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mardi, 06 mai 2014

11 LINGOTS D’OR ET 1 MILLIARD DE FCFA DISPARAISSENT AU MINISTERE IVOIRIEN DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES

 

KABA NIALE.jpg

 

Comme c’est étrange ! Ce pays se transforme en un Etat mafieux ? Le 26 septembre 2013, des agents de la police économique et financière, sur dénonciation, ont arrêté à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, un jeune Libanais âgé de seulement 17 ans et qui tentait de sortir du pays avec 11 lingots d’or d’un poids total de 31 kg et une somme de 194 mille euros en coupure de 500. Bravo messieurs ! Sauf que les fruits de cette opération, transmis à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, précisément à la sous-direction des finances extérieures (Finex), n’ont dormi que pendant 24 heures dans un coffre fort. Avant de prendre, comme « L’Eléphant » vient de le découvrir, une destination inconnue. Petit retour sur une affaire qui devrait inquiéter notre président…

Une grande médiatisation puis, silence radio !

Le 26 septembre 2013, c’est la grande Rti 1 qui a ébruité l’affaire dans son édition de 20 heures. Pour ceux qui ont pris le malin plaisir de ne plus regarder cette télévision publique depuis des années sans savoir ce qu’ils ratent chaque jour, voilà ce qu’elle a dit. Allez, la présentatrice : « Un réseau de trafic de métaux précieux et de devises étrangères vient d’être démantelé par la Police économique. Au centre de l’affaire, un jeune Libanais. Les lingots saisis et les devises étrangères sont estimés à plus d’un milliard de Fcfa. » Par la suite, dans les images qui ont suivi cette information, l’on a vu le directeur général de la police économique, le commissaire Timité, en compagnie du journaliste de la Rti, auteur du reportage sur l’affaire. Ecoutons le commissaire expliquer les circonstances de la saisie : « Nous avons eu l’information de ce qu’un jeune homme s’adonnerait à un trafic de pièces détachées entre le Liban et la Côte d’Ivoire. Mais curieusement, c’est des pièces détachées d’occasion qu’il prend en Côte d’Ivoire pour aller au Liban. Ça nous a intrigués et nous l’avons suivi et aujourd’hui, il y a ce qu’il avait déjà embarqué sur l’avion, nous avons demandé qu’il soit débarqué pour que l’effet de surprise soit totalement préservé. En fouillant donc les cartons qu’il transportait, on a vu effectivement qu’il y avait dans les cavités des pièces dé- tachées, un certain nombre de métaux dont nous n’avions pas encore la qualité. Et après vérification au niveau de la Sodemi, nous pouvons affirmer à 100% que c’est de l’or. » Et le journaliste auteur de l’interview de préciser à la fin de son reportage : « Le commissaire Timité précise que le commerce de l’or et le transfert de devises ne constituent pas une infraction en Côte d’Ivoire, mais ils exigent toutefois qu’il soit pratiqué en toute légalité… »

Des vacances mouvementées

L’or et l’argent, en réalité, n’appartenaient pas au jeune homme de 17 ans qui rentrait au Liban, après un séjour de quelques semaines passé à Abidjan, auprès de sa maman, véritable propriétaire du colis. Cette dernière possèderait un agrément qui l’autorise, en association avec un Ivoirien, à acheter officiellement de l’or en Côte d’Ivoire, pour le compte de mandants vivant au Liban. De 2011 à 2013, elle a acheté de l’or pour plus de 2 milliards Fcfa, fait normalement les déclarations, avant de l’expédier au Liban. Sauf que courant deuxième moitié de 2013, bien qu’ayant toujours un agré- ment, la Libanaise va avoir quelques difficultés à faire signer ses autorisations d’exportation d’or auprès de la Sodemi (société pour le développe- ment minier de la Côte d’Ivoire). Pendant 3 mois, elle va donc rester à son domicile avec 11 lingots d’or déjà achetés et 194 mille euros en- voyés par ses mandants pour d’autres achats. Dans la première semaine de septembre 2013, elle est victime de deux tentatives de braquage à son domicile. Devant cette situation et sur conseil d’un compatriote, elle décide, en attendant que la Sodemi lui signe enfin ses autorisations d’exportation, de se débarrasser de l’or et des devises étrangères en sa possession. Ça tombe bien ! Venu passer ses vacances en Côte d’Ivoire, son fils, K. Ali, âgé de 17 ans, doit justement repartir au Liban, le 26 septembre 2013. Elle décide donc, après en avoir avisé au préalable ses mandants, de remettre les 11 lingots d’or et les 194 mille euros (environ 128 millions Fcfa), à son fils. Mais comment sortir 11 lingots d’or du pays en passant par l’aéroport d’Abidjan, sans une autorisation de la Sodemi ? Pour contourner l’obstacle, aidée d’un compatriote, elle cache l’or et les 194 mille euros dans des pièces détachées de véhicules, avant de les fourrer dans un carton. Le 26 septembre, le carton arrive à l’aéroport et passe tous les contrôles (douaniers) et autres, avant de se retrouver dans la soute de l’avion. Ouf! Sauf qu’au moment où elle se croit tirée d’affaire, des agents de la police économique débarquent et font descendre le colis et le jeune homme, avant d’embarquer ce dernier, direction, le siège de cette unité, au Plateau. Beau boulot messieurs ! A la police économique, des négociations sont engagées pour obtenir et la libération du jeune homme, et la restitution de l’or et des devises, moyennant paiement d’une amende. Mais les policiers refusent et conseil- lent à la maman de s’adresser au ministère de l’Economie, seul habilité à autoriser une transaction dans ce genre d’affaire. Sur ces faits, les policiers transmettent les 11 lingots d’or et les 194 mille euros à la Direction générale du trésor, Direction du Finex. 24 heures plus tard, le jeune Libanais est remis en liberté sans aucune restriction. Dans les heures qui suivent cette libération, le jeune, libre de ses mouvements, saute dans un avion et quitte la Côte d’Ivoire.

« une histoire de fou »

Les 11 lingots d’or d’une valeur de près de 900 millions Fcfa et les 194 mille euros ont été remis, par la po- lice, dans l’après midi du jeudi 26 septembre 2013, à la sous-direction du Finex. Le sous-directeur de ce service, Savané Mori, après avoir compté l’argent et évalué l’or, par mesure de précaution, a, selon les informations de « L’Eléphant », déposé le colis dans le coffre fort de l’une des directions dites départementales du trésor public à Abidjan. Histoire d’informer le lendemain, son supérieur hiérarchique sur la suite à donner à cette affaire. Mais le vendredi 27 septembre, alors que le sous-directeur rend compte à son supérieur hiérarchique, il reçoit un coup de fil du directeur Trésorier départemental, responsable du coffre fort dans lequel l’or et l’argent avaient été déposés. Lequel l’informe que des hommes armés, prétendant avoir été envoyés par la présidence de la République, précisément, le Conseil national de la sécurité, réclamaient l’or et l’argent. Ne pouvant rien contre un ordre censé venir de la Présidence de la République, sur instruction de son supérieur hiérarchique, le sous-directeur donne son accord pour que l’argent et l’or soient remis aux « envoyés » de la présidence de la République. Ce qui sera fait. Et selon les sources de « L’Eléphant », ses hommes armés, sur exigence du directeur départemental, ont signé une décharge avant d’emporter le précieux colis.

Où sont passés L’or et L’argent ?

Ne voyant rien venir pendant quelques semaines, ni convocation de la police ni convocation de la Direction générale du Trésor comme prescrit par la loi, la Libanaise se rend à la police économique, début octobre 2013, pour s’enquérir du sort de l’or et de l’argent. Là, elle apprend que l’or et l’argent ont été transférés depuis le 26 septembre à la direction du « Finex ». Elle réclame alors la preuve du transfert, c’est-à-dire le procès-verbal de saisie, comme le stipule l’article 6 de la loi N°97-397 du 11 juillet 1997 portant contentieux des infractions au contrôle des changes. Mais il ne lui sera remis aucune copie du procès- verbal. Vite, en compagnie d’un conseil, elle se rend dans les locaux de la Direction du Trésor et s’informe auprès du responsable qui, selon la police, aurait reçu l’or et l’argent le 26 septembre, c’est- à-dire Savané Mori. Mais ce dernier, bien que reconnaissant avoir reçu l’or et l’argent, déclarera qu’il ne l’avait plus, parce que des individus armés ayant déclaré agir pour le compte de la Présidence de la République, avaient emporté tout après avoir signé une décharge. Une copie du procès-verbal de police transmis avec l’or et l’argent ? Indisponible, répondra le sous-directeur. Les individus armés auraient tout emporté. Une copie de la décharge qu’ils ont signée ? Indisponible également. Un document officiel pour permettre à la bonne dame de prouver à ses mandants que l’or et l’argent se trouvent entre les mains de l’Etat de Côte d’Ivoire via la direction du Trésor ? Rien du tout. Toutes les démarches menées les jours suivant cette rencontre particulièrement instructive, se solderont par un échec général : rien, aucune information sur la destination finale de l’or et de l’argent. Aucune copie du procès verbal-verbal établi à l’attention de la Ministère déléguée à l’Eco- nomie et des finances, principale destinataire, ne lui sera remise comme le stipule la loi.

Plainte ou transaction?

Devant cette situation, le Conseil adresse un courrier, au nom de sa cliente, à la ministre déléguée auprès du Premier Ministre chargée de l’Economie et des finances, le 14 octobre 2013. Objet ? « Requête aux fins de transaction ». Dans ce courrier que « L’Eléphant » a pu consulter, l’avocat écrit entre autres choses : « (…) par la suite, la po- lice a saisi et mis ladite somme et les lingots susdits à la disposition de la Direction générale du Trésor du Mi- nistère de l’Economie et des Finances précisément, de la Direction du Finex, au motif qu’il aurait com- mis une infraction à la réglementa- tion des changes. Non seulement, en violation des dispositions de l’article 6 de la loi N°97-397 du 11 juillet 1997 portant contentieux des infra- ctions au contrôle des changes, aucun procès-verbal portant consta- tation des faits qui lui sont reprochés, encore moins relativement à la saisie de ses biens n’a été dressé à son at- tention conformément aux lois et rè- glements douaniers. Mais plus grave encore, nonobstant toutes sortes de démarches, aucune information crédible ne lui a été four- nie quant au sort de ses biens. En tout état de cause, il souhaite ren- trer le plus rapidement possible en possession de ses biens. A cet effet et le cas échéant, il est disposé à recher- cher et trouver avec vous, les condi- tions et modalités d’une Transaction conformément aux dispositions de l’article 14 de la loi N°97-397 du 11 juillet 1997 susmentionnée qui dis- pose que : « Le Ministre des Finances ou son représentant habilité à cet effet est au- torisé à transiger avec les auteurs ou complices d’une infraction au contrôle des changes, ainsi que sur les actions prévues à l’article 13, dans les conditions de l’article 16. La transaction régulièrement conclue et entièrement exécutée éteint toute action fondée sur les mêmes faits ». C’est pour quoi, écrit toujours le conseil, au regard de tout ce qui précède (…) sollicite, par le présent courrier, qu’il vous plaise, Madame la Ministre Déléguée, de bien vouloir: -faire injonction aux agents du Minis- tère des Finances en charge de la présente affaire de dresser et remettre, conformément à la loi, le ou les procès-verbaux auquel il a légitimement droit en l’espèce ; -agréer et donner la suite appropriée à sa proposition de transaction sus- mentionnée… » deux mois de réfLexion Du 14 octobre au 2 décembre 2013, Kaba Nialé gardera un silence émergent vis-à-vis du courrier de l’avocat. Puis, le 3 décembre, sous la plume de son directeur de cabinet adjoint, viré courant janvier 2014, Kaba Nialé répond : « Par courrier en date du 14 octobre 2013, vous sollicitiez du Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances une transaction de la saisie de la somme de 194000 euros et 11 lingots d’or pratiquée à l’encontre de votre client, le 26 septembre 2013 à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny. En retour, après enquête administrative initiée par nos services, je suis au regret de vous informer qu’il ne peut être donné de suite favorable à votre demande. » Traduction : Kaba Nialé refuse de transiger, donc de faire payer une amende à la propriétaire de l’or et de l’argent afin que cette dernière puisse disposer de ses biens. Mais la réponse de la ministre a deux significations. D’abord par son refus de transiger, elle reconnaît que l’or et l’argent sont entre les mains de ses services. Alors que la direction du Finex chargée de ce genre de contentieux dit que tout a été emporté par des hommes armés… les hommes armés auraient ramené tout ? Ensuite, son refus de transiger, selon la loi plus haut citée, entraîne obligatoirement une plainte de sa part, via l’Agent Judiciaire du Trésor, auprès du Procureur de la République avec remise de l’or et de l’argent comme pièces à convictions. Lesquelles pièces doivent être placées sous mains de la justice jusqu’à la fin de la procédure. Or, huit mois plus tard, aucune procédure judiciaire n’a été officiellement engagée contre la Libanaise et son fils. Rien n’a été signifié ni à elle ni à son avocat. Et, elle ne sait pas où se trouvent l’argent et l’or. En violation continue de la loi, les services du ministère délégué à l’Economie ne lui ont remis aucune copie du procès- verbal qui atteste que ses avoirs sont entre leurs mains. Et, chose plus étrange, plus personne à la Direction du Trésor ne donne aucune information ni à elle ni à son conseil. C’est le silence total. Interrogé par « L’Eléphant » sur cette inquiétante affaire, le directeur de la Communication et des relations publiques de la Direction Générale du Trésor a répondu (à raison?) ne pas être informé de quoi que ce soit. Avant de conseiller à « L’Eléphant » d’adresser un courrier à ses supérieurs hiérarchiques. Mais comme Kaba Nialé dit que l’or et l’argent sont entre les mains de ses services, « L’Eléphant » peut bien attendre l’ouverture du procès pour vérifier cela… Si d’ici là, des hommes armés n’ont pas tenté de mettre des balles en or dans la peau de la propriétaire…pour la faire taire ! C’est pour quand l’ouverture du procès, madame la ministre ? Et entre- temps, où se trouvent l’argent et l’or qui n’appartiennent pas à l’Etat de Côte d’Ivoire ?

 

DANIEL SOVY, pour le compte de l’Eléphant Déchaîné.

 

Source: LE CRI PANAFRICAIN

mardi, 22 avril 2014

TENTATIVE DE CONFIRMATION DE CHARGES CONTRE GBAGBO: LE REGIME JETTE EN PRISON UN TEMOIN-CLE, FATOU BENSOUDA LE COUVRE

 

 

BENSOUDA ET OUATTARA.jpg

 

C’est une histoire dont le récit nous est offert par les observations de Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, qui a transmis ses observations à la Cour pénale internationale (CPI) suite à la remise, par la procureure Fatou Bensouda, de son document contenant les charges (DCC) amendé, censé combler les lacunes du DCC initial, qui avait été purement et simplement rejeté par les juges pour « preuves insuffisantes ».

C’est l’histoire de « P 44″, un des témoins-clés de Fatou Bensouda, censé accréditer la thèse selon laquelle Gbagbo est coupable de graves crimes contre l’humanité. Si l’on suit la trame de son témoignage, « P 44″ doit être un ancien membre de la « galaxie patriotique » retourné pour les besoins de la cause. Seulement, voilà ! Son témoignage est « insuffisant ». Il n’accuse pas assez Gbagbo, au point que Bensouda, dans sa synthèse, lui fait dire ce qu’il n’a pas dit en espérant que les juges, débordés par des milliers de pages de textes ardus, n’y verront que du feu. Mais Emmanuel Altit, avocat principal de Gbagbo, veille. « Comme la défense le relevait lors de l’audience de confirmation des charges, plus précisément les 22, 25, 26 et 27 février 2013, le Procureur a mésinterprété nombre de déclarations de P-44. Surtout, il a trahi le sens de ce que lui disait P-44 (…) précisant que le Président Gbagbo n’était pour rien dans la crise », indique-t-il dans ses dernières observations. Les observateurs les plus attentifs se souviennent des propos paradoxaux de P-44, drôle d’accusateur, disant que « l’entourage de Gbagbo était composé de gens du Nord » (ce qui affaiblit la thèse du « plan commun » éradicateur), que Gbagbo était rassembleur, qu’il n’a procédé à aucune discrimination, ni avant ni après les élections.

Sont-ce ces propos qui ont irrité le pouvoir Ouattara ? Une chose est sûre : P-44 a été arrêté, dans l’indifférence totale du bureau du procureur auprès de la CPI. En effet, il avait commencé par tirer la sonnette d’alarme, faisant état « de menaces pesant sur lui émanant des nouvelles Autorités ivoiriennes ».

Cyniquement, l’Accusation avait répondu que ces allégations étaient « infondées » et devaient être « rejetées ». Tout en prenant bien soin de ne pas mentionner ce problème devant la Chambre, parce qu’il fragilisait son argumentaire juridique, qui reposait en grande partie sur les propos, certes librement interprétés, de P-44. « Le Procureur a laissé emprisonner son témoin sans réagir. (…) Ce faisant, le Procureur semble avoir «couvert» une opération d’intimidation et de sanction contre un témoin qui n’avait pas obéi aux ordres des nouvelles Autorités (…). Il convient que le Procureur s’explique sur cette question très importante », affirme Maître Altit. Qui s’indigne des méthodes à travers lesquelles le bureau du procureur exerce des pressions inacceptables sur les témoins.
 
« Probablement conscient de la faiblesse de sa preuve et de son incapacité à trouver de nouveaux témoins utiles, le procureur tente de faire pression sur ses témoins », indique Altit. Quand un témoin ne dit pas ce qu’il veut qu’il dise, le procureur « perd patience ». Il pose à plusieurs reprises et de diverses manières les mêmes questions, tente de « souffler » des dates auxquelles certains événements sont censés s’être noués.
 
 
Philippe Brou
 

mercredi, 16 avril 2014

THEOPHILE KOUAMOUO: «JACQUES CHIRAC A TUE LES 9 SOLDATS FRANÇAIS»

 

AFRIQUE,côte d'ivoire,france,THéOPHILE KOUAMOUO,«JACQUES CHIRAC A TUé LES 9 SOLDATS FRANçAIS»,commémoration du 11 avril 2011

 

Dans leurs discours très émouvants de commémoration du 11 avril 2011, Théophile Kouamouo fondateur du journal "Le Nouveau Courrier" et Grégory Protche du « Gri-Gri International » évoquent non seulement la responsabilité de Jacques CHIRAC dans l'assassinat des 9 soldats français en novembre 2004, mais rappellent que des actes génocidaires ont été commis en CÔTE D'IVOIRE dans l'indifférence totale des "bienpensants" occidentaux, les mêmes qui dénoncent aujourd'hui la complicité voire plus de la FRANCE dans le génocide rwandais (alors qu'aucun responsable civil ou militaire français n'a pour l'instant été condamné dans ce génocide dont nous venons de commémorer le vingtième anniversaire).

Théophile et Grégory évoquent encore le tragique assassinat du Ministre Désiré TAGRO que les médias ont tenté dans un premier temps de déguiser en suicide. Ils poursuivent avec leur vécu personnel du 11 avril 2011 en le reliant à ce que le peuple ivoirien et ses plus hautes institutions ont subi, quand la FRANCE a porté un coup d'arrêt à l'Etat de droit ivoirien.

Ils passent en revue les principaux massacres et martyrs de la lutte pour la dignité et la souveraineté du peuple ivoirien (DUEKOUE, Hôtel Ivoire, Désiré TAGRO, Mahan GAHE, Laurent et Simone GBAGBO, Blé GOUDE,…) en n’oubliant pas de rappeler toutes les affaires que l’ont cherche à étouffer : Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Stéphane DI RIPPEL, Yves LAMBLIN,…) pour couvrir les mensonges de l’Etat français et de ses zélés serviteurs (CHIRAC, SARKOZY, Michèle ALLIOT MARIE, Jean-Marc SIMON…) que l’on entrevoit clairement derrières les vassaux locaux que l’on impose à l’Afrique (OUATTARA, COMPAORE, …).

Merci à Théophile KOUAMOUO et Grégory PROTCHE qui ont mis et continuent de mettre leur plume au service du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et qui paient d’ailleurs un lourd tribut pour leur refus de se soumettre à l'ordre néocolonial en place, y compris et surtout au sein des médias dont ils sont parmi les rares à sauver l’honneur. La vérité historique comme celle des médias ne saurait être durablement contrefaite. « Quand ça va pourrir, ça va sentir !» 

Merci également aux organisateurs de cette commémoration du 11 avril 2011 place de la Bastille ainsi qu'à Kamayiti Kamafrique de couvrir inlassablement nos marches et manifestations.

 

Christine TIBALA

mardi, 15 avril 2014

PRORUSSIA.TV: QUE FAIT LAURENT GBAGBO A LA CPI? RENDEZ SON PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE

 

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Prorussia.TV assomme Ouattara, ses rebelles, la France de Chirac à Sarkozy puis dresse le bilan des 3 ans de Ouattara après le coup d’État International contre Laurent Gbagbo.

 

 
 
Côte d'Ivoire : Après trois ans d'usurpation du pouvoir, le pays attend le retour de son président légitime et enverrait bien Ouattara devant le TPI…

Cette semaine, la communauté ivoirienne commémore à son tour, un tragique anniversaire. Celui du 11 avril 2011, qui vit la violation de sa souveraineté par la France, l’achèvement d’un long processus de coup d’Etat international, l’arrestation et la déportation du Président Laurent Gbagbo. Cela va donc faire trois ans qu'à l’issue d'un coup de force, organisé et encadré par la France de Nicolas Sarkozy, le Président Laurent Gbagbo aura été arrêté, puis détenu dans des conditions d’humiliation et de mauvais traitements pendant plusieurs mois, avant d’être déporté à la Cour Pénale Internationale (CPI).

Petit rappel historique : élu au premier tour des élections présidentielles en 2000, le Président Laurent Gbagbo a dû faire face, deux ans à peine, après sa prise de fonction, à une tentative de coup d’Etat qui s’est muée en une rébellion armée, coupant le pays en deux parties.
 
Sur le point d'être défaits, ces rebelles vont être alors protégés par Paris qui organisera leur montée en puissance, en les équipant et en ayant recours à des mercenaires africains et européens, comme le révèle un document wikileaks, disponible sur le net.
 
Il est vrai que le gouvernement de Laurent Gbagbo souhaitait libérer l’économie ivoirienne de la domination française et ouvrir certains marchés à d'autres partenaires, notamment celui du cacao qui demeure la principale culture d’exportation du pays. La France de Jacques Chirac a perçu ce signal d’ouverture comme une menace pour ses intérêts. La même méthode, pour les mêmes raisons, s'appliquera d'ailleurs, avec le même succès, en République Centre Africaine.

Afin d’éviter la scission du pays, le président Gbagbo accepte de former en 2003, un gouvernement de réconciliation nationale, avec les forces rebelles et les partis politiques qui les soutiennent. Il négocie et obtient en juillet 2007, un accord politique avec la rébellion qu’il associe pleinement à la gestion du pouvoir d’Etat en nommant son chef, Guillaume Soro, Premier Ministre. Cela, dans l’optique d’aboutir à des élections transparentes, gage d’une sortie démocratique de la crise. Mais le candidat Laurent Gbagbo, est de nouveau élu Président de la République, avec 51,45% des voix.
 
Alors, contre toute attente, Nicolas Sarkozy, Président de la République française, et accessoirement ami intime d’Alassane Dramane Ouattara, conteste la décision du Conseil constitutionnel.
 
En violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et après avoir arraché un mandat de l'ONU, comme en Libye, il soutient le coup d’Etat sanglant contre le pouvoir légal et légitime du Président Laurent Gbagbo, en imposant son ami Alassane Ouattara.
 
Trois ans après, le régime de Ouattara affiche son incapacité à réconcilier les Ivoiriens. Au contraire, depuis ce 11 avril 2011 et jusqu’à ce jour, des proches, des sympathisants du Président Laurent GBAGBO, des militants du Front Populaire Ivoirien en particulier et des Ivoiriens en général, sont dépossédés de leurs biens, pourchassés, pillés, persécutés, arrêtés, détenus sans jugement, torturés, violés, tués ou contraints à l’exil. Voici trois ans que des milliers d’ivoiriens ont perdu arbitrairement leur emploi, par la mise en œuvre de la politique dite de « rattrapage ethnique ». Trois ans que des maisons et des sites privés sont occupés illégalement, par des rebelles. Trois ans que l'économie ivoirienne ne subsiste que grâce aux fonds du FMI.
 
Voici trois ans que le Président Laurent Gbagbo, auteur du célèbre slogan « Asseyons nous et Discutons » et qui est à l'origine du multipartisme en Côte d’Ivoire, a été renversé et déporté le 29 novembre 2011 à la CPI, où il est arbitrairement détenu et où vient de le rejoindre Charles Blé Goudé, accusé tout comme lui, des mêmes crimes contre l'humanité, viols, persécutions et autres actes inhumains.
 
Tribun hors pair, Blé Goudé, n'a jamais tenu une arme, mais il a toujours su mobiliser et galvaniser la résistance face aux attaques des rebelles nordistes et à l'intervention militaire française. Il a été également un acteur central du processus de paix, initié par le président Gbagbo, en direction des forces rebelles, malgré leurs crimes, en prônant la réconciliation nationale dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire. Jusqu'à présent, ni les juges ivoiriens, ni les juges du TPI, ne parviennent visiblement à confirmer les charges. A tel point, que le président Gbagbo pourrait très prochainement profiter d'une liberté conditionnelle et résider en Belgique, le temps de son procès.

Pendant cette période de troubles postélectorale, des pro-Ouattara se sont également rendus coupables d'exactions. Et là, les témoignages, les preuves et les cadavres ne manquent pas. Formant un véritable pouvoir politico-mafieux, des chefs de guerre, aujourd'hui aux plus hauts postes des forces de sécurité, ou ayant pris le pouvoir des principaux secteurs économiques et politiques, seraient visés par la CPI. Etrangement, aucune enquête n'a encore été diligentée contre ceux qui continuent leur entreprise de pillage systématique de la Côte d'Ivoire. Entre l’emprisonnement continuel des partisans de Laurent Gbagbo, l’insécurité permanente, le gangstérisme au sommet de l’Etat, la préférence étrangère et la paupérisation des couches sociales, Ouattara démontre bien, qu'il fait parti de cette maffia mondiale, cette même oligarchie qui entend dominer les peuples et s'accaparer les richesses.
 
Laurent Gbagbo libre, l'ancien cadre du FMI Ouattara sait d'avance que le jugement des urnes se retournera contre lui, car il n'a aucun lien fusionnel avec le peuple ivoirien. Un proverbe ivoirien dit que: « ce qui se dit sur le cadavre du lion ne peut être dit devant lui vivant ». Alassane Ouattara a cru pouvoir porter la peau du lion Gbagbo, avant de l'avoir tué. Mais c’est au peuple ivoirien de décider dorénavant de son avenir, s’il le peut encore.
 
 
Source: PRORUSSIA TV

jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI LES PAYS AFRICAINS PAYENT UN IMPOT COLONIAL EN FRANCE MALGRE LEUR INDEPENDANCE?

 

FRANC CFA. 1000 F.jpg

 

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus:

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta,  aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

 

Nombre de Coups en Afrique par pays

Ex-colonies françaises

 

Autres pays africains

 

Pays

Nombre de coup d’état

Pays

Nombre de coup d’état

Togo

1

Egypte

1

Tunisie

1

Libye

1

Côte d’Ivoire

1

Guinée Equatoriale

1

Madagascar

1

Guinée-Bissau

2

Rwanda

1

Libéria

2

Algérie

2

Nigéria

3

Congo – RDC

2

Ethiopie

3

Mali

2

Ouganda

4

Guinée Conakry

2

Soudan

5

Sous-TOTAL 1

13

   

Congo

3

   

Tchad

3

   

Burundi

4

   

Centrafrique

4

   

Niger

4

   

Mauritanie

4

   

Burkina Faso

5

   

Comores

5

   

Sous-TOTAL 2

32

   

TOTAL (1 + 2)

45

TOTAL

22

 

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

"Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que: "Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle".

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

BASES MILITAIRES FRANçAISES EN AFRIQUE.png

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

“Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

 

Mawuna  Remarque Koutonin

 

Article original : 

http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

 https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

POURQUOI MICHEL DJOTODIA NE SERA PAS INQUIETE PAR LA JUSTICE INTERNATIONALE

 

MICHEL DJOTODIA.jpg

 

Créée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013, suivant la Résolution 2127, la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en République centrafricaine, présidée par le camerounais Bernard Acho Muna, a démarré ses enquêtes pour une durée de 2 semaines.

 

Avec un mandat pour enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et d’atteintes aux droits de l’homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 1er janvier 2013, elle a une tâche impossible pour réussir en un si court délai. 

Par ailleurs, juridiquement parlant, elle sera bloquée contrairement aux attentes des populations, pour pouvoir recueillir des éléments à charge contre l’ancien président de la transition déchu Michel Djotodia.

L’INCOMPETENCE POLITIQUE N’EST PAS UN DELIT 

Le fait que Michel Djotodia soit responsable en premier de la grave crise sanglante dont ses Séléka ont plongé la RCA une année durant, n’en fait pas, au niveau du Droit pénal international un possible inculpé pour la Cour pénale Internationale (CPI), pour autant que l’on ait pu démontrer qu’il fut un donneur d’ordres pour des massacres de civils.

Le procès Bemba qui s’enlise depuis 5 ans à La Haye fait cas d’école, tout comme celui de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

La procureure gambienne du CPI, Fatou Bensouda, peine toujours à étayer ses accusations.
Entre témoignages incertains confinant souvent à des délations gratuites, et des témoins sous menace, le procès fait du sur place dans une impasse.

Dans le cas de Djotodia, tout ce qui peut lui être imputé est une incompétence notoire à tenir ses hommes et à les réguler. Etant entendu qu’il est avéré que la nébuleuse Séléka faite de factions hétéroclites, n’obéissait qu’à leurs propres chefs de guerre, et non directement au chef politique suprême.

Conséquence, à contrario, tous les chefs de guerre de la Séléka peuvent être poursuivis pour crimes de guerre, et non, paradoxe, le grand chef.

Cet état de fait, Michel Djotodia le savait, très bien conseillé qu”il fut par ses conseillers français qui surent le préserver d’une implication directe dans le moindre crime des Séléka.

D’ou son discours maintes fois répétés : “Des allégations disent que je ne contrôle pas mes hommes…Mais je ne connais que ceux qui sont avec moi.”

Ainsi s’absolvait-il de toute implication.

LE LEVIATHAN 

Inculper en outre Djotodia, le monstre du chaos primitif, obligeRait à ouvrir des dossiers politiques puant que personne dans la sous-région n’a envie de voir dévoilés en public, de la France au Gabon en passant le Tchad et le Congo-Brazza, surtout au Tchad.

Car des sommes de complots et de manipulations, si mis à jour, mettraient en difficulté politique tous les acteurs agissant dans la crise centrafricaine.

Idriss Deby serait contraint de s’expliquer sur le financement des Séléka (secret de polichinelle), sur l’implication de ses soldats à Bangui, qui bien que faisant partie des forces africaines de paix, la FOMAC de l’époque, ouvraient pourtant la route de Bangui aux envahisseurs Séléka, à la désormais célèbre “ligne rouge de Damara”.

Paris serait également mis sur la sellette afin de s’expliquer sur ce qui fut son intrusion dans la gestion d’un pays libre et auto déterminé. Car c’est la France qui a ‘démissionné’ Michel Djotodia sous l’habillage CEEAC à N’Djamena.

Quant au Congo-Brazza, il serait contraint de s’expliquer sur l’instrumentalisation du CNT (le Conseil National de Transition) à Bangui, lors du vote truqué de l’élection de Catherine Samba-Panza.

Pour un conseiller à Bangui : ‘Inculper Djotodia, ça foutrait le bordel, car il y’aurait un gros déballage de linge sale. Ce serait un véritable “DJOTODIAGATE”.”

Ainsi, pour solde de tous comptes, et surtout pour se taire et se faire oublier, Michel Djotodia en quittant N’Djamena le jour de son éviction ne partit pas au Bénin les mains vides.

En conclusion, seuls des lampistes de la Séléka seront poursuivis sans risque, et non les vrais meneurs des massacres.

 

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Par Sandra Martin-White 
Analyste politique et juridique, LNC.

 

Source: LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE

vendredi, 04 avril 2014

NEGATIONNISME, L'OCCIDENT PEUT-IL VIVRE LA CONSCIENCE TRANQUILLE?

NEGATIONNISME. DESSIN.jpg

Selon Wikipédia, «  le terme négationnisme désigne, dans sa signification première, la négation de la réalité du génocide pratiqué par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale contre les Juifs, c'est-à-dire la négation de la Shoah. Le négationnisme consiste ainsi à prétendre, notamment par la négation de l'existence des chambres à gaz homicides ou de la volonté d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la réalité de ces crimes relèverait de mythes.

Par extension, le terme est régulièrement employé pour désigner la négation, la contestation ou la minimisation d'autres faits historiques, en particulier ceux qu'on pourrait qualifier de crimes contre l'humanité. C'est le cas pour le refus de reconnaître le génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, le Holodomor ukrainien, le massacre de Nankin par l'armée impériale japonaise, le génocide au Rwanda, le Goulag et les massacres pratiqués par les Khmers rouges au Cambodge ou le Laogai de Chine. Bien que ces épisodes se soient déroulés dans des circonstances historiques variées et qu'ils aient été commis avec des moyens divers, on retrouve de nombreux traits communs dans leurs négations respectives1Boris Cyrulnik définit le négationnisme comme un message adressé aux survivants: « Crevez, votre souffrance nous importune »

Le terme « négationnisme » est parfois utilisé dans un sens élargi relatant d'autres faits historiques que les crimes: la négation d'une réalité historique quelconque, malgré la présence de faits flagrants. Cependant, « négationnisme » est normalement utilisé seulement pour les crimes historiques graves, tant en français qu'en anglais (« negationism »). À titre d'exemple, on a parlé de négationnisme à propos de la qualification officielle d'« opération de police » pour la guerre d'Algérie, mais les historiens préfèrent utiliser le terme de « déni historique». »

En quel sens Camille Loty Malebranche nous parle-t-il de Négationnisme ?

Michel Peyret

Occident, l'art macabre du Négationnisme

2 Avril 2014

Par Camille Loty Malebranche

Quand le passé et ses faits sont niés par la production d'une romance pseudo-historique pour justifier voire ovationner les criminels qui ont agressé et massacré des peuples et des civilisations entières afin de fonder ou d'enrichir leur propre empire, tout récit de ce passé prend des allures hagiographiques au prisme d'une affabulation moqueuse. L'Histoire conçue par les agresseurs de l'humanité du haut de leur empire, n'est jamais que négationnisme ironique, de l'historicisme sociocentriste, où ces agresseurs dédaignent le sort des broyés d'une Histoire qu'ils ont façonnée de part en part.

 Le négationnisme a cela de pernicieux dans son regard des faits de l'histoire, c'est qu'il les transpose sur le plan de la fiction, pour leur refuser leur évènementialité. Le négationnisme, quel qu'il soit, est de la manipulation mesquine qui va jusqu'à l'uchronie, jusqu'à l'hagiographie des monstres coupables pour refuser de réparer ce qui est réparable dans des passés, à degrés divers irréparables, comme les génocides et les traumatismes savamment orchestrés sur des générations humaines. D'où, aujourd'hui pour ne pas restituer l'argent volé à des peuples victimes de ses holocaustes, tout en reconnaissant l'esclavagisme comme crime contre l'humanité, l'occident justifie le colonialisme comme nécessité de l'histoire pour la construction de ses quelques États en puissance économique lesquels peuvent "aider" ceux qu'ils ont jadis freinés. Curieuse morale de distorsion et de paradoxe! Ceux qui ont été détruit dans leur chair, leur personnalité collective par le racisme, le pillage, l'esclavage, la haine exterminatrice, sont néanmoins responsables de leur piteux sort contemporain, et sont donc jugés condescendamment pauvres et faillis dans la perspective de cette affabulation de l'histoire.

 L'occident peut vivre la conscience tranquille, il n'a rien à se reprocher, il peut donc brailler et continuer ses leçons de démocratie au reste du monde, s'érigeant bienfaiteur qui aide les sud; le négationnisme, méthode de blanchiment de tous les diables, lui servira toujours à accuser ses victimes et à magnifier ses séculaires establishments criminels qui peuvent jouer de ses actuelles institutions pour poursuivre l'hécatombe économique des peuples... À cela, au sud même, les classes du pouvoir, complices et alliés de l'occident, soutenus par lui, larbins et aliénés, contribuent allègrement

 Lorsque, comme à Cuba, les puissants peuvent infliger la pauvreté par des embargos pour mieux baragouiner leur haine et leur satisfaction de l'impropriété des révolutions populaires; lorsque les impérialistes peuvent piéger des pays par la dette, l'humanitaire, les coups d'État et toutes formes de chaos artificiels agencés pour maintenir leur prépondérance en niant leur crime et assénant à leurs victimes toutes sortes d'injures et d'accusations, il est clair que le négationnisme est mode éhontée d'hégémonie, trique idéologique de l'écrasement des alterhumanités par l'occident.

 L'occident (qui est aussi en forte part, le nord économique), est donc maître de l'art thaumaturgique d'une sociodicée négationniste consistant à accuser ses agressés niant sa culpabilité objective, tout en maintenant de nouvelles politiques d'agression structurelle et économique plutôt que de se repentir et de changer. Négationnisme naturellement raciste face à ceux que nous appelons les alterhumanités, ces sociétés humaines ravagées, paupérisées par les prédations déprédatrices occidentales à cause de leur altérité,  considérée "infrahumaine" dans la logorrhée inhumaine, la vénalité des establishments occidentaux.

 En vérité, chaque fois que les ex métropoles, ex colonialistes et ex esclavagistes, toujours et encore impérialistes, se drapant dans leur superbe de puissances mondiales, refusent de changer radicalement leur rapport aux ex colonisés de l'actuel sud; tant que les ex colonisateurs refuseront de réparer tout le réparable en exorcisant leurs propres démons par la dénonciation de leurs propres crimes et la proclamation d'un nouvel étant des relations nord-sud, l'occident sera coupable de l'abomination négationniste.

 Dire que l'esclavage fut un crime contre l'humanité en entretenant l'esclavage moderne et la torture des deux tiers de la planète par l'extrême pauvreté et ses conséquences désastreuses, n'est que négationnisme voilé d'hypocrites, démagogies de néocolonialistes.

 Pour les coupables de l'histoire de fractures de toutes sortes, affectant et divisant le monde des peuples en de multiples mondes d'exclusions, Reconnaître leurs torts, doit être ipso facto entreprendre à Réparer le réparable en maudissant les horreurs irréparables de l'histoire qu'ils ont tissée, horreurs désormais refusées sous toutes leurs formes. Sinon, tout le discours démocratique, toutes les appétences des puissances occidentales pour une justice internationale à établir, restera du verbiage  idéologique, de la rouerie pathologique d'une horde de mythomanes indécents sans honneur et sans humanité...

 

Camille Loty Malebranche

vendredi, 28 mars 2014

INTERVENTION DE CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: EXTRAITS

 

CHARLES BLE GOUDE 4. CPI.jpg

 
Quelques extraits du discours de Charles Blé GOUDE lors de sa première comparution devant la CPI du 27/04/2014

 
« Pour le respect que j’ai pour les victimes, toutes les victimes de la crise qui a secoué mon pays, je suis content d’être là dans l’affaire qui m’oppose au procureur pour que la vérité soit sue afin que cessent les murmures. Madame la Juge, je ne veux pas être libre de mes mouvements physiques tandis que ma conscience innocente accusée à tort d’être la base de tous les torts est au-dedans de moi. Madame la Juge, à une certaine opinion qui estime à tort ou à raison que le voyage à la CPI est un voyage de non retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la CPI peut venir ici, faire l’objet d’un procès et s’il est innocent peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi. »

CHARLES BLE GOUDE 5. LE COMBAT AUX MAINS NUES.jpg

"Si je suis reconnu coupable, que la loi s’applique à moi dans toute sa rigueur, mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois reconnu innocent et que je rentre chez moi; et je sais que je vais retourner chez moi. Quand dans mon pays, on me traque, on traque ma famille, on fait un chantage à ma famille biologique et politique, mon médecin est en prison, tous mes collaborateurs emprisonnés pas pour ce que j’ai fait mais pour ce que je suis. Parce que si on devait me poursuivre en Côte d’Ivoire pour ce que j’ai fait, il y a beaucoup de personnalités pro-Ouattara qui ne pourraient même pas me regarder en face."
 
« Je suis venu ici et je me considère en mission pour la manifestation de la vérité. Je suis pro-Gbagbo et je suis fier de l’être. Je l’étais hier, je le suis encore aujourd’hui. Madame, j’ai appris avec Gbagbo le dialogue, j’ai appris avec Gbagbo la réconciliation, j’ai appris avec Gbagbo qu’il faut convaincre l’adversaire et non le vaincre et pour cela, je suis pour la manifestation de la vérité. "

« Je suis venu à la Haye, c’est ici que j’ai appris qu’un individu peut avoir des droits qui lui sont reconnus et je voudrais vous remercier pour ça d’ailleurs. Je suis bien traité ici et je suis animé d’un double sentiment parce que quand on m’emmenait à La Haye ici, beaucoup ont pleuré et pourtant en Côte d’Ivoire, je vivais le calvaire. Chaque jour, je vivais dans l’angoisse, chaque minute était un combat. J’étais comme un objet dont on disposait quand on voulait et comme on voulait…J’ai été logé, je ne peux pas demander qu’on me loge dans un hôtel à quatre étoiles. Un prisonnier est un prisonnier dans tous les cas et je suis préparé à cela, je suis prêt. »


Lien vers la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?v=DySaH0Bcuuc#t=53

 

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CHARLES BLE GOUDE DEVANT LA CPI: «J’AI APPRIS AVEC GBAGBO QU’IL FAUT CONVAINCRE UN ADVERSAIRE ET NON LE VAINCRE!»

 
 

LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE.jpg

 
A la juge Fernandez de Gurmendi qui s’étonne qu’il parle et comprenne parfaitement le français, voilà ce que Charles Blé GOUDE a répondu ce jeudi 27 mars 2014 lors de sa première comparution à LA HAYE : "je suis d’un pays qui a été colonisé par la France, donc je parle français"… Le ton est donné ! 
 
La déportation de Charles Blé GOUDE à La Haye le samedi 22 mars 2014 après celle de Laurent GBAGBO est en effet un signal  fort de perpétuation du néocolonialisme, à travers la Cour Pénale Internationale, le bras judiciaire de l’Organisation des « Nantis » Unis qui dirige le monde. Notons d’ailleurs que l’exécution du mandat de cette Cour « Politique » Internationale contre  Charles Blé GOUDE - figure emblématique de la Résistance aux mains nues- s’est déroulée dans l’irrespect total des procédures judiciaires les plus élémentaires, accompagnée de violences dignes de l’état de non droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire sous le régime aussi illégitime que liberticide de OUATTARA installé et maintenu par Communauté internationale, France en tête[1].
 
Par leur combat, par leur courage, par leur dévouement au service de l’émancipation de leur pays et au-delà du continent, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE s’inscrivent dans la lignée des dignes fils de l’Afrique qui ont consacré leur vie à lutter contre les régimes vassaux que les dirigeants occidentaux imposent au peuples africains pour continuer de piller leurs ressources en déguisant des guerres économiques en guerres humanitaires[2].
 
Car de quoi s’agit-il en effet ? Blé GOUDE est poursuivi pour 4 chefs d’accusation concernant des crimes prétendument commis sous son autorité pendant la crise postélectorale ivoirienne, à l’instar de Laurent GBAGBO d’ailleurs. Sur quels éléments de preuve peut bien s’appuyer la CPI pour justifier une telle mesure privative de liberté alors qu’elle n’a toujours pas produit la moindre preuve pour confirmer les mêmes charges notifiées contre Laurent GBAGBO ?
 
Nous nous étonnons que la plupart des médias occidentaux relaient la nouvelle du transfèrement de Blé GOUDE avec des éléments de langage similaires à ceux qui circulaient lorsqu’il s’agissait de Laurent GBAGBO en novembre 2011 sans même prendre la peine de parler de  l’enlisement de la procédure concernant ce dernier faute de preuves[3] ou encore d’interroger les violences criminelles qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire, sans oublier les arrestations, détentions et tortures de centaines de prisonniers politiques[4].
 
A tous ceux qui continuent de croire que la Cour Pénale Internationale est l’institution au service de la lutte contre l’impunité qu’elle avait vocation à être lors de sa conception, nous avons le devoir d’apporter le démenti le plus catégorique en démontrant son inféodation aux intérêts hexagonaux, eux-mêmes tributaires de l’ordre inégalitaire mondial imposé par l’Occident. Ainsi :
 
1.   Le traité de Rome instituant la CPI supposée poursuivre et sanctionner tous les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité a certes été signé par 139 pays et 122 l’ont ratifié acceptant de ce fait de se soumettre à la compétence de la CPI[5]. Cependant la CPI  reste toujours incompétente pour poursuivre une grandes partie de ces crimes dès lors que de nombreuses grandes puissances mondiales n’ont pas adhéré et/ou ratifié le Traité de ROME, à commencer par les EU, la CHINE, la RUSSIE et l’INDE qui refusent de se soumettre à cette juridiction, tout en l’imposant aux autres, au moins en ce qui concerne les premiers autoproclamés maîtres du monde depuis la chute du mur de BERLIN et encore plus depuis le 11 septembre 2001. A noter que même ceux qui l’ont ratifié comme la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE pour ne parler que d’elles, font tout pour y transférer les dirigeants africains qui refusent de les servir docilement, tout en s’arrangeant pour y échapper ou y faire échapper leurs amis dictateurs[6]. L’exemplarité étant une des plus grandes vertus pédagogiques si ce n’est la plus grande, la CPI gagnerait en crédibilité, ou plutôt retrouverait un peu de crédibilité si elle commençait par juger les grandes puissances au regard de leurs responsabilités largement documentées dans les plus grands massacres de la planète, y compris ceux des dernières décennies. Comme la reconnaissance de la CPI suppose la signature du Traité de Rome et qu’elle ne saurait avoir d’effet rétroactif, les Etats membres sont assurés que les crimes commis par eux ou ceux dont ils ont été complices avant leur adhésion échappent à sa compétence. En revanche, tous les auteurs de crimes contre l’Humanité commis depuis sont susceptibles d’être traduits devant la CPI. Pour ce qui est de la France par exemple, elle a adhéré et ratifié le traité dès sa création en 2002. On s’étonne donc que la fusillade de l’Hôtel Ivoire début novembre 2004 qui a coûté la vie à près d’une centaine de Patriotes aux mains nues et fait des milliers de blessés n’ait toujours pas abouti à la moindre inculpation de responsables civiles et militaires français alors que des preuves surabondantes existent de la responsabilité totale de la force Licorne dans cette tragédie[7] et que de nombreux rapports et demandes de commissions d’enquête en témoignent[8].
 
2.   Quant aux dirigeants africains qui se retrouvent les seuls dans les faits à se voir traduits devant cette juridiction, ils ont bien cherché à s’en affranchir, menaçant de se retirer collectivement de la CPI si elle persiste à ne poursuivre que des dirigeants du Berceau de l’Humanité qui plus est en exercice[9]. Le seul résultat concret de cette offensive des chefs d’Etats africains contre la CPI qu’ils jugent à raison partiale et au service de l’Occident est de s’être garanti pour eux-mêmes une sorte d’immunité judiciaire tant qu’ils seront au pouvoir [10], renforçant ainsi l’intérêt que la plupart de ces autocrates peuvent avoir à s’y maintenir par la force ou par la fraude. Quant au devoir de justice et de vérité qui était supposé permettre à la CPI de dissuader toute commission ou récidive de crimes contre l’Humanité, il n’en a pas vraiment été question ! Le cas Kényan a beaucoup pesé sur cette fronde des Etats Africains. Nonobstant les gesticulations de l’ONU pour ne pas donner l’impression de se dédire, la procureur BENSOUDA a fini par obtenir en catimini l’ajournement d’un an des poursuites engagées contre le Président KENYATTA pour cause officielle d’ « érosion » de preuve après le retrait invoqué de deux témoins à charge[11], mais dans la réalité pour constituer une bande de sécurité pro-occidentale au sud de la zone soudano-sahélienne très poreuse, un rempart contre Al Qaida en quelque sorte.
 
3.   Comme on le voit bien dans l’exemple Kenyan, les poursuites engagées par la CPI contre certains dirigeants africains obéissent bien moins à un quelconque désir de combattre l’impunité des pires crimes contre l’Humanité qu’à punir les dirigeants africains indociles coupables de vouloir réformer les accords de coopération dans un sens plus favorable aux Etats souverains qu’ils dirigent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les manquements aux lois fondamentales du pays comme au Traité de Rome sont tels que l’on ne sait même plus par où commencer ! Comble du cynisme, voire même de la perversité, Laurent GBAGBO se retrouve à la CPI sur le fondement de sa propre déclaration de reconnaissance de la compétence de la CPI signée le 18 avril 2003. Cette déclaration dit que : «Conformément à l’article 12 paragraphe 3 du statut de la Cour Pénale Internationale, le Gouvernement ivoirien reconnaît la compétence la Cour aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les évènements du 19 septembre 2002 ». Dans le souci permanent d’organiser leur impunité, les autorités ivoiriennes imposées par la force en 2011 ainsi que les institutions qui les protègent refusent toujours d’enquêter sur les crimes commis avant la crise postélectorale de 2010, nonobstant la décision de la Chambre préliminaire de faire remonter les enquêtes à 2002[12]… Bel exemple de juridiction prétendue impartiale érigée en rempart contre l’impunité des pires crimes du monde qui ne veut surtout pas enquêter sur ces derniers = ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre…
 
4.   Sur la motivation du transfert des caciques de l’ancien régime de Laurent GBAGBO, force est de constater qu’elle est pour le moins sujette à interrogation. Alors que le gouvernement ivoirien prétextait son incapacité à organiser le jugement de Laurent GBAGBO au pays pour justifier son transfert-déportation à LA HAYE, il a mis plus de 2 ans à accepter de donner suite au mandat délivré par la CPI contre Blé GOUDE et refuse toujours d’exécuter celui contre Simone GBAGBO. Sans compter que le fait de ne poursuivre que les partisans de l’ancien régime en n’inquiétant pas les auteurs de crimes contre l’humanité de l’autre camp pourtant clairement mis en cause dans des massacres à grande échelle (BOUAKE, DUEKOUE, BANGOLO, ANONKOUA-KOUTE, NAHIBLY, ABOBO,…) n’est pas sans interpeler sur la nature réelle du nouveau pouvoir installé par la Communauté internationale[13]. Cette lecture partisane et à géométrie variable de leurs engagements nationaux et internationaux est emblématique du peu de respect des nouvelles autorités ivoiriennes pour les victimes et les lois fondamentales que le pays s’est données[14].
 
5.   Pour justifier son existence et asseoir sa légitimité, la CPI s’est forgé une carapace de respectabilité et d’intégrité apparentes, en créant une instance à sa totale dévotion : la Coalition Internationale pour la CPI qui regroupe plus de 2500 ONG au plan international[15] et se décline en autant de « milices » institutionnelles au plan national, telle la « Coalition Française pour la CPI » qui fédère désormais 45 associations[16]. Est-ce pour autant qu’il faille crier au loup et invalider tout ce qui émane de ces ONG que d’aucuns considèrent encore comme réellement au service des causes qu’elles prétendent défendre ? Sans doute que non, car de nombreux bénévoles ne comptent ni leur temps, ni leurs efforts au service de ces ONG et méritent considération&respect. Mais lorsque l’on voit les partis pris, les omissions, les errements parfois de ses institutions dans lesquelles on pouvait légitimement croire comme contrepouvoirs à nos « vieilles » démocraties enclines à la toute-puissance, on est en droit de s’interroger. Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à mettre en exergue le parti pris de la plupart de ces grandes ONG en apparence au-dessus de tout soupçon qui font sans doute un travail remarquable au niveau de la collecte et de la gestion des tâches qui leurs sont confiées en s’appuyant sur des réseaux de militants sincères et désintéressés, mais dont les dirigeants cautionnent souvent la justice inique de la CPI.  
 
- Human Rights Watch qui selon des sources concordantes émargent aux fonds du milliardaire spéculateur Georges SOROS est un bel exemple d’ONG au service de l’ONU. Pour ce qui est de la CÔTE D’IVOIRE, on connaît sa partialité et son rôle majeur dans la diabolisation du régime légitime de Laurent GBAGBO. On lui doit notamment de nombreux rapports mensongers depuis 2000 sur les pseudo-dérives identitaires du régime. La décision de déporter Laurent GBAGBO à LA HAYE en 2011 s'appuie principalement sur son rapport de juin 2011 "Ils ont tués comme si ne rien n'était" qui travestit totalement les faits et impute la plupart des crimes et l'embrasement de la CÔTE D'IVOIRE au camp GBAGBO en épinglant à la marge le camp OUATTARA pour donner l'illusion d'une certaine "objectivité".  HRW fait ainsi partie  de la nébuleuse susmentionnées d'ONG chiennes de garde du système onusien détourné de ses nobles finalités premières ayant pour bras judiciaire la CPI si peu pénale et toujours très politique "juridiction" qui était supposée garantir les peuples contre l'impunité. La plupart des ONG présentées comme impartiales, indépendantes, au service de la vérité et des populations civiles des pays en crise, s'avèrent être majoritairement financées par des fonds publics et totalement inféodées à l'ordre inégalitaire mondial dont elles assurent la perpétuation. Bref, relayer aujourd’hui les rapports de HRW par exemple sur la SYRIE ou sur la CÔTE D’IVOIRE même lorsqu’ils vont un peu plus dans le sens de la vérité et de la dénonciation des crimes de OUATTARA (pour parler de ce que l’on connaît) revient à valider les rapports mensongers antérieurs de ces mêmes ONG, HRW en tête, surtout si l’on ne prend pas le temps de préciser les choses.
 
- Et si les rapports de ces ONG apportaient réellement la preuve des exactions prétendument commises par le camp GBAGBO, comment expliquer que les mandats de la CPI lancés contre  Laurent GBAGBO comme Blé GOUDE ne portent que sur des crimes commis pendant la période postélectorale ? Comment expliquer par exemple que les autorités françaises ne souhaitent plus savoir qui a tué les 9 soldats français le 6 novembre 2004 à BOUAKE alors que Maître BALAN l’avocat des familles de ces victimes militaires décorés à titre posthume accuse aujourd’hui le Gouvernement français de l’époque tandis que la plainte déposée contre Michèle ALLIOT MARIE pour faux témoignage a été classée sans suite début 2013[17] ?
 
- La difficulté majeure, c'est que ces ONG distillent le poison du médiamensonge pendant des années, calmement, proprement, mais savent aussi administrer des doses homéopathiques d'"antidote" aux principales victimes le moment opportun, faisant croire à ces dernières qu'elles ne sont finalement pas si partiales que cela. Pire, après des rapports mensongers et calomnieux, indignes sur le fond comme sur la forme (contextes historiques révisionnistes, méthodologies inconsistantes, inversions des victimes et des bourreaux,...), certaines de ses ONG vont jusqu'à se constituer parties civiles des victimes de tous les camps en arguant d’une neutralité et d’une objectivité qu’elles sont loin d’avoir, voire en garantissant une protection qu'elles ne sont même pas capables d'assurer, tant il est vrai que les intérêts politico-financiers qu'elles couvrent -sciemment parfois, de bonne foi peut-être dans d'autres cas- finissent par l'emporter. Nous en voulons pour preuve l’assassinat d’Alex Saint-Joël GNONSIAN dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, alors qu’il était l’un des principaux témoins des tueries de NAHIBLY qui ont fait plusieurs centaines de morts et de disparus depuis le 20 juillet 2012, massacres en masse qui visent à faire disparaître ou dissuader les victimes de cette tragédie de témoigner (trois autres disparitions de victimes de NAHIBLY sont également à déplorer le même jour) [18]. Alex Saint-Joël GNONSIAN était donc supposé bénéficier de la protection de l’ONUCI et du soutien de la FIDH qui s’est constituée partie civile dans ce dossier alors même que son responsable Afrique Florent GEEL continue de nier l’ampleur des massacres de DUEKOUE de 2011 tout en cautionnant activement la politique d’Alassane OUATTARA. Ce n’est pas la récente mise en scène des petits déboires à la frontière de ce Monsieur Afrique de la FIDH, ni les petits bémols mis dans le soutien de cette dernière à l’endroit d’Alassane OUATTARA qui nous empêcheront de dénoncer sa complicité passive dans les crimes subis par le  peuple ivoirien depuis 2002. Vous trouverez ci-dessous référencés quelques liens sur la légitime méfiance que nous sommes en droit d’éprouver à l’endroit de la FIDH eût égard à son parti pris surabondant pour les autorités de fait qui sévissent aujourd’hui en CÔTE D’IVOIRE[19].  Méfiance qui se mue en légitime colère devant le cynisme de la même FIDH incapable de protéger ses témoins/victimes qui se fend néanmoins d’un communiqué commun avec la LIDHO et le MIDH en date du 21 mars 2014 pour saluer la décision de transférer Blé GOUDE à la CPI y voyant là un espoir de « faire reculer l’impunité en CÔTE D’IVOIRE [20].». Les victimes de la rébellion sanguinaire qui sévi depuis 2002 apprécieront le « négationnisme » de ces ONG prétendues neutres et bienveillantes qui n’est pas sans rappeler celui qu’elles mêmes dénoncent en parlant du génocide rwandais même si heureusement le bilan en pertes humaines n’est pas encore aussi dramatique. A nier ainsi la souffrance du peuple ivoirien comme celui aujourd’hui des HUTU en RDC, elles risquent bien de décrédibiliser le combat apparemment sincère dans lequel elles sont engagées auprès d’autres victimes du même mal systémique africain : la prédation occidentale !

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mardi, 25 mars 2014

CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: L'AIRD INVITE LA JEUNESSE IVOIRIENNE A RELEVER LA TETE

 

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Joignant l’acte à la parole du conseil des ministres du jeudi 20 mars 2014, le gouvernement ivoirien a fait transférer le camarade Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye.

Officiellement, selon le gouvernement ivoirien, Charles Blé Goudé a été transféré à la CPI afin, selon le gouvernement ivoirien lui-même, d’être «jugé par la communauté internationale» qu’il aurait contrariée. Ainsi, aux dires du ministre ivoirien de la Justice, «Blé Goudé a été vu en 2007, fermer plusieurs entreprises et s’en prendre à des coopérants européens», poursuivant «qu’en 2010, c’était encore lui Blé Goudé qui demandait que les véhicules de l’Onuci soient "caillassés" (sic)…» avant de conclure «(qu’après) la diffusion des photos de maltraitance de (Charles Blé Goudé), il est du devoir du gouvernement responsable d’offrir à chacun la possibilité de meilleures conditions pour répondre des faits qui lui sont reprochés». Autrement dit, Blé Goudé a été transféré pour venger la communauté internationale et venger un pouvoir qui n’a pas digéré que l’on ne se tûtdevant la maltraitance dont il aurait fait usage. C’est une thèse inacceptable et anti républicaine, qui donne froid dans le dos, car demain, n’importe quel citoyen pourrait être réduit au silence y compris par les escadrons de la mort s’il venait à trop se plaindre: de simples déclarations n'ont-elles pas déjà valu à certains responsables politiques des mandats d’arrêt internationaux?

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) condamne cette politique de matraquage aveugle mise en œuvre par un régime qui, pourtant, se targue partout d’être au service de tous les citoyens.

L’AIRD ne se fait pas d’illusion sur le rapport de forces défavorable à la démocratie en Côte d'Ivoire, ni sur la nature de la CPI, qui reste avant tout une institution politique à l’habillage juridique. Le combat pour les valeurs sera donc âpre et exigeant sur le terrain de l'intelligence.

Face à la vacuité des accusations retenues - accusations sur la formulation desquelles la CPI et le pouvoir ivoirien divergent d'ailleurs du tout au tout -, le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Haye participe des méthodes antidémocratiques de musèlement de toute voix dissidente par rapport à celle du pouvoir et s’apparente plus à une déportation intermédiaire. Ainsi, le pouvoir croit se donner les moyens de gouverner en roue libre, de sécuriser ses plans de succession en gagnant du temps avec les longues procédures de la CPI préalables à tout acquittement.

Comptant en son sein de nombreux militants desdroits de l’homme, l’AIRD refuse de faire de la réconciliation un exutoire à l’impunité. Mais, à qui a profité au juste cette impunité que l’on dit combattre aujourd’hui, si ce n’est aux dignitaires du régime actuel à travers les accords de Marcoussis et le gouvernement de réconciliation national doublé de la loi d’amnistie qui en ont résulté ?

Les Ivoiriens, témoins et victimes d’une décennie de méthodes violentes d’accession au pouvoir, prennent acte de la gouvernance d’ivoirophobie, de division qui oppose les Ivoiriens entre eux, de promotion d’intérêts hostiles à la cause nationale, d’injustice, de pillages et de corruption généralisée; une gouvernance sur fond de mépris du peuple et de la République.

L’AIRD invite l’ensemble de la jeunesse ivoirienne, visée dans sa chair et dans son âme par ces mesures injustes, à relever la tête pour aborder l’avenir avec espérance et responsabilité par sa rigueur au travail et son ancrage dans les valeurs de solidarité, de rassemblement, d'intégrité, de justice, d’égalité et de démocratie. Demain sera incontestablement meilleur, parce que débarrassé de la peur de l’autre, dans les frontières sûres d’une vraie nation. Demain nous devons être des adversaires politiques qui savent être des partenaires de la démocratie. C’est à nous de donner cette leçon à ceux qui sont aveuglés par la haine.

À l’épouse de Charles Blé Goudé et à ses enfants, à sa famille biologique, à sa famille politique et à tous les combattants de la démocratie et des libertés, l’AIRD tient à témoigner sa solidarité, en les assurant de sa présence à leurs côtés. À notre frère Charles Blé Goudé, l’AIRD  souhaite les grandes ressources morales qui confronteront ses juges à leur devoir de justice dans le cadre d'un procès équitable, et l'abandon rapide de toute charge à son encontre, pour un digne retour au pays, lavé de toute accusation.

 

Le Ministre Eric Kahé
Président de l’AIRD

TRANSFEREMENT DE BLE GOUDE A LA CPI: ET SI L'AFRIQUE ETAIT LE CONTINENT DE LA HONTE?

 

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Image d'archives: Blé Goudé dans sa cellule de prison à la DST, en Côte d'Ivoire

 

C'était en 1845 que le premier  africain, âgé de 10 ans, a été offert à la société royale d'Anvers... "Le négrillon" comme ils l'ont dénommé était cloîtré dans l'enceinte du zoo où il était exhibé et n'était pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été offert".

Encore au 21ème siècle, un jeune Ivoirien, âgé de 42 ans est déporté dans un zoo moderne "baptisé la CPI" c'est-à-dire dans "la prison des blancs" comme le disait la mère de Blé Goudé. Cette prison ultra moderne a été créée dans le seul but de continuer la déshumanisation de la race noire et de son maintien dans l'esclavage. Comment voulez-vous que ce continent puisse se développer si nos intellectuels sont assassinés ou emprisonnés par la seule volonté de l'homme blanc?

Par exemple, Gbagbo Laurent et Blé Goudé ont été livrés à la CPI par d'autres africains. Par contre d'autres ont été assassinés sur instruction des occidentaux mais toujours avec la complicité de certains noirs, à savoir: Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, Gomon, Mahan Gahé, Dagrou Loula, Boga Doudou, Lumumba, Thomas sankara, Olympio, Kouamé N'kruma, etc.... Sans compter des centaines d'intellectuels militaires et civiles qui croupissent dans les geôles du nord de la Côte d'Ivoire  et dans les sous-sols de la DST d'Abidjan.

Ce système a été savamment étudié et mis en place par les puissances occidentales afin de maintenir le continent noir dans le sous-développement et dans l'obscurantisme. Pour les Occidentaux, la démocratie ne signifie rien en Afrique tant que les matières premières n'atterrissent pas chez eux. "La démocratie est un luxe pour les africains, comme le disait Jacques Chirac".

Chirac a raison parce que toutes les démocraties s'épanouissent sur des bases régaliennes, c'est-à-dire disposer d'une armée forte, capable de défendre vos frontières et votre civilisation, battre sa propre monnaie et avoir la maîtrise de sa politique étrangère.

Le continent africain n'a pas encore acquis le minimum de ces droits régaliens. C'est pourquoi il sera difficile de parler d'élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique tant que le travail de la conscientisation n'est pas fait.

Blé Goudé et Gbagbo sont à la CPI pour avoir heurté aux intérêts des occidentaux et en particulier à ceux des Français et non pour avoir commis des crimes contre l'humanité.

Ce que je trouve pathétique dans le transfèrement de Blé Goudé et de Gbagbo, c'est le mutisme de tout un peuple ou d'un continent de plus d'un milliard d'individus où aucun intellectuel n'a été capable de lever le petit doigt et de condamner l'inacceptable et l'injustice de ce monde. C'est finalement le continent de "chacun pour soi". Même la pauvre mère de Blé Goudé a eu la force et l'intelligence de qualifier le transfèrement de son fils à la CPI  "de déportation dans le pays des bancs". Cette vieille mère n'a jamais mis pied à l'école. Donc à quoi sert de former des intellectuels en Afrique si ces derniers ne sont pas capables de dire non aux injustices faites au continent noir?

La victoire de l'impérialisme en Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. Je peux comparer Gbagbo et Blé Goudé à Frantz Fanon qui disait ceci: "J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres".

Je conseille aux africains de sortir de la dépendance intellectuelle. Tant que les intellectuels africains ne seront pas lus et écoutés dans leurs pays respectifs, et que nos élites politiques seront de plus en plus soupçonnées de collusion avec l'ancienne puissance coloniale, l'Afrique ne sortira pas de l'ornière.

 

Liadé Gnazégbo

 

Source: CIVOX.NET

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

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Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

samedi, 08 mars 2014

LE MINISTRE ERIC KAHE: A MON AMIE ET A MA MAMAN SIMONE EHIVET GBAGBO

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Si en cette journée du 8 mars, l’humanité a décidé de célébrer la Femme à travers une journée internationale qui lui est dédiée, c’est bien pour nous arrêter un instant sur les inégalités et les injustices faites à nos mères, sœurs, filles, épouses et amies.

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C’est sans doute pour donner à chacun l’occasion de faire son introspection et prendre conscience des souffrances diverses qui leur sont faites au nom d’un ordre social dans lequel le mâle est dominateur, quelle que soit la latitude, quel que soit le fuseau horaire.

À juste titre et pour encourager l’exemple, cette commémoration  se veut aussi la célébration de celles d’entre les femmes qui ont, soit donné l’exemple de la brisure des œillets du regard, soit fait avancer la cause de la Femme. Il en est ainsi de deux Simone : Simone Veil et Simone Ehivet Gbagbo.

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Maintenir cette dernière dans les liens de la détention, après tant d'humiliations affrontées avec dignité, au seul motif qu’elle a osé sortir du rôle que nos sociétés masculinisées veulent réserver aux femmes, est une véritable aberration et un déni de célébration du 8 mars. C’est vouloir une chose et sanctionner ceux qui vous offrent cette chose. Toute femme, qui, pour des considérations politiciennes, ne réclame pas la libération de Simone Gbagbo tout en disant se battre pour les droits des femmes est une illusionniste manipulée qui sert une cause de salon et livre un spectacle pour le plaisir des appareils et des machos.

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Courage à l’amie de combat, à la mère affectueuse, à l’épouse loyale de Laurent Gbagbo, à la Servante dévouée du Seigneur !

 

Le ministre Eric KAHE

Président de l'AIRD, Porte parole du CNRD.

 

Source: AIRD-INFO

samedi, 15 février 2014

LE COUP QUE NOUS FOMENTENT OUATTARA ET BEDIE POUR 2015

 

côte d'ivoire,Elections, Interview, LIDER, Mamadou Koulibaly

Mamadou Koulibaly: "Le tripatouillage de la constitution est le prix à payer par Ouattara pour avoir une chance de se maintenir au pouvoir".

 

L’ancien président de l’Assemblée nationale, à la tête du parti d’opposition Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), évoque des arrangements politiques en cours censés profiter aux deux têtes fortes du Rhdp, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Le Pr. Mamadou Koulibaly prévient contre les risques de nouvelles instabilités.

 

Depuis plus d’un an,  vous n’arrêtez pas d’attirer l’attention sur les élections à venir en Côte d’Ivoire. Quel est votre problème ?

Mamadou Koulibaly : Mon problème, ce sont les enjeux de ces élections. L’enjeu, c’est ce que l’on gagne ou perd lors d’un pari ou d’un engagement quelconque. L’enjeu peut être matériel ou moral aussi. Quand je regarde le jeu du gouvernement, je le vois prendre une voie qui mène en général, en Afrique, à des élections escamotées, prélude à des crises post-électorales violentes.

Pouvez-vous être plus précis sur ces voies que vous reprouvez?

Oui, je peux. Des élections démocratiques se déroulent dans des conditions très précises qui sont vraies partout dans le monde qui se veut libre et démocratique. Ici, dans notre cas, nous ne voyons pas ces conditions réunies. Quelles sont-elles? Il y en a six qui devraient mériter toute notre attention depuis plus d’un an maintenant, mais qui sont encore totalement négligées. Ce sont : le recensement général de la population et de l’habitat, la confection et la mise à jour de la liste électorale, la mise en place d’une nouvelle commission électorale, l’accès aux médias d’Etat de tous les partis politiques et pas seulement de ceux qui sont au pouvoir, la définition et l’adoption d’un statut clair pour l’opposition précisant ses droits et ses obligations, la définition et l’adoption d’un cadre de sécurisation des élections qui ne soit pas laissées aux mains de l’armée de réserve de Ouattara constituée par les dozos et les ex-combattants Frci et enfin la vigilance accrue autour de toute révision de la constitution.

Pensez-vous qu’il peut y avoir une révision de la Constitution avant les élections de 2015 ?

En fait, une révision n’est pas nécessaire avant nos élections, car ce n’est pas d’une révision que notre constitution a besoin, mais d’un abandon. Notre pays a besoin d’une nouvelle constitution qui nous sorte du présidentialisme fort et tyrannique instauré par l’actuelle. Cette nouvelle constitution peut être discutée après les élections, mais il me semble entendre que certains partis au gouvernement souhaitent faire des retouches à la constitution actuelle pour régler des problèmes ponctuels de personnes et leur éligibilité. En 2000, nous avons adopté une constitution qui a été présentée comme taillée sur mesure pour écarter Ouattara de l’élection présidentielle. L’arrêt de Tia Koné est encore là pour nous le rappeler. A la suite de cela, nous avons eu une rébellion montée au profit de Ouattara, la destruction du pays et la non-application de cette constitution, qui aurait dû alors être abandonnée officiellement depuis les accords de Marcoussis. Nous avons tous fait semblant de l’ignorer, nous avons fait comme si elle était encore en vigueur alors que nous savons tous que personne ne la respectait. Ça été une période de grosse hypocrisie et de démission totale du personnel politique. Aujourd’hui, au moment d’aller aux élections, après que le président nous ait assuré que nous sommes revenus à l’ordre constitutionnel normal, la question revient au sein du Rdr et du Pdci au pouvoir, qui veulent modifier de nouveau quelques dispositions de la constitution pour que quelqu’un qui ne peut être candidat puisse le devenir. Dans les marchandages politiciens en cours, il est en effet de plus en plus question, pour faire plaisir au président Bédié, que l’article 35 soit modifié dans sa condition d’âge limite pour être candidat. Bédié, avec plus de 75 ans, pourrait ainsi se présenter aux élections en tant que vice-président de Ouattara, qui serait alors le candidat unique du Rhdp. Notre régime aura alors un président et un vice-président, un premier ministre et des ministres d’Etat. Inscrire la vice-présidence, qui ne fait pas partie du dispositif actuel, nécessite une révision non pas seulement de l’article 35 de la constitution, mais de bien d’autres articles.

Mais alors, que gagnerait Ouattara à accepter cette révision ?

Hier, on a adopté une constitution pour bloquer Ouattara. Aujourd’hui, Ouattara ferait une modification de cette même constitution pour se maintenir au pouvoir. La vice-présidence est le prix à payer par Ouattara pour avoir, selon ses calculs, les voix du Pdci-Rda et sauver son alliance avec Bédié et son fauteuil présidentiel. Cela est totalement anormal et inacceptable. C’est de la tricherie d’adultes et une manœuvre malsaine pour la démocratie et les générations actuelles. Ouattara se maintiendrait au pouvoir de cette façon illégitime et illégale, avec ce que cela pourrait avoir comme conséquences. Ne dit-on pas que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets ? Mais au-delà de cet aspect éthique, il y a le fait que cette révision nécessiterait un référendum après que le texte ait été rédigé, discuté et adopté en conseil des ministres et à l’Assemblé nationale. Nous sommes en février 2014 et si tout se déroule selon leurs plans, c’est en 2015 que ce référendum devrait donc avoir lieu. Mais la question se posera de savoir si nous pouvons, dans notre pays, faire une liste électorale à temps pour ce référendum, si nous pouvons faire le recensement général de la population à temps pour ce référendum, si nous allons nous doter d’une nouvelle commission électorale à temps pour ce référendum, si nous aurons suffisamment de moyens humains et financiers pour organiser ce référendum. En plus, peut-on organiser ce référendum en 2015 et en même temps faire des élections présidentielles la même année ? Un référendum constitutionnel mobilisera autant d’énergie électorale qu’une élection présidentielle. Cela reviendrait quasiment à faire deux élections présidentielles la même année, comme en 2000 pendant la transition du général Guei Robert, avec les conséquences que l’on connait. Devant ces questions, des voix s’élèvent du côté du gouvernement pour proposer que l’on prenne le temps de «bien faire les choses» sans précipitation. Ce qui voudrait dire de ne pas se presser et d’aller à un rythme qui permettrait de faire le référendum en octobre 2015 et de se donner par la suite le temps d’organiser les présidentielles quelques mois après. Pourquoi pas un an ou deux ans après 2015 ? Deux ans permettraient de répondre à un des vœux secrets du président Ouattara de nous faire passer du quinquennat au septennat. Cela arrangerait Ouattara, qui prétend  que la crise post-électorale lui a volé une partie de son mandat, alors que depuis l’hôtel du Golf, il gérait bel et bien le pays, recevant et nommant les ambassadeurs, fermant et ouvrant les banques, les ports et autres institutions de la république, imposant des embargos sur les médicaments, créant une télévision et une armée. A supposer même qu’il ait raison, combien de mois lui auraient été «volés» ? Entre la proclamation de sa victoire par la commission électorale en décembre 2010 et sa prestation de serment le 6 mai 2011, il n’aurait perdu que cinq mois. Le septennat lui permettrait ainsi de rattraper ces 5 mois perdus avec 2 années supplémentaires sur son mandat. N’est-ce pas de l’entourloupe politicienne à l’état pur? Quoi qu’il en soit, cette thèse, si elle prospère, demanderait que dans le deal entre le Pdci et le Rdr, l’on inscrive une révision constitutionnelle pour modifier aussi la durée du mandat présidentiel qui passerait de 5 à 7 ans. Ouattara y gagnerait énormément. Bédié y gagnerait énormément. La démocratie en Côte d’Ivoire y perdra énormément et les Ivoiriens voient les risques de nouvelles instabilités accroître énormément.

Qu’est-ce que votre formation entend faire pour empêcher cela, puisque vous semblez ne pas l’apprécier ?

A LIDER, nous parlons avec nos partenaires politiques, le corps diplomatique, les organisations des droits de l’homme, la société civile en général, les  journalistes et autres communicateurs pour les sensibiliser sur la question de l’état de droit et de la démocratie. Nous tournons partout dans le pays, non pas pour dire «voter pour nous», mais pour dire «Attention, voyez les nouveaux dangers qui nous guettent. Réveillez-vous et ne laissez pas faire ces types de tripatouillages qui conduisent inéluctablement à des crises graves lors desquelles seules les populations civiles se font massacrer impunément par des élites politiques qui s’amnistient entre elles juste après.»

 

Propos recueillis par Kisselminan Coulibaly. In le quotidien ivoirien Soir Info du 15 février 2014.

 

Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 07 février 2014

MAMADOU KOULIBALY: «LES THEMES AUTOUR DESQUELS L’ACD A ETE CREEE PERMETTRONT DE BATTRE OUATTARA EN 2015»

 

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Interview de Mamadou Koulibaly (LIDER) par Bidi Ignace, in le quotidien ivoirien "Nord Sud" du 05 février 2014.

 

Faut-il considérer la réunion tenue vendredi à Abidjan par certaines formations politiques dont la vôtre comme la réponse à l’appel que vous avez lancé à l’opposition à former une coalition le 2 janvier dernier?

Pr. Mamadou Koulibaly: En effet, cette réunion fait suite à l’appel que nous avons lancé le 6 mai 2013, lorsqu’à LIDER, nous avons dressé le bilan de l’an 2 du régime Ouattara. Nous n’avons eu de cesse de le réitérer depuis lors et nous sommes heureux de voir que nous avons finalement été entendus.

L’union fait la force, dit l’adage. Cela implique-t-il qu’en l’état actuel des adversités, l’opposition ne peut venir à bout  du pouvoir que si elle est unie?

Monsieur Ouattara, depuis trois ans qu’il est au pouvoir, n’a montré aucune volonté à aller à des élections transparentes et apaisées en 2015. Bien au contraire, il maille l’ensemble du territoire avec des milices, dozos et hommes en armes ; il maintient en place une commission électorale forclose, qui n’a jamais été capable d’organiser un scrutin sans violence ni mort d’homme et qui compte en son sein des groupements armés ; il refuse d’actualiser la liste électorale ; il envoie le recensement général de la population et de l’habitat aux calendes grecques ; il jette le statut et le financement de l’opposition à la poubelle et il empêche l’accès des partis d’opposition aux médias d’Etat. Si ces conditions perdurent, les échéances électorales à venir relèvent de la farce et il est impératif que non seulement les partis politiques, mais aussi la société civile et les populations s’unissent pour contraindre le régime à mettre en place un cadre pour des élections transparentes et crédibles. Si ces conditions sont réunies et que le peuple peut exprimer librement et en toute sécurité son suffrage, il n’y a aucun doute que le mandat de M. Ouattara prendra fin en octobre 2015.

Un regroupement des partis d’opposition n’est-il pas illusoire quand des individualités revendiquent ici et là un certain leadership?

C’est possible et c’est certainement le cas dans certains regroupements, mais en ce qui concerne l’Alliance pour le changement démocratique (ACD) que nous venons de mettre en place avec 9 formations politiques, ce problème ne se pose pas, parce que notre objectif n’est pas de choisir un leader ou de regrouper des faire-valoir autour d’une formation politique soit disant dominante, mais d’œuvrer ensemble pour contraindre le régime Ouattara  à mettre en place des conditions préalables aux élections : le recensement général de la population et de l’habitat, l’actualisation de la liste électorale,  le reformatage de la commission électorale, le statut et le financement de l’opposition, l’accès de l’opposition aux médias d’Etat et la sécurisation des populations, des candidats et des suffrages lors des élections. Il ne s’agit pas de désigner un candidat pour l’élection présidentielle ni même de tomber d’accord sur un programme commun de gouvernement. Il n’y a donc aucune place pour des guerres de leadership en notre sein. Vous le constaterez quand les structures mises en place seront rendues officielles par les instances de l’ACD. Nous unissons nos efforts afin d’obtenir que les élections se déroulent dans des conditions univoques de transparence.

A en juger par le nombre de partis présents à cette concertation du vendredi, il apparait que l’idée de la coalition n’a pas l’adhésion de toute l’opposition. Comment expliquez-vous que seuls les membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd), en plus de l’Udl de Martial Ahipeaud, se sentent concernés par le projet?

Tout d’abord, il n’y a pas que des partis membres du Cpd dans notre coalition. L’Alliance pour le changement démocratique (Acd) regroupe, en dehors de LIDER, le Rpc-Paix d’Henriette Lagou, Cap-Udd de Gervais Coulibaly, Mnc Alternative de Kabran Appia, qui sont membres du Cpd, et les formations qui n’en font pas partie, telles que l’Udl de Martial Ahipeaud, le Congrès de la résistance ivoirienne de Jean Enoc Bah, le Congrès panafricain pour le renouveau de Doumbia Major, le Parti des démocrates républicains de Soko Gbalehi et l’Udt-Ci de Bertine Tia Monné. Par ailleurs, nous sommes confiants que cette alliance va s’élargir rapidement à d’autres participants, étant donné que les thèmes que nous défendons concernent toute la population et trouvent l’adhésion de nombreux acteurs politiques et de la société civile. Ceci n’est que le début.

Une coalition étant par tradition une union de partis qui l’allient contre un adversaire commun, la meilleure stratégie n’aurait-elle pas été que toute l’opposition se mette ensemble?

Pour s’unir, il faut avoir des objectifs communs. Il ne sert à rien de faire des coalitions de façade alors qu’il n’y a aucune convergence de combat, de principes ou de valeurs. Notre objectif immédiat est clair : nous voulons un recensement de la population, l’intégration des nouveaux majeurs depuis 2009 et des exclus du scrutin de 2010 sur la liste électorale, le reformatage de la commission électorale, le statut, le financement, l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition et la sécurisation des élections.

Considérez-vous  que l’opposition, c’est dorénavant un «front uni» et l’«Alliance pour le changement démocratique»?

Nous sommes heureux de constater que l’appel à la coalition que LIDER a lancé depuis l’année dernière semble avoir été entendu par tous. Même ceux qui voulaient faire cavaliers seuls en dénigrant l’utilité de ceux qu’ils qualifiaient de  «formations insignifiantes» semblent avoir compris la nécessité des «petits petits partis». C’est une avancée, même s’il y a encore du chemin à faire. Maintenant, le fond et la forme des deux entités sont pour l’instant très différents. Mais nous sommes ouverts au dialogue et dès lors que les interlocuteurs font preuve d’humilité et partagent une même volonté de rupture avec les systèmes et dérives qui ont mené la Côte d’Ivoire dans le chaos, il n’y a aucune raison pour que la situation n’évolue pas vers encore plus d’unité dans l’opposition. Vous savez, Ouattara et Konan Bédié, le créateur de la très funeste ivoirité mise en place pour écarter Ouattara du pouvoir et qui avait même lancé des mandats d’arrêt contre lui, ont réussi à devenir des grands alliés au sein du Rhdp pour chasser Gbagbo du fauteuil présidentiel. Quand le temps est mûr pour que les choses se fassent, elles se font.

La formation des  deux entités, "front uni" et "ACD", quoi que les dénominations ne soient pas définitives, n’est-elle pas l’illustration du refus d’un chef de l’opposition par des opposants?

Si les autres n’ont pas encore défini leur appellation, celle de notre groupement est bel et bien établie: c’est l’Alliance pour le changement démocratique. Nous ne nous sommes pas créés dans la précipitation, nous avons pris la peine de bien nous entendre sur le contenu avant de lancer officiellement notre alliance et avons peut-être pour cela quelques longueurs d’avance sur les autres. Maintenant, il n’a jamais été question d’avoir un chef de l’opposition. D’ailleurs, le projet de statut de l’opposition soumis il y a plus d’un an au gouvernement et signé par tous les partis membres du Cpd et le Fpi n’en faisait pas cas. Cette lubie est celle du gouvernement, qui souhaite voir ses adversaires se déchirer autour d’un fauteuil au lieu de préparer l’alternance. Elle n’a aucune chance de prospérer. Dans un régime parlementaire tel que nous le prônons à LIDER, le chef du parti qui arrive second aux législatives et qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale est d’office le chef de l’opposition parlementaire. Mais la vie démocratique ne s’arrête pas à l’hémicycle. Il y a des idéologies diverses, variées et qui n’ont pas vocation à se coaliser. C’est le peuple qui décide, pas des formations politiques ou un gouvernement.

En cette année 2014, des prétendants au fauteuil présidentiel affirmeront leur ambition. Parmi les opposants, faut-il d’ores et déjà compter Mamadou Koulibaly parmi les futurs candidats à l’élection présidentielle prochaine?

Ce n’est pas un scoop. Cela fait belle lurette que j’ai annoncé que je serai candidat contre Ouattara en 2015, sauf si à l’orée du scrutin, LIDER fait partie d’une coalition qui s’est entendue sur un programme de gouvernement commun, avec des réformes clairement définies à mettre en place et un calendrier d’exécution très précis. Dans ce cas, c’est la coalition qui décidera qui sera la candidate ou le candidat qui sera le mieux à même de porter le projet et de fédérer la majorité des votes pour mettre fin à cinq années traumatisantes et clivantes de gestion Ouattara.

Une opinion ivoirienne, et même des observateurs de la politique internationale, pensent que vous avez le profil idéal pour briguer la présidentielle. Ceux de vos admirateurs qui pensent aussi ainsi sont-ils excessifs?

Pourquoi voulez-vous qu’ils soient excessifs ? Si je ne pensais pas avoir le profil pour gérer la destinée de la Côte d’Ivoire, je n’aurais pas créé un parti politique ou alors annoncé ma candidature pour 2015.

Des voix s’élèvent de plus en plus sur l’échiquier politique pour demander la révision de la Constitution. Quelles raisons motiveraient-elles LIDER à soutenir une telle proposition?

Notre constitution a été taillée sur mesure pour qu’un homme fort se retrouve avec les mains libres et des institutions faibles, au lieu d’avoir un pouvoir limité au juste nécessaire. Pour LIDER, la constitution est avant tout un document qui empêche les hommes qui ont le pouvoir d’Etat de faire impunément mal à leur peuple. En outre, LIDER trouve inutile et inconséquent la présence d’un premier ministre dans notre régime hyper présidentiel où seuls les desideratas du chef de l’Etat ont valeur de loi. La gestion de notre Etat par les présidents et le fonctionnement des institutions de la République montrent de manière scandaleuse la surpuissance du chef de l’Etat qui est la source de tous les pouvoirs : administratif, exécutif, législatif, judiciaire, budgétaire, économique, financier et monétaire. Le président, chez nous, est un monarque doublé d’un pontife avec des prérogatives illimitées et sans contrepouvoir. A LIDER, nous pensons qu’il faut rompre avec ces pratiques. Il ne faut pas pour cela des modifications partielles de tel ou tel article pour faire plaisir à quelqu’un ou pour sanctionner qui que ce soit. LIDER est favorable à une révision totale de la loi fondamentale pour donner à cette coquille actuellement vide un contenu. Il faut rompre avec le régime présidentiel et instaurer un régime parlementaire sur le modèle britannique de Westminster. Il faut rendre sa souveraineté au peuple et mettre en place les mécanismes qui font des dirigeants politiques les serviteurs intègres de l’Etat et non les maîtres corrompus et tyranniques des populations de qui ils tiennent leur pouvoir.

Quel(s) article(s) de la Constitution poserait problème pour la future présidentielle et pourquoi?

Ce ne sont pas des articles qui sont en cause, mais le système que nous impose le régime présidentiel et qui fait que certains d’entre nous peuvent, sans conséquence, aucune infliger les plus grands maux à notre peuple, à notre pays, à notre économie : La constitution dans sa forme actuelle et le système qu’elle instaure impose la pauvreté, la guerre, la misère et toutes les frustrations qui vont avec à la population.

Entre autres réformes souhaitées par l’opposition et même des partis proches du régime, laquelle est la plus urgente? Et comment devrait se faire?

La réforme du foncier rural en premier. Il faut rendre la terre de Côte d’Ivoire aux populations qui en sont coutumièrement les premiers propriétaires et leur distribuer les titres fonciers négociables après un cadastrage systématique et propre de tout le territoire.

 

Source: LIDER-CI.ORG

AFFAIRE MAHE: QUAND LA JUSTICE FRANÇAISE S’ACHARNE SUR LES VICTIMES!


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Ci-dessus, Maître Norbert TRICAUD en compagnie de deux des proches de Firmin MAHE qui l’ont désigné pour porter plainte contre l’Etat français en sus de 4 autres parties civiles.

 

J’entends de ci de là que l’affaire MAHE serait morte et enterrée…  Ça me rappelle un certain Jean-Marc SIMON qui disait que GBAGBO, c’était fini. Toutes proportions gardées en effet, suffit-il que ceux qui ont intérêt à occulter la vérité parviennent à museler les médiamenteurs occidentaux pour que la vérité elle-même s’efface au gré des intérêts des puissants?

 « Ce n’est pas parce que le mensonge se multiplie et se propage qu’il devient vérité et ce n’est pas parce que la vérité ne se voit pas qu’elle devient erreur » disait GANDHI.

Alors que s’est-il passé depuis le verdict inique de la Cour d’Assises du 7 décembre 2012… Médiatiquement rien ou pas grand-chose tant il est vrai que les chiens de garde de la Françafrique veillent dans ce dossier.

Pour mémoire rappelons que Firmin MAHE est ce jeune civil ivoirien étouffé le 13 mai 2005 en CÔTE D’IVOIRE à l’aide d’un sac poubelle dans un char de la force Licorne sur ordre du Général PONCET (ce n’est pas parce qu’il a bénéficié d’un non lieu plus que douteux contre son silence dans d’autres sales dossiers de la Francivoire que cela doit nous empêcher de continuer de dénoncer l’impunité dont il jouit !).  

A noter d’ailleurs la perversion de notre Justice qui, dans le cas d’espèce, non seulement n’a pas fait appel, mais permet de poursuivre toute personne qui mettrait en cause ceux qui ont bénéficié d’un non lieu ou d’un verdict pour le moins clément tout en criminalisant post-mortem le jeune Firmin MAHE qui n’a jamais été jugé de son vivant, mais s’est vu imputer tous les crimes de la sous-région, au mépris des règles de droit les plus élémentaires, telles que l’existence de preuves, la fiabilité de ces dernières ou encore l’accès à la justice de ses proches. Bref sur ces sujets voir notamment quelques articles commis antérieurement(1).

Dans un article du Figaro daté du 16 janvier 2014 (2), nous apprenons que le colonel Eric BURGAUD -un des donneurs d’ordre du crime de Firmin MAHE- s’est vu retirer toutes ses décorations. Et alors quoi ? Doit-on féliciter cette Justice aux ordres qui après plus d’un an d’un verdict inique basé sur le mensonge, le faux et usage de faux, la subornation de témoins et je ne sais combien encore de manquements à tous les principes de droit les plus élémentaires consent à priver un colonel meurtrier de ses décorations ? Geste symbolique certes, et peut-être symptomatique me direz-vous. Car si on les lui enlève maintenant, c’est peut-être que le vent commence à tourner pour ses victimes et que le voile du mensonge se déchire. Gageons malheureusement qu’il n’en est rien !

Ne s’agirait-il pas plutôt de continuer de faire croire que les militaires français ont bien fait d’assassiner celui que l’on persiste à taxer de « coupeur de route » et de bandit dans le même article cité ci-dessus? Les photos des victimes des meurtres barbares qu’on impute à Firmin MAHE ont beau avoir été prises dans le village de LOGOUALE pour certaines, à une date antérieure à celle que les amis du colonel BURGAUD et ses complices mentionnent comme étant le fait de la « bande à MAHE », il faut à tout prix continuer à justifier ce crime barbare en le légitimant par les prétendues exactions qu’on lui colle sur le dos en inversant systématiquement la victime et le bourreau (3)...

…Pendant ce temps, l’enfant de la victime vit caché quelque part en Afrique, les sœurs se terrent et rasent les murs de peur de représailles (elles ont d’ailleurs quitté la région) ; le frère aîné de la victime -Jacques- est hospitalisé depuis plus d’un an sans discontinuer avec un pronostic vital engagé à moins de bénéficier d’une greffe des deux poumons qui ne viendra pas tant que sa situation ne sera pas stabilisée. Sauf qu’on vient de lui notifier le rejet de sa demande d’asile politique après près d’un an d’un silence assourdissant de l’OFPRA qui n’a même pas daigné le recevoir en entretien comme cela se fait habituellement ; sauf que son neveu Basile a également vu sa demande d’asile rejetée par l’OFPRA qui ne craint pas d’écrire qu’il est arrivé en France en novembre 2011 avec un passeport d’emprunt, alors qu’il a atterri en France le 30 novembre 2012 avec son propre passeport tous frais payés par l’Etat français pour participer à un procès vicié dès le départ (Fabien NDOUMOU l’avocat de la famille autoproclamé depuis février 2006 a lui-même reconnu avoir été mandaté par l’Etat français et invoque aujourd’hui le secret d’Etat pour tenter de masquer sa forfaiture). C’est un imposteur qui a saboté le dossier d’indemnisation des proches de la victime en première instance, en ne déposant aucune conclusion écrite, en n’invoquant pas de préjudice moral et en ne fournissant pas le plus petit début de preuve à l’appui de sa demande de réparation du préjudice économique qui n’avait pas lieu d’être hormis en ce qui concerne le fils de Firmin. Bref, tout a été clairement ordonnancé pour que l’affaire MAHE soit complètement enterrée. Excepté la dépouille de Firmin MAHE qui elle attend toujours qu’une sépulture décente lui soit donnée en vertu d’une ordonnance aux fins d’inhumation qui date quand même de… février 2006 (4) ! Des employés de l’IVOSEP (la société de pompes funèbres qui est supposée entretenir le corps en attendant son inhumation) ont laissé entendre que c’était  à la famille de payer les frais d’entretien du corps pendant ces 8 années. Ce qui n’est pas sans nous rappeler cette pratique barbare prêtée aux autorités chinoises qui iraient jusqu’à facturer la balle qui a servi à exécuter le condamné à mort.

La même société IVOSEP refuse dans le même temps de répondre à nos demandes réitérées de facture, tandis que la Justice française se prévaut de l’absence de ce document pour refuser de prendre en charge les frais funéraires, dont le montant doit s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’Euros aujourd’hui si tant est que la dépouille de la victime y soit toujours.

Depuis le jugement d’Instance du 22 janvier 2013 (qui fait suite au verdict inique de la Cour d’Assises en vue d’indemniser les victimes), il y a eu pas moins de 4 renvois, et 4 des parties civiles n’ont même pas pu se faire représenter par un avocat digne de ce nom. Car Fabien NDOUMOU, fort de ses bons offices de « mercenaire » de la justice françafricaine, ne s’est pas contenté de mal les défendre. Il a lâchement abandonné les parties civiles à leur sort depuis le 10 décembre 2012, soit trois jours après le verdict inique de la Cour d’Assises. Il refuse d’ailleurs toujours de restituer le dossier à ses « clients » ou même à son successeur – autant dire qu’il les prive littéralement de la moindre chance d’obtenir une juste réparation de leur préjudice. Pour contrer les procédures de manquement à la déontologie que nous avions engagées à son encontre devant l’ordre des avocats, il est allé jusqu’à les faire condamner à verser 20 000€ (en même temps ce n’est pas si grave puisqu’ils ne sont pas solvables et pas prêts de l’être, d’autant que tous deux viennent de se voir couper l’Allocation Temporaire d’Attente, en dépit du recours pendant exercé devant la Cour National des Demandeurs d’Asile). Ils ont introduit des demandes d’aide juridictionnelle depuis près d’un an mais n’ont toujours pas de décision favorable, sans compter que les notifications de pièces manquantes, les décisions de caducité qui sont supposées avoir été transmises à 6 des parties civiles dans ce procès, n’arrivent jamais entre leurs mains. Sur le plan strictement humanitaire même, Jacques a été jeté dehors en plein hiver en janvier 2013, ce qui a fait dire au médecin de PONTOISE qui le suivait à l’époque qu’ « on aurait voulu le tuer qu’on ne s’y serait pas pris autrement ».

Un seul mot d’ordre : tout faire pour que l’affaire MAHE ne refasse pas surface alors que la diplomatie hollandaise inscrit résolument ses pas dans celle de son prédécesseur, avec une visite d’allégeance réciproque annoncée pour fin février 2014 (première visite de HOLLANDE en CÔTE D’IVOIRE)(5).

Car l’argent, celui de l’indemnisation des victimes, est loin d’être l’enjeu central de cette affaire. Plus que jamais, « l’affaire MAHE est l’arbre qui cache la forêt »(6)de la mainmise de la FRANCE sur une grande partie des richesses de la CÔTE D’IVOIRE au détriment du droit du peuple ivoirien à disposer de lui-même.

Nous osons affirmer qu’en ce début d’année 2014, l’affaire MAHE est un des rares dossiers portés sur la place judiciaire que la Francivoire n’a pas encore réussi à enterrer, avec la plainte de Michel GBAGBO contre SORO pour  « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants » de juin 2012 qui n’est pas non plus sans connaître de nombreuses obstructions (7) :

-   Les demandes de commissions d’enquête sur le rôle de la LICORNE dans la crise ivoirienne sont toujours en souffrance sur le bureau de l’Assemblée Nationale (8) ;

-    Les enquêtes sur les véritables circonstances de la mort d’Antoine MASSE (9) et de 9 soldats à BOUAKE en novembre 2004 sont au point mort, surtout après le non lieu accordé à Michèle ALLIOT MARIE (MAM rebaptisée plus à propos Mensonges Après Mensonges), déni de justice prévisible certes, mais déni de justice qu’il convient de dénoncer malgré tout (10);

-  Les responsables de la centaine de morts et des milliers de blessés de la fusillade de l’Hôtel Ivoire et des autres exactions commises par l’Armée française à ABIDJAN en novembre 2004 courent toujours en dépit des actions du  COPAVIL (11);

-  Les meurtres de Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Yves LAMBELIN, Stéphane Frantz DI RIPPEL (12) et de bien d’autres restent sans réponse dès lors que leur résolution risquerait de mettre  à jour les intérêts économiques en jeu et le rôle de la FRANCE dans leur préservation au mépris de la souveraineté du peuple ivoirien ;

- La FRANCE, les instances européennes et onusiennes qui couvrent le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale continuent de soutenir les procédures opaques, partiales et complaisantes de la Procureur BENSOUDA à l’encontre des seuls tenants de l’ancien Régime, au mépris du respect du droit non seulement des accusés, mais également de leurs prétendues victimes(13).

A celles et ceux qui continuent de croire que l’affaire MAHE n’aurait fait qu’une victime, un dommage collatéral sans intérêt de la crise ivoirienne en quelque sorte, nous disons :

-     Pourquoi dans ce cas, les autorités politiques, judiciaires, militaires, policières tant françaises qu’ivoiriennes se donnent-elles autant de mal pour étouffer cette affaire MAHE/LICORNE depuis bientôt dix ans?

-       Pourquoi n’y a-t-il aucune plainte des prétendues victimes de Firmin MAHE ?

-       Pourquoi les autorités illégitimes de CÔTE D’IVOIRE ne sont-elles pas partie au procès pour accréditer la thèse de la « bande à MAHE » et des prétendues exactions qu’on lui impute ?

-   Pourquoi ne vérifie-t-on pas les témoignages des victimes de la région qui dénoncent les nombreux crimes qu’ils ont subis et continuent de subir depuis 2002 avec le soutien direct de la FRANCE ?

Quelques extraits des témoignages des victimes que la justice française cherche à tout prix à écarter des débats, notamment en empêchant le procès des assassins de Firmin MAHE de suivre son cours :

« Jusqu’à la rébellion de 2002, nous vivions en bonne entente avec les allogènes, en majorité des Burkinabés et des Ivoiriens venus du Nord qui pour la plupart travaillaient pour nous depuis de nombreuses années. […] nous vivions ensemble dans les mêmes villages, partagions notre vie quotidienne et nos enfants fréquentaient les mêmes écoles. Comme beaucoup de mes frères de la région, nous avons adhéré au Front Populaire Ivoirien dès sa création […] pour lutter contre le parti unique mais aussi pour une société plus juste.

Après le 19 septembre 2002, […] Les rebelles venus du Nord tuaient nos parents, violaient nos sœurs et pillaient nos terres. Il y a eu plus de 40 morts dès la première attaque. La plupart des allogènes se sont rangés du côté des rebelles. La zone assiégée par les rebelles est devenue une zone de non droit. Nous  avons appris ce qui se passait en accueillant des victimes qui fuyaient leurs villages […]  Nous étions à leurs funérailles lorsque des rebelles ont surgi et ont assassiné par balle […] Suit une liste de victimes dont nous tairons les noms pour ne pas mettre en danger les survivants.

Une autre fois, peu de temps avant le massacre du chef, les rebelles ont fait irruption au village, […]. Un groupe de 15/20 personnes est arrivé en Kia moteur (camion benne), escorté de quelques voitures et de motos 4x4 équipés de lance-roquettes. Quand ils sont arrivés devant la maison du Directeur de l’Ecole […], les enfants se sont réfugiés à l’intérieur. Ils étaient en vacances et géraient les téléphones au village. Les assaillants ont cassé la porte de la maison et ont arrosé les 5 enfants/étudiants du Directeur d’école. Ses 5 fils sont morts sur le coup et leurs tombes sont à […].

Le chef du village […] a également été assassiné par les rebelles. Ils sont allés dans son campement. […] Sa sœur […]  a voulu les empêcher de partir avec le chef et ils l’ont tué d’un tir de Kalachnikov. Ils sont partis avec les sacs de cacao et le chef qu’ils obligeaient à porter une charge trop lourde en dépit de son extrême faiblesse. A quelques kilomètres du village, ils l’ont étranglé. Nous avons retrouvé son corps dans la brousse deux jours plus tard et nous l’avons inhumé. Là encore, sa tombe est là… »

« Donc en 2009, quand j’arrive à […], la plantation familiale de 16ha de cacao est occupée par des Burkinabé ainsi que le campement par un dénommé « Koffi » et un autre « Moussa ». D'après les infos que j’ai, ils occupaient toujours notre plantation le 11 avril 2011 lorsque les troupes rebelles aidées par l’Armée française ont fait tomber notre Président. »

« Je suis à ABIDJAN en 2011 quand survient la crise postélectorale. […] J’ai participé à la plupart des grandes marches aux mains nues en 1992, 2000, 2004, 2007, 2010, 2011 pour défendre mon pays. En mars 2011, j’ai répondu aux appels de BLE GOUDE de nous rassembler et de dormir Place de la République pour montrer à la Communauté Internationale que nous soutenions notre Président,            nos institutions et que nous voulions que l’on respecte notre choix (http://www.youtube.com/watch?v=Nhmy2B3hPKo).  Quand les bombardements franco-onusiens ont commencé sur  le camp d’AKOUEDO, fin mars – il s’agissait d’hélicoptères français « PUMA », les gens ont commencé par fuir COCODY pris de panique. Nous étions des dizaines de milliers rassemblés autour de la Résidence Présidentielle pour soutenir Laurent GBAGBO. J’ai vu des milliers de Patriotes aux mains nues tomber. Début avril, les porte-paroles du Président nous ont demandé de partir car Laurent GBAGBO estimait que c’était lui qui était visé, que ce n’était pas la peine de mourir pour rien, comme nos frères morts en novembre 2004  en se dirigeant vers le 43ème BIMA et devant l’Hôtel Ivoire. Moi, j’ai quitté les lieux le 4 avril par la route de MPOUTO. J’ai pu regagner KOUMASSI en me faufilant entre les barrages des FRCI (Riviera 2). Avec un camarade, on a mis longtemps pour atteindre MPOUTO où on a pu prendre une barque (La Pinance) pour traverser la lagune et aller au Terminus 32. Là je suis allé me cacher dans mon Eglise jusqu’à la capture de Laurent GBAGBO et de ses proches le 11 avril 2011. Après le 11 avril, je suis resté là. Les gens de la paroisse nous envoyaient de quoi vivre et manger (nous étions au moins 6 à avoir trouvé refuge dans l’Eglise). C’est là que j’ai pu rester sans pratiquement jamais sortir au-delà d’un petit périmètre en vivant de la charité chrétienne.

« […] et […] sont morts devant moi à COCODY après nous être séparés pour avoir plus de chance de nous en sortir au niveau de la RTI quand nous avons fui la Résidence Présidentielle début avril comme je l’ai exposé plus haut. Nous avons vu les rebelles les découper en morceaux. Nous avons assisté impuissants à leur dépeçage, pétrifiés par la peur. »

Malgré tout, un espoir nouveau se fait jour dans ce dossier avec la désignation de Maître Norbert TRICAUD qui a accepté de les représenter à cette audience d’appel tout d’abord, avant de porter plainte contre l’Etat français qui devra rendre compte de sa responsabilité dans cette tragédie (14)… En espérant que cela permette à de nombreuses autres victimes de  reprendre confiance, d’engager la responsabilité de l’Etat français dans toutes les affaires précitées, et plus largement la couverture de nombreux crimes barbares commis par les rebelles de 2002, sans oublier sa responsabilité dans l’accès et le maintien au pouvoir d’un régime aussi illégitime que liberticide, dont la liste des victimes ne cesse de s’allonger (15).

C’est pourquoi nous invitons toutes celles et ceux qui rejettent la Françafrique et sa Justice aux ordres à venir massivement soutenir Maître Norbert Tricaud lors de sa première plaidoirie dans l’affaire MAHE/LICORNE le mardi 11 février 2014 à 9h à la COUR D’APPEL de PARIS Pôle 2, chambre 4 (Métro Cité Ligne 4). 

 


 

(1)http://nouveaucourrier.net/les-assassins-du-jeune-ivoirien-condamnes-a-de-la-prison-avec-sursis-affaire-mahe-pourquoi-ce-verdict-honteux-etait-previsible/

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/laffaire-mahe1-pas-encore-assez-etouffee.html

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/12/et-si-laffaire-mahe-ne-faisait.html

(2)http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/16/97001-20140116FILWWW00722-un-colonel-prive-de-ses-declarations.php?pagination=1  

(3)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/qui-veut-tuer-son-chien-laccuse-davoir.html

(4)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/du-droit-naturel-denterrer-ses-morts.html

(5)http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14043.html

(6)http://survie.org/billets-d-afrique/2013/220-janvier-2013/article/affaire-mahe-l-arbre-qui-cache-la

(7)« Affaire « audition de Michel Gbagbo à Paris »: La juge française en colère contre Abidjan » publié le vendredi 31 janvier 2014, Notre Voie: http://soutienetliberte.wordpress.com/2014/01/31/la-justice-francaise-reitere-sa-demande-dentendre-michel-gbagbo-suite-a-sa-plainte-pour-enlevement-et-sequestration/

(8)Proposition de résolution de juillet 2012 visant à créer une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en CÔTE D’IVOIRE renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement: http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0131.asp

(9)http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2013/05/10/antoine-masse-le-journaliste-tue-dont-rsf-se-moquait.html

(10)http://www.peuples-observateurs.org/article-togo-cote-d-ivoire-soldats-francais-tues-a-bouake-en-novembre-2004-la-justice-francaise-etouffe-l-af-121117628.html

(11)Voir déclaration du COPAVIL (Collectif des Patriotes Victimes de la force française Licorne): http://news.abidjan.net/h/416215.html;

Preuves de la responsabilité directe de la force Licorne dans cette tragédie: http://www.youtube.com/watch?v=8j5StJnIw-s; http://www.youtube.com/watch?v=0YaJnbkWDSQ; http://philippehua.com/2012/07/25/cote-divoire-la-victoire-aux-mains-nues-un-documentaire-de-sidiki-bakaba/

(12)http://claudus.ivoire-blog.com/archive/2013/03/14/assassinat-du-francais-phillipe-remond-en-cote-d-ivoire-un-a1.html

(13)Gbagbo à la CPI: comment Maître ALTIT et ses collègues ont dézingué BENSOUDA:

http://nouveaucourrier.net/gbagbo-a-la-cpi-comment-altit-et-ses-collegues-ont- dezingue-bensouda/

CPI: L’affaire Laurent Gbagbo perturbe le complot françafricain:

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=8506

(14)Maître Tricaud demande que la lumière soit faite sur tous les crimes politiques en Côte d’Ivoire  et au-delà:

http://www.youtube.com/watch?v=bjgbKPHUSrI; http://www.youtube.com/watch?v=LKX2QmqtgPE

(15)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html

côte d'ivoire,france, AFFAIRE MAHé, quand la Justice Française s’acharne sur les victimes!,maître tricaud

Contacts : 06 69 49 40 06 ou 06 10 47 67 17

 

Source: CONTREPOIDS INFOS

dimanche, 02 février 2014

FRANÇOIS HOLLANDE ANNONCE EN COTE D'IVOIRE - PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

HOLLANDE ET OUATTARA 2.jpg

 

Des échanges écrits entre un parlementaire socialiste et le chef de la diplomatie française Laurent Fabius montrent que le pouvoir hexagonal est écartelé, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, entre une proclamation de son refus des violations des droits de l’Homme – qu’il ne peut pas non plus nier – et un soutien à un régime dont il veut croire qu’il fait des efforts. En dépit des constats accablants qui sont quotidiennement faits sur le terrain



Un voyage à hauts risques en termes de crédibilité politique. François Hollande, le président français, sera en visite officielle en Côte d’Ivoire à la fin du mois de février. Il lui sera difficile de démontrer qu’il ne viendra pas dans ce pays pour, très clairement, adouber un pouvoir que son prédécesseur Nicolas Sarkozy a contribué militairement à installer, et qui se caractérise par des violations massives des droits de l’Homme documentées par la presse ivoirienne et par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme. D’autant plus qu’au sein de sa propre majorité, des voix se sont élevées pour dénoncer les exactions multiples des troupes de Ouattara. Et que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’est engagé à être vigilant sur la thématique du respect des droits humains. C’est ce dont témoigne un document officiel dont Le Nouveau Courrier s’est procuré une copie.

Ce document contient une «question écrite», posée par le député de l’Eure François Loncle en avril 2013 et la réponse à cette interpellation formulée par Laurent Fabius en juin dernier. «Un récent rapport d’Amnesty International souligne l’attitude partiale et arbitraire du pouvoir ivoirien en place, alors qu’il avait pris, devant la communauté internationale, l’engagement solennel de faire toute la lumière sur les exactions commises dans les deux camps en présence, au moment de la crise postélectorale en 2010-2011 qui avait fait près de 3000 victimes. Cette ONG a établi que les violations des droits humains perpétrées par les forces armées à l’encontre des soutiens de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont généralisées depuis deux ans. Secondée par une milice composée de chasseurs traditionnels, la nouvelle armée nationale, qui était censée «être un puissant instrument de cohésion nationale», jouit d’une impunité quasi-totale, se rendant coupable d’exécutions extrajudiciaires, d’assassinats, d’arrestations abusives, de détentions illégales et d’actes de torture. En juillet 2012, cette milice a attaqué, à Nahibly, un camp de personnes déplacées, principalement issues de l’ethnie guérée, qui est généralement considérée comme partisane de Laurent Gbagbo, et elle a au moins massacré 14 Ivoiriens.

Seuls les partisans et les proches de Laurent Gbagbo sont persécutés, violentés et incarcérés, en raison de leurs affiliations politiques ou de leur appartenance ethnique. Le rapport d’Amnesty International précise que certains prisonniers sont détenus dans des conditions très pénibles, soumis à des traitements inhumains et dégradants, privés de tout contact avec leurs familles et leurs avocats. Les procédures judiciaires sont entachées de maintes irrégularités : les audiences ne se déroulent presque jamais de manière équitable et les droits de la défense sont systématiquement bafoués», indique le texte de la «question», qui indique que le parlementaire attend que Laurent Fabius lui fournisse «des renseignements concrets» sur la Côte d’Ivoire des droits humains.

Dans sa réponse, qui a tout de même pris près de deux mois pour arriver, Fabius fait assaut de langue de bois, se fait garant de la bonne volonté du régime Ouattara tout en indiquant des dossiers sur lesquels il s’engage à être vigilant. «Résolument attachées à préserver la stabilité régionale et soucieuse de la cohésion nationale au sein des Etats qui composent la sousrégion, les autorités ivoiriennes se sont engagées à rétablir l’Etat de droit, à lutter contre l’impunité et à oeuvrer à la réconciliation, avec notamment la mise en place d’une commission dialogue, vérité et réconciliation et la création d’un ministère des droits de l’Homme et des libertés publiques. La coopération du gouvernement ivoirien avec les mécanismes des Nations unies et avec la société civile est également un signal positif. L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme a ainsi pu effectuer plusieurs visites dans le pays en vue de la préparation des rapports présentés au Conseil des droits de l’Homme. La France soutient ces initiatives en faveur du système de protection des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Néanmoins, la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire reste source de préoccupation.

Le dernier rapport du haut commissariat des droits de l’Homme ainsi que ceux des principales organisations non gouvernementales internationales font référence à des cas de détention arbitraires, d’exécutions sommaires, de torture, de traitements inhumains et dégradants et à des violences sexuelles. La France est préoccupée par ses allégations. La lutte contre l’impunité est un enjeu fondamental de la réconciliation et de la refondation en Côte d’Ivoire. La France appelle notamment à la mise en place d’une commission pour enquêter sur l’attaque du camp de personnes déplacées à Nahibly, près de Duékoué. La France a pris bonne note de l’engagement des autorités ivoiriennes à faire toute la lumière sur ces allégations et de traduire les responsables en justice le cas échéant. La coopération de la Côte d’Ivoire avec l’expert indépendant est également un signal positif (…) La France adresse un message constant aux autorités ivoiriennes afin qu’elles fassent cesser toutes les exactions et qu’elles combattent l’impunité quels que soient les auteurs de ces crimes», écrit Fabius.

Cela fait plus de six mois que sa réponse à François Loncle a été publiée au Journal Officiel de France. Laurent Fabius peut-il sérieusement affirmer que sur la question du massacre de Nahibly, la lutte contre l’impunité a avancé ne serait-ce qu’un peu ? Au-delà de petites opérations de communication très vite oubliées, le régime Ouattara n’a rien fait pour rendre justice aux victimes. Aucune commission d’enquête n’a été mise en place, contrairement aux voeux de la France. Certes, une information judiciaire a été ouverte longtemps après les faits. Des autopsies ont été réalisées sur les corps qui ont été exhumés. Mais elles n’ont pas été transmises aux familles des victimes et leurs résultats restent secrets. Les FRCI empêchent que les fouilles susceptibles de découvrir d’autres corps soient faites. Alex Saint-Joël Gnonsian, témoin du massacre, a été assassiné par les FRCI dans le silence international – et RFI, radio de service public français, a tenté de noyer le poisson en le traitant de «braqueur» sans le moindre respect de la présomption d’innocence. D’autre part, les lieux de détention illégaux, qui sont en réalité des camps de torture, demeurent en Côte d’Ivoire.

Près de 800 prisonniers politiques sans jugement pour certains depuis près de trois ans croupissent dans les geôles du pouvoir. Le régime joue avec les mandats d’arrêt, non levés et non exécutés, pour faire du chantage aux cadres de l’opposition exilés et qui n’ont aucune autre alternative que «l’allégeance» moyenâgeuse pour rentrer au pays. En dépit de cet environnement caractérisé par un déni total des droits humains, la France, qui n’a jamais publiquement dénoncé ces abus, contrairement aux Etats-Unis ou aux Nations unies – comme l’a fait remarquer l’ONG Human Rights Watch – honore Ouattara d’une visite officielle à Abidjan. Elle programme la mise en place d’une base opérationnelle avancée à Abidjan. Quand on sait que François Hollande s’est fait élire notamment en affirmant qu’il mettrait fin à la Françafrique et au soutien inconditionnel à des régimes autoritaires, on mesure le grand écart réalisé. Ou les trahisons assumées !


Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 30 janvier 2014

TRIPOLIGATE: FR3 RELANCE LE DOSSIER ET EVOQUE «LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»!

 

TRIPOLIGATE.JPG

 

« Mon cher ami Sarkozy a un désordre mental... C'est moi qui l'ai fait arriver au pouvoir. Nous lui avons donné le financement nécessaire pour qu'il puisse gagner l'élection [...], Il est venu me voir, dans cette tente. Il nous a demandé un montant, on lui a donné le montant »

- Moammar Kadhafi.

Voilà le « Tripoligate » - que j’ai été le premier à dénommer comme cela pour faire le lien avec le « Karachigate » et le « Qatarigate », les trois dossiers parallèles - relancé !

Le magazine de la TV française FR3 «Pièces à conviction» s'apprête à diffuser un enregistrement audio de 2011, dans lequel le dirigeant libyen assure : « C'est nous qui avons fourni les fonds » à l'ancien président.

Intitulé « Kadhafi-Sarkozy : liaisons dangereuses » et basé sur une enquête du journaliste Pascal Henry, le reportage évoque les « liens politiques entre la France et la Libye de 2003 jusqu’au déclenchement de la guerre, le 19 mars 2011 ». Où la France bombarde l’armée libyenne. 2003 c’est le début de la « coexistence pacifique » entre la Jamahiriya et les Occidentaux. Et singulièrement le rapprochement de Tripoli avec Paris.

LES CASSEROLES DE SARKOZY

Impliqué dans le « Karachigate » (des rétrocommissions au Pakistan et à Taiwan) et le « Tripoligate » (le financement des campagnes de Sarkozy en 200-2007 par Kadhafi) – expression que j’ai été le premier à créer et à utiliser dès mars 2011 -, Sarkozy apparaît aussi dans un troisième dossier : le « Qatarigate », lié à la conquête financière de la France par la pétrodictature qatarie.

On se souvient des déclarations de SaIf Al-Islam Kadhafi en Mars 2011 dénonçant l’argent sale de Sarkozy venant de Libye. J’évoquais alors un futur « Tripoligate », s’inscrivant dans le dossier du fameux « Karachigate » … Nous y sommes arrivé rapidement. Et Tripoli apparaît précisément dans les procédures judiciaires concernant le premier de ces dossiers, ce « Karachigate » qui implique Balladur, ex premier ministre, et évidemment Sarkozy !

"LIBE" TITRE «FINANCEMENT DE LA CAMPAGNE DE SARKOZY: LA VOIX ACCUSATRICE DE KADHAFI»…

France 3 diffuse demain mercredi soir 29 janvier 2014 dans son magazine « Pièces à conviction » un enregistrement audio d’une interview, en mars 2011, de Mouammar Kadhafi qui évoque un financement politique occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy.

A la question de savoir s’il se sent trahi, Kadhafi, qui avait été reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007, répond par l’affirmative. Puis, selon une traduction réalisée par l’AFP, il poursuit : « Sarkozy a une déficience mentale… c’est grâce à moi qu’il est arrivé à la présidence », « C’est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner », « Il est venu me voir alors qu’il était ministre de l’intérieur. Il m’a demandé un soutien financier.»

Pourquoi aurait-il financé Sarkozy ?

Fort logiquement, « Pour nous, en tant que Libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c’est vraiment un gain », répond Kadhafi qui ne donne pas de montant ni de détail sur les modalités de versement.

Le juge Serge Tournaire enquête sur ces accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007, allégations que Nicolas Sarkozy réfute.

Elles avaient été formulées par Saïf al-Islam, le fils aîné du Colonel, dans un entretien à Euronews, le 16 mars 2011 : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale.» Peu auparavant, l’agence officielle JANA avait promis de rendre public « un grave secret » sur la campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs dignitaires ont évoqué un tel financement : l’ancien Premier ministre Baghdadi al Mahmoudi, lors d’une audience d’extradition à Tunis, ou encore l’interprète de Kadhafi, Moftah Missouri. Rencontrée la semaine dernière à Paris, Anoud al-Senoussi, fille de l’ancien chef des renseignements Abdallah al-Senoussi, a affirmé à l’AFP que son père, actuellement détenu en Libye, avait « disposé de preuves de ce financement ».

L’ORIGINE DE CET ENTRETIEN.

POURQUOI IL SORT MAINTENANT?

Le guide libyen avait accordé à l’époque pour le Figaro, l’entretien, que la journaliste Delphine Minoui avait ultérieurement retranscrit dans son ouvrage Tripoliwood – un livre violemment anti-Kadhafi plein de rumeurs et de médiamensonges sur la Jamahiriya (Grasset, 2011) -, et qui s'est déroulé le 16 mars 2011 (quatre jours seulement avant l'intervention militaire occidentale de mars 2011).

Les forces de Kadhafi avaient alors repris l’avantage militaire un mois après le début de l’insurrection transformée en guerre d’agression par l’OTAN et ses supplétifs du CNT. Paris avait officiellement reconnu quelques jours plus tôt l’opposition fantoche pro-occidentale.

La publication de cet interview de Kadhafi n’est évidemment pas neutre. Et l’émission de France 3 bénéficie d’une vaste couverture médiatique. Au moment où Sarkozy laisse entrevoir son retour en politique pour la prochaine présidentielle et sera un adversaire coriace pour le régime social-démocrate de Hollande en pleine tourmente et impopulaire, la relance du ‘Tripoligate’ tombe à pic. Et aussi bien Hollande que le ministre de l’intérieur Valls, candidats potentiels, ont tout intérêt à cette relance.

 

Luc MICHEL

___________________

# Sur ces dossiers sales de Sarkozy, lire :

Luc MICHEL, PCN-SPO / APRES LE « KARACHIGATE » ET LE « TRIPOLIGATE » : VOICI LE « QATARIGATE » DE SARKOZY !???

http://www.elac-committees.org/2012/05/22/pcn-spo-apres-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb-et-le-%c2%ab-tripoligate-%c2%bb-voici-le-%c2%ab-qatarigate-%c2%bb-de-sarkozy/

 

LUC MICHEL, FOCUS / TRIPOLIGATE : NOUVEAU TEMOIGNAGE D’UN PROCHE DE KADHAFI SUR LE FINANCEMENT DES CAMPAGNES DE SARKOZY PAR LA JAMAHIRIYA

http://www.elac-committees.org/2013/07/31/luc-michel-focus-tripoligate-nouveau-temoignage-dun-proche-de-kadhafi-sur-le-financement-des-campagnes-de-sarkozy-par-la-jamahiriya-2/

 

PCN-SPO, L’ARGENT SALE DE LA SARKOZYE : VOILA TRIPOLI QUI APPARAIT DANS LE « KARACHIGATE » !

http://www.elac-committees.org/2011/10/05/pcn-spo-l%e2%80%99argent-sale-de-la-sarkozye-voila-tripoli-qui-apparait-dans-le-%c2%ab-karachigate-%c2%bb/

 

et Luc MICHEL, PCN-SPO / GEOPOLITIQUE / QATARIGATE : LA GANGRENE QUI RONGE LA FRANCE !

http://www.elac-committees.org/2013/02/01/pcn-spo-geopolitique-qatarigate-la-gangrene-qui-ronge-la-france/

mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

lundi, 27 janvier 2014

OBAMA ATTEND LES AFRICAINS A LA MAISON BLANCHE

 

OBAMA ET L'AFRIQUE.jpg

 

Qui aurait cru ? Barack Hussein Obama - cet homme hybride, président des Etats-Unis, dont les deux mandats resteront dans l’histoire africaine, le pire cauchemar que les Africains aient connu après le siècle de l’esclavage et la balkanisation de l’Afrique - vient de tendre la main aux chefs d’Etat africain pour un sommet qu’il compte encadrer à la Maison Blanche à l’honneur de « l’Afrique » en août 2014.

Cette annonce a fait l’effet d’un boom dans les présidences africaines mais elle a pris au dépourvu les présidences européennes qui croiaient avoir leur pleine souveraineté en Afrique et dans ces « contrées ».

Ce qui est très surprenant, c’est le fait que les présidences africaines sembleraient avoir gagné le pari sur l’Europe et que leur directoire de communication serait en harmonie avec la Maison Blanche. Elles ont accueilli favorablement l’annonce et seraient en train de se préparer pour cette rencontre ô combien historique pour chacun des présidents africains qui recevront l’invitation des mains des ambassadeurs américains auprès de leur pays respectifs pour se rendre à la Maison Blanche, poser auprès d’Obama.

À ce jour, aucun chef d’état africain ne s’est prononcé, encore moins l’Union africaine, pur objet de décor de l’Afrique depuis 2011, sur sa participation « éventuelle » ou « pas éventuelle ». Tous ont gobé l’annonce et dans leurs antichambres ils seraient en train de s’en enorgueillir…

Il apparaît que ce soit un rêve pour certains leaders africains qui n’avaient jusqu’ici eu le privilège que de poser auprès d’un Sarkozy (parti) ou d’un Hollande (partant) ou de Hu Jintao l’ex-président chinois. Cette fois, ce serait le comble pour ceux-là, d’avoir été à Pékin, Paris, et Washington et pourquoi ? Pour représenter leurs villages et contrées et non les « pays » africains du point de vue du Congrès de Berlin.

REVENONS AU PROBLEME DE FOND !

Dans le mode opératoire du prédateur qu’il est, le président des USA a appâté les dirigeants africains en faisant semblant de respecter la politique de l’UA (dont les décisions ont permis d’exclure la Guinée Bissau et l’Egypte… tout comme les sanctions de l’UA sur Madagascar ne sont pas encore levées malgré les élections qui viennent de s’achever). Il a aussi évité de fâcher Londres – son allié de tous temps - en refusant d’inviter Mugabe, l’homme africain qui a mis à nu les pratiques du Commonwealth et les désirs coloniaux britanniques d’obscurcir le Zimbabwe et les états-africains qui furent sous l’influence de la Grande Reine britannique.  

Au lieu que l’UA s’insurge sur une telle annonce qui crée des différences entre Africains, elle est restée muette comme elle en a l’habitude de le faire lorsque l’Afrique est malmenée par les fauves en quête de leur pitance en Afrique et ne s’agite que lorsque les conséquences sont ténébreuses pour les Africains.

Aucun Africain digne et respectueux de l’éthique africaine, n’accepterait une telle humiliation surtout lorsqu’il s’agit des leaders qui, en notre temps, sont les leaders de l’Afrique indépendante… je souligne ici la figure de Robert Mugabe. Qu’il ne soit pas sur la liste des invités, les autres chefs d’Etat africains devaient se poser des questions sur l’intention du prédateur noir de la Maison Blanche.

Pire encore, c’est le prédateur noir, l’homme qui, pour une première fois dans l’histoire de l’Afrique, a déversé plus de 8000 bombes à uranium appauvri et/ou enrichi sur le sol africain, c’est cet homme là, qui vient inviter les Africains pour soi-disant « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ». L’homme noir que les grands fauves de l’Amérique ont utilisé pour assassiner plus de 200.000  Libyens et tuer l’homme le plus aimé de l’Afrique, le Colonel Kadhafi. Que les Africains acceptent de se rendre à la Maison Blanche, ils y vont pour leur village et contrée mais pas pour représenter l’Afrique.

QUEL ENSEIGNEMENT CES LEADERS AFRICAINS VEULENT LAISSER A LA POSTERITE ?

Ils ont perdu le sens de l’Honneur et le reste du monde en profite pour les traiter en moutons d’abattoir. Ils sont pitoyables dans leur être lorsque tous les ans ils se rendent en longue file indienne dans les capitales étrangères pour faire la salle de classe devant un professeur dont le nom est à tour de rôle : France, Chine, Inde, et aujourd’hui, USA.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ?

Est-ce que ces dirigeants africains ne peuvent pas abandonner leur souveraineté à l’UA africaine pour se rendre en duo, UA-USA, UA-CHINE, UA-FRANCE, UA-INDE, UA-ETC… pour résoudre les problèmes de l’Afrique. Quel est ce malheur qui frappe sur le front des Africains, qui, chaque fois doivent être la risée des autres nations ? J’ai du mal à être dans la peau de ces chefs d’état sans gloire ni honneur. 

ET LE PREDATEUR ?

Ce que les Africains n’ont pas compris, là où les Latino-Américains ont déjà pris leurs distances, c’est que ces leaders noirs ne connaissent pas les enjeux mondiaux de l’heure ou bien, ils le savent mais créent les conditions pour pourrir l’Afrique après eux.

Les USA n’ont jamais été un partenaire fiable. Ils ont toujours dupé, fait croire au paradis aux peuples du monde, mais ce paradis s’est toujours transformé en enfer de l’enfer. Les pays Latino-Américains en sont bien avertis, l’Iraq, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye, la Syrie actuelle en sont des illustrations éloquentes.

Au lieu que nos leaders s’en prennent à leur soif d’invitation du Noir de la Maison Blanche, qu’ils remuent leurs méninges et renvoient l’ascenseur à l’UA, en déclinant l’offre et en laissant à l’UA, le soin d’aller à la Maison Blanche parler d’une seule voix pour l’Afrique, si l’opportunité d’y être en vaut vraiment la peine suivant l’agenda africain de l’heure.

Aucune sécurité extérieure ne sera bénéfique pour l’Afrique sauf si ce sont les Africains eux-mêmes qui en conjuguent les efforts. La sécurité des USA pour l’Afrique c’est l’insécurité totale…

Il est clair que mon analyse ne changera jamais l’avis de ces chefs d’Etat avides de notoriété. Ils sont prêts à payer le prix du diamant pour se payer le luxe en se ruant à Washington poser auprès du noir-blanc africain de la Maison Blanche, qui est détesté lui-même aujourd’hui par les Noirs américains pour ses basses œuvres dans le monde et aux Etats-Unis même.

DE MEMOIRE: OBAMA, L’HAMEÇON DES PREDATEURS DE LA MAISON BLANCHE POUR LES AFRICAINS…            

Lorsque cet homme arrive au pouvoir lors de son premier mandat, il montre immédiatement un désintérêt pour l’Afrique. Lors de sa première visite africaine qu’il effectue au Ghana en juillet 2009, il tance les chefs d’Etat africain et les traite de despotes, des infréquentables… puis lors de son discours à Accra il sermonne nos « despotes » africains tel et si bien que l’on n’aurait pu imaginer que ce serait encore lui, cinq ans après, qui les convoquera à la Maison Blanche.

Bref, il revient aux leaders africains de soigner leurs images écornées en refusant de jouer le jeu des impérialistes. Ces gens viennent toujours avec des idées sincères… vous croyez que vous êtes en train de consommer un bon poisson mais à la grande surprise, vous trouvez une vipère vivante – somnolant dans votre plat prete à vous mordre l’œsophage.

Et pour paraphraser Louis Farrakhan, « Ne pensez pas qu'ils n’ont pas l'intention de vous voler ce qui se trouve sous votre pied ! Leurs actions ne sont pas à votre avantage, mais à leur avantage (...).  Leur jeu est toujours le même. Ils n'ont jamais changé, et ils ne changeront pas maintenant. Le serpent peut se débarrasser de la « vieille peau », mais la "nouvelle peau" qu’il revêt reste la même: il apparaît juste «frais» et «neuf». »

 

Gilbert NKAMTO (*)

 

Gilbert NKAMTO pour le CEREDD / Centre Européen de Recherches et d’Etudes sur la Démocratie Directe / 25 janvier2014

 

http://www.lucmichel.net/2014/01/25/ceredd-obama-attend-les-africains-a-la-maison-blanche/

 

MANIFESTATION CONTRE OBAMA EN AFRIQUE DU SUD.jpg

Photo : Manifestation contre Obama à Pretoria, Afrique du Sud, le 28 juin 2013.

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(*) www.gilbertrocheteau.blogspot.com

Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.

Secrétaire général du Conseil Panafricain du MDPR /

Mouvement démocratique panafricain pour la renaissance

www.mdpr.populus.ch 

Administrateur d’EODE Zone Afrique

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