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mercredi, 25 juillet 2012

MASSACRES DE DUEKOUE: TEXTE INTEGRAL DU POINT DE PRESSE DU FPI, CE MERCREDI 25 JUILLET 2012

 

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Mesdames et messieurs les journalistes de tous les médias de la presse nationale et internationale.


La Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, vit une tragédie sans fin marquée par des exécutions de populations dont la dernière a eu lieu le vendredi 20 juillet 2012 à Duékoué. Le drame que vit Duékoué mérite l’interpellation de la communauté nationale et internationale pour que des mesures appropriées soient prises pour mettre fin aux traumatismes des Ivoiriens.

Il y a peu plus d’un mois, précisément le 15 juin 2012, le Front Populaire Ivoirien vous conviait à une conférence de presse, en ces mêmes lieux, pour vous informer et attirer votre attention sur les massacres des autochtones Wê perpétrés dans l’Ouest de notre pays par les FRCI l’armée privée de M. Alassane Ouattara.

Avant la présentation des nouveaux faits, leur analyse, et les dispositions qu’exige cette situation d’une extrême gravité, il importe de rappeler dès l’abord, le contexte socio économique dramatique ivoirien que nous soulignions à notre conférence de presse du 15 juin dernier.

1. La vérité sur la réalité à l’Ouest : massacrer tous les Wê et vider cette zone des planteurs ivoiriens

La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, qui est l’un des fondements de la guerre faite à notre pays, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.

Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su des nouvelles autorités toute la région ouest, à la tête d’une armée très lourdement équipée. Ils sont au total sept chefs de guerre burkinabé portant des tenues militaires estampillées FRCI, en liaison avec des supplétifs Dozos vivant de prébendes, rançonnant les populations, s’adonnant quotidiennement à des actes de brigandages, coupures de routes, vols à mains armées, assassinats…

Le président de la République, Alassane Ouattara dont la promptitude est devenue légendaire dans la persécution, les accusations fantaisistes, extraditions et détentions extra judiciaires des pro Gbagbo, s’avoue curieusement incapable de faire la différence entre un vrai et un faux FRCI.

De même, le secrétaire général par intérim de son parti le RDR, Amadou Soumahoro qui nous a si funestement habitués à ses surenchères totalitaires avec ses discours ethnocidaires et fpicides, se mure dans un silence, satisfait certainement de pouvoir alimenter les cimetières promis aux pro Gbagbo pendant que son patron poursuit allégrement son séjour à l’étranger.

Ces aveux d’impuissance et/ou de complicité font de M. Alassane Ouattara, en plus de tous les massacres qui ont jalonné sa course au pouvoir, le coupable de tous les crimes commis contre les citoyens de tous ordres de notre pays depuis son accession au pouvoir d’Etat, dans le bain de sang que l’on sait.

Et le récent drame de Duékoué porte tout autant la marque de sa pleine et entière responsabilité.

2. Le drame de Duékoué : les faits, et les responsabilités

Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi du 20 juillet 2012, le quartier Kokoma, sécurisé en permanence par les FRCI et les dozos a été agressé par des hommes armés non identifiés. Cela a occasionné la mort de quatre (04) personnes identifiées, dès le lever du jour, comme des membres de la communauté malinké majoritaire dans ce quartier.

Sans aucune forme de procès, des pensionnaires du camp de refugiés de Nahibly sont accusés d’être les auteurs de ces tueries. S’en suit alors une expédition punitive des FRCI et des dozos appuyés par des centaines de personnes armées (armes de guerre, armes blanches, bidons remplis d’essence, allumettes, etc.). Sur les lieux, une colonne de FRCI, de dozos encercle le camp des réfugiés, tandis qu’une autre colonne y pénètre. Le camp est mis à feu, les occupants tués à vue, ceux qui voulaient fuir sont rattrapés et exécutés soit brûlés vifs. L’on assiste alors à un véritable massacre des femmes, enfants et vieillards, jeunes gens et jeunes filles.

Cette tuerie massive commencée dès neuf (09) heures du matin, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures sous le regard et donc la présence des autorités administratives dont le préfet Monsieur Effoli Benjamin, des agents de police et de gendarmerie médusés, écœurés, mais impuissants car dépourvus du minimum de moyens d’intervention. Pis, le détachement des forces de l’ONUCI, posté depuis toujours devant ce camp assiste impassiblement à cette barbarie digne de l’Inquisition (tribunal chargé de réprimer les hérétiques).

Le forfait accompli, les acteurs paradent dans la ville avec les armes en signe de victoire entonnant des chants guerriers et vantant leurs prouesses. A ce jour, le camp de Nahibly est détruit, incendié, ses locataires massacrés, les plus chanceux sont soit blessés, soit contraints à se cacher en brousse où des patrouilles de FRCI/dozos sont à leurs trousses.

Le bilan provisoire indique 211 morts (sources diverses concordantes), une centaine de blessés et des centaines de personnes disparues.

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Suite à ce massacre à grande échelle, le Gouvernement Ouattara, dans une mise en scène ignoble et coupable parle de six (06) morts et de quelques blessés.

Il organise un reportage télévisé visant à minimiser l’ampleur du drame qu’il qualifie de difficultés humanitaires à la place de tueries massives.

Face à ces faits d’une extrême gravité, les autorités nationales et l’ONUCI complices dans le drame ivoirien, n’ont trouvé rien de mieux que de se jeter mutuellement la responsabilité dans un jeu macabre de ping pong.

Alors que le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi déclarait sur les antennes de la RTI « le camp de Nahibly était gardé depuis sa création par les casques bleus de l’ONUCI », Arnauld Akodjenou le numéro 2 de l’ONUCI affirmait pour sa part que « la responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorité ivoiriennes. Cela avait été arrêté lors de l’établissement du camp. A aucun moment la sécurité du camp n’a été sous la responsabilité de l’ONUCI ».

Face à la flagrance des faits qui les accablent tous, ils n’ont pas cette fois entonné en chœur leur sempiternelle litanie coup d’étatienne, mais certains thuriféraires du régime que ne visitent jamais, les scrupules, la honte, encore moins la compassion, ont trouvé là matière de dire que les réfugiés pro Gbagbo se sont auto-massacrés. 

Quel délire morbide !

Ceux qui nous dirigent sont-ils encore des humains ?

Pour le Front Populaire Ivoirien aussi bien les autorités ivoiriennes que l’ONUCI sont responsables de ce drame par leur légèreté, pour ne pas dire leur connivence dans la gestion de ces évènements. Complices dans le génocide Wê de mars 2011, les FRCI et l’ONUCI le sont également à fond dans l’expropriation et les massacres des populations autochtones Wê à l’ouest du pays. Et ces forces armées coalisées doivent rendre des comptes pour crimes contre l’humanité.

De nombreux villages et campements Wê ayant été rasés, brûlés durant la guerre, et les plantations occupées par les FRCI et Dozos, les survivants ont été parqués dans le camp de Nahibly situé au milieu de nulle part entre Duékoué et Guiglo, pour être massacrés le moment venu, à l’abri de tout regard, et dans la plus grande discrétion et complicité entre les FRCI et l’ONUCI qui, pour distraire l’opinion nationale et internationale, se rejettent la faute.

Le camp de Nahibly unique refuge des populations Wê détruit, saccagé, anéanti, il ne reste plus aux Wê qu’à fuir massivement leurs terres, abandonnant ainsi l’Ouest du pays aux colons burkinabé, qui une fois bien établis, poursuivront leurs chevauchées macabres vers le sud-est du pays pour assujettir tous les autres peuples ivoiriens. Ce qui se passe à l’ouest n’est que le début, d’une colonisation totale du pays.

Cette assertion repose de manière intangible sur des faits graves qui incriminent au premier chef M. Alassane Ouattara, son régime et son Gouvernement. Relativement aux récents massacres de Duékoué, le FPI rappelle que lors de la visite d’Etat effectué à l’ouest en avril 2012, M. Alassane Ouattara avait publiquement annoncé sa ferme volonté « d’en finir avec le camp des refugiés de Nahibly ». A sa suite et prenant prétexte de l’attaque de Taï, M. Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (parti de Alassane Ouattara) et de surcroît Ministre - Conseiller du président Ouattara avait promis : « l’Ouest sera nettoyé et aseptisé… ». Le préfet de Duékoué, représentant institutionnel du chef de l’Etat semble être soulagé par la disparition du camp des réfugiés et de ses occupants car selon lui « le site est un nid de malfrats ». Ces trois (3) déclarations sont révélatrices d’une action planifiée, de destruction du camp et de ses occupants, sinon comment comprendre que le Gouvernement n’ait jamais mis en place des mesures concrètes et efficaces pour le retour sécurisé des occupants de ce site, pourtant autochtones Wê, dans leurs villages.

Pour le FPI, le traitement infligé aux refugiés du camp de Nahibly, doit être analysé dans le même registre que les massacres de Sabra et Chatila au Liban, en septembre 1982.

Voilà de quoi se rendent coupables depuis le 11 avril 2011 M. Alassane Ouattara et ses alliés de l’ONUCI, dans le génocide programmé des peuples ivoiriens.

Le Front Populaire Ivoirien, accuse de ce fait, Alassane Ouattara, président de la République, ministre de la défense, son gouvernement et l’ONUCI de génocide en Côte d’Ivoire.

3. Pour la fin des massacres et l’avènement d’un état de droit en Côte d’Ivoire : les exigences du FPI

Face à ces douloureux événements, le Front Populaire Ivoirien s’incline devant la mémoire de tous les morts, victimes de la barbarie et de l’incompétence du régime Ouattara. Il adresse ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées et leur témoigne de sa sympathie et de son soutien. Il exprime sa compassion aux blessés à qui il souhaite un prompt rétablissement.

Le FPI condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières perpétrées contre les populations civiles innocentes du camp des refugiés de Nahibly. 

Il s’indigne de l’attitude désinvolte et de la surprenante indifférence du Gouvernement tendant à minimiser cette tragédie qui ajoute au martyr du peuple wê déjà durement éprouvé. 

Il réaffirme que le président Ouattara porte l’entière responsabilité du drame récurrent qui se déroule à l’Ouest avec le massacre ciblé et donc du génocide du peuple wê. 

C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien :

1- Dans l’immédiat exige :

- des sanctions contre les autorités ministérielles et administratives en charge de la sécurité et de la défense ;

- la mise en place d’une commission d’enquête crédible sur la tragédie de Duékoué;

- la démission du Gouvernement pour incompétence avérée ;

- le démantèlement de la bande à Ouremi, véritable nœud de la sécurité et de la défense ;

2- En appelle à la clairvoyance et à la haute attention du Président de la République Française, M. François Hollande, qui s’apprête à recevoir M. Alassane Ouattara, à l’Elysée pour prendre la pleine mesure de la tragédie des populations ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire du fait de l’insécurité organisée par l’armée ethnocentrique instituée par le régime Ouattara par ordonnance le 17 mars 2011.

3- Réitère son appel :

- au désarmement des ex-combattants et à l’encasernement des militaires ;

- à la démobilisation immédiate des personnes non éligibles à la fonction militaire et à la mise à la retraite de tous les « com’zones » ;

- au désarmement des dozos et leur retrait dans leur aire culturelle ;

- à la réhabilitation de la police et de la gendarmerie nationales dans leur mission régalienne de sécurisation du territoire national ;

- à la création d’une armée véritablement républicaine au service de toute la Nation ;

- à l’application effective de la loi sur le foncier rural de décembre 1998, résultat d’un consensus national.

La Côte d’Ivoire doit cesser d’être l’Etat de non droit qu’elle est devenue depuis le 11 avril 2011. Cela passe inévitablement par l’arrêt immédiat de tous les massacres, persécutions, extraditions, détentions extrajudiciaires, la libération de tous les détenus, à commencer par le Président Laurent Gbagbo, le retour de toutes les filles et de tous les fils de ce pays en exil pour délit d’opinion et d’appartenance politique.

La réconciliation nationale par un vrai et non un simulacre de dialogue républicain, pour la mise en œuvre d’un jeu démocratique juste, équitable et transparent sont des impératifs auxquels nul ne peut se dérober.

Tous unis nous sortirons, avec notre pays libéré de ses prédateurs de tout acabit, vainqueurs de cette douloureuse et tragique situation qui nous est imposée.

Mesdames et messieurs les journalistes, merci de votre aimable attention.



AKOUN Laurent

Secrétaire Général par intérim

GENOCIDE WE A DUEKOUE: LES ELUS ET CADRES WE ACCUSENT DIRECTEMENT LE GOUVERNEMENT DE OUATTARA

 

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"Nous élus et cadres, venons au nom du peuple Wê, crier notre indignation et notre ras-le-bol et dire «trop c’est trop».

Nous accusons formellement l’Etat de Côte d’Ivoire, à travers son gouvernement, d’être directement responsable des tueries massives dont est victime notre peuple, en particulier pour ce qui concerne les massacres perpétrés par les FRCI et les dozos, le vendredi 20 juillet 2012 à Duékoué.

Nous dénonçons et condamnons l’attitude méprisante du gouvernement qui consiste à justifier l’attaque, l’incendie du camp de Nahibly et surtout les massacres de populations désarmées sous les yeux des autorités préfectorales, par la prétendue présence de bandits dans ce camp.

Cette expédition punitive contre une communauté par l’Etat à travers les FRCI et en présence du préfet est indigne et inadmissible.

Si l’Etat de Côte d’Ivoire à travers son gouvernement, considère les Wê au même titre que les autres citoyens, il a alors le devoir régalien d’assurer leur protection et non les traiter comme de la vermine.


Aussi, le gouvernement doit-il prendre sans délai les mesures suivantes :

1) Relever immédiatement tous les représentants de l’Etat dans le département ;

2) Retirer de toutes les forêts, campements et plantations les seigneurs de guerre tels que Amadé Ourémi et leurs troupes qui les occupent illégalement ;

3) Renvoyer les dozos, sensés être des chasseurs traditionnels, dans leur aire culturelle du nord ;

4) Procéder à l’encasernement des FRCI ;

5) Confier le maintien d’ordre et la sécurité publique aux forces de Police et de Gendarmerie qui ont été formées à cet effet, en les dotant de moyens appropriés ;

6) Mettre en place une commission d’enquête internationale hors CEDEAO afin que les coupables de ces tueries soient recherchés afin que justice soit faite.

La prise de ces mesures constitue pour nous une opération de salubrité publique et est en même temps la condition pour restaurer la confiance entre le peuple Wê et le gouvernement."


Nahi Doh,

Porte-parole des élus et cadres wê

L’HERITAGE D’HOUPHOUET: OSONS EN PARLER!

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Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, décédé en 1993, aura eu, de son vivant, tous les honneurs. De nombreux Ivoiriens, dont certains le croyaient immortel (sérieusement !), ont versé des torrents de larmes à sa mort. Et les héritiers ont exposé la Côte d’Ivoire à toutes les avidités. Le pays est à présent en proie à la plus grossière imposture que puisse subir un pays. Les Ivoiriens subissent un piétinement sans nom, et les amis, alliés et protégés d’Houphouët hier se sont transformés en bourreaux intraitables de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. « Le Bélier de Yamoussoukro » aura laissé aux Ivoiriens un héritage bien amer à maints égards. 

Une terre sans âme ni propriétaire

La politique d’hégémonie ethnocentriste de l’autocrate Houphouët a fait de la Côte d’Ivoire un espace sans propriétaire où le premier venu peut s’ériger en maître et disposer de tout. La fameuse conception « houphouétienne » selon laquelle «la terre appartient à celui qui la met en valeur », avait pour objectif, entre autres, celui de déposséder de leurs terres les paysans de certaines parties du pays où la terre est généreuse, au profit des ressortissants du centre du pays où la terre est moins prometteuse et d’où l’autocrate était originaire. Evidemment, pour masquer la chose, on a également favorisé les membres de la bourgeoisie mécanique que le président voulait pour le pays, puis des personnes d’ailleurs. On alla jusqu’à faire véhiculer l’idée selon laquelle les ressortissants de l’ouest du pays étaient peu travailleurs, taisant le fait que celui qui laisse sa terre pour aller chercher fortune ailleurs est forcément plus enclin au travail que celui qu’il trouve sur place. Cette vérité est valable partout. Mais en Côte d’Ivoire on avait une vénération sans limite pour Houphouët et on l’a laissé avilir des réalités fondamentales. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, alors qu’on continue de lui conserver sa valeur initiale, de bien ancestral incorruptible dans les autres régions, la terre a perdu toute sa mystique dans les régions où elle est riche. Il n’est pas étonnant maintenant que dans l’ouest du pays, des hordes du Burkinabés et de Maliens, armés par le régime issu du coup d’Etat de la France en Côte d’Ivoire, massacrent les autochtones pour s’installer.

Une ouverture sauvage du pays à l’étranger

Du très long règne de Félix Houphouët-Boigny, l’une des constances les plus indiscutables, c’est qu’il faisait la politique dictée par la France. C’est peu dire ! Mais une des implications de cette réalité, c’est que la France qui se met dans la position de propriétaire de toute l’Afrique francophone, ne fait pas la différence entre les Africains d’un pays ou d’un autre dans la sphère francophone du contient africain. Alors, Houphouët qui était le premier des obligés de la France, s’est trouvé en situation de faire de la Côte d’Ivoire le pays de tous les francophones. Conséquence, il pouvait accorder les mêmes avantages dans son pays à tout le monde, sans distinction d’origine, ce qui n’a jamais été le cas dans aucun pays. Il a ainsi été à la base de certains accords que seule la Côte d’Ivoire applique, les autres pays francophones faisant un protectionnisme en règle chez eux. Par exemple, les activités économiques les plus ordinaires comme être chauffeur de taxi ne sont pas accessibles à un Ivoirien au Sénégal. Aujourd’hui, les chiffres officiels indiquent que plus de 26% des habitants de la Côte d’Ivoire sont étrangers. Mais ce chiffre est en deçà de la réalité, et le plus extraordinaire, c’est que certains de ces immigrés refusent d’être appelés étrangers. Alors se mêlant à et de tout, ils se permettent souvent les pires dérives qu’ils ne se permettraient jamais chez eux.

La promotion de mercenaires politico économiques

Houphouët, en autocrate absolu, se permettait tout en Côte d’Ivoire. Il faisait et défaisait tout. Il nommait qui il voulait au poste qu’il voulait, pourvu, bien entendu que cela soit compatible avec les intérêts de la France. Il mettait ainsi à des postes stratégiques des personnes de son choix sans tenir compte des intérêts du pays. Il pouvait même créer des postes pour caser ceux qu’il voulait. C’est ainsi qu’au soir de sa vie, il créa de toute pièce le poste de « président de comité interministériel » pour nommer Alassane Dramane Ouattara dans la haute sphère de décision du pays, certainement sur incitation et des puissances étrangères, et de Dame Dominique Nouvian, qui servit de liant entre le vieux président et le banquier burkinabé de la BCEAO, lequel banquier Dame Novian avait auparavant convaincu Houphouët de caser au poste de gouverneur, poste normalement dévolu à un Ivoirien. Il créa ensuite, inconstitutionnellement, le poste de Premier Ministre, pour ce même personnage. Aujourd’hui, c’est peu dire que d’affirmer que Félix Houphouët nous a laissé en héritage ce protégé de Dominique Nouvian et des puissances étrangères comme un cadeau empoisonné.

Les difficultés économiques, la mise en lambeaux du tissu social et la perturbation de l’unité nationale, aboutissements logiques de l’héritage d’Houphouët

Certains pourraient croire que ce qui arrive à la Côte d’Ivoire depuis la disparition de Félix Houphouët-Boigny résulte de l’incapacité des Ivoiriens à gérer un patrimoine alléchant à eux légué par le défunt président. C’est une grosse erreur : Félix Houphouët a planté tout le décor de tout ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Rien ne pouvait être évité dans l’état où il a laissé le pays.

Au plan économique, la Côte d’Ivoire avait des difficultés, comme la plupart des pays, à la fin des années 1980. Nous étions dans un virage dangereux qu’une approche plus sérieuse, mais surtout plus généreuse aurait permis de négocier adroitement. Mais le vieil autocrate ne voyait que la floraison de ses choix personnels : il a préféré s’enquiquiner avec un cadre étranger qui ne pouvait que chercher le gain personnel, fût-il recommandé par les puissances occidentales et « la chère amie » Dominique Novian. Résultat, les privatisations assassines et les guerres de déstabilisation par boulimie de grandeur, avec les sabotages multiples dont les dénigrements systématiques : il a sali ce pays jusqu’à faire admettre que c’était des enfants esclaves qui produisaient notre cacao ! La Côte d’Ivoire se retrouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone, avec toute la misère économique actuelle, et ce ne sont pas les voyages à travers le monde qui nous sortiront de là.

Au plan social et à celui de l’unité nationale, toutes les agressions dont notre pays est l’objet depuis la mort de l’autocrate font des plaies avec des cicatrices chaque jour plus nombreuses. La question c’est : lorsqu’on aura rétabli l’ordre et la sérénité, lorsque tous les auteurs des drames inhumains que nous vivons seront repartis chez eux, car il faut bien que cela arrive un jour, comment feront-nous pour revivre harmonieusement ensemble ?

C’est extrêmement déchirant de le dire, mais Félix Houphouët-Boigny est à l’origine de toute la misère actuelle de la Côte d’Ivoire. Le dire n’est pas une insulte à un homme dont tout le monde voudrait conserver un souvenir idyllique, le dire, c’est ouvrir une voie de compréhension de la situation, et peut-être se donner des chances de trouver la voie de sortie.


Que Dieu nous protège !

 

Nda Adjoua Suzanne

lundi, 23 juillet 2012

LETTRE DE PROTESTATION CONTRE LA RECEPTION A L'ELYSEE D'ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

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Balié Topla
2020 Pennsylvania Ave
N.W., Suite 162
Washington, DC 20006
Phone: 202 299 4892
 
 
Washington DC, le 20 juillet 2012
 

Monsieur François Hollande
 
Président de la République Palais de l'Elysée 55, rue du faubourg Saint-honoré 75008 Paris

France
 


Objet: Lettre de protestation contre la réception à l’Elysée d’Alassane Dramane Ouattara
 


Monsieur le Président,
 

Je viens très respectueusement vous signifier mon mécontentement de ce que vous recevrez bientôt Alassane Dramane Ouattara qui fait office de président de la république de Côte d’Ivoire. Vous avez reçu récemment Monsieur Bongo du Gabon. Des informations glanées çà et là, nous font comprendre que l’Elysée ne serait pas tout à fait étranger à la réception de Guillaume Soro par Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale française. Je suis surpris par la qualité des personnes que vous venez de recevoir ou que vous allez recevoir. Je suis d’autant plus surpris que j’ai écouté ces derniers jours l’interview que vous aviez accordée à Jean Michel Aphatie le 22 décembre 2010 sur RTL :

(http://www.youtube.com/watch?v=Kk5Yg1Ylwyg&feature=player_embedded).
 
Au cours de cette interview, Monsieur le Président, vous vous êtes déclaré « intraitable et implacable depuis 2004 quand vous avez vu ce dont il (Monsieur Laurent Gbagbo) était capable ». A la question du journaliste vous rappelant qu’en 2004, vous aviez déjà dit que Monsieur Gbagbo était infréquentable, vous n’avez pas démenti. Vous aviez déclaré aussi qu’il « fallait être d’une clarté parfaite et totale, sans compromission avec ceux qui utilisent la violence ». En faisant allusion à Monsieur Gbagbo, vous aviez aussi fustigé « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir depuis dix ans ».
 
Vous aviez parlé aussi de dictature et d’escadron de la mort. En vous écoutant, Monsieur le Président, on se rend bien compte de votre haine viscérale pour Monsieur Gbagbo mais aussi de votre parfaite méconnaissance des réalités ivoiriennes et africaines. Sinon, comment comprendre que vous prétendiez vous éloigner de la Françafrique alors que votre premier visiteur est Monsieur Ali Bongo, celui-là même qui a hérité du père. Aujourd’hui les diplomates anciens et nouveaux en poste au Gabon, les services de renseignements français ainsi que certains médias, sont tous unanimes pour dire que les résultats des dernières élections présidentielles gabonaises ont été tout simplement inversés pour permettre à Ali Bongo, ami de la France, de succéder à son défunt père, lui aussi grand ami de la France :

(http://www.dailymotion.com/video/xfo101_francafrique-extrait-1_news#).

Cette vidéo sur la Françafrique corrobore cette thèse.
 
Monsieur le Président, vous refusez d’aller en Ukraine car un premier ministre est injustement emprisonné. En Côte d'ivoire, ce sont deux premiers ministres qui sont en prison, Affi Nguessan et Aké Ngbo. Vous voulez chasser le Président Hassad du pouvoir en Syrie parce qu’il tue son peuple ; en Côte d’Ivoire, on tue, on viole et ceux qui sont au pouvoir actuellement n'ont fait que ça avant, pendant et après les élections. Refuser de recevoir des dictateurs et accueillir Alassane Dramane Ouattara qui emprisonne son opposition, cela est difficile à comprendre. Monsieur le Président, le changement a été le thème central de votre campagne présidentielle. Ce changement, il requiert beaucoup de courage et beaucoup d’humilité. Ce changement, il se fait d’abord sur soi-même, en changeant le prisme par lequel vous voyez les autres et la réalité non pas tels qu’ils sont mais tels que vous voudriez qu’ils soient. Ensuite seulement, Monsieur le Président, vous pourrez prétendre changer la France et le reste du monde.
 
Je vous le concède, Monsieur le Président, que le premier secrétaire du parti socialiste n’avait peut-être pas le même niveau d’information que le Président de la République que vous êtes aujourd’hui. A ce stade de mon propos, permettez-moi de faire trois remarques : la première est qu’il me semble, qu’à vos yeux, la vie d’un Noir ne vaut rien, seule la vie d’un Blanc a de la valeur. Sinon, comment comprendre que depuis 2002, les Ivoiriens meurent par milliers sous les balles de ceux qui sont en passe de devenir vos nouveaux amis et que vous, vous n’avez jamais élevé une quelconque protestation. Mais il a fallu la mort de neufs soldats français pour que vous vous indigniez tout à coup.
 
Monsieur le Président, vous avez une indignation sélective.
 
Deuxième remarque, des informations qui nous parviennent de l’instruction de cette malheureuse affaire de mort de neuf soldats français, il s’avère aujourd’hui que Monsieur Gbagbo soit complètement étranger à cette méprise inqualifiable ayant entrainé mort d’hommes. Troisième remarque, vous vous dites intraitable et implacable en parlant du Président Gbagbo comme s’il était tout simplement votre obligé. Devons-nous comprendre que, dans les relations entre la France et l’Afrique, même le premier secrétaire du parti socialiste est toujours supérieur à un chef d’état africain?
 
Monsieur le Président, vous fustigiez ceux qui utilisent la violence alors que vous recevez Guillaume Soro, chef rebelle et chef de guerre, qui est susceptible de poursuites devant le Tribunal Pénal International. Vous fustigiez la violence alors que vous vous apprêteriez à recevoir Alassane Dramane Ouattara, père et seul bénéficiaire des coups d’état et rébellion qui ont eu cours en Côte d’Ivoire depuis 1999.
 
Monsieur le Président, vous fustigiez aussi « ceux qui utilisent une élection de 2000 pour se maintenir au pouvoir », allusion claire à Monsieur Gbagbo. Ce jugement définitif est aussi une autre preuve de votre méconnaissance profonde du dossier ivoirien. Au cas où cela vous aurait échappé, la Côte d’Ivoire est un pays souverain, dont la vie politique est rythmée, en principe, par les textes dont le peuple ivoirien s’est librement doté. Une des dispositions de la loi fondamentale ivoirienne stipule qu’aucune élection ne peut se tenir dans le pays si tout ou partie du territoire national est occupé. Et le Président Gbagbo a fait suffisamment de concessions pour que les rebelles déposent les armes mais c’était sans compter avec leur agenda secret et l’hypocrisie de la Communauté Internationale qui exigeait au Président Gbagbo d’organiser des élections sans jamais demander aux rebelles de désarmer.
 
Monsieur le Président, comment pouvez-vous déclarer Monsieur Gbagbo infréquentable, alors même que vous déroulez le tapis rouge aux pires crapules de la région ; faire recevoir Monsieur Soro Guillaume par le président de l’Assemblée Nationale française. Vous a-t-il fait parvenir par le canal de Monsieur Bartolone un exemplaire de son livre intitulé « pourquoi je suis devenu rebelle » ? Cela vous aurait certainement permis de mieux connaitre le personnage. Ayant à peine fini sa deuxième année d’université, Soro Guillaume est le chef de la rébellion qui ensanglante la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002.
 
Monsieur le Président, au moment où la justice française lance un mandat d’arrêt international contre Teodoro Nguema Obiang pour biens mal acquis, vous recevez à l’Elysée Monsieur Bongo du Gabon. Il ne vous aura pas échappé non plus que le système Françafrique des valises d’argent vers l’Hexagone, c’est le Gabon. Pourquoi y a-t-il ceux que vous déclarez infréquentables à vie et ceux que vous tolérez?
 
Monsieur le Président, celui que vous ne devriez pas fréquenter, c’est celui-là même à qui vous vous apprêteriez à ouvrir vos portes ce 26 juillet selon l’information dont nous disposons. J’espère seulement pour vous, Monsieur le Président, qu’une fois votre entretien terminé, vous prendrez bien soin de publier un communiqué de presse de sorte à annoncer clairement ce qui aura été dit et ce qui ne l’aura pas été pour éviter toute affabulation d’après visite car votre prochain invité est menteur, manipulateur et tricheur.
 
Pour vous présenter Alassane Dramane Ouattara, je vais recourir à un premier document que je vous joindrai en annexe de mon courrier (document 1). C’est le discours prononcé par l’ancien Président Bédié pour justifier le mandat d’arrêt qu’il avait lancé contre Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui, pour nationalité douteuse. Ceci expliquant cela, Alassane Dramane Ouattara s’est résolu à recourir aux coups de force pour arriver à ses fins : la Côte d’Ivoire connait son premier coup d’état en 1999, s’ensuivent trois tentatives et le coup d’état du 19 septembre 2002 qui se transforme en une rébellion sanglante. Nous tenons de Koné Zakaria, chef de guerre et commandant de la zone de Bouaké la révélation qu’Alassane Ouattara est bien le père de la rébellion en Côte d’Ivoire.
 
(http://www.youtube.com/watch?v=ZxZ6CURaqs4&feature=player_embedded#!).

Dans cette vidéo réalisée lors d’un meeting qu’il tenait dans le nord du pays sous contrôle de la rébellion, Koné Zakaria demande aux populations de soutenir le MPCI non pas pour sa personne à lui, ni pour la personne de IB, mais bien pour Alassane Dramane Ouattara.qui leur a acheté les armes et qui, durant leur préparation au Burkina Faso, leur a fourni sacs de riz et 25 millions de francs par mois. Dans cette même vidéo, Koné Zakaria confesse aussi qu’il était chargé de recruter les gendarmes pour le compte de la rébellion. Cette débauche d’énergie lui vaut aujourd’hui d’être nommé directeur de la police militaire, bien qu’illettré. On comprend dès lors pourquoi la violence et l’insécurité ne baissent pas en Côte d’Ivoire, car ceux qui sont censés les combattre et protéger les personnes ne s’accommodent que très peu de subtilités en matière de droits de l’homme et des libertés publiques, parce qu’ils n’ont reçu aucune formation adéquate. J’en veux pour preuve ce témoignage poignant de notre compatriote, Monsieur Dominique Paillé, dont les bras du fils d’un proche ont été coupés.
 
(http://www.wat.tv/video/dominique-paille-fils-mes-3lfhr_2hpbt_.html).

Dans son témoignage, Monsieur Paillé cite nommément les FRCI d’Alassane Dramane Ouattara et se pose à haute voix la question de savoir si la France avait fait le bon Choix en soutenant Alassane Dramane Ouattara. Tout cela se passe de commentaires.
 
1/ En effet, Alassane Dramane Ouattara n’a pas gagné les élections en Côte d’Ivoire, c’est le soutien de la France qui lui vaut d’occuper le fauteuil présidentiel ivoirien. Grace à l’intervention personnelle de Monsieur Sarkozy, les ambassadeurs de France et des Etats-Unis conduisent Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Electorale Indépendante au quartier général du candidat Alassane Dramane Ouattara pour y annoncer des résultats de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire devant la presse internationale, alors que, depuis minuit la veille, cette Commission Electorale Indépendante que dirigeait Monsieur Youssouf Bakayoko était forclose pour n’avoir pas été capable de donner les résultats dans le délai de trois jours qui lui était imparti, voire vidéo témoignage de France 24 .
 
(http://www.youtube.com/watch?v=w3SJ0O-0EsQ&feature=relmfu).
 
2/ Les manipulations d’Alassane Dramane Ouattara qui ont conduit à l’intervention militaire de la communauté internationale. Alassane Dramane Ouattara est un tricheur et un menteur. La seule chose qu’il a trouvée à faire a été de créer l’émotion populaire qui oblige la Communauté Internationale, au nom de la protection des civils, à intervenir militairement en Côte d’Ivoire. La première étape de son plan diabolique se déroule via son journal de propagande « le Patriote » qui barrait sa Une avec l’image d’un homme en feu. La légende qui accompagnait cette scène affreuse disait que c’est Laurent Gbagbo qui brûlait ses opposants (Document3 page 1). Quelques semaines plus tard cette même photo était brandie sur France 24 (Document3 page 2), l’indignation populaire était immédiate. On apprendra plus tard que la scène de l’homme en feu a effectivement eu lieu, mais en Afrique du Sud avec l’intervention de policiers blancs pour sauver la victime (Document3 pages 3-6). Le deuxième élément de cette mise en scène macabre, c’est le cas des femmes tuées d’Abobo, qui auraient été victimes des armes lourdes du Président Gbagbo. Le livre-enquête de Leslie Varenne tend aujourd’hui à prouver le contraire (document 2). Toujours est-il que les mensonges d’Alassane Dramane Ouattara ont suscité l’entrée en guerre de la Communauté Internationale en Côte d’Ivoire pour, selon elle, détruire les armes lourdes du Président Gbagbo, alors même que cette même Communauté Internationale continuait à armer, entrainer et à transporter les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara. Témoignage d’Odile Tobner, présidente de l’association Survie :
 
(http://www.youtube.com/watch?v=hB0_ZXe9bbw).

Bien sûr, tous ces montages réalisés par les officines d’Alassane Dramane Ouattara ont été diffusés largement par les médias européens, ce qui a tout naturellement faussé la perception de la crise ivoirienne au sein de la société française.
 
3/Politique de discrimination et de «rattrapage». Depuis qu’Alassane Dramane Ouattara fait office de président en Côte d’Ivoire, il n’a cessé de discriminer les Ivoiriens. Interrogé à Paris par la presse, il expliquera lui-même cette politique de discrimination qu’il appelle d’ailleurs « politique de rattrapage ».
 
Au nom de ce rattrapage, tout le monde est licencié de l’Hôtel Ivoire, de la Sotra (Société des Transports Abidjanais) ou même de la Télévision Ivoirienne et j’en passe, et tout cela serait pour des raisons économiques. Mais après ces vagues de renvois, ces mêmes entreprises enregistrent immédiatement de nouveaux entrants. Au nom de cette politique de rattrapage, toutes les hautes fonctions dans l’administration sont occupées par des hommes et des femmes aux patronymes du Nord du pays (voire document 4)
 
4/ Une politique de terreur. Alassane Dramane Ouattara gouverne par la peur et la terreur. Il a lâché ses dozos et autres repris de justice à travers tout le pays. Que ceux qui veulent plaider la thèse de bandes incontrôlées comprennent que les rôles sont astucieusement partagés. Aux bandes armées de tétaniser et de maintenir les populations dans la peur et à Alassane Dramane Ouattara de parcourir le monde pour cultiver sa respectabilité. Et puis comment feraient-elles autrement ces bandes armées ?
 
Ces bons petits soldats qu’Alassane Dramane Ouattara n’a jamais payés, et qui ont gardé leurs kalachnikovs dont ils se servent cambrioler et tuer. La nuit venue, certains d’entre ces soldats s’érigent en chefs de gangs. Mais ils tuent surtout les populations qu’ils pensent être favorables au Président Gbagbo.
 
L’arrestation du personnel de la présidence, des dignitaires du régime du Président Gbagbo, la justice-vengeance en quelque sorte (document 3 pages 7-15)
 
Pourquoi les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara se gêneraient-ils, ils ont les soldats français avec eux. Ces soldats, au lieu de protéger les victimes, ils sympathisaient plutôt avec les bourreaux (document 3 page16)
 
Que sont-ils devenus tous ces jeunes arrêtés par les milices d’Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 17-42)
 
Le rodéo meurtrier, la terreur dans la ville, des véhicules passant sur des êtres vivants, grand spectacle en plein jour (document 3 pages 43-49)
 
Tortures et exécutions sommaires sont monnaie courante sous Alassane Dramane Ouattara (document 3 pages 50-54)
 
Scènes de désolation au quotidien (document 3 page 55)
 
Tout cela ne se fait pas au hasard, on prend quand même soin de vérifier les pièces d’identité pour voir qui est-ce qu’on arrête. Ailleurs, on appelle cela «épuration ethnique» (document 3 pages 56-57), mais en Côte d’Ivoire, qui s’en préoccupe ; les Ivoiriens sont bien livrés à leur propre sort. Les biens pensants de ce monde sélectionnent les sujets pour lesquels ils veulent bien s’indigner.

5/Les soldats Burkinabés ayant combattu pour Alassane Dramane Ouattara occupent aujourd’hui les terres de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Ayant chassé les propriétaires Wê de leurs villages, les miliciens d’Alassane Dramane Ouattara exploitent leurs plantations, kalachnikovs en bandoulière (document 3 pages 58-61). Cette partie de la Côte d’Ivoire est devenue une colonie de peuplement pour les civils Burkinabés qui viennent occuper non seulement les plantations mais aussi les forêts classées, voir documentaire de TV5 Afrique :

(http://www.youtube.com/watch?v=7jKK0Mnv4Gw).

Par ailleurs, règne sur cette partie du pays, Amadé Ouremi, un chef de guerre d’origine Burkinabé contre qui existent hélas une multitude de rapports de l’ONU, mais ce dernier continue de bénéficier de la protection d’Alassane Dramane Ouattara et de ses soutiens internationaux. Tous ces seigneurs de guerre bénéficient d’une impunité totale. Saviez-vous, Monsieur le Président, que les détenus de Korhogo, dans le nord du pays, sont tous aux mains du chef rebelle Fofié Kouakou, lui-même sous sanctions des Nations Unies ? Telle est la démocratie selon Alassane Dramane Ouattara. Saviez-vous que les chefs de guerre qui détiennent les pro-Gbagbo à Katiola ne sont même pas répertoriés dans l’armée d’Alassane Dramane Ouattara ?
 
Monsieur le Président, au lieu d’accabler Monsieur Gbagbo, et si organiser des élections présidentielles en Cote d’Ivoire était aussi vital pour votre propre survie, pourquoi n’avez-vous pas aidé à libérer le pays et alors le terrain aurait été plus propice à des élections sécurisées et transparentes. Se montrer intraitable, implacable, comme vous le dites, devant une victime déjà éprouvée par une rébellion injuste, c’est se donner bonne conscience à moindre frais. Le courage aurait voulu, Monsieur le Président, que vous affrontiez plutôt ceux qui sont indûment en armes et qui empêchent un retour à une vie politique normale. Monsieur Gbagbo n’a jamais refusé d’aller à des élections. La démocratie et le multipartisme se confondent en Côte d’Ivoire avec la personne de Monsieur Gbagbo et son parti, le Front Populaire Ivoirien. Vous ne le saviez peut être pas, mais les Ivoiriens lui en savent gré de son combat pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire. Il se définit souvent lui même comme un enfant des élections. En effet, le Président Gbagbo a passé 30 années de sa vie comme opposant politique. Il a connu plusieurs fois la prison et l’exil sous Houphouët Boigny. Laurent Gbagbo a échappé à un attentat le 18 février 1992 avant de connaitre à nouveau la prison, cette fois avec son épouse et son fils quand Alassane Dramane Ouattara était Premier Ministre Malgré toutes ces brimades qui ont jalonné la politique de Monsieur Gbagbo, il n’a jamais prôné la violence comme mode d’accession au pouvoir d’Etat. Il a au contraire rédigé un programme de gouvernement, et sollicité le suffrage de ses concitoyens. Quand Laurent Gbagbo est élu pour la première fois en 2000, à l’issue d’une élection qu’il n’a pas organisée, son premier geste a été de nommer un cadre du PDCI comme directeur de cabinet.
 
Ensuite, il a convoqué un forum national de réconciliation avant de mettre en place un gouvernement de large union.
 
Monsieur le Président, Laurent Gbagbo est tout sauf un dictateur. Quand il accède au pouvoir, Monsieur Bédié était déjà en exil en France suite au coup d’état qui a emporté son régime en décembre 1999.
 
Quant à Alassane Dramane Ouattara contre qui courait un mandat d’arrêt international lancé contre lui par Monsieur Bédié pour nationalité douteuse, il était aussi en exil en France. Monsieur Laurent Gbagbo a pris sur lui d’abroger ce mandat d’arrêt contre Alassane Dramane Ouattara et de le faire revenir au pays. Ensuite Monsieur Bédié et Alassane Dramane Ouattara ont été rétablis dans leur traitement d’ancien Président de la République et d’ancien Premier Ministre.
 
Président, Monsieur Laurent Gbagbo a institué les conseils généraux non seulement pour partager la richesse nationale entre l’Etat et les collectivités locales mais aussi et surtout pour rapprocher l’administration des administrés. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, le parlement a voté une loi de financement des partis politiques sur fonds publics. Il convient de signaler ici que même le parti d’Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas représenté au parlement a pu bénéficier de ce financement. Par ailleurs, sous le Président Laurent Gbagbo, aucun journaliste n’a été mis en prison pour délit de presse. Non seulement, le Président Gbagbo a abrogé le délit de presse, mais il a aussi et surtout doté le Fonds de Soutien à la Presse de moyens conséquents : 1.6 milliards en 2009 et 1.9 en 2010. Mais les deux mesures phares de la présidence de Monsieur Gbagbo auront été l’instauration de l’école gratuite et l’assurance maladie universelle.
 
Monsieur Gbagbo infréquentable, quelle méprise, quelle mauvaise foi ! En Côte d’Ivoire, c’est Monsieur Ouattara, alors Premier Ministre qui a institué la carte de séjour pour les étrangers. En Côte d’Ivoire, c’est le PDCI de Monsieur Bédié qui a inventé le concept d’ivoirité, concept très éloigné de la tradition humaniste de Monsieur Gbagbo. C’est d’ailleurs Monsieur Gbagbo qui, en 2010, a abrogé la carte de séjour imposée aux étrangers.
 
Monsieur le Président, Monsieur Gbagbo n’a pas tué les militaires français de Bouaké, du moins ce sont les rumeurs qui nous parviennent du côté de l’instruction de ce dossier à Paris. Le Président Gbagbo n’est pas non plus à l’origine de la disparition de Monsieur Kieffer. Sinon, Comment expliquez-vous, Monsieur le Président, qu’une année après le départ de Monsieur Gbagbo du pouvoir, cette affaire ne soit toujours pas élucidée, comme si soudain plus personne n’y avait intérêt. Selon nos informations, il existerait des indices sérieux et concordants qui mèneraient vers le camp d’Alassane Dramane Ouattara dans la disparition de Monsieur Kieffer. Par ailleurs, les mots charniers et escadrons de la mort ne sont pas des réalités ivoiriennes, ce sont des inventions d’Alassane Dramane Ouattara, ce ne sont pas des concepts connus en Côte d’Ivoires avant qu’il ne les popularise. Il a toujours une longueur d’avance en matière de manipulation de l’opinion.
 
C’est pourquoi, Monsieur le Président, mon indignation est grande quant à la visite officielle d’Alassane Dramane Ouattara en France. Pendant votre campagne présidentielle, vous aviez dit que vous ne porteriez pas un chef d’état africain à bout de bras. De quoi allez-vous donc parler avec quelqu’un dont les Ivoiriens ne veulent même pas ? Sa dernière élection législative n’a rassemblé que 13% de la population? Voulez-vous parler de coopération militaire ? Voulez-vous donner quelques armes et munitions à ces bandes armées qui n’en font pas toujours bon usage.
 
Le changement, est-il toujours maintenant?
 
 
Je vous remercie.
 
 
Balié TOPLA, DBA
 
Executive Director
Cote d’Ivoire Coalition, Inc.
Washington DC



A télécharger:


Les annexes

PROCHAINE VISITE DE OUATTARA EN FRANCE - LE PARTI DE MELENCHON MONTE AU CRENEAU

 

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Dans un texte au vitriol, Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon, rappelle à François Hollande les problèmes de fond d’une Côte d’Ivoire où la démocratie est piétinée et où la vie chère écrase le bas peuple. Alors que l’actuel maître d’Abidjan se prépare à faire une visite (tardive) sur les bords de Seine. Il a diffusé son texte avant que le dernier massacre perpétré au sein du camp des déplacés de Nahibly (Duékoué) ne jette une lumière crue sur la nature du régime qui domine actuellement sur les Ivoiriens.

"La situation en Côte d’Ivoire se caractérise actuellement par l’absence de respect des règles démocratiques en particulier par l’empêchement de toute expression véritable de l’opposition, mais aussi  par une insécurité générant la peur dans la population. S’ajoutent à cela la vie chère, le manque de monnaie métallique en circulation, des banques prédatrices, une question foncière qui s’aggrave avec l’arrivée de nouveaux occupants, des salaires impayés.  Nicolas Sarkozy avait accueilli  avec un faste déplacé son ami Alassane Ouattara à Paris pour célébrer la «réconciliation» des deux pays. En fait, pour sauver les liens néo-coloniaux : perpétuation de la présence militaire française à Abidjan, contrats importants pour les entreprises françaises, soutien diplomatique réciproque. François Hollande s’apprête à recevoir Alassane Ouattara prochainement et le Parti de Gauche souhaite rappeler à cette occasion au gouvernement français les vraies priorités qui devraient être les siennes vis-à-vis du peuple ivoirien :  cesser son interventionnisme militaire, donner une suite favorable à la demande de  commission d’enquête parlementaire sur les interventions militaires françaises dans la crise ivoirienne, se préoccuper de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, aider au retour des personnes déplacées ou exilées et garantir leur sécurité, engager la Cour Pénale Internationale à juger équitablement les deux camps. C’est à la réconciliation entre les Ivoiriens que doit chercher à contribuer le gouvernement français,  en demandant la libération des prisonniers politiques emprisonnés sans jugement,  en demandant la formation d’un gouvernement plus équilibré sur les plans politique et ethnique et la réintégration des fonctionnaires et forces de l’ordre mis à l’écart pour des raisons politiques. Mais l’exigence première doit être celle du respect des libertés publiques et politiques, de la liberté d’expression, du soutien aux  efforts de la société civile ivoirienne pour occuper la place qui lui revient, de façon à ce que soient créées les conditions d’un vrai dialogue entre l’ensemble des protagonistes".
 


Patrice Finel, responsable Afrique du Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon


dimanche, 22 juillet 2012

POURQUOI LA CPI A REFUSE LA LIBERTE PROVISOIRE A GBAGBO


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Plus de deux mois et demi après la requête de la Défense, la juge Silvia Fernandez de Gurmendi de la Cour pénale internationale, a rejeté la demande de mise en liberté provisoire du président Laurent Gbagbo. En usant d’arguments pour le moins contestables. Manifestement trop populaire, et politiquement trop «dangereux» ! A la lecture de la décision du Juge unique de la Cour pénale internationale (CPI) relative à la «requête de la Défense demandant la mise en liberté provisoire du président Gbagbo», qui déboute la Défense et va très largement dans le sens des arguments de l’Accusation, l’on peut avoir l’impression que l’exceptionnel soutien dont jouit le premier président de la Deuxième République ivoirienne fait peur aux magistrats qui siègent à La Haye. En tout cas, l’image d’un Gbagbo jouissant d’un large spectre de soutiens et pouvant renverser la situation à tout moment dès lors qu’il a un minimum de contacts avec ses proches et une once de liberté, apparaît sans arrêt dans ce document de 26 pages dont Le Nouveau Courrier s’est procuré une copie.

Voici les arguments de la Défense

 «Le 1er mai 2012, la Défense a soumis sa requête à la Chambre pour qu’elle ordonne la mise en liberté provisoire de M. Gbagbo sur le territoire de [REDACTED] ; ou, comme alternative, sur le territoire de [REDACTED]», résume le Juge unique Silvia Fernandez De Gurmendi. Le [REDACTED] signifie que le nom des deux pays qui ont visiblement offert l’asile au président Gbagbo ont été «expurgés», volontairement omis. Même si l’Ouganda a souvent été cité comme probable destination du fondateur du FPI. «La Défense soutient  (…) que la libération provisoire est justifiée afin de permettre la récupération physique et psychologique de M. Gbagbo, une condition pour assurer son droit à un procès équitable. (…) La Défense fait valoir que la libération conditionnelle devrait être accordée dans la mesure où un Etat partie au Statut a offert d'accueillir M. Gbagbo et à mettre en œuvre toutes les conditions nécessaires de restriction de liberté qui pourraient être imposées par la Chambre conformément à l'article (…)  A l'appui de son argument selon lequel M. Gbagbo ne se dérobera pas si elle est accordée en liberté provisoire, le Défense soutient que, dans la requête du Procureur pour un mandat d'arrêt contre M. Gbagbo, le Procureur s'est fondé uniquement sur les articles de presse afin de démontrer l'existence d'un risque de fuite. Contestant la valeur probante de ce type d'information, la Défense fait valoir en outre que le Procureur n’a pas présenté d'éléments supplémentaires pour corroborer ses allégations (…) La Défense soutient que M. Gbagbo a exprimé dans une lettre datée du 17 Avril 2012, son engagement à se conformer à toute demande émanant de la Cour ; M. Gbagbo a démontré depuis son arrivée à La Haye ses dispositions à coopérer avec la Cour ; M. Gbagbo a déclaré lors sa première comparution devant la Chambre qu'il se soumettra aux poursuites engagées contre lui jusqu'à la fin, parce qu’elles lui fournissent l'occasion de donner pour la première fois sa version des faits ; fuir serait à l'encontre des principes et des idéaux de M. Gbagbo et exposer inutilement sa famille, en particulier sa femme qui est actuellement détenue par les autorités ivoiriennes, au risque ; (…) M. Gbagbo n’a pas accès à des moyens financiers puisque ses comptes ont été gelés. De plus, les comptes bancaires des personnes qui le soutiennent ont été gelés. Il n’a donc pas les moyens de s’échapper même s’il le voulait», poursuit la juge Gurmendi. Qui a en toute connaissance de cause choisit de s’aligner sur l’argumentaire du bureau du procureur, aujourd’hui dirigé par Fatou Bensouda.

Pourquoi la CPI a dit non

Silvia Fernandez de Gurmendi explique longuement sa décision de refuser au président Gbagbo, pourtant durement éprouvé depuis avril 2011, une liberté provisoire réparatrice. «Le juge unique a pris note des observations de la Défense selon lesquelles, depuis son arrivée à La Haye, M. Gbagbo a démontré sa volonté de coopération et son respect pour la Cour, et en particulier l'engagement personnel de M. Gbagbo à comparaître devant la Chambre autant qu’elle l’estimera nécessaire. (…) Toutefois, le juge unique est d'avis que les assurances de M. Gbagbo ne sont pas en soi suffisantes pour accorder une libération provisoire, et sont compensées par des facteurs en faveur de son maintien en détention. (…) M. Gbagbo est accusé de quatre chefs de crimes contre l'humanité en vertu de l'article 7 du Statut, à savoir meurtre, viol et autres délits sexuels, violence, actes inhumains et persécutions. Le juge unique considère que la gravité des accusations portées contre M. Gbagbo, et la longue peine de prison qui peut s'ensuivre en cas de condamnation, constituent une incitation à prendre la fuite. (…) En outre, le juge unique note que d'autres Chambres de la Cour ont déjà trouvé que les considérations relatives au passé et au présent du suspect, sa position politique et professionnelle, ses contacts internationaux et ses liens, sa situation financière et ses ressources, et la disponibilité des ressources en termes de réseaux et de finances nécessaires sont des facteurs pertinents de détermination de l'existence d'un risque de fuite. (…)»

Fondamentalement, la Juge unique considère l’influence et l’aura de Gbagbo, qui demeurent en dépit de tout, comme un facteur de risque. «En ce qui concerne les moyens à la disposition de M. Gbagbo pour prendre la fuite, la Défense fait valoir que M. Gbagbo a une possibilité d’action limitée. Cependant, cette affirmation de la Défense est contredite par d'autres informations disponibles. Tout d'abord, le juge unique estime pertinente la démonstration du Procureur, étayée par des preuves documentaires, quecertains actifs appartenant à M. Gbagbo ou son épouse ne sont peut-être pas gelés à ce jour. Deuxièmement, et plus important encore, il semble exister en Côte d'Ivoire un réseau vaste et bien organisé de sympathisants politiques de M. Gbagbo (…) De plus, il a des contacts politiques à l'étranger. (…) Il n'y a aucune indication selon laquelle le réseau de soutiens a cessé ses activités (…) Bien au contraire, le Procureur fournit de nouvelles informations sur les membres du réseau, son objectif comme étant la «libération» de M. Gbagbo (…) La capacité du réseau est également forte, ainsi que le prétend le Procureur, du fait qu'il a réussi à mobiliser plus de 140.000 appels téléphoniques à la Cour au cours d'une courte période de temps en Décembre 2011. Le juge unique considère avec un intérêt particulier le communiqué de presse publié le 25 Février 2012 par l'Ordinaire Comité central du Front Populaire ivoirien, parti politique de M. Gbagbo, dans lequel il est indiqué que «le Comité central prend note de l'importance de la période de Janvier à Juin 2012, au cours de laquelle la mobilisation et la vigilance doit être renforcées afin d'obtenir la libération de Laurent Gbagbo, le retour pacifique des exilés, la liberté de tous les prisonniers et le rétablissement de la démocratie.» Dans l'évaluation de la juge unique, il existe un risque que M. Gbagbo utilise les moyens que son réseau de soutien pourrait fournir en vue de se soustraire à la justice dans le cas où il lui est accordé la liberté provisoire. Sur la base de l'analyse ci-dessus, le juge unique conclut que le maintien en détention apparaît nécessaire pour garantir la comparution de M. Gbagbo devant la Cour», peut-on lire. «Le matériel disponible indique que les activités du réseau de soutien de M. Gbagbo, en particulier son parti politique, semblent être orientés vers son retour au pouvoir. (…) Le juge unique est d'avis que M. Gbagbo pourrait en effet utiliser le réseau de ses partisans à commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour. Par conséquent, le juge unique est d'avis que le maintien en détention de M. Gbagbo apparaît nécessaire pour l'empêcher de continuer à commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour», poursuit la juge argentine.

Gurmendi ne fait pas confiance aux Etats africains

Visiblement, la CPI fait plus confiance aux Pays-Bas, en tant que pays-hôte, qu’aux pays africains ayant ratifié le statut de Rome, quant à leur capacité à rendre disponible un accusé, et donc à leur sérieux. «Le juge unique prend note de l'information et des assurances fournies par [REDACTED, il s’agit d’un Etat africain désireux d’accueillir le président Gbagbo] par rapport aux conditions qu'il est disposé à appliquer l'encontre de M. Gbagbo. Le juge unique note, comme le souligne le Défense, que les autorités de [REDACTED, il s’agit d’un Etat africain disposé à accueillir le président Gbagbo] ont également exprimé leur volonté d'imposer [à Gbagbo, ndlr] d'autres conditions spécifiques (…) Le juge unique est cependant d'avis que, à la lumière des circonstances décrites ci-dessus et qui ont conduit à sa conclusion selon laquelle le maintien en détention est justifiée, les conditions pour atténuer ces risques ne sont pas réunies. En particulier, le juge est attentif à un fait, également noté par le Procureur : la simple possibilité pour M. Gbagbo de communiquer efficacement avec les membres de son réseau lui permettrait de prendre la fuite, d’interférer avec l'enquête ou les procédures judiciaires, ou de commettre des crimes relevant de la compétence de la Cour. La Juge unique est d'avis que les risques existants ne peuvent être efficacement gérés que dans le cadre de la détention au siège de la Cour. En conséquence, la requête de la Défense à la libération conditionnelle est rejetée», peut-on lire dans le document produit par la juge argentine.

Pourquoi la Juge refuse de considérer l’état de santé du président Gbagbo

 «La réglementation 103 (5) du Règlement de la Cour se réfère expressément à des situations où une personne détenue peut nécessiter un traitement médical. En vertu de cette disposition, même si les arguments de la Défense quant à la nécessité pour M. Gbagbo de suivre un traitement ont été considérés comme suffisamment pris en charge, M. Gbagbo doit, autant que possible, être traité dans le centre de détention. Si l'hospitalisation est nécessaire, M. Gbagbo doit être transféré dans un hôpital sans délai (…) En ce qui concerne l'aptitude à subir son procès, le juge unique rappelle que cette question est précisément réglementée par l'article 135 du Règlement, qui est également applicable aux procédures préalables au procès. La règle 135 du Règlement ne prévoit pas la mise en liberté provisoire ou conditionnelle comme un remède pour une personne jugée inapte à subir son procès. En fait, l'article 135 du Règlement prévoit que, lorsqu'une Chambre est convaincue, sur un examen médical, que la personne est inapte à subir son procès, le remède juridique est l'ajournement de la procédure. Si la personne est jugée inapte à subir son procès, l'affaire doit être révisée tous les 120 jours, à moins qu’il y ait des raisons de faire autrement. Le juge unique rappelle que la procédure prévue à l'article 135 du Règlement a été déclenchée par la Défense et que les rapports d'experts sur l’état physique et l’examen psychologique et psychiatrique de M. Gbagbo sont attendus sous peu. À la lumière de ce qui précède, le juge unique estime que la libération provisoire ou conditionnelle ne peut être ordonnée sur la base des conditions de santé présumées de M. Gbagbo», écrit la juge Silvia Fernandez De Gurmendi dans sa décision dont Le Nouveau Courrier a obtenu une copie.


 

Document traduit et présenté par Philippe Brou


SourceLE NOUVEAU COURRIER

samedi, 21 juillet 2012

CPI: LAURENT GBAGBO, L'HOMME AUX 140.000 APPELS

 

LAURENT GBAGBO - PRESIDENTIELLE 2010.jpg



Incroyable mais vrai. Du jamais vu. Le Président Laurent Gbagbo, de l'aveu de la CPI, a fait sauter le répondeur de la CPI, dès son arrivée à la prison de Schevenigen à La Haye, fin novembre 2011. 

En quelques jours, il a reçu « plus de 140.000 appels téléphoniques à la Cour au cours d'une courte période, en Décembre 2011 ». 

Ce sont les aveux de la juge Silvia Fernández de Gurmendi, juge unique exerçant les fonctions de la Chambre préliminaire I, dans sa décision de refus d'accorder la liberté provisoire à GBAGBO, comme demandé par son avocat, Me Emmanuel Altit.

Admirez toute la prestance de l’homme aux 140.000 appels.

C'est un aveu de taille fait par cette dernière au profit de Laurent Gbagbo, car tous les arguments tendant à le faire passer pour un criminel de guerre impopulaire dans son pays, qui s'accrochait au pouvoir après avoir perdu les élections, volent ainsi en éclats, grâce à la CPI elle-même. 

La juge Silvia Fernández vient, sans le savoir, d'avouer que Laurent Gbagbo est l'homme le plus populaire dans son pays, qui a gagné l'élection présidentielle, et qui est aujourd'hui injustement incarcéré à la CPI, sur la base de mensonges montés de toutes pièces par le lobby Sarko-Obama-Ban Ki Moon, dont le valet de service se nomme Alassane Dramane Ouattara, usurpateur de la dignité de chef de l'Etat de Côte d'Ivoire.

Le mensonge court vite mais la vérité finit toujours par le rattraper. 

C'est ce qui vient de se passer avec cette lettre de refus d'accorder la liberté provisoire à Laurent Gbagbo, au motif qu'il est populaire dans son pays et dans le monde entier. Sacré Laurent Gbagbo, l'homme qui a réussi à faire sauter le répondeur de la CPI en recevant 140.000 appels en quelques jours en décembre 2011. Du jamais vu, digne des records Guinness.

 

Michèle Lafont 


Correspondante aux Pays-Bas


Source: FACEBOOK DEBOUT COTE D'IVOIRE

vendredi, 20 juillet 2012

PPTE: L'INFORTUNE AVEC OUATTARA


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Depuis le 26 juin 2012, la Côte d’Ivoire a atteint le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE), un objectif poursuivi par les autorités gouvernementales depuis la création de ce mécanisme de désendettement en 1996.

C’est le Président Bédié qui a commencé les négociations et obtenu l’éligibilité de la Côte d’Ivoire en 1998. Le Président Gbagbo a poursuivi et presque finalisé le travail en faisant franchir les étapes décisives à la Côte d'Ivoire. Ouattara ne fait donc que récolter les dividendes des actions menées par ses prédécesseurs, alors même que ses actes et sa gouvernance empêchent la Côte d’Ivoire de jouir pleinement de l’IPPTE.

En effet, c’est à Ouattara qu’incombe la responsabilité du retard accusé dans l’obtention du PPTE, après 32 autres pays sur les 41 admissibles. A deux reprises, notre pays était sur le point d’obtenir le point de décision, mais à chaque fois, les ambitions de pouvoir de Ouattara ont repoussé l’échéance. Ce fut d’abord le coup d’Etat de décembre 1999 qu’il a revendiqué et qui a ruiné les espoirs de reprise des négociations de l’initiative. Puis vint la rébellion de septembre 2002 qui visait à l’installer au pouvoir alors que le point de décision était prévu pour le dernier trimestre de 2002. L’instabilité politique qui s’ensuit ne permettra pas des négociations pour le PPTE jusqu’en 2007. Enfin, c’est la crise postélectorale à partir de décembre 2010, née du refus de Ouattara de se soumettre pour la énième fois à une décision juridictionnelle et la guerre consécutive qu’il a enclenchée, avec l’appui de son ami Sarkozy, qui ont retardé l’atteinte du point d’achèvement attendue en 2011, mais finalement accordée en juin 2012.

Les dégâts provoqués par ces  différentes secousses politiques expliquent la nature des investissements qui seront en définitive réalisés dans le cadre du PPTE. En effet, ceux-ci seront en grande partie consacrés à la réhabilitation de ce que la rébellion et la guerre de Ouattara ont détruit dans les secteurs prioritaires (éducation, santé et infrastructures). Certes, un nouveau souffle sera donné aux routes non entretenues depuis le coup  d’Etat de 1999 ou aux écoles et centres de santé sinistrés par la rébellion, et certaines infrastructures sans cesse reportées (3e pont d’Abidjan) seront réalisées.

Mais, ces piètres ambitions n’étaient pas celles affichées par nos dirigeants quand ils plaçaient beaucoup d’espoir sur l’IPPTE qui aurait certainement offert plus d’opportunités et de perspectives, si elle avait été obtenue sans la rébellion et la guerre de Ouattara. Les investissements attendus  n’apporteront qu’une plus-value dérisoire, sans commune mesure avec les ambitions des douze travaux de « l’éléphant d’Afrique » qui, quoi qu’on en dise, complétaient opportunément les infrastructures de base des trois premières décennies de l’indépendance et ouvraient des perspectives pour une Côte d’Ivoire encore plus flamboyante. Paradoxalement, ces investissements ne nous permettront pas non plus de réaliser l’assurance maladie universelle et l’école obligatoire (jusqu’en 3e) alors que le PPTE constituait une belle opportunité pour les incruster durablement dans le paysage économique et social de la Côte d’Ivoire. Ces deux pans du projet de société du Président Laurent Gbagbo s’inscrivaient en droite ligne dans les objectifs de l’initiative. Quelle perte de chance quand on connaît l’effet structurant de l’assurance maladie à l’exemple de la France! Quelle perte de chance quand on connaît le rôle de l’éducation dans tous les pays du monde ! « Un trésor est caché dedans » confiait Jacques Delors.

Ces programmes de gouvernement nous propulsaient mieux dans les sillons d’un pays émergent dans un horizon plus rapproché que les incantations servies par les vendeurs d’illusions, spécialistes de la communication mensongère.

Ouattara, un obstacle à la pluie de milliards

D’ailleurs, il faut garder à l’esprit que les ressources du PPTE sont constituées par les ressources que la Côte d’Ivoire réussira à  rembourser au titre de sa dette remise. Comment constituer ce pactole si les comzones de Ouattara continuent de capter une bonne partie des ressources publiques à leur seul profit? C’est aussi un secret de polichinelle qu’une grande quantité du cacao produit en Côte d’Ivoire transite par le Burkina Faso et est exportée à partir du port d’un autre pays. Ce trafic illégal provoque un manque à gagner pour les ressources de l’Etat, puisque le DUS (droit unique de sortie) dû sur chaque kilogramme de cacao ne peut plus l’être. C’est le Burkina qui prélève désormais des taxes sur le transit de cette marchandise, augmentant d’autant les ressources de son budget. Des observateurs évaluent à 200 000 tonnes le cacao qui échappe ainsi au circuit ivoirien. En y ajoutant le trafic portant sur toutes les autres ressources (minières, ligneuses etc.), on mesure l’ampleur des revenus qui auraient pu venir abonder le financement PPTE.

Le budget de l’Etat ne peut que ressentir négativement ce manque à gagner d’autant que la dette ivoirienne étant redevenue supportable en conséquence de l’atteinte du point d’achèvement – c’est d’ailleurs l’objectif visé par l’IPPTE – l’Etat va recommencer à payer les échéances de la dette hors PPTE évaluée à 4000 milliards de F. CFA.  Il devra aussi respecter ses échéances de paiement.

Il convient de noter que, compte tenu de la structure de la dette publique ivoirienne, une grande partie de cette annulation (1300 milliards de F.CFA) devra être accordée par la France à travers les contrats de Désendettement et Développement (C2D). Ce mécanisme prévoit le remboursement effectif de la dette, à chaque échéance, au trésor français qui ensuite reversera la somme correspondante dans un compte séquestre ouvert à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Ces fonds, transformés en dons devraient servir à financer des programmes de lutte contre la pauvreté.

Non seulement les C2D sont négociés, mais la gestion du processus d’allocation des ressources est assurée par des organes dans lesquels la partie française est omniprésente. C’est donc peut dire que d’affirmer que d’excellentes relations avec le pouvoir français sont indispensables pour une bonne conduite de cette opération de désendettement. Or Ouattara ne semble pas être l’interlocuteur le plus indiqué pour négocier avec la France. La faute politique commise à l’occasion de la dernière présidentielle française le plombe. Au-delà des convenances diplomatiques, le « Président reconnu par la communauté internationale » avait entouré de tous ses soins le Président sorti Nicolas Sarkozy. Ce n’est qu’après avoir mis un point d’honneur à être le Premier chef d’Etat reçu par le Président déchu qu’il a daigné adresser une lettre de félicitations au nouveau Président Hollande. Après cette bévue diplomatique sans précédent, il ne faut pas être étonné de constater que Ouattara ne sera reçu à l’Elysée qu’après ses homologues du Bénin, Niger, Gabon, Sénégal et de Tunisie. Ah ! Qu’elle est bien loin l’époque où les nouveaux dirigeants français s’empressaient de venir faire leurs civilités sur les bords de la lagune ébrié avant toute autre initiative en Afrique.

Pis, Ouattara ne s’inscrit pas dans la nouvelle gouvernance française. Le Président Hollande avait déclaré qu’il «n’accepterai(t) pas des élections frauduleuses» et que son élection «sera… terrible pour les dictateurs». Après avoir fait la guerre pour s’imposer à la suite d’une élection très contestée à l’occasion de laquelle il a été accusé de fraudes graves et massives, Ouattara montre, à travers ses actes, son aversion pour la démocratie et une tendance atavique à la répression de tout contre pouvoir. Ce n’est certainement pas la meilleure posture pour améliorer ses relations avec les dirigeants français. Ainsi, si à la lourdeur du mécanisme C2D, il faut ajouter une contrainte d’ordre politique, il y a à parier que les efforts des ivoiriens pourraient être vains. Pour avoir obtenu le point d’achèvement en dépit d’une gouvernance très approximative - M. Madani Tall, représentant résident de la Banque mondiale a lui-même reconnu que la Côte d’Ivoire n’a pas satisfait cinq des treize déclencheurs - Ouattara sait mieux que quiconque l’importance de la décision politique dans ce genre de programmes.

Ouattara, une gouvernance pénalisante

Mais c’est la mal gouvernance de Ouattara qui risque d’annihiler nos espoirs. En effet, pour jouir pleinement du PPTE il ya tout un environnement qu’il faudra créer pour stimuler la croissance dont les retombées permettront d’avoir le supplément de ressources publiques nécessaires pour payer une bonne partie de la dette. Ouattara ne semble pas être l’homme qui peut créer  cet environnement à cause des pratiques de ses soldats en guenilles dont 40 000 dozos (LC, n°639) et d’une justice (des vainqueurs) inéquitable qui découragent les investisseurs. A l’occasion d’une mission récente du patronat français regroupé au sein du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), la  délégation ne s’est pas gênée de le rappeler aux autorités gouvernementales. Les investissements directs étrangers espérés pourraient donc ne pas arriver pour booster l’économie tant que le climat des affaires ne s’améliore pas.

Il faudra aussi créer une paix durable, en évitant les tensions politiques et sociales (notamment dans le foncier rural et avec les syndicats). Ouattara qui refuse de créer les conditions du dialogue avec l’opposition significative et de se pencher sur le cas des victimes de la crise postélectorale n’est pas l’homme d’un nouveau départ.


Kouakou Edmond

Docteur en droit, consultant

mercredi, 18 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE CHEF DE L’ETAT IVOIRIEN, N’A PAS D’ARMEE

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Commençons notre chronique de ce jour par une scène très récente, assez cocasse, si ce n’est rocambolesque et, au final, effrayante pour l’histoire future de notre peuple. Dans un district de police bien connu de notre pays, un attroupement d’agents de police de service, comme on le voit tous les jours dans nos commissariats et camps militaires. Ils s’adonnent à la lecture de journaux pour être au fait de l’actualité ivoirienne. Chose curieuse – et peut-être finalement, normale – tous les quotidiens entre leurs mains étaient des journaux bleus (journaux éditorialement proches du camp Gbagbo). Le fait même pour eux de ne plus s’en cacher dénote désormais et assurément d’un nouvel état d’esprit, différent de la hantise, des peurs-paniques et de la discrétion de rigueur, au lendemain du dénouement sanglant de la crise ivoirienne d’avril 2011.

En clair, ces policiers se considèrent encore et toujours comme des FDS (et c'est la faute à Ouattara) et non comme des soldats FRCI, l’armée ouattarandienne faite de supplétifs, de dozos (chasseurs traditionnels incultes) et de miliciens créée le 17 mars 2011, depuis la prison volontaire et dorée de l’Hôtel du Golf, par ordonnance d’Alassane Ouattara, et qui a été à l’origine de l’effroyable massacre de Duékoué qui a fait des milliers de morts. Massacre que nous attestent encore de récentes vidéos sur le Net montrant le contingent marocain de l’ONUCI jeter sans égard aucun, le 1er avril 2011, des corps de victimes de l’épuration ethnique FRCI. Pourrait-il encore exister un quidam, sur la terre d’Eburnie et par-delà les mers, pour nier le génocide des Wê, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les 29 et 30 mars 2011, par les milices de Ouattara ?

Comme on peut le constater, il n’y a pas eu osmose entre les FDS, l’armée républicaine sous Gbagbo et les FRCI, l’armée putschiste d’Alassane Ouattara. Et il ne peut en être autrement. D’ailleurs, Ouattara ne considère pas les FDS comme son armée et se méfie d’eux comme de la peste. Pour preuve, les ex-FDS ne sont autorisés, jusqu’à ce jour, à ne détenir aucune dotation d’armes. A contrario, les FRCI, jusque dans nos villages et campements, exhibent encore des armes de guerre et en font usage sans aucune éthique militaire, notamment contre d’innocentes populations civiles, de tous les bords y compris les leurs, depuis maintenant plus d’une année. Mieux, ces armes ont été utilisées et retrouvées dans nombre de braquages, de cambriolages et d’attaques à main armée qui ont endeuillé familles et entreprises dans notre pays, ces quinze derniers mois.

A la vérité, tant que le gouvernant actuel de la Côte d’Ivoire continuera de traquer d’honnêtes ivoiriens civils et militaires (en qui ces ex-FDS se reconnaissent) jusque dans leur exil parce que proches du président Laurent Gbagbo, tant que nos concitoyens de l’Ouest seront spoliés de leurs terres ancestrales et tués par de nouveaux colons burkinabé armés et arrogants, protégés par le seigneur de guerre burkinabé Amadé Ouérémi et son âme damnée Issiaka Tiendrébéogo, tant que prévaudra la « justice de vainqueurs », tant que les droits de l’homme seront rélégués au rang de vœux pieux en Côte d’Ivoire, au vu et au su d’ONG internationales complices et de la communauté dite internationale et que les Ivoiriens continueront à croupir injustement dans les geôles, goulags et autres camps de concentration et de torture de Ouattara, tant que la jubilation sera de mise en lieu et place de la compassion naturelle et de l’humilité, tant qu’aucune véritable volonté de réconciliation (dont Ouattara sera d’ailleurs le plus grand bénéficiaire) ne sera affichée par les tenants actuels du pouvoir par l’élargissement de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires et l’arrêt des arrestations arbitraires, aucune chance que cette osmose ait lieu.

Pourquoi ?, pourrait-on s’interroger. Pour la simple et bonne raison que l’armée n’est en réalité que le reflet intégral du peuple et de la société. La rupture politique, sociale et sociologique qui s’est produite en Côte d’Ivoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara a déteint et s’est gravement répercutée sur nos corps militaires, de sorte que l’armée ivoirienne actuelle n’est qu’une piètre juxtaposition de deux forces ex-bélligérantes : les FDS et les FRCI. Le dire n’est pas un appel à la sédition mais un juste compte-rendu de la réalité et du vécu des Ivoiriens, depuis maintenant quinze mois. Le nier relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.

Pire, les FRCI ne peuvent honnêtement être considérées comme l’armée d’Alassane Ouattara. Sinon, comment comprendre qu’il n’ait aucune confiance en elle, au point que le premier carré de sa garde rapprochée soit exclusivement et uniquement constitué de soldats burkinabé, commandos militaires du camp de Pô, au Burkina Faso, mis à sa disposition par son homologue et « compatriote » Blaise Compaoré ? Comment expliquer ensuite que le second carré de sa protection rapprochée soit assuré par des unités spéciales françaises et par les casques bleus de l’ONUCI ? Qu’en est-il de la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Ou faudra-t-il considérer qu’elle n’en a plus, depuis l’avènement du régime RHDP ?

Alassane Ouattara refuse de s’en remettre pour sa sécurité et pour sa vie à « son armée ». En réalité, il n’a pas tort. Cette armée-là répond non pas d’un seul et unique chef suprême comme dans toute république digne de ce nom mais de plusieurs chefs et seigneurs de guerre, à la tête desquels le désormais Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Soro Kigbafori Guillaume. Tout ce beau monde, au-delà des sourires convenus, se regarde en chien de faïence et entretient l’équilibre de la terreur, en attendant qu’à la fin de ce jeu de dupes le plus fin, le plus rusé et le plus machiavélique de la fratrie prenne le dessus sur tous les autres et les mette à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI). Juste une question de temps.

Qu’Alassane Ouattara arrête donc de se mentir à lui-même, aux Ivoiriens et au monde entier en feignant de maîtriser son monde. Il ne maîtrise strictement rien. Il n’a pas d’armée, il ne doit sa survie qu’aux forces étrangères, toutes bannières confondues, auxquelles ces proches et lui vouent une confiance idolâtre. Mais aussi puissantes fussent-elles, pourraient-elles résister à une désagrégation générale et au sursaut d’un peuple digne en quête de liberté ? Ce que le Vietnam a été pour l’armée américaine devrait nous instruire.

Oui, c’est certain, Ouattara n’a pas d’armée. En tout cas, aucune qui puisse se réclamer nationale, républicaine et loyale. Fait rare dans l’histoire des pays dits démocratiques. Pour tout dire, Alassane Ouattara gouverne sur le cratère d’un volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment. Jusqu’à quand tiendra-t-il cet équilibre précaire ? Qui vivra, verra ! Au reste, de notre humble avis, il devrait commencer plus résolument que jamais à penser à réconcilier les Ivoiriens et ne pas se réfugier derrière des armées étrangères, fussent-elles celles du Nouvel ordre mondial. Il en est encore temps.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

APRES L’ELECTION DE DLAMINI-ZUMA – L’ANC CATEGORIQUE: «NOUS ALLONS ARRACHER L’UNION AFRICAINE AUX COLONISATEURS»

 

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L’élection de Nkozasana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine a bien entendu suscité des commentaires en Afrique du Sud, son pays. Le quotidien This Day a par exemple noté que c’est la première fois que la Commission est dirigée à la fois par une femme et par un originaire d’Afrique australe. Et raconte que dès l’annonce de la victoire de la nouvelle présidente, «les ministres, ambassadeurs et officiels du gouvernement sud-africains ont entonné un chant de célébration». 

Plus politique, le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, a posé sans la moindre langue de bois l’enjeu de cette percée électorale et diplomatique. La victoire de Dlamini-Zuma n’est pas seulement la sienne, mais c’est celle de tout le continent, a-t-il expliqué. «L’enjeu du résultat, ce n’est pas elle, c’est ce que nous voulons faire de l’Union africaine. Nous voulons l’arracher des mains des colonisateurs. Nous avons une grande confiance en elle et nous savons qu’elle est capable de faire ce travail», a-t-il martelé. «Nous avons donné la meilleure d’entre nous au continent et nous allons tous en profiter», a-t-il poursuivi.

De son côté, Angie Motshekga, la président de la Ligue des femmes de l’ANC a dit : «C’est très excitant pour notre organisation et pour les femmes du continent. Son élection est une victoire pour ceux qui se battent pour la question du genre sur le continent.» L’Alliance démocratique, parti d’opposition, n’est pas en reste. Pour cette formation politique, Dlamini-Zuma peut «conduire à une nouvelle ère où l’Afrique aura une place prépondérante dans l’agenda international».
 


Traduit par Benjamin Silué


lundi, 16 juillet 2012

UA: L'AFRIQUE DIGNE TRIOMPHE A ADDIS-ABEBA


PING ET DLAMINI-ZUMA.jpg

 

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), le dimanche 15 juillet au soir, à Addis-Abeba, lors du 19e sommet de l’institution. Quatre tours ont été nécessaires aux chefs d’Etats réunis en huis clos pour départager le Gabonais, Jean Ping, président sortant, et sa concurrente.

Au premier tour, Dlamini-Zuma a emporté 27 voix contre 24 pour Ping. L’écart n’a ensuite cessé de s’élargir. Au deuxième tour, la ministre sud-africaine des Affaires intérieures a gagné deux partisans supplémentaires (29 voix contre 22), avant d’en totaliser 33 contre 18 au troisième tour.

C’est alors que Jean Ping s’est désisté[1]. Il restait à son opposante à gagner le vote de confiance. En janvier dernier, la configuration était diamétralement opposée et Ping n’était pas parvenu à emporter la majorité des deux-tiers des voix nécessaire à l’élection du président, malgré le désistement de la Sud-Africaine.

EXPLOSION DE JOIE

Cette fois-ci, cette dernière a su s’imposer haut la main avec 37 voix. Dès que les résultats ont été rendus publics, les partisans de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) ont explosé de joie dans les couloirs du siège de l’UA où se tiennent les travaux du sommet.

La bataille entre Ping et Dlamini-Zuma, qui a duré plus de 6 mois, se termine donc au premier soir du sommet, avec la victoire de la candidate du pays d’Afrique subsaharienne le plus puissant. C’est la première fois qu’un anglophone dirigera la Commission de l’UA.

QUI EST LA NOUVELLE PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UA ?

Si la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et ministre sud africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, a été mariée avec le président Jacob Zuma, elle ne lui doit pas sa position. Cette figure du parti au pouvoir siégeait au gouvernement depuis 1994.

Certes, c’est une « Zuma ». Oui, elle est ministre d’un gouvernement présidé par son ex-mari. Comme lui, elle est zouloue. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Nkosazana Dlamini-Zuma, élue ce dimanche à la tête de la Commission de l’Union africaine, ne doit rien – ou si peu – à Jacob Zuma.

Ministre sans interruption depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994, c’est un poids lourd du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud). Lors de la conférence de Polokwane, en 2007, son nom a même circulé pour succéder à Thabo Mbeki à la présidence. À 62 ans, elle gère un portefeuille important, celui de l’Intérieur. La compétence de cette travailleuse discrète, qui est parvenue à redresser un ministère autrefois synonyme d’inefficacité et de corruption, est unanimement reconnue.

Militante anti-apartheid depuis l’adolescence, elle s’exile dans les années 1970. Elle étudie la médecine en Angleterre avant de revenir sur le continent, au Swaziland. C’est là qu’elle rencontre Jacob Zuma, qu’elle épouse au début des années 1980 (la date exacte de leur mariage est incertaine). Après la chute de l’apartheid, Nelson Mandela la nomme ministre de la Santé. Son baptême du feu politique est rude : elle croise le fer avec les groupes pharmaceutiques sur la question des brevets et se retrouve accusée de mal gérer le budget de la prévention contre le sida. Nkosazana Zuma (comme on l’appelle encore à l’époque) était pourtant l’une des premières à alerter sur la gravité de l’épidémie, à une époque où le déni dominait chez ses pairs. Les critiques la touchent. C’est alors qu’« elle se retire dans une coquille défensive », note William Gumede, auteur d’un ouvrage de référence sur Thabo Mbeki, dont elle est très proche.

BUCHEUSE

En 1998, elle divorce de Jacob Zuma. « Je crois qu’elle ne supportait plus ses autres femmes, indique Jeremy Gordin, biographe de l’actuel président sud-africain. Mais ils ont gardé un profond respect l’un pour l’autre. »

L’année suivante, Thabo Mbeki confie à cette militante de la renaissance africaine le portefeuille des Affaires étrangères. À ce poste, qu’elle occupera pendant dix ans, Nkosazana Dlamini-Zuma se taille à l’Union africaine une réputation de bûcheuse coriace. Pour perfectionner son français, elle n’hésite pas à passer trois semaines en immersion dans l’Hexagone. Après dix-sept années au sommet dans son pays, une haute responsabilité à l’échelle du continent - avec son lot de crises - l’attend désormais. 


In Jeune Afrique

 


  

[1] Onna Gbagbolite: "Afin d’atténuer les effets de la défaite éclatante de Jean Ping, Jeune Afrique raconte qu’il s’est retiré au 3ème tour. C’est complètement FAUX!!! Jean Ping encouragé par Ouattara, le Niger et le Kenya, s’est bel et bien présenté au 4ème tour, car il voulait obtenir un blocage. Mal lui en a pris, il s’est fait massacrer par Mme Zuma, perdant par rapport au 3ème tour 4 autres soutiens…"

dimanche, 15 juillet 2012

QUE LEUR ARRIVE-T-IL FRANCHEMENT A SES DEUX?


Me Alice Nkom face à Sismondi Barlev Bidjocka


L'homosexualité rend-elle les camerounais fous?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo 

samedi, 14 juillet 2012

GBAGBO TIENT, OUATTARA PROMET EN VAIN


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Entre le régime de la Refondation et celui de la Solution, les populations constatent de plus en plus la nette différence. Alassane Ouattara promet des Solutions là où Laurent Gbagbo a déjà donné des résultats. Analyses chiffres à l’appui.


La dette extérieure de la Côte d’Ivoire était de 6700 milliards en octobre 2000 quand Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. Mais l’Etat sous Laurent Gbagbo a fait face à ses engagements internationaux en remboursant 750 milliards par an. Et a permis au pays de remplir toutes les conditions pour aller vers le point d’achèvement Ppte qui va nous soulager de la dette. Hélas depuis le 11 avril 2011, les Ivoiriens ont cessé de rêver. En un peu plus d’un an de présidence sous Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a renoué avec l’endettement. Et tente de faire croire que l’Atteinte du Ppte est son oeuvre. Un véritable acte d’«usurpation». On l’a vu, Laurent Gbagbo n’est certes, pas un économiste, mais sa gestion de l’Etat demeure de très loin, supérieure à celle de Ouattara et la plus profitable aux collectivités. Avec Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire a marqué des bons points reconnus par les bailleurs de fonds, relativement à la croissance.

Croissance et sources de la croissance

La première mise en œuvre de mesures de stabilisation sous Laurent Gbagbo a eu pour premier résultat une croissance de +0,1% dès 2001, soit un gain réel de croissance de +2,4% en comparaison de la situation de 2000. La dynamique de croissance positive a été maintenue et renforcée de façon constante de 2004 à 2009 après les chutes de 2002 (-1,6%) et 2003 (-1,7%). Ainsi, chaque année le Pib (produit intérieur brut) s’est accru positivement (+1,6% en 2004, +1,8% en 2005, +1,2% en 2006, +1,5% en 2007, +2,3% en 2008, +3,8% en 2009).

Le Pib nominal est passé de 7 630,3 milliards de Fcfa en 2000 à 10 486,5 milliards de francs Cfa en 2008. Il s’est établi à 10 925 milliards de francs Cfa en 2009. Petit bilan, en (seulement) 10 ans de présidence, Laurent Gbagbo a fait électrifier 1035 villages contre 1700 villages en 40 ans du régime houphouëtiste. En atteste l’indice de la production industrielle. En effet, les branches agro-alimentaires et textiles à 105,1 entre 2000 et 2009 vont connaître un essor. En termes de production en général, après avoir connu une stabilisation en 2008 (+0,1%), l’activité industrielle affiche au terme de l’année 2009, une hausse de sa production de 4,8%. Cette évolution provient des performances des branches : extraction de pétrole et mines, +11,4%, industries agro-alimentaires, +17,8% et énergie électrique, eau, +2,1%…

La confiance des bailleurs de fonds en Gbagbo et le boom de la téléphonie mobile

Quant au secteur des télécommunications il connaît une réorganisation avec d’importants investissements de plus de 1006 milliards entre 1998 et 2008. Près de 11 millions d’abonnés en 2008. Les chiffres d’affaire sont en progression, passant de 109 milliards de Fcfa à 681 milliards de Fcfa. Il en va de même du secteur développement de la téléphonie mobile en plein développement. Si la Côte d’Ivoire souffre des caprices de son opposition, à cette époque le Rhdp passé maître de destruction et des casses, elle connaît des moments de joie. Malgré les campagnes de dénigrement à travers le monde, les investisseurs continuent de faire confiance en l’équipe dirigée par le Président Laurent Gbagbo. Ce qui fait que le secteur de la télécommunication connaît d’importantes mutations: Ivoiris devient Orange CI, télécel devient MtN, Koz, Moov, Green se font enregistrer et portent le chiffre des opérateurs de téléphonie cellulaire à cinq (05). Augmentant de façon considérable le nombre d’abonnés. Ces derniers sont près de 4,5 millions d’abonnés pour le sous-secteur de la téléphonie mobile qui a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires passant de 258 milliards en 2000 à plus de 680 milliards de Fcfa en 2008. Sans oublier l’augmentation du chiffre d’affaires du marché de la téléphonie fixe qui est passé de 71 milliards de Fcfa en 2000 à 138 milliards en 2008.

Formation et emploi

Malgré la rébellion qui a divisé le pays en deux territoires dont un est privé de ses ressources potentielles, l’État recrute  5.634 professeurs, 21.129 instituteurs, 1.261 éducateurs. L’on note ainsi, un programme recrutement important «Formation et Emploi» qui a permis de recruter de nouveaux agents de l’État : 75000 emplois publics (2000 à 2009) soit plus de la moitié de l’effectif global actuel de la Fonction publique.

C’est également en cette période de crise que les Collectivités territoriales connaissent une amélioration substantielle de leurs financements. Financements qui passent de 30 milliards en 40 ans à 400 milliards en 10 ans (2000-2010). En 2005, Laurent Gbagbo réactive le Fonds de Soutien à l’Emploi par les travaux d’utilité publique à Haute Intensité de Maind’oeuvre (Fse-thimo). Il va également définir et mettre ne oeuvre une Politique d’Aide à l’Emploi avec. Celle-ci consistera à la création de Centres de Gestion Agréés (CGA) et du Fonds National de Solidarité (Fns) pour la Création d’Emplois jeunes, à la mise en place d’une Plate-forme de service (Pfsci) par la synergie des quatre structures agissant dans le domaine de la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle en Côte d’Ivoire que sont le Fdfp, l’Agefop, l’Agepe et le Fns. L’objectif visé à court terme à travers le projet pilote est de former et d’insérer sur la période 2005-2007, environ 50 000 jeunes qui, pour la plupart, n’ont jamais eu de contact avec le monde du travail.

Secteur de la Santé

Dans le secteur de la Santé, 398 nouvelles structures de prise en charge et de traitement des malades du Vih ont été ouvertes. Il est bon de savoir qu’il y en avait seulement six (6) avant l’accession au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. 547 nouveaux centres de dépistage du Vih sont créés. Notons également une réelle efficacité de ce programme de lutte contre le Vih Sida qui se solde par la prise en compte du plus grand nombre de nouveaux cas de malades sous traitement antirétroviraux: 69.511 nouveaux cas sous traitement Arv (antirétroviraux) en 2010, contre seulement à 2500 en 2000. L’acquisition de 168 nouvelles ambulances pour les structures sanitaires, l’amélioration du plateau technique des Chu, par l’acquisition de deux (2) nouveaux scanners, une imagerie par résonnance magnétique et deux (2) nou-velles unités d’hémodialyse.

Jusqu’en 2000, le pays ne comptait que seulement un (1) scanner et une (1) unité d’hémodialyse. Ce regain d’intérêt pour la santé va s’accompagner d’un vaste mouvement de recrutement exceptionnel de 3073 médecins, 2150 infirmiers et 1364 sages-femmes. De toute évidence, il y a une nette amélioration du ratio personnel de santé/population. En effet, de 1 médecin pour 9400 habitants, la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo est passée à 1 médecin pour 5695 habitants. Ce ratio approche modestement les normes de l’organisation mondiale de la santé (Oms) qui sont de 1 médecin pour 3000 habitants. Etant donné que l’ancien pourcentage de l’année 2000 qui était d’un (01) infirmier pour 2570 habitants, est passé à infirmier pour 2231 habitants largement en deçà de la norme oms. (1 infirmier pour 2500 nationale. Le personnel de la santé connaît une hausse de son salaire. Cette revalorisation salariale du personnel de santé passe de 30% à 40%. Avec en sus la réhabilitation de 55 structures sanitaires dégradées dans les zones centre, nord et ouest du fait de la rébellion. Il faut tout simplement souhaiter que ce travail entrepris sous Laurent Gbagbo ne soit démoli par la politique de « Rattrapage» imposée par le régime Ouattara. Le pouvoir qui croyait séduire les populations ivoiriennes avec la « gratuité des soins », a vite déchanté.

Le voilà qui revient à ce qui cadre avec ses propres capacités. C’est-à dire la « gratuité sélective ». Mais là encore autant demander à l’eau de remonter la pente, car le pouvoir Ouattara est à la peine pour traduire dans les faits ses propres promesses. Véritable contraste avec Laurent Gbagbo qui promet et qui réalise.

Infrastructures socio-économiques

En effet, sous Gbagbo, du point de vu des infrastructures socio-économiques, il y a le prolongement de l’autoroute du nord jusqu’à Yamoussoukro, la réfection de la route Abidjan-Adzopé, le bitumage de l’axe Odienné-tengrela (zone rebelle), la mise en place de l’Agence de Gestion des Routes (Ageroute) et du Fonds d’Entretien Routier (Fer). Les chantiers des travaux routiers et d’aménagement urbains à travers le Programme d’urgence d’infrastructure urbaine (Puiur) par le Président Laurent Gbagbo en 2008 avec le financement de la banque mondiale. Le tronçon reliant le carrefour du zoo à celui de Samaké à Abobo. L’élargissement de la voie reliant le carrefour de Williamsville à celui du zoo, sur une distance de 2,2 km, le bitumage de la route de 2 km de long, qui part du côté d’André Malraux, la réfection l’échangeur de Gesco-autoroute du Nord-route de Dabou, l’échangeur (nouveau pont piéton) de Bracodi-Williamsville, ajouté à l’aménagement du bassin du Gourou à Adjamé à partir de l’échangeur d’Agban, le nouveau château d’eau du quartier Abbata à Bingerville, le traitement de plusieurs points critiques à Yopougon Niangon et Sideci et à la Riviera.


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Prolongement de l'Autoroute jusqu'à Yamoussoukro 


Et le projet de l’échangeur de la Riviera. Un projet démarré le 25 avril 2009. La construction de ce pont de 120m devant relier la 7e à la 9e tranche reste très attendue. Le résultat de la bonne gouvernance économique appliquée par l’Etat de Côte d’Ivoire sous le président Laurent Gbagbo : La modernisation des infrastructures portuaires et l’extension du Port autonome d’Abidjan (Paa) en font foi. Ceci se passe dans le cadre du projet Grand Abidjan initié par l’ex-chef de l’Etat. La modernisation du Port autonome d’Abidjan (Paa) favorise 6700 entrées et sorties de navires en moyenne entre 2000 et 2009. Ce qui donne une hausse du trafic de 2000 à 2002 avec une croissance de 7,1%. Entre 2008 et 2009, il y a une nouvelle hausse de trafic de 9,1% grâce une politique managériale de la direction de cette structure étatique alors dirigée par Marcel Gossio, avec plus de 20 millions de tonnes de marchandises enregistrées en 2009. Soit une augmentation de 30% par rapport au trafic de l’année 2000.

La réforme du secteur de l’agriculture

La filière Café-cacao dont la Côte d’Ivoire est respectivement 3ème producteur mondial et 1er producteur mondial), expérimente ses réformes sous l’ère Gbagbo. Des nouveaux textes adoptés par le parlement régissent désormais les activités de cette filière. Des textes que le nouveau régime a remis en cause. En effet, le nouveau pouvoir a dissout les anciennes structures pour en créer une nouvelle, le Conseil Café-Cacao qui est une concentration en lieu et place de la décentralisation prônée par le régime des Refondateurs.

Pour revenir aux textes de Laurent Gbagbo, ils sont nécessaires pour accompagner ces réformes qui prennent en leurs comptes la création des structures de gestion. L’Agence de régulation café cacao (Arcc) voit le jour en octobre 2000, elle est suivie par la Bourse du café et du cacao (Bcc) en août 2001, naît ensuite le Fonds de régulation du café cacao (Frc) en 2002. Un mécanisme de gestion de la filière café est installé, par la réduction de la fiscalité et de la parafiscalité. Son but est de soutenir les prix du café qui se trouvaient à des niveaux très bas sur le marché depuis 2001.

Cette réforme va jusqu’à la réduction de la parafiscalité, la création et l’accélération des activités du Cgfcc et du Fimr. Conséquence, la production de cacao monte à 1,3 million de tonnes en 2009. Mais Laurent Gbagbo poursuit ses réformes Il réussit à faire adopter à l’Assemblée nationale des textes nécessaires à l’accompagnement des réformes engagées. Le prix bord champ du cacao est relevé à plus de 1200 Fcfa le kilo en 2009, soit 56% du prix Caf. Grâce à la baisse de la parafiscalité, la production est de 1,321 million tonnes en moyenne par an entre 2000 et 2009. Avec un niveau record de 1,455 million de tonne en 2005.

Alassane Ouattara propose une autre solution : Depuis son avènement à la tête de l’Etat, les producteurs ont perdu le sourire. De 1000 F.cfa prix officiel le kilogramme bord champ est bradé à moins de 600 F.cfa. L’Etat ayant abandonné les paysans à leur sort, les dirigeants fermant les yeux sur les acheteurs véreux. Ce qui était impensable sous Laurent Gbagbo, où l’on a connu une valorisation de la vie quotidienne du planteur. La culture du riz connaît elle aussi une politique de développement. Le gouvernement Gbagbo se fixe l’objectif de parvenir à l’autosuffisance alimentaire en riz. De même que le coton qui enregistre une Régulation de coton et de l’anacarde (Areca) qui est une société d’Etat créée par décret n°2002-449 du 16 septembre 2002 dans le cadre de la mise en place des structures de régulation et de gestion des filières agricoles chargées de prendre le relais de l’Etat, en application de sa politique de désengagement.

Le commerce extérieur et la balance de paiement

Dans la Côte d’Ivoire du régime Gbagbo l’exportation est en forte progression. Le pays a exporté globalement en 2009 pour une valeur de 4 054 milliards de F.cfa contre une valeur de 2 812 milliards de F.cfa en 2000. La progression est de +44,16%. A destination de l’Afrique, on enregistre 3,7 milliards de tonnes de produits en 2009 pour une valeur de 1449 milliards de F.cfa contre 3,69 milliards de tonnes en 2000 pour une valeur de 948 milliards de F.cfa. Soit un accroissement de 52,8%. Le solde commercial est passé de 578,1 milliards en 2000 à 558,5 milliards de F.cfa (Contre 32 milliards de F.cfa en 1993 et 646,4% en 1999). Le solde commercial entre la Côte d’Ivoire et l’Europe est passé de 1.127 milliards de Fcfa en 2008 à 1.465 milliards de F.cfa en 2009, soit une hausse de 30% sur la période.

Au niveau de l’Afrique, le solde commercial est passé de 121 milliards de F.cfa à 511 milliards de F.cfa, soit une progression de 321,4% sur la même période. Avec la contrebande et les trafics en tout genre des nouveaux dirigeants dont des anciens chefs de guerre, à partir des frontières Nord, il n’est pas évident que le pays renoue avec ce glorieux passé récent. Toutes les matières premières de la Côte d’Ivoire connaissent un trafic illicite au nez et à la barbe des nouveaux dirigeants plus occupés à se remplir les poches qu’à favoriser le développement au service des collectivités.

Les grands chantiers du Président Gbagbo à Yamoussoukro

Le transfert de la capitale d’Abidjan à Yamoussoukro coûte au contribuable ivoirien 1500 milliards de F.cfa sur 7 ans. Plusieurs infrastructures voient le jour. A commencer par la construction du palais présidentiel, la construction de l’Hôtel des députés dont le seul financement étranger provient de la Chine. La construction de l’Assemblée nationale, du Bloc administratif (programmée et déjà financée), la réhabilitation des autres édifices construits par Houphouët, et laissés en ruine et en léthargie sous le Président Bédié, la réhabilitation des voiries à Yamoussoukro, le réaménagement du réseau public d’eau, d’assainissement, d’électricité et de téléphone. Le prolongement de l’autoroute du nord (plus de 40 kilomètres ont été déjà réalisés, sur les 87 kilomètres dont la réalisation globale a coûté 90 milliards de F.cfa), la reprise des travaux de bitumage Boundiali-tengrela-frontière du Mali à 100 milliards de F.cfa, la construction du pont de Jacqueville à hauteur de 17 milliards de Fcfa après 40 ans sous les régimes Houphouëtistes d’utilisation de bac pour la traversée des personnes et des biens (Société de Construction du Pont de jacqueville-Socojac), la création de la Sodase (Société pour le Développement de l’Autoroute du Sud Est) pour la construction de l’autoroute de Grand Bassam, la construction du poste à péage d’Attinguié (Autoroute du nord), la construction de 2 postes à péage sur la route d’Adzopé, l’un à Moapé et l’autre au carrefour de tommassé au nord d’Abidjan, l’extension du Port Autonome d’Abidjan jusqu’à l’île Boulay, la construction d’un nouveau terminal à conteneurs à l’île Boulay, la construction du pont Laurent Gbagbo qui devait relier Yopougon-Azito à Vridi dont les travaux ont été interrompus par le nouveau régime, la rénovation de l’hôtel Ivoire, la construction du mémorial Houphouët-Boigny au Plateau, la rénovation et construction de nouveaux locaux à la Rti , la construction de nouveaux amphithéâtres à l’université de Cocody, la construction de l’hôpital d’Angré depuis 2009, la construction de l’hôpital de Gagnoa (inauguré en 2011, toute honte bue, par l’ex-Secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces nouvelles Guillaume Soro après l’arrestation du Président Gbagbo), la construction (achevée et inaugurée par le même Soro en 2011) du pont reliant la 7è tranche aux 8è et 9è tranches à Angré, la construction d’un pipeline Abidjan-Bouaké à hauteur de 110 milliards de F.cfa pour le transport du carburant, la reconstruction du dépôt de la Gestoci à Bouaké, la construction d’une deuxième raffinerie (Raffinerie de la Paix ) Petroci en partenariat avec les Groupes américains (Energy-Allied International et Wcw International), la seconde d’une capacité de 60 000 barils / jour, soit 3 000 000 tonnes par an. Cette raffinerie devrait, si le nouveau pouvoir respectait la continuité républicaine, apporter une contribution à la résolution de l’épineux problème de raffinage qui se pose en Afrique Occidentale. Hélas, sous Ouattara, on parle de plus en plus du bradage de la Société ivoirienne de raffinage (Sir). A ne pas oublier la construction programmée par Gbagbo d’une 2è centrale thermique.


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L’Hôtel des Députés, chef d’œuvre architecturale bâti par le Président Laurent Gbagbo

 

La Côte d’Ivoire et la Libye avaient en effet, signé une convention à hauteur de 47,543 milliards. La construction d’une troisième centrale thermique. L’Etat ivoirien a concédé, le 5 août 2010, la construction et l’exploitation pour 24 ans de la troisième centrale thermique du pays à la société Energie électrique ivoirienne (Eei). L’investissement est chiffré à 56,54 milliards de F.cfa (86 millions d’euros) dont 47 milliards apportés par Libyan-African-Investment-Company (Laico), 339 millions mobilisés par EEI et 5 milliards par Ecobank, le chef de file du pool bancaire. Le partenaire technique est le chinois tianjin Machinery Import and Export Corporation. Située à Vridi, l’installation sera dotée de 3 turbines au gaz naturel : 2 de 35 mégawatts et 1 de 34 mégawatts. Avec la construction de cette centrale programmée pour être livrée dans 22 mois (si l’on respecte les engagements de l’Etat relativement à la continuité républicaine) -après celles d’Azito et de Vridi exploitées par le groupe français Bouygues -, la Côte d’Ivoire devrait pouvoir répondre, grâce à Laurent Gbagbo, à ses problèmes énergétiques. Hélas il n’est pas évident que ce projet se réalise avec surtout les interruptions intempestives de la fourniture de l’électricité constatées depuis l’avènement de Ouattara. Etait aussi prévue la relance du projet de barrage hydraulique de Soubré, en vue d’augmenter la production électrique. Comme on le voit Laurent Gbagbo n’est pas homme de parole en l’air. Il est concret. Il ne proclame pas des solutions que les populations attendent sans jamais les voir. Comme ironisent les Ivoiriens depuis le 11 avril 2011, «on connaît les problèmes, on a vu les solutions, il reste maintenant le résultat».


Simplice Allard


Source: EBURNIENEWS

jeudi, 12 juillet 2012

LES FORMIDABLES AVEUX DU REGIME OUATTARA

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S’agit-il d’un signe de frilosité ou d’une manifestation d’une forme d’ivresse de la puissance sans limites apparentes ? En tout cas, des personnalités emblématiques du régime Ouattara se sont permises, ces derniers temps, un certain nombre de déclarations qui constituent de formidables aveux sur l’état d’esprit véritable des actuels maîtres d’Abidjan. Un état d’esprit profondément préoccupant, et qui augure de lendemains sombres pour le pays des Eléphants. Dans une tribune publiée il y a une semaine par Slate Afrique, Venance Konan, patron du quotidien gouvernemental Fraternité-Matin, justifiait de manière assez surprenante la «justice des vainqueurs» qui a cours à Abidjan, et qui est critiquée – juste pour «faire joli» ? – par la «communauté internationale» et les organisations de défense des droits de l’homme.

En effet, son argumentaire trahit une réalité : celle de la faiblesse d’un pouvoir pris en otage par des criminels de guerre supposés, dont il est d’autant plus dépendant qu’il a choisi de régner par une stratégie permanente de la tension, la persécution de son opposition et l’humiliation des forces armées conventionnelles du pays. «Aujourd’hui, une pression est exercée par certaines chancelleries et Ong ainsi qu’une partie de la presse internationale sur les autorités ivoiriennes pour qu’elles jugent les membres des Frci (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) soupçonnés d’avoir commis des massacres à l’ouest de la Côte d’Ivoire (…) Au nom de la justice égale pour tous. (…) La justice est toujours rendue dans tous les pays au nom de la société. Mais lorsque son application a pour conséquence la déstabilisation et la mise en danger de la société, lui a-t-on rendu service? (…) Ne faut-il pas être dupe pour ne pas comprendre que les seules forces sur lesquelles repose la stabilité actuelle de la Côte d’Ivoire sont constituées de ces hommes mis à l’index?» Faut-il en déduire que les FRCI sont les véritables chefs d’une Côte d’Ivoire en réalité dirigée par une junte civilo-militaire ? N’est-ce pas le prix d’une instabilité structurelle que la Côte d’Ivoire est en train de payer pour avoir cette prétendue «stabilité» faite de rackets, d’impunité généralisée sur le fond d’ethnicisation de la violence d’Etat… donc de rancœurs et d’angoissantes hypothèques sur l’avenir ?

 
Ouattara violera-t-il une fois de plus ses engagements ?

«Pourquoi donc insiste-t-on tant ici pour que M. Ouattara juge aujourd’hui ceux sur qui repose la stabilité de son pays? Peut-être parce qu’il a prononcé le mot «réconciliation.» […] Personne n’a demandé des comptes aux Alliés qui ont largué des milliers de bombes sur l’Allemagne, tuant des centaines de milliers d’innocents. Personne n’a demandé des comptes aux États-Unis qui ont lancé deux bombes atomiques sur le Japon, tuant des centaines de milliers d’innocents. Qui a parlé de justice de vainqueurs?», s’indigne Venance Konan. Au-delà du caractère ambigu du propos – s’agit-il de menaces voilées contre ce qui reste de l’opposition ivoirienne, qui pourrait se voir traitée comme les Nazis ou les Japonais défaits à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ? – et de l’absurdité de la comparaison – peut-on comparer un conflit interne, malgré les implications étrangères, à une guerre mondiale ? –, Venance Konan oublie un fait fondamental. C’est Alassane Ouattara lui-même qui a promis, sur tous les tons, et sur tous les toits, qu’il n’y aurait pas de justice à sens unique.«J'entends dire qu'il y a une «justice des vainqueurs». Ce n'est pas du tout mon approche. J'ai mis en place une commission nationale d'enquête qui va terminer ses travaux d'ici à la fin de l'année. Nous prendrons alors les mesures nécessaires. Ceux qui doivent être jugés le seront, de quelque bord qu'ils soient. Il n'y aura pas de volonté de punir les uns et de créer l'impunité pour les autres», promettait-il le 12 septembre 2011 dans une interview au Figaro. Si Ouattara ne livre pas à la justice les nervis armés qui lui ont permis de prendre le pouvoir, cela sera donc d’abord et avant tout une énième violation de ses engagements. Ne pas travestir le débat, s’il vous plaît !
 
Soro peut compter sur les contradictions de la «communauté internationale»

Au-delà de Venance Konan, la semaine qui vient de s’écouler a été riche en dérapages révélateurs. Ainsi de ceux de Félicien Sékongo, conseiller de Guillaume Soro, accusant avec ignominie Jacqueline Chamois, la mère de Michel Gbagbo, d’avoir «abandonné» son fils et de n’avoir «aucune notion» de la bonne éducation pour finir par accuser le prisonnier de Bouna d’être «congénitalement criminel». Criminel héréditairement, autrement dit. Ce qui au final accrédite paradoxalement la thèse qu’il était question de démonter : celle d’un Michel Koudou Gbagbo «arrêté parce qu’il était avec son père».

De son côté, Guillaume Soro a lui-même révélé sa ligne de défense en cas de poursuites judiciaires internationales. Les FRCI, qui ont commis des crimes contre l’humanité selon les organisations de défense des droits de l’Homme, ont agi «de concert avec la communauté internationale, je dis bien la communauté internationale», a-t-il martelé sur France 24. Et il peut compter sur les contradictions de cette fameuse communauté internationale. Sur celles de la Cour pénale internationale (CPI) qui prétend enquêter sur lui tout en l’invitant à ses agapes et en l’informant en exclusivité – si ce qu’il a dit à RFI est vrai – de ce qu’elle prépare contre Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Bruno Dogbo Blé.

Sur celles de l’ONU qui organise à l’Ouest des opérations militaires conjointes avec un Losséni Fofana qui se trouve sur la «short-list» des responsables présumés de crimes contre l’humanité. Et sur celles des organisations de défense des droits de l’Homme qui ont accusé «Loss», et se taisent désormais sur le fait qu’il dirige l’opération de «pacification» de l’Ouest qui ne va pas, selon de nombreux témoignages, sans de nouvelles violations des droits de l’Homme se structurant sur une base fondamentalement tribale.
 
 
 
Théophile Kouamouo


LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: «DES CHEFS D'ETAT, DES DIPLOMATES... SE MOBILISENT POUR GBAGBO»

 

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Une excellente interview du ministre Koffi Koffi Lazare que vous ne pouvez manquer d'apprécier. Bonne lecture!  

 

La situation sociopolitique que vit la Côte d’Ivoire depuis l’installation du régime de «rattrapage» d’Alassane Ouattara intrigue et inquiète. Malgré les apparences du «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes» que tente de diffuser les hagiographes du Rdr. Dans une entrevue accordée au Nouveau Courrier, Lazare Koffi Koffi, ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo, et actuel directeur de cabinet du porte-parole du président Laurent Gbagbo, depuis son exil analyse la Côte d’Ivoire version Ouattara, tout en apostrophant les nouvelles autorités françaises. Et fait des révélations sur les soutiens grandeur nature qui se mobilisent pour le président Laurent Gbagbo. Entretien !

Un exil qui dure aujourd’hui quinze mois. Comment vous sentez-vous?

Cela fait en effet 15 mois que nous sommes, pour la plupart d’entre nous, hors du pays, en exil. Notre état d’esprit d’exilés et de réfugiés politiques est au beau fixe. Il est vrai que le pays nous manque, mais nous n’allons pas rentrer à n’importe quel prix. Un de mes parents, Ehounoud Bilé, qui a vécu la même situation sous Houphouët, avait l’habitude de dire : « La liberté de l’homme ne doit pas être l’objet d’un marchandage pour des intérêts matériels et sordides». Là où nous sommes, malgré les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, malgré toutes les turpitudes de qui-vive au quotidien, nous nous sentons moralement forts parce que en sécurité et libres. Vivre libre, sentir la fraîcheur matinale des fleurs et du vent, se familiariser à tous les mouvements humains, aller et venir selon son vouloir, goûter aux joies du milieu et partager des instantanés avec nos compatriotes et nos hôtes, tout cela nous maintient en vie et entretient notre moral.

Plus d’un an après, Ouattara semble plus déterminé à vous traquer…

Oui, c’est vrai nous sommes poursuivis dans notre exil. En dehors des nombreux mandats d’arrêt internationaux lancés contre nous, il ne se passe pas de jour sans que des éléments de la DST ivoirienne franchissent la frontière pour être à nos trousses. Il ne se passe pas de jour sans que des tueurs à gage à la solde de Ouattara nous filent pour nous abattre en temps voulu. Même des jeunes filles chèrement payées nous sont envoyées pour nous séduire aux fins de nous empoisonner. Nous ne sommes pas démontés pour autant. Chacun fait son travail auquel il est destiné. Si Ouattara a voulu être Chef d’Etat pour utiliser toutes ses énergies et son intelligence pas pour construire le pays mais pour traquer et tuer ses adversaires politiques, nous, avec l’aide de Dieu, nous travaillons pour rester en vie. Soyez donc rassurés, nous reviendrons vivants au pays. Par la grâce de Dieu.

C’est vrai que nous comptons dans nos rangs des morts et non des moindres : le ministre d’Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, les maires Raymond Gnan et Jean-Baptiste Diagou Gomont de regrettés mémoire sans oublier les nombreux anonymes qui meurent abandonnés dans les camps de réfugiés. Avec ces morts, mais aussi avec l’arrestation spectaculaire et stalinienne du ministre Lida Kouassi et celle imaginaire digne d’un conte de fée du ministre Koné Katina, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, notre histoire, l’histoire des exilés s’écrit. C’est une histoire douloureuse certes, mais c’est une histoire qui s’écrit en lettres d’or avec nos héros et nos légendes tandis que celle de Ouattara et de ses sbires se noircit chaque jour.

Pourquoi le régime Ouattara ne cesse d’accuser les exilés de planifier des coups?

Je ne sais pas. C’est à lui peut-être qu’il faut demander. Cependant, je puis dire que cette frénésie de Ouattara à voir des coups d’Etat partout est une projection de la conscience de l’homme dans celle d’autrui. Mais cette propension à voir des ennemis partout rappelle fort curieusement celle d’Houphouët au début de son règne en Côte d’Ivoire. On se souvient en effet, qu’après la proclamation de la République de Côte d’Ivoire le 4 décembre 1958, Houphouët-Boigny, alors ministre dans le gouvernement de De Gaulle puis de Michel Debré, sera imposé à notre pays par la France comme Premier Ministre en 1959. L’année suivante, après la proclamation de l’indépendance le 7 août, Houphouët sera, sans élection, proclamé Président de la Côte d’Ivoire en dehors de toute règle démocratique. Conscient de cette irrégularité dans son ascension au sommet de l’Etat, dans un environnement où le pays comptait de nombreux intellectuels de valeur pouvant lui apporter la contradiction comme J.B. Mockey, Germain Coffi Gadeau, Kacou Aoulou, Me Kouamé Binzème, Joachim Bony, Jean Konan Banny, Ernest Boka, Charles Donwahi, etc. Houphouët voyant en eux de réels concurrents qui pouvaient lui disputer le pouvoir, trama avec Philippe Yacé toute une série de complots qui ont endeuillé notre pays entre 1959 et 1963 et traumatisés à jamais des familles entières.

C’était donc l’époque des faux complots?

Effectivement ! C’étaient des complots juste pour asseoir, affermir son pouvoir. Quand cet objectif a été atteint, un jour, Houphouët est venu dire au peuple, sans vergogne et sans repentir qu’il n’y a jamais eu de complots en Côte d’Ivoire. C’est cette voie d’Houphouët que, de toute évidence, emprunte Ouattara qui a eu, lui aussi, le pouvoir presque dans les mêmes conditions. Et les cadres du Fpi et leurs alliés qui peuvent s’opposer à lui, il leur colle ce délit de putschistes. Un jour viendra, lorsqu’il se sera assis confortement dans son fauteuil présidentiel, où il annoncera qu’il n’y a jamais eu de coups d’Etat. Pour le moment il fait le vide autour de lui par la terreur. Mais il se trompe d’époque. Nous ne sommes plus dans les années 60.

Mais, n’a-t-il pas réussi à écarter le président Gbagbo et bon nombre d’entre vous?

Oui, mais c’est en apparence. Cela fait 15 mois que le Président Gbagbo n’est plus au pouvoir. Mais pendant ces 15 mois, il occupe la Une des journaux, y compris et surtout ceux proches de Ouattara. Gbagbo se vend bien, en même temps que par ces journaux on mesure le niveau de sa popularité et la place qu’il occupe dans le cœur des Ivoiriens. En le déportant à la Cpi, Ouattara espérait sans doute que les Ivoiriens allaient se décourager et se lasser d’attendre son retour. Mais que non ! Il se rend bien compte que cette déportation a été une erreur. Et pourtant il en avait été déconseillé. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que tant que le Président Gbagbo sera à la Haye, Ouattara n’aura pas la sérénité nécessaire pour diriger ce pays. Parce que, un homme comme Gbagbo, on ne peut pas se débarrasser de lui comme un vulgaire malfrat. Il est et demeure le choix des Ivoiriens. Plus il restera donc à la Haye, plus sa popularité ira croissante, devenu désormais pour les Ivoiriens mais aussi pour les Africains du continent et de la diaspora l’icône de l’Afrique libre, indépendante et souveraine, et plus l’espace de manœuvre de ceux qui nous gouvernent par le fusil se réduira. Et plus, la réconciliation attendue sera incertaine.

Tout semble fonctionner en Côte d’Ivoire, selon le régime Ouattara…

En vérité, tout est bloqué. Au plan intérieur, le pouvoir d’achat s’est considérablement réduit. Le panier de la ménagère s’est profondément aminci depuis ces 15 derniers mois. L’insécurité est vécue par tous au quotidien. Les droits humains n’ont plus de sens en Côte d’Ivoire. On tue impunément. La peur a gagné tout le monde y compris les pro-Ouattara. Les hôpitaux ne désemplissent pas. L’aide sociale est restée un vœu pieu. Que dire de l’emploi promis ! Rien ne se dessine à l’horizon. L’assainissement de la société et la lutte contre la corruption qui ont été brandis lors de leur campagne sont loin des préoccupations des tenants actuels du pouvoir devenus pour la plupart des grilleurs d’arachides. Au plan extérieur, Ouattara court en vain après des investisseurs qui tardent à venir à cause du climat incertain dans lequel se trouve le pays qui court chaque jour le risque d’un isolement. On annonce des milliards dont on ne voit pas les effets sociaux. Comme vous voyez, Ouattara s’est précipité pour prendre le pouvoir avec l’aide des Blancs, et 15 mois après, tout le monde se rend bien compte de son incapacité à le gérer et à proposer de véritables solutions pour la reconstruction économique et sociale du pays, mais aussi des solutions humaines pour rassembler et soigner les cœurs meurtris des Ivoiriens. C’est pour cacher cela qu’il y a cette fuite en avant, celle de traquer les cadres du Fpi, d’entretenir un climat de terreur dans le pays en faisant courir des bruits de coup d’Etat et en planifiant un génocide à l’ouest. Pour tout dire, tout est en panne en Côte d’Ivoire sous Ouattara et, croyez-moi, ce n’est pas le Ppte qui va arranger les choses.

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Dans un mois Gbagbo comparait à la Cpi. Comment envisagez-vous son avenir?

Le Président Gbagbo nous reviendra contrairement à ce que pensent nos gouvernants actuels. Devenu un os dans la gorge de ceux qui voulaient l’avaler, ces derniers sont obligés de le cracher s’ils veulent vivre. Son ombre plane sur la Côte d’Ivoire. Ouattara lui-même ne manque jamais de parler de lui à chacune de ses sorties médiatiques. Gbagbo est devenu son cauchemar. Tout restera bloqué sans lui dans ce pays. Je crois que même ses plus irréductibles adversaires et ses ennemis en sont convaincus qui donnent de la voix pour qu’il revienne au plus vite au pays. On a entendu récemment Amoikon Edjampan ; à l’Onu, en France, aux Etats-Unis, et en Afrique, des diplomates, des leaders d’opinion, des Chefs religieux et des Chefs d’Etat se mobilisent en sa faveur et vous verrez, les jours prochains, ils se feront entendre. La question qui revient souvent, c’est comment vider définitivement le contentieux électoral qui fait de notre pays un no man’s land.

Selon vous, comment peut-on vider justement ce contentieux électoral?

Je ne vois qu’une et une seule solution : à défaut du recomptage des voix proposé en son temps par le Président Gbagbo et refusé par ses adversaires,- ce qui nous aurait évité tous les blocages actuels -, il faut courageusement mais humblement reprendre les élections présidentielles.

Pensez-vous que Ouattara et ses hommes peuvent accepter une telle proposition?

Mais, c’est la seule voie s’ils veulent diriger ce pays sereinement. Mais ils ne devraient pas en avoir peur, surtout qu’ils clament partout qu’ils sont majoritaires dans ce pays. Ma position est fondée sur le fait suivant : comme c’est le Conseil Constitutionnel version Paul Yao Ndré qui a proclamé deux vainqueurs des élections de 2010 en l’espace de quelques mois, la sagesse commande qu’on reprenne ces élections qui seront arbitrées par le Conseil Constitutionnel version Francis Wodié sous la supervision active mais désintéressée et sans parti pris de la France, les Etats-Unis, l’Onu, l’Union Africaine et toute organisation non gouvernementale qui le désire. Il faut scruter cette voie, la seule à mon sens pour sortir notre pays du bourbier actuel.

Vous parliez tantôt de la France qu’on sait un acteur clé de cette crise. Que peut-elle faire actuellement?

Elle peut faire beaucoup. La France de François Hollande s’entend. Le nouveau président français dont je salue au passage la brillante victoire aux dernières élections, a tout pour redorer l’image de la France trop ternie par son prédécesseur en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. La France de Sarkozy est vue par tous les Africains épris de justice et de liberté comme une France génocidaire, une France arrogante, une France inutilement interventionniste qui s’ingère dans les affaires intérieures des Etats indépendants et souverains, une France des coteries et des affaires mafieuses. Hollande doit faire oublier tout cela et il le peut.

Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il le peut?

D’abord c’est le slogan de sa campagne «le changement c’est maintenant ». C’est tout un programme dont le monde attend beaucoup. Mais nous les Africains, ce changement ne doit pas se réduire à un simple ménage de meubles dans la maison. Ce que l’Afrique attend, c’est une véritable rupture d’avec une vision du monde coupé en deux, l’un détenteur de la force nucléaire qui veut imposer sa volonté à l’autre qui ploie sous le poids de la misère et à qui on refuse le droit minimum de disposer de lui-même. Ce que l’Afrique attend c’est une rupture radicale avec une certaine politique étrangère outrancière, outrageante et arrogante, une rupture avec l’interventionnisme militaire tous azimuts, rupture avec une coopération financière stressante, avilissante, oppressante et appauvrissante. Hollande doit savoir que le monde aujourd’hui et surtout l’Afrique appelle au changement comme en France.

Ensuite, Hollande doit lui-même tirer les leçons de la chute de Sarkozy et savoir avoir une oreille pour les Africains qui voient dans la date du 6 mai 2012 qui a marqué son élection comme une date porteuse de grands bouleversements comme celle de 1789 de la Révolution Française qui a proclamé la République, 1917 de la Révolution russe qui a sanctionné la fin du régime des Tsar, 1948 qui a vu la naissance de l’Onu et 1989 qui a mis fin à la guerre froide après la chute du mur de Berlin. Les Africains ont soif de changement comme ils l’ont eu après la Deuxième Guerre Mondiale, soif qui a enclenché la décolonisation. Nous sommes dans les mêmes dispositions d’esprit aujourd’hui. L’Afrique appelle au respect de l’indépendance et de la souveraineté de ses Etats. Et Hollande devrait être attentif à cela et ne doit pas se laisser devancer et dominer par les événements comme ses prédécesseurs dans les années 50 «pour ensuite céder aux revendications lorsqu’elles s’expriment sous une forme violente. Il importe de prendre en temps utile les dispositions qui permettent d’éviter les conflits graves» ainsi que le recommandait le projet du préambule de la Loi-Cadre.

Pour vous donc, dans quel sens les choses peuvent-elle évoluer?

D’abord la France officielle ne doit pas avoir peur des Africains, surtout ceux de l’espace qu’elle contrôle et auxquels elle est historiquement liée. Elle ne doit pas un seul instant présumer que ces Africains de culture française, de sentiments français, placés depuis longtemps dans un système économique français, ayant pour référence le modèle français, peuvent se détourner d’elle. Ensuite, elle doit, par une conférence internationale du type de celle qui a eu lieu à Brazzaville en 1944, avec tous ses diplomates mais aussi tous les Africanistes pour faire le point de sa présence en Afrique, mais aussi de la vérité sur les réalités africaines colportées, pour bâtir une nouvelle politique de coopération avec les Etats africains. Au-delà de tout çà, Hollande doit rompre courageusement avec la Françafrique ainsi que les sommets anachroniques France-Afrique. Et plus que cela, le gaullisme qui engageait vers la fin des années 50, la France à voir chez les nouveaux Etats africains, des partenaires privilégiés parce que, «si leur administration novice, leur économie naissante, leurs finances désorganisées, leur diplomatie tâtonnante, leur défense à ses débuts, recouraient à elle pour s’établir, il faudrait s’y prêter». La France doit cesser de voir les Etats africains comme des Etats naissants. Elle doit voir autrement nos Etats devenus matures car à vouloir les maintenir sous une quelconque domination «peut devenir une gageure, où la France, pour ne rien gagner peut tout perdre ».

Pour en revenir à vos vies d’exilés. Comment arrivez-vous à survivre quand on sait que vous avez vos avoirs gelés?

(Rires). Ça, c’est une grâce de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous. J’ai souvent entendu dire que nous avons fui du pays avec des caisses d’argent et que nous vivons un exil doré. On a même dit que le gouvernement ghanéen nous soutient financièrement. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet espace pour remercier vivement et très sincèrement tous nos compatriotes qui, depuis le pays, ne cessent de nous soutenir aussi bien moralement que financièrement. Cela est très encourageant et cela montre aussi que nous sommes dans la vérité. Fait surprenant, il y a parmi ceux qui nous aident de nombreux pro-Ouattara découragés sans doute de l’orientation nouvelle de l’action politique dans notre pays. Je n’oublie pas dans mes remerciements les associations et les groupements religieux qui, au-delà des soutiens matériels, prient pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Je voudrais leur dire ici de ne pas désespérer et de rester toujours mobilisés pour la Côte d’Ivoire éternelle. La nuit est longue, il est vrai, mais le jour finira par se lever.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 11 juillet 2012

INTERVIEW: «LA DEMOCRATIE SE CONSTRUIT AVEC LES IDEES DE L'OPPOSITION ET PAS AVEC LE SANG DES OPPOSANTS»

 

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Alors que Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) s’apprête à fêter sa première année d’existence, nous nous sommes entretenus avec la Conseillère exécutive du président de LIDER, Nathalie Yamb. Elections municipales, statut de l’opposition, critique du gouvernement, bilan du parti, personnalité de Mamadou Koulibaly, un entretien sans tabous et sans langue de bois.


Dans quelques jours, le 14 juillet 2012, LIDER soufflera sa première bougie. Quel bilan tirez-vous ?

Nathalie Yamb : Un mois après la création de LIDER, nous avons procédé au lancement officiel du parti. Au bout de quatre mois, après l’obtention du récépissé du ministère de l’Intérieur, nous avons organisé notre premier congrès, au cours duquel les textes du parti et sa structure ont été adoptés. Nous avons commencé l’installation du parti sur le territoire national. Nous avons participé aux élections législatives en présentant douze candidats dans huit circonscriptions. Certes, nous n’avons eu aucun élu, mais le parti en a profité pour se faire connaître. Nous étions le seul parti qui expliquait aux électeurs que le rôle du député n’est pas de construire des routes et des hôpitaux, mais de contrôler l’activité gouvernementale. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et le résultat est que nous nous retrouvons avec un parlement monocolore qui ne touche à aucune loi alors que le gouvernement prend des ordonnances à tour de bras. Nous avons organisé la critique gouvernementale, dénoncé l’hyper-présidence d’Alassane Ouattara, proposé une réforme constitutionnelle pour passer au régime parlementaire, proposer un statut de l’opposition, proposé un chronogramme de dialogue gouvernement / opposition pour aller à la réconciliation. Nous avons organisé et réussi le bilan de l’an 1 de gouvernance RHDP. Nous avons lancé notre site web, notre page Facebook, notre compte Twitter. Le 14 juillet prochain, le Pr. Koulibaly lancera sa propre page Facebook et ouvrira son propre compte Twitter et d’autres innovations suivront. A ce jour, nous avons plus de 50.000 adhérents, même s’il n’y a qu’environ 2.000 qui paient leurs cotisations. Nous avons participé à différents séminaires ici et à l’étranger. Nous avons présenté le parti à la communauté internationale, avons eu des rencontres fructueuses et intéressantes avec les ambassadeurs d’Allemagne, de Suisse, des Etats-Unis, d’Arabie Saoudite, du Japon, de Belgique, du Burkina Faso, du Nigeria, de Chine, de Russie etc. et nous continuons cette intense activité diplomatique. Nous organisons des formations pour nos militants, car il faut savoir que 60% de nos adhérents n’ont jamais fait de politique et trouvent à LIDER le discours et le cadre idoines pour sortir du carcan triangulaire Bédié – Gbagbo – Ouattara qui ne propose que querelles, haine et tribalisme. Nous avons distribué des milliers de manifestes afin de disséminer nos idées et nos propositions aux populations. Nous avons investi des coordinations à Abidjan et à l’intérieur du pays et travaillons à l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, toute chose nécessaire pour réussir l’alternance en 2015.

Le président de la République vient de saisir le conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir l’appui de l’ONUCI pour l’organisation des élections municipales avant la fin de l’année 2012. Quel est votre avis là-dessus ?

NY : Il y a deux mois, à Grand-Bassam, nous sommes tombés d’accord avec le gouvernement pour convenir que des questions vitales devaient être réglées en urgence afin de paver la route de la réconciliation et de la paix en Côte d’Ivoire, qui sont les conditions nécessaires à la tenue de consultations électorales sereines, inclusives et crédibles. Il s’agissait entre autres, d’effectuer un recensement de la population, à propos duquel le gouvernement nous a informé qu’il serait terminé avant fin 2012 ; d’actualiser la liste électorale élaborée en 2009 en y incluant les nouveaux majeurs ; de recomposer la CEI, au sein de laquelle siègent encore des forces militaires ;  de réaliser effectivement le désarmement et de sécuriser réellement les biens et les personnes sur l’intégralité du territoire national et de mettre en place le statut de l’opposition. Nous pensons qu’il n’y a aucune urgence à organiser les élections municipales en l’absence d’unenvironnement serein et d’un cadre démocratique réel. S’il est vrai que les scrutins locaux n’ont pas un enjeu aussi vital que les élections nationales, les municipales à venir seront considérées par tous comme le socle d’une élection présidentielle de 2015 apaisée. Nous ne comprenons donc pas la volonté du chef de l’Etat à courir aux élections avant la fin de l’année, sauf à penser qu’il a un agenda caché et table à nouveau sur un boycott des élections de la part de l’opposition pour rafler intégralement la mise lors du scrutin, alors que la coalition gouvernementale assure déjà la gestion de la majorité des municipalités depuis 2001.

On sent une obsession et un besoin de statut de l'opposition et de financement public de la part de LIDER.

NY : Le statut de l’opposition n’est pas agencé uniquement autour du financement des partis. Il est construit autour de l’idée que ceux qui gagnent les élections gouvernent et que ceux qui les perdent ont également un rôle à jouer dans la construction démocratique. L’opposition a des droits et des devoirs qui s’exercent dans un cadre spécifique et suivant des règles bien précises. C’est parce que l’opposition n’a pas de statut clair, cohérent, connu et reconnu que la défaite électorale est souvent vécue comme une disgrâce ultime et que les conflits sanglants et crises meurtrières naissent, durent et perdurent en Afrique noire dite francophone. Sous Ouattara, l’opposition  a disparu du parlement ivoirien, pourtant il ne peut y avoir de démocratie s’il n’y a pas d’opposition. La démocratie se construit avec les idées de l’opposition et pas avec le sang des opposants. L’opposition est interdite d’accès aux média d’Etat. Les opposants sont étouffés financièrement. Les salaires et indemnités des députés de la législature sortante sont toujours retenus illégalement par le président de la République. Leur droit à la retraite, pour laquelle ils ont pourtant cotisé, n’est pas encore reconnu. Les avantages liés au statut d’ancien président d’institution, qui fait l’objet d’une loi, sont refusés au président de LIDER, ancien président de l’Assemblée nationale, alors que d’autres en bénéficient sans problème. Pour jouer pleinement leur rôle, les partis d’opposition ont besoin d’un financement clair, pour lequel ils doivent rendre compte. Nous rappelons que le RDR, bien que non représenté au Parlement de 2001 à 2011, a été financé sur fonds publics. Monsieur Ouattara souhaite sûrement que Mamadou Koulibaly vienne nuitamment lui demander de l’argent, comme le font bien d’autres acteurs politiques. Cela nous a d’ailleurs été fortement suggéré, mais nous disons clairement que cela n’arrivera pas. A LIDER, nous disons qu’il faut cesser de nier le rôle de l’opposition. Nous refusons sa clochardisation et la compréhension opportuniste que le gouvernement en a. Le chef d’Etat préfère de loin avoir quelques opposants comme ministres afin de les avoir à sa merci. Tous ceux qui ne sont pas à sa solde courent le risque d’être présentés comme des putschistes putatifs, agents de l’étranger, déstabilisateurs... A LIDER, nous disons que la Côte d’Ivoire n’est pas un gâteau et que les motivations des hommes et femmes politiques ne doivent pas être comment se partager les richesses entre eux, mais comment mettre en place un cadre de développement qui profitera à toutes les populations.

Pourquoi LIDER prend un savant plaisir à critiquer Ouattara et ses actions, plutôt que de mettre l’accent sur ses propres propositions?

NY: En tant que parti d’opposition, le rôle de LIDER est d’informer les Ivoiriens sur ce que le président Ouattara leur cache ou ne leur dit pas et de proposer un programme d’alternance. Notre programme n’a pas à se superposer au sien. L’alternance implique l’altération de la politique du gouvernement. A chaque fois que nous avons critiqué les «solutions» du gouvernement Ouattara, nous avons énoncé les propositions de LIDER comme le meilleur choix alternatif.

Nous avons critiqué les ordonnances illégales dont il raffole, et nous avons recommandé de prendre le chemin de l’Assemblée nationale. Nous avons critiqué son hyper-présidence qui a fini par plonger dans la tyrannie, et nous avons proposé le régime parlementaire pour limiter les dérives de ce genre à l’avenir. Nous avons dénoncé sa vengeance justicière et avons proposé une justice équitable et un système judiciaire réformé et crédible. Nous avons dénoncé sa gouvernance obscure et avons proposé de passer aux appels d’offre ouverts à tous et transparents. Nous avons dénoncé vivement sa politique de rattrapage ethnique et disons que chez LIDER, nous voulons construire une nation cohérente et prospère. Nous avons fait le bilan de sa première année de gouvernance et avons critiqué sa propension systématique à étouffer les Ivoiriens. En parallèle, nous proposons de libérer les énergies. Nous avons critiqué son fourvoiement dans la gestion de la crise malienne en suggérant dès le départ que l’on puisse considérer comme prioritaire la question de la rébellion Touareg et sa résolution. Nous dénonçons le fait que Ouattara fasse croire aux Ivoiriens que l’obtention du PPTE est la panacée et nous expliquons qu’il va falloir rembourser quand  même, autant sinon plus qu’avant et qu’aucun pays émergent n’est jamais passé par le PPTE. Nous critiquons sa politique de décentralisation et nous suggérons un débat public sur le découpage, ce qu’il s’était engagé à faire mais semble avoir oublié. A propos de son programme du «Vivre ensemble», nous disons que les Ivoiriens vivent déjà ensemble, mais que ce qu’il manque, c’est le savoir-vivre.

Ceci ne nous empêche pas, lorsque le gouvernement fait quelque chose de bien, de le reconnaître. Ainsi, lorsqu’il a invité les partis d’opposition au conclave de Grand-Bassam, nous avons salué son initiative et participé aux travaux, qui ont été francs et productifs. Force est cependant de constater que tout cela n’était pas bien sérieux et que le gouvernement cherchait simplement à obtenir une photo de famille pour faire croire à l’opinion publique ivoirienne et à ses créanciers et donneurs d’ordre internationaux qu’un semblant de cadre démocratique existe en Côte d’Ivoire. Deux mois après Grand-Bassam, alors que le gouvernement s’est inscrit aux abonnés absents et qu’aucune des résolutions convenues à l’unanimité n’a été mise en œuvre, nous pouvons affirmer que le président de la République ne veut pas du dialogue républicain et que la perspective d’une décrispation réelle et d’une réconciliation profonde ne l’arrange pas. Mais ne pensez surtout pas que cela nous fait plaisir. A chaque fois que nous devons tirer ce genre de conclusion ou avons matière à critiquer l’action gouvernementale, cela nous attriste parce que cela signifie que les populations sont encore maintenues en otages dans l’insécurité et la pauvreté qu’elles n’ont que trop endurées.

Certains voient en Mamadou Koulibaly une sorte de Bayrou local, c'est-à-dire, un fort en thème et agitateur d'idées, peu enclin à être plus que le troisième homme...

NY : L’analogie avec Bayrou ne me paraît pas claire, mais je suis toujours étonnée quand l’on met idées et actions en opposition. C’est très dramatique, parce que c’est ainsi qu’on voit des gens qui, dans l’opposition, promettent des actions et des solutions irréfléchies, et qui, une fois arrivés au pouvoir, mélangent tout, tournent en rond, ne savent plus quoi faire et se réfugient dans une communication vide de contenu ou dans la violence et l’intimidation.

Mamadou Koulibaly a l’avantage de brasser des idées, des propositions, mais en même temps, il a été ministre du Budget, ministre de l’Economie et des Finances, président de l’Assemblée nationale de ce pays. Il a, en tant que ministre du gouvernement de transition, dans une situation de crise et de tension de trésorerie, conçu et fait exécuter le budget de l’Etat et réussi à organiser les élections de 2000 sans un centime de financement extérieur. C’est du concret. Il a défendu la souveraineté de la Côte d’Ivoire quand elle était mise en danger à Marcoussis ou par le GTI en 2004. C’est du concret. Certaines personnes s’irritent quelques fois du fait que Mamadou Koulibaly a souvent raison, et que si on l’avait écouté, on n’en serait pas là où nous sommes aujourd’hui. Mais ce n’est pas un sorcier. C’est simplement qu’en prenant le temps de réfléchir à une situation, on en cerne tous les contours et on se prépare en conséquence. Et que si on choisit, en tout connaissance de cause, d’entrer dans un tunnel, alors qu’il y a plein de chemins et d’avenues en plein air qui sont disponibles, alors il ne faut pas s’étonner que la seule voie de sortie, c’est le bout du tunnel, sans possibilité de retour.

A LIDER, nous sommes très à l’aise avec le fait de que le programme, les idées et la vision que nous proposons sont pensés, débattus, planifiés. Nos idées font l’objet d’échanges constants avec la société civile : c’est ainsi qu’on a rencontré les quatre grandes centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité, Humanisme), pour exposer notre stratégie de création d’emplois pour les jeunes et de modernisation du système de retraite en Côte d’Ivoire pour les moins jeunes, et recueillir en retour leurs suggestions et conseils au vu de leur plus grande connaissance du terrain. C’est dans le même esprit que nous avons rencontré les associations de commerçants, grossistes et détaillants pour discuter avec eux de notre stratégie de réduction du coût de la vie et des contraintes qui sont les leurs. La réforme du foncier et la remise de la terre kidnappée par l’Etat aux paysans étant au cœur de notre programme, nous nous sommes rapprochés des acteurs majeurs, comme les géomètres-experts de Côte d’Ivoire, qui, bien qu’ils soient les seuls habilités à délimiter le cadastre, n’ont jamais fait l’objet d’aucune consultation par le gouvernement, qui s’est pourtant réuni à Yamoussoukro en séminaire il y a quelques jours pour ne rien dire. Chez nous, les politiques sont agencées sur des idées opérationnelles capables de résoudre effectivement les problèmes qui accablent les Ivoiriens. La liberté et la démocratie sont des thèmes trop importants pour ne pas faire l’objet de profondes et sérieuses réflexions.

Peut-on envisager un retour de Mamadou Koulibaly au FPI, ou à défaut un rapprochement ? D’aucuns évoquent cette perspective parce qu’ils estiment que le FPI n’a plus de candidat de poids.

NY : Non, un retour de Mamadou Koulibaly au sein de son ancienne formation politique est exclu. Par contre, ceux qui disaient au FPI «après Gbagbo, c’est Mamadou Koulibaly», ceux qui se reconnaissaient dans ses idées, dans son franc-parler, dans sa façon de faire la politique, ceux qui sont prêts à laisser les stratégies divisionnistes et les discours sectaires, vindicatifs et violents derrière eux et qui partagent notre vision pour le progrès social en Côte d’Ivoire, tous ceux-là sont les bienvenus à LIDER.

Qui est Nathalie Yamb? Est-il exact que vous avez tout laissé et abandonné pour suivre Mamadou Koulibaly et ensuite LIDER ?

NY : (Rires). C’est bien la première fois que j’entends cela. Le suivisme n’est pas quelque chose qui me caractérise et ce n’est pas une valeur LIDER. On ne vient pas à LIDER pour suivre Koulibaly, mais parce que l’on partage les mêmes idéaux et le même projet de société et que l’on veut contribuer à sa réussite. Si demain, Koulibaly s’éloigne de notre combat, nous ne le suivrons pas dans ses bifurcations et continuerons tout droit, sans lui. 

 

Interview réalisée par Charles Kouassi pour L’Intelligent d’Abidjan le 10 juillet 2012.

 

Source: LIDER-CI.ORG

CPI: CES REVELATIONS DE SORO QUI GENENT OUATTARA

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L’information a été glissée furtivement. Mais elle a retenu l’attention des oreilles exercées. Dans un entretien à bâton rompu accordé à Rfi dimanche dernier, dans le cadre de l’émission « Le débat africain », Guillaume Soro a pour ainsi dire vendu la mèche en faisant cette révélation : « Jusqu’à présent, la Cpi a été appelée à venir investiguer en Côte d’Ivoire. 
 
Mais en ma connaissance, elle n’a émis que quatre mandats d’arrêt, qui évidemment ont été émis contre monsieur Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et le général Dogbo Blé ». C’est là assurément une information nouvelle qui a dû faire tilt dans la tête de certaines personnalités bien au fait des procédures judiciaires en cours aussi bien sur le plan national qu’international, depuis la fin de la crise post-électorale. Parce que capitale, cette information, lâchée au détour d’une phrase, pourrait mettre à mal ceux qui gèrent les dossiers encore pendant devant les tribunaux nationaux voire internationaux. De quoi s’agit-il ? 

Pour mémoire, il y a quelques mois, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, Simone Gbagbo, devait comparaître au tribunal d’Odiénné où elle est incarcérée depuis novembre 2011. L’audience, qui avait été annoncée publiquement pour le vendredi 30 mars 2012, a été annulée sine die. Sans la moindre explication officielle. Même les avocats de l’ex-première dame, qui étaient en route pour Odiénné pour assister à l’audience, ont été pris de court, la veille, par la décision d’annulation. Joint par téléphone, voici l’explication que nous avait donné, l’un d’entre eux, Me Serge Gougnon : « Nous sommes en route pour Abidjan, nous sommes présentement à l’entrée de Yamoussoukro. Le Parquet (service du Procureur de la République, ndlr) nous a informés ce matin (jeudi 29 mars) que l’audience est annulée, sans aucune explication. Ils nous ont juste dit que les juges ne viendront plus à Odienné, et que la Première Dame ne sera plus auditionnée, en tout cas demain (vendredi 30 mars, ndlr). Ils nous ont fait savoir qu’ils nous donneront les raisons de cette annulation d’audience quand nous serons à Abidjan »( Cf L’inter du vendredi 30 mars 2012). 

A l’époque, le bruit avait couru qu’il s’agissait en fait, au cours de cette audience, pour le procureur Simplice Kouadio, d’aller notifier à Mme Gbagbo un mandat d’arrêt que la Cour pénale internationale(Cpi) aurait délivré contre elle. Des partisans de l’ancien régime avaient d’ailleurs alerté l’opinion sur cette audience par un tapage médiatique, craignant qu’elle ne vire au scénario vécu par l’époux Gbagbo au sortir d’une brève audience qui s’est tenue à Korhogo. Audience que celui-ci avait qualifiée de « volée » lors de sa première comparution à la Cpi. On se souvient que c’est au sortir de cette audience de Korhogo qu’il a pris le chemin de La Haye. 

Simone, Dogbo Blé: Pourquoi ils ne sont pas encore à la Cpi

En ce mois de mars donc, la rumeur avait couru que l’audience d’Odiénné devait être l’occasion de porter à la connaissance de Mme Gbagbo le mandat d’arrêt délivré contre elle par la Cpi et qu’au final elle devait, à son tour, prendre la route de La Haye au Pays-Bas. Info ou intox ? Il reste qu’à l’époque, l’annulation de cette audience avait nourri des commentaires, surtout qu’aucune explication officielle convaincante n’avait été donnée. 

D’aucuns avaient laissé entendre que le régime Ouattara s’était vu bel et bien signifier un mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo. Information que ni les services du procureur de la République, Simplice Kouadio, ni le président Alassane Ouattara, ni même le procureur Luis-Moreno Ocampo et son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, de passage à Abidjan, n’ont daigné confirmer ; se bornant tous à botter en touche quand ils étaient interpellés sur ce fameux mandat d’arrêt. 

Or, voilà que, trois mois plus tard, on apprend de la bouche du n° 2 du régime, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qu’il y a eu bel et bien un mandat d’arrêt lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et mieux, contre le général Dogbo Blé, le redoutable chef de la Garde républicaine, sous Gbagbo. Or donc, un mandat d’arrêt avait été émis par la Cpi à l’encontre de la célèbre prisonnière d’Odiénné ! Ceux qui avaient flairé que l’audience avortée du 30 mars, qui devait se tenir dans cette cité, visait à porter l’information à Mme Gbagbo, n’étaient donc pas dans le faux. De sources proches de ces procédures judiciaires, il semble que ce sont les autorités gouvernementales, au plus au sommet, qui ont « mis le pied » sur ce mandat d’arrêt en refusant de le mettre à exécution. Et cela, à juste titre. 

En effet, elles craindraient que l’exécution des mandats d’arrêt contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, ouvre la boîte de pandore. En clair, ça pourrait apparaître comme la porte ouverte au transfèrement à La Haye de tous les militaires proches du pouvoir, soupçonnés d’être dans le viseur de la Cpi. Ce qui pourrait être préjudiciable au régime, qui a alors sagement opté pour la traduction de Simone Gbagbo et autres devant les tribunaux ivoiriens. 

En balançant donc l’information selon laquelle un mandat d’arrêt avait été bel et bien lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, Guillaume Soro met les autorités ivoiriennes dans une mauvaise posture : celle de devoir s’expliquer sur la non-exécution de ce mandat d’arrêt depuis son émission. Et ça, c’est bien embarrassant.



Assane Niada, in le quotidien ivoirien L'INTER.

mardi, 10 juillet 2012

LA COTE D'IVOIRE ET LE POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE: QU'IL SOIT FAIT DROIT A L'ACTEUR PRINCIPAL

 

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Depuis la fin du mois de juin 2012, la Côte d’Ivoire a enfin atteint le  point de décision de l’initiative PPTE, qui correspond à un abandon substantiel de sa dette extérieure. A l’annonce de cette décision, les nouvelles autorités ivoiriennes dans un euphorisme sans limite, tentent d’une part de s’octroyer la paternité de ce succès, et d’autre part font croire que la Côte d’ivoire est devenue subitement un nouvel eldorado.

Au terme de la réflexion tout à fait personnelle qui suit, l’on se rendra  certainement compte que la vérité est toute autre et qu’elle prend à contrepied le triomphalisme affiché par les autorités ivoiriennes. Le cheminement adopté s’articule autour de trois points essentiels :

v  Le rappel du contexte de l’avènement de l’initiative PPTE

v  Les principes généraux qui gouvernent l’initiative PPTE

v  L’historique de la marche de la Côte d’Ivoire sur le point de l’achèvement de l’initiative PPTE et les effets qui en sont attendus 

 

I – CONTEXTE DE L’AVENEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


Les différents modes de traitement de la dette appliqués depuis l’éclatement de la crise de la dette à partir de septembre 1982, n’ont pu véritablement apporter une solution durable au problème de la dette croissante des pays débiteurs. En effet, de 1982 à 1989, le rééchelonnement classique de la dette pour les pays en programme  d’ajustement structurel avec le Fonds Monétaire International, a simplement accordé au pays une bouffée d’oxygène temporaire et  n’a permis de régler en profondeur le problème de la dette. Le report des échéances dans le futur et les nouveaux prêts d’ajustement structurel ont contribué à l’augmentation du volume de la dette de l’ensemble des pays débiteurs.

A partir de 1989, la Communauté Financière Internationale a admis que la crise de la dette n’était pas un problème temporaire de liquidité et que son traitement nécessitait une solution novatrice. Pour la première fois, la notion de réduction de la dette a été évoquée et intégrée dans la stratégie de traitement de la dette. Ainsi, lors des réunions successives des pays riches les plus industrialisés, pays du G7 qui deviendra par la suite G8, il a été possible d’admettre une réduction de dette au pays débiteur pour réduire le service futur de la dette (rééchelonnement comportant dose d’annulation de dette à partir de 1990 – Termes de Houston, termes de Londres ou Toronto renforcé, termes de Naples, termes de Lyon, termes de Cologne sous IPPTE).

C’est dans cette veine qu’en septembre 1996, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont mis sur pied, l’Initiative d’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE) dont l’objectif principal est de ramener le service de la dette du pays débiteur à un niveau supportable et compatible avec sa capacité de remboursement.

La partie qui suit énonce les principes généraux qui gouvernent l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés, notamment les conditions d’éligibilité, la réduction de la dette accordée au pays récipiendaire par les institutions multilatérales de développement, les pays créanciers membres du Club de Paris et certains créanciers bilatéraux à travers des initiatives unilatérales d’allègement additionnel de la dette. La deuxième partie retrace les différentes étapes franchies par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus PPTE. 

 

II – PRINCIPES GENERAUX DE L’INITIATIVE PPTE


II.1 – CONDITIONS D’ACCES AU TRAITEMENT PPTE    


Pour être éligible au traitement PPTE, le pays débiteur doit remplir les conditions suivantes :

  • Ø Etre en programme avec le FMI,
  • Ø Avoir son ratio Valeur Actualisée Nette (VAN) dette/ revenus budgétaires > 250 %
  • Ø Avoir son ratio  Service dette/ revenus fiscales > 150 %
  • Ø Avoir un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)


II.2 – TRAITEMENT PPTE OFFERT AU PAYS ELIGIBLE


De façon générale, le pays PPTE bénéficie d’une réduction du flux du service de sa dette entre le point de décision et le point d’achèvement du processus PPTE. L’annulation du stock de la dette n’est accordée qu’au point d’achèvement. Toutes les annulations de dette se font dans la proportion nécessaire pour rendre le service futur de la dette supportable par le pays débiteur.

  • Ø Entre le point de décision et le point d’achèvement : Réduction du flux du service de la dette en valeur actualisée de 90 % (Termes Cologne)
  • Ø Au point d’achèvement : Annulation du stock de la dette 


II.3 – TRAITEMENT OFFERT PAR LES INSTITUTIONS MULTILATERALES


Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de Développement 

  • Ø A partir du  point de décision : annulation partielle du flux du service de la dette
  • Ø Au point d’achèvement : annulation partielle du stock de la dette à travers l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) 


II.4 – INITIATIVES BILATERALES D’ALLEGEMENT DE LA DETTE ACCORDE PAR LES CREANCIERS DU CLUB DE PARIS


Au point d’achèvement, allègement additionnel de dette au-delà de l’Accord cadre du Club de Paris :

  • Ø France : Contrat Désendettement- Développement (C2D)
  • Ø Royaume Uni : Annulation totale du stock dès le point de décision
  • Ø Autres pays créanciers : Annulation totale ou partielle du stock au cas par cas, mais tendance à l’effacement total de la dette.

Contrairement à tous les autres créanciers, la France n’annule pas immédiatement la dette ; elle conclut un contrat de Désendettement/Développement d’une durée renouvelable de 15 ans aux termes duquel le service de la dette doit normalement être payé. A l’issue du remboursement de l’échéance, la France délivre son allègement de dette à travers le reversement au pays débiteur d’une partie du montant réglé. Ce montant est reversé sur un compte spécial afin de financer des projets sélectionnés par les deux parties et à réaliser dans le pays débiteur dans le cadre de l’IPPTE. 


III- MARCHE DE LA COTE D’IVOIRE VERS L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


III.1 - ELIGIBILITE DE LA COTE D’IVOIRE A L’INITIATIVE PPTE


Le processus PPTE pour la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, commence en 1998 lorsque bénéficiant d’un programme économique triennal (1998-2000) avec le Fonds Monétaire International, le Gouvernement du Président Henri Konan BEDIE, introduit auprès des institutions de Bretton Woods, le dossier de candidature de la Côte d’Ivoire à l’éligibilité à l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). La Côte d’Ivoire est donc déclaré pays PTTE en 1998. Mais les problèmes de gouvernance sous le Régime Bédié; notamment, les dépenses non ordonnancées, le problème de la gestion des fonds de l’Union Européenne, conduisent à la suspension du  programme économique et financier triennal conclu avec le FMI.Le coup d’Etat militaire de décembre 1999 vient définitivement anéantir toutes les chances de la Côte d’Ivoire d’accéder au point de décision de l’Initiative PPTE. Malgré la rupture avec les bailleurs de fonds, le pays a été maintenu au nombre des pays éligibles à l’IPPTE.


III.2- REMISE DU PROGRAMME PPTE SUR LES RAILS PAR LE GOUVERNEMENT GBAGBO DE 2001 A 2010


  • III.2.1 ACTIONS MENEES POUR L’ATTEINTE DU POINT DE DECISION DE L’IPPTE


Dès son accession au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2000, le Président Laurent GBAGBO et son gouvernement travaillent d’arrache-pied à partir de 2001, pour renouer avec la Communauté financière Internationale. L’action du gouvernement est axée prioritairement sur l’assainissement des finances publiques. Des réformes structurelles et sectorielles sont élaborées et mise en œuvre pour relancer l’activité économique rudement éprouvée par une année de pouvoir militaire jalonnée par des tentatives de reprise en main des affaires de l’Etat par d’autres groupes militaires.

Grâce aux réformes engagées, le pays bénéficie progressivement de la confiance des institutions de Bretton Woods qui accordent à la Côte d’Ivoire en 2002, un programme intérimaire sans appui financier. Ce programme permet à la Côte d’Ivoire d’engager des négociations avec les pays créanciers membres du Club de Paris pour la restructuration de sa dette bilatérale. C’est ainsi qu’un accord de restructuration de dette est conclu le 10 avril 2002  avec le  Club de Paris selon les termes de Lyon (annulation des deux tiers du stock des échéances consolidées). Les créanciers du Club de Paris ont dans le cadre de cet accord promis d’accorder à la Côte d’Ivoire le traitement de Cologne (annulation de 90% du stock de dette consolidée) dès que le pays aura franchi le point de décision sous l’Initiative PPTE.

Le point de décision de l’Initiative PPTE n’est pas atteint comme prévu en fin septembre 2002, en raison du déclenchement de la rébellion armée qui a rapidement annexé les régions centre, nord et ouest du pays. En avril 2003, les principaux bailleurs de fonds suspendent tous les décaissements des prêts et dons en faveur de la Côte d’Ivoire.

Malgré les difficultés récurrentes de trésorerie, l’Etat a continué à faire face à  ses engagements au titre du Budget de fonctionnement  et à honorer le service de sa dette envers les principaux bailleurs de fonds jusqu’à la mi-2004, bien que ces transferts restent sans contrepartie.

A la faveur de la normalisation progressive de la situation socio politique liée à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou en mars 2007, la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (AUPC), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (FMI). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés envers respectivement la Banque Mondiale en avril 2008 et la Banque Africaine de Développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du FMI le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la  Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative PPTE en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009.

Ce nouveau programme économique et financier  triennal a ouvert la voie à la Côte d’Ivoire pour engager les négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres en vue de l’allègement de sa dette bilatérale d’une part, et de sa dette commerciale d’autre part. Conformément au principe de partage égalitaire du fardeau de la dette entre les créanciers comme le prévoit l’Initiative PPTE, la Côte d’Ivoire a obtenu les niveaux d’allègement de dette suivants de la part de ses créanciers pendant la période intérimaire de l’Initiative PPTE, période qui court entre le point de décision et le point d’achèvement.

Au Club de Paris, les négociations des 14 et 15 mai 2009 ont abouti à un accord de rééchelonnement de dette comportant une annulation de dette d’un montant au moins équivalant à 435 milliards de FCFA et le rééchelonnement de 1820 milliards de FCFA sur un stock total de dette estimé à 2255 milliards de FCFA. Ce stock comprenait  les échéances  tombant du 1er avril 2010 au 31 mars 2012 et les arriérés accumulés au 31 mars 2009.

Au Club de Londres, les négociations débutées en octobre 2008 sont achevées le 31 mars 2010 par une opération d’échange des titres Brady émis en 1998 contre un nouveau titre obligataire libellé en dollar US, d’une durée de 23 ans dont 6 ans de différé, assorti d’un taux d’intérêt fixe et faible. Cette restructuration de dette qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a permis à la Côte d'Ivoire d’obtenir l’annulation de 287 milliards de FCFA de dette sur un stock de dette estimé à 1435 milliards de FCFA  au 31 décembre 2009.

S’inscrivant dans la logique du partage du fardeau de la dette, certains créanciers tels que la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ont délivré leur allègement de dette  sur la période intérimaire de l’Initiative PPTE. Au total, c’est au moins 720 milliards de FCFA  de dette qui sont annulés en 2010. 

 

  • III.2.2 L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’IPPTE ET REFLEXIONS

 

La Côte d’Ivoire a mis en œuvre les réformes exigées et a finalisé l’élaboration de son Document  de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2010.L’atteinte du point d’achèvement qui était prévue avant la fin 2010 a été reportée en raison de la crise  post-électorale et la guerre qui en a découlé. A la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu est estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 

De ce montant global d’allègement de dette attendu, il convient de déduire les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) d’une part et d’autre part, les annulations de dette consenties par le Club de Paris du 15 mai 2009 et  la restructuration de la dette Brady du 31 Mars 2010.

Le bénéfice de l’annulation du solde restant estimé à 1700 milliards de FCFA dépendra de la capacité du pays à poursuivre sainement les  réformes engagées depuis 2002 pour assainir les finances publiques, les réformes dans le secteur du cacao, les réformes dans le secteur énergétique ; mais aussi et surtout engager des réformes pour relance de la croissance et la réduction de la pauvreté dans les secteurs sensibles tels que la santé, l’éducation.

Si les annulations de dette sont immédiates pour les autres créanciers, elles sont différées pour la France à travers le contrat de Désendettement et Développement communément appelé C2D conclu avec le pays débiteur sur une durée renouvelable de 15 ans. La France qui détient près de la moitié du stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, environ  3000 milliards de FCFA, aura un rôle important à jouer dans la réussite du processus d’annulation de dette. Le stock de dette due  à la France sera traité dans le cadre du contrat de C2D qui prévoit le reversement au pays débiteur sur un compte spécial, d’une partie du montant de dette remboursée à l’échéance. Le montant ainsi reversé au pays débiteur sert à financer des projets identifiés, sélectionnés et retenus d’accord parties. La mise en œuvre du C2D reste tributaire de la capacité de paiement du pays en ce qu’il exerce les mêmes pressions sur le Budget de l’Etat qu’auparavant.

Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE et estimé à 4000 milliards de FCFA devra être remboursé à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjointement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. C’est à ce niveau que se situera le problème essentiel. En effet, il faudra faire suffisamment de croissance  pour couvrir le service de la dette extérieure et celui de la dette intérieure galopante, depuis que l’Etat se refinance sur le marché des capitaux. Cette dette intérieure a, elle aussi, atteint 2000 milliards de FCFA. 


CONCLUSION

 

Si le processus PPTE a commencé en 1998 sous le Président BEDIE dont le gouvernement a ardemment travaillé pour obtenir l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’Initiative PPTE, il est largement revenu au gouvernement du Président Laurent GBAGBO, d’élaborer les réformes structurelles et de remplir toutes les conditionnalités économiques et financières, de 2001 à 2010, malgré la crise politico-militaire que traversait le pays, afin que le pays puisse enfin bénéficier en juin 2012, de l’annulation de dette tant espérée.

A ce stade, il convient de reconnaître l’engagement et le soutien total  du Président Laurent GBAGBO aux actes de gestion  posés par les cadres de l’administration des finances et des autres structures de l’Etat sur la voie du PPTE. Il faudrait aussi apprécier à sa juste valeur, la contribution des organisations de la Société Civile de la Côte d’Ivoire pour leur contribution très constructive dans le processus de l’élaboration et la finalisation du Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSRP).

Il faut également saluer les différents ministres des économies et des finances qui ont conduit ce projet depuis le gouvernement BEDIE et  notamment le ministre d’Etat  Paul Antoine BOHOUN BOUABRE qui l’a piloté dans les pires des conditions, mais qui ne verra malheusement pas sa finalisation.

Il faut également rendre hommage à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat toutes catégories confondues du ministère de l’Economie et des Finances, qui ont consenti d’énormes sacrifices pour supporter la pression liée à  la mise en œuvre de ce projet.

Enfin, tout le mérite revient a la population ivoirienne qui a tant souffert et à qui l’on promet une pluie de milliards  qui  s’avère être en fin de compte  des milliards issus  des ressources PPTE pour apporter une solution immédiate à tous leurs problèmes quotidiens, notamment, la cherté de la vie, dégradation avancée du système de santé, blocage du système éducatif dans le supérieur, insécurité galopante etc.… Il convient de dire que le PPTE n’est pas la panacée au regard de l’expérience des pays qui ont déjà bénéficié de l’allègement de dette. Citons au passage les cas du Mali et  du Cameroun qui ont des difficultés à mettre en œuvre le C2D et qui ne peuvent de ce fait bénéficier des ressources d’allègement de la dette.

Le point d’achèvement aurait pu être atteint bien plutôt par la Côte d’Ivoire.

v  Déjà sous le règne de BEDIE  

v  Ensuite, dés les premières années de la présidence du Président LAURENT GBAGBO

Mais le coup d’état  de 1999, celui de septembre 2002 mué en rébellion, la guerre inutile livrée à la Côte d’Ivoire depuis 2010 ont empêchés chaque fois notre pays d’atteindre le point d’achèvement. Or il est constant que dans l’opinion majoritaire de la cote d’ivoire, les tenants actuels de la Cote d’Ivoire ne sont pas loin de tous ces mauvais coups. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la dette asservit un Etat. Elle porte atteinte à sa  souveraineté. L’on se rend compte que bien qu’allégeant de façon substantielle la dette ivoirienne, l’Etat ivoirien n’a pas le libre arbitrage de la gestion des recettes qui en sont induites. A titre d’exemple, en ce qui concerne la dette française, qui constitue la part prépondérante de l’ensemble de la dette ivoirienne,  les règles de gestion prévues par le contrat C2D soumettent les autorités ivoiriennes mains et pieds liés aux autorités françaises.

Prions pour que Le Tout Puissant Dieu, inspire les tenants actuels du pouvoir afin qu’ils ne reconstituent pas, pour le plus grand malheur des générations à venir, un stock de dette encore plus élevé.

Les chiffres que les ivoiriens doivent connaitre.

Au moment où Laurent GBAGBO prend le pouvoir en 2000 le stock de la dette extérieure est de 7180 milliards de FCFA.

Au moment où il est chassé du pouvoir en 2010, malgré l’état de guerre, les 8 dernières années le stock de la dette est ramené à 6500 milliards, soit 680 milliards de remboursement de la dette colossale contractée par ses devanciers.

De 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a signé des prêts pour un moment de 1000 milliards, sur ce stock signé, seulement  3111 milliards de FCFA ont été effectivement décaissés  au profit de la Côte d’Ivoire, ce montant encaissé  fait partie des 6500 milliards. Sur le montant des prêts signé il en reste donc 689 milliards. Ces sommes doivent être décaissées en fin 2010 au point d’achèvement. C’est ce montant qui fait rêver les tenants du pouvoir actuel. Voilà l’origine des pluies de milliards annoncés.

Les ivoiriens sont maintenant situés sur qui a inlassablement œuvré pour l’annulation de leur dette. Même la haine qu’on ressent pour son adversaire ne peut empêcher de reconnaître ses mérites. Rendons à GBAGBO ce qui est à GBAGBO.  



Le Ministre Koné Katinan Justin


Administrateur des Services Financiers

Ancien Ministre délégué au Budget

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

lundi, 09 juillet 2012

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE - SERAPHIN DJAKI KOUDOU: «LE REGIME OUATTARA TORTURE: J'EN SUIS LA PREUVE VIVANTE!»

         

                           

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Séraphin Koudou a décidé de témoigner à visage découvert


Le Nouveau Courrier publie aujourd’hui le témoignage particulièrement poignant et les photos de Séraphin Djaki Koudou, qui ose parler à visage découvert. Et raconte les méthodes de torture particulièrement violentes du régime Ouattara qui datent de son avènement, en avril 2011.


Cela fait plusieurs semaines qu’une partie de la presse ivoirienne tente d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une affreuse réalité du régime Ouattara que les associations de défense des droits de l’Homme refusent de voir : la torture, qui se pratique aujourd’hui à un rythme industriel, et qui est devenue un élément de domestication mentale de tout un pays. Face aux dénégations de la presse du régime, qui fait cyniquement passer les témoignages concordants sur le caractère massif et préoccupant de ces pratiques pour des «films d’horreur» fabriqués par le FPI, Le Nouveau Courrier rend public aujourd’hui un témoignage d’une importance capitale.

Premièrement, parce qu’il permet de faire un lien entre la manière violente par laquelle Alassane Ouattara a pris le pouvoir et sa pratique quotidienne de ce pouvoir-là.

Deuxièmement, parce que la victime qui se confie à nous a réussi à «sauver» des photographies qui ne laissent pas la place au doute sur la gravité des sévices subis.

Troisièmement, parce que l’histoire de Séraphin Djaki Koudou, qui prend le risque de témoigner à visage découvert, montre également le comportement pour le moins étrange des organisations internationales, plus soucieuses de protéger le régime Ouattara que d’exercer leur mandat de manière impartiale.

Au départ, une dénonciation fallacieuse et la trahison d’un voisin de quartier…

La mésaventure de Séraphin, actif sur le plan social – il a présidé un mouvement des «déguerpis» – et sur le plan politique – il a participé à la campagne électorale du président Laurent Gbagbo sans être le moins du monde impliqué dans la guerre post-électorale – commence le 28 avril 2011. Il se trouve alors vers le «terminus» de la Riviera 2, pas loin de la Résidence d’Alpha Blondy, où il attend un de ses amis qui doit l’y rejoindre. Il est assis non loin d’une cabine téléphonique gérée par un jeune homme auprès duquel il a ses habitudes. Tout à coup, un véhicule 4X4 passe. Puis un deuxième où se trouve quelqu’un qui le désigne du doigt. Puis un troisième, qui dépasse le deuxième. Deux voitures s’arrêtent. «Tu me connais non ? Tu me connais non ?», éructe celui qui le désignait du doigt de l’intérieur d’un des véhicules, et qui en est sorti. «Tu me connais à Abobo, non ?», précise l’accusateur. Séraphin organise sa défense, en notant qu’il vit à la Riviera 2 depuis longtemps et qu’il n’est donc pas d’Abobo. Mais il se souvient bien de celui qui lui fait face. Séraphin vivait à la cité universitaire d’Abobo 1 quand il était étudiant. C’est à Abobo qu’il a battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo, aux côtés de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Et il a eu maille à partir avec des éléments fanatisés du camp Ouattara, bien décidés à créer un climat de terreur dans les quartiers où ils étaient majoritaires, pour dissuader les électeurs de Gbagbo de s’aventurer dans les bureaux de vote. 

Le 28 avril 2011, c’est un de ces jeunes du RDR bien décidés à empêcher par tous les moyens les sympathisants LMP de voter qui se retrouve face à lui… à la Riviera 2. Et qui l’accuse d’avoir«tué des gens» à Abobo «avec Simone Gbagbo».

Des accusations aussi vagues que fantaisistes auxquelles le gérant de cabine du quartier, que Séraphin considère comme son ami et dont il est un client fidèle, donne du crédit. «Sans qu’on ne lui demande rien, il a menti en disant qu’on ne me connaissait pas dans mon propre quartier. Comme pour accréditer la thèse selon laquelle je vivais à Abobo. Il a dit que c’est la première fois que je le vois, alors que tous les matins quand j’allais au travail, il me faisait des transferts de crédit. Certaines fois, quand j’étais loin du quartier, je l’appelais, il me faisait des transferts, et je payais à mon retour», se souvient Séraphin. «Beaucoup d’habitants du quartier sortaient la tête de leurs maisons et observaient ce qui se passait. Ce qui a dérangé la patrouille qui m’avait interpellé. J’ai été embarqué dans un des véhicules.»

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Ici le dos méconnaissable de Séraphin Koudou torturé avec du plastique fondu


«Hé, les gars, il s’appelle Koudou hein…»

Le véhicule prend le chemin d’Abobo. «En chemin, mon dénonciateur prétend que j’ai tué ses soeurs et que j’ai volé leurs portables. Je fais remarquer qu’il est étrange que quelqu’un dont les soeurs ont été tuées mette leurs morts sur le même plan qu’une affaire de téléphones mobiles, et j’explique que ce qu’il raconte n’est pas crédible. Parmi les membres de l’équipée qui me séquestre, je connais deux personnes. Un jeune Nigérian nommé Venance, qui est un des syndicalistes qui font payer des jetons aux chauffeurs des gares de wôrô-wôrô et de gbakas. Il y a là également un ancien loubard du PDCI, surnommé YulBrynner et dont le groupe de voyous s’appelait Gestapo. A un moment donné, je pense pouvoir m’en sortir. Quand on arrive à la station Petro-Ivoire d’Angré, mes geôliers s’apprêtent à me libérer au point de me faire descendre du véhicule. Mais l’un des leurs voit que j’ai un paquet de cigarettes. Il me demande une cigarette. Quand je sors le paquet pour la lui donner, il voit que j’ai un billet de 10 000 FCFA. Les gars me fouillent, et prennent tout mon argent. 86 000 FCFA. Ils tombent sur mon portefeuille, dans lequel se trouve ma carte électorale. Sur laquelle mon nom est inscrit.

«Hé le gars-là s’appelle Koudou hein! C’est un gars de Gbagbo», dit l’un d’entre eux, ce qui excite tout le monde. A cause de mon patronyme, on me remet dans le véhicule. Je continue la route vers Abobo. Nous arrivons dans un secteur du quartier Habitat qui s’appelle SOS.»

«Une cour qui empeste la mort, comme si on y avait entassé de la viande pourrie»

L’équipée arrive dans une résidence qui a été transformée en «base» FRCI. «On me fait asseoir. On me pose des questions banales. Je m’évertue à m’expliquer sur mon innocence. Mais je me rends compte que personne n’écoute ce que j’ai à dire. Je parle à quelqu’un, mais je n’ai même pas encore fini qu’il s’en va. Un véhicule arrive. C’est celui du chef «militaire» qui dirige cette base. Il demande des explications sur mon identité. Ses hommes disent que je suis un milicien de Gbagbo et qu’ils vont «m’accompagner », c’est-à-dire m’exécuter. Le chef se met à rire, l’air de rien, comme si c’était une pratique routinière. On m’amène à Abobo- Derrière-Rails, dans une grande cour fermée. Une cour qui empeste la mort, comme si l’on avait entassé de la viande pourrie là-bas. C’est là que la torture a commencé. Ils m’ont tabassé, tabassé, tabassé. J’étais couché sur le gravier. Ils organisaient des concours. Qui peut se tenir en équilibre en se mettant debout au-dessus de ma tête le plus longtemps avec des Rangers au pied ? Ce qui va me sauver, c’est que leur chef arrive. Et m’adresse la parole : «C’est toi le milicien- là ?» Je réponds mais personne n’écoute. Ils rient entre eux. Et à un moment donné, comme par miracle, le chef m’écoute un peu plus. J’essaie de me faire le plus convaincant possible. J’admets que j’ai voté Gbagbo. Je dis même que si on refait l’élection, je vais voter Gbagbo. Mais je dis que je suis loin de toute violence post-électorale. Il rappelle le chef de ceux qui m’ont arrêté. Et il le rabroue.»

«Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaise en plastique sur mon dos… mes ongles ont été arrachés un à un»

Séraphin croit son martyre terminé. Mais l’équipe qui l’a pris à la Riviera 2 le ramène dans la villa du quartier SOS. «De 23 heures à 4 heures du matin, j’ai été tabassé, torturé au delà de ce que l’on peut imaginer. Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaises en plastique pour me brûler le dos, qu’ils frottent à l’aide d’un bâton. Les ongles de mes orteils ont été arrachés un à un. Pourquoi tout ça ? Pour me faire avouer, devant leur magnétophone, que j’ai été formé par le colonel Boniface Konan, qui nous donnait soi-disant 5 000 FCFA par jour, etc.

J’ai une entaille sur la tête qui a «fait» cinq points de suture. Quand le chef arrive, les gars lui expliquent que j’ai avoué que j’étais un élément de Konan. Le chef en question demande qu’on aille me chercher. Mes tortionnaires m’ont au préalable nettoyé de mon sang. Quand le chef a fini de me harceler de questions, j’ôte la casquette qu’ils ont mis sur ma tête, et je montre mes orteils écorchés. Et je lui demande si c’est dans cet état qu’il m’a laissé la veille. Le chef semble convaincu par mon argumentaire», raconte Séraphin. En tout cas, il ne veut plus laisser le jeune homme à ses éléments, qui continuent de faire courir le bruit selon lequel leur supérieur hiérarchique veut empêcher la liquidation physique d’un «milicien». «A l’hôtel du Golf, un féticheur habillé en dozo orchestre un rituel macabre» A bord de la même voiture que «le chef», Séraphin se retrouve à l’hôtel du Golf où son drôle de protecteur a une réunion. Le «chef» le confie à un élément qui se trouve sur les lieux. «Le gars qui est là, garde le pour moi !»

Séraphin est conduit dans un lieu d’incarcération pour «pro-Gbagbo» de l’hôtel du Golf.

«Dans cette salle où il y avait environ trente personnes, j’ai trouvé des jeunes qui, s’ils sont encore en vie, c’est qu’ils sont devenus fous. Tu vois quelqu’un qui reste prostré, dans la même position, pendant de longues heures. Et qui ne sort de son silence que pour tenir des propos incohérents. Des phrases comme «tout le monde à gauche, tout le monde à droite» répétées machinalement. Un événement va me frapper là-bas à l’hôtel du Golf. Un gars dit qu’il a soif. Il y a un cadavre qui flotte dans de l’eau stagnante. Et on puise «l’eau du corps» et on le lui donne.

C’est un féticheur habillé en dozo qui orchestre ce rituel macabre.

Il y a aussi quelque chose qu’un certain F. m’a expliqué. Je ne l’ai pas vécu, mais c’est crédible. Selon ce qu’il m’a expliqué, les gens du Golf ont exigé des jeunes arrêtés et retenus à l’hôtel du Golf de faire des témoignages fabriqués pour accabler Gbagbo et ses hommes. Et ce simulacre était organisé par Guillaume Soro lui-même qui leur indiquait les questions qui allaient être posées et les réponses qu’ils  evaient donner. La promesse était claire : après leurs déclarations arrangées, ils seraient libérés. Des caméras sont venues filmer leurs faux aveux. Quand ils se trompaient dans leurs pseudo-témoignages, les cameramen – des Blancs, notamment – arrêtaient de filmer pour qu’ils fassent des corrections. Comme s’il y avait une sorte de complicité entre les cameramen et les gens du Golf.»

A la recherche d’hypothétiques caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2

Séraphin quitte le Golf en compagnie du «chef» d’Abobo qui est devenu, d’une certaine manière, son protecteur. Motif officiel invoqué devant les dizaines de miliciens des FRCI qui ne comprennent pas pourquoi on ne le tue pas : il doit être le guide permettant de retrouver de prétendues caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2. «Je lui avais pourtant tout expliqué, et là il venait me parler de choses dont nous n’avions jamais parlé et dont je n’avais aucune connaissance. Comme pour lui mettre la pression, les éléments qui m’avaient torturé à Abobo sont venus pour voir ce qui adviendrait de moi», explique Séraphin. Au final, le jeune homme est conduit à la Cité universitaire de la Riviera 2 à la recherche d’hypothétiques caches d’armes. Bien entendu, il n’a aucune idée d’où peuvent se trouver des armes. La Cité est par ailleurs entièrement occupée par des éléments armés des FRCI, qui ont les moyens de la tourner et de la retourner dans tous les sens. Une fois de plus, il est torturé jusqu’à arriver au bord de l’évanouissement. Alors que «le chef» revient auprès de lui et que ses tortionnaires commencent à se désintéresser de son cas, Séraphin réunit ses dernières forces, entre dans un bâtiment de la Cité universitaire, passe par une fenêtre et réussit à s’enfuir. Il va se réfugier dans un célèbre maquis appelé «F 14», puis se cache pendant plusieurs mois à Bingerville. Au moment opportun, il quitte clandestinement la Côte d’Ivoire. Direction le Ghana, puis le Togo.

Au Togo, l’étrange comportement d’une fonctionnaire du HCR

«Quand le responsable des réfugiés ivoiriens au Togo a vu mon état, il a pris mes photos, et il a réussi à me faire obtenir un document de réfugié très rapidement. Mais une chose m’a frappé. Une certaine Nathalie, de nationalité togolaise, chargée de la protection au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), m’a donné rendez-vous dans son bureau. La première chose qu’elle m’a demandé lors de ce rendez-vous, ce sont les photos témoignant des tortures que j’ai subies. Trois ou quatre photos. Des photos où on voit mon visage tuméfié, mon dos écorché et mes ongles de les orteils arrachés. Elle me dit qu’elle va les garder, parce que quand je les ai, elles me traumatisent. Je refuse. Mais elle insiste. Elle dit qu’elle veut joindre ces photos à mon dossier. Je proteste en disant que ces photos avaient déjà été scannées pour être mises dans mon dossier. Elle continue d’insister. Je les lui prête. Deux semaines plus tard, je commence à vouloir les récupérer. Je n’arrive pas à la voir quand je vais à son bureau. Elle me fait marcher, me donne des rendez-vous à plusieurs endroits. Et chaque fois que j’arrive, elle n’est jamais là. La seule fois où je réussis à la voir, c’est un jour où j’ai rendez-vous avec quelqu’un d’autre et où je tombe par hasard sur elle. Elle affirme qu’elle ne sait plus où elle a mis mes photos, et feint de les chercher dans son bureau. Je comprends son jeu. Heureusement que la personne qui les avait prises après mes mésaventures avait gardé certaines d’entre elles dans son appareil photo. Il me les a envoyées par courrier électronique. C’est de cette manière-là que je les ai sauvées», explique Séraphin. Qui a désormais fui le Togo, en raison de la collusion entre les régimes Gnassingbé et Ouattara, qui inquiètent les réfugiés. Quand s’achèvera donc sa fuite éperdue ? Quand pourra-t-il rejoindre un Etat de droit, où les nervis du régime ivoirien ne pourront pas lui faire la peau, le faire taire à jamais ? «Si je suis vivant, c’est vraiment que Dieu l’a voulu. Je Lui fais confiance», répète inlassablement Séraphin.

 


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER 

dimanche, 08 juillet 2012

PDCI-RDR: L'EPREUVE DU FONCIER RURAL

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La réunion du bureau politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du 2 juin 2012 a été sanctionnée par un  communiqué qui a fait deux recommandations importantes : « la mise en œuvre d’une politique de l’immigration qui en assure le contrôle et la régularité et favorise l’intégration régionale » ainsi que « la gestion et l’exploitation rationnelle des terres agricoles … et l’application effective de la loi de 1998 sur le foncier rural ».

Depuis la publication de ce communiqué, les supputations vont bon train. Et au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), l’allié principal du PDCI au sein du RHDP, certains n’ont pas hésité à crier à la trahison, y percevant, les signes d’une fracture probable.

Les divergences sont en effet profondes. Qu’il suffise de rappeler que l’immigration et le foncier rural font partie des sujets qui ont permis à Ouattara et au RDR d’entretenir la fronde contre l’ennemi de l’époque (le Président Bédié) alors au pouvoir. L’ère Bédié (1993-1999) avait en effet été marquée par des lois emblématiques qui, pour  l’essentiel, portaient sur trois points : la suppression du vote des étrangers, l’adoption de conditions d’éligibilité plus contraignantes à la Présidence de la République et l’adoption d’une loi sur le foncier rural en réservant la propriété aux nationaux. Qualifiées d’« ivoiritaires » par le camp Ouattara, lesdites lois avaient fait l’objet de vives critiques, dans une campagne de mobilisation sans précédent de la presse et l’opinion publique nationales et internationales.

Et pourtant, à l’occasion de rencontres de conciliation (forum pour la réconciliation nationale, rencontre des quatre grands leaders, table ronde de Linas Marcoussis), ces lois avaient fait l’objet d’une approbation quasi unanime. Le summum aura été la Table ronde de Linas Marcoussis qui, après s’être livrée à un diagnostic du système juridique ivoirien, a trouvé que les textes tant critiqués étaient soit de référence, soit ouvert et libéral, soit encore constituait un progrès significatif.

C’est pourquoi ces rencontres n’ont jamais préconisé l’abrogation des dites lois. Dans un souci d’apaisement, elles ont néanmoins dégagé des solutions consensuelles : sensibilisation pour une meilleure connaissance de la loi, identification des problèmes en vue de leur apporter des solutions, modifications législatives pour une reconnaissance de certains droits acquis, adoption de mesures visant à combler les lacunes législatives et correction des pratiques administratives.

Les recommandations récentes du PDCI semblent s’inscrire dans la logique de ces solutions, envisageables dans le contexte de personnes dont l’ignorance a conduit parfois à une non sollicitation de certains droits ou à suivre des procédures non légales pour exploiter la terre. De même, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’innove pas. Si l’on s’en tient à son rapport final, il est demeuré dans les lieux communs, en préconisant par exemple « le positionnement du droit au cœur de la question foncière » ainsi que « la libération des terres illégalement occupées dans les forêts classées, parcs, réserves et aires protégées ».

La faiblesse principale de ces récentes propositions réside dans le fait qu’elles ne se semblent pas prendre en compte l’évolution fondamentale intervenue dans le domaine foncier, pourtant perçue par des députés lors de la récente « mission parlementaire à l’ouest ». Car le contexte et la nature des problèmes ayant changé, les solutions devraient s’adapter.

Des colons burkinabè ont envahi l’ouest

En effet, la question foncière rurale ne doit plus être envisagée dans les seuls termes d’immigrants ayant cultivé des portions de terre et qui ont des problèmes divers avec leurs hôtes propriétaires terriens. Un phénomène nouveau s’est introduit, consécutif à l’invasion de l’ouest de la Côte d’Ivoire par des colonies de peuplement et d’exploitation en provenance du Burkina Faso dans leur majorité. Des convois entiers de burkinabè s’y sont installés de force soit dans des forêts classées, soit dans des forêts et plantations appartenant à des populations autochtones à la suite d’exactions diverses, dont des assassinats.

Ces colons se sont installés au bénéfice de la rébellion dont ils ont été des acteurs et depuis l’installation de Ouattara au pouvoir. Leur occupation se conçoit comme une récompense pour service rendu à la rébellion qui a porté Ouattara au pouvoir, un tribut pour d’ex-combattants.

Ces colons sont armés au même titre que les populations étrangères installées dans la zone depuis longtemps. Ils sont en outre protégés par une armée de miliciens bien équipée et installée par la rébellion et qui continue de régner en seigneurs sous le commandement d’Amandè Ouérémi et de Issiaka Tiendrébéogo. Parmi eux, les dozos exploitent des parcelles de forêt où ils se rendent toujours avec leur fusil en bandoulière. Les FRCI (armée nationale sous le régime Ouattara) leur apportent tout l’appui nécessaire dans leur mission de sécurisation de l’ouest, en terrorisant les jeunes Wê, accusés de d’entretenir et de cacher des miliciens pro-Gbagbo. La  connivence entre les « seigneurs » burkinabè et le pouvoir actuel pour laisser l’ouest sous l’administration des envahisseurs ne fait l’ombre d’aucun doute.

L’installation des colons s’accompagne d’une consignation au village ou d’une contrainte à l’exil pour les populations autochtones. Pis, elles sont souvent assassinées pour faire place aux nouveaux arrivants. Commencée dès 2002, l’extermination méthodique des Wê, population autochtone, a connu des pics en 2005 avec le Massacre de petit Duekoué et Guitrozon et le 29 mars 2011 à Duekoué-carrefour où il a été dénombré près d’un millier de morts, dévoilant une politique bien pensée et exécutée froidement. Il y a des raisons de penser que ces faits sont constitutifs du crime  de génocide. Mais il n’y a pas que le peuple wê qui est victime de cette politique d’expropriation et d’extermination. La population baoulé installée dans la zone en subit les affres.

La question se complexifie davantage avec l’attribution de cartes nationales d’identité à ces nouveaux colons et anciens immigrants  ayant permis leur participation au  vote lors de la présidentielle de 2010. Le chiffre de trois millions est avancé. Et ceux qui n’en ont pas encore  revendiquent le précieux sésame comme le gage d’une appropriation durable ou définitive de la terre.

Ainsi, la triptyque Immigration-nationalité-foncier rural se trouve entremêlée sur un terreau électoral pour offrir un cocktail des plus explosifs.

Le séminaire gouvernemental ne préconise pas l’application de la loi foncière de 1998

Devant l’ampleur du phénomène, les analystes, les leaders politiques de l’ouest, tout comme des partis politiques comme le PDCI n’hésitent à exhiber la loi foncière de 1998 comme une solution. Votée à l’unanimité des partis représentés (FPI, PDCI, RDR) à l’hémicycle à l’époque après une tournée de consultation dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, elle a été passée au tamis de la Table ronde de Linas Marcoussis qui n’a trouvé à redire que sur une seule disposition (l’article 26) qui a du reste été modifiée en 2004 dans le sens préconisé. Elle présente l’avantage de faire référence aux droits coutumiers pour fonder l’appropriation foncière originelle, tout en traçant un cadre juridique de libre disposition ultérieure.

Mais, elle risque de devenir inapplicable à l’ouest du fait de la politique génocidaire qui y a cours. Bientôt, il risque de ne plus avoir de wê susceptibles de revendiquer un quelconque droit coutumier du fait de  la disparition programmée de ce groupe.

Du reste, même si la non application de la loi foncière de 1998 a été un sujet de préoccupation pour les participants, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’a pas recommandé formellement sa mise en œuvre. Aucun analyste sérieux de la situation politico-foncière ivoirienne ne peut prétendre qu’il s’agit d’un simple oubli, puisque des initiatives suscitées par le pouvoir agissent dans l’ombre pour faire accepter l’idée de son abrogation pure et simple et son remplacement par une autre.

Des questions connexes

Mais quoi qu’il en soit du sort futur de cette loi, elle n’avait pas vocation à résoudre certains problèmes connexes auxquels il faudrait cependant s’attaquer. Peut-on laisser longtemps prospérer cette population en armes à l’ouest de la Côte d’Ivoire sans que cette situation n’incite les populations des autres parties du territoire à en faire de même ? Pense-t-on au bouleversement démographique qui pourrait survenir à l’ouest du fait de la présence burkinabè que l’on veut imposer vaille que vaille à la Côte d'Ivoire, et à laquelle l’on veut attribuer non seulement les meilleurs terres de notre pays, mais aussi une citoyenneté ? Déjà, le jeu démocratique a été faussé lors de la présidentielle par  l’inscription illégale de millions de burkinabè sur la liste électorale, rétablissant du même coup, de manière ignoble le vote étranger. Qu’en sera-t-il demain lorsque le fait colonial burkinabè se sera consolidé ? Car, réaffirmons-le, il ne s’agit pas d’une immigration ordinaire qui a vocation à se laisser contrôler et qu’il faudrait chercher à régulariser. Quand va-t-on mettre fin au supplice des populations de l’ouest et à leur extermination ? Quelle action à l’encontre des génocidaires wê ?

En définitive, il ne faut pas être un démiurge pour noter l’importance des recommandations du bureau politique du PDCI. Marqueraient-elles le point de départ d’une rupture avec son allié de circonstance ? Pour autant, le PDCI va-t-il abandonner la langue de bois pour poser le vrai problème de la colonisation burkinabè rampante à l’ouest ? M. Kablan Ducan du PDCI et ministre des affaires étrangères peut-il solliciter une intervention internationale au Mali contre Ançar dine et autre MLNA et feindre d’ignorer l’occupation de l’ouest de son pays ? Le PDCI peut-il constater ce phénomène et continuer à participer à ce gouvernement sans se rendre complice de cette aventure coloniale d’un autre âge ? On n’imagine en effet difficilement que le parti de l’émancipation politique de la Côte d’Ivoire soit le fossoyeur de l’indépendance en bradant le pays pour quelques postes ministériels et quelques caisses de champagne.

 

Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant