topblog Ivoire blogs

mercredi, 24 août 2011

LIBYE - BAIN DE SANG: LES APACHES S'EN OCCUPENT


HELICOPTERE APACHE.jpg

Lundi 22 août, le monde ne s'est pas réveillé avec la gueule de bois, alors qu'il aurait dû. Et pour cause, finalement le bain de sang qui devait se produire à Benghazi, provoqué par l'armée libyenne, se produit à Tripoli provoqué par les bombes très démocratiques de l'Alliance atlantique.

Le matin de ce seul jour, on dénombre 1300 morts et 5000 blessés, tombés sous les coups des hélicoptères Apache, qui nettoient le parcours des supplétifs vers la  «victoire» contre des cadavres. La presse très démocratique, fidèle à sa mission, titre triomphalement, «le régime de Kadhafi s'effondre» ou encore «les heures de Kadhafi sont comptés». Une façon de dire une vérité qui évite de dire la réalité. Cette réalité têtue qui veut qu'un peuple est massacré parce qu'il se bat et qu'il refuse d'accepter l'ignominie de l'occupation. Cette réalité que retiendra l'Histoire, que fabriquent des hommes et des femmes qui ont conservé leur dignité et qu'ils défendent au prix de leur vie, contre la plus puissante organisation criminelle que le monde ait connue. Oui ! Il s'agit bien d'un crime et la naïveté la plus profonde a fini par fondre devant les faits.

Le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en «rebelles», elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l'oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu'ils n'existent pas. Inutile d'invoquer le droit à l'information, il n'est pas valable en tout temps et tout lieu. Quand les maîtres du monde en parlent, ce n'est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent.

On a pu voir comment l'un des chefs de guerre qui sévit en Libye a traité, dans son pays, les informations sur la révolte populaire. Plus de journalistes, rien que des Ouvriers spécialisés qui produisent une information industrialisée, selon les critères définis par les spécialistes du marketing. Les clients n'étant plus les téléspectateurs, les auditeurs ou les lecteurs, mais les dieux du marché. Tant pis pour ceux qui s'échinent à chercher ce qu'il y a derrière le miroir. Ces artisans qui croient que leur échoppe peut résister à l'usine.

De toute façon, ils ne seront pas assez nombreux pour faire la différence. Au besoin, ils seront muselés, comme il se fait sur Internet où des blogs réfractaires à la doxa dominante sont bloqués, mis en difficulté ou supprimés, sous un prétexte ou sous un autre. Comme s'ils pouvaient par leurs seuls écrits arrêter les tirs meurtriers, qui ne cesseront ni avec le départ de Kadhafi, ni avec l'usurpation de la souveraineté des Libyens. Car la Libye a été plongée dans la spirale bien connue de cette violence où l'oppression, imbue du droit  de la force, ne comprend pas que les opprimés ne céderont jamais leurs droits à la force. On apprécie déjà les premiers résultats de la supposée  «protection des civils», on les appréciera plus longuement, durant tout le temps où les Libyens se dresseront contre le déni qui les frappe. Sans le préjudice du chaos possible, dont les démocratisations passées ont le secret et le label.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mardi, 23 août 2011

ENTRETIEN AVEC THIERRY MEYSSAN, LE DIMANCHE 21 AOUT 2011: «C’EST L’OTAN QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL MILITAIRE, PAS LES REBELLES»

 



THIERRY MEYSSAN 3.jpg

Thierry Meyssan, à l'Hotel Rixos, à Tripoli

 

Par Silvia Cattori

En pleine attaque de l'OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s'entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s'exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors, que l'OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tipoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande « victoire » des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que « l'OTAN a du stopper les bombardements ». « Saïf al-Islam que l'on assurait arrêté a surgit du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.


Réseau Voltaire | 23 août 2011


Thierry Meyssan s'exprimant dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 août 2011 depuis Tripoli.


Silvia Cattori : D'ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s'effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l'hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s'effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l'appel à l'insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l'OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d'où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S'agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c'est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l'abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l'hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l'hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l'entour de l'hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n'ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n'y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L'OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu'il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l'hôtel. Cela dit on a l'électricité, l'eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l'hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d'assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C'est un périmètre qui est assez grand parce qu'il y a un parc tout autour de l'hôtel. Je pense que s'il n'y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s'il y a d'autres troupes de l'OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l'on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l'air, et qui ne paraissent pas des professionnels...

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s'agitent et qui ne sont pas militairement formées. C'est de la pure mise en scène, ce n'est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l'OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l'OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L'action ce sont les forces de l'OTAN.

C'est ainsi que cela s'est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l'OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c'est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c'est de la blague ça ! C'est l'OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C'est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c'est une ville d'un million et demi d'habitants. Qu'il y ait des cellules combattantes à l'intérieur c'est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l'encadrement par les forces l'OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l'extérieur. Les assaillants encerclent l'hôtel. Je pense qu'il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l'hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l'hôtel Rixos sont complètement paniqués. C'est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j'essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d'entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions...

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu'ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir...

Thierry Meyssan : L'Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n'est pas rentré dans le port. C'est l'OTAN qui l'empêche d'accoster. Quand l'OTAN l'autorisera l'évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l'OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l'OTAN qui sont ici au sol c'est évident que tout peut tomber rapidement...

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l'a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l'OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n'est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu'ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses... Je n'ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L'ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

 

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori


Source: RESEAU VOLTAIRE

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

LIBYE. DESTRUCTION D'UNE MAISON DE KADHAFI 3.jpg

Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

LIBYE. DESTRUCTION D'UNE MAISON DE KADHAFI 2.jpg

Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

LIBYE. DESTRUCTION D'UNE MAISON DE KADHAFI.jpg

De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 août 2011

LIBYE: CONSEILS ANTI-MANIPS

LIBYE PARTAGEE.jpg

N'étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias... Ils n'ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l'essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d'un affrontement décisif, changer de méthodes ?


  1. Toute image peut être manipulée. Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l'image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n'avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames...

    Exemple : Lors de l'invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu'il n'y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s'agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l'autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?

    Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l'implication des talibans dans les attentats du 11/09.

    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes
    . Quelles preuves ?

    Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l'opposition libyenne et de l'OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ? Nous présente-t-on la version de propagande d'une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?

    La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : "Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu."


    Pourquoi libérer les libyens d'un côté et soutenir les dictatures de l'autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

Les bombardements de l'OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts. Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l'OTAN s'acharne. Les combats ont repris autour de l'hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Khadafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L'ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d'abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n'ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb, directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

JOURNALISTES NON MENACES. LIBYE.jpg

Journalistes non-menacés

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D'après des analystes interrogés par l'agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP.

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Action


Source: INVESTIG'ACTION

DE TRIPOLI, THIERRY MEYSSAN RELATE LE CARNAGE DONT IL EST TEMOIN


COMBATS LIBYE.jpg

Image d'archive de combat à Raz Lanouf entre les pro-Kadhafi et les insurgés, le 09 mars 2011.

 

L'offensive «Sirène», lancée samedi 20 août 2011 au soir se déroule en coordination entre le «CNT (l'organe politique de la rébellion à Benghazi)», les combattants dans et autour de Tripoli, et l'«OTAN».

 

Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’« Iftar (la rupture du jeûne de Ramadan) », l’« Alliance atlantique » et le « CNT » ont lancé l’« Opération Sirène ».

Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’« Al Qaeda » à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche 21 août 2011.

Un bateau de l’« OTAN » a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’« Al Qaeda », encadrés par des officiers de l’« Alliance » dans les combats.

Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’« OTAN » bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’« hôtel Rixos » où séjourne la presse étrangère. L’« OTAN » n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve, est assailli sous un tir nourri.

A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

L’« OTAN » avait reçu mission du « Conseil de sécurité » de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

Les Etats-Unis ont intensifié ces dernier jours leur activité aérienne autour de Tripoli en utilisant des « drones Predator » pour détecter, suivre et à l'occasion frapper les troupes du colonel. Ces raids ont détruit les infrastructures militaires du régime.

Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a été « arrêté ». il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la « CPI » pour « crimes contre l'humanité » commis en Libye.

Lundi 22 août 2011, Tripoli est entièrement entre les mains des rebelles, sauf le quartier résidentiel de Mouammar Kadhafi où se déroule actuellement de violents combats. Une foule en liesse arborant les drapeau rouge, noir et vert au couleur de la rébellion, dansant au cri de « Allah Akbar ».

Tous les analystes de l'« OTAN » prédisent la chute de Kadhafi dans quelques heures.

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 20 août 2011

LIBYE: VERS UNE PARTITION?

MOUAMMAR KADHAFI 5.jpg

Crise en Libye - La partition de la libye, une solution permettant à Seif El Islam de rester au pouvoir, serait avantageuse pour le pays. Depuis des mois, le sud-est tunisien est de plus en plus agité et instable, une situation imposée par le conflit libyen et par les puissances occidentales, soutenues par les riches pays du Golfe. Par le passé, quand la Tunisie avait prêté main-forte à l'Algérie, c'était pour soutenir sa résistance contre le colonialisme dans le cas de la Libye, c'est différent puisqu'il s'agit d'un conflit interne.


Au début de ce conflit, après quelques semaines de révolte «à la tunisienne», les Libyens ne réussissent pas à écarter Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Dans la foulée, des groupes armés de diverses fractions, formés de jeunes recrues sans formation militaire complète, entament à la hâte une offensive visant le contrôle de toutes les villes libyennes, y compris les installations pétrolières. Les forces aériennes françaises, suivies des forces anglaises et américaines se sont attribué la mission de couverture aérienne d'attaque d'objectifs terrestres.


Cependant, il semble que le but recherché de l'action de l'Otan n'est pas de renverser le régime de Kadhafi mais de mettre la main sur les puits et les vannes de pétrole et gaz libyens, comme ce fut le cas en Irak.


Quelques mois de conflit suffisent pour mettre à l'évidence la suprématie aéronavale de l'Otan, plus de la moitié du potentiel militaire de Kadhafi est détruit ou neutralisé.


La bataille terrestre est différente, les insurgés libyens bénéficiant de l'appui aérien réussissent difficilement à progresser vers Tripoli. Ils essuient de lourdes pertes en hommes et en matériels militaires face à une armée de métier libyenne entraînée. Les forces de Kadhafi repoussent les attaques terrestres, harcèlent les insurgés et sans l'appui militaire occidental, ces derniers ne seraient pas en mesure d'arriver aux confins de Tripoli.


Par ailleurs, Kadhafi et ses troupes loyales attirent la sympathie nationale libyenne et internationale par leur capacité d'agir partout en Libye avec de faibles moyens et par leur résistance à l'armada de l'Otan et aux «collaborateurs» libyens.


Le monde entier est aussi témoin de la discorde au sein des insurgés et du gouvernement provisoire qui s'avère non représentatif de tous les libyens et dénué d'autorité sur certaines fractions extrémistes qui lui échappent.


A l'heure actuelle, la situation est confuse et même si Kadhafi choisit l'exil, ou part pour une raison ou une autre, il restera du chemin à faire pour réunifier les libyens et pacifier le pays. Sachant que tout au long de son histoire, la Libye actuelle a toujours été divisée en deux provinces distinctes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine elle ne s'est unifiée que sous l'occupation italienne.


En attendant le retour de la paix, les pays limitrophes de la Libye, et particulièrement la Tunisie, devraient prendre leur mal en patience car leur économie et leur sécurité continueraient à souffrir tant que le spectre de la guerre règne sur la région.


La guerre «internationalisée» en Libye menace l'indépendance de la Tunisie et sa sécurité intérieure parce qu'elle a démarré sans étude stratégique préalable globale, voire sur un «coup de tête» du président Sarkozy. La priorité était de devancer Kadhafi pour défendre la ville «rebelle» de Benghazi.


En effet, l'Occident se soucie peu de la partition de la Libye et de tout changement éventuel dans la géographie des Etats du Maghreb, mis à part le Maroc, pour le moment.


Tout faux pas de la part des Tunisiens durant ce conflit coûterait cher et ses conséquences persisteront des générations.


Depuis le 14 janvier, tous les pays riches sont plus rigoureux avec la Tunisie et la plupart des promesses sont au stand-by.


Pour cela, le gouvernement tunisien, fragilisé depuis le 14 janvier, devrait repenser sa stratégie, la guerre civile en Libye pourrait engendrer une situation de paix et un eldorado pour toute la région du sud-est, comme elle pourrait générer d'autres conflits de faible et moyenne intensité.


Dans tous les cas, la Tunisie bénéficierait mieux d'un scénario, exceptionnel, avec la partition de la Libye en deux Etats, la Cyrénaïque et la Tripolitaine où Seif El Islam serait le chef d'Etat de cette dernière.


Ainsi, Tunis et Tripoli qui partagent plus de huit siècles d'histoire commune, sous différents royaumes, se remettraient tout de suite à réparer les dégâts et reconstruiraient deux Etats voisins modernes.


Kilani Bennasr

La Presse, le 18 août 2011


Source: AFRIQUE EN LIGNE

LES VRAIS CHEFS D'AL QAÏDA SE TROUVENT A LA MAISON BLANCHE ET AU PENTAGONE


BARACK OBAMA.jpg

Il me semble que pour bien comprendre la tragédie qui se joue en Libye, il faut partir de l'objectif initial de cette intervention qui bien entendu n'a rien à voir avec la démocratie.


Il y a la volonté d 'accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

L'objectif était la dislocation d'une Nation et d'un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région.

Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l'intrusion des bandes armées n'a pu se faire qu'avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des puissances occidentales et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d'Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d'Al Qaïda se trouvent à la Maison Blanche et au Pentagone; c'est toute une longue période de l'histoire de cette organisation criminelle qui s'achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu'en Syrie la même stratégie d'infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d'exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses.

Si les sbires salafistes constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l'enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d'influence au service des plans de l'impérialisme, dont cette organisation est l'une des plus anciennes créations.

Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l'Otan planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples.

Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur CNT est aujourd'hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter .

Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l'onde de choc va se répandre jusqu'à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l'envoi de milliers de soldats pour des combats au sol.

Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre.

Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C'est une mauvaise nouvelle pour les maîtres du monde, mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d'altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites.

Quoi de plus ridicule et dérisoire que d'entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la Maison Blanche ne sait au juste de quoi il est ministre.

Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu'elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

Standard and Poor's l'a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l'abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l'Administration Obama a imposé la politique de réduction des déficits publics.

Les pires canailles n'en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous.

Le Congrès américain vient d'adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les Républicains qui n'en sont plus et les Démocrates qui ne l'ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d'existence, toutes les garanties d'une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d'américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné.

Tous, républicains ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d'Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la révolte sociale de millions et de millions, d'hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l'avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l'on appelle le Tea Party, une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l'affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l'un des 2 grands partis institutionnels, l'embryon d'un parti de type fasciste.

La complexité et la difficulté de la position d'Obama tiennent à la nature même du Parti Démocrate et de ses liens avec l'AFL CIO, la grande centrale syndicale américaine.

Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son Parti n'auraient aucune hésitation à plonger des millions d'hommes dans la déchéance, ce qu'il ont largement commencé à faire.

L'opposition à Obama ne se trouve pas au sein du Parti Démocrate, l'opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le Parti Démocrate, ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical.

Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c'est avec ceux-là qu'a commencé un choc frontal avec la politique d'Obama.

Tout ce qui fondait le conservatisme politique du peuple américain, son attachement à l'American way of life, sa croyance au rêve américain, son attachement à ses institutions démocratiques, tout ce fatras confus d'illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l'Amérique.

Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd'hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n'hésiteront pas à employer, des millions d'hommes s'éveillent à la conscience politique, c'est cela la grande nouvelle de notre temps.

Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le 11 Septembre n'a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n'a sans doute jamais connue d'une ampleur telle qu'elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d'exception.

Il suffira d'attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J'ignore si comme le dit la Bible Jérusalem est au centre du monde, mais c'est ici et dans cette région, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde.

Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables .

Comme partout dans le monde, un groupe de capitalistes s'est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (...)

Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la puissance sociale des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette puissance sociale qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu'ils en disent et l'arrogance et la morgue qu'ils affichent.


Rakosky - Paris 13ème.

mercredi, 17 août 2011

LIBYE: LA CHAPE MEDIATIQUE

LOGO OTAN.jpg

L'entreprise coloniale contre la Libye a révélé, par-dessus tout, la puissance médiatique des maîtres du monde. D'un seul tenant, tous les grands organes de presse audiovisuelle et écrite et leurs clones périphériques se sont ligués contre l'ennemi désigné par la  «communauté internationale», enrichie des pétromonarchies arabes. Tous, journaux, télévisions, radios, n'ont plus qu'un seul comité de rédaction, une seule ligne éditoriale. Tous ne diffusent, à l' infini, que la même version de l'information, celle délivrée par l'OTAN-CNT.

A les suivre, il y aurait des mois que l'Etat Libyen se serait effondré, puisqu'une révolution est en cours, appuyée de surcroît par la plus redoutable machine de guerre que le monde ait connue. A les suivre, il n'y aurait qu'un seul acteur en Libye, les supplétifs de Benghazi  qui traquent un «tyran esseulé qui se terre», après avoir massacré sa population. A les suivre, les civils  tués par dizaines, tous les jours, par les bombardiers de l'Alliance atlantique seraient une «invention du régime de Tripoli». Faute de pouvoir faire croire qu'ils ont été les victimes de l'armée libyenne. Une armée qui serait encadrée par des mercenaires qui terroriseraient les soldats et les obligeraient à se battre. Goebbels aurait reconnu, dans cette propagande, la main d'un disciple beaucoup mieux outillé.

Même les moteurs de recherche sur Internet veillent au grain et travaillent à filtrer, tant qu'ils le peuvent, les voix discordantes. Heureusement que d'infimes brèches s'offrent encore, qui permettent d'accéder à des versions différenciées du discours formaté sur une tragédie qu'on voudrait se voir jouer sans témoins. D'après ce que l'on sait ce serait la   théorie des cinq cercles qui serait appliquée dans le carnage en Libye. On a certainement dû  lui ajouter un sixième cercle pour intégrer la neutralisation ou le recrutement de l'opinion internationale. Chose étonnante, la destruction de la télévision libyenne n'a pas été menée jusqu'au bout. Artisanale et gérée avec amateurisme, elle a été supprimée de certains satellites et a subi des attaques pour la faire taire, parce qu'elle constitue l'unique source alternative à l'imposante industrie mensongère arabo-occidentale.

Il n'est pas exclu qu'elle soit, le cas échéant, réduite au silence quitte à exploser ces masses de jeunes qui protègent de leurs corps les émetteurs. Mais, quelle que soit l'issue de cette agression, voulue vainement en vase clos, il faudra bien que soit posée la problématique de la responsabilité des médias dans le recueil, le traitement et la transmission de l'information. Et elle sera posée.

Un seuil de duplicité et de mépris des lecteurs a été dépassé. Un  seuil qui a été atteint dans la partialité insupportable vis-à-vis des souffrances du peuple palestinien, sous le prétexte d'une information qualifiée  d'équilibrée, qui a mis les pétards du Hamas contre Sderot au même niveau que le bombardement de Ghaza.  Si la problématique n'est pas posée, ce sera en Europe et aux Etats-Unis que sera exercée la chape sur les mouvements de contestation que les politiques antipopulaires, en cours de mise en œuvre, ne manqueront pas de provoquer. Et pour finir ce sera la mise à mort du droit à l'information.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

02:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, libye, monde arabe, libye la chape médiatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 16 août 2011

LA LIBYE ET LA FIN DES ILLUSIONS OCCIDENTALES


THIERRY MEYSSAN 2.jpg

Cinq mois après le début des bombardements, il n'est plus possible de croire la version officielle du début des événements en Libye et des massacres imputés au « régime de Kadhafi ». Simultanément, il faut désormais tenir compte de la riposte judiciaire et diplomatique libyenne qui met en évidence les crimes contre la paix commis par la propagande TV, les crimes de guerre perpétrés par les militaires de l'OTAN, et les crimes contre l'humanité commis par les dirigeants politiques de l'Alliance atlantique.

Une petite moitié d'Européens soutiennent encore la guerre contre la Libye. Leur position se fonde sur des informations erronées. Ils croient en effet encore que le « régime de Kadhafi » a réprimé dans le sang des manifestations à Benghazi en février et a bombardé des quartiers de Tripoli, tandis que le colonel lui-même aurait promis de faire couler des « fleuves de sang » si ses compatriotes continuaient à contester son autorité.

En deux mois d'enquête sur le terrain, j'ai pu vérifier par moi-même que ces accusations sont des intoxications de pure propagande, imaginées par les puissances de l'OTAN pour créer les conditions de la guerre, et relayées dans le monde entier par leurs chaînes de télévision : Al-Jazeera, CNN, BBC et France24.

Le lecteur qui ne sait où se situer dans ce débat et qui, malgré les intox du 11-Septembre et des armes de destruction massives de Saddam Hussein, rechigne à envisager que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar aient pu fabriquer de tels mensonges, peut néanmoins se faire une opinion avec le temps. L'OTAN, la plus vaste coalition militaire de l'Histoire, n'est pas parvenue en cinq mois de bombardements à renverser celui qu'elle décrit comme un « tyran ». Chaque vendredi, une vaste manifestation de soutien au régime est organisée dans une ville différente du pays et tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que le colonel Kadhafi dispose d'au moins 90 % de soutien populaire en Tripolitaine et d'au moins 70 % à l'échelle du pays entier, incluant les zones « rebelles ».

Ces gens souffrent tous les jours du blocus, des bombardements aériens et des combats au sol. Jamais ils ne soutiendraient avec leur chair et leur sang un individu qui aurait commis contre eux les crimes dont il est accusé par la « communauté internationale ». La différence entre ceux qui croient en Occident que Kadhafi est un tyran qui a fait tirer sur son propre peuple, et ceux qui croient en Libye que c'est un héros de la lutte anti-impérialiste, c'est que les premiers vivent dans l'illusion créée par la propagande TV, tandis que les autres ont sur place l'expérience de la réalité.

Ceci étant posé, il existe une seconde illusion dont sont victimes les Occidentaux -et j'inclus désormais dans le camp « occidental », non seulement Israël qui s'en revendique depuis toujours, mais aussi les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie qui, bien que de culture orientale, ont choisi ce camp- : ils persistent à penser qu'il est encore possible de dévaster un pays et de tuer sa population sans conséquences juridiques. Il est vrai que, jusqu'à présent, la Justice internationale n'a été qu'une justice des vainqueurs ou des puissants.

On se souvient de ce dignitaire nazi qui apostrophait ses juges à Nuremberg leur disant que si le Reich avait gagné la guerre, ce serait les nazis qui seraient juges et les Alliés qui devraient rendre compte de leurs crimes de guerre. Plus récemment, nous avons vu l'usage fait par l'OTAN du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie pour tenter de justifier a posteriori que la guerre du Kosovo était la « première guerre humanitaire de l'Histoire », selon l'expression de Tony Blair. Ou encore, comment le Tribunal spécial pour le Liban, a été utilisé pour tenter de renverser le gouvernement syrien, puis pour décapiter le Hezbollah libanais, et probablement bientôt pour accuser les Gardiens de la Révolution iranienne. Sans oublier, le Tribunal pénal international, bras séculier des puissances coloniales européennes en Afrique.

Cependant, le développement des instruments et des organes de Justice internationaux au cours du XXe siècle a établi progressivement un ordre international auquel les grandes puissances elles-mêmes vont devoir se conformer, où qu'elles devront saboter pour fuir leurs responsabilités. Dans le cas libyen, on ne compte plus les violations du droit international. En voici les principales, telles qu'elles ont été établies par le Comité Technique Provisoire -organe libyen de coordination interministérielle- et décrites par l'avocat de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, le Français Marcel Ceccaldi [1], lors de différentes conférences de presse :

- Les chaînes de télévision qui, sous l'impulsion de leurs gouvernements respectifs, ont fabriqué de fausses informations pour conduire à la guerre, sont coupables de « crime contre la paix », tels que définis par les résolutions pertinentes de l'Assemblée générale de l'ONU adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale [2]

- Les journalistes-propagandistes doivent être considérés comme plus coupables encore que les militaires qui ont exécuté des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, dans la mesure où aucun de ces crimes n'aurait été possible sans celui qui les a précédés, le « crime contre la paix ».

- Les chefs politiques de l'Alliance atlantique qui ont détourné la Résolution 1973 de son objet pour se livrer à une guerre d'agression contre un État souverain sont personnellement responsables devant la Justice internationale. En effet, selon la jurisprudence établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le Tribunal de Tokyo, les crimes ne sont pas le fait des États ou des organisations, mais bien des individus.

- Piller les avoirs d'un État, instaurer un blocus maritime et bombarder des infrastructures pour faire souffrir les populations, attaquer une armée dans ses casernes, ordonner d'assassiner des leaders ennemis et, à défaut, de les terroriser en assassinant leur famille, sont autant de crimes de guerre. Les perpétrer de manière systématique, comme c'est le cas aujourd'hui, constitue un crime contre l'humanité. Ce crime est imprescriptible, ce qui signifie que MM. Obama, Sarkozy, Cameron et Al-Thani seront poursuivis par la Justice toute leur vie.

- L'OTAN, en tant qu'organisation, est civilement responsable des dommages matériels et humains de cette guerre. Il ne fait aucun doute en droit qu'elle doit payer, même si elle tentera sûrement d'invoquer un privilège de juridiction pour fuir ses responsabilités. Il appartiendra ensuite à l'Alliance de voir comment répartir la facture de ce conflit entre ses États membres, alors même que certains d'entre eux sont au bord de la faillite. Il s'en suivra des conséquences économiques désastreuses pour leurs populations, coupables d'avoir avalisé ces crimes. Et, en démocratie, personne ne peut prétendre être innocent des crimes commis en son nom.

- La Justice internationale devra se pencher plus particulièrement sur le cas de « l'administration » Sarkozy -j'emploie ici cet anglicisme pour souligner que désormais le président français conduit directement la politique de son gouvernement sans passer par son Premier ministre-. En effet, la France a joué un rôle central dans la préparation de cette guerre en organisant en octobre 2010 une tentative manquée de coup d'État militaire, puis en planifiant avec le Royaume-Uni dès le mois de novembre 2010 le bombardement de la Libye et un débarquement au sol que l'on croyait alors possible, enfin en participant activement aux troubles meurtriers de Benghazi qui aboutirent à la guerre.

- En outre, la France, plus que toute autre puissance, a déployé des Forces spéciales au sol -certes sans leurs uniformes- et a violé l'embargo sur les armes approvisionnant les insurgés -directement ou au moyen d'avions qatariotes-. Sans oublier que la France a violé le gel onusien des avoirs libyens, détournant une partie des fabuleuses liquidités du Fond souverain libyen au profit des fantoches du CNT et au détriment du peuple libyen qui croyait assurer le bien-être de ses enfants une fois le pétrole épuisé.

Ces Messieurs de l'OTAN qui espéraient échapper à la Justice internationale en écrasant en quelques jours leur victime, la Libye, de sorte qu'elle n'aurait pas survécu pour les poursuivre, vont devoir déchanter. La Libye est toujours là. Elle dépose des plaintes devant la Cour pénale internationale, les tribunaux belges (juridiction dont dépend l'OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des États agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l'homme de Genève, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies.

Il ne sera pas possible aux grandes puissances d'éteindre tous ces incendies à la fois. Pis, les arguments qu'elles utiliseront pour échapper à une juridiction se retourneront contre elles devant une autre. Dans quelques semaines, dans quelques mois, si elles ne sont pas parvenues à détruire Tripoli, elles n'auront plus d'autres échappatoires pour prévenir d'humiliantes condamnations que de négocier au prix fort le retrait des plaintes.


[1] Mettant fin à la confusion qui a prévalu au début de la guerre lorsque divers ministères engageaient des avocats différents pour des procédures désordonnées, la Libye a désigné en juillet Marcel Ceccaldi pour superviser l'ensemble des procédures en cours.

[2] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.


Thierry Meyssan, in « Egalité et Réconciliation »


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 14 août 2011

SENEGAL: LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY


NICOLAS SARKOZY 4.jpg

Monsieur le Président Sarkozy : Que vient faire votre gouvernement au Sénégal ?


Monsieur le Président, vous venez d'envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin, « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR) » qui l'a convoqué à plusieurs reprises pour l'entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le « Rapport » de l'« ONU » sur le Rwanda.

Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées « Eléments Français au Sénégal (EFS) ».

Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu'il soit légitime de vous interroger sur les raisons d'un tel choix, dans un contexte pré électoral au Sénégal, marqué par la « stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils. Du reste, il se dit que vous avez, jusqu'à récemment, soutenu ce projet et même tenté de le « vendre » à Obama, de la manière que l'on sait ...

Toujours est-il, que l' envoi de ce Général « présumé génocidaire », à Dakar, fait suite à la demande de votre Ambassadeur à Dakar, qu'il a adressée à l'opposition, de « permettre à Wade de briguer un 3 ème mandat », en violation flagrante de notre « Constitution », et de la déclaration fracassante de votre Ministre, chargé de la Coopération, soutenant que « c'est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

Cette attitude de votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade, disqualifie d'office le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal, qui vient pourtant d'achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

L'on devrait donc s'attendre, en suivant votre logique, à ce que le « Conseil Constitutionnel » du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple sénégalais de trancher la question !

Or, notre Peuple ne la trancherait que dans la « Rue », précisément parce qu'il serait ridicule d'organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander si le Gouvernement français a déjà pris faits et cause pour la « stratégie de chaos » de Wade de conservation du pouvoir, même si vous semblez, personnellement, ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

C'est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, à laquelle Wade se prépare, même s'il déclarait récemment, par pure démagogie, qu'il se conformerait aux décisions du « Conseil Constitutionnel » que les Autorités Françaises attendent qu'il se déclare « incompétent ».

Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande, à l'opposition, de s'en remettre au « Conseil Constitutionnel », Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la «Rue», le cas échéant.

En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d'Ivoire.

En effet, nous ne pouvons jamais oublier que la crise en Côte d'Ivoire a eu pour origine la question de « l'inconstitutionnalité de la candidature de Ouattara » que Bédié, appuyé par la France sous Chirac, avait fait adopter par référendum à son peuple.

Le caractère ouvertement « ethniciste » et réactionnaire de cette « Constitution », n'avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d'appuyer Bédié pour lui permettre d'écarter Ouattara, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

Aujourd'hui, et vous le savez bien, l'inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ème mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la « Constitution » de notre pays, en phase avec l'évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la « Démocratie », de la « Liberté » et de l'« Etat de Droit », soutient Wade dans son refus de se conformer à cette « Constitution », et semble s'inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

Ainsi, les risques d' « Ivoirisation » du Sénégal sont énormes, et ne peuvent, par conséquent, être conjurés que par une puissante campagne d'information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les « Forces Vives » de notre « Nation » qui sont prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

C'est d'ailleurs de cette manière que l'on a pu obliger votre Gouvernement, le 23 Juin 2011, à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour là, dans la « Rue », avait rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

C'est dans cette perspective que nous exigeons le départ immédiat du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

Car, ce n'est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre peuple dans le respect strict des dispositions de la « Constitution » qu'il s'est donnée.

Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus tolérer de voir leur pays réduit en succursale ou filiale des Entreprises Françaises du « CAC 40 ». Pas plus qu'ils ne peuvent plus accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du Gouvernement Français.

Plus vite vous et votre Gouvernement comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera mutuellement bénéfique et fraternelle la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

C'est dans la paix et la stabilité qu'une telle coopération se construit, et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d'Ivoire, après plus d'une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu'à son épilogue tragique récent.

Dans le même temps, nous attirons l'attention du « Conseil de Sécurité » de l'« ONU », des Autorités de l'« Union Européenne », et de l'« Union Africaine », sur la responsabilité pleine et entière de votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est en train de planifier contre le peuple Sénégalais, et que vous et vos services, êtes activement et publiquement en train d'appuyer.

Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l'horreur, avant qu'elles ne soient contraintes à agir en «sapeurs pompiers» pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernement de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d'Ivoire et de la Lybie.

C'est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de votre politique envers notre pays, et qui tiennent à bâtir avec nous, de solides relations de coopération entre nos peuples, dans le cadre de nos valeurs partagées d'« indépendance nationale », de « liberté », d'« égalité », de « démocratie » et de « fraternité ».

Le Sénégal ne saurait être ni la Côte d'Ivoire, encore moins la Lybie.

Votre Gouvernement ne devrait jamais l'oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu'il ne soit trop tard.


«PARTI DE L'INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL (PIT-SENEGAL)»

Le Secrétariat du «Comité Central»


Ibra Yali


Fait à Dakar le 9 Août 2011.

LIBERATION D'ERIC PATRICK MAMPOUYA, BLOGUEUR ET MILITANT ANTI-SASSOU


ERIC PATRICK MAMPOUYA.jpg

Monsieur Eric Patrick Mampouya, Blogueur, militant anti-Sassou.


COMMUNIQUE DU CONSEIL DE LA DIASPORA CONGOLAISE POUR LA RESTAURATION DE LA DEMOCRATIE (CODICORD) SUITE A LIBERATION D'ERIC PATRICK MAMPOUYA.



Après avoir été  entendu dans les locaux des services de renseignement congolais par le Colonel «BAYIDIKILA Alice Bienvevu» Alias «Bayo»
Patrick  Éric MAMPOUYA a été libéré.

Éric Patrick MAMPOUYA membre du «CODICORD» chargé de la communication qui était en détention dans les locaux des services de renseignement Congolais vient d'être libéré.

Le «CODICORD» remercie toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du Congo pour œuvrer à la libération de notre compatriote.

 

Le Président du «Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie (CODICORD)»


Raphaël GOMA

Maisons des Associations 79 ter, rue de Paris 93800 Epinay sur seine.

Tél : 06 22 27 18 64 - 06 63 46 61 27.

samedi, 13 août 2011

OUATTARA RECULE FACE AU COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

KONAN BONIFACE. RETOUR D'EXIL.jpg

Revirement dans la communication du gouvernement qui a précisé, hier, sur les antennes de la nouvelle RTI que le Colonel-Major Boniface Konan n'a jamais été inquiété.

 

Il se passe des choses pas très claires actuellement. Alors que le gouvernement via le commissaire militaire Ange Kessy avait expressément convoqué une conférence de presse pour annoncer urbi et orbi l'inculpation de 62 militaires pro-Gbagbo dont le colonel-major Boniface Konan, le même  Ange-Kessy est venu hier à la télévision pour infirmer ce qu'il avait dit. Aux termes de ce revirement, ni le Colonel-Major Konan, ni le Lieutenant Damalan, ni Honré Zoin l'ancien ministre du Général Guéi du temps du CNSP n'ont été inculpés.

Ils auraient obtenu le rétablissement de leurs soldes et ce serait principalement cela qui aurait été discuté au cabinet du commissaire du gouvernement. Selon RFI, le colonel-major Konan Boniface a juste reçu une notification qui « lui reproche des choses, mais il est en liberté car on suppose qu'il est revenu en Côte d'Ivoire pour travailler à la réconciliation. On lui a aussi notifié qu'on sait où il habite, qu'il n'est plus dangereux et qu'à chaque fois qu'on aura besoin de lui, il sera présent. On a donc pas eu besoin de l'arrêter ». Ange Kessy dit exactement la même chose.

Pourtant, le Colonel Konan a bien failli être arrêté. Sa demande de permission avait même été refusée et le gouvernement a hésité en raison de la personnalité du concerné. Alors de deux choses l'une. Soit le gouvernement n'a jamais voulu arrêter le Colonel Konan et dans ce cas il faudra bien expliquer ce qui s'est passé pour que le commissaire du gouvernement communique abondamment sur son inculpation ou au contraire, son revirement est lié à la pression des autorités ghanéennes qui avaient supervisé l'arrivée de la délégation à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, soit enfin les mouvements dans l'armée ajoutés à la mauvaise conjoncture avec les affrontements FRCI-FRCI ont ramolli le Chef de l'Etat.

Dans tous les cas, c'est la première fois que Ouattara revient sur une décision d'inculpation. La crainte de Boniface Konan a donc rendu la lucidité à un gouvernement qui emprisonnait jusque-là à tour de bras.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 39 du samedi 13 août 2011.

UN PARALLELE BIBLIQUE AVEC LA COTE D'IVOIRE


COURONNE ROYALE.jpg

 

QUEL ACCES A QUEL POUVOIR ?

Juges 9 : 1-21

9.1

Abimélec, fils de Jerubbaal, se rendit à Sichem vers les frères de sa mère, et voici comment il leur parla, ainsi qu'à toute la famille de la maison du père de sa mère:

9.2

Dites, je vous prie, aux oreilles de tous les habitants de Sichem: Vaut-il mieux pour vous que soixante-dix hommes, tous fils de Jerubbaal, dominent sur vous, ou qu'un seul homme domine sur vous? Et souvenez-vous que je suis votre os et votre chair.

9.3

Les frères de sa mère répétèrent pour lui toutes ces paroles aux oreilles de tous les habitants de Sichem, et leur coeur inclina en faveur d'Abimélec, car ils se disaient: C'est notre frère.

9.4

Ils lui donnèrent soixante-dix sicles d'argent, qu'ils enlevèrent de la maison de Baal Berith. Abimélec s'en servit pour acheter des misérables et des turbulents, qui allèrent après lui.

9.5

Il vint dans la maison de son père à Ophra, et il tua ses frères, fils de Jerubbaal, soixante-dix hommes, sur une même pierre. Il n'échappa que Jotham, le plus jeune fils de Jerubbaal, car il s'était caché.

9.6

Tous les habitants de Sichem et toute la maison de Millo se rassemblèrent; ils vinrent, et proclamèrent roi Abimélec, près du chêne planté dans Sichem.

9.7

Jotham en fut informé. Il alla se placer sur le sommet de la montagne de Garizim, et voici ce qu'il leur cria à haute voix: Écoutez-moi, habitants de Sichem, et que Dieu vous écoute!

9.8

Les arbres partirent pour aller oindre un roi et le mettre à leur tête. Ils dirent à l'olivier: Règne sur nous.

9.9

Mais l'olivier leur répondit: Renoncerais-je à mon huile, qui m'assure les hommages de Dieu et des hommes, pour aller planer sur les arbres?

9.10

Et les arbres dirent au figuier: Viens, toi, règne sur nous.

9.11

Mais le figuier leur répondit: Renoncerais-je à ma douceur et à mon excellent fruit, pour aller planer sur les arbres?

9.12

Et les arbres dirent à la vigne: Viens, toi, règne sur nous.

9.13

Mais la vigne leur répondit: Renoncerais-je à mon vin, qui réjouit Dieu et les hommes, pour aller planer sur les arbres?

9.14

Alors tous les arbres dirent au buisson d'épines: Viens, toi, règne sur nous.

9.15

Et le buisson d'épines répondit aux arbres: Si c'est de bonne foi que vous voulez m'oindre pour votre roi, venez, réfugiez-vous sous mon ombrage; sinon, un feu sortira du buisson d'épines, et dévorera les cèdres du Liban.

9.16

Maintenant, est-ce de bonne foi et avec intégrité que vous avez agi en proclamant roi Abimélec? Avez-vous eu de la bienveillance pour Jerubbaal et sa maison? L'avez-vous traité selon les services qu'il a rendus? -

9.17

Car mon père a combattu pour vous, il a exposé sa vie, et il vous a délivrés de la main de Madian;

9.18

et vous, vous vous êtes levés contre la maison de mon père, vous avez tué ses fils, soixante-dix hommes, sur une même pierre, et vous avez proclamé roi sur les habitants de Sichem, Abimélec, fils de sa servante, parce qu'il est votre frère. -

9.19

Si c'est de bonne foi et avec intégrité qu'en ce jour vous avez agi envers Jerubbaal et sa maison, eh bien! qu'Abimélec fasse votre joie, et que vous fassiez aussi la sienne!

9.20

Sinon, qu'un feu sorte d'Abimélec et dévore les habitants de Sichem et la maison de Millo, et qu'un feu sorte des habitants de Sichem et de la maison de Millo et dévore Abimélec!

9.21

Jotham se retira et prit la fuite; il s'en alla à Beer, où il demeura loin d'Abimélec, son frère.


Quand la soif du pouvoir devient effrénée

Très ambitieux et sans scrupule, Abimélec se distingue de son père Jerubbaal (Gédéon) qui refusa la royauté pour lui et ses fils (Juges 8 : 22-23). Il se rend favorables les habitants de Sichem par les frères de sa mère (Juges 8 : 31) pour obtenir de l'argent qui lui servira à recruter des mercenaires (3-4). C'est avec eux qu'il massacre ses propres frères, à l'exception du jeune Yotam (5). Désormais, plus rien n'empêche ses partisans de l'introniser.

Malheureusement, l'envie du pouvoir aveugle les yeux, même sur le péché, et les Abimélec n'ont pas manqué jusqu'à présent.

Le rescapé dénonce (7-15).

Yotam recourt à une fable pour dénoncer le crime (Cf. 2 Samuel 12 : 1-4). Il critique ainsi l'autorité du nouveau roi.

Très souvent, quand le pouvoir est décrié, c'est parce qu'il est détenu par des hommes incapables ou convoité par des hommes de la même trempe.

Examen de conscience (16-21).

La parabole de Yotam se termine par une morale. Certes, ce ne sont pas les mérites d'Abimélec mais la démagogie et l'appel au tribalisme qui ont prévalu dans son accession au pouvoir (18).

Quel bonheur un tel pouvoir, obtenu par des intrigues, pourra-t-il apporter à ses bénéficiaires et à ceux qui le lui ont accordé ? (19).

Réflexion : A la lumière de ce texte, les critères d'accession au pouvoir dans nos pays africains aujourd'hui, quel qu'en soit le niveau, glorifient-ils toujours notre Dieu ?


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du mardi 10 août 2010)


-------------------------------------------------------

COURONNE ROYALE 2.jpg

LA PAIX EPHEMERE

Juges 9 : 22-41

9.22

Abimélec avait dominé trois ans sur Israël.

9.23

Alors Dieu envoya un mauvais esprit entre Abimélec et les habitants de Sichem, et les habitants de Sichem furent infidèles à Abimélec,

9.24

afin que la violence commise sur les soixante-dix fils de Jerubbaal reçût son châtiment, et que leur sang retombât sur Abimélec, leur frère, qui les avait tués, et sur les habitants de Sichem, qui l'avaient aidé à tuer ses frères.

9.25

Les habitants de Sichem placèrent en embuscade contre lui, sur les sommets des montagnes, des gens qui dépouillaient tous ceux qui passaient près d'eux sur le chemin. Et cela fut rapporté à Abimélec.

9.26

Gaal, fils d'Ébed, vint avec ses frères, et ils passèrent à Sichem. Les habitants de Sichem eurent confiance en lui.

9.27

Ils sortirent dans la campagne, vendangèrent leurs vignes, foulèrent les raisins, et se livrèrent à des réjouissances; ils entrèrent dans la maison de leur dieu, ils mangèrent et burent, et ils maudirent Abimélec.

9.28

Et Gaal, fils d'Ébed, disait: Qui est Abimélec, et qu'est Sichem, pour que nous servions Abimélec? N'est-il pas fils de Jerubbaal, et Zebul n'est-il pas son commissaire? Servez les hommes de Hamor, père de Sichem; mais nous, pourquoi servirions-nous Abimélec?

9.29

Oh! si j'étais le maître de ce peuple, je renverserais Abimélec. Et il disait d'Abimélec: Renforce ton armée, mets-toi en marche!

9.30

Zebul, gouverneur de la ville, apprit ce que disait Gaal, fils d'Ébed, et sa colère s'enflamma.

9.31

Il envoya secrètement des messagers à Abimélec, pour lui dire: Voici, Gaal, fils d'Ébed, et ses frères, sont venus à Sichem, et ils soulèvent la ville contre toi.

9.32

Maintenant, pars de nuit, toi et le peuple qui est avec toi, et mets-toi en embuscade dans la campagne.

9.33

Le matin, au lever du soleil, tu fondras avec impétuosité sur la ville. Et lorsque Gaal et le peuple qui est avec lui sortiront contre toi, tu lui feras ce que tes forces permettront.

9.34

Abimélec et tout le peuple qui était avec lui partirent de nuit, et ils se mirent en embuscade près de Sichem, divisés en quatre corps.

9.35

Gaal, fils d'Ébed, sortit, et il se tint à l'entrée de la porte de la ville. Abimélec et tout le peuple qui était avec lui se levèrent alors de l'embuscade.

9.36

Gaal aperçut le peuple, et il dit à Zebul: Voici un peuple qui descend du sommet des montagnes. Zebul lui répondit: C'est l'ombre des montagnes que tu prends pour des hommes.

9.37

Gaal, reprenant la parole, dit: C'est bien un peuple qui descend des hauteurs du pays, et une troupe arrive par le chemin du chêne des devins.

9.38

Zebul lui répondit: Où donc est ta bouche, toi qui disais: Qui est Abimélec, pour que nous le servions? N'est-ce point là le peuple que tu méprisais? Marche maintenant, livre-lui bataille!

9.39

Gaal s'avança à la tête des habitants de Sichem, et livra bataille à Abimélec.

9.40

Poursuivi par Abimélec, il prit la fuite devant lui, et beaucoup d'hommes tombèrent morts jusqu'à l'entrée de la porte.

9.41

Abimélec s'arrêta à Aruma. Et Zebul chassa Gaal et ses frères, qui ne purent rester à Sichem.


Coup d'Etat déjoué.

Le discours démagogique du roi autoproclamé n'a guère amélioré le sort du peuple. Le progrès attendu a été de courte durée : 3 ans de repos seulement (22). Les gens de Sichem deviennent infidèles à Abimélec. Les accords sont rompus, la révolte gronde (23). En privant le roi d'une part importante de ses revenus (25), les Sichémites lui adressent un signal fort de rébellion.

Pour expliquer pourquoi les alliés d'hier peuvent devenir ennemis aujourd'hui, la Bible indique que Dieu ne cautionne pas un pouvoir qui s'établit par les intrigues et la violence. Le mal produit des fruits empoisonnés qui provoquent le jugement de Dieu à travers un esprit de discorde (24). Aucune situation ni aucune personne ne pourra échapper à l'autorité du Souverain (1 Samuel 16 : 14 ; Romains 1 : 24).

L'insurrection de Gaal (26-41).

Gaal propose de devenir le chef des Sichémites contre Abimélec et Zébul, son gouverneur (28). Ce dernier informe très vite le roi du soulèvement. Le rapport des forces lui étant alors défavorable, Zébul doit cacher son opposition à Gaal et suggère à Abimélec la meilleure stratégie pour réprimer le mouvement d'insurrection (32-33). La coalition d'Abimélec et de Zébul met Gaal et ses troupes en déroute. Mais combien de temps le règne d'Abimélec tiendra-t-il encore ?

Réflexion : De nos jours, pour se faire entendre, les populations meurtries utilisent le langage des marches pacifiques, des grèves, des sit-in ; certains vont même jusqu'à user de violence. Qu'en penser ? Que privilégier pour se faire entendre ?


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du mercredi 11 août 2010)


-------------------------------------------------------


COURONNE ROYALE 3.jpg

LE MAL NE RESTERA JAMAIS IMPUNI !

Juges 9 : 42-57

9.42

Le lendemain, le peuple sortit dans la campagne. Abimélec, qui en fut informé,

9.43

prit sa troupe, la partagea en trois corps, et se mit en embuscade dans la campagne. Ayant vu que le peuple sortait de la ville, il se leva contre eux, et les battit.

9.44

Abimélec et les corps qui étaient avec lui se portèrent en avant, et se placèrent à l'entrée de la porte de la ville; deux de ces corps se jetèrent sur tous ceux qui étaient dans la campagne, et les battirent.

9.45

Abimélec attaqua la ville pendant toute la journée; il s'en empara, et tua le peuple qui s'y trouvait. Puis il rasa la ville, et y sema du sel.

9.46

A cette nouvelle, tous les habitants de la tour de Sichem se rendirent dans la forteresse de la maison du dieu Berith.

9.47

On avertit Abimélec que tous les habitants de la tour de Sichem s'y étaient rassemblés.

9.48

Alors Abimélec monta sur la montagne de Tsalmon, lui et tout le peuple qui était avec lui. Il prit en main une hache, coupa une branche d'arbre, l'enleva et la mit sur son épaule. Ensuite il dit au peuple qui était avec lui: Vous avez vu ce que j'ai fait, hâtez-vous de faire comme moi.

9.49

Et ils coupèrent chacun une branche, et suivirent Abimélec; ils placèrent les branches contre la forteresse, et l'incendièrent avec ceux qui y étaient. Ainsi périrent tous les gens de la tour de Sichem, au nombre d'environ mille, hommes et femmes.

9.50

Abimélec marcha contre Thébets. Il assiégea Thébets, et s'en empara.

9.51

Il y avait au milieu de la ville une forte tour, où se réfugièrent tous les habitants de la ville, hommes et femmes; ils fermèrent sur eux, et montèrent sur le toit de la tour.

9.52

Abimélec parvint jusqu'à la tour; il l'attaqua, et s'approcha de la porte pour y mettre le feu.

9.53

Alors une femme lança sur la tête d'Abimélec un morceau de meule de moulin, et lui brisa le crâne.

9.54

Aussitôt il appela le jeune homme qui portait ses armes, et lui dit: Tire ton épée, et donne-moi la mort, de peur qu'on ne dise de moi: C'est une femme qui l'a tué. Le jeune homme le perça, et il mourut.

9.55

Quand les hommes d'Israël virent qu'Abimélec était mort, ils s'en allèrent chacun chez soi.

9.56

Ainsi Dieu fit retomber sur Abimélec le mal qu'il avait fait à son père, en tuant ses soixante-dix frères,

9.57

et Dieu fit retomber sur la tête des gens de Sichem tout le mal qu'ils avaient fait. Ainsi s'accomplit sur eux la malédiction de Jotham, fils de Jerubbaal.


Les victoires au rendez-vous (42-49).

Après sa conquête frauduleuse du pouvoir et ses premiers succès sur les rebelles de Sichem, Abimélec semble continuer de flirter avec la victoire. Ses trois détachements n'excellent-ils pas par des exploits ? En effet, 1/ ils détruisent tous les gens sortis dans la campagne (42, 44), 2/ ils prennent d'assaut la ville, la détruisent et en massacrent les habitants (45), et 3/ ils incendient la forteresse (Bible en Français Courant : « La salle inférieure du temple ») avec ses occupants, environ mille hommes et femmes (49).

Jusqu'à quand ?

Mû par la peur de perdre le pouvoir, Abimélec massacre des populations sans intentions belliqueuses et détruit une ville qu'il voue à la stérilité et à la malédiction. Cette façon de gouverner peut-elle durer ? Tous ces crimes odieux, Dieu les laisserait-il impunis ? Non, « Dieu amènera toute œuvre en jugement au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12 : 16). Comment vous comportez-vous durant votre pèlerinage sur terre, en route vers le jour du jugement ?

La mort d'Abimélec (50-57).

Elle intervient après plusieurs actes de bravoure. Mais pour Dieu, toutes ses œuvres ne peuvent gommer le sang de ses frères qu'il a répandu des années auparavant. Sa mort violente est la punition qui lui est infligée, suite à ses innombrables crimes (56).

Prière : O Dieu de miséricorde, secours, guéris, protège les victimes des violents et leurs proches, nous t'implorons pour eux, amen.


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du jeudi 12 août 2010)

vendredi, 12 août 2011

LE PORTE-AVIONS FRANÇAIS CHARLES DE GAULLE: UN RETOUR SANS GLOIRE!

 

LE PORTE-AVIONS CHARLES DE GAULLE 4.jpg

Le «Grand Charles» est fatigué des libyens

 

L'actualité est riche en émotions. A commencer par le retour à la maison du porte-avions Charles de Gaulle, le navire amiral. Le «Grand Charles» comme on l'appelle. En souvenir de l'illustre personnage qui portait ce nom. Le «Grand Charles» rentre à Toulon où il va être accueilli en grande pompe, par le gotha de la classe politique de son pays. Il a bien mérité cet honneur pour avoir servi jusqu'à n'en plus pouvoir. Toute arme redoutable qu'il soit, il est sujet à la fatigue. Il rentre donc pour se refaire une santé. Le combat a été rude, des mois durant, quand on n'avait prévu que quelques jours, quelques semaines au plus. C'était plus qu'il n'en fallait, mais l'engin a tenu bon. Il fallait faire décoller des avions et les faire atterrir, des milliers de fois. Coup de chance personne ne pouvait lui tirer dessus et il n'a pas subi la moindre alerte, pas même pour l'exercice, c'était inutile. Il revient sans une éraflure.

LE PORTE-AVIONS CHARLES DE GAULLE.jpg

Les avions qu'il porte, eux-mêmes, n'avaient pas d'autres problèmes que de prendre l'air, de bien viser et de se délester de leurs missiles dans la bonne direction, droit sur la cible. Ils avaient aussi tous les instruments pour ne pas trop se fatiguer.

A Toulon ce sera quand même la fête et les guirlandes du triomphe et de la gloire et pour la coque et pour son équipage. Ce serait bien de voir, Hillary Clinton, dans le comité d'accueil. Elle sait y faire, elle. Avec son air altier, son hilarité permanente, expression de cette jouissance de vainqueur, qu'elle étrenne sur toutes les tribunes, sur tous les plateaux, là où elle peut exhiber sa satisfaction d'être celle parmi ceux qui accomplissent la dangereuse et courageuse mission de mater les «méchants» désignés par la «communauté internationale».

VIGNETTE CHARLES DE GAULLE.jpg

Tant pis s'ils n'ont pas les moyens de se défendre et qu'ils ne font que recevoir des bombes sur la tête, qu'ils soient armés ou qu'ils soient des civils, du mauvais camp. La présence de la dame aurait rehaussé l'aréopage chargé d'être là lorsque le «Grand Charles» exténué rentrera dans son port d'attache. Le 12 août sera un grand jour pour l'héroïque bateau.  Il le sera aussi pour les hommes qui servaient d'équipage. Parce qu'on dit que les familles sont très inquiètes. Elles ne vont plus l'être. Les autres familles, celles que les avions du porte-avions écrasaient sous leurs bombes, on ne nous dit pas si elles sont inquiètes. On n'en parle même pas.

De toutes les façons, elles resteront à attendre les bombes qui viendront d'avions qui changeront simplement de piste. De plus, savent-elles seulement d'où viennent les bombardiers et le savoir les intéresse-t-elles ?  Quelques semaines avant d'aller servir de support à la destruction de la Libye et aux massacres des Libyens, notre fier bateau s'est promené durant quelques mois du côté du Pakistan. Il était donc déjà assez fatigué.

LE PORTE-AVIONS CHARLES DE GAULLE 2.jpg

Ce qui fait qu'il va être immobilisé pour un bon bout de temps, pour lui refaire une santé. On dit que cela pourrait durer 6 mois. Et il paraît que cela aurait pu être pire, si le navire avait été maintenu plus que ça en mer. Il ne serait pas sorti en 2012. Ils sont vraiment coriaces ces Libyens, d'avoir obligé (les français) à malmener un tel bijou !


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

jeudi, 11 août 2011

52 MORTS DE LA SOTRA, 21 MORTS SUR L’AUTOROUTE, 1 NOYE D’UNE PINASSE RENVERSEE: POURQUOI CETTE EPIDEMIE D’ACCIDENTS?

 


ACCIDENT MORTEL SUR L'AUTOROUTE.jpg

Le mini car accidenté sur l'autoroute après sa collision avec un camion remorque. Bilan: 21 morts.

 

On aurait dit une épidémie. Une épidémie d`accidents ! Rappelons. Le 5 août, bourré d`usagers, un bus, le 19, plonge tragiquement et déverse tous ses passagers dans la lagune. Bilan provisoire, 52 corps repêchés. On attend que les dieux de la guérison assistent la dizaine de blessés. Toutefois, on n`exclut pas d`autres éventuelles découvertes de corps. Car, dans ce pays béni de Dieu où le ciel est le souverain compagnon de route, personne ne sait combien montent à bord d`un bus. D`ailleurs, il est dit que le conducteur du bus de la Société des transports abidjanais (Sotra) n`a pas encore été retrouvé.

Survenues cinq jours plus tard sur l`autoroute du Nord, les circonstances de cet autre accident entre un mini car et une remorque sont encore troubles. Mais l`accrochage a été fatal pour 21 passagers. Là encore, le décompte des morts n`est pas définitif, puisque 7 passagers sont en examen médical. Dans la foulée, une pinasse, engin artisanal de transport fluvial, a fait un noyé, après avoir déversé ses occupants dans la lagune à Abidjan. En moins d`une semaine donc, la route et la lagune ont englouti plus de 74 âmes. Des parents, des voisins, des anonymes, qui n`avaient pas pris rendez-vous avec la mort. L`Ivoirien en est encore à s`interroger. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ces drames successifs en période de la commémoration de l`indépendance du pays, après des élections et au lendemain d`une guerre qui a déjà tué des milliers de personnes ? Faut-il y voir une main invisible ? Une punition des mânes contre les Ivoiriens qui ont choisi de régler dans le sang leurs vieilles querelles de clochers ? Un châtiment divin pour ce pays qui se dit "la nouvelle Jérusalem", mais qui n`est pas encore sorti de l`ancienne Babylone ?

C`est à se demander avec l`archevêque Kutwa Pierre : " Quel est le sens de la vie ?". Certes, pour le guide religieux, la réponse est toute trouvée. Ces tragédies, selon lui, mettent le croyant en prise directe avec la mort et lui rappellent que "nos maisons, si solides soient-elles, ne sont que des tombes de fortune. Car nous sommes de passage, en transition sur la terre". Superstition oblige, certains mystiques, eux, estimeraient que, trop de sang ayant coulé sur cette terre d`hospitalité, seul le sang lavera le sang. Ce qui revient à dire que la nation tout entière doit se racheter d`avoir souillé le sol sacré des ancêtres en implorant l`esprit de morts par des offrandes qui les apaisent. Au carrefour du superstitieux et du religieux, l`Ivoirien ne sait plus à quel saint se vouer.

Dans ce pays où personne ne respectait plus personne, ni rien, où la course au temps pour les particuliers, et aux recettes pour les transporteurs, a poussé à ne plus obéir aux règles, peut-être faudrait-il commencer par là. A respecter les lois, toutes les lois, à commencer par le code de la route. Veiller à la vitesse, les feux tricolores, les panneaux de signalisation, les dépassements, les charges, l`état du véhicule qui est le plus souvent "un France-au-revoir", etc. Combien de fois n`a-ton pas vu des autocars déambuler comme des dromadaires sous le poids des charges ? Des taximètres se parler en roulant ou multiplier les queues de poisson sur la voie ? Conduire, ça ne s`arrête pas à savoir changer de vitesse. Compte aussi, la courtoisie envers l`autre. C`est aussi avoir un sens élevé de la vie. De la sienne, et celle des autres. Cela permet déjà de garder les pieds sur terre, au propre comme au figuré. Ça au moins, c`est rationnel. Et c`est à la portée de tous.

Benoît HILI


Source: LE NOUVEAU REVEIL

PETROLE CONTRE NOURRITURE: LE QUAI D'ORSAY AU TRIBUNAL

LOGO TOTAL.jpg

Total et Charles Pasqua ne sont pas les seuls à être jugés pour avoir bénéficié des largesses du régime de Saddam Hussein. D’anciens diplomates de très haut rang seront aussi au tribunal. Une nouvelle illustration des errements de la fameuse politique arabe de la France.

 

Le groupe Total, son PDG, Christophe de Margerie, et l’ex-ministre Charles Pasqua se retrouveront l’année prochaine devant le tribunal correctionnel de Paris. Le 28 juillet, le juge d’instruction Serge Tournaire a décidé d’envoyer en correctionnelle 19 personnes physiques et une personne morale (Total) pour des malversations présumées dans le cadre du programme de l’ONU «Pétrole contre nourriture». Total est poursuivi pour «corruption active, complicité et recel de trafic d’influence» et Charles Pasqua pour «trafic d’influence et corruption passive».

Si Total et Charles Pasqua seront les accusés «vedettes» d’un procès qui s’annonce spectaculaire, les autres personnes renvoyées devant le tribunal méritent également qu’on s’intéresse à elles. C’est notamment le cas de deux diplomates de très haut rang: Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU de 1991 à 1995 et Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay. S’ils étaient jugés coupables, cela serait sans précédent pour des diplomates sous la Ve République. Et c’est aussi la fameuse politique arabe de la France et ses dérives qui se retrouveront au tribunal après avoir été déjà bien discréditées par les révolutions et les révoltes populaires des derniers mois. Le Quai d’Orsay avait bien tenté, y compris par une pétition, de faire porter la responsabilité de son aveuglement sur le seul chef de l’État, mais les compromissions avec les régimes douteux sont une tradition qui remonte à plusieurs décennies.

Ainsi, parmi les multiples «amis» de la France au Moyen Orient, il y aura eu, entre autres, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi, Ben Ali, Bachar el Assad, Rafic Hariri, Hassan II et… Saddam Hussein.

Pétrole contre nourriture

Le programme pétrole contre nourriture avait été mis en place entre 1996 et 2003 par l’ONU pour permettre à la population irakienne de moins souffrir de l’embargo imposé au régime de Saddam Hussein après la première guerre du Golfe. Il autorisait l’Irak à vendre tous les six mois pour deux milliards de dollars de pétrole. L’exportation des barils, l’utilisation des revenus et la distribution des vivres et des médicaments à la population irakienne étaient placées sous la supervision de l’ONU. Toutes les opérations financières passaient par un compte bancaire ouvert par les Nations unies à la BNP à New York. En fait, le système a été totalement détourné via des commissions occultes et des surcharges et a servi à Saddam à détourner du pétrole et de l’argent et s’acheter ainsi des amitiés et des soutiens, en Russie, à l’ONU et en France. Selon une enquête du Congrès américain et en ajoutant le pétrole de contrebande, plus de 10 milliards de dollars auraient été ainsi détournés par Bagdad.

Illustration: en juin 1995, Jean-Bernard Mérimée, ambassadeur de France à l’ONU, annonçait être très satisfait des progrès que l’Irak avait fait en matière de désarmement et voulait que les sanctions économiques contre Saddam soient levées immédiatement. Il n’a pas obtenu satisfaction mais s’est vu gratifier quelque temps plus tard d’une somme correspondant à 2 millions de barils de pétrole… par le même Saddam.

Prises de positions pro-irakiennes

Selon un rapport de la police judiciaire:

«La plupart des personnes physiques qui ont perçu ces allocations ont eu à véhiculer une image positive du régime irakien avec prise de position pro-irakienne en contrepartie d’allocations pétrolières accordées par les autorités gouvernementales irakiennes de l’époque.»

Serge Boidevaix est soupçonné lui de s’être fait attribuer, via la Suisse, l’équivalent de 32,6 millions de barils de pétrole irakien entre 1998 et 2002. Ce fonctionnaire a été au cœur de la diplomatie gaulliste à partir des années 1970 et presque toujours aux côtés de Jacques Chirac. Il a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Michel Jobert (1973-1974) puis conseiller pour les affaires internationales au cabinet de Jacques Chirac à Matignon entre 1974 et 1976. Il fut directement impliqué dans la politique irakienne de la France, notamment sur la coopération nucléaire, la livraison de la centrale d’Osirak et les ventes d’armes menées par Jacques Chirac.

Il a été directeur de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay (1980-1982) et secrétaire général adjoint du ministère (1985-1986). En 1992, il est nommé secrétaire général du Quai d’Orsay, par Jacques Chirac, le plus haut poste de l’administration des Affaires étrangères. Il sera récompensé encore une dernière fois en 2002, juste après la réélection de Chirac, en étant nommé à la présidence de la chambre de commerce franco-arabe.

Enquête américaine

C’est après que les choses se sont gâtées. L’ONU, sous la pression américaine, notamment du Government Accountability Office (GAO), l’organe d’enquête du Congrès, est contrainte d’ouvrir en 2004 une enquête sur les détournements de l’opération pétrole contre nourriture. Elle est confiée à Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale américaine, et ira jusqu’à mettre en cause Kojo Annan, le fils du Secrétaire général de l’ONU d’alors, Kofi Annan.

Le mécanisme fonctionnait dans les deux sens. Il permettait via l’attribution de droits à des barils de récompenser des amis du régime et permettait à ce même régime de détourner de l’argent. Des intermédiaires et des groupes pétroliers payaient en échange de la fourniture de barils des commissions anormales et des pots-de-vin aux entreprises et aux banques contrôlées par le régime de Saddam Hussein. L’Irak de Saddam possédait des milliers de comptes bancaires secrets un peu partout dans le monde.

Même si l’affaire remonte maintenant à plus de dix ans, le déballage l’an prochain devant le Tribunal correctionnel de Paris s’annonce douloureux pour les institutions de la République. On comprend pourquoi le parquet avait requis un non-lieu dans cette affaire.


Eric Leser, in Le Nouvel Observateur du 10 août 2011.

 

Source: IVORIAN.NET

mercredi, 10 août 2011

LA VISITE D'ALASSANE OUATTARA AUX USA A TOURNE AU CAUCHEMAR


ADO DE RETOUR DES USA.jpg

Le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara a regagné Abidjan, samedi, après une visite de 72 heures aux États-Unis, à l'invitation du Président américain Barack Obama.

 

La très alassaniste TCI a présenté ce déplacement à la Maison Blanche comme le 2ème du genre pour un chef d'état ivoirien, après celui de feu Houphouët-Boigny. Les supports proches du pouvoir n'ont pas été avares en écrits dithyrambiques, du genre « Côte d'ivoire is back » ou « Ouattara obtient en moins d'un an, ce que Gbagbo a cherché pendant 10 ans ».

Hélas, ce que les thuriféraires de Ouattara présentent comme un succès diplomatique a été en réalité un périple cauchemardesque.

Sur l'agenda de Ouattara, ses épigones ont glosé sur un tête-à-tête avec Obama : il n'en a rien été. Le président américain, englué dans une tempête économique avec les sénateurs républicains, n'avait pas le cœur à cela. Il a reçu les quatre présidents africains, les présidents béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara, ensemble, dans une petite pièce de la Maison ovale.

Pis, la rencontre que Ouattara devait avoir avec ses compatriotes vivant aux usa, à Four Season hôtel, Pennsylvania avenue, a tourné court. Face à une foule compacte de manifestants hostiles qui rappelaient bruyamment les exactions et exécutions sommaires dont sont victimes les populations en Côte d'ivoire, Alassane Ouattara a préféré rebrousser chemin, selon une source à Washington D.C.

Idem pour sa visite au sénat. Stoppé net par la virulence des propos du sénateur Jim Inhofe.

C'est dit-on, sur la pointe des pieds que le nouvel homme fort d'Abidjan a quitté le pays de l'oncle Sam, vendredi, à deux heures du matin.

Comme on le voit, la presse proche du pouvoir peut continuer à saouler ses lecteurs, la vérité sur ce voyage est implacable : c'est un camouflet diplomatique. Les États-Unis, qui ont été en première ligne dans la crise postélectorale qui s'est achevée par l'arrivée au pouvoir dans des conditions apocalyptiques de M. Ouattara ne veulent pas se faire complices des dérives totalitaires de son régime.

C'est au quotidien que les organisations des droits de l'homme dénoncent les exactions contre les populations civiles dont le seul tort est de partager des convictions avec Laurent Gbagbo. La dernière déclaration en date est celle d'Amnesty international qui s'insurge contre les exactions de la milice dozo pro-Ouattara qui empêche des milliers de réfugiés de regagner leurs domiciles. Barack Obama a beau souligner que « Cette rencontre est l'occasion de souligner le soutien de l'administration (américaine) à des démocraties en développement, de mettre en valeur nos partenariats avec ces pays, et de discuter de l'élaboration d'institutions démocratiques fortes, du développement économique et d'autres sujets régionaux », il sait à travers les signaux en provenance d'Abidjan que les Forces dites républicaines qu'il a aidées par l'entremise de son peu diplomate ambassadeur Philip Carter III à prendre le pouvoir sont devenues un cauchemar pour les ivoiriens de tout bord.


Tché Bi Tché in le quotidien ivoirien "Le Temps".

 

Source : INFO D'ABIDJAN

lundi, 08 août 2011

ALERTE ENLEVEMENT: PATRICK ERIC MAMPOUYA DANS LES GEOLES DE MONSIEUR SASSOU A BRAZZAVILLE



ERIC PATRICK MAMPOUYA.jpg

Monsieur Eric Patrick Mampouya, Blogueur, militant anti-Sassou.


Eric Patrick Mampouya, blogueur de nationalité française, mais d'origine congolaise et anti-sassou, militant actif qui battait les pavés parisiens, lors des manifestations diverses pour le retour de la démocratie au Congo, a été arrêté à l'«aéroport international Maya-Maya de Brazzaville (Congo-Brazzaville)» ce dimanche à 4 heures du matin, après plusieurs années sans retour dans son pays.


Eric Patrick Mampouya a été emmené par des hommes armés et se trouverait actuellement entre les mains du Colonel N'Dinga. Il était parti au Congo pour passer ses vacances d'août et rencontrer les partis politiques de l'opposition locale. Voici en rappel, le message de Eric à quelques jours (dans sa livraison du 28 juillet 2011) avant son retour au Congo :


MEME PAS PEUR: JE SERAI AU CONGO AU MOIS D'AOUT


Je suis Patrick Eric Mampouya, je suis un militant politique très engagé pour la Restauration de l'état, des droits et de la république au Congo Brazzaville.

Membre d'« Amnesty international », je milite activement au sein de l'association « CODICORD (Coordination de la Diaspora Congolaise Pour la Restauration de Démocratie) » dont le siège est à Epinay sur Seine en France.

Je réside en France où je mène un «activisme effréné» en organisant des «manifestations», des «réunions», des «meetings» en salle ainsi qu'une «cyber guérillas» à travers le réseau mondial et mon Web-Site : «http://www.mampouya.com» contre le régime de Denis Sassou N'guesso et son système mafieux mais aussi contre toutes les personnes qui le soutiennent.

Avant qu'on me prête des intentions fallacieuses sur ma présence au Congo ou qu'on me bricole un motif quelconque pour entraver ma «liberté de mouvement et de parole», je tiens à préciser qu'à ce jour je ne fais l'objet d'aucune plainte ni poursuite judiciaire ou politique au Congo Brazzaville et en France. Tous mes «documents de voyage sont à jour (certificat d'hébergement, visas, carnet de vaccination, passeport etc....)».

Je suis ni inconscient ni fou ; j'aime et je tiens à la vie, je n'ai donc pas l'étoffe d'un héros et encore moins celui d'un « martyr ». Mon voyage au Congo n'est qu'une étape de mon « activisme ».

Le but essentiel de mon voyage est la rencontre avec toutes les personnes qui veulent « un autre Congo » ainsi que les forces de changement qui souhaitent s'organiser pour mettre en œuvre des stratégies efficaces de sortie crise pacifique afin d'instaurer dans notre pays une paix véritable qui ne repose pas sur la peur.

Toutes les personnes qui voudraient me rencontrer sont priés de contacter le Journal « Talassa » ou son Rédacteur en Chef Ghys Fortuné Dombé.

Etre Opposant est un « Droit Constitutionnel » au Congo Brazzaville. Dans une démocratie un opposant n'est pas un ennemi mais un adversaire politique ou un allié qui peut servir à faire progresser les idées et les  projets (quand les institutions fonctionnent correctement).

Dans sa « Loi fondamentale », le Congo Brazzaville adopte et intègre les principes fondamentaux proclamés et garantis par :

- La charte des Nations Unies du 24 octobre 1948;

- La déclaration universelle des Droits de l'homme du 10 décembre 1948;

- La charte Africaine des Droits de l'homme et des peuples du 26 juin 1981;

- Tous les textes internationaux pertinents dûment ratifiés relatifs aux Droits Humains;

- La charte de l'unité nationale et la charte des Droits et Libertés adoptées par la « Conférence Nationale Souveraine » le 29 mai 1991.

C'est donc muni du gilet Pare Balle que sont mes « droits fondamentaux » adoptés, proclamés et ratifiés par le Congo Brazzaville que je me rends avec confiance et détermination dans mon pays pour essayer de travailler avec toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent que le Congo Brazzaville redevienne un pays comme les autres.

Tous les Congolais doivent « Cessez d'avoir peur » pour exiger le « respect des droits fondamentaux » et des institutions de la République qui sont les seuls gage d'une paix véritable et du développement de notre pays. Depuis les indépendances le Congo Brazzaville est plongée dans un cycle infernal de crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Cette grave crise trouve son origine essentiellement dans le refus obstiné des dirigeants du pays d'accepter et de respecter les Principes Démocratiques d'accession au pouvoir et de sa gestion ; la Démocratie ne se limite pas à l'organisation des élections....

Le Congo Brazzaville et sa population sont pris en otage par des dirigeants qui ne défendent pas les intérêts de la collectivité mais leurs intérêts particuliers et égoïstes.

Sans vision adaptée aux réalités objectives des Congolaises et des Congolais, ni projet économique et social de dimension nationale, beaucoup de politiciens, cadres administratifs et militaires du pays recherchent le pouvoir par tous les moyens y compris par la violence et la corruption. Une fois installés au pouvoir, ils se livrent à la prédation au détriment de l'intérêt général, et de la population dont le sort n'a fait que s'empirer d'année en année. Après un demi-siècle d'indépendance les dirigeants Congolais en sont encore à chercher des coupables et des boucs émissaires pour justifiés leurs échecs.

Ma modeste ambition est d'informer, de conscientiser, d'éduquer de lutter et de pousser à l'action pour la libération des populations du Congo Brazzaville car on ne peut soumettre indéfiniment un peuple instruit. Chers amis, chers compatriotes, le défi de notre génération est noble et ambitieux ; ce sont les peuples qui font l'histoire, la nôtre, nous avons l'obligation et le devoir de l'écrire parce que personne ne le fera pour nous.

C'est une obligation pour chaque génération d'essayer de faire mieux que la génération qui la précède.

C'est un devoir pour chaque Congolaise et chaque Congolais d'essayer de construire un pays libre, une « Nation digne et une République prospère, là où nos aînés ont faillis.

Ne nous sous estimons pas ; il nous suffit de vaincre nos peurs et nos égoïsmes pour que tout soit enfin possible, pour que notre pays devienne attractif et se développe enfin :

- Il n'y a pas de développement possible dans une ambiance délétère !

- Il n'y a pas de développement possible sans lois, règles et institutions respectées par tous !

- Il n'y a pas de développement possible sans un minimum de cohésion sociale !

- Il n'y a pas de développement possible sans un ordre social âprement discuté et négocié !

Celui qui prétendra le contraire est un fabulateur parce que le développement exige une adhésion de tous au projet ; ou tout au moins une participation raisonnée, il nous faut donc demander à certains de quitter leur obsession du profit à court terme qui casse en morceaux notre société, notre communauté, notre pays ...

Le système patiemment installé au Congo Brazzaville par les dirigeants actuels qui le pérennisent n'est ni réformable ni même améliorable, ce système écrase et détruit toutes les personnes intelligentes qui ont essayé de l'améliorer de l'intérieur ; il faut absolument rompre et changer de système.

Pour exiger le « changement », il nous faut reconstruire le « lien » entre « l'indignation et l'action », entre « le réalisme et la volonté ». Il nous faut arrêter les incantations, arrêter de nous positionner en donneur de leçons, et surtout arrêter de nous indigner sans nous donner les moyens concrets d'agir ; l'indignation sans action n'est bonne que pour se donner bonne conscience...

Il s'agit de notre devenir, de notre avenir et de celui de nos enfants que nous n'avons pas le droit de sous traités ; si notre génération n'y arrive pas, alors nos petits-enfants se battront contre les petits-enfants de ceux qui détruisent notre pays ; ce qui est triste comme perspective d'héritage.

Nos petites lâchetés quotidiennes pérennisent la misère et construisent les guerres de demain.
La République est notre voûte céleste, si elle s'effondre, nous serons tous écrasés...

Nous sommes le Congo !

Cessons d'avoir Peur !

Pour un construire un état de Droit au Congo !

«Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission»
Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Web-site d'Eric Patrick Mampouya: «http://www.mampouya.com».


Affaire à suivre ...


Source: NERRATI.NET

COTE D’IVOIRE: HUMAN RIGHTS WATCH «DEÇUE» DE OUATTARA


ADO ET SES COM-ZONES.jpg

L’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, dans un nouveau rapport publié vendredi 05 août 2011, les récentes promotions dont viennent de bénéficier certains officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes en Côte d’Ivoire.

 

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d’Ivoire deux officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l’engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l’impunité et à rendre justice aux victimes », ecrit HRW dans son rapport, précisant que le nouvel homme fort d’Abidjan n’honore pas sa promesse d’instaurer une justice impartiale.

Pour rappel, des chefs de l’ex-rébellion ivoirienne, qui ont contribué à porter Ouattara au pouvoir, ont été officiellement affectés dans la nouvelle armée nationale, le 03 août dernier. Dans la liste apparaissent des officiers régulièrement accusés depuis 2002 d’exactions par l’ONU ou par des ONG.

Le Commandant de Zone (« Com-zone ») Ousmane Chérif, le plus proche de Ouattara, prend le poste de commandant-en-second du Groupe de sécurité de la présidence de la République, pendant que plusieurs rapports indiquent que ce dernier est gravement impliqué dans des actes d’exécutions extra-judiciaires contre des pro-Gbagbo.

Martin Fofié Kouakou, mis en cause par le Conseil de sécurité de l’ONU depuis 2006 pour violations des droits humains et du droit humanitaire international, devient le commandant de la ville de Korhogo.

Le directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, interrogé sur la question à indiqué que : « Le gouvernement Ouattara avait promis à plusieurs reprises de rompre avec le passé, époque pendant laquelle les forces de sécurité étaient au-dessus de la loi. Et pourtant, plutôt que de créer une armée susceptible de respecter l’État de droit, M. Ouattara a décerné des promotions à des hommes qui étaient à des postes de commandement lorsque des atrocités étaient commises et qui devraient faire l’objet d’enquêtes au lieu de recevoir des récompenses ».

Si les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ont été tenus responsables de crimes en Côte d’Ivoire après l’élection présidentielle du 28 novembre, toutes les organisations internationales présentes dans le pays s’accordent sur l’existence de massacres d’envergure contre des proches du président déchu et commis par les forces d’Alassane Ouattara, lors de leur offensive fin mars sur Abidjan.

Selon un quatrième rapport publié par Amnesty International sur la Cote d’Ivoire depuis le début de l’année, les exactions commises par les forces pro-Ouattara n’ont pas cessé avec l’arrestation du rival Gbagbo. L’organisation met en lumière le climat de terreur que fait régner le clan des vainqueurs : Vols, incendies, viols, exécutions sommaires…


Source: AFRISCOOP.NET

vendredi, 05 août 2011

LA LIBYE DEVALISEE

SARKOZY-LIBYE 2.jpg

Devant la crise qui frappe les Etats-Unis, quelqu'un vient de dire que la seule valeur de l'argent est la confiance qu'on lui accorde. Il traduit en peu de mots les appréhensions qui taraudent ceux dont les intérêts sont plus ou moins engagés avec ce pays, qui vit à crédit et au-dessus de ses moyens, depuis plus de vingt ans. Une autre appréhension devrait être à l'ordre du jour, elle concerne les avoirs placés dans les pays occidentaux. Ce qui est arrivé au peuple libyen est un précédent à méditer. Contre toutes les règles de droit, des pays l'arme à la main l'ont dépouillé de son argent. Un acte passible de sanction judiciaire, depuis que la propriété privée a été instituée.

Ces gangsters ont d'abord décidé que les comptes étaient gelés. Ils ont ensuite désigné des sous-traitants, selon on ne sait quel principe, comme ses " représentants légitimes ", sans le consulter et sans écouter sa colère qu'il exprime quotidiennement et que leurs médias ignorent. Tel que prévu, les sous-traitants viennent de recevoir une partie des fonds "débloqués ". On ne sait pas la procédure exacte qui permet à quelqu'un de donner un tel ordre sur quelque chose qui ne lui appartient pas. On ne comprend pas comment une banque peut obéir à quelqu'un d'autre qu'à son client, propriétaire légal et légitime du compte.

Le drame est que personne ne bouge. Aucun pays ne s'est insurgé contre un tel braquage. En fait les puissants savent qu'on n'osera pas toucher à leurs sous et les plus faibles n'osent pas. Le monde est pour la première fois sorti de son hypocrisie et la loi du plus fort n'a plus besoin de subterfuges pour s'exercer. Nicolas Sarkozy vient de donner 259 millions de dollars à la bande de Benghazi, qui ne donne pourtant pas entière satisfaction en matière d'image " démocratique ".

MOUAMMAR KADHAFI.jpeg

Elle vient d'ailleurs de liquider le prétendant le plus plausible au trône. Dans le cas, bien sûr, où le peuple libyen se laisserait faire. Ce qui n'est pas du tout dans son programme, à court, moyen ou long terme, ni jamais. C'est pour cela que se posera un problème quand il demandera de lui restituer l'argent qu'on lui a volé. Et puis, il y a une question qui se pose d'elle-même, quand on se place dans la logique des gangsters. La bande de Benghazi, élue à la tête des Libyens dans un acte de banditisme, devrait faire valoir ses prérogatives directement et ne pas laisser faire quand il s'agit de gérer les comptes devenus siens. A moins que sa " légitimité "  inaugure un nouvel ordre mondial basé sur des " élections " de bandes affidées du même type, là où c'est possible et où il y a des richesses à prendre, chez les plus faibles.

On sait déjà que les pays africains de la zone franc sont dans l'obligation de déposer 50% de leurs réserves de change auprès du trésor français. Aller plus loin dans ce système et l'élargir est donc du domaine des éventualités qu'on ne peut écarter. Comme cette éventualité que la crise systémique n'a pas d'autres alternatives que l'effondrement ou la prédation. Tant que c'est encore possible, même virtuellement, nous allons assister à un regain de férocité des " grandes démocraties ". Le temps presse et les périls montent à l'intérieur de leurs frontières. Sauf si les Libyens refroidissent définitivement leurs ardeurs guerrières.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM