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mercredi, 07 mars 2012

LIBYE - LE CNT INCAPABLE DE GERER LA LIBYE, LES LIBYENS PLEURENT KADHAFI


MOUAMMAR KADHAFI, L'AFRICAIN.jpg
Kadhafi, l'Africain

Comme un seul homme, les médias "mainstream" reprennent les informations de l'AFP sans plus analyser quelque chose. Ainsi, c'est par cette introduction lapidaire qu'ils annoncent la fin de la Libye: "Des chefs de tribus et de milices de l'Est libyen ont déclaré mardi l'autonomie de cette région pétrolière, où est née la révolte qui a fait chuter Mouammar Kadhafi, faisant craindre une partition du pays, où les nouvelles autorités peinent à exercer leur autorité".

Souvenez-vous, j'avais fait le serment de dire tout ce que je sais, savais, sur la Libye, en juin dernier dans un billet après mon passage sur Télésud (vidéo en dessous), dont voici l'extrait:

" Même sous la torture, tant pis pour le prix à payer, quelque soit ce que ça me coûtera, je dirai toujours la vérité sur le dossier libyen qui est une vaste fumisterie. Quant à nos amis du CNT, ils ne pourront jamais avoir la main mise sur la Libye. Jamais ".

Finalement, toutes nos prévisions sont entrain de se révéler vraies. Le CNT ne peut pas gouverner la Libye. L'OTAN a installé des faibles, pour mieux piller le pays. Sachant que les Libyens ne peuvent accepter de revenir à un Royaume, le clan Sénoussi qui a piloté la révolte de l'Est libyen, est aux avant-poste, aussi, pour réclamer son autonomie. Le Conseil intérimaire de Cyrénaïque comme il s'est baptisé a été établi sous la direction de Cheikh Ahmed Zoubaïr al-Sénoussi, cousin du roi Idriss déposé en 1969 par Kadhafi sans effusion de sang.

La presse française vient enfin de diffuser ce dont nous parlions ici le 02 mars dernier, avec la profanation des tombes des soldats et du Commonwealth tués en Afrique du Nord lors de la seconde guerre mondiale par les renégats de Benghazi. C'est L'Express qui en parle, sans toutefois préciser qu'il y avait aussi des tombes juives. Ah, les ingrats ! Aidés par David Cameron pour assassiner le frère guide Mouammar Kadhafi, le résultat est vraiment très amusant. Comment Mouammar Kadhafi l'homme traité de tous les noms d'oiseaux dont d'antisémitisme a pu laisser en place ces tombes durant 42 ans ?

Ce que la presse dominante refuse de reconnaître, c'est que cette fameuse Cyrénaïque n'a connu son développement que sous l'impulsion de Kadhafi. Faut-il vous faire un dessein ? Regardez la vidéo n°1. Contrairement aux affirmations mensongères de la presse, Le CNT de plus en plus faible est incapable de gérer la Libye et par conséquent, ses dirigeants presque tous issus de l'Est libyen veulent créer un petit Émirat et laisser tomber la Tripolitaine (ouest, zone de Tripoli) et le Fezzan (sud libyen), moins riche. Seul Kadhafi ne voulait pas la partition de la Libye et redistribuait équitablement les richesses de son pays...

Nous étions en juin 2011, bien avant l'assassinat que l'ONU a commandité avec les mains américaines, françaises, anglaises et....africaines. Pas de doute possible, la malédiction Kadhafi se payera un jour. On ne peut surfer éternellement sur cette injustice faite au peuple libyen.


Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 06 mars 2012

CPI, UN TRIBUNAL HAUTEMENT POLITIQUE

UNE N° 160 AUJOURD'HUI.jpg

Le monde entier se mord aujourd'hui les doigts sur l'orientation donnée au fonctionnement de la Cour pénale internationale par les Occidentaux.  Créée avec pour objectif précis de juger les personnes accusées de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l'humanité, elle est devenue un instrument hautement politique utilisé par les Etats-Unis et la France contre les chefs d'Etat qui refusent de leur faire allégeance.

Sur les 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome, seulement, ces deux pays dont l'un, (les Etats-Unis) n'a pas ratifié ledit traité,  font de  cette juridiction internationale leur chasse gardée. Ils s'en servent abondamment pour régler les comptes politiques à certains de leurs ennemis. La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye le 29 novembre 2011, en est une parfaite illustration. Il a fallu que ces deux pays qui ne veulent pas le voir au pouvoir fassent pression sur le procureur Ocampo pour qu'il agisse dans la précipitation et procède à l'enlèvement de l'ex-Président de la République. Nicolas Sarkozy et Barack Obama en ont fait leur affaire personnelle parce que Laurent Gbagbo n'est pas celui qui sacrifie les intérêts de son peuple sur l'autel de l'égoïsme économique de l'étranger.

On l'a vu, avant d'envoyer ses hommes chercher le  célèbre prisonnier  à Korhogo, Ocampo a fait des tours aux Etats-Unis et en France pour prendre les consignes auprès de ses « maîtres ». Au cours de son séjour parisien, Il a rencontré également Alassane Ouattara pour les décisions finales  sur le transfèrement de Laurent Gbagbo. Ce ballet politico-diplomatique est la preuve que le politique a une réelle emprise sur  le fonctionnement et les décisions de la Cour pénale internationale dont le premier responsable agit selon les humeurs de Sarkozy et son Américain et non sur la base du droit, comme le prévoient  les textes fondateurs.

Le procès qui attend l'ancien chef de l'Etat ivoirien, est donc purement politique. Le droit n'y aura pas sa place. C'est « la volonté des pères qui sera faite ». C'est ce qui fonde d'ailleurs la grande sérénité qu'il affiche depuis sa déportation à la prison de la Haye. Son choix porté sur  Me Emmanuel  Altit, un avocat rompu aux arcanes des procès politiques comme celui qui attend Laurent Gbagbo, la légende vivante de la lutte contre la nouvelle forme de l'impérialisme occidental. « Nous avons une équipe de professionnels expérimentés et aguerris »  disait Me Altit, hier, dans les colonnes d'un confrère de la place.

Cette assurance qui augure d'une belle victoire en ajoute à l'espoir des milliers d'Ivoiriens et de sympathisants qui se mobilisent à travers le monde. «J'entends vos pleurs. Mais continuez le combat», disait récemment Laurent Gbagbo à tous ces hommes et femmes qui se battent pour sa cause à travers les 6 continents qui composent le globe terrestre. Comme cela se voit, le Woody de Mama s'apprête à aller jusqu'au bout.

Les armes dont il dispose pour réaliser ce vœu, ce sont les preuves et la force de ses  arguments pour convaincre cette cour politique quant à son innocence dans toutes ces accusations fantaisistes mises à sa charge. Parce qu'il n'a pas commis les crimes dont on l'accuse et dont les vrais auteurs continuent dans la plus grande impunité de tuer en Côte d'Ivoire sous l'œil parfois complice de l'Onuci. Malgré les manœuvres politiciennes des parrains occidentaux de l'actuel régime ivoirien, Laurent Gbagbo va gagner.

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 160 du samedi 3 mars 2012.

lundi, 05 mars 2012

UN DOCUMENT POUR LA CPI: VIOLATIONS MASSIVES DES DROITS DE L’HOMME DANS L’OUEST DE LA COTE D’IVOIRE

 


Fichier:International Criminal Court logo.svg

Dans l'enfer de la rébellion ivoirienne à ses débuts, à l'Ouest de la Côte d'Ivoire, en 2002-2003.


Ayant retrouvé dans mes archives ce document de 2003 qui concerne les violences effectuées par la rébellion ivoirienne de 2002 à 2003 à l'Ouest du pays - et dans le contexte de la récente décision de la CPI qui prendra en compte les évènements depuis 2002, nous avons cru bon de le diffuser, tout en le confiant aux avocats intéressés par ce sujet, évitant au gouvernement en place à Abidjan une longue et fastidieuse recherche dans ses archives...

Toutefois, le gouvernement Ouattara/Soro se fera certainement un devoir de retrouver dans les dites archives (si les FRCI ne les ont pas brûlé lors de la « bataille d'Abidjan !) l'équivalent de ce document pour le Nord de la Côte d'ivoire - à défaut, les récipiendaires de ce type de document : agences des Nations Unies, ONG, Ligues des droits de l'Homme internationales et ivoiriennes peuvent utilement les identifier, les publier, et les confier à la CPI !

Document officiel, et non confidentiel, ce travail effectué par recoupements de récits de déplacés (1,5 millions de personnes ont fui la zone rebelle pour se réfugier en zone gouvernementale - évènement politique majeur sur lequel on reviendra) m'a été confié personnellement par le président Laurent Gbagbo, comme documentation, après une interview à Abidjan.

Il comprend, outre l'introduction publiée ici, plusieurs tomes de témoignages personnels - souvent terribles à lire, et qui démontrent dans des détails monstrueux ce qu'est la gouvernance par la violence que j'ai analysée dans l'article « politologie d'une rébellion (revue « Cultures et conflits, en ligne ici : index2208.html).

Resterait à synthétiser, de 2002 à 2012, les milliers de victimes, en zone Nord et Sud, causées par la rébellion, avant et après le 11 avril 2011. Bien qu'inquantifiables avec précision, à cause notamment de la carence injustifiable des « organisations de droits de l'homme », juges et partie, ces massacres de masse attendent leur recension.

 

Michel Galy, politologue, Paris.

La saisie a été effectuée par
Fatou Mahine, respectant la forme et la pagination du document.

MICHEL GALY 2.jpg

Michel Galy

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Le début du document se présente ainsi (la version WORD complète est télechargeable plus bas). Saper Aude:

 

MINISTERE DELEGUE AUX DROITS DE L'HOMME


CRISE SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

VIOLATIONS MASSIVES DES DROITS DE L'HOMME DANS L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

I - INTRODUCTION

II - SELECTION DE TEMOIGNAGNES

Dans un rapport publié le 12 décembre 2002, au nom du Gouvernement Ivoirien, le Ministre Délégué aux Droits de l'Homme a fait un bilan partiel de la situation des Droits de l'Homme depuis l'agression barbare perpétrée contre la Côte d'Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

De nombreux témoignages concordants, recueillis auprès de témoins ou rapportés par la presse, ont permis de se rendre compte de plusieurs cas de violations graves des Droits de la Personne Humaine commises par les rebelles du MPCI (Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire) dans le Nord et le Centre de la Côte d'Ivoire, à savoir :

  • Les violations du droit à la vie (exécutions sommaires de populations civiles et militaires),
  • Les tortures et traitements cruels inhumains et dégradants (viols, tortures et mauvais traitements, administration de substances nuisibles à la santé),
  • Les violations du droit au respect de la vie privée (violation de domiciles),
  • Les violations du droit à la libre circulation,
  • Le travail forcé ou obligatoire (enrôlement forcé de nombreuses personnes dont les mineurs),
  • Les disparitions,
  • Les violations du droit à la non discrimination,
  • Les violations du droit à la sécurité,
  • Les violations du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (destruction de l'Etat civil).

La totalité de l'introduction de cette abjection totale, ici :

 

Pour télécharger le fichier WORD de cette précieuse archive, cliquer sur: UN DOCUMENT POUR LA CPI

 

Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

dimanche, 04 mars 2012

JEU TROUBLE DU PROCUREUR DE LA CPI: COMMENT LA DEFENSE DE GBAGBO FAIT ECHEC A OCAMPO

 

SORO ET OCAMPO.jpg

Un document rédigé par les avocats du président Gbagbo à la CPI montre comment le procureur Louis Moreno-Ocampo s'évertue à introduire des règles d'opacité dans la procédure pour empêcher la Défense de le contredire et de détruire ses «preuves» visiblement très fragiles. Et comment il viole sans vergogne les décisions des juges et la jurisprudence de la Cour. Qui a, à plusieurs reprises déjà, donné raison aux avocats du président Gbagbo. La guerre de tranchées judiciaire de La Haye a bel et bien commencé.

 

La guerre des longs couteaux a commencé dans la perspective de l'audience de confirmation des charges dans l'affaire Laurent Gbagbo contre le procureur Louis Moreno-Ocampo, à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Au cœur des affrontements qui ont cours actuellement, les manœuvres désespérées d'Ocampo en vue de maintenir l'opacité dans la procédure et de monter un type d'accusation qui enlèvera au mis en cause tout moyen de se défendre efficacement. Les deux parties se focalisent sur une expression qui semble technique mais qui est facile à comprendre : l'expurgation des éléments à charge et à décharge.

De quoi s'agit-il ? Ocampo a déjà prévenu. Il fera intervenir très peu de personnes devant la Cour, ce qui aura l'avantage pour lui d'éviter des débats contradictoires qui pourraient confondre les témoins à charge que le régime Ouattara s'est déjà chargé de lui fournir pour accabler le président Gbagbo. De plus, il avait, dès le départ, l'intention de rendre encore plus difficile en camouflant l'identité de ces témoins de manière systématique. Plus grave, il voulait également que l'identité des membres de son bureau ne figure pas sur les documents transmis à la Défense. Et ce de manière systématique. Comme l'indique un observateur attentif de la justice internationale, Ocampo et son équipe «voulaient pouvoir présenter comme preuve des affirmations du genre «une personne inconnue a affirmé à un enquêteur inconnu, dans un lieu inconnu et à une date inconnue» telle ou telle chose». Bien entendu, le procédé est absolument douteux et ne saurait prospérer dans les institutions judiciaires des pays démocratiques. Comment, en effet, apporter la contradiction à un témoin dont on ne connaît pas l'identité, qu'on ne peut interroger, dont on ne peut scruter les failles et les éventuels mensonges sur (par exemple) son identité et sa présence en certains lieux ? La CPI, qui n'ignore pas le préjudice que de telles dispositions peuvent engendrer, les maintient au nom du devoir de protection des témoins.

C'est également au nom de la «protection» des membres de son équipe qu'Ocampo essaie de faire admettre à la Cour que l'identité de ses enquêteurs, traducteurs, etc... ne doit pas être connue. Ce qui est curieux est que de nombreuses personnes travaillant au Bureau du procureur sont notoirement connues parce qu'elles déambulent au quotidien dans les couloirs de l'institution. Elles bénéficient, de plus, de mesures de protection particulières.

Qu'est-ce que Ocampo veut cacher ? Et si l'identité des personnes ayant recueilli des témoignages sur le terrain, par exemple, permettait de se rendre compte de la collusion notoire entre le procureur et le régime Ouattara, qui pourrait avoir mis à son service ses «petites mains» dans le cadre d'une enquête forcément partisane ? La question mérite d'être posée.

L'on comprend en tout cas pourquoi la question de «l'expurgation» est centrale et pourquoi Emmanuel Altit, conseiller principal du président Laurent Gbagbo, ne veut rien lâcher sur ce terrain où il a d'ores et déjà réussi à empêcher Ocampo de faire ce que bon lui semble. Des observations qu'il a transmises à la Cour le 20 février dernier et qui viennent d'être rendues publiques sur le site de la CPI témoignent de l'âpreté de la bataille et d'une certaine habileté manœuvrière de l'équipe de défense du président Gbagbo, qui réussit à obtenir des juges des éléments qui entravent la stratégie de «roue libre» d'Ocampo. Têtu dans sa volonté de s'affranchir de tout devoir de transparence, Ocampo finit par apparaître comme un homme de droit malhonnête, de mauvaise foi, qui viole les accords passés avec le juge et la Défense, parce que son dossier est manifestement fragile et qu'il a des choses à cacher.

Extraits d'un document d'importance, qui devrait intéresser les passionnés de droit et tous ceux qui observent un strict devoir de vigilance vis-à-vis de ce qui se joue au sujet de la Côte d'Ivoire et contre le président Gbagbo, entre les murs froids de la CPI, à La Haye, aux Pays-Bas.

Le 14 décembre 2011, un premier accord de principe indique que les expurgations doivent obéir à un contrôle judiciaire au cas par cas

«Le 14 décembre 2011 a eu lieu une audience de mise en état qui portait sur les procédures de divulgation et notamment sur les modalités d'expurgation. Lors de cette audience de procédure, le Juge unique décidait qu'une «proposition conjointe [...] du système [...] de divulgation à adopter par la Chambre» devait être présentée à la Chambre à la suite de «réunions» entre l'Accusation et la défense. Les parties se réunirent le 20 décembre 2011. Il fut convenu, concernant les modalités d'expurgation, que : l'expurgation des éléments à décharge se ferait par le biais d'échanges inter parties ; tout besoin de clarification se ferait d'abord de manière informelle puis devant la Chambre en cas de problème ; l'expurgation des éléments à charge serait soumise, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas. Dans un second temps, si les échanges se déroulent sans heurt, la défense étudierait toute simplification de la procédure des échanges ; à condition qu'une notice explicative accompagne les échanges. La défense avait en effet demandé au Bureau du Procureur que les documents à charge soient accompagnés d'une notice expliquant les raisons de l'expurgation afin qu'elle puisse disposer d'une base pour discuter les expurgations. Cette notice ou toute autre explication appropriée était l'une des conditions mise par la défense à l'acceptation du système négocié avec le Procureur.»

Le 12 janvier 2012, Ocampo a tenté de «doubler» la Défense

«Le Bureau du Procureur soumit, le 12 janvier 2012, une requête dans laquelle il demandait à la Chambre d'avaliser l'accord entre les parties alors même que des points importants, qui étaient la condition même d'un accord, restaient en suspens, notamment concernant les modalités d'expurgation. L'équipe de défense du Président Gbagbo saisissait à son tour la Chambre, le 13 janvier 2012, afin de lui exposer de la manière la plus précise possible l'état des discussions».

Le 24 janvier 2012, le juge rend une décision qui va dans le sens de la Défense

«Le 24 janvier 2012, le Juge Unique décidait que les demandes d'expurgation du Procureur devaient être soumises, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas. Le Juge Unique ajoutait que le Bureau du Procureur était désormais tenu d'informer la Défense de l'existence d'une demande d'expurgation concernant une information dont la divulgation pourrait porter préjudice aux enquêtes en cours ou futures. En outre, le Juge demandait au procureur d'indiquer à la défense les fondements légaux et factuels qui sous-tendent sa demande d'expurgation, et ce de la manière la plus complète et détaillée possible. Le Juge Unique ordonnait aussi au Procureur de soumettre à la Chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d'expurgation portant sur les éléments de preuve recueillis avant le 25 octobre 2011 et sur lesquels le Procureur aurait eu l'intention de se fonder lors de l'audience de confirmation des charges.

Le 13 février 2012, Ocampo viole la décision du juge

«Le 13 février 2012, la défense était avisée du dépôt par le Procureur d'une première demande à la Chambre afin de faire avaliser les expurgations proposées en vertu de la Règle 81 du Règlement de procédure et de preuve. Cette requête portait également sur une mise à jour d'autres mesures de protection. À aucun moment l'équipe de défense du Président Gbagbo n'a été informée préalablement par le Bureau du Procureur de l'existence et du dépôt d'une telle demande, contrairement à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Conformément à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012, la défense saisit par la présente la Chambre afin de lui exposer ses observations sur les demandes d'expurgation du Procureur et sur ce qu'il appelle la «mise à jour d'autres mesures de protection». (...) Dans sa décision établissant un système et un calendrier de divulgation du 24 janvier 2012 (ci-après la Décision du 24 janvier 2012) le Juge unique a ordonné au Procureur d'informer préalablement la défense de l'existence d'une ou de plusieurs demandes d'expurgation qu'il compterait déposer et de lui indiquer de la manière la plus détaillée possible des fondements juridiques et factuels qui sous-tendent cette ou ces demandes 8. En l'espèce, d'une part le Procureur n'a pas informé la défense de ce qu'il comptait adresser à la Chambre des demandes d'expurgation ; d'autre part, il n'a pas indiqué à la défense les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent ses demandes d'expurgation.

Par conséquent, l'Accusation n'a pas rempli ses obligations telles qu'ordonnées par le Juge Unique le 24 janvier 2012. De plus, au lieu d'énumérer les raisons justifiant la nécessité de cacher telle ou telle information particulière, le Procureur s'est contenté de solliciter de la Chambre des expurgations à caractère systématique, contrairement à la jurisprudence constante de la Cour et à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Ainsi, le Bureau du Procureur souhaite que soient expurgés les noms de tous les membres de son Bureau. À aucun moment, il n'explique pourquoi une telle expurgation, aussi large, serait nécessaire. De plus, il n'explique pas en quoi la divulgation de l'identité des membres du Bureau du Procureur à la défense - et non au public - pourrait créer un risque objectif pour la sécurité des membres de son Bureau ou en quoi la divulgation de ces informations serait préjudiciable à des enquêtes en cours (...) Le Procureur demande aussi à la Chambre de pouvoir expurger «toute information concernant les sources du Procureur». À aucun moment, il n'explique ce qu'il entend par l'expression «sources du Procureur». S'agit-il de déclarations de témoins ? D'informations documentaires ?

De sources « ouvertes » donc publiques ? Il est indispensable de comprendre ce que recouvre la notion de « source » du Bureau du Procureur ; il en va de la capacité de la défense de vérifier l'authenticité et la fiabilité des informations fournies par le Bureau du Procureur. En outre, l'absence de ce type d'information empêcherait que la défense puisse formuler et déposer une réponse construite et argumentée aux demandes d'expurgation du Procureur. De plus, de telles demandes à caractère systématique peuvent avoir pour effet de rallonger les procédures. Si la défense n'était pas en mesure de discuter les décisions d'expurgation, faute d'en connaître les raisons, elle n'aurait comme seul moyen d'action que le dépôt de requêtes contestant ces expurgations.

Enfin, une demande d'expurgation à caractère systématique ne peut être acceptée car, par hypothèse si une expurgation peut se justifier dans un cas elle peut l'être moins dans un autre ou bien porter atteinte à la stratégie de la défense : l'examen au cas par cas doit être la règle. Toute démarche systématique porte atteinte aux droits de la défense et à la possibilité qu'elle a de connaître - à travers les éléments de preuve - la nature des charges envisagées par l'Accusation. Les demandes d'expurgations du Bureau du Procureur sont donc trop générales et insuffisamment motivées.

Ocampo viole la jurisprudence de la CPI

«Tout Accusé a le droit de connaître l'identité de celui qui le poursuit de manière à pouvoir mettre en cause sa responsabilité si besoin était. Dans l'affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a considéré que :

«l'identification du personnel du Bureau du Procureur et de l'Unité d'aide aux victimes et aux témoins présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus, de même qu'une condition officielle de leur admissibilité. Supprimer ces informations serait donc préjudiciable ou contraire aux droits de l'accusé et aux exigences d'un procès équitable et impartial». (nous soulignons).

Un groupe d'accusateurs non identifiés représente un danger : l'anonymat est propice à toutes les manoeuvres et à tous les règlements de compte. Pour être crédible dans leur démarche, les membres du Bureau du Procureur doivent donner à la défense et aux Juges l'occasion de retracer ce qui les a conduits à accuser tel ou tel individu. La transparence est une condition de validité non seulement du processus dans son ensemble mais à chaque étape.

Ainsi, un enquêteur qui refuserait de donner son identité ne pourrait valablement recueillir une déposition. En d'autres termes, le procès équitable repose sur la transparence. Par exemple, dans la situation en République Démocratique du Congo, la Chambre Préliminaire I a rappelé que l'anonymat n'est pas compatible avec le rôle de Conseil. C'est pourquoi l'expurgation des noms des membres du Bureau du Procureur devrait toujours être justifiée par la démonstration d'un préjudice objectif possible qui résulterait de la divulgation à la défense de l'identité d'un membre particulier du Bureau du Procureur.
(...) Surtout, la Chambre d'Appel a rappelé que la divulgation est le principe et l'expurgation l'exception.

Rôle de la défense : l'approche fallacieuse d'Ocampo et de son équipe

«Le Bureau du Procureur considère que l'expurgation de l'identité de tous les membres de son Bureau n'aurait pas de conséquences inéquitables pour l'Accusé lors de l'audience de confirmation des charges puisque d'après lui elle ne porterait pas sur des informations utiles à la Défense. Cette interprétation par le Procureur du travail de la défense est erronée.

Au contraire, l'expurgation de l'identité des membres du Bureau du Procureur porte une atteinte disproportionnée aux droits de la défense. La défense à besoin de connaître l'identité des enquêteurs du Bureau du Procureur dans différentes hypothèses : par exemple, la défense doit pouvoir mettre en cause un enquêteur identifié du Bureau du Procureur si elle se rend compte qu'une partie des déclarations qui lui sont soumises a été recueillie par le biais d'une mauvaise technique d'investigation ou si elle apprend que l'enquêteur en question a omis de suivre des pistes pertinentes qui auraient permis de remettre en cause les déclarations litigieuses. La connaissance par l'équipe de défense de l'identité et des qualifications de l'enquêteur sont des éléments cruciaux pour la défense : cela permet d'évaluer le sérieux des enquêtes, d'en mettre en cause le résultat et d'organiser une stratégie fondée sur la faiblesse des déclarations et le manque de crédibilité des témoins.

En outre, la défense peut appeler un enquêteur du Bureau du Procureur en tant que témoin lors de l'audience de confirmation des charges afin qu'il explique ou éclaircisse les méthodes d'investigation utilisées par le Bureau du Procureur. Dans le même sens, la défense doit pouvoir vérifier la qualité du travail effectué par les enquêteurs de l'Accusation : en cas de déclarations se ressemblant ou utilisant des termes semblables ou stéréotypés, la défense doit pouvoir vérifier qui est l'enquêteur à l'origine de ces déclarations et s'il a guidé ou influencé le récit des témoins. C'est pourquoi dans l'affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a souligné que l'identification du personnel du Bureau du Procureur présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus (...)

Pourquoi il est important que la Défense «surveille» les traducteurs et interprètes d'Ocampo

Le Procureur demande à la Chambre l'autorisation d'expurger l'identité des traducteurs et interprètes. Il y a en Côte d'Ivoire - en plus du français qui est la langue officielle - un peu plus de 70 langues nationales. Le travail des interprètes est donc essentiel et participe largement de la récolte de témoignages et du récolement des témoins.

De la même manière que l'équipe de défense doit pouvoir identifier les différents enquêteurs du Bureau du Procureur, elle doit pouvoir identifier aussi qui sont les traducteurs et interprètes afin d'être en mesure d'évaluer leurs qualifications et leur neutralité. En outre, si un interprète a utilisé une fois une terminologie incorrecte, la défense doit pouvoir vérifier si ces erreurs apparaissent dans d'autres déclarations ou d'autres documents qu'il aurait traduits. Par ailleurs, si plusieurs traductions de déclarations se ressemblent, reprennent des termes semblables ou sont stéréotypées la défense doit pouvoir vérifier s'il s'agit de la conséquence du travail de traduction ou si ces similitudes résultent du mode d'investigation utilisé par le Bureau du Procureur.»

Comment Ocampo veut faire disparaître des documents la date et le lieu des entretiens avec les témoins, et pourquoi c'est scandaleux

«Sur l'expurgation de la date et du lieu des entretiens avec les témoins.
Le Procureur demande à la Chambre l'autorisation d'expurger la date et le lieu des entretiens avec les témoins sans jamais justifier au cas par cas les risques éventuels que la divulgation de ces renseignements à la défense pourrait faire courir aux témoins ou en quoi cela pourrait compromettre des enquêtes en cours.

Concernant la date de l'entretien, il s'agit d'un élément clé d'un témoignage.

La date permet de savoir combien de temps après un événement donné un témoin a été interrogé et permet d'évaluer la pertinence du témoignage et sa crédibilité. Elle indique le contexte dans lequel le témoignage a été recueilli. En outre, elle permet à la défense d'orienter ses propres enquêtes. Dans le cas où le témoin aurait fait plusieurs déclarations, les dates sont nécessaires pour retracer la chronologie de ces déclarations et leur évolution. Enfin, la date pourrait coïncider avec des événements qui pourraient avoir une incidence sur le souvenir du témoin ou ses motivations. Il est impensable que la défense n'ai pas connaissance de la date à laquelle un entretien entre le témoin et le Bureau du Procureur a eu lieu. Il s'agirait d'une atteinte disproportionnée aux droits de la défense.

Concernant le lieu de l'entretien, il s'agit ici d'un élément d'information très important pour la défense.

Dans l'hypothèse où un témoin est originaire d'une région donnée ou d'une ville particulière et qu'il a témoigné loin de chez lui, la défense pourra chercher à savoir pourquoi le témoin est parti. Il en va de l'examen de la crédibilité des témoins. Connaître le lieu de l'entretien permet aussi à la défense de recouper les témoignages et d'identifier d'éventuelles collusions entre les témoins ou de déterminer si la présence de membres d'institutions ou d'organisations intervenant dans un lieu précis aurait pu influencer les témoins.

Comment Ocampo n'a pas respecté des délais de rigueur imposés par le juge

«Dans sa décision du 24 janvier 2011, le Juge Unique ordonnait au Bureau du Procureur de soumettre à la chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d'expurgation d'éléments de preuve récoltés avant le 25 octobre 2011 sur lesquels il aurait l'intention de se fonder lors de l'audience de confirmation des charges. (...) Bien que la demande du Procureur soit datée du 10 Février 2012, elle n'a été distribuée à la défense le 13 Février 2012 et semble-t-il enregistrée le même jour, 13 février 2012 ; ce qui signifie qu'elle a été déposée hors délai.»


Une introduction et une sélection de Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 03 mars 2012

DE QUOI OUATTARA A-T-IL PEUR? AU COEUR DE SON DISPOSITIF SECURITAIRE

 

dispositif-securitaire-Ouattara.PNG

Dispositif sécuritaire d'Alassane Ouattara

 

Qu'est-ce qui se passe ? L'homme qui prétend que la sécurité est de retour en Côte d'Ivoire et qui se plaît à dire, à qui veut l'entendre, que plus de 80% des ivoiriens sont heureux de sa gestion du pouvoir, se barricade, renforce de plus en plus sa sécurité. De quoi Ouattara a-t-il peur ? Qu'est-ce qui le rend autant fébrile ?


Il faut le dire tout net, Alassane Ouattara, fait certainement partie des chefs d'Etat les plus surveillés en Afrique. En tout cas, selon le confrère La Lettre du Continent (LC), il vient de renforcer sa sécurité grâce à l'aide de la France, 11 mois après sa prise de pouvoir. Pendant ce temps, les ivoiriens vivent dans l'insécurité la plus totale... (les miliciens pro-ouattara, aujourd'hui transformés en coupeurs de route, sèment la désolation partout). Tous les observateurs sont unanimes, la Côte d'Ivoire vit dans une atmosphère de crise sécuritaire évidente.

Pendant que les ivoiriens vivent continuellement dans la peur, Ouattara qui prétend être leur président, s'est barricadé derrière plusieurs unités d'élite aussi bien ivoiriennes qu'étrangères.

Comme nous le montre l'image ci-dessus, sa sécurité, au second niveau est assurée par le Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), commandé par le Lieutenant-colonel Diomandé Vagondo. Il est secondé par le chef rebelle Chérif Ousmane, commandant de la Compagnie Guépard des Forces Nouvelles (la rébellion pro-ouattara venue du Nord de la Côte d'Ivoire).

Cette unité qui semble avoir supplanté la Garde républicaine (GR, l'unité traditionnellement chargée de la sécurité du président de la République et des institutions), est de plus en plus visible avec ses véhicules avant-blindés (VAB), positionnés dans les rues d'Abidjan, chaque fois qu'Alassane Dramane Ouattara se déplace. Cette unité dispose de plusieurs dizaines de véhicules blindés tout terrain du constructeur ACMAT, le fournisseur exclusif de l'armée française, selon La Lettre du Continent. Le GSPR, bien équipé, travaille de concert, selon notre source, avec des éléments des Forces spéciales françaises (FSF) qui tiennent leurs ordres d'un officier de l'armée française détaché auprès de la présidence. Cet officier, révèle le confrère, est placé sous les ordres du commandant de la force Licorne, le Colonel Daniel Jaunin.

En outre, à en croire cette source, la récente visite d'Alassane Ouattara à Paris, du 25 au 28 janvier 2012, lui a été bénéfique à plus d'un titre. Il a obtenu de l'Elysée l'affectation à Abidjan de plusieurs hommes du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), un service du ministère de l'Intérieur français spécialisé dans la protection rapprochée des hautes personnalités. Paris, poursuit la LC, aurait également obtenu des Nations Unies, une dérogation spéciale sur l'embargo pour faciliter l'achat de matériel militaire pour équiper le GSPR.

Deux membres du SPHP devraient se rendre, fin mars, dans la capitale ivoirienne pour faire un audit du ministère de l'Intérieur de Côte d'Ivoire. La GR, moins équipée que le GSPR, accomplit toutefois sa mission régalienne sous le commandement du Colonel Kouaho Amichia. Elle est secondée par le chef de guerre Issiaka Ouattara dit Wattao, de la compagnie Anaconda de la rébellion. Travaillant dans l'ombre du GSPR, la GR reste discrète mais bien visible.

La Lettre du Continent révèle par ailleurs que Ouattara bénéficie du soutien du président burkinabé Blaise Compaoré, en plus de celui de la France. Le facilitateur dans la crise ivoirienne n'aurait pas hésité, dès la prise du pouvoir d'Alassane Ouattara, à lui affecter des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), un bataillon d'élite qui est chargé de la sécurité du président Compaoré.

Et, en plus des éléments non armés de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et du GSPR pour protéger le cortège de Alassane Ouattara, les unités au sol sont soutenues par un hélicoptère de type Apache, qui patrouille très souvent au-dessus dudit cortège.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire joue également un rôle important dans cette surveillance. En effet, des éléments jordaniens des Forces tactiques d'intervention (SWAT), régiments spéciaux des Nations Unies, formés aux Etats-Unis, sont très visibles dans la sécurité présidentielle.

Le palais présidentiel du Plateau et la résidence privée, modifiée, d'Alassane Ouattara sont sous le contrôle des casques bleus béninois, sénégalais et togolais de l'ONUCI. Le constat est clair, la sécurité d'Alassane Ouattara s'est renforcée davantage, près d'un an après sa prise effective du pouvoir.

Qu'est-ce qu'il craint ?

Affaire à suivre....


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 02 mars 2012

TRAFIC DE DIAMANTS: UN NOUVEAU SCANDALE MENACE LE REGIME OUATTARA


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C'est une véritable «bombe» que le périodique «La Lettre du Continent» dégoupille dans sa dernière édition. Alors que l'on pensait que le business de la guerre et les diverses formes de contrebande qui ont prospéré à la faveur du conflit ivoirien dans l'ex zone rebelle s'arrêteraient naturellement avec la réunification du pays, conséquence de la conquête définitive de tout le territoire par le camp Ouattara-Soro, l'on apprend que le trafic de ce qu'on appelait hier «les diamants du sang» continue de plus belle. En violation totale de l'embargo des Nations Unies. «Alors que les Nations unies maintiennent toujours leur embargo sur l'exportation des pierres précieuses ivoiriennes, le ministère des mines, du pétrole et de l'énergie, dirigé par Adama Toungara, n'a toujours que peu de contrôle sur certains gisements situés au Nord du pays, comme ceux de Séguéla et Tortiya. Ces sites restent aux mains de clandestins et de trafiquants bénéficiant localement de la protection d'éléments de la rébellion des ex-Forces nouvelles (FN)», écrit La Lettre du Continent.

Le périodique cite des noms qui prouvent que des figures centrales du régime Ouattara orchestrent et tirent profit de ces activités illicites. Ainsi, le maire RDR de Tortiya, Siaka Sekongo,  «octroie lui-même les permis et les périmètres d'exploitation» de façon totalement illégale. Les trafics ont un caractère si «officiel» que des avions de type Cessna atterrissent dans la zone pour récupérer les pierres précieuses ivoiriennes. Qui peut vraiment croire que des avions atterrissent en Côte d'Ivoire sans que les services de renseignements ivoiriens, fortement appuyés par la France, ne soient au courant ? Justement, ce sont les hommes du numéro deux des services de renseignement de la présidence, Hervé Touré dit «Vetcho», qui contrôlent le terrain à Tortiya, nous apprend La Lettre du Continent. Qui les juge «pas très enclins à lutter contre les trafics».

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Des hommes proches d'Al Qaïda impliqués

A Séguéla, autre carrefour du trafic de diamants, ce sont les hommes d'Issiaka Ouattara dit Wattao, ex-commandant de zone bombardé numéro deux de la Garde républicaine, qui ont pignon sur rue. Dans ce contexte, les éléments de la Gendarmerie nationale, dirigée par le général Gervais Kouassi, sont impuissants. Quant au Premier ministre Guillaume Soro, il «ne parvient pas à mettre un terme à ces activités qui ont permis, par le passé, de financer la rébellion ivoirienne», écrit La Lettre du Continent. Qui nous apprend qu'une mission du comité des sanctions des Nations unies pourrait arriver en Côte d'Ivoire dans les prochaines semaines.

Ces informations à forte odeur de scandale sont d'autant plus dérangeantes que des personnes liées aux émirs d'Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) seraient présentes de manière permanente sur ces zones d'exploitation de diamant à ciel ouvert, selon la Central Intelligence Agency (CIA), qui n'a pas manqué d'exprimer son agacement. Alors qu'AQMI se rapproche dangereusement d'Afrique de l'Ouest, se signalant au nord du Mali, et qu'Alassane Ouattara se plaît à dire à quel point il aimerait mettre son pays à la disposition des Occidentaux dans le cadre de leur «guerre mondiale contre le terrorisme», ces liaisons dangereuses que rien ne semble pouvoir troubler font désordre. C'est le moins que l'on puisse dire.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 01 mars 2012

DES NOUVELLES FRAICHES DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO DEPUIS LA CPI!

 

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Nouvelles fraiches de notre Président, depuis La Haye, notre combat commence à porter des fruits, frères et sœurs.

Tout d'abord, les visites au Président Gbagbo ont été stoppées de manière arbitraire par la prison. On voit la main du procureur OCAMPO derrière cette décision qui n'a aucune base juridique. Les avocats du Président Gbagbo, bien évidemment, ont fait un scandale en bonne et due forme parce qu'on essaie d'enlever le droit fondamental qu'est le droit de visite. Et ce droit devrait être rétabli, cette semaine.

Quelques informations croustillantes.

1 - Le site Internet de la CPI a eu, en 2 mois, 2 fois plus de visites qu'en 8 ans d'existence.

2 - Le standard de la CPI a reçu 500 appels, en près d'une semaine, et ça leur a montré l'importance du Président Gbagbo pour les Africains. Mais à ce point, nous demandons aux patriotes de ne plus le faire, car le Président est fatigué et doit se reposer, donc les appels, laissons-les de côté. Envoyons plutôt, de façon massive, des cartes à notre Président qui aime bien lire.

3 - La CPI n'arrive plus à gérer les demandes de visites car l'affluence dépasse leur capacité de gestion.

4 - Le Président Gbagbo est serein, tranquille, toujours de bonne humeur (tant qu'il peut manger la nourriture africaine, ça va). Il prie beaucoup. Sans arrêt.

La mobilisation continue frères et sœurs... Pour l'Afrique, pour la Côte d'Ivoire, on va aller jusqu'au BOUT!

Merci au patriote qui nous a donné ces infos toutes croustillantes...


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ELLE ETAIT AVEC LUI A KORHOGO DEUX JOURS AVANT SON TRANSFEREMENT – LES CONFIDENCES D’UNE AVOCATE DE GBAGBO

 

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Lucie Bourthoumieux est l'une des avocates du président Laurent Gbagbo. Elle est dans son sillage depuis une dizaine d'années. De passage à Yaoundé, cette femme de droit exerçant en France mais d'origine camerounaise nous a accordé un entretien où elle s'exprime sans détours sur de nombreux sujets. Notamment les derniers jours de Gbagbo à Korhogo et les intrigues liées à son transfèrement à La Haye. Un transfèrement qui nous ramène, selon elle, "à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître."

Comment êtes-vous devenue une des avocates du président Laurent Gbagbo ?

J'ai eu l'extrême honneur de conseiller le président Laurent Gbagbo depuis 2001 à travers un domaine qui est le mien à savoir le droit international des affaires. A l'époque j'avais été approchée par un de ses conseillers car le président, de retour d'une visite de Chine  où il avait visité la zone franche de nouvelles technologies de Fsé,  avait jugé utile d'en créer une pour la Côte d'Ivoire et pour la sous région ouest-africaine. Voilà comment est née la zone franche des nouvelles technologies et de la biotechnologie de Grand-Bassam. Je voulais dire sans m'en vanter que c'est moi qui ai ajouté le thème «biotechnologie» dans le projet. J'ai été honorée d'avoir collaboré avec le président Laurent Gbagbo sur ce projet qui est d'ailleurs l'une de mes satisfactions professionnelles d'autant plus que ce projet a fait l'objet d'une loi qui a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. J'ai donc contribué à la mise en place du VITIB, un projet cher au président Laurent Gbagbo.  J'ai apprécié au cours de l'élaboration de ce projet la dimension humaine du président qui voulait, à travers ce projet, rassembler tous les Ivoiriens. Et j'ai fortement apprécié ses paroles rassembleuses et d'homme de paix.

Vous êtes allés plusieurs fois à Korhogo, lorsqu'il y était détenu, faites-nous un bref résumé de vos rencontres.

Vous savez que je suis avocate donc tenue par le secret professionnel, vous comprenez que très humblement je ne peux m'étendre sur la nature et le contenu de nos échanges. Mais j'ai été impressionnée de voir un mois après les bombardements sur sa résidence, bombardements multiples et répétitifs subis avec sa famille dont un enfant de deux ans ainsi que ses collaborateurs, j'ai été surprise de voir un Laurent Gbagbo sans rancune et qui parlait de faire en sorte de créer des conditions d'une paix définitive en Côte d'Ivoire.

Pour vous, qu'est ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire ?

En Côte d'Ivoire, la charte des Nations Unies qui érige comme principe fondamental et inviolable la non-ingérence a été méprisée. Les Nations Unies ne sont pas formées de partis politiques mais d'Etats. Il y a eu donc ingérence en Côte d'Ivoire car la France et les Nations Unies se sont impliquées militairement dans le règlement d'une crise électorale, sapant par là la souveraineté de la Côte d'Ivoire. C'est le principe de non-ingérence qui a été enfreint par le représentant de l'ONU qui s'est arrogé le droit de se prononcer sur le résultat des  élections en Côte d'Ivoire avant le Conseil constitutionnel alors que ces élections ont été financées à plusieurs centaines de milliards par la Côte d'Ivoire elle-même. Pour en revenir au Conseil Constitutionnel dont la décision a été bafouée par la France, je rappelle qu'il est à quelques légères différences près le clone de son homologue français. On a donc piétiné la loi fondamentale ivoirienne en rejetant la décision du  Conseil constitutionnel, en faisant la guerre et en tuant 10 000 Ivoiriens là où le président Gbagbo demandait le recomptage des voix. La communauté internationale s'agrippe à des chiffres et non à des résultats car il n'y a pas eu de PV, ni de décomptes définitifs. Bakayoko Youssouf, de manière solitaire, a proclamé des résultats qui ne reflétaient pas la réalité : voilà ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire.

Abordons l'un des tournants de la crise ivoirienne à savoir la fameuse affaire des «femmes tuées à Abobo» qui fait toujours couler de l'encre, plusieurs mois après. Avez-vous des éléments là-dessus ?

Ces évènements resteront très importants dans la crise en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, les Africains et le monde entier ont besoin de savoir ce qui s'est réellement passé à Abobo. C'est pourquoi le Président Laurent Gbagbo a demandé une enquête internationale pour situer les responsabilités et la nature des crimes d'Abobo. C'est d'une extrême importance car figurez vous que ces crimes d'Abobo sont à l'origine de la résolution 1975 qui a permis aux Nations unies et surtout à la France de déclencher la guerre contre l'Etat ivoirien. Donc il est très important de savoir ce qui s'est réellement passé. Le président, par l'entremise de son porte-parole, le ministre Koné Katinan, a écrit au secrétaire général des Nations Unies un courrier dans ce sens. Nous savons qu'il en a accusé réception. Donc nous attendons la suite.

On vous sait observatrice avertie de la situation en Côte d'Ivoire, quelles sont selon vous les solutions pour une sortie de crise définitive ?

J'ai une lecture juridique de la situation qui n'épouse malheureusement pas la réalité du terrain. Il s'agit ici de savoir qu'une élection a eu lieu, il y a eu un vainqueur, le Président Laurent Gbagbo. Cela a été confirmé par le Conseil constitutionnel devant qui il a prêté serment et l'a investi. Ce même Conseil constitutionnel a rejeté la prétendue prestation de serment d'Alassane Ouattara qui lui a été signifiée par voie d'huissier. Par la suite le président Laurent Gbagbo a été renversé par une armée étrangère. On ne peut pas faire, comme le dit Laurent Gbagbo, l'économie de la vérité. Il faut qu'on sache pourquoi la communauté internationale a  falsifié  à ce point la réalité à la fois juridique et politique de la Côte d'Ivoire ! On doit le savoir par respect pour ces nombreux morts. Tant que cette vérité n'est pas sue, il n'y aura aucune solution juridique véritable. Maintenant, comme nous savons tous que cette crise est éminemment politique, son règlement doit donc se faire de cette manière. Il est donc évident que dans ce cas, il faut libérer le président Laurent Gbagbo et s'asseoir avec lui autour d'une table de négociation en vue de répondre au besoin légitime de vérité du peuple ivoirien.

Laurent Gbagbo est à La Haye. Vous étiez à Korhogo à la période de son transfèrement, dites nous comment cela s'est véritablement passé ?

J'ai vu le Président Laurent Gbagbo à Korhogo deux jours avant son transfèrement qui, en ce moment-là n'était pas d'actualité. Nous avons fait le point des missions qu'il m'a confiées et je suis repartie. Lorsque le 27 novembre, j'ai été alertée  qu'une chose de ce genre se préparait, j'ai joint la Commission des droits de l'homme de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui m'a rassurée que ce n'était pas d'actualité car si cela était le cas, ses cadres auraient été les premiers à en être informés.  Le responsable de cette commission avec qui j'ai discuté m'a rassurée en me disant que c'était impossible et que ce serait une violation flagrante des règles si d'aventure la Commission n'était pas prévenue du transfèrement. Grande fut ma surprise quand j'ai été informée, vers 13 heures, qu'un mandat venait d'être émis pour le transfert du Président.

J'ai tout de suite pensé à l'information que j'avais eue quelques jours plus tôt, selon laquelle Dominique Ouattara et son époux Alassane Ouattara s'impliquaient  personnellement à fond dans le transfèrement du président. Au mépris des avis de plusieurs chefs d'Etat africains, d'anciens chefs d'Etat africains, d'autorités politiques et religieuses que nous avons rencontrées personnellement et qui  privilégiaient la voie du dialogue politique et s'opposaient fermement au transfèrement du Président Laurent Gbagbo. Ce transfert qui est plutôt pour moi une déportation est, comme le dit l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, une humiliation pour l'Afrique. Cela nous ramène à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître.

Quelle est la ligne de défense de Laurent Gbagbo aujourd'hui ?

Le président Laurent Gbagbo a déjà donné le ton lors de sa comparution devant la Cour le 5 Décembre 2011. Souvenez-vous de la dernière interview qu'il a accordée le 8 avril 2011 sous les bombes. Alors qu'on tentait de faire  croire qu'il avait abdiqué et reconnu la victoire d'Alassane Ouattra, il a dit en substance : «Je vous dis que j'ai gagné les élections. Le Conseil  Constitutionnel de mon pays l'a attesté. Mon adversaire et ses soutiens internationaux contestent cela, ce qui est absurde car les décisions du Conseil Constitutionnel sont irrévocables. Je demande qu'on recompte les voix.». Voilà la ligne de défense du Président, on y ajoutera qu'au lieu de recompter les voix, on a préféré compter les morts en envoyant  une armée étrangère, à savoir celle de la France faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Sans déclaration de guerre officielle. A ce sujet je suis certaine que les vaillants officiers de l'armée française sont aujourd'hui dans leurs petits souliers, eux qui ont enfreint le code de l'honneur militaire en tirant dans le dos de la Côte d'Ivoire sans sommation ni déclaration. On s'est abrité derrière la résolution 1975 pour faire la guerre à un Etat alors que cette même résolution exigeait et exige toujours la neutralité des forces dites impartiales et la protection des civiles. Or il y a eu 10 000 morts qui sont la conséquence du mépris de Nicolas Sarkozy pour le peuple ivoirien.

Aujourd'hui que faites-vous exactement pour contribuer à sa libération, étant donné que ce n'est pas vous qui plaidez à La Haye ?

Ce dossier ivoirien a tellement de ramifications qu'il ne peut se contenter justes des codes de procédures conventionnelles. Il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte et souffrez que je n'en dise pas plus. Nous travaillons et nous avons l'entière confiance du président.

L'Union Européenne vient de dégeler les avoirs de plusieurs pro-Gbagbo, bonne nouvelle ?

Oui c'est une très bonne nouvelle. D'ailleurs j'avais reçu à mon cabinet la notification des conseils de l'Union Européenne et je me suis empressée d'annoncer la bonne nouvelle aux intéressés. C'est une décision administrative. Reste donc à savoir sur quels critères ces personnes ont été choisies car nous avons envoyé plusieurs requêtes et nous voulons savoir pourquoi un tri a été opéré.  Cela crédibiliserait l'Union Européenne de prendre en compte tous les prisonniers du régime Ouattara.


Propos recueillis par Marc Blanchard K. au Cameroun.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 29 février 2012

RDR ET ONUCI: JEU DE CACHE-CACHE AUTOUR DES MORTS DE BONON

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Trois jour après les tueries de Bonon, le mystère continue de planer sur les auteurs du massacre car ni l'Onuci, sur qui planent de lourds soupçons, ni le RDR qui dénonce la perte de ses militants, n'ont le courage de situer clairement les responsabilités dans cette affaire qui fait désordre au sein de la grande coalition anti Gbagbo.

Depuis le début de la semaine, les graves évènements survenus au soir du scrutin législatif partiel, à Bonon, occupent la UNE des principaux tabloïds de la place. Les uns pour s'interroger sur les auteurs des cinq morts enregistrés dans cette petite localité du centre-ouest, les autres pour indexer les soldats de l'Onuci qui selon plusieurs témoignages concordants, ont fait le massacre en ripostant aux coups de feu d'inconnus armés. Pour éclairer la lanterne de tous, les premiers responsables de l'Onuci, civils comme militaires ont effectué le déplacement sur Bonon. Leurs enquêtes se poursuivent encore et nul ne sait pour l'heure, le jour de la publication des conclusions des limiers onusiens.

Quant au RDR, s'il a tout de suite reconnu les victimes comme étant ses militants, il continue cependant de s'interroger sur l'origine des balles assassines qui ont fauché les siens. Une attitude bien curieuse de la part d'un parti politique habituellement prompte à crier au loup et à jouer à fond la carte de la victimisation. Alors que les informations largement relayées par les radios onusienne et française (RFI), indexent clairement les forces de l'Onuci, les partisans du chef de l'Etat se gardent toujours de briser la glace. Certainement qu'ils ne veulent pas indisposer un allié qui leur a été d'un soutien précieux dans la guerre menée en son temps contre le président Laurent Gbagbo.

C'est sûr que pareille dénonciation viendra remettre au goût du jour toutes ces victimes ivoiriennes tombées sous les balles assassines des soldats de l'Onuci et que dénonçait justement le camp Gbagbo. Et comme si elle se gardait de trahir un secret de confrérie, la force onusienne refuse visiblement de dire plus qu'elle n'en sait ; pour ne pas reconnaitre officiellement que les partisans de Ouattara et les inconnus armés en question, ne font en réalité qu'un. Une révélation qui pourrait bien brouiller la communication gouvernementale sur le « caractère pacifique » des militants du RDR tout en donnant accréditant la thèse des adversaires du FPI.

En somme, un jeu de cache-cache autour des morts de Bonon, sacrifiées sur l'autel des ambitions politiques de personnes qui n'ont visiblement pour seul argument, que les muscles. L'ordre, la discipline, et l'autorité, ils n'ont qu'en faire. La preuve, le sous-préfet de la ville vit aujourd'hui caché et sa résidence saccagée par les partisans du candidat malheureux du RDR qui lui impute la reprise du scrutin à Bonon alors qu'il avait triomphé avec de nombreuses irrégularités.

On se demande bien ce qu'en dira Hamed Bakayoko, le ministre de l'intérieur et donc patron du corps préfectoral, devant pareille situation où ceux qui sont chargés de prolonger l'autorité du chef de l'Etat à l'intérieur du pays ne représentant plus rien aux yeux de leurs administrés.

Mais çà, c'est aussi la conséquence de plus de dix ans d'incivisme, de défiance à l'autorité de l'Etat inculqués aux militants du RDR par les gouvernants actuels. Il ne faudra pas être étonnés que dans les prochains jours, un préfet ou un sous-préfet soit battu, traîné dans la poussière et jeté hors de sa sphère de commandement pour la seule raison que sa tronche ne plaise pas à certains de ses administrés assurés que rien de grave ne peut leur arriver en agissant de la sorte. Ainsi va la Côte d'Ivoire, après dix mois de gouvernance sous Ouattara.

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 157 du mercredi 29 février 2012.

mardi, 28 février 2012

LETTRE OUVERTE DU Dr CHEICK DIABATE A NICOLAS SARKOZY


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ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANÇAISES

LE Dr CHEICK DIABATE ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT NICOLAS SARKOZY A PROPOS DE SA POLITIQUE D'INGERENCE EN COTE D'IVOIRE ET INTERPELLE LES ELECTEURS FRANÇAIS

 

M. Le Président, votre candidature à la Présidence de la République Française est effective même si vous avez démarré depuis longtemps la campagne avec les moyens de l'Etat. C'est l'heure du bilan c'est-à-dire l'heure pour dire aux françaises et aux français ce que vous avez fait des impôts qu'ils ont payés, des dettes que vous avez contracté en leur nom et du pouvoir d'Etat à vous confié. Evidemment vous leur direz ce que vous avez envie de leur dire pour assurer votre retraite sans tracasserie juridique ou votre réélection. Une partie du peuple français n'aura aucun élément pour vous contredire car nourrie par une presse d'Etat instrumentalisée par vous. Etant donné que les ivoiriens ne seront pas invités au débat au nom du principe sacro-saint de la souveraineté des états, ils n'auront donc pas l'occasion de dire ce que votre presse aux ordres n'a pas voulu dire, à savoir, comment vous vous êtes invité dans les élections en Cote d'Ivoire en violation du principe de la souveraineté et des règles internationales qui encadrent toute présence étrangère dans un pays hôte. Pour que les françaises et les français soient informés en dehors de l'AFP, France 24, TV5 ou RFI et compagnies de vos agissements en leur nom sur la scène internationale, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour donner l'exemple de la Cote d'Ivoire qui n'est pas différent d'autres cas à travers le monde.

La guerre inutile et couteuse contre la Cote d'Ivoire

Suite aux élections présidentielles en Cote d'Ivoire de 2000 qui a vu l'élection de Laurent GBAGBO comme président de la république de Cote d'Ivoire, votre prédécesseur Jacques CHIRAC attaque la Cote d'Ivoire sous le masque d'une rébellion armée et entrainée avec les moyens de l'Etat français. Le pays est alors divisé en deux et l'armée française règne en maitre pendant 9 ans se donnant le droit de détruire les avions de l'armée ivoirienne et de tuer 56 jeunes ivoiriens en 2004 devant l'hôtel ivoire à Abidjan. La raison de cette rébellion inutile était simple : Le Président GBAGBO n'était pas le choix de la droite française en 2000 et sa politique est déterminée sans l'aval de la France.

En Novembre et Décembre 2011, le Président Laurent GBAGBO a été proclamé Président de la république de Cote d'Ivoire avec 51.45% par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire, organe chargé de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles en Cote d'Ivoire. Contre toute attente, l'ambassadeur de la France en Cote d'Ivoire, s'ingérant d'une manière inacceptable dans une élection qui ne le regarde pas, kidnappe le président de la Commission électorale, organe chargé de l'organisation technique des élections et fait proclamer un autre résultat en faveur de l'adversaire du Président GBAGBO peu avant celui du conseil constitutionnel, en dehors de toute règle, et, chose curieuse au QG du candidat adverse : M. OUATTARA Alassane. Actionné par votre soin, seule la télévision française France 24 a eu la primeur de l'information certifiée ensuite par l'ONU. Une crise postélectorale s'ouvre. Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix pour trouver une solution pacifique à la crise comme cela a été fait en HAITI dans le même mois suite à une crise identique.

M. SARKOZY, vous devez dire au français pourquoi vous n'avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour le blocus du port d'Abidjan privant la Cote d'Ivoire de médicaments ayant entrainé plusieurs morts, pour l'embargo sur le cacao ivoirien, pour la fermeture des banques, pour les sanctions européennes contre les personnalités proches de Gbagbo et les entreprises publiques, etc. Lorsque cette méthode macabre n'a pas marché, vous avez violé le mandat de l'ONU et l'embargo sur les armes pour armer des rebelles et faire débarquer des contingents entiers de l'armée française pour larguer plusieurs es dizaines de bombes sur les ivoiriens qui sont morts par centaines. Là où CHIRAC a échoué en 2002 en se cachant derrière les rebelles, vous avez réussi à parachever le coup d'Etat de votre prédécesseur en bombardant la résidence officielle d'un chef d'Etat sans déclaration de guerre autorisée par le peuple français. Vous avez fait croire comme un refrain par media français instrumentalisé, que GBAGBO a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections présidentielles alors que c'est bien vous qui aviez refusé de reconnaitre la décision prise par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire le proclamant vainqueur de l'élection présidentielle. Une décision constitutionnellement sans recours.

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République de France, la France ne peut éternellement soumettre la Côte d'Ivoire à cette négation de sa souveraineté qui rappelle l'époque de la colonisation et en cette période de mondialisation. Cette forme de collaboration à coup de bombes ne peut durer qu'un temps. Cette tromperie intellectuelle qui consiste à faire voter une résolution à l'ONU pour contourner la Constitution de votre pays dans le but de faire la guerre à un autre pays et à bombarder les résidences des Présidents appelées bunker pour la circonstance ne peut tromper qu'un instant. Vous tirez aujourd'hui les conclusions de votre tricherie intellectuelle qui ne prend plus. Car, en Syrie où il y a plus de morts qu'en Côte d'Ivoire avant votre guerre, vos vœux de résolutions restent sans suite. Les pays émergents restent sourds à vos sollicitations. L'Afrique du Sud et le Brésil ne veulent plus vous suivre dans vos chevauchées guerrières estampillées ONU. La Russie et la Chine vous montrent leur veto.

Les bombes

Vous qui espérez un deuxième mandat, avez-vous pris une seule fois l'avis des français avant d'aller bombarder des femmes et des enfants et traumatiser des populations entières ? Les avez-vous seulement consultés pour aller dépenser leurs impôts et autres cotisations fiscales dans des bombes meurtrières.

Monsieur Sarkozy, sachez qu'en Afrique sinon en Côte d'Ivoire quand on bombarde les casernes de gendarmes où vivent femmes et enfants, on ne bombarde pas que des poudrières, on bombarde aussi ces femmes et ces enfants. Nous vous demandons d'avoir le courage d'informer vos compatriotes de ces femmes et enfants que vous avez tués. Ces morts dont ni Radio France Internationale (RFI), ni France 24 ne parlent. Tous ces employés et ces jeunes morts à la résidence du Président GBAGBO que vous avez traité de bouclier humain.

Prenez le soin Monsieur le Président de dire aux Français que la « démocratie » que vous avez installée en Côte d'ivoire tue plus que la « dictature » que vous avez enlevée car cette « démocratie » a sélectionnée une ethnie « pure » en Côte d'ivoire pour constituer une armée, une administration et un parlement constitués de cette ethnie « pure » qui applique la solution finale : le massacre des « impurs », femmes et enfants qui s'étaient réfugiés à la mission catholique de Duékoué et d'ethnie « impure » (plus de 800 morts en une seule journée selon le CICR). On appelle cela un génocide dont vous êtes coauteur.

Vous êtes complice de Monsieur Alassane Ouattara et de « sa solution finale » faite de massacres, de déportations, d'emprisonnements dans des camps de concentration et de gels des avoirs des « impurs » qui ne veulent pas se soumettre. Plus d'une centaine de prisonniers politiques, plus de 200 comptes bancaires gelés et une dizaine de personne assassinées, violée ou blessées chaque jour, telle est le sort des « impurs » ivoiriens aujourd'hui et vous le savez.

Si vous avez pris le temps de réfléchir sur vos actes vous comprendriez que leur portée n'a été que négative ; vous avez largué des bombes sur Abidjan, résultat : vous avez créé une dictature tribale comme régime, assistée d'experts français avec une Côte d'Ivoire divisée sans espoir de réconciliation.

Vous avez largué des bombes sur la Libye et dites-nous quelle démocratie avez-vous instaurée dans ce pays ? Des innocents sont morts, des travailleurs noirs croupissent dans les prisons libyennes car considérés comme des miliciens de Kadhafi, alors que l'Union Africaine (UA) demandait de dialoguer avec Monsieur Kadhafi.

Vous avez bombardé dans le nord du mali les 4x4 contenant vos jeunes compatriotes pris en otage par AQMI et résultat, ils sont morts. Là aussi vous avez choisi la force. Vous voyez Monsieur Sarkozy si la force était l'unique solution les Fourmies n'auraient jamais construit leur termitière.

Les prisonniers politiques et exilés

La Première dame Simone Gbagbo à Odienné, les neuf (9) prisonniers politiques de Boundiali, les quatre (4) de Katiola, les deux (2) de Bouna, ceux d'Abidjan et de Korhogo qui croupissent dans des conditions carcérales sans nom. Votre silence les tuera.

Madame Hilary CLINTON s'est rendue en Côte d'Ivoire pour parler de pétrole mais aussi pour parler avec Monsieur OUATTARA de justice, de démocratie, de sécurité et de dialogue avec l'opposition pour asseoir une réconciliation durable entre Ivoiriens. Et vous Monsieur Sarkozy, vous avez dépêché M. COPE chez M. OUATTARA pour parler de financement de l'UMP et des élections en France sans se préoccuper du sort de son homologue AFFI N'GUESSAN, chef du plus grand parti politique de Cote d'Ivoire emprisonné par M. OUATTARA et vous avez reçu en grande pompe M. OUATTARA sans que les françaises et les français ne sachent le contenu des valises transportées par l'avion de M. OUATTARA et sans même avoir la décence de l'interroger sur le sort de Michel GBAGBO, votre compatriote français de mère française comme vous dont le seul crime est de s'appeler Gbagbo, pris en otage dans les geôles de Bouna dans le nord de la Côte d'Ivoire par les hommes de Ouattara. Vous êtes-vous interrogé sur la mort de tous ces exilés internes et externes qui ont souffert dans les douleurs des maladies et morts par manque de soins car vos résolutions ont gelé leurs comptes bancaires. La faute de ces hommes et de ces femmes est d'avoir été du côté de Monsieur Gbagbo lors des élections présidentielles de 2010, est-ce un crime ? Non, mais vous aux yeux des Ivoiriens vous êtes un criminel.

Exactions sur les journalistes

Monsieur Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne que vous avez présenté aux yeux de tous, surtout en Europe, comme un dictateur, a fait voter une loi interdisant l'emprisonnement des journalistes. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire nous assistons à une régression des conditions de vie des journalistes. Vous êtes-vous interrogé sur le sort de ces journalistes qui sont emprisonnés ou licenciés sans motif valable. En 9 mois de pouvoir, la Cote d'Ivoire enregistre 9 journalistes prisonniers et 300 mis au chômage technique. Ces hommes et ces femmes qui ne font que leur métier et ne font qu'apporter la contradiction aux discours propagandistes de Monsieur Ouattara en livrant une autre information. Est-ce un crime ? Non, mais votre surdité à leur égard vous rend complice. Vous êtes leur geôlier et bourreau.

L'université d'Abidjan

Les étudiants ont été des cibles de bombardement de l'armée française en violation des franchises universitaires car la majorité de la jeunesse estudiantine se reconnait dans la politique du Président GBAGBO. Considérés comme des miliciens pendant la guerre que vous avez menée contre la Cote d'Ivoire, tout étudiant tombant entre les mains de l'armée ethnique de M. OUATTARA était systématiquement exécuté.

La première grande « solution finale » pour l'université, a été la fermeture pure et simple de l'université. Plusieurs générations d'ivoiriens se trouvent privées d'université. L'avenir de la Cote d'Ivoire se fera sans les ivoiriens. Peut être est-ce la « solution » SARKOZY-OUATTARA pour dominer longtemps la Cote d'Ivoire.

Conclusion

Monsieur le Président Sarkozy, au moment où cette lettre vous parviendra vous serez devant les Français pour les prochaines élections présidentielles. Dans votre bilan de fin de mandat, de grâce, n'oubliez pas de dire aux Français qu'à cause de vos ambitions personnelles des hommes, des femmes et des enfants sont mort en Côte d'Ivoire sous des bombes, par des exactions, par manque de soins. Vous avez de façon directe ou indirecte participé à la mort de ces personnes et cela n'oubliez pas de le dire aux Français vous leur devez cette vérité.

Vous avez placé à la tête de la Côte d'Ivoire Monsieur Ouattara (il ne représente que 23% de la population ivoirienne selon les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010) comme Président, vous étiez présent à son investiture. Son Premier Ministre et chef des armées est Monsieur Guillaume Soro. Une armée composée d'ex-rebelles d'un même groupe ethnique, de chômeurs et de prisonniers qui chaque jour tuent, violent et volent en Côte d'Ivoire en toute impunité. Votre silence assourdissant nous effraie et vous rend complice une fois de plus de ces nombreux meurtres.

Dites aux Français que c'est la Licorne (armée française) qui lui sert de garde rapprochée car il n'a plus confiance en l'armée rebelle, FRCI, que lui-même a créée.

Au moment où la Côte d'Ivoire n'a plus d'Etat et que des braconniers, les dozos, font office de policiers et de gendarmes et tuent chaque jour des civils sous le regard de l'ONUCI et de la force française Licorne, n'allez pas faire croire en France que votre politique extérieure de copinage a pu instaurer la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire. Non, il n'en est rien. Vous n'avez fait que repousser les échéances et derrière ce calme de façade la Côte d'Ivoire se déchire et se meurt un peu plus chaque jour.

Monsieur le Président, lorsque ce courrier vous parviendra et comme vous avez fait l'aveu d'avoir le courage de dire la vérité aux françaises et aux français pendant votre campagne, ayez le courage de livrer le contenu de cette lettre par vos presses qui leur ont caché la vérité sur la Côte d'Ivoire pour qu'ils sachent ce que vous avez fait de leur argent en Côte d'Ivoire.

Vous remerciant,


Dr Cheick DIABATE

Enseignant-Chercheur,

Université de Colorado, USA

MANDATS D'ARRET CONTRE LES PRO-GBAGBO: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BENINOIS BONI YAYI

 

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Lettre ouverte au Président Boni Yayi, Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et au Ministre de l'Intérieur Benoît Dègla

 

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,


Il nous revient que des manœuvres politiques secrètes sont actuellement en cours visant à exécuter les termes d'un mandat d'arrêt international  contre de paisibles personnalités ivoiriennes réfugiés chez nous. La récente visite d'Alain Juppé, Ministre français des Affaires Etrangères, au Bénin s'inscrit certainement aussi dans ce cadre, eu égard au rôle combien néfaste que joua la diplomatie française dans le coup d'Etat militaire contre le Président Gbagbo en Avril 2011.

En effet, dans sa parution du 20 février 2012, le quotidien béninois Fraternité nous apprend que 13 hauts dignitaires de l'ancien régime de Laurent Gbagbo sont l'objet d'un mandat d'arrêt international  par la section béninoise d'Interpol.

Par ailleurs, une note du Ministre béninois de l'Intérieur Benoît Dègla, à votre attention,  affirmait que « D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Je voudrais vous signifier, au travers de cette interpellation publique, le caractère dangereux et suicidaire d'une telle entreprise si elle venait à s'accomplir. Votre responsabilité en tant que Chef d'Etat béninois ainsi que celle de votre gouvernement seraient clairement engagées devant l'Histoire, l'opinion publique béninoise et africaine comme responsable de ce qu'il adviendrait de ces personnalités réfugiées chez nous.

Au regard de ce qui précède, mon hostilité à l'exécution de ce mandat se fonde entre autres, sur les raisons suivantes :

1- Votre responsabilité de Président en exercice de l'Union Africaine

Monsieur le Président, vous aviez à votre corps défendant, tenté de concilier les vues des différents protagonistes de la crise ivoirienne avec l'infortune qu'on sait. Donc vous connaissez parfaitement les méandres de cette crise ainsi que les responsabilités de chaque acteur politique ivoirien. A ce titre, vous devez claire¬ment vous opposer à cette manœuvre politique de M. Ouattara et ses complices qui voudraient faire du Bénin l'allié objectif d'une mascarade judiciaire grave¬ment attentatoire à une véritable réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. 

Par ailleurs, en votre qualité de Président assurant la présidence tournante de l'Union Africaine, il n'est pas superflu de porter à votre attention que de nombreuses personnalités ivoiriennes et leurs proches sont détenues dans les prisons de M. Ouattara au mépris des dispositions juridiques de la Charte africaine des droits de l'Homme notamment en ses articles 5, 6, et 7 qui consacrent la liberté et sécurité individuelles ainsi que la dignité humaine hors de tout traitement inhumain dégradant. Ces personnalités, depuis plusieurs mois sont incarcérées sans jugement.

Il est aussi de votre ressort d'exhorter de manière ferme les nouvelles autorités à cultiver un dialogue inclusif sans préalable visant à créer les conditions d'une sécurité réelle des biens et des personnes, laquelle favoriserait le retour d'exil des milliers de réfugiés ivoiriens vivant au Togo, Bénin, Libéria et au Ghana.

C'est le minimum qu'on puisse attendre de votre mandat à la tête de l'Union Africaine.

L'Union Africaine, vous en conviendrez sans doute, doit impérativement faire peau neuve et changer de paradigme quant à sa façon de résoudre les conflits qui meurtrissent si souvent l'Afrique. Son discrédit va grandissant au sein de l'opinion publique africaine qui la perçoit comme une institution-croupion phagocytée par l'Occident.

2- Préserver la réputation de terre d'hospitalité du Bénin

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Malgré tous les soubresauts qu'a connu notre pays, il est édifiant de constater combien ont toujours été sauvegardées la cohésion nationale et une certaine « paix des braves » entre les différentes chapelles politiques béninoises.

Même durant les années où nous étions considérés à juste titre comme « l'enfant malade » de l'Afrique à cause de la propension du Dahomey d'alors, à enfanter des putschs militaires, jamais nous n'avions franchi le rubicond des assassinats politiques et autres massacres massifs des populations béninoises.

C'est une expérience politique à faire partager aux nouvelles autorités en charge de la Cote d'Ivoire. Comment ne pas ressentir une certaine fierté personnelle lorsqu'à l'occasion d'un évènement officiel (la fête nationale du 01 Août, par exemple), tous nos anciens Chefs d'Etat -civils ou militaires- se tenaient proches les uns des autres et ce, en estime réciproque. Ainsi les Présidents Maga, Ahomadegbé, Zinsou, Kouandété, Kérékou, Soglo... ont su préserver l'essentiel en évitant de recourir à l'assassinat politique de leurs adversaires respectifs. Leur esprit de tolérance et d'ouverture politique explique sans doute cela.

Sur un tout autre plan, le Bénin a longtemps accueilli des milliers de réfugiés togolais sur son sol durant les années 90 et plus récemment en 2005 lors des massacres ayant suivi le décès du Président togolais Gnassingbé Eyadema et le transfert des charges présidentielles à son fils Faure Gnassingbé.

Idem pour de nombreux citoyens rwandais et burundais durant le génocide au Rwanda et les massacres au Burundi dans les années 1994/1995.

Que dire des nombreux citoyens congolais des deux rives du fleuve Congo que notre pays a accueilli en 1997 durant la guerre civile à Brazzaville (Congo) d'une part et l'arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila en République Démocratique du Congo d'autre part. L'accueil récent des centaines de réfugiés ivoiriens fuyant la barbarie des milices tribales de Guillaume Soro sous la responsabilité de M. Ouattara, s'inscrit aussi dans cette longue tradition d'hospitalité béninoise.

Or la perspective d'une extradition éventuelle des personnalités ivoiriennes proches du Président Gbagbo ou anciens serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire serait non seulement une faute politique grave mais aussi une menace pour la cohésion nationale ivoirienne déjà fort mise à mal par « le rattrapage ethnique » de M. Ouattara. Cette extradition éventuelle pourrait dissoudre le « contrat d'accueil » qui nous lie depuis plusieurs décennies déjà aux personnes réfugiées dans nos contrées.

Vous devez, Monsieur le Président, ne pas prêter flanc à cette mascarade judiciaire en vous opposant fermement à tout renvoi de ces réfugiés vers Abidjan.

3- Récuser la vengeance justicière en cours en Côte d'Ivoire

Une sagesse bantoue nous apprend que « lorsqu'on a mis les genoux de son adversaire à terre, il est inutile de lui jeter du sable à la figure ».

L'innommable se produit sous nos yeux à Abidjan ! Le crime, le mensonge, le déshonneur et le poltronisme politique dans toute sa laideur. Sans parler de la Justice ivoirienne, cette faucheuse à sens unique dont le discrédit public a atteint le seuil de l'infamie. Comment qualifier aujourd'hui ce qui se passe à Abidjan sinon d'une volonté d'humilier et de faire rendre gorge tous ceux qui n'ont pas l'heur de plaire aux nouveaux « administrateurs » de l'Etat de Cote d'Ivoire et à leurs mandataires occidentaux. Les dignitaires de l'ancien régime relégués désormais au rang de « sans-culottes », sont contraints à la mendicité, à la maladie et à l'indigence matérielle pour survivre. Rien pourtant ne justifie cette chasse à l'homme.

Tous les proches de M. Ouattara et des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire !) coupables de pires crimes comme les massacres à Duékoué (27 au 29 mars 2011), les incendies de villages, les pillages de banques locales, les exécutions sommaires de citoyens, les pillages et vols à main armée, ne sont guère inquiétés et narguent leurs victimes.

Plus affligeant encore, est l'absence d'un grand dessein national dans ce sombre tableau ivoirien. La Côte d'Ivoire est « gérée » au jour le jour sans rétrospective et hélas, sans prospective. Une gouvernance à la petite semaine !

L'insécurité règne en maître, le saupoudrage est partout, l'auto-adoration est célébrée et le griottage médiatique fait le reste. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont licenciés sans ménagement de l'administration publique et autres offices d'Etat parce que jugées proches de Gbagbo. Cette nouvelle doxa politique s'appelle le « rattrapage ethnique », sorte de néologisme de l'Etat-dioula inventé par M. Ouattara, ce Barrientos aux petits pieds. 

Cet état de fait abondamment décrit par les médias ivoiriens et internationaux résume bien le nouvel ordre ivoirien.  Un pays en réalité victime de ce que Wangari Maathai, l'ancienne Prix Nobel de la Paix qualifie de « syndrome du mauvais autobus » parce que porteur d'instabilité, de précarité sociale et d'impasse politique.

Monsieur le Président, vous avez à l'égard du peuple ivoirien et des africains, une exigence de vérité et de justice, loin de toutes collusions politiciennes. 
Le Bénin vous observe.

En guise de conclusion, je voudrais vous rappeler que le Bénin n'est pas une république bananière, par conséquent, votre responsabilité politique est clairement engagée  si ces différentes personnalités ivoiriennes venaient à être renvoyées à Abidjan. Inutile de vous décrire ce qui les attend dans les geôles ivoiriennes. Le Bénin a une ancienne culture de dialogue politique, ce qui fait qu'aucun prisonnier politique ne croupit dans nos prisons depuis le Renouveau démocratique opéré après la Conférence Nationale de Février 1990.

Votre leadership doit pouvoir capitaliser tout cet héritage historique et politique béninois, en affirmant clairement la primauté des principes et règles démocratiques face à la tentation autocratique de M. Ouattara.

Salutations distinguées.                       


Bruxelles, le 26 février 2012



Olivier FADO


Citoyen béninois
Vice-président du MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)
m.moraf@yahoo.fr

lundi, 27 février 2012

DROITS DES HOMOSEXUELS: MUGABE DIT A CAMERON D'«ALLER EN ENFER»


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Le président zimbabwéen Robert Mugabe, le 18 décembre 2010 à Mutare. (Photo. Desmond Kwande AFP)


Sur cette question, le président Mugabe et moi avons exactement la même opinion et strictement la même façon de voir les choses. Ils veulent avoir le droit de se marier entre personnes du même sexe (excluant donc toute condition de procréation naturelle) et après, ils revendiquent celui d'adopter des enfants. C'est quoi ce délire? Merci, cher président, de lui avoir dit son fait à ce sinistre personnage. Fernand Dindé.

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté samedi les appels au respect des droits des homosexuels du Premier ministre britannique David Cameron, lui disant d'"aller en enfer".

"La nature est la nature. Elle a créé le mâle et la femelle. Vous, David Cameron, suggérez-vous que vous ne savez pas ça, ou est-ce qu'il y a une sorte de démence, ou cela fait-il partie de la culture des Européens?", s'est interrogé M. Mugabe devant des milliers de partisans rassemblés pour fêter son 88ème anniversaire dans un stade de Mutare (est).

"Selon leurs journaux, c'est l'un de mes péchés. Que j'ai dit qu'ils (les gays) étaient pire que les porcs et les chiens parce que les porcs savent qu'il y a des mâles et des femelles. C'est même dans la Bible: vous créez grâce au système du mariage", a argumenté le président zimbabwéen, un catholique pratiquant.

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«Chien»

"Voilà comment nous sommes nés, c'est pourquoi nous rejetons catégoriquement cela et vous disons d'aller en enfer", a-t-il lancé au Premier ministre de l'ancien colonisateur de son pays.

"Je vais même pas l'appeler un chien parce que mon propre chien va se plaindre", a-t-il ajouté.

David Cameron a déclaré lors d'un sommet du Commonwealth l'an dernier que ses partenaires devraient respecter les droits de l'Homme, y compris les droits des homosexuels, pour pouvoir bénéficier de l'aide britannique.

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Diatribe

La question a refait surface alors que le Zimbabwe doit se doter d'une nouvelle Constitution, des opposants au président ayant suggéré de suivre l'exemple du voisin sud-africain en garantissant les droits des homosexuels dans la Loi fondamentale.

"Nous n'accepterons pas cela", a assuré M. Mugabe.

"S'il vous plaît, jeunes hommes et jeunes femmes, vous n'avez pas la liberté pour les hommes d'épouser des hommes et pour les femmes d'épouser des femmes. Vous avez la liberté pour les hommes d'épouser des femmes. C'est la liberté de Dieu. C'est ce qui nous a créés, vous et moi", a lancé le vieux président, dont la croisade contre l'homosexualité est devenue une marque de fabrique.

Sa dernière diatribe survenait samedi alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a à nouveau appelé les pays africains à respecter les droits des homosexuels, lors d'une visite en Zambie, pays voisin du Zimbabwe.

 

AFP


Source: LIBERATION.FR

LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITE: DES EXPERTS RECOMMANDENT DE NOUVELLES STRATEGIES




Lutte contre la cybercriminalité : Des experts recommandent de nouvelles stratégies pour contrer ce fléau qui met à mal la fiabilité de nos états...

La cybercriminalité a gagné du terrain en Afrique, notamment en Afrique de l'ouest. Les clignotants sont inquiétants en Côte d'Ivoire qui est devenu en espace d'une décennie une véritable plaque tournante du crime en ligne. Les experts entendent impulser une nouvelle dynamique de lutte contre ce qu'ils qualifient de fléau.

Le ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication (MPTIC) a organisé un atelier sur l'harmonisation des cybers législations dans les pays de l'Afrique de l'Ouest, du 20 au 22 février à Abidjan. En partenariat avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de l'union africaine et de la Commission économique des Nation Unies pour l'Afrique (CEANU), cet atelier a été l'occasion pour les experts de faire des recommandations aux Etats membres de la CEDEAO. Ils s'agira pour ceux-ci, d'appliquer les actes additionnels en matière de transactions électroniques et de protection des données à caractère personnel et de transposer la directive sur la lutte contre la cybercriminalité, au niveau national. Par ailleurs, les animateurs dudit atelier ont exhorté les auditeurs à développer des programmes de renforcement des capacités sur la cybercriminalité et la sensibilisation sur les thématiques de l'avant-projet de convention.

Aussi, devront-ils en faire de même pour la suite des consultations nécessaires en vue de proposer des alternatives en matière de support juridique harmonisé. Au terme de ces deux jours d'échanges et de réflexions, les participants ont été conviés à faire des recommandations sur l'avant projet de convention sur le cyber sécurité en l'occurrence sur les transactions électroniques, les données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité. Ils les feront ensuite parvenir au plus tard le 07 mars 2012, à la CEDEAO, à l'Union Africaine et à la Ceanu en vue d'une amélioration. « Les travaux de réflexions sur l'harmonisation des cyber-législations dans nos pays ne doivent pas s'arrêter à cet atelier. Ils doivent se poursuivre jusqu'au délai fixé», a conclu le directeur de cabinet du ministère de la poste et des technologies de l'information et de la communication.


Wognin D.

Source : Le blog de Dada Suprem

«ET SI LE COLONIALISME N'ETAIT QUE L'HISTOIRE DE L'EXPLOITATION FORCEE DES RESSOURCES MATERIELLES ET HUMAINES DES COLONISES»



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Mardi 28 février de 18h à 22h : Conférence-débat « Et si le colonialisme n'était que l'histoire de l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés » point de vue d'africains.


Animé par Lanciné Camara dans le cadre de la semaine anticoloniale:


A différentes époques correspondent des modes de colonisation ainsi que des justificatifs différents : la sécurité, apporter la civilisation, la démocratie, la vraie religion, mais on observe qu'il s'agit généralement, en réalité, d'un motif économique : besoin de main d'œuvre bon marché (dont l'esclavagisme), libre circulation des biens et des commerçants, pillage de produits miniers, agricoles, etc. Il ne s'agit pas uniquement des Etats, ex-coloniaux ou non, mais aussi de catégories socio-économiques

comme le monde de la finance, les multinationales, etc.

On peut ainsi distinguer différentes méthodes du colonialisme : par la dette, le contrôle de la monnaie et des organismes financiers, par le contrôle des élites et l'élimination des insoumis, par la maîtrise des coûts des matières premières, la spéculation, l'achat des terres ou de concession de pêche, par le soutien à des rebellions, par la diabolisation médiatique pouvant aller jusqu'à justifier une recolonisation par voie militaire, par le commerce des armes, la corruption, etc.


Il reste que, quelque soit les motifs avancés et les moyens utilisés par le colonisateur, la conséquence et donc le but est l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés.


Programme

-- 18h00 : Accueil, Présentation des intervenants et introduction par Lanciné Camara, journaliste, Président de l'UIJA basée à Paris et directeur de publication du magazine Le Devoir Africain.

-- 18h40 : « Du développement injuste au développement juste de l'Occident. Défis majeurs pour l'Occident et l'Afrique» par Armand Mavinga Tsafunenga, Ecrivain poète, Ambassadeur de paix, chercheur, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et du Centre d'études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM).

-- 19h10 : « L'état de non droit du pillage des matières premières et des ressources naturelles ou bien humaines en Afrique » par Maître Norbert Tricaud, Avocat au Barreau de Paris et spécialiste de la RDC.

-- 19h30 : « Le franc CFA un moyen néocolonial pour la France d'aujourd'hui de contrôler l'économie des anciennes colonies africaines». Cette mise sous tutelle permet ainsi à la France à la fois de tirer profit des économies de la zone CFA mais aussi de bloquer toute possibilité d'indépendance politique et donc de développement.

Intervenant : Dr Nicolas Agbohou, Politologue, économiste monétariste, enseignant, écrivain et spécialiste de la monnaie, le franc CFA, Il a publié notamment: Les causes structurelles de la faim en Afrique, Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique

-- 20h20 : Débat avec la salle

-- 21h20 : Conclusion par Lanciné Camara,

-- 21h40 : Séance de dédicaces (en cas de retard dans un bistro proche de la salle après 22h) - Table de presse : des conférenciers, de l'association Survie, de Grégory Protche, etc.

-- Lieu : Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2è. 01 55 80 78 35 - M° Sentier ligne 3 ou parking au 42 rue Aboukir 01 40 13 98 20 sinon à 300m près du M° Bourse.

-- Renseignements : Maud Martin 06 63 98 64 37 ou Jean-Paul Vanhoove 06.21.05.47.38 (Plateforme Panafricaine).


Lu sur INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT


Source: CULTURES

ADRESSE DE LA PLATE-FORME PANAFRICAINE POUR LA PRESIDENTIELLE EN FRANCE


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Préambule

Mesdames, Messieurs, Honorables candidates et candidats à la magistrature suprême,

Un demi-siècle après les indépendances des pays africains, incontestablement, ce continent reste toujours sous domination coloniale. Sortie par la grande porte en Afrique lors des indépendances, la France coloniale est rentrée par la fenêtre pour continuer à piller ce continent et spolier les populations africaines.

Aujourd'hui plus que jamais, le continent le plus doté en potentialités possède la population la plus pauvre du monde. A tel point que tous les jours, plusieurs dizaines de jeunes africains fuyant une misère imposée par une politique coloniale qui vide le continent de toutes ses ressources, se jettent dans la traversée de la méditerranée pour gagner l'Europe, une Europe barricadée de part en part, de Tanger à Gibraltar, de Lampedusa à Marseille.

Et comme si cela ne suffisait pas, tous les moyens sont devenus bons pour y faire la guerre, officiellement au nom de valeurs de l'ONU, mais en réalité pour le compte de valeurs mercantiles inavouables. Ainsi, on fait tonner le canon pour régler certains contentieux électoraux en faveur d'intérêts qui échappent aux Africains tout en prétendant éradiquer des dictatures qui sévissent contre les pauvres populations, etc., comme si l'on découvre seulement aujourd'hui ces fléaux politiques, qui ne sont, en réalité, rien d'autre que le reflet des méfaits de l'ordre impérialiste occidental en Afrique. Pire, les vraies dictatures continuent pendant ce temps d'êtres choyées. Résultat de cette politique d'annexion : des pays entiers basculent dans des guerres effroyables.

Les Africains ne s'y trompent pas, la prétendue solution des Occidentaux pour les Africains est plutôt une composante fondamentale du problème.

C'est pourquoi, La Plateforme Panafricaine, collectif d'organisations de la Diaspora africaine, entend prendre à bras le corps ces questions vitales pour les Africains afin de contribuer à peser sur le nécessaire rééquilibrage des relations futures de la France avec le continent africain.

Nous sommes convaincus qu'une autre forme de coopération est possible entre les pays occidentaux et l'Afrique en général et entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique en particulier.

La France, en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies est sensée être garante du respect et de l'application des résolutions de celui-ci. Et pourtant, elle maintient toujours dans les faits des colonies et occupe même des pays indépendants reconnus par les Nations Unies! Comment obliger les autres à respecter le Droit et les Règles internationales, y compris par la force, si l'on ne les respecte pas soi-même ?

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Ce questionnaire fait l'hypothèse que vous soyez élu(e) Président(e) de la République le soir du 6 mai 2012.

Q1. Le libre choix des dirigeants

Choisir leurs dirigeants est un droit universel et inaliénable des peuples. En Afrique, les dirigeants sont imposés aux peuples au prix d'innombrables vies humaines. Les forces vives africaines pointent du doigt la responsabilité de la France.

Quand et comment comptez-vous mettre fin à ce déni de droit si vous êtes élu(e) Président(e)?

Q2. Les accords de défense et la coopération militaire

Des accords de défense signés entre la France et ses anciennes colonies au lendemain des indépendances ont connu récemment, pour certains d'entre eux, quelques retouches, sans pour autant modifier fondamentalement la donne. En outre, ils restent toujours inconnus du grand public.

L'armée française est omniprésente aux quatre coins de l'Afrique, dans des bases militaires et par le biais de conseillers à la défense. Son rôle réel a toujours été et demeure, selon les situations, soit de veiller sur les dirigeants impopulaires et dictateurs imposés, « amis de la France », soit d'évincer du pouvoir les dirigeants jugés insoumis aux intérêts de la France.

Quand et comment comptez-vous en finir avec ces accords de défense léonins et cette prétendue coopération militaire qui fait des forces françaises en Afrique une armée d'occupation et de déstabilisation ?

Q3. La coopération économique, la monnaie et la dette

Aux côtés d'autres puissances économiques prédatrices, des multinationales françaises font des bénéfices colossaux en Afrique, au prix d'un pillage sans vergogne des richesses du continent pendant que les populations locales sombrent dans la misère. Sur l'autel de l'indépendance énergétique de la France, l'uranium africain est immolé et dans le même temps savamment occulté du nécessaire débat à mener sur l'avenir du nucléaire en France.

La prétendue dette est plutôt un moyen savant, une véritable gangrène pour faire obstacle à toute politique économique viable.

Le franc CFA a été dès sa création et demeure de nos jours un instrument fondamental dans la trousse à outils multiformes aux mains de la France pour la vassalisation des pays africains.

Contrairement au message véhiculé par la fable abondamment médiatisée sur les bienfaits et la nécessité d'une Aide Publique Occidentale pour le Développement de l'Afrique, ce sont les pays prétendument pauvres mais en réalité pillés et appauvris, qui aident de gré ou de force les pays riches.

Quelles dispositions prendriez-vous pour remédier à ces situations d'injustice qui perpétuent le néo-colonialisme français en Afrique ?

Q4. La France, l'Afrique et les institutions internationales

Dans la configuration de notre monde du XXIème siècle, les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale continuent de faire main basse sur la gouvernance mondiale sans vraiment compter les autres, en particulier l'Afrique qui, pourtant, a sa part dans la victoire. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies reste un instrument aux mains de quelques pays, dont la France, qui se sont arrogé le droit de veto comme un butin de guerre et l'utilisent à leurs seuls profits. Le droit international et les instruments qui sont érigés pour l'incarner sont à géométrie variable. Les légitimes contraintes qui découlent du protocole de Kyoto et de la Cour Internationale de Justice, pour ne citer que ces deux exemples, ne concernent que les autres, notamment les pays appauvris.

A quand et comment comptez-vous influer sur le cours des évènements pour que des réformes structurelles soient entreprises sur l'ONU afin de tenir compte de l'évolution et des aspirations des peuples dans le monde et plus particulièrement en Afrique ?

Q5. L'image de l'Afrique, les discriminations racistes et les médias

Les discriminations frappent très singulièrement en France les personnes d'origine africaine et plus particulièrement celles issues de l'Afrique au sud du Sahara ou d'ascendance. Ce sont entre autres l'accès au travail, au logement ou les « contrôles au faciès », etc.

Ces discriminations aggravent le legs de l'histoire caractérisée par une exploitation féroce de l'Afrique et des Africains, alors qu'il convient au contraire de le résorber et de le guérir. De surcroît, une certaine légèreté de traitement des questions africaines par les médias hexagonaux, y compris d'Etat, en est sans doute pour beaucoup dans cette déconsidération envers ces personnes. Ces médias excellent dans la manipulation de l'information et l'inversion des rôles dès lors qu'il s'agit de l'Afrique.

Entendez-vous y remédier et comment ?

Q6. La situation aux Comores

La France occupe et divise toujours les Comores. Pourtant, la résolution 3385 (XXX) du 12 Novembre 1975 relative à l'admission des Comores à l'Organisation des Nations Unies a réaffirmé la nécessité de respecter l'intangibilité des frontières, l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli.

Quand et comment comptez-vous agir pour mettre la France en accord avec le Droit International dans ce cas précis ?

Merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Pour La Plateforme Panafricaine, le 22/02/12

Raymond AYIVI

Référent.

 

Les premières Organisations signataires sont :

 

* MBDHP-SF : Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples - Section de France, Président : Didier OUEDRAOGO

* AEBF : Association des Etudiants Burkinabé en France, Président : Issa SORY

* COFANZO : Collectif de France Affaire Norbert ZONGO, Président : Ardiouma SIRIMA

* Le Tchad Notre Case Commune, Président : Souleymane ABDALLAH

* Association France-Tchad : Président : Balaam FACHO

* ATMF: Association des Travailleurs Maghrébins en France, Président : Driss ELKHERCHI

* CAAC : Collectif des Associations et des Amis des Comores, Président Mustapha ABDOURAOUF

* DIASCOM : Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne, Coordinateur : Ben HAMIDI

* FNAFA : Fédération Nationale des Associations Franco Africaines, Président : Louis Mohamed SEYE

* FENACOP : Fédération Nationale des Collèges des Parents, Président : Sylvestre d'Almeida

* Les Soeurs du Cavally, association pour la Côte d'Ivoire, Présidente : Clémentine DEHE

* FCMA : Forum Citoyenneté Monde Arabe, Coordinateur : Abdessalam KLEICHE

* Association Culturelle Camerounaise de Loire Atlantique, Président : Alain YONA

* Collectif pour une Afrique Libre et Responsable, Président : Jean-Paul NGASSA

* MoLiTo : Mouvement du 04 mars pour la Libération du Togo, Président : Kofi ALOUDA

* MFIRA : Mouvement des Femmes Ivoiriennes de Rhône-Alpes, Présidente : Monique BERTHELOT

* EGO AFRICA, Président : Jean-François ANKOUE

* CCD : Conseil Camerounais de la Diaspora, Robert WANTO WAFO

* Association Enfants du Congo Brazzaville, Président : Gaston NITOU-SAMBA

* Association Internationale Cultures Sans Frontières, Président : Robert FOPA

* FPP : Front Patriotique pour le Progrès - Centrafrique, Chargé des Affaires Extérieures : Claude YABANDA.

* AJD/MR : Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour la Réconciliation - Mauritanie, Chargé des Affaires Extérieures, Ousmane DIAGANA

* Ligue Camerounaise des Droits de l'Homme (LCDH), membre fondateur de l'Union Internationale des Droits l'homme UIDH, Professeur Kapet de BANA.

 

______________________________________________


Pour toute correspondance, SVP :

 

La Plateforme Panafricaine

c/o M. Raymond AYIVI

3, rue Dr Rouques

95870 Bezons.

E-mail : ppanafricaine@gmail.com

COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES ETUDIANTS POUR LA REOUVERTURE IMMEDIATE DES UNIVERSITES PUBLIQUES

 

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Al Hosseine Gbané

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Collectif des Etudiants pour la Réouverture immédiate des Universités Publiques de Côte d'Ivoire (CERUPCI) que je représente dans ce communiqué est très préoccupé par la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire notamment l'université de Cocody, l'université d'Abobo-Adjamé, l'URS de Korhogo et Daloa.

En effet, depuis le mois d'avril 2011, au sortir de la grave crise post-électorale qu'a connue notre pays, les universités publiques d'Abidjan ainsi que celles de Korhogo et Daloa ont été fermées par les autorités gouvernementales ivoiriennes. La réouverture de ces établissements avait été annoncée pour le mois d'octobre 2011. Malheureusement, le Président de la République lors d'une visite officielle au Togo, en novembre 2011, a dans son discours, fait mention du report de cette réouverture en octobre 2012. Cette fermeture prolongée des universités publiques constitue pour nous, une grave atteinte à notre droit à l'éducation.

Les quelques mois de fermeture initialement annoncés se sont donc prolongés et nous n'avons aucune certitude d'ailleurs sur la date d'octobre 2012. Ce délai permet, selon les autorités, de restaurer les locaux et de lutter contre les réseaux estudiantins qui se sont avérés préjudiciables à la sécurité et à l'équité au sein de l'université. Or, nous évaluons à 2% le nombre d'étudiants sensés appartenir à la FESCI, syndicat qu'accuse l'actuel pouvoir, à juste titre, d'avoir fait régner l'insécurité sur les campus universitaires. Sachant que le problème ne peut être traité dans des locaux vides, il faut d'évidence que l'université rouvre pour gérer la situation de violence et la circonscrire s'il le besoin s'en faisait sentir. Nous demandons instamment au gouvernement de ré-analyser cette situation.

Notons que la connaissance est la base de tout projet professionnel et au-delà, elle est le fondement de la démocratie. Or, les années blanches successives sont préjudiciables aux étudiants qui se retrouvent désœuvrés, dans l'incertitude et le stress de l'attente.

Bourses suspendues

Notons que cette fermeture des universités publiques handicape vivement les étudiants dont les parents n'ont pas les capacités financières nécessaires pour les inscrire dans des universités privées. Situation d'autant plus gênante que depuis 2009 les années blanches s'enchainent. On se retrouverait ainsi à la rentrée 2012-2013 avec quatre promotions de bacheliers et des centaines de doctorants en attente de soutenance. Ces derniers sont d'ailleurs particulièrement contrariés par cette décision qui ne leur offre aucune alternative. Les bourses des doctorants qui sont supposés assurer la relève de l'enseignement universitaire en Côte-d'Ivoire ont été suspendues par une décision unilatérale du Ministre de l'Enseignement supérieur qui considère qu'il ne s'agit pas d'une priorité. Les bacheliers de l'année scolaire 2009-2010 qui ont été orientés au titre de l'année universitaire 2010-2011 accumuleront deux années d'interruption d'études injustifiées. Notons que près de 60% de la population ivoirienne vit dans l'extrême pauvreté ce qui explique le besoin crucial de pouvoir s'appuyer sur l'enseignement public.

Cette période de vacuité freine l'avenir de la jeunesse et par voie de conséquence celui du pays qui a véritablement besoin d'une jeunesse bien formée et efficiente pour relever les défis du développement. Or, le développement d'une nation vient de la valorisation de ses ressources humaines. Tous les Etats qui progressent, se soucient de l'avenir social et du développement, font de l'éducation une priorité. Cependant, depuis les années 80 notre système éducatif connait une tournure de détérioration. Cette crise constante au fil des temps prend une allure étouffante puisque qu'elle débouche, aujourd'hui, sur la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire alors que nous attendions des solutions et au contraire de nouvelles universités dans le pays. Cette décision, nous le répétons est inadmissible pour nous, les étudiants de Côte d'Ivoire et notamment par le collectif au sein duquel nous sommes réunis, qui représente l'ensemble des étudiants. Nous sommes indignés.

Décision inadmissible

Nous invitons massivement les étudiants de Côte d'Ivoire concernés, les parents d'élèves et tous ceux qui sont sensibles à notre cause, notamment toutes les associations défendant les droits de l'homme et l'éducation dans le monde, à soutenir notre action en participant à la signature d'une pétition en ligne à l'adresse suivante : http://campuslibre.wordpress.com

Nous demandons, entre autres, au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour accélérer les travaux à l'université, pour la restauration des bâtiments de cours, plutôt que de privilégier la construction des murs d'enceinte qui pourraient être construits ultérieurement. Les cours pourraient reprendre durant la finalisation de cette phase des travaux. On peut imaginer, comme cela a été fait dans d'autres pays, la mise en place de grandes bâches en lieu et place des salles de cours dans l'attente de la finalisation des travaux. Quand il y a la volonté, on avance et on trouve les solutions.

Nous demandons au gouvernement de régler les arriérés de salaire des professeurs en veillant à ce que l'ensemble des professeurs soit rémunéré pour éviter un mouvement de grève à la reprise des cours. Grève qui serait encore fortement préjudiciable aux étudiants. Toutes les propositions sont sur le texte court de la pétition mise en ligne.

 

Fait à Abidjan, le 19 janvier 2012.

 

Gbané Aleoussene
Contact : 02 65 11 43


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 26 février 2012

MAMADOU BEN SOUMAHORO: LE DERNIER PLAN D'ALASSANE OUATTARA, TUER GUILLAUME SORO

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO 2.jpg

Crise politique et postélectorale en Côte d'Ivoire - Cour pénale internationale - Le procureur général l'argentin Moreno-Ocampo étend le champ de son enquête en Côte d'Ivoire à l'année 2002

Cette décision de la cour pénale internationale me permet de cerner quelques personnages incontournables de cette saga funeste qui a endeuillé la Côte d'Ivoire pendant près de 20 ans.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA, par ses actions dérisoires prétendument humanitaires a essayé toute sa vie de s'acheter un supplément d'âme vite assimilé à de la générosité par ses thuriféraires et par les sofas de son usurpateur de mari.


ALASSANE DRAMANE OUATTARA : en fin absolue de course, il devient l'arroseur arrosé. Alassane qui est habité par un instinct de grand prédateur n'a jamais eu que le crime, l'élimination physique comme solution à toutes ses adversités personnelles et politiques. Ainsi donc la Rébellion et plus singulièrement SORO GUILLAUME s'exposent à leur sacrifice obligé pour avoir suivi sans retenue les desseins de l'usurpateur OUATTARA. Parce que si SORO GUILLAUME l'ignore, je me fais un plaisir de lui apprendre que son mentor ALASSANE DRAMANE OUATTARA va ici et maintenant mettre à exécution son dernier plan : tuer SORO GUILLAUME pour de multiples raisons que je me fais le devoir d'exposer aux fidèles lecteurs de ce journal ainsi qu'à ces pourfendeurs.


1- Les circonvolutions, les contorsions et les circonlocutions des occidentaux mais surtout des dirigeants français depuis JACQUES CHIRAC jusqu'à NICOLAS SARKOZY ont toujours eu pour but d'exonérer ALASSANE DRAMANE OUATTARA de ses crimes et de lui donner un vernis d'honorabilité. Sinon à l'évidence ALASSANE DRAMANE OUATTARA devait être le seul sinon le premier délinquant politique à subir les rigueurs de LA LOI. Chacun sait ici et là-bas que OUATTARA est le seul bénéficiaire de la déstabilisation de la Cote d'Ivoire depuis 1990. Après avoir été le concepteur, l'initiateur, l'organisateur et le principal financier de tous les coups tordus portés contre notre pays sans jamais vouloir assumer ses forfaits, voici donc ALASSANE DRAMANE OUATTARA obligé de tuer SORO GUILLAUME pour les raisons qui vont suivre:


2- ADO va donc tuer SORO GUILLAUME. Fin de parcours pour cet ancien Fesciste dont la devise a toujours été un dicton populaire de la société ivoirienne dont on a toujours su que sa principale qualité est de tourner en dérision toutes les situations graves.


L'image de marque de ce demi - intellectuel est donc servie par la formule :
<< Cabri mort n'a pas peur de couteau >>. N'en riez pas parce qu'il est aisé de comprendre à cause de cette assertion populiste que ce jeune homme se soit lancé à corps perdu dans cette agression sauvage et inattendue de son propre pays, pour satisfaire les lubies d'un apatride atteint de trouble bipolaire. ALASSANE va tuer SORO.

Démonstration :

3- Depuis le début des malheurs de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME a toujours été l'instrument d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA, de BLAISE COMPAORE, et des Présidents français JACQUES CHIRAC et NICOLAS SARKOZY. Il vous suffit de vous souvenir des voyages incessants du « petit gros » à travers l'Afrique dans les avions de l'armée française, de la médiatisation de ses séjours en France, de la scandaleuse publicité déployée par les services de l'Elysée pour faire de son ridicule fascicule qu'il n'a pas écrit et qui se voulait révolutionnaire un succès de librairie, sans compter ses sorties tonitruantes coachées par le correspondant éternel de RFI à Bamako, Mr SERGE DANIEL, sur toutes les chaines de radios et de télévisions de France et de Navarre.

Cerise sur le gâteau, une double conférence a été mise sur pieds par les dirigeants français à Linas Marcoussis et à l'avenue Kléber à Paris pour légitimer et boucler cette danse du scalp pour donner le coup de grâce au Président LAURENT GBAGBO. Des sommités de la diplomatie mondiale étaient conviées à cette danse des sorciers conduite par l'ancien secrétaire général de l'ONU KOFI ANAN qui s'est surpassé au cours de ces débats. (Il faut toujours aux blancs, un nègre de service).

Il est difficile de passer sous silence les sollicitations par SORO GUILLAUME de plusieurs chefs d'Etats africains dont le plus actif et le plus déterminé était l'excentrique ABDOULAYE WADE du Sénégal. D'une manière certaine, SORO GUILLAUME était l'obligé mais surtout le confident de tous ces chefs d'Etats qui s'étaient imprudemment engagés dans le soutien et la promotion d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Il ne faut jamais oublier que ce diable agissait et manipulait tout le monde dans l'ombre.

A l'intérieur de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME assume et gère la Rébellion et les coups d'Etat, pendant que ALASSANE DRAMANE OUATTARA s'exerce à sauter les murs d'ambassades pour se faire exfiltrer par ces indécrottables français à chaque échec de leurs initiatives déstabilisatrices. SORO GUILLAUME est donc dans le secret des dieux, position enviable et avantageuse mais qui maintenant se retourne contre lui parce qu'il sait trop de choses. Les occidentaux veulent absolument garder propre leur étalon du Yénéga ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Le mouton du sacrifice est tout trouvé : SORO GUILLAUME.

Mais ils pensent que SORO GUILLAUME est maître du terrain. C'est lui et lui seul qui contrôle les rebelles pompeusement rebaptisés FRCI. Malgré leur fausse allégeance à OUATTARA, les chefs de guerre récemment et brusquement « bombardés » colonels de l'armée nationale restent secrètement fidèles à SORO GUILLAUME à qui ils doivent leur position et avec qui ils ont passés un pacte de sang.

Tout le monde réclame aujourd'hui la tête de SORO GUILLLAUME et son transfèrement à la cour pénale internationale. Tout le monde, y compris les Américains. La visite de Madame HILARY CLINTON à Abidjan était assez significative à ce sujet. Pour tout observateur averti, la chef de la diplomatie américaine n'est pas passée par quatre chemins pour signifier à ALASSANE DRAMANE OUATTARA cette exigence de son administration. Quant aux Français, ils n'ont pas besoin d'effectuer le déplacement d'Abidjan parce qu'ils squattent déjà le palais de la présidence de la République et la salle de bain de leur protégé.

4- SORO doit donc aller à La Haye. Mais en même temps qu'il se trouve dans l'obligation de libérer la PRIMATURE pour se plier à une promesse de campagne et éviter une fronde du PDCI, Alassane Dramane Ouattara est parfaitement incapable de signifier cette décision à SORO GUILLAUME qui le tient. ALASSANE DRAMANE OUATTARA sait que s'il réussit à déférer SORO GUILLAUME, les chefs de guerre vont se déchaîner contre son pouvoir qu'ils ont contribué à installer.


Deuxième solution :

Les chefs de guerre sont transférés à la Haye sans SORO GUILLAUME. Les rebelles-sofas risquent de lancer une offensive meurtrière à la fois contre OUATTTARA et contre SORO. Tout ceci explique la relative sérénité de SORO GUILLAUME. À cela il faut ajouter que si par extraordinaire SORO se rendait à la CPI, il représenterait à coup sûr un très grave danger pour OUATTARA lui-même et pour les chefs d'Etat français impliqués dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire et dans l'agression illégale du pouvoir du Président Laurent Gbagbo.

Décidément SORO sait trop de choses et chacun là-bas et ici sait que SORO n'aurait pas pu recruter, entraîner, entretenir une armée de 40.000 dozos dont la plupart sont venus du Mali, du Nigéria, du Libéria, de France mais surtout du Burkina Faso. Sans compter les salaires de leurs Forces Nouvelles et les armes les plus sophistiquées dont elles étaient dotées. Imaginer que SORO GUILLAUME soit déféré à la CPI. Croyez-vous un seul instant qu'il va plonger tout seul ? Bien sûr que NON. OUATTARA et ses amis savent et craignent une telle éventualité parce que si SORO parle, tout le monde tombe et enfin OUATTARA devra rendre des comptes aux Ivoiriens et au Monde qu'il a trompé. Et il ne sera pas le seul.

C'est pour cette raison que j'affirme qu'il n'obéira pas à ses commanditaires Américains et Français. Ouattara se trouve donc à la croisée des chemins, apparemment sans solution... C'est mal le connaitre. Cet homme-là n'a aucun respect pour l'être humain et pour la vie. Son passé le montre à l'envi. Si, pour prendre de force un fauteuil et exercer le pouvoir dans un pays qui n'est pas le sien, ALASSANE DRAMANE OUATTARA n'a pas hésité à créer une demi-douzaine de coups d'Etat et faire massacrer au total plus de dix mille personnes innocentes, SORO GUILLAUME sera tout simplement tué sur le sol ivoirien avant un quelconque transfèrement à la Haye. Il sera tué pour l'empêcher de parler. Il sera très probablement assassiné par ses propres hommes qui auront été retournés par ALASSANE DRAMANE OUATTARA et par son épouse DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA. C'est ainsi que ''les histoires heureuses'' finissent chez les OUATTARA. Et comme on ne le dit pas dans les contes d'amour « ils s'unirent et tuèrent beaucoup d'enfants ». Bien entendu, ceux des autres. Leurs propres et vrais enfants ont uniquement vocation à s'enrichir avec le cacao de Côte d'Ivoire.

SORO GUILLAUME n'aura été qu'une microscopique victime dans les projets diaboliques d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA et une toute petite victime insignifiante dans l'océan des charniers et fosses communes du pouvoir usurpé de OUATTARA et DOMINIQUE.

Quant à vous, chères sœurs ivoiriennes et chers frères ivoiriens, vous avez le choix entre deux options : vous laisser écraser par la haine historique, viscérale et incommensurable de ce malade maniaco dépressif qu'est ALASSANE DRAMANE OUATTARA, ou vous indigner et arracher votre sort du mépris, de l'injustice et de l'abaissement. Sachez que si vous ne le faites pas, personne ne viendra le faire à votre place. A cet égard les Sénégalais, encore une fois, nous offrent un exemple édifiant à méditer. Et pas seulement. A bon entendeur...


 

Mamadou Ben SOUMAHORO

Député indépendant à l'Assemblée nationale


24 Février 2012


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 25 février 2012

PRESIDENTIELLE 2010 EN COTE D'IVOIRE: LA GUERRE POSTELECTORALE PREPAREE AVANT LE PREMIER TOUR



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Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l'ONU, tenus pour coresponsables d'un bain de sang prévisible. La formule, que l'AFP reproduit à longueur de dépêches pour s'assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L'on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d'Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire, terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l'élection, IB a rencontré François Hurtut, l'ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d'IB et la possibilité d'une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l'histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l'élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l'affaire (...) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d'Abidjan ; c'est à Abobo qu'ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu'il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo...

La France et l'ONUCI, impliquées dans l'attaque de l'émetteur d'Abobo et d'Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l'opération de destruction de l'émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d'assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l'indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d'impunité autour d'Alassane Ouattara. Les compagnons d'IB vont jusqu'à affirmer que l'ONUCI a couvert l'attaque du village d'Anonkoua Kouté, même s'ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n'était rien d'autre qu'une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages...

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l'ONU. Et montre que l'option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l'Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d'instructeurs français et un général américain se sont réunis à l'hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l'ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (...) Le but de l'opération est d'aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l'Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l'Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (...) De vastes mouvements de troupes s'opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (...) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l'embargo sur les armes. Et l'ONU, présente à Bouaké, ne peut l'ignorer !»

Michel Gueu et un officier français présents à l'Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s'enrôler dans le cadre de la bataille d'Abidjan. Et explique pourquoi l'armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France - le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité - ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l'avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d'Ivoire» (...) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d'autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (...) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (...) C'est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l'ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (...) Lancer une armée ethnique à l'assaut d'une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l'ONU savait, l'ONU était présente et l'ONU n'a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l'on attribue toujours les massacres de Duékoué à d'incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu'un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l'Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d'un lieutenant-colonel de l'armée française commandant la mission. C'est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également dans d'autres villes de l'Ouest, dont Bloléquin. Cet homme-clé de la République du Golf, c'est le général Michel Gueu.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE: QUAND L'ETAT CENTRALISE SE NOURRIT DE LA DIVISION ETHNIQUE

 

Tout commence, comme souvent, par une petite phrase entendue dans la rue : « La Côte d'Ivoire ne peut pas être en paix puisqu'elle est composée d'ethnies différentes ; des groupes sociaux différents ne peuvent pas cohabiter, ils sont trop différents ». Il y a aussi des déclarations telles que celle du Président Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, en janvier 2012 dernier, qui dans le journal « l'Express », alors qu'on lui demandait « pourquoi tant de "nordistes" étaient brutalement nommés à des postes à responsabilité dans son pays », a déclaré qu'il s'agissait « [...] d'un simple rattrapage. Sous Laurent Gbagbo la communauté du Nord, soit 40% de la population, était exclue des postes de responsabilité ». Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio.



Quand la division ethnique se nourrit de l'Etat centralisé

Cette logique tribale émanant du chef de l'Etat sensé être le garant de l'« unité nationale » pose problème et semble extrêmement dangereuse pour la réconciliation de la Côte d'Ivoire puisque le Président lui-même se pose en défenseur de son propre groupe, ce qui ligue les autres contre lui et nourrit la division.

Des théories à une approche pratique: fondements des maux?

Qu'est-ce qu'une ethnie ? L'« ethnie » est un groupe social à transmission identitaire par le sang, c'est-à-dire que se mêlent deux données complémentaires : d'une part le caractère héréditaire de l'appartenance (il faut que les parents appartiennent à une certaine « ethnie » pour que l'enfant puisse prétendre l'intégrer par la suite) et, d'autre part, l'imprégnation dès les premiers instants de l'existence par un ensemble normatif fort, affirmé en opposition de ceux des autres groupes humains présents sur la même aire géographique.

Ethnie et tribu: une pure différence de mots?

Non ; les deux termes désignent bien deux réalités différentes. D'une part l'« ethnie », qui est composée de tribus différentes mais qui reprennent, toutes, dans leurs processus de reproduction identitaire via les mécanismes mimétiques un fonds commun et un lien au-delà des sphères sociales : un lien de sang, partagé, inaliénable. Et d'autres part les tribus qui, bien qu'appartenant à la même ethnie, ont vis-à-vis d'elle des adaptations différentes consubstantielles à leur implantation géographique et aux impératifs extérieurs (vêtements différents si l'« ethnie » est implantée sur un vaste territoire mais qu'une partie des « tribus » qui la composent vivent en plaine et une autre partie en montagne). Les codes sociaux, l'ensemble normatif qui va régir la vie en commun au sein d'un même groupe humain, peuvent varier entre deux « tribus » qui, pourtant, se rejoignent, d'un point de vue identitaire, au sein de la même «ethnie».

Qu'est-ce qui différencie l'ethnie et la nation?

La question est formidablement intéressante car elle permet de dégager deux dimensions opposées de la vie en commun des êtres humains. L'« ethnie » est la formation spontanée, c'est-à-dire qu'elle obéit à un ordre échappant aux volontés humaines : ses modalités de vie en commun, ses valeurs, ses règles, évoluent avec le temps en fonction de contraintes extérieures. Les « langues tribales », par exemple, tendent à être complétées, pour certains mots introduits par des rencontres avec d'autres groupes, par d'autres termes jusque là ignorés puisque ne renvoyant pas l'esprit de celui qui parle à un état de réalité (le terme soda, par exemple, n'était pas utilisé avant l'arrivée des premières boissons sucrées) ; les ethnies dont les individus ont souhaité en consommer se sont donc adaptées en intégrant ce terme à leur lexique traditionnel. La « Nation », quant à elle, est une formation politique -ce qui tend à la rendre artificielle-. Elle est accompagnée d'un Etat qui va la régir, la modifier, en fixer les règles et veiller à ses applications en sanctionnant, voire en éliminant, ceux qui refuseront de se soumettre.

Tribus, ethnies, nations et Etas centralisés: c'est concilier l'inconciliable?

D'un point de vue anthropologique, concilier des groupes humains aux normes sociales différentes ne pose pas de problème puisque, sans intervention extérieure, la coexistence de « tribus », sur un même territoire, même si elles appartiennent à des « ethnies » différentes se règlera soit par une mutation des normes sociales communes (avec, en parallèle, renforcement de « l'identité tribale et ethnique ») soit par un évitement consciencieux (caractère « tabou » de certaines zones, mécanismes de captation de la violence individuelle et transposition à un degré supérieur).

Pourtant, il est facile d'objecter à ce constat des phénomènes d'une cruauté particulière ; songeons, pour n'emprunter à l'histoire qu'un seul type d'exemples, aux épurations ethniques. Or, l'histoire ne méconnait pas la barbarie dont les hommes sont capables ; mais elle permet aussi, par une lecture attentive des données factuelles, de dégager un acteur souvent ignoré car gênant : les structures étatiques, lesquelles génèrent les facteurs déclencheurs de conflits.

Ainsi, des hommes obligés à vivre ensemble par des contraintes géographiques, devant partager par exemple la même source d'eau, les mêmes terres, et des espaces sociaux proches, vont être obligés de cohabiter dans une harmonie réglée et convenue. Point n'est besoin de verser dans un angélisme déplacé pour ne pas insister sur des manifestations de victimisation visant à la paix sociale : c'est le cas, par exemple, lorsqu'une personne d'une « tribu » voisine était sacrifiée, physiquement, ou moralement, afin que son groupe social soit sauvé (règlement d'un conflit autour d'un vol entre deux tribus, par exemple). De cette justice, pourtant, découlait une harmonie globale, prenant en compte les typicités normatives des groupes sociaux en présence, et de leurs habitudes ancestrales.

Ce système d'autorégulation de la vie en société fonctionne spontanément et s'adapte parfaitement aux diverses contraintes extérieures, et engendre, sans aucune intervention, ses propres solutions. Même la violence trouve une explication cohérente dans pareille lecture des sociétés ivoiriennes, servant souvent de thermomètre des contraintes difficilement compressibles : le manque de nourriture et le vieillissement d'un groupe faute de naissances, par exemple, entrainant souvent la destruction de la « tribu » concernée puis son intégration dans une « tribu » plus forte où les individus encore capables de procréer sont mêlés à leurs semblables et garantiront, ainsi, la pérennité de l'ensemble. Le système « juridique/de droit » s'adapte lui aussi et confère soit, par le mariage, un statut à la femme concernée comme étant semblable à une native de cette « tribu », soit un statut hybride mais garantissant, par le sang du nouveau mari, une intégration parfaite des enfants. Or, le système s'enraye lorsque des modèles d'organisation sociale différents font ingérence.

L'apport colonial le plus marquant, et le moins naturellement en accord avec la Côte d'Ivoire, est un Etat centralisé. Il rejette, de par son existence et la forme figée de ses structures publiques, toutes les différences entre tribus, et entre « ethnies ». Il est le responsable majeur d'une dynamique sociale allant à l'encontre de toute idée de « réconciliation nationale ». La raison en est assez simple : quiconque est à la tête de la machine étatique va porter les couleurs de sa propre appartenance tribale et, par ce biais, générer spontanément contre lui l'opposition des autres groupes sociaux, des autres tribus, des autres ethnies. Et de se demander si ce n'est pas dans la décentralisation, c'est-à-dire dans la création de structures locales de gouvernance, où toutes les tribus seraient représentées, que se trouve la clef de la réconciliation nationale ivoirienne. La voie de l'adoption d'un régime parlementaire est à explorer également puisqu'un tel régime limite le pouvoir absolu des dirigeants et donne du poids aux parlementaires issus de toutes les régions du territoire national.

[ N'est-ce pas le plus grand des droits de l'Homme que de pouvoir vivre conformément à sa nature dans le respect de ses coutumes et de ses semblables? ]
NOTE:


Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio, Enseignant, Chercheur-associé au « CREEADP (Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence) »; membre du Collège des personnalités qualifiées, « Audace Institut Afrique ». Article publié en collaboration avec « Audace Institut Afrique ».


Source: NERRATI.NET

vendredi, 24 février 2012

SOUTIEN AUX PEUPLES EN LUTTE: AU SENEGAL COMME AILLEURS, LA FRANCE DOIT CESSER SON AIDE AU «MAINTIEN DE L'ORDRE»


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Manifestant sénégalais anti-wade brutalisé par la police

 

ATTAC France tient à exprimer sa solidarité à l'égard du large mouvement populaire au Sénégal. Par sa résistance et la constance de sa mobilisation, le peuple sénégalais montre qu'il ne se laissera pas confisquer sa souveraineté par la mascarade électorale que tente d'imposer Abdoulaye Wade.

Plus largement, cela démontre, si besoin était, que l'exaspération face à des pouvoirs illégitimes et l'aspiration à une véritable démocratie dépassent les pays du Maghreb et du Machrek, et s'expriment indépendamment de l'agenda politique des grandes puissances occidentales. Alors que celles-ci prétendent exporter la démocratie par la guerre en Côte d'Ivoire ou en Libye, leur attitude face au hold-up électoral du Président Wade dira si elles continuent de fermer les yeux tant que le régime est un allié de leurs intérêts économiques.

La France est particulièrement concernée par ce qui se passe au Sénégal, comme partout en Afrique francophone, puisque dans le cadre de sa coopération militaire et policière, scellée par un accord en cours de renégociation, elle contribue à équiper et former les unités qui répriment actuellement les manifestations. À l'occasion de la semaine anti-coloniale et d'une campagne présidentielle dont ces questions sont absentes, il est urgent de le dire et de le répéter : Paris doit rompre toute coopération militaire avec des régimes illégitimes, et cesser toute présence et intervention militaire extérieure en dehors de mandats d'une ONU réformée, qui ne sera plus instrumentalisée par les grandes puissances.

Celles-ci doivent maintenant se positionner publiquement : reconnaîtront-elles la "victoire" de Wade dans de telles conditions?

Comme lors de la tenue du forum social mondial à Dakar (février 2011), la solidarité entre les peuples doit l'emporter.

Attac France


Paris, le 24 février 2012.