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mercredi, 28 mars 2012

LA DELINQUANCE EN TREILLIS, EPIDEMIE OUEST-AFRICAINE


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La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C'est-à-dire à la case coup d'Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu'il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu'une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l'expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s'est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d'un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s'est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.

Si un des signes de la démocratie est l'existence d'une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l'on ne peut pas vraiment dire que le Mali d'Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d'une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n'a pas non plus bénéficié du soutien d'une armée qu'il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l'intégrité territoriale de son pays n'a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d'officier et d'homme d'Etat.

L'on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d'Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n'éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n'y a-t-il donc ni de coup d'Etat, ni de rébellion dans les pays d'Afrique australe, à l'exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n'est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu'il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s'exprimer, prendre le pouvoir, en s'attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l'occasion d'une mutinerie qui n'est pas allée jusqu'à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l'armée française et les Casques bleus de l'ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd'hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l'opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d'ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l'ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA) n'engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics - carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés...- en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d'Afrique de l'Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n'enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l'honneur de se faire recevoir par leurs chefs d'Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l'imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L'on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s'organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s'appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d'un Alassane Dramane Ouattara s'adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L'Afrique de l'Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s'amoncellent au-dessus de nos têtes.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: WADE N'A DONNE AUCUNE LEÇON A GBAGBO


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Après sa défaite face à son ancien Premier ministre, Macky Sall, dimanche au terme du 2ème tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat sortant du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a appelé le vainqueur pour le féliciter. Cette initiative de fair-play et de démocratie est à saluer. Et tous les Africains s'en sont réjouis. Curieusement, la presse pro-Ouattara en Côte d'Ivoire a trouvé là l'occasion pour brocarder le Président Laurent Gbagbo, renversé le 11 avril 2011, par l'armée française et injustement détenu actuellement à la Cpi à La Haye. Pour les partisans d'Alassane Dramane Ouattara, «le coup de fil de Wade à Macky constitue une leçon du premier cité à Gbagbo». Ce parallèle est à la fois inapproprié et infondé puisque la présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire était totalement différente, à tout point de vue, de celle du 25 mars 2012 au Sénégal. C'est donc établir un amalgame truffé de contrevérités que de rapprocher les situations ivoirienne et sénégalaise.

Au moment où s'organisaient les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, le pays était toujours divisé en deux, en proie à une rébellion armée pro-Ouattara. Dont le Rdr, parti dirigé par Alassane Dramane Ouattara, ne cachait pas la proximité. Cette rébellion armée avait pris en otage une partie du pays, en l'occurrence le nord, où elle régnait en maître absolu. Elle s'est invitée, dès le premier tour en octobre puis en novembre lors du second tour, dans le jeu électoral en exerçant une violence inouïe sur les partisans du Président Gbagbo pour les empêcher de voter dans les zones Cno (Centre, nord et Ouest) qu'elle tenait.


Dans le nord du pays, les rebelles ont bourré frauduleusement les urnes au profit de Ouattara. Au vu et au su des observateurs internationaux qui ont dénoncé la fraude massive et la violence perpétrées par ces combattants pro-Ouattara. Seuls les observateurs de l'Union européenne sont restés bouche bée pour des raisons que tout le monde saura plus tard. Au Sénégal, la rébellion Casamançaise n'est pas l'œuvre d'un parti de l'opposition soutenu par des pays étrangers dont la France. Elle n'est pas spécialement dirigée contre Abdoulaye Wade.


Et ne s'est pas invitée dans le jeu électoral. De sorte que le vote s'est même bien déroulé en Casamance. Par ailleurs, en Côte d'Ivoire, avant que le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, ne soit kidnappé par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis (Jean-Marc Simon et Philipp Carter 3) pour le contraindre à prononcer de vrais faux résultats au quartier général de campagne du candidat Ouattara au Golf Hôtel d'Abidjan, les résultats validés donnaient le candidat Gbagbo, vainqueur du scrutin. Par contre au Sénégal, Abdoulaye Wade a été dominé de bout en bout par Macky Sall. Et l'écart de voix entre les deux était tel que Wade n'avait d'autre choix que de reconnaitre sa défaite avant terme. Comme on le voit, si quelqu'un devrait reconnaitre sa défaite avant terme, c'est bien Alassane Dramane Ouattara.


Pour tout dire, Wade a été écrasé par une coalition de partis politiques sénégalais, quand Gbagbo lui, a battu le Rhdp, la coalition comprenant le Rdr, le Pdci-Rda, l'Udpci et le Mfa. Au Sénégal, bien que Wade ait reconnu sa défaite avant terme, Macky Sall attendra que le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs et l'investisse comme président de la République avant d'exercer le pouvoir. Ceci dans le strict respect de la Constitution sénégalaise.


Pourtant en Côte d'Ivoire, Ouattara s'est opposé aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel qui est pourtant le seul organe habilité à le faire conformément à la Constitution ivoirienne. S'il y a une leçon à retenir des récentes élections présidentielles au Sénégal, c'est celle d'un scrutin libre et transparent, du respect des résultats des urnes et des règles institutionnelles du pays. Et cette leçon s'adresse bien évidemment à M. Ouattara. Mais pas à M. Gbagbo.




Boga Sivori, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

bogasivo@yahoo.fr

 

Source: AFRIK 53

mardi, 27 mars 2012

SANS COMMENTAIRE! UNE IMAGE QUI PARLE D'ELLE-MEME

 

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Cette image (d'hier, lundi 26 mars 2012, sur France 2) parle d'elle-même. La Côte d'Ivoire (de Ouattara) figure parmi les pays où il y a une absence totale de démocratie, selon l'Onu. Et pourtant c'est bien elle qui a encouragé et installé de force ce régime autoritaire...

La vérité est bien lente, mais elle finit toujours par se faire voir.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

COUP D'ETAT AU MALI: LA FRANCE A LA RECHERCHE D'UN PANTIN A L'IMAGE DE OUATTARA



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A ceux qui le vilipendaient d'avoir réalisé le premier coup d'état ivoirien, le général Guéi répondait qu'en Afrique francophone, aucun coup d'état n'avait de chance de réussir sans l'accréditation et le support logistique de la France. En Côte d'Ivoire, le coup d'état du général Guéi, que la France s'était empressée de condamner, n'était qu'une circonlocution pour l'installation d'Alassane Dramane Ouattara. Bien que le scénario de Paris fût perturbé par les appétences imprévues de Guei puis par l'opiniâtreté exceptionnelle du président Gbagbo, Ouattara fut finalement imposé aux Ivoiriens après dix longues années émaillées de moult complots locaux et internationaux.

Aujourd'hui, la France possède son pantin de prédilection en Côte d'Ivoire et à la CEDEAO. La France peut donc procéder à la reconquête totale de l'Afrique de l'Ouest ainsi qu'au prolongement de son influence en Afrique Anglophone - en séparant le Nigéria de la persuasion américaine et Sud-Africaine - et dans l'Océan indien - en ramenant Kagamé dans le giron hexagonal. Mais avant de procéder à l'installation d'une Françafrique anglophone (par le biais du Nigéria) et océanindienne (par la porte stratégique du Rwanda), il fallait que l'Afrique de l'Ouest fût débarrassée des empêcheurs de tourner en rond de la Françafrique version nouvelle et parfumée au citron de Sarkozy.

L'un de ces empêcheurs de tourner en rond est le président Amadou Toumani Touré (ATT). A Toumani Touré, la France reproche sa propension à faire trop ami-ami avec les Américains, au point de se croire permis de contrarier certains plans de l'Elysée. Pour Sarkozy, les 170 millions de dollars d'aide que l'Amérique accorde annuellement à ATT ainsi que l'armement militaire qu'il reçoit du pays du président Obama pour la lutte contre le terrorisme d'obédience AQMI ont fait du président malien un inapprivoisable. Les vexations faites à l'Hexagone par le président malien, Sarkozy peut les égrener comme un chapelet: Elles sont, entre autres, le refus d'ATT de permettre à la France d'installer un centre d'écoute dans le Nord du Mali, le refus d'ATT de permettre l'installation d'une base militaire à Sévaré, le refus d'ATT de signer l'accord de réadmission des expulsés maliens en France, l'autorisation de manifestations au Mali condamnant la guerre de la France en Libye, l'hésitation d'ATT, qui a des millions de ses ressortissants en Côte d'Ivoire, à supporter la guerre de la France en Côte d'Ivoire. Les tentatives pour affaiblir le président malien se sont traduites d'abord en cabales journalistiques, qui, au cours de la crise ivoirienne l'accusaient, soit de supporter militairement le président Gbagbo, soit de payer les fonctionnaires du président Gbagbo, soit les deux à la fois. La mayonnaise n'ayant pas pris et les échéances électorales maliennes s'annonçant d'autant moins favorables à la France qu'aucun des candidats en lice pour la présidence malienne n'entendait remettre en cause ces grandes décisions du président ATT, qui d'ailleurs avaient l'approbation de la grande majorité des Maliens, la France, après la chute du plus grand support africain d'ATT, le colonel Kadhafi, ressuscita la rébellion de l'AZAWAD, dont elle équipe secrètement les combattants et loge et nourrit présentement les dirigeants en France et au Burkina Faso.

Les condamnations du coup d'état malien par Paris, l'UA, la CEDEAO, l'ONU n'auront d'effets que théâtraux. Le but de Sarkozy est atteint. Il s'agit de jeter un pavé dans la mare électorale malienne, d'arrêter le processus de démocratisation en cours, de battre les cartes à nouveau, en prenant soin d'y introduire son joker de la « résolution des crises » de la « transition », du « gouvernements d'union nationale » de l'immobilisme, pour, après de longs mois, voire de longues années, de négociations, installer au Mali une marionnette à l'image de Dramane Ouattara, qui fera ses mille génuflexions à Paris et qui permettra le transport vers l'Hexagone de l'uranium, de l'or, et du probable pétrole maliens. Que le Mali reste uni ou divisé après ce coup d'état, c'est toujours la France qui demeurera gagnante. De de Gaulle à Sarkozy, plus ça change, plus ça reste le même. En vérité!


Source: FRINDETHIE

OUATTARA, LA CEDEAO ET LES MANOEUVRES FRANÇAISES AU MALI


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Avec Ouattara, la Françafrique connaît un nouveau printemps sur le continent. Tous les coups tordus de la France contre les Etats africains seront désormais officiellement permis. A tout le moins, pendant la durée de son mandat à la tête de la CEDEAO. Vive la régression politique et institutionnelle en Afrique! Fernand Dindé.



A défaut d'avoir d'une base française au Mali, nous risquons - avec ou sans l'aile protectrice de la force Licorne - d'avoir les troupes d'Alassane Ouattara, «l'élu
» ivoirien de Sarkozy, à nos frontières Sud. Car, voyez-vous, la CEDEAO réunie en urgence a décidé d'agir pour ramener le Mali dans l'ordre démocratique. Bien sûr et comme par hasard la CEDEAO, à l'image de la France, ne demande pas le retour d'ATT au pouvoir, mais des élections le plus vite possible. ATT est selon le calendrier français, un homme politiquement mort après avoir refusé de faciliter une présence militaire française sur le sol de son pays.

A tous les naïfs qui se demandaient pourquoi avoir précipité son départ par un coup d'Etat aléatoire, alors qu'il devait quitter le pouvoir dans quelques semaines seulement et pourquoi la France a fourni tant d'efforts pour paraître aussi distante de ce coup d'Etat qu'elle a inspiré, il y a lieu de rappeler qu'ATT représentait des forces politiques et sociales qui ont pesé de leur poids et dans son refus d'une base française et dans son évolution à l'endroit de l'Algérie et de la démarche globale pour la solution des problèmes à l'origine de l'instabilité du Nord Mali. Il apparaît aujourd'hui clairement - et à la lumière des déclarations officielles françaises - qu'il faut vite passer à l'après-ATT. Et donc, que ce coup d'Etat devait éloigner des centres de décision ces forces (que représente ATT, NDLR), les neutraliser et les empêcher ainsi qu'ATT lui-même de peser sur les prochaines élections et par là, de faire élire un ATT bis.

Que reproche fondamentalement la France à ATT ? De s'éloigner des conclusions de la conférence antiterroriste du G8 qui s'est tenue les 13 et 14 octobre 2010 à Bamako à l'instigation de la France, en l'absence de l'Algérie et en présence du Maroc. Chacun peut comprendre que les dirigeants maliens aient été séduits, en octobre 2010, par la force de frappe financière, économique et militaire du G8. La conférence a promis beaucoup d'aide au Mali, l'a décidé à accepter des instructeurs étrangers tout à fait capables d'influencer les officiers «réceptifs», l'a persuadé d'accepter la tutelle politique de la CEDEAO en contrepartie de promesses de développement.

Bref, c'est la victoire totale de la France qui isole l'Algérie, introduit son allié marocain, s'assure une influence militaire et accrue dans un pays qui lui échappait totalement en 1960. En moins d'une année les dirigeants maliens avec ATT en tête s'aperçoivent que les promesses du G8 n'étaient que du vent et se rapprochent de nouveau de l'Algérie car l'unité du Mali était en danger sous le poids des problèmes socio-économiques qui alimentaient les conflits au Nord Mali jusqu'au risque de sécession.

Pour la France, Il fallait stopper cette correction au plus vite et empêcher ATT et ses soutiens de lui imposer une continuité en influant sur le choix électoral. Ce coup d'Etat avait ce seul but. En demandant des élections au plus vite, la France récupère pour elle un pays politiquement vacant entre un putsch et des élections. Comment s'en assurer ? Rien de plus qu'en utilisant la CEDEAO dirigée par l'obligé de la France, le supplétif Ouattara et non moins élu de la MINURSO et de la force Licorne. Avec la précipitation de Ouattara à jouer le Matamore, la France rafle la mise, mais a-t-elle à ce point sous estimé l'intelligence et la détermination des forces patriotiques maliennes ?


Alger, le 26 mars 2012.


Mohamed Bouhamidi

Publié le 27 mars 2012 in "Le Jeune Indépendant".

POUR FAIRE FERMER LES GENANTS CAMPS DE LA SOUS-REGION, OUATTARA ASPHYXIE LES REFUGIES IVOIRIENS



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Image du camp de réfugiés ivoiriens d'Ampain (Ghana)


Le régime Ouattara n'a pas renoncé à son obsession de ramener de gré ou de force en Côte d'Ivoire les réfugiés ivoiriens, pour se donner bonne presse aux yeux de la communauté internationale. Et pour cela, tous les moyens sont mis en œuvre pour obtenir la fermeture des camps de réfugiés dans les pays de la sous-région.

 

Les Ivoiriens dans les camps de réfugiés, dans les pays de la sous-région, ont des raisons de craindre pour les mois à venir. Leurs conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Vraisemblablement, pensent-ils, le régime Ouattara fait pression sur le Hcr pour rendre plus que difficile leur quotidien, afin qu'ils soient contraints à rentrer au pays, malgré une situation sécuritaire des plus délétères et la poursuite du programme de gouvernement « chasse aux pro-Gbagbo ». Les réfugiés ivoiriens dans les camps d'Ampain et d'Elubo ont commencé à subir les effets de la volonté manifeste du régime Ouattara de voir fermer ces camps de réfugiés.

Depuis mercredi 20 mars dernier, la ration alimentaire a été nettement réduite. « De 12,5 kg de riz mensuels par individu déjà insuffisant, nous sommes passés à 9 kg par mois. Et cela nous a été signifié ce matin même (mercredi dernier, ndlr) par une note affichée au tableau. Il en sera autant pour l'huile, le haricot, le sel, la poudre de soja qui en sont les éléments constitutifs, nous a-t-on dit », a révélé Alexis Zouga, un réfugié ivoirien au camp d'Ampain que nous avons joint. En affamant les pauvres réfugiés déjà trop fragiles et traumatisés, le régime Ouattara, avec le soutien du Hcr, veut obliger les Ivoiriens à retourner en Côte d'Ivoire.

Le plus grave, c'est que, explique les réfugiés ivoiriens, depuis presque deux semaines, les médicaments ne sont plus gratuits. « Lorsque vous vous rendez au centre de santé du camp, on vous délivre désormais une ordonnance. Donc vous êtes obligés, si vous avez quelques moyens, d'acheter vos médicaments dans les pharmacies en ville », a fait savoir Michel, un jeune réfugié ivoirien. « Si l'objectif de ces nouvelles mesures est de nous faire retourner de force au pays, alors mieux vaut mourir en exil que de s'offrir à Alassane Ouattara », ont fait savoir certains. Et cette nouvelle donne n'est pas spécifique aux camps de réfugiés ivoiriens du Ghana, mais concerne tous les camps de réfugiés ivoiriens de l'Afrique de l'Ouest. Selon Alexis Zouga, il se murmure que les camps pourraient être fermés au mois de juillet.

Du côté du Hcr, la réduction de la ration alimentaire et de biens d'autres services est due aux ressources financières qui s'amenuisent, affirme-t-on. Ce qui contraint l'agence spécialisée des Nations unies à prendre des mesures pérennes. Faux ! rétorquent les réfugiés. Selon eux, c'est une volonté manifeste de la communauté internationale de répondre favorablement à la requête du régime Ouattara de voir les camps de réfugiés ivoiriens disparaître. Sinon comment comprendre que les réfugiés Libériens ont pu bénéficier du soutien du Hcr durant plus d'une décennie et que le même Hcr soit essoufflé en moins d'une année seulement dans le cas de l'aide apportée à leurs «homologues» ivoiriens ?


Franck Toti, in "Le Nouveau Courrier".


Source: GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 26 mars 2012

DEFAITE DE WADE A LA PRESIDENTIELLE - LAURENT AKOUN, SG DU FPI: «WADE FINIT DANS LA POUBELLE DE L'HISTOIRE»



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Macky Sall, le nouveau président sénégalais

 

« Ce serait trop facile de dire que M. Abdoulaye Wade est un démocrate, après avoir tripatouillé la constitution sénégalaise. C’est simplement parce que les Sénégalais sont conséquents et cohérents qu’ils n’ont pas laissé l’imposture prospérer.

M. Wade pour toutes ses turpitudes, n’avait pas besoin de ça. Il n’est pas du tout un démocrate.

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Abdoulaye Wade

Ce qu’il faut surtout saluer, c’est la maturité du peuple sénégalais et espérer que cette alternance au forceps permette d’envisager des lendemains moins mauvais pour les populations sénégalaises et les populations amies du Sénégal. Il ne faut nullement y voir une sagesse de M. Wade. Et ce n’est pas après coups et remous qu’on peut parler de sagesse chez ce monsieur. Chacun devrait analyser, la sous-région voudrais-je dire, ces données-là pour montrer que dans le faux et l’imposture, des gens se sont maintenus au pouvoir.

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Le nouveau couple présidentiel sénégalais

Mais, il faut surtout saluer la maturité du peuple sénégalais et lui rendre hommage. Pour n’avoir pas permis aux imposteurs et à tous ceux qui se disent aujourd’hui des faiseurs de ci ou de çà, de continuer de nous manipuler à distance. C’est la victoire du peuple sénégalais et c’est le plus important. M. Wade a choisi de finir ainsi dans la poubelle de l’histoire ».


Propos recueillis par Frank Toti.

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 476 du lundi 26 mars 2012.

SARKOZY ET L'AFFAIRE TERRORISTE DE TOULOUSE ET MONTAUBAN: COMME PAR HASARD


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Tribune libre de Jérôme Ancel

On croit rêver : voilà un président de la peau duquel, hier encore, personne ne donnait bien cher - électoralement parlant bien sûr, encore que... -; un président en chute libre, enseveli sous une avalanche d'affaires toutes plus nauséabondes les unes que les autres; voilà donc un président "fini", sans avenir, propulsé du jour au lendemain sur la scène hollywoodienne des grand héros de sagas à l'ancienne, chevalier blanc des justes causes, sauveur des opprimés, justicier au grand cœur, arborant soudain la cape chatoyante des grands hommes providentiels. Du jour au lendemain, voilà Sarkozy redevenu l'homme de la situation, candidat idéal à sa propre succession à la tête d'une France menacée par l'hydre du fanatisme sanguinaire.

Le simple exposé des termes de ce paradoxal retournement médiatique devrait suffire à susciter quelques questions dont on espère qu'une fois dissipée la passion émotive, tout le monde en France va se les poser. D'abord, celle de la rapidité de l'enquête. La police française, généralement connue pour la lenteur des investigations aboutissant à ses rares succès, vient en l'occurrence de rivaliser en promptitude avec Superman. A la vitesse de l'éclair, on a :

- identifié et répertorié les projectiles - inaugurant au passage une nouveauté : celle de "l'expertise balistique en temps réel" -;

- identifié et repéré le scooter, puis son conducteur;

- localisé l'assassin présumé et lancé l'assaut pour sa capture.

- fait coïncider cette dernière avec l'arrivée sur les lieux du Président urgentiste.

Quel timing !

Un tel déploiement de prouesses policières, une telle débauche de performances hors du commun laissent évidemment songeur. Le moins que l'on puisse dire, c'est que de A à Z, cette affaire de vague d'attentats ressemble fort à un mécanisme d'horlogerie minutieusement réglé.

Autre question, celle du vocabulaire : le mot "tuerie" a-t-il été employé par les médias à propos de l'assassinat de seize Afghans par un marine américain il y a une dizaine de jours ? Ou à propos de l'élimination de la famille du fils de Mouammar Kadhafi, et des massacres sans nombre et sans nom qui ont émaillé cette guerre du fric contre l'un des derniers bastions africains de la résistance aux démons de l'Occident ?

Monsieur Sarkozy se souvient-il encore de son rôle de traiteur en chef dans cette boucherie de 100 000 morts aux portes de l'Europe? Et la communauté juive de France a-t-elle gardé la mémoire de la complicité effroyablement lucide et cyniquement volontaire de l'un de ses représentants les plus illustres et, dit-on, les plus intelligents, dans la perpétration de cette monstruosité ? Je veux parler de Monsieur Bernard Henri Lévy, probablement moins digne de porter le nom de Juif que ne l'aurait été l'ennemi désigné - Mouammar Kadhafi, supplicié, abattu, incinéré, privé de sépulture, "effacé" comme les victimes juives de la barbarie nazie...

Autre question : lorsque les autorités françaises, il y a un an, ont pris l'initiative de superviser et d'encadrer sur le terrain le déferlement de violence qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire, en approuvant l'ouverture des portes des prisons ivoiriennes et burkinabées, et la mise en liberté de 12 000 détenus de droit commun qui à ce jour continuent à faire la loi, pensaient-elles vraiment que leur crime resterait impuni ? Sans parler de Douékoué, Bloléquin, Toulepleu, combien de bourgades en Côte-d'Ivoire n'ont-elles pas été le cadre de tueries durant l'année écoulée ? Et combien se passe-il de jours, en Côte d'Ivoire et en Libye, sans que l'on ait à déplorer la mort de nouvelles victimes, au fil de massacres voués à l'anonymat par l'indifférence des médias sous tutelle sarkozienne ?

Toutes ces questions, Nicolas Sarkozy est le premier à se les poser. Si nous voulons l'aider à y répondre, encore faut-il ne pas perdre de vue cette évidence : Nicolas Sarkozy est un homme aux abois; hanté par le spectre de ses innombrables victimes; épouvanté par le nombre et la nature de ses innombrables mensonges; terrifié à l'idée de se retrouver, au lendemain des élections, dans l'incapacité de se soustraire aux non moins innombrables accusations dont la liste, sous forme de plaintes en bonne et due forme, l'attend à la Haye, au siège de cette cour pénale dont tous les juristes ne sont pas corrompus, et où le Président légitimement élu Laurent Gbagbo lui-même lui aura chauffé la place.

Alors, pour conjurer cette menace, tous les coups sont permis. Renonçant à la méthode douce, celle des sourires enjôleurs - discours des Cévennes à l'intention des Protestants, parrainage de la libération de Gilad Shalit à l'intention des Juifs, tournée arménienne -, méthode restée désespérément inefficace, le candidat Sarkozy tire aujourd'hui ses dernières cartouches : celles du mythe de la France assiégée, de nos libertés en péril, de la barbarie terroriste. Le comble, pour le chef d'un gouvernement qui aura terrorisé en un an plus d'innocents que ne l'ont fait ceux de ses prédécesseurs en vingt. Le délinquant, c'est lui, le fanatique, c'est lui; la terreur, c'est celle qu'au nom de la France, lui-même impose à la Côte d'Ivoire, à la Libye, à la Syrie: délinquance, fanatisme et terrorisme de ces sphères de la haute finance dont il a toujours été le servile domestique, intérêt oblige.

Une expression résume le coup de théâtre de ce spectaculaire - et espérons-le éphémère - sauvetage du prédateur Sarkozy : "comme par hasard". On y pensait déjà lors de la libération de Gilad Shalit. Aujourd'hui, l'évidence s'impose. La ficelle est trop grosse. Et cela d'autant plus que l'on sait les inestimables services que le personnage vient de rendre à la mouvance islamique radicale, en livrant au chaos la Libye, et dans son sillage le Mali - grâce au largage intempestif de dizaines de tonnes d'armes sophistiquées -, ainsi qu'en s'employant à appliquer le même traitement à la Syrie. Nicolas Sarkozy a vitalement besoin d'un sursis présidentiel, non seulement pour gérer, depuis l'Élysée, les conséquences incalculables autant qu'imprévisibles de son aventurisme forcené; mais aussi pour consolider et engranger les dividendes, pour l'heure encore mouvants, de sa cupidité. Le temps qu'il faut en somme au malfaiteur pour effacer ses traces, et peaufiner le déguisement qui lui permettra de se mêler à la foule en passant inaperçu.

Reste le plus inquiétant : à supposer que le stratagème sécuritaire de Toulouse et Montauban ne produise pas l'effet escompté sur la courbe des sondages, le souverain déchu pourrait, en désespoir de cause, chercher à obtenir ce sursis par d'autres moyens. Car il lui reste toujours deux jokers :

- Celui de l'état d'urgence, et du report sine die des élections. Mais cela supposerait la réalisation d'un scénario de déstabilisation simulée vraisemblablement trop coûteux pour figurer parmi les accessoires de sa mégalomanie.

- Celui du déclenchement d'une nouvelle guerre, une vraie, qui, cette fois, souderait la France autour de son chef. On pense à l'Iran, évoqué durant l'enquête comme un commanditaire potentiel des derniers attentats. On appréciera à cet égard l'indécente obséquiosité du premier ministre israélien Netanyahou envers un homme auquel - en dépit des circonstances, aussi douloureuses soient-elles -, il ne doit rien. A moins que ce qui les lie relève d'un accord dont les tenants et aboutissants nous échappent, mais dont la réélection de Sarkozy serait l'un des enjeux.

Une dernière question : ne serait-il pas plus que jamais temps pour le peuple de France de se réveiller, en se débarrassant au plus vite de celui qui pourrait, en cas de réélection - ce qu'à Dieu ne plaise -, condamner le pays à l'enfer - un enfer cette fois non électoralement contrôlé -, lorsqu'il s'agira pour nous tous, tôt ou tard, de régler la facture des violences inouïes perpétrées par nos autorités contre des peuples souverains, pour l'heure humiliés et asservis, mais, soyons-en certains, bientôt libérés.


Jérôme Ancel


Source: Le blog d'Allain Jules

POURQUOI LA FRANCE EN VOULAIT A AMADOU TOUMANI TOURE


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Officiellement, Paris dénonce avec la plus vive énergie le coup d'Etat qui vient d'avoir lieu au Mali. Mais en diplomatie, la vérité est dans les nuances. Alors que les Etats-Unis et un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU appellent très clairement au rétablissement du président Amadou Toumani Touré dans ses prérogatives, la France se contente d'exiger des élections au plus vite et de suspendre sa coopération avec le Mali, comme le veut une coutume qui n'a été remise en cause ces dernières années que pour les putschistes du CNT libyen. La France avait de nombreuses raisons d'en vouloir à Amadou Toumani Touré, même si l'on peut supposer qu'elle comptait davantage sur des élections que sur un coup d'Etat pour s'en débarrasser.

La pomme de discorde du «pacte migratoire»

Paris en voulait à ATT pour des raisons bilatérales en premier lieu. Le président malien avait refusé de signer un «pacte migratoire» avec Paris. Un pacte destiné à limiter l'immigration régulière, à lutter contre l'immigration clandestine, et qui devait subordonner toute aide au développement à l'adhésion du Mali aux objectifs français en termes de contrôle des flux de population. «Malgré les pressions exercées par le Ministère de l'intérieur ou le gouvernement français sur l'État malien, ce dernier a refusé d'apposer sa signature. Pour le Mali, le très faible taux de régularisation des ses ressortissants présents en France (et qui risquent donc l'expulsion) est une question sensible : pour cause, le montant des transferts de fonds effectués par les Maliens vivant en France est estimé à 295 millions d'euros par an, soit 11 % du PIB malien», révèle une note du Comité catholique contre la faim pour le développement (CCFD).

La question de la gestion de la crise en Libye et du problème du Nord

L'opinion publique malienne a pris fait et cause pour l'ex-«Guide» libyen Muammar Kadhafi durant son duel avec les rebelles du CNT, à tel point que des marches de soutien ont été organisées à Bamako. ATT était sur la même ligne et s'est clairement inquiété des conséquences de l'équipée de l'OTAN en Libye pour la stabilité de son pays et a reproché aux Occidentaux de n'avoir rien fait pour désarmer la Légion islamique de Kadhafi - composée en grande partie de Touaregs aujourd'hui liés à l'insurrection.

La France s'est par ailleurs montrée agacée par le refus d'ATT de la laisser intervenir directement sur son sol dans le cadre de la lutte contre AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique) et est allée jusqu'à accuser mezza voce son entourage de profiter du business des rançons payées en échange des otages occidentaux. La Première Dame malienne n'avait pas payé des biens de consommation avec des billets de banque ayant transité par les mains des preneurs d'otage ?

Paris complice du MNLA ? La grosse suspicion qui a tout gâté

Une bonne partie de l'opinion malienne et des officiels du régime ATT dénonçaient, ouvertement ou pas, la complaisance de la France pour les rebelles du MNLA, malgré leurs crimes odieux. Alors qu'ATT insistait sur le respect de l'intégrité territoriale du Mali, l'ancien colonisateur était en tout cas - comme en 2002 en Côte d'Ivoire - favorable à un cessez-le-feu et des négociations avec les rebelles touareg sans aucun préalable en termes de désarmement. «C'est peu dire que l'éviction d'ATT a été suivie de près à Paris, qui voit partir sans regret un partenaire jugé insuffisant face aux grands défis du Sahel - instabilité, développement, immigration et terrorisme. Certes, mardi, Alain Juppé a condamné le coup d'État, appelé au respect de l'ordre constitutionnel et à la tenue «le plus vite possible» des élections prévues le 29 avril. La France a aussi annoncé la suspension de sa coopération avec le Mali, hormis l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste. Mais des sources diplomatiques n'hésitent pas à jeter une lumière plus crue sur un président malien «fatigué» et un pouvoir «en manque de confiance» par rapport à la population. D'autres parlent d'un président «dans le déni» de la gravité de la situation militaire au nord du pays, dans le déni aussi du dialogue avec les rebelles touaregs, que Paris juge nécessaire», résume ainsi Le Figaro.

Par deux fois, Christian Rouyer, ambassadeur de France au Mali, s'était déjà signalé par des sorties peu diplomatiques (voir encadré). «J'ai entendu que l'Etat n'a pas joué son rôle. En fait, la classe politique n'a pas joué son rôle ! Combien de débats à l'Assemblée nationale sur le Nord-Mali ? Combien même de questions orales ? (...) La classe politique a démissionné au nom d'un consensus de façade qui lui a fait perdre tout esprit critique», disait-il ainsi, appelant quasi-ouvertement les députés à contester les options d'ATT.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Libye, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, france, amadou toumani touré, nicolas sarkozy, aqmi, att, otan, mouammar kadhafi, ccfd, onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 25 mars 2012

COUP D'ETAT CONTRE ATT AU MALI: UN JOURNAL FRANÇAIS DEVOILE LA COMPLICITE DE SARKOZY


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L'éviction de Amadou Toumani Touré, dit ATT, a été suivie de très près par le Quai d'Orsay. Crédits photo : RAVEENDRAN/AFP


Paris tourne sans regrets la page du «mauvais élève» ATT


Le président Amadou Toumani Touré était un partenaire jugé insuffisant face à l'instabilité du Sahel et le développement du terrorisme affilié à al-Qaida.


Un «briefing» de presse consacré à l'action de l'Union européenne au Sahel a pris une tournure plutôt inhabituelle, mercredi, au Quai d'Orsay: tandis que s'enclenchait au Mali, le coup d'État qui allait emporter le président Amadou Toumani Touré dit ATT, les journalistes présents ont pu bénéficier en direct des analyses du diplomate chargé de ce dossier à mesure que les nouvelles lui parvenaient sur son téléphone portable.

C'est peu dire que l'éviction d'ATT a été suivie de près à Paris, qui voit partir sans regret un partenaire jugé insuffisant face aux grands défis du Sahel - instabilité, développement, immigration et terrorisme. Certes, mardi, Alain Juppé a condamné le coup d'État, appelé au respect de l'ordre constitutionnel et à la tenue «le plus vite possible» des élections prévues le 29 avril. La France a aussi annoncé la suspension de sa coopération avec le Mali, hormis l'aide humanitaire et la lutte antiterroriste. Mais des sources diplomatiques n'hésitent pas à jeter une lumière plus crue sur un président malien «fatigué» et un pouvoir «en manque de confiance» par rapport à la population. D'autres parlent d'un président «dans le déni» de la gravité de la situation militaire au nord du pays, dans le déni aussi du dialogue avec les rebelles touaregs, que Paris juge nécessaire. Entre Paris et Bamako, la lutte contre al-Qaida n'a pas cessé d'être une source de défiance, ATT étant accusé de ne pas en faire suffisamment. «Il croyait avoir la paix en évitant le combat, à la différence de ses partenaires mauritaniens et nigériens», lâche sèchement un diplomate. On n'a pas non plus digéré, à Paris, qu'ATT traîne les pieds en matière de coopération antiterroriste avec la France, qui a dû se replier sur le Niger pour installer ses militaires spécialisés dans la traque des djihadistes. Un sujet ultrasensible, dans la mesure où six ressortissants français sont toujours retenus au Sahel.

Transition démocratique

ATT ayant perdu la main dans les délicates tractations pour la récupération de ces otages, Paris a misé sur des contacts avec les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et de sa dissidence islamiste, Ansar Dine, dont le chef, Iyad Ag Ghali, est connu pour avoir joué un rôle de médiateur. L'arrivée massive dans la «sous-région» sahélienne, d'armes en provenance de Libye a encore accru l'incertitude. Il est donc loin, le temps où Jacques Chirac ne jurait que par ATT, en vantant à travers lui, un modèle de transition démocratique en Afrique, une qualité que Paris continue de lui reconnaître. Après 2007, le refus du président malien de signer l'accord bilatéral sur la «gestion des flux migratoires» proposé par Paris a entamé la concorde. ATT sorti du jeu, les inquiétudes demeurent concernant les capacités des putschistes, la tenue des élections, l'intégrité du pays (dont trois provinces sont en sécession) et l'avenir de la lutte contre al-Qaida. Aujourd'hui (vendredi 23 mars), Alain Juppé sera à Bruxelles pour lancer, avec ses homologues européens, un plan d'action (aide humanitaire, gouvernance, sécurité, justice...) en faveur du Sahel. Une région dont les «bons élèves» restent, à ce jour, la Mauritanie et le Niger.


In LE FIGARO


Source : NOTRE VOIE


NB : Le titre est de la rédaction de Notre Voie

samedi, 24 mars 2012

LE Pr BERNARD ZADI ZAOUROU MORT LORS D'UNE DISPUTE AVEC UN ENVOYE DE OUATTARA!


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Nos sources viennent de nous porter l'information. Le Pr. Zadi Zahourou a fait une crise d'AVC au cours d'une dispute avec un envoyé de Ouattara. L'histoire est partie d'une commande d'un scénario de film de sensibilisation sur la réconciliation, adressée au Professeur par un proche de Ouattara dont nous confirmerons le nom sous peu.

Intéressé par l'affaire, le Professeur réunit une équipe de comédiens ivoiriens dont Madame Thérèse T. pour lui apporter un coup de main. Très vite, l'équipe du Professeur boucle le scénario du film de sensibilisation et le Professeur en informe le commanditaire. Une facture pro forma du travail lui est demandée. Il évalue le travail: scénario, plus tournage et diffusion et, produit la facture pro forma du travail.

L'envoyé de Ouattara trouve la facture trop élevée. Le Professeur lui répond que c'est un travail d'Expert et qu'il a un coût. Mais la rencontre entre le Professeur et l'envoyé de Ouattara va tourner mal.

Souffrant d'un mal cardiaque depuis le coup d'Etat de 1999, le Professeur Zadi Zahourou est suivi médicalement et il lui est fait interdiction de se mettre en colère ou de s'exposer à une émotion forte. Ce sont ces recommandations des médecins qui l'ont amené à se retirer de la vie politique.

Mais, nos sources, confirment que l'émissaire de Ouattara va se montrer très désobligeant à l'égard du Professeur qui sous la menace et les propos méchants, va s'écrouler devant son interlocuteur.

Il venait ainsi de faire un accident cardiovasculaire. Conduit d'urgence à la PISAM, il ne se réveillera pas du coma.

Le Professeur laisse une famille inconsolable, menacée de représailles si elle révèle l'information à la Presse. Mais, les murs ont des oreilles et nous avons été contactés ce soir du 22 mars 2012, par une jeune étudiante inconsolable qui refuse de se taire sur ce qu'elle qualifie d'assassinat de son Père spirituel et Professeur à l'Université.

Pour que la Vérité se sache et que Justice soit rendue, nous avons jugé utile d'informer l'opinion internationale et nationale sur les circonstances réelles de la mort du Professeur Zadi Zahourou, cette énième victime d'un régime sans cœur.

Que l'âme du Professeur Zadi repose en paix!


Hassane Magued


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

BERNARD ZADI ZAOUROU, ILLUSTRE HOMME DE CULTURE IVOIRIEN S'EST ETEINT


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Entré dans un état critique à la Polyclinique Sainte Anne-Marie d'Abidjan (PISAM), le Pr Bernard Zadi Zaourou s'est éteint ce mardi 20 mars, à l'âge de 74 ans. Une maladie longue de plusieurs années a eu raison de l'illustre homme de culture encore connu sous le nom de Bottey Zadi Zaourou ou encore celui de Bottey Moum Koussa.

Frère cadet de l'actuel président du Conseil économique et social ivoirien, Marcel Zadi Kessy, Bernard Zadi Zaourou connu également sous le nom de Bottey Zadi Zaourou ou encore celui de Bottey Moum Koussa est un enseignant, homme politique et écrivain ivoirien, né en 1938, à Soubré. Il a occupé le poste de ministre de la Culture et de la Francophonie entre 1993 et 1999.

De retour de Strasbourg où il obtient son doctorat d'Etat, Zadi Zaourou devient, très vite, en tant qu'enseignant à l'Université d'Abidjan, une vraie star. Oui, une star, de par son atypique vision de l'enseignement, de la contestation politique et de la perception des arts et de la culture africains. Au point qu'aujourd'hui, encore, l'on en est à sentir dans son oeuvre comme un goût d'inachevé.

Le concepteur du Didiga moderne a porté l'art dramatique ivoirien moderne sur les fonts baptismaux, par un savant cocktail harmonieux des genres. Ce poète, comme on en trouve rarement encore dans le monde, sait apprécier le mot dans sa polyvalence sémantique pour en faire un allié redoutable. Son écriture irradie tous les arts et son engagement pour la culture est reconnu de tous. Il connut une carrière réussie d'enseignant-chercheur à l'Université de Cocody, précisément à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, et à l'Unité de Formation et de Recherche Langues, Littératures et Civilisations.

Ce quêteur insatiable écrit pour rendre compte de son temps à travers «l'art de l'impensable», ainsi qu'il définit le Didiga. Cependant, l'adéquation entre la théorie qu'il formalisa et son action politique à travers le parti qu'il créa en 1990, l'Union des socio-démocrates (Usd) et limitée dans la pratique, semble l'avoir desservi. Le parti n'est plus que l'ombre de lui-même et la plupart de ses disciples qui l'y avaient rejoints ont déchanté de la politique.

Au point que Zadi ne consacre ses dernières années, sa plume qu'à l'animation de chroniques dans des journaux. Chroniques dont l'hermétisme, pour ne pas dire la valeur ésotérique, n'a d'interlocuteurs que des initiés. Il n'empêche, son dernier recueil, Les quatrains du dégoût, publié en 2008, plonge le lecteur, sans faux-fuyant, dans les 20 dernières années d'une Côte d'Ivoire en perte de repères. Où la violence a pris le pas sur la raison, où le maître n'a plus la révérence de l'élève, où l'idéal démocratique a cédé face à l'idéologie et la démagogie. Musicien, promoteur, dès la fin des années 1970 de l'arc musical, Zadi Zaourou est aussi un critique musical averti. Mais au-delà, il est un farouche défenseur de la tradition orale africaine qui met en dialogue discours historique, musique épique et esthétique littéraire. Oeuvre à laquelle il consacre encore son énergie au Groupe de recherche en tradition orale (Grto) dont il fut le directeur pendant plusieurs années.

A l'occasion d'un colloque-hommage à lui consacré, en novembre 2008, à l'université d'Abidjan-Cocody, Michelle Tanon-Lora, vice-doyenne de l'Ufr Langues, Littératures et Civilisations déclamait dans son discours inaugural: «Après une activité bien remplie, il nous importe aujourd'hui de lui rendre un hommage appuyé pour son engagement permanent à l'épanouissement culturel, intellectuel et artistique africain.

Dans cette perspective, le présent colloque offre aux chercheurs du monde, aux amis et aux exégètes de ZADI Zaourou de proposer une contribution sur un aspect de la production littéraire du poète-essayiste-dramaturge ivoirien à leur convenance». Bernard Zadi Zaourou théorise le Didiga, en une esthétique qui se décline au plan artistique comme le récit des prouesses d'un héros chasseur nommé Djergbeugbeu et au plan philosophique comme l'art de l'impensable.

Il peut être considéré comme un auteur féministe. En peignant des femmes l'image de guerrières intrépides, il relance par la bouche de la gent féminine, la question de la fragilité du pouvoir mâle. Cet extrait de La guerre des femmes est à ce sujet, des plus expressifs:
«Mahié: Oui, (...) Quand tu seras seule avec l'homme avec qui tu passeras la première nuit, observe bien sa nudité. A la lisière de sa prairie qui est à tous points semblable à la nôtre, tu découvriras un arbre sans feuillage. Il porte un fruit qui renferme deux fèves. Ne t'acharne pas sur le fruit. Tu tuerais l'homme. Caresse plutôt l'arbre. Il grandira et grossira subitement. A vue d'oeil. Ne t'effraie pas. Couche-toi sur le dos. Amène ton double à s'allonger sur toi, de tout son long. Les tisons que tu portes là, sur ta poitrine, le brûleront d'un feu si doux qu'il roucoulera comme une colombe. Il s'abandonnera à toi. Engage alors son arbre dans ton sentier ; fais en sorte que lui-même lui imprime un rythme : haut-bas ! haut-bas ! haut-bas !

Tu verras. Ses yeux se révulseront et il s'oubliera dans une jouissance indicible. Quand tu le verras ainsi désarmé et à ta merci, ne le tue pas mais retiens que toi seule pourras l'envoûter de la sorte, chaque fois que tu le voudras, toi. Ce pouvoir, c'est l'arme nouvelle que je vous laisse. Dis à toutes mes filles, le moment venu, qu'elles en fassent bon usage et qu'elles n'oublient jamais que nous sommes en guerre et que la paix des hommes ne sera jamais qu'une paix de dupes!». In La guerre des femmes (Nei Abidjan, Neter Paris, 2001).

Quelque peu éloigné de l'arène créative, du fait d'un état de santé délicat et définitivement en divorce d'avec la politique à l'ivoirienne, Zadi n'en demeure pas moins une, sinon la référence de bien d'intellectuels africains.


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BIBLIOGRAPHIE DE ZADI ZAOUROU

 

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Césarienne, Céda, Abidjan. 1984 (1)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), La Tignasse, Céda, 1984 (2)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Fer de Lance, NEI, Abidjan Neter 2002 (3)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Les Sofas (suivi de) L'Oeil, L'Harmattan, 1983 (4)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Il secreto Degli Dei (Le Secret des Dieux), Per L'Italia La Rosa, Editrice 1999(5)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Fer de Lance, in Les Grands auteurs Africains, Editions l'Harmattan, Paris 1976 pp 275-309 (6)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Il Termitaio (La Termitière) in Teatro e poesia Costa d'Avario, Théâtre et poésie en Côte d'Ivoire, l'Harmattan Italia Srl, 2002 (7)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), La Guerre des Femmes (suivi de) La Termitière, Abidjan, NEI, 2001(8)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Destin Des Mots in Francofonia, Olschki Editore Ottobre 2006 pp 213-220 (9) D'Aujourd'hui, Dakar : NEA, 1978, 294p (10)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Césaire Entre Deux Cultures, Problèmes Théoriques de la Littérature Négro-Africaine

 

LES REVUES

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Rites Funéraires et intégration Nationale du Pays Bété Sud, in Ann. Uni. D'Abidjan, série D (Lettres) Tome 7, 1979 pp 69-106. (11)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Expérience Africaine de la Parole : Problème Théorique de la linguistique à la littérature, in Ann. De. Uni. Abidjan, série D (Lettres), tome XVII, pp 29-69. (12)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Notes sur les Mots du Cahier d'Un Retour au Pays Natal d'Aimé Césaire, Ann. Uni. Abidjan, Série D (Lettres), 1974, Tome VII pp 27-28. / Voir aussi SEMINAIRE DE STYLISTIQUE 1970-1971 ; Publication. Depart.Lett. mod. / FLASH (13)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Littérature et Dialectique : une application du Matérialiste dialectique à l'étude de la poésie, Revue En-Quête N° 9 Abidjan, EDICI, 2002 Pp 127- 142 (14)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Le mythe, le Prêtre et le Poète : puissance Unifiante du rythme, in Acte du Colloque sur La littérature Négro Africaine, Abidjan Dakar, NEA, 1979, pp 109-113. (15)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Aventure du mot et quête Universaliste dans L'Oeuvre d'Aimé Césaire, in Oeuvres & Critiques XIX, 2 (1994), ISSN: 0338-1900 (16)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Le Conte Dôgbôwradji in Bissa N°1, (Nouvelle Série), Ed. GRTO, 1988. (17)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Regard sur l'oeuvre poétique de Nahounou, Digbeu (AMEDEE PIERRE), in Bissa (revue, Littéraire Orale) N°6, G.R.T.O, 1977. (18)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Ramazalaye, in La Nouvelle revue Française, Editions Gallimard, Juin 2000 pp 199-205 (19)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Introduction à la connaissance de la Poésie Orale de Côte d'Ivoire in Ann. uni. Abidjan Tome V, Abidjan 1990, pp 5-45 (20)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Poétisation de l'espace dans Le Coup de Vieux de Sony Labou Tamsi et Caya Makhélé In En-Quête, PUCI 2001, pp 96- 111. (21)

ZADI (ZAOUROU BERNARD),Traits distinctifs du conte Africain : Thèses in NEA, Abidjan, Serie D, Tome 7, 1979 pp 19-22. (22)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Littérature et Dialectique: Application de la Dialectique matérialiste à l'étude de la prose Littéraire in Revue du C.A.M.E.S (Sciences Sociales et Humaines) Série B, Vol 03, N° 002, 2001, pp 1-15. (23)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), C'est vraiment une forme nationale de théâtre, Le Didiga in Bayreuth African Studies, Séries 8 (Interviews avec des écrivains Africains Francophones), Printed by Justizvollzugsamstadt Bayreuth, 1986, pp 63- 77. (24)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Qu'est ce que le Didiga ? In Ann. Uni. Abidjan (Lettres et Sciences Humaines), Tome XIX 1986 pp 147- 163. (25)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Avec Césaire, Dénombrer les crimes de la mer In Africa, America, Asia, Australia, By Bulzoni Editore 1999 pp 139 - 150. (26)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Expérience africaine de la parole, Ann. Uni Abidjan, série D (Lettres), tome 7, 1974. (27)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Hommage à Roman Jakobson, in Frat. Mat. 05 Oct. 1982 pp19 (28)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Langue et critique littéraire en Afrique Noire, (1), Actes du colloque de Yaoundé, 16- 20 Avr. Ed. Pr. Africaine. (29)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Autour d'une exposition de peinture, Rev. Pr Africaine, 1971. (30)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), De la parole artistique proférée, Revue de Littérature et d'esthétique Negro- Africaine, N°1 (ILENA), Abidjan. (31)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Entretien sur le Théâtre (A l'école des Des Anciens), Revue, Arts d'Afrique Noire, N°48, 1978. (32)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), La parole poétique dans la poésie Africaine : Domaine de l'Afrique de l'Ouest francophone, Thèse de Doctorat d'Etat, Université de Strasbourg II, 1981. (33)


(Infos biographie : Fraternité Matin)


Ghislaine ATTA

 

Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 23 mars 2012

COMMENT LA FRANCE EST EN TRAIN DE DETRUIRE UN PAYS: LE MALI


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En Afrique, il y a très peu de pays démocratiques. Le Mali et le Ghana sont probablement des Etats vraiment démocratiques en Afrique, berceau de l'humanité. Mais voilà, un coup d'Etat est en train d'être perpétré actuellement dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, simplement, parce que, Amadou Toumani Touré (ATT) le président, fait la volonté de la France face aux islamistes et aux rebelles Touaregs.

Malheureusement, les médias français n'oseront pas dire ce que nous dénonçions déjà, avec le coup d'Etat fait par l'OTAN en Libye et dont la France faisait la course en tête contre le régime de Mouammar Kadhafi. Nous disions, nous les sans-voix, que le Sahel allait devenir une poudrière. Souvenez-vous, c'était le 8 septembre 2011, avant l'assassinat macabre du frère guide Mouammar Kadhafi. Nous disions en substance ceci:

La région du sahel, déjà infestée de mercenaires, de terroristes et de contrebandiers, va se transformer en véritable point d'insécurité inextricable. Souvenez-vous, quatre Français restent donc entre les griffes d'Aqmi : Daniel Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Ferret. L'Aqmi qui s'est apparemment lié avec la France pour renverser Mouammar Kadhafi. Seront-ils libérés en contrepartie ? Aqmi réclame à la France, 90 millions d'euros.

Des militaires maliens mutinés ont attaqué, hier, mercredi, le palais présidentiel à Bamako, a-t-on appris de source proche du ministère de la Défense et auprès d'un diplomate, alors que des tirs d'armes lourdes retentissaient dans la capitale. Les militaires sont déçus par la percée dans le nord malien des rebelles Touaregs qui contôlent déjà certaines villes. Or, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, mandaté par Nicolas Sarkozy, avait demandé au Mali de négocier avec les Touaregs. Pourquoi ? Simplement parce que la France sait que ces Touaregs se sont alliés à Aqmi qui détient les otages français, pour déstabiliser le Mali. Bref, seuls les intérêts de la France comptent, peu importe le sort réservé aux Maliens.


Source: Le blog d'Allain Jules

mercredi, 21 mars 2012

FEDERALISME LIBYEN: LE RETOUR AU TRIBALISME, AU CLANISME ET A LA ROYAUTE RELIGIEUSEMENT OBSCURANTISTE



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La proclamation d'une entité autonome dans l'Est libyen rappelle cruellement la réalité sociologique d'une Libye patriarcale et tribale. Notons, au passage, que ce genre de structures sociales ne laisse aucune place au choix politique individuel et fait du vote d'une personne l'expression du choix du clan et non du sien. C'est dire l'imposture de ceux qui ont habillé la destruction de l'Etat libyen et de la Libye avec les oripeaux démocratiques déjà mis en haillons en Irak, en Afghanistan, à Ghaza, dans l'île de Grenade, à Guantanamo, dans le Patriot Act ou dans la légalisation américaine de la torture.

Pendant que la presse dominante encensait la destruction de la Libye, suivie, avec zèle, par la presse néocoloniale indigène, des dizaines d'articles et de textes alternatifs alertaient sur le web de l'inéluctable dislocation de ce pays avec la démolition de l'Etat libyen et des buts réels des agresseurs, lesquels avaient obstinément refusé les propositions africaines de négociations, acceptées du reste par Kadhafi. Il ne fait aucun doute que  l'OTAN - et particulièrement le couple Sarkozy - Cameron - cherchait à infliger à la Libye le maximum de  destruction et laisser le maximum de blessures et de rancœurs insurmontables. Ces analyses dévoilaient les buts stratégiques de morcellement du pays après la division du Soudan, et ce, afin de créer sur toute la zone sahélienne des mini-Etats en guerre et en demande permanente de protection extérieure, en contrepartie du bradage de leurs ressources.

La partition de la Libye n'est ni un accident ni un effet «non désirable». C'était le but même de la guerre. Sarkozy et Cameron savaient très bien que le CNT servait juste à camoufler la mise en branle des forces les plus rétrogrades à travers des identités politiques, tribales et religieuses d'avant la colonisation. La presse dominante a soigneusement caché le lynchage des Noirs  libyens - il ne fallait pas réveiller la vigilance et la conscience des Noirs américains - sinon il aurait fallu expliquer que ce lynchage prévient de la vengeance de leurs anciens maîtres (ou de leurs enfants) qui ne leur auraient pas pardonné leur libération. Jeter un œil sur la Mauritanie et sur l'histoire des «Haratine» (ou «H'ratane» en Algérie) permet en effet de cerner la question.

Le retour au tribalisme, au clanisme, à la royauté religieusement obscurantiste des Senoussi, à  l'idéologie esclavagiste des notables féodaux et au fétichisme et à l'animisme de la mort par la profanation des cimetières prélude à la mort spirituelle de la foi, voilà le contenu démocratique des bombes de l'OTAN et des gauches européennes, et voilà le contenu démocratique de certaines gauches algériennes qui ont tenté de nous vendre les «bienfaits» de l'OTAN par «la libération des Berbères» de Nefoussa. Fiction politique, fiction militaire, fiction sociale, le CNT ne servait donc qu'à couvrir l'action de forces réelles, mais rebutantes, que sont les tribus et leurs identités passéistes, l'OTAN, le Qatar, la CIA et ses Belhadj, ses Shalabi ou ses Jibril.

Quelques jours avant la proclamation de l'entité de Brêga ou Cyrénaïque, la presse française et sa comparse indigène ont commencé à lever le voile sur les crimes de guerre des «thouwars», sur le sort barbare réservé aux Noirs, sur les tortures jusqu'à la mort... Beaucoup de gens se sont interrogés sur l'origine de cette volte-face dans le traitement médiatique et se sont demandés s'il ne s'agissait pas d'une autocritique sans mea-culpa.

L'explication du mystère est tout entière dans la proclamation de cette nouvelle entité qui ruinait toutes les manœuvres de Sarkozy et ses ententes faussement secrètes avec le CNT. Cette autonomie de la Cyrénaïque n'était plus qu'une question de circonstances.

Pendant que le Qatar investissait sur le terrain dans les milices, dans les groupes djihadistes et dans les forces spéciales, et pendant que les Etats-Unis plaçaient leurs hommes passés par Guantanamo ou par la CIA dans les postes-clés, tout en téléguidant l'action du Qatar, des Saoudiens et de la Turquie, Sarkozy n'avait que la fiction du CNT pour signer ce fameux accord secret accordant aux Français le tiers du pétrole libyen. Et les Français n'ont eu que cette fiction du CNT pour croire à des contrats de reconstruction, d'armement ; ou encore ce contrat indécent de contrôle des frontières libyennes, côté algérien.

Durant la guerre d'agression, les analystes et observateurs avaient souligné le rôle de sous-traitant de la France. Elle se retrouve sans aucun recours. Sa seule planche de salut est d'aller contre les buts de la guerre qu'elle a exécutée pour le compte des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne et d'essayer de donner le maximum d'oxygène au CNT pour ne pas tout perdre. Du côté de la Tripolitaine et du Fezzan, la douche est glacée avec une prise de conscience d'enjeux autrement plus importants que celui de tenter de vivre la réalité à travers une PlayStation. Du coup, les milices se montrent prêtes à discuter d'intérêts supérieurs à ceux de leur univers tribal, en attendant que se décide le sort du pays en tant que nation et en tant qu'identité supérieure à celles des tribus. L'Algérie deviendra-t-elle le seul acteur régional capable d'éviter une implosion à la Libye ou, du moins, une implosion incontrôlée ? Quel paradoxe ! Surtout si l'on se souvient que le titre phare de la presse coloniale locale se faisait le relais des menaces d'un Abdeljalil reconnaissant aujourd'hui n'avoir aucun moyen d'assurer l'unité de la Libye.  Retenons, quand même, la reconnaissance timide et honteuse des crimes des rebelles, tout en notant qu'elle cherche à occulter le pire d'entre eux : avoir servi de supplétifs à des agresseurs étrangers. Nous savons déjà que cette presse ne pleure pas les malheurs des Libyens mais cherche à détourner un cours de l'histoire qui fait de la France de Sarkozy le dindon de la farce américano-qatarinne dans ce pays.


Mohamed Bouhamidi


Source: LE GRAND SOIR

mardi, 20 mars 2012

UN KIVU-BIS A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE?

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Et si les Africains cessaient de regarder les situations politiques de leurs pays comme des phénomènes isolés les uns des autres, uniquement explicables par les passions localisées agitant leurs peuples ? S'ils cessaient de se gaver sans discernement des récits médiatiques superficiels et du storytelling ? S'ils se rendaient compte qu'au-delà des émotions et des réflexes pavloviens, il est impossible de saisir la quintessence de la politique internationale contemporaine sans faire appel aux invariants de la géopolitique, du jeu des intérêts, de l'évolution des tendances et des principes régissant la diplomatie ?

Une nouvelle fois, le Mali est soumis à une rébellion partie du Nord touareg. Mais cette insurrection est bien plus grave et plus dangereuse pour l'intégrité de son territoire que les précédentes. La rébellion accuse le pouvoir central d'exclure une partie de la population, privée de tout. Le pouvoir et plus globalement les Maliens sudistes crient à la malhonnêteté et au chantage permanents. Des représentants de la force publique sont cruellement assassinés par les rebelles. Des débordements malheureux et des manifestations de dépit dans le Sud font craindre des pogroms de Nordistes. Ancienne puissance colonisatrice, la France est sur le banc des accusés en raison de son jeu trouble. Les atrocités des insurgés ne suscitent pas l'indignation internationale qu'on aurait pu imaginer et la communauté internationale appelle tout le monde à la table des négociations, mettant sur le même pied d'égalité la République et ceux qui la défient.

Comment ne pas avoir l'impression diffuse de revivre le début de la rébellion ivoirienne, il y a presque exactement dix ans ? A l'époque, le gouvernement du Mali et une bonne partie de l'opinion publique de ce pays ont soutenu le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), lui servant plus ou moins de base-arrière sans pour autant aller jusqu'aux outrances du Burkina Faso de Blaise Compaoré. Ceux qui ont justifié hier le lancement d'une rébellion sur des bases régionalistes et les complaisances de l'ancien maître commun chez leur voisin du Sud peuvent-ils aujourd'hui, en toute logique, se plaindre du même type de traitement ? Iront-ils jusqu'à tenter de théoriser sur les «bonnes» et les «mauvaises» rébellions ? Il n'y a pour l'instant pas de procédé scientifiquement accepté permettant de distinguer les unes des autres. Les Etats africains gagneraient donc à se déterminer au sujet de ce qui passe chez leurs voisins sur la base des principes et non sur le fondement d'émotions passagères souvent trompeuses voire manipulées par les maîtres du storytelling. Il est par exemple évident que la création de l'Etat du Sud-Soudan et son admission au sein de l'Union africaine - quoi que l'on puisse penser des acteurs locaux - est un «beau» précédent sur lequel se fonderont demain les sécessionnistes «azawadiens» et les autres aventuriers de la nouvelle balkanisation de l'Afrique.

Il faut bien admettre que dès lors qu'une expérience de «gouvernance» d'un certain type s'impose dans un pays africain, elle devient un précédent facile à dupliquer dans d'autres contrées, surtout si elle peut profiter à ceux que la journaliste belge Colette Braeckman a appelé «les nouveaux prédateurs». Ainsi, il devient de plus en plus évident que l'Ouest de la Côte d'Ivoire s'apparente irrésistiblement à un nouveau Kivu (région de l'est de la République démocratique du Congo en conflit structurel depuis une quinzaine d'années).

Les parallèles sont frappants. La RDC et la Côte d'Ivoire sont des Etats au fort potentiel de prospérité, clients du camp occidental pendant la guerre froide, qui se sont progressivement affaiblis en raison d'une mauvaise gestion de la question du renouvellement de leur leadership (Mobutu, Houphouët). Les deux pays ont été soumis à des rébellions parties de voisins moins nantis mais dotés de pouvoirs forts, militarisés et alliés aux puissances occidentales (Etats-Unis pour le Rwanda, France pour le Burkina Faso) dans le cadre de leur stratégie d'influence géopolitique. Le Burkina Faso et le Rwanda sont soumis à des pressions démographiques les poussant à rechercher des «déversoirs» pour leur trop-plein de population, et peuvent compter, dans les pays où ils se projettent, sur des migrants de plus ou moins longue date, mal intégrés et armés, qui jouent un rôle de cheval de Troie, dans un contexte où la thématique de la nationalité est explosive. Ce sont eux qui affrontent et très souvent mettent en déroute des milices autochtones qui se sont créées en réaction comme les Maï-Maï ou le Front de libération du Grand Ouest (FLGO).

La guerre structurelle de l'est du Congo est une aubaine pour l'oligarchie mondiale. Elle justifie la présence pérenne des troupes et de l'administration onusiennes. Le désordre organisé rend possible une exploitation maximale des innombrables ressources minières de la région. Et si les médias internationaux sont prompts à dénoncer les viols et les violences des différentes milices, leurs liens avec les multinationales qui profitent de leur barbarie sont bien peu documentés. Si l'ouest de la Côte d'Ivoire ne fait pour l'instant pas l'objet d'une exploitation minière conséquente - quoique son sous-sol soit riche lui aussi -, il est le cœur du pays cacaoyer. Et l'afflux concerté de miliciens burkinabé (comme le tristement célèbre Amadé Ouérémi, qui fait irrésistiblement penser à Laurent Nkunda) et de travailleurs agricoles qui se jettent sans trop réfléchir sur les plantations des autochtones exilés après les massacres massifs des forces pro-Ouattara mais aussi sur les forêts classées (où sont passées les grandes consciences écologiques ?) suscite des inquiétudes légitimes. Il est vrai que la disparition de la propriété villageoise traditionnelle et son remplacement par une sorte de politique du fait accompli pourrait ouvrir la voie à une appropriation des terres âprement disputées par des grands groupes transnationaux ayant les moyens de se faire «respecter» par les uns et par les autres. Dans un contexte où la course aux terres arables devient un des principaux enjeux du capitalisme mondial.

Face à ces défis qui interpellent la conscience nationale ivoirienne, dont la mauvaise gestion pourrait ouvrir la voie à des conflits structurels comme en Colombie où la guérilla est devenue un sport national, face au risque réel de dépossession, où sont les voix courageuses qui peuvent tirer la sonnette d'alarme ? Que fait l'opposition ? Que dit la société civile ? Où sont les ecclésiastiques ? Et Charles Konan Banny, n'a-t-il pas mieux à faire que se transformer devant nos yeux médusés en une sorte de navrant exorciste laïc, adepte de la politique de l'autruche ? Pour éviter le pire à la Côte d'Ivoire, il faut du courage. Encore du courage. Toujours du courage.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

SANGUINAIRES, INCOMPETENTS MAIS PAS IDIOTS!


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Craignant d'être arrêtés par la CPI, les Com'zones Wattao, Cherif Ousmane, Morou refusent d'aller en formation en France

 

Les Com'zones ivoiriens Wattao, Cherif Ousmane, Morou Ouattara, Vetcho, Zacharia, comme nous l'avions déjà dit, sont en formation accélérée par la force Licorne, à la base militaire du 43ème BIMA à Abidjan. Mais cette formation n'est apparemment pas suffisante ou est incomplète. La décision a donc été prise, qu'ils viennent en France pour parfaire leur formation militaire.

Mais contre toute attente, ces derniers, craignant un coup fourré, ont refusé. Ils prefèrent rester à Abidjan et ne pas prendre de risques.

La récente condamnation par la CPI du chef de guerre de la RDC Congo, Thomas Lubanga, n'a pas dû les rassurer. En effet le 14 mars dernier, Lubanga a été reconnu coupable par la CPI de crimes de sang, de crimes de guerre, et d'utilisation d'enfants soldats en Ituri : Il risque une peine d'emprisonnement maximale de 30 ans de réclusion.

Nul doute que cette condamnation n'est pas passée inaperçue du côté des FRCI et de ses Com'zones dont les plus célèbres sont Wattao, Cherif Ousmane, Koné Zacharia, Morou, Vetcho, etc...
C'est certainement la raison pour laquelle, ils ont décliné l'offre de se rendre en France pour une formation militaire.

Surtout que depuis quelques temps, les enquêteurs de la CPI sont présents sur les bords de la lagune ébrié et ont effectué le déplacement de Duékoué à la recherche des preuves concernant les 1000 civils pro-Gbagbo massacrés par les FRCI. Recherches qui se sont révélées concluantes. Ils devraient aussi faire la lumière sur les massacres de gendarmes et de certains membres de leurs familles à Bouaké en 2002, sur les charniers découverts par la Croix Rouge à Yopougon, et sur bien d'autres crimes non encore élucidés.

Du côté des FRCI, où l'étau commence à se resserrer, la sérénité n'est effectivement plus de mise.

D'où le refus des Com'zones, sur qui plane la menace d'un mandat d'arrêt de la CPI, de venir en France se former.


Eric Lassale, in IVOIREBUSINESS


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

SYRIE: LES MEDIAS ONT LEUR PROPRE PEUPLE

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Le peuple syrien a peur pour son pays, pour lui-même et pour ses enfants. Il a d'autant plus peur qu'il  voit ce que sont devenus l'Irak et la Libye, après qu'ils aient subi le même vacarme médiatique. Il est donc sorti, par centaines de milliers, à travers toute la Syrie pour dire, comme il faut le dire, qu'il refuse ce que les «amis de la Syrie» lui réservent. Hommes, femmes, jeunes, vieilles et vieillards, se sont rassemblés dans une explosion de couleurs, dans l'espoir qu'enfin on cesse de faire croire qu'ils veulent que l'OTAN vienne les bombarder. Ils ont aussi dit qu'ils se défendraient  contre toute agression.

Mais le comité de rédaction international unifié ne les a pas vus, ne voulait pas les voir. Il a juste vu, comme il est prévu dans son lexique, une «démonstration de force du régime au premier anniversaire de la révolte». Parce que, selon lui, «le régime de Bachar al Assad a fait défiler... des milliers de personnes... dans les grandes villes du pays, à l'occasion d'une démonstration de force coïncidant avec le premier anniversaire du début du soulèvement contre le pouvoir». Le même, qui a écrit cela, pourra dire plus tard, si les choses tournent mal, que ses sources l'avaient trompé ou fera mine de ne jamais rien avoir écrit de tel.

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A l'instar de ceux qui dénoncent, après coup, les «nouveaux maîtres» de la Libye, omettant le soutien qu'ils leur ont apporté, il y a quelques mois. Ainsi un peuple, surtout dit arabe, ne peut pas décider pour lui-même, même pour faire une révolution. Il lui faut se mettre derrière un CNT labélisé à Paris,  à Londres ou ailleurs, sinon il n'existe pas, en lui-même, et se confond avec le «régime» qui le dirige. Il ressemblera à ce genre de description : «Dans une ambiance quasi festive, les pro-régime  agitaient des drapeaux syriens et russes pour ''remercier Moscou de son soutien à Damas''». Beaucoup portaient des portraits du président sur lesquels était écrit «On t'aime». Des «pro-régime», rien de plus méprisant comme qualificatif, quand on n'obéit pas au programme établi. Ce programme que portent les «défenseurs des droits de l'Homme», qui savent mieux que l'Homme où se trouve son salut.

Pour la Libye les ONG se dénombraient à 70, pour la Syrie elles sont deux cents à hurler ceci : «Unissez-vous pour la Syrie : mettez fin à une année d'effusion de sang». Aucune ne s'est autant mobilisée ailleurs et surtout pas pour «mettre fin» à soixante-quatre années d'effusion de sang en Palestine.

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Pourtant, on peut penser que le peuple syrien est en train de gagner. Les décideurs de la «démocratisation aéroportée», nonobstant l'obstacle russo-chinois, sont moins chauds que d'habitude à aller ouvrir des autoroutes devant leurs supplétifs, vers la «victoire». Le Potus Barak Obama vient de le confirmer en déclarant que «l'idée selon laquelle la manière de résoudre chacun de ces problèmes est de déployer notre armée, cela n'a pas été vrai dans le passé et cela ne le sera pas plus maintenant». Ce n'est évidemment pas de la sagesse, c'est du pragmatisme coulé dans l'implacable réalité d'un contexte international qui a remis en cause l'unipolarité.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

lundi, 19 mars 2012

GBAGBOMANIA: PLUS D'HOTELS DISPONIBLES A LA HAYE ET SES ENVIRONS


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Le lundi 18 juin 2012, date du début du procès de confirmation des charges contre le président Gbagbo risque de rester une date gravée dans l'histoire de la Cpi, des Hollandais en général et des habitants de la petite ville de La Haye, particulièrement. Tant les patriotes, panafricains et démocrates annoncent un déferlement humain sans pareil.

Alors que la bataille juridique est dans sa phase décisive, avec les enquêtes du bureau du procureur Ocampo et les contre enquêtes de la défense du président Gbagbo, un autre enjeu et non des moindres pointe déjà, à trois mois du 18 juin prochain. Celui de la mobilisation des patriotes et panafricains. Certes, on ne peut rien reprocher à la mobilisation quasi permanente des résistants sur le vieux continent, l'Europe, depuis le 11 avril dernier et plus particulièrement depuis la déportation du président Gbagbo à la prison de Scheveningen, mais l'approche de la date du 18 juin fait monter l'adrénaline.

Plus que convaincus de l'innocence de Laurent Gbagbo, victime à leurs yeux d'un complot international, les Africains et patriotes ivoiriens de la diaspora ont décidé de marquer à leur manière l'évènement.  Depuis plusieurs semaines, des réunions sont organisées dans le seul but de battre le record des mobilisations ce jour-là. Et à trois mois, jour pour jour, du 18 juin, plus de chambres d'hôtels de libres dans la ville de La Haye. Des leaders locaux de mouvements patriotiques ont décidé d'entreprendre des démarches auprès de la municipalité de La Haye pour pouvoir disposer de stades ou d'éventuels entrepôts devant servir de dortoir aux nombreux manifestants qui effectueront le déplacement. Certains patriotes ont souhaité venir avec des camping-bus. Quand d'autres ont carrément choisi d'établir leur QG dans la ville d'Amsterdam, distante seulement de 45 km de la petite ville de La Haye.

Pour sa part, le porte-parole du Cpad (un des principaux organisateurs du 18 juin, ndlr), Apollos Dan Thé a fait savoir qu'ils sont encore en discussions avec les autorités de la ville et la police hollandaise pour les dispositions plus pratiques. «Il y aura du jamais vu dans cette petite ville hollandaise. Mais nous espérons que le procès ne sera pas reporté», a déclaré Claude N'da Gbocho, président d'un mouvement de résistance en Allemagne dénommé Akonda-eine-Welt-Café.

Ce que la diapora prépare

Tous les mouvements politiques ivoiriens et de la société civile en Europe travaillent activement à créer le buzz à l'approche du 18 juin prochain. Plusieurs séances de travail ont lieu dans les capitales et certaines grandes villes européennes. Le samedi 31 mars prochain d'ailleurs, une grande réunion initiée par le Comité de pilotage des actions de la diaspora (Cpad) va rassembler à Cologne en Allemagne, toutes les organisations et mouvements de la résistance en Allemagne. «Non seulement pour les remobiliser pour le combat en général, mais surtout pour préparer l'«assaut» sur La Haye en juin, qui est une grande étape du combat », a fait savoir Apollos Dan Thé, porte-parole du Cpad que nous avons joint.

Selon certaines indiscrétions, des manifestions quasi quotidiennes pourraient se tenir à La Haye dans la dernière semaine avant le lundi 18 juin prochain. Histoire d'informer les Hollandais et Européens que l'Afrique digne a pris ses quartiers dans la ville pour apporter son soutien à l'un de ses dignes fils, Laurent Gbagbo, victime d'un complot international. Des réseaux de communication seront installés pour relayer l'information en temps réel sur place, explique un des organisateurs qui assure que le dispositif à cet effet est déjà prêt.

Si les choses sont fin prêtes en attendant le jour du procès c'est surtout grâce à la symbiose du travail accompli par toutes les organisations de la diaspora ivoirienne et africaine. Au nombre desquels l'on peut citer, les représentations Fpi Europe, le Cpad, le Cri-panafricain, le mouvement Akonda-eine-Welt-Café, le Cojep France, Allemagne, Italie, Angleterre, Suisse, les Femmes patriotes de France, le Moraf (Mouvement pour la renaissance africaine), ainsi que les organisations africaines. Tous ont joué et continuent de jouer un rôle déterminant dans la poursuite du combat pour l'Afrique digne. A trois mois du procès, les yeux sont désormais rivés vers La Haye qui abrite le siège de la Cour pénale internationale (Cpi). La résistance est plus que jamais debout et déterminée, pour aller jusqu'au bout


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du samedi 17 mars 2012.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LE QUOTIDIEN LE MONDE INCENDIE LE PROCUREUR DE LA CPI: «OCAMPO EST SOUMIS AUX OCCIDENTAUX»

 

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Dans un article au vitriol, la correspondante du quotidien parisien du soir, «déshabille» le magistrat argentin, dénonce sa servilité vis-à-vis des puissances occidentales et dévoile ses méthodes absolument douteuses. Ces critiques sont émises depuis plusieurs mois déjà... par votre quotidien préféré. La charge est violente. Et surprenante de la part du quotidien Le Monde, soutien inconditionnel de la «gouvernance mondiale» et des aventures guerrières occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et en Syrie. Dans son édition datée d'aujourd'hui, Le Monde revient, sous la plume de Stéphane Maupas, sur le premier jugement rendu par la Cour pénale internationale en dix ans d'existence. Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga a en effet été reconnu coupable de «crimes de guerre» avant-hier. Ce jugement sera sans doute le seul rendu par le procureur Louis Moreno-Ocampo, qui plie ses bagages en juin prochain. La question de son bilan et de ses méthodes plus que discutables est donc à l'ordre du jour. Et Le Monde ne passe pas par quatre chemins pour le tacler sévèrement. «Dans ses communiqués, M. Moreno-Ocampo revendique une impartialité qui est démentie par les faits. Poignée de main chaleureuse avec l'Ougandais Yoweri Museveni, admiration déclarée pour le Rwandais Paul Kagamé, dont les pratiques sont pourtant dénoncées par l'ONU et les ONG», écrit Le Monde. Qui aurait également pu noter la rencontre discrète d'Ocampo et de Ouattara à son domicile privé parisien, et la «poignée de main chaleureuse» avec Guillaume Soro, pourtant soupçonné des pires crimes contre l'humanité. A Yoweri Museveni et Paul Kagame, qui ont historiquement prêté leurs pays comme bases arrières aux rébellions congolaises et qui ont été les alliés indispensables des multinationales qui pillent la RDC, Le Monde aurait pu adjoindre Blaise Compaoré, revolver françafricain tendu sur l'Afrique de l'Ouest, complice de Charles Taylor au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire mais jamais inquiété, tellement dans le secret des dieux qu'il a pu «prophétiser» dès 2003 sur l'extradition du président Laurent Gbagbo à la CPI. Museveni, Kagame et Compaoré sont les alliés des Occidentaux et des «nouveaux prédateurs» en Afrique et, sous Ocampo, cela vaut impunité.

Le Monde poursuit dans sa lancée. «C'est par le jeu des preuves que la justice internationale peut être manipulée. En enquêtant par des intermédiaires, par procuration, le procureur multiplie les risques. Sa victoire dans l'affaire Lubanga semble être une goutte d'eau dans la lutte contre l'impunité au Congo. En obéissant à la même stratégie au Darfour, en Libye ou en Côte d'Ivoire, M. Moreno-Ocampo reste soumis au bon vouloir des puissances régionales et occidentales», écrit Stéphanie Maupas. En évoquant les «intermédiaires» dont se sert l'actuel procureur, la journaliste du Monde met les pieds dans le plat et permet de comprendre la pertinence de la démarche de l'avocat principal du président Gbagbo à la CPI, Maître Emmanuel Altit, qui entrave la stratégie d'Ocampo, qui veut «expurger» (faire disparaître des dossiers) de manière systématique et sans s'expliquer les noms de ses «victimes» mais également de tous les membres de son bureau, de tous ses enquêteurs et de tous ses traducteurs. Parce que, selon toute évidence, il a travaillé main dans la main avec des officines du RDR, et ne voudrait pas que la Défense enquête sur ses enquêteurs et leur crédibilité. La référence aux «intermédiaires» fait également penser à l'utilisation excessive de Human Rights Watch, ONG financée en grande partie par le milliardaire Georges Soros, qui est réputé avoir financé la campagne d'Alassane Ouattara.

Couper ses accusations de la racine du conflit

La technique d'Ocampo, qui consiste à «séquencer» les crises et les crimes liés à ces crises afin d'accabler les personnes qu'il vise, sans avoir à s'en prendre aux protégés des grandes puissances, est également dénoncée par la correspondante du Monde à La Haye. «Jean-Pierre Bemba, principal opposant au président congolais, Joseph Kabila, est à La Haye depuis novembre 2010. Il est un acteur majeur des guerres de l'est du Congo. Mais pourtant, devant la CPI, il ne répond que des crimes commis en République centrafricaine. Un peu comme si le tribunal pour l'ex-Yougoslavie avait inculpé l'ancien président Slobodan Milosevic pour la seule guerre du Kosovo, faisant l'impasse sur son rôle en Bosnie-Herzégovine. Les accusations du procureur sont circonscrites à quelques faits. Elles ne donnent pas une vision claire des responsabilités dans la guerre féroce que se sont livrés par milices interposées l'Ouganda, le Rwanda et le Congo. Seuls deux autres chefs de milices, Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité en raison du massacre de 230 personnes à Bogoro, village d'Ituri, le 24 janvier 2003. Une seule journée dans une guerre de dix ans pour laquelle il n'existe pas de bilan précis, mais qui, selon l'ONU et les ONG, a fait plusieurs centaines de milliers de morts. En coupant ses accusations de la racine du conflit, le procureur a posé un acte politique. Ni le pouvoir ougandais ni le régime rwandais ni les responsables de Kinshasa n'ont été inquiétés ; aucun responsable clé n'a été cité, ne serait-ce que comme témoin», écrit-elle. La volonté d'Ocampo de n'enquêter, au départ, que sur la guerre post-électorale ivoirienne ne relève-t-elle pas des mêmes techniques de saucissonnage opportuniste ? Sur le dossier ivoirien, la question de «la racine du conflit» est un tabou réel. Le malaise du bureau d'Ocampo à l'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter sur le dossier ivoirien au début de la rébellion en 2002 est ainsi apparu dans les propos de Pascal Turlan, conseiller français du magistrat argentin. «On va regarder ce qui s'est passé depuis 2002 mais on n'a pas d'obligation d'enquêter sur ces crimes-là, on a maintenant la compétence pour le faire si on le souhaite et si on l'estime pertinent».

«Il voulait conduire une affaire rapide et facile»

Le pli politicien de Luis Moreno-Ocampo, plus soucieux des effets de manche que de la soif de justice des victimes, transparaît également de l'article du quotidien français. Pour gagner du temps, et se donner de la contenance avant son départ, le procureur qui n'avait jusque-là bouclé aucun de ses nombreux dossiers, a envoyé valdinguer toutes les charges relevant des violences sexuelles et des massacres au sujet de l'affaire Lubanga. «Le procureur nous avait demandé d'oublier les massacres, il voulait conduire une affaire rapide et facile», affirmait en 2009 un enquêteur qui avait claqué avec amertume la porte de la Cour», révèle Stéphanie Maupas. Au final, l'article du Monde reprend quasiment tous les griefs que les analystes ivoiriens critiquant la méthode Ocampo ont développés ces derniers mois. Le Nouveau Courrier n'est pas peu fier d'avoir été à la pointe du combat contre les impostures du procureur argentin sur une affaire Gbagbo qu'il laissera comme une patate chaude à son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, qui sera déjà à la barre lors de l'audience de confirmation des charges le 18 juin prochain. Bien entendu, rien ne prouve qu'elle sera plus soucieuse du droit et moins politicienne que son prédécesseur. Comme lui, elle a été, au fond, cooptée par les puissances occidentales qui utilisent tant la CPI comme un jouet que son crédit ne cesse de s'éroder. Dangereusement.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COMBAT CONTRE LA FRANÇAFRIQUE ET L'IMPERIALISME: LA LETTRE EMOUVANTE D'UN CITOYEN FRANÇAIS AU PRESIDENT GBAGBO

 

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Le combat pour une Afrique digne et véritablement indépendante mené par Gbagbo est entré dans les esprits de ses concitoyens, mais pas seulement. Des amis de l'Afrique, opposants au néocolonialisme et la Françafrique ont bien perçu ce message et sont décidés à le mener avec les Africains. Ainsi du français Stéphane Gayet, qui, dans une lettre émouvante au président Gbagbo, loue son mérite et son courage d'homme d'Etat, face aux impérialistes de tous poils. Un texte dense.

Monsieur le Président Gbagbo, je ne vous ai jamais rencontré et je ne suis même jamais venu dans votre beau et auparavant riche pays, la Côte d'Ivoire. Français blanc de France, fils de résistant chef d'équipe pendant l'occupation allemande, j'ai appris à vous connaître par l'intermédiaire de la diaspora ivoirienne de Strasbourg, où je vis. J'ai eu beaucoup de difficultés à vous cerner correctement, tant la désinformation au sujet de la politique ivoirienne depuis 2002 a été la règle dans les médias français. C'est grâce à mes amis ivoiriens que j'ai fini par comprendre qui vous étiez vraiment. C'est en m'intéressant à votre parcours et à vos luttes d'ancien opposant politique que j'ai pu vous saisir. Car on ne connaît bien un homme que lorsque l'on s'est imprégné de son histoire personnelle. Ce que j'ai compris de vous, c'est que vous ne vous êtes pas engagé dans le socialisme par opportunisme, mais par profonde conviction. J'ai découvert en vous un homme épris de loyauté, de justice et d'équité ; un homme authentique ; un leader réellement investi pour le bien de son peuple et de son pays ; un homme d'État courageux n'ayant pas peur de résister aux puissances financières et politiques internationales. Vous avez certainement des choses à vous reprocher, commis des erreurs préjudiciables, comme tout chef d'État. Mais je tiens à vous exprimer ici que je suis solidaire, pour l'essentiel, de vos options et de vos actions, car, nonobstant ce que l'on peut vous objecter, je considère que vous incarnez le juste combat d'une Afrique de l'Ouest victime d'un néocolonialisme machiavélique, inéquitable et ravageur qui maintient les pays cibles dans un état de dépendance et de pauvreté. Vous avez résolument pris un chemin difficile, mais noble, celui de l'indépendance vraie, non de celle de façade.

J'admire l'homme déterminé, pugnace et courageux que vous êtes. Mais que pouviez-vous faire face à ce complot, cette coalition dirigée contre vous dès votre élection de 2000 et dont la première offensive a été menée en 2002 ? Vous avez réussi à résister pendant huit années de guerre anti-Gbagbo, pendant lesquelles vous ne pouviez pas gouverner correctement. L'accord de Linas-Marcoussis a été le deuxième acte, après le coup d'État raté de 2002, de votre élimination. L'élection présidentielle de fin 2010, qui ne pouvait pas bien se dérouler étant donné le contexte, en a été le troisième. Sachez, Monsieur le Président, que je ne suis pas du tout convaincu que vous avez perdu cette élection. Je sais que les fraudes et autres irrégularités de toutes natures de la part de vos opposants ont dépassé l'entendement et que la soi-disant Commission électorale indépendante était tout sauf indépendante. Vous avez demandé un recomptage des voix et l'on vous a bombardé.

Vous êtes, j'en suis intimement convaincu, victime d'un complot international qui vous a conduit dans cette situation scandaleuse. Heureusement, une résistance s'est organisée, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ; cette résistance est extrêmement déterminée et ne lâchera pas, j'en suis persuadé. Recevez, Monsieur le Président, mes salutations très distinguées et respectueuses.


Dr Stéphane Gayet


Source: LE NOUVEAU COURRIER