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lundi, 23 janvier 2012

CALIXTHE BEYALA - AFFAIRE KIEFFER: L'ASSASSIN SERAIT OUATTARA?


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L'affaire Kieffer, comme une poupée russe. Une affaire sans fin. Une affaire qui avait permis au régime Sarkozy, de présenter l'ex président Ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que son épouse Simone comme des sanguinaires. Et il me souvient que mes compatriotes ne cessaient de me dire : « Comment peux-tu défendre ces gens ? Ils ont tué un Français ! ».

Et ce français n'était autre que le journaliste d'investigation Kieffer, disparu lors d'un séjour en Côte d'Ivoire, alors qu'il enquêtait sur les filières cacao au pays de Houphouët.

C'était en 2004... Et on supposa que. Et on imagina que. Et on supputa que. Et où que poussait le vent des enquêtes ou des rumeurs, un nom revenait avec insistance, celui de Madame Simone Gbagbo... On disait qu'elle était si méchante, qu'elle était capable d'étriper un enfant et de laisser ses entrailles cuire au soleil; et je n'y croyais pas. On la disait si odieuse, que même le diable et ses cornes tremblaient devant elle ; et je n'y croyais pas.
Voilà que près d'un an après le coup d'Etat en Côte d'Ivoire, la vérité commence à surgir de l'ombre, sans déplaire à tout le monde.

Des gens parlent ; des gens s'accusent du meurtre de Kieffer. Ils disent que le meurtre du journaliste français aurait été commandité par le camp Ouattara. Ils donnent des preuves puisque ceux qui accusent s'accusent d'en avoir été les exécutants. Ils proposent de montrer le lieu où ils ont enterré le corps de Kieffer. Ils disent que trois membres de leur commando «opération meurtre de Kieffer», sont aujourd'hui d'imminentes personnalités proches de Ouattara.

Oui, quelques raisons pour lesquelles certains Français détestent Gbagbo et son épouse s'envolent. Et si tout ceci s'avérait, les français verseront quelques larmes de regrets... Oui, d'avoir fait tuer des milliers d'ivoiriens pour voler des richesses certes, mais aussi pour venger la mort de Kieffer. Que c'est cocasse ! Parce que in fine, l'assassin serait Ouattara?????



Calixthe Beyala, écrivaine franco-camerounaise, sur sa page Facebook.

dimanche, 22 janvier 2012

BILAN PROVISOIRE DE LA MANIFESTATION DU FPI: 5 MORTS


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Selon plusieurs sources médicales et proches du CNRD, la violente attaque du rassemblement du Front Populaire Ivoirien (FPI) par les bandes armées pro-Ouattara aurait fait cinq (5) morts, dont au moins une femme, et soixante-sept (67) blessés graves. Suite à ces graves dérives totalitaires du régime de M. Ouattara, la Coalition FPI-LMP/CNRD se réunit cet après-midi pour aviser. Des décisions importantes sont attendues. Restez à l'écoute.


Par : Toussaint Alain

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Suivez bien BBC Afrique pour voir ce que dira Valérie Bony leur correspondante à Abidjan. C'est elle que nous avons entourée sur cette photo. Elle était présente à la place Ficgayo quand ce militant LMP a reçu une balle tirée par les miliciens FRCI du préfet Ouattara. Tout ce que dira BBC, aujourd'hui (21 janvier 2012), sur cette manifestation dépendra du compte-rendu qu'elle fera. Nous espérons qu'elle aura le courage de dire dans l'édition du journal de 18h que Ouattara a fait tirer sur des militants qui étaient simplement venus assister à un meeting. Wait and see !


Par : La Majorité Présidentielle Gbagbo

samedi, 21 janvier 2012

MEETING DU FPI A YOPOUGON, CE 21 JANVIER: 3 MORTS DONT UNE JEUNE FEMME ABATTUE PAR LES FRCI

 

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La rentrée politique du Front populaire ivoirien (FPI), prévue samedi matin à la place Ficgayo a tourné au drame. La manifestation, qui rassemblait plusieurs milliers de personnes, a été interrompue suite à attaque des militants du RHDP qui ont fait usage d'armes à feu et d'armes blanches, lancé des pierres sur la foule, emporté le matériel de sonorisation, cassé des chaises, etc.

Les soldats de l'ONUCI, les policiers et les gendarmes de M. Ouattara ont laissé faire ces graves atteintes à la démocratie et aux libertés.

Les extrémistes pro-Ouattara se livrent actuellement à une chasse à l'homme d'une rare violence contre les partisans du président Gbagbo dans les rues de cette commune d'Abidjan.

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Le bilan humain provisoire fait état de 3 MORTS, dont une jeune femme abattue par les FRCI, la milice tribale de M. Ouattara. L'on dénombre également plusieurs dizaines de blessés par balle et arme blanche. Un jeune pro-Gbagbo a eu l'oreille déchiquetée lors des heurts et a affirmé avoir été pris à partie par des sympathisants de M. Ouattara. Un autre au crâne ouvert et au T-shirt ensanglanté a été évacué.


Dernière mise jour : 21/01/2012 - 15h18 GMT


Par : Toussaint Alain

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Bâches et chaises du meeting saccagées par les partisans de Ouattara

 

ECHOS DE YOPOUGON


Mr Koua Justin JFPI était en direct de la VRA .

Il a dit notamment que le service de sécurité du FPI-CNRD a protégé des journalistes de France 24 de la barbarie qui a eu lieu sur place à Yopougon.

La presse a vu, attendons de voir leur communiqué. Il appelle les ivoiriens à rester calme et a conclu en disant que nous irons jusqu'au bout.

Haut-Les-Coeurs ! Bravo à chacune et chacun d'être sorti massivement.

Par : Voix de la Resistance Africaine - VRA


Les mensonges des médias sataniques comme RFI, AFP, TV5 et France 24 ont commencé.

Ils étaient bien présents au meeting.

Ils ont bien vu que ce sont des miliciens tribaux FRCI du préfet Ouattara qui attaquaient les militants du FPI présents à la place Ficgayo.

Mais pourtant, depuis 2 heures, ils parlent tous dans leur dépêche d'affrontements entre partisans de Ouattara et ceux du président Gbagbo.

Ce n'était pas des affrontements mais bien une attaque organisée des miliciens FRCI, au vu et au su des casques bleus et des policiers ivoiriens.

Par : La Majorité Présidentielle Gbagbo


Regardez ce père de famille tout en sang.

Il a eu la vie sauve grâce au courage de certains militants LMP qui sont allés le tirer des mains de ses bourreaux FRCI.

Ces derniers l'avaient tabassé et s'apprêtaient à le brûler vif quand il a été sauvé.

Malheureusement, le pauvre monsieur a été brûlé à certains endroits de son corps.

Sa vie n'est pas en danger heureusement.

Par : La Majorité Présidentielle Gbagbo


ALERTE, ALERTE, NOS FRERES POLICIERS BLESSES!

Trois policiers ont été blessés.... lorsque des éléments de l'ancienne BAE s'opposaient légitimement à l'attaque barbare des miliciens du RDR , l'Onu a gazé directement les policiers, et des jets de pierres ont été aussitôt effectués contre eux. Devant moi, trois policiers
ont été blessés, dont un  gravement.

Moussa Zeguen Toure

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La place Ficgayo, après le passage des FRCI et des partisans pro-Ouattara


"Meeting du FPI, premier bilan: un mort à Carrefour Keneya et un autre aux Toits-Rouges La Poste, 5O blessés, les Rhdp démontent les bâches, cassent, pillent, les casques Bleus de l'Onu, indifférents, circulent, des militants Fpi bastonnés..."


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 20 janvier 2012

MADAGASCAR: RAVALOMANANA RENTRE CHEZ LUI, DEMAIN SAMEDI


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Johannesburg - Le président malgache déchu Marc Ravolamanana volera vers son pays d'origine, le samedi, a-t-il dit vendredi.



«Il a fallu un an de négociations dures pour parvenir au point où je suis confiant de pouvoir maintenant retourner dans mon pays bien-aimé, mettant fin à trois ans d'exil", a déclaré aux médias Ravolamanana à Johannesburg.

Ravolamanana a été renversé du pouvoir en 2009 après un coup d'Etat militaire dirigé par Andry Rajoelina.
«Je vais revenir pour faire la paix, pas la guerre. Je vais revenir en tant que citoyen, en tant que personne qui croit absolument, absolument et fondamentalement, dans la démocratie."

Il a décrit comme étant sans fondement les allégations prétendant qu'il avait tué des opposants et a déclaré qu'il avait été jugé par un tribunal irrégulier d'un régime illégal.

"Toute enquête indépendante montrera que les accusations sont un non sens total."
Il a dit que toute tentative de l'arrêter à son débarquement à Madagascar se heurtera à une résistance.

«Ce serait un acte de folie énorme pour le régime d'essayer de m'arrêter et je ne crois pas que les institutions de la transition, ni le peuple malgache permettront une telle action.


La Rédaction de "Tsimok'i Gasikara"

 

Autres articles sur le sujet: TSIMOK'I GASIKARA

22:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Madagascar | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : madagascar, marc ravalomanana de retour chez lui, andry rajoelina | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

UN NOIR VENDREDI 13: LA FRANCE ET NICOLAS SARKOZY «DEGRADES»


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Le vendredi 13 janvier 2012 est venu en rajouter à toutes les superstitions fantaisistes sur cette date « singulière ». Un authentique vendredi noir qui a vu la dégradation en cascade de plus de la moitié des pays européens membres de la zone euro (9 sur 17), victimes d'une gouvernance européenne non concluante qui plonge une bonne partie de l'Europe dans l'incertitude et les lendemains improbables. Oui, le couperet, après plusieurs mois de tergiversations et de circonlocutions, est tombé, dru : La France a perdu son triple A, avec une perspective négative, et bien d'autres pays ont été dégradés. Mais pas l'Allemagne qui conserve une perspective stable. « Une double claque pour le gouvernement français », comme dit le journal français Le Figaro.

L'agence de notation américaine Standard & Poor's (S&P) qui a infligé cette sanction à l'Europe portait ainsi un regard des plus sévères sur les institutions et les dirigeants européens qui, au terme de multiples sommets de dernière chance, ne sont finalement pas parvenus à apporter des solutions suffisantes à la crise de la dette qui frappe de plein fouet la zone euro.


Le plus grand grief de l'agence de notation contre les européens, c'est le fait de fonder leurs réformes et mesures de sortie de crise financière sur la seule et unique austérité budgétaire, contre productive et non compétitive. L'Europe, en ne donnant pas ainsi de garantie de croissance et de compétitivité aux marchés financiers, devient peu sûre et tombe tout logiquement sous le coup d'une décision implacable qui dégrade sa compétitivité.


Elle épingle, en outre, l'insuffisance des ressources constituant les fonds de secours de la zone euro, et - pour bien faire les choses -, dégrade aussi d'un cran le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), véritable fonds de soutien - si ce n'est de salut - européen, trois jours seulement après avoir dégradé les pays européens (le lundi 16 janvier 2012) et après que l'Allemagne ait marqué sa volonté de ne pas le renflouer, rendant inévitable la nouvelle sanction de Standard & Poor's.


Cette notation de l'agence américaine est un véritable camouflet, un revers cinglant, pour Nicolas Sarkozy qui avait toujours présenté ce triple A comme un « trésor national » et qui confiait en coulisse : « Si on perd le triple A, je suis mort », « il faut qu'on garde, coûte que coûte, le triple A ». François Fillon, le Premier ministre français, était même péremptoire : « La perte du triple A, c'est la ruine de la France ». Eh bien, c'est fait ! Le socialiste François Hollande ne fait pas la fine bouche : « C'est une politique qui a été dégradée, pas la France ». Pour Dominique de Villepin, c'est « l'échec d'un quinquennat, l'échec d'un choix, le choix d'ouvrir les vannes de la dépense ». Le parti de Nicolas Sarkozy, l'UMP, relativise l'information qu'elle affirme ne pas être une catastrophe et rebondit sur le maintien du triple A de la France par les agences de notation Moody's et Fitch Ratings qui constituent avec S&P (la plus ancienne et la plus influente sur les marchés financiers de la planète), une oligopole devenue incontournable, depuis une vingtaine d'années, pour les investisseurs du monde entier. Moody's et Fitch maintiennent, certes, le triple A de la France mais, à la vérité, elles la tiennent (la France) à l'œil pour les prochains mois et il ne faut pas se faire d'illusions, elles dégraderont bel et bien la dette souveraine française, tout comme S&P. C'est juste une question de temps. Tout simplement parce que la France ne dispose d'aucun mécanisme pour rebondir avant plusieurs années. Elle n'offre aucune garantie de croissance, en ce moment. Sa seule matière première : l'austérité, la rigueur, la cure d'amaigrissement drastique. Pas précisément faites pour relancer l'économie. Vous parlez d'un cercle vicieux !


En réalité, la France et singulièrement Nicolas Sarkozy, sont victimes d'une longue tradition de gouvernance nationale chaotique et de gestion internationale apocalyptique. D'une part, depuis 32 ans, tous les budgets de la France sont en déficit. Le dernier en équilibre se trouvait être sous Valéry Giscard d'Estaing. En clair, cela remonte à une petite éternité. D'autre part, l'on se souvient encore des récentes croisées de ce pays, en Afrique, qui ont fait des milliers de morts en Côte d'Ivoire et en Libye, ainsi que des destructions immenses, innommables qui, au final, n'ont fait tomber aucune véritable dividende dans l'escarcelle d'un Hexagone en faillite, qui s'agrippe avec le désespoir d'un damné pour ne pas descendre dans les profondeurs abyssales, quitte à déglinguer au passage des Etats tranquilles, souverains et qui ne demandent qu'à décider, sans intrusion ni ingérence, de leur propre histoire. Elle fait, actuellement, la cour à la Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, avec la visite remarquée du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Il faut d'ores et déjà craindre pour la Birmanie, dans les mois à venir. Car la « communauté internationale » a choisi son candidat.

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La France doit redevenir humble, réaliste et conséquente envers elle-même : on ne mène pas grand train de vie quand on est paumé. Pour parler trivialement. C'est le bon sens même ! Nous le disons une fois de plus : la France doit revoir ses prétentions à la baisse, seule voie de sortie. Et de salut. Et transformer son modèle économique, non compétitif, ainsi que son modèle de société, trop coûteux, en socle de stabilité et de croissance.  Pourquoi un Etat qui est loin d'avoir les performances d'une Allemagne bonne élève, première puissance économique d'Europe, possédant une armée modeste, sans base militaire à l'extérieur et résolument au travail, prétendrait-il entretenir plus de 10 bases militaires en dehors de son territoire et se payer le rythme de vie qui est le sien, en ce moment ? Avec quelles ressources les ferait-il fonctionner et avec quoi maintiendrait-il son modèle de société actuel quand l'économie nationale part en vrille ?

La France ne peut continuer à vivre au-dessus de ses moyens au point d'arrimer le simple fonctionnement de l'Etat à un endettement excessif. Point des comptes : 1700 milliards d'euro de dette à la fin du troisième trimestre 2011. Plus de 85% du PIB. Phénoménal. Déprimant. Pour autant, elle dispose encore de trois voies possibles pour éponger cette lourde créance : une forte inflation (spoliation des épargnants ; ce qui n'est pas souhaitable), une forte croissance, ou une hausse significative des recettes publiques. La France ne peut envisager aucune d'elle. A tout le moins, pour l'heure. Elle n'en a pas les moyens.

Pour ne pas avoir voulu se soumettre à cette règle élémentaire d'économie, le pays de Nicolas Sarkozy s'est offert, avec sa bénédiction, « poings et pieds liés aux marchés financiers », comme le dit si bien Monsieur Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche. Cette dégradation d'un cran de la dette souveraine française, avec perspective négative, n'est en réalité que le premier maillon d'une chaîne déclinante qui verra la descente aux enfers de la deuxième économie d'Europe. Une déchéance bien amorcée pour la décennie. Pour la simple et bonne raison que Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs ont pris toutes les décisions et instauré toutes les réformes sauf la seule qui vaille : cesser de vivre de l'économie de prédation et des guerres démocratico-humanitaires - qui ne sont rien d'autre en réalité qu'impérialistes et ne représentent pas la vraie richesse du pays - et se mettre résolument au travail comme l'Allemagne. Mais pour y arriver, il faut une bonne dose d'humilité que n'a pas la France.

L'Allemagne pour rappel, dans l'optique d'atteindre une industrialisation et une force de production suffisantes pour booster son économie, ainsi que son développement, et se mettre au large, avait adopté une réforme baptisée en allemand « Feuille de patate » : c'est-à-dire serrer la ceinture, vivre selon ses moyens, quitte à manger de la patate et des feuilles de patates. Or, Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat français chargé du Commerce extérieur, sur le plateau de l'émission « Mots Croisés » de France 2, ce lundi 16 janvier 2012, l'a dit sans détours, bien qu'étant membre du gouvernement d'un pays au bord du précipice : « La France n'ira tout de même pas jusqu'à manger des feuilles de patates ! ». Très révélateur de l'état d'esprit d'un peuple imbu et suffisant (tous les français ne le sont pas, heureusement), peu disposé au sacrifice. Surtout quand ce sont les plus faibles qui doivent payer, pendant que le CAC 40 distribue des milliards d'euro de dividendes, profits dont le montant s'élève à 12 fois ses charges fiscales réelles payées à l'Etat français, selon Monsieur Jérôme Cahuzac, Président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Chargé du pôle budget et fiscalité dans l'équipe de campagne de François Hollande.

Espérons que « la grande France » trouve les solutions idoines à son mal, un mal profond qui risque de l'emporter, irrémédiablement. « ADO Solutions », qui a juré la main sur le cœur avoir une réponse à chacun de nos problèmes, pourrait même lui prêter main forte s'il parvient à se sortir des sables mouvants ivoiriens dans lesquels il est lui-même empêtré, depuis bientôt dix mois, nous donnant le net sentiment de naviguer à vue et de conduire le navire Ivoire dans les rochers, à l'image du commandant Francesco Schettino du bateau de croisière Costa Concordia, échoué vendredi dernier (13 janvier !), aux larges de l'île de Giglio (Ouest de l'Italie).

Compétitivité et mise en ordre des finances publiques - et nous ajouterions volontiers « mise à plat de l'ego surdimensionné de la France » - paraissent être les seules issues objectives qui s'offrent à un Nicolas Sarkozy, groggy, qui ne peut pas plus mal commencer sa campagne présidentielle 2012. Au-delà des euphémismes de rigueur pour ne pas perdre son aplomb. En attendant, les Ivoiriens pleurent, dans la plus grande indifférence du gouvernement ivoirien, le décès du ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, le père du « budget sécurisé » et du « budget de sauvegarde » qui nous ont donné de grandes fiertés, nous épargnant de nous inscrire dans la mendicité internationale, option résolument affichée du nouveau régime d'Abidjan. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 420 du jeudi 19 janvier 2012.

SIDIKI BAKABA, COMEDIEN ET REALISATEUR: «DANS LE BUNKER DE GBAGBO, J'AI ECHAPPE A LA MORT»

 

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Le comédien ivoirien Sidiki Bakaba, 62 ans, est un miraculé. Il a vu la mort de près, de très près même. Le 11 avril 2011, jour de la chute et de la capture de Gbagbo, des soldats pro-Ouattara ont voulu l'exécuter. Il a été sauvé de justesse par des militaires français qui passaient par là. La veille, le 10 avril, un obus tiré à partir d'un hélicoptère français de la Licorne a failli le réduire en bouillie. Au Festival du film de Tanger où nous l'avons rencontré, l'ancien directeur du Palais de la Culture d'Abidjan nous a livré un récit poignant de l'odyssée qui a failli lui coûter la vie. Nous vous livrons, tel quel, le témoignage d'un homme qui revendique toujours une amitié de 40 ans avec Laurent Gbagbo.


« Le 10 avril 2011, veille de la capture de Gbagbo, je filmais avec ma caméra. Ma maison est dans la même rue que celle de la résidence où le président s'était retranché avec ses proches, dans un bunker. Autour de moi, ça n'arrêtait pas de tirer. Il y avait plus de 300 militaires et des blindés dans les environs. J'étais bloqué chez moi. Des soldats pro-Gbagbo me disaient : «Vieux père, nous nous battons pour libérer l'Afrique ! Ils semblaient enthousiastes. Ils m'ont même mis dans leur blindé et j'ai pu filmer les rues désertées de Cocody. Plus tard, ils sont revenus me dire : "Vieux père, ça commence à se gâter ; il faut partir, car si les Frci (Forces républicaines de la Côte d'Ivoire) te trouvent, ici, ils vont t'arroser de balles d'autant plus qu'il y a des mercenaires parmi eux". Fuir, mais pour aller où ? Le quartier était encerclé et il n'y avait plus d'issue. Et puis je ne fais pas de politique moi ! J'ai juste la malchance, si on peut appeler cela une malchance, d'avoir croisé sur mon chemin, il y a 40 ans, un certain Laurent  Gbagbo avec qui j'ai partagé des moments d'exil à Paris et qui est devenu président, plus tard.

Pendant le conflit, j'ai filmé des exactions de part et d'autre et c'est dommage que ma caméra et toutes mes cassettes soient détruites par les soldats de Ouattara. Est-ce que le fait de témoigner, c'est prendre partie ? Ces images à jamais perdues auraient bien éclairé l'opinion, aujourd'hui que Gbagbo est devant la juridiction internationale. Le 10 avril 2011, j'étais devant la résidence. J'avais décidé d'aller voir le président pour lui demander de tout laisser tomber, de partir pendant qu'il est encore temps, car cela n'en valait plus la peine.

Des cadavres autour de moi

En filmant avec ma caméra, j'ai, subitement, vu un hélicoptère français qui volait à basse altitude et qui faisait du surplace. Comme saisi d'une intuition, je me suis dit : "Tiens, et s'il prenait ma caméra pour une arme ?". Sans hésiter, j'ai sauté à plat ventre dans le poste de garde de la résidence. J'ai, ensuite, entendu le bruit assourdissant d'un obus qui passe au dessus de ma tête. Le souffle de l'explosion m'a soulevé à presque un mètre du sol. En bon musulman, j'ai imploré Dieu à trois reprises. Quand j'ai retrouvé mes esprits, j'ai vu de nombreux cadavres autour de moi, des corps démantelés, des têtes et des membres partout. Parmi les morts, de jeunes soldats qui, quelques secondes plus tôt, me disaient d'entrer à l'intérieur de la résidence. C'était horrible ! J'essaie de marcher, mais ma jambe gauche est sérieusement touchée par des éclats d'obus. Alors, j'ai sautillé jusqu'à l'infirmerie remplie de blessés. Les médecins veulent me faire monter au balcon où se trouvait une autre installation médicale, mais je me suis ravisé. Heureusement, car, quelques minutes plus tard, un autre obus français a réduit en poussière cet endroit, tuant le personnel soignant et tous les blessés qui s'y trouvaient.

J'ai rampé jusqu'à l'intérieur du bâtiment principal où, sans anesthésie, des infirmiers m'ont lacéré la jambe avec des rasoirs pour extraire de mon corps les 40 éclats d'obus. Mais, je ne sentais aucune douleur, j'étais dans une semi-inconscience. Je me disais que c'était la fin, que j'allais mourir, mais je tenais à ce que mon cadavre soit intact, afin que mon épouse qui vit à Paris puisse le récupérer et m'enterrer dignement. Puis, le service de presse de la Présidence m'a filmé et a mis les photos sur Internet. C'est à partir de ce moment que tout le monde a su que j'étais sérieusement blessé.

Dans la résidence, c'était l'apocalypse. Certains criaient, d'autres pleuraient ou priaient. Moi, j'étais plongé dans une semi-conscience et j'avais comme l'impression de vivre un cauchemar. L'ancien ministre de l'Intérieur, Désiré Tagro, secrétaire général de la Présidence, assis à côté de moi, me réconfortait. Plus tard, quand Gbagbo m'a vu, il s'est écrié : "Mais pourquoi ils lui ont fait ça ?". Il disait qu'on ne doit pas toucher à un artiste, à un symbole. Plus tard, Tagro a été affreusement tué, après qu'une balle lui ait arraché la mâchoire et défiguré le visage.

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Manipulation des médias occidentaux

Ce que j'ai vu, ce jour-là, est horrible : des hommes, des femmes et des enfants dont les restes étaient éparpillés un peu partout. C'était vraiment de la sauvagerie et aucun être humain, même s'il a commis des crimes, ne mérite d'être traité ainsi. Il y a eu une grande manipulation de la part des médias occidentaux dans cette crise ivoirienne qui n'a pas encore révélé tous ses secrets. La nuit du 10 au 11 avril, les bombardements d'hélicoptères et les tirs des chars continuaient à s'abattre sur la résidence. Le bunker tremblait de partout.

Durant toute la nuit, j'étais comme mort, inconscient, plongé dans un rêve qui refusait de s'achever. Au petit matin du 11 avril (jour de l'arrestation de Gbagbo, Ndr), entre des moments de conscience et de coma, je me suis retrouvé debout, les mains en l'air, quelque part, avec d'autres blessés. Je croyais que j'étais dans la forêt, mais j'étais à quelques centaines de mètres du Golf Hôtel où le désormais ex-président, son épouse et ses proches étaient conduits. Nous étions trop mal en point pour être emmenés au Golf où les caméras du monde entier risquaient de nous filmer.

J'étais adossé à un mur, les bras en l'air, comme devant un peloton d'exécution. Au fond de moi, je me demandais : mais pourquoi je suis encore vivant ? Devant moi, trois soldats, avec des bonnets africains surmontés de plumes, qui ressemblent à des chasseurs dozos. Des gens du Nord comme moi le Malinké, petit-fils de Cheikh Fantamady Aïdara (de par ma mère), qu'ils veulent tuer. L'un de ces "bilakoros (non circoncis, Ndr) me dit : "Sidki Bakaba, tu es fidèle, toi. Fidèle jusqu'au bout. J'aime les gens fidèles". En le regardant, c'est comme si j'étais devant un miroir qui me renvoyait ma propre image. Le deuxième me lance : donne-moi ta montre. Il me l'arrache ainsi que ma chaîne et mon bracelet en argent. Je me disais, au fond de moi : mais c'est fou ça, tu ne peux pas bombarder une résidence présidentielle, il y a quelques heures et puis voler une montre à un blessé ! J'avais de la compassion pour ces gens-là. J'étais presque nu, je n'avais plus que mon slip et tout ce qu'ils m'ont laissé, c'est ce chapelet (il nous le montre) que j'ai hérité de ma maman dont le décès m'avait trouvé au Japon.

L'un des soldats qui semblait être le chef de la bande compose un numéro sur son téléphone portable et je l'entends dire : nous avons capturé Bakaba. Je me disais que, puisque son interlocuteur semble me connaître, j'allais être sauvé. C'est en ce moment que l'un des bilakoros s'avance vers moi d'un air menaçant et me donne un violent coup de crosse de sa kalachnikov sur la tête. Un liquide m'envahit le visage, du sang mélangé à ma sueur. Il me donne un autre coup de crosse sur mon œil qui est resté fermé pendant une dizaine de jours. Sans aucune pitié, il m'enfonce un couteau dans l'épaule gauche. Son chef lui crie enfin : "Mais, arrête, qu'est-ce qu'il t'a fait ?". Derrière moi, les autres prisonniers avec qui j'étais pleuraient, criaient. Ce qui a ébranlé mes bourreaux, c'est mon calme olympien, malgré mes souffrances. Cela les a sans doute désarçonnés.

«Honte d'appartenir à la race des Africains»

Mais, il était dit que je n'allais pas mourir, ce jour-là. Comme par hasard, des militaires français passent dans les parages avec leur char. J'étais avec Paul Madys, un chanteur proche de Gbagbo dont la sœur a été tuée dans sa maison. L'un des soldats français, sentant sans doute qu'on allait nous exécuter, a voulu nous emmener avec lui, mais il tenait, d'abord, à informer ses collègues. Paul Madys leur dit : "Si vous nous laissez là, ils vont nous tuer. Emmenez Sidiki avec vous et laissez-moi ici, je préfère mourir et le sauver, même si j'ai 20 ans de moins que lui". Cette phrase m'a ébranlé, car ce jeune homme n'est pas du Nord, n'est pas malinké comme moi, pourtant, il a voulu se sacrifier pour ma survie. Finalement, les militaires français nous ont tous embarqués dans leur char et nous ont conduits à l'hôpital de Cocody. Dans le char, pour la première fois, depuis presque deux jours, je sens enfin une fraîcheur m'envahir. A l'hôpital, les médecins et tout le personnel soignant se sont occupés de moi et m'ont mis à la chambre 13. Le médecin-chef m'a dit : "Il vaut mieux qu'on te déclare mort, sinon ils vont venir t'achever". La rumeur de ma mort s'est propagée un peu partout et c'est peut-être ça qui m'a sauvé la vie. Heureusement, car de ma chambre située à l'étage, j'entendais des rafales de mitraillettes. Le médecin m'a confié que ce sont des militaires pro-Ouattara qui venaient achever des jeunes qui étaient internés aux urgences.

De Paris, mon épouse Ayala (de nationalité française, Ndr) a contacté par téléphone le gardien de notre maison, désormais occupée par des soldats qui ont détruit tout mon matériel audiovisuel, mes archives accumulées durant des décennies, ma salle de montage, mes cassettes. Et c'est par chance que notre gardien a pu récupérer mon passeport français, miraculeusement sauvé des pillages. Après des efforts multiples, elle a saisi la cellule de crise du Quai d'Orsay, le nouvel ambassadeur de la Côte d'Ivoire à Paris, Aly Coulibaly (un jeune que j'ai vu grandir) qui, à son tour, a contacté le ministre ivoirien de la Justice, Jeannot Kouadio Ahoussou. Je suis, finalement, rapatrié en France, après de nombreux jours passés au Chu de Cocody. Le médecin français qui m'a consulté à mon arrivée m'a dit que si j'étais resté 24 h de plus à Abidjan, j'allais mourir, tellement mon corps était empoisonné par les balles et les blessures.

C'est en France que j'ai appris l'arrestation de Gbagbo. Aujourd'hui, je dois ma vie aux médecins de Cocody, mais surtout à ces jeunes soldats français que je ne connais même pas. J'ai passé une dizaine de jours en rééducation dans une structure à l'Ile de Ré, en France, et c'est un miracle si je suis là à Tanger en train de vous raconter tout ça, avec tout mon corps intact, même si, parfois, j'ai des pertes de mémoire. C'est, peut-être, le chapelet de ma mère qui m'a sauvé. Je me suis soigné avec le peu d'argent que j'avais, car mes comptes ont été bloqués, comme ces 400 autres personnes proches de Gbagbo dont des journalistes qui avaient un salaire d'à peine 100 mille francs Cfa. »

 

Source: LE SOLEIL.SN

LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION EST MAL PARTIE


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La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise qui s’est soldée par une violente guerre avec un cortège de désolations innombrables. Certes, les blessures sont encore profondes mais il est impératif de tenter de recoller les morceaux. Pour ce faire, le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, a signé le 13 juillet 2011, l’Ordonnance n° 2011-167 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la  Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) chargée de panser les plaies des Ivoiriens meurtris et de refaire de la Côte d’Ivoire cette oasis de paix si attrayante où il faisait bon vivre. Cependant, tout porte à croire que cette institution aux ambitions nobles aura du mal à atteindre l’objectif qui lui a été assigné.

Une composition incohérente

La composition de la CDVR est loin de faire l’unanimité. En effet, on ne peut être « juge » et partie or, il est de notoriété publique que Charles Konan Banny, Président de ladite commission, est une figure influente du RHDP union politique intégrant le RDR, parti au pouvoir. Ceci crée déjà la méfiance dans le camp adverse et freine la confiance sur laquelle devrait reposer l’action de réconcilier. Il aurait été plus judicieux de confier la direction de cette commission à une personnalité neutre dans le paysage politique ivoirien ou au moins de lui adjoindre une personnalité du clan adverse.

L’autre fait intriguant est que, hormis son Président, cette commission ne soit constituée que de membres de la société civile ivoirienne, avec des représentants issus des milieux traditionnels, religieux, mais aussi des différentes zones géographiques du pays.  Il apparait clairement que la classe politique n’y est pas représentée.

Ce procédé porte à croire que la Côte d’Ivoire sort d’une Guerre Civile essentiellement religieuse et ethnique. Alors qu’il n’en est rien. Le vrai problème réside dans les querelles politiques consécutives à la mort de Félix Houphouët Boigny, le premier président ivoirien. Sa succession a été un fiasco qui a entrainé le pays dans une succession de crises du fait de la haine viscérale que se vouaient les acteurs politiques de l’époque. La crise ivoirienne est donc purement politique. Dans ce contexte, il est difficile de résoudre la crise politique en n’impliquant que les victimes, c'est-à-dire la société civile en faisant fi des véritables belligérants qui sont en réalité les acteurs politiques? Ce faisant, la CDVR risque dans sa mission de déplacer le problème ou simplement le survoler sans oser le résoudre réellement.

La banalisation du transfèrement de l’ex-chef d’Etat

Le transfèrement de l’ex-chef de l’Etat ivoirien n’est pas fait non plus pour favoriser la réconciliation. En effet, le second tour de l’élection présidentielle de 2010 a montré la bipolarisation de la classe politique ivoirienne. Cet état de fait nous montre que l’ex-président Laurent GBAGBO est, à n’en point douter, le leader d’une grande frange de la population (45% des suffrages lors du second tour des élections générales de 2010 selon la Commission électorale indépendante (CEI)). Après le transfèrement de ce dernier à la Cour pénale Internationale (CPI), l’on attendait de la CDVR un plaidoyer pour sa non inculpation devant cette cour internationale ce qui aurait pu atténuer les tensions toujours vives qui  existent dans le pays. Contre toute attente, la CDVR a banalisé ce  transfèrement  lors d’un communiqué officiel datant du 08 décembre 2011, avançant comme raison que sa mission n’était pas de juger, ni de condamner ou d’amnistier mais d'amener tous les Ivoiriens, sans exclusive, à identifier les causes de leurs dissensions et mettre en lumière tous les cas de violation de droits de l’homme, et tout mettre en œuvre pour éviter que nous ne retombions dans les mêmes errements. Comment dialoguer quand on sait qu’un acteur clé de la crise, en l’occurrence le Président Gbagbo, est entre les mains de la justice internationale ? Sans toutefois s’opposer à ce que justice soit faite, la CDVR aurait dû plaider auprès du gouvernement ivoirien pour que celui-ci fasse preuve d’une humilité qui aurait pu être salvatrice. Ne dit-on pas que la paix n’a pas de prix ? De plus, voir que seul le président Gbagbo est transféré à la Haye donne le sentiment d’une justice de vainqueurs qui rappelle le cas des généraux d’Adolf Hitler à Nuremberg.

La justice des vainqueurs

Cette justice des vainqueurs se remarque au quotidien et pourtant la CDVR n’a mené aucune action concrète auprès du gouvernement pour un dégel des relations entre lui et le clan adverse. Cette situation ne fait qu’accentuer la méfiance qui existe déjà entre les différentes parties à la crise. Tous les acteurs de cette crise ont une responsabilité car les exactions sont partagées. Il serait donc mieux que tous bénéficient d’une amnistie à défaut de mettre en place une justice impartiale. Dans le cas contraire, la cohésion sociale ne sera jamais réellement reconstruite d’autant que les exactions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) continuent et restent impunies. Les souffrances banalisées dans l’oubli associées à une tolérance excessive envers les amis du pouvoir entretiennent le fossé et un sentiment d’injustice flagrant.

Pour guérir un mal, il faut le traiter à la racine ainsi, la CDVR devrait mettre tout en œuvre pour éviter les pièges du Forum de réconciliation national de 2001 qui, ayant esquivé les problèmes de fond, a débouché sur la rébellion de 2002.
La CDVR gagnerait alors à faire le bon diagnostic pour trouver le remède adéquat afin que les Ivoiriens puissent se retrouver sans haine ni rancune. Il y va de notre survie à tous ; il y va la pérennité de la Côte d’Ivoire.


Par Aquilas YAO, étudiant libéral ivoirien (ELI) au sein d'Audace Institut Afrique.


Source: AUDACE AFRIQUE.NET

jeudi, 19 janvier 2012

JERRY RAWLINGS HAUSSE A NOUVEAU LE TON: «GBAGBO A LA HAYE? UNE HUMILIATION POUR L’AFRIQUE!»



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Tout feu tout flamme. Ancien président ghanéen et Haut représentant de l'Union africaine pour la Somalie, Jerry Rawlings a tenu, à l'occasion d'un discours prononcé lors de la sixième session ordinaire du Parlement panafricain, lundi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), à dénoncer l'incapacité du continent à prévenir les excès sponsorisés par certains membres de la communauté internationale, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire. Il s'est une fois de plus insurgé contre le transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye. Larges extraits de son discours.

L'Afrique n'a pas réussi à empêcher les excès en Libye et en Côte d'Ivoire...

«L'Afrique a au cours des douze derniers mois connu des bouleversements politiques considérables. Et l'action ou l'inaction de l'Union africaine et de ses divers organes ont amené certains à remettre en question l'avenir de cette institution créée avec les plus nobles intentions. De la Tunisie à travers l'Egypte à la Libye et même en Côte d'Ivoire, il y avait des mouvements politiques de nature différente qui remettaient en question la capacité de l'institution à engendrer l'unité africaine, la paix et le développement. Bien que la majorité d'entre nous ont été ravis de la volonté des peuples à prendre leur destin en main, nous avons été pris de court par l'échec du continent à empêcher les excès dans des pays comme la Libye et la Côte d'Ivoire. Notre déroute collective doit être corrigée de toute urgence et avec détermination afin que le sang et le labeur de ceux qui ont sacrifié leur vie à rechercher le changement ne soient pas gaspillés».

Gbagbo à La Haye ? C'est humiliant...

«Il est tout simplement humiliant qu'en ce 21ème siècle, notre continent conduise certains de ses dirigeants à La Haye comme on conduit l'agneau à l'abattoir, alors que nous sommes censés avoir la capacité de rendre notre propre justice. Nous devons laisser La Haye à ceux qui ne peuvent pas contrôler leur destinée. Si les Libyens étaient justifiés à renverser le régime de Kadhafi dans leur quête de liberté et de justice, alors pourquoi ne peuvent-ils pas rendre leur propre justice?

Si les Ivoiriens sont vraiment en quête de paix et de réconciliation, dans le cadre d'un processus convenu par les deux factions de Ouattara et Gbagbo, pourquoi alors envoyer à la CPI un ancien dirigeant qui, en dépit de ses défauts, a accompli son devoir envers son pays ?»

Dire non à «une nouvelle forme de colonialisme»

«Nous avons et avons eu des dirigeants défaillants mais nous avons assez de dirigeants bons et progressistes, qui ne peuvent réussir que si des institutions comme le Parlement panafricain et les parlements nationaux leur montrent la voie et leur accordent leur soutien.

Le temps est venu de cesser d'être des observateurs, et de devenir de véritables acteurs dans les dynamiques de changement du continent. Le danger est devant nous. Nous ne devons pas permettre à une nouvelle forme de colonialisme d'engloutir notre continent et de nous transformer en marionnettes de la communauté internationale. Conjuguons nos efforts en prenant une position ferme contre cette menace imminente.»

Les immigrants africains victimes de trafics d'organes en Egypte...

«Nous devrions être particulièrement préoccupés par la situation en Egypte où la douleur et l'agonie que le peuple a endurées à la place Tahrir et dans d'autres villes se répète quelques mois après. Il est évident que la machine très oppressante que la révolution cherchait à supplanter a de nouveau émergé et sous le prétexte de la sécurité nationale, les Egyptiens ordinaires sont de nouveau confrontés à des assauts et des brutalités rappellent ce qui s'est passé en janvier et février de l'année dernière (...). Pendant combien de temps allons-nous être des observateurs silencieux ? Et pourtant, les révolutions menées par des populations désarmées civiles en Tunisie et en Egypte avaient donné au monde l'espoir que la liberté et la justice allaient enfin triompher. (...) Il y a quelques mois, le projet Freedom CNN a publié un exposé sur l'enlèvement cruel et l'extraction des organes vitaux des immigrants illégaux qui tentent de passer à travers l'Egypte en Israël. Les passeurs bédouins auraient arraché des parties de leurs corps alors que les immigrants étaient encore vivants. Les immigrants sont réduits en esclavage, torturés et ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer des sommes énormes à ces contrebandiers font face à la sanction ultime d'une mort déshumanisante à travers le prélèvement d'organes ! Et l'Afrique est muette ?»


Traduit par Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ENQUETE - PROSTITUTION EN LIGNE: QUAND L'INDUSTRIE DU SEXE SEVIT SUR INTERNET


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Une prostituée de rue

L’une des découvertes les plus fascinantes du millénaire reste, l’Internet, à partir duquel le monde n’est plus qu’un village planétaire. Pourtant, ce qui a suscité autrefois autant d’espoir à sa création, est en passe de devenir un couteau à double tranchant dans son utilisation. Via Internet, on gruge, on arnaque, on vole et on se «vend». 

Présentation

Moyen de communication par excellence, l’Internet sert aussi à se faire des amis (es). Ainsi, des sites ont été conçus dans ce sens pour faciliter les rencontres entre individus. A cet effet, des sites de tout genre existent pour les célibataires, les gays, les lesbiennes, etc…Si certains sont gratuits d’autres cependant, sont payants. Entre autres sites, nous pouvons citer, ‘’Easyflirt’’ qui est un site de rencontre avec chat et webcam. ‘’Easyflirt’’ revendique 27 millions de célibataires qui lui font confiance pour rencontrer le grand amour. ‘’Meetic’’, est le site de rencontre classé n°1 en Europe avec le plus de célibataires inscrits, où il y a plus de chances de faire une belle rencontre’’, lit-on sur le site. C’est un site de rencontres 100% gratuit. ‘’Badoo.com’’, ‘’123love.com’’ et ‘’Babel.com’’ qui sont aussi des sites de rencontres, permettent de dialoguer avec des célibataires près de chez vous. C'est gratuit et sans abonnement. Il existe plusieurs sites de rencontres cependant sur Internet, pour le bonheur de leurs adeptes. 

Manifestations

« J’ai besoin d’argent, aidez-moi », « recherche homme pour relation sérieuse », « toi, homme de 40-50 ans, je te fais la totale à trente mille francs CFA. Je fais tout, sans discussion », « bonsoir, je me nomme coup de coeur, j’ai des amies femmes d’affaires qui payent de cinquante à cent mille francs et plus après rapports protégés et discrets. Veuillez me contacter pour une réservation au numéro suivant (…) », « vous me donnez cinq mille et on fait ça chez moi à domicile ». Ce sont les phrases qu’on lit sur les profils des abonnés ou visiteurs des sites de rencontres sur le net. Les motivations d’un site de rencontres à un autre sont diversifiées. Certains y vont pour des opportunités d’affaires, d’autres pour se faire des amis (es), mais la grande majorité y va pour assouvir un quelconque désir sexuel ou pour satisfaire sa libido. Les femmes et les hommes sont tous logés à la même enseigne. Vous vous inscrivez sur un site de rencontres avec un pseudo ou votre propre nom- c’est selon- puis ensuite, vous avez la possibilité d’échanger avec des milliers d’individus. Pour la plupart du temps, il n’y a aucun sujet tabou. Au bout de quelques minutes, vous vous en sortez avec des numéros de vos correspondants virtuels. Si vous poussez l’accès un peu plus loin, vous avez la possibilité le même soir, de coucher cette dernière dans votre lit. Parce que quand certaines feignent de faire les saintes nitouches, d’autres par contre ouvrent de prime à bord, les hostilités. Plus besoin de se faire prier, car l’adage le dit, « les oiseaux de même plumage volent ensemble». 

Tout le monde s’y adonne…

Après la destruction de certains sites reconnus pour être des nids de promotion de la prostitution ou des lupanars dans le district d’Abidjan, les jeunes filles déscolarisées ou non ont recours à la toile. De la prostitution de quartier, elles sont passées à une autre forme de prostitution de luxe : la prostitution sur Internet. Elles n’hésitent plus à mettre le grappin sur des hommes férus de sensation forte et adeptes de lubricité. Il est souvent loisible de voir des femmes de plus de 40 ans se connecter pour rechercher une partenaire plus ou moins jeune pour des rapports sexuels à trois ou quatre. Sur les différents sites de rencontres, les relations contre nature se répandent comme des champignons au grand dam de la morale. Normal, sur Internet, on affectionne la démesure et sans restriction. Des homosexuels ou lesbiennes ou encore des bisexuels font de ces espaces-rencontres sur Internet leurs choux gras. Sur Internet, il n’y a pas d’âge et tout le monde est à la recherche d’émotions et de plaisir. La plupart des filles qui s’adonnent à cette activité viennent de Yopougon, Riviera Palmeraie, Marcory, Koumassi, Zone 4 et Port-Bouët.


Réalisée par Patrick Krou, in le quotidien ivoirien "L'Intelligent d'Abidjan".


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

GBAGBO, L'HISTORIEN

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Le Chef de l'Etat, Alassane Ouattara, lors du traditionnel message présidentiel à la nation le 31 décembre 2011 à 20 h sur la RTI 1, a tenu les propos suivants : « En 2012 la Côte d'ivoire étonnera le monde ». Etait-ce une prophétie ? Sans doute au regard d'un événement quasi-invraisemblable qui s'est produit.

En effet, depuis quelques jours une étonnante nouvelle est relayée par presque toute la presse ivoirienne et certains journaux français. La très tristement célèbre Cour Pénale Internationale s'est vu comme obligée de reconnaître que le Président Gbagbo, le plus médiatisé de tous les prisonniers de son existence, serait indigent. Du moins au stade actuel de ses investigations sur lesquelles on peut parier sa tête sans aucun risque que mêmes les services secrets et autres agences spécialisées de renseignements occidentaux ont collaboré dans la forte espérance de trouver ne serait-ce qu'un compte vide à l'étranger.

La Côte d'ivoire a vraiment étonné le monde. Comment un président accusé de tous les péchés d'Israël, accusé de crimes économiques par la justice de son pays peut-il être indigent ? Comment quelqu'un à qui son opposition prêtait des milliers de milliards, qui s'avèrent imaginaires, dans les banques suisses est-il incapable de financer sa propre défense ? Comment les occidentaux ont pu geler des avoirs qui n'existent pas ? C'est très étonnant ça ! Vous ne voyez pas ? A l'annonce de cette information historique, un ami ouattaraïste convaincu jusqu'à la moelle des os a cru bon de me persuader par un raisonnement digne d'un analphabète du moyen-âge. Pour lui : les Blancs ont déclaré Gbagbo indigent afin de mettre la main sur ses milliers de milliards dans l'objectif de les remettre à ADO pour développer la Côte d'Ivoire.

Fasciné par l'imagination stérile et sans bornes de mon ami, je me suis tout simplement abstenu, par prudence, de croiser le verbe avec ce dernier de peur de le voir appeler les FRCI quand il sera sans doute en difficulté dans le débat contradictoire. La Sagesse, c'est l'Art de vivre plus la prudence, disait les anciens Grecs.

Revenons à cette révélation historique de la part des juges de la CPI qu'on ne peut pas accuser de rouler pour Gbagbo. Tout le monde sait que Gbagbo est historien de formation. Il a enseigné en qualité de professeur d'histoire et géographie au lycée classique, lequel lycée qui l'avait déjà reçu en tant qu'élève. Il a par ailleurs soutenu une thèse de doctorat à l'université la Sorbonne-Paris VII, en 1979, sur les fondements de l'économie ivoirienne. On lui doit plusieurs publications dont deux que j'apprécie personnellement : Réflexions sur la Conférence de Brazzavile, édité par les éditions Clé, en 1978, à Yaoundé et Soundjata, Lion du Mandingue. C'est le premier texte écrit du Président Laurent  GBAGBO, cependant  ce n'est pas son premier livre publié. C'est une pièce de théâtre.

A l'époque il enseignait en tant que jeune professeur d'histoire et de géographie au Lycée classique d'Abidjan. Il est important de préciser qu'il avait 26 ans en ce temps. Cette pièce de théâtre a été écrite en prison, à la lumière d'une lampe électrique, entre 1971 et 1973 à Séguéla. A sa sortie de prison, quand il a présenté le manuscrit, aucun éditeur ne voulait le prendre en Côte d'Ivoire à moins, l'a-t-on conseillé, de le publier sous un faux nom, surtout que le titre initial était : Et le lion rugira. C'est après la publication de son deuxième manuscrit intitulé Réflexions sur la Conférence de Brazzaville, en 1978, aux Editions Clé à Yaoundé que les Editions CEDA ont accepté de publier le texte en 1979 avec son nom mais sous le nouveau titre Soundjata, Lion du Mandingue.

Aussi, c'est un secret de polichinelle que le Président Gbagbo a toujours affiché sa fierté d'être historien. Il disait à ses proches que c'était pour devenir président de la république qu'il avait changé de spécialité pour étudier l'histoire. Rappelons que la bourse d'étude qu'il avait reçu pour aller poursuivre ses études universitaires en France était pour les langues grecques et latines. Selon lui, quand il a commencé à militer vraiment il s'est rendu compte que la connaissance de l'histoire de l'Afrique lui manquait. Il avait l'habitude de dire qu'il n'avait jamais vu d'ignorant dans les luttes révolutionnaires. La mémoire bien exercée étant l'une des qualités premières d'un historien, Laurent Gbagbo, en « professeur de stratégie politique », selon l'expression de Blaise Pascal Talla, ressassait souvent : « Eux, ses adversaires, ils font de la communication, moi je fais de la politique et de l'histoire. ». De plus, lorsqu'il est élu président et investi ensuite le 26 octobre 2000, selon des témoignages concordants, il a réunit ses enfants et leur a tenu en substance ces propos : « Je vais gouverner ce pays sans voler 5 francs pour ne pas qu'après, on dise en vous voyant : voici les enfants de celui qui a volé les ressources de son pays. »

Par ailleurs, lors de la remise officielle du film-documentaire : « Un Homme, une Vision » réalisé par le cinéaste Abdérhamane N'Diaye, il racontait que lorsqu'il était élève au Classique, lui et plusieurs de ses amis voulaient devenir président de la république. Certains disaient comme il fallait beaucoup d'argent pour faire la politique et devenir président, ils allaient être d'abord homme d'affaires, gagner beaucoup d'argent et chercher à être président. Quant à lui, Gbagbo, sachant depuis longtemps où il allait, il disait qu'il ne ferait pas d'affaires car on ne pouvait pas faire des affaires sans avoir les mains sales. Ainsi, étant pauvre et ayant les mains propres, il allait être président. L'avenir lui a donné raison.

Sima Quian (145-86 av. J.-C.), le premier historien chinois, affirmait avec assurance : « Ceux qui n'oublient pas le passé sont maîtres de l'avenir. » Dans ce même discours, il précisait que le pouvoir a un seul usage : celui de servir le peuple. Pour lui, si quelqu'un fait de la politique et devient très riche, c'est que c'est un voleur. Il y a certains métiers où on ne vient pas pour être riche, disait-il. Il est donc légitime de savoir qu'elle aurait été l'ampleur médiatique de l'affaire si on avait découvert ne serait-ce qu'une brique ou un appartement privé dans un pays occidental ? On imagine les journalistes de France 24 en train de s'égosiller sur cette information. Car Gbagbo disait à chaque fois qu'il était peut-être le seul chef d'Etat africain qui n'avait pas de maison ni de compte à l'étranger. Assurément, Gbagbo ne fait pas seulement de la politique, il fait de l'Histoire. Car cela aurait été une grande humiliation et un déshonneur pour le Digne Peuple Ivoirien et pour les Panafricanistes si on avait découvert le contraire.

Laurent Gbagbo disait à l'occasion de l'ouverture du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP), le samedi 18 décembre 2004, au Palais des Congrès de l'Hôtel Ivoire à Cocody : « La première chose qu'il faut comprendre, c'est que dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : "Je te fais un prêt, voici les conditions". Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venirLa génération que je représente, c'est de donner la dignité, c'est de forcer le respect. ... Nous n'avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d'intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! » Il avait déjà écrit dans Soundjata, lion du Mandingue : « Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge./ Elle a la limpidité de l'eau de pluie /Et la violence de l'ouragan. / Le monde est malheureux Parce que les hommes ne se souviennent pas. / Or hier n'est pas encore loin. Et demain est profond, D'une profondeur pleine d'espoir. Ecoutez ma parole : elle ne sait qu'avancer ! / Ecoutez ma parole : l'Histoire est Vérité ! (1) »


(1) GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p.  102


Imhotep MAÂT

imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr

LES MORTS DE COTE D'IVOIRE ET DE LIBYE CREENT LE NOUVEL ORDRE MONDIAL


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Par Jean-Paul pougala (*)


En 1945 L'Organisation des Nations-Unies s'est créée après le choc de la deuxième Guerre Mondiale. Aujourd'hui, le nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place après le lourd sacrifice de l'Afrique,  après le choc des milliers de morts de côte d'Ivoire dont les 1200 villageois de Duékoué et des dizaines de milliers de morts Libyens, même si l'Otan a décidé d'insulter notre intelligence en parlant de zero mort et ce, après 26.323 sorties, 9.658 raids de bombardement, 7.700 bombes et missiles tirés par l'OTAN sur la Libye, avec la complicité des Nation-Unies qui étaient censées les protéger. L'ONG britannique Stop the War Coalition a certifié l'utilisation par l'OTAN des armes de destruction massive en Libye à travers les bombes et missiles contenant le fameux DU (depleted uranium), c'est de l'uranium appauvri, pour tuer le plus de personnes possibles. Daniele Cardetta dans le journal italien Articolo3, avance le chiffre de 60.000 morts. C'est le journal italien Nibiru2012 qui conclut que 60.000 morts sur une population libyenne de 6 millions sont 1% de la population décimée par l'Otan en Libye et que cela équivaudrait en proportion à 3 millions d'américains que des puissances étrangères viendraient décimer avec des bombes non conventionnelles. Et au lieu de mener la moindre enquête, l'Onu a tourné la tête ailleurs, vers Abidjan pour le méchant désigné le Président Gbagbo. C'est contre tout cela que la Chine a décidé de prendre les devants et de mettre sur pied un nouvel ordre mondial. Voici comment :

1- LE YUAN CHINOIS REMPLACE LE DOLLAR

La Chine ne peut pas prétendre diriger un nouvel ordre mondial crédible sans être la première puissance du monde. Il y a des spécialistes qui disent qu'il y a longtemps que la Chine est devenue première puissance mondiale. C'est vrai, mais ce qu'ils ne savent pas c'est que le seul fait que les Etats-Unis d'Amérique peuvent imprimer leur monnaie le Dollar pour servir toute la planète qui n'attend que cela pour payer leurs échanges, offre de facto un avantage financier inouï aux USA sur tout potentiel concurrent à son trône. Et au delà de son vrai poids économique, le positionnement stratégique de sa monnaie place ce pays au trône inconditionnel de la première puissance mondiale. La perversité potentielle du levier financier était sous-estimée par beaucoup depuis des années.

Mais un élément est venu bouleverser la donne et ce sont les deux crises Ivoirienne et Libyenne alors quand les USA et leurs Alliés Européens ont joué sur le levier monétaire pour plier leurs ennemis du moment. En violant toutes les règles du droit international, ils ont unilatéralement gelé les avoirs bancaires de la Côte d'Ivoire d'abord et de la Libye ensuite que ces deux pays détenaient en Occident, allant jusqu'à fermer les succursales des banques privées européennes en Côte d'Ivoire, contre l'avis même du gouvernement en place. C'est cette technique de guerre inaugurée par les Occidentaux et testée deux fois en Afrique qui a alarmé la Chine qui a dès lors compris qu'elle ne pouvait plus attendre longtemps pour créer et guider le nouvel ordre mondial et que pour y parvenir, il fallait tout simplement signer la fin du Dollar américain comme monnaie de référence au niveau mondial. C'est en pleine guerre de l'Occident contre la Libye qu'elle réussit en Juin 2011 à convaincre la Russie de se passer du dollar et d'utiliser désormais la monnaie chinoise pour leurs échanges. Ce sera la même chose avec les pays africains où pour la plupart, après l'assassinat du Guide Libyen et le retardement de la monnaie commune africaine initialement prévue pour 2016, le Yuan chinois qui reste inconvertible, est en train de devenir la monnaie de change avec la Chine qui est depuis 2010, le premier partenaire économique du continent africain.

En Amérique Latine, l'initiative chinoise est accueillie avec euphorie pour des pays qui n'en pouvaient plus de l'arrogance de leur puissant voisin du nord. Au Venezuela, c'est le président Hugo Chavez qui ira plus loin en vidant tout simplement les coffres des pays occidentaux de la réserve d'or que son pays y détenaient depuis la gouvernance de ses prédécesseurs. Mais  le plus difficile restait à venir : convaincre un pays encore sous occupation militaire américaine depuis plus de 60 ans de rejoindre le nouvel ordre mondial que la Chine a décidé de créer. C'est finalement le jour de Noël, le 25/12/2011 durant la visite du Premier Ministre Japonais à Pékin qu'un accord est trouvé pour se passer du Dollar, c'est-à-dire que la deuxième et la troisième puissance économique du monde la Chine et le Japon vont désormais utiliser la monnaie chinoise pour leurs échanges. Le revirement de Tokyo s'explique par la faiblesse militaire de l'Occident mise à nu par la cacophonie et les difficultés surtout financières rencontrées lors de sa tentative pour faire plier Kadhafi pendant 7 longs mois. Ce qui a fait comprendre au Japon qu'en cas de conflit armé avec la Chine, les USA ne sont tout simplement pas en mesure de les aider, autant faire la paix tout de suite et se mettre sous l'ombrelle de Pékin. La Corée du Sud et l'Inde vont très bientôt rejoindre le Brésil pour faire partie de ce nouveau directoire. Après le vote de l'Afrique du Sud et du Nigeria en faveur d'une résolution des Nations Unies pour aller faire la guerre à un pays africain, ces deux pays sont-ils suffisamment crédibles pour faire partie de ce directoire mondial qui se forme sous le guide de la Chine ?

2- L'ALLIANCE STRATEGIQUE AVEC LA RUSSIE

On ne peut pas conduire le monde sans une alliance militaire forte. Il y a plusieurs années que les spécialistes parlaient d'une nouvelle gouvernance mondiale portée par les USA et la Chine dénommée G2. Pour l'Occident, c'était une solution de compromis qui aurait signifié qu'il n'avait pas perdu le train des bouleversements du 21ème siècle, puisque représenté dans ce G2 par l'un des leurs, les USA.

Et patatras. A cause d'une guerre des plus maladroites contre la Libye tout cela est terminé. Cette guerre a permis la création du G2 oui, mais un nouveau G2 que personne n'avait prévu, un G2 militaire en construction entre la Chine et la Russie. Ces deux pays ont en effet, à cause de ce qu'ils appellent une agression injustifiée contre la Libye, décidé de renforcer leur collaboration dans toute une série de secteurs dits stratégiques avec l'objectif affiché de stopper l'Occident belliqueux ;

La célébration des 10 ans d'amitié nouvelle entre les deux pays à Moscou du 16 au 18 juin 2011 dernier s'est transformée en Conseil de guerre pour le lancement du nouveau G2. L'Occident qui espérait s'emparer des ressources énergétiques africaines à commencer par celles libyennes pour tenter un diktat sur la politique économique chinoise devra revoir ses plans, puisque le nouveau G2 y a déjà trouvé une parade. Ainsi la Russie deviendra le premier fournisseur des produits énergétiques à la Chine, ceci permettant à cette dernière de relativiser le risque et le poids de l'Afrique dans ses approvisionnements et pour la Russie de pouvoir se passer de son plus gros client, l'Europe sans laquelle elle était incapable de disposer de ressources financières suffisantes pour son développement. Ainsi, la guerre contre la Libye est devenue pour l'Europe un vrai boomerang reçu à la figure : elle pensait utiliser des manœuvres souterraines inavouées pour contrôler à terme le pétrole et le gaz africain, elle se trouve au contraire sous le coup d'un chantage russe pour ses approvisionnements avec un robinet qui risque d'être fermé à tout début d'hiver par Moscou si elle n'est pas suffisamment docile. Les nouveaux accords avec la Chine permettent à Moscou de tenir ce robinet fermé pendant des mois sans que sa caisse en pâtisse outre mesure. Comme les autorités le répètent à volonté à Moscou, « avec les Chinois nous aurons le nécessaire pour nous émanciper de l'Europe » Par ailleurs après le nouvel accord signé par le président Chinois lors de cette visite, le premier consommateur des produits énergétiques des prochains 20-30 ans devient un concurrent incommode pour l'Europe qui désormais ne pourra plus négocier ses prix avec la Russe comme auparavant, elle doit donc se préparer à payer plus cher son gaz. Et après les accords récemment stipulés entre la Russie et l'Algérie, pour former un cartel du gaz, on peut s'attendre à un doublement des prix du gaz russe pompé vers l'Europe occidentale. On était parti pour voler le pétrole Libyen, on se retrouve à perdre le gaz russe, 100 fois plus important que la mise libyenne. Ils sont de vrais génies ces dirigeants européens ! Si nos éclaireurs européens ont fourni le même type de conseils aux dirigeants africains, on peut dès lors se demander pourquoi s'étonner qu'après 50 ans d'indépendance nourris de tels conseils, on ait fait du surplace en Afrique ou qu'on soit allé à reculons.

L'histoire démarre le 18 Novembre 2009 lorsque l'agence de Presse russe Novotni écrit triomphalement ces quelques mots de titre : NIET, NIET, NIET ! pour décrire le « Non » chinois à la proposition Américaine formulée par monsieur Obama lors de sa première visite dans l'empire du Milieu de former avec la Chine ce fameux G2 pour répondre ensemble aux défis de la gouvernance des problèmes du 21ème siècle. Déjà alors, la Chine avait fait remarquer que sa vision du monde était diamétralement opposée à celle des Etats-Unis d'Amérique et qu'elle ne voyait aucune convergence de vue entre ces 2 pays sur plusieurs dossiers brûlants, de la crise avec l'Iran au problème avec la Corée du Nord. Pour les Américains, les bombes étaient les meilleurs remèdes aux problèmes de la planète alors que pour les Chinois, les bombes étaient la démonstration de la faillite de l'intelligence humaine à résoudre ses problèmes aussi compliqués qu'ils soient. La guerre en Libye nous a ainsi donné l'épilogue de cette réorganisation du monde pour le nouvel ordre mondial qui tarde à venir. La Chine et la Russie ont ainsi décidé de se concerter régulièrement et avoir une position commune sur tous les sujets importants de l'actualité mondiale privilégiant toujours et toujours le dialogue, encore le dialogue et toujours le dialogue. La guerre de l'Occident contre la Libye a définitivement tourné la page du 20ème siècle, le siècle des guerres cycliques de l'occident, le siècle des guerres coloniales en Afrique et en Asie et impérialistes en Amérique du Sud. Le double veto de la Chine et de la Russie aux Nations-Unies sur la crise Syrienne témoigne du sérieux de ce nouveau G2 à devenir un vrai contrepoids aux ambitions souvent suicidaires de l'Occident. Et le monde ne peut que s'en féliciter.

3- LA GUERRE EN LIBYE A POUSSE AU REARMEMENT DE LA RUSSIE

4 jours seulement après le déclenchement des bombardements contre la Libye, c'est par la voix du premier Ministre Russe Vladimir Poutine, que l'Occident a été informé le 23 Mars 2011 de la fin des accords du désarmement stratégiques à peine conclus entre les Etats-Unis et la Russie. Ce dernier s'indignait de ce qu'il avait décrit comme une « agression de type médiévale » en concluant que cela était en train de devenir une tendance de la politique extérieure de Washington : les bombes tirées par centaines en une seule nuit sur l'ennemi désigné du moment. Le pire vient toujours de la bouche du premier Ministre russe qui nous informe que les Américains ont utilisé des avions d'attaque nucléaire (même si avec des armes non-nucléaires) comme les bombardiers furtifs Stealth B-2 Spirit qui ont frappé des objectifs civils en Libye, un pays ami qui avait pourtant signé tous les accords internationaux voulus par Washington pour abandonner tout programme nucléaire, civil ou militaire ; une véritable lâcheté : on s'assure que tu sois sans défense avant de venir t'assommer ; et M. Poutine de conclure : « Cela confirme que la Russie fait bien de renforcer ses capacités de défense ». Le lendemain, c'est le Ministre de la défense russe qui nous annonçait lui aussi la mort des accords de désarmement à peine signés un an auparavant avec Washington.

Ainsi, pour la période 2011-2020 la Russie dope son armement d'un budget de 665 milliards de dollars pour construire : 5 véhicules spatiaux, 21 systèmes de défense missilistiques, 35 bombardiers, 109 hélicoptères de combat, 3 sous-marins nucléaires pouvant lancer des missiles nucléaires à 10.000 km de distance. Ainsi, dès 2012, l'armée russe sera équipée de nouveaux missiles intercontinentaux et bénéficiera d'un investissement de 2,6 milliards de dollars pour en développer de nouveaux types plus sophistiqués d'ici 2013. Et comme nous confirme le journaliste Italien Manlio Dinucci, avec la première bombe lancée sur Tripoli l'après midi du 19 mars 2011, l'Occident a mis le stop à la nouvelle ère de l'entente cordiale entre la Russie et les Etats Unis d'Amérique symbolisée le 8 Avril 2010 à Prague par la signature de ce fameux accord du désarment d'armes stratégiques et offensives dites START. Pourquoi ceci est une vraie mauvaise nouvelle pour l'Occident , parce qu'elle n'a plus d'argent. Le moindre dollar dépensé par Washington pour s'armer lui coûte en vérité le double puisqu'il doit l'emprunter sur les marchés et comme rien n'est prévu pour rembourser le capital, les seuls intérêts au bout de quelques années feront que ce 1 dollar coûtera en vérité 4 ou 5 alors que les 665 milliards de dollars de la Russie sont de l'argent frais de sa vente du gaz ou du pétrole.

4- UNE EUROPE ENCORE PLUS HORS JEU

La décision la plus déraisonnée des leaders politiques de l'Union Européenne de ces 5 dernières années a été celle de tourner le dos à la Russie et de pousser cette dernière dans la nouvelle alliance avec la Chine. La Russie a clairement exprimé son opposition à la guerre contre la Libye, elle a dénoncé le projet d'assassinat du Guide Libyen, mais l'Europe l'a ignorée et a mis en sourdine ses préoccupations et les solutions qu'elle proposait pour la résolution de la crise libyenne, préférant l'alliance de fortune avec son ancien allier d'hier, mais son vrai ennemi aujourd'hui notamment sur les questions financières et monétaires. A partir du moment où pour apporter la paix en Europe, la Russie avait dissout le Pacte de Varsovie et n'avait opposé aucun véto pour l'entrée dans l'Union Européens de certains de ses anciens pays satellites, la sagesse aurait dû guider les actions des dirigeants Européens en les amenant à exiger et obtenir des Américains la dissolution de l'OTAN, pour passer à la mise sur pied d'une vraie armée européenne inclusive de la Russie. Au lieu de cela, ils se sont contentés d'humilier la Russie et la contraindre à chercher plus à l'est de nouveaux partenariats où elle y a trouvé la Chine. La nouvelle alliance de ces deux géants fragilise encore un peu plus l'Europe qui est déjà un nain politique. La maladresse de la guerre en Libye a fait le reste. Ce ne sera pas la maigre consolation fêtée sur tous les médias européennes d'une poignée de manifestants à Moscou qui changera le cours de l'histoire qui est en train de s'écrire sans l'Europe. L'autre consolation de séquestrer un président africain en exercice, Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire et l'exposer à l'humiliation populaire dans un cirque européen dénommé Cour Pénale Internationale, n'offrira en rien à l'Europe le sérieux nécessaire pour faire partie du directoire du nouveau monde parce qu'elle est fortement restée prisonnière d'une conception vétuste et dépassée d'un monde qui a déjà son barycentre déplacé vers l'Asie. Ce n'est pas pour rien que la Russie est en train de mettre une importance stratégique renouvelée à sa ville plus à l'est : Vladivostok.

CONCLUSION

L'Afrique doit-elle se réjouir de cette réorganisation du monde ? Lorsqu'on est couché par terre, on ne peut plus avoir peur de tomber. Dans le système résultant de l'organisation du monde de la fin de la seconde guerre mondiale, l'Afrique alors sous occupation européenne n'a cessé de l'être malgré les opérations de maquillage ici et là portant le nom tout aussi provocateur et mensonger : indépendance. L'Afrique n'a rien à perdre dans cette nouvelle configuration du monde. Il faut espérer que le plus grand financeur des différents projets de l'Union Africaine, l'Algérie rejoigne très bientôt ce nouveau cercle afin que l'un de nous puisse véritablement porter la voie de plus d'1 milliard d'africains pour exiger et faire finalement respecter la souveraineté de notre continent.  Selon les croyances ancestrales africaines, les morts ne sont pas morts. Ils deviennent tous des divinités. Nos morts de Abidjan, de Bouake, de Duékoué, de Sirtes, de Tripoli de Bani Walid, de Zliten etc. sont des dieux qui veillent sur nous. Leur sacrifice est en train d'offrir au monde entier un nouveau visage, une nouvelle gouvernance. La route est encore longue, mais le pas est déjà emboitée. Tant de douleur et de pleurs ont suivi et accompagné nos morts en 2011 vers leur place actuelle de divinité. Ce qui nous a donné la lucidité pour nous poser les bonnes questions sur nos partenariats et en déduire qui sont nos vrais amis qui sont fort heureusement ceux qui réorganisent le monde. Saurons-nous être suffisamment unis pour compter dans ce nouveau départ ?  La jeunesse africaine est-elle suffisamment formée et avertie pour s'insérer demain la tête haute dans cette nouvelle donne qui se renforce toujours plus? 2011 qui se termine a été une année tragique pour l'Afrique, mais les événements, aussi détestables soient-ils ont eu le mérite de réveiller beaucoup d'Africains qui ronflaient encore de leur long sommeil dogmatique, tellement les mensonges de l'Occident étaient gros comme un éléphant.


29 décembre 2011


(*) Jean-Paul Pougala est un Camerounais, Directeur de l'Institut d'Etudes Géostratégiques de Genève en Suisse.


www.pougala.org, pougala@gmail.com

LA GUERRE DE L'OTAN CONTRE LA LIBYE ETAIT DIRIGEE CONTRE LA CHINE


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La guerre de l'OTAN contre la Libye est dirigée contre la Chine : AfriCom et la menace sur la sécurité énergétique nationale de la Chine.

 

Par F. William Engdahl pour Global Research La décision prise de Washington pour l'OTAN de bombarder la Libye de Kadhafi et de la soumettre à ses diktats ces derniers mois, ceci à un coût estimé d'au moins un milliard de dollars qui seront épongés par le contribuable américain, n'a pas grand chose à voir avec ce que le gouvernement d'Obama proclame être une "mission de protection de civils innocents". En réalité, ceci fait partie d'un plus vaste plan stratégique de l'OTAN et du Pentagone en particulier de contrôler le talon d'Achille de la Chine, à savoir sa dépendance stratégique en de grands volumes d'importation de pétrole brut et de gaz. Aujourd'hui, la Chine est le second importateur de pétrole au monde derrière les Etats-Unis et le fossé se comble rapidement.

 

Si nous regardons attentivement une carte de l'Afrique et si nous observons l'organisation africaine du nouveau commandement africain du Pentagone AfriCom, il émerge que le stratégie est de contrôler une des ressources stratégiques les plus importantes de la Chine en ce qui concerne le pétrole et les matières premières. La campagne de Libye de l'OTAN est au sujet du pétrole et rien que du pétrole; mais pas à propos de contrôler le brut de haute qualité libyen (demandant peu de rafinage), parce que les Etats-Unis sont nerveux à propos de sources d'approvisionnement étrangères. C'est plutôt au sujet du contrôle de l'accès de la Chine à des importations de brut de longue durée depuis l'Afrique et le Moyen-Orient. En d'autres termes, tout ceci est au sujet de contrôler la Chine elle-même. La Libye est bordée au nord par la Mer Méditérannée, directement de l'autre côté de l'Italie, dont la compagnie pétrolière ENI a été le contracteur étranger le plus important en Libye pendant des années. A l'Ouest, la Libye est bordée par la Tunisie et l'Algérie; au sud par le Tchad, à l'Est, elle est bordée par à la fois l'Egypte et le Soudan (aujourd'hui le Soudan et le Soudan du sud). Ceci devrait en dire long sur l'importance  stratégique à long terme de la Libye pour l'AfriCom et le Pentagone quant à leur possibilité de contrôle de l'Afrique et de ses ressources et quel pays est capable d'obtenir ces ressources.  

La Libye de Kadhafi a maintenu un contrôle étatique strict sur ses réserves très importantes de pétrole brut de haute qualité. D'après des données d'étude datant de 2006, la Libye possède les plus grosses réserves pétrolières du continent africain, environ 35% de plus que celles estimées du Nigéria. Les concessions d'exploitation de ce pétrole ont été étendues aux compagnies pétrolières d'état chinoise et russe ainsi qu'à d'autres ces dernières années. De manière attendue, un porte-parole de la soi-disante opposition qui clâme victoire sur Kadhafi, Abdel Jalil Mayouf, le représentant en relations publiques de la firme pétrolièee libyenne AGOCO, a dit à l'agence Reuters: "Nous n'avons aucun problème avec les pays entreprises occidentales comme celles de l'Italie, la France ou du Royaume-Uni; mais nous pourrions avoir quelques problèmes politiques avec celles venant de Russie, de Chine et du Brésil." La Chine, la Russie et le Brésil se sont soit opposés aux sanctions de l'ONU sur la Libye ou on fait pression pour la résolution du conflit en interne et un arrêt des bombardements de l'OTAN. Comme je l'ai déjà détaillé auparavant, [1].

Kadhafi, ancien adhérent du socialisme pan-arabe dans la ligne de l'Egyptien Gamal Nasser, a utilisé les revenus du pétrole pour améliorer de beaucoup les conditions de vie de ses compatriotes. Les soins médicaux étaient gratuits tout comme l'était l'éducation. Chaque famille libyenne recevait une bourse d'Etat de 50 000 dollars afin d'acheter une nouvelle maison et tous les prêts bancaires étaient en accord avec les lois anti-usurières de l'Islam, et donc sans taux d'intérêt. L'Etat n'était pas non plus endetté. Ce n'est seulement qu'au prix d'une corruption forcenée et d'une infiltration massive dans l'Est du pays, que la CIA, le MI-6 et les autres agences de renseignement de l'OTAN ont pu, au coût de plus d'un milliard de dollars et de bombardements massifs des populations civiles par les forces de l'OTAN, déstabiliser les liens entre Kadhafi et son peuple. Pourquoi donc l'OTAN et le pentagone ont-ils mené une campagne si meurtrière sur un pays souverain ? Une évidence est que cela servait à encercler les ressources énergétiques et de matières premières de la Chine sur le continent en en Afrique du nord.

L'alerte du Pentagone à propos de la Chine

Pas à pas depuis ces dernières années, Washington a commencé à créer la perception que la Chine, qui était "le très cher ami et allié de l'Amérique" il y a encore moins de dix ans, était en train de devenir la plus grande menace pour la paix mondiale le tout à cause de son énorme expansion économique. Dépeindre la Chine comme le "nouvel ennemi" a été compliqué car Washington est dépendant de la Chine pour qu'elle achète la part du lion de sa dette gouvernementale sous forme d'obligations et bons du trésor. En août, le Pentagone a publié pour le Congrès son rapport annuel sur le statut militaire de la Chine [2]. Cette année, ce rapport a déclanché des sonnettes d'alarme stridentes à travers la Chine. Le rapport stipule entr'autres choses, que "depuis la dernière décennie, l'armée chinoise a bénéficié d'investisseemtns robustes en terme de matériel moderne et de technologie. Bon nombre de systèmes modernes ont atteint un bon niveau de maturité et d'autres seront opérationnels dans quelques années", a dit le Pentagone dans ce rapport. Il a aussi ajouté qu' "il y a une certaine incertitude sur le comment la Chine va utiliser ses capacités croissantes... La Chine comme majeur acteur international peut très bien se dresser comme une caractéristique stratégique de ce début de XXI ème siècle." [3] Dans un intervalle de peut-être deux à cinq ans, selon comment le reste du monde réagit et joue ses cartes, la République Populaire de Chine émergera dans les médias européens sous contrôle comme étant la nouvelle "Allemagne hitlérienne". Si cela est peut-être difficile à croire aujourd'hui, réfléchissez un peu comment cela a été fait avec l'ancien allié et ami de Washington Hosni Moubarak et même auparavant avec Saddam Hussein. En Juin de cette année, l'ancien secrétaire d'Etat à la marine et maintenant sénateur américain pour la Virginie, James Webb, a surpris beaucoup de monde à Pékin quand il déclara à la presse que la Chine était en train d'approcher ce qu'il appelait "un moment de Munich", quand Washington devra décider de garder un équilibre stratégique, ce en référence à la crise de 1938 sur la Tchécoslovaquie, quand Chamberlain opta pour l'apaisement avec Hitler sur la question des Sudètes. Webb ajouta: "Si vous regardez les dix dernières années, le vainqueur stratégique a été la Chine" [4]. Le même rouleau compresseur propagandiste du Pentagone, emmené par CNN, BBC, le New York Times et le Guardian de Londres, va obtenir les ficelles subtiles de la part de Washington pour "peindre la Chine et ses leaders en noir". La Chine devient bien trop puissante et bien trop indépendante pour beaucoup à Washington et à Wall Street. Pour contrôler cela et par dessus tout la dépendance énergétique de la Chine, ses imports de pétrole ont été identifiés comme étant son talon d'Achille. L'affaire libyenne est un coup monté directement pour frapper ce talon d'Achille.

L'introduction de la Chine en Afrique

L'implication des compagnies énergétiques et d'imports de matières premières chinoises à travers le continent africain est devenue une cause majeure de souci pour Washington où une attitude de négligence maligne a dominé la politique africaine depuis l'ère de la Guerre Froide. Comme ses besoins énergétiques futurs étaient devenus évidents depuis plusieurs années, la Chine a commencé une véritable et dominante diplomatie économique en Afrique, qui s'est vraiment développée depuis 2006 lorsque Pékin a littéralement déroulé le tapis rouge pour les chefs d'Etat de plus de quarante pays africains et discuté de très larges sections de relations commerciales avec ces pays. Rien n'était plus important pour Pékin que de sécuriser de futures ressources pétrolières pour la forte industrialisation de la Chine dans son ensemble. La Chine fit donc mouvement vers des pays abandonnés par leurs anciennes puissances coloniales européennes comme la France, le Royaume-Uni ou le Portugal.

Le Tchad par exemple est un cas d'école. Un des pays les plus pauvres et les plus isolés d'Afrique; le Tchad fut courtisé par Pékin qui rétablit les relations diplomatiques avec ce pays en 2006. En octobre 2007, le géant du pétrole d'Etat chinois CNPC signa un contrat pour construire une raffinerie de pétrole en conjonction avec le gouvernement tchadien. Deux ans plus tard, ils commencèrent la construction d'un pipeline pour amener le pétrole d'un nouveau champs d'exploitation chinois dans le sud à quelques 300 km de la raffinerie. Les ONG supportées par les gouvernements occidentaux commencèrent à crier au loup concernant l'impact écologique de pipeline chinois. Ces mêmes ONG étaient curieusement silencieuses lorsque Chevron découvrit du pétrole au Tchad en 2003. En juillet 2011, les deux pays, le Tchad et la Chine célébraient l'ouverture de la raffinerie commune sino-tchadienne juste à côté de la capitale N'djamena [5]. Les activités pétrolières tchadiennes chinoises sont également très proches d'un autre projet pétrolier majeur chinois, celui de la région du Darfour au Soudan, limitrophe au Tchad.

Le Soudan a été une source très importante et grandissante de pétrole pour la Chine depuis le début d'une coopération entre les deux pays au début des années 1990, après que Chevron eut abandonné ses options là-bas. Dès 1998, CNPC construisait un pipeline pétrolier de 1500 km depuis les champs d'exploitation du Sud-Soudan jusqu'à Port Soudan sur les rives de la Mer Rouge ainsi qu'une raffinerie près de Khartoum. Le Soudan fut la première grande opération pétrolière gérée à l'étranger par la Chine. Au début 2011, le pétrole soudanais, en provenance de la zone de conflit du sud, couvrait environ 10% des imports pétroliers de la Chine en prenant plus de 60% de la production quotidienne du Soudan de 490 000 barils/jour. Le Soudan est devenu un point vital de la sécurité énergétique nationale chinoise. D'après des estimations géologiques, le sous-sol qui va du Darfour, dans ce qui était le Sud du Soudan, jusqu'au Cameroun en passant par le Tchad est un immense champ pétrolier d'une ampleur telle que cela pourrait bien être une nouvelle Arabie Saoudite. Contrôler le Sud-Soudan, ainsi que le Tchad et le Cameroun est vital pour la stratégie du Pentagone de "refus stratégique" à la Chine de futurs approvisionnements en pétrole. Aussi loin qu'un régime fort et robuste de Kadhafi demeurait en place à Tripoli, le contrôle de cette région demeurait un problème majeur. La séparation quasi-simultanée du Sud-Soudan d'avec le Soudan et le renversement de Kadhafi en faveur de rebelles faibles et dépendants du support du Pentagone était une priorité stratégique de première importance pour le plan de domination totale du Pentagone.

L'AfriCom répond

La force principale derrière la récente vague d'attaques contre la Libye ou les changements de régimes plus discrets en Tunisie, en Egypte et le fameux referendum sur le Soudan du Sud qui a maintenant fait de cette région pétrolière, une région "indépendante", a été l'AfriCom, le commandement spécial de l'armée américaine établi par le gouvernement Bush en 2008 explicitement pour contrer spécifiquement l'influence chinoise sur les réserves de pétrole et de matières premières en Afrique. Fin 2007, Le Dr. Peter Pham, un initié de Washington qui conseille les départements d'Etat et de la Défense américains, explique de manière ouverte que "parmi les buts ultimes de l'AfriCom , était le but de protéger les accès en hydrocarbures et autres ressources stratégiques dont l'Afrique est riche, une tâche qui incluait de s'assurer contre la vulnérabilité de ces richesses naturelles et de s'assurer qu'aucunes tierces parties comme la Chine, l'Inde, le Japon ou la Russie, ne puissent obtenir un monopole ou des traitements de faveur" [6]. Témoignant devant le Congrès américain pour soutenir le projet de création de l'AfriCom, Pham, qui est associé avec la fondation néo-conservatrice pour la défense des démocraties a déclaré : "Ces ressources et richesses naturelles font de l'Afrique une cible facile pour les attentions de la République Populaire de Chine, dont la dynamique économique... a une soif quasi insatiable de pétrole et de besoins pour d'autres ressources naturelles. La Chine importe à l'heure actuelle aproximativement 2,6 millions de barils de pétrole brut par jour, environ la moitié de cette consommation, de l'ordre de 765 000 barils par jour, environ un tiers de ses importations, proviennent de ses sources africaines, spécialement du Soudan, de l'Angola et du Congo (Brazzaville). Est-ce étonnant donc par conséquent qu'aucune région du monde autre que l'Afrique ne rivalise avec l'intérêt stratégique de la Chine ces dernières années... De manière intentionnelle ou non, beaucoup d'analystes attendent que l'Afrique, spécifiquement les états du long de sa très riche côte occidentale, va devenir le théâtre d'une concurrence stratégique entre les Etats-Unis et sa seule réelle concurrence à l'échelle globale, la Chine, alors que les deux pays cherchent à étendre leur influence et sécuriser l'accès aux ressources" [7]. Il est très opportun ici de se rappeler la séquence des révolutions "Twitter" téléguidées depuis Washington dans le mouvement toujours actif de ce que l'on a appelé le Printemps Arabe.

D'abord la Tunisie, un bout de terrain en apparence insiginifiant d'Afrique du Nord sur les bords de la Méditérannée. Quoi qu'il en soit, la Tunisie se situe sur la frontière Ouest de la Libye. Le second domino qui tomba fut l'Egypte de Moubarak. Ceci créa une instabilité majeure au Moyen-Orient et en Afrique du Nord car Moubarak, malgré ses grands défauts, avait résisté à la politique moyen-orientale de Washington; Israël perdît aussi un précieux allié lorsque Moubarak tomba. Puis en juillet 2011, le Sud-Soudan se déclare lui-même République indépendante du Sud-Soudan, se séparant du Soudan après des années d'insurrection soutenues par les Etats-Unis contre le régime de Khartoum. La nouvelle république prend avec elle la grande majorité des ressources pétrolières, ce qui ne réjouit pas Pékin bien évidemment. L'ambassadrice états-unienne à l'ONU, Susan Rice, mena la délégation américaine pour la célébration de l'indépendance. L'appelant un "testament pour le peuple du Sud-Soudan". Elle ajouta, afin d'entériner le processus de sécession que "les Etats-Unis ont été aussi actifs que tout le monde". Le président Obama supporta ouvertement la sécession du Sud. Celle-ci était un projet guidé et financé depuis Washington depuis que le gouvernement Bush eut décidé d'en faire une priotité en 2004 [8]. Maintenant, le Soudan a perdu d'un seul coup ses revenus du pétrole. La sécession du Sud où les trois-quarts des 490 000 barils / jour sont produits, a aggravé les problèmes économiques de Khartoum en coupant d'un coup environ 37% des revenus nationaux. Les raffineries du Soudan et la seule route d'exportation va des champs d'exploitation du Sud vers Port Soudan sur la Mer Rouge au Nord du Soudan. Le Sud-Soudan est maintenant encouragé par Washington de bâtir un nouveau pipeline d'exportation indépendant de celui de Khartoum en passant par le Kenya. Le Kenya est une des zones d'influence américaines très forte en Afrique [9].

Le but du changement de régime en Libye, supporté par les Etats-Unis, ainsi que de tout le projet pour le Moyen-Orient qui repose derrière le Printemps Arabe, est de pouvoir contrôler à termes les champs pétroliers les plus importants connus à ce jour et ainsi de contrôler la politique future, surtout dans des pays comme la Chine. Comme le secrétaire d'Etat des années 1970, Henri Kissinger, a déclaré, quand il était à l'époque plus puissant que le président des Etats-Unis lui-même: "Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez les nations ou des groupes de nations". Pour le futur du plan de sécurité nationale énergétique de la Chine, la réponse ultime est de trouver des réserves énergétiques en Chine. Fort heureusement, il existe de nouvelles méthodes révolutionnaires pour détecter et évaluer quantitativement la présence de pétrole et de gaz, là où la géologie actuelle dit qu'il n'est pas possible de trouver du pétrole à ces endroits. Là est peut-être la sortie logique du piège pétrolier qui a été placé pour la Chine, Dans mon nouveau livre "Les guerres de l'énergie", je détaille ces méthodes pour ceux qui sont intéressés.


F. William Engdahl

F. William Engdahl est économiste et écrivain. Il collabore régulièrement pour Global Research, Asia Time Online et le Réseau Voltaire, et est l'auteur de plusieurs ouvrages dont « Un siècle de guerre : la politique pétrolière anglo-américaine et le Nouvel Ordre Mondial » (1993), « Les semences de la destruction : l'ordre du jour caché des OGM » (2007) et « La domination totale : la démocratie totalitaire dans le Nouvel Ordre Mondial » (2008). Le site de F. William Engdahl

mercredi, 18 janvier 2012

ETATS-UNIS - COTE D'IVOIRE: LES VERITES D'HILLARY CLINTON A ALASSANE OUATTARA


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Le tête à tête à Abidjan entre la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et le président ivoirien Alassane Ouattara commence à livrer quelques secrets. Révélations exclusives.

Au cours de la conférence de presse suivant la rencontre Hillary Clinton - Alassane Ouattara, mardi 17 janvier à Abidjan, la langue de bois diplomatique a été bien respectée, l’envoyée de Barack Obama se disant satisfaite des derniers progrès enregistrés en Côte d'Ivoire, avec notamment l’organisation des élections législatives pacifiques du 11 décembre dernier. Mais en privé, la chef de la diplomatie américaine n’a pas hésité à employer son franc-parler habituel avec son interlocuteur.

De sources diplomatiques américaines, il a été fortement recommandé au chef de l’État ivoirien de former un gouvernement de réconciliation nationale avec, à la clé, le départ de l’actuel Premier ministre. « Les États-Unis souhaitent que Guillaume Soro et tous les proches du pouvoir qui auraient pu commettre des crimes et exactions comparaissent devant la Cour pénale internationale (CPI), même en qualité de simples témoins. Ce message très clair a été passé au président ivoirien », confie une source américaine consultée par Jeune Afrique.

L’instauration d’un État de droit, avec moins d’immixtions d’hommes politiques et de militaires dans les affaires de la justice semble être une priorité pour les Américains. Lesquels conditionnent l’octroi de leurs aides dans plusieurs domaines, notamment dans la santé, l’éducation, la sécurité, l’économie et l’agriculture, à des progrès dans la bonne gouvernance. Une position qui rejoint celle de la France, qui doit également envoyer des émissaires de haut rang cette semaine.

 

Baudelaire Mieu, à Abidjan.


mardi, 17 janvier 2012

DECES BOHOUN BOUABRE: EN COLERE, MAMADOU KOULIBALY S’EN PREND AU GOUVERNEMENT, IL DEMANDE LA LIBERTE PROVISOIRE POUR GBAGBO




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Dire de Mamadou Koulibaly qu’il est apparu affecté par la nouvelle de la disparition de Paul Antoine Bohoun Bouabré relèverait d’un doux euphémisme : les deux personnalités avaient tellement de choses en partage. « J’ai appris avec tristesse (son) décès. Il a été mon collègue à la faculté, mon directeur de cabinet aux ministères du Budget puis de l’Economie et des Finances. Nous avons été camarades de parti pendant deux décennies. C’est avec peine que j’ai pris note des accusations portées contre lui ces dernières années. Je présente mes sincères condoléances à son épouse, ses enfants et toute sa famille et leur souhaite de trouver la force de surmonter l’épreuve douloureuse qu’est la perte d’un être cher », nous a signifié Mamadou Koulibaly, dans un message écrit.

L’ancien président de l’Assemblée nationale et ami du défunt apprécie modérément l’attitude des autorités ivoiriennes : « Au-delà (de ce décès), je pense à tous les Ivoiriens qui sont morts ou en train de mourir en exil ou dans des camps de réfugiés, en silence et dans l’indifférence la plus totale, sans que le gouvernement de Côte d’Ivoire ne se sente concerné ou ne s’en préoccupe ».

Koulibaly pense intimement que quelque chose aurait pu être fait pour sauver un Bohoun Bouabré qu’on savait très malade et dont les avoirs étaient gelés. Au gouvernement et à la Communauté internationale, Mamadou Koulibaly a lancé un appel pressant « pour que toutes les conditions soient mises en œuvre afin que les exilés puissent rentrer rapidement et en toute quiétude en Côte d’Ivoire ». Koulibaly plaide enfin pour que l’ancien chef d’Etat incarcéré à La Haye bénéficie de la liberté provisoire. L’ancien n°2 du régime de la Refondation croit cette mesure possible.

Il dit : « Je plaide ainsi en faveur d’une libération provisoire du Président Gbagbo et je souhaite que le gouvernement se fasse l’avocat de cette requête auprès de la Cour pénale internationale. Cela contribuerait grandement à la détente et à l’accalmie nécessaires à la réconciliation des Ivoiriens ». Mamadou Koulibaly presse les autorités de son pays pour qu’elles mettent tout en œuvre afin d’éviter que le fossé ne se creuse davantage entre Ivoiriens.



Kisselminan Coulibaly


Source: SOIR INFO

lundi, 16 janvier 2012

CHARLES BLE GOUDE : «VOICI CE QU’IL FAUT POUR SAUVER LA COTE D’IVOIRE» (INTERVIEW INTEGRALE)

 

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En ce début d'année 2002, vous avez lancé un appel au dialogue en direction de l'actuel pouvoir. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce concept et sur l'esprit qui vous anime ?

Je voudrais souhaiter bonne et heureuse année 2012 aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens, et m'incliner devant la mémoire des nombreuses victimes tombées durant cette crise post-électorale. Pour répondre à votre question, je dirai que la Côte d'Ivoire est à la recherche de ses marques, à la suite d'une crise qui perdure. Je pense, en tant qu'acteur politique, qu'après les législatives qualifiées de «désert électoral», le message des Ivoiriens est clair. Ils sont déçus.   Les exactions des FRCI, qui échappent au contrôle du pouvoir au point que l'on est obligé d'aller dans la rue pour les désarmer, posent la question préoccupante de la sécurité en Côte d'Ivoire. Des dizaines de milliers d'Ivoiriens croupissent dans des camps de réfugiés à l'extérieur du pays dans des conditions difficiles sans que cela émeuve le pouvoir qui les considère comme des citoyens dont la Côte d'Ivoire peut se passer. Je pense que c'est une erreur que d'agir ainsi. De nombreux cadres de la Nation sont en dehors de la Côte d'Ivoire. De nombreux militaires et civils sont en prison. Cerise sur le gâteau, le président Gbagbo est détenu à la CPI. Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, aucun pays ne peut se développer dans de telles conditions ou l'incertitude le dispute avec l'insécurité généralisée. Le président Gbagbo, père du « asseyons nous et discutons », père du « dialogue direct » nous a enseignés que le dialogue est l'arme des forts. C'est pourquoi j'ai proposé que le pouvoir engage des consultations avec d'une part l'opposition politique, et d'autre part les militaires FDS et anciens FAFN. Pour que cela puisse aboutir à ce que j'ai appelé un nouveau consensus national. Pour que la Côte d'Ivoire puisse enfin repartir sur de bonnes bases.

Du côté de l'actuel régime, l'on dit que de toute façon vous êtes un sujet judiciaire. Et que vous ne devriez pas demander des négociations mais vous rendre purement et simplement. En dehors des faucons qu'on entend, avez-vous des contacts avec des personnalités sensibles à votre appel ?

J'ai lancé ce concept de discussions qui aboutirait à un nouveau consensus national face au monde entier et à l'opinion nationale pour que la Côte d'Ivoire puisse sortir de l'impasse. Mais c'est la responsabilité du pouvoir de vouloir ou de ne pas vouloir. J'ai fait ma proposition, le pouvoir n'est pas obligé de répondre positivement. Mais je l'encourage à faire en sorte que les Ivoiriens discutent de tout ce qui ne va pas aux niveaux politique, économique et sécuritaire. Parce qu'on ne gère pas un pays qu'avec son camp mais aussi avec ceux qui sont en face. Je crois que ce qui fait d'un homme un chef, c'est sa capacité à maitriser les extrémistes de son camp et à s'ouvrir aux autres. J'ai lancé le concept, je souhaite qu'il se transforme en réalité parce que les Ivoiriens et la Côte d'Ivoire en ont besoin. Je pense que c'est aussi et surtout la responsabilité du pouvoir d'ouvrir ces négociations. Quand on poursuit les FRCI dans la rue pour leur arracher des armes, cela signifie qu'il y a un problème de leadership, d'influence et d'adhésion à un discours. Je propose donc des négociations avec tous les hommes en armes, y compris les militaires, gendarmes et policiers qui sont en dehors de la Côte d'Ivoire. On ne peut pas parler de développement économique et d'investissements dans un environnement sécuritaire qui laisse à désirer. Je ne fais pas cette proposition pour moi, mais pour notre pays qui a besoin de se repositionner. Ces discussions peuvent se faire sans moi. Je ne suis pas à ma première proposition. Sous Laurent Gbagbo, j'ai proposé et organisé la caravane de la paix. En juin 2006, J'ai rencontré les jeunes de l'opposition quand les audiences foraines étaient émaillées de violences extrêmes. J'ai toujours été un homme de compromis. Certains ont toujours préféré me voir non pas en observant mes actes mais en me collant des étiquettes à tort. Je pense qu'il est encore temps pour les uns et les autres de mettre leurs intérêts personnels de côté pour que des négociations responsables soient engagées. En Côte d'Ivoire, il faut redonner à la politique ses lettres de noblesse. On ne parle plus en termes d'adversités mais d'inimitiés. Nous sommes déjà allés trop loin...

Au sein de votre propre camp, certains peuvent considérer que votre démarche est suspecte, et dire que vous avez abandonné le président Gbagbo. Dans la mesure où le FPI n'a pas été associé au départ à votre proposition...

C'est quoi une démarche suspecte ? Une idée germe toujours dans l'esprit d'un individu. J'invite les uns et les autres à ne pas faire une lecture parcellaire et partielle de ma démarche. Evitons de voir les suspects partout et acceptons de faire la politique. C'est pourquoi, Je voudrais  féliciter le Front populaire ivoirien, qui a aussi demandé dans son message de fin d'année à dialoguer avec le pouvoir. C'est ce que nous avons appris de notre maitre, Laurent Gbagbo. Beaucoup d'ivoiriens se sont inquiétés parce qu'ils doutent de la bonne foi du pouvoir. Et ils ont raison. Les Ivoiriens sont déçus et craignent que le pouvoir piège leurs leaders. Ils ont besoin d'être rassurés.   Ils ne refusent pas l'idée du nouveau consensus que nous proposons. Ils estiment avoir beaucoup donné et n'ont obtenu que la guerre et les pillages en retour. Il est de la responsabilité du régime de poser des actes qui rassurent et créent les conditions d'un dialogue franc et sincère, pas avec l'individu Blé Goudé mais avec les deux entités que j'ai indiquées. Mon retour au pays n'est pas à l'ordre du jour. Il faut éviter de réduire la vie de la nation à notre personne car cela conduit souvent à la perdition.

Un dialogue national sans l'implication du président Gbagbo, incapable de participer à la discussion parce qu'en prison à La Haye, est-il possible ?

Gbagbo Laurent est victime d'un complot international que  beaucoup de ses disciples comme moi continuent de dénoncer. Ces adversaires l'ont diabolisé et transféré à La Haye  pour l'exclure du débat politique en Côte d'Ivoire. Moi, je tiens au retour de Laurent en Côte dIvoire tout comme je tiens à son retour dans le débat politique. La question est de savoir comment on s'y prend ? Car pour participer au débat politique il faut que le Président Gbagbo recouvre sa liberté. En politique, il y a la scène politique et les couloirs de la politique. La réponse à votre question se trouve dans la   conjugaison de ces deux voies politiques. On peut aller à une discussion et ne pas tomber d'accord avec l'adversaire mais cela a au moins l'avantage de poser les problèmes qui nous tiennent à cœur. Pour cela je propose de larges consultations avec d'une part les forces politiques et d'autre part, les forces militaires. On ne fait pas la politique avec les émotions et l'orgueil. La politique s'accompagne de stratégie.

Etes-vous en contact avec Charles Konan Banny, président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, à ce sujet ?

Non, je n'ai pas de contact avec Charles Konan Banny. Je ne connais pas le cahier de charges de la commission qu'il dirige  Cela fait plus de huit mois que cette Commission a été installée et je continue de me poser des questions sur sa mission. Doit-il réconcilier le RHDP et le RHDP ?  Je voudrais dire que quand on réconcilie, on réconcilie deux camps entre lesquels la confiance a été rompue par une crise. Il faut donc approcher les différents protagonistes qui, ensemble, peuvent apporter un plus au rétablissement de la confiance. Je constate que les choses vont au ralenti. J'ai fait une proposition. Il appartient au pouvoir de prendre les devants. Quand Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir, il a approché Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara et les a faits revenir d'exil. Il a posé des actes pour montrer qu'il voulait la paix, même si en retour on lui a offert une guerre...

Le président Laurent Gbagbo commence 2012 en prison à La Haye. Le défi de l'unité parmi tous ceux qui se réclament de lui ne se pose-t-il pas ?

Cela me paraît primordial de parler d'unité autour de notre idéal commun.  Nos adversaires nous ont administré une leçon. Qui a pensé que le président Henri Konan Bédié et le président Alassane Ouattara pouvaient se retrouver dans une alliance pour se hisser au pouvoir aujourd'hui ? Je ne crois pas que les petits problèmes de leadership à l'intérieur de notre camp sont aussi profonds que ce qui a opposé Bédié et Ouattara. Nous pouvons les transcender. Alors que notre leader est incarcéré à La Haye, nous devons éviter de régler systématiquement nos problèmes dans la presse. Cela me gêne énormément. Cela ne fait pas honneur à notre camp et à notre cause. Cela dessert notre combat. Il n'est pas trop tard pour se ressaisir. Nous appelons tout le monde au rassemblement.


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PRETENDU SQUELETTE DE KIEFFER «DECOUVERT» A YAOKRO: C’ETAIT UN MONTAGE MEDIATIQUE!

 

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C’est la fin d’un mauvais polar que certains internautes ivoiriens, qui n’en loupent pas une, avaient déjà baptisé « Les Experts Issia ». Le squelette déterré très discrètement dans la bourgade de Yaokro, dans le département d’Issia (centre-ouest de la Côte d’Ivoire), puis médiatisé de manière assez spectaculaire, n’est pas celui de Guy-André Kieffer, journaliste franco-canadien disparu le 16 avril 2004 à Abidjan. Les analyses ADN ont parlé. Et le juge Patrick Ramaël, ainsi que les médias français majoritaires qui avaient crié à la grande découverte et assuré que l’affaire avançait désormais parce qu’Alassane Ouattara est au pouvoir, doivent être dans leurs petits souliers. Une fois de plus, le magistrat français s’est fourvoyé sur une fausse piste, avec la complicité d’une presse hexagonale adepte du « Gbagbo-bashing » systématique. Pourtant, il était évident que cette affaire du « squelette de Yaokro » était pour le moins douteuse, et que la plus grande circonspection devait prévaloir.

Il n’y avait rien de nouveau à Yaokro

Dès le départ, les propos de Bernard Kieffer, le frère du disparu, paraissaient étranges. Il affirmait que le juge Patrick Ramaël disposait depuis « quelque temps », alors que le président Gbagbo était encore au pouvoir, d’un témoignage crédible selon lequel un « Blanc », identifié par quelqu’un qui passait par là, avait été inhumé secrètement à Yaokro. Une question venait automatiquement à l’esprit. Pourquoi Ramaël, qui s’est rendu à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire depuis le renversement du fondateur du FPI, a attendu plus de huit mois pour faire les vérifications et les fouilles nécessaires ? Par la suite, une dépêche de l’AFP et des reportages d’une presse tenue à l’écart par des éléments FRCI armés jusqu’aux dents faisaient état de ce que la personne qui avait découvert le corps et d’autres villageois affirmaient qu’il s’agissait d’un Noir. Ces articles établissaient qu’il n’y avait jamais eu d’inhumation clandestine mais bel et bien une inhumation officielle, en présence des autorités administratives, traditionnelles et des populations baoulé, bété, béninoises et burkinabé, après un appel à témoignages organisé par le sous-préfet pour permettre une reconnaissance du corps et une remise à ses parents. La dépouille concernée n’avait pas été enterrée en catimini puis découverte, mais découverte dans la rivière Gorée, visiblement noyée, et enterrée le plus officiellement du monde. Qui a donc pu croire que le corps de Kieffer a été exposé pour besoins d’enquête devant des centaines de personnes d’origines diverses, qui ont observé la plus stricte omerta, ne laissant même pas filer un début de rumeur ? Balivernes. Le scénario de Yaokro n’a jamais été rien d’autre que du storytelling maladroit. « Ils ont profané une tombe en connaissance de cause ! », s’indignait hier un médecin sénégalais. Il a sans doute raison.

Un grossier contre-feu aux révélations de « Gorge profonde »

Qui a fabriqué cette histoire incroyable et dans quel intérêt ? Au Nouveau Courrier, nous sommes persuadés d’une chose. Il fallait susciter, dans l’urgence, un contre-feu devant les révélations faites par « Gorge profonde », qui s’est confié à notre quotidien en se présentant comme coauteur présumé – et repentant – d’un crime commandité par des membres du clan Ouattara dans le but d’accuser le pouvoir Gbagbo. Donnant de nombreux détails troublants, il nous révélait être en contact avec Jean-Yves Garnault, agent de renseignement français, et le juge Patrick Ramaël. Fin décembre 2011, il nous annonçait avant les médias l’arrivée de Ramaël venant à Abidjan pour le rencontrer. Il nous montrait des courriers électroniques échangés avec Garnault et destinés à Ramaël, et une décharge donnée par Garnault qui a récupéré des objets présentés comme ayant été arrachés à Kieffer.
Pour des raisons mystérieuses, Ramaël ne voulait pas communiquer sur « Gorge profonde » et son témoignage, pourt ant assez pris au sérieux pour justifier un déplacement à Abidjan. Il fallait donc détourner l’attention de l’opinion ivoirienne et française sur les investigations de notre journal, qu’il serait par la suite facile de tourner en dérision comme les inventions d’un titre « pro-Gbagbo ». Une question se pose désormais. Maintenant que l’hypothèse Yaokro s’est révélée bidon, Ramaël explorera-t-il officiellement celle de l’homme avec qui il est en contact secret depuis des semaines ? «Depuis sept ans, le juge d'instruction Patrick Ramaël fait un travail remarquable qui consiste à explorer toutes les pistes, toutes les hypothèses pour pouvoir fermer des portes», a dit hier Alexis Gublin, l’avocat de la famille du disparu. Une telle logique devrait amener à explorer la piste « Gorge profonde » en toute transparence. Y compris pour la fermer définitivement.

Les méthodes douteuses de Ramaël, l’honneur perdu de la presse française

Le dénouement de « l’affaire du squelette » remet sur le tapis la question des méthodes étranges du juge Ramaël. Ce n’est pas la première fois qu’il met médiatiquement en orbite un témoin-clé aux confidences farfelues. Avant « le vilageois de Yaokro », il y a eu Berté Seydou, chauffeur supposé de Jean-Tony Oulaï, qui a tout de même réussi à avoir un visa pour aller en Europe ; Germain Bahagbé, collaborateur de Oulaï qui s’est vite rétracté ; Paul Nobila Zinsonni alias « Major Gossé », qui a, lui, témoigné avec une fausse carte d’identité ivoirienne. Tous ces témoignages, contradictoires les uns avec les autres, dont le seul point commun est qu’ils accablaient des proches de Gbagbo, ont été présentés comme des avancées dans l’affaire. Avant d’être abandonnés. Jusqu’à quand le juge Ramaël, qui a accusé, en 2008, le conseiller justice de Nicolas Sarkozy d’alors, d’empêcher un témoin de s’exprimer sans la moindre suite, et qui a été visé par une enquête interne, qui n’est lancée qu’en cas de soupçons de manquements graves à la déontologie, sera-t-il sanctifié par la presse française ? L’AFP écrit ainsi, avec beaucoup de culot : «Des doutes étaient cependant apparus quand certains villageois interrogés par l'AFP avaient affirmé que, dans leur souvenir, ce corps qui avait été enterré près d'un cours d'eau noirâtre enjambé par un pont, était celui d'un noir.» Mais quels doutes ont été franchement exprimés par l’AFP et par les autres médias parisiens, en dehors du témoignage elliptique de certains villageois ? Dans ses dépêches en anglais évoquant la mort de Bohoun Bouabré, l’agence française a même dit qu’il était «relié» à la disparition du journaliste franco-canadien, brandissant le squelette non identifié en guise de preuve ultime.

 

Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 14 janvier 2012

APRES L’AFFAIRE DU SQUELETTE, «GORGE PROFONDE» ACCUSE: «LE JUGE RAMAËL NE JOUE PAS FRANC-JEU»

 


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Bien avant les résultats du test d'ADN, «Gorge profonde» nous avait joints pour nous avertir que Ramaël n'aurait aucun résultat probant. Et hier, la nouvelle confirmant qu'il ne s'agissait nullement des restes de Kieffer est tombée, comme un coup de massue pour le juge Ramaël, Bernard Kieffer, et toute la confrérie proche du régime Ouattara. «Si quelqu'un vous avoue que les restes de Kieffer se trouveraient ailleurs d'autre que le lieu où je sais qu'ils se trouvent, c'est faux. Quant à moi, j'estime avoir fait ma part dans cette affaire. C'est le juge Ramaël qui ne veut pas jouer franc jeu», nous a déclaré au téléphone, celui qui est à la base du rebondissement de l'affaire Kieffer, après plusieurs années de léthargie. Il affirme avoir remis plusieurs objets (sac, clé usb, documents) appartenant à Guy André Kieffer à Jean Yves Garnault, l'ami du franco-canadien, ainsi qu'au juge Patrick Ramaël lui-même. A ce dernier, il dit avoir remis une pièce d'identité de la victime et des effets vestimentaires lui appartenant. Des choses qu'il avait soigneusement gardées pour se retourner contre le commanditaire de l'assassinat du journaliste franco-canadien au cas où ce dernier ne remplirait pas sa part de contrat.  A bien y réfléchir aujourd'hui, ne sont-ce pas ces effets de la victime remises au juge Ramaël qui ont permis à ses services de faire croire, avec un soupçon d'éléments, et admettre aux medias français que le squelette sorti du profond de la Côte d'Ivoire, était celui de Kieffer ? Avant même que des tests ADN aient été faits sur les échantillons de ses restes prélevés.

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En tout cas, pour «Gorge Profonde», le juge Ramaël a décidé de tourner en rond. «Je ne comprends pas pourquoi le juge tourne en rond. Le jour même où le juge Ramaël est arrivé, nous nous sommes rencontrés. Et il m'avait donné des garanties, quand à mon extradition vers la France, où je devais purger ma peine après jugement. Avec des assurances pour ma famille. Malheureusement, deux jours après j'apprends qu'ils veulent me remettre à la justice ivoirienne. J'ai été donc obligé de me mettre à l'abri. Parce que ce n'est pas ce que le juge Ramaël m'avait dit tout au long de nos différentes conversations», a fait savoir «Gorge profonde». Aujourd'hui, celui qui se présente comme le sachant dans l'affaire Kieffer se dit  prêt à livrer la vérité devant une justice équitable et s'il bénéficie d'un bon conseil d'avocats. «Le juge Ramaël veut-il réellement la manifestation de la vérité ou d'une vérité ?», continue-t-il de s'interroger.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PAUL-ANTOINE BOHOUN BOUABRE: VIE ET MORT D'UN PATRIOTE IVOIRIEN


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Mort prématurément, Paul-Antoine Bohoun Bouabré restera dans la mémoire collective ivoirienne comme le ministre de l’Economie et des Finances qui a maintenu la barque et réglé les engagements de l’Etat au cœur d’une tourmente politico-militaire inédite. Mais aussi comme un homme politique qui a fait la promotion de ses compatriotes qu’il estimait remplis de potentiel.

Un pur produit de la première génération des enfants de l’indépendance et de la deuxième génération des militants du Front populaire ivoirien (FPI). Né le 9 février 1957 à Saioua, dans le département d’Issia, il est venu à la conscience alors que la Côte d’Ivoire venait d’accéder à la souveraineté sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, le «père de la Nation». C’était le soleil des indépendances et le temps de tous les espoirs. L’époque où, pour renforcer l’intégration nationale, le gouvernement envoyait les lycéens dans des internats loin de leur terroir d’origine pour les «détribaliser». Celui qu’on appelle dans sa jeunesse «Petit Paul» a toute sa vie durant gardé un souvenir attendri de ces années d’éveil, où lui, l’enfant du Centre-Ouest, faisait son cycle secondaire à Bouaké, dans le centre du pays. Avant de rejoindre l’Université nationale de Côte d’Ivoire, où il obtient une maîtrise en Sciences économiques. Puis l’université de Clermont-Ferrand, en France, où il décroche son Diplôme d’études approfondies (DEA) en 1982 puis son doctorat en Economie du développement en 1985.

Comme beaucoup de jeunes Ivoiriens de sa génération, celle d’avant les ajustements structurels et des blocages prolongés des salaires, c’est tout naturellement qu’il rentre au pays et devient assistant, maître-assistant et chargé de cours dans les universités de Cocody et de Bouaké et à l’Ecole nationale d’administration. Chercheur passionné, il est consultant auprès du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Banque africaine de développement, il cofonde le Groupe de Recherche en Industrie et Développement d’Abidjan (GERIDA).

Le père du «budget sécurisé» puis du «budget de sauvegarde»

Mais l’appel de la politique est le plus fort, dans un milieu universitaire qui remet en cause le pouvoir absolu du «Vieux» dès le début des années 1980 et qui bouillonne littéralement depuis le retour au multipartisme en 1990. Il se fait connaître dans le sillage de son ami – et «jumeau» – Mamadou Koulibaly, dont il est le directeur de cabinet quand il devient, sous la transition militaire, ministre du Budget puis de l’Economie et des Finances. Au sein du premier gouvernement constitué par Pascal Affi N’Guessan après l’élection du président Laurent Gbagbo, Bohoun est nommé ministre du Commerce et de l’Industrie. Puis, le fils de Saouïa devient grand argentier quand celui d’Azaguié se hisse sur le perchoir.

Pendant son séjour au ministère de l’Economie et des Finances, Paul-Antoine Bohoun Bouabré va de défi en défi. Comment réussir à remplir toutes les obligations de l’Etat après une transition militaire chaotique et sans l’aide des bailleurs de fonds, qui traînent des pieds pour revenir ? Bouabré crée le concept de «budget sécurisé», s’appuyant uniquement sur des ressources internes qui augmentent grâce aux réformes des régies financières de l’Etat, dont les patrons sont recrutés par appel d’offres. Après le déclenchement de la rébellion armée, qui déstructure l’économie et prive le pays de plus de la moitié de son territoire, Bohoun crée le «budget de sauvegarde». Il parvient à payer les salaires et les charges de l’Etat alors que la rébellion et ses alliés étrangers ne donnent pas trois mois au régime Gbagbo pour arriver à la case «banqueroute». Paul-Antoine Bohoun Bouabré quitte le ministère de l’Economie et des Finances en décembre 2005. Charles Konan Banny, le nouveau Premier ministre, fait pression pour. Un grand nombre de dignitaires politiques de la sous-région s’opposent à sa désignation par le président Laurent Gbagbo comme gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en raison de leur proximité qui les irrite manifestement.

Quand il atterrit au ministère d’Etat, ministère du Plan et du Développement, Bohoun Bouabré ne chôme pas. Il s’investit dans la rédaction du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), et investit sa fonction de Gouverneur de la Banque africaine de développement (BAD) pour le compte de la Côte d’Ivoire. En 2009-2010, il est même le président du Conseil des gouverneurs de la BAD. Il organise de main de maître les 45èmes Assemblées de la BAD à Abidjan, et plaide sans relâche pour le retour de l’institution à Abidjan.

Révéler à la Nation des jeunes talents

Au-delà d’un parcours, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, c’était aussi un style. Peu porté sur les effets de manche et les propos à l’emporte-pièce, il se voyait en rassembleur et en détecteur de talents. Il s’est ainsi fait fort de ramener «à la maison FPI» des personnes en rupture de ban comme le journaliste Léonard Guédé Pépé dit «James Cenach», marginalisé pour avoir viré au RDR. «Charles Diby Koffi et Gnamien Konan lui doivent beaucoup», révèle un cadre du monde de la finance. Qui note également que Bohoun a promu de nombreux jeunes au ministère du Plan et du Développement, et recevait avec un intérêt passionné, quand il était à l’étranger, ses jeunes compatriotes qui se distinguaient par leur talent. Bohoun est allé plus loin en créant et en présidant la Fondation des Amis de l’Excellence (AMEX). Qui a, pendant de nombreuses années, regroupé les meilleurs élèves en mathématiques et en littérature des collèges publics (classe de troisième) pour les faire se connaître, améliorer leur niveau, participer aux Olympiades africaines et mondiales de mathématiques et de français, et obtenir des inscriptions dans les meilleures classes préparatoires françaises, en vue d’entrer dans les meilleures écoles d’ingénieurs du monde. S’il a réussi son pari avec les premières générations, déjà sur la voie d’une insertion professionnelle par la «voie royale», il n’aura pas eu le temps de consolider ce qu’il considérait comme un des engagements fondamentaux de sa vie.

Catholique pratiquant, aimant recevoir à sa table aussi bien les grands patrons ivoiriens et les gens de peu, Bohoun Bouabré a également eu son lot de souffrances et de désillusions. Il n’a ainsi jamais cessé de pleurer sa première épouse Catherine, décédée dans un tragique accident de la circulation, avant que son destin s’accélère. Même s’il a trouvé réconfort et joie de vivre avec Léa, épousée en secondes noces, ses cinq enfants et sa petite-fille. Bohoun Bouabré a également été marqué par les amitiés brisées et les trahisons qui ont jalonné son ascension professionnelle. Président élu du Conseil général d’Issia, il a mal vécu les divisions qui ont éclaté entre les cadres du département et qui se sont cristallisées autour de sa personne et de celle de Désiré Tagro. Cité par des articles de presse sans la moindre preuve dans l’affaire de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, accusé de manière fantaisiste de crimes imaginaires dans le cadre de la guerre post-électorale alors qu’il n’était ni membre du gouvernement, ni en première ligne dans l’appareil de Résistance, il a souffert en silence. Mu par une grande admiration pour le président Laurent Gbagbo, il a sans doute beaucoup souffert du 11 avril 2011 et de son cortège d’humiliations. L’épreuve morale s’est ainsi greffée au calvaire médical. Un calvaire qui est désormais derrière lui. Un patriote ivoirien a expiré en exil, éloigné de la terre qui l’a vu naître par une sadique «justice des vainqueurs». Mais sa vie n’a pas été vaine.

Sa dépouille a quitté Jérusalem pour Tel-Aviv hier et arrive à Abidjan demain vendredi 13 janvier à 18 heures.

 

Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 13 janvier 2012

LE SQUELETTE RETROUVE EN COTE D'IVOIRE N'EST PAS CELUI DE GUY-ANDRE KIEFFER


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Les expertises d'ADN ont montré que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'est pas celui de Guy-André Kieffer, a indiqué, jeudi 12 janvier, Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004.

"L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer. Le squelette avait été découvert dans la région d'Issia, en présence du juge Patrick Ramaël, chargé du dossier.

"RENFORCER D'AUTRES HYPOTHÈSES"

De nombreux éléments avaient laissé penser à l'entourage de Guy-André Kieffer que ces ossements découverts à 360 km à l'ouest d'Abidjan étaient bien ceux du journaliste, qui avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne. Des échantillons de ce squelette avaient immédiatement été envoyés en France pour analyse.

"C'est une déception pour la famille, parce que ça ne permettra pas de commencerle deuil, mais ça ne remet en rien en cause l'enquête en cours, a estimé Me Gublin.Depuis sept ans, le juge d'instruction Patrick Ramaël fait un travail remarquable qui consiste à explorer toutes les pistes, toutes les hypothèses pour pouvoir fermerdes portes, a rappelé l'avocat. Le porte qui se ferme aujourd'hui va permettre de poursuivre les investigations et de renforcer d'autres hypothèses."

Journaliste indépendant, Guy-André Kieffer avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking d'Abidjan alors qu'il enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière du cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. L'enquête menée en France s'est orientée vers des cercles proches de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, actuellement poursuivi devant la CPI pour des crimes contre l'humanité.


Source: LE MONDE.FR

LES PRECIEUX POINTS DE LAURENT GBAGBO

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Dans la course au triomphe de la vérité sur la crise ivoirienne, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo engrange des points précieux, depuis quelques temps, et est en passe de donner l'insomnie à ses détracteurs qui, depuis, redoublent de tours de prestidigitation pour donner un contenu aux mensonges éhontés habillement distillés dans le monde et dans notre pays contre ce digne fils de l'Afrique.

L'affaire pendante du squelette du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer prétendument découvert à Issia, le statut « d'indigent » reconnu à Laurent Gbagbo pour le financement de sa défense par la CPI, les élucubrations du président sénégalais Abdoulaye Wade sur le financement de la rébellion casamançaise par l'ancien président ivoirien et les résultats des législatives du 11 décembre 2011 sont autant de bons points pour « le réprouvé de Scheveningen ». Cela vous étonne-t-il ? Faisons un peu de lumière sur le sujet.

D'abord, le statut « d'indigent » accordé au célèbre prisonnier de La Haye après 5 semaines d'investigations infructueuses pour retrouver la fortune que Laurent Gbagbo aurait dissimulée quelque part sur la planète, peut-être dans un paradis fiscal, afin de le contraindre à financer sa propre défense et, par ricochet, pouvoir certainement le confondre et le convaincre de crimes économiques, chefs d'accusation que lui colle au dos le nouveau pouvoir d'Abidjan.

Le greffier Esteban Peralta Losilla de la CPI a rendu, le 28 décembre 2011, une décision qui ne souffre pas d'équivoque : «Monsieur Gbagbo ne dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge tout ou partie des coûts de sa représentation légale devant la cour». Notamment, «la rémunération d'un avocat, d'un assistant juridique et d'un gestionnaire de dossier ainsi que le remboursement des frais engagés par la défense de Laurent Gbagbo à hauteur de 76.000 euros (environ 50 millions de francs CFA)». Cette décision donne incontestablement la preuve que Laurent Gbagbo a géré la Côte d'Ivoire avec intégrité, probité, et qu'il est un honnête homme et non le chef de guerre, le pilleur, le prédateur national et le dictateur qui confond caisses de l'Etat et comptes personnels pour lequel on a voulu le faire passer. Impensable qu'un chef d'Etat africain n'ait ni patrimoine immobilier haut de gamme ni compte bancaire dans un paradis fiscal. La CPI ne peut se faire à cette idée. Tant et si bien qu'elle a décidé de poursuivre les recherches - malgré l'évidence de la virginité du « reclus de La Haye » - dans l'espoir, vaille que vaille, de prouver que Laurent Gbagbo figure bel et bien sur la triste liste des présidents africains devenus milliardaires par des biens mal acquis. Comment la CPI arrivera-t-elle à prouver qu'un tel homme sur qui l'argent n'a pas de prise (cas rarissime) est un criminel de guerre sans morale ni vergogne. L'entreprise ne manque pas d'audace.

L'idée même de l'honnêteté de Gbagbo dans la gestion des biens publics ivoiriens, durant sa gouvernance, répugne à la presse proche de Ouattara. Autant que son « indigence » présumée qu'elle qualifie de canular « pour se soustraire à l'obligation d'honorer les frais de sa défense ». Pour cette presse, Laurent Gbagbo a géré « des fortunes colossales » qui ne peuvent « s'être évanouies dans la nature ». Il aurait au moins 1,4 milliard en compte, pour avoir touché un salaire mensuel de 9,6 millions de francs CFA pendant dix ans, en tant que Président de la République de Côte d'Ivoire. Il aurait géré un budget de souveraineté de 75 milliards par an, soit 750 milliards sur la même période. Les journalistes pro-Ouattara ne peuvent donc comprendre qu'il n'ait pas mis un peu de cet argent en lieu sûr, pour ses vieux jours. En bon africain. Pour eux, Laurent Gbagbo ne peut pas être autre chose que multimilliardaire. On lui trouve même des rétro-commissions d'achats d'armes - pour se mettre au goût du jour français - qui auraient atterris dans ces comptes personnels, des commissions dans l'achat de l'usine de transformation du cacao, à Fulton, aux Etats-Unis et dans l'affaire des déchets toxiques du Probo Koala, pétrolier immatriculé au Panama, appartenant à une compagnie grecque et affrété par la société hollandaise et suisse Trafigura. La presse RHDP accuse Laurent Gbagbo d'être également « mouillé » dans la gestion des indemnisations versées par l'affréteur du navire néerlandais.

Ces ruées dans les brancards d'une presse pro-Ouattara interloquée par la signification profonde de « l'indigence » de Laurent Gbagbo sont la preuve que Laurent Gbagbo est un dirigeant politique totalement atypique, peu soucieux du gain et de l'intérêt personnel, aucunement enclin à l'enrichissement et qui avait fait de son budget de souveraineté « la plus grosse caisse sociale d'Afrique de l'Ouest ». Ce qu'on ne peut guère prêter aux nouveaux dirigeants de la Côte d'ivoire, authentiques parrains et chefs de guerre qui ont pillé avec indécence la partie septentrionale de notre pays, durant 10 bonnes années, avec à la clé le casse des agences de la BCEAO du Centre, du Nord et de l'Ouest et la création d'une régie parallèle, « La Centrale », qui a « fait les poches » à la nation, permanemment et sans aucun scrupule, jusqu'à tout récemment.

Cette presse ne comprend pas que nous puissions saluer la décision du greffier de la CPI, Esteban Peralta Losilla, de faire financer la défense du président Laurent Gbagbo pour « indigence ». C'est pourtant facile à décrypter : l'ancien président ivoirien n'est pas un voleur, encore moins un pilleur. Tout ce qui a été débité sur sa personne comme mensonge n'est, en réalité, à mettre qu'au compte d'une diabolisation hémiplégique sans fondement. Ils anticipent en réalité l'entreprise de Sisyphe que va constituer pour le camp Ouattara la production de preuves relatives aux charges de crimes économiques portées contre son pire ennemi politique. 

Le deuxième bon point pour Gbagbo est le bataclan qui s'est mis en branle après les révélations de « Gorge profonde », dans Le Nouveau Courrier, incriminant le camp Ouattara sur les circonstances et les conditions de la mort du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer. Comment comprendre que la France ait toujours agité cette affaire comme un chiffon rouge permanent contre Laurent Gbagbo et qu'une fois celui-ci bombardé par l'armée française et déporté à Korhogo, au Nord de la Côte d'Ivoire, puis à La Haye, on nous ait fait attendre 8 mois pour, au final, tenter de nous faire avaler la couleuvre de cette information indigeste qu'est la découverte des restes du franco-canadien dans le village de Yaokro, près d'Issia, la ville natale du ministre Bohoun Bouabré (paix à son âme!), un proche de Gbagbo dont le nom a toujours été associé à cette scabreuse affaire par les pourfendeurs de l'ancien régime ivoirien. Et cela, curieusement juste après que Le Nouveau Courrier ait rouvert la boîte de Pandore.

Bernard Kieffer a fait un bien curieux témoignage sur l'emplacement du squelette de son frère, porté à la connaissance du juge Ramaël, qui conforte les partisans de la thèse du complot dans leur position : « Le juge n'avait pu aller vérifier le témoignage car c'était en pleine zone contrôlée par le camp Gbagbo ». Un témoignage faux et scandaleux sur toute la ligne, dans la mesure où la collaboration entre le juge français et les anciennes autorités ivoiriennes ne souffrait d'aucune ombre. C'est sur la base de ce témoignage que le juge Ramaël aurait menées les fouilles qui ont abouti à l'exhumation « des restes (?) » de Guy-André Kieffer, « sur la foi d'informations qu'il a obtenues voilà quelque temps ». Alors, question : « Pourquoi avoir attendu huit longs mois pour aller vérifier des informations disponibles depuis bien longtemps ? », s'interrogeait avec à-propos Le Nouveau Courrier, en début de semaine. Le juge Ramaël a eu l'occasion de se rendre en Côte d'Ivoire à trois reprises, depuis la prise de pouvoir de Ouattara. Il n'a jamais fait cas de ce témoignage ni de ses suites. Son dernier voyage en terre ivoirienne remonte à novembre 2011, il y a seulement deux mois. « Pourquoi donc n'a-t-il pas effectué de fouilles dans le village de Yaokro, dans la sous-préfecture de Saïoua, département d'Issia, à cette occasion, puisqu'il avait déjà les informations ? ».

Après la diabolisation médiatique constante menée contre Laurent Gbagbo et son régime, l'avènement du régime Ouattara était une aubaine pour boucler enfin ce dossier épineux. Que non ! Patrick Ramaël aura attendu 8 mois pour se rendre sur le site qu'il connaissait déjà depuis près d'une année. Le mystère sur la mort de Kieffer reste entier et laisse de plus en plus croire qu'il résulte d'un grossier montage de la France et de l'entourage d'Alassane Ouattara. Blanchissant entièrement Laurent Gbagbo et son régime, malgré les insinuations perfides du juge français, et confirmant une fois de plus que l'ancien président ivoirien n'est ni un assassin ni un dictateur. Un autre point en sa faveur pour sa défense à la CPI.

Quant aux résultats des élections législatives avec leur mémorable et historique « désert électoral », et la pléthore de plaintes (plus de 110 sur 254 sièges) déposées sur la table du Conseil constitutionnel par les alliers du RDR qui décrient ses pratiques électorales peu orthodoxes, ils apportent une autre preuve que le président Laurent Gbagbo avait raison lorsqu'il criait à la fraude massive à la présidentielle de novembre 2011 et appelait au recomptage des voix en vue de solder le contentieux postélectoral, et ce, pour montrer son attachement à la démocratie. Un tel homme ne peut pas être accusé d'avoir provoqué la guerre dans son pays et tué les Ivoiriens. Sa défense saura aisément le prouver.

Les adversaires nationaux et internationaux de Laurent Gbagbo sont tellement désemparés par la vérité des faits qui tendent de plus en plus à le faire découvrir au monde comme un honnête homme et un dirigeant politique amoureux de son peuple que le président sénégalais, Abdoulaye Wade est appelé à la rescousse pour nous sortir un incroyable lapin du chapeau françafricain : Laurent Gbagbo a financé la rébellion casamançaise. Dans les accusations les plus ubuesques contre l'ancien chef de l'Etat ivoirien, nous n'aurions jamais cru pouvoir entendre une énormité plus renversant et plus incongrue ! Laurent Gbagbo n'a pas sorti le moindre coutelas contre le président Félix Houphouët-Boigny durant 30 années de lutte politique et d'opposition. Pourquoi l'aurait-il fait au moment où il avait accédé à la magistrature suprême de son pays et, de surcroît, dans un pays frère ? Mystère !

On le voit bien, les ennemis du « réprouvé de Scheveningen » sont à court d'idées, rattrapés qu'ils sont par le tonnage impressionnant de mensonges véhiculés durant toutes ces années, en Afrique et dans le monde, pour justifier son éloignement du pouvoir et de la vie politique ivoirienne. Mais la vérité finissant toujours par l'emporter sur le mensonge, fut-il le plus enraciné, Laurent Gbagbo finira bien, un jour, par sortir des geôles de la CPI, blanchi et plus que jamais grandi.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire ! 



In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 414 du jeudi 12 janvier 2012.