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dimanche, 28 octobre 2012

COMMUNIQUE DU PORTE-PAROLAT SUITE A LA LIBERATION DU MINISTRE KONE KATINAN, PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO

 

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Le Ministre Koné Katinan, Porte-parole du Président Laurent Gbagbo vient d'être libéré ce mercredi 24 octobre 2012  après un procès digne et honorable.

Revenant d'une mission en Afrique du Sud dans le cadre de ses attributions de Porte-parole du Président Laurent Gbagbo, il avait été interpellé le 24 août 2012 à l'aéroport international Kotoka d'Accra et détenu au Bureau National d’Investigation accusé de crimes économiques. Malgré toutes les pressions et la volonté du gouvernement d'Abidjan qui mit tout en oeuvre pour son extradition, les autorités judiciaires de Osu Court décidèrent, souverainement, la libération sous caution du Porte-parole du Président Laurent Gbagbo le 25 septembre dernier.

Le porte-parole du Président Laurent Gbagbo, le temps de retrouver ses proches fut à nouveau interpellé le 29 suivant après une tentative d’enlèvement manqué d’éléments de la DST et d’Interpol venus d’Abidjan et détenu cette fois avec comme chefs d’accusation : crimes de sang portant entre autre sur l’assassinat d’un vieillard de 83 ans.

Après plusieurs reports, la justice ghanéenne vient de blanchir le porte-parole des faits qui lui étaient reprochés en l’absence de preuves de crimes de sang et donc l’a libéré.

En attendant que la Osu Court se prononce définitivement le 7 novembre prochain sur la question de son extradition, nous saluons la décision  de l’ Ens  Court  qui fait honneur à la République du Ghana qui montre qu'elle est un Etat de droit, un Etat souverain respectueux des droits humains. La libération du Ministre Koné Katinan, réfugié politique, réjaillit sur l'ensemble des réfugiés politiques  recherchés par le pouvoir d'Abidjan et met fin désormais à leur poursuite pour des charges fallacieuses de crimes économiques et crimes de sang. Par ce geste souverain, le Ghana, non seulement rappelle qu'il est bien, depuis son indépendance, une terre d'accueil des réfugiés, surtout des personnalités politiques dont la vie est menacée dans leur pays d'origine, mais aussi se présente comme une grande nation qui montre la voie, la voie d'une Afrique libre, véritablement indépendante et souveraine symbolisée par l'étoile noire qui brille dans le ciel toujours assombri du continent noir.

Au nom du Ministre Koné Katinan, nous exprimons ici notre fierté et notre gratitude toujours renouvelées aux autorités ghanéennes et au peuple frère du Ghana pour l'attention particulière qu'ils n'ont cessé d'apporter à leurs frères ivoiriens réfugiés sur leurs terres depuis l'éclatement de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire. Notre gratitude va aussi à tous ceux, personnalités du monde et leaders d'opinion, responsables de mouvements et d'associations de défense des droits de l'homme, qui, à travers le monde, se sont mobilisés pour apporter leur soutien aussi bien aux autorités ghanéennes qu'au porte-parole du Président Laurent Gbagbo.

Que Dieu bénisse le Ghana pour qu'il soit une nation toujours forte et prospère,

Que Dieu bénisse le président John Dramani Mahama, successeur du très vénéré John Evans Atta Mills,

Que Dieu bénisse les institutions ghanéennes,

Que Dieu bénisse le peuple frère du Ghana.

 

Pour le Porte-parolat

Le Directeur de Cabinet

 

Le ministre Lazare KOFFI KOFFI

samedi, 27 octobre 2012

QUI VEUT LA PEAU DU PROFESSEUR MAMADOU KOULIBALY?


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Le dimanche 21 octobre 2012, en début de soirée, à Cocody Ambassades, le Professeur Mamadou Koulibaly, Président de LIDER (Liberté et Démocratie pour la République), en compagnie de sa Conseillère exécutive, Nathalie Yamb, a été victime d'un grave accident de la circulation qui a vu son véhicule 4X4 littéralement réduit en épave, comme l'atteste ces images et ce témoignage de Nathalie Yamb sur sa page Facebook:

"Après une sortie de route à Cocody Ambassades, la voiture a heurté un poteau électrique, fait des tonneaux, glissé sur 29 mètres avant d’arrêter sa course couchée sur le côté gauche en heurtant un deuxième poteau électrique. La roue avant droite, le cardan, la crémaillère, le moyeu du véhicule ont été nettement sectionnés et complètement arrachés, les deux poteaux électriques totalement déracinés et le véhicule est une épave. Nous avions mis nos ceintures de sécurité, ce qui a été d’autant plus salvateur que les airbags ne sont pas sortis. Dieu est grand".

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L'épave de la 4X4 du Professeur Mamadou Koulibaly

Cause de l'accident: les premières informations sur le Net parlaient de l'explosion du pneu avant droit du bolide. Mais les précisions de la Conseillère exécutive nous situent plus exactement sur les raisons de cette sortie de route qui a failli leur coûter la vie:

"Ce n'est pas la roue qui a éclaté, c'est tout le dispositif qui a été "nettement sectionné" pour reprendre la formulation des agents de police qui ont procédé au constat. Le cardan, la crémaillère, le moyeu, tout a été arraché".

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Le dispositif sectionné de la roue: une véritable chirurgie du sabotage

Qui a donc "sectionné" le dispositif de la roue avant droite de la 4X4 du Professeur Mamadou Koulibaly? Qui veut, par cet acte évident de sabotage criminel, avoir la peau de l'ancien Président de l'Assemblée Nationale de la République de Côte d'Ivoire sous l'ère Gbagbo, actuellement Président de LIDER, parti qu’il a créé après avoir rompu avec le FPI de Laurent Gbagbo?

Après un bref séjour à la PISAM (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie) de Cocody, où il a été opéré du bras gauche, le Professeur Mamadou Koulibaly s'en tire à plutôt bon compte avec sa Conseillère exécutive, grâce à DIEU.

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Indéracinables.

Si l'intention était de le neutraliser pour de bon ou d'intimider ce franc-parleur, éminence grise en économie internationalement reconnue, l'effet escompté a été un flop, comme en témoigne, ici, Nathalie Yamb: "Indéracinables. Deux jours après l'accident de voiture dont ils ont été victimes, le Pr. Mamadou Koulibaly et la Conseillère exécutive Nathalie Yamb se remettent au travail et assistent à une réunion des partis de l'opposition membres du Cadre Permanent de Dialogue à l'hôtel Belle Côte. Ils étaient accompagnés de Messieurs Lancina Karamoko et Stéphane Vangah, membres du Bureau du Président de LIDER".

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Quand on a souvenance des sorties caustiques de l'homme politique contre le régime actuel (la dernière en date, dans l'article "Mamadou Koulibaly déshabille Ouattara: le régime Ouattara dans toute sa laideur", à lire, ICI), on ne peut manquer de lorgner du côté du pouvoir que les diatribes de l'universitaire dérangent au plus au haut point et au plus haut niveau.

MK reste un grand-frère dans la lutte politique, quoi qu'on dise. Il est une valeur sûre de notre pays. Malgré tout.

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Toutes nos compassions au Professeur Mamadou Koulibaly et à Nathalie Yamb. YAKO!!!

 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 26 octobre 2012

MISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE LAURENT GBAGBO: LA CPI A PARLE ET A FAIT SON DENI DU DROIT

 

côte d'ivoire,la cpi a parlé et a fait son déni du droit

Me Emmanuel Altit, avocat du Président Gbagbo, à La Haye


La Chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté la demande de mise en liberté provisoire du Président Laurent Gbagbo. Il fallait s'y attendre. Cette institution ne dit pas le Droit mais fait de la politique. Morceau choisi: "Si nous accordons à Monsieur Gbagbo ne serait-ce qu'une liberté provisoire, il retourne au pouvoir. Un témoin l'a même confirmé (lequel, entre nous soit dit?). Il a de nombreux sympathisants". Arguments aussi légers qu'ahurissants. N'est-ce pas là une lumière crue jetée sur la victoire du Président Gbagbo à l'élection présidentielle de 2010?

Le message est désormais clair pour les Ivoiriens: C'est la politique qui a emmené Laurent Gbagbo à La Haye, c'est la politique qui l'en ramènera. On se comprend. 


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

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Quelques réactions sur Facebook, après la décision de la Chambre d'appel de la Cour pénale internationale:


Théophile Kouamouo:

"Une Cour pénale où les victimes ne peuvent pas venir porter plainte n'est pas une Cour pénale. Dans n'importe quel pays du monde, si on tue votre frère, vous déposez une plainte devant un tribunal. Mais la CPI, elle, "se saisit" de ce qui l'intéresse et ne se saisit pas de ce qui la gêne, notamment au regard des rapports de force internationaux et des desiderata des Etats qui la financent (une poignée d'Etats). Si la France arrête de financer la CPI, la CPI meurt. Elle ne jugera jamais un homme que la France soutient. Point final."

Grégory Protche:

"La décision, prévue et convenue, de la CPI n'a aucune importance.
Les conditions politiques doivent continuer d'évoluer (ne négligeons pas la nouvelle UA, qui réintègre le Mali au nez et à la barbe de la Gaule).
Ce sont elles qui ont amené Gbagbo là où il est.
Pas le droit.
Ce sont des décisions politiques extérieures qui ont mis Gbagbo devant la CPI.
Ce seront des décisions politiques extérieures qui l'en sortiront.
Pas le droit.
Pas celui-là.
Pas celui de la CPI.
Il ne saurait y avoir de défaite lorsqu'il n'y a pas match.
Le seul terrain de "jeu" de La Haye n'est pas juridique, il est politique, c'est celui sur lequel les Ivoiriens manifestent."

Maïga Awa Esther:

"Tu es triste pourquoi???
Tu vas faire quoi avec "liberté provisoire"?
Moi, mon Dieu ne délivre pas provisoirement, mais Il délivre totalement et pour toujours et Il dit: Ces égyptiens que tu vois-là, tu ne les reverras plus jamais!!! QUE YESHOUA SOIT LOUE."

Saint-Claver Oula:

"Bon, la CPI conclu que Gbagbo à de nombreux sympathisants, qu'il est populaire... Du coup la CPI soulève la question du verdict des urnes. N'est-ce pas celui qui a le plus fort taux de militants, de sympathisants, donc qui est populaire pour ne pas dire préféré par le plus grand nombre qui est à la tête d'une association, d'un parti politique, d'un pays? Pourquoi aller à une assemblée générale élective, à une élection présidentielle si l'on doit négliger la popularité, la préférence du plus grand nombre? Merci à la CPI qui vient de révéler qu'il demeure encore un flou sur les résultats du 2ème tour des élections présidentielles en Côte d'Ivoire."

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Steve Beko:

"C'est un changement de réalité sur le terrain à Abidjan qui va entrainer la libération du Président Gbagbo. Tout le reste n'est que pure distraction.
Comment certains ont pu imaginer que ces gens vont se dédire, libérant quelqu'un contre qui ils ont eux-mêmes monté toutes les allégations mensongères possibles?"

Gbagbo Kafissa

"Laurent Gbagbo a été offert à la CPI par les impérialistes. Ce sont ces mêmes impérialistes qui financent la CPI. Donc nous ne devons pas croire que la libération de Gbagbo se fera aussi facilement qu'on se rend à un bal populaire. Retenons qu'il s'agit d'un procès politique et que seul un changement des rapports de force politiques pourra inverser la donne. Aucun des arguments des juges ne repose sur le Droit. Tout a une coloration politique. Alors, ne lâchons rien. Envahissons les réseaux, communiquons, que chacun joue son rôle et vous verrez si le soleil se lève toujours à l'Est."

Fier Ivoirien

"Puisqu'il n'y a pas de justice pour les faibles de ce monde, nos regards sont donc à présent tournés vers les DEBOULONNEURS. Où que vous soyez, qui que vous soyez, sachez que les prières de tout un peuple vous accompagnent. On veut en finir! C'est à vous de jouer!"

François Bérenger

"La Libération de Laurent GBAGBO se joue à Abidjan pas à La Haye."

Serges Kassy

A tous les frères et soeurs de lutte, ce message que je vous envoie est très important. Ce procès d'appel ne nous intéressait pas du tout. Au moment où nous nous concentrions pour la libération totale, on nous annonce le procès d'appel, alors retenez ceci: Qu'elle soit acceptée ou refusée, cette liberté provisoire ne nous intéresse pas. C'est le procès du 30 (octobre 2012), notre objectif. Tous donc à La Haye et personne, je dis bien personne, ne doit se décourager pour une liberté provisoire car c'est la liberté totale et définitive que Gbagbo attend et que Dieu a programmé. Tous donc à La Haye pour montrer au monde entier que nous sommes venus chercher notre président et que jamais nous n'accepterons qu'il reste dans cette prison où il n'a pas sa place. VENONS DEMONTRER NOTRE MOBILISATION COMME NOUS SAVONS LE FAIRE: A 100.000, 200.000, 300.000 ET PLUS. Je compte sur vous, Gbagbo compte sur vous. TOUS A LA HAYE POUR LA LIBERATION DEFINITIVE DE NOTRE PRESIDENT. Haut-les-coeurs!!!

Théophile Kouamouo:

"Gbagbo reste en détention. Dans ce contexte, rien à attendre du 30 (octobre 2012), à mon avis."


Bien à tous!


DINDE Fernand AGBO

REFUS DE CEDER AUX CAPRICES DE LA FRANÇAFRIQUE, LA SORCELLERIE CONTRE LE PRESIDENT GHANEEN A COMMENCE

 

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Selon le site internet ghanaweb.com, la banque mondiale et le FMI accusent l'actuel président du Ghana John Mahama Dramani et son épouse Mme Mahama Lordina d’avoir détourné la somme 170 millions de dollars de prêts et de subventions donnés au Ghana depuis 2010. Ces sommes auraient été déposées dans des comptes bancaires en Suisse. Selon ce site, le défunt président John Atta Mills aurait lui-même de son vivant écris à ces institutions pour se plaindre de l’attitude de son vice président. 

Donc le président découvre que son vice détourne de l’argent et il ne le convoque pas devant le sénat mais il s’en plaint auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Mieux, il le choisit comme son colistier pour les élections présidentielles de décembre prochain.

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La communauté internationale vient de déclencher sa machine infernal contre ce pays pour certainement son assistance aux réfugiés ivoiriens.
 
Prions pour le Ghana!
 

Pris sur la page Facebook de Steve Beko
 
 
Source: GHANA WEB

AMNESTY INTERNATIONAL - COTE D'IVOIRE: IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU CYCLE DE REPRESAILLES ET DE VENGEANCE

 

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Gaëtan Mootoo, chercheur d'Amnesty International, de retour de mission et basé à Paris, est disponible pour des interviews.

 

AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUE DE PRESSE

26 octobre 2012


 
COTE D'IVOIRE: IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU CYCLE DE REPRESAILLES ET DE VENGEANCE
 

Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux, révèle aujourd'hui Amnesty International au retour d'une mission d'un mois en Côte d'Ivoire.
 
« Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels » a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International. « Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats. »
 
Laurent Gbagbo a été Président de la Côte d'Ivoire de 2000 à 2010 avant d'être chassé du pouvoir suite à une élection contestée qui a dégénéré en affrontements violents.
 
Après un conflit de quatre mois qui a fait plus de 3 000 morts, Laurent Gbagbo a été arrêté en avril 2011 puis transféré à la Cour pénale internationale à La Haye pour des inculpations liées aux violences postélectorales.
 
Durant sa mission, Amnesty International a rencontré quatre détenus dans un lieu de détention non-reconnu comme tel, le Génie militaire, une caserne à Abidjan. Ces personnes avaient été détenues au secret pendant plus d'un mois.
 
Dans de nombreux cas, malgré des demandes et des efforts inlassables pour retrouver leur proche dans différents lieux de détention, des familles ont été laissées sans aucune information et n'ont appris le sort de leur parent que par le biais d'Amnesty International.
 
Parmi les personnes détenues dans des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan, certaines ont été inculpées d'atteinte à la sûreté de l'État. D'autres ont été remises en liberté sans inculpation ni jugement. Dans certains cas, les remises en liberté ont fait suite à des rançons versées à des membres de l'armée.
 
Tel a été le cas pour un membre du FPI, qui a été arrêté à Abidjan le 27 août 2012, car accusé d'être un milicien.
 
Il a été libéré deux jours plus tard contre une rançon. Il a déclaré à Amnesty International : « Mes parents ont d'abord versé 50 000 francs CFA (environ 75 euros), puis après ma libération, mes geôliers sont venus chez moi et ont exigé une somme plus élevée. Je leur ai dit que je ne pouvais pas payer une telle somme et ils ont accepté de recevoir 20 000 CFA (30 euros) ».
 
Dans un autre cas, un policier est décédé des suites de torture. Serge Hervé Kribié a été arrêté à San Pedro le 21 août 2012 par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, l'armée nationale) et interrogé sur de récentes attaques. Il a été déshabillé, attaché à un poteau, aspergé d'eau puis a reçu des décharges électriques. Il est mort quelques heures plus tard.
 
Au cours de la mission, Amnesty International a rencontré de hauts responsables proches de Laurent Gbagbo qui sont détenus dans quatre villes du centre et du nord du pays, notamment son épouse, Simone Gbagbo, détenue à Odienné, son fils, Michel Gbagbo, emprisonné à Bouna, et des personnalités majeures de l'administration précédente, détenues à Boundiali et Korhogo.
 
Tous sont inculpés de plusieurs infractions dont des atteintes à la sûreté de l'État et l'assassinat.
 
« Certains d'entre eux nous ont dit que, bien que détenus depuis avril 2011, ils n'ont vu le juge d'instruction que deux fois, et ce pour quelques heures », a déclaré Gaëtan Mootoo.
 
La délégation a rencontré l'un des juges chargés de ce dossier. Celui-ci a déclaré qu'en raison de la confidentialité des enquêtes, il ne pouvait donner aucune information sur les dossiers, mais qu'il clôturerait son enquête avant la fin de l'année.
 
La délégation d'Amnesty International s'est également rendue à Duékoué et dans les villages environnants dans l'ouest du pays où des fosses communes ont récemment été découvertes.
 
Amnesty International s'est entretenue avec des personnes déplacées ayant vécu dans le camp de Nahibly qui a été attaqué par des Dozos (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l'État) et des membres des FRCI en juillet 2012 en représailles à la mort de quatre personnes.
 
Amnesty International a recueilli des témoignages crédibles de nombreuses personnes relatant des détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires suite à ces événements.
 
Cette attaque et les violations qu'elle a entraînées se sont produites alors que les soldats de maintien de la paix de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) étaient stationnés à l'extérieur du camp et bien que la police des Nations Unies était postée à l'intérieur.
 
« Bien que reconnaissant que le gouvernement ivoirien fait face à une vague d'attaques, nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d'une volonté de représailles et de vengeance », a déclaré Gaëtan Mootoo.
 
« Plus de dix-huit mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011, il est grand temps pour le Président Alassane Dramane Ouattara d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement. »
 

Amnesty International France

Service presse - Aurélie Chatelard / Laure Delattre +33 1 53 38 65 77 - 65 41 - 65 75 / +33 6 76 94 37 05

Créée en 1961, Amnesty International est un mouvement mondial et indépendant de plus de 3 millions de personnes qui œuvrent pour le respect, la défense et la promotion de tous les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Amnesty International a reçu le Prix Nobel de la paix en 1977. Amnesty International France (AIF) a été créée en 1971. Son financement repose sur la générosité du public (plus de 180 000 donateurs), sur les ventes de produits de soutien et les cotisations de ses membres (plus de 18 000). AIF est agréée par le Comité de la charte du don en confiance.





Compte Twitter: @amnestypresse

PROCES DE GBAGBO - FADI EL-ABDALLAH, PORTE-PAROLE DE LA CPI: «LE 26 PEUT ANNULER LE 30»

 

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L’annonce pour ce vendredi 26 octobre 2012 de la décision du jugement en appel, concernant la mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo (rejetée le 13 juillet) n’a pas attendu pour alimenter à nouveau les commentaires après l’euphorie provoquée par l’autre annonce du maintien en détention ou non de l’ancien président ivoirien prévue pour le 30 octobre prochain.

Et si ce deuxième communiqué de la CPI s’est voulu claire : « Veuillez noter que cette audience est distincte de l’audience prévue pour le 30 octobre 2012 par la Chambre préliminaire I de la CPI dans cette même affaire » ; Il n’en demeure pas moins qu’elle revêt d’une importance capitale et devrait être prise au sérieux bien plus que l’audience du 30 qui reste du ressort de la « routine ».

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Joint au téléphone ce matin, Fadi El-Abdallah, porte parole de la cour pénale internationale (CPI) s’est voulu très sincère:

« Effectivement l’audience du 26 qui est tenue par la chambre d’appel, donc une autre chambre différente de celle qui a rejeté la demande de mise en liberté, pourrait tout changer. Si le juge de la chambre d’appel casse la décision de la chambre préliminaire, alors l’audience du 30 octobre n’aura plus lieu, car c’est bien chaque 120 jours que les juges de la chambre préliminaire examinent le maintien en détention ou la liberté provisoire du détenu. Ce qui signifie que, soit Gbagbo est libéré le 26 ou bien il faudra compter à partir du 26, encore 120 jours pour réexaminer le dossier ».

Voilà qui est précis. Trêve donc aux jubilations et place aux prières pour les pro-Gbagbo afin que la décision du 26 octobre soit en leur faveur. Le contraire signifierait le maintien et la prolongation de la détention du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen.

 
Philippe Kouhon


Source: La page Facebook de Rocky Côte d'Ivoire

jeudi, 25 octobre 2012

CLIMAT DES AFFAIRES SOUS OUATTARA: LA COTE D'IVOIRE DANS LE TROU

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L’information est tombée hier (mardi 23 octobre 2012, Ndlr) aux environs de 15h. «La Côte d’Ivoire est passée du 167ème rang sur 185 en 2012, au 177ème rang sur 185 pays pour l’année 2013». La révélation vient de la Société financière internationale (SFI) et de la Banque mondiale. Ces institutions de la haute finance internationale ont publié leur classement hier mardi. L’information a été aussitôt reprise par l’organe d’information expresse Alerte Info qui l’a vulgarisée pour ses abonnés.

Ainsi, selon la SFI et la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire vient de reculer de 10 points en un an, au niveau de l’environnement des affaires sous le régime de Dr. Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat, grand commis, devant l’Eternel, de la haute finance internationale.

Qui l’eût cru !? Comment en est-on arrivé là?

Renseignements pris auprès des spécialistes de la question, il ressort grosso modo qu’un grand nombre de critères sont pris en compte par la SFI et la Banque mondiale pour établir le classement mondial de l’environnement des affaires. Ces critères, selon nos sources, partent de la qualité des acquis démocratiques à l’environnement sécuritaire, en passant par plusieurs autres lignes rouges à ne pas violer : bonne gouvernance, corruption, temps mis par un investisseur qui débarque pour obtenir les papiers pour créer sa société, la qualité de l’arsenal juridique pour le règlement des conflits et pour garantir la protection des affaires, le niveau des dessous de tables exigés pour fournir les documents administratifs, etc.

Or, sur toutes ces questions, les rares hommes d'affaires étrangers qui font semblant de s’entêter à investir dans notre pays ne cessent de se joindre aux Ivoiriens pour se plaindre. Dans toutes les chancelleries occidentales, les notes diplomatiques qui remontent vers leurs pays d’origine, parlant de l’environnement économique en Côte d’Ivoire, soulignent avec une rare virulence que le régime de Ouattara se caractérise par «un étonnant appétit d’enrichissement rapide, comme si chacun veut vite faire avant qu’il ne soit trop tard».

Trop tard !? Motus et bouche cousue.

Mais le plus dramatique est l’environnement sécuritaire.

Le pays toujours coupé en deux

Qui ne le sait ? Depuis le 11 avril 2011, date marquant l’arrivée au pouvoir de M. Alassane Dramane Ouattara sous le crépitement des armes et le largage des bombes, en guise de solution à un conflit électoral autour de la présidentielle ivoirienne, la Côte d’Ivoire reste coupée en deux blocs antagonistes. Cette guerre de quatre mois, préférée par la «Communauté internationale» à un «recomptage des voix» sollicité par un des belligérants, a fait 3.000 morts (officiels).

Certes, la guerre est finie, mais pas la crise. Et le pays reste divisé en deux blocs : d’un côté, le régime organise des spectacles politiques et musicaux et s’en sert pour préciser, à chaque coup, que «sous Alassane Ouattara, la deuxième chance de la Côte d’Ivoire après feu Félix Houphouët-Boigny, tout va bien dans le pays». Un taux de croissance «à deux chiffres» est annoncé, à chaque occasion, alors que les Etats européens donateurs croulent eux-mêmes sous le poids des crises économiques et monétaires chez eux. En face, bon nombre d’Ivoiriens constatent que, contrairement aux promesses électorales, la vie devient de plus en plus chère. Et pour couvrir les rengaines émanant de cette grande partie de la Côte d’Ivoire, Ouattara et son régime ont choisi d’étouffer toute contradiction démocratique interne.

A commencer par les médias. A eux seuls, sept (7) quotidiens de l’opposition totalisent un semestre de suspensions cumulées en quinze mois. Le Conseil national de la Presse est passé par là. Des journalistes sont soit envoyés en prison pour « délit non constitué », soit enfermés quelques heures aux violons de la Direction de la Surveillance du Territoire (Dst, police politique) pour des articles non au goût du pouvoir. Le DG de la Rti a perdu son poste après un banal ratage du retour du chef de l’Etat d’un voyage à l’étranger.

Cette censure institutionnelle doublée d’intimidations et de menaces d’incarcération est complétée par les attaques et/ou incendies des sièges des rédactions des journaux de l’opposition. Mais il paraît que les médias ont même beaucoup de chance. Car, sous Ouattara, le pluralisme politique, bien que constitutionnalisé, est supprimé dans la pratique. La démocratie est étranglée. La preuve ? Le plus grand parti de l’opposition, voire du pays, le Front populaire ivoirien (Fpi) du président Laurent Gbagbo (38% de l’électorat au premier tour de la présidentielle d’octobre 2010 contre 34% au Rdr d’Alassane Ouattara et 25% au Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié) ne peut plus s’exprimer : toutes ses manifestations sont soit interdites, soit attaquées à coups de fusil ou à l’arme blanche par les miliciens à la solde du pouvoir.

Le Secrétaire général par intérim du Fpi, Laurent Akoun, est écroué à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca) en compagnie de son adjoint, le ministre Alphonse Douaty. Ils y attendent M. Mady Bouabré, ex-député du Plateau, cadre de leur parti, détenu depuis près de 90 jours à la Dst alors que la garde à vue légale est de 48h. M. Etienne N’Guessan, Secrétaire exécutif d’un petit parti proche du Fpi, croupit, quant à lui, depuis plus d’une semaine, dans les violons de la Police économique au Plateau, sans aucun délit précis. Ces détentions sans jugement portent à près de cinq cent (500), peut-être même plus, le nombre de prisonniers politiques, civils et militaires confondus, dans les prisons du Sud (Abidjan) et du Nord (Bouna, Katiola, Korhogo, Odienné et Boundiali). Chaque jour, le régime opère des arrestations dans un seul camp, celui des partisans du président Gbagbo, et se félicite de «la fin de l’impunité», mais protège et fait la promotion des auteurs de crimes épinglés par les défenseurs des droits de l’Homme et par l’Onu dans son propre camp.

Dans cette atmosphère de justice des vainqueurs et de réconciliation ratée, l’environnement sécuritaire s’est totalement dégradé dans le pays. Les attaques armées se multiplient au rythme de la répression contre les opposants au régime.

Bongouanou (220 km de la capitale, à l’Est du pays), dans la nuit du 21 au 22 octobre 2012, Samo et Bonoua (70 km d’Abidjan, 150 km de la frontière ghanéenne, au Sud du pays), puis la centrale thermique d’Azito à Yopougon, dans la nuit du 14 au 15 octobre 2012 ; Noé (frontière ghanéenne), mais surtout à l’Ouest (frontière libérienne) avec, entre autres victimes, les sept (7) Casques bleus nigériens de l’Onuci (Mission de l’Onu en Côte d’Ivoire). Faut-il noter les attaques spectaculaires de Yopougon et du camp militaire d’Akouédo (Abidjan), celle de Dabou et de Jacqueville, deux bourgs de la banlieue abidjanaise, contre les positions des Frci ? A chaque attaque, des armes et des munitions sont emportées par les assaillants, faisant planer de lourdes incertitudes sur l’avenir du pays.

L’atmosphère sécuritaire est d’autant plus lourde que le pouvoir Ouattara a réussi de challenge deretourner ses propres combattants contre lui-même. Des sources lorgnent vers Guillaume Soro, ancien chef rebelle, successivement Premier ministre de Gbagbo et de Ouattara, devenu président de l’Assemblée nationale, soupçonné d’organiser des coups de feu pour empêcher Ouattara de le livrer à la Cpi. D’autres sources lient ces attaques à la «frustration» de milliers de mercenaires et supplétifs des rebelles enrôlés pour combattre Laurent Gbagbo et qui, abandonnés à eux-mêmes, après la guerre postélectorale, continuent d’attendre sans espoir les 5 millions FCFA (7.600 euros) de prime promis à chacun.

Dans ce groupe de frustrés de Ouattara, ces sources rangent les prisonniers libérés et armés par le camp Ouattara, ainsi que de nombreux Dozos, des chasseurs traditionnels transformés en chasseurs d’hommes pour «combattre pour la bonne cause» et qui, à la fin, se plaignent de plus en plus ouvertement d’avoir été délaissés. S’ajoutent à ce cocktail explosif de pro-Ouattara frustrés, toutes les victimes de déguerpissements forcés, sans mesure d’accompagnement, dont l’étape du quartier pro-Ouattara d’Abobo a montré que les populations civiles détiennent des armes de guerre.

Enfin, dernier groupe non moins frustré, tous ces professionnels des armes (soldats, gendarmes, policiers et autres corps habillés, tous grades confondus) issus de l’armée régulière du pays (Fanci ou Fds) qui, bien que non en exil, ont perdu qui leurs emplois, qui leurs postes, quand leurs comptes bancaires ne sont pas gelés, depuis que Ouattara a pris le pouvoir.

Rien ne montre encore une connexion entre tous ces frustrés mais personne ne sait où va le pays. Et en entendant le chaos social, c’est l’environnement des affaires qui dégringole sous Ouattara. La Côte d’Ivoire est dans le trou.

 

César Etou

DG/DP Notre Voie


Sur la page Facebook de Djagoyouwle Ogbawoli


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

ALBERT BOURGI - MALI: LES RISQUES D'UNE INTERVENTION MILITAIRE EXTERIEURE

 

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La gravité de la situation dans le Nord du Mali justifie, sans aucun doute, la tenue, le 26 septembre 2012, en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une Conférence internationale consacrée exclusivement à la menace que font peser sur toute la région sahélo-saharienne, et même au-delà, les activités des mouvements terroristes. L’urgence d’un tel sommet à New York s’impose d’autant plus que l’avancée et la violence des groupes armés qui, désormais, occupent plus de 800 000 Km2 des 1 240 000 Km2 que couvre le territoire malien, se sont accompagnés d’exactions multiples à l’encontre des populations civiles.

Un tel chaos est, de toute évidence, exacerbé par le vide politique et institutionnel qui prévaut au Mali depuis le coup d’État du 22 mars 2012 qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré. Si, dans un premier temps, les Maliens ont cru voir dans les militaires qui ont pris le pouvoir, sous la conduite du capitaine Sanogo, un moyen de laver l’humiliation subie par leur armée lors de l’invasion des trois régions du Nord (le 24 janvier 2012, dans la localité d’Aguelhok, une centaine de militaires a été purement et simplement exécutée), ils ont très vite déchanté.

Elément déclencheur, voire amplificateur du coup d’État du 22 mars 2012, l’irruption brutale et criminelle des groupes armés dans le Nord, a mis à nu l’état de délitement des structures étatiques du pays, dont a témoigné, entre autres, la déroute de l’armée malienne face aux rebelles. Cette évanescence de l’Etat malien n’était que le corollaire des limites d’une expérience politique longtemps érigée en modèle, sur le Continent. En réalité, et c’est certainement là l’une des causes de l’effondrement du mythe malien, la prétendue démocratie consensuelle voulue par le Président déchu a eu pour effet de discréditer la classe politique, et de casser ainsi les ressorts du pluralisme qui aurait pu faire obstacle à la rupture de l’ordre constitutionnel par la junte militaire.

C’est précisément ce vide politique provoqué par le mode d’exercice du pouvoir  qui a facilité le coup d’État militaire, et entretenu la confusion dans laquelle s’est inscrit le schéma institutionnel dit de la transition qui répond davantage à des compromis politiques échafaudés par un médiateur autoproclamé, le  Président burkinabé Blaise Compaoré, qu’à une volonté de restauration de la légalité constitutionnelle. Les combinaisons politiciennes qui ont sous-tendu, depuis maintenant six mois, la mise en place des structures de la transition au Mali, sous l’égide officielle de la CEDEAO qui s’était auparavant faite remarquer par des oukases de rétorsion économique et financière, ont discrédité aux yeux des Maliens l’organisation ouest africaine.

Ainsi, en dépit du bons sens, l’attelage institutionnel de la transition, d’ailleurs bien éloigné de ce que prévoit la Constitution malienne de 1992 en cas de vacance du pouvoir se caractérise par l’existence de trois pôles de pouvoirs qui se neutralisent et se combattent. Le Président « intérimaire » durant les quarante jours prévus par la Constitution, devenu par la suite un Président de transition par la seule volonté des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, mais qui a finalement conservé le titre de Président intérimaire, brille aujourd’hui par son effacement au profit du Premier ministre. Ce dernier détient désormais les pleins pouvoirs, et sous l’apparence d’un homme résolu à remettre son pays sur les rails de la normalisation institutionnelle, il semble surtout vouloir remettre en selle les partisans de l’ancien Président Moussa Traoré, renversé par la révolte populaire du 26 mars 1991 et réunir les conditions politiques de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Quant à la junte militaire elle est bel et bien là, et continue de peser de manière décisive sur le cours des événements.

Cet imbroglio institutionnel, inapte à sortir le pays de la crise, sert surtout les intérêts politiques du médiateur, Blaise Compaoré,  en quête permanente de leadership dans la région, dans le but de masquer la défiance dont il est l’objet dans son propre pays. Tout cela conduit à craindre que les Maliens, faute de consensus national sur le cadre de la transition, ne se retrouvent pas dans  l’actuelle architecture du pouvoir pour relever le double défi de la reconquête du Nord et de la reconstruction de l’État. Ces mêmes craintes pourraient surgir au cas où certaines modalités de l’intervention militaire  extérieure seraient perçues comme une ingérence manifeste dans les affaires intérieures du Mali. Ce type de réaction est d’autant plus possible que le peuple malien est très sensible à tout ce qui touche à sa souveraineté nationale. 

Il est pourtant plus qu’urgent de mettre fin à la terreur instaurée par les mouvements terroristes dans le Nord du pays, et d’extirper une présence  terroriste qui constitue une menace non seulement pour l’unité nationale du Mali mais pour la paix dans tout le Sahel. Mais une fois cet objectif fixé, il reste à en déterminer les conditions de mise en œuvre qui doivent obéir à de multiples paramètres géostratégiques et militaires, rendus  très complexes par les différences d’approche des pays de la région. A cela s’ajoutent les doutes qui subsistent dans l’opinion africaine en général sur les capacités d’action de la CEDEAO depuis les fâcheux précédents du Liberia et de la Sierra Leone. Dans ces deux pays, l’ECOMOG, la force ouest africaine, presqu’exclusivement composée de contingents nigérians, s’était livrée à des violences et à un pillage en règle des pays où elle était censée rétablir la paix. 

                                    

Albert BOURGI                               

Professeur émérite de droit public à l’Université de Reims

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

KATINAN RELAXE OU EN LIBERTE SOUS CAUTION? - SON AVOCATE CONSEIL FAIT UNE MISE AU POINT

 

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"Le porte-parole du Président Laurent GBAGBO a été simplement et purement relaxé par le juge au sujet des allégations de M. Alassane OUATTARA de crime, de meurtre à l'encontre de Koné Katinan. En effet, le juge a estimé que Alassane Ouattara n'a, en trois semaines, pu apporter la moindre preuve au soutien de ses allégations. Concernant la procédure pour crimes économiques en cours devant laquelle le ministre Koné Katinan bénéficie depuis le 25 septembre dernier d'une liberté sous caution, celle-ci a été renvoyée au 7 novembre".

 

Lucie Bourthoumieux


SourceLe blog de Théophile Kouamouo

EXTRADITION DE JUSTIN KONE KATINAN: LE JUGE ALI BABA LACHE L'AFFAIRE

 
 

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A l’audience du mercredi 17 octobre 2012 de son tribunal, consacrée à l’affaire Justin Koné Katinan c/ le Procureur Général du Ghana, le juge Ali BABA avait averti le Procurer que si une demande d’extradition en bonne et due forme ne lui était pas présentée après un délai d’une semaine, il se verrait dans l’obligation de classer le dossier et de relaxer Justin Koné Katinan qu’il a placé sous écrou extraditionnel le 1er octobre à la demande du Procureur et d’Interpol.
 
Il était exactement 10h 52mn, hier 24 octobre, quand le magistrat de district, Ali BABA a appelé cette affaire, qui paraissait la plus attendue, mise ce jour, au rôle de son tribunal. Cette affaire, l’affaire Justin Koné Katinan avait mobilisé malgré la pluie matinale qui s’est abattue sur Accra, la communauté des exilés ivoiriens au Ghana. La salle d'audience du Tribunal de l'Assemblée métropolitaine d'Accra, était devenue trop petite pour contenir les soutiens du ministre Justin Koné Katinan.
 
A tout seigneur tout honneur, c’est à Matthew AMPOSAH, Substitut du Procureur d'Accra qu’est revenu en premier la parole, après une brève présentation rituelle des parties, pour exposer le dossier des poursuites contre le porte-parole de Laurent GBAGBO. On attendait qu’il livre les résultats de ses enquêtes, pour étayer ses poursuites comme il l’avait promis. A la surprise de la Cour, il demandera une fois de plus un délai d’une semaine pour, dit-il, procéder à certaines vérifications et recueillir des informations complémentaires auprès d’Interpol Côte d’Ivoire, qui lui aurait fait parvenir un dossier nécessitant des éclaircissements en plusieurs de ses points. Il promet, que ce travail serait achevé en fin de semaine et le report sollicité serait le dernier. 
 
Me Patrick SOGBODJOR, l’avocat de la défense, en réplique qualifiera cette énième demande de report de moyen dilatoire, avant de rappeler très respectueusement au juge Ali BABA ses propos tenus lors de l’audience précédente du 17 octobre. Il priera la Cour à veiller au respect du droit à liberté de son client, droit fondamental de l’homme garanti tant par la Constitution du Ghana que par les textes protégeant les exilés et demandeurs d’asile. Il demandera enfin à la Cour de tenir sa promesse en relaxant son client et en mettant par la même occasion fin une fois pour toute à la procédure engagée contre lui.

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Sur ce, le juge Ali BABA interpellera le Substitut du Procureur, - qui voulait que lui soit accordé un délai supplémentaire pour boucler ses enquêtes -, à préciser la nature de la procédure en cour devant sa juridiction. Pour être plus explicite et mieux se faire comprendre par la Substitut, le juge Ali BABA, lira l’acte de poursuite qu'il a lui-même versé au dossier, et, aux termes duquel Justin Koné Katinan et Désiré DALLO, tous deux ministres au moment des faits qui leurs sont reprochés, se seraient rendus coupables du meurtre de deux personnes le 19 mars 2011, à Port-Bouët à Abidjan, en République de Côte d’Ivoire. Ensuite le juge Ali BABA pose cette autre question: «M. le Procureur, pourriez-vous me citer les dispositions des lois ghanéennes  et la jurisprudence de nos juridictions qui autorisent les magistrats et les officiers de police judiciaires ghanéens à procéder à des investigations concernant des crimes commis à l’étranger par des étrangers et dont les victimes sont des personnes étrangères?»
 
Le Substitut du Procureur répondra qu’il n’en existe pas dans le droit positif ghanéen. Dès lors, dira le juge Ali BABA, ni ma juridiction ni vous ne sommes compétents pour juger des crimes reprochés à Justin Koné Katinan par la Côte d’Ivoire. D'où il suit bien évidement que votre demande de report de l’audience pour mener enquêtes supplémentaires n’est pas fondée en droit.
 
Sur ces entrefaites, le juge Ali BABA se tourne vers le box où était debout Justin Koné Katinan pour lui dire : « Accused you are free ! » Le dossier d’extradition portant sur les crimes de sang est clos. Il était 11h 25 mn, les Ivoiriens présents à l’audience éclatèrent de joie. Me Lucie BOURTHOUMIEUX, présente depuis le 24 août aux côtés de son client, n’a pas pu retenir ses larmes.
 
Cap sur Osu, où le juge Aboagye TANDOH avait programmé une audience sur le volet extradition pour délit à caractère économique. Sur place on apprendra que les audiences programmées ce jour sont reportées au 7 novembre 2012. Alors que la communauté ivoirienne heureuse de l’issue de la première audience congratulait le ministre Justin Koné Katinan, son avocat était en pourparlers avec les agents d’Interpol qui souhaitaient que son client aille à nouveau, à leur bureau pour accomplir des formalités administratives de remise en liberté. Refus catégorique de l’avocat qui ne souhaite plus que son client tombe dans un autre traquenard. Mais après des garanties données par Interpol, qui a promis que rien n’arrivera à Justin Koné Katinan, ce dernier et son avocat ont accepté de se rendre au Bureau d’Interpol mais à une date ultérieure.
 
 
 
James cénach
 
Envoyé spécial à Accra

INTERVIEW - DAMANA PICKASS: «MOI CATHOLIQUE, COMMENT MON CHEMIN PEUT-IL CROISER CELUI DES ISLAMISTES?»


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Comme vous l’avez sans doute lu dans notre édition du lundi 22 octobre 2012, de retour de Windhoek (Namibie) pour le match aller des Etalons cadets, nous avons passé trois nuits à Accra qui ont été mises à profit pour rencontrer des exilés de la galaxie Gbagbo, parmi lesquels Damana Pickass, le «patriote» qui avait déchiré les résultats partiels du second tour de la présidentielle ivoirienne. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il justifie son acte et charge naturellement au passage la gouvernance du président Alassane Ouattara.


Comment se porte Damana Pickass ?

• Grâce à Dieu, je vais bien. Je suis en vie, et c’est l’essentiel.

Depuis quand êtes-vous à Accra ?

• Depuis le 16 avril 2011, 5 jours après la chute du président Laurent Gbagbo. Après plusieurs péripéties, j’ai pu finalement arriver à Accra, où je me sens beaucoup plus en sécurité avec ma famille.

Vous avez pris la poudre d’escampette pour vous mettre en lieu sûr. Pourtant au même moment, vous avez demandé aux jeunes de rester mobilisés pour organiser la résistance. N’est-ce pas gênant ?

• Je n’ai pas pris la poudre d’escampette. Nous avons mené la bataille, nous étions sur le terrain pendant les moments de braise, quand Abidjan était encore à feu et à sang. Nous avons travaillé à galvaniser les populations, les forces de défense et de sécurité. Nous faisions même de la collecte de moyens matériels et de vivres pour les militaires pendant que ça tirait encore dans les rues de la capitale économique ivoirienne. Donc on ne peut pas dire aujourd’hui que j’ai abandonné les militants tout en demandant aux jeunes de résister. La posture d’exilé n’est pas une posture de défaitiste, mais plutôt celle du refus et du combat. Et nous sommes toujours dans le combat. Il faut dire qu’en tant qu’acteur de premier plan, j’étais personnellement visé. Je le souligne parce que ma maison a été l’objet d’attaques violentes à l’arme lourde. Il fallait donc que je prenne du recul pour rester en vie afin de poursuivre la lutte. Même si nous sommes courageux, téméraires et déterminés, nous ne sommes pas des kamikazes.

Certains pro-Gbagbo ont, semble-t-il, réussi à quitter Abidjan avec la complicité des ex-rebelles. Est-ce votre cas ?

• Non ! Personnellement, je suis parti après plusieurs péripéties. J’ai utilisé les voies terrestre et lagunaire pour rejoindre le Ghana. Je ne pense pas que les pro-Gbagbo aient été escortés par des ex-rebelles. Ce sont des rumeurs et de l’affabulation que les uns et les autres utilisent pour jeter le discrédit sur les fidèles de Gbagbo et comme je n’ai pas de preuve, je ne vais pas aller dans ce sens.

Vous avez déchiré en direct à la RTI les résultats partiels de la présidentielle, qui n’arrangeaient pas votre mentor. N’avez-vous pas contribué par ce geste à montrer que votre champion avait véritablement perdu l’élection ?

• Je voudrais dire d’abord que je n’ai pas déchiré de résultat ; donc je ne pense pas que cela ait contribué à présenter Laurent Gbagbo comme celui-là qui était en difficulté au niveau du dépouillement. Mon acte a été un acte de dénonciation qui avait pour objectif majeur et fondamental de montrer à la face de l’opinion nationale et internationale que le processus électoral dans lequel nous étions engagés était biaisé d’avance. C’était un processus frauduleux. Il y avait même au sein de la CEI (NDLR : Commission électorale indépendante) tout un réseau frauduleux de proclamation de résultats, et cela avait été mis en exergue lors de la publication des résultats de la diaspora qui ont été proclamés au mépris des règles que la CEI s’est elle-même fixée. Yacouba Bamba, qui n’est que le porte-parole de la Commission, a pris sur lui, à l’insu de l’ensemble des commissaires centraux, la responsabilité de publier les résultats bruts tels qu’ils sont arrivés de la diaspora comme étant des résultats qui avaient été consolidés par la CEI. Ce qui était inexact. Il a voulu encore publier des résultats qui n’avaient pas encore été consolidés par la CEI. Donc Yacouba Bamba était en situation de récidive. Face à cette situation, nous avions le choix entre laisser la forfaiture se poursuivre ou y mettre fin en créant le choc quand bien même nous étions devant les médias et la communauté internationale. Je pense qu’on n’avait pas d’autre choix que de mettre un terme à cette pratique honteuse et frauduleuse. A partir de là, vous avez dû constater toutes les anomalies que le processus électoral a connues depuis le premier tour jusqu’au second. Les exactions qui ont eu lieu ont commencé à être révélées. Et pire, les chiffres qui n’étaient pas ceux de la CEI ont été néanmoins rendus publics dans un hôtel qui s’avère être le QG des rebelles depuis 2002 et en même temps le QG de campagne d’un candidat, en l’occurrence Alassane Ouattara. Cela en violation une fois de plus flagrante des protocoles d’accord dont la CEI s’est elle-même dotée.

En dépit de ces fraudes, la communauté internationale a validé les résultats publiés par le président Youssouf Bakayoko à l’hôtel du Golf. Et tout un matraquage médiatique s’en est suivi donnant l’impression au monde que c’était les résultats de la CEI. Et pourtant, ce n’était pas le cas. Jusqu’à l’heure où je vous parle, mon cher journaliste, et dites-le au peuple frère burkinabè et à l’opinion internationale : je mets quiconque au défi de prouver que la CEI avait fini de délibérer et était d’accord sur un procès-verbal. Il n’existe aucun résultat de la CEI. Ce sont des chiffres qu’ils ont inventés et qu’ils sont allés publier de façon honteuse et grossière. Ce qui s’est passé, ce ne sont pas des élections et ce ne sont pas des résultats de la CEI. C’est donc sur la base du faux, de la manipulation, de la tricherie et d’un complot international avec en tête la France venue faire la guerre à la Côte d’Ivoire pour évincer le président légitimement élu et installer l’instrument de l’Occident, en l’occurrence Ouattara. Il fallait lever un coin du voile en empêchant la proclamation frauduleuse de ces élections, et c’est ce que j’ai fait.

N’y avait-t-il pas d’autres moyens pour contester les résultats que de les déchirer ?

• On n’est pas toujours fier de la façon dont les choses se sont passées parce que cela traduit un échec de la commission électorale indépendante. Mais ça traduit aussi nous-mêmes notre échec de façon individuelle à pouvoir assumer en toute responsabilité et en toute dignité la mission que le peuple de Côte d’Ivoire nous a confiée à un moment aussi important de son histoire. Ça c’est ce qui concerne la forme.

Mais dans le fond ! Je pense que jusqu’à présent, nous n’avons rien à regretter. Il ne faut pas nous accuser. Si vous avez bien suivi l’élément filmé, nous sommes tous des membres de la commission électorale, des commissaires centraux tout comme Bamba Yacouba. Donc un des nôtres est sur le point de proclamer des résultats qui posent visiblement problème. Vos collègues arrivent et vous interpellent,je pense que ce qui aurait été sage, c’aurait été que monsieur Bamba annonçât à la presse que compte tenu des problèmes, la proclamation des résultats était reportée, le temps que la commission centrale adopte les chiffres de façon unanime. Mais il a fait preuve d’un entêtement qui ne nous a pas donné d’autre choix que d’agir de la sorte. C’est l’attitude du porte-parole qui a commandé notre action : il voulait faire triompher la fraude et la tricherie. Il fallait aller à la confrontation pour attirer l’attention de l’opinion sur le fait que le processus était biaisé.

Mais tout ça aurait pu être évité…

• Oui évidemment ! Je pense qu’on aurait pu éviter cette crise à la Côte d’Ivoire, on aurait pu éviter cette crise à la sous-région, à toute l’Afrique et au monde entier. Je laisse de côté ce qui s’est passé antérieurement. Mais en définitive, les deux candidats revendiquaient la victoire. La chose la plus simple, la plus aisée et qui aurait pu mettre tout le monde d’accord, c’était cette commission internationale proposée par le président Laurent Gbagbo en vue du recomptage des voix. Une simple opération d’arithmétique. On allait ressortir les procès-verbaux pour recompter les voix parce que, cher journaliste, il s’est passé beaucoup de choses inadmissibles dans ce processus. Dans certaines régions, le nombre de personnes ayant voté effectivement pour ADO est supérieur au nombre d’inscrits. L’exemple frappant, c’est celui de Bouaké dans la région de la Vallée du Bandama : il y avait un écart ahurissant entre les voix obtenues par monsieur Ouattara et les inscrits, c’est-à-dire qu’il a eu plus de voix que de personnes enregistrées sur la liste électorale.

Si on fait l’audit du processus électoral, vous allez voir que ce genre d’exemples se multiplient. Et puis le scrutin en lui-même n’a pas été libre, surtout dans la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire. Les observateurs de l’Union africaine l’ont attesté dans leur rapport, c’est connu de tout le monde mais personne n’en a voulu faire cas. Il y a eu des morts, des personnes ont été assassinées, des personnes ont été empêchées de voter, des femmes ont été violées.

Mais en dépit de tout, on a simplement demandé une banale opération de recomptage des voix comme cela s’est fait ici au Ghana lors des dernières élections, comme cela s’est fait en Haïti et même aux Etats-Unis, dans l’Etat de Floride en 2004. Ils ont refusé cette solution qui aurait pu mettre tout le monde d’accord et épargner de nombreuses pertes en vies humaines. Ce qui m’a le plus choqué, c’est que lorsque le président Gbagbo a fait cette proposition salvatrice, la première réponse est venue des Nations unies. Le secrétaire général des Nations unies, Ban ki Moon, a été le premier à répondre au Président Gbagbo pour dire que le recomptage des voix va créer un préjudice grave à monsieur Ouattara. Quel préjudice un recomptage de voix peut-il créer ? Et puis, pourquoi c’est Ban ki Moon qui répond en lieu et place du candidat qui est directement concerné ?

Mais l’ONU était chargée de certifier les résultats…

• C’est exact ; mais les élections se déroulent entre deux personnes, deux camps. Si les deux parties s’accordent pour le recomptage des voix, où est le problème de l’ONU ? En fait, le rouleau compresseur était déjà en marche : il fallait renverser Laurent Gbagbo. Le recomptage des voix allait permettre à la communauté nationale et internationale de se rendre compte des irrégularités, de nombreuses fraudes et tripatouillages des chiffres. Cela allait établir clairement et nettement la défaite de monsieur Ouattara. Ils ont donc masqué la vérité à travers les bombes et les coups de canons.

Mais aujourd’hui la question demeure parce que les coups de canons n’ont pas résolu la question de qui a gagné les élections. Visiblement, ils ont utilisé l’argument de la force pour gagner mais le problème initial est toujours là. On ne devient pas président démocratiquement élu dans la violence brute et aveugle. On devient président par les suffrages et sur ce suffrage-là, il y avait un désaccord là-dessus que les bombes n’ont pas résolu.

Dans tous les cas, le constat est là. Ouattara est au pouvoir. Vous avez donc perdu sur les plans électoral et militaire. Pourquoi ne pas faire profil bas et rentrer dans les rangs ?

• Non, nous n’avons pas perdu le pouvoir sur le plan électoral. Nous l’avons plutôt perdu sur le plan militaire, avec les coups de canons et d’obus. Il s’agit d’un vrai coup d’Etat militaire perpétré par la France de Nicolas Sarkozy qui est un ami personnel de Ouattara et les réseaux de la Françafrique. Il faut que cela soit clair et net : Gbagbo n’a pas perdu les élections…

Vous voulez alors à votre tour perpétrer un coup de force puisque vous êtes accusé de vouloir déstabiliser le régime d’ADO.

• C’est grotesque et ridicule de m’accuser sans preuve de vouloir mener un projet de déstabilisation de concert avec des réseaux islamistes d’Ansar Dine et la junte militaire au Mali. Je ne sais pas où ils ont pu trouver cette grossière invention, parce que moi je suis militant du Front populaire ivoirien, un parti d’obédience socialiste. Vous savez que le socialisme est l’obédience politique la plus proche des valeurs humaines. Je suis socialiste et de surcroît catholique pratiquant ; je ne sais pas comment mon chemin peut croiser celui des islamistes. Nous avons des valeurs qui sont aux antipodes les unes des autres. C’est donc un mensonge grossier. Et puis, comment en l’état actuel de la crise au Mali, on peut réussir à mettre ensemble la junte et le groupe islamique d’Ansar Dine qui sont aujourd’hui diamétralement opposés dans la crise du Mali. Comment peuvent-ils être d’accord dans le but uniquement d’aller déstabiliser un autre pays de la sous-région. Autant se mettre d’accord pour résoudre d’abord leur propre problème. Après éventuellement ils verront comment ils vont créer les troubles chez le voisin. Ceux qui ont monté cette histoire ont été très peu ingénieux ; le montage sautait aux yeux. Je réfute de façon véhémente toutes les accusations mensongères et grossières qui visent à jeter l’anathème sur les pro-Gbagbo dans le but de les diaboliser et se donner les moyens politiques et juridiques pour faire la pression sur le Ghana en vue de notre extradition. Le régime en place à Abidjan a fait de l’emprisonnement et de l’extermination des pro-Gbagbo son programme de gouvernement. Pour les pro-Ouattara, ils auront réussi leur programme de gouvernance quand il n’y aura plus un seul pro-Gbagbo sur la terre, ce sont les Nazis de notre époque.

D’où viennent alors les raids meurtriers contre le pouvoir si ce ne sont pas des pro-Gbagbo ?

• Mon cher journaliste, vous m’avez vu ici en exil, vous m’avez vu en train de parcourir des kilomètres à pied pour venir vous rencontrer. Pour faire un coup d’Etat et des attaques, il faut quand même un minimum. Ils savent comment ils ont fait leur coup d’Etat et comment ils ont préparé leur rébellion. Ils avaient un pays qui était leur base arrière, connu de tous : le Burkina Faso qui les approvisionnait. Ils avaient des soutiens financiers énormes. Mais nous, qu’avons-nous ? Le Ghana nous accorde l’hospitalité mais en même temps ses autorités disent que leur pays ne doit pas servir de base arrière à la déstabilisation d’un pays. La tradition ghanéenne recommande d’héberger toute personne qui se sent en danger chez lui. Notre exil est en conformité avec la constitution du pays mais en même temps cela ne nous donne pas le droit de faire n’importe quoi ici, en l’occurrence tenter de déstabiliser un autre Etat.Les autorités sont très strictes là-dessus. Donc nous n’avons même pas l’occasion de penser à ce genre d’entreprises. Premièrement, nous n’avons pas de base arrière militaire et deuxièmement tous nos avoirs ont été gelés par Ouattara. De quelles ressources disposons-nous pour planifier autant d’attaques ? On a d’abord des problèmes personnels qui font qu’on arrive difficilement à joindre les deux bouts. Ce qu’on reçoit ici, c’est juste pour la survie et non pour monter des entreprises de déstabilisation. Une fois de plus ce ne sont que des tentatives de diabolisation dans le but de nous présenter à la face de l’opinion nationale et internationale comme de vulgaires bandits qui ne cherchent qu’à créer le désordre dans la sous-région. Sinon, je pense que monsieur Ouattara doit trouver au plan intérieur dans sa gouvernance personnelle les germes de sa propre déstabilisation. Aujourd’hui 17 octobre (NDLR : l’entretien a eu lieu mercredi passé) les FRCI se sont tirés dessus à Abobo et à Bonoua. Cela est devenu le quotidien des Ivoiriens et le fait que les FRCI se tirent dessus à longueur de journée n’émeut plus personne. C’est une armée indisciplinée, qui n’obéit pas à un seul centre de décision. Il y a des Dozos, des ex-rebelles et des ex-FDS et chacun a son centre de commandement. Alassane Ouattara lui-même sait qu’il n’a pas d’autorité sur cette armée. La preuve est qu’il a lancé plusieurs appels pour libérer les habitations privées des pro-Gbagbo que certains pontes des FRCI occupent, mais toutes les maisons sont toujours occupées. Il a appelé au désarmement mais jusque- là, chacun d’eux porte son arme. Ils disent même que monsieur Ouattara leur a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Il a promis à chacun d’eux 5 millions de francs plus un véhicule bwaka et aujourd’hui il y en a qui réclament leur dû. Comme ça tarde à venir, ils se payent eux-mêmes sur le terrain, comme ils le disent, en agressant les populations dans leur résidence, en coupant les routes, en braquant les établissements financiers. Donc ce qui se passe là, il ne faut jamais voir la main de l’extérieur. Il s’agit des problèmes internes à la Côte d’Ivoire et aux FRCI.

Le processus de réconciliation est pourtant en marche.

Il n’y a pas de réconciliation en Côte d’Ivoire actuellement, c’est de la comédie pure et simple. Il n’y a pas même un début de réconciliation. C’est pour faire croire à la communauté internationale qu’ils sont dans une phase de décrispation et de réconciliation avec leur opposition. Mais dans la réalité, tous les actes, les faits et gestes qu’ils posent quotidiennement démontrent qu’ils ne sont pas eux-mêmes prêts pour la réconciliation et la concorde nationale. C’est du bluff et nous, nous ne marchons pas dans le mensonge…

Charles Konan Banny, le président du comité Forum-Vérité et Réconciliation montre quand même une certaine volonté d’aller de l’avant.

• Je ne doute pas de la bonne foi du président Banny. Oui, ce monsieur a bien envie de réconcilier les Ivoiriens. Mais sa volonté, sa disposition d’esprit rencontrent une opposition ferme de la part du clan Ouattara. Et je suis tout à fait d’accord qu’il ait mis monsieur Ouattara face à ses responsabilités puisqu’il a dit qu’il va se reposer maintenant après ses tournées pour recueillir les avis de la population ivoirienne. On ne peut pas prôner la réconciliation et continuer de brimer un seul camp, continuer d’emprisonner uniquement les pro-Gbagbo, appliquer une justice à double vitesse, une justice des vainqueurs. Au moment où je vous parle, Alphonse Douaté, qui est l’un des responsables du Front populaire ivoirien, est en prison avec sa fille et sa femme. Moi-même, mes deux frères, l’aîné et le petit frère ont été arrêtés simplement parce qu’ils sont mes frères. Mais si on estime que j’ai commis des crimes, je suis suffisamment majeur, je suis responsable soit au plan civil soit au plan pénal. Donc, c’est moi seul qui dois répondre de mes actes et non ma famille qui n’a rien à y voir. C’est devenu une pratique en Côte d’Ivoire. On ne peut pas vouloir de la réconciliation avec des milliers d’Ivoiriens dans des camps de réfugiés au Liberia, au Mali et des exilés. On ne peut pas vouloir de la réconciliation si on animalise les gens en bloquant toutes leurs ressources, en gelant tous leurs avoirs pour les réduire à l’indignité. On ne peut vouloir de la réconciliation quand des biens privés sont saisis de façon illégale et immorale par les hommes de monsieur Ouattara. On ne peut vouloir de la réconciliation lorsqu’on continue de maintenir des innocents en prison.

Que proposez-vous alors pour une véritable réconciliation ?

Il faut libérer le président Gbagbo et tous les prisonniers politiques civils et militaires. Il faut favoriser un retour sécurisé de tous les exilés, il faut rendre tous les biens confisqués et dégeler les avoirs. Vous verrez que si cela est fait, la décrispation va venir. On n’aura même pas besoin d’organiser des cérémonies.

Vous prônez alors l’impunité…

• Non, je ne parle pas d’impunité. Si on décide de mettre la justice au centre du processus de la réconciliation, il faut en ce moment une justice équitable pour tous. Il y a une crise qui a débuté en Côte d’Ivoire en 2002, et depuis cette date, des exactions, des atrocités des plus inimaginables ont été commises dans ce pays jusqu’en 2011. Des bourreaux et des coupables ont été identifiés dans les deux camps. Il faut que justice soit rendue à tout le monde. Voyez-vous, quand on a fait le procès de l’assassinat du colonel Dosso qui est décédé en 2011 et que l’on ne fait pas le procès du colonel Dakoula et du colonel Yoni qui, eux, sont morts depuis 2002… On fait le procès du général Robert Guéï et on ne parle même pas des tueurs de Boga Doudou alors qu’ils sont morts le même jour. Vous voyez que c’est inacceptable. Quand bien même l’ONU a identifié les commandants de zone comme Shérif Ousmane, Zakaria, Watao, Los, Fofié comme des gens qui ont commis des crimes de sang et que ces gens-là sont promus quotidiennement, vous voyez que c’est très frustrant pour les victimes. Si on devait énumérer les faits et méfaits des partisans de Ouattara, on ne va pas en finir. Mais depuis quand un seul d’entre eux est passé devant le tribunal ? J’ai l’impression que c’est une justice à double vitesse, à sens unique et unilatérale pour ne condamner que les pro-Gbagbo. Cela est inacceptable et ce n’est pas la marque d’un Etat démocratique.

Avez-vous les nouvelles de Blé Goudé ?

• Oui, il se porte bien.

Où est-ce qu’il se cache ?

• Il ne se cache pas, il est là. Pourquoi voulez-vous qu’il se cache ? Il est là.

Il est ici au Ghana ?

• Je ne sais pas mais il est là.

Le ministre de l’Intérieur, Ahmed Bakayoko, et Charles Blé Goudé se téléphonent, semble-t-il. Est-ce le début d’un rapprochement ?

• Je ne sais pas. Il faut poser la question à Bakayoko ou à Blé Goudé.

Etes-vous régulièrement en contact avec l’ex-«général» de la rue?

• Oui, on a les nouvelles l’un de l’autre.

A Accra ?

• En tout cas on a les nouvelles l’un de l’autre.

Et Koné Katinan qui fait l’objet d’un tiraillement diplomatique et judiciaire entre Accra et Abidjan. Vous lui rendez souvent visite ?

• Oui, nous soutenons Koné Katinan et on espère qu’il va recouvrer la liberté parce qu’il n’a rien fait. Il est innocent de tous les chefs d’accusation que monsieur Ouattara porte contre lui. Comment comprendre que le ministre Katinan ait pu tuer un vieillard de 83 ans. Est-ce que c’est sérieux çà ? Et on précise même qu’il a donné un coup de tête magistral au vieillard qui en est décédé.

Il a aussi été acteur de la réquisition de la BCEAO…

• Oui mais c’est Gbagbo qui a réquisitionné la BCEAO. C’est un acte de souveraineté qui a été pris par le président de la République. Et puis c’est un acte légal. Je crois plutôt qu’on lui en veut pour le rôle déterminant qu’il a joué dans la survie de l’Etat de Côte d’Ivoire pendant la crise. Parce qu’il était vraiment au four et au moulin. Il a montré beaucoup de détermination et de savoir-faire. Ce qui a fait que les décisions de fermeture de banque et de l’isolement de la Côte d’Ivoire au niveau de la BCEAO n’ont produit aucun effet. C’est certainement ce qu’on veut lui faire payer mais de façon maladroite. Donc nous soutenons le ministre Koné Katina et comme il y a un Dieu pour les faibles et pour les justes, je pense qu’il va recouvrer la liberté parce qu’il est innocent.

Le général Dogbo Blé, lui, n’a pas échappé et vient d’écoper de 15 ans de prison pour commencer dans l’assassinat du colonel-major Dosso. Quel commentaire ?

• Ça ne m’inspire aucun sentiment, aucune émotion. C’est une parodie de procès. La preuve est que durant le procès, en aucun moment, la partie accusatrice n’a pu démontrer, preuve à l’appui, que le général Dogbo Blé a été l’auteur de l’assassinat du colonel Dosso. Mais le déroulement du procès nous a permis d’avoir certaines révélations et de nous poser des questions. Pourquoi le colonel Dosso, lorsqu’il avait été convoqué par monsieur Ouattara, à sa sortie, a voulu voir en toute discrétion le général Dogbo Blé ? Le tribunal n’a pas donné réponse à cette question. Pourquoi il a insisté pour qu’on le conduise auprès du général Dogbo ? Voulait-il lui faire des révélations sur la tentative de déstabilisation en cours en Côte d’Ivoire qui était savamment perpétrée depuis l’hôtel du Golf ? On nous a parlé du plan d’attaque d’Abidjan, pourquoi ce plan a disparu ? Qui l’a fait disparaître ? Quel intérêt Dogbo Blé avait à tuer cet officier supérieur à la retraite qui ne représentait aucune menace ? Il n’était pas la cheville ouvrière du projet de déstabilisation. Non ! Ce n’est pas sur lui que reposaient les Forces armées des Forces nouvelles. Mais il fallait condamner un vaillant et digne officier de Côte d’Ivoire qui est resté fidèle à la légalité constitutionnelle. Il fallait lui faire payer la défense de ces valeurs républicaines en le faisant passer pour un vulgaire meurtrier. Mais ils n’ont pas réussi parce que Dogbo Blé est ressorti ragaillardi et nous sommes encore et encore plus fiers de lui. S’ils voulaient entacher sa réputation, ils ont carrément échoué. Bien au contraire, ils l’ont élevé en héros national.

En dehors des problèmes sécuritaires, la Côte d’Ivoire est en marche avec la gouvernance Ouattara.

• Alassane Ouattara constitue un véritable problème pour la sous-région parce qu’il n’est pas démocrate dans l’âme. Et il n’est pas partisan des solutions négociées et de la diplomatie. Il pense que tout problème doit se résoudre dans le sang et la violence. Regardez au Mali, quand la crise est survenue avec le coup d’Etat. La diplomatie a quand même ses règles. On ne peut pas tout d’un coup passer comme çà à des mesures coercitives sans un minimum de dialogue et d’approche. Mais regardez la rapidité avec laquelle il a géré la situation.

Mais les ministres des Affaires étrangères du Burkina et de la Côte d’Ivoire ont fait plusieurs voyages à Bamako pour négocier avec le capitaine Sanogo ?

• En l’espace d’une semaine les sanctions ont commencé à pleuvoir sur la junte et le Mali. Vous pensez qu’avec une crise aussi sérieuse une semaine, c’est suffisant ? Il y a des diplomaties souterraines qui se déroulent sur des mois. En l’espace d’une semaine, le Mali a subi un embargo et on a voulu attenter à la vie du capitaine Sanogo, ce qui fait que le peuple malien aujourd’hui est désabusé alors qu’il avait beaucoup de sympathie pour Allassane Ouattara, mais il le découvre maintenant dans toute sa laideur.C’est la même chose avec nos frères du Burkina, j’en suis convaincu. Dans sa gouvernance, Ouattara ne fait rien pour rapprocher les différents peuples de la sous-région notamment les peuples burkinabè et ivoirien. Actuellement, l’ouest de la Côte d’Ivoire est pris en otage par des mercenaires burkinabè.

En avez-vous des preuves ?

• Oui !!! Amadé Ouérémi, c’est un Burkinabè qui est là-bas dans les forêts de l’Ouest avec près de 400 à 500 hommes lourdement armées au vu et au su du régime. Il semble que le pouvoir lui a demandé de partir et qu’il a posé des conditions et un calendrier. Une telle situation ne peut pas plaire aux Ivoiriens. Serez-vous d’accord qu’un groupe de Maliens puissent prendre en otage une partie de votre territoire et fixer des conditions pour sa libération ? Ils font croire dans leur agissement qu’ils sont là pour protéger les intérêts des Burkinabè. Ce qui n’est pas juste. Malheureusement, cela creuse un fossé entre les deux peuples. Dans cette affaire d’Amadé Ouérémi, les Ivoiriens se sentent fortement humiliés. Nous avons honte de notre pays. Nous avons honte que des terroristes et des bandes armées fassent régner leur loi sur la Côte d’Ivoire. Il n’est pas normal que des Ivoiriens soient dépossédés de leurs terres au profit d’un groupuscule armés qui est identifié et à qui personne ne peut intimer l’ordre de libérer cette parcelle de territoire. C’est assez frustrant. C’est la marque déposée de Ouattara.

Le dernier exemple que je vais prendre, c’est la fermeture des frontières entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Regardez aussi avec quelle célérité et quelle précipitation ça s’est passé. Sans même un minimum d’enquête. Il y a eu certes des affrontements à la frontière ivoiro-ghanéenne. Mais il aurait fallu mener des enquêtes, faire des investigations approfondies pour situer les responsabilités. Une fois de plus, faire fonctionner la diplomatie, la négociation. Nous sommes des peuples interdépendants, nous sommes des peuples entremêlés. Savez-vous que sur toute la frontière ivoirienne, depuis Bouna jusqu’à Aboisso, Bondoukou, Agniblékro, Abengourou, ce sont les mêmes populations de part et d’autre de la frontière. Voyez-vous le désastre que M. Ouattara a créé pendant près de trois semaines. Il a arrêté la vie des gens, il a arrêté l’existence de certaines personnes là où une simple diplomatie aurait joué. Même son ambassadeur a été surpris par la fermeture des frontières. Ça veut dire qu’il n’a pas consulté son ambassadeur. Tout ça parce qu’il a fait de l’extermination des pro-Gbagbo son programme fondamental de gouvernement. Nous avons fui notre pays avec nos familles, ça ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit à la vie. Je voudrais dire à M. Ouattara que quelle que soit sa puissance, quels que soient ses réseaux, il ne peut pas nous renier notre droit à la vie. Parce que ce n’est pas lui qui donne la vie. Qu’il nous laisse vivre notre exil. Nous n’avons aucun projet de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, nous n’avons aucun projet de déstabilisation de son régime. Je pense qu’il doit trouver en interne les problèmes que connait la Côte d’Ivoire. Il suffit de faire l’autopsie de sa gouvernance. Qu’il ait le courage de se regarder dans la glace ; je pense qu’il trouvera lui-même les germes de sa propre déstabilisation.

Et votre ancien compagnon des luttes estudiantines, Guillaume Soro. On imagine votre colère contre lui?

• Je suis un peu déçu pour ne pas dire très désabusé par l’attitude de Guillaume Soro parce que j’espérais mieux de sa part. Il est jeune et en principe, il a encore beaucoup de temps à passer sur terre. En ce sens, j’attendais mieux de lui dans le domaine de la réconciliation nationale, dans la reconstruction du pays. Mais peut-être que je l’ai surestimé, puisque vous pouvez avoir beaucoup d’estime pour quelqu’un et vous rendre compte à la fin qu’il n’est pas ce que vous croyez. De par sa position de président de l’Assemblée nationale, de par les relations antérieures qu’il a eues avec beaucoup d’entre nous, je pense qu’il aurait pu jouer une très bonne carte pour la réconciliation, pour le retour de la concorde. Mais il n’a pas été à la hauteur de la Côte d’Ivoire, de cet espoir, de cette espérance, et c’est désolant parce que nous avons eu un passé très émotionnel qui pouvait nous permettre de surmonter certaines choses. Je pense que Soro est devenu autre chose entre-temps au point où il ne reflète plus les repères que je m’étais fixés. Il se fout des valeurs que j’évoquais tantôt, il est dans une autre posture, dans une autre logique, donc advienne que pourra. Je pense que c’est dans cette position qu’il est ; et c’est vraiment dommage. C’est vraiment dommage que Soro ne soit pas à la hauteur des espérances de la Côte d’Ivoire.


In L'Observateur Paalga (Burkina Faso)


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

mercredi, 24 octobre 2012

COTE D'IVOIRE-GHANA: JUSTIN KONE KATINAN LIBERE SOUS CAUTION

 

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Le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le 24 octobre 2012 à Accra, au Ghana. 

© AFP/Stephen Kwabena Effah

 

Justin Koné Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. La justice a estimé ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtres qui pèsent sur le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Son audience pour crime économiques a été reportée au 7 novembre.

La justice ghanéenne a mis ses menaces à exécution. Justin Kone Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. Le magistrat Ali Baba Bature a dit aux procureurs qu'ils ne pouvaient pas poursuivre le porte-parole de Laurent Gbagbo pour un meurtre qu'il est accusé d'avoir commis en Côte d'Ivoire. « Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana », a demandé le juge aux procureurs. « Au mieux, (la Côte d'Ivoire) peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas », a-t-il ajouté.« Accusé, vous êtes libre », a conclu le magistrat.

Lors de la dernière audience, le juge avait menacé de libérer Katinan. Le parquet ghanéen, sollicité par les autorités ivoiriennes, n’apportaient pas de preuves pour soutenir ses accusations. « On ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves (…) à partir du moment où vous accusez, les preuves devraient  être disponibles », avait-il reproché au procureur.

Crimes économiques

Joint par Jeune Afrique, l’un des avocats de Justin Katinan a confirmé l’information. « Mon client est soulagé, mais la bataille juridique n’est pas terminée », a déclaré maître Patrick Sogbodjor. En effet, l’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo est toujours sous le coup d’une demande d’extradition de la Côte d’Ivoire pour crimes économiques. C’est un autre tribunal ghanéen, celui du district d'Osu (un quartier d'Accra) qui devait statuer sur cette demande mercredi, mais, le magistrat n'étant pas disponible, l'examen de la demande d'extradition a été ajourné au 7 novembre.

Justin Koné Katinan, arrêté au Ghana le 24 août pour des crimes économiques qu'il est accusé d'avoir commis dans son pays, a été libéré sous caution une première fois le 25 septembre, puis de nouveau arrêté à la suite d'un nouveau mandat ivoirien l'accusant de meurtre.


Avec l'AFP


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

LE MEGASYNDICAT INTERNATIONAL DU CRIME - 1ère et 2ème PARTIE


monde,chroniques de bernard desgagné,le mégasyndicat international du crime 1ère et 2ème partie

1ère PARTIE

Les pires criminels savent se donner bonne apparence. Les Hells Angels n’installent pas leur repaire devant un bar de danseuses. La famille Rizutto ne vend pas de stupéfiants dans ses résidences luxueuses. Parlez-en aux voisins, à Cartierville, et ils vous diront que les mafiosos sont des gens paisibles qui ne dérangent personne. Beaucoup plus polis et souriants, en fait, que la police de Montréal lorsqu’elle rend visite aux «rats mangeux de marde et gratteux de guitare», pour reprendre une expression à la mode au Québec.


Dans la seconde partie, demain, il sera particulièrement question de la venue à Québec du chef de guerre et terroriste ivoirien Guillaume Soro, auquel Ottawa accorde gentiment un visa, comme si de rien n’était. 

Les Québécois d’origine ivoirienne et leurs sympathisants seront dimanche à 15 heures devant l’Assemblée nationale, à Québec, pour manifester leur ras-le-bol à l’égard de l’injustice institutionnalisée par des criminels comme Nicolas Sarkozy, François Hollande et Stephen Harper, qui protègent de sombres individus comme Soro, qui n’hésitent pas à faire assassiner des innocents, tant que ça se passe loin de leur pays, et qui monopolisent les tribunes médiatiques au nom d’une certaine «communauté internationale» dont le seul argument est le mensonge. Joignez-vous à nous.


Le mégasyndicat international du crime ne fait pas exception. À l’instar des Hells Angels et de la mafia, les membres du mégasyndicat ménagent leur voisinage et envoient leurs hommes de main commettre leurs crimes à l’abri des regards, pour que l’odeur de la mort ne les atteigne pas. Ils ont l’air éminemment respectables aux yeux de ceux qui ne font pas partie de leurs victimes. Ils font, dans leur pays, la chasse à des terroristes qu’ils encouragent pourtant à terroriser ailleurs, par exemple, en Syrie.

Qui sont les barons de ce mégasyndicat? Ce sont des individus comme Benyamin Netanyahou, George Bush, Tony Blair, Bill Clinton, Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, François Hollande et Stephen Harper. Auteurs de crimes de masse contre l’humanité, ils ont des millions de victimes à leur tableau de chasse et sont les funestes héritiers d’une tradition barbare de carnages qui remonte au moins aux croisades et qui connait un nouvel essor depuis le démembrement de l’Union soviétique. Autrement dit depuis que plus personne ne semble pouvoir les arrêter par la force, seule logique qu’ils comprennent.

Psychopathes avérés, les barons préparent actuellement d’autres crimes immondes, notamment la guerre contre l’Iran, un pays qui n’attaque personne et qui ne possède pas l’arme atomique, contrairement à Israël. Cette guerre risque de durer de nombreuses années, de se propager dans une grande partie du monde et de causer des massacres spectaculaires. À votre petit écran prochainement. De quoi stupéfier certaines consciences endormies.

Le mégasyndicat international du crime a ses pourvoyeurs de fonds: les oligarques du grand capital apatride, patrons des barons. Ce sont des magnats comme les Desmarais, par exemple, actionnaires de référence de Total, qui se sont réjouis en secret du massacre de milliers d’Ivoiriens par Nicolas Sarkozy, grâce auquel ils ont pu reprendre tranquillement le pompage du pétrole du golfe de Guinée. Ce sont également George Sorros et les dirigeants de Goldman Sachs, qui tirent les ficelles du capitalisme financier un peu partout pour saigner les États à blanc et qui, avec le complexe militaro-industriel, sont parmi les principaux instigateurs du terrorisme pratiqué par Israël, les États-Unis et leurs vassaux en vue de supprimer les empêcheurs d’endetter en rond.

Le mégasyndicat international du crime a aussi un grand nombre d’exécutants de diverses natures, du soldat aventurier qui explose sur une bombe artisanale en Afghanistan au dictateur d’une néocolonie africaine, en passant par le chef de guerre cupide et cruel, parrainé par Washington ou Paris, et l’agent de relations publiques grassement rémunéré pour répandre des écrans de fumée, dans un média, une université ou une fausse ONG. Les agents de relations publiques sont particulièrement importants, car ce sont eux qui maintiennent les électeurs occidentaux dans un coma profond les empêchant de prendre conscience des crimes des barons.

Le système des vérités officielles

Même si les preuves des manipulations passées de l’opinion publique sont abondantes, le peuple peut encore être facilement berné par des manipulations semblables. En effet, les moyens de diffusion énormes des médias ont un effet structurant sur la pensée. Après avoir pris connaissance de cas patents de désinformation massive, beaucoup de gens continuent de gober les mensonges fabriqués en série par les salles de rédaction parce qu’ils ont peine à concevoir le monde autrement que selon le schéma de pensée qui a pris racine en eux et dont ils sont devenus très dépendants, à force d’être intoxiqués quotidiennement. Je n’arriverai certainement pas à convaincre tous les sceptiques qui trouvent que j’exagère, mais, vu la gravité de l’enjeu, ma conscience m’ordonne d’expliquer et de démontrer encore. 

Les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime ont pour fonction, entre autres, de cultiver des croyances sur une longue période pour en faire des vérités officielles. Ainsi, même les pourfendeurs des bombardements de l’OTAN en Libye se sentiront obligés de commencer leurs réquisitoires contre les crimes de masse de l’Occident en se dédouanant à l’avance: «quoique Kadhafi fût un dictateur sanguinaire…», disent-ils. Ils craignent à raison de subir l’inquisition médiatique s’ils osent contester une vérité officielle.

Pourtant, il devrait être normal de rappeler que, jamais, du temps de Kadhafi, un diplomate étasunien n’a été assassiné en Libye comme ce fut le cas le 11 septembre 2012 à Benghazi. Un groupe armé, paradoxalement aidé par les États-Unis à ravager la Libye en 2011, a tué l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres Étasuniens. En 2006, les États-Unis avaient même retiré la Libye de leur liste d’États terroristes, ce qui était du reste la moindre des choses, puisque Kadhafi n’a jamais eu quoi que ce soit à voir avec l’attentat de Lockerbie et puisqu’en 1986, ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont commis un attentat terroriste à Tripoli, c’est-à-dire un bombardement qui a entrainé la mort de la petite fille adoptive de Kadhafi et qui a été ordonné par Ronald Reagan.

Mais, dans l’univers des vérités officielles, il n’est pas normal de penser librement et de parler honnêtement. Les chasses aux sorcières existent bel et bien. Pendant la dernière campagne électorale, au Québec, un jeune candidat d’Option nationale, Mikaël Saint-Louis, a gouté à la médecine que réservent les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime à toute personne qui acquiert une certaine notoriété et qui remet en question des vérités officielles.

«Kadhafi et Staline s’invitent dans la campagne électorale québécoise!», titrait le Journal de Montréal, dans le blogue de Taïeb Moalla, lui-même meneur de claque des rebelles intégristes dépeints naguère comme des combattants de la liberté en Libye, mais devenus rapidement assassins de diplomates. Les journalistes étant protégés par le corporatisme médiatique, M. Moalla n’a jamais eu à répondre à des questions embarrassantes sur ses accointances islamistes. En revanche, Mikaël Saint-Louis, lui, s’est vu harcelé par la presse pour avoir remis en question des fictions élevées au rang de vérités.

Évidemment, les journalistes n’agissent pas toujours machiavéliquement, pour intimider, bâillonner ou dénigrer les objecteurs. Ils ont une autre motivation. Le système des vérités officielles est une mine d’or pour eux puisqu’il leur permet de fabriquer aisément des scandales qui font vendre de la copie, qui plaisent au patron et qui sont un facteur d’avancement. Quand il faut pondre un article tous les jours, en retour d’un généreux salaire, on doit saisir les occasions au passage, faute de pouvoir vraiment enquêter.

Par ailleurs, on dit souvent que les journalistes sont simplement paresseux et qu’ils ne prennent pas le temps d’aller au fond des choses. On dit aussi qu’ils sont ignorants ou incompétents. C’est sans doute vrai dans certains cas, mais cette incompétence est instrumentalisée par des manipulateurs qui savent très bien ce qu’ils font.

Un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence pour désinformer

J’ai enregistré un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence journalistique le 1er avril 2011 à 14 h 34. Une journaliste, Mélanie Bourgeois, interviewait Jean-Hilaire Yapi au sujet de la crise ivoirienne, sur les ondes du Réseau de l’information (RDI), une chaine télé de Radio-Canada. Vous trouverez cette entrevue ci-bas, sous la rubrique «Cinéma-vérité».

Dans la vidéo, on voit bien Mme Bourgeois consulter son portable pour y trouver les questions tendancieuses qu’on lui souffle. Quelqu’un avait préparé le scénario. Il fallait premièrement montrer que M. Yapi était un partisan de Laurent Gbagbo, présenté en introduction comme un dictateur qui résistait dans son bastion grâce à ses troupes d’élite, donc que M. Yapi n’était pas crédible. 

Deuxièmement, Radio-Canada voulait faire ressortir les méthodes prétendument violentes et antidémocratiques de M. Gbagbo, qui avait, dit-on, choisi d’encercler son adversaire, de le menacer et de le garder prisonnier dans un hôtel, ce qui était du reste totalement faux. Troisièmement, on voulait laisser entendre qu’en «s’accrochant au pouvoir», Laurent Gbagbo entrainait ses compatriotes dans un bain de sang auquel il aurait pu mettre fin en obéissant à la «communauté internationale», nom que Radio-Canada emploie pour désigner le mégasyndicat international du crime. 

Toutefois, Jean-Hilaire Yapi s’est révélé plus convaincant que RDI ne l’avait prévu. Lorsqu’il a commencé à rappeler les vérités officielles invoquées dans un passé récent par la «communauté internationale» pour raser des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, le réalisateur a abruptement mis fin à l’entrevue, faite en direct et jamais rediffusée. Prenez six minutes et trente-cinq secondes pour visionner ce morceau d’anthologie de la désinformation par l’incompétence; vous n’en reviendrez pas.

Pendant toute la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, date de l’enlèvement de Laurent Gbagbo, président dument élu de la Côte d’Ivoire, sous les bombes françaises, Radio-Canada s’est livrée à une intense campagne de désinformation inversant totalement la réalité. Elle a participé à un coup d’État et aux activités criminelles des terroristes à la solde d’Alassane Ouattara, qui ont mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang à partir de 2002, avec l’aide de la France et des mercenaires onusiens. 

Depuis le renversement de Laurent Gbagbo, Radio-Canada occulte volontairement le drame quotidien vécu en Côte d’Ivoire. Sous la férule de Ouattara, ce pays magnifique est devenu une dictature brutale et génocidaire alors que Sarkozy, Obama, Harper et cie prétendaient y faire régner la démocratie. Même affaire qu’en Libye, quoi. Ayant écrit un certain nombre de fois sur la Côte d'Ivoire, spécialement à l’intention du public québécois, qui ne suit pas nécessairement de manière assidue l’actualité africaine, j’invite mes compatriotes qui souhaitent en savoir davantage à regarder le documentaire Laurent Gbagbo, un homme une vision et à consulter les textes suivants:

Si beaucoup de journalistes sont incompétents, paresseux ou coincés dans les exigences de leur employeur, je suis d’avis que nombre de leurs collègues, notamment des spécialistes, des correspondants à l’étranger, des affectateurs, des réalisateurs et des directeurs de l’information, sont parfaitement conscients de leur mission de désinformation et n’hésitent pas à manipuler leurs collègues et à organiser le mensonge en toute connaissance de cause.

Les légendes d’épouvante

Que le comportement des journalistes s’explique par la paresse, l’incompétence ou la complicité, le résultat est le même: les vérités officielles s’incrustent lorsqu’elles sont façonnées au fil de milliers de reportages. Elles peuvent même acquérir leurs lettres de noblesse dans des livres ou d’autres œuvres primées et encensées par la critique — par exemple, les écrits de la blogueuse cubaine Yoani Sánchez, coqueluche de Radio-Canada —  et dans les travaux des universitaires serviles, qui ne manqueront pas de sources concordantes à citer puisque les reportages pleuvent et reprennent tous les mêmes mensonges.

Museler ou marginaliser tout contradicteur n’est pas le but principal des vérités officielles. Elles servent surtout à créer des monstres qui deviennent les personnages principaux des légendes d’épouvante. Comme leur nom l’indique, ces légendes ont pour fonction d’épouvanter le bon peuple et de le rendre malléable. Les médias occidentaux avaient fait de Kadhafi le monstre d’une légende d’épouvante, ce qui a permis aux barons de commettre les pires crimes en Libye tout en se faisant passer pour de preux chevaliers.

Aujourd’hui, Kadhafi étant hors d’état de nuire aux bénéfices de Wall Street, son fantôme n’est plus présent dans les médias que pour discréditer d’autres indésirables, comme les candidats d’un parti préconisant l’indépendance du Québec. Les agents de relations publiques s’affairent au façonnement d’autres légendes, qui servent à justifier des agressions en cours, notamment en Syrie, ou qui serviront un jour ou l’autre à attaquer d’autres adversaires économiques. Nous en reparlerons dans la deuxième partie.

 

Bernard Desgagné

 

Source 1: ORGANISATION DU QUEBECOIS

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mardi, 23 octobre 2012

RAPPORT D’EXPERTS DE L’ONU: LES GRAINS DE SABLE IMPREVUS

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Le groupe d’experts de l’ONU a livré son rapport d’étape sur la Côte d’Ivoire. Ce rapport accable les pro Gbagbo, sur de nombreux paragraphes, principalement et explicitement, du paragraphe 3 au paragraphe 41. L'annexe 9, qui restituerait des « SMS échangés entre » un présumé pro Gbagbo et son interlocuteur en Côte d’Ivoire, a le plus retenu notre attention.

Nous souhaitons nous interroger, à propos de ces SMS, d'abord sur le problème juridique que pose cette violation de la correspondance privée et ensuite démontrer que ces SMS, annexés au Rapport des experts de l'ONU, relèvent d’une manipulation et de faux. Nous le ferons à partir de ce que nous avons convenu d’appeler les grains de sable imprévus . Pourquoi avoir choisi les Annexes, nous dira-t-on?

Nous savons que la partie Annexes est habituellement la partie la plus riche d’un  document de travail, de recherche ou simplement d’enquête, car l’essentiel, dans tous les sens du terme, s’y  trouve à l'état brut. Le chercheur ou l’enquêteur ne fait pas toujours attention à tout ce qui s’y trouve, et,  qui peut, oui ou non, consolider sa thèse ou ses démonstrations. C’est à partir des annexes que l’on remonte plus facilement au texte ou au rapport pour s’assurer de sa rigueur ou de sa faiblesse. Nous avons  effectué un exercice simple, familier aux psychologues cliniciens, à partir des actes manqués (par exemple, on veut dire Ouattara, mais c’est le nom de Gbagbo qu’on dit) et le niveau de langue pour démonter le faux en montrant que  ces SMS sont faussement attribués à un pro-Gbagbo. Un dernier élément s'y ajoute, non des moindres, le fait livré par le journaliste de Notre Voie, et qui vient confirmer notre thèse.

1- Le groupe d'experts de l'ONU a-t-il le droit de violer le secret des correspondances privées des pro-Gbagbo ?

Avec les SMS produits, il y a une violation manifeste du secret des correspondances. Pourquoi le groupe d'experts ne mentionne-t-il pas le document juridique l'autorisant à violer ainsi des  correspondances privées? Les pro-Gbagbo ont-ils encore des droits en Côte d'Ivoire ? 

2- Les grains de sable prouvant l'usage de faux par le groupe d'experts de l'ONU

1er grain de sable : l’acte manqué ; le nom, le mot ou la phrase de trop qui trahit

9èmeSMS: « L!action de nos troupes mené par le colonel sera total du nord au sud du pays c!est pr cela le plus grand soucis du colonel c!est d!évité à la population d!en etre les sacrifiés tout comme Alassane en a fait depuis 1999 en tromatisant et tuant la population tout en ce servant de nous pretre au pouvoir. »

Ici, c’est simplement un bout de phrase qui trahit son auteur : « tout en ce servant de nous pr etre au pouvoir ».  De qui, le nommé, Alassane, s’est-il servi pour être au pouvoir? Il ne s’est certainement pas servi des pro Gbagbo. Celui qui parle, ne peut qu’être, un, parmi les combattants pro-Ouattara, déçu. Son intention, dans ce SMS, n’était pas de confesser qu’ils ont été utilisés ou que Ouattara s’est servi d’eux pour arriver au pouvoir; mais cela lui a échappé. C’est  souvent ainsi que l’inconscient parle, en livrant le fond de la pensée que l'on voulait cacher, en divulgant l'identité réelle que l'on voulait dissimuler.  Dans ce SMS, l'on note deux choses: Ouattara Alassane, a non seulement sacrifié, traumatisé et tué la population, mais, de plus, s’est servi de nous, (nous, ses combattants) pour être au pouvoir. Comment l’auteur d’un tel SMS, peut-il être un pro-Gbagbo en exil au Ghana? La vérité qui éclate de ce  SMS est que son émetteur ne peut qu’être sorti du sérail de M. Ouattara: un de ses combattants, un de ses sauveurs.

2ème grain de sable : le bas  niveau de langue et  les fautes de 9 SMS sur les 10

Tous ceux dont les noms ont été cités, comme membres ou financiers de la déstabilisation du régime Ouattara, n’ont pas ce bas niveau de langue que les SMS ont servi. Le niveau de langue, les fautes de français et d’orthographe sont tels que l’on imagine difficilement ces hautes personnalités s’exprimer ainsi, même si ce ne sont que des SMS. Voyons ces nombreuses fautes, soulignées ici :

1er SMS: Cela fait un laps de temps que je vous ai pas contacté juste pour preuve de sécurité.

2ème SMS : Le colonel a prévu une date précise et l!endroit sur l!accord de certains devenciés puisque certains y seront lors de la rencontre afin de rencontré

4ème SMS : … afin de rassemblé … et bombardé tous les camps génie des troupe de nos confrère chefs rebelles, aussi attaqué la prison surtout la maca Afin de libéré certains gens, ces tant ci là bas à Yopougon il y aura une attaque aux camp BAE.

5ème SMS : En ce moment sur le territoire ivoirien ns avions des hommes qui opère discrètement, précisement à Abidjan, le colonel a donné l!ordre le dimanche pour que nos hommes aillent prendre de force des moyens militaire dans certain camps militaire, donc si vous etre à Abidjan ces temps ci restez chez vs avc votr famille.

Sixième SMS : Si vs en aviez des choses à lui transmettre, faitemoi part afin que je lui transmettre

cela quant je lui en ferai le rapport de tout ces appels et sms recu de toute cette journée.

Septième SMS :  J!en feré parti de la délégation qui ira avec eux

Huitième SMS :  Le colonel ce rendra…ce soir avec certains devanciés du djihad et touareg pour encontre discrèt.

Neuvième SMS :  L!action de nos troupes mené par le colonel sera total du nord au sud du pays c!est pr cela le plus grand soucis du colonel c!est d!évité à la population d!enetre les sacrifiés tout commeAlassane ena fait depuis 1999 en tromatisant et tuant la population tout en ce servant de nous pr etre au pouvoir.

Dixième SMS :  Pour la libération de la cote d!ivoire, il y aura un nouveau genre d!action militaire des forces islamique, touareg etc. La population ne sera pasmeutrière tel est le plus grand pari c!est de metre la population hors de ce chaos militaire c!est pour cela le colonel est beaucoup occupé.

3ème grain de sable: l’excellent niveau de langue d’un seul SMS sur les 10

Troisième SMS: «le colonel ordonnera ces jours-ci une attaque musclée contre un camp des FRCI, donc restez chez vous avec votre famille et soyez prudent. »

Le niveau de langue est excellent. Quelle prouesse en si peu de temps? Mais, c’est ici qu’apparaît le deuxième acte manqué (le retour du refoulé comme dirait l'autre). Ce SMS, rédigé par la même personne, dans le même intervalle de temps, de 12H53 à 12H12 (?), et envoyé au même destinataire, l’est dans un français limpide et sans écorchure de langue. Y aurait-il eu un dédoublement de personnalité? L'auteur du montage a oublié qu'il aurait fallu garder à tous les SMS le même niveau de langue et les mêmes types de faute pour mieux brouiller les pistes. Le manque de vigilance dans un seul SMS, sur les 10, a suffi à le perdre. Le crime parfait n'existe pas.

4ème grain de sable : l'oubli de mentionner le numéro expéditeur

Pourquoi ce rapport a-t-il passé sous silence le numéro de téléphone de l’émetteur des sms? Pour démontrer en effet, qu'un SMS émane  de quelqu'un, il faut montrer le numéro expéditeur, car il est facile, avec l'évolution actuelle de la technologie, de  fabriquer des sms et les attribuer à quelqu'un. Des sms peuvent même être émis de votre poste, à votre insu, et adressés à un destinataire que vous ne connaissez même pas. L'oubli de cette mention ne peut pas être innocent; on l'appelle scotomisation, acte conscient ou inconscient d'effacer un fait pour servir une cause.

5ème grain de sable : le temps s'accelère et s'inverse anachronologiquement

La conversation par SMS aurait  commencé à 12H53 pour se terminer anachronologiquement à 12H12 ; ceci est matériellement impossible. Mais qui plus est, lorsque l’on voit le niveau de la personne qui a écrit ces SMS, l’on ne peut qu’être surpris de la rapidité de sa rédaction. Le temps qui sépare chaque SMS d’un autre, dit temps de latence  est,  en moyenne de 3,8 minutes (soit 10 SMS sur une durée de 41mn). Le troisième SMS est d'une durée plus courte, et envoyé rien que deux minutes après le précédent, soit à 12h 40. N’est-ce pas extraordinaire pour quelqu'un dont nous connaissons maintenant le niveau, par son expression écrite?

3- La  preuve directe de l'usage de  faux par le Groupe d'experts est donnée par Benjamin Koré de Notre Voie

Selon Benjamin Koré (in Notre Voie N° du mardi 23 octobre 2012), le N° 40 00 79 45, auquel neuf des 10 SMS sont adressés, appartient à Germain Séhoué, journaliste au quotidien Le Temps; écrivain et auteur du livre d’investigation intitulé «Le commandant invisible ». Joint, au téléphone, dit M. Koré, Germain Séhoué est formel: « les sms en question ne proviennent pas de pro-Gbagbo en exil, mais de combattants pro-Ouattara (en l'occurence, d’un certain « colonel » Sékouba) qui ont mené la lutte pour Alassane Ouattara dans la commune d’Abobo dans la crise postélectorale.

Conclusion 

De tout ce qui précède, l'on peut conclure sereinement que les SMS ici en question proviennent de quelqu'un, parmi ceux, dont Ouattara s’est  servi pour être au pouvoir. Il faut donc retenir la thèse, des attaques des positions FRCI par des FRCI, de la déstabilisation du régime Ouattara par ses sauveurs d’hier, mécontents. Le reste n'est que manipulation. On le voit donc, c’est toujours maladroitement que l’on fait porter le chapeau aux souffre-douleurs, les pro-Gbagbo. Hier, après le complot avorté, monté artificiellement par M. Hamed Bakayoko pour accuser les pro-Gbagbo, en utilisant un ressortissant ghanéen du nom de Tchikata (aux arrêts en ce moment au Ghana), après l'attaque de Noé et la version des assaillants venus du Ghana, servie pour accuser les partisans du Président Gbagbo en exil dans ce pays; aujourd’hui, ce sont des SMS, encore, de pro Gbagbo.  Pourquoi l'ONU se croit-elle obligée de prendre part au faux et au mensonge aux côtés des pro-Ouattara dont c'est la spécialité? Ce sera quoi demain?

 

Dassi Okpetiblioua

Historien

LA JUSTICE IVOIRIENNE COMPLICE DES CYBER-ESCROCS

 

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Cyber-escroquerie - Après un vol de plus de 700 millions F CFA (plus d'1 million d'EURO), la bande à Kourouma Mohamed toujours libre


10 ans. C’est la peine infligée à la bande à Kourouma Mohamed, à la suite de l’audience du mardi 10 avril dernier, au Tribunal de première instance du Plateau. Curieusement, tous ces escrocs se la coulent douce à Abidjan, comme si de rien n’était. Retour sur un scandale judiciaire.
 
Le procès opposant la bande à Kourouma au Français Claude Ollivier a livré son verdict, le 10 avril 2012, au Tribunal de première instance du Plateau. Les juges sont allés dans le sens du procureur Adou Koffi, et ont mis un terme à cette affaire. Au bout du compte, Kourouma Mohamed et Serges Assaud ont écopé de dix ans de prison ferme. Mlle Djoblé, la compagne de Kourouma, s’en tire avec trois ans.

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Le "brouteur" (cyber-escroc) Kourouma Mohamed

 
Aussi, ils devront verser à leur victime la somme totale qu’ils lui ont extorquée, soit plus de 720 millions FCFA; en plus des dommages et intérêts de plus de 600 millions FCFA, comme souhaité par les avocats de Claude Ollivier. Ce dernier est aujourd’hui très en colère avec la justice ivoirienne, qui a condamné ces escrocs, sans les mettre aux arrêts. Comment en est-on arrivé là?  
 
C’est sur Internet, que Claude Ollivier est approché par des individus, qui se révèleront être des escrocs. A la tête de cette bande, le nommé Kourouma Mohamed, la trentaine, fait office de gourou. C’est lui qui a attiré le Français dans ce labyrinthe. Se présentant sous le nom d’Eva Mendes, Kourouma Mohamed joue à la veuve en détresse, qui aurait ses avoirs bloqués dans une structure financière de la place. Elle ou (il précisément) recherchait donc une aide financière, en vue du déblocage de ses fonds, afin de ne pas mourir de faim avec sa progéniture. C’est ainsi que Kourouma et sa bande parviennent à dénicher ce monsieur, qui ignorait qu’il venait de croiser le Diable et ses suppôts.

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Ceux-ci vont le ruiner, jusqu’au dernier centime. Au premier versement de 50 millions FCFA, suivront plusieurs autres millions qui prendront des chemins divers au fur et à mesure que des obstacles se dressaient devant les escrocs. Au total, ce sont plus de 700 millions FCFA qui seront extorqués au septuagénaire, qui croyait aider des personnes en détresse. Découvrant la supercherie, Claude Ollivier alerte la Police ivoirienne, qui met en branle sa Sous-direction des Traces Technologiques, que dirigeait le Commissaire Robé Gogo.
 
A la suite d’une enquête rigoureuse menée courant 2010, Kourouma Mohamed  est cueilli et ne fait pas de difficultés pour avouer. Jeté à la Maca, Kourouma Mohamed, en dépit des lourdes charges qui pèsent contre lui, réussira à sortir de cette prison, au grand dam des enquêteurs de la Police et aussi des magistrats du Parquet. Il a fallu la ténacité du plaignant et la probité morale de certains magistrats pour que cette affaire soit jugée.

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Condamnée, la bande à Kourouma court toujours; pour ne pas dire, se la coule douce. Kourouma Mohamed continue de jouir des retombées de son vol gigantesque, pendant que Claude Ollivier broie du noir. Au moment où la Côte d’Ivoire s’active à redorer son image, ce sont ces exemples qui la freinent dans son élan. Et qui devraient amener les plus hautes autorités à y voir clair.
 
 
RMK

FRANÇAFRIQUE, CETTE ASSOCIATION DE MALFAITEURS QUI A PARALYSE L'AFRIQUE!

 

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Ces jours-ci, il est de bon temps de parler d’un vent de renouveau dans les relations France-Afrique.  L’«honneur» des Africains est lavé, semble dire à l’unisson certains milieux politiciens des deux côtés de la méditerranée. Le nouveau président de la gauche française, François Hollande est venu soigner les «bobos» que son prédécesseur de la droite française, Nicolas Sarkozy, a commis envers les «élites» africaines.

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait dans la même ville, Dakar, commis l’impair en pensant avoir identifié le « drame de l’Afrique » en disant que «l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire», François Hollande préfère « encenser » le continent « berceau de l’humanité », en valorisant ses atouts et en axant sur son avenir, sans s’attarder sur le lourd passé des relations franco-africaines, dont il veut apparemment se distancer. Désormais, déclare-t-il dans son premier discours en terre d’Afrique: « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. »[1] En fait, l’exposé est truffé de belles phrases, des promesses d’amitié, de sincérité, bref, un beau discours avec des énoncés tout à fait judicieux pour susciter l’adhésion des Africains en ces temps d’incertitudes et de crise globalisée, dont ils sont encore une fois les otages.

Mais pour beaucoup d’Africains, le seul fait nouveau dans ce discours, c’est son orateur, le président François Hollande, le nouveau visage des intérêts de la France en Afrique. Le reste n’est que rengaine. Les mémoires sont pleines des promesses et autres engagements des gouvernements successifs de la France, qu’on s’empresse d’enterrer sitôt éteints les projecteurs. Qui ne se souvient du fameux discours prononcé à La Baule le 20 juin 1990 par un autre président français, également de gauche, François Mitterrand. Son contenu a marqué les esprits par le vent de changement qu’il prônait, autant en terme de relations entre la France et l’Afrique, qu’en terme de liberté, de développement et d’ouverture démocratique. D’autant que le contexte politique international de l’époque s’y prêtait particulièrement dans la foulée de l’effondrement de l’union soviétique et la chute du mur de Berlin. N’est-ce pas qu’il faut avoir la mémoire courte pour croire encore aux discours des présidents français sur l’Afrique? Aucun d’eux n’a jamais mis en péril le système néocolonialiste mis en place par le général de Gaule et son homme de main Jacques Foccart pour garder ses ex. colonies sous domination française. La machine monstrueuse qu’est la Françafrique est toujours active, même si les discours et les filières sont renouvelés à chaque changement de gouvernement français.

Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande? Pas sûr. Chacun de ses prédécesseurs avait, dans des termes plus ou moins similaires, proclamé publiquement l’acte de décès de cette association de malfaiteurs, dont l’ampleur des crimes contre l’humanité occuperait la cour pénale internationale pour des années, à tout le moins. Mais aucun des présidents, de droite comme de gauche, n’a vraiment dévié de la ligne tracée par Jacques Foccart, laquelle comme chacun sait, ne fait aucune place aux droits des peuples des ex. colonies.

Gauche et droite, nourries au sein de la Françafrique

Si les Africains ne s’attendaient pas à des gestes révolutionnaires de la droite française, supposément pas très regardante sur la question des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires en Afrique, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avait soulevé de grands espoirs. D’autant que François Mitterrand avait nommé au poste de ministre délégué à la « coopération » Jean-Pierre Cot, un homme tout acquis au changement dans les relations France-Afrique, comme l’écrivait Christian Fauvet dans l’Express : « La tête pleine d’idées généreuses (…), il s’emploie à faire souffler le vent du changement. Après tout, il est là pour ça. Dans son esprit, le changement consiste à abandonner la politique du secret, que symbolisait Foccart, (…) À promouvoir une autre politique du développement, fondée sur une certaine morale. »[2] Jean-Pierre Cot, explique pour sa part au réalisateur du remarquable documentaire Francafrique[3], Patrick Benquet : « qu’il représentait “l’image” à laquelle tenait le président Mitterrand”, l’ouverture sur le tiers-monde, le discours généreux du développement, les nations unies, les droits de l’homme… » Tout cela ne fut qu’une brève parenthèse.

Les Africains découvrent rapidement que ce n’est qu’une image derrière laquelle le président Mitterrand est devenu lui-même la nouvelle matrice de la Françafrique et encaisse dans les pures traditions de celle-ci, les dividendes engendrés par le pillage, les détournements, et autres crimes infligés aux peuples du continent. Ils ne sont pas les seuls à être déçus par la gauche française. Le ministre de la coopération l’est tout autant de voir son président reproduire dans les coulisses ce qu’il condamnait publiquement. Jean-Pierre Cot démissionne et devient ainsi une victime de l’argent sale, qui alimente les caisses noires de l’Élysée et les comptes bancaires des dictateurs alliés. Sauté l’obstacle Jean-Pierre Cot, la Françafrique repart sous la houlette de François Mitterrand, qui du même coup enterre le discours d’ouverture de la Baule qui faisait la part belle à la démocratie, au développement et les droits de l’homme dans les ex. colonies. Pendant un court instant de l’histoire, les peuples africains s’étaient mis à rêver si fort qu’ils en oubliaient que l’orateur et son assistance, un parterre de dictateurs sanguinaires et corrompus, étaient les pourvoyeurs exclusifs de leurs souffrances. Mitterrand a tout bonnement enterré le projet de rupture avec la Françafrique et mis celle-ci au service de ses propres ambitions.

On efface et on recommence

Plus de 15 ans plus tard, après d’autres guerres[4], d’autres massacres, et d’autres coups d’état qui ont confiné le continent dans la misère et la violence, le candidat président de la droite, Nicolas Sarkozy se présente aux Africains avec le même projet de rupture avec la Francafrique. Il parle d’instaurer une : « relation transparente. Il nous la faut, déclare-t-il, débarrassée des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés »[5] Son secrétaire d’état chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel va connaître le même sort que celui de Mitterrand, Jean-Pierre Cot. Dans un discours fort critique des relations France-Afrique, il déclare devant la presse : « Je veux signer l’acte de décès de la “Françafrique”[6]. Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement. » Il n’en fallait pas plus pour réveiller les monstres de la Françafrique. Et au lieu de rupture, c’est plutôt le secrétaire d’état qui est démis de ses fonctions dans la « patrie » des droits de l’homme. Cependant, contrairement à Jean-Pierre Cot qui a refusé de monnayer ses principes en déclinant l’offre de son gouvernement, cet ancien colonel accepta d’occuper le poste de ministre aux anciens combattants. 

50 ans après les indépendances, la mort de la Françafrique devrait être une affaire exclusivement africaine 

Tous ces épisodes de la Françafrique, qui renait à chaque fois de ses cendres, prouvent aux Africains que la balle de leur émancipation est désormais dans leur camp. Il leur faudra regarder bien en face, et surtout évaluer les incidences des instruments de leur dépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, la Françafrique, bien sûr, mais aussi la Francophonie et la Franc-maçonnerie[7], qui sont autant de ghettos qui neutralisent le développement des ex. colonies. Si la mondialisation n’est pas l’idéal pour l’humanité, il n’empêche qu’elle a permis l’ouverture du continent africain à d’autres possibilités de développement. Quand les Africains entendent les politiques et médias français s’indigner que la Chine fasse des affaires avec des régimes qui violent les droits humains, ça prête à sourire, tant le sarcasme est énorme. Il faut être bien arrogant et surtout méprisant pour reprocher aux Chinois, un crime qu’eux-mêmes commettent systématiquement et sans état d’âme depuis 50 ans sur le continent noir, au vu et au su de toute l’Europe, dont ils sont le fer de lance dans cette partie du monde. Tout comme les Britanniques et les États-Unis le sont dans d’autres endroits de la planète.

C’est parfait de vouloir tourner la page, mais alors, que la France cesse séance tenante son soutien aux dictateurs, qu’elle publie tous leurs biens et leurs avoirs[8] sur son territoire et qu’elle les restitue aux peuples pillés[9], qu’elle libère les archives de ses ex. colonies, qu’elle mette fin aux accords militaires secrets, et qu’elle procède au démantèlement de ses bases militaires. Peut-on y croire? Après 50 ans de pratiques inégales et de mensonges, les préjugés instillés par les réseaux de la Françafrique finissent comme une seconde nature qu’on peine à éliminer. Et on aurait tendance à penser que rien de cela ne sera fait. Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce n’est sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement.


Zehira Houfani, écrivaine.

 

Notes


[1]Le discours de François Hollande, le Point.fr, 12 octobre 2012,

[2] L’écart de Jean-Pierre Cot, Christian Fauvet, l’Express, 10 décembre 1982

[3] Françafrique, Patrick Benquet, Infrarouge, France 2, 13 octobre 2010

[5] Discours prononcé au Bénin le 19 mai 2006

[6] Les voeux à la hussarde de Jean-Marie Bockel, Vincent Hugeux, L’EXPRESS, 15 janvier 2008

[7] Franc-maçons: les maîtres de l’Afrique, Théophile Kouamouo, Jeune Afrique, 11 avril 2011

Voir aussi l’excellent documentaire « Françafrique » de Patrick Benquet cité plus haut, qui montre une scène surréaliste et surtout affligeante de ces maîtres de l’Afrique dans leur accoutrementde franc-maçon

[8] Voir le site de l’ONG française Survie et l’important travail de son président, François-Xavier Verschave , une véritable bibliothèque sur les crimes de la Françafrique: www.survie.org

lundi, 22 octobre 2012

DE SEPTEMBRE 2002 A JANVIER 2003, MME WODIE ETALE LES CRIMES DE LA REBELLION ARMEE PRO-OUATTARA

 

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Dans un rapport publié le 12 décembre 2002, au nom du Gouvernement ivoirien, le ministre délégué aux Droits de l’Homme a fait un bilan partiel de la situation des Droits de l’Homme depuis l’agression barbare perpétrée contre la Côte d’Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Voici l’intégralité du rapport de Victorine Wodié qui accable le MPCI de Guillaume Soro et ses chefs de guerre.

De nombreux témoignages concordants, recueillis auprès de témoins ou rapportés par la presse, ont permis de se rendre compte de plusieurs cas de violations graves des Droits de la Personne Humaine commises par les rebelles du MPCI (Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire) dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, à savoir:

• Les violations du droit à la vie (exécutions sommaires de populations civiles et militaires),

• Les tortures et traitements cruels inhumains et dégradants (viols, tortures et mauvais traitements, administration de substances nuisibles à la santé),

• Les violations du droit au respect de la vie privée (violation de domiciles),

• Les violations du droit à la libre circulation,

• Le travail forcé ou obligatoire (enrôlement forcé de nombreuses personnes dont les mineurs),

• Les disparitions,

• Les violations du droit à la non-discrimination,

• Les violations du droit à la sécurité,

• Les violations du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (destruction de l’Etat civil).
Alors que ce rapport était en préparation, deux autres mouvements armés, le MPIGO (Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest) et le MJP (Mouvement pour la Justice et la Paix), ont fait leur apparition dans l’Ouest du pays.

Le rapport du 12 décembre n’ayant pas pu prendre en compte la situation dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, le Ministre Délégué aux Droits de l’Homme a rassemblé des témoignages et des informations pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur la situation qui prévaut dans cette partie de la Côte d’Ivoire.

La rébellion armée MPIGO-MJP, outre ce qu’elle partage en commun avec la rébellion MPCI dans le Nord et le Centre de la Côte d’Ivoire, a des caractéristiques propres.

En effet, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, c’est la version caricaturale des violations hideuses des Droits de l’Homme du MPCI. Ces rebelles n’ont cure des Droits de la Personne Humaine qu’ils violent sans cesse, à tel point qu’un journal a écrit «qu’ils ont fait de la violation des droit de l’Homme, leur programme de gouvernement ». Parlant de la même situation, un témoin européen la décrit ainsi : « Là-bas, ce n’est plus la guerre civile, c’est une sorte de carnaval sanglant ».

Dans les villes de Man, Danané, Touleupleu, Bangolo, Bloléquin, Tabou, viols, meurtres et pillages sont devenus les loisirs des rebelles du MPIGO et du MJP, appuyés par les mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone !

Le Gouvernement français, par le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, s’est en son temps dit « très préoccupé par la violation des Droits de l’Homme dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire» (propos rapportés par l’AFP).

Les populations de l’Ouest vivent une horreur sans nom.

I – CARACTERISTIQUES COMMUNES DE LA REBELLION MPIGO-MJP AVEC LA REBELLION MPCI 

Ces différentes branches de la rébellion ont en commun:

1-Les exécutions sommaires de civils et d’agents des forces de défense et de sécurité

-Touleupleu: 400 personnes tuées depuis le 30/11/2002 dont 142 corps identifiés ; 97 tués à Péhé ; 01 femme égorgée.

- Facobly: 101 personnes tuées ; 47 personnes tuées dont le chef du village de Soumahié, des femmes y ont été égorgées ; 01 femme égorgée dans le village de Méo.

- Kouibly: environ 15 personnes tuées dans le village de Douagué ; 01 gendarme et 01 instituteur tués.

-Danané : 03 gendarmes assassinés à Dongouiné ; 02 douaniers et le Commandant de brigade adjoint tués le 28/12/2002.

- Duékoué : 261 personnes tuées ; 54 portées disparues selon l’association des Cadres WÊ.

- Bloléquin : 246 personnes tuées.

- Bangolo: 29 civils tués entre le 20 décembre 2002 et le 21 le 21 janvier 2003, témoignage rapporté par le comité départemental de gestion de la crise à Bangolo (Notre Voie du 21 janvier 2003). Au total, 190 personnes tuées et 90 disparues selon les sources de l’Association des Cadres WÊ,

- Man: exécution de plusieurs civils dont le Directeur Régional de l’Education Nationale. Une liste de quelques victimes peut être consultée en annexe. Selon les sources de l’Association des Cadres WÊ, il y a environ 1.300 morts dont 896 ont été identifiés dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

2-Les viols

Dans les villes et villages notamment à Danané et Tabou, les rebelles se livrent à des viols, même sur des mineurs. Ainsi à Facobly, plusieurs femmes enlevées dans le village de Gbadrou, ont été violées pendant plus d’une semaine. Les témoignages concordants sur les viols sont légions. (…)

3-Enrôlement de prisonniers

Dans toutes les villes occupées, les prisons ont été ouvertes et des prisonniers enrôlés dans les rangs des rebelles, ce qui accroît l’insécurité dans toute la région.
C’est particulièrement le cas à Danané, Touleupleu, Bangolo, Man.

4-Tortures et traitements inhumains et dégradants

Un vieillard de plus de 105 ans est mort après avoir été détenu sans nourriture pendant sept (7) jours à Dena (sous-préfecture de Péhé).

Les chefs de village sont passés à tabac parce qu’accusés de complicité avec les loyalistes. Plusieurs personnes battues et exposées nues au soleil pendant des heures.

Des Prêtres ont même subi ce sort, à Man et à Danané .

Sévices sur une femme enceinte dont le bébé est mort après l’accouchement à Man. Le témoin N° 66, une femme décrit par exemple : « De mon lieu de cachette, j’aperçois la scène qui se passait. Ils ont déshabillé les hommes et les femmes en vue de chercher de l’argent ».

5-Pillages et destruction de biens

A Danané, Man, Bangolo, Touleupleu, Tabou, les rebelles se livrent à des pillages systématiques des domiciles aussi bien dans les villes que dans les villages.

Ainsi, le domicile du Ministre Bombet a été saccagé à Bangolo. Les cantines scolaires ont été pillées à Danané. Des plantations ont été incendiées à Bangolo, Touleupleu et Facobly privant ainsi, les paysans de leur seule source de revenu et de nourriture.

II – CARACTERISTIQUES SPECIFIQUES DE LA REBELLION DE L’OUEST

1-Présence massive de mercenaires et étrangers libériens et sierra-léonais

La rébellion à l’Ouest, cela est désormais établi, est l’affaire des mercenaires venus du Libéria et de la Sierra Léone, deux (02) pays qui ont connu plusieurs années de guerre civile ; un reporter du journal français Le Figaro écrit, à ce propos, dans le numéro du 21 janvier 2003 : «La route goudronnée ainsi que les pistes qui descendent de Man à Duékoué sont occupées par des hordes de combattants venus du Libéria e de la Sierra Léone, associés à des rebelles du MJP et Du MPIGO». Plusieurs témoignages concordants font état de la présence de nombreux soldats ne s’exprimant qu’en anglais.

2-Développement du phénomène des enfants-soldats

Dans le précédent rapport, le phénomène des enfants-soldats enrôlés de gré ou de force par les rebelles avait déjà été stigmatisé. A l’Ouest, ce phénomène semble s’être accentué : « Les enfants-soldats sont rois à Man… Des enfants âgés de douze (12) ans foncent à travers les rues défoncées de la ville, au volant de Mercedes dont ils ont arraché les portières pour mieux exhiber leur armement ». La plupart de ces enfants ont déjà à leur actif plusieurs années de combat au Libéria et en Sierra Léone.

3-Des mercenaires incontrôlables

Les mercenaires recrutés par le MPIGO et le MJP, s’ils s’accordent avec leurs recruteurs pour tuer, détruire et piller, ils échappent totalement aux contrôles de leurs « employeurs » à en croire le Lieutenant Samuel Tounkara du MJP qui reconnaît dans le même numéro du Figaro : «Le problème c’est qu’il nous est impossible de contrôler totalement ces Libériens».

4-Les mercenaires se paient en butin de guerre

Dans toutes les villes, les rebelles font systématiquement main basse sur tous les biens des populations y compris les récoltes des champs. Ils obéissent ainsi à ce slogan rapporté par plusieurs journaux et par plusieurs témoins « Opération pay yourself » (paie-toi, toi-même, sur la guerre). Ainsi, appareils électroménagers, véhicules, ustensiles de cuisines, etc., sont convoyés vers le Libéria à partir de Danané, Toulepleu, Bangolo, Bloléquin et Man.

5- Profanation de tombes et de lieux sacrés

- Profanation de tombes et de forêts sacrées dont la tombe de feu Colonel Oulaï.

- Des masques (objets sacrés de la région) ont été brûlés et des sites d’initiation saccagés.

6-Travaux forcés et pillages de ressources naturelles

A Ity, les rebelles ont contraint des ouvriers à extraire de l’or pour eux.

7-Des mutilations d’otages

Un témoin interrogé dans les colonnes du journal Soir Info du 24 février, déclare ceci à propos des sévices faits sur les populations civiles à Touleupleu : « ceux qui ont été faits otages font l’objet de marquage distinctif qui consiste pour leurs ravisseurs soit à leur couper l’oreille, soit l’orteil ou tout simplement un doigt ». Face à ces atrocités sans nom et à la terreur semée dans la région, les paysans n’ont d’autres recours que de se réfugier dans les forêts.

8-Une barbarie sans nom

Des villages sont incendiés (Péhé), des récoltes emportées, des plantations détruites, des personnes égorgées, des corps brûlés. Les villageois ne pouvant plus se rendre dans les champs sont exposés à la famine. Dans toutes les localités assiégées, l’administration n’existe plus, les écoles et les centres de santé sont fermés. La population court de graves risques d’épidémie à cause des corps en décomposition dans les villages désertés et dans les forêts.

Dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, la vie humaine n’a aucune valeur aux yeux des rebelles assoiffés de sang. A Bangolo, pour n’avoir pas pu payer la rançon de dix (10.000) mille francs CFA exigée, un paysan a été froidement abattu. Des personnes ont été exécutées à l’arme blanche (égorgées) et des corps brûlés notamment à Kouibly, Touleupleu. Après avoir égorgé leurs victimes, les rebelles en boivent le sang. Une rançon est parfois exigée pour la libération de ceux qui sont pris en otages.

Ainsi, à Voumgbé (Facobly), les assaillants ont exigé bœufs, moutons et la somme de cent (100.000) mille francs CFA pour la libération des personnes détenues, qu’ils avaient enterrées debout ayant la terre jusqu’au cou. Malgré le paiement de la rançon, ces personnes ont été exécutées par balles. (…)

L’heure est venue d’y mettre fin faute de quoi, la Communauté internationale pourrait être un jour accusée de non-assistance à personne en danger. Avec l’espoir suscité par les Accords de Marcoussis, le Gouvernement ivoirien en comptant sur le concours de la Communauté internationale, espère avoir les moyens de rétablir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire afin de pouvoir faire un bilan plus exhaustif des exactions commises par la rébellion armée depuis le 19 septembre 2002.

C’est pour ce faire qu’une commission d’enquête internationale de l’ONU a été demandée depuis le 05 novembre 2002. Cette commission est vivement attendue.


Fait à Abidjan, le 25 février 2003

Pour le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire 

Victorine Wodié
Ministre délégué aux Droits de l’Homme


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N°4251 des samedi 20 & dimanche 21 octobre 2012.

dimanche, 21 octobre 2012

LA FIN DE LA FRANÇAFRIQUE? VRAIMENT?

 

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Monsieur le Président François Hollande, vous venez à votre tour de faire votre discours de Dakar ce 12 octobre 2012 avec une belle déclaration annonçant que «le temps de la Françafrique est révolu» et quelques belles phrases sur la sincérité, la solidarité et la démocratie, sans oublier «la bonne gouvernance».

Monsieur le Président François Hollande, si vous voulez vraiment en finir avec la Françafrique, nous vous suggérons de faire vôtres les propositions du Front de gauche dont voici quelques-unes : en finir avec le soutien aux dictatures, redéfinir une coopération à l’écoute, revoir les conditions de l’aide publique au développement, soutenir le développement d’une agriculture paysanne auto-centrée et respecter la souveraineté agricole des pays africains, agir contre la prédation des terres, favoriser l’appropriation collective des biens communs africains par les Africains, co-inventer un nouveau modèle de développement avec les peuples africains, exiger et contrôler la transparence des pratiques des grandes entreprises françaises en Afrique, rendre aux Africains l’autonomie de gestion du Franc CFA, créer un rapport de force avec les structures internationales qui pillent l’Afrique, appuyer les dynamiques de renforcement régional et continental, ré-examiner la dette et l’annuler, soutenir les politiques d’éducation et d’enseignement supérieur, favoriser l’enrichissement réciproque de nos cultures, avoir une politique ouverte de circulation et de résidence des personnes, regarder en face notre histoire en soutenant la création de commissions d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les responsabilités de la France dans les atrocités commises durant la colonisation et sur les implications de la France dans les génocides, coups d’Etat et renversements militaires.

 Ces propositions parmi d’autres sont détaillées dans le document intitulé «pour une nouvelle politique entre la France et l’Afrique» que nous avions publié à l’occasion de la campagne présidentielle et disponible sur le site «Place au peuple 2012».


Le Parti de Gauche


Tout ceci, Monsieur le Président, nécessite une vraie volonté politique que nous n’avons pas perçue à ce jour ainsi qu’une continuité d’action qui semble contredite par les faits: baisse de l’APD, non respect des engagements financiers,  maintien et renforcement du Franc CFA,  maintien de l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui livre aux multinationales les marchés africains, proposition d’aide dans les domaines de l’agroalimentaire, les télécommunications et les services financiers qui est en fait une façon d’imposer les multinationales françaises, proposition d’une aide pour négocier avec les multinationales minières et pétrolières, maintien des forces militaires françaises en Afrique.

Dans votre discours qui se veut le programme de la France en Afrique, vous déclarez que l’Afrique «est une terre d’avenir pour l’économie mondiale» et vous ajoutez «les grands pays émergents se tournent vers vous et investissent massivement» car c’est bien cela qui vous intéresse: non pas le développement auto-géré de l’Afrique mais son accompagnement par les soins intéressés du capitalisme français.

Vous  indiquez ensuite: «le futur de l’Afrique se bâtira par le renforcement de la capacité des Africains à gérer eux-mêmes les crises africaines». Or c’est sans vergogne que la France reste militairement présente en Côte d’Ivoire pour appuyer le régime de Ouattara, conduit au pouvoir par l’armée française et maintenu au pouvoir par des criminels de guerre. C’est sans vergogne que vous vous ingérer dans les affaires internes au Mali par le biais de la CEDEAO, en imposant un gouvernement prétendument d’union nationale et une solution militaire extérieure pour lutter contre les troupes mafieuses et islamistes du nord du pays.

Certains Africains commencent à dire que décidément, on ne peut rien attendre de François Hollande. Devons nous leur donner raison?

 

Commission Afrique du Secteur International du Parti de Gauche.


Source: LE PARTI DE GAUCHE

samedi, 20 octobre 2012

MAMADOU KOULIBALY DESHABILLE OUATTARA: LE REGIME OUATTARA DANS TOUTE SA LAIDEUR

 

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Au moment où le Président Ouattara reçoit l’Internationale Libérale en Côte d’Ivoire, venue célébrer les succès de son régime nous dit-on, de nombreux observateurs s’interrogent, et sur toutes les langues, une question se pose : Quelle est la réelle nature du régime Ouattara? Sans être exhaustif, retenons trente (30) points des principales politiques pratiques qui caractérisent le régime ivoirien actuel.


1- Une grande insécurité qui n’arrive pas à être résorbée et qui, au contraire, augmente et met en péril tous les milieux d’affaires;

2- Une présence militaire et paramilitaire oppressante dans les rues et une marginalisation des corps de police et de gendarmerie alors que les populations sont abandonnées au racket d’hommes armés, qu’elles doivent accepter les barrages, et les fouilles à répétition qui prennent des allures de tracasseries;

3- Des violations constantes des droits de la propriété individuelle caractérisées par des vols à main armée, braquages des honnêtes gens, expropriations de maisons par des amis du régime, de terrains urbains, d’entreprises, de véhicules, appropriations autoritaires de forêts classées par des bandes armées proches du pouvoir;

4- Des violations répétées de la loi fondamentale sur laquelle le président de la République lui même, qui va ouvrir le congrès de l’Internationale Libérale, a prêté serment, notamment par des nominations anticonstitutionnelles à la tête de grandes institutions de l’Etat, (Conseil constitutionnel, Conseil économique et social, Assemblée nationale) et la prise d’ordonnances illégales qui lui permettent de se passer de son parlement dans lequel il n’y a pourtant aucune opposition;

5- Une non-dénonciation de l’environnement juridique qui donne la propriété de la terre à l’Etat et qui maintient un régime foncier archaïque, déconnecté des besoins et attentes réelles, en interdisant par exemple aux populations d’avoir le choix de vendre leur terre à des acquéreurs suivant les simples principes du libre échange;

6- Une gestion patrimoniale de l’Etat avec un gouvernement de quarante (40) ministères dont au moins quatre (4) sont délégués à la présidence de la République ;

7- De nombreux membres de la famille du président de la République impliqués dans la gestion directe des affaires de l’Etat ;

8- Un président de la République, également chef suprême des armées, qui ferme pourtant les yeux sur des violences perpétrées par les forces de défense nationales et leurs mercenaires supplétifs dans différentes villes et régions du pays, notamment à Duékoué, Sikensi, Yopougon, Azaguié, Arrah, Abidjan;

9- Une vengeance justicière qui se caractérise par une traque acharnée des militants de l’ancien régime et des personnes supposées proches. Traque confirmée par de nombreuses organisations internationales (HCR, ONU, Amnesty International, International Crisis Group, Human Rights Watch) ;

10- Une justice inéquitable aux ordres des puissants dont l’inefficacité est confirmée par l’indice de la liberté économique que ce soit celui de Heritage Foundation de Washington ou celui réalisé par l’institut canadien Fraser et qui donnent une note de 3,2 sur 10 à la Côte d’Ivoire en 2012;

11- Un manque de responsabilité du pouvoir et un déni de justice par le Président de la République qui refuse d’y soumettre les coupables de crimes de guerre, de crimes de sang et de crimes contre l’humanité issus de ses propres rangs ;

12- Une promotion des anciens Com’Zones (Chefs de guerre de l’ancienne rébellion 2002-2011) à des grades supérieurs dans l’armée et dans l’administration civile, même si leur formation est en inéquation totale avec les compétences exigées par ces postes;

13- Un recrutement ethnique marqué dans l’administration publique et les entreprises du grand secteur public avec des nominations autoritaires, hors concours, sans aucun critère de compétence, pour répondre à la volonté affirmée de «rattrapage ethnique» promue par le président de la République comme méthode de bonne gouvernance;

14- Une décentralisation dénaturée qui consiste plus en une déconcentration administrative de l’Etat qu’en une réelle volonté de subsidiarité ;

15- Des accords et traités internationaux signés dans une opacité totale. Les Ivoiriens n’ont, par exemple, toujours aucune information sur les derniers accords de défense signés avec la France ni sur le coût effectif du troisième pont à Abidjan dont la construction a été attribuée sans appel d’offre international;

16- Un contrôle des changes aux frontières alors que le gouvernement prétend que nous sommes dans une zone monétaire qui autorise la libre convertibilité de la monnaie locale;

17- Des prix administrés et fixés par l’Etat, notamment dans les filières agricoles du cacao, du café, de l’anacarde, du coton…;

18- Un contrôle direct de l’Etat dans la gestion et la commercialisation des produits agricoles de rente tel le cacao à l’exclusion des paysans producteurs qui sont parmi les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du pays;

19- Une violation constante et impunie du Code des Marchés Publics. De grands marchés ont été octroyés à des proches du régime ou des entreprises sélectionnées sans appel d’offre, en dehors des règles de libre concurrence et dans un cadre de corruption manifeste (réhabilitations des universités et des prisons, confection des tenues des Forces Républicaines, lampes dites à économie d’énergie, etc.);

20- Des connivences avec des entreprises dont les monopoles sont protégés par l’Etat notamment dans les secteurs de la distribution de l’eau, de l’électricité, de la télévision, de la télécommunication;

21- Des licences d’importation et des quotas sur des produits de première nécessité et de grandes consommations, dont le riz, par exemple, réservés à des proches du pouvoir;

22- Un hyper-réendettement en désordre de l’Etat alors que le pays est sous perfusion PPTE et que les gaspillages des ressources publiques sont monnaies courantes;

23- Une augmentation sans justification et sans mesure transitoire des prélèvements obligatoires pour le financement de la retraite imposée par l’Etat au dépens des générations futures;

24- Des entraves fréquentes aux activités de la société civile que le gouvernement voudrait étouffer;

25- Des médias publics aux ordres, marginalisant les opposants au pouvoir et filtrant les communications de la société civile;

26- Une presse d’opposition régulièrement muselée et censurée même si celleci n’est pas exempte de critiques;

27- Un nombre important d’exilés et de refugiés dans les pays voisins qui justifie, pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, un vote massif par les pieds de nombreuses populations apeurées et craignant pour leur vies face aux pratiques du régime;

28- Des étudiants sombrant dans les années blanches, soumis à des orientations autoritaires vers des filières choisies par l’Etat et non par les familles et à l’inefficacité de l’administration universitaire qui rend cauchemardesque, voire impossible pour beaucoup, leurs formalités d’inscription dans des facultés gardées par des hommes armés à la solde du régime;

29- Des partis d’opposition laissés en marge de l’activité politique sans statut ni financement, alors que les partis au pouvoir se financent grassement sur fonds publics;

30- Un cadre électoral déterminé autoritairement par l’Etat sans consensus et qui se manifeste par un redécoupage électoral arbitraire avantageant le parti du président de la République, une Commission Electorale prétendue Indépendante fortement déséquilibrée avec la présence de militaires alors que le chef de l’Etat est aussi le ministre de la défense, le chef supérieur des armées et le président du Conseil Supérieur de la Magistrature.

L’énumération de ce chapelet de trente mesures entre des centaines d’autres qui sont souvent évoquées ici, devrait aisément permettre à chacun de trouver un qualificatif adéquat au régime ivoirien actuel. Devinette : de quoi le régime Ouattara est-il donc le nom? Démocratie libérale? Tyrannie? Dictature?

A chacun son choix.


Professeur Mamadou Koulibaly

Président de LIDER

Membre de la Société du Mont Pèlerin


Source: EBURNIE NEWS

vendredi, 19 octobre 2012

UN QUART DE SIECLE APRES SON ASSASSINAT - POURQUOI THOMAS SANKARA EST TOUJOURS VIVANT

 

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Comment cohabiter avec un mythe ? Comment supporter la comparaison avec un «Africain entré dans l’Histoire» quand vous savez que l’Histoire vous a déjà jugé – et condamné ? Ces questions habitent forcément Blaise Compaoré, même s’il ne les formule pas forcément de manière consciente. Thomas Sankara, son prédécesseur et «frère», qu’il n’a pas hésité à envoyer ad patres, le hantera jusqu’à son dernier jour. Et il est tout à fait significatif qu’il ait choisi ce mois particulier pour donner une interview à Jeune Afrique, au cours de laquelle il pouvait compter sur la complaisance de son interlocuteur pour réduire son rival absent à une sorte de dictateur tropical qui devait mal finir – comme si lui savait quelque chose de sa fin à lui. «Ce qui s’est passé chez nous, à l’époque, n’est pas différent de ce qui arrive ailleurs dans le monde. Les régimes fermés, totalitaires et liberticides, ne finissent jamais bien. La révolution était une expérience historique unique, mais qui a montré ses limites. Quand les libertés n’accompagnent pas ce type de mouvements, cela ne peut pas marcher», a-t-il osé. Ajoutant avec cynisme, au sujet des responsables de la mort de Sankara, que «les affaires non élucidées ne sont pas l’apanage du Burkina.»

Toutes ces paroles creuses, et il le sait bien, ne sont que vaines tentatives de réécriture de l’Histoire. Mais l’Histoire est têtue. Blaise Compaoré reconnaît que, sous Sankara, il s’agissait de «révolution». Et sous son règne à lui ? Si l’on retourne aux proclamations enflammées d’après l’orgie de sang du 15 octobre 1987, l’on ne peut qu’avoir un mot à la bouche : imposture ! Au nom de quelles idées Blaise Compaoré a-t-il pris le pouvoir ? Le communiqué lu à la radio nationale sur fond de musique martiale accusait Sankara d’être un «traître à la révolution», et d’avoir restauré le néocolonialisme dans le pays depuis 1983. Il invitait la population à soutenir le processus de «rectification» du processus révolutionnaire. En fait de «rectification», il est désormais clair pour tous que ce fut une contre-révolution dans toute l’amplitude de sa signification. Et c’est sur le plan diplomatique que ce mouvement a été le plus aisément perceptible. Le «pays des hommes intègres» est devenu le centre névralgique du «mercenariat international» au service de «l’impérialisme» que conspuait jour et nuit Sankara, avec l’approbation hypocrite du «beau Blaise», qui n’était jamais bien loin. Les amitiés franches sont passées du Ghana de Jerry Rawlings à la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, du MPLA et des forces anti-apartheid à Jonas Savimbi, de Fidel Castro aux barbouzes françaises, à Charles Taylor et aux coupeurs de mains du Front révolutionnaire unifié (RUF) de Foday Sankoh. Sur ce terrain-là, la vérité historique est déjà établie. Au bénéfice de Sankara. 
 
A la pointe du combat pour l’agriculture  biologique
 
Et si ? Et si Sankara avait vécu jusqu’en 1989, année de la chute du mur de Berlin ? Jusqu’en 1990, année du multipartisme en Afrique ? Jusqu’en 1993, année de la mort d’Houphouët ? Jusqu’en 1994, année de l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela ? Serait-il devenu le «come-back kid» du Burkina Faso, parti du pouvoir puis revenu au pouvoir, comme John Jerry Rawlings, son comparse ghanéen ou comme le Vénézuelien Hugo Chavez, avec lequel il se serait à coup sûr trouvé des atomes crochus ? Sans le coup d’Etat de Blaise, se serait-il effondré quelques années plus tard sous l’effet de la crise économique et de l’aide parcimonieuse des bailleurs de fonds qui appréciaient modérément sa rhétorique enflammée ? Peut-être. Peut-être pas.

Ce qui continue, en tout cas, de frapper ceux qui écoutent et regardent les discours de Sankara, ressuscités par des plateformes de vidéo en ligne qui servent (aussi) de sanctuaire de la mémoire orale, c’est le caractère radicalement avant-gardiste de sa réflexion… économique ! Sur la question de la dette, de ses pièges et de son arbitraire, n’a-t-il pas ouvert un vaste chantier pour les économistes critiques que l’on peut retrouver dans des organisations comme Attac ou le Comité pour l’abolition de la dette du Tiers-Monde (CADTM) ? Sa «théorie générale» à ce sujet peut d’ailleurs être transposée aujourd’hui aux pays européens eux-mêmes, tenus à la gorge par la finance mondiale selon des modalités similaires à celles que dénonçait Sankara s’agissant de l’Afrique.

Thomas Sankara a également été à la pointe sur la thématique de l’agriculture biologique, et a mené, notamment avec Pierre Rabhi, une des figures de proue de l’écologie de terrain en France, de belles expérimentations se fondant sur une certitude de bon sens : les paysans n’ont pas les moyens de s’offrir des engrais chimiques onéreux, il y a bien une possibilité de s’en passer. Ironie de l’Histoire – et preuve du caractère fondamentalement «contre-révolutionnaire» du régime Compaoré –, le Burkina Faso est aujourd’hui le pays ouest-africain qui développe l’activisme le plus débordant en faveur des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) qui asservissent pourtant le monde agricole d’un point de vue strictement économique.

En effet, les graines transgéniques sont stériles, et chaque année le paysan doit en acheter de nouvelles pour continuer à produire. Blaise Compaoré chemine main dans la main avec la multinationale honnie Monsanto, qui jette des milliards de dollars dans la bataille du lobbying. Si Sankara était vivant, il serait aujourd’hui un militant de l’opensource. Aux côtés des Sud-Africains et des Indiens, il aurait lutté contre l’industrie pharmaceutique et certains de ses brevets au caractère fondamentalement illégitime. Thomas Sankara avait des défauts, comme tout homme, comme tout chef. Mais il avait une pensée, loin du caractère faussement énigmatique de son tombeur, qui n’a en réalité rien d’autre à dire que ce que ses maîtres masqués lui soufflent. Mais pourquoi la «grande machine» se déploie-t-elle donc toujours avec autant de hargne contre les leaders du Tiers-Monde qui ont une pensée? La question est purement rhétorique, bien entendu.
 
 
 
Théophile Kouamouo