuit en déclarant que le bombardement de sa maison par le camp Commando a été fait sur ordre de la Première Dame Simone GBAGBO, mais il en rapporte toujours aucune preuve :
Aucune preuve sur le fait que sa maison a été effectivement bombardée par un obus et qu’il en aurait été blessé ;

Aucune preuve sur le fait qu’il y a eu un bombardement et que cela provenait du Camp Commando ;

Aucune preuve sur le fait que le prétendu bombardement, à supposer qu’il soit avéré, aurait été effectué sur ordre de Madame Simone GBAGBO.

Il est bon de rappeler que la Première Dame n’avait pas de véhicules de marque DAKOTA dans son cortège et cela aurait pu être vérifié par un simple transport sur les lieux, à la résidence Présidentielle.

Il est bon d’indiquer que Mme Gbagbo n’a jamais porté de lunettes fumées Ray Ban. Elle porte juste des verres pharmaceutiques et uniquement lorsqu’elle a besoin de lire. Ce témoignage, qui n’est corroboré par aucun élément sérieux, ne pourra être qu’écarté.

Que dire du second témoin, Monsieur DIALLO Souleymane, dont les dires étaient incompréhensibles et qui étaient venu expliquer qu’il n’avait vu que 2 fois la Première Dame : Une première fois en 2008, et la seconde fois, le jour même de l’audition de Madame Simone GBAGBO devant la Cour d’Assises, le 23 février 2015 ! Ce témoignage n’avait aucun intérêt !

L’accusation présentera encore le témoignage de Monsieur KONE Amara. Ce témoignage prêterait à sourire si ce dossier n’était pas aussi grave ! Voilà un Monsieur qui reconnaît n’avoir jamais vu Madame la Première Dame Simone GBAGBO, ne l’avoir jamais rencontré, tout en étant persuadé qu’elle aurait remis des armes au fils de son ami dénommé Lamté !

Il aurait même affirmé que le Sieur Lamté était le Chef de la Sécurité de Mme Gbagbo à Abobo. Mme Gbagbo n’a jamais eu de sécurité privée et tout le monde le sait. La seule sécurité dont elle disposait était celle de Groupement et sécurité présidentiel et de la Garde Républicaine. Le témoin qui ment sans cohérence en était sûr mais n’avait rien vu de tout cela !

Quant au témoignage de Monsieur TRAORE Ibrahim, il ne peut qu’être relevé des contradictions flagrantes. En effet, le 26 janvier 2015, ce Monsieur va déclarer qu’alors qu’il était superviseur dans un bureau de vote, Madame Simone GBAGBO a échangé avec lui, et qu’après son départ, son aide de camp, le Commandant SEKA, lui aurait remis une enveloppe d’argent pour « boire de l’eau », ce qu’il aurait refusé par soucis de neutralité.

Puis, dans son témoignage du 23 Février 2015, voilà qu’il déclare subitement que Madame GBAGBO, lui aurait envoyé 2 personnes prénommées Alain et Maxime, et non plus le Commandant SEKA, lui remettre une enveloppe d’argent pour bourrer les urnes et en modifier les contenus, le soir après 23 h, au moment de transporter les urnes au CMA.

Or, les urnes ne sont enlevées qu’après le dépouillement, et la proclamation des résultats des votes sur place, et un procès-verbal de délibération ait remis à chaque représentant des Candidats. Ce n’est qu’après cela que lesdites urnes sont transportées pour le centre de collecte de la circonscription.

En 90 et 95, Madame Simone GBAGBO et le FPI avaient même mené des négociations avec le pouvoir pour que dans chaque bureau de votes, les procès-verbaux de délibération soient remis à chaque représentant de candidat pour éviter ce type de fraudes, notamment le tripatouillage des urnes pendant leur transfert au centre de collectes.

A quoi donc aurait servi le bourrage d’urnes postérieurement au dépouillement ? Ces contradictions dans ces 2 déclarations, étayées par aucune preuve, discréditent totalement ce témoin qui a manifestement fait une fausse déclaration sous serment.

Il est bon de rappeler que c’est ce témoin qui, le 26 Janvier 2015, s’était lui- même identifié comme un rebelle formé à BOUAKE depuis 2002, et convoqué au Golf pour s’y faire remettre une arme par SORO Guillaume et aller combattre dans la ville d’Abidjan contre les Forces de Défense et de Sécurité.

Au vu de tout ce qu’il a déclaré lui-même, tout porte à croire que ce témoignage a été suscité dans le seul but de servir la cause à laquelle il a toujours adhéré depuis 2002 : celle de la rébellion armée contre Laurent GBAGBO, celle de discréditer Mme Simone Gbagbo à dessein.

Que dire encore de Monsieur CISSE Drissa, gardien au siège du RDR, qui dit qu’on lui aurait rapporté la présence du cortège de la Première Dame chez BAH BIENTO et qui en déduit qu’elle serait à l’origine des barrages et des coups de feux qu’il aurait entendu par la suite !

En effet, Monsieur CISSE Drissa dit que le 16 décembre 2011, il a vu passer un cortège de voitures. On lui aurait dit qu’il s’agissait du cortège de la Première Dame. Il reconnaît n’avoir jamais vu, de ses yeux, Madame Simone GBAGBO, ce jour-là, et encore moins l’avoir vue déposer des armes.

Bien que ne l’ayant jamais vue, il maintiendra que les agressions ont commencé ce jour-là, parce qu’elle aurait déposé des armes dans la maison de Monsieur BAH BIENTO, dans la mesure où c’est après cette prétendue visite que les agressions armées ont commencé.

La seule chose dont se témoin soit sûr sans qu’il ne lui ait été rapporté, c’est que ces évènements se sont déroulés le 16 Décembre 2011…

4 ou 5 fois, le Juges et les avocats de la partie civile, et les Avocats Généraux l’ont interrogé sur la date du 16 Décembre 2011.

A chaque fois, il a confirmé cette date.

Il lui a même été fait remarquer que Madame Simone GBAGBO a été arrêtée le 11 avril 2011, et qu’elle se trouvait à ODIENNE depuis le 22 avril 2011.

Mais ce témoin a persisté dans cette déclaration, jusqu’à ce que les multiples suggestions des Avocats de la Partie Civile l’amènent à revenir sur ce point pour enfin se limiter à affirmer que ces évènements ont eu lieu le « 16 décembre » !

Plus de date précise donc, plus de date !

A partir du moment où il n’a pas vu Mme Gbagbo, de surcroit déposer des armes chez Mr Bah Biento, de quoi est-il témoin pour que le Parquet le fasse comparaître en qualité de témoin. Il est évident que tous ces témoignages sont des mensonges, des témoignages inventés de toute pièce. Et cela tombe sous le sens.

Il est bon de noter que depuis l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire, les forces armées ne disposaient de plus d’effectif qu’il n’y avait d’armes disponibles. Même la Garde Républicaine manquait d’armes. Toutes les frontières de la Côte d’Ivoire étaient surveillées par l’ONU pour veiller à ne pas laisser violer l’embargo sur les armes. Où et comment Mme Gbagbo même si elle le voulait, aurait pu se procurer des armes pour les distribuer. C’est absurde et simplement diffamatoire.

Il n’y a aucune preuve, et il ne peut pas y en avoir, parce qu’à aucun moment, Madame Simone GBAGBO n’a constitué de bandes armées, n’a armé personne, n’a incité au massacre de personnes civiles ou militaires, n’a engagé d’actions contre une communauté quelconque.

Ce ne sont simplement que des faux témoignages, des inventions de toutes pièces.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous l’ai dit au début de mon intervention, ce procès nous dépasse ! Vous avez un dossier sans faits ! Car en réalité, les infractions n’existent pas et ne sont qu’un prétexte à ce procès.

Il ne s’agit donc pas, dans ces douloureux débats, d’apprécier véritablement la culpabilité ou l’innocence des accusés. Il ne s’agit même pas de savoir de qui de GBAGBO ou de OUATTARA est le véritable Président de la République de Côte d’Ivoire. Il a effectivement déjà été répondu à cette question : La Côte d’Ivoire a eu un Président élu et proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel ; et un Président reconnu par la Communauté internationale et proclamé Président de la République après une violente crise, une agression armée de la Côte d’Ivoire.

Il s’agit de dire, par votre verdict, si oui ou non les peuples africains ont le droit de faire respecter leurs institutions. Vous avez la lourde mais noble mission de proclamer, une fois pour toutes, le droit de l’Homme africain au respect de sa personnalité, de sa dignité, et de sa souveraineté.

Madame Simone GBAGBO l’a très justement dit. La Constitution, le Conseil Constitutionnel, organes suprêmes de notre République sont nos totems. Si nous ne les respectons pas, qui le fera à notre place ?

Mesdames et Messieurs les Jurés, je vous rappelle que conformément à l’article 90 de notre Constitution, le Président du Conseil Constitutionnel prête serment en ces termes : Je m’engage à bien et fidèlement remplir ma fonction, à l’exercer en toute indépendance et en toute impartialité dans le respect de la Constitution, à garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions, à ne prendre aucune position publique dans les domaines politique, économique ou social, à ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence du Conseil constitutionnel ».

Les Membres du Conseil Constitutionnel prêtent eux, conformément à l’article 91 de la Constitution, le serment suivant : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution et de garder le secret des délibérations et des votes, même après la cessation de mes fonctions.

La décision du Conseil Constitutionnel du 4 décembre 2010 a été rendue conformément à ces textes.

L’absence de poursuites diligentées par le Ministère Public à l’encontre des Membres et du Président du Conseil Constitutionnel n’est-il pas l’aveu même de ce que cette décision ne saurait sérieusement être remise en question ? Le Parquet une fois de plus a montré qu’il ne représentait pas le peuple mais plutôt le parti au pouvoir et je m’explique. Le Parquet sur la base de ces faux témoignages demande que Mme Gbagbo soit condamné à 10 ans de prison et soit privé de ces droits civiques Curieusement, parmi les 80 accusés, Mme Gbagbo est la seule pour qui il soit demandé la privation de ses droits civiques.

Mais alors pourquoi pourrait se poser le citoyen lambda. Alors je vous répondrai, c’est uniquement pour empêcher Mme GBAGBO de reprendre sa place au FPI et leur tenir la dragée haute sur les tous les problèmes qui minent la Côte d’Ivoire qui semble-t-il émerge. Mais faire de la politique n’est pas un crime. Pourquoi donc manipuler le Parquet à cette fin. Voilà, la raison. Je pensais que le Parquet représentait le peuple, mais que je me suis trompé.

Le présent Parquet représente le pouvoir ivoirien et ne travaille qu’uniquement dans leur intérêt, même quand il est en contradiction avec le mandat que le peuple leur a confié. Dès lors entrer en voie de condamnation contre Mme GBAGBO, serait approuver le comportement de tous ceux qui méprisent nos institutions. Condamner, ce serait dire que l’on veut perdurer dans un système néo-colonisant où notre Constitution ne serait en réalité qu’un bout de papier, sans valeur.

Condamner ce serait dire que l’on est incapable de se respecter et que l’on aura toujours besoin de l’intervention prétendument civilisatrice de nos anciens colons pour distribuer les bons et les mauvais points. Condamner, ce serait accepter que nos Chefs d’Etat ne soient choisis par le peuple souverain mais par d’autres. Acquitter, au contraire c’est affirmer notre volonté d’indépendance. Acquitter c’est dire notre attachement à notre Constitution. Acquitter, c’est aussi faire œuvre d’apaisement; C’est détruire les ferments d’amertume et de rancœur dans le cœur de nos compatriotes qui sont bien conscients du caractère politique de ce procès. Acquitter, c’est réitérer sa volonté de voir une Justice indépendante du pouvoir politique. Acquitter enfin, c’est montrer le vrai visage de la Côte d’Ivoire éprise d’idéal, de Justice et de Paix ; et surtout de réconciliation entre tous ses enfants.

Monsieur le Président, Messieurs de la Cour, Mesdames et Messieurs les Jurés, ne vous faites pas complices des politiciens car ils ne sont pas bons. Ne contribuez pas construire une Côte d’Ivoire de haine et de vengeance perpétuelle, ce ne serait bon pour personne. Réconciliez les ivoiriens en rendant des décisions justes fondées sur les principes élémentaires du droit pénal.

Pas de faits précis, pas de preuves concrètes : pas de condamnations et j’ai plaidé.

Je vous en remercie.


Maître Ange Rodrigue DADJE / Maître Habiba TOURE

Plaidoirie publiée par le Gri Gri International.

vendredi, 06 mars 2015

TERRORISME - BOKO HARAM: 40% DES ARMES SAISIES SONT DE FABRICATION FRANÇAISE

 

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Abubakar Shekau devant un panhard VBL.

 

Le Tchad a révélé que près de 40% des armes saisies par son armée aux membres de Boko Haram sont de fabrication française.

 

Le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’autour de « 40% des armes saisies par les forces armées du Tchad aux combattants de Boko Haram sont de fabrication française », rapporte Anadolu Agency. L’annonce a été faite par l’officiel, ce mercredi 4 mars 2015, à Yaoundé, à l’occasion d’une visite de travail au Cameroun.

Hassan Sylla Ben Bakari a indiqué qu’il ne désignait pas la France comme un fournisseur d’armes de la secte Boko Haram. Il s’agit d’un avertissement afin que Paris contrôle mieux les circuits de vente de matériel militaire. « Mon pays montre ces images et continuera de les montrer afin que ceux qui les fabriquent sachent que ces armes ne se retrouvent pas là où elles doivent être », a poursuivi le ministre tchadien de la Communication.

«Aucun pays africain ne fabrique des armes»

Pour justifier cette provenance, son homologue camerounais, Issa Tchiroma, a rappelé « qu’aucun pays africain ne fabrique des armes. Tous les pays africains achètent des armes auprès des pays comme la France, la Russie, les Etats-Unis ».

La capacité de Boko Haram à se procurer un armement tel que ce groupe terroriste se donne les moyens de résister à l’armée du Nigeria, du Cameroun et du Tchad coalisés n’a toujours pas trouvé d’explication. Certains observateurs doutent que le commerce des otages, raison officielle avancée le plus régulièrement, suffise pour armer et entretenir l’armée rebelle.

(Afrik.com)

 

Source: Le blog d'Allain Jules

BOKO HARAM: UNE OPERATION SECRETE DE LA CIA POUR DIVISER ET REGNER EN AFRIQUE?

 

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WIKISTRIKE. Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention » in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

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Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes.

L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

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Image: Abdelhakim Belhadj, chef des rebelles pendant la guerre de 2011 en Libye et ancien commandant du Groupe islamique combattant en Libye lié à Al-Qaïda.

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours.

Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis.

L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte.

Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Julie Lévesque

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 19 février 2015

6,2 MILLIONS D'EUROS POUR LE SILENCE DES ANCIENS PRESIDENTS SUR LE FRANC CFA: LES FRANÇAIS DECOUVRENT UN ASPECT DE LA MONNAIE NAZIE

 

 

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Nicolas Sarkozy est en colère, une fureur incommensurable, disent les journaux. Une fureur justifiée car le contrat sur le prix du silence qui lie les anciens présidents français et le gouvernement français vient d’être rompu d’une manière unilatérale par les journalistes bien instruits. Il est surtout furieux parce que des hauts dirigeants ont informé la presse de sa présence aux émirats, et surtout cette presse prétend que la république lui accorde déjà près de 2,4 millions d’euros par ans au titre d’ancien président. Voilà ce qui rend Nicolas Sarkozy en colère car il y a une confusion entre deux dotations : Une légale, qui attribue à chaque anciens président 6000 euros par mois depuis 1955 Cette dotation est toujours en vigueur aujourd’hui et s’applique à Giscard d’Estaing, J Chirac et N. Sarkozy.

La seconde dotation est, elle bien obscure, et concerne les 6,2 millions d’euros dont parle les journalistes et dont bénéficient les anciens présidents de la République. Il s’agit en fait d’une prime impériale pour leur silence par rapport au franc CFA, dont toute personne, vivant en France, ne prend la vraie dimension hautement criminelle que lorsqu’elle accède à la fonction de président de la France. Nicolas Sarkozy sait lui-même que c’est vraiment un coup tordu, car, malgré toute cette fureur, notre ex et pro-futur président de France ne peut dénoncer officiellement la violation de ce contrat de silence. Il est tenu au secret et s’enrage mais pour combien de temps ?

Les origines de cette confusion et fureur viendraient d’une information qui lève le voile petit à petit,  des deux côtés de la méditerranée, sur le franc CFA et les effets de cette monnaie nazi. En effet, après près de 30 années de bataille acharnée de quelques députés et citoyens récalcitrants, l’un de ces derniers, en l’occurrence M. Dosiere vient d’obtenir une petite victoire car le gouvernement Français vient de lui adresser le coût total des anciens présidents de la république pour l’année 2014 : 6,2 millions d’euros. Notons tout de suite que ce chiffre n’est qu’une déduction approximative, issue de tous les éléments dont disposait ce monsieur et qu’il n y a pas une ligne budgétaire officiel attribuée à cette allocation. Cette allocation n’a d’ailleurs pas une existence légale et reste totalement opaque.

Ce brave homme rapporte que les fondements de cette allocation et son financement reste totalement mystérieux, et comme Nicolas Sarkozy, sa consternation ou sa fureur s’arrête à ce niveau, laissant les Français et les autres citoyens du monde complètement médusés. Comme c’est devenu la mode au royaume de France, tout ce qui touche de près ou de loin le franc CFA, la France Afrique ou le pillage de l’Afrique est enveloppé d’une opacité dont les Français se sont à présent bien familiarisés. La réalité est que cet argent, qui sert à payer les anciens présidents, ne vient pas directement des contribuables Français, mais plutôt des revenus de la gestion du franc CFA. Ce qui ne veut pas dire que les Français ne payent pas de cette pratique digne d’une république bananière. La France est le seul pays dans le monde qui met en œuvre cette pratique, et au service des ex-présidents qui travaillent totalement à leur compte et parfois contre l’intérêt de l’état Français. Pour bien comprendre cette confusion qui entraine aussi bien la fureur de Monsieur Sarkozy que du sieur Dosiere et des Français, il faut remonter à l’origine de cette deuxième dotation opaque.

L’origine de cette dotation opaque aux anciens présidents

Les vraies raisons de cette deuxième dotation sont exactement celles qui font des présidents Africains francophones les propriétaires exclusifs du trésor public de leur pays : le Franc CFA. Tout réside dans la genèse même de cette dotation et il faut se replonger dans les années 70. A cette époque, il n’y avait dans le monde que 3 empereurs, donc deux générés par le franc CFA: Le Vraie (du Japon), le Virtuel (de la Centrafrique) et le réel (de la France). De ces trois empereurs, celui qui jouissait effectivement des pouvoirs d’un Empereur était le président Français, Valérie Giscard D’Estaing. Arrivé au pouvoir très jeune, cet homme intelligent s’est laissé aveugler par le pouvoir que lui conférait le Franc CFA.

Sachant que la France était de droite comme lui et le nombre de mandats n’étant pas limité à cette époque, il se voyait en parfait monarque qui devait régner sur la France pendant des décennies, contrairement à ses prédécesseurs qui était arrivés au pouvoir à un âge avancé.  Ses pouvoirs étaient tellement colossaux que les Africains ne remercieraient jamais assez cet homme pour leur avoir donné l’unique et le seul empereur d’Afrique de la période contemporaine.  Même Louis 14 aurait été jaloux de Bokassa 1er car la cérémonie fut grandiose. Bokassa, en bon empereur et griot Africain est d’ailleurs celui qui a décrit le mieux les faits et gestes impériaux du monarque Français. C’est de ce piédestal de la vision grandiose d’une France impériale du CFA qu’est tombé Valérie Giscard d’Estaing quand la droite a perdu le pouvoir au profit de François Mitterrand en 1981.

Le jeune président déchu a alors eu du mal à se remettre de ce retournement de situation complètement inattendu pour un empereur mais correctement possible pour un démocrate. Alors, lui qui était à l’époque le seul ancien président vivant et qui connaissait très bien les avantages du Franc CFA a alors décidé de revendiquer, comme un empereur déchu, des compensations, avec une menace sérieuse de dénoncer le Franc CFA. C’est ainsi qu’en 1985, les nouveaux arrivants, socialistes, qui avaient mis 4 ans pour prendre la mesure des richesses que procuraient le CFA à l’empire et à l’empereur français, ont alors décidé de lui garantir certaines prérogatives pour acheter son silence définitif sur le Franc CFA. Ainsi, VGE serait soutenu dans plusieurs de ses activités, allant de ses multiples élections jusqu’à la construction de Vulcania, une sorte de parc impérial pour les volcans. Le deal a bien fonctionné car Giscard d’Estaing ne s’est plus jamais exprimé sur le franc CFA et malgré l’alternance en France, le maintien de la monnaie criminogène fait l’unanimité.

Les montants réels de ce prix du silence depuis 1985 ne sont pas connus de nos jours, car les sommes sont directement déduites des intérêts du Franc CFA, un compteur sans chiffres. La somme de 6,2 millions, annoncée par René Mézière n’est qu’une indication, et seulement pour l’année 2014,  car, cette allocation qui n’a aucune base juridique, n’est pas facilement traçable. Le député de l’Aisne rappelle que cette dotation avait été réglé “sur la seule base d’une lettre personnelle” en 1985 de Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’a donc aucune existence ou base juridique.

De nos jours, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation sur la vie des empereurs pour comprendre que le comportement des présidents Français, « Katika (Maître) » du Franc CFA, est impérial. Les journalistes Français eux-mêmes, je veux dire les quelques peu qui ont pu résister à ce tsunami de magouille du Franc CFA, qualifient d’ailleurs régulièrement leur président de monarque, a l’exemple de Médiapart ou de Marianne : Le feu président Mitterrand, de son vivant, avait déjà montré la puissance de cet empereur Français en échange de son silence sur le CFA : Les plus grands journalistes de France et Internationaux ne découvriront alors sa polygamie qu’après sa mort.

Le président Chirac est certainement celui dont la criminalité du Franc CFA, ou la monarchie aura le plus affectée. Sa déclaration, sur la nécessité que la France rembourse l’argent des Africains aux Africains, le clouera définitivement sur un fauteuil de mort politique, car dès le lendemain de sa déclaration, il a été frappé d’une maladie qui lui fait tout oublier. Son éloignement de Paris est d’ailleurs considéré comme un exil pour respecter le silence en vigueur. Le spectacle que donnent les deux derniers présidents Français avec leur vie privée ou publique, illustre bien que ces empereurs n’ont pas perdu de leur superbe. Bref, on peut utiliser tous les moyens de l’état pour gagner de l’argent dans des structures privées, tout en mettant à la disposition de ses clients, moyennant quelques pécules, les secrets de l’état.

On peut héberger une femme à l’Elysée sous aucun titre tout en organisant des courses poursuites en scooter avec les paparasis dans les rue de Paris. Ce n’est pas tout, certain candidat dans la lignée de ces monarques, candidat à la présidentielle, rêvent de remplir la fonction présidentielle en France tout en organisant des parties fines ou libertines dans les Hôtels de France et du monde. Bien entendu, ceci à l’insu des grands journalistes d’investigations qui découvrent tout a la télévision comme de simples spectateurs. C’est dire que le pouvoir que confère le franc CFA au président Français est sans limite. Et cette confusion sur les dotations aux anciens présidents, qui déclenche la fureur d’un ancien président, les frustrations d’un député ou des citoyens Français, ne lève qu’un petit coin de voile sur les méfaits de cette monnaie nazi.

La vraie morale de cette histoire c’est que toute chose, bâtit sur un socle de mensonge, de la duperie et du cynisme, finit par voler en éclat comme une maison construite sur une fondation foireuse. Ainsi des trois empereurs des années 70, centrafricain, Français et japonais des années 70, il ne demeure que le vrai empereur, celui du Japon. Au nom de cette morale, on peut parier que les deux empires générés par le Franc CFA disparaîtront également. L’empire de Centrafrique n’a pas attendu la fin du Franc CFA pour disparaitre.

Ngando

 

Source: cameroonvoice

vendredi, 13 février 2015

MARIE-THERESE A LA POURSUITE DES MILLIONS DISPARUS D'HOUPHOUET-BOIGNY

 

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Son élégance a ébloui les plus puissants. Lorsqu’elle était aux côtés de feu son mari, Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, cette « princesse baoulée » sortait du lot. « Partout où j’allais, je transcendais », dit aujourd’hui sans modestie excessive Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, 84 ans. « Et c’est d’ailleurs aussi pour ma beauté qu’il m’a choisie. »

 

Mais qu’il lui semble loin ce temps des fastes et des palais présidentiels, des dîners avec le couple impérial d’Iran, les Kennedy, les De Gaulle, les Chirac ou Senghor…« J’étais aussi la chouchou du pape Jean-Paul II », dit-elle en souriant. Loin, très loin de cette propriété perchée sur la route vicinale de Bossey (Haute-Savoie), village français à la frontière suisse, où elle vit retranchée depuis des années. Entre la télévision et la broderie, elle s’ennuie. Même la très belle vue sur Genève ne la console pas. C’est là, dans les coffres des banques, que s’est évaporée la fortune dont elle pensait hériter.

Celle qui fut surnommée la « Jackie Kennedy noire » a vu son charme immortalisé par Andy Warhol. Au bras du « Vieux », comme était appelé son mari, médecin et planteur devenu député et ministre d’Etat français avant de mener son propre pays à l’indépendance, elle fut l’icône chic et glamour du « miracle ivoirien » des années 1960 et 1970. Elle avait à peine 30 ans. Lui, le double.

 

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Marie-Thérèse Houhouët-Boigny photographiée par Andy Warhol. Crédits : Collection privée

 

Un domestique en livrée apporte le champagne. Marie-Thérèse, pétulante et à peine ridée malgré son âge, admet avoir abusé des fêtes et des tapis verts. Le président vieillissant avait d’ailleurs sollicité le sulfureux Paul Barril, ancien officier de la gendarmerie française, pour enquêter sur un Napolitain issu de la mafia qui courtisait la première dame afin de décrocher le permis d’ouvrir un casino à Abidjan. C’était au printemps 1993. Quelques mois plus tard, le 7 décembre, le « Vieux » s’éteignait. La nation ivoirienne perdait son père et Marie-Thérése Houphouët-Boigny ses millions. « Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

« Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

Dès la mort d’Houphouët-Boigny, avocats et notaires parisiens, suisses et ivoiriens ont tenté de recenser cet héritage, difficile à estimer − en tout cas l’une des plus grosses fortunes de la planète. Tout en prenant leur part, ils l’ont partagé à leurs mandants : Marie, Guillaume, François et Augustin, les quatre enfants de Khadija Racine Sow, la première femme, dont Houphouët-Boigny divorcera pour épouser vingt-deux ans plus tard, en 1952, Marie-Thérèse.

Ces héritiers, Parisiens très discrets qui vivent toujours sur la fortune de leur père, ont tout fait pour écarter la belle-mère qu’ils abhorrent. Contactés par Le Monde, ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Un, voire plusieurs testaments pourraient avoir été rédigés, mais aucun n’est encore apparu. Les enfants, en accord avec Henri Konan Bedié, le successeur du « Vieux », ont fait valoir l’existence d’un legs verbal. Président stratège et ô combien rusé, Houphouët-Boigny proscrivait à ses plus proches collaborateurs les notes écrites, privilégiant l’oral.

Il a en revanche rédigé en juillet 1970, à Genève, des legs particuliers concernant certains de ses biens, en faveur de Marie-Thérèse et des quatre enfants du premier mariage. « Le président m’avait remis une enveloppe avec ces trois legs à ne pas ouvrir avant sa mort, murmure la veuve dont le visage s’est refermé. Il y avait deux comptes à Genève et à Zurich, et le contenu d’un coffre chez UBS à Genève. Mais les autres ont tout pris. »

Parmi les artisans du « partage », on retrouve deux notaires parisiens : Me Paul Chardon, radié en 2003 de l’ordre de la légion d’honneur alors qu’il en portait le grade de commandeur, décédé depuis, et Me Jean-Michel Normand, qui sera plus tard interrogé sous le « régime de la garde à vue » dans l’affaire Bettencourt. Aujourd’hui à la retraite, ce dernier a également refusé de répondre à nos questions. Selon des comptes de l’étude Chardon, que Le Monde a pu consulter, plus de 2,5 millions de francs français (380 000 euros environ) d’honoraires ont été débités de la succession Houphouët-Boigny entre 1994 et 2004, ainsi qu’un million pour les frais divers, dont de nombreux voyages en Suisse.

 

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La première dame, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny en Suisse. Crédits : collection privée

 

« Le président m’avait confié qu’il avait réglé toutes les questions de succession avec le notaire français Jean-Michel Normand, poursuit l’ex-première dame. Quand je me suis présentée à son étude parisienne, il s’est excusé de me dire que j’avais perdu la tête ! »

A Bossey, les visiteurs se font rares. Parfois, Catherine Bokassa, veuve de feu l’empereur centrafricain autoproclamé, vient y bavarder entre deux rendez-vous médicaux à Genève. Le reste du temps, Marie-Thérèse s’occupe, comme elle dit. « J’ai tricoté des bonnets pour les enfants des domestiques. Il fait froid, ici, pour les Ivoiriens ».

Sentiment d’injustice

Dans le salon trône une belle commode Louis XV en marqueterie et écailles rouges, unique meuble qu’elle a pu récupérer de l’hôtel de Masseran, propriété parisienne de3 000 m2 rachetée en 1978 par Houphouët-Boigny en qualité de « planteur » – donc à titre privé – au baron Elie de Rothschild pour 60 millions de francs, réglés en espèces. La présidence ivoirienne mène actuellement des travaux dans cet hôtel particulier qu’Henri Konan Bedié était parvenu à extraire de la succession pour l’intégrer dans le patrimoine de l’Etat, sans dédommager la veuve.

Il la contraint aussi à cesser les activités de sa fondation N’Daya, pour ne pas faire de l’ombre à celle de son épouse et nouvelle première dame, Henriette Konan Bedié. « Il n’y a pas de place pour deux première dames », aurait lâché celui qui préside aujourd’hui le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, le PDCI. Marie-Thérèse Houphouët-Boigny s’éclipse. « On ne peut pas être et avoir été », dit-elle, philosophe. La nuit est tombée sur Bossey. Au loin, les feux éclairent le jet d’eau de Genève.

 

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Le successeur à la présidence ivoirienne, Henri Konan-Bedié (second en partant de la droite) aux côtés du "Vieux" et de la "Kennedy noire". Crédits : Collection privée

 

En 1994, celle-ci s’isole d’abord quelques mois dans sa villa de Cocody, une commune huppée d’Abidjan, puis s’envole pour trois ans à Nassau, capitale des Bahamas. Le jour, elle gère une boutique d’artisanat africain et s’initie à la pêche. La nuit, elle noie sa mélancolie dans les casinos des Caraïbes. Pendant ce temps, entre Paris, Genève et Abidjan, l’héritage de son mari continue de se vider comme un sablier. Elle revient s’installer à Bossey à la fin des années 1990. Mais c’est de l’autre côté de la frontière suisse, dans la villa que possédait son mari à Cologny, la colline des milliardaires de Genève, qu’elle rêverait de poser ses valises. Une demeure occupée à l’époque par Marie Houphouët-Boigny, la cadette du premier mariage.

« Il m’ont volé vingt ans de vie. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. Tout est à régler. C’est comme si le président venait de mourir »

Près de quinze ans s’écoulent avant qu’elle se décide à agir, sur les conseils de son avocat, Me Jean-Paul Baduel et de ses derniers fidèles. Un sentiment d’injustice pousse aussi cette femme qui dit vivre principalement d’une pension de 1 700 euros versée par l’Assemblée nationale (les domestiques de Bossey, eux, sont payés par Abidjan). « Il m’ont volé vingt ans de vie, s’exclame-t-elle. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. J’en ai assez de dépendre du bon vouloir de la présidence ivoirienne pour acheter mes billets d’avion. »

Si bien qu’en septembre 2013, elle porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Paris pour faux et usages de faux, recel d’escroquerie et recel successoral. Dans le viseur, une escouade d’avocats et de notaires français et ivoiriens, ainsi que l’ancien directeur du protocole de son mari. Le dossier est confié à la brigade financière. L’ancienne première dame dépose aussi plainte contre UBS à Genève.

Si l’enquête en France stagne, elle devrait être entendue en février par le parquet de la République de Genève. Ces deux actions sont notamment fondées sur les legs particuliers de 1970, dont elle a une copie. Mais elle continue de croire qu’un testament plus complet existe quelque part. Peut-être au Vatican, comme le bruit en a couru en raison des liens étroits entre « Le Vieux » et le Saint-Siège. Dans une missive adressée au pape François en novembre 2014, Marie-Thérèse implore le Vatican de lui en remettre une copie, « pour qu’enfin les volontés de [son] mari soient respectées et qu’il soit mis un terme au pillage des avoirs familiaux ».

L’ex-première dame se retrouve embarquée dans une véritable guérilla judiciaire.« Tout est à régler, c’est comme si le président venait de mourir », soupire-t-elle. Elle a remporté quelques manches, notamment en prouvant que le document de séparation de biens entre elle et le « Vieux » était un faux, fabriqué à Abidjan.

Sept héritiers

Dans les documents consultés par Le Monde, un nom revient souvent, celui de Philippe Rideau, tantôt exécuteur d’un testament dont l’existence n’est pas avérée, tantôt mandataire des quatre enfants du premier mariage. C’est lui que la veuve accuse aujourd’hui d’avoir, au profit des quatre héritiers, vidé les comptes UBS et Citibank de Félix Houphouët-Boigny en Suisse et d’avoir vendu chez Sotheby’s les meubles et les tableaux qui ornaient l’Hôtel Masseran, dont trois œuvres de Bernard Buffet et une d’Auguste Renoir. Un patrimoine estimé à l’époque à7,5 millions d’euros par un commissaire-priseur.

« Vous savez nouer une cravate ? » C’est le critère étonnant que Philippe Rideau, méfiant, retient pour convenir d’un lieu de rendez-vous à Paris. A quelques enjambées de l’Elysée, ce sera le Cercle interallié, où la cravate est obligatoire. « Je n’ai aucunement touché d’argent dans cette succession que j’ai réalisée à titre gracieux », affirme d’emblée cet ancien vice-président de la banque américaine JP Morgan, désormais à la retraite. Il a néanmoins eu à répondre à l’été 2014 aux questions de la brigade financière. De 1997 à 2000, il a agi sur mandat des quatre enfants pour recenser les avoirs d’Houphouët-Boigny à l’étranger et nie avoir cherché à écarter la veuve. « Il n’y avait plus que 1,2 million de francs sur les deux comptes suisses, à répartir entre sept héritiers » , balaie-t-il. Sept pour quatre enfants, une veuve et deux enfants du second mariage adoptés et reconnus par le « Vieux ».

Pourtant, en 1999, des transferts ne sont effectués des comptes suisses que vers ceux des quatre enfants du premier mariage. Et la veuve ? Philippe Rideau rappelle le fameux legs verbal qu’il dit avoir été accepté par tous, s’agace de l’offensive de Marie-Thérèse et se prévaut d’une « mission chrétienne » pour respecter la volonté de l’ancien président : « Les quatre enfants ne souhaitaient pas profiter de cet héritage mais tout destiner à la fondation Notre-Dame de la Paix », assure-t-il.

 

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La basilique Notre-Dame de la Paix, à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Crédits : Reuters

 

Ces fonds étaient censés permettre la création d’un hôpital moderne près de la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Telle était la volonté du « Vieux » mais aussi de Jean-Paul II. Un projet que devait largement couvrir la recette des ventes des meubles et tableaux chez Sotheby’s à Londres et à New York pour près de 21 millions d’euros et celle des appartements, immeubles et villas dans toute la France, comme à Marnes-La-Coquette où le « Vieux » aimait à convier ses interlocuteurs français pour les discussions sensibles.

Elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. »

Il aura fallu vingt-deux ans pour que l’hôpital Saint-Joseph Moscati voie le jour dans la capitale ivoirienne. Le 14 janvier, le président Alassane Ouattara a inauguré en grande pompe cet établissement qui a coûté 22,8 millions d’euros, financés par le Vatican et le gouvernement ivoirien. Restent à trouver 4 millions d’euros pour l’équiper. Quid des fonds du « Vieux » destinés à cette réalisation ? L’avocat de la veuve, Me Jean-Paul Baduel, y voit la preuve que les fonds « ont été détournés ».

 

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Georges Ouegnin, le directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny, à droite de Marie-Thérèse. Crédits : collection privée

 

Tous les présidents de Côte d’Ivoire depuis 1993 ont dû composer avec les mystères de l’héritage du « Vieux ». Georges Ouegnin en sait quelque chose. Directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et de tous ses successeurs, mémoire vivante de l’histoire de la Côte d’Ivoire, il est lui aussi accusé par Marie-Thérèse d’avoir accaparé des biens immobiliers à Abidjan au travers de sociétés ayant appartenu au « Vieux » et par conséquent faisant partie de la succession contestée. L’enquête de la brigade financière de Paris s'intéresse à l’immeuble « Aniaman » sis en plein cœur d'Abidjan que Georges Ouegnin a loué pour une période à la Banque africaine de développement. Joint par téléphone, il s’en défend. « J’ai été au service du président Félix Houphouet-Boigny comme commis de l’Etat durant 33 ans. Je n’ai rien à voir avec cette succession et lorsque je me regarde dans le miroir, je n’ai pas honte, je suis serein ».

Depuis qu’elle a décidé de réclamer ce qu’elle estime être son dû, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny ne se sent plus vraiment la bienvenue dans son pays. Elle s'y rend pourtant de temps à autre pour des mariages ou des enterrements, « la peur au ventre », confie son entourage. Ce soir, dans sa villa de Bossey, elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. » Son regard s’accroche à une photographie du couple, lui en smoking, elle en fourrure. « La petite Africaine modeste que j’étais a eu la chance d’avoir une vie de rêve parmi les premières dames du monde. C’était un bonus dans mon existence. J’ai aujourd’hui une vie de religieuse. Dieu en a décidé ainsi...» C’est pourtant la justice des hommes qui décidera si elle terminera sa vie à broder ou à mener grand train.

 

A suivre, sur Le Monde Afrique : l’héritage politique d’Houphouët-Boigny pèse sur la Côte d’Ivoire à six mois des élections

 

Source: LE MONDE.FR

LIBYE: KADHAFI EST MORT, VIVE TOTAL!

 

Dans la nuit du mardi au mercredi 4 fevrier 2015 un champ pétrolier conjointement exploité par TOTAL et par la compagnie nationale libyenne NOC, a été attaqué par des hommes armés à Syrte, faisant 11 morts dont 10 libyens et 1 nigériens.

Cette information n’a ému personne. Il est bien évident que tant que les droits de pomper du  pétrole par  TOTAL sont garantis, le respect des droits de l'homme en Libye  ne constituent pas une préoccupation majeure pour les pourvoyeurs d'émotions sélectives et les  champions des droits de l'homme.

Je me suis demandé que fait Total dans le chaos complet qu’est devenu la Libye de l’après Kadhafi, surtout ces derniers mois. J’ai compris pourquoi il n’y a pas de sanctions économiques contre ces groupes armées qui contrôlent la Libye, y massacrent les populations, exploitent et mettent sous coupe réglée le territoire libyen, désormais éclaté entre 4 provinces hétéroclites (Bengazi, Syrte, Tripoli, le Faisan) : une « somalisation » complète. La compagnie nationale de pétrole libyenne représente qui dans un tel contexte? Que valent les contrats et quelle est la légalité et la légitimité des opérations des compagnies pétrolières en cours dans le pays ? Peut-on être aussi cynique et fermer les yeux sur le drame des populations libyennes à ce point ?

Déjà à la veille de la chute de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) libyen annonçait en avril 2011 sa décision « attribuant 35 % du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre conseil » : ceci représenterait une production de plus de 542 000 bb/j sur sa production journalière de 1 550 000 bb/j d’avant la guerre.

Dans le contexte de la guerre menée par l’OTAN pour tuer Kadhafi en 2011, une telle annonce pouvait apparaitre comme une contribution du groupe français à l’installation de la démocratie en Libye.

Aujourd’hui, 4 ans après, avec ce qui se passe sur le terrain en Libye on est bien loin de l’installation de la démocratie, le pays est en ruine, le semblant d’Etat qui existait sous Kadhafi est totalement délité, c’est le règne des groupes djihadistes qui se partagent le pays et rivalisent dans les exactions et les actions les plus horribles.

Alors comment comprendre que TOTAL, une entreprise « citoyenne » en France, puisse intervenir à l’aise dans un tel merdier.   

En fait, la Libye, qui recèle les plus vastes réserves de pétrole d'Afrique et 9eme dans le monde (44-46.5 milliards de barils), est déjà à elle seule la troisième source d'approvisionnement de la France, ex aequo avec la Mer du Nord (16 % du total en 2010), derrière les pays du Proche-Orient (17 %) et ceux de l'ex-URSS (32 %), selon l'Insee. La France importe plus de pétrole libyen (10,25 millions de tonnes en 2010) que de pétrole saoudien (6 millions de tonnes).

Le groupe français TOTAL, tout comme les firmes pétrolières liées à la Grande-Bretagne, avait peu à perdre et beaucoup à gagner dans la guerre en Libye ; Paris et Londres ont été les plus impliqués dans l'offensive de l'Otan en Libye.

Avant le début du conflit, le groupe français TOTAL était assez mal implanté en Libye, avec seulement deux champs fournissant une modeste production de 55 000 barils par jour (b/j) : très loin derrière l'italien Eni (244 000 b/j), les compagnies américaines (124 000 b/j), et même l'allemand BASF (100 000 b/j), d'après les chiffres du département de l'énergie américain pour 2010.

Plus généralement, l'Occident, qui est à court de nouvelles découvertes de pétrole, est dans la crainte d’une chute de la production contrôlée par les compagnies occidentales. Dès 2005, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait annoncé, pour Le Monde, un déclin de la production hors-Opep « peu après 2010 ».

La conséquence serait que les grandes compagnies pétrolières occidentales, celles que l'on a pris l'habitude d'appeler les « majors », alors même que depuis les années 70 et l'émergence de l'Opep, elles ne contrôlent plus qu'à peine un septième des réserves de la planète, perdent leur place de leaders incontestables du marché. En effet, malgré leurs capitaux fantastiques, qui les placent toujours aux tout premiers rangs des plus grandes firmes privées de la planète, les majors sont désormais des « minors », du point de vue du contrôle des réserves, face aux firmes publiques des grands pays exportateurs.

Plus le temps passera, plus la proportion des réserves de pétrole contrôlées par les pays exportateurs augmentera, tandis que la part des compagnies occidentales, elle, s'amenuisera, et cela « mécaniquement », répète Fatih Birol à l'AIE.

N’est-ce pas ici que se trouve la réponse à toutes ces guerres fomentées opportunément dans les pays abritant les plus grandes réserves d’or noir au cours des dernières décennies (Irak, Lybie, Syrie, menaces contre l’Iran, Soudan puis Sud Soudan, Côte d’Ivoire, Mali, République centrafricaine, Tchétchénie et pays d’Asie de l’ancienne URSS, menace de guerre contre la Russie elle-même, instabilité au Nigeria avec la secte BokoHaram, etc.).

La présence et les activités de TOTAL et des autres grandes firmes pétrolières occidentales en Libye finissent de nous convaincre de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, pour lesquels en réalité ne comptent que leurs intérêts mesquins, loin des vociférations et agitations officielles se référant cyniquement à la défense de valeurs démocratiques et de respect des droits de l’homme à travers le monde.

Sous le masque de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme que porte l’occident, se cache le contrôle et la protection des ressources de matières premières notamment le pétrole. La concurrence des pays émergents pousse l’occident vers un monopole de type colonial ou l’installation du chaos qui laisse la place au plus fort donc aux pays qui interviennent par la force au non de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.

En Afrique de l’ouest, outre le Nigeria, cinq États de la région sont actuellement producteurs de pétrole : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie et le Niger. Tandis que les dix autres États sont encore au stade de l’exploration. En termes de réserves avérées, l’Afrique de l’Ouest affiche des proportions identiques à celles de la production : elles s’élèveraient à près de 40 milliards de barils (en 2012), soit environ 30 % des réserves totales de l’Afrique.

S’agissant tout particulièrement du Nord Mali, là d’où est partie la guerre et où persistent les principales tensions, même si cette région contribue très peu – à l’heure actuelle – au PIB du pays, le sous-sol des régions de Gao, Kidal et Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Un contexte qui pourrait  expliquer en partie la situation actuelle  et qui pourrait justifier  les velléités de partition du pays.

Quoi  qu’il en soit, 4 bassins principaux ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudeni (qui couvre également une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Le pyromane Barkhane a bien de l’avenir surtout que le pompier est déjà opérationnel : cette zone se situe dans le prolongement de la poudrière libyenne et aux confins de la région convoitée par Boko Haram.

Quand est-ce que les élites et les peuples africains vont-ils comprendre ce fait pour savoir la force que représentent les richesses du continent et prendre conscience de la nécessité de les exploiter pour le développement de nos populations tout en rejetant l’hypocrisie de l’occident et ses prétextes fallacieux pour intervenir dans nos pays.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

mercredi, 24 décembre 2014

PAYS SOUS-DEVELOPPES D'AFRIQUE... VOUS LE RESTEREZ!

 

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Il n'y a pas de pays en « voie de développement », il n’y a que des pays sous-développés. Pays auxquels on fait croire qu’ils se développeront. Ce « on », c’est celui qui les maintient dans le sous-développement. Mieux, encore, avec leur propre soutien et appui.

 

Pays sous-développés d’Afrique, vous ne vous développerez jamais.

Et l’on n’est pas naïf pour engendrer une polémique sur le «développement» auxquels ces pays sont sensés tendre. Ce n’est ni un modèle occidental ni oriental, ni nordique, ni méridional, ce développement dont on traite ici c’est celui qu’acquiert une nation, générant une gouvernance démocratique, par la promotion de l’être humain dans son corps et son esprit, des libertés et des technologies par la création de richesses mises au service du progrès social dans le respect de l’environnement et de la nature.

Ce « développement », même les nations occidentales industrialisées ne peuvent s’en targuer qu’en rangs dispersés chacune réalisant peu ou prou un « morceau de ce développement », mais à la différence des pays « sous-développés », elles ont pris le parti du développement et cela en mettant en marche les « forces » dont elles disposent pour y arriver et cela souvent au détriment des pays sous-développés.

Sans nous apitoyer encore sur le siphonage historique (et qui se continue) des ressources naturelles des pays sous-développés qui a permis aux pays , coloniaux notamment (et leurs alliés) de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui- des puissances assises sur un capital historiquement mal acquis-, le constat est bien plus amer : les pays sous-développés le resteront à jamais.

Les épidémies, les endémies, les virus mortels et autres calamités virales, les pays « sous-développés » les produisent, les pays occidentaux leur fabriquent le vaccin.

Les pays sous-développés, n’ont aucun moyen de locomotion national (ni voiture, ni train, ni avion…) les pays occidentaux, le leurs fabriquent.

Les pays sous-développés ne fabriquent ni machines industrielles, ni pièces de rechange, les pays occidentaux les leurs fournissent.

Les pays sous-développés n’ont aucun brevet de fabrication des produits de haute technologie, les pays occidentaux les monopolisent pour les leur faire payer.

Les pays sous-développés, n’ont que des budgets de rente et d’endettement. Leurs recettes proviennent essentiellement de ressources naturelles limitées et de prêts et autres facilités d’ internationales par pays occidentaux interposés.

Les pays sous-développés consacrent les trois-quarts de leur budget national aux dépenses de fonctionnement d’une administration publique souvent incompétente et inefficiente.

Les pays sous-développés reçoivent l’armement et l’équipement et sécuritaire des pays occidentaux, à travers des contrats d’achat faramineux échappant souvent à tout contrôle et réduisant dramatiquement leurs budgets.

Les pays sous-développés n’investissent ni dans l’enseignement, ni l’éducation, ni la culture ni dans la maitrise de la technologie sinon de façon médiocre, insuffisante et dans tous les cas inefficace.

Les pays occidentaux développent les grandes universités, les laboratoires de recherche qui attirent les ressources humaines compétentes des pays sous-développés, les dépouillant de leur matière grise.

Les pays sous-développés, n’ont pas voix au chapitre des relations internationales qui sont davantage dictées par la force et le monopole du et autres puissances alliées.

Les pays sous-développés, pensent qu’ils sont indépendants alors qu’ils ne le sont ni économiquement, ni financièrement, ni même politiquement.

Les ressortissants des pays sous-développés s’agglutinent, dans la frustration et le mépris,  devant les consulats des pays occidentaux pour quémander des visas, ou encore se jettent à la mer pour mourir de désespoir devant leurs côtes. Fuyant la misère du sous-développement.

Pendant que les occidentaux, se préoccupent de conquérir l’espace sidéral et projettent de bâtir sur la lune, les pays sous-développés se préoccupent de la pousse des barbes et projettent de bâtir sur des ruines.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, cultivent les croyances sociales surannées et se réfugient dans des religions qui anesthésient leur peuples et leur font accepter toute fatalité.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, bradent leurs ressources naturelles aux compagnies occidentales, détruisant l’environnement et l’espoir des générations futures.

Les dirigeants des pays sous-développés, sont pour la plupart soit des dictateurs, des putschistes, des élus frauduleux, des corrompus, des agents des métropoles coloniales, soit des « manipulateurs de constitution », soit des otages de leurs courtisans, tribus, ethnies ou factions, et dans tous les cas des dirigeants impuissants face au devenir de leurs pays.

Pendant que les forces industrielles occidentales inventent aujourd’hui, le produit de demain pour préparer le futur de la dépendance économique des pays sous-développés, ceux-ci pompent les ressources de leur sol et exportent leurs cultures de subsistance pour acheter ces produits.

Pris dans la gangue militaro-industrielle occidentale (s’étendant jusqu’au Golfe et au-delà) et dans une mondialisation dans laquelle ils ne sont que des consommateurs forcés au prix de la saignée de leurs ressources naturelles en déclin, les pays sous-développés le resteront.

Pris dans les tourments des politiques prônées par le groupe de Bretton woods, avec des sociétés appauvries et des masses acculturées se tournant vers l’extrémisme et la violence, les pays sous-développés sont le champ d’expérimentations militaro-économiques qui les maintiennent dans une géostratégie de la soumission et de la division.

Les pays sous-développés ne peuvent se tourner vers nulle part pour leur salut et celui de leur peuple. Ceux qui se font appuyer financièrement par le Moyen-Orient finissent dans les révoltes et les religieuses, ceux qui demandent l’appui industriel de l’Extrême-Orient (la chine et l’Inde notamment) subissent les foudres de l’Occident et finissent par regagner les rangs de la puissance coloniale et le giron occidental.

Les pays sous-développés d’Afrique ont-ils un avenir ? Pas certain.

L’assimilation d’une rente (détournée et ou mal utilisée) à une croissance économique.

La littérature économique qui attribue à l’Afrique des taux de croissance souvent à deux chiffres est aussi mensongère que le sont souvent les affirmations de la BIRD et du à l’égard des pays d’Afrique.

Voici les deux récents exemples :

Banque Mondiale :

« Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique subsaharienne demeurent prometteuses, avec une croissance à moyen terme qui reste favorable en dépit d’une conjoncture hostile : le de la région qui s’établissait à 4,6 % en 2014 devrait progresser à un rythme annuel moyen de 5,2 % sur la période 2015-16 et s’élever à 5,3 % en 2017. Le par habitant devrait continuer d’augmenter, pour passer de 2,1 % en 2014 à 2,6 % en 2015, et 2,8 % en 2017. » (Banque Mondiale)[1]

Le FMI :

« Le Fonds monétaire international (FMI) est optimiste pour l’économie de l’Afrique subsaharienne, si l’on en croit les prévisions du rapport publié jeudi 31 octobre. « Les vents contraires qui soufflent à l’échelle mondiale ont peu affecté sa croissance en 2013 et le rythme de celle-ci devrait s’accélérer en 2014″, estime les auteurs.

Le taux de croissance est prévu à 5 % pour cette année et à 6 % pour l’année prochaine. Autre bonne nouvelle, le taux d’inflation annoncé est en baisse pour la troisième année consécutive et passera en dessous de 6 % à la fin de 2014. » (Le FMI prédit à l’Afrique sub-saharienne une croissance soutenue- Le Monde : 31-10 2013 )[2] »

Hélas ! Ce que l’on refuse de mettre en exergue, c’est que cette croissance est assise sur des ressources naturelles, agricoles, ­pétrolières et minières.

Il s’agit de la croissance d’une rente (épuisable) et non pas d’une croissance économique au sens où cette croissance devrait être la résultante de la valeur ajoutée provenant du tissu industriel (créativité, technologie maitrisée, produits exportés) et commercial (diversité, compétitivité et offre de produits nationaux) du pays.

Les Pays étrangers achètent les extractions minières et autres, les pays sous-développés engrangent le revenu-rente.

Plus le pays sous-développé vend et plus les institutions financières internationales considèrent qu’il y a croissance. Ironique.

En somme, plus un pays exportateur de fer, fait tourner ses pelleteuses (et détruit le sol et le sous-sol) plus il « croit » économiquement. Mieux encore, si le prix du fer sur le international augmente,  la croissance en fera de même.

Il s’agit là d’une conception erronée qui continue à maintenir les pays sous-développés dans l’ignorance de leur croissance réelle (en terme d’agrégats économiques réels, d’étoffement de leur tissu industriel, de leurs maitrise technologique et scientifique) et ne sert qu’à faire délivrer, par les institutions financières de l’endettement des satisfecit béats à leurs dirigeants qui les pillent.

La rente financière n’est pas une croissance. C’est le revenu qu’un pays reçoit du fait d’exportations de ressources naturelles et qu’il engrange. Cette rente ne provient ni d’un progrès économique ou industriel ni d’un savoir-faire exporté, ni d’un tissu industriel exploitant des innovations scientifiques et des brevets nationaux, elle provient de la roche que l’on extrait, que l’on casse et que l’on exporte.

Cependant, Il y aurait eu croissance, si cette rente était utilisée pour le développement économique, industriel, technologique, scientifique et social (soit une vraie croissance). Hélas, ce revenu-rente ne sert pas le pays. Il est détourné par des élites corrompues et cela par mille et un moyens, affecté à des projets dont l’intérêt est davantage de servir des factions, clans et tribus.

Aujourd’hui, les pays sous-développés sont à la merci de leurs dirigeants appuyés dans leurs œuvre par des masses salivantes et applaudissant maintenues dans la misère avec la bénédiction de multinationales et autres lobbies de la corruption internationale.

Les intellectuels des pays africains sont soient bridés, exilés ou, pour ceux qui n’ont pas pu garder un semblant de dignité, réfugiés dans le giron du pouvoir. Un pouvoir qui les achète, les manipule et détruit tout espoir de progrès intellectuel.

Une frange de ces intellectuels s’est fourvoyée dans le snobisme et l’allégeance aux modèles occidentaux à telle enseigne qu’elle vendrait son pays pour un visa pour l’occident. Une forme d’ de l’esprit que perpétuent les médias occidentaux et que renforce l’image d’un occident de la consommation et de l’opulence. Cette fuite des intellectuels par monts et vaux, sinon leur corruption,  fait  que les pays sous-développés perdent la sève de leur espoir de développement : leurs ressources humaines.

Qu’on se le dise, donc, il est temps de mettre fin à cette notion trompeuse  de pays « en voie de développement » et de le dire haut-et-fort, il n’y a que des pays sous-développés vivant sur des ressources naturelles (épuisables), avec une intelligentsia en débandade, gouvernés par des gouffres financiers, sans technologie, sans savoir-faire, sans industries de pointe, sans chercheurs ni laboratoires (si n’est l’extension de groupes étrangers) , sans universités de prestige, sans enseignement de valeur, sans tissu industriel viable , sans influence sur la politique et la finance internationales, sans contre l’exploitation abusive de leur richesses et la destruction de leur environnement, dopés par des chiffres de croissance erronées, assistés sans le vouloir, surarmés pour se détruire, colonisés en le sachant.

L’avenir des pays sous-développés africains est une simple image : lorsque les ressources naturelles seront épuisées, leurs peuples miséreux ( sans infrastructures sociales viables, sans ressources humaines capables de créer, d’inventer et d’innover, sans institutions économiques et financières solides ni tissu industriel appuyé sur une recherche scientifique et technique de pointe et des politiques publiques réfléchies), verront leurs dirigeants (comme les rats du bateau qui coule) s’enfuir et leurs institutions et territoires se disloquer. Et à la domination politique et socio-économique, jusque-là latente, qu’ils subissaient, se substituera une tutelle non pas sur des Etats mais sur des territoires arides qui,  au mieux, serviront à l’enfouissement des résidus industriels des pays développés. Ce qui a déjà commencé.

Les populations, quant à elles, se disperseront et pour le grand nombre ce sera la migration (encore) vers les pays occidentaux, qui auront déjà érigé des murs littoraux explosifs, creusé des ravins infranchissables et miné les frontières océaniques contre les boat people.

Scénario apocalyptique n’est-ce pas ? Mais le sous-développement est une voie vers l’apocalypse.

 

Pr ELY Mustapha

 


 

[1] http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview

[2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/31/le-fmi-predit-a-l-afrique-sub-saharienne-une-croissance-soutenue_3505774_3234.html

http://haut-et-fort.blogspot.fr/2014/10/pays-sous-developpes-dafrique-vous-le.html

 

Source: TSIMOKI GASIKARA

lundi, 22 décembre 2014

COTE D'IVOIRE: UN 3ème PONT OU L'UNE DES PLUS GROSSES ARNAQUES DEPUIS L'INDEPENDANCE DE 1960

 

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Ouattara sera déjà mort et dans sa tombe quand Bouygues et la France vont vous menacer plus tard et menacer vos descendants de rébellion ou une nouvelle guerre civile si vous ne remboursez pas entièrement leurs fonds vautours empruntés et si vous ne respectez pas les engagements vaniteux pris par Ouattara pour réaliser ces projets paranoïaques et mégalomaniaques, mais en réalité pas indispensables, surtout qu’il y avait des options non-françaises beaucoup moins chères. Ceci m’emmène à conclure avec une célèbre phrase du plus grand dictateur de tous les temps et de toute l’histoire, Adolf Hitler : « Quelle chance énorme pour un politicien qu’un peuple abruti qui ne réfléchit pas ».

 
 
Le 3ème pont — L’arnaque du siècle
En lisant les différents rapports et les chiffres sur le fameux troisième pont HKB à Abidjan, je me suis rendu compte que l’entrepreneur-terroriste français Bouygues, ami et quelquefois parrain ou co-parrain des pires dictateurs africains qui prennent toujours le pouvoir dans le sang, a réalisé cette fois, l’ARNAQUE DU SIÈCLE, avec bien entendu la coopération bienveillante d’Alassane Ouattara, un éternel obligé de la France après son installation au pouvoir par l’armée française.

Il y a trop de zones d’ombre, zones occultes, et non-dits sur les termes, les conditions, la convention et les chiffres au sujet du coût réel de ce pont à la Côte d’Ivoire. Et il y a manifestement dans les différents rapports une tentative et une volonté sciemment et indûment organisée de cacher les vrais chiffres. C’est comme prendre un crédit bancaire à durée infinie, indéfinie et illimitée de remboursement, aux conditions mystérieuses de remboursement, et sans même connaitre le montant exact de la somme à rembourser à la fin. Il y a trop d’inconnus.

On dirait plutôt que Ouattara récompense la France pour l’avoir installé au pouvoir à travers des projets d’infrastructures hyper surfacturés. Mais ils couvrent mal leurs traces. Aucun rapport ne donne les vrais chiffres sur ce pont financé en partie par la Côte d’Ivoire et dont la contribution de la partie ivoirienne aurait été plus que largement suffisante sans les surfacturations françaises de l’entreprise Bouygues, les divers pots de vin et rétro-commissions à Ouattara, sa famille, son clan et son entourage, et si le projet avait été confié aux chinois, ou d’autres entreprises non-françaises moins chères que Bouygues par exemple, qui auraient pu construire ce même pont avec uniquement la contribution de la Côte d’Ivoire et sans dettes extérieures à taux et conditions d’usure, ou de fonds « tueurs » d’économies nationales qu’on appelle sur le marché financier « les fonds vautours ».

En d’autres termes, la Chine ou un autre pays aurait pu construire ce pont avec et sur fonds propres de la Côte d’Ivoire sans crédit, ainsi le péage et les conditions d’usure ne seraient plus justifiés. Tambours battant, on célèbre l’inauguration d’un pont et on fait danser et jubiler les populations pour un pont dont personne au final ne connait le coût réel après les apports initiaux et les engagements financiers de la Côte d’Ivoire, ainsi que le péage qui vont durer 30 ans. Tout ça dans un pays PPTE – Pays Pauvre Très Endetté. 3epont Je le dis souvent et je n’ai jamais cessé de le répéter, aucun pays africain qui coopère avec la France, la politique et les entreprises françaises, ne réussira à se développer. Aucun. C’est impossible. Coopérer avec la France, c’est comme se promener avec son propre cercueil sur la tête. Regardez les pays africains francophones, ils sont quasiment tous dans la merde.

Quel président démocrate et moralement intègre au monde confierait la construction de ce pont à une entreprise française connue pour son terrorisme politico-économique en Afrique pour davantage hypothéquer l’avenir déjà incertain – à cause des nombreuses dettes contractées par Ouattara ces quatre dernières années – de son peuple sur 30 ans alors qu’une entreprise chinoise aurait réalisé le même projet mais sans les mêmes contraintes ni les mêmes risques politico-économiques ? C’est comme louer une voiture pour vingt fois le prix d’achat – on trouve rarement plus sot dans les hôpitaux psychiatriques.

Mais c’est exactement pour cela qu’il n’y aura JAMAIS, de notre vivant, sauf miracle, un vrai démocrate à la tête d’un pays africain francophone. Si un réussît miraculeusement à passer entre les filets de la diplomatie moudjahidine, talibane, terroriste, coloniale et négrière française pour se faire élire par son peuple et entend travailler pour ce peuple, il ne finira pas son mandat. Il subira un coup d’État ou une rébellion sortie d’un néant plus absolu que celui de Jean-Paul Sartre. L’armée coloniale française basée à perpétuité en Afrique y veillera – toutes les autres armées coloniales sont parties sauf celle de la France. C’est pour cela que l’armée française refuse de quitter l’Afrique.

La France sera toujours obligée de soutenir et coopérer avec les pires dictateurs africains comme Alassane Ouattara, de véritables chagrins, regrets et rebuts de l’humanité. Houphouët nous a construit deux ponts modernes que les populations utilisent depuis des décennies, sans payer un centime … et le troisième pont n’était guère une nécessité, surtout pour s’endetter irresponsablement sur trois décennies minimum. Dans sa conception, le troisième pont n’était pas supposé engendrer de nouvelles dettes usurières.

Et sous Gbagbo, il devait être réalisé sans péage. Le drame, c’est qu’il y a encore des cervelles mortes et molles en Côte d’Ivoire pour applaudir et jubiler même quand Ouattara creuse leur tombe économique et financière, et celle de leurs descendants sur deux ou trois générations avec des dettes irremboursables.

Ouattara sera déjà mort et dans sa tombe quand Bouygues et la France vont vous menacer plus tard et menacer vos descendants de rébellion ou une nouvelle guerre civile si vous ne remboursez pas entièrement leurs fonds vautours empruntés et si vous ne respectez pas les engagements vaniteux pris par Ouattara pour réaliser ces projets paranoïaques et mégalomaniaques, mais en réalité pas indispensables, surtout qu’il y avait des options non-françaises beaucoup moins chères. Ceci m’emmène à conclure avec une célèbre phrase du plus grand dictateur de tous les temps et de toute l’histoire, Adolf Hitler : « Quelle chance énorme pour un politicien qu’un peuple abruti qui ne réfléchit pas ».
 

Maitre Namory Fatogoma Dosso
 
 
Source: AFRIK53

samedi, 20 décembre 2014

CONGO-BRAZZAVILLE: LA FRANCE PERSISTE DANS SON SOUTIEN A LA DICTATURE

 

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Un mois après la chute de Ben Ali, début 2011, la diplomatie de Nicolas Sarkozy avait remis la Légion d'honneur française au contre-amiral Jean-Dominique Okemba, secrétaire général du puissant Conseil National de Sécurité du Congo [1]. Trois ans plus tard, et un mois après la chute de Blaise Compaoré, l'ambassadeur de France à Brazzaville vient, au nom de François Hollande, de remettre les insignes de la Légion d'honneur à un autre pilier du régime sécuritaire du dictateur Sassou Nguesso: le général de division Guy Blanchard Okoï. Tout un symbole, à l'heure où l'exécutif défend à nouveau la démocratie par le verbe.

 

Communiqué de presse Survie - 19 décembre 2014

 

Le discours de François Hollande au Sommet de la Francophonie à Dakar, le 29 novembre dernier, mettait en effet en garde les présidents africains souhaitant se maintenir au pouvoir en violant leur Constitution, un commentaire bien mal perçu au palais présidentiel de Brazzaville. Le même François Hollande défendait pourtant également « la nécessité d'une solidarité sur le terrain sécuritaire ». Au Congo, où le clan de Sassou Nguesso s'est engagé depuis des mois dans la perspective d'un tripatouillage constitutionnel permettant au général-président de rester au pouvoir [2], c'est cette « solidarité » que l'ambassadeur de France a exprimée lors de la cérémonie de remise de la prestigieuse décoration, en vantant « la consolidation des liens très étroites qui unissent le Congo et la France dans le domaine de la coopération de défense » [3]. Quelques jours plus tard, interrogé sur la perception du discours de Hollande par les présidents congolais et tchadien, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian expliquera qu'« il faut trouver un équilibre entre l'objectif démocratique et la nécessité sécuritaire dans le cadre d'un dialogue parfois tonique, mais nécessaire. Même si la priorité est aujourd'hui sécuritaire ». De fait, la coopération sécuritaire se poursuit pleinement avec le Congo, dans le cadre de programmes de formation des cadres des forces armées qui interviennent désormais aux côtés de la France en Centrafrique et du Service de Sécurité Intérieure français, qui intervient notamment « dans le domaine du conseil technique auprès des autorités de police en matière de sécurité publique, de police judiciaire » [4].

Au Congo, le principal enjeu « sécuritaire » est justement lié à l'élection présidentielle de 2016, et à la modification préalable de la Constitution pour que Sassou Nguesso puisse s'arroger un nouveau mandat. Suite au renversement de Blaise Compaoré alors que celui-ci avait un projet similaire, la tension est encore monté d'un cran à Brazzaville. Début novembre, la police est ainsi intervenue au domicile d'un leader de l'opposition, Clément Mierassa, pour empêcher une réunion du « Mouvement citoyen pour le respect de l'ordre constitutionnel » créé en mai dernier, et a interpellé une trentaine de militants [5]. Dans ce régime sécuritaire aux abois, le général Okoï, qui vient de recevoir les honneurs français, n'est pas n'importe qui : chef d’État-major des forces armées congolaises, ce pilier du clan présidentiel [6] est l'ancien commandant du Groupement des paras commandos, resté fidèle à Sassou Nguesso lorsque celui-ci avait été chassé du pouvoir par les élections de 1992, avant de le reprendre par les armes cinq ans plus tard, grâce au soutien de la France. Selon la Lettre du Continent (30/08/2001), il « s'était fait remarquer par sa férocité lors de la guerre civile de 1997 » et avait été « promu en décembre 1997 commandant de la zone militaire "sensible" de la Likouala » puis « rappelé fin 1998 à Brazzaville pour mater la rébellion, menée par les miliciens Ninjas de l'ancien Premier ministre Bernard Kolelas, dans la région du Pool ». Son parcours est par ailleurs emblématique de la coopération militaire française avec les armées des régimes françafricains: diplômé de l’école militaire de Saint-Cyr, il a également « suivi un cours d’application d’officier à Angers et une formation d’état-major de Compiègne en 1993 », et est déjà détenteur de la Croix de la valeur militaire française [3].

François Hollande, dont la décision d'attribuer cette Légion d'honneur daterait de juillet dernier selon la presse congolaise, mais qui n'est pas revenu sur ce choix suite au message envoyé par les Burkinabè fin octobre, marche ainsi pleinement dans les pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy : un mois après le renversement populaire d'un despote, il décore et honore un pilier du régime dictatorial congolais.

L'association Survie rappelle que les discours officiels français en faveur de la démocratie ne servent à rien s'ils ne sont pas suivis d'actes, et exhorte une fois de plus les autorités à cesser toute coopération sécuritaire avec les régimes dictatoriaux.

 

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[1] « A contre-temps de l'histoire, la France adoube le dauphin du président Sassou Nguesso », communiqué de Survie et de la Fédération des Congolais de la Diaspora, 18 février 2011, http://survie.org/francafrique/congo-brazzaville/article/a-contretemps-de-l-histoire-la

[2] « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes avertis », Billets d'Afrique n°238, septembre 2014, http://survie.org/billets-d-afrique/2014/238-septembre-2014/article/congo-brazzaville-ne-touchez-pas-a-4800 .

[3] selon le site http://www.congo-site.com/Le-general-Guy-Blanchard-Okoi-eleve-a-la-distinction-d-officier-de-la-Legion-d-honneur_a18261.html . Aucune déclaration n'est en revanche disponible sur le site de l'ambassade de France au Congo, dont la page « actualités » n'évoque pas l'événement.

[3] « Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche" », Jeuneafrique.com, 16 décembre 2014.

[4] Site internet de l'ambassade de France au Congo, http://www.ambafrance-cg.org/Presentation-du-Service-de , page mise à jour le 6/11/2014

[5] « Burkina Faso: un exemple pour l’Afrique centrale? », RFI.fr, 5 novembre 2014 ;
 http://www.rfi.fr/afrique/20141104-burkina-faso-exemple-afrique-centrale-gabon-tchad-congo/
 [6] D'ethnie mbochi comme Denis Sassou Nguesso, qui a érigé l'ethnisme en mode de gouvernement et d'administration de son armée, le général Guy Blanchar Okoï est le frère d'Alain Okoï, ancien directeur financier de la Congolaise de raffinage (Coraf) devenu en 2012 le patron d'une filiale de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), partenaire en affaires du groupe Total (La Lettre du Continent, 11/12/13).

 

Communiqué de presse Survie visionnable en ligne ICI

19 décembre 2014

dimanche, 07 décembre 2014

14 PAYS AFRICAINS CONTRAINTS PAR LA FRANCE A PAYER L’IMPOT COLONIAL

 

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Foccart & Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique

 

Le saviez-vous? 14 pays africains contraints par la France à payer l’impôt colonial pour les “avantages” de l’esclavage et de la colonisation

 

Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnées.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des Élites Africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était :

Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40% du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modibo Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

- Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

- Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

- Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex-colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

Nombre de Coups en Afrique par pays :

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré :

« Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]  »

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que :

« Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle »

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. »

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier » pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

 

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

 

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications.

« Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. »

écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15% de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve. Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.


 

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex-colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

 

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex-colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

 

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

 

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

 

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui, monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé « Francophonie » qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

 

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le F CFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

 

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

 

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex-colonisateurs ! (drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux !).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

 

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France » à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelées dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ? »

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

 

Mawuna Remarque Koutonin

05.02.14

siliconafrica.com

Article original : http://www.siliconafrica.com/france...

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

http://www.alger-republicain.com/article1779.html

lundi, 10 novembre 2014

BURKINA FASO: «UN PEUPLE EN ETAT DE REVOLUTION EST INVINCIBLE!»

 

BURKINA FASO. CHUTE DE BLAISE COMPAORE 3.jpg

Célébration populaire suite au départ de l’ancien président (Burkina Faso, 31/10/14, AFP / Issouf Sanog)

 

Le mot, si juste et de grande vérité, est de Maximin Isnard, député girondin et régicide, génie violent, orageux, incompressible (Charles Nodier) et l’un des plus grands tribuns, sous la Révolution française.

 J’étais à Dakar, le 23 juin 2011, témoin oculaire, lorsque, dans une immense clameur de protestation, refusant le projet de modification de la Constitution, le peuple sénégalais s’emparait de la rue et incendiait les bâtiments publics. J’étais avec mon ami Jean-Pierre Pierre-Bloch, grand soutien du mouvement « Y’en a marre », m’avoua-t-il. Le président de la République, Abdoulaye Wade, avocat de métier mais oublieux du droit fondamental, fut ainsi contraint d’abolir son projet d’éternité au pouvoir. Moins d’un an plus tard, le 25 mars 2012, il perdait les élections présidentielles. Comme Jean-Pierre Pierre-Bloch me l’avait prédit.

Les gouvernements, dit Hegel, ne tirent jamais les leçons de l’histoire. En effet, à quelques nuances près, c’est le schéma sénégalais du 23 juin 2011 qui vient d’avoir lieu au Burkina Faso, avec la fuite précipitée de Blaise Compaoré, inébranlable disait-on, au pouvoir depuis 27 ans et quasi déterminé à s’éterniser en modifiant l’article 37 de la Constitution.

Le temps, selon Saint Augustin, est une distorsion de l’âme au sens où le passé est déterminé par la mémoire, le présent par l’attention et le futur par l’attente. Certes. Mais la volonté d’étirer le temps contre toute raison, c’est-à-dire indéfiniment, est une forte maladie de l’âme, une fièvre brûlante de l’esprit. À cet égard, il est insupportable et tout à fait incompréhensible qu’un nombre significatif de présidents africains n’envisagent le pouvoir que comme éternité. Étrange conception du temps et ridicule « conatus » ! Bien évidemment, il ne s’agit que de fausse éternité. Car tout Présidence absolue est une « vanité », qui finit toujours comme un « fétu de paille » emporté par les vents.

Nous ne cessons de le dire, les crises africaines tiennent, en grande partie, au système présidentiel hérité de la colonisation. Le remède à ce mal, c’est le régime parlementaire. C’est ce qui prévaut au Cap Vert, où les prérogatives essentielles sont entre les mains du Premier ministre qui tire sa légitimité du Parlement et sa force du suffrage législatif. En Afrique, le régime parlementaire est un des facteurs déterminants de la bonne gouvernance et source du développement. L’Afrique ne s’en sortira que si y prédomine le système parlementaire.

En attendant cela, demandons-nous comment finissent les pouvoirs « éternels ». Toujours subitement, l’espace d’un ouragan urbain et/ou d’un éclair rural. Un hurlement de colère populaire longtemps contenu, et tout leur pouvoir s’effondre. La fuite est alors le salut. Celle de Zine el Abidine Ben Ali, ex-président de la Tunisie, le 14 janvier 2011, est un modèle du genre dans tout ce qu’une fuite a de burlesque : une échappée aérienne tournant au périple. Celle d’Amadou Toumani Touré, ex-président du Mali, le 22 mars 2012, est hilarante : une fuite à dos d’homme. Qui ne se souvient de la fuite de Mobutu Sese Seko, quittant Kinshasa avec un long convoi de véhicules roulant à vive allure, le 16 mai 1997, pour se rendre à Gbadolite et, de là, au Togo puis au Maroc où il décèdera. Cette fuite contraste singulièrement avec sa prise de pouvoir le 24 novembre 1965.

Patrice Lumumba a su mourir, fier et digne. Amilcar Cabral n’a pas tremblé, à l’instant de son assassinat. Thomas Sankara préméditait sa mort et taquinait son épouse en l’appelant « ma veuve ». Les héros ne fuient pas l’ultime échéance. Pour eux, comme l’enseigne les Stoïciens, la mort est un croquemitaine. Savoir mourir, c’est que ne savent pas les despotes. La crainte qu’ils inspirent a pour corollaire la fuite, dès lors que les vents tournent. Mais pour « tomber » telle une « douille vide », il faut que le dictat du président-éternel ait déjà perdu toute sa substance, à savoir la crainte qu’il suscite (la crainte est, selon Montesquieu, le principe du despotisme) et qu’il se soit vidé de son sens, c’est-à-dire la croissance (économique) et l’unité (nationale), motifs pour lesquels leur despotisme était toléré.

Dans son 18 Brumaire, Marx a admirablement décrit la dialectique des événements qui, en France, a conduit au fameux coup d’état de Louis Napoléon. L’ouvrage, de facture hégélienne, saisit sur le vif l’enchevêtrement des faits de l’actualité et est un modèle d’analyse. S’agissant du Burkina Faso, la chute de Blaise Compaoré apparaît comme le résultat d’une dialectique entre six facteurs principaux qui se classent en deux types de causes, externes et internes. Dans le registre des causes internes, il y a trois facteurs. Le premier est le péché originel du régime Compaoré : le coup d’état du 15 octobre 1987 qui verra l’assassinat du charismatique Thomas Sankara, assassinat aggravé par une suite d’atroces guerres civiles (Sierra Léone, Libéria, etc.), de coups d’État, de déstabilisations et de meurtres, dont celui du journaliste d’investigation Norbert Zongo (13 décembre 1998) à propos duquel François Compaoré, le frère du Président, est soupçonné être le commanditaire. Ces grands assassinats, qui scandent la vie politique du Burkina Faso (post-sankariste), ont hanté les consciences au-delà même du Burkina Faso. Je me souviens encore du récit détaillé que me fit João-Bernardino Vieira, ancien président de la République de Guinée-Bissau, de l’accueil fort hostile que les Présidents africains réservèrent à Blaise Compaoré lors de sa première participation à une rencontre de chefs d’États. C’est João-Bernardino Vieira qui, pour décrisper l’atmosphère pesante, prit Blaise Compaoré par la main, et calmant ses pairs, l’amena leur dire bonjour. Et, profitant de la bonne volonté de João-Bernardino Vieira, Blaise Compaoré formula sa demande d’effectuer sa première visite officielle en Guinée-Bissau, et ce pour amorcer la reconnaissance de son régime. João-Bernardino Vieira estima qu’il ne fut pas payé de gratitude, lorsqu’il découvrit, me dit-il, que Blaise Compaoré était impliqué dans le coup d’État qui le renversera en 1998.

En tous les cas, nul ne comprend le vieux ressentiment à l’encontre de Blaise Compaoré, un sentiment encore très vif aujourd’hui, sans le rappel de tels faits et situations. Ce péché originel (assassinat de Th. Sankara) et son implication (supposée ou réelle) dans certains drames en Afrique de l’ouest, le suivront jusqu’à son renversement. Le deuxième facteur, classique celui-là, relève de l’usure normale du pouvoir, par le double effet de la longue durée au pouvoir et la concentration de l’autorité publique entre les mains de Blaise Compaoré. C’est ce qu’exprime la tranche d’âge des 15 – 30 ans, cœur de la jeunesse burkinabé, lorsqu’elle clame n’avoir connu d’autre Président que lui, exprimant, en creux, l’exigence démocratique d’alternance. Le troisième facteur concerne la gestion de la chose publique, telle que profondément détériorée par le népotisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, la gabegie, la non-redistribution des richesses du PIB dont la croissance annuelle à 7% ne profitait qu’à quelques familles. Cette croissance-là n’a aucun sens.

Au fil des ans, ces trois facteurs (assassinats politiques et déstabilisations des voisins, usure du pouvoir et mauvaise gouvernance) sont devenus d’autant moins acceptables que Blaise Compaoré avait perdu de son aura à l’étranger (retrait de Jacques Chirac de la vie politique) et son influence géopolitique avait quasiment disparue. En effet, avec l’entrée en guerre directe de la France au Mali contre la menace djihadiste (Opération Serval, 11 janvier 2013), avec la fin du régime du Guide libyen, avec la reprise en main par Alger des pourparlers entre l’État malien et les autonomistes du nord Mali, avec l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, affaibli en matière de politique étrangère, n’offrait plus d’utilité historique. Car, le réchauffement des liens entre la France et l’Algérie, après la victoire de François Hollande aux présidentielles de mai 2012, les deux pays se sont répartis les grands rôles en Afrique de l’ouest : pour la France, les épreuves de guerre, pour l’Algérie, les tâches diplomatiques, notamment dans la grave crise malienne. Ainsi les « Accords de Ouagadougou », devenues obsolètes et caduques, ont-ils été relégués et supplantés, de facto, par les « pourparlers d’Alger ». Dans cette division du travail militaro-diplomatique, il ne faut pas oublier que les initiatives économiques ont été dévolues au Maroc. C’est parce qu’il n’a pas saisi cette division du travail que Blaise Compaoré n’a pas compris la subtilité de l’avertissement épistolaire que lui avait adressée François Hollande le 7 octobre dernier . La « porte de sortie » que le Président français lui proposait, en relation à la crise malienne, cela signifie qu’il devait impérativement quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, sinon…

Bref, c’est la conjugaison de ces trois causes internes et de ces trois causes externes mentionnées, et dont le peule et l’opposition burkinabés avaient une claire conscience, qui a fait « tomber » si facilement, trop rapidement Blaise Compaoré. L’Histoire, ne l’oublions pas, est un tribunal implacable. Le destin, dit Hegel, c’est la conscience de soi comme étant son propre adversaire. En n’écoutant que lui-même, Blaise Compaoré s’est fait l’auteur de son propre destin : la fuite.

Mais ce destin était prévisible. Il n’était point besoin d’être grand clerc pour l’apercevoir. Ainsi, le 30 septembre dernier, échangeant quelques considérations politiques sur la situation de son pays avec un jeune Burkinabé, dont les termes sont en partie rapportés ci-dessous :
-    L. : « Il [Blaise] reprend ainsi l’initiative et inhibe un soulèvement.
-    PFT : Oui. Mais je ne crois pas que l’opposition se fasse enfarinée.
-    L. : La révision des constitutions est à l’ordre du jour.
-    PFT : Oui, je suis un peu cela. Mais à mon avis les choses vont se compliquer pour les révisions. C’est la rue qui décidera, en dernier ressort. »

Les pays africains, dussions-nous le répéter, s’ils veulent se développer et créer de véritables nations n’ont d’autre choix que le système parlementaire. L’Armée n’est pas une issue, y compris au Burkina Faso. Telle est la grande leçon que nous devons tirer de la chute de Blaise Compaoré, si tant est qu’on puisse tirer des leçons de l’histoire. Tout le pouvoir au Parlement.

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Maximin Isnard (D.R)

Car un vieux souvenir français habite le Burkina Faso : « un peuple en état de révolution est invincible  ».

 

Par , le Lundi 10 novembre 2014

 
Source: PFTAVARES.FR

dimanche, 09 novembre 2014

COMPROMISE PAR SON SOUTIEN A COMPAORE, LA FRANCE DOIT TIRER LES LEÇONS DE LA REVOLTE BURKINABE

 

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Une semaine après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, des zones d’ombre commencent à se dissiper sur le rôle de protection du régime joué jusqu’au bout par la diplomatie française, fidèle à sa tradition françafricaine et une nouvelle fois à contre-pied de l’Histoire. Ce soutien est allé jusqu’à l’exfiltration de Blaise Compaoré, le soustrayant de fait à la justice de son pays.

Après avoir longtemps qualifié les relations franco-bukinabè d’"excellentes" (à l’instar de Laurent Fabius, en visite à Ouagadougou le 27 juillet 2012), la France n’a pris que très tard la mesure du mouvement de fond à l’œuvre depuis des mois au sein de la société civile burkinabè.

Dans une lettre à Compaoré datée du 7 octobre 2014, François Hollande se contentait de proposer comme solution de sortie un poste dans une organisation internationale (probablement l’Organisation Internationale de la Francophonie) à un président burkinabè toujours considéré comme "fréquentable" quelques jours avant sa sortie précipitée. Le parallèle avec la chute du tunisien Ben Ali, en janvier 2011, montre combien la France n’a pas su tirer les leçons de ses erreurs et continue à s’enfermer dans le soutien à des régimes dictatoriaux au nom de la "stabilité".

L’embarras et les compromissions de la diplomatie française ont été manifestes dans les jours précédant et suivant la chute du despote avec les postures embarrassées d’un ministre des Affaires étrangères français se contentant dans un premier temps d’un pusillanime appel au calme et à la protection des ressortissants, et de personnalités politiques telles que le député socialiste François Loncle, défendant en pleine crise le bilan du dictateur burkinabè face aux médias.

Auparavant, l’ambassadeur de France au Burkina, militaire de carrière comme son prédécesseur, s’était invité dans plusieurs réunions auprès des différents protagonistes du soulèvement, alimentant l’idée qu’il y défendait le plan de transition de Compaoré, selon lequel le dictateur devait se maintenir au pouvoir le temps de passer la main, quand la foule et l’opposition exigeaient un départ immédiat. Une ingérence scandaleuse de la part de la diplomatie du pays qui a le plus soutenu Compaoré au cours des 27 ans de son régime.

Ce qui est désormais avéré, c’est le rôle actif de la France dans la fuite de Blaise Compaoré.

Après avoir louvoyé en expliquant que la France avait joué un rôle dans son exfiltration, mais « sans y participer » [1], François Hollande a fini par reconnaître son mensonge en confirmant les informations de Jeune Afrique selon lesquelles le dictateur burkinabè a bien été emmené en Côte d’Ivoire par un hélicoptère puis un avion des forces françaises. Plus inquiétant, les propos de François Hollande sur les conditions de l’exfiltration de Compaoré, « il y a eu des attaques, il y a eu des réponses » sous-entendent la possibilité d’un engagement armé des militaires français. Si le président français assure avoir agi pour une évacuation « sans drame », en confiant Compaoré à un régime ivoirien "ami" peu enclin à l’extrader, il lui a surtout permis de se soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires au Burkina Faso, notamment pour son rôle dans des assassinats politiques comme ceux de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo ou dans la mort de manifestants burkinabè lors du soulèvement de ces derniers jours. Indispensable, la tenue d’un procès du despote burkinabè permettrait d’en savoir davantage sur les soutiens multiformes dont il a bénéficié de la part de la France depuis sa prise de pouvoir dans le sang en 1987.

Entièrement consacrée au repositionnement de l’armée française dans le Sahel (opération Serval, Barkhane), dont le Burkina est aujourd’hui un point stratégique, la France a négligé une nouvelle fois les aspirations démocratiques des populations des États qui soutiennent cette entreprise militaire. Le scénario surprise burkinabè pourrait, aujourd’hui ou demain, se reproduire au Tchad, au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Gabon, au Togo et dans de nombreux autres pays, et prendre à nouveau de cours des autorités françaises qui ne manquent pourtant pas d’informations sur la nature de ces régimes et l’exaspération de ceux qui les subissent.

L’association Survie :

  • Demande aux autorités françaises, de cesser toute forme de soutien aux dictateurs et aux familles qui s’accrochent au pouvoir : Idriss Déby au Tchad, Sassou N’Guesso au Congo Brazzaville, Paul Biya au Cameroun, Ali Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé au Togo, Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Teodoro Obiang Nguema en Guinée Equatoriale, etc.
  • Soutient le rassemblement organisé le samedi 8 novembre à 15h devant l’Ambassade du Burkina Faso à Paris
  • Soutient la demande de commission d’enquête parlementaire sur le rôle des autorités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara formulée par la campagne Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique et déposée sans suite favorable en 2011 et 2013 par les députés du Front de Gauche et d’E.E.L.V.
  • Dénonce la protection contre des poursuites judiciaires dont bénéficie de facto Compaoré en Côte d’Ivoire et rappelle l’exigence de justice pour toutes les victimes des guerres régionales, des assassinats et des crimes économiques de Blaise Compaoré et de la Françafrique
  • Demande la démission de François Loncle de la présidence du groupe parlementaire d’amitié franco-burkinabé, pour avoir défendu jusqu’au bout Blaise Compaoré, son image, son bilan, et l’idée qu’il devrait encore se maintenir au pouvoir dans le cadre d’une transition.

[1] Déclarations de François Hollande en marge de son déplacement au Canada le 04/11/2014

 

Source: SURVIE.ORG

COMPAORE EN LIBERTE GRACE AUX FRANÇAIS

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L'Organisation Non Gouvernementale française SURVIE confirme l'information donnée par le camarade Souleymane Senn. Information selon laquelle, L'armée française, pour empêcher l'arrestation de Blaise Compaoré et sa comparution devant les tribunaux pour les nombreux crimes qu'il a commis, a combattu l'armée régulière et patriotique burkinabè.

Le président Français François Hollande confirme lui-même l'engagement armé des militaires français en affirmant «il y a eu des attaques, il y a eu des réponses».

Selon d'autres sources communiquées par le camarade, des proches sources proches de l'armée burkinabè cette bataille aurait fait une quinzaine de personnes tuées au cours de cette bataille. Il s'agit de 7 militaires burkinabè, 5 éléments du RSP et 3 des forces spéciales françaises.

Anicet Djehoury via Survie

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 09 octobre 2014

BLE GOUDE A LA CPI: LA JURISPRUDENCE DE L'IGNOMINIE, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

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Les charges contre le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N'Gbo seront-elles confirmées ? Si l'on s'en tenait à la logique juridique normale, la réponse à cette question serait évidemment négative. Mais voilà : la CPI n'est pas un tribunal normal. Procès après procès, forfaiture après forfaiture, il est en train de mettre en place une jurisprudence de l'ignominie, digne des « procès de Moscou » et des pires Républiques bananières.

Durant les quatre journées qui viennent de s'écouler, l'Accusation n'a cessé de plaider pour des «standards de preuve» les plus bas possibles. Elle n'est pas venue dire à la Cour qu'elle avait un dossier solide, mais a affirmé sans honte qu'en dépit de la légèreté de sa démonstration, il fallait aller au procès parce que le statut de Rome et la jurisprudence de la CPI le permettent. Les observateurs ont parfois eu la désagréable impression que l'objectif suprême du bureau du procureur n'est pas de gagner son procès, mais d'aller à un procès pour « coffrer » Blé Goudé, figure politique de la génération qui vient, le plus longtemps possible. Lamentable.

Dénaturation des référents juridiques

Hier encore, l'Accusation a continué à dérouler son interprétation extra large de la culpabilité selon le statut de Rome. Face à l'incongruité de la position consistant à accuser le fondateur du COJEP de faits attribués (de manière fallacieuse, sommes-nous persuadés) à des éléments des FDS en patrouille ou en caserne, comme l'affaire des « sept mortes d'Abobo » ou du « bombardement du marché d'Abobo », elle a sorti de son chapeau la théorie de « l'attribution mutuelle » et du « contrôle commun », qui s'éloigne singulièrement de la notion de responsabilité individuelle telle que le droit contemporain la définit. Puisque Gbagbo et Blé Goudé étaient d'accord pour mettre en œuvre le « plan commun », eh bien tout ce qui a pu se passer par la suite, même si l'un d'entre eux n'était pas au courant ou ne pouvait absolument pas influencer les choses, doit et peut leur être imputé. Dans cette entreprise de torsion voire de dénaturation de nos référents juridiques, le procureur sait pouvoir compter sur les précédents créés par ces affaires où, alors qu'il n'avait pas fait son travail, les Chambres préliminaires ont ouvert la voie à des procès singulièrement mal engagés.

On remarquera au passage que la théorie de « l'attribution mutuelle » n'empêche pas l'Accusation de « sélectionner » parmi les personnes impliquées dans le plan commun « imaginaire » trois individus : Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et les autres ? Durant les jours qui viennent de se dérouler, Fatou Bensouda et ses comparses nous ont laissé entendre que lors des fameuses réunions où s'organisait le fameux « plan commun », Blé Goudé côtoyait des dignitaires de l'armée comme P9 et P10, que beaucoup d'Ivoiriens ont reconnu. Pourquoi ne sont-ils pas eux aussi mis en accusation au nom du fameux principe de « l'attribution mutuelle » ? Pourquoi sont-ils recyclés en témoins à charge là où ils devraient eux-mêmes répondre de leur participation à ce plan commun ? Mystère et boule de gomme.

Prend-on les dirigeants africains pour des demeurés ?

Dans leur verve, les collaborateurs d'une Fatou Bensouda tout aussi absente durant l'audience de Blé Goudé qu'elle l'était lors de celle de Gbagbo ont expliqué qu'il n'était guère besoin que Blé Goudé ait connu ou ait commandité des crimes spécifiques pour qu'il soit tenu pour responsable. Il fallait juste qu'il soit conscient que « le plan commun » entraînerait des crimes dans le « cours normal des événements ». Un « plan commun » qui consisterait à mettre tout en œuvre, y compris des crimes relevant de la CPI, pour « se maintenir au pouvoir ». Sauf à prendre les dirigeants africains pour des demeurés, peut-on vraiment soutenir la thèse selon laquelle, alors qu'il a été prévenu, alors qu'il a des forces internationales présentes sur son sol, alors qu'il sait que ce sont les crimes contre l'humanité qui mettent en mouvement la fameuse « responsabilité de protéger » et l'article 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, Gbagbo a justement fait ce qu'il ne fallait pas faire, c'est-à-dire engager un projet génocidaire ? Oublier ses adversaires et s'en prendre à des civils alors que ce sont bien des rebelles armés qui menacent son pouvoir, ce n'est pas une manière de « conserver le pouvoir », mais le meilleur moyen de le perdre. Gbagbo et Blé Goudé, qui ne sont pas des psychopathes, le savaient. Comme Alassane Ouattara et la France savaient aussi que « vendre » un « récit », aussi mensonger qu'il soit, sur le « spectre du Rwanda » étaient le moyen le plus sûr d'engager des forces internationales contre celui qu'ils voulaient renverser. Voilà un « plan commun » bien plus plausible !

Si on suit cette logique...

L'Accusation s'est accrochée comme à un rocher à des propos de Blé Goudé admettant que dans un conflit, il y a des dégâts collatéraux. Parce qu'il en avait conscience, parce qu'il savait que des crimes interviendraient « dans le cours normal des choses » et qu'il n'a pas abdiqué face à la volonté de pouvoir de Ouattara, il est responsable de crimes contre l'Humanité ! Si l'on suit cette logique, tous les présidents de tous les pays ayant une fois ou une autre été engagés dans une guerre, devraient se trouver à La Haye. La guerre, ça tue ! Tout le monde le sait. De là à criminaliser le principe même de résistance nationale, il n'y a qu'un pas...

La CPI semble désormais vouloir institutionnaliser un principe : on abaisse au maximum le standard de preuves visant à conduire à un procès, on traîne en longueur et on accuse tout le monde et personne de saboter nos enquêtes dès lors qu'on a obtenu la confirmation des charges donc un séjour très long « au gnouf » pour les adversaires de la « communauté internationale ». Et puis, après, on verra...

A ce stade de travestissement des règles du droit, il semble évident que jamais un dirigeant occidental ne sera jugé par la CPI. Fatou Bensouda et son staff sont conscients que le jour où leur « imposture judiciarisée » touchera quelqu'un qui est assez influent pour pousser les observateurs les plus en vue à faire preuve de sens critique vis-à-vis de leurs procédés, leur édifice conçu et pensé pour les plus faibles des vaincus s'écroulera comme un château de cartes.

Les charges contre Blé Goudé seront-elles confirmées ? L'unanimité qui s'est emparée du collège des juges, du bureau du procureur et de « l'avocate des victimes » quand il s'est agi de tenter d'éviter que la Défense dépose des écritures, qui devraient pourtant permettre une lecture approfondie du « cas » par la Cour, n'est en tout cas pas le meilleur des signes.

 

Théophile Kouamouo [Paru dans Le Nouveau Courrier du 3 octobre 2014]

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

Transcription de la prise de parole de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), le 2 Octobre 2014.

 


"Madame la présidente, Mesdames les juges,

-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ; 

-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas !"

"Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes."

"Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim !"

"S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ?"

Un monde sans valeurs morales, un monde sans repère où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison, comme le disait Check Amidou Kane, dans son célèbre roman ‘’l’aventure ambiguë ’’? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Or, ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent. J’y ai cru hier et ma foi en ces valeurs n’a pas encore faibli. "

"La procureure devrait porter haut ces valeurs et œuvrer à ce que les justiciables ne désespèrent pas de la justice, surtout pas de la justice internationale, en ce qu’elle porte la lourde responsabilité de défendre les plus faibles, de protéger ceux qui sont sans défense, afin que ceux-ci ne soient impunément la proie des plus forts."

"Si j’ai bien entendu, la procureure a dit dans son discours d’ouverture « à travers cette audience nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui veulent parvenir et se maintenir au pouvoir par la force. » vu sous cet angle, c’est donc à tort que la procureure me poursuit puisque pendant plus de dix ans, je n’ai cessé de dire à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"Madame la présidente, Mesdames les juges

Je ne suis ni le criminel, ni le génocidaire que l’on tente vainement de vous dépeindre par des simulacres de déclarations peu crédibles, appelées témoignages, qui pourtant ont été recueillis auprès de mes adversaires politiques dont la hantise est de se débarrasser d’un futur adversaire avec qui ils craignent de faire une compétition politique. 

Avoir des ambitions est certes légitime, mais vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres est malsain."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Par ma voix, des millions d’Africains comptent sur vous pour que la CPI ne serve pas d’instrument pour la réalisation d’ambitions qui pourraient entacher l’image de cette prestigieuse institution. Des militants de partis politiques adversaires triés sur le volet, m’accusent d’avoir recruté des mercenaires. Comme ce prétendu témoin qui déclare : « j’ai vu Blé Goudé brandissant une kalachnikov à la télé, mais il était de dos donc je ne l’ai pas bien reconnu… » "

"Au stade Jessy Jackson de Yopougon, à Abidjan, au sein de notre club de football (SOMACY), entre copains, nous utilisions un slogan sportif, ‘’ya rien en face, c’est maïs’’, pour taquiner l’équipe adverse quand on marquait un but (comme la vidéo l’illustre). J’ai utilisé ce même slogan pour agrémenter l’ambiance de la campagne électorale, comme pour dire que l’élection aussi est un jeu."

"La procureure et le pouvoir d’Abidjan instrumentalisent des soit disant témoins pour travestir ce slogan en l’interprétant comme une volonté pour moi de dire qu’excepté mon candidat Gbagbo, il n’existerait pas d’autres candidats ; Ce qui, pour eux signifierait que nous avions prémédité de ne jamais reconnaître une défaite et que ‘’maïs’’ signifierait que nous allions tuer et manger les partisans de Ouattara. Cette interprétation erronée et étriquée, fruit d’une gymnastique judiciaire me semble partielle, parcellaire, donc partiale."

"A y voir de près, la seule difficulté dans cette affaire, est que la procureure cherche à fabriquer des miliciens ; Disons plutôt qu’elle cherche forcement à faire de moi ce qu’elle aurait souhaité que je sois. Mais pour quoi ? Pourquoi veut-elle forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi refuse-telle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a consommé la tête ?"

"Les marches, les meetings, les sit-in, la grève de la faim, le matelas et les conférences ne sont pas des moyens par lesquels s’exprime un milicien ? Ces moyens pacifiques, symboles de la non-violence, inspirés de Ghandi et de Martin Luther King, (ces personnalités qui ont marqué notre siècle), sont les seuls et uniques moyens par lesquels je me suis toujours exprimé. Alors, je demande encore : Pourquoi cherche-t-on, par des voies peu orthodoxes, à me tailler une sculpture et à m’attribuer une casquette qui est aux antipodes de la philosophie qui a fondé mon entrée en politique ?"

"Du 02 Octobre 2002 au 26 septembre 2011, peut-on me citer une seule de nos manifestations au cours de laquelle il y aurait eu un seul mort ? Peut-on me confondre avec une vidéo, un seul support sonore où je demande à une catégorie de la population d’exterminer une autre ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

L’histoire de mon pays est trop récente. Tenter de la falsifier en lui tordant le coup serait se livrer à un exercice au succès peu probable. Comme je refuse d’être jeté dans la poubelle de l’histoire, Il m’apparaît comme un devoir citoyen d’apporter un peu de fraîcheur à la mémoire collective que tentent d’effacer les contrebandiers des faits qui ont fait régresser mon pays au plan de la démocratie et des droits de l’homme, pourtant acquis de haute lutte. Face à leurs contrevérités, ma bouche restera toujours sans tremblement. Et je voudrais que l’on m’écoute avec toute l’attention qu’il sied."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

La crise ivoirienne, a opposé deux philosophies diamétralement opposées, incarnées par deux camps :

1- le camp de ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser les institutions de la République pour des raisons que vous expliqueront certainement « ces intouchables », le jour où il plaira à la procureure de les convoquer devant cette cour;

2- et le camp des forces armées nationales loyales à la République et à ses institutions.

Indépendamment de ces deux parties belligérantes, La population civile, à travers la résistance aux mains nues, a fait le choix de s’opposer à l’utilisation des armes comme moyen de revendication et d’accession au pouvoir : c’est de cette troisième voie que je me réclame."

"Ce choix de la non violence, je l’ai librement fait, non par stratégie, ni par faiblesse, mais par principe et par culture politique; Parce que je reste convaincu que la guerre et les armes sont les ennemies de la démocratie et de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C’est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste connue des ivoiriens, je n’ai jamais possédé d’armes, ni à titre individuel, ni à titre collectif. Par quelle alchimie, pourrais-je alors réussir à distribuer ce que je ne possède pas ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Jamais je n’ai armé des citoyens contre d’autres citoyens: jamais je ne le ferai.

À ceux qui souventefois m’ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j’ai toujours rétorqué que je n’aime pas la guerre et que je n’ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d’être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu’on l’appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu."

"Ouvert et tolérant de par ma culture, j’ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, Au cours de toutes mes tournées politiques. J’ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j’y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l’on m’accuse d’être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Pour la paix dans mon pays, j’ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l’aile, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fais le pas vers l’adversaire afin qu’ensemble nous puissions sauver ce que j’ai cru que nous avions en commun : La Côte-d’Ivoire. J’ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille.

"Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n’ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu’ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C’est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu’ils puissent vivre demain dans un monde meilleur, un monde où l’on ne cherche pas à noyer la vérité dans l’obscurité du silence."

"Mes proches, les personnes que j’aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée. peut- on mener une lutte d’une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non!’’

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m’étais pas attendu à l’inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd’hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l’usage de la violence en programme politique."

"Madame la présidente, 

Je n’ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l’acte d’accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu’on peut aujourd’hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d’Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d’ailleurs de le faire !

"Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l’importance de la paix. Heureusement qu’à la pratique de l’exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu’elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l’opposition.

".....Et pourtant, ces opposants d’hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force."

"Ironie du sort, c’est moi, concepteur de ‘’la victoire par la résistance aux mains nues’’, qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l’humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu’ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s’apparente à une complicité. Autant dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité."

"C’est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

"Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. Il y a une et unique chose que je cherche : LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ. Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j’y tiens !"

"Seule la vérité pourra m’ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n’est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu’ils sont pris en flagrant délit de falsification de l’histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d’adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse."

"Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès."

"Oui, des crimes atroces ont été commis en CI contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale ; les violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l’obscurité du silence."

"Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d’autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu’à celui qui a consommé la tête. »

"Svp, madame la présidente, mesdames les juges,

Les victimes du commando invisible et des FRCI, à Anokoa Kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, réclament toujours justice.

Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l’indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"

".....Ensuite le plan commun :

Mesdames les juges,

Je dois avouer que c’est ici à la Haye que j’ai appris ce nouveau vocabulaire. S’il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d’Ivoire, je n’en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j’en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j’ai écouté et entendu leurs souffrances. J’ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l’adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d’hier, que le conflit avait divisés."

"Existe-t-il des victimes qui n’ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu’un mort n’a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse."

"J’ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Voici exposé mon plan pour la paix que j’avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j’ai connaissance. Évidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu’il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire."

"Mais moi, j’attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d’Ivoire et du conflit qui l’a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d’ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d’ivoire telle que la vivent mes concitoyens."

"Mesdames les juges, 

Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l’on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi."

"Mon crime, s’il devrait en exister un, serait d’avoir crié pendant dix ans qu’il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C’est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l’accusation d’orienter ses enquêtes ailleurs et d’inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu’en puissent dire mes détracteurs !"

"Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu’aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m’aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger."

"Toutes mes actions ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s’écrive jamais du mauvais coté de l’histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. En d’autres termes, CE QUI DOIT GÂTER MON NOM DOIT AVOIR UN NOM."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l’avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"La prison, c’est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n’a donc pas eu tort d’affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j’ai le temps."

"Et, comme Je refuse d’être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l’histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."

"Même s’il m’arrivait par extraordinaire, d’être condamné aujourd’hui, je ne doute pas qu’un jour l’histoire m’acquittera."

"Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n’ai pas eu la chance d’accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l’air ; il finit toujours par tomber. »"

"Non, je ne suis pas anti français!

Non, je ne suis pas un chef de milices! 

Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!

Non, je n’ai jamais distribué d’armes!

Non, je ne suis pas un partisan de la violence!

Non, je ne suis pas un génocidaire!"

"Que le droit nous départage ! 

Que Dieu bénisse l’Afrique, et apporte la paix en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la justice internationale

Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

 

(Retranscription Michel Galy)

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

vendredi, 03 octobre 2014

FRANC CFA: LE DEBAT INTERDIT

FRANC CFA - EURO.jpg

Pendant qu’en Europe, l’avenir de l’euro est discuté à tous les niveaux de la société, les dirigeants africains de la zone franc continuent de considérer tout débat autour de la pertinence ou non du franc cfa comme tabou, alors que ce dernier est arrimé à la monnaie européenne.

 

Le vendredi 28 mars 2014, M. Alassane Dramane Ouattara, alors président sortant de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a soutenu, à Yamoussoukro que cette organisation avait amorcé «une marche irréversible vers la monnaie unique» à l’horizon 2020, qu’il fixe aussi pour l’émergence de son pays au rang de la Corée du Sud, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et dans une moindre mesure, du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Cette perspective serait d’autant plus justifiée, selon lui, que ces dernières années, sous ses deux mandats à la tête de la Cedeao, les travaux préparatifs de la monnaie auraient fortement avancés. Pour rappel : M. Ouattara est ancien gouverneur de la Bceao et c’est pendant son mandat qu’après moult tergiversations, le franc cfa a été dévalué en 1994. Ouattara aurait-il fini d’adorer le franc CFA ? Il est permis d’en douter.

Lorsqu’un ministre ivoirien fait remarquer qu’au sein de la Cedeao, les entreprises exportatrices des pays qui ont en commun le franc cfa souffrent d’un manque de compétitivité lié à cette monnaie, les autorités monétaires de la zone cfa et celles de la Côte d’Ivoire semblent vouloir le désavouer, au motif que tout va bien dans le meilleur des mondes pour le franc cfa.

De deux choses l’une. Soit le franc cfa qui va très bien sera étendu au reste de la Cedeao et même de l’Union africaine à l’horizon 2020, conformément au contenu du rapport Védrine-Hollande, ou bien le franc cfa n’est pas si bénéfique que cela et alors il doit laisser la place à une nouvelle monnaie ouest-africaine, ce que les autorités de la zone cfa semble contester. Une chose semble claire. Le contenu du rapport Védrine est connu, mais le projet de la monnaie unique de la Cedeao n’est connu, semble-t-il, que de quelques initiés, alors que nous sommes à six ans de l’échéance annoncée pour 2020. Aucun débat n’a donc lieu au sujet de ce serpent de mer, pour savoir s’il y aura un référendum dans les pays concernés pour son adoption ou bien si les experts d’Abuja et les chefs d’Etat vont l’imposer aux populations sans consultations populaires.

Les gouvernants des pays membres du franc cfa font une entière confiance à leur monnaie, en parité fixe avec l’euro, qu’ils prennent pour une monnaie de référence. Ils n’ont peut-être pas tort, sauf que la connexion fcfa-euro passe par le Trésor public français, qui ne laisse même pas au cfa le soin d’avoir le statut de monnaie au sens propre du terme. Le franc cfa est une affaire interne aux finances publiques françaises et ne relève pas de la finance internationale. Telle était la position de la France au moment de la conception du traité de Maastricht au début des années 1990. C’est donc la solution des «comptes d’opérations» ouverts auprès du Trésor public français que les autres pays de la Cedeao devraient accepter et se laisser imposer, selon le rapport Védrine. Jacques Delors pour le traité sur l’Union européenne et Hubert Védrine pour le traité de la Cedeao avec les référendums en moins ?

Ce que le ministre J.-L. Billon dit pour les entreprises ivoiriennes est vrai pour toutes les entreprises de la zone cfa, de l’ouest comme du centre, qui sont exportatrices de produits manufacturés ou de produits agricoles améliorés. Elles ne peuvent être compétitives du fait de la valeur de l’euro –monnaie forte, disent les Africains–, des politiques économiques adoptées par le Trésor public de France et surtout à cause des politiques hasardeuses de la Banque centrale européenne (Bce) qui mettent en difficulté les négociations à Bruxelles entre les pays européens déficitaires et l’Allemagne, qui a ses propres problèmes à gérer.

Les inquiétudes de M. Billon sont d’autant plus justifiées que, depuis 2008 au moins, la situation de l’euro est compliquée, les problèmes ne sont pas traités convenablement et la situation reste préoccupante aussi bien pour les Etats et que pour les entreprises.

La Bce, qui gère l’euro, est accusée par des économistes et financiers européens ainsi que par certains observateurs qui suivent de près les manœuvres des autorités monétaires européennes, d’être en train de devenir une «mauvaise banque centrale» qui rachèterait toutes les créances douteuses figurant au bilan des banques européennes.

En Allemagne même, des événements sont en cours en ce moment qui méritent quelque attention de la part des Africains, notamment des dirigeants. Il y a d’une part la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe (Bundesgerichtshof) qui doit juger dans quelques semaines la question de la conformité du plan de rachat des dettes européennes par la Bce avec la Constitution allemande. La décision des juges constitutionnels allemands pour qui, même en temps de crise, la Constitution reste valable, alors que pour les Africains, même en temps de paix, les Constitutions sont inappliquées, est attendue, car elle pourrait interdire à la banque centrale allemande, la Bundesbank, de participer aux opérations de rachat de dettes publiques que la BCce devrait initier. Qu’adviendra-t-il de l’euro dans ces conditions, alors que cette monnaie doit par ailleurs affronter d’autres épreuves face au dollar américain, au yen japonais et au yuan chinois?

En outre, un parti politique pour les eurosceptiques créé en février 2013 par Bernd Lucke, (51 ans, anciennement militant de la CDU et professeur d’économie à l’université de Hambourg), dont l’axe central du programme est de refuser toute collectivisation de la dette publique européenne et tout transfert de richesses de l’Allemagne vers les autres pays, est en train de monter en puissance. «Alternative fur Deutschland» ou AfD, parti ne disposant d’aucun élu lorsqu’il a été créé par le proche collaborateur du Pr. Hans-Olaf Henkel (ex patron de la confédération des industriels allemands), est aujourd’hui représenté avec 12% des voix au Parlement de Brandebourg et 10 % à celui de Thuringe, après être entré au parlement de Saxe (10% des voix) en août dernier, et avoir placé sept élus au Parlement de Strasbourg à la suite des Européennes de mai, prouvant ainsi que les petits partis peuvent grandir vite quand ils sont porteurs de programmes alternatifs et que les élections se déroulent dans des conditions transparentes et démocratiques.

Dans le même temps, les agences des statistiques économiques publient des chiffres décevants de l’activité manufacturière en Europe et surtout en Allemagne, première économie de la zone euro. Les taux d’intérêt à moyen terme sur les obligations allemandes sont négatifs, comme si les anticipations des investisseurs s’attendaient à la réapparition du deutsche Mark (Dm) et à sa réévaluation au moment où l’euro rencontre des difficultés. Alors que les Européens doutent, les Africains restent vautrés dans leurs certitudes rassurantes et complaisantes.

Dans les autres pays de la zone euro, soit les gouvernements n’arrivent pas à concevoir des programmes de réformes, comme cela est le cas pour la France par exemple, où le mot réforme tétanise la classe politique et révulse les syndicats, soit, lorsque ces programmes sont conçus, ils ne peuvent être appliqués, comme c’est le cas de l’Italie du Premier ministre Matteo Renzi. En Espagne, la crise politique que l’on observe à travers la volonté séparatiste de la Catalogne est en réalité le résultat de déséquilibres économiques créés par les effets pervers de l’euro sur les politiques budgétaires et fiscales espagnoles.

La finance internationale elle-même semble douter de la force de l’euro, dont le cours de change ne cesse de baisser par rapport au dollar américain et au yen japonais. Les cambistes et des investisseurs attendent les nouvelles mesures de politique monétaire de la Bce que devrait annoncer son président Mario Draghi. Les marchés financiers de la zone euro, dans laquelle les financiers vendent des positions, présentent de moins bonnes performances que les autres marchés mondiaux sur lesquels les financiers achètent plutôt des positions. Mais comment évaluer l’importance de ces évolutions dans la zone cfa où il n’y a pas de marché financier, donc ni positions de vendeurs, ni positions d’acheteurs d’actifs financiers?

En Europe, les économistes qui font ces analyses craignent que l’euro ne conduise les pays membres au chaos. Pendant ce temps, les pays africains alliés de l’euro par le biais des francs cfa gérés par le Trésor public français préfèrent attendre bras ballants ce désastre, à condition que les réseaux de l’aide publique au développement, et des eurobonds restent accessibles et continuent de financer les déficits budgétaires. En Afrique du cfa, réformer relève du tabou économique. Tout va bien.

Le débat sur la pertinence de l’euro, sur son avenir, sur ses effets sont du domaine public en Europe et dans le monde. Les banquiers centraux européens en parlent en permanence, les chefs d’Etat comme Angela Merkel, François  Hollande et autres en parlent plusieurs fois par mois. Les premiers ministres et chefs de gouvernement européens en discutent avec les journalistes au quotidien. Les partis politiques au pouvoir ou dans l’opposition l’inscrivent dans leurs préoccupations et dans leurs programmes de gouvernement. Les intellectuels économistes, philosophes, sociologues, artistes, financiers, juristes, démographes et étudiants en font des sujets de controverses entre eux. La question n’a rien de tabou ou de magique.

En Afrique, la question du franc cfa relève de la magie, du tabou, de l’interdit. La pensée doit s’arrêter à la porte du franc cfa, surtout quand on est au gouvernement. En parler fait frissonner les hommes politiques, vibrer les gouvernements, trembler les chefs d’Etat, s’énerver les partis au pouvoir. Les banquiers centraux considèrent qu’il n’y a rien à dire là-dessus. Les opposants se demandent pourquoi en parler puisque la question peut leur fermer la route de l’accession au pouvoir d’Etat, qui se trouve être la seule raison de leur existence. Et quand bien même tout ce monde décide d’en parler, la discussion tourne à l’injure, à la médiocrité, à l’incompétence, à l’anathème et au hors sujet.

Mais un jour ou l’autre, tous ces murs, comme celui de Berlin que l’on croyait avoir bâti pour l’éternité, tomberont et les peuples africains retrouveront, comme ceux d’ailleurs, leurs libertés en dehors de franc cfa et de tous les autres instruments de la servitude. D’ici là, il serait bien que l’on nous dise quelle est la nature de la monnaie unique de la Cedeao que certains attendent pour l’horizon 2020 ?

 

Source: LIDER-CI.ORG

mercredi, 01 octobre 2014

COTE D'IVOIRE: LA COLERE DES ETUDIANTS FACE AU MANQUE D'EQUIPEMENT

 

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Quand on a dépensé 175 milliards de nos francs (dont 133 en surfacturation!), et surtout du contribuable, avec tambours et trompettes, soi-disant pour réhabiliter l'université de Cocody, est-ce concevable, acceptable, pensable que les laboratoires de physiques et de chimie n'aient pas le moindre matériel, depuis deux ans, dans cette Côte d'Ivoire? A vous de me le dire. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

A Abidjan, il y avait un parfum de gaz lacrymogènes lundi 29 septembre au matin sur le campus universitaire Houphouët-Boigny. Un millier d’étudiants en sciences physiques et chimie ont fait part de leur mécontentement concernant le peu d’équipement dont ils disposent pour achever leur cursus.

D’après les étudiants en sciences, cela fait deux ans que leurs travaux pratiques se déroulent en théorie faute de matériel. Excédés, ils sont allés lundi matin faire part de leurs doléances à la présidence de l’université, mais ont été accueillis par les gaz lacrymogènes des policiers sur place au campus.

Peu après, c’est donc dans un amphithéâtre surchauffé qu’ils se sont retrouvés avec une partie de la direction de l’université Houphouët-Boigny pour tenter de trouver une solution. « Depuis deux années, c'est-à-dire depuis l’ouverture des universités, nous n’avons plus de laboratoire pour effectuer des travaux pratiques, parce que les laboratoires ne sont pas équipés. Il n’y a plus de matériel. On nous a fait plusieurs promesses qui n’ont pas été respectées et nous pensons que trop c’est trop. Nous n’avons pas voulu que cette année ça se répète. Et c’est pourquoi nous avons pris l’initiative d’organiser cette marche ce matin », explique Ignace Tegbeu, étudiant en master de sciences physiques.

Malgré les tentatives de médiation du directeur adjoint de l’université, du conseiller du président Ouattara pour la formation et l’éducation et deux doyens en sciences, les étudiants ont décidé de se mettre en grève jusqu’à la semaine prochaine. Ils attendent désormais que le matériel, prévu depuis 24 mois, arrive dans les prochains jours.

 

Source: RFI LES VOIX DU MONDE

mercredi, 24 septembre 2014

UN OCCIDENT MEURTRIER, TERRORISTE AUTORISÉ, PLUSIEURS FOIS GENOCIDAIRE

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"Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!"

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

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Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

RIEN ENTENDRE, RIEN VOIR, RIEN DIRE.jpg

Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

 

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de  la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des  allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes. 

 Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


Camille Loty MALEBRANCHE

 

Source: ALAIN INDEPENDANT

dimanche, 21 septembre 2014

EBOLA: LE MENSONGE GENERALISÉ

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Alors que le journal Le Monde parle quotidiennement de « ravages » et de « catastrophe », la réalité est que l’épidémie de virus Ebola reste d’ampleur très modeste.

La presse parle de 1229 morts entre mars et août 2014 sur l’ensemble de l’Afrique, et encore ce chiffre n’est-il pas exact.

Si vous vous rendez sur la page du site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) traitant du sujet, vous vous rendez compte qu’il y a en fait 788 décès formellement identifiés comme causés par le virus Ebola. Les autres sont des cas « suspects » ou « probables ». [1]

Ce sont bien sûr 788 morts de trop, mais il faut comparer aux 1,2 MILLION de morts causés annuellement par le paludisme [2], ou aux 2000 morts causés annuellement en France par la grippe saisonnière. [3]

Très peu de contagion

Les images de soignants portant des masques et des combinaisons intégrales pour s’approcher des malades suspectés sont insensées et dignes d’un mauvais film de science-fiction.

Car le virus Ebola ne se transmet absolument pas si facilement :

« Il faut un contact direct avec un liquide biologique comme le sang, les selles, les vomissures. Il n’y a aucune transmission par voie aérienne. C’est-à-dire que, lorsqu’une personne parle ou tousse, elle ne répand pas le virus Ebola dans l’air ambiant. » explique le Pr Bruno Marchou, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Purpan, à Toulouse. [4]

Autrement dit, le virus Ebola est comparable au SIDA pour son mode de propagation. Il faut vraiment être au contact du sang ou du liquide biologique du malade pour risquer soi-même d’être contaminé.

Cela veut dire, toujours selon le Pr Bruno Marchou, que le virus Ebola :

« n’atteindra pas le stade pandémique. À Conakry (capitale de la république de Guinée), ils avaient initialement plusieurs dizaines de cas parmi le personnel hospitalier. Ils ont réussi, en appliquant des mesures d’hygiène standard simples, à endiguer la propagation du virus parmi leur personnel. »

Ces mesures d’hygiène n’ont rien de sorcier : « Quand on s’occupe d’un patient, on se couvre les mains avec des gants. Si le patient vomit, il faut aussi se couvrir le visage. C’est le b.a-ba. On fait ça tous les jours. » continue-t-il.

«La mort dans 20 à 90 % des cas »

Sandrine Cabu, de Médecins Sans Frontières, interrogée par Le Monde, explique que le virus Ebola entraîne « la mort dans 20 à 90 % des cas ».

Pourquoi une fourchette aussi absurdement large ?

Parce que le virus Ebola est surtout dangereux quand il est mal soigné. Les personnes meurent de déshydratation ou d’hémorragies mais le traitement consiste alors simplement à hydrater ou à transfuser le patient, pas à lui donner un vaccin ni un hypothétique médicament. Il ne faut pas croire ce que prétend l’industrie pharmaceutique qui aimerait pouvoir vendre aux gouvernements une poudre de perlimpinpin comme elle l’avait fait pour le Tamiflu.

« Les nouveaux médicaments ne sont pas la solution contre Ebola », selon un expert en maladies infectieuses

La solution contre l’épidémie consiste à respecter des mesures simples et de bon sens : hygiène, bonne nutrition, vitamine D, vitamine C.

Selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis, l’outil le plus efficace contre Ebola est de prodiguer les soins de base aux malades.

« La véritable priorité devrait être de créer des infrastructures médicales dans les pays touchés pour fournir aux malades le soutien médical de base comme l’hydratation et la transfusion sanguine. Cela aura un beaucoup plus gros effet sur la santé que la distribution au hasard de quelques médicaments expérimentaux. » [5]

Selon Thomas E. Levy, auteur d’un article récent sur les remèdes potentiels contre le virus Ebola [6] :

« Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul virus testé qui n’ait pas été inactivé par une certaine dose de vitamine C. Un des moyens prioritaires pour détruire le virus, ou programmer sa destruction par le système immunitaire, est d’activer la “réaction de Fenton”. En un mot, cette réaction peut se produire à l’intérieur du virus, dans les cellules où les virus se répliquent et à la surface des virus eux-mêmes. »

Il n’y a donc aucune raison de suspecter le virus Ebola de se transformer brutalement en une pandémie à l’échelle de l’Afrique, et encore moins dans le reste du monde.

Mais il n’y aucun doute que cette psychose peut servir les intérêts financiers de quelques-uns.

Semer la panique : un business très lucratif

La panique autour du virus Ebola rappelle évidemment la grippe aviaire de 2005 et la grippe porcine (H1N1) de 2009.

Ces deux « pandémies imminentes » ont été l’occasion de manipuler grossièrement les opinions publiques pour justifier la vaccination en masse des populations, qui s’est révélée entraîner de terribles effets secondaires, dont la narcolepsie, un très grave trouble du sommeil. [7]

En 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit qu’un tiers de la population mondiale pourrait être touchée par la grippe H1N1, avec des effets incalculables. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot n’avait alors pas hésité à commander 94 millions de vaccins ! Les Français n’ayant été que 6 millions à se faire vacciner, Mme Bachelot avait, dès le mois de janvier 2010, annulé auprès des laboratoires pharmaceutiques la livraison de 50 millions de doses et fait verser par l’Etat en dédommagement près de 48 millions d’euros aux laboratoires. [8]

Quant au fameux médicament antiviral « miracle », le Tamiflu, son effet réel n’est que de réduire la durée des symptômes de moins d’une journée, sans limiter d’aucune façon les hospitalisations. Une étude britannique a conclu que la distribution de Tamiflu contre la grippe H1N1 a eu pour seul effet de… gaspiller 500 millions de Livres sterling.

En effet, la saison de grippe 2009 se révéla finalement moins grave que d’habitude, malgré la présence de la souche H1N1. De plus, de nombreux prétendus cas de grippe H1N1 se révélèrent ne même pas être des grippes mais de simples rhumes, ce qui n’est pas sans rappeler ce cas de virus Ebola à Berlin qui s’est finalement révélé être… une gastro. [9]

Jouer avec le feu

Toutefois, les titres excessifs martelés par la presse sont à mon avis très dangereux :

« Une épidémie absolument pas sous contrôle, sans précédent », Médecins Sans Frontières, le 30 juillet 2014. [10] [11]

« Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest », Le Monde, 15 août 2014. [12]

« L’OMS décrète une urgence de santé publique de niveau mondial », France 24, le 20 août 2014. [13]

Cette psychose est en train de semer la pagaille en Afrique, où des gouvernements sont ni plus ni moins en train de fermer les frontières, mobiliser les armées pour réprimer les populations, et même isoler sans raison des dizaines de milliers de malheureux, hommes, femmes, vieillards et enfants mis en quarantaine dans un bidonville du Libéria, sans nourriture ni eau. [14]

« Pour espérer contenir l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui fait rage au Liberia (…) le gouvernement prend des mesures draconiennes. Deux quartiers de la capitale, Monrovia, ont été placés en quarantaine et sous surveillance sécuritaire, alors que dans le reste du pays, un couvre-feu a été instauré. », Le Monde du 22 août 2014.

« Tirer à vue »

Dimanche 24 août, on apprenait que, au Sierra Leone :

« Le parlement a adopté un projet de loi qui interdit d’héberger des malades. Les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. [15] »

Lundi 25 août, pire encore : le gouvernement du Libéria ordonne à ses soldats de « tirer à vue » sur les personnes qui chercheraient à passer la frontière, soit disant pour empêcher l’épidémie de se progager ! [16]

Ces réactions totalement excessives risquent de provoquer une vraie catastrophe humanitaire, bien plus grave que le virus Ebola lui-même.

Des mesures commencent également à être prises contre les Africains au niveau international :

« Au niveau international, les citoyens de ces pays font l’objet d’une quarantaine de plus en plus stricte avec la fermeture des frontières, la suspension des vols de la plupart des compagnies aériennes qui les desservaient, le rapatriement des membres des familles du personnel diplomatique dans ces pays, l’annulation de conférences internationales, la délocalisation d’événements sportifs, etc. » note Rue 89. [17]

En Corée, de véritables réactions racistes éclatent contre les Africains, interdits d’entrer dans certains magasins. [18]

Le mythe du passager infecté dans l’avion

À écouter les autorités et nos journalistes, on croirait qu’une épidémie de virus Ebola peut se déclencher à tout instant en Europe : il suffirait que débarque un Africain touché par la maladie arrivé par avion.

Cette hypothèse est parfaitement irréaliste. Elle ne traduit qu’une ignorance complète de ce qu’est réellement le virus Ebola.

Ne succombons ni à la psychose, ni à une forme de racisme qui ne dit pas son nom.

L’épidémie de virus Ebola ne sera correctement endiguée en Afrique que si toute violence et toute mesure répressive cesse. Qu’on laisse chaque patient être pris tranquillement en charge par un personnel ayant une formation médicale de base, et prenant les mesures d’hygiène évidentes.

N’envoyons ni cargaisons de vaccins en Afrique, ni médicaments. Cela ne servirait qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques et à provoquer des dégâts bien plus graves par les effets secondaires de ces médicaments.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

 

Source: SANTE NATURE INNOVATION

01:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, santé publique, oms, santé, ébola, épidémie ébola, fièvre hémorragique à virus ébola | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 10 septembre 2014

SECURITE: LE QUESTIONNEMENT DU Pr MAMADOU KOULIBALY

 

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Que ce soit en tant que conférencier invité par l’Onuci et la Friedrich Ebert Stiftung pour disserter sur le rôle des partis politique dans le contrôle du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire ou lors de ses multiples rencontres avec les populations et la société civile, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly a pris l’habitude de poser une question à son auditoire : Que faire de la garde prétorienne de Ouattara à l’issue de l’élection présidentielle de 2015?

 

En effet, l’actuel président de la République, dans le sillage de la crise post-électorale, a mis en place une garde prétorienne de 5000 personnes environ. Cette garde issue des forces armées des forces nouvelles (Fafn) lui est rattachée par des liens privilégiés et fidélisés qu’elle a construits avec son arrivée au pouvoir. Ces forces sont donc politiquement liées à Ouattara plus qu’à son régime, au régime plus qu’à l’Etat et à l’Etat plus qu’à la République. Elles font office de forces de dissuasion du régime et semblent bien réussir, pour le moment, tant que le père fondateur est en place.

La garde prétorienne composée des forces spéciales et autres factions gérées par les ex-com’zones au cœur de la République et au service du sommet de l’Etat n’encourage pas les réformes de l’armée. Elle se comporte comme une compilation de milices privées au sein de l’armée et ressemble plus à des conquérants qu’à des soldats d’un état de droit. Mais le droit de l’Etat impose ces forces de sécurité, qui sont loin d’être républicaines, même si on les affublées de ce patronyme. Arrivées au pouvoir dans la dynamique de la crise ivoirienne, elles sont en effet liées non pas à la République, mais plutôt au président de la République qui est toujours président de son parti politique, en violation de la loi fondamentale, sans que cela ne gêne ni le Conseil constitutionnel, ni le Parlement.

On peut présumer que le système est sous contrôle du président-fondateur jusqu’en 2015. Mais que se passerait-il au cas où Ouattara perdait les élections? Que se passerait-il pour cette garde prétorienne et les autres forces pro-Ouattara au cœur de la machine sécuritaire de l’Etat si un membre actuel de l’opposition arrivait au pouvoir en octobre 2015? Comment une République dirigée par Mamadou Koulibaly s’accommoderait-elle des soldats qui ont juré fidélité et qui sont des militants avérés des différentes branches armées du Rdr, qu’on les appelle Fn ou Fafn ou Frci ? Comment s’accommoderait cette garde prétorienne avec un opposant devenu président de la République en 2015 ?

Mais, on peut admettre aussi que la présence même de ces forces pro Ouattara au moment des élections assure une dissuasion telle qu’aucun opposant ne puisse gagner ces élections de 2015. Cette hypothèse n’est pas moins probable que la précédente. Dans ce cas de figure, projetons-nous dans l’après 2015. Supposons que Ouattara gagne les élections et qu’il est dans son second mandat 2015-2020. Admettons qu’il n’envisage pas se représenter aux élections présidentielles de 2020. Cette hypothèse ouvre la perspective d’un renouvellement d’équipe gouvernementale. Il y aura donc un changement de président après 2020. Entre 2016 et 2020, nous entrerons ainsi dans une guerre de succession au cœur du système Ouattara. Le chef auquel les troupes constituées depuis 20 ans sont attachées, au point d’avoir conduit pour lui une rébellion de dix ans, doit laisser la place à un autre chef qui aura moins de légitimité et dans un parti politique en ébullition ou en reconstitution autour de ce nouveau messie charismatique et historique. Une guerre des héritiers de Ouattara est donc à envisager après 2016 et avant 2020. Quels en seraient les protagonistes dans le camp Ouattara? Avec quelles forces vont-ils mener leurs combats? Lequel de ces protagonistes contrôlera la garde prétorienne ? Comment les différentes factions qui composent cette garde prétorienne vont-elles se comporter dans ce «Game of Thrones» saison 2020 made in Côte d’Ivoire? Nous sommes au cœur de la question sécuritaire qu’aucune réforme actuelle du secteur de la sécurité ne peut éviter.

Le Rdr, aujourd’hui unifié autour de Ouattara, va-t-il résister aux guerres intestines que sa succession va déclencher ? Quelles conséquences ces guerres vont-elles avoir à partir de 2015 sur les Frci ? Sur les com’zones ? Sur l’armée ? Sur la police ? Sur la gendarmerie? La guerre des clans qui suivra va-t-elle ou non avoir un impact sur l’Etat ? Sur la République ? Sur les populations civiles ? La réforme du secteur de la sécurité (Rss) entamée peut-elle dès maintenant anticiper cette crise au sein des Frci ?

Dans tous les deux cas de figure, que Ouattara gagne ou perde les élections présidentielles à venir, la question se pose déjà de savoir ce que deviendra la garde prétorienne qu’il a constitué autour de lui et qui protège son régime comme une milice avec ses chefs de guerre directement attachés au président de la République lui-même.

Que deviendront les chefs de guerre dans une Côte d’Ivoire en émergence ? Peut-il y avoir compatibilité entre les chefs de guerre au service d’un président de la République et une prétendue émergence économique ? Faut-il dissoudre ces forces spéciales avant les élections et considérer qu’avec le second mandat de Ouattara ou bien avec le départ de Ouattara battu en 2015, leur mission serait terminée ? Et qui va les dissoudre, ces chefs de guerre qui depuis 2000 n’ont rien fait d’autre que la guerre, le trafic hors-la loi et l’affairisme ? Faut-il les mettre à la retraite et leur verser une rente viagère ? Ils seront de vieux soldats. Ils seront de riches rentiers. Mais ils resteront des militaires incompétents, claniques, violents et si on applique les résolutions 2151 et 2162, ils n’auront certainement plus leurs places dans l’armée nationale. Faut-il leur organiser des départs volontaires et à quel prix ? A quel coût ? Que va-t-on faire de ces autorités militaires devenus des militants politiques ou de ces militants politiques devenus entre temps autorités militaires ? Au-delà des chefs de guerre, des com’zones, que vont devenir leurs troupes ? Peut-on envisager renouveler leur encadrement et leur mise sous l’autorité du chef d’état-major des armées ? Faut-il envisager leur reprofilage et leur mise à disposition des futurs présidents de la République ? Peut-on construire une nouvelle armée, une nouvelle police et une nouvelle gendarmerie avec la logique des forces qui prétendent avoir gagné une guerre et avoir droit à un butin ?

Ces interrogations du Pr. Mamadou Koulibaly s’avèrent être un véritable casse-tête pour ses interlocuteurs. L’auditoire de la conférence du 5 août 2014 à l’Onuci, composé de députés de l’assemblée nationale, de membres du corps diplomatique, des forces armées nationales et internationales, de la société civile et des partis politiques, comme les populations avec qui il échange dans les communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays se montrent souvent désemparés face à ce questionnement. Faut-il pour autant perdre espoir et accepter la situation actuelle comme une fatalité? LIDER, qui travaille depuis longtemps sur la question et pour qui il est urgent de construire une doctrine de défense et de sécurité qui soutiendrait un concept cohérent d’emploi des forces et une loi de programmation militaire, pense que non. Il va falloir aborder courageusement ce sujet et surtout mettre en œuvre les actions qui pourront ramener la sérénité et l’apaisement dans le quotidien des Ivoiriens.

La sécurité est l’affaire de tous et il est urgent que M. Ouattara et son gouvernement, qui jusqu’ici n’ont montré aucune motivation à apporter les correctifs nécessaires au dispositif sécuritaire et ont totalement failli à leur engagement d’organiser de grands débats nationaux sur les grandes questions de société, en particulier sur le rôle des institutions – l’armée en étant une –, commencent à faire preuve de volonté politique, de sérieux et de célérité dans le traitement de cette question. 

 

SourceLIDER-CI.ORG

MAMADOU KOULIBALY: CELA M'ATTRISTE TERRIBLEMENT...

 

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Interrogé par le quotidien L’Inter, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly, avec son franc-parler habituel, fait part de sa profonde déception au vu de l’attitude de certains représentants de l’opposition et évoque les conditions pour battre Ouattara dans les urnes, en dépit du déséquilibre des moyens, des forces et de la commission électorale inféodée.

 

Comment appréciez-vous la réélection de Youssouf Bakayoko comme président de la Commission électorale indépendante ?

Même si cet état des choses est décevant de la part d’un technocrate qui sort du consensus de Washington mais se comporte comme un potentat de village africain, il est dans la logique de l’action du candidat Ouattara qui consiste à verrouiller le processus et le système électoraux pour préparer, forcer et imposer sa victoire. Il faut quand même retenir que les choses ont commencé avec le Conseil constitutionnel anticonstitutionnellement installé, qui ferme depuis lors les yeux sur les violations flagrantes et récurrentes de la loi fondamentale par le président de la République, qui reste à la fois chef de l’Etat et président du Rdr. Il ne faut pas oublier que par la suite, entre autres actes illégaux, le président a installé une Commission électorale totalement à ses  ordres, en violation de la Constitution. Que Bakayoko soit de nouveau installé comme président de la Commission électorale inféodée (Cei) est dans l’ordre normal de la fraude électorale dont il représente les préliminaires. Et cela est dommageable pour nous qui voulons le renforcement de la démocratie et qui rêvons  de société ouverte, apaisée et tranquille. Dommage pour les gens de leur génération dont on se demande bien quelle leçon de morale ils donnent à leurs descendances, lorsque la triche devient officiellement leur mode de fonctionnement ? Après, comment s’étonner qu’aux examens, les enfants considèrent que la fraude soit moralement défendable ?

Vendredi dernier, lors des débats, cinq membres n’ont pas attendu l’élection du bureau de la CEI et ont claqué la porte. Que vous inspire cette situation ?

C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, les gens qui pensent que la norme de vie en société est la tricherie, la fraude, la violence et la lâcheté sont majoritaires. Il est décevant d’observer que le fait que la loi soit mauvaise ne gêne pas tant que cela, qu’on l’accepte parce qu’elle nous permet d’obtenir une rente, même si elle est anticonstitutionnelle. Désappointant tout ça. Il aurait fallu dénoncer la loi comme non conforme à la Constitution. Descendre dans les rues et exiger le respect de la Constitution. LIDER était seul à défendre de façon cohérente et rigoureuse le Droit et la Constitution avec ses amis de La 3ème Voie et des voix de la Convention de la société civile, de certaines associations de défense des droits de l’homme, ajoutées à celles de quelques députés courageux et de l’Udcy. Il faut croire que les défenseurs du droit sont très minoritaires dans notre pays, ce qui explique le règne des fraudeurs, de l’impunité et de la permissivité qui sont à la base de l’injustice. Ceux qui y sont allés et qui prétendent en claquer la porte sans vraiment en sortir maintenant vont préférer dénoncer les maigres parts qui leur ont été proposées pour leur participation à cette Commission, plutôt que le principe même de celle-ci: illégale dans sa conception, inique dans son organisation, déséquilibrée dans sa composition et évanescente dans ses attributions actuelles. Cela m’attriste terriblement. Ils croyaient probablement bien faire, mais ils doivent maintenant se rendre à l’évidence que Ouattara ne changera pas, ne changera plus dans sa logique de confiscation du pouvoir. Ils ont appelé leur attitude «la realpolitik». Ils se disaient opposés à la politique de la chaise vide, mais ne vont pas au bout de leur politique. Aucune conviction donc. Rien que de l’ambition ! Démoralisant tout ça! Et cela déprime l’homme que je suis et me blesse profondément dans mes amours pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire. Je n’ai même pas la force de commenter leurs attitudes ; celle de Ouattara est plus logique et a du sens. Je voudrais simplement réitérer mon souhait et mon appel à l’endroit de toutes ces personnes et leurs mouvements : Laissez vos illusions de côté, il est temps que nous nous engagions ensemble dans la mise en place d’une coalition pour le changement démocratique dans notre pays. Il n’y a que cette voie qui nous donnerait quelque chance de battre Ouattara aux prochaines élections, malgré ses calculs et ses moyens. Construisons ensemble la coalition de la victoire. Nous pouvons le faire si nous nous donnons un programme commun de gouvernement, un discours unique et simple, une équipe managériale cohérente et un candidat unique pour ce but commun. Faisons-le le plus tôt. Nous sommes à 13 mois des élections et il y a du travail à faire. Nous avons faim certes, mais oublions nos ventres pour le moment, serrons les ceintures, mettons-nous au travail et arrêtons de tergiverser dans des querelles de clochers. Il y a-t- il encore des hommes et des femmes de bonne volonté pour entendre cet appel et agir en conséquence? Oui, il y en a. Je continue de le croire.

Voyez-vous dans le couac observé, vendredi, un mauvais présage pour les futures élections ?

Oui. Un très mauvais présage. Nous ne sommes même pas encore à la phase de la liste électorale et voilà déjà les signes annonciateurs de la fraude et de la violence. Dois-je rappeler que c’est la commission électorale qui aura la charge d’établir cette liste? Dois-je rappeler que, de par les faiblesses du code électoral, c’est le président de la République qui est le vrai administrateur des élections chez nous? Les choses se présentent mal. Nous avons dénoncé et continuons de dénoncer une commission électorale qui ne peut avoir la forme de celle mise en place et éviter les conflits, car elle est une association de gens en conflits permanents. Elle devrait être indépendante des partis politiques et du gouvernement. Ce que nous voyons, ce sont des conflits avant même l’enjeu électoral. Que se passera-t-il quand nous serons dans la phase de la confection de la liste électorale ? Dans celle de la campagne électorale ? Le jour des élections ? Lors de la transmission des résultats ? Lors de leur proclamation ? Je pense que c’est clair. Non ?

LIDER a décidé de ne pas être dans la Cei alors que son président a annoncé qu’il se porterait candidat contre Alassane Ouattara. Quelle est cette logique ?

C’est la logique d’un parti qui, malgré tout, garde foi dans le fait que d’ici la date des élections, et avec les travaux engagés au sein de la coalition de La 3ème Voie, l’on arrivera à réveiller tous les démocrates de ce pays, à les remobiliser, à les mettre en ordre pour aller insuffler au pays profond que nous pouvons battre Alassane Dramane Ouattara, malgré les moyens infinis de l’État et les Frci dont il dispose. Mais pour cela, il faut que nous soyons logiques avec nous-mêmes. Si le matin nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’au soir. Si lundi, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’à dimanche. Si en janvier, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’en décembre. C’est seulement ainsi qu’ensemble, nous réussirons.

 

SourceLIDER-CI.ORG

COTE D’IVOIRE: EMERGENCE ILLUSOIRE OU EMERGENCE D’UNE PAUVRETE CROISSANTE?

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Emergence 2020, excellence pour l’émergence de la Côte d’Ivoire, émergence par-ci émergence par-là, on n’entend que cela de la part des autorités ivoiriennes. Et pour s’en convaincre on brandit les taux de croissance  flatteurs de ces 3 dernières années, 8% en moyenne, et on monte en épingle quelques travaux en trompe l’œil en cours ou projetés à Abidjan et l’achèvement de chantiers emblématiques (le prolongement de l’autoroute du nord, les travaux urbains d’Abidjan et le pont de Jacqueville) entamés sous l’administration Gbagbo.

Mais, aujourd’hui, 3 ans et demi après l’arrivée au pouvoir par la force de Ouattara on est en droit de se demander si la Côte d’Ivoire marche vraiment vers l’émergence. Ce pays peut-il devenir émergent en moins de 10 ans comme le promet le pouvoir ivoirien ? La situation actuelle et son évolution projetée se font-elles dans l’intérêt des ivoiriens et des populations vivant en Côte d’Ivoire ? Garantissent-elles un recul de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations ? A qui profite le crime du nouveau cycle d’endettement et « d’aides » générés par la croissance actuelle ?

Sans refuser l’émergence, ces questions méritent d’être examinées sérieusement. C’est ce que tente de faire ce papier.

La Côte d’Ivoire enregistre une croissance forte depuis 2012, estimée à 9.8 % en 2012, 8.7 % en 2013 et prévue entre 8 et 9% en 2014. La croissance économique de la Côte d’Ivoire depuis 2012 s’explique par 3 phénomènes :

1) le rattrapage économique, consistant à remettre le compteur de la croissance à 0% dans un pays qui avait une croissance économique de 2.4% en 2010 et qui a chuté à -4.7% en 2011. Pour se faire il fallait réaliser au moins 7.1% de croissance, presque mécanique dès que les activités ont repris. Tout se passe comme si pendant un mois l’on bloque votre salaire qu’on vous reverse les mois suivants sur votre salaire, vous aurai l’impression d’avoir un salaire plus élevé mais en réalité il n’en est rien. Le taux de croissance de 9.8% de 2012 permet tout juste de constater une croissance réelle supplémentaire de seulement 2.7% par rapport à 2010, et ceci malgré toutes les ressources injectées dans l’économie (qui était littéralement sous perfusion) et le soutien inconditionnel de la communauté internationale ;

2) l’impact du PPTE, notamment son volet d’annulation effective (une partie des annulations ayant été déjà consumée par l’effort d’apurement des arriérés supporté par la Banque Mondiale et la BAD et d’autres opérations antérieures, telles que les travaux urbains d’Abidjan (PUIUR) de la Banque Mondiale, pour un total de 1.5 milliards dollars US sur les 5 milliards d’allègement total attendus, dont plus de 60% dans le cadre du programme très contraignant de C2D) et la reprise des investissements directs étrangers (IDE). Le gouvernement en a profité pour se lancer dans un ré-endettement accéléré tout azimut, l’achèvement des chantiers lancés à Abidjan avec le concours de la Banque Mondiale depuis 2008, le prolongement de l’autoroute du nord, le pont de Jacqueville et un vaste programme de dépenses présidentielles non maîtrisées. C’est ce qui explique que le bond le plus important des investissements depuis 2012 est observé au niveau des investissements publics;

3) la surconsommation des élites et des ex-rebelles pilleurs, consommant leur butin de guerre tandis que la majorité de la population tire le diable par la queue, s’accompagnant d’un accroissement des importations. Les importations qui se montaient à 3062.3 milliards en 2011 passent à 4740.2 milliards en 2012 (+54.8%), et à 5013 milliards en 2013 (+5.75%). Elles sont prévues à 5434.7 milliards en 2014 (+8.4%) et à 5887.7 milliards en 2015 (+8.3%), pratiquement au même rythme que la croissance réelle projetée. Les exportations quant à elles stagnent sur la période. Les exportations qui se montaient à 5806.9 milliards en 2011 passent à 6006 milliards en 2012 (+3.9%), et à 6084 milliards en 2013 (+1.3%). Elles sont prévues à 6599.3 milliards en 2014 (+8.5%) et à 6986.9 milliards en 2015 (+5.9%).

On comprend la forte dégradation du compte courant de la balance des paiements. Le solde courant en pourcentage du PIB se monte à 12.9% en 2011, -1.9% en 2012 et -4.2%. Il est prévu à -4.1% en 2014 et -4.9% en 2015. Une telle dégradation rapide et durable des comptes courants extérieurs traduit la perte de compétitivité de l’économie.

Ces tendances de la croissance de l’économie ivoirienne ne peuvent être soutenables que si elles s’accompagnent d’un endettement extérieur continu. Or la bulle de l’endettement est en train de se dégonfler, personne ne veut voir la Côte d’Ivoire redevenir surendettée. Même le succès relatif de l’émission récente d’eurobonds (avec un taux d’intérêt de 5.65%, qui est presque le double des taux LIBOR plus 2 à 3%, soit 2.5 à 3.5%, offerts par les marchés au moment de l’opération) n’est que l’hirondelle qui est loin d’annoncer un nouveau printemps du surendettement irresponsable des années Bédié. D’ailleurs, le fait que l’Etat n’est retenu dans cette opération que 750 millions de dollars US sur un carnet d’offre de 4550 millions de dollars US, soit seulement 15.75%, et l’échec du dernier emprunt obligataire sur le marché de l’UEMOA sont des signes des limites imposées à un ré-endettement trop rapide du pays.  

Par ailleurs, la nature profonde de cette croissance explique sa fragilité et son faible impact positif sur la vie des populations.

Tout d’abord les ressorts de la croissance sont temporaires (le rattrapage économique mécanique et les effets de la réduction du stock de la dette extérieur) agissent comme un choc mou favorable. Le rattrapage économique s’est accompagné d’une explosion de l’inflation (jusqu’à 14% de taux d’inflation, près de 5 fois la norme communautaire). Si le pays était bien organisé en cette année l’évolution aurait entraîné un accroissement des recettes publiques. Mais, les pillages et la désorganisation des régies financières n’ont pu permettre de capter ces recettes. L’Etat, qui était porté à bout de bras par la communauté internationale, s’est au contraire lancé dans une course effrénée au ré-endettement. Une partie de ces fonds a alimenté la croissance des investissements publics (doublement entre 2011 et 2012), exécutés essentiellement par les firmes étrangères, notamment françaises. Le pillage des domiciles et des entreprises ont permis aux ex-rebelles de constituer une sorte d’accumulation primitive qui servira, à côté de tous les trafics et les détournements de fonds constatés dans presque tous les secteurs, à alimenter la consommation de biens importés par une petite frange de la population au détriment du plus grand nombre, maintenu dans la misère. Tout se passe comme si le pays a vécu au cours de ces 3 dernières années sur les importations de biens d’équipements et mobiliers pour les grands travaux et les biens de consommation financées par l’endettement public et les fruits des rapines.

Comme indiqué ci-dessus ces éléments ne peuvent être durables. La capacité de ré-endettement de l’Etat à une limite, apparemment déjà atteinte et on ne peut piller indéfiniment des biens et patrimoines (publics et privés) qui ont été constitués pendant des décennies, qui ne peuvent se renouveler du jour au lendemain. C’est le propre des systèmes qui repose sur la prédation et qui dépérissent à l’épuisement des ressources pillées.

La stratégie de relance adoptée par le pouvoir, tirée essentiellement par la demande publique aurait du être relayée  par une simulation des ressorts d’une croissance tirée par l’offre avec un appareil de production revigoré. Ce n’est pas le cas, il n’y a donc pas de création significative de richesses pouvant permettre de faire face à un endettement continu. Le règne de l’insécurité provoqué par des désœuvrés en arme faisant office de force de sécurité, ne milite pas en faveur d’investissements durables et créateurs de richesses. On constate l’absence d’une politique de stimulation de l’offre et de la compétitivité (forte hausse des importations et stagnation des exportations).

Ensuite, la croissance de ces dernières années en Côte d’Ivoire n’est pas inclusive, elle est même exclusive. La majorité des ivoiriens ne voient pas les taux de croissance extrêmement élevés impacter positivement leurs conditions de vie. Les emplois sont toujours aussi rares malgré le « vuvuzela » du gouvernement sur la création d’emplois, la vie est toujours aussi chère, les services publics délabrés (peu de nouvelles écoles primaires, de nouveaux lycées, et ceux existant sont peu entretenus, pas de nouveaux hôpitaux et centres de santé, ceux existant sont à l’abandon, dépourvus de médicaments, même les CHU ne sont pas mieux lotis, on parle de plan d’urgence de remise en état des services des urgences, tandis qu’on est obligé de fermer certains CHU). Toutes les routes nationales et départementales sont délabrées, de nombreuses voies secondaires et pistes rurales sont presque fermées, envahies par la broussaille. La voirie urbaine dans les principales villes est moins bien tenue que pendant les 10 ans de guerre imposés à l’administration Gbagbo.

En fait, la croissance économique qu’on observe en Côte d’Ivoire depuis 2012 traduit le retour à une économie totalement extravertie, désarticulée, et qui ne profite point au plus grand nombre d’ivoiriens. Les ivoiriens assistent, impuissants, à la gloutonnerie des pillards et leurs alliés abusivement baptisée croissance économique. En effet, avec une production agricole stagnante, l’extraction pétrolière en baisse et une industrie manufacturière en berne, la croissance ivoirienne actuelle est tirée par quelques grands travaux financés sur emprunt public et exécutés par des entreprises étrangères, notamment françaises, accompagnées par leurs auxiliaires que constituent les capitalistes arriérés complices de la rébellion en provenance des pays de la sous-région (surtout du Burkina Faso) sur le modèle de richissimes analphabètes comme les Kagnassi et Kanazoé. Ceux-là ne peuvent concurrencer les grands groupes français et se contentent toujours des domaines cédés en sous-traitance que ces derniers n’affectionnent pas sur les projets qu’ils gèrent (construction de barrages hydro-électriques, BTP, construction et immobilier, secteur minier, etc.). La croissance est également tirée par la surconsommation des produits importés de l’élite actuelle et des chefs rebelles, également analphabètes pour la plupart, ayant mis sous coupe réglée tous le pays. Tout ce beau monde est abonné à un retour déconcertant au mimétisme des années 1970 et 1980, jusque dans les habitudes vestimentaires (on abandonne les chemises et les tenues locales) et au recours à des produits artistiques importés (abandon des artistes locaux), mettant à mal la balance des paiements et la parité du F.cfa.

Dans le même temps le pouvoir s’emploie à étouffer les petits commerces, les services de proximité (le transport informel, les cabines téléphoniques, les petits mécaniciens et réparateurs divers, etc.) au prétexte d’une politique d’assainissement des grandes villes, notamment d’Abidjan. Cette tendance à étouffer le secteur privé local se retrouve dans le refus d’apurer les arriérés intérieurs et même de continuer à les accumuler.

Ainsi les arriérés sur la dette fournisseurs se sont accrus de 95.4 milliards en 2012 après une réduction de 25 milliards en 2011 et au lieu d’une réduction de 25 milliards prévue comme en 2011 (soit un gap de 120.4 milliards par rapport au programme). La programmation de la réduction de la dette fournisseur était de 50 milliards en 2013 et 2014 et de 40 milliards en 2015. Mais la programmation n’a pas été respectée en 2013 et rien ne nous dit que ce sera le cas en 2014 et 2015. La dette intérieure s’est transformée en un feu d’où viennent s’immoler les « desesperados » du régime qui s’attendaient à une pluie de milliards qui inonderait tous les foyers. Effectivement la pluie est tombée d’une manière jamais observée en  Côte d’Ivoire m’est c’était pour noyer les ivoiriens.   Il faut ajouter à ces arriérés sur la dette fournisseurs les arriérés sur le service de la dette intérieure : 348.9 milliards en décembre 2012, 327 milliards en décembre  2013 et 307.4 milliards dès mars 2014. Ainsi pour la seule année 2012 pour laquelle nous disposons de toutes les données les arriérés intérieurs (dette fournisseurs et service de la dette intérieure) se seraient monté à 444.3 milliards, pas loin d’1 milliard de dollars US (906 millions exactement). Ainsi, le pays se ré-endette rapidement tout en accumulant les arriérés intérieurs. Quel pays dont l’économie à la dimension  de la Côte d’Ivoire peut « immoler » son secteur privé domestique à ce point et espérer voir une relance de l’offre domestique. Il est totalement illusoire de croire que l’investissement privé peut décoller dans ces conditions. A ce rythme, la solution Mandiara Ouattara risque d’être la solution de l’émergence.

L’autre boulet de l’évolution économique actuelle de la Côte d’Ivoire c’est la cherté de la vie, qui mesure en fait le degré d’appauvrissement des populations. Le gouvernement dit que le taux d’inflation est faible depuis 2012 (autour de 2% l’an). Mais, paradoxalement les populations continuent de vivre les affres de la vie chère. La réalité réside dans l’explosion des prix de 2011 (plus de 14% d’inflation en une seule année, soit un taux d’inflation de près de 5 fois la norme communautaire et du taux d’inflation habituelle autour de 3%). On a expliqué que cette explosion était due à la guerre et à la crise post-électorale, ayant perturbé temporairement l’offre (notamment le dérèglement des travaux champêtres et une montée en flèche du racket) et occasionné un gonflement anormal des marges des distributeurs et des commerçants.

Il faut ajouter aux facteurs à l’origine de la cherté de la vie les impacts de certaines mesures prises par le gouvernement lui-même : augmentation à répétition des prix de l’électricité, augmentation des prix du carburant, une conséquence du rétablissement sans gardes de fou du mécanisme de fixation automatique des prix des produits pétroliers, le harcèlement des petits métiers et commerce de proximité qui proposent grâce à la divisibilité des ventes des packages quantité-prix de certains produits essentiels supportables par les plus démunis, la récente fixation du péage sur l’autoroute du nord à un niveau exorbitant, etc.. Toutes ces mesures ont contribué à maintenir le niveau des prix très haut.

Une fois le niveau des prix atteint cette crête, la seule façon de ramener les prix à des niveaux supportables c’est une baisse en niveau des prix grâce à une normalisation progressive de l’offre et à un retour à des marges de distribution raisonnables. Le fait d’avoir des taux d’inflation plus faible sur des prix qui ont déjà atteint le plafond ne résout donc pas le problème de la cherté de la vie. Le pouvoir ivoirien est incapable de résoudre ce problème ; ou bien il ne le comprend pas, ou bien il n’ose pas s’attaquer aux vrais causes du phénomène puis qu’elles impliquent ses soutiens (les distributeurs et commerçants et les forces de « l’ordre », notamment les FRCI). Et c’est la population qui paie cette incurie des gouvernants.

On pourrait multiplier les domaines dans lesquelles l’évolution récente ne rapproche pas la Côte d’Ivoire d’une quelconque émergence mais au contraire la précipite dans le gouffre des incertitudes économiques et de l’appauvrissement accéléré des populations.

Méfions-nous des taux de croissance flatteurs de la Côte d’Ivoire depuis 2012. Ils ne doivent pas nous faire perdre de vue la fragilité des sources de la croissance, son caractère exclusif et la pauvreté croissante qu’elle engendre. Ceci ne doit pas occulter le ré-endettement irresponsable et l’accumulation des arriérés intérieurs. Ceci ne doit pas occulter l’affaissement de la compétitivité du pays avec un déficit de la balance des paiements courants qui explose littéralement.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.