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mardi, 19 avril 2011

LAURENT GBAGBO KIDNAPPE PAR L'ARMEE FRANÇAISE ET LIVRE AUX FRCI, LE POUVOIR EST-IL DANS LA RUE?



IB S'AUTOPROCLAME.jpg

Selon le site Ivorian.net, "IB réclame aujourd'hui le fauteuil présidentiel au même titre que Ouattara. Soro et ses com-zones sont en embuscade, ils pensent que leur heure est arrivée après avoir joué les seconds rôles et surtout après avoir accepté la partenité de la rébellion.

Plusieurs milliers de jeunes gens formés au combat des armes sont retranchés à Yopougon, la plus grande commune du pays. L'armée de Ouattara n'arrive pas à les désarmer. IB les courtise, sans oublier les FANCI (encore retissants à l'appel de Soro) en vue d'une alliance pour faire tomber Ouattarra et ses alliés.

Le pouvoir semble être dans la rue, Ouattara n'arrive pas encore à occuper le terrain et communique très peu. La situation est un peu compliquée car on ne sent pas son autorité sur le terrain".

Les communes d'Abobo et d'Anyama sont toujours sous contrôle des forces pro-IB. Les FRCI n'osent même pas s'y aventurer.
La commune de Yopougon reste jusqu'à ce jour un bastion imprenable, même si les forces pro-Ouattara ont fait quelques percées dans certains quartiers.
La plupart des casernes militaires d'Abidjan sont aux mains des FDS qui pour le moment refusent de se déployer sur le terrain et de collaborer avec les FRCI du camp Ouattara.

Les com-zones de Soro Guillaume n'obéissent à personne. Ils ont partagé Abidjan en plusieurs zones où chacun règne en maître avec ses troupes.
Les commissariats sont toujours vides, sinon occupés par les rebelles de Ouattara qui, pour la plupart, ne savent ni lire ni écrire.
Dans ces conditions on se demande bien qui gouverne.
Qui de Ouattarra, de Soro et de IB aura le dessus?
Attendons donc les jours à venir pour une meilleure lecture de la situation.



Source: RETOUR AUX VALEURS SOURCES (Facebook)



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Dernières nouvelles d'Abidjan : Le rebelle ouattariste Ibrahim Koulibaly dit IB s'auto-proclame Président de la Côte d'Ivoire !



Selon nos informations Ouattara serait sur le point de nommer un "Premier Ministre" d'origine sénégalaise.
Outré, Soro qui n'est ni à la Primature ni à la défense se serait retiré à Bouaké avec ses rebelles. IB et Shérif Ousmane jouent leurs cartes pour le contrôle du pouvoir. Les jeunes loups ouattaristes n'en ont pas fini avec leurs œuvres !

Guillaume Soro serait rentré à Bouaké avec ses rebelles. IB et Sherif Ousmane se disputent le pouvoir. Le sieur IB, un des chefs rebelles se serait auto-proclamé Président de la République de Côte d'Ivoire voici quelques heures ! Il aurait aussitôt été encerclé par des éléments de l'opération Licorne.

La Côte d'Ivoire n'est malheureusement pas tirée d'affaire.

A notre humble avis, toute l'Afrique francophone est en train de rentrer en zone rouge !




Bruno Ben MOUBAMBA


source: LE POST.FR

 

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PILLAGES A ABIDJAN.JPG

Pillages de magasins, d'entreprises et de domiciles - Où va la Côte d'Ivoire ?


Les derniers événements survenus en Côte d'Ivoire et notamment à Abidjan, la capitale économique, n'auront pas été sans conséquences pour les opérateurs économiques et certaines personnalités du pays.

En effet, de nombreux commerces et autres grands magasins ont été pillés durant plusieurs jours par des vandales et par des éléments des FRCI (Forces Républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara).

Profitant du cafouillage créé par cette situation de panique générale avec les affrontements entre les forces Pro-Ouattara et les soldats de l'armée nationale, ces personnes sans foi ni loi s'en sont pris aux commerces et magasins.

Certains détenus libérés de la MACA (maison d'arrêt d'Abidjan) par les forces pro-Ouattara, les éléments de la FRCI, des jeunes, vieux, femmes et mêmes enfants, personne n'a voulu laisser passer cette occasion de se constituer un butin ou stock de nourriture, surtout que les marchés étaient également paralysés par cette crise.

Plusieurs chaînes de télévisions étrangères ont même diffusé les images de ces pillages qui donnent une autre image de la Côte d'Ivoire. Des scènes de pillages insupportables qui choquent la morale et le bon sens. On y voit des pillards heureux de faire main basse sur les biens d'autrui et de les brandir fièrement devant des caméras. Les auteurs de ces pillages ont-ils seulement conscience de la méchanceté de leurs actes?

Assurément non! Bien au contraire. Au nombre de ces voleurs d'une autre époque, des individus armés à bord de véhicules arrachés à leurs propriétaires. Ces derniers, pour se frayer un chemin parmi leurs ''collègues'' pillards et accéder aux différents magasins, n'hésitent pas à libérer des rafales.

Ainsi, de Yopougon à Port-Bouët en passant par Marcory, Koumassi...ces derniers s'en sont donné à coeur joie. Ils ont opéré une véritable razzia dans les magasins pris pour cibles. Le magasin de stockage de Sucrivoire en zone 3, le siège de Orange-Côte d'Ivoire, le magasin Orca Tendance, le bâtiment Amobla, le magasin Sicomex, sur le boulevard VGE, plusieurs commerces à Marcory et Koumassi, le magasin du PAM (Programme alimentaire mondial) contenant des denrées alimentaires (riz, huile, farine, sucre, sel) et des produits de première nécessité ont été totalement vidés de leurs contenus.

Les résidences de certaines personnalités du pays et le siège du Fpi ont également subi la furia des pilleurs. Même les maquis et restaurants n'ont pas été épargnés. Les actes de pillage ont duré plusieurs jours notamment à Koumassi et Marcory. Au regard de tous ces actes, l'on est en droit de se demander où va la Côte d'Ivoire.



In le quotidien ivoirien L'INTER


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

dimanche, 17 avril 2011

INCROYABLES REVELATIONS DE LA PROPHETESSE FRANÇAISE NAOMIE SUR LA COTE D'IVOIRE

 

Samedi 27 Octobre 2006


Je vous affirme qu'en recevant cette vision, les larmes étaient abondantes, tant je pouvais voir dans une dimension, ce que les hommes ne voyaient pas.
C'est ainsi que le Saint Esprit de Dieu m'a montré comment ce président était perçu par le plus grand nombre.
Il vous appartient de vous faire votre opinion, toujours à la lumière sainte de notre Seigneur. Amen!

VISION

" Je vois un homme avec le nez rouge « une petite balle rouge ». Il est triste, c'est l'Auguste, le clown triste.

Cet homme comprend ce qui lui arrive, mais il veut encore faire bonne figure, paraître !

Il est la risée de tous, et tous ris de lui !

Sous son maquillage, il pleure mais personne ne le voit !
Il y a un très beau parquet en bois ciré qui s'effondre sous ses pieds, et pour ne pas tomber, il lui faut faire un grand bond en avant, pour passer au-dessus de ce plancher qui continue à s'effondrer. Il faut que ses pieds retombent sur le dur et prendre appuie sur ce parquet devant lui !
Une porte de côté droit, au fond d'une grande pièce s'ouvre violemment avec fracas, et les soldats entrent, mais PERSONNE ne touche à cet homme. Les soldats sont surpris de ce qu'ils voient et ne bougent pas. Ils constatent que le « clown » se débarrasse de son masque et ils voient l'homme tel qu'il est en réalité.
L'homme pleure : sur lui, sur sa vie, sur tout ce qu'il voit autour de lui. Il expose sa souffrance et il comprend son erreur.

Il va connaître sa déchéance devant « ceux qui ont gagné » - alors du fond de « l'abîme » dans lequel il se trouve, il va lever les yeux au ciel et il va invoquer, reconnaître le Seigneur Yeshua.

C'est après une période de rejet, dont je ne connais pas le temps réel, qu'il y aura un retournement de situation et il sera « redemandé »  je le vois accoudé à un balcon, une foule devant lui qui l'acclame ».

Parole du Seigneur : « Je veux faire cesser tous les conflits et donner le salut à ce peuple »  - Je vais faire taire les tambours pour que ma musique couvre et surplombe ce pays. Celui que je te montre actuellement, avec ce titre de « docteur » sera mis en relation avec le président parce qu'il va avoir besoin d'aide et de support, d'appui spirituel. »

Alors que je demande au Seigneur si tout cela est bien de Lui je reçois en réponse : Ne t'ai-Je pas dis : si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? Alors écris !

« Je vais faire cesser le négoce qui appauvrit le pays et Je donnerai à faire un négoce équitable pour tous ! Je vais mettre en place un « conseil spirituel » qui sera une aide pour ce pays (je le voyais caché, en retrait).

Je vais chasser les faux prophètes et les faux docteurs parce qu'ils mènent ce pays à sa ruine et parce qu'ils sont de mauvais conseil ! »

C'est ce que Je veux que tu dises au Président Gbagbo. Je te le dis, parle ! Qu'il écoute ou qu'il n'écoute pas, parle !
Après ce sera Mon affaire dit le Seigneur !

Je demande une confirmation au Seigneur - Il me donne : « Je ferais reverdir le Saron et Je couvrirais le pays d'eau afin que son désert reverdisse !

Je t'ai montré l'état de ce pays : poussiéreux, séché, désertique et pauvre !
Ce que Je t'ai fait voir au travers du pétrole qui jaillit  que telle était Ma volonté de faire du bien à ce pays, en lui donnant Ma bienveillance et Ma détermination de lui faire du bien dans tous les domaines.
Je te l'ai fais voir parce que ce pays te fera participer à ses richesses pour Mon œuvre et pour Ma gloire !

Il y aura un changement radical dans ce pays « si le président enfin, Me reconnaît dans ses voies » ! "

Je n'ai rien ajouté, ni rien retranché, j'ai simplement dit ce que le Saint Esprit veut faire savoir à la Côte d'Ivoire, et par extension, à l'Afrique « noire ».


Shalom !

Naomie

 

Source : Le site web du Ministère de Naomie

 

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Révélation d'un chrétien anonyme sur Facebook

" Voici ce que nous annonce un frère en CHRIST ", nous rapportait Michel Mika sur Facebook, le 12 avril 2011 :

« Je ne suis pas ivoirien, je n'ai jamais mis les pieds en Côte d'Ivoire, je suis juste un chrétien qui transmet un message à tous les chrétiens qui prient pour la Côte d'Ivoire.

Le Seigneur dit que ce n'est pas terminé, il dit qu'il va relever la Côte d'ivoire et que Gbagbo sera restauré de façon spectaculaire pour que l'on sache qu'il est DIEU. Il demande à tous les chrétiens de jeûner 3 jours, du 13 au 15 avril (2011).

Il demande de transmettre à l'ancien ministre des finances de Gbagbo, le chiffre « 21 ».

Chers frères, je sais que beaucoup ne me croiront pas, j'ignore qui est l'ancien ministre des finances de Gbagbo, ni même qui est Gbagbo mais je ne peux pas bloquer le plan de DIEU en ne transmettant pas ce message.

DIEU a dit qu'il va restaurer Gbagbo et relever la Côte d'Ivoire aux yeux du monde entier. Aujourd'hui les cameras du monde entier le montrent humilié et emprisonné; cette humiliation fait partie d'un processus personnel entre DIEU et Gbagbo....

Vous pensez que DIEU est sourd à toutes ces prières à lui adressées en faveur de ce pays depuis des années ?

DIEU ne partage jamais sa gloire et ne la partagera jamais avec personne.

Ce pays appartient à DIEU et à lui seul, c'est pourquoi le diable cherche par tous les moyens à y semer le chaos...

DIEU nous demande une dernière chose : "Jeûnez et priez, du 13 au 15 avril (2011) pour Gbagbo et pour la Côte d'Ivoire et vous verrez ce qui va se passer..."

On reconnait un vrai prophète à l'accomplissement de ses prophéties...

Si Malachie Koné vous avait raconté cet épisode que nous vivons, beaucoup auraient cherché à lui faire du mal, mais le Seigneur ne lui a pas permis de raconter la prise de Gbagbo, pour sa propre sécurité et afin que la gloire revienne à son nom seul...

Personne n'est obligé de me croire mais je ne fais que mon devoir de chrétien en transmettant ce message.

 

Que DIEU vous bénisse ! ».

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LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL IVOIRIEN A CONSTATE «LA VACANCE DU POUVOIR» - MONSIEUR OUATTARA NE PEUT PAS LEGALEMENT DIRIGER LA RCI

 

PAUL YAO-NDRE.jpg

L'information est passée sous silence mais elle est pourtant de taille. Le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire a constaté la vacance du pouvoir il y a quelques jours à Abidjan. Logiquement, c'est donc comme le veut la Constitution Ivoirienne, le Président de l'Assemblée Nationale qui doit assurer une nouvelle transition politique devant aboutir sur de nouvelles élections. Alassane Ouattara et ses soutiens internationaux le savent c'est pourquoi ils ont exigé dès lundi 11 avril 2011 du Président légal de la RCI, M. Laurent Gbagbo, la signature d'un acte de démission, autant dire, d'une capitulation. L'Histoire reconnaîtra la grandeur de cet homme qui, assiégé par des tanks français et des rebelles sans foi ni loi, bombardé par des missiles onusiens, disons-le sans détour, de « l'opération Licorne », a fait fi de sa vie en refusant d'apposer sa signature au bas d'un document inique. Certaines indiscrétions font même état de sommes, en millions d'euros, qui ont été proposées à Laurent Gbagbo, à vie, s'il démissionnait. On croit rêver.

La loi de la jungle, c'est-à-dire celle du plus fort, veut s'appliquer dans toute sa rigueur aux Ivoiriens. Nous leur disons aujourd'hui, faites appel à votre loi fondamentale, montrons leur qu'au XXIe siècle, les africains sont conscients désormais d'être devenus, au bout de cinq siècles d'exploitation, la civilisation qui connaît «la plus longue servitude de tous les temps ».

 

Source : MOUBAMBA.COM

 

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Un coup d'état international des fascistes libéraux


Un monstre, le libéral-fascisme, menace l'Afrique en général et l'Afrique francophone plus que jamais. Son objectif est de faire payer sa crise financière internationale à ceux qui ont été considérés depuis toujours comme des esclaves. Cet « Homme Africain qui n'est pas assez entré dans l'Histoire » comme le disait le Président Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Dakar en 2007. Il est urgent pour les Ivoiriens qu'ils utilisent les armes du droit et de la raison face au déploiement de la force brutale.

Comment Alassane Ouattara peut-il  être Président de la Côte d'Ivoire alors même qu'il n'a pas prêté serment devant le Conseil Constitutionnel et que cette même institution ne l'a pas reconnu comme Président de la République ? C'était pourtant l'exigence minimale de l'Union Africaine. Le silence de la plupart des Chefs d'Etat du continent africain, qui n'ont pas noyé M. Ouattara sous les félicitations est éloquent. Certes quelques uns (le Président de la Guinée Equatoriale par exemple) auraient félicité M. Ouattara mais il est clair que le fait que ce dernier s'avise à marcher sur les institutions d'un pays qu'il est supposé diriger n'est pas rassurant.

A vrai dire, le Président de la Communauté internationale, l'ami du Président français, n'a pas d'autre solution s'il veut favoriser des institutions fortes selon le discours du Président Obama à Accra, que d'assumer son coup d'Etat international devant le monde, mais les coups d'Etat sont mal vus par l'Union Africaine, ou alors de retourner aux urnes. Il a prêté serment par écrit dit-il, mais nous lui répondons que le Conseil Constitutionnel ne l'a pas déclaré Chef de l'Etat.

 

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Un imbroglio politico-militaro-juridique


La puissance ne suffit pas si elle ne se greffe pas sur le droit et avant tout sur celui des Etats. Si le « coup d'Etat international » de M. Ouattara est accepté alors n'importe qui pourra se déclarer Président de la République n'importe où à l'avenir. Si l'option armée est privilégiée sur la légalité alors tous les peuples africains doivent savoir qu'ils sont perdus pour plus d'un siècle sans doute.

Les élections dans nos pays ne seront toujours qu'une plaisanterie. La rapacité des ultra-libéraux qui tiennent les médias et les pouvoirs politiques occidentaux risquent de nous entraîner dans un nouvel esclavage qui ne dit pas son nom. Voilà pourquoi toute l'Afrique doit protester derrière les Ivoiriens.

Aucun africain digne de ce nom ne peut accepter  ce que M. Ouattara a fait à la Côte d'Ivoire : financer un premier coup d'Etat contre M. Konan Bédié fin 1999 ; sponsoriser une rébellion armée en 2002, oublier qu'il doit son retour dans le jeu politique ivoirien à M. Gbagbo ; privilégier la brutalité en marchant sur des milliers de cadavres pour réaliser son rêve de Chef d'Etat ; cacher au monde entier le fait qu'il ne peut pas prêter serment par écrit et se considérer comme Chef d'Etat. Où a-t-on vu cela ? Le Conseil Constitutionnel Ivoirien ne peut pas se dédire. Ou alors, il faut que le Parlement dissolve le Conseil Constitutionnel. D'autres veulent nous réduire au rang de « primates à peine évolués » et M. Ouattara est en train de leur donner des arguments en écrasant sous un tapis de bombes le droit de son pays. Des dictateurs comme Omar Bongo faisaient au moins semblant de respecter la Constitution du Gabon ! Pourquoi pensez-vous que le clan Bongo bichonne autant la Cour Constitutionnelle de la République Gabonaise ? Mais c'est bien parce qu'il sait qu'une fois les recours des autres candidats aux présidentielles déposés, et après que la Cour Constitutionnelle ait validé une élection contestable, le tricheur qui prête serment devant la Cour et les institutions du pays devient légalement le Président.

Que devons nous faire ? La guerre ? Il faut croire que les acteurs politiques gabonais soient plus légalistes qu'Alassane Ouattara, c'est pourtant sur la décision de la Cour Constitutionnelle Gabonaise, malgré les preuves de la tricherie, que le Président Nicolas Sarkozy a été le premier à féliciter Ali Bongo Ondimba en 2009.  Les ultra-libéraux qui en veulent coûte que coûte aux richesses du Golfe de Guinée ne parviennent même plus à cacher leurs mensonges.

Si Laurent Gbagbo, le Président légal de la Côte d'Ivoire, doit partir, alors pourquoi Ali Bongo reste-t-il au pouvoir ? Pourquoi André Mba Obame, officieusement vainqueur du scrutin présidentiel de 2009, n'est-il  pas installé sur le fauteuil présidentiel au Gabon ?

Alors, cher Peuple Ivoirien, courage. Battez-vous au nom de la loi car Monsieur Ouattara et ses soutiens internationaux ont déjà perdu la bataille du droit.


 

Bruno BEN MOUBAMBA

www.moubamba.com / bruno@moubamba.com

samedi, 16 avril 2011

TOUTES LES LARMES DE MON CORPS POUR MA COTE D'IVOIRE (2)

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Par quel exploit parle-t-on de pardon et de réconciliation et continue-t-on à commettre ces actes-là dans mon pays: assassinats, chasse à l'homme et exécutions sommaires? Où est le droit à la différence d'ethnie et de parti, où est la liberté d'opinion? De quelle réconciliation s'agit-il? On ne se réconcilie qu'avec son adversaire ou sa partie adverse. Comment s'y prend-on alors quand cette partie adverse est totalement anéantie comme cela est en train de se produire en Côte d'Ivoire, dans une folie meurtrière incontrôlable, dans le silence le plus absolu, les connivences les plus incompréhensibles et la célébration coupable de ceux qui, hier encore, se faisaient les champions de la démocratie, des droits humains, de la liberté d'expression et du droit à la différence, en Côte d'Ivoire et dans le monde - sur leurs chaines mondiales et dans leur presse - devenus aujourd'hui subitement aveugles, sourds et aphones? Vous avez dit dénonciations à double vitesse et humanité à géométrie variable?

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Abidjan - Militaire ivoirien désarmé, prêt à être égorgé selon la pratique de mise chez les FRCI, pro-Ouattara
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FRCI trônant fièrement dans le salon présidentiel à la Résidence de Cocody-Ambassades, où les forces spéciales françaises leur ont livré le président, sa famille et tous ses collaborateurs
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Presque tous les militaires présents à la résidence de SEM. Laurent Gbagbo ont été abattus de sang-froid par les rebelles. Pourtant, tous avaient retiré les munitions de leurs armes et les ont remises aux soldats français de la Licorne venus capturer le Président de la République.
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Tous les parents, collaborateurs et amis du couple présidentiel ont été faits prisonniers et sérieusement bastonnés par les FRCI
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Kuyo Téa Narcisse, en sous-vêtement, est le chef de cabinet du Président de la République. Il a été sérieusement bastonné, de même que le commissaire Monnet de la garde rapprochée du Président Laurent Gbagbo, ensanglanté sur la photo. A côté de lui, à sa gauche en pantalon noir, le ministre de la justice Yanon Yapo. En dehors d'un coup d'Etat, peut-on ainsi traiter les cadres et autorités d'une République?
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Le général Dogbo Blé, commandant de la Garde Républicaine, trahi et livré aux FRCI par les forces françaises
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Voici le tunnel par lequel les marsouins et légionnaires français sont passés pour avoir accès au domicile du président ivoirien. Ce tunnel a été construit par Félix Houphouët-Boigny et relie la Résidence présidentielle ivoirienne à l'ambassade de France. Il avait été fermé par SEM. Laurent Gbagbo mais a été dynamité par les artificiers français, le 11 avril 2011. Les forces spéciales françaises ont pu ainsi aisément entrer dans la Résidence présidentielle et capturer le chef de l'Etat ivoirien qu'ils ont ensuite livré aux forces pro-Ouattara.
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L'ex-ministre d'Houphouët-Boigny, ex-ambassadeur de la Côte d'Ivoire à l'ONU, transfuge du RDR et président de parti politique proche de Gbagbo, Jean-Jacques Béchio, lynché à l'Hotel du Golf
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Dans le hall de l'Hôtel du Golf, les soldats pro-Ouattara se défoulent sur les prisonniers, comme ils l'ont fait, au même endroit, sur Monsieur Jean-Jacques Béchio
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Le monsieur en sang est le commissaire Monnet. C'est le neveu du ministre Léon Emmanuel Monnet. Il faisait partie de la garde rapprochée du président Laurent Gbagbo et on est sans nouvelle de lui depuis.
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Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur de Gbagbo et Secrétaire Général de la Présidence, défiguré par un tir à bout portant d'un soldat pro-Ouattara qui lui a visé la bouche. Il décèdera des suites de ses blessures
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Des civils sans défense tués de sang-froid, malgré la reddition de la maisonnée
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Camps de concentration des forces pro-Ouattara, des mouroirs en plein coeur d'Abidjan: Des hommes sont détenus dans des stations d'essence depuis bientôt 10 jours. Parmi eux de nombreux adolescents.
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Les pro-Gbagbo persécutés jusqu'à leur domicile. Vive la réconciliation!
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Exécution de civils à Abidjan par les FRCI, les forces pro-Ouattara. Comment va-t-on à la réconciliation avec ça! On dit une chose devant les caméras et on fait tout autre chose dans les rues de nos villes. Vive la pensée unique et vive la Côte d'Ivoire nouvelle, recolonisée et asservie!
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Avant de clore mon propos, je ne peux manquer de poser cette question qui me taraude l'esprit depuis quelques jours: Où est donc le Président Henri Konan Bédié? Pourquoi la presse française ne lui a-t-elle pas encore tendu le moindre micro (puisqu'il s'était retiré en France), lui sous la coupe de qui Alassane Ouattara a promis gouverner. En tant que deuxième personnage du régime ADO (si ce n'est le premier!), son silence et son absence sont plus que troublants! Est-il encore vivant? L'avenir nous le dira. En attendant, le PDCI-RDA gagnerait à demander sérieusement de ses nouvelles. A bon entendeur,... salut!
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Que DIEU aie pitié de la Côte d'Ivoire et la bénisse!
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Source photos: FACEBOOK

vendredi, 15 avril 2011

TOUTES LES LARMES DE MON CORPS POUR MA COTE D'IVOIRE (1)

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Par quel exploit parle-t-on de pardon et de réconciliation et continue-t-on à commettre ces actes-là dans mon pays: assassinats, chasse à l'homme et exécutions sommaires? Où est le droit à la différence d'ethnie et de parti, où est la liberté d'opinion? De quelle réconciliation s'agit-il? On ne se réconcilie qu'avec son adversaire ou sa partie adverse. Comment s'y prend-on alors quand cette partie adverse est totalement anéantie comme cela est en train de se produire en Côte d'Ivoire, dans une folie meurtrière incontrôlable, dans le silence le plus absolu, les connivences les plus incompréhensibles et la célébration coupable de ceux qui, hier encore, se faisaient les champions de la démocratie, des droits humains, de la liberté d'expression et du droit à la différence, en Côte d'Ivoire et dans le monde - sur leurs chaines mondiales et dans leur presse - devenus aujourd'hui subitement aveugles, sourds et aphones? Vous avez dit dénonciations à double vitesse et humanité à géométrie variable?

Gbagbo s'est-il ainsi comporté envers ses adversaires politiques quand ils lui avaient mis un coup d'Etat manqué et une rébellion sur le dos? Ne les avait-il pas plutôt fait revenir d'exil? Ne leur avait-il pas reconnu un statut d'ancien président et d'ancien premier ministre avec salaire présidentiel, voiture de fonction, escorte de sécurité, gardes de corps (au choix des bénéficiaires), résidence de fonction? N'avait-il pas amnistié tous leurs crimes et nommés leurs hommes de mains dans son gouvernement? N'avait-il pas mis à la tête de ce gouvernement Monsieur Soro Guillaume, chef officiel de la rébellion et ne l'avait-il pas honoré selon son rang? N'avait-il pas promu aux grades militaires supérieurs et payé le rappel de 5 années de salaire à tous les membres de la rébellion en rupture de ban dans l'armée régulière ivoirienne?

Leurs journaux n'avaient-ils pas le droit de dire toutes les insanités imaginables sur le Président Gbagbo? Un seul de leurs journalistes a-t-il été incarcéré pour tous les brulots qu'ils nous produisaient à longueur de journée? Un quidam parmi eux a-t-il été empêché de circuler librement ou de dire ce qu'il voulait? Non, et trois fois non! Pourquoi donc oblige-t-on les partisans et proches de Gbagbo à se terrer, aujourd'hui, et à quitter le pays?

On peut donc accuser Gbagbo de tout, sauf d'avoir été un dictateur comme veulent nous le laisser croire les tenants du nouveau pouvoir (pas les nouveaux tenants du pouvoir) et leurs parrains français. Cette injustice-là prospèrera-t-elle? L'Histoire nous le dira.

Pour notre part, nous faisons dès aujourd'hui le deuil de la démocratie, de la liberté d'opinion et du pluralisme politique, en Côte d'Ivoire. Plutôt que de nous ressasser à longueur de journée qu'on est venu restaurer la démocratie pendant qu'on s'adonne à une chasse à l'homme implacable appuyée de viols, d'assassinats et de pillages de biens publics et privés, autant nous dire en toute honnêteté qu'on instaure désormais la dictature en Côte d'Ivoire.

Je pleure le retour dans mon pays de la pensée unique et de l'intolérance politique la plus primaire. Je pleure les morts de mon peuple, tous les Ivoiriens de tous les bords politiques, de toutes les régions et religions, de toutes les obédiences et de toutes les ethnies que l'ambition politique aveugle a précipités dans le séjour des morts. Je pleure ma Côte d'Ivoire déchirée, détruite, méconnaissable que je n'aurais jamais vue sous ce jour, même dans mes pires cauchemars! A-t-on besoin de tout détruire pour changer de régime? Doit-on tout brûler parce qu'on veut le pouvoir? Etait-il nécessaire de détruire le fruit de plusieurs années de dur labeur consenties par mes concitoyens pour se constituer un patrimoine personnel ou familial, ou pour monter une entreprise? Aujourd'hui, des milliers d'Ivoiriens ont ainsi tout perdu. Jusqu'au sous-vêtement.

Sur quoi voudrait-on par la suite règner? Sur un tas d'ossements et une terre brulée, un pays en ruine? La question reste posée. Mais je ne saurais clore mon propos sans déclamer cette vérité biblique: Toute iniquité a une rétribution devant DIEU et toute rétribution a un temps marqué et arrêté par devers DIEU. Pour le temps qu'il nous est donné de vivre ou de règner, faisons gaffe à nos actes, car qui règne par l'épée périra par l'épée, disent les Saintes Ecritures.

En attendant que triomphe la justice transcendantale du Créateur, immuable et équitable, je pleure les larmes de mon corps, je pleure les morts de mon peuple, je pleure les morts de Duékoué, je pleure les morts d'Abidjan, je pleure les morts de ma Côte d'Ivoire défigurée, violée, dénaturée par la folie humaine.

Nous avions voulu ceci:

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Au lieu de quoi, nous avons eu droit à cela:

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Le président Laurent Gbagbo et la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo, bastonnés et humiliés

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Mme Simone Gbagbo assise à même le sol, exhibée comme un trophée de guerre par les soldats pro-Ouattara. Inacceptable!

Des centaines de patriotes ont été victimes des bombardements onusiens et de la force française Licorne à la Résidence présidentielle de Cocody-Ambassades. Les photos suivantes sont de Duékoué.
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Un enfant victime des forces pro-Ouattara à Duékoué
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Un innocent enfant tué d'un coup de machette sur le sommet de la tête à Duékoué
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Le cocotier de la cour de l'Eglise UESSO de Duékoué qui a servi à l'exécution des pro-Gbagbo
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La maternité de l'Eglise UESSO de Duékoué mitraillée et vidée de son monde. Ici, l'une des chambres.
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Des rescapés de l'épuration ethnique des forces pro-Ouattara à Duékoué pris en charge par Médecins Sans Frontières
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Une femme ayant succombé aux blessures par balles à elle infligées à Duékoué par les forces pro-Ouattara
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Un homme, victime des forces pro-Ouattara à Duékoué, gémissant de douleur sur sa couche, près de sa femme décédée
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Le genou d'une femme ouvert à la kalachnikov, à Duékoué. Son seul crime: soupçonnée d'être pro-Gbagbo parce que d'ethnie Wê
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Brûlé vif pour son obédience politique (LMP), à Duékoué
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Passés au bûcher parce que pro-Gbagbo, à Duékoué
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Le paysage souillé par les cadavres des victimes de la chasse à l'homme perpétrée par les forces pro-Ouattara, à Duékoué
massacre-duekoué
Une famille Wê anéantie par les rebelles. Bilan final de l'opération anti-Gbagbo à Duékoué, selon le CICR: 1.237 morts. Mais ce ne sont pas les bons morts, ceux pour qui on ameute le monde entier, la terre entière. Ils sont invisibles pour les médias français, peu dignes d'intérêt pour la presse européenne et américaine. Ce ne sont pas des êtres humains, du moment où ils sont des partisans de Gbagbo. On peut les ignorer. Mais il y a une Justice pour tous les hommes et elle triomphera! Un jour.
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Que DIEU sauve et bénisse la Côte d'Ivoire!
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Source photos: FACEBOOK

jeudi, 14 avril 2011

COMMENT LA FRANCE ET OUATTARA VEULENT DEPORTER GBAGBO A KORHOGO

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L'information provient d'une source interne à l'ONUCI. Hier, le 12 avril 2011, la coalition franco-ouattariste a pris l'initiative de déporter le président Laurent Gbagbo à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire tenu par la rébellion des Forces nouvelles, en plein territoire hostile et à plus de 600 kilomètres d'Abidjan. Face au refus net de l'intéressé, et sans doute à des pressions diplomatiques discrètes, le projet a été suspendu in extremis, ce qui ne signifie pas - loin de là - qu'il a été abandonné.

Pourquoi déporter Gbagbo à Korhogo ? Premièrement, parce qu'Alassane Ouattara et ses alliés internationaux redoutent plus que jamais la normalisation politique à Abidjan et le retour de la sécurité, qui entraîneraient fatalement des manifestations de soutien massives qui feraient désordre. Ils ont peur d'un retournement de situation, parce qu'ils sont conscients qu'ils ne contrôlent rien, et que le crédit du pouvoir de fait actuel n'a fait que diminuer dans la capitale économique, avec les pillages systématiques dont se rendent coupables ses nervis armés.

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Deuxièmement, parce qu'ils ont bien l'intention de "lumumbiser" Laurent Gbagbo. Le parallèle est en tout cas frappant. Après une bataille de plusieurs mois sur fond de dyarchie au sein de l'Etat, les Occidentaux et leurs alliés locaux en République démocratique du Congo ont réussi à arrêter Patrice Lumumba, qu'ils ont déporté dans le lointain Katanga sécessionniste, dans le fief de son adversaire (et marionnette occidentale) Moïse Tschombé. C'est là-bas qu'il a finalement été tué dans la savane, alors qu'il était censé jouir de la protection des Casques bleus de l'ONU, qui n'ont jamais eu de compte à rendre à personne, puisque sa mort était planifiée par les Etats-Unis, la France et la Belgique.

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 13 avril 2011

APRES LA CAPTURE DE GBAGBO, C'EST LE CHAOS TOTAL A ABIDJAN

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Laurent GBAGBO Président élu et reconnu par la Côte d'Ivoire et ses institutions légales a été capturé, lundi, par les forces françaises et remis aux rebelles d'Alassane OUATTARA. En attendant notre compte rendu complet, le monde entier doit retenir que la capitale économique de Côte d'ivoire vit un chaos total auquel, bien entendu la France prend une part active.

Nous reviendrons en détail sur les grossiers mensonges divulgués ici et là par les medias français qui tentent de ne pas rendre la France responsable de la capture de Laurent GBAGBO et de toute la pagaille que vit la Côte d'ivoire, en ce moment.

Nos correspondants ont pu voir les forces de l'Armée française, occuper les ports de San-Pedro et, surtout, d'Abidjan où elles ont cassé tous les entrepôts et voler tout le cacao qui s'y trouvait. Les pillages qui se déroulent en ce moment à Abidjan sont le fait des rebelles et des soldats français. Toutes les maisons des cadres du pays, toutes les stations d'essence, tous les magasins d'Abidjan sont vidés en ce moment. Et il faut le retenir: La population apeurée et terrée chez elle n'a rien à avoir avec tous ces actes. L'épuration ethnique a bel et bien commencé en Côte d'Ivoire.

Désiré TAGRO (ex-ministre de l'Intérieur et Secrétaire général du gouvernement) a été froidement abattu par les hommes de OUATTARA. Le ministre Alcide DJEDJE (Affaires étrangères) a dû être exfiltré grâce à ses connaissances à l'ONUCI. Sa maison pillée. Une véritable chasse aux patriotes et à tous ceux qui ont soutenu GBAGBO a cours en ce moment. Un charnier d'un groupe de patriotes de plus 300 corps a été découvert par les services de la gendarmerie nationale tandis que les rebelles sur ordre (dit-on) de SARKOZY et de OUATTARA ont commencé à jeter dans la lagune et à incinérer d'autres corps pour brouiller les pistes des enquêteurs de l'ONU.

La grande joie que la France espérait après la capture de GBAGBO ne sera jamais exprimée par les Ivoiriens auxquels SARKOZY vient d'imposer un gouverneur. Personne dans les rues d'Abidjan. Oui, l'expression de la vérité des urnes est implacable, ici : «Personne n'a élu OUATTARA comme Président de ce pays, personne donc ne peut exprimer sa joie après la capture de GBAGBO. Les medias français le constatent mais ne peuvent le dire. Les jours à venir seront des plus catastrophiques», confie KOUAME Stéphane à TWN. En attendant, une autre faction de la rébellion, celle d'IB est entrée dans la danse; elle ne semble pas reconnaitre ADO comme....Président. Comme on dit à Abidjan, la capture de GBAGBO est le début du commencement.

 

Issouf OUATTARA

Source: IVORIAN.NET

 

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Côte d'Ivoire: Les pro-Ouattara doivent « cesser toutes représailles »

 

Les partisans du président ivoirien Alassane Ouattara "doivent cesser toutes représailles et violences" à l'encontre de ceux du sortant Laurent Gbagbo, a déclaré mardi Amnesty International, rapportant des témoignages d'habitants terrorisés et de meurtres dans le pays.

"Les graves violations des droits de l'Homme perpétrées par Laurent Gbagbo et ses partisans, ainsi que par ceux d'Alassane Ouattara, doivent être recensées et leurs auteurs conduits devant la justice", a déclaré Véronique Aubert, directrice adjointe du Programme Afrique d'Amnesty International, dans un communiqué.

"Les Ivoiriens perçus comme étant des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo courent le risque de violentes représailles, en dépit de la déclaration du président Ouattara qui a appelé lundi à s'abstenir de toute formes de représailles ou de violence", selon le texte.

"Alassane Ouattara doit rétablir la loi et l'ordre en donnant des instructions strictes à toutes ses forces afin qu'elles respectent les droits humains et protègent quiconque contre ces exactions ", a dit Véronique Aubert.

Amnesty rapporte des témoignages à Abidjan et dans l'ouest du pays, faisant état d'attaques de civils considérés comme des partisans de Gbagbo par des hommes armés décrits comme des pro-Ouattara.

"Aujourd'hui (mardi), à Abidjan, des hommes armés, dont certains portaient des uniformes, ont fait des descentes des quartiers habités par des partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo, notamment à Yopougon et à Koumassi", rapporte l'ONG.

Un témoin a raconté à Amnesty International "comment un policier, appartenant à la même ethnie que Laurent Gbagbo, avait été appréhendé ce matin (...) à son domicile et abattu à bout portant sous ses yeux".

"Des dizaines de jeunes gens se cachent actuellement à Abidjan par crainte d'être tués. Dans l'ouest du pays, des personnes soupçonnées d'être des partisans de Gbagbo sont également terrifiées. Beaucoup se trouvent toujours en brousse après que leurs villages aient été brûlés et ces populations doivent être protégées", a dit Véronique Aubert.

Amnesty International affirme également que le village de Zikisso, à 300 Km à l'ouest d'Abidjan, a été "attaqué à plusieurs reprises et notamment dimanche dernier par des forces armées qui soutiendraient le président Alassane Ouattara" et qui "ont enlevé" le chef de ce village.

L'ONG déplore la détérioration des conditions humanitaires dans la mission catholique de Duékoué (ouest) "où 27.500 personnes ont trouvé refuge après que des centaines de personnes ont été tuées en raison de leur appartenance ethnique ou de leurs convictions politiques présumées" ces dernières semaines.

"Ces personnes ont besoin d'un abri adéquat et de protection de la part de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci)", a affirmé Mme Aubert.

Amnesty International demande également "à ce que Laurent Gbagbo, sa famille et ses partisans qui sont détenus à Abidjan, soient traités conformément aux procédures prévues par la loi".

 

AFP

Source : ROMANDIE.COM

mardi, 12 avril 2011

ADO S'INSTALLE AU POUVOIR DANS UN SILENCE DE CIMETIERE

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Alassane Dramane Ouattara, leader du RHDP, « s'installe au pouvoir » dans un silence de cimetière, au sens propre comme au figuré - là où on attendait une liesse populaire dans tout Abidjan - et ce, grâce à un coup de pouce inestimable des forces spéciales françaises, qui ont défoncé à coups de chars, le portail de la résidence présidentielle et saisi le Chef de l'Etat qu'ils ont livré aux FRCI, les forces pro-Ouattara.

Mais contre toute attente, la France n'est pas fière de sa « victoire » contre Laurent Gbagbo (car c'est de cela qu'il s'agit, en réalité) et va jusqu'à démentir de façon totalement éhontée, son implication dans le coup d'Etat qui vient de renverser le Président Laurent Gbagbo, par la voix du Porte-parole des armées françaises, devant tout le gota français. Peut-on manquer d'honneur de façon plus criante ?

La France a beau mentir, les faits sont là, têtus, et même confirmés hier sur les antennes de iTélé, aux environs de 20 heures 35 GMT, par Monsieur Guy Labertit, un ami du président ivoirien qui était en contact téléphonique avec la Résidence jusqu'à l'instant de sa capture par la force Licorne. Ayant suivi les faits en direct, il est à même d'apporter un démenti cinglant à cette désinformation grotesque parrainée par le gouvernement français. Cette France-là fait honte au monde et à l'humanité toute entière.

Quel mandat ou résolution l'autorisait-elle à pilonner à l'arme lourde, à coups de bombes, d'obus et de roquettes, avec 6 hélicoptères de combat et une trentaine de chars, un Président de la République - fût-il africain - et toute sa famille, tranquillement retranchés chez eux ? Assurément, Nicolas Sarkozy nous aura montré toute sa capacité de nuisance et toute la morgue qui l'habitait contre le peuple ivoirien. Mais pour nous Ivoiriens et Africains patriotes, Celui Qui Transcende Toutes Choses nous rendra justice. Immanquablement.

Quant à Alassane Dramane Ouattara, nous avons des raisons de croire qu'il n'a pas la capacité de réconcilier le peuple ivoirien. En effet, il nous donne un signal très fort et sans équivoque qu'il ne pourra pas se surpasser pour unir, à nouveau, les Ivoiriens et devenir ainsi un grand président. Si DIEU le veut. Sa première adresse à la nation après la capture de son adversaire par les forces françaises - que nous attendions comme un message pour consoler les Ivoiriens de leurs grandes souffrances de ces derniers jours et les rassurer quant à la quiétude des prochaines semaines et surtout pour nous marquer son souci de ne faire aucune chasse à l'homme - ne lui aura finalement servi qu'à plastronner en vainqueur et à annoncer des poursuites judiciaires contre Laurent Gbagbo, son épouse et tous ses proches. Peut-on être plus maladroit ?

Aucune réconciliation ne se fait dans la vendetta. Sous aucun ciel. A la limite, il ne sert plus à rien de proclamer des journées « Vérité et Réconciliation » si les coupables sont déjà tout trouvés et bientôt mis aux arrêts ! Voici donc un « mandat » qui commence sous de bien sombres auspices : assassinats, exécutions sommaires, pillages généralisés par des individus armés de machettes et d'armes à feu (même de la résidence présidentielle de la République de Côte d'Ivoire qu'il va bientôt occuper. Incroyable !), terreur à l'état brute, absence de liesse populaire, silence de cimetière, maltraitance contre les proches de Gbagbo et même lynchage, humiliation de la première dame et du président élu.

En ne célébrant pas cette « victoire » noyée dans le sang, les Ivoiriens prennent-ils ainsi la juste mesure du malheur qui vient de s'abattre sur eux à travers cette prise de pouvoir ? C'est à ADO de nous en démontrer et attester le contraire. Nous lui lançons le défi de nous prouver, sans anicroche ni ambigüité, qu'il peut être, malgré tout, un grand président pour TOUS les Ivoiriens. Si toutefois le Ciel le permet.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

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Silence à Abidjan après la capture du président ivoirien par les forces françaises

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Un calme précaire régnait lundi dans la capitale ivoirienne après la capture par les forces françaises du président de la république de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo et sa remise aux mains de la rébellion.  Les scènes de pillages qui s'étaient raréfiées ces derniers jours  se sont multipliées  durant la journée dans plusieurs quartiers, notamment à la riviera et aux 2-plateaux,  a constaté Directscoop.

« Le Président Gbagbo et son épouse ont été arrêtés et remis aux forces d'Alassane Ouattara », avait affirmé lundi après-midi l'ex-ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Jean-Marc Simon. Les forces françaises avaient bombardé toute la nuit la résidence du Président ivoirien Laurent Gbagbo, avant de mener une attaque au sol contre l'armée ivoirienne. En début d'après midi, les forces spéciales françaises, ont pénétré dans la résidence pour se saisir du président ivoirien et le remettre à la rébellion armée d'Alassane Ouattara.

«C'est une impasse politique», explique une ministre ivoirienne avant de préciser que « désormais le dialogue semble plus que jamais incontournable ». «Tous les militaires ivoiriens reconnaissent Laurent Gbagbo comme leur seul président. Ces militaires tiennent encore les camps à Abidjan », analyse la ministre  en soulignant qu'au sein de la population les soutiens du Chef de l'Etat ivoirien sont très nombreux.

Un autre proche du président ivoirien joint par téléphone et qui a souhaité garder l'anonymat, disant craindre pour sa vie,  s'est dit « surpris de voir que la France règle un contentieux électoral par des bombardements ». « Elle (la France) parle de réconciliation. C'est la réconciliation entre la France et les Ivoiriens qu'il faudra  rechercher » a-t-il indiqué en rappelant «que les forces françaises ont occupé l'aéroport et le port, elles ont bombardé des symboles de l'Etat et ont tenté d'assassiner le président en exercice Laurent Gbagbo. C'est un coup d'Etat en bonne et due forme » a martelé ce proche du président ivoirien.

«La France a pu désarmer en une semaine une armée régulière mais elle a été incapable de désarmer en 8 ans une rébellion » s'est offusqué un membre du cabinet du Chef de l'Etat. «Nous les mettons en garde quant à la vie du président. Les français seront tenus pour responsables de tout ce qui adviendrait au Président et à ses proches. Ils n'ont aucun mandat pour agir ainsi ». a-t-il dénoncé.

Un différend post-électoral oppose le Président Laurent Gbagbo, déclaré élu par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d'Ivoire, à l'opposant Alassane Ouattara, candidat malheureux à cette même élection et proche de Nicolas Sarkozy. La dernière résolution (1975) de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, votée le 30 mars à l'initiative de la France et du Nigeria, avait notamment invité au règlement du différend électoral par la voie pacifique sous l'égide d'un haut représentant désigné par l'Union Africaine.

Laurent Gbagbo avait pour sa part accepté ce  haut représentant déjà désigné ; mais Alassane Ouattara l'avait récusé, encouragé en cela par la France. Ouattara tentait depuis,  avec l'appui des militaires  français, de renverser par la force Laurent Gbagbo.

 

Source : DIRECTSCOOP.NET

lundi, 11 avril 2011

COTE D'IVOIRE: LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A ETE KIDNAPPE A SA RESIDENCE DE COCODY PAR LA FORCE FRANÇAISE LICORNE

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De source proche du palais et des forces spéciales loyalistes, qui ont opposé une résistance héroïque aux forces spéciales françaises, le Président Laurent Gbagbo a été arrêté lundi à sa Résidence de Cocody-les-Ambassades, par les forces spéciales françaises Licorne.

Une trentaine de chars français lourdement armés, appuyés depuis 24 heures par au moins 6 hélicoptères français PUMA, ont participé à son arrestation. C'est un miracle qu'il soit encore vivant, car l'objectif visé était son assassinat.

La rébellion n'a à aucun moment participé à l'arrestation du Président Gbagbo, qui a été la seule affaire des forces françaises Licorne.

Du matériel spécial, spécialement convoyé de France ce week-end, aurait perforé son bunker.
Pour éviter un bain de sang, le Président Gbagbo a préféré se rendre à la force Licorne.

L'histoire retiendra qu'il se sera battu seul, aux yeux de tous, sans que personne ne lève le petit doigt, contre le monde entier notamment la France, l'UE, les USA, l'UA, l'ONU.
La rébellion des Forces nouvelles d'Alassane Ouattara n'a été en réalité que l'arbre qui voulait cacher la forêt.

 

Christian Vabé

Source : IVOIREBUSINESS.NET

LA LICORNE LARGUE LES CADAVRES DE LEGIONNAIRES ET REBELLES EN HAUTE MER

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Une catastrophe écologico-environnementale est en cours sur le littoral abidjanais. Plusieurs corps en décomposition dûment reconnus comme étant ceux de soldats Licorne ou rebelles sont rejetés par la mer. Pareil scénario est observé sur les bretelles lagunaires divisant le district d'Abidjan. Quelle en est l'origine ?

De sources proches de l'ONU, la future remplaçante de M. Young Jin Choi en Côte d'Ivoire aurait, au sortir d'un entretien avec M. Ban Ki-Moon et ce, en prélude à sa prise de fonction en Côte d'Ivoire prévue le lundi 11 avril prochain, exigé que des consignes soient données à Licorne et à l'ONUCI, afin de débarrasser Abidjan de toutes les saletés et autres cadavres en putréfaction avancée qui en jonchent les artères.

Depuis avant-hier, cette information, par circulaire interposée, à été donnée aux forces impartiales. Licorne, surtout, en a saisi l'opportunité pour nettoyer ses placards. Ce n'est un secret pour personne en Côte d'Ivoire, depuis le déclenchement des combats qui émaillent cette crise postélectorale, Licorne et l'ONUCI qui s'y sont invités ont perdu beaucoup d'éléments. Côté Licorne, on parle d'au moins de 100 soldats de race blanche sans compter plusieurs dizaines de légionnaires tués comme des mouches sur les théâtres d'opération (Bataille d'Abobo, Guiglo, Daloa puis enfin Abidjan).

Une crise très vite étouffée avait opposée, il y a quelques semaines, l'ONUCI à Licorne au sujet de 37 corps sans vie de soldats Licorne qui avaient combattu aux côtés des troupes de l'organisation onusienne. Incapable de justifier à Paris la mort de ses soldats, Licorne avait plaidé pour leur conservation à la morgue du siège de l'ONUCI à l'ex-Hôtel Sébroko, en attendant des jours bien meilleurs. C'est désormais chose faite. Avec cette décision, Licorne trouve-là l'occasion de régler en partie son problème. Depuis avant-hier nuit, jusque toute la mi-journée ce samedi 9 avril 2011, les ballets d'hélicoptères sur le front maritime ont été des plus incessants.

On ne sait trop pour quelle raison, mais ces aéronefs ont passé tout le temps a largué en très haute mer des objets supposés être des corps humains que des témoins, y compris les pêcheurs traditionnels des villages maritimes ainsi qu'un reporter de Rue225.com ou ael225.net, ont pu constater. Tous étaient en droit de croire que ces actions étaient de banales opérations de nettoyage de ces aéronefs.

Seulement, plusieurs corps humains (de race blanche ou métis avec des tatouages, et d'autres bardés d'amulettes) en putréfaction pour les uns et repoussés par la mer ont échoué sur les différentes berges. Berges du périmètre portuaires, plages du tronçon Abidjan-Bassam, abords de l'île Boulay, tout y passe. Une catastrophe écologico-environnementale guette Abidjan, qui ne s'est pas encore débarrassée en intérieur de la multitude de cadavres encore dans les rues que les populations enjambent chaque jour.

 

Source : Rue225.com

 

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L'opinion française commence à se poser des questions sur Ouattara et ses manoeuvres meurtrières

 

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Depuis quelques jours des voix discordantes se font entendre dans les médias français. Elles sont surtout de plus en plus nombreuses. Hier matin, c'est le conseiller spécial de Jean-Louis Borloo, Dominique Paillé, qui s'est clairement posé la question de la pertinence du soutien français à Ouattara. Touché personnellement par les forfaitures des rebelles de Ouattara, il s'est insurgé contre la violence inouïe de leurs actes.

Le 4 avril, c'était l'avocat Me Ceccaldi qui décortiquait le rapport qu'avait rendu le 20 mai 2010 Monsieur Choi à l'Onu. On y lit ainsi qu'il reconnaît que les forces rebelles n'étaient pas désarmées au moment des élections, qu'elles détenaient les administrations, et contrôlaient les postes frontières, entre autres... On comprend aisément que des élections ne pouvaient pas se passer normalement dans un tel contexte.

Il y a quelques jours, on vous annonçait 1.237 morts à Duékoué. Les organisations humanitaires viennent de reconnaître l'exactitude de ce chiffre. Cet épisode de la guerre en Côte d'ivoire a bouleversé l'opinion publique, et les voix se font plus fortes pour demander plus d'impartialité dans le traitement de l'information, et plus d'esprit critique quand il s'agit de parler de Ouattara. Le soutien inconditionnel que montre la France à cet homme se fissure sérieusement... Et les médias hésitent beaucoup moins avant d'écorner l'image de saint que les dirigeants français veulent donner Ouattara. Comment va-t-il se sortir de cette situation intenable ?

Les exactions inadmissibles dont se rendent responsables ses hommes en armes l'isolent des Ivoiriens qui en sont victimes, et l'isolent également de son soutien le plus précieux, la France. Celle-ci est obligée de se mettre en retrait pour ne pas être discréditée aux yeux du monde devant autant d'injustice flagrante. Ouattara est de plus en plus isolé, et la France de plus en plus gênée devant cette vérité qui petit-à-petit se fait jour... Comment Ouattara pourra-t-il gouverner avec un passif si lourd ? Pourra-t-il même gouverner un jour ? La grandeur d'un homme se mesure aussi quelquefois à sa capacité à reconnaître ses torts et refuser d'aller dans le mur.

 

Source : Ivoire Politique

 

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Selon Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement:

«L'attaque de la résidence du Président Gbagbo dimanche soir par Licorne est une tentative d'assassinat!»

 

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La résidence et le palais présidentiels ont été bombardés dimanche soir par au moins cinq hélicoptères français de la force Licorne, a constaté un journaliste d'IvoireBusiness.

La base navale de Locodjro a aussi reçu des tirs de missiles des hélicoptères français.
Plusieurs morts sont à déplorer même si aucun bilan n'est pour l'heure disponible.
De source confidentielle, la vie du Président Gbagbo n'est absolument pas en danger.
L'acteur et comédien Sidjiri Bakaba, directeur du palais de la culture aurait été blessé dans les bombardements, alors qu'il filmait l'attaque.

La résidence du Président Laurent Gbagbo a été partiellement détruite par ces tirs de missiles. Un pan entier de la résidence se serait effondré.

Mais le bunker de la résidence n'a pas été perforé par les tirs de missiles, selon des sources.
Le porte-parole du gouvernement a déclaré sur la chaîne française BFM TV qu'il s'agissait d'une tentative d'assassinat du Président Gbagbo, dénoncée par lui depuis longtemps, mais toujours maquillée par des prétextes différents.

Les forces loyalistes sont en état d'alerte maximale et sont prêtes à défendre la vie du Président Gbagbo et la République de Côte d'Ivoire au péril de leurs vies.


Patrice Lecomte

Source: LVDPG

vendredi, 08 avril 2011

LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES (2ème Réédition)

 

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 Ce texte que j'avais écrit le 15 février 2007, à quelques mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, et posté pour la toute première fois, après mise à jour, sur mon blog, le 24 mars 2008 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, se révèle encore d'une criante actualité. Il me plaît, ce faisant, chers internautes, de vous le (re)proposer. Bonne lecture !


La France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c'est avec beaucoup d'étonnement et d'interrogation que j'observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l'Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l'ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l'interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu'un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c'est tout juste pour se donner bonne conscience.
J'en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l'implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France, les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d'Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n'y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n'a eu droit qu'à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l'ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C'est vrai que « DIEU sauvera la Côte d'Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l'a écrit Bernard B. DADIE, celui que l'on considère comme l'un des pères de la Littérature Négro-africaine.

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l'Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France, en octroyant, dans les années 60, « l'indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n'est sorti ou n'a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n'a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d'Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d'eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l'aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d'Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d'Algérie, débutée en 1954, en passant par l'atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu'elle y a soutenu, jusqu'à nos jours, la politique africaine de la France n'a pas changé d'un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J'irais même plus loin : Apparemment, la France n'a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d'Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d'Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l'affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d'expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s'est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d'Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemis désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l'Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l'Humanité ! ». Et j'adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l'Africain » qui ont - comme l'a dit avec beaucoup d'à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l'Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d'accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d'une conscience nationale et patriotique, en Côte d'Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l'Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !



DINDE Fernand AGBO

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC (2ème Réédition)

 

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 A lire, cet autre texte écrit le 28 avril 2007 et posté pour la première fois sur Regards croisés, le 24 mars 2008, et au sujet duquel les récents développements de l'actualité politique ivoirienne nous donnent raison. Appréciez, tout simplement.



Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix, qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- « La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris ». En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- « La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays (la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français ».

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique, au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la Sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.


DINDE Fernand AGBO

 

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Quotidien Le Temps N° 1201 du 23 avril 2007


Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : "Adoptez la cadence du Président de la République".


 Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.


« Je rends gloire à Dieu le Tout-puissant qui nous a donné cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.

Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.

Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.

Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a pas voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " Je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro. J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " Là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas". Siriki, vous êtes là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.

Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d'Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont Général de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.

La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application.

Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " Si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneurs, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.

M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu'ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.

Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.

C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant qu'Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " Faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon.

Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien.

Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant remodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " On veut la paix ! On veut la paix ! ". Ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté, beaucoup de gens ont interprété cela comme si le Premier ministre disait : " Vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.

Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il ne l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne le demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit « allons doucement », il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces que vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.

Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emportiez. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit...".


Propos recueillis par Frimo D. Koukou

 

koukoudf@yahoo.fr

DELUGE DE FEU ET DE MENSONGE DE LA FRANCE ET DE L'ONUCI CONTRE LA COTE D'IVOIRE

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Côte d'Ivoire: Enfin, des négociations politiques ?

 

48 heures que la RTI (télévision d'Etat ivoirien) est aphone. L'armée Française (Licorne) coalisée avec les casques bleus de l'Onuci, a décidé de faire taire à jamais la seule voix publique, officielle de la Côte d'Ivoire et de l'Etat. Par des bombardements intenses (obus) sur le siège à Cocody, de la Radio Télévision Ivoirienne. Dès lors, s'est mise en branle, la machine de désinformation et d'intoxication de média Français : France 24, Rfi, Tv5, etc. On a parlé de l'exil du ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, à l'ambassade de France en Côte d'Ivoire. On a parlé de la présence d'Alcide Djédjé à l'ambassade de France pour négocier l'exil du Président Gbagbo en Mauritanie. On a aussi annoncé de Gbagbo, qu'il serait en train de négocier son exil futur en Italie, on parle de sa reddition...

A la vérité, rien de tout cela. Le chef de l'Etat Ivoirien est bel et bien en place. En sa résidence de Cocody qu'un certain Aly Coulibaly, pro Ouattara, soit disant ambassadeur de Côte d'Ivoire en France, déclarait sous occupation des rebelles de Ouattara. Lesquels rebelles seraient repartis de la Résidence parce que Gbagbo n'y serait pas. Gros quand même à avaler ! Mais cela donne un aperçu de la guerre de communication côté alliés de Alassane Ouattara. A Côté de ses rumeurs, des faits: L'armée Française Licorne, ouvrant et couvrant l'avancée des mercenaires de Ouattara qui sur le théâtre des opérations militaires, s'en prennent sans sourciller aux civils dans les communes ou quartier du district d'Abidjan (poche de résistance patriotique) où ces terroristes sont déversés après avoir été transportés par les hélicoptères Français et de l'Onuci. Bilan, de nombreux civils tués. Des corps ça et là de mercenaires transportés le plus souvent dans des espaces géographique et sociologique qu'ils ne maîtrisent pas, ne connaissent pas. Destruction des poudrières d'Akouédo, d'Agban, de la Marine, de la garde présidentielle, etc. Par des Obus et autres tirs de mortiers de l'armée Française sur toutes les bases militaires des forces de Défense et de Sécurité à Abidjan et sur les sites stratégiques dont la résidence du chef de l'Etat à Cocody, le Palais présidentiel au Plateau. Des morts et des blessés graves parmi les civils. Face à cette escalade, le Président Laurent Gbagbo dont l'armée vient d'obtenir de l'Onuci un cessez-le feu , ne demande qu'une chose : le dialogue. Il a depuis longtemps accepté et reconnu le haut représentant de l'Union Africaine, le cap verdien chargé d'engager les négociations entre les deux candidats à la présidentielle de novembre. Alors que Ouattara et ses chiens de guerre ont toujours dit non, au médiateur de l'UA. Estimant que seule la guerre pourra chasser Gbagbo du pouvoir. Mais jusque-là, on en est loin.

Pour le chef de l'Etat, il a joint hier au téléphone le président Obian N'guema de la Guinée équatoriale, ci devant, président de l'UA. Son entourage est formel : Il est hors de question qu'il démissionne. Hors de question qu'il reconnaisse comme le lui demande Paris, de reconnaître Ouattara comme Président e la République. De toute façon, il n'appartient pas au Président Gbagbo de reconnaître son adversaire comme vainqueur de la présidentielle de novembre dernier alors que le Conseil Constitutionnel Ivoirien a déjà installé le vainqueur dans le fauteuil présidentiel (palais du plateau). La nuit du mardi au mercredi a été plus calme que d'habitude. Les tirs à l'arme lourde se sont fait peu entendre. En dehors de quelques rafales dans la commune de Yopougon par exemple, protégée par les populations organisées en comités d'auto défense. Va-t-on finalement vers des négociations entre belligérants après l'accalmie suite au cessez-le-feu ? Le camp Ouattara qui n'a pas la capacité militaire de remporter la guerre face aux Fds, diminués par les attaques de l'armée française(Licorne) acceptera-t-elle le cessez-le-feu qui au juste apparaît pour lui comme une bouffée d'oxygène, vu que l'assaut final qu'il a lancé, n'a pas ébranlé les troupes fidèles au chef de l'Etat Laurent Gbagbo ?

La Russie, la chine et le Vatican, continuent d'appeler la France et son armée, d'entrer en caserne et d'arrêter toute agression. Cette France qui vient de perdre au moins deux de ses hélicoptères depuis son entrée en guerre en Côte d'ivoire, sera-t-elle gagner par la sagesse ? Sarkozy et son ministre Juppé mettront-ils fin à la politique de la canonnière que leur reproche quelques médias français ?Afin de se retirer du bourbier ivoirien et permettre aux seuls protagonistes ivoiriens de résoudre le contentieux post électoral par des voies pacifiques ? L'Onuci est aussi invitée à ne plus être le cheval de Troie des forces rebelles pros Ouattara, mais de jouer le rôle qui est le sien, sur papier : La protection des populations en Côte d'Ivoire (populations civiles, militaires, politique, etc). Ce qu'elle semble avoir acceptée, par la voix de Hamadoum Touré (Onuci). La France du belliqueux président Nicolas Sarkozy, arrêtera-t-il son entêtement à faire souffrir le peuple ivoirien déjà sous embargo de médicaments et sous embargo financier ?Le fauteuil présidentiel ivoirien dans lequel la France tient à installer forcément son candidat Ouattara, à la présidentielle Ivoirienne, justifie-t-il tant de morts et de souffrance ? Qui pourra arrêter Sarkozy dans sa folie meurtrière en Côte d'Ivoire ? Même l'Assemblée Nationale Française qui adopte la posture de l'Autruche, n'y parvient pas. Alors ?!

 

Source: GBAGBO.CI

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Côte d'Ivoire: L'Angola considère Gbagbo comme «Président élu»

 

L'Angola considère toujours Laurent Gbagbo comme le "président élu" de Côte d'Ivoire, malgré les efforts pour lui faire céder le pouvoir à Alassane Ouattara, candidat malheureux au second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère angolais des Affaires étrangères.

"(...) Nous pensons aussi que la Côte d'Ivoire devrait créer un gouvernement d'union nationale puisque Laurent Gbagbo a été élu constitutionnellement", a déclaré José-Maria Fernandes à la presse.

Mercredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a également critiqué les bombardements aériens des forces françaises et onusiennes. "L'Angola souhaite une sortie pacifique de cette crise sur la base du dialogue. L'Angola ne va pas entrer en Côte d'Ivoire comme l'ont fait les Français", a-t-il dit.

"Nous pensons que se sont les Ivoiriens eux-mêmes qui doivent trouver une solution et les Français doivent cesser de se mettre entre les deux" camps, a-t-il ajouté.

Les réactions dans le monde se multiplient contre les bombardements aériens des forces françaises en Côte d'Ivoire. La Russie a exigé l'évaluation de la légitimité des bombardements effectués par les forces françaises et onusiennes en Côte d'Ivoire.

Le président de l'Union africaine, Teodoro Obiang Nguema, a dénoncé mardi le recours à la force par l'Onu et la France. La ministre sud africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane, dont le pays siège actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU,  avait déclaré le même jour lors d'un point de presse à Pretoria, l'opposition de son pays aux bombardements aériens des forces françaises et onusiennes sur la Côte d'Ivoire.

A Paris, le Parti Communiste, le Nouveau Parti Anti-capitaliste (NPA) et Lutte ouvrière par un communiqué ont mardi exigé le retrait   « immédiat » de  Côte d'Ivoire des  troupes françaises.

La veille, le sénateur américain Jim Inhofe (R-Okla.), membre éminent de la commission sénatoriale des services armés (SASC) et du comité chargés des relations étrangères du Sénat (SFR), a indiqué que l'opposant ivoirien Alassane Ouattara  était « illégitime pour diriger la Côte d'Ivoire », estimant que   « les récents rapports des massacres perpétrés par les forces de Ouattara » constituent des « preuves supplémentaires » qui doivent emmener  les États-Unis à « changer leur position » dans la crise ivoirienne .

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

jeudi, 07 avril 2011

SIDIKI BAKABA: «SI LES IVOIRIENS NE VOULAIENT PAS DE GBAGBO, IL S'EN IRAIT»

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Acteur et réalisateur proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba est resté dans la résidence présidentielle à Abidjan. Pour SlateAfrique, il raconte son engagement et l'ambiance sur place.

 

Acteur et réalisateur ivoirien proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba se trouve à ses côtés dans la résidence de Cocody. Acteur dans de nombreuses pièces de théâtre et au cinéma dans le très beau Visages de femmes (Désiré Ecaré, 1972), Bako, l'autre rive (Jacques Champreux, 1977) et Camp de Thiaroye (Ousmane Sembene, 1987), il est auteur de plusieurs documentaires et fictions. Il a récemment tourné Cinq siècles de solitude, la victoire aux mains nues, sur les événements politiques qui ont secoué la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004. Il est occupé à filmer les combats des derniers jours, et nous l'avons eu au téléphone ce mercredi 6 avril, sur fond de tirs assourdissants, pendant l'assaut lancé au matin par les forces pro-Ouattara contre Laurent Gbagbo. Sidiki Bakaba, 62 ans, un Ivoirien «nordiste» issu du grand groupe mandingue, explique à SlateAfrique les raisons pour lesquelles il reste loyal, jusqu'au bout, à son ami Laurent Gbagbo. Ce dernier l'avait nommé directeur du Palais de la culture dès son accession à la présidence en 2000.

SlateAfrique - Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?

Sidiki Bakaba - Un proverbe indien disait à l'époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J'ai fait un film sur les événements de 2002-2004 qui s'appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s'est produit devant l'hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd'hui, j'étais tout à l'heure sur un véhicule RPG et j'ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.

SlateAfrique - Vous défendez votre pays ou votre ami Laurent Gbagbo?

S.B. - Mon pays! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C'est un grand frère, c'est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au cœur, qui veulent l'indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l'indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d'abord visés à Paris. La plupart des jeunes d'aujourd'hui en Côte d'Ivoire n'ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c'est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n'a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l'inverse, sont là pour défendre leur Président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écœurés par le mensonge dont on leur rebat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent: «Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu.» Il faut libérer ce pays et les autres pays. J'ai toujours été un homme de spectacle et voilà que, depuis quelques jours, je suis un militaire.

SlateAfrique - Comment est l'ambiance à la résidence de Cocody?

S.B. - Très familiale, tranquille. Les gens chantent et prient. Tout va bien. Laurent est souriant pour ceux qui ont la chance de le voir. Il n'y a aucune panique.

SlateAfrique - Ne pensez-vous pas que la Radiotélévision ivoirienne (RTI) a déversé de la propagande incitant à la haine ces derniers mois?

S.B. - Elle a diffusé des films qui ont été faits par les Français eux-mêmes, comme ce documentaire sur la Françafrique qui a galvanisé les gens. Quand on parle de propagande, croyez-vous que c'est seulement la télévision française qui dit la vérité? Tout est faux! Hier encore, le soir du 5 avril, on en riait ici: on annonçait que Laurent avait signé un papier pour sa reddition! Ce matin, on a commencé à nous canarder. Les dépêches disent que ce n'est pas la France qui est derrière, que ce sont les combattants pro-Ouattara qui donnent l'assaut, qu'ils ont déjà d'ailleurs mis le pied dans notre cour. Je peux vous dire que tout est faux, puisque j'y suis: nous avons en face de nous l'armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus. Ils attendent le soir pour que les hélicoptères viennent nous canarder. Je ne sais pas quelle est leur stratégie, mais c'est de la lâcheté. Mais dans toutes les guerres, c'est pareil. La guerre ne se fait pas seulement avec des armes, mais aussi avec des images. J'ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l'armée pro-Alassane, j'ai tout filmé: les liasses d'argent qu'ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l'intérieur, il n'y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier...

SlateAfrique - Pourquoi vous engagez-vous de la sorte au risque de votre vie?

S.B. - Je n'ai plus l'âge de ces gamins que je filme. Nous, les Soninkés, nous avons un âge auquel nous n'avons pas le droit de parler. Or, à mon âge, parler est un devoir. Des deux côtés, il y a de l'exagération. Quand j'entends sur la RTI que celui qui est en face est un étranger, alors là je dis non! C'est un candidat à la présidentielle. Si on va sur ce terrain, alors moi aussi je suis visé.

SlateAfrique - Vous reproche-t-on le fait que soyez du Nord dans l'entourage de Gbagbo?

S.B. - Le premier qui me dit que je suis un étranger, je lui donne un coup de pied! Je suis né Français en 1949. L'indépendance m'a trouvé ici. J'ai une patrie, la Côte d'Ivoire. Je ne vais pas faire comme d'autres artistes et aller me planquer à Paris! Je dois être là où ça se passe. Tout est faux! Tout à l'heure, je repartirai filmer sur le front! Si le Burkina avait été agressé comme l'est la Côte d'Ivoire, si la France avait été agressée comme l'est la Côte d'Ivoire, j'aurais aussi filmé!

SlateAfrique - Le poison de l'ivoirité n'a-t-il pas détruit la Côte d'Ivoire?

S.B. - Je suis le premier à le dire! Quand la hyène veut manger son petit, elle l'accuse de sentir la chèvre. Ce n'est pas Gbagbo qui a amené l'ivoirité. Laurent Gbagbo, un Bété, a écrit en 1971 un texte intitulé Soundjata, lion du Manding. Son héros, c'est le premier empereur de l'Afrique de l'Ouest. Et dans cette pièce, il écrit souvent: «Plutôt la mort que la honte.» L'ivoirité, j'en ai moi-même été victime en 1992 quand on m'a considéré comme un pestiféré dans mon pays, parce que j'étais l'ami d'un opposant à Houphouët-Boigny, ce même Gbagbo qui a fait mettre toutes mes affaires dans un conteneur pour que je reparte en France. Il y a eu dans les journaux des pages d'insultes à mon égard, sous le seul prétexte que je ne serais pas Ivoirien, mais Mandingue, Malinké, Soninké. Ils n'avaient pas d'autres arguments. C'est de l'incompétence, de la jalousie, de la faiblesse que de dire celui-là n'est pas Ivoirien. Laurent m'a dit de ne pas répondre et je suis reparti en France.

A table, un jour, quelqu'un m'a posé la question de mes «horizons». Laurent s'est fâché, il a été blessé à ma place, et a répondu: «Vous ne savez pas qu'il vient d'Abengourou?» Je suis né dans cette ville, chez les Agnis, en pays akan. Je considère cela comme une richesse. Tenez, il y a un jeune écrivain ivoirien, Koffi Kwahulé, qui écrit pour la Comédie française. Il est Baoulé de père et de mère et il est né à Abengourou comme moi. Et voilà que les écrivains ivoiriens se réunissent pour dire qu'il est Ghanéen! Pourquoi? Aucun d'eux n'arrive à sa cheville! Je peux vous dire que tout ce qui a été dit contre Ouattara, toutes ces années de rejet, c'est terrible. Je me bats, je suis au feu, je prends des risques... Vous savez, on dit chez nous: «Donne tout à l'étranger.»

Il y aurait une psychanalyse à faire, une histoire à raconter. Quand les Akans sont venus du Ghana en suivant la reine Pokou, le peuple Baoulé est né [Baoulé signifie l'enfant est mort, ndlr]. La reine Pokou a sacrifié son enfant pour passer en Côte d'Ivoire. Comment peut-on traiter les Akans d'étrangers? Il faut que nous nous asseyons dans ce pays pour résoudre le problème de l'ivoirité. Le jour où les petits Ivoiriens auront appris à l'école à quel point ils sont riches de leurs origines, nous aurons une nation. Pour l'instant nous n'avons pas de nation, mais un peuple dont on ne s'est pas occupé sérieusement pendant cinquante ans.

SlateAfrique - Que reprochez-vous à Alassane Ouattara?

S.B. - Je ne lui reproche rien, à lui. C'est mon frère aussi. Le problème politique qui est posé, avec les élections, je le regarde simplement, je l'observe. Je ne dis rien. Tout cela ne mérite pas qu'on s'arme pour venir bousiller tout le monde. Mais les gamins sont obligés de se battre: on a en face de nous des blancs! On a fait un monstre de Laurent Gbagbo. On peut tout lui reprocher, sauf l'ivoirité. Je souhaite qu'ils s'apaisent tous les deux. Il faut que nous, les plus de 50 ans, cessions d'être égoïstes et pensions aux enfants, les jeunes qui font 70% de notre population et qui se battent et tombent aujourd'hui.

SlateAfrique - Laurent Gbagbo est-il décidé à partir ou à mourir? Y a-t-il des discussions dans son entourage sur la stratégie à avoir, ou pour lui dire qu'il aurait du partir plus tôt?

S.B. - Je ne pense pas qu'il partira. Cela fait quatre mois qu'on est là. Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Laurent Gbagbo, ils l'auraient déjà fait partir.

SlateAfrique - Une manifestation contre la RTI menée par les partisans de Ouattara n'a-t-elle pas été réprimée dans le sang, le 16 décembre?

S.B. - Il arrive que dans les manifestations, quand des tirs interviennent, il y ait une riposte. Voilà dix ans que nous sommes dans le sang. Nous avons un Président qui est l'un des plus démocrates du continent. Il a une démocratie qui est en avance. Il y a la liberté d'expression ici. Les discussions ici dans son entourage portent plutôt sur le fait qu'il ne sévit pas assez. Il n'est pas assez dur. Avec le pouvoir, il faut être beaucoup plus dur. Il y a eu des exactions de tous les côtés, on a découvert un charnier énorme à Duékoué. On ne va pas dire que Gbagbo est allé encore faire un charnier là-bas! Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Gbagbo, ils se lèveraient, et il s'en irait. Si ce sont d'autres gens qui dictent son départ, il ne partira pas. A sa place, je ne bougerais pas. Quand on n'est pas d'accord, on doit être capable de dire non. J'ai des échos de l'Occident: je peux vous dire qu'il n'est pas question d'exil. Personne n'a fui, tout le monde est ici. Quelquefois, des tirs tombent dans la cour, mais ça ne fait peur à personne. Laurent Gbagbo dérange, comme Sékou Touré, comme Sankara, comme Lumumba, parce qu'il tient le langage de la souveraineté.

SlateAfrique - A-t-il peur de poursuites devant la Cour pénale internationale?

S.B. - On peut lui attribuer tout ce qu'il n'a pas fait! On a vu ce qui s'est passé avec Saddam! Les armes de destruction massives en Irak, on ne les a jamais vues... L'Occident n'arrête pas de se contredire. Aujourd'hui, on conteste ce qui s'est passé au Vietnam, en Irak. Ici, Obama avait été fêté comme un dieu, et certains ont tatoué son nom sur leurs bras. Mais Obama est un Président de l'Amérique de droite, point barre. Comme Kofi Annan, qui n'a fait que combattre l'Afrique, ils sont aux ordres et n'ont pas de pensée africaine.

 

Propos recueillis par téléphone par Anne Khady Sé.

 

Source: SLATEAFRIQUE

lundi, 04 avril 2011

EPURATION ETHNIQUE ANTI WE A DUEKOUE: LE TEMOIGNAGE D'UN HUMANITAIRE DE LA REGION

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Ce témoignage est celui d'un habitant de Duékoué exerçant dans l'humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l'anonymat. Mais qui s'engage sur l'honneur et se dit prêt à témoigner devant n'importe quelle juridiction à l'avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d'être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l'histoire de la guerre en Côte d'Ivoire.


La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l'intervention d'Alain Lobognon, porte-parole de Soro. Une depêche de l'AFP est disponible à ce sujet.

Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d'éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages Wê de Dahoua, Bahé, Pinhou et Glaou.

Jusqu'à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Bloléquin (occupée par les FRCI) et Duékoué (également occupée), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le Sud en passant par Taï) n'était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.

Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier « Carrefour », soupçonné d'abriter un groupe d'autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « Carrefour ». En regardant une carte Google Earth, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à Duékoué.

Il est situé à l'entrée de la ville de Duékoué, le long de l'axe Issia-Duékoué-Man. Il est limité à l'Est (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l'ONUCI. A l'Ouest, le quartier est bordé par les marécages du Guémon. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre-ville. Le Nord du quartier est traversé par la route non-bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le Sud du quartier est la voie bitumée Issia-Duékoué-Man.

Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L'hôtel en construction de l'homme politique Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d'origine malienne, ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appelés « remorques » et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l'Imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Malick Coulibaly, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.

Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier Carrefour. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l'axe Duékoué-Issia (au Sud) et d'occuper de la même façon le Nord du Quartier. Les zones Est et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l'exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les Wê, autochtones de Duékoué, ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse, portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L'objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.

Il convient de signaler que, devant l'ampleur des massacres et l'émoi créé, l'ONUCI s'est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? », s'est exclamé l'officier marocain de l'ONUCI. A Petit-Duékoué, le même samedi vers 14 heures, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l'ONUCI.

 

 Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

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De la même source, les deux articles ci-dessous:

Ce sont les forces pro-Ouattara qui ont libéré les 6000 prisonniers de la Maca

 

Qui a pris la responsabilité politique de libérer les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, entraînant mécaniquement une recrudescence de l'insécurité et de la confusion dans un contexte déjà troublé ? Les dépêches des agences de presse (dont l'AFP) se refusent à trancher. Le camp Gbagbo accuse le camp Ouattara. Alain Lobognon, conseiller spécial de Guillaume Soro, a rejeté cette accusation sur son compte Twitter, attribuant ce choix pour le moins irresponsable à l'adversaire. Les FDS l'auraient fait pour couvrir leur fuite.

Anciens pensionnaires de la MACA, disposant donc de bons informateurs parmi les prisonniers, le journaliste Saint-Claver Oula (rédacteur en chef du Nouveau Courrier) et moi avons enquêté sur le sujet. Nos conclusions, après vérification et recoupements.

- Ce sont « les hommes d'IB » (Ibrahim Coulibaly, qui passe pour être la tête du « commando invisible » pro-Ouattara à Abidjan) qui ont libéré les prisonniers. Les détenus de droit commun, les prévenus et les bandits de grand chemin.

- Les prisonniers ont été conduits à Abobo PK 18, où les combattants pro-Ouattara ont tenté de les convaincre de s'enrôler auprès d'eux parce que c'est sous le régime Gbagbo qu'ils auraient été emprisonnés. Ceux qui ont dit « oui » ont pris les armes et sont aujourd'hui au nombre des combattants. Ce qui explique (en partie) les pillages très graves enregistrés à Angré, le quartier de Cocody le plus proche d'Abobo.

- Certains prisonniers ont été « libérés » de toute forme d'obligation militaire et ont tenté de joindre qui leur famille qui des amis dans un district d'Abidjan déserté et où la méfiance règne. Bien entendu, ils seront tentés, alors qu'ils n'ont pas un sou vaillant et que les déplacements massifs font qu'ils ne retrouveront pas forcément leurs familles, de se payer sur le dos de la bête.

 

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Qui sont les dozos, accusés des massacres à Duékoué ?

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« Il y a eu 330 personnes tuées à Duékoué de lundi à mercredi [...]. La plupart ont été exécutés par les "dozos", des FRCI ». Cette accusation provient de l'ONUCI, considérée comme "très compréhensive" vis-à-vis desdites FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara. Mais elle n'explique pas pour les profanes qui sont ces fameux "dozos", qui font partie des combattants du "président reconnu par la communauté internationale".

Les dozos sont les membres d'une confrérie ancestrale de chasseurs traditionnels en pays malinké (Nord de la Côte d'Ivoire, mais aussi Burkina Faso et Mali). Une confrérie à caractère ethnique, donc. Ils sont craints pour leurs supposés pouvoirs mystiques. Ils seraient invulnérables aux balles et créeraient l'effroi chez les militaires de l'armée ivoirienne. Les dozos sont en général analphabètes et frustes. Confinés dans un univers tribal, ils n'ont qu'une faible compréhension des concepts républicains.

Depuis le déclenchement de la rébellion le 19 septembre 2002, ils ont été accusés de nombreux massacres, mais ils n'ont jamais été démobilisés ni désarmés. Leurs dérives étaient prévisibles. Durant la guerre en Sierra Leone, leurs alter ego, les kamajors, se sont rendus coupables de graves crimes contre l'humanité.

Les massacres perpétrés par les dozos de Ouattara mettront forcément en lumière la nature réelle et le parcours des combattants des FRCI, qui se pose déjà en armée "officielle" de la Côte d'Ivoire. En dehors des dozos, on retrouve une majorité de jeunes civils, enrôlés sur une base ethnique après le 19 septembre 2002, des mercenaires "prêtés" par des Etats étrangers comme le Burkina Faso voisin et quelques officiers ou sous-officiers déserteurs des FDS, quasiment tous issus du Nord de la Côte d'Ivoire - ils sont désormais "secourus" par des déserteurs plus récents, sortis du rang des loyalistes lors de la crise postélectorale.

Est-il possible de faire d'un agglomérat de combattants soudés par le "revanchisme ethnique" une armée nationale, respectueuse de tous les individus et de toutes les ethnies du pays ? Difficile de répondre à cette question. Beaucoup plus difficile que de vanter le "professionnalisme" de l'assaut des FRCI sur Abidjan.

 

Théophile Kouamouo

jeudi, 31 mars 2011

LEVE-TOI, ETERNEL!

Prières et paroles pour la Côte d'Ivoire, mon pays!

 

"Lève-toi, ETERNEL! et que tes ennemis soient dispersés! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face!" (Nombres 10: 35).

"Ceux-ci s'appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l'ETERNEL, notre DIEU. Eux, ils plient et tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. ETERNEL, sauve le roi!" (Psaume 20: 8 à 10).

"ETERNEL! le roi se réjouit de ta protection puissante. Oh! comme ton secours le remplit d'allégresse!". "Le Roi se confie en l'ETERNEL; Et, par la bonté du Très-Haut, il ne chancelle pas". "Lève-toi, ETERNEL, avec ta force! Nous voulons chanter, célébrer ta puissance." (Psaume 21: 2, 8 et 14).

"Lève-toi, ô ETERNEL! Que l'homme ne triomphe pas! Que les nations soient jugées devant ta face! Frappe-les d'épouvante, ô ETERNEL! Que les peuples sachent qu'ils sont des hommes!" (Psaume 9: 20 et 21).

"Lève-toi, ETRENEL! ô DIEU, lève ta main! N'oublie pas les malheureux!". "Brise le bras du méchant, punis ses iniquités, et qu'il disparaissent à tes yeux!" (Psaume 10: 12 et 15).

"Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô ETERNEL!" (Psaume 4: 7).

"Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours" (Psaume 22: 12).

"Elève-toi sur les cieux et que ta gloire soit sur toute la terre! Afin que tes bien-aimés soient délivrés, sauve par ta droite, et exauce-nous!" (Psaume 108: 6 et 7).

"Avec DIEU, nous ferons des exploits; il écrasera nos ennemis" (Psaume 60: 14).

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

 

DINDE Fernand AGBO

QUI EST JOSE BRITO, LE HAUT REPRESENTANT DE L'UNION AFRICAINE EN COTE D'IVOIRE ?

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LETTRE A ELISABETH SUR JOSE BRITO

 

Chère Elisabeth,

Le printemps approche, à grands pas, et les hommes et les femmes gaspillent déjà leur joie à cette rencontre avec le renouveau des saisons.  Car avril, qui porte si bien son nom, ouvre tout.

Vous m'avez fait parvenir, par courriel en date du 27 mars 2011, la lettre d'un inconnu à M. Jean Ping, pour l'envoi duquel je vous remercie. D'une manière générale, et par principe, je ne réponds pas aux « informations à caractère privé » non signé par un auteur et qui circulent sur le net. Il y en a tant, que l'on pourrait consacrer sa vie à courir électroniquement. Je ne suis pas Hermès. Cependant, et parce que vous m'interpeller aux fins d'éclaircissement et de précisions, je dérogerai à l'engagement que vous m'imposez si amicalement.  

Une première remarque. Cette lettre n'est pas conforme à son objet, tel que défini par son expéditeur. En effet, relatif à la nomination de M. José Brito comme Haut représentant de l'Union Africaine en Cote d'Ivoire, elle se donne plutôt comme une esquisse de biographie et un corps de jugements de valeurs très sévères. Une deuxième remarque : la légèreté de ton, l'emploi de mots familiers et la vulgarité affichée de son auteur sont les signes d'un manque d'égards à l'endroit du destinataire, M. Jean Ping, président de la Commission de l'Union Africaine. Je m'élèverai toujours et partout contre le déficit de savoir-vivre. Car le savoir-vivre commande à l'expression des idées,  non seulement pour des raisons d'ordre moral ou éthique, mais surtout pour une raison d'ordre cognitif (psychologie de la connaissance), dans la mesure où une idée ne s'exprime de manière correcte que si elle obéit aux critères d'éducation. Le raisonnement cohérent est le propre d'un esprit éduqué. C'est pourquoi les Grecs anciens ont un mot, pédagogie, pour désigner formation et éducation. Platon a amplifié et consacré philosophiquement cette attitude, dans tous ses écrits ou ses dialogues qui débutent et reposent sur la convivialité, mœurs adéquates qui conviennent au débat d'idées. Il n'y a aucun savoir constitué qui n'obéisse pas aux règles d'une éducation conquise. Sous le rapport de cette double remarque, je comprends bien que, avant d'accorder du crédit aux considérations de l'auteur inconnu, vous avez voulu vérifier leur authenticité, en me questionnant : « Voici un article que j'ai lu sur un site, m'écrivez-vous. Est-ce vrai ce qui y est dit ? ». Mais, avant de vous répondre, je voudrais formuler une première précaution. Vous me savez d'origine capverdienne, comme le mis en cause, M. José Brito. Aussi, dois-je d'emblée vous dire que l'appartenance commune à une origine ne détermine jamais mes réflexions. Il s'en faudrait même de beaucoup. Une seconde précaution : je connais bien José Brito, depuis mon enfance. Nos familles sont liées par des liens de compadrage, puisque son père, Nhô Loucs (Lucas), était le parrain de mon frère aîné. Par ailleurs, nos parents ont exercé leur profession respective au Plateau, le mien au marché, le sien en bordure de lagune. En outre, un laps de temps, nous fûmes habitants d'un même quartier, Marcory résidentiel. Cependant, ces indications n'infléchissent pas ce que je vous dirai de lui. Mieux, elle l'autorise et, comme telles, lui confèrent une part de vérité.

José Brito est né le 19 mars 1944, à Dakar (Sénégal), de parents capverdiens de l'île de Boa Vista, pour son père, et de Sao Vicente, pour sa mère, Nha Judith. Ses parents sont tous deux originaires des Îles-sur-le-Vent. Première certitude, José Brito n'est donc pas « ivoiro-capverdien », ni un « bété bon teint », comme le prétend l'auteur inconnu. La seconde expression, vous en conviendrez, est très choquante, et je n'entends pas ici discuter des thèses ethnicistes. Je vous engage même à éviter de diffuser ou de transférer des documents de ce type, qui propagent des idées racistes. La Côte d'Ivoire, plus que tout autre pays, a besoin d'un autre genre de discours.

L'auteur inconnu ajoute : «  Ce mec [José Brito] est un ami de Alcide Djédjé et ont fait Abidjan Marcory et la fac de Droit en France ». Qu'il soit « un ami de Alcide Djédjé », je ne le sais pas. Qu'ils aient été homologues et, à ce titre, travaillés ensemble, la Convention de Vienne et la Charte de l'Union Africaine l'édictent et le recommandent. En effet, jusqu'à une date récente, José Brito était ministre des Affaires Étrangères du Cap Vert. Qu'ils aient fait « la fac de Droit en France » ensemble est une contre-vérité manifeste. La biographie scolaire de José Brito indique des études en pétrochimie (Abidjan, France). Il est ingénieur de formation. Il n'a jamais été étudiant en droit, autant que je sache. Ses diplômes sont les suivants : 1965, Licence ès Sciences, Mathématiques, à l'Université d'Abidjan. 1967 : Maîtrise ès Sciences, Physique et Chimie, dans la même Université. Il conclut sa formation universitaire, en France, à l'Institut Français du Pétrole (IFP), en 1969, où il obtient son grade d'ingénieur. De 1970 à 1973, il est Professeur Assistant d'Université à Abidjan, et de 1970 à 1975, ingénieur chimique puis Responsable Technique à la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR). Tout cela, vous pouvez le vérifier, auprès de l'Université d'Abidjan et de la SIR.

1975 est l'année de l'indépendance du Cap Vert, une jeune république née de la lutte armée conduite par Amilcar Cabral dans les maquis de la Guinée-Bissau. José Brito, qui avait créé le club Claridade (Clarté) à Abidjan, se met au service de son pays d'origine. Et de 1977 à 1981, il est Ministre du Plan et de la Coopération du Cap Vert et membre du Bureau du PAICV[1], parti unique, qui est au pouvoir. 1991, marque la naissance du multipartisme et la première alternance démocratique au Cap Vert. Le PAICV devient parti d'opposition. Il passe alors dans le secteur privé (African Futures, PNUD, Ocean Energy Inc). De 2001 (retour du PAICV au pouvoir) à 2006, il est Ambassadeur de son pays aux États-Unis, au Canada et au Mexique. De 2007 à 2008, il est de nouveau ministre de l'Économie, de la Croissance et de la Compétitivité. Et de 2008 à mars 2011, il est aux responsabilités comme ministre des Affaires Étrangères. Ainsi, contrairement à ce qu'affirme l'auteur inconnu, il n'a jamais été militant du Front Populaire Ivoirien (FPI). Pourquoi l'auteur inconnu fabrique-t-il autant de contre-vérités ? Faut-il soupçonner un contentieux personnel, une pointe de jalousie ? Ou alors cette campagne de désinformation ne sert qu'à l'écarter du dossier ivoirien ? L'auteur inconnu croit servir la cause d'Alassane Ouattara et retirer quelque « profits de distinction », par le mensonge. Tout ce qui se construit sur cette base, comme l'enseigne l'histoire du monde, est éphémère, non durable. La vérité se fraie toujours un chemin. Pourquoi salir ses « adversaires » ? La Côte d'Ivoire a besoin de culture, de développement, d'un partage plus équitable de ses richesses, de justice sociale, de savoir-vivre et de culture démocratique. Pas d'autre chose. Surtout pas de mensonges. Voyez-vous, une fois qu'on a menti, on ne peut plus que mentir encore et encore. C'est la dialectique du Mensonge qui l'impose. Pour recouvrir ou envelopper un premier mensonge, il vous faut un autre mensonge un peu plus grand, et ainsi de suite. C'est le modèle sur lequel est construit la Lettre de l'auteur inconnu. 

Je voudrais à présent dire quelques mots rapides sur la famille de José Brito. Peu d'Ivoiriens le savent, elle a été très impliquée dans le lancement et la promotion du sport en Côte d'Ivoire, notamment du ski nautique (lagune Ébrié),  de l'athlétisme (Léon Brito) et de la boxe (Edmond Brito).

José Brito a effectivement grandi en Côte d'Ivoire, au Plateau d'abord, sur les bords de la lagune Ébrié, à côté des Tourelles (piscine), où son père dirigea le premier Club nautique (entretien et location des hors bords et course de ski), puis à Marcory à la limite sud du quartier résidentiel.

L'auteur inconnu ne connaît pas du tout José Brito. Mais il en parle, comme il est facile de dénigrer. Aussi, après avoir indiqué les grandes étapes de son parcours universitaire, professionnel et politique, je voudrais à présent laisser la parole à l'un de ses vieux amis qui, après avoir lu ma réponse initiale à votre question, m'a spontanément écrit. Au reste, cet ami  appartient à l'une des grandes familles ivoiriennes et il dit avec force ce que le jeune José Brito fut pour eux à l'époque : 

« Cher Monsieur Pierre Franklin Tavares,

La Côte d'Ivoire aurait mieux fait de susciter des milliers de José Brito. Lorsque ce dernier faisait MPC [Maths - Physique - Chimie] à l'université d'Abidjan, son aisance avec les mathématiques et les sciences physiques nous parvenait au Lycée Classique, et faisait l'admiration de ma génération.

Je suppose que vous êtes l'auteur de la réponse à « Élisa ». Cela fait pratiquement une cinquantaine d'années que j'ai entendu parler de José Brito pour la première fois. Depuis, j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de le connaître, de lui rendre visite à Praia. J'ai pour lui la plus grande admiration et le plus profond respect. Merci d'avoir établi la vérité.

Daouda Thiam[2].

La qualité de la personne qui signe ce courriel suffit à elle seule à discréditer totalement l'auteur inconnu.  Cependant, il faut aller plus loin encore dans la défense de José Brito. Car, ce n'est pas seulement le rétablissement des faits qui nettoie l'opprobre et l'injure, mais aussi le raisonnement méthodique.  

José Brito est effectivement un « ami » de Laurent Gbagbo, qui n'a jamais été son professeur, comme le prétend un autre article mensonger. Mais il n'y a qu'en Afrique où l'on croit qu'être ami, c'est être nécessairement partial. Oui, il est de gauche. Est-ce un crime ? Plus exactement, c'est un social-démocrate, semblable à tous ceux qui ont lutté ou milité dans les ex-colonies portugaises. Quel mal ? Et s'il est une personnalité politique non ivoirienne qui peut "dialoguer" avec Laurent Gbagbo, c'est lui. À travers le monde, il est réputé pour son expérience et sa capacité à dénouer les crises et les tensions. Ces deux "qualités" sont certainement des facteurs qui ont conduit M. Jean Ping et quelques autres, parmi lesquels d'éminents Français, à lui proposer cette mission. Mais, que nul ne se trompe, je le connais bien, il n'insistera pas plus que de raison, pour effectuer cette mission de l'Union Africaine. Au reste, j'ai cru comprendre qu'il n'était pas demandeur. Platon disait que l'une des causes de l'instabilité des institutions publiques était le mauvais choix des hommes pour l'exercice de certaines fonctions. Par exemple, une âme de diplomate que l'on envoie au front militaire ne peut que produire des désastres. Croyez-moi, Élisabeth, José Brito est l'homme qu'il faut pour cette mission délicate et complexe. Il peut échouer, parce que, à l'impossible, nul n'est tenu. D'autant que, comme je l'ai toujours clamé depuis dix ans, c'est aux Ivoiriens eux-mêmes qu'il appartient de construire leur pays et de renouer les fils du dialogue. José Brito, lui, construit le Cap Vert. Et les résultats de l'équipe à laquelle il appartient sont probants et reconnus. Les derniers résultats des élections législatives sont une indication.

En outre, en matière politique, il n'est pas dans la tradition diplomatique ou ecclésiastique capverdienne de perdre son âme. La tradition consiste à toujours rechercher les compromis, sur le modèle du « consensus national » qui, solidement établi au Cap Vert, est un modèle du genre et est exportable. Bref, la tradition diplomatique capverdienne, qui date du 18ème siècle (dont il est l'héritier), la notoriété mondiale de l'état capverdien (voir Transparency, Mme Clinton, l'Élysée) et sa capacité à parler vrai, sont d'indéniables atouts pour le pays dans lequel il a grandi et à l'endroit duquel il a forcément une dette. Il connaît bien la Côte d'Ivoire, peut-être même bien mieux que la plupart des personnes jusqu'ici désignées pour aider les Ivoiriens à surmonter leur crise. Ce n'est pas seulement un esprit scientifique. Il est également de bonne éducation et est porté par la Morabeza, la convivialité capverdienne. Et en Côte d'Ivoire, pays de son enfance, de ses premières joies et des premières conquêtes féminines, il viendra comme Capverdien, autrement dit avec deux valeurs cardinales : la Sodade (Souvenir) et la Dignité (Respect), les deux fondements de la capverdianité. Or, ce souvenir de ce que fut la Côte d'Ivoire, de ce qu'elle a donné au monde, et être digne, c'est-à-dire ne pas transiger sur les valeurs humaines et la vérité, n'est-ce pas cela qui est aujourd'hui le nécessaire et le suffisant pour surmonter la crise postélectorale ? La qualité des cadres capverdiens ne souffrent pas de critiques absurdes. Leurs dossiers sont généralement bien préparés et ils ont le caractère et la formation pour les mener à bonne fin. Que l'auteur inconnu ne se trompe pas, ni ne se laisse aller au jugement précipité. Toutes les fois que José Brito a été désigné par une institution, il a accompli sa mission conformément à son mandat. En Côte d'Ivoire, il le fera, en adéquation avec la tradition dont il relève.

Mais que l'on m'entende bien. Je ne dis pas que José Brito n'a pas de défauts ou de faiblesses. Ici, je n'ai fait qu'essayer de défendre l'honneur d'un homme, d'une famille et d'un pays frère de la Côte d'Ivoire. Car il faut se garder de « toutmélanger », à l'instar de ce fameux personnage des caricatures ivoiriennes qui s'en est fait une spécialité.

Voyez-vous, chère Élisabeth, l'auteur inconnu s'est lui-même confondu. Si je puis vous faire une suggestion, demandez-lui donc de ne pas se laisser aller au dénigrement et d'écrire à José Brito. Car, chacun, sur soi-même, doit commencer à surmonter la crise ivoirienne. Alors, les politiques entendront qu'il n'est aucune élection, aucun enjeu de pouvoir qui vaut la destruction d'un pays.

En espérant que ces quelques informations et analyses vous servent dans vos réflexions. 

Bien cordialement,

 

Pierre Franklin Tavares

Mobile : +33 (0) 6-87-34-21-22

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert

[2] Daouda Thiam appartient à la grande famille Thiam (Houphouët-Boigny) d'Abidjan.

LE CHANGEMENT BIEN ORDONNE

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Tout laisse croire que l'Algérie est en train de changer, par le bas, sans que les  «changeurs» à la mode «arabe», sponsorisés par les «grandes démocraties», trouvent un quelconque ancrage dans cette lame de fond, qui pose les vraies questions des citoyens réels. Il n'y a qu'à observer que toutes les revendications révèlent les véritables dérives et non pas les noumènes, en vogue dans les menaces aéroportées que lancent Hillary Clinton et ses clercs européens.

La première et la plus déterminante de ces dérives est l'abandon de la souveraineté nationale au profit des marchands internationaux. C'est elle qui explique le plus que les richesses nationales ne contribuent pas au développement du pays (pays riche, peuple pauvre), mais à la prospérité des fournisseurs étrangers et de leurs relais locaux, quand  l'investissement public peut résoudre un grand nombre de problèmes, dont ceux de la croissance et de l'emploi. La pression populaire pousse surtout dans ce sens, qui ne se satisfera pas des mesurettes «patriotiques» qui, de toutes façons, ne peuvent suffire à inverser ou à refondre une économie extravertie et livrée aux vents capricieux du marché mondial. S'ouvriront, bientôt, les débats concrets sur le sujet. Parce qu'il n'y a pas une autre réponse économique que celle-ci. L'utilisation pleine  et entière de nos ressources dans l'industrialisation du pays et la dynamisation  de notre agriculture.

La deuxième dérive, qui a beaucoup à voir avec la première, est le climat propice aux «affaires» qui s'est créé (l'euphorie libérale et la panique de rester sur le carreau) et qui a provoqué une course effrénée à l'accumulation, avec tout ce que cela suppose comme «dessous de table» nécessaires pour se frayer le chemin, vers les contrats juteux,  dans la jungle des tractations commerciales et irrésistibles pour des fonctionnaires et des bureaucrates aspirés par le délire de l'enrichissement. On appelle cela la corruption, pour la dissocier, du point de vue moral, du système  qui la nourrit et sans lequel elle ne pourrait exister.

La troisième dérive est d'avoir cru que le peuple croit à l'économie de  marché et qu'il allait en accepter les règles, alors qu'aucun peuple au monde ne l'a fait de son propre gré. Ce qui fait qu'on soit devant ce qu'il pense et qu'il exprime dans différents modes opératoires. Le personnel politique au pouvoir essaie de réagir au coup par coup. Mais, la dynamique semble en route pour que le changement soit une révision complète des données politiques qui ont exclu ceux pour qui les mots démocratie et droits de l'homme veulent dire autre chose que le «chacun pour soi» dans une course à armes inégales où les déjà nantis et les «bras longs» sont en pole position. Le minima requis se trouve dans  la rupture des accords internationaux léonins et la libération complète de l'initiative économique de l'Etat, qui compensera les chimériques IDE. Il y a un pays à reconstruire et un peuple qui attend.

En Tunisie, le débat est ouvert, et on fait peur aux Tunisiens. Le patron des patrons de ce pays,  M. Ben Sedrine, lance l'alarme : «Le recours obsessif à l'Etat Mama, au niveau de l'emploi, est une chimère... Car les pansements et les charpies étatistes ne servent à rien dans les tranchées de la crise sociale...». Son argument : «un monde où les forces du marché et les agences de notation dominent la planète. Organisent la compétition entre les nations. Contrôlent les richesses. Assurent la gouvernance mondiale». Soit exactement ce qui a été dit pour que l'Algérie détruise ses capacités de production, démantèle les dispositifs de protection de son marché et sombre dans l'apathie, en quête inassouvie d'investissements illusoires.

Par Ahmed Halfaoui

Source: LES DEBATS.COM

MOHAMED BOUAZIZI, LE VISAGE DE LA REVOLUTION

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S'efforçant de comprendre les bouleversements historiques du même type [que les déclins de l'Empire romain et du Christianisme], Hegel a cru pouvoir affirmer que toutes les grandes transformations sociales et politiques brutales sont préparées pas des transformations lentes et secrètes[1].  

Sa mère, Manoubia, a les yeux bleus noyés dans une mer de tristesse profonde. L'œil ne nage pas, même s'il est lacrymal. Elle s'interroge encore, mélancolique. Son regard est un pont qui mène à la formule définitive que Rilke a conçu, pour toute mère éplorée : Marie, qui mieux que toi connaît la nostalgie ? Une mère ravagée, parce que son fils s'est immolé. Le feu, comme la mer ou le vent, emporte tout. Y compris le fruit d'une maternité. Comment cela se peut-il, interroge encore les yeux de Manoubia ? Car les yeux également pensent. Rien, en effet, dans la tradition locale tunisienne ne renvoie à pareille coutume. Du moins le croit-on. Et la religion dominante le prohibe[2]. Mais l'immolation par le feu, qui prend corps en dehors de la tradition laïque tunisienne et de la religion musulmane, est-elle pour autant dénuée de toute signification publique et religieuse ? Pourtant, immoler veut dire tuer en sacrifice à une divinité. Et s'immoler signifie faire le sacrifice de sa vie. À Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, à quel dieu inconnu l'immolation devant le gouvernorat était-elle destinée ?    

Il s'appelait Tarek « Mohamed » Bouazizi, alias Besbouss ou Basbouss. Les surnoms disent beaucoup[3]. Au plan étymologique, ce surnom hypocoristique signifie « celui qui est à croquer de baisers »[4]. Un jeune homme gentil, seul soutien de famille, qui s'immole, un régime réputé « solide » et « dur » tombe, comme un vieux déchet, et se consume dans la fuite d'un clan. Alors, comment un petit acte, un geste peu banal il est vrai, conduit-il à une conséquence majeure ? Selon le vieux principe de causalité et de la mécanique (propagation) des forces, toute conséquence est entièrement contenue dans sa cause. Une lumière, dit Hegel, ne perd rien à en allumer une autre[5]. Ainsi, comment comprendre qu'une petite cause à Sidi Bouzid produise de si grands effets, à Tunis, puis dans le monde arabe, si cette cause-là n'est pas elle-même grande ? Ce bouleversement « sidi-bouzidien » qui a eu lieu, paradoxal en apparence, ne l'est plus dès lors qu'est admise l'hypothèse que le sacrifice-de-soi de Besbouss a consumé les fondements même du régime benaliste, qui, pour reprendre le mot de Mably, n'étaient que de la boue, des pierres usées et des bois pourris[6]. Comme nous le verrons, les explications ontologiques priment sur les explications politiques (monopartisme de fait, trucage électoral), sociologiques (mouvement social, révolte juvénile), économiques (corruption, captation des produits de la croissance, pauvreté) ou de transferts électroniques (révolution Facebook). Comment rendre intelligible le geste de Tarek « Mohamed » Bouazizi et tout le bouleversement qui en est résulté ? Hegel, philosophe de l'histoire vivante, s'est intéressé à ce type de phénomène particulier dont la portée réelle dépasse l'intention initiale de leurs auteurs. Et lorsque les résultats d'une action individuelle échappent à son auteur et revêtent une signification historique, Hegel parle de destin. Il a illustré sa conception à l'aide de maints exemples (César, Néron, etc.) et, entre autres faits, celui célèbre des voleurs de Marseille. Ceux-ci, cupides et portés à maximiser leurs profits, voulurent faire fortune avec des balles de soie infestées par la peste et provenant du Levant, qui furent donc bradées. Ils ne mesurèrent pas les conséquences éventuelles de leurs actes. En les acquérant à vil prix pour le revendre à Toulon, ils ont involontairement contaminés leurs propres familles et leurs concitoyens, en introduisant et en propageant l'une des plus graves épidémies que la France a connues. Jacques D'Hondt, rappelant la source bibliographique de Hegel, La relation de la peste dont la ville de Toulon fut affligée en 1721 de Jean d'Antrechaux, a fort savamment commenté cette approche[7]. C'est cela le destin hégélien, plus profond que la « péripétie » aristotélicienne.  C'est ce qui est advenu avec Besbouss. En effet, son sacrifice-par-le-feu, acte isolé et individuel, a revêtu une signification et une portée si générales, qu'il a occasionné la chute d'un régime et, par contaminations successives, l'ébranlement et l'effondrement d'un monde. Pourquoi ?

Sidi Bouzid[8], le lieu de l'événement, est une charmante cité de 1073 hectares située à 265 kms en dessous de Tunis, au cœur de la Tunisie. La ville, créée par le décret 58-290 du 04 novembre 1958, est enclavée et bâtie dans une cuvette entourée de montagnes. Ville éponyme, elle tire son nom du saint Sidi Ali Ben Bouzid (disciple du grand mystique Abou Median Al Andaloussi) inhumé dans un mausolée blanc. Cette commune est le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle compte à présent plus de 42.000 âmes et, outre de nombreuses infrastructures et de grands établissements, dispose d'un beau palais municipal, dont le site internet met en exergue la qualité de la Relation avec le citoyen. L'internaute, qui y navigue, pourrait être séduit par cette publicité, s'il n'était pas averti du geste public de Besbouss qui signale la nature réelle des rapports entre administration locale et administrés.

Sidi Bouzid occupe le 44ème rang dans le classement des 264 municipalités tunisiennes établi par l'Institut national de la statistique[9]. La ville, à vocation régionale, est un grand centre de production et de commercialisation agricoles (arbres fruitiers, céréales, amande, asperges, produits maraîchers), et le premier producteur de légumes du pays. Bassin laitier, elle est réputée pour ses tomates séchées et sa production d'agneau qui bénéficie d'une Appellation d'Origine Contrôlée (AOC). Cette économie, à forte dominante agricole, organise un secteur industriel en essor (textile, habillement, cuir, chaussure, etc.).

Le 30 janvier 1943 eut lieu, dans cet ancien protectorat français, une célèbre bataille opposant les Alliés et les divisons blindées nazies.

Après la localisation et la présentation, l'événement. Sidi Bouzid, 17 novembre 2010. Un jeune vendeur ambulant de produits agricoles, connu, se voit confisquer ses modestes et uniques instruments de travail, une charrette et une balance, par des agents zélés de la police municipale. Motif : absence d'autorisation de commercer. Petite infraction. En réalité, un abus de pouvoir visant à obtenir des compléments de revenus. Brimades et corruption. Une fois de plus. Aucune indulgence. Une fois de trop. C'est la énième fois. La relation avec le citoyen tant vantée par la municipalité ne fonctionne pas. La municipalité est construite et fonctionne sur le modèle de l'État benaliste. Le citoyen n'a de reconnaissance, que lorsqu'il est soumis à l'arbitraire du pouvoir central ou local. Au fond, le pouvoir local, c'est le pouvoir central même. Il n'y a pas de différence, d'espace où l'on respire. La substance publique est la même, à Tunis ou Sidi Bouzid, dans toute la Tunisie. Le régime est « solide » et « dur ». L'identité entre la partie (municipalité) et le tout (l'État), cette identité-là, disons-nous, est complète. Les institutions publiques sont fusionnelles, à tel point qu'elles ont littéralement incorporé les entreprises privées. Toute l'Europe libérale soutient ce grave amalgame (contraire à ses principes économiques) et ce mépris des libertés individuelles, pour deux motifs essentiels, économique et laïque : les performances macro-économiques et la sévérité contre l'islamisme. Tout ce dispositif « technique » (au sens que Heidegger prête à ce mot) autorise de larges connivences européennes et américaines, consolide les compromissions internationales, cautionne et renforce le despotisme local. Les agents territoriaux (de la municipalité) qui saisissent et rançonnent les administrés ne sont pas des irresponsables. Ils agissent pour défendre ce monde-là érigé en système. Leurs petits profits ne sont que la déclinaison, l'atomisation des grands profits qui ont lieu en hauts-lieux. Leur arbitraire n'est que la mise en œuvre, au plan local, de l'absolutisme et des caprices au sommet de l'État. Sur simple décision, ils confisquent, s'emparent. Un clan, une minorité tient le tout. Le droit ne fonde pas le système, c'est l'arbitraire qui le régule. En vérité, c'est contre ce système-là que se dresse « celui qui est à croquer de baisers ». Et, ce 17 décembre 2010, Besbouss parcourt, à pieds, tout le système, en d'incessants va-et-vient entre son domicile, la mairie et le gouvernorat. Comme un tambour, son sang frappe ses tempes. Il avait déjà l'habitude de marcher, pour vendre. À présent, il marche autrement et pour un autre motif : récupérer ses outils de production. C'est l'être social qui détermine la conscience, avait dit un philosophe. Besbouss ne subit déjà plus le système, puisqu'il a décidé d'en faire le tour, de le cerner. Les Grecs anciens ont très tôt compris que « cerner », « critiquer » et « cribler » participent de la même racine lexicale et renvoient à la même réalité. Une anecdote significative. En 1992, invité par Jacques D'Hondt à prononcer une communication sur Hegel et l'Afrique[10] à Tunis, nous avons écouté l'éminent Jean Toussaint Dessanti rappeler aux intellectuels tunisiens le lien intime et étroit entre ces trois mots. L'esprit critique (synthèse), dira-t-il, cerne (parcourt, encercle, pénètre) et crible (vise, sépare et dissout) toute réalité. Mohamed Bouazizi n'est pas philosophe, mais il accomplit mieux que les penseurs l'essence critique de la philosophie. Il arrive en mairie. Nul ne l'entend. Au reste, comment aurait-il pu l'être ? Les oreilles compromises n'écoutent jamais. Il se rend alors au Gouvernorat, à plusieurs reprises. De même, aucun accueil. Il est dans une caverne[11], un prisonnier exceptionnel, pas comme les autres. Il en sort, le soleil frappe de clarté. Le face à face est total. D'un côté, un individu riche d'une forte et juste colère, qui oublie tout, y compris sa famille. Sa subjectivité est à son maximum d'intensité. Il a conscience du face à face. De l'autre, tout l'État, faible de son arbitraire, non-conscient, certain de sa solide objectivité. Rilke dit à dessein : le destin, c'est faire face, toujours faire face, rien d'autre que cela. L'inversion du monde a déjà eu lieu dans ce face à face. La conscience est du côté du sujet, tandis que l'inconscience est du côté des institutions. Ce 17 décembre 2010, Besbouss leur « fait face », comme il a « toujours fait face », pour sa famille en devenant le soutien unique, par les maigres bénéfices tirés de son petit commerce. Nul ne lui connaît de fiancée qui eut pu le pondérer. Il ne fera « rien d'autre que cela », faire face, après l'arbitraire gifle, l'humiliante réponse de Faïda Hamdi, agente territoriale, en réponse à ses petites doléances. Il n'y pas d'échappatoire. Doit-il vivre ainsi ? Et, en définitive, qu'est-ce que ce-vivre-ainsi, quand précarité, arbitraire et humiliation sont les seuls constituants de l'existence ? Si l'humain est dans ce-vivre-ainsi, c'est que l'homme n'est plus « rien », le nihilisme est à son comble, l'État lui-même n'assure plus sa mission première. Un bidon d'essence, une allumette, il se sacrifie par le feu devant le Gouvernorat. Où était Mourad Ben Jalloul, le gouverneur ? Comble de l'ignominie, ce ne sont même pas les représentants de l'État qui tentent d'arrêter son immolation, mais des anonymes, des concitoyens présents sur les lieux[12].

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Jusqu'ici, ni l'infortunée Faïda Hamdi qui porta la gifle fatidique, ni le maire de Sidi Bouzid, Osmane Al-Tifi, et moins encore le président de la République, Zine El-Abidine Ben Ali, n'auront compris le sens et la signification du geste de Mohamed Bouazizi, même s'ils en ont mesuré la gravité. La photo officielle de la visite que le Chef de l'État a rendu au grand brûlé, à l'hôpital de Ben Arous, où lui étaient prodigués les soins, est à cet égard frappante. Le président et le corps médical, qui organise la visite, paraissent être dans un état d'incompréhension, littéralement devant un cas de figure dont ils ne comprennent pas du tout la raison. S'immoler pour une charrette, une balance, trois cageots de légumes et de fruits confisqués ? D'autant, qu'ils semblent, en effet, ne pas avoir présent à l'esprit un exemple antérieur d'immolation susceptible de leur fournir un début d'explication. Leurs visages, stupéfaits et interrogatifs, laissent transparaître une évidente crise de connaissance. La vue du grand brûlé, au corps totalement recouvert de bandes, semblable à une momie, ajoutait à l'effarement. Comment un tel geste est-il possible, semblent-ils tous penser ? Au reste, ni les explications sociologisantes (revendications sociales et catégorielles), ni même les motifs psychologisants (ras le bol) ou les mœurs locales (déshonneur dû à la gifle d'une femme) rapportés par Christophe Ayad[13], qui venaient juste un mois après les éloges économiques faits par Dominique Strauss-Kahn[14], directeur général du FMI, ne suffisent à rendre rationnel ce geste inouï. Comment donc l'expliquer ? L'état d'esprit de Besbouss n'est pas courant. Il n'a pas craqué, au sens où on le dit souvent de personnes excédées par une situation. Son état d'esprit, qui repose sur l'attention volontaire, concentration maximale de la conscience, et qui, de tous les états affectifs complexes, est le plus élevé, est la saisie directe des tensions ultimes des limites d'une époque fixée dans sa phase terminale. L'insupportable ne dépend pas tant de la nature d'un fait ou d'une situation, que de la conscience qui n'en accepte plus le poids. C'est le propre et le trait des époques de transition historique. Pour s'en convaincre, rappelons les paroles engagées d'une Coladeira en vogue en Guinée-Bissau et au Cap Vert, au temps de la lutte armée de libération, qui expose l'insupportable : Si c'est pour ainsi vivre / Mourir tout le temps [à petit feu] / Mourir alors une fois [pour toutes] / Luttant pour la vie, contre la famine et le chômage / L'injustice et la misère / Contre l'exploitation, contre le colonialisme / Oh peuple, [de vivre ainsi] cela n'est pas une vie ![15] Mais, pourquoi l'immolation et non pas la lutte armée ou l'engagement syndical, pour dénoncer les injustices et les exactions du régime benaliste ?  

« Immoler », nous l'avons dit, signifie tuer en sacrifice à une divinité. Les rituels qui accompagnent toute immolation sont connus. Et « s'immoler » veut dire faire le sacrifice de sa vie. Ainsi, dans la mesure même où le fait de « s'immoler » intègre l'« immolation », nous pouvons demander en direction de quel dieu caché ou oublié il opère ? Précisons que, dans l'acte de « s'immoler », le sujet fait de sa propre subjectivité l'objet même du sacrifice. Le sujet devient, ainsi, à soi-même, son propre et unique objet. Le sacrificateur et le sacrifié sont une seule et même chose : le premier est identique au second. Si à présent nous daignons supposer l'existence d'un dieu oublié ou caché en Tunisie, vient au jour la question suivante : le 17 décembre 2010, alors que le soleil est à son maximum, à quel dieu inconnu était destinée l'immolation de Besbouss, par le feu, devant le Gouvernorat de Sidi Bouzid, édifice de l'autorité centrale, du régime benaliste ? Bien évidemment, ce dieu n'est pas celui du Coran ou de quelqu'autre religion monothéiste. Le dieu caché dont il s'agit ici est Moloch, l'une des anciennes divinités de Carthage qui y a été importée par les Phéniciens, au moment où ils fondèrent cette colonie d'Afrique. Les politologues, les journalistes, les sociologues qui ont tenté d'expliquer l'acte de Tarek « Mohamed » Bouazizi, n'ont pas perçu ce trait culturel enfoui dans l'histoire ancienne de la Tunisie et profondément replié dans l'inconscient collectif des Tunisiens. Ils ont oublié cette religion oubliée. Gustave Flaubert est le dernier qui a mentionné ce qu'elle fut, dans son célèbre roman Salammbô[16] sur « la guerre des mercenaires ». L'écrivain français y décrit, en termes poignants, le rituel de sacrifice des enfants au dieu Moloch, par une immolation stupéfiante d'horreur dans une fournaise ardente. Bien mal lui en a pris. En effet, redoutable critique littéraire de son époque, Sainte-Beuve n'a pas ménagé ses critiques à l'adresse de Flaubert qui aurait, selon lui, déformé les faits dans un tableau accablant contre les Carthaginois[17]. C'est que, sur cette question, Flaubert s'inscrivait dans la tradition romaine de dénigrement de Carthage, sa grande rivale. Si l'on en croit les auteurs Romains, soupçonnables de partialité, écrit Serge Jodra, on immolait à ce dieu des enfants vivants, le plus souvent en les faisant brûler sur l'autel[18]. Flaubert accepta donc l'idée du rite de sacrifices d'enfants au dieu Moloch et, avec la force de ses images, décrivit comment les parents offraient, dans un assourdissant vacarme de tambours, leurs enfants à Moloch, jetés vivant dans une fournaise faite dans le ventre de la gigantesque statue du dieu. Son récit est vivant, impressionnant même. Aussi la polémique fut-elle vive entre Sainte-Beuve et lui. Leurs échanges épistolaires sur ce point constituent un chef d'œuvre de critique littéraire. En tous les cas, quel que soit le degré de réalité du culte carthaginois au dieu Moloch, il a bien existé une antique tradition d'immolation par le feu en Tunisie (ainsi qu'en Phénicie et en Israël) que la plupart ont aujourd'hui oubliée. Or, c'est elle que Besbouss a spontanément réactivée. On comprend dès lors mieux pourquoi son immolation n'a eu qu'une portée tunisienne, et que partout ailleurs dans le monde arabe où elle a été répétée, elle n'ait pas produit les résultats escomptés. Car le fait est unique et propre à la Tunisie, et nullement exportable en milieu arabe. Ainsi, en s'immolant par le feu, le jeune Tarek « Mohamed » Bouazizi a-t-il opéré au réveil subit, brutal et mécanique d'une fort vieille « structure endormie », oubliée, et jusque-là profondément enfouie dans l'inconscient collectif tunisien, qui prend racine dans l'antique religion phénicienne dont le culte se répandit à Carthage, colonie phénicienne.

Ce qui a fait la force locale du suicide de Besbouss, c'est précisément que son acte était in-compréhensible à ses compatriotes de toutes les classes sociales. De la stupéfaction des personnes qui se trouvaient devant le Gouvernorat à la visite du président Ben Ali, on peut retracer les étapes de cet étonnement qui perdure encore. Au final, sa dé-cision de s'immoler introduira une diremption (rupture, séparation) qui brisa d'un coup le vieil édifice de l'État post-bourguibien. Le mouvement social politico-syndical qui suivra ne fera qu'en dévoiler et récolter les débris. Ainsi, dans le reste du monde arabe (Algérie, Maroc, etc.), ce n'est pas l'immolation par le feu, non exportable, qui servit de modèle, mais le mouvement social tunisien justement né et dynamisé par le geste de Besbouss. Si l'immolation est non pertinente en dehors de la Tunisie, le modèle d'écroulement auquel il donnera lieu fera école. Pour être clair, ce ne sont pas les événements sociaux de 2008 qui ont déterminé le geste de Tarek « Mohamed » Bouazizi, mais c'est l'immolation par le feu de ce dernier qui a réenclenché et orienté ce mouvement social qui manquait d'orientation et auquel manquait encore l'occasion, jusqu'à la chute du régime et de l'État post-bourguibien.

Hegel n'eut pas tort de rappeler, comme le dit J. D'Hondt dans notre épigramme, que les grands bouleversements sont toujours préparés par des transformations lentes et secrètes. Tarek « Mohamed » Bouazizi, petit vendeur ambulant de produits agricoles, a été le levain de la pâte, celle du changement. Personne ne l'avait vu la pétrir, ni Faïda Hamdi, ni Osmane Al-Tifi ou Mourad Ben Jalloul. Et jusque-là, pas même Leïla Trabelsi ou Zine El-Abidine Ben Ali. Quand, comme dans le rituel au dieu des Phéniciens, il mit son corps au four, son immolation subite - qui ne pouvait pas être anodine - ébranla tout un monde.  

Manoubia, non pas Lalla Manoubia[19], mais bien Manoubia Bouazizi, disons-nous, apprenez à connaître, comme Marie, la nostalgie, le nostos-algos. Et, par la Sodade ou le Souvenir, surmontez la douleur. Mais à toute mère dont le fils améliore le sort du monde par le sacrifice de soi, un sens est donné à sa maternité.

Manoubia, cette lettre est ma brève méditation sur Besbouss. Car, entre Carthage et les Hespérides, il existe un chemin de héros.  

 

Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile : +33 (0) 6-87-34-21-22

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] Jacques D'Hondt, Hegel secret, Recherches sur les sources cachées de la pensée de Hegel, PUF, Paris, 1968, p. 198.

[2] Le Coran, et spécialement la Sunnah (vie de Mahomet), interdit et condamne le suicide, comme infraction à la vie définie don et prêt provisoire de Dieu.   

[3] Jean-Louis Beaucarnot, Les prénoms et leurs secrets, éditions Denoël, Paris 1990.

[4] Wikipédia, Mohamed Bouazizi.

[5] Hegel, Platon, in Leçons sur l'histoire de la philosophie, tome 3, La philosophie grecque, Vrin, Paris, p. 456.

[6] Gabriel Bonnet de Mably, Des droits et des devoirs du citoyen, librairie Marcel Didier, Paris, 1972, p. 36.

[7] J. D'Hondt, Les voleurs de Marseille, in Op. Cit., p. 185 - 191. 

[8] Sidi Bouzid, site de la ville : http://www.commune-sidibouzid.gov.tn/fr/index.htm

[9] Les données sont celles du recensement de 2004.

[10] P. F. Tavares, La conception de l'Afrique de Hegel comme critique, 23ème Congrès International des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Tunis, septembre 1991. Communication publiée dans Économie en crise, Chemins critiques, revue haïtiano-caribéenne, Vol. 2, n° 2, septembre 1991, p. p. 153 - 161.

[11] Allusion est faite ici au mythe de la caverne dont parle Platon.

[12] Christophe Ayad, Sidi Bouzid, l'étincelle, Libération, 5 février 2011.

[13] C. Ayad, Ibid.  

[14] D. Strauss-Kahn, 18 novembre2010, à Carthage : « La Tunisie est un bon exemple à suivre ».  « L'économie tunisienne va bien, malgré la crise ».  http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/quand-dsk-faisait-l-eloge-de-ben-28969

[15] Nhô Balta, Chant de lutte, Bissau, 1974.

[16] Gustave Flaubert, Salammbô, Gallimard, Paris, 1970.

[17] C.- A. Sainte-Beuve, Salammbô, Nouveaux Lundis, Calman Lévy, t. IV, Lundi 8 décembre 1862, p. p. 31 - 51 ; suite de l'analyse, Lundi 15 décembre 1862, p. p. 52 - 72 ; suite et fin, Lundi 22 décembre 1862, p. p. 73 - 95, Paris, 1885.

[18] Serge Jodra, Moloch, http://www.cosmovisions.com/$Moloch.htm

[19] Horizons, Musulmanes célèbres - Lalla Manoubia : La sainte de Tunis, fin du XIIème - 1257, mis en ligne le 29 août 2010, http://www.horizons-dz.com/culte/13266.html  

19:41 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cap-Vert, Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, tunisie, le visage de la révolution en tunisie, mohamed bouazizi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 29 mars 2011

PRAO YAO SERAPHIN - LA POLEMIQUE AUTOUR DE LA DEVALUATION DU FRANC CFA: MA PART DE VERITE

 

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 « L'Afrique est la clé du problème noir »

(Malcolm X)

 

Le thème de la dévaluation du franc CFA revient régulièrement sur le devant de l'actualité africaine. Depuis quelques années, l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar américain et les appels répétés de certains intellectuels africains en faveur d'une monnaie plus flexible et/ou compétitive, ont régulièrement entretenu les rumeurs de dévaluation du franc CFA.  Cette question de la dévaluation du franc CFA est persistante lorsqu'on sait que la Côte d'Ivoire est une base de développement de grande importance en Afrique de l'ouest francophone. Sa prospérité ou sa déchéance aura certainement des conséquences palpables dans les pays de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine).

Si la libéralisation croissante des échanges et la déferlante des produits asiatiques rendent un ajustement du franc CFA inéluctable, il importe de cerner les contours d'une dévaluation.  Face donc à la présence très prégnante de la question de la dévaluation du franc CFA, il semble nécessaire de se pencher sincèrement sur le sujet.  Lorsqu'on pose la question de savoir si le franc CFA sera dévalué ou pas, une série de difficulté, corollaire apparaît dès lors, concernant les conditions de réussite d'une dévaluation. Evoquer toutes ces questions nous autorise à rejeter toutes les idées préconçues sur les retombés de la dévaluation afin d'aborder sérieusement  cette question d'ajustement monétaire.  C'est ici donc l'ambition  de notre présent article : celle de relativiser les retombés d'une éventuelle dévaluation du franc CFA en l'état actuel des structures économiques des pays africains de la zone franc (PAZF).

L'impulsion inaugurale de notre réflexion  se trouve dans une bonne présentation de la dévaluation. C'est la raison pour laquelle, en premier lieu, nous répondrons à la question : qu'est ce qu'une dévaluation ?

Une fois, la définition acquise, nous pourrons, en deuxième lieu, faire un retour sur le bilan de la dévaluation de 1994. Nous verrons que le succès de cette dévaluation est mitigé.

Enfin, en troisième lieu, nous allons voir comme il est désormais solidement établi que le succès de la dévaluation est conditionné par certains aspects structurels de l'économie.

I. QU'EST-CE QU'UNE DÉVALUATION ?

 On s'intéressera principalement dans cette partie à une présentation de la dévaluation. Cela exige de donner la définition de la dévaluation et ses fondements théoriques.

I.1. LA DÉFINITION D'UNE DÉVALUATION

Il n'est pas rare d'entendre, çà et là, de la bouche de certains, une confusion totale entre une dévaluation et une dépréciation. Pourtant, il  ne faut pas confondre une dévaluation avec une dépréciation. La différence est très nette.

La dévaluation consiste à modifier le taux de change officiel d'une monnaie (parité) par rapport à une monnaie internationale de référence : or, dollar, euro, par exemple. Dans un sens extensif, elle désigne l'altération de l'objectif de change que les autorités monétaires d'un pays s'assignent dans le cadre de leur politique économique globale, qu'elles soient ou non liées par des engagements internationaux en la matière. La dévaluation doit donc être bien distinguée de la  dépréciation - même si, très souvent, elle ne fait que la consacrer. Cette dernière est, en effet, un mouvement du taux de change déterminé spontanément par le  marché qui constate une perte continue de valeur de la monnaie domestique par rapport aux monnaies étrangères.

Techniquement, l'ajustement de la balance des paiements[1] peut-être assuré par les variations du taux de change. Celles-ci provoquent les modifications de prix nécessaires à l'ajustement des importations et des exportations et au rétablissement de l'équilibre. Le taux de change peut faire l'objet d'une dévaluation qui traduit une baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères, ou d'une réévaluation, qui s'exprime comme une hausse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères. Dans le cas des pays africains de la zone franc, le débat porte sur une baisse de la valeur de la monnaie, la montée de l'euro surévaluant de facto cette dernière et décourageant les exportations.

I.2. LE FONDEMENT THÉORIQUE DE LA DÉVALUATION

En cas de déficit de la balance des paiements, diverses actions peuvent être mises en œuvre. On peut en citer quatre.

La première et la plus importante est celle qui tend à réduire la demande globale par une politique budgétaire et par une politique monétaire restrictive. Il est en effet indispensable de résorber l'excès de la demande intérieure sur la production, c'est-à-dire de diminuer « l'absorption » du produit intérieur par la consommation et par l'investissement. Une telle politique a pour effet de limiter les importations et de dégager en faveur de l'exportation une part de la production intérieure.

La deuxième consiste à élever les taux d'intérêt par rapport aux taux pratiqués à l'étranger, ce qui permet d'améliorer la balance des opérations en capital, notamment en freinant la sortie  des capitaux nationaux et en attirant les capitaux étrangers.

Troisièmement, on peut recourir à des contrôles directs. Les restrictions quantitatives aux échanges (contingentement des importations) sont soumises à des limitations très sévères par des accords internationaux et ne peuvent être que des mesures de crise très graves.

Quatrièmement, lorsque les mesures qui viennent d'être indiquées ne peuvent aboutir à restaurer l'équilibre à moins d'une récession marquée de l'activité économique et du chômage, l'économie se trouve dans un état de « déséquilibre fondamental ». La disparité entre les coûts et les prix intérieurs et extérieurs ne peut être dans ce cas corrigée que par un changement de la parité monétaire, c'est-à-dire par une dévaluation.

Le fondement théorique de la dévaluation étant connu, reste à présenter quelques conséquences d'une dévaluation.

Une dévaluation a de forte chance de produire les effets escomptés que si les prix internes augmentent. En réalité et surtout pour les pays dont le secteur domestique est très important, la hausse des prix intérieurs sera, dans l'ensemble moins rapide et moins forte que la dépréciation du taux de change. En effet, de nombreux produits sont obtenus dans le pays et ne souffrent d'aucune concurrence étrangère (secteur abrité) si bien que leurs prix ne subissent qu'avec retard, ou faiblement, la contagion de la hausse due à la dépréciation. Il en va de même des prix des services et des facteurs de productions qui peuvent être déconnectés des prix étrangers. Pour les pays africains de la zone franc, leur dépendance plus ou moins grande à l'égard des importations va les obliger à alourdir le déficit commercial si les exportations ne sont pas stimulées. L'accroissement des exportations peut alors, dans certains cas, provoquer une perte de substance pour l'économie nationale.

Or, à la suite d'une dévaluation, l'accroissement de la valeur des exportations (en monnaie nationale) sera d'autant plus important que l'élasticité de la demande étrangère sera forte. Etant donné que les pays membre de la zone franc CFA sont essentiellement exportateurs de matières premières de base et face à une demande léthargique, accompagnée d'une concurrence des pays asiatiques, il s'ensuit que les bénéfices de la dévaluation sont théoriquement maigres.

De l'avis de ceux qui sacralisent la dévaluation, la surévaluation du franc CFA oblige les pays membres à déprécier leur monnaie car «le coût de la main d'œuvre, déjà élevé en comparaison avec les pays asiatiques, en est artificiellement gonflé. Il encourage les importations au détriment des productions locales, y compris l'importation de biens qui ne sont pas nécessairement indispensables». Une dévaluation, selon cette « école » va renforcer la compétitivité des produits, permettre une augmentation des exportations et de leurs revenus, et une atténuation de la pression des importations. Il est vrai qu'à l'exportation, les productions locales deviennent moins compétitives que celles de nos concurrents  des pays hors zone euro. Il en est ainsi du coton béninois, de la banane camerounaise, du café ou du cacao ivoirien face aux produits analogues américains et latino-américains qui exportent en dollars, et qui sont, de surcroît, subventionnés. En conséquence, le revenu des exportations de matières premières africaines facturées en dollars, diminue conséquemment.

A contrario, une catégorie d'économistes prudents, se méfie des dévaluations à tout va. Pour eux, une dévaluation du franc CFA aurait pour conséquence une hausse vertigineuse du coût des importations, un surenchérissement de la facture pétrolière, une inflation globale. Cela n'a rien d'entonnant quand on sait que la croissance que connaît l'Afrique est tirée par les pays exportateurs de pétrole. La faiblesse du dollar diminue la facture énergétique des pays et le prix élevé du baril ne peuvent donner l'illusion de résister à cette surévaluation du franc CFA.

Mais pour combien de temps, la manne pétrolière contrebalancera les effets pervers d'un déficit structurel de balance des paiements ? La dévaluation peut être bénéfique pour un pays donné,  que si  ses exportations explosent mais à condition que les autres monnaies ne se déprécient pas dans les mêmes proportions. Historiquement, les dévaluations concurrentes ont été malheureusement adoptées par un grand nombre de gouvernement entre 1930 et 1940. L'exemple le plus éloquent fut la concurrence faite aux dévaluations britanniques et américaines supprimant du même coup l'effet prix favorable aux exportations britanniques et américaines. Lorsque la hausse des prix est plus rapide dans un pays tiers qu'à l'étranger, le gouvernement peut être contraint à la dévaluation. Cette situation est indéniable lorsque le déficit de la balance des paiements est structurellement considérable. Une surévaluation de la monnaie peut aggraver les difficultés d'exportation. Une croissance inflationniste ne peut durer indéfiniment car elle compromet gravement la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Les pays qui marchent en tête dans la progression des prix se condamnent aux dévaluations successives et sapent la confiance dans la monnaie.

II. LE BILAN MITIGÉ DE LA DÉVALUATION DE 1994

Le 11 janvier 1994, après 46 années de stabilité monétaire, les 14 pays de la zone franc, sous la pression des institutions internationales et la France, s'accordent pour modifier la parité du franc CFA à compter du 12 janvier 1994 à 0 heure. Au-delà des traumatismes engendrés par cette mesure et plus de dix sept ans après, un consensus se dégage : les effets de la dévaluation sont encore difficiles à évaluer dans leur ensemble car ils possèdent un échelonnement différent dans le temps. Le bilan de la dévaluation de 1994 est donc mitigé.

 Selon l'étude de Bernard Conte (1998)[2], Trois ans après le changement de parité, l'IED[3] de la sous-zone UEMOA s'élève à 38,1, supérieur de 8,1 points à la limite inférieure de l'intervalle de succès fixé par S. Edwards. Malgré l'incertitude pesant sur la fiabilité des données statistiques, il semble bien que la dévaluation soit une réussite, au moins sur le plan de la compétitivité-prix externe. Ces résultats «en moyenne» cachent une hétérogénéité croissante des performances nationales.  Malgré le changement de parité, les soldes des balances des paiements courants hors transferts unilatéraux publics de l'ensemble des pays de l'UEMOA restent négatifs. Selon la Banque de France, en 1995, «la croissance des exportations a résulté d'une reprise des achats de biens d'équipement et de biens intermédiaires, en relation avec la progression des investissements»[4].

Toujours selon l'auteur cité ci-dessus, en termes d'IED, les performances de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) sont inférieures à celles de l'UEMOA au cours des trois années après  la dévaluation. Trois années après le changement de parité, l'IED moyen de la sous-zone se fixe à hauteur de 34,1, soit 4,1 points au-dessus de la limite inférieure de l'intervalle de succès.

Dans le cas ivoirien, la dégradation générale des termes de l'échange de près de 50% entre 1985 et 1993, suite à l'effondrement des cours des principaux produits d'exportation (chute d'environ 50% pour le cacao et le café, 20% pour le coton entre 1984 et 1992). Du coup, la baisse des recettes d'exportation entraîne alors dans son sillage, celle des recettes publiques largement tributaires des taxes sur le commerce extérieur.

Il ne faut pas également oublier l'appréciation nominale du franc français (FF) vis-à-vis du dollar américain décidée en septembre 1985 lors de l'accord de Plaza, provoquant une appréciation automatique du franc CFA, étroitement liée au franc français par une parité fixe. Le cours de matières premières étant fixé en devises, principalement en dollar américain sur le marché mondial, la Côte d'Ivoire reçoit moins de franc CFA par unité de volume, ce qui amplifie l'effet récessif de la dégradation des termes de l'échange sur les recettes d'exportation.

A cela, s'ajoute, la politique de baisse des taux de change menée dans des pays africains tels le Ghana, le Nigeria et l'émergence d'économies compétitives en Asie du Sud-Est (Malaisie et Indonésie).

En ce qui concerne l'effet bénéfique de la dévaluation du franc CFA de 1994, les tests empiriques restent peu enthousiastes. L'assainissement des comptes extérieurs et les mesures de traitement de la dette (neuf PAZF ont pu obtenir une réduction de leur dette envers le Club de Paris, la Côte d'Ivoire a obtenu des accords avec le Club de Londres et le Club de Paris) ont permis une nette amélioration des ratios d'endettement. Le programme d'ajustement structurel, couvrant la période 1994-1997, a permis à la Côte d'Ivoire de bénéficier d'un concours financier du FMI de 281 milliards de franc CFA, la banque mondiale ajoutant 435 millions de dollars. La Caisse Française de Développement (CFD) apporte au pays un concours qui s'élève à 1,451 milliard de franc français.  L'inflation a été maîtrisée. En effet, après la dévaluation, l'inflation a été bien contrôlé, dans la mesure où son niveau (32.5%) qui est inférieur à ce qui a été prévu par le FMI (35%) a considérablement chuté les années suivant la dévaluation : 7.7% en 1995 ; 5% en 1996 et en 1997. A prix courants, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 40,3% en 1994, grâce en particulier, à la hausse du prix des produits exportés. Il atteint le montant de 5441,7 milliards de franc CFA en 1996.  La dévaluation n'a pas profondément changé la géographie des échanges du pays avec ses partenaires. La communauté européenne et la sous-région africaine, demeurent les zones avec lesquelles la Côte d'Ivoire entretient la majeure partie de ses échanges.

Reprenant à son compte les conclusions de l'étude de Goreux (1995)[5], Sylvie COSTE (1999)[6] indique qu'en Côte d'Ivoire, 9% de l'augmentation de la valeur des exportations est imputable à l'effet quantité ; 20% à l'effet cours mondiaux  et 71% à l'effet mécanique de la dévaluation. Les effets quantité et cours mondiaux sont deux fois plus importants en 1995 qu'en 1994, avec une croissance plus rapide de l'effet cours mondiaux.  Cela signifie que le succès relatif de la dévaluation serait le fait d'éléments externes, tels les cours mondiaux et non d'éléments internes au pays. Après dix ans de crise, l'économie ivoirienne connaît depuis 1994, une phase d'expansion. Celle-ci s'est traduite par une hausse de 2% en termes réels du Produit intérieur brut (PIB) en 1994 contre une baisse moyenne de 1% entre 1987 et 1993 (-0.4% en 1993). La croissance économique amorcée en 1994 s'est poursuivie et a été supérieure à celle de la population dont le taux de croissance est de 3.8% par an en moyenne.

L'éligibilité de plusieurs PAZF à l'initiative PPTE (« Pays pauvres très endettés ») devrait conforter cette évolution. Dans le même temps, de profondes réformes structurelles visant à créer un cadre favorable à la croissance ont été mises en œuvre, portant principalement sur l'assainissement des finances publiques, la restructuration du secteur bancaire et la privatisation des entreprises publiques. Par ailleurs, avec l'appui de la France et le plus souvent du FMI, les pays à l'exception de la Guinée équatoriale et des Comores, ont mis en œuvre des programmes d'ajustement structurel, ce qui a permis aux PAZF d'accompagner la dévaluation de 1994 par un effort soutenu de stabilisation et d'assainissement de leur économie. Pour autant, au détour de cette rapide revue du succès macroéconomique de la dévaluation, il convient de souligner trois échecs patents (mais qui ne sont pas spécifiques à la Zone franc):


- l'échec en matière de croissance de la consommation par tête ;
- l'échec (relatif) en matière de diminution de l'endettement ;
- l'échec (relatif et limité aux pays côtiers) de la substitution de produits vivriers locaux aux produits vivriers importés.


En définitive, la dévaluation a  touché de plein fouet les principales variables macroéconomiques et les fondements de la société à tel enseigne que, selon G. Semodo et Villieu (1997)[7], « la majorité de la population n'a pas eu les moyens de se prémunir contre la taxe inflationniste immédiate, et la confiance dans la monnaie s'en est trouvée amoindrie ». Cependant, la période post-dévaluation est marquée par la mise en place de nouvelles politiques d'ajustement et de réformes économiques visant à stabiliser les principales variables macroéconomiques, à une gestion rigoureuse des finances publiques et une suppression des politiques nationales protectionnistes susceptibles d'entraver les échanges commerciaux.

III. LA REUSSITE CONDITIONNELLE DE LA DEVALUATION

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