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mardi, 10 avril 2012

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

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Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

lundi, 09 avril 2012

COMMENT LA FRANC-MAÇONNERIE CONTROLE TOUT SOUS LE COUVERT DE LA REPUBLIQUE

 
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Que font un squelette humain et un cercueil dans une loge censée promouvoir une philosophie élitiste?

 

Chers lecteurs, je vous ai dégoté un site inestimable, BARRUEL.COM, qui va vous horrifier par ses révélations et sa riche documentation sur cette secte religieuse appelée "Franc-maçonnerie", qui écume le monde en réseau avec des cercles occultes comme les Skull and Bones (le pouvoir occulte américain), la Trilatérale, le CFR, le groupe Bilderberg, le Bohemian Club et les Illumatis. Peut-il sortir quelque chose de bon d'une telle secte pour l'Afrique et pour notre monde? Nos pays et la terre entière dirigés par ces "frères de lumière" n'en finissent pas de sombrer dans les crises financières, les coups d'Etat, les guerres, les révolutions illusoires et le chaos. Ne gobez plus les mensonges officiels et refusez d'être des victimes de la manipulation médiatique de ces hommes puissants. Informez-vous, libérez-vous, désintoxiquez votre esprit! Bien à tous.

INFLUENCE DE LA FRANC-MAçONNERIE EN FRANCE.gif

 

Cliquer sur:

Réflexions sur les élections en "république" maçonnique Française ou "démonocratie".



 

" La franc-maçonnerie est ici chez elle au ministère de l'intérieur ".

Paroles prononcées par NICOLAS SARKOZY le 23 Juin 2003, pour le 275° anniversaire de la secte, mère de la république.
(Lire plus bas.)

 
SARKOZY ET LA FRANC-MAçONNERIE.jpg




"La franc-maçonnerie n'est autre chose que la république à couvert, comme la république elle-même n'est autre chose que la franc-maçonnerie à découvert."

F.-. Gadaud, compte rendu du convent de 1894.
Cité par Paul Copin-Albancelli, Le Pouvoir Occulte contre la France, page 97. (LIRE)

 
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Source: BARRUEL.COM

samedi, 07 avril 2012

REVELATION SUR LA CRISE MALIENNE: LE DEAL FRANCE-MNLA


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Le nouveau Mali de Nicolas Sarkozy

 

Un véritable complot est tramé entre la France et le MNLA contre le Gouvernement du Mali. En effet, d'une part mécontent du soi-disant laxisme d'ATT face aux enlèvements de ses ressortissants par l'Aqmi, et d'autre part voyant l'intention du gouvernement du Mali à écarter les sociétés françaises dans l'attribution du marché d'exploitation de son futur pétrole au nord, la France a délibérément cherché à faire un deal avec la rébellion touareg en vue de déstabiliser le régime d'ATT et d'inciter les Targui à réclamer l'indépendance sinon l'autonomie de leur zone (Azawad). Le deal convient que la France s'engage à soutenir financièrement, diplomatiquement et stratégiquement les séparatistes jusqu'au bout (c'est-à-dire jusqu'à l'atteinte de leur objectif). En contrepartie, les séparatistes devront s'engager à éradiquer l'Aqmi du nord du Mali et aussi à confier aux sociétés françaises l'exploitation du pétrole du nord.

Le scénario tracé est le suivant :


Les rebelles devront se soulever et attaquer les camps militaires du grand Nord (Aguelock et Kidal) en vue de libérer le septentrion malien. La France pourra alors les ravitailler en armements, carburants et autres via l'aéroport de Tessalit. Ils devront continuer la progression vers l'Est en annexant GAO et Tombouctou. Une fois Tombouctou tombé, l'objectif serait en parti atteint. La France de son côté garantira la légitimité et la protection des rebelles en empêchant la CEDEAO d'intervenir militairement. Pour ce faire elle devra anticiper en convoquant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité de l'ONU (ce qui masquera son soutien aux séparatistes) pour demander un arrêt d'hostilité aux belligérants et afin que soit privilégié le dialogue. Dans le plan, il est prévu que le MNLA proclame la fin des opérations militaires dans les heures qui suivront la déclaration de l'ONU. Alors, la CEDEAO qui ne peut agir sans l'aide et l'aval de l'ONU sera contrainte de renoncer aux interventions militaires contre les rebelles. Aussi de par leur déclaration anticiper de cesser le feu, les rebelles parviendront à gagner la confiance de la communauté internationale. Ainsi, ils réclameront leur autonomie territoriale afin de finaliser le deal conclu. Dans le deal, il a été recommandé au porte-parle du MNLA Moussa Ag ATTAHER (logé, escorté et protégé par la France), que pour qu'on ne soupçonne pas la France de jouer un double jeu, il ne devra citer la France qu'en dernier ressort dans son appel envers les communautés Internationales. C'est pourquoi, il citera chaque fois, les Nations Unis, les USA et ensuite la France. Voyez cette recette facile ! Qui aurait cru qu'une telle attitude, qu'un tel complot proviendrait de la France ? C'est regrettable, c'est pitoyable et c'est indigne de la part d'une soi-disant Puissance ! Ces moyens ignobles et indécents déshonorent la France. C'est une violation grave du traité colonial qui lie le Mali à la France. Est-ce que les citoyens maliens ont besoin de répondre à une erreur de laxisme de leur premier dirigeant ? Dans tous les cas c'est un signal fort à l'endroit de tous les autres pays colonisés par la France, pour qu'ils sachent que la France n'a pas d'amis mais des intérêts et qu'elle est prête à vendre son honneur pour sauvegarder ses intérêts.


Nous pensions que la France pouvait avoir des moyens plus légaux pour contraindre un gouvernement laxiste que de déclencher une guerre de division territoriale et de conflit ethnique. Elle sera comptable de tout ce qui adviendra. Elle devra savoir qu'elle est passible de poursuite pénale, de crime de guerre en ayant provoqué l'invasion du territoire malien par les rebelles venant de Libye avec des armements lourds.


L'objectif de la présente pétition est de faire éclater au grand jour le complot tramé par la France et le MNLA contre le gouvernement du Mali.


Il est urgent que le Gouvernement du Mali saisisse la Cour pénale internationale pour demander réparation à la France pour complot contre son intégrité territoriale et aussi à l'OTAN pour sa responsabilité dans la crise en aval de la guerre de Libye. Nous avons dénoncé le fait, il reste aux autorités institutionnelles de notre Etat à poursuivre le combat en saisissant qui de droit.

Maliens, maliennes ! Demeurons unis, n'offensons pas les ressortissants français vivant chez nous car ils ne sont pas comptables des erreurs de leur pays. Mais haïssons la France et sabotons toutes ses coopérations. Haïssons Nicolas Sarkozy et son gouvernement fantoche. Levons-nous pour réclamer le droit de réparation. Demandons l'aide des USA, de la chine et de la Russie. Tout sauf la France et tout contre la France et ses alliées.

Envoyer ce message à tous les maliens et à tous les africains pour qu'il sache le dessous et le non-dit de la guerre au Mali


Ce message est écrit ce jour, Mercredi 21 Mars 2012, par la Coalition Malienne pour l'Unité Territoriale (CMUT) :


Suivez le déroulement des choses et vous donnerez raison à ceux qui l'ont écrit.

D'autres révélations plus intrigantes sont en cours.

« L'union sacrée pour la libération du Nord est la thérapie qui, avec l'ensemble de toutes les forces vives, sans distinction d'âge, de race et d'appartenance politique, permettra de relever le défi qui se pose à toute la nation malienne ».


Dr ASSADEK aboubacrine

Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.

Tel (00) 223 2022 32 44
Fax (00) 223 2023 81 68

B.P. E3206 Bamako-Mali

Cel1 (00) 223 7643 49 64
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MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


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Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

vendredi, 06 avril 2012

ABEL NAKI, PRESIDENT DU CRI PANAFRICAIN, DE RETOUR DE LA HAYE OU IL A RENCONTRE LE PRESIDENT GBAGBO



ABEL NAKI ET CHRISTIAN VABE.JPG

Abel Anaki (à droite, avec Christian Vabé, Directeur de Publication de IvoireBusiness.net, à gauche): «Ce que Gbagbo m'a dit». «Le Président m'a donné des consignes». «Il m'a donné mandat».

 

Le 26 mars dernier, Abel Naki, président du Cri-panafricain, était reçu en audience par le Président Laurent Gbagbo au quartier VIP de la prison de Scheveningen à La Haye. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était la première fois qu'il rencontrait le Président Gbagbo. Selon Abel Naki, il a fait le point de la mobilisation au Président Gbagbo, qui lui a donné des consignes et des conseils, comme un père. C'est donc un mandat qu'Abel Naki a reçu du Président Gbagbo, ce qui est une tâche très lourde.

Ce dernier a insisté pour que la diaspora, surtout celle de France mette en place un comité central pour la mobilisation. Il nous livre en exclusivité, le contenu de son entretien avec le Président Laurent Gbagbo. Il parle avec émotion du mandat qu'il a reçu par ce dernier pour travailler à l'union de la résistance. Tâche à laquelle il a commencé à s'atteler sans délai, et dans la plus grande humilité.


Christian Vabé


IvoireBusiness : Pourquoi êtes-vous allé voir le Président Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Je suis allé voir le Président parce que la CPI m'a convoqué pour me donner rendez-vous avec le Président. C'est une visite qui m'a permis de faire le point de la mobilisation, parce que c'est de ça qu'il s'agit, et de lui faire part de toutes nos actions que nous avons menées peu avant le 11 avril 2011 et juste après le 11 avril, jusqu'à aujourd'hui.

IvoireBusiness: Est-ce pour vous une reconnaissance que le Président ait accepté de vous recevoir ?

Abel Naki: Ce n'est pas une reconnaissance pour moi en tant que Abel Naki, mais c'est une reconnaissance pour toute la diaspora, pour chaque leader, pour chaque responsable d'association, pour chaque responsable de mouvement. Pour tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre à l'édifice de la résistance. Je pense que c'est une reconnaissance du Président au combat que nous avons commencé à mener au niveau de la diaspora.

IvoireBusiness : A la veille de cette visite au Président Laurent Gbagbo, vous avez été arrêté. Pourquoi ?

Abel Naki: J'ai été arrêté parce que les forces de l'ordre, sinon les services de police ont estimé que j'avais eu des propos antisémites, des propos terroristes. Ils ont dit que je faisais l'apologie du terrorisme et que je soutenais Mohamed Merah, celui qui a perpétré les tueries de Montauban et de Toulouse.

C'est pour ces raisons que j'ai été arrêté. J'ai dit ici que mes propos ont été mal interprétés et mal compris parce que c'est dans un cheminement, dans un raisonnement que le nom de Mohamed Merah est sorti. Ce n'était peut-être pas le bon exemple à choisir. C'était dans un cheminement bien précis et cela a été mal interprété par les services secrets français qui étaient présents à la manifestation.

IvoireBusiness : Est-ce à dire que vous ne soutenez pas les actions de Mohamed Merah ?

Abel Naki: Je ne peux pas soutenir les actions de Mohamed Merah parce que je ne suis pas un terroriste. Mohamed Merah a été qualifié de terroriste. Je ne suis pas un antisémite. Je ne peux pas soutenir et je ne peux pas louer les actions de Mohamed Merah. Les services secrets français nous connaissent parce que ça fait plus d'un an que nous sommes dans les rues de Paris. Et nous travaillons avec eux car ce sont eux qui coordonnent nos marches. Ce sont eux qui sont avec nous dans les marches, nous les connaissons, ils nous connaissent, on n'a jamais tenus de tels propos. Il est arrivé que cette fois le nom de quelqu'un qui est l'objet d'actes terroristes et d'actes antisémites est sorti dans mes propos. Mes propos ont été mal interprétés tout simplement parce que nous sommes dans une période très sensible où il y a des noms qu'il ne faut pas prononcer.

IvoireBusiness : Est-ce vous avez évoqué cette question avec le Président ?

Abel Naki : Avec le Président, j'ai évoqué cette question mais je ne suis pas rentré dans les détails.

IvoireBusiness : Que lui avez-vous dit ?

Abel Naki: J'ai dit au Président que je venais de sortir juste d'une garde-à-vue et le Président m'a dit, on t'a encore arrêté? J'ai un peu tiqué et je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Que j'aie parlé de cette affaire ou pas, je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Je lui ai simplement dit que j'ai été arrêté par rapport à la manifestation que nous avons faite et que mes propos avaient été mal interprétés.

IvoireBusiness: Comment avez-vous trouvé le Président ?

Abel Naki: J'ai trouvé le Président en tout cas serein, en très bonne forme, en bonne santé, et jovial. C'est en tout cas le Laurent Gbagbo que nous avons toujours connu et courtois. J'ai trouvé en tout cas un Président de la République droit dans ses bottes, avec toutes ses facultés en place. Il y a même pendant notre entretien, de petites anecdotes qu'il ressortait et qui me faisaient penser à quand il était encore aux affaires en Côte d'Ivoire.

IvoireBusiness : De quelles anecdotes s'agit-il ?

Abel Naki: En tout cas, je vais me garder de dire certaines choses que j'ai eu à évoquer avec le Président. Tout ce qu'on doit savoir, c'est que le Président se porte très bien et qu'il est en bonne santé.

IvoireBusiness : Que vous a dit le Président Gbagbo ?

Abel Naki: Le Président a insisté sur l'union de la mobilisation parce que moi Abel Naki, résistant à Paris avec tous mes camarades ayant fait le point de la mobilisation et de tout ce qui entre en ligne de compte, le Président a souligné que c'est l'union dans la mobilisation qui est essentiel. Le Président a donc insisté sur le fait que nous soyons unis parce que les divisions entre nous, il est au courant et ça l'a beaucoup affecté. Son plus grand souhait, c'est que tous ses enfants, tous les ivoiriens, en tout cas tous les leaders soient unis pour pouvoir gagner ce combat-là.

IvoireBusiness : Vous-a-t-il donné mandat pour travailler à cette union ?

Abel Naki: On ne peut pas dire que j'ai eu mandat. Mais je pense que j'ai eu un mandat par le fait d'y aller et que le Président mette l'accent sur l'union, je pense que j'ai eu mission pour œuvrer à ce qu'effectivement, il y ait union dans toutes nos activités, dans tout ce que nous faisons.

Je m'attèle à cela. Quand je suis revenu, j'ai appelé tous mes camarades, tous ceux avec qui on pouvait peut-être ne pas s'entendre, je les ai tous appelés pour leur faire part de ma visite au Président et leur faire un compte-rendu. Je pense qu'il faut que nous nous inscrivions dans cette dynamique unitaire pour pouvoir gagner le combat.

IvoireBusiness: Alors ce mandat du Président, comment comptez-vous l'utiliser? Allez-vous écraser vos adversaires ?

Abel Naki: On ne pas revenir de chez le Président Laurent Gbagbo et avoir un air hautain ou alors vouloir écraser les autres! Parce que vous-même, quand vous le voyez et quand vous le rencontrez, vous vous dites que vous n'êtes rien par rapport à lui. Donc ça permet à ceux qui le rencontrent de pouvoir se maintenir dans leur position d'humilité. C'est donc vraiment avec humilité que je prends ce mandat. Je ne suis pas le chef de quelqu'un, je ne suis pas le patron de quelqu'un. Je suis allé voir notre chef à nous, la phrase ou le mot d'ordre qui est sorti, c'est l'union dans la mobilisation, je l'ai bien compris et je voudrais bien le transmettre à mes camarades pour que nous puissions tous travailler à cette union-là. Chacun peut avoir son groupe, chacun peut avoir son association, son mouvement, mais quand il s'agit des grands rassemblements, quand il s'agit des grandes plateformes, il est important et impératif que nous soyons sur la même longueur d'onde et que nous puissions travailler de façon unitaire.

IvoireBusiness : Avez-vous parlé de Miaka Ouretto, car ce dernier, lorsqu'il est allé voir le Président a dit que Koné Katinan n'était pas le porte-parole de Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Vous savez, cette visite au Président, ça a été une surprise pour moi. C'est avec honneur que je l'ai rencontré. Nous n'avons pas parlé de ces choses, parce que j'estime que je ne suis pas allé le voir pour parler de ça. Et je n'ai pas évoqué ce problème parce que je considère que ce n'est pas un problème qui me concerne moi. Ce qui me concerne et qui concerne mes camarades de lutte, c'est la mobilisation. Alors j'ai fait le point et le Président nous a donné des consignes. Il nous dit d'être unis dans la mobilisation. Donc, je n'ai pas touché tous ces aspects parce que je ne suis pas responsable du FPI, ni représentant du ministre Koné Katinan. Donc je n'ai pas abordé ces sujets.

IvoireBusiness : Récemment, Laurent Gbagbo était au centre de l'actualité, surtout par IvoireBusiness qui a évoqué l'imminence de son empoisonnement à La Haye. En avez-vous parlé ?

Abel Naki: Lorsqu'on discutait et que je lui posais des questions sur sa santé, il me disait qu'il était en bonne santé et qu'il était bien traité. L'imminence de cet empoisonnement, je n'en ai pas parlé pour ne pas entrer dans des situations qui risquent peut-être de fâcher la CPI. Parce qu'il ne faut pas ignorer que là où nous sommes assis, il y a peut-être une camera qui nous regarde ou des micros. Donc j'ai pris sur moi de ne pas parler de ces choses-là, parce que c'est quand même de la CPI qu'il s'agit dans ce cas précis. J'ai eu le réflexe de ne pas en parler.

IvoireBusiness : Comment le Président Laurent Gbagbo appréhende t-il l'ouverture de son procès le 18 juin prochain ?

Abel Naki: Le Président compte d'abord sur lui-même, sur ses avocats qui font un travail excellent et il compte sur la mobilisation de la diaspora et de tous les ivoiriens. Alors, il a insisté pour que nous la diaspora, surtout nous en France, parce que c'est nous qui sommes allés le voir, nous mettions en place un comité central pour la mobilisation, pour qu'il n'y ait pas plusieurs organisateurs, et qu'il n'y ait pas différents prix pour décourager bon nombre d'ivoiriens, et bon nombre d'africains qui ont envie de participer à ce procès. Alors, nous allons mettre en place un comité central d'organisation avec toutes les sensibilités et tous les différents mouvements, toutes les plateformes et coalitions. Pour que tous les ivoiriens, on ait un seul langage et un seul moyen de transport pour aller à La Haye, le 18 juin prochain.

IvoireBusiness : Comment avez-vous trouvé le Président, a-t-il récupéré ?

Abel Naki : Il a récupéré, il m'a même accompagné jusqu'à la sortie.

IvoireBusiness : Comment était habillé le Président ?

Abel Naki: Le Président avait porté une tunique, mais je peux dire que sous l'émotion, je n'ai même pas remarqué la couleur de son pantalon, je n'ai même pas remarqué les chaussures qu'il avait portées. C'est pour vous dire que c'était pour moi un honneur de voir celui pour qui nous avons lutté depuis 2002 jusqu'aujourd'hui en 2012. C'était un grand jour, je n'avais jamais vu le Président Laurent Gbagbo face à face. On l'a toujours vu à la télévision ou de passage dans un cortège présidentiel. Mais imaginez-vous, moi Abel Naki, assis dans une petite salle d'audience seul à seul avec le Président de la République et sans témoin. C'était très émouvant et je peux vous dire qu'il était lui aussi très content de me voir. Quand il m'a vu, il a grandement ouvert ses bras. En tout cas, c'était une visite d'un fils à un père. C'est comme ça que je qualifie ma visite à Laurent Gbagbo.

IvoireBusiness : Quel appel avez-vous à lancer ?

Abel Naki: Je voudrais lancer un appel aux ivoiriens d'être sereins, parce que le Président Laurent Gbagbo compte sur toute la Côte d'Ivoire. Il est informé sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans la diaspora. Et il compte sur nous pour pouvoir gagner son procès. Et le 18 juin, il faut que tous les ivoiriens du monde entier et toute la diaspora, puissent se rendre à La Haye, afin que nous allions soutenir notre Président.

IvoireBusiness : Merci, Abel Naki!


Propos recueillis à Paris par Christian Vabé.


Source: IVOIREBUSINESS

LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT

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La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d'ailleurs: « C'est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l'humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l'examen d'un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d'une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l'est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l'humanité ?

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C'est en raison de cette prétention à l'universalité, qu'elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n'a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C'est pour ces mêmes raisons qu'OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n'a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l'engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d'ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE...) dont les pays n'ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n'est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité dans la crise en Cote d'Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

Pour les africains qui en sont restés à l'idéalisme de l'enfance juridique, il faut qu'il soit su ce qui suit. Au fond, ce n'est jamais l'acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l'apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

Et c'est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d'erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c'est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l'interprétation juridique est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l'infaillibilité de la C.P.I.

Quand un homme, par le biais d'une déportation, sort de l'orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l'étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l'objet d'une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d'Etat, en l'occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d'ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires.

Sachez qu'aucune forme d'esclavage n'est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d'autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l'Architecte de l'indépendance de l' Haïti) ; celle de  L'ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

Quand les projecteurs de l'histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd'hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d'être « partial, partiel et parcellaire ». Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d'un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l'esclavage.

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l'instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE...) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n'est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n'est pas parce qu'on s'en détourne qu'elle devient mensonge.


Séry Zadi Gboziagnon

Juriste, Politologue, Traducteur.

jeudi, 05 avril 2012

SANCTIONS DE LA CEDEAO: QUAND LE CLUB DES CHEFS D'ETAT MAL ELUS DECIDE DU SORT DU MALI



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La presse malienne charge Ouattara et les chefs d'Etat de la CEDEAO. Sans concession aucune.

 

Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sur la situation du Mali, les chefs d'Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l'ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d'Etat, mais pour se prémunir d'un scénario dont ils ne sont jamais à l'abri.

Avant de monter sur l'arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d'œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l'ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l'Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l'instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et non choisis par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l'Afrique sens dessus dessous, assassinant l'espoir de tout un continent qui ne rêvait qu'à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l'exécution des mots d'ordre de l'épreuve de dictée préparée qu'ils ont subie dans l'Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d'une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l'indépendance aux organisations continentales et sous-régionales. Ainsi l'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l'Union africaine (UA) en 1999, à l'image de l'Union européenne (UE) menacée d'implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu'on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l'appellation de l'Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu'un seul objectif: l'instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu'ils jouent parfaitement leur rôle dans la Françafrique.

Mais de là à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même a beaucoup à se reprocher.

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Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l'assassinat d'un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d'abord à éliminer tous ses frères d'armes qui l'ont aidé à abattre le jeune capitaine, l'incarnation de l'espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n'est pas épargnée. Le journaliste d'investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d'un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1998.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l'Afrique de l'Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous-région.

Du Libéria à la Sierra-Leone en passant par la Côte d'Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l'armée du pays des "Hommes intègres" et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays, au moment de la guerre, la plaque tournante du trafic de l'or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.
Ce criminel, qui n'a sa place que dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d'Ivoire.
En un mot, cet homme n'incarne que Satan en personne.

Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d'Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO

Son cas est des plus pathétiques. Incapable d'arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N'eut été le poids économique de la Côte d'Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l'époque, le géant de l'Afrique de l'Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l'installer au pouvoir et les pressions économiques de l'UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d'une élection déjà pipée à l'avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d'être un modèle pour donner des leçons à d'autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d'être un coup d'Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l'armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d'Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c'est que les militaires maliens n'ont pas pris l'avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.

Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l'Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l'omission sur le fichier électoral d'un million d'électeurs dans le camp de l'opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d'être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.

Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d'Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu'un coup d'Etat est inversement apprécié selon qu'il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu'il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est-ce pas? Le silence serait d'or pour vous.

Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l'ancienne puissance entre les deux tours d'une élection qu'elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu'elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

Quand les anciennes provinces du Grand Mali, s'étendant de l'Atlantique à l'Aïr, viennent à son secours de façon arrogante, il y a de quoi pleurer pour ne pas rire. Mais la faute n'incombe qu'à nous-mêmes, du moment où nous avons élu des présidents comme Alpha Oumar Konaré et ATT qui ont contribué à la déchéance de notre pays.


Yoro Sow, in l'«Inter de Bamako» du 3 avril 2012.

SENEGAL: MACKY SALL OU LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE COLONIALE


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Dans une Afrique où il est de coutume pour les tyrans de s'accrocher à leur fameux fauteuil présidentiel, lorsque dans un territoire un satrape perd le pouvoir, c'est plutôt normal que les partisans du changement pour le changement soient aux anges. Des Africains du territoire du Sénégal et beaucoup d'autres sont à la fête après que Abdoulaye Wade ait été sorti et qu'on ait porté, par vote, à sa place son ancien premier ministre Macky Sall. Ce matin, on apprend par la presse qu'un peu partout dans ce territoire l'heure est à la fête et aux réjouissances populaires. Mais si on prend un peu de recul, il est à constater que ce changement n'annonce rien de nouveau et même, il faut oser le dire, rien de bon. Mieux, il ressemble fort malheureusement pour les fêtards et autres optimistes béats à une continuité. C'est juste un changement de personne pour mieux ancrer le système.

Tout d'abord : le nouvel élu se définit lui-même comme un libéral. Wade est aussi un libéral et il l'a toujours revendiqué et assumé. Qu'est-ce dont qu'un libéral dans le champ politico-économique ? Un libéral c'est un partisan sur le plan politique de la démocratie et des libertés individuelles ; et sur le plan économique c'est un capitaliste. Dans le contexte africain où les Etats ne sont que le visage d'autrui, l'expérience a montré que le libéral est un fervent partisan de la suppression des barrières douanières, de la libéralisation du mouvement des capitaux, de la construction des infrastructures moins rentables pour le pays mais bénéfiques aux entreprises transnationales, de l'augmentation des taxes et impôts, de la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, de la réduction des dépenses de santé, de l'éducation, de la réduction des salaires, du blocage des avancements voire du dégraissage dans la fonction publique, de la suppression de tout soutien public aux agriculteurs et de tous les frais affectés au bien-être de notre peuple. Bref, le libéral est celui qui a pour mission de transposer mécaniquement le modèle libéral en Afrique et détruire la vision africaine de la vie en communauté. Et toutes ces mesures ne visent rien sauf à faire des économies pour payer la « dette » et attirer les « bailleurs » et les « opérateurs économiques étrangers ». Un libéralisme de plus en plus rejeté violemment dans son berceau occidental où on lui cherche désespérément des alternatives mais revendiqué sous les cieux africains. Macky Sall est de ceux-là qui vantent la fameuse initiative PPTE qui énonce débilement que plus un pays alourdit sa pauvreté et sa dette, plus il va vers son développement.

Ensuite : Macky Sall est un homme du système. Il a été nourri à la mamelle de l'ex-président Wade auprès de qui il a fait ses premières armes depuis les années 1980 au sein du PDS (Parti Démocratique Sénégalais). Elu président de la cellule Initiatives et Stratégies et secrétaire général de la Convention régionale du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Fatick en 1998, il fut l'un des artisans en 2000 de la victoire de Wade qui le récompense en le nommant Conseiller Spécial. Son ascension ne s'arrête pas là. En 2001, Sall devient ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique, puis ministre d'Etat en 2002 à différents postes. En avril 2004, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) et le 21 avril 2001 Macky Sall est nommé Premier ministre par Abdoulaye Wade, poste qu'il occupe jusqu'à la réélection d'Abdoulaye Wade en 2007.

Continuant sa carrière, Sall passe de la primature à la présidence de l'Assemblée nationale le 20 juin 2007. C'est à ce poste qu'il va rencontrer sa première pierre d'achoppement. Certain d'être par son parcours politique un fils du président Wade, il "ose" convoquer Karim Wade, fils du président Wade à l'Assemblée pour audition sur les travaux de l'Agence nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI). Le courroux du vieux lion de la Teranga Wade est immédiat. Il opte pour les liens du sang en punissant le « fils politique » au bénéfice de Karim. Le poste de numéro 2 du PDS est supprimé par le comité directeur qui décide aussi de réduire le mandant du président de l'Assemblée de cinq à un an. L'infamie est insupportable pour Sall qui démissionne du PDS et crée son propre parti, l'Alliance pour la République. Comme on peut le voir, Macky Sall est un homme du système qui l'a fait du début jusqu'à son niveau actuel. Il ne l'a jamais remis en cause et ne le fera pas. Macky Sall se définissant comme un libéral n'a jamais posé que de question sur l'économie coloniale dans laquelle le territoire du Sénégal baigne en compagnie de tous les autres avec le Franc CFA à l'appui. Jamais de question non plus sur les cultures coloniales notamment l'arachide dans laquelle le territoire du Sénégal excelle. jamais, il n'a mentionné que le cadre africain est un cadre vicié et impropre au développement à cause de son extraversion absolue depuis des siècles à présent. Il n'a pas quitté le navire colonial (Etat colonial) parce que fondamentalement il est mauvais et que piloté avec la boussole étrangère, il ne peut donc que mener le peuple africain du Sénégal à l'accident final.

Enfin : Macky Sall est Grand Croix de l'Ordre national du Lion et Grand Officier de l'Ordre de la Pléiade de la Francophonie. Il a été surtout fait Grand Officier de la Légion d'Honneur française, le 25 mars 2008 en plein trouble avec son mentor Abdoulaye Wade par l'Ambassadeur français Jean-Christophe Ruffin. Les textes de la Légion sont clairs : « La Légion d'honneur est la plus haute décoration française. Elle récompense les mérites acquis par les citoyens, en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce, dans tous les secteurs d'activité du pays. » La Légion d'Honneur n'est attribuée qu'aux français, comme le précise l'article R.16 du Code de la Légion d'Honneur. A titre exceptionnel toutefois les étrangers peuvent être décorés en fonction de leur personnalité et des services rendus à la France. Macky Sall est-il français ? Si, oui dans ce cas, les Africains du Sénégal auront élu un français qui ne peut que travailler pour son pays à la tête de ce territoire. Il y aurait alors erreur sur la personne. S'il ne l'est pas, quels sont donc ces services que Macky Sall a rendu, rend et rendra encore à la France pour qu'il ait cette récompense ? On peut aisément le deviner, mais bien malin est celui qui pourra montrer des preuves quand on sait que la caractéristique principale de la Françafrique est de procéder dans l'opacité. Mais étant à plusieurs reprises ministre des mines, de l'énergie et de l'hydraulique, on peut imaginer des contrats en faveur des multinationales françaises. Mais, pas seulement. Avec cette médaille, il n'est pas seulement question de récompenser les services rendus dans le passé. Il est probablement question aussi de préparer le terrain pour d'autres bonnes œuvres dans le futur en faveur de la Métropole. Car, la France a ceci de particulier qu'elle sait repérer très tôt les bons chevaux sur lesquels elle mise depuis leur plus jeune âge en leur offrant des gadgets les plus clinquants afin de les mettre sous son contrôle très tôt. C'est cette caste que les coloniaux appelaient « l'élite indigène » dont la mission est de lier solidement les territoires d'Afrique à la Métropole. Et c'est dans ces relations que vivent jusqu'ici les territoires africains.

Dans un cadre colonial comme c'est le cas dans l'Afrique actuelle, le pouvoir d'Etat ne peut être remis en n'importe quelle main. Il ne peut que quitter une main soumise pour retomber dans une autre encore voire plus servile. Lorsque, par le hasard de l'histoire, ce pouvoir parvient à un homme qui n'est pas coopté par la Métropole, la vie de ce dirigeant devient un enfer. Tout est mis en oeuvre pour l'assassiner (Sankara et bien d'autres) ou pour le renverser (Laurent Gbagbo et bien d'autres). Ce système ne peut dès lors se sentir que renforcé si la transmission du pouvoir se fait avec la participation du peuple à travers la voie électorale comme c'est le cas au Sénégal. Le peuple africain de ce territoire vient de "choisir" le changement de personne dans la continuité d'un système.

Mais pour beaucoup d'Africains tout ceci n'est qu'accessoire, l'essentiel étant que Wade, le "vieux Wade" s'en aille. Ainsi donc, en poursuivant la curiosité de visiter ce qu'on appelle la toile et les réseaux sociaux, on s'aperçoit que ce qui préoccupe effectivement ce n'est ni de se demander de quoi cette fameuse alternance et cette « leçon de démocratie » a le nom, ni d'interroger la politique dont Macky Sall est porteur, ni d'étudier le cadre dans lequel le « nouvel élu » devra agir, ni de mesurer les résultats que cet homme a fait, puisqu'il a été au pouvoir depuis 10 ans et ceux qu'il pourra obtenir avec ses nouvelles responsabilités. Non, tout ceci n'est que questionnements académiques voire hors-sujet. Ce qui intéresse et qui est motif de joie c'est que non seulement Wade et Cie aient quitté le pouvoir, mais encore que la nouvelle première dame du territoire du Sénégal ne soit pas une « blanche », mais une noire, une Africaine.

Que les compatriotes du Sénégal aient mis en échec le projet Sarkowade qui visait à monarchiser ce territoire avec un plan qui devrait léguer le trône présidentiel à Karim Wade après le règne de son père, c'est un fait, mais si « le changement » doit uniquement signifier pour beaucoup le changement de personne à la tête de nos territoires et l'avènement d'une première dame noire au lieu d'une blanche alors là, on est plus que mal barrés. A ce coup, il n'est pas étonnant que l'Afrique soit toujours dans la colonisation sans que beaucoup s'en aperçoivent.

En conclusion, il faut redire que le cadre africain est un cadre colonial. Il fonctionne pour satisfaire les besoins de l'extérieur au mépris des préoccupations endogènes. Tant que ce cadre ne sera pas remis en cause, détruit et reconstruit à l'aune des valeurs et des besoins intérieurs, c'est peine perdue qu'on se tue à doter les proto-Etats africains de présidents et des gouvernements. Espérer que l'Afrique sortira des rapports d'exploitation et de soumission qu'elle entretient avec l'extérieur (notamment avec l'Occident) avec des élections à l'issue desquelles on attend des élus des réformes revient à jouer à une poule qui couve des œufs pourris avec l'espérance que les 21 jours de couvaison déboucheront sur l'éclosion de poussins. On ne réforme pas la colonisation, on la détruit. Si tel n'est pas le cas, alors les rapports coloniaux deviennent selon les mots prononcés dans son allocution radiotélévisée du 6 avril 1962 par De Gaulle, des "rapports de coopération" qui en réalité continuent par servir la Métropole.

Les Africains doivent se rendre à l'évidence que lorsqu'on ne maîtrise pas son espace, on ne peut le transformer. Les africains du Sénégal peuvent avoir le sentiment de choisir « leur président », mais ils ne décident de rien du tout. Ils vivent sur un territoire qu'ils ne maîtrisent pas. D'où l'urgence de ne pas se satisfaire d'un changement qui n'en est pas un. D'où l'urgence de refuser de célébrer le faux et le mirage.

Le travail revient donc une fois encore aux filles et fils du peuple noir. Lorsque chacun assumera sa part de responsabilité avec gravité en pensant à l'avenir et au devenir de nos enfants, nous pourrons nous lever pour dire non à un système qui présente nos illusions comme nos plus brillantes réussites. Et ceci nécessite de la formation, des stratégies les plus redoutables et des hommes cohérents, aguerris et capables d'organiser la masse au mieux désordonnée, au pire, orientée quasi-totalement vers un paradis dont l'accès est conditionné par la pauvreté sur terre, la soumission à toute autorité y compris la plus crasse sous le fallacieux prétexte qu'elle vient de "Dieu". Seul un Etat véritable, une construction maîtrisée de l'intérieur peut conduire les populations d'Afrique à la satisfaction de leurs besoins. Mais pour arriver à cet Etat en Afrique, il faudra nécessairement et préalablement mettre à sac les proto-Etats érigés en Afrique par le colonialisme uniquement pour ses propres besoins.


Le 26 mars 2012

Komla KPOGLI, in LA JUDA (Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique).

 

Source: AGORAVOX

mercredi, 04 avril 2012

LIBYE-MALI: LA GRANDE ARNAQUE ET L'HYPOCRISIE ABYSSALE DE LA FRANCE


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Génétiquement, l'homme est un prédateur, surtout les politiques. C'est maintenant que certains reconnaîtront que nous avions raison, lorsque nous parlions des dangers de la guerre en Libye. Le Mali s'est embrasé. La France crie au scandale et dit craindre l'islamisme dans le nord malien. Or, c'est la France qui est à l'origine de la force des Touareg aujourd'hui, et d'Aqmi d'ailleurs. Dans un article publié le 8 septembre 2011 (in extenso en dessous), je prévenais que Sarkozy était en train de transformer le sahel en poudrière. Nous y sommes. Alors, quand Juppé lance des cris d'orfraie, j'ai envie de lui dire : "Tais-toi, Juppé !". La France est le parangon de l'impérialisme en Afrique. Elle a liquidé la Libye, le Mali aussi. Demain, à qui le tour ?


Quand un cancre arrive à convaincre des personnes, quel adjectif peut les qualifier ? J'avoue que je n'ai aucune idée. Des fous ? La crise libyenne qui se résume à la haine que voue Sarkozy à Mouammar Kadhafi, à l'Afrique et à satisfaire ses amis pétroliers a fait du Sahel une poudrière. C'est un fait indéniable. L'arrivée massive d'armes, notamment le parachutage abscons par la France, et en violation de la résolution 1973, d'armes lourdes dans le Djebel Nafoussa, le retour de près d'un million de travailleurs migrants, auront transformé ce conflit menée par des gens sans vision, en un massacre qui se poursuivra.

La région du sahel, déjà infestée de mercenaires, de terroristes et de contrebandiers, va se transformer en véritable point d'insécurité inextricable. Souvenez-vous, quatre Français restent donc entre les griffes d'Aqmi : Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Ferret. L'Aqmi qui s'est apparemment lié avec la France pour renverser Mouammar Kadhafi. Seront-ils libérés en contrepartie ? Aqmi réclame à la France, 90 millions d'euros.

Cette zone désertique c'est 8 millions de kilomètres carrés répartis notamment entre l'Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie. Le Tchad est à proximité, et a une frontière commune avec le Cameroun. Effet boule de neige ? Probablement. Le désert, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Pour le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, avec la crise libyenne "la région a été transformée en poudrière". Il a bien raison.

Une pauvreté endémique va se développer, d'autant plus que le chômage se pose avec acuité, chez les migrants venant de Libye, qui ne peuvent plus nourrir leurs familles. Pire, cette région regorge aussi de trafiquants de drogue, d'armes et d'être humains. L'immigration clandestine en direction de l'Europe va augmenter d'une manière exponentielle, et le terrorisme aussi, au coeur de l'Europe.

Au niveau des armes, on peut noter des explosifs, des missiles sol-air et sol-sol, des petites bombes, des kalachnikovs... etc. Il y a aussi des millions d'euros offert au CNT par l'Occident et les pétro-dollars du Qatar. Le CNT redistribuait à ces terroristes-islamiques cet argent. Ce trésor de guerre engrangé par l'Aqmi, qui compte près de 1000 membres, permettra un recrutement conséquent lié à la pauvreté. On ne compte plus les Toyota 4X4 volés qui écument cette immense région difficile, que dis-je, impossible  à sécuriser. L'Algérie paye déjà un lourd tribut de ce conflit. Actuellement, une recrudescence des attentats terroristes dont le plus meurtrier de l'année a fait le 26 août 18 morts à l'académie miliaire de Cherchell proche d'Alger. Inévitablement, les autres pays suivront.

A qui la faute ? Surtout pas à Mouammar Kadhafi. Il faut chercher ailleurs. Michel Onfray dans la vidéo, vous donne une idée. La navigation à vue de cet homme montre bien, comme décrit ci-dessous, qu'il fait courir au monde entier un réel danger. N'est-ce pas le même qui veut attaquer l'Iran?


Source: Le blog d'Allain Jules

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: AUTOPSIE D'UNE ALTERNANCE


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Une page vient de se tourner à Dakar. En félicitant son adversaire au terme d'une campagne électorale marquée de violences, le Président Wade vient de se racheter une respectabilité a minima. Macky Sall, candidat soutenu par la coalition des partis d'opposition Benno Bokk Yakaar (Unis pour le même espoir !), l'emporte à plus de 65% contre 35% au Président sortant Abdoulaye Wade du PDS (Parti Démocratique Sénégal) et ses alliés politiques.

Une vraie déculottée pour l'un des vieux baroudeurs de la scène politique sénégalaise.

Quels sont les enseignements à tirer de l'élection du nouveau président Macky Sall ?

Personnellement, j'en vois quatre: la détestable personnalité du président sortant, le rôle de la société civile, la défection des alliés occidentaux de Wade et enfin, le tassement du clientélisme confessionnel des puissantes confréries islamiques.

1- Wade : «  l'Etat c'est moi ! »

On pourrait résumer les douze années du Président Wade à la tête du Sénégal par un seul mot : démesure. Sur le plan intérieur, elle est partout cette ivresse du pouvoir qui a singularisé la gouvernance de Maitre « Ablaye » Wade.

D'abord un mépris réel pour la démocratie et les équilibres institutionnels. Sous sa présidence, la Constitution sénégalaise fut modifiée plus d'une dizaine de fois souvent pour des motifs aussi farfelus que saugrenus. A titre illustratif, il a fallu amender la constitution pour ramener le mandat de Macky Sall, alors Président de l'Assemblée Nationale de 5 ans à 1 an ! Son tort ? Avoir commis une enquête parlementaire sur la gestion scabreuse des fonds alloués à l'agence chargée de l'organisation de la Conférence Islamique (Anoci) dirigée par le fils du Président de la République, Karim Wade.

Ensuite, sur le plan infrastructurel, la démesure prend tout son sens et laisse songeur.

Le projet des « 7 merveilles de Dakar »  s'est révélé une pure chimère, faute de réalisme dans le montage financier des dossiers. Sans parler de la construction du « Tramway de Dakar »  lui aussi resté au stade de vœu pieux. Pendant qu'à Dakar, on manque de médicaments de base et d'ouvrages didactiques dans les écoles, le président se fait construire un Monument de la Renaissance Africaine évalué à plus d'une vingtaine de milliards de FCFA et dont l'architecture financière reste jusqu'à présent pour le moins opaque.

Le Sopi (changement en wolof), c'est aussi les malversations financières et les scandales à répétition qui selon le journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly (cf. La République Abimée, 2011) sont la marque de fabrique du PDS et ses alliés au pouvoir.

Citons pêle-mêle les scandales liés à l'achat de l'avion présidentiel, les Chantiers de l'Anoci, le Plan Takkal (lutte contre les délestages), les Chantiers de Thiès, la Construction de routes bitumées entre Dakar et Kaolack, la Goana (Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance), l'affaire Ségura (tentative de corruption d'un représentant local du FMI par le président Wade en octobre 2009),  le Fesman (Festival mondial des arts nègres)...

Le présidentialisme tropical, c'est aussi imposer son fils contre vents et marées.

Malgré sa cuisante défaite aux municipales à Dakar en 2009, le prince Karim sera « promu » à la tête d'un super-ministère chargé de l'Energie, de la Coopération Internationale, de l'Aménagement Territorial, du Transport Aérien et des Infrastructures. Les sénégalais ont tôt fait de le surnommer ironiquement « Ministre du Ciel et de la Terre! » du fait de l'étendue de ses attributions ministérielles. Dans un pays aussi pauvre que le Sénégal, il est inadmissible qu'un ministre fût-il fils du Président de la République, se déplace dans le cadre de ses missions à l'étranger en jet privé affrété à prix d'or ! Qu'à cela ne tienne, au Sénégal, la démesure était sans limite...

Sur le front social, les principales villes du pays  sont confrontées à un chômage endémique où plus de 30% de la population active est sans emploi, désœuvrée et livrée à elle-même.

Les délestages d'eau et d'électricité sont monnaie courante dans les centres urbains et périphériques. Les prix des denrées de premières nécessités (riz, huile, lait, pain, sucre...), ont explosé tandis que le pouvoir d'achat des sénégalais continue de s'amenuiser.

Les étudiants et les enseignants paupérisés, sont à deux doigts d'une année blanche par la faute d'un pouvoir complètement ivre et sourd aux revendications sociales.

Lors de la passation des charges à son successeur, Wade affirmera, hagard devant les journalistes: « Peut-être n'ai-je pas suffisamment cerné la demande sociale... ».

Ultime aveu d'échec d'un pouvoir hors-sol devenu autiste et sénile.

Last not the least, la présidence Wade, c'est aussi la mise à mort systématique de tous les dauphins ou leaders gênants du PDS au profit de son fils Karim Wade. Ses ex-premiers ministres Idrissa Seck et Macky Sall sont tour à tour, humiliés publiquement, déchus politiquement avant d'être persécutés judiciairement. Cheikh Tidiane Gadio, ex-patron de la diplomatie sénégalaise, Aminata Tall, ancienne ministre, Modou Diagne Fada, ancien dirigeant des Jeunesses Libérales, ont subi également les foudres du Président Wade avant de rallier l'opposition de guerre lasse. Notons enfin, au registre de politique intérieure, l'échec du président sénégalais sur le conflit casamançais qu'il avait promis de régler en cent jours dès sa prise de fonction en mars 2000.

Sur la scène internationale, que retenir du leadership du Président sénégalais au service de l'Afrique ? Rien de bien significatif. Sinon qu'il fut le premier Chef d'Etat africain à aller légitimer à Benghazi en juin 2011, l'agression militaire de l'OTAN contre Mouammar Kadhafi son ancien bienfaiteur. Il sera par la même occasion le premier dirigeant africain à accréditer à Dakar, une représentation diplomatique des rebelles du Conseil National de Transition (CNT), appendice par excellence de l'impérialisme occidental en Libye.

Au mépris du plan de l'Union Africaine qui prévoyait un dialogue politique inclusif entre les parties en conflit.

En Côte d'Ivoire, avant et pendant la crise post-électorale, ses prises de position en faveur d'Alassane Ouattara auront achevé de le discréditer au sein de l'opinion publique africaine.

Comment cautionner l'une des pires supercheries politiques dont se sont rendus coupables les puissances occidentales et leurs valets africains en agressant un pays qui aspirait à préserver sa souveraineté ? En effet, le président sénégalais fut un des fervents défenseurs de l'option militaire contre Gbagbo là où la plupart de ses pairs africains préféraient une solution politique négociée.

Il se fendra même d'une interview dans la presse française où il exalta son rôle dans le coup d'Etat contre Laurent Gbagbo, le président légitimement élu par les ivoiriens : « Il nous fallait aller vite. Si on ne l'avait pas fait, il y aurait eu beaucoup plus de dégâts et de morts », (Le Figaro du 13-04-2011). Quelle irresponsabilité !

Enfin, à titre anecdotique, Abdoulaye Wade fut le parrain des principaux rebelles ivoiriens avec qui il signera un accord de cessez-le feu le 17 Octobre 2002 à Dakar sous l'égide de la Cedeao dont il assurait la présidence tournante. Guillaume Soro dont la cruauté est notoire, se targuait même de l'appeler affectueusement « papa ».

2- La société civile comme gardienne du temple...

Le Mouvement du 23 juin 2011 (M23), né des cendres encore fumantes du projet de loi sur le « ticket présidentiel » - qui aurait permis au président et son vice-président d'être élus avec un minimum de 25% des voix ! -, s'est forgé une vraie légitimité au sein de l'opinion publique et des acteurs politiques de l'opposition. Ce mouvement comprend des associations citoyennes comme les jeunes rappeurs de « Yen a marre », des partis d'opposition de la coalition Bénoo Siggil Sénégaal (Unis pour le Sénégal), la société civile comme la Raddho (Rencontre africaine des droits de l'homme) d'Alioune Tine et d'autres mouvements associatifs.

Ces différentes associations aussi larges qu'hétéroclites avaient un but commun : empêcher Wade de rempiler pour une troisième fois et veiller au strict respect de la loi fondamentale. Signalons aussi par ailleurs, le rôle capital de Moustapha Niasse de l'AFP (Alliance des Forces du Progrès) et d'Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste au niveau de l'unification de cette plate-forme politique et citoyenne contre le président sortant.

En organisant des séminaires sur la légalité d'une énième candidature d'Abdoulaye Wade, le M23 a su fédérer également les anciens déchus du parti au pouvoir dont entre autres, les ex-premiers ministres Idrissa seck, Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères de Wade, Aminata Tall, ancienne ministre et d'autres moins connus.

Des figures populaires comme l'artiste-musicien Youssou Ndour, «  le roi du mbalax », dont la candidature avait été rejetée pour des arguties juridiques ont également contribué à isoler Abdoulaye Wade au sein des couches populaires.

Le président sortant pariait sur l'essoufflement du mouvement contestataire et quelques défections de taille. Fort heureusement, les principaux leaders du M23 surent prioriser l'essentiel et taire leurs divergences afin de mettre hors jeu la coalition FAL (Forces alliées pour la victoire) au pouvoir. Grâce à une large mobilisation populaire du M23 et du front d'opposition Benno Bokk Yakaar, le second tour du scrutin s'est transformé en un véritable référendum anti-Wade. Une vraie leçon de réalisme politique.

3- L'échec de l'instrumentalisation des confréries comme « bétail électoral »

Cette fois-ci les khalifes des confréries islamiques se sont montrés circonspects et ont décidé de faire profil bas au second tour de la présidentielle. Malgré les pressions financières du pouvoir en place. Aucun « ndiggël » - consigne de vote - n'a été donné  par les chefs des confréries islamiques exception faite de quelques seconds couteaux comme le marabout Béthio Thioune qui a appelé à voter pour Wade. La pression populaire aidant, une consigne de vote en faveur de Wade aurait achevé de les discréditer totalement au sein de l'opinion publique mais aussi auprès des fidèles. En sus, une consigne de vote pour Wade était assez hypothétique en termes de votes effectifs dans les urnes.

Depuis son accession au pouvoir, Wade n'a eu de cesse d'instrumentaliser son appartenance au mouridisme, l'une des puissantes confréries islamiques, à des fins électoralistes. Ses largesses financières à tel ou tel khalife général, ou à la faveur d'une cérémonie cultuelle à Touba, ville sainte des mourides, ont suscité inquiétude et réprobation à la fois chez les partis politiques mais aussi les chefs religieux.

En 2000 déjà au second tour, la plupart des confréries avaient appelé à voter Abdou Diouf sans succès. Cette fois-ci, malgré les appels pressants du pouvoir en faveur d'un « ndiggël », les khalifes ont tôt compris la nécessité de ne pas prendre position en faveur du président Wade dont le rejet au sein de l'opinion était claire car cela pourrait se révéler contre-productif comme naguère en 2000 avec Abdou Diouf.

De son coté, Macky Sall a préféré prendre ses distances vis-à-vis de ces autorités religieuses dont il reprouve le mélange des genres. Préférant les cantonner dans leur fonction sociale et cultuelle loin de toute forme d'instrumentalisation politique.

4- Un président lâché par ses parrains occidentaux...

« This is a man ! », « Voilà un homme ! ». Ainsi s'exclamait George W. Bush à l'endroit de son homologue sénégalais en le présentant à Condoleeza Rice à Dakar, le 08 juillet 2003. Il faut dire que depuis son arrivée au pouvoir en 2000, le président sénégalais n'a d'yeux que pour Washington. Exit donc Paris jugée trop archaïque. Plusieurs faits attestent de ce rapprochement vis-à-vis de Washington.

D'abord la nomination du très « américanophile » Cheikh Tidiane Gadio pour piloter sa diplomatie. Puis la signature d'importants contrats de lobbying politique gérés notamment par le cabinet JC Watts (Jeune Afrique, 13-12-2004) dans le but de non seulement de crédibiliser son image auprès de l'administration américaine mais aussi de générer des flux financiers conséquents pour le Sénégal.

Wade a bénéficié durant ses mandats d'un « partenariat stratégique » avec les Etats-Unis lequel comprenait la lutte contre le terrorisme, l'aide à la modernisation des infrastructures sénégalaises comme le Port Autonome de Dakar, grâce au Millenium Challenge Account (MCA), un programme destiné  à renforcer l'investissement privé en vue d'accélérer  la croissance économique en Afrique. Le Sénégal fera aussi l'objet d'une augmentation significative de l'aide publique au développement de la part des Etats-Unis dans le cadre de ce « partenariat stratégique ».

Fort de toutes ces sollicitudes - il sera même invité au sommet du G20 en mai 2011 à Deauville, aux cotés d'Obama - le président sénégalais crut que tout lui était permis.

Y compris grâce à une forfaiture juridique, se présenter à un troisième mandat alors que la Constitution sénégalaise le lui interdit. En décembre 2011, il engage le prestigieux cabinet américain d'avocats Mc Kenna Long & Aldrige afin de faire gober aux officiels américains et à l'administration d'Obama, l'idée d'un troisième mandat présidentiel. Le contrat selon la presse sénégalaise, avoisinait 100.000 dollars !

Suite à la validation en février 2012 de sa candidature par le Conseil Constitutionnel sénégalais et la réprobation générale suscitée par cette candidature, les Etats-Unis se rangèrent du coté de la contestation populaire. Ils exhortèrent ouvertement le président sénégalais à passer la main et à œuvrer pour « un changement de génération ».

Johnnie Carson, sous secrétaire d'Etat américain aux Affaires Africaines, confiera avoir personnellement téléphoné au président sénégalais afin de l'exhorter à ne pas se présenter à un troisième mandat. Sans succès.

Du coté de l'Elysée, c'est d'abord l'attentisme et une certaine hypocrisie qui l'emportent.

On « comprend » les manifestations civiles d'opposants à Wade mais on ménage un allié en difficulté qui peut toujours servir. Dans un premier temps, via le très imbuvable Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères, la France en appellera à « un scrutin où serait représenté toutes les sensibilités ».

Sentant son isolement diplomatique face à la détermination des leaders du M23 et surtout la fermeté de Washington, Paris réclamait désormais « un changement de génération ». Finis donc la coterie et les faux-fuyants de la Françafrique, place au réalisme !

L'alignement de la France sur la position étasunienne achevait ainsi de sceller le sort d'Abdoulaye Wade sur l'autel de la realpolitik entre puissances impérialistes.

Wade dont on connait le goût pour la spéculation intellectuelle, aurait dû méditer cette sentence de Pierre Mendes France : « les hommes passent, les nécessités nationales demeurent ». Rideau !

En guise de conclusion, l'élection du Président Macky Sall marque la victoire du « menu peuple » et ses alliés contre le « gras peuple ». Cette victoire appelle par ailleurs, l'édification de trois priorités qui me paraissent essentielles :

Primo : refonder un véritable pacte social autour d'un Etat démocratique où la séparation des pouvoirs aurait un contenu concret et non proclamatoire. Sortir de l'Etat-PDS fait de népotisme, d'injustices, d'arbitraires pour édifier un Etat juste, équitable et gouverné démocratiquement. Le président Macky Sall s'est engagé à mettre en œuvre les recommandations issues des Assises Nationales tenues du 01 juin 2008 au 24 mai 2009 sous l'égide de Amadou Mahtar M'Bow, ancien directeur général de l'UNESCO dont la probité est reconnue de tous. De ces « Etats Généraux » de la vie publique sénégalaise sont sorties des lignes directrices qui jettent les bases d'une éthique nouvelle de la gouvernance politique au Sénégal. Il faudra veiller scrupuleusement à leur mise en œuvre.

Secundo : lutter contre la vie chère et le chômage endémique qui touche la population active dans les grandes villes notamment. La question sociale et économique était au cœur de la contestation du régime de Wade lors de ces présidentielles. En 2008 déjà, Dakar était en proie aux émeutes de la faim du fait de la hausse des prix des denrées de première nécessité.

La poussée migratrice de la jeunesse sénégalaise vers l'Europe dans les embarcations de fortune, s'explique largement par l'incapacité de l'Etat à faire face aux préoccupations économiques et sociales de ses citoyens. Il faudra s'y atteler rapidement et autrement.

Tertio: la question de l'affirmation d'un véritable leadership sénégalais afin de faire face aux grands enjeux qui minent l'Afrique et singulièrement sa zone ouest en proie à des crises politiques aigües notamment au Mali, en Côte d'Ivoire et au Nigéria. Le Sénégal doit cesser d'être l'idiot utile de l'impérialisme occidental et s'ancrer résolument dans la défense de la dignité de l'Afrique.


Olivier DOSSOU FADO

Mouvement pour la Renaissance Africaine (MORAF)

m.moraf@yahoo.fr

mardi, 03 avril 2012

MALI: LA VICTOIRE ECLAIR DES TOUAREGS ANNONCE-T-ELLE LA CREATION DE L'AZAWAD?


MALI. CARTE.gif

Le territoire que revendique Les Touareg (au singulier un Targui)  depuis des décennies, l'Azawad, vient de tomber dans leur escarcelle. Il s'agit de la quasi-totalité du nord du Mali. Sous pression, la junte a annoncé rétablir la Constitution et les institutions et promis: «la mise en place d'organes de transition en vue de l'organisation d'élections apaisées, libres, ouvertes et démocratiques auxquelles nous ne participerons pas».

Après les villes de Kidal et Gao, c'est au tour de celle de Tombouctou de tomber aux mains des rebelles touareg. Tombouctou, la ville millénaire à fort attrait touristique, n'est qu'à 800 km au nord-est de la capitale Bamako. Mais, les rebelles se contenteront-ils d'en rester là ou voudront-ils continuer vers Bamako ? Je ne le pense pas mais,  cette affaire risque de mal se finir pour l'intégrité territoriale du Mali...

En position de force sur leurs terres ancestrales, les Touareg ont vu des militaires de l'armée régulière se rallier à eux, même des hauts gradés. On annonce aussi des combats où, des soldats islamistes, notamment ceux d'Aqmi, on prêté main forte aux Touareg, réunis sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

Après la découverte de gisement d'or, d'uranium et de pétrole dans l'Azawad, les Touareg vont sans doute, à défaut de demander leur indépendance, exiger au moins leur autonomie. Ils peuvent dire merci à Nicolas Sarkozy, l'homme qui a fait la guerre à la Libye, en transformant le sahel en poudrière.


Source: Le blog d'Allain Jules

LA CEDEAO, LES COUPS D'ETAT ET LES REBELLIONS


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En rédigeant dans ses jeunes années l'hymne national de son pays nouvellement indépendant, l'écrivain malien Seydou Badian Kouyaté imaginait-il que 52 ans après l'accession à la souveraineté internationale, l'intégrité de sa nation serait si gravement menacée et que les strophes guerrières de son texte empli de romantisme patriotique auraient la résonance qu'elles prennent aujourd'hui ? «A ton appel Mali/Pour ta prospérité/Fidèle à ton destin/Nous serons tous unis/Un peuple, un but, une foi/Pour une Afrique unie/Si l'ennemi découvre son front/Au-dedans ou au-dehors/Debout sur les remparts/Nous sommes résolus de mourir».

Mourir pour la patrie. C'est l'expérience traumatisante que vivent depuis plusieurs mois les jeunes militaires maliens, en proie à des ennemis du dedans - et à des ennemis du dehors, qui peinent à rester masqués. Mais la mystique de l'unité qui parcourt le texte fondateur du rêve national malien est désespérément absente en cette occasion tragique. A la sécession nordiste a répondu, dans le Sud, un coup d'Etat qui n'est que la face visible d'une profonde crise politique sous-estimée à l'étranger. Quant à l'Afrique, invoquée avec foi par Seydou Badian, elle a très clairement abandonné le pays de Modibo Keita, héritier d'une tradition de grands empires qui nous a tous rendus fiers, à ses démons et à ses périls. Sans aucun doute, ce lâchage continental se résume à un sigle : CEDEAO.

Affamer un peuple pour faire plier ceux qui le gouvernent

Pour avoir une idée de l'ampleur de cette trahison, il faut, encore et toujours, revenir à des textes fondateurs. Moins emphatiques que le bel hymne national malien, le Protocole de Non-Agression (PNA) et le Protocole d'assistance mutuelle en matière de défense (PAMD), qui stipule que «toute menace d'agression armée ou toute agression armée dirigée de l'extérieur contre l'un quelconque des Etats membres constitue une menace ou une agression contre l'ensemble de la communauté», traduisent le devoir de solidarité qui n'a pas été opérant en ce qui concerne la rébellion partie de la Libye «libérée» par le CNT. L'insurrection du MNLA s'est en effet signalée depuis le 17 janvier 2012 à Ménaka. Mais il a fallu que la situation politique interne se dégrade à tel point qu'une partie de l'armée renverse le président Amadou Toumani Touré pour que la CEDEAO se réveille de son long sommeil. Et se mette à cracher des menaces et des anathèmes contre le peuple malien.

Parce que ce n'est pas, bien entendu, les dignitaires de la junte au pouvoir qui seront les premières victimes de l'embargo qu'Alassane Ouattara promet au Mali, après l'avoir imposé à la Côte d'Ivoire. Persuadé qu'il faut affamer un peuple pour faire plier ceux qui le gouvernent.

En Afrique de l'Ouest, les rébellions, les mouvements sécessionnistes, les irrédentismes islamistes sont-ils donc moins dangereux que les coups d'Etat ? Cette question, de nombreux Maliens se la posent. Et parce que personne ne daigne y répondre, ils commencent à se solidariser des militaires qui ont pris le pouvoir et n'ont au fond fait qu'apporter une mauvaise solution à un vrai problème.

La crise malienne nous ramène à un problème de fond : celui de la légitimité de nos institutions sous-régionales et régionales, ainsi que de ceux qui les incarnent. Les partisans de la junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo ont beau jeu d'interroger Blaise Compaoré et Alassane Ouattara sur leur propre parcours qui contredit leur intransigeance sur ce dossier précis. Le président burkinabè est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat sanglant, au cours duquel son ami et frère Thomas Sankara, icône de toute une génération d'Africains, a été froidement assassiné. Lors du dernier scrutin, il s'est fait réélire avec plus de 80% de suffrages, ce qui rend perplexe sur l'ouverture réelle du système politique de son pays. Il suffit de lire des rapports de l'ONU pour se rendre compte que Compaoré a violé, à plusieurs reprises, les textes fondateurs de la CEDEAO en soutenant des rébellions particulièrement sanglantes au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire. Si le juge est le premier des hors-la-loi, comment rendra-t-il donc sa sentence légitime aux yeux du grand nombre ?

Le fait même qu'Alassane Ouattara ait pris le pouvoir le 11 avril 2011 et ait prêté serment le 6 mai 2011 montre que son accession à la magistrature suprême est entachée d'irrégularités. Par la suite, la manière dont il a rédigé ses ordonnances, nommé son président du Conseil constitutionnel et fait élire son président de l'Assemblée nationale, indique très clairement qu'il exerce le pouvoir en dehors des règles constitutionnelles, violant ainsi les protocoles pertinents de la CEDEAO en la matière. Le fait que parmi les procureurs qui s'acharnent aujourd'hui sur le Mali se trouve le président togolais Faure Gnassingbé, qui s'est imposé dans les conditions que l'on sait avec le soutien de la CEDEAO, en rajoute au caractère grotesque de leurs objurgations.

Absence de cohérence dans les prises de position

Souvenons-nous. Dès son accession au pouvoir, Alassane Ouattara s'est empressé de reconnaitre le Cnt libyen, installé à la suite d'une rébellion et d'un coup d'Etat. Lui-même s'est allié, alors qu'il était dans l'opposition, a une rébellion armée ayant a son actif un coup d'Etat manqué, dans le cadre d'une coalition appelée G7. Les figures principales de cette rébellion, rappelons-le, sont issues de son parti ou de son sillage et y sont retournées.

Les institutions régionales africaines ne se caractérisent pas par la cohérence de leurs principes et de leurs prises de position. C'est pour cette raison que les analystes qui les considèrent comme de simples relais d'influence de "donneurs d'ordre" occidentaux ont de plus en plus d'audience sur le continent.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 02 avril 2012

AMINATA TRAORE: POUR UNE AUTRE ANALYSE DE LA QUESTION MALIENNE

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Nous attendions l'analyse des patriotes maliens pour plus d'éclairage sur la situation au Mali et aller plus loin que les simples repères géostratégiques nécessaires afin de comprendre les enjeux en général et pour chaque acteur en particulier. Mais bien insuffisants pour percevoir les nuances qui ouvrent les portes du possible devant nos peuples.

Par bonheur, une première analyse nous est venue d'Aminata Traoré, militante altermondialiste et ancienne ministre de la Culture, auteure de deux livres majeurs pour le Mali et pour toute l'Afrique, « L'Afrique humiliée » et « Le Viol des imaginaires », et organisatrice du Forum pour un autre Mali.

Le «journaldumali.com» nous fait une relation de la conférence de presse de Madame Traoré et ses camarades. Elle rappelle que la clé de l'analyse du coup d'Etat se trouve dans le rapport à la réalité et non dans le respect abstrait de l'idée de démocratie et assène qu' « ATT était déjà tombé bien avant le 22 mars ; humilié par Nicolas Sarkozy depuis son refus de signer les accords sur l'immigration et de faire le jeu de la France dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique. «Il y avait déjà un vide dans la gouvernance du pays», déclare-t-elle ».

Le putsch des capitaines maliens ne doit pas nous cacher le coup d'Etat permanent perpétré par la Françafrique, malgré son art de la dissimilation. Aminata enfonce le clou en rappelant que cette démocratie formelle n'avait rien amené au Mali ni réalisé aucune des promesses faites par ses promoteurs, sauf qu'elle a mis les dirigeants sous la coupe continuelle de puissances extérieures qui ont continué - comme la France - à peser sur la vie du pays d'une manière insupportable. C'est quand même drôle que dans tous nos pays cette démocratie formelle aboutisse toujours à donner caution et légitimité pour exercer non la souveraineté de nos peuples mais celle de puissances étrangères. Aminata nous invite à chercher ce côté vertueux introuvable de la démocratie représentative que les pervers de la CEDEAO veulent rétablir, mais avec cet «acquis» que le Mali serait déjà dans un «après- ATT» qui se résume pour l'instant à un «après refus» des demandes de Sarkozy et qu'en toute bonne dialectique les solutions de la CEDEAO transforment en un «oui à Sarkozy» comme base de la solution.

Aminata dénie, à juste titre, aux dirigeants de la CEDEAO de parler au nom de la démocratie alors qu'ils ont de sérieux comptes à rendre à leurs propres peuples. Elle dénonce, au passage, la responsabilité écrasante de Sarkozy dans le risque en cours de démembrement du Mali en attendant l'extension des prétentions Azawad au Niger, à la Mauritanie et au Sud-Est algérien.

Alors peut-être que la France a poussé l'exaspération des militaires - notamment après l'humiliation publique d'ATT par Juppé l'instruisant en public de négocier avec les rebelles - et que ces soldats ne voulaient plus subir les conséquences du rabaissement de l'Etat malien.

En lisant Aminata Traoré, on comprend que ces soldats peuvent aussi ouvrir la voie à un redressement national au Mali et à la répudiation de toutes ces politiques libérales qui ont saigné le pays, miné l'Etat et attisé les facteurs centrifuges. On note d'abord que dans, ces tempêtes qui menacent le Mali ces anticolonialistes ne perdent pas de vue les véritables enjeux de l'indépendance, ni le colonialisme ennemi aux mille visages, ni l'espérance de rendre le Mali au peuple malien.


Mohamed Bouhamidi

dimanche, 01 avril 2012

TENTATIVE DE TRAVESTISSEMENT DE L'HISTOIRE - ENTRE WADE ET GBAGBO, IL N'Y A PAS PHOTO!


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Le blogueur sénégalais Félix Atchadé réagit ici aux amalgames étranges qui s'opèrent essentiellement en France entre Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo. Pour mieux accabler le second. Avec talent, il éventre un «mythe» bien opportun.

Le président Laurent Gbagbo déporté à La Haye - son épouse et son fils embastillés dans le nord de la Cote d'Ivoire, ses principaux collaborateurs contraints à l'exil ou emprisonnés - n'en continue pas moins de hanter les nuits de ses adversaires politiques. Toutes les occasions sont prétextes pour eux d'essayer d'écorner son image de digne fils de l'Afrique, résistant aux assauts des forces impérialistes françaises, américaines regroupées sous la bannière de l'Onu. La dernière occasion en date, est cette tentative de le diaboliser en le présentant comme un mauvais perdant qui aurait dû faire comme le président  Wade  l'a fait le 25 mars 2012 : appeler son adversaire et le féliciter. Ce coup de fil  de dimanche dernier à 21h30 GMT vaut à Wade d'être présenté comme «l'anti Gbagbo».  A priori une telle opposition entre les deux hommes ne pose pas problème si elle s'inscrit dans un processus de comparaison de leurs parcours, leurs formations, leurs  options idéologiques et politiques. Ce qui est inacceptable, c'est que par un subtil amalgame de situations fortement différentes, certains éditorialistes veuillent présenter le président Wade comme le seul, et ceci contrairement au président Gbagbo, à accepter le verdict des urnes comme expression de la volonté populaire.

De la victoire de Macky Sall à l'appel de Wade

Le verdict des urnes a été sans équivoque le 25 mars dernier. Très tôt, en début de soirée, il était apparu aux observateurs de la chose politique au Sénégal et à tous ceux qui connaissent les données démographiques et les comportements électoraux des populations, qu'on s'acheminait vers un plébiscite de Macky Sall avec un score qu'on avait plus observé depuis la présidentielle de 1983. Cette année-là, le président Abdou Diouf avait été « élu » à la suite d'un scrutin marqué par des votes multiples et des tripatouillages de toutes sortes qui lui ont donné un score soviétique (83%). Depuis cette date, à la faveur d'une meilleure surveillance des scrutins,  les scores ont été plus serrés. C'est donc une raclée électorale mémorable que Macky Sall a infligée à Abdoulaye Wade.

Dans la tradition électorale sénégalaise, il y a un aspect qui peut paraître folklorique à l'observateur étranger, c'est la longue énumération par les stations radio mais aussi les sites internet et jusqu'à l'Agence de presse sénégalaise (APS) des résultats bureau de vote par bureau de vote. Dimanche dernier, invariablement les résultats que donnaient les stations radio plaçaient Macky Sall en tête avec le double voire le triple des voix de Wade. C'est dans ce contexte qu'a surgi l'appel de Wade. Certes on ne peut dénier que c'était un geste de fair-play mais il permettait tout autant de rendre sans intérêt la soirée électorale sur la bande FM avec son lot de résultats  proclamés. Le président sortant s'épargnait ainsi la honte que le pays tout entier, sache que lui et son fils par exemple ont été laminés dans leurs  bureaux de vote.

Scrutin référendaire

Monsieur Abdoulaye Wade n'aurait jamais dû être candidat à cette élection présidentielle. L'esprit et la lettre de la constitution de 2001 ne permettent pas à quelqu'un qui a fait deux mandats présidentiels de se présenter à un nouveau scrutin. Il a réussi par diverses manœuvres à imposer sa candidature au Conseil constitutionnel. Et c'est à l'honneur de l'opposition sénégalaise d'avoir accepté, au grand désespoir de Wade, le verdict du Conseil constitutionnel et d'être allé aux élections alors que certains en appelaient à la rue pour régler ce contentieux. Dès lors, il est apparu aux Sénégalais que ce scrutin était destiné à savoir qui  était pour ou contre Wade. La preuve en est qu'à la fin du premier tour, sans avoir eu à négocier quoi que ce soit, Macky Sall s'est retrouvé auréolé du soutien de tous les candidats recalés. Ce consensus de la classe politique autour du candidat de l'opposition a pris corps au sein de la société au point qu'au cours du second tour le report des voix a été quasi parfait.

En définitive la candidature d'Abdoulaye Wade  a été un coup de Jarnac porté à la démocratie sénégalaise en ce sens qu'elle a empêché l'expression d'un débat fécond au sein de la société et la possibilité d'un véritable choix.

Le faux mythe

Maître Abdoulaye Wade a souvent entretenu la légende selon laquelle, il a fait vingt-six ans d'opposition. S'il est vrai que son parti en était à son vingt-sixième anniversaire lorsqu'il a été élu en 2000, la vérité veut que l'on rappelle qu'entre avril 1991 et novembre 1992 puis de nouveau entre 1995 et 1998, il a participé aux gouvernements de la  «majorité présidentielle élargie» du président Abdou Diouf.  Et entre 1974 et 1977, Abdoulaye Wade a présenté son parti le PDS comme un parti de « contribution » et non d'opposition au pouvoir du président Léopold Sédar Senghor. Avant de créer son parti en 1974, Abdoulaye Wade a tenté de se faire une place au sein du parti de Senghor sans grand succès.

Par deux fois au moins Abdoulaye Wade a été tenté par l'aventure de l'utilisation des moyens non conventionnels en démocratie pour accéder au pouvoir. Au début des années quatre-vingt, il a envoyé des cadres de son parti en Libye pour y chercher des armes et de l'argent. A la fin de cette même décennie, il a tenté par des groupuscules terroristes qu'il contrôlait d'embraser Dakar par des attentats à la voiture piégée. De guerre lasse, Abdou Diouf qui dirigeait le pays s'est résolu à l'idée que «tant que Wade ne sera pas au gouvernement il ne nous laissera pas travailler».

Le seul élément commun au président Gbagbo et au président sortant sénégalais Abdoulaye Wade est qu'ils ont incarné successivement les figures de l'opposition puis du pouvoir dans deux pays phares de ce que l'on appelle le pré carré français en Afrique. Ainsi est-il surprenant pour l'observateur sénégalais que l'on veuille pour mieux diaboliser Laurent Gbagbo présenter Abdoulaye Wade comme un démocrate ayant grande capacité «d'adaptation» alors qu'il a été un fossoyeur de la démocratie sénégalaise et qu'il a fait prospérer la gouvernance néo-patrimoniale et affairiste de l'État. Pour nous, il n'y a pas photo entre l'humaniste de gauche Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade. Entre le père de la démocratie ivoirienne et celui qui au cours des douze dernières années a tenté avec succès parfois de remettre en cause les acquis des luttes démocratiques sénégalaises.


Félix Atchadé


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 31 mars 2012

EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS


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Les chefs d'Etat de la Cedeao qui se rendaient hier au Mali ont essuyé hier la colère des populations qui ont tout simplement envahi le tarmac de l'aéroport de Bamako. La partie a tourné à l'humiliation pour Alassane Ouattara qui a dû sortir un joker pour sauver la face. Retour sur un ballet aérien sous-régional.

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui se rendaient hier au Mali pour sommer la junte de se retirer du pouvoir ont dû rebrousser chemin. Ils se sont finalement donné rendez-vous à l'aéroport Félix Houphouët Boigny d'Abidjan, après que l'avion transportant le chef de l'Etat ivoirien, qui avait pénétré l'espace aérien malien, a été refoulé. Selon des témoins présents à Bamako, l'avion du président en exercice de la Cedeao a été contraint de faire demi-tour, les conditions sécuritaires pour atterrir n'étant pas réunies.

Le Burkinabè Blaise Compaoré, le Béninois Yayi Boni, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Nigérien Issoufou Mahamadou et le ministre nigérian des Affaires étrangères, qui étaient eux aussi attendus à Bamako, pour tenter d'obtenir de la junte l'application du schéma de sortie de crise dicté par la France, seront eux également contraints de renoncer à ce voyage. Des centaines de Maliens indignés par les menaces de la Cedeao ont pris d'assaut, dès les premières heures de la journée, le tarmac de l'aéroport de Bamako.

Pour sauver la face, Ouattara décide d'une réunion d'urgence du panel à l'aéroport FHB d'Abidjan, à l'issue de laquelle l'option militaire est réaffirmée et des sanctions draconiennes visant à étouffer l'économie malienne prises. Des décisions qui rappellent en bien des points les sanctions prises contre le régime Gbagbo, où la Cedeao, l'Uemoa et les institutions bancaires sous-régionales comme la BCEAO, la BIDC et la BOAD deviennent des instruments pour soumettre les Etats membres.

Cet échec de la délégation de chefs d'Etat et de ministres de la sous-région est le signe de l'inexpérience du tout nouveau président en exercice de la Cedeao ; poste dont les autres chefs d'Etat ne voulaient pas. Pour avoir compris que c'était une coquille vide. Dans la réalité, le retour à l'ordre constitutionnel au Mali n'est pas une préoccupation pour Ouattara et ses quelques pairs de la Cedeao qui jouent les va-t-en-guerre. En militant pour l'avènement d'une transition dirigée par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale dissoute par la junte, ces chefs d'Etat qui ne sont pas à leur premier acte cautionnent le renversement du président Amadou Toumami Touré.

A en juger d'ailleurs par le choix du médiateur, on comprend que c'est dans une aventure plus périlleuse qu'elle ne l'est aujourd'hui avec le coup d'Etat du 22 mars que la Cedeao - aux ordres de Paris - veut entrainer le Mali. Ces populations disent se rappeler les crises récentes en Guinée et en Côte d'Ivoire dont le chef de l'Etat burkinabè était médiateur. En Côte d'Ivoire, la partie a fini dans le sang, après que le médiateur a choisi son camp et a milité pour que le président Gbagbo soit bombardé, arrêté et transféré à La Haye. En Guinée voisine, le chef de la junte militaire a dû céder sa place à un de ses collaborateurs - après avoir échappé à la mort suite à une tentative d'assassinat. Fortement diminué, il vit aujourd'hui encore à Ouagadougou.

Pour toutes ces raisons, la déception est grande chez les Maliens qui ont envahi hier le tarmac de l'aéroport de Bamako, et qui scandaient des propos hostiles à Alassane Ouattara. «Les Maliens regrettent de t'avoir soutenu», «Nous n'avons pas de leçon à recevoir de toi», «Alassane Ouattara, comment es-tu arrivé au pouvoir en Côte d'Ivoire ?», etc. Les messages sur les écriteaux étaient assez évocateurs de la déception des Maliens qui apprennent à leurs dépens les réalités des connexions mafieuses et lobbies qui dirigent le monde.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 30 mars 2012

LA REEMERGENCE DE LA CHINE EN TANT QUE PUISSANCE MONDIALE (DISSIDENT VOICE)


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Important à savoir! Pour comprendre le fonctionnement du monde actuel et pour l'Histoire. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

L'histoire du pouvoir dans le monde a été déformée par des historiens eurocentrés qui ont ignoré le rôle dominant de la Chine dans l'économie mondiale de 1100 à 1800. La brillante rétrospective historique que John Hobson fait de l'économie mondiale de cette période fournit des quantités de données empiriques qui prouvent la supériorité économique et technologique de la Chine sur la civilisation occidentale pendant la plus grande partie du millénaire précédent avant qu'elle se soit assujettie et ne commence à décliner au 19ième siècle.

La réémergence de la Chine en tant que puissance économique nous conduit à nous interroger sur son ascension et sa chute précédentes et sur les menaces intérieures et extérieures qui pèsent dans le futur immédiat sur cette superpuissance économique renaissante.

D'abord nous soulignerons les principaux aspects de l'ascension historique de la Chine et de sa supériorité économique sur l'Occident avant le 19ième siècle à partir du livre de John Hobson, "Les origines orientales de la civilisation occidentale". Etant donné que la majorité des historiens économiques occidentaux (libéraux, conservateurs ou marxistes) ont représenté la société chinoise comme stagnante, arriérée et bornée, un "despotisme oriental" selon leur expression, il est nécessaire de montrer qu'il n'en était rien. Il faut aussi particulièrement montrer comment la Chine, la puissance mondiale technologique de 1100 à 1800, a permis l'ascension de l'Occident. C'est seulement en empruntant et en assimilant les innovations chinoises que l'Occident a pu opérer la transition vers l'économie capitaliste et impérialiste moderne.

Dans la seconde partie nous analyserons les facteurs et les circonstances qui ont amené le déclin de la Chine au 19ième siècle et la domination, l'exploitation et le pillage subséquents de ce pays par les puissances impériales occidentales, d'abord l'Angleterre puis le reste de l'Europe, le Japon et les Etats-Unis.

Dans la troisième partie, nous soulignerons brièvement les facteurs qui ont mené à l'émancipation de la Chine de la règle coloniale et néocoloniale et nous analyserons sa récente percée comme deuxième plus grande économie mondiale.

Enfin nous étudierons les menaces passées et présentes qui pèsent sur l'avènement de la Chine comme puissance économique mondiale en mettant en lumière les similitudes entre le colonialisme anglais des 18 et 19ièmes siècles et les stratégies impériales étasuniennes actuelles et en montrant les forces et les faiblesses des réactions chinoises passées et présentes.

LA CHINE : L'ascension et la consolidation de sa puissance mondiale de 1100 à 1800

A l'aide de comparatifs systématiques, John Hobson fournit énormément de données concrètes qui démontrent de façon indiscutable la supériorité mondiale économique de la Chine sur l'Occident et en particulier sur l'Angleterre. En voilà quelques unes :

Dès 1078 la Chine était le plus grand producteur au monde d'acier (125 000 tonnes) tandis que l'Angleterre n'en produisait encore que 76 000 tonnes en 1788.

La Chine était le leader mondial de l'innovation dans la production textile, sept siècles avant la "révolution textile" anglaise du 18ième siècle.

La Chine était la première puissance commerciale et faisait du commerce avec la plus grande partie de l'Asie de l'ouest, de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Europe.

La "révolution agricole" chinoise et sa productivité dépassaient l'Occident au 18ième siècle.

Ses innovations dans la production de papier, de livres imprimés, d'armes à feu et d'outils, en ont fait une superpuissance dont la production était exportée dans le monde entier grâce à un système de navigation des plus avancés.

La Chine possédait les bateaux de commerce les plus grands. En 1588 les plus grands bateaux anglais pouvaient transporter 400 tonnes de fret, les navires chinois 3000 tonnes. Même à la fin du 18ième siècle, les marchands chinois disposaient encore de 130 000 navires de commerce privés, infiniment plus que les Anglais. Le Chine a gardé ce rôle dominant dans l'économie mondiale jusqu'au début du 19ième siècle.

Les fabricants Anglais et Européens qui ont suivi l'exemple de la Chine, en copiant et assimilant ses plus grandes avancées technologiques, étaient pressés d'entrer sur le marché chinois moderne et lucratif.

Jusqu'en 1750, le revenu per capita des Chinois égalait celui des Anglais grâce à leur système bancaire, leur économie basée sur du papier monnaie stable, leur production manufacturée et de bons rendements agricoles.

La position dominante de la Chine a été remise en question par la montée de l'impérialisme britannique qui a adopté les avancées technologiques, maritimes et commerciales de la Chine et d'autres pays d'Asie pour devenir une puissance mondiale en brûlant les étapes.

L'IMPERIALISME occidental et la déclin de la Chine.

Les piliers de la conquête britannique et occidentale de l'Orient sont la militarisation des états impériaux, le manque de réciprocité dans leurs relations économiques avec les pays étrangers et la nature de l'idéologie occidentale impériale qui permettait et justifiait la conquête de pays étrangers.

A la différence de la Chine, la révolution industrielle britannique et son expansion au delà des mers est le fruit d'une politique guerrière. Selon Hobson, entre 1688 et 1815, l'Angleterre était en guerre 52% du temps. Tandis que la prospérité chinoise reposait sur le libre échange, la production de biens et les innovations commerciales et bancaires, les Britanniques préféraient les barrières douanières, les conquêtes militaires et la destruction systématique des entreprises étrangères compétitives ainsi que le vol et le pillage des ressources locales. La suprématie chinoise était basée sur "les bénéfices réciproques" des partenaires, tandis que les Britanniques avaient recours à des armées de mercenaires, la répression sauvage et la méthode "diviser pour régner" pour attiser les rivalités locales. En cas de résistance des autochtones, les Anglais (comme d'autres puissances impérialistes) n'hésitaient pas à exterminer des communautés entières.

Incapables de rentrer en compétition avec le marché chinois, l'Angleterre a eu recours à la puissance militaire brute. Elle a armé et formé des mercenaires recrutés dans ses colonies en Inde et ailleurs pour forcer la Chine à importer ses produits et pour lui imposer des traités inégaux à des tarifs préférentiels. La Chine a été inondée d'opium britannique produit dans ses plantations d'Inde au mépris des lois chinoises qui interdisaient ou régulaient l'importation et la vente de narcotiques. Les dirigeants chinois habitués depuis longtemps à la supériorité de leur commerce et de leur fabrication n'étaient pas préparés aux "nouvelles règles impériales" du pouvoir international. La propension occidentale à coloniser des pays par les armes, à piller leurs ressources et à recruter d'énormes armées de mercenaires commandés par des officiers européens a mis fin à la puissance internationale de la Chine.

La base de la suprématie économique de la Chine était la "non ingérence dans les affaires internes de ses partenaires commerciaux". A l'opposé les impérialistes britanniques sont intervenus brutalement en Asie pour adapter les économies locales aux besoins de l'empire (en éliminant les concurrents économiques, y compris les fabricants de coton indiens plus efficaces) et ont pris le contrôle des appareils politiques, économiques et administratifs locaux pour mettre en place la colonisation.

L'empire britannique s'est construit en s'appropriant les ressources de ses colonies et en militarisant massivement son économie. Sa puissance militaire a bientôt supplanté celle de la Chine. La politique étrangère de la Chine a été handicapée par la confiance exagérée des élites dirigeantes dans les relations commerciales. Les officiels chinois et les grands marchands qui cherchaient à se concilier les Britanniques, ont convaincu l'empereur de leur accorder des concessions extra-territoriales dévastatrices et de leur ouvrir leur marché au détriment des fabricants chinois tout en renonçant à leur souveraineté locale. Comme toujours les Britanniques ont attisé les querelles internes et fomenté des révoltes pour déstabiliser davantage le pays.

La pénétration occidentale et britannique du marché chinois et la colonisation de la Chine ont créé une nouvelle classe : les riches "compradores" chinois qui importaient les marchandises anglaises et facilitaient la conquête des ressources et des marchés locaux. Le pillage impérialiste a engendré une plus grande exploitation de la grande masse des paysans et de ouvriers chinois écrasés par de lourds impôts. Les dirigeants de la Chine pressuraient la paysannerie pour payer les dettes de guerre et les déficits commerciaux imposés par les puissances impériales occidentales. Cela a conduit les paysans à la famine et à la révolte.

Au début du 20ième siècle (moins d'un siècle après les Guerres de l'Opium), la Chine avait perdu son statut de puissance économique mondiale ; elle était devenue un pays brisé, à demi colonisé et dont l'immense population était réduite à la pauvreté. Les principaux ports étaient contrôlés par les officiels de l'impérialisme occidental et l'intérieur du pays était régi par des seigneurs corrompus et brutaux. Des millions de personnes étaient devenus esclaves de L'opium anglais.

LES UNIVERSITAIRES britanniques : Eloquents défenseurs des conquêtes impériales

Toute la classe académique occidentale -et à sa tête les historiens impérialistes anglais- ont attribué la domination impérialiste anglaise sur l'Asie à "la supériorité technologique" de l'Angleterre et la pauvreté et de la Chine et sa colonisation au "retard oriental" sans mentionner la supériorité millénaire du commerce et des avancées techniques de la Chine qui a duré jusqu'au début du 19ième siècle. A la fin des années 1920, avec l'invasion impériale japonaise, la Chine a perdu son unité. Sous la loi impériale, des centaines de millions de Chinois sont morts de faim ou ont été dépossédés ou assassinés pendant que les puissances impériales occidentales et le Japon pillaient son économie. Cela a complètement discrédité toute l'élite chinoise collaboratrice des "Compradores" aux yeux des Chinois.

Le souvenir du pays prospère, dynamique et puissant qu'a été autrefois la Chine est resté dans la mémoire collective du peuple chinois mais a été complètement occulté par les prestigieux intellectuels étasuniens et anglais. Les commentateurs occidentaux ont discrédité la mémoire collective de la suprématie de la Chine en la qualifiant d'illusion ridicule due à la nostalgie des seigneurs et de la royauté, et à l'arrogance sans fondement des Han.

LA CHINE renaît des cendres du pillage et de l'humiliation impériales : La révolution communiste chinoise

C'est le succès de la révolution communiste chinoise du milieu du 20ième siècle qui a rendu possible l'ascension de la Chine moderne à la place de seconde économie mondiale. L'armée "rouge", l'armée populaire de libération, a vaincu d'abord l'armée impériale japonaise et ensuite l'armée impérialiste étasunienne soutenue par le Kuomintang, l'armée "nationaliste" menée par les "compradores". Cela a permis la réunification de la Chine en un état souverain indépendant. Le gouvernement communiste a aboli les privilèges extra-territoriaux des impérialistes occidentaux, mis fin au pouvoir des seigneurs de guerre et des gangsters et chassé les propriétaires millionnaires de bordels, les trafiquants de femmes et de drogues ainsi que les autres "fournisseurs de service" de l'empire étasuno-européen.

A tous les sens du mot, la révolution communiste a forgé l'état chinois moderne. Les nouveaux dirigeants ont alors procédé à la reconstruction d'une économie ravagée par les guerres impériales et le pillage des capitalistes japonais et occidentaux. Après plus de 150 ans d'infamie et d'humiliation, le peuple chinois a retrouvé sa fierté et sa dignité nationales. Ces éléments socio-psychologiques ont joué un rôle essentiel dans la capacité du pays à se défendre contre les attaques, le sabotage, les boycotts et les blocus étasuniens qui ont suivi la libération.

Contrairement à ce que prétendent les économistes occidentaux et les économistes néolibéraux chinois, la dynamique croissance de la Chine n'a pas commencé en 1980. Elle a commencé en 1950 avec la réforme agraire qui a procuré de la terre, des infrastructures, des crédits et de l'assistance technique à des centaines de millions de paysans et ouvriers agricoles misérables. Grâce à ce qui est aujourd'hui appelé "capital humain" et à une gigantesque mobilisation sociale, les communistes ont construit des routes, des aérodromes, des ponts, des canaux et des lignes de chemin de fer de même que les industries de base, comme le charbon, l'acier, le fer, qui ont constitué la colonne vertébrale de l'économie de la Chine moderne. Le vaste système d'éducation et de santé de la Chine communiste a produit une force de travail motivée, instruite et en bonne santé. Son armée hautement professionnelle a empêché les Etats-Unis d'étendre leur empire militaire à travers la péninsule coréenne jusqu'aux frontières de la Chine. De même que les historiens et propagandistes ont fabriqué l'histoire d'une Chine "décadente et stagnante" pour justifier leur brutale conquête, de même leurs homologues contemporains ont réécrit l'histoire des trente premières années de la Révolution Communiste chinoise, en niant son rôle positif dans le développement de tous les éléments d'une économie, d'un état et d'une société modernes. Il est clair que la rapide croissance de la Chine a été la conséquence du développement de son marché intérieur, de la formation rapide de scientifiques, de techniciens et de travailleurs qualifiés et que le filet de sécurité sociale qui protégeait et promouvait la mobilité des ouvriers et des paysans étaient les fruits de la planification et des investissements communistes.

La montée en puissance de la Chine sur l'échiquier mondial, a commencé en 1949 par l'évincement de toute la classe financière spéculatrice parasite des "compradores" qui avaient servi d'intermédiaires aux impérialistes européens, japonais et étasuniens pour drainer les grandes richesses de la Chine.

LA TRANSITION chinoise vers le capitalisme

A partir de 1980, le gouvernement chinois a opéré un changement dramatique dans sa stratégie économique : Au cours des trois décennies suivantes il a ouvert le pays à des investissements étrangers d'envergure ; il a privatisé des milliers d'industries et il a mis en place une politique délibérée de concentration des revenus dans le but de récréer une classe économique dominante de milliardaires liés aux capitalistes étrangers. Le projet de la classe politique chinoise dirigeante était "d'emprunter" les connaissances techniques nécessaires pour entrer sur les marchés étrangers par l'intermédiaire des entreprises étrangères à qui ils fourniraient une abondante main d'oeuvre bon marché. L'état chinois a redirigé des subventions publiques massives pour générer une haute croissance capitaliste en démantelant son système national gratuit de soins et d'éducation. Il a cessé de subventionner la construction des habitations de centaines de millions de paysans et d'ouvriers d'usines pour fournir des fonds à des spéculateurs immobiliers pour construire des appartements de luxe privés et des gratte-ciel de bureaux. La nouvelle stratégie capitaliste chinoise, de même que sa croissance à deux chiffres, s'est enracinée dans les profonds changements structurels et les investissements publics massifs rendus possibles par l'ancien gouvernement communiste.

"L'envolée" du secteur privé chinois a eu comme fondement les immenses dépenses publiques consenties depuis 1949.

La nouvelle classe capitaliste triomphante et ses collaborateurs occidentaux se sont vantés d'être les artisans du "miracle économique" de la Chine et de son ascension à la seconde place dans l'économie mondiale. Cette nouvelle élite chinoise est moins pressée de mentionner la place de la Chine en ce qui concerne les brutales inégalités de classes car on ne trouve pire qu'aux Etats-Unis.

LA CHINE : De la soumission aux impérialistes à la compétitivité internationale

La croissance soutenue du secteur industriel de la Chine a été le résultat d'investissements publics très ciblés, de profits élevés, d'innovations techniques et d'un marché intérieur protégé. Le capital étranger a fait bien sûr des profits mais toujours dans le cadre des priorités et des règles de l'état chinois. La "stratégie d'exportation" dynamique du régime a produit d'énormes surplus commerciaux qui ont fait de la Chine un des plus grands créanciers de la planète et surtout des Etats-Unis. Pour maintenir sa dynamique industrielle, la Chine a du importer de grands quantités de matières premières ce qui l'a conduit à faire des investissements importants à l'étranger et à conclure des accords commerciaux avec des pays exportateurs de minerais et de produits agricoles comme l'Afrique et l'Amérique Latine. Dès 2010, la Chine, supplantant les Etats-Unis et l'Europe, est devenue le principal partenaire de beaucoup de pays d'Asie, d'Afrique, et d'Amérique Latine.

La Chine moderne, comme celle de 1100 à 1800, est devenue une puissance économique mondiale grâce à sa prodigieuse capacité de production. Le commerce et les investissements se faisaient dans le cadre d'une stricte politique de non-ingérence dans les affaires intérieures de leurs partenaires commerciaux. A la différence des Etats-Unis, la Chine n'a pas mené des guerres sans merci pour le pétrole ; au contraire elle a signé des contrats lucratifs. Et la Chine ne fait pas la guerre dans l'intérêt des Chinois de l'étranger comme les Etats-Unis ont fait pour Israël au Moyen-Orient.

Le rapport entre la puissance économique chinoise et sa puissance militaire est à l'opposé de celui des Etats-Unis, un gros empire militaire parasite dont l'influence économique internationale continue de diminuer.

Les dépenses militaires des Etats-Unis sont 12 fois supérieures à celles de la Chine. L'armée étasunienne tient le rôle principal dans les efforts de Washington pour empêcher la Chine de devenir une puissance mondiale.

L'ASCENSION de la Chine : L'histoire va-t-elle se répéter ?

La croissance de la Chine a été d'environ 9% par an et la qualité et la valeur de ses produits augmentent rapidement. Au contraire, les Etats-Unis et l'Europe ont stagné autour de 1% de croissance de 2007 à 2012. Les créatifs savants et techniciens chinois ont assimilé les dernières inventions occidentales (et japonaises) et les ont améliorées, diminuant ainsi leur coût de production. La Chine a remplacé les "institutions financières internationales" contrôlées par les Etats-Unis et l'Europe (le FMI, la banque mondiale et la banque interaméricaine de développement) comme principal prêteur de l'Amérique Latine. La Chine continue d'être le premier investisseur dans les ressources minières et l'énergie africaines. La Chine a pris la place des Etats-Unis comme premier partenaire commercial d'Arabie Saoudite, du Soudan, premier acheteur de pétrole iranien et est en passe de devenir aussi le premier acheteur de produits pétroliers vénézuéliens. Aujourd'hui la Chine est le premier fabriquant et exportateur mondial, dominant même le marché étasunien tout en jouant le rôle de bouée de sauvetage financière grâce à ses 1300 milliards de dollars de bonds du trésor étasuniens.

Sous la pression des travailleurs, des fermiers et des paysans, les dirigeants chinois ont développé le marché intérieur en augmentant les salaires et les dépenses sociales pour rééquilibrer l'économie et éviter le spectre de l'instabilité sociale. Au contraire, aux Etats-Unis, les salaires et les services publics vitaux ont décliné de façon alarmante en termes absolus et relatifs.

Tout cela laisse présager que la Chine va prendre la place des Etats-Unis comme première puissance économique mondiale dans les dix années qui viennent, si l'empire étasunien ne l'attaque pas et si les profondes inégalités de classe chinoises ne provoquent pas un soulèvement général.

De sérieuses menacent pèsent sur l'ascension de la Chine dans le monde. Contrairement à ce qui s'est produit dans le passé, la puissance économique de la Chine moderne n'est pas accompagnée de visées impérialistes. La Chine est sérieusement en retard par rapport aux Etats-Unis et à l'Europe pour ce qui concerne la capacité de mener des guerres de conquête.

Cela a sans doute permis à la Chine d'utiliser plus de financement pour générer de la puissance économique mais la Chine est aujourd'hui sans défense devant la supériorité militaire étasunienne, son énorme arsenal, ses bases avancées et ses positions géo-militaires stratégiques au large des côtes chinoises et dans les territoires adjacents.

Au 19ième siècle, l'impérialisme britannique a détruit la position de la Chine sur la scène internationale grâce à sa supériorité militaire en saisissant les ports chinois - à cause de la confiance de la Chine dans sa "supériorité commerciale".

La conquête de l'Inde, de la Birmanie et de la plus grande partie de l'Asie a permis à l'Angleterre d'établir des bases coloniales et de recruter des armées locales de mercenaires.

Les Anglais et leurs alliés mercenaires ont encerclé et isolé la Chine, ce qui a déstabilisé le marché chinois et permis d'imposer de brutaux accords commerciaux. L'armée de l'empire britannique dictait à la Chine ce qu'elle devait importer (et l'opium représentait 50% des exportations anglaises dans les années 1850) tout en neutralisant sa plus grande compétitivité par des tarifs préférentiels.

Aujourd'hui les Etats-Unis poursuivent la même politique : la flotte étasunienne patrouille et contrôle les voies commerciales maritimes de la Chine et ses ressources en pétrole off-shore à partir de ses bases. La Maison Blanche de Obama et Clinton est en train de préparer une réponse militaire rapide, à partir de ses bases en Australie, Philippines, et ailleurs en Asie. Les Etats-Unis intensifient leurs efforts pour gêner l'accès chinois aux ressources étrangères stratégiques tout en soutenant les séparatistes "issus de peuple" et les "insurgés" en Chine occidentale, Tibet, Soudan, Birmanie, Iran, Libye, Syrie et ailleurs. Les accords militaires étasuniens avec l'Inde et la mise en place d'un régime fantoche interchangeable au Pakistan ont fait progresser ses efforts pour isoler la Chine. La Chine est fidèle à sa politique de "développement harmonieux" et de "'non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays" et elle est restée neutre quand l'armée impérialiste des Etats-Unis et de l'Europe a attaqué un des partenaires commerciaux chinois dans le but principal de contrecarrer l'expansion commerciale pacifique de la Chine.

La Chine n'a pas de stratégie politique et idéologique pour protéger ses intérêts économiques à l'étranger et cela a encouragé les Etats-Unis et l'OTAN à mettre en place des régimes hostiles à Pékin. L'exemple le plus frappant est celui de la Libye où les Etats-Unis et l'OTAN sont intervenus pour renverser un gouvernement indépendant dirigé par le président Kadhafi avec qui la Chine avait signé des accords commerciaux s'élevant à plusieurs milliards de dollars. Le bombardement des villes, ports et installations pétrolières de la Libye par l'OTAN a forcé la Chine à rapatrier 35 000 ingénieurs du pétrole et ouvriers de la construction Chinois en quelques jours. La même chose est arrivée au Soudan où la Chine avait investi des milliards pour développer l'industrie du pétrole. Les Etats-Unis, Israël et l'Europe ont armé les rebelles soudanais pour désorganiser la production de pétrole et attaquer les Chinois qui travaillaient dans le pétrole. Dans les deux cas la Chine a laissé les impérialistes étasuniens et européens attaquer ses partenaires commerciaux et endommager ses investissements sans réagir.

Sous Mao Zedong, la Chine contrecarrait activement l'agression impériale. Elle soutenait des mouvements révolutionnaires et des gouvernements indépendants du Tiers Monde. Aujourd'hui la Chine ne soutient plus activement des gouvernements ou des mouvements capables de protéger ses accords commerciaux et ses investissements à l'étranger.

L'incapacité de la Chine à s'opposer à la montée de l'agression militaire étasunienne contre ses intérêts économiques est due à de profonds problèmes structuraux. La politique étrangère de la Chine repose sur de gros intérêts commerciaux, financiers et industriels qui comptent sur leur "compétitivité économique" pour gagner des parts de marché et qui ne comprennent rien aux fondements militaires et sécuritaires de la puissance économique mondiale. La classe politique chinoise est profondément influencée par une nouvelle classe de milliardaires qui ont des liens étroits avec les fonds d'équité occidentaux et qui ont absorbé les valeurs occidentales sans les remettre en question. La preuve, ils envoient leurs enfants étudier dans les universités élitistes des Etats-Unis et d'Europe. Ceux-là veulent "s'entendre avec l'Occident" à tous prix. Comme ils ne comprennent pas bien comment on construit un empire militaire, ils ne réagissent pas comme il le faudrait à chaque fois que les Impérialistes entravent leur accès aux ressources et aux marchés. L'approche "les affaires avant tout" de la Chine a peut-être été la bonne tant qu'elle était un pion sur l'échiquier économique mondial et que les impérialistes étasuniens considéraient son "ouverture au capitalisme" comme une occasion de mettre la main sur les entreprises publiques chinoises et de piller son économie.

Mais quand la Chine (à la différence de l'ancienne URSS) a décidé de garder le contrôle des capitaux et de développer une "politique industrielle" planifiée et contrôlée par l'état en redirigeant les capitaux occidentaux et le transfert des technologies vers des entreprises d'état qui ont réussi à pénétrer les marchés intérieurs et étrangers étasuniens, Washington a commencé à protester et à parler des mesures de rétorsion. Les énormes surplus commerciaux de la Chine par rapport aux Etats-Unis ont provoqué une réaction à deux tranchants de la part de Washington. Washington a vendu de grandes quantités de bons du trésor étasuniens aux Chinois et a commencé à développer une stratégie globale pour enrayer l'avancée de la Chine.

Comme les Etats-Unis n'avaient pas la capacité économique d'empêcher le déclin de leur pays , ils ont eu recours à leur seul "avantage comparatif" -leur supériorité militaire basée sur un réseau de bases offensives réparties sur toute la planète, de régimes clients, d'ONG et de mercenaires idéologiques ou armés. Washington s'est tourné vers son vaste appareil de sécurité visible et invisible pour nuire aux partenaires commerciaux de la Chine. Washington compte sur ses relations de longue date avec des leaders corrompus, des opposants, des journalistes et des nababs médiatiques pour qu'une puissante couverture de propagande soit déployée pendant que son offensive militaire contre les intérêts chinois à l'étranger progresse.

La Chine ne possède rien de comparable à l'appareil planétaire de sécurité étasunien parce qu'elle pratique une politique de non-ingérence. Elle n'a opposé à l'offensive en bonne voie de l'Occident impérialiste, que quelques initiatives diplomatiques comme des tracts en anglais pour expliquer sa politique, l'utilisation de son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour contrecarrer les efforts des Etats-Unis visant à renverser le régime indépendant d'Assad en Syrie et pour s'opposer aux sanctions drastiques contre l'Iran. Elle s'est aussi insurgée vigoureusement quand la secrétaire d'état Hilary Clinton a exprimé des doutes au vitriol sur la "légitimité" de l'état chinois suite à son vote contre la résolution des Etats-Unis et de l'ONU préparant une attaque contre la Syrie.

Les stratèges militaires chinois sont de plus en plus conscients, et inquiets, de l'intensification de la menace militaire contre la Chine. Ils ont demandé et obtenu une hausse de 19% du budget militaire au cours des 5 dernières années (2011-2015). Mais même avec cette augmentation, le budget militaire de la Chine est encore 5 fois inférieur à celui des Etats-Unis et la Chine n'a pas de base à l'étranger tandis que les Etats-Unis en ont 750. Les opérations des services secrets chinois à l'étranger sont quasi-nulles. Ses ambassades sont gérées par et pour des intérêts commerciaux à courte vue qui n'ont rien compris à la brutale politique de changement de régime de l'OTAN contre la Libye et ont négligé d'informer Beijing de ce que cela signifiait pour l'état chinois.

Il y a deux autres faiblesses structurelles qui empêchent la Chine de devenir une puissance mondiale. Elles proviennent de l'intelligentsia hautement "occidentalisée" qui a avalé sans discernement la doctrine économique des Etats-Unis sur la libre circulation des produits en ignorant la militarisation de son économie. Ces intellectuels chinois répètent comme des perroquets la propagande étasunienne sur "les vertus démocratiques" des campagnes électorales présidentielles qui coûtent des milliards de dollars tout en soutenant une déréglementation financière qui aurait permis à Wall Street d'engloutir les banques et les avoirs chinois. De nombreux intellectuels et consultants d'affaire ont été formés aux Etats-Unis et sont influencés par leurs liens avec des universitaires étasuniens et des institutions financières internationales directement liées à Wall Street et à la City de Londres. Ils ont prospéré et sont devenus des consultants grassement payés qui ont des postes prestigieux dans les institutions chinoises. Ils identifient la "libéralisation des marchés financiers" avec "les économies de pointe" qui selon eux permettraient de mieux s'intégrer au marché mondial au lieu de les considérer comme la source principale de la crise financière économique mondiale actuelle. Ces "intellectuels occidentalisés" ressemblent aux "Compradores" du 19ième siècle qui sous-estimaient, pour ne pas dire niaient, les conséquences à long terme de la pénétration impériale occidentale. Ils ne comprennent pas que la déréglementation financière aux Etats-Unis a causé la crise actuelle ni qu'elle aboutirait à la main mise de l'Occident sur le système financier chinois -qui aurait pour conséquence de rediriger l'épargne intérieure chinoise vers des activités non productives (la spéculation immobilière), de causer une crise financière et finalement d'empêcher la Chine d'atteindre une position dominante.

Ces cadres branchés* chinois imitent le style consumériste occidental dans ses pires aspects et leurs opinions politiques découlent de ce style de vie et de leur identification aux Occidentaux qui les rendent incapables de la moindre solidarité avec leur propre classe ouvrière.

Il y a un fondement économique aux sentiments pro-occidentaux des néo-compradores chinois. Ils ont transféré des milliards de dollars sur des comptes en banque étrangers, acheté des maisons et appartements luxueux à Londres, Toronto, Los Angeles, Manhattan, Paris, Honk Kong, et Singapour. Ils ont un pied en Chine (la source de leur richesse) et l'autre en Occident (où ils consomment et cachent leur fortune).

Les compradores occidentalisés sont profondément intégrés dans le système économique chinois et ont des liens familiaux avec les dirigeants politiques, les membres de l'appareil du parti et de l'état. Moins étroits sont leurs liens avec l'armée et avec les mouvements sociaux grandissants, même si certains étudiants "dissidents" et intellectuels militants du "mouvement démocratique" sont soutenus par les ONG impérialistes occidentales. En gagnant de l'influence les compradores affaiblissent les puissantes institutions économiques de l'état qui sont à l'origine de la percée de la Chine comme puissance économique internationale, exactement comme au 19ième siècle quand ils servaient d'intermédiaire à l'empire britannique. Au 19ième siècle, sous couvert de "libéralisme", les Anglais ont rendus plus de 50 millions de Chinois dépendants de l'opium en moins d'une décennie. Aujourd'hui, sous couvert de "démocratie et de droits humains" les navires étasuniens patrouillent au large des côtes chinoises. Les élites qui ont piloté l'ascension de la Chine ont créé des inégalités monumentales entre les milliers de nouveaux milliardaires et multi-millionaires au sommet et les centaines de millions de travailleurs, de paysans et de travailleurs émigrés appauvris tout en bas.

La rapide accumulation de richesse des Chinois s'est faite à travers l'intense exploitation des travailleurs qui furent dépouillés du filet de sécurité sociale et de la réglementation du travail que le communisme leur garantissait. Des millions de familles chinoises sont aujourd'hui dépossédées au profit des promoteurs/spéculateurs immobiliers qui construisent des tours de bureaux et d'appartements luxueux pour l'élite locale et étrangère. Ces caractéristiques brutales du capitalisme chinois ont fait naître une revendication massive et grandissante qui concerne à la fois le travail et le logement. Le slogan des promoteurs/spéculateurs :

"S'enrichir est merveilleux" ne trompe plus personne. En 2011 il y a eu plus de 200 000 mouvements populaires dans les usines des villes de la côte et dans les villages ruraux. La prochaine étape sera sans nulle doute, l'unification de ces luttes en nouveaux mouvements sociaux nationaux qui au nom de la lutte des classes exigeront qu'on leur rende les services de santé et d'éducation qu'ils avaient sous le régime communiste ainsi qu'une plus grande partie de la richesse de la Chine. La lutte pour des augmentations de salaire peut se transformer en lutte pour plus de démocratie sur le lieu de travail. Pour répondre à ces demandes populaires, les nouveaux compradores libéraux occidentalisés de la Chine ne pourront pas proposer leur "modèle" américain en exemple car les travailleurs étasuniens sont en train d'être dépouillés de tout ce que les Chinois demandent maintenant qu'on leur rende.

La Chine déchirée par l'intensification des conflits de classe et des luttes politiques ne peut pas maintenir sa progression vers le leadership économique mondial. L'élite chinoise n'est pas en mesure d'affronter la menace militaire impérialiste étasunienne tout le temps que ses alliés, les compradores, font partie de l'élite libérale intérieure et d'autre part la société est profondément divisée avec une classe laborieuse de plus en plus hostile. Il faut mettre fin à l'exploitation sauvage des travailleurs chinois pour pouvoir affronter l'encerclement militaire étasunien de la Chine et la déstabilisation économique de ses marchés étrangers. La Chine possède d'énormes ressources. Avec des réserves se montant à 1 500 milliards de dollars, la Chine peut financer un service national de santé et d'éducation publique pour tout le pays.

La Chine a les moyens de mettre en place un "programme de logements publics" pour les 250 millions de travailleurs émigrants qui vivent dans une misère noire. La Chine peut imposer un système d'impôts progressifs à ses milliardaires et millionnaires et financer des coopératives pour les petits fermiers et des industries rurales pour rééquilibrer l'économie. Le programme de développement de l'énergie alternative comme les panneaux solaires et les éoliennes est un premier pas vers la solution du grave problème de la pollution. La dégradation de l'environnement et les problèmes de santé qu'elle entraîne inquiètent des dizaines de millions de personnes. Finalement la meilleure défense de la Chine contre les conquêtes impérialistes, est encore un régime stable basé sur la justice sociale pour ses centaines de millions d'habitants et une politique étrangère de soutien des mouvements et régimes étrangers opposés aux puissances impérialistes et dont l'indépendance est vitale pour la Chine. Ce qu'il faut, c'est une politique active basée sur des entreprises militaires conjointes et mutuellement profitables et de la solidarité diplomatique. Il y a déjà un petit groupe d'intellectuels chinois qui a soulevé la question de la menace militaire étasunienne grandissante et qui "dit non à la diplomatie à la pointe du canon".

La Chine moderne a beaucoup de ressources et d'avantages dont ne disposait pas la Chine du 19ième siècle quand l'empire britannique l'a soumise. Si les Etats-Unis continuent leur politique agressive d'escalade militaire contre la Chine, Beijing peut déclencher une sérieuse crise fiscale en mettant sur le marché une partie des centaines de milliards de bonds du trésor étasunien qu'elle détient. La Chine, une puissance nucléaire, devrait s'allier avec un voisin qui a lui aussi l'arme atomique et qui lui aussi est menacé, la Russie, pour affronter et faire taire la belliqueuse et vociférante secrétaire d'état américaine, Hilary Clinton. Le président de la Russie, Poutine, va augmenter ses dépenses militaires de 3 à 6% du PIB pendant la prochaine décennie pour contrecarrer l'offensive des bases de missiles de Washington aux frontières russes et enrayer les tentatives du régime d'Obama de renverser des gouvernements alliés comme celui de la Syrie.

La Chine a de puissants réseaux commerciaux, financiers et d'investissement dans le monde ainsi que des partenaires économiques puissants. Ces liens sont devenus essentiels pour la croissance de beaucoup de pays du monde développé. En s'attaquant à la Chine, les Etats-Unis devront faire face à l'opposition de nombreux membres de la puissante élite internationale qui tire profit du marché. Peu de pays et peu de leurs élites veulent prendre le risque de lier leur destin à un empire économiquement instable qui se maintient grâce à de destructrices occupations militaires coloniales.

En d'autres termes, la Chine moderne, en tant que puissance internationale, est incomparablement plus forte qu'au début du 18ième siècle. Les Etats-Unis n'ont pas la puissance coloniale que l'empire britannique possédait après les Guerre de l'Opium. De plus, de nombreux intellectuels chinois et la vaste majorité des citoyens chinois n'ont aucunement l'intention de laisser les "compradores occidentalisés" d'aujourd'hui vendre leur pays. Rien n'accélèrerait davantage le clivage politique de la société chinoise ni ne hâterait plus l'avènement d'une seconde révolution sociale chinoise que des dirigeants timorés qui se soumettraient à une nouvelle ère de pillage impérialiste occidental.


James Petras

James Petras est un professeur de sociologie de Binghamton University, New York, à la retraite. Il lutte depuis 50 ans pour l'égalité et conseille les sans-terre et sans-travail du Brésil et d'Argentine. Il a co-écrit Globalization Unmasked (Zed Books). Son dernier livre est : The Arab Revolt and the Imperialist Counterattack.

Pour consulter l'original et les notes : http://dissidentvoice.org/2012/03/chinas-rise-fall-and-re...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note : *Dans le texte : yuppy : Young urban professional


Source: LE GRAND SOIR

jeudi, 29 mars 2012

AU MALI, LA FRANCE VEUT EXPERIMENTER LE SEMI COUP D'ETAT


SARKOZY ET ATT 4.jpg

La France ne recule devant rien pour garder la mainmise sur ses ex-colonies en Afrique où l'instabilité chronique est savamment planifiée en réalité dans les bureaux de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ainsi après l'étape de la Côte d'Ivoire où il a réussi à chasser le président Gbagbo du pouvoir à coups de bombes et de canons, voilà Nicolas Sarkozy qui expérimente au Mali où le président Amadou Toumani Touré (ATT), a été évincé la semaine par l'armée, une théorie nouvelle : le semi-coup d'Etat.

Si Paris condamne officiellement le coup de force, clamant par la voix de son ambassadeur au Mali que «le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu, et qu'il fallait s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin», la sortie du ministre français délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, montre que Paris ne voit pas d'un bon oeil un éventuel retour d'ATT au pouvoir pour la suite de son mandat.  Invité de l'émission Internationales (RFI, TV5 Monde, Le Monde), le collaborateur de Nicolas Sarkozy a déclaré qu' «il n'y a aucun problème pour organiser des élections» et que «la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel».


Henri de Raincourt: Le maintien des élections au... par internationales

Ce schéma sorti des tiroirs de Sarkozy, assez discret sur la question en raison des élections en France, l'Elysée prépare déjà son esprit à son application. Tout le long de son intervention, le ministre français a vainement tenté de faire croire que Paris n'avait rien à avoir avec le coup d'Etat et que les divergences avec ATT au sujet de la lutte contre Al Qeada au Maghreb n'étaient que des malentendus sans réelle incidence sur les relations entre les deux pays.

Mais cette sortie vise à préparer les esprits à la mise à l'écart du président Amadou Toumani Touré, qui pourrait être maintenu en otage par la junte militaire et remplacé à la tête du pays par le président de l'Assemblée nationale. C'est le deal que prépare Paris qui veut coûte que coûte installer dans cet autre pays d'Afrique un homme à sa solde. Comme c'est le cas à Abidjan et ailleurs dans la sphère francophone sur le continent.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 mars 2012

DIFFICILE ASCENSION DU SOMMET DE LA CEDEAO A ABIDJAN


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Je viens de lire les discours d'introduction et de conclusion de Ouattara, Président non élu de la Côte d' Ivoire, plébiscité au rang de Président de la CEDEAO ! « Qui peut le plus, peut le moins » !

Suite et fin donc, de cette rencontre inutile, relayée en détails par la presse aux ordres, et qui donne à Ouattara des paroles pour la Communauté Internationale, des paroles « fortes », mais qui en dehors de cet évènement déjà boudé par les chefs d'état invités - 6 présents sur les 15 convoqués - va rester dans les annales comme le sommet-« coup d'épée dans l'eau » ! En effet, comment un Ouattara incapable de faire advenir en Côte d'Ivoire le calme, l'apaisement et la réconciliation, peut-il donner au Mali l'impulsion bénéfique nécessaire, d'autant plus que prôner un retour à la démocratie et l'application des règles constitutionnelles, ferait sourire, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas aussi tragique, dramatiquement absurde ! Alors que tout à été bafoué là-bas, Ouattara nous parle depuis Abidjan, et appelle de ses vœux la démocratie et le retour au dialogue de toutes les factions, au Mali ! C'est exactement le contraire qu'il applique en Côte d'ivoire !

Mais voilà, Ouattara ne fait que lire un texte que les conseillers en communication blancs lui ont soumis, et alors peu importe que maintenant noir devienne blanc, ou l'inverse ! L'essentiel est que Ouattara joue bien son rôle de potiche dans la CEDEAO, comme il le fait en Côte d'Ivoire et que les intérêts blancs soient protégés !

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« Des millions d'Africains et le monde entier nous regardent et fondent en nous l'espoir d'une sortie de crise décisive et porteuse d'espérance » Là encore, c'est la mégalomanie du manipulateur de la potiche, ou de la marionnette qui parle ! En fait, ce dernier est dévoilé ! Même si les français ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Afrique, - et on les a dissuadés de s'y intéresser -, ils réalisent bien que le véritable homme fort de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique se trouve à La Haye et qu'il va nous servir le 18 juin prochain, un discours  moins lénifiant que celui du Jocond, l'homme à l'éternel sourire « Cheese » « Tout va bien mais je ne parle qu'en présence de l'hélico-protecteur au dessus de ma tête, et de mon escorte mobile blindée ! »

« Nous ne pouvons nous permettre d'hésiter au risque de laisser ce pays, qui s'est doté d'instruments démocratiques précieux depuis plus de deux décennies, sortir de l'histoire à reculons », dit encore le clone de l'Elysée, reprenant  le thème de l'Africain qui n'est pas encore entré dans l'histoire, en 2007, à Dakar, lorsque Sarkozy l'africain se déguisait en gentil loup pour mieux entrer dans la bergerie ! Maintenant cinq ans ont passé, l'Afrique est rentrée dans l'histoire de la recolonisation forcée, « La stabilité est le gage du développement de nos pays qui n'ont que trop souffert de situations anachroniques et anti-démocratiques. » Entendez : il nous faut pour le Mali un carcan préfectoral calqué sur celui de la Côte d'Ivoire, afin que la France puisse l'immobiliser, et telle une sangsue la sucer, la vider, jusqu'à l'agonie ! Si Atta Mills président du Ghana, ne semble pas d'accord avec la résolution prise par la CEDEAO, puisqu'il est rentré chez lui sans avoir signé l'acte de la conférence,  les autres présidents-fantoches, Compaoré en tête, suivi de Yayi, Sirleaf, Mahamane, et GoodLuck, eux, ont répondu « présent » à l'appel du Kapo Ouattara, à croire que le vampire France les a déjà entièrement et définitivement vidés de leur sang. Tout ce beau monde est en effet persuadé de jouer un rôle important dans l'histoire africaine, alors qu'ils ne sont que de simples figurants, pour préparer l'entrée en scène de la Bête immonde occidentale, qui au nom de ses valeurs humanitaires perverties, ne sème que la division, le chaos et la mort sur son passage.


Shlomit Abel


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE

DENONCIATION DU SILENCE COUPABLE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SUR LES CRIMES DE MONSIEUR ALASSANE DRAMANE OUATTARA



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Ce 28 mars 2012, date anniversaire du début de l'offensive barbare des rebelles et de leurs alliés français contre l'Etat de Côte d'Ivoire, souvenons-nous  du génocide wê, génocide débuté depuis novembre 2002 et qui a atteint son paroxysme avec le massacre de plus de 800 civils du peuple wê à Duékoué le 28 mars 2011 lors de la prise de cette ville par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), forces rebelles sous le commandement de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA.

A cette douloureuse occasion, nous demandons à tout citoyen ivoirien où qu'il se trouve et à tout défenseur des droits de l'homme d'observer une minute de silence pour dénoncer cet autre silence coupable qui entoure les crimes de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA.

Depuis donc ce 28 mars 2011, et depuis l'accession au pouvoir  de monsieur Alassane Dramane Ouattara  par coup d'Etat de la France le 11 avril 2011, la population ivoirienne vit au rythme des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide selon la définition du traité de Rome qui institue la CPI.

Après le 11 avril 2011, date de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo par l'armée française et alors même que les combats ont cessé depuis, les FRCI ont continué les persécutions contre  ses partisans et commis  des meurtres ciblés à Abidjan.

Human Rights Watch, dans un rapport rendu public le 2 juin 2011, a relevé et décrié le fait que «  les FRCI avaient tué au moins 149 partisans réels ou supposés du Président Laurent Gbagbo depuis leur prise de contrôle d'Abidjan à la mi-avril 2011 ».

La marche du régime Ouattara se fait au rythme de massacres au quotidien et ponctués de massacres en masse dont ARRAH 35 civils tués en février 2012, à BANGOLO, 20 civils tués en Février 2012, sans compter les obstructions et attaques des manifestations pacifiques de l'opposition entrainant des blessés graves et des morts. Des milliers d'ivoiriens sont expropriés de leurs plantations et de leurs biens, pillés ou menacés, quand d'autres sont contraints à l'exil interne et externe.

Tous ces faits se déroulent sous le regard bienveillant de l'ONUCI dont l'unique raison de la présence en Côte d'Ivoire est pourtant la protection des civils. Sa mission a été dévoyée et se résume à l'armement et au soutien apportés aux FRCI contre les civils et à la protection de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA.

A ARRAH, tandis que la population avait retrouvé la paix après les affrontements entre elle et les FRCI, une partie de la population allochtone s'est retrouvée avec des armes lourdes pour attaquer les autochtones après le passage de l'ONUCI dans cette ville.

Aujourd'hui, sous le régime OUATTARA, la population ivoirienne n'a d'autre droit que le droit  au chômage, au pillage, à la cherté de la vie pour les plus chanceux et le droit au viol et à la mort pour les moins chanceux. La communauté internationale reste muette, sourde et aveugle face à ces atrocités au quotidien. Les derniers crimes en date sont entre autres:

-Le 31 janvier 2012 : Le jeune Erick Amichia abattu sans cause dans le village de Yaou (Ayamé) par les éléments FRCI nommés Traoré Oumar, Diaby Mama et Diomandé Adama.

-Le 16 mars 2012, toujours à DUEKOUE, une institutrice reçoit la visite des FRCI, l'un d'eux la viole  et les autres la dépouillent de ses biens.

-Le 18 mars 2012 à DUEKOUE, Mr GBOHO François, opérateur économique, a été enlevé par les FRCI sollicités par un opérateur économique concurrent et fusillé avec une balle dans la bouche faisant sauter son cerveau.

-Le 25 mars 2012 à Yopougon, les FRCI installés sur la place de la liberté, font une descente dans un quartier de Yopougon, trois civils sont tués dont un (1) a été égorgé, la tête fracturée et l'œil défoncé et le cadre de banque Kouamé Lucien poignardé. Plusieurs femmes ont été violées et des boutiques pillées. Une centaine de civils ont été blessés.

Ces crimes et ce silence s'inscrivent dans la continuité des crimes commis pendant l'attaque de la Côte d'Ivoire en septembre 2002 et le silence de la communauté internationale face à ces crimes.

En effet, en septembre 2002, pendant que 61 gendarmes désarmés et leurs enfants étaient exterminés par les rebelles à BOUAKE et que tous les biens de l'Etat et de la population étaient pillés, pendant que des villages entiers et leurs habitants à l'ouest étaient brulés et que les plantations des villageois étaient occupées par des rebelles, la presse occidentale notamment française présentait les rebelles comme des anges qui ne faisaient aucun mal aux civils.

Cette mise sous silence de ces crimes a favorisé l'amplification du génocide des populations wè à l'ouest du pays lors de l'offensive des rebelles le 28 mars 2011 ou 800 wê ont été exterminés sous le commandement direct de Mr OUATTARA qui, après s'être autoproclamé à l'hôtel du golf d'Abidjan Président de la République a nommé le chef rebelle Soro Guillaume « Ministre de la défense » et tout cela en présence de l'ONUCI dont la mission officielle est pourtant de protéger les civils.

A l'heure du rattrapage ethnique prôné par Mr OUATTARA comme projet de société et des menaces de morts proférées par le secrétaire général du RDR, Amadou SOUMAHORO sur toute personne qui osera s'opposer à Ouattara, nous interpellons une fois de plus la communauté internationale sur le silence complice et coupable observé autour des crimes actuels qui peuvent préparer, déboucher sur un génocide généralisé à la moindre occasion, comme dans un passé récent.

En cette date anniversaire du 28 mars 2012, rappelant la date historique du 28 mars 2011, date du génocide wê par les rebelles de Mr OUATTARA, nous tenons à rappeler à la communauté internationale que le choix de la force pour le règlement d'une crise électorale au lieu du recomptage des voix comme aux USA en 2000 ou comme en HAITI en 2011, n'a pas permis d'asseoir un régime respectueux des droits de l'homme et que les crimes continuent d'être commis avec des responsabilités identifiées par le traité de Rome.

Nous tenons donc à interpeller une fois encore la communauté internationale quant au silence coupable dont elle fait preuve face aux crimes que commet Mr OUATTARA en Côte d'Ivoire depuis 2002 et singulièrement  depuis son accession au pouvoir par le coup d'Etat de la France.


Coordonnateur et Porte-parole du FPI en exil

Dr ASSOA ADOU

DU MALI ET DE L'INDECENCE FRANÇAISE

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Depuis quelques jours, à la suite du coup d'Etat opéré au Mali, à quelques semaines des élections présidentielles maliennes mais aussi françaises, des ministres du gouvernement français appellent au «rétablissement de l'ordre constitutionnel», ainsi du ministre des Affaires étrangères et du ministre à la Coopération qui affirme que « le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu ».

Mais de quel ordre constitutionnel s'agit-il ? Le Président malien depuis son élection, en mars 1991, n'a pas su instaurer un pouvoir exécutif digne de ce nom, fort et assorti de contrepouvoirs. Ainsi, si ce coup d'Etat est jugé « insensé » par beaucoup, il n'a surpris personne, « tant le problème sécuritaire du pays semble dépasser le président Touré », ainsi que l'a précisé Aminata Dramane Traoré à RFI.

Depuis quelque mois, l'armée malienne fait face et «sans moyens» à une rébellion armée qui a réussi à faire tomber quelques villes du nord Mali, sous le contrôle du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) composé essentiellement de combattants touaregs. Ce mouvement a pu acquérir des armes en provenance de Libye, en circulation libre à la frontière de ces deux pays, conséquence prévisible de l'intervention de l'OTAN favorisée et revendiquée essentiellement par la France.

Cette intervention a  ouvert la boite de pandore des arsenaux libyens dans une région extrêmement pauvre, mais à très fort potentiel, et livrée à elle-même. Aucun développement économique, aucun minimum de prise en charge sociale des populations locales n'est assuré. Le blocage est amplifié par les programmes économiques imposés par  les institutions financières internationales. A cela s'ajoutent les ajustements structurels, l'orientation vers une production agricole tournée vers l'exportation, l'ouverture systématique de l'économie malienne au marché mondial imposés à un Etat incapable de résister et contraint d'accepter le libéralisme qui exclut la liberté de circulation pour les populations.

En plus des Etats-tampons du Maghreb, chargés d'empêcher le transit des migrants, les Etats de départ sont tenus de jouer le rôle de geôlier de leurs propres populations. Ainsi, l'Europe délègue son incapacité à apporter une réponse construite à la migration en externalisant sa politique de répression et de contention du flux des migrants ; la France, quant à elle et quoi qu'elle en dise, continue ses relations françafricaines dans l'opacité et les connivences coupables entre élites françaises et africaines, au nom desquelles, les terres maliennes sont pillées. Les intérêts des anciens colons français ont été préservés et les intérêts étrangers sont plus dominants que jamais.

Sur le plan socio-économique, la gestion est un désastre continu et sur le plan stratégique, les accords de défense ont permis l'installation de bases permanentes et dans les aéroports, les contrôles policiers sont sous supervision étrangère, française notamment.

Le Mali n'échappe pas à ce bilan sans appel : le peuple malien n'a toujours pas été libéré de l'oppression qui l'aliène, de la misère, de l'injustice et de l'abandon dont il pâtissait sous le joug colonial.

Pourtant, le Mali, de par son histoire et sa configuration géographique aurait pu barrer la route aux ingérences occidentales et à celles de ses alliés et face à un monde arabe en ébullition, une Europe en crise systémique. Il aurait pu constituer un facteur de stabilisation positive dans une région convoitée et cible du nouvel ordre ultralibéral de misère et de violence. Le Mali aurait pu jouer le rôle d'antidote à la balkanisation de l'Afrique de l'Ouest.

Mais il n'en sera pas ainsi, la voie ouverte par les indépendances a été piégée par des découpages territoriaux et par le legs empoisonné des séparations ethniques du colonialisme.

La liberté pour laquelle des peuples se sont soulevés est toujours confisquée par des pouvoirs soutenus par l'ancien colonisateur. La domination a seulement changé d'apparence, l'émancipation des peuples, hier colonisés, reste à venir. Les maîtres d'hier continuent à imposer leur loi.

Le Mali en est l'exemple actuel. Ainsi, ces mêmes ministres français s'autorisent à appeler avec force et autorité le maintien « des élections (...) programmées pour avril (...) » et qui doivent avoir « lieu le plus vite possible" car il faut « s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin », allant même jusqu'à affirmer qu'« il n'y a aucun problème pour organiser des élections puisque la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président, le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel ».

Comment les Occidentaux ont-ils le cynisme d'obliger les peuples anciennement colonisés à adopter leur modèle démocratique alors que leurs propres pays sont confrontés au délitement de ce même modèle  qui sécrète xénophobie et racisme débridé, injustice et misère ? 

La domination coloniale, avec quelques variations et adaptations, s'est renouvelée et s'effectue en toute bonne conscience néocoloniale. Elle est rendue possible grâce à l'instrumentalisation de la guerre « éternelle » et généralisée contre le terrorisme qui autorise, sur le terrain, la présence de forces militaires extracontinentales afin de veiller à la sauvegarde des intérêts des multinationales. Interviendront-elles au Mali -au nom de l'illégale « responsabilité de protéger»- pour contrôler à leur profit la bande sahélienne au potentiel minier inexploité ?

Force est de constater que la période néocoloniale s'achève sur une recolonisation, sous des formes nouvelles, mais qui ont été rendues possibles par les bombes à retardement léguées par les puissances coloniales. Hier le Sud-Soudan, aujourd'hui le Nord-Mali et demain ? La partition de certains Etats d'Afrique semble clairement inscrite dans le projet néocolonial en cours. 

Alors que le monde vacille sous les coups de la crise économico-financière au nom de l'instauration d'un nouvel ordre mondial unilatéral, ce sont les peuples qui sont les victimes directes de ce libéralisme débridé, inhumain et violent. Au nom d'une globalisation injuste et illégale, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pour mieux priver les peuples du droit à disposer de leurs ressources naturelles est remis en cause. La recolonisation du monde est un des moyens trouvés par les dominants pour assurer leur hégémonie.

La solidarité avec le peuple Malien et ses forces politiques réelles pour une résolution nationale et autonome des conflits internes est l'unique voie pour la justice et la paix.

 

26 mars 2012


Mireille Fanon-Mendes-France

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Experte du groupe de travail sur les Afro Descendants au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU


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