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mardi, 15 mars 2011

NOUVEAUX HEURTS ENTRE ETUDIANTS ET GENDARMES A OUAGADOUGOU


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La tension ne baisse pas au Burkina Faso. Alors que leur mouvement de vendredi a été violemment dispersé, les étudiants n'entendent pas lâcher du lest et promettent de nouvelles manifestations. Le gouvernement qui les accuse d'être manipulés par l'opposition multiplie les mises en demeure. Le président Blaise Compaoré appelle au calme.


Blaise Compaoré sort de son mutisme. De retour d'Addis-Abeba, vendredi, le Chef de l'Etat burkinabè, pour la première fois, s'est exprimé au sujet des violentes manifestations consécutives à la mort suspecte de l'élève Justin Zongo. « Les manifestations dans un Etat de droit sont tout à fait légitimes et normales. Mais ce qui est inadmissible, ce sont les destructions et les actes de vandalisme observés ça et là qui touchent des édifices publics », a-t-il déclaré. Il a appelé ses concitoyens au calme : « L'Etat de droit, c'est la liberté, mais une liberté qui respecte celle des autres et les biens publics. Le Burkina Faso est un pays aux ressources limitées, mais qui fait des efforts immenses pour son développement, pour sa marche vers le progrès et il faut que les Burkinabè se mobilisent autour de cet idéal de construction du pays », a-t-il poursuivi.

Répression

Cette sortie radiotélévisée du Chef de l'Etat burkinabè, fait suite aux heurts violents qui ont opposé vendredi à Ouagadougou, les étudiants à la gendarmerie et à l'armée, au cours d'une marche de protestation qui devait être pacifique. Alors que tout se passait dans le calme, les milliers de manifestants venus à l'appel de l'association nationale des étudiants burkinabè (ANEB), ont été bloqués à la Place des Femmes pour la Paix au centre de la ville. Ils ont ensuite été interdits d'accès aux avenues Houari Boumédienne, Aboubacar Sangoulé Lamizana et Thomas SANKARA, comme le prévoyait leur itinéraire. Craignant des débordements et des pillages dans ces avenues très commerçantes, la mairie de Ouagadougou avait suggéré aux étudiants d'arrêter leur marche au niveau de la Place des Femmes pour la Paix. Mais ils ne l'ont pas entendu de cette oreille. D'où la confrontation avec les forces de l'ordre, qui a fait au moins neuf blessés dans les rangs des protestataires.

Le pouvoir accuse l'opposition de tentative de déstabilisation

Ces mouvements de protestations seraient-ils un complot pour déstabiliser le régime Compaoré ? C'est la conviction du parti au pouvoir. Dans un communiqué diffusé vendredi, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) s'en est pris à l'opposition en de termes virulents. « Quelle couardise pour nos opposants politiques que de se dissimuler derrière des élèves et des étudiants pour atteindre leurs objectifs politiques ! En démocratie, le pouvoir se gagne par les urnes. Le cours actuel des évènements atteste clairement à présent, que des forces occultes à l'affût, se sont saisies de cette situation que nous déplorons, pour déstabiliser notre pays en accord avec leurs alliés extérieurs, comme le montre la comptabilité de cette maniaque pyromanie, savamment inoculée à notre jeunesse et largement financée. »

Sur la même lancée, le gouvernement s'est livré, lui, à la diabolisation du syndicat des étudiants. Proclamant sa bonne foi à « traiter dans la transparence et le respect de la règle de droit les tragiques événements de Koudougou », il a pris l'opinion publique à témoin sur l'attitude « irresponsable » de l'ANEB. Selon lui, le syndicat des étudiants porterait désormais l'entière responsabilité de la perturbation des cours sur les campus.

Selon l'opposition, le peuple aspire au changement

L'opposition réfute la thèse du complot et lui préfère l'idée de révolution. « Il ne faut pas être un politologue ou un clerc pour comprendre que le monde a changé, que l'Afrique a changé(...). Ça c'est le début de notre révolution. L'erreur qu'il ne fallait pas commettre au Burkina Faso, c'est de donner encore l'occasion aux populations de dire trop c'est trop. Nous vivons l'impunité depuis des années, voici là où ça nous mène. Après 25 années de pouvoir de Blaise Compaoré, le peuple aspire au changement », a déclaré l'opposant Ram Ouédraogo, dans une interview accordée jeudi au bimensuel L'Evénement.

Plongée depuis trois ans dans de profondes crises, l'université burkinabè courre-t-elle à nouveau vers une année blanche ? Cette sombre perspective brandit par le gouvernement, n'effraie nullement les syndicats d'étudiants qui souhaitent le démantèlement de la police des universités, instituée de force après la grève géante de 2008. Dans les jours à venir, ils prévoient d'investir à nouveau les rues de Ouagadougou, pour des manifestations qui ne présagent rien de bon.


Source : AFRIK.COM

SARKOZY FINALEMENT GRILLE PAR KADHAFI

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Le jeu du chat et de la souris entre ex-balladuriens devenus sarkozystes et chiraquiens bon teint a duré bien longtemps, je vous ai dit. Chirac étant un vrai tueur en politique, il fallait bien une fin à cette rivalité. Il semble que nous n'en soyons plus très loin. On pensait que l'histoire des rétro-commissions versées par les pakistanais serait l'histoire qui plomberait définitivement Nicolas Sarkozy. On vient de découvrir que ç'en est une autre. Les chiraquiens ont eu avec Kadhafi une prudence que n'aura pas eue Nicolas Sarkozy, qui a foncé tête baissée dans le piège tendu. Attiré par les sommes mirobolantes versées pour la vente de matériels au dictateur libyen, rêvant de toucher le jackpot, l'homme s'est compromis avec lui, c'est sûr, au point aujourd'hui de réclamer la tête de celui qui l'a aussi berné, en tentant de monter une opération à la Reagan pour éliminer physiquement Kadhafi, ou le forcer à quitter le pays. Sa réaction incompréhensible pour son propre nouveau ministre des affaires étrangères (un chiraquien !) ne peut s'expliquer que par ce que vient d'annoncer le dictateur roué : le pot aux roses des rétro-commissions n'a pas concerné que le Pakistan, et ce sont bien les mêmes qui en ont bénéficié. Après le Karachigate, voici venir le Tripoligate.

Nous revenons alors en 2003, l'année ou Chirac a repris définitivement les rênes, à savoir a bloqué toute ressource financière aux balladuriens. L'un des protagonistes des "affaires" va en prime subitement disparaître. Cest le fameux Sheikh, qui "va en fait décéder en 2004 à Genève dans des conditions assez floues, ce Saoudien d'origine yéménite, paré du titre de « grand chambellan », était l'homme des « missions difficiles » du roi Fahd d'Arabie saoudite" nous rappelle tout à coup Paris-Match qui découvre ainsi (enfin) l'affaire ! Encore un disparu de plus ! Mais ce n'est pas encore terminé pour autant. On retrouvera le même Ziad Takkiedine, envoyé sarkozyste, mêlé à bien d'autres contrats, toujours en train de ferailler avec son adversaire de toujours, le sulfureux Alexandre Djouhri (représentant de Chirac), mêlé lui à d'autres événements fort peu reluisants, dont celui de la rixe au George V, dont j'ai évoqué la piste ici-même également. Une affaire où l'on retrouvait également, quel curieux hasard, Roussin et Proglio. "Alexandre Djourhi, un milliardaire franco algérien, proche de la famille Delon" avais-je alors écrit, en poursuivant : "Curieux personnage que ce Djourhi. Un homme qui dispose "d'une suite à l'année à l'Hôtel Crillon" (et habite à Genêve !). Fort curieux, même. Mais les "affaires" et les "entretiens" entre nos deux lascars ne vont pas se passer comme d'habitude en ce milieu. Dans leurs "discussions", c'est nouveau pour conclure des contrats, les deux hommes avaient fini par en venir aux mains (au au George-V, devenu ring de catch !). Etonnement : Ajroudi, il faut le dire, n'est pas n'importe qui : c'est le représentant dans le monde du prince Al-Waleed (le neveu du roi d'Arabie Saoudite). On conçoit mieux la taille de l'enjeu (mais on imagine toujours pas un pugilat !). Personne ne se doutait que cela se terminerait ainsi. On en reste tout étonné... Comme en regardant l'organigramme de Veolia Environnement. En troisième position figure "M. Daniel Bouton  : 55 ans, nationalité française". Le PDG de la SOCGEN, pas encore dans la tourmente. Et ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé. Ce que le monde est petit."

On comprend que ces gens-là ont d'autres chats à fouetter que le commun des mortels. Et Chirac de vouloir à tout prix coincer financièrement son rival. Ce à quoi il va s'employer, effectivement avec une certaine maîtrise, à vrai dire. Sarkozy sera promptement évincé du contrat Miksa initié au départ par son vieux mentor Charles Pasqua (qu'il a trahi) ! Entretemps, Henri Proglio, au départ chiraquien, a viré sa cutie et est devenu supporter de Sarkozy, séduit par le baratin de... l'enjôleuse Rachida, qui n'a que son nom aux lêvres. On le retrouvera, lui, l'ancien du GUD (avec son jumeau) le soir de l'intronisation du Fouquet's, toujours aux côtés de Rachida la météore. Trop petit, ce monde, je vous disais naguère.

A peine réélu, Chirac a décidé de sévir, disais-je, comme nous le rappelle Gattegno : "Le 12 décembre 2003, Chirac exige l'annulation du voyage de son ministre de l'Intérieur et décide de placer le contrat Miksa sous la surveillance directe de l'Élysée. Il désigne pour cela Maurice Gourdault-Montagne, ancien directeur du cabinet d'Alain Juppé, devenu conseiller diplomatique du Président et homme des missions délicates. Jamais la suspicion au cour du pouvoir exécutif n'avait suscité une telle violence ni entraîné un chef de l'État aussi loin ainsi, l'Élysée s'est assuré, dans un ordonnancement inédit, la haute main sur le plus gros marché de matériels sensibles jamais négocié par l'industrie française ; chiraquiens et sarkozistes se renvoient ouvertement l'accusation de vouloir profiter du contrat saoudien pour remplir d'hypothétiques caisses occultes. Malgré la vigilance de Gourdault-Montagne, dont la réputation d'intégrité est sans tache, intermédiaires officiels et officieux s'affrontent en coulisse avec la même avidité. Des émissaires de Rafic Hariri, le Premier ministre et homme d'affaires libanais, très en cour à l'Élysée, se rapprochent des négociateurs saoudiens. Un avocat bien introduit au Moyen-Orient et en Afrique, ancien des réseaux Foccart, invoque sa proximité avec Dominique de Villepin pour être associé aux pourparlers..." et le contrat mirobolant échappera à Nicolas Sarkozy, quatre ans à peine avant de préparer son accession au pouvoir. Et Chirac placera ses jalons auprès d'Hariri pour s'installer après son départ de l'Elysée dans son luxueux appartement. Gratuitement, bien entendu (voir notre épisode précédent).

C'est pourtant Rafic Hariri en personne qui va arranger tous les bidons , comme on pourra le lire dans une note signée Frédéric Bauer, le responsable d'une société de sécurité, racontée par le "Journal du dimanche" du 5 décembre 2010. "Cette note révèle également, selon le JDD, une intervention, « inconnue jusqu'à présent », de l'ancien premier ministre libanais tué en 2005 dans un attentat, « dont la banque aurait débloqué, dans le plus grand secret, 300 millions de francs de l'époque ». Ziad Takieddine affirme ainsi avoir rencontré Rafic Hariri à Paris. « Il m'a dit qu'il allait déjeuner le jour même avec Jacques Chirac, puis qu'il me verrait dans l'après-midi. Ce qu'il a fait. Les choses se sont alors arrangées », raconte-t-il au journal."Un accord avec la Sofresa est scellé en présence de leurs avocats respectifs et de l'avocat personnel du premier ministre libanais à l'hôtel Hilton de Genève.Par cet accord, il renonce aux termes initiaux du contrat Sawari II, en échange d'une commission pour lui et ses « contacts saoudiens », précise M. Takieddine au JDD. En mars 1997, il reçoit de la Banque de la Méditerranée, de Rafic Hariri, la somme de 300 millions de francs (45 millions d'euros) en quatre versements". Malgré ça, quelques années plus tard, Takieddine s'en prendra violemment à Jacques Chirac, l'accusant de l'avoir mêlé à l'affaire pakistanaise !


Source : AGORAVOX

02:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, europe, france, libye, sarkozy grillé par kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 mars 2011

CONFERENCE DE PRESSE DE MADAME LE MINISTRE DE LA SANTE ET DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA, LE LUNDI 07 MARS 2011



CHRISTINE NEBOUT ADJOBI.jpg

Objet :

Situation sanitaire de la Côte d'Ivoire, depuis l'embargo de l'Union Européenne sur les ports de Côte d'Ivoire


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Je voudrais avant tout propos vous saluer et vous remercier pour avoir répondu à notre appel.

C'est avec le cœur meurtri que je m'adresse à vous pour vous informer des effets dévastateurs de l'embargo sur les ports ivoiriens.

Ainsi, la notification de la mise en œuvre de l'embargo maritime de l'UE sur les ports autonomes de Côte d'Ivoire se traduit par l'impossibilité à partir du 11 Février 2011 d'embarquer dans l'UE des produits courants et pharmaceutiques à destination de notre pays et ce dans le cadre des sanctions infligées à la Côte d'Ivoire.

Mesdames et messieurs, je voudrais vous rappeler que le  profil épidémiologique de notre pays est préoccupant, car il  est marqué par un niveau très élevé des principaux indicateurs de morbidité et de mortalité.

Ces indicateurs qui traduisent le mauvais état de santé des ivoiriens sont par ordre de fréquence ; le paludisme (69,25 cas pour 1000 habitants), le VIH/sida (3,4 cas pour cent habitants), la tuberculose (393 cas pour 100 mille habitants), la malnutrition chronique constatée chez un enfant sur trois de moins de 5 ans, et les maladies à potentiel épidémique pour ne citer que celles-ci.

Les maladies chroniques que sont l'hypertension artérielle, le diabète, l'insuffisance rénale, et les cancers ne sont pas en reste, et font payer un lourd tribut à la population.

Je voudrais aussi rappeler que dès notre prise de fonction, sont survenues dans le contexte épidémiologique et environnemental  que nous connaissons,   les urgences sanitaires ci-après :

  • Les épidémies de fièvre jaune survenues à partir du 22 novembre 2010 dans quatre districts sanitaires de la zone CNO que sont Séguéla, Mankono, Béoumi et Katiola, avec notification de 11 décès sur les 21 cas enregistrés.
  • Une épidémie de choléra à Abidjan depuis le 21 janvier 2011, localisée à quatre districts sanitaires que sont Adjamé-Plateau, Attécoubé, Yopougon-Ouest et Abobo. A ce jour, 509 cas ont été notifiés dont 12 décès.
  • Une épidémie de rougeole dans les districts sanitaires d'Adiaké, Tiapoum et Aboisso que nous gérons depuis le 17 février 2011.
  • Parallèlement à la riposte contre ces situations d'urgence, nous assurons la prise en charge des victimes des violences postélectorales dans toutes les structures de soins du territoire national. A la date du 03 Mars 2011, nous avons enregistré 1233 victimes dont 1134 blessés et 99 décès.
  • Enfin, nous organisons, avec la cellule humanitaire mise en place par le gouvernement, la prise en charge des personnes déplacées:

-         au nombre de 25.000 pour   les régions des Montagnes (Man, Danané) et Moyen Cavally (Guiglo, Bangolo et  Duékoué),

-         de 13.000 pour les régions du Moyen Comoé, des Lacs, du Nzi Comoé, de la Marahoué, du Haut Sassandra et  du Zanzan ,

-         et de 600 personnes provenant d'Abobo pour la paroisse St Ambroise Jubilé d'Angré.

Des dispositions sont en train d'être prises pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon Gesco.


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Avec la situation des urgences sanitaires  que nous venons d'évoquer dans un pays au profil épidémiologique très préoccupant,  que vaudrait notre   système de santé sans médicaments ?

C'est ainsi que parallèlement à la riposte contre  les  épidémies, et à la prise en charge des victimes d'agressions, nous avons instruit nos services de nous évaluer les stocks en produits pharmaceutiques afin de gérer au mieux  les approvisionnements en médicaments, vaccins, produits sanguins et intrants.

De ce rapport, il est ressorti  que dans le secteur public, certains médicaments tels que ceux de l'hémodialyse sont en rupture, et que les autres médicaments de première nécessité comme les ARV, les antipaludiques, les antibiotiques sont disponibles pour les deux à quatre mois à venir.

La plupart des intrants et des consommables dont les solutés, les gants, les nécessaires pour prélèvement de sang, les films pour appareil de radiologie étaient à un mois de stock.

Dans le secteur privé, les pharmacies étaient également à deux mois de stock.

Pour les produits d'hémodialyse, leur rupture persistante a occasionné de janvier à février 2011 déjà 24 décès,  et ce nombre pourrait s'accroître les jours à venir si cet embargo perdurait.


Quels sont les facteurs  qui contribuent à la tension des stocks ?


Ces facteurs  sont   d'une part l'impact négatif de l'embargo sur les navires de l'Union Européenne  approvisionnant la Côte d'Ivoire en médicaments  et d'autre part les dysfonctionnements du système bancaire.

Pour ce qui est de l'embargo sur les navires à destination de notre pays, il faut noter que 90% au moins des approvisionnements en médicaments se font à partir de l'UE.  Ceux-ci sont acheminés dans 80% des cas par voie maritime et 20%des cas par voie aérienne.

Par ailleurs, la mise en œuvre de cet embargo a comme conséquence qu'un certain nombre de conteneurs de produits pharmaceutiques embarqués avant le 10 février 2011, sont   sur mer et ne pourront pas arriver directement en Côte d'Ivoire, car  débarqués à Dakar au Sénégal avant d'être probablement  réacheminés par d'autres voies sur Abidjan, avec un rallongement significatif du délai de livraison.

Tenant compte de ces stocks flottants, les stocks actuels pourraient permettre dans les perspectives les plus optimistes, une couverture des besoins en produits pharmaceutiques de la Côte d'Ivoire pour 1 mois en moyenne, soit fin mars 2011.

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En une vingtaine de jours de mise en œuvre de cet embargo ignoble sans précédent de l'Union Européenne, les grossistes privés sont en moyenne à 17% de taux de rupture de stock alors que celui-ci se stabilisait en situation normale, entre 2 et 3%.

En  ce qui concerne la Pharmacie de la Santé Publique qui est la centrale publique d'achats de médicaments, elle présente actuellement 70% de taux de rupture de stock sur ses produits traceurs y compris les consommables de dialyse. A cette difficulté, il convient de relever l'insuffisance d'approvisionnement des structures sanitaires, en raison de l'indisponibilité de liquidité pour la PSP en vue de s'approvisionner  en  carburant.

Par ailleurs, la fermeture des banques aggrave les difficultés d'approvisionnement en médicaments aussi bien pour le secteur public que pour les grossistes privés en raison des problèmes liés au règlement des fournisseurs à l'étranger.

A ce jour, il convient de relever que certaines pharmacies privées refusent le système du tiers payant et imposent à la clientèle un  règlement au comptant, avec pour conséquences une difficulté d'accès aux médicaments, des risques accrus de prolifération des médicaments contrefaits et d'automédication des populations.

Mmes et Mrs, je m'interroge avec vous encore une fois : que vaut un système de santé dans le monde sans médicaments, et particulièrement dans un continent comme l'Afrique qui connaît une résurgence des épidémies de toutes sortes ?

J'ajoute que cette indisponibilité des médicaments essentiels et des dispositifs médicaux, aura pour conséquences à très court terme, l'arrêt de certaines interventions chirurgicales, la mauvaise prise en charge médicale de certaines pathologies, les difficultés d'assurer les soins infirmiers, tout ceci contribuant à augmenter sans nul doute, la morbidité et la mortalité déjà élevées dans nos populations.

C'est pourquoi, en voulant asphyxier  les populations ivoiriennes  en médicaments, l'Union Européenne ne fait rien d'autre que de programmer méthodiquement la mort des populations ivoiriennes. Il s'agit ni plus ni moins d'un holocauste.

Mmes et Mrs les journalistes, nous refusons qu'on utilise la porte d'entrée du système sanitaire pour l'extermination des populations de Côte d'Ivoire.

L'Etat de Côte d'Ivoire, dont la mission est d'assurer la santé de ses populations, ne comptant pas rester inactif devant ce véritable désastre humanitaire assimilable à un crime contre l'humanité, continue de prendre des dispositions pour y faire face.

C'est l'occasion pour la Côte d'Ivoire, avec à sa tête le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement d'interpeller les traditionnels partenaires de la santé en Côte d'Ivoire que sont l'OMS et l'UNICEF pour leur silence coupable qui va à l'encontre de leur mandat qui devrait les emmener à dénoncer de pareils agissements et à manifester leur solidarité agissante au peuple de Côte d'Ivoire.

J'en appelle aux peuples qui ont connu par le passé de tels génocides, afin qu'ils se mobilisent aux côtés du peuple de côte d'Ivoire pour dénoncer cette mesure inique.

Avant de clore mon propos, je voudrais faire une mention particulière à tous les acteurs et professionnels de la santé qui, en cette période difficile, au péril parfois de leur vie, continuent sans relâche de porter secours et assistance aux populations  sur toute l'étendue du territoire national.

J'associe à ces remerciements toute la population de côte d'Ivoire qui fait preuve de civisme et de maturité d'esprit en ne tombant pas dans le piège de la révolte dans lequel toutes ces manœuvres ourdies par les ennemis de notre pays tendent à la pousser.

Mmes et Mrs les journalistes, encore une fois merci de nous avoir consacré votre précieux temps.

Vous êtes  tous témoins devant l'histoire de ce crime contre l'humanité perpétré en  Côte d'Ivoire par l'Union Européenne dont l'attitude est assimilable au tir sur une ambulance d'un snipper embusqué, alors qu'elle se targue de faire partie des peuples qui ont inscrit le droit à la santé dans la Charte des Nations Unies,  mais  pour qui, peut-être, les populations vivant en Côte d'Ivoire ne sont certainement pas des êtres humains devant jouir de ce droit fondamental reconnu à tout peuple.

Devant ces faits, et dans le souci d'assurer son devoir régalien, le gouvernement s'attèle à faire éviter à la Côte d'Ivoire une pénurie grave de médicaments afin de préserver la santé de ses populations.

La souveraineté d'un Etat passe aussi par la capacité de ses gouvernants à prendre en charge de manière autonome et durable son peuple.

C'est pourquoi, je remercie l'UE qui donne l'occasion à l'Etat de Côte d'Ivoire de prendre ses responsabilités.

Dieu bénisse toujours la Côte d'Ivoire !

Je vous remercie.


Madame le Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA

Dr Christine NEBOUT ADJOBI


Dispositions prises pour la prise en charge des déplacés


Des médicaments, intrants et kits d'une valeur de 23 millions de FCFA ont été acheminés par le gouvernement sur les deux principaux sites d'accueil des déplacés internes Duékoué et la paroisse St Ambroise du Jubilé de Angré pour la prise en charge des malades de ces sites qui hébergent pour Duekoué 25 000 déplacés et Angré 600 déplacés.

Des équipes médicales sont installées en permanence sur ces sites pour également lutter contre les maladies à potentiel épidémique. Des dispositions sont entrain d'être prise pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon GESCO.

 

Source: Ministère ivoirien de la Santé et de la Lutte contre le Sida.

LES RAISONS DE L'ECHEC DU PANEL DE L'UNION AFRICAINE: L'EMOTION L'A EMPORTE SUR LE FOND DU DOSSIER


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Rencontre de l'«Union africaine» sur la crise ivoirienne. L'on y attendait le dénouement du poker menteur ivoirien. Mais l'on en est plutôt sorti stoïque. Le consensus n'ayant pu être trouvé pour sortir définitivement la Côte d'Ivoire de l'ornière électorale, où elle s'est empêtrée depuis le 28 novembre 2010.


Mais à bien y voir de près le problème ivoirien remonte à bien longtemps, depuis que le socialiste Laurent Gbagbo a accédé en octobre 2000, à la Magistrature suprême. Le chef d'Etat ivoirien prône un rééquilibrage de la répartition des immenses richesses de son pays. L'appétit de la France insatisfaite se voit alors douché face à un Gbagbo « récalcitrant incommode et réfractaire » à la bonne boulimie hexagonale. On a battu en brèche les suggestions du plus pondéré du Groupe de Haut niveau des chefs d'Etat de l'« Union africaine », en l'occurrence le Mauritanien Ould Abdel Aziz. On a refusé de prêter une oreille attentive à la démarche constitutionnelle et donc légaliste du Sud-Africain Jacob Zuma. Que restait-il d'autre à part le Malawi dont la dette se voit « effacée » par la France corruptrice ? A quoi pouvait-on s'attendre du Burkinabé Blaise Compaoré fier de son statut de président à vie assuré par la France ? Le Tchadien Idriss Déby Itno qui doit une fière chandelle à la France qui lui a flanqué une rébellion de « surveillance », préfère ne pas prendre de risque. Le groupe de Haut niveau mis sur pied par le Conseil de paix et de sécurité de l'« Union africaine » souffre de trois péchés congénitaux.

Premièrement il est pris à son propre piège quand il dit que la solution doit être trouvée par « consensus » et ce n'est qu'à cette seule et unique condition qu'elle deviendra « contraignante à toutes les parties ivoiriennes ». Ce qui voudra dire que, tant qu'une des deux parties conteste la décision, il faudra attendre la saint glinglin. « Nous avons estimé que c'est une proposition inacceptable... Malheureusement, nous avons constaté que le panel de Haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision (le choix d'Alassane Dramane Ouattara comme président élu de Côte d'Ivoire, ndlr) ». S'est braqué l'ancien Premier ministre ivoirien Pascal Affi N'Guessan qui représentait le président Gbagbo à ces rencontres. Le porte-parole du candidat Gbagbo à la dernière élection a donné le ton.

Deuxièmement, la couardise de certains de ses membres face au chantage de la France.

Dès le départ, le panel a été noyauté par la France consciente de la faiblesse de la majorité de sa composante. Là où l'idéal voudrait en vue de s'assurer une majorité soviétique, qu'elle s'aliène l'Afrique du Sud de Jacob Zuma, la Mauritanie d'Ould Abdel Aziz et narguer le continent noir. La France pourra se contenter d'une majorité relative constituée du Burkina Faso, du Tchad et du Malawi. Mais ce n'est qu'un round de joué. Il faudra attendre. Car, la « contrainte » passe forcément par le « consensus » qu'il faudra nécessairement trouver entre le candidat de « La majorité présidentielle (Lmp) » et celui du « Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ».

Troisième couac et c'est là où la tâche devient âpre. L'« Union africaine » a fermé les yeux sur les résultats de ses propres missions en Côte d'Ivoire. Ni le chef de délégation de la mission d'observation du second tour de l'élection présidentielle l'ancien premier ministre Joseph Koku Koffigo, ni l'émissaire de l'« Union africaine » l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, ni le Groupe des experts, encore moins le Groupe de grands niveau constitué de chefs d'Etat ; tout ce bataclan financé à grands frais pour des missions onéreuses en Côte d'Ivoire n'a été pris en compte, à entendre Affi N'Guessan. On a carrément botté en touche les considérations légalistes pour des considérations d'ordre émotionnel. Vous voulez une issue heureuse à la crise ivoirienne ? Veuillez passez demain !



Lire, ci-dessous, le « communiqué du Conseil de paix et de sécurité » de l'« Union africaine » sur la résolution de la crise ivoirienne postélectorale du 28 décembre 2010 :

>> COMMUNIQUÉ DE LA 265ème REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L'UNION AFRICAINE DU 10 MARS 2011.

 


Source : NERRATI.NET

NICOLAS SARKOZY: CELUI QUI VEUT «VOIR VENIR»

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Nicolas Sarkozy sera bien le président le plus décrié que la France ait connu, ce sont les Français qui le disent et ils ne manquent pas de qualificatifs. Cela fait un certain temps qu'ils s'en sont aperçus. Ces dernières semaines, tout s'accélère et il ne dément pas, une seconde, ce qui se dit de lui. C'est comme si une frénésie irrépressible s'était emparé de lui. C'était à la suite d'avoir été doublé en Tunisie, parce qu'il n'a «rien vu venir». Il a tout de suite décidé qu'on ne la lui referait pas et s'est mis «à voir venir» en Algérie.

Il a tout fait pour. Il a mobilisé tout ce qu'il a pu comme médias pour soutenir les partisans du changement qui voulaient manifester et la couverture a été parfaite. Et il a même donné de la voix. Pendant que Jean-Pierre Raffarin essayait de conclure, à Alger, de juteux contrats, mais, cela ne s'est pas passé comme il «avait vu venir». Ce qui lui a fait rater d'envoyer, le premier, sa flotte de guerre, devant les côtes libyennes avant les Etats-Unis. Alors, il a cherché à se rattraper n'importe comment.

Il pense dur comme fer que l'Afrique du Nord lui appartient. Il commence par envoyer Bernard-Henri Lévy  à Benghazi, le pire choix qui soit et prend sur lui, sans en informer son ministre des Affaires étrangères, de reconnaître la représentation des insurgés et propose de procéder à des «frappes» sur la Libye. Il se fait rabrouer par ses collèges européens et se fait accuser par Alain Juppé «stupéfait» d'avoir agi «sur un coup de tête». La presse ne lui fait pas de cadeau. On ressort les appréciations des diplomates  étatsuniens : «relâché»,  «discourtois», «autoritaire», «impulsif».

Parallèlement, sur le plan de la politique intérieure, où il dégringole dans les sondages, il ouvre un nouveau front, dans une folle équipée contre  la montée de Marine Le Pen, la présidente du Front national. Il lance un débat, au sein de son parti, sur l'Islam. L'un de ses partisans,  Abdallah Zerki, réagit en découpant sa carte UMP aux ciseaux devant les caméras de télévision. Ce geste est suivi par une violente réaction d'Abderrahmane Dahmane, son  conseiller à l'intégration et relais précieux, par les réseaux qu'il animait. Sarkozy le limoge (et coupe sa ligne téléphonique). Ses rancœurs remontent à la surface : «Depuis 2007, il a été invité à de nombreux dîners-débats dans la communauté musulmane. Il n'est jamais venu. Moi je l'ai excusé en expliquant qu'il avait du travail, qu'il était très pris...». Et tout le monde me répondait : «Mais il trouve bien le temps d'aller au dîner du CRIF».

Le fameux débat est prévu le 5 avril prochain et suscite une opposition au sein même de la droite. Pire, le jour même, de grandes manifestations seront organisées partout en France contre les discriminations, sur fond de contestations sociales. La dernière enquête d'opinion donne Dominique Strauss-Kahn en tête du premier tour de la présidentielle, avec 30% des voix, suivi de Marine Le Pen avec 21%, n'accorde à Nicolas Sarkozy qu'à peine 19% des suffrages. Une cuisante défaite pour n'importe qui la subit, mais une insupportable humiliation pour un mégalomane qui «ne l'a pas vue venir».


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

JEAN PING, BAN KI MOON, YOUNG JIN CHOI: LE TRIO DES MARIONNETTES NUISIBLES DE LA FRANCE POUR LA PARTITION DE LA COTE D'IVOIRE



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Par Daniel NKOUTA (*)


La situation postélectorale qui prévaut depuis bientôt trois mois en Côte d'Ivoire ne peut être bien comprise qu'en interrogeant sincèrement et donc sans à priori l'histoire, et cette interrogation nous permettra de saisir l'acharnement pervers de trois marionnettes nuisibles au service de la France que sont Jean PING, Ban KI MOON et Young JIN CHOI sur le peuple ivoirien.


S'il est vrai que les causes d'un événement historique sont en général multiples et complexes, il peut quand même paraître surprenant que, tant d'années après la fin des deux Guerres mondiales, celle de la Guerre de Corée et la guerre du Vietnam, le monde s'interroge encore sur les causes réelles de ces conflits. La raison en est que, pendant très longtemps, les historiens occidentaux qui se sont chargés de relater ces évènements se sont moins consacrés en réalité à en analyser les causes qu'à en déterminer les responsabilités, qui étaient évidemment le fait de l'autre camp.

Comment et pourquoi en 1914 et 1939 les grandes nations occidentales se sont précipitées les unes contre les autres avec fureur ? Comment et pourquoi les mêmes nations occidentales sont parties de chez elles pour aller agresser d'autres nations en Asie sous prétexte d'enrayer la propagation du communisme ? Les agresseurs se sont toujours et chaque fois présentés en victimes. Mais un simple regard lucide permet de comprendre qui est le vrai agresseur et où est la véritable victime. Pourquoi aujourd'hui, les mêmes nations occidentales jurant chaque fois au nom de Dieu s'acharnent sur l'Afrique, un continent paisible depuis toujours et qui n'a jamais agressé personne ? Un regard lucide sur l'histoire permet de comprendre. Et le même regard lucide sur un pan de l'histoire, permet de comprendre le choix porté sur trois mercenaires asiatiques Ban KI MOON, Young JIN CHOI et Jean PING, deux Sud-Coréens et Sud-Vietnamien dans la situation qui désole la Côte d'Ivoire, mais en fait l'Afrique tout entière.

Les causes de la guerre de Corée remontent aux conditions dans lesquelles ont été établis les deux gouvernements coréens en 1948. Le gouvernement de la Corée du Nord a refusé de reconnaître la légitimité des élections menées dans le Sud sous l'égide de la Commission des Nations unies; celui du Sud se targue de la tutelle de l'ONU pour clamer qu'il est le seul gouvernement légitime de la Corée, bien que l'ONU ait seulement sanctionné la validité des élections dans le Sud. Dès lors, chacune des parties se croit légitimée à reconquérir l'autre. Le scénario se répète en Côte d'Ivoire avec une fois encore la fameuse certification par l'ONU.

Dans la nuit du 24 au 25 juin 1950, à 4 heures du matin, 600.000 soldats Nord-Coréens franchissent la ligne de démarcation du 38e parallèle qui sépare les deux États : La République Démocratique Populaire de Corée, la Corée du Nord qui aura comme capitale : Pyongyang, dirigée par un régime communiste dont le Secrétaire Général est KIM IL SUNG qui a alors trente 38 ans, la République de Corée du Sud avec comme capitale Séoul, est dirigée par un  régime capitaliste dont le chef est  SYNGMAN RHEE 75 ans, héros de l'indépendance.

Le jour même de l'attaque nord-coréenne, le Président américain Harry Truman saisit l'Organisation des Nations Unies (ONU). La jeune instance internationale joue sa crédibilité sur ce conflit. Aussi le Conseil de sécurité ne se fait-il pas prier pour condamner ce qui aux yeux des Occidentaux est une agression et annoncer la mise en place d'une force internationale pour rétablir la paix dans la région. On pourrait parler de « l'ONUCOREE », comme on parle aujourd'hui de l'ONUCI .Cette décision a été rendue possible par l'absence des Soviétiques qui, depuis plusieurs mois, boycottaient le Conseil de sécurité.

Un corps expéditionnaire sous les ordres du Général Douglas MacArthur (70 ans) débarque dans la péninsule et préserve de l'invasion une tête de pont à Pusan, au Sud-est. Le Général lance sa contre-offensive le 15 septembre, reprend Séoul le 2 octobre, repousse les troupes nord-coréennes vers le Nord, franchit le 38e parallèle et atteint en un mois la frontière avec la Chine. Dans une situation désespérée, les Nord-Coréens reçoivent l'appui d'innombrables «volontaires» venus de Chine où une révolution communiste a triomphé quelques mois plus tôt. Six armées chinoises d'un total de 180.000 hommes franchissent le Yalou, le fleuve qui sépare la Corée de la Chine. Le 26 novembre 1950, c'est au tour des Nord-Coréens et de leurs alliés chinois de reprendre l'offensive. Le corps expéditionnaire de l'ONU qui doit se replier au sud du 38e parallèle et au prix de nombreux efforts, arrive à se rétablir sur l'ancienne ligne de démarcation. La Chine est condamnée par l'ONU. Néanmoins, le Général MacArthur ne se satisfait pas de cette condamnation diplomatique et réclame une intervention aérienne contre les bases arrières des Nord-Coréens situées en Mandchourie, de l'autre côté de la frontière avec la Chine. Les Etats-Unis qui craignent alors qu'une telle opération soit considérée par La Chine Populaire comme un casus belli, désapprouve son Général. Au grand soulagement de l'opinion internationale, le Président Truman rappelle le turbulent Général le 11 avril 1951 et le remplace par le Général Matthew Ridgway (56 ans) qui s'en tiendra sagement à une guerre de positions.

Venons-en à la guerre d'Indochine ou du Vietnam, pour le côté Jean PING. Quand, en décembre 1859, le gouvernement de Napoléon III décida de créer un Etablissement permanent à Saïgon, il expliqua ainsi ses intentions : « Ouvrir aux confins de la Chine une voie nouvelle à la civilisation et au commerce de 1'Occident, faire respecter les missionnaires chrétiens et leurs disciples. »un instrumentum regni ! En 1884, la France qui a volontairement morcelé le Viêt Nam en trois parties à la suite des conquêtes successives commencées au Sud de Hué baptisé Cochinchine, parce que situé entre Cochin en Inde, et sur la route de la Chine; le Centre qui recevait le nom de Annam, paix du Sud, ; et le Tonkin, francisation de Dông Kinh, capitale de l'Est réunit la Cochinchine, l'Annam, le Tonkin, le Laos, et le Cambodge au sein de l'Indochine française. Machiavel ne disait-il pas que la religion était

En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le conflit avec l'Empire du Japon aboutit à la désorganisation complète de l'Administration coloniale française en Indochine. Le Việt Minh, mouvement nationaliste fondé par le Parti Communiste indochinois, en profite pour prendre le contrôle d'une grande partie du territoire vietnamien : Hồ Chí Minh, son chef, proclame le 2 septembre 1945 l'indépendance de la République Démocratique du Viêt Nam. Le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient reprend progressivement le contrôle de l'Indochine ; les Français repensent ensuite le statut de la fédération au sein de la nouvelle Union française. Un conflit larvé se poursuit avec le gouvernement indépendantiste vietnamien, tandis qu'une solution diplomatique est en vain cherchée. La guerre éclate au grand jour à la fin 1946, quand le Việt Minh tente un coup de force contre les Français puis prend le maquis. Plusieurs années de guérilla opposent alors le Corps expéditionnaire à l'Armée populaire vietnamienne, force armée du Việt Minh, qui passe progressivement à une guerre de mouvement de plus en plus audacieuse. La France fonde en 1949 l'État du Viêt Nam, gouvernement central vietnamien proposant une alternative politique à Hồ Chí Minh, et le dote d'une force militaire, l'Armée nationale vietnamienne, afin de « vietnamiser » le conflit.

La guerre d'Indochine est donc une fois encore, une guerre d'indépendance d'un peuple occupé par une puissance occidentale : la France accompagnée par les USA, et nous avons le remake en Côte d'Ivoire où Laurent Koudou GBAGBO est le Hồ Chí Minh africain, proportions gardées. Ceux qui de nos jours se gendarment contre l'immigration dans leurs pays, sont les mêmes qui, sans y avoir été invités, se sont lancés hier dans des campagnes d'occupation d'autres pays avec pillage des richesses. Et l'on voudrait nous donner à croire que Dieu est juste et bon !

Roosevelt étant favorable à la décolonisation, le Viêt-Minh pense profiter de la neutralité bienveillante des États-Unis. À la conférence de Potsdam, en juillet 1945, il a été décidé que Chinois et Britanniques désarmeraient les soldats japonais et occuperaient le pays jusqu'à un règlement. Mais la Grande-Bretagne, aux prises dans ses anciennes colonies avec les mêmes difficultés que la France, laisse les Français reprendre Saïgon. Dès le 24 mars 1945, une fédération indochinoise est instituée au sein de l'Union française; elle comprend le Laos, le Cambodge, la Cochinchine, l'Annam et le Tonkin. L'arrivée en octobre 1945 du Général Leclerc permet de réoccuper Hanoï et de réaffirmer la souveraineté française sur l'ensemble de l'Indochine.

Pendant plus d'un an, les Français et le Viêt-Minh négocient. Le 6 mars 1946, par l'intermédiaire de Jean SAINTENY, la France reconnaît la République Démocratique du Viêt Nam comme un État libre au sein de l'Union française et de la Fédération indochinoise; mais le Haut-Commissaire en Indochine, l'Amiral Thierry d'Argenlieu fait proclamer à Saïgon, le 1er juin 1946, une République autonome de Cochinchine, amenant le Général Leclerc à démissionner. De nouvelles négociations se déroulent à Fontainebleau entre les mois de juillet et de septembre 1946, mais elles échouent. En novembre 1946, l'impasse est complète et la pression militaire française de plus en plus forte. Après l'assassinat de plusieurs Français à Haiphong (20 novembre), le bombardement de la ville par la flotte française (23 novembre) et la riposte des forces du Viêt-minh à Hanoï (19 décembre), la guerre entre dans une nouvelle phase.

Les troupes du Viêt-minh se retirent des villes et limitent leurs opérations à des actions de guérilla, menées par le Général GIAP tandis que les Français forment un gouvernement avec l'Empereur Bao Dai (accords du 5 juin 1948 et du 8 mars 1949). À partir de 1950, le Viêt-minh, bénéficiant des stocks de l'Armée du Guomindang offerts par la Chine Populaire, monte des opérations plus ambitieuses et inflige des pertes sévères au corps expéditionnaire français, comme lors de la bataille de la Route coloniale 4. Le redressement opéré à Hanoï, dans le Delta tonkinois et à Hoa Binh, par le Général de Lattre de Tassigny, en 1952, grâce notamment à la nouvelle aide américaine, ne sera qu'un répit de brève durée. Le lent grignotage des positions françaises dirigées par le Général Salan, puis par le Général Navarre se poursuit jusqu'à l'ultime et célèbre bataille de Diên BIÊN PHU le 7 mai 1954 qui consacre la défaite humiliante de l'Armée française devant une Armée populaire constituée de simples paysans et ouvriers, et commandée par GIAP, un Général sac à dos.

Paris ne pouvant plus résister à la pression d'une opinion publique lassée par une guerre lointaine, le Président du Conseil, Pierre MENDES FRANCE, et le représentant du Viêt-minh, Pham Van Dông, signent, à Genève, les 20 et 21 juillet 1954, les accords de cessez-le-feu. Le Viêt Nam est divisé en deux à la hauteur du 17e parallèle; dans le Nord, l'administration est attribuée à Hô Chí Minh, à la tête de la République Démocratique du Viêt Nam, État communiste. Un protocole prévoit des élections générales dans la zone Sud, occupée par l'Armée française et les troupes vietnamiennes de Bao Dai, avant le mois de juillet 1956, afin de décider si le Viêt Nam doit être réunifié.

Dans sa seconde version dite Guerre du Viêtnam, conflit armé au Viêtnam entre le Viêtnam du Sud et son allié les États-Unis, le Viêtnam du Nord et le FNL. Il débuta en février 1959, lorsque les anciens membres de la guérilla viêt-minh, demeurés au Sud, décidèrent de reprendre les armes et de renverser le gouvernement dictatorial du Viêtnam-du-Sud. Le conflit se transforma ensuite en une guerre ouverte entre le Viêtnam-du-Sud et le Viêtnam-du-Nord, puis en un conflit international limité. Les États-Unis et quelque quarante autres pays soutinrent le Viêtnam-du-Sud en lui fournissant des troupes et des munitions, tandis que l'URSS et la République Populaire de Chine apportaient leur appui au Viêtnam-du-Nord et au Viêt-công. La guerre affecta aussi le Laos, où le Pathet Lao communiste combattit le gouvernement de 1965 à 1973 et parvint à abolir la monarchie en 1975; ainsi que le Cambodge, où le gouvernement du Général Lon Nol s'écroula en 1975 face aux Khmers rouges. On sait comment, la plus grande puissance militaire du monde, les Etats-Unis font devoir quitter le Vietnam la queue entre les jambes, pour éviter à leur tour une défaite à la Diên Biên Phu.

Ces évènements permettent de comprendre pourquoi dans le cas de  la Côte d'Ivoire, les Occidentaux soient partis chercher trois ressortissants des peuples aguerris dans la technique de la partition d'un pays : deux Sud Coréens Ban KI MOON et Young JIN CHOI et un bâtard vietnamien Jean PING pour consacrer la partition de la Côte d'Ivoire en Nord et Sud. El Adj Omar BONGO ODIMBA ne se sera pas contenté d'avoir pillé les richesses gabonaises et d'avoir asservi le Gabon à la France, il a fallu en outre qu'il nous ponde un Gabonais aux yeux bridés placé par effraction à la tête de l'Union Africaine, et qui, sans le moindre complexe, se prend pour un véritable Africain. Les pères fondateurs de l'OUA : Léopold Sédar SENGHOR; Mocktar OUL DADA, Modibo KEÏTA, Félix HOUPHOUET-BOIGNY, Fulbert YOULOU, Joseph KASA-VUBU, El NYMEIRI, Roi Idriss, Gamel Abdel NASSER, Ouary BOUMEDIENNE, Habib BOURGUIBA, Roi Mohammed V, Sylvanius OLIMPIO, Kwame NKRUMAH, Ahmed Sékou TOURE, Julius NIERERE, Jomo KENYATTA, Haïlé SELASSIE, et autres, et les Héros africains comme Patrice LUMUMBA, Félix MOUNIE, Amilcar CABRAL, Thomas SANKARA, doivent se tordre de colère au fond de leurs sépultures pour cette nouvelle forme de colonisation, un Vietnamien à la tête de l'Organisation africaine, c'est le comble de l'humiliation !

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(*) - Daniel Nkouta est Capitaine de Vaisseau retraité (Congo-Brazzaville).

dimanche, 13 mars 2011

NON AU RETOUR DU COLONIALISME AU MAGHREB!

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Par Mohamed Bouhamidi

Le président français et le Premier ministre anglais veulent intervenir en Libye. Le prétexte sans cesse ressassé est le même que celui invoqué pour la Yougoslavie, la Serbie ou l'Irak : l'exécution de massacres. Toutes les raisons invoquées à ce jour furent mensongères : des armes de destruction massive en Irak aux massacres des Albanais au Kosovo en passant par le charnier de Timisoara en Roumanie ou le meurtre de bébés dans la maternité du Koweït. Toutes jouèrent sur deux facteurs-clés : l'émotion soulevée par l'horreur des images cyniquement fabriquées et l'accusation infamante et paralysante portée aux consciences libres  de soutenir des «dictatures» que par ailleurs ces mêmes puissances - singulièrement la France et l'Angleterre pour le cas de la Libye - ont soutenues, cajolées, flattées pour leurs ressources et leur argent. Nous, patriotes algériens, n'échappons pas à cette pression morale et hésitons à exprimer clairement et fermement notre réprobation de ces appels à l'intervention militaire et à l'ingérence tous azimuts. Nous sommes grandement paralysés par l'acceptation à la base de ces notions de démocratie et de dictature comme si elles désignaient naturellement une supériorité civilisationnelle, morale et politique des puissances, hier coloniales et aujourd'hui néocoloniales.

Nous devons récuser la base même de leurs concepts et rappeler à Sarkozy que c'est bien la grande démocratie qu'était la France coloniale qui nous a mené une sale guerre de sept ans. Nous devons rejeter ces pressions morales qui entravent notre riposte déterminée à ces menaces d'ingérence sous le couvert fallacieux de la démocratie et de la liberté des peuples qui a montré, en Irak  - un million de morts après et qui attendent toujours le TPI - en Afghanistan et en Amérique latine  qu'elles ne sont que plus de corruption, plus de morts, plus de soumission et toujours moins de dignité. Nous subissons ces pressions d'autant plus fort que les relais internes de ces puissances impérialistes ont marqué des points essentiels, voire décisifs, dans les médias et la vie politique.

Ces relais affichent fièrement leurs rôles et leurs missions, convaincus d'une victoire proche et certaine. L'ingérence européenne en Libye, française en particulier, est une menace directe et immédiate sur l'Algérie. Elle a pour but de mener une campagne de reconquête néocoloniale. Des alliés et des relais internes leur ont grandement facilité les conquêtes coloniales. Des relais et des alliés leur faciliteront la reconquête. Plus que jamais, les patriotes doivent se mobiliser comme ils le peuvent et où ils le peuvent pour afficher leur opposition à l'ingérence impérialiste en Libye. L'intervention en Libye est une menace directe contre notre souveraineté nationale. Elle est une tentative d'annulation des changements en Tunisie et en Egypte. Elle sera en revanche une menace sur la lutte anticoloniale et sur nos indépendances.

C'est au peuple libyen de résoudre ses conflits en fonction de ses intérêts nationaux et sans interférences étrangères. Il faut secouer l'hégémonie conceptuelle et politique acquise sur les consciences  par la vision impérialiste.  Il est temps pour nous de ne plus subir les termes du débat imposé par les dynamiques ultralibérales et de trouver les voies et les moyens de réhabiliter la défense de l'indépendance des peuples et des Etats nationaux face à l'ingérence permanente des puissances coloniales. Il est temps de penser à (re)construire  un  front (mouvement) patriotique et démocratique (le front  anti-impérialiste) disloqué par les offensives réformatrices dans la forme et contre-révolutionnaires dans le fond.  Non à l'ingérence politique et à l'agression militaire en Libye ! Non au retour du colonialisme au Maghreb ! Non au retour des canonnières ! Pour un rassemblement des patriotes autour de la défense de l'indépendance et d'un Etat véritablement national et démocratique.


Mohamed Bouhamidi


Source: LA TRIBUNE ONLINE

UNION AFRICAINE: L'INSOUTENABLE FAILLITE DU SYNDICAT DES DICTATEURS AFRICAINS


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Par Francis LALOUPO

Amer constat du discrédit profond qui frappe l'Union africaine. Jamais l'organisation n'avait subi une telle perte d'estime au sein des opinions africaines. C'en est proprement affligeant. Enlisée en Côte d'Ivoire, absente durant les événements historiques en Tunisie et en Égypte, incapable - comme tétanisée - de se prononcer sur la vague de contestations en cours dans le monde arabe, et enfin, totalement figée face au pire qui se déroule en Libye.

Portée sur les fonts baptismaux à Syrte en 1999 à l'initiative du colonel Mouammar Kadhafi, l'UA vient peut-être de se faire hara-kiri, sans gloire, dans les sables du désert libyen.

Quoi d'étonnant, au fond ? Tout ceci est terriblement logique. Ce trépas politique était inscrit dans l'histoire, dans l'ADN de l'organisation. Le spectacle désespérant de son impuissance que l'UA expose actuellement au grand jour face aux événements cités plus haut, n'est que la manifestation et la tragique confirmation des contradictions initiales dont elle a fait son socle et son « originalité » depuis sa création.

-        Comment imaginer que cette organisation, composée d'États aux cultures politiques disparates et néanmoins dominée par des satrapes et autres rescapés patibulaires des partis uniques, puisse parvenir, comme elle l'a espéré, à s'ériger à terme en autorité morale à l'échelle d'un continent ?

-        Comment peut-on imaginer que les connivences et les complicités que le temps a sédimentées entre les membres de ce "syndicat de chefs d'État" puissent produire autre chose que l'absence de courage politique, l'incapacité à fixer des convergences éthiques et à libérer les intelligences de certaines formes de contraintes, de démissions, d'indulgence coupable et autres considérations dites "conjoncturelles" ?

En somme, alors que l'on déplore aujourd'hui les silences, les absences et le manque de courage politique de l'Union Africaine, celle-ci se révèle simplement, telle qu'en elle-même : un projet bâclé, le résultat forcément inconfortable d'une somme de compromis sulfureux, un pis-aller pour une Afrique qui poursuit par ailleurs son chemin vers son visage pérenne.

A ceux qui répondent à cela que l'UA reste "un processus en cours", il faut répondre désormais que, loin d'être un quelconque "processus", l'organisation dite panafricaine n'est que l'emblème d'un passé qui s'éloigne... C'est pour cela qu'elle ne dispose pas des outils nécessaires lui permettant d'agir pleinement et efficacement dans les crises qui ne sont, au fond, que les manifestations annonciatrices de temps nouveaux, en rupture avec la matrice de l'UA.

Parce qu'elle est génétiquement inapte à comprendre à quel point les populations africaines ne peuvent plus se reconnaître en elle, l'Union Africaine ne sera jamais devenue "la parole de l'Afrique". Ne nous en plaignons pas.

Ainsi découverte dans sa vérité par le plus grand nombre, elle épargne désormais aux Africains - à ce qui voulaient y croire, ne serait-ce qu'un peu encore - une illusion qui n'a que trop duré.

Cette bonne nouvelle ouvre davantage les voies du possible à tous les citoyens qui, loin de ceux qui prétendent les représenter, construisent, discrètement et quotidiennement, des nouvelles formes de vie, faites d'utopies salvatrices pour le continent africain.



http://mampouya.over-blog.com/

L'UNION AFRICAINE OFFRE UN CADEAU EMPOISONNE A ALASSANE DRAMANE OUATTARA


ALASSANE DRAMANE OUATTARA ET SORO.jpg

L'Union Africaine, à travers son Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), a reconduit, simplement reconduit jeudi 10 mars, à Addis-Abeba, la « clameur internationale » selon laquelle le candidat Alassane Dramane OUATTARA est le président élu reconnu par la communauté internationale. Là où on attendait une décision circonstanciée fondée sur les observations et conclusions du comité des experts du panel des Chefs d'Etat africains, qui ont été édifiés sur les fraudes massives et les violences perpétrées par le RHDP dans les zones Centre Nord et Ouest de la Côte d'Ivoire pendant le scrutin présidentiel de novembre 2010.

Après avoir appris cette nouvelle, qui à première vue est défavorable à la Côte d'Ivoire républicaine, nous nous sommes sentis fortement raffermi dans notre sérénité.

En effet, sans peut-être le savoir ou s'en rendre compte, l'Union Africaine, venait ainsi de remettre au centre des débats le Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire, présidé par l'éminent Professeur de Droit Paul YAO-N'DRE, celui qu'on a traité de tous les noms d'oiseaux : homme de droit mal inspiré, juriste lige, ami de GBAGBO vendu à de mesquins intérêts despotes voire partisan du népotisme. Pourquoi ? Pour avoir dit le droit, dans toute sa rigueur, dans toute sa pureté et dans toute sa splendeur.

Or donc nul ne peut être président en Côte d'Ivoire sans avoir été antérieurement déclaré comme tel par le Conseil Constitutionnel ? Ceux qui ont proclamé ADO président étalent ainsi leur irrépressible mauvaise foi sinon leur incurie. Tout bien considéré, une façon bien discrète d'avouer que tout le tintamarre mondial orchestré par les médias internationaux, sous l'instigation malveillante de Nicolas SARKOZY et Barack OBAMA, pour faire d'Alassane Dramane OUATTARA le président de la Côte d'Ivoire n'est que vacuité, un véritable coup d'épée dans l'eau, une annonce pieuse qui n'engage pas le peuple ivoirien et ses institutions républicaines. L'acte étant dépourvu de toute légalité, en plus de n'être revêtu d'aucune légitimité. Retour donc à la case départ. Chez les ivoiriens, la quiétude est désormais de mise : en effet, rien, absolument rien ne se ferait en dehors de la constitutionnalité. Et le monde peut y compter avec le digne fils de Côte d'Ivoire, le Professeur Paul YAO-N'DRE.

En faisant donc cette sortie on ne peut plus couarde et honteuse qui a jeté l'opprobre sur le peuple africain tout entier, les Chefs d'Etats de l'Union Africaine, qui ont peut-être cru rendre service à Alassane Dramane OUATTARA, viennent inconsciemment de lui offrir un cadeau empoisonné au cyanure, un piège mortel dont il ne pourrait sortir indemne. Parce que les arrêts du Conseil Constitutionnel sont « insusceptibles de recours », nous dit la Constitution. Pour leur faire plaisir, l'institution suprême ivoirienne en matière électorale pourrait officiellement leur répondre en réitérant sa décision initiale et clore ainsi, définitivement, le débat.

Pour la suite des évènements, les Ivoiriens n'ont plus qu'à s'en remettre à DIEU et à faire bloc pour le respect de leur Constitution, autour du président qu'ils ont élu, le Président Laurent GBAGBO. La Constitution, rien que la Constitution ! Car en fait de négociations et de recherche de voies de sortie pacifique de la crise ivoirienne, de manière générale, et de la crise postélectorale, singulièrement, la « communauté internationale », pilotée par des cercles maçonniques et illuminati, mus par des intérêts mystico-politico-mafieux, cherche à imposer à la Côte d'Ivoire un homme lige pour servir sa cause et lui assurer des prébendes définitives sur les richesses de son sous-sol. Le peuple digne de Côte d'Ivoire y oppose et y opposera toujours une fin de non recevoir.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

vendredi, 11 mars 2011

UNE AUTRE INTERVENTION DE L'OTAN? EST-CE QU'ON NOUS REFAIT LE COUP DU KOSOVO?


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Par Diana Johnstone

Moins de 12 ans après que l'OTAN ait mis la Yougoslavie en pièces sous les bombes, et détaché la province du Kosovo de la Serbie, il y a des signes que l'alliance militaire se prépare pour une autre petite «guerre humanitaire» victorieuse, cette fois contre la Libye. Les différences sont, bien entendu, énormes. Mais penchons-nous sur quelques-unes des similitudes troublantes.

Un chef de file diabolisé

En tant que "nouvel Hitler", l'homme que vous adorez détester et avez besoin de détruire, Slobodan Milosevic était en 1999 un néophyte par rapport à Mouammar Kadhafi aujourd'hui. Les médias avaient eu moins d'une décennie pour transformer Milosevic en un monstre, alors qu'avec Kadhafi, ils ont disposé de plusieurs décennies. Et Kadhafi est plus exotique, parle moins l'anglais et se présente devant le public dans des tenues qui pourraient avoir été créées par John Galliano (un autre monstre récemment démasqué). Cet aspect exotique suscite les moqueries et mépris ancestraux envers les cultures inférieures avec lesquels l'Occident a gagné sa place victorieuse, avec lesquels l'Afrique a été colonisée, et avec lesquels le Palais d'Eté de Beijing a été ravagé par les soldats occidentaux se battant pour rendre le monde sûr pour la dépendance à l'opium.

Le chœur des «Nous devons faire quelque chose!»

Comme avec le Kosovo, la crise en Libye est perçue par les faucons comme une opportunité pour affirmer la puissance. L'inénarrable John Yoo, le conseiller juridique qui a coaché l'administration Bush II dans les avantages de la torture des prisonniers, a utilisé le Wall Street Journal pour conseiller à l'administration Obama d'ignorer la Charte des Nations Unies et de sauter dans la mêlée libyenne. «En mettant de côté les règles archaïques de l'ONU, les États-Unis peuvent sauver des vies, améliorer le bien-être global, et, en même temps, servir ses propres intérêts nationaux» a proclamé J.Yoo. Et un autre théoricien de l'impérialisme humanitaire, Geoffrey Robertson, a déclaré à The Independent que, malgré les apparences, violer le droit international est légal.

Le spectre des «crimes contre l'humanité» et du «génocide» est évoqué pour justifier la guerre

Comme avec le Kosovo, un conflit interne entre un gouvernement et des rebelles armés est présenté comme une «crise humanitaire» dans lequel un seul côté, le gouvernement, est supposé être «criminel». Cette criminalisation a priori est exprimée en faisant appel à un organe judiciaire international pour examiner les crimes qui sont supposés avoir été commis, ou être sur le point d'être commis. Dans son éditorial, Geoffrey Robertson rend clair comme du cristal la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée pour préparer le terrain à une intervention militaire éventuelle. La CPI peut être utilisé par l'Occident pour contourner le risque d'un veto du Conseil de sécurité à une action militaire, explique-t-il :

"Dans le cas de la Libye, le Conseil a au moins à un important précédent en endossant à l'unanimité une référence à la Cour pénale internationale. [...] Alors, qu'advient-il si les inculpés libyens non-arrêtés aggravent leurs crimes - par exemple en pendant ou en fusillant de sang-froid leurs adversaires, des témoins potentiels, des civils, des journalistes ou des prisonniers de guerre ? [Notons que jusqu'à présent il n'y a pas d'"inculpés", et aucune preuve des "crimes" que ces inculpés pourraient "aggraver" de diverses façons imaginaires. Mais Robertson est désireux de trouver un moyen pour l'OTAN de "relever le gant", si le Conseil de sécurité décide de ne rien faire.]

"Les imperfections du Conseil de sécurité exigent la reconnaissance d'un droit limité, sans son mandat, pour une alliance comme l'OTAN d'utiliser la force pour empêcher la perpétration de crimes contre l'humanité. Ce droit se pose une fois que le Conseil a identifié une situation comme une menace à la paix mondiale (et c'est ainsi qu'il a identifié la Libye, en la déferrant, à l'unanimité, au procureur de la CPI). "

Donc déferrer un pays au procureur de la CPI peut être un prétexte pour mener une guerre contre ce pays! Soit dit en passant, la compétence de la CPI est censée s'appliquer aux Etats qui ont ratifié le traité l'instituant, ce qui, si je ne m'abuse, n'est pas le cas de la Libye - ni des États-Unis. Une grande différence, cependant, c'est que les États-Unis ont été en mesure de convaincre, d'intimider ou de corrompre de nombreux Etats signataires afin qu'ils acceptent des accords selon lesquels jamais, en aucune circonstance, ils n'enverront aucun contrevenant américain à la CPI. C'est un privilège refusé à Kadhafi.

Robertson, membre du conseil de justice des Nations Unies, conclut que: «Le devoir d'arrêter un massacre d'innocents, comme étant le mieux que nous pouvons faire s'ils implorent notre aide, a "cristallisé" le fait que faire usage de la force par l'OTAN est non seulement "légitime", mais "légal". »

L'idiotie de gauche [Leftist idiocy]

Il y a douze ans, la plus grande partie de la gauche européenne a soutenu "la guerre du Kosovo" qui a mis l'OTAN sur le chemin sans fin qu'elle poursuit aujourd'hui en Afghanistan. N'ayant rien appris, beaucoup semblent prêts à une répétition. Une coalition de partis qui se fait appeler la Gauche Européenne a publié une déclaration «condamnant fermement la répression perpétrée par le régime criminel du colonel Kadhafi» et exhortant l'Union européenne à « condamner l'usage de la force et à agir rapidement pour protéger les personnes qui manifestent pacifiquement et luttent pour leur liberté ». Dans la mesure où l'opposition à Kadhafi n'est pas exactement en train de « manifester pacifiquement », mais a en partie pris les armes, cela revient à condamner l'usage de la force par certains et pas par d'autres - mais il est peu probable que les politiciens qui ont rédigé cette déclaration réalisent même ce qu'ils disent.

La vision bornée de la gauche est illustrée par la déclaration d'un document trotskyste selon laquelle: «De tous les crimes de Kadhafi, celui qui est sans doute le plus grave et le moins connu est sa complicité avec la politique migratoire de l'UE ...» Pour l'extrême gauche, le plus grand péché de Kadhafi est de coopérer avec l'Occident, de même que l'Occident doit être condamné pour avoir coopéré avec Kadhafi. [ This is a left that ends up, out of sheer confusion, as cheerleader for war. : traduction incertaine : C'est une gauche qui se termine, de la confusion totale, comme une pom-pom girl pour la guerre. J'envisageais le sens possible suivant, "C'est une gauche qui complète utilement le cortège pour la guerre" - note du traducteur improvisé]

Les réfugiés

La masse des réfugiés fuyant le Kosovo alors que l'OTAN commençait sa campagne de bombardement a été utilisée pour justifier ces bombardements, sans enquête indépendante sur les diverses causes de cet exode temporaire - une cause principale étant probablement les bombardements mêmes. Aujourd'hui, à la manière dont les médias rapportent sur le grand nombre de réfugiés qui quittent la Libye depuis que les troubles ont commencé, le public pourrait avoir l'impression qu'ils fuient la persécution faite par Kadhafi. Comme c'est souvent le cas, les médias se concentrent sur l'image superficielle sans rechercher des explications. Un peu de réflexion peut combler le déficit d'information. Il est très peu probable que Kadhafi chasse les travailleurs étrangers que son gouvernement a amenés en Libye pour réaliser des projets d'infrastructure importants. Au contraire, il est assez clair que certains des rebelles «démocratiques» ont attaqué les travailleurs étrangers par pure xénophobie. L'ouverture de Kadhafi aux Africains Noirs en particulier, a contrarié un certain nombre d'Arabes. Mais il ne faut pas dire trop à ce sujet, puisqu'ils sont maintenant nos "Bons". C'est un peu la façon dont les attaques albanaises contre les Roms au Kosovo ont été négligés ou excusé par les occupants de l'OTAN au motif que « les Roms avaient collaboré avec les Serbes ».

Oussama ben Laden

Une autre ressemblance entre l'ex-Yougoslavie et la Libye, c'est que les États-Unis (et ses alliés de l'OTAN) se retrouvent  une fois de plus du même côté que leur vieil ami du temps des moudjahidin afghans, Oussama ben Laden. Oussama ben Laden a été un allié discret du parti islamiste d'Alija Izetbegovic au cours de la guerre civile en Bosnie, un fait qui a été soigneusement négligé par les puissances de l'OTAN. Bien entendu, les médias occidentaux ont largement rejeté l'affirmation actuelle de Kadhafi selon laquelle il se bat contre Ben Laden comme les divagations d'un fou. Cependant, le combat entre Kadhafi et Ben Laden est très réel et antérieure au 11 Septembre 2001, les attentats contre les Twin Towers et le Pentagone. En effet, Kadhafi a été le premier à essayer d'alerte Interpol sur Ben Laden, mais n'a obtenu aucune coopération de la part des États-Unis. En Novembre 2007, l'AFP a rapporté que les dirigeants du "Groupe islamique combattant" en Libye avaient annoncé qu'ils se joignaient à Al-Qaïda. Comme les moudjahidin qui ont combattu en Bosnie, le groupe islamiste libyen a été créé en 1995 par des vétérans de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980, lutte parrainée par les USA. Leur objectif déclaré était de renverser Kadhafi en vue d'établir un état islamiste radical. La base de l'Islam radical a toujours été la partie orientale de la Libye où la révolte en cours a éclaté. Puisque cette révolte ne ressemble en rien aux manifestations de masse pacifiques qui ont renversé les dictateurs en Tunisie et en Egypte, mais a visiblement une composante de militants armés, on peut raisonnablement supposer que les islamistes prennent part à la rébellion.

Le refus de négociations

En 1999, les États-Unis était désireux d'utiliser la crise du Kosovo pour donner au nouveau rôle «hors zone» de l'OTAN son baptême du feu. La mascarade des pourparlers de paix à Rambouillet a été sabordée par Secrétaire d'Etat étatsunienne Madeleine Albright, qui a mis à l'écart les dirigeants albanais du Kosovo plus modérés en faveur de Hashim Thaci, le jeune chef de l'"Armée de Libération du Kosovo", un réseau notoirement lié aux activités criminelles. Il y avait un peu de tout dans les rebelles albanais du Kosovo, mais comme cela arrive souvent, les États-Unis sont arrivés et en ont pris le pire.

En Libye, la situation pourrait être encore pire

Mon impression, en partie en raison de la visite que j'ai faite à Tripoli il y a quatre ans, c'est que la rébellion actuelle est un ensemble beaucoup plus varié, avec de graves contradictions internes potentielles. Contrairement à l'Egypte, la Libye n'est pas un État fort peuplé, qui a des milliers d'années d'histoire, un fort sentiment d'identité nationale et une longue culture politique. Il y a un demi-siècle, c'était l'un des pays les plus pauvres de la planète, et il n'est pas encore complètement sorti de sa structure clanique. Kadhafi, à sa manière excentrique personnelle, a été un facteur de modernisation, utilisant les revenus du pétrole pour élever le niveau de vie à l'un des plus élevés sur le continent africain. L'opposition vient, paradoxalement, à la fois de réactionnaires islamistes traditionnels d'une part, qui le considèrent comme un hérétique pour ses opinions relativement progressistes, et d'autre part des bénéficiaires occidentalisés de la modernisation, qui sont gênés par l'image de Kadhafi et veulent encore plus de modernisation. Et il y a d'autres tensions qui peuvent conduire à la guerre civile et même à un éclatement du pays selon des critères géographiques.

Jusqu'à présent, les chiens de guerre sont en train de renifler ici et là pour avoir davantage d'effusions de sang qu'il n'y en a déjà. Les États-Unis ont mené l'escalade du conflit au Kosovo dans le but «d'avoir à intervenir», et c'est ce qui risque de se passer actuellement avec la Libye, où est encore plus grande l'ignorance de l'Occident [of what they would be doing : de ce qu'ils y produiront ?]

La proposition de Chavez de médiation neutre pour éviter la catastrophe est la voie de la sagesse. Mais en OTANie, la notion même de résoudre les problèmes par la médiation pacifique plutôt que par la force, semble s'être évaporée.


Article original en Anglais: Another NATO Intervention? Libya: Is This Kosovo All Over Again?

Version française publiée sur le blog de Jacques Tourteaux Diana Johnstone est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Diana Johnstone publiés par Mondialisation.ca


 

Source : MONDIALISATION.CA

LIBYE: RETOUR DE L'IMPERIALISME HUMANITAIRE - AVEC LE SOUTIEN DU VIEUX GANG


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Le Gang au complet est de retour : les partis de la gauche européenne (inclus les partis «modérés» communistes européens), les «Verts» avec José Bové maintenant allié à Daniel Cohn-"Bandit" qui a toujours soutenu les guerres de l'OTAN, différents groupes Troskystes et bien sûr Bernard Henry Levy et Bernard Kouchner tous appelant à une sorte d' «intervention humanitaire» en Libye ou accusant la gauche d'Amérique Latine dont les positions sont bien plus sensées d'agir comme des «idiots utiles» pour le «Tyran libyen».



Douze ans plus tard c'est de nouveau le Kosovo. Des centaines de milliers de morts irakiens, l'OTAN acculée dans une position impossible en Afghanistan et ils n'ont rien appris ! La guerre du Kosovo a été lancée pour stopper un génocide inexistant, la guerre afghane pour protéger les femmes (allez donc vérifier leur situation actuellement) et la guerre d'Irak pour protéger les Kurdes. Quand vont-ils comprendre qu'on affirme que toutes les guerres sont justifiées pour des raisons humanitaires ? Même Hitler « protégeait les minorités » en Tchécoslovaquie et en Pologne.


D'un autre côté Robert Gates a mis en garde que tout futur Secrétaire d'état qui conseillerait au président US d'envoyer des troupes en Asie ou en Afrique,
« on doit lui examiner le cerveau ». L'Amiral Mc Mullen a de même conseillé la prudence. Le grand paradoxe de notre époque c'est que le QG du mouvement de la paix se trouve au Pentagone et au département d'Etat tandis que le parti pro-guerre est une coalition de néo-conservateurs et d'interventionnistes libéraux de différentes sortes dont des guerriers gauchistes humanitaires de même que certains Verts des féministes ou des communistes repentis.

Donc maintenant, tout le monde doit réduire sa consommation à cause du réchauffement climatique mais les guerres de l'OTAN sont recyclables et l'Impérialisme a été intégré au Développement Durable.


Bien sûr les US feront ou non la guerre pour des raisons qui sont bien différentes des conseils offerts par la gauche pro-guerre. Bien sûr, le pétrole ne sera pas le facteur principal de leur décision car tout gouvernement libyen futur devra vendre du pétrole et la Libye ne pèse pas suffisamment sur le cours du pétrole. Bien sûr, le chaos en Libye mène à la spéculation qui elle-même affecte les prix mais cela est un autre sujet. Les Sionistes ont certainement deux avis sur la Libye : ils haïssent Kadhafi et aimerait le voir chasser du pouvoir comme Saddam de la façon la plus humiliante possible mais ils ne sont pas sûrs qu'ils apprécieront son opposition (et selon le peu que l'on connaît, ils ne l'aiment pas).


L'argument principal pro-guerre, c'est que si tout va vite et facilement cela réhabilitera l'OTAN et l'intervention humanitaire dont l'image a été ternie par l'Irak et l'Afghanistan. Un nouveau Grenade ou au mieux un nouveau Kosovo, c'est exactement ce qu'il faut. Un autre motif d'intervention c'est de mieux contrôler les rebelles en venant les « sauver » dans leur marche vers la victoire. Mais cela a peu de chance de marcher : Karzai, en Afghanistan, les nationalistes kosovars, les Shi'ites d'Irak et, bien sûr, Israël sont parfaitement contents de bénéficier de l'aide américaine quand ils en ont besoin mais après cela, ils poursuivent leur propre agenda. Et une occupation militaire totale de la Libye après la « libération » est peu faisable ce qui, bien sûr, du point de vue des US rend l'intervention moins attrayante.


D'un autre côté, si les choses tournent mal, ce sera probablement le début de la fin de l'Empire américain d'où la prudence des gens qui sont actuellement en charge et qui ne se contentent pas d'écrire des articles dans le Monde ou de pester contre les dictateurs devant les caméras.


C'est difficile pour des citoyens ordinaires de savoir exactement se qui se passe en Libye car les médias occidentaux se sont complètement discrédités en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine et les sources d'informations alternatives ne sont pas toujours crédibles non plus. Cela, bien sûr, n'empêche pas la gauche pro-guerre d'être absolument convaincue de la vérité des pires informations sur Kadhafi comme elle l'était, il y a douze ans, sur Milosevic.


Le rôle négatif de la Cour Internationale de Justice est de nouveau apparent, ici, comme l'a été celui du Tribunal International pour la Yougoslavie, dans le cas du Kosovo. L'une des raisons pour lesquelles il y a eu relativement peu de sang versé en Tunisie et en Egypte, c'est qu'il y avait une sortie possible pour Ben Ali et Moubarak. Mais la « Justice internationale » veut être sûre qu'une telle sortie n'est pas possible pour Kadhafi et probablement pour les gens proches de lui, les poussant ainsi à combattre jusqu'à un dénouement tragique.


Si « un autre monde est possible », comme la Gauche Européenne le proclame sans arrêt, alors un autre Occident devrait être possible et la Gauche Européenne devrait commencer à œuvrer pour cela. La rencontre récente de l'Alliance Bolivarienne pourrait servir d'exemple : la gauche d'Amérique Latine veut la paix et ils veulent empêcher l'intervention des US car ils savent qu'ils sont dans la ligne de mire des US et que leur processus de transformation sociale exige d'abord et avant tout la paix et la souveraineté nationale. Donc ils ont suggéré d'envoyer une délégation internationale conduite éventuellement par Jimmy Carter (qu'on ne peut pas accuser d'être une marionnette de Kadhafi) pour commencer un processus de négociation entre le gouvernement et les rebelles. L'Espagne s'est dite intéressée par cette idée qui est bien sûr rejetée par Sarkozy. Cette proposition peut sembler utopique mais si l'ONU met tout son poids derrière, ce ne sera pas le cas. Ce serait une façon de remplir sa mission actuellement rendu impossible par l'influence des US et de l'Occident. Cependant, ce n'est pas impossible que maintenant ou dans une prochaine crise une coalition de nations non interventionnistes dont la Russie, la Chine, l'Amérique Latine et, peut être d'autres, puissent œuvrer ensemble pour construire des alternatives crédibles à l'interventionnisme occidental.


Contrairement à la gauche d'Amérique Latine, la version pathétique gauche européenne a complètement perdu le sens de ce que cela veut dire de faire de la politique. Elle n'essaie pas de proposer des solutions concrètes aux problèmes et est seulement capable d'adopter des positions morales dénonçant, en particulier de façon grandiloquente, les dictateurs et les violations des Droits de l'homme. La gauche social démocrate suit la droite avec au mieux quelques années de retard et n'a pas d'idées personnelles. La gauche « radicale » réussit souvent à dénoncer, à la fois, les gouvernements occidentaux de toutes les manières possibles et à demander que ces gouvernements interviennent militairement partout dans le monde pour défendre la démocratie. Leur manque de réflexion politique les rend particulièrement vulnérables aux campagnes de désinformation et en fait des supporters des guerres US - OTAN.


La gauche n'a pas de programme cohérent et ne saurait pas quoi faire même si Dieu les mettait au pouvoir. Au lieu de « soutenir » Chavez et la Révolution Vénézuélienne, une affirmation vide de sens que certains se complaisent à répéter, ils devraient humblement apprendre d'eux et d'abord et avant tout réapprendre ce que cela veut dire de faire de la politique.



Jean Bricmont, le 08 mars 2011.



Article en anglais


Jean Bricmont enseigne la physique en Belgique et est membre du Tribunal de Bruxelles. Son livre
"Humanitarian Imperialism" est publié par «Monthly Review Press la version française « Impérialisme Humanitaire » l'est aux Editions Aden.

Son email : Jean.Bricmont@uclouvain.be

CARGAISON D'ARMES SAISIES AU CAMEROUN: LE NOM D'ALASSANE OUATTARA CITE



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In Le Nouveau Courrier N°225 du 11 Mars 2011

 

Des informations issues des interrogatoires attestent que le nom de l'opposant ivoirien aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations.


Hier mercredi 9 mars 2011, en fin d'après midi, Le Messager a appris de sources sécuritaires proches de la légion de gendarmerie de l'Est qu'un homme de nationalité libanaise dont l'identité ne nous pas été communiquée, se serait présenté nuitamment aux chauffeurs tchadiens des quinze camions contenant les trente containers estampillés Onu et fortement soupçonnés de contenir des armes de guerre, pour les convaincre de prendre la poudre d'escampette avec le délicat convoi en direction de Douala. Selon nos sources, il était prévu que lesdits chauffeurs quittent Bertoua à minuit dans la nuit du mardi 8 mars non sans avoir déjoué la vigilance des gendarmes préposés à leur surveillance. Mais, prévenus contre une telle éventualité, les gendarmes de Bertoua auraient tout de suite éventré " ce plan de guerre ".

Et le mystérieux Libanais qui, dit-on, venait de Douala, aurait alors quitté Bertoua précipitamment au moment où les pandores s'apprêtaient à lui mettre le grappin dessus afin de procéder à son identification et l'interroger sur les mobiles de sa démarche. Ainsi hier mercredi, jusqu'au moment où nous mettions sous presses, les nouvelles qui nous parvenaient de Bertoua indiquaient que le convoi des quinze camions semi-remorques avec leurs trente containers suspects étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, sous la vigilance des gendarmes. Le Messager a aussi appris des sources proches du ministère de la Défense, que ces containers n'avaient toujours pas été ouverts, la présidence de la République n'ayant toujours pas donné d'ordre à ce propos.

Toutefois, des indiscrétions en provenance des milieux proches du pouvoir de Yaoundé affirment qu'il s'agit " d'une affaire de haute sécurité qui préoccupe au plus haut niveau le chef de l'Etat. Dans la mesure où s'il s'agit effectivement des armes de guerre, à savoir des kalachnikov, des fusils d'assaut légers, et des lances roquettes, comme le laissent croire les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'une affaire très grave. Vous savez que les containers en question viennent du Tchad, un pays voisin et frère et sont estampillés Nations Unies. Ce n'est pas une affaire simple à gérer, il faut le croire ". Selon nos sources, l'affaire préoccupe au plus haut point le pouvoir de Yaoundé dont le silence actuel pourrait être le signe visible d'un embarras. Parce que l'histoire pourrait conduire à une crise diplomatique non seulement entre le Cameroun et le Tchad mais aussi entre notre pays et l'Onu ou la Côte d'Ivoire. De sources bien introduites, que ce soit à la présidence de la République ou ministère des Relations extérieures l'on s'étonne que le Tchad, dont le président Idriss Deby Itno fait partie du panel des chefs d'Etats membres de l'Union africaine chargé de trouver une solution diplomatique à la crise postélectorale ivoirienne, ait fait convoyer des containers suspects en passant par le Cameroun, sans en avertir les autorités camerounaises. " Il y a quelque chose qui sent mauvais dans cette situation. Le président tchadien entretient de bonnes relations avec le président Paul Biya. La météo entre N'djamena et Yaoundé est sans nuage. Qu'est-ce qui peut expliquer une telle cachotterie " ? s'interroge un cadre du Minrex.

Il est évident qu'il s'agit d'une situation de grosse tension en ce moment au sommet de l'Etat camerounais où le silence reste, pour le moment, de rigueur. Aux dernières nouvelles, nous apprenions qu'une partie du convoi serait parti de Bertoua la nuit dernière pour Yaoundé sous escorte de la gendarmerie.

Selon les premières informations diffusées par le Messager, il s'agissait d'un convoi de plus de 15 véhicules gros porteurs transportant chacun deux conteneurs. Mais selon les dernières informations de la gendarmerie camerounaise il s'agirait de plus de 35 véhicules gros porteurs regroupés autour de la légion de gendarmerie (voir photos ci dessus) et siège régional du Groupement Mobile d'Intervention (GMI).

D'autres informations issues des interrogatoires attestent que le nom de le Sieur Alassane Ouattara aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations. Même si l'issue de ces négociations n'a pas été révélée, le correspondant de cameroonvoice sur place à Bertoua a pu constater qu'une partie du convoi a pris la route à destination de Douala sous forte escorte de la gendarmerie camerounaise. D'après les indiscrétions des chauffeurs qui avaient pris des chambres dans une auberge proche de la légion de gendarmerie, ils quitteront ce 10 mars à 7h 00 pour Douala. Notre source sur place a pu néanmoins noter quelques plaques immatriculation:18S2408A, 18S2411A, 18S2409A, CESR8553A, T8S1402A, 18S2337. Nous y reviendrons.


 

In Le messager - Cameroonvoice


Source : LE NOUVEAU COURRIER

APRES LES AFFRONTEMENTS ENTRE FORCES LOYALISTES ET REBELLES A L'OUEST - LE TORCHON BRULE ENTRE LE CONSULAT DE FRANCE ET L'ONUCI




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Une affaire de « trente cadavres de Blancs » oppose en ce moment le Consulat de France et l'Onuci. Les violents combats, à l'ouest, auraient fait de nombreux morts dans les rangs des soldats onusiens parmi lesquels figureraient des soldats de la force Licorne. La France s'oppose au rapatriement des dépouilles sur sa base du 43e Bima. Y a problème !



Le Consul de France en Côte d'Ivoire n'est pas du tout content de la représentation onusienne en Côte d'Ivoire (Onuci). Tout serait parti des affrontements à l'Ouest précisément à Toulepleu, depuis lundi et qui continuaient jusqu'à hier jeudi 10 mars. De violents combats ont opposé les forces loyalistes ivoiriennes aux factions rebelles soutenues par les casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Dans la localité de Toulépleu, ces affrontements ont fait de nombreux morts dans les rangs de la rébellion soutenue par les forces onusiennes. Mais fort curieusement de sources loyalistes, l'on dénombre des combattants de race blanche. «Une trentaine », indiquent nos sources loyalistes basées à l'Ouest, sans trop de précisions. Le jeudi 10 mars, les hélicoptères militaires marqués Un ont procédé au rapatriement des dépouilles de la « race blanche » vers Abidjan. La destination a été formellement identifiée comme étant la base française du 43e Bataillon d'infanterie de la marine (Bima), à Port-Bouët à proximité de la base aérienne des forces loyalistes ivoiriennes et de l'aéroport civil Félix Houphouët-Boigny.


Une démarche qui n'aurait pas été du goût des autorités françaises. En effet, selon nos sources proches de ce dossier, le Consul de France est rentré dans une colère noire. Il a fortement désapprouvé cette option de l'Onuci qui a consisté à rapatrier les dépouilles des soldats « blancs » sur la base militaire française. Toutes choses qui donnent l'impression que la France combat officiellement aux côtés des factions rebelles, se serait-il opposé sans commune mesure. Ce qui bien évidemment mettrait très mal à l'aise une partie de la communauté internationale et bien plus, la diplomatie française.


Celle-ci jusqu'ici continue de justifier la présence des militaires français en Côte d'Ivoire, par l'appui et l'assistance logistique aux Casques bleus en vue d'aider ce pays à sortir définitivement de la crise. Même si au moment où nous mettions sous presse, rien n'indiquait qu'il s'agissait des soldats de nationalité française opérant sous le couvert de la force Licorne, ou des mercenaires recrutés pour prêter main forte aux rebelles du Nord d'Alassane Dramane Ouattara. Toutefois, le fait même de rapatrier ces « soldats blancs » au camp français serait perçu comme un signe officiel de la France qui bascule dans la violence au détriment des populations civiles.


Ce, contrairement au principe d'impartialité et à la mission de pacification qui est la sienne en Côte d'Ivoire. Etant donné que ces violents combats qui se déroulent presqu'au quotidien sur l'ensemble du territoire ivoirien font de nombreuses victimes parmi les civils. La commune d'Abobo dans le District d'Abidjan est un cas d'exemple de violences notoires dont les principales cibles sont les personnes (femmes, enfants, et vieillards compris) connues pour leur sympathie pour La Majorité Présidentielle du président Laurent Gbagbo. Les organismes de secours sont débordés face à l'ampleur de la désolation des populations civiles.


Selon une autre source militaire, le Consul de France aurait fermement recommandé à l'Onuci de « reprendre ces cadavres et de laisser la France en dehors de tout cela ». Fortement embarrassés, les hommes de Young Jin Choï, le Représentant du Secrétaire général des Nations unies, ne se sont pas fait prier, ils ont tout simplement abdiqué. Les dépouilles de la trentaine de « soldats français » ou des mercenaires blancs ou même les deux catégories à la fois, se trouveraient, jusqu'à hier, au siège de la Représentation onusienne à l'ancien hôtel Sébroko. Un autre colis très embarrassant, pourrait-on dire, pour l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) accusée, non seulement par le camp présidentiel du président Laurent Gbagbo « de partialité », mais également par les populations civiles qui ne comprennent toujours pas pourquoi les Casques bleus sont indifférents face à leurs souffrances dans les combats opposant les forces loyalistes ivoiriennes et les rebelles.

Tout récemment à Abobo, ces populations civiles ont encore pointé un doigt accusateur vers les Casques bleus de l'Onuci d'être à la base de leur malheur. Ces Casques bleus sont formellement identifiés dans divers sous quartiers de cette commune peuplée de plus d'un million d'habitants, et accusés de « faire des missions de reconnaissance au profit des rebelles d'Alassane Dramane Ouattara», avant les affrontements avec les forces régulières ivoiriennes.


Bertina Soro


Source : LE TEMPS

SEULE SEGOLENE PEUT BATTRE MARINE !

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Dr Pierre Franklin Tavares

« La où naît le danger, croît aussi ce qui sauve. »

Hölderlin

 

En mars 2001, juste après les Municipales, nous déclarions - par anticipation - la « défaite » de Lionel Jospin aux présidentielles d'avril 2002. Plus d'un n'y crurent pas et nous reprochèrent même ces « sordides » prédictions. Certains y virent un pessimisme historique, là où il ne s'agissait que d'un regard lucide porté sur le « réel », à partir du bilan social d'une gauche satisfaite d'elle-même, parce que dans l'incapacité de voir et de lire l'effondrement social qui était en cours. Avec la débâcle du 21 avril 2002[1], l'étonnement fut grand, le désarroi immense. Mais en réalité, cette projection n'était pas qu'une simple vue de l'esprit. Elle se fondait sur trois faits essentiels. Le premier, un décryptage de la faillite du socialisme municipal à Épinay-sur-Seine, comme préfiguration de la déroute socialiste au niveau national. Le deuxième, l'analyse objective des contradictions internes à la gauche locale[2], qui annonçait celle de la « gauche plurielle » au plan national. Le troisième, notre triple expérience personnelle. D'abord, comme vieil habitant d'un des quartiers les plus sensibles de France[3] et comme cadre dans le groupe SCIC, filiale immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations, premier organisme de logements sociaux de France, nous pouvions mesurer, par ce vécu quotidien et les outils professionnels, la grande détresse et l'abandon des banlieusards (insécurité, malpropreté urbaine, perte de pouvoir d'achat, pauvreté, etc.). Ensuite, comme acteur politique qui, au contact direct et permanent des Français, pouvait évaluer les impacts des politiques locales. Enfin, comme philosophe, nous pouvions mettre en forme théorique toute cette expérience[4].

Aujourd'hui, le danger croît ! La rapide extinction de l'État-providence, l'affaiblissement progressif de la nation au profit de l'Union Européenne et des communautarismes, la crise continue des banlieues, la dépréciation du système scolaire, la défiance profonde des citoyens vis-à-vis du politique, le très net recul du Savoir-Vivre français[5], la crise internationale du capitalisme financier, le siphonnage ininterrompu du pouvoir d'achat, la crise du logement social, le déclassement des couches moyennes, l'inexorable montée de la précarité, l'immigration et l'intégration africaines, orientales et asiatiques, les conséquences perverses de la discrimination positive, sont autant de facteurs qui ont fini, d'une part, par modifier le vieux « portrait social » de la France, dont l'ethnogenèse[6] datait d'antiques combinaisons démographiques, et, d'autre part, à rompre le grand compromis social des années 1945  fixé dans la Constitution de 1958. Mais, ce sont surtout les effets cumulés et conjugués de ces facteurs qui, ayant atteint leur point nodal, préparent et annoncent un très probable nouvel « avril 2002 ». Qui donc sera exclue, la gauche ou la droite ?

Depuis juin 2010, nous ne cessons de dire que, candidate, Marine Le Pen serait présente au second tour et que Nicolas Sarkozy serait éliminé, dès le premier tour des présidentielles, à moins d'un événement exceptionnel. Nous ajoutons même que nous ne devons plus, d'un revers de main, écarter l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen au deuxième tour ou alors, en cas de courte défaite, qu'elle obtienne un score significatif lors des législatives qui suivront, ce qui aurait pour conséquence directe de la rendre quasi incontournable, dans la formation d'un gouvernement de droite vigoureuse, et donc « premier ministrable ». En effet, si le candidat de gauche était éliminé au premier tour, il n'est pas si sûr que les électeurs de gauche se reportent en masse sur le candidat UMP. Le scénario d'avril 2002 n'est pas donné d'avance. De même, en cas d'éviction du candidat UMP au premier tour, une forte proportion d'électeurs de droite ne se reportera pas sur le candidat de gauche au second tour. Tout devient possible, affichait un slogan. Jamais cette formule n'aura été aussi vraie, n'en déplaise à Roselyne Bachelot, à l'humeur égale, à Xavier Bertrand, aux certitudes sereines, à Benoît Hamon, jeunesse aux paroles rassurantes, etc.

En tous les cas, depuis la récente publication des deux derniers sondages Harris interactive[7], maints Français nous appellent et s'étonnent que nous ayons pu faire de telles prédictions auxquelles ces enquêtes d'opinion semblent apporter un début de consolidation. C'est que, en politologie, il faut - autant que faire se peut - se départir de ses propres choix idéologiques et politiques, si l'on veut observer le « réel » en toute indépendance et objectivité. C'est même la condition sine qua non, pour écouter les Français. Au reste, toute observation pensante est d'abord celle des oreilles. Heidegger dit fort justement que penser, c'est d'abord admettre d'écouter. En effet, la pensée, affirme-t-il, est avant tout une écoute, c'est-à-dire un laisser-se-dire, et non pas [d'abord et uniquement] une interrogation[8]. Il faut prêter l'oreille, ne cesse de répéter la Bible. Or, en France, depuis une vingtaine d'années, la classe politique ne pense plus, parce qu'elle n'écoute plus rien, ni le corps social qui est le socle du corps électoral, ni les phénomènes politiques et historiques dans le monde, comme le montre son déphasage d'avec les révolutions du monde arabe amorcées avec la Révolution du Jasmin, ou encore les tensions avec le Mexique et la Côte d'Ivoire. En France, la classe politique interroge les citoyens, plutôt que les écouter. C'est ce qui explique l'importance prise par les Instituts de sondage. La classe politique ne pense plus. Plus grave encore, la France traverse une immense crise du langage politique, que ni la gauche ni la droite ne parvient à surmonter. Par exemple, les paroles du Président de la République ne sont plus audibles, depuis le Discours de Dakar qui, bon en intention, n'a pas su être traduit en un langage clair et perceptible. Il en est résulté une formidable incompréhension. Ainsi, inécoutable, la grande rupture diplomatique annoncée s'est-elle abîmée en son contraire, pour redevenir pratique banale de la FrançAfrique. Sous ce rapport, le Discours de Dakar, qui est crise du langage, marque l'entrée et l'enracinement effectif dans la crise du langage politique. Toutefois, Nicolas Sarkozy n'est pas le seul qui ne soit plus audible. Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Arnaud Montebourg, Emmanuel Valls, François Fillon, Dominique de Villepin, François Bayrou, Rachida Dati, Rama Yade, François Copé, etc., tous les responsables politiques ne sont plus audibles. Par exemple, le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, affirme des paroles qui ne sont pas immédiatement perceptibles. Même de Jean-Luc Mélenchon, pourtant très cultivé, on n'attend plus que la dernière insulte, l'ultime « coup de gueule » à l'adresse des journalistes. Force est de constater, la classe politique ne sait plus du tout parler avec et aux Français. Parce qu'elle ne sait plus ce que « écouter » veut dire et signifie. Cette crise de langage, d'in-audibilité, est la résonance, le reflet, d'une profonde erreur d'appréciation politique. Comment ne pas remarquer ici que la classe politique ne parle plus que de République et plus jamais de la France ? La République a complètement effacé la France. Au fond, l'histoire a été éliminée au bénéfice du politique, qui de ce fait même n'est plus audible. Comme si c'est la République qui avait fait ou faisait la France et non pas l'inverse. Ainsi, symptôme révélateur, la classe politique en est venue à oublier un fait somme toute banal : c'est la France seule qui fabrique des Français, comme la République fait des républicains. Au total, nous avons une République sans la France, ce dont Max Gallo[9] eut le pressentiment.

En somme, la crise du langage politique marquée par le surgissement du pépiement politique et l'effacement de la nation à laquelle s'est substituée une République vide, cette crise du langage et cette République formelle, disons-nous, constituent le terreau sur lequel croissent la notoriété et la popularité de Marine Le Pen. Elle s'adresse aux Français et ne leur parle que de la France, tant en matière de monnaie (retour au Franc et sortie de l'Euro), que d'identité (ethnogenèse chrétienne contre islamisme) et de solidarité (préférence nationale). Et ce triptyque idéologique fonctionne, parce qu'il répond à la perception du « réel » d'un nombre croissant de Français. D'où sa crédibilité croissante, quand bien même ses  choix et propositions programmatiques sont désuètes, absurdes voire anachroniques.

Le danger croît ! Si à droite, sauf événement exceptionnel, il apparaît difficile, même en cas d'unité de l'UMP avec les centres[10], de reléguer et de battre aisément Marine Le Pen, qu'en est-il à gauche ? En d'autres termes, qui à gauche, parmi les Éléphants[11], pourrait battre Marine Le Pen, au second tour des présidentielles ? François Hollande ? Non, parce que trop rivé au discours fiscaliste qui ne peut pas produire un effet de large adhésion. Il ne devrait pas faire mieux que Lionel Jospin en avril 2002, au premier tour. Dominique Strauss-Kahn ? Sa faiblesse principale sera de ne pas pouvoir rassembler à la gauche du Parti Socialiste (Front de Gauche, NPA, etc.). Le FMI aura été pour lui comme un doux piège politique. Dès l'annonce de sa candidature, sa popularité et sa cote de confiance devraient baisser, en raison des attaques qui viendront de l'UMP, de l'extrême gauche et du Front National. Martine Aubry ? Sa candidature, utile et porteuse, semble être minée par une sorte de retenue, sans doute due aux conditions contestées de son élection au poste de Premier Secrétaire. Si jamais elle parvenait à se débarrasser de cette inhibition, à se livrer entière dans cette bataille et, dans le même temps, à peaufiner son langage et élaborer un projet de société, elle constituerait un indéniable atout pour la victoire de la gauche. Mais si, du point de vue interne au Parti Socialiste, elle est la mieux placée, il lui sera fort difficile de convaincre une majorité de Français, en raison des « 35 heures » et de sa difficulté à composer avec toutes les forces de gauche.

Seule Ségolène Royal peut battre Marine Le Pen, au second tour des présidentielles 2012. À cette affirmation, on pourrait nous objecter le dernier sondage de l'IFOP (France Soir, 10 mars 2011), qui classe Ségolène Royal en troisième position après Marine Le Pen et Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou François Hollande. Mais il y a ici un fait tout de même curieux. Comment, par exemple, expliquer qu'après avoir fait 46,94% au second tour des présidentielles du 6 mai 2007 face à Nicolas Sarkozy (53,06%), elle se retrouve aujourd'hui créditée, selon l'IFOP, de 19% d'intention de vote au premier tour de 2012 ? Au reste, rappelons qu'au premier tour du 20 avril 2007, Ségolène Royal fit 21,36%, ce qui n'est pas très éloigné des 19% d'intention de vote dont l'IFOP la crédite actuellement. Dans ce cas, Ségolène Royal aurait conservé, quasi intact, tout son potentiel électoral du premier tour 2007. Par ailleurs, si nous tenons pour vrais les 19% d'intention de vote pour 2012, nous devons signaler que ce résultat non seulement ne concerne que le premier tour et pas le second tour, mais relève aussi d'une erreur de perspective des sondeurs qui  ne l'ont présentée que comme candidate du Parti Socialiste, ce qu'elle n'était déjà plus en 2007 ; étant entendu que son audience excède ce Parti. Comment ne pas rappeler qu'elle ne fut élue candidate du Parti Socialiste que par l'apport du vote massif des « sympathisants » socialistes, les fameuses « adhésions 20 € » ? La force de Ségolène Royal ne réside pas uniquement dans le Parti Socialiste, ne se limite pas à son parti d'origine, mais aussi et surtout à l'extérieur, dans la société civile.

En outre, faut-il le rappeler, les présidentielles françaises sont la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple. Or, de tous les candidats de gauche, elle est bien la seule qui puisse maximiser les effets du « paradoxe de Condorcet »[12], en cas de report de voix de la droite et de l'extrême-droite vers la gauche, parce qu'elle sait cristalliser le vote populaire (ouvriers et employés). À cet égard, elle bénéficie de quatre autres atouts majeurs. Premièrement, en matière de sécurité, la fermeté de son Discours de Villepinte du 11 février 2007 et ses propositions sur la résorption de la délinquance par l'encadrement militaire, uniques à gauche, correspondent bien à l'attente d'une partie de l'électorat de gauche, de droite voire de la fraction « molle »[13] de l'extrême-droite. Elle devrait donc pourvoir rassurer et fortement « siphonner » une partie de cet électorat bigarré et composite qui, excédé par l'insécurité, entend accorder des suffrages à Marine Le Pen. Au fond, Ségolène Royal, contrairement aux autres candidats socialistes, peut juguler et enrayer la fuite des classes populaires vers le Front National et leur désertion des partis traditionnels (UMP, PS, PCF, etc.). Au demeurant, ne négligeons pas un fait : pour les présidentielles 2012, les grandes batailles auront lieu autour d'enjeux réputés de droite, tels que l'insécurité et/ou l'immigration. Deuxièmement, à la différence de tous les autres candidats socialistes, elle parle aux Français de la France, en ranimant la flamme des symboles de fierté (agitation des petits drapeaux, éloge de la Fraternité, hymne national, etc.), qui ne font sourire que ceux qui précisément ne parlent plus aux Français. Et troisièmement, elle paraît à même d'établir une solide alliance de gouvernement avec Europe Écologie Les Verts et Daniel Cohn-Bendit, le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon, sur le modèle de la gouvernance de la Région Poitou-Charentes qu'elle préside, et elle pourrait négocier la neutralité active du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot. Quatrièmement, son discours sur le « non cumul des mandats » reçoit un réel écho, parce qu'il correspond  à sa pratique politique. Elle n'exerce qu'un mandat, celui de Présidente du Conseil Régional.

Au total, le champ électoral que Ségolène Royal est capable de couvrir apparaît beaucoup plus large que celui de tous les autres candidats socialistes. Mais, pour être la candidate de la gauche, sa difficulté n'en reste pas moins grande. Car elle peut ne pas être au premier tour, parce que l'appareil de son Parti lui échappe (contrôle des Fédérations et des votes « organisés »), alors qu'elle peut remporter le second. C'est la difficulté majeure qu'elle devra résoudre.

En tous les cas, elle a le caractère pour la « fonction » présidentielle, la trempe pour tenir la barre de l'État, qui tangue fortement, l'énergie pour apaiser le pays désemparé (cohésion sociale) et la force pour orienter la nation dans le monde (relations internationales). Et puis, c'est le temps des femmes ! Elles sont l'avenir de l'homme, comme disaient le poète et le chanteur, Aragon et Ferrat.

C'est que, après l'échec des hommes, la France est en quête d'une figure féminine, pour prendre en main sa destinée. Elle oscille, entre une Jehanne Domremy (Jeanne d'Arc) et une Marianne. Peut-être le peuple veut-il l'une et l'autre, la France et la République. Il nous faut aider l'histoire à accomplir ce tournant. C'est l'un des enjeux des prochaines présidentielles. Aussi, reprenons le mot de Heine : il faut revêtir nos femmes de chemises neuves et de sentiments neufs, et passer toutes nos pensées à la fumée des parfums, comme après les ravages d'une peste[14]. Les femmes sauront, mieux que les hommes, porter l'honneur civique, rassurer le pays et redresser la France.

En tous les cas, il est arrivé que l'extrême-droite parvienne au pouvoir par les urnes. Mais, le salut croît où naît le danger !



Épinay, le 10 mars 2011


Dr Pierre Franklin Tavares

+33 (0)6-06-87-34-21-22



[1] Jacques Chirac : 19,88%, Jean-Marie Le Pen : 16,86% et Lionel Jospin : 16,18%.

[2] P. F. Tavares, Comment les socialistes ont perdu Épinay, manuscrit non publié.

[3] Orgemont, à Épinay sur Seine (Seine Saint-Denis).

[4] P. F. Tavares, Science de la Ban-Lieue, essai sur l'insociable sociabilité des banlieues françaises, Manuscrit Université, Paris, 2005.

[5] Olivier Cechman, Le guide du Nouveau Savoir-Vivre, Le bon usage, Hachette, Paris, 2004.

[6] Patrick J. Geary, Quand les nations refont l'histoire, l'invention des origines médiévales de l'Europe, Champs, Flammarion, Paris, 2004.

[7] Les 5 et 8 mars 2011.

[8] Heidegger, Le déploiement de la parole, in Acheminement vers la parole, Gallimard, Paris, 1976, p. 164.

[9] Max Gallo, Fier d'être français, Fayard, Paris, 2004.

[10] François Bayrou (Modem), Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean-Louis Borloo (Parti Radical Valoisien), Dominique de Villepin (République Solidaire), etc.

[11] Il s'agit des ténors du Parti Socialiste.

[12] Nicolas de Condorcet, Essai sur l'application de l'analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, Imprimerie royale, Paris, 1775.

[13] Il s'agit de cette partie du corps électoral qui, sans partager l'idéologie du Front National, est excédée par l'insécurité urbaine.

[14] Henri Heine, De l'Allemagne, édition Grappin, Gallimard, Paris, 1998, p. 92.

 

FIDEL CASTRO : «LE PLAN DE L'OTAN EST D'OCCUPER LA LIBYE»


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L'ancien président cubain Fidel Castro, le leader de la révolution cubaine.


Le pétrole est devenu la principale richesse aux mains des grandes transnationales yankees ; cette source de richesse leur a permis de disposer d'un instrument qui a accru considérablement leur pouvoir politique dans le monde.


Quand elles avaient décidé de liquider la Révolution cubaine qui venait de promulguer les premières lois justes et souveraines dans notre patrie, elles avaient recouru à une arme qu'elles jugeaient imparable : nous priver de pétrole.

C'est sur cette source d'énergie que s'est développée la civilisation actuelle. Sur notre continent, le Venezuela a été le pays qui l'a payé le plus cher dans la mesure où les « USA » s'étaient emparés des gisements énormes dont la Nature a doté ce pays frère.

À la fin de la dernière guerre mondiale, des quantités toujours plus élevées de pétrole ont été extraites des gisements d'Iran, ainsi que ceux d'Arabie saoudite, d'Iraq et des pays arabes situés autour qui en devinrent les principaux fournisseurs.

La « consommation mondiale » n'a cessé de s'élever pour atteindre le chiffre fabuleux d'environ quatre-vingts millions de barils par jour, y compris ceux qui sont extraits des États-Unis, à quoi sont venus s'ajouter le gaz, l'énergie hydraulique et l'énergie nucléaire. Le charbon avait été jusqu'au début du XXe siècle la source d'énergie fondamentale qui permit le développement industriel, avant la production de milliards de véhicule automobiles et de moteurs consommant le carburant liquide.

Le gaspillage du pétrole et du gaz est associé à l'une des plus grandes tragédies, absolument pas solutionnées, que souffre l'humanité : les changements climatiques.

Quand notre « Révolution » a vu le jour, l'Algérie, la Libye et l'Égypte n'étaient pas encore productrices de pétrole, et une bonne partie des grosses réserves de l'Arabie saoudite, de l'Iraq, de l'Iran et des Émirats arabes unis restaient encore à découvrir.

La Libye est devenue en décembre 1951 le premier pays africain à atteindre son indépendance après la « Deuxième Guerre mondiale » au cours de laquelle son territoire fut le théâtre de combats importants entre les troupes allemandes et celles du Royaume-Uni qui rendirent célèbres les généraux Erwin Rommel et Bernard L. Montgomery.

Le territoire de la Libye est désertique à 95%. La technologie a permis de découvrir d'importants gisements d'excellent pétrole léger - qui produisent aujourd'hui 1,8 million de barils par jour - et des gisements abondants de gaz naturel. Cette richesse a permis au pays d'avoir une espérance de vie de presque soixante-quinze ans et le revenu par habitant le plus élevé d'Afrique. Son rude désert est situé sur un énorme lac d'eau fossile, qui fait le triple de la surface de Cuba, ce qui lui a permis de construire un vaste réseau de conduits d'eau potable à travers tout le pays.

La Libye, qui comptait un million d'habitants à son indépendance, en a aujourd'hui un peu plus de six.

La « Révolution libyenne » a eu lieu en septembre 1969. Son principal dirigeant était Mouammar Kadhafi, un militaire d'origine bédouine, qui s'inspira dès sa première jeunesse des idées du leader égyptien Gamal Abdel Nasser. Nombre de ses décisions furent sans doute associées aux changements qui se produisirent quand, tout comme en Égypte, une monarchie faible et corrompue y fut renversée.

Les habitants de ce pays ont des traditions guerrières millénaires. On dit que les anciens Libyens firent partie de l'armée d'Annibal quand celui-ci faillit liquider l'ancienne Rome en traversant les Alpes.

On peut être d'accord ou non avec Mouammar Kadhafi. Le monde est actuellement bombardé de nouvelles de toutes sortes, surtout produites par les médias. Il faudra attendre le temps nécessaire pour connaître vraiment ce qu'il y a de vrai et de mensonges ou de semi-vérités dans ce qu'on nous dit de la situation chaotique en Libye. Ce qui est absolument évident à mes yeux, c'est que l'administration étasunienne se fiche bien de la paix en Libye et qu'elle n'hésitera pas à donner l'ordre à l'« OTAN » d'envahir ce riche pays, peut-être même dans quelques heures ou quelques jours.

Ceux qui, motivés par de perfides desseins, ont inventé, hier dimanche 20 février 2011 dans l'après-midi, le mensonge selon lequel Mouammar Kadhafi se dirigeait au Venezuela, ont eu droit aujourd'hui à la digne réponse du ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, qui a affirmé « souhaiter que le peuple libyen trouve, dans l'exercice de sa souveraineté, un règlement pacifique à ses difficultés, de façon à préserver son intégrité et celle de sa nation, sans ingérence de l'impérialisme ... ».

Je n'imagine pas, quant à moi, que le dirigeant libyen puisse abandonner le pays et fuir les responsabilités qu'on lui impute, qu'elles soient fausses ou non en tout ou partie.

Toute personne honnête sera toujours opposée à n'importe quelle injustice commise contre n'importe quel peuple du monde. La pire serait maintenant de faire silence sur le crime que l'« OTAN » s'apprête à commettre contre le peuple libyen.

Pour les chefs de cette organisation belliciste, il y a urgence. Il faut le dénoncer !


Source: NERRATI.NET

01:29 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monde, amérique latine, cuba, libye, fidel castro soupçonne l'otan, mouammar kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 10 mars 2011

KADHAFI MENACE SARKOZY

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La république française selon une source de la Présidence Française reconnaitrait le Conseil National Libyen (CNL) comme le représentant légal du peuple libyen et procédera très bientôt à un échange d'ambassadeurs entre les insurgés et la France.

En effet le Président Français a reçu plusieurs délégués du CNL dont Ali Essaoui au sein de l'Elysée.Lors de cette rencontre ALI Essaoui a déclaré que l'ambassadeur de France serait installé de façon provisoire à Benghazi (Est de la Libye) capital des insurgés avant de retourner à Tripoli.


Apres cette nouvelle Iman Bugaigis, un des porte-parole du CNL a Benghazi, a déclaré que les insurgés de la ville avaient accueilli l'information par des cris de joie et des tirs en l'air.


Cependant, la source diplomatique française, a précisé qu'il ne s'agit pas d'une reconnaissance d'un gouvernement mais plutôt la reconnaissance d'un Etat et souhaite que les autres chefs d'Etats européens rejoignent cette initiative pour accentuer la pression sur le guide libyen Kadhafi car pour la France cet acte est un encouragement politique.


Peu après cette information le régime libyen aurait menacé le Président français Nicolas Sarkozy de révéler un grave secret.


Cette menace donnée par l'agence officielle du régime libyen pourrait entrainer la chute de M. Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne.


Par ailleurs, un responsable du ministère des affaires étrangères libyen a menacé de rompre tout lien diplomatique avec la France en raison de la reconnaissance par Paris du CNL « La Libye va réfléchir à rompre ses relations avec la France en raison d'informations circulant sur l'intervention dommageable de la France dans les affaires intérieures libyennes » a dit ce diplomate à l'agence Jana.


C'est donc clair que si le Président Français Nicolas SAKOZY continue ses manipulations il saura de quoi le Guide Libyen est capable.


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

ADDIS-ABEBA: LA QUESTION DE PRINCIPE D'AFFI N'GUESSAN QUI COULE LE PANEL


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Il est 14 heures à Addis-Abeba lorsque le panel des 5 Chefs d'Etats reçoit le candidat perdant aux élections en Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara (ADO).
Après une heure d'échanges à huis clos, ADO sort et laisse la place à la délégation du Chef de l'Etat réélu, Laurent Gbagbo, conduite par l'ex-premier Ministre Pascal AFFI N'Guessan, Président du Front Populaire Ivoirien.

Pendant une heure 15 minutes, la délégation de la majorité présidentielle va discuter avec les Chefs d'Etats sur la décision finale qu'ils ont cru bon de leur communiquer. Pêle-mêle, le panel suggère que c'est ADO qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire et qu'il doit prêter serment devant le Conseil Constitutionnel ivoirien présidé par Paul Yao N'DRE. Ensuite, le panel et le Président Ouattara nommeront un Premier Ministre de consensus à la tête du gouvernement ivoirien. Des séries d'amnisties seront prises pour les forces de défense et de sécurité et les membres du gouvernement. En retour, l'UA et la Communauté Internationale accompagneront la Côte d'Ivoire dans le processus de reconstruction.

Face à ces inepties débitées avec gêne par le panel, le Chef de la délégation du Président Laurent Gbagbo a fait part sur un ton ferme et en des mots très durs, de l'irresponsabilité et le manque de courage du panel et, juger que les experts de l'Union Africaine n'ont pas fait leur travail lors de leur mission en Côte d'Ivoire puisqu'ils ont refusé de voir les résultats des élections : « Choï a induit en erreur le monde entier et vous en êtes tous conscients. Il n'y a pas de honte à reconnaître cette erreur et à délivrer le peuple ivoirien ».

Après avoir exprimé le risque que prend le panel en suggérant une victoire hypothétique d'ADO, le Chef de la délégation du Président élu, AFFI a posé une question de principe qui a dérouté les membres du panel : « Sur quelles bases et quelles sont les motivations qui, selon vous, justifieraient la victoire d'Alassane Dramane Ouattara? ».

Silence de mort autour de la table. C'est alors que Jacob Zuma, Président d'Afrique du Sud prend la parole pour enfoncer le clou en trouvant que la question du Président AFFI N'Guessan mérite une réponse du panel.

Après plusieurs hésitations, le Président Mauritanien et Président du panel, dit en balbutiant qu'ils ne donneront les motivations de la victoire d'ADO que devant le Conseil de paix et de Sécurité qui devrait normalement se réunir dans les heures qui suivent.
La délégation du Président Laurent Gbagbo a donc quitté la salle, dans l'attente de la réunion du CPS à laquelle elle a d'ailleurs été conviée.

Au micro de l'AFP, AFFI a fait cette déclaration qui traduit l'ambiance lourde de la rencontre avec le panel : « Nous avons estimé que cette proposition du panel est inacceptable. Malheureusement, nous avons constaté que le panel de haut niveau s'est contenté de reprendre ce que nous savons déjà. Le panel est dans l'incapacité de nous donner les arguments qui fondent cette décision. Ils continuent la fuite en avant. Tout le monde s'appuie sur l'annonce du haut-représentant de l'ONU (en Côte d'Ivoire, Young-Jin Choï). Si cette initiative ne débouche pas sur des propositions pertinentes et irréfutables, suffisamment convaincantes, nous craignons que l'UA contribue en quelque sorte à parachever le coup d'Etat entamé en 2002, et qui s'est mué en tentative de coup d'Etat électoral à travers les dernières élections présidentielles ».

En fait de résolution de la crise ivoirienne par l'UA, c'est à une copie conforme de l'accord de Linas-Marcoussis que l'UA veut s'adonner.


Source: Coordination des Communicateurs Bénévoles

CRISE IVOIRIENNE: GBAGBO MET SUR PIED UN SYSTEME BANCAIRE MAIS PARIS TENTE DE TROUVER UNE PARADE



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Agence de la « Société Générale » de Cocody Les Deux-Plateaux, à Abidjan.


La filiale de « BNP Paribas » a de nouveau été ouverte mercredi 02 mars 2011, mais contre l'avis de la banque. Elle a été nationalisée par Laurent Gbabgbo et la « Société Générale » s'apprête à subir le même sort. Les explications de Caroline Morisseau, le 3 mars 2011 sur « BFM Business ».

 

La « Société Générale » et « BNP Paribas » ont totalement perdu la main. D'une certaine manière, ce ne sont même plus leurs banques : les deux établissements ont tout simplement été réquisitionnés.

Les transactions se font manuellement : « BNP Paribas » se refuse à tout commentaire, mais une source proche du dossier précise que les salariés ont été convoqués, un administrateur par intérim a été désigné. Les guichets de « BNP Paribas » sont donc à nouveau ouverts et distribuent de l'argent. Simplement, les transactions se font manuellement dans la mesure où les systèmes informatiques de la banque sont pilotés depuis l'étranger.

Gbagbo met sur pied son propre système bancaire : La « Société Générale », qui compte une soixantaine d'agences dans le pays, s'apprête à subir le même sort. Laurent Gbagbo avait déjà réussi à contourner la « Banque centrale d'Afrique de l'Ouest » en créant sa propre « chambre de compensation », il est donc en train de mettre sur pied son propre système bancaire.


LA FRANCE VEUT DEMONETISER LE FRANC CFA DE COTE D'IVOIRE COUTE QUE COUTE

La France est en train d'actionner pour faire démonétiser le « FCFA » de Côte d'Ivoire. L'information n'est de toute façon pas officielle, mais elle se murmure dans les milieux de ceux qui veulent totalement anéantir le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Ainsi, on pourrait dire que comme la France constate que Laurent Gbagbo est en train de réussir à sauter le verrou de la fermeture des banques, elle se prépare avec ses sbires à dresser une autre difficulté au régime ivoirien.

Il s'agit d'une opération qui va consister à ôter au « FCFA » de Côte d'Ivoire, sa valeur. De sorte que cet argent ne puisse plus être utilisé. En effet, les billets de banque émis pour le compte de la Côte d'Ivoire, sont frappés de la lettre A. Ainsi, chaque pays de l'« UEMOA » a sur son billet de banque une lettre propre au pays. Pour autant, il est admis que quand vous quittez la Côte d'Ivoire pour n'importe lequel des pays de l'« UEMOA », vous pouvez dépenser les billets de Côte d'Ivoire sans faire de change.

Ce qui va se passer si la France arrive à faire admettre son idée, c'est que tous les billets de banque frappés de la lettre A ne seront plus acceptés dans les autres pays de l'union. Ainsi, les entreprises, les banques, les commerçants... ne pourront plus faire des opérations avec les autres pays de l'« UEMOA » mais aussi avec tous les autres pays du monde. Car, le « CFA » de Côte d'Ivoire ne pourra plus être échangé en euro ou en cedi, en naira... Le but de cette manœuvre est de dresser la population contre le président Gbagbo afin qu'une révolte populaire l'emporte au profit de Alassane Ouattara. La prémisse de cette opération d'asphyxie financière de la Côte d' Ivoire est apparue depuis jeudi. La « Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) » a appelé dans un communiqué repris par l'AFP, les établissements de crédit (les banques...) ayant suspendu leurs activités en Côte d'Ivoire à se rapprocher de son siège à Dakar, pour s'enquérir des conditions de poursuite de leurs opérations avec l'institution monétaire. Les établissements de crédit, poursuit le communiqué, peuvent demander « les conditions de poursuite de leurs opérations » si elles souhaitent « assurer la continuité de leurs opérations à partir d'un site distant et/ ou par l'intermédiaire d'une banque établie dans un Etat membre de l'Uemoa ».

D'ailleurs, la « Bceao » convie les dirigeants de ces banques concernés à une réunion, à son siège à Dakar, aujourd'hui à 10 heures, « en vue d'échanger sur cette situation ». En clair, la « Bceao » demande aux banques que sont la « SGBCI », la « BICICI », la « City Bank », la « Standard chartered Bank » à délocaliser dans un autre pays membre de l'« Uemoa ». C'est dire que si l'Etat de Côte d'Ivoire n'avait pas pris la décision de nationaliser notamment les filiales des banques françaises (« SGBCI » et la « BICICI »), le personnel ivoirien de ces banques allait rester dans un chômage de longue durée.

Mais, en outre, cette attitude de la « Bceao » montre bien qu'elle est dans une logique d'assèchement financier de la Côte d'Ivoire.


Source : NERRATI.NET


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Réaction de l'ivoirien Fernand KOBLAN à l'article ci-dessus :


Belle analyse ! Il faut cependant retenir que l'action du Président Laurent Gbagbo démontre que la Côte d'Ivoire ne doit pas subir le diktat des pays membres de l'UEMOA et par ricochet de la BCEAO Dakar. A la lecture de l'article, l'on se rend compte que les actuels dirigeants de la BCEAO à Dakar et de l'UEMOA ignorent (ou feignent d'ignorer, ndlr) que les banques qui s'installent sur un territoire répondent des lois dudit territoire. LA SGBCI ou la BICICI, bien que filiales des banques françaises, sont régies par les lois ivoiriennes en matière bancaire et non celles de la France ou du Sénégal, quand bien même la BCEAO y a son siège.

Secundo, l'autorisation d'exercer est délivrée par le pays hôte. En plus, c'est l'agence nationale de la BCEAO qui ouvre les comptes de ces banques dans ses livres avant de tenir informer le siège.

Les banques installées sur le territoire ivoirien, à ma connaissance, paient leurs impôts à l'Etat de Côte d'Ivoire et non à L'UEMOA. C'est seulement parce que les Africains sont stupides qu'ils continuent de croire que tout ce qui est dicté depuis les pays occidentaux, ils doivent l'exécuter sans prendre la peine d'y réfléchir. Lorsque les Anglais ont voulu faire chanter les Egyptiens au sujet du canal de Suez alors qu'il était en territoire Egyptien, le Président Nasser a simplement nationalisé le canal sans que le ciel ne tombe sur l'Egypte. Aujourd'hui, le canal est la propriété de l'Egypte. Cuba a nationalisé les entreprises américaines, tout comme le Venezuela, sous Hugo Chavez, et aujourd'hui ces entreprises sont propriétés cubaine et vénézuélienne.

Un grand homme politique se mesure par sa capacité à prendre des décisions idoines pour son pays et son peuple.
Les réactions actuelles des dirigeants de la BCEAO sont le signe d'une faillite imminente de cette institution sous régionale sans le plus gros pourvoyeur de fonds qu'est la Côte d'Ivoire.

Tertio, la France compte démonétiser le FCFA ivoirien. C'est un pas qu'elle ne peut pas franchir parce que le faire signifierait l'écroulement du prestige français en Afrique et dans le monde. En réalité, le FCFA n'est pas une monnaie. On n'a pas besoin d'être spécialiste de la monnaie pour le comprendre. Quelle est cette monnaie qui ne peut être convertible dans aucune banque en dehors de la zone CFA (Afrique centrale et occidentale francophones)?
Quand ils vous arrivent le bonheur de sortir du pays pour vous rendre en Europe, vous êtes tenus de faire les changes depuis votre pays avant d'embarquer.
Alors que les chinois, américains, ghanéens, guinéens et mauritaniens peuvent voyager partout dans le monde avec la monnaie de leur pays respectif, sans être contraints de faire le change depuis leur pays.

Les ivoiriens sont aujourd'hui conscients de la justesse du combat de l'indépendance de leur pays. Ils sont disposés à rapatrier leurs avoirs détenus dans les comptes en Suisse pour relancer l'économie de leur pays. C'est faux de dire qu'ils n'y croient pas. Ils sont combien les proches de Gbagbo qui ont des comptes à l'étranger, contrairement à Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et compagnie !

Le Président Laurent Gbagbo est lui-même détenteur d'un compte domicilié à la SGBCI et c'est dans cette banque que tout son argent est gardé. Il n'est pas détenteur d'un compte privé en dehors du pays ni d'un bien immobilier en Europe ou en Amérique. Si  vous voyez qu'il est serein dans la prise des décisions, c'est justement pour cela.

Depuis que la BCEAO (agence nationale) Abidjan est isolée du siège de Dakar, c'est le siège qui est traversé par de sérieux problèmes. Il va bientôt nationaliser la BIAO et la SIB, ainsi le système va reprendre.

Quant aux autres banques, l'Etat va engager des actions en justice pour dédommager les épargnants et récupérer ses divers impôts. Je pense qu'une fois cette action achevée, ils réfléchiront par deux fois avant de s'immiscer dans la politique d'un pays. Quant à la BCEAO, elle vient de signer son arrêt de mort avec la Côte d'Ivoire. Dans un bref délai, des actions seront entreprises pour la récupération des fonds de la Côte d'Ivoire au siège.
Comment des pays qui ne pèsent ensemble que 60% des actions de la banque peuvent imposer leur diktat à celui qui pèse tout seul 40% des actions ? (Allez-y savoir !).


Source : africdossier@googlegroups.com

mercredi, 09 mars 2011

Me HERMANN YAMEOGO (OPPOSANT BURKINABE) AU PANEL: «LA RESOLUTION DE LA CRISE IVOIRIENNE NE PEUT SE FAIRE EN DEHORS DE LA REHABILITATION DU DROIT»

 


HERMANN YAMEOGO 2.jpg

Le chef de l'opposition Burkinabé, Hermann Yaméogo (leader de l'UNDD), fait une nouvelle sortie sur l'actualité ivoirienne après un séjour récent à Abidjan. Interview.


1) Monsieur le président, vous avez estimé devoir restituer votre dernier séjour en Côte d'Ivoire. Dites-nous auprès de qui vous l'avez fait et si vous en avez été satisfait.

Une fois de retour, j'en ai donné la primeur au Mogho Naaba, aux confessions religieuses, aux relais susceptibles d'en tenir informé par le menu, le chef de l'Etat et bien évidemment, au BEN du parti.

Auprès de tous ceux qui nous ont reçus, nous avons bénéficié d'une bonne écoute, repartant avec le sentiment d'avoir bien fait de leur porter la substance de nos observations.

2) Croyez-vous en la capacité du Panel des 5 chefs d'Etat de l'Union africaine de sortir la Côte d'Ivoire de l'impasse ?

Tout est une question de volonté, d'indépendance par rapport au diktat de la communauté internationale emmenée par la France et les USA. C'est en définitive une question de courage et de capacité à défendre plus qu'autre chose, l'honneur de l'Afrique. Sinon, la solution, la seule durable, la seule qui vaille, ne peut se trouver en dehors de la réhabilitation du Droit tel qu'il est fondé par les institutions et les lois de l'Etat souverain de Côte d'Ivoire.

Chaque membre du panel joue ici sa réputation personnelle et celle du continent devant l'Histoire car il ne faut pas s'y tromper, tôt ou tard, celle-ci demandera des comptes aux acteurs de ce drame sans précédent qui se joue en Eburnie.

3) Ne pensez-vous pas que cette marche des femmes RDR réprimée qui a fait, dit-on, 6 morts, va compliquer la tâche du panel des chefs d'Etat de l'Union africaine ?

Je ne le crois pas. La ficelle est trop grosse. Ce n'est pas le régime de Laurent Gbagbo qui fera cette erreur monumentale. Il a tant fait des pieds et des mains pour éviter les exactions à l'encontre des étrangers afin de ne pas tomber dans le piège d'une guerre sous régionale, si bien évité l'affrontement avec la Licorne et l'ONUCI pour ne pas donner raison à la communauté internationale d'entrer en guerre, et enfin si bien évité la guerre civile, qu'on le voit mal commettant un acte terroriste aussi gratuit et inintelligent. Je crois seulement que nous sommes arrivés à un point si désespéré dans la confrontation que de tels horribles stratagèmes sont utilisés pour confondre « l'ennemi ». Mais nous ne sommes plus en 2002. L'endormissement de l'opinion par les forces diplomatiques, médiatiques, n'a plus autant d'emprise sur les esprits. Ce qui fait que ces procédés, des plus monstrueux, ont du mal à être mis à la charge du pouvoir de Gbagbo auquel le crime ne pourrait au demeurant profiter.  Ma seule crainte, au train où vont les choses, c'est qu'on ne se retrouve demain avec une hécatombe portant sur 50 ou 100 Burkinabé, histoire de mettre encore plus dans l'embarras le régime Gbagbo.

4) Que pensez-vous de l'invitation faite aux deux protagonistes de la crise, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara de se rendre jeudi à Addis-Abeba ?

Je me perds en conjectures sur le pourquoi de cette idée. Après tant de traquenards déjoués et connaissant combien on le cherche (et que surtout cette « communauté internationale » n'hésiterait devant rien pour l'éliminer), ce serait risqué de se prêter à cette invitation incongrue dont les conséquences pourraient être gravissimes en cas de piège. Nous sommes  en face d'une proposition et comme toute proposition, elle peut bien souffrir d'autres contre-propositions surtout qu'il est précisé dans la lettre de mission du panel que pour contraignantes que soient ses décisions, elles ne peuvent agir que sur la base d'un consensus entre les parties. ADO adoubé par la « communauté internationale » ayant moins à craindre dans un tel déplacement que Laurent Gbagbo, je ne voterai pas les yeux fermés pour cette délocalisation temporaire, même à Addis-Abeba pour les besoins d'un tête-à-tête. Mais si à Dieu ne plaise, cela devait finalement se réaliser, évidemment des précautions extrêmes ne seraient pas de trop !

5) En attendant, l'embargo semble jouer à plein contre le régime Gbagbo...

Il frappe surtout sans discrimination tous les Ivoiriens, qu'ils soient politiquement engagés ou non, qu'ils soient des nourrissons, des adultes ou des personnes âgées, et c'est tout à fait atterrant.

Depuis quelques années, il s'est développé, au travers des institutions spécialisées des Nations Unies, des ONG, des Etats...l'idée que la politique d'embargo était injuste en cela que dans sa finalité, elle frappait beaucoup plus les populations civiles innocentes que les dirigeants. On ne compte pas le nombre de critiques et de violateurs des embargos décidés contre l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid, la Libye, l'Irak, la Palestine... C'est pourquoi est née la pratique des sanctions ciblées, personnalisées, pour épargner les populations.

Avec la Côte d'Ivoire, on n'a pas fait que tout mélanger, on est revenu à l'embargo avec cette différence qu'il est ici mis en œuvre de façon globale et totalement inhumaine pour forcer un peuple à se révolter contre le leader dans lequel il se reconnaît. Quand je vois les conséquences qui en découlent avec l'empêchement d'exporter le café-cacao qui fait vivre 10 millions d'Ivoiriens, avec cette fermeture des succursales des banques étrangères sans préavis et l'interdiction de fournir la Côte d'Ivoire en médicaments, avec comble de cruauté, l'assèchement de l'aide destinée aux malades atteints du VIH/Sida, je me dis qu'il y a en œuvre contre le peuple de Côte d'Ivoire des crimes de masse qui mériteraient bien qu'on active des procédures devant des juridictions pénales internationales contre tous les pays, toutes les organisations et leurs dirigeants qui ont mis en œuvre ces embargos.

6) La télévision burkinabé a offert une prestation remarquée au premier Ministre d'Alassane Ouattara, leader des Forces Nouvelles. Qu'en pensez-vous ?

Je ne l'ai pas suivie mais je suis au nombre des Burkinabé qui regrettent que l'on cherche à faire endosser à l'opinion, des préférences qui ne sont pas unanimement partagées.



In San Finna (Burkina Faso)


Source : LA VOICI, La Voix de la Côte d'Ivoire

ATTAQUES PAR LES REBELLES PRO-OUATTARA, LES MAURITANIENS QUITTENT EN MASSE LA COTE D'IVOIRE



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Plusieurs centaines de mauritaniens, attendant d'être évacués, étaient massés mardi devant leur ambassade à Abidjan, dans le quartier des Deux-Plateaux, a constaté un journaliste de Directscoop.

La veille, ils avaient manifesté leur mécontentement face au « mauvais traitement » dont ils estimaient être l'objet de la part de leur représentation en tentant de séquestrer leur diplomate. C'est grâce à une intervention des riverains aidés par quelques agents de police que le diplomate mauritanien sera extirpé des locaux vers 19 heures 30, après près de 6 heures passées enfermées dans son bureau.

Ces Mauritaniens proviennent des quartiers (Abobo, Koumassi et Treichville) qui font l'objet d'attaques terroristes de la part des rebelles pro-Ouattara. « Beaucoup de nos boutiques ont été attaquées et volées. Vu la situation nous avons décidé de fermer et de rentrer en Mauritanie. Pour le moment nous faisons partir les femmes et les enfants», confie l'un d'eux.

Un premier groupe d'une centaine de personnes avait quitté Abidjan pour Yamoussoukro, d'où ils devraient se rendre à Nouakchott, sous escorte des forces de défense et de sécurité (FDS).

La rébellion pro-Ouattara a occasionné entre 2002 et 2007, plus de 1 million 700 mille déplacés selon les chiffres officiels du gouvernement et des agences du système des Nations Unies.

Ce chiffre pourrait être revu à la hausse, estiment des spécialistes, en raison des violences enregistrées ces derniers mois à Duékoué, Bangolo, Lakota, Divo et Vavoua mais surtout, à cause de la reprise de la guerre sur les fronts ouest (Zouan-Hounien, Bin-Houyé, Toulepleu), Centre (Tiébissou, Yamoussoukro) et Sud (Abidjan).

Refusant sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles, Alassane Ouattara depuis son QG du Golf Hôtel tente, en complicité avec l'ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) et la Licorne (armée française) de renverser le gouvernement ivoirien.


Source: DIRECT SCOOP