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mercredi, 22 juin 2011

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS


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Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien (Fpi) jusqu'au 11 Avril 2011, Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l'Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d'Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l'arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livre dans cet entretien les derniers instants dans le bunker...


Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d'Angré que nous sommes, ce n'était pas du tout le repos car la nuit c'était les bruits d'armes en provenance d'Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d'Abidjan, ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d'habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j'ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d'avant nous avions été informés que j'étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j'habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j'apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ''Allées'' et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu' à l'arrestation du Président Gbagbo. D'ailleurs, je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvée dans les mêmes circonstances et je me suis rendue utile. J'ai ouvert les bureaux de la Première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d'être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite, est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J'étais là quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n'était pas en fuite. J'ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l'accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s'est passé, il faut noter qu'avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d'arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en action. Ainsi, il y a eu l'attaque de l'école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d'Agban (etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l'Ambassade du Japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l'Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l'entrée de la résidence. C'est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l'arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au-dessus de sa chambre alors qu'il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous-sol car c'est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D'autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21 heures à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au lever du jour. Le bureau de la Première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l'Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l'accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c'est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu'à l'arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous, nous attendions 21 heures pour la ''pluie de feux'', comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s'est poursuivi jusqu' à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n'a pas atteint l'intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d'égouts. Cela s'est transformé en une fumée opaque. Ils l'ont fait à dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d'électricité étaient à cet endroit. Le commandant Séka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous-sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la nôtre, il n'y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adjé Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ''certainement'' la Première dame, le Ministre Aboudramane Sangaré, etc.

Le Ministre Tagro s'est proposé à la négociation. Je l'ai vu et entendu téléphoner à quelqu'un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, «demandez leur d'arrêter de tirer, je viens discuter». J'ai appris plus tard que cette personne était l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l'attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous-sol, il était encore à l'entrée de la résidence, téléphone à l'oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine a-t-il mis le nez dehors qu'il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d'entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le Président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grand'chose. Quelques instants après, d'autres (soldats rebelles, ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo, ndlr) qu'ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit qu'ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s'il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c'est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d'autres garder notre porte. La suite de l'arrestation, vous l'avez vu par les images qu'ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence, nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury, le Ministre Adjobi Christine, l'ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en-dessous de l'aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l'Assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant, complètement trempé de son sang. Il est allé s'adosser au mur de la résidence de l'Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force Licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l'un d'eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L'objectif des deux groupes (forces Licorne et des forces rebelles, ndlr) était de tuer le Président Laurent GBAGBO et d'éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d'entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armées des forces nouvelles, ndlr) pour commettre l'exploit de l'assassinat de plus d'une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n'ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C'est Dieu qui a travaillé en notre faveur, Psaume 23.

Abidjandirect.net : Qu'en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l'enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d'une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d'un obus la veille, n'ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu'après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l'Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s'échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s'ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C'est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu'elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n'étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c'est qu'il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l'Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu' au golf.

 

Réalisé par AbidjanDirect.Net


Source: Blog Emile Constant Bombey



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COTE D'IVOIRE, LA JUSTICE A SENS UNIQUE


Human Rights Watch a signalé, le mercredi, la justice à sens unique en Côte d'Ivoire, en disant: Personne dans le camp de Mr Alassane Ouattara, n'avait encore été arrêté pour les abus dans le conflit postélectoral.


L'agence des droits de l'Homme a exhorté Ouattara à répondre aux exigences d'une commission d'enquête onusienne pour les enquêtes impartiales sur les violations, y compris les meurtres politiques et ethniques et les viols commis par les deux camps durant les cinq mois de bataille.

«Il y a un fossé croissant entre la  rhétorique du gouvernement Ouattara qui dit que nul n'est au-dessus des lois et la réalité qui montre que la justice apparaît unilatérale et retardée», a déclaré dans un communiqué le chercheur principal en Afrique de l'ouest, Corinne Dufka.

L'enquête de l'ONU présentée mercredi, a été appuyée d'autres conclusions selon lesquelles les deux camps ont été impliqués dans des abus de violence déclenchée par le soi-disant refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre à 2010.

Il s'agit notamment de potentiels crimes de guerre  et crimes contre l'humanité, avec des dizaines de femmes violées et un nombre de morts estimé à au moins 3 000, indique la déclaration.

Gbagbo a été kidnappé de sa résidence, le 11 avril, et mis en résidence surveillée, permettant à Ouattara à travers ce putsch, d'occuper son bureau. Toutefois, aucune accusation n'avait été portée contre lui ou des dizaines de ses alliés, dit Human Right Watch.

Il a été recommandé aux putschistes "de mettre fin à ce vide juridique et à engager des poursuites rapidement contre les personnes en détention, conformément au droit, ou à les libérer".

Se référant aux forces armées de Ouattara, il a déclaré: "À l'opposé, aucun membre des forces républicaines n'a été arrêté ou détenu pour de graves crimes commis pendant la crise postélectorale».

Plusieurs Ong des droits de l'homme les ont (Ouattara et ses troupes) impliqués dans des atteintes graves.

«Si  la Côte d'Ivoire veut faire le break du passé promis par Ouattara, une justice impartiale pour les milliers de victimes est  essentielle", a déclaré Mme Dufka.

Ouattara a promis une enquête impartiale sur les violences dans le cadre d'un effort pour ramener une réconciliation compromise par la guerre, dans le premier pays producteur mondial de cacao.

Comment peut-on laisser un criminel mener des enquêtes sur des crimes qu'il a commis ?

L'évidence même de cette justice à sens unique est que la première personne à condamner, Mr Ouattara, sur laquelle les enquêtes doivent se porter n'a jamais été cité par Human Right Watch comme responsable. En gros, il y a déjà une distorsion de la réalité, et en plus quand on parle des droits de l'homme. Et quand on ne condamne pas des arrestations et détentions sans motifs, on ne peut s'empêcher de dénoncer la complicité de cette ONG, qui donne indirectement des indications à leur complice, concernant le mobile de l'accusation. Du coup, on a un pseudo procureur de la République du nom de Simplice Kouadio Koffi, qui saisit la perche au bond et nous déclare que le motif de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo est "le refus de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre 2010". Quelqu'un disait une fois, "le diable se pend très souvent", une expression pour dire qu'il s'expose à tous les coups; car cette accusation débouchera à tout prix sur la vérification des résultats. En un mot, on revient à la case départ que les terroristes ont voulu éviter : le recomptage des voix. Qu'est ce qu'ils sont plouk!


Patrick Cohen, un coup de gueule sur sa page Facebook.

MAMADOU KOULIBALY: UN DISCOURS DEVENU ILLISIBLE

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Je l'avoue, je ne me retrouve plus dans le discours et dans la nouvelle posture du Professeur Mamadou Koulibaly, un homme que j'ai toujours considéré comme une icône de la lutte contre le néocolonialisme et pour l'indépendance africaine. Que craint-il ou que redoute-t-il tant pour tourner ainsi casaque? La perte des siens ou de sa propre vie? Ou qu'espère-t-il? Faire le procès de ses camarades de lutte (qui, du reste, ne sont pas toujours exempts de reproches), régler des comptes personnels, torpiller Laurent Gbagbo, déjà au sol et qui a plus besoin, en ce moment, de compassion que de récriminations? Pourquoi s'acoquine-t-il avec l'innommable? En toute franchise, je donne ma langue au chat. Je retiendrai, néanmoins, la leçon que c'est face à l'épreuve qu'on découvre les grands hommes. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire et l'Afrique! Fernand Dindé.


Le président de l'Assemblée nationale fait sans Gbagbo et souhaite tourner une page qu'il regrette amèrement. En prenant les rênes du parti de l'ex-président de la République, il n'a qu'un seul but: remettre l'appareil en ordre de marche et préparer la présidentielle de 2015. Mis sur la touche par Laurent Gbagbo pour, entre autres, avoir dénoncé les excès des durs du régime, écarté lors de la campagne pour la présidentielle, exilé au Ghana durant la crise postélectorale, Mamadou Koulibaly signe son grand retour sur la scène politique. Interlocuteur du nouveau pouvoir, le président de l'Assemblée nationale veut sauver un Front populaire ivoirien (FPI, ancien parti au pouvoir) assommé par la défaite électorale et militaire. «L'objectif est de proposer un nouveau projet de société pour gagner la présidentielle de 2015», explique-t-il. En attendant, il dresse un bilan sévère de la décennie écoulée.

Fidèle à ses principes, intransigeant sur la morale et les règles de droit, il se pose en défenseur de la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Avec, en filigrane, une phrase qu'il ne prononce jamais mais que l'on entrevoit à chacune de ses réponses; «si Gbagbo m'avait écouté ...»

Jeune Afrique: On vous a peu entendu pendant la crise postélectorale. Pourquoi?

Mamadou Koulibaly : Je n'avais pas le choix. Ma présence n'était pas désirée; l'Assemblée nationale ne fonctionnait plus. Mais aujourd'hui, j'ai la lourde responsabilité d'assurer la présidence par intérim du FPI. Cela m'oblige à rassurer les militants, à aider à la libération des cadres du parti qui ont été arrêtés et à faciliter le retour des exilés.

Êtes-vous en contact avec les cadres du parti en exil?

MK : Oui, notamment avec Kadet Bertin, qui est au Ghana. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est l'un des premiers à avoir reconnu notre défaite et il souhaite qu'on tourne rapidement la page. J'ai aussi rendu visite à ceux qui sont en résidence surveillée à l'hôtel de La Pergola à Abidjan: Alcide Djédjé, Dano Djédjé, Philippe-Henri Dacoury-Tabley ... Ils reconnaissent Alassane Ouattara comme chef de l'État et me demandent de plaider leur cause auprès de lui. Ils promettent de ne pas perturber son travail. Certains se mettent même à sa disposition.

Avez-vous des nouvelles du couple Gbagbo?

MK : Non. On ne m'a pas permis de les rencontrer. J'en ai parlé avec Charles Konan Banny, qui préside la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Il prévoit d'aller les voir prochainement et m'a promis de tout faire pour que je puisse leur rendre visite.

À quand remonte votre dernier contact?

MK : J'ai rencontré Laurent Gbagbo quelques jours après le retour de Pascal Affi Nguessan d'Addis-Abeba [rencontre avec le panel des cinq chefs d'État, le 11 mars, NDLR]. Je lui avais conseillé d'accepter le verdict de l'Union africaine.

Laurent Gbagbo a-t-il, selon vous, perdu l'élection présidentielle?

MK : Il a fini par reconnaître sa défaite. D'ailleurs, le 11 avril, il a demandé à Désiré Tagro [alors secrétaire général de la présidence, NDLR] de sortir avec un mouchoir blanc.

N'était-ce pas plutôt la reconnaissance d'une défaite militaire?

MK : C'est la continuation du résultat électoral. Nous avons dénoncé la fraude, dans le nord du pays. Nous sommes les premiers responsables, car le FPI n'avait pas de représentant dans de nombreux bureaux de vote. Nous avons réalisé une très mauvaise campagne électorale, mal organisée. Il n'y avait pas de stratégie, pas de discours cohérent, et trop de personnes étaient en première ligne, avec des moyens colossaux mais mal utilisés. Certains cadres n'ont pas travaillé; ils ont détourné de l'argent pour acheter notamment des véhicules.

Le pouvoir leur est-il monté à la tête?

MK : Le problème, c'est l'usure du pouvoir. Lorsque nous étions dans l'opposition, on faisait mieux avec moins de moyens. On rêvait d'une nouvelle Côte d'Ivoire et on déplaçait des montagnes. Dix ans plus tard, nous étions pleins de fric. On disait qu'on voulait ouvrir le marché ivoirien au monde entier mais, dans les faits, on a fait des deals avec les plus grosses entreprises françaises. Alassane Ouattara a proposé une vision plus cohérente.

Sur quelles bases faut-il reconstruire le FPI?

MK : La priorité, c'est de refaire du FPI un grand parti d'opposition. Cela veut dire qu'il faut dresser un bilan en profondeur, prendre des dispositions institutionnelles, remobiliser les militants et donner des signaux forts aux Ivoiriens, en modifiant complètement notre discours et nos méthodes. Il faut revenir aussi à plus d'humilité et reprendre le travail à la base. Ensuite, on pourra peut-être penser à organiser un grand congrès du parti.

Que pensez-vous des poursuites judiciaires et des sanctions financières engagées contre le camp Gbagbo?

MK : La justice n'est pas un problème en soi. Si Koulibaly ou d'autres sont coupables, ils méritent de payer pour leurs actes. Mais dans ce cas, il faut enquêter sur tous les crimes de sang et tous les crimes économiques perpétrés depuis 2002. Je crains que l'on ne prépare quelque chose de spécial pour Gbagbo et ses compagnons. On peut dire qu'ils ont braqué la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, à Abidjan. Mais les banques ont également été dévalisées dans la zone nord. Si Ouattara cherche à se venger, il va créer de nouvelles frustrations.

Simone Gbagbo a-t-elle persuadé son époux de s’accrocher au pouvoir ?

MK : Je ne pense pas que quelqu'un puisse influencer Laurent Gbagbo. Il est toujours resté maître de ses actes. Mais tous, les militants, les cadres, se demandent pourquoi il s'est à ce point entêté, à la limite de l'irrationnel. Pendant la cérémonie d'investiture de Ouattara, je me suis mis à rêver. Laurent Gbagbo était en train de lui remettre les insignes de la République. Cette passation aurait ancré la démocratie dans notre pays. Cinq ans plus tard, il avait toutes ses chances pour redevenir président.

Dans quel état d’esprit sont les militants du FPI ?

MK : Ils craignent pour leur sécurité. Je reçois régulièrement des messages de détresse.

En tant que président de l’Assemblée nationale, avez-vous reçu des garanties du président Ouattara ?

MK : Il a promis d'assurer la pérennité des institutions. Mais, dans le même temps, il m'a fait savoir que son conseiller juridique considérait que mon mandat avait pris fin avec l'élection du 28 novembre 2010.

Acceptez-vous que le chef de l’Etat, dont le parti n’a pas de représentant à l’Assemblée nationale, puisse gouverner par ordonnance et par décret jusqu’aux législatives ?

MK : C'est une situation intolérable. Le mandat des députés expire après l'élection de la nouvelle Assemblée. Le nouveau président a prêté serment et doit respecter la Constitution. Il n’y a effectivement pas de députés du RDR (Rassemblement des républicains, NDLR), mais ses alliés du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, NDLR) occupent la moitié de l’hémicycle.

Se dirige-t-on vers une hyper-présidence ?

MK : C'est mon sentiment. C'est la raison pour laquelle nous n'avions pas intérêt à entrer dans ce gouvernement d'union. Dans ce système, les présidents se sentent obligés d'avoir des "shadow cabinets'' pour diriger. Gbagbo n'aurait jamais dû accepter- je le lui avais dit - les accords de Marcoussis, qui sont l'origine de ce mode de gouvernance.

Quel doit être le chantier prioritaire du nouveau président ?

MK : La refonte de l'armée. L'insécurité règne et le phénomène de racket est pire qu'avant. Le président Ouattara a appelé les militaires des deux camps à se considérer désormais comme des frères. Il faut poser des actes qui le montrent vraiment. C'est comme une maison à reconstruire. Nous avons les briques. Encore faut-il qu'elles soient positionnées de manière à ce qu’il y ait des chambres, des toilettes et un salon !

Alassane Ouattara a dit à Nicolas Sarkozy que l’armée française était la bienvenue. Qu’en pensez-vous ?

MK : Nous sommes indépendants depuis plus de cinquante ans. Il n'est pas dans notre intérêt d'entretenir ce type de relation infantilisante. Les accords de défense devront donc être révisés.

Selon vous, quelles sont les priorités économiques de la Côte d’Ivoire ?

MK : L'Etat a quasiment disparu. Il faut redéployer l'administration sur l'ensemble du territoire, mais, pour cela, il faut rétablir la sécurité. On doit aussi faire en sorte qu'il n'y ait plus d'administration parallèle, celle des FN (Forces nouvelles, dans le Nord, NDLR) en l'occurrence. En fait, ce sont les mêmes problèmes qui se posaient à Gbagbo.



Interview par Pascal Airault in Jeune Afrique, le 5 Juin 2011


Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

mardi, 21 juin 2011

POUR UNE COMMISSION D'ENQUETE PARLEMENTAIRE SUR L'INTERVENTION DE LA FORCE LICORNE



BOMBARDEMENT CAMP D'AKOUEDO.jpg

Chers lectrices et lecteurs, voici déjà quelques semaines nous vous avions annoncé, à la suite de l'article "Pour mémoire", la mise en place d'une action citoyenne visant à l'établissement de la vérité concernant l'action de notre armée en Côte d'Ivoire. La voici enfin matérialisée. 


Veuillez trouver ci-après la lettre ouverte adressée à Mr Nicolas Sarkozy et le courrier adressé à l'ensemble de la Représentation Nationale (Aux députés et sénateurs, aux Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux Présidents des différents groupes parlementaires ainsi que des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires étrangères).

Nous publierons ultérieurement les courriers envoyés aux responsables des partis d'opposition. Voici le lien de la pétition sécurisée qu'A&C a mis en place:

http://alternativesetcoherence-actions.com/ .

Nous vous communiquons la liste des médias contactés: Le Monde, Marianne, le Parisien, Libération, l'Humanité, le Figaro, le Canard Enchaîné, la Croix, le Nouvel Observateur, l'Express, la Dépêche du Midi, Charlie Hebdo, Sud-Ouest, La Provence, Les Inrockuptibles, Canal+, France Télevision, TF1, BFM TV, ITélé, France 24, Télésud, The International Herald Tribune, El Pais, la Tribune de Genève, El Watan, The Guardian, le Frankfurter Allgemeine Zeitung. 


N'hésitez pas à vous adresser par mail ou courrier à votre député en lui adressant le lien de la pétition ou en l'interpellant sur ces actions de l'armée française et de notre gouvernement qui nous interpellent. Nous comptons sur votre soutien, unis et massivement mobilisés, nous sommes en mesure d'influer sur les politiques et décisions de nos dirigeants, ne nous en privons pas. 


Pour Alternatives et Cohérence, Ahouansou Séyivé

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Lettre ouverte à M. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy


Paris, le 21 Mai 2011


M. Le Président de la République,


C'est conscient des enjeux dramatiques et capitaux que revêtent pour nombre de vos administrés, les récents évènements survenus en Côte d'Ivoire et l'implication de nos forces armées dans une guerre civile que notre gouvernement a, de par son action, plus favorisée que tempérée que nous prenons la plume.

Nous sommes républicains et profondément attachés aux valeurs intemporelles et universelles qui sont les fondements de notre État. Nous tenons également à préciser notre neutralité quant aux enjeux internes ivoiriens. Respectueux des souverainetés, notre propos ne porte que sur les agissements de notre gouvernement et de nos forces armées présentes en Côte d'Ivoire. Ne pouvant accepter qu'une puissance étrangère ne s'immisce dans le déroulement de nos affaires internes, nous ne pouvons accepter le rôle joué par notre propre pays sur une terre étrangère. Nous rappellant notre histoire parfois douloureuse, nous ne pouvons accepter la nature ambigüe de notre présence militaire.

De l'instant où, le conseil constitutionnel ivoirien, autorité légitime, a proclamé les résultats de l'élection présidentielle, au dénouement de la crise politique qui s'en est suivie, les réactions et actions de notre gouvernement nous ont laissé dubitatifs, inquiets, et aujourd'hui scandalisés.
Dubitatifs, car nous nous demandons encore quel pouvait être l'intérêt de la France d'attiser les braises de ce qui ne pouvait qu'immanquablement finir en brasier? Inquiets, nous le sommes devenus par la suite, lorsqu'il est apparu que le soutien militaire français non voilé aux milices de M. Ouattara deviendrait par le fait des choses le blanc-seing d'exactions frappant la population ivoirienne. Ces civils innocents ayant, comme tout être humain, droit au respect des règles les plus élémentaires du droit à la vie, cela en accord avec nos préceptes moraux. Scandalisés, nous le fûmes, à la vue des bombardements opérés par notre armée, sur le palais présidentiel d'un chef d'État, qui, quel que fut le souhait du gouvernement ou le nôtre, avait été élu conformément aux normes en vigueur dans l'ordre juridique ivoirien. Nous ajouterons que face à cette élection, le gouvernement français n'avait ni titre ni légitimité à faire valoir ou à défendre.

Scandalisés enfin, nous l'avons été par la propagande, le terme est fort mais exact, à laquelle se sont livrés les représentants de l'État français et la majorité de nos médias, à la suite du déclenchement des actions militaires visant les forces armées ivoiriennes et frappant sans discernement la population. Nous notons que ces actions ont été engagées dans un premier temps en toute illégalité (les premiers engagements militaires ont eu lieu en dehors de tout mandat de l'ONU), et par la suite dans une légalité contestable, puisque nos soldats ne devaient user de la force uniquement pour protéger les populations contre l'utilisation d'armes lourdes du fait de l'armée ivoirienne (fait qui à ce jour reste peu étayé). Nous relevons également la surdité de notre gouvernement aux appels de la Russie et de la CEDEAO à la cessation de cet usage disproportionné de la force armée.

Ayant comme tout un chacun des préférences, nous n'avons pas de parti pris, seul le respect du droit et des valeurs qui sont les nôtres nous anime, partant, comment tolérer que notre pays, alors qu'il était mandaté par l'ONU pour protéger les populations civiles se soit potentiellement rendu coupable de complicité de meurtres de masse, voire d'épuration ethnique à Blolequin ou à Duékoué en étant l'allié objectif et parfois agissant, des forces de M. Ouattara, dites aujourd'hui républicaines? Comment tolérer qu'en vertu de ce mandat onusien, la protection de ces populations qu'il était du devoir et de l'honneur de notre pays de garantir, n'ait pas été assurée? Comment tolérer que nos forces présentes à l'hôtel du golf aient laissé le siège du gouvernement ivoirien "reconnu par la communauté internationale", se muer en lieu de torture et d'assassinats, cela au vu et au su de tous les médias et de la communauté internationale"? Comment pouvons-nous tolérer que pour faire plier M. Gbagbo nos forces armées aient causé par leurs bombardements la mort de civils innocents se trouvant dans l'enceinte de la résidence présidentielle? Comment tolérer que nos représentants gouvernementaux, au mépris de leurs engagements pris devant le peuple français, aient aidé à la capture de M. Gbagbo? Comment tolérer que nos forces armées aient permis cette indigne exhibition de M. Gbagbo et de son épouse, non seulement humiliante pour les ivoiriens qui avaient voté pour lui, mais également choquantes pour les français issus des ex-colonies qui voyant ces images d'une rare violence, ont revécu le traumatisme de la brutalité de l'interventionnisme de la France coloniale? Images tout aussi inacceptables pour tout français connaissant le sens et la symbolique des termes droits de l'homme et dignité humaine. Comment tolérer que nos forces présentes en Côte d'Ivoire se soient alliées à des mercenaires violents, à des chefs de guerre assassins, ayant démontré toute leur "expertise" dans la maltraitance des populations dans nord de la Côte d'Ivoire, et ce depuis la partition de 2002. Comment tolérer que notre gouvernement ait armé certains de ces hommes? Comment accepter que ces mêmes hommes aient pu se livrer à des actes de représailles contre les proches de M. Gbagbo et la population civile sans que notre gouvernement ne les dénonce, sans que notre armée ne les en empêche?


M. le Président, face à tant d'accrocs aux principes et valeurs qui sont les nôtres, et que nous supposons également être les vôtres, nous vous posons solennellement cette question: Quels peuvent être les intérêts de notre pays en Côte d'Ivoire pour qu'il faille souiller l'image de notre république, brader l'honneur de nos troupes, tromper et mentir au peuple de France pour les défendre et les garantir? Républicains et respectueux des idéaux de notre république nous sommes. Ayant réaffirmé cette évidence nous ne pouvons rester sans réaction face à ce qui est pour nous une atteinte grave à l'idée que nous nous faisons de notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux face à ce qui est pour nous une atteinte claire à l'idée que nous nous faisons de l'exercice du pouvoir. Nous ne pouvons rester sans dénonciation face à ce qui semble pour nous une atteinte inacceptable aux principes de transparence et de sincérité de l'action gouvernementale. Nous ne pouvons rester sans proposition face à ce qui est pour nous une atteinte intolérable à notre honneur de citoyen français. Nous ne pouvons en rester au stade du constat.

Comme beaucoup de français nous demandons et exigeons des réponses aux trop nombreuses questions qui sont nées de l'action de la France en Côte d'Ivoire. Comme beaucoup de français, que nous espérons de plus en plus nombreux à mesure que les éléments permettant de braquer la lumière de la justice sur ces évènements apparaitront au grand jour, nous en appelons aux institutions de notre république. Les faits gravissimes qui nous interpellent ne peuvent devenir histoire sans avoir été révélés, sans avoir été éclaircis dans toute leur vérité, conditions sine qua non de la restauration de l'image de notre pays, et de la tranquillité de vos concitoyens.

Il est de votre devoir, M. le Président, d'y concourir avec la plus grande diligence et latitude qui peuvent être les vôtres. Nous nous adresserons également à Messieurs Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, aux présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense, Messieurs Poniatowsky et Tessier, aux présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale et du Sénat, à l'ensemble des députés et sénateurs, pour que soit mise en place sans délai une commission d'enquête parlementaire chargée de lever toutes les zones d'ombres entourant notre intervention en Côte d'Ivoire. Nous devons savoir pourquoi et comment la force Licorne est intervenue. Nous devons savoir avec précision quel a été son rôle dans l'avancée des "forces républicaines" vers Abidjan. Nous devons savoir pour quels motifs elle n'a pas protégé les populations civiles dans le nord de la Côte Ivoire. Nous devons savoir si des éléments des troupes françaises étaient à proximité de Duékoué. Nous devons savoir quel est le nombre de victimes imputables à nos troupes lors des bombardements visant à protéger les civils ivoiriens. Nous devons connaître leur statut, civil ou militaire. Nous devons savoir avec précision et sincérité quel a été le rôle de nos forces dans la capture de M. Gbagbo et de son épouse. Nous devons savoir pourquoi le gouvernement nous a menti sur ce fait précis. Nous devons savoir où étaient nos troupes lors des exactions commises par les forces républicaines à Abidjan après la capture de M. Gbagbo. Nous devons savoir pourquoi elles ne sont intervenues, ni dans les rues d'Abidjan, ni à l'hôtel du golf. Nous devons savoir pourquoi le Parlement n'a pas été consulté préalablement à tout engagement de nos armées.

Ces nombreuses questions, M. le Président, en trouvant réponse, permettront de lever tout doute quant à l'action de nos soldats en Côte d'Ivoire et de nous redonner confiance en nos institutions. Cette demande, nous l'adressons aux leaders des partis d'opposition, la rendons publique car elle intéresse tous nos concitoyens et nous l'assortissons d'une pétition de soutien. La France étant une démocratie, vous nous lirez. Si la France, notre pays, est encore le porte-étendard des idéaux humanistes et universalistes des Lumières, vous nous comprendrez. Si la France, notre pays, est encore une terre de liberté et de droit, vous accèderez à nos doléances. Si vous êtes, M. Nicolas Sarkozy, président de tous les Français, vous pèserez de tout votre poids pour que lumière soit faite et que justice soit rendue. Il ne peut et ne doit en être autrement.

Respectueusement, pour Alternatives et Cohérences, M.  Ahouansou Séyivé


Accéder à la pétition et signer.

 

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Lettre à l'attention des Députés et Sénateurs.

Paris, le 21 Mai 2011


Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames, Messieurs les sénateurs, émanation du peuple souverain.


Comme nombre de nos concitoyens, nous éprouvons un malaise devant les manifestations dramatiques de l'action de notre gouvernement en Côte d'Ivoire. Tributaires de l'information diffusée par les médias généralistes,  nous ne doutons pas que la majorité d'entre vous ait contemplé cette énième "aventure africaine" sans mesurer les conséquences de ce qui peut être qualifié aujourd'hui d'action néo-coloniale de la France. Nous notons avec étonnement que la représentation nationale n'a pas été consultée, conformément aux dispositions constitutionnelles applicables en pareil cas.

Partant, notre initiative ne vise qu'une chose: mettre en conformité la lettre de l'action politique française avec l'esprit des valeurs que nous chérissons et que vous êtes, de par le mandat que nous vous avons confié, les défenseurs. De trop nombreuses questions restent sans réponse, de trop nombreux agissements restent inexpliqués, voire inexplicables.

Il ne peut être question de nous satisfaire des demi-réponses qui ont été apportées à nos interrogations par une communication gouvernementale qui s'apparente plus à de la propagande qu'à l'information légitime due aux citoyens dans une démocratie qui se respecte.
Nous vous demandons par conséquent de favoriser la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire chargée d'enquêter et de mettre en lumière certains points précis de l'action de la force Licorne et du gouvernement français dans cette guerre civile qui n'a pas dit son nom. Ces points sont détaillés dans la lettre ouverte adressée à Mr le Président de le République que vous trouverez en annexe. Cette démarche sera présentée concomitamment aux présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, Messieurs Accoyer et Larcher, à Messieurs Tessier et Poniatowsky présidents des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires Etrangères, aux représentants des partis d'opposition. Une pétition est mise en ligne
http://alternativesetcoherence-actions.com/ , cette initiative intéressant tous les français.

Nous comptons sur votre compréhension et appui afin que cette démarche soit couronnée de succès. Pour finir nous demandons à la représentation nationale de nous éclairer sur les dispositions législatives futures, visant à encadrer la présence ou organiser le départ définitif de forces militaires dont les prérogatives s'apparentent à celles d'une armée d'occupation, notamment dans les rues d'Abidjan. En ces temps de crise, un dispositif coûtant au contribuable plus de 500 millions d'euros à l'année, pour des gains et bénéfices que nous ne nous expliquons pas, n'a qu'une vocation, être levé.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour tout contact.


Respectueusement, pour Alternatives et Cohérence, M. Ahouansou Séyivé.


Accéder à la pétition et signer.

 

Source: ALTERNATIVES ET COHERENCES

RETOUR DE LA GUERRE DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE: COMMENT SARKO A APPUYE L'OFFENSIVE CONTRE GBAGBO

 

NICOLAS SARKOZY.jpg
Le président français Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy.

 

Un «document exceptionnel» qui met en lumière le travail du metteur en scène Sarkozy qui distribue les rôles avec comme acteur principal le candidat du «RHDP». Vous verrez surtout comment la hiérarchie militaire française a organisé les forces pro-Ouattara avec des conseils, des armes neuves et... En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire  oublier les exploits de certains chefs de guerre. Par Jean-François Julliard (Le Canard enchaîné). 


Le canard enchaîné (6/4)

L'entrée en guerre de la France contre les «forces» de Gbagbo, le 04 avril 2011, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l'«ONU», Paris n'a laissé à personne d'autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en «Conseil des ministres» comme en privé, le chef de l'Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, «le dictateur sanglant de Côte d'Ivoire». Au point de s'avouer, le 05 avril 2011, «être à bout de patience».

Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l'«ONU», de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné «quarante-huit heures» au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois ...

Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent. N'était-il pas accusé de perpétuer la «Françafrique», ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que «Bouygues», «Bolloré», «Veolia» ? Mais, après l'échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l'ancienne puissance coloniale n'était pas la mieux placée» pour intervenir. En janvier 2011, devant l'«Union africaine», il ose même affirmer : «La France ne veut donner de leçons à personne». Il faut dire que les événements de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie n'ont guère fait briller la diplomatie tricolore.

La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d'ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au «Canard», la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L'un d'eux, proche de l'«Elysée», se félicite de «notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan». Il est vrai qu'en moins de quatre jours les «Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI)» ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : «On a fourni des conseils tactiques aux FRCI», mais aussi «des munitions et des Famas (fusils d'assaut)».


Barbouzes aux premières loges

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 04 avril 2011, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent «Licorne» ont été notamment renforcés par des «Rambo» de la Direction des opérations (ex-Service action) de la «DGSE» et des «Forces spéciales».

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19 h 30, quatre hélicos «Puma», soutenus par des «MI 24» de l'«Onuci», commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le «CHU» et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, «l'ancienne puissance coloniale» bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.


Armement à prix d'or

Cet héroïque canardage, qui, selon l'«Elysée», laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D'abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L'armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l'étonnement des Ivoiriens. Si l'aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d'autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par «Le Canard», des proches de Ouattara ont monnayé en 2009 et en 2010 d'importantes quantités d'or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l'«ONU». Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l'état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L'image du camp Ouattara - présenté par certains comme 1'«axe du bien» - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple plusieurs centaines de morts seraient, selon l'«ONU» et diverses organisations internationales, surtout imputables aux «FRCI», les «forces» de Gbagbo se voyant aussi accusées d'atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie.

 

Source: NERRATI.NET

lundi, 20 juin 2011

L'EXCELLENCE SELON ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN

ALASSANE OUATTARA.jpg

Après avoir été aidé par les forces spéciales françaises à renverser le Président Laurent Gbagbo, depuis sa résidence de Cocody Ambassades, et à le placer sous surveillance à Korhogo (Nord du pays), le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara a mis en place un gouvernement populaire de 36 membres (en lieu et place des 25 promis) à qui il exige résultat et excellence. Et il donne sa parole d'honneur qu'il en sera désormais ainsi en Côte d'Ivoire : rien que le mérite et le travail ! Malheureusement, à notre analyse, le top départ de cette nouvelle gouvernance et de ces nouvelles vertus a été faussé par la constitution ou la teneur même de ce gouvernement, ainsi que par toutes les nominations qui se font aujourd'hui à la tête des institutions et sociétés de l'Etat, donnant à croire que toutes ces allégations, ces déclarations de bonnes intentions, ne sont en réalité que des effets de presse s'inscrivant dans un coup médiatique savamment ficelé pour couvrir les tares congénitales du nouveau régime ivoirien.

En effet, dans notre entendement, parler d'excellence et de mérite ne doit pas relever d'un discours banal mais de l'exemple le plus affiné. Ce qui est loin d'être le cas dans le nouveau gouvernement. Il aurait fallu, pour qu'un tel laïus tienne la route et aie de la consistance, que la leçon se fasse par l'exemple, par des symboles forts qui renvoient un message sans équivoque possible. Mais que nous sert-on ?

D'abord un Premier Ministre qui n'est pas lui-même un modèle. Son cursus est totalement atypique : niveau d'études, Licence. A 31 ans, chef d'une rébellion qui a défiguré la Côte d'Ivoire, et à 40 ans, Chef de guerre à la tête de bidasses qui ont fait de l'épuration ethnique à Duékoué (pas moins de 2.000 guéré froidement exécutés, selon le CICR). Le fait que le Président Laurent Gbagbo l'aie nommé à ce poste au forceps parce qu'ayant été le seul courageux à revendiquer l'attaque contre la Côte d'Ivoire en 2002, ne nous autorise pas à le reconduire quand il est question de donner une base nouvelle au paradigme de l'excellence en Côte d'Ivoire.

Ensuite, le gouvernement : bien des ministres n'ont guère le profil de la fonction ou du poste. Un vrai crève-cœur ! A ce niveau, point d'excellence ni de mérite. Seulement la nomination de « petits copains » et de camarades de lutte. Ce n'est pas un gouvernement d'excellence mais plutôt de reconnaissance et de récompense. Le cas le plus patent est à retrouver au Ministère de l'Education Nationale. Un cas d'école. Tout simplement. Balbutier et escamoter ainsi la langue française sur la tribune de l'UNESCO n'honore pas notre pays. On pouvait faire mieux. A côté de cela, des ministres qui ont été maires dans des communes comme San Pedro, Taabo, Abobo, Man et dont la gestion a été des plus décriées et des plus chaotiques ne sauraient nous être brandis comme des modèles.

Seulement deux choix parmi ces serviteurs de l'Etat, à notre avis, font l'unanimité sur la qualité de leur travail et leur excellence - qui font d'ailleurs écho jusqu'au-delà de nos frontières - et auraient fort valablement pu assumer la fonction de Premier Ministre de la République de Côte d'Ivoire. Il s'agit de messieurs Charles Koffi Diby, Ministre de l'Economie et des Finances, et Gnamien Konan, Ministre de la Fonction Publique. Curieusement, ces deux technocrates émérites sont de purs produits Gbagbo, révélés au monde à la faveur de l'appel à candidature instauré par celui-ci pour les nominations à la tête des régies financières de l'Etat, notamment du Trésor (Diby) et de la Douane (Konan), par souci de bonne gouvernance. Les résultats ont relevé tout bonnement de l'extraordinaire, Impôts y compris (avec monsieur Fé Kessé).

Il convient également de relever que la moitié des membres du gouvernement est issue du Nord de la Côte d'Ivoire, région d'Alassane Ouattara. Est-ce une nouvelle base ou un nouveau critère d'excellence ? Qu'on nous le dise. On pourrait être en droit de le croire quand la majorité des hauts cadres nommés à la tête de nos sociétés d'Etat, régies financières et directions centrales sont anecdotiquement aussi du Nord. Le « Dioula Power » ? Qu'on nous éclaire sur la question. Parce qu'à notre sens, ce n'est pas ainsi qu'on bâtira « la nouvelle Côte d'Ivoire ». Dans la même veine, au moins 80% des soldats pro-Ouattara sont du Nord, si ce n'est à 90%! Ils sont en grande majorité analphabètes et d'une inculture renversante, tous en profilage, en ce moment, pour être intégrés à l'armée ivoirienne, elle, professionnelle et formée dans les meilleures écoles militaires. De quelle excellence nous parle-t-on?

En somme, Alassane Dramane Ouattara envoie un très mauvais signal aux Ivoiriens, à tous ceux qui pensaient qu'il pouvait faire du neuf dans une Côte d'Ivoire déconfite par 10 années de crise aiguë et particulièrement à la jeunesse : quasi aucun membre de son gouvernement n'est un modèle, un symbole des nouvelles valeurs qu'il veut prôner et imposer au peuple ivoirien. Ici encore, nous disons que l'excellence ne se décrète pas, elle se donne des symboles ou s'impose par des modèles et par l'exemple. Se donner une charte gouvernementale est une avancée, certes, mais cela ne suffira pas, vu que les paradigmes sont déjà biaisés à la source, au départ même de l'action. Nul n'est dupe de ce point de vue. Partant de là, qu'on ne vienne pas nous rabâcher les oreilles de discours creux déclamés pour policer médiatiquement une image suffisamment écornée de putschiste et d'épurateur.

Au final, l'initiateur de cette excellence devrait lui-même en être un exemple. Apprécions ensemble : en novembre1993, alors Premier Ministre imposé par le FMI au Président Félix Houphouët-Boigny pour soi-disant redresser l'économie ivoirienne, il a mis la Côte d'Ivoire en faillite et a annoncé sur nos antennes que notre pays serait en cessation de paiement, à la fin du mois de décembre. Le 7 décembre, à la mort du « sage de Yamoussoukro », son dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié, prend le pouvoir et fait mentir Alassane Ouattara : tous les salaires sont payés, non seulement en décembre, mais également sur toute la durée de ses 6 années de pouvoir, sans discontinuer. L'initiateur de la nouvelle excellence ivoirienne a, en outre, parrainé une rébellion pendant près de 10 ans, a fraudé à l'élection présidentielle (avec preuves à l'appui) et a pris le pouvoir dans le sang, en humiliant par la force des armes un chef d'Etat légal, Président de la République en exercice, de connivence avec des forces étrangères (Licorne et ONUCI). Où est le modèle, où est l'exemple, où est le symbole ? Nous aimerions le savoir.

De toutes les façons, aucune république au monde - surtout africaine - parrainée par la France n'a jamais eu pour valeur l'excellence. Elle n'y a aucun intérêt. Il lui faut, dans tous ces Etats fantoches qu'elle mène par le bout du nez, des prébendes et des monopoles condescendants pour continuer à être « la grande France ». Exit donc l'excellence, exit la concurrence loyale, exit les appels d'offre transparents. Vive la nouvelle république ivoirienne et ses nouvelles valeurs !

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

DINDE Fernand AGBO

samedi, 18 juin 2011

LES 8 ERREURS DE MAMADOU KOULIBALY

MAMADOU KOULIBALY.jpg

Par Suzanne Assalé

Il vaut mieux que Le Temps présente, pour respecter la transparence qu’il aime tant au point de mettre tous ses problèmes sur la place publique, les 8 erreurs du Pr Mamadou Koulibaly dans la gestion de cette crise postélectorale plutôt que cela nous tombe dessus.

Chaque chose a son temps, dit-on. Selon la règle de la vie, il y a un temps pour semer, il y a un temps pour récolter ; un temps pour lutter et un pour dire la vérité. Et les « vérités » du Président de l’Assemblée nationale, qui sortent maintenant, à l’heure où la France réalise ce que lui-même appelle la recolonisation du territoire ivoirien, par des bombardements et l’instrumentalisation des bandes armées de Ouattara, sont des vérités qui arrivent à contretemps. Ainsi, éclatant en dehors de leur cadre, de leur heure, ces « vérités » apparaissent fondamentalement plutôt comme des contrevérités. Quels objectifs ? Quel agenda secret ? Quel dessein inavoué ? C’est cela, la problématique. C’est la trame de la réflexion de tous ceux qui n’ont pas attendu la dernière déclaration de Mamadou Koulibaly pour comprendre que l’homme a connu une profonde mutation au niveau de sa vision politique. Etant bien outillé pour savoir que le temps qu’il a choisi pour parler n’est pas un temps où l’on parle, mais où l’on construit, on se demande pourquoi alors a-t-il choisi ce temps pour parler. Quel est son agenda ? Où veut-il conduire la lutte ? On peut comprendre qu’il ait eu des frustrations en tant que numéro 2 du régime. Mais le jeu politique n’est-il pas ainsi ? Même Henri Konan Bédié, alors Président de l’Assemblée nationale, a rongé ses freins pendant longtemps, attendant son tour, en tant que numéro 2 du régime Houphouët. C’est en cela, comme il aime poser ses problèmes sur la place publique, qu'il convient de rappeler quelques-unes de ses erreurs monumentales.

Première erreur. Mamadou Koulibaly a toujours reproché à Laurent Gbagbo sa mollesse relativement à la France. Soit. Mais ce Gbagbo qu’il traitait de faible vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, est resté à Abidjan avec toute sa famille et ses proches, pour affronter la même France. Qui, avec l’Onu, a largué sur « sa tête », dans la nuit du 10 au 11 avril 2011, 150 bombes et obus. Et le « peureux » est resté là, stoïquement. Jusqu’au bout, Laurent Gbagbo a assumé pour la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi depuis ce 11 avril, il est entré dans une autre dimension. Ceux qui l’ont vu « mourir » le saluent, comme une icône, un véritable symbole de la lutte de libération pour l’Afrique. Où était-il alors lui, Mamadou Koulibaly, « l’intrépide », avec les siens ? Où était-il lorsque ça chauffait, lui le courageux ?

Quelle carte joue Koulibaly ?

Sa deuxième erreur c’est qu’en tant que numéro 2, il avait la possibilité de dénoncer les prises de positions « irrationnelles » de Gbagbo ou de démissionner en disant par exemple : « On lui parle, il n’écoute pas, il n’écoute personne, il nous conduit au suicide ». Il serait même sorti du Fpi que cela l’aurait grandi. Et Laurent Gbagbo l’a signifié clairement dans son communiqué du 30 mai 2011 : « il tient à relever que pendant toute la durée de la crise, aucune institution de l’État, aucune unité militaire n’a rejoint le camp de l’ennemi. Toutes les Institutions de la République lui sont restées loyales. Le peuple est resté soudé derrière les institutions qu’il incarne. Les composantes essentielles de notre pays ne pouvaient pas toutes se tromper en même temps». Mais en ne démissionnant pas, il est censé faire partie du sérail. En tant que tel, pour quelle raison n’était-il donc pas à la cérémonie de prestation-investiture du Président Gbagbo ? Mais non seulement il n’y était pas, alors qu’il court à celle d’Alassane Ouattara, mais c’est lui Koulibaly qui invite ses camarades à cette cérémonie du président du Rdr. Ouattara serait-il devenu aujourd’hui un meilleur symbole pour Koulibaly au point de faire la publicité de sa prestation de serment ?

Troisième erreur monumentale de Koulibaly. Alors qu’il était à l’abri avec sa famille au Ghana, où il n’avait pas à gérer la pression des bandes armées de Ouattara et de la coalition France-Onu, comment comprendre que ce soit la Licorne qui soit allée le chercher pour Abidjan ? Et cela, les habitants de son quartier (Rosier, programme 4) s’interrogent toujours. Ce quartier avait été littéralement assiégé, avec une centaine de soldats Frci à l’entrée, Frci qui y avaient d’ailleurs fait quatre ou cinq descentes musclées. Et c’est pendant cette période qu’il débarque avec les Blancs, à ses petits soins. Et le lendemain, il annonce à la télévision qu’il est venu aider le « Président Ouattara » à rétablir l’ordre constitutionnel. Que s’est-il passé pour qu’avant même qu’il ne parle, il s’affiche déjà avec les Blancs ?

Quatrième erreur monumentale. En plus du fait qu’il soit revenu en Côte d’Ivoire dans les bagages de la Licorne au moment où les gens pleuraient, Mamadou Koulibaly n’a jamais pu prononcer le nom de Gbagbo pour dire par exemple : « Libérez Gbagbo ! », comme si cela était lourd à prononcer. On sentait que cela n’était pas du tout dans ses préoccupations.

Cinquième erreur monumentale. Il a enterré trop tôt Laurent Gbagbo en célébrant la messe de requiem. Or, à notre sens, la question est de savoir si le rapt colonial dont Gbagbo est victime signifie sa mort politique et définitive. Non ! Bien au contraire, ce kidnapping de Gbagbo depuis ce 11 avril 2011 augure d’une nouvelle approche.

Sixième erreur monumentale. Ayant enterré trop tôt Laurent Gbagbo, il espère récupérer à moindres frais tous les instruments et plates-formes de lutte de celui-ci (Fpi, Cnrd,…Lmp) pour se repositionner. C’est de ce point de vue que beaucoup s’interrogent si ce n’est pas pour lui ouvrir le chemin que Pascal Affi N’Guessan a été arrêté et mis en prison. Affi ne disait-il pas qu’il était prématuré d’aller offrir l’Assemblée nationale à Ouattara dans la mesure où sa vice-Présidente et Laurent Gbagbo étaient en prison. Koulibaly ne jouerait-il pas sa propre carte en se présentant comme la « solution » ? Persuadé que son heure a sonné, ne serait-il pas en train de mener une course contre la montre en voulant tout boucler avant une éventuelle libération de Gbagbo ? De sorte que dépouillé de tout instrument, l’ancien Président libéré ne servirait plus qu’à inaugurer les chrysanthèmes ? Si dans son communiqué, Laurent Gbagbo a félicité Affi N’Guessan et le comité central du Fpi, sans citer Koulibaly, cela ne signifie-t-il pas, peut-être, qu’il ne se reconnaît pas dans le combat du président par intérim de sa formation politique ? Peut-être, oui. Peut-être, non.

Mais à la lumière des actes de Mamadou Koulibaly, il est permis de s’interroger si, au regard de l’effritement du capital santé du Président Alassane Ouattara, les mêmes puissances étrangères ne le positionnent pas comme étant un des choix possibles (leur option dans le camp Gbagbo) pour représenter la Françafrique, au cas où ? Les forces franco-onusiennes ne seraient-elles pas en train d’imposer subtilement aux Ivoiriens un schéma? Simple question.

Mamadou Koulibaly a tourné le dos à la Constitution

Septième erreur monumentale. L’on a vu Mamadou Koulibaly en 2005 se présentant comme le guerrier et l’homme de la Constitution qui ne permet aucun compromis sur la Loi fondamentale. Or, cette même Constitution dit, relativement à la situation actuelle, que lorsque le Président de la République est dans une situation d’empêchement, le pouvoir est dévolu au Président de l’Assemblée nationale. Mais voilà que la Constitution lui donne le pouvoir, lui le constitutionnaliste inégalé, il refuse la voie constitutionnelle et vient légaliser le coup d’État français (par l’appui des Institutions : Assemblée nationale et Conseil constitutionnel). S’il avait accepté d’assumer ses prérogatives constitutionnelles, Mamadou Koulibaly serait resté en exil, aurait formé un gouvernement provisoire et rassemblé tout le monde (légalistes) autour de lui pour la suite de la lutte. Mais il a refusé ce schéma pour venir faire allégeance à Alassane Ouattara.

S’il reproche à Laurent Gbagbo de n’écouter personne, qui écoute-t-il, lui-même ? Et si Gbagbo n’est pas rationnel, Ouattara dont il vante le programme est-il rationnel ? Bédié est-il rationnel ? A ces questions Koulibaly n’a pas encore montré de réponses. C’est pourquoi le sentant équivoque, les bases et les sections du Fpi élargies au Congrès national pour la résistance et la démocratie (Cnrd) ont rétabli l’ordre des priorités relativement au débat sur l’entrée ou non de leur parti au gouvernement Soro. Et signifié à leur nouveau leader que ses positions dans les médias mettaient le parti à mal.

Huitième erreur monumentale. Aujourd’hui, la priorité du Pr Mamadou Koulibaly, ce sont les législatives. Or, c’est du trompe-l’œil. Il n’y aura pas de législatives au sens démocratique du terme. Car pour réviser la loi sur le foncier votée à l’unanimité en 1998, la Constitution et opérer un certain nombre de reformes profondes, Alassane Ouattata veut un contrôle strict et absolu sur l’Assemblée nationale. L’une des missions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) appelées affectueusement par les Ivoiriens, « les Frères Cissé », mission pour laquelle Guillaume Soro est maintenu Premier ministre, est de terroriser les éventuels candidats, Lmp et même Pdci, afin qu’ils connaissent le score certifié de Laurent Gbagbo au Nord au cours de la récente présidentielle. Mamadou Koulibaly fait une erreur de penser que Ouattara va lui faire la faveur de ne pas recommander à ses hommes les intimidations, les enlèvements, les brimades et le contrôle par la force des Pv. Et cela, quelle que soit l’organisation que Mamadou Koulibaly mettra en place et le nombre de représentants qu’il enverra dans chaque bureau de vote. Soit il connait très bien cet agenda des Frères Cissé et y oriente ses camarades malgré l’insécurité, auquel cas, il joue la tactique de l’affaiblissement de Lmp, soit il ignore ce plan, alors il se présente comme un homme politique de peu de maturité. Ce qui serait également discutable.

Quoiqu’il en soit, le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, les militants du Fpi et de Lmp, ne comprennent pas toujours leur camarade Koulibaly. Selon la presse (L’Inter du 10 mai 2011), il se serait préoccupé de ceux des leurs détenus, affirmant à une réunion au Cnrd: « Laurent Gbagbo et son épouse ont déjà des avocats pour les défendre alors que ce n’est pas toujours le cas pour les autres prisonniers ». Mais Koulibaly ne peut dire cela. S’il le dit, soit il décide d’induire intentionnellement en erreur l’opinion, insinuant qu’à l’heure de la détresse, Gbagbo et sa famille ont leurs avocats et ont oublié les autres, soit il n’est pas dans le secret des dieux. Parce que simplement, les avocats de Laurent Gbagbo sont également les avocats de tous les détenus dans cette affaire. Et ces avocats se sont rendus à Korhogo, Katiola, Bouna et à la Pergola, et ont constitué un dossier pour tous les détenus identifiés de Ouattara.

Suzanne Assalé, in le quotidien ivoirien ''Le Temps''

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 16 juin 2011

LIBYE: AMNESTY ACCUSE LES REBELLES DE TORTURE ET D'EXACTIONS

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Par Zineb Dryef

 

Quatre mois après le début du conflit en Libye, la confusion règne toujours à l'ouest du pays, en proie à de violents affrontements entre les forces pro-Kadhafi et les rebelles. Aucune organisation humanitaire n'a accès à cette région du pays, les déplacements n'étant possibles que dans les villes libérées par l'opposition.

Donatella Rovera, conseillère sur la réaction aux crises à Amnesty International, est rentrée de Libye après trois mois passés à arpenter les villes de Misratah, Benghazi, Ajdabiya et Ras Lanouf. Son témoignage éclaire certaines zones d'ombres. Entretien.

Rue89 : Vous avez pu rencontrer des mercenaires dans les centres de détention tenus par l'opposition.

Donatella Rovera : Il y a eu une certaine hystérie de la part des médias autour de la question des mercenaires. Le Conseil national de la transition (CNT) a organisé des visites dans les prisons pour que les journalistes « voient » les mercenaires, mais il s'agissait surtout de pauvres jeunes gens terrorisés, pas forcément liés au conflit. Mais ils ont été filmés, photographiés, ils étaient reconnaissables.

Ils ont été libérés puisqu'il n'y avait pas de preuves contre eux. La plupart ont d'ailleurs quitté la Libye. Il n'en reste quasiment plus en détention, peut-être quatre ou cinq à Misrata. J'ai rencontré un jeune Algérien dans une prison de Misrata. Il n'était pas du tout mercenaire, il travaillait dans une pâtisserie. Son patron a dû faire une lettre pour prouver qu'il ne mentait pas.

Vous voulez dire qu'il n'y avait pas de mercenaires ?

On n'a pas vu de mercenaires, sauf si cela s'est passé dans l'ouest où nous n'avons pas accès. Nous avons rentré des étrangers et des Libyens noirs qui ont été pris pour cible par les anti-Kadhafi. Le comportement des combattants de l'opposition à leur égard pose question. Ils ont commis des violations graves.

Quel type d'exactions ?

Les rebelles sont responsables de nombreuses attaques contre les étrangers et les Libyens noirs, soupçonnés d'être des mercenaires. Certains ont été assassinés.

Certains soirs, des raids ont été menés contre toutes les personnes soupçonnées d'avoir été proches du régime et contre celles dont on savait qu'elles avaient travaillé pour le régime de Kadhafi, notamment à la Sécurité intérieure. On a retrouvé des notes près de certains cadavres disant : « C'est le sort réservé aux chiens de Kadhafi. »

Enfin, on a eu connaissance d'actes de torture sur des prétendus mercenaires et sur des soldats faits prisonniers.

Il faut agir maintenant. Les gens du CNT sont contre ces pratiques, je les crois sincères mais ils ne contrôlent pas la situation. Ont-ils vraiment la volonté politique de demander des comptes aux combattants rebelles ?

Sur la question des mercenaires, par exemple, le CNT en a beaucoup parlé au début du conflit, notamment sur Al Jazeera qui est très regardée en Libye. Ces accusations n'étaient pas fondées et ils ont constaté les conséquences de cette légende. Il devraient avoir le courage de retourner sur Al Jazeera et sur la nouvelle chaîne d'opposition libyenne pour démonter cette rumeur et condamner les violences. Mais ils ne le font pas, ce n'est pas une priorité pour eux.

Les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) disent avoir des preuves que Mouammar Kadhafi a encouragé les viols en Libye.

On n'a pas pu vérifier ces accusations de viols systématiques. On n'en conclut rien, on continue à chercher.

On a parlé d'un bilan humain très lourd. Plusieurs milliers de personnes tuées par les forces loyalistes.

Je suis arrivée fin février, ce n'était pas encore la guerre mais c'était le plus fort de la répression des manifestations. A Al-Baïda, une soixantaine de personnes sont mortes et à Benghazi, entre 100 et 110 personnes ont été tuées. C'est beaucoup, c'est grave mais ce ne sont pas les milliers de morts annoncés.

Les civils ont surtout payé un lourd tribu à Ajdabiyah, notamment quand ils essayaient de fuir les combats. A Misrata, c'était le pire : les roquettes pleuvaient sur la ville à la fin du mois d'avril. Des centaines de roquettes sont tombées sur les quartiers résidentiels. Des bombes à fragmentation ont été utilisées et éparpillées sur une zone habitée très étendue. Les forces pro-kadhafistes en ont utilisé dans le centre-ville de Misrata. Il y a aussi des mines antipersonnel aux abords d'Ajdabiyah et dans des quartiers résidentiels de Misrata.

Il y a également eu beaucoup d'enlèvements d'opposants au début du conflit et ça continue. Tous ne sont pas combattants. A Misrata, ce sont parfois tous les hommes d'une même famille qui ont été enlevés à leur domicile, même lorsqu'ils n'étaient pas impliqués dans les combats. On en recense plusieurs centaines. Leurs familles n'ont pas de nouvelles. Parfois, on en a vu réapparaître à la télévision libyenne, ils font des aveux forcés du type « j'étais drogué » ou « je suis membre d'Al Qaeda ».

Que peut faire la communauté internationale ?

La communauté internationale n'est pas en mesure d'exiger quelque chose de la part de Kadhafi - sur les disparitions par exemple - mais elle peut user de son influence auprès de l'opposition pour faire en sorte que les tortures et les violences cessent dès aujourd'hui. Même s'il ne s'agit pas d'une pratique généralisée, il faut faire quelque chose.

Photo : des rebelles libyens à Zlitan, près de Misrata, le 13 juin 2011 (Zohra Bensemra/Reuters).

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Source: RUE89

mercredi, 15 juin 2011

LA NUIT AFRICAINE A PARIS: UN ECHEC RETENTISSANT LIE AU BOYCOTT DES ORGANISATIONS PANAFRICAINES

 

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Il n'y a pas si longtemps, l'annonce d'un concert de Kofi OLOMIDE ou de tout autre star de la chanson africaine et nous voilà nous ruant pour acheter les billets et faire salle comble. Samedi, la France fêtait la Nuit Africaine au Stade de France. Plus des 3/4 du stade étaient vides. Que s'est-il donc passé pour ce peuple africain français - ce peuple noir dont la légende prétend qu'il aime tant danser, secouer de l'arrière-train, cet amuseur public numéro un, celui-là même qui, lorsqu'il ne distrait pas en tapant dans un ballon ou en sprintant avec vigueur, rit, rit et danse pour le plus grand bonheur du reste de l'univers, - n'aie pas répondu à ce magnifique rendez-vous du bonheur savamment concocté pour lui par des organisateurs scrupuleux ?

Oui, c'était une première ! Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour que la fête réussisse ! Oui, les ingrédients étaient réunis à coups de publicité dans les grands médias français, des affiches géantes aux couleurs de la joie, des voix à la radio vantant la qualité de ses magnifiques chanteurs. Oh, que oui ! Grâce à la Nuit Africaine, on aurait tout oublié ! Les bombardements sur la Côte d'Ivoire ? C'est pas si grave que çà, mon frère. La vie continue, n'est-ce pas ? Le bombardement sur la Libye et ses milliers, milliers de morts... ? Oh, que veux-tu que j'y fasse ? C'est la vie ! La vie continue, n'est-ce pas ?

Voilà que pour la première fois, les organisations africaines françaises ont décidé de réagir. Marre de ces artistes tout en ego et en paillettes qui jamais ne disent un mot plus haut que l'autre pour ne point froisser la susceptibilité du sponsor. Ces artistes toujours d'accord sur tout. Vous tuez ? Tuez donc, je ne suis qu'un artiste, moi ! Vous exploitez ? Exploitez donc, je ne suis qu'un artiste, moi ! Ces artistes qui comme des canards ne se mouillent jamais même lorsqu'ils marchent sous une pluie torrentielle ! Alors, alors, les organisations africaines françaises ont lancé un mouvement de boycott de cette Nuit Africaine, car ont-elles estimé, l'Afrique est en deuil, donc son peuple ne saurait chanter ou danser.

Samedi soir, l'immense Stade de France prévu initialement pour accueillir entre 70 et 80 000 personnes était vide, oui, vide à en pleurer. L'événement lancé à grande pompe n'a réussi à réunir qu'entre 5 et 10 000 personnes, tout au plus. Une première expérience, un avertissement pour dire à ceux qui nous manipulent que les données ont changé, que l'homme noir devient chaque jour plus conscient des enjeux, pour dire aux artistes Africains, que le fait d'être artiste ne les dispense pas des combats de survie des peuples... En deux mots comme en mille, un monde où il fait bon vivre, vivre ensemble.


Calixthe Beyala

Ecrivain, scénariste
Candidate malheureuse au poste de Secrétaire générale de la Francophonie


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 14 juin 2011

LE DEAL SECRET DES VAUTOURS QUI RODENT AUTOUR DE LA COTE D'IVOIRE: SORO GUILLAUME FUTUR PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE



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La situation post-putsch n'est toujours pas gérée à souhait par le camp Ouattara resté tétanisé par la peur d'un probable coup d'Etat dont on ne sait s'il viendrait des militaires pro-Gbagbo ou des forces fidèles à Soro Guillaume.

La situation d'insécurité actuelle est sagement entretenue par les deux camps qui en usent pour évaluer leur force. Aussi longtemps que la situation sera instable, Soro aura démontré que Ouattara et son ministre de l'intérieur Ahmed Bakayoko ne maîtrisent pas la situation sécuritaire du pays. Le fait même pour Ouattara de faire appel à la France pour le sécuriser est un aveu d'incapacité qui ne fait que confirmer la thèse du camp de Soro qui, on l'imagine aisément, en rigole.

Les rumeurs de tentatives de coup d'état sont bien entendu entretenues par Soro et ses hommes pour faire peser l'épée de Damoclès sur la tête de Ouattara et fonctionne comme une menace voilée sur lui, si l'idée lui venait de le dégommer de la primature. Soro a des ambitions au-delà de la simple primature, ça tout le monde le sait. Pour atteindre son but, il est prêt à tout, même tuer son maître d'hier Ouattara. Soro l'a déjà fait à Laurent Gbagbo, un homme qu'il a toujours admiré.

Les sceptiques seront prêts à réfuter notre argumentation, arguant que si Soro pose tant problème pour asseoir le pouvoir de Ouattara, celui que Sarkozy a choisi, pourquoi la France ne l'assassinerait-il pas. C'est une hypothèse à écarter. Car tout antagonisme entre les camps arrange toujours le prédateur. Pendant qu'ils sont occupés à se battre, ils signent tout de même les contrats nécessaires à la survie de l'économie française.

Et puis les autorités françaises ont déjà fait leur calcul macabre qui tourne toujours autour de la protection de leurs intérêts. La France sait que Ouattara est malade. Il a déjà, au plus fort de la crise, eu deux attaques cardiaques. Les pressions diverses peuvent l'emporter d'un instant à l'autre. Du côté du PDCI, personne n'est capable d'assurer la relève et tenir tête aux pro-Gbagbo. Seul Soro constitue une alternative possible en l'absence de Ouattara. Soro est un véritable sanguinaire pour qui tuer est un jeu. Il a la capacité d'en commettre pour mettre au pas ses adversaires. Il ne résistera pas à la tentation de le faire à nouveau. Tous ces crimes font de lui un homme facilement malléable. Si l'envie lui venait demain de se rebeller comme avait voulut le faire Omar Bongo, la grande France s'en servira pour le mettre au pas.

Concernant ces crimes, on voit déjà que plusieurs crimes commis par les hommes de Soro sont en train d'être banalisés par les autorités françaises avec l'aide de leur presse. Ainsi lorsque Amnesty International sort un rapport accablant pour les hommes de Ouattara, RFI titre que le rapport est plutôt accablant pour les hommes de Gbagbo. Pire, lorsque des ressortissants français considérés hier comme des proches du Président Gbagbo, sont enlevés par les hommes de Ouattara, la presse française impute ces enlèvements aux hommes de Gbagbo.

En somme, les soi-disant enquêtes sur les violations de droit de l'homme sont dévoyées d'avance. On a déjà désigné les coupables. Pour l'heure, ils ne sont pas du camp de Ouattara. Mais croyez-moi, il y aura deux copies différentes de ces rapports d'enquête. L'une officielle qui ne mentionnera pas grand'chose de Soro, Ouattara et de leurs hommes, une sorte de synthèse. Puis la vraie copie qui sera gardée par la France avec copie au camp Ouattara. Cette copie, qui sera plus sévère contre le camp Ouattara servira à faire le chantage honteux pour les emmener à brader nos ressources.

Soro Guillaume, le futur dauphin constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire

Pour éviter l'actuel bicéphalisme, le plan concocter par Ouattara et ses conseillers, nous rapporte une source, est de faire en sorte que Soro Guillaume devienne le futur dauphin constitutionnel de Ouattara. Ce qui ferait de lui le Président de la République de Côte d'Ivoire si Ouattara venait à passer. Ce plan à l'avantage de permettre à Ouattara de résoudre deux problèmes qui menacent son pouvoir. Ouattara aura ainsi la possibilité de tenir sa promesse faite au PDCI de lui confier le poste de Premier Ministre que Soro refuse de céder pour l'instant. Par la même occasion, Ouattara se serait calmement "débarrassé" de Soro sans le fâcher.

Des gens sont déjà cooptés pour réfléchir à la faisabilité de ce plan. La première étape sera l'organisation d'un congrès d'union entre le PDCI et le RDR afin de formaliser l'union jusque-là connue sous le nom de RHDP en un parti unique, qui, avec la terreur exercée dans tout le pays sur toute forme d'opposition, donnerait une victoire sans ambages au camp Ouattara. C'est la mise en exécution de ce plan-là qui, selon nos sources, provoque les remous actuels au PDCI.

Entre temps, Soro Guillaume sera coopté pour être candidat aux législatives dans une localité du Sud pour faire croire que "Gbagbo n'est rien", même dans le Sud. Les experts penchent pour une commune d'Abidjan, probablement Abobo ou Adjamé. Avec le principe des listes uniques et l'aide de la CEI, Soro n'aura aucune difficulté pour être élu. Selon nos sources, ce plan a déjà eu l'aval du PDCI (malgré quelques soubresauts ça et là). Entendez donc qu'après dix années de lutte armée, Soro Guillaume parviennent au plus haut du sommet de l'Etat. Comme quoi la fin justifie toujours les moyens.


Marie-Laure Koutouan


Source: INFO D'ABIDJAN.NET


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SITUATION SOCIO-POLITIQUE: LES FRCI PORTENT UN MAUVAIS COUP A ALASSANE OUATTARA



L'humeur joyeuse, du chef de l'Etat Alassane Ouattara, selon une source diplomatique à Abidjan, a pris un sacré coup depuis le vendredi 7 juin 2011. La raison, le report, dans trois ans, du retour de la Banque africaine de développement (Bad) à Abidjan. Le... président de la République tenait à ce retour dans l'immédiat. C'est pourquoi il s'est personnellement investi et a mis tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir ce retour, dans un délai n'excédant pas six mois. A Abidjan, on était d'autant plus sûr que le président de cette institution, le Rwandais Donald Kaberuka, avait décalé, récemment, que « le retour de la Bad à Abidjan est imminent ». Le ministre d'Etat, ministre chargé du Plan et du développement, Abdallah Mabri Toikeusse et sa délégation, en se sont rendant à Lisbonne (Portugal) dans le cadre des Assemblées annuelles de la Bad, étaient loin d'imaginer qu'un mauvais sort viendrait tout mettre à l'eau.


De fait, les gouverneurs de la Banque africaine de développement ont décidé que la Bad reste à Tunis, pour encore trois ans. Selon Nkosana D. Moyo, "la banque a décidé qu'elle se donnait encore trois ans en Tunisie", où elle s'était installée provisoirement en 2003 en raison des troubles en Côte d'Ivoire, mais "peut à tout moment, au cours de cette période, retourner à Abidjan", a précisé M. Moyo, lors d'une conférence de presse à l'issue des Assemblées annuelles de la Banque. Le retour de la Bad dépendra du "rétablissement des conditions de sécurité acceptables" et de la "réhabilitation des bâtiments de la banque, endommagés", a-t-il ajouté. Selon notre source, la Côte d'Ivoire était à deux doigts d'obtenir ce retour dans un délai d'au moins six mois quand un coup de fil passé de Paris, est venu tout annuler. C'est qu'en Côte d'Ivoire, des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire ( Frci) ont fait une descente, récemment dans la région du Bas-Sassandra, où ils ont pillé une exploitation agro-industrielle appartenant à des Français. Ceux-ci ont été séquestrés avant d'être dépouillés de tous leurs biens. Après leur passage, l'Ambassade de France en Côte d'Ivoire est immédiatement saisie, qui informe, à son tour le ministère des Affaires étrangères. Emoi et colère s'entremêlent à Paris. La devise de Nicolas Sarkozy, le président français, est connue. « On ne touche pas impunément aux cheveux d'un Français ». Le rapt, le 4 avril 2011 au Novotel Hôtel, suivi de la mort de Yves Lambelin (Sifca) et Stéphane Frantz di Rippel, en compagnie d'un Béninois et d'un Malaisien, par un groupe armé, est encore présent dans les esprits à Paris. Un axe téléphonique va s'établir entre Paris, Abidjan et Lisbonne et la décision du report est tout de suite arrêtée...Abidjan doit être puni pour « son incapacité à tenir ses troupes ». Le Président Ouattara a accusé durement le coup, soutient notre source. Toujours, selon celle-ci, un chef de groupement tactique dont les éléments seraient mis en cause, a « été convoqué d'urgence à Ouagadougou » pour rencontrer le président du Faso. L'onde de choc est d'autant plus forte à Abidjan que le Premier ministre Guillaume Soro a entrepris, en compagnie du général Bakayoko Soumaïla, avant-hier, une tournée visant à « mettre de l'ordre dans les rangs des Frci ». Dans les prochains jours, des mesures énergiques devraient être prises, pour mettre hors d'état de nuire « toutes les brebis galeuses » qui, il faut le dire, sont en train d'écorner sérieusement, l'image du gouvernement Ouattara. Ce retour à Abidjan de la Banque africaine de développement aurait été une première grande victoire pour le président de la République Alassane Ouattara. Alors que ce retour était quasiment acquis, par la faute d'éléments incontrôlés des Frci, les autorités ivoiriennes devraient donc attendre encore 3 ans... Néanmoins, Mabri Toikeusse et sa délégation ne sont pas rentrés les mains vides. Les gouverneurs de la Bad ont décidé d'accorder à la Côte d'Ivoire une aide de 160 millions de dollars (111 millions d'Euros), consacrée à l'éducation, à la santé et aux infrastructures.


Cette aide devrait être suivie "d'ici la fin de l'année" d'un financement supplémentaire équivalent, a précisé le président de la Bad, Donald Kaberuka.

 


Armand B. DEPEYLA (Soir Info)

LE RETOUR A LA NORMALITE ET LA RECONCILIATION NE SE DECRETENT PAS, PAS PLUS QUE LA REPRISE ECONOMIQUE



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Voici deux mois que le Président Laurent Gbagbo a été renversé par la coalition Licorne-ONUCI-FRCI. Nous étions en droit de nous attendre à une reprise en main rapide de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire et à une amorce véritable de la réconciliation nationale et de la reprise économique. Nous sommes restés sur notre faim et les signes actuels ne nous inclinent pas à davantage d'espoir, vu que les actes attendus ne sont encore qu'au stade des vœux pieux et des décrets d'intention.

D'abord l'aspect sécuritaire : les FRCI occupent encore et toujours nos commissariats, nos brigades de gendarmerie et nos casernes et camps militaires, malgré la promesse d'Alassane Dramane Ouattara de nous ramener à la normalité en 2 mois. Une nouvelle promesse non tenue parmi des dizaines d'autres telles qu'un gouvernement de 25 ministres et la Primature au PDCI-RDA. Ce sont eux, d'authentiques et illustres analphabètes, qui disent et font le droit. Selon leurs humeurs. Tandis que les vrais professionnels de la sécurité et de la sûreté de l'Etat que sont les policiers, gendarmes et militaires, sont désarmés et bien souvent en civils, réduits en « Reine d'Angleterre », à inaugurer les chrysanthèmes.

L'appareil judiciaire ne s'est pas encore remis, depuis la sanglante alternance d'Avril qui a laissé pantois même les militants pro-Ouattara. Certains parmi eux n'ont pu réprimer une larme ou s'empêcher d'éclater en sanglots à la vue d'un président de la République de Côte d'Ivoire, bombardé, capturé et humilié comme un vulgaire bandit. Jamais pareille horreur n'aura été vue dans ce pays. Ça, ça marque les esprits, comme dirait l'autre. Ouattara ne le sait peut-être pas : cette carte politique du résistant joué par Gbagbo jusqu'au bout est celle qui lui a enlevé toute crédibilité et détruit son image policée d'économiste aristocrate et démocrate. Malgré tous les sourires obséquieux, les allégeances trompeuses et même les jets de fleurs des médias internationaux (qui commencent d'ailleurs et se raviser), il passe, dans les causeries de salon, pour être un goujat et un boucher. Cette image-là n'est pas près de lui passer.

Les greffes des tribunaux ont été pillés, de nombreux commissariats incendiés ou occupés, les prisons défoncées ou brûlées, des milliers de prisonniers dans la nature, bien souvent enrôlés par les FRCI, les brigades de gendarmerie devenues les bases des forces pro-Ouattara. Tout naturellement, dans ce décor apocalyptique, les magistrats ne font plus office que de meubles dans nos institutions judiciaires. Aucun Etat au monde, aucune république sérieuse ne peut se payer ce luxe. Mais la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara, abusivement - ou à raison -  appelée « la nouvelle Côte d'Ivoire » (peut-être parce que totalement en rupture avec la vraie), si ! Elle ne s'en gêne guère. Bien au contraire ! L'informel a pris le pas sur la légalité et la régularité. C'est au point où la sécurité présidentielle est assurée par l'armée burkinabé et la force française Licorne. Quel crédit peut-on accorder à un tel régime ? Quel investisseur s'aventurerait-il dans un tel bourbier et dans un tel Etat de non droit où des bidasses règnent en maîtres, quand les magistrats rasent les murs et sont dans leurs petites chaussures. Les combattants de Ouattara recensés seraient au nombre de 26.000 mais Hamed Bakayoko, son ministre de l'Intérieur  qui nous annonce la nouvelle, n'y reconnaît que 9.000 FRCI. Les 17.000 restants, qu'est-ce qu'on en fait ? Ne pas les reconnaître est enfantin et dangereux. Qui les a armés ? Ont-ils combattu, oui ou non ? Il ne faut pas jouer avec la sécurité et les nerfs des Ivoiriens. Monsieur le ministre, assumez vos actes. Ceux de votre régime. Vous nous avez promis une pluie de milliards dès que vous seriez installés et, à eux, 5 millions de francs CFA par combattant ; payez-leur leur dû pour qu'ils retournent chez eux et débarrassent nos rues de leur présence incommodante. Ne rusez pas avec ces jeunes gens au péril de nos vies. Et surtout, vous avez à redouter une rébellion au sein des FRCI qui risque de nous replonger dans une violence aveugle et plus meurtrière encore. Vous êtes avertis !

Pour ce qui est de la réconciliation, pas davantage de progrès. On continue de tuer à l'Ouest et au Sud, dans les villes et villages réputés pro-Gbagbo. On a encore frais en mémoire, les tueries de Yakassé-Mé, Bécouéfin, Anandjé, Domolon, du 5 au 7 juin 2011, dénoncées par la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, l'organisation même qui a aidé à installer ce chaos. Hypocrisie, quand tu nous tiens ! Deux pasteurs ont été froidement abattus à Cocody Angré et à Yopougon Camp militaire pour leurs activités évangéliques. A Yopougon et Abobo, on continue de terroriser les pasteurs et les chrétiens pour les empêcher de se réunir. A Akouédo, les pasteurs Bohui et Sépé de l'Eglise Evangélique des Assemblées de DIEU ont été proprement pillés par les FRCI, en représailles à leur activisme chrétien. Le Président Gbagbo est toujours en résidence surveillée avec son épouse, déclarés coupables par Ouattara sur les chaînes étrangères avant même d'avoir été jugés. Cela promet pour la suite de l'affaire ! Ses collaborateurs et proches sont incarcérés dans le Nord du pays dans des conditions inhumaines. De quelle réconciliation parle-t-on alors ? Ce que le régime RHDP ne doit jamais oublier, c'est que la réconciliation des plus forts qu'il veut instaurer n'est pas de la réconciliation mais une bombe à retardement. Elle leur explosera un jour à la face, au moment où ils s'y attendront le moins. Just wait and see !

Quand à la reprise économique, elle se fait voire se fera encore attendre et pour cause : l'appareil de production qui est essentiellement tenu par les entreprises a été en partie détruite, à l'exemple de la Parfumerie Ghandour  où tout l'outil informatique a été emporté et des machines déboulonnées et vendues à l'étranger. Orange et Côte d'Ivoire Télécom ont perdu plus de 200 véhicules et le Groupe SODECI-CIE, plus de 400. Leurs agences et bureaux pillés dans la quasi-totalité des villes de la partie Sud de la Côte d'Ivoire. 80 à 90% des commerces, des pharmacies, boutiques, supermarchés, salons de coiffure, ateliers de couture, magasins divers et stations d'essence de Yopougon ont été cassés à la Kalachnikov ou au RPG et pillés, les pompes à essence électriques des distributeurs démontées et emportées, la Mairie détruite. Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, a été presque anéantie du point de vue économique, comme s'il n'y vivait que des pro-Gbagbo. Totalement renversant ! Le comble est mis quand s'y ajoutent l'insécurité et le racket sauvage aux barrages et corridors FRCI, en Abidjan et sur nos routes nationales. Les opérateurs économiques étrangers, essoufflés, accablés, se tournent, tout naturellement vers les ports des pays de la sous-région et vers d'autres marchés. Ce qui aggrave le mal ivoirien. D'où tirer donc les indispensables impôts et taxes douanières salvatrices qui doivent garantir le paiement des salaires et nous permettre de nous assumer, comme cela a toujours été le cas sous Gbagbo ?  Surtout quand on a fait la promesse incongrue et à effet boomerang d'offrir les vignettes auto 2011 aux usagers de la route, depuis l'Hôtel du Golf, dans le secret espoir de faire mal à Gbagbo et au gouvernement Aké N'Gbo en asphyxiant l'économie ivoirienne ?

Monsieur Farikou, président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (FENACCI), va pour sa part jusqu'à demander 6 mois d'exonération d'impôts pour les aider, sa corporation et lui, à relever leurs activités, après tous les torts subis dans le dénouement de la crise électorale et dans l'observation de l'arrêt de travail demandé par Ouattara depuis son QG du Golf. Résultat logique, les caisses de l'état sont sinistrées. Avec quels fonds restaurer les administrations mises à sac à Abidjan et à l'intérieur du pays qui paralysent la reprise effective du travail dans bien des ministères ? Le plus logiquement du monde, Ouattara se tourne vers la France - marraine du chaos ivoirien - et les Institutions de Bretton Woods. Manque de pot. La première doit faire face au financement budgétairement assommant des agriculteurs sinistrés par la sécheresse historique de cette année, trouver des financements pour les élections de 2012 et gérer une croissance à l'équilibre précaire d'à peine 0,5% (en réalité, moins de 0% ; les français ont toujours su se mentir à eux-mêmes et au monde entier). En somme, une économie en grave récession et en quasi faillite (plus de 15 ans de déficit budgétaire), qui attendrait plutôt les dividendes de la sanglante campagne ivoirienne, pour reprendre un peu de souffle. Pas donc tout à fait encline à jouer les philanthropes forcenées. Quant aux secondes, elles sont attendues comme les pompiers de la débâcle financière grecque, irlandaise, portugaise et espagnole. Et la liste est loin d'être exhaustive. Toute chose qui n'arrange pas les affaires du nouveau régime ivoirien. D'autant moins que les effets induits de la crise du concombre et des légumes provoquée par la bactérie E-coli vient ouvrir un nouveau front budgétaire en Europe. Le tout aggravé par une croisade libyenne qui s'éternise, injustement menée par l'OTAN contre le très atypique et nationaliste Kadhafi, croisade européenne (ou plus exactement occidentale ultralibérale) dont la facture s'alourdit dangereusement et grève tous les budgets. Ouattara est dans les cordes. La pluie de milliards attendue manquera le train à la gare, c'est sûr. Il y aura tout juste quelques appuis financiers ici et là, sans plus. Il le sait. Pour l'heure, il faut donner l'illusion au peuple et au monde que tout va désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes, en Côte d'Ivoire. Nous sommes bien loin de cette réalité.

Morale de l'histoire : il faut compter sur soi-même. Mais comment y parvenir quand on a soi-même tout détruit pour s'installer sur des ruines ? Comment y parvenir quand l'économie ne reprend pas ? Et comment reprendrait-elle quand personne n'a plus le cœur au travail avec tout ce que les Ivoiriens continuent de subir comme exactions ? Des cœurs meurtris par le deuil et engourdis - si ce n'est tétanisés - par la désolation et l'angoisse dues aux nombreux assassinats, crimes d'épuration ethnique et pillages qui ont réduit à néant des entreprises (plus de 400) et détruits des milliers d'emplois (au moins 80.000 selon une enquête récente et 120.000 selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire). Comment y parvenir quand on ruse avec des FRCI laissés en rade au nom de calculs budgétaires déprimants ? Comment y parvenir quand des dizaines de milliers d'Ivoiriens partis en exil n'osent plus revenir dans leur propre pays ? Dur, dur, la réalité du pouvoir ! Il fallait réfléchir plus d'une fois avant de faire ce qu'on a fait à la Côte d'Ivoire. Les regrets ne serviraient à rien, il faut assumer. Ainsi est faite la vie !

En définitive, nous retiendrons qu'il ne suffit pas de décréter la normalité, la réconciliation et la reprise économique pour que tout reparte de plus bel, comme par enchantement. Il y a des actes à poser. Des actes de responsabilité et d'honnêteté, des actes de rapprochement sincère et de compassion, des actes de repentance et de pardon, des actes de vérité et de grandeur. Ouattara s'y refuse ! Ou plus exactement, n'en est pas capable. On ne se décrète pas grand homme. On l'est ou on ne l'est pas. La vengeance est une mauvaise conseillère. La haine, pire encore. Il l'apprendra à ses dépends. Néanmoins, souhaitons-lui de retrouver la raison et de parvenir à conduire la Côte d'Ivoire vers des jours meilleurs. Si DIEU le veut.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 10 juin 2011

COTE D'IVOIRE: L'ONU DENONCE LA MULTIPLICATION DES VIOLENCES DES FORCES DE OUATTARA



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L'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) s'est déclarée, jeudi 9 juin, "particulièrement préoccupée" par la "multiplication" récente des violences commises par des éléments des forces armées du président Alassane Ouattara dans le sud du pays. L'Onuci "est particulièrement préoccupée par la multiplication d'incidents violents et d'attaques conduites par des éléments des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) contre plusieurs villages", a déclaré Guillaume Ngefa, de la division des droits de l'homme de l'Onuci, lors d'une conférence de presse à Abidjan.

Déplorant l'usage d'"armes lourdes" pour le maintien de l'ordre, il a exigé des "enquêtes immédiates et impartiales" sur ces incidents survenus ces derniers jours dans des localités des environs d'Abidjan, du sud-ouest et du centre-ouest du pays, régions réputées compter de nombreux partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo. L'ancien chef de l'Etat a été arrêté le 11 avril à l'issue d'une offensive des FRCI, soutenues par l'ONU et la France, après plus de quatre mois d'une crise née de son refus de céder le pouvoir après sa défaite au scrutin de novembre 2010.

A Becouesin (50 km au nord d'Abidjan), des éléments des FRCI "ont investi le village et ont fait usage de la force mortelle. Ils ont ensuite arrêté une vingtaine de jeunes (...). En cours de route, ils ont battu une autre personne, qui est morte des suites de ses blessures", a expliqué M. Ngefa. A Yakassé-Mé (50 km au nord de la capitale économique), "un vieillard s'est écroulé et est mort lorsqu'il tentait de fuir en brousse par crainte d'être arrêté par des éléments des FRCI qui avaient lancé une opération de ratissage", a-t-il poursuivi. "Ces incidents ont fait au moins quarante-cinq blessés dont trois par balle", a précisé le responsable onusien. Selon lui, "des renforts des FRCI lourdement armés (...) ont pris d'assaut le village en tirant et en tabassant les jeunes", poussant les habitants à fuir dans les forêts.

A Domolon (55 km au sud-est d'Abidjan), une incursion de FRCI "s'est soldée par une trentaine de blessés à coups de machette et de crosse", "des pillages à grande échelle" et un exode massif de la population dans la brousse. Le rétablissement de la sécurité est l'un des chantiers les plus urgents du gouvernement Ouattara. A l'issue d'un conseil des ministres, mercredi, il s'est engagé à faire entrer les FRCI "le plus rapidement possible" dans des casernes. Il doit parallèlement accélérer le retour sur le terrain des policiers et des gendarmes.

 

Source: LE MONDE.FR

mercredi, 08 juin 2011

ARSENE DOGBA: «LE PDCI SAIT AUSSI QUE LE RHDP A PERDU LES ELECTIONS»


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Dans une interview accordée à Lynxtogo.info, Arsène Dogba (politologue ivoirien) revient sur le rôle du PDCI d'Henri Konan Bédié, son implication dans l'ivoirité et celui d'Alassane Dramane Ouattara dans la conception de la carte de séjour.


Lynx.info : La France comme les pays africains semblent avoir pardonné à Henri Konan Bédié le concept de « l'ivoirité ». Comment expliquez-vous que c'est Laurent Gbagbo qui en paye le prix ?

Arsène DOGBA : Je suis d'accord avec vous, les dirigeants occidentaux et africains ont attribué la paternité de ce concept à Laurent Gbagbo. Mais, il n'y a pas que ça. Ils lui ont aussi attribué la responsabilité des très controversées questions du foncier rural, du code de nationalité, de l'utilisation des enfants dans les plantations de café et de cacao. Et même, de xénophobie. Juste pour le diaboliser au maximum. Alors qu'il n'est responsable à aucun niveau. Vous l'avez dit et la France et les leaders africains le savent, Bédié est le concepteur de l'ivoirité et Alassane, celui de la carte de séjour qui a conduit à ce qu'ils dénoncent aujourd'hui ; la xénophobie. Il fallait trouver un motif pour mettre en exécution le plan de l'Elysée qui consistait à faire partir Gbagbo du pouvoir et y installer Alassane Ouattara. C'est ce qui s'est passé.

Lynx.info : Pour l'artiste Alpha Blondy, Laurent Gbagbo ne l'a pas écouté. Tiken Jah Fakoly trouve aussi que le sud a aussi vu la guerre que connaissait le nord. Sont-ils crédibles pour parler de réconciliation en Côte d'ivoire?

Je ne voudrais pas me prononcer sur les propos de ces deux personnages que j'ai du mal à prendre au sérieux.

Lynx.info : C'est 36 ministres qui doivent remettre la Côte d'Ivoire sur les rails. L'ossature de ce gouvernement est-elle convaincante?

Les critiques fusent de partout, même du RHDP, sa famille politique, par rapport au nombre de portefeuilles ministériels et à la représentativité du nouveau gouvernement. Alassane avait promis à ces électeurs 25 ministres s'il était élu président. Et le poste de Premier Ministre au PDCI. Il vient de former un gouvernement populaire de 36 ministres et a maintenu Soro, Premier Ministre.

C'est vrai que M. Ouattara n'a pas été élu, mais par la force des armes il a atteint le même objectif ; il est président. Il aurait donc pu tenir ces promesses de campagne. Mais, que non ! Le président certifié par l'ONU a encore prouvé qu'il n'est pas digne de confiance.

Ce n'est pas à nous de nous plaindre, surtout quand l'attitude de M. Ouattara démontre de plus en plus qu'il est conscient qu'il n'est pas un président élu. La preuve, M. Ouattara ne se sent pas obligé de tenir une quelconque promesse électorale. Comme il le dit lui-même, il a plutôt un devoir de reconnaissance vis-à-vis des ressortissants du nord qui l'ont aidé, au niveau national, à prendre le pouvoir par la force. C'est même ce qui explique les nombreuses nominations ethniques qu'il fait dans toute l'administration publique ivoirienne. Sur 36 postes ministériels, 16 sont occupés par les dioulas, son ethnie, alors que la Côte d'Ivoire en compte soixante. Comme pour dire ; à soutien ethnique, nomination ethnique.

Lynx.info : Des analystes trouvent que le FPI peut se fragiliser en n'étant pas au gouvernement. C'est votre avis aussi ?

Le FPI n'a pas l'habitude de participer aux gouvernements d'union. Il ne l'a pas fait avec Houphouët-Boigny (1990-93) et Konan Bédié (1993-99). C'est seulement pour réduire la période de transition militaire après le coup d'Etat de Ouattara de 1999, endossé par le Général Guéi, que le FPI a participé à un gouvernement qui n'était pas le sien. Cette présence a aidé à la tenue de l'élection présidentielle en dix mois. Et M. Laurent Gbagbo a été élu président. Il faut aussi remarquer que le FPI a été plus puissant pendant les régimes de Houphouët-Boigny et de Konan Bédié. Donc dans l'opposition. C'est pourquoi je crois que l'absence des cadres du FPI du gouvernement Ouattara ne pourra pas fragiliser le parti. Au contraire, cette absence est en train de renforcer la cohésion au sein du parti. Selon nos investigations, les militants FPI sont presque tous heureux de savoir que leur parti ne s'est pas allié à celui qui a renversé leur régime et qui continue d'humilier et de torturer leurs Leaders, Laurent et Simone Gbagbo, Affi N'Guessan, etc...

Lynx.info : Le Pr Mamadou Coulibaly met la Côte d'ivoire sous les responsabilités de Ouattara : « Il a gagné il n'a qu'à gouverner » selon ses mots. Ouattara peut-il réussir avec un bicéphalisme entre la primature et la présidence?

C'est M. Ouattara, lui-même, qui s'est donné cette responsabilité. C'est donc lui qui nous dira mieux s'il est capable de gérer la Côte d'Ivoire avec son compagnon Soro. Ce chef de guerre devenu Premier Ministre détient effectivement le pouvoir au sein de l'armée rebelle de Ouattara. Aujourd'hui, il serait plus facile pour Ouattara si les Forces régulières (FDS) lui avaient fait allégeance. Cela lui aurait permis de réduire l'influence militaire de Soro en lui demandant la démobilisation et le désarmement des rebelles.

Malheureusement pour M. Ouattara, les FDS lui ont tourné dos. Ce qui l'a contraint à « légaliser » les forces rebelles qui sont devenues, par la suite, les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Mais ces forces demeurent sous l'influence de M. Guillaume Soro. Ce qui fait que nous nous trouvons dans une situation où les attributs de chef suprême des armées reviennent, de fait, au Premier Ministre. C'est ça qui crée le bicéphalisme dont vous faites allusion. Deux capitaines dans le bateau ivoire, l'avenir nous dira comment cela va se terminer. Mais, nous pensons qu'entre Ouattara et Soro, le plus fort, militairement, prendra le dessus. Just wait and see.

Lynx.info : Selon vous, pourquoi Guillaume Soro occupe toujours la primature et le ministère de la défense ?

La seule raison, à mon avis, est que M.Ouattara n'a pas pu convaincre Soro de laisser la place à un militant du PDCI comme promis pendant la campagne électorale. C'est plutôt Soro qui a convaincu M. Ouattara en lui rappelant qu'il n'est pas arrivé au pouvoir par des élections, mais par la force des armes. Une vaste opération militaire que lui, Soro, a menée conjointement avec l'ONUCI et la force Licorne. A partir de là, pour Soro, rien n'oblige Ouattara à honorer un quelconque engagement pris pendant la campagne. Surtout, quand le PDCI sait aussi que le RHDP a perdu les élections du 28 Novembre 2010.

Lynx.info : Le représentant de l'ONUCI, Mr Choï, dit bien qu'il a fait son rôle dans la protection les Ivoiriens. Le croyez-vous ?

De quels Ivoiriens parle-t-il ? Des rebelles venus du nord et pour qui il a fait venir des MI-24 ? Si c'est cela, eh bien, oui il a fait et même bien fait son travail. Puisqu'il a fini par les installer au pouvoir. En le disant, je crois que ce monsieur qui est à l'origine de la mort de plusieurs milliers d'Ivoiriens a perdu la tête. Je n'en dirai pas plus.

Lynx.info : L'Onu compte 1000 morts. Ouattara compte 3000 morts. L'organisme allemand CARITAS a compté 1180 morts à Duékoué. Comment expliquez-vous le silence des médias, et surtout des politiques français ?

Vous savez, M. Camus, cette guerre des chiffres montre l'embarras dans lequel se trouvent tous les soutiens extérieurs de Ouattara. C'est le CICR qui a ouvert la boîte de Pandores, l'information est donc crédible pour les occidentaux et leurs médias. Que peuvent-ils dire dans une telle situation où leur intervention dans un sens ou dans l'autre ne fera que les discréditer davantage et inculper leur protégé. Dans ce cas, le silence est mieux.

Lynx.info : Finalement Alassane Ouattara n'est pas exempt des tueries avec les rapports de Amnesty International et de Human Rights Watch. Comment expliquez-vous qu'il préfère plus parler du TPI pour Laurent Gbagbo?

M. Ouattara n'a jamais été exempt des tueries en Côte d'Ivoire. Ce n'est pas possible, puisqu'il est même l'auteur principal de toute cette boucherie. C'est bien lui l'auteur de la rébellion de 2002 qui a conduit à la barbarie humaine en Côte d'Ivoire. C'est vrai que ses protecteurs évitaient de le tenir responsable jusque-là, mais ils savent bien où se trouve la vérité.

Pour restaurer leur crédibilité après avoir accompli leur sale besogne, le 11 Avril dernier, Human Rights Watch et Amnesty International étaient bien obligés de reconnaitre la responsabilité de Ouattara dans le massacre de Duékoué. Ils ont commencé par Duékoué, Yopougon et d'autres endroits suivront bientôt. Au finish, c'est Alassane qui sera poursuivi pour crime économique, crime de guerre et crime contre l'humanité une fois que tous les contrats d'exploitation de pétrole, de gaz et de minéraux seront signés avec les représentants des multinationales occidentales.

Lynx.info : Des rebelles très proches de Ouattara sont cités dans les rapports de Human Right Watch. Peut-il se désolidariser d'eux, selon vous?

Je ne suis pas juriste, mais je sais qu'il y a ce qu'on peut appeler la responsabilité de commandement. M. Ouattara a reconnu que ce sont ses forces qui sont arrivées jusqu'à Abidjan pour renverser le président Gbagbo. Il a même dit sur une chaîne de télévision étrangère que lorsque ces forces-là sont arrivées à l'entrée d'Abidjan, c'est lui qui leur a dit d'attendre avant d'assiéger la capitale économique ivoirienne. Il n'est donc pas possible que M. Ouattara se désolidarise des actes criminels des FRCI. Il est directement responsable, contrairement au Président Gbagbo dont les forces, régulières, n'agissaient que dans le cadre de leur mission régalienne et en légitime défense.

Lynx.info : Pour vous, qui dirige la Côte d'ivoire ? Guillaume Soro avec « ses rebelles », la France ou Alassane Ouattara ?

Je pense que chacun d'eux joue un rôle. Mais, le chef d'orchestre demeure le gouvernement français. Ils font tous du bruit. Chacun d'eux donne l'impression d'être au contrôle, mais en réalité il n'en est rien. Aucun ne maîtrise le terrain. Je dirais même que c'est le président Gbagbo qui a toujours le contrôle du terrain. Ce qui explique la lenteur avec laquelle le retour à la normalité se fait sur l'ensemble du territoire ivoirien.

Lynx.info : Mr Dogba, Ouattara veut que la Licorne reste comme le 43ème BIMA. Peut-on dire que tout l'effort de Laurent Gbagbo pour le départ de la France en Côte d'Ivoire s'est révélé non payant ?

Ce ne serait pas faux de le penser, mais je refuse de le croire. Parce que le président Gbagbo a pris presque toute sa vie, aux côtés des ivoiriens, pour construire les bases d'une Côte d'Ivoire véritablement souveraine. Il a pris presque toute sa vie pour bâtir un Etat démocratique où chaque ivoirien peut s'exprimer sans craindre pour sa vie, s'organiser dans un cadre légal en association de toute nature sans être privé de sa liberté, et même choisir le candidat de son choix à une élection quelconque sans être intimidé, ni tué.

Gbagbo nous a aussi démontré, en dix ans, que les Etats africains peuvent prendre leur destin en main. Sans recourir aux aides extérieures qui avilissent. Il nous a appris qu'un président africain peut diriger son pays en harmonie avec son peuple. Et que les armées africaines peuvent assurer la sécurité des africains et de leurs biens sans une ingérence étrangère. Malheureusement, tous ces acquis semblent relever du passé avec M. Ouattara au pouvoir. C'est dommage, mais les Ivoiriens doivent refuser de repartir soixante ans en arrière.

Lynx.info : ...mais la France dit que son armée est en Côte d'Ivoire pour protéger les Ivoiriens. C'est ça ?

Mais, ce ne sont pas que les Ivoiriens que la France veut protéger, mon cher Camus. M. Ouattara dit que le 43ème BIMA va déployer son parapluie sécuritaire sur toute l'Afrique de l'Ouest... Les Ivoiriens n'ont pas besoin de protection. Contre quelle menace extérieure la France veut-elle les protéger ? La menace, de l'avis de la majorité des Ivoiriens, est bien la présence Française en Côte d'Ivoire. C'est pourquoi les Ivoiriens ne veulent plus des forces françaises dans le pays. Ces forces-là viennent d'attaquer les Ivoiriens pour la deuxième fois. Et, plus qu'en 2004, elles ont faits des dizaines de milliers de morts, détruit leurs armements et renversé leur président. C'est donc la France qui est la menace.

Lynx.info : Je vous remercie

Merci aussi à l'équipe de Lynx.info.


Interview réalisée par Camus Ali de Lynx.info


Source : INFO D'ABIDJAN

LE PRESIDENT GBAGBO ET SES PROCHES VIVENT DANS DES « CONDITIONS MATERIELLES INHUMAINES » (SES AVOCATS)

 

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Les avocats du Président Gbagbo et de ses proches ont dénoncé dimanche « avec vigueur les conditions matérielles inhumaines dans lesquelles (...) sont contraints de vivre » leurs clients.

« Ces personnes sont en effet, soit enfermées dans des cellules infectes d'une prison poreuse aux intempéries (Bouna), soit détenues dans des locaux infestés de mambas et de moustiques (Katiola) », révèlent-ils dans un communiqué dont DirectScoop a eu copie. Et d'ajouter une absence des « droits les plus élémentaires », notamment « des soins minima pour les malades ».

Les conseils portent, par ailleurs, à l'attention de la communauté internationale, le défaut de signification aux concernés du décret d'assignation à résidence. Une situation qui « viole fondamentalement les droits de l'homme, ainsi que les dispositions légales qui règlementent la mesure d'assignation à résidence».

Le Président Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI)  soutenant Ouattara est détenu « illégalement» dans une résidence à Korhogo (nord du pays). Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, prononcé contre lui, son épouse, ses parents et amis, collaborateurs politiques et militaires « enlevés - séquestrés et détenus arbitrairement ».


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LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO ENGAGE DES POURSUITES NATIONALES ET INTERNATIONALES (SES AVOCATS)

 

Les avocats du Président ivoirien, capturé par la coalition armée France-ONUCI-FRCI (armée pro-Ouattara), ont annoncé dimanche via communiqué de presse, l'engagement de poursuites nationales et internationales, contre des personnes physiques.

« Les conseils, écrivent-ils, ont reçu mandats directs et impératifs, d'engager des poursuites pour enlèvement, séquestration, détention arbitraire et complicité contre des personnes physiques ».

Au plan international, il s'agit de poursuites pour « violations graves du droit international » et complicité des violations précitées « par des personnes physiques ayant agit sous l'instigation ou avec la participation d'un pays, d'une organisation ou d'un groupe armé dont elles assuraient le commandement ou le contrôle ».

Le Président Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement», sans décret d'assignation, dans une résidence à Korhogo (nord du pays).

Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, encore prononcé contre lui, son épouse, ses parents et amis, collaborateurs politiques et militaires, eux-mêmes « enlevés - séquestrés et détenus arbitrairement ».


Source: DIRECTSCOOP.NET

lundi, 06 juin 2011

COTE D'IVOIRE: ACCUSES DE CACHER DES ARMES A OUME 2 PAYSANS CRUCIFIES, 1 DECEDE

 

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M. Raphaël Kouassi Aka, planteur à Binkro, est mort dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mai dernier dans une prison des FRCI à Oumé. Il sera inhumé ce week-end, certainement sans la moindre autopsie pour déterminer les conditions de sa mort. Le paysan cruellement crucifié à Binkro avant d'être trimbalé au chef lieu de département n'a pu survivre à ses blessures. Comment l'aurait-il pu lui qui, non seulement a vu ses mains et ses pieds transpercées par des pointes d'acier, mais a déclaré avoir certainement eu au moins une côte cassée suite aux tortures et coups qu'il a dû subir avant d'être trainé à Oumé. Depuis la mort de Raphaël Kouassi, les paysans de Binkro ne cessent de louer Dieu pour avoir sauvé, pour l'instant, la vie au frère cadet du défunt, le nommé Privat Kouassi Kacou. Ce dernier a été lui aussi torturé et crucifié mais a survécu à ses blessures.

Les informations ont été recueillies auprès de la famille du défunt et de son frère cadet crucifié mais en vie. Elles nous ont été livrées sous anonymat, les témoins des faits vivant encore dans la terreur à Binkro. Mais tous les témoignages concordent : la mort de Raphaël Kousssi Aka est l'aboutissement dramatique et cruel d'une bagarre somme toute banale entre deux de ses manœuvres, des « frères » burkinabè.

Le paysan Raphaël Kouassi employait un premier manœuvre burkinabè. Ce dernier lui a extorqué par deux fois 160.000 FCFA et 15.000 FCFA pour un travail qui n'a jamais été fait. Finalement, l'escroc lui a proposé d'accepter que son « frère cadet » fasse le travail à sa place. Mais, curieusement, c'est le même « grand frère » escroc qui est allé déclencher une bagarre avec son petit frère qu'il a mis au travail. Face à la violence des deux frères burkinabè, Raphaël Kouassi Aka a cru bien faire de les ramener à Doukuha, un village voisin, chez le responsable de la communauté burkinabé de la localité. L'affaire qui se passe le samedi est reportée à dimanche, faute de traducteur pour bien rendre la version donnée par le patron paysan, témoin de la bagarre entre ses deux manœuvres burkinabè. Le dimanche 29 mai, à son retour à Doukuha comme convenu la veille, Raphaël Kouassi Aka tombe sur une escouade de forces pro-Ouattara excités et tirant en l'air dès qu'il a décliné son identité. Il est désormais accusé et dénoncé sur une liste noire comme étant détenteur de cache d'armes. Simplement parce qu'il est de Binkro, village natal de Parfait Koko Djéi, président du Conseil général d'Oumé. Depuis la prise de la ville par les FRCI, après le renversement du président Gbagbo, ce cadre du FPI est recherché, accusé d'avoir distribué des armes aux jeunes d'Oumé. Raphaël Kouassi, qui ignore tout cela, tombe des nus. Mais il n'a pas le temps de s'expliquer. Il est roué de coups, torturé et plaqué au sol. Ses mains sont transpercées par des pointes d'acier clouées dans la chair à l'aide de marteau, les phalanges brisées. L'opération est également pratiquée dans ses pieds. Son frère cadet, Privat Kouassi Kacou qui l'a accompagné à Doukuha, subit le même sort.

Toujours selon nos informateurs, la nouvelle de « la découverte d'une importante cache d'armes à Binkro » est parvenue à Oumé. Un « gradé » des forces pro-Ouattara y est dépêché. A Doukuha, le « gradé » semble surpris et déçu de tomber plutôt sur deux paysans atrocement torturés par ses hommes mais qui continuent de clamer, « au nom de Dieu », qu'ils ignorent tout de ce qui leur est reproché. Peu importe, le « gradé » ordonne un tour avec les deux victimes à Binkro. Dans ce village, les fouilles effectuées débouchent non pas sur des armes qui n'y ont jamais existé, mais sur des matériels d'équipement de maternité et de dispensaire stockés dans un magasin par le président du Conseil général d'Oumé et en attente d'être remis aux populations bénéficiaires. A défaut d'armes, ces matériels sont pillés et volés ; les deux frères torturés sont trimbalés à Oumé, tout comme le chef du village de Binkro, Gaston Abissé, mis nu et torturé. En cette nuit horrible du dimanche 29 mai, derrière eux, les paysans ont déserté leur village pour la brousse.

Au petit matin du lundi 30 mai, les geôliers ont découvert Raphaël Kouassi Aka mort, porté comme un enfant, dans sa poitrine, par le chef du village de Binkro. Le paysan est décédé des suites de ses tortures. Son corps a été mis à la morgue par ses forces tortionnaires. Sur intervention du préfet d'Oumé, le chef de village traumatisé a été libéré le même lundi à 11h. Raphaël Kouassi sera inhumé ce week-end. Mais que deviendront ses tortionnaires ? Simple question dans un régime qui se déclare ennemi de « l'impunité ». Même en pleine guerre, on ne crucifie pas un ennemi capturé, sans arme.



César Etou, in le quotidien ivoirien Notre Voie


Source : IVOIREBUSINESS.NET

dimanche, 05 juin 2011

LES CHEMINS INCERTAINS DE LA CONVERGENCE DES LUTTES DES PEUPLES


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Dans un grand silence l'OTAN décide de frapper encore en Libye


Par Mohamed Bouhamidi


Dans les désormais très lointains cours de philosophie qui ne s'arrêtait pas au syllogisme, les candidats bacheliers pouvaient apprendre que les sociétés primitives vivaient sans Etat et que ce dernier pouvait exister à l'état embryonnaire ou à des stades sophistiqués.

Mais qu'il existe dès qu'un groupe d'hommes, se distingue par une supériorité économique et symbolique sur les autres par ou pour différentes raisons. Mais l'Etat existe dès que ce groupe d'hommes devient capable de s'octroyer le monopole de la violence, de régenter la vie sociale et économique des autres groupes et de «dire le droit». Dans ses formes embryonnaires l'Etat, comme dans ses formes les plus sophistiquées,  consiste à s'assurer un monopole de la violence combinée à une parole appelée le «droit», légitimant la violence et, dans le même mouvement, user de cette force «légitimée» pour faire de cette parole un monopole de l'état.

A la base l'Etat naît dans cette équivoque qui a besoin à son tour de nouvelles équivoques pour perdurer comme expression d'une volonté commune, celle de tous, quand il n'exprime que la volonté de quelques uns d'opprimer le reste en faisant passer cette volonté particulière pour la volonté générale. L'affaire libyenne a porté cette problématique de la volonté de quelques pays d'être le gouvernement de toute la planète mais comme une dame porte le bébé arrivé à terme tout visible dans un  ventre grossi. La décision de l'OTAN de prolonger son agression coloniale en Libye concentre le problème dans un troublant impensé.

Ainsi quelques pays concentrent les moyens militaires considérables et monopolisent le droit de dire le «droit», ils se réunissent en G8 et décident pour le reste du monde en invitant quelques présidents pour faire passer l'impression qu'ils agissent pour le bien de tous - sans se donner trop de peine quand même - et mènent les guerres selon le droit qu'ils ont écrit tous seuls. La régularité des réunions du G8, l'usage d'une force militaire mobilisée en permanence et le monopole de dire le droit à travers le cosmétique de la démocratie sont les éléments fondamentaux d'une gouvernance mondiale en marche depuis la chute du mur de Berlin. Les côtés équivoques ne pèsent plus très lourds de cette gouvernance mondiale qui s'installe avec ses parlements de Davos, ses conseils de ministres du G8 (sous présidence américaine quand même !), ce Tribunal Pénal International. Mais ils restent quand même. Cette gouvernance doit agir et fonctionner sous le signe de la dénégation permanente mais d'une dénégation confirmative. Les dirigeants de ces grandes puissances doivent constamment répéter qu'ils agissent en vertu d'une morale qu'ils espèrent transcrire en «droit».

Mais qui aurait du légiférer ? Quelle instance représentative  universelle ou quel parlement mondial a discuté de ces principes oraux ou a légiféré pour dire ce droit ? Evidemment, aucun parlement. Car la référence à l'ONU gêne par l'origine de cette institution : elle reflète des compromis et des accords entre des «Etats nationaux» disposant de droits égaux et souverains dans leurs pays. Ces ententes qui ont permis de créer l'ONU restent, en leur principe, antinomiques avec cette image que nous brandissent les USA et leurs puissances vassales d'agir au nom d'une « volonté générale». Nous assistons à une phase historique, réellement historique et réellement formidable au sens étymologique. À la légalité internationale née des rapports de forces entre nations après la deuxième guerre mondiale les grandes puissances du G8 veulent opposer la légitimité de principes moraux qu'ils se donnés le droit de proclamer universels. L'«Affaire libyenne» a aussitôt commencée, aussitôt investie de cette fonction : désormais aucun dictateur - lequel, celui qui interdit aux femmes de conduire ? - ne pourra réprimer son peuple - lequel de peuple, celui de Bahreïn ? -  ne pourra réprimer son peuple.

Bien sûr aucun texte juridique, aucun texte de droit, ne vient définir avec précision qui est ou non un dictateur comme hier aucune texte juridique ne précisait la notion de terreur et de terroriste. Une puissance qui a assassiné un million d'irakiens et en a déplacé près de deux millions peut ainsi émettre annuellement un rapport sur les droits de l'homme dans le monde ! Et un rapport attendu dans le monde mais avec une impatience particulière par la presse ultra libérale algérienne en vue de frapper le pouvoir pour mieux frapper l'idée de l'Etat national algérien. Car au fond de quel droit, les USA, même exemplaire sur ce plan là, s'ingèrent-ils dans la vie des autres nations et qu'en dire quand on met Somoza dans la balance ? On peut rétorquer avec facilité : par les liens que les humains se sont tissés dans leurs échanges, par les rapports qu'ils entretiennent. Parlons-en de ces liens ! Ils furent des liens de violence, de pillage, de vols, de cruauté, de soumission.Cette période tragique - tragique pour eux, car cela ne nous concerne que comme victimes - met ces dirigeants impérialistes devant le dilemme de l'habillage des idées. Le maquillage de leurs crimes et leurs mobiles de plus en plus apparents pour les opinions publiques  ne tiennent pas la route bien longtemps.  Très vite le pétrole se met à puer derrière les grands mots de démocratie. Alors la guerre tout court devient tributaire de la guerre des mots, de la guerre de la parole.

De ce point de vue et depuis l'invasion de l'Irak, il faut noter que les grandes puissances ont marqué des points, beaucoup de points. Nous avions assisté à de grandes manifestations contre l'agression américaine sur l'Irak. Nous avions ensuite assisté à moins de protestation pour la Yougoslavie. Nous n'avons assisté qu'à de faibles et épisodiques contestations de l'agression sur la Libye. Que s'est-il passé entre temps ? Comment la conscience des gens en est venue à s'accommoder de ce genre d'intervention aussi bien en Libye qu'en Côte d'Ivoire ? Beaucoup de facteurs entrent en jeu et malheureusement les forces dominantes feront tout pour empêcher la publication d'études sérieuses sur cet aspect des choses. Nous sommes nous fait à l'idée d'une supériorité morale du modèle libéral et de ses corollaires politiques ? Nous sommes nous faits à l'idée d'une légitimité mondiale des USA et des dirigeants européens les plus acquis au capitalisme financier ?  Peut-être. Une information anodine vient de nous apprendre que le tiers des africains appartient désormais aux couches moyennes. s'en suit une analyse qu'on peut accepter ou pas mais dont la ligne de fond est la monétisation de la notion de couche moyenne comme le FMI avait déjà monétisé la notion de pauvreté avec les conséquences dramatiques sur la perception des dirigeants africains de la question de la pauvreté par sa «désocialisation». Aminata Traoré a écrit deux très beaux livre sur cette question («L'Afrique humiliée» et le «Viol de l'imaginaire», disponibles à Alger). La monétisation de cette notion est évidemment importante et singulièrement trompeuse. Découvrir aujourd'hui que le tiers des africains appartiennent aux couches moyennes fait d'abord oublier qu'avant les agressions coloniales et parfois malgré elles les biens disponibles en Afrique et pour les africains ne le cédaient pas de beaucoup aux bien disponibles en Europe ; c'est le pillage colonial qui a creusé la différence. Quoi qu'il en soit l'accès d'un tiers d'africains aux niveaux de couches moyennes  aiguise l'appétit des marchands.

Mais cette info nous éveille aussi que cette notion monétarisée de couches moyennes veut dire aussi couches mondialisées. Dans notre expérience politique algérienne la plus immédiate nous sentons combien ces couches mondialisées sont sensibles aux sirènes ultra libérales et tellement désireuses de se «mondialiser idéologiquement et politiquement». Combien elles aspirent à une intervention étrangère qui les débarrassera des contraintes des frontières nationales et de cette idée surannée de nation. Une deuxième information moins anodine nous apprend que le gouffre financier que les banquiers - ou banksters - ont creusé pour la Grèce dépassera les 300 milliards d'euros.  Même le trésor libyen ne suffira pas à combler le trou.  Partout en Europe l'inquiétude monte et le mécontentement aussi. La peur s'installe chez les gens ; la peur de l'autre aussi. Le nègre, le basané, le jaune, le peau-rouge. Tout ce qui peut cristalliser et donner à la peur du lendemain une image et une possibilité d'exutoire. Alors que les grands dirigeants impérialistes craignent comme la peste la convergence des luttes du Tiers Monde avec celles des classes ouvrières des pays développés ce serait plutôt l'avènement de la conjonction aujourd'hui entre les aspirations «assimilatrices» des couches moyennes mondialisées des pays du sud  avec les peurs des couches moyennes des pays du nord.  Cela veut dire que les convergences révolutionnaires tardent à se produire et que face à cet état mondial du G8 et de l'OTAN l'internationale des peuples d'Egypte à Madrid n'a pas encore tout à fait trouvé sa voie.


Source: LA TRIBUNE ONLINE

samedi, 04 juin 2011

COTE D'IVOIRE: «149 PERSONNES PROCHES DE GBAGBO TUEES PAR LES COMBATTANTS D'ALASSANE DEPUIS SON INSTALLATION» (HRW)

 

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Au moins 149 partisans  du Président ivoirien Laurent Gbagbo ont été tués par les combattants d'Alassane Ouattara depuis son installation au pouvoir  mi-avril par la coalition ONUCI-Licorne-FRCI, a affirmé jeudi l'organisation Human Rights Watch.

Plusieurs personnalités ainsi que les populations civiles jugées proches du Président Gbagbo, font l'objet de représailles malgré les nombreux appels à la retenue des organisations internationales.

A Yopougon, considéré comme un bastion du Président Gbagbo., des familles entières ont été exterminées. Selon le quotidien ivoirien « L'Inter », l'on assiste à une « chasse aux sorcières » des sympathisants du Président déchu par la coalition Licorne-ONUCI-combattants pro-Ouattara.

Une vague de violences dirigées principalement contre ses proches s'était abattue suite à la capture le 11 avril du Président ivoirien investi selon les lois constitutionnelles du pays. Des centaines de personnes avaient été arrêtés « arbitrairement » puis déportées dans des camps au nord du pays.

Plusieurs centaines d'autres sont portées disparues. De nombreux témoignages rapportent des massacres et exécutions sur indication. A l'ouest, toutes les organisations internationales présentes sur le terrain s'accordent sur l'existence « de massacres d'envergure dirigés contre les ressortissants Guéré proches  de Laurent Gbagbo et commises par les forces d'Alassane Ouattara»


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COTE D'IVOIRE : APRES AMNESTY ET HUMAN RIGHT, L'ONU DOS AU MUR


La Commission d'enquête de l'ONU chargée de conduire les investigations sur les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010 (date du second tour de la présidentielle) rendra jeudi son rapport au Conseil de sécurité, a appris DirectScoop.

Selon certaines indiscrétions, ce rapport pourrait citer nommément « des responsables présumés de haut rang, et apporter les premiers éléments de preuves pour une éventuelle procédure devant la justice internationale. » Un pas qu'ont déjà franchi les organisations internationales de droit de l'homme.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right Watch parle d' « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly.

Amnesty Internationale, quant à elle, a estimé dans son rapport du 27 mai qu'à partir du moment où « les liens de subordination entre les forces armées des Forces nouvelles et Alassane Ouattara ont été définitivement éclaircis [par décret présidentiel pris le 17 mars et créant les FRCI, nouvelle armée sensée réunir la rébellion des Forces Nouvelles et les Forces de Défense et de Sécurité] », celui-ci devrait assumer « la responsabilité de tous les actes commis ou tolérés par ces forces armées ».

La Commission dirigée par le thaïlandais Vitit Muntabhorn assisté de la béninoise Reine Alapini Gansou et du soudanais Souleïmane Bado, a conduit ses recherches sur le terrain, pendant un mois, voyageant à travers le pays à la rencontre des victimes ou autres survivants des massacres.

Elle avait pour mandat  de mener une « investigation sur les faits et les allégations de violations des droits de l'hommes commis en Côte d'Ivoire suite à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 dans le but d'identifier les responsables de crimes graves et de les traduire en justice».


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BURKINA FASO : LES FORCES SPECIALES DE COMPAORE INTERVIENNENT CONTRE DES MILITAIRES MUTINS


BOBO DIOULASSO - Des éléments de la sécurité du président burkinabè Blaise Compaoré sont intervenus vendredi matin à Bobo Dioulasso (sud-ouest), contre les militaires mutins, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Selon des habitants, des hommes du Régiment de sécurité parésidentielle (RSP), qui avaient rejoint la ville dans la soirée, sont passés à l'action aux environs de 10 heures.

Ils « ont pratiquement encerclé le camp, ils occupent toutes les voies qui mènent au camp et sont entrés pour chercher les militaires qui y sont », a déclaré un résident.

« J'ai vu des éléments du RSP qui tiraient en l'air en allant vers le camp. On a vraiment peur », a ajouté un autre.

Des « tirs d'arme lourde » retentissaient vers le gouvernorat et l'hôpital, non loin du camp Ouezzin Coulibaly où sont basés les mutins, selon un témoin.

C'est la première fois, depuis le début de la grogne des militaires en mars, que le Blaise Compaoré emploie la manière forte pour mater l'une des protestations des militaires, généralement motivées par des revendications financières.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.


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SENEGAL : «WADE DOIT QUITTER LE POUVOIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD» (LEADER D'OPPOSITION)


DAKAR - Le leader du Rassemblement des travailleurs africains / Sénégal (Rta-S), Momar Samb, a reclamé samedi, dans un communiqué, le départ de Wade pour permettre au Sénégal d'avoir une stabilité.

« Il faut tourner le dos définitivement à l'illusion selon laquelle Wade peut entendre la douleur du peuple » a-t-il laissé entendre.
Pour Momar Samb, Abdoulaye Wade entend, au prix de la violence et du meurtre, dérouler son plan machiavélique pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire.

« Abdoulaye Wade prépare pour la Présidentielle de 2012 un hold-up électoral » mentionne le communiqué.
Momar Samb et ses camarades ont demandé immédiatement le retrait des décrets de redécoupage administratif des collectivités locales.



Source: DIRECTSCOOP.NET

lundi, 30 mai 2011

INTERVIEW DU PRESIDENT MAMADOU KOULIBALY AU QUOTIDIEN PRO-GOUVERNEMENTAL FRAT-MAT



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Fraternité Matin vient de lancer, dans le cadre de ses Grands débats mensuels, celui portant sur le sujet suivant: quel régime politique pour la Côte d'Ivoire? Les avis sont partagés, nous voulons bien savoir votre position sur cette question.

Dans une période post-crise immédiate, ce n'est pas le moment de changer un régime politique. Cependant, l'histoire de la Côte d'Ivoire nous montre que depuis les indépendances, la Côte d'Ivoire souffre d'un Etat centralisé, omniprésent et osons le dire envahissant, hérité du modèle jacobin importé par la France. En tant que libéral, je prône un Etat minimum, c'est-à-dire un Etat qui assume ses responsabilités au niveau de la sécurité, de la justice mais qui laisse la liberté à ses populations de faire le reste. Bien sûr? l'Etat a le devoir de mettre en place l'environnement institutionnel qui permette à chacun de travailler et d'être propriétaire. Cette vision m'amène à prôner le régime parlementaire en Afrique car c'est dans ladécentralisation du pouvoir que les pays africains trouveront la stabilité. Audace Institut Afrique (AIA), le think tank indépendant que je préside, travaille sur le sujet et publiera en octobre des propositions. J'ai le sentiment que rapidement, la Côte d'Ivoire aurait intérêt à s'orienter vers un régime parlementaire, d'autant qu'elle l'a déjà connu à travers la constitution de 1959.

Les pouvoirs en Afrique, sont tous, ou presque, d'essence présidentialistes, des sortes de monarchies déguisées ou des dictatures en exercice. Et les exemples montrent bien que les pays de type parlementaire, comme le Cap-Vert, ont des réussites de développement que des pays mieux lotis comme la Côte d'Ivoire envieraient. Quelle lecture faites-vous d'un tel constat?

Des chercheurs au sein d'AIA travaillent là-dessus et les premières tendances qui se dégagent de leurs travaux semblent mettre en évidence que dans les régimes parlementaires, certes peu nombreux sur le continent, la liberté économique y est plus importante et les conflits moins fréquents. Bien sûr, je ne souhaite pas tirer de conclusion hâtive mais en octobre, nous aurons avancé le travail et nous pourrons ainsi engager une discussion constructive sur les résultats.

Doit-on voir, dans nos crises à répétition, la matérialisation de cette conception du pouvoir où le Président est tout à la fois?

Il est évident qu'un Etat qui repose sur un homme ou une poignée d'hommes est un Etat fragile. Cependant, des pays comme la France ont opté pour un régime présidentiel qui, sous Sarkozy, est encore plus marqué. Il y a un président omniprésent et pourtant la France ne connaît pas les crises de l'Afrique, parce que le pouvoir là-bas est décentralisé et que les villes, les départements, les régions, ont des pouvoirs et des moyens financiers pour les exercer. Il y a certes le problème de la concentration du pouvoir, mais en Afrique, nous nous heurtons également à la mauvaise gouvernance qu'induit facilement ce modèle. Comme nous ne sommes pas responsables, il faut donc créer des limites pour protéger les populations des excès des pouvoirs en place. Le régime présidentiel complique la chose.

La crise postélectorale qui a fait des morts et d'énormes dégâts a pris fin par l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Regrettez-vous aujourd'hui le fait qu'il n'ait pas cédé pacifiquement le pouvoir à Alassane Ouattara reconnu par la communauté internationale?

J'ai prôné dès le début du mois de décembre 2010 une sortie de crise par le dialogue. Les deux camps adverses que j'ai rencontrés et tenté de convaincre sont restés totalement hermétiques à mes propositions. La situation était figée. Aujourd'hui, bien sûr, lorsque nous comptons les morts et les dégâts, nous ne pouvons que le regretter.

L'on semble vous reprocher votre silence face à cette crise qui aura fait, dit-on, 3000 morts?

Je n'ai pas l'impression d'être resté silencieux. J'ai tenté une médiation qui n'a pas abouti. J'en ai pris acte. La situation reposait ensuite sur des éléments que je ne maîtrisais plus, sur la volonté des hommes politiques. Le silence ne veut pas dire indifférence. Je suis au contraire profondément attristé par tous ces morts et ces souffrances. Je suis d'autant plus touché que cette situation était prévisible et que j'avais d'ailleurs mis en garde contre ces dérives possibles durant la dernière décennie dans différents discours publics et privés. A l'époque, on me reprochait de trop parler! Depuis la signature de l'accord de Marcoussis, tout s'est enchaîné logiquement pour conduire au chaos, mais le dire était devenu politiquement incorrect dans tous les camps.

Il y a même plus: que vous auriez dû démissionner de votre poste de président de l'Assemblée nationale, au lieu de vous installer dans un mutisme?

Les gens dont vous parlez sont alors ceux qui reconnaissent l'institution ! Ces derniers temps, nombre de communications officielles vont à l'inverse ! Si ma démission pouvait débloquer la crise, il est évident que je me serais empressé de le faire. Je crois que certaines personnes mélangent tous les problèmes et les rendent encore plus compliqués.

Le parlement ne fonctionne pas depuis fin avril et les députés ne seraient pas payés depuis deux mois. Quel est votre rôle?

Effectivement, les députés ne sont plus payés depuis fin avril. Le Président Ouattara a pris cette disposition considérant que, depuis le second tour du scrutin, les députés exerçaient dans l'illégalité. Décision étrange sachant que la constitution ivoirienne établit une séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Dans cette logique, il est étrange également que les fonctionnaires de l'Etat n'aient pas été soumis à ces sanctions. C'est tant mieux d'ailleurs. Je ne cherche pas à polémiquer sur cette histoire de salaires. Ce n'est pas un évènement central et il faut réellement se concentrer aujourd'hui sur la réconciliation et sur les mesures qu'il faudra mettre en place pour que dans l'avenir, nos institutions ne soient plus un terrain de jeu pour les influents. Les conseillers juridiques du Président de la République qui soutiennent cette violation de la constitution doivent savoir qu'ils l'induisent en erreur et au parjure. Selon l'alinéa 4de l'article 59 de la Constitution sur laquelle le serment du Chef de l'Etat a eu lieu, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. Cela voudrait dire tout simplement que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en place. L'élection législative n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin. Le Chef de l'Etat n'a pas raison de suspendre le traitement des députés. Il en est de même des émoluments des membres des autres institutions de la République.

Ils sont nombreux à s'expliquer difficilement que vous soyez libre de vos mouvements, tout comme Miaka Oureto, alors que plus de 200 cadres de votre parti sont assignés en résidence surveillée ou détenus?

Je me pose parfois la question. Je n'ai pas forcément saisi la logique des arrestations. On peut dire que certaines personnes ont été impliquées plus directement dans les excès et d'autres ne se trouvaient tout simplement pas au bon endroit au bon moment. Je ne peux répondre pertinemment à votre question. Il faudrait poser la question au Ministre de l'Intérieur, au ministre de la Défense, au Président lui-même. Je ne suis pas le seul dans ce cas.

Y aurait-il un deal entre vous et le nouveau pouvoir pour faire de vous le successeur de Laurent Gbagbo sans la volonté de la base, comme il se murmure?

Est-ce à dire que vous jugez mon envergure politique tellement faible que je pourrais être un opposant idéal pour le nouveau pouvoir ? Le Fpi n'est pas à la recherche d'un successeur. Pour l'instant, notre préoccupation est plus de réintroduire la notion de parti d'opposition et de contrepouvoir. Nous souhaitons simplement retrouver un espace d'expression pour éviter que le pays ne glisse vers le parti unique et la pensée unique. Ce sera ma contribution à l'ancrage de la démocratie dans notre pays. Le Fpi n'est pas une Pme familiale ou un club de soutien et la Côte d'Ivoire n'est pas une monarchie, autant que je sache.

Votre parti et ses alliés du Cnrd dont vous assumez le secrétariat général par intérim, depuis le 17 mai, en lieu et place de Mme Simone Gbagbo, va-t-il prendre part aux législatives de décembre? Si oui, à quelles conditions et quelles sont vos chances?

Oui, le Fpi et le Cnrd prendront part aux élections législatives et nous sommes conscients des difficultés que nous allons rencontrer. Nous savons que nos chances sont minces. Mais cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à nous renforcer en vue des prochaines échéances électorales. Notre objectif est d'être une véritable opposition d'ici à 2015. La Côte d'Ivoire a d'ailleurs intérêt à cela, car un modèle de parti unique est la voie ouverte à tous les excès.Le contre-pouvoir est le moyen de contrôle le plus efficace entre les échéances électorales dans un modèle démocratique. Notre existence est donc un enjeu important pour tous. Du moins, nous osons le croire.

Le Président du Ghana, Atta Mills, aurait œuvré pour que le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dré, organise la cérémonie de prestation de serment. Y-a- t-il eu des négociations ou des pressions sur vous et Atta Mills?

Le Président Atta Mills s'est en effet impliqué en tant que médiateur ou facilitateur dans le dossier ; mais il n'est nullement question de pressions. Moi, j'ai agi parce que je voulais aller à l'apaisement et au retour des conditions de l'Etat de droit en Côte d'Ivoire, après la guerre postélectorale.

Vous parlez sans cesse de réconciliation. Cet engagement n'est-il pas contrarié par des informations selon lesquelles certains cadres de votre parti auraient à cœur de se venger de Ouattara?

Je connais peu de cadres animés d'un désir de vengeance. Il est vrai que les vainqueurs ont utilisé l'humiliation comme moyen de domination et que l'humiliation est le sentiment qui conduit naturellement à la frustration et à la violence. Les cadres avec lesquels je demeure en contact ont pourtant plus envie de revenir chez eux en Côte d'Ivoire que de vivre en exil enlisés dans le désir de vengeance. Le nombre d'Ivoiriens morts a forcément conduit chacun à l'humilité et au devoir de Plus jamais ça! Les esprits se tournent vers l'avenir et la réconciliation. J'ai foi en cet avenir qui devrait nous conduire vers une Nation.

Vous avez dit dans un récent entretien sur les antennes d'une radio que vos médiations au plus fort de la crise se sont heurtées au refus des faucons des deux camps. Pensez-vous pouvoir aujourd'hui faire fléchir les faucons pro-Gbagbo au point d'accepter le principe de la réconciliation nationale?

Je crois sincèrement que chacun est animé d'une volonté de réconciliation nationale. Une tâche importante est aujourd'hui entre les mains de M. Konan Banny et de l'équipe qu'il va former autour de lui, pour faire en sorte que chacun se retrouve dans la responsabilité et le pardon pour avancer vers une solide réconciliation. Cependant, dans le même temps, le Président de la République qui affiche sa volonté de réconciliation parle fréquemment de justice. Ce qui est une bonne chose. Mais de quel concept de justice s'agit-il ?

S'agit-il d'une vengeance justicière qui conduit le vainqueur d'une guerre à imposer aux vaincus et à eux seuls les punitions et autres humiliations ? S'agit-il d'une justice réconciliatrice qui implique que, soit l'on amène tout le monde en justice, soit l'on n'y amène personne ? La réconciliation ne peut être sélective comme le préconise le Président

Ouattara. Soit l'on part sur la piste d'un forum de réconciliation où chacun vient faire son mea culpa et recevoir son absolution, soit l'on traîne tout le monde en justice et chacun paie le prix à payer à la hauteur de ses crimes, sans exception. S'agit-il d'une justice sécurisante qui devrait permettre de rétablir tous les citoyens dans la puissance de tous leurs droits. Elle doit mettre un terme à la violation récurrente et systématique des droits individuels des populations? Cette dernière conception me semble mieux à même d'aider à la reconstruction politique, économique, morale et sociale de la Côte d'Ivoire.

Le Fpi que vous dirigez, aujourd'hui, en l'absence de son président, Affi N'Guessan, incarcéré, est-il prêt à entrer dans le gouvernement d'union proposé par le Président Alassane Ouattara? Si oui, quels sont les noms de vos cadres «ministrables»?

Le Comité central du Fpi élargi à la haute direction du Cnrd vient de décider que les conditions n'étaient pas remplies pour sa participation à un gouvernement d'union nationale. Les conditions de sécurité de ses membres en liberté, celles de ses membres en exil ne militent pas en faveur d'une participation au gouvernement d'union. De plus, la question du statut exact des membres incarcérés à la Pergola, à Katiola, à Odienné, à Bouna et à Korhogo ne rassure guère pour un parti invité à la table du Conseil des ministres. Les militants disent ne pas avoir peur de se trouver franchement dans l'opposition vraie. Ils disent qu'ils ne peuvent pas avoir critiqué les modèles de gouvernement Nzassa et venir maintenant en faire la promotion. De plus, ils ne veulent pas être comptables des politiques que le régime du Rhdp mettra en place. Ils ne veulent pas servir de faire valoir à un régime qui a décapité leur parti. Ils souhaitent que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et souhaite une alternance véritable sans gouvernement d'union dans les conditions actuelles. Ils m'ont donné mandat de discuter de toutes ces questions avec les autorités. Ils m'ont demandé de faire savoir que, pour eux, les urgences aujourd'hui ont trait au statut de la Commission électorale? avec la disparition de nombreuses composantes que sont le Mpci le Mpigo, le Mjp. Ils estiment que la commission électorale centrale est très déséquilibrée en leur défaveur. Ils aimeraient parler du nombre de places à l'Assemblée nationale, compte tenu de la démographie qui a évolué ces dix dernières années. Ils aimeraient comprendre le statut actuel de l'Accord de Ouaga que le Président Ouattara appelle accord inter-ivoirien, après que l'un des signataires a été capturé, déporté etincarcéré. Ils veulent comprendre la logique de la construction de la nouvelle armée. Ils ont de nombreuses autres urgences ayant trait à la liste électorale, au découpage électoral, etc. Dans ces conditions, voyezvous, le Fpi n'a pas de ministrables pour le moment. Nous avons d'abord besoin de nous restaurer, de comprendre ce qui nous est arrivé et nous aviserons, si besoin est, quand nous serons mieux adaptés à notre environnement.

L'on spécule assez sur les notions: gouvernement d'ouverture; gouvernement d'union; gouvernement de large ouverture, etc. Quelle pourrait être la bonne formule, pour vous?

Mon point de vue est que quelle que soit l'appellation que l'on souhaite donner à l'ouverture, le partage du pouvoir est une mauvaise chose. L'expérience africaine a pu le mettre en évidence de nombreuses fois. On voit également où a mené le partage du pouvoir sous Gbagbo. Comment voulez-vous gouverner dans ce contexte ? L'équipe du Président Ouattara devrait gouverner seule pour à la fois avoir une chance d'appliquer son programme mais également pour en assumer toutes les responsabilités. C'est le point de vue de Koulibaly Mamadou. Je leur suggère de ne pas s'inquiéter, nous ne souhaitons pas quémander des postes ministériels. Ils pourront travailler à leur programme que nous critiquerons ou soutiendrons en fonction des orientations.

L'opposition n'est pas un groupe de perdants qui restent assis jusqu'au prochain scrutin. Nous avons une vision moderne d'une opposition active et constructive.

Bientôt, les élections législatives. Comment évaluez-vous les chances du Fpi décapité à cette bataille électorale?

Comme je viens de vous le dire, les chances du FPI sont minimes, tant le parti est affaibli.

Aujourd'hui, quand vous regardez la Refondation, que vous dites-vous: on a échoué, on a dévié...

La Refondation est un mot très utilisé mais vide de sens puisque le programme n'a jamais été appliqué. Nous avons d'abord fait l'erreur de nous orienter vers un partage du pouvoir, pour ensuite nous retrouver face à une rébellion armée, un pays ingouvernable, puis un Premier ministre issu des Forces nouvelles, ex-rébellion, et nous étions largement minoritaires dans l'équipe gouvernementale. La Refondation restera donc un programme intéressant qui n'a jamais été appliqué.

De la réunion du Comité central du Front populaire ivoirien que vous avez présidée mercredi dernier, le Comité pose de nombreuses conditions pour entrer dans le prochain gouvernement. Parmi elles, la question de la libération de vos camarades posée comme condition sine qua none. N'est-ce pas une manière de consacrer l'impunité? Les nombreuses conditions du Fpi, ne peuvent-elles pas être vues comme une sorte de chantage?

Peut-on parler de conditions ? Nous ne posons pas de conditions réellement. Nous avons simplement fait un constat. Nous jugeons que, compte tenu de l'insécurité actuelle pour les opposants politiques en Côte d'ivoire et du fait de la détention de nos camarades, l'environnement n'est pas propice à l'entrée du FPI au gouvernement. Poser des conditions voudrait dire que nous sommes indispensables au nouveau gouvernement. Nous ne pensons pas que ce soit le cas. Nous ne pensons pas non plus que les missions qui nous ont été réservées au sein de la nouvelle équipe soient essentielles. Donc, dans ce contexte, je ne pense pas que nous puissions parler de chantage ou de condition sine qua none. Quant à la libération de mes camarades du FPI, vous savez que je n'ai jamais consacré l'impunité. Pour cette raison, certains me trouvent très dérangeant. Je ne souhaite pas non plus m'ériger en juge et déterminer les responsabilités de mes camarades. Ce qui est certain, comme je vous le disais dans votre précédente question, c'est que s'il y a jugement et qu'ils sont les seuls jugés, une part de justice sera faite et si l'on s'arrête là, ce sera une forme de justice du vainqueur animée de vengeance.

D'évidence, comme d'ailleurs semblent le prouver différents rapports, tous les camps ont commis des crimes graves. Je ne dis pas cela pour minimiser les crimes de mon camp mais pour faire une place nécessaire à l'objectivité qui semble brutalement manquer au pays. Je ne crois pas trop au clan des gentils et à celui des méchants. Ainsi, limiter la justice aux perdants de l'élection pourrait profondément saper le processus de réconciliation. Nous pensons d'ailleurs, mes camarades et moi, que la participation du FPI au gouvernement n'est pas franchement une démarche réconciliatrice ou alors ce genre de réconciliation serait une coquille vide. On peut se réconcilier sans partager le « gâteau». Nous ne courrons pas après des postes. Par contre, la manière dont la justice se prononcera dans les mois qui viennent sera au coeur de la dynamique de réconciliation. La justice sélective est profondément injuste et ne peut conduire au pardon et à la réconciliation.

Aujourd'hui, avec du recul, qu'est-ce qui a bien pu expliquer le refus du camarade Gbagbo d'accepter le verdict des urnes? L'en aviez-vous dissuadé?. Auquel cas, de quoi aviez vous eu peur?

- Que votre discours d'homme libre soit mal vu par les autres camarades?

- D'être... tué dans le pire des cas?

Je ne peux me prononcer à la place de Laurent Gbagbo. Il est déjà emprisonné. Je ne vais pas m'octroyer sa liberté d'expression ! Quant à nos conversations privées avant sa chute, elles demeurent de l'ordre du privé. D'évidence, mon parcours politique répond à votre question: est-ce que j'ai peur? Quant à mon statut de libéral, je l'assume et le FPI est un parti ouvert au sens où notre indépendance de penser est respectée. C'est dans la diversité et l'échange que l'on grandit, même si la différence peut parfois réveiller des susceptibilités. Malheureusement, les gouvernements d'union, la rébellion et les différents accords de paix qui l'ont accompagnée, ont brisé la machine et les pensées sont restées sur papier, car nous étions minoritaires au sein des gouvernements. Je reste un libéral avant tout, car je suis persuadé que seule une politique libérale peut apporter le progrès au pays.

Aujourd'hui, vous tentez de redonner vie au Fpi, revenu au pays. Est-ce la fin de votre exil? D'ailleurs, l'on se demande encore, pour quoi cet exil au Ghana?

Je ne me considère pas comme un exilé. Je fais certes des séjours en famille à Accra... Ici, le gouvernement de réconciliation avait totalement marginalisé l'Assemblée nationale et le pays était géré par ordonnances. Cette situation m'a laissé du temps pour faire des allers et retours sur Accra. Parler d'exil est un bien grand mot!

Volet économique. Où en êtes-vous avec votre monnaie flottante?

Effectivement, je pense qu'après plus de 50 ans d'indépendance, il serait nécessaire de revoir les accords monétaires liant les pays de la zone franc à la France, de manière à rendre l'institution monétaire adaptée à la mondialisation et à l'ouverture.

La monnaie est un pilier de l'économie et il est difficile de progresser sans liberté à ce niveau. De plus, l'inflation qui se profile pour les années à venir dans les pays européens expose les pays de la zone à ce risque, alors que l'argument des défenseurs du Cfa est bien souvent la stabilité et la faible inflation. Je crois que dans les années à venir, les pays de la zone franc vont devoir s'asseoir pour aborder sans tabou ces problèmes avec les autorités françaises.

Sinon, nous continuerons à avoir une bancarisation faible et des investissements privés faibles comparés aux flux de l'aide publique au développement. Le monde est aujourd'hui à la flexibilité, au libre marché et à l'ouverture. Le système du franc CFA est protectionniste, appauvrissant et moralement et économiquement indéfendable.

Considérez-vous encore que l'Afrique et ses Cfa arrimés à l'euro devait s'en éloigner, pour trouver la voie d'une indépendance économique?

Je reste convaincu de la nécessité de revoir la parité entre le franc Cfa et l'euro. Mais je vous invite à poser la question aux industriels des pays africains membres de la zone franc.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 29 mai 2011

MARINE LE PEN: «ALASSANE OUATTARA DOIT ETRE JUGE POUR SES CRIMES»

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Marine Le Pen, Présidente du Front National, lors de son passage vendredi sur la chaîne Française France 2, a déclaré  qu'Alassane Ouattara devrait être jugé pour ses crimes en Côte d'ivoire.

« Il y a quelques jours Monsieur Sarkozy, qui a contribué à mettre en place Alassane Ouattara, était présent à son investiture en Côte d'Ivoire, or le rapport d'Amnesty international indique que les combattants d'Alassane Ouattara se sont rendus coupables de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité », a précisé la présidente du Front National avant d'ajouter :

«Je pense qu'Alassane Ouattara doit être poursuivi...ou alors on considère encore une fois qu'il y a des intérêts supérieurs qui font qu'il y a des « gentils criminels de guerre » et des « méchants criminels de guerre », comme il y a de « bons dictateurs » et de « méchants dictateurs ». Ça dépend d'ailleurs du moment. Parce que les gentils dictateurs deviennent des méchants dictateurs en quelques jours...».

Alassane Ouattara, le nouveau chef d'Etat ivoirien installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI, a qualifié vendredi le Président Laurent Gbagbo de « criminel », estimant qu'il devrait rester en « prison ».

Cette sortie de celui qu'on surnomme « le Préfet d'Abidjan » (en référence à ses liens étroits avec le Président français) intervient alors que la procédure judiciaire vient de démarrer avec la deuxième audition jeudi du Procureur désigné par Ouattara.

Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement» dans une résidence à Korhogo (nord du pays). Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, prononcé contre lui, ni contre les nombreuses personnalités enlevées en même temps que lui.

 

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LE PARTI DU PRESIDENT GBAGBO «PAS PRESSE» DE PARTICIPER AU GOUVERNEMENT OUATTARA


 

Le FPI (Front Populaire Ivoirien, parti fondé par le Président Laurent Gbagbo) a soumis mercredi ses préalables quant à son éventuelle participation au prochain « gouvernement d'union » annoncé par  Alassane Ouattara, le nouveau Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI.

« Quand les conditions de sécurité, de libération de nos camarades (seront remplies) alors, nous pourrons envisager sérieusement d'entrer au gouvernement. Il n'y a pas d'urgence ! », a indiqué le Professeur Mamadou Koulibaly, à l'issue d'un conclave de plus de 3 heures du Comité Central du parti élargi à ses alliés du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD).

Selon le rapport final de la rencontre dressé par Mamadou Koulibaly, d'autres questions, non sans importances, feront l'objet dans les jours avenirs de réflexions afin de constituer un mémorandum qui servira de directive.

«La question de la Commission électorale indépendante. Oui ou non, cette Commission est encore valable ou pas, vu que le changement du champ politique est profond. Ils se sont interrogés sur la liste électorale : est-ce que cette liste électorale est encore valide pour aller à des élections à venir ? Est-ce que nous y intégrons les nouveaux majeurs ou pas ? Ils se sont posé la question du découpage électoral et du nombre de députés à l'Assemblée Nationale et du mode de scrutin. Ils aimeraient savoir exactement ce qui va se passer », a-t-il expliqué.

Alassane Ouattara a annoncé, dans la foulée de son investiture en tant que « Président de la République de  Côte d'Ivoire», la constitution d'un gouvernement ouvert au FPI, le parti de son prédécesseur capturé par les forces armées le soutenant.

Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale et assurant l'intérim de la présidence du FPI, avait interpellé, début mai, les nouvelles autorités sur « l'urgence d'un retour rapide à la normalité », préalable à toute activité politique.

Les exactions se poursuivent, faisant penser à une « chasse aux sorcières » contre les personnes jugées proches du Président Gbagbo, obligées de fuir ou de rester cacher pour échapper à une mort certaine.

Plusieurs organisations internationales des droits de l'homme, ont révélé que la situation sécuritaire reste précaire à Abidjan, plus d'un mois après la capture du Président Gbagbo par la coalition France-ONUCI-Licorne. Les forces de Ouattara commettent encore des exactions sur les civils, ont-elles rapporté.



Source: DIRECTSCOOP.NET

mercredi, 25 mai 2011

REVOLUTIONS ARABES: L'HEROÏSME SE DEVALUE AU CHANGE

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La «révolution» tunisienne s'est  rapidement invitée dans le débat sur  les frontières intérieures de l'Union européenne (UE). Ils sont des milliers à affluer en Italie, ces Tunisiens plus ou moins  jeunes, à la rencontre du paradis que les polices déchues de Ben Ali et de Kadhafi protégeaient  jalousement. Dès les premiers craquements, ils se sont préparés. Ensuite, ils ont fendu les flots de  la Méditerranée. Mais, y avait-il que l'opportunité de le faire, de fuir la mal- vie et la misère ? Il semble que  non, parce que ceux qui ont eu accès aux médias ont interloqué plus d'un. La première à réagir a été Marine Le Pen qui, cyniquement, a rappelé que les «clandestins» n'avaient plus de raisons de fuir leur pays.

Et des réactions plus explicites ont commencé à fuser, comme celle-ci : «L'espoir est bien là chez eux alors quelles motivations réelles incitent ces personnes à rejoindre notre pays ?» Ou encore celle-ci : «Souci démocratique ? Mais la démocratie naissante en Tunisie n'est pas assez bonne à leurs yeux ?» Ou encore celle-là : «Trouver du travail? Mais la Tunisie va avoir besoin de tous leurs bras pour se construire   sur des schémas nouveaux !» La réponse, inattendue et apparemment incompréhensible, nous vient de l'un des harraga : «Je pensais que je serais accueilli en héros».  Rien que ça !

A Lampedusa, accueilli par la police des frontières, il est conduit tout droit dans un centre de rétention. Des jours et des semaines à attendre, sans égard, sans couverture ni matelas.  Ce qui doit lui traverser l'esprit doit être assez terrible. Il est venu en «héros» et il est traité comme un «moins que rien». Et puis, qu'est-ce qui a  fait qu'il ait cru à ce statut ? Ce sont ces journalistes des télévisions qui parlaient de lui et de tous ceux qui, comme lui, se sont insurgés. Les images étaient belles et les mots ronflants et colorés. Il n'y avait alors aucun doute, il était bien un «héros» puisqu'on le lui a dit. Et là, il est réduit  à un problème dont on ne veut pas. L'Italie d'abord, qu'il veut quitter de toutes façons, car c'est en France qu'il veut se rendre, et la France, ensuite, qui refuse de l'accueillir.

Au point qu'une crise assez intense est née entre ces deux pays. Le premier pour se débarrasser de «ses» Tunisiens leur a tout simplement délivré le sésame qu'il faut, un permis de séjour, la clé de l'Europe, sachant par avance la ruée qu'il allait observer  vers la frontière française. Le permis devant, légalement,  permettre la libre circulation dans l'espace Schengen. Notre harrag et ses amis ne sont pas au bout de leur calvaire. La France installe, immédiatement,  un dispositif  policier quasi hermétique et décrète qu'il faut  avoir un passeport valide et justifier de ressources suffisantes pour pouvoir séjourner dans un autre pays de l'espace Schengen.

«L'Europe ne va nulle part si on érige des murs», s'offusque les Italiens. Peine perdue, la Commission européenne approuve la décision française et rappelle  aux Italiens que les permis de séjour temporaires n'étaient en aucun cas une autorisation de voyager dans les autres pays de l'espace Schengen. Ailleurs, la Belgique prend des mesures similaires alors que l'Allemagne et l'Autriche projettent de faire de même.

Les «héros» doivent comprendre, tel que l'a dit Le Pen pour les «arabes», qu'on ne les aime que chez eux.



Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

mardi, 24 mai 2011

HYPOCRISIE: KADHAFI, LA «COMMUNAUTE INTERNATIONALE» ET NOUS


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Cette photo est introuvable sur le site de l’Elysée. Selon L'Express.fr (cliquer pour lire), il n'y a plus aucune trace de la visite du leader libyen en France sur le site Elysée.fr. Certains accusent les administrateurs dudit site d'avoir supprimé les photos. La présidence de la République Française dément. Vous avez dit hypocrisie et perfidie ? Fernand Dindé.


[Quand je pense, qu'un certain président de la RF disait que : "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire..." il y a de quoi rire, les arriérés ne sont pas là où il pense ! L'Afrique, bruissant d'âmes et d'énergies, est en train de laisser sur place les vieux réacs d'Occident, ses birbes et ses contempteurs, et il n'y a qu'à se promener sur Internet pour s'en faire une idée. J-J].


Il faut faire attention au «Baobab qu'on abat» en utilisant des arguments ridicules qui cachent mal des manœuvres d'encerclement.

Je suivais la télévision cette nuit de Dimanche 1er Mai, dans mon salon à New York, lorsqu' à 23H, en Breaking News, le Président Américain est apparu sur l'écran pour annoncer, qu' après qu'il ait donne le feu vert d'agir, Ossama Bin Laden avait été tué dans un raid d'une unité d'élite de l'armée américaine au Pakistan. Une décision politique donc. Une idée m'a tout de suite traversé l'esprit : les militaires de l'OTAN ne pouvaient pas avoir pris l'initiative de bombarder pour tuer, la veille, la résidence familiale de Kadhafi, le Chef d' Etat de la Libye, sans que cela n'ait été en exécution d'un ordre politique de Sarkozy et autres. Il est donc fort probable que le week-end du 1er Mai devait voir être annoncée la liquidation de Ossama Ben Laden et ...de Mouammar El Kadhafi, le caractère absolument criminel de l'assassinat de Kadhafi, dirigeant d'un pays souverain, par les forces coalisées des pays occidentaux devant être couvert par les clameurs de la mort de Ben Laden.

Dieu merci, ce but n'a pas été atteint, sauf la mort sous le bombardement du fils et des trois petits enfants de Kadhafi, qui n'a d'ailleurs suscité aucune expression de regrets à Paris, Londres, Washington... Les bombardements à répétition du Palais de Kadhafi qui sont autant de tentatives d'assassinat, sont le signe d'un échec politique et stratégique, la manifestation d'une impatience enragée de ceux qui ont engagé cette guerre qu'ils croyaient finir en 72 heures.

Malheureusement pour eux, en dépit des moyens technologiques et des systèmes d'armement sophistiqués utilisés, Kadhafi résiste et son régime ne s'est pas effondré. Nos envahisseurs cachés derrière les soit- disant rebelles, pour sortir de l'enlisement, croient tenir la solution en assassinant Kadhafi, pariant ainsi que sa mort entraînera l'effondrement instantané de son régime.

L'objectif de la guerre en Libye, préparée de longue date par les Services secrets français et ayant utilisé le fallacieux prétexte de la protection de civils, en réalité des rebelles armés, n'est pas seulement la prise du contrôle du pétrole et du gaz naturel de ce pays. Dans le viseur des envahisseurs, il y avait les Fonds Souverains Libyens, ces capitaux que l'État libyen a investis à l'étranger. Ils sont gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) et sont estimés à plus de 150 milliards de dollars- soit 75. 000 milliards de francs.

Les cercles dominants américains et européens, avant d'attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont approprié ces fonds, dans le plus grand acte de piraterie et de rapine de tous les temps. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas qui, comme le révèle un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le 20 janvier, a informé l'ambassadeur américain à Tripoli que la LIA avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques américaines. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor Américain les a soi-disant «gelés».

Selon les déclarations officielles, c'est «la plus grosse somme d'argent jamais bloquée aux États-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l'avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l'économie américaine toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l'Union européenne a «gelé» de son coté environ 45 milliards d'euros de fonds libyens, pour en faire un usage similaire.

Martyr du Panafricanisme

Le ''premier crime'' que les nouveaux maîtres du monde imputent à Kadhafi et tentent d'en corriger férocement les manifestations est son Panafricanisme militant. Ainsi, il était connu que l'assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la ''Libyan Arab African Investment Company'' a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, et programmait de les augmenter dans les cinq prochaines années dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications, où la Libye a contribué de manière décisive à la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), qui permet aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux, et de réaliser des économies annuelles de centaines de millions de dollars.

Beaucoup plus importants encore auraient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l'Union africaine et qui auraient contribué à asseoir l'émancipation monétaire et financière du continent noir: la Banque africaine d'investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d'échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tous deux instruments de domination néocoloniale, et devait marquer la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d'utiliser 14 ex-colonies françaises.

Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Notamment, si la Banque Centrale Africaine voit le jour, les dépôts au compte d'opération des réserves des pays de la zone CFA cesseront et les positions du Trésor Français en seraient fragilisées. L'hystérie interventionniste du Président Français, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre Britannique David Cameron dont le pays est lié inextricablement à la France s'explique donc, non pas par l'amour des ''civils- rebelles- armés'' libyens, mais par les conséquences qu'auraient pour leurs pays l'émancipation monétaire de nos nations, dont Kadhafi était l'architecte et l'artisan.

Le second ''crime'' imputé à Kadhafi est qu'il est en passe de gagner la guerre de l'Eau et de se présenter comme un réel challenger du Grand Capital. La Libye et l'Egypte se partagent un véritable océan souterrain d'eau douce, le ''Nubian Sandstone Aquifer'' dont les réserves s'élèvent à 200 années de débit du Nil en haute saison. Depuis plus de 25 ans, Kadhafi a lancé le '' GMMRP- Great Man-Made River Project'', qui est un réseau de 4000 km de pipeline qui procure de l'eau à toutes les villes côtières libyennes, de Tripoli a Benghazi en passant par Syrte.

Dans une deuxième phase, il est prévu que le GMMRP alimente un système d'irrigation en direction du Sud qui rendra vert le désert du Sahara et le Sahel, ouvrant ainsi des possibilités insoupçonnées de production agricole dans ces immenses régions qui pourraient devenir le grenier du monde au 22eme siècle, arrachant a l'Occident sa place de premier producteur de céréales et de produits alimentaires du monde.

Kadhafi a engagé 85 milliards de dollars dans cette entreprise pharaonique sans en solliciter un seul de la Banque Mondiale- quel mauvais exemple !!!- et en défiant les ''trois sœurs'' - Veolia (autrefois Vivendi), Suez Ondeo (autrefois Générale des Eaux) and Saur - les compagnies françaises qui contrôlent 40% de la production mondiale de l'eau.

Quand on met côte à côte ce pari titanesque et sa contribution décisive dans la mise en place de RASCOM, ces cas font que pour le Grand Capital Occidental, Kadhafi est devenu l'homme à abattre à tout prix autant pour ses velléités d'indépendance que pour son audace et son impertinence.

Le troisième ''crime'' de Kadhafi est de n'avoir jamais voulu s'enrôler dans toute organisation qui affaiblirait ou freinerait la mise en place de l'Union Africaine. Son refus de participer à l'Union pour la Méditerranée en a enragé la France de Sarkozy - à qui par ailleurs, il a refusé d'acheter les avions Rafales- car un espace méditerranéen intégré est l'un des leviers sur lequel compte ce pays pour se redonner du souffle, lui qui est si impuissant à résoudre le problème du déclassement de son économie et n'entrevoit d'autre issue que les reconquêtes coloniales. Les Anglo-saxons sont prêts à lui concéder au détriment de notre continent quelques os à ronger. C'est ainsi qu'il faut comprendre sa férocité manifestée hier en Côte d' Ivoire, et que l'on revoit aujourd'hui en Libye.

Les Nouveaux Barbares

L'agression contre la Libye est l'illustration du monde sans loi que ceux que nous appellerons : "l'empire"- en minuscule s'il vous plait ! - instaure de manière éhontée. Certains chroniqueurs en verve les appelleraient d'ailleurs sans trop abuser '' Les Nouveaux Barbares''.

L'empire, "puissante machine du mensonge" qui s'affuble du nom usurpé de ''la Communauté internationale'' et dont l' ONU est désormais le bras séculier, a deux objectifs clairement discernables : Premièrement, détruire tout dirigeant de l'espace afro-arabe qui pourrait initier et soutenir un projet politique qui affranchirait nos pays de sa domination ; deuxièmement, s'accaparer des ressources financières et imposer à la tête des pays riches en matières premières, des dirigeants qui lui sont, non pas seulement acquis, mais soumis.

Ce n'est pas seulement Kadhafi que les ''Blancs'' veulent tuer, c'est le symbole qu'il représente. C'est le rêve d'émancipation réelle de nos peuples qui est entrain d'être assassiné. C'est l'Afrique dont les richesses ont toujours nourri les convoitises de l'Occident. C'est ce Baobab qu'on abat, pour voir nos enfants hériter de pays qui ne seraient souverains que de nom. C'est la réécriture à l'envers de l'Histoire des 100 dernières années, où se retrouvent à la manœuvre deux des maîtres colons d'hier, la France et l'Angleterre. Triste perspective qui constitue pour le peuple africain un nouveau défi, ou à nouveau un défi, si on croyait l'avoir relevé.

Ultime recours

Et pourtant, les faits et les chiffres parlent et rendent un verdict irréfutablement positif sur une gestion politique, financière et économique exemplaires de la Libye par Kadhafi. En Libye, il n'y avait ni prisonnier politique, ni dissident crédible. S'il en existait un, son nom serait claironné sur tous les médias de l'empire en nouveau Lech Walesa ou Vaclav Wavell. Ce pays était entrain de réussir, avec la Jamarhiya, un système de démocratie directe organisée en comités populaires, un modèle politique et économique original, avec 0% de taux de chômage à comparer aux taux de 9.9% de l'Union Européenne et de 8.8% des USA. C'est un pays où les soins de santé et l'éducation sont gratuits, à comparer aux Etats Unis où plus de 40 millions de personnes n'ont aucune couverture maladie ; un pays où tout adulte est propriétaire de sa maison et de sa voiture.

En Libye, 7.5% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté contre 14,3 % aux USA et... 48% au Cameroun. Ces chiffres confirment que les causes de la '' rébellion'' ne sont pas endogènes, mais d'essence extérieure.

Fait le plus remarquable, Kadhafi a su éviter à son pays le '' syndrome hollandais'', ce grave déséquilibre économique causé par un apport massif de ressources financières par l'exploitation du pétrole ou du gaz naturel. Des pays aussi variés que les Pays Bas, le Royaume Uni, et tous les pays pétroliers d'Afrique Centrale en ont été, à un moment donné, victimes.

Les pays et les peuples africains se retrouvent sans une organisation établie en pacte de défense collective qui pourrait les soutenir populairement, diplomatiquement, les protéger militairement. La créer serait donc la mission du nouveau panafricanisme dont l'esprit, la doctrine et les actes étaient inscrits dans les actions de Kadhafi.

C'est ce qui doit prévaloir aujourd'hui dans nos pensées, notre discours et notre démarche, c'est un engagement total pour l'avènement des structures et des institutions africaines, une Union Africaine des Peuples qui, seule, peut être notre bouclier contre les convoitises prédatrices des ''nouveaux barbares''. Tel devrait être notre message aux générations futures.


Célestin BEDZIGUI

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/
Economiste, Poète, Essayiste
Chairman, Global Democratic Project,
En exil aux USA
BIOGRAPHIE


Autres articles intéressants de l'auteur :

Guerre contre la Libye : Prétexte humanitaire et Volonté de domination impériale :

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/...

LE VRAI DEBAT :

http://www.cameroon-info.net/stories/0,26302,@,le-vrai-de...


Pour développer son info :

Emeutes de février 2008 : Célestin Bedzigui demande une enquête de l'Onu :
http://www.africapresse.com/actualite/news-50/25/02/2010/

17:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, libye, kadhafi et nous, célestin bedzigui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |