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vendredi, 04 février 2011

LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES (Réédition)


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Ce texte que j'avais écrit le 15 février 2007, à quelques mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, et posté pour la toute première fois, après mise à jour, sur mon blog, le 24 mars 2008 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, se révèle encore d'une criante actualité. Il me plaît, ce faisant, chers internautes, de vous le (re)proposer. Bonne lecture !


La France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c'est avec beaucoup d'étonnement et d'interrogation que j'observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l'Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l'ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l'interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu'un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c'est tout juste pour se donner bonne conscience.
J'en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l'implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France, les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d'Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n'y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n'a eu droit qu'à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l'ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C'est vrai que « DIEU sauvera la Côte d'Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l'a écrit Bernard B. DADIE, celui que l'on considère comme l'un des pères de la Littérature Négro-africaine.

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l'Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France, en octroyant, dans les années 60, « l'indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n'est sorti ou n'a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n'a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d'Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d'eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l'aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d'Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d'Algérie, débutée en 1954, en passant par l'atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu'elle y a soutenu, jusqu'à nos jours, la politique africaine de la France n'a pas changé d'un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J'irais même plus loin : Apparemment, la France n'a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d'Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d'Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l'affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d'expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s'est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d'Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemis désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l'Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l'Humanité ! ». Et j'adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l'Africain » qui ont - comme l'a dit avec beaucoup d'à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l'Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d'accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d'une conscience nationale et patriotique, en Côte d'Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l'Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !



DINDE Fernand AGBO

jeudi, 03 février 2011

PANEL DES CHEFS D'ETAT : L'AFRIQUE DU SUD AFFICHE SA POSITION

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L'un des Chefs d'État, membre du panel de l'UA pour l'évaluation de la crise post-électorale, le président Sud-africain Jacob Zuma, a donné de la voix hier, invitant à la neutralité absolue des membres de la médiation.



L'Afrique du Sud a rappelé une fois de plus, par la voix du porte-parole du ministère Sud-africain des Affaires étrangères, sa neutralité dans la crise ivoirienne. «L'Afrique du Sud ne prend pas partie. Nous ne sommes ni en faveur de Laurent Gbagbo ni en faveur d'Alassane Ouattara. Nous pensons que les deux leaders doivent s'engager dans un processus visant à trouver une solution pacifique et durable aux défis actuels de la Côte d'Ivoire», a déclaré le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.


Une déclaration qui sonne comme un message fort adressé à l'endroit des autres membres du panel de l'UA, mis sur pied à Addis-Abeba. Et les invitant à afficher une neutralité objective, pour une évaluation impartiale et juste de la crise post-électorale. Or, en l'espèce, si on peut concéder une relative neutralité aux Chefs d'État mauritanien, Ould Abdel Aziz, tchadien, Idriss Deby et tanzanien, Jakaya Kikwete, ce n'est pas le cas pour le président burkinabé, Blaise Compaoré. Dont la partialité et le rôle d'acteur dans la crise ivoirienne sont avérés et reconnus à tous les quatre coins du monde.

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«Si nous sommes contre une intervention militaire, c'est parce que nous pensons qu'il faut explorer les voix diplomatiques pour répondre aux défis actuels en Côte d'Ivoire. Et nous pensons que l'UA est d'accord avec nous. C'est pour cela que le président Zuma soutient pleinement cette décision de l'UA de créer ce panel de 5 chefs d'État qui auront 4 semaines pour faire des recommandations pour aller de l'avant», a expliqué le diplomate sud-africain.


Une sortie du géant sud-africain qui vise, également, à refroidir les ardeurs du camp Ouattara qui croit dur comme fer que le panel vient «pour permettre à Alassane Ouattara d'exercer pleinement le pouvoir». Maintenant, les Ivoiriens et les Africains attendent désormais les experts et les 5 Chefs d'État au pied du mur ivoirien.

 

In Le Nouveau Courrier N° 195 du 03 février 2011, par Franck Toti.


Source: IVOIREVOX.COM

mercredi, 02 février 2011

REQUISITION DE LA BCEAO: L'UEMOA PANIQUE

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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Emmanuel Akani


Tel est pris qui croyait prendre. L'Uemoa qui voulait asphyxier l'État ivoirien - en soutien à Alassane Ouattara - est au bord du gouffre. Les États membres sont à la recherche de solutions pour prévenir un effondrement précoce du système bancaire de la sous-région.

d4be32c5arton28020 Mise en œuvre des chantiers dintégration de lUemoa :Informer les journalistes de lespace communautaire

L'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) part très affaiblie dans le bras de fer qu'elle a engagé avec le régime en place à Abidjan. Elle semble désarçonnée par la mesure de réquisition des agences de la banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) prise le 26 janvier dernier par le président Laurent Gbagbo. A l'ouverture hier à Dakar des travaux d'un Conseil des ministres extraordinaire de la Banque centrale, le ministre Bissau guinéen des Finances José Mario Vaz a reconnu que «la situation est grave» et que «la stabilité du système bancaire» de l'espace monétaire était en danger. La réquisition des agences nationales par le chef de l'État ivoirien, déplore-t-il, fait courir de très gros risques à l'union qui s'expose à une déstructuration dans les semaines et mois à venir si la situation perdure. «Les impacts négatifs de la crise (ivoirienne) sur le fonctionnement des économies de l'Union, prévient-il, constituent de fortes préoccupations qui devront être prises en compte».

Des statistiques fournies par la direction générale de la banque, à Dakar révèlent que les opérations interbancaires de l'Uemoa ont connu une forte baisse de 113,07 milliards durant la semaine du 19 au 25 janvier 2011. Une régression de 83,46%, selon les données. De 135,470 milliards FCFA durant la semaine précédente, les chiffres concernant ces opérations ont en effet cumulé à 22,4 milliards FCFA durant la semaine indiquée.

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Face à la situation, le ministre bissau guinéen des Finances a interpellé le Conseil sur la nécessité de prendre des décisions en urgence pour préserver «les acquis de l'union monétaire vieille aujourd'hui de cinq décennies». Parlant de «la réquisition des installations et du personnel des agences de la Bceao sur le territoire ivoirien» et la «nomination d'un responsable à la tête de la direction nationale de l'agence ivoirienne», José Mario Vaz pense qu'il s'agit «d'actes (...) graves sans précédent» dans l'histoire de la banque centrale. «En violation des dispositions» du traité de l'Union.

Le collaborateur de Malam Bacai Sanha a confirmé qu'Abidjan ne dépend plus de Dakar depuis la réquisition consécutive à la décision des chefs d'État de l'Uemoa de donner la signature à Alassane Ouattara sur les comptes de l'État de Côte d'Ivoire à la Bceao. «L'agence principale d'Abidjan ne répond plus aux injonctions et aux instructions du siège», a déclaré le Bissau Guinéen, qui a invité ses pairs à prendre des mesures sécuritaires nécessaires pour reprendre le contrôle du personnel et des installations de l'institution bancaire en Côte d'Ivoire.


 

Source : LE NOUVEAU COURRIER

PANEL DES CHEFS D'ETAT A ABIDJAN: L'ONU, L'UE, LA CEDEAO ET LA FRANCE JOUENT LEUR SURVIE



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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Saint-Claver Oula


C'est le compte à rebours. Après avoir tenté par des menaces, sanctions et ultimatums de faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir en vain, des anti-Gbagbo reviennent sous le couvert d'un panel. Mais cette fois avec une marge de manœuvre limitée.


Avant l'entame de la mission des chefs d'Etat de l'Union africaine, une feuille de route semble toute dessinée par l'Organisation des Nations-Unies, l'Union européenne, la Cedeao et la France, tous présents au 16ème sommet à Addis-Abeba. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a exclu d'entrée un recomptage des voix, voulu par l'actuel président ivoirien, Laurent Gbagbo et l'Angola. Pour le patron de l'Onu, ce serait «une grave injustice». Dans la précipitation, Ban Ki-Moon a appelé Ouattara à former un « gouvernement d'union nationale ». Son adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Leroy, a écarté un «partage du pouvoir ». Cette question, selon lui ne saurait se poser. La position de la Cedeao et de la France, résolues à une action militaire et qui y travaillent activement au Burkina Faso et en zone sous contrôle de la rébellion, est déjà connue. C'est Ouattara ou rien.

Au sein de l'Union africaine, le très désobligeant président de la commission de cette organisation continentale, Jean-Ping, a déjà planté le décor : le panel a pour mission d' «amener Ouattara à exercer la réalité du pouvoir par la négociation.» Là où certains présidents, notamment angolais et sud-africain, exigent une évaluation du processus. L'Union européenne, qui a précipité les sanctions et gelé les avoirs des autorités ivoiriennes va-t-elle faire machine-arrière pour se déculotter ? Pas si sûr. Que va donc bien pouvoir négocier le panel de l'Ua? Le sommet d'Addis-Abeba a tout de même révélé «de profondes divisions» entre le Nigeria, dont le numéro un est un anti-Gbagbo, et l'Afrique du Sud, sensible à la posture anti-colonialiste du chef de l'Etat ivoirien. Mais le numéro un du pays de Mandela et le nouveau président en exercice de l'Ua font face à l'excitation d'une nébuleuse qui déroule toute sa diplomatie et met à contribution ses experts militaires pour faire partir Laurent Gbagbo, ce chef d'Etat d'un petit pays qui tient tête aux grandes puissances. Ne pas réussir à le faire partir serait un véritable échec qui emporterait les décideurs de l'Onu, l'Ue et la France. Ce sera la remise en cause de la diplomatie mondiale avec en ligne de mire la fragilisation des Nations-Unies qui pourrait connaître la même fin que la Société des Nations (Sdn). La crédibilité de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama (qui a choisi ces derniers temps de se murer dans un silence) pourrait également en souffrir en France et dans le monde et retourner contre eux leur opinion et donner du grain à moudre à leurs opposants.

L'enjeu pour ces entités est tel qu'une bataille féroce va s'engager durant le mois pendant lequel vont travailler les chefs d'Etat et leurs experts (encore onusien choisis par Ban Ki-Moon) sur la crise post-électorale. De ce panel, les Ivoiriens attendent une objectivité dans la démarche. Il s'agit de réévaluer le processus électoral et recompter les voix pour confondre Laurent Gbagbo et déterminer celui qui a perdu et celui qui a gagné les élections. Si le panel se limite à des notes préétablies, en ne procédant pas comme l'a souhaité Jacob Zuma, à «vérifier d'abord les faits», c'est sûr que les Ivoiriens feront face à une longue crise, encore plus aigue qui pourrait déboucher sur un éventuel conflit armé entre pro et anti-Gbagbo. Ou, la communauté internationale pro-ADO, à laquelle Jacob Zuma et Obiang Nguema tiendront certainement tête dans la quête de la vérité, à défaut de se dédire, pourrait jouer sur le pourrissement de la situation et espérer une révolte du peuple ou un assassinat de Laurent Gbagbo. Parce qu'une action militaire pourrait déclencher l'entrée en scène des alliés de l'actuel chef d'Etat ivoirien.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PANEL DE L'UA SUR LA CRISE IVOIRIENNE: LES JEUNES PATRIOTES NE VEULENT PAS DE COMPAORE



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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Frank Toti


Le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, a animé une conférence de presse hier au Baron de Yopougon. Au menu, la composition du Panel de l'Ua censé évaluer la crise post-électorale ivoirienne et proposer des solutions.

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Charles Blé Goudé et l'alliance des jeunes patriotes ont salué l'initiative des chefs d'Etat africains de mettre sur pied un panel pour évaluer la crise post-électorale. Selon lui, la solution militaire préconisée par certains chefs de l'Etat de la Cedeao était une honte pour l'Afrique. Seulement, il se trouve qu'il ya un problème dans la composition du panel. Où figure le président burkinabé aux côtés des présidents sud-africain, tanzanien, mauritanien et tchadien. Le leader des jeunes patriotes a en effet été sans équivoque quant à la présence de Blaise Compaoré dans le panel des cinq chefs d'Etat africains. «Si tant il est vrai qu'on voudrait que la Cedeao soit représentée dans le panel, il n'y a aucun problème. Parce qu'il y a plusieurs pays dans la sous-région. Nous ne comprenons pas la présence de Compaoré dans le panel, il faut donc l'en retirer», a-t-il dit. Car selon lui, le président burkinabé a démontré qu'il n'est pas la solution mais plutôt le problème de la crise ivoirienne. «Pour nous, Blaise Compaoré doit être récusé et nous le récusons. Et il n'est pas le bienvenu en Côte d'Ivoire. Il est un danger pour la sous-région. C'est lui qui a déstabilisé la Sierra-Léone, le Libéria», a fait savoir Blé Goudé. Car, explique-t-il, Compaoré égale à Ouattara, Blaise Compaoré égale à Nicolas Sarkozy. Au dire de leader de la jeunesse patriotique, le président burkinabé a aggravé la crise ivoirienne dans son rôle de médiateur, après avoir offert gîtes et couverts aux rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire. Parce que, justifie le «Général», l'ex-facilitateur tire d'importants profits de la crise en Côte d'Ivoire d'une part et apparaît comme un belligérant dans la crise ivoirienne, d'autre part.

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Dans la foulée, Charle Blé Goudé demande au SG de l'Onu Ban Ki Moon et son représentant spécial, Young Jin Choi, d'éviter de biaiser la noble mission des chefs d'Etat africains, avec des déclarations plus que partisanes. A moins qu'ils ne ruent dans les brancards pour éviter que le monde entier ne découvre la vérité sur les élections en Côte d'Ivoire et leurs nombreux mensonges couverts, pour faire plaisir à Nicolas Sarkozy.

Les jeunes patriotes ont invité l'ensemble des Ivoiriens d'accord avec l'évaluation de la situation par le panel de chefs d'Etat, et qui disent non à la présence de Blaise Compaoré dans ce panel, à un grand rassemblement à la Place de la République du Plateau, samedi prochain.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE – «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A ETE EMBARQUEE DANS UNE ENTREPRISE FOIREUSE»



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Une interview d'Hermann YAMEOGO (Président de l'Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) - leader de l'opposition au Burkina Faso) à l'hebdomadaire San Finna (Burkina Faso).


1) San Finna : Etes-vous étonné par la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire ?
Me Hermann Yaméogo (HY) : Pas le moins du monde ! J'ai souvent employé le concept de coup d'Etat électoral dans le contexte de la crise ivoirienne pour prévenir que malgré l'Accord politique de Ouagadougou, on pourrait bien recourir à la fraude pour convertir cette tentative de putsch du 19 septembre 2002 en coup d'État électoral.

2) Qu'est-ce qui vous faisait penser à cela ?

HY : Dans toutes les Résolutions du Conseil de Sécurité comme dans tous les accords relatifs au dossier ivoirien, il était régulièrement mentionné la réunification, le désarmement, la reconnaissance de la primauté de la Constitution, des lois et institutions ivoiriennes. Le 4ème accord complémentaire de l'Accord de Ouagadougou du 22/12/2008 précisait bien, concernant le désarmement, ce qui suit en son Article 3 :
« Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants; des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle ». Eh bien, malgré toutes ces garanties, le désarmement n'a pas eu lieu. Pour moi, le simple fait que l'on n'ait pas vu s'exercer des pressions de la part de la communauté internationale pour que la rébellion rentre sincèrement dans la République, indiquait qu'il y avait anguille sous roche. On entendait utiliser la partition de fait du pays pour influencer le moment venu, le vote.

3) Mais alors, pourquoi d'après vous, Laurent Gbagbo a-t-il tout de même accepté d'aller à ces élections ?

HY : En tout cas, il se sera battu pour faire respecter la Constitution ivoirienne qui dit que les élections ne peuvent s'organiser quand le pays est divisé. Mais la pression était trop forte, et pour le contraindre à aller à la guillotine électorale, on a mis à contribution les médias pour le faire apparaître comme un pleutre, celui qui se défile tout le temps pour organiser les élections parce qu'il sait qu'en le faisant, il ne peut qu'en sortir perdant. Il a fini par s'y plier, se disant sans doute qu'il avait certaines cartes maîtresses en main : un peuple avec lui, l'engagement de la communauté internationale à faire respecter la Constitution ivoirienne, celui de son adversaire de respecter les décisions de la Commission électorale indépendante comme celles du Conseil constitutionnel.

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) Ne peut-on pas quelque part, dire qu'il se prévaut maintenant de sa propre turpitude ?
HY : L'argument pour moi est puéril et juridiquement faible.
D'abord, à la limite, ce n'est pas parce que quelqu'un accepte d'être victime d'une infraction pénale que cela efface automatiquement la commission de l'acte délictueux et éteint toute action pénale. Si l'on peut transiger sur tout ce qui intéresse le civil, on ne peut -sauf rares exceptions- le faire pour le pénal. Ensuite, Laurent Gbagbo n'a jamais accepté le bafouement de la primauté du Conseil constitutionnel ni le transfert de la légitimation populaire du peuple souverain de Côte d'Ivoire à une communauté internationale, juridiquement incapable.

5) Mais, et cet article 64 du Code électoral qui montre que le président du Conseil Constitutionnel s'est trompé parce qu'il aurait dû faire reprendre les élections... ?

HY : D'abord, nulle part, il n'est fait interdiction à ce Conseil d'évoquer un différend électoral et de le vider en dernier ressort. D'ailleurs, la loi organique relative au Conseil constitutionnel prévoit ces cas de figure. Mais à supposer même que votre observation soit fondée, encore qu'on en soit loin, on ne ferait là que commenter une décision de justice revêtue de l'autorité de la chose jugée, non susceptible de quelque recours que ce soit. Voyez-vous, il n'existe pas une instance à laquelle est reconnu le pouvoir d'élever le contentieux électoral pour réformer la décision du Conseil constitutionnel. Même l'Etat le plus puissant du monde ne le peut. Les Nations Unies n'y sont pas davantage habilitées encore moins la fameuse «communauté internationale » qui n'est même pas un « machin » mais un attrape-nigaud.

6) Et la certification, ça compte pour rien d'après vous ?

HY : La certification, je vous le rappelle, devait se faire à la fin de tout le processus comme cela s'est fait au premier tour. La CEI a tenté de doubler le Conseil constitutionnel, ce qui révèle encore plus a posteriori la préméditation du coup d'Etat électoral. En tout état de cause, le jeu ici n'était pas de faire de Mr Choi celui qui en dernier recours, légitimerait le vainqueur. La Résolution 1765 des Nations Unies, ainsi que l'a rappelé Me Marcel Ceccaldi, avocat du Barreau de Paris, n'a pas fait droit aux demandes d'extension des compétences de Mr Choi mais a plutôt limité ses pouvoirs par rapport à ceux qui étaient reconnus à son prédécesseur Gérard Stoudman, Haut représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire. Et il a été réaffirmé que la certification ne saurait s'entendre d'un transfert de la compétence du pouvoir de légitimation du peuple ivoirien au Sieur Choi. Enfin, je vous rappelle qu'un collectif d'avocats entend même demander une sanction contre Mr Choi pour détournement de pouvoirs, violation de la charte onusienne.... Je ne vois pas, si le Droit est bien dit, comment Ban Ki-moon lui-même n'y laisserait pas des plumes !

7) Pour vous donc, Laurent Gbagbo est bien dans son droit ?

HY : Laurent Gbagbo est tout à fait dans son droit. Absolument. La communauté internationale a été embarquée dans une entreprise foireuse par des politiques qui pensaient que de la même manière qu'ils foulent sans conséquence au pied les constitutions de bien de pays africains pour y réaliser des putschs électoraux et placer ceux qu'ils voulaient à la tête des Etats, ils pouvaient ensemble et de concert, en bande organisée, faire la même chose en terre éburnéenne. C'est le bide honteux.
Nicolas Sarkozy, Ban Ki-moon, ont oublié qu'ils avaient affaire à un homme vissé à la tête d'un Etat, en parfaite symbiose avec une Armée patriotique, un peuple mobilisé, et non à des opposants malmenés, sans le sou, dans le silence de la « communauté internationale ». Un homme, qui n'est pas, leur en déplaise, arrivé accidentellement au pouvoir et qui incarne une Cause dans laquelle il lui suffisait de savoir se concilier le temps pour en faire éclater la noblesse aux yeux du monde. Nous y sommes actuellement, et on peut imaginer l'humiliation, pour ne pas dire plus, qui en résultera pour tous ceux qui se sont précipités dans cette aventure en osant même semer la graine de la désorganisation dans certaines organisations comme la CEDEAO, l'UEMOA, la BCEAO...

8) Quel sens en définitive donnez-vous au combat qu'il mène ?

HY : Je situe son combat dans une triple dimension.
La première est nationale et concerne la mobilisation de ses compatriotes pour sauver les institutions, l'identité de la Côte d'Ivoire, l'indépendance -au sens entier du terme- de son pays. La seconde est africaine et elle s'attache à sensibiliser tous les Africains à la nécessité d'engager le véritable combat libérateur qui passe par la reprise en main des richesses du continent. La dernière dimension est mondiale et s'attache à l'atteinte portée au droit international par des nations gardiennes de fait de l'ordre public international en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le fait incriminé ici, c'est la reconnaissance par les Usa, la France, l'Union Européenne, les Nations Unies, de l'élection d'un candidat en violation de la Constitution et des lois d'un pays en lieu et place de la volonté d'un peuple, des standards démocratiques internationaux en matière électorale, et ce par des manœuvres dolosives.
Il y a ici un combat transfrontière qui interpelle tous les citoyens du monde soucieux de la primauté du Droit.

9) Quels risques voyez-vous si son combat n'aboutit pas ?

HY : Pour la Côte d'Ivoire, ce serait un virage vers la mise à l'encan des richesses du pays, la captation de sa souveraineté nationale et pour l'Afrique, ce serait une nouvelle ère d'exploitation avec encore plus de mépris et de néantisation de l'homme noir.
Ce serait la voie royale pour la corrosion du Droit, sa domestication par des forces maffieuses, politiques, médiatiques, financières... Ce serait l'amorce d'un processus d'insécurisation du monde car si le Droit, qui est la poutre maîtresse de toute collectivité humaine organisée, est corrompu, c'est toute la collectivité qui le sera.

10) Que pensez-vous de la décision prise à Addis-Abeba de confier à un panel de cinq chefs d'Etat le soin de trouver, dans le délai d'un mois, une solution de sortie de crise contraignante pour les deux protagonistes ?

HY : Elle va dans le sens de certains pays africains (Afrique du Sud, Angola, Malawi, Gambie, Cap Vert, Zimbabwe...) qui ont toujours préconisé le dialogue en lieu et place de la guerre, et surtout une solution typiquement africaine au règlement de la crise. C'est le lieu pour moi de souligner la position tout à fait sage et courageuse prise par Alpha Condé à Ouagadougou et à Luanda par rapport au règlement de ce dossier par des voies négociées.
Cette décision de l'UA, je dirai qu'elle me contente mais m'inquiète aussi.
Elle me réjouit d'abord car elle recadre les va-t-en guerre, démasque l'imposture de la communauté internationale, fait droit contre Ban Ki-moon, à la demande de vérification et d'évaluation du processus électoral demandé par le président Laurent Gbagbo. C'est dire que, plus que les fraudes proprement dites à l'encontre de ce dernier, c'est le complot international contre la Côte d'Ivoire, à travers toutes ses péripéties, qui risque d'être mis à nu.
D'un autre côté, j'imagine les tsunamis que peuvent provoquer ici et là, jusqu'au sein des nations Unies, les preuves rapportées de ce complot. Je me représente aussi les litiges qu'il faudra éventuellement traiter à la faveur du rapport de ce panel comme des décisions des différentes juridictions déjà saisies ou en voie de l'être, qui sont entre autres la Cour de Justice de l'UEMOA, le TANU (NDLR : Tribunal administratif des Nations Unies), la Cour de justice internationale...
Il y a tant de pertes en vies humaines, de dégâts matériels, de violations de droits professionnels, économiques et sociaux, à cause de cette habilitation illégale d'un candidat (qui s'est permis de donner des mots d'ordre ravageurs pour le pays) qu'on peut légitimement être angoissé devant les réparations qui vont suivre. Combien tout cela va-t-il coûter ? Qui va payer la facture ?
En même temps, je me réjouis d'être du bon côté de l'Histoire et de défendre une cause dont je trouve qu'elle servira les intérêts de l'Afrique avec ce leadership de Laurent Gbagbo que je n'ai pas pour rien comparé à N'Nkrumah et à Lumumba au plus fort de la rébellion.

11) Ban Ki-moon vient de dire qu'un recomptage des voix serait injuste pour Mr Ouattara ?
HY : Ban Ki-moon a eu la réaction du noyé qui s'accroche à un brin de paille. Il ne voudrait pas ce recomptage qui va dévoiler le pot aux roses. Je comprends... Mais de là à se rabattre sur le caractère injuste du recomptage, c'est lamentable ! Car qui peut, honnêtement, s'opposer à une mesure aussi élémentaire, destinée à éclairer les décisions à prendre ? Il aurait mieux fait, comme les Forces Nouvelles, de rejeter directement la création de ce panel. Ici, il a fait une sortie totalement décalée qui le décrédibilise encore plus


Source: IVOIREVOX.COM

APRES LE RETRAIT DE LA COTE D'IVOIRE DE LA BCEAO: LE RESTE DE L'UEMOA DEJA EN DIFFICULTE



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L'UEMOA (l'Union économique et monétaire ouest africain), « est en train de s'effondrer », tel a été le cri poussé, hier à Dakar par le président en exercice du Conseil des ministres de la Banque centrale ouest-africaine, José Mario Vaz, ministre bissau-guinéen des Finances. Une situation née des mesures contreproductives pour  toute la sous-région, prises lors du dernier  sommet des chefs d'Etats à Bamako. La rencontre de Dakar, hier, a été l'occasion pour lancer le cri d'alarme d'une économie sous régionale agonisante.


Les effets des dernières décisions de certains chefs d'Etats membres de l'espace monétaire ouest africain, visant à fragiliser l'économie ivoirienne se font lourdement ressentir dans toute la sous-région. Cela a été clairement exprimé, par le président en exercice du conseil des ministres de cette institution. Le ministre José Mario Vaz s'est exprimé lors de la rencontre d'urgence qui avait pour objectif d'évaluer l'impact de la prise de position de l'UEMOA et qui vient de réunir à cet effet, à Dakar.

On le sait, à leur rencontre de Bamako, les chefs d'Etat et de gouvernement avaient pris la grave décision de permettre aux représentants désignés par le gouvernement  virtuel d'Alassane Dramane Ouattara, retranché au golf hôtel, d'effectuer les mouvements sur les comptes de la Côte d'Ivoire. Mesure  prise en violation des textes de l'union et au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Laquelle mesure a conduit le burkinabé Jean-Baptiste Compaoré, à diriger la banque centrale en qualité de gouverneur intérimaire, depuis la démission forcée le 22 janvier dernier,  du gouverneur de la banque, l'Ivoirien Philippe-Henry Dacoury-Tabley.

La réaction des autorités ivoiriennes ne s'est pas fait attendre suite à ces décisions iniques contre le pouvoir d'Abidjan qui refuse se laisser caporaliser par Paris qui entend, toujours contrôler la banque sous régionale. Le président Gbagbo a décidé de réquisitionner l'ensemble du personnel local. Objectif, assurer un fonctionnement correct de la branche ivoirienne de l'institution que les Ivoiriens avaient en partage avec les autres et où ils contribuaient pour plus de 40% du PIB. On l'apprend, les dégâts de l'intrusion de la politique dans la gestion de cette institution sont incalculables pour la sous-région. Et nous n'en sommes qu'au début.

« L'agence principale de la Banque centrale ouest-africaine à Abidjan ne répond plus aux injonctions et aux instructions du siège de Dakar, depuis  le 26 janvier. La situation est grave. Le personnel de la Banque est, pour sa part, astreint aux obligations de la réquisition.», a constaté, hier mardi, le président en exercice du Conseil des ministres de la banque centrale, lors de son discours d'ouverture du Conseil des ministres extraordinaire de la BCEAO.

« Ces actes sont sans précédent dans l'histoire de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) dont la BCEAO est la banque émettrice », soutient le président du conseil des ministres de l'UEMOA, comme si, le geste des Chefs d'Etats aux ordres de Paris étaient plus licites que l'acte de la réquisition du personnel de la banque installée sur le territoire ivoirien, pour éviter l'étranglement économique.

« En outre, la stabilité du système bancaire et les impacts négatifs de la crise sur le fonctionnement des économies de l'Union constituent de fortes préoccupations qui devront être prises en compte », poursuit le président de la banque de l'UEMOA. Mais en réalité, cette position s'explique par le fait qu'Abidjan n'approvisionne plus les caisses de la Banque centrale. Cette institution imagine que bientôt, elle pourra se retrouver en situation de cessation de paiement. D'd'où la tenue de cette réunion extraordinaire avec comme unique point à son ordre du jour la situation à Abidjan.

Par la faute de quelques chefs d'Etats les acquis de l'Union monétaire, vieille aujourd'hui de cinq décennies et regroupant huit pays que sont la Côte d'Ivoire, le Bénin, Togo, la Guinée-Bissau le Burkina-Faso, Niger, Mali et Sénégal sont menacés. La situation de détresse des autres pays de la sous-région démontre que la Côte d'Ivoire, reste une puissance régionale en dépit de dix ans de crise. Crise qui a même entraîné la délocalisation de certaines entreprises vers d'autres capitales de l'espace UEMOA.

Malgré cette  situation, la Côte d'Ivoire reste de loin le pays le plus puissant de l'espace. Comme le témoigne, le cri de détresse  des banquiers de la Bceao, depuis Dakar. Si cette crise devait se prolonger, selon plusieurs observateurs et experts en économie, elle risque d'avoir d'importantes répercussions négatives tous les pays membres de l'UEMOA.


Hervé MAKRE


Source : INFOS COTE D'IVOIRE.NET

NE TIREZ PAS SUR L'AMBULANCE, LA COTE D'IVOIRE EST BLESSEE !

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L'écrivain sénégalais, Tafsir Ndické DIEYE, se prononce sur la crise ivoirienne.


« Ne tirez pas sur l'ambulance, la Côte d'Ivoire est blessée ». Ce cri du cœur du panafricaniste Alpha BLONDY, nous l'avons entendu hier vers 18h d'une radio qui passait sa musique. Ce cri nous attriste. Ce chanteur disait, il y a quelques années, que les ennemis de l'Afrique ce sont les africains. Ce message est toujours d'actualité. Mais l'avons-nous compris ? Aujourd'hui, sur cette question ivoirienne, nous sommes étonnés  de constater que ce sont des chefs d'Etats africains et des prétendus intellectuels  qui défendent l'idée d'aller bruler la Côte d'Ivoire pour déloger, disent-ils, « l'usurpateur Gbagbo ». Et pour cela, ils n'hésitent pas à aller jusqu'à la Maison blanche pour négocier une autorisation d'user de la force. C'est accablant!

Dans le passé, le colon réussissait souvent à pousser un roi nègre à combattre son homologue. Et une fois leurs populations affaiblies par ces guerres insolites, sans raison, il usait de sa force de frappe pour les avoir sous ses ordres et faire de leurs peuples ses sujets et de leur richesse son butin de guerre. Cette musique n'a pas changé ; ce sont les pas de danse qui sont devenus par moment saccadés et camouflés. La France de Sarkozy, comme un vampire, guettait la moindre faille dans cette élection pour précipiter la sentence à appliquer à son ennemi-juré Gbagbo en utilisant comme agent exécutant le syndicat des chefs d'Etat béni-oui-oui de ses anciennes colonies.  Cette France de Sarkozy, différente à tout égard de la France des véritables défenseurs des droits humains, cherche à manipuler le monde entier pour arriver à ses fins en Côte d'Ivoire quitte à faire souffrir davantage les ivoiriens. Sarkozy, ne poussez pas vos  disciples chefs d'Etats africains à  tirer sur l'ambulance ! «  La Côte d'Ivoire est blessée ».

La plupart de ces chefs d'Etats, à commencer par le notre, ont des problèmes sérieux avec la démocratie dans leur propre pays. Et personne n'a demandé à ce qu'on les déloge par le feu. WADE, éradiquez le conflit armé en Casamance qui dure depuis 28 ans plutôt que de participer à une opération militaire en Côte d'Ivoire ! Vos propres enfants ne seront pas sur le terrain des opérations militaires.

Quand nous écoutons certains médias français, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander pour qui et pourquoi mettent-ils autant de hargne à promouvoir un discours va-t-en guerre ; une solution armée pour résoudre l'équation ivoirienne ? Ils n'ont pas été ainsi avec les Eyadema au Togo, pour ne citer que cet exemple... et pourtant !

Pire, un député français s'est autorisé d'avancer l'idée d'une  partition de la C'ôte d'Ivoire comme si le peuple ivoirien l'avait sonné. Pourquoi vouloir précipiter ce pays dans le précipice ? Puisque les conflits finissent généralement autour d'une table de négociation, pourquoi ne pas commencer par là dans cette crise postélectorale ? Si les deux hommes aiment la Côte d'Ivoire, ils accepteront de s'asseoir ensemble pour se parler les yeux dans les yeux dans l'intérêt de leur peuple.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas de disserter sur qui a raison. Tous ces belligérants ont tort de prendre en otage le peuple ivoirien depuis des années. Des membres de la  CEI ont donné des résultats à partir de l'Hôtel du Golf, fief de l'un des candidats sans que ce dernier n'ait eu le réflexe de s'y opposer pour éviter que l'on puisse douter de la neutralité de la dite commission. De l'autre côté, le Conseil constitutionnel a déclaré son rival vainqueur en annulant le vote de plusieurs ivoiriens. Et chaque camp livre ses arguments. Chacun dit sa vérité et reçoit le soutien de ses partisans. Présentement, il s'agit de voir comment sauver la Côte d'Ivoire dans la paix, sans effusion de sang. L'Afrique en a assez de voir les armes fabriquées par les occidentaux tonner dans ses oreilles abasourdies, et surtout, si c'est sur  « recommandation » d'un Président qui ne lui voue aucun respect comme Sarkozy le fameux auteur de « l'Afrique n'est pas encore rentrée dans l'histoire ».

Un homme normal qui sait combien les ivoiriens ont souffert de la guerre ces derniers années ne peut pas se permettre de demander à des forces étrangères d'aller les canarder. Il y a anguilles-sous -roche. Il y a des choses qui se cachent derrière cet empressement guerrier d'autant qu'il précise que les soldats de son pays ne prendront pas part à cette guerre. Dans cette affaire, Sarkozy ne lutte pas pour la Démocratie ; seule sa démocratie l'intéresse.  Il faut qu'il cesse de nous prendre pour ses petits nègres.

« Massacrez-vous ! Après nous viendrons pensez les blessures, traduire certains survivants devant les hautes cours de justice et faire tranquillement nos business. »

Chers chefs d'Etats africains, ayez un sursaut d'orgueil pour refuser un tel schéma. N'écoutez pas de tels non-dits, de telles bêtises ! Montrez au monde que vous êtes capables de régler les problèmes de votre continent seuls, sans vous étriper. C'est là où nous vous attendons. Les ivoiriens sont nos frères. Vos peuples ne vous ont pas mandaté pour que vous fassiez la guerre à leurs frères et sœurs. La guerre, y'en a marre ! Ça suffit ! Non de Dieu !   Nous voulons un règlement pacifique de ce conflit. Et ce n'est pas impossible. A la place, la France et ses amis occidentaux sont en train de rendre la vie des ivoiriens difficile avec des sanctions et d'autres dérives verbales inutiles.

En lisant l'éclairage pertinent de Jean Paul DIAS sur la lancinante question de la BCEAO qui s'est invitée dans cette crise, nous éprouvons un certain dégout. La France garante du CFA a reconnu son Président en Côte d'Ivoire, il veut que ce dernier soit le seul autorisé à manipuler les comptes de la Côte d'Ivoire logés à la BCEAO. Et, hop ! Ses disciples, chefs d'Etats africains très disciplinés, au lieu de se battre pour avoir une monnaie commune africaine après cinquante ans d'indépendance afin de se libérer de sa tutelle sur ce plan précis, s'empressent de se réunir pour semer la pagaille au sein de cette institution bancaire, la BCEAO ; histoire de lui faire plaisir. Nous disons que s'ils mettaient autant d'énergie et de diligence au règlement pacifique de cette crise en oubliant les ordres de Sarkozy, avec comme unique souci l'intérêt de leurs frères africains de la Côte d'Ivoire, sans hypocrisie,  ils réussiraient à tuer ce différent dans l'œuf.

Et nous disons que cela doit servir de leçon à tous nos dirigeants. Il est temps que nous apprenions à anticiper sur les crises en Afrique. Par exemple, au Sénégal, malgré ce que les constitutionnalistes disent sur la non recevabilité de la candidature de WADE, ce dernier s'entête à vouloir se présenter à  l'élection présidentielle de 2012. C'est ce genre d'entêtement qui peut déboucher demain sur des situations difficiles qui aggravent la souffrance des populations. Que Dieu nous en garde !  Vive la paix en Côte d'Ivoire !



Tafsir Ndické DIEYE


Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (Polar), Silence ! On s'aime (poésie).
Éditions Le Manuscrit, Paris mars 2008
Horreur au palais (polar), Coédition Nouvelles éditions ivoiriennes/
Centre d'édition et de Diffusion Africaine Abidjan Novembre 2010
E-mail : ndickedieye@yahoo.fr


Source: SUD ONLINE.SN

mardi, 01 février 2011

LEÇONS D'ADDIS-ABEBA ET DU GOLF HOTEL

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Alassane Dramane Ouattara et les autres insurgés du Golf Hôtel ont beau claironner leur satisfaction, le 16ème sommet de l'Union Africaine est une défaite diplomatique pour eux et tous leurs alliés qui préconisaient l'usage de la force militaire pour déloger le président Laurent Gbagbo. S'il y a quelque chose à retenir de la réunion au sommet de l'UA, c'est bien la renonciation à toute violence - endossée par l'instance africaine - pour résoudre la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Comme il est également certain que le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne donnera pas son feu vert à une action militaire en Côte d'Ivoire, ce que Guillaume Soro appelle la « force légitime » ne peut dorénavant s'exercer que si elle prend des libertés avec les chartes de l'UA et de l'ONU. Il n'y a désormais aucune légitimité encore moins le début d'une quelconque base légale à une aventure militaire en Cote d'Ivoire.

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Sur le front économique, la confiance des insurgés du Golf Hôtel est si érodée qu'ils se lancent dans la surenchère de « mesures » censées « étouffer » l'économie ivoirienne et priver l'État des recettes fiscales nécessaires à son fonctionnement. La dernière trouvaille de Ouattara a été de demander aux contribuables de « suspendre le paiement des taxes et impôts » mais « de continuer de déposer leurs déclarations en vue de respecter leurs obligations déclaratives en vertu des textes en vigueur ». Comme à son habitude, Ouattara en appelle à l'incivisme fiscal, à la rébellion, sans prendre un quelconque risque pour sa propre personne. Ce n'est pas quand même sur la base d'un communiqué de presse qu'un contribuable doté de raison se risquerait à se mettre à dos l'administration fiscale ! S'il veut que les contribuables le suivent qu'il prenne un décret. En réalité, Ouattara sait très bien que c'est la ligne jaune à ne pas franchir, car en l'occurrence, sa responsabilité personnelle sera engagée. Il y a quand même quelque de chose de pathétique à voir quelqu'un qu'on nous présente comme un brillant économiste, espérer que l'économie d'un pays aussi grand et peuplé que la Côte d'Ivoire puisse s'effondrer en quelques semaines, à la suite de mesures bureaucratiques. Si les choses étaient si simples, tous les plans de relance économique marcheraient.

Pour en revenir au 16ème sommet de l'UA, il convient de nous féliciter de la création du panel de chefs d'État qui est chargé de faire le constat que la Côte d'Ivoire est un État souverain avec des institutions républicaines qui fonctionnent. Certains d'entre eux ne manqueront pas de constater que la légitimité et la légalité sont incarnées par le président Laurent Gbagbo.


Source : CHRONIQUES SENEGALAISES

GASTON KELMAN FACE A LA COTE D'IVOIRE: «POUVAIS-JE RESTER SOURD A TANT DE SOUFFRANCES BAFOUEES ?»



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L'écrivain camerounais Gaston Kelman s'est prononcé sur la situation en Côte d'Ivoire, refaisant la genèse du conflit.



Vous me connaissez. Je n'ai jamais été ni le céroféraire ni le thuriféraire d'un afrocentrisme militant, parce que tous les centrismes sont naïfs, et nocifs, et stériles. Je n'ai jamais supporté une Afrique tournée vers un passé qui ne se concevrait que dans l'âge d'or des pyramides ou l'âge de cendres de la colonisation et de l'esclavage. J'ai pu - ou su - crier à Douala que la France ne devait rien au Cameroun quand on se placerait sous cet éclairage des relations passées.

Avec Frantz Fanon, j'ai dit que je n'étais pas prisonnier de l'histoire, que je n'y cherchais pas un sens à ma destinée. J'ai toujours brandi le Hic et Nunc comme la règle, l'équerre et le compas qui traçaient les lignes de ma conduite et de ma relation à autrui. C'est ce Hic et Nunc qui m'autorise aujourd'hui à dire avec Aimé Césaire « fin à ce scandale » mais aussi «this scandal must be put to an end», pour me faire comprendre du maître de l'Outre-Atlantique ; à ne pas rester sourd à tant de souffrance et de dignité bafouées ; à me demander - pure question de rhétorique - quelle position aurait prise le défenseur de la liberté, de la justice et de l'Algérie meurtrie, Frantz Fanon.

Depuis les indépendances africaines, loin des positionnements stratégiques des politiques et des organismes internationaux - Union Africaine, CEDEAO - bien peu d'événements auront autant ébranlé le nationalisme populaire dans ce continent, que la situation ivoirienne. On peut penser à la mort de Patrice Lumumba, à celle de Thomas Sankara, à la chute de l'apartheid...

L'une des constantes de ces événements, c'est que dans aucun, l'Afrique n'a pu se féliciter de l'action de la « communauté internationale». Quand elle a été actrice, elle l'a fait en dépit de toute considération pour les états et les peuples, ou alors s'est enfermée dans un silence d'une complicité active.

Les populations africaines, jeunesse en tête, crient leur colère envers cette « communauté internationale» informe, insipide, qui se fait haineuse et haïssable et envers toutes les communautés adjacentes - ONU, UE, UA, CEDEAO. Que ces communautés persistent à maintenir en Côte d'Ivoire, le cap du bruit des bottes et des menaces d'asphyxie financières, est interprété par les manifestants de Paris, Bruxelles, Douala ou Abidjan et par les rédacteurs de pétitions africaines qui circulent sur la Toile, comme un mépris inacceptable. La France plus que tout autre nation - mais ses élites s'en rendent-elles seulement compte - devient l'objet d'une rupture profonde avec les populations africaines.

Un jour, un pays dirigé par un président élu, dont la légitimité n'est contestée par personne, ni la communauté domestique, ni les nations étrangères, ni les opposants politiques - Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara en tête -, est fragilisé par une tentative de coup d'état dont le moins que l'on puisse dire, est qu'il est ethno porté, puisque revendiqué explicitement et exclusivement par la rébellion venue des populations du Nord du pays.

Alors, ni la communauté internationale, ni les opposants politiques, ni celle qu'on appelle l'ancienne puissance coloniale - comme si c'était un grade ou une qualité -, ne condamnent cette attaque barbare contre la démocratie. Ni la communauté internationale, ni les communautés adjacentes, ni les opposants politiques, ne proposent une intervention militaire pour ramener le pays à l'ordre démocratique. Certains iront même plus loin dans l'absurde.

La France qui est liée à l'état ivoirien par des accords militaires, fortifie la légitimité des rebelles en les invitant à la table des négociations marcusiennes, au même titre que l'état ivoirien, avec son gouvernement, son Parlement et son président élu. On imagine mal la France et la rébellion corse convoquées à l'ONU.

On se demande pourquoi personne ne vole au secours d'une Belgique sans gouvernement depuis des mois. Mais rien n'est trop bas quand il s'agit de l'Afrique. La France installe une ligne de démarcation entre le Nord et le Sud, actant la partition de la Côte d'Ivoire en deux entités, l'une laissée à la gestion barbare d'une bande rebelle.

Le cynisme n'ayant pas de limite dans cette affaire, le Nord devient plus souverain que le Sud. La rébellion peut continuer à s'armer tranquillement, mais elle ira aussi siéger au gouvernement du Sud. Guillaume Soro devient Premier ministre. Supposé préparer les élections, il peut se permettre de ne pas respecter les résolutions des divers accords, notamment le désarmement de la rébellion, préalable indispensable à la tenue d'élections fiables. La communauté internationale n'en a cure et pilonne systématiquement le président ivoirien élu, le pressant d'organiser les élections dans des conditions dont on sait qu'elles conduiront inévitablement vers une impasse.

Les élections ont lieu. Au Nord, la rébellion est toujours armée. Le lendemain du deuxième tour - le 29 novembre 2010 - la presse, qu'on la dise favorable à un bord ou à un autre, est unanime pour souligner la baisse de la participation par rapport au premier tour. On parle de 70%. Le même jour, un communiqué de l'ONUCI - la représentation armée des Nations Unies en Côte d'Ivoire - fait état d'un taux de participation «avoisinant les 70%». Le jour après, miracle, le taux de participation fait un bond de sauteur à la perche et franchit la barre des 80%.

La « communauté internationale» et l'ONUCI valident, adoubent leur champion, le portent sur les fonts baptismaux de l'innommable et le couronnent nuitamment dans son quartier général de campagne, sous l'œil attendri des ambassadeurs de France et des USA. Guillaume Soro change de camp avec armes - c'est le cas de le dire - et bagages, sans tirer le moindre cri d'indignation, allant ainsi récupérer une rançon dont vous devinerez aisément la contrepartie.

Le plus naïf des observateurs aura compris le rôle qu'il jouait dans l'équipe de Laurent Gbagbo : veiller justement au non-désarmement de la rébellion, car elle pourrait resservir. Le camp de Laurent Gbagbo conteste l'action de la «communauté internationale», proteste, affirme que comme dans bien des pays démocratiques dont la France et les USA - Barack Obama n'a-t-il pas demandé aux Africains de respecter leurs institutions -, la légitimité de la proclamation des résultats en Côte d'Ivoire revient au Conseil Constitutionnel.

Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées ?

Il est difficile à quiconque de comprendre, contre tous les textes qui régissent son action, l'entêtement de la « communauté internationale» et des communautés adjacentes à imposer leurs décisions à la Côte d'Ivoire. Qui pourra aujourd'hui nous dire ce que c'est que cette «communauté internationale» qui se définit à l'exclusion de l'Union Africaine. Qui peut imaginer que, si elle réussissait à la fin à convaincre la CDEAO d'envoyer un corps expéditionnaire déloger le «méchant», comme le lui demande «le bon» par une guerre civile ou une opération ciblée sur le palais présidentiel, opération dont les puissances occidentales assureraient l'armement et la logistique, qui peut s'imaginer que les soldats de la CEDEAO dont des parents résident dans cette Côte d'Ivoire qui a toujours été une terre d'accueil des migrants africains, se grandiraient à aller verser leur sang et le sang d'autres Africains, civils et militaires, pour une cause dont la justesse reste à démontrer et pour obéir à des diktats étrangers.

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Et toi, « communauté internationale» mon amie, où étais-tu donc quand en Afrique l'on assassinait la liberté et l'espérance qui avaient noms Ruben Oum Nyobè le nationaliste camerounais dans le maquis des années 50 et sa guerre d'indépendance, Patrice Lumumba, Premier ministre congolais dans les années 60, et même, hier encore, sous nos yeux parisiens, Dulcie September, la représentante de l'ANC dans les années 80 ! Où étais-tu donc quand Nelson Mandela croupissait dans les geôles de la honte et du racisme ; son peuple du sud chanté par Senghor, dans les ports les chantiers les mines et les manufactures, le soir, ségrégué dans les kraals de la misère, alors qu'il entassait des montagnes d'or noir, d'or rouge et crevait de faim ; sous le regard goguenard de l'ONU ! Qui s'imaginerait que par une métempsychose fortuite, «communauté internationale», tu te mettes à défendre les intérêts de ce continent, toi qui n'as jamais su lui trouver une place au sein du Conseil de Sécurité de ton bras actif, l'Organisation des Nations Unies. Grand prêtre Laocoon réveille-toi, on leur fait des cadeaux ! Serait-ce un cheval de Troie ! Que cacherait le cheval d'Abidjan ?

Et toi, peuple de France, je te connais et suis désormais tien. Je sais qu'en tes veines, coule l'esprit de Champagney. Je pense à toi, Champagney, modeste commune de Haute-Saône, un beau jour, rebaptisée Champagney-la-grande par Camille Darsière, député de la Martinique. Tu fus terre chantre de la Liberté, terre recréatrice de l'Egalité, terre symbole de la Fraternité universelle. Tu chantas ton humanisme flamboyant en ce jour béni du 19 mars 1789 quand dans l'article 29 de ton cahier des doléances, tu gravas ta grandeur et l'âme de la France éternelle sur le marbre républicain.


«
Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur en se représentant leurs semblables unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que le sont les bêtes de somme. Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions desdites colonies, si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables, ils craignent avec raison que les générations futures plus éclairées et plus philosophes n'accusent les Français de ce siècle d'avoir été anthropophages ce qui contraste avec le nom de Français et plus encore celui de chrétien. C'est pourquoi leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour de ces esclaves faire des sujets utiles au Roy et à la patrie». C'était le temps béni où à Champaney, les nègres étaient des semblables, des frères. Générations futures, réveillez-vous donc ! C'est un ordre venu du fond des âges !

Que vos mânes, à vous les 444 Champagnésiens de l'Histoire, reposent en paix. Votre humanisme est intact dans l'âme de vos descendants et de tous les Français, ce peuple dont j'ai tant chanté l'humanisme et l'antiracisme ; peuple de fraternité champion du monde des mariages mixtes - tabou suprême du racisme - parce que le voisin devient bien vite frère et beau-fils et beau-frère ; mais peuple malade de ses élites - toutes ses élites, intellectuelles et journalistiques, politiques - qui perpétuent l'arrogance civilisatrice et dominatrice.


Aujourd'hui, le peuple de France se demande pourquoi il est honni par monts et par vaux lointains. J'entends les trémolos de ce bon peuple de petites gens mes amis, qui me demande pourquoi on n'aime plus la France en Afrique ou ailleurs. Il ne comprend pas malgré les explications de Stephen Smith qui nous apprit naguère Comment la France a perdu l'Afrique, comme on perd une possession et non un ami ou ce parent que Senghor voulu inventer avec la création de la Francophonie, après la double bestialisation portée par la colonisation - celle du maître par ses actes et celle du colonisé par le maître.


Et l'on pense à nos enfants français massacrés à Niamey, dont l'un venu tisser par le mariage avec une Africaine, les plus forts et les plus nobles et les humains et les plus beaux liens de fraternité ; massacrés par des fous, mais qui - à tort, à grandissime et bestial tort - peuvent prétendre se venger de l'arrogance de la France politique. Et l'on pense à ce ministre qui, non contente de signer des autorisations de vente des outils de la répression à un régime dictatorial aux abois, proposait de former les assassins à l'art et à la manière inodores d'en faire bon usage pour mâter une révolution portée par la jeunesse. Alors avec les errements du discours politique français sur la révolution tunisienne, mes amis ne se demandent plus comment ils seront désormais accueillis sur les plages d'Hammamet et de Port El Kantaoui, dans les souks de Sousse et de Nabeul, les destinations privilégiées de leurs vacances.


Mânes de Champagnesiens, je vous sais vivantes dans l'âme française. Et je l'entendrai toujours, malgré les justes questionnements du poète malgache Jacques Rabemananjara, «claire innocence, ton chant trop pur, ta voix trop douce dans le croassement des ténèbres » de la barbarie humaine. Certes, Rabemananjara, «
la force aveugle de l'abîme tire de son fouet le son aigre de l'agonie». Certes, cher défunt maître, «les étoiles meurent sans un soupir» à Niamey, Abidjan et ailleurs. Mais vaine est la barbarie et la justice triomphe toujours.

Pour revenir à la Côte d'Ivoire et aux positionnements des élites françaises, la journaliste et l'intellectuelle, ne sont pas en reste. La presse tout entière, de la plus révolutionnaire à la plus révoltante, à l'exception notable du Gri-Gri international - si j'en oublie, mea culpa - , relaie à l'envie, le discours nauséeux des politiques aveugles et les pétitions impies - le Monde des idées - d'une intelligentsia borgne en cette occasion - elle ne l'a pas toujours été, Dieu merci - que signent, assourdis par le tintamarre ambiant, quelques Africains dont l'un d'eux m'avouera implicitement son erreur et rectifiera le tir avec une tribune intermédiaire.


Communauté internationale et consorts, me direz-vous un jour de quel charme improbable, de quelle virginité soudaine, vous habillez Alassane Ouattara l'ancien Premier Ministre dont on peut dire sans méchanceté aucune qu'il incarne un passé bien peu démocratique dont furent d'ailleurs victimes des ivoiriens coupables d'opposition, et son âme damnée le rebelle Guillaume Soro, improbable faiseur de rois, qui promet des châtiments à tire-larigot ! Me direz-vous un jour ce que vous récompensez en eux - pour Salomé, fille d'Hérodiade, ce furent ses talents de danseuse - pour leur offrir sur un plateau comme jadis celle de Jean-Baptiste, la tête de la Côte d'Ivoire qui ne vous appartient pas ! Quels intérêts - permettez-moi une naïveté passagère, ponctuelle - vous poussent à la diabolisation subite d'un homme, Laurent Gbagbo, qui fut le seul leader ivoirien à mener une opposition impossible mais pacifique à Félix Houphouët-Boigny, à accepter la prison et l'exil, à briguer la magistrature suprême, à la gagner en venant de l'opposition, sans jamais avoir compromis son combat par l'acceptation d'un maroquin corrupteur ; qui peut dire avec Rabemananjara «
mes doigts son clairs comme le printemps, mon cœur est neuf comme une hostie».

Dans une chronique récente, j'interpellais l'intellectuel africain, afin qu'il prenne position, qu'il embarque dans ce train de la renaissance qui passe devant sa porte. Parodiant Aimé Césaire, je lui intimais de parler, afin d'attaquer à leurs bases, oppression et servitude pour rendre possible la fraternité. Quelques-uns l'avaient déjà fait. D'autres m'ont écouté. Mais lequel, de la fantasque Calixthe Bayala - Laurent Gbagbo n'est pas seul - au vieil Olympe Bhêly-Quenum - Je fustige les rebelles de Ouattara -, en passant par le flegmatique prix Renaudot, le peul Tierno Monenembo - l'ONU ne doit pas recoloniser l'Afrique - ou l'indomptable Achille Mbembe - La démocratie au bazooka - ; lequel a tissé le moindre laurier même en papier recyclé à la «
communauté internationale» ? Lequel a salué Barack Obama ou encensé Nicolas Sarkozy ? Combien ont reconnu la légitimité de Ouattara ? Lequel n'a pas apporté son soutien explicite ou implicite à Laurent Gbagbo, les plus minimalistes demandant comme lui, que l'on respecte les textes d'un état souverain ; que l'on arrête les bruits de bottes et les rodomontades grotesques - incontournable pléonasme -, que cette affaire soit laissée à la discrétion des Ivoiriens. Quel homme politique africain a envoyé le plus petit courriel de félicitation à Ouattara !

Qui pourrait comprendre qu'au lendemain de la célébration du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises d'Afrique, ce continent soit encore regardé avec les yeux du documentaire récemment diffusé par France télévision sur la Françafrique, documentaire inattendument prophétique, qui annonçait la victoire de Ouattara -, les explications alambiquées du réalisateur n'y pourront rien - alors qu'il avait été produit des mois avant les élections ivoiriennes ? Qui peut accepter qu'un certain Monsieur Choi se comporte encore comme un commandant de cercle ? Nos enfants ne nous mépriseraient-il pas à juste titre s'ils savaient que nous étions restés muets devant le spectacle grotesque d'une furtive proclamation de la victoire d'un candidat par les ambassadeurs étrangers dans son Quartier Général.


Je voudrais comme le Chaka de Senghor, voir «l'Afrique
comme une fourmilière de silence au travail». Mais ce ne sera plus sous le fouet des Boers, ce ne sera plus ce peuple du Sud «soumis à la règle, à l'équerre et au compas», ce ne sera plus derrière «les forêts fauchées et les collines anéanties» pour l'enrichissement des autres. Ce sera par l'Afrique, pour l'Afrique son peuple et sa jeunesse qui commencent à monter au front de la dignité. Et lentement, sûrement, progressivement - merci Césaire -, la vieille négritude se cadavérise. Vous serez obligés de laisser la Côte d'Ivoire écrire les premières lettres de son épitaphe. Le destin l'a choisie car elle le vaut bien, cette Hirondelle du printemps africain.


Par Gaston Kelman, le 31 janvier 2011



Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

lundi, 31 janvier 2011

MOHAMED AREF, UN OBSERVATEUR DE L'UA DENONCE: «LES CHIFFRES DE CHOI SONT TRUQUES»



YOUNG JIN CHOI 3.jpg

Pour visionner l'élément vidéo de la dénonciation de Mohamed Aref, cliquer: ICI

 

In Le Nouveau Courrier N°192 du 31 Janvier 2011 Par Philippe Brou


C'est une prise de parole qu'on ne pourra pas longtemps ignorer. Mohamed Aref, avocat et défenseur des droits de l'homme respecté dans son pays, Djibouti, qui faisait partie des observateurs de l'Union africaine lors de la dernière présidentielle ivoirienne, a décidé de sortir de sa réserve. Profondément révolté dans sa conscience d'Africain, il s'est désormais mis au service de la cause du président Laurent Gbagbo. Lors d'une interview au site du satirique panafricain Le Gri Gri International, il s'explique. Ses paroles sont particulièrement fortes. « Quand j'ai vu le fiasco qui s'organisait à partir du monde des Nations unies, ça m'a horripilé. J'ai tout de suite compris que c'était un moyen de recoloniser la Côte d'Ivoire », s'insurge Mohamed Aref. Il pointe du doigt le « renouveau de l'impérialisme arrogant et dévastateur ».


Mohamed Aref, qui était au cœur du processus électoral, va plus loin. « Je peux témoigner que la majorité de la population ivoirienne a voté pour le président Gbagbo et que les chiffres de Choi sont truqués ». «  C'est tellement grotesque que M. Choi a insulté les Nations unies, a déconsidéré les Nations unies en acceptant de ratifier des résultats aussi nuls et aussi irréguliers », poursuit-il. Par peur d'être humiliés, Ouattara, Sarkozy et Ban Ki Moon - qui a, ô étrangeté, considéré un éventuel recomptage des bulletins comme « une grave injustice » - refusent que le dossier des élections soit confié à un panel d'experts internationaux. « C'est parce qu'ils vont prendre une déculottée », affirme Mohamed Aref. « Ils sont pressés d'agir à tel point qu'ils appellent à la guerre » alors que la majeure partie des chefs d'Etat africains souhaitent une solution négociée, explique-t-il.


 

Source : LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 30 janvier 2011

DES INTELLECTUELS AFRICAINS SIGNENT "LE MANIFESTE POUR LA COTE D’IVOIRE"


des parchemins

Manifeste pour la Côte d'Ivoire pour le respect du droit international, le respect de la souveraineté de la Côte d'ivoire, de la Constitution et des institutions ivoiriennes et pour une sortie de crise pacifique, honorable et équitable.


Nous, intellectuels africains «non-alignés» et «non aliénés», ou «vrais amis» de l'Afrique Mère de l'Humanité et de la Civilisation, soussignés, tenons à interpeller la Communauté Internationale, en particulier les gouvernements de la France, des Etats-Unis, le Conseil de Sécurité de l'ONU, l'Union Européenne, l'Union Africaine, la CEDEAO, l'UEMOA, au sujet de la crise post électorale ivoirienne actuelle. Au nom des exigences de la rigueur et de l'honnêteté intellectuelle, de la justice et du droit, de la démocratie et de la paix, de la dignité de l'Afrique et des Africains, dont nous tenons à être des défenseurs, contrairement à beaucoup d'acteurs de cette crise préoccupés par des intérêts géopolitiques, des complexes de domination inavouables, et de préjugés anthropologiques, nous leur disons:

1) Nous ne trouvons «aucune base juridique recevable» à aucune des prises de position, de décisions, des sanctions et des menaces de la «Communauté Internationale» autoproclamée depuis le début de cette crise et nous les mettons au défi d'exposer une justification juridique qui ne soit pas une offense au droit international et une atteinte à la dignité de l'Afrique. Nous estimons notamment qu'aucun texte juridique ne fonde la «Communauté Internationale» à considérer les « résultats provisoires » proclamés par la «Commission Electorale Indépendante» ivoirienne comme les «résultats définitifs», à proclamer ces résultats définitifs» à la place du Conseil Constitutionnel ivoirien, à considérer un des candidats comme «le président élu» ou «le président légitime», à lui conférer des droits et des pouvoirs sur le plan international. Nous affirmons que conformément au droit, seuls la Constitution et le Conseil Constitutionnel ivoiriens sont habilités à exercer ou conférer de tels droits et pouvoirs.

2) Nous estimons que ce «déni du droit» et cet «abus de pouvoir» de la «Communauté Internationale» au nom de l'arbitraire et de «la raison du plus fort» ouvrent la porte à des dérives plus graves créant une «injustice internationale» et un «désordre international», mettant en danger l'équilibre et l'avenir de la paix dans le concert des nations, créant des précédents dangereux à des actes autoritaires et impérialistes des futures «hyper puissances mondiales» dont risque d'être victimes un jour les puissances mondiales actuelles usant de cet «abus du pouvoir». C'est la raison principale de notre présent «combat de la raison contre la raison du plus fort».

3) Compte tenu de la structure «partisane» et de «coalition» contre le pouvoir sortant de la Commission Electorale «prétendument» Indépendante, comportant 6 représentants de la rébellion armée et 12 représentants de la coalition politique contre le pouvoir sortant contre 2 seulement pour ce pouvoir sur un total de 20 représentants de partis politiques et groupes armés, sans compter les 11 représentants des corps constitués, le «dogme de l'infaillibilité» de cette commission dans sa proclamation non consensuelle comme le prévoit le code électoral des «résultats provisoires» et non «définitifs» dans les locaux du quartier général de campagne d'un des candidats, en violation des règles établies, et sur lequel s'appuie la «Communauté Internationale», nous paraît plus que suspect et témoigner d'une «anesthésie partielle et sélective» de l'esprit critique que la même communauté prétend appliquer avec toute sa rigueur au Conseil Constitutionnel ivoirien.

4) Compte tenu des graves accusations de complicité de fraudes massives portées contre l'ONU par son représentant spécial adjoint en Afghanistan, Monsieur Peter Galbraith, en octobre 2009 suite au premier tour le 20 août 2009 de la dernière élection présidentielle afghane, compte tenu du refus de désarmement et de cantonnement des rebelles ivoiriens par les forces de l'ONU en Côte d'Ivoire contrairement aux engagements formels de l'ONU de soutien à l'Accord de Ouagadougou de 2007, et compte tenu de la protection assurée par ces forces à l'un des candidats du second tour de la dernière élection présidentielle ivoirienne, bien avant la proclamation des résultats provisoires de ce second tour par la Commission Electorale Indépendante, nous estimons honnêtement que la «certification» de ces résultats provisoires par l'ONU ne saurait bénéficier du «dogme de l'infaillibilité», pas plus en Côte d'Ivoire qu'en Afghanistan.

5) Compte tenu de ce «parjure» de l'ONU concernant le désarmement et le cantonnement des rebelles ivoiriens, compte tenu de «l'injure à la démocratie» que constitue l'organisation de l'élection présidentielle supposée «libre et transparente», sous la menace des armes des rebelles ivoiriens sur 63 % du territoire ivoirien, et sur la pression de l'ONU, nous estimons que l'ONU porte la plus lourde responsabilité dans la crise ivoirienne actuelle et qu'il est indécent que l'ONU « verse de l'huile sur le feu » de la crise ivoirienne par des décisions partisanes et sans aucun fondement juridique recevable. De plus, pourquoi l'ONU n'avait-elle pas poussé les autorités légales afghanes, comme les autorités ivoiriennes, à étendre l'organisation de la dernière élection présidentielle afghane dans la majeure partie du territoire afghan sous le contrôle et la menace des rebelles armées «talibans»? Si par l'absurde elle l'avait fait comme en Côte d'Ivoire, que penserait l'opinion publique internationale de l'ONU si l'ONU avait exigé ensuite de la Cour Constitutionnelle afghane et les autres autorités légales afghanes d'accepter les résultats «entachés de fraudes massives» émanant de ces zones électorales sous le contrôle et la menaces de rebelles armées, après avoir exigé de son représentant spécial en Afghanistan de «certifier» ces résultats «frauduleux» comme en Côte d'Ivoire?

6) Le respect des règles du jeu de football interdit à quiconque, même aux plus grandes puissances mondiales, de remettre en cause le verdict d'un penalty sifflé dans un match par l'arbitre, quel que soit le bien fondé des critiques qu'un tel verdict peut susciter. Le respect des lois de la constitution américaine a interdit à quiconque, même au malheureux candidat Al Gore, à son parti, et à toute nation étrangère aux Etats Unis, fût-elle une des plus grandes puissances du monde après les Etats Unis, de remettre en cause la décision de la Cour suprême des Etats Unis du 12 décembre 2000 en faveur de candidat George W. Bush à la suite des accusations de fraudes électorales dans l'Etat de Floride dont le gouverneur n'était autre que le frère de ce dernier candidat. De même, le respect des lois de la constitution ivoirienne interdit à quiconque, même au malheureux candidat Alassane Ouattara, à sa coalition ivoirienne et internationale, et à toute nation ou institution étrangère à la Côte d'Ivoire, fut-elle la plus grande puissance mondiale actuelle comme les Etat Unis, l'ancienne puissance colonisatrice de la Côte d'Ivoire comme la France, la plus puissante institution mondiale comme le Conseil de Sécurité de l'ONU, ou une des institutions africaines «instrumentalisées» comme l'Union Africaine, la CEDEAO, la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest, l'UEMOA, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, sous le contrôle total de la France propriétaire du franc CFA, de remettre en cause la décision en date du 3 décembre 2010 de la Cour Constitutionnelle Ivoirienne seule habilitée par la Constitution ivoirienne à proclamer les «résultats définitifs» et sans appel d'une élection en Côte d'Ivoire.

7) Dans le règlement des crises politiques en Afrique comme à Madagascar, en Guinée et au Niger, l'Union Africaine a toujours brandi comme règle inviolable la conformité à la constitution nationale, ce que le Président Laurent Gbagbo a parfaitement respecté tout le long de la dernière élection présidentielle ivoirienne, conformément aux recommandations formulées à Accra le 11 juillet 2009 par le Président Obama en faveur de la démocratie en Afrique: «L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, il a besoin d'institutions fortes». Le changement brusque et brutal de cette règle du jeu de la part de l'Union Africaine et de la CEDAO ne s'explique que par des pressions et des manipulations par les nations et des institutions étrangères à l'Afrique qui n'honorent ni ces deux institutions africaines, ni l'Afrique elle-même, d'autant plus que dans leurs nouveaux rôles, plusieurs chefs d'Etats africains ou chefs d'institutions africaines jouent le triste rôle de «bourreaux de leurs propres frères noirs» sur ordre de «commanditaires blancs ou jaunes».

8) A tous ces nouveaux «va-t-en-guerre» contre leurs frères africains sur ordre des nouveaux «commanditaires négriers» européens, américains et asiatiques, nous demandons: Qu'avez-vous fait quand la répression barbare des protestations contre les fraudes électorales massives au Togo en avril 2005 a fait au moins 500 morts, selon le rapport commandité par le Conseil de Sécurité de l'ONU, soit plus de victimes que les massacres de Soweto du 16 juin 1976, et plus de 3000 morts selon l'ancien ministre togolais de l'intérieur jusqu'à quelques jours du bain de sang au prix duquel la dictature togolaise est devenue héréditaire? Vous êtes-vous préoccupés jusqu'à ce jour des suites données par le Conseil de Sécurité de l'ONU à cette barbarie post électorale incomparablement plus meurtrière et plus inquiétante pour la démocratie en Afrique que la crise post électorale actuelle en Côte d'Ivoire? Le sang des victimes de cette dernière crise a-t-elle plus de valeur que celui des milliers de morts de la guerre civile ivoirienne dont la Communauté Internationale donne l'impression de protéger et de promouvoir de manière ostentatoire les commanditaires et les exécutants de basse besogne?

9) A tous les responsables de «la Communauté Internationale» qui actuellement «versent de l'huile sur le feu» de la crise ivoirienne au risque de revoir les flammes de la guerre civile embraser tout le pays, nous tenons à affirmer au nom de la raison, du droit, de la justice et de la paix, et du «combat de la raison contre la raison du plus fort», que toutes leurs initiatives dans la crise ivoirienne jusqu'à ce jour sont contraires aux principes sacrés du respect du droit international, et surtout du respect de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et de l'autorité de la constitution et des institutions ivoiriennes. Plus particulièrement, à l'ancienne puissance colonisatrice de la Côte d'Ivoire, qu'il nous soit permis de rappeler le «devoir de réserve et de non ingérence» dont son propre Président a énoncé «le principe sacré» dans sa conférence de Presse à Paris le 24 janvier 2011 à l'occasion du début de la présidence française du G8 et du G20 en déclarant: «On ne peut pas parler d'un pays avec la même liberté quand il y a 50, 60, 70 ans, moins parfois, ce pays ressentait la colonisation française comme une souffrance... Je revendique une certaine réserve. Je ne veux pas que la France soit assimilée à un pays qui a gardé des réflexes coloniaux...Plus nous voudrions faire de l'ingérence et moins nous serons influents... La puissance coloniale est toujours illégitime à prononcer un jugement sur les affaires intérieures d'une ancienne colonie». Par cette déclaration publique, le président Français démontre brillamment que la France, les Etats-Unis et tous les pays qui s'autoproclament comme «la Communauté Internationale» «sont dans l'illégitimité» lorsque, comme ce président l'a «réitère» dans la même conférence de presse, ils accordent le soutien « aveugle et autiste » de cette «Communauté Internationale» au «seul gouvernement légitime de la Côte d'Ivoire, celui de Alassane Ouattara», dont le «dogme de la légitimité», pour les ivoiriens sous la menace des armes des rebelles «talibans ivoiriens» depuis huit ans, est plus que suspect et résonne plutôt comme «un blasphème de la démocratie».

10) La politique, c'est l'art de la négociation et du consensus, et non l'art de la guerre ou de la confrontation violente. Gouverner une nation suppose, non pas un consensus international suffisant, mais un consensus national suffisant. C'est pourquoi nous affirmons à la face du monde, notamment des «plus puissants de ce monde», des protagonistes majeurs de cette crise, de tous les ivoiriens, et de tous les Africains, que par amour de la Côte d'Ivoire et de sa souveraineté, une solution à la crise post électorale actuelle en Côte d'Ivoire ne peut pas être militaire, mais doit être politique et qu'elle suppose une «négociation directe» entre les deux protagonistes majeurs, pour s'accorder sur une telle solution, à faire entériner ensuite par l'Union Africaine et par le Conseil de Sécurité de l'ONU. Nous suggérons également que, la source principale de la crise post électorale actuelle étant selon nous le non-respect par l'ONU de la clause de l'Accord de Ouagadougou de 2007 lui imposant la responsabilité de veiller au désarmement et au cantonnement des rebelles au plus tard deux mois avant le début de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, cette solution de sortie de crise puisse inclure entre autres que le Conseil de Sécurité de l'ONU s'engage de nouveau à honorer son engagement dans les meilleurs délais, plus précisément à désarmer et à dissoudre les «forces armées illégales» ivoiriennes, pour ouvrir la voie dans les meilleurs délais à une «élection présidentielle anticipée», «réellement libre et transparente», sans tricherie ni en amont ni en aval du processus électoral, et qui ne soit plus «une insulte à la démocratie» comme la dernière élection controversée. Etant donnés les soupçons d'impartialité qui pèsent sur les forces de l'ONU en Côte d'Ivoire, il est recommandable que ces opérations de désarmement et de dissolution puissent être effectuées sous le contrôle d'experts militaires africains mandatés par l'Union Africaine et ressortissants de pays africains non suspects de compromission avec le Conseil de Sécurité de l'ONU ou les puissances étrangères à l'Afrique non respectueuses de la souveraineté ivoirienne. Cette «élection présidentielle anticipée», ne serait pas un «troisième tour» de la dernière, mais un nouveau processus électoral «exceptionnel» que le Président Laurent Gbagbo pourrait librement décider de convoquer, par souci de la paix, du consensus et de la prospérité dans toute la Côte d'Ivoire, conformément aux pouvoirs que lui ont conférés à la faveur de la dernière élection, le peuple, la Constitution et le Conseil Constitutionnel ivoiriens. La solution d'une telle sortie de crise pacifique, équitable et honorable pour tous les principaux protagonistes, et surtout respectueuse de la souveraineté ivoirienne et de l'autorité de la constitution et des institutions ivoiriennes, ainsi que de la dignité de l'Afrique, est donc entre les mains du Président Laurent Gbagbo et du Premier Ministre Alassane Ouattara. Telles sont nos critiques décapantes de « combattants de la justice contre l'injustice, du droit contre l'arbitraire, de la raison contre la raison du plus fort » et nos propositions concrètes «d'artisans de la Paix».



Premiers signataires

1) Professeur Molefi ASANTE, USA
2) Professeur Ama Mazama, USA-FRANCE
3) Professeur Martial Frindhetie, USA-COTE D'IVOIRE
4) Professeur Fanbo GNIVIH, FRANCE-TOGO
5) Professeur Koffi ABALO, COTE D'IVOIRE-TOGO
6) Docteur Nda Nguessan KOUADIO, TOGO-COTE D'IVOIRE
7) Docteur Guy ALOVOR, FRANCE-TOGO
8) Docteur Abdou MOUSSA, FRANCE-CENTRAFRIQUE
9) Jean-Paul FOUGAIN, Ingénieur, FRANCE-CAMEROUN
10) Honorine GANHOULE, Auditrice, FRANCE-COTE D'IVOIRE

MAIS POURQUOI DONC LE POUVOIR FRANÇAIS JUGE-T-IL INDISPENSABLE QUE LA FRANCE SE TIRE UNE BALLE DANS LE PIED?



ROLAND DUMAS ET JACQUES VERGES.jpg

Mise à sac de l'ambassade à Paris, Roland Dumas et Jacques Vergès dénoncent la violation de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques... à 2 jours du Sommet de l'UA.

Depuis le 23 janvier, pour les médias français, Ally Coulibaly est "le nouvel ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France." Nicolas Sarkozy le leur a présenté ou presque ce jour-là lors d'une conférence de presse. Les Ivoiriens désireux de se rendre au pays, eux, sont au courant que rien ne va plus à l'ambassade depuis une quinzaine de jours. Paris a unilatéralement mis fin à la mission de l'ambassadeur légal Pierre Kipré. Ainsi qu'elle en avait le droit. Le bât commence à blesser après. Le Premier ministre Alassane Ouattara, autoproclamé président, a alors, tout aussi unilatéralement, mais la légalité en moins, "nommé" "son" "ambassadeur". Les échanges de courriers entre l'ambassade et le ministère des Affaires étrangères français méritent de figurer dans les livres d'histoire qui décriront la fin de la Françafrique. Entre rire et drame. Comme depuis le début de la crise post-électorale quand on regarde et écoute Paris s'agiter. Comme après la mort des deux jeunes Français au Niger. Comme (juste) avant la chute de Ben Ali. Comme (d'ici peu) pendant la chute d'un autre Ali Ben... Bongo, le fils du Mollah Omar, "le Mollah'Son". Aussi perdant et soutenu par Paris que Ouattara mais ayant, lui, le pouvoir (jusqu'à quand ?).

Dans les jours suivants, l'ambiance aux abords de l'ambassade a commencé à se dégrader. D'une sorte de statu quo à l'intérieur, on est passé à une quasi forteresse subissant le siège. Certains jours, ça restait fermé (mais ouvrait quand même un petit peu). Cela dérapa plusieurs fois. Quatre hooligans "ouattaristes" (?) lynchèrent un sexagénaire. Le 25 janvier, on saccagea le portail, les portes et l'intérieur d'une Ambassade vide. Pour permettre à Ally Coulibaly d'y entrer. Pire, la résidence de l'Ambassadeur Kipré fut prise pour cible, sa femme et ses enfants, injuriés, menacés et séquestrés à l'intérieur. Les hooligans (dont certains ont été identifiés, si l'on en croit la plainte déposée le 27 janvier par Pierre Kipré) n'abandonnant le siège qu'en début de soirée.

Vous trouverez ci-dessous un entretien avec Maître Roland Dumas et Maître Jacques Vergès. Ainsi que leur déclaration officielle, relative à la violation par la France de la Convention de Vienne des relations diplomatiques.



Paris, le 28 janvier 2011


La France a commis un acte grave à l'égard de l'Ambassade de la Côte d'Ivoire le 25 janvier 2011 en permettant (et accompagnant) une bande d'insurgés qui ont violé les locaux de la mission et la résidence de l'Ambassadeur.
Ceci est contraire aux dispositions de l'article 22 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

L'article 22 précise, au contraire :
"L'État accréditaire a l'obligation spéciale de de prendre toutes mesures appropriées afin d'empêcher que les locaux de la mission ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée ou sa dignité amoindrie.
Les locaux de la mission, leur ameublement et les autres objets qui s'y trouvent, ainsi que les moyens de transport de la mission, ne peuvent faire l'objet d'aucune perquisition, réquisition, saisie ou mesure d'exécution."

Ces faits graves sont en outre contraires aux usages qui veulent que les personnalités diplomatiques étrangères soient traitées avec égard jusqu'au moment où elles quittent le pays accréditaire.



Roland Dumas                                                Jacques Vergès
Avocat à la Cour                                             Avocat à la Cour

 

Source: IVOIREVOX.COM

samedi, 29 janvier 2011

LETTRE OUVERTE A M. NICOLAS SARKOZY SUR LA CRISE IVOIRIENNE POSTELECTORALE

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Dr Pierre Franklin TAVARES

 

Monsieur le Président,


Pour avoir lu un article paru il y a peu[1], maintes Français résidant en Côte d'Ivoire m'ont demandé de rédiger, à votre attention, une lettre en m'en suggérant l'objet : la Crise ivoirienne postélectorale. Et, après en avoir médité l'opportunité et l'utilité, j'ai accepté en choisissant un thème : la position de la France dans cette crise. Pour autant, j'ai convenu de donner une facture « ouverte » à ma lettre, qui - au plan du genre littéraire - empruntera la forme d'une fiction, puisqu'il s'agit de la transcription d'un rêve récent. Toutefois, à l'inverse du Mercier de L'An 2440, rêve s'il en fut jamais[2], ma lettre, une cohue d'images, ne sera pas un récit d'anticipation, mais la narration d'une fiction qui relatera les événements d'un « rêve » dans lequel la France fit autre chose que ce qu'elle fait actuellement en Côte d'Ivoire.

Je dormais. Mon « rêve », tout en chanson, commença avec La Marseillaise de la Paix de Lamartine, l'ami des Noirs : Ma patrie est partout où rayonne la France, Où son génie éclate aux regards éblouis ! Chacun est du climat de son intelligence. Je suis concitoyen de toute âme qui pense : La vérité, c'est mon pays. Et tandis que je méditais ces paroles, je me vis distinctement observant un spectacle insolite. Sur un mur, un grand calendrier suranné indiquait un jour et une date : Dimanche 28 novembre 2010. J'y entrais, attiré par une irrésistible force de curiosité. C'était l'après-midi du deuxième tour des présidentielles ivoiriennes. Il devait être 14 heures. Vous étiez à Abidjan, en réunion de concertation avec les deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, avant l'annonce des résultats provisoires, dans ce beau Palais en forme de trône baoulé, symbole du pouvoir royal-présidentiel bâti par Houphouët-Boigny et situé dans le quartier du Plateau. Et comme dans L'Iliade et l'Odyssée ou les Métamorphoses, Renommée[3] (bona Fama), portée par Écho, laissait dire partout que vous comptiez les bulletins de vote et recherchiez inlassablement un consensus. C'est à ce moment que, sans y avoir été invité, Henri Konan Bédié, l'éliminé du premier tour, prit l'initiative de participer à votre décompte. Il arriva à pieds, seul, et, comme toujours, élégant. Un vieil appariteur, qui le reconnut de loin, ouvrit spontanément la porte, et celle-ci, à mon grand étonnement, ne menait plus à la salle des audiences où vous étiez, mais donnait, par je ne sais quel prodige, sur un mur qui reproduisait le tableau du peintre Andrea Mantegna, Minerve chassant les Vices du jardin de la Vertu. Vous y êtes entrés, tous, l'un après l'autre, tel passe-muraille. C'est alors que, vous tenant seul derrière Minerve, déesse de la Raison et de la Guerre, d'un regard sévère et de votre index droit pointant la sortie, vous chassiez le 11ème vice, la Françafrique, conformément à votre Discours de Dakar. Aussitôt, Gribou, un personnage subitement apparu de je ne sais où, alarma les autres vices qui, visages renfrognés, se coalisèrent pour résister à vos injonctions. Elles formèrent une ligne, un barrage d'intérêts, refusant de quitter le jardin. Minerve se dressa, menaçante. La tension perdurait quand, le signifiant du nom du peintre italien retentit, et interpellé, je fis un salut de la main aux Vertus, parce que, dans ma langue maternelle, « mantegna » signifie « bonjour ». Les vertus, elles, occupaient des fonctions dignes. Ainsi, la Commission Électorale Indépendante était présidée par la Tempérance, qui prit le visage de Mandela, et dont le porte-parole, Élie Wiesel, symbolisait la Justice. La Force, elle, s'incarna dans Solon, qui dirigeait le Conseil Constitutionnel. Un tel aréopage apportait une solide caution à votre neutralité. Marianne, garante des institutions de la République, se tenait à vos côtés, coiffée de son bonnet phrygien. Vous étiez non pas en visite d'État, mais en ami de la Cote d'Ivoire, au-dessus des deux camps, impartial comme Homère, objectif comme Thucydide, et, tel Socrate, ne recherchant que le bien. En ces trois personnes se concentrait le meilleur de la culture occidentale. La France était à sa vraie place, en une posture de neutralité active et positive. Comme elle sait l'être, quand elle veut l'être. La France, quand elle est franche, libre, ainsi que l'indique son nom, est amie de la vérité. En effet, la France, fille des faits[4], ne peut effectivement être juste que lorsqu'elle recherche des informations vraies, vérifiées, et organisées par une analyse politique pertinente. La France est forte quand elle n'est pas guidée par des intérêts mais par ses idéaux. Or, dans mon « rêve », c'était le cas. La France, également fille des événements[5], conduisait donc une médiation préventive. Elle était en avance sur l'histoire, comme souvent. « Pourquoi êtes-vous à Abidjan ? », questionna David Pujadas. - « C'est que, dans mon Discours de Dakar, en établissant le catalogue des maux qui frappent l'Afrique, j'avais oublié de mentionner les fraudes électorales, ainsi qu'on me le fit remarquer[6]. Je répare donc un grand oubli et, dussè-je le répéter, je suis ici, en pays ami, pour prévenir les disputes éventuelles qui naissent de la non application du droit électoral ».

Vous « palabriez » à quatre, à l'abri du monde et vous aviez même demandé au monde, à la communauté internationale, à l'ONUCI, au Facilitateur, et à tous les intéressés de ne point s'en mêler. À l'extérieur, comme à leurs habitudes, les journalistes armés de caméras et d'appareils photo filmaient et criblaient de flash tout ce qui se passait. Ils n'avaient pas d'appareils numériques. Leurs pellicules ne se rembobinaient pas et s'étendaient à courir les rues. Ainsi, quiconque pouvait les regarder, voir et revoir les faits et événements. Aux abords du Palais, une foule immense et bruyante indiquait l'importance de la rencontre et tout l'espoir qu'elle y mettait. La multitude était ordonnée. En face de l'entrée principale, sur l'avenue Howen, la communauté française agitait sa présence de bandelettes blanches de paix. L'un d'eux arborait un livre, Fier d'être français[7]. Un autre, qui ressemblait à Jean Giraudoux, arborait une pancarte sur laquelle était inscrite la guerre d'Abidjan n'aura pas lieu. La statue du gouverneur Latrille s'anima et, venant de Cocody, arriva, prit un mégaphone et, à haute voix, avisa : il faut sauver l'année agricole ! Les étrangers de toute l'Afrique de l'ouest occupaient le vaste espace entre l'Hôtel du District et le Palais. Je percevais les sons des sereines mélodies des balafons burkinabés, je reconnus les airs percutants du mbalax sénégalais, et le calme de la minoritaire kora de Gambie, ainsi que les frappes percutantes du goumbé guinéen. Plus faible, la coladeira capverdienne se faufilait. Sur le grand Bd Clozel, bordée d'acacias géants, et qui dépasse le Palais puis incline vers la vaste place de la République où triomphe debout la reine Pokou, des deux cotés, des Ivoiriens en grand nombre, « patriotes » et « houphouétistes », vêtus ou bariolés en orange, blanc et vert, confraternisaient et se taquinaient, par des piques amicales. Les uns, sur du zouglou, scandaient : « Y a rien en face, c'est maïs ! », quand, sur des pas identiques, les autres répliquaient : « Si, y a coco dur ici ! ». Sur un podium de la RTI, Allah Thérèse, majestueuse, et N'goran la loi, son époux accordéoniste, chantaient l'univers Akan ; elle dansait « l'agbirô » si beau au regard. Mamadou Doumbia, chapeau melon noir, guitare électrique en mains, jouait « l'estomiase », la belle mélodie mandingue qui rappelle les exploits passés. Amédée Pierre, le « dopé [rossignol] national », assis, jouait de son orgue et psalmodiait le peuple Krou. Au pied de la reine Abla Pokou, Houphouët-Boigny, chef d'orchestre, en redingote noir, tenait une baguette et donnait la mesure de l'harmonie d'une nation à bâtir. Les musiciens obéissaient à ses ordres d'intégration. Nul soldat présent. Les deux armées, FDS et FAFN, avaient rangé leurs armes et regagné les casernes. Les autres « corps habillés » contenaient les enthousiasmes. De ce tableau, on eut dit la réalisation partielle de L'Abidjanaise contractée en deux vers, le premier, Salut ô terre d'espérance, et le final, la patrie de la vraie fraternité. Mais qui donc a brisé ce vase de paroles ? Qui, comme Clovis à Soissons, en recueillera les débris sonores ? Toutefois, le sacrifice fondateur a déjà eu lieu, au passage d'une rivière, la Comoé. Et il suffit à fonder et à refonder.

Je dormais et m'enfonçais dans mon doux rêve, non sans intention onirique. Goethe, son Faust à la main, passa d'un pas rapide et me lança : J'aime celui qui rêve de l'impossible. J'étais heureux de voir ce jeune homme de quatre-vingt ans, comme l'appelait Hegel, et surtout de recevoir les conseils d'un des esprits les plus brillants des Lumières. Car, c'est en cela que consistait mon « rêve » : une impossibilité à accomplir, et dont seuls les Français sont capables, comme dit le vieil adage. D'autant que, dans l'histoire, il est parfois plus facile de réaliser l'impossible que réussir le possible. N'est-ce pas ce que Hannah Arendt appelle les miracles dans l'histoire ?

Voyez-vous, monsieur le Président, les médiations pertinentes précédent les conflits et les désamorcent. Dans mon « rêve », la France, sous votre égide, anticipait les malentendus, arrondissait les angles des vanités tranchantes. Elle demanda et obtint que les dés ne fussent pas jetés avant que les règles n'aient été distinctes, claires et admises, que le Nord rebelle n'ait été désarmé, sous la double garantie du héros des Gonaïves, Toussaint-Louverture, et du gouverneur noir Félix Éboué.

Il y avait beaucoup de mouvements, de nombreuses images qui s'assemblaient et se défaisaient. Sans ordre apparent. Mais le temps, paradoxalement, ne s'écoulait pas. Il durait et fournissait une trame.

L'ombre de Zarathoustra, en alerte maximale, volait au-dessus des vertus et s'époumonait dans un long avertissement : Il est temps, Il est grand temps ! De quoi est-il donc grand temps ?[8] Il passait et repassait, avec la même vélocité, plus rapide que les rapides nuées. Mais, qu'est-ce qui ne peut attendre plus longtemps, lui demandai-je ? Que tu te réveilles ! Ce n'est qu'un rêve. La réalité est contraire, répondit-il, en s'éloignant poussé par un vent rapide qui le portait vers le nord. Avant de disparaître, il décocha un autre cri : Regarde l'obvers ! - Pourquoi, questionnai-je ? - Regarde l'obvers de ton rêve, répéta-t-il ? Je pris alors mon « rêve » entre mes mains, comme on tient ferme un miroir. Et, le retournant, je vis un autre spectacle, celui réel dominé par le vice dénommé Haine immortelle, avec la Françafrique étêtée qui frappait des coups dans tous les sens.

Triste tableau ! Le génie français n'éblouissait plus les regards. La patrie ne rayonnait plus. La France n'était plus concitoyenne des nations qui pensent. La vérité n'était plus le socle de sa propre histoire. Crise immense ! Certes. Mais, y a-t-il, pour la France, crise plus grave que celle où l'État ne sait plus faire entendre sa voix ?

Soudain, alors que je méditais cette situation, je me retrouvais dans la cour de l'Externat Saint-Paul d'Abidjan, l'école de mon enfance dirigée par les Marianistes, où le son puissant d'une corne d'alarme, semblable à celle de M. Labombe, me réveilla brusquement.

Pourquoi avais-je rêvé ce rêve ? Était-ce les traces lointaines et endormies de mon enfance si forte en imagination, qui me firent croire que j'étais semblable à Aristéas[9], fort du pouvoir de disparaître à ma guise et de resurgir à des époques différentes et en des lieux divers ?

Mais au fond, chaque rêve est l'équilibre psychique d'une confrontation entre le réel et la volonté. Joseph, bien d'autres anciens et Freud nous ont appris à les interpréter. Parfois, ils surgissent tels des indications de voies. En interprétant mon « rêve », me vint une pensée écrite à une militante du RHDP : Le vrai miracle ivoirien est à venir. Le vrai miracle ivoirien, c'est d'avoir simultanément (au même moment), trois hautes personnalités aux compétences remarquables. Je les cite : Henri Konan Bédié, Laurent Koudou Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara. Et je me plais à rêver de les voir constituer une seule entité (équipe) politique. Imaginez, un instant, la fusion de leurs compétences ! Le gestionnaire de la chose publique, le politique de la chose publique et le financier de la chose publique ? Pris isolément, aucun d'eux ne suffit à la Côte d'Ivoire. En 15 ans, comme avec la fusion des intelligences au Brésil, la Côte d'Ivoire peut être le premier pays émergent d'Afrique, si ces trois ne font qu'un. En l'état actuel des choses, tout autre schéma est inadapté. Ni les élections ni la guerre ne sont, pour lors, des solutions. La réalité nous le rappelle avec son lot de tristesse. La seule solution est une entente, une concorde réelle et sincère entre ces trois hautes personnalités. Personne ne la fera à leur place. C'est leur mission historique de la réaliser. Cela sera aussi leur immense mérite. Il n'y a rien en dehors du consensus national[10]. Malheur à qui les divise ! Bienheureux, qui les unit !

Lycurgue surgit et risqua une parole : pour une telle idée, relisez la Constitution ivoirienne (articles 1, 34, 35, 48, 64), mais seulement à partir des paroles de L'Abidjanaise ? Cela suffira à ce projet.

Quelquefois, les rêves sonnent aussi comme un avertissement. Il est temps, il est grand temps ! Mais de quoi le grand temps est-il venu ? Que la France, en Afrique, établisse des liens simplement normaux. Sinon, elle continuera de s'y affaiblir. En méditant l'alerte de Zarathoustra, je me souvins d'un mot de Rilke tiré de son poème Gong : L'oreille peu profonde déborde vite[11]. Je crois bien, Monsieur le Président, que depuis la Côte d'Ivoire retentit un nouveau « gong ». Deuxième rêve s'il en fut jamais.


Veuillez croire, Monsieur le Président, en l'expression de mon profond respect.


Pierre Franklin Tavares

Courriel : tavarespf@hotmail.com



[1] P. F. Tavares, Qui est Pedro Pires ?, mis en ligne sur Google.

[2] Louis-Sébastien Mercier, L'An 2440, rêve s'il en fut jamais, Londres 1771, La Découverte, Paris, 1990.

[3] Joël Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse Paris, 1993, p. 184.

[4] Colette Beaune, Naissance de la nation France, Folio - Histoire, Gallimard, Paris, 1985, p. 12.

[5] C. Beaune, Op. Cit., p. 11.

[6] P. F. Tavares, Nicolas Sarkozy : Relire le Discours de Dakar, NEI, Abidjan, 2009.

[7] Max Gallo, Fier d'être français, Fayard, Paris, 2006.

[8] Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 10 - 18, Union Générale d'Éditeurs, Paris, 1958, p. 125.

[9] J. Schmidt, Op. Cit., p. 34.

[10] P. F. Tavares, Réponse à Marguerite Yolibi, 6 janvier 2011.

[11] Rilke Rainer Maria, Gong, Exercices et évidences, in Œuvres poétiques et théâtrales, Gallimard, Paris, 1997, p. 1159.

CRISE IVOIRIENNE - LES CAMEROUNAIS SE PRONONCENT (2): VIDEOS INEDITES

Les camerounais au sujet de la crise post-électorale en CI (2).


L'avis des Africains compte dans la crise post-électorale Ivoirienne. Cette vidéo illustre bien le sentiment des Camerounais

face à cette crise.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour la visualiser

1ère Partie: Lien1 / Lien2

2ème Partie: Lien1 / Lien2

cmrci

Copyright © Janv. 2011

ADDIS-ABEBA: L’UA ENTERINE LES PROPOSITIONS DE GBAGBO

CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE DE L'UA.JPG

In Le Nouveau Courrier N°191 du 29 Janvier 2011 par Frank Toti

 

Le Conseil de paix et de sécurité (Cps) de l'Union africaine (Ua) s'est réuni hier soir à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour se pencher sur la crise ivoirienne et une voie de sortie de crise.


L'Union africaine, par la voie de son Conseil de Paix et de sécurité a décidé hier vendredi de la mise en place d'un panel de Chefs d'Etat pour trouver une solution à la crise ivoirienne, et dont les décisions seront rendues d'ici à un mois et seront "contraignantes" pour toutes les parties ivoiriennes. «Nous avons décidé de mettre en place, sous l'autorité de l'UA, un panel de règlement de la crise ivoirienne», a annoncé à la presse le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, président du Conseil de paix et de sécurité (Cps) de l'Ua. Composé des présidents Sud-africain, Jacob Zuma, nigérian, Jonathan Goodluck, zimbabwéen, Robert Mugabé et namibien, Hifikepunye Pohamba.

Selon le président du Cps de l'Ua, ce panel composé de 5 Chefs d'Etat des 5 grandes régions d'Afrique, aura la charge de trouver une solution qui respecte la démocratie et préserve la paix sociale. En réalité, l'Ua n'a fait qu'endosser les propositions du numéro un ivoirien, Laurent Gbagbo. Qui, on se souvient, avait demandé la mise sur pied d'un comité d'évaluation des élections qui devrait avoir la lourde charge d'analyser tous les aspects de la crise post-électorale. Même si, l'Ua a préféré restreindre ce comité ou panel, selon la nouvelle appellation de l'instance africaine, à des représentants (Chefs d'Etat) des cinq grandes régions du continent. Sa mise sur pied est une victoire pour l'Afrique digne et tous les démocrates africains et du tiers-monde.

Ce panel devra rendre ses conclusions, selon le président mauritanien, dans un délai d'un mois. Et celles-ci «seront contraignantes pour toutes les parties ivoiriennes », a insisté Abdelaziz.

La force n'est pas une solution selon l'Ua

Le Conseil de paix et de sécurité (Cps) de l'Ua n'a pas fait qu'une proposition objective de règlement pacifique de la crise. Il a par ailleurs, condamné l'intervention militaire comme solution. «Ici, on parle au nom de l'Afrique et non des Nations unies. Les problèmes africains doivent trouver des solutions africaines. Nous trouverons une solution pacifique, une solution négociée », a déclaré Abdelaziz.

«Imaginez un peu la guerre et ses conséquences avec morts d'hommes, comme ce fut le cas en Rd Congo. La force n'est pas une solution au règlement d'une crise. C'est une mauvaise solution. Nous n'avons jamais opté pour la voie de la force pour régler la crise ivoirienne », a clairement fait savoir le président du Conseil de paix et de sécurité de l'Ua.

Le ministre des Affaires étrangères, SEM Alcide Djédjé, chef de la délégation ivoirienne est au sommet de l'Ua depuis jeudi dernier. Où il mène une diplomatie des plus convaincantes.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 28 janvier 2011

LA FRANCE OU LA STRATEGIE DU CHAOS EN COTE D'IVOIRE

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Source  :HighProfile News - 26.01.2011


Quand Sarkozy se rend à un sommet de l'Union Africaine, c'est l'indignité de l'Afrique qui nous est jetée à la figure.


Depuis plusieurs semaines, la presse occidentale annonce que Sarkozy participera au sommet de l'Union Africaine sans que cela n'émeuve les intellectuels africains. Alors qu'aucun pays africain encore moins l'Union Africaine n'a jamais été invité à un sommet de l'Union Européenne, voilà que les valets africains de l'Occident permettent à Sarkozy de mettre son nez dans les affaires intérieures du continent et cela au vu et au su du monde entier.

Nos chefs d'états auraient voulu démontrer combien ils ont encore enracinés en eux le complexe de l'homme blanc, ce blanc qui pour eux pourrait être l'égal de DIEU, qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Nous y reviendrons.

Nègres 3 : le retour

Après s'être comporté comme le propriétaire exclusif des droits et aspirations du peuple de Côte d'Ivoire en intimant infructueusement l'ordre d'abord dans l'avion qui le menait en Inde au Président Laurent GBAGBO de quitter le pouvoir au profit d'Alassane Ouattara, puis en lui ordonnant (encore échec!!!) de quitter le pouvoir sous 3 jours en décembre dernier, Sarkozy (l'homme qui aime la Côte d'Ivoire plus que les ivoiriens eux mêmes) s'est rappelé au bon souvenir des africains désireux d'oublier ses charters de sans papiers noirs menottés et torsadés par la police française en appliquant un adage bien connu chez nous: « Quand le blanc veut tuer un africain, il s'adresse à un autre africain ».

Suite aux critiques en France pour son implication personnelle exagérée dans une affaire interne à la Côte d'Ivoire (pays qu'il ne connait même pas), Sarkozy a fait appel à ce qui lui reste de nègres indignes en Afrique pour accomplir la sale besogne. C'est-à-dire faire la guerre au peuple de Côte d'Ivoire pour le seul plaisir du colon d'hier, nostalgique de cette Afrique où du « oui patron, oui missié » était donné aux blancs à tous les coins de rue.

Qui mieux que Blaise Compaoré, le tueur de Sankara en 1987, au pouvoir depuis ce jour maudit et qui vient de se faire réélire avec un score soviétique de plus de 80% aux dernières présidentielles, Abdoulaye Wade, le roi de Dakar qui rêve d'introniser son fils à sa place, Jonathan Goodluck, le jamais élu à qui on promet une élection digne d'une fête foraine, Raila Odinga, cet autre Dramane kenyan, pouvaient faire l'affaire?

Le casting terminé, Sarkozy pouvait donc activer le bouton « putsch » pour lancer la machine. Encore une fois, comme si l'Afrique devait rester à jamais ce continent maudit, le noir s'élançait glaive au vent contre son frère noir pour assouvir les desseins maudits de l'homme blanc. Sarkozy s'efface tout en tenant les manivelles depuis l'Élysée pour faire place à la 3ème génération de nègres. Celle-là moins évoluée intellectuellement et moralement qui feint de ne toujours pas comprendre l'essence des rapports entre l'Occident et l'Afrique tant que le maître blanc lui garantit un peu de bonheur et d'honneur, au détriment de notre peuple. Maintenant que son armée nègre est constituée, Sarkozy peut se lancer à l'assaut de Gbagbo, l'insoumis.

Quand le peuple ivoirien trinque pour la seule gloire de Ouattara

Pour soumettre GBAGBO, les ennemis de l'Afrique ont décidé de faire souffrir le peuple ivoirien afin que celui-ci se retourne contre son Président. Ils demandent donc à leurs pions intérieurs volontairement reclus à l'Hôtel du Golf de poser des actes de défiance quotidienne à l'autorité de l'Etat afin de créer une psychose au sein de la population. Il ne se passe donc plus de jour sans que Soro Guillaume et Dramane Ouattara n'appellent à l'extermination du peuple de Côte d'Ivoire par des armées étrangères pour la seule gloire de l'élu des étrangers ou ne menace les ivoiriens d'emprisonnement s'ils collaborent avec le régime du Président légal. Drôle de démocrates !!!!!

Quand Soro appelle publiquement au meurtre du Président GBAGBO, l'Occident lui souffle le terme de « violence légitime » et demande à la CEDEAO, sa caisse de résonance locale d'amplifier la menace. Malheureusement pour eux, les jours passent et aucun changement ne pointe à l'horizon. Ils décident donc d'affamer le peuple de Côte d'Ivoire en opérant un véritable hold-up à la BCEAO au profit d'Alassane Dramane Ouattara. Maintenant que la banque centrale est prise, ils ont décidé de tuer les millions de paysans ivoiriens en appelant à l'arrêt des exportations de café et de cacao. La stratégie est simple : affamer le peuple et l'armée dans le but de créer un soulèvement populaire contre le gouvernement légal et légitime du premier ministre Aké N'gbo.

Le réveil de l'Afrique et le baroud d'honneur de Sarkozy et compagnie

Depuis quelques jours, des voix discordantes se font de plus en plus entendre en Afrique pour dénoncer l'attitude raciste et esclavagiste avec laquelle Sarkozy et l'Union Européenne traite les ivoiriens. La France Sarkozienne agit comme si elle aime notre propre pays plus que nous même. Sarkozy s'irrite de voir Gbagbo lui résister alors il appelle, par l'intermédiaire de ses valets, à l'envahissement et au chaos en Côte d'Ivoire. GBAGBO propose un recomptage, il est automatiquement rejeté par la France et les États-Unis comme s'il s'agissait de leurs pays respectifs. Heureusement pour l'Afrique digne, des pays comme l'Angola, l'Afrique du Sud, le Ghana, l'Ouganda, la Gambie, le Cap Vert se posent de plus en plus publiquement des questions.

Face à la menace de voir son rêve s'écrouler, Sarkozy lance ses dernières forces dans la bataille ; maintenant, c'est l'Union Européenne dont près de 20 observateurs ont été séquestrés dans le nord par les rebelles, le 28 novembre dernier, qui pond un communiqué pour désapprouver un recomptage des voix et pseudo certifier les résultats de la CEI dirigée par un militant avéré du RHDP, coalition dont 80% des commissaires centraux de la CEI sont issus. Alors question, pourquoi dans aucun rapport de l'UE il n'est fait mention de l'agression dont ont été victimes les observateurs européens, lors du 2ème tour de l'élection ? (Accusé Lafont se défend).

C'est d'ailleurs pour avoir commencé à rendre publique cette information en déclarant à France Soir : « Je les ai vachement aidé. Je sais des choses » que Frédéric Lafont a été retiré de la liste des sanctionnés de l'Union Européenne. Quel crédit l'UE veut elle qu'on donne aux affirmations de ses représentants quand ceux-ci passent sous silence les tentatives d'assassinat dont ils ont été victimes au nord de la Côte d'Ivoire, le 28 novembre dernier, et qui a nécessité l'intervention des éléments de monsieur Lafont pour leur exfiltration ?

Pourquoi, diantre, continuer de vouloir cacher le soleil avec la main si ce n'est pour faire plaisir à Sarkozy, l'ami personnel d'Alassane Ouattara, qui a publiquement juré d'avoir la tête du Président GBAGBO ?

Cette énième sortie de l'UE n'est en réalité que le baroud d'honneur du dernier colon d'Afrique qui rêve de placer un ami à la tête des richesses du sous-sol ivoirien pour mieux continuer le pillage de l'Afrique.

DIEU aidant, les choses rentreront peu à peu dans l'ordre car malgré une presse occidentale ouvertement hostile et désinformatrice à souhait, la crise ivoirienne mettra à nu les manigances de l'Occident dans les régions les moins développées de la planète.


Source: IVOIREVOX.COM

LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (2)

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  • Le franc CFA n'a pas apporté le développement mais la pauvreté


Déjà, parmi  les 49 pays moins avancés (PMA),  35 sont en Afrique subsaharienne (ASS). La zone franc, elle, représente 12% de la population africaine, 12% du PIB et 1,5% des exportations.

Avec une population de 25% supérieure à celle de la France, les PAZF représentent 4,5% du PIB français ou 1,5% de masse monétaire.

La zone franc n'a pas apporté le développement aux pays membres mais le développement du sous-développement.

Pour atténuer cette pauvreté, l'aide française est venue comme une bouée de sauvetage. En effet, les pays de la zone Franc sont des principaux bénéficiaires de l'aide publique au développement française. En 1997, ils ont reçu environ la moitié de l'APD bilatérale française aux pays d'Afrique sub-saharienne, ce qui représente 23 % des apports bilatéraux de la France aux pays en développement (6,5 MdF sur 27,8 MdF d'aide bilatérale en 1997). Dans le cadre du traitement de dette au sein du Club de Paris, 10 pays de la Zone franc[1] ont bénéficié d'annulations pour un montant total rééchelonné de 23 MdF. La France a apporté près de 50 % de l'effort ainsi consenti par les créanciers. En plus des accords conclus dans le cadre du Club de Paris, la France a pris des mesures bilatérales exceptionnelles de réduction de dettes, en annulant en 1989, les crédits d'aide publique au développement (Dakar I), puis en procédant à une nouvelle annulation en 1994 (Dakar II), soit une annulation de dette de 55 MdF au profit des pays de la zone Franc. Entre 1993 et 1996, l'effort de réduction de dettes a représenté en moyenne une contribution annuelle de la France de 3,2 MdF, soit plus du tiers de l'aide bilatérale française à la zone Franc.

En tout état de cause, les pays de la zone franc ne sont pas mieux lotis en termes de performances  macroéconomiques à comparer aux pays africains hors  zone franc. Une synthèse de nombreux travaux comparant les performances est présentée chez Hadjimichael et al. (1995)[2].

Lorsqu'on compare les taux de croissance du PIB des pays africains de la zone franc et des pays hors zone, il apparait que les années 60 et 70 sont marquées par des résultats supérieurs pour les pays  de la zone franc (5% contre 4,4%) alors qu'il y a inversion au cours de la décennie 80, plus précisément entre 1985 et 1991(1% contre 3,7%), sur l'ensemble des trois décennies, les résultats sont, en revanche, comparables[3].  On note également une plus grande instabilité des taux de croissance au sein de la zone. L'écart-type du taux de croissance a été entre 1971 et 1987 de 7% contre 4,5% pour les pays voisins.  De 1980 à 1994, les écarts du PIB réel par rapport à sa tendance à long terme ont été supérieurs.

En 2010, la situation n'est guère reluisante pour les pays de la zone franc.  La Côte d'Ivoire demeure en dépit de la crise militaro-politique qu'elle traverse depuis 2002, le premier pays africains de la zone franc en termes de PIB réel. Pourtant, le franc CFA n'a pas permis à ce pays de faire mieux que les pays hors zone franc (Tableau 1).

Les pays comme l'Algérie, l'Angola, l'Ethiopie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, pour ne citer  que ces pays, ont chacun un PIB réel supérieur à celui de la Côte d'Ivoire (le premier en termes de PIB réel en 2010 de la zone franc), comme l'indique le tableau 3 ci-dessous. Certains de ces pays font mieux en matière d'espérance de vie.  Au sein des PAZF, le Togo (63), le Benin (62) et le Gabon (61) occupent le peloton de tête en termes d'espérance de vie.  Les pays qui ont accédé très tôt à leur souveraineté monétaire ont des espérances de vie plus élevées que les trois pays cités ci-dessus. Il s'agit par exemple de la Tunisie (74), de l'Algérie (73), du Maroc (72), de Maurice (72) et du Cap-Vert (72).

Tableau 1 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel en 2010.

Rang

Pays

PIB réel (en milliards de dollars)

1er

Côte d'ivoire

22,4

2e

Cameroun

21,9

3e

Guinée-Equatoriale

14,5

4e

Sénégal

12,7

5e

Gabon

12,6

6e

Congo

11,9

7e

Mali

9,1

8e

Burkina-Faso

8,7

9e

Tchad

7,6

10e

Benin

6,5

11e

Niger

5,6

12e

Togo

3,1

13e

Centrafrique

2,1

14e

Guinée-Bissau

0,8

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.


Tableau 2 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel/ habitants en 2010.

Rang

Pays

PIB réel/habitants (dollars)

1er

Guinée-Equatoriale

11081

2e

Gabon

8395

3e

Congo

3075

4e

Cameroun

1071

5e

Côte d'Ivoire

1016

6e

Sénégal

964

7e

Tchad

743

8e

Bénin

673

9e

Mali

649

10e

Burkina-Faso

590

11e

Guinée-Bissau

498

12e

Centrafrique

469

13e

Togo

441

14e

Niger

383

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

Tableau 3 : Le PIB réel et le PIB réel/habitants de quelques pays  hors zone franc.

Pays

PIB réel (milliards de dollars)

PIB réel/Habitants

(dollars)

Algérie

159

4478

Angola

85,8

4812

Botswana

12,5

6796

Ethiopie

30,9

365

Ghana

15,3

646

Kenya

32,4

888

Maroc

91,7

2868

Maurice

9,4

7303

Mozambique

10,2

473

Namibie

11,5

5454

Nigeria

206,7

1324

Ouganda

17,1

504

Soudan

65,9

1643

Tanzanie

22,4

543

Tunisie

43,9

4160

Zambie

15,7

1286

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

IV.2. Le franc CFA est un instrument de domination de la France en Afrique

 

Sur ce point, commençons d'abord par dire que les pièces de monnaie et les billets de banque sont fabriqués en France ;  les premières dans l'usine de Pessac en Gironde et les deuxièmes dans le Puy de Dôme, (papeterie de Vic-le-Comte, imprimerie et centre de recherche à Chamalières). Pour ceux qui pensent que l'intérêt économique pour la France est peu significatif, ils ne doivent cependant pas perdre de vue qu'en réalité, l'enjeu principal de la zone franc pour la France n'est pas seulement de nature matérielle, économique ou comptable, mais réside également dans la reproduction continue d'un ensemble de relations qui, en effaçant la « perte » survenue en 1960, préserve son statut de puissance internationale.  Le dispositif de la zone franc, conservateur dans son essence, entretient en Afrique l'ossature  des Etats et leur survie dans un système économique et social figé.

Ensuite la zone franc développe l'extraversion de nos économies.

Avec le franc CFA, les PAZF sont des réservoirs de Matières premières et des déversoirs de produits manufacturés.

L'empire colonial français, qui absorbait 10% des exportations françaises à la fin du 19e siècle et 17% à la veille de la crise de 1929, devint dans les années trente, et jusqu'à la constitution de la communauté économique européenne, un débouché majeur pour les entreprises métropolitaines. Elles y écoulaient 42% de leurs exportations en 1952[4].

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'UE et en direction de l'UEMOA la même année se situent à 43%.

Les exportations de la zone UEMOA en direction de cette zone représentent 12% et 10% pour les importations. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. Les monnaies coloniales encourageaient l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

La domination française est également visible avec la présence des français dans le Conseil d'administration de la BCEAO : 16 dont 2 français. Dans le cadre des directives données par le Conseil des Ministres, le Conseil d'Administration:

  • précise les opérations de la Banque Centrale et fixe leurs taux et conditions d'exécution
  • arrête les règles qui s'imposent aux Comités Nationaux du Crédit, dans l'exercice de leur compétence
  • détermine le montant global des concours que la Banque Centrale peut accorder au financement de l'activité économique dans chacun des Etats
  • autorise les opérations affectant le patrimoine de la Banque Centrale et arrête les comptes de cette dernière détermine les modifications aux Statuts de la Banque devant être soumises à ratification par le Conseil des Ministres de l'Union.

Selon l'Article 52, du statut de la BCEAO, la politique monétaire est confiée au Conseil d'administration. La présence des français peut empêcher l'adoption de politique favorisant notre  développement. Avec la présence des français dans ce conseil, il apparait que la France décide en dernier ressort qui entre et sort de la zone franc.

Enfin la zone franc et ses mécanismes engendrent un système bancaire oligopolistique dominé par les banques françaises. Les banques sont des maillons importants du système financier. Elles remplissent un double rôle. D'une part, elles sont des entités privées qui recherchent le profit ; d'autre part, elles constituent des réseaux qui fournissent à l'économie globale un bien collectif : les systèmes de paiement et de règlement. Or les systèmes financiers africains en général et ceux de l'UEMOA en particulier, sont peu profonds, étroits, peu diversifiés et n'assument pas leur rôle dans le financement du développement (Popiel ,1995)[5]. La création d'un embryon de système financier au sein des pays de la zone franc pendant la période coloniale avait pour seul dessein de répondre aux besoins de financement des sociétés d'import-export et d'exploitation des produits primaires agricoles (Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali), miniers (Niger, République centrafricaine, Sénégal, Togo) et pétroliers (les pays de la CEMAC aujourd'hui).

Les banques ne trouvaient pour ainsi dire aucun intérêt à développer un réseau d'agences à l'intérieur de ces pays ou à établir des contacts avec les populations locales.  Le taux de bancarisation dans l'UEMOA est très faible (moyenne de 4%). Ce taux était en 2001 de 99% en France.

Les banques commerciales proposaient surtout des crédits à court terme permettant de s'adapter au caractère cyclique de la production et de la commercialisation des produits tropicaux et aux délais d'acheminement des produits manufacturés entre la métropole et l'Afrique. Le crédit bancaire ne facilite pas la formation du capital car il finance plutôt les affaires commerciales et d'import-export. Le financement bancaire en Côte d'Ivoire est de l'ordre de 16% contre environ 70% en Tunisie.

Il est d'ailleurs lié au système commercial mis en place par l'économie de traite et non au système de production. La stratégie bancaire postindépendance est restée identique à celle de la période coloniale. Le maintien, après les indépendances, des schémas d'organisation spatiale et sectorielle de l'activité économique (spécialisation sur le commerce et l'exportation de matières premières brutes) cumulé à l'échec des politiques de diversification industrielle expliquent aujourd'hui encore la perpétuation des structures économiques héritées de la période coloniale et les caractéristiques financières qui en découlent.

Par ailleurs, les centres de décision de ces grandes firmes bancaires sont situés à l'étranger. Autant de facteurs qui réduisent leur impact sur les pays où elles sont installées : elles paient des impôts, sans pour autant s'embrayer sur l'économie nationale. Au total, sur le plan bancaire, le système bancaire postcolonial ne tranche guère avec la logique coloniale, celle qui consistait à financer l'échange et la production de matières premières exportées.

Finalement, avec le franc CFA, la France nous domine économiquement, commercialement et politiquement.

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LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (1)

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« Il faut apprendre au nègre à trouver de la beauté en lui »

Marcus Garvey


Le débat sur le franc CFA s'enfle, mobilise et inquiète la France. De plus en plus, les africains s'imprègnent des réalités monétaires et s'interrogent sur le bien-fondé du maintien du franc CFA, une monnaie coloniale.  En fait, la guerre mondiale des monnaies a fini par ouvrir les yeux de ceux qui s'efforçaient encore de les fermer. Les Etats-Unis font marcher la planche à billet pour faire chuter le dollar. On se souvient que la banque centrale des Etats-Unis avait annoncé début novembre  2010, qu'elle allait racheter pour 600 milliards de dollars (443,5 milliards d'euros) de bons du Trésor. Le but, affirme-t-elle, est de maintenir les taux d'intérêt à de très bas niveaux afin de soutenir la reprise économique.

C'est dans ce contexte que la crise post-électorale en Côte d'Ivoire a réveillé le vieux débat sur le franc CFA.  En effet, sept ministres des finances de l'UEMOA, ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO, d'autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au nom de ce pays ».  Ce même Conseil a renchéri pour décider « d'instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire d'effectuer les mouvements sur les comptes en son nom ».

Face à cette imposture de la BCEAO et de l'UEMOA, certains économistes ivoiriens versent au débat leurs contributions. Mais là n'est pas le problème, car il est inacceptable que cinquante années après les indépendances, les pays africains de la zone franc (PAZF) n'arrivent pas à accéder à la souveraineté monétaire, préalable à la souveraineté tout court.

Si le combat est louable, il arrive parfois que des contributeurs, par leurs écrits et argumentations, galvaudent le combat. Ne comprenant pas eux-mêmes les phénomènes monétaires, ils s'invitent dans un débat où seuls les initiés ont voix aux chapitres.

L'objectif de ce papier est justement de démontrer pourquoi le franc CFA doit disparaitre pour faire place à une monnaie africaine au service du développement.  Cela suppose en premier lieu de montrer l'importance de la monnaie : il s'agit de définir correctement la monnaie (I).

Faisant suite à cette démarche définitoire de la monnaie, il sera utile en deuxième lieu, de présenter l'historique de la zone franc (II).

Une telle présentation permettra en troisième lieu de dire pourquoi sortir de la zone franc (III).


I. UNE DEMARCHE DEFINITOIRE DE LA MONNAIE

C'est faute d'avoir compris que la monnaie n'est pas banale, que le développement des pays africains de la zone franc (PAZF) se trouve aujourd'hui à la limite du paradoxe.  Dans les lignes qui suivent, nous allons donner les fonctions et la nature de la monnaie.


I.1. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE

Charles Rist se refusait à définir la monnaie parce qu'elle recouvrait un domaine très vaste. En effet, la monnaie est l'un des concepts les plus difficiles à définir de la théorie économique.  La monnaie est de plus en plus présente à tous les niveaux de la vie quotidienne des agents économiques et, parallèlement, ses formes sont de plus en plus complexes et multiples.

Depuis Aristote, la monnaie est définie par les trois fonctions qu'elle est supposée exercer : la monnaie comme intermédiaire des échanges, la monnaie comme réserve de valeurs et, enfin, la monnaie comme unité de compte.

Considérée comme intermédiaire des échanges (unité de paiement), la monnaie est un instrument qui permet d'échanger deux biens, en évitant les contraintes du troc. Il s'agit de surmonter la contrainte de la double coïncidence exacte des besoins du vendeur et de l'acheteur en qualité et en quantité, sur un même lieu, contrainte propre au troc.  En considérant une économie de troc, l'absence de double coïncidence limite les possibilités d'échanges et l'apparition d'un élément tiers, la monnaie, règle cette contrainte, elle "lubrifie" les transactions. La médiation monétaire serait une condition nécessaire au développement des échanges de biens et de services selon Jevons[i].  Cette fonction suppose que la monnaie a un pouvoir libératoire, c'est-à-dire qu'elle garantie la possibilité d'effectuer des règlements et également d'éteindre des dettes. Or il est possible d'avoir des monnaies en circulation sans pouvoir libératoire. Le paiement renvoie, selon B. Courbis, E. Froment et J.-M Servet, à « l'appartenance à une communauté de paiement dans laquelle les moyens de s'acquitter sont établis »[ii]. Ainsi donc, l'unité de paiement peut différer de celle de compte.

La monnaie exerce également une fonction de réserve de valeur pour deux raisons : la non-synchronisation entre les recettes et les dépenses d'une part et l'incertitude sur les réserves futures d'autre part. Elles constituent deux motifs de « demande de monnaie ». Elle a une fonction de réserve de valeur parce qu'elle est acceptée par tous et surtout parce qu'elle est unité de compte.  Cette fonction n'est pas spécifique à la monnaie car les agents économiques disposent d'autres moyens pour conserver de la valeur,  c'est-à-dire détenir de la richesse. Cette dernière a d'ailleurs plusieurs composantes :

- la richesse non financière, qui est constituée des biens matériels (or, maison, bijou, usine...) et immatériels (comme, par exemple, un fonds de commerce, une qualification) ;

- la richesse financière, qui est constituée des titres qui peuvent s'échanger directement contre des biens matériels ou qui, en général, doivent d'abord se transformer en monnaie pour s'échanger contre des biens matériels (actifs monétaires, actifs financiers).

La monnaie a une troisième fonction : celle d'unité de compte.  Sans monnaie, dans une économie marchande, il y a autant de prix que de paires de biens, de types d'échanges entre deux biens. S'il y a n biens, il y a n(n-1)/2 prix relatifs. Pour opérer ses arbitrages dans un système de troc, chaque consommateur doit avoir en tête tous ces prix. Si un de ces biens est utilisé comme étalon des valeurs, alors le système des prix est profondément simplifié. Il suffit alors de connaître les n-1 expressions de la valeur des autres biens dans le bien choisi comme monnaie pour connaître l'ensemble des rapports de valeurs des n biens. La monnaie permet donc d'établir une échelle de prix simple et unique, exprimée en unités monétaires.

Mais une " vraie " unité de compte ne peut avoir de valeur par elle-même sauf à varier. Or, c'est bien ce que les hommes ont fait en utilisant, pendant de brèves périodes historiques, comme valeur monétaire, des biens ayant eux-mêmes un certain prix. Toutefois, durant la majeure partie du Moyen-Âge, le Prince demeurait le " maître des mesures " : il imprimait son sceau et fixait les valeurs monétaires qui différaient, la plupart du temps, de celles du métal incorporé.

Finalement, la définition fonctionnelle de la monnaie ne nous aide pas dans la poursuite de notre objectif, celui de justifier la disparition du franc CFA.

On ne peut pas se satisfaire de cette définition.  Il nous faut approfondir la question monétaire en disant ce qu'elle est et non ce qu'elle fait.


I.2. LA QUESTION DE LA NATURE DE LA MONNAIE

Qu'est-ce que la monnaie ? Cette question par laquelle il fallait bien commencer, n'admet pas de réponse simple, acceptée par l'ensemble des économistes, ni sous l'angle empirique, ni sous l'angle théorique. Notre préoccupation à ce stade de notre réflexion, est de dissiper le « nuage épais » qui enveloppe les contributions sur la nature de la monnaie.

La monnaie, rassurons-nous n'est pas un bien industriel comme le pain.  Elle n'est pas une marchandise. La monnaie a plusieurs dimensions.

La monnaie est une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette de celui-ci. De ce point de vue, il est impossible de dissocier la monnaie du système monétaire d'où d'ailleurs l'importance des banques dans une économie monétaire de production.

Cette définition est complétée par l'approche institutionnelle de la monnaie : la monnaie est certes une technique mais c'est aussi un phénomène social qui met en jeu des relations humaines et pas simplement une technique. L'enjeu principal de la monnaie est toujours l'appartenance à une communauté de valeurs. Or, cette appartenance s'inscrit dans des formes relativement différentes selon les époques et les sociétés. La monnaie est une institution qui exprime et conforte les valeurs globales de la société où elle existe.

La monnaie a également une dimension conventionnaliste. Elle est générée par une convention marchande : j'accepte la monnaie car autrui l'accepte. La qualité d'une monnaie se mesurera, dès lors, à l'aune de son aptitude à conserver sa valeur d'une période à l'autre et de sa capacité à inspirer confiance  à ses utilisateurs. Ce minimum de cohésion sociale et de confiance, qui est au fondement même de toute monnaie, émane soit d'un acte de foi (acceptation générale du numéraire par la communauté), soit d'un édit des autorités qui l'établit comme cours légal dans un territoire donné.

Dans le premier cas, la monnaie peut provenir soit d'une coutume immémoriale, soit d'une convention émergeante ou librement négociée, ou encore être le résultat d'une concurrence entre monnaies privées où une a fini par s'imposer dans un vaste réseau d'échange.

Dans le second cas, la monnaie est la production d'un monopole d'État qui impose le médium d'échange et tente de le contrôler. La puissance publique tire profit de cette situation à divers échelons : la monnaie sert, à la fois, de source d'unité symbolique du pays, de source de revenu pour l'État et de moyen d'indépendance politique, le pays ayant sa propre devise.

Georges Simmel met pour sa part en avant que si la monnaie ne doit rien dans sa genèse, à l'Etat, un fonctionnement viable ne peut cependant être garanti par celui-ci.  C'est dans cette filiation que se situe l'approche étatique de Knapp (1973)[iii] à laquelle fait référence J.M. Keynes dans le « treatise on money ». Cette approche peut être résumée ainsi : « la monnaie est une créature de la loi », c'est-à-dire du droit. En fait, selon Knapp, l'État sélectionne et impose une forme-monnaie en choisissant une certaine unité et en lui donnant une validité sur un territoire qui correspond à son espace national. Ainsi, l'acceptation inconditionnelle de la monnaie par les individus est garantie par l'État.

Il s'agit de dire que c'est l'autorité politique représentative qui, dans un espace national donné, fait battre monnaie et lui donne cours légal, un principe repris, après bien des vicissitudes, du droit romain.

Bien qu'elle soit un enjeu entre les classes sociales et un instrument de domination des uns sur les autres, la monnaie est aussi un bien public. Elle ne peut exister que par la légitimation politique qui lui donne la capacité d'être un pouvoir d'achat immédiat ou futur, garantissant son rôle de réserve à travers le temps.

La monnaie a également une dimension politique : les nations se sont construites autour de la monnaie et autour d'un roi qui avait le pouvoir de battre monnaie. Au 19ème siècle, l'unification progressive de l'Allemagne s'est faite à partir du Zollverein, mais aussi par une monnaie commune : le Thaler (1857). A l'heure actuelle, le pouvoir monétaire est perçu comme un élément de la souveraineté nationale : ses capacités régulatrices lui viennent de son aptitude à représenter les valeurs qui sont au fondement de la communauté d'échanges.  Pour Charles Loyseau[iv] dans son « Traité des seigneuries » (1669) : « ...la souveraineté est du tout inséparable de l'Etat, auquel, si elle était ôtée ne serait plus un Etat. Car, enfin, la souveraineté est la forme qui donne l'être à l'Etat, voire même l'Etat et la souveraineté prise in concreto sont synonymes et l'Etat est ainsi appelé, pour ce que la souveraineté est le comble et période de puissance où il faut que l'Etat s'arrête et s'établisse ». La souveraineté s'affirme ad externa. Concrètement, elle s'exerce sur un territoire délimité - la première fonction du roi étant de tracer la ligne qui situe le domaine de la couronne dans l'espace, et qui marque sa libre existence face à toute autre puissance extérieure contre quoi le moyen militaire peut être requis.

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mercredi, 26 janvier 2011

METTRE UN COUP D'ARRET URGENT A L'HECATOMBE OUEST-AFRICAINE QUI SE PREPARE EN COTE D'IVOIRE



SARKOZY ET COMPAORE.jpg

En lisant ce titre, un coup de froid pourrait presque parcourir la colonne vertébrale de toute personne en peine pour le peuple ivoirien et de quiconque redoute des lendemains difficiles, incontrôlés et incontrôlables à la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire. En effet, depuis quelques semaines, la communauté occidentale pilotée par les Etats-Unis et la France pompeusement appelés « communauté internationale » pour les besoins de la cause, fait macérer la Côte d'Ivoire dans la psychose d'une opération militaire pour, dit-on, « exfiltrer » quasi « pacifiquement » le président élu Laurent GBAGBO et installer douillettement à sa place son adversaire, Alassane Dramane OUATTARA, qui a perdu l'élection présidentielle et qui est allergique à la recherche de la vérité pour dénouer ce blocage politique que connaît notre pays.

Cette option peut séduire les va-t-en-guerres qui ne connaissent pas les Ivoiriens et leur détermination à défendre, par vagues de milliers de milliers, leur dignité et la souveraineté de leur pays. En plus, Laurent GBAGBO, loin d'être un orphelin dans son pays - bien au contraire ! - est entourée d'une armée loyaliste, aguerrie par huit années de crise armée, prête à en découdre jusqu'à la dernière goutte de sang. Est-ce devant ce peuple et cette armée-là qu'on veut venir ôter Laurent GBAGBO et espérer gouverner la Côte d'Ivoire dans la quiétude ? Que nul ne se prenne à rêver d'une manière aussi démente. Ce scénario échafaudé d'une façon totalement déraisonnable par un Alassane OUATTARA épuisé et en perte de vitesse qui appelle la « communauté internationale » à attaquer son propre (?) pays, aiguillé en cela par un Nicolas SARKOZY en plein délire, pris en flagrant délit de mensonge éhonté lors de la troisième conférence de presse de son obscure mandat à la tête de l'Etat français, est un scénario de l'apocalypse. Que le monde entier le sache.

Même d'un point de vue africain, la Côte d'Ivoire n'est pas orpheline : des pays comme l'Angola, le Ghana, le Cap Vert et l'Afrique du Sud, et bien d'autres plus discrets, ont compris le vrai enjeu de la crise postélectorale ivoirienne et réclament le réexamen des documents électoraux pour une sortie de crise pacifique. Les ennemis de la Côte d'Ivoire n'en ont cure. Mais honnêtement, pensent-ils que ces pays amis laisseront dépecer la Côte d'Ivoire sans un pépiement, sans broncher ? Rien n'est moins sûr. Il se trouve même que de nombreux volontaires africains sont prêts à venir faire la guerre sur les bords de la lagune Ebrié, au nom de l'honneur, de la dignité, de la liberté et de la souveraineté de l'Afrique. Il suffit simplement de leur faire appel ou d'ouvrir une liste et nous aurons bien vite fait de refuser du monde. Que le monde le sache : il n'y aura pas de guerre propre en Côte d'Ivoire. C'est un leurre dont la France berce toute la terre.

Nicolas SARKOZY attaquera les Ivoiriens et il y perdra la face. Les armées qui enverront leurs soldats se faire canarder en Eburnie n'auront aucune reconnaissance de sa part et ces derniers et leurs familles, aucune indemnité ou indemnisation. Parce que la France sortira exsangue et humiliée de ce conflit, elle mordra la poussière devant un peuple digne et déterminé à se faire respecter. Leur déconvenue sera telle que de violentes crises ou des levées de boucliers insurrectionnelles succèderont à leur expédition ivoirienne sur leurs propres territoires. C'est certainement la raison pour laquelle le Nigéria demande une résolution onusienne avant de partir en guerre contre la Côte d'Ivoire. Histoire de sauver la face, se donner bonne conscience et d'avoir une couverture sociale pour les familles de leurs futurs morts.

Pour faire un appendice au grossier et grotesque mensonge de Nicolas SARKOZY à sa conférence de presse d'avant-hier, lundi 24 janvier, en tant que nouveau président du G20-G8 pour l'année 2011, relevons que sur le dossier tunisien, le fils de Nagy-Bocsa a crânement affirmé (pince sans rire), que la puissance coloniale (la France, prise à défaut) n'a pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de son ex-colonie. On en tomberait presqu'à la renverse tant le propos est incroyable, surréaliste, abracadabrantesque, provenant de cet affidé des sciences françafricaines les plus rétrogrades. Tunisie-Côte d'Ivoire, deux poids deux mesures, pourrait-on dire ! Or donc, il ne faut pas s'ingérer dans les affaires internes de son ex-colonie !? En Côte d'Ivoire, on ne s'embarrasse pourtant d'aucune éthique ou élégance diplomatique pour clouer le pays d'Houphouët-Boigny au pilori, menacer vertement le président démocratiquement élu d'un pays souverain de traduction devant le TPI et lui lancer un ultimatum totalement insolite. La mauvaise foi dans cette crise ivoirienne est absolument sidérante !

Mais au-delà de cet aspect moral des choses, ce que l'on ignore et surtout ce que feint d'ignorer cette nébuleuse mafieuse prétendument adoubée « communauté internationale » ou ce qu'elle refuse de prendre en compte dans ce crescendo apologétique de la violence appelée de tous ses vœux par le candidat Alassane OUATTARA (et ses aficionados), c'est qu'il n'y a pas que des Ivoiriens en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire, en tant que nation hospitalière, compte officiellement en son sein une incroyable population de plus de 30% d'étrangers mais officieusement, tous s'accordent en Côte d'Ivoire pour reconsidérer ce taux à la hausse, soit un peu plus de 40% de non nationaux. Le pays de la sous-région ouest-africaine qui vient après la Côte d'Ivoire dans ce classement, est le Sénégal, avec... moins de 5% d'étrangers (et là nous sommes extrêmement généreux !). En France, chez les donneurs de leçons universels, un taux de seulement 1,5% d'étrangers sème la panique parmi les hommes politiques et les spécialistes de la prospective, de la planification et des statistiques. Une telle fièvre ne s'est pas encore emparée du peuple digne, fier et hospitalier de Côte d'Ivoire. Et ce n'est pas le droit d'en être saisis qui nous en serait dénié.

La Côte d'Ivoire compte en son sein, sur une population d'environs 20 millions d'habitants, au moins 3 millions de burkinabé, 2 millions de maliens, 1 million de sénégalais, 1 million de guinéens, ½ million de nigérians, ½ million de ghanéens et de libériens, et des milliers de citoyens du reste de l'Afrique et du monde intégrés, prospères et vivant dans une paix totale, parmi lesquels 16.000 français. Comme nous pouvons le voir, la Côte d'Ivoire est une terre d'accueil (et même d'asile, de refuge) et aucun pays sur la planète ne peut s'en prévaloir, dans la même proportion. Plus singulièrement, elle représente le complet microcosme de toute la CEDEAO.

Alors, que des chefs d'Etats africains, véritables suppôts et potentats au service de l'Occident, en mal de pub et de légitimité, adeptes obscures d'une philosophie aplaventriste totalement rétrograde et anachronique dans un monde en pleine mutation du point de vue des libertés, réunis dans une incontestable association de malfaiteurs, se préparent à attaquer un pays frère abritant des milliers voire des millions de leurs concitoyens, cela relève des énigmes de l'histoire, du mystère fonctionnel du complexe cerveau humain et, plus simplement, du suicide collectif.

Ces hommes pensent-ils un seul instant pouvoir « exfiltrer sans effusion de sang », comme ils disent, le président Laurent GBAGBO et lui arracher ainsi le pouvoir au profit de leur filleul, Alassane OUATTARA ? Se posent-ils seulement la question de savoir comment le candidat du RHDP gouverne-t-il ensuite une Côte d'Ivoire en ébullition, une Côte d'Ivoire désormais irréversiblement entrée en irruption ? A la vérité, ils ont pris toutes les dispositions pour une guerre totale en Côte d'Ivoire, à défaut d'effrayer Laurent GBAGBO pour qu'il se sauve la queue entre les jambes et parte en exil, à défaut de parvenir à museler la RTI ou asphyxier économiquement les Ivoiriens pour qu'ils capitulent. Une guerre pour faire des millions de morts. Les pays occidentaux ne sont-ils pas en train de mettre leurs ressortissants à l'abri en leur demandant de quitter immédiatement la Côte d'Ivoire ? Nous aurons certainement, ici, un scénario pire que le Rwanda et le Libéria réunis. Ce discours faussement pacifiste n'est, en fait, tenu que pour donner le change à une opinion publique internationale qui commence à comprendre et qui est de moins en moins encline à accepter une explosion de violence, une expédition massacreuse, dans le Golfe de Guinée. Car le vent est désormais en train de tourner et ils veulent faire vite, avant d'être eux-mêmes mis au ban des nations et épinglés à leur tour.

Mais savent-ils au moins que si les Ivoiriens se retrouvent dos au mur et contraints de faire la guerre dans un baroud d'honneur, leurs ressortissants n'échapperont pas à une inévitable vendetta générale et que même leurs territoires ne seront pas épargnés par des bombardements ivoiriens ? En clair, c'est toute la sous-région ouest-africaine qui va flamber à grand feu. Le savent-ils ?, continuons-nous à nous interroger avec angoisse. Pas pour la Côte d'Ivoire. Mais pour la sous-région et l'Afrique entières ! Et comment comptent-ils rétablir la cohabitation, la cohésion sociale, économique, sécuritaire et politique qui sera ainsi effroyablement mise à mal sur tout le continent après cette sortie hasardeuse aux conséquences apocalyptiques ?

Les conclusions du 16ème sommet de l'Union Africaine qui se tient du 24 au 31 janvier 2011, à Addis-Abeba en Ethiopie - auquel l'énigmatique et hyper président français Nicolas SARKOZY veut s'arroger le droit de participer - nous le dirons. Il faut espérer que le bon sens l'emporte sur la logique du pire en pleine expansion et sur la folie meurtrière incontrôlée en préparation. Au surplus, les Africains ont lancé une pétition contre cette participation provocatrice et altière du fils de Nagy-Bocsa à ce qu'ils considèrent comme leur chasse gardée et l'expression de leur souveraineté, leurs chefs d'Etats aux ordres dussent-ils y prendre des décisions retorses contre le pays frère de Côte d'Ivoire. La sagesse et l'intelligence triompheront-elles ? Attendons de voir.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO