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mardi, 22 mars 2011

PAYS ARABES: SAVOIR VERS QUOI «CHANGER»

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Ça bouge drôlement ces jours-ci, en Algérie, dans pas mal d'endroits. Je ne parle pas des marcheurs  qui animent la matinée du samedi, mais de ceux qui ne sont pas contents du changement qu'a subi le pays depuis 1988 et qui ne marchent pas. On ne les trouve pas sur Facebook, ils ne parlent pas de «démocratie» et ignorent tout de ce qui agite les partis politiques et les associations qui les accompagnent. Ils sont les étudiants qui n'aiment pas du tout les «réformes» qui ont affecté les performances de l'université, dont personne ne reconnaît le bien- fondé, sauf leurs concepteurs. Ils sont les chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi il n'y a pas d'investissements, donc de création d'emplois, alors que le pays a de l'argent. Ils sont ceux que l'Etat a abandonnés, depuis qu'il a accepté que ce soit au marché de s'occuper du développement national. Ils sont ceux que le marché a laissés-pour-compte pour ne s'occuper que de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu. Sans parler de changement, ils le proposent concrètement. Certains ne doivent pas les aimer en disant d'eux qu'ils sont des «tubes digestifs», mais des «opérateurs» du marché ont bien saisi le message et commencé à réfléchir aux réponses économiques qu'il faut donner.

Le seul problème est que le paysage politique n'exprime pas clairement «qui est pour quoi». On n'a droit qu'à des appels au «changement» sans que l'on nous précise ou que l'on sache vers où on déménage. Ce serait le minimum de voir vers où on veut nous emmener, car toutes les destinations ne sont pas verdoyantes pour tout le monde. Car le «changement» est bizarrement scandé par les puissants de ce monde. On le constate, en Libye, où les acteurs du «changement» ont trouvé grâce auprès des pires ennemis des peuples et ont opéré une jonction militaire avec eux. Ce n'est certainement pas pour les recettes du pétrole et du gaz de ce pays qui sont utilisées pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Le peuple, lui, peut le savoir, mais personne ne lui a demandé son avis.

Comme il a toujours suivi les promesses, il s'est divisé entre fidèles de Kadhafi et pro-insurgés, alliés de l'Otan et parrainés par Sarkozy. Les deux pans sont à des lieux de distinguer le bout du chemin, tracé en dehors d'eux, sur lequel ils se sont engagés. Probablement celui de la destruction de l'Etat national symbole de résistance, au seul profit de la mondialisation libérale, sous les coups des F16 et des Rafale. En Tunisie et en Egypte, les peuples perçoivent déjà le sens du «changement Facebooké», ils n'en veulent pas et le disent tous les jours. Alors que ceux qui ont eu le «changement» escompté sont revenus à leurs affaires et s'indignent que le peuple continue de ne pas voir que le «changement» est réalisé.

En Tunisie, Hillary Clinton a dû sentir le vent de la contestation à son encontre. Les manifestants contre sa visite avaient envie de lui dire en face, ce qu'elle va lire dans la presse : «Nous avons fait la révolution tous seuls, sans que personne ne nous aide. Les Américains ont pendant longtemps soutenu le dictateur (Ben Ali) et ils veulent maintenant récolter les fruits de notre révolution». Un parler vrai sur ce qu'elle est venue faire. Un jour enverra-t-elle, peut-être, ses bombardiers à la place de sa souriante frimousse. Elle peut compter sur la «Ligue arabe», qui a tenu à réitérer  «son soutien à une zone d'exclusion aérienne en Libye», comme si la décision de l'ONU en avait encore besoin.


Par Badis Guettaf


Source : LE JOURNAL D'ALGERIE

lundi, 21 mars 2011

DESASTRE POLITIQUE ET SOCIAL A MADAGASCAR

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Andry Rajoelina

Par José Ribeaud, le samedi 19 mars 2011

 

José Ribeaud, journaliste, spécialiste de la grande île, tire un bilan des deux ans au pouvoir de l'autocrate Andry Rajoelina, qui prétendait démocratiser le pays. Résultat, les caisses sont vides, le pillage des ressources et la terreur règnent en maître.


Le 17 mars 2009, un putsch mené par un quarteron d'officiers malgaches contraignit l'ex-homme d'affaires Marc Ravalomanana à abandonner le pouvoir et à s'exiler. Pendant sa présidence (2002 à 2009), il s'était attiré l'antipathie de la France, l'ancienne puissance coloniale, et la colère d'une large frange de ses concitoyens qui lui reprochaient de confondre ses propres intérêts avec ceux de la nation. Un jeune francophile à l'ego démesuré, Andry Rajoelina (36 ans), maire de la capitale Tananarive et instigateur du coup d'Etat, s'empressait de monopoliser le pouvoir. Il voulait, clamait-il, gérer la transition et organiser des élections. En deux ans de gouvernance chaotique, de promesses reniées, d'accords non appliqués, cet «enfant capricieux» comme le qualifie un diplomate français a précipité la grande île de l'océan Indien dans une crise économique, sociale, humanitaire et écologique sans précédent.

Le pouvoir d'achat de la population régresse, le chômage de masse explose, l'analphabétisme progresse, les caisses de l'Etat sont vides, les grèves du personnel enseignant et administratif s'étendent, les prix des produits de première nécessité augmentent, la santé publique se dégrade, le tourisme stagne.

Les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs étrangers désertent l'île en raison de l'insécurité, du racket, des pillages et de la corruption omniprésente. Plusieurs gouvernements retirent ou ne remplacent pas leurs ambassadeurs. L'Union européenne, l'Union africaine et les Etats-Unis ont pris des sanctions à l'encontre de Rajoelina et de ses affidés. Le FMI a suspendu son aide et la Banque mondiale a abandonné le pays à son sort. La France joue, dans cette tragédie, un rôle ambigu. Le président Sarkozy a convenu qu'il s'agissait d'un coup d'Etat mais, sans la complaisance des diplomates français, le président putschiste aurait déjà dû plier bagage.

Toutes les tentatives de médiation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) mandatée par l'Union africaine et toutes les propositions malgaches de sortie de crise achoppent sur l'intransigeance de l'impulsif et versatile autocrate. Quiconque s'enhardit à suggérer des solutions pour un retour à l'Etat de droit est traîné devant la justice. Ainsi, le professeur Raymond Ranjeva, ancien vice-président de la Cour internationale de justice et ancien recteur de l'Université de Tananarive, doit répondre de «complicité dans un complot pour atteinte à la sûreté de l'Etat». Son délit: la publication d'une feuille de route pour sortir de la crise. Ce sexagénaire intègre bénéficie d'une exceptionnelle aura internationale. Il pourrait former un gouvernement d'union nationale constitué de techniciens et de technocrates sans appartenance politique. Cette équipe serait chargée de gérer les affaires courantes, de rétablir l'ordre constitutionnel et d'organiser des élections parlementaires et présidentielles libres, transparentes et supervisées par des observateurs étrangers. Un tel processus démocratique est irréalisable avec les quatre mouvances qui se disputent la présidence, les ministères et les quelque trois cents formations politiques qui aspirent à des postes rémunérateurs. Pour preuve, les bisbilles et refus provoqués par la plus récente feuille de route négociée ces jours derniers par le médiateur africain.

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Récemment, le président autoproclamé a prétendu avoir échappé à un attentat. Mais personne, à part son chauffeur, n'a été témoin de cet inoffensif guet-apens. La psychose du complot est prétexte à des arrestations arbitraires, des inculpations fantaisistes, des perquisitions brutales, des interrogatoires musclés de journalistes et de leaders de l'opposition. L'armée est désorganisée, divisée, politisée. La récompense promise aux officiers supérieurs aux ordres du pouvoir arrive sous forme d'étoiles de général. Certains se mutinent. D'autres s'adonnent à un trafic illicite de bois précieux: bois de rose, de palissandre et d'ébène. La direction du zoo de Zurich, qui finance depuis 15 ans la protection d'un parc national sur la péninsule de Masoala, affirme que des milliers de personnes détruisent et pillent la forêt pluviale en toute impunité. L'agence américaine pour le développement international (USAID), principal donateur pour la protection de la biodiversité à Madagascar, constate que des centaines d'arbres sont coupés chaque jour dans des forêts protégées puis exportés vers la Chine.

Il y a eu en novembre dernier l'adoption par référendum unilatéral d'une nouvelle Constitution qui légitime le coup d'Etat et fait de la justice un instrument du pouvoir. Mais ce n'est pas la proclamation de la IVe République qui soulagera la misère des quelque 20 millions de Malgaches. Ceux-ci attendent des autorités qu'elles rétablissent les libertés civiques et l'ordre constitutionnel, relancent l'économie, luttent contre les injustices sociales et fassent bénéficier la population des produits de l'exploitation par des compagnies étrangères des hydrocarbures et des gisements de minerais précieux.

En deux ans, Andry Rajoelina a fait la démonstration de son incompétence dans la gestion des affaires publiques et de sa répulsion à consentir des compromis pour rassembler les forces vives du pays. Avant-hier, il a reconduit au poste de premier ministre Camille Vital, un général à ses ordres. Il l'a chargé de former un gouvernement prétendument d'union nationale. Ce remaniement ministériel est boycotté et déjà contesté par les principales mouvances de l'opposition. La classe politique démontre une fois de plus son incapacité à surmonter ses dissensions et à s'unir pour sortir Madagascar du cycle infernal du sous-développement, de l'insécurité et de la misère.


Source : TIM MADAGASCAR.ORG

CINQ REMARQUES SUR L'INTERVENTION CONTRE LA LIBYE

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Par Michel Collon, le 20 mars 2011.

1. Humanitaire, mon œil ! 2. Qui a le droit de «changer un régime» ? 3. Les buts cachés. 4. La «communauté internationale» existe-t-elle ? 5. Apprendre des précédents médiamensonges.


1. Humanitaire, mon œil !

Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu'ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahreïn ? L'Occident soucieux de démocratie alors qu'il protège la répression du dictateur au Yémen ?

Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la « brutalité » d'Israël. C'est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.

2. Qui a le droit de « changer de régime » ?

Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu'un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés.

D'un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c'est pour ça que l'Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette.

Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n'applaudirait pas ? Mais si c'est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l'Irak et l'Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ?


Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n'appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.


3. Les buts cachés.


S'il n'y avait pas de pétrole en Libye, jamais l'Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble.


Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c'est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n'utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l'or noir dans le monde entier. Comme instrument d'hégémonie.


Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

  • Dociles envers Washington
  • Conciliants avec Tel-Aviv
  • Refusant d'appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.

4. La « communauté internationale » existe-t-elle ?

Manipulé par l'argent et les chantages des USA, l'ONU n'est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ».

Mais leur agression n'est soutenue ni par l'Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l'Europe avait exigé que l'Union africaine donne son accord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l'intervention.

Et toute l'Amérique latine a soutenu l'idée d'une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n'était pas de sauver des gens, mais de s'emparer du pétrole.


En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s'agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d'œuvre, destruction de l'agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l'humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices.


Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s'il s'agit d'une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n'est pas dans l'agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s'est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s'ils l'emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité.


Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?


5. Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge.

Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L'argument - massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l'opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s'imposer.


Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l'Empire décide une guerre, l'info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N'est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d'un grand médiamensonge pour faire basculer l'opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l'Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d'Al-Qaïda, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d'un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l'Afghanistan, ce fut en prétendant qu'il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.


S'informer est la clé


Il est temps d'apprendre des grands médiamensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.

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Source : MICHEL COLLON.INFO

PIERRE FRANKLIN TAVARES: LETTRE OUVERTE A STEPHANE HESSEL SUR LES MALADES IVOIRIENS


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Stéphane Hessel

POURQUOI JE M'INDIGNE ?

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir un motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé [1].

Aristote signale qu'une colère est vertueuse ou juste, quand elle s'élève contre une injustice. J'ajouterai que la colère doit être d'autant plus grande que l'injustice l'est. C'est dans le sillage de cette tradition philosophique et de celle, théologique, de saint Jean Chrysostome[2], que vous avez rappelé la force, la puissance de l'indignation[3], qui fait tant défaut à notre époque et à notre France. Au vrai, notre capacité d'indignation s'est considérablement émoussée. Excipons d'un exemple ce qui est affirmé. Dans l'un de ses cours, Hegel, dont vous étiez un fervent disciple[4], grand interprète des événements français, dira à ses étudiants : les Français ont le bonnet près de la tête. Par cette image, pour le moins phrygienne, le penseur entendait dire que les Français agissaient alors aussi vite qu'ils pensaient juste. Être Français, c'était encore être capable d'indignation, comme l'atteste cette révolte contre Valentinien, qui nous réaffirma Francs, c'est-à-dire non pas « seulement » libres, mais « d'abord » libres. En effet, c'est notre indignation face à l'obligation de payer un tribut[5] non dû, qui nous afficha libres et organisa notre séjour en Gaule. Et depuis, au nom de la Liberté, l'injustice nous est intolérable. Le motif de base de la Résistance, écrivez-vous, était l'indignation[6]. Ce mobile est une origine, une fondation, parce que répétition de l'acte initial. Mais cette vertu de colère, nous l'avons amoindrie, peut-être même perdue. Aussi, vous inscrivant dans la tradition, vous réclamez à chacun de nous la recherche d'un motif d'indignation, comme indiqué dans l'épigramme. Parmi tant d'autres, il en existe un qui, par nature, diffère et à ce titre interpelle. Car, plus que bien d'autres, il heurte au plus profond la conscience morale universelle, en brisant de façon simultanée et en pleine irresponsabilité un double « droit naturel » : le secours dû aux malades (ivoiriens) et le droit des malades (ivoiriens) aux soins.

Pourquoi je m'indigne ? Autrement dit, quel est le fondement et à quelle destination s'élève mon indignation ? Le fondement est un fait : le manquement de l'Union Européenne au devoir de solidarité. La destination un droit, que vous rappelez avec un grand appétit intellectuel, en citant la Déclaration universelle de 1948 que vous avez contribué à rédiger : Je ne résiste pas à l'envie, dites-vous, de citer [...] l'article 22 :[7]. « toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la Sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des doits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays »

Ce fait particulier et ce droit universel sont les deux lames de ma dé-cision, c'est-à-dire les ciseaux de mon indignation, de ce sentiment de colère que soulève la décision d'embargo de l'Union Européenne qui, de facto, interdit toute livraison de produits pharmaceutiques en Côte d'Ivoire par le port d'Abidjan. Et cela heurte ma conscience morale et éveille en moi le sentiment de justice[8]. Et ma colère juste est d'autant plus grande que le combat entre les malades ivoiriens et l'Union Européenne est inégal, trop inégal. Plus encore que celui fameux entre David et Goliath. Offusquez-vous monsieur Stéphane Hessel, à leur place, parce qu'ils n'en ont pas la force. Indignez-vous ! Parce que les indignations sont inégales. La vôtre compte plus que la mienne. Plus que tout autre, elle peut faire entendre la cause de ces malades qui meurent déjà, faute de soins et par manque de produits pharmaceutiques. Aidez à la contagion universelle des indignations. Je m'indigne, comme ce Français qui, depuis Abidjan où il vit depuis longtemps, s'indigne :

Cher Pierre Tavares,

Ceux qui imposent l'embargo sur les médicaments aux Ivoiriens sont les mêmes qui associent démocratie, droits de l'homme, causes humanitaires, plans d'ajustement, etc. pour imposer tous ces concepts aux « populations en voie de développement » (comme on disait dans le temps) sans se rendre compte que nombre de ces grands principes ont pour la plupart raté depuis cinquante ans. Ils ne s'interrogent même pas sur les causes de leurs échecs. Pire avec ce que vous dénoncez. Après avoir maintenu le déséquilibre des échanges, ont fait fi de la survie des pauvres en les privant du seul bien qui leur reste parfois, la préservation de leur santé.

Honte à ceux qui veulent donner des leçons, à la terre entière, dont les actes aboutissent à l'inverse de ce qu'ils voudraient imposer.

Que votre engagement permette de débloquer ce génocide par procuration qui est en train de se passer en Côte d'Ivoire par ces mesures iniques prises à l'encontre, non pas des dirigeants et des nantis, mais au détriment des pauvres.

Très respectueusement.

Cette lettre, en réponse à une indignation que j'ai poussé récemment, montre bien ce qu'est être Français. La vie sous les Tropiques ne change rien à la Liberté et au goût de justice qui nous habitent. Mais combien est-il frappant que ce soient les Français de la société civile, l'opinion publique, qui s'indignent et aucun homme politique français ? Le président Nicolas Sarkozy, par exemple, ne semble pas être ému par le sort des malades ivoiriens. Comment se l'expliquer ? Car la France, dont il préside l'État, ne saurait concourir à la mort de malades et de patients en Côte d'Ivoire. L'Union Européenne, porte-étendard des libertés, exhibe l'oriflamme de la mort. Comment se l'expliquer ? Madame Catherine Aston, Haute représentante de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de la sécurité, et vice-présidente de la Commission, une femme, continuera-t-elle d'éprouver les malades ivoiriens ? N'entend-elle pas les gémissements, les pleurs et les complaintes ? Ne sent-elle pas cette odeur de mort exhaler des hôpitaux ? L'Union Européenne veut sanctionner le régime en place. Soit ! Mais alors pourquoi punir des malades ? L'Union Européenne ne devrait-elle pas faire des exceptions, notamment pour les médicaments dont la quasi-totalité vient d'Europe et qui sont livrés au port d'Abidjan par des navires européens ou venant d'Europe ? Cette conséquence collatérale est une indignité européenne. Laissons les malades ivoiriens souffrir dans la dignité, ne rajoutons pas une indignité européenne à leur souffrance. C'est pourquoi, répondant à votre exigence d'indignation, je vous adresse mon indignation afin que, pour les malades de Côte d'Ivoire, vous vous indigniez. Une fois de plus. Ne restez point insensible au sort des malades ivoiriens[9]. Indignez-vous, comme le Nonce apostolique Ambrose de Madtha, en Côte d'Ivoire, qui affirme sans ambages : C'est un vrai désastre provoqué par l'Union Européenne[10]. Et Médecins Sans Frontières qui condamne : « Pénurie de médicaments, MSF accuse la communauté internationale»[11]. Le titre du quotidien L'Inter, qui autant que je le sache n'est pas pro-Gbagbo, est éloquent : Le crime silencieux de l'Union Européenne contre les Ivoiriens[12]. Partout des voix commencent à se lever. Soyez un levain dans ce froment d'indignation. Ou pour reprendre votre slogan : soyez le levain pour que la pâte se lève[13]. Comme les enseignants que vous citez en modèle, en refusant une loi inique[14], apprêtons-nous à désobéir à l'Union Européenne.

Si vous rencontrez quelqu'un qui n'en bénéficie pas [des Droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948], plaignez-le, aidez-le à les conquérir[15], avez-vous écrit. J'en ai rencontré. Mais dans mon engagement, Monsieur Hessel, il ne s'agit pas de défendre l'Ordre des Pharmaciens de Côte d'Ivoire. Elle est assez grande pour le faire, par elle-même. Je ne suis donc aux ordres d'aucune corporation. Il s'agit encore moins de défendre un camp politique contre un autre. Je l'ai toujours dit, cette crise durera, tant que les partis politiques ivoiriens aidés, par leurs voisins, placeront la Côte d'Ivoire au-dessus de leurs idéologies et intérêts[16]. Je ne suis engagé dans aucun parti politique ivoirien. Il s'en faudrait de beaucoup ! Non, monsieur Hessel, mon philosophe préféré, celui de l'espoir, est le même que le vôtre : Hegel, le philosophe du débat et du combat[17], comme dit l'éminent Jacques D'Hondt que je connais bien. Non monsieur Hessel, mon indignation est le parti-pris des malades. Au fond, tout engagement pour des causes justes repose sur la Liberté. Et le secours que nous devons aux plus faibles rend concrète et donne sens à notre humanité.

En espérant avoir suscité votre indignation,

Je vous prie de recevoir, Monsieur, mes salutations les plus respectueuses.


Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile : 06-87-34-21-22




[1] Stéphane Hessel, Indignez-vous !, Indigène éditions, 11ème édition, Paris, janvier 2011, p. 12.

, http://www.lumenc.org/malcolere.php.

[3] Le titre de votre ouvrage.

[4] S. Hessel, Op. Cit., p. 13.

[5] Colette Beaune, Trojani aut Galli ?, in Naissance de la nation France, Gallimard, Paris, 1985, p. 25.

[6] S. Hessel, Op. Cit., p. 11.

[7] S. Hessel, Op. Cit., p. 16.

[8] Paul Robert, Le Petit Robert, société du nouveau Littré, Paris, 1977.

[9] P. F. Tavares, Pourquoi l'Union Européenne punit-elle les malades ivoiriens ?, www.Ubiznews.com

[10] Le Nouveau Courrier, n° 229, 18 mars 2011.

[11] DirectScoop.net, agence panafricaine de presse, MSF Accuse la communauté internationale, 16 mars 2011.

[12] L'Inter, Le crime silencieux de l'UE contre les Ivoiriens, n° 3855, 18 mars 2011.

[13] S. Hessel, Op. Cit., p. 12.

[14] S. Hessel, Op. Cit., p. 11.

[15] S. Hessel, Op. Cit., p. 12.

[16] P. F. Tavares, Sur la Crise Ivoirienne, considérations éparses, NEI, Abidjan 2005.

[17] Jacques D'Hondt, Hegel, Le philosophe du débat et du combat, Librairie Générale Française, Paris, 1984.

dimanche, 20 mars 2011

SOUVERAINETE DE LA COTE D'IVOIRE: LES VERITES CRUES DE PAUL YAO-N'DRE (PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DE COTE D'IVOIRE)



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A la faveur des journées portes ouvertes de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) à Abidjan, Paul YAO-N'DRE, parrain de la 49ème promotion de ladite école, a prononcé un important discours qui tranche avec la langue de bois.


«Depuis dix ans, avec la crise du 19 septembre 2002, la Côte d'ivoire est à la croisée des chemins. Assurément, les Ivoiriens sont à la recherche d'un Etat démocratique, moderne et souverain aux fondements solides avec des acteurs compétents, producteurs de développement durable, pour son accomplissement total.

Bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain

Cette option est aux antipodes du parti unique, donc du monolithisme ou du jacobinisme. Toutefois, cette quête de la civilisation multidimensionnelle, libre et souveraine, rencontre depuis la chute du mur de Berlin en 1989 d'énormes difficultés.

Les survivances du parti unique en Afrique sont des obstacles à l'émergence d'un Etat démocratique, moderne et souverain. Ceux-ci se situent tant au plan interne qu'au niveau international. L'évolution du processus démocratique en Afrique, notamment francophone noire depuis le « vent de l'Est » et ses corollaires la «Pérestroïka » et la «glasnost», révèle des survivances monolithiques. C'est dire que le processus démocratique en Afrique rencontre des oppositions et des résistances depuis sa mise en œuvre. Sans nier les entraves internes, il y a lieu de noter que celles extérieures restent majeures aux plans économique, financier et politique. La dialectique de l'alliance dans la dépendance fait apparaître deux composantes intimement liées: la protection des privilèges étrangers est la condition d'existence et de maintien de certains chefs d'Etat africains et de leur régime. En d'autres termes, la préservation du statut quo et ses mécanismes régulateurs se fondent sur des relations d'échange très personnalisées.

A ce niveau, la politique et l'économie s'interpénètrent et se réalisent par des circuits de pots de vin, de passe-droits, de faveurs individuelles et, dans certains cas précis, des contributions aux campagnes électorales des partis politiques et candidats des ex-pays colonisateurs. D'où le rejet des dirigeants africains des nouvelles générations dont le discours reflète les aspirations des populations. Il s'agit donc pour l'extérieur d'éviter tout changement ou toute forme de développement du processus de démocratisation susceptible de mettre en équation les «positions acquises». La nécessité de construire un Etat démocratique, moderne et souverain passe par la conception et la mise en œuvre de la politique de Refondation. Aussi, l'Etat démocratique requiert-il changement de vision et d'horizon, de mentalités et de comportements. Il suscite raisonnement, approches plurielles des problèmes et solutions consensuelles. Il exhorte à l'unité et à l'identité nationales par les sensibilités diverses aux fins d'un progrès économique, social et culturel engendré par le travail de tous dans la solidarité pour le bonheur partagé de tous.

En d'autres termes, l'édification d'un Etat démocratique en Côte d'ivoire nécessite la mise en œuvre d'actions et d'activités aux plans politique, économique et social par rapport au pouvoir politique et relativement au peuple. Il faut, d'abord, la voie de la transition pacifique à la démocratie, c'est-à-dire des élections justes et transparentes sans entraves, ni violences. Ainsi, l'accession au pouvoir par le suffrage universel légitime le pouvoir d'Etat et son dépositaire. Ensuite, l'avènement d'un Etat démocratique requiert un environnement propice et la mise en place d'institutions fortes, ointes par la légitimité et la légalité, et l'existence de règles devant favoriser l'intervention des citoyens dans toutes les cellules sociales quant à la prise des décisions. Enfin, la reconnaissance et l'exercice des droits et libertés des citoyens concrétisent la démocratie et favorisent l'évolution positive de l'Etat démocratique moderne. Il s'agit de l'égalité politique, l'égalité des chances:

-          L'égalité politique désigne un droit égal à élire et à se faire élire. L'égalité de suffrage comporte le droit d'accès au lieu de vote, la libre expression de l'opinion par le vote et l'élection à une fonction publique de tout individu qui jouit du droit de vote.

-          L'égalité devant la loi signifie que tout le monde sera traité de la même manière par le système juridique.

-          L'égalité économique permet à tous les citoyens de jouir d'un minimum de sécurité économique. Un niveau de pauvreté extrême étant un obstacle à la participation de l'individu à la vie de la société.

-          La liberté de parole, la liberté de presse, la liberté de circulation et la liberté de religion sont essentielles dans un Etat démocratique.

-          L'éducation est un principe fondamental de la démocratie. Le citoyen appelé à faire des choix, à trancher différentes questions doit être capable de lire, écrire, compter juger et décider.

Le règne de la loi, notamment la Constitution, est concomitant à l'émergence d'un Etat démocratique et moderne. Les producteurs de la loi, tous les citoyens et tous ceux qui vivent sur le territoire national doivent être soumis à la loi. C'est l'Etat de droit. Cet Etat démocratique et moderne doit reposer sur des fondements solides pour sa viabilité.

La souveraineté et la Constitution, fondements d'un Etat démocratique moderne

La souveraineté et la Constitution sont à l'Etat ce que représentent le cœur et les poumons dans la régulation du corps humain. L'Etat démocratique et moderne à bâtir doit être souverain et reposer sur une Constitution solide. La spécificité de l'Etat, par opposition aux autres sujets de droit, tient à la faculté de se prononcer dans tous les domaines avec le pouvoir du dernier mot : cela s'appelle la souveraineté. La souveraineté est le pouvoir exclusif que possède tout Etat mais dont la limitation ne procède que du droit national et international. La notion de souveraineté est étroitement liée à celle d'indépendance. On peut même dire que la souveraineté, fondement anthropologique de l'Etat, est une notion qui se confond avec celle d'indépendance:

-          Au plan interne, l'Etat est maître chez lui. Il a l'exclusivité ou le monopole des compétences à l'intérieur de ses frontières: il exerce des compétences autonomes et dispose de la liberté totale de décision, il a la plénitude des compétences, c'est-à-dire celles dont le contenu ne souffre d'aucune limitation. Tous les problèmes économiques, sociaux, culturels et politiques sont du domaine d'intervention de l'Etat.

-          Au niveau international, la souveraineté implique la non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Etat, outre le droit de légation, le droit de conclure des traités, le droit de réclamation internationale et le droit de protection diplomatique. Les immixtions graves présentes dans les affaires domestiques de la Côte d'Ivoire dépassent tout entendement civilisationnel. Le principe de l'indépendance qui consacre l'émergence de l'Etat sur la scène internationale conforte son existence.

L'indépendance est un processus et une situation. C'est d'abord l'acte par lequel une collectivité étatique accède à la qualité de sujet de droit international. C'est ensuite la position d'un Etat dans les relations internationales et dont les organes dirigeants ne sont soumis à aucune autorité extérieure. Dans son application, la notion d'indépendance revêt également deux aspects: l'indépendance politique et l'indépendance économique.

L'indépendance politique

L'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes conduit à l'indépendance politique. Le principe de non-intervention protège et garantit l'indépendance politique. Naguère considéré comme un principe politique, le principe de l'autodétermination, du point de vue de sa juridicité, ne soulève aucune difficulté actuellement. Non seulement, il repose sur une base coutumière mais également il a été consacré par des traités (article 1er commun aux Pactes internationaux du 19 décembre 1966 relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels). Le droit pour un groupement humain de se constituer en Etat, donc de témoigner de lui-même, a une signification particulière dans le cadre territorial:

Il permet, d'une part, à un peuple de déterminer librement son statut international. La charte des Nations unies et le problème colonial en offrent un exemple. Par sa résolution du 14 décembre 1960 (1514 XV), l'Assemblée générale de l'Onu proclame solennellement «la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans ses manifestations. Elle réaffirme la légitimité de la lutte que les peuples, sous domination, mènent pour l'exercice de leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance et prie tous les Etats de leur apporter une aide matérielle et morale ».

D'autre part, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes affirme la liberté pour chaque entité, parvenue au stade de juger d'elle-même, de choisir sans contrainte son système politique, économique et social et sa forme de gouvernement. Ce qui implique la non-intervention dans ses affaires intérieures. Le principe de non-intervention ou non-ingérence postule l'obligation de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'un Etat. Aussi sont-elles interdites les ingérences politiques, économiques ou militaires. Mais, l'histoire des relations internationales montre que les cas d'intervention sont beaucoup plus fréquents que ceux de non-intervention. D'où la légalité douteuse de telles interventions. Aussi, pour certains Etats, l'indépendance devient-elle relative. C'est le cas de notre pays, la Côte d'Ivoire, depuis le coup d'Etat de décembre 1999 et coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002, mué en rébellion. La conquête de l'indépendance économique n'échappe pas aussi à toutes ces pesanteurs.

L'indépendance économique

Elle passe nécessairement par l'autodétermination économique. Aussi l'indépendance économique se présente-t-elle comme le pendant de l'indépendance politique. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles est l'un des moyens d'accession à l'indépendance économique. Il est aujourd'hui, pleinement consacré.

Les Etats latino-américains ont joué un rôle dans la formulation du principe. Le Mexique, l'Uruguay et le Chili, par leurs actions successives, ont amené l'Assemblée générale de l'Onu à adopter le droit de souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles. Il s'agit des Résolutions du 21 décembre 1952, du 14 décembre 1962 et la charte des droits et devoirs économiques des Etats du 12 décembre 1974. Ce principe vise à mettre un terme à l'exploitation sans partage des ressources naturelles par les puissances étrangères.

Ainsi, les résolutions de 1952 et de 1962 prévoient le libre exercice par chaque Etat de son droit souverain sur ses ressources naturelles. La résolution du 1er mai 1974 relative à l'instauration d'un nouvel ordre économique international va dans le sens des préoccupations des Etats en développement: une souveraineté permanente intégrale de chaque Etat sur ses ressources naturelles et sur ses activités économiques; un contrôle de l'Etat sur ses ressources et leur exploitation. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses ressources naturelles est juridiquement acquis désormais par le mode coutumier de formation des normes. Malgré les tentatives de la doctrine et de la jurisprudence occidentales de vider le principe de son contenu, son insertion dans l'ordre juridique positif ne fait plus de doute, aujourd'hui. Ainsi, le principe de la souveraineté permanente revêt une portée impérative plutôt qu'une force obligatoire. La souveraineté et la Constitution ont un rapport de caractère dialectique. De la souveraineté résulte la Constitution. Celle-ci conforte et protège celle-là. Les deux consolidant la viabilité d'un Etat démocratique moderne.

La Constitution, fondement juridique de l'Etat, est l'ensemble des règles écrites ou coutumières qui déterminent, d'une part, la forme de l'Etat, la dévolution et l'exercice du pouvoir et, d'autre part, les Institutions qui incarnent ce pouvoir. Il est donc indispensable que la souveraineté, la Constitution ainsi que les Institutions soient respectées et, au besoin, protégées pour inscrire l'Etat démocratique dans la modernité pour le développement durable. Et c'est ce que les Ivoiriens ne cessent de faire depuis la crise du 19 septembre 2002. D'où l'importance du potentiel humain pour restituer à un Etat démocratique, moderne et souverain sa vertu dans son évolution positive.

Le potentiel humain, notamment les élèves de la 49ème promotion (de l'ENA, ndlr), vecteur de la réalisation d'un Etat démocratique, moderne et souverain

Les agents de l'Etat, en particulier les fonctionnaires, constituent le fleuron de l'Administration ivoirienne. Celle-ci doit être davantage au diapason de l'évolution pour son adaptabilité constante aux fins de bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain. Aussi, les agents de l'Etat, notamment les fonctionnaires de cette 49ème promotion, doivent-ils accomplir trois missions essentielles: garantir les valeurs républicaines, défendre l'intérêt général et promouvoir le progrès économique et social. En d'autres termes, les agents de l'Etat et les fonctionnaires de la 49ème promotion doivent être auréolés d'une éthique et d'une philosophie nouvelles de la modernisation de l'Administration, c'est-à-dire mettre en œuvre une politique de relations de travail rénovée, une politique de développement des responsabilités, une politique d'accueil et de service à l'égard des usagers.

C'est pourquoi, j'encourage les fonctionnaires et agents de l'Etat à redoubler d'effort, compte tenu de la situation de crise que traverse notre pays, la Côte d'Ivoire. De manière particulière à vous mes filleuls, de la 49ème promotion (2009-2010), je vous exhorte à la pondération pour mener à bien une carrière fructueuse. La vie sociale doit entrer en symbiose avec la vie professionnelle pour vous conférer l'équilibre et la stabilité. Au plan professionnel, le respect de la hiérarchie, la compétence, la probité et la bonne humeur doivent guider vos actions comme valeurs cardinales dans l'Administration. C'est à ce prix que nous bâtirons ensemble, dans un élan collectif, un Etat démocratique, moderne et souverain ivoirien pour un respect de sa loi fondamentale, de sa Constitution, de l'état de droit, des droits humains et de sa souveraineté. C'est un impératif dû par tout citoyen ivoirien. C'est pourquoi, nous devons résister et résister, lutter et lutter pour vaincre.

Cet Etat démocratique, moderne et souverain en appelle à une coopération nationale et internationale, librement consentie, avec des avantages comparatifs équitables au profit des concitoyens pour un développement durable. En d'autres termes, aucun Etat ne peut vivre en autarcie. La Côte d'Ivoire reste donc ouverte au partenariat aux plans bilatéral, sous-régional, continental et universel. Cette collaboration doit reposer sur des avantages mutuels afin que les ivoiriens puissent également en tirer profit pour leur épanouissement total et leur bonheur.

Chers Ivoiriens, quelles que soient nos convictions idéologiques, philosophiques, politiques et confessionnelles, nous n'avons tous qu'un patrimoine: la Côte d'Ivoire. Nous avons donc l'impérieux devoir de la préserver. Puisons en nous, dans nos consciences, des énergies, des connaissances, des expertises, un savoir-faire pour trouver une solution pacifique négociée à cette crise. C'est à nous tous, Ivoiriens, de prendre d'abord nos responsabilités dans le règlement de ce différend. Les apports extérieurs ne seront ensuite que complémentaires. Il est encore temps d'agir. Agissons maintenant. C'est en cela que nous montrerons notre capacité à nous affirmer. Selon l'évangile (Psaumes 42/7-11), David a traversé des circonstances très difficiles et les a décrites comme des vagues et des flots passant sur lui. Alors, il se posa la question suivante: Pourquoi es-tu abattue, mon âme? Et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi? Il répondit lui-même: «Attends-toi à Dieu». S'attendre à Dieu, c'est se reposer sur ses promesses, c'est-à-dire, «il ne te laissera pas, il ne t'abandonnera pas» (Hébreux 13/5).

Ivoiriens, ne craignons point, car Dieu est avec nous. Il nous fortifiera, oui il nous aidera, oui il nous soutiendra par la droite de sa justice. En d'autres termes, s'attendre à Dieu, c'est nous amarrer à une «ancre de l'âme, sûre et ferme» (Hébreux 6/19). C'est une ancre qui nous préserve d'être ballotés par les tempêtes de la vie dans un monde dont Satan est le prince (Jean 14/30). Nos cœurs sont troublés par les incertitudes des temps pénibles dans lesquels nous vivons, par des nouvelles contrariantes et décourageantes. Mais, nous ne serons pas ballotés si nos vies sont ancrées dans l'espérance de Dieu. Dans la mesure où nous gardons cette espérance devant nous, elle nous aidera à vivre une vie qui glorifiera le Seigneur; elle apportera joie et paix dans nos vies et dans nos maisons pour une Côte d'Ivoire réconciliée avec elle-même, solidaire et prospère pour tous.

Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et nous garde. Je vous remercie».


Propos recueillis par Renaud Djatchi.


Source : Le blog de Benoît Boéhi

LIBYE: UNE GUERRE EN PREPARATION DEPUIS NOVEMBRE 2010?


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Par Gilles Munier, le samedi 19 mars 2011

Sarkozy voulait sa guerre, il l'a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois - au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer« Southland »... entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d'un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée (1). Nom de code de l'opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » ! Elle est aujourd'hui programmée pour de vrai, quel que soit le nom qui va lui être attribué pour donner le change. Pour attaquer la Libye, donc, il ne manquait que l'habillage diplomatique de l'intervention occidentale, c'est-à-dire la caution du Conseil de sécurité de l'ONU et la constitution d'une coalition comprenant « nos bons vieux amis arabes ». C'est fait, en urgence.

On s'en souvient : « Desert Storm - Tempête du désert » était le nom choisi en janvier 1991 par le Pentagone, de l'attaque de l'Irak ordonnée par George Bush (père). L'opération avait été précédée par un exercice quasi identique à « Southland », dirigé quelques mois plus tôt au Koweït, par le général Norman Schwarzkopf. Le régime de Saddam Hussein était déjà clairement désigné comme l'ennemi.

Bye-Bye Kadhafi ?

On ne peut que s'interroger sur l'origine des informations alarmistes publiées dans les médias depuis le soulèvement de plusieurs tribus libyennes soutenues - pour des motifs en partie différents - par le courant islamique djihadiste. Le colonel Kadhafi n'est pas un ange, mais on a l'impression d'assister à un copier-coller de la campagne de diabolisation du Président Saddam Hussein : le Guide libyen « bombarde son propre peuple » - des diplomates et des ministres font défection - des massacres de civils sont dénoncés- les Berbères du djebel Nefousa sont menacés de génocide ; le tout repris en boucle sur la chaîne qatari Al-Jazeera.

A quand un tribunal spécial pour la Libye ? Il ne manque que les armes de destruction massive. Pas de chance : Kadhafi s'en est débarrassé, en 2004, sur les conseils de son « ami », Sir Mark Allen, chef du service Moyen-Orient du MI6, ex Intelligence Service. Un autre de ses « amis », le Premier ministre britannique Tony Blair, a pu ainsi lui décerner, en 2007, le titre de « solide partenaire de l'Occident » ! Comme dit Saïf-al-islam : « c'est vrai que quand tu es fort, tout le monde est tout gentil. Par contre, quand tu es sur le point de t'effondrer, c'est bye-bye... » (2).


(1) Site de « Southern Mistral » : http://www.southern-mistral.cdaoa.fr/

(2) Interview de Saïf-al-islam par Paris Match (9/3/11).


Source: OUMMA.COM

IMPACTS DE LA GUERRE SUR L'ECONOMIE IVOIRIENNE: LES AVEUX ET REVELATIONS DE CERTAINS PATRONS FRANÇAIS



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Plus la guerre s'installe dans la durée en Côte d'Ivoire, plus les langues se délient. Dernier fait en date, les aveux et révélations de certains patrons français au cours d'une réunion secrète à l'Elysée. «Quand la Côte d'Ivoire tousse, c'est toute la sous-région qui s'enrhume », dit-on.


Depuis plus de quatre mois, la Côte d'Ivoire vit la première guerre ouverte de son histoire depuis 50 ans. Les effets néfastes de l'interdiction d'exporter le cacao d'origine Côte d'Ivoire, ordonnée par l'Ue et voulue par Ouattara Alassane candidat malheureux à la dernière présidentielle de 2010, et l'embargo de l'Ue sur les ports d'Abidjan et de San Pedro, se traduisent par une baisse drastique des activités à l'import et à l'export au niveau des deux ports. Par ricochet, disons que c'est un véritable temps de vache maigre pour les transitaires et tous les acteurs du secteur maritime ivoirien. Mais aussi et surtout les douanes ivoiriennes dont quelques-unes des missions sont de non seulement collecter l'impôt sur les cordons douaniers pour l'Etat, mais aussi assurer la protection de l'industrie locale contre l'invasion des marchandises prohibées qui viendraient concurrencer les produits «Made in Côte d'Ivoire» sur le marché ivoirien.

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Si les pertes sont énormes pour l'économie ivoirienne (pas de données chiffrées pour l'instant), il n'en est pas moins pour les entreprises françaises qui opèrent aussi bien dans le secteur maritime que de la banque. C'est très conscients des effets néfastes de la guerre montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire pour aider son poulain Ouattara, que des chefs d'entreprise français ont pris part à une réunion secrète qui s'est tenue récemment à l'Elysée sur la situation en Côte d'Ivoire. Au menu de cette réunion, à laquelle a assisté un aréopage hétéroclite de personnalités françaises, la question économique en priorité.

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Au cours de cette rencontre, « Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et la Société Générale de banque, d'un commun accord, sont allés voir Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle avait été programmée pour durer 48 heures, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient, à tout point de vue, l'allure d'une catastrophe irréversible. Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet ».

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Par ailleurs, au niveau de l'espace Uemoa, les effets de la guerre en Côte d'Ivoire sont également ressentis aussi bien au Burkina Faso, au Mali qu'au Niger. Si au Burkina Faso, ça grogne sous le manteau contre le régime de Blaise Compaoré, la Mauritanie dont les nationaux contrôlent jalousement et gèrent officiellement 30.000 boutiques de détaillants en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Il est à préciser que bon nombre de ces boutiques sont fermées du fait de la persistance de la guerre à peine larvée en Côte d'Ivoire.


Elisée Koffi

 

Source : GBAGBO.CI


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Intervention de l'Ecomog en Côte d'Ivoire : La Cour de justice de la Cedeao dit non

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Les 15 Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont reçu l'ordre de la Cour de justice régionale de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire vendredi. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ». L'affaire sera jugée sur le fond, le 9 mai.

Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cedeao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cedeao avait exigé le retrait du pouvoir du chef de l'Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale.

La Cedeao avait également menacé de déloger M. Gbagbo par la force, s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'« aucune institution de la Cedeao ne devrait prendre quelque initiative que ce soit, susceptible d'aggraver la situation, tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ». « La Cedeao est une communauté économique qui a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un Etat membre, ce qui est hors de sa juridiction », avait argumenté en février un porte-parole de Monsieur Gbagbo, Ahoua Don Mello.

La décision de la Cour de justice n'aura cependant pas d'implication immédiate, la Cedeao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force en Côte d'Ivoire. Le Nigeria, pays dont le président, Goodluck Jonathan, est le président en exercice de la Cedeao, a souligné le 24 février que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir devait être placée « sous l'égide de l'Onu ».


Source : AFP

samedi, 19 mars 2011

LIBYE, UNILATERALISME ET NATIONS UNIES

 

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Par Alain Gresh, le dimanche 13 mars 2011

Alors que les rebelles perdent du terrain en Libye, une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire le 12 mars a décidé de demander aux Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays (« Arab states seek Libya no-fly zone », Al Jazeera English, 12 mars). L'Algérie et la Syrie ont exprimé leurs réserves. La Ligue arabe a aussi confirmé que le gouvernement de M. Mouammar Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'elle ouvrait un dialogue avec l'opposition. Cette position est sans précédent dans l'histoire de la Ligue arabe : suspendre la participation d'un gouvernement à la suite de sa politique « intérieure » et entamer des contacts avec l'opposition. Par ailleurs, la Ligue s'est opposée aussi à toute intervention militaire en Libye, alors que de nombreuses inquiétudes s'expriment dans le Sud face à toute décision unilatérale occidentale.

Un sommet de l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) s'est tenu le 8 mars à New Delhi. Cette organisation, dont les activités sont peu couvertes par les médias occidentaux, symbolise pourtant la naissance de nouveaux acteurs sur la scène internationale (dans le cadre de sa série sur « les alliances insolites », Le Monde diplomatique de mars y consacre une double page). Déjà, on s'en souvient, le Brésil et la Turquie avaient tenté, sans succès, de contribuer à résoudre le dossier du nucléaire iranien (lire « Iran, vers une "communauté internationale" post-occidentale ? »).

Cette fois-ci, les trois puissances émergentes se sont penchées sur le Proche-Orient et la crise libyenne. Elles ont affirmé que toute mesure supplémentaire par rapport à la résolution 1970 du Conseil de sécurité (qui avait décidé de sanctions contre le régime de Kadhafi) ne pouvait être décidée que dans le cadre de la charte des Nations unies (lire Ranjit Devraj, « IBSA Together in Resisting No-fly Zone », IPS, 9 mars).

Le ministre brésilien des affaires étrangères a expliqué que la déclaration reflétait ce que pensait le monde non occidental : « Il est problématique d'intervenir militairement dans des troubles internes. Toute décision d'intervention militaire doit être considérée dans le cadre des Nations unies et en coopération étroite avec l'Union africaine et la Ligue arabe. » Une zone d'exclusion aérienne risque, a-t-il ajouté, de nourrir des sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui ne sont pas présents pour l'instant (lire M K Bhadrakumar, « Arab revolt reworks the world order », Asia Times, 10 mars).

D'autre part, les trois pays ont souligné que la question palestinienne était au cœur des problèmes du Proche-Orient et qu'il fallait aller vers la création d'un Etat palestinien « souverain, indépendant, uni et viable, coexistant pacifiquement avec Israël, avec des frontières sûres sur les lignes de juin 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale ».Enfin, les trois pays ont confirmé leur volonté de coopération. L'Inde et le Brésil ont décidé de porter leur commerce de 7,8 milliards de dollars à 10 milliards et identifié des secteurs de complémentarité : l'énergie, le pétrole, le tourisme, l'industrie pharmaceutiques, les mines et l'agro-alimentaire. Les deux pays ont aussi signé un accord pour lever les restrictions sur leur compagnie aérienne respective.


Source: BLOG MONDE DIPLOMATIQUE.NET

COTE D'IVOIRE - PENURIE DE MEDICAMENTS: MSF ACCUSE «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE»


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Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé mardi les « grandes difficultés pour se faire soigner » que rencontraient les victimes des violences en Côte d'Ivoire « du fait de l'insécurité mais aussi des ruptures d'approvisionnement en médicaments résultant des sanctions internationales ».

« Pour peser sur la crise politique, la communauté internationale a imposé des sanctions commerciales et financières qui, ajoutées aux difficultés de transport, provoquent des ruptures d'approvisionnement en médicaments et matériel médical », commente l'organisation sur son site internet.

Cette situation, selon l'organisation, fait que « dans plusieurs régions du pays, des structures de santé manquent de médicaments de base et aussi de traitements pour soigner des maladies chroniques ou aiguës, notamment pour faire des dialyses rénales».

La ministre de la Santé Publique, Christine Adjobi, a dénombré le 7 mars, « 24 décès » pour la période de janvier à février chez les personnes dialysées consécutivement à la décision de l'Union Européenne d'infliger à la Côte d'Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.

Les étudiants du SYNESS (Syndicat National des Etudiants en Science de la  Santé de Côte d'Ivoire) ont organisé, le 24 février, une marche sur le siège de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Abidjan suivie d'un sit-in devant l'édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le SYNACASCI (Syndicat National des Cadres de la Santé), il ne faut pas faire d'amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l'OMS et l'UE (Union Européenne) devant les tribunaux pour « crime contre l'humanité ».

Le Dr Christine Adjobi, Ministre ivoirien de la Santé publique, avait elle-même condamné le 26 février l'embargo sur les médicaments imposé à la Côte d'Ivoire par l'Union Européenne. « Qu'est-ce que la santé a à voir dans cette situation?  », s'était écriée la ministre qui a dénoncé « un crime contre l'humanité ».

Cette mesure d'embargo fait partie d'une série de décisions de l'Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L'UE espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l'opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l'élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).


Source: IVOIREVOX

LES INSUCCES S'ACCUMULENT EN ATTENDANT LES ECHECS PATENTS: LA PERTE AMERICAINE DE L'INITIATIVE HISTORIQUE



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Par Mohamed Bouhamidi, le 17 mars 2011.

Les révoltes populaires arabes nous auront laissé sur de grandes interrogations sur nous-mêmes et sur le(s) nouveau(x) sens du mot « révolution ». Interrogation plus pesante après la belle contradiction qui pousse la Ligue arabe à  lier les mains de Kadhafi pour alléger le travail de l'insurrection armée en Libye et autorise les pays du Golfe à intervenir contre les manifestants à Bahreïn.

Des plans et des réalités

Le poids de l'interrogation pèse encore plus quand on se souvient que l'Arabie saoudite, qui aide les insurgés en Libye et le pouvoir à Bahreïn, avait ouvertement et fermement manifesté son soutien à Ben Ali et surtout à Moubarak pour lequel elle a pris le risque de se fâcher avec les Etats-Unis.  Cette même ligue, muette pendant les semaines décisives de l'agression israélienne contre le Liban et Ghaza, fait l'événement en offrant à la France et à l'Angleterre la caution arabe à leur impérialisme humanitaire. Sarkozy pouvait désormais envoyer ses avions bombarder les bases et aérodromes militaires libyens en nous disant : «J'agis à la demande des Arabes.» Il faut avouer que c'est le must pour le néo-colonisateur : il revient à la demande du peuple concerné ! Ce n'est plus la seule demande du Conseil national de transition (CNT) qui appelle à l'aide mais celle de tous les Arabes - moins la Syrie et l'Algérie traitées d'avocats du diable par sa presse interventionniste  -. Ça fleure bon le paternalisme et le patriarcat.  Si des gens doutent de la représentativité du CNT, la Ligue arabe vient de lui donner la caution ethnique. La zone d'exclusion verra-t-elle le jour ? Sera-t-elle utile pour les insurgés dans  l'actuel rapport de forces ? Ou un développement ultérieur - très grave pour sa proximité avec nos frontières - précipiterait la Libye dans un scénario à la yougoslave ou à la serbe ? Chacun peut rechercher sur Internet des informations sur les scandaleuses richesses minières qui dorment dans le sous-sol des pays du Sahel. Chacun peut rechercher les stratégies à long terme appliquées par les Etats-Unis pour s'assurer la maîtrise de ces richesses et dont la clé est la remise en cause des frontières laissées par les colonisateurs et la création d'ethno-Etats et d'Etats confessionnels pour se débarrasser définitivement de l'idée, si intimement liée aux indépendances et à la  lutte anticoloniale, de souveraineté sur les richesses et ressources locales. La lutte pour l'indépendance, partout dans le monde, s'est fondée essentiellement sur le mot d'ordre de réappropriation de ses richesses.

Les Algériens ont même prolongé leur guerre de seize  mois pour ne pas perdre un centimètre du Sahara. La scission du Sud-Soudan va bientôt produire son plein effet psychologique et rendre «normale» l'hypothèse que les crises africaines du Sahel trouveraient peut-être leurs solutions dans de nouvelles frontières plus proches des réalités ethniques, culturelles, voire historiques, puisque l'occupation coloniale est venue partout contrarier et annuler des dynamiques de création de royaumes et d'empires africains.  Le tout est que ces nouvelles frontières abritent des Etats qui ne reposent plus sur l'idée de nation et  acceptent plutôt l'idée d'appartenance à une zone. Il suffit pour les lecteurs algériens que l'essentiel des efforts américains et de leurs promesses d'aide au commerce et aux échanges avance toujours la nécessité pour l'Algérie d'adhérer à la zone MENA et de promouvoir la Maghreb comme zone de réflexion et de projection économiques. L'approche est d'autant plus séduisante qu'elle reflète aussi une nécessité pratique pour les pays en voie de développement : celle de favoriser leurs échanges, d'aller vers des commerces Sud-Sud qui n'auront jamais lieu car ces zones ne changeront rien à la réalité des structures économiques si des gouvernements n'engagent pas des politiques économiques  nationales autonomes. Rien ne dit que ces projets de reconfiguration du Sahel aboutiront. Ni les forces politiques nationales de la région  ni les peuples n'ont dit leur dernier mot. Le cas libyen est symptomatique des difficultés que rencontrent les Etats-Unis et les pays d'Europe à mettre leurs visées en pratique. La crise économique a réduit leur marge de manœuvre. Les Etats-Unis en sont réduit à faire d'intolérables pressions sur les autres pays pour leur transférer le poids de leur endettement interne et à l'international.

Les contrariétés impérialistes

Les Etats-Unis, comme les pays européens, sont grandement conscients qu'ils auront à affronter des révoltes et des mécontentements populaires sur leur propre sol. Par ironie du sort, au lieu de mener les changements du Grand Moyen Orient devant leur assurer maîtrise politique et géostratégique pour le contrôle de l'accès aux hydrocarbures, les peuples arabes leur imposent une autre configuration politique qui annihile leurs tentatives de contenir les peuples  dans les limites souhaitées par les grandes puissances. Les défilés ministériels au Caire ne visent pas autre chose que de s'assurer d'un positionnement pro-occidental des autorités et de leur capacité à reproduire le système mis en place en donnant l'impression des grands bouleversements. Et le défilé des ministres à Tunis n'a pas, non plus, d'autres buts. Ce qui frappe, c'est le côté dérisoire des aides proposées, quelques millions d'euros, un chiffre infinitésimal face aux besoins réels et comparé aux superprofits que ces grandes puissances ont retiré de l'alignement des tyrans arabes sur les orientations et les modèles de l'Occident.

Pourquoi la génération des jeunes Arabes qui n'ont pas connu les indépendances et encore moins les luttes de libération se soulève-t-elle contre les dirigeants actuels ? Les raisons sont nombreuses et les analyses sérieuses ne manqueront pas d'émerger du plombage idéologique binaire que les médias dominants se renvoient comme des échos s'épaulant l'un l'autre pour donner à une propagande - savante et sophistiquée certes mais une propagande quand même - les apparences d'une vérité universelle. Mais surtout la redoutable efficacité d'un dogme religieux qui renvoie dans la géhenne du soutien aux dictatures tous ceux qui discutent les intentions réelles des puissances en mal d'ingérence. Bref, qui discutent cet «impérialisme humanitaire» comme l'a si bien nommé Jean Bricmont. Jamais nous n'avions connu un tel poids du «taisez-vous». Nous devrions nous rendre aux logiques «démocratiques» sans les interroger. Le premier facteur de cet impérialisme, c'est la terreur morale que nous devons absolument rejeter, la stigmatisation, la fermeture vers une seule alternative : c'est «soit l'Occident, soit la dictature». Et une fois de plus, pour se tirer des griffes des dictatures, il faut tomber dans celles qui les ont fabriquées ? Pour nous Algériens, la question reste cruciale. Comme les autres pays arabes, la génération des jeunes ne se souvient pas de la guerre de libération, ni de la misère des gourbis, ni de la misère des jours sans pain. Et personne au pouvoir ne leur donne à lire les souffrances indicibles que nous retrouvons dans les romans de Dib, de Feraoun, de Mammeri, de Kateb Yacine. Pas même la vérité romanesque d'Omar ramassant les poussières de charbon pour les ramener à Aïni ou de Fouroulou passant l'hiver glacial des montagnes kabyles. Ce n'est évidemment pas un accident. Comment appeler la condition coloniale, comment rappeler quelques raisons profondes de notre guerre de libération et nous faire les louanges de l'économie de marché et du libéralisme dont la condition coloniale n'est qu'un segment ? Notre jeunesse ne veut plus entendre parler d'un patriotisme devenu discours paternaliste et culpabilisant à l'endroit de jeunes supposés moins méritants que leurs aînés.

Le diable et son avocat

C'est en direction de la jeunesse, ce «carburant» du changement, que se fait le maximum de l'autre  l'effort de culpabilisation.  Nous nous retrouvons non plus dans l'analyse politique, dans la réalité  mais dans d'invraisemblables abstractions. D'un côté, des tyrans surexposés dans les médias avec profusion de leurs portraits grâce à toutes les techniques possibles. Voilà le diable. Et de l'autre côté, des manifestants  dont on ne sait pas grand-chose à part quelques figures qui doivent devenir des symboles, c'est à dire encore des abstractions. Des individus transformés en destin. Des images de l'histoire sorties d'un néant de l'histoire. En parallèle de la dictature morale chemine l'ensevelissement de l'histoire. Kadhafi a fait réellement  autant de morts que Saddam Hussein et, pourtant, aujourd'hui dans le bilan des morts, des tortures, des prisons, des atteintes aux droits de l'Homme, de la destruction de toutes les infrastructures de l'Irak et dans le bilan de la corruption que pèsent les crimes de Saddam Hussein devant ceux de Bush prolongés par Barak Obama ?  Car le prix Nobel de la paix est un authentique tueur et il le prouvera de plus en plus clairement que les Etats-Unis s'enfonceront dans la crise. Ils iront plus vite dans cette direction avec le séisme du Japon qui obligera ce pays à ne plus acheter la dette américaine pour essayer de s'en sortir. Le monde civilisé et les nations démocratiques ont affaibli à petit feu l'Irak avant de lui donner l'estocade. A l'époque, un grand débat a fait illusion dans les milieux de la gauche européenne comme dans les cercles des anti-impérialistes  repentis et convertis à la modernité ; ce courant était contre le dictateur Saddam Hussein et ne pouvait le soutenir contre une agression de la coalition internationale.

Le débat s'est joué à peu de choses près. Premièrement, ne pas soutenir un dictateur est revenu à se taire devant une agression impérialiste qui devait enlever un dictateur selon les buts claironnés mais qui a, en réalité, détruit un pays, un Etat et les forces productives lentement et difficilement accumulées. Le silence à une agression dirigée contre un pays et pas contre un homme.  C'est la même chose aujourd'hui pour la zone d'exclusion aérienne de Sarkozy et Cameron. Deuxièmement, cela s'est joué à la dénomination des choses. En refusant de nommer l'agresseur par son nom : l'impérialisme, c'est-à-dire tout le système de domination du monde qui règle tous les détails de la gestion de la planète, les «juste-milieu» ont dérouté complètement la volonté des peuples de résister car ils ne savaient plus où frapper. Ces peuples pouvaient s'indigner de l'agression américaine en Irak,  ce sont  les «valeurs démocratiques» de l'agression qui gagnaient du terrain.

Troisièmement, cela s'est joué à l'«irréalité». On demande aux peuples de devenir conformes au bon modèle occidental de la démocratie représentative comme si chacun de ces peuples ne vivaient pas dans des conditions économiques, sociales, culturelles extrêmement différentes et lourdement marquées par le choc colonial. À la suite du rouleau compresseur du FMI qui nous met tous à la même médication économique passe le rouleau compresseur de l'idéologie impérialiste qui nous impose à tous la même potion démocratique. Les Etats-Unis n'interviendront pas en Libye. Comme Bouteflika, ils ne veulent pas d'une zone d'exclusion aérienne. La presse algérienne va-t-elle les traiter d'avocats du diable ou de soutien aux dictatures comme elle l'a fait pour Bouteflika ? Les Etats-Unis sont contre l'exclusion car ils n'en ont pas les moyens. Ils ont suffisamment à faire aujourd'hui avec les dangers internes. Si une protestation comme celle du Wisconsin se reproduit, ils n'auront pas assez de leur Garde nationale. Et pour ceux qui l'ont oublié, les Etats-Unis ont souvent tiré sur leur peuple notamment pendant les protestations contre la guerre du Vietnam.  Ils s'en priveront d'autant moins s'il s'agit  de défendre Wall Street. Que pèsent les appels à l'intervention humanitaire devant les froides réalités financières et militaires ? Sarkozy se moque des Libyens. Il a soutenu le CNT dans l'intérêt d'Israël pas de la démocratie. Vous connaissez  un Arabe qui soit remarquable pour Bernard Henri Lévy sans que ce dernier manifeste son allégeance pleine et entière à Israël ? Il manquait à la France cette avanie : Sarkozy le lui a infligé en compagnie de Cameron dont Israël est le premier pays. Sarkozy, dans sa frénésie, a voulu aussi devancer l'histoire. Il n'avait pas compris que pour l'Allemagne et pour les Etats-Unis, même les intérêts d'Israël peuvent ne pas être prioritaires même s'ils sont rentables pour sa réélection en 2012.La grande leçon est que les Etats-Unis et l'Allemagne ont des intérêts nationaux à défendre en refusant l'aventure française.

L'Algérie a-t-elle des intérêts nationaux et les Algériens ont-ils intérêt à avoir les troupes et les armes de l'Otan à leurs frontières ?


Source : LA TRIBUNE ONLINE

HUIT ANS D'INGERENCE NEOCOLONIALE FRANÇAISE...ET DE RESISTANCE HEROÏQUE DU PEUPLE IVOIRIEN


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Par Luis Basurto (*), le 12 mars 2011

La crise en Côte d'Ivoire n'est pas née en décembre 2010, le 2 de ce mois, jour de l'annonce solitaire, surprenante et hors délai des résultats électoraux provisoires du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 faite par le président de la Commission électoral ivoirienne flanqué des ambassadeurs de la France et des USA dans le quartier général électoral du candidat Alassane Dramane Ouattara, l'orthodoxe économiste du FMI. La crise ivoirienne n'est pas née seulement du refus arrogant de la France, ayant obtenu le soutien des USA et de l'Onu, de reconnaître les résultats électoraux définitifs proclamés par le Conseil Constitutionnel ivoirien, l'instance suprême, la seule, qui avait le pouvoir légal de le faire.   La crise ivoirienne est née le 18 septembre 2002 au soir. La tentative de putsch, ratée, de ce jour là contre Laurent Gbagbo fut repêchée rapidement par un plan B de la France avec l'intervention efficace de l'armée française, le 43ème Bima, basée à Abidjan. Jacques Chirac ordonna rapidement la partition du pays sécurisant les rebelles dans le nord du pays en essayant parallèlement de déposséder Gbagbo de tous ses pouvoirs réels, ses pouvoirs constitutionnels, par les "accords" dits de Kléber, à Paris : il choisit  et désigna depuis janvier 2003 presque directement deux premiers ministres ivoiriens, Seydou Diarra en 2003 et Charles Konan Banny en 2005, qui bien entendu obéissaient aux instructions et aux injonctions de Paris. L'ingérence française, militaire, diplomatique et politique, fut constante depuis septembre 2002, elle vient donc de loin. La crise ivoirienne est un état quasi permanent depuis plus de huit ans du à cette ingérence permanente et intense.

La victoire de la force contre l'état de droit c'est justement ce qui s'est passé depuis 2002. Les putschistes pro-Ouattara furent requalifiés 'forces nouvelles » par l'interventionnisme chiraquien, par l'ingérence grossière. Laurent Gbagbo, historien, enseignant universitaire, social-démocrate modéré -fondateur du Front Populaire Ivoirien-FPI affilié à l'Internationale socialiste- fut élu le 22 octobre 2000 ayant long temps lutté pour les libertés politiques et contre le régime autocratique de Félix Houphouët-Boigny, l'allié inconditionnel de la France néocolonialiste. Mais, depuis le jour même de son investiture ses rivaux de l'ex parti unique houphouëtiste, le PDCI -Parti Démocratique de Côte d'Ivoire- l'ancien président Henry  Konan Bédié et l'ancien premier ministre d'Houphouët, A.D.Ouattara,  firent tout pour tenter de le déstabiliser et de l'éjecter de la présidence. Les putschistes du 18 septembre 2002 n'étaient pas à leur première tentative. Et la rébellion soutenue par J. Chirac commit dès le premier jour des crimes inavouables, des exactions les plus extrêmes, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Leurs responsables n'ont jamais été ni jugés ni condamnés. L'impunité -ainsi que la déloyauté et le cynisme- est ainsi devenue la règle dans la vie politique ivoirienne depuis septembre 2002.

La guerre civile, ouverte ou larvée, en Côte d'Ivoire est un état quasi permanent depuis septembre 2002. Et le coup d'Etat permanent, contre les institutions ivoiriennes et les élus, s'est érigé en système pérenne. En novembre 2004 les soldats français commirent contre des civils ivoiriens désarmés des tueries jamais poursuivies ni punies. Le 9 novembre 2004 face à l'hôtel Ivoire à Abidjan 57 civils ivoiriens furent sauvagement tués par l'armée française. Un reportage diffusé plus tard par Canal Plus en France montra les images horrifiantes, insupportables, de ce massacre. On l'a oublié ? Fin 2005 la France et son faux-nez onusien, l'Onuci, essayèrent de dissoudre rien de moins que l'Assemblée nationale ivoirienne, c'est ainsi que le 15 janvier 2006 le GTI, « groupe de travail international », annonça par communiqué banal qu'il « prenait acte » de la fin du mandat des députés ivoiriens. Cette ingérence inadmissible  provoqua le refus ferme des civils ivoiriens qui défilèrent par milliers ; les manifestations de colère patriotique furent stigmatisées par la France et diabolisées par ses médias français et ceux de la « communauté internationale ». Mais l'immixtion, l'ingérence grossière, ne put passer.

Chirac introduit l'ONU dans son dispositif géopolitique pour masquer le rôle néocolonial central de la France et « légitimer » l'ingérence ouverte en se drapant des « décisions » onusiennes. C'est ainsi que fut créée l'Onuci, la « mission de l'ONU pour la Côte d'Ivoire », avec un corps expéditionnaire de soldats, policiers et fonctionnaires civils chargés officiellement de s'interposer entre belligérants et de protéger la population civil mais dans les faits ayant plutôt couvert, consolidé, le pouvoir de la rébellion « nordiste » pro-Ouattara et ouvertement essayé d'éroder la souveraineté de l'Etat ivoirien. A l'ONU, touts les textes émanant du Conseil de sécurité furent, et le sont toujours, rédigés rien de moins que par les seuls diplomates français qui se livraient ensuite à un intense travail de lobbying pour les faire entériner par les membres permanents et non-permanents de cette instance.

A présent Nicolas Sarkozy ne fait rien d'autre que continuer cette aventure chiraquienne et il le fait avec beaucoup de conviction car A.D.Ouattara est son ami personnel. Ils partagent l'amitié avec certains potentats français comme Martin Bouygues et ce fut l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président qui  officia son mariage avec Dominique Folloroux, une femme d'affaires française liée aux milieux oligarchiques français. L'agitation, l'activisme et les gesticulations théâtrales sont la marque personnelle de Sarkozy, comportements pas moins hasardeux et dangereux pour autant, alors qu'il est dans la stricte continuité de Chirac et d'autres de Gaulle essayant à tout prix de sauvegarder le pré carré néocolonial français en Afrique.

En 2004, Jacques Chirac et Georges W. Bush commirent en Haïti un coup d'Etat « en douce » contre Jean Bertrand  Aristide, embarqué par la force dans un avion et envoyé à l'exil forcé en Afrique. Oublié tout cela ? Ils utilisèrent le même schéma qu'en Côte d'Ivoire, à quelques détails près, à savoir d'abord un coup d'Etat contre le président Aristide « justifié »  par une rébellion soutenue en sous main dès l'extérieur par les USA et le prétexte « d'éviter aux haïtiens une guerre civile », ensuite arriva le piétinement des institutions haïtiennes et finalement la totale mise sous tutelle du pays sous la bannière de l'ONU, la Minustah -Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti- pilotée et contrôlée par le couple USA-France. Le bilan de cette ingérence et de l'écrasement de la souveraineté haïtienne est là, un bilan pitoyable, un bilan honteux. Les exactions des soldats onusiens en Haïti restent impunies. L'échec de l'interventionnisme de l'Onu, de sa Minustah, qui est celui du couple néocolonial USA-France est aisément démontrable par le bilan à tirer de six ans d'ingérence : embourbés dans les affrontements sociaux et politiques, ils -les USA, la France et l'ONU- ont été incapables même d'organiser et de garantir des élections crédibles, sans trop s'attarder sur l'incompétence manifeste, tragique pour les haïtiens, à faire face à l'urgence humanitaire créée par le séisme terriblement meurtrier de janvier 2010.

La crise ivoirienne n'est pas qu'une simple crise postélectorale comme nous essayons de le démontrer en rappelant les faits. Elle débuta le soir du 18 septembre 2002, donc à présent plus de huit ans se sont écoulés. L'état de guerre civile ne date pas non plus des élections du 28 novembre 2010 mais de l'institutionnalisation des putschistes pro-Ouattara du 18 septembre 2002 et de la banalisation de leurs méthodes antidémocratiques et sanguinaires : la longue et tenace tentative de prise du pouvoir directe d'A.D.Ouattara commença plus huit ans en arrière avec l'acte « fondateur » d'un putsch manqué. Ce putschistes furent promus, par l'ingérence militaire et politique française, et l'agitation médiatique -la propagande- qui l'accompagnait, par une ingérence néocoloniale, en acteurs politiques « crédibles » alors qu'ayant commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et occupant en toute illégalité la moitié nord du pays, devenue zone de non-droit où toutes les exactions et trafics ont été et sont toujours possibles. La primauté de la force sur le droit c'est justement ce que les putschistes ratés pro-Ouattara, repêchés et requalifiés par J.Chirac, ont démontré et ouvertement revendiqué depuis 2002. L'impunité est érigée en système de par les exactions scandaleuses, non poursuivies et sanctionnées devant aucune juridiction ivoirienne ou internationale, des rebelles pro-Ouattara, mais aussi de l'armée française - le 43ème Bima puis la « Force Licorne » - et de son supplétif onusien, l'Onuci.

La résistance des civils ivoiriens et de l'Etat de Côte d'Ivoire est légitime et légale. La résistance contre l'ingérence néocoloniale française est un droit imprescriptible mais aussi  le devoir patriotique des ivoiriens. La défense ferme de la souveraineté et de l'intégrité de l'Etat et du territoire ivoiriens contre l'ingérence grossière et les desseins néocoloniaux de la France, épaulée à présent ouvertement par les USA -par l'axe impérialiste USA-Union Européenne qui fait tomber ses masques- est la seule conduite possible des ivoiriens s'ils veulent sauvegarder leur liberté, leur indépendance et leur dignité, celles du peuple ivoirien et celles de leur pays, pilier de l'ouest africain. L'avenir de l'Afrique et de l'ensemble des pays et des peuples du monde voulant préserver leur indépendance nationale et leur liberté passe par le combat héroïque et la victoire souhaitable des patriotes ivoiriens.


(*) Luis Basurto : Enseignant, syndicaliste.


Source : MONDIALISATION.CA

vendredi, 18 mars 2011

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI 17 MARS 2011


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Le Conseil des Ministres du jeudi 17 mars 2011 s'est tenu sous la présidence de Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire.

Les questions d'actualité et la création de nouvelles collectivités ont été à l'ordre du jour de ce Conseil des Ministres.

Au plan sécuritaire,

Entre le 10 et le 17 mars 2011, après leur déroute dans la tentative de prise de la ville d'Abidjan par ce qu'ils ont appelé «la révolution orange», les rebelles ont décidé de procéder à des attaques terroristes et sporadiques dans la ville d'Abidjan.

  • Ainsi, dans la Commune d'Abobo, au niveau de la Société FILTISAC, le vendredi 11 mars 2011 des rebelles à bord de véhicules banalisés ont attaqué et emporté quatre véhicules.
  • Un convoi des Forces de Défense et de Sécurité et une soute vide d'essence des Forces de Défense et Sécurité ont été attaqués également dans la dite zone.
  • Le lundi 14 mars 2011, la position des Forces de Défenses et de Sécurité à l'entrée du premier pont de Yopougon a été attaquée provoquant des affrontements entre rebelles et Forces de Défenses et de Sécurité aux alentours de la Résidence du Général Philippe Mangou, Chef d'Etat Major de l'armée nationale de Côte d'Ivoire.

Le bilan est de 7 blessés du côté des Forces de Défense et de sécurité de l'armée de Côte d'Ivoire et de 2 morts du côté des rebelles avec des kalachnikovs récupérées par nos forces.

  • Le mardi 15 mars 2011 aux Deux Plateaux dans la Commune de Cocody ; 4 jeunes gens ont été tués par des rebelles ; plusieurs domiciles ont également été attaqués avec malheureusement des pertes en vies humaines.
  • Le ratissage en cours à Port-Bouët 2 dans la Commune de Yopougon s'est soldé par des échanges de tirs causant des pertes en vies humaines.
  • A l'Ouest de la Côte d'Ivoire, les locaux de la Sous-préfecture de Guézon ont été attaqués : bilan deux décès.
  • Des affrontements ont eu lieu entre Toulepleu et Bloléquin entre les Forces de Défense et de Sécurité et les rebelles dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 mars 2011.
  • Un hélicoptère de l'ONUCI a été immobilisé par la population locale à l'Aéroport de San-Pedro l'obligeant à redécoller et à quitter la ville.
  • Le Vice-président du Conseil Général de Sinfra a été abattu.

Le Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO déplore ces nombreuses pertes en vie humaine et matériels. Il exprime sa compassion à toutes les familles endeuillées.

  • Le Terrorisme, forme dégénérée de la rébellion, est le moyen choisi par celle-ci pour s'attaquer au pouvoir. Il s'empare malheureusement du quotidien des Ivoiriens. La bataille contre le terrorisme est donc l'affaire de tous. C'est la raison pour laquelle le Président de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO appelle les Ivoiriens à une plus grande responsabilité et une plus grande collaboration entre les citoyens et les Forces de Défense et de Sécurité afin que toutes les présences suspectes dans notre environnement soient neutralisées.

Le Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO appelle les Ivoiriens à être sereins car nous assistons ces jours aux derniers soubresauts d'une rébellion qui s'éteint en se camouflant dans des véhicules de transport en commun (gbaka et woro woro).

Le Président de la République de Côte d'Ivoire son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO rassure les Ivoiriens du fait que nos forces de l'ordre sont déployées sur le terrain pour faire obstacle à l'avancée du terrorisme.

Au plan diplomatique,

  • Suite à l'invitation de l'Union Africaine à son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire de se rendre à Addis-Abeba afin de participer à la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité consacrée à la crise ivoirienne, le Président de la République a dépêché le Président du FPI, Monsieur Pascal AFFI N'Guessan et le Ministre des Affaires Etrangères Monsieur Alcide DJEDJE pour le représenter.
  • Affirmant la victoire de Monsieur Alassane OUATTARA sans avoir effectué l'évaluation complète des élections, seul gage pour découvrir la vérité sur les élections en Côte d'Ivoire, l'Union Africaine reconnaît néanmoins le Conseil Constitutionnel comme seule institution habilitée à conférer le statut de président à un candidat.

Les conclusions de la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité constituent une sorte de compromis des positions divergentes autour de la crise ivoirienne.

  • Remerciant les Chefs d'Etat de l'Union Africaine pour avoir préservé la souveraineté de la Côte d'Ivoire et le respect de ses institutions, le chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO prend acte du cadre de discussion proposé par l'Union Africaine et attend le haut représentant mandaté par l'Institution pour envisager le schéma de dialogue inter-ivoirien seul gage de sortie pacifique de la crise, seul moyen  pouvant préserver la sécurité des citoyens et la stabilité nécessaire au développement de notre pays la Côte d'Ivoire.

Le Chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO engage le gouvernement à redoubler d'ardeur pour trouver des solutions pour résister aux sanctions que la communauté internationale nous impose.

Le Chef de l'Etat appelle donc les rebelles à déposer les armes, à cesser les violences et informe toute la communauté nationale et internationale que les décisions prises par un prétendu président non investi sont nulles et de nul effet.

Le Président de la République de Côte d'Ivoire son Excellence Laurent GBAGBO interpelle le Président Jonathan GOODLUCK, Président du Nigéria, pour l'assistance militaire qu'il apporte aux rebelles en convoyant 500 mercenaires sur Bouaké pour les appuyer.

Le Président de la République tient à informer les Chefs d'Etats de la sous région qui se prêtent à ce jeu qu'il n'hésitera pas à user de son droit légitime de défense au cas où des atrocités seraient commises à l'encontre des Ivoiriens.

Le Chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO s'adressera bientôt à la Nation ivoirienne.

  • Au plan économique,

La fermeture des banques, les sanctions de l'Union Européenne et l'insécurité grandissante, perturbe l'économie ivoirienne.

Des mesures sont prises pour faire face aux impacts des sanctions.

Pour les entreprises du secteur privé, un effort exceptionnel va être fait pour leur permettre de faire face à leurs engagements sociaux.

  • Au titre de la communication,

La RTI a été informée par la société Canal Horizon que le signal de la télévision ivoirienne est suspendu pour une raison de force majeure.

Le Gouvernement a pris acte de cette tentative d'étouffement médiatique et prendra des mesures appropriées.

  • Au titre de la décentralisation,

Le Conseil des Ministres a autorisé la signature d'un décret portant érection de 37 départements et circonscriptions administratives en collectivités territoriales.

Pour rappel, la Côte d'Ivoire a connu une accélération du processus de décentralisation en 2005 en passant ainsi de 58 départements à 95.

Les départements concernés par ces présents décrets sont :

  1. AKOUPE
  2. ARRAH
  3. ATIEGOUAKRO
  4. BETTIE
  5. BLOLEQUIN
  6. BOTRO
  7. DIDIEVI
  8. DIKODOUGOU
  9. DOROPO
  10. FRESCO
  11. GUEYO
  12. GUITRY
  13. KANI
  14. KANIASSO
  15. KORO
  16. KOUIBLY
  17. KOUNAHIRI
  18. KOUN-FAO
  19. KOUTO
  20. MADINANI
  21. M'BATTO
  22. MINIGAN
  23. NASSIAN
  24. NIAKARA
  25. OUANGOLODOUGOU
  26. OUANINOU
  27. PRIKRO
  28. SAMATIGUILA
  29. SOUDEGUE
  30. SIKENSI
  31. SINIMATIALI
  32. TEHINI
  33. TIAPOUN
  34. TRANSUA
  35. YAKASSE-ATTOBROU
  36. ZOUAN-HOUNIEN
  37. ZOUKOUGBEU

Enfin, au titre des mesures individuelles,

Le Conseil des Ministres a autorisé la signature de 27 décrets portant nomination des directeurs des Affaires Administratives et Financières au titre :

  • du Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme ;
  • du Ministère de l'Intérieur ;
  • du Ministère des Affaires Etrangères ;
  • du Ministère des Mines et de l'Energie ;
  • du Ministère de la Santé et de la Lutte contre le SIDA ;
  • du Ministère de la Construction et de l'Urbanisme ;
  • du Ministère de l'Agriculture ;
  • du Ministère de l'Equipement et de l'Assainissement ;
  • du Ministère des Transports ;
  • du Ministère de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ;
  • du Ministère de l'Environnement, des Eaux et Forêts ;
  • du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi ;
  • du Ministère de l'Industrie et du Développement du Secteur Privé ;
  • du Ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant ;
  • du Ministère des Technologies de l'Information et de la Communication ;
  • du Ministère de la Culture ;
  • du Ministère de la Recherche Scientifique ;
  • du Ministère des Sports ;
  • du Ministère du Commerce ;
  • du Ministère de la Solidarité, de la Reconstruction et de la Cohésion Sociale ;
  • du Ministère du Travail ;
  • du Ministère Délégué auprès du Ministère de l'Economie et des Finances chargé du Budget ;
  • du Ministère Délégué auprès du Ministère de l'Education Nationale chargé de l'Enseignement Supérieur ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Sécurité Sociale ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre chargé des Handicapés ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de l'Education Nationale chargé de la Vie Scolaire et Estudiantine ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de la Solidarité, de la Reconstruction et de la Cohésion Sociale Chargé des Victimes de Guerre.

Je vous remercie.


Fait à Abidjan, le 17 mars 2011


Source : Site Officiel de la Présidence de la République

VOICI TOUTE LA STRATEGIE DE L'«OPERATION PALAIS» MISE EN PLACE PAR L'ELYSEE


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La guerre qui a cours actuellement en Côte d'Ivoire n'a pas du tout l'allure d'une guerre civile, appelons les choses par leur nom, c'est tout bonnement une agression internationale contre la Côte d'Ivoire dont le commanditaire principal, maître d'œuvre et maître d'ouvrage, reste la France. A preuve, selon nos sources de l'Hexagone, la réunion secrète d'une coterie qui s'est tenue la semaine dernière sous l'égide de Sarkozy au Palais de l'Elysée à Paris.

Etaient associées à cette réunion, une pléthore de personnalités politiques françaises de tous bords : A commencer par Sarkozy lui-même, président de la République. Ensuite, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, anciennement Secrétaire général de l'Elysée avec en charge le dossier ivoirien, Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie dite Mam, limogée dernièrement qui a eu à gérer ce dossier, en tant que ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de feu François Mitterrand. Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand. Jack Lang, ancien ministre mitterrandien, depuis août 2010, conseiller spécial aux Nations unies sur la piraterie, donc proche collaborateur de Ban Ki-moon. Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris. Jacques Toubon, ancien ministre chiraquien qui a représenté le Président Jacques Chirac. Martine Aubry et Ségolène Royale invitées toutes deux à cette réunion ont brillé par leur absence en déclinant l'invitation.

Cet aréopage hétéroclite de personnalités françaises avait à l'ordre du jour, un seul point : La situation en Côte d'Ivoire. Elle fait suite à deux raisons essentielles : La première est d'ordre économique : Bolloré, Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et de la Société Générale de banque d'un commun accord sont allés voir le président Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle était programmée pour 48 h, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient à tout point de vue l'allure d'une catastrophe irréversible.

Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet. La deuxième raison se situe sur le plan militaire. Malgré les moyens colossaux (armements, logistiques, financiers), l'Ecomog peine sur le terrain et n'arrive pas à trouver ses marques, face aux Fds. Sarkozy et autres en ont déduit que les forces en présence sont d'égale valeur, avec pour les Fds deux avantages certains, la maîtrise du terrain et la collaboration de la population qui la soutient. Ils en ont déduit qu'il fallait changer de stratégie pour réussir leur coup de force. Ce sont ces considérations et les donnes sur qui ont motivé ce conclave surréaliste ou des socialistes purs sangs sont allés se fourvoyer.

Une autre chose qui risque de créer un scandale politique en France et que le pouvoir français veut vite circonscrire par une victoire qui justifierait leur perte, c'est la mort sur le champ de bataille de l'Ouest de 37 soldats français dont les corps sont en souffrance à Sebroko, siège de l'Onuci, suite à une querelle diplomatique entre le Consul général de France et Choï, le représentant de Ban Ki-moon. Après discussions, ils ont choisi consensuellement de mettre fin au régime de Laurent Gbagbo avant la première semaine d'avril. La méthode : une guerre éclair «Blitz Krieg» à l'allemande qui ne doit pas durer plus de 48 heures. Un seul objectif, prendre le Palais présidentiel quel qu'en soit le prix. Simultanément, la Rti avec. Pour la réussir, voici le plan échafaudé :

1-      A l'extérieur : Pas de réunion de Conseil de sécurité à l'Onu. Car même si une telle résolution arrivait à passer sous les fourches caudines des vétos russes et chinois, les débats donneraient le temps à la Côte d'Ivoire de s'organiser pour faire face militairement à l'agression. Or, pour réussir ce «Blitz Grieg», il faut jouer totalement avec l'effet de surprise.

2-      A l'intérieur : a- Les Français de Côte d'Ivoire ne seront pas informés, de peur que l'affaire s'évente, et aucune disposition particulière ne sera prise pour eux, quitte à les sacrifier, s'il le faut. b- Il n'y aura pas de mise en congé d'élèves ou de fermeture de classes, pour éviter de mettre la puce à l'oreille des autorités ivoiriennes. c- Il n'y aura plus d'annulations de vols pour ne pas éveiller des soupçons chez les plus avertis des Ivoiriens.

Comment s'y prendre ? La procédure est aussi simple qu'ignoble. Prendre avant toute autre chose le ciel en main, avec une maîtrise totale (hélicos, avions, etc.) de l'espace aérien ivoirien. Pour se faire, prendre le jour-J l'aéroport de Port-Bouët (l'aéroport Félix Houphouët-Boigny, ndlr) par la Force Licorne, entre autres chargée aussi de bloquer les deux ponts et l'Autoroute du Nord pour éviter toute velléité de résistance de la part des patriotes (Treichville, Marcory, Koumassi et Yopougon étant isolés). Une fois le ciel maîtrisé, faire abattre un déluge de feu tous azimuts du ciel sur les Fds pour anéantir toute défense, en bombardant d'une manière intense le sol. Au sol, une offensive partira d'Adjamé et d'Attécoubé pour prendre le Palais.

Pour l'heure, la Résidence ne les intéresse pas; c'est le Palais du Plateau, symbole du pouvoir étatique. A cet effet, Choï a truffé tous les bidonvilles d'Attécoubé d'armes lourdes très sophistiquées qui seront utilisées par des éléments burkinabé, maliens et sénégalais formés pour et qui sont planqués dans ces quartiers précaires. La difficulté pour les soldats de l'Ecomog était de trouver une tenue qui leur permettrait de se reconnaître et d'éviter les bavures. C'est fait. Pour tout dire, Attécoubé est aujourd'hui, le plus grand dépôt d'armes lourdes que la Côte d'Ivoire ait connu. Les attaques de Port-Bouët et des autres communes seraient des diversions. Selon nos sources parisiennes, la seule commune d'Attécoubé contiendrait autant d'armements lourds que la Garde républicaine en possède. Pour éviter tout raté, les Français ont installé, à Sebroko cette fois, un matériel sophistiqué qui permettrait de visualiser tous les mouvements et sons du Palais présidentiel.

L'intérieur du pays : S'il ne constitue pas la préoccupation principale, il n'est pas en reste. Toumodi, par exemple, est quasiment infiltrée pour ne pas dire qu'elle est dans leurs mains. Ils veulent en faire un verrou pour prendre Yamoussoukro. Enfin, pour bloquer totalement toute velléité militaire venant de l'intérieur dans le but de renforcer les Fds à Abidjan, ils ont fait de N'Zianouan un dépôt d'armes, avec quatre significatives caches d'armes lourdes.

Voici, tel que décidé par le conclave de l'Elysée, ce que leurs médias qualifient d'«Opération Palais» depuis quelques jours. Et comme les partisans de Ouattara se trahissent toujours par leur propension à divulguer d'une manière ou d'une autre leurs basses besognes concoctées dans le plus grand secret des dieux, ils annoncent depuis le début de la semaine, à grands tapages médiatiques, qu'il y a des détonations d'armes lourdes à Adjamé, détonations qu'ils sont pour le moment les seuls à entendre. Ceci, quand ils n'affirment pas sur leurs chaines internationales qu'Adjamé est dans leurs mains. A quand la fin des rêves démoniaques de Sarkozy ?


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

 

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Réunion de guerre du 15 mars 2011, de 14 heures à 16 heures, au Camel : Attaque des positions Fds et des personnalités politiques.


1) Forêt du banco près de la Maca, Samedi 19 mars 2011: Dépôt d'armes le soir et la nuit pour une attaque d'envergure de la Maca et de Yopougon.

2) Au cimetière de Williamsville, Samedi l9 mars 2011: Dépôt d'armes entre 00 heure et 01 heure pour importante attaque du camp de la Crs1.

3) Biabou derrière l'aéroport, Samedi 19 mars 2011: Attaque de la base du Gatl.

La plus importante attaque est prévue pour le dimanche 20 mars 2011. Elle visera essentiellement la Résidence du chef de l'état. L'attaque partira de la résidence de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Pour ce faire, l'ambassadeur de France ou le représentant diplomatique quittera sa résidence, le vendredi 18 mars 2011, pour se réfugier à l'ambassade des Usa.

La stratégie d'attaque consistera pour les mercenaires à attaquer les éléments en poste dans les différents postes d'observation de la résidence. Ce qui, à n'en point douter, obligera les éléments Fds en faction en ces lieux à riposter. Par rapport à cette riposte, l'armée française sortira son artillerie pour attaquer les positions de Fanci et la résidence du chef de l'Etat dont selon eux, l'assassinat est programmé ce jour du 20 mars 2011. L'Onuci et la Force Licorne interviendront pour pouvoir porter le coup fatal à la République de Côte d'Ivoire. De même, les mercenaires postés à l'ambassade des Usa s'impliqueront en appuyant l'attaque contre la République de Côte d'Ivoire.

NB: La majorité des rebelles de l'Hôtel du Golf a été déversée à Abobo et à Yopougon. La probable investiture d'Alassane Ouattara le mercredi 23 mars 2011. Il se trouve en ce moment au Burkina Faso. Quant à Konan Bédié, il attend à Paris où il se trouve en ce moment. Un officier proche du Président de la République a été approché, à la base Camel, pour faciliter l'opération d'élimination physique du président Gbagbo.


Source: GBAGBO.CI

jeudi, 17 mars 2011

LE MAILLON FAIBLE DE LA CHAINE IMPERIALISTE: LA CRISE ARABE

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Pour mieux connaître ou comprendre les fondements de la vague révolutionnaire dans les pays arabes et pour un regard critique sur leurs issues actuelles. Sans cautionner, pour autant, les thèses qui y sont défendues contre Israël, mon pays. Fernand Dindé.

 

 

 

Ode à la démagogie « démocratique »

 

La répression des révoltes spontanées aussi bien que des insurrections patentées est terrible, les morts sont nombreux et les blessés encore davantage, comme il sied dans ces pays « barbares » néo-colonisés qui doivent être mâtés par le fer et par le feu, disait l’éthylique Churchill (le même individu qui a proclamé que la démocratie était le pire des systèmes à l’exception de tous les autres). Cependant ce n’est pas le nombre de martyrs et de victimes collatérales qui détermine le caractère révolutionnaire d’un soulèvement populaire. (1)

 

Cette première phase de révolte de la rue arabe est pourtant absolument incontournable, voire indispensable, pour qui aspire à ce qu’une deuxième vague de révolte s’amorce enfin et au plus tôt. Il faut que le ressentiment instinctif et la colère réprimée s’expriment et projettent leurs vagues d’illusions jusque sur les murs de la répression où elles se  fracassent, déchirées par les armes des portefaix et des militaires chargés de maintenir le pouvoir des riches thuriféraires de l’impérialisme, et aussi le pouvoir des puissants qui en sous-main tirent les ficelles de ces polichinelles tenant lieu de chefs d’État, ces rois fainéants, ces sultans décadents et ces présidents tyrans. (2) Elle est en marche cette deuxième étape de la révolte arabe, elle éclate par intermittence à Tunis, à Amman, au Caire, à Sanaa, à Alger et à Rabat sans que les médias occidentaux n’en fassent état. Elle ressurgira à la face du monde dans un mois ou dans un an, car bien peu des exigences légitimes des insurgés n’auront été rencontrées.

 

Hillary Clinton, la première, aura lancé un leurre devant les yeux du pur-sang arabe hennissant, et toute la presse à la solde a repris cette billevesée perfide : « Nous soutenons l’aspiration des peuples arabes à la démocratie ». Ils chômaient, ils ployaient sous le joug, ils étaient affamés, emprisonnés injustement, battus, torturés, entassés dans des cars clinquants qui les transportaient dans la poussière vers leur misère, sans aide et sans soins médicaux. Pendant que leurs ressources naturelles, bradées, sortaient de leurs pays à vil prix, ils importaient au prix fort tout le nécessaire pour survivre, l’inflation rongeait leur maigre salaire, le coton égyptien pourrissait sur les quais déclassé par le coton américain subventionné; les paysans désœuvrés venaient s’agglutiner dans les villes surpeuplées alors qu’on aménageait leurs champs pour transformer la nourriture en carburant et que la crise économique les frappait de plein fouet. Ils se sont révoltés contre cette « fatalité », et la Secrétaire d’État Hillary, avec le plus grand mépris, leur a proposé de voter pour un plus grand nombre de ces satrapes dévoyés (car dans quelques pays arabes on votait déjà pour une liste restreinte de ces candidats à la dictature).

 

Les illuminés, les révoltés, les exploités, les aliénés ont tous pu constater au cours de cette première phase de la révolte (novembre 2010- mars 2011), au cours de ce premier round de la guerre des classes, les limites de ces revendications économiques pour le pain et le sel, pour le travail et l’équité. Les possédants leur ont jeté quelques ploutocrates à « démettre », ils leur ont accordé chichement quelques augmentations de salaires; ils ont réduit les prix des denrées de première nécessité et diminué la valeur de l’argent pour les acheter, ils ont promis des élections par lesquelles ces bons peuples pourront, à l’exemple des populaces du Nord, choisir l’État-major étatique de la classe dominante qui dirigera les destinées de chaque nation « démocratique » arabe. Enfin, la « liberté » de choisir son garde-chiourme frappe aux portes des pays arabes « modernisés et démocratisés »!

 

« Vos Révolutions victorieuses sont terminées : rentrez chez vous, il n’y a plus rien à voir », leur a-t-on fait accroire, puisque dorénavant il y aura dix, vingt ou trente candidats aspirant à s’emparer du pouvoir, dociles à rendre compte du bradage des ressources nationales au Président Obama et à ses acolytes. Pour ce qui est des hausses de salaires, elles seront temporaires; attendez que le FMI soit passé par ici une fois le calme rétabli. Ne restent que le royaume d’Arabie et quelques émirats à ne pas bénéficier de cette immense jouissance où pataugent ceux du Nord depuis leur enfance, sous le chômage, l’inflation, la déflation, la succession des crises économiques, les guerres sporadiques, l’insécurité des villes, la dégénérescence morale, la pollution, la drogue et la prostitution, le suicide des adolescents, les soupes populaires et la misère.

 

Peuples arabes, bienvenue dans la civilisation occidentale! Vous en aviez rêvé, ce sera pire que ce que vous pensiez. Vous êtes passés en quelques mois de la misère néo-coloniale à la mansuétude post-coloniale. Il vous faut dès à présent préparer la deuxième étape de votre révolte généralisée pour qu’elle donne lieu à de véritables révolutions, c’est-à-dire à des transformations radicales de vos sociétés par la prise entre vos mains de tout le pouvoir d’État, ce qui constitue la vraie démocratie.

 

Dignité bafouée

 

Et que dire de ce cancer impérialiste de souche européenne, implanté au cœur de la vie, au Levant d’une Méditerranée souillée par la pollution de ces colonisateurs industriels avides, arrogants et génocidaires! Cette « colonie colonisatrice » incrustée tout près du canal de Suez, entre le Golan syrien et les montagnes du Liban farouche, cette entité sioniste plantée entre la mer qu’elle a asphyxiée et Gaza la ville martyre indomptable. Cette plaie sioniste théocratique, terroriste, qui se complait à humilier tous les peuples arabes!

 

Depuis que l’impérialisme a découpé l’ensemble de la planète en zones d’exploitation et de concurrence qu’il se repartage et redistribue selon les puissances montantes ou déclinantes du moment (Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne, Japon, puis États-Unis, Russie, Chine, etc.), toute révolte populaire, toute résistance nationale authentique, est partie intégrante de la grande lutte anti-impérialiste mondiale. À titre d’exemple, quand le peuple palestinien arabe résiste au sionisme et tente de libérer toute sa terre occupée depuis 1948 par le colonisateur impérialiste israélien, il en vient très vite à lutter contre  la puissance de tutelle d’Israël, les USA. Les collaborateurs de l’Autorité de Ramallah le savent bien, ceux-là même qui quémandent à la puissance de tutelle de calmer les appétits de son protégé et de le contraindre à accepter la constitution d’un bantoustan à administrer par eux, les derniers supplétifs à ne pas bénéficier d’une zone de gestion partagée. Tous les autres pions arabes ont déjà reçu leur tribut et se sont vu attribuer une réserve à administrer; Mahmoud Abbas et sa coterie croient qu’ils y ont droit eux aussi. (3)

CARTE MAGHREB.JPG

Le maillon faible

 

Pourquoi cette première vague de soulèvements spontanés, généralisés à travers l’Afrique du nord et le Proche-Orient arabisé ? Qu’est-ce qui explique que tous ces peuples qui forment la grande nation arabe, de la frontière iranienne aux rives de l’Atlantique, protestent, s’agitent et se soulèvent à tour de rôle, parfois les armes à la main, le plus souvent le poing nu levé au ciel pour réclamer justice et équité, honneur et dignité,  travail et nourriture ? Les vicissitudes  de la crise économique et financière occidentale (2008), qui ont frappé tous ces pays expliqueraient-elles, à elles seules, ces soulèvements? Mais toutes les populations du globe n’ont-elles pas été frappées par la crise sans pourtant toujours se révolter de la sorte? Alors pourquoi ce tropisme arabe ?

 

Examinons de plus près la conjoncture politique, sociale, culturelle et idéologique particulière à ce ventre mou de l’impérialisme pour y trouver l’explication de ces insurrections à répétition qui ont pris l’allure d’une traînée de poudre sillonnant les déserts pétrolifères. Tentons de comprendre les raisons de cette révolte soudaine et inévitable sur cette terre qu’on aurait tort de réduire à un désert. Pourquoi donc le monde arabe se présente-t-il comme le maillon faible de la chaîne impérialiste ?

Le monde arabe est constitué d’une vingtaine de pays souverains mais pas indépendants (4), répartis sur 13 millions de km carrés s’étalant de l’Océan Atlantique à la frontière de l’Iran. Il compte 313  millions d’habitants de religion musulmane (90%), de langue et de culture arabe.  Le produit intérieur brut annuel moyen par habitant s’échelonne de 1000 $ en Palestine à 76 000 $ au Qatar - ils sont des centaines de milliers à survivre avec 2 $ par jour en Palestine occupée.

DIAGRAMME PAYS ARABES.JPG

« La population des dix-neuf pays du Maghreb et du Moyen-Orient a presque triplé au cours des quarante dernières années (1970-2010) pour passer de 112 à 313 millions d’habitants (+ 180 %). Mais, au cours des quarante ­prochaines années (2010-2050), elle va augmenter seulement de 62 %, soit trois fois moins vite. Ce simple constat signifie que la transition démographique est en marche dans l’une des régions les plus complexes du monde sur les plans politique, culturel, religieux, sécuritaire… et énergétique. Cette région, même si elle n’est pas homogène, abritera 6 % seulement de la population mondiale en 2050, contre 5 % actuellement et 3 % en 1970. Aujourd’hui, dans un monde qui a soif d’énergie, elle ­contrôle, selon la compagnie British Petroleum, respectivement 55 % et 30 % des réserves mondiales de pétrole brut et de gaz naturel. » (5)

L’ensemble du monde arabe est passé au cours des cinquante dernières années de la semi-féodalité au capitalisme, de l’artisanat à l’industrie et de l’agriculture de subsistance à l’agriculture industrielle. Au cours du dernier demi-siècle la population arabe, avec quelques écarts d’un pays à un autre, a migré de la campagne à la ville et du souk au supermarché; de l’analphabétisme généralisé à l’université; de l’organisation tribale à la technocratie bureaucratique. Au cours de ces quelques décennies, le monde arabe a connu un taux de natalité en recul; il est passé de la famille patriarcale clanique à la famille nucléaire éclatée; de pratiques religieuses de type médiéval à une diminution lente mais réelle des pratiques religieuses (les réminiscences des courants islamistes ne doivent pas faire illusion, elles pourraient bien n’être que les barouds d’honneur d’une sphère religieuse en déliquescence).

Au cours de cette brève période, l’ensemble du monde arabe est passé d’une pyramide des âges normale à un évasement pyramidal foudroyant (35 % de la population arabe a moins de 15 ans). Imaginons ce que ce rajeunissement prodigieux des couches populaires comporte de potentiellement révolutionnaire quand des millions d’adolescents et d’adolescentes se précipiteront tous ensemble sur un marché du travail exsangue.

 

Le bradage éhonté, rapide et sans retour de la plus importante ressource naturelle non renouvelable de la régionle maillon faible de la chaîne impérialiste. (pétrole et gaz naturel); la mise en coupe serrée des économies nationales arabes; l’endettement sévère de la plupart des pays de la zone; la dépendance de chacun de ces pays à l’égard de biens de consommation produits et achetés à grand frais à l’étranger; l’inflation qui découle de cette dépendance des approvisionnements en produits manufacturés; la destruction de l’agriculture nationale par la concurrence extérieure; la fuite des capitaux de la rente pétrolière vers les marchés boursiers spéculatifs où ils sont dilapidés dans chacune des crises monétaires qui frappent le monde impérialiste (lors de la crise de 2008 les princes arabes ont perdu sans sourciller 150 milliards de dollars); la paupérisation de couches entières de paysans, de petit- bourgeois et de travailleurs; la spoliation des ressources de l’État par les castes dirigeantes indignes qui dissimulent leurs trésors dans les paradis fiscaux sans impôts. Cette conjoncture de crise fait du monde arabe un foyer inévitable de révolte,

 

En plus de cette convergence de facteurs économiques, politiques et sociaux, la communauté religieuse, linguistique et culturelle de ces peuples engendre des rapprochements et suscite des échanges de renseignements (qu’Internet facilite grandement). Cette communauté linguistique et culturelle exacerbe le sentiment d’appartenance à une communauté de misère, d’injustice et d’iniquité, et facilite la mobilisation des citoyens, tout en favorisant l’émergence d’un vouloir-vivre collectif parmi ces peuples qui aspirent à mettre fin à ce sentiment de honte coupable d’être les témoins impuissants de cette gabegie.

 

La première vague de révolte populaire

 

Les puissances impérialistes occidentales ont eu beau soutenir fermement les régimes militaires parasitaires et oppresseurs, le couvercle posé sur ces jeunes marmites bouillantes de frustration et de désespoir sans perspective ne pouvait résister plus longtemps. L’étincelle tunisienne a suffi à mettre le feu à toute la plaine arabe sèche et amère. C’est le propre des oppresseurs de tenter de se maintenir à flot par tous les moyens qu’il faut. Quand une tactique de répression ne fonctionne pas les puissances impérialistes et leurs supplétifs locaux laissent échapper un peu de vapeur, et font quelques concessions mineures, le temps d’apaiser la rue en fureur, pour reprendre ensuite le terrain concédé. Mais comme rien n’est réglé, ni même vraiment amélioré, comme la misère et le chômage s’accentuent, comme la paupérisation s’accélère, comme la destruction des bases de l’économie nationale s’approfondit, comme l’humiliation arabe se perpétue, comme l’entité colonisatrice maintien son occupation illégitime avec la complicité des traîtres fratricides locaux, alors les forces révolutionnaires en état de latence reprennent leur souffle en préparation d’un nouvel assaut, d’un deuxième soulèvement contre la citadelle des exploiteurs et des spoliateurs. Le sirocco de la révolte couve dans les déserts arabes, des confins de l’Algérie aux dunes de l’Arabie, sur les massifs du Rif et en Kabylie, et il reviendra balayer les plaines du littoral.

 

Rapport de force au sein des bourgeoisies nationales arabes

 

Dans chacun des pays de la communauté arabe, la grande bourgeoisie nationale est divisée en deux sections, le segment compradore qui s'enrichit de la braderie des ressources naturelles et le segment « nationaliste » qui s'enrichit de l'exploitation de la main-d’œuvre et du développement du commerce national. Dans certains pays comme l'Égypte, la Syrie, l'Algérie les officiers de l'armée forment un contingent cohérent dans l'un ou l'autre de ces camps opposés. Profitant des révoltes spontanées des peuples arabes, un segment ou l'autre de la grande bourgeoisie de chacun des pays en profite pour remettre en cause le compromis historique en vigueur entre eux et tenter de s'accaparer l'hégémonie sur l'appareil d'État, source de pouvoir et de capital.

 

Ainsi, en Syrie et au Liban, où il n'y a pas de prébende pétrolière à partager, la situation est restée stable et les deux sections de la bourgeoisie sont restées sur leurs positions. Au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie et en Irak, les sections « nationalistes » ont tenté de secouer le joug des sections compradores avec plus ou moins de succès jusqu'à présent.

 

En Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, au Qatar, à Oman et au Koweït, où les sections compradores sont puissantes, les sections « nationalistes » ne sont pas encore parvenues à soulever la rue pour ébranler le pouvoir hégémonique de leurs concurrents.

 

En Égypte, où le colonel Nasser avait donné le pouvoir à la section « nationaliste », que Moubarak avait rendu à la section compradore, l'armée a réussi à se rétablir aux postes de commande de l'État et elle prépare l'élection « démocratique » de son dauphin. Pour cette raison l'armée égyptienne n'attaquera pas le représentant des clans de l'Ouest libyen basé à Tripoli. Il en est de même en Tunisie où le représentant de la bourgeoisie compradore ayant été démis, l'armée tunisienne n'est pas d'humeur à porter assistance aux clans royalistes de l'Est libyen.

 

En Algérie, la section compradore ayant déjà mâté sa section « nationaliste » lors de la guerre civile contre les islamistes au cours des années quatre-vingt dix, cette dernière regarde évoluer le mouvement populaire avant de relever la tête et de remettre en cause la trêve alors convenue. L'Algérie a suffisamment de difficultés pour ne pas même songer à une aventure militaire en Libye. Au Maroc, la section « nationaliste » de la bourgeoisie nationale devrait probablement être le prochain maillon faible de la chaîne impérialiste afin de repartager les prébendes du bradage du phosphate dérobé en partie au Sahara occidental.

 

Le rôle de la petite bourgeoisie « progressiste »

 

Faute d’orientation et d’organisation révolutionnaires pour diriger ces révoltes populaires, on  peut compter sur les « bobos » pour désorienter ces peuples, proposer des leurres, transformer un  soulèvement populaire potentiellement révolutionnaire en une lutte pour l’obtention d’un bulletin de vote en faveur de « la démocratie des riches » si chère à Hillary Clinton et à ces bourgeois bohêmes toujours prompts à vendre leur plume, leur pensée, leur travail intellectuel aux plus offrants et à diffuser vilenies, utopies, rumeurs, forfaitures et « solutions » bidon. (6)

 

L’effet de surprise passé, des « conspirationnistes » se sont récemment remis à l’œuvre  pour suggérer que tout ce mouvement de révolte spontané ne serait qu’une machination impérialiste-sioniste visant à remplacer la vieille garde prétorienne par une jeune garde modernisée. Les conflits de générations expliqueraient les tribulations au sein de l’État- major des larbins. Ces spéculations sont spécieuses. Les puissances impérialistes aiment la stabilité politique et exigent la sécurité de leurs investissements. Les révoltes populaires arabes les ont prises de court, mais sitôt revenues de leur surprise les unités militaires d’invasion de l’OTAN se sont mises en ordre de combat et les unités d’infiltration anti-insurrection ont pris position.

 

Les éléments « conspirationnistes » font partie de ce florilège voué à la liquidation des mouvements de révolte afin qu’ils ne deviennent jamais des mouvements révolutionnaires. Les rumeurs de conspiration, de manigance et de téléguidage des contestations ont fait leur apparition. (7) Ces « révélations » visent à créer confusion et suspicion et à diviser les peuples arabes. Chaque insurgé devrait maintenant se demander si celui qui est à ses côtés n’est pas un agent étranger et un manipulateur au service des impérialistes américains, israéliens, français ou britanniques, ces « forces invincibles » qui  dirigent et  contestent l’ordre établi tout à la fois. Plus de révolutions possibles  puisque « Big Brother » sait tout et dirige tout, même les révoltes qui visent à le renverser. Le « conspirationnisme » est une tactique visant à désarmer idéologiquement les peuples arabes et à saper la solidarité internationale en faveur des insurgés. En effet, pourquoi les organisations de solidarité internationale soutiendraient-elles la cinquième colonne de l’impérialisme infiltrée dans ces mouvements de révolte prétendument téléguidés de l’étranger ?

 

Il existe pourtant une technique toute simple pour départager les agents infiltrés dans les organisations d’insurgés des révolutionnaires authentiques, c’est la ligne politique. À titre d’exemple, quiconque soutient l’invasion militaire « humanitaire » de la Libye est un agent conscient ou inconscient des impérialistes. Tel  Bernard-Henri Levy qui s’excite à Benghazi en appelant l’OTAN à son « devoir de bombardement humanitaire » pour massacrer par les bombes à fragmentation les tribus de Tripolitaine lesquelles jusqu'à présent gobaient les prébendes et la rente pétrolière. L’OTAN souhaite, en effet,   favoriser les clans royalistes et les tribus de Cyrénaïque qui demandent à reprendre le contrôle de la rente pétrolière libyenne. Mais l’OTAN n’a pas encore suffisamment infiltré ces organisations pour être certaine de leurs orientations. Quoi qu’il en soit, les révolutionnaires ne font jamais appel aux dieux de la peste impérialiste et à la pseudo communauté internationale des riches pour mener leur combat; ils ne comptent que sur leur propre force pour renverser les tyrans. (8)

 

Le monde arabe souffre et pleure son humiliation non méritée. Il fut jadis une très grande civilisation qui voudrait aujourd’hui renaître et marquer le monde de son empreinte. Mais pour réussir cet exploit, il devra s’organiser, trouver en son sein, au sein de sa classe ouvrière révolutionnaire, les leaders, l’énergie et la direction politique capables de mener à bien son destin. Le lot de la grande nation arabe, scindée en une vingtaine d’entités nationales par les puissances coloniales, n’est pas de rester à la remorque de l’histoire, sous le joug de rois et de sultans dégénérés et de présidents tyrans qui la saignent à blanc.

 

Elle couve sous la cendre des trahisons récentes la flamme d’une deuxième révolte arabe.  Cette deuxième révolte sera plus terrible, plus radicale, plus violente et plus sauvagement réprimée que la précédente, car ceux qui ont été mystifiés par la trahison de clercs indignes auront appris de leur déception et seront beaucoup plus difficiles à berner lors de leur retour sur la scène de l’histoire.


 

Le 16 mars 2011, Robert Bibeau



robertbibeau@hotmail.com


 

Source : SAMIDOUN, le site de Robert Bibeau

 

 

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(1)  La révolution avortée. Robert Bibeau. 17.02.2011. http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

 

(2) La révolution égyptienne. L’armée va trancher. Robert Bibeau. 5.02.2011. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4956

 

(3)  Échec consommé des pourparlers directs. Robert Bibeau. 4.02.2011 http://www.michelcollon.info/Echec-consomme-des-pourparle...

 

(4) Algérie, République Arabe Unie (Égypte), Liban. Irak, Syrie, Soudan, Maroc, Mauritanie, Libye, Tunisie, Arabie Saoudite, Yémen. Djibouti, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar,  Oman, Palestine (incluant Israël), Bahreïn et la Jordanie. http://www.cairn.info/revue-population-2005-5-page-611.htm

 

(5)  Démographie galopante et développement économique http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2554p042-043.x... . Démographie du monde arabe http://www.ceped.org/documentation/article.php3?id_articl...

 

(6) Monde arabe les raisons de la révolte.

http://www.rfi.fr/afrique/20110204-carte-interactive-mond...

 

(7)  http://www.presseurop.eu/fr/content/article/522941-la-rev...

 

(8) Le parricide. Robert Bibeau 3.03.2011.  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114352 http://www.vigile.net/Le-grand-dilemme-americain

LA DEMOCRATIE ET LES PAUVRES (OU LA DEMOCRATIE DES PAUVRES)

ARABES DES EMIRATS ARABES UNIS.jpg

Au lieu de s'attarder sur l'insondable attitude de deux monarchies, pas démocratiques du tout, l'Arabie saoudite et les Emirats, avec leur soutien empressé aux insurgés libyens, agrémenté d'un soutien au roi du Bahreïn contre ses insurgés, il sera peut-être plus rentable de défricher le concept de démocratie qui fait débat concernant les «arabes».

En cherchant un peu, loin des philosophies et de leurs circonvolutions, on peut trouver un éclairage qui touche intimement les contours de la «démocratie» telle qu'elle peut être vécue dans des pays similaires à l'Algérie. Le principe fondateur est que «la participation de la population au processus de décision est aujourd'hui considérée comme une des conditions de réussite des programmes de développement». Partant de là, une étude, qui repose sur un postulat dont on n'entend pas beaucoup parler, a été menée dans des pays africains entre 2001 et 2003. Ce postulat veut que la  «démocratie», que l'étude associe à l'économie de marché, rencontre des difficultés d'instauration à cause des réticences des pauvres. Ceux-ci sont plus portés à considérer que l'État, malgré ses déficiences, est plus susceptible d'assurer l'objectif d'équité que le marché. Il en est de même pour ceux qui dénoncent les inégalités comme une forme d'injustice. Mais, en réalité, les pauvres sont plutôt contre  la libéralisation et non contre la démocratisation. Les pauvres apparaissent, ainsi, comme plus pragmatiques par le contenu qu'ils mettent dans la démocratie. Elle  signifie, pour eux, que l'Etat ne peut gagner la confiance des citoyens que s'il œuvre concrètement contre l'exclusion, les inégalités et la corruption. Ce pourquoi ils rejettent le libéralisme dans lequel ils ne perçoivent que l'appauvrissement des plus faibles.

Ils doivent savoir de quoi ils parlent, pour vivre dans des pays où la richesse n'est pas assez abondante pour que des miettes arrivent en bas et atténuent la misère. Donc, les pauvres nous apprennent que la «démocratie» n'est pas aussi simple à comprendre et que tout dépend du point de vue à partir duquel on l'aborde. Ils disent clairement qu'ils ne veulent pas de ce qui leur est proposé, c'est-à-dire, pour paraphraser Jacques Higelin, une société qui serait un supermarché, et dont l'Etat serait un service des réclamations. Dans le langage des «experts», on parle de libre-entreprise, de marché et d'Etat régulateur.

Finalement, rien n'est aussi absolu qu'il y paraît. C'est dire que tout doit être discuté sérieusement, que  les slogans les plus répandus ne sont pas forcément ceux de tout le monde, qu'ils ne sont pas compris de la même façon et la «démocratie» est une chose suffisamment sérieuse pour qu'elle soit bien expliquée et non enfermée dans deux ou trois slogans, aussi clinquants soient-ils. Chez les «arabes» cela va être assez difficile. Pas chez nous où nous avons tout expérimenté et, par-dessus tout, les recettes du Fonds Monétaire International (FMI) et celles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec le «retrait de l'Etat». Il suffit de donner la parole, sans oublier, surtout, ceux qui ont patiemment attendu que l'Etat soit remplacé par le marché et qui n'ont rien vu venir et qui ne connaissent que l'émeute pour s'inviter sur la scène, au contraire de ceux qui disposent, pour se faire, de grands canaux nationaux et internationaux.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mercredi, 16 mars 2011

ALERTE: UN COMMANDO DE PLUS DE 300 SOLDATS DE L'ARMEE NIGERIANE ARRIVE A BOUAKE MARDI SOIR



SOLDATS DE L'ECOMOG.jpg

Plus de 300 commandos de l'armée nigériane, qu'on appelle là-bas, les « gros bras », ont été déversés le mardi 15 mars 2011, à 18h, à l'aéroport de Bouaké, en provenance de Lagos. Selon les sources, au Nigéria, de INFOSCOTEDIVOIRE.NET qui vous livre cette information en exclusivité, ces tueurs de l'ECOMOG, ont été convoyés le mardi matin, dans 70 cars (bien comptés) à l'aéroport de Lagos. D'où ils ont décollé à bord d'un gros porteur militaire pour Bouaké, seconde ville de Côte d'Ivoire occupée par les terroristes de Dramane Ouattara qui endeuillent la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Selon une autre source diplomatique très au fait de ce dossier mais qui désapprouve totalement ce qui se passe en Côte d'Ivoire, c'est de l'envoi de ces tueurs qu'ont discuté Dramane Ouattara et Jonathan Goodluck lors de sa toute récente visite à Abuja. On se souvient que la presse ivoirienne, proche de lui, avait annoncé, tambours battants, que de retour d'Addis-Abeba, le candidat malheureux à l'élection présidentielle ivoirienne, que la communauté internationale veut pourtant imposer à la Côte d'Ivoire, a effectué une escale au Nigéria. Eh bien, le « cadeau » que Goodluck a promis à Ouattara est bien arrivé en terre ivoirienne !

Les 300 tueurs commandos de l'armée nigériane que Jonathan Goodluck, vient d'envoyer ont pour mission, en liaison avec l'ONUCI et la Licorne, de travailler à l'installation immédiate au pouvoir d'Etat de Dramane Ouattara. Cette information d'une extrême gravité pour la lourde responsabilité que prend Jonathan Goodluck dans le conflit ivoirien, a été confirmée par une autre de nos sources, proche de l'ONUCI, mais qui désapprouve totalement la folie meurtrière qui s'est également emparée du représentant spécial de Ban Ki-moon en Côte d'Ivoire, Young J. Choï.

On le voit bien, le limogeage du général Hafiz, le chef d'Etat-major bangladeshi de l'ONUCI, jugé trop timide selon les plans de Barack Obama et Nicolas Sarkozy, et accusé d'être à l'origine des fuites dans la presse, n'empêchera pas de disposer d'informations de première main. Il faut en convenir donc, il y aura sans doute un terrible bain de sang en Côte d'Ivoire, si les soutiens extérieurs de cette bande de comploteurs et impérialistes n'arrêtent pas maintenant leurs plans diaboliques que Dieu, lui-même, aide à démasquer chaque jour.

Les Ivoiriens vont se défendre et nombre de ces 300 soldats nigérians qui ne connaissent même pas le terrain ivoirien vont périr ici, comme les commandos sénégalais ou burkinabé et autres français, à vouloir défendre une cause si injuste. Car la majorité des Ivoiriens vomissent Dramane Ouattara. Ils n'accepteront jamais l'installation à la tête de ce pays de cet homme, bourreau des paisibles Ivoiriens depuis 2002, qu'ils n'ont pas voté et qui a donc perdu le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 face à Laurent Gbagbo.


Nialamanson Ateignan


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

APRES LE MAGHREB, L'AFRIQUE NOIRE VA-T-ELLE S'EMBRASER?


IMMOLATION PAR LE FEU AU SENEGAL.jpg

Immolation par le feu au Sénégal

 

Au Congo, au Cameroun et au Sénégal, les pouvoirs ont de bonnes raisons de craindre la « contamination » des révoltes qui secouent l'Afrique du Nord. La vie y est chère et le chômage endémique. Des tentatives y sont menées pour pousser les populations dans les rues. Les pouvoirs camerounais et sénégalais ont déjà réagi en baissant ou en régulant les prix des denrées de première nécessité. Par René Dassié.

 

Après le Maghreb, l'Afrique noire ? Les révoltes entamées en Tunisie, qui ont eu raison du régime de l'ex-président Ben Ali et qui font tanguer celui de l'Egyptien Hosni Moubarak pourraient bien s'étendre plus au sud du continent. De nombreux pays y rassemblent les conditions d'une explosion sociale majeure, similaire à celle qui secouent les pays arabes d'Afrique du Nord. De sorte qu'une certaine frilosité s'est emparée de quelques gouvernements qui, tout en épiant la rue, multiplient des mesures contre la cherté de la vie, principal ferment des soulèvements.


SIT-IN CONTRE DENIS SASSOU NGUESSO A PARIS

Samedi, « place Victor Hugo » dans le 16e arrondissement à Paris, une trentaine de Congolais ont bravé la météo peu clémente de l'hiver pour tenir sit-in contre le président Denis Sassou Nguesso. Si les manifestants emmenés par Bienvenu Mabilemono, secrétaire général du « Mouvement pour l'unité et le développement du Congo (MUDC) », qui ont affronté le froid pendant trois heures, sont conscients que leur action n'aurait que peu d'effet sur la conduite des affaires à Brazzaville, ils n'espèrent pas moins attirer l'attention du public français sur « l'oppression, la spoliation, la faim, la misère, le chômage et l'absence de perspectives dans des proportions bien plus effrayantes qu'en Tunisie, en Egypte ou en Algérie », tel qu'ils l'ont écrit dans le communiqué de presse annonçant leur projet.

« Nous avons expressément choisi la date du 5 février 2011 pour manifester. C'est le jour où Denis Sassou Nguesso est revenu au pouvoir par un coup d'Etat. Les gens au pays suivent de près ce qui se passe ici, et nous connaissons la capacité de nos compatriotes à se mobiliser. Ils l'ont déjà montré par le passé et nous travaillons à mettre en place des relais dans le pays », a expliqué Maurille Louzala, un des organisateurs de la démonstration. Conscient du rôle joué par les médias sociaux dans le déclenchement de la révolte tunisienne, Bienvenu Mabilemono a signé un document intitulé « Le Congo peut-il suivre l'exemple tunisien ? Si oui, le temps est-il notre ennemi ou notre allié ? » qu'il fait circuler par internet. Véritable concentré de charges contre le président du Congo-Brazzaville, le texte invite à suivre l'exemple tunisien pour chasser Denis Sassou Nguesso du pouvoir.

Une démarche qu'André Mba Obame, qui s'est proclamé président de la République du Gabon le 25 janvier 2011 dernier, appelle ses concitoyens à suivre pour renverser Ali Bongo Ondimba. « Comme en Tunisie, comme en Egypte, les Gabonais se battent pour que leurs droits fondamentaux soient respectés », nous déclarait-il dans une récente interview. Retranché au siège du « PNUD », à Libreville, il défie encore le président reconnu en 2009 par le « Conseil constitutionnel ». Depuis son appel, plusieurs manifestations, dispersées par les forces de l'ordre, ont eu lieu au Gabon.


TRACTS APPELANT A LA REVOLTE AU CAMEROUN

Au Cameroun, les tentatives visant à provoquer un soulèvement des populations se multiplient également. A Bafoussam et à Bamenda, respectivement chef-lieu de la région de l'Ouest et du Nord-ouest, les policiers, dont on sait qu'ils n'ont pas pour habitude de se montrer tendres envers les populations, ont reçu depuis quelques jours une mission bien particulière, nous apprend le quotidien Le jour. Ils doivent surveiller la rue, les photocopieuses du centre urbain et les personnes à l'allure suspecte, pour ramasser, empêcher de dupliquer ou confisquer des tracts qui ont récemment été déversés dans les deux villes.

Apparu dimanche dans les deux citadelles qui à chaque période de troubles au Cameroun se mettent en première ligne de la fronde sociale, le tract invite le « gouvernement néocolonial » de Paul Biya à démissionner au plus tard mercredi à minuit. Il demande aux Camerounais meurtris par la vie chère et victimes de la spoliation à grande échelle de leurs richesses, « d'arracher leur indépendance économique ». Il est signé du « Conseil national de la révolution », un mouvement inconnu de la rue camerounaise. Le discours est musclé et irréaliste. Cependant il ne manque pas de séduire. Le quotidien Le Jour rapporte ainsi qu'en dépit du travail de veille des policiers, le document, photocopié loin des centres-villes, continue de circuler, sous cape.


UN DEPUTE DE L'OPPOSITION APPELLE A MANIFESTER

Cependant, il n'y a pas que ce tract pour entamer la sérénité de Paul Biya. Dans une tribune reprise par des médias dont « Camer.be », Jean Michel Nitcheu, député du « Front social démocratique », le principal parti de l'opposition, invite ouvertement ses compatriotes à se soulever contre la précarité dans laquelle ils sont contraints de vivre. « La chute de M. Ben Ali devrait servir de leçon à son homologue siamois camerounais qui veut s'éterniser au pouvoir », écrit le député, qui poursuit : « Les Camerounais doivent aussi savoir que pour faire tomber les derniers vestiges de la dictature régnante qui sévit à la tête du pays, ils doivent organiser un front de mobilisation populaire et créer un rapport de force conséquent sur le terrain qui contraindra la clique gouvernante à renoncer ». Analysant la situation sociale dans son pays, Jean-Michel Nitcheu constate : « La dictature de M. Biya (...) est obscurantiste sur tous les plans : corruption institutionnalisée, détournements massifs des deniers publics, enrichissement illicite de M. Biya et de ses proches, gaspillage des ressources de l'Etat, interdiction de tenue de meetings, répressions permanentes des manifestations publiques, étouffement des libertés individuelles ». « Tout est donc réuni pour que le Cameroun sombre dans une déflagration de forte amplitude. Si rien n'est fait le plus tôt possible cette année, notre pays plongera dans une crise politique intense qui débouchera sur des tensions sociales indescriptibles », conclut-il.


INTERDICTION DE MANIFESTER AU SENEGAL

Au Sénégal règne la même frilosité. Fin janvier 2011, le pouvoir a interdit une marche nationale que la Coordination des centrales syndicales, un regroupement de 12 syndicats sur les 18 du pays, projetait de faire contre la vie chère. Pour le gouvernement Wade, la manifestation était « sans objet ». La Ligue sénégalaise des droits humains, organisation de défense des droits de l'homme, a vivement dénoncé cette mesure. Dans un communiqué, l'association a condamné « de la façon la plus ferme le gel des libertés publiques au Sénégal avec l'interdiction systématique des marches pacifiques envisagées par divers segments de la société ».


MESURES SOCIALES PREVENTIVES

En 2008, le Cameroun comme le Sénégal n'avaient pas échappé aux émeutes de la faim qui avaient secoué plusieurs pays du sud. Au Cameroun, la répression des manifestations avait fait plusieurs victimes, quarante morts selon le gouvernement, jusqu'à deux cents selon certains observateurs. Cette fois, les deux pays veulent pouvoir anticiper la réaction de la rue, en prenant des mesures contre l'inflation. Fin janvier 2011, Dakar a annoncé des baisses de 8 à 15% des prix de denrées de première nécessité comme le sucre, le riz, l'huile et le lait qui devenaient de plus en plus chères.

De son côté, Paul Biya a décidé de créer un organisme public chargé d'importer massivement les denrées alimentaires, de procéder à la régularisation des prix et de déclencher l'alerte en cas de pénurie ou d'inflation. La mesure n'arrange cependant pas les affaires de tout le monde. Certains milieux syndicaux et politiques l'ont en effet vivement critiqué, en pointant le risque d'asphyxier le système agricole local. Les mesures qu'il avait prises en 2008 pour endiguer la flambée des prix et calmer le mécontentement populaire au Cameroun n'avaient produit que peu d'effets.


NOTE:

La dernière tentative de soulèvement populaire s'est opérée au Burkina-Faso où à Koudougou, dans le centre-ouest, le décès d'un jeune dans les locaux de la police a mis le feu aux poudres. Depuis lundi 21 février 2011, la jeunesse est dans un état de révolte électrique dans la ville, où confrontée à la violence de la répression policière qui a fait de nombreux tués par balles dans ses rangs, elle a saccagé et mis le feu au siège du gouvernorat de la province. Sur place, les autorités locales s'employaient toujours à calmer l'inacceptable, par des mensonges et des omissions de responsabilités quant aux brutalités du régime Compaoré. Le bilan s'est alourdi : à ce jour, il est de 5 morts, en plus d'au moins, une centaine de blessés dont certains dans un état grave.


Source : NERRATI.NET

LE BAL DES VAMPIRES A ADDIS-ABEBA

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Le gabonais Jean Ping, Président de la Commission de l'Union Africaine

 

Les hommes en cravates tels que Jean Ping et tout son staff du fameux panel des chefs d'État corrompus, venaient de se retrouver à Addis-Abeba pour discuter du conflit postélectoral en Côte d'Ivoire. Comme à l'élection d'un pape à Rome, malheureusement pour le cas d'Addis-Abeba, on n'a nulle part aperçu une fumée blanche sortir du toit d'Addis-Abeba allant dans le sens d'une bonne conclusion pour la Côte d'Ivoire. Mais l'on n'a vu que des ennemis de « Dieu », sinon des vampires, sortir d'une messe où tous étaient dans un état d'ébriété en débitant des décisions purement vampiriques. Par Gervais Mboumba [*].

 

Vous comprendrez que pour des gens complètement saouls et sortant d'une messe, la parole dite n'est pas celle de « Dieu », mais celle du « vampirisme politique et mafieux », signé par tous les vampires tels Compaoré, Idriss Deby qui (pour ce dernier), tout en se donnant l'étiquette de paneliste pour le règlement de la crise ivoirienne, faisait partir des conteneurs d'armes et de roquettes de N'Djamena la capitale où il règne depuis une éternité, pour les acheminer vers la Côte d'Ivoire, dans le seul but de d'aller donner la mort aux enfants de la Côte d'Ivoire. Heureusement que ces armes ont été saisies sur le territoire Camerounais.

Et qui sait, peut-être qu'il s'agit là d'un 8ème ou d'un 12ème convoi, lorsqu'on voit la prolifération des armes dans des mains inexpertes, du côté des rebelles, au nord de la Côte d'Ivoire. Ces armes ne viennent-elles pas du Congo, de chez Sassou ou du Gabon et du Sénégal ? Et même du pays convoyeur, le Tchad ? Voilà des preuves d'un vaste complot contre la Côte d' Ivoire. Idriss Deby devrait pourtant avoir sa place en prison. Mais étant protégés par la France, leur pays de droit, on attend la suite. Ainsi la messe qui a été dite le 11 mars 2011, à Addis-Abeba, prouve à suffisance que l'UA revêt l'image d'un groupe de mafieux qui vendent l'Afrique.

Portant des pantalons bourrés de chiffons qu'on appelle en bon français doux et respectueux, les caleçons ou petites culottes, ces gens de l'« UA » viennent de prouver à la face du monde que l'« UA » est le prolongement de la colonisation de l'Afrique par la France car, l'« UA » joue le même rôle de destruction et d'emprisonnement des Africains qu'à l'époque du l'« AOF » et de l'« AEF ».

Vous voyez tous combien bougent leurs têtes et leurs yeux en bons vampires et fossoyeurs de l'Afrique. Ils n'ont aucun remord pour les actes qu'ils commettent ni pour la violence aveugle qu'ils infligent aux pays libres et souverains d'Afrique comme la Côte d'Ivoire. .Jean Ping, le corrompu d'abord dans son propre pays, affichant même des velléités d'un banditisme comploteur, est en fait en train de sauvegarder sa place afin d'éviter le chômage et la retraite.

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Tous ont accepté de se mettre à genoux devant leur dieu Sarkozy en prouvant à l'élite africaine et aux peuples africains, que les fonctionnaires à l'« UA » n'étant pas des élus des peuples Africains, ils ne peuvent justement s'intéresser qu'aux intérêts de survie et non aux intérêts des Africains que la France continue à coloniser.

La Côte d'Ivoire étant un État souverain, comment comprendre que les gens aient le toupet de lui imposer Ouattara au sortir d'une élection truquée? Chef de rébellion de son acabit, et en considérant la politique de terreur qu'il a menée en Côte d'Ivoire depuis 2002, pour des humains civilisés, personne n'accepterait Ouattara. Même à une élection dans un village, il lui aurait, au préalable et de façon indiscutable, été exigé d'éteindre sa rébellion armée dans le pays avant toute activité politique. Mais que dire et surtout penser d'un complot si semblable à celui que la France sait bien faire en Afrique, c'est-à-dire soutenir une rébellion lorsqu'elle est la sienne, à cause de ses intérêts.

Ainsi comme on le voit, le schéma de la France est le même que celui qu'elle avait imposé à un régime issu des urnes au Congo Brazzaville avec le même modus operandi à savoir, soutenir un rebelle : Sassou Nguesso, ensuite aller aux négociations hors du Congo pour se retrouver à Libreville, pays dont le pouvoir et le chef Bongo font des complots avec la France contre des régimes qui ne s'alignent pas derrière elle. Ainsi, pendant que Sassou et ses mercenaires avaient envahi le Congo Brazzaville, les négociations à Libreville n'étaient que l'étape où il fallait contraindre Pascal Lissouba à se soumettre à leur volonté.

Et lorsque Pascal Lissouba refuse d'y aller, Bongo, Chirac, Abdou Diouf (ce dernier était encore au pouvoir au Sénégal), tout ce monde, poussa Sassou à broyer des centaines de milliers de Congolais pour le plaisir de la France dont les intérêts pétroliers sont énormes au Congo Brazzaville.

De même aujourd'hui avec Ouattara, pendant que des rebelles et des terroristes égorgent des ivoiriens, tuent des femmes et des enfants en guise de petit-déjeuner en attendant la grande bouillie qui aura lieu d'ici quelque temps, les voyous de l'« UA » composée des chefs d'États parvenus au pouvoir par coup d'État dans leurs pays respectifs, véritables dictateurs, vu leur nombre d'années au pouvoir, eux qui ont placé leurs populations respectives dans une prison à ciel ouvert, bande de criminels qu'ils sont, veulent à nouveau que la Côte d'Ivoire s'embrasse. Quel crédit peut avoir cette bande d'escrocs à l'« UA » ?

C'est une honte pour l'Afrique que d'adouber des ennemis de l'Afrique en les dotant du statut de chef d'État. Eh bien, Laurent Gbagbo qui n'a rien à cirer avec de telles décisions regurgitées par des individus sans scrupules, préfère mourir et devenir un grand héros martyr à la dimension de Lumumba plutôt que d'accepter le diktat d'une bande de mafieux de l'« UA », sous les ordres de Sarkozy.


Vive la Côte d'Ivoire!
Vive le peuple de la Côte d'Ivoire souveraine et libre!
Vive le digne fils de l'Afrique, son excellence Laurent Koudou Gbagbo, le grand défenseur des intérêts du peuple africain.


NOTE :

[*] Auteur: Gervais Mboumba, militant des droits de l'homme
E-mail: mboumba_gervais@yahoo.fr


Source: NERRATI.NET

mardi, 15 mars 2011

«GBAGBO DANS LE TOURBILLON DU GOLFE DE GUINEE»: LE FILM DOCUMENTAIRE QUI MET CHOI ET SARKOZY DANS TOUS LEURS ETATS



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A peine la deuxième partie du film documentaire « Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée » passée sur les antennes de la télévision ivoirienne (RTI) que déjà, Nicolas Sarkozy et Young J. Choï sont dans la tourmente. Selon un diplomate onusien, dimanche, le représentant de Ban Ki-moon en Côte d'Ivoire a appelé un peu partout ses collaborateurs pour faire le point des informations de première main publiées par ce film.


Hier, au cours de la réunion qu'il a tenue avec le personnel, il n'a pas manqué de revenir sur ce qu'il a dit la veille, notamment au personnel local (les Ivoiriens) qu'il a accusé d'être à la base de l'importante fuite. Fou de rage, il lance à ses collaborateurs : «It is an inside information. I cannot accept it !». Traduction littérale : "C'est une information maison. Je ne peux pas l'accepter". Puis, se tournant vers le Chief-commander, le général bengladeshi Afyz, il se met à le savonner, l'accusant d'être une taupe au sein de l'ONUCI. Acculé et poussé dans son dernier retranchement, le général Afyz rend sur-le-champ sa démission. Choï, dans sa colère-panique, le remplace par un autre général, celui-là togolais. Hier, à l'ONUCI, c'était un branle-bas total, Choï le patron des lieux se sentant découvert dans sa tentative d'opposer les Ivoiriens les uns contre les autres.

Dans le même temps, à Paris, Nicolas Sarkozy est lui aussi dans le tourbillon provoqué par le film-documentaire. Selon une source proche du Quai d'Orsay, le président français a demandé que Canal Horizon coupe le signal de la RTI sur son bouquet pour que les émissions diffusées par la télévision ivoirienne ne soient plus vues dans l'Hexagone.

On le voit, Sarkozy et Choï ont été touchés là où ils dominent jusque-là : le domaine de la communication. Le combat qu'ils mènent contre la Côte d'Ivoire s'étant déplacé sur leur propre terrain, ils ont du mal à contrôler leur passion et donnent des coups dans tous les sens.


Source : NOTRE VOIE


Télécharger la 1ère partie du film-documentaire:

Cliquer ICI

Télécharger la 2ème partie du film-documentaire:

Cliquer ICI

Télécharger le documentaire "Rwanda, un génocide français":

Cliquer ICI

 

Autres liens pour le téléchargement du film-documentaire en 4 parties

 

http://www.dailymotion.com/video/xhktgs_laurent-gbagbo-da...

http://www.dailymotion.com/video/xhkth0_laurent-gbagbo-da...

http://www.dailymotion.com/video/xhktqu_laurent-gbagbo-da...

http://www.dailymotion.com/video/xhktuj_laurent-gbagbo-da...

 

Télédiaspora.net, un autre lien pour télécharger en fichier zip le film-documentaire

 

Visualiser l'intégralité de la vidéo

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LIBYE: SARKOZY, KOUCHNER & CO

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Il y a quelques années, Bernard Kouchner, alors ministre français de la Santé et de l'Action humanitaire, voulait constituer une force européenne pour intervenir en Algérie, pour des «raisons humanitaires». Sa voix a ricoché sur l'indifférence que l'on accorde, en général, au  manque de sérieux, fut-il celui d'un homme politique. Un peu plus tard, il n'y a pas longtemps, il a rêvé tout haut : «La génération de l'Indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple». Oubliant que l'Histoire d'un peuple ne s'arrête pas avec le départ d'une génération.

Aujourd'hui, il se précipite derrière Nicolas Sarkozy, qui l'avait viré, et Bernard-Henri Lévy, dont il jalouse la fracassante irruption dans la crise libyenne. Il trouve l'occasion de pousser sa rengaine va-t-en-guerre contre la Libye en usant de la brosse à reluire vis-à-vis de son ancien patron. Il le juge  «courageux», insinuant la lâcheté des autres qui hésitent à frapper. Il pense certainement aux Etats-Unis qui n'excluent pas que Kadhafi pourrait bien reprendre les choses en main. Cette puissance, à l'inverse de son satellite qui s'excite le plus, sait ce que cela peut coûter de mettre les doigts dans un engrenage guerrier, pour être embourbée dans deux pays. Elle sait, aussi, que personne ne bougera sans qu'elle l'ait décidé. Ce ne sera pas en vain que la flotte étatsunienne fut la première sur les lieux. Les autres Européens sont encore plus prudents.

 

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Kouchner, lui, s'entête à embellir l'aventure : «Il faut d'ailleurs souligner que les acteurs de ce printemps arabe n'ont jamais dit du mal d'Israël, n'ont jamais appelé Al Qaïda et ont parlé de démocratie et d'Etat de droit». Allez savoir ce qu'Israël vient faire ici, si vous vous en tenez à ce qui est visible. Mais, il fallait que cela lui sorte des tripes. Bernard-Henri Lévy, lui, avait reconnu qu'il y avait des slogans antisionistes à Benghazi et les avait justifiés par le fait qu'ils étaient des «résidus du règne de Kadhafi». Une façon d'excuser ceux qu'il veut présenter comme des alliés pour convaincre la «communauté internationale» de déclencher son déluge de feu salvateur.

«Laurent Gbagbo doit être parti samedi», avait dit Sarkozy, on ne sait plus quand, et Laurent Gbagbo n'est toujours pas parti. Il vient de récidiver : «Kadhafi et sa clique doivent partir», et Kadhafi semble plus que jamais décidé à rester. Et plus encore, Sarkozy sera déjà parti que le «guide» sera peut-être toujours là, étant donné les derniers développements de la situation en France, autour des incivilités du premier et en Libye devant les reculs de la rébellion. Avec, en prime, une menace à l'horizon, qui se précise contre le truculent président français, qui serait la mise au jour d'affaires de gros sous, dont la presse tend de plus en plus à s'emparer pour y trouver les raisons de son impatience à en découdre par les armes. Voudrait-il couvrir par le vacarme des bombes, les révélations compromettantes, promises par Kadhafi, sur «un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». Beaucoup n'hésitent plus à en parler et à faire de troublants rapprochements entre la longue «amitié» des deux hommes et les indices de corruption qui suintent de partout. Si ça se gâte pour son maître, Kouchner se terrera, sûrement, le temps que soit oubliée son obséquiosité.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

19:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, france, afrique, libye, crise libyenne, bernard-henri lévy, mouammar kadhafi, laurent gbagbo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |