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vendredi, 23 septembre 2011

LA LIBYE NE SERA JAMAIS CONQUISE !

SNIPER - SYRTE.jpg

Tribune libre de Djerrad Amar.



Sept mois de bombardements par l’OTAN. Contre des civils, un carnage, de la rapine, des mensonges, de la tromperie, de la diversion et de la désinformation perpétuelle n’ont pas pu arriver à faire plier un peuple de 6 millions d’habitants et qui vient de surcroît de commencer sa résistance ! Quelle victoire a bien remporté l’OTAN ? L’OTAN – dont-il ne reste en Libye que la France de Sarkozy et la Grande-Bretagne de Cameron – connaît Pyrrhus !

Les retraits des villes des forces armées libyennes est, en effet, purement tactique car l’OTAN s’en sert comme argument– répondant à son objectif – pour viser les populations en bombardant en permanence les cités, en coupant l’eau et l’électricité mais aussi en empêchant l’approvisionnement des populations en nourriture et médicaments. C’est donc pour protéger les populations, en particulier, que ces retraits sont décidés.

Cette tactique s’avère un piège redoutable. Malgré le retrait, les « rats » de l’OTAN n’arrivent pas à occuper les villes, y compris Tripoli, car ils rencontrent une forte résistance de la population qui pratique maintenant la guérilla et subissent de lourdes pertes face aux tireurs d’élite et ce, par le témoignage même de « Reuters » qui rapporte que des centaines de cadavres « d’insurgés » jonchent les rues ayant reçu une balle soit au front soit au niveau du cœur. Ceux qui y entre n’en sortent pratiquement jamais. Selon des rapports que la presse ne diffuse pas, les « insurgés » refusent les ordres d’avancer. La débandade et la démoralisation sont réelles sur tous les fronts. De plus, l’OTAN n’arrive plus à mobiliser car la « chair à canon » n’est pas illimitée. Elle n’arrive plus à remplacer les centaines de morts que lui infligent les forces libyennes composées de dizaines de milliers de volontaires libyens (les renforts des tribus arrivent tous les jours) et de l’armée. Elle n’arrive pas aussi à renforcer un front par le transfert par manque d’effectifs au risque d’en dégarnir un autre.

Combien l’OTAN a bien pu avoir mobilisée ? 6000, 10 000 ? Exagérons à 20 000 !! Elle en a sacrifiée combien de ces clowns, sales, affreux et désorganisés ? Bien plus de 10 000. Il reste disons 10 000 au maximum (sans possibilités de remplacement sinon pourquoi en importer), totalement démoralisés car se sachant vaincus, sans but que de se faire un « capital » par le vol et la rapine (puis déguerpir), actes qui deviennent de moins en moins possibles depuis que les Libyens ont totalement réorganisés leurs troupes, changés de stratégie et de tactique face à la folie, aux turpitudes, l’empressement, la précipitation et les tâtonnements de l’OTAN. Donc 10 000 face à des dizaines de milliers motivés car défendant une cause juste ; leur pays et leur honneur ayant l’avantage du terrain, l’endurance et le temps. Au vu de l’évolution des choses ce nombre restant – inextensible –sera réduit à zéro en moins d’un mois !

C’est dans le sens de l’échec qu’il faut comprendre la diversion de Sarkozy et Cameron, singés par le vassal Erdogan de Turquie, à l’approche de la réunion du Conseil de Sécurité même s’il ne faut pas trop y compter. C’est bien de sortir de ce guêpier aux conséquences politiques et économiques, voire personnelles, désastreuses. « Nous vous avons aidé dans votre révolution, vous voici donc à la capitale, à vous de poursuivre maintenant les réformes en tenant vos promesses. Nous on se retire »semblent dire ces deux idiots utiles, à un CNT qui s’avère être un ramassis hétéroclites de bras cassés, désunis, incompétents, sans consistance et sans vision ni projet. Même l’ONU, si force de « police internationale» de 5 000 hommes il y aura, ne sera d’aucun secours ou utilité face à un peuple déterminé à défendre son pays. Le pétrole tant convoité ne dépassera pas les côtes libyennes. Il sera visé en priorité avec ses sociétés prédatrices, ses personnels, ses bateaux, ses pipe-lines etc. Toutes les forces étrangères, sur le sol libyen, seront la cible légitime des Libyens. Elles seront terrorisées et traquées en permanence jusqu’à leur disparition.

L’enlisement est bien visible. La Libye ne sera jamais conquise. L’OTAN n’est plus qu’un géant aux pieds d’argile, l’ONU une escroquerie, les médias un instrument de propagande, les «journalistes » désormais des propagandistes et agents doubles, au service de la« démocratie » des « libertés » imaginaires, bien plus au service des mensonges et des leurres ! Le monde doit donc être refait sur d’autres bases, d’autres règles, d’autres pôles. L’échec est le débouché inexorable de tout ce qui est construit sur du faux, le mensonge, la falsification et l’escroquerie !

La Libye est bien l’endroit où les prétendues « valeurs universelles », dont se prévaut l’Occident autoproclamé «gardien du bien », sont mises à nues en s’avérant tromperies, où les institutions et organisations dites « internationales » chargés de défendre des droits, des principes et prévenir les conflits, se confirment être des instruments de domination et hégémoniques au service du Grand capital.


Source : Le blog d’Allain Jules

mardi, 20 septembre 2011

QUI PROTEGE-T-ON A SYRTE, BANI WALID...?

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Maintenant qu'il n'est plus question de «protéger» Benghazi ou plus largement les «civils», maintenant que Nicolas Sarkozy et James Cameron sont allés goûter leur moment de triomphe à Tripoli et à Benghazi, à quoi servent les bombardements contre Bani Walid, Syrte et d'autres localités, dont les habitants appellent la société mondiale à leur secours.

Pour ceux qui savent que depuis le début il n'y avait ni civils à protéger ni révolution à prémunir d'une aviation, invisible du reste, ces bombardements sont justifiés par le refus des Syrtiens et des Bani Walid de se soumettre à l'OTAN. On parle de milliers de morts, qui viennent s'ajouter aux dizaines de milliers des frappes précédentes. Dans les médias, aucune image, aucun témoignage, de ces «pro- Kadhafi», sortis du champ et déshumanisés. Qui sont-ils, pourquoi résistent-ils ? On le saura bien un jour, quand il ne sera plus question que de faire le bilan des victimes.

Des «pro- Kadhafi», cela devrait avoir une consistance. Mais on ne nous la donne pas. Ce qui importe est de les associer à celui qui est censé représenter l'ultime menace. Certains médias font mieux, pour eux l'OTAN «bombarde Kadhafi», les enfants, les femmes, les hommes, qui reçoivent le feu et l'acier du ciel n'existent pas. Dans leurs pays le moindre bobo ameute des régiments de psychologues au chevet des victimes, des cellules d'écoute se mobilisent, les témoignages de sympathie pleuvent. Les Libyens ne font pas partie de la même Humanité. Ils sont un obstacle à l'équipée prédatrice. Dans les deux villes martyres, ils ont leur dignité comme baume qui les protège de l'effondrement. Et tout démontre qu'ils ne se laisseront pas faire, jusqu'au bout des forces qui leur restent. Ce faisant, ils démasquent, chaque heure qui passe, l'horrible imposture.

Ce faisant, ils démontrent que l'OTAN, si elle impose ses supplétifs, aura bien du mal à régner pacifiquement sur un pays où gronderont des torrents de haine. Elle doit le savoir, puisqu'elle y va de toute sa hargne chargée de mépris et de racisme contre ces irréductibles qui ne font, pourtant, que défendre leur pays contre une agression barbare. Ils sont au moins 500 000 à être encerclés, privés d'eau, de médicaments et d'électricité et soumis aux bombes des avions qui ouvrent la voie à des «révolutionnaires» alibis.

Avec la complicité scandaleuse de tous ceux qui se sont emparés du monopole des droits de l'homme. Le crime est transformé en mission libératrice de gens qui ne veulent pas être libérés. Tant qu'à faire, ils sont ignorés. Il n'y aurait que leurs oppresseurs qui résistent. Là on ne nous explique pas comment ces derniers tiennent depuis des mois et pourquoi on ne trouve pas grand monde pour applaudir le «nouveau pouvoir» en dehors des plans serrés des caméras. La vérité est que le monde est entré dans une nouvelle ère où il devra affronter ses pires démons. Point de place pour le faible, point de place pour les justes, seuls les rapaces s'invitent au banquet où ils veulent mettre eux-mêmes la table. Vivront des miettes qui tombent ceux qui feront preuve de servilité. Ce que les Libyens ont compris en poussant à la folie sanguinaire l'Alliance atlantique.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source: LES DEBATS.COM

samedi, 17 septembre 2011

SARKADO: LE POIDS DE LA VERTU


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Il était une fois un putschiste félon qui, en l'espace de deux mois à l'hôtel du Golf, parvint à "claquer" 452 milliards de Fcfa (689 millions d'euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu'il animait de 40 % des ressources de l'État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l'augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d'annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d'un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo...

Les investisseurs (hormis quelques charognards de l'immobilier, qui s'enrichissent déjà sur le dos des innombrables "déguerpis" de la vaste opération "villes mortes") persistent à fuir comme la peste un pays toujours rongé par l'anarchie et la délinquance d'État (quel autre nom donner en effet aux exactions quotidiennes des frci?), gangrené par le racket et les détournements de fonds tous azimuts.

Par contre, continuer à faire le malheur des petits, en les enfonçant toujours plus profondément dans la boue d'une précarité pourvoyeuse à terme de juteux dividendes FMIesques, çà, le SarkAdo y excellera toujours...

Si nous avions une suggestion à faire au sous-préfet momentanément en poste à la tête de l'arrondissement ivoirien de l'empire sarkafricain, ce serait de garder secrètes les minutes des sous-conseils qu'il préside, pour épargner aux Ivoiriens encore aptes à la gaieté - en dépit du malheur dont il restera longtemps le symbole - le risque de s'étouffer de rire à la lecture des vœux pieux surréalistes dont elles sont truffées.

Le dernier compte-rendu en date (celui du 7 septembre dernier) nous offre la burlesque mise en scène d'un Drame Man, tour à tour et en vrac:

-soudainement épris de respect de l'environnement lui, le champion toute catégorie du saccage à grande échelle;

-soucieux de sécurité pour tous, après avoir instauré le règne de la terreur dozo et licornue;

- soucieux également de santé publique, après avoir mis à mal le système de santé ivoirien, en commençant par condamner à mort des dizaines de dialysés victimes de l'ignoble boycott imposé par son parrain Sarko, avant d'encourager ce dernier à bombarder les hôpitaux;

- soucieux aussi de présider à l'avènement d'une "école ivoirienne d'excellence" (si vous avez trop mal aux côtes, arrêtez de lire!), après avoir durablement désorganisé le système éducatif en sabotant l'année scolaire en cours au moment de son putsch, et en détruisant écoles et universités;

- soucieux toujours de création d'emplois, après avoir ruiné des millions d'Ivoiriens et jeté sur les routes de l'exil près de trois millions d'entre eux (et il ose promettre et s'engager, le bougre !);

- tout fier d'avoir ramené l'effondrement du taux de croissance provoqué par ses menées criminelles (il était de +4 % en 2010 avec SEM Laurent Gbagbo) de -6 à -5,3 %, évoquant même une projection de croissance de +8 % pour 2012 ! (au rythme actuel, et dans le meilleur des cas, on arriverait péniblement à 2,8 % fin 2012, et il faudrait au moins cinq ans pour atteindre ces mirifiques 8%.)

- enfin pour couronner l'ensemble, auto-promu, lui, le fraudeur invétéré, qui n'a cessé de mentir éhontément sur tout (ses origines, sa fortune, ses compétences, sa victoire aux élections...), en "terminator" de ... la fraude.

Comme quoi, et plus que jamais, Ado solution, c'est PrestigitAdo rêve éveillé sur scène, cauchemar Adormir debout en coulisses...

Quant à la docte (?) assemblée de sinistres fantoches opportunistes suffisamment lâches ou pervertis pour cautionner une telle mascarade, en consentant à avaler autant de couleuvres, à céder au chant d'aussi piètres sirènes, à prendre d'aussi piteuses vessies pour autant de phares d'Alexandrie : ça a la couleur d'un gouvernement, le goût d'un gouvernement, mais ça n'est pas le gouvernement de Côte d'Ivoire, lequel est très provisoirement en prison ou en exil.

 

Eliahou Abel

 

SourceRESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

COTE D'IVOIRE - PLUIES DE MILLIARDS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA SEME LE VENT


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Le régime de Ouattara s'est mis hier à rêver de pluies de milliards à la suite de la déclaration conjointe faite par le FMI et la Banque Mondiale qui ont séjourné pendant plus de deux semaines dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples en Côte d'Ivoire où la vie quotidienne éclaire  d'une réalité crue la conjoncture économique difficile dans laquelle vivent les abidjanais.


Les ouvriers de dame Kanaté avaient hier la mine des mauvais jours. Leur patronne devait en principe leur verser une partie de leurs dus. Lorsqu'elle a d'ailleurs affirmé, sous le coup de dix heures, qu'elle était à la banque, le petit groupe s'était senti requinqué. Dramane s'est alors emparé des derniers paquets de ciment qui étaient encore dans le magasin et s'est littéralement jeté sur le reste du sable pour faire des briques. Rien, se disait-il, ne pouvait alors contrarier son rêve d'empocher les 85.000 Fcfa qui doivent lui être payés. Mais à 13 heures, la patronne est revenue de ses courses matinales en affirmant que la banque avait des problèmes de connexion et qu'en conséquence, elle n'avait pas pu retirer de l'argent sur son compte. Les problèmes d'informatique, les pannes de guichet, des distributeurs d'ailleurs souvent non alimentés etc... A Abidjan, les gestionnaires de compte et les caissiers ont une panoplie de vocabulaire pour justifier un paiement qui ne viendra pas, parce que par principe, ici la vérité n'est jamais bonne à dire. Le sachant, le gouvernement joue   à fond la carte de la communication et se contente parfois d'expédients comme l'emprunt obligataire pour essayer de maintenir en haleine une population qui croit de moins en moins aux milliards qu'on lui a annoncés pendant la campagne électorale.

Avant-hier d'ailleurs, un sentiment de soulagement se lisait sur le visage du ministre de l'économie et des finances qui sort de deux semaines de réunions éprouvantes avec la délégation conjointe du FMI et de la Banque Mondiale. M. Diby avait de toute évidence besoin de ce type de déclaration diplomatique de clôture de Doris Ross pour être ensuite relayé par les communicants du gouvernement. Mais la joie risque d'être de courte durée. Car les promesses d'appuis budgétaires devront être entérinées en novembre par le conseil d'administration des deux banques. Le FMI et la Banque Mondiale ont refusé d'autoriser le principe des appuis budgétaires pour cette année. Les décaissements probables des 300 milliards devront ainsi attendre l'année prochaine et s'étendre sur trois ans, c'es-à-dire de 2012, 2013 et 2014. La presse quelque peu en retrait de l'euphorie des pro-Ouattara a insisté hier sur les conditionnalités, notamment la bonne tenue des élections législatives. Mais c'est surtout dans les non-dits de la déclaration qu'il faut situer les vrais enjeux du programme de facilité de crédit que le gouvernement négocie depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a même concédé que la promesse de 300 milliards était conditionnée par l'application d'un train de réformes que le communiqué se garde d'énumérer parce qu'elles ont un coût social lourd. Il s'agit notamment de l'augmentation du prix de l'énergie pour combler les pertes de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité qui a subi le pillage de ses installations et dont les infrastructures sont désuètes. Le gouvernement avait espéré avoir le temps nécessaire pour convaincre ses partenaires du privé, notamment jusqu'à la fin de 2012. Mais sur cette question, le régime a subi son premier gros revers puisque la discussion a entériné le principe des augmentations dès mars prochain dans une proportion  de 10% au départ pour se stabiliser à la fin à 19% comme le demandaient les deux bailleurs de fonds. Le gouvernement doit aussi débloquer les prix du carburant à la pompe pour laisser la vérité du marché s'imposer. Pour les transporteurs, c'est le principal acquis obtenu sous la présidence Gbagbo qui disparaîtrait ainsi.

Le gouvernement doit aussi accélérer la privatisation d'un certain nombre d'entreprises publiques comme il s'y est engagé depuis plusieurs mois et optimiser ses ressources internes. Sans elles, Alassane Ouattara ne pourra pas faire face au fonctionnement régulier de l'Etat comme actuellement où le gouvernement a choisi de prioriser les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour éviter d'entrer en conflit avec les populations. Quant aux autres partenaires, ils sont obligés d'attendre. Les tensions de trésorerie sont perceptibles et les fournisseurs de l'Etat s'en prennent à d'imaginaires agents véreux qui rendraient le versement de leurs dettes aléatoire. Le gouvernement annonce par ailleurs un niveau d'apurement de la dette intérieure que ne reconnait pas par exemple le patronat ivoirien et mise encore sur la peur des populations pour essayer de mieux s'installer.

Officiellement, la dissolution de la Centrale devrait permettre de disposer enfin des impôts du nord, plus de cinq mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les français après une série de bombardements de sa résidence. Mais à part le communiqué de dissolution, rien n'a encore changé dans les zones centre, nord et ouest du pays toujours aux mains des ex rebelles qui se préparent à aller aux législatives avec leur chef Guillaume Soro. Le FMI et la Banque Mondiale rechignent d'ailleurs à l'idée de voir l'armée du Premier  ministre grossir le nombre des fonctionnaires du pays. « L'incorporation post-crise à la solde de l'État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d'accroître une masse salariale déjà lourde », déplore la déclaration qui prend pour ainsi dire acte de la défense du gouvernement de faire des économies en réduisant les dépenses habituelles de l'Etat. C'est ce qui explique d'ailleurs la poursuite du recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat. Mais le gouvernement est sur des braises. Il ne peut mener l'ensemble des réformes, y compris celle de la filière café-cacao en si peu de temps. Il sait aussi que les législatives ne seront pas crédibles tant que l'opposition n'y sera pas. Bref, le gouvernement sait que ce genre de déclaration même venant du FMI et de la Banque Mondiale ne vaut pas grand-chose et ressemble aux promesses électorales. N'y croient alors que ceux veulent bien y croire.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 66 du samedi 17 septembre 2011.

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

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11 Avril 2011 - 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

 

Fait le 12 Septembre 2011.


Pour l'AIRD, le  Ministre Eric KAHE, Président

vendredi, 16 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: UNE BIEN CURIEUSE DEMOCRATIE


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Dans quelques mois, les Ivoiriens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire députés, maires et présidents de conseils généraux. Dans une atmosphère de totale suspicion qui en dit long sur les vertus et les valeurs démocratiques du nouveau pouvoir ivoirien.

D'abord, la crédibilité du président de la Commission Electorale Indépendante, Youssouf Bakayoko. Largement entachée, quand on sait les circonstances dans lesquelles cet homme, encadré des ambassadeurs Philip Carter 3 des Etats-Unis et Jean-Marc Simon de France, sur ordre du conspirateur patenté de l'ONU en Côte d'Ivoire, Young Jin Choï, a proclamé le résultat du second tour de l'élection présidentielle de Novembre 2010, il est totalement disqualifié à occuper ce poste : proclamation des résultats hors délai (donc forclusion), hors cadre (au quartier général d'un des candidats, Alassane Ouattara en l'occurrence, à l'Hôtel du Golf), en l'absence des commissaires et des vice-présidents de la CEI, sur des médias étrangers, tout seul, avec des résultats non consolidés et un taux de participation contraire de 11 points à celui annoncé quelques jours plus tôt par ses propres soins, à travers la très officielle voix de son vice-président, sur le plateau du Journal de 20h de la RTI (de 70% à 81%. Abracadabrant !).

Ne serait-ce que pour la suspicion légitime de partialité qui pèse sur sa personne et par la gravité extrême des actes qu'il a posés en Décembre 2010, au mépris de la Constitution et du Code électoral ivoiriens, il devrait tirer sa révérence, s'il était un homme d'honneur. Que nenni ! Il demeure bel et bien à son poste. Il a même été décoré, par Alassane Ouattara, pour service rendu. Que peut-on donc espérer d'un tel administrateur électoral ?

Ensuite, le bureau même de la CEI postélectorale : quasi à une seule et unique teinte ! Tous les pro-Gbagbo et représentants du pouvoir ivoirien de 2010, déjà largement minoritaires du fait des accords de Tschwane (Prétoria) et de Ouagadougou, vont être éjectés ou remplacés au sein de la structure par des proches de Ouattara. Entre temps, tous les représentants de l'opposition d'alors, composée du PDCI-RDA, du RDR, du MPCI, du MJP, du MPIGO (les trois milices armées regroupées sous l'appellation « Forces Nouvelles » par la Chiraquie), du PIT, du MFA et de l'UDPCI ont conservé leurs postes. Quand on a clamé sur tout le pourtour de la terre qu'on est « démocrate », reconsidérer ces dispositions, dans un souci évident de justice et d'équité, est d'une trivialité désarmante ! Mais monsieur le nouveau chef de l'Etat n'en a cure et se sert de l'accord de Prétoria comme échappatoire pour justifier l'injustifiable. Gbagbo l'aurait fait que la planète entière s'en serait émue, tant les médias pro-Sarkozy, soutiens indéfectibles de Ouattara, l'aurait ameutée. Et même que le ciel serait tombé sur la tête des Ivoiriens.

Quand on a traité les autres de « dictateurs », il faut soi-même montrer patte blanche, si on veut rester crédible et ne pas passer pour des êtres vils. Le pouvoir Ouattara n'a pas même l'élégance de cacher un tantinet son jeu en associant ses adversaires politiques à la discussion, à la concertation - fût-elle de façade - et en relevant un tant soit peu la représentativité de l'opposition actuelle qu'assurent La Majorité Présidentielle (LMP) et LIDER, le parti du président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Gbagbo a concédé beaucoup ! Il a même fait rentrer d'exil, formalisé le statut d'anciens Président et Premier ministre, payé, logé et blanchi ses adversaires d'alors, aujourd'hui au pouvoir et se délectant sans retenue de l'ivresse du trône et de la puissance qu'il confère. Il leur a donné, au nom de la paix et des accords y afférents, la majorité dans une commission électorale qu'il a véritablement rendue indépendante. A son tour, on ne lui a rien concédé. Pas même le droit d'être assigné à résidence chez lui avec son épouse, son fils, Michel Gbagbo et d'avoir droit aux visites de ses proches.

C'est avec raison que le FPI, le parti du président Laurent Gbagbo, menace de se retirer des futurs scrutins. Il n'a que trop raison. Les dés sont déjà pipés. Une CEI à une seule coloration, présageant clairement le retour au parti unique, qui ne semble pas émouvoir les donneurs de leçons internationaux et tous les loups qui hurlaient en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, « le dictateur ». La « technologie électorale » RHDP est en marche. Les résultats sont connus d'avance. Comme l'a si bien dit un homme politique ivoirien : « Autant nommer les députés », pour faire économiser de l'argent à l'Etat de Côte d'Ivoire !

Ouattara est en pleine manœuvre - oh, extase de la victoire ! - pour se tailler une majorité confortable à l'hémicycle, de sorte à faire passer les lois les plus impopulaires, sur simple ordre à des parlementaires (d'opérette ?), qui obéiraient au doigt et à l'œil, pour asseoir durablement, et certainement définitivement, un parti unique à l'ancienne et un régime dictatorial « stické » démocratique. Une menace à peine voilée, voire un péril national, de formatage et de reconfiguration de la Côte d'Ivoire que les Ivoiriens doivent prendre avec le plus grand sérieux. Quand on connait la capacité de nuisance et les connexions extérieures peu recommandables de ceux qui sont, aujourd'hui, parvenus au pouvoir en Côte d'Ivoire, après moults contorsions politiques, coups tordus, coups d'Etat, rébellions, crimes de sang, crimes économiques et fraudes électorales. Ils ne s'embarrasseront d'aucun scrupule. Absolument aucun.

Enfin, les adversaires et opposants significatifs au pouvoir RHDP, ainsi que bon nombre des potentiels candidats aux législatives proches de Laurent Gbagbo, sont quasiment tous en exil ou en prison. Quant aux conditions de sécurité, de transparence, de crédibilité et d'ouverture du scrutin à tous, le rêve n'est pas permis. La réalité est crue, impitoyable, sans concession : il n'y a plus de démocratie en Côte d'Ivoire. Tout juste une mascarade, un affreux simulacre devant servir de faire-valoir aux yeux de la « communauté internationale », des bailleurs de fonds et des investisseurs (qui ne sont d'ailleurs pas dupes). Pourquoi, en bons « démocrates », ne pas désarmer les « Dozo », mercenaires et autres miliciens venus combattre à Abidjan et dans toutes les villes du pays, les renvoyer à leurs plantations, forêts et savanes et permettre aux exilés de rentrer sans être inquiétés, ainsi qu'aux prisonniers de prétendre à une candidature aux futures échéances électorales ?

Nous avons pour notre part, une intime conviction : si le jeu politique était véritablement démocratique et que les armes ne circulaient plus de façon aussi intimidante et visible dans nos rues et villages malgré les promesses (jamais tenues) du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau, après ce que nous avons vu des quelques mois de règne de Ouattara et de son bras séculier, les FRCI transmués - ou plus exactement bombardés - FANCI, le plébiscite du camp Gbagbo aurait été total ! Tant les exactions, la terreur, le mépris et les injustices du pouvoir RHDP en ont fait voir des vertes et des pas mûres aux Ivoiriens, tous bords confondus, depuis six longs et pénibles mois. Les commerçantes d'Adjamé ne se sont-elles pas faites copieusement injurier par le Commandant Koné Zacharia pour avoir clamé : « Gbagbo kafissa (Gbagbo était mieux, en langue malinké) ? ».

Si Ouattara veut jauger sa vraie popularité, qu'il libéralise et sécurise le jeu démocratique des prochaines échéances. Même sans Gbagbo et les autres. Il pourrait alors apprécier son véritable poids politique et ne plus avoir à se dissimuler derrière le cache-sexe des résultats proclamés par la « Communauté internationale » qui ne sont revêtus d'aucune légitimité, d'aucune constitutionnalité. Malheureusement, une élection législative démocratique en Côte d'Ivoire constitue pour lui, tout comme pour le RHDP et l'ex-rébellion, un véritable épouvantail. Hors de question donc d'en réunir les conditions. Un autre aveu de la victoire, de la popularité et de la majorité de Laurent Gbagbo au sein du peuple ivoirien.

Vivement, que tous les démocrates de Côte d'Ivoire, d'Afrique et du monde, embouchent le cor de la dénonciation véhémente pour décrier sans détours et de la façon la plus audible la conspiration et le hold-up électoral en cours, une fois de plus, dans notre pays. Il en est encore temps ! Mais ce temps nous est désormais compté.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 317 du jeudi 15 septembre 2011.

jeudi, 15 septembre 2011

LIBERATION DE LAURENT GBAGBO: DES CHEFS D'ETAT SE MOBILISENT AUSSI


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Les apparences sont généralement trompeuses et singulièrement sur la déportation de Laurent Gbagbo. De nombreux Chefs d'Etat militent en effet activement pour la libération de l'ancien président de la République et offrent gîte et couvert aux proches de l'ancien homme fort d'Abidjan exilés dans plusieurs pays limitrophes.


En dépit des menaces que leur fait courir la justice ivoirienne en lançant de manière ininterrompue des mandats d'arrêt internationaux, les partisans de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo capturé par la France après une série inattendue de bombardements de sa résidence d'Abidjan ne sont guère confinés dans la clandestinité. Selon plusieurs sources dignes de foi, ils sont même bien accueillis par de nombreux Chefs d'Etat africains qui leur accordent gîte et couvert. Ces derniers les reçoivent d'ailleurs avec beaucoup de sympathie et même si la crainte de la France n'est pour autant pas effacée, ils œuvrent aussi à convaincre le Chef d'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara de libérer l'ancien homme fort d'Abidjan. Selon des indiscrétions, lors des récents sommets de l'union africaine, de la Cedeao et du fleuve Mano, bien d'homologues africains du N°1 Ivoirien ont ainsi approché ce dernier pour lui demander d'élargir le célèbre prisonnier de Korhogo. Requête à laquelle Ouattara a répondu avoir pris bonne note, mais que le problème ne dépendait pas que de lui. Mais aussi et surtout des présidents Sarkozy et Obama.

Car en dépit des discours lénifiants, y compris celui tenu récemment en France par Dramane Ouattara dans le cadre d'une visite officielle, la Côte d'Ivoire demeure sous tension. La vie politique est bloquée comme l'est l'Assemblée nationale du pays et l'ancien parti au pouvoir le Front Populaire Ivoirien (FPI) se dit contraint de ne pas aller aux élections législatives prévues officiellement pour fin décembre si les conditions de transparence et de sécurité notamment ne sont pas réunies.

De sources diplomatiques, on indique que le porte-parole du président Laurent Gbagbo est même l'objet de sollicitations de Chefs d'Etat africains qui ne supportent pas le sort réservé à son patron détenu depuis plus de cinq mois au nord du pays en dépit d'une inculpation qui devrait officiellement lancer la procédure de son jugement. Koné Katinan est l'ancien ministre du budget de Laurent Gbagbo. Il est régulièrement monté en première  ligne en raison de la crise postélectorale qui s'est déportée sur le terrain économique avec la fermeture des banques du pays. Officiellement, ces Chefs d'Etat facilitent les déplacements des représentants de Laurent Gbagbo exilés dans les pays limitrophes avec des passeports de service notamment. Connu pour être l'un de ses grands défenseurs, le Chef de l'Etat angolais ne s'est jamais officiellement prononcé sur la capture de Laurent Gbagbo par les Français à Abidjan. Mais on imagine la dette qui est celle de Dos Santos qui doit une fière chandelle à Laurent Gbagbo pour la liquidation de Jonas Savimbi chouchouté par les régimes d'Houphouët-Boigny et d'Henri Konan Bédié. Mais si l'ogre angolais garde le silence, l'ancien président sud-africain  ne manque pas d'occasion pour dénoncer ce qui s'est passé à Abidjan et en dépit de la situation de fait qui prévaut  en Côte d'Ivoire , continue encore de douter de la victoire d'Alassane Ouattara.

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La plupart de ces chefs d'Etat en exercice ou à la retraite usent de leurs pouvoirs et de leur carnet d'adresses pour aider à la libération du président Gbagbo pas par simple humanisme mais parce qu'ils ont leur propre lecture des événements en Côte d'Ivoire. L'ancien président ghanéen Jerry Rawlings fait partie des fidèles défenseurs de Gbagbo. Hostile à un dénouement armé de la crise, il avait lui aussi demandé le recomptage des voix pour départager le sortant et Alassane Ouattara pressé d'en découdre militairement. Son aide est fortement appréciée de la plupart des patriotes qui sont exilés au Ghana. Mais on connait aussi le point de vue tranché de Paul Kagamé sur la question. C'est lui qui avait dénoncé l'ombre du metteur en scène étranger dans l'arrestation du président ivoirien. « Le fait que, cinquante ans après les indépendances, le destin du peuple ivoirien, mais aussi son économie, sa monnaie, sa vie politique soient encore contrôlés par l'ancienne puissance coloniale pose problème », avait-il analysé au grand désespoir des journalistes de Jeune Afrique l'Intelligent qui l'avait interrogé.

Mais la cause de Laurent Gbagbo est surtout défendue par la diaspora africaine. Celle-ci n'arrête plus de se mobiliser. Hier encore, elle était à Paris pour huer plusieurs dirigeants africains venus assister à la remise du prix Houphouët-Boigny. Ce prix sponsorisé par la Côte d'Ivoire voit chaque année défiler d'apocryphes houphouëtistes qui ont jeté aux orties son œuvre et sa vieille épouse. Alassane Ouattara s'est vu lancer à la face  un « Ouattara assassin ! » suivi de « Wade assassin ! » scandé par la foule au fur et à mesure de l'arrivée des Chefs d'Etat invités à cette cérémonie. Bernard Houdin le conseiller du président Gbagbo représentant le porte-parole Koné Katinan en Europe multiplie les rencontres. « En ma qualité de représentant du porte-parole du Président, j'essaie de rencontrer le plus possible les associations et organisations issues de la diaspora, certaines anciennes, d'autres nées avec la crise, et je suis souvent impressionné par l'engagement des uns et des autres dans ce combat », affirme-t-il. Le 7 août, Bernard Houdin était d'ailleurs à Montréal où il  a rencontré une forte communauté ivoirienne dont il se dit surpris par l'enthousiasme. Cette communauté ivoirienne comme partout en Europe, épaulée par de nombreux Africains des autres pays. Le représentant du porte-parole du président ira dans les prochaines semaines en Allemagne où il est attendu par de nombreux Africains. Pour lui, tout cela augure que c'est Gbagbo qui aura raison à la fin.

Alors qu'il avait cru se débarrasser du Président Gbagbo comme l'ont demandé les Français en le déportant, Alassane Ouattara a bien du mal à s'affirmer comme le président légitime des Ivoiriens. Hier encore, il a fallu une seule déclaration de Gbagbo qui l'a pourtant royalement ignoré dans sa lettre à Nicolas Sarkozy pour que ses deux grandes interviews au Figaro et à TF1 passent complètement inaperçues à Abidjan où chaque sortie de l'ancien président alimente plus la conversation que les discours monocordes de Ouattara.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 64 du jeudi 15 septembre 2011.

COTE D'IVOIRE: LES FRANÇAIS D'ABORD!

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L'arrivée de Marcel Zady Kessy à la tête du conseil économique et social a propulsé dans l'administration de cette institution un secrétaire général de nationalité française. De manière générale, la prise du pouvoir d'Alassane Ouattara coïncide avec une poussée de « blanchisation » de l'administration publique. A la présidence notamment, mais aussi à la police.


Il avait tout promis. A savoir trouver l'argent qui manque tant aux ivoiriens pour mettre fin à la grande pauvreté ambiante. Donner surtout du travail à chaque ivoirien grâce à un ambitieux programme économique. Aux termes de cette foire aux promesses, Ouattara s'était engagé à créer un million d'emplois par an... En cinq mois, il en a pourtant détruit des milliers : 80.000 selon l'union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI) proche du parti démocratique de Côte d'Ivoire et donc pro-Ouattara et près d'un millier d'employés de la présidence ont perdu leur poste depuis l'avènement du chef de l'Etat au pouvoir. Les nouveaux gouvernants se livrent même à une sordide chasse aux sorcières presque compréhensible pour placer leurs propres hommes mais recrutent aussi des blancs. Notamment à la présidence où le chef de l'Etat est « sous l'influence de ses sorciers blancs », selon l'expression de la Lettre du Continent. Les français travaillant à la présidence ivoirienne se chargent de tout : stratégie, budget, infrastructures...

Bref, ce sont ces conseillers français qui décident de tout au point d'agacer le Premier ministre Guillaume Soro. Recruté en mars pendant que les bombes tonnaient à Abidjan, Philippe Serey-Eiffel est perçu «  comme le grand vizir de la lagune Ebrié », selon La Lettre du Continent. Aucun dossier intéressant les finances ne peut arriver au chef de l'Etat sans passer par lui. Dans les faits, il est le vice-président chargé des finances. Ce qui est fort compréhensible.

Le principe de la françafrique est de coller aux bottes des gouvernants africains des conseillers techniques dont le rôle est de contrôler les entrées et sorties d'argent comme le démontre l'excellent documentaire de O. Cetaril. Guillaume Soro a beau tenter de délimiter son pouvoir, Philippe Serey-Eiffel reste droit dans ses bottes, sûr de ses moyens.

Il n'est d'ailleurs pas le seul à se croire à la maison à la présidence ivoirienne. Cédric Lombardo chargé des affaires climatiques va lui aussi proroger son bail. Les français ont la haute main sur les finances du pays mais aussi sur les questions de défense nationale. L'armée ivoirienne que la France a désarmée dans les bombardements de la résidence du président Gbagbo n'est plus qu'une armée d'opérette. Claude Réglat et Marc Paitier, deux officiers français à la retraite ont dorénavant du travail. Ils ont la responsabilité des écoutes dans les sous-sols du palais. Claude Réglat doit piloter la réforme de l'armée avec l'entrée des 10.000 rebelles reversés dans l'armée régulière. Pendant ce temps, Jean-Yves Garnault contrôle le trésorier payeur général de l'Armée et passe au crible les dépenses militaires engagées par l'Etat. Ouattara a aussi recruté Christian Delmotte pour les questions de santé. C'est lui, croit naïvement Alassane Ouattara, qui doit mettre en place une couverture maladie universelle en Côte d'Ivoire. Mais si Ouattara s'appuie sur les français pour faire fonctionner la présidence de la République, il a également recruté des français pour s'occuper de la cuisine. C'est Dominique Ouattara en personne qui supervise les entretiens d'embauche. L'épouse du chef de l'Etat a d'ailleurs rapidement jeté son dévolu sur Olivier Payet le chef de cuisine du restaurant de l'hôtel Tiama d'Abidjan.

Mais Ouattara a aussi embauché Jean-Louis Blanc pour gérer le parc-auto de la présidence et a pensé pour sa communication à une autre française Anna Méaux qui évince Patricia Balme, elle aussi de nationalité française. Quant à Frédéric Bedin qui est le directeur de Public Système Hopscotch, il a été imposé par Paris pour organiser les grands événements du pays. Comme s'il n'y avait aucune compétence sur place.
La police attend également son  lot de blancs. Pour l'instant, deux instructeurs blancs y font des évaluations au terme duquel un bon nombre de policiers français devraient arriver à Abidjan. Jusqu'à présent les deux instructeurs de la police nationale restent discrets. Personne ne connait leur nom, à part quelques directeurs avec qui ils sont en contact.

Alors que depuis les années 80, Houphouët-Boigny lui-même s'était lancé dans une politique d'ivoirisation des cadres et que Laurent Gbagbo a porté haut le combat de la souveraineté de notre pays, Alassane Ouattara nous ramène par sa politique de gouvernant complexé aux années où l'administration était sous la coupe des colons français. Cette attitude est d'autant plus incompréhensible qu'environ un millier d'ivoiriens viennent d'être renvoyés de la Présidence ivoirienne. Certainement pour faire de la place à une poignée de conseillers mieux rémunérés que le millier viré.

Laurent Gbagbo avait dit aux militaires : « si je tombe, vous tombez ». Les ivoiriens ne savaient à quel point la prophétie était aussi écrite pour eux.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui ».

mercredi, 14 septembre 2011

LE PRESIDENT GBAGBO PORTE PLAINTE CONTRE SARKOZY ET SON ARMEE



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Excellence Monsieur le Président (Nicolas Sarkozy),

Le 31 août 2011, lors de la conférence annuelle des Ambassadeurs à Paris composée de diplomates du monde accrédités près de la France, vous avez mis un point d'honneur à vous étendre sur votre vision nouvelle de la politique étrangère de la France. Certainement pris de remords, de tourments et d'une gêne bien visible, vous vous êtes cru obligé, sur un ton répétitif, de justifier l'intervention illégale de votre «puissante armée» en Côte d'Ivoire et en Libye pour des raisons que vous énoncez vous-mêmes difficilement, tant elles paraissent absurdes. Vous justifiez en effet l'intervention armée de votre pays en Afrique, notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, par un nouveau concept ; celui «de la responsabilité de protéger».

Monsieur le Président de la République, ce qui paraît une trouvaille pour vous, n'est qu'une variante des idéologies impérialistes déjà développées par vos illustres prédécesseurs. 

Les Africains sont peut-être, de grands enfants pour vous, mais ils ont au moins de la mémoire. Ils se rappellent donc que chaque action prédatrice de votre cher peuple occidental en Afrique a toujours été justifiée par votre soi-disant humanisme. C'est bien au nom de cet humanisme que vous avez justifié la colonisation en Afrique après l'avoir soumise au joug de l'esclavage. Le Président Laurent Gbagbo suffisamment instruit de l'histoire du peuple africain, fait partie hélas de ceux qui trouvent votre amour pour les peuples africains trop suspect pour être sincère. Ils vous soupçonnent de vouloir corrompre le droit international humanitaire en Afrique pour des raisons qui relèvent de votre intérêt personnel qui du reste, se détachent des grandes valeurs que la France a légué à l'humanité. Votre regard condescendant sur l'Afrique traduit tout au moins le mépris que vous avez pour ce continent qui ne serait pas, suivant votre échelle à vous, entré dans l'Histoire. Ce regard condescendant manque donc d'honnêteté. C'est pourquoi vous avez du mal à comprendre et admettre qu'un pays souverain ne puisse avoir, du seul fait qu'il soit africain, les moyens de réguler ses contradictions internes.

Monsieur le Président de la République, souffrez que je vous rappelle que la Côte d'Ivoire reste un Etat souverain au même titre que la France. A ce titre, la Côte d'Ivoire possède une Constitution comme la France. Elle s'est dotée d'organes de gestion de l'Etat pour réguler les rapports sociaux à l'image de ce qui se passe en France. Le Président Laurent Gbagbo a été déclaré vainqueur d'une élection qui s'est déroulée sur le sol ivoirien conformément aux règles et procédures que le peuple ivoirien s'est souverainement données. Il tient à rappeler solennellement qu'il demeure le Président légitime et légal de la Côte d'Ivoire parce qu'il a gagné l'élection présidentielle. Son arrestation arbitraire et sa détention tout aussi illégale n'entament en rien cette réalité.

Monsieur le Président de la République, au cas où vous ne le sauriez pas, votre homologue, le Président Laurent Gbagbo, a porté une plainte auprès du tribunal aux armées de Paris contre l'Armée française pour assassinat et tentative d'assassinat. La plainte régulièrement formulée a été introduite par les soins de ses avocats le 5 juillet 2011. D'autres actions sont en cours auprès des tribunaux français et internationaux. Elles vous visent directement pour votre action illégale en Côte d'Ivoire. Il est bon de rappeler qu'aucune disposition légale ni du droit interne française ni du droit international ne vous a donné mandat pour agir en Côte d'Ivoire comme vous l'avez fait. La résolution 1975 de l'Onu ne vous a jamais donné mandat pour arrêter le Président Gbagbo et le remettre à l'ennemi.

Le Président Laurent Gbagbo tient à rassurer l'Armée française que, c'est dans la douleur qu'il a été contraint d'engager des poursuites contre elle. Il est tout simplement à la recherche de la vérité. Il tient à ce que le monde entier sache que c'est bien lui qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire. Il n'a aucune animosité personnelle contre l'Armée française, lui, fils du sergent chef Koudou Paul dans l'Armée française, qui a combattu sans regret pour restaurer la grandeur perdue de la France dans les Ardennes. Un lien fort l'unit à cette grande Armée. Ceux qui - ni eux, ni leurs ascendants - n'ont jamais pu connaître l'Armée française de façon aussi intime, ne peuvent comprendre ces liens. Il est malheureux de constater que l'Armée française, dont les souvenirs ont souvent occupé les conversations de son père, soit obligée de combattre aux côtés de mouvements rebelles pour défendre des causes qui sont aux antipodes de la grande espérance que la révolution française et la déclaration de 1789 qui en a suivi, ont apporté à l'humanité tout entière.

Les mobiles de l'intervention de l'Etat français en Côte d'Ivoire restent totalement étrangers aux intérêts du peuple français. Il s'agit de la manifestation des appétits exagérés de réseaux pervers qui tentent de soumettre le monde et particulièrement l'Afrique à leurs intérêts égoïstes. Le Président Gbagbo en est conscient. C'est pourquoi il refuse l'amalgame que l'on tente de faire à dessein en le présentant comme étant l'ennemi des Français. Le Président Gbagbo réaffirme son attachement au peuple français à qui des raisons affectives le lient solidement. Il y a fait une partie de ses études et a bénéficié, de ce fait, de l'hospitalité de nombreux Français. Cela constitue une attache solide qui ne peut se défaire aussi facilement à coups de campagne de dénigrement par ceux qui méconnaissant l'Histoire du grand peuple qu'ils sont censés diriger.

Cependant, le Président Gbagbo reste inflexible sur sa détermination à défendre et à préserver la souveraineté du peuple africain. Cette détermination est l'axe majeur de son combat politique vieux de plus d'un demi-siècle. Ce ne sont donc pas les bombes, encore moins les campagnes de dénigrement, qui sauraient le détourner de son combat.

C'est au nom de ce principe essentiel de sa vie qu'il a refusé que son armée aille défiler sur les Champs Elysées, le 14 juillet 2010, alors que le gouvernement ivoirien attendait du gouvernement français un début de réparation des tueries perpétrées sur les civils, en 2004, par l'armée française et qui ont fait plus de 60 morts. C'est pour cette même raison qu'il a refusé de se rendre aux assises Franco-Afrique de Nice 2010.

Monsieur le Président de la République, vous aurez du mal à convaincre le monde que vous n'avez pas trouvé intolérable cet affront venant, de surcroît, d'un Président africain. Le monde aura compris alors votre haine vis-à-vis du Président Laurent Gbagbo.

Aucune peine n'est trop grande pour qui se bat pour la grandeur de son peuple. Monsieur le Président de la République, le pays que vous dirigez en donne plusieurs exemples. Le plus récent reste le cas du Général de Gaulle. Peut-être que si vous appreniez à mieux connaître son amour pour le peuple français, vous comprendriez certainement mieux, avec un peu de bonne foi, l'amour du Président Gbagbo pour le sien.

Le Président Laurent Gbagbo vous informe par ailleurs qu'il a instruit ses avocats à l'effet de demander une enquête internationale sur les tueries d'Abobo dont vous l'accablez. Il reste convaincu que cette enquête vous révèlera des surprises désagréables. Il espère que l'Onu sera assez courageuse pour accepter d'ouvrir cette enquête. Le monde entier a besoin de connaître la vérité sur tout ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. Tout comme le monde aussi a besoin de savoir pourquoi l'on a préféré une guerre qui a semé tant de désolation, à une simple opération de recomptage de voix, déjà expérimentée quelques mois auparavant en République d'Haïti. Cette vérité est essentielle et ne saurait être occultée du simple fait de l'arrestation et de la détention arbitraire du Président Gbagbo et de ses principaux collaborateurs. Pour vous en convaincre, je vous prie de faire analyser le document joint en annexe, dressé par un homme qui s'est attelé à faire le travail de recomptage des voix proposé par le Président Gbagbo, et que vous avez rejeté du revers de la main au profit d'une opération militaire. Au terme de ce travail scientifique, c'est bien le Président Laurent Gbagbo qui a remporté l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. L'auteur de ce travail de recherche a mis deux mois pour le faire seul. C'est dire qu'une commission aurait mis moins de deux semaines. Vous auriez pu faire l'économie de cette guerre, à tout point de vue inutile, et affecter ainsi l'argent des contribuables français à d'autres fins que celle «de protéger» des Africains en larguant - suprême paradoxe - sur leurs têtes, des bombes.

Dans l'attente que cette vérité soit enfin sue, je vous prie d'agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.


Le ministre Koné Katinan


Représentant et porte-parole du Président Laurent Gbagbo


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LA CHAINE QATARIE PREPARE AU MAROC UNE MISE EN SCENE D'EMEUTES EN ALGERIE QU'ELLE S'APPRETE A DIFFUSER LE 17 SEPTEMBRE

 

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Le cinéma d'Al Jazeera...



Depuis la révolution du Jasmin en Tunisie, à la guerre en Libye, aux mouvements de contestation toujours d'actualité en Syrie passant par la chute de Moubarak en Égypte dans le conflit israélo-palestinien, la chaîne d'information continue qatarie Al Jazeera pratique un journalisme ouvertement mensonger.

Quelles sont ses méthodes, quelles sont ses limites ? La chaîne choisit-elle politiquement ses guerres ? Fait-elle le journalisme en son nom propre ? Tant d'interrogations qui restent sans aucun élément de réponse.

L'Algérie, pour sa part, n'a jamais été épargnée, voire elle a été souvent ciblée. Notre pays a été souvent un sujet de longs débats au sein de cette même chaîne.

À l'heure actuelle, à l'approche de ce 17 septembre, dont on ne cesse de dire beaucoup de choses, Al Jazeera est en train, selon des sources bien informées, de mettre de grands moyens pour un tournage digne des films hollywoodiens.

Selon nos sources, la chaîne qatarie «tient vraiment à réussir son scoop d'informer en temps réel » sur ce qui se passera, selon ses envoyés spéciaux, en ce 17 en Algérie. Pour se faire, une équipe technique, des réalisateurs et bien sûr des « acteurs» ont été dépêchés à Oujda, dans le royaume marocain.

Le choix d'une telle ville n'est pas fortuit sachant la proximité du langage et du teint entre les Marocains et les Algériens des frontières de l'Ouest. De véritables mises en scènes et simulations de manifestations sont au menu des génies d'Al Jazeera. Ils veulent coûte que coûte montrer que l'Algérie est sur un brasier en diffusant des images d'émeutes généralisées.

Il n'y a pas de fumée sans feu. Assurément, les Qataris ne sont pas les seuls dans le coup. L'on imagine bien évidemment la générosité des services secrets de sa majesté le roi qui, au lieu de prendre une position ferme quant à toutes les questions internationales, font dans les coups bas, comme à leurs habitudes.

Il est connu du grand public, et les spécialistes des médias n'hésitent pas parfois à le dire, Al Jazeera est loin d'être neutre dans son traitement de l'information rapportée. Et que souvent, cette chaîne semble même se départir de la neutralité qui doit être la sienne.

Envers l'Algérie, cette chaîne n'est pas à sa première bavure. En janvier 2011, durant les émeutes liées à la vie chère, elle a essayé d'attiser le feu par des méthodes peu orthodoxes, à l'image de Ali Belhadj qui se croyait revenir à 1988 en tentant de récupérer la révolte des jeunes.

Récemment, une présentatrice d'un journal télévisé, parlant des pays limitrophes avec l'Algérie a omis de mentionner le nom du plus grands pays de l'Afrique, qui n'était pas mentionné sur la carte géographique des pays de l'Afrique du Nord. D'autre part, Al Jazeera, n'a par contre jamais été intéressée lorsqu'il s'est agi de la répression au Bahrein.

Elle ne fait nulle mention de la révolte des femmes saoudiennes ni des problèmes au Koweit encore moins aux Emirats-Arabes-Unis. Faudrait-il également rappeler que cette même chaîne a toujours servi de tribune pour les islamistes dont Aqmi. S'agissant des massacres commis au quotidien par ses « amis » du Maroc au Sahara Occidental, la chaîne semble manquer de sources.

Le 8 novembre 2010, à Gdeim Izeik, l'histoire témoignera que ce jour-là, les Marocains ont tenté un génocide. Curieuse coïncidence : un mois auparavant, les activités du bureau d'Al Jazeera à Rabat ont été suspendues et les accréditations du personnel de la chaîne qatarie retirées, vendredi 29 octobre, par les autorités marocaines.

Une décision justifiée par le ministère de la Communication du royaume chérifien «suite à de multiples manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable». La chaîne qatarie est en train de se racheter auprès du Maroc...

 

Source : PRESSE DZ

LA FRANCE ET LE QATAR FONT MONTER LES ENCHERES SUR L'ALGERIE

 

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Le doute n'habite pas la tête du représentant du CNT à Londres. Du haut des bombardiers de l'Otan qui lui ont ouvert la route de Tripoli et à ses rebelles de Nefoussa et islamistes de Benghazi il assène que «c'est l'Algérie qui a intérêt à reconnaître le CNT». Vous comprenez très bien sans recours excessif à l'analyse qu'une suite non dite mais toute aussi explicite complète le propos : «Sinon, elle va le payer...». Au cas où le métalangage vous est obscur, il énonce la seule condition possible qui nous sauverait de la sanction : «Le gouvernement algérien doit présenter ses excuses au peuple libyen». Une déclaration hostile pouvait passer pour un dérapage du langage, une deuxième - à fortiori, celle d'un chef militaire de Tripoli «libérée» - avait de quoi inquiéter. Bien sûr nous savions déjà quel rôle avaient joué les forces spéciales françaises, anglaises et qataries au sol et les avions et hélicos anglais et français dans les airs dans cette victoire. L'incroyable tonnage de bombes et de missiles déversés sur un petit pays, sur une petite surface - moins de dix petites villes ou gros villages du littoral - nous renseignaient assez que les supplétifs de Benghazi n'avaient qu'à avancer et parader sur les cadavres et les ruines et n'avaient qu'à appeler les hélicos quand ils entraient en contact avec les rescapés de l'armée légale de Libye qui n'a quand même pas cédé sur le plan moral ni massivement déserté.

Il était clair dès lors que ces supplétifs ne pouvaient être en mesure de menacer l'Algérie, eux qui avaient tant peiné à suivre les routes ouvertes devant par l'Otan et qui n'ont pénétré dans Tripoli que par la trahison obtenue par les services secrets franco-britannique (tiens, comme pour Saddam Hussein à Bagdad et comme cela se passera dans le futur champ de bataille programmé par les Etats-Unis et traité par leurs satellites français et anglais). Il ne restait que l'hypothèse que la créature française parlait pour la France et exécutait un numéro conçu ailleurs mais essentiellement à Paris. On a vite compris que le roquet se gonflait de l'importance de son maître et que son maître nous avertissait que son chien suffirait pour amener l'Etat algérien à une plus grande souplesse de l'échine et à une plus grande soumission aux désirs de Paris, d'autant qu'on nous a fait savoir publiquement que le président français voulait ses cinquante milliards de dollars sur les cent quatre vingt que le gouvernement algérien a retenu pour son plan de relance économique. Il a fallu quand même qu'Alain Juppé se mette de la partie pour donner de la consistance à ces menaces. En rendant publique un entretien que le président algérien lui a accordé, il a réalisé deux choses.

Il a redit son mépris pour ses interlocuteurs algériens en rendant publiques des explications que notre ministre des Affaires étrangères n'avait pas à lui donner à propos des accusations des supplétifs de Benghazi sur une implication algérienne dans le convoyage de supposés mercenaires. Il veut ensuite dévaloriser ses vis-à-vis en suggérant que face à face ils n'en mènent pas large devant lui et tiennent un langage moins ferme qu'en public. Il veut comme l'a fait Coni Rice avant lui, nous dire que nos dirigeants tiennent un double langage. Notez que lors de cette épisode, la presse néo coloniale d'Alger avait sommé notre gouvernement de s'expliquer, en parfaite symbiose avec les insurgés de l'Otan et notez aussi que cette symbiose ne s'est pas démentie une seconde malgré les informations surabondantes sur le parcours et sur les convictions islamistes de ce CNT. Relisez cette partie de la dépêche dans laquelle, ce ministre français va au bout de sa morgue et de sa suffisance de supposé vainqueur d'une guerre de Libye qui a mobilisé vingt six grand pays et les flottes aériennes les plus importantes du monde pour vaincre un petit pays et réduire une armée qui les fait sourire de condescendance. Relisez : «Mais le ministre français des Affaires étrangères a franchi, ce jeudi 1er septembre, une nouvelle étape. Interrogé sur le soutien présumé de l'Algérie au régime de Kadhafi, il a déclaré sur la radio RTL : ''Je suis allé moi-même en parler au président Bouteflika qui m'avait assuré que l'Algérie ne donnait à la Libye qu'une aide humanitaire''». Avant de préciser : «J'espère que cela se vérifiera.» La réalité est que quels que soient les vrais propos de notre président, ce ministre des Affaires étrangères n'a aucun sens de l'honneur. Et ce n'est pas une question morale ni même une question de revanche pour un monsieur qui s'attendait à faire main basse sur l'Algérie en 1994 déjà. C'est le seul recours politique de puissances en déclin : la menace et l'abus de la supériorité militaire.

Juppé peut toujours suspendre l'épée de Damoclès sur nos dirigeants en promettant de vérifier. La réalité politique est que ses roquets n'ont pas suffi à effrayer et il est obligé de monter au créneau. La présence de l'Algérie à la Conférence du partage du gâteau libyen à Paris a renforcé ce sentiment des puissances de l'Otan que le gouvernement algérien est arrivé au bout des capacités de résistance. Cela explique peut-être que de Londres, le représentant du CNT exige des excuses et fait monter la pression sur nous. Nous nous demandions "mais qu'est-ce qui donne tant d'assurance à ces supplétifs et pourquoi parlent-ils comme s'ils avaient déjà de quoi agir" ? Une partie de la réponse nous est venue de Tunisie. Lisez plutôt ce morceau d'anthologie de la diplomatie secrète et du complot, n'en déplaise à notre presse néocoloniale «www.leaders.com» : «Libye : Tout n'a pas été encore révélé sur nos véritables relations avec le Conseil National de Transition. Nous l'avons reconnu dès le premier jour et c'est à sa demande pressante que nous ne l'avons pas annoncé afin de préserver certaines marges de manœuvres. Aucun effort n'a été épargné pour venir en aide à nos frères et nous acquitter du devoir de solidarité agissante, gouvernement et population, dans un magnifique élan de fraternité qui a ébloui le monde et conquis tous les Libyens. C'est là notre devoir, sans attendre quoi que ce soit. Je ne peux qu'être sidéré lorsque j'entends une jeune journaliste répliquer à un frère libyen qui loue l'attitude de la Tunisie lui rétorquer que la reconnaissance officielle du CNT a été tardive... Qu'en sait-elle au fait ? Ou encore, lorsqu'un autre journaliste demande où est notre part du gâteau ! De quel gâteau parle-t-il et de quelle part ? Ils n'ont rien compris.»

Quand Caïd Essebsi a passé cet accord secret ? Quand la France lui a refilé un prêt de 300 millions d'euros avec cette remarque perfide d'Alain Juppé que l'Algérie avait manqué de générosité avec 100 millions de dollars de prêt sans intérêt ? Mais on comprend mieux comment des blindés légers ont été «parachutés» sur le Djebel Nefoussa et comment les forces spéciales qataries et françaises ont pu faire un si intense travail à partir des frontières tunisiennes. Si on remet en place les informations les plus importantes de ces trois derniers mois, nous avons beaucoup d'éléments inquiétants. Contre toute logique géographique, le conseil de coordination du Golfe a intégré le Maroc. Cela veut dire tout de suite que la question du financement de l'armement de notre voisin et néanmoins adversaire résolu est résolue.

Au cours de sa dernière visite au Maroc, le ministre qatari des Affaires étrangères a rendu explicite le contenu de l'intégration du Maroc dans le Conseil du Golfe. Le Qatar s'opposera de toutes ses forces à toute menace sur l'intégrité territoriale du Maroc - Tindouf et Béchar, compris ? Il faut espérer que ce petit pays du Qatar est désormais pris au sérieux maintenant qu'on sait ses accords secrets avec Israël, avec la France et sa détermination à engager son argent et ses troupes sur des théâtres d'opération bien loin de son désert. Le rôle du Qatar en Libye et ses accords secrets avec Israël enfin connus viennent ajouter du sens et de la crédibilité à l'accord obtenu par BHL pour l'installation d'une base israélienne à nos frontières. Le succès américain serait immense. Les Etats-Unis auront trouvé la base de leur Africom en la faisant sous-traiter par la Libye «nouvelle» et par Israël. Les aveux d'un accord secret entre Tunis et Benghazi veulent surtout dire un accord contre l'Algérie et la volonté de lui cacher une information capitale sur ce qui se trame à ses frontières immédiates.

La sortie de Caïd Essebsi n'est pas anodine. Elle ajoute à la pression et à l'intimidation d'Alger désormais encerclé à l'Est, à l'Ouest, au Sud par la présence française en Mauritanie et miné de l'intérieur par une alliance laïco-islamiste inédite et inattendue pour la reconnaissance du CNT libyen. Les câbles Wikileaks nous avaient averti que laïcs et islamistes rivalisaient d'ardeur auprès de l'ambassade américaine. Nous n'avions pas compris que l'ambassade américaine les avaient enfin convaincus que leurs habits différents ne devaient pas leur cacher leur commun intérêt et leur commune vocation : travailler à la casse de l'Etat national «dictatorial par nature et par vocation» et agir pour le triomphe du libre échange. La démocratie qui nous a mené les «démocrates» à refuser les urnes en 1992, les amènera à embrasser les élus de 1992. Le secret nous est livré une fois de plus par la France.

Lisez un commentaire d'un article et le titre d'une dépêche : «Daniel 59, le 04/09/2011 à 09:51. Et pourquoi... nous n'aurions pas droit à une part du gâteau ? Nous avons contribué à la protection des populations libyennes et à l'initiative de notre président alors je ne serais pas du tout gêné que la France obtienne quelques avantages du nouveau gouvernement libyen, après tout nous avons pris des risques également... («www.lepoint.fr»). N'est-ce pas touchant, ce triomphe de la morale que pour gagner gros il faut risquer gros car c'est vraiment le gros lot : «Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars, estime le patronat français, qui espère une place de choix pour les entreprises françaises dans ce vaste chantier. (www.lexpansion.lexpress.fr) Ne croyez pas que ces propos soient le fait de gens sordides de l'industrie ou ceux du petit peuple. Au plus haut niveau, on justifie : «Le peuple libyen sait ce qu'il doit à la France». Etre français doit constituer un avantage psychologique en Libye, selon la mise au point sans complexe faite par le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche : «Le président de la République a pris des risques politiques et militaires, tout ça crée un climat où les responsables libyens, le peuple libyen, savent ce qu'ils doivent à la France». Et d'ajouter : «On ne va pas rougir de faire bénéficier nos entreprises de cet avantage.» Le miracle de marier dans un même élan démocratique laïcs et islamistes purs et durs tient à ce chiffre. Deux cent milliards de dollars rien que pour la France. Imaginez ce que peuvent ramasser les compradores du CNT.

 

Par Mohamed Bouhamidi

 

Source : LA TRIBUNE ONLINE

mardi, 13 septembre 2011

A LIRE ABSOLUMENT ET DE TOUTE URGENCE: L'ETAT SPIRITUEL DE L'EGLISE, LA CRISE IVOIRIENNE ET SON ISSUE FINALE

 

LA BIBLE 2.jpg

"Je vous salue, chers frères et soeurs en CHRIST! Je voudrais, par la grâce de DIEU partager avec vous une série de révélations que le SEIGNEUR JESUS-CHRIST m'a données sur l'état spirituel de son Eglise en Côte d'Ivoire, sur la crise ivoirienne et son issue finale qui est pour très bientôt". Ainsi commence la prophétie que je vous invite à lire, ce jour, et qui va vous pétrifier.

Une révélation de 15 pages qui m'a été envoyée par un inconnu, très proche de celle du Pasteur DALI Claude et reçue en AVRIL 2004 (tout comme celle du Pasteur DALI), qui vous laissera sans voix devant la précision et l'exactitude de ses prédictions dont une bonne partie s'est déjà accomplie et dont la suite prévue pour les prochains jours est une terrifiante interpellation A CHAQUE IVOIRIEN.

Loin de moi l'idée de faire du sensationnel et de vous embarquer dans une aventure foireuse. Le sujet m'a l'air extrêmement grave et sérieux!

 

Pour lire la prophétie en document PDF, cliquer sur:



REVELATION 2004

 

 

DINDE Fernand AGBO

lundi, 12 septembre 2011

BOURGI: «J'AI VU CHIRAC ET VILLEPIN COMPTER LES BILLETS»


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L'avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d'Afrique.



L'ex-numéro deux du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a affirmé dimanche que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale du président français Jacques Chirac en 2002. Ces déclarations de Mamadou Koulibaly, actuel président de l'Assemblée nationale, vont dans le sens des accusations de l'avocat français Robert Bourgi, conseiller officieux pour l'Afrique du président français Nicolas Sarkozy.


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Robert Bourgi a parfaitement raison, il y a eu un transfert d'argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002" a déclaré M. Koulibaly, faisant état "d'environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d'euros) transportés d'Abidjan vers Paris par valise". "J'ai dit au président [Laurent Gbagbo] que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches", a-t-il expliqué. Mamadou Koulibaly a ajouté avoir "rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France".

"Quand on veut faire de la politique, on est généreux"


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Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique, on est généreux", lui aurait répondu Robert Bourgi devant son opposition. Robert Bourgi a affirmé au Journal du dimanche qu'il avait "participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac" et qu'il avait également remis des fonds occultes à Dominique de Villepin, ex-Premier ministre français.

Lire ci dessous l'interview intégrale de Robert Bourgi:

Pourquoi prendre la parole aujourd'hui?

Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu'un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j'observe, je lis et j'entends les commentaires de ce dernier sur l'enquête de Pierre Péan. Trop, c'est trop. À 66 ans, j'en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale... J'ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n'ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu...

J'ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d'un ami, de quelqu'un que l'on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m'a chassé. Oui, il m'a déçu. N'est pas de Gaulle qui veut. L'entendre donner des leçons, lui que je connais de l'intérieur, m'exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?

En mars 1997, le jour de l'enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m'appelle et me dit qu'il m'attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l'Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin... Et souhaite que je l'initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j'appelais Foccart.

C'est-à-dire?

Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d'État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j'ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?

Oui, bien sûr. C'était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j'entrais dans le bureau. Il m'installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n'aime pas la bière, je m'y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n'y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu'à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L'argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C'était en 1995. Il m'avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m'avait dit que cela s'était passé "en présence de Villepinte", c'est comme cela qu'il appelait Villepin. Foccart ne l'a jamais apprécié... Et c'était réciproque.

Pourquoi?

En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l'Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le "Doyen" en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d'argent de Foccart venant d'Afrique?

Incalculable! À ma connaissance, il n'y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d'avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela...

Je sais ce que je dis. Je sais ce que j'ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?

Je l'ai présenté aux chefs d'État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la "moralisation"... Je leur ai dit que c'était une décision du "Grand", autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s'y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire... Il m'appelait "camarade" et s'est mis à m'offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?

Elles n'ont jamais cessé. À l'approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m'a carrément demandé "la marche à suivre". Il s'est même inquiété. C'est sa nature d'être méfiant. Je devais me présenter à l'Élysée sous le nom de "M. Chambertin", une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d'État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l'affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d'État africains...

C'est l'exacte vérité. Un exemple qui ne s'invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j'étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l'idée, "connaissant Villepin comme un homme de l'art", a-t-il dit, de cacher l'argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu'à l'Élysée. C'est la seule fois où j'ai pu me garer dans la cour d'honneur! C'était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l'Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction... Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : "Blaise déconne, c'est encore des petites coupures!"

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n'a jamais eu vent de ces espèces...

Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C'est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002...

Oui. Il m'avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j'avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m'a dit : "On donnera pareil alors." Il est venu à Paris avec l'argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J'ai eu l'idée de les emballer dans une affiche publicitaire d'Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l'Élysée, en compagnie d'Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l'affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir...

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d'espèces?

Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l'Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j'étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j'étais en retard. Bongo, qui m'appelait "fiston" et que j'appelais "papa", m'avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m'a fait passer par les sous-sols de l'Élysée. J'avais un gros sac de sport contenant l'argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l'Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu'il contenait. Ce jour-là, j'ai pensé au Général, et j'ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l'Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?

Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d'Orsay, à l'Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau "donateur", le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J'ai organisé un déjeuner au ministère de l'Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d'euros. Parfois, Dominique sortait directement l'argent devant nous, même si je venais accompagné d'un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l'anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu'il l'ouvre en lui donnant le code de la serrure... Une autre fois, lorsqu'il était à Matignon, Villepin s'impatientait parce que l'ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d'euros. "C'est lourd", disait-il... en frôlant l'infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de "moralisation de la vie publique"...

Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu'un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. "On va bourrer le nabot", disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l'affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu'il eut quitté l'Élysée, j'estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des "cadeaux"...

Quel genre?

Je me souviens d'un bâton du maréchal d'Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon... Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d'une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France...

Comment savez-vous cela?

J'avais accès au gestionnaire du compte parisien d'Omar Bongo, et il m'est arrivé d'aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec "papa", nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin "Mamadou", parce qu'autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose." Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

Vous disiez que les remises d'espèces ont continué quand Villepin était à Matignon...

Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : "Dominique, entends-toi avec Nicolas." Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : "J'irai à Matignon, puis à l'Élysée." Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d'un jour, au Quai d'Orsay, où sa secrétaire m'appelle en urgence. "Camarade, un double whisky aujourd'hui, la ration John Wayne", me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : "Aujourd'hui, j'ai atteint l'âge du général de Gaulle le jour de l'appel du 18 juin, j'ai 49 ans, Robert! Je serai l'homme du recours!" Il a prononcé plusieurs fois cette phrase - "Je serai l'homme du recours" - en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j'ai dit à ma femme qu'il y avait peut-être un problème...

Comment cela s'est-il arrêté et pourquoi?

Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m'appelle selon le code : "Nous allons acheter des fleurs." Cela voulait dire que l'on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m'amener à Matignon. Ce jour-là, elle m'a fait entrer par l'arrière et m'a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m'a fait attendre une demi-heure. J'ai tout de suite eu l'intuition qu'il y avait un problème.

Que s'est-il passé?

Il est arrivé et a lancé un drôle de "Alors, camarade, ça va?", avant de m'expliquer : "L'argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C'est fini", a-t-il poursuivi... Je me souviens de sa phrase : "Si un juge d'instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir." Il parle exactement comme cela. Je l'ai bien regardé. Je lui ai dit qu'il m'emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m'a couru après en disant "camarade, camarade!", m'a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J'avais décidé que ce n'était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?

Nicolas Sarkozy m'a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd'hui. Même lui, il m'a paru étonné. Je l'entends encore me demander : "Mais qu'est-ce qu'ils ont fait de tout cet argent, Robert ?" Il m'a dit aussi : "Ils t'ont humilié comme ils m'ont humilié, mais ne t'inquiète pas, on les aura." Je l'ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m'a dit : "Robert, là où je suis, tu es chez toi", et m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par "valises".

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire... D'autant que Sarkozy, à peine élu, s'est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise...

Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d'État africain, par mon intermédiaire, n'a remis d'argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n'avez pas été invité à l'intronisation d'Alassane Ouattara...

Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m'a raccroché au nez la dernière fois que je l'ai appelé. J'étais dans le bureau de Claude Guéant et c'était dans les derniers jours avant sa destitution... Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone . Il ne voulait rien entendre et m'a dit : "C'est la dernière fois que je te parle." Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m'a fait enlever de la liste des invités pour l'intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé...

Lui aussi me fait sourire quand je l'entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s'est installé dans de superbes locaux de l'avenue Montaigne. C'est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l'époque. D'ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L'argent d'Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années... Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l'ignorer. Je sais qu'aujourd'hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.



Laurent Valdiguié


Source: LE JOURNAL DU DIMANCHE du 11 septembre 2011.

PRESIDENTIELLE 2012 EN FRANCE: L'ARGENT DE L'AFRIQUE S'INVITE DANS LE DEBAT POLITIQUE


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Robert Bourgi, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, affirme que des chefs d'Etat africains ont fourni des mallettes de billets à Jacques Chirac et Dominique de Villepin. L'ex numéro deux de Gbagbo semble confirmer. Chirac, lui, porte plainte pour diffamation. Un nouvel épisode de la guerre des clans à droite?


Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont accusés, par un des piliers de la "Françafrique", Robert Bourgi, d'avoir reçu, par mallettes entières, des fonds occultes de dirigeants africains, ce que l'ex-Premier ministre qualifie de "fariboles".

Dans le Journal du Dimanche, l'avocat d'origine libanaise Robert Bourgi, 66 ans, décrit avec luxe de détails des remises de fonds d'Afrique - "plusieurs dizaines de millions de Francs", "incalculable !", dit-il - qu'il aurait opérées auprès de l'ex-président et l'ex-Premier ministre français entre 1997 et 2005.

Jacques Chirac a décidé de déposer plainte pour diffamation, ont annoncé ce dimanche soir ses avocats.

La confession de Robert Bourgi coïncide avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan,"La République des mallettes", écrivant un tourbillon de commissions et rétrocommissions autour d'Alexandre Djouhri, ami de M. de Villepin.

La noria de "valises" africaines aurait commencé pour M. Bourgi, selon lui, en mars 1997, "le jour de l'enterrement de mon maître Jacques Foccart".

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d'influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d'Afrique noire.

Les livraisons auraient pris fin en 2005 quand M. de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi: "l'argent de tous les Africains sent le soufre".

"Par mon intermédiaire", "cinq chefs d'état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002", prétend l'avocat.

L'actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n'est pas épargné. "L'argent d'Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années" de son club 89, accuse M. Bourgi.

Tambours africains et rendez-vous secrets

Rendez-vous devant une boutique de fleurs, tambours africains, surnoms fleuris ("Villepinte", "Chambertin") émaillent ce récit.

Pourquoi cet homme de l'ombre rompt-il son long silence ? "J'en ai assez des donneurs de leçons et des donneurs de morale". Dans des documents diplomatiques ayant fuité via Wikileaks, M. Bourgi est décrit comme "un mercenaire uniquement préoccupé par son bien-être".

Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy - à l'Elysée, on se contente de relever qu'il n'est dans aucun organigramme - M. Bourgi exonère le président qui "m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par 'valises'".

Au contraire, Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Chirac, a assuré à Péan que Bourgi avait, avant 2007, déposé une mallette "aux pieds du ministre de l'Intérieur" Sarkozy. Accusation que l'Elysée a refusé de commenter.

Comme il avait qualifié le livre de Péan de "fantasmes", M. de Villepin parle à propos de Bourgi de "fariboles" et d'"écran de fumée". "On voit ce lapin sortir du chapeau à un moment très particulier", pendant le procès Chirac et avant la décision d'appel sur Clearstream, analyse-t-il. "Volonté de salir la présidence Chirac", voire de ligoter ses propres ambitions présidentielles, a-t-il glissé.


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Un ex-proche de Gbagbo confirme

L'ex-numéro 2 du régime du président déchu Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, Mamadou Koulibaly, confirme en partie les accusations de Robert Bourgi. Actuel président de l'Assemblée nationale, il a affirmé dimanche à l'AFP que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale de Jacques Chirac en 2002. "J'ai dit au président (Laurent Gbagbo) que nous étions un pays pauvre et que nous n'avions pas d'argent à financer des élections d'hommes politiques de pays riches", a-t-il expliqué, ajoutant avoir "rencontré Robert Bourgi à la table de Gbagbo en 2002, venu solliciter de l'aide en vue d'un financement de la campagne présidentielle en France". "Monsieur, vous êtes jeune, quand on veut faire de la politique on est généreux", lui aurait répondu Robert Bourgi devant son opposition.


Hollande veut que la justice soit saisie

François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a demandé au Garde des sceaux l'ouverture "d'une procédure judiciaire" après les accusations de l'avocat Robert Bourgi. Interrogé sur Canal Plus, il a affirmé:"On it savoir ce qui s'est passé pendant toutes ces années, parce que ce sont des graves infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales et peut-être même davantage".


Source: L'EXPRESS.FR

SARKOZY A MUSTAFA ABDUL JALIL: L'ALGERIE DANS UN AN, L'IRAN DANS TROIS!


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Dans un article publié sur notre site Internet en langue arabe, intitulé « Sarkozy à Mustafa Abdul Jalil : l'Algérie dans un an, l'Iran dans trois », le journaliste Nidal Hamadé évoque les rôles respectifs des deux principaux alliés-acteurs des USA dans les événements au Proche-Orient (PO), à savoir la France et le Qatar !


Selon des sources françaises, citées par Nidal Hamadé sur une conversation qui a eu lieu entre le président français Nicolas Sarkozy et le Président du Conseil de transition de la Libye Mustafa Abdul Jalil, et ce à l'occasion de la visite de ce dernier en France, Sarkozy a affirmé à son hôte, qui se plaignait de l'Algérie : « patientez et vous verrez ce qui va se passer en Algérie dans un an et l'Iran dans trois ».

Des propos qui prouvent bien que ce qui se passe au PO actuellement, surtout après la révolte des Jeunes de l'Egypte, c'est-à-dite la chute du régime de Moubarak, est soumis à un agenda étranger à travers lequel les puissances occidentales « colonisatrices » veulent redessiner un PO à leur taille !

En effet, selon Nidal Hamadé, le timing des menaces françaises contre l'Iran et celui de la campagne virulente du Qatar contre la Syrie ne sont pas innocents !

Au contraire, non seulement, ils révèlent « l'alliance secrète qui lie la France et le Qatar, dans le monde arabe sous le parrainage des Etats-Unis », mais en plus ils interviennent après « l'échec de la visite de l'Emir du Qatar (Hamad Bin Khalifa Al-Thani) à Téhéran, et dont le rôle de simple courtier pour le compte de Washington était de faire parvenir à Téhéran une demande américaine de couvrir l'occupation américaine en Irak en acceptant sa prolongation pendant encore deux ans », en échange les USA promettent d'ouvrir des négociations sur tous les dossiers chauds de la région, y compris le dossier nucléaire », souligne Nidal Hamadé.

Or selon ce dernier, « la réponse de l'Iran à l'Emir du Qatar est la même que celle donnée aux Saoudiens à savoir que l'Iran ne couvrira pas la présence des forces américaines sur le territoire irakien, au contraire elle va défendre la position de ses alliés irakiens, en particulier le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui exigent un retrait des forces américaines selon le délai fixé par la Convention américano-irakienne, c'est-à-dire l'année prochaine ».

Et donc, poursuit Nidal Hamadé : « Ce rejet de l'Iran a poussé la France et le Qatar, alliés exécutifs des Etats-Unis dans les crises du monde arabe à commencer par la guerre déclenchée contre la Libye puis les provocations contre la Syrie, à se départager les tâches : d'un côté l'émir du Qatar a lancé une virulente campagne contre la Syrie immédiatement après sa rencontre avec les responsables iraniens en concordance avec une campagne sans précédent menée par Al-Jazira qui a diffusé de fausses informations sur de prétendues manifestations monstres à Damas ! Informations démenties par la télévision syrienne qui pendant cinq heures a retransmis en direct des images des places de la capitale syrienne au même moment où al-Jazira et une autre chaîne satellitaire diffusaient leurs informations erronées ! »

Mais le Qatar ne s'est pas arrêté là.

« Sa campagne contre la Syrie s'est poursuivi au sein de la réunion de la Ligue arabe tenue au niveau des ministres des Affaires étrangères pour discuter le dossier syrien, et où le ministre des Affaires étrangères du Qatar (Hamad Bin Jassim) a exprimé des positions trop rigides contre la Syrie », selon Nidal Hamadé.

Pour ce qui est de la France, « le président Sarkozy s'est attaqué à l'Iran, au point de menacer la République islamique d'Iran de frappes contre ses sites nucléaires pacifiques », ajoute le journaliste !

A la lumière de ce qui a été dit, « il semble que la campagne ciblant seule la Syrie risque fort de s'élargir pour inclure l'Iran et ... l'Algérie : la première à cause de son programme nucléaire et sa position sur la présence américaine en Irak sans oublier son soutien aux mouvements de résistance dans les mondes arabe et islamique ; et la deuxième pour sa position envers la Libye en y provoquant de l'instabilité pour renverser l'actuel régime et assurer le retour de la France dans un pays riche en pétrole, en gaz et en uranium », souligne Nidal Hamadé !

« Sachant qu'il est impossible pour quiconque de lancer une guerre préventive contre l'Iran ou la Syrie, ce qui laisse l'Algérie exposée à toutes les éventualités », conclut le journaliste !


Nidal Hamadé est correspondant à Paris de Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais.

 

In ALMANAR.COM


Source: COMITE VALMY

dimanche, 11 septembre 2011

TEMOIGNAGE: J'AI VU LA TRANSITION VERS LA PEUR A TRIPOLI


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Par Lizzie Phelan

Avec ses collègues de TeleSur, de Russia Today, du Centre for Research on Globalization et du Réseau Voltaire, Lizzie Phelan (PressTV) est l'une des rares journalistes a avoir pris le risque de rendre compte de la réalité en Libye, à contre-courant de la propagande relayée par les médias dans les pays de la Coalition.

Extraite par le CICR de l'hôtel Rixos où elle était restée bloquée durant cinq jours, Lizzie Phelan livre ses premières impressions après la chute de Tripoli. Le danger, la mort et la peur règnent désormais dans la capitale de la « Nouvelle Libye », tandis que paradent l'OTAN et ses Collaborateurs.

 

Il n'est pas aisé, dans la fureur médiatique déclenchée par la chute de Tripoli et le renversement du gouvernement libyen, de trouver une analyse claire de la manière dont les choses se passent maintenant, sous le nouveau pouvoir. Après être restée cinq jours bloquée à l'hôtel Rixos avec 35 journalistes étrangers, j'ai eu du mal à croire que les rues que nous traversions étaient les mêmes que celles qui m'étaient devenues si familières pendant le mois que j'ai passé dans la capitale libyenne.

Les rues, avant si animées, où les familles allaient à la plage ou en venaient et se préparaient pour le dîner qui devait interrompre le jeûne de ramadan, étaient maintenant vides. Aux drapeaux verts s'étaient substitués ceux des rebelles, et les rares check points -occupés auparavant par des volontaires, hommes et femmes, c'est-à-dire par des voisins- avaient été remplacés par des check points installés tous les 100 mètres et surveillés maintenant par des tanks et des combattants, uniquement des hommes, qui portaient des armes sophistiquées fournies par la force militaire la plus puissante du monde : l'OTAN.

Les fiers jeunes libyens noirs qui avaient assuré la protection des quartiers qu'ils habitaient avaient disparus. Nous allions les revoir ultérieurement, acculés, prisonniers sur des pick-up, comme dans ces images que, dans les mois précédents, on ne pouvait prendre qu'à des endroits comme Bengazhi et Misrata. Ils sont victimes de la rumeur selon laquelle Kadhafi aurait recruté des mercenaires dans les pays subsahariens, allégation largement rejetée par les organisations de défense des droits de l'homme vu qu'aucune preuve n'a été fournie pour l'étayer. Mais, dans la nouvelle Libye, les noirs se trouvent, avec les membres des tribus les plus importantes [en termes de population], comme celles de Warfallah, Washafana, Zlitane et Tarhouna, parmi les populations que les rebelles soupçonnent d'apporter leur soutien a Mouammar Kadhafi, un crime qu'ils punissent de mort, sinon d'une manière pire encore.

Le convoi de la Croix-Rouge internationale dont nous faisions partie arriva finalement à l'hôtel Corinthian. Lors de mon précédent séjour, il y a un mois seulement, il n'y avait dans cet hôtel que deux ou trois gardiens armés à l'entrée. Cette dernière était maintenant bondée d'hommes qui brandissaient les armes envoyées par l'OTAN et le Qatar. Il ne restait du personnel qu'un petit groupe, débordé et épuisé.

J'y ai retrouvé plus tard quelques visages des Libyens dont j'avais fait connaissance, mais la douleur assombrissait leur regard. « Comment ça va ? », ai-je demandé à une employée. « Il est toujours dans nos cœurs », m'a-t-elle répondu. Quand nous avons finalement eu l'occasion de parler sans témoins, elle a fondu en larmes, ce dont elle s'est excusée. Elle m'a dit qu'il lui était impossible de se confier à personne d'autre. «  La Libye est comme notre mère, mais nous ne pouvons plus parler à notre mère ». Étant membre de la tribu des Warfallah et provenant de la région de Bani Wallid, elle savait que sa famille et elle-même risquaient d'être arrêtés à tout moment, uniquement en raison du soutien sans faille des Warfallah à celui qu'ils appellent leur « guide », Mouammar Kadhafi. Elle m'a dit : « À Bani Wallid on a toujours été des gens très fiers, généreux, humbles, dignes. Sous ce drapeau [qu'arborent les rebelles] du roi Idris, nous étions obligés de baiser les pieds du roi avant de pouvoir lui adresser un seul mot. Nous sommes revenus à ces temps-là ».

Elle a été une des nombreuses personnes qui m'ont conseillé de ne pas me faire remarquer et de partir au plus vite. J'avais été parmi les rares journalistes qui s'étaient concentrés sur les conséquences de la campagne de bombardements que l'OTAN avait déclenchée sur le pays et qui s'étaient efforcés de faire connaître la très forte participation aux marches populaires de soutien au gouvernement libyen ainsi que les conférences des tribus, faits qui indiquaient que ce gouvernement n'était pas aussi impopulaire qu'on essayait de le faire croire.

J'avais également essayé de dénoncer les liens des rebelles avec Al-Qaida, la même mouvance que l'OTAN combattait dans des pays comme Afghanistan. Depuis que les rebelles avaient reconnu que l'assassinat de l'ex-commandant rebelle Abdel Fattah Younès avait été le fait des groupes liées à Al-Qaida qui se trouvaient dans leurs propres rangs, la présence des extrémistes risquait de devenir de plus en plus évidente, tandis que le gouvernement libyen s'apprêtait à rendre publics des documents et des enregistrements téléphoniques qui démontraient l'implication d'Al-Qaida dans la crise et la manière dont l'Occident avait agi de connivence avec les membres de cette mouvance.

Or, après la chute de Tripoli, seul mon ralliement à la nouvelle Libye pouvait garantir ma propre sécurité, et mon amie Warfallah me pressait de rentrer dans mon pays et d'y faire connaître ce qui se passait [ici].

Alors que les combats faisaient rage sur les routes de l'intérieur du pays, ce qui les rendaient particulièrement dangereuses pour toute personne dépourvue de la protection des rebelles, ma seule possibilité de quitter la Libye consistait à traverser la Méditerranée.

Ce fut, pendant plusieurs jours, une possibilité quasi inexistante. L'agitation des rebelles, parmi lesquels des disputes éclataient régulièrement à l'hôtel sur qui était le véritable chef, s'étendait non seulement au trajet qu'il fallait franchir pour gagner le port et pouvoir quitter Tripoli, mais aussi à une très grande partie de la ville. Pendant quatre jours, on vint nous dire, plusieurs fois par jour -aussi bien à moi qu'à d'autres étrangers- que nous allions pouvoir partir. Et, à chaque fois, la personne qui avait approuvé le départ au port disparaissait ou était remplacée par un nouveau décideur.

À cause de l'existence de tant de groupes différentes, dont le Groupe islamique combattant en Libye, le Front national pour le Salut de la Libye et les divers groupes de déserteurs du gouvernement de Kadhafi, les forces occidentales -qui maintenant s'affichent ouvertement sur le terrain- semblent évoluer sur une terre qu'elles ne connaissent pas.

Au deuxième jour de mon séjour à l'hôtel Corinthian, trois Britanniques qui roulaient des mécaniques répétaient constamment que c'étaient eux qui étaient désormais en charge de la sécurité de l'hôtel. L'un d'eux m'a dit qu'il arrivait de Kabul, où « ça se gâte de plus en plus ». « Vous pensez qu'ici ça va devenir comme à Kabul ? », lui ai-je demandé. « C'est fort probable, avec tous ces groupes différents qui se disputent le pouvoir », m'a-t-il répondu.

Entre-temps, le nombre de vies humaines qu'a coûté la chute de Tripoli n'a reçu que très peu d'attention. Les derniers chiffres connus datent de la deuxième journée de combats à Tripoli. Le ministère de la Santé , encore en fonctionnement à ce moment-là, avait fait savoir que les pertes humaines, après 12 heures de combats et rien que dans la capitale, s'élevaient à 1 300 morts et 900 blessés. Le même ministère avait annoncé la veille plus de 300 morts et 500 blessés. Le total dépasse largement le chiffre de 1 400 personnes massacrées pendant l'attaque, qui avait duré deux semaines, de l'Opération « Plomb durci » déclenchée par Israël contre Gaza et qui avait soulevé une vague mondiale d'indignation.

Après les bombardements et les attaques des hélicoptères Apache sur le quartier le plus pauvre de Tripoli, et l'un des derniers à tomber aux mains des envahisseurs, celui de Abou Salim, des témoins oculaires ont rapporté qu'ils avaient pu voir des piles de corps qui jonchaient les rues. Un proche d'une personne dont on estimait qu'elle pouvait se trouver parmi les victimes fatales s'était rendu dans l'hôpital local, où il n'avait trouvé qu'un médecin et deux infirmières. De même que la grande majorité des travailleurs de la capitale, la plus grande partie du personnel de l'hôpital s'était enfui, se cachait ou avait peut-être été tué. Quand la personne en question avait voulu voir les cadavres, les gardiens lui avaient assuré qu'il n'y en avait aucun. Les proches des personnes portées disparues craignent donc que les corps n'aient été jetés dans des fosses communes dont les emplacements risquent de rester inconnus pour longtemps.

Ce bain de sang ne correspond nullement au discours sur une « Libye libre » où les civils sont « protégés ». Mais, dans une atmosphère si raréfiée par la volonté de contrôler le pays à tout prix, il est presque impossible que ceux qui se trouvent sur le terrain puissent faire preuve d'honnêteté par rapport aux images qui défilent devant leurs yeux, du moins tant qu'ils seront sur le territoire contrôlé par les rebelles.

Un jeune rebelle armé qui arborait le drapeau français sur son battle-dress m'avait demandé d'où je venais. « De Londres », lui ai-je répondu. « Ah, Cameron. Nous aimons Cameron », m'a-t-il dit avec un large sourire. Je me suis efforcée d'esquisser un sourire moi aussi. La moindre critique envers mon propre Premier ministre pouvait être perçue comme un signe de désaffection envers les nouveaux gouvernants de la Libye.

Sur le port, pendant que nous observions le bateau dont les victuailles qu'il transportait devaient être déchargées pour laisser la place aux passagers, un Italien commentait qu'ils étaient « comme des enfants qui dirigent une université » en voyant les nouveaux maîtres des lieux essayer de se servir des grues et des machines nécessaires pour activer la décharge des bateaux et le départ des bateaux.

On nous avait dit que le bateau ne pourrait probablement pas partir avant 5 ou 10 jours et que notre seule option pour le départ par voie maritime était un bateau de pêche long de 20 mètres , conçu pour accueillir uniquement 12 personnes et dépourvu de l'essentiel du matériel devant garantir une navigation sûre.

Quarante-trois personnes se sont préparées à embarquer. Le rebelle chargé de contrôler notre bateau vérifia nos papiers de manière répétée pendant 4 heures en insistant sur le fait qu'aucun Russe, Serbe ou Ukrainien ne serait autorisé à partir, pas plus qu'aucun ressortissant de Cuba ou de l'Équateur, pays dont les relations avec Mouammar Kadhafi avaient été trop bonnes tout au long de la crise.

Finalement, près de minuit, nous avons tous pu embarquer, à l'exception d'un Russe.

Tandis que le vacarme des tanks, les fusillades et l'odeur de la mort qui saturait l'air restaient de plus en plus loin derrière nous, ma mémoire évoquait la ville paisible, accueillante et sûre où j'étais arrivée.


Lizzie Phelan

 

In Axis of Logic (Venezuela, USA)

 

Source: COMITE VALMY

COMMEMORATION DU 11 SEPTEMBRE 2001: LA COMEDIE INTERNATIONALE CONTINUE

 

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Après que les Américains aient assommé la planète entière de 10 années de mensonges odieux, perpétré des tueries inommables et gratuites en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et traité Ben Laden de tous les noms d'oiseaux à travers tous les grands médias du monde pour finir par le donner pour mort, que viennent alors faire Al Qaïda et Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI (cliquer sur le nom pour lire l'article) dans l'offensive de l'Otan en Libye, aux côtés des forces spéciales coalisées de l'Occident contre ce pays digne d'Afrique?

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Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI


Honte aux Etats-Unis d'Amérique qui tuent leur propre peuple pour assouvir la cupidité d'un groupuscule d'ultralibéraux déjantés, magnats du pétrole et du trafic d'armes international!

 

Pour voir une vidéo fort édifiante, téléchargée des millions de fois dans le monde, qui met à nue la conspiration du 11 SEPTEMBRE 2001, et conçue par un jeune américain, cliquer:

 

ICI

 

DINDE Fernand AGBO

mercredi, 07 septembre 2011

LIBYE: POUR CAUSE DE PERTE ENORME DE SOLDATS LA GRANDE BRETAGNE ABANDONNE BIENTOT LA FRANCE

 

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173 soldats des troupes du 22 régiments des forces spéciales britannique SAS (Special Air Service) vont quitter la Libye et retourner dans quelques jours en Royaume Unis.

Le ministère de la Défense britannique a déclaré que les pertes militaires sont irrecevable.

Selon des déclarations de Peter Beynchli, expert militaire britannique, citant des sources chez les forces spéciales britanniques "SAS" a déclaré pour le journal "Argumentam.ru" que le nombre de soldats tués en Libye n'a pas été divulgué mais selon diverses sources, il est de 21 à 35 soldats.

Selon Beynchli, les forces spéciales britanniques SAS ont subi des pertes lourdes pendant l'assaut sur Tripoli et lorsqu'un de leurs hélicoptères a été abattu par l'armée libyenne à la frontière de la Libye et de l'Algérie.

 

Source: AFRICAN LIBERTY

LIBYE - LES MAUVAIS CALCULS DE SARKOZY QUI... PLEURE

 

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Diantre !

Le Hongrois volant, au temps pour moi, le Français volant Nicolas Sarkozy, a vraiment la suite dans les idées.  Entre caviardage de CV, mensonge sur tout, arrogance et attaque seulement contre les petits, les faibles et les pauvres, en France comme en Afrique, le voila tel un chevalier blanc qui déboule en Libye. Un mécanisme et une future tragédie d'une auto immolation.

Ses amis ne comprennent pas. Ils sont choqués. Veulent en découdre avec les Français qui seraient ingrats. Ah, ces histoires de sondages ! La folie sondagière est vraiment quelque chose de dévastatrice chez les faibles. Le chef de l'Etat français ne jure que par ça. Certaines grandes figures de proue du monde dit libre, se demandent aujourd'hui ce qu'ils sont allés faire en Libye. Le Maghreb sent venir des guerres sans fin avec toutes les armes qui circulent. Son mécénat social avec le largage des armes dans les montagnes du Djebel Nefoussa, risque de tourner en chaos légendaire. Et dire qu'on accuse la Chine, sans preuve, qu'elle a livré des armes à la Libye !

Avec ses nouveaux amis d'Al Qaïda, il faut avouer qu'il s'est mis tout seul, comme un grand, dans de beaux draps. Comment faire ? Ses amis, les renégats de Benghazi, ont échoué dans leur tentative de renvoyer les combattants d'Al Qaïda dans leurs villages. Du coup, les rêves du grand homme qui compte parader à Tripoli sont remis aux calendes grecques. Même ses sous-fifres de Benghazi ont peur de venir à Tripoli.

Le futur papa aux talonnettes, semble ignorer que faire la guerre est très facile et que la paix, y arriver, est plus dure. Le papounet  est dans une impasse. La mamounette aka Carla, tempère semble-t-il, ses élans. En voulant jouer les Bush au rabais, il croyait qu'il allait flamber dans les sondages. Selon les vrais sondages, il serait même plus bas que Marine Le Pen. Va-t-il donc trouver du pétrole sous l'Elysée ?

Au téléphone, le président du Niger lui a dit et redit que Mouammar Kadhafi n'était pas dans les nombreux véhicules qui sont entrés dans le pays. Malgré tous les moyens déployés en Libye, toujours aucune trace du Guide libyen. Ils ont donc tous peur. Kadhafi dans ton salon ? Dans ta chambre ? Dans ta salle de bain ? Où ? Ibrahim Moussa pour qui l'assaut aurait été donné à Bani Walid puisque des sources du CNT le disaient, a enfoncé le clou en disant que le leader libyen est bien entouré, est en forme, et protégé par des millions de personnes. Caramba!

Plus dure sera la chute du roitelet !

 

Source : ALLAIN JULES

mardi, 06 septembre 2011

LES VERITES DE DAMANA PICKAS SUR LA TRINITE FRANCE-ONU-REBELLES



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"...parce que Laurent Gbagbo est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy..."

Ex-numéro 3 de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) de 1995 à 1998 sous Soro Guillaume, ancien responsable de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI, 1998-2001), Damana Adia Pickas est doctorant en droit. Revenu de France, pendant la crise née de la rébellion du 19 septembre 2002, où il poursuivait ses études, il a été nommé, par décret, administrateur civil. Et a servi à la Direction de la décentralisation et du développement local. C'est étant là-bas que feu Désiré Tagro l'a choisi, en 2010, pour représenter le ministère de l'Intérieur à la Commission électorale indépendante (CEI). Et puis arrive la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle... Le monde entier voit Damana Pickas empêcher Bamba Yacouba de lire certains résultats qu'il juge non consensuels. La crise post-électorale venait ainsi d'éclater jusqu'à la chute, le 11 Avril 2011, de Laurent Gbagbo, son leader. Depuis, l'homme s'est muré dans le silence. Pour nos lecteurs, nous avons pu l'avoir. Et il a accepté de nous parler. Via internet. Interview exclusive!

Où vous vous trouvez actuellement?

Merci, nous voudrions d'abord remercier l'Eternel des armées qui a préservé notre vie, parce que ce n'était pas évident que nous soyons en vie. Ce qui malheureusement n'a pas été le cas pour beaucoup d'Ivoiriens devant la mémoire de qui nous nous inclinons. Cher ami, nous revenons d'un très grand traumatisme. Permettez-moi donc de saluer tous les Ivoiriens et tous les habitants de la Côte d'Ivoire qui ont souffert ou qui continuent de souffrir dans leurs chairs. De même que toutes ces personnes illustres ou anonymes détenues dans des conditions inhumaines çà et là. Notamment le Président de la République Laurent Gbagbo et son épouse la Députée Simone Ehivet, le Premier ministre Aké N'Gbo et certains membres de son gouvernement, le Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien et certains de ses camarades aussi bien du FPI comme de LMP, nous leur adressons des mots de réconfort et de courage. Aux nombreux Ivoiriens contraints de vivre en exil dans des conditions difficiles, nous leur demandons de rester sereins et dignes dans leurs souffrances et de regarder l'horizon avec espoir. A tous les Ivoiriens de la diaspora, nous portons nos félicitations pour le sens du combat et l'intérêt qu'ils portent à la mère patrie. Et à tous leurs concitoyens, nous les encourageons à continuer le combat. A nos héroïques FDS, nous leur exprimons notre admiration et notre fierté pour leur détermination, leur bravoure et leur sens de la responsabilité. Pour revenir à votre question, sachez que le lieu où je me trouve n'a aucun intérêt. Je n'ai pas une position stable, je suis en Afrique. Mais le plus important, c'est d'être en vie et je me porte bien.

Comment avez-vous quitté Abidjan?

C'est par la grâce de Dieu.

Pourquoi ce long silence depuis que vous avez quitté Abidjan ?

Oh ! Nous avons dit d'entrée de jeu que les Ivoiriens ont subi un très grand traumatisme et donc il nous fallait nous imposer ce silence pour rentrer dans une phase introspective pour comprendre exactement ce qui est arrivé à notre pays. Pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur des responsables aussi bien politiques que sur le citoyen lambda ? En un mot, pourquoi une telle violence s'est-elle abattue sur la Côte d'Ivoire ? Pourquoi un tel acharnement de la communauté dite internationale, en particulier la France, sur notre très chère patrie ? Pourquoi tant de traîtrise et de lâcheté autour du Président Laurent Gbagbo ? Pourquoi dans des quartiers, certains Ivoiriens se sont réjouis du malheur d'autres Ivoiriens, au point d'indiquer leur domicile pour qu'ils soient tués ou pillés ? Après avoir longuement médité sur ces questions, nous pensons avoir trouvé des ébauches de réponses qui nous serviront pour l'avenir.

Comment réagissez-vous à certains écrits qui vous citent comme faisant partie de ceux qui veulent faire un coup d'État contre le régime d'Abidjan?

Ils ne sont pas sérieux.

On vous a vu, des jours avant la chute de Gbagbo, mobiliser les populations à résister. Malgré cela, il est parti. Avez-vous l'impression d'avoir échoué ?

Qu'est-ce que vous appelez échec ?

Le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, malgré votre appel à la mobilisation

Non, ce n'est pas un échec. Le sens de notre appel s'inscrit dans le combat que nous avons toujours mené. Vous savez, nous étions arrivés à une confrontation armée directe avec la coalition rebelle. L'heure du combat décisif avait sonné et il fallait donc assumer cette responsabilité qui était la nôtre. Notre stratégie de résistance depuis le 19 Septembre 2002, a toujours reposé sur trois piliers. A savoir : le chef, c'est-à-dire le président Laurent Gbagbo, l'armée et le peuple. Si le chef est resté digne et a donc pleinement joué son rôle jusqu'au bout, cela n'a pas été le cas pour les deux autres piliers que sont l'armée et le peuple où de graves défaillances ont été constatées. Il fallait donc vite réagir pour remettre de l'ordre. Ce qui restait de notre Armée, s'est aussitôt réorganisée autour du colonel Major Konan Boniface qui faisait, dès lors, office de chef d'état-major des armées. Au niveau du peuple, nous avons aussi dû nous réorganiser pour mener à bien la mobilisation. Et vous avez constaté que notre appel à la mobilisation et à la résistance a été massivement suivi par la population malgré la violence inouïe et les tueries dans les quartiers. Les deux ponts étaient bondés de monde, et plusieurs sites stratégiques étaient occupés par la population dont la résidence du Chef de l'État. Cette réorganisation nous a permis de mettre en déroute la coalition rebelle (Onuci-Licorne-FRCI) malgré l'important soutien aérien dont elle disposait. C'est dans cette dynamique que nous étions lorsque, le dimanche 10 avril, le président Laurent Gbagbo, chef suprême des Armées a ordonné aux FDS, pour des raisons qui lui sont propres, la cessation des combats. C'est suite à cela, qu'il a été arrêté sans résistance aucune, le lendemain lundi 11 avril, par l'Armée française.

Vous étiez à la résidence de Laurent Gbagbo pendant les bombardements. Qu'est-ce qui s'est réellement passé et qu'elle était l'ambiance là-bas?

C'est un très mauvais souvenir. On était dans une ambiance de guerre et la résidence était la cible privilégiée des Français. Pendant plusieurs jours, ils y ont balancé des obus de gros calibre depuis leurs hélicoptères au point où à un certain moment on a cru que la résidence allait s'écrouler sur nous et nous tuer tous. Mais malgré cet état de fait, nous sommes restés debout. Plusieurs images se bousculent encore dans ma tête. Il y a l'image des petits-enfants du président, âgés d'environ 2 à 6 ans, qui trouvaient l'occasion, entre deux bombardements, de s'amuser. C'était très émouvant. Nous voyons l'image d'un Aboudramane Sangaré, fidèle parmi les fidèles, placide, imperturbable à toute émotion, serein, assis près d'une fenêtre en train de lire. L'image d'un Sidiki Bakaba, tout aussi fidèle, avec sa caméra en train d'immortaliser ces moments. Il sera par la suite touché par des éclats d'obus. Gisant peu après dans une mare de sang. L'image d'un Tagro, jovial, qui était au four et au moulin, paix à son âme. L'image d'une Simone Ehivet, resplendissante de courage et de détermination et toujours plongée dans la prière. L'image d'un Konaté Navigué et d'un Alcide Djédjé, sereins et s'activant sur le front diplomatique. L'image du porte-parole de l'armée, Hilaire Gohourou, lâchement assassiné par un sniper français posté depuis la résidence de leur ambassadeur. L'image du colonel Major Ahouman Nathanaël, paix à son âme, du Commandant Dua, du Commandant Séka Anselme, de Maître Bahi Patrice, du Docteur Blé, de Kuyo Téa Narcisse, de Koné Boubakar et de toute la garde du président Gbagbo qui ont fait preuve de loyauté et de fidélité exemplaires, nous leur rendons un hommage mérité. Ce sont des hommes d'honneur. L'image de tous ces valeureux jeunes patriotes, dont beaucoup ont perdu la vie ou garderont à jamais, des séquelles indélébiles. Il y a aussi tous ces FDS qui, entre deux bombardements, repoussaient la coalition rebelle qui tentait des incursions au sol.

Avez-vous les preuves, quand vous accusez un sniper français d'avoir « lâchement assassiné » le colonel Hilaire Gohourou ?

Je suis formel sur mes accusations. Je sais que ce sont des snipers français, embusqués au domicile de l'ambassadeur de France, qui ont abattu lâchement ce vaillant soldat des Fanci, juste au portail de la résidence du président de la République alors que nous n'étions pas en guerre contre la France. Ces tueurs embusqués, dissimulés un peu partout chez l'ambassadeur de France, avaient pour réelle mission d'abattre le président de la République en exercice, SEM. Laurent Gbagbo, au cas où celui-ci venait à sortir de sa résidence qui est proche de celle de l'ambassadeur de France. C'est pourquoi d'ailleurs, le Groupement de la sécurité présidentielle (GSPR) nous avait imposé le port des gilets pare-balles. Réduisant ainsi nos mouvements dans la cour de la résidence, parce que nous étions aussi leurs cibles.

Vous arrivait-il souvent d'avoir des contacts avec Laurent Gbagbo pendant ces bombardements ? Si oui, quel était son état d'esprit ?

Bien évidemment, il nous arrivait d'avoir des échanges avec le Président pendant ces événements extrêmement graves. Nous avons pu nous rendre compte d'une autre dimension, de sa force de caractère et de sa conviction. Ce monsieur est un homme de grande stature morale. Pendant l'une de nos conversations, il nous a dit ceci : « Si je résiste, c'est pour vous. J'aurais pu démissionner, mais cela serait catastrophique pour la Côte d'Ivoire et pour votre génération ». Risquer sa vie pour ses concitoyens et pour son pays, n'est pas donné à tout le monde. C'est un homme politique de dimension mondiale que nous ne regrettons pas d'avoir côtoyé. Nous continuerons à toujours le soutenir.

Au moment de son arrestation, étiez-vous encore à la résidence présidentielle? Si oui, qui l'a arrêté ? C'étaient les soldats français ou les FRCI ? Et pourquoi n'avez-vous pas été arrêté aussi?

Nous sommes restés à la résidence jusqu'au dimanche 10 avril 2011. Ce qui nous a permis de vivre tous les événements qui s'y sont déroulés. Notamment les bombardements ainsi que l'ambiance. Sachez que toute la journée de ce dimanche, la résidence a été l'objet de bombardements intenses jusqu'à 19 h où, profitant d'un moment d'accalmie, nous sommes sortis porter assistance à des patriotes blessés à Blockhaus. C'est pendant que nous nous trouvions à Blockhaus, que les bombardements ont repris. Ce qui nous a empêchés de revenir à la résidence du chef de l'État. Ceux-ci n'ont plus cessé jusqu'à l'arrestation du président, le lendemain lundi 11 avril 2011 aux environs de 11h. Depuis blockhaus, nous voyions au moins 7 hélicoptères de combat, bombardant la résidence du président. Nous avons aussi vu, à partir de notre position, une colonne de chars français se dirigeant vers la résidence. Ce sont ces soldats français qui, après avoir encerclé le périmètre avec leurs chars, ont procédé à l'arrestation du président avant de le livrer aux FRCI.

N'avez-vous pas fui Laurent Gbagbo pour ne pas être arrêté?

Avec tout ce que je viens de vous expliquer, vous avez encore le courage de me demander si j'ai fui ? Non, je n'ai pas fui, Damana Pickas n'est pas un fuyard et toute la Côte d'Ivoire le sait.

Aujourd'hui, avec tout ce qui s'est passé, pensez-vous avoir bien fait en empêchant, à la CEI, Bamba Yacouba de donner certains résultats?

Vous faites bien de me poser cette question, car elle me permet d'expliquer, une fois de plus, le rôle essentiel de la CEI dans le processus électoral. La CEI est un organe qui avait en charge de conduire les élections jusqu'à la proclamation des résultats provisoires. Non seulement, elle devait être indépendante mais elle devait être aussi impartiale. C'est pourquoi, nous nous sommes donné un mode de travail précis. Et c'est ce mode de travail qui a prévalu depuis l'établissement des listes électorales jusqu'au premier tour des élections présidentielles. Ce mode est le consensus qui était destiné à amortir le déséquilibre de la représentativité des différentes parties. On me fait le procès d'avoir empêché la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, ce qui n'est pas exact ! Que s'est-il passé ? Bamba Yacouba a voulu proclamer des résultats non consensuels. Ce qui était contraire à notre mode de travail. Ce n'était donc pas les résultats provisoires de la CEI que venait proclamer Bamba Yacouba. Donc Damana Pickas n'a jamais empêché la proclamation des résultats des élections présidentielles. Puisque la CEI n'avait pas ces résultats. Il y avait en réalité un réseau parallèle et frauduleux de proclamation de résultats avec pour tête de pont, Bamba Yacouba. C'est ce réseau que j'ai démantelé. Vous remarquerez que Bamba Yacouba est le seul commissaire, excepté le président Youssouf Bakayoko, à avoir été décoré par le Chef de l'État, M. Ouattara. Pourquoi lui et pas aussi les autres ? Vous comprendrez que c'est juste pour le récompenser pour la mission qui lui a été confiée.

Vous ne pensez pas que votre geste, vu de tout le monde, a joué contre Laurent Gbagbo?

Non, pas du tout ! Ce geste a plutôt permis de mettre à nu ce coup d'État électoral. Il a déstabilisé complètement le plan des rebelles. Ce qui les a amenés à commettre beaucoup d'erreurs comme celle qui a consisté, pour le président Bakayoko, à aller au Golf Hôtel pour proclamer des chiffres imaginaires.

Et si c'était à refaire, allez-vous faire la même chose?

Oh! Oui, oui, oui ! Et en plus, si je savais que Bakayoko partait au Golf Hôtel, je l'aurais empêché de s'y rendre.

Comment réagissez-vous à votre remplacement à la CEI par Amani Ipou Félicien, pour le compte du ministère de l'Intérieur?

Tout ceci est illégal. La Commission électorale indépendante dans sa composition issue des accords de Pretoria, était chargée d'organiser toutes les élections générales en Côte d'Ivoire. Pas seulement les présidentielles, mais aussi les législatives, les municipales, les conseils généraux. En remaniant la CEI juste après les élections présidentielles, M. Ouattara viole l'esprit et la lettre de Pretoria. Cette CEI monocolore n'est pas crédible et ne peut garantir à la Côte d'Ivoire, des élections équitables, justes et transparentes. Sinon franchement, dites-moi ce que cherchent encore le MJP, le MPIGO, le MPCI dans la CEI quand ils disent avoir unifié l'armée en créant leur FRCI ? C'est la preuve que ce pouvoir ne veut pas de la décrispation, de la transparence du jeu, car il sait que sur ce terrain, il sera battu. Ce régime veut masquer sa minorité populaire en caporalisant la CEI. Les Ivoiriens ne doivent donc pas se méprendre sur le caractère de ce régime qui veut monopoliser la scène politique. Mais il nous trouvera sur son chemin. Car la CEI est une conquête de la lutte démocratique du peuple de la Côte d'Ivoire.

Que pensez-vous de la décision du Conseil constitutionnel qui a finalement proclamé Alassane Ouattara, président de la République?

D'un point de vue strictement juridique, nous savons tous que les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours et sont irrévocables. Elles ne peuvent donc pas changer en fonction du temps. Ce qui rend donc nul, quelles que soient les motivations qui l'ont fondé, l'arrêt du Conseil constitutionnel proclamant M. Ouattara, président. Car le droit, une fois dit par le Conseil Constitutionnel, ne peut plus être dédit. Et ce n'est pas cette investiture folklorique, arrachée par la terreur à un Yao N'dré complètement tétanisé, qui changera les choses.

Comment jugez-vous les premiers mois de la gouvernance Ouattara?

Ces premiers mois de gestion du Chef de l'État Ouattara sont caractérisés par une absence totale de gouvernance, il n'y a pas d'État. Au plan sécuritaire, les commissariats et les brigades de gendarmerie n'existent plus. Ce sont les braquages, les exécutions sommaires, les attaques de domiciles, les meurtres qui sont le quotidien des Ivoiriens. A la nuit tombée, c'est l'incertitude. Abidjan est devenue un far-West où les bandes armées se tirent dessus à tout bout de champ. Un tel climat d'insécurité généralisée, n'est pas favorable aux investissements. Les quelques rares entreprises qui n'ont pas été pillées sont contraintes de fermer. Le Chef de l'État, M. Ouattara, est en train d'anéantir le travail phénoménal de réduction de la dette accompli par Laurent Gbagbo en procédant à un surendettement de la Côte d'Ivoire. Au plan social, ce sont les licenciements abusifs, la destruction systématique et sans contrepartie des petits commerces qui représentent les moyens de subsistance du petit peuple. Au plan politique, c'est le musellement de l'opposition et de la presse (j'en profite pour demander la libération d'Hermann Aboa et de Serges Boguhé), l'absence de l'État de droit avec la dissolution de l'Assemblée nationale, les violations des libertés fondamentales, la justice à deux vitesses, etc.

Le président Ouattara peut-il réussir, selon vous, sa mission de réconciliation?

Il n'y a pas de volonté de réconciliation de M. Ouattara. Car, depuis qu'il est à la tête de la Côte d'Ivoire, il n'a posé aucun acte traduisant de façon claire son intention de réconcilier et d'unir les Ivoiriens. Bien au contraire, il pense que la solution aux différentes contradictions est d'emprisonner tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Et M. Banny, à qui la mission a été donnée de réconcilier les Ivoiriens, peut-il réussir ?

Non ! Car M. Ouattara n'a pas cette volonté de réconciliation de sorte que M. Banny n'aura pas les mains libres pour travailler. Encore que M. Banny lui-même doit faire preuve de beaucoup d'humilité, d'impartialité. Car il est lui-même un acteur majeur de la crise ivoirienne et en plus, il a déjà posé des actes qui ne militent pas en sa faveur. Notamment, la catégorisation des victimes.

Quelles sont les conditions de la réconciliation, pour vous ?

D'abord, sachez et comprenez qu'il ne peut y avoir de réconciliation véritable en Côte d'Ivoire sans Laurent Gbagbo. Tant que le président Gbagbo est en prison, il ne peut y avoir de réconciliation. C'est un préalable. Ensuite, il faudra que la réconciliation puisse situer tous ceux qui sont encore sceptiques sur les résultats des élections présidentielles. Qui a gagné les élections présidentielles et qui est donc le vrai président de la République de la Côte d'Ivoire? M. Banny doit, dans sa mission, répondre à cette préoccupation majeure qui a déclenché la crise post-électorale et le coup de force de la France. Si on répond clairement et objectivement à cette question, vous verrez que beaucoup de questions vont se résoudre d'elles-mêmes. Il ne doit y avoir aucun doute sur celui que nous avons choisi pour diriger notre pays. C'est bien pour M. Ouattara et je souhaiterais vivement qu'il permette à M. Banny d'ouvrir ce débat, librement. Par ailleurs, cette réconciliation ne doit pas consister à mettre ensemble deux petits Dioula, deux petits Bété, deux petits Baoulé et les faire danser ensemble sur la place publique pour dire que la Côte d'Ivoire est réconciliée. Il ne s'agit pas non plus de superposer des rencontres région par région et en faire une synthèse. Il s'agit surtout d'identifier la question fondamentale qui a entraîné toute cette crise qualifiée à tort, de crise post-électorale. A mon sens, il s'agit de la question de la souveraineté, de la compréhension de la notion de souveraineté qui signifie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tel que proclamé par les instruments internationaux. Notamment la charte des Nations unies, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le pacte international des droits civils et politiques qui énoncent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de leurs richesses nationales. Avons-nous la même approche de cette notion avec la France et la communauté dite internationale ? Nous pensons que non. C'est pourquoi nous croyons que la réconciliation doit réunir trois acteurs fondamentaux : la France qui représenterait, à l'occasion, la communauté dite internationale, et les deux parties ivoiriennes. C'est-à-dire LMP, souverainiste et le RHDP, colonialiste, afin que nous puissions nous entendre sur la notion d'indépendance d'un État et son application en Côte d'Ivoire.

Quels commentaires faites-vous du retour d'exil de certains officiers ?

Pas de commentaires particuliers. Ce sont des militaires qui ont décidé de rentrer, ils sont rentrés.

Êtes-vous en contact avec Gbagbo, Simone, Affi, Blé Goudé... ?

Non, leurs conditions de détention ne me permettent pas de rentrer en contact avec eux.

Comment réagissez-vous au départ de Koulibaly Mamadou du FPI ?

Koulibaly Mamadou est un aîné pour qui nous avons beaucoup de respect, mais qui a décidé de quitter le parti à un moment crucial. Nous en avons pris acte, mais le FPI est un grand parti qui dispose encore de personnes ressources, de personnes de grande valeur qui peuvent relever les défis présents et futurs.

Êtes-vous d'avis avec Koulibaly Mamadou, quand il déclare, dans un journal béninois, parlant du FPI, qu'« on aurait pu continuer notre lancée comme un grand parti, si le tribalisme n'était pas venu gangréner le FPI au point de perdre le président Gbagbo qui s'est laissé emprisonner par un clan tribal » et quand il dit aussi que Gbagbo a perdu les élections?

Koulibaly Mamadou n'est plus du FPI. Ce qu'il dit ne m'intéresse plus. En plus, nous ne réglons pas nos contradictions sur la place publique. C'est ainsi que le FPI nous a éduqués.

Laurent Gbagbo est-il politiquement fini ?

Laurent Gbagbo ne peut plus finir, car il est un esprit qui est en chacun de nous. Il est rentré dans l'histoire de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique parce que son combat, dès à présent, transcende toutes les générations à venir. Ouattara et ses parrains ne détiennent momentanément que l'enveloppe charnelle qui renferme cet esprit. Qu'ils sachent qu'en chaque Ivoirien digne, je dirais même plus, qu'en chaque Africain digne, vibre du Laurent Gbagbo. Physiquement, mentalement et intellectuellement. A travers sa dernière sortie lors de la célébration de l'indépendance, Laurent Gbagbo nous a démontré qu'il demeure un acteur incontournable de la scène politique ivoirienne. Et puis, parce qu'il est en prison, toute la Côte d'Ivoire est en prison. Y compris Ouattara et Sarkozy.

Quels commentaires faites-vous de l'inculpation de Laurent Gbagbo et de son épouse?

Elle n'a aucune base juridique. Le président Laurent Gbagbo, en raison de son statut, n'est justiciable que devant la Haute cour de justice et non devant les juridictions de droit commun. Quant à son épouse, elle est parlementaire et son immunité n'ayant pas été levée, elle ne peut faire l'objet d'aucune poursuite judiciaire.

Comment réagissez-vous à la menace du président Alassane Ouattara d'envoyer Laurent Gbagbo au TPI ?

Ce qui me gêne, ce n'est pas le fait d'accuser le président Laurent Gbagbo de crime de sang ou de crime économique. Car l'homme que nous connaissons tous, ne peut pas être coupable de meurtres, d'assassinats, de détournements de fonds ou de vol. Mais plutôt que le TPI n'est pas une juridiction impartiale et crédible. C'est un instrument de domination des plus forts. Pour nous, il n'y a donc pas de suspense, car leur justice va condamner Laurent Gbagbo et son épouse, les placer au poteau et les exécuter. Telle est la volonté des dirigeants de ce monde. Notamment, Nicolas Sarkozy et Barack Obama. Mais après Laurent Gbagbo, ce sera au tour de tous ces jeunes gens qu'ils ont eux-mêmes armés pour faire la guerre contre leur pays, c'est-à-dire les Zakaria, Wattao, Chérif Ousmane, Fofié, Soro Guillaume, etc. Car, ils veulent donner une image d'homme d'État sain à Ouattara. Encore que, quand ils en auront fini avec ceux-ci, ils s'en prendront à M. Ouattara lui-même, quand il ne sera plus d'aucune utilité pour eux. Retenons donc que tôt ou tard, chacun aura son tour devant cette CPI. Mais ce sont toujours les Occidentaux qui nous divisent et qui nous manipulent.

Que répondez-vous à Monsieur Choi qui, en visite le jeudi 18 Août 2011, à Ouagadougou a dit que Laurent Gbagbo a perdu l'affection de la population ivoirienne, après s'être accroché au pouvoir par la force pendant quatre mois ?

Vous savez, ce monsieur est hanté par le président Gbagbo au point où il ne cesse de prononcer des propos ridicules et grotesques. A partir de quoi conclut-il que Gbagbo a perdu l'affection des Ivoiriens ? Quel sondage sérieux et crédible a-t-il effectué pour aboutir à ces résultats ? Si c'est l'absence de manifestations publiques de soutien au Président Gbagbo qui le fonde dans ces déclarations-là, encore, il fait preuve de mauvaise foi car il sait la répression inhumaine qui s'abat sur la Côte d'Ivoire pro-Gbagbo et Dieu seul sait qu'elle est largement majoritaire. Nous en voulons pour preuve, la marche de soutien des populations de Dabou au Président Laurent Gbagbo. Ce qui a entraîné le limogeage du Préfet de Dabou et du Sous-préfet de Lopou parce qu'ils auraient laissé cette marche se dérouler. Il y a également l'assassinat par des hommes armés, du camarade qui a financé et aidé à l'organisation de la rencontre mémorable de la Jeunesse du FPI à Bassam, la semaine dernière. Par ailleurs, beaucoup de ses partisans se rendent compte que loin d'être la solution, Ouattara est le véritable problème de la Côte d'Ivoire. L'exemple de ces femmes d'Abobo et d'Adjamé qui l'ont exprimé à travers des manifestations publiques confirme nos dires. Cette déclaration de Choi dénote donc clairement de sa partialité et de celle de l'Onu dans la crise ivoirienne. On comprend, dès lors, pourquoi il y a eu autant de chaos et de morts dans ce processus. Choi doit certainement être fier de sa boucherie. Nous le remercions d'avoir versé tout ce sang et anéanti notre pays. Mais, comme le phœnix, la Côte d'Ivoire renaîtra de ses cendres avec un Laurent Gbagbo élevé au panthéon de la dignité ivoirienne voire africaine. Ce Gbagbo-là ne peut être que plus fort et plus populaire que par le passé. Je souhaite donc à Choi d'être en vie pour vivre cela. Ce sera fabuleux !

Envisagez-vous votre retour au pays?

C'est vrai qu'il faudra qu'un jour que tous les Ivoiriens exilés, rentrent au pays. Mais cela n'est pas notre priorité car certaines questions préalables doivent être réglées. Notamment la sécurité des personnes et des biens, les domiciles injustement occupés par les FRCI, les exécutions sommaires, la libération des prisonniers politiques. En attendant que ces conditions soient réunies, il faut penser aux réalités quotidiennes de tous ces Ivoiriens vivant en exil et de tous ceux qui souffrent tous les jours dans leur propre pays. Toutes ces questions méritent une implication véritable des organisations de Défense des droits de l'Homme. Je ne saurais terminer sans demander aux militants du FPI, à toute la grande famille LMP et à tous les patriotes ivoiriens, de savoir se remettre en cause et faire preuve d'humilité. Je souhaite que nous améliorions plutôt nos qualités et surtout que nous réveillions les autres qui sommeillent en nous et qui sont nombreuses. Car c'est de cette manière que nous pourrons repartir de plus belle, reconstruire un groupe plus solide pour reconquérir notre liberté. Aux nombreux Ivoiriens et amis de la Côte d'Ivoire, nous demandons de ne pas perdre espoir, de ne pas se laisser décourager par les nombreuses trahisons et défections qu'ils observent çà et là car Dieu est en train de faire son tri. Rapportez-vous à la Bible, dans Les Juges 7 où Gédéon, partant à la conquête de leur liberté confisquée avec le peuple d'Israël, a vu son groupe être réduit de 32 000 à 300 personnes par Dieu. En effet, voyant le nombre important de combattants Israélites, Dieu n'a pas voulu qu'en cas de victoire, ceux-ci pensent que c'est leur nombre qui la leur a procurée et prendre de ce fait la gloire qui lui revient de droit. Il a donc fait réduire ce nombre en disant à Gédéon, de demander à ceux qui étaient craintifs et avaient peur, de s'en retourner et s'éloigner du lieu de la bataille. 22 000 personnes quittèrent le groupe et il n'en resta que 10 000. Malgré cela, Dieu trouva encore que le nombre était assez élevé et demanda un second tri à Gédéon. Ce qu'il fit au bord de l'eau et il ne resta plus que 300 personnes. C'est donc avec ceux-ci et avec la bénédiction de l'Eternel des Armées, que Gédéon mena et remporta la victoire contre leurs ennemis d'alors. C'est-à-dire, les Madianites et leurs alliés qui étaient d'environ 135 000 hommes. Ce n'est donc pas le nombre des soldats qui garantit la victoire, mais plutôt la qualité des combattants. Nous opposerons permanemment l'État de Droit, la démocratie, le respect des libertés publiques et individuelles, à cette dictature rampante en Côte d'Ivoire. Restez donc sereins et ne perdez pas espoir, car le combat continue dans la détermination et la prière. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens.

In le quotidien ivoirien « Soir Info ».

Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL