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jeudi, 04 août 2011

A CONTRE-COURANT DE L'HISTOIRE

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Si l’on en croit les idéologues officiels du régime Ouattara, la Côte d’Ivoire devrait se réjouir comme un seul homme. Et pour cause: notre bien-aimé Chef d’Etat est allé aux Etats-Unis où il a rencontré – accompagné de trois autres de ses pairs francophones, avec qui il était convié au sommet du G8 – Barack Obama. Dans le bureau ovale! Des “pluies de milliards”viendront donc du pays de l’oncle Sam. Elles nous sauveront de nos propres turpitudes, notamment de la faillite programmée de notre économie, elle-même liée à neuf ans de guerre sauvage pour le pouvoir et à la destruction systématique de l’outil de production national par qui nous savons.

 

Sauf que… il y a un hic ! Le président de la première puissance mondiale a reçu ses homologues africains alors qu’il était tourmenté lui-même par une question qui angoisse toutes les places du marché du monde développé. Celui du “plafond de la dette” américaine. Les parlementaires américains s’étripent autour de cette thématique. Les Démocrates veulent que le montant maximum de l’endettement américain, déjà relevé huit fois en dix ans, remonte encore. Ce n’est en effet qu’en “prenant crédit” que l’Etat central peut payer ses différentes charges. Les Républicains, adversaires d’Obama, exigent qu’en contrepartie, des économies substantielles soient faites – que certaines dépenses, notamment sociales, soient annulées. Cette polémique – qui se règlera sans doute dans les heures qui viennent – témoigne en tout cas de l’état économique des Etats-Unis. Elle montre la première puissance mondiale telle qu’elle est. Une nation financièrement essoufflée, tenue en laisse par ses créanciers – notamment les très économes Chinois, premiers détenteurs des bons du Trésor américain.

En gros, ceux qui nous prêtent de l’argent en empruntent eux-mêmes massivement auprès de pays plus liquides. Nos “sauveurs” cherchent eux aussi à être sauvés. L’Occident est en crise. Et si les Européens ont tout mis dans la balance pour que la Française Christine Lagarde succède à Dominique Strauss-Kahn, c’est parce qu’ils espèrent que l’institution sera plus compréhensive envers ceux d’entre eux qui “mériteraient” un programme d’ajustement structurel aussi violent que ceux auxquels l’Afrique a été soumise. La Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne… et demain l’Italie ou la France?

Sur le “vieux continent”, l’effet contagieux de la “misère du monde” va du Sud vers le Nord. Avec d’autres indices, il témoigne d’un changement des équilibres économiques mondiaux. Au détriment de l’Occident. Au profit des pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et dans une moindre mesure la Russie et l’Afrique du Sud. Les Ivoiriens, aveuglés par leurs querelles autochtones, ne peuvent pas ne pas voir ce mouvement de fonds mondial. En réalité, la guerre que nous avons vécue et la reprise en main brutale qui va jusqu’à l’installation à la Présidence d’un conseiller économique français chargé officieusement d’orienter au “bon endroit” un peu de “gras”, témoigne de la tentation occidentale d’instrumentaliser la seule supériorité intangible qui lui reste – la supériorité militaire – pour se faire “respecter” dans la jungle des échanges économiques internationaux. Et pour garder quelques marchés captifs. L’invasion de la très lucrative Libye, sous le faux nez d’un Conseil National de la Transition (CNT) fantoche, relève de la même logique implacable.

Le temps d’Houphouët-Boigny ne reviendra donc jamais. La Françafrique traditionnelle a prospéré pendant l’époque des “trente Glorieuses”. Elle était une relation de sujétion stratégique entre un pays riche ayant encore les moyens de sa politique et un “dominion” sous-peuplé et doté de richesses encore inexploitées. Aujourd’hui, nous avons en face de nous les responsables politiques de nations déclassées qui doivent résoudre leurs problèmes chroniques de dette et de compétitivité, et qui veulent se rassurer en faisant des “coups” vite rentabilisés. Or, pour créer les conditions d’une croissance qui peut relever le défi de notre poussée démographique, il nous faut autre chose que des “grands-frères” voulant nous recoloniser pour s’en sortir eux-mêmes.

La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui assume jusqu’à la caricature sa sujétion à la “communauté internationale” occidentale, va clairement à contre-courant de l’Histoire. L’Afrique doit aujourd’hui relever le défi de la stabilité de ses Etats – ceux qui nous dirigent actuellement n’ont cessé de déstabiliser l’Etat quand ils étaient dans l’opposition et s’appuient aujourd’hui sur leur statut de “chouchous” de l’Occident pour refuser de faire les gestes qui renforceront la cohésion nationale. Donc, forcément, la solidité des institutions.

L’Afrique, convoitée pour ses richesses, doit se battre pour sa souveraineté, seule gage de multipartenariats fructueux pour elle. Parce qu’il bénéficie pour l’instant du soutien de la France, Alassane Ouattara réclame le maintien du 43ème BIMA jusqu’à prétendre, devant des journalistes français, que l’Algérie – où l’Occident mène la guerre contre les Islamistes – est à nos portes. Les choses sont pourtant claires. A ce moment précis de l’évolution de l’histoire, un dirigeant africain ne peut à la fois enrichir son peuple et complaire à l’Occident. Il faut choisir. Alassane Ouattara a choisi, et son choix est connu de tous. Nous lui souhaitons bien du courage.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

LIBYE – LE DRAPEAU VERT FLOTTE SUR BENGHAZI

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Bon ramadan à tous !

Tous les médias sans exclusive vous disent que les renégats de Benghazi ont mené, hier, un raid meurtrier contre un groupe pro-Kadhafi à Benghazi. Balivernes. Il n’en est rien. La vérité est ailleurs. Il s’agit plutôt de dissensions persistantes au sein du Conseil national de transition (CNT). En réalité, le peuple de l’est, favorable aux petits d’esprits qui ont cru qu’en prenant les armes, ils allaient faire tomber le « tigre de papier » aka Mouammar Kadhafi, selon la dialectique de Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT, se rebiffe.

Hélas, le peuple de l’est de la Libye, qui croyait que ces soldats de pacotille allaient leur apporter le bonheur, se rend bien compte qu’il vit sous la terreur et ne comprend pas pourquoi la « liberté » qu’on leur a promis n’arrive toujours pas. Au contraire même, le régime d’épouvante qui l’assaille et de loin pire que le précédent. Du coup, il s’élève contre l’oppression instituée par le CNT. Pour peu qu’on dénonce ses méthodes, la direction qui serait l’institution qui apportera la démocratie à la Libye, ordonne directement votre liquidation.

Les éditocrates de nos médias « meastream » ne parlent plus de la Libye. Sarkozy qui sera à Cap Nègre cet après-midi après le dernier Conseil des ministres avant les vacances, ne dira rien sur la Libye alors que Benghazi s’enfonce crescendo dans l’horreur. Désormais, tout le monde a peur de tout le monde. Quand les médias parlent de pro-Kadhafi, il s’agit simplement de ceux qui s’élèvent contre le CNT. Mais, personne ne vous dira que les rues de Benghazi ne fleurissent plus de drapeaux français. Le flambeau de la rébellion et/ou royaliste, un détail qu’oublie volontairement de préciser les clowns de Benghazi, n’est plus aussi présent. A nouveau, le drapeau vert, le drapeau de la vraie Libye, et non celle de la traîtrise, flotte. Il fait un retour spectaculaire et Mouammar Kadhafi doit boire du petit lait.

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Les kadhafistes sèment la terreur à Benghazi ? Les heurts d’hier dans la ville étaient-ils réellement entre pro-Kadhafi et renégats ? Que nenni. C’est l’ultime subterfuge pour se sortir du pétrin dans lequel se sont mis les supports de la rébellion. Mais, ce n’est pas seulement à Benghazi que des pans entier de la population font à nouveau de leur étendard, le drapeau vert. Des manifestations sont signalés à Al Baïda, (ville de naissance du renégat en chef Moustapha Abdeljalil) ou même à Tobrouk où, les marcheurs brandissent encore et toujours le drapeau vert. Cherchez l’erreur ! L’est libyen n’est même pas encore aux mains de anti-Kadhafi, leur bastion soit disant mais, les médias ne cessent de nous parler de l’avancée de ceux-ci vers Tripoli. Fichtre.

Actuellement, excusez du peu, de nombreux lieux, des tribus, les plus importantes, se lèvent comme un seul homme  contre l’oppression des pseudo rebelles dans l’est libyen. Les cas les plus significatifs viennent de Benghazi ou, les quartiers de Hailkish et de Haísalama, ont complètement orné leurs maisons de la bannière verte. Mais qui a dit que l’avenir de la Libye se conjugue sans Kadhafi ? Et de quel droit d’ailleurs ?


Allain Jules

 

Source : ALLAIN JULES.COM

mercredi, 03 août 2011

LIDER SERA LE CONTRE-POUVOIR A OUATTARA: UNE INTERVIEW DE MAMADOU KOULIBALY AU MAROC

 

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LE MATIN: Quelle est la situation actuellement en Côte d'Ivoire ?

MAMADOU KOULIBALY: La situation en Côte d'Ivoire est en train d'avancer lentement. Nous avons eu des élections qui se sont terminées par une guerre et qui ont vu la victoire de Alassane Ouattara soutenu par le concert international. Monsieur Laurent Gbagbo est en prison. Le président Alassane Ouattara gouverne. Il dissout l'Assemblé nationale alors qu'en réalité il n'en a pas le droit. Il dissout le Conseil constitutionnel et le remplace, alors que la législation en vigueur ne l'y autorise pas. Il suspend les salaires des députés, gouverne par des décrets et des ordonnances… Malheureusement l'insécurité continue, même si les tensions ont baissé, même si on n'entend plus tirer des coups de feu dans les grandes villes, il y a des poches d'insécurité. Parce que les soldats que le président Alassane Ouattara a rassemblé pour venir faire la guerre sont indisciplinés. Donc en attendant que l'on trouve une solution à cela, il reste encore des poches d'insécurité. Les entreprises attendent donc que ces poches d'insécurité disparaissent pour revenir s'installer. En attendant, le chômage continue, la crise continue, même si elle n'est plus militaire…

Quel rôle doit jouer votre Assemblée nationale dans ce contexte ?

MK : L'Assemblée aurait bien voulu être là pour autoriser le Président Alassane Ouattara à la prise d'ordonnances, mais elle n'a pas été consultée. Le président a considéré qu'avec son élection, l'Assemblée nationale était dissoute. C'est une nouveauté parce que la Constitution ivoirienne ne le dit pas. Du coup, l'Assemblée nationale ne fait rien et n'existe pas, elle n'est pas payée, ni son personnel… Elle attend les prochaines élections.

Comment voyez-vous alors l'avenir en Côte d'Ivoire ?

MK : Les perspectives sont bonnes à mon avis. Il y a un gouvernement qui gouverne. Les partisans de Gbagbo ont refusé d'entrer au gouvernement pour qu'il y ait un gouvernement qui gagne les élections et dirige et puis une opposition qui s'organise. Malheureusement, les partisans de Gbagbo ne souhaitent même pas s'organiser en opposition tant que ce dernier n'est pas libéré. Cependant, plusieurs personnes, dont moi, ont décidé de créer un nouveau parti qui fera une formation d'opposition face à Monsieur Ouattara pour qu'il y ait un contre-pouvoir en Côte d'Ivoire. Ce nouveau parti s'appelle «Liberté et Démocratie pour la République», c'est un parti qui est en phase d'organisation.

Où en sont les relations maroco-ivoiriennes ?

MK : Les relations entre le Maroc et la Côte d'Ivoire sont très anciennes et au cours des dernières années elles ont pris un coup d'accélération, parce que de gros investissements marocains se sont réalisés en Côte d'Ivoire surtout en matière bancaire. Un grand groupe bancaire ivoirien, la Société ivoirienne de banque, qui était déjà dans l'escarcelle du Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole français, a fini par être racheté par une banque marocaine, Attijari Wafabank. Ces relations se sont développées. C'est vrai que dans l'autre sens, les opérations ivoiriennes au Maroc sont plus rares. Or maintenant cela s'amplifie. Je pense que les perspectives sont bonnes après la crise. Quand le milieu d'affaires ivoirien sera un peu plus libéré, je pense qu'on devra s'attendre à une amélioration.

Justement, dans le cadre de ces échanges, il y avait la mise en place d'une commission mixte de coopération maroco-ivoirienne. Que fait-elle ?

MK : Cette commission existe. Sauf que, avec la crise ivoirienne et l'instabilité politique, c'est un peu difficile de travailler. Mais je présume que, compte tenu de l'intensité des relations et du nombre de commerçants et d'hommes d'affaires installés en Côte d'Ivoire, cette coopération va reprendre rapidement ses activités. Mais à condition que la stabilité et la sécurité reviennent.

Quelles sont, selon vous, les priorités de cette commission ?

MK : La priorité à mon avis, ou ce qui était défini à l'époque, c'était le commerce fondé sur l'agriculture, dans le sens Côte d'Ivoire-Maroc et sur un certain nombre de transferts de services dans le sens Maroc-Côte d'Ivoire. Ces perspectives vont s'améliorer et même se modifier, d'autant plus que l'industrie et les services marocains se sont fortement améliorés ces dernières années et se sont restructurés. L'industrie et le commerce en Côte d'Ivoire sont en attente d'investissement. Je pense donc que le volet industriel va reprendre de la place, à côté du volet commercial. Le volet agricole et agro-industriel va aussi évoluer. Puis certains hommes d'affaires souhaiteraient profiter de l'expérience marocaine en matière de tourisme. Notamment pour l'amélioration de sites en bord des lagunes et de la mer. Est-ce que tout cela ira loin, est-ce que cela va se concrétiser ? C'est aux hommes d'affaires d'en discuter.

Le Maroc vient d'adopter une nouvelle Constitution qui met en avant la séparation des pouvoirs, les droits de l'opposition, le contrôle par le Parlement du gouvernement… Cela peut-il participer à l'accélération du développement ?

MK : C'est une bonne tendance si l'opposition représente l'alter ego du gouvernement. Car c'est très important que l'opposition, bien que minoritaire, puisse avoir un droit et contrôler le gouvernement en temps réel. Par exemple, au moment où le ministre du Commerce travaille, son alter ego au Parlement a accès aux dossiers, les suit et voit en temps réel comment les choses évoluent… cela va marcher. À condition, aussi, que le scrutin soit à un tour et non pas à deux tours. Je suis convaincu qu'avec le Roi au-dessus qui symbolise l'unité nationale, les partisans et les opposants vont travailler dans l'intérêt du Maroc. Cela peut impulser une plus grande dynamique.

 

Par Brahim Mohkliss in Le Matin (Maroc), le 02 août 2011

QUAND UN OBAMA FAUCHE REÇOIT UN OUATTARA SANS LE SOU!


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Ouattara, Yayi, Issouffou et Condé aux USA: Obama n'y était pas.


Obama avait l'air ailleurs, pressé, pas concentré et peu attentif, ça sentait le tout préparé. Voilà ce qui ressort des impressions de deux sources présidentielles, l'une béninoise et l'autre nigérienne qui se sont confiées brièvement à KOACI à leur retour de leurs missions aux états unis dans le cadre de la rencontre des quatre présidents africains francophones par Barack Obama.

Selon nos sources, l'accueil à la maison blanche aurait été, au-delà d'un strict protocole, un peu froid et des tensions entre chefs d'Etat ce vendredi lors de la rencontre avec Obama étaient, à les en croire, perceptibles malgré les sourires de façade. Chacun des quatre souhaitant attirer l'attention d'un président américain à l'actualité paralysante vis à vis de sa décontraction d'alors.

En effet, l'Amérique et son président stationnent dans une actualité politique et sociale turbulente. La dette américaine, la fronde républicaine et la chute dans les sondages de Barack Obama ont sans nul doute influencé l'ambiance de la visite d'Alassane Ouattara, d'Alpha Condé, de Yayi Boni et de Mahamadou Issoufou qui aurait pu néanmoins apparaître comme un rayon de soleil politique même si cette venue a peu passionnée la presse américaine. Au constat, peu d'écho de cette dernière et une couverture absente.

Pour l'heure, aucun retour à notre niveau des délégations ivoirienne et guinéenne. Tout indique selon nos informations que des communiqués bilan nous parviendront ces prochains jours.

L'essentiel symbolique a cependant été respecté, Barack Obama a reçu les quatre chef d'Etat et chacun d'entre eux est reparti dans son pays avec la poignée de main en tête et une photo en compagnie du président américain qui inondera sans nul doute ces prochains jours les médias et autres presses locales tel un trophée.

Reste désormais de connaître les engagements concrets, au-delà du discours général lié aux valeurs démocratiques et autre bonne gouvernance annoncées, ce vendredi lors du discours du président américain, des Etats-Unis vis à vis de la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger et le Bénin.


Amy, in KOACI ABIDJAN avec nos confères du Washington Post à New York et nos bureaux au Niger et au Bénin.


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

COTE D'IVOIRE, L'EPREUVE DU FEU

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Par Alain Nono

Alain Nono est pasteur au Cameroun, directeur de la Radio "Vie Nouvelle".


« La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. C'est de l'Eternel que cela est venu: C'est un prodige à nos yeux. » (Psaume 118 : 22 - 23).

Jésus-Christ de Nazareth est vivant ! Il est la pierre angulaire de l'Eglise et rien ne peut se faire en dehors de sa volonté. Je voudrais m'adresser à tous les chrétiens du monde qui ont suivi la crise ivoirienne avec beaucoup d'attention. Ils ont vécu « l'humiliation » de l'Eglise qui s'est officiellement engagée dans un combat politique. Ceci est assez nouveau dans le monde car les responsables religieux jusqu'alors n'avaient jamais voulu s'impliquer dans le cercle des enjeux politiques qui pourtant président à la destinée des nations.

Aujourd'hui beaucoup de leaders religieux regrettent cet engagement et prônent la neutralité de l'Eglise dans les affaires des nations. Cet argument est discutable, vu comment certains pays notamment ont des régimes typiquement religieux. À titre d'exemple, pourquoi certains régimes officiellement islamiques seraient acceptés dans le concert des nations et pas certains pays officiellement chrétiens? La Laïcité est-elle un concept intimement lié à la démocratie ou les deux peuvent être entièrement dissociés ? Si le choix du peuple est d'avoir un régime religieux (islamique ou chrétien), il nous semble obéir aux fondamentaux de la notion de démocratie. À moins que ce terme « laïcité » ne soit qu'un écran de fumée pour permettre à des forces spirituelles occultes d'imposer leurs valeurs morales dégradantes et puissances mystiques derrière le paravent de la laïcité. Il faut d'ailleurs noter que dans les pays à régime islamique par exemple, on peut noter une échelle des valeurs morales et sociales beaucoup plus élevée que dans les pays dits laïques.

Je voudrais, ici, apporter tout mon soutien et encouragement à ceux qui ont persévéré dans la foi au-delà de la terrible épopée ivoirienne, et leur rappeler quelques principes divins :

  • Dieu n'est jamais en contradiction avec sa parole. Ce qu'Il permet ou ce qu'Il projette est toujours en parfaite cohérence avec la Bible.
  • Le jugement de Dieu sur les nations commence d'abord par sa propre maison, c'est-à-dire l'Eglise.
  • Les principes et lois bibliques transcendent le temps et les générations et restent toujours vrais quels que soient le temps et les circonstances. Imparfaites dans l'ancien testament, elles trouvent la plénitude de leur accomplissement dans le nouveau testament, car Jésus-Christ est venu accomplir la loi (Matthieu 5:17).
  • Tandis que les hommes sont entraînés en permanence par la ligne du temps, le Dieu éternel et tout-puissant est hors du temps. Sa vision des événements est instantanée et intemporelle tandis que celle des hommes est limitée par le mouvement continu du temps et est embrumée par le nuage des circonstances. Ainsi devant Dieu, un jour est comme mille ans. Il est maître du temps et des circonstances. Je voudrais ainsi sur base de ces quatre principes encourager tous les chrétiens de Côte d'Ivoire et du monde sur ce qu'ils ont connu ces 8 derniers mois avec la crise post électorale ivoirienne en proposant des tentatives de réponses à quelques questions que chacun doit se poser.

Le pouvoir du président Gbagbo venait-il réellement de Dieu?

La Bible nous enseigne que toute autorité établie vient de Dieu ; c'est pourquoi nous devons être soumis aux autorités. Ce pouvoir du président Gbagbo venait certainement de Dieu, car cela est conforme à la parole de Dieu. Il n'a pas été porté au pouvoir en opposition aux lois et règlements du pays.

Pourquoi le pouvoir du président Gbagbo est tombé en Côte d'Ivoire s'il venait de Dieu?

Rappelons que la Bible peut nous servir de référence pour analyser la révélation reçue sur les événements de Côte d'Ivoire. Les principes Bibliques ont toujours été les mêmes pour la plupart des grands leaders :

  • Formation au désert
  • Echec
  • Repentance
  • Restauration

Moïse est un cas d'école spirituelle. Après avoir connu la gloire des palais de Pharaon, il a préféré l'exil et la formation pendant 40 ans dans le désert avant d'être rétabli comme chef du peuple Hébreu en terre égyptienne et lors de l'exode. Un parcours similaire peut être constaté avec des leaders bibliques comme Joseph et David ayant exercé des fonctions d'autorité élevée (respectivement premier ministre et Roi). Rappelons que Joseph est un type intéressant de Jésus-Christ qui est lui-même passé par le même processus (jeûne de 40 jours dans le désert avant d'être revêtu de la puissance de l'Esprit et commencer son ministère).

Le même schéma a été vu avec des autorités païennes comme Nebucadnetsar roi de Babylone, que Dieu appelle « son serviteur » car Il utilise qui il veut (Jérémie 27 :6). Un exemple récent est celui du président béninois Matthieu Kérékou qui, après avoir été déchu du pouvoir présidentiel alors qu'il exercait l'occultisme, a connu le désert et est redevenu président comme enfant de Dieu.

Dans le cas du président Gbagbo, il y a fort à parier que Dieu a décidé de le faire passer par ce désert pour des raisons qui lui sont propres.

Mais face aux différentes révélations prophétiques sur la Côte d'Ivoire, l'espérance forte de son retour au pouvoir ou de celui d'un enfant de Dieu n'est certainement pas exclue, si Dieu a décidé de glorifier son nom de cette façon.

« Nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.» (Ephésiens 6, 12).

Une chose est certaine : à la vue de la façon dont l'Eglise a mené le combat spirituel, la victoire sur les forces françaises n'aurait pas forcément glorifié le nom du Seigneur.

L'Eglise a-t-elle retenu le passage ci-dessus ? Beaucoup d'émotions, de colère charnelle, de vengeance et d'amertume ont habité le cœur des chrétiens pendant les bombardements français. D'un autre côté, l'évangile de prospérité et du pouvoir est un cancer spirituel que le Seigneur a certainement décidé de nettoyer dans son Eglise de Côte d'ivoire qu'il a choisi pour piloter le réveil mondial en ces temps de la fin. Cela devrait passer par la repentance qui est facilitée par l'épreuve.

C'est peut-être ce caractère charnel de l'Eglise ivoirienne qui a amené beaucoup de « chrétiens » ivoiriens à brûler leurs bibles ou renier le nom du Seigneur après la défaite, ou encore considérer que les prophètes ont eu tort d'annoncer des choses préjudiciables à l'Eglise.

Rappelons qu'un véritable prophète parle de la part de Dieu et non selon sa propre volonté. Et dans ce cas, il ne peut faire autrement que d'annoncer que ce que Dieu lui aura dit d'annoncer, peu importe si cela plaît aux hommes ou pas.

L'Eglise de Côte d'ivoire devait être purifiée par l'épreuve du feu au vu de la mission qui lui est confiée.

« Vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps! C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1 : 5-7).

Le président Gbagbo ou son régime pourrait-il revenir au pouvoir dans un avenir proche ?

Une amorce de réponse à cette question a été faite ci-dessus. Toutefois, l'exemple ci-dessus de Nebucadnetsar montre que Dieu peut donner l'autorité sur son peuple à un païen pour des raisons qui lui sont propres, entre autres la purification par le feu de son peuple. « Maintenant je livre tous ces pays entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur; je lui donne aussi les animaux des champs, pour qu'ils lui soient assujettis (...) J'ai dit entièrement les mêmes choses à Sédécias, roi de Juda: Pliez votre cou sous le joug du roi de Babylone, soumettez-vous à lui et à son peuple, et vous vivrez. Pourquoi mourriez-vous, toi et ton peuple, par l'épée, par la famine et par la peste, comme l'Eternel l'a prononcé sur la nation qui ne se soumettra pas au roi de Babylone?» (Jérémie 25 : 6, 12-13).

Suite aux différentes révélations prophétiques reçues des serviteurs de Dieu, il apparaît que cette épreuve du feu n'est pas encore terminée en Côte d'ivoire et le plus dur est peut-être devant nous. Toutefois, rappelons que l'enlèvement de l'Eglise est imminent ; nous pensons que le réveil mondial précédant cet enlèvement pourrait bien partir de Côte d'ivoire, embraser l'Afrique et le reste du monde pour que le Seigneur dans son amour infini, puisse enlever un maximum de chrétiens rassemblés dans une « Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible » (Ephésiens 5, 27).

Et n'oublions pas que dans l'histoire biblique, tout comme dans l'histoire romaine sous Néron, l'Eglise n'a jamais été aussi puissante que lorsqu'elle est persécutée. Car à ce moment, ce n'est plus la chair et le sang qui combattent, mais le Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Quelques exemples bibliques :

  • Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres (...) Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir (...) Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. (Actes 5: 12,41).
  • Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit (...) dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. (Actes 5: 55-58).

Si l'Eglise laisse Jésus-Christ défendre ses intérêts au lieu de lutter dans la chair, elle opère alors à une autre dimension où Jésus-Christ lui-même peut se lever de son trône céleste pour intercéder. Les ennemis de l'Eglise courent alors le risque de combattre Dieu lui-même. L'Eglise, elle, peut se concentrer à annoncer la parole de Dieu, s'édifier dans la sanctification et prier pour ses ennemis quelles que soient les oppositions.

Nous prions que la refondation de la Côte d'Ivoire, initiée par le régime du président Gbagbo, puisse se redéfinir uniquement et entièrement sur la personne et les enseignements de Jésus-Christ.

« Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Or, si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume,  l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. » (1 Corinthiens 3 : 11 - 13).

Si cette refondation est maintenant basée uniquement sur la parole de Dieu ci-dessus, elle passera certainement avec gloire l'Epreuve du feu. Et ceux qui soutiennent cette refondation verront alors le jugement de Dieu qui, après être passé par l'Eglise, s'abattra inéluctablement sur le monde à l'instar de l'ange de la mort en Egypte qui épargna les maisons des Hébreux dont les linteaux étaient marqués par le sang de l'agneau. Ce sang symbolise pour les chrétiens et pour les Ivoiriens le sang de Jésus qui apporte la sanctification, la protection dans le mauvais jour et provoque en même temps la compassion dans les cœurs régénérés pour les âmes perdues.

Quels enseignements tirer de l'histoire ivoirienne ?

Bien que l'histoire ne soit pas encore terminée, nous pouvons déjà retenir ceci :

La plupart des prophéties sont dites avec une part d'influence humaine qui est la notion du temps. Dieu ne dit-il pas dans sa parole :

« Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé, Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; Si elle tarde, attends-la, Car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. » (Habacuc 2 :3).

Les serviteurs de Dieu ont parfois tendance à fixer une limite du temps à la parole révélée de Dieu (à moins que celle-ci ne soit explicite comme par exemple l'annonce de l'Ange Gabriel à Marie ou de l'Ange du Seigneur à Sarah sur le jour ou la période de l'intervention divine).

Dieu étant le maître du temps et des circonstances, il peut modifier dans sa prescience le temps et la forme de l'accomplissement prophétique en fonction de la réaction des hommes et en particulier de son Eglise.

Ceci est le cas, par exemple, quand une prophétie de jugement provoque la repentance dans le cœur des concernés (ex : Prophétie de Jonas au peuple de Ninive).

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, il nous semble qu'à moins d'une repentance spirituelle profonde du nouveau régime ivoirien, la parole d'Habacuc citée ci-dessus fera foi. L'Eglise est-elle prête pour le temps de son accomplissement ?


 

Correspondance : Alain NONO


Source : Le blog de l'Evangéliste Michelle d'Astier de la Vigerie.

mardi, 02 août 2011

COTE D'IVOIRE: ALASSANE OUATTARA, LE PRESIDENT QUI ATTENDAIT LA CAMERA

 

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L'information a fait la une des médias ivoiriens de ce lundi 1er août 2011. Le président ivoirien, fraîchement rentré de son séjour aux Etats-Unis, a pris une décision qui a surpris plus d'un. En effet, ce dimanche même, Alassane Ouattara a signé un décret limogeant le premier responsable des médias publics en Côte d'Ivoire, en la personne du très célèbre Brou Aka Pascal. Certes, il est de la prérogative de tout chef d'Etat de se séparer d'un fonctionnaire qui, à ses yeux, n'est pas en mesure de se conformer aux règles et principes susceptibles de contribuer à la réalisation des idéaux, et des aspirations qui sont ceux de l'administration. En n'ayant pas diligenté à temps le déploiement d'une équipe de reportage pour couvrir l'arrivée d'Alassane Ouattara, à l'aéroport d'Abidjan, ce dimanche 31 juillet 2011, le dossier de l'ex-directeur de la RTI est difficilement défendable. Pour autant, on ne peut pas non plus comprendre que, juste pour l'absence de cette équipe de reportage, Alassane Ouattara ait attendu pendant trente bonnes minutes, à l'aéroport international d'Abidjan, avant de descendre de son avion. Rien que pour le filmage de la télévision !?

C'est dire que le président ivoirien est vraiment friand de sa propre image. Au point de suspendre son agenda et certainement de retarder des dossiers, juste pour avoir le plaisir de se faire filmer. On comprend alors un peu plus le caractère stratégique de la bataille que pro-Ouattara et pro-Gbagbo s'étaient livrés autour du contrôle de la maison de la télévision ivoirienne. On comprend l'intérêt, sinon l'obsession avec laquelle le chef de l'Etat ivoirien appréhende son reflet sur le petit écran, quand on pense que lui-même, s'est imposé une pause de trente minutes dans un appareil qui avait déjà atterri.

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Comme on le voit, le fait de rester dans cet avion à attendre que les cameramen de la télévision arrivent n'était pas l'unique solution qui se présentait à Alassane Ouattara. Mais touché dans son orgueil du fait de cet "affront", il a pris son décret.

Cette situation rappelle étrangement ce que l'on vit quasiment dans d'autres pays du continent africain. C'est dire que dans beaucoup de nos Etats, l'image, notamment celle de la télévision nationale a une dimension quasi sacrée. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de constater des retards volontaires des médias audiovisuels, lors des cérémonies d'ouvertures ou de clôtures de plusieurs rencontres et événements du continent. En prime, les responsables attendent toujours les reporters. Les événements sont faits pour les médias et ... non le contraire !


En définitive, sur le continent africain, la télévision n'a pas à courir après les événements, ces derniers l'attendent toujours. Sacré privilège des professionnels de la télévision en Afrique. Une "exception" qui surprend nombre de leurs confrères de par le monde.


 

Brahim Bangoura sur GuineeConakry.info


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN

EGYPTE : SOMBRES PRESAGES

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Les islamistes s'invitent sur la mythique place Tahrir, symbole de la «révolution égyptienne»

 

On prend les mêmes ingrédients et on recommence, tant l'impression du déjà-vu est forte. L'Egypte n'est pas sortie de l'auberge avec ces contentieux, et les équivoques qu'ils drainent, qui minent nos sociétés. Ces sociétés qui fonctionnent sur le mode de la tribu sourcilleuse sur la conformité de pensée. La différence  n'a qu'une signification : la rupture de ban. La différence n'a que trois  sanctions possibles : la réclusion, le bannissement ou la mort. La destitution de Hosni Moubarak et l'ouverture démocratoïde qui s'en est suivie a plongé le pays dans l'inévitable débat identitaire, quand la lame de fond populaire promettait  que plus personne n'aurait le droit d'avoir raison contre tous. C'était conclure trop vite à une telle avancée de la conscience humaine.

Des années de verrouillage de la pensée, appuyé sur les ressorts les plus archaïques des groupes humains, ont donné le fruit escompté. Le refus de l'autre qui ne nous ressemble pas, à cause de la peur de l'inconnu ou de ce qui défie la compréhension. Le rejet du format qui ne s'emboîte pas dans l'ensemble. Parce que la tribu se sent toujours menacée par la remise en cause de ses codes. Tant pis si cette tribu fraternelle, solidaire et communautaire n'est plus, et que celle qui nous est imposée est inégalitaire, impitoyable, sans états d'âme, où le fort écrase le faible et où l'argent règne en maître. Moubarak en était le symbole ultime.

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Mais l'Egypte va s'occuper de régler ses comptes avec ce qui n'a rien à voir avec les causes de la misère et de la dictature. Elle va se retourner contre elle-même pour tenter vainement de construire   une autre tribu, avec ses dizaines de millions de pauvres, de chômeurs et de toutes sortes d'exclus. Beaucoup vont peut-être s'entretuer, sauf ceux qui planent au-dessus de la mêlée,  qui font des affaires et qui se moquent de ce qui peut bien arriver, tant que leur fortune prospérera.

La déferlante attendue sur l'iniquité n'aura pas lieu, son énergie sera consacrée à s'attaquer au mode de vie du voisin et de ses femmes ou à défendre son mode de vie contre le voisin qui veut l'interdire. Un jour lointain le cauchemar finira, d'une façon ou d'une autre, pour un peuple extenué, sans vrais vainqueurs et sans vrais vaincus, alors que le monde aura réalisé de nombreuses conquêtes scientifiques, économiques, sociales et culturelles. La «révolution» sera loin derrière, inscrite aux comptes et profits d'une formation sociale pour laquelle les libertés publiques seront pour longtemps une hérésie, au grand bonheur des partisans de l'ordre.

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C'est ce qu'inspire ce qui s'est produit sur la place Tahrir où se sont dessinées les prémices d'une tragédie que l'Algérie a connue (le repli islamiste, Ndlr). La merveilleuse épopée du peuple égyptien devrait-elle réellement  finir ainsi ? La fantastique démonstration de la mythique place du Caire débouchera-t-elle sur un désastre ? Ces jeunes, ces vieux, ces femmes, ces hommes, ces gens  formidables qui ont donné une admirable leçon de dignité et de courage à l'Humanité entière y compris aux peuples de ces démocraties dites grandes.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

lundi, 01 août 2011

IMPERIALISME HUMANITAIRE: L'OTAN BOMBARDE LES EMETTEURS DE LA TELEVISION LIBYENNE

 

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Alors que la rébellion libyenne accuse le coup après l'assassinat du général Abdel Fattah Younès, l'Otan a voulu "réduire le colonel Kadhafi au silence" en bombardant, dans la nuit de vendredi à samedi, trois émetteurs de la télévision libyenne. Par Dépêche (texte).


AFP - L'Otan a annoncé samedi avoir mené une série de frappes de précision contre trois émetteurs de la télévision libyenne afin de "réduire le colonel Kadhafi au silence".

"Il y a quelques heures, l'Otan a réalisé des frappes aériennes contre trois centres émetteurs satellitaires de la télévision libyenne (...) avec l'objectif d'empêcher le colonel Kadhafi de l'utiliser pour intimider et inciter à mener des actes de violences contre sa population", a expliqué l'Alliance dans un communiqué.

"Ces frappes ont utilisé des bombes guidées", a précisé le porte-parole de l'Otan, le colonel Roland Lavoie.

"Nous sommes en train d'analyser les résultats", a-t-il ajouté.

"Notre intervention était nécessaire car la télévision est utilisée par le régime pour opprimer les populations civiles. Kadhafi se sert de ses interventions télévisées pour instiller la haine entre les libyens et mobiliser ses partisans", a accusé le porte-parole de l'Otan.

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"Conformément à notre mandat qui vise à protéger les populations civiles, nous avons dû agir. L'opération a été soigneusement préparée pour éviter de faire des victimes et avec l'intention de ne pas détruire toutes les infrastructures de la télévision libyenne", a-t-il indiqué.

"Les frappes ont ciblé ces antennes satellitaires pour réduire la capacité du régime d'opprimer la population sans priver les Libyens des infrastructures de la télévision qui seront nécessaires après le conflit", a conclu le porte-parole dans son communiqué.

Au moins une dizaine d'explosions, puissantes mais lointaines ont été entendues vendredi peu après 22 heures (20H00 GMT) depuis le centre ville de Tripoli, a constaté un journaliste de l'AFP.

Entre 1H00 et 2H00, de nouvelles explosions ont été entendues, notamment dans le secteur de la résidence du colonel Mouammar Kadhafi, au centre de Tripoli, faisant trembler l'hôtel abritant les correspondants de la presse internationale, pas loin de la résidence.

Un bandeau de la télévision libyenne a indiqué que "Tripoli est actuellement la cible de raids de l'agresseur colonianiste croisé", en allusion à l'alliance atlantique.

Un animateur de la télévision Al-Jamahiriya a précisé par la suite que le siège de la télévision libyenne avait été touché par les raids, sans autre précision.


Source: FRANCE 24.COM

LA FRANCE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE

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Violemment dénoncée dans la presse, de plus en plus vilipendée par la société civile, la cote de la France est en chute libre en Afrique. Retour sur un phénomène qui a véritablement commencé au début des années 90 et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Roland Désiré Aba’a est un jeune fonctionnaire gabonais. Il est membre du Conseil économique et social (CES). Le 14 juillet, il a entamé à Libreville, la capitale, une grève de la faim sur la place publique, pour dénoncer la mainmise de la France sur son pays:

«Si la perte de ma vie peut contribuer à démontrer aux yeux du monde que le Gabon est confisqué par la France, je descendrais heureux dans ma tombe.»

Le 14 juillet est une date symbolique: c’est la fête nationale française.

Plus précisément, Roland Désiré Aba’a formule trois exigences pour solder les «préjudices causés à son pays par la France»: l’annulation totale de la dette extérieure du Gabon vis-à-vis de Paris, le démantèlement de toutes les bases militaires françaises au Gabon, et la renégociation des accords qui lient les deux pays. Soutenu par des ONG locales, son combat commence à émouvoir un nombre croissant de ses concitoyens.

Un fait inédit au Gabon

Sans en exagérer la portée, cette mise en cause spectaculaire de la France au Gabon est un fait inédit. Le pays fait en effet partie du club fermé des meilleurs amis de la France en Afrique. Jusqu’à son décès en juin 2009, Omar Bongo Ondimba qui l’a dirigé pendant quatre décennies était considéré comme le bras droit de Paris, après le décès en 1993 de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire.

Tumba Alfred Shango Lokoho, originaire de République démocratique du Congo enseigne l’histoire des civilisations et la géopolitique africaines à l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Pour lui, c’est le signe que l’élection présidentielle controversée d’août 2009 reste encore en travers de la gorge de beaucoup de Gabonais.

Avec un peu plus de 42% des suffrages, Ali Bongo, ostensiblement soutenu par Robert Bourgi, l’un des conseillers occultes du président français Nicolas Sarkozy, avait été déclaré vainqueur. Succédant ainsi à son père Omar Bongo Ondimba à la tête de ce petit «émirat pétrolier» d’Afrique centrale.

«Le monde a changé. On le voit bien avec ce que l’on appelle le printemps arabe. C’est une question de génération. Aujourd’hui, les jeunes sont informés par la télévision, Internet et les téléphones portables. Ils connaissent davantage le monde et aspirent à voir évoluer les sociétés dans lesquelles ils vivent», explique Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique et directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le sentiment antifrançais ne se cache plus

Le Gabon vient ainsi à son tour grossir les rangs des pays africains où un sentiment antifrançais va crescendo. Et qui transparaît de plus en plus au travers d’éditoriaux au vitriol de la presse africaine. Celle-ci saisit la moindre occasion pour tirer à boulets rouges sur le «pays des droits de l’homme». Après la chute de Laurent Gbagbo, les journaux qui le soutenaient s’étaient déchaînés contre la France, qu’ils ont accusée d’avoir chassé leur champion du pouvoir et installé à sa place Alassane Ouattara. Ils ne sont plus seuls à vouer Paris aux gémonies.

«Après avoir participé au défilé militaire du 14 juillet, aux côtés de Nicolas Sarkozy, François Fillon s’est envolé pour une tournée en Afrique. S’agissant de la Côte d’Ivoire, cette visite prend l’allure d’un service après-vente», a persiflé le journal burkinabè l’Observateur Paalga dans sa livraison du 15 juillet dernier.

Et d’enfoncer le clou: «Après Abidjan, cap sur Libreville, un autre pion important du pré carré français. A défaut du fou pressé, pardon, du sous-préfet [Nicolas Sarkozy, ndlr], c’est Fillon le garde-cercle qui fait le tour des pâturages les plus luxuriants de son domaine.»

La Nouvelle Tribune, un quotidien béninois n’était pas en reste:

«Mensonges politiques. Mensonges diplomatiques. C’est ce qu’il s’est empressé au lendemain de la célébration de la fête nationale française de venir servir aux Africains. Pourtant, à l’exception du Ghana, par les destinations qu’il a choisies pour sa tournée africaine, le Premier ministre français a laissé entrevoir la contradiction entre ses discours et ses actes».

Du 14 au 17 juillet, le chef du gouvernement français s’est rendu en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Ghana.

La France enchaîne les maladresses

Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, un vent de démocratie venu de l’Europe de l’Est avait déferlé sur l’Afrique subsaharienne. Une occasion saisie par l’intelligentsia africaine pour fustiger la Françafrique, cette relation complexe et ambiguë faite de raison d’Etat, de lobbies et de réseaux politico-affairistes entre la France et ses ex-colonies africaines. Et qui s’est souvent traduite par le soutien de Paris à des régimes peu recommandables et à la légitimité discutable.

Le reste des populations africaines a emboîté le pas à ses élites au début des années 2000, lors des crises au Togo et en Côte d’Ivoire. Mais jamais la mise en cause de Paris n’a été aussi forte et spectaculaire qu’aujourd’hui.

Le paradoxe, c’est que cette dégradation sans précédent se produit avec le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis d’en finir avec la Françafrique. De fait, il a esquissé une timide réforme des accords de défense et de coopération militaires tant décriés entre Paris et ses alliés africains, histoire de les rendre «plus transparents et plus modernes».

Le problème, c’est qu’il a commis quelques bévues qui ont totalement annihilé ces petits pas dans la bonne direction. La plus spectaculaire aura été le discours qu’il a prononcé le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal) dans lequel il a affirmé que «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

«Une véritable catastrophe, qui prouve d’ailleurs une totale méconnaissance de l’Afrique de sa part. D’autant qu’il l’a prononcé devant des historiens sénégalais qui comptent parmi les meilleurs en Afrique et dans le monde. L’intervention militaire de la France en Libye sans que la diplomatie française se soit concertée avec l’Union africaine a été une maladresse de plus», indique Philippe Hugon.

Autre impair grossier de la part du locataire de l’Elysée, la poignée de main entre Karim Wade, le fils du chef de l’Etat sénégalais et le président américain Barack Obama lors du sommet du G8, le 27 mai dernier à Deauville, dont il a été l’initiateur. En Afrique en général et au Sénégal en particulier, elle a été perçue comme une preuve supplémentaire de la préparation d’une «succession dynastique» avec la complicité active de l’ancienne puissance colonisatrice.

«Les Africains entretiennent avec la France une relation d’amour-haine empreinte d’une certaine schizophrénie, tempère Tumba Alfred Shango Lokoho.

Dans le fond, ils ne la détestent pas vraiment. Avec elle, ils se comportent en amoureux très exigeants. Ils veulent qu’elle soit parfaite et ne lui pardonnent pas la moindre incartade. Quand elle prend ses distances, ils le lui reprochent. Et quand elle s’intéresse d’un peu trop près à leurs affaires, ils s’en émeuvent», analyse-t-il.

Une relation amour-haine

Depuis leur indépendance en 1960, les liens entre Paris et ses anciennes colonies sont en effet très complexes. La France n’est jamais tout à fait partie du continent noir. L’idée du général de Gaulle était simple: donner l’indépendance aux Africains puisqu’ils la réclamaient, tout en continuant à contrôler les matières premières dont regorge leur continent. Une politique poursuivie sans état d’âme par ses différents successeurs.

«Pendant très longtemps, Paris s’est très fortement engagée en Afrique, par le biais d’accords bilatéraux, dans toute une série d’opérations très importantes y compris militaires, pour défendre son pré carré.

Elle dépensait sans compter dans la mesure où il s’agissait d’octroyer des aides à des entreprises françaises. D’autant qu’elle était sûre de bénéficier d’un retour sur investissement à travers les bénéfices engrangés par ces dernières», a confié en avril 2010 au magazine panafricain Continental Jean-Pierre Dozon, anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l’Afrique.

Lorsqu’il a été élu pour la première fois président de la République, le socialiste François Mitterrand avait promis de mettre fin à cet héritage encombrant de plus en plus dénoncé par nombre d’Africains. Une promesse qui n’a pas fait long feu. Pire, c’est même sous son mandat que la France a connu l’une des pages les plus noires de son histoire en Afrique, lorsqu’elle a apporté, entre 1990 et 1994 au Rwanda, son soutien au régime hutu qui allait planifier et mettre en œuvre le génocide.

«La France a commis et commet encore des erreurs en Afrique. Mais attention à ne pas en faire le bouc émissaire de tous nos problèmes, nos insuffisances et nos malheurs», estime Tumba Alfred Shango Lokoho.

 

Valentin Hodonou


Source: IVORIAN.NET

jeudi, 28 juillet 2011

COTE D'IVOIRE: VOUS AVEZ DIT DEMOCRATIE?

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Alors que les combats au nom de la démocratie ont fait trembler la Côte d'Ivoire ces derniers mois ; alors que cette même démocratie a réuni un parterre impressionnant d'hommes d'Etat à Yamoussoukro autour de multiples personnalités venues du monde entier pour célébrer, le 21 mai dernier, l'investiture d'Alassane Ouattara ; alors que le Président ivoirien est reçu dans divers sommets internationaux et à la Maison Blanche en tant que démocrate modèle, que disent les faits en Côte d'Ivoire ? Où en sont la démocratie et l'Etat de droit tant annoncés et attendus ?


Le Président Ouattara, lors de sa prestation de serment, a juré solennellement de respecter et de défendre fidèlement la Constitution ivoirienne. Le bilan de ses premiers mois d'exercice du pouvoir conduit cependant à s'interroger car les irrégularités juridiques et les manifestations d'un glissement vers l'autocratie ne manquent pas d'éveiller l'attention et l'inquiétude.

En effet, la constitution ne l'autorise nullement à décréter la fin du mandat du Parlement. Cette dissolution de fait de l'Assemblée nationale est même totalement illégale, d'autant que la Constitution ivoirienne instaure une séparation rigide des pouvoirs au sens où l'Exécutif ne peut dissoudre le Législatif et inversement. Toutes les tentatives de justifications de cet acte grave, toutes tergiversations juridiques sont nulles et non avenues. Il s'agit bel et bien d'un viol de la Constitution. Cet évènement préoccupant qui marquait les prémisses de la nature autocratique du pouvoir ne semble pourtant pas avoir ému outre mesure les Ivoiriens ni le reste du monde. Sans Assemblée nationale, le pays est gouverné par des ordonnances totalement illégales et des décrets. Même le budget n'a pas été soumis aux représentants du peuple.

Les dernières nominations au Conseil constitutionnel vont également dans cette logique du non respect des textes fondamentaux car ni la durée des mandats, ni le quota de nominations qui revient au Président de l'Assemblée nationale n'ont été respectés. Le nouveau Président de l'institution a été nommé pour 3 ans alors que les textes prévoient un mandat de 6 ans. La situation est d'autant plus loufoque que le mandat de l'ancien président ayant pourtant investi Alassane Ouattara n'avait pas encore expiré.

D'autres faits méritent d'être soulignés car hautement inquiétants :

- Le gouvernement se permet de procéder à des nominations à des postes administratifs. A l'époque le l'ancien Président Gbagbo, on s'insurgeait, à juste titre, contre le favoritisme dans les concours administratifs, aujourd'hui nous en sommes à des nominations discrétionnaires ;

- Le chef de l'ancienne rébellion a été nommé chef d'état major des armées ce qui, indépendamment de toutes hypothétiques compétences, est moralement indéfendable. Cette récompense semble ostensiblement signer les accointances entre la rébellion et Alassane Ouattara ;

- Le protectionnisme économique s'enracine à travers des marchés de gré à gré protégés et réservés prioritairement à des entreprises françaises. Ce favoritisme constitue un brigandage économique grave qui exclut les Ivoiriens et les autres nations de la compétition. En période de reconstruction chacun devrait avoir une chance de conquérir une part du marché et le jeu de la concurrence permettrait de stimuler la qualité, la baisse des prix et l'esprit d'entreprise ;

- Le financement public repose essentiellement sur l'aide publique internationale ce qui brise la relation entre les dirigeants et les populations, sachant qu'ils sont plus soumis au diktat des prêteurs qu'à la volonté des Ivoiriens. De plus, cette augmentation massive du volume de la dette fragilise grandement les générations futures et l'indépendance de la Côte d'ivoire ;

- Le gel des avoirs des opposants qui se fait de manière totalement anachronique signe la volonté de liquidation de toute opposition ;

- La répression dans le milieu des médias se fait ouvertement. Le siège d'un journal pro-Gbagbo est toujours occupé par des hommes en armes. De nombreux journalistes figurent sur la liste des personnalités sanctionnées ou emprisonnées pour des raisons juridiques demeurant floues. On ne peut assoir la justice sur l'émotion. La liberté de la presse est un principe intangible. Il ne peut y avoir de décisions arbitraires à l'encontre des journalistes. Si leurs écrits sont contestables ou dangereux, il convient de s'appuyer sur des faits précis pour les traduire en justice. Le mélange de genre est inquiétant car il signe cette volonté de gouverner sans limite et sans contestation.

Est-ce pour ce modèle de société que tant d'Ivoiriens sont tombés ces derniers mois ? Tout cela pour ça ? Au-delà, le silence de la communauté internationale et singulièrement de la France et des Etats-Unis d'Amérique semble signer une vérité que tout le monde tait car elle n'est pas politiquement correcte à savoir que les grandes puissances ont intérêt à installer des dictatures tropicales. En effet, elles leur assurent des monopoles protégés dans les secteurs stratégiques de l'économie ainsi que la domination nécessaire à la perpétuation de leur impérialisme, synonyme de recul de l'envahisseur chinois. Quel investisseur étranger voudrait tenter sa chance dans un pays où l'Etat de droit est inexistant si ce n'est en ayant la certitude d'un marché protégé ? C'est ainsi la porte ouverte à une économie de réseau et à la corruption.

A ceux qui crient que le libéralisme est injuste car il favoriserait la domination des plus forts sur les plus faibles, la situation ivoirienne apporte concrètement un argument bien opposé car d'évidence, les monopoles ne peuvent exister que dans un environnement politique autoritaire dans lequel l'Etat a un pouvoir arbitraire. Cela est bien lointain du libéralisme qui favorise lui un secteur concurrentiel profitable au plus grand nombre et un Etat minimum qui limite son action à ses prérogatives premières : la justice et l'environnement sécuritaire pour tous.

La Côte d'Ivoire s'éloigne de l'Etat de droit et, osons dire, l'Etat de droit y est totalement inexistant actuellement. Le mot démocratie est totalement vidé de son essence sachant qu'une démocratie qui se limite à un simple bulletin dans l'urne ne représente rien et peut même devenir tyrannique si elle n'est enrichie de libertés et de contre-pouvoirs protégeant les populations des abus. Il est donc important de rester vigilant et de ne pas noyer pudiquement l'inacceptable dans une sorte de fatalisme compréhensif. « Nous n'y pouvons rien », « ça va aller ! » Certes ça va aller mais plutôt vers la dictature si le fatalisme anéantit toute volonté de combat pour la liberté. Cette liberté qui, partout ailleurs, permet à la pauvreté de reculer serait-elle interdite aux Ivoiriens ? Libertés individuelles, liberté d'entreprendre, droit de propriété, économie de marché, sont le véritable socle du progrès.

L'histoire nous enseigne que l'autoritarisme conduit toujours à la violence. La Côte d'Ivoire a suffisamment souffert depuis la mort de Félix Houphouët Boigny. Il est temps que les populations prennent conscience qu'un avenir meilleur est possible sur la voie de la liberté et que cet avenir ne pourra être arraché que dans l'effort acharné et déterminé d'une société civile qui se doit de devenir forte au nom des principes même de l'humanité et en la mémoire de tous ceux qui sont tombés au nom de la démocratie dans le pays.

La politique de l'autruche, le fatalisme, la complicité silencieuse, la complaisance malsaine, doivent faire place à une société civile forte qui dénonce les dérives de leurs dirigeants. Peu importe d'ailleurs la couleur politique, la roue tourne inexorablement et ceux qui profitent du pouvoir absolu aujourd'hui seront un jour dans le groupe des opposants. Cependant, si les fondements de la démocratie sont ébranlés et réduits à néant, ils le seront durablement et eux-mêmes en subiront les affres lorsqu'ils ne seront plus dans le clan des protégés. Dire Non, mettre en garde, dénoncer, c'est également aider le pouvoir à canaliser sa puissance. C'est aussi l'aider à résister aux tentatives hégémoniques de forces extérieures. Une société civile forte et active est un argument à disposition de l'Etat pour ne pas se laisser mener n'importe où par des puissances étrangères et singulièrement l'ancien colonisateur d'autant que celui-ci est intervenu activement dans la crise ivoirienne ce qui lui laisse penser que tout est désormais permis pour lui dans le pays.

Selon la Constitution de Côte d'Ivoire, le véritable souverain est l'individu. Le souverain est donc l'Ivoirien et à ce titre le gouvernement a des comptes à lui rendre. L'homme doit prendre conscience de sa place réelle au sein de son propre pays. La société civile doit agir en conséquence de manière responsable et se doit de dénoncer par la plume et la voix tant qu'il est encore temps. Lorsque les armes gronderont, il sera déjà trop tard. A cette heure, il ne restera face au peuple que de fades miroirs dont les reflets crieront : « Et si ! » Et si les abus étaient dénoncés aujourd'hui pour éviter le chaos de demain ?


Gisèle Dutheuil, directrice d'Audace Institut Afrique, in audace-afrique.net, le 27 juillet 2011

 

*Audace Institut Afrique est un think tank fondé et présidé par le Professeur Mamadou Koulibaly



Source: SAOTI, Le blog de Mahalia Nteby

mercredi, 27 juillet 2011

VOICI POURQUOI BUSH, OBAMA, SARKOZY, BAN-KI-MOON, CHOI ET AUTRES NE SERONT JAMAIS POURSUIVIS POUR CRIMES DE GUERRE, GENOCIDE OU CRIMES CONTRE L’HUMANITE

 
 
 
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L'ALLIANCE ATLANTIQUE


- A tous les chefs d'états africains
- A tous les gouvernements des états africains

- A tous les ambassadeurs africains dans le monde

- Aux armées africaines en Afrique
- A toutes les agences de presse africaine dans le monde

- Au président Barack Obama
- Aux grandes écoles africaines en Afrique

- Aux universités africaines en Afrique
- Aux lycées africains en Afrique

 

Selon un document confidentiel et découvert au «Musée royal de l’Afrique centrale», à Tervuren (1), une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand, les Occidentaux avaient déjà programmé l’exploitation des pays pauvres et le massacre de leurs habitants depuis la « traite négrière » à Washington. Le document historique qui suit est la preuve que les dirigeants occidentaux ne seront jamais poursuivis pour tous les crimes qu’ils commettent dans le monde.

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LA CHARTE DE L’IMPÉRIALISME

La présente «charte» a été élaborée à Washington pendant la «traite négrière», ensuite discrètement négociée à la «Conférence de Berlin en 1885» pendant que les puissances occidentales se partageaient l’Afrique ; renégociée secrètement pendant la création de la « Société des Nations», l’ancêtre de l’«ONU» et à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale. Source: «Musée de Tervuren et envoyé par : Jean-Jacques Ngangweshe».

I. DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 1° : De la Devise : - Devise de l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde.


Article 2° : Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant.


Article 3° : Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous, qui l’exerçons par la pression sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice.

Article 4° : Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde.

Article 5° : Tous les dictateurs doivent mettre leurs fortunes dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts. Cette fortune servira de dons et crédits accordés par nous comme assistance et aide au développement aux pays du tiers-monde.

II. DU RÉGIME POLITIQUE

Article 6° : Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n’émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelles que soient sa forme et sa légitimité.

Article 7° : Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître.

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III. DES TRAITES ET DES ACCORDS

Article 8° : On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté.

Article 9° : Tout accord conclu avec un autre pays ou une négociation sans notre aval est nul et de nul effet.

IV. DES DROITS FONDAMENTAUX

Article 10° : Là où il y va de nos intérêts, les pays du tiers-monde n’ont pas de droit; dans les pays du sud, nos intérêts passent avant la loi et le droit international.

Article 11° : La liberté d’expression, la liberté d’association et les droits de l’homme n’ont pas de sens dans le pays où les dirigeants s’opposent à notre volonté.

Article 12° : Les peuples du tiers-monde n’ont pas d’opinion ni de droit, ils subissent notre loi et notre droit.

Article 13° : Les pays du tiers-monde n’ont ni culture ni civilisation sans se référer à la civilisation occidentale.

Article 14° : On ne parle pas de génocide, de massacre ni de « crimes de guerre » ou de « crimes contre l’humanité » dans les pays où nos intérêt sont garantis. Même si le nombre des victimes est très important.

V. DES FINANCES PUBLIQUES

Article 15° : Dans les pays du tiers-monde, nul n’a le droit de mettre dans leurs banques un plafond d’argent fixé par nous. Lorsque la fortune dépasse le plafond, on la dépose dans l’une de nos banques pour que les bénéfices retournent sous forme de prêts ou d’aide économique au développement en espèce ou en nature.

Article 16° : N’auront droit à l’aide précitée que les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes et nos valets.

Article 17° : Notre aide doit être accompagnée de recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde.

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VI. DES TRAITES MILITAIRES

Article 18° : Nos armées doivent être toujours plus fortes et plus puissantes que les armées des pays du tiers-monde. La limitation et l’interdiction d’armes de destruction massive ne nous concernent pas, mais les autres.

Article 19° : Nos armées doivent s’entraider et s’unir dans la guerre contre l’armée d’un pays faible pour afficher notre suprématie et nous faire craindre par les pays du tiers-monde.

Article 20° : Toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

Article 21° : Toute opération d’évacuation des ressortissants des pays Occidentaux cache notre mission réelle, celle de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

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VII. ACCORDS INTERNATIONAUX

Article 22° : L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts.

Article 23° : Notre objectif est de déstabiliser et détruire les régimes qui nous sont hostiles et installer nos marionnettes, sous la protection de nos militaires, sous la couverture de mandats des forces de l’«ONU ».

Article 24° : Les résolutions de l’« ONU » sont des textes qui nous donnent le droit et les moyens de frapper, de tuer et de détruire les pays dont les dirigeants et les peuples refusent de se soumettre à nos injonctions sous la couverture des résolutions du Conseil de Sécurité de l’« ONU».

Article 25° : Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la misère, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller à travers les Missions des Nations Unies.

Article 26° : Notre règle d’or est la liquidation physique des leaders et dirigeants nationalistes du tiers-monde.

Article 27° : Les lois, les résolutions, les cours et tribunaux des « Nations-Unies » sont nos instruments de pression contre les dirigeants et les leaders des pays qui défendent les intérêts de leurs peuples.

Article 28° : Les dirigeants des puissances Occidentales ne peuvent être poursuivis, arrêtés ni incarcérés par les cours et tribunaux de l’«ONU», même s’ils commettent des « crimes de guerre », des « génocides » ou des « crimes contre l’humanité ».


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(1) À Tervuren se trouve le « Musée royal de l’Afrique centrale », Tervuren (anciennement Tervueren et également en français) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain (les autres sont situées dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde).

mardi, 26 juillet 2011

LA CPI DESAVOUEE

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Après des mois de «révolution» en Libye, l'OTAN commence à comprendre qu'on ne fait pas de révolution à la place des peuples. Ce qui est une bonne chose pour l'Afrique, qui a fini par sortir de son mutisme et qui s'est permis de ne pas hurler avec les loups. L'OTAN ne dit pas qu'elle s'est rendue compte qu'elle s'est fourvoyée dans une guerre sans fin et que son Conseil National de Transition est une bande d'opportunistes qui  n'iront pas loin. Elle se met juste à amorcer des retraits mesurés de façon à ne pas trop perdre la face. Même si elle consacre son CNT comme «seul et légitime représentant du peuple libyen».

Mouammar Kadhafi peut désormais ne pas quitter la Libye et y élire résidence. On peut se révolter devant un tel délit d'arrogance, qui autorise des puissances étrangères à décider à la place d'une population de qui doit la diriger, mais c'est pire que cela. On sait que la Cour pénale internationale, cette instance de justice pour indigènes, a mis Kadhafi en accusation ; ce serait lettre morte pour les maîtres du monde. Ils passent l'éponge sur la décision de la juge qui, si elle a la moindre miette de dignité, devrait démissionner, faute de pouvoir dédire Obama et ses affidés. Elle n'en fera rien, parce qu'aucune décision de ce type ne peut être prise sans une injonction. Maintenant on le sait. Il fallait une preuve pour les nigauds qui croient à la justice internationalisée, elle est là dans tout son cynisme.

Un problème surgit avec ce que certains vivent en coup de théâtre. Même si le colonel Kadhafi refuse de «bénéficier» de cette faveur. Il ne sera plus possible pour la CPI de conserver sa crédibilité pour autant qu'elle en ait une. Et ce n'est pas une simple question de jurisprudence, plutôt de validité d'une institution qui apparaît au grand-jour en tant qu'arme de guerre contre ceux qui veulent résister à la domination.

Kadhafi, après avoir été «déligitimé», lui et son entourage, après avoir été sommé de partir dès les premières heures de la mise en branle de l'opération CNT, après avoir été mis sous mandat d'arrêt international, est «autorisé à rester en Libye». Au passage, il semble que cela n'a pas plu à Bernard-Henri Lévy qui est sorti de ses gonds (oui, il gère de près et au plus haut niveau les affaires du CNT). Malheureusement pour lui, les Etats-Unis ont pris le dossier en main depuis une semaine ou plutôt ont rappelé à leurs satellites qu'ils étaient les maîtres. Le «Guide» se voit donc offrir une atténuation des mesures qui pesaient sur lui.

Dans le même temps, on est en présence du douloureux aveu  que les massacres et les destructions des infrastructures et du patrimoine d'un peuple n'ont servi à rien. Ce qui rend plus pathétique cette façon aussi grossière que désespérée de vouloir obtenir la défaite d'un homme, quand il s'agit désormais de la lutte d'un peuple. Tant l'aveuglement est total et tant le peuple n'a jamais été concrètement envisagé. On en vient à la condition posée. Il faudrait qu'il se retire de la vie politique. Tout est dit. Il faut assurer au CNT le pouvoir, tout le pouvoir, alors  que Kadhafi dans un regain de patriotisme des Libyens est devenu le symbole de la résistance.


Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

samedi, 23 juillet 2011

POUR UN AUTRE PARADIGME DES RELATIONS FRANCE-AFRIQUE, OU LA FIN DU MODELE FRANÇAFRICAIN


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Les années et les responsables politiques français passent. La mise en coupe réglée et les relations paternalistes, quasi mafieuses, liant la France et le continent africain, demeurent.

Nicolas Sarkozy, dans une de ses déclarations emplie de démagogie, où il fit une nouvelle fois l'illustration de sa piètre connaissance de l'Afrique et de l'histoire, avait affirmé que la France n'avait pas besoin de l'Afrique (1).

Voilà en une phrase résumé le paradigme (modèle) des relations France-Afrique. Au-delà de la saillie blessante et injurieuse pour ses hôtes maliens, elle mettait en évidence le cadre flou, teinté de paternalisme et de condescendance, dans lequel s'est inscrite la politique initiée par le Général de Gaulle au lendemain de la libération.

Les effets de cette « vision », le nègre d'Afrique francophone n'a cessé depuis lors de les observer et de les subir. Le nègre de Côte d'Ivoire les observe et les subit aujourd'hui même, dans les rues d'une Abidjan dévastée et livrée à des chefs de guerre.

Plaçant la question de la relation entre la France et ses ex-dépendances dans le cadre étroit et unilatéral de ses besoins supposés et évidents, le propos escamotait la véritable nature du lien vassalique et spoliateur unissant l'État français et ses ex-colonies.

Ceci est compréhensible, car comment expliquer aux français que la devise de leur pays en Afrique n'est pas Liberté-Égalité-Fraternité mais bien Pillage-Violence-Mensonge ?

Une exception culturelle bien française.

Pour ceux des commentateurs politiques français  qui se complaisent dans l'usage immodéré de la symbolique et qui substituent à une véritable analyse une catégorisation simpliste et erronée de l'action du politique, Nicolas Sarkozy n'est pas un gaulliste. Si la politique de classe, favorable aux milieux aisés et fortunés, qu'il a imposée aux français depuis son accession au pouvoir en 2007 renforce cette lecture, sa politique africaine, cristallisée par la guerre coloniale qu'il a menée en  Côte d'Ivoire, le place comme héritier de ce que nous appellerons, le Gaullisme africain et qui n'est autre que l'institutionnalisation du vol, de la corruption et de la violence la plus abjecte sur le continent noir.

Que ces pratiques aient été mises en place au lendemain de la libération  pour permettre à une France exsangue et marquée du sceau de l'infamie, du fait de son rapprochement avec le Reich, de retrouver son rang de puissance planétaire, importent peu aux citoyens français honnêtes ou aux africains qui en sont les victimes.
La fin ne justifie pas toujours les moyens, notamment lorsque l'équation intègre dans ses paramètres  la vie et la liberté d'hommes et de femmes qui n'eurent pour seul tort que de naître sur un continent immensément riche, balkanisé en 1884 à la Conférence de Berlin de sinistre mémoire ...

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Le concepteur et le maître d'oeuvre de la Françafrique

Le double langage de l'hypocrite et criminel personnel politique français  a, depuis MM. De Gaulle et Foccart, empêché le peuple français de s'approprier et d'appréhender correctement la question de la relation de son pays avec  l'Afrique. La duplicité qui a été instituée depuis lors dans l'exposé des politiques à destination du continent noir brouille toute compréhension ou analyses correctes.

Et heureusement! Il ne fait aucun doute que le peuple français ne tolèrerait pas les pratiques empruntées à la criminalité organisée, qui régissent là-bas les comportements des officiels français.

On nous objectera avec naïveté ou mauvaise foi que rien n'est tout blanc ou tout noir, que la France n'a point d'amis, seulement des intérêts. Ecartons-nous pourtant de ces évidences de Lapalisse, car lorsque le paradigme dans lequel se développent les relations entre la France et ses ex-colonies se définit par l'absence absolue de moralité, fille d'un cynisme sans frein, par la corruption du cœur et de l'esprit de ses agents et une opacité totale, il ne faut point espérer qu'il en ressorte quelque bien, même symbolique.

Le droit de désinformer.

A cela, ajoutons l'incompétence et la mauvaise foi caractérisée des grands médias et de la majorité des intellectuels, en charge d'éclairer les français sur la complexité du monde africain.
Prenons pour exemple édifiant M. Pascal Boniface, géopolitologue, qui se plu lors d'une émission télévisée à évoquer l'hypothèse d'un troisième homme susceptible de ramener la paix et favoriser une transition politique dans le calme en Côte d'Ivoire (2).

Au regard de la situation prévalant entre MM. Gbagbo et Ouattara, le nom de l'homme providentiel souhaité par M. Boniface, le footballeur Didier Drogba, s'il peut prêter à sourire, démontre la légèreté avec laquelle sont traitées les questions africaines dans les médias, lorsque ce n'est pas une propagande éhontée et fallacieuse qui abrutit et aveugle le citoyen français.                                                                                                                                                    
BFM TV, qui est à la déontologie journalistique ce qu'Eric Besson est à la fidélité en politique, ou l'excité Robert Ménard, ignorant tout des sujets dont il parle selon lui «Sans interdit», en furent les meilleurs exemples, lors de la guerre coloniale menée par la France contre la Côte d'Ivoire. Ils se plaçaient ainsi dans la perpétuation de la tradition de  cécité du journaliste, voire de sa malhonnêteté face aux réalités des méfaits de la politique africaine de la France, instaurée par André Blanchet journaliste au Monde lors de la «pacification » du Cameroun (1955-1962).
Alors que les troupes françaises secondées par des supplétifs africains à la solde du sanguinaire et pro-français Ahmadou Ahidjo massacraient populations et maquisards upécistes, cette figure du journalisme d'alors n'y voyait qu'œuvre bienfaitrice, n'hésitant pas à escamoter une vérité sanglante, désinformant sciemment ses lecteurs, qui n'avaient d'autres sources d'informations (3).

Tout a donc été mis en œuvre pour que le citoyen, floué par les politiques, désinformé par les médias lorsqu'il n'est pas intoxiqué par leurs mensonges, ne puisse se forger une opinion sur ce que le gouvernement français peut accomplir en son nom sur le continent africain.

Un jeu de dupes.

Par ailleurs, le ressentiment légitime qui peut lui être signifié par les africains et les afro-français en réponse à cette politique criminelle, il ne peut le comprendre. Lui qui a été bercé depuis des temps immémoriaux par des comptines à dormir debout, idéalisant la bonté de la France à l'endroit de ces pauvres nègres qui se massacrent par tradition, ou meurent de faim  par inclinaison, ne peut saisir que l'on puisse mettre en doute la politique « humaniste » de son pays. Il est en fait, et dans une moindre mesure, une victime de cette politique du mensonge qui en moins de vingt ans a permis à notre pays d'être complice de génocide au Rwanda et (potentiellement ?) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire.

En France on n'a pas de pétrole, mais on a des groupes pétroliers.
En France on n'a pas d'uranium, mais on fabrique des centrales nucléaires.
En France on n'a pas de cacao, mais on produit du chocolat.
Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi n'est plus à toi ...
Le citoyen français  est  en droit de savoir quel prix paie l'homme africain pour qu'il puisse se gargariser d'être le ressortissant d'une grande puissance. Pourtant tout est fait pour qu'il ne se questionne pas.

Le décryptage des véritables ressorts de la politique africaine de la France est laissé aux militants associatifs, à quelques politiques renégats ou calculateurs, et à une intelligentsia noire qui, tous ensemble, ont perdu le pari de la vulgarisation de cette thématique, essentielle à une prise de conscience par la société française des enjeux s'y rapportant.

Un Front National

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Ensemble et en route pour la CPI?

L'omerta demeure la règle, et la vision fortement teintée de darwinisme qui imprègne la classe politique française quant à sa lecture des relations France-Afrique, n'aide pas à la popularisation de ce débat nécessaire. En France, on s'émouvra de la situation dans le monde arabe, d'une simple phrase naîtra un déchaînement des passions politiques et journalistiques (la proposition maladroite de notre regrettée Michelle Alliot-Marie devant la Représentation Nationale). Mais en France, on restera coi devant l'agression coloniale du gouvernement Sarkozy, mise en musique par le spécialiste de l'Afrique et des africains, le droit dans ses bottes Alain Juppé qui semble préférer l'africain, non pas droit dans ses sandales, mais raide et allongé dans sa tombe ...

Le Parti Socialiste, lui, ne s'est pas trompé en soutenant la guerre coloniale de Sarkozy-Lyautey, il a renoué en cela avec son glorieux passé, celui de la gauche coloniale qui au nom des Lumières importât les ténèbres en Afrique. La boucle est ainsi bouclée ...                                                        
Après avoir démontré le peu de cas, hormis bien sûr en  période électorale, qu'il peut faire des problématiques auxquelles font face les afro-français (son nègre de service Ali Soumaré en est un exemple saisissant), le Parti Hypocrite affiche sans honte son peu de soucis des répercussions des politiques françaises  en Afrique.

Il apparaît clairement que cette question, pourtant centrale, ne préoccupe ni les politiques dans leur majorité, pour raison de complicité avec le système mafieux hérité du gaullisme, ni les médias ignorants de l'Afrique ou des africains ou tout simplement aux ordres, et encore moins la société civile, désinformée et lobotomisée par une pensée dominante aux relents paternalistes.

Pornographie et démocratie.

Le bouleversement de ces pratiques ne viendra que de la partie de la population française qui est sensible à ces problématiques, parce qu'elle est originaire d'Afrique et que bien souvent elle y maintient des attaches. Il n'y a pas grand-chose à attendre ni des politiques, ni des médias. Ils ne peuvent initier une réflexion qui peut faire ressortir leurs insuffisances ou leurs mensonges. D'autant plus que le débat débouchera, sans nul doute possible, sur la mise en lumière de leur trahison des principes républicains et humanistes (principes plus souvent observables dans les propos que dans les actes des responsables en charge de mener les politiques en direction de l'Afrique).

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Vérité d'hier, d'aujourd'hui et de demain?

Et pourtant, le  changement du  modèle qui définit les rapports France-Afrique, ce que nous appelons le paradigme gaullien françafricain, est un impératif. La France et les français ne peuvent plus maintenir leurs avantages et leur rang en usant du triptyque, Pillage-Mensonge-Violence mis en place par Foccart à la demande de De Gaulle et perpétué par tous les présidents de la Vème République. Triptyque auquel Nicolas Sarkozy a rajouté une touche de vulgarité et d'obscénité. La pornographie de la politique que nous pouvions déceler dans les propos qu'il avait tenus à Bamako, il l'a revendiquée dans son discours tenu à Dakar, annonciateur de son interventionnisme colonial.  Il l'a magnifiée en se rendant à Yamoussoukro pour l'investiture du nouveau David Dacko, Alassane Ouattara, dernier préfet-sident en date installé au pouvoir par l'armée française.

Dans un discours qui n'a véritablement été commenté par aucun média français, qui n'a été condamné par aucun responsable politique, il a affirmé que l'armée française restera toujours en Côte d'Ivoire.
Quand nous expliquera-t-il que la Force Licorne coûte 500 millions d'euros par an, lui qui se veut le champion de la diminution des dépenses publiques ?
Expliquera-t-il à ses concitoyens pourquoi l'état français, qui n'a nul besoin de l'Afrique, y va gaillardement bombarder des civils et se salir les mains en soutenant des criminels de guerre ?
Expliquera-t-il que c'est simplement parce que la France pille l'Afrique ?
Rendra-t-il intelligible que les immigrés qu'il poursuit de sa vindicte et qu'il veut à tout prix renvoyer chez eux ne sont en France que parce que cette dernière leur ôte, pour bonne part, le pain de la bouche ?  Que la France soutient et arme les dictateurs qui briment ces mêmes africains ?
Qu'elle soutient et arme les rebelles qui vont chasser du pouvoir ces dictateurs qu'elle hier a soutenus et qui aujourd'hui ne lui plaisent plus ? Va-t-il expliquer aux français que ce sont ses amis qui bénéficient de façon éhontée de cette politique de rapine, de violence et de dissimulation ?
Que c'est ainsi depuis De Gaulle, et que c'est le prix de la « grandeur » de la France ?
Nous en doutons fortement...

Comme une évidence...

Pourtant la fin du paradigme gaullien françafricain doit, et sera évoqué lors de la campagne présidentielle et par tous les candidats, ce n'est pas une question de forme mais de fond. La France aujourd'hui est différente, elle ne peut donc plus, au nom de principes nobles mais dévoyés par des hommes sans moralité, continuer de se bâtir sur des monceaux de cadavres et au prix du retard de tout un continent. La fin du paradigme gaullien  françafricain ne découlera pas d'une volonté politique, mais bien d'une volonté populaire. La demande d'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur l'intervention de la force Licorne est une des étapes de la volonté citoyenne tendant à cet objectif (4).                                                                                                                
En parallèle seront prises initiatives similaires visant à faire figurer cette problématique en bonne place lors du débat politique qui s'annonce.

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Cette Afrique qui nous fait vomir...

Nul modèle n'est immuable, comme tout cadre intellectuel, il peut être amené à évoluer, voire disparaître. Tout porte à croire que le paradigme gaullien françafricain vit ses derniers moments. Nous devons et allons nous mobiliser pour l'accompagner dans la tombe, mais au préalable doit être défini le cadre dans lequel évolueront les relations futures de la France et de l'Afrique. Un cadre diamétralement opposé à cette vision gaullienne faisant la part belle à une hégémonie et à un lien vassalique à l'avantage exclusif de la France.

Pour ce faire, les États et Peuples d'Afrique, secondés en cela par leurs diasporas, doivent œuvrer de concert pour abattre ce que nous nommons les murs de la honte et de la soumission.
Ils sont au nombre de trois :


- Les accords de défense, nés des indépendances de principe octroyées par la France, conçus pour maîtriser les populations autochtones et garantir la sécurité de despotes nègres, laquais de l'ancienne métropole.


- L'abandon de cette monnaie de singe que constitue le franc CFA. La France n'a pas vocation à être  la tutrice des économies africaines ! La mauvaise tenue de ses comptes publics devrait amener les décideurs africains à se désolidariser de ce bateau ivre ...


- La cession sans réelle contrepartie des richesses du sol et sous-sol des États d'Afrique noire doit impérativement être revue. Nationalisation est un gros mot uniquement pour le spoliateur, c'est au contraire une déclaration d'amour impérative que doit faire à son peuple tout responsable politique africain qui se respecte.


Il est plus qu'évident que ce système qui maintient depuis des décennies tant de femmes et d'hommes dans l'étau et obère toute possibilité de développement et d'épanouissement n'a d'autre vocation que d'être fondamentalement combattu, repensé et bien évidemment remplacé. Cet objectif est aujourd'hui, au regard de la dramatique résolution de la crise ivoirienne, la priorité de tout africain, et par extension, des hommes et des femmes expatriés ou déracinés qui portent en eux l'amour de ce noble continent, berceau de notre humanité et laissé depuis trop longtemps en pâture aux chiens ...


Ahouansou Séyivé


(1) Lors d'un voyage à Bamako en 2006, le candidat Sarkozy avait gratifié ses hôtes maliens de cette déclaration d'une rare élégance et d'une grande diplomatie ...

(2) En décembre dernier, sur le plateau de l'émission C dans l'air de M. Yves Calvi (Talk-show politique de la 5), M. Boniface se permit de proposer Didier Drogba comme troisième homme susceptible d'unifier la Côte d'Ivoire. Zidane réglant la contestation née de la réforme du régime des retraites est une idée ne pouvant germer que dans l'esprit d'un fou ou incompétent, à plus forte raison celle d'un homme ne faisant pas l'unanimité dans un vestiaire d'équipe de football, mis à la tête d'un état au bord de la guerre civile ... Le souvenir des mines effarées des trois autres intervenants (M.  Keumayou Directeur de l'information de la chaîne Télésud, M. Dogui homme d'affaire ivoirien et M. Glaser fondateur de la Lettre du Continent), ne lasse pas de nous faire sourire...

(3) Se référer,  pour plus de détails, à l'excellente monographie de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tsatsitsa, Kamerun, paru aux éditions La Découverte en novembre 2010. A ce jour, ouvrage le plus abouti portant sur l'histoire de la décolonisation de l'Afrique noire en général et de la guerre d'indépendance du Cameroun en particulier ...

(4) Pétition et courriers adressés aux responsables politiques français consultables sur internet à cette adresse: Cliquer ICI

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCE

vendredi, 22 juillet 2011

QUAND LA FRANCE REGLE SES COMPTES: UN 14 JUILLET POUR LAVER L’AFFRONT D’UN AUTRE 14 JUILLET


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La France et Licorne, désormais maîtresses d'Abidjan

 

L'on se souvient encore de l'invitation adressée en 2010 par le président français Nicolas Sarkozy aux chefs d'Etats africains en vue de prendre part à la commémoration de la Fête nationale de la France, le 14 juillet 2010. Un 14 juillet africain, pour célébrer le Cinquantenaire des indépendances des pays du continent noir. L'on se souviendra aussi, et pour longtemps, du refus poli de la Côte d'Ivoire, par l'entremise de son représentant officiel, le très atypique président Laurent Gbagbo.

Expliquant les raisons l'ayant motivé à fêter le cinquantenaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire seulement en Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat ivoirien dira : « Je n'ai pas voulu être hypocrite en allant à Paris, le 14 juillet, pour faire défiler nos troupes alors qu'elles ont été accusées d'avoir tué des soldats français lors d'une opération que j'ai engagée pour libérer la Côte d'Ivoire de la rébellion », révélant même qu'il a fait connaître sa position à l'Ambassadeur de France. « Je lui ai dit que je n'irai ni à Nice, ni à Paris. » A en croire alors le Président Laurent Gbagbo, les blessures ouvertes entre la France et la Côte d'Ivoire au cours de cette crise n'étaient pas encore tout à fait cicatrisées pour qu'il se sente heureux à Paris, dans ces conditions. Son rôle, a-t-il dit, c'est de protéger le peuple de Côte d'Ivoire pour qui, il a été élu, nous rapportait le site Atouhou.net. Laurent Gbagbo se posait ainsi en défenseur de la renaissance d'une Afrique décomplexée.

Au moment où l'«hyper président» français montait inexorablement en galon devant ses pairs occidentaux et portait quasi officiellement la voix du très craint « Nouvel Ordre Mondial », décliner ainsi un honneur tout impérial fait au chef d'un pays anonyme comme la Côte d'Ivoire par la métropole dont il est le pré-carré passait pour être un affront. Un crime de lèse-majesté. Une impertinence qui devait absolument être lavée. Comment ? Nous le saurons bien vite : le 11 avril 2011, après 10 jours de bombardements intensifs de sa résidence présidentielle où s'étaient réfugiés enfants, petits-enfants en bas âge, parents et collaborateurs de Laurent Gbagbo, le président ivoirien, qui avait antérieurement fait l'objet de l'une des pires campagnes médiatico-politiques qui puissent être menées contre un chef d'Etat, sera renversé, au terme d'une crise postélectorale montée de toutes pièces par la communauté dite « internationale », aux ordres de la France et des Etats-Unis.

Nicolas Sarkozy n'en reste pas là. Il lui faut envoyer un signal fort à tous les nationalistes et indépendantistes du continent noir sur sa détermination à n'autoriser aucun Etat africain francophone à sortir du giron gaulois. En renvoyant, par la même occasion, sa monnaie à l'impertinent Laurent Gbagbo.

C'est dans cette veine que s'inscrira la visite du chef du gouvernement français, le Premier ministre François Fillon. Et donc pas à n'importe quelle date : très exactement le 14 juillet 2011, jour de la Fête nationale de la République de France ! Une symbolique toute maçonnique. Au-delà du compte réglé à Laurent Gbagbo. Oui, cette symbolique est loin d'être fortuite. Elle comporte un message clair porté aux Ivoiriens : la France reprend totalement pied en Côte d'Ivoire. Comme au temps colonial. N'en déplaise à tous les pourfendeurs sclérosés de la Françafrique qui refusent de changer de vocabulaire et de « logiciel » (dixit Fillon) pour se mettre à l'ère sarkozyenne, en abandonnant « tous ces discours idéologiques, convenus, qui n'ont plus aucune réalité dans le monde d'aujourd'hui ». Nous n'avons pas, depuis le tristement mémorable discours de Dakar de Nicolas sarkozy, entendu propos plus méprisants pour ce peuple africain francophone captif d'une camisole de fer française depuis sa prétendue indépendance, dans les années 1960.

La France veut tout juste « aider la Côte d'Ivoire à assumer la plénitude de sa souveraineté (sic !) ». Une énigme toute française, une incongruité toute gauloise. Comment peut-on prétendre aider un Etat à assumer l'entièreté de sa souveraineté en y implantant justement une base militaire étrangère désormais chargée d'assurer la sécurité et la défense de son territoire (devoir régalien relevant, stricto sensu, de la seule souveraineté), une force étrangère dont les soldats assurent déjà celle du chef de l'Etat ? Honnêtement, où se trouve la souveraineté ? A moins que le sens de cette notion ait changé depuis peu, à notre insu.

La Côte d'Ivoire et les pays de la zone franc l'étaient déjà moins, avec une monnaie (abusivement considérée comme la leur), le franc CFA, propriété de l'Etat français. Y renforcer une présence militaire dénoncée de tous temps et qui était sensée être en voie de disparition - pour coller aux promesses de Nicolas sarkozy himself, au lendemain de son élection à la tête de l'Etat français - en plein 21 siècle, relève de la plus loufoque des logiques et du plus révoltant des parasitismes. On le voit bien, comme le dit un citoyen français, « la France n'a pas délaissé son tropisme gaullien vis-à-vis de ses ex-colonies ».

Autrement, comment comprendre cette désormais omniprésence de la France en Côte d'Ivoire, après qu'elle ait, au vu et au su du monde entier, bombardé un chef de l'Etat - fut-il africain - chez lui, avec son épouse, ses enfants et ses petits-enfants à peine sevrés, une dizaine de jours durant. Il faudra, un jour, qu'on puisse nous expliquer comment une telle inhumanité ait pu se faire et s'applaudir dans un monde adoubé civilisé. Une omniprésence totale, pour le reste de nos jours :

- partenariat dit « de référence » pour masquer un asservissement paré des plus beaux atours, auréolé d'élégance, et une main mise presqu'exclusive,

- conseillers politiques et diplomatiques auprès du président ivoirien, en son cabinet,

- attachés militaires pour formater et reconfigurer l'armée nationale au goût de l'Elysée,

- agents secrets pour passer au crible les appels téléphoniques et les SMS des Ivoiriens, et tracer leurs mouvements (la France en a une expertise reconnue dans le monde),

- appropriation du marché ivoirien par les entreprises françaises (dixit Monsieur Fillon, avec un triomphalisme et un bonheur mal dissimulés). Vive la renaissance de l'ère coloniale !

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Un hélico de Licorne, en pleine chaussée abidjanaise!

De toute cette armada bureaucratique et militaire, les citoyens français, « abusés et intoxiqués par leur gouvernement et leurs médias caniches » n'y voient que du feu. A la vérité, Nicolas Sarkozy veut se donner les moyens du tyran du livre de Job qui ne relâche plus sa proie. La Côte d'Ivoire est retournée dans l'escarcelle élyséenne et doit y demeurer pour la durée des temps. Dût-il lui imposer un chef de l'Etat « dénué de charisme et d'épaisseur politique », qui peine à payer ses propres fonctionnaires (sinon sur prêt français ; vous avez dit souveraineté ?) et à réconcilier des Ivoiriens déchirés.

Au surplus, la France peut-elle, sans se sentir roublarde, prétendre nous faire des prêts quand nous disposons dans le compte des opérations du Trésor français de la bagatelle de plus de cinq à six mille milliards de francs CFA (qui, du reste, en sait le montant exact ?), défalqués de nos recettes à l'exportation depuis les années 60 jusqu'à nos jours, pour garantir une factice parité avec le Franc Français, une monnaie aujourd'hui morte et inexistante, à l'ère de l'Euro ?

L'Hexagone paierait les salaires des fonctionnaires ivoiriens depuis fin avril 2011 (impensable sous Gbagbo !), à concurrence de - bientôt - 400 millions d'Euros, soient environ 263 milliards de francs CFA. Somme à rembourser par l'Etat ivoirien, le geste n'étant pas marqué du sceau de la philanthropie. Et pendant que nous y sommes, pourquoi la France ne nous rendrait-elle pas ne serait-ce que le tiers de cette cagnotte (avec les intérêts !) pour nous permettre de reprendre notre souffle, si tant est qu'elle nous aime tellement et qu'elle est soucieuse de nous permettre « d'assumer la plénitude de notre souveraineté » ?

On le voit bien, nous sommes enfarinés dans une hypocrisie protocolaire où la vérité et la réalité sont cachées aux Ivoiriens. Et de toute façon, pourquoi donc la France nous prêterait-elle de l'argent, elle qui est actuellement si mal en point, en grave récession économique et en déficit budgétaire depuis au moins trente ans, comme nous l'a appris récemment le président français, lors de sa quatrième conférence de presse de mandat ? A la vérité, le Trésor français nous prête notre propre argent, avec intérêt ! De quelle souveraineté nous parle-t-on alors ?

La France voulait la tête de Laurent Gbagbo, elle l'a eue. Elle lui a proprement rendu la monnaie de son outrecuidance du 14 juillet 2010. Et a désormais marqué son territoire, par son Premier ministre, François Fillon, le 14 juillet 2011. Bien malin qui pourrait prédire la date du retour de la Côte d'Ivoire à la liberté et à une vraie souveraineté ! Mais comme dit la maxime, on n'opprime pas un peuple, tout le temps. Le jour se lève toujours.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In Le Nouveau Courrier N° 273 du jeudi 21 juillet 2011

mardi, 19 juillet 2011

GUINEE: COUP D'ETAT MANQUE CONTRE ALPHA CONDE?

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Des tirs ont été entendus pendant plusieurs heures ce mardi à 3h du matin près de la résidence du président guinée Alpha Condé à Conakry. La résidence présidentielle aurait même été touchée par une roquette selon la radio d’Etat. Le président Condé serait en lieu sûr et sain et sauf selon François Lousseny Fall, secrétaire général de la présidence.

Pour rappel, Alpha Condé est devenu officiellement président de la république de Guinée le 21 décembre 2010 après un scrutin électoral très contesté, mais qui marquait le retour de l’accession au pouvoir par les urnes. Le pays n'avait pas connu d'élections présidentielles depuis les indépendances. Alpha Condé s’était attaché à réformer les secteurs de la défense et de la sécurité, secteurs clés dans un pays où l’armée a tenu les rênes du pouvoir pendant plusieurs décennies. Il avait entre autres augmenté récemment le salaire des militaires, un geste qui lui avait valu des critiques de la part de l’opposition.

Le plus récent militaire à accéder au pouvoir était Moussa Dadis Camara, qui avait lui-même succédé à Lansana Conté, un autre militaire, en décembre 2008. Sekouba Konaté, également militaire avait assuré l’intérim jusqu’aux élections après la chute de Moussa Dadis Camara.

S'il était encensé à l'étranger, Alpha Condé était cependant déjà très critiqué sur le plan intérieur, l'opposition dénonçant ses "dérives dictatoriales" après seulement quelques mois d'exercice du pouvoir. Les raisons de l’attaque, de même que les auteurs ou l'identité d'éventuelles victimes sont encore inconnus pour l’instant. Un mort serait à déplorer du côté des soldats loyaux à Alpha Condé.

Source : GRIOO.COM

11:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, alpha condé président guinéen, tentative de coup d'état en guinée | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 17 juillet 2011

LE TRIOMPHE DECALE

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Il est devenu courant, par ces temps hypermédiatisés, d'observer le comportement des dirigeants du monde, surtout ceux qui font la une de la presse et qui mènent des guerres. Il y a par exemple cette démarche altière, la tête relevée et le sourire triomphal, qui caractérisent, entre autres, Hillary Clinton. A la regarder, elle donne l'impression de celle qui est en train d'abattre des empires surarmés. Au point qu'elle se serait volontiers fait payer un arc de triomphe, à Washington, à la mode de ces généraux romains, de retour de campagnes victorieuses où ils ont courus des terres lointaines et hostiles. Plus près de nous, ce serait un commandant en chef qui aurait réussi à abattre l'Armée rouge.

En pareil cas, on aurait alors compris qu'elle plastronne, jubile et quémande des satisfécits. Mais, quand on sait qu'il ne s'agit que d'agressions aux risques nuls, contre des pays désarmés, le spectacle relèverait du ridicule s'il ne coûtait pas la vie à des populations déjà bien mal loties, quand elles ne souffrent pas du dénuement et du fléau du sous-développement. La dame et ceux qui lui ressemblent font donc dans la pire des lâchetés et dans l'abjection sur le plan moral. Triste époque. Plus bas dans la hiérarchie, tout au fond de la chaîne de commandement, des «dirigeants» n'ont aucun scrupule à se faire imposer à leurs peuples. Ils en tirent même une forme d'arrogance, celle de l'homme de main que le maître lâche sur plus faible que lui, grâce à la procuration de puissance dont il dispose, pour exprimer au mieux sa servilité.

Dernièrement, au Sommet de l'Union africaine, le président de la Côte d'Ivoire, certifié  et installé au pouvoir par la «communauté internationale», s'est agité on ne peut mieux contre la position de ses pairs qui refusaient de consentir à voir  la Libye subir le même sort que son pays. Quand celui-ci est livré aux exactions de son armée, celle des «Forces nouvelles», qui ont joué le même rôle que veut jouer, avec moins de succès, cet alibi de l'Alliance atlantique, le Conseil de Benghazi avec ses hordes sanguinaires. Alassane Ouattara, ce pur produit de la «démocratisation» du monde, fidèle supplétif, réagit au quart de tour tel que dicté par le programme qui l'a mis au devant de la scène.

Entre-temps, dès sa certification et après que le travail fut terminé, son pays n'est plus un élément essentiel des écrans qui appuyaient sa «démocratisation». Et pour cause, ce qui s'y passe ne doit pas apparaître. En guise de démocratie, ce sont des «commandants de zones» devenus commandants de groupements tactiques qui se sont partagés la Côte d'Ivoire, soumise à un racket généralisé.

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Seule geste d'autorité de Ouattara, le dédommagement empressé des entreprises françaises. Cela ne pouvait pas attendre, même si la situation économique impose des mesures plus urgentes. A commencer par rétablir l'administration civile, les services publics, les circuits légaux et l'autorité de l'Etat sur la fiscalité, le contrôle du commerce extérieur, la protection des citoyens contre les vainqueurs qui les terrorisent etc. Devant cet état de fait, il serait bien de dérouler le film depuis le début, depuis la cabale contre Laurent Gbagbo en passant par les déclarations tonitruantes des pontes occidentaux et leurs menaces «démocratiques».

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source : LES DEBATS.COM

vendredi, 15 juillet 2011

COUR PENALE INTERNATIONALE: L'AFRIQUE ENTRE EN RESISTANCE

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Jean Ping, chef de la Commission de l'Union africaine.


L’Union africaine refuse de faire appliquer les mandats d’arrêt de la CPI contre el-Béchir et Kadhafi, et propose une Cour de justice africaine. Mais en a-t-elle les moyens et la volonté politique?

 

Trop c’est trop! Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre Mouammar Kadhafi, «Guide» d’une Libye dévastée par plus de quatre mois de guerre et, accessoirement, un des principaux bailleurs de fonds de l’organisation panafricaine, a jeté le trouble.

Pourquoi la CPI ne poursuit-elle que des criminels africains? Pourquoi cet acharnement contre le continent? Est-ce que le Proche-Orient, l’Asie, l’Amérique latine et même l’Amérique du Nord et l’Europe n’ont pas, en leur sein,  des personnes susceptibles d’être épinglées sur le tableau de chasse du bureau du procureur de la cour internationale?

Les reproches ne sont pas nouveaux. Et en Afrique, la CPI est souvent considérée comme un instrument d’une domination post-coloniale. Le fait de lancer un mandat d’arrêt contre Kadhafi alors que les avions de l’Otan (et en premiers lieux les Français et les Britanniques) bombardent Tripoli ne pouvait pas plus mal tomber.

Le timing est même désastreux. Du pain béni pour les détracteurs de la CPI qui veulent faire passer la cour siégeant à La Haye (Pays-Bas) pour le bras armé juridique des Européens .

Ping contre Moreno-Ocampo

A la fin du sommet de l’Union africaine (UA), tenu fin juin en Guinée équatoriale, le pourtant très mesuré Jean Ping, président de la Commission de l’UA, a littéralement explosé:  «Nous sommes contre la manière dont la CPI fonctionne.» Et il s’en est pris frontalement au procureur Luis Moreno-Ocampo qui «ne condamne que des Africains, il ne juge que des Africains. En Afghanistan, au Pakistan, à Gaza, en Tchétchénie, au Sri Lanka… Il n'y a qu'en Afrique qu'il y a des problèmes? C'est la question qu'on se pose». Le chef de la Commission africaine propose alors une Cour de justice africaine pour contrer la CPI.

«Nous sommes en train de créer une cour criminelle en Afrique. Il ne reste plus que la ratification des chefs d'Etat et la Cour criminelle sera opérationnelle», affirme-t-il à l’agence de presse chinoise (officielle) Xinhua.

L’annonce, passée relativement inaperçue, est pourtant très importante. Si l’Afrique, avec son milliard d’habitants, basculait dans l’opposition frontale à la CPI, les conséquences diplomatiques seraient importantes. Cela jetterait un froid certain entre le continent et les pays européens, très importants bailleurs de l’organisation panafricaine et grands contributeurs à l’aide publique au développement (APD) en Afrique.

Les amis chinois

Mais l’Afrique, dans le passé très liée aux anciennes puissances coloniales, diversifie de plus en plus ses partenaires. Et aujourd’hui, ce n’est pas la France ou les Etats-Unis qui commercent le plus avec ce continent qui comptera deux milliards d’habitants en 2050. C’est la Chine. Cette même Chine, très critique envers la CPI, qui n’a d’ailleurs pas signé les statuts fondateurs, tout comme les Etats-Unis.

Cette Chine qui fait passer, sur le continent africain, ses intérêts économiques avant la défense des droits de l’Homme. «Gagnant-gagnant» économique et non ingérence politique: Pékin avance ses pions. Cette Chine qui déroule le tapis rouge, au grand dam des défenseurs des droits de l’Homme, au président soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide et visé par un mandat d’arrêt de la CPI. Pékin a d’ailleurs émis de «sérieuses réserves» sur l’authenticité de ces crimes. Il est vrai que le Soudan était en 2010 le sixième fournisseur mondial de pétrole de la locomotive chinoise, avec 12,6 millions de tonnes.

Si Pékin finance et construit le nouveau siège de l’UA à Addis Abeba, soutiendra-t-elle, d’un point de vue financier et politique, une Cour de justice africaine, par opposition à une CPI jugée trop anti-Afrique? L’Afrique accueille déjà sur son sol deux tribunaux internationaux, mais pas proprement africains. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha (Tanzanie), est une juridiction onusienne. Et le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), mis en place par le gouvernement de Freetown et l’ONU, est une juridiction hybride mêlant droit international et droit sierra-léonais.

Hissène Habré, impunité à l'africaine

La mise en place de la CPI a marqué une avancée significative dans l’établissement d’une véritable justice internationale. Mais si elle est de plus en plus isolée diplomatiquement, la situation risque fort de devenir intenable. La non-exécution de ses mandats d’arrêt dits internationaux est une pilule difficile à avaler pour les partisans de la CPI.

Si les nouveaux amis chinois ne financent pas la nouvelle cour de justice africaine, qui le fera? Sûrement pas les Européens, qui tiennent trop à leur CPI. Y a-t-il alors en Afrique une réelle volonté de soutenir tant politiquement que financièrement un tribunal qui devra juger… des dirigeants africains?

Le cas de l’ex-président tchadien Hissène Habré donne un élément de réponse. L’UA s’est débarrassée de ce dossier encombrant en le donnant au Sénégal qui, depuis 2006, n’a quasiment rien fait. Le 8 juillet, le Sénégal a brusquement annoncé qu’il enverrait Habré vers le Tchad le 10 juillet. Cela a immédiatement provoqué un tollé au sein des organisations de défense des droits de l’Homme, qui doutaient de la volonté du régime d’Idriss Déby de garantir un procès équitable à son ennemi d’hier. L'ancien président tchadien est accusé par le régime de N'djamena de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de tortures. Il risque la peine de mort.

L’ONU a mis en garde Dakar, soulignant qu’une extradition d’Hissène Habré vers N’djamena violerait les lois internationales en la matière. Le président sénégalais Abdoulaye Wade a aussitôt fait marche arrière et suspendu sa décision. Cette affaire est devenue le symbole de l’impunité à l’africaine et n’engage guère à l’optimisme.

Si les tractations politiques continuent pour juger un jour Habré, qui coule une paisible retraite à Dakar, les victimes n’attendent pas. Chaque année, plusieurs d’entre elles décèdent sans avoir vu une justice africaine, debout, juste et équitable.


Adrien Hart

 

Source : SLATE AFRIQUE

jeudi, 14 juillet 2011

FRANÇOIS FILLON A ABIDJAN AUJOURD’HUI: LA FRANCE VIENT VISITER SA «SOUS-PREFECTURE»


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Trois mois après avoir renversé le Président Laurent Gbagbo par les armes, la France s’engage visiblement dans une sorte de « visite de popote » auprès d’Alassane Dramane Ouattara, nouveau chef d’Etat ivoirien qu’elle a adoubé mais qui peine à faire face à une crise multidimensionnelle qui sévit en Cote d’Ivoire depuis le 11 avril dernier. Une crise sans précédent à la fois politique, économique, sociale et religieuse. La France visite dès aujourd’hui, 14 juillet, à travers son Premier ministre, François Fillon, sa « sous-préfecture », la Côte d’Ivoire.

M. Fillon ne vient pas seul. Il est accompagné d’une vingtaine de chefs d’entreprise français qui viennent reprendre pied dans le pays. Comme pour dire clairement que les velléités d’indépendance économique et de diversification des partenaires engagées sous la présidence Laurent Gbagbo ne sont qu’un « mauvais souvenir » pour la France et son option économique dans son « pré-carré » bâtie autour du monopole.

Triomphaliste, la France reprend sa « sous-préfecture » et réactive ses pratiques Françafricaines. A preuve, François Fillon annoncera, a-t-on appris, lors de sa visite à Abidjan, un crédit de la France à la Côte d’Ivoire d’une valeur globale de 20 millions d’euros (soit environ 13 milliards de fcfa). Ce crédit sera déboursé par l’agence française de développement (Afd). Sur ces 20 millions d’euros, 10 millions d’euros reviendront aux entreprises françaises ayant connu des sinistres en Côte d’Ivoire lors des événements douloureux de novembre 2004. Les 10 autres millions d’euros seront affectés, soutient une source proche du dossier, aux entreprises ivoiriennes et étrangères notamment libanaises également sinistrées. Evidemment, les 20 millions d’euros constituent une dette que la Côte d’Ivoire devra rembourser.

Si les entreprises françaises ont été dédommagées, les victimes ivoiriennes (morts et blessés) des barbaries de la force française Licorne en 2004 ont été ignorées. Par Sarkozy, Fillon et Ouattara.


D.D

Source: NOTRE VOIE

mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

dimanche, 10 juillet 2011

RIEN NE VA PLUS CHEZ LES ARABES

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Le royaume saoudien, «ce pays (qui) n'a jamais connu un bureau de vote. Même pas un parti unique !» comme le décrit si bien Georges Stanechy. En tout cas  comme il se présente aux yeux de tous, sauf de toute évidence aux yeux de la «communauté internationale», ce royaume montre tous les signes de vouloir jouer son va-tout en Afrique du Nord. Et comble de l'époque, sous la bannière de la démocratisation et assuré de la puissance de feu de l'OTAN.

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A Riadh, la justice ne change pas ses méthodes. Le 18 juin 2011, Ruyati binti Saoubi, une indonésienne de 54 ans, est décapitée en public, au sabre. Son corps suspendu à un hélicoptère survole longtemps la ville à basse altitude pour être vu. Inutile de chercher l'information dans les lignes de la presse du «Monde libre» ou dans les journaux télévisés qui déroulent en boucle la «révolution» en Libye.

L'Arabie saoudite n'est pas un terrain pour les «printemps» en cours, elle en est un parrain, un acteur, un soutien, tout ce que vous voulez, mais pas un terrain pour une «révolution». La monarchie triomphante a même décidé de refaire le monde dit arabe. L'hebdomadaire britannique, The Guardian, s'est intéressé à ce nouveau cours suivi par les Saoud. D'après l'hebdo, les pétromonarchies ont d'abord récupéré les deux monarchies non pétrolières de ce monde, la hachémite et la chérifienne, dont les rois se réclament d'ascendance arabe, pour les inclure dans le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les autres pays qui ont accaparé l'arabité contre l'Histoire et contre la culture de leurs peuples, n'y auront pas droit, ils ont été mis de côté en tant que «peuples conquis». Le Maroc bénéficierait aussi du souci des Arabes de maintenir un lien avec «l'Occident arabe», c'est-à-dire avec «l'Andalousie perdue».

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Ce mouvement inédit des monarques de la péninsule serait dû à leurs appréhensions vis-à-vis de la fin du pétrole et de la montée en puissance de l'ennemi héréditaire, la Perse. Cette même peur est présente chez les Israéliens, qui auraient déterminé le processus euro-étasunien de recolonisation de la région, en s'appuyant sur les révoltes populaires et la déstabilisation des Etats. En Afrique du Nord, l'Algérie (toujours selon The Guardian) représente une menace en tant que puissance régionale à fort potentiel de développement, tant sur le plan des ressources naturelles que sur celui des ressources humaines.

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Des plans existeraient pour provoquer son effondrement, en «faisant croire aux Marocains qu'ils seront le noyau de l'empire Almohade reconstitué». D'où le soutien éhonté à la Constitution absolutiste et la mise sous l'éteignoir des manifestations massives qui agitent le royaume alaouite. Les syndromes libyen et soudanais apparaissent immédiatement comme des répétitions de ce qui va être étendu à l'Algérie. Le chaos, suivi du démembrement.

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Du coup, on comprend mieux pourquoi l'Arabie saoudite a préféré renforcer de ses recettes faramineuses les économies occidentales et éviter celles de ses «frères» d'adoption, comme l'Egypte, qui se font saigner à blanc par les prêteurs et dont les peuples dépérissent dans le sous-développement quand les centaines de milliards de dollars suivent les chemins détournés des intérêts bien compris.


Badis Guetaff, L'édito du jour (10 juillet 2011)


Source: LE JOUR D'ALGERIE