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dimanche, 10 juillet 2011

LE GOUVERNEMENT MAÇONNIQUE D'ADO

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Quand la franc-maçonnerie prend le pouvoir en Côte d'Ivoire!!!

 

Qui sont les ministres d'Alassane Ouattara (lui-même franc-maçon, Ndlr), membres de la Grande Loge de Côte d'Ivoire ? Revue de détails.


La franc-maçonnerie est une véritable marque de fabrique du gouvernement ivoirien. Qu'on en juge : le Premier ministre Guillaume Soro est un « frère de lumière » dont l'initiation a été facilitée par le Grand maître Djibril Bassolé, Ministre des affaires étrangères du Burkina Faso et représentant conjoint des Nations unies et de l'Union africaine (UA) au Darfour. Hamed Bakayoko, Ministre de l'intérieur et numéro deux du gouvernement, est également membre de la Grande Loge de Côte d'Ivoire (GLCI), dirigée par l'inamovible Grand maître Clotaire Magloire Coffie. Tout comme le Ministre de la justice, Jeannot Ahoussou, et celui des infrastructures économiques, Patrick Achi. En délicatesse avec le Président Alassane Ouattara, ce dernier a dû céder sa fonction de porte-parole (du gouvernement) au profit d'un autre « frère de lumière », Bruno Koné, actuel Ministre de la poste, des nouvelles technologies de la communication et de l'information. Ce dernier a été ouvertement coopté au sein de la loge ivoirienne par Guillaume Soro et le ministre Bakayoko.

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Le grand argentier Charles Koffi Diby est un autre membre influent de la franc-maçonnerie locale. Idem du Ministre du commerce Moussa Dosso, ex-Ministre de l'économie de l'ancienne rébellion des Forces nouvelles (FN). Pour discuter tranquillement autour d'une bière, les « frères » du gouvernement se donnent régulièrement rendez-vous au Montparnasse. Ce restaurant situé dans le quartier de Marcory Zone 4, au Sud d'Abidjan, reste le véritable quartier général de la Grande Loge ivoirienne.


Source : LA LETTRE DU CONTINENT N° 615. Paris, le 7 juillet 2011.

samedi, 09 juillet 2011

DES SOLDATS BURKINABE AFFECTES A LA GARDE DE OUATTARA


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Fait unique dans l'histoire de notre pays et, peut-être, du monde: Quel est donc ce président ivoirien qui a une garde rapprochée burkinabé (étrangère donc)?

 

C’est l’hebdomadaire ouagalais Bendré qui lève le lièvre. Des soldats membres du Régiment spécial présidentiel (RSP, Garde présidentielle burkinabé) seraient affectés auprès du nouveau  chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara. Et tellement bien payés que des frères d’armes frustrés murmureraient vivement.

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«Humeur ou ruminement au niveau du RSP (lire régiment spécial présidentiel). Au sein de cette unité une affaire sur une mission en Côte d’Ivoire à raison de 50 000F/jour soit 1 500 000F/mois semble faire des mécontents. En effet, dans le cadre de la sécurisation ou de la sécurité du tout nouveau président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, 100 éléments du RSP sont envoyés au bord de la lagune Ebrié et se relèvent tous les mois. Ainsi la deuxième vague est partie le 11 juin dernier. Certains se plaindraient donc du fait que ceux qui y sont envoyés, sont ceux-là mêmes qui se sont illustrés avec ardeur et passion en prenant la ville de Ouagadougou en otage les 14 et 15 avril derniers. La priorité selon eux, devrait être à ceux-là qui sont restés «républicains »

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Si l’on en croit le confrère burkinabé, Blaise Compaoré a choisi de «faire le ménage» au sein de sa garde rapprochée en refilant à Alassane Ouattara les éléments les plus «têtus»... qui vont être assez bien payés pour oublier certaines de leurs récriminations.

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Au-delà de ces considérations internes au pays des Hommes intègres et à sa «Grande Muette», cette information devrait intriguer en Côte d’Ivoire. Ouattara n’a-t-il pas, au sein des FRCI, des hommes en qui il met assez de confiance pour leur confier sa sécurité ? De plus, ADO, qui n’a cessé de tancer son prédécesseur qui aurait recruté, à l’occasion de la bataille d’Abidjan, «des mercenaires et miliciens» libériens, ne fait-il pas la même chose en payant les services d’une troupe étrangère dont la présence en Côte d’Ivoire – si elle est avérée – ne relève ni des FRCI (nouvelle armée locale) ni de l’ONUCI ?

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Pour ne rien arranger, le prix auquel sont payés ces «supplétifs», selon le confrère, paraît indécent lorsqu’on sait que non seulement les ex-Forces nouvelles ne sont pas encore régulièrement rémunérés, mais aussi que les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont vu leur fiche de paie «allégée» de la somme de 50 000 F CFA. D’ores et déjà, on attend le démenti du gouvernement ivoirien face à ces graves allégations.


Source: CAMEROON VOICE

LA FRANCE S'ISOLE EN LIBYE

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Par Armin Arefi

Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est au tour du Congrès américain de prendre ses distances avec l'initiative française d'armer les rebelles.


Après avoir fustigé l'intervention américaine en Irak, la France jouerait-elle désormais le mauvais rôle en Libye ? Paris se trouve en tout cas chaque jour davantage isolé auprès de ses alliés, en dépit de l'annonce mardi de l'abandon du parachutage français d'armes aux rebelles libyens. Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est maintenant au tour des États-Unis de prendre leurs distances avec l'initiative française. En effet, la Chambre américaine des représentants a voté jeudi un amendement interdisant au Pentagone de fournir tout équipement, entraînement ou soutien militaire aux opposants de Muammar Kadhafi, sans pour autant couper les fonds nécessaires à la poursuite de la guerre en Libye. À l'origine du vote, le représentant républicain Tom Cole, qui a insisté sur la "responsabilité du Congrès (...) à mettre fin à cette aventure irréfléchie en Libye".

Pour Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et ancien militaire de haut rang dans l'armée de l'air, ce vote possède à la fois des portées intérieures et internationales. "Il s'agit d'une réaction logique du Congrès américain qui n'a pas été consulté au moment de l'engagement américain en Libye", explique le chercheur. "Mais c'est aussi un sérieux rappel à l'ordre vis-à-vis de la France et de son interprétation extrêmement limite de la résolution 1973 de l'ONU."

Des missiles en guise d'aide

Les résolutions 1970 et 1973, qui ont ouvert la voie à une intervention occidentale en Libye, sont notamment censées, d'une part, prévoir une zone d'exclusion aérienne visant les forces du colonel Kadhafi et, de l'autre, mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires" pour éviter des exactions contre les populations civiles. Des "moyens" qui ont donc pris la forme de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars parachutés par avion dans la région montagneuse du djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, a-t-on appris le 28 juin dernier dans les colonnes du Figaro.

Or, c'est avec des mots très durs que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a condamné publiquement le 1er juillet l'initiative française, devant un Alain Juppé médusé. Pour le chef de la diplomatie du Kremlin, qui a dénoncé une "violation grave de la résolution 1970", cette résolution permettrait en réalité "à n'importe qui de faire n'importe quoi, n'importe quand". Faux, répond le ministre français des Affaires étrangères, qui met en avant la situation "extrêmement précaire" des populations attaquées par Kadhafi pour expliquer le geste français, qui, selon lui, rentre donc "exactement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". Mais Paris était loin de se douter que la gronde irait jusqu'à gagner son principal partenaire en Libye, c'est-à-dire le Royaume-Uni.

"Une guerre civile"

"Cette résolution ne prévoyait pas d'armer un camp contre un autre dans une guerre civile, à l'intérieur d'un pays dont on avait oublié qu'il n'avait pas vocation à rester uni", estime Jean-Vincent Brisset, qui pense que l'on sous-estime les soutiens dont dispose encore Muammar Kadhafi dans le pays. Tandis que le conflit va bientôt entrer dans son quatrième mois et que Tripoli est toujours aux mains du colonel Kadhafi, cette dernière polémique ne symbolise-t-elle pas l'enlisement d'une coalition dont l'intervention ne devait pourtant pas dépasser la quinzaine de jours, dixit les membres du Conseil national de transition libyen, réunis en mars à Paris ? Et l'ancien pilote de chasse de mettre en cause certaines décisions politiques : "Peut-être les gouvernements engagés auraient-ils dû se concerter avec de véritables connaisseurs de la Libye avant de s'engager."


Source : LE POINT.FR

mercredi, 06 juillet 2011

CHARLES BLE GOUDE: «JE SUIS PRET A COMPARAITRE DEVANT LA JUSTICE. A CONDITION QUE M. OUATTARA SOIT MON VOISIN»

 

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Par Christophe Boisbouvier

 

Alors que s'ouvre, ce mardi 5 juillet 2011 à Abidjan, un séminaire gouvernemental pour faire redémarrer l'économie du pays, Charles Blé Goudé, qu'on avait dit mort, a répondu aux questions de RFI. Ce proche de l'ancien président Laurent Gbagbo s'est dit prêt à comparaître, sous certaines conditions, devant la justice ivoirienne alors qu'un mandat d'arrêt international a été lancé il y a quelques jours contre lui.


RFI : Charles Blé Goudé, bonjour. Que devenez-vous ?

Charles Blé Goudé : Je suis Charles Blé Goudé. Je suis là.

RFI : Quand vous dites, « je suis là », cela veut dire où ?


C.B.G. :
Je suis là où je dois être. Je suis à l'abri. Je suis là et je regarde les choses.

RFI : On dit que vous circulez beaucoup en Afrique de l'Ouest.


C.B.G. :
Oui. On dit aussi que je suis décédé ! Donc je laisse les gens déblatérer sur mon sort et souvent, je ris.

RFI : Donc, vous êtes quelque part en exil ?


C.B.G. :
Non. Je dis aux uns et aux autres qu'on est ensemble, là où on doit être. Certainement que je suis à Abidjan ou je suis quelque part, mais je suis dans une vie de clandestinité que j'assume totalement. On m'annonce souvent mort, on m'annonce au Zimbabwe, au Bénin, au Ghana... Tout cela m'amuse et je regarde.

RFI : Alors vendredi dernier, le 1er juillet 2011, la justice ivoirienne a lancé contre vous un mandat d'arrêt international. Comment réagissez-vous ?


C.B.G. :
Oh, écoutez ! Rien ne me surprend. Parce que voyez-vous, depuis que monsieur Ouattara est au pouvoir, il y a une justice à double vitesse. Il a peur. Il a peur d'une opposition significative.  Il a décidé d'installer son pouvoir dans la terreur. Et tous les signes apparents d'un pouvoir dictatorial, d'un pouvoir tribaliste, sont là, et visibles.

Pour moi, ce pouvoir n'ira pas bien loin, parce que monsieur Ouattara fait comme si son pouvoir avait pour seul objectif de traquer, de tuer, de poursuivre tous ceux qui ont été plus ou moins proches du président Gbagbo. Donc nous osons croire qu'à un moment donné, le président Sarkozy et le président Obama vont l'interpeller pour lui dire qu'il n'est plus le président du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Ouattara est le président de la Côte d'Ivoire. Alors il doit garantir la justice à tous les Ivoiriens. Alors, j'attends qu'on me signifie ce mandat d'arrêt et qu'on me dise les raisons pour lesquelles on me poursuit.


RFI : Le ministre ivoirien de la Justice dit : « Blé Goudé pense se cacher, mais on sait où il est. Son extradition se fera ».


C.B.G. :
Je ne veux pas entrer dans cette comédie. Je veux simplement dire qu'en Côte d'Ivoire il y a une justice à deux vitesses. Regardez-vous ! Un président de la République du nord, un Premier ministre du nord, ministre de l'Intérieur du nord, ministre de l'Agriculture du nord, ministre de l'Industrie du nord... Où allons-nous avec tout cela ? Pourvu que vous ayez battu campagne pour Laurent Gbagbo, alors on bloque votre compte ? 

RFI : Ce que vous reproche la justice ivoirienne ce n'est pas seulement d'avoir battu campagne pour Laurent Gbagbo. Est-ce que vous ne regrettez pas vos appels à la mobilisation populaire contre Alassane Ouattara, contre l'Onu, contre la France, entre décembre et avril 2011 ?


C.B.G. :
Au moment où je vous parle, il y a quelques semaines, les indignés qui sont dans la rue en Espagne, ne se sont pas arrêtés.

RFI : Mais quand vous avez appelé vos Patriotes à bloquer les véhicules de l'Onuci, en février et mars 2011, était-ce vraiment pacifique ?


C.B.G. :
Combien de véhicules de l'Onuci ont été bloqués ? Combien d'agents de l'Onuci ont été blessés ? Que s'est-il réellement passé ? Face aux gens de monsieur Ouattara, qui, depuis 2002, tuent, pillent, tous les Ivoiriens ! Pourquoi ne parle-t-on pas d'eux ?

Et puis on s'acharne sur la personne de Blé Goudé ! Moi, je pense qu'il faut être sérieux et puis mettre tout ça dans la balance. Maintenant, si c'est la justice des vainqueurs  sur les vaincus... Mais monsieur Ouattara n'a pas vaincu l'armée de Côte d'Ivoire, je suis désolé ! Il sait très bien que c'est l'armée française qui l'a aidé à être là où il est.


Monsieur, je voudrais vous dire que j'ai la conscience tranquille. Depuis 2002, c'est la mobilisation aux mains nues et je défie quiconque de mobiliser plus que nous. Voilà ce qu'est la démocratie, la loi du nombre !


RFI : Mamadou Coulibaly, président de l'Assemblée, affirme que le 10 mars dernier, quand l'Union africaine a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara, il a compris qu'il était fichu. Et vous ?


C.B.G. :
Je ne veux pas commenter les propos du président Mamadou Koulibaly, pour qui j'ai beaucoup de respect. Et je pense qu'il fallait plutôt faire en sorte qu'on revienne au vrai débat. Qui, de Laurent Gbagbo ou d'Alassane Ouattara a remporté les élections ?

RFI : On a souvent dit que Laurent Gbagbo était le plus malin de tous les hommes politiques ivoiriens. Mais il a quand même perdu. Quelle faute politique a-t-il pu commettre ?


C.B.G. :
Pourquoi voulez-vous qu'on vienne exposer les fautes de Laurent Gbagbo sur les antennes ? C'est un être humain. Il peut se tromper ! Mais on ne parle pas des fautes de son chef sur des antennes.

RFI : Quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?


C.B.G. :
Je suis désolé, ça encore, c'est entre lui et moi.

RFI : Charles Blé Goudé, reconnaissez-vous Alassane Ouattara comme président de la République ?


C.B.G. :
Mais si c'est moi qui reconnaissait les hommes politiques en tant que président de la République, vous savez très bien que Laurent Gbagbo serait président aujourd'hui ! La volonté de la France a été faite par la force. Et à partir du 11 avril, moi je n'ai pas à savoir qui est président ou qui ne l'est pas.

RFI : Donc pour vous, aucune réconciliation n'est possible ?


C.B.G. :
Moi je veux qu'il y ait réconciliation ! Mais monsieur Ouattara a pris le pouvoir pour se venger. Et il veut installer son pouvoir dans la terreur ! Aujourd'hui, tous ceux qui semblent avoir même une toute petite odeur de camp proGbagbo, tous ceux-là sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements !

RFI : Vous dites que tout le monde est traqué, mais il y a tout de même un Front populaire ivoirien (FPI) qui a pu à nouveau se réunir à Abidjan !


C.B.G. :
S'il vous plaît ! Quand le président du Front populaire ivoirien Affi N'Guessan est en prison dans le nord de la Côte d'Ivoire, c'est cela que vous appelez « la liberté » ? Quand on parle de pillages dans la ville d'Abidjan... Vous êtes d'accord avec moi que les FRCI ont pillé ?... Que les chefs de guerre  ont pillé ! Mais ils sont en liberté, pendant que d'autres sont traqués !

RFI : A quelles conditions cette réconciliation sera-t-elle possible ?


C.B.G. :
Quand on veut se réconcilier, on discute avec les opposants. Laurent Gbagbo ne peut pas être en prison à Korhogo, son épouse en prison ! Le président du Front populaire ivoirien et le fils de Laurent Gbagbo en prison, dans le nord. Et puis on nous parle de réconciliation ! Je demande à monsieur Ouattara de prendre de la hauteur. Il faut réunir les Ivoiriens et savoir pardonner.

RFI : Vous demandez le pardon, mais est-ce que la justice peut passer l'éponge sur les quelque 3 000 victimes de la crise postélectorale ?


C.B.G. :
Mais moi-même, je suis une victime de cette crise postélectorale ! Nous ne demandons pas que la justice ne se fasse pas. Mais de là à aller tuer de gens toutes les nuits, aller les traquer dans leurs villages, ce ne sont pas des signes encourageants !

RFI : Vous dites qu'il est normal que justice se fasse. Seriez-vous prêt, le cas échéant, à comparaître devant un tribunal ivoirien ?


C.B.G. :
Cela ne me pose aucun problème ! A condition que monsieur Ouattara soit mon voisin ! Parce que, quand on va comparaître, vous savez très bien qu'il a commis des actes, que des hommes ont commis des actes ignobles, en son nom ! Alors je suis prêt à comparaître. Mon voisin doit être Alassane Ouattara, mon voisin Soro Guillaume et ensemble nous allons comparaître devant la justice !

RFI : Comment reviendrez-vous sur la scène politique si vous êtes un clandestin, si vous êtes en fuite ?


C.B.G. :
Dites à tous les Ivoiriens qu'un jour, il fera jour. Nous avons perdu une bataille. Nous n'avons pas encore perdu notre combat.

R.F.I. : Vous avez des accents revanchards dans vos réponses. Croyez-vous encore à une solution militaire ?


C.B.G. :
Non, non, non, non.... Pas du tout ! Je ne suis pas revanchard. J'ai toujours pardonné, comme vous savez. Je veux que les Ivoiriens se parlent à nouveau. Je veux qu'il y ait un débat responsable, critique. Je ne suis pas pour le coup de force. Je pense que les Ivoiriens ont déjà été trop traumatisés et ils attendent mieux des hommes politiques que de nouveaux coups de canons.

RFI : Samedi dernier à Paris encore, 1 300 personnes ont manifesté en faveur de la libération de Laurent Gbagbo. Qu'attendez-vous de la France et des Français ?


C.B.G. :
Comme c'est la France qui a permis à monsieur Ouattara d'être au pouvoir, je souhaite que la France pèse encore de tout son poids sur monsieur Ouattara et lui dire que un monsieur Laurent Gbagbo, qui a dirigé la Côte d'Ivoire et qui a obtenu, selon les résultats de la Commission électorale plus de 49% des suffrages, ce monsieur ne peut pas être maintenu au nord (du pays). A ce sujet d'ailleurs,  le 16 juillet, le Conseil européen du congrès panafricain de la jeunesse des patriotes se réunit. Je voudrais inviter tous les Africains, qui vivent à Paris, à participer à cette conférence. Pour la première fois, on verra ce que je suis devenu, et cela à travers une vidéo exclusive que nous allons projeter.

RFI : Charles Blé Goudé, merci.


Source: RFI.FR

 

Ecouter l'interview de Charles Blé Goudé à Radio France Internationale (RFI):

 


podcast


lundi, 04 juillet 2011

LIBYE-ONU: LE MENSONGE MEDIATICO-SARKOZYSTE


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Commençons cet article par une boutade de Patrick Cohen, sur Facebook : « Ma réponse à Allain Jules: ’’Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye’’ ? Wow ! enfin, il se réveille, l’évangéliste de la prétendue démocratie et des gendarmes du monde… Ce qui se passe en Libye n’est pas mieux que ce que vous avez défendu en Côte d’Ivoire. Je dirais même qu’en Côte d’Ivoire, c’était mieux avec des « élections transparentes » et une demande de recomptage de voix refusée par le camp que vous supportiez … En Libye, il n’y a pas d’élection même s’il y a les mêmes mensonges, truquages et falsifications médiatiques avec, bien sûr, votre touche personnelle ! Qu’est-ce que vous avez bouffé pour changer aussi radicalement du mensonge à la vérité, Mr Allain Jules ? »


Avec une lecture biaisée et une interprétation à géométrie variable de la résolution onusienne sur la Libye, nos médias pratiquent sans vergogne une désinformation abyssale. Aujourd’hui, le président français Nicolas Sarkozy, rencontre certains dirigeants du monde, notamment ceux de la Ligue arabe et de l’Union africaine (UA), pour que ces derniers l’accompagnent dans sa guerre contre la Libye détournée en guerre contre Kadhafi. Or, le guide libyen Mouammar Kadhafi a eu jeudi dernier, bien avant la résolution 1973 de l’ONU, un entretien téléphonique avec le président de la Guinée équatoriale, Théodore Obiang Nguema, président en exercice de l’Union africaine (UA).

L’Afrique pour le règlement du conflit

Il y a une décennie déjà, les Etats-Unis, sous un prétexte fallacieux relatif aux évènements du 11 septembre, avaient décidé d’attaquer  l’Afghanistan. Mal lui en a pris, George Bush Jr., deux années après, président su gendarme du monde récidivait, en s’en prenant à l’Irak. Problèmes irrésolus jusqu’à ce jour. Or,  Kadhafi et Obiang Nguema ont, dans leur entretien parlé de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de paix et de la sécurité africaine (CPS) relative à la création d’un panel d’enquête de cinq chefs d’Etat. Ce dernier devrait négocier un accord de paix entre le gouvernement libyen et les insurgés et a exigé une enquête sur les accusations faisant état de l’implication de milliers de mercenaires étrangers dans les activités criminelles en Libye.

On constate en passant que seuls les pays arabes du Golfe sont partie prenante de la guerre contre la Libye. Aucun pays africains ne donnant son aval à cette re-colonisation détournée. On peut détester ou aimer Mouammar Kadhafi mais ne pas rester silencieux face à l’injustice dont il est victime. Les cris d’orfraie ici et là ne sont qu’hypocrisie, mensonge et mépris pour l’Afrique. Dans quel pays au monde peut-on accepter qu’une insurrection armée s’impose ? Imaginons un seul instant, des rebelles prenant Lyon et marchant sur Paris. Que fera l’Elysée ? C’est de cela qu’il s’agit et la création de la dialectique selon laquelle cette opération militaire est à but humanitaire laisse pantois. Par mimétisme des révolutions tunisienne et égyptienne, pacifiques, certains Libyens ont pris des armes. Par ouï-dire donc, après le passage d’un écrivain décati aux yeux de lynx qui aurait vu des morts par milliers et des charniers, pire, décidant pour 66 millions de Français sans en référer au Parlement, il faut attaquer la Libye sans apporter la moindre preuve des « exactions ». Étonnant, non ? La presse française n’en parle pas…

Que veulent BHL, Sarkozy et les autres ?

Sans doute renverser le leader de la Jamahiriya arabe libyenne Mouammar Kadhafi, à défaut de mettre sur pied la partition de la Libye en restaurant la Cyrénaïque (515 av. J.-C) actuel Benghazi en la transformant en État indépendant. Probablement aussi, faire de cette partie de la Libye, une entité autonome à l’image du Kurdistan irakien, pour mieux pomper le pétrole libyen. Cette déstabilisation libyenne a donc une forte odeur de pétrole. Finalement, avoir du pétrole et être vindicatif comme l’est Mouammar Kadhafi est une malédiction. On comprend aisément la servilité des régimes du Golfe qui font des fellations aux Occidentaux. Pourquoi, alors que les révoltes pacifiques sont réprimées dans le sang au Yemen ou à Bahreïn ne voient-on pas de résolution de l’ONU ? Cherchez l’erreur !

A propos de ces régimes arabes du Golfe, il est assez étonnant de ne jamais les voir appuyer les résolutions de l’ONU lorsque l’Institution internationale épingle Israël. Faut-il vous faire un dessein en ce qui concerne l’opération « plomb durci » d’Israël contre Gaza vue par le juge sud-africain juif Richard J. Goldstone comme étant un crime contre l’humanité/ des crimes de guerre ? Passons. Faudrait vraiment avoir la science infuse pour convaincre les pays africains de se lancer dans cette aventure belliqueuse. Mouammar Kadhafi est le principal financier de l’Union africaine (UA) et contribue au développement de l’Afrique. Les dirigeants africains qui s’engageront dans cette forfaiture bhélévienne auront des comptes à rendre à leur peuple, face aux salmigondis sarkoziens…

Mais que dit la résolution de l’ONU ?

Le mensonge médiatico-sarkozyste risque de se retourner contre le président français Nicolas Sarkozy. En effet, tout le monde, même des ministres ont cru bon d’annoncer que les bombardements allaient commencer dès l’adoption de la résolution de l’ONU. Balivernes.  La résolution onusienne demande instamment aux autorités libyennes de protéger les civils, met en place une zone d’exclusion aérienne, le respect de l’embargo sur les armes, le gel des avoirs de l’Etat libyen dans leur ensemble, et la mise sur pied d’un panel d’experts ( La consulter en intégralité). Ceci, pour amener à la paix et rien d’autre. Nicolas Sarkozy, BHL, François Baroin, Cameron et autres Alain Juppé n’ont pas dû lire cette dernière.  Le message appelle en somme, à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution.

Et par conséquent, par la voix de son ministre  des Affaires étrangères Moussa Koussa, après la résolution onusienne,la Libye a cessé toute attaque contre les rebelles. Ces derniers qui ont par ailleurs tué froidement des noirs soupçonnés d’être des mercenaires, entre autres, à Benghazi et non Kadhafi, il n’y a plus rien à faire en principe. Mais, coup de théâtre après l’annonce des autorités libyennes, les rebelles ont recommencé à attaquer. La riposte des soldats loyalistes n’a pas tardé. Surprise: ignorant les crimes des rebelles, Paris, Londres et Washington ont appelé à la fin « immédiate » de « toutes les attaques » contre la population libyenne, sous peine d’une intervention, conformément à la résolution de l’Onu.

Conclusion

Craignant de se retrouver seul, Sarkozy se trouve obligé de faire le pied de grue devant les régimes arabes et l’Union africaine (UA). Un appel du pied qui montre l’amateurisme élyséen. C’est ainsi que deux aventuriers français, BHL et Sarkozy, risquent de se retrouver humiliés et, le pire c’est qu’ils ridiculisent par la même la France.  On a appris par ailleurs que, malgré l’unanimité des politiques de tous bords, en France, il y aura un débat au Parlement qu’ils ont failli fouler aux pieds. Ceci, après que les deux quidams aient craché sur la Constitution ou le Quai d’Orsay. Une pantalonnade en perspective. Le blogueur Alert2neg a bien raison de parler de petit gesticulateur, que dis-je, d’éjaculateur précoce, qui joue les Bush Jr., son mentor.


Source : Le blog d’Allain Jules

FAIRE GAFFE A LA RECONCILIATION ET A LA JUSTICE DES VAINQUEURS

 

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Nous avions espéré l’après kidnapping du Président Laurent Gbagbo par l’armée française, malgré le choc qu’ils ont pu subir pendant ces heures dramatiques de la jeune histoire de leur pays, comme une période de rapprochement, de pardon et de réconciliation pour les ivoiriens. Qui n’ont en fait pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à exister en tant que nation. Notre espérance aura été bien vite déçue.

Le Prix Nobel de la Paix sud-africain et illustre président de la célèbre Commission Vérité et Réconciliation de l’après Apartheid, le Révérend Desmond Tutu, l’aura recommandé aux Ivoiriens lors de sa visite au Président Laurent Gbagbo, à sa résidence surveillée de Korhogo, en compagnie de Monsieur Kofi Anan, ex-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) : « Il faut éviter de parler de justice quand on veut réussir la réconciliation ». Aura-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Encore énivré et grisé par sa chevauchée victorieuse du 28 mai au 11 avril 2011 qui a vu le renversement du régime de Laurent Gbagbo, le RHDP n’en a cure et fait fi du chemin de la sagesse et de l’expérience qui lui est ainsi proposé. Il a décidé de définir sa propre voie de la réconciliation : celle des vainqueurs ! Qui fait table rase de toute considération humanitaire, légal, juridique et même humaine : une centaine de parents, collaborateurs et partisans de Gbagbo emprisonnés sans aucun chef d’accusation, dans des conditions inhumaines ; l’ex-Première Dame, la Député Simone Ehivet Gbagbo, mise aux arrêts sans aucune levée de son immunité parlementaire ; un Premier Ministre et des ministres inculpés sans que ne soit mise en place la Haute Cour de justice ivoirienne, seule juridiction habilitée et compétente, selon notre Constitution, à juger les hautes autorités de l’Etat. Or Me Ahoussou Jeannot, le Ministre de la Justice de Ouattara, l’avait déclaré presqu’avec serment : « Nous sommes soucieux du droit et de la justice », avait-il confié à Jeuneafrique.com. Non seulement on ne tient aucun compte de la nécessité de prendre une option véritable pour le rapprochement des ivoiriens et leur réconciliation mais on escamote les procédures judiciaires. « C’est sous la pression des ONG internationales qu’Alassane Ouattara a enfin bougé et emprunté le chemin du droit », a expliqué un juriste sous le couvert de l’anonymat. Autrement, il ne l’aurait certainement jamais fait, en concluons-nous.

Ainsi, des mandats d’arrêt internationaux seront très prochainement lancés contre Charles Blé Goudé, le leader des « Jeunes Patriotes », et l’actuel porte-parole du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan, également Ministre du budget, accusé par le nouveau régime d’avoir procédé à la nationalisation de l’agence ivoirienne de la BCEAO et des filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale que sont les banques de droit ivoirien, BICICI et SGBCI.

Ainsi le vendredi 24 juin 2011, il a été clairement notifié à quinze (15) hautes autorités de l’Etat et collaborateurs du Président Gbagbo leur inculpation par les services du Parquet du Tribunal de Première instance d’Abidjan, sous au moins 18 chefs d’accusation. Ce sont :

1- Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Premier Ministre.


2- Alcide Djédjé, Ministre des Affaires Etrangères.


3- Désiré Dallo, Ministre de l'Economie et des Finances.


4- Ettien Amoakon, Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information.


5- Christine Adjobi, Ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida.


6- Danielle Boni Claverie, Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant.


7- George Armand Ouégnin, Secrétaire d'État chargé de l'Assurance Mutuelle Universelle (AMU).


8- Philippe Henri Dacoury-Tabley, ancien Gouverneur de la BCEAO.


9- Franck Anderson Kouassi, Président du Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA).


10- Armand Bohui Komé, journaliste au Cabinet de l'ex-Première Dame Simone Gbagbo et ex-membre du Conseil National de la Presse.


11- Norbert Gnahoua Zibrabi, Directeur de publication du journal L'Oeil du peuple et ex-Conseiller technique de Laurent Gbagbo.


12- Simone Hué Lou, Directrice générale adjointe de "La Refondation", société éditrice du journal du FPI Notre Voie.


13- Germain Guézé, cameraman à la RTI, détaché à la Présidence.


14- Chantal Léba, membre de la FESCI, présidente d'un mouvement patriotique.


15- Parfait Atsé Acho, Chef de cabinet de Ahoua Don Mello, au Ministère de l'Equipement et des Assainissements.

Si des procès doivent être ouverts contre des citoyens « indélicats », alors autant que cela se fasse à partir de 2002, où les premiers assassinats et crimes économiques ont été commis contre les Ivoiriens et l’Etat de Côte d’Ivoire par la rébellion conduite par Soro Guillaume et parrainée par Alassane Ouattara. On ne peut absoudre les coupables et incarcérer les victimes, celles qui ont tentées de minimiser ce désastre socio-économique et ses effets par des opérations de sauvegarde et de salut public. Et quand, concomitamment à cette chasse aux sorcières, on embouche le clairon de la réconciliation, nous y perdons notre latin. Cette justice à sens unique nous conduit, inexorablement, dans le mur. Ce n’est qu’une question de temps.

Monsieur le Chef de l’Etat, si tant est que vous souhaitez aller à la paix avec tous les Ivoiriens, vos signaux et messages de réconciliation sont parfaitement illisibles. Aussi bien dans les médias d’Etat ivoirien – accusateurs du camp adverse et cachant mal une contemplation jouissive de sa déchéance – que dans vos actes chargés d’une forte connotation vindicative.

Oui, les appels du pied d’Alassane Ouattara à la réconciliation sont si illisibles que toutes les démarches de ses émissaires auprès des exilés ivoiriens au Ghana et au Togo (où il a lui-même, de vive voix, sollicité le retour de ses concitoyens) auront accouché d’une souris. Le Colonel-major Konan Boniface (jeune, brillant et valeureux officier supérieur de l’armée ivoirienne, major de sa promotion parmi les marine’s américains), Commandant du Théâtre des opérations (Com-théâtre) sous le régime du Président Laurent Gbagbo, se refuse à revenir au pays. Ou du moins, n’y reviendra qu’« au moment opportun », selon ses propres termes. Et avec lui, des dizaines de milliers d’Ivoiriens, ainsi que de redoutables soldats, armés et bien entraînés. Pourquoi donc ? Parce qu’ils ne voient pas de sincérité dans les propos et les actions du camp Ouattara.

Monsieur le Chef de l’Etat, vous ne pouvez tendre une main de velours à vos concitoyens et, de l’autre, cacher un glaive dans le dos. Ce n’est pas de la réconciliation mais plutôt des règlements de compte, qui feront immanquablement le lit d’un repli conservatoire et défensif qui pourrait gravement compromettre la paix en Côte d’Ivoire et conduire à une déflagration générale. Nous vous interpellons, ici. De la façon la plus vive. Un chat aculé dans un endroit clos peut se montrer extrêmement dangereux, nous apprend l’expérience de la vie. Parce qu’on ne lui laisse aucun autre choix pour sa survie.

Nous avons encore souvenance que le Président Gbagbo a évité de mener la traque contre le Président Robert Guéi à Kabakouma, dans sa région natale de Man, après sa chute en 2000, ou contre ses collaborateurs exilés. Sa préoccupation était véritablement de rapprocher tous les Ivoiriens. Et il l’a concrètement traduit par l’organisation du Forum de la Réconciliation Nationale, avec des personnes neutres (ce qui n’est pas le cas du régime Ouattara, pour sa Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation). Il a pour se faire, fait revenir d’exil Messieurs Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, pour dire leur part de vérité à cette tribune et conduire la Côte d’Ivoire vers des jours plus apaisés, même s’ils basculeront, deux ans plus tard, dans une tentative de coup d’Etat muée en rébellion qui balafrera notre pays, par le manque de sincérité de certains participants audit forum. Il aura au moins eu le mérite de mettre en confiance ses adversaires politiques pour les faire revenir dans leur pays et leur a donné des statuts qui siéent à leur rang.

Ne leur avait-il pas notamment, comme nous l’écrivions antérieurement, reconnu un statut d'anciens présidents et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs forfaits et nommé leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne? Et, cerise sur le gâteau, nul parmi eux n’a été, le moins du monde, inquiété pour ses actions subversives, ses crimes économiques et ses délits de droit commun. Voici ce qu’on peut qualifier d’efforts véritables de réconciliation. Pas le simulacre qu’il nous est donné de déplorer, en ce moment, en Côte d’Ivoire.

Ivoiriens, nous voulons aller à la paix. Nous n’avons de cesse de le réaffirmer, depuis le sanglant dénouement de la crise postélectorale, intervenu en avril 2011. Prenons donc garde à la réconciliation et à la justice des vainqueurs. Périlleuse et aux issues incertaines. Au risque de faire basculer la Côte d’Ivoire, notre beau pays, dans une nouvelle spirale de violence dont on ignore totalement ce que seront les aboutissements.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

 

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 254 du mercredi 29 juin 2011

dimanche, 03 juillet 2011

ADO SOLUTION, J’AI DES PROBLEMES POUR VOUS!




 

La chronique de Hassane Magued

La Solution. C’est votre nouveau nom. Vous respirez les solutions. Vous mangez les solutions. Vous vivez de solutions. Vous êtes la Solution. Alors, je pense que je frappe à la bonne porte en vous sollicitant. Moi, j’ai plutôt des problèmes. De nombreux problème en divers gabarit et doses. Avec vous, c’est une question de dose. Votre spécialité nous y oblige. Pour un professionnel des solutions sans solution, il faut des problèmes surdosés. Cependant aujourd’hui, je veux commencer avec vous par un petit problème. Il est certes bien dosé à l’Ivoirienne, mais il demeure un tout petit problème pour vous.

Toutefois, avant de commencer cet Article 21ème de la Révolution Permanente, j’aimerais que vous et moi vidions un petit malentendu que certains Ivoiriens ont pu entretenir dans la Presse proche de vous. J’ai cru lire, à moins que je ne trompe, que plusieurs chefs d’Etat se bousculeraient pour vous rencontrer en Guinée Equatoriale, au 17ème sommet des chefs d’Etat de l’UA (Union Africaine) tenu à Malabo où grâce à quelques coups de canons français, vous vous trouviez être celui qui représenta le peuple de Côte d’Ivoire.

Sur la question, je vais être direct et rapide. Je vous y ai vu. Vous étiez assis derrière au fin fond de la salle, exactement à l’avant dernière rangée en bout de sièges, à côté du délégué du Burundi avec dans votre dos, celui de la Mauritanie. Les chefs d’Etat de l’UA étaient eux, assis sur les rangées de devant. De vous à moi, quelqu’un que des éminentes personnalités d’Afrique se bousculeraient pour rencontrer ne s’assoit pas là où les organisateurs vous ont laissé tout triste. Pour être honnête, vous avez compris lors de ce sommet, tout le bien que les autres participants pensent de vous et la considération qu’ils ont pour vous. Votre place occupée en dit très long. C’est pourquoi, je vous ai demandé en toute amitié d’arrêter de demander de l’argent à n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Sinon, le monde entier finira par vous traiter n’importe comment. Il y a quelque temps, c’est une de vos inconditionnelles, Henriette Diabaté qui vous traitait officiellement de “Préfet”. Aujourd’hui, c’est au tour des organisateurs du sommet de l’UA de vous installer au fond, dans la rangée des chefs venant des petits pays. Bientôt, on vous installera à la place des vigiles quand il y aura des réunions officielles. Le monde est petit et les gens se parlent. Alors, arrêtez de tirer la Côte d’Ivoire vers le bas. Je vous en prie.

Cette mise au point faite, je reviens sur le sujet qui nous met face à face ce matin. Avez-vous besoin de problèmes ? Ou bien vous en avez déjà assez, Monsieur ADO Solution?

J’ai lu des articles parus dans vos organes de presse et j’ai compris que vous avez besoin de problèmes complémentaires. Alors, pour faire bien les choses, j’ai voulu vérifier avec vous si la cagnotte à problèmes était vide ou déjà pleine. Bien entendu, je me mettrai en colère contre vous, si vous me répondez que vous avez suffisamment de problèmes déjà. Vous êtes ADO Solution et je pense que vous vivez de problèmes compliqués. Alors, essayons de voir ensemble, quelques uns des problèmes qui se posent à vous afin que je puisse les compléter. Et après moi, des bonnes volontés suivront. Je l’espère.

Cela dit, j’ai noté que votre premier problème en Côte d’Ivoire, actuellement, c’est le problème d’argent. Sur ce point, je vous ai dit de laisser tomber. Vous n’en aurez pas. Et comme vous ne savez pas comment produire de l’argent, je vous ai recommandé de laisser les fils du pays s’en charger après la Révolution qui vous soulagera de vos angoisses têtues et intraitables. Alors passons à autre chose.

Un de vos problèmes coriaces, c’est votre milice armée baptisée FRCI. Pour gérer leur situation, il vous faut à la fois de l’argent, des infrastructures militaires ou civiles et surtout de l’audace. Ces gars ne vous comprennent plus. Ils ne se reconnaissent plus en vous. Vous leur aviez promis les salaires et les maisons des FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Pour preuve, il y a deux semaines, ils ont essayé d’emménager dans des locaux occupés par la Gendarmerie dans un sous-quartier de Yopougon. Ils ont été mitraillés intensément par les Gendarmes. Ils sont retournés avec plusieurs plombs dans le corps. Plus grave, la plupart d’entre eux continuent de dormir à même le sol, sur leurs vieux treillis. Ils continuent d’utiliser les mêmes serviettes déchirées, de porter les mêmes culottes perforées, de garder les mêmes débardeurs raccommodés. Ils ont faim et ils mendient eux aussi. Vous le savez mieux que moi-même. Un homme armé qui a faim, à qui vous devez de l’argent, du confort et un statut, peut à tout moment vous trouer la peau. Mais vous êtes ADO Solution, donc je n’ai pas peur pour vous. Sauf que les promesses, quand elles tardent à se réaliser, ceux à qui vous devez leur réalisation peuvent faire de vous une victime innocente, surtout quand ils sont des éléments notoirement incontrôlés comme vos hommes en armes. Alors, wait and see.

Un tout petit problème pour lequel vous vous moquerez de moi très certainement, le pays hanté que vous avez décidé de diriger contre vents et marrées. Eh oui! Pour ceux qui ne le savent pas, la Côte d’Ivoire est un pays hanté, non pas par un fantôme, mais par un homme vivant. On le voit partout. Eveillé comme endormi. On le voit roder. Son ombre plane sur tout. On parle de lui partout. On lui attribue tout. On veut qu’il paie pour tout. Et finalement, il est devenu un cauchemar pour vous. Vous l’avez déjà mis en prison. Mais vous voulez le mettre beaucoup plus en prison. Vous voulez le mettre en prison à la fois en Côte d’Ivoire et dans une prison de la communauté dite internationale. Comme cela est humainement impossible, je ne peux que compter sur votre don d’avoir des solutions pour y arriver. A moins que vous le mettiez en prison en Côte d’Ivoire et que vous mettiez ses photos et portraits en prison ailleurs. On ne sait jamais, avec ADO Solution, tout est possible. Mais quoi que vous fassiez, ce pays restera hanté par Laurent GBAGBO qui s’est déjà immortalisé par ses choix panafricanistes et son combat anticolonialiste. Ne perdez pas votre temps. Laurent GBAGBO rythmera toujours votre vie en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde. Vous-mêmes l’avez remarqué à Malabo. Pour jouer l’intéressant, vous avez été obligé de photocopier le projet de GBAGBO Laurent demandant la mise en place d’un fonds africain, sans même citer l’auteur de ce projet. C’est votre plus belle qualité. Vous savez être le père de la réussite des autres.

Et cet autre problème gravissime. Un homme normal en serait altéré. Mais vous êtes ADO Solution.

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Le problème, c’est que tout se gâte, tout se détruit, tout devient cher, tout devient invivable, tout devient compliqué : règlement de comptes dans les entreprises, licenciements abusifs de cadres pro-GBAGBO, gèle des avoirs des pro-GABGBO, mise en examen des officiers qui ont liquidé les 317 légionnaires français et débarrassé le plancher lorsque vos analphabètes en armes ont débarqué à Abidjan croyant que la trahison des officiers supérieurs avait créé un boulevard pour eux. Tout ça crée tellement d’incertitudes quant à vos chances de vous en sortir vivant, que j’en ai des céphalées à votre place. Mais vous êtes comme une bactérie. Vous prospérez en environnement malsain, en environnement problématique. Alors, je croise les doigts pour vous et j’attends de voir la fin de tout ça.

Les problèmes, il y en a un peu trop à mon avis. Mais vous êtes ADO Solution. Je vous interdis de penser comme moi. Cela dit, voici mon cocktail maison de problèmes pour vous. J’ai noté pour vous que personne ne vous aime et personne n’a besoin de vous en Côte d’Ivoire, en tout cas, depuis que les Ivoiriens ont commencé à mieux vous connaître. Alors je vous soumets ce problème tout simple mais très bien dosé.

La Côte d’Ivoire est en train de perdre tous ses fondamentaux. Il faut mettre en urgence fin à la débâcle. Libérez Laurent GBAGBO. Proposez l’organisation de nouvelles élections dans six mois. Mettez-vous à l’écart et laissez les Ivoiriens se mesurer entre eux. Et après, faites vous inviter à la réconciliation nationale que la nouvelle autorité qui sortira de ces élections organisera. C’est le petit problème que j’aimerais vous soumettre ce matin.
La solution la plus simple à ma préoccupation serait que vous refusiez d’accéder à ma requête. Mais vous n’aimez pas les choses simples. Donc je sais que vous allez l’accueillir favorablement. Néanmoins ADO Solution reste imprévisible. Vous pourriez prendre l’option la plus inattendue de ma part, c’est-à-dire, le refus. Au fait, je sais que vous vous croyez malin et que vous refuseriez, ne serait-ce que par pur bon sens. Chez les Illuminati, le pouvoir ne se prend pas pour être rendu. Je le sais.

Mais j’aimerais attirer votre attention sur ce que vous risquez en n’accédant pas à ma requête. Des personnes pourraient décider de vous mettre devant des solutions et non devant des problèmes comme je le fais. Et comme vous avez été formé pour ne trouver que des solutions, je sais que vous ne saurez pas inventer des problèmes nouveaux qui correspondront à toutes les solutions qui seront mises devant vous. Vous serez emportez par ces solutions avant d’avoir le temps de les examiner. Rien ne pourra vous aider à y échapper. Une Révolution comme celle que je vois venir est un condensé de solutions qui vous laissera perplexe. Mon cher ADO Solution, réfléchissez par deux fois avant de décréter votre Solution à ma requête. Je reviendrai vers vous. Si entre temps, les solutions révolutionnaires ne vous ont pas emporté.

A très bientôt.


Hassane Magued


In La Révolution Permanente N° 0021/07/11


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EMEUTES A DAKAR.jpg


SENEGAL : DES MERCENAIRES DEBARQUENT A DAKAR (PRESSE)


Environ 150 mercenaires recrutés par des responsables proche du président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ont débarqué mardi nuit à Dakar, rapporte le journal sénégalais « Le Quotidien ».

Selon des informations recoupées par « Le Quotidien », ces mercenaires qui seraient d’origine nigériane et ghanéenne auraient pour mission d’« infiltrer les prochaines manifestations pour, par la suite, aiguillonner les manifestants vers les domiciles de leaders d’opposition, de journalistes, d’entreprises de presse ». Certains parmi les sources contactées précisent que « ceux qui sont à la base de tout cela n’excluent pas des kidnappings dans ces moments-là, si toutes les conditions sont réunies ».

Selon la même source, lors des différentes réunions qui se sont tenues au palais de la République, des membres du parti au pouvoir et leurs alliés ont martelé qu’il faut savoir rendre coup pour coup, n’ayant pas digéré l’humiliation subie suite aux différentes manifestations de ces derniers jours.

Par ailleurs, le président d’honneur du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), Amath Dansokho, a révélé mercredi sur les ondes de la Radio Futur media (RFM) que « des gens sont recrutés hier (mardi, ndlr) dans la salle de commission de l’Assemblée nationale pour attaquer les maisons des dirigeants de l’opposition ». « Je mets en garde Abdoulaye Wade et Bennoo le tient pour responsable de tout ce qui va se passer après avoir ouvertement déclaré qu’ils vont faire œil pour œil dent pour dent », a-t-il ajouté.

Le Sénégal est plongé dans une grave crise socio-politique, née de la création par le chef de l’Etat Abdoulaye Wade d’un poste de vice-président taillé sur mesure pour son fils Karim, selon ses détracteurs. La contestation, dont l’allure fait de plus en plus songer au printemps arabe, a lieu dans plusieurs villes du pays.

Depuis le 23 juin 2011, plusieurs bâtiments publics et des domiciles de responsables du régime ont été incendiés. La police et la gendarmerie étant débordées, le gouvernement a eu recours à l’armée pour mettre fin aux émeutes.


In Le Quotidien/RFM

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FRANCE: SIX MOIS DE PRISON AVEC SURSIS POUR HERMANN FUSTER L’AGRESSEUR DE SARKOZY


L’homme qui a agrippé le président hier lors de sa visite dans le Lot-et-Garonne est donc sorti libre du tribunal.

Hermann Fuster, l’homme d’une trentaine d’années qui a violemment agrippé le président de la République Nicolas Sarkozy jeudi à Brax (Lot-et-Garonne) a été condamné à six mois de prison avec sursis, vendredi 1 juillet après-midi, en comparution immédiate par le tribunal d’Agen.

Il est donc sorti libre du tribunal, le visage fermé, et s’est engouffré dans une voiture avec sa mère, sans faire de déclaration.

La condamnation a été assortie de 3 ans de mise à l’épreuve, d’une obligation de soins en milieu hospitalier et d’un stage de citoyenneté de 2 jours.

Le procureur avait requis neuf mois de prison, dont six avec sursis. Pascal Prache avait également requis un mandat de dépôt ainsi qu’une obligation de soins et un stage de citoyenneté de deux jours à l’encontre du prévenu.

Un “tabou brisé”

“En vous en prenant au président de la République, c’est un tabou qui a été brisé, celui de l’intégrité physique de celui qui est la clé de voûte des institutions”, a lancé Pascal Prache dans son réquisitoire d’une vingtaine de minutes, ajoutant: “La base de la démocratie, c’est le respect et l’absence de violence physique, c’est un enjeu démocratique que vous avez mis en péril”.

Le prévenu avait assuré avoir plutôt voulu pousser “un coup de gueule” que “mettre un poing dans la gueule” du président, allusion à plusieurs SMS envoyés à son ex-épouse juste avant son geste, et mentionnant son intention de donner un coup à Nicolas Sarkozy. Hermann Fuster a expliqué qu’il fallait lire ces SMS avec humour.

Son avocat Me Laurent Bruneau avait estimé que son client “fait partie de ceux qui s’indignent”, et que son geste signifiait “y’en a marre”.

Hermann Fuster, employé municipal au Conservatoire de musique et de danse d’Agen, est apparu dans le box habillé de noir, avec des motifs de style gothique à base de têtes de morts sur son tee-shirt, et les cheveux ramenés en long catogan.

3 ans de prison encourus

Il était jugé pour “violences sur personne dépositaire de l’autorité publique” n’ayant pas entraîné d’incapacité, des faits passibles de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende. Il avait passé la nuit en garde à vue dans les locaux de la Section de recherches (SR) de la gendarmerie d’Agen.

Il avait été immédiatement maîtrisé par des officiers de sécurité et Nicolas Sarkozy n’a pas porté plainte. C’est la première fois depuis son accession à l’Elysée que celui-ci était ainsi pris à partie physiquement.

Aux termes de l’article 222-13 du code pénal, Hermann Fuster encourait trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.



In Le Nouvel Observateur


Source des articles : IVORIAN.NET

GUERRES ETASUNIENNES: LE COUT


L’évolution de la dette américaine
(en milliers de milliards de $ US !)

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Par Maurizio Matteuzzi


Voir : L’horloge de la dette des USA


Des pays surendettés comme la France et, notamment, les USA, en mal de ressources pour redresser leurs économies déclinantes et pour rebondir, mettent le monde en danger. Il faut trouver dans la gestion chaotique de leurs déficits budgétaires, véritables gouffres financiers, l'explication de ces nombreuses crises et guerres entretenues dans le monde (Irak, Afghanistan, Pakistan, Libye, Côte d'Ivoire) avec leurs cortèges de morts, de destruction et d'instauration du chaos. En réalité, tout juste une couverture pour mettre en place la nouvelle régence de la planète Terre. Le Nouvel Ordre Mondial est en marche. DIEU garde l'humanité! Fernand Dindé.


La dette américaine (plus de 13 000 milliards de $ US !) :

Horloge de la dette


Première question : les Etats-Unis d'Amérique pourraient-ils vivre sans que quelque guerre n'alimentât, surtout en temps de crise économique, leur puissant système militaro-industriel ?

Seconde question (ingénument rhétorique) : que pourraient faire les Etats-Unis d'Amérique s'ils destinaient les colossales ressources économiques utilisées pour les guerres à leurs problèmes sociaux ?

Questions qui surgissent à la lecture de l'étude produite par l'Université Brown de Providence, dans le Rhode Island, de la prestigieuse chaîne universitaire Ivy-league. On peut se reporter pour ce faire au site de l'université : « Cost of war, 250.000 lives and up to £4 trillion » et sur le site du quotidien londonien The Independant, qui y a consacré hier un article, synthétisé ainsi : « La guerre au terrorisme s'apprête à dépasser le coût de la seconde guerre mondiale ».

Le coût total pour l'Amérique ( !? pour les Etats-Unis d'Amérique, NdT), des guerres post-11 septembre contre l'Irak et l'Afghanistan, et des opérations militaires corrélées au Pakistan (genre l'Opération Jeronimo contre -le présumé, NdT- Ben Laden), est en voie, étant donné qu'elles ne sont pas encore finies, de dépasser les 4 trillions de dollars (4 mille milliards). Non seulement les guerres les plus longues de l'histoire des Usa, non seulement plus du triple des financements attribués par le Congrès dans la décennie suivant le 11 septembre 2001 (George Bush avait dit que la guerre en Irak coûterait 50-60 milliards), mais aussi déjà quasiment équivalentes au coût de la seconde guerre mondiale, qui pour le Bureau du budget du Congrès se monte, selon les chiffres connus aujourd'hui, à 4.1 trillions de dollars. Et le chiffre ne comprend pas le coût de la nouvelle guerre en Libye, « mineure » par rapport aux deux autres, mais quand même toujours lourde.

Face à cette somme épouvantable, les 1.3 trillions officiellement attribués par le Congrès ne sont que la pointe de l'iceberg. Il faut y ajouter le paiement des intérêts sur l'argent nécessaire pour financer les deux guerres (financées, contrairement aux précédentes guerres étasuniennes, quasiment entièrement avec de l'argent emprunté et qui tôt ou tard devra être restitué) ; les 400 milliards de dollars du coût estimé à l'intérieur des Etats-Unis pour la « guerre au terrorisme » ; les coûts relatifs aux vétérans et aux invalides (de guerre, NdT). A la fin, le compte total estimé par le Watson Institute for International Studies de l'Université Brown atteint les 3.7-4.4 trillions.

Une étude analogue de 2008 conduite par d'autres universitaires (parmi lesquels J. Stieglitz) pour l'Université Harvard s'était arrêtée à 3 trillions. Mais depuis lors, les choses ont empiré car la situation financière des Etats-Unis est beaucoup plus critique du fait de la crise économique globale et d'un déficit du budget fédéral qui tourne autour d'1.5 trillions par an.

Et puis il y a les coûts humains. L'étude de la Brown calcule qu'il y ait entre 250.000 et 258.000 morts. Une petite tranche de ce calcul -6.100- sont les militaires étasuniens, puis viennent les 125.000 morts (civils, NdT) en Irak (chiffre probablement sous-estimé), les 140.000 morts en Afghanistan (sans compter ceux du Pakistan, plusieurs milliers), et les morts indirects (des blessures, épuisement, manque de soins, etc.). Enfin les réfugiés (qui essaient de fuir où ?), entre 7-8 millions.

Il faudrait aussi calculer quelles issues politiques ont produit ces coûts économiques colossaux. Ici le résultat est plus insidieux et incertain. Mais certaines données sont sûres : le monde « s'est libéré » de régimes brutaux comme ceux de Saddam Hussein et des Talibans (en attendant Kadhafi) (on laisse au lecteur le soin de faire une comparaison entre la brutalité de ces régimes et celle des Etats-Unis d'Amérique, NdT) ; mais les Talibans sont encore là, et pour la démocratie « exportée », on ne peut pas dire qu'elle ait fleuri en Irak et Afghanistan (et on verra en Libye) ; et on peut dire, sans controverse (pour l'auteur, NdT), que le plus grand vainqueur de la guerre en Irak est l'ennemi le plus coriace pour les Etats-Unis : l'Iran.

Dernier détail. Ces 4 trillions et quelques ne sont pas le coût total des guerres en Irak et Afghanistan. Seulement celui des Usa...

 

Edition de vendredi 1er juillet 2011 de « il manifesto ».

 

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2...

Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.



Source: COMITE VALMY

samedi, 02 juillet 2011

MAMADOU KOULIBALY, JUSTICE, LMP, FPI: KONE KATINAN (PORTE-PAROLE DE GBAGBO) REPOND A TOUT


KONE KATINAN JUSTIN.jpg

Il s'est enfermé dans un silence prudent depuis les évènements qui ont favorisé la chute de Laurent Gbagbo courant avril. Koné Katinan Justin, ministre délégué au budget dans le gouvernement Aké N'gbo se trouve aujourd'hui- comme bien de cadres de l'ancien régime- en exil. Il est depuis fin mai porte-parole du chef de l'Etat déchu Laurent Gbagbo. Par le truchement d'une personne ressource, nous avons pu établir le contact avec ce diplômé de l'Ena, haut cadre des Impôts. L'interview a été réalisée via internet. Exclusivité.

Bonjour, comment allez-vous ?

Koné Katinan Justin : Je vais bien. Tout juste un peu fatigué.

Bientôt trois (3) mois que votre leader, Laurent Gbagbo, a été défait militairement. Etes-vous remis de ces terribles moments ?

K.K.J : Certainement pas. On ne se remet pas aussi vite d'un tel traumatisme. Mais nous avons hérité de lui qu'il ne sert à rien de pleurer devant l'adversité. Cet enseignement nous permet au moins de nous surpasser. C'est ce que nous faisons.

M. Koulibaly Mamadou, président intérimaire de votre parti, le FPI, a expliqué dans une récente interview à Jeune Afrique que « tous les militants et cadres se demandent pourquoi Laurent Gbagbo s'est entêté à ce point à la limite de l'irrationnel ». Faites-vous partie de ces cadres-là qui pensent que Laurent Gbagbo s'est « entêté à la limite de l'irrationnel » ?

K.K.J : Tout dépend de ce que Mamadou Koulibaly comprend par l'entêtement. Lui et moi n'avons pas la même lecture des événements. Moi j'étais en Côte d'Ivoire et il était, lui, au Ghana. Peut-être que la distance que chacun avait par rapport au théâtre de ces douloureux événements justifie la différence de compréhension et d'analyse de ces événements. En tout cas, je ne vois pas en quoi le Président Gbagbo s'est entêté jusqu'aux limites que Mamadou Koulibaly qualifie d irrationnelles. Je ne fais pas partie de ces cadres qui pensent comme lui, et je ne suis pas sûr qu'il en existe plus de deux dans le parti.

Mais objectivement, vous ne pensez pas que Laurent Gbagbo, seul contre tous, n'avait aucune chance de demeurer au pouvoir ?

K.K.J : Mais Gbagbo n'était pas seul ! Il avait le peuple, l'armée et les institutions de l'Etat y compris l'Assemblée Nationale avec lui. Une élection n'est pas une compétition internationale. C'est d abord une affaire domestique. Le cas de la Cote d'Ivoire va certainement faire école. Quelles justifications aurait-il données à ces millions de personnes qui ont porté leur choix sur lui s'il avait eu une conduite autre que celle qu'il a eue si heureusement ? Par ailleurs, ce débat me semble dépassé. Les Ivoiriens s'interrogent comment faire pour avancer c'est cela qui me paraît vraiment important. Et sur ce point, le président Gbagbo, lui-même, a indiqué le chemin le jour de son arrestation par l'armée française quand il a dit il faut passer à la phase politique de la résolution de la crise après les opérations militaires. Je crois qu'il est toujours dans la même logique et il attend encore l'autre camp sur ce chemin.

Le débat est dépassé, dites-vous. Doit-on comprendre que vous reconnaissez Alassane Ouattara comme nouveau président de la République ?

K.K.J : C'est sur cette question que le débat politique et la réconciliation tant recherchée prennent tout leur sens. Il y a eu une élection à l'issue de laquelle deux candidats revendiquent chacun la victoire. L'un est défait militairement par une force de surcroît étrangère, mais le problème n'est pas, pour autant, réglé. La légitimité ne se trouve jamais au bout des canons de fusils. Le problème politique persiste. Et c'est là où l'intelligence humaine fait la différence. Qu'est-ce que l'on fait face à une telle situation. C'est là où la politique, en tant que moyen de gestion civilisée des contradictions et des conflits dans la société, joue un rôle déterminant. Pour que l'on arrive à une solution définitive qui rassure tous les Ivoiriens sur leur avenir, le débat politique civilisé doit s'ouvrir entre personnes de grande intelligence comme les deux candidats pour trouver la solution. Au terme de ce débat, toutes les conclusions sont faciles à tirer. C'est ce qu'attend le Président Gbagbo.

Donc, vous ne reconnaissez pas la décision du Conseil constitutionnel qui fait d'Alassane Ouattara, le nouveau président de la République ?

K.K.J : Il y'en avait une qui existait déjà. Un Conseil Constitutionnel ne se dédit pas. Si la décision du Conseil Constitutionnel était suffisante pour trancher la question ivoirienne, pourquoi avoir fait la guerre alors qu'il avait déjà rendu un verdict. C'est dire que le problème est ailleurs. Je répète que le problème reste fondamentalement politique. Il faut lui trouver une solution politique sans faux-fuyant. Et on ne peut le régler en excluant de ce débat le Président Gbagbo comme cela a semblé être le cas jusqu'à présent. Quand le Président Gbagbo désigne un porte-parole c'est qu'il entend participer au débat politique sur la suite de la gestion de la crise. Il ne faut pas lui chercher une alternative alors qu'il est encore bien vivant et il est le principal concerné par cette affaire. C'est pourquoi en notre qualité de porte-parole, nous avons saisi le Premier Ministre Charles Konan Banny, en tant chargé de la réconciliation en interne, et le comité des sages conduit par Desmond Tutu et autres Kofi Annan en tant que réconciliateurs extérieurs, qui sont à notre avis, les principaux points de jonction entre les deux candidats pour ouvrir le débat politique, qui s impose dans tous les cas de figure. Mieux vaut peut-être l'ouvrir maintenant.

Vous affirmez que le Conseil constitutionnel ne se dédit pas. En voulez-vous à son président Paul Yao N'Dré qui a proclamé Alassane Ouattara, président de la République ? N'a-t-il pas fait l'objet de pressions ? On parle d'une médiation du président John Atta Mills...

K.K.J : Quand on n'est pas capable d'assumer une responsabilité on ne l'accepte pas. Un président de Conseil Constitutionnel ne se laisse pas impressionné.

Un journal vous a cité comme faisant partie d'un groupe de cadres pro-Gbagbo prêts à monter une action de déstabilisation contre le régime en place. Que répondez-vous ?

K.K.J : On ne peut pas être à la fois porte-parole de Gbagbo et adepte des actions de déstabilisation dont a parlé ce journal. Il y a là une incompatibilité absolue. J'avais déjà répondu à ce journal. Je ne reviendrai plus là-dessus. Le credo du Président est et demeure toujours « Asseyons nous et discutons ». Il n'a pas changé et je ne vois pas pourquoi ses lieutenants changeraient. C'est un homme politique et il reste politique.

Un autre canard vous accuse d'avoir acheté une maison à 400 millions de F cfa à Accra avec l'argent du « braquage de la Bceao à Abidjan ». Que dites-vous ?

K.K.J : J'aimerais bien qu'on passe à des choses plus sérieuses. Il y a des personnes qui dessinent le monde de leurs rêves à travers des allégories. L'on tente de faire de moi le héros d'un film de science fiction. Je refuse de jouer ce rôle. J'étais ministre dans un gouvernement et non un chef de gang. Je ne crois pas que ce débat inutile puisse faire avancer la cause de notre pays. Allons-y à l'essentiel.

Qu'est-ce que cela vous fait de savoir que les nouvelles autorités s'apprêteraient à lancer un mandat d'arrêt international contre vous et certains cadres pro-Gbagbo ?

K.K.J : Elles ont certainement leurs raisons. Je suis un justiciable comme tous les citoyens de ce pays même si mon statut d'ancien ministre me donne quelques protections. Mais comme je l'ai dit tantôt, tout dépend de l'objectif recherché. Est-il opportun de boucher toutes les voies de discussions ? Le conflit est rentré dans une phase civile où l'on a besoin de se parler. La désignation d'un porte-parole par le président Gbagbo répond à ce souci. Peut-être, faut-il laisser des pistes de rencontre possible. Dans un schéma de sortie d'une crise aussi profonde que celle de la Côte d'Ivoire, cela me semble un minimum indispensable. Le Président en prison, le président du parti, tous les deux premiers vice-présidents en prison, il faut savoir, à mon humble avis, laisser l'ouverture nécessaire à la discussion comme le Président Gbagbo lui-même l'a fait pendant tout le temps où il a exercé effectivement le pouvoir d'État. C'est tout cela que nous appelons le débat politique. Choisir la voie, la meilleure pour sortir de cette mauvaise passe reste le gage de succès de la réconciliation. Mais tout cela est de la responsabilité des nouvelles autorités. Il leur appartient de prendre la juste décision.

Vous dites que vous êtes ancien ministre. Le problème, c'est que le pouvoir actuel considère le régime auquel vous avez appartenu illégitime. Pour cela d'ailleurs, le ministre Jeannot Ahoussou a annoncé, en conférence de presse, que Laurent Gbagbo sera jugé devant une Cour d'Assise pour des « infractions contre l'autorité de l'Etat, atteinte à sa souveraineté... »

K.K.J : Je vous ai dit que c'est son droit de vouloir poursuivre les personnes qu'il soupçonne coupables de crimes et délits. Il est ministre de la Justice, il a donc, à travers le Procureur de la République, l'initiative des poursuites pénales. Personne ne lui conteste ce droit. Mais, maintenant c'est au tribunal saisi de trancher l'affaire. Il y a certainement ce que veut le ministre, mais il y a aussi ce que dit le droit. Et le droit est dit par un Juge à la suite d'une procédure contradictoire. Nous ne sommes tout de même pas revenu à la période de l'inquisition. Cela dit, je m'interroge toujours sur l'opportunité de ces poursuites eu égard à la situation de la Côte d Ivoire. Est-il encore nécessaire de cristalliser davantage les positions déjà suffisamment tranchées et qui ne font que faire douter les Ivoiriens sur leur capacité à surmonter leurs contradictions internes ? Quelle gloire tire-t-on à vouloir emprisonner tous azimuts un Président de la République et les Hauts serviteurs de l'État. Il est temps de couper la chaîne des ressentiments nés depuis 1999. Il ne faut pas la transmettre aux générations futures. Or, j'observe que les ressentiments ne font qu'augmenter. Il faut éviter de frelater notre propre histoire au point d'en faire, comme le disait Nietzche, un poison pour nous mêmes. Nous avons cette capacité de dépassement. Il faut le faire. Le Président Gbagbo l'a suffisamment démontré.

Vous semblez demander l'abandon des poursuites au nom de la réconciliation là où les nouvelles autorités pensent que justice et réconciliation vont ensemble ?

K.K.J : Je n'ai jamais demandé d'abandonner les poursuites. Je dis qu'il faut éviter de donner l'impression de faire la justice des vainqueurs. Cela risquerait de compliquer encore plus la situation du pays. Pour moi, la solution et, je le répète, reste politique. Seul le débat politique peut faire sortir la Côte d'Ivoire de la situation difficile qu'elle traverse. On oublie que le Président Gbagbo a été défait militairement là où l'UA proposait une solution politique et lui- même ne demandait rien d'autre qu'un seul recomptage des voix. C'est un aspect important. Mais, une fois encore, je répète qu'il est à la fois du devoir et de la responsabilité des nouvelles autorités de faire ce qui leur semble bien pour le pays. Ce n'est plus à Gbagbo de décider. Il attend toujours sur le chemin du débat politique civilisé. En tout conflit, il faut savoir s'aménager une petite porte de sortie.

Quelles sont les dernières nouvelles que vous avez de Laurent Gbagbo ?

K.K.J : Les dernières nouvelles que j'ai de lui me font dire qu'il irait bien. Il est cependant préoccupé par le sort de la Côte d'Ivoire. Il s'inquiète du sort de tous ces milliers de personnes qui sont en exil. Il pense profondément à toutes ces familles détruites, aux veuves des Fds et des simples citoyens, aux orphelins de cette tragédie et aux prisonniers. A ces milliers de jeunes qui ont cru à la démocratie et qui sont obligés pour cela de vivre qui, en brousse, qui en exil. A tous ces élèves et étudiants qui ne pourront plus retourner dans les classes et les amphithéâtres. Il en est malheureux. Il prie pour eux. Il leur demande de croire à la Cote d Ivoire et à la capacité de ses fils et filles de se surpasser. Il leur exprime toute son amitié. Enfin, je pense à sa famille et notamment à sa mère de plus de 88 ans, contrainte de vivre en exil après avoir tout perdu.

Au fait, où vous trouvez-vous ? On vous annonce tantôt à Accra, tantôt à Luanda....

K.K.J : Je ne crois pas que là où je suis puisse faire avancer la cause de la Côte d Ivoire.

Comment se fait-il que vous ayez été nommé porte-parole de Laurent Gbagbo au lieu et place de Gervais Coulibaly qui assumait cette fonction jusqu'à la chute de l'ancien Président ? Est-ce parce que Gervais Coulibaly ne faisait plus l'affaire ?

K.K.J : Mon grand-frère Gervais est, reste le porte-parole du Président en exercice. Son petit-frère assume la même fonction pour la même personne mais qui est dans une autre posture. Il s'agit d'un Président en prison. En me désignant comme porte-parole, le Président Gbagbo ne fait que confirmer Gervais. Vous ne pensez tout de même pas que je vais exercer cette fonction sans la bénédiction et la supervision de mon grand-frère. Je suis Tagbana et l'on m'a enseigné très tôt le sens du respect des aînés et les rapports sociaux dans une famille. Je n'aurais jamais accepté cette mission malgré toute ma loyauté vis- à-vis du Président si Gervais ne me l'avait pas permis. Ces choses-là relèvent du sacré chez nous. Considérez que c'est le grand-frère Gervais qui continue d'exercer cette mission et qui continue de bénéficier ainsi de la confiance du Président Gbagbo.

Le ministre Jeannot Ahoussou a indiqué que vous deviez répondre personnellement devant la justice pour avoir conduit la nationalisation forcée de certaines banques commerciales. Il a aussi dit que la somme d'un milliard de F cfa décaissée pour payer les travailleurs d'une banque commerciale, au marché d'Adjamé, a disparu. Que répondez-vous ?

K.K.J : Je vous ai dit que je ne veux pas jouer le héros d'un film de science fiction. Le ministre Ahoussou est garde des sceaux. Dans l'ordre protocolaire du gouvernement, quand il n'y a pas de ministre d'État, c'est pratiquement la deuxième personnalité du Gouvernement après le Premier Ministre. Il est mieux placé pour savoir les compétences d'un ministre délégué dans un gouvernement. J'ai eu la chance de travailler avec le ministre Dallo Désiré, un homme de grande ouverture d'esprit héritée de sa longue expérience du privé. Je profite pour le remercier pour l'encadrement qu'il a bien voulu m'apporter pendant cette brève mais intéressante expérience ministérielle. Je n'accepte pas que l'on lui fasse l'injure de le présenter comme un incompétent et que tout le mérite de l'action du cabinet revienne à son délégué. Cela dit, ce n'est même pas un ministre qui fait une nationalisation. Elle est faite par décret et il n'y a qu'une seule personne qui prend le décret, c'est le Président de la République. Évidemment la solidarité gouvernementale nous rend tous comptables de l'action du gouvernement. Mais de là à penser qu'un ministre délégué a pu forcer la main au Président de la République, c'est un peut trop me surestimer. Mais en tout état de cause, ce que je tiens à dire, c'est que le rôle que j'ai eu à jouer en tant que ministre délégué ou membre du gouvernement dans le dossier des banques, si c'était à reprendre, je ferais la même chose. Pour moi, le comportement des banques en Côte d'Ivoire pendant cette période ne peut mériter aucune condescendance ou une quelconque compassion. Je serais ministre sous le Président Ouattara ou le Président Bédié, je ferais la même chose. C'est une question de conviction personnelle. Moi, je suis client de ma banque depuis plus de 20 ans. Elle m'a démarché alors que j'étais à l'ENA (Ecole normale d'Administration). Elle n'a pas le droit de se comporter avec moi comme les banques l'ont fait avec leurs clients. C'est un acte purement raciste et il s'agit là de la position d'un client. Un banquier n'est pas un épicier. Je dénoncerai ce comportement quel qu'en soit le prix. L'on parle de milliers de morts dans les affrontements militaires. Mais personne ne peut déterminer le nombre de personnes décédées suite à cette décision hasardeuse et méchante des banques. Ce n'est pas parce que je suis en exil ou sous les menaces de poursuites judiciaires que je renoncerai à cette conviction profonde.

Pour ce qui concerne cette fameuse histoire d'argent d'Adjamé, je pense que la banque en question a des services de comptabilité. Mois je n'ai jamais vu cet argent. Ce n'est pas le rôle d'un ministre de garder l'argent. Il y a des services compétents pour cela. Des instructions ont été données pour faire arrêter l'opération clandestine et humiliante de paiement des salariés d'une banque dans un marché. L'opération a été arrêtée et les paiements se sont poursuivis le lendemain dans les locaux de cette banque. Il ne faut pas me donner plus de responsabilité ou de mérite que je n'en avais.

Etes-vous en contact avec un certain nombre de cadres, Ahoua Don Mello, Emile Guiriéoulou...le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé ?

K.K.J : Je n'ai aucun contact avec personne pour le moment. Je sais seulement qu'ils vont bien selon mes sources d'informations.

Si vous étiez à Abidjan, vous vous trouveriez certainement aux côtés de vos camarades à la Pergola dont 15 viennent d'être inculpés. Avez-vous le sentiment, en étant à l'extérieur, de les avoir trahis ?

K.K.J : Je ne crois pas qu'ils se soient donné librement rendez vous là-bas pour se manifester mutuellement la solidarité. Je mesure leur souffrance. Mais c'est la même souffrance que ceux qui sont en exil endurent à quelques variances près. La place d'un citoyen heureux et libre n'est certainement pas en exil ou dans une prison, fût-elle un hôtel. C'est justement pour cela que le président Gbagbo appelle au débat politique qui est, seul, capable de rassurer les Ivoiriens et de cicatriser, un tant soit peu, les plaies intérieures.

Laurent Gbagbo est poursuivi en justice sur le plan national. Il le sera peut-être au niveau de la CPI. A 66 ans, on peut dire qu'il est politiquement fini ?

K.K.J : C'est quoi être politiquement fini ? Je ne pense pas que vous partagiez le rêve de certains des nôtres qui se précipitent, tête baissée, en étant dans la même logique de la fin politique du Président Gbagbo. Un homme politique ne finit jamais surtout quand on a la trempe du Président Gbagbo. Même s'il n'exerce plus le pouvoir d'État, son influence sur la scène politique ne peut se nier. Il a créé un parti qui reste une force incontournable dans le jeu politique ivoirien. J'observe les soucis inutiles que certains des nôtres se donnent pour retourner la créature contre son créateur. C'est à la fois amusant et utopique.

Vous êtes membre du secrétariat général du FPI. Vous semblez en opposition avec le président intérimaire du parti qui pense qu'il faut repenser votre idéologie et changer le nom du parti ?

K.K.J : Je réponds à cette question en tant que cadre du FPI. Ce n'est pas la mission d'un intérimaire. Il faut un peu de discipline en toute chose. Un intérimaire gère les affaires courantes. Le changement de l'idéologie d'un parti ou de son nom ne se décide pas comme cela dans un coin de la rue. Le FPI est un parti trop sérieux et trop organisé pour être traité de la sorte. C'est une opinion personnelle. Il y a, à mon avis, de la précipitation dans la gestion de l'intérim. Les Ivoiriens commencent à prendre trop de goût au coup de force. C'est dangereux pour la démocratie.

Fait-il bon vivre à Luanda ?

K.K.J : J'y suis allé il y a si longtemps que je ne sais que vous répondre.

 


Réalisé par Kisselminan COULIBALY, in le quotidien ivoirien "Soir-Info"

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

NAFISSATOU DIALLO EST-ELLE UNE «BANDIT GUINEE»?


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La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.


Rebondissement dans l'affaire DSK: l'accusation menace de s'effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu'il occupait. Les collaborateurs du procureur, d'abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd'hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu'il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l'affaire. Mais l'accusation pourrait s'effondrer en raison des mensonges répétés qu'aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C'est le surnom qu'on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d'argent troublants

Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l'asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu'elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l'éventuel parti financier à tirer d'une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d'une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d'importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d'argent effectués depuis l'Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n'avoir qu'un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu'elle décrit comme son fiancé et ses amis.

D'autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d'un viol, qu'elle aurait mentionné lors de sa demande d'asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l'immigration n'en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu'elle a fait à l'immigration.

«C'est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l'assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.

Qui n'a jamais menti?

Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d'une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu'elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n'a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d'où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu'elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s'est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d'asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l'islam et l'excision n'avait retrouvé son passeport néerlandais qu'après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l'un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s'est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l'aider.

 

Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

 

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STRAUSS-KAHN RESTE UN VIOLEUR PRESUME


Par Claude Ribbe

Selon le New York Times, la crédibilité de l'accusatrice aurait été entamée par des faits relevés par deux enquêteurs dont l'identité n'a pas été révélée. Quels sont ces faits ? Après son agression, et donc après avoir déposé plainte, Nafissatou Diallo aurait eu une conversation avec un détenu accusé d'avoir été en possession de 200 kg de marijuana. Cet homme, avec des amis, aurait fait des dépôts sur des comptes ouverts au nom de Nafissatou Diallo, pour un montant de 100 000 dollars au cours des deux dernières années. Dans la conversation, enregistrée par la police, Nafissatou Diallo aurait évoqué les indemnités qu'elle pourrait obtenir à la suite de sa plainte.

Qu'en conclure ? Si ces faits sont avérés (ce qui reste à démontrer) dans le pire des cas, Nafissatou aurait parmi ses amis un trafiquant de marijuana qui aurait déposé, en deux ans, 100 000 dollars sur des comptes à son nom. Nafissatou aurait gardé des relations avec cet ami, son « fiancé » peut-être, malgré son arrestation. Elle l'aurait appelé pour lui dire qu'elle avait été violée, ce qui n'est sans doute pas une révélation facile à faire. Elle lui aurait dit que le seul aspect positif de cette histoire, c'est qu'elle aurait peut-être droit à des dommages-intérêts. Si Nafissatou a parlé au téléphone sans penser qu'elle était écoutée, cela révèle de sa part une certaine naïveté qui plaide plutôt en sa faveur. A-t-elle profité de ces 100 000 dollars déposés sur des comptes à son nom ? Etait-elle informée des dépôts ? A-t-elle rendu service à son ami en connaissance de cause ? Autant de questions auxquelles elle pourra certainement apporter des réponses. Au pire que son petit ami, un petit trafiquant de shit peut-être, aurait pu être mieux choisi, qu'il l'a mise dans le pétrin en se servant d'elle pour blanchir de l'argent. Choisit-on toujours bien ceux qu'on aime ? Une question qu'il faudrait poser à Anne Sinclair, à supposer qu'elle agisse par amour.

Du blanchiment d'argent : pas des millions de dollars. Cent mille dollars en deux ans ! Quelques journées d'argent de poche pour Dominique Strauss-Kahn. Si les comptes étaient à son nom, étrange que Nafissatou n'ait jamais été inquiétée pour complicité de blanchiment, alors que son petit ami, lui, est en prison. Etrange qu'une conversation téléphonique enregistrée par la police voici cinq semaines ne soit révélée que maintenant au procureur. Quant à avoir évoqué les possibles réparations pour le crime qu'elle affirme avoir subi, même avec un petit trafiquant incarcéré, où est le problème ? Comme Anne Sinclair, elle espérait peut-être avoir assez d'argent pour le faire sortir de prison. Avec cette différence qu'elle est noire, pauvre, et musulmane. De quoi Strauss Kahn, qui, lui, a demandé que la teneur de ses conversations téléphoniques précédant son arrestation, ne soient pas communiquées, peut-il bien parler, sinon de sexe, d'argent et de pouvoir ? Strauss-Kahn n'a certainement que des amis en règle. Aucun voyou, c'est sûr, dans ses relations. Et, bien entendu, il n'a jamais déposé d'argent liquide sur aucun de ses comptes. Le fait que son lieutenant François Pupponi règle ses frais de bouche avec la carte bleue de la SEM chaleur de Sarcelles n'est évidemment pas de nature à affaiblir ses dires.

Un trafiquant de shit ! Peut-être noir, en plus ! C'est bien pire qu'un violeur présumé de négresses. Un tiers des Français entre 18 et 64 ans (soit plus de 13 millions) admettent pourtant - selon une enquête publiée la semaine dernière - avoir fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4 % au cours du dernier mois : Il faut bien que ce cannabis vienne de quelque part. Eh oui : il y a des trafiquants. Des gros et des petits. C'est sans doute très vilain, mais pour le moment, la marijuana n'a encore tué personne. On n'en dira pas autant de l'alcool. Voire du Viagra dont certains obsédés sexuels font une consommation peut raisonnable et qui pourrait expliquer bien des débordements. Continuons la liste des turpitudes de Nafissatou invoquées par les enquêteurs anonymes. Elle aurait affirmé aux policiers avoir mentionné un viol et une excision dans sa demande d'asile aux USA et, vérification faite, on ne trouve pas trace de ces éléments dans son dossier. Damned ! Quelle affaire ! Cela voudrait dire qu'elle n'aurait jamais été violée ni excisée ?

Qu'y a-t-il dans tout cela qui exonère Strauss Kahn des graves accusations portées contre lui ? Rien ! Un Strauss-Kahn aurait le droit de violer impunément une femme parce qu'elle serait la copine d'un dealer de shit et qu'elle se serait embrouillée dans ses déclarations pour obtenir le droit d'asile ? Faut-il être une sainte (comme Anne Sinclair) pour être crue sur parole quand on affirme avoir été violée ? Intéressant pour un homme qui se dit de gauche.

La révélation de ces broutilles, compte tenu du système de procédure pénale américain, a permis à Strauss-Kahn, quasi-mécaniquement, d'obtenir illico une libération sur parole et de récupérer la caution versée par sa femme. On s'en réjouit pour elle. On s'en réjouit pour lui. Sa vie sexuelle va s'en trouver plus épanouie. En espérant qu'il n'y aura pas de nouvelles plaintes. Cependant, les accusations sont bien maintenues par le procureur. Strauss-Kahn n'a pas récupéré son passeport et se trouve toujours inculpé de crimes très graves. Il est libre d'être sur le territoire américain, le FBI aux fesses. La réhabilitation tant espérée par les amis zélés du violeur présumé, son élection à la présidence de la République en 2012, restent pour l'instant assez hypothétiques. Quel dommage ! On aurait tant aimé voir Strauss-Kahn débarquer, plus triomphant encore qu'un otage libéré, et, fort de sa supériorité naturelle, annoncer sa candidature à la primaire socialiste, malgré ce « troussage de domestique» d'autant moins important qu'il ne s'agissait que d'une négresse. Et tout le monde sait que "les négresses sont plus chaudes que les blanches" (Flaubert, Dictionnaire des idées reçues). En somme l'exercice anodin, j'oserais presque dire à la sarcelloise, d'un droit de cuissage sur une indigène qu'Anne Sinclair- ah la sainte femme ! - aurait, une fois de plus, pardonné.


Source: Le Blog de Claude Ribbe

vendredi, 01 juillet 2011

COTE D'IVOIRE: LE SYNAPPCI DENONCE LA «SCANDALEUSE» INCULPATION DE JOURNALISTES PRO-GBAGBO


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Après l'inculpation de quinze personnalités - dont des journalistes proches de Laurent Gbagbo - par la justice ivoirienne, la réaction du syndicat de la presse privée ne s'est pas faite attendre. Par la voix de Guillaume Gbato, son secrétaire général, le Synappci a jugé la décision "scandaleuse".


« L'inculpation de certains journalistes est scandaleuse », selon Guillaume Gbato, le secrétaire général du Syndicat national de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synappci), réagissant après mise en accusation, ce week-end, par la justice ivoirienne de quinze personnalités proches de Laurent Gbagbo.

Vendredi dernier, le parquet du Plateau (Abidjan) a inculpé quinze personnalités du camp Gbagbo et placé celles-ci « sous mandat de dépôt », selon le procureur de la République Simplice Kouadio Koffi. Parmi eux, deux journalistes et un cameraman, ainsi que Simone Hué Lou, directrice générale adjointe de la Refondation (société éditrice de Notre Voie, journal du parti de Gbagbo) et Franck Anderson Kouassi, ex-président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA).

"Bandes armées"

Ces journalistes, ainsi que les autres personnalités proches de Laurent Gbagbo visées, sont mis en cause pour des « infractions contre l'autorité de l'État, atteinte à sa souveraineté, constitution de bandes armées, infractions contre les biens commises au préjudice de l'État et des institutions financières publiques ou privées », précise le procureur de la République.

Les chefs d'accusations sont fantaisistes.

« Les chefs d'accusations sont fantaisistes et font croire qu'il n'y a pas eu d'enquêtes préliminaires sérieuses », s'emporte Guillaume Gbato.

« Peut-on me prouver qu'un simple journaliste comme Armand Bohui, qui représentait notre syndicat au sein du Conseil national de la presse [CNP, organe de régulation de la presse] a pu constituer une bande armée, ou qu'un cameraman de la RTI [Radiodiffusion télévision ivoirienne, média d'État] comme Germain Guézé, qui n'a fait que faire des films remis à la disposition de sa hiérarchie, est impliqué dans des détournements de fonds publics ou privés ? » s'interroge le secrétaire général du Synappci.

Mascarade

Guillaume Gbato précise, à propos de Norbert Gnahoua Zibrabi, ancien directeur de publication du journal pro-Gbagbo L'Œil du Peuple et ex-conseiller technique du président déchu, « [qu'] il ne gérait aucun fonds qui pouvait lui permettre d'être considéré comme un acteur majeur de la crise postélectorale ».

Gbato dénonce ainsi une « mascarade » et déclare que « ces journalistes ont été inculpés pour la simple raison qu'ils se sont retrouvés à l'hôtel La Pergola [où sont en résidence surveillée, plusieurs personnalités du camp Gbagbo, depuis la chute de l'ex-chef d'État en avril dernier] pour se mettre en sécurité ou suivant les conseils de l'Onuci [Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, NDLR] ». « On cherche tout simplement des boucs émissaires à emprisonner », conclut-il.


Source: JEUNE AFRIQUE

REGRETS CHEZ LES SOUTIENS DE OUATTARA : L’UNION EUROPEENNE DESAVOUE LE POUVOIR


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Le temps du soutien aveugle passé, c'est actuellement le temps des regrets chez les alliés de Ouattara qui reconnaissent à chaque occasion qu'ils «se sont trompés sur son compte» et qui ne manquent plus de l'exprimer ouvertement.


Ce n'est plus un secret pour personne. Les relations ne sont plus au beau fixe entre Ouattara et ses soutiens extérieurs, après le coup d'Etat de l'armée française qui a renversé Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. Dans les milieux diplomatiques et les chancelleries européennes, des sources crédibles reviennent chaque jour sur la désillusion de Paris et des capitales européennes quant aux capacités à gouverner efficacement la Côte d'Ivoire pour relever les défis nées de l'anéantissement de économie du pays par la «coalition alliée» contre le président Gbagbo. Déjà, un diplomate français, notant les atermoiements, les tâtonnements, les ratés et le manque de lisibilité qui entourent les actions approximatifs de Ouattara, ne cachait pas que la France s'est mépris sur les aptitudes réelles de son pion à  diriger et la popularité dont il était censé jouir dans le pays. «Certes Paris fait un constat bien tardif mais qui n'est pas moins vrai. Mais les parrains du mentor du Rdr ont sans doute de mérite de reconnaître leur erreur et il n'y a pas de honte à le faire. Le drame est que trop d'innocents sont morts pour rien, trop de choses ont été détruites inutilement», regrette un observateur proche des troupes françaises qui ont perpétré le dernier coup d'Etat de la France en Afrique. «Un coup pour rien», semblent dire les personnalités françaises désabusées qui rejoignent aujourd'hui ceux qui avaient déconseillé ce coup de force au président français qui «...est allé trop loin dans la crise ivoirienne, il n'aurait pas dû en arriver là».

Mais le mal est fait. Et la triste réalité est que  «Ouattara n'est pas à la hauteur de la tâche», murmurent beaucoup de conseillers dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, à en croire certaines indiscrétions.

Les capitales européennes excédées...

A l'Elysée, c'est le profil bas pour les comploteurs. Dans la mesure où la crise ivoirienne risque de peser lourd pour le candidat Sarkozy lors de la prochaine campagne de l'élection présidentielle 2012 en France. Surtout après l'affaire Strauss Kahn, ex-Dg du Fmi. Un homme qui inquiète Sarkozy et qui pourrait en savoir beaucoup sur certaines choses...

Pis, «le Trésor français qui éprouve lui-même des difficultés n'est pas prêt à débourser  un rond pour les nouveaux maîtres d'Abidjan», confient des diplomates français, sous cape. Surtout  tant que leurs  gens en armes circuleront à travers le pays. Mais le malaise créé par le nouveau pouvoir ivoirien ne s'arrête pas qu'à Paris. Dans les capitales européennes où le pouvoir en place a effectué des démarches pour demander des aides et des prêts, «les milieux financiers sont excédés par la propension du régime actuel à tendre la main à tout bout de champ». Même si ceux-ci restent courtois dans le ton de leurs vagues promesses à Ouattara, une autorité européenne «irritée  par le harcèlement» des demandeurs, leur aurait, selon nos sources, répondu ce qui suit de façon cinglante: «Laurent Gbagbo a dirigé la Côte d'Ivoire pendant que le pays était occupé en partie par les ex-rebelles en mettant en place un budget basé sur les ressources de son pays.

Jamais il n'a demandé un centime à qui que ce soit». En fait, celui-ci n'a fait que dire tout haut ce que les Européens pensent tout bas de leurs alliés ivoiriens. La réalité est que l 'Union européenne, confrontée elle-même à une crise économique et budgétaire accrue, n'a pas d'argent à donner  à un chef d'Etat africain actuellement. Pour s'en convaincre, il suffit de comprendre que des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Irlande pour ne citer que les plus malades sont au bord  de la faillite. Chaque jour, ces pays en difficulté pleurent et sollicitent l'aide financière de l'Ue qui, jusque-là, n'a pas encore trouvé un sou pour les sauver de ce  naufrage collectif imminent. Une situation qui menace dangereusement l'union au plan économique et «qui risque d'ébranler financièrement l'Europe et même les Etats-Unis», ont averti  les hautes autorités grecques qui sont aujourd'hui confrontées à des vagues de manifestations syndicales et populaires. Nul n'est donc besoin de sortir de la plus grande université du monde pour comprendre que les soutiens de Ouattara se cherchent eux-mêmes. Et on ne voit pas comment ils trouveraient à l'heure où nous parlons, 13.000 milliards de F pour Ouattara, alors qu'ils n'ont pas encore résolu les problèmes de pays européens, membres de l'Ue. En clair, ce n'est pas  à un pays africain que l'Ue donnera de l'argent au moment où elle a du mal à sortir ses propres membres des problèmes financiers qui les secouent actuellement. Les rêves du nouveau pouvoir quant au déluge de milliards promis par Ouattara lors de sa campagne électorale et attendus par ses électeurs, si elle repose sur une aide de l'Europe et du Fmi, relèverait tout simplement de la chimère. La désillusion est donc grande pour «les preneurs de crédité» qui essuient actuellement un cinglant revers de la part des leurs alliées qui, comble du désamour, les renvoient à l'école de Laurent Gbagbo.

Les bailleurs de fonds renvoient Ouattara à l'école de Gbagbo

En effet, les partenaires de Ouattara lui auraient poliment demandé de s'inspirer de l'exemple de Laurent Gbagbo qui, au moment où il était au pouvoir, a su réaliser une prouesse économique dans une situation difficile. En d'autres termes, «les Blancs ont conseillé au nouveau pouvoir d'aller demander à Laurent Gbagbo comment il a fait pour diriger un pays en guerre pendant 10 sans prendre crédit», a dit, pour ironiser, un observateur de la scène économique ivoirienne. Avant de rappeler que le président Gbagbo était même sur le point de sortir la Côte d'Ivoire de l'endettement car il a réussi, par sa bonne gestion, à atteindre le «Point d'achèvement de l'initiative Pays pauvre très endetté». Et il aurait réussi si Ouattara et ses alliés ne lui avaient pas mis les bâtons dans les roues. Ce qui aurait permis à la Côte d'Ivoire d'économiser au moins 500 milliards de F par an. Car, avec Laurent Gbagbo, c'était du concret, sur la base des ressources propres et du travail des fils et filles de la Côte d'Ivoire. Et non d'hypothétiques pluies de milliards, sur la base de l'aide qu'on attend des autres. «Cette remarque sur la bonne gestion de l'économie ivoirienne par Laurent Gbagbo, l'on s'en doute, n'aurait pas été du goût du nouveau pouvoir qui en aurait été vexé et frustré», selon nos sources. Car l'ombre de Gbagbo, dont les Ivoiriens attendent la libération, plane, plus épaisse que jamais sur le pays, au fur et à mesure que les nouvelles autorités montrent leurs limites.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps"


Source: TELEDIASPORA.NET

mercredi, 29 juin 2011

MAMADOU KOULIBALY : BILAN DU FPI, EVALUATION DE OUATTARA, DETTE PUBLIQUE, RELATIONS AVEC LA FRANCE, RESPECT DE LA CONSTITUTION, ELECTIONS LEGISLATIVES…





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Alors que le microcosme ivoirien bruisse des rumeurs de restructuration du Front populaire ivoirien, et qu'Alassane Dramane Ouattara brade les fleurons économiques et industriels aux entreprises françaises, Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale et leader de l'opposition, s'exprime sur les sujets cruciaux et rappelle à l'ordre un Alassane Ouattara qui, à peine investi, s'est déjà mué en satrape hors-la-loi. Un entretien sans fard et constructif, qui augure d'une opposition salvatrice dans un pays à la dérive. Mahalia Nteby.


Vous êtes d'ordinaire très critique à l'égard du Fpi. Peut-on globalement dire que les 10 années de gestion du Fpi ont été profitables à la nation ?

Le bilan du FPI est difficile à dresser lorsque l'on sait que dès son arrivée au pouvoir Laurent Gbagbo a opté pour un partage du pouvoir avec les partis d'opposition. Ce partage a ensuite été «institutionnalisé» par les accords de Marcoussis et le FPI a été nettement minoritaire dans les gouvernements qui se sont succédé avec de surcroît des premiers ministres d'opposition. Dans ce contexte, il est difficile d'appliquer un programme et d'avancer efficacement. Sûrement, ce constat est un point positif puisqu'il nous a permis aujourd'hui de refuser d'entrer au gouvernement pour laisser une chance à la nouvelle équipe de mettre en place en toute responsabilité sa politique. Il est important que la notion de responsabilité émerge enfin dans le pays. Le partage du pouvoir n'est non seulement pas propice à cela mais va contre la démocratie même qui nécessite des contre-pouvoirs pour exercer un contrôle sur les dirigeants en place. Si nous partageons tous «le gâteau», plus personne ne contrôle rien et chacun rejette les responsabilités sur l'autre.

Je crois cependant qu'il est important de souligner les actions positives de la politique de refondation du FPI. La Côte d'Ivoire n'a pas connu une seule crise que l'on appelle la crise postélectorale. Elle en a connu plusieurs, dont une que l'on a tendance à oublier. C'est la sévère crise économique des années 80 dont les effets sont encore vivaces de nos jours. Quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2000, la Côte d'Ivoire était en faillite avec un taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) négatif de -3%. Au moment où nous partions aux élections en octobre dernier, la Côte d'Ivoire avait un taux de croissance du PIB de près de 4%. C'est-à-dire qu'entre 2000 et 2010, nous avons fait un bond de 7 points. Aucun pays au monde, dans une situation de crise comme celle de la Côte d'Ivoire n'a jamais réalisé une telle performance. Et ça été bien pour la Nation en construction.

En ce qui concerne la démocratie, le FPI a à son actif l'élection démocratique de Laurent Gbagbo en 2000. Aussi imparfait qu'ait été le scrutin, il est arrivé au pouvoir par les urnes et cela était un pas en avant après les pages noires de la bataille de la succession d'Houphouët puis du coup d'Etat de 1999. Et ça aussi a été bien pour la Nation en construction.

On peut également mettre à l'actif du FPI l'explosion de la libéralisation de la presse écrite. On a vu ces dernières années nombres de journaux de tous bords fleurir et s'exprimer librement. On ne peut pas dire que cela a fait du mal à la Nation en construction.

Le FPI a également aboli la carte de séjour qui avait été mise en place par le gouvernement Ouattara dans les années 90 et, contrairement à l'idée reçue que le FPI est xénophobe, c'est durant ces dernières années que le nombre de naturalisation a augmenté de manière exponentielle. Et cela a aussi été très bien pour la Nation en construction.

Il faut également souligner le travail réalisé dans le recul de la dette. Notons que la dette de la Côte d'Ivoire remonte essentiellement aux années 70, 80 et 90. C'est au cours de ces trois décennies qu'elle a connu une évolution fulgurante. De 100 milliards de francs CFA, équivalant à 17,7% du PIB en 1973, le montant de la dette est passé successivement à 2371 milliards, soit 75,6% du PIB en 1985 puis 8468 milliards, soit 136% du PIB en 1996. Il a donc fallu être économe et stratège pour faire reculer ce fléau. Grace à la discipline budgétaire, en mars 2009 la Côte d'Ivoire a pu être élue, pour la première fois, à l'initiative PPTE qui vise à annuler cet héritage empoisonné. Nous avions obtenu que les créanciers de la Côte d'Ivoire annulent, à partir de mars 2011, plus de 6400 milliards de francs CFA. Cette bonne gestion mérite d'être soulignée même si la guerre est venue retarder cette perspective. Et Ouattara ne peut construire que sur la base du point de décision obtenu en 2009 par le FPI auprès de la communauté des créanciers de son Etat. N'est-ce pas bien çà pour la Nation en construction ?

N'oublions pas également que sous l'action du FPI, l'organisation de l'Etat a connu une importante métamorphose par une promotion intensive de la décentralisation. Nous sommes passés de la vision du centralisme étatique des quarante premières années de notre Nation à une vision plus libérale où l'Etat concède aux populations la capacité de s'auto déterminer elles-mêmes dans certains domaines du développement local. Il reste encore du chemin à faire pour améliorer ce modèle décentralisé mais le principe a été posé durant cette dernière décennie. Et les populations ont apprécié nous les en remercions.

Il est vrai, comme vous le dites dans votre question, que je ne suis pas tendre avec le bilan du parti car je crois qu'il est inutile de masquer les dérives, mais il est tout aussi important de souligner les acquis et les actes que nous avons posés dans le sens de la démocratie et du progrès. Cela aussi raffermit la démocratie et le FPI est le seul parti capable de se le permettre pour le moment. L'autocritique ne peut faire que du bien à une Nation en construction.

Si tant que est que le bilan de Gbagbo est aussi positif, pourquoi les Ivoiriens ne l'ont pas reconduit lors de l'élection du 28 novembre ?

Il y a tellement eu d'urgences à gérer et de négociations stériles après la tentative de coup d'Etat de 2002 et la rébellion qui l'a suivie que la communication dans le pays s'est limitée à la gestion de la crise et aux commentaires sur les accords successifs signés. La communication n'a pas été bonne puisqu'on a donné l'impression d'être dans une situation d'attente de la résolution de la crise, d'attente des élections, alors que cette attente n'était pas dépourvue d'aspects constructifs malgré les freins imposés par le gouvernement d'union nationale. Il faut dire qu'il est moins glorieux d'annoncer que l'on a fait des économies pour réduire le montant de la dette héritée de ses prédécesseurs que de contracter un énorme emprunt pour réaliser des routes, des hôpitaux, des écoles. La bonne gestion n'est pas très populaire car elle ne se voit pas.

De plus, nous avons commis la faute politique qu'il ne fallait pas: aller aux élections sans qu'il n'y ait eu application intégrale de l'accord de Ouaga. Nous sommes allés aux élections sans désarmement, sans redéploiement de l'administration, sans unicité de caisse, sans réunification du pays, et sans la réalisation de bien d'autres exigences de l'APO, qui n'a été qu'un mauvais accord de surcroît mal appliqué. L'issue nous aura été fatale.

Pensez-vous que Ouattara est-il bien ou mal parti pour relever les défis qu'il s'est imposés ?

J'avoue qu'il est un peu tôt pour poser un jugement intangible mais les premiers mois de gouvernance d'Alassane Ouattara interrogent. En effet, s'il ne maîtrise pas ses chefs de guerre, s'il ne libère pas le pays de ces hommes en armes marginaux qui règnent par la terreur, se rémunèrent des vols et rackets, il sera difficile de relever le défi de l'état de droit qui pourtant est le socle de tout notre développement. Quel Ivoirien va vouloir investir dans le pays dans les conditions actuelles de chaos ? Quel investisseur étranger va prendre le risque de lancer des activités ici alors qu'il n'y a de sécurité pour personne? Pourtant si l'économie ne redémarre pas, nous allons de nouveau entrer dans le cycle cauchemardesque de la dette publique. En Côte d'Ivoire, on a coutume de parler de dons de la part des institutions financières internationales mais gardons en tête que ce sont des prêts à l'Etat et au gouvernement à taux non marchands qui, depuis cinq décennies, handicapent l'avenir. De même que nous payons la dette des générations passées, de même nous endettons nos enfants et nos petits-enfants. Au lieu de la richesse, nous transmettons plutôt la pauvreté aux  générations à venir. Et çà ce n'est pas bien pour la Nation en construction.

Notons également que comme son prédécesseur, le Président Ouattara gouverne par ordonnances illégales et par décrets dans l'attente des prochaines élections législatives qui ne pourront être organisées qu'en fin d'année. C'est la porte ouverte à tous les abus car il n'y a aucun garde-fou. Rien ne l'empêche pourtant de travailler avec le Parlement au sein duquel ses alliés politiques pourraient lui apporter la majorité des voix. Il y a des décisions importantes à prendre. Le pouvoir absolu sans contrôle et sans contre-pouvoir est très dangereux pour la Nation en construction.

Le budget vient d'être adopté cette semaine par ordonnance sans même avoir recueilli l'avis des représentants du peuple à l'Assemblée nationale. C'est de mon point de vue une grave erreur que je ne manquais pas non plus de relever dans les pratiques de l'ancien pouvoir. On note de toutes parts des critiques du FPI formulées par le nouveau régime, mais on reproduit ses erreurs les plus graves. De surcroît, le Président Ouattara verrouille son système en positionnant ses amis dans les secteurs stratégiques... C'est assez inquiétant car nous sommes loin de cette démocratie au nom de laquelle tant d'ivoiriens sont tombés.

Ce qui me semble inquiétant également, c'est cette passion exercée par l'Etat français sur le Président. Certes il doit beaucoup aux autorités françaises. De ce fait, certaines grandes entreprises françaises se sont taillées la part du lion dans les premiers chantiers mis en œuvre depuis le début de son mandat. Je ne dis pas qu'il faille marginaliser les entreprises françaises, bien au contraire, mais notre pays ne doit pas être la chasse gardée de quelques-unes à l'exclusion de nombreuses et performantes entreprises européennes, américaines ou provenant des pays émergents. Ouattara qui se dit libéral devrait avoir une vision plus ouverte du libre-échange, de l'appel d'offre et de la transparence des contrats et éviter les pièges du protectionnisme qui à terme appauvrit nécessairement. Le monde est grand et ouvert plus que jamais. Nous ne pouvons rester immuablement le regard tourné exclusivement vers Paris car nous risquons de perdre des opportunités intéressantes dans le monde globalisé. Et l'Etat en France a ses propres contraintes avec les déficits énormes de son budget et de son commerce extérieur qui tendent à la présenter comme un Etat qui vit au-dessus de ses moyens.

Je compte sur le temps et espère vivement que l'équipe en place rétablisse l'état de droit, la sécurité et les libertés individuelles au plus vite. Nous avons, à travers ses discours, noté des volontés, il convient désormais de poser des actes concrets. La gouvernance ne peut se limiter à une bonne communication.

Donc, pour répondre à votre question, j'ai le sentiment que le Président Ouattara part mal pour relever ses défis mais il est encore temps de redresser la barre, donc nous attendons avec un œil vigilant.

Le budget 2011 adopté par ordonnance s'élève à 3050 milliards, avez-vous des réserves à poser ?

J'ai répondu à cela dans votre précédente question. Il est inquiétant que le budget n'ait pas été présenté à l'Assemblée nationale pour être débattu entre les députés. Les ordonnances qui instituent ce budget sont illégales. Nous ne savons même pas si ce budget corrige le défaut d'unicité des caisses. Comment ce budget sera-t-il exécuté s'il n'y a pas d'administration redéployée ? Ce budget réunifie-t-il la Côte d'Ivoire ?

Chez Ouattara, on estime que votre Parlement n'est plus représentatif du peuple ivoirien qui l'avait élu pour 5 ans et qu'aucun texte ne permet de proroger le mandat des députés. Doit-t-on soumettre des lois à un parlement illégal ?

Alassane Ouattara, lors de sa prestation de serment, a juré de respecter et de défendre fidèlement la Constitution. Rien dans la Constitution ne lui donne le droit de décréter la fin du mandat du Parlement. Au mieux, il pourrait demander son avis au Conseil constitutionnel, à moins qu'il considère que le Conseil constitutionnel est illégal également. Auquel cas, la prestation de serment qui a eu lieu le serait aussi.

On ne peut pas violer la Constitution et le Président de la République n'est pas au-dessus de la Constitution que je sache. Ceux qui estiment, comme vous dites, chez Ouattara, que le Parlement est illégal devraient mettre aux arrêts tous les députes pour exercice illégal d'activités législatives. Il devrait leur être interdit de mettre les pieds à l'Assemblée nationale. Et chaque fois que quelqu'un se présenterait comme député, il devrait être poursuivi pour faux, usage de faux et d'usurpation de titre.

Dire qu'aucun texte ne permet de proroger le mandat des députes relève d'une bien curieuse façon de lire le droit chez ceux qui le disent. La législature qui devait durer cinq ans dure jusqu'à ce jour. Quelles en sont les raisons? La réponse à cette question doit être à la fois recherchée dans la lettre et l'esprit de l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution et également dans l'avis du Conseil Constitutionnel de décembre 2005 sur la prorogation du mandat de l'Assemblée nationale. 

Selon l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale. L'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale élue en 2000 devant prendre fin le 16 décembre 2005, l'élection des nouveaux députés aurait dû intervenir 20 jours au moins et 50 jours au plus avant le 16 décembre 2005, soit entre le 27 octobre et le 26 novembre 2005.

L'élection n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne pouvaient prendre fin. Simple question de bon sens. Il résulte de ce qui précède que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en cours.

La lettre de l'alinéa 4 de l'article 59 de la Constitution est confirmée par la pratique constante de l'élection des députés depuis 1960. Le débat sur les pouvoirs de l'Assemblée Nationale au-delà de décembre 2005 a été soulevé en son temps et le Conseil constitutionnel, saisi à cet effet, a rendu un avis concluant au maintien de ladite institution dans ses prérogatives jusqu'à l'élection des nouveaux députés. Peut-on ignorer cet avis et prétendre respecter la Constitution et ses Institutions?

Abréger le mandat parlementaire en cours pourrait être interprété comme une violation des dispositions constitutionnelles et légales préjudiciable à l'avènement de l'Etat de droit prôné par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Il conviendrait conséquemment de laisser survivre l'Assemblée Nationale pour donner toute plénitude au pouvoir nouvellement élu de prendre les dispositions diligentes pour convoquer le collège électoral en vue du renouvellement de l'Assemblée nationale. La fin prématurée du mandat parlementaire ne peut intervenir que dans les cas suivants: démission, déchéance, décès ou acceptation de certaines fonctions, notamment gouvernementales. Le cas d'espèce soulevé ne correspond à aucune prescription constitutionnelle et réglementaire.

Au surplus, contrairement aux législations prescrivant les motions de censure du Parlement à l'encontre du gouvernement ou de dissolution du Parlement par l'Exécutif, le système institutionnel ivoirien, qui est un régime de séparation des pouvoirs, n'autorise nullement l'Exécutif à abréger le mandat parlementaire, ni le Législatif à renverser l'Exécutif. Si le gouvernement en place veut passer outre les dispositions constitutionnelles, c'est leur affaire mais qu'ils ne nous disent pas qu'il n'y a pas de texte en la matière. Il y a des textes, et ces textes seront alors violés.

Qu'attendez-vous de Ouattara aujourd'hui ?

Il est important qu'il rétablisse la sécurité dans le pays et qu'il mette en place un véritable état de droit. Il est crucial qu'il veille à ce que la justice fasse son travail dans le processus de réconciliation. Il faut en effet mettre en exergue toutes les culpabilités sans couleur politique. Il n'y a pas le clan des gentils au pouvoir et le clan des méchants perdants. Il y a des responsabilités de toutes parts et je compte sur lui pour ne pas biaiser le processus au risque d'anéantir toute possibilité de cohésion sociale.

Dans les jours à venir, en vue de préparer les élections locales, en tant qu'opposant, j'attends de lui que l'on engage une discussion sur des sujets de fond : le redécoupage électoral, la future liste des électeurs, l'augmentation du nombre des députés, la recomposition de la Commission électorale, la sécurisation de la campagne et des scrutins. Je souhaite également aborder le sujet du financement des partis politiques. L'accord de Marcoussis a instauré le financement public des partis politiques et il est important de maintenir cette disposition qui permet à l'opposition d'exister, d'exercer sa mission constitutionnelle et de faire connaître leurs droits et leurs obligations aux citoyens électeurs et aux populations en général. N'oublions pas qu'une opposition libre, au même titre qu'une presse libre, est un contre-pouvoir essentiel dans une démocratie. La démocratie ne peut se limiter à un bulletin dans l'urne au risque de muer vers l'autocratie.

Etes-vous, oui ou non, le dauphin constitutionnel ? La question se pose entre quatre murs ?

Votre question est étrange. Pourquoi «entre quatre murs» alors qu'un quotidien (Nord-Sud) s'est également inquiété de cette question dans son édition du 24 juin dernier, et qu'au RHDP cela fait l'objet de spéculations incessantes ? La terreur que laissait transparaitre l'analyse de vos confrères face à l'hypothèse d'empêchement du Président de la République m'a fait sourire ! Cette crainte démesurée pourrait inquiéter les populations quant à la santé du Président !

Pour vous répondre, expliquons que la Constitution de 2000 a supprimé le dauphinat en Côte d'ivoire. Dans l'ancienne Constitution, le Président de l'Assemblée nationale était le dauphin au sens où la constitution lui permettait, en cas de vacance du pouvoir, de terminer le mandat du Président de la République avec les pleins pouvoirs de celui-ci.

Mais, dans la nouvelle Constitution, le Président de l'Assemblée nationale ne peut plus terminer le mandat du Président de la République. Il a au plus 90 jours pour organiser les élections auxquelles il peut être candidat ou pas. En outre, il n'a pas les pleins pouvoirs d'un Président de la République et ne peut changer de gouvernement, ni renvoyer ou nommer un ministre. Il ne peut modifier la Constitution et ne peut organiser de referendum. L'intérim n'est pas le dauphinat. Les deux notions sont totalement différentes. Le premier se réfère aux structures monarchiques tandis que le second à l'environnement démocratique.

Donc, il faut que les populations le comprennent bien et que le RHDP arrête de paniquer à force de ressasser les mêmes arguments fallacieux. Koulibaly n'est pas le dauphin de Ouattara. Koulibaly n'usurpera pas le pouvoir du RHDP. Koulibaly a une opposition à construire face à Alassane Ouattara pour que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et en Afrique. Pour l'heure, je suis ma voie qui est celle du plaidoyer en faveur de la construction de la démocratie, du combat pour l'avancée de la liberté, de l'état de droit et de la souveraineté des peuples et des individus dans une Afrique moins violente, plus harmonieuse, plus heureuse et plus ouverte sur le monde.


Interview par Traoré M. Ahmed, in L'Expression, le 28 Juin 2011

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

dimanche, 26 juin 2011

DRAMANE OUATTARA ET L'ILLUSION DU DEVELOPPEMENT

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La chronique de Hassane Magued

J'ai lu comme vous, avec beaucoup d'émotion mais aussi, avec beaucoup d'étonnement, certains commentaires postés par certains lecteurs des Articles de la Révolution Permanente demandant l'appui de tous à Monsieur Dramane OUATTARA pour mener à bien son programme de développement pour la Côte d'Ivoire au lieu de formuler contre lui, des critiques acerbes. Certains d'entre vous ont répondu sans porter gant, à ces lecteurs des Articles de la Révolution Permanente que je remercie et encourage du fond du cœur.

Comme vous et moi, ces personnes soucieuses du bien-être des Ivoiriens depuis l'intrusion de Dramane OUATTARA en Côte d'Ivoire, n'ont, de cesse, souffert le martyr. Je vous invite par conséquent, Patriotes et amis de la Côte d'Ivoire, à voir en ces réactions, un cri du cœur mal formulé, ou béatement exprimé. Aussi ai-je jugé bon, de consacrer l'Article N°0011 de la Révolution Permanente, à la question du Développement, telle qu'elle se pose aujourd'hui en Côte d'Ivoire.

Sans entrer dans les théories économiques de type académique qui ne vous apporteront rien de nouveau, permettez-moi de partager avec vous, une bien sobre définition de la notion de Développement. En règle générale, le Développement pourrait se définir comme la capacité pour une cité humaine, de satisfaire les besoins primaires de la collectivité qui l'habite, grâce à un système stable de production de richesses, dont l'accès est garanti pour tous, selon le niveau d'instruction, de la force de travail, des mécanismes solidaires mis en place, pour assurer le bien être social, matériel et spirituel de tous. Le Développement est donc à la fois social et économique. Et en tant que tel, il s'apparente à un processus dynamique, qui évolue avec l'environnement social, culturel et le marché de la consommation locale ou internationale. Bref. Au-delà de la difficulté qu'il y a de donner une définition technique ou sociologique raisonnable de la notion de Développement, il importe de relever à l'attention de tous, que la question du Développement en Côte d'Ivoire, s'est inscrite depuis les années coloniales, dans une dynamique de "production pour compte de".

En effet, à la différence des colonies de peuplement comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire est une Colonie de production dont l'essentiel de la production agricole, a été réalisé pour le compte du colon qui devait développer son industrie. Depuis cette période jusqu'à la recolonisation actuelle de la Côte d'Ivoire, le pays n'a fait que produire pour l'industrie française et occidentale. Chose qui, si elle s'inscrivait dans un environnement de souveraineté nationale effective, constituerait un accélérateur de progrès économique pour la Côte d'Ivoire, car l'argent qui enrichi est celui qui vient des autres pays. Mais à quoi assistons-nous ? Examinons ensemble les grandes époques du processus de développement de la Côte d'Ivoire.

L'époque d'Houphouët Boigny et le "miracle ivoirien"

Ce fut l'époque de l'âge d'or du commerce du cacao et du café. Houphouët Boigny, par un jeu savant, a su encourager la production agricole et faciliter l'accès aux terres cultivables sans une véritable politique agraire. Bien entendu, cela allait entrainer les problèmes de terres dans les régions cacaoyères. Mais en attendant, il fallait produire et enrichir le pays. L'homme était lui-même paysan, et il connaissait les secrets de la terre. La balance commerciale extérieure de la Côte d'Ivoire fut et demeura excédentaire pendant des années. C'était normal. Le pays exportait plus qu'il n'importait. Ce fut dans les années 1970. La Côte d'Ivoire avait atteint le niveau d'un pays émergent. Il avait les mêmes indicateurs du développement que la Chine et la Corée du Sud. Mais la Bourse du cacao était à Londres. Et c'est le colonisateur qui fixait les règles du marché. Il créa une inflation de l'offre en encourageant une forte production de cacao et de café de moindre qualité gustative en Asie, notamment dans les pays comme le Vietnam, la Thaïlande ... Le prix des instruments de la puissance économique de la Côte d'ivoire s'effondra brutalement. La Côte d'Ivoire fut dès lors plongée dans une conjoncture économique désastreuse. C'était la fin du miracle Ivoirien.

L'époque de Laurent GBAGBO et le développement autocentré

Enseignant et politicien, l'Homme ne s'est jamais présenté comme un paysan ni même comme un intellectuel. Son métier, c'est la politique. La politique pour gouverner des hommes dans un environnement de développement axé sur le potentiel national. Sur la question des piliers du Développement de la Côte d'Ivoire, il a très vite concentré son espérance sur le monde agricole. Il avait très vite compris que ce n'était pas en vain qu'Houphouët disait que « le succès de ce pays repose sur l'agriculture ». Mais l'Homme GBAGBO est dans une dynamique de Refondation. Il oriente sa stratégie du développement autocentré sur deux axes : d'une part, il confie la gestion de la filière agricole aux agriculteurs, encourage la transformation locale des matières premières et réussit à obtenir des prix d'achat record pour le cacao. Au moment où la France le capturait pour installer Dramane OUATTARA à la tête de la Côte d'Ivoire, le cacao s'achetait au prix bord champ à 1200 francs CFA (soit 1.83 euros) le kilogramme. Avec les ressources tirées du cacao et du café, Laurent GBAGBO paie les dettes contractées par ses prédécesseurs. Il supporte les charges publiques de l'Etat. Et initie des actions de développement en direction des jeunes. Mais Laurent GBAGBO n'est pas vigilant. Ou il est attentiste. Des paysans dirigeant la filière se partagent des deniers collectifs et soulèvent la question cruciale de la bonne gouvernance. Laurent GBAGBO fait réaliser des audits qui aboutiront à l'incarcération des patrons de la filière café-cacao. Mais le mal était presque déjà fait, faute de vigilance.

D'autre part, Laurent GBAGBO invente un mécanisme de financement des infrastructures publiques à partir des ressources pétrolières. Avec l'architecte Pierre Fakhouri, le partenariat public-privé fonctionne et permet aux grands projets comme le Transfert de la Capitale à Yamoussoukro, le Palais Présidentiel de Yamoussoukro, l'extension du Port d'Abidjan à l'Ile Bouley, de voir le jour. Laurent GBAGBO n'emprunte pas 1 franc à qui que ce soit. Toutes les avances de trésoreries qui lui sont accordées sur ses projets sont garanties par les ressources du sous-sol immensément riche de la Côte d'Ivoire.

En effet, il était en disgrâce. Frappé d'anathème parce que la rébellion que la France lui a offerte, peine à le vaincre. Sans ami dans les loges des réseaux d'influence, passant ses vacances auprès de sa mère dans son village à Mama, ce fils de pauvre qui s'est invité à la politique ne pouvait que compter sur le potentiel du peuple ivoirien. Il a payé très cher, cette indépendance économique en filigrane de son action de développement. Depuis le 11 avril 2011, il a été fait prisonnier au profit de Dramane OUATTARA et il attend dans le silence, comme un agneau abandonné, un orphelin méprisé, le temps de la délivrance par le Père des orphelins, l'Eternel des Armées. Combattant de la liberté, nous sommes à la tâche. Tiens bon. Ce n'est plus qu'une question de ...

L'époque de Dramane OUATTARA et l'art de développer sans production de richesses

C'est l'épopée des pluies de milliards. A maintes reprises, Dramane OUATTARA l'a dit. Il ne veut pas que les jeunes aillent à l'école. Il les a invités, pendant sa période d'incubation à l'Hôtel du Golf, à ne plus aller à l'école. Il a des armes pour eux, à quoi bien peut leur servir l'école ? La richesse est au bout du canon. Et les pluies de milliards tomberont drues et soutenues.

Mieux, Dramane OUATTARA n'a pas besoin d'impôt. Il fait cadeau à tous les transporteurs, de la fiscalité liée à leur secteur d'activité. Il ne veut d'aucun impôt. En droit économique, pour supprimer un impôt, une ressource acquise à l'Etat, il faut proposer une ressource de substitution. Cela s'appelle l'amendement compensé. Mais OUATTARA a plus d'un tour dans son sac. Abracadabra ! Les caisses de l'Etat seront pleines. Il est féticheur de naissance et bouddhiste doublé d'un statut très convoité d'illuminati. C'est le summum du spiritualisme luciférien.

Plus important, Dramane OUATTARA va construire 5 universités sans étudiants pour les occuper, 2000 écoles par an, créer 20 000 emplois également par an. Mais il ne compte pas sur l'argent du cacao ou du café. De 1200 francs CFA par kilogramme au moment où il enjambait les corps des Ivoiriens pour s'asseoir sur son fauteuil virtuel de Président, il ramène le prix du kilogramme de cacao bord-champ à 300 francs CFA. Les paysans avaient commencé à s'enrichir. Cela poserait problème à moyen terme. Il fallait y mettre fin.

Dramane OUATTARA ne veut pas que les fonctionnaires se fatiguent à la tâche. Des pluies de milliards arrivent. Ils ne doivent pas travailler pour assurer la continuité de l'Etat. S'ils le font, ils passeront de longs séjours en prison ou perdront leurs emplois. Là encore, l'Homme surprend par l'originalité de son approche du développement.

Mieux Dramane OUATTARA croit que les coupures du franc CFA attachées à la Côte d'Ivoire, notamment les fameux billets « A » doivent être démonétarisés. Il paie son armée d'indigènes venus du Nord avec des faux billets. Chez ce monétariste, l'argent est meilleur pour les autres, quand il n'a pas de valeur monétaire.

Enfin, pour réaliser ses projets pharaoniques, il ne propose aucune stratégie de production de richesse. En tout cas, je ne m'en souviens pas. Il veut juste dépenser. C'est cela l'essentiel de son programme de Gouvernement.

Alors question. C'est l'argent de qui que Dramane OUATTARA veut dépenser ? Un humoriste ivoirien vous dira : il y a deux cas. Soit, c'est de l'argent emprunté, soit c'est de l'argent falsifié. Si c'est l'argent emprunté, là aussi, il y a deux cas : soit c'est une dette qui sera accordée, soit refusée. Si la dette est accordée, là aussi il y a deux cas : soit elle le sera entièrement en tenant compte de la capacité de remboursement du pays, soit elle le sera au prorata de la capacité réelle de remboursement du pays. Mais si le prêteur veut être exigeant, là encore, il y aura deux cas : soit il refusera d'accorder le prêt parce que tous les indicateurs de production sont au rouge, soit, il acceptera à condition de conduire des réformes pour rendre visible la stratégie de production durable de richesse.

Mais OUATTARA n'a aucune stratégie de production de richesse. Il veut vivre de dette. Il veut endetter la Côte d'Ivoire. Il utilise le nom de la Côte d'Ivoire et ses richesses comme une carte de crédit. C'est cela l'illusion du Développement. Elle est l'art de dépenser à crédit ou de formuler des projets pharaoniques en comptant sur une entrée d'argent peu probable. Soyons sérieux ! Il s'agit de gérer un pays tout de même ! En théorie économique, le réflexe de dépenser ou de projeter de dépenser l'argent qu'on n'a pas encore reçu, s'appelle "l'illusion monétaire". Côte d'Ivoire, tu es en danger. Tu es en pleine illusion économique. Tu es victime d'arnaque. Si tu ne fais rien, tu seras plus qu'appauvrie. Tu seras réduite à rien. Tu es abusée et en pleine illusion du Développement avec Dramane OUATTARA. Réveille-toi !

A très bientôt.

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°0011/06/11

Source: IVORIAN.NET

samedi, 25 juin 2011

MICHEL GALY: «ARRETONS LA FAUSSE SYMETRIE ENTRE LES DEUX CAMPS: CES MASSACRES SONT BIEN LE FAIT DES PRO-OUATTARA»



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Côte d'Ivoire: l'état des massacres

 

Villages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse - par centaines. Et parfois plus: un millier, lors de l'entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l'ouest du pays: crime de guerre ou crime contre l'humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d'Abidjan pillés, des militants pro-gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l'ethnocide au Sud concerne en particulier les bété, attié et guéré): par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l'Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts - de 3000 à 5000 cadavres - pour les deux mois d'Alassane Ouattara, ce héros de l'Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l'ONU?

Arrêtons la fausse symétrie entre les deux camps: ces massacres sont bien le fait des pro-Ouattara, cautionnés par l'armée française et onusienne, dans une complicité implicite ou passive. Chacun sait maintenant que les hélicoptères d'assaut de la force Licorne et ses supplétifs onusiens ont réalisé la pire intervention coloniale depuis la répression de l' UPC au Cameroun et la guerre d'Algérie.

Décapiter l'élite politique et intellectuelle sudiste, proche de Laurent Gbagbo et du Front populaire ivoirien au profit d'un « mercenaire » des intérêts occidentaux - selon l'expression de Jean Ziegler. Bombarder les lieux de pouvoir d'un pays qui n'a plus de souverain que le nom: présidence, résidence, camp militaire, télévision... La leçon est terrible: 50 ans après les Indépendances formelles, il n'y plus que sujétion et humiliation!

Et voilà qui remet en cause bien des analyses à la mode: à l'aune du coup d'Etat franco-onusien, on n'est pas encore en « post-colonie », ni prêt à sortir de la nuit coloniale. Décidément, chaque fois que l'homme africain s'essaie à rentrer dans l'histoire, on lui écrase le visage à coup de bottes!

Malgré un formatage médiatique et une certaine lâcheté chez des analystes patentés qui ont cautionné ces massacres, la vérité se fait jour. Il faut arrêter la fausse symétrie entre les deux camps et la politique d'occultation des « spécialistes des droits de l'homme » : depuis la prise du pouvoir du camp Ouattara, c'est bien eux qui massacrent, en fonction des cartes d' identité - comme au Rwanda -, qui torturent ou massacrent, embastillent ou déportent les opposants, tandis que les journalistes pro-Gbagbo sont traqués et que l'« Etat Dioula » s'est mis en place: tout le reste est révisionnisme.

Quel recours à Yopougon, quartier martyr, quand les tueurs font des « patrouilles communes » avec la force Licorne et l'ONUCI ? Plus qu'au Rwanda, notre institution militaire est complice ou coupable: où est la fameuse « éthique » dont se targuent les philosophes en kaki - notamment l'obligation de désobéir à des ordres illégaux?

A qui a sillonné le pays depuis 20 ans, suivi les élections sur le terrain et mené de récentes missions en zone rebelle, le doute n'est pas permis: oui, les élections largement truquées au Nord ont bien été « la continuation de la guerre par d'autres moyens » (Bertrand Badie). Oui, l'ambassade de France a été et reste une officine anti-Gbagbo. Et oui, la déportation en terre ennemie et l'incarcération à la Lumumba, dans des conditions ignobles, des responsables pro-Gbagbo ont été autant planifiée que la désinformation continue ou l'armement des rebelles - jusqu'à la logistique, les pick-up ou les uniformes !

C'est pourquoi, les responsables onusiens ou français, donneurs d'ordre illégaux, en regard des résolutions onusiennes, risquent la Haute cour de justice ou les juridictions internationales, tandis que Guillaume Soro et Alassane Ouattara sont passibles de la CPI, pour ce qui se passe en Cote d' Ivoire!

A propos, comment s'appelle-t-il, un régime qui massacre sa propre population, qui est arrivé au pouvoir dans les fourgons (pardon, les hélicoptères!) de l'étranger, qui n'a de forces que des bandes armées incontrôlables et des délinquants sans foi ni loi? Sans Parlement ni Cour constitutionnelle, contrôlé par deux corps expéditionnaires, en train de brader les richesses du pays sans contrôle et de tuer, comme au Rwanda, sur des bases ethniques? Vous avez dit « dictature »?



Michel Galy
Politologue,
Paris

Source: M.LVDPG.COM

vendredi, 24 juin 2011

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS (SUITE ET FIN)

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Après nous avoir livré, dans un entretien précédent, les derniers instants dans le bunker et l'arrestation du Président Gbagbo, Mme TANOH Agnès nous raconte comment les personnes arrêtées au Palais présidentiel ont été conduites à l'Hôtel du Golf et traitées dans cette prison.

 

Abidjandirect.net : Comment avez-vous été traités au Golf hôtel ?

Mais avant d'arriver au golf, il fallait traverser la cour de la résidence. Déjà, dans la salle où les militaires nous ont trouvés, ils ont pris tout ce que nous avions : téléphones, ordinateurs portables, argent, pièces d'identité, clefs de voitures, sac à main. A chaque étape, on vous prenait ce qui restait sur vous. Ma montre bracelet m'a été prise par une rebelle quand je m'apprêtais à monter à bord du KIA et mon alliance de mariage m'a été enlevée par un autre quand nous étions entassés dans la camionnette. Le seul pagne qui me restait m'a été enlevé quand je suis arrivée au Golf.

Pour décider de notre destination, les soldats de la force licorne dont les chars étaient positionnés depuis la résidence jusqu'au boulevard de France « Carrefour Konan Banny » et les forces rebelles ont discutés longuement. J'en ai été informé par un jeune militaire français qui était à coté de notre camionnette. Nous attendions à ce carrefour sous le soleil. Je lui ai ensuite posé la question. «Pourquoi, ne nous emmèneraient-ils pas dans une Ambassade». Il m'a répondu attendons la fin de leur discussion. La suite, c'était le golf !

Arrivés au Golf, nous avons été accueillis par une cohorte de rebelles. C'est là que beaucoup d'entre nous ont pris des coups. Le Ministre Jean Jacques BECHIO et un autre monsieur ont été blessés à la tête. Le maire Adèle DEDY a été aussi blessée à la tête et à l'arcade sourcilière. Des militaires ont été blessés, tous avec des points de suture. Une des nounous, qui s'appelle Oumou, a reçu une balle dans la jambe. Le Ministre Geneviève BRO GREBE, fut piétinée par les rebelles avec leurs godasses à telle enseigne que pendant trois jours, elle ne pouvait ni s'asseoir, ni se lever. C'est après qu'elle a pu marcher, à l'aide de béquilles. L'Ambassadeur Boubacar KONE, lui, a pris des balles avant de monter dans le KIA. C'est certainement dans les mêmes conditions que le Ministre TAGRO Désiré a subi le sort dramatique.

Après être entrés dans la pièce où nous étions au nombre de 59, nous n'avons plus été battus. Ce nombre va être complété par les serveurs, les infirmiers, un médecin-colonel, qui ont fait quelques jours sur le terrain de tennis. Cependant, les deux premiers jours, chaque nuit, il y avait un groupe de personnes qui entrait dans notre cellule pour nous insulter et qui menaçaient de nous tuer. C'est suite à la plainte du ministre BECHIO à celui qui disait avoir notre charge que nous avions eu la paix. Nous avons eu trois gardes dont un de l'ONUCI et deux FAFN qui avaient le brassard « Sécurité ». Ces gardes nous accompagnaient pour les toilettes ou nous allions en groupe de 5 ou 10. Cela n'a pas empêché qu'un jour, Diabaté Bèh soit battu dans les toilettes. Nous dormions à même le sol, les uns collés aux autres comme dans un carton de poissons.

Hormis quelques-uns qui voulaient se donner de l'importance comme un certain Mr. Porquet et la Dame du PDCI à la grosse perruque, les autres nous traitaient avec humanisme. Une Dame nous a acheté des sandales parce que nous sommes arrivés au Golf nu-pieds. Une autre a apporté également du coton hygiénique aux jeunes dames et des habits pour ceux qui étaient nus car tous les hommes sont arrivés presque nus. La secrétaire de Soro a envoyé quelques effets à la secrétaire du Président, Mme OBODOU, et une Bible pour moi. Les médecins que nous avons eus ont été très aimables sauf un (rires). C était le second du médecin qui n'était pas content quand on n'avait pas aimé le repas ou quand on ne finissait pas notre assiette. Nous ne nous sommes pas lavés pendant tout le temps que nous sommes restés là-bas. Nous n'avions pas droit au téléphone et aux visites.

Abidjandirect.net : Qu'en était-il des autres dans d'autres cellules?

Je suis chrétienne catholique convaincue et je ne peux témoigner que de ce que j'ai vu. Nous n'avions aucune nouvelle d'eux, seule la jeune dame dont j'ai parlée plus haut nous disait qu'ils allaient bien. Il ne faut pas oublier que nous étions en prison, comme se plaisait à nous rappeler un commissaire qui nous visitait. Et, en prison, je crois savoir qu'on ne rend pas visite à ses co-détenus. Et j'ai été surprise de voir Mme KACOU Rolande sur la liste des personnes libérées parce que, pour moi, elle était avec la Première Dame dans le nord du pays car pendant notre séjour, ils sont venus la chercher en disant que la Première Dame avait besoin d'elle.

Abidjandirect.net : Comment est intervenue votre libération ?

Quand nous sommes arrivés, deux équipes ont fait notre identification: un commissaire et un responsable des rebelles. Un jour, avant notre libération, les militaires (gardes et autres personnels militaires de Gbagbo, Ndlr) qui étaient avec nous ont été déportés au nord, alors qu'il nous avait été dit qu'ils rentraient chez eux. Nous avons donc été quelque peu surpris par notre libération car auparavant, M. Porquet, un monsieur très zélé, est passé nous rappeler que nous étions des prisonniers. Un autre jour, M. Ahoussou Koffi est venu nous dire que nous serions jugés. C'est dans l'attente de notre jugement que le matin de notre libération, un monsieur a informé la secrétaire du Président, Mme OBODOU, que les membres de la famille présidentielle devraient se tenir prêts à quitter le Golf. La Première Dame leur avait demandé de les déposer à Moossou. Mme OBODOU a dit aux membres du Cabinet que nous sommes, de partir en tant que membres de cette famille. Depuis 10 heures, heure à laquelle nous avions eu l'information, nous étions prêts. C'est à 13 heures que nous avons été exfiltrés par l'arrière-porte.

Abidjandirect.net : Pourquoi avez-vous quitté le pays ?

Avec tout ce que j'ai subi (maison pillée, prison ...) et ce qui se passait à Bonoua, mon village, les domiciles de Major Amangoua, du Président du Conseil général, du Ministre Adjobi saccagés, les assassinats à Larabia où j'allais souvent, les parents ont insisté que je m'éclipse un peu.

Abidjandirect.net : Etes-vous prêtes à continuer la lutte ?

C'est une question qui ne se pose pas à moi. Naturellement, la lutte continue car l'idéal pour lequel je me suis engagée au FPI, en 90, alors que j'avais été sollicitée par l'AFI (Association des femmes ivoiriennes, Ndlr) de mon quartier, n'est pas encore atteint.

Vous savez, être née d'une ethnie ne se choisit pas. Les ethnies et les langues sont du Divin. Et c'est ce qui définit notre appartenance à une portion de la terre dans ce monde. Est-ce que vous me comprenez ? L'ethnie wolof est du Sénégal ; le peuple Juif est d'Israël. Le Mossi est du Burkina Faso. Le Fon est du Bénin, le Zoulou de l'Afrique du Sud. Le Sénoufo, l'Abouré, le Bété, l'Alladian, l'Ebrié, et d'autres ethnies sont de la Côte d'Ivoire. C'est Divin et l'homme ne peut effacer ce que Dieu lui a donné. Dieu m'a faite Abouré. Il ne m'a pas faite Peulh. L'Abouré est en Côte d'Ivoire, mon pays, alors je me battrai pour mon pays, tant que Dieu m'en donnera la force.

Je continue la lutte parce que je rêve d'une Côte d'Ivoire libérée de la tutelle du colon, je rêve d'une Côte d'Ivoire souveraine. Je rêve d'une Côte d'Ivoire démocratique. Pour les 63 ethnies que nous sommes, chacune à sa manière d'accéder au pouvoir suprême dans sa communauté. Seule la démocratie, importée soit-elle, peut résoudre ce problème. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où tous les enfants ont la même chance de réussite. D'une Côte d'Ivoire dont les paysans, comme mon père, ne meurent pas pauvres mais avec une retraite assurée par le fruit de leur dur labeur. Où la décentralisation aura un effet réel et de bien-être. Une Côte d'Ivoire où dans le petit campement comme celui de mon père, l'on pourra regarder la télévision. Je rêve d'une Côte d'Ivoire solidaire où le pauvre peut se soigner, boire de l'eau potable. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où le nom n'est pas sujet de stigmate. Ma fille mariée à un Koné du Nord; ma grande sœur est avec un Thé de l'Ouest, mon neveu avec Sarah de Korhogo ne pose pas problème, Soro marié a une Tagro, Ottro Laurent à Feue Sarata Touré.

Je rêve de la Côte d'Ivoire qui m'a été proposée par Laurent GBAGBO, le FPI et tous les ivoiriens qui n'ont de patrie que ma chère Côte d'Ivoire. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où l'on pourra chanter le travail de mille générations.

Abidjandirect.net : Bientôt les élections locales; avez-vous des projets dans ce sens ?

Bien sûr que oui, quelles que soient les difficultés. Sinon, la démocratie que nous voulons tant pour notre pays ne viendra pas. Il ne faut plus retourner à la pensée unique, mais plutôt laisser nos différences nous enrichir. Alors, aussi difficile que cela puisse paraître, si rien ne change dans la conduite des nouveaux tenants du pouvoir, il faudra quand même y aller ; c'est l'occasion pour moi d'adresser toute ma compassion et mes encouragements aux prisonniers de la Pergola qui ont été libérés. Particulièrement, nos représentants à l'Assemblée. Le président Laurent GBAGBO nous a déjà ouvert la voie en se présentant aux présidentielles de 1990. Mais chaque chose à son temps, et la discipline du parti est une contrainte.

Abidjandirect.net : Un mot à l'endroit des lecteurs d'Abidjandirect?

Je voudrais remercier très sincèrement Abidjandirect.net et ses responsables, car ils m'ont donné de revivre et de reprendre la lutte. Ma première intervention, une note adressée au Président Koulibaly, a été sur ce site. Je voudrais vous encourager à persévérer, quelles que soient les difficultés. Je vous aime et l'Eternel, Dieu créateur qui a décidé de faire de nous des Ivoiriens et non une autre nationalité, nous garde. Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

 

Source : ABIDJANDIRECT.NET

EMEUTES A DAKAR CONTRE LA TENTATION MONARCHIQUE DE WADE

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Dans la capitale sénégalaise, les manifestants ont obtenu le retrait d'un projet de loi qui modifiait le mode de scrutin. Reportage.


(De Dakar) Plusieurs blessés, des jets de pierre, des tirs de grenades lacrymogènes, des canons à eau, bastonnades et voitures brûlées... La situation a tourné à l'émeute, jeudi dans le centre-ville de Dakar, lors de manifestations contre un projet de loi perçu par l'opposition comme préparant une succession « monarchique » au pouvoir du président Abdoulaye Wade. Ce dernier a entendu le message, et a annoncé jeudi soir le retrait pur et simple de son projet.

Crainte d'une « dévolution monarchique du pouvoir ».

Jeudi, l'Assemblée nationale, dont les membres sont à 88% membres du PDS, le parti au pouvoir, examinait le projet de loi du président Wade, qui institue en particulier l'élection au suffrage universel d'un président et d'un vice-président, un « ticket » qui remplace la désignation du seul président.

Le projet de loi prévoyait :

« En cas de démission, d'empêchement définitif ou de décès en cours de mandat, le président de la République est remplacé par le vice-président ».

Une décision qui a suscité la polémique alors qu'opposition et société civile craignent depuis des mois une « dévolution monarchique du pouvoir » d'Abdoulaye Wade, 85 ans, au profit de son fils Karim, 42 ans, actuellement à la tête de pas moins de quatre ministères.

Une autre disposition prévoyait l'instauration d'un « quart bloquant » : un ticket était déclaré élu s'il réunissait au moins 25% des suffrages exprimés. Opposition et société civile considèrent qu'il s'agit ni plus ni moins d'une suppression du second tour.

Coup de théâtre jeudi soir, puisque la réforme du mode de scrutin a été retirée. La prochaine élection présidentielle sénégalaise, en 2012, se fera donc sous l'ancien système, comparable au modèle français.

Il reste désormais à voir si ce recul du président Wade suffira à apaiser le climat particulièrement tendu.

La « préoccupation » des Etats-Unis

Mercredi soir, l'ambassade des Etats-Unis à Dakar avait exprimé sa préoccupation face à ce projet de loi qui menace de plonger le Sénégal, l'un des pays-clés de l'Afrique de l'Ouest, dans une période de profonde instabilité. Les affrontements avaient commencé la veille dans la capitale sénégalaise, avec l'apparition de pancartes inspirées par la révolution tunisienne : « Wade dégage ! » (Voir la vidéo)

Plusieurs personnes ont été blessées dans les nouveaux affrontements de jeudi. Parmi les blessés, selon l'AFP, figure Alioune Tine, président de la Rencontre africaine des droits de l'homme, à la pointe de la contestation contre le projet de réforme constitutionnelle.

Alioune Tine se trouvait en compagnie de l'ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio lorsqu'il a été attaqué par des présumés « hommes de main » d'un responsable du parti présidentiel.

Les émeutiers s'en sont notamment pris à l'hôtel des députés, qui se trouve à Dakar Plateau, à coté du marché Sandaga, qui a été incendié. (Voir la vidéo)


Source : RUE89

14:17 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sénégal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sénégal, émeutes à dakar, tentative monarchique d'abdoulaye wade | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ASSAUT FRANÇAIS CONTRE LA RESIDENCE DE GBAGBO: SIDIKI BAKABA TEMOIGNE

 

SIDIKI BAKABA 2.jpg

Par Théophile Kouamouo, in Le Nouveau Courrier du 21 juin 2011.

 

Il a failli mourir, ciblé par un hélicoptère de Licorne puis battu à coups de crosse par les soldats d'Alassane Ouattara. Mais il a été jusqu'au bout de sa destinée de témoin des chocs de l'Histoire nationale. Il ne regrette rien. De son lieu de rééducation en France, il se souvient...



«On dit que ce qui échappe à la conscience nous revient sous forme de destin». Dans le «refuge» où il s'est retiré, au coeur de la France profonde, pour panser ses plaies,  Sidiki Bakaba, présent à la Résidence présidentielle de Cocody au moment du kidnapping de  Laurent Gbagbo et de sa suite, soigne son âme à coups d'introspection philosophique.

Il en est persuadé : son destin et sa vocation d'artiste engagé l'ont toujours amené à  être le témoin privilégié d'événements importants pour son pays et son continent. Une  fois de plus, il a donc été jeté au coeur de la fournaise ardente. Comme dans d'autres pays africains, au Burkina Faso durant la période «révolutionnaire», ou en Guinée lors de  la première purge du règne de Lansana Conté, en 1985. Comme en novembre 2004, lors du  premier«épisode» de la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire. Une page tragique de l'histoire de la Côte d'Ivoire qu'il a «offerte» aux générations futures sous la forme d'un documentaire au nom évocateur : «La Victoire aux Mains Nues».

Témoin d'une résistance héroïque

«Je n'avais pas forcément l'intention de faire un film sur la crise postélectorale. Contrairement à ce qu'une légende bien orientée prétend, je ne suis pas allé sur le front  avec l'intention de me battre arme au poing. C'est le front qui estvenu vers moi! Ma maison se trouve dans le pourtour présidentiel, à quelques minutes à pied de la Résidence présidentielle.

Progressivement,les bruits de guerre se sont rapprochés. Un jour, je me réveille, et je vois devant mon domicile quelques centaines de jeunes combattants loyalistes. Ils m'expliquent qu'Abidjan est divisée, et que seuls les combattants sont dans la rue. Ils se reconnaissent par des noms de code bien spéciaux. Les uns, c'est «ami ami», les autres c'est «miaou miaou».

Bref, ils m'expliquent que je ne peux pas sortir seul même pour acheter du pain. Et ils me proposent de m'escorter, de me protéger d'une certaine manière. J'écoute ces jeunes soldats, qui sont mes compagnons par la force des choses. Et il me semble que je retrouve dans leur bouche les mêmes mots que ceux des jeunes qui, les mains nues, ont affronté les chars français en novembre 2004. Sauf que là, ils sont armés. Ils disent qu'ils sont prêts à mourir... Ils répètent :«Nous voulons libérer la Côte d'Ivoire, nous voulons libérer l'Afrique. L'indépendance que vous, nos oncles, avez eue, elle n'est pas réelle. Nous avons la mémoire de 2004. Cette fois, cela ne se pas sera pas comme ça, ils ne nous trouveront pas les mains nues». La phrase «il faut libérer l'Afrique » crée une résonance en moi. Nous l'avions prononcée il y a longtemps, quand j'étais jeune, quand nous commencions à remettre en cause les indépendances dans nos pays. Je suis donc allé voir, sentir, et pourquoi pas témoigner de ce qui apparaissait déjà comme un remake de novembre 2004».

Sidiki Bakaba ne pense pas forcément à un documentaire. Mais dans sa tête trotte l'idée d'un film de fiction  reconstituant l'histoire de la Côte d'Ivoire. Il se dit : «Dans ce cas, il me faut du matériau». Et ajoute : «Je ne voulais pas travailler à partir de ce qui a été écrit ou raconté par d'autres, mais vivre cette histoire-là, à l'endroit où je me trouvais». Du côté où il se trouvait aussi, peut-on ajouter. Comme les équipes de la chaîne de télévision franco-allemande Arte ont filmé la descente sanglante des FRCI à Abidjan, lui, il filmait ce qui est très vite apparue comme une résistance «héroïque».

Il filme quelques centaines de combattants qui font face aux assauts répétés d'adversaires soutenus logistiquement par l'armée française et par l'ONUCI. Mais qui, systématiquement, battent en retraite, perdent des hommes en masse, s'enfuient en laissant des liasses de faux billets offerts par leurs commanditaires politiques - un mensonge fondamental qui explique sans doute aujourd'hui les actes de sabotage économique et de pillage forcené des FRCI.

Sidiki Bakaba, qui ne peut plus dormir chez lui dans ce contexte explosif, filme également le petit monde qui s'est aggloméré autour de Laurent Gbagbo à la Résidence, préparé à partager une destinée tragique. Il voit arriver là les généraux Philippe Mangou (chef d'état-major des Armées) et Edouard Tiapé Kassaraté (patron de la gendarmerie). Des généraux que la rumeur accuse déjà de trahison. Très vite, Laurent Gbagbo les éconduit,

le cameraman de la RTI et lui. «Nous avons à nous dire des choses qui ne se disent pas devant les caméras», explique le chef de l'Etat. Bakaba pressent une atmosphère houleuse...

Le bureau de Gbagbo mitraillé alors qu'il s'y trouve. Progressivement, la pression des coalisés se renforce. Un autre témoin présent à la Résidence, dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité évidentes, raconte.
«A partir du 7 avril, les attaques des hélicos se sont intensifiées. On était obligés de se réfugier au sous-sol. Le 9 avril, la dégradation s'est accélérée. La bibliothèque de la Résidence a pris feu, contaminée en quelque sorte par des voitures qui se trouvaient dans la cour et qui, bombardées, avaient explosé littéralement». Ce témoin là fait une révélation troublante. «Le vendredi, le bureau du président a été mitraillé au moment où il venait d'y entrer pour travailler un peu, comme si ses ennemis maîtrisaient ses mouvements.» Miraculeusement, Gbagbo s'en sort, et retourne au sous-sol. L'atmosphère est apocalyptique dans ce que les médias occidentaux appellent«le bunker».

Les veillées de prière se succèdent. «On n'espérait qu'en Dieu seul», se souvient ce témoin. Le dimanche 10 avril, en milieu d'après-midi, l'amiral Vagba Faussignaux annonce que les forces internationales vont venir chercher l'ambassadeur d'Israël, et demande aux soldats de ne pas tirer sur leurs hélicos. Il est 16h40. Très rapidement, une intense campagne de bombardements - la plus terrible! - est engagée. Et Sidiki Bakaba, qui se trouve dans la cour, au niveau de la guérite, à l'entrée de la Résidence, est pris pour  cible, contrairement à un canon bitube, qui ne se trouve pas trop loin. Et est provisoirement épargné. Une caméra accusatrice est sans doute une arme lourde bien plus menaçante...

«Je sens quelque chose d'animal. Je me dis: «Cet hélico va me tirer dessus». Je rentre dans le poste de contrôle. Je me couche par terre, et le mur s'effondre. Je suis comme projeté en l'air. Je retombe par terre. Je psalmodie. «Il n'y a de Dieu que Dieu». Trois fois. Je me lève : une de mes jambes ne répond plus. Je sautille. Je me traîne jusqu'à l'infirmerie. Mon sang gicle de partout. Ils essaient de me soigner. Mais mon instinct de survie me pousse à ramper jusqu'au bâtiment principal.

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Je veux aller y mourir dignement. Là-bas, les médecins commencent à m'inciser avec des rasoirs, sans anesthésie. Ils sortent des éclats d'obus tout noirs de mon corps. C'est atroce. J'ai des moments de perte de connaissance. Et des fois je reprends connaissance. Je dis des choses, je les chante. Je répète que cette indépendance réelle, dont ces jeunes qui sacrifient leurs vies rêvent, deviendra réalité un jour. A titre personnel, je suis persuadé que je vais mourir. Des rideaux brûlent. Les personnes les plus religieuses parmi nous semblent partagées entre transe et peur. Je sens que c'est fini, avec la force des explosions. J'accepte le principe de ma mort. Je me dis que j'ai atteint plus de 60 ans, sur un continent où l'espérance de vie est de moins de 50 ans. Je n'ai ni le  sentiment d'être un héros ni celui d'être un lâche, mais un homme qui meurt dignement».

Des incendies provoqués délibérément

Les incendies, méticuleusement provoqués par les frappes françaises pour faire sortir les «rats» de leur tanière, se multiplient dans le sous-sol. Héroïquement, les ultimes compagnons de Laurent Gbagbo luttent pour éteindre le feu qui menace de les dévorer. Prient. Et se remettent à l'ouvrage. Bakaba est hors jeu. Sa caméra n'a pas survécu. Lors de ses moments de conscience, il sent l'affection forte d'un homme qu'il ne connait pas vraiment, mais dont les paroles affectueuses tentent de le maintenir en vie : il s'agit  de Désiré Tagro (photo), qui ne sait pas qu'il vit lui-même ses dernières heures.

Notre témoin raconte. «Le lundi 11, les bombardements ont repris avec une force inédite. Trente chars français et six hélicos. Ce sont les chars qui détruisent le portail d'entrée à la résidence. Les hélicos crachent leur déluge de flammes... et le sous-sol prend feu à nouveau. On veut remonter par la buanderie. Mais un commandant de l'armée nous dit que si
on le fait, ils vont nous canarder. Nous sommes coincés dans un tunnel. Avec le chef de l'Etat, son épouse, les ministres. Il n'y a pas d'issue de secours. Le portail de secours est bloqué. Celui qui en avait les clés a disparu.

Avec les clés. Notre seul choix : mourir canardés ou asphyxiés. Pendant près de trente minutes, le commandant mitraille ce portail. Il réussit à le défoncer.Nous cachons le chef de l'Etat dans un endroit pas loin de la bibliothèque. C'est à ce moment-là que Désiré Tagro appelle les Français pour demander l'arrêt des tirs. On lui 
remet un drapeau blanc pour qu'il sorte négocier. Quand il sort, on lui tire dessus. Il revient pour dire au chef de l'Etat :
«ils vont nous tuer». Cinq minutes après, des rebelles pénètrent dans la Résidence.»

Le carnaval de violence commence, malgré le fait qu'Hervé Touré dit
«Vétcho», s'oppose à l'assassinat des civils. Des personnes ont été tuées au rez-de-chaussée. Des coups de kalach, des coups de couteau, des balles dans les fesses... Les nouveaux «prisonniers», y compris les religieux, mis entièrement nus,sans le moindre cache-sexe, doivent chanter, sous la menace des armes, «on va installer ADO». Certaines personnes sont mitraillées dans la cour. Et tombent. Mortes ? Très probablement. Les autres n'ont pas le temps de voir s'ils sont récupérables. Un homme filme sans relâche ce spectacle macabre. C'est un militaire français, un Blanc, le seul qui est franchement visible aux côtés des FRCI, qui est descendu des chars avec eux. Ce sont ses images à lui qui seront présentées par le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, comme ayant été prises par la troupe 
d'Alassane Ouattara.

Sauvé par Paul Madys et un militaire français

Quand Sidiki Bakaba reprend conscience  -avant de s'évanouir à nouveau quelques temps après -, il est face à trois personnes, habillées en treillis. Chacune est coiffée d'un bonnet et d'une plume sur la tête. L'un d'entre eux dit, comme dans une scène de western : «Ah ! Sidiki Bakaba, toujours fidèle !  Fidèle jusqu'au bout ! Moi, j'aime les gens fidèles !» Il a un drôle de sourire aux lèvres. Il informe une personne, par téléphone et par talkie walkie, de la présence du premier directeur général du Palais de la Culture d'Abidjan. «Au moins, il me connaît», se dit Bakaba. Le plus jeune des trois hommes en treillis dévisage le «kôrô» mal en point, incapable de se défendre, à l'article de la mort.

«Il m'insulte en malinké, soulève la crosse de sa kalach, me donne un coup violent sur la tête,puis en plein dans l'arcade sourcilière, me promettant de me bousiller un œil. Malgré mon état, je sens une agression terrible. Il me prend ma montre et un talisman en argent. Il ne me reste que le chapelet de ma mère»
, raconte Bakaba. Qui retombe dans les pommes. Après avoir entendu dire : «On l'a attrapé, on le tient maintenant, Gbagbo».
Quand l'artiste se réveille, il est dans une brousse qu'il ne parvient pas à distinguer. En réalité, il se trouve à proximité de la brigade de gendarmerie en contrebas de la Résidence de Madame Thérèse Houphouët-Boigny avec d'autres blessés considérés comme trop amochés pour arriver à l'hôtel du Golf, où les caméras des journalistes de la presse internationale sont déjà allumées.

Il est donc question, pour l'armée de Ouattara, de les achever là. Mais les FRCI se heurtent au refus des soldats français. «Derrière nous, il y a plusieurs soldats des FRCI avec des kalachs qui nous promettent une mort certaine. En face de moi, je vois trois silhouettes de militaires français, qui semblent s'opposer. A ma 
gauche, le chanteur Paul Madys. Avec toute son énergie, il est en train de plaider pour nous auprès des soldats français. Il dit : «On vous demande pardon, ne nous laissez pas. Ceux qui sont derrière-là, vont nous tuer».
En désespoir de cause, il offre sa vie pour la mienne. Il me regarde et dit aux soldats français : «Celui-là, vous ne pouvez pas le laisser. Prenez-le et laissez-moi, je vais mourir à sa place». A ces mots, Bakaba, entre la vie et la mort, ressent une sorte de «bouffée», un «élan de foi en l'homme»«C'était le contraire de l'inhumanité, de la 
violence que m'avait infligée le «blakoro» des FRCI à la Résidence présidentielle. Dans cette Côte d'Ivoire, à ce moment-là, un homme, un frère, qui n'avait rien de mandingue, qui avait au moins vingt ans de moins que moi, donnait sa vie pour moi...»

Alors que ses collègues veulent s'en aller, promettant aux blessés agglutinés là que l'ONUCI viendra les chercher, un militaire français fait le tour de son visage de son doigt, regarde Paul Madys dans les yeux et lui fait le serment de ne pas les abandonner, quand bien même ses collègues le feraient. Il se débrouille pour trouver un char pour conduire les blessés au CHU de Cocody. L'armée française qui, par les airs, a failli ôter la vie à l'acteur 
principal de Bako, l'autre rive, lui sauve la vie à travers l'initiative personnelle d'un jeune homme juste.«Pour la première fois depuis longtemps, je ressens de la fraîcheur, je me sens bien, je perds connaissance».

A son réveil, Sidiki Bakaba est dans un tout autre décor. «J'ouvre les yeux, je suis dans un hôpital. Les gens qui Arrivé à l'aéroport dans une ambulance, Sidiki Bakaba se déplace en fauteuil roulant. A sa vue, la petite foule des voyageurs et du personnel en service fond en larmes.
«Mon Dieu ! On nous a dit que vous étiez morts !», crient certains. Bakaba s'engouffre dans l'avion, rempli à 70% de militaires français rentrant au pays, leur «mission» accomplie. «Marqué par la haine» selon son expression, il se prépare à de longs mois de soins et de rééducation.

Pourquoi Bakaba ne renie pas Gbagbo

Les Ivoiriens le savent. Sidiki Bakaba entretenait des rapports passionnels et compliqués avec le président Laurent Gbagbo, avec qui il n'a pas toujours été sur la même longueur d'ondes. En conflit avec des ministres qui, estime-t-il, lui ont savonné la planche, il a souvent attendu de nombreux - et douloureux - mois une audience présidentielle. Mais il est hors de question pour lui, hier, aujourd'hui ou demain, de renier le chef de l'Etat renversé. Et il l'explique, avec passion.

«Je retiens qu'aux derniers moments avant son arrestation,il m'aura vu. L'ami est l'ami, dans ma culture. Aujourd'hui qu'il est dans une situation difficile, je ne crache pas sur Gbagbo. Il a certes des défauts, mais il n'est pas le monstre qu'on dépeint.

Je n'aurais pas composé avec un monstre. Il y a une sagesse qui dit chez nous «le fou de quelqu'un ici est le sage de quelqu'un ailleurs». L'homme que je connais est un homme qui m'a respecté, qui a respecté mes créations même s'il n'en a pas toujours fait une promotion à la mesure de ce que j'attendais. Je retiens qu'il m'a respecté, qu'il a respecté mon travail en se refusant à interférer, et c'est très important pour un homme de culture soninkée. Je pense que ces derniers jours là, il a dû penser aux petites anecdotes que je lui rappelais quand on avait l'occasion d'avoir des moments d'intimité.

Comme celle du rapport entre Samory, le dernier empereur résistant face à la pénétration coloniale, avec son ami et aîné Morifindian Diabaté, griot, mémoire vivante du pays et capitaine. Quand Samory a été arrêté à Guélémou en Côte d'Ivoire, Diabaté a proposé d'aller avec lui en prison. Les Français ont dit «non», et sont allés avec Samory au Gabon. Plusieurs mois plus tard, Morifindian est arrivé au  Gabon par ses propres moyens. Ils se sont parlé, se sont rappelé les moments de gloire et les moments tristes. Quand Samory est mort, Diabaté l'a enterré. Les Français lui ont  proposé de le ramener en Côte d'Ivoire. Il a refusé. Il a creusé sa propre tombe à côté de celle de Samory. Et il leur a dit : «Quand je mourrai, vous m'enterrerez ici». Et ses dernières volontés ont été respectées. Ce n'est qu'à la fin de son règne que Sékou Touré a ramené leurs cendres dans leur terroir ancestral mandingue, en Guinée.

Ce n'est pas leurs faits de guerre, leur gloire, qui ont alors été célébrés, mais leur serment d'amitié, la valeur du serment d'amitié. Là où il est, peut-être mon grand-frère se dira que je ne suis pas Louis Sépulvéda, romancier et compagnon de route d'Allende jusqu'à sa fin tragique au palais de la Moneda.

Je ne suis pas Morifindian Diabaté, mais je suis Sidiki Bakaba avec mon histoire. Ceux qui racontent que j'ai combattu les armes à la main doivent savoir que je ne suis pas André Malraux qui s'est engagé et s'est battu dans un avion militaire contre le franquisme en Espagne. Il l'a fait par conviction. Il n'a pas été diabolisé pour autant. De Gaulle en a fait son ministre de la Culture. Moi, Sidiki, j'attends mon De Gaulle."



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

jeudi, 23 juin 2011

LA COTE D’IVOIRE, UN PAYS SINISTRE - TAUX DE CROISSANCE PREVISIONNEL 2011: - 7,3% !


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De mémoire d’Ivoiriens et d’économistes, jamais la Côte d’Ivoire ne se sera portée aussi mal, après l’expédition punitive sarko-onusienne de mars-avril 2011 qui aura ouvert la boîte de Pandores d’un véritable désossement de notre pays : le pillage systématique des FRCI, forces pro-Ouattara, qui n’ont rien épargné sur leur passage.

Le nouveau régime ivoirien et sa soldatesque nous ont donné le net sentiment qu’ils ne venaient pas pour régner mais tout juste pour casser du Gbagbo et s’en aller. Sinon, comment comprendre qu’ils aient pu tout détruire et piller avec autant de minutie ? Commerces, entreprises, micro-finances, domiciles, véhicules de luxe, véhicules utilitaires (4x4), installations électriques, canalisations d’eau, administrations, églises, pharmacies, stations d’essence, universités, cités universitaires, commissariats, casernes de police, camps militaires, centres émetteurs, matériels de diffusion et de production (RTI), prisons. Tout y est passé. Tant et si bien qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout est à refaire.

Comme le dit une analyste politique ivoirienne : « Presque tous les voyants sont au rouge après la tempête de pillages systématiques qui a marqué le changement de régime et mis à genoux la plupart des entreprises exerçant dans le pays. Même son de cloche dans l’administration publique, paralysée après le passage des troupes FRCI dans les différents services. Tout est à refaire là où les chefs d’entreprise n’ont pas encore mis la clé sous le paillasson. Une situation chaotique qui selon les spécialistes, porte les prévisions de croissance pour cette année au chiffre record de – 7,3% contre 3% l’année dernière (sous Gbagbo, Ndlr). Un chiffre jamais atteint, même pendant la dure crise économique des années 80 et la décennie de guerre que vient de vivre la Côte d’Ivoire ».

Faut-il s’en étonner ? Non ! Les forces pro-Ouattara sont d’un illettrisme souverain. Comment pourraient-elles donc savoir qu’il ne faut pas piller les universités, par exemple, ou l’appareil de production, qui devait aider leurs mentors à bien reprendre en main le pays, après la victoire ? Boule de gomme !

Alassane Ouattara qui sait parfaitement ce qu’il a fait subir à la Côte d’Ivoire et entièrement conscient du drame, s’en est allé en Occident, à la faveur du dernier G8 en France, en quête de 13.000 milliards de francs CFA auprès des bailleurs de fonds internationaux. La récolte a été maigre à en pleurer : des promesses, rien que de vagues promesses. Or la Côte d’Ivoire ne peut se satisfaire actuellement de promesses. Il faut de la liquidité. Beaucoup de liquidité. Ici et maintenant. Alassane Dramane Ouattara nous avait certifié, pendant sa campagne présidentielle, que son métier était de trouver des fonds. Qu’il nous les trouve donc pour relancer notre économie. En attendant, la Côte d’Ivoire vit à crédit. Même les salaires sont payés à crédit, faute d’entrée de recettes significatives dans les régies financières de l’Etat. Comme le disait trivialement un ami : « On ne s’endette pas pour manger. On s’endette pour investir. Un pays qui s’endette pour son quotidien est un pays en faillite ». Il ne croit pas si bien dire. Plus de 400 entreprises en dépôt de bilan ou en grande difficulté, 120.000 emplois détruits, selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Monsieur Jean Kacou Diagou, Président du Patronat ivoirien enfonce le clou : « Tout le monde porte des treillis. Il y a entre 2.000 et 3.000 prisonniers qui errent dans la ville et menacent nos activités. On ne fait plus la différence entre les FRCI et les bandits ». Quant à Monsieur Farikou, Président de la Fédération des Commerçants de Côte d’Ivoire, il ne décolère pas : « Le racket s’est aggravé comme jamais auparavant sur nos routes nationales. Tout le monde est en treillis ! ».

Il faut donc désarmer les FRCI et les faire entrer en caserne. Ils s’y refusent tout net. Leur hiérarchie ne les maîtrise pas. La force Licorne entre donc en lice, comme en avril, pour les y contraindre et – pour ne rien arranger à la situation économique de la Côte d’Ivoire – les tirs à l’arme lourde reprennent à Abidjan, entre FRCI et entre FRCI et Licorne, à Abobo et à Yopougon. Vous parlez d’une armée républicaine ! Quelle poisse ! Le chef de guerre et Com-zone d’Anyama, le commandant Bauer, pro-IB invétéré, est très clair en ce qui le concerne : « J’attends de pied ferme celui qui viendra me déloger ». A bon entendeur, … ! Ça promet pour la sérénité des populations!

Mais là où la malhonnêteté est poussée à son comble, c’est quand le pouvoir Ouattara veut faire imputer ce désastre économique au Président Laurent Gbagbo. Un membre illustre du gouvernement RHDP clame, pince sans rire : « C’est Gbagbo qui a mis le pays en faillite avant de partir. Ils ont commis des crimes économiques. Ils doivent en répondre ». Eh bien, Monsieur le Ministre, vous aller devoir répondre à 10 petites questions pas si idiotes que cela, que nous vous posons pour nous éclairer, un tant soit peu, sur le sujet :

1- Qui a donné à la Côte d’Ivoire un taux de croissance de 3% en pleine crise, en 2010 ?

2- Qui a payé les salaires des fonctionnaires, fin mars 2011, sans aucun appui extérieur et en pleine offensive militaire (virement bancaire que vous vous êtes indûment attribué, au paiement des deux mois de salaire de la fin du mois d’avril 2011) ?

3- Qui a pillé les entreprises et déboulonné leurs machines de production, en avril 2011, au moment où Gbagbo avait été renversé et ses partisans, traqués et assassinés, avaient fondu dans la nature ?

4- Qui a libéré et enrôlé les 6.000 prisonniers de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) et les milliers d’autres de nos villes, qui sèment la terreur à Abidjan et à l’intérieur du pays ?

5- Qui a instauré une économie parallèle au Nord du pays depuis 2002, encore en place à ce jour ?

6- Qui a exploité les minerais et pierres précieuses de la zone CNO (Centre, Nord et Ouest du pays), instauré un trafic en règle du bois, du café et du cacao ivoiriens (ce qui a d’ailleurs fait du Burkina Faso, un pays désertique, un gros exportateur de cacao) pour acheter des armes et financer la guerre contre la Côte d’Ivoire ?

7- Qui a procédé au casse des agences ivoiriennes de la BCEAO à Bouaké, Korhogo et Man pour ce constituer un fonds de guerre contre Gbagbo ?

8- Les coupables de ces crimes économiques ont-ils été poursuivis devant les tribunaux ?

9- Le seront-ils, un jour, sous vos auspices ?

10- Qui a nous promis une pluie de milliards, qui n’honore toujours pas sa parole pour permettre à la Côte d’Ivoire de rebondir, et qui se cherche des boucs émissaires ?

Si vous répondez en toute honnêteté à ces questions, Monsieur le Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, vous saurez sans coup férir qui a commis des crimes économiques contre notre pays, qui l’a mis en faillite et qui doit en répondre devant les instances judiciaires.

Oui, la Côte d’Ivoire va mal. Alassane Dramane Ouattara et les FRCI l’ont mise en faillite. Il lui faudra un traitement de choc pour se remettre des effets induits de la sanglante alternance d’avril 2011 qui plombent sa croissance et, partant, son développement. Une seule porte de sortie possible : la maîtrise de la question sécuritaire et la remise à flot des caisses de l’Etat par la reprise économique, sur la base d’une réconciliation vraie et non pas celle des vainqueurs, triomphaliste et justicière.

« La solution » (surnom d’Alassane Ouattara, émanant de son slogan de campagne) pourra-t-il relever le défi ? Une gageure à forts relents de suspense ! En ce qui nous concerne, nous nous astreindrons à une posture d’attente et d’observation patiente, pour nous faire ensuite une opinion définitive sur la question et sur l’individu. « Wait and see », comme disent les anglophones.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 22 juin 2011

COTE D’IVOIRE: DES DETENTIONS ARBITRAIRES SOUS LES YEUX DE L’ONU (AMNESTY)


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Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont certains ont été "battus" par les forces d'Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus.

"La présence de soldats de l'ONU devant l'hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions", déclare Véronique Aubert, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique, citée dans un communiqué de l'ONG.

"C'est loin d'être un début encourageant pour la présidence d'Alassane Ouattara", ajoute Mme Aubert.

L'organisation de défense des droits de l'homme affirme que "les autorités ivoiriennes détiennent au moins 50 personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang", deux mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces armées (FRCI) de M. Ouattara à l'issue d'affrontements sanglants.

Au moins "21 personnes" sont retenues à l'hôtel La Pergola d'Abidjan, la capitale économique, selon l'ONG.

Plusieurs d'entre elles "ont été battues par les FRCI (...) au moment de leur arrestation, dont l'une assez violement pour avoir perdu connaissance", poursuit le texte.

"Des soldats français (de la force Licorne déployée sans la bannière de l'ONU) et de l'ONUCI (Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire) étaient présent au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l'hôtel, mais n'ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements", déplore l'ONG.

Amnesty relève que les FRCI sont en charge de la sécurité à l'intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, mais que des Casques bleus de l`ONUCI sont postés devant l'hôtel pour la sécurisation à l'extérieur du bâtiment. "Cela signifie qu'ils (les Casques bleus) exercent un degré de supervision concernant les personnes autorisées à y entrer."

Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les "libérer immédiatement", et appelle l'ONUCI à s'assurer que ses soldats ne sont pas impliqués "dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement".


AFP

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN


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DEPUIS SON EXIL, LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: "OUATTARA N'A PAS GAGNE LES ELECTIONS!"


Lazare Koffi Koffi était ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts dans le gouvernement d’Aké N'gbo. Depuis le 11 avril 2011, il est en exil suite à l'offensive des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Il nous a accordé cette interview par le truchement d'Internet.



Où êtes-vous depuis la chute de Laurent Gbagbo ?

Lazare Koffi Koffi : Je suis au Ghana, un pays devenu depuis quelque temps, le pays où l'on savoure la liberté. J'y suis arrivé deux jours après l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Je bénis Dieu et je le loue chaque jour de m'avoir préservé d'une mort certaine puisque du lieu où je m'étais réfugié après la destruction et le pillage systématique de mon domicile à Abidjan, j'ai côtoyé la mort. J'ai vu des gens sauvagement abattus comme des animaux sans raison. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je me porte bien. Mon moral est au beau fixe ainsi que toutes mes facultés pour apprécier sainement les événements douloureux que vit notre pays depuis mars 2011. Je tiens à dire également qu’après avoir attaqué et pillé ma résidence d'Abidjan, les rebelles ont investi mon domicile du village d'Eboué (dans la nouvelle sous-préfecture d'Adjouan). Après avoir à coups de kalachs et machettes porté atteinte à l’intégrité physique de mes parents (ma mère a été molestée et Koffi Amichia mon petit frère a été rudoyé et tailladé à la machette, il a été abandonné dans un état comateux), ils ont tout pris dans la maison y compris les habits et autres ornements sacerdotaux de l'Abbé Koffi Gnassou Bruno, mon jeune frère prêtre défunt. Récemment encore, dans la nuit du 6 au 7 juin dernier, pour la troisième fois, les Frci sont encore venues chez moi au village pour tout briser. Tout le village se trouve aujourd'hui choqué même parmi les pro-Ouattara qui ne comprennent pas cet acharnement contre ma personne et qui s'interrogent sur cette manière de gouverner. Mais moi, je reste serein, habité par l'esprit de Job de la Bible. La perte de ces biens, du reste périssables, n'est pas importante. Ce qui est important, c'est d'avoir la vie.

Le Procureur de la République a gelé vos avoirs. Comment arrivez-vous à vivre?

L.K.K : Le Procureur de la République a gelé nos avoirs sans une décision de justice. C’est une grave atteinte aux droits de l’Homme. Et le plus cocasse dans cette affaire, c'est qu'il vise des décisions du Conseil de l'Union européenne. Pour le reste, comment je vis ? Dieu a dit que je vaux mieux que les passereaux ; donc il me demande de ne pas me soucier du lendemain.

Regrettez-vous d'avoir accepté d'être ministre dans le gouvernement d'Aké N'Gbo?

L.K.K : Et pourquoi devrais-je le regretter ? J'ai appartenu à un gouvernement légal dans lequel les Ivoiriens se sont reconnus et identifiés. Pendant quatre mois, j'ai été accueilli partout dans la liesse populaire et non sous la baillonnette. J'ai échangé avec les Ivoiriens en toute liberté dans le respect mutuel en ayant toujours à l’esprit que c'est le peuple qui détient la réalité du pouvoir. C'est pourquoi je ne comprends pas ceux des nôtres qui pensent que nous avons tout perdu, allant même jusqu'à renier toute légitimité à Gbagbo. Ils sont devenus des démarcheurs quotidiens pour faire reconnaitre Ouattara comme un Président légal et légitime.

De qui parlez-vous ?

L.K.K : De tous ceux qui, dans nos rangs, pensent que leur heure est venue pour se faire une place au soleil.

Comment avez-vous vécu les derniers moments du règne du Président Gbagbo?

L.K.K : J'ai été traversé simultanément par trois sentiments. D'abord la nausée. Face à l'acte criminel perpétré par la France contre notre pays, un pays indépendant et souverain. J'ai été écœuré de voir comment nuitamment, dans la lâcheté, les Institutions républicaines ont été renversées et notre Armée détruite. La France, depuis, n'est plus pour moi un pays de référence en matière de respect du droit international et de droit de l'Homme. Ensuite, j'ai éprouvé de l'admiration pour le Président Laurent Gbagbo qui a fait montre d'un courage exceptionnel qui fera date dans l'histoire. Face au déluge de feux sur Abidjan et particulièrement sur sa résidence de Cocody, il est resté digne. Il a montré encore une fois que pour la confiance placée en lui par les Ivoiriens, il était prêt à défendre le pays même au prix de sa vie. Enfin, j'ai été horrifié, meurtri et franchement dégouté de constater que ce sont ceux qui se disent héritiers d'Houphouët, regroupés au sein du Rhdp, qui, avec l'appui de la France et de l'Onu, ont détruit ce que Houphouët, toute sa vie durant, a construit, et qui constitue aujourd'hui l'âme de la Côte d'Ivoire moderne. Le Palais présidentiel, la Rti, l'Atci, les bases militaires et, scandale des scandales, la résidence mythique d'Houphouët, symbole de notre souveraineté, tout a été détruit par les enfants d'Houphouët. Un véritable parricide. Ce que Gbagbo, le célèbre opposant à Houphouët, n'a osé faire, sinon que chercher à restaurer ce qui tombait en ruine, Ouattara, Bédié et leurs alliés l'ont fait pour satisfaire leur volonté de venir au pouvoir.

A quel moment avez-vous senti que c'était la fin de votre régime?

L.K.K : Je n'ai jamais senti la fin de notre régime et même encore aujourd'hui, je crois en sa survie. Car tout le monde le sait, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Face aux canons de la France, il a crié cette phrase : « Mais Ouattara n’a pas gagné les élections !» Cette phrase retentira pendant longtemps dans les esprits des démocrates. Gbagbo n'a pas été vomi par son peuple. Bien au contraire, celui-ci reste fidèle et uni à sa personne. Non, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Il a seulement perdu la guerre contre la France, une guerre qui n'a jamais été ouvertement déclarée, une guerre lâche dans laquelle la France sous Sarkozy a démontré toute sa laideur sur la question du droit des peuples à s'autodéterminer. La conséquence de tout cela, c'est qu'Abidjan ayant (re) perdu son indépendance et sa souveraineté, titube dans les décisions à prendre.

Vous avez dit que vous croyez en la survie de votre régime. Mais plusieurs cadres de votre parti dont Mamadou Koulibaly ont fait allégeance. Ce qui fait dire que c’est fini pour le Fpi…

Ceux de nos camarades qui ont fait allégeance à Ouattara savent ce qu'ils font. Nous serons tous jugés par l'Histoire. Le peuple ivoirien est mature. Il sait discerner. Il sait que la vérité est de notre coté. Même ceux de nos frères qui ont soutenu honnêtement Ouattara commencent à déchanter face aux pillages, aux assassinats sommaires dont ils sont témoins au quotidien.

Que pensez-vous des menaces de Koulibaly à quitter le Fpi et créer son parti politique ?

L.K.K :C’est son droit et il ne sera pas le premier. Seulement s’il veut partir, il faut qu’il le fasse dans l’élégance et non donner l’impression qu’il a eu mission de mains noires pour « tuer » le Fpi. Il ne réussira pas. Il ne faut pas qu’il donne de lui, dans l’opinion, l’image d’un homme inconstant qui a abandonné ses camarades et surtout Gbagbo et Simone qui l’ont fait, dans les geôles de Ouattara dont il est devenu l’admirateur attitré. S’il part, il ne nous reste qu’à lui souhaiter bonne chance. En toute camaraderie.

Selon vous est-il possible pour les Ivoiriens de se réconcilier?

L.K.K : Vous avez dit réconciliation? Que signifie ce mot aujourd'hui? Réconciliation entre qui et qui? En tout cas, pas entre les Ivoiriens. Il n'y a jamais eu de problèmes entre les Ivoiriens. Même quand on a voulu les opposer de manière artificielle, les sentiments forts qui les unissent ont bravé toutes les adversités. Les Ivoiriens s'entendent bien entre eux. Mais s'il s'agit de réconcilier le peuple au nouveau pouvoir qui lui a été imposé alors qu'on le dise. Donc, j'attends de voir comment il va procéder pour se réconcilier avec les Ivoiriens encore traumatisés par toutes les pertes en biens matériels et en vies humaines de leurs proches à cause du pouvoir à conquérir.

Charles Konan Banny a été nommé à la tête de la commission Dialogue vérité et réconciliation. Quels commentaires ?

L.K.K : Laissons Charles Konan Banny là où il est. Il ne réconciliera personne. Il ne peut réussir une mission dans laquelle juge, il a pris déjà parti. Dans plusieurs déclarations, il a déjà condamné Gbagbo et ses partisans. De plus, tout le monde sait qu'on l'a nommé à ce poste juste pour l'éloigner de la Primature.

Que pensez-vous de la décision du président Ouattara de faire juger Gbagbo par la Cpi?

L.K.K : Ouattara ne fera jamais juger Gbagbo par la Cpi (Cour pénale internationale, Ndlr) parce que le faisant, il s'exposera lui-même à des poursuites internationales ainsi que tous ceux qui l'ont soutenu c'est-à-dire Bédié, Soro, Mabri, et autres. ainsi que tous les chefs de guerre. Envoyer Gbagbo devant la Cpi, c'est se faire hara-kiri.

Pourquoi ?

L.K.K : S'il accepte de faire juger Gbagbo par la Cpi, ce dernier poursuivra immanquablement Soro, ainsi que les chefs qui ont tué en son nom. Ouattara se gardera bien de présenter Gbagbo devant la Cpi. D’ailleurs, ces derniers temps, les Frci ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’on évoque cette question ou lorsque les organisations humanitaires les épinglent.

Monsieur le ministre, vous êtes très dur dans vos propos. Ne craignez-vous pas pour votre retour en Côte d’Ivoire ? Comptez-vous rentrer au pays un jour ?

L.K.K : En quoi suis-je dur dans mes propos? Je ne fais que dépeindre la situation actuelle que tous les Ivoiriens vivent. Pour ma vie, il ne faut pas vous en faire. Il faut bien mourir un jour mais au moins pour une bonne cause. Moi, depuis 1990, je me bats auprès du Président Gbagbo pour qu'il y ait un nouvel ordre démocratique en Côte d'Ivoire. Cette démocratie doit s'enraciner pour le bonheur de notre peuple. Je me bats pour que les Ivoiriens soient respectés. C'est pourquoi il faut parler, il faut dénoncer, il ne faut pas se rendre complice de quelque manière que ce soit de ce qui se déroule sous nos yeux. Pour ce qui est de mon retour au pays, tout dépend de Dieu.



Réalisée via Internet

K.A.Parfait


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE