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vendredi, 21 septembre 2012

FASSE DIEU QUE CE NE SOIT PAS VRAI!

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Côte d’Ivoire: ils ont égorgé 7 jeunes hommes pour sceller le pacte de la création du RHDP!

 

Cette révélation que nous avons reçue d’un contact à Abidjan mêle le spirituel et le réel. Elle nous a été faite par un contact à Abidjan qui en aurait été informé par l’un de ses proches. Et cette révélation devrait vous permettre de comprendre pourquoi.

Pourquoi vos frères de sang qui hier étaient des gens bien réfléchis, sont devenus subitement des personnes sans cœur, au raisonnement inexplicable, dès qu’ils ont confessé de leur bouche qu’ils sont membres du RHDP de Dramane Ouattara. Pourquoi vos amis qui défendaient hier la vérité, sont devenus des individus complètement insensés qui applaudissent le faux quand bien même ils savent que c’est du faux. Pourquoi vous avez l’impression que dès que quelqu’un se réclame du RHDP, il devient capable de donner la mort à sa propre mère si celle-ci ne partage pas ses opinions.

Oui, vous allez comprendre pourquoi Konan Banny ne peut pas démissionner de la fameuse CVDR qu’il dirige dans l’humiliation, au milieu de nombreux meurtres, enlèvements et tortures inhumaines, alors que sa femme a fait le tour de tous les hommes de Dieu qu’elle pense dignes de confiance encore, pour convaincre son époux de démissionner de leur CVDR.

Eh oui, tout peut être clair avec cette information qui explique pourquoi aucun d’eux ne peut démissionner, dénoncer, critiquer ou condamner quand bien même ils ne seraient plus d’accord avec ce qu’il se fait dans l’Ouest ivoirien et dans les villes ou villages du Sud contre la population civile innocente.

« Le RHDP a des fondements spirituels assis sur le sang. Ils ont enlevé 7 jeunes hommes. Ils ont liés leurs mains dans le dos. Ils ont organisé une cérémonie d’immolation. Ils ont fait entrer les jeunes l’un après l’autre. Ils n’ont ni bandé leurs yeux ni fermé leurs bouches. Ils ont installé au milieu d’eux, une sorte d’autel. Et chaque jeune était trainé vers l’autel, puis égorgé après qu’ils ont fait des incantations. Au fur et à mesure, lorsque les nouveaux voyaient le sang de ceux qui les ont précédé sur l’autel, au moment où on les rapprochait du lieu du sacrifice, ces jeunes pleuraient toutes les larmes de leurs corps et suppliaient l’égorgeur d’épargner leurs vies et qu’ils seraient prêts à tout faire pour eux. Ils criaient si forts que leurs cris de détresse déchireraient le cœur de toute personne ayant un peu d’humanité en elle. Mais, ceux qui assistaient au sacrifice rituel étaient tous insensibles à ces cris de supplication comme si cela en rajoutait à l’effet mystique qu’ils recherchaient à travers ces sacrifices humains. Ainsi, l’un après l’autre, ils ont été égorgés, leur sang a été recueilli et il a servi de breuvage pour oindre les personnes présentes, en boire une gorgée et sceller le pacte de sang.

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L’un des objectifs qui étaient assignés à ce pacte de sang, c’était la « loyauté ». Loyauté arrachée par un envoûtement populaire. Loyauté obtenue par l’adhésion volontaire. Dans tous les cas, le peuple et certains leaders devraient être sous contrôle spirituel afin que le RHDP résiste à toutes tentatives visant un renversement de la situation.

Si je n’avais pas l’esprit solide et que spirituellement, je n’étais pas fort, la découverte de ce spectacle aurait suffi pour me rendre fou. Voici donc le fondement sur lequel repose le RHDP.

Un jour, cela se saura. Mais peut-être qu’il serait trop tard. Peut-être pas. Toujours est-il que si Dieu doit intervenir dans la crise ivoirienne pour châtier, ce ne serait pas pour aider un parti politique ou un groupe d’individus à venir au pouvoir. Ce sera pour briser les fondements démoniaques de cette alliance qui a fait passer la Côte d’Ivoire sous un règne de sang et de domination démoniaque. C’est tout. »

Voilà donc la Révélation. Elle nous a été faite par quelqu’un que notre contact présente comme une personne qui voulait comprendre les raisons pour lesquelles il y a le sang depuis l’avènement du RHDP mais aussi et surtout, pourquoi tout se passe comme si les tenants actuels du pouvoir, leurs alliés et leurs soutiens populaires raisonnent à l’envers, parlent de réconciliation en continuant à donner la mort ou des coups encore plus cruels aux autres et, tout cela est regardé comme normal par ceux qui le font. Et puis cette personne a compris.

Mieux, elle a peur aujourd’hui, car elle soutient que le brisement de ce règne du sang par Dieu sera si terrible qu’il n’a pas les mots pour décrire le chaos.

Personnellement, au niveau de la Révolution Permanente, nous avons reçu à travers cette révélation, une explication profonde de ce que nous combattons depuis des mois et l’assurance que nous sommes sur le bon chemin du bon côté. Mais nous retenons une chose fondamentale : Dieu a son propre problème à régler en Côte d’Ivoire. Et si nous sommes de Son Côté, nous ne serons que les heureux bénéficiaires ou comme nous le croyons, nous ne serons qu’une partie des instruments qu’il est en train d’utiliser pour régler ce problème.

Il appartient donc à chacun d’entre nous de faire son examen de conscience et de choisir. Car personne ne reprochera à la Révolution Permanente de n’avoir pas parlé, de n’avoir pas prévenu et de n’avoir pas annoncé le grand nettoyage. C’est pourquoi les deux derniers Messages à adresser au Peuple de Côte d’Ivoire restent d’une importance capitale pour sauver la multitude. Mais chaque chose en son temps. Alors, patience.

A Très bientôt.


Hassane Magued

La Révolution Permanente N°00372/09/12


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

VOICI L'ENQUETE EXPLOSIVE DU «MONDE DIPLOMATIQUE» SUR L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Le titre se passe de commentaires. «Un territoire hors de contrôle – Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien».

Le périodique français Le Monde Diplomatique donne à lire, dans son édition de septembre, un article de terrain accablant pour le régime Ouattara et les FRCI. C’est un article qui tranche avec la langue de bois et l’incroyable complaisance qui caractérise les médias hexagonaux depuis la prise de pouvoir de l’actuel chef de l’Etat. Et qui ne tarde pas à désigner et décrire ce qui se passe dans l’Ouest par son nom : un mouvement de «colonisation».

«A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées, cet été. Si M. Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après la crise postélectorale est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao», résume le journal. Cameroon Voice.

 

Un véhicule calciné et criblé de balles: c’est tout ce qu’il reste de l’attaque qui, le 8 juin 2012, a coûté la vie à sept casques bleus près de Taï, petite bourgade de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Dans cette région, depuis plus d’un an, les villages font l’objet de mystérieux raids meurtriers. Yamoussoukro a accusé des «mercenaires libériens». Partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo et opposés à son successeur Alassane Ouattara, ces hommes traverseraient le fleuve Cavally, qui marque la frontière avec le Liberia, pour venir semer la terreur en Côte d’Ivoire.

Mais, sur le terrain, la situation ne paraît pas aussi claire: depuis la crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010 (2), dans l’Ouest du pays se joue un inquiétant imbroglio politique et militaire, avec pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles. Ce sont en effet ses sols, extrêmement  fertiles, qui font la richesse de cette région verdoyante. On y cultive le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial. S’y étendent également les dernières aires forestières nationales, dont les forêts de Goin-Débé (133.000 hectares) et du Cavally (62.000 hectares), réservées à la production de bois d’oeuvre (3).

Depuis toujours, ces atouts ont attiré des planteurs d’un peu partout, y compris d’Etats voisins. Ce mouvement a été encouragé par le président Félix Houphouët- Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993, qui avait décrété que «la terre appartient à celui qui la met en valeur»).

Si la région est aujourd’hui l’un des principaux centres de production de cacao, on y plante des hévéas, qui hissent le pays au rang de premier producteur africain de caoutchouc. «Cinq hectares d’hévéas rapportent de 7 à 8 millions de francs CFA [environ 12.000 euros] par mois», calcule un sous-préfet. Une petite fortune. Les problèmes ont commencé au milieu des années 1980, lorsque les cours mondiaux du cacao et du café ont chuté. La concurrence entre planteurs s’accroissant, des conflits fonciers ont alors éclaté entre les autochtones, devenus minoritaires, et les étrangers. La politique de l’«ivoirité» promue par le président Henri Konan Bédié (1993-1999) a encore envenimé les relations en poussant les nationaux à revendiquer les terres cédées aux nouveaux migrants. Une loi de 1998 a explicitement exclu les non-Ivoiriens de la propriété foncière.

Des hommes armés s’emparent d’un parc national

La tentative de coup d’Etat perpétrée le 19 septembre 2002 contre le président Gbagbo par des militaires du nord du pays partisans de M. Ouattara a achevé de mettre le feu aux poudres. La guerre civile qu’elle a déclenchée a touché tout particulièrement l’ouest et la ville de Duékoué. Située à une centaine de kilomètres au nord de Taï, Duékoué se trouve au croisement stratégique des routes menant au Liberia, en Guinée et à San Pedro, port d’exportation du cacao. Les rebelles, baptisés Forces nouvelles, y ont fait venir d’anciens combattants des guerres civiles libérienne (1989-1997) et sierra léonaise (1991-2002) dont Sam Bockarie, responsable d’atrocités en Sierra Leone. En retour, Yamoussoukro a aussi mobilisé des Libériens et des civils armés, pour la plupart des autochtones. Chaque camp a semé la terreur, contribuant à exacerber les antagonismes communautaires.

A l’issue du conflit, le pays s’est trouvé de facto divisé en deux et Duékoué placée sur la ligne séparant le Sud, administré par la capitale, et le Nord, géré par les Forces nouvelles. La région du Moyen-Cavally (devenue depuis deux entités différentes, le Cavally et le Guemon), dont dépendaient Taï et Duékoué, est restée dans le camp gouvernemental. Mais les armes ont continué à circuler pendant toutes les années 2000, et des miliciens et des groupes d’autodéfense plus ou moins soutenus par le camp Gbagbo se sont maintenus face aux rebelles, si bien que les tensions sont demeurées fortes, la présence de l’Etat étant en outre très mesurée.

Après la signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer des portions de territoire: M. Amadé Ouérémi, un Burkinabè ayant grandi en Côte d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs centaines – d’hommes armés dans le parc national du mont Péko, à 35 km au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao. Impossible de les déloger: en 2010, ils chassent même des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un autre phénomène déstabilisateur apparait en 2007: l’arrivée par cars entiers de Burkinabè. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans la forêt de Goin-Dédé où ils développent des plantations de cacao. Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas à récupérer leurs champs.

Quand la crise postélectorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars 2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par l’armée créée par M. Ouattara, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines de personnes – la Croix rouge a compté 867 corps –, essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinés. Selon une commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels du nord du pays, et des partisans de M. Ouérémi. Malgré les promesses de justice du président Ouattara, qui prend finalement le pouvoir le 11 avril 2011, cette tuerie n’a donné lieu à aucune enquête.

Depuis, la situation s’est encore compliquée, avec l’entrée en scène de nombreux acteurs. D’abord, des hommes armés attaquent, à partir de juillet 2011, une petite dizaine de villages. C’est à leurs propos que les autorités parlent de ‘’mercenaires libériens’’ payés par des opposants à M. Ouattara en exil au Ghana. Des sources onusiennes évoquent plutôt des autochtones Oubi refugiés au Liberia et cherchant à défendre les terres qu’ils ont perdues.

Ensuite viennent les dozos: arrivés dans la région pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leurs fusils ‘’calibre 12’’. Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali. Certains sont devenus agriculteurs. L’inverse est aussi possible: il y a un an, un planteur burkinabé installé près de Taï depuis une trentaine d’années a ressemblé un groupe de dozos pour «assurer la sécurité des populations», dit-il. En réalité, beaucoup de dozos, devenus miliciens, terrorisent la population et la rackettent.

Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones

A cela s’ajoute l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au Nord de Taï. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud-Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. Sauf : fin juin, à Tiélé Oula, il restait 9 Oubi sur les quelque 200 qui y vivaient avant 2011, pour 3.000 Burkinabè.

Si certains Burkinabé investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêtsde Goin-Débé et de Cavally désormais totalement ravagées. Dormant sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas mais aussi du cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue. Fin mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin. Sans résultat. ‘’L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire adjoint de Taï, M. Téré Téhé. Et il ne faut pas attendre que ces gens aient fini de planter pour les chasser’’.

Problème: les nouveaux occupants sont armés.

Observant un jeune paysan burkinabè partir au champ un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village de Tiélé Oula, M. Jean Gnonsoa ne cache pas son désarroi: ‘’Ici les étrangers peuvent avoir des armes mais pas les autochtones’’ – sous peine de représailles.

‘’Comment régler sereinement un litige foncier face à quelqu’un qui est armé ?’’, s’interroge M. Téhé. ‘’Les Burkinabè nous disent que le président qui est venu (M. Ouattara) est leur homme. Et qu’ils ont donc le droit de tout faire’’, déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de plantations déjà occupées. ‘’Aujourd’hui, 80% de ceux qui sont installés dans les forêts de Goin-Débé et de Cavally sont armés de kalachnikovs et de fusils calibre 12’’, rapporte un administrateur local. Il évoque une organisation mafieuse à l’origine de cette colonisation: ‘’Il y a ceux qui les convient, ceux qui établissent dans les forêts les points de contrôle auxquels chacun doit payer 25.000 Fcfa pour avoir accès à une parcelle de terre, etc.’’

Monsieur Ouérémi est régulièrement cité comme l’un des responsables présumés de ce trafic de terres et de personnes, en lien avec des officiers des FRCI. Dans le pays, les FRCI, justement, sont les seules forces régulières à disposer d’armes depuis que, soupçonnées d’être favorables à M. Gbagbo, police et gendarmerie en sont privées. Jouissant d’une impunité quasi-totale, elles font la loi à Duékoué, elles entretiennent un climat de terreur et sont, d’après plusieurs témoins, impliquées dans des exécutions extrajudiciaires. Des observateurs les accusent aussi d’être derrière certaines des attaques attribuées aux ‘’mercenaires libériens’’. Beaucoup soupçonnent leurs membres d’être originaires d’une seule région, le Nord, mais aussi d’être de nationalité burkinabè.

Impôts illégaux et racket des paysans

Une chose est certaine: les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ‘’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans: dans un village près de Taï, une femme se plaint de devoir leur payer 20.000 FCFA (30 euros) par mois pour accéder à sa  plantation.

Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ‘’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni Fofana alias Loss. Ancien chef de guerre des Forces nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué Duékoué en 2011. Ces soldats auraient joué un rôle important dans le massacre des Guérés. Pour l’actuelle opération de ‘’sécurisation’’, il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises langues assurent que pas un seul sac de cacao n’échappe au racket des Frci. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana.

Début juillet, le gouvernement a annoncé le lancement d’un recensement national des ex-combattants – le deuxième en un an – promettant le désarmement tant attendu. Cela ne suffit pas pour rassurer les habitants du Far West ivoirien dont beaucoup voudraient aussi que la justice fonctionne: malgré la promesse du président Ouattara, la tuerie de mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judicaire. Pis, elle a vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame. Fin juillet, des centaines d’individus parmi lesquels des dozos et des Frci ont attaqué et détruit le camp de déplacés du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de 137 cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi ; des dozos ont également cherché à faire disparaitre de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date.

Sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie: ‘’Le camp était gênant car les témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou disparus. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération’’.

 

Fanny Pigeaud, envoyée spéciale

Le monde diplomatique – Septembre 2012

 

Source: CAMEROONVOICE

mercredi, 19 septembre 2012

COTE D'IVOIRE: 19 SEPTEMBRE 2002

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Novembre 2000, Laurent GBAGBO est élu président de la République de Côte d’Ivoire à la surprise générale de la Françafrique.

Sous la direction du Premier Ministre Pascal AFFI N’GUESSAN, le programme de refondation avec l’ambition de conduire la Côte d’Ivoire vers un nouvel horizon fait de responsabilité et d’indépendance économique est mis en route.

- Au plan politique et administratif, le Président de la République met fin aux pratiques du part-Etat en recrutant les compétences indépendamment de l’appartenance politique et ethnique. Le Président GBAGBO met fin aux différents mandats d’arrêts, met en route un forum de réconciliation en faisant venir les exilés dont  Henri Konan BEDIE et  Alassane Dramane OUATTARA, les loge, leur donne un salaire et fait rentrer leurs partisans au gouvernement. Le programme de décentralisation est mis en route.

- Au plan économique, BOHOUN BOUABRE prépare un budget sécurisé pour mettre fin à la politique de la main tendue et renforce les régies financières par un recrutement non partisan et sur appel à candidatures. Les relations avec les bailleurs de fonds, gelées du temps de Bédié, sont rétablies. Les recettes publiques passent de 1167.3 milliards de FCFA à 1449.48 FCFA de 2001 à 2002 soit 27% de croissance.

- Au plan social, les enseignants retrouvent leur dignité avec la fin de la ségrégation salariale imposée par  Alassane OUATTARA en 1991. Les kits scolaires voient le jour, les tenues scolaires sont supprimées, l’assurance maladie universelle est en étude avancée pour sa mise en œuvre.

- Au plan diplomatique, les relations internationales sont revisitées vers les pays émergeants : chine, inde, Afrique du sud et d’autres pays européens : l’Italie.

C’est ce mouvement démocratique et socialiste visant la pleine souveraineté, l’indépendance économique et le plein emploi, qui a été la cible de la françafrique camouflée derrière une horde de tirailleurs françafricains qui a attaquée la Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002 avec le parrainage politique des « Républicains » de Côte d’Ivoire. En 2003, le programme de Linas-Marcoussis remplace le programme de refondation. La tentative d’éviction du Président Laurent GBAGBO échoue face à la détermination des ivoiriens dignes jusqu’au coup d’Etat spéculaire de la françafrique le 11 avril 2011. La suite on la connait désormais.

 

Dr Cheick DIABATE

Enseignant Chercheur, Université de Colorado (USA)

BLAISE COMPAORE REÇU A L'ELYSEE: LE BAL DES DESPOTES


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La visite ce mardi (hier, 18 septembre 2012, Ndlr) à l’Élysée du président burkinabé indigne les associations de défense des droits humains et la veuve de Thomas Sankara. La raison d’État et l’urgence de la crise malienne l’ont emporté.


Blaise Compaoré, président du Burkina Faso depuis 1991, sera reçu mardi 18 septembre en fin d’après-midi en « visite d’amitié » à l’Élysée. Deux mois après la réception d’Ali Bongo, le Président gabonais, les opposants à la « Françafrique » ne cessent de dénoncer la bienveillance de François Hollande avec les dirigeants africains les plus critiqués.

Impliqué dans le meurtre de son prédécesseur Thomas Sankara, lors du coup d’État qu’il fomente contre lui en octobre 1987, Blaise Compaoré a été réélu à la tête du Burkina Faso en 1998, 2005 et en novembre 2010 avec 80 % des voix, mais seulement 1,5 millions de votant (10% de la population). Il est accusé de mener une gouvernance corrompue [1] et d’exercer sur l’Afrique de l’Ouest une influence néfaste et déstabilisatrice. Blaise Compaoré « est sans conteste le pilier de la Françafrique dans la sous-région, qu’il a souvent contribué à déstabiliser », tranchait lundi 17 septembre, l’association Survie sur son site.

Enjeux cruciaux au Mali

Mais cette visite à Paris doit permettre aux deux parties d’évoquer la crise malienne. Une intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans le nord du pays est en discussion et Blaise Compaoré,désigné comme médiateur par la Cedeao, tient un rôle diplomatique de premier plan dans cette crise. De son côté, la France tente d’obtenir la libération de 6 otages détenus par Aqmi depuis deux ans au Sahel. Elle surveille surtout avec grande attention l’évolution de cette crise, qui contribue à l’enracinement des mouvements djihadistes au Sahel, qui ont notamment récupéré des armes de Libye.

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 Les opposants à la venue de Blaise Compaoré manifestent, lundi 17 septembre à Paris.

Mais en France, des voix discordantes viennent contester le bien-fondé des interventions diplomatiques du Président burkinabé dans la sous-région. « Compaoré est complice des narcotrafiquants et des criminels de la MNLA (rébellion touarègue au nord du Mali). Fin juin, il a reçu, soigné et hébergé le leader du MNLA qui est en train de commettre des atrocités au nord du Mali, il doit être dessaisi de sa médiation », s’emporte Bakary Traoré, du Collectif des Maliens de France pour la paix (CMFPaix).

Pour les opposants à la « Françafrique », la bienveillance de François Hollande est une triste démonstration de la raison d’État qui continue de présider l’attitude française en Afrique. En jeu, notamment, les ressources naturelles ouest-africaines et l’accès à l’uranium du Niger voisin, dont l’industrie nucléaire française est très gourmande.

«On est obligatoirement dans la realpolitik, analyse pour sa part Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS en charge de l’Afrique. Blaise Compaoré est incontournable dans la crise au Mali, c’est un homme qu’aucun pouvoir dans le monde ne peut ignorer. La France ne peut pas se désintéresser de cette zone, pour le sort de ses otages et parce qu’elle y a des intérêts. Il faut aussi savoir que le jeu politique malien est infiniment complexe et qu’il concerne directement plusieurs pays voisins. Il est urgent de reconstruire un pouvoir véritablement légitime et une armée capable de contrôler l’ensemble du territoire.»

Pour ces associations, la visite de Blaise Compaoré reste néanmoins un très mauvais signal et une occasion pour le président burkinabé d’asseoir sa légitimité grâce à François Hollande. « Il est arrivé au pouvoir dans le sang et règne dans le sang [2], résume Mathieu Lopes de l’association Survie, fermement opposé à cette visite à l’Élysée. Nous demandons la fin des coopérations militaires avec des régimes qui répriment leur peuple ».

Justice pour Thomas Sankara

Vingt-cinq ans après l’assassinat de Thomas Sankara, qui a été à la tête de l’État de 1983 à 1987, et est devenu un symbole du panafricanisme et de l’anti-impérialisme, ses proches et les militants pour la justice se font aussi entendre. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies dénonçait en avril 2006 le gouvernement burkinabé pour entrave à l’enquête et déni de justice après la mort du président Sankara (lire la décision), mais les associations demandent toujours la réouverture de l’enquête et la création en France d’une commission parlementaire.


Jeudi 13 septembre, la veuve du leader défunt a pris la plume « au nom des orphelins, des veuves et des familles éplorées », pour tenter de dissuader François Hollande de recevoir le Président burkinabé : «Le pouvoir criminel de Blaise Compaoré a été marqué par les atrocités de toutes sortes. De nombreuses personnes ont été brûlées vives, d’autres ont été exécutées et enterrées sans doute dans des fosses communes», dénonce Mariam Sankara, installée en France après la mort de son mari. Aujourd’hui, ajoute-t-elle, Blaise Compaoré a payé les familles de victimes pour qu’elles renoncent à déposer plainte.

«Compaoré n’a jamais été convoqué par la Cour pénale internationale, alors qu’il a été plusieurs fois cité (en particulier lors du procès de Charles Taylor, pour son implication dans le conflit Sierra Leoné et au Libéria). Il bénéficie du soutien des puissances occidentales », estime Bruno Jaffrey, de l’association Survie et « Justice pour Thomas Sankara ».

Débat à suivre
 

Ni Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères en déplacement au Caire, ni Pascal Canfin, en charge du Développement retenu à Nantes pour les journées parlementaires d’Europe Écologie - Les Verts, ne recevront le président burkinabé. Ils s’évitent ainsi les éclaboussures... Pour le moment. Car le débat sur les relations avec les chefs d’État africains devrait resurgir avec l’hypothèse de la venue à Paris d’Idriss Déby, président tchadien et le déplacement prévu du chef de l’État français à Kinshasa pour le sommet de la francophonie , mi-octobre, deux régimes  parmi les plus vivement critiqués. 

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Manifestation à Ouagadougou sur le coût de la vie et contre le regime de Compaoré, Ouagadougou, le 30 avril 2011.

 

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[1] Transparency international le classait 100ème sur 182 pays, pour l’indice de perception de la corruption en 2001.

[2] Des manifestations antigouvernementales se sont levées après le décès, en février 2011, de Justin Zongo, d’un étudiant décédé sous les coups des forces de l’ordre. Comme lors d’incidents déjà constatés en 2010, la police a ouvert le feu sur les manifestants, entraînant la mort de 5 personnes, dont un policier.

 

Source: POLITIS.FR

FILM ANTI-ISLAM: LE COUP D'ETAT DE ROMNEY CONTRE OBAMA?

 

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Le film blasphématoire  «Innocence of Islam» dont la projection a embrasé à raison le monde de l’Islam va au-delà d’un simple acte islamophobe. Il y a là du complot bien mijoté, du dessin bien prémédité et tout porte à croire que les républicains y sont pour quelque chose. 11 ans après le 11 septembre, le monde assiste à un nouveau coup républicain qui survient, étrange hasard, au lendemain de l’anniversaire des attentats contre les tours jumelles.

Le scénario est écrit en plusieurs actes.

Acte I: Obama et la guerre contre l’Iran

Il n’est certes pas question de rendre hommage au président Obama dont la politique de quatre n’a été qu’une suite de promesses non tenue, de violences maintenue, de guerre et de crimes de guerre. Obama est le président qui a durci les sanctions contre l’Iran, a refusé tout compromis avec ce pays sous l’auspice turco-brésilienne, a intensifié les  raids aux drones US en Asie, en Afrique. Mais Obama n’a pas accepté d’entrer en guerre contre la RII, une guerre à tous point de vue imprévisible et dont l’issue est plus qu’incertaine. Si L’actuel locataire de la Maison Blanche a refusé de céder à l’appel des sirènes bellicistes; à sortir armes et munition contre l’Iran, c’est parce qu’il sait que ses chances de succès dans une entreprise aussi périlleuse que la guerre contre l’Iran sont infinitésimales. Obama est un rationaliste.

Mais dans le camp d’en face, Mitt Romney, le mormon républicain a prouvé à plus d’une reprise que la politique à ses yeux ne relève que de la passion. Aucun rationalisme ne frôle ce millionnaire aventuriste dont l’argent «sale» a servi depuis le début de la campagne électorale à séduire l’Amérique conservatrice raciste et xénophobe. N’oublions pas que le premier déplacement de Romney l’a conduit en Israël, et  en Amérique c’est cela qui fait la différence. Les liens entre Netanyahu et Obama n’ont jamais été cordiaux. Sur l’Iran les dissensions sont dorénavant si profondes que le président US refuse de rencontrer le premier ministre d’Israël. Et que dire de l’AIPAC qui appelle désormais très clairement les Américains à voter Romney.

Acte II: un coup d’état hollywoodien

La convention démocrate n’a pas seulement consacré la candidature du président sortant à sa propre succession mais a aussi servi à  booster Obama dans les sondages qui lui donnent à présent quatre points d’avance sur son rival républicain. Il fallait donc qu’une riposte républicaine se mette sur place et de toute urgence: la riposte devait être spectaculaire comme les attentats du 11 septembre pour pouvoir miner l’avancée d’Obama d’une part et de le fragiliser de l’autre.

Cinq millions de dollars auront suffi pour peaufiner la riposte: un film dont la première est projeté dans une salle vide. Les dialogues des acteurs sont doublés en arabe et le réalisateur et ses collègues savent bien où mettre quoi pour susciter la colère des musulmans.  Ce réalisateur est pour le reste occulté du regard du public et personne ne sait rien ni de son parcours ni de sa biographie.

Acte III: Libye, Etat inexistant

Aucun pays ne saurait mieux que la Libye servir de décor à ce scénario satanique. Un pays carrément ruiné, inexistant, où personne ne gouverne et où l’Etat n’est plus que l’ombre de lui-même. Pour Romney et son équipe, il n’était pas très difficile de trouver des relais locaux en Libye et de d’acheter des gardiens du consulat US à Benghazi, foyer de la «révolution anti-Kadhafi» et qui accueillent en ce moment des centaines d’occidentaux. Les témoignages venant de la Libye confirment d’ailleurs cette version des faits: les Libyens disent ne pas avoir eu l’intention de pénétrer le bâtiment, de tuer l’ambassadeur et ses collègues. Ils ne cherchaient, comme en Egypte, qu'à prendre d’assaut le drapeau et à le brûler. «Ce sont les Américains qui nous ont tiré dessus en premier», aurait dit l’un des manifestants. Le prophète n’a pas besoin que les innocents meurent pour protéger sa sacralité.

Que ce soit les salafistes extrémistes ou les agents républicains, l’assassin de Chris Stevens a grandement rendu service à Romney

Acte IV: Coup d’état républicain

Dans les premières heures suivants la mort de l’ambassadeur Stevens, un premier mort de ce genre depuis trente ans, Obama et sa secrétaire d’état n’ont pu souffler tant fut grand le choc subi. Ils ont affirmé de concert vouloir arrêter les criminels et dit ne pas approuver l’offense contre la religion musulmane.

Réaction immédiate de Romney: «Obama n’a pas à s’excuser puisqu’un américain vient d’être tué». Le discours qui plait fort à l’Américain lambda, qui a à l’esprit les images des attentats du 11 septembre, d’ailleurs récemment célébré en toute sobriété.  A ceci s’ajoute ces centaines de milliers d’autres images qui montrent  les drapeaux américains brûlés, les «musulmans en furie», criant «mort à l’Amérique», et le corps profané de Chris Stevens qui est sorti on ne sait comment du consulat US,  et passé entre les mains de ses présumés assassins.

La presse occidentale parle déjà de la victoire de Romney: «le coup ressemble à celui de la prise d’otages en Iran, affaire qui a couté à Carter son fauteuil présidentiel», titre La Republica.

Acte V: PNAC (Project for a New American Century)

Si Romney arrive au pouvoir, «le projet pour l’Amérique du siècle nouveau» pourra se concrétiser. La guerre avec l’Iran aura lieu, tout comme celle qui a ruiné l’Irak et l’Afghanistan. Israël lui, mènera ses frappes contre les sites nucléaires iraniens sans avoir à se heurter à la résistance et les réserves de Washington….. D’ores et déjà, deux navires de guerre US sont en route pour la Libye et la force spéciale américaine y débarque pour, dit-elle, protéger les diplomates américains…… et Romney rit dans son coin !!!


Davoud Abbasi

 

SourceABIDJAN DIRECT.NET

mardi, 18 septembre 2012

DANS UN FILM DOCUMENTAIRE, L'ITALIE DENONCE LE COMPLOT DE LA FRANCE CONTRE GBAGBO

 

UNE QUOTIDIEN AUJOURD'HUI 18-09-2012.jpg

 

La télévision publique italienne dénonce les crimes de la France en Côte d'Ivoire. Un jour ou l'autre, la vérité triomphera!

 


lundi, 17 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - PPTE, BCEAO: LA FACE ECONOMIQUE DE LA GUERRE


AHOUA DON MELLO.gif

Un document d'une importance majeure, à lire absolument et à conserver!

 

Le 11 avril 2011, Laurent GBAGBO, dont les performances économiques ont permis d’avoir le point de décision du processus PPTE est arrêté avec Mr DACOURY TABLEY, l’ancien Patron de la BCEAO, emprisonnés entre autre pour crimes économiques. Tous les membres du gouvernement dirigé par l’un des plus grands économistes d’Afrique, le professeur Gilbert Marie AKE NGBO, Président élu de l’université d’Abidjan, sont poursuivis et d’autres arrêtés pour crimes économiques. La dernière arrestation à ACCRA par Interpol pour crime économique est celle du Ministre délégué au BUDGET, Justin KONE KATINAN, maitre d’œuvre de la réquisition de la BCEAO et de la remise en route des banques fermées par SARKOZY pendant la période de crise.

De quels crimes économiques s’agit-il?

Washington, le 26 juin 2012, le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale ont activé l’ardoise magique de l’initiative PPTE en vue d’un super cadeau par un allègement de la dette.

L'application intégrale de l'allègement de la dette permettra de passer d'environ 6000 milliards de FCFA de dette à un stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA environ.

Toutefois, il est à remarquer que ce stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA aurait été de 1 100 milliards de FCFA si l’accord avait été obtenu en 2010 sous la Présidence GBAGBO. En l’absence de données sur la situation actuelle des finances publiques, l’hypothèse la plus probable est qu’en moins d’un an, près de 1 400 milliards de FCFA de dettes nouvelles se sont ajoutés au stock résiduel.

L’emprunt obligataire, lancé trois mois après le point d’achèvement, démontre le peu d’influence du PPTE sur l’état de santé financière du pays et prouve que la pluie de milliards n’a été qu’une tornade ayant emporté tout sur son passage. La Côte d’Ivoire doit donc continuer de tendre la main pour survivre. Le récent voyage au pays de la Mecque avec tam-tam et bol en main, faisant suite aux nombreux autres voyages, démontre le retour de la politique de la main tendue. À ce rythme, la dette de la Côte d'Ivoire atteindra très rapidement  le même niveau qu’avant l’allègement sans effet sur la réduction de la pauvreté.

En considérant cette ardoise magique comme ayant permis un « super cadeau », comme de coutume, commençons d’abord par dire merci à ceux qui ont œuvré pour l'avoir : les bailleurs de fonds, BEDIE l’initiateur, GBAGBO le maître d’œuvre, OUATTARA le finaliste; mais comme nous évoluons dans une économie de marché et non dans une économie de pitié, nous savons tous que les  cadeaux n’existent pas !  Combien ce « cadeau » a-t-il véritablement coûté aux ivoiriens? Et quel est le véritable crime économique commis par le régime du Président GBAGBO jugé pourtant indigent par la Cour Pénale Internationale?

Pour répondre à ces questions, nous allons examiner l’origine des sommes prêtées à la Côte d’Ivoire, les principaux bénéficiaires des investissements effectués avec cet argent, les conséquences et  aussi les perspectives.

DE L’ORIGINE DE LA DETTE

Le 19 septembre 1946, le député HOUPHOUET BOIGNY, affirmait, lors des premières discussions sur la constitution de la communauté Franco-africaine au palais BOURBON en France :

« La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté »

Le 28 septembre 1958, Félix HOUPHOUET BOIGNY, ministre d’Etat de la République Française, vote la constitution de la Communauté Franco-africaine instituant une fédération entre la France et ses colonies.

En 1959, les pays d’Afrique de l’Ouest s’associent au sein de la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Les quatre (4) principes de la coopération monétaire entre la France et les États membres de la zone Franc ont  épousé l’esprit de la fédération, à savoir la mise en commun des ressources financières depuis cette date jusqu’à ce jour:

  • la garantie du Trésor français à la convertibilité en euros des monnaies émises par les trois instituts d´émission de la zone ;

  • la fixité des parités entre l’euro et le franc CFA;

  • la liberté des transferts au sein de chaque sous-ensemble ;

  • la centralisation des réserves de change

Les indépendances de 1960 ont conservé l’esprit et la lettre de la communauté Franco-africaine avec la ferme conviction que « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». Toutefois, la foie du Père de la nation avait un prix. Car, en contrepartie de ces principes et de cette profession de foi, les  banques centrales de la zone Franc sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change (65%, révisée à 50% en 1999) auprès du Trésor français sur un compte d’opérations.

Le fonctionnement du compte d’opérations a été formalisé par des conventions successives entre les autorités françaises et les représentants des banques centrales de la Zone franc. Le compte reçoit des dépôts à vue ou à terme en provenance des pays de la zone. La France place ces ressources qui rapportent des intérêts par des opérations de crédit (en partie à l’Afrique). Une partie des intérêts sert à rémunérer le compte d’opérations et l’autre partie est à la discrétion du pouvoir français que l’on retrouvera sous forme d’aides diverses (Ministère de la coopération, assistance militaire au pouvoir ou aux rebelles, Banque Mondiale, FMI, AFD, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO etc.). Par rapport au compte d’opérations ; le trésor français, fonctionne donc comme une banque d’investissement et de commerce pour l’Afrique. Il aurait été plus simple de créer une telle banque dans la zone UEMOA pour disposer de ces énormes ressources en toute indépendance. Mais la France a su sans aucun doute user des arguments tels que les bases militaires pour protéger les États, l’aide, le déficit de cadre au moment des indépendances. Une telle banque aurait eu l’avantage d’être présente partout où le besoin de commercer se ferait sentir notamment dans les pays émergeants.

La confiscation systématique de 50% des avoirs extérieurs de la Côte d’Ivoire par le Trésor français et le libre transfert des avoirs des opérateurs économiques de la Côte d’Ivoire vers la France favorisé par le code d’investissement qui exonère d'impôts les bénéfices des multinationales, réduisent  de manière drastique l’épargne publique et privée. Cette confiscation institutionnelle et systématique de l’épargne oblige la Côte d’Ivoire à emprunter ses propres ressources ainsi confisquées.

A titre d’exemple, le rapport annuel de la Banque de France sur les comptes de la BCEAO indique pour l’année 2010 (en milliards de FCFA) :

- Compte d’opérations: 3 048. 978  FCFA

- Créances sur les banques: 335. 184FCFA

- Créances sur les trésors: 887. 886 FCFA

Ces chiffres démontrent avec éloquence, que depuis toujours, l'apport fait par la zone Franc au trésor français par l’intermédiaire du compte d’opérations est trois fois plus important que le concours fait aux banques et aux trésors de la zone UEMOA. Il faut ajouter à cela la balance au titre des revenus transférés qui est de 735,6 milliards de FCFA favorisée par les codes d’investissements. Pour la France et les françafricains, remettre en cause cette manne tombée du ciel des anciennes colonies, c’est être un criminel.

Par contre, le financement extérieur net de l’économie de la zone UEMOA pour la même année  s’élève à868.6 milliards de FCFA selon la même source. Le montant total des dons est de 870.5 milliards de FCFAsoit au total (financement + aide) 1738 milliards de FCFA. Cela constitue à peine 50% des sommes séquestrées au titre des accords de l’UEMOA.

Il apparaît clairement que, par la BCEAO et le code d’investissement, le FCFA est exporté  en France et nous revient en euro ou en dollar sous forme de dettes et d’aide.

A l’heure de cette mondialisation où tous les pays cherchent à améliorer leurs leviers économiques pour éviter à leurs peuples de subir la crise, continuer à entretenir un pacte qui coûte si cher n’a plus de sens. En tout état de cause, les peuples souverains de la zone UEMOA n’ont jamais donné leur avis sur ces accords qui engagent leur destin après les indépendances, à l’instar des Européens qui se sont prononcés par référendum sur l’adhésion à l’Euro. Ses montagnes de fonds séquestrés par la France depuis les indépendances sont donc frappées d’illégitimité. Cela s’apparente à un bien mal acquis par la France sur ses anciennes colonies dans le cadre d’une fédération qui a disparu depuis 1960 et dont les fondements sont devenus obsolètes.

La dette contractée par la Côte d’Ivoire auprès de la France, est donc une partie de l’argent pris dans les caisses de la Côte d’Ivoire dans l’obscurité des accords signés dans le cadre de la fédération Franco-africaine pour lui faire crédit sous le « soleil des indépendances ». Il en est de même des aides directes et indirectes aux travers des institutions communautaires (Banque mondiale, FMI, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO, etc.). Chaque année, la Côte d’Ivoire indépendante consacre, pour le remboursement de cette « dette » prise dans ses poches, près de la moitié de ses recettes budgétaires faisant progressivement obstacle à toute possibilité d’investissements publics. L’augmentation des charges de l’État due au service de la dette,  combinée à la baisse des recettes d’exportation du cacao, ont fini par rendre l’état insolvable. L’impossibilité de l’état à faire face au service de la dette a engendré, depuis 1982 jusqu’en 2002, neuf (9) plans d’ajustement structurel pour trouver une solution au fardeau de la dette. Le caractère drastique des mesures prises a engendré des crises sociales et une crise politique en 1990. La Côte d’Ivoire est donc mise sous tutelle directe des bailleurs de fonds qui dépêchent en1990 M. Alassane Dramane OUATTARA auprès du Président HOUPHOUET dont l'état de santé ne lui permettait pas le suivi de la gestion quotidienne du pays.

La tornade des mesures prises par les bailleurs de fonds sous la houlette de M. OUATTARA Dramane a eu des conséquences dramatiques dans tous les secteurs économiques et a abouti à l’expropriation économique de l’Etat.

Examinons dans un premier temps le contenu de la solution OUATTARA et ensuite, à travers l’examen de certains secteurs clés de l’économie nous allons mettre en évidence les faiblesses et les conséquences de cette solution.

LA SOLUTION OUATTARA: LE VERITABLE CRIME ECONOMIQUE

Modifier la structure de l’économie ivoirienne était l’objectif affiché des plans d’ajustement structurel. Les années 90 ont accéléré la modification de la structure de l’économie pour faire du secteur privé, entendez des investissements étrangers, le moteur de la croissance là où la Chine et plus généralement des pays d’Asie et d’Amérique du Sud, faisaient le choix de la stratégie combinée « un pays deux systèmes ».

Le programme de privatisation a été la solution OUATTARA.

Le diagnostic effectué à l'époque par  M. Alassane OUATTARA pour proposer ce remède miracle qui a été exposé le 28 novembre 1990 au journaliste du quotidien gouvernemental fraternité-matin suite à un conseil des ministres est le suivant :

« Actuellement, le secteur parapublic compte 140 entreprises et établissements dans lesquels l'État a investi plus de 1.300 milliards de FCFA dans les années 80. Ce chiffre représente aujourd'hui près de 50% du Produit Intérieur Brut, c'est-à-dire la moitié de la production nationale.

Les résultats d'exploitation de certaines de ces entreprises n'ont pas été à la mesure de l'effort d'investissement exceptionnel qui a été consenti par le Gouvernement pour constituer cet important patrimoine.

Les entreprises dans lesquelles l'État détient au moins 51% du capital, ont dégagé des pertes nettes cumulées de 10 milliards de FCFA au cours de la même période.

Par contre, les entreprises du secteur parapublic dans lesquelles l'État est minoritaire, ont globalement dégagé un bénéfice net cumulé de 144 milliards entre 1982 et 1988, soit plus de 20 milliards en moyenne par an. »

L’erreur de diagnostic réside dans  la non-prise en compte de la réalité des rapports non mercantiles entre les sociétés d’État et l’État central à cette époque. En se contentant des données purement comptables sans rentrer dans les mécanismes de gouvernance des entreprises, l’erreur devenait alors inévitable pour un fonctionnaire international non au fait des réalités nationales. Prenons cet exemple simple, pour illustrer l’erreur, tiré de mon expérience de Directeur Général du BNETD (Société d’État au capital de 2 milliards de FCFA) et de membre du comité de privatisation de 2000 à 2010. Le BNETD, en charge de l’étude et du contrôle des grands travaux de l’État, réalisait pour le compte de l’État des études et contrôles pour 7 milliards de FCFA environ et l’État décidait, en fonction de ses ressources financières, de ne payer que 2 milliards de FCFA sous forme de subvention, ce qui avait un impact sur les résultats financiers de l’entreprise qui affichait un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA en 2000 et un découvert bancaire de 9 milliards de FCFA cette même année. Au lieu de liquider le BNETD ou de réduire de moitié l’effectif comme le recommandait les bailleurs de fonds, l’État sous le régime du Président GBAGBO, ayant pris la décision d’éviter la privatisation des secteurs stratégiques, a opté pour une restructuration en contractualisant les prestations du BNETD avec l’État et en accroissant son autonomie sur le marché privé et à l’international. En 10 ans, le BNETD est passé d’un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA et d’un chiffre d’affaires de 5 milliards, à un chiffre d’affaires de 39 milliards de FCFA, un report à nouveau positif et a augmenté son effectif tout en doublant les salaires pour freiner l’exode de  l’expertise. La situation du BNETD est pratiquement la même que toutes les sociétés d’État.

Cette décision courageuse de restructurer les entités de l'État que de les privatiser a permis de sauver plusieurs entreprises d’État (44 environ). Celles qui attendent d’être restructurées (34), ne le seront certainement jamais compte tenu de la nouvelle orientation de la politique économique  actuelle qui a opté pour le bradage ou la liquidation des entreprises publiques. Le constat de la réussite de cette restructuration a été fait incidemment par l’actuel gouvernement de M. Alassane OUATTARA à travers le communiqué du conseil des ministres du 29 juin 2011 relatif à ce sujet. En effet, un rapport établi par les soins du ministère de l’Économie et des Finances, sur la base des états financiers de fin décembre 2009, révèle que l’État de Côte d’Ivoire détient dans son portefeuille 82 sociétés, dont 30 sociétés d’État et 52 entreprises à participation financière publique. Selon ce rapport, «44 sociétés ont réalisé des résultats nets bénéficiaires d’un montant global de 153,57 milliards de FCFA, 4 sociétés présentent un résultat nul, 14 sociétés ont réalisé un résultat net déficitaire de 113,21 milliards de FCFA, et 20 sociétés n’ont pas produit d’états financiers pour diverses raisons (redressement judiciaire, administration provisoire, arrêt des activités, restructuration, problèmes de gouvernance, etc.)».

Au lieu de continuer dans la logique de la restructuration, hélas, Monsieur Alassane OUATTARA fidèle à sa mission de fonctionnaire international malgré ses habits de Chef de l’Etat fait remarquer, lors de ce même conseil des ministres, « le nombre élevé de sociétés à participation financière publique » et demande  que le nombre de sociétés d’État ou à participation financière publique, soit baissé de 25% au cours des 12 prochains mois»

L’erreur sincère ou intentionnelle (c’est selon) de M. OUATTARA n’a pas permis de guérir le mal contrairement à la Chine ou aux pays d’Asie et à certains pays d’Amérique du Sud mais,  a permis non seulement de dépouiller  le pays de son économie ainsi que de sa souveraineté mais aussi elle a contribué à son immersion dans un océan de pauvreté et de dette.

La politique de privatisation avait donc un objectif idéologique, économique et politique. Poussée par le vent libéral des années 1980, la françafrique a caché son visage sous le masque de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté pour faire main basse sur les économies naissantes par un contrôle direct des entreprises et des États et un dépouillement économique, politique et militaire des pays ciblés. Le secteur privé érigé en panacée et moteur de la croissance s’est révélé le moteur des inégalités, de la dette et du chômage qui minent les États. Les solutions classiques de pillages économiques telles que pratiquées à l’époque de l’esclavage et de la colonisation et qui reviennent avec de nouveaux prétextes avec les guerres de conquête économique (Afghanistan, Irak, Libye, Côte d’Ivoire, Syrie bientôt, etc.) ne donnent aucun résultat face à la concurrence des pays émergeants. Elles enrichissent les multinationales et appauvrissent les États et les peuples occidentaux qui votent périodiquement le changement pour se donner l’espoir d’un lendemain meilleur.

C’est cette politique, dont on connaît tous les méfaits et limites, que M. Ouattara nous sert encore aujourd’hui. Comme hier, il va s’employer à son crime préféré : le bradage du patrimoine de la Côte d’Ivoire. Comme hier on sait qui vend mais sait-on vraiment qui achète ou rachète ?

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR ELECTRIQUE

Le secteur électrique était géré de 1952 à 1990 par une société d’État, l’EECI (Énergie, Électrique de Côte d’Ivoire). La Côte d’Ivoire s’est dotée, sous l’impulsion de l’EECI, d’un parc impressionnant de 6 barrages hydroélectriques fournissant en 90, une puissance installée de 600 mégawatts avec un réseau interconnecté.

En 1990, le secteur est en crise avec une dette qui s’élève à 120 milliards de FCFA et des arriérés de consommation de 37 milliards de FCFA soit trois ans de consommations d’électricité par l’État de Côte d’Ivoire, qui, soit dit en passant, consommait presque gratuitement l’électricité.

En 1990, l’État de Côte d’Ivoire confie par concession sur 15 ans la gestion de l’électricité à une société privée  française : la CIE. Le contrat de concession oblige la CIE à verser des redevances à l’État de Côte d’Ivoire et à prendre en charge les entretiens courants, tandis que la dette revenait à l’État ainsi que les investissements lourds. La CIE met fin à la gratuité avec l’État de Côte d’Ivoire et équilibre les finances. L’opérateur français, actionnaire principal et bénéficiaire de la CIE investit dans la production de gaz et des centrales thermiques selon des contrats de type BOT. Aujourd’hui, la CIE fait un chiffre d’affaires de 300 milliards de FCFA avec les 2/3 affectés au payement du gaz dont la production est contrôlée à plus de 50% par l’operateur privé français selon un contrat de type « take or pay » indexant le prix du gaz tiré du sol ivoirien sur le cours mondial  du pétrole. Par conséquent, le prix du gaz payé à l’opérateur augmente de pair avec  la hausse du prix du pétrole sur le marché international. Tout se passe comme si le gaz tiré gratuitement du sol ivoirien était payé sur le marché international et revendu à la Côte d’Ivoire. Ainsi le gaz qui constituait 12% du coût de l’électricité en 1996 coûte aujourd’hui presque 70% soit les 2/3 du revenu du secteur, ce qui assure une montagne de bénéfices aux opérateurs gaziers au détriment de l’ensemble du secteur. Le paiement de la redevance et des taxes est devenu impossibleet le secteur est encore déficitaire à la fin des 15 ans de contrat de concession. En 2005, le secteur enregistrait un endettement de 112 milliards de FCFA soit exactement 112 540 254 795 FCFA non loin de la situation de 1990. Le mode de paiement du secteur privilégie d’abord les opérateurs gaziers, les producteurs indépendants, ensuite la CIE et en dernier ressort l’État. La crise touche donc directement la CIE et l’État tout en protégeant les gaziers et les producteurs indépendants. En 2005, alors que le pays est sous occupation de l’armée française et de l’ONUCI et que les cabinets ministériels sont repartis entre les loyalistes et les rebelles à Linas Marcoussis et Kléber, le contrat est par la force des choses renouvelé pour 15 ans et l’opérateur français allège sa présence à la CIE pour se mettre à l’abri du déficit du secteur en se concentrant sur le secteur gazier et la production indépendante d’électricité.

« Le Fonds Monétaire International a appelé le vendredi 11 mai 2012, à des réformes dans le secteur de l'énergie en Côte d'Ivoire, à l'occasion du versement des 100 millions de dollars d'un prêt au pays, soit environ 50 milliards de FCFA. Le FMI a appelé à assurer l'avenir de la Compagnie Ivoirienne d`Electricité (CIE) par "de nouvelles mesures, y compris des hausses des tarifs" ». Rapporte le quotidien Notre Voie dans sa livraison du 14 Mai 2012.

Sans faire le constat amer de l’échec de la reforme, la population est sollicitée pour plus de sacrifices en vue de continuer à enrichir les gaziers.

La solution à court terme ne consiste pas à augmenter le prix de l’électricité, ce qui constitue un vrai crime, mais à réduire la part gaz dans le secteur de l’électricité comme le voulait le dernier gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) en déconnectant le prix du gaz du prix international du pétrole et en optant pour un contrat de type « cost plus » qui prend en compte uniquement le coût de production du gaz et une marge bénéficiaire acceptable. A long terme, pour faire face à la dette du secteur, au vieillissement du réseau et des transformateurs électriques, il sera nécessaire de déclarer le secteur électricité comme secteur stratégique et opérer les reformes correspondantes. L’accroissement de la production de gaz et de l’électricité ne servira à rien si le réseau de transport et de distribution s’effondre.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR AGRO INDUSTRIEL ET CHIMIQUE

Les sociétés expropriées à la Côte d’Ivoire, du fait de Monsieur OUATTARA, sont légion. Plusieurs entreprises du secteur agro industriel sont passées à la casserole de la privatisation(nouveau nom du crime économique) malgré les performances de ces entreprises partiellement ou totalement gérées par l’État qui, pour certaines étaient dans des difficultés conjoncturelles réversibles. Ce sont, entre autres :

COSMIVOIRE, NOVALIM/NESTLE, CAPRAL/NESTLE, FILTISAC, SAPH, SICOR, SODESUCRE, SOGB, PFCI (conserve de thon), SACO, SODERIZ, CHOCODI, COCOTERAIE (Fresco, Grand-Lahou, Jacqueville, Assinie), TRITURAF, CIDT, RANCH (Marahoué, Sipilou, Badikaha) etc.

Le calcul des valeurs nettes des entreprises à privatiser prenait en compte la dette, ce qui permettait de sous évaluer ces entreprises. À la vente de ces entreprises, la dette revenait à l’État et les actifs au Privé (socialiser la dette et privatiser le profit) généralement à une multinationale avec divers prétextes. Souvent le paiement de la valeur nette est directement puisé dans la trésorerie de l’entreprise et l’opération est ainsi bouclée. Le chiffre d’affaires moyen de ces entreprises depuis 1990 oscille autour de 20 milliards de FCFA pour la plupart. Pour la trentaine d’entreprises du secteur agro industriel, c’est donc pas moins de 10 000 milliards de chiffres d’affaires cumulés pendant plus de 20 ans ! Comparés au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparaît clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR CACAO

Le secteur cacao  a été un grand bénéficiaire de la dette et est resté le dernier refuge du peuple ivoirien dans son segment primaire. Poumon de l’économie ivoirienne, il a permis de diversifier l’économie ivoirienne, de moderniser le pays et d’opérer une redistribution plus ou moins juste de la richesse nationale à travers la Caistab, société d’Etat en charge du secteur jusqu’en 1999.

Imaginer un seul instant qu'à l'époque, les revenus captés par la Caistab, au lieu de servir au financement de la Côte d’Ivoire moderne, allaient à un opérateur privé externe ! La Côte d’Ivoire ne se serait pas modernisée et serait à l’image d’un grand campement, propriété de cet opérateur immensément riche dans son pays.

La guerre du cacao et l’aveuglement idéologico-politique qui a présidé à la liquidation de la caistab nous conduisent tout droit vers ce que la Côte d’Ivoire a su éviter pendant 30 ans. La guerre du cacao avait pour objectif de faire main basse sur la manne qui arrosait la Côte d’Ivoire.

Cette guerre du cacao commencée en 1932 par le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY et remportée par lui en 1960 apermis au peuple de Côte d’Ivoire de se doter des moyens de son développement. Cela a aussi permis, à travers les bourses, à des élèves et étudiants de milieu modeste de poursuivre par le mérite leurs études et enfin à la Côte d'Ivoire de former des cadres sans distinction d'ethnie ni de milieu social. La crise qui a frappé la Côte d’Ivoire en1990 a été l’occasion rêvée pour les multinationales de reprendre l’offensive. À la faveur de la libéralisation du secteur en 1990, les grands négociants mondiaux du cacao sont autorisés à s’impliquer dans la commercialisation interne du cacao. En 1999, la Caistab est dissoute, les négociants remplacent la Caistab et s’emparent de la commercialisation interne et externe du cacao. Sur une production annuelle de 1 200 000 tonnes et sur un cours mondial variant entre 1000 et 2000 FCFA, la commercialisation du cacao produit 1000 à 2000 milliards de FCFA par an dont plus de la moitié est empochée par les négociants (ce qui revenait à la Caistab et permettait la modernisation du pays) et le reste distribué entre les paysans, les pisteurs et petits commerçants et l’État de Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ainsi dépouillée au profit des négociants. Leur dernier combat reste la main mise sur l’autre moitié de la manne financière en liquidant l’État (ce qui est fait) et en chassant les paysans de leur terre par un génocide programmé (en cours d’exécution) et en votant un nouveau code foncier rural pour faire main basse sur les plantations de cacao comme cela s’est déjà produit dans le secteur palmier, hévéa, banane et ananas. Le contrôle vertical total de la filière par les négociants reste l’objectif principal de la guerre du cacao.

En 20 ans de libéralisation, ce n’est pas moins de 20 000 milliards de FCFA qui se sont envolés des plantations au profit des négociants. Comparé au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparait clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique. L’ambition du Gouvernement AKE NGBO, était justement d’assurer le contrôle interne et externe de la commercialisation du cacao. Il est en prison pour crime économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR FINANCIER

Grand bénéficiaire des dettes, le secteur financier a obtenu un volume important de financement pour  les crédits à tous les secteurs de production dont l’agriculture et les infrastructures. M. Ouattara a annoncé la privatisation et /ou la liquidation des banques publiques dès son installation par les bombes françaises. Cette mesure était exigée de la Côte d’Ivoire depuis le programme d’ajustement du secteur financier (PASFI), lancé au début des années 1990 par le même Ouattara. Ce programme se traduira par une réduction de la présence des opérateurs nationaux dans le secteur, laissant la place largement aux banques françaises. La mesure a été reprise par les programmes de réforme des bailleurs de fonds qui se sont succédés. Le Président Gbagbo a toujours refusé de s’y soumettre. C’est cette obsession de la liquidation des banques nationales qui habite encore M. Ouattara, surtout après l’admirable résistance dont elles ont fait preuve en devenant le fer de lance d'une alternative au système françafricain face à la fermeture des banques pendant la crise postélectorale.

La privatisation ou la liquidation des banques publiques en côte d’Ivoire est plus qu’une erreur, c’est une faute grave. Le bradage des fruits des efforts déployés depuis plus de 10 ans pour sauver des banques publiques (BNI et BHCI) et privées qui étaient en difficulté (Versus Bank et BFA). Les banques françafricaines qui dominent le marché financier ont une double vocation : collecter et rapatrier des fonds en France et encourager la consommation des produits importés. Le crédit à la consommation domine le portefeuille de ces banques. Pour ces banques françafricaines, l’agriculture est considérée comme un secteur à risque tout comme les PME/PMI. Seul l’Etat peut prendre ce risque en innovant. C’est la raison fondamentale du choix de restructuration des banques par le pouvoir GBAGBO et le sauvetage des banques fermées pendant la période de crise par le Gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) pour asseoir une véritable indépendance financière en vue de relancer la machine économique à travers le financement de l’agriculture et des PME/PMI.

Il est étonnant que l’on puisse assister à un tel aveuglement idéologique aujourd’hui encore après que les Etats soient intervenus massivement et directement dans les banques aux USA et en Europe en 2008 dans le cadre de plans de sauvetage élaborés pour faire face à la crise financière sans précédent qui a éclaté du fait des comportements à risques et des excès des banques privées. Aujourd’hui même, il est proposé de créer en France une banque publique d’investissements pour soutenir les PME/PMI nécessaires à une dynamique de croissance. On ne peut pas comprendre la solution Ouattara, qu’en la replaçant dans le cadre de la récompense à ses parrains qui est sa mission première.

 

CONCLUSION

La dette apparaît donc, en dernière analyse, comme le fruit de la magie des accords de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France dans le cadre de la communauté franco-africaine. La France a prêté un bien mal acquis pris dans les poches de ses obligés. Les fruits des investissements de cette dette dans les secteurs clés de l’économie à savoir: l’énergie, les mines, les télécommunications, le cacao, l’agro industrie, les banques, etc. sont retournés par le jeu de la privatisation vers le prêteur principal et ses alliés. Le coût du cadeau se résume donc en une tornade ayant emporté tout sur son passage en expropriant économiquement et financièrement l’Etat de Côte d’Ivoire avec le retour de la politique de la main tendue. Le désir de souveraineté politique, économique, monétaire et financière incarné par Laurent GBAGBO et devant être mise en œuvre par le gouvernement AKE NGBO était donc jugé criminel pour les françafricains. La guerre contre la Côte d’ivoire avait pour but de mettre fin à ce désir et à dépouiller la Côte d’Ivoire de son moyen de résistance : sa souveraineté politique. L’expropriation de l’armée régulière au profit de « tirailleurs françafricains » par la France et l’ONUCI, la destruction des archives de l’Etat et de l’université pour faire oublier les années d’indépendance et réécrire une autre histoire et éditer d’autres documents, le mépris des prescriptions constitutionnelles, ont pour objectif la restauration de la françafrique et  la fin de cette souveraineté. Il ne faut donc pas chercher loin, le vrai « crime »  économique dont on accuse le Président GBAGBO et son gouvernement est donc le désir de mettre fin à 50 ans de biens mal acquis.

Il ne reste au peuple que la vie, la parole et la terre comme moyens de résistance mais aussi, les cibles actuelles de la barbarie des démocrates et républicains de l’âge de la pierre taillée qui dialoguent avec des amulettes, des gourdins et des armes pour faire taire les journaux et les libertés publiques, ôter la vie et exproprier des terres.

Tant que le système françafricain restera en l'état, la reconstitution de la dette sera pour bientôt, car dans les conditions actuelles, l’épargne est impossible à constituer et la mendicité financière est l’unique solution. Or une croissance dont les facteurs  sont essentiellement étrangers n’engendre des revenus que pour l’extérieur. Dans ce cas, la lutte contre la pauvreté se transformera en guerre contre les pauvres pour leur arracher la vie, la parole et la terre, seuls biens restants.

A la lumière de l’expérience ivoirienne, il apparaît clairement que l’aide coûte toujours plus cher que sa valeur monétaire. La quête de l’indépendance économique, financière et monétaire est criminalisée. Or, l’Afrique n’a  pas besoin d’aide mais plutôt de justice économique et, surtout, d’indépendance économique, financière et monétaire.

La question que nous sommes en droit de nous poser aujourd'hui, est de savoir s'il n'y a pas d'autres formes de partenariat avec la France qui puisse permettre une sortie de crise mutuelle puisqu’un seul pauvre en Afrique ou ailleurs est une opportunité de croissance en moins donc un emploi en moins en occident. La pauvreté de l’Afrique restreint donc la consommation et a un impact certain sur la croissance de l’occident.

Si le déficit de cadres dans les années 60 a justifié la dépendance économique, financière et monétaire formalisée par les accords qui fondent la françafrique, ces accords sont devenus une chaîne avec l’excès de cadres. L’étape actuelle et future de l’histoire de l’Afrique exige leur annulation pure et simple  pour libérer l’énergie créatrice du continent afin de stimuler la croissance mondiale et cela sans difficulté si, comme le pensait HOUPHOUET-BOIGNY « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». La minorité franco-africaine, regroupée en partie au sein du CAC 40, bénéficiaire de la Françafrique a donc choisi la guerre pour s’imposer à la majorité et sans résultat effectif pour cette majorité qui souffre encore du chômage et de la dette malgré les multiples guerres de pillage en Afrique et ailleurs.

Telle est la face économique hideuse de la guerre contre la Côte d’Ivoire et partant de la guerre de la minorité multinationale  contre le reste du monde.

Œuvrons ensemble pour construire l’unité  par la réconciliation inclusive et bâtir un espace de liberté, de sécurité et de justice consensuelles où la force des idées guide le choix du peuple et non la force des armes pour réaliser l’idéal promis à l’humanité : « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droit » (art. 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

            

DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur, Ponts et Chaussées

DG DU Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) 2000-2010

Administrateur de la Banque Nationale d’Investissement (BNI) 2000-2010

Administrateur de la CAPEC (Cellule d’Analyse des Politiques Economiques) 2000-2010

Membre du Comité de Privatisation 2000-2010

Ministre de l’Equipement et d’assainissement du Gouvernement AKE NGBO

Membre de la Coordination FPI en exil.


SourceABIDJAN DIRECT.NET

samedi, 08 septembre 2012

EXACTIONS ET CRIMES EN COTE D’IVOIRE: OU EST L’EGLISE CATHOLIQUE?

 

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Trop amorphe

 

Au-delà de l’Eglise catholique, ici spécifiquement interpellée par le quotidien «Aujourd’hui», c’est toute la société ivoirienne qui est prise à témoin devant les graves exactions et crimes subis par les Ivoiriens, ces dernières semaines, de la part du régime en place, et ce sont nos valeurs morales, culturelles et spirituelles qui sont interrogées face au silence assourdissant qui couvre toutes ces dérives inacceptables. C’est au point où on se demande s’il y a dans ce pays des chefs coutumiers, des autorités religieuses ou d’autres objecteurs de conscience. Tous font le mort. Quand ces crimes auront enfanté ce qu’ils doivent enfanter, chers messieurs et dames aphones, vous en serez tenus pour co-responsables. Devant l’Histoire. A bon entendeur… Bonne lecture !

 

Si nous n’avons pas qualité et autorité pour porter un jugement sur les agissements de l’Eglise catholique en Côte d’Ivoire, nous pouvons tout de même nous permettre de porter un regard critique sur elle. Pour trois raisons. Primo, elle est la plus vieille confession chrétienne installée en Côte d’Ivoire. Secundo, elle se veut un garant moral et spirituel de la société. Tertio, elle est la lampe censée éclairer le monde conformément aux Saintes Ecritures.

Alors pour coller à l’actualité, nous nous permettons de poser les questions qui suivent : où est l’église pendant qu’on massacre des Ivoiriens à l’Ouest ? Où est l’église pendant que des hordes de voleurs, d’expropriateurs, de vandales, de néo-colons, etc, envahissent, exproprient et pillent l’Ouest comme des criquets migrateurs ? Où est l’église quand le politique tue l’intelligentsia à travers des mesures que même les pays les plus pauvres de la terre n’ont jamais envisagées pour leur jeunesse ? Où est l’église quand les Frci s’adonnent aux violations graves des droits les plus élémentaires de l’Homme ? Où est l’église quand les détournements et autres magouilles de ceux qui nous dirigent sont érigés en sports nationaux ? Le constat que l’Ivoirien lambda fait est clair et sans appel : l’église est devenue aphone.

Or, le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Cette attitude, bien d’hommes de Dieu l’ont refusée et ont joué franchement leur rôle de conscience sociale. L’exemple le plus récent est Mgr. Tumi, l’Archevêque métropolitain de Kinshasa qui a dénoncé ouvertement et vertement sur Rfi le flou artistique qui a entouré les élections et qui a servi de prétexte au couple France-Onuci pour intervenir violemment dans une affaire qu’eux-mêmes ont qualifiée d’ivoiro-ivoirienne. Où a-t-il eu ses informations ? Du clergé ivoirien qui, lui, a apparemment opté pour le ni vu ni connu !? Pourquoi ce silence là où tous les Ivoiriens attendent de la mère de toutes les églises une interpellation claire et sans fioritures des autorités pour leurs propos justifiant les exactions ? Cela pose – encore une fois – le problème évident de la crédibilité de l’Eglise et des chrétiens en Côte d’Ivoire comme le souligne la Commission épiscopale de l’action et de l’apostolat des laïcs.

L’amorphie qui semble s’être emparée de l’église et le mutisme derrière lequel elle s’est muré ne sont pas faits pour arranger les choses. Vivement, la renaissance !

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

mardi, 04 septembre 2012

A L’ECOLE DE LAURENT GBAGBO

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Un petit recueil croustillant de citations et de propos de l'homme politique, de l'icône africaine. Ne vous en privez pas. La politique est véritablement un métier; ne s'y aventure pas qui veut. Bonne lecture!

 

CICÉRON « La première loi de l’histoire est d’oser ne rien dire de faux et ne rien cacher de vrai. », De l’Orateur, II

Signalons que, selon le témoignage de son épouse Simone GBAGBO, Cicéron était le surnom du Président Laurent GBAGBO à cause de son excellence dans les langues latine et grec. Il dira d’ailleurs que la bourse qu’il a eue pour aller étudier en France était pour devenir professeur de ces deux langues, c’est quand il s’était rendu compte qu’il lui manquait l’étude de l’histoire pour militer efficacement qu’il changera de spécialité en France.

Laurent Gbagbo a été un opposant exceptionnel parmi ceux de sa génération en Afrique noire. Il a battu tous ses adversaires, blancs comme africains, en stratégie politique. Comme le dit à raison le journaliste Blaise Pascal TALLA Laurent GBAGBO est « un Professeur de stratégie politique ».

Selon le journaliste Pascal AIRAULT, dans un article intitulé « Côte d’Ivoire : Les clés du duel », paru deux semaines avant la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle  dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, N° 2600, du 7 au 13 novembre 2010, pp. 26 à 28, et je le cite ad litteram, Laurent GBAGBO est « le politicien le plus doué de sa génération ». Ce n’est pas la première fois que Laurent GBAGBO est gratifié, et d’ailleurs à raison, de la qualité d’homme politique talentueux, lui quia toujours considéré la Politique comme « son Métier ». Pascal TALLA dans le numéro 370 de Jeune Afrique Economique paru en juin 2006 le qualifiait de « Professeur de stratégie politique » (C’est le titre principal sur la page de couverture de ce même numéro).

Je vous demande donc, non de lire simplement, mais de méditer ces différentes sages et profondes paroles du président Laurent GBAGBO. Vous trouverez deux écrits qui ne sont pas de lui mais qui sont dans la même logique. C’est un homme politique dont le genre est en voie de disparition. C’est aussi pour s’instruire tous ceux qui défendent sa vision du monde et qui se sont donnés pour mission de continuer son combat. C’est aussi une obligation pour nous de Penser cette crise afin d’en tirer des leçons pour l’avenir car c’est le destin de l’Afrique qui s’est joué en filigrane dans cette crise post-électorale.  Ce texte est ma contribution personnelle comme essai ou tentative de compréhension de cette crise afin de remplir mon devoir vis-à-vis de l’Histoire, de l’Avenir et de tous ceux qui sont morts dans ce noble combat. Ils seraient morts en vain si nous nous contentions simplement de chanter leurs mérite sans nous engager aussi afin d’imiter leur exemple. La plume est un moyen de combat.

Et toute action (praxis) est précédée de la théorie (théoria). Que chacun fasse donc son travail, ceux qui savent Penser le fasse et que ceux qui savent Agir de même. Pourquoi un jeune comme moi se donnerait tant de mal à faire des recherches approfondies pour écrire sur la vie d’un homme  qui n‘a rien à voir, semble-t-il, avec ses études universitaires personnelles ?

Trois raisons motivent mon engagement : d’abord comprendre la vie et la pensée politique d’un grand leader qui a lutté pour la véritable indépendance, la Liberté, le développement de son pays et de l’Afrique, pour la Dignité de l’Homme Noir afin de perpétuer sa mémoire, faire la promotion de son combat, m’y engager et encourager d’autres à imiter son exemple.

Ensuite, en tirer des leçons de sagesse afin de continuer son noble combat : il y a deux cas en ce sens: vanter ses mérites, la justesse et la noblesse de son combat ou imiter son exemple en s’engageant (continuer) dans son noble combat. J’ai personnellement choisi la deuxième option, ce qui ne me dispense pas de la première. Enfin, favoriser (encourager, susciter) l’étude de sa pensée politique dans l’objectif d’en tirer (élaborer) une théorie politique à la lumière de ses discours (écrits) et de ses actions (stratégie politique). Car j’ai toujours été convaincu qu’il est un exemple d’homme politique et un modèle qui mérite d’être enseigné dans les facultés de sciences politiques africaines et dans le monde, en plus d’être un leader qui à influencer (inspirer et inspirera toujours) toute une génération d’Africains (les Jeunes) et beaucoup d’autres personnes dans le monde.

Comme lui-même l’affirmait à la fin du documentaire sur sa vie «  Un homme, une Vision » :

«ON NE PEUT PAS ÊTRE IGNORANT ET ÊTRE REVOLUTIONNAIRE»

Bonne Lecture!  Veuillez, s’il vous plaît, diffuser ce texte à tous vos contacts et ami partout dans le monde.

Extrait d’un livre en préparation intitulé : Laurent GBAGBO habite notre Avenir - Appel à la Jeunesse Ivoirienne et Africaine

 

Imhotep MAÂT, Penseur de Gauche,

Théoricien de la Renaissance Africaine

imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr

Imhotep_maat@yahoo.fr

Imhotep2012maat@gmail.com


 

« Chaque crise a ses bon côtés. Celui qui n’a pas été instruit par cette crise ne le sera jamais. »

Laurent GBAGBO, le 14 septembre 2006 devant les FDS au palais présidentiel


« Les élections, c’est le moyen d’expression des hommes civilisés. On va aux élections. Le peuple qui est souverain, choisit. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections. C’est cela qui est la règle. Et, c’est comme cela que tous les pays se développent. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections présidentielles. Si le peuple t’a choisi alors tu gouvernes. Celui qui n’est pas capable de comprendre cela, n’est pas digne de faire de la politique. »

Laurent GBAGBO, lors d’un meeting.

 

« Aux hommes politiques ivoiriens, dire ceci : toute ambition politique est légitime sinon je n’aurais pas combattu pour être président de la République. Mais j’ai combattu trente ans et jamais on ne m’a retrouvé dans un camp d’entrainement, jamais on ne m’a trouvé des armes, un pistolet, un couteau à la main. (…) Nous voyons, depuis que je suis au pouvoir, une nouvelle race d’opposants qui avancent avec des masques, sans visage, en armant des troupes. Déposez vos armes et attendez les prochaines élections ! Déposez vos armes et attendez les suffrages populaires. Comme on est à l’aise quand on est oint par le suffrage populaire ! C’est ce suffrage, qui, seul confère la légitimité. (…) Vous qui vous engagez dans la voie de la politique, attendez les élections de 2005, préparez vos arguments et nous nous attaquerons pacifiquement sur le terrain des élections. »  

Laurent GBAGBO, Message télévisé à la nation le 8 octobre 2002.

 

« J’engage les hommes politiques ivoiriens à prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à être responsables et à penser à la Côte d’Ivoire. Je les engage à être responsables et à penser au développement de la Côte d’Ivoire. Je les engage à cela. La Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire ; tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on veut faire de la politique, alors qu’on laisse la politique à ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup n’est pas un homme politique. »

Laurent GBAGBO, discours lors du meeting de clôture de sa visite d’Etat dans l’Agneby.

 

« En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). (…)

Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peupleC’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. (…)

Demeurons toujours mobilisés et confiantsCar, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.»

Laurent GBAGBO, Message aux Ivoiriens le 7 Août 2011.

 

« Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge.

  Elle a la limpidité de l’eau de pluie

  Et la violence de l’ouragan.

  Le monde est malheureux

  Parce que les hommes ne se souviennent pas.

  Or hier n’est pas encore loin

  Et demain est profond,

  D’une profondeur pleine d’espoir.

  Ecoutez ma parole : elle ne sait qu’avancer !

  Ecoutez ma parole : l’Histoire est Vérité ! »

GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p.102.

 

« La première chose qu'il faut comprendre, c'est que, dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : “Je te fais un prêt, voici les conditions”. Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venirLa génération que je représente, c’est de donner la dignité, c’est de forcer le respect. … Nous n’avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d’intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! »  

Président Laurent Gbagbo à l’occasion de l’ouverture du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP) le samedi 18 décembre 2004 au Palais des Congrès de l’Hôtel Ivoire.

 

«  La souveraineté de la Côte d’Ivoire, c’est elle que je suis chargée de défendre. Et elle, je ne la négocie pas. »

Discours d’investiture du Président Laurent Gbagbo le 4 décembre 2010.

 

« On a de grands combats à mener. Et, les grands combats qu’on a à mener, ce n’est pas pour se venger des gens. C’est pour être Hommes, aussi, comme les autres. C’est ce qu’on appelle la dignité. Quand quelqu’un passe, il faut qu’on sache que c’est un Homme qui passe. C’est tout ce que nous voulons ; c’est tout ce que nous recherchons. On ne cherche pas à dominer ceux qui nous ont dominés hier ; à nous venger ; non. Mais, on veut qu’on reconnaisse que nous sommes des Hommes, au même titre que les autres. (…) Quand tu passes, il faut qu’on dise : voici un Homme qui passe. »

Laurent GBAGBO, lors de la remise officielle du film-documentaire : « Un Homme, une Vision » réalisé par le cinéaste Abdérhamane N’Diaye.

 

« Nous ne ferons pas ce que les autres nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni Sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis Chef de l’État élu par son peuple, c’est tout ! » 

Laurent GBAGBO, Discours lors de l’intronisation du Chef du village d’Anonkoua-Kouté – commune d’Abobo – le samedi 30 septembre 2006.

 

« Pendant ces trente années de combat dans l'opposition, jamais je n'ai pris aucune arme contre aucune institution de la Côte d'Ivoire (applaudissements). Jamais, pendant ces trente années, alors que je subissais les affres de la prison - mon père a été en prison, moi-même j'ai été en prison, mon oncle a été en prison, mon épouse a été en prison, mon fils a été en prison, ma sœur a été en prison-mais jamais, jamais, nous n'avons songé à prendre les armes contre la Côte d'Ivoire. Parce que nous croyons en nous. Parce que nous avons confiance en nous. Et nous avons confiance en notre relation avec le peuple. Nous savions que, tôt ou tard, ce peuple-là, que nous défendions, allait nous reconnaître et nous donner le pouvoir. Quand on a confiance en soi, on ne prend pas les armes pour faire la guerre civile. Quand on a confiance en soi, on ne cherche pas les fusils comme moyen d'accession au pouvoir. »

Laurent GBAGBO, lors d’un discours.

 

« Je serais heureux si après ma mort, cette phrase était inscrite sur ma tombe : « Cet homme a travaillé pour son pays et pour l’Afrique.»

GBAGBO Laurent, Le Temps de l’Espoir, Johannesburg, Les Editions Continentales, 1995, p. 131. 

***

« Peuple de Côte d’Ivoire, mon Peuple. Nous sommes ensemble depuis toujours. Donc je vous connais et vous me connaissez. Jamais je ne vous ai trahi et jamais je ne vous trahirai. Je me rends compte que, vous-mêmes, jamais vous ne m’avez trahi. Depuis 1990, vous n’avez cessé de m’apporter votre chaleur et votre soutien. C’est Dieu qui pourra vous remercier. En tout cas, moi en tant qu’homme, je ferai tout ce que je peux pour mériter votre confiance. »

Laurent GBAGBO Message à la Nation du 7 janvier 2003.

 

« On ne peut pas dire de moi qu’il est mort dans la peur. Chez nous, on ne peut pas dire cela d’un homme ; d’un « garçon ». Là où meurt un « garçon », il y a toujours des traces de lutte pour édifier la postérité. Quand, sur le lieu d’un combat, les arbres sont tombés, les herbes sont en vrac et que le terrain est jonché de feuilles, on dit : « Ici est mort un garçon ». »

Allocution devant les peuples Abbey et Krobou reçus en audience le 17 octobre 2003 au Palais présidentiel.

 

« Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo fuira. Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo abandonnera. Non, non et non ! Je ne laisserai jamais dissoudre ma nation. Je ne vendrai pas mon pays. Je ferai toujours face à l’adversité.»

Allocution lors de la visite d’Etat dans la région du Moyen-Comoé, à l’étape de Niablé le 11 février 2004.

 

« Les intellectuels et les hommes politiques ont en commun le désir de comprendre le monde pour le transformer. Mais ce sont surtout les premiers, c’est-à-dire les intellectuels, qui ont les moyens de la compréhension. Le paradoxe veut que celui qui comprend soit guidé par celui qui a besoin de comprendre. Il faut donc remettre la pensée à sa place et rendre l’action servante de sa pensée. »

Allocution lors de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures et des Diasporas africaines (ASCAD) le 18 juillet 2005.

 

SOURCE : BAILLY Jérôme Diégou, Laurent Gbagbo: le verbe en action, Abidjan, Presses des Universités de Côte d’Ivoire, 2010. Préface du Professeur Séry BAILLY.

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« Une nouvelle Afrique arrive, Parce que les gens qui pensent ce que je pense sont plus nombreux. Aujourd’hui plus qu’hier. »

Laurent GBAGBO, Discours de clôture du colloque sur le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire le 5 août 2010 à la Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro.

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« Le néo-colonialisme aujourd’hui représente l’impérialisme à son stade final, peut-être le plus dangereux. (...) L’essence du néocolonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées de l’extérieur. Cette manipulation peut revêtir des aspects divers. Par exemples, dans un cas extrême, les troupes de la puissance impériale peuvent être stationnées sur le territoire de l’État néo-colonial et en contrôler le gouvernement. Plus fréquemment pourtant le contrôle est exercé par des moyens économiques ou monétaires. L’État néo-colonial peut-être obligé d’acheter les produits manufacturés de la puissance impérialiste à l’exclusion des produits concurrents venus d’ailleurs. » p. 9.

« La lutte contre le néo-colonialisme n’a pas pour but d’interdire des capitaux des pays développés dans les pays qui le sont moins, mais d’empêcher l’utilisation de la puissance financière des nations industrielles à l’appauvrissement des nations moins développées. Le néo-colonialisme est aussi la pire forme de l’impérialisme. Pour ceux qui le pratiquent, il signifie le pouvoir sans la responsabilité et, pour ceux qui le subissent, l’exploitation sans contreparties. » pp. 10-11.

« Le néo-colonialisme, comme le colonialisme avant lui, est une tentative d’exploitation des conflits sociaux des pays capitalistes. Le succès temporaire de cette politique apparaît dans l’élargissement de l’écart entre les nations riches et les nations pauvres du globe. Mais les contradictions internes et les conflits du néo-colonialisme sont la preuve qu’il ne pourra pas demeurer une politique mondiale permanente. Comment en amener la fin ? Voilà le problème que devraient étudier par-dessus tout les nations développées du monde parce qu’elles subiront le contre coup de son échec ultime. Plus il continuera, plus il est clair que son effondrement final détruira le système social dont il est le fondement. » pp. 11-12.

« Le système du néo-colonialisme a donc été institué et, à court terme, il a admirablement servi les puissances développés. C’est à long terme que ses peuvent être pour elles catastrophiques. » p.13.

NKRUMAH Kwamé, Le néo-colonialisme : dernier stade de l’impérialisme, Paris, Présence Africaine, 1973, 269 p.

***

« Le fait est qu’on ne peut libérer un peuple qui se pense et se décrit libre. Et notre peuple a tellement vécu dans des chaînes qu'il ne sent même plus le poids de ses fers. Il se prétend libre lorsqu'il croule sous les charges du colonialisme le plus violent et le plus pilleur. On ne peut rien faire face à une majorité d’africains prêts à être contre l’anticolonialisme et à proclamer que l'Afrique ne subit rien de la part du monde extérieur. En vertu d'ailleurs de cette conviction, des africains sont capables de haïr à mort les leurs qui essaient de leur ouvrir les yeux sur la réalité du monde. C’est-à-dire que dans cette institution d’inversion de responsabilités installée par le colonialisme, les africains prennent effectivement leurs ennemis pour leurs plus fidèles amis et leurs seuls amis, leurs pires ennemis. Que faire si une large part de nous-mêmes n'a pas encore compris où se situe notre devoir et comment notre intérêt vital exige d'organiser à partir de nous-mêmes dans un esprit d'ensemble les moyens de résolution de nos difficultés pour la plupart nées de la rencontre de l'Afrique avec le monde extérieur? Autant, il n'y pas de créations sans créateurs, autant il n'y a pas de libération sans libérateurs. A nos enfants, nous dirons donc ceci : nous avons essayé de vous laisser une autre Afrique, une voie en dehors de celle imposée par le colonialisme, nous avons essayé de ne pas vous laisser en héritage le statut de peuple à terre. Hélas ! Nous avons été férocement combattus par beaucoup de nos propres frères et sœurs. Ces derniers se sont opposés à nous plus que les maîtres dont ils sont l’émanation et donc des alliés objectifs. Et en matière de combat d’un peuple, il n’y a pas plus redoutables adversaires que ses propres congénères. C’est ainsi que nous avons dû faire face simultanément à deux fronts : celui de notre propre peuple et celui des loups du monde extérieur. Un front solidement uni par les liens de sujétion, de fascination voire de subjugation que les dominateurs ont exercé et exercent sur la partie la plus arriérée et la plus aliénée de notre peuple. »

Komla KPOGLI, Leader du Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique (MOLTRA).

lundi, 03 septembre 2012

COTE D'IVOIRE: LE RACKET DES ETRANGERS EST DE RETOUR

 

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On l'avait cru à jamais révolu. Que nenni! Le racket des étrangers, initié sous la gouvernance d'Alassane Ouattara - alors Premier ministre de Côte d'Ivoire sous Houphouët - est de retour. Et d'une façon absolument perverse. Appréciez, à travers ce communiqué de LIDER. Bonne lecture!

 

 

Côte d'Ivoire: Scandale aux frontières


Vingt-deux ans après l’instauration de la carte de séjour par Alassane Ouattara, alors Premier ministre, voici sa dernière trouvaille, en tant que président de la République. Les citoyens étrangers résidant en Côte d’Ivoire et titulaires d’un titre de séjour régulier doivent dorénavant, en plus de leur titre de séjour, s’acquitter d’un visa s’ils veulent regagner leurs domiciles après un voyage à l’extérieur. Leurs passeports et titres de séjour sont retenus par la police à leur arrivée à l’aéroport, et ils doivent se rendre à la Direction de la Sécurité du Territoire munis d’un reçu pour payer le visa afin de récupérer leurs papiers.

Plusieurs représentations diplomatiques, saisies par leurs ressortissants outrés par cette décision inopinée qui s’apparente à un hold-up, se sont rapprochées de l’administration ivoirienne (ONI, DST, Ministère des affaires étrangères), qui a confirmé l’implémentation de cette pratique, sans pour autant être à même de produire un document officiel.

Ce traitement des ressortissants étrangers résidant en Côte d’Ivoire ressemble à une mesure désespérée du président Ouattara pour tenter de combler les caisses de l’Etat, vidées par les dépenses somptuaires qu’il occasionne, notamment par l’opulent train de vie de l’Etat, l’organisation de fastueuses mais inutiles cérémonies et surtout, ironie du sort, par ses incessants et très coûteux voyages… à l’étranger, sans parler des détournements et des surfacturations.


Abidjan, le 31 août 2012


La Direction du parti


Source: Liberté et Démocratie pour la République (LIDER)

DEUX MOIS APRES LA SORTIE TELE D'HAMED BAKAYOKO - LA PRESSE GHANEENNE REVELE LE FIN MOT D'UN FAUX COMPLOT

 


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Après la sortie surmédiatisée du «superflic», le ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, le 12 juin dernier, sur les antennes de la RTI, annonçant un coup d’Etat déjoué avec des preuves filmées à l’appui, beaucoup d’Ivoiriens avaient pris avec des pincettes les aveux qu’on dit avoir été «arrachés» au ministre Lida Kouassi et au Colonel Katé Gnatoa.

Deux mois après la sortie télé du ministre de l’intérieur, consécutivement à l’extradition spectaculaire du ministre Lida Kouassi du Togo vers la Côte d’Ivoire, la vérité a fini par éclater au grand jour, et ce depuis la capitale ghanéenne. Où le cerveau de ce qui s’avère une grotesque arnaque (le fameux coup d’Etat déjoué) servie aux Ivoiriens, un certain Chicata ou Tsikata, a été mis aux arrêts il y a quelques jours par les agents du Bureau of national investigation (BNI), l’équivalent de la DST en Côte d’Ivoire. C’est la presse locale qui s’en fait l’écho. Notamment le journal «The Insight» qui en fait sa grande Une : «Arrested / Agent of Ivorian security in BNI hands» (Arrêté/ Un agent de la sûreté ivoirienne entre les mains du BNI).

Selon l’article, le dénommé Tsikata (Chicata), de nationalité ghanéenne,  a avoué avoir travaillé pour les services de sécurité de Côte d'Ivoire. Après avoir été arrêté par  le Bureau national des investigations (BNI). «Le Ghanéen répondant au nom de Tsikata a réussi à convaincre ses employeurs au sein des services de sécurité ivoiriens qu’il était un officier de l'armée ghanéenne à la retraite avec une très grande influence au Ghana. Il a également établi des contacts avec des partisans de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, qui sont actuellement en exil au Ghana. Avec ces contacts, M. Tsikata aurait séduit les services de sécurité ivoiriens avec des histoires inventées sur la participation du Ghana pour tenter de renverser le gouvernement ivoirien.

Il aurait également fourni de fausses informations sur les opérations de sécurité en Côte d’Ivoire aux loyalistes de Gbagbo au Ghana. Certaines sources bien placées disent que le but des activités de M. Tsikata était de saper les très bonnes relations existant entre le Ghana et la Côte d'Ivoire. Il travaillait avec les services ivoiriens dans un schéma de provoquer le rapatriement (l’extradition) des exilés ivoiriens. La BNI l’a remis entre les mains de la Justice», peut-on lire dans le journal The Insight du vendredi 31 août au dimanche 2 septembre 2012, numéro 1417. On comprend mieux toute la machination qui  a suivi, et pourquoi au finish, le ministre Moïse Lida Kouassi n’est poursuivi que pour de prétendus «crimes économiques».
 


Frank Toti


vendredi, 31 août 2012

RIPOSTE - LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24 ET LEURS CHOIX PARTICULIERS

 

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C’est l’histoire d’une série de vidéos en ligne qui ont fait le buzz avant de susciter la polémique. Au commencement, il y a un mystérieux compte Youtube d’où ont été postées, il y a «un mois», des images révoltantes de soldats FRCI soumettant quasiment tout un village à des traitements inhumains et dégradants à «Alépé», nous signale le «posteur». Ces images ont mis quelques semaines à être récupérées par les «facebookers» et certains blogueurs de ce qu’on pourrait appeler la «gbagbosphère». En l’absence d’explications claires de la personne – «Richard Geremy», certainement un pseudonyme – qui les a publiées, les supputations sont allées bon train. Certains internautes ont daté ces images de juin 2012.

C’est alors que France 24, à travers son émission «Les Observateurs», entre en scène et enquête. Ses conclusions ? Les images datent de mai 2011 et non de juin 2012 et décrivent néanmoins des sévices réels. Comme l’explique l’équipe des Observateurs, aidée par la journaliste Péguy Bruguière. «France 24 a pu contacter un témoin oculaire de la scène, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Il nous affirme que les faits se sont déroulés à Domolon, un petit village de la région d’Alépé, en mai 2011, soit quelques semaines après la chute de Laurent Gbagbo, l’ancien président. Il explique que, ce jour-là, les FRCI étaient venues venger d’autres soldats qui s’étaient fait "lapider" par un groupe de jeunes de la ville une semaine auparavant (sur la 3e vidéo, on entend à plusieurs reprises les soldats parler de "lapidation de FRCI"). Après avoir pillé plusieurs maisons du village, les FRCI ont alors regroupé les jeunes sur la place et les ont soumis à des actes humiliants. En entendant les tirs, le curé d’Alépé, qui se trouvait à Dabré, un village mitoyen, a accouru en soutane pour tenter de ramener le calme (à plusieurs reprises, on voit un homme en soutane blanche sur les images). Il est parvenu à convaincre le commandant "barbu" visible sur la 3e vidéo de libérer les jeunes, expliquant que ceux qui avaient agressé les FRCI la semaine précédente ont fui le village. Après plusieurs heures, les soldats ont fini par partir, laissant la population "traumatisée", selon notre témoin.»

Il y a tout de même un hic. L’angle fort que France 24 choisit de mettre en valeur, c’est le «retour de la cyber-manipulation», qui serait bien entendu le fait des vilains pro-Gbagbo. C’est un angle discutable et dangereux. 

Discutable parce que rien ne prouve que le fait que les images aient été datées de juin 2012 par certains internautes n’est pas tout simplement lié à une erreur de bonne foi qui s’est diffusée en ligne. Rien ne prouve même que celui qui a mis les vidéos en ligne est celui qui les a filmées. On a souvent l’impression qu’elles ont été prises par un FRCI, puis volées d’une manière ou d’une autre par celui qui les a anonymement dévoilées à la face du monde. 

L’angle de France 24 est dangereux parce qu’en insistant lourdement sur le fait que ces exactions se sont produites il y a plus d’un an, on sous-entend subtilement que les choses se sont arrangées depuis, ce qui n’est absolument pas vrai, comme l’indiquent de nombreux témoignages sur la pratique de la torture qui persiste, et que dénonce même la très officielle Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire.

Au final, l’angle de France 24 trahit la gêne de la «grande presse» française. Elle a soutenu à fond Alassane Ouattara qui se révèle à la pratique un chef autoritaire dont la troupe criminalisée viole au quotidien les droits de l’homme. Il faut donc pinailler, créer le flou, parler d’autre chose… continuer à bas bruit la diabolisation de l’adversaire commun. Le grand méchant Gbagbo et ses satanés patriotes des rues et des réseaux sociaux.

 

Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 30 août 2012

AVANT L'AUDIENCE DE VENDREDI A ACCRA, L'AVOCATE DE KONE KATINAN DIT TOUT

 

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Me Lucie Bourthoumieux, l’un des avocats du ministre Koné Katinan dans l’affaire (elle collabore par exemple avec le juriste ghanéen Patrick Sogbodjor), a bien voulu accorder un entretien au Nouveau Courrier dans lequel elle explique la procédure en cours, en particulier la dernière initiative de la Défense qui a choisi d’invoquer la notion d’habeas corpus, chère au système juridique anglo-saxon, pour obtenir la mise en liberté du porte-parole du président Gbagbo. Elle s’exprime également sur ce qu’elle perçoit comme la volonté manifeste des autorités ghanéennes de ne se fier qu’aux textes et loi en vigueur dans le pays et sur la scène internationale, en dépit des pressions politiciennes. En filigrane, l’on comprend que l’enjeu pourrait bien être une forme de jurisprudence qui clora, dans un sens ou dans un autre, le débat engagé, avec force tambours et trompettes, par le régime ivoirien. 

Vous invoquez l'habeas corpus dans le cadre de l’affaire Katinan Koné. A quoi répond cette démarche juridique?

Le sens de cette démarche est simple. L’Etat ghanéen doit venir se prononcer devant la justice sur les raisons de ce qu’on peut appeler la privation de liberté, ou alors de la mise en sécurité de M. Koné Katinan. La Cour nous a donné raison en désignant un juge qui a convoqué l’Etat et fixé une date d’audience relativement rapprochée, c’est à dire vendredi prochain. De façon à ce que l’Etat vienne s’expliquer sur le fait que notre client, M. Koné Katinan, soit mis en sécurité depuis vendredi dernier, et pendant plus de 48 heures. Je pense que l’Etat ghanéen viendra expliquer qu’il a procédé ainsi parce que le gouvernement Ouattara avait demandé que Koné Katinan soit extradé. 

A partir de là, on demandera au juge de se prononcer sur la légalité de cette demande d’extradition. Dans la mesure où premièrement, il n’y a pas du tout de convention d’extradition entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Deuxièmement, M. Katinan Koné bénéficie du statut de réfugié politique. Et à ce titre, il est couvert par la Constitution ghanéenne de 1992 qui est contre toute extradition d’un réfugié vers son pays d’origine ou décrit comme tel pour des motifs politiques. Et même les textes de la Cedeao interdisent toute extradition pour des raisons politiques d’un ressortissant de la Cedeao vers son pays d’origine ou un pays tiers.

A quoi doit-on s’attendre lors de l’audience de vendredi? Y aura-t-il un débat de fond sur l’affaire même?

Des questions peuvent toujours conduire à un débat de fond. A la suite des explications de l’Etat. Qui viendra donner les raisons pour lesquelles le ministre Koné Katinan est retenu depuis vendredi dans ses locaux. Et à partir de ces raisons-là, le juge pourra décider si l’Etat a le droit de retenir pendant plus de 48 heures un réfugié politique ou en tout cas un résident étranger, sachant que ce dernier a toutes les pièces justificatives de son statut. 

Par rapport à tous les éléments à votre disposition, êtes-vous confiante quant à l’issue de la procédure?

En tout cas, nous sommes confiants et nous avons confiance en la justice ghanéenne, dans la mesure où nous avons pu constater depuis quelques jours que nous négocions ce dossier en rapport avec toutes les autorités politiques et judiciaires, que toutes les autorités ont à cœur de se soumettre à la loi de leur pays quelques soient les pressions subies. 

Sommes-nous dans la même configuration que l’affaire du ministre Lida Kouassi extradé au forceps du Togo en juin dernier?

On est dans la même situation de demande d’extradition de personnalités ivoiriennes, mais vous voyez que le modus operandi est complètement différent. Vous avez vu qu’au Togo le ministre Lida Kouassi a été extradé avec une autorisation administrative, donc purement politique. Mais, dans le cas de Koné Katinan, l’Etat ghanéen a souhaité étudier le dossier au regard de la loi. Ça, c’est une différence de taille !


Réalisée par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

UNIVERSITES DE COTE D'IVOIRE: PARADE POUR UNE RENTREE MANQUEE

 

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En lieu et place de la rentrée universitaire annoncée pour être effective le 3 septembre 2012, après deux incompréhensibles et inacceptables années blanches, le régime Ouattara s'apprête à servir aux ivoiriens et au monde entier (convoqué à cette occasion) une parade aussi inutile, inédite que coûteuse pour masquer son incapacité à tenir une date qu'il a lui-même annoncée en fanfare. Cela s'appelle un cache-sexe!



 


Universités publiques: Ouattara camoufle la non tenue de la rentrée du 3 septembre dans une cérémonie

 

Alassane Ouattara et son régime l’avaient annoncé tambour battant: "La rentrée universitaire s’effectuera le lundi 3 septembre 2012". Ils avaient même fixé des frais d’inscription faramineux de 300.000 à 500.000 FCFA avant de faire volteface quelques jours après. Nous sommes à jour J-5 et les universités sont toujours en chantier. Des professeurs en prison ou en exil, des étudiants tués ou en exil. L’Université de Bouaké est envahie d’herbe. Les UFR des autres villes, personne n’en parle. Aucun signe concret de la rentrée effective annoncée pour le 3 septembre 2012.

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Travaux sur le campus de l'Université d'Abidjan Cocody, fin juillet. Sia Kambou/Afp

 

Ce matin, mercredi 29 août 2012, à 07h 20mn lorsque que nous passions près du site de l’Université de Cocody, des Caterpillar et des camions ainsi que des ouvriers s’activaient à préparer les lieux pour la trompeuse manifestation. Les gazons plantés dans la cours et dans l’espace extérieur n’ont pas encore germé. Mais Ouattara tient à organiser sa cérémonie tape-à-l’œil. Juste pour détourner le regard de certains ivoiriens et des observateurs de cette honteuse débâcle de la non-tenue de la rentrée du 3 septembre, Ouattara et son régime ont trouvé la parade d’organiser une cérémonie creuse en lieu et place de la rentrée annoncée. On y annonce des conférences, des prestations musicales sous le haut patronage d'Alassane Ouattara himself. La RTI a même conçu une bande publicitaire dans laquelle elle annonce la participation de Didier Drogba, le Footballeur international, à cette comédie qui ne dit pas son nom.

Après avoir focalisé les ivoiriens et les bailleurs de fonds sur le 3 septembre 2012 comme date de la rentrée universitaire, on constate que Ouattara a encore menti comme à son habitude. La rentrée effective n’aura pas lieu. Les communicants du régime trouveront des parades pour justifier l’incompétence de leur mentor. C’est déjà connu. Pauvre Côte d’Ivoire!

 

SourceLe blog d'Alain Doh Bi

REVELATION SUR LE CAS KATINAN: CORRUPTION, TERRORISME ET GANGSTERISME

 

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Avant les obsèques du président ghanéen Atta Mills, Ouattara avait remis au directeur de la DST ghanéenne (via Hamed Bakayoko son ministre de l'intérieur), une importante somme d'argent avec une liste de certaines personnalités ivoiriennes, afin que celui-ci procède au kidnapping et à l'extradition en Côte d'Ivoire de ces personnalités. L'arrestation et extradition manquée du ministre Koné Katinan était le premier du genre. 

L'investigation au sein de la DST ghanéenne a donc permis aux autorités ghanéennes de découvrir le plan frauduleux. La suite, on la connait tous: le directeur de la DST et ses collègues complices ont été démis immédiatement de leur fonction. 

Dévoilé, Ouattara ne va pas démordre pour autant dans sa volonté de ramener Katinan en Côte Ivoire. Car, il fit intervenir l'ambassadeur de France au Ghana. Mais face aux explications de l'avocat du ministre Katinan, le diplomate français s'est toute suite retiré. 

L'UEMOA, NOUVELLE SOLUTION POUR L'EXTRADITION?

Au dernière nouvelle, après l'échec de l'extradition du ministre Katinan, grâce à la loi ghanéenne sur la protection des réfugiés, ouattara a choisi l'option Uemoa. En effet, selon les proches du pouvoir Ouattara, l'Uemoa serait entrain de mettre en place une commission rogatoire pour obtenir l'extradition du ministre Katinan. Selon ces derniers, la Commission Bancaire de l'UEMOA avait diligentée une enquête (?) pendant la crise post-électorale qui établit clairement l'implication directe du ministre Katinan dans l'appropriation illégale de ressources au sein du siége national de la BCEAO à Abidjan.

Selon ces pro-ouattara, cela apportera du crédit à l'accusation de crimes économiques formulée par le pouvoir Ouattara. Toujours, selon eux, si cette commission rogatoire se confirme, les juges ghanéens pourraient difficilement s'opposer à l'extradition du ministre Katinan, puisque la loi ghanéenne sur la protection des réfugiés ne s'applique pas quand un réfugié commet des crimes non-politiques dans son pays d'origine avant d'entrer sur le territoire ghanéen. Cependant, ces pro-Ouattara, précisent qu'une telle procédure peut durer plusieurs semaines...

OBJECTIFS REELS DE OUATTARA

L'affaire de l'extradition du ministre Koné Katinan a révélé au monde entier la vraie nature de Ouattara et son régime: corruption, terrorisme, gangstérisme, dictature... Du mandant d'arrêt pour déstabilisation de pays, on est passé en 48h, après l'échec de l'extradition du ministre Katinan, à un nouveau mandat d'arrêt pour crime économique. 

Le régime Ouattara agit comme un gang mafieux. L'objectif de ce dernier est d'éradiquer définitivement l'opposition significative ivoirienne (le FPI, parti du Président Gbagbo), et de réduire en silence toutes les personnalités ivoiriennes susceptibles d'avoir en leur possession des preuves qui accablent Ouattara et son pouvoir.

Les plans morbides de ouattara sont désormais dévoilés. Et son acharnement contre le peuple ivoirien va le perdre indubitablement. 


Source: Facebook Ma Patrie

mercredi, 29 août 2012

LA FRANCE, LA COTE D'IVOIRE, LE DESARMEMENT ET LA PAIX

 

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C’est une prise de position qui n’a pas été assez commentée dans l’effervescence de l’actualité ivoirienne de ces dernières semaines. Face au regain de tension armée en Côte d’Ivoire, la diplomatie française est sortie du bois et a «pondu» un communiqué sur lequel il serait pertinent de s’attarder. «Nous appelons au calme et à l'apaisement des tensions», a déclaré un porte-parole du quai d'Orsay, qualifiant le climat d’insécurité qui règne au pays des Eléphants de «préoccupant». Ce porte-parole a poursuivi: «Le désarmement et la réforme des secteurs de la sécurité doivent plus que jamais être une priorité, tout comme la poursuite du processus de réconciliation nationale et la lutte contre l'impunité».

Dans la bouche d’un officiel français, le mot «désarmement», dès lors qu’il est rapporté à la Côte d’Ivoire, ne peut pas être neutre. Il a une histoire. En effet, si les accords de Linas-Marcoussis (parrainés par Paris), de Pretoria et de Ouagadougou n’ont, depuis début 2003, cessé d’appeler au «désarmement», l’ancienne puissance coloniale a eu, jusqu’à la chute du président Laurent Gbagbo, un positionnement politique et stratégique encourageant clairement la prolifération des armes légères… tant qu’elle dérangeait le chef de l’Etat d’alors. Ainsi, Paris a refusé, lors de la création du MPCI et de ses succursales MPIGO et MJP, de faire pression sur les présidents Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Charles Taylor (Liberia), pour qu’ils cessent de fournir les rebelles en armements. Par la suite, l’embargo onusien frappant le pays a soigneusement évité d’inclure les pays qui fournissaient les insurgés en armes, ce qui revenait à «punir» la seule partie gouvernementale, qui ne pouvait naturellement rester les bras croisés à attendre d’être submergée par l’ennemi. La France a manœuvré à l’ONU pour que les élections générales soient organisées sans le désarmement des rebelles et la réunification du pays, pourtant consignés par les chronogrammes adoptés par toutes les parties. Par la suite, elle a accompagné sans état d’âme la conquête du Sud par les Forces nouvelles transformées en FRCI, conquête qui n’a été rendue possible que par une violation «autorisée» de l’embargo et par la distribution de kalachnikovs à des milliers de civils fanatisés. Alors qu’elle a rejeté une solution politique classique – le recomptage des votes – qui pouvait préserver les chances du pays de se reconstruire et de se réconcilier! Le Canard Enchaîné, hebdomadaire toujours très bien renseigné, a même affirmé que Paris avait fourni des «munitions» aux desperados pro-Ouattara durant la guerre postélectorale, sans être démenti même faiblement.
 
Un problème de désarmement ou un problème politique ?
 
La nouvelle passion française pour le désarmement en Côte d’Ivoire est une illustration de ce qui a été hier un réflexe partagé par une partie de la «communauté internationale» et par la totalité de l’opposition ivoirienne. Qu’importe que le pays brûle pourvu que Gbagbo parte! Eh bien, c’est cette logique irresponsable qui se retourne aujourd’hui contre ceux qui en ont fait, hier, leur leitmotiv. Ceux qui ont, pendant des années, volontairement déplacé la crise politique ivoirienne sur le terrain armé sont aujourd’hui pris au piège de leurs propres passions nihilistes. Il faut qu’ils s’en convainquent même si, en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, le sens de l’autocritique n’est pas la qualité première des pompiers-pyromanes planqués dans les bureaux confortables des chancelleries occidentales…

La crise ivoirienne, dont les éruptions de violence armée de ces dernières semaines ne sont, au fond, qu’un signe parmi d’autres, peut-elle être réglée par une politique plus efficace en matière de désarmement? Relève-t-elle de considérations d’ordre logistique ou technocratique ou est-elle un problème fondamentalement politique? Les officiels français connaissent la réponse, mais ne peuvent l’affronter. En dépit d’une alternance qui n’a pas, loin de là, mis un terme aux suicidaires réflexes anti-Gbagbo et anti-FPI de la diplomatie hexagonale. Pourtant, que l’on considère que les dernières attaques soient le fait de miliciens pro-Ouattara frustrés ou de soldats favorables à l’opposition, en exil ou sur place, l’on est bien obligé de mettre les choses en perspective. Pourquoi le régime a-t-il de la peine à limiter le pouvoir de nuisance de ses nervis armés, alors qu’il est en train de mourir de son propre poison? Principalement parce que son projet de gouvernance autoritaire ne pourrait prospérer que dans un contexte de terreur, et que ce régime de terreur ne peut être garanti que par des milices tribales comme les Dozos. Problème politique, donc! Pourquoi ce régime maintient une atmosphère d’arrestations, d’enlèvements et de répression insensée qui empêchent la «paix des braves» à force de tenter de mettre en place une sorte de «pacification par l’humiliation»? Peut-on faire la paix quand pour des centaines de soldats, de sous-officiers et d’officiers, il n’existe pas d’autre choix en dehors de l’exil ou de l’embastillement et de la torture? Toute l’attitude du régime Ouattara montre qu’il a de vrais soucis en termes de légitimité, qu’il en est conscient et gouverne contre une très large partie du peuple et de l’armée. Comment le piège a-t-il pu se refermer sur lui? Qu’est-ce qui le rend sourd à toute conciliation? Problème politique, toujours! 

La France, seule puissance à pouvoir raisonner le régime ivoirien donc à empêcher une nouvelle descente aux enfers du pays, est elle-même prise au piège de ses propres impasses, de son long storytelling mensonger sur la Côte d’Ivoire, de son orgueil de puissance et d’une certaine fatalité coloniale qui la conduite à toujours préférer la politique du pire et le compagnonnage criminel avec des systèmes politiques condamnés à moyen terme mais rassurants, à très court terme, sur l’image qu’elle se fait d’elle-même et de son influence. Hélas.
 


Théophile Kouamouo



AFFAIRE KATINAN KONE: LA «BATAILLE DE KIRINA» JURIDIQUE A COMMENCE!

 

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Les autorités ghanéennes ont décidé de jouer à fond la carte du droit dans l’affaire Katinan Koné, là où certains, le régime Ouattara notamment, avaient tout misé sur un passage en force politique. Dans un communiqué publié le dimanche le Ghana avait subtilement fait glisser l’affaire sur le terrain juridico-judiciaire, en entamant une procédure judiciaire, comme les textes l’exigent. Du coup, l’arrangement juridico-politique souhaité par Abidjan tombe à l’eau et laisse place à une véritable bataille juridico-judiciaire. Qui va connaitre son épilogue d’ici peu. Le ministre Katinan Koné part avec un léger avantage du fait de son statut de réfugié politique et de la constitution ghanéenne qui plaide en sa faveur en ses articles 14 et 21. L’affaire intervenant en pleines vacances judiciaires au Ghana, le temps pourrait également jouer en sa faveur, en lui permettant de se préparer et de mettre en place sa stratégie de défense. 

Initialement, l’affaire devrait être présentée hier lundi 27 août 2012 devant le tribunal de première instance d’Accra, avant d’être reportée. Tractations souterraines, intrigue judiciaire, complexité avérée du dossier ? En tout cas les avocats du ministre Katinan,  Me Lucie Bourthoumieux du Barreau de Paris et Me Patrick Sogdjibor du barreau du Ghana entendent utiliser tous les instruments juridiques en leur possession pour faire échec à un projet d’extradition de leur client. Hier, Patrick Sogdjibor est d’ailleurs sorti du bois, et a évoqué une possible action en justice pour obtenir une mise en liberté rapide de son client. «Nous attendons des autorités ghanéennes qu’elles respectent le droit à la liberté de notre client, et qu’elles respectent le fait qu'il est un réfugié inscrit ici, qui n'a commis aucun crime ; et qu’elles le libèrent immédiatement et sans condition pour qu’il retrouve sa liberté individuelle et son confort», a-t-il indiqué à la radio Joy FM. Une telle procédure peut-elle prospérer ? Oui, selon le Dr Vladimir Antwi-Danso, chercheur senior au Centre Legon pour les Affaires Internationales et Diplomatiques, qui a affirmé que M. Katinan a le droit de saisir le tribunal au sujet de cette affaire.

Le gouvernement ghanéen desserre l’étau des pressions…

Ce qui apparaissait comme une «simple» parenthèse semble s’être métamorphosé en une véritable bataille judiciaire qui s’annonce épique et rude. Et qui peut s’étendre sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Et il n’est pas exclu à l’analyse des informations en notre disposition que la  Haute cour de justice ghanéenne se saisisse du dossier au regard de la qualité du «prévenu» et du caractère à la fois complexe et délicat de l’affaire. Choisir de placer la bataille sur le terrain juridique permet en tout cas au gouvernement ghanéen de tenir à distance les différents lobbies qui s’activent autour de lui.

D’abord, le régime Ouattara, qui ne cesse de le harceler et devra se soumettre au droit et arrêter son activisme et ses menaces voilées. Mais également, les soutiens internationaux du ministre Justin Koné Katinan, notamment ses ex-hôtes sud-africains mais aussi l’ancien président John Jerry Rawlings, figure incontournable du NDC, parti du président John Dramani Mahama, qui serait bien contrarié d’aller à la bataille électorale de cette fin d’année en étant éventuellement handicapé par les conflits que peuvent susciter l’affaire Katinan au sein de sa formation politique.

Une bataille de Kirina juridique

Dans les camps de réfugiés, parmi les cadres en exil et au sein des milieux favorables à l’opposition en Côte d’Ivoire, la bataille juridique FPI-RDR qui s’est déclenchée au Ghana s’apparente à une véritable bataille de Kirina, du nom de celle, épique et à la vie à la mort, qui a opposé les troupes de Soundjata Kéita et de Soumahoro Kanté.  En effet, la jurisprudence qui s’écrira sera déterminante pour la sécurité des militants en exil, donc pour la pérennité d’un combat politique dont les figures principales en Côte d’Ivoire sont aujourd’hui embastillées pour un oui ou pour un non par ceux qui ont juré d’imposer un parti unique de fait en «éradiquant» toute forme de contestation.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

GERMAIN SEHOUE: «LES CRIMES COMMIS EN COTE D'IVOIRE NE SONT PAS LE FAIT DU CAMP GBAGBO»

 

 

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Paru aux éditions L’Harmattan, le livre de l'écrivain, Germain Séhoué, « Le commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan » soulève des réactions qui fusent de toutes parts. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré l’auteur. Il dit tout sans faux fuyants au cours de cet entretien. 


Vous venez d'écrire un livre portant sur la bataille d’Abidjan. Peut-on savoir les motivations? 

Je suis journaliste, mais avant tout écrivain. Et lorsque j’ai observé la crise ivoirienne, la rébellion et ses caprices, les complots, les mensonges, la méchanceté des hommes et de la communauté internationale, les morts inutiles, les calomnies, la façon dont Laurent Gbagbo a été honni et trimbalé à la Cpi, mon cœur a saigné et je me suis dit : il faut percer un mystère ! Car ce que les gens ont besoin de savoir aujourd’hui, c’est qui a fait quoi dans ces crimes ? On accuse tout le monde ou plutôt, on pointe du doigt le camp Gbagbo. Mais en vérité, qui a fait quoi ? C’est la question centrale ! Pendant la guerre, chacun était dans sa maison ou caché quelque part, sans savoir ce qui s’est réellement passé dehors, derrière les écrans de fumée des bombes. Et la providence m’a permis d’être remarqué par un sachant. Un de ceux qui menaient des actions et exactions et prenaient une part active à la guerre, Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba, commandant du théâtre des opérations du fameux Commando invisible. Donc ma motivation, c’est de contribuer à faire éclater la vérité et à libérer Laurent Gbagbo, comme tous mes confrères le font chacun à sa manière, parce que sa place n’est pas à la Cour pénale internationale(Cpi). Certes, Gbagbo a ses défauts, mais il ne mérite pas la Cpi. 

Comment s'est fait le choix de votre acteur principal ? 

« Le Commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan », n’étant pas un roman, une œuvre de fiction, mais le récit d’une succession de faits de guerre, un témoignage, c’est la qualité du sachant qui a déterminé son choix. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui l’ai choisi, mais c’est lui qui m’a choisi pour des raisons qui lui sont propres, alors que je ne le connaissais même pas. Je l’ai accepté parce que c’est une bibliothèque sur la rébellion ivoirienne. C’est un acteur conforté et repenti. J’ai compris que j’avais une mission auprès de lui et je ne devais pas négliger cette mission si vraiment j’aimais mon pays. C’est la mission que j’ai accomplie en publiant le livre. 

A vous lire, il semble que la mort de Yves Lamblin, du colonel Dosso, Philippe Rémond n'est pas un fait anodin imputable au camp Gbagbo comme on nous laisse croire. Sur quoi fondez-vous votre confiance pour affirmer de telles révélations? 

Je fonde ma confiance sur la qualité du Commandant invisible ; il a été le commandant du théâtre des opérations du Commando invisible. Et il ne suffit pas de le déclarer, quand il relate comment il a opéré, vous ne pouvez que le prendre au sérieux. Je compte aussi sur la cohérence de ses propos, sur son courage à avouer ses propres crimes et son engagement à faire éclater la vérité sur cette crise. Je fonde ma confiance sur sa connaissance du sujet. C’est un sachant lucide. 

Après la sortie du livre, quelles sont les réactions que vous avez reçues des deux camps, Gbagbo et Ouattara ? 

Du côté des pro-Gbagbo et des patriotes de tous bords, c’est l’explosion de joie, une vague d’espoir quant au sort de leur leader en prison à La Haye. Et ce sont eux qui font la promotion du livre ; c’est comme si j’ai trouvé ce qu’ils recherchaient depuis. Donc le livre a été bien accueilli et le moins que je puisse dire, c’est que la demande est forte. Du côté de Ouattara, c’est le calme, le silence, à part quelques grognons qu’il faut comprendre. Mais même parmi les pro-Ouattara, beaucoup ont lu déjà le livre et d’autres cherchent à le lire. Parce qu’autour de Ouattara, il y a des gens à qui nos écrits font énormément du bien, des gens qui nous lisent, nous bénissent mais qui sont là-bas pour préserver leurs privilèges sociaux. Et même le chef de l’Etat, je le considère comme mon cousin et je lui ai expliqué dans un de mes billets, que j’ai publié ce livre pour participer à la construction de la démocratie et non pour le provoquer. Et je crois qu’il m’a compris. 

Ne craignez vous pas pour votre vie en abordant un sujet aussi sensible ? 

Si, je crains pour ma vie. Mais la crainte pour ma vie ne peut me détourner de la construction de l’histoire de mon pays à laquelle tout écrivain est appelé en ces temps particuliers que la postérité aura besoin de bien comprendre. Dans tous les cas, le chef de l’Etat Ouattara sait où je suis. Il a tous les services de renseignements avec lui. Il est convaincu que je suis un journaliste opposant radical contre sa politique depuis 1992, et si je suis là, en train d’exercer librement, avec quand même quelques « tacles » du Cnp (Conseil national de la presse, ndlr), c’est parce qu’il ne me veut pas de mal. Il dit vouloir bâtir un grand pays, or un grand pays a besoin de tous ses enfants, les partisans et les opposants, les écrivains laudateurs comme les écrivains pourfendeurs. C’est la diversité qui donne le génie d’une nation. Je ne suis pas d’accord avec lui, mais ce n’est pas pour autant qu’il va encourager le cousin Soumahoro à me précipiter au cimetière. Ça ne serait pas fraternel de sa part de me faire ça. Lui-même sait qu’au cimetière, il n’y a pas de démocratie, il n’y fait pas bon vivre. Mais dans tous les cas, ma sécurité est entre les mains du chef de l’Etat. C’est mon cousin ! Parce que dans ce que j’ai écrit, il y a beaucoup d’Ivoiriens qui y ont trouvé leur joie. Or, lui cherche à rendre les Ivoiriens heureux. Je suis donc à féliciter par le Grand Cousin et non à confier aux croque-morts. 

Qui est en réalité ce commandant invisible? 

Le Commandant invisible est Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba, un proche de feu Ibrahim Coulibaly, qui fut le commandant du théâtre des opérations du fameux Commando invisible à Abobo. Le Commando invisible n’était pas une vue de l’esprit comme tentent de le faire croire ceux qui veulent délibérément travestir l’histoire de la Côte d’Ivoire. Nous avons travaillé lorsqu’il était prisonnier à la Maca. Je n’ai jamais vu son visage. Mais il a eu la chance de s’évader de la prison avant la sortie du livre. Il n’est plus en Côte d’Ivoire, mais ce que j’ai appris, c’est que sa tête est mise à prix par le pouvoir désormais éclairé par le livre, il serait également recherché pour «être abattu » par l’Onuci, l’Ecomog, la Cedeao et l’Union africaine, de sorte qu’il n’arrive pas à la Cpi où il a promis faire un déballage sur la crise ivoirienne.

Où l'avez-vous rencontré le « Commandant invisible » et à quel moment de la bataille d'Abidjan ? 

Je ne l’ai pas rencontré au cours de la bataille d’Abidjan, puisque, moi-même, à ce moment là, je m’étais mis en lieu sûr comme ceux qui le pouvaient. Mais je suis croyant et j’ai compris que c’était écrit quelque part que je devais travailler avec lui. Une nuit, il m’a envoyé sur mon téléphone portable un message (sms) me disant qu’il avait une révélation à faire et qu’il était à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Et qu’il fallait que j’y aille pour le rencontrer. J’ai cru que c’était ces mêmes plaisantins qui fatiguaient les journalistes. Mais il a insisté. Mais à cause de mes problèmes de santé, je ne pouvais me rendre là-bas au risque de rester débout pendant longtemps. Alors, j’ai transféré ses sms précis, qui ne laissent indifférent, à un collègue. Ce collègue n’a pas réagi. Je les ai ensuite transférés à un autre, que j’ai même encouragé à y aller. Il a pris peur et m’a répondu que cela pouvait être un piège du régime pour nous arrêter. J’ai donc proposé au prisonnier de travailler dans un premier temps à partir du téléphone, ensuite je me rendrais à la Maca pour le voir. C’est ainsi que nous avons commencé. Pour le reste, c’est un secret professionnel. 

Pourquoi le choix de ce titre et pas un autre ? 

Je me suis dit que le Commando invisible qui a sévi à Abobo, était dirigé par un Commandant, chef du théâtre des opérations qui ne pouvait-être lui-même qu’invisible, si l’on veut rester dans leur terminologie. Et c’est son caractère « invisible » qui peut être excitant pour le public, même si ses révélations sont plus captivantes. Alors j’ai fait la composition avec son récit de la bataille d’Abidjan. Parce que c’est ce que les gens ont besoin de savoir. Pendant la guerre, chacun était dans sa maison où caché quelque part sans savoir ce qui s’est réellement passé. Or celui qui menait des actions et prenait une part active à la guerre, est bien placé pour un témoignage conforté. C’était le cas de Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba. 

Le livre est sorti à quelques jours de la première date prévue pour le procès le 18 juin de Laurent Gbagbo, est-une coïncidence ou le fait du hasard ? 

Non, pas de hasard concernant ce livre. Le Commandant invisible n’est pas le premier tapuscrit que j’ai déposé à L’Harmattan ces derniers temps. Il y a avant lui La dérive de l’ambassadeur, en réédition, un texte prêt à l’impression. Mais c’est le caractère du « Commandant invisible » qui l’a fait passer avant les autres. C’est un livre qui a une mission urgente : contribuer par son contenu sans complaisance, à prouver l’innocence de Laurent Gbagbo et à sa libération. L’Harmattan a donc bousculé son programme de fabrication, d’impression pour sortir le Commandant invisible juste avant le procès prévu le 18 juin 2012 afin qu’il pèse dans la balance. Il a été positionné pour servir de co-avocat ou « supplétif » à la défense du Président Gbagbo. Vous avez dû constater les demandes de report du procès faites par les avocats pour mieux ficeler la défense à la lumières des nouveaux éléments et aussi pour protéger les témoins dont on ne parlait pas au départ. 

Selon vous qui a donc tué Yves Lamblin et ses collaborateurs ? 

La réponse à votre question se trouve dans le livre, dans le récit du « Commandant invisible ». Et je pense que les familles de ces personnalités, ainsi que celle du colonel Dosso Adama sont maintenant situées et devraient m’être renaissantes d’avoir été gratuitement leur détective privé, sauf si elles ont plus à gagner qu’on retienne que ces crimes sont du camp Gbagbo. On ne sait jamais, dire que c’est Gbagbo le criminel, serait aujourd’hui un bon fonds de commerce. Et concernant particulièrement la mort du colonel Dosso Adama, le chef de l’Etat même devait me féliciter, parce que, apparemment, puisque le « Commandant invisible » a avoué avoir fait exterminer tous les compagnons du colonel Dosso Adama avant de le faire abattre ce jour-là, il n’y a eu aucun témoin pour savoir ce qui s’était réellement passé. Et donc Ouattara et son camp pouvaient soupçonner à loisir le camp Gbagbo qui était en conflit avec lui, sans penser au règlement de compte du Commando invisible. Il a donc fallu ce livre pour que Ouattara soit éclairé sur ce sujet et se rende compte que sa propre épouse l’a même échappé belle à cette occasion. Donc j’ai rendu service, à mon niveau, à mon Cousin. 

Que vous voulez-vous qu'on retienne de la lecture de ce livre ? 

Ce livre ne vient pas mettre en valeur l’auteur, mais il apporte à l’histoire de la Côte d’Ivoire une lumière d’une qualité particulière pour l’ensemble des Ivoiriens. Qu’ils soient pro-Gbagbo ou pro-Ouattara, il permet à tous de découvrir des choses comme ils n’en avaient jamais imaginé. L’information et la connaissance ne tuent pas. C’est vrai, des gens peuvent être surpris, abasourdis, déçus ou retournés, mais c’est cela aussi le charme de la démocratie. Que ceux qui ont l’antithèse de ces révélations, écrivent leurs livres, les Ivoiriens vont comparer. Et c’est la Côte d’Ivoire qui va gagner. 



Entretien réalisé par Odette Latey in le quotidien ivoirien "Le Temps". 

lohboris@yahoo.fr 


 

SYRIE: VLADIMIR POUTINE SONNE LE TOCSIN ET LA FIN DE LA RECREATION

 

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Derrière les plis de l’actualité, les non-dits, l’escroquerie intellectuelle et médiatique, la ruse et le mensonge, de cet impérialisme meurtrier, accompagné toujours d’un discours humanitaire, qui est en train de vouloir rééditer ses exploits passés, il faut dire non. Mais, derrière cette façade triturée du bien se cache en fait, le bruit et la fureur. Le refus permanent de tendre la main, le diktat, la violence et le perpétuel logos morbide et mortifère.

Il n’est pas utile de revenir ici sur les exploits de prêcheurs de haine qui s’habillent d’oripeaux élogieux pour semer la misère, la détresse et la mort. Comment un Américain peut-il, aujourd’hui, parler d’humanitaire avec les exploits de son pays à Hiroshima et Nagazaki (Japon), au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, pour ne citer que ceux-là ? Avec un tel parcours jonché de macchabées, il serait plus intelligent de se taire sur le dossier syrien et rechercher la paix au lieu d’attiser les tensions en mettant de l’huile sur le feu.

Dans son dernier démiurge, qu’il veut sain et moral, le président russe Vladimir Poutine dit, « stop ». Au mensonge, à la falsification, au diktat, à la haine. Pour ceux qui doutent encore du complot ourdi par de nombreux pays contre la Syrie, la Russie propose un plan de sortie de crise que ceux qui aiment véritablement la Syrie ne peuvent refuser. Le Gouvernement syrien lui-même se dit prêt à discuter “sans conditions”. Or dans le bruit et la fureur occidentale, on n’entend que le sempiternel refrain maladif « Assad doit partir ».

A défaut de se prendre pour Nostradamus pour savoir que ce départ de Bachar Al-Assad est la solution à tout, pour qui se prennent ceux qui l’exigent ? Dieu ? De quel droit, nous souhaitons le savoir, Barack Obama, François Hollande, David Cameron, les Turcs et les « démocraties » du Golfe disposent-ils pour exiger un changement dans un pays souverain tiers ? Faut-il changer le droit international pour les beaux yeux de ces hommes et ces femmes ? Ce serait inique, quoique, la Libye a été le laboratoire, la zone d’expérimentation, de la raison du plus fort qui échappe à tout contrôle.

Furieux et désabusés après cet épisode qui a vu des personnes, sous prétexte de protéger des civils, sont allés détruire un pays, la Chine et la Russie refusent désormais de se faire à nouveau entuber. La Libye qui était l’un des pays les plus sûrs d’Afrique et le plus riche, est aujourd’hui à la remorque. Plus dangereux et vivant désormais de l’aide internationale. Hier, le ministre de l’Intérieur a déposé le stylo, pour s’opposer à ceux qui refusent de déposer les armes. Ici, désormais, ce sont les bandes armées qui font la loi, d’où, les élections et l’instauration d’une démocratie d’exclusion en sont le résultat. Faut-il parler du Mali ? Visiblement, les Occidentaux préfèrent avoir la même situation en Syrie.

Poutine est conscient que la bête immonde rôde et ne laissera pas un seul espace, une seule erreur, pour passer à l’acte. Il réitère son soutien à la Syrie, expliquant le sens des 3 vétos russes, que semble ne pas vouloir admettre les ennemis de la Syrie. Une façon simple, et avec grande conviction, de dire à ceux qui sont en train de déstabiliser la Syrie que leurs actions unilatérales sont vouées à l’échec…

Dans le texte, s’adressant à ceux qui ne veulent pas entendre raison sur la situation et la position russe, il a dit ceci :

« Il faut que tout le monde prenne en considération sans sous-évaluer cette équation de la réaction russe qui peut aller plus loin que l’on n’imagine. L’utilisation du droit de veto à trois fois consécutives au Conseil de sécurité est, en définitive, un message clair pour tous.”

C’est dit !

 

Source: ALLAIN JULES

mardi, 28 août 2012

TENTATIVE D'EXTRADITION MENEE PAR LE REGIME OUATTARA - LES DESSOUS DE LA DERNIERE AFFAIRE KONE KATINAN

 

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Le ministre Justin Katinan Koné


Deux mois et demi après le «mensonge d’Etat» sur la fausse arrestation du ministre Koné Katinan au Cameroun, le régime a ravivé le «dossier», cette fois-ci en ventilant dans ses canaux locaux, le samedi 25 août 2012, une information relative à l’arrestation et à l’extradition imminente du porte-parole du président Laurent Gbagbo du territoire ghanéen vers la Côte d’Ivoire. Par la suite, le week-end a été riche en annonces et en démentis, en coups tordus et en opérations de manip' plus ou moins réussies. Que s’est-il passé exactement? Tout par d’un déplacement en Afrique du Sud du ministre Justin Katinan Koné, porte-parole du président Laurent Gbagbo, invité par l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki à Johannesburg pour prendre part aux travaux de l’African Forum, plateforme regroupant notamment d’anciens chefs d’Etat africains. C’est en compagnie de Me Lucie Bourthoumieux, une des avocates de Gbagbo, que Katinan séjournera du dimanche 19 au vendredi 24 août dernier en Afrique du Sud. 

A la fin de son séjour fort enrichissant, au vu de la densité et de la qualité des personnalités rencontrées, le ministre du Budget du Gouvernement Aké N’Gbo et l’avocate Me Lucie Bourthoumieux regagnent la capitale ghanéenne d’où ils sont partis. C’est par un vol régulier de la South African Airways qu’ils atterriront à l’aéroport international Kotoka d’Accra. Après les formalités d’usage, c’est à leur sortie de l’aéroport, qu’ils seront apostrophés par des agents de la police ghanéenne. Et pour cause: une short-list de personnalités ivoiriennes en exil a été transmise par les autorités ivoiriennes. Justin Koné Katinan figure sur la fameuse short-list. Très clairement, le régime Ouattara l’accuse d’être impliqué dans les récentes attaques armées contre des cibles militaires en Côte d’Ivoire. En procédant ainsi, il espère faire prospérer sa demande d’extradition auprès d’un pays qui s’est toujours refusé à lui livrer ses opposants politiques. 

C’est donc en raison de ces accusations fallacieuses que Koné Katinan sera interpellé par les services de l’immigration et gardé depuis lors dans les locaux du Bureau of national investigation (BNI), l’équivalent de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ivoirienne. Et avant même que les autorités ghanéennes ne communiquent sur l’affaire, c’est curieusement Abidjan qui a ventilé l’information de l’arrestation du ministre Katinan et de son «imminente extradition» dans la journée du samedi dernier. 
 
La Constitution ghanéenne, le rempart de Katinan
 
Une extradition qui n’est jusque-là pas encore intervenue. Parce que contrairement au Togo, le Ghana est pointilleux sur le respect des lois et des procédures. Et dans le cas de l’affaire Katinan, les autorités ghanéennes butent principalement sur les dispositions de la Constitution ghanéenne de 1992, qui sont assez strictes concernant tout ce qui est relatif à l’extradition et au non refoulement. De plus l’ex-ministre du Budget du gouvernement Aké N’Gbo bénéficie du statut de réfugié reconnu par les autorités ghanéennes et le HCR. On se souvient que c’est à la veille de la visite de Ouattara à Accra, le 6 octobre dernier, que le Parlement ghanéen avait voté à l’unanimité une disposition reconnaissant le droit d’asile et favorisant le statut de refugié aux dizaines de milliers d’Ivoiriens qui avaient trouvé refuge dans ce pays voisin. 

Si le Ghana a confirmé l’interpellation de Katinan Koné qui revenait du pays de Nelson Mandela, son extradition est loin d’être acquise. Selon les informations en notre disposition, cette «garde à vue» prolongée est en réalité une mesure sécuritaire prise par les autorités ghanéennes à l’endroit de celui qui porte la voix du président Laurent Gbagbo. Devant la tournure et la sur-médiatisation de cette affaire, les autorités ont jugé bon de mettre à l’abri le concerné. Qui a pu rencontrer des membres de sa famille dans la soirée de samedi dernier. 
 
Une action longtemps préparée par le régime Ouattara
 
Selon nos sources, des informations à la précision troublante sur l’arrestation d’un «gros poisson» parmi les exilés politiques au Ghana circulaient depuis quelques temps. Les autorités ivoiriennes, notamment le ministre des Affaires étrangères, au cours de sa conférence de presse du lundi 20 août dernier, avaient annoncé l’accélération des procédures avec le Ghana sur les extraditions. De son côté, le ministre de l’Intérieur avait subtilement laissé entendre au cours d’une rencontre que le Ghana était disposé à collaborer. C’est pour cette raison qu’Abidjan a été la première capitale à ventiler l’information sur l’arrestation de Katinan. Avant d’annoncer le samedi matin avoir dépêché des juges (et des éléments de la DST) à Accra pour obtenir son extradition. Cette délégation a-t-elle réellement quitté Abidjan? En tout cas, les autorités ghanéennes ne confirmeront pas la venue d’une délégation ivoirienne pour négocier l’extradition du porte-parole de Laurent Gbagbo. Alors s’agissait-il d’un coup de bluff médiatique destiné à faire pression sur Accra? Une chose est sûre : le régime d’Abidjan est prêt à tout pour obtenir la «tête» de Katinan sur un plateau d’argent. Celui dont l’arrestation et l’extradition ont été plusieurs fois annoncées y compris par Ouattara lui-même. 
 
Dlamini-Zuma, Mbeki et Rawlings suivent le dossier
 
Le Ghana va-t-il céder à la pression «ouattaresque»? Pas si sûr. Surtout que c’est volontairement que les autorités ghanéennes ont «construit» un mur juridique en béton armé qui protège les exilés politiques. De plus, Katinan et ses camarades jouissent du regard protecteur de l’ex-président John Jerry Rawlings qui ne ménage aucun effort quand il s’agit des pro-Gbagbo. Selon les informations en notre possession, ce dernier est au fait de cette affaire et ne tient pas à ce que son pays «vende» des frères ivoiriens. Plus loin d’Accra, le dossier est très suivi par les autorités sud-africaines. Notamment, la présidente de la Commission de l’UA, Mme Nkozasana Dlamini-Zuma, et l’ex-président Thabo Mbeki qui ont eu des entretiens avec le ministre Katinan Koné lors de son récent séjour à Johannesburg. 

De leur côté, les proches de Katinan Koné sont confiants et assurent qu’il ne sera pas extradé et recouvrera la liberté assez rapidement. Pour l’heure, l’affaire reste entre les mains de John Dramani Mahama, le successeur constitutionnel de John Atta Mills.
 
 

Frank Toti et Marc K. Blanchard