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samedi, 22 janvier 2011

AU-DELA DE GBAGBO: L'AFRIQUE

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«La vraie passion du XXème siècle, c'est la servitude», écrit Camus à propos de notre époque, laquelle «n'offre à choisir que des conformismes». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu'on s'acharne à asservir les autres, soit qu'on se résigne à l'asservissement.  L'on ne s'étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s'activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.

Ces puissances du monde n'ont plus de scrupule à promouvoir l'industrie de la violence. Cette dernière ouvre des marchés, produit des armes qu'elle vend, et permet aux multinationales de revenir sur le terrain des violences rebâtir ce que leurs armes ont activement aidé à détruire.  Au bout du compte, il ne s'agit que de marchés, et donc de bénéfices.  Et depuis des siècles, l'Afrique est désignée comme terrain d'expérimentation multiforme pour de nouvelles règles diplomatiques, de nouveaux médicaments et des armes nouvelles dont les propriétaires du monde équipent des Forces naturellement Nouvelles...


L'Union européenne fait la force coloniale

Notre monde n'aura pas beaucoup vu les forces de l'ONU censées maintenir la paix s'activer et s'imposer par leur efficacité au Rwanda où il se perpétrait bien des horreurs.  Ces ''soldats de la paix'' savaient regarder ailleurs. Tout aura même été fait pour les exfiltrer, les éloigner des zones des massacres, probablement pour «avoir la paix !»... Ce sont cependant ces mêmes ''soldats de la paix'' que la même ONU entend largement, et cette fois efficacement, déployer en Côte d'Ivoire, pour cette paix à l'onusienne, dont l'objectif mal maquillé consiste à remettre une jeune nation africaine en revendication de sa souveraineté sous les fourches caudines d'une puissance coloniale à veto. Les forces de maintien de la paix de l'ONU vont donc, à ce qu'on dit, pacifier la Côte d'Ivoire. Il existe déjà en Afrique des pays où les populations savent que cette formule s'est toujours illustrée par des cimetières et des enterrements sommaires dans des fosses communes. Ainsi, c'est pour une raison hautement pacificatrice - quoique d'une éthique plutôt singulière - que l'Organisation des Propriétaires du monde s'est concertée et qu'elle s'est constituée en une Internationale colonialiste pour les besoins de sa cause.


La Côte d'Ivoire est donc devenue un cas d'école pour l'Afrique et le monde, au lendemain des cinquantenaires de ce qu'on a pompeusement présenté comme les indépendances africaines.  Certes la Côte d'Ivoire se serait volontiers passée d'une telle distinction ; mais à travers elle, c'est toute l'Afrique qui se trouve en devoir de constater qu'elle est traitée de la main gauche par la «
Communauté internationale» dont elle est censée faire partie, mais dont elle devra se savoir exclue, parce que dans le lexique de l'Internationale colonialiste, «international» signifie «occidental». Du fait de l'ONU, l'Afrique se voit donc enfin officiellement et férocement confirmée dans son statut d'ensemble de territoires sans Etats véritablement souverains, la souveraineté d'aucun pays africain n'ayant véritablement figuré à l'ordre du jour de l'ordre colonial et néolibéral dominant. La diplomatie de la «Communauté internationale», inspirée par l'Internationale colonialiste veut que toutes les chancelleries le sachent ; que toutes l'entendent bien ainsi, mais que toutes se gardent bien de le dire, par diplomatie, en confirmation de l'adage où l'Union (européenne) fait la force (coloniale). 

La notion de souveraineté appelle cependant quelques observations: chaque fois qu'un potentat africain monte un mauvais coup contre son peuple, il se drape de la «
souveraineté»  nationale dans l'espoir d'échapper à toute observation critique ou à toute évaluation extérieure. Ces potentats se plaisent d'autant plus à ce jeu qu'ils s'y livrent impunément, le plus souvent avec l'onction d'une métropole coloniale prompte à donner une crédibilité «internationale» à l'impénitent potentat. Le peuple peut toujours hurler son indignation et sa désolation : «l'homme fort» se sait couvert par son mentor métropolitain, qui lui-même se cache derrière des «accords de défense». Car sous prétexte de «coopération militaire», la métropole n'hésite jamais à défendre un dictateur contre un peuple, son propre peuple, qui l'a rejeté.

La Côte d'Ivoire post électorale nous fait témoins d'un scénario différent, presque inverse : il s'y observe un flagrant déni de souveraineté du peuple ivoirien, moins cette fois par un potentat que par une communauté «
internationale» à la rescousse d'une métropole en perte de vitesse en Afrique. Les calculs électoraux et les combinaisons politiciennes ayant mal abouti, il restait à la légalité de prévaloir, force devant rester à la loi. Et la loi fondamentale de la Côte d'Ivoire fait du Conseil constitutionnel le seul organe habileté à proclamer les résultats des élections, quelles qu'en soient la nature et les conditions de déroulement. Contrairement au scenario habituel, ce n'est plus un potentat qui cherche à spolier son peuple de sa souveraineté en comptant sur des appuis métropolitains étrangers. C'est une métropole coloniale qui s'appuie sur un lobby ethno diplomatique et financier pour imposer son diktat à un Etat dont les institutions ont formellement dit le droit, conformément à ses lois. Ce qu'aucune nation occidentale n'accepterait doit donc être imposé à une nation d'Afrique. C'est l'Afrique. Ce n'est donc pas important...

La question semblait banalement arithmétique ; elle a pris toute une dimension juridique et politique qui appelle d'autres questions :


La Côte d'Ivoire est-elle un état souverain membre de l'ONU ?

Si oui, disposerait-elle d'un arsenal juridique propre à en faire un état où se dit le  droit ?
Ces lois ivoiriennes peuvent-elles être invoquées par les Ivoiriens pour des élections en Côte d'Ivoire ?

Si tel pouvait être le cas, d'où viendrait-il qu'une métropole, fût-elle aussi amicale et aussi désintéressée que la française, s'arroge le droit de lancer un ultimatum à un Chef d'Etat que le Conseil Constitutionnel de son pays a légalement proclamé élu, en validation corrective d'une arithmétique des urnes dont il pourrait s'avérer qu'elle a été viciée par des fraudes?


Et Laurent Gbagbo de poser la seule question qui vaille à ses Pairs venus en médiation : «
Qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ?»

L'inversion du scenario habituel dessine un schéma nouveau : hier c'est un Gouverneur de colonie de souveraineté théorique qu'une métropole coloniale défendait contre un peuple spolié de sa souveraineté et subjugué au nom des intérêts de la métropole. Aujourd'hui, c'est un Chef d'Etat en revendication d'une souveraineté effective au bénéfice de son peuple qu'une métropole harcèle. La notion de souveraineté s'avère donc à géométrie variable selon que c'est un nationaliste ou un gouverneur de colonie qui en parle. Aussi y aurait-il légèreté à se hâter de signer, au nom de cette souveraineté, le moindre chèque en blanc à quelque Chef africain que ce soit, bien que la mouvance nationaliste et patriotique dont se réclame Gbagbo puisse favorablement le positionner aux yeux d'une Afrique de plus en plus lassée de ses chaînes.

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La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l'ivoire, fait du braconnage politique

Il se trouve que l'Afrique présumée «
francophone», en réalité «française», excelle dans la complaisance à revendiquer son propre maintien dans l'esclavage sociopolitique. La voici donc allègrement remise en corset et reprise en étau par ce que chacun devra sans doute reconnaître bientôt comme le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC). En somme derrière la couverture de la «Communauté internationale», l'Internationale colonialiste et néolibérale réédite ce qu'elle a perpétré depuis Berlin et Yalta, puis entre 1945 et 1960, au moment où des Africains d'avant-garde engageaient la lutte pour l'indépendance de leurs territoires et la souveraineté effective de leurs peuples.

Cinquante années après ces «
indépendances», le même lobby colonialiste s'active autour des territoires africains qui comptent : car au moment où le système économique et social de l'Occident se fissure et s'effiloche, il n'est surtout pas question de perdre ni une seule plantation, ni aucune source de matières premières ; il n'est surtout pas question de laisser les Africains penser que le Pacte Colonial pouvait être reconsidéré, encore moins rompu au nom de nul ne sait quel droit de quels peuples à disposer d'eux-mêmes.

Tant qu'une dictature tropicale laisse l'Internationale colonialiste disposer de ses territoires et de ses ressources diverses, la «
Communauté internationale», entendez les métropoles occidentales,  n'y trouve rien à redire ; au nom du Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation, elle  se hâte même de consacrer ladite dictature comme démocratie, et de la présenter comme modèle d'intelligence politique et de «sagesse» africaine. Mais qu'il se trouve un nationaliste pour s'intéresser au sort de son peuple, aussitôt s'agite le drapeau menaçant de la démocratie à l'occidentale dont l'Europe s'arroge le droit de dispenser des leçons contre ses propres  pratiques sociales et politiques parfois douloureuses et bien souvent embarrassantes de honte. La diffusion dans les médias occidentaux de la manière dont le Fils de l'autre a gagné les élections présidentielles au Gabon établit l'éthique électorale et démocratique que «la Communauté internationale» sait opportunément appliquer aux colonies d'Afrique...Quand on a su autant bâillonner sa moralité électorale et sa propre vergogne au Gabon, se montrer aussi délicat en Côte d'Ivoire relève du gangstérisme politique international!

C'est dans ce jeu que bien des gouvernements occidentaux se sont surpassés, ceux de France en tête. Mais la France n'a plus la cote. Chaque jour, elle observe qu'elle a même perdu cette cote qu'elle s'est arrogée en Afrique pendant de longs siècles d'amitié acharnée, de tartufferie politique et de séduction culturelle. Seulement, elle a beau perdre la cote, la France tient à l'ivoire. Dans sa rage d'en perpétuer le trafic, la voici  installée dans le braconnage politique et mobilisée pour y recruter ou y compromettre d'autres nations, selon cette règle du partage qui veut que les Propriétaires de notre monde se gardent de se gêner dans leurs «
chasses gardées» respectives. Il va donc y avoir des assassinats d'éléphants, l'ONU ayant pris parti contre la souveraineté d'un de ses Etats membres, au mépris tout à fait flagrant des conventions internationales qui, au bas mot, font des pachydermes une espèce en voie de disparition et comme telle protégée. Mais nous souscrivons à la déclaration d'un Collectif d'intellectuels d'Afrique et du monde : il faut empêcher toute intervention militaire en Côte d'Ivoire ; il faut sécuriser les Eléphants.

Le 2 décembre 2010, l'Elysée déclarait qu'«
il appartient désormais au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats définitifs dans le strict respect de la volonté clairement exprimée par le peuple ivoirien». Cette déclaration engageait le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire dans un tunnel sans lumière, de manière si «stricte» que la seule possibilité consentie à cette institution se résumait à reproduire ce qui semblait avoir été « clairement exprimé  par le peuple ivoirien ».  Mis en demeure de répéter ce qui lui était ainsi dicté, le Conseil constitutionnel se trouvait violemment dépouillé, par l'Elysée, de toute véritable prérogative. Le Conseil constitutionnel, organe de délibération et de décision, avait mission de valider les résultats à lui soumis par la Commission Electorale Indépendante, un organe consultatif. L'Elysée lui enjoignait de se satisfaire de la certification de l'ONU, et de renoncer à la validation dont il avait pouvoir.  Le Conseil constitutionnel ayant joué son rôle légal et statutaire, «l'homme fort» de l'Elysée s'en est pris presque physiquement au candidat proclamé élu. A croire que pour l'Elysée, le Conseil constitutionnel ne vaudrait comme institution républicaine que s'il déclarait élu le candidat dont les fraudes électorales avaient été dénoncées, et les résultats légalement invalidés dans certaines circonscriptions.

Au risque d'étonner le bon sens, même la Maison Blanche s'y est laissé tromper au prix d'une contradiction remarquée : l'on y prônait naguère une Afrique des institutions fortes par rejet d'une Afrique des hommes forts. Voici que dans un discours d'homme fort, la Maison Blanche dénonce une institution forte mise en place par un homme dont l'action, de l'avis général, et en dépit des va-t-en-guerre de son pays, tendait tant bien que mal à instaurer des institutions républicaines qui fonctionnent au-delà des hommes. La Maison Blanche pourrait bien s'être laissé compromettre par une métropole européenne qu'on surprend à dénoncer le fonctionnement des institutions qu'elle applique elle-même dans l'Hexagone,  et que sa Vème République a imposées aux colonies par assimilation institutionnelle.


Il ressort de toutes ses considérations que pour le destin de l'Afrique, et bien au-delà de sa personne, Laurent Gbagbo s'apparente à une espèce en voie de disparition. Personne ne nous fera penser ni croire qu'il est un ange. Et on peut douter qu'il revendique ce statut surhumain : c'est un homme de pouvoir ; et le risque de tout pouvoir est de se dégrader en puissance en cédant à bien des faiblesses. Mais sans nécessairement le dédouaner de ses propres insuffisances ou de ses éventuels forfaits, la vision patriotique que Laurent Gbagbo a impulsée en Cote d'Ivoire déplace la querelle : elle l'élève des simples joutes électoralistes vers l'arène nationaliste et patriotique. Thomas Sankara s'y est généreusement engagé dans son style. Un de ses amis a été armé pour mettre fin à son rêve, au nom des intérêts étrangers au Burkina Faso. On va sans doute bientôt armer un cousin africain de Gbagbo pour vous l'assassiner, ou  diligenter la Cour Pénale dite internationale mais résolument «
occidentale» pour l'embastiller. L'ONU y assistera «en toute neutralité» pour avoir, une fois encore, été instrumentalisée par une Internationale colonialiste qui s'est maquillée aux couleurs de la «Communauté internationale» dans l'illusion de masquer ses appétits. Par delà ses limites humaines, Laurent Gbagbo aura surtout commis l'abominable crime de penser ivoirien en Ivoirien, de penser africain pour l'Afrique. Il a osé s'imaginer que les Ivoiriens avaient, eux-aussi, le droit de penser leur destin, de se prendre en main et de sortir du corset colonialiste. Il a osé parler d'indépendance alors que pour certaines métropoles, la Côte d'Ivoire doit rester sous surveillance des forces d'occupation, et l'Eléphant ouest africain sous contrôle de la Licorne hexagonale...

Perception zoologique de l'Afrique dite francophone

Il n'est pas nouveau que  notre «
organisation» des Nations Unies se laisse instrumentaliser par certaines nations à veto en négation flagrante de la souveraineté de nations sans pouvoir de veto. Cette faiblesse a fait prendre bien des décisions regrettables dans bien des pays du monde. Le Cameroun par exemple n'a pas encore oublié qu'il n'a jamais été une colonie française. Il se souvient même qu'il fut une pupille des Nations unies. Mais cette organisation a abdiqué ses responsabilités de tutrice pour des raisons que seul un penchant à l'infanticide peut expliquer ; car l'ONU a plutôt sacrifié sa pupille aux intérêts de l'Internationale colonialiste, sous prétexte que la France s'était, la main sur le cœur, engagée à «conduire» le Cameroun à son indépendance, à sa souveraineté et, comme de bien entendu, à sa prospérité. Plus de cinquante années après, le Cameroun en est toujours à courir après l'effectivité de son indépendance. Les Camerounais en sont toujours à se gargariser d'une souveraineté cosmétique. Quant au développement, le monde a entendu que le discours sur l'émergence a déporté le Cameroun sur les calendes de 2035! C'est dans cette logique de report et de différé permanent que pour Pierre Mesmer, Ancien Haut-commissaire de la France coloniale au Cameroun, il fallait confier l'indépendance du Cameroun et sa gestion «à ceux qui la voulaient le moins». Plus de cinquante années après, l'ONU ne semble toujours pas pressée de savoir quel sort la France a réservé à sa pupille... S'agissant du Cameroun, les Nations Unies pourraient valablement et fort utilement organiser une plénière sur l'irresponsabilité tutorale et parentale.

Il devient donc réductionniste de se focaliser sur la personne de Gbagbo : la situation que vit la Côte d'Ivoire interpelle l'Afrique toute entière, tout au moins l'Afrique qui rêve de son indépendance réelle sur les divers plans économiques, politiques et socioculturels. Car il n'est pas de juriste, il n'est pas de juridiction qui ne puisse reconnaître qu'au plan institutionnel, la proclamation de Laurent Gbagbo comme Président de Côte d'Ivoire est incontestable.  Partout dans le monde, l'arithmétique des urnes doit attendre la validation d'une haute juridiction pour donner un visage aux électeurs, un nom au peuple, une conclusion légale aux élections. Il est surprenant que ce processus soit automatique  et respecté comme tel dans les «
grandes» démocraties du monde, et que les mêmes grandes démocraties affichent tant de myopie institutionnelle au même nom de la démocratie. Mais chacun y reconnaîtra l'éthique  «internationale» par laquelle l'Occident sut jadis organiser des croisades, bénir des  expéditions d'esclaves et exterminer des créatures de Dieu au nom de Dieu, de son Dieu à lui!

Au-delà des démissions morales et des génuflexions par lesquels certains Africains se distinguent, la crise provoquée en Côte d'Ivoire montre que dans une nation membre des Nations Unies, un Conseil constitutionnel peut se voir violemment nier toute autorité morale, toute autorité légale, et toute autorité formelle de constituer ladite nation. C'est tout à fait nouveau dans le droit international. Mais la violence de ce déni ne peut surprendre venant de ceux dont le credo est qu'il n'est de bon Nègre qu'à genoux ! Et qu'en Afrique, il n'y aura que des nations asservies, des nations de service ; et qu'il ne sera de nation reconnue que celle qui se sera conformée au diktat de l'Internationale colonialiste en souscrivant aux critères du partage du monde en zones d'influence réservées, comme le «
Pré carré», appellation agropastorale qui dit assez clairement la perception zoologique que d'aucuns ont de l'Afrique dite «francophone».

Mais le tableau s'est clarifié pour ceux qui en doutaient encore, ou qui s'imaginaient qu'il suffisait à un pays d'Afrique d'avoir un hymne, un drapeau et quelques fusils pour être reconnu comme nation souveraine : pour le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC), la bonne Afrique est l'Afrique-Plantation.  Et le «
sage» est l'Africain dont le territoire tient entre le balai et la poubelle, le tablier et la chamoisine... Avant Gbagbo, Lumumba et Um Nyobe ont voulu briser la chaîne de cet embastillement sociopolitique, économique et culturel. L'ONU a assisté impassible à leur liquidation sommaire, au nom de la paix telle que prônée par l'Internationale colonialiste. Jamais deux sans trois...

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Selon que vous serez d'Afrique ou d'Occident...

Il ne suffira cependant pas que Barack Obama ait étonné le continent africain et qu'il se soit dédit pour que raison soit donnée à un fonctionnaire de l'ONU, fort sympathique au demeurant, mais manifestement inapte à percevoir la différence de droit qui existe entre la « certification» dont il avait mandat et la «validation» des résultats dont seul le Conseil Constitutionnel avait exclusivement le pouvoir. Et ce n'est plus de l'ignorance juridique que de confondre un organe consultatif avec un organe délibératif et de décision. Car ce n'est pas par ignorance que l'ONU, par son représentant, s'est échinée à imposer les propositions d'un organe consultatif aux délibérations de la plus haute juridiction d'une nation. L'Afrique ne va tout de même pas tout le temps avoir honte à la place des autres. Car l'on semble compter sur la pudeur des Africains pour leur faire tolérer n'importe quelle incompétence.  Mais ils fonctionnent sur instructions, les fonctionnaires. C'est donc bien «l'organisation» qui s'est exprimée par la voix de M. Young-jin Choï, où il se perçoit bien que Choï n'a pas eu de choix : étant aux ordres de l'Internationale colonialiste, il aura fait son devoir en accomplissant sa besogne de mission. Aussi, n'aura-t-il pas hésité à violer la Charte même des Nations Unies qui prescrit de n'entreprendre d'action dans un pays membre que dans le strict respect des institutions et de la souveraineté dudit pays.

Mais la Charte des Nations Unies n'a pas prévu que l'organisation reconnaisse ses erreurs et fasse amende honorable. Quand on répond de l'Internationale colonialiste, on ne sait pas avoir tort. Sous la pression de l'Internationale colonialiste, les prescriptions même de la Charte ne sont plus que des balivernes cérébrales devant les intérêts géopolitiques et mercantiles à préserver. Pour cette raison, et parce qu'il s'agit d'un pays africain, les personnalités membres d'un Conseil constitutionnel cessent aussitôt d'être des juristes de qualité. Ils ne sont plus que des «proches» et des «amis» du Président. Que M. Kipré, Ambassadeur de Côte d'Ivoire en France rappelle que Michel Debré, Président du Conseil Constitutionnel de France doit, dans cette logique, n'être qu'un «proche ami» de Sarkozy, et l'on entend le journaliste Elkabach glapir: «il ne faut pas comparer !». Ainsi, selon que vous serez d'Afrique ou d'Occident, le Conseil constitutionnel sera un banal cercle de proches amis du Président ou une instance délibérative digne d'être respectée par l'ONU...

Dans le cas de la Côte d'Ivoire, la Cour Pénale Internationale se hâte de se signaler à l'opinion comme l'aile judiciaire de l'Internationale colonialiste, au risque de se pénaliser en se dégradant en Cour « occidentale» : elle qui fut d'une discrétion remarquée et d'un silence assourdissant pendant bien des génocides en Afrique, elle qui ne donna aucune suite aux requêtes de la Côte d'Ivoire sur les tueries de la Licorne, affûte déjà ses articles et ses «attendus» contre tous ceux qui auront osé penser que l'Afrique a des droits, et que ses Conseils constitutionnels sont en devoir de dire le droit en toute souveraineté...Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC) est résolument en marche. Et le Conseil de Sécurité se signale déjà comme sa branche armée, prompte à déployer des soldats pour mater la soif d'indépendance des nationalistes africains...

Tant d'indices laissent penser qu'en ce début du XXIème siècle un gouvernement mondial se met discrètement en place. Comme d'habitude, l'on aura choisi l'Afrique comme terrain de son expérimentation ; et la Côte d'Ivoire donne un aperçu de la gestion et du fonctionnement de ce gouvernement mondial. Son mode de gestion est si éloquent qu'il n'y a pas meilleure manière de dire à l'Afrique qu'elle n'y comptera pas pour grand-chose, ou pour si peu, qu'il lui faudra de puissants mégaphones pour se faire entendre. Sauf à choisir enfin de s'assumer sur la base de ses règles endogènes, de s'étudier sur la base de ses propres concepts, de s'instruire sur la base de ses propres canons et méthodes culturels pour se donner quelque chance de se reconquérir et de se réconcilier avec elle-même. Il est d'une évidence lumineuse que cette mise en perspective de l'Afrique ne sera d'aucune motivation pour les professionnels de la génuflexion, et qu'elle sera même âprement combattue par ceux des Africains qui auront été dressés au reptilisme existentiel.

C'est qu'au-delà d'un nommé Gbagbo, l'autre question de fond que la Côte d'Ivoire pose à l'Afrique est la problématique même des élections comme processus d'accès à la gestion publique. La démocratie est-elle nécessairement électorale ? Les peuples en général, les peuples d'Afrique notamment, n'auraient-ils que des élections pour se gérer en société ?

Les élections, seul outil d'accession à la gestion de la vie publique et au pouvoir ?

La culture occidentale est fondamentalement, foncièrement et essentiellement conflictuelle. Certes Héraclite d'Ephèse a étudié en Afrique avant d'établir le conflit, la lutte des contraires comme moteur du monde. L'Afrique ne conçoit cependant pas le monde en termes d'affrontement ; l'Afrique culturelle profonde conçoit le monde en termes d'intégration et de consensus. Contrairement aux contrevérités de certains touristes scientifiques qui se sont autoproclamés « africanistes», l'anthropologie africaine a des choses bien plus porteuses à enseigner dans ce domaine.

La rage d'uniformisation du monde étonne de plus en plus chez ceux-là même qui prétendaient combattre la pensée unique ; elle est exacerbée par le slogan économico-mercantile de la mondialisation, dont les institutions de Bretton Woods, l'OMC comme le FMI, constituent le bras usurier. Au nom de l'uniformisation du monde, il suffit désormais qu'un slogan soit diffusé et soutenu dans les medias « internationaux», entendez «occidentaux», pour qu'il devienne une vérité infaillible pour le reste du monde. C'est ainsi que les pays d'Afrique, hier pays du «Tiers monde»,  ou «Pays sous-développés», ont été successivement et unilatéralement rebaptisés pays «en voie de développement», puis «Pays les Moins Avancés» (PMA), puis «Pays Pauvres Très Endettés» (PPTE) et, pour demain, «Pays Emergents». L'Eurocentrisme n'a pas fini de coûter cher aux peuples d'Afrique, tant au plan économique, moral que politique. Dans ce dernier cas, l'accession à la gestion publique par les élections fait tellement problème en Afrique qu'au lieu de penser que ce sont les Africains qui sont inaptes à la démocratie électorale, il serait temps de se demander si l'urne est bien le mode socioculturel le plus approprié pour l'accession au pouvoir et pour sa gestion en Afrique.

Nous ne perdons pas de vue que si aujourd'hui l'Occident agite aussi ostensiblement le fanion des élections, il n'y a pas si longtemps que ses «grandes  nations» excluaient le vote de leur fonctionnement. Et quand l'Occident a fini par céder au principe des élections, il a fallu de nouvelles luttes acharnées pour que toutes les populations soient admises à voter. Il n'y a donc pas longtemps que certaines grandes nations occidentales ont concédé ce droit à la femme - dont le statut d'être humain n'a été toléré que fort récemment. Dans certaines «grandes démocraties» occidentales, la reconnaissance de la femme comme personne humaine a paru si révolutionnaire qu'elle a été gravée sur des stèles comme une invention exceptionnelle de l'humanité...

Si donc la démocratie se définit comme pouvoir émanant d'un peuple donné, et s'il est entendu qu'en Afrique il existe des peuples et non de simples hordes de primates, le plus distrait des touristes pourrait avoir remarqué, sauf amnésie et cécité délibérées, que l'Afrique a une longue expérience de la gestion publique et de l'accès au pouvoir.

Une certaine propension au raccourci pousse une catégorie d'Africains à renoncer à comprendre, pour s'être convaincus par facilité que les autres ont déjà tout dit, tout pensé, tout trouvé. Quand les autres auraient effectivement tout pensé et tout trouvé, ils l'auraient fait pour eux, en fonction de leur vécu à eux et de leurs attentes à eux. C'est pour cela que même le sparadrap, grande trouvaille occidentale devant l'Eternel, n'existe pas encore en couleur cacao ou café, mais se produit exclusivement en couleur rose cochon... De tels détails de notre simple quotidienneté d'infirmerie devraient inciter les Africains à réfléchir sur bien d'autres produits que l'Occident vante dans ses médias et qu'il nous propose, sous prétexte de modernité et d'ouverture, comme une panacée à nos problèmes d'Africains.

C'est dans ce contexte que des questions bien plus graves pourraient surgir : dans quelle culture ou société africaine a-t-on jamais vu 51% d'une famille humaine s'arroger le droit de régenter 49% de la même famille sous prétexte que des bouts de papiers ont été jetés dans une boîte, individuellement, séparément et en cachette? Dans quelle société d'Afrique a-t-on jamais vu une palabre se terminer hors consensus, quand le Patriarche chargé de vider un litige se fait un point d'honneur de ramener le plus radical des contradicteurs dans le cercle du consensus pour qu'à la fin, les uns et les autres partagent la cola en dégustant le vin de la réconciliation, de l'entente et de la cohésion sociale retrouvée ?

Le tropisme et l'extraversion pousseraient des décervelés à douter ! Pourtant, il va falloir, et bientôt, se résoudre à choisir : guérir du dressage et du mimétisme, ou renoncer définitivement à représenter une culture, un peuple, un continent et une histoire dont la richesse aussi piratée qu'enviée est souterrainement combattue par ceux-là mêmes qui la parasitent.  Observons déjà comme la vertu du consensus est convoitée par les adeptes des pouvoirs électoraux « modernes», issus de la démocratie électorale de 51% contre 49%. C'est bien par intention, par soif et par impatience de consensus ou de réconciliation que tout «Président élu» se hâte de déclarer qu'il sera le Président «de tous les ...». Quand bien même cette déclaration ne serait faite que du bout des lèvres, l'effort de mensonge du nouveau président est déjà en lui-même révélateur d'un fonds culturel qu'aucun Africain ne devrait se hâter d'évacuer.

Les urnes n'ont pas une histoire si lointaine que cela en Occident. Et la généralisation des élections à l'occidentale n'est encore ni un certificat de démocratie, ni une garantie de paix sociale dans les « grandes démocraties» occidentales. D'aucuns auraient bien voulu qu'il n'en fût point ainsi, mais l'Afrique profonde a des enseignements à donner au monde en matière de démocratie et de convivialité : «Le pouvoir y reposait sur un système de prise de décision collégial et consensuel. La méthode  en était la palabre, et l'instrument l'assemblée de village. Au-dessus du village, à chaque niveau d'organisation géographique, district ou région et royaume ou empire, des assemblées de délégués fonctionnaient selon le même principe de consensus. S'il y a une tradition africaine de prise de décision collective, elle est bien celle de la palabre et du consensus. Elle prend du temps, mais elle s'attache au respect de chacun et permet les décisions nécessaires à la survie du corps social». Le même auteur déplore «la méconnaissance profonde où se trouve l'Occident des modes de fonctionnement de l'Afrique (...) Tout se passe en Afrique comme si l'Occident colonisateur avait efficacement détruit une amorce de sociabilité locale que l'on peut appeler démocratie consensuelle, et n'arrivait pas à faire prendre la greffe de son produit de remplacement, la démocratie conflictuelle». (2001)

Non, il ne s'agit pas encore de Cheikh Anta Diop - Maître de puissante inspiration - mais plus prosaïquement de Michel Rocard, qu'on ne peut soupçonner d'Afrocentricité. Son titre, Pour une autre Afrique, dit à quel point les ravages de la colonisation sont réels et la lutte pour les rattraper indispensable, notamment face à des prédateurs occidentaux qui veulent bien les décrire ou les déplorer, mais dont le premier réflexe, une fois qu'ils sont au pouvoir, n'est pas nécessairement de promouvoir l'indépendance et la dignité de l'Afrique.

La raison de vivre s'érige en raison de mourir

Au-delà  d'un nommé Gbagbo, prétendons-nous, l'enjeu est l'avènement d'une Afrique autre. Ceux des enfants d'Afrique qui s'en rendent comptent et qui prennent la juste mesure des enjeux sauront que même proclamés perdants, ou à la limite assassinés, certains nationalistes patriotes seront demeurés des gagneurs. Au-delà des insuffisances, des incompréhensions ou des fautes de bibelots, la plupart auront activement œuvré au-delà de leur personne, pour l'indépendance de l'Afrique et la dignité d'une Afrique de peuples effectivement libres. Quand une cause est à ce point une raison de vivre, elle s'érige en raison de mourir. Et la gloire des nations réside dans le sacrifice de ceux de leurs enfants qui savent mourir pour leur raison de vivre. C'est ainsi que sans l'avoir recherché, certains patriotes entrent dans l'éternité de la mémoire de leur peuple.

L'Occident en général et l'Europe en particulier ont prouvé au monde qu'ils savent se déchirer dans des querelles ethniques et des conflits ethno économiques. La Shoah en est l'un des exemples les plus déshumanisants. L'unité de l'Europe n'a donc pas fini de se chercher. Sans doute va-t-elle enfin se trouver grâce à l'Afrique dont la même Europe occulte curieusement la saignée et l'holocauste négrier. Cette Europe esclavagiste et déchirée par ailleurs va sans doute reconquérir son unité grâce à une Côte d'Ivoire qu'un certain Laurent Gbagbo s'efforçait de réunifier. Il restera  frappant que l'Europe en quête de sa propre unité n'ait pas hésité à aggraver l'éclatement d'une nation africaine pour défendre les intérêts d'un pays d'Europe. Et c'est de cette Europe ethnique, fort violemment intéressée, que l'Afrique devra recevoir des leçons d'éthique politique et humaniste ! Le malaise que l'Afrique éprouve vient de ce que l'Europe ne semble pas avoir, pour elle-même déjà, maîtrisé les leçons qu'elle veut bien dispenser ou, à l'occasion, imposer au reste du monde : élection n'est point synonyme de démocratie. Et en Afrique, la démocratie électorale ne saurait se satisfaire du décompte numérique des Commissions dites indépendantes qui ne garantissent aucune crédibilité à cause du voile de suspicion dont les contextes de leur création les couvrent.

Ne nous demandons plus où sont passées toutes ces nations indépendantes africaines qui ont  célébré ou qui s'apprêtent à célébrer leurs «indépendances». L'Afrique aveuglée par extraversion politique n'a pas perçu le calcul d'une Europe aux voix discordantes par ailleurs, mais dont la Côte d'Ivoire accélère subitement l'unanimité. La cause est sans doute entendue, mais l'unanimisme occidental ne sera pas une leçon de démocratie pour l'Afrique du XXIème siècle. Cet unanimisme suspect confirme que pour les intérêts de l'un des leurs, l'Europe a résolu de faire corps et chorus, d'étouffer toute velléité de liberté en Afrique, quitte à installer au pouvoir ceux-là même qui, la veille, ont mis à feu et à sang le pays qu'ils s'impatientent aujourd'hui de gouverner. Ils seront sans doute au gouvernement ; mais quel gouvernail tiendront-ils ? La Côte d'Ivoire ne s'expose-t- elle pas au risque d'être gérée par procuration, par un simple gouverneur colonial aux ordres de la Sainte Union de l'Europe coloniale ?

L'unanimisme européen aura cependant atteint son objectif : entraver l'unification d'une nation en passe de panser ses blessures, et en faire un territoire ingouvernable. Cette manière qu'a l'Internationale colonialiste de se croire indispensable à l'Afrique crée de nombreux emplois pour l'Europe ; mais l'ingouvernabilité de la Côte d'Ivoire ne profitera à aucun Africain. Il est possible qu'elle ne profite même pas à l'Occident. Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation l'instaure activement par fébrile avertissement à tout autre dirigeant africain qui aurait des démangeaisons de liberté et des velléités de souveraineté. Des morts, l'on en compte déjà. Mais qu'est-ce qu'un  génocide de plus pour la machine coloniale ? L'histoire de l'Europe est d'une richesse écarlate : l'on y apprend que l'Europe sait toujours comment multiplier les fosses communes pour se faire de l'espace chez les autres. Mais pour avoir cautionné ce flagrant déni de souveraineté en Côte d'Ivoire, l'ONU a gagné en déshonneur et en dépréciation. Il devient de peu d'intérêt que l'ONU y ait été poussée par une Europe manœuvrière désireuse de recoller provisoirement ses propres morceaux. En ce XXIème siècle naissant, l'Afrique en charcuterie aura néanmoins servi à unir l'Europe dans une Internationale colonialiste sous protection de l'ONU...

On n'arrête pas le progrès. Et le progrès que le XXIème siècle s'apprête à enregistrer s'observe en Afrique, par la Côte d'Ivoire : la «Communauté internationale» aime désormais  si profondément l'Afrique qu'elle se mobilise sans calcul pour y imposer son mode de sélection des dirigeants, au nom de cette liberté, de cette démocratie et de cette humanité que, pendant de longs siècles, la même Communauté internationale a brutalement niées à l'Afrique. Ce vaste renversement de programme est un peu tardif ; mais par cette prestidigitation, d'aucuns espèrent gommer des siècles de cet esclavage, de ces massacres et de ces spoliations dont l'Occident refuse de parler par négationnisme et refus de toute repentance. A travers la Côte d'Ivoire, l'Occident déclare à l'Afrique un amour si subit, si débordant et si tyrannique qu'il ne veut surtout pas que de pauvres Africains se noient dans leurs barils de pétrole, s'intoxiquent à l'uranium et s'aveuglent à l'éclat de leurs carats d'or ou de diamants. La «Communauté internationale» veut tellement le bien de l'Afrique qu'elle tient, pour ainsi dire coûte que vaille, à soulager le continent du poids écrasant de ses diverses dictatures : minières, forestières et politiques. Les principaux inspirateurs et acteurs de génocides africains tiennent tellement à libérer l'Afrique de ces dictateurs qu'ils en intronisent certains potentats dans le voisinage même de ceux qu'ils conspuent ou liquident, et dont le crime est d'avoir tenté de redonner quelque respectabilité à la «négraille inattendument debout» (Césaire). Mais quand l'Afrique n'aurait su produire que des dictateurs, il convient de retenir qu'à dictature égale, seule l'option nationaliste et patriotique compterait désormais pour l'Afrique. Et l'Afrique qui aspire à compter a reçu le message : soit se résigner à servir de plantation et de réserve de matières premières aux propriétaires autoproclamés du monde, soit travailler à définir elle-même, pour elle-même, ce qu'il lui conviendrait de progrès.

Le progrès de l'Afrique ne semble pas avoir la démocratie électorale pour levain ; au-delà des urnes, ce progrès se perçoit et se construit dans une convivialité consensuelle en adéquation avec les fondements anthropologiques de la culture africaine. L'Afrique croisera son destin sans le rencontrer si, par paresse intellectuelle ou par démission politique, ses enfants souscrivent à cet unanimisme contre nature par lequel la «communauté occidentale» autoproclamée «internationale» par maquillage de ses préoccupations matérielles, manœuvre pour que l'uniformisation du monde à son profit exclusif passe pour un noble souci d'harmonisation profitable à tous.

Les dettes de liberté se paient en monnaie de vie. On sait quel prix Toussaint Louverture dut payer dans le Jura français pour avoir voulu libérer Saint Domingue devenue Haïti. L'encerclement fut total et asphyxiant pour la première république noire. Il fallait démontrer que les Nègres ne pouvaient pas, et ne pourraient jamais assumer un destin autre que l'esclavage. Deux siècles après, le même schéma se reproduit, mais en terre africaine et de manière plus subtile, l'Internationale colonialiste ayant excipé de la démocratie électorale pour perpétrer l'embastillement d'une autre république noire en quête d'indépendance.

L'histoire africaine est d'une richesse pédagogique inépuisable. A chacun de nous d'en tirer ses propres leçons, pour l'avenir des Peuples d'Afrique - qui se conjugue au présent, au-delà d'un nommé Gbagbo.

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Par Pr. Charly Gabriel Mbock,  in La Nouvelle Expression (Cameroun), le 21 janvier 2011



Signez la pétition contre la participation de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Union africaine (cliquer sur) :

PETITION DU WEB

 

 

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

LES CAMEROUNAIS SE PRONONCENT SUR LA CRISE IVOIRIENNE

Les camerounais au sujet de la crise post-électorale en CI.

 

L'avis des Africains compte dans la crise post-électorale Ivoirienne. Cette vidéo illustre bien le sentiment des Camerounais

face à cette crise.

Cliquez sur l'image pour la visualiser

cmrci


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LA ZONE UEMOA DANS L'ORNIERE DE LA CRISE IVOIRIENNE

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Avec l'avènement de l'Euro et l'arrimage du Franc CFA à cette monnaie, le débat sur l'avenir de la Zone Franc a  alimenté de nombreuses interrogations et des inquiétudes se sont posées quant au sort de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Ce sujet reste actuel  depuis la crise post-électorale en Côte d'Ivoire.  Le franc CFA fortement critiqué  par une nouvelle classe de l'élite africaine, pourrait voler en éclat si les pays de la zone UEMOA ne dissocient pas les questions économiques de celles qui ne les regardent pas.  Notre conviction est que l'UEMOA ne doit pas se mêler des questions de souveraineté des pays membres.

Pour développer ce point de vue, nous définirons d'abord l'union monétaire  afin de fixer son domaine d'application.

Ensuite, il faudra présenter brièvement les organes et les objectifs de l'UMOA afin de circonscrire ses responsabilités.

Enfin, nous pourrons dire ce que l'UEMOA est et ce qu'elle n'est pas.


  1. DEFINITION D'UNE UNION MONÉTAIRE

L'existence de l'Union monétaire Ouest-Africaine (UMOA) regroupant huit pays (Benin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) est une bonne initiative qui vise à atténuer en Afrique de l'Ouest le phénomène de balkanisation monétaire.

En effet, après trois décennies de gestion monétaire commune, les États membres de cette union monétaire ont éprouvé le besoin de renforcer leur intégration économique, par la création de nouvelles institutions et dispositions (avec la création de l'Union économique et monétaire de l'Afrique de l'Ouest en Janvier 1994), reconnaissant ainsi que l'union monétaire ne suffit pas, seule, pour réaliser les gains potentiels d'une totale intégration économique. L'intégration économique est perçue comme un processus par lequel s'établissent des interdépendances structurelles entre les économies nationales sous forme d'échanges croissants de marchandises, de capitaux, de main-d'œuvre, sous la forme d'une conjugaison de politiques économiques, de projets réalisés en commun et sous la forme également de règles juridiques homogènes sur l'espace communautaire. L'UEMOA fait des avancées significatives dans le sens de l'harmonisation de ses politiques monétaires et budgétaires. Elle a même conçu une nomenclature budgétaire commune, des politiques fiscales et douanières communes et surtout défini des critères de convergence.

Depuis le début des années 60, l'intégration économique et monétaire a suscité un grand intérêt pour les analyses mettant en évidence les conditions de constitution d'une zone monétaire optimale. La question qui revient souvent, est la reconnaissance des critères de détermination d'une zone monétaire optimale ou les conditions dans lesquelles un groupe de pays a intérêt ou non à maintenir un régime de changes fixes entre leurs différentes monnaies ou à opter pour une monnaie unique.

Notre objet ici n'est pas d'insister sur la non optimalité de cette zone monétaire vu que le sujet fait l'objet de nombreuses études (Ondo Ossa, 2000).

Dans tous les cas, nous en parlerons brièvement mais à ce stade de notre texte, il est question de donner la définition de l'union monétaire.

Il ne faut pas confondre  zone monétaire et système monétaire. Cet avertissement a été donné par  Michel LELART[1], pour qui,  une zone monétaire "est un espace géographique au sein duquel une monnaie nationale est utilisée. Elle est née de pratiques, d'habitudes, de mécanismes; elle est essentiellement une construction empirique qui s'est précisée par L'usage". Tandis qu'un système monétaire "est un ensemble de règles fondées sur des principes bien établis et acceptés par certains pays aux termes, le plus souvent, d'un accord ratifié par tous.

L'accord peut prévoir qu'une monnaie nationale aura un rôle particulier, il peut aussi prévoir la mise en place d'une monnaie nouvelle créée et gérée par une institution supra - nationale ".

Par système monétaire, il faut entendre l'ensemble des institutions et organisations qui participent à l'administration de la monnaie. Un système monétaire est défini par des dispositions législatives, réglementaires, voire coutumières.  En  général, ces dispositions ont pour objet de fixer : (a) d'une part les conditions d'émission de la monnaie, c'est-à-dire les conditions dans lesquelles la monnaie est créée et circule, (b) d'autre part les conditions de fonctionnement des organismes qui émettent de la monnaie et assurent sa circulation.

En définitive, NSOULI, S.M., (1981) nous dit qu'union monétaire est  caractérisée par "l'émission d'une monnaie commune unique dont la circulation se fait librement entre les pays membres et par la création d'une autorité monétaire centrale chargée de regrouper les réserves de devises de tous les pays membres et de décider de la politique monétaire"[2].

Après ces différentes définitions, il nous faut à présent présenter l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA).


  1. LA PRESENTATION DE L'UNION MONETAIRE OUEST-AFRICAINE

L'UMOA a été instituée par le traité du 12 mai 1962. Les premiers Etats signataires étaient, la Côte d'ivoire, le Dahomey, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal.  L'UMOA regroupe à l'heure actuelle huit Etats a savoir le Benin, le Burkina Faso, la Cote d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Togo et le Sénégal. Apres la dévaluation de 1994, les pays de l'UMOA ont signé le traité de l'union économique : l'UEMOA. La politique monétaire et la politique de change de l'union sont régies par la banque centrale communautaire, la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest).

Depuis 1975, les pays de l'UEMOA sont également, avec sept autres Etats (le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone), membres d'une communauté économique plus large : la CEDEAO. L'objectif principal du traité de la CEDEAO est la promotion d'une union économique et monétaire dans l'ouest-africain.

L'UMOA est une organisation d'États africains indépendants, persuadés que l'exercice en commun de leur souveraineté monétaire les aidera à mieux assurer un développement harmonieux de leurs économies respectives.

Avant d'être l'UEMOA, l'UMOA était dotée d'organes de décision comme la Conférence des chefs d'États, le Conseil des  Ministres, la BCEAO et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

Au sein de l'UEMOA, l'article 16 définit les organes de l'Union qui sont constitués par :

- la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement, telle que définie à l'article 5 du

Traité de l'UMOA,

- le Conseil des Ministres, tel que défini à l'article 6 du Traité de l'UMOA,

- la Commission,

- le Parlement,

- la Cour de Justice,

- la Cour des Comptes.

Des organes consultatifs et des institutions spécialisées autonomes concourent également à la réalisation des objectifs de l'Union.  C'est l'article 4 qui fixe les objectifs de l'UEMOA.  Il est écrit dans cet article :

Sans préjudice des objectifs définis dans le Traité de l'UMOA, l'Union poursuit, dans les conditions établies par le présent Traité, la réalisation des objectifs ci-après :

a) renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres dans le cadre d'un marché ouvert et concurrentiel et d'un environnement juridique rationalisé et harmonisé ;

b) assurer la convergence des performances et des politiques économiques des États membres par l'institution d'une procédure de surveillance multilatérale ;

c) créer entre les États membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d'établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ;

d) instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, par la mise en œuvre d'actions communes et éventuellement de politiques communes notamment dans les domaines suivants : ressources humaines, aménagement du territoire, transports et télécommunications, environnement, agriculture, énergie, industrie et mines ;

e) harmoniser, dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement du marché commun, les législations des États membres et particulièrement le régime de la fiscalité.


  1. CE QUE L'UMOA EST ET CE QU'ELLE N'EST PAS

Concernant le strict domaine de ses compétences, nous l'avons déjà noté, une zone monétaire unique devrait à long terme se traduire par une amélioration du bien-être des populations des pays concernés. En s'appuyant sur les avantages de la communauté de monnaie déjà existante, le projet de l'UEMOA s'est engagé à établir un véritable espace intégré, géré comme une union économique à part entière. Les États membres souhaitaient avoir des interdépendances plus fortes, avec la consolidation de la monnaie commune et l'assainissement du cadre macroéconomique.

Dans la perspective, le projet de l'union doit faciliter la mobilité des personnes, les échanges de biens, de services et des capitaux. La mobilité des personnes doit s'accompagner de la suppression de toute discrimination sur le marché du travail à l'égard des travailleurs des autres pays de la zone.

En s'inspirant de l'expérience de l'Union européenne, les pays de l'UEMOA, par Acte additionnel n°4/99 de la Conférence des chefs d'État  et de gouvernement, ont adopté en plus d'autres règles de discipline collective dans le cadre d'un pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité, et des règles. Le tableau suivant regroupe ces règles classées en deux catégories : les critères de premier rang, dont le respect est impératif, et les critères de deuxième rang, qui s'apparentent davantage à des recommandations.


UEMOA : les critères du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité pour fin 2002

Critère de premier rang

Solde budgétaire de base/PIB               ≥ 0%

Taux d'inflation annuel moyen (IPC)     ≤ 3%

Encours dette extérieure et intérieure/PIB   ≤ 70%

Variation des arriérés de paiement extérieurs    0

Variation des arriérés de paiement intérieurs   0

Critère de deuxième rang

Masse salariale/ recettes fiscales      ≤ 35%

Investissements sur ressources intérieures/ recettes fiscales  ≥ 20%

Déficit extérieur courant hors dons/PIB         ≤ 5%

Taux de pression fiscale (recettes fiscales/PIB)     ≥ 17%


Source : UEMOA (Acte Additionnel n° 04/99 de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement-articles 18 et 19).

 

L'UEMOA a pour mission  de faire en sorte qu'il y ait une intégration des politiques économies, ce qui nécessite d'ailleurs le respect des critères de convergence. Ce point de vue repose sur l'idée défendue par des auteurs comme Beetsma et Bovenberg (1995)[3], qui insistent sur le besoin de convergence en matière de politiques budgétaires et de politiques structurelles (gestion de la dette publique, flexibilité du marché du travail et efficacité du système fiscal). La convergence en question est de deux ordres : nominale et réelle.

La convergence nominale, qui étudie l'évolution des variables coûts et prix, ainsi que leurs déterminants sous-jacents (taux d'intérêt, taux de change et ratios de finances publiques) ;

La convergence réelle dont le champ d'étude est le rapprochement des niveaux de vie et/ou l'atténuation des différences structurelles entre pays. Elle s'analyse généralement sous structurelles entre pays. Elle s'analyse généralement sous l'angle de rattrapage économique.

Les efforts de l'UEMOA doivent tendre vers l'érection d'une zone monétaire optimale. En effet, selon  McKinnon (1963)[4], "on peut appeler zone monétaire optimale un groupe de pays aux échanges de marchandises fortement intégrés, autorisant la libre circulation des facteurs et ayant des monnaies effectivement convertibles".

La théorie des zones monétaires optimales a été introduite par Mundell (1961)[5], puis renforcée par McKinnon (1963) et Kenen (1969)[6]. Une zone monétaire est optimale quand les couts de renonciation au taux de change comme instrument d'ajustement à l'intérieur de la zone sont compensés par les gains résultant de l'adoption d'une monnaie commune ou d'un régime de changes fixes. Autrement dit, elle constitue une aire ou des mécanismes autres que la modification des taux de change, permettent de dissiper les déséquilibres provoqués par des chocs asymétriques. En général, cette optimalité est facilitée par :

-          la mobilité de la main-d'œuvre entre les pays considérés ;

-          la flexibilité des salaires ;

-          l'importance du commerce réciproque entre les pays ;

-          le degré de diversification  de la production ;

-          les similitudes des profils d'inflation.

En dépit de la  modestie du nombre d'illustrations que nous avons, il est prouvé par des études sérieuses que la zone UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale. Si elle existe elle est le reflet de la volonté des pays membres de vivre la solidarité.  Si tel est le cas, il est incompréhensible que l'UEMOA fasse de la politique en s'ingérant dans les affaires intérieures d'un État comme c'est le cas avec la Côte d'Ivoire.

L'UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale selon les critères théoriques. Les investigations empiriques tranchent difficilement l'existence d'une zone monétaire optimale (Ondo Ossa (2000))[7]. En effet, les analyses ont montré que les pays de l'UEMOA sont peu interdépendants quand il s'agit d'échanges intra-régionaux et de la mobilité des facteurs de production. De plus, du fait de la spécialisation des systèmes productifs (le coton pour le Burkina Faso et le Mali, le cacao pour la Cote d'Ivoire, etc.), les économies de l'UEMOA subissent les affres de la conjoncture extérieure. En effet, les grands pays exportateurs dans le commerce intra UEMOA sont la Côte d'Ivoire et le Sénégal qui ont exporté vers la zone respectivement 11 et 6,5% de leurs exportations totales entre 1990 et 2003 (Boogaerde et Tsangarides, 2005)[8]. En 1999, les exportations  de la zone UEMOA en direction de cette même zone n'atteignaient que 12% et les importations 10%.

Selon les statistiques de la Commission Economique pour l'Afrique (1999), les parts moyennes des exportations et des importations de l'UEMOA dans le commerce mondial entre 1988 et 1997, sont respectivement 0,14% et 0,15% environs. Malgré l'avantage offert par la monnaie commune, l'UEMOA demeure encore une zone économique peu intégrée au plan commercial. En effet, la part de leurs échanges réciproques dans leur commerce intérieur est assez faible, l'essentiel de leurs transactions commerciales se faisant surtout avec les pays de l'OCDE. Par exemple, selon la source pré-citée, les parts moyennes des exportations intra-UEMOA sur ses exportations totales et des importations intra-UEMOA sur ses importations totales durant la même période, sont respectivement de 6,01% et 6,31 %.

En dépit de l'absence de statistiques et d'études scientifiques, sur la base d'une simple  observation, nous pouvons soutenir qu'il n'y a pas davantage de mobilité intra- régionale dans la zone UEMOA que vis à vis de l'extérieur , tant pour ce qui est de la main d'œuvre qu'en ce qui concerne les flux financiers ou d'investissements directs.

On peut dire également qu'il existe des différences notoires de performances macroéconomiques entre les pays de l'union, ce qui rend fragile l'économie de la zone dans le long terme. On note une incohérence globale entre les politiques budgétaires nationales et la politique monétaire commune, mais aussi le manque de flexibilité des coûts de production et des prix, la mobilité insuffisante des biens et services à l'intérieur de la zone et la faible diversification des économies et leur grande vulnérabilité à des chocs exogènes.

Dans le cadre de l'UEMOA, la monnaie unique n'a pas suivi un processus d'intégration Économique réelle, mais plutôt a été une donnée de l'histoire coloniale. En effet, dans le cadre plus élargi de la zone franc, les rapports économiques et monétaires entre la France et ses colonies ont été organisés par touches successives afin de favoriser la colonisation, puis, après 1929, de faciliter sous la pression de la crise économique et des événements politiques internationaux, la constitution d'un ensemble économique visant à une certaine autonomie.

Il est vrai que l'UEMOA  ne résulte pas d'une évolution d'une zone monétaire symétrique, elle a  suivi un  processus d'intégration opposé à celui de l'union européenne.

Nous venons de voir que l'UEMOA n'est pas une zone monétaire optimale. Cette organisation ne fait rien pour rendre cette zone optimale mais elle trouve des ressources pour s'inviter dans l'arène politique là où on l'attendait sur le « ring économique ».

En effet, sept ministres des finances de l'UEMOA ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO d'autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au non de ce pays ».  Ce même Conseil a renchéri pour décider « d'instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire d'effectuer les mouvements sur les comptes en son nom ».

Depuis fin novembre, une crise politique oppose le président Laurent Gbagbo et le Dr Alassane Ouattara qui est reconnu par l'étranger comme le président ivoirien « légitimement élu ».

Il est clair que l'UEMOA a outrepassé ses prérogatives en prenant des positions politiques.  L'article 15 du traité de l'UEMOA stipule que « Les Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions nécessaires afin d'éviter que le fonctionnement de l'Union ne soit affecté par les mesures que l'un d'eux pourrait être amené à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l'ordre public, de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre ». Jamais, il n'est demandé à l'UEMOA de juger qui est président ou pas.

Le Conseil des Ministres n'a pas mandat d'invalider la signature d'un président de la république.  Le Conseil des Ministres de l'Union Monétaire exerce les fonctions qui lui sont dévolues par l'article 20 qui dit clairement que « Le Conseil des Ministres de l'Union assure la mise en œuvre des orientations générales définies par la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement ». Et il revient à la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement définit les grandes orientations de la politique de l'Union (Article 17).

Aujourd'hui tous les économistes s'accordent pour dire  que  le seul critère qui milite en faveur d'une union monétaire reste celui de la solidarité. La solidarité devient ainsi la condition nécessaire et suffisante d'optimalité.

ONDO OSSA  (2000) définit la solidarité comme une communauté de responsabilités et d'intérêts qui traduit un sentiment qui pousse deux économies à se pOI1er assistance. Elle se mesure à l'aptitude d'un pays à accepter le coût de la gestion d'un autre. Tout pays membres d'une zone solidaire est redevable des actes posés par les autres membres, autrement dit de leurs excédents et déficits.

Être solidaire ne signifie pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'un pays  car ceci est une atteinte à sa souveraineté. Or  c'est pour les questions politiques et de souveraineté, que les Ministres des Affaires Etrangères siègent au Conseil des Ministres de l'UEMOA (Article 23).

L'UEMOA mène un combat qui n'est pas le sien car une union monétaire recouvre une monnaie commune à plusieurs  États souverains qui, aux termes  d'un accord multinational, partagent la responsabilité de sa gestion.

Mais cette association monétaire préserve l'individualité de chaque État dans la gestion de la monnaie et du crédit qui trouve son expression dans :

-          l'existence de comités monétaires nationaux ;

-          la différenciation des signes monétaires,

-          des mesures d'individualisation de caractère comptable et administratif,

-          une personnalité monétaire internationale.

Pour sauver cette fragile union, il serait judicieux pour l'UEMOA de s'abstenir de déclarations politiques aux conséquences insoupçonnées.

 


Dr Prao Yao Séraphin

Economiste, Analyste politique, Enseignant-Chercheur.

Président du MLAN

praoseraph@yahoo.fr



[1] LELART, M., (1986, pl) cité par GERARDIN, H. ; GERARDIN, H.(l989), La Zone Franc: Histoire et Institutions, Ed. l'Harmattan, Paris, ome 1, 239p.

[2] NSOULI, S.M., (1981, pp41-42), cité par GERARDIN, H., opcit.

[3] BEETSMA, R.M. et BOVENBERG, A.L.(1995), «Designing Fiscal and Monetary Institutions for a European Monetary Union», CEPR Discussion Paper, n° 1303, London.

[4] Mc KINNON, RI.(l963), «Optimum Currency Areas», Ameriean Economie Review, September, pp 717 - 725

[5] Mundell, R. A. (1961a), ≪ A Theory of Optimum Currency Areas ≫, American Economics Reviews 51, 509-517.

[6] Kenen (1969) "The Theory of Optimum Currency Areas : An Eclectic View", in Monetary

Problems of International Economy, Mundell R. et Swoboda A.K. (Ed.), Chicago, University of Chicago Press, pp. 41-60

[7] Ondo Ossa A. (2000) "Zone monetaire et crise de change : le cas de la zone franc africaine", mimeo, decembre 2000, pp. 359-410.

[8] Boogaerde van den P. and Tsangarides C. (2005), "Ten Years After the CFA Franc Devaluation: Progress Toward Regional Integration in the WAEMU", IMF Working paper, WP/05/145.

PIERRE ALAKA ALAKA: «LA FRANCE VA PERDRE 65% DES RESERVES EN DEVISES DE LA COTE D'IVOIRE»

 

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Président de la Société africaine de finances publiques et droit fiscal, de l'Association française des docteurs en droit, section du Cameroun et spécialiste des questions fiscales et financières, cet expert fiscal hors hiérarchie opine sur les conséquences de la création d'une monnaie souveraine la Côte d'Ivoire, ainsi que le processus de sa survie.



Est-ce que la Côte d'Ivoire est capable de créer sa monnaie à l'heure actuelle, compte tenu de sa population et de son économie ?

Cette question pose tout le problème de la lutte africaine pour son indépendance économique, cinquante ans après les indépendances dites politiques. S'agissant du cas précis de la Côte d'Ivoire, à 40% de l'économie de l'Uemoa, premier producteur mondial de cacao, un sol et
un sous-sol riches, et une population décidée et volontaire, il me semble que ce pays est capable de créer sa propre monnaie.

Le facteur nombre d'habitant joue-t-il dans la création d'une monnaie ?

Oui et non. Oui, parce que la population implique la consommation qui sous-tend les échanges ; Non parce que la bonne tenue de l'économie et la discipline budgétaire sont les facteurs majeurs de la création monétaire. Des petits pays comme le Ghana, Maurice etc... ont des
monnaies, sans pour autant être des pays très peuplés.

Dans quels délais cette création peut-elle se faire ?

La création monétaire exige une réflexion qui peut prendre du temps lorsqu'il s'agit d'une monnaie communautaire. Ça peut être le cas pour un pays lorsque, en période de paix, on souhaiterait changer de cap. Mais dans la situation ivoirienne actuelle, il ne s'agit pas d'une question de délais, mais de survie. Bloqué et acculé de toute part, au bord de l'asphyxie, chaque peuple est capable de miracles. La Côte d'Ivoire a, par cette voie, les moyens de résister à l'adversité et de conquérir son indépendance économique. Dès lors les délais ne comptent plus.

Quelles peuvent être les conséquences de la création sur l'économie ivoirienne, la zone franc et sur la sous-région ?

Les conséquences sont multiples mais bénéfiques pour la Côte d'Ivoire. La France va perdre 65% des réserves en devises de la Côte d'ivoire, du fait de sa sortie de la zone franc. Ceci permettra de déverrouiller le système d'exportation en le sortant du monopole quasi institutionnel de la France, pour l'orienter vers un pays de son choix, dans un partenariat gagnant-gagnant. La France perdra ainsi les soldes créditeurs ivoiriens dans son Trésor et concurremment, le financement de ses déficits budgétaires d'autant et ça peut la desservir face à l'Allemagne au niveau de l'Euro. La sous-région perdra la Côte d'Ivoire, qui est pour l'UEMOA, ce que le NIL est pour l'Egypte. Tous les autres pays autour de la Côte d'ivoire vont connaître des difficultés et peuvent être tentés de rester sourds aux sollicitations étrangères, et poussés par la grogne de leurs populations, ils pourraient à moyen terme suivre l'exemple de la Côte d'Ivoire à défaut de bénéficier d'un surcroît d'effort financier de la France.On comprend que l'économie ivoirienne va sortir de la dépendance et profiter aux Ivoiriens et surtout aux Africains qui pourront y trouverle nouvel eldorado continental.

Cette monnaie peut-elle permettre à la Côte d'Ivoire d'être souveraine sur le plan économique ? Dans quelle mesure ?

La monnaie est l'expression première de la souveraineté d'un Etat et le reflet de son économie. Si vous n'avez pas votre propre monnaie, votre souveraineté est entre les mains de celui qui gère votre monnaie, ainsi que votre économie. C'est le cas des pays de la zone CFA avec la France. En créant sa monnaie et en la maintenant par une bonne discipline budgétaire et fiscale, un environnement sain des affaires, en la faisant gérer par des personnes compétentes et qualifiées, il n'y a pas de doute que ce pays deviendra le futur éléphant d'Afrique. Ceci implique une bonne gestion de ses ressources humaines, une mise à mort de la corruption, une justice indépendante, et un esprit patriotique majoritaire sans faille. Il y a donc lieu de voir ce pays se mettre au travail, car le travail est le fondement de la monnaie.

Dans quelle mesure cette monnaie peut-elle survivre ?

Le premier obstacle à la monnaie de tout Etat qui sortirait de la zone Cfa, est la France, qui a peur de perdre le Compte d'opérations qui lui procure un trésor de guerre impressionnant. La Côte d'Ivoire devra se préparer à affronter la guerre informatique qui viendra exacerber les dysfonctionnements de son système informatique dans des secteurs clés de la finance. Ensuite, on peut remettre à la Côte d'ivoire ce qui a été fait à la Guinée de Sékou Toure, avec la fausse monnaie qu'on tentera d'introduire dans son circuit financier à travers ses voisins. La parade est simple : il va falloir que les ivoiriens soient disciplinés, travailleurs, compétitifs. Le pays doit investir dans la formation technique, informatique et stratégique des jeunes pour le moyen et le long terme. Les ivoiriens doivent rester dignes et fiers de leur pays et mettre en avant le souci de l'intérêt général. Il va falloir rappeler toutes les compétences de la diaspora dans les secteurs stratégiques. Le deuxième obstacle reste l'instabilité politique qu'il faut absolument régler, pour que ce pays ne perde plus dix années à juguler la rébellion. Et c'est là où je m'interroge sur l'attitude de la France : hier lorsqu'il y avait un coup d'Etat militaire en Afrique qui renversait un régime démocratiquement élu, c'est RFI qui nous parlait à longueur de journée du nouvel homme fort. Aujourd'hui, en admettant même que le Président Gbagbo ait perdu (ce à quoi, je ne crois pas), pourquoi ne pas admettre qu'il est toujours l'homme fort par un coup d'Etat constitutionnel sans effusion de sang !! Sachant que c'est lui qui détient l'effectivité du pouvoir !!! Si on m'objecte que l'époque a changé, alors le président français aurait dû avoir l'élégance de l'annoncer au sommet France-Afrique de Montreux, comme le Président Mitterrand l'avait fait pour le multipartisme à la Baule. Il faut savoir que la sécurité qui implique la paix et la stabilité des institutions, lorsqu'elle est ébranlée, n'arrange pas la bonne tenue de la monnaie, si la Banque Centrale n'est pas indépendante de ces facteurs. Il y a donc lieu de transformer urgemment la Banque communautaire actuelle en Banque centrale ivoirienne. C'est une révolution qu'il faut mener tambour battant. Il faut la dépolitiser pour la techniciser afin de lui laisser sa matière.

La monnaie doit-t-elle être obligatoirement « coachée » par une grande monnaie ?

Il n'y a pas de grandes monnaies ni de petites monnaies ; il y a la monnaie et l'économie qui supporte cette monnaie. La notion de grande monnaie participe de ce que j'appelle les idées reçues, qui ont embrigadé la nouvelle élite des indépendances quasi analphabète économiquement. La monnaie est l'expression de la souveraineté de l'Etat, de sa force économique et de sa discipline budgétaire. Peut-être que ces conditions n'étaient pas remplies au moment des indépendances et les pères fondateurs aient été contraints de signer des accords de "protection", qui ont accouché d'une monnaie de la communauté française d'Afrique (CFA). Aujourd'hui, il ne me semble pas que ces données aient dompté le temps. En créant sa monnaie, la Côte d'Ivoire va asservir le Cfa des pays voisins et par conséquent, pourrait afficher une monnaie qui absorberait le Cfa dans le marché des échanges compte tenu de sa puissance économique dans la sous-région. Si cela venait à se produire à moyen terme, le pays pèsera sur la balance et la coopération égalitaire pourrait reprendre avec la France, après le départ du Président Sarkozy ou même pendant sa présidence. En politique tout est possible. Et alors, son indépendance et sa souveraineté pourraient être célébrées, et voir apparaître enfin un ETAT ivoirien. Mais tout ça nécessite une volonté affirmée du peuple ivoirien, car ce que le peuple veut, Dieu le veut.


vendredi, 21 janvier 2011

ETATS-UNIS: INVALIDATION DE DEUX SERMENTS FAITS HORS CADRE

SESSIONS ET KIRPATRICK.jpg

TOUT EST PERMIS EN « NEGRITIE »

A Washington, l'on s'active à corriger une erreur de procédure, invalidant donc tous les votes passés depuis mercredi par Messieurs Pete SESSIONS (député réélu du Texas) et Mike KIRPATRICK (député nouvellement élu de la Pennsylvanie). Ces deux législateurs n'étaient pas physiquement présents dans le hall de l'Assemblée lors de la prestation de serment des députés de la 112e session du Congrès. Ils se trouvaient plutôt à une réception célébrant leur élection. Ayant vu sur un écran de télévision que leurs collègues prêtaient serment, ils se sont approchés de l'écran et ont levé la main pour se joindre à la cérémonie et participer à la prestation.

Cette anomalie n'a été détectée que plus tard, après que les deux parlementaires ont voté plusieurs fois au Congrès. Pour corriger cette erreur procédurale, le Congrès des Etats-Unis à voté (257 contre 159) pour supprimer les votes de Messieurs SESSIONS et KIRPATRICK. La cause ? Ils ont prêté serment dans un endroit non indiqué pour la circonstance et en l'absence de l'autorité et du décorum prescrits par la constitution.


Tiens ! Cela me rappelle une certaine Commission électorale, dans un certain hôtel, passé un certain délai, nommant un certain président. Que voulez-vous ? On nous rétorquera qu'en « Négritie » (entendez un état d'esprit et non un Etat) tout est permis.

 

Source : Autres Médias

Dernière Mise à jour : 10 janvier 2011

 


Publié sur le site : FRINDETHIE

50ÈME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE PATRICE LUMUMBA

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Patrice Eméry Lumumba


On commémore aujourd'hui le cinquantième anniversaire de la disparition d'un grand héros panafricain. Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier 1961, a été assassiné dans le Katanga après avoir été renversé avec la complicité des services américains et belges. Ses discours enflammés contre l'«impérialisme» et pour l'«unité africaine» avaient enthousiasmé le continent. A tel point que son tombeur, le maréchal Mobutu, avait dû le réhabiliter quelques années plus tard. Le souvenir de Lumumba reste cher aux yeux de nombreux congolais, même ceux qui ne l'ont pas connu de son vivant. Par Christophe Boisbouvier.


RFI : Qui est Lumumba pour vous ? Un surdoué de la politique, un idéaliste, un naïf ?

Isidore Ndaywel : Lumumba est d'abord pour moi le père de l'Indépendance. C'est l'homme qui a le plus donné de lui-même, pour que le Congo devienne indépendant. Et ensuite c'est quelqu'un qui a payé de sa vie. Il incarne le nationalisme congolais.


RFI :
Donc pour vous c'est un martyr de l'Indépendance ?

Isidore Ndaywel : C'est un martyr de l'Indépendance. Tout à fait.


RFI :
Alors qui a tué Lumumba ? Mobutu ? Tshombé ? Les Occidentaux ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'on ne va pas prendre des raccourcis. On sait qu'il y a toute une coalition, essentiellement occidentale, avec des intermédiaires, évidemment, qui sont des Congolais.


RFI :
Donc pour vous les vrais décideurs de son assassinat sont à Washington ? A Bruxelles ? C'est ça ?

Isidore Ndaywel : Absolument. Les choses sont de plus en plus claires. C'est fondé sur des informations fiables. Il y a des publications intéressantes, notamment cet ouvrage du Belge Ludo de Witte « L'assassinat de Lumumba, Khartala, 1999 »... On a donc confirmation, et on voit même un peu plus clair dans tout ce qui a pu se passer.


RFI :
Est-ce que les Français ont joué un rôle ?

Isidore Ndaywel : Peut-être pas directement, mais de toute façon, dès que la sécession Katangaise est déclarée, il va y avoir des mercenaires français.


RFI :
A l'époque c'était la guerre froide. Est-ce qu'en se rapprochant de Moscou, Lumumba n'a pas commis quelques imprudences ?

Isidore Ndaywel : Ce n'est pas attesté qu'il se soit vraiment rapproché de Moscou. Mais il avait un franc-parler pour dire : « Si nous n'avons pas le soutien voulu, alors nous allons nous tourner vers l'Union soviétique ».

Nous savons très bien que lorsqu'il a eu des problèmes lors de la mutinerie de la force publique, sa première démarche a été de se tourner vers les Etats-Unis ! Mais nous savons que le président Eisenhower n'a pas voulu le recevoir. Il a même fait le voyage jusqu'aux Etats-Unis.

Nous savons également que toutes les promesses qui avaient été faites du côté soviétique, l'envoi des avions Iliouchine, etc, il n'y a rien eu. Et Lumumba s'est retrouvé seul. Mais il y a eu cet effort suicidaire, de tout de même essayer de réduire la sécession katangaise.

Et je pense que c'est dans cette démarche, dans cet effort, que non seulement il a trouvé la mort, mais c'est grâce à son sacrifice également que la sécession katangaise, finalement, sera résolue, puisque la sécession n'aura plus son bouc-émissaire. Et l'« ONU » et la Communauté internationale, devra bien reconnaître que puisque le « communiste » n'est plus en vie, il n'y a plus de raison pour justifier la sécession du Katanga.


RFI :
Est-ce que le drame de Lumumba, justement, ce n'est pas d'avoir été le héros de l'Indépendance d'un pays très grand et très riche ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'il en était conscient. Il a été broyé par la guerre froide. Tout ça c'était nouveau, et la guerre froide, et le fait que le Congo devienne le terrain favori de la guerre froide, et finalement cette expérimentation de la présence des Casques bleus quelque part dans le monde.


RFI :
De tous les chefs d'Etat qui se sont succédés depuis 1960, quel est celui qui suivi ses traces ?

Isidore Ndaywel : Bien entendu, c'est Laurent-Désiré Kabila, puisque c'est un projet de jeunesse. C'est quelqu'un qui a été fortement révolté par ce qui s'est passé. Et finalement il s'est décidé à poursuivre ce combat, poursuivre cela à sa manière. Et voilà que, quarante ans après, il disparaît dans les mêmes conditions.


RFI :
Est-ce que les différents chefs d'Etat qui se sont succédé n'ont pas essayé de récupérer le mythe Lumumba, justement ?

Isidore Ndaywel : Oui, mais cela me paraît assez normal, parce que les hommes politiques cherchent à avoir un point d'ancrage par rapport à l'icône. Je dois dire également, le parti politique, comme l'« UDPS », le parti d'Etienne Tshisekedi.

RFI : Mais justement, à force d'être récupéré par tant de partis, par tant d'hommes politiques, est-ce que le mythe Lumumba n'est pas en train d'être dénaturé ?

Isidore Ndaywel : Je ne pense pas. Il y a la pensée politique de Lumumba. Il y a des éléments clés de cette pensée, qui restent des éléments de base, notamment le primat de l'unité nationale sur tout autre élément. Et ça n'a pas été étonnant d'ailleurs, que nous ayons retrouvé ailleurs, comme notamment chez Thomas Sankara, l'insistance à des slogans comme « La patrie ou la mort. Nous vaincrons », qui étaient des slogans de Lumumba. Ce qui démontre que d'ailleurs son « nationalisme » était à la fois congolais et africain, africain-congolais, tout cela allait ensemble.


NOTE :

Interview d'Isidore NDAYWEL réalisé par Christophe BOISBOUVIER.
Isidore NDAYWEL est auteur d'« Histoire générale du Congo »,
ouvrage publié chez « Afrique Editions ».



ECOUTEZ LES EMISSIONS SUR PATRICE LUMUMBA, CLIQUEZ SUR LES TITRES CI-DESSOUS:


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Emission La marche du monde du 16/06/2006 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:29)

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Emission Mémoire d'un continent du 16/08/2010 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:30)

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Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (1/2) (durée : 2631)

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Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (2/2) (durée : 19:31)



Source: NERRATI.NET

APPEL DES INTELLECTUELS D'AFRIQUE ET DE LA DIASPORA POUR LA PAIX EN COTE D'IVOIRE

PORTAIL APPEL POUR LA PAIX EN CI.jpg

La Côte d'Ivoire ne doit pas devenir un nouveau Rwanda, un nouveau Congo des années 60 ou un Biafra du XXIème siècle ! Puisse cet appel guider de quelque sagesse l'ensemble des initiatives qui foisonnent au chevet d'une situation ivoirienne aux bords de l'explosion. Cet appel s'adresse directement aux Ivoiriens, Africains, aux décideurs de l'ONU, de l'UE, des puissances étatsunienne et française, de l'UA et de la CEDEAO, qui pourraient, par leurs actions, précipiter la Côte d'Ivoire et, peut-être, la sous-région ouest-africaine vers l'irréparable. Qu'ils sachent que le meilleur aussi - le choix de la paix - est entre leurs mains.

Le risque d'une guerre interminable, d'un génocide, d'une trainée supplémentaire de morts et de millions de victimes, femmes, enfants, démunis, désarmés, pauvres, faibles, n'est pas à exclure si les propensions belligènes devaient tenir plus longtemps le gouvernail des décisions collectives.

En effet, si l'on s'en tenait aux menaces, admonestations, harangues et analyses exclusivement partisanes, c'est à grand peine que l'option, la seule et véritable option, celle de la paix pour tous, parviendrait à émerger du dédale des passions déchaînées, tensions extrêmes et partis pris plus ou moins fondés, qui traversent l'espace politique ivoirien.

En particulier, ceux des observateurs, amis, frères, travailleurs culturels, intellectuels, diasporas qui de loin s'interrogent ou orientent les débats, hors des fourneaux surchauffés de la quotidienneté électorale, de la partition du pays, des souffrances, exactions, frustrations, imposées depuis une décennie de tractations politiques nationales et internationales, devraient fournir un effort consistant de dépassement des émotions premières qu'une situation politique à la limite de l'embrasement excite au paroxysme.

Si l'expérience pouvait servir, elle rappellerait les trop nombreux théâtres et désastres humains convoyés par la guerre et ses conséquences sur le continent africain plus que jamais convoité par ses élites prédatrices comme par les gigantesques intérêts géostratégiques - Chine, Occident, Inde, Pays émergents, capitaux spéculatifs, anciens colonisateurs. Une succession de tragédies africaines parvenues à défigurer, mutiler, affamer, déchiqueter, une humanité si riche, généreuse et avide de jouer sa partition dans un monde construit sur son exploitation.

Depuis 2002, la Côte d'Ivoire est divisée en deux par une rébellion armée, que les accords internationaux, mettant en jeu les protagonistes ivoiriens, la France, l'UA, l'ONU, la CEDEAO, le président du Burkina Faso, l'Afrique du Sud, devaient mener au désarmement comme préalable à toute élection. Ce qui ne fut pas le cas et conduisit à des élections à l'issue contestable par nature. Ces mêmes protagonistes, en plus des initiatives alternatives ivoiriennes, africaines, diasporiques et internationales, devraient désormais s'abstenir de prôner le recours suicidaire à une force qui ne résoudra rien, et qui ne lèvera pas les suspicions d'agendas cachés d'une « Communauté internationale » sous d'autres cieux plus réservée sinon étrangement absente. Les ingérences étrangères, africaines ou occidentales, les traditionnelles implications de l'ancienne puissance colonisatrice, la France, devraient procéder à une réorientation radicale de leur logique, privilégiant toutes les issues pacifiques, à commencer au besoin, par leur abstention pure et simple.

Au moment où les autorités européennes et américaines exhortent leurs ressortissants à quitter la Côte d'Ivoire, les Etats africains devraient davantage s'atteler à la recherche d'une issue pacifique, préservant l'intégrité du pays et les vies humaines, ivoiriennes, africaines et non africaines présentes dans le pays.



Paix pour les Ivoiriens, Paix pour l'Afrique.
Non à un nouveau Rwanda,
Non à un nouveau Congo des années 60,
Non à un Biafra du XXIème siècle,
Non à un nouveau Libéria,
Non à une réédition des guerres fratricides angolaises,...



Source : APPEL POUR LA PAIX EN CI.ORG

DECLARATION DE LA JEUNESSE SENEGALAISE SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

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Mesdames, messieurs,


Depuis plusieurs jours, des événements post-électoraux secouent la République de Côte d' Ivoire.

La propagande internationale extra-africaine a créé le trouble dans les esprits, en prenant parti, exclusivement, pour un camp au point de suggérer le recours à la force armée pour régler un conflit purement politique.

Après les ultimatums de toute nature en direction du gouvernement ivoirien, après des sanctions dites «ciblées » contre des officiels ivoiriens, voilà venir le temps des canonnières avec cette particularité où les boulets, la mèche et l'étincelle sont mis entre les mains des gouvernements ouest-africains.

En effet, des puissances extra-africaines, ne souhaitant pas se salir les mains, ont fait pression sur des gouvernements de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), soit disant réunis en Sommet, afin que ceux-ci mettent sur pied et à exécution un recours à la force militaire pour tenter de résoudre ce différend ivoirien postélectoral qui, nous le répétons, demeure politique.

Précisons que, à propos de Sommet, c'est essentiellement, le Sénégal, le Nigeria et le Burkina qui, par la présence effective de leurs présidents ont poussé à la roue et pensent pouvoir lancer le processus alors que chacun d'eux est confronté à des problèmes sérieux de démocratie chez lui.

Pour l'heure, nous observons que le gouvernement du Ghana a refusé officiellement, d'envoyer des troupes dans une éventuelle ECOMOG appelée à attaquer la Côte d'Ivoire. Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes du Sénégal félicite le Ghana pour sa prise de position sage, indépendante et constructive.

Comme toute la jeunesse de Côte d'Ivoire, y compris celle du PDCI-RDA, les Jeunesses Socialistes se déclarent hostiles à toute agression militaire contre le peuple Ivoirien. Celle qui est projetée sera source de malheurs, de mort d'innombrables civils ivoiriens, de profondes blessures de toute nature, de dégâts matériels incommensurables, tandis qu'elle ne règlera nullement le conflit en cours.

Notre Mouvement exhorte tous les chefs d'Etats de la CEDEAO à imiter l'exemple ghanéen, à renoncer, immédiatement, à cette aventure insensée et à privilégier l'intermédiation diplomatique, pacifique et politique.

D'ores et déjà, le Mouvement National des Jeunesses Socialistes exige de M. Abdoulaye Wade et du gouvernement sénégalais de s'abstenir de tout envoi de troupes dans une quelconque ECOMOG destinée à agresser militairement le peuple frère de Côte d'Ivoire. II ne doit jamais être dit que de jeunes militaires sénégalais sont allés tuer leurs frères, leurs sœurs, leurs tantes, leurs oncles ivoiriens qui ne leur ont rien fait. C'est le moment pour nous de rappeler que plus d'un million de sénégalais vivent en paix en Côte d'Ivoire depuis plusieurs générations et qu'une quelconque participation des forces armées sénégalaises à une « soit disant » force d'intervention internationale, exposerait de fait nos compatriotes.

Ces temps-ci, l'Afrique de l'Ouest a connu de sérieux cas de difficultés politiques dont le coup d'état constitutionnel du Général Tanja au Niger (suppression du Conseil constitutionnel ; Référendum pour prorogation du mandat présidentiel) et pourtant la CEDEAO n'a jamais prôné l'envoi d'une force militaire.

Au total, les Jeunesses Socialistes du Sénégal condamnent toute opération militaire dans ce dossier ; car, préfigurant une guerre évidente. Ils en appellent à la Paix, non seulement dans l'intérêt des populations innocentes ivoiriennes, mais aussi dans celui de la sous-région Afrique de l'Ouest dans son ensemble.


Fait à Dakar, le 04 janvier 2011


Le Mouvement National des Jeunesses Socialistes.


(Source : Point de presse du 4 Janvier 2011).

In Le Filament N° 12 du 15 janvier 2011


Consulter le site : LE FILAMENT.INFO

LA MORT DE LAURENT GBAGBO: POUVIONS-NOUS FAIRE AUTREMENT ?


LAURENT GBAGBO.jpg

Il n'est pas question de politique fiction. Il ne s'agit pas non plus de revenir sur le contentieux électoral en Côte d'Ivoire. D'autres l'ont déjà fait ici ou ailleurs. Il est question du sort d'un pays, la Côte d'Ivoire et au-delà d'un continent, l'Afrique.

« A mes enfants que je laisse et que je ne verrai plus, je voudrais dire que l'avenir du Congo est beau. J'attends de vous, comme de tous les Congolais, d'accomplir votre devoir sacré. »

Cette dernière lettre de Patrice Lumumba, écrite dans la province de Katanga, quelques heures avant son exécution, nous parvient cinquante ans plus tard.

Elle nous interpelle, non pas parce que le projet d'assassinat de Lumumba fut rédigé par la Belgique et les Etats-Unis, avec la complicité des Nations unies, mais parce qu'il fut exécuté par des Congolais, des Africains.

L'incapacité des Nations unies à régler les conflits n'est pas nouvelle. Cela s'est vu en Irak et au Rwanda notamment, avec au bout des millions de morts. Que Messieurs Ban Ki Moon et Choi se rassurent, la Côte d'Ivoire, ne leur offrira pas ce triste spectacle.

Etats-Unis d'Afrique vs Afrique de la coopération

Pauvre Afrique, pauvre continent. Plusieurs décennies plus tard, des milliers de kilomètres plus loin, se réécrit le scénario katangais. Un très mauvais polar d'une expédition punitive encouragée pour rétablir la « démocratie » dans ses droits dans un petit pays.

Afrique mon continent, tu ratais à Addis-Abeba en 1963, lors de la création de l'OUA, un tournant décisif. Et au bout de ce virage manqué, des millions de morts.

En effet au moment de la constitution de cette organisation, deux thèses s'affrontent. D'un côté, l'Afrique panafricaine et révolutionnaire des Nkrumah et Jomo Kenyatta, partisans d'une Afrique fédérale, les Etats-Unis d'Afrique. L'Afrique de la rupture avec les anciennes puissances coloniales.

Et de l'autre, l'Afrique des modérés d'Houphouët et Senghor, adeptes d'une confédération dans laquelle devraient s'exprimer la souveraineté des Etats et l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation. L'Afrique de la coopération.

Et si la conférence d'Addis-Abeba a, dans une forme de mixture des deux thèses, adopté les trois principes fondamentaux suivants : l'africanité, la négation du colonialisme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la pratique et le temps ont joué en faveur des modérés.

Les mises en garde de Kwamé Nkrumah n'y ont rien changé. Il estimait que si l'Afrique ne parvenait pas rapidement à une véritable unité, les différences et les conflits entraîneraient le continent tout entier dans les filets du néocolonialisme. Avait-il tort ?

L'Afrique se cherche de nouveaux héros

On reproche souvent à notre génération de regarder de façon nostalgique le passé. Autour de nous, il est vrai, les Nkrumah, Senghor, Lumumba, Sankara, Moumié ne sont plus là. En ces temps de disette, l'Afrique se cherche de nouveaux héros. Et hormis Nelson Mandela, les nouveaux mythes africains se font désirer.

Si pour couronner le tout, interdiction est faite de regarder dans le rétroviseur, il ne reste plus que l'écriture d'un présent imparfait, et l'espoir d'un futur commun plus que parfait.

Eluder à Addis-Abeba, 48 ans auparavant, le débat entre révolutionnaires et modérés revient comme un boomerang sur la scène politique ivoirienne et oppose les héritiers d'Houphouët à Laurent Gbagbo. Et espérer voir enfin triompher les thèses de Nkrumah n'est pas faire injure au père de la nation ivoirienne.

Dos au mur, Gbagbo ne peut plus reculer

Gbagbo est ce qu'il est, avec de redoutables qualités mais aussi ses défauts. Le voir ainsi acculé, honni, menacé mais résister, seul face à la puissante communauté internationale, avec autant de courage, suscite en Afrique beaucoup de sympathie et de respect à son égard. Mais ce n'est pas suffisant, Laurent Gbagbo ne peut se contenter d'une forme de « panafricanisme de résistance » ; il doit aller plus loin.

Dos au mur, il ne peut de toute façon plus reculer. L'occasion est belle de solder cet héritage colonial. De renier ses symboles qui pèsent encore sur les frêles épaules des jeunes nations africaines. Et il n'est pas seulement question de la présence militaire française en Afrique.

Gbagbo n'est plus reconnu, par la communauté internationale, comme président de la Côte d'Ivoire ? Il peut devenir le premier président de l'Eburnie. Nkrumah et Sankara l'ont fait avant lui. The Gold Coast est devenu le Ghana, le 6 mars 1957. La Haute-Volta est devenue le Burkina Faso, le 4 août 1984. La Côte d'Ivoire peut devenir l'Eburnie, terre d'ivoire, terre de nos ancêtres.

Il n'a plus la signature à la BCEAO ? Gbagbo peut sortir du franc CFA - franc des anciennes colonies d'Afrique - et s'allier par exemple à ce grand pays voisin le Ghana en vue d'une union monétaire.

Un gouvernement d'union nationale avec Ouattara

Les chantiers qui attendent nos pays, notre continent, sont immenses. Pour cela, avec Ouattara, il doit entamer un dialogue direct ou négocier un gouvernement d'union nationale. Et si un troisième tour est nécessaire pour parvenir enfin à cette réconciliation en Côte d'Ivoire, allons-y sans hésitation. C'est au bout de la nuit que renaissent la lumière et l'espoir.

« Combien de temps passerons-nous à pleurer nos mythes ? Combien de temps devrons-nous encore compter nos morts ? » s'exclamait récemment un ami de la mouvance « houphouétiste ».

Il n'a pas tort mais, sur les bords de la lagune ébrié, s'écrivent l'avenir d'un pays, et peut-être celui d'un continent. Cet avenir ne concerne pas les seuls Ivoiriens, c'est aussi celui des Camerounais, des Gabonais, des Congolais, des Angolais, des Burkinabés, des Sénégalais, de tous les Africains.

« La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? » écrivait le célèbre penseur antillais Frantz Omar Fanon. Il est de notre devoir de faire en sorte que le titre de cette contribution ne soit pas dans cinquante ans à la une d'un quotidien africain. Autrement, notre continent aura encore perdu un demi-siècle dans de stériles querelles intestines.


Par Anicet Djéhoury, Essayiste ivoirien, le 19 janvier 2011.



Source : RUE89

L'ARGENT PEUT-IL RESOUDRE LES PROBLEMES DE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE ?

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PAS DU TOUT. Le problème en Afrique n'a jamais été le manque d'argent, mais plutôt l'incapacité à exploiter l'esprit africain. Imaginez un cultivateur de bananes dans un village rural d'Afrique avec un toit qui fuit et qui coûterait 100 $ à réparer. Si quelqu'un achetait pour 100 $ de ses bananes, l'agriculteur aurait le pouvoir et le choix de déterminer si le toit qui fuit est sa priorité de dépense. D'un autre côté, si on lui donnait 100 $ à titre de subvention ou de prêt pour réparer le toit, son choix serait limité à ce que le donateur voit comme une priorité. Sur 960 millions d'Africains dans 53 Etats, il y a les innovateurs et les entrepreneurs qui, s'ils sont récompensés par le marché, se pencheront sur les défis auxquels fait face le continent.

Si l'argent était la clé pour résoudre les problèmes, les banques enverraient des agents dans les rues pour fournir de l'argent aux personnes dans le besoin. Mais les banques n'offrent de l'argent qu'à des personnes qui ont réussi à traduire leurs problèmes en opportunités. Une aide britannique de 7 millions de $ à 228 éleveurs de Samburu au Kenya en 2002 ne les a pas empêché de se transformer en pauvres en 2007. L'argent en soi est neutre. Des montants importants d'argent considérés comme du capital ont conduit les stratèges (qui dépeignent l'Afrique comme prise au piège dans un cycle de pauvreté) à plaider en faveur de flux massifs de capitaux comme le seul moyen de sortir de la pauvreté. Au contraire, voir l'argent comme une valorisation, une création, un effet résultant de l'échange entre différentes parties, offre une occasion de traduire les problèmes africains en opportunités.

Comme Lord Peter Bauer l'a très bien fait remarquer : « l'argent est le résultat de la réussite économique et non pas une condition préalable.» Comment les Africains peuvent-ils s'engager dans des activités qui mèneront à la réussite économique? La clé est de transformer la mentalité des 50% de la population africaine de moins de 20 ans afin qu'ils se focalisent sur la conversion des problèmes de l'Afrique en opportunités. En Afrique aujourd'hui, il y a des occasions d'affaires pour nourrir 200 millions de personnes sous-alimentées, tuer des milliards de moustiques provoquant le paludisme qui menacent la vie d'environ 500 millions de personnes, et développer les infrastructures.

L'Afrique a un capital énorme sous forme de ressources naturelles qui comprennent le pétrole, l'énergie hydroélectrique, les diamants, l'uranium, l'or, le cobalt, 70% du coltan mondial et 34% de sa cassitérite. Le coltan et la cassitérite sont stratégiques dans la production de téléphones cellulaires, d'ordinateurs portables et autres produits électroniques. Si les Africains employaient le pouvoir de la raison, l'industrie mondiale des téléphones portables, qui débite 25 téléphones cellulaires par seconde, fournirait une énorme source de revenus aux pays respectifs; élargissant ainsi leurs choix possibles.

Mettre l'accent sur l'esprit humain africain comme capital permettra de traduire les ressources en richesses, contribuant ainsi à résoudre les problèmes de l'Afrique. L'utilité et la valeur de l'argent ne seront générées que par des réponses rationnelles aux défis qui interpellent le continent à travers l'échange de produits et de services au niveau du village, au niveau national, continental et international.

James Shikwati est le fondateur et directeur du Inter Region Economic Network et chef de la direction de la revue The African Executive business magazine.

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C'EST CE QUE JE PENSAIS... mais plus maintenant. Il y a cette maxime éculée qui dit : Si vous détenez un marteau dans la main, tout problème ressemble à un clou. Qu'advient-il alors, quand tout ce que nous tenons dans nos mains est un carnet de chèques ? L'approche «chéquier» du développement suggère que les nations pauvres ne peuvent pas développer les compétences nécessaires pour résoudre leurs propres problèmes. Il y a, cependant, une exception notable.

Le président du Rwanda, Paul Kagamé, m'a appelé à son bureau pour l'aider à renforcer les capacités du secteur privé et améliorer la compétitivité des exportations. Je l'ai informé que la somme d'argent et le temps qu'il avait budgétisés ne permettraient pas de réaliser à la fois mon travail et d'assurer la formation des Rwandais. Il me raconta l'histoire : quand il eut enfin accumulé assez d'argent pour régler les arriérés de salaire de ses troupes qui se battaient pour mettre fin au génocide, il leur  demanda si, à la place, il pouvait utiliser l'argent pour acheter des hélicoptères afin de mettre fin à la guerre plus rapidement. Pas un seul soldat ne s'y opposa.

Le Président Kagamé acheta les hélicoptères à des pays, à la condition qu'ils fournissent également des pilotes. Il a ensuite persuadé les pilotes d'effectuer des missions en territoire ennemi, et, en même temps, de former les Rwandais au pilotage. Sa tactique, dans un pays sans routes et aux milles collines, abrégea la guerre, et sauva des vies.

Chaque nation a besoin d'argent pour moderniser et améliorer la vie de ses citoyens, et c'est d'ailleurs positif quand une nation riche aide une nation pauvre après une catastrophe naturelle, ou pour répondre à un besoin humain fondamental. Mais, trop souvent, quand une nation aide une autre, cela est basé sur une injection massive de capital financier soumise à un changement des politiques monétaire, commerciale, d'investissement, budgétaire, sectorielle et salariale. Il s'agit souvent de bons conseils non dépourvus de compromission. La nation riche devient décisionnaire alors que la responsabilité de l'avenir d'une nation doit toujours rester entre les mains des citoyens de cette nation, et non celles de conseillers étrangers, et certainement pas celles de créanciers et de bailleurs de fonds.

Cette approche «chéquier» du développement confond compassion et générosité avec une sur-responsabilité pour les êtres humains. Explicitement ou implicitement, le donneur leur dit comment faire fonctionner leur pays, et ce processus, sans le vouloir, peut priver les citoyens des pays émergents de leur bien les plus précieux - la dignité et l'autonomie.

Le Rwanda reçoit peu d'aide étrangère. Les dirigeants de la Banque mondiale m'avaient présenté, avec plusieurs autres experts, au Président Kagamé et avaient promis de payer le coût de notre travail, mais ils avaient besoin de deux ans pour réaliser le programme, et le Rwanda ne pouvait pas attendre deux ans. Le Président Kagamé comprenait que la pauvreté détruisait les pierres angulaires de la société de son pays : la tolérance, la confiance, les aspirations et l'espoir. Il décida de payer nos salaires à partir du produit de son programme de privatisation, mais il a exigé que l'on commençât immédiatement, et que nous le remboursions, si nous ne faisons pas ce à quoi nous nous étions engagés. Il requit en outre : « Je veux que vous soyez comme ceux qui pilotaient les avions et formaient les Rwandais». J'ai demandé: «Voulez-vous que je vous aide à tuer l'ennemi, aussi?» Il a répondu : «Je veux que vous m'aidiez à tuer la pauvreté.»

Le Rwanda n'a pas d'argent, mais c'est une nation qui souhaite s'émanciper du fatalisme rampant souvent favorisé (mais de manière non intentionnelle) par des personnes dites bienveillantes. Son leadership a eu le courage de contester les hypothèses sous-jacentes de l'aide internationale, et cela a conduit à une croissance de près de 20% par an des salaires de subsistance dans ses principaux secteurs d'exportation. La responsabilité de son propre avenir repose entièrement sur les épaules des hommes et des femmes de son pays. Pas un seul Rwandais n'objecte.

Michael Fairbanks est le co-fondateur de la OTF Group, et le SEVEN FUND, qui accorde des bourses pour les solutions d'entreprise à la pauvreté.

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NON. En fait, après cinquante ans de tentatives et 600 milliards de dollars d'aide, avec une hausse presque nulle du niveau de vie en Afrique, je peux défendre la réponse «non» de manière assez ferme. Les avocats de l'aide parlent des solutions peu coûteuses comme les sels de réhydratation orale à 10-cents qui permettraient de sauver un bébé mourant de maladies diarrhéiques, le médicament contre le paludisme à 12-cents qui sauve quelqu'un atteint du paludisme ou les moustiquaires à 5 $ qui les empêchent de contracter le paludisme en premier lieu. Pourtant, malgré l'afflux de l'argent de l'aide, deux millions de bébés sont encore morts de maladies diarrhéiques en 2009, plus d'un million sont encore morts du paludisme, et la plupart des victimes potentielles du paludisme ne dorment toujours pas sous des moustiquaires.

De toute évidence, l'argent seul ne résout pas les problèmes. Ce qu'il faut au contraire, ce sont des entrepreneurs dans les domaines économiques, social et politique qui soient responsables, par exemple, de s'assurer que les médicaments arrivent aux victimes, plutôt que des slogans magnifiques pour des solutions administratives qui ne sont que des véhicules publicitaires servant à augmenter encore plus l'argent levé pour des bureaucraties de l'aide inefficaces. Les entrepreneurs seraient responsables des résultats, contrairement aux bureaucrates de l'aide et aux politiciens des pays riches qui font des promesses dont personne ne les tient pour responsables.

Quant à faciliter le développement en Afrique, la libre entreprise est le véhicule qui a fait ses preuves pour échapper à la pauvreté partout ailleurs (voir la Chine et l'Inde plus récemment) et il est tout simplement condescendant de prétendre que cela ne fonctionnera pas en Afrique. L'espoir de l'Afrique vient davantage de quelqu'un qui, comme l'homme d'affaires Alieu Conteh, a lancé avec grand succès en plein chaos de la guerre civile, une entreprise de téléphones cellulaires en République démocratique du Congo, que de célébrités défendant l'aide comme Bono. Les Africains sont loin d'être condamnés à demeurer les pupilles impuissantes de riches donateurs : les libertés économiques et politiques du cru permettront aux Africains eux-mêmes de résoudre leurs propres problèmes.

William Easterly est professeur d'économie à l'Université de New York, conjointement avec Africa House, et co-directeur de l'Institut de recherches pour le développement à NYU. Il est également membre non-résident du Center for Global Development à Washington, DC.



A Templeton conversation, in templeton.org / French translation from unmondelibre.org



Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

jeudi, 20 janvier 2011

UN JOURNALISTE FRANÇAIS CONFESSE: «QUELQUE CHOSE NE VA PAS»


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Quelque chose commence à se troubler dans le discours médiatique concernant la Côte d'Ivoire. Une interrogation se répand dans l'opinion : tout n'est peut-être pas aussi simple qu'on l'a cru dans cette affaire. Jusqu'alors, nous pensions tous la même chose : vaincu par les urnes ; désavoué par une majorité d'électeurs ; condamné par la communauté internationale unanime, Laurent Gbagbo s'accrochait coupablement au pouvoir, au risque de provoquer un carnage dans le pays. Tout cela relevait, en somme, d'une figure classique : celle du satrape exotique prêt, faute de mieux, à lancer ses « escadrons de la mort » à la trousse des opposants. La cause paraissait donc entendue.

La France comme l'Amérique et l'Onu avaient d'ailleurs reconnu en Alassane Ouattara le vrai vainqueur du scrutin, c'est-à-dire le président légitime. Plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, du même avis, se disaient prêts à intervenir militairement pour chasser le mauvais perdant du pouvoir. Je dois dire que c'est justement cette unanimité qui, depuis le début, m'a dérangé. J'ai pensé à une sage tradition juive, citée par Emmanuel Levinas dans l'une de ses « Leçons talmudiques » : si tout le monde est trop vite d'accord pour condamner un prévenu, alors mieux vaut le libérer, car tout jugement unanime est suspect. (...).»

Il reste qu'une interprétation simpliste de la réalité ivoirienne ne tient plus la route. Bornons-nous à quelques remarques. Plusieurs journaux, dont notre confrère Le Monde, ont publié des cartes détaillées du résultat des élections. Elles montraient clairement que la Côte d'Ivoire était coupée en deux. Battu dans la moitié nord (musulmane) au prix de certaines fraudes, Gbagbo reste très majoritaire dans le Sud chrétien, y compris à Abidjan. Cela signifie qu'une opération militaire du clan Ouattara au Sud - et à Abidjan - serait forcément sanglante.

Le personnage le plus va-t-en-guerre, Guillaume Soro, n'est autre que l'ancien chef de la rébellion du Nord, le « Premier ministre » de Ouattara. Le rappel de cette complexité géographique liée à des réalités ethniques et religieuses m'a incité à chercher d'autres points de vue que ceux de nos grands médias. J'ai consulté le blog d'une consœur spécialiste de l'Afrique dont je respecte depuis longtemps la compétence : Colette Braeckman, du Soir de Bruxelles. Sans blanchir de ses responsabilités Laurent Gbagbo, elle insiste sur quelques vérités dérangeantes. Je cite en vrac : les résultats électoraux « globaux » ne sont pas si clairs que cela ; le jeu des grandes sociétés occidentales en Côte d'Ivoire l'est encore moins ; plusieurs pays africains commencent eux-mêmes à douter et, comme le Ghana voisin, refusent à l'avance d'intervenir militairement.

Citant le chercheur Michel Galy, animateur de la revue « Culture et conflits » et bon connaisseur de la Côte d'Ivoire, Colette Braeckman met donc les Occidentaux en garde. En cadenassant le discours dominant sur une vision simplificatrice des choses, on risque d'échauffer un peu plus l'opinion et, au bout du compte, de favoriser une logique massacreuse qui paraît s'éloigner mais peut resurgir à tout moment. Ajoutons qu'on exacerbe ainsi le sentiment « anti-étranger » qui pourrait bien, un jour, réconcilier les deux camps ivoiriens, mais à nos dépens.


Source: GBAGBO.CI

CRISE POST-ELECTORALE IVOIRIENNE: DES CHARS ET DES SOLDATS BURKINABE ET SENEGALAIS A BOUAKE



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Bouaké, le fief de la rébellion ivoirienne est depuis quelques jours, le théâtre d'intenses manœuvres de déstabilisation orchestrées par les Présidents burkinabé et sénégalais. Ce ne sont plus des rumeurs. La menace est bien réelle. Depuis le mardi 18 janvier 2011, la ville de Bouaké est en effervescence. Et pour cause, 12 chars de combats, 5 camions de transport de troupes, 5 véhicules avant-blindés et 5 porte-chars, sont arrivés dans la ville de Bouaké, fief des rebelles.

Ces engins de la mort ont été accompagnés par 400 soldats burkinabè et 300 soldats Sénégalais. Cette force spécialement débarquée dans la capitale de la Vallée du Bandama, a été convoyée sous le label ECOMOG pour incessamment faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Les choses sont désormais claires et les Ivoiriens savent à partir d'aujourd'hui, les pays qui ont ouvertement déclaré la guerre à leur pays. Il s'agit du Sénégal et du Burkina Faso. Les Ivoiriens ne doivent pas s'étonner de voir les soldats des pays frères tels que le Sénégal et le Burkina Faso, s'engager dans une telle aventure qui leur sera sans doute fatale.

Nous sommes déjà en guerre depuis que les troupes de l'ONUCI tirent à balles réelles sur des Ivoiriens. Le peuple doit rester soudé et uni derrière son Président démocratiquement élu, SEM. Laurent Gbagbo pour faire barrage à l'imposture. Les Ivoiriens savent aussi que, les pays qui font la guerre à leur pays ont un grand nombre de leurs ressortissants ici en Côte d'Ivoire. Nous sommes en guerre et chaque Ivoirien où il se trouve, doit avoir en esprit qu'il est en puissance un soldat. La population doit aider les Forces de défense et de sécurité (FDS), en dénonçant les collaborateurs ivoiriens qui seraient tentés d'héberger les rebelles. Vous devez savoir une chose. Les soldats étrangers ne nous feront pas de cadeau. Ce sont des tueurs sans cœur qui débarqueront avec la ferme intention d'exterminer le peuple Ivoirien. C'est la guerre. Ce sont des Ivoiriens que les soldats burkinabé et sénégalais engagés aux côtés de la France viendront pour exécuter. Nous devons donc défendre âme et corps la Côte d'Ivoire qui reste pour nous le seul refuge. Patriotes, l'heure est venue pour la libération totale de ton pays, la Côte d'Ivoire.


Source: GBAGBO.CI

KADHAFI PREND POSITION: «CE N'EST PAS A LA FRANCE ET AUX USA D'IMPOSER UN PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE»



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Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

 

Le président de la République déclaré élu et investi par le Conseil constitutionnel, Laurent gbagbo, vient de recevoir un autre soutien de taille dans la bataille autour du fauteuil présidentiel. Celui du dirigeant libyen, le Colonel Mouammar Kadhafi. Le frère guide libyen a dénoncé l'ingérence de la communauté internationale notamment la France, les États-Unis, l'ONU, dans les affaires internes de la Côte d'Ivoire. C'était lundi 17 janvier, à Tripoli en Libye, lors d'un symposium de la diaspora africaine sur la mise en œuvre des États-Unis d'Afrique, projet cher au guide libyen.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mouammar Kadhafi qui a présidé cette rencontre, n'y est pas allé du dos de la cuillère. "Ce n'est pas à la France et aux États-Unis d'imposer un président à la Côte d'Ivoire. Le peuple ivoirien est mature. C'est en toute souveraineté qu'il se choisit un président. Il faut que les Occidentaux respectent la souveraineté des États africains. Ils n'ont pas à s'ingérer dans les affaires internes d'un État africain", a t'il martelé. A également pris part à cette importante rencontre, une forte délégation du forum des rois, sultans, princes, cheicks et chefs coutumiers africains.


Source: IVOIREVOX.COM

COTE D'IVOIRE: UNE FOIS DE PLUS, L'ANGOLA MET EN GARDE CONTRE UNE INTERVENTION MILITAIRE - DOS SANTOS : «GBAGBO DOIT RESTER A SON POSTE»

 

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Le Chef de l'Etat angolais, Eduardo Dos Santos, a clairement fait savoir une fois de plus, la position inchangée de son pays sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, mettant les points sur les «i».


Le Chef de l'Etat angolais, Eduardo Dos Santos, a clairement fait savoir une fois de plus, la position inchangée de son pays sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire, mettant les points sur les «i».
Le président angolais, José Eduardo Dos Santos a consacré un large extrait de son discours à la crise ivoirienne, à l'occasion de la présentation de vœux et ce, en présence de tous les Ambassadeurs accrédités en Angola. Il a une fois de plus réaffirmé la position de son pays quant à la voie de règlement de la crise post électorale en Côte d'Ivoire. «Le Gouvernement angolais soutient et encourage le dialogue et les négociations pour mettre fin à la crise en Côte d'Ivoire, estimant qu'en faisant preuve de volonté politique, de réalisme et de sagesse, il est possible de trouver une solution qui privilégie les intérêts légitimes du peuple de ce pays frère», a déclaré le numéro un angolais.

Et rejetant une fois encore, toute intervention militaire. «Nous sommes donc d'avis que toute intervention militaire dans le cas particulier de la Côte d'Ivoire aurait un effet néfaste, avec de graves conséquences au-delà de ses frontières. Et nous sommes inquiet quand on propose des solutions militaires pour résoudre les crises comme celle de la Côte d'Ivoire, en ignorant les règles du droit national et international, et parfois, la propre évidence de faits», a fait savoir Dos Santos.

Dos Santos incrimine Choi et Youssouf Bakayoko et...

Pour le président de la République d'Angola, cette situation de crise postélectorale que vivent les Ivoiriens, est le fait en grande partie de Youssouf Bakayoko, président de la Cei et de Young Jin Choi, patron de l'Onuci. Selon lui, les faits prouvent concrètement que le président de la Cei avait publié les résultats du second tour de l'élection présidentielle, «quand il n'avait plus compétence pour le faire, puisque le délai fixé par la loi (72 heures, ndlr) était déjà dépassé et tout revenait à la compétence du Conseil Constitutionnel».

Selon Dos Santos, la responsabilité de Choi est plus grande. Dans la mesure où, soutient-il, le Représentant spécial du SG de l'Onu en Côte d'Ivoire, Young J. Choi, «dans une attitude de précipitation, a certifié et annoncé les résultats, alors que la résolution de l'ONU souligne que la certification doit se baser sur les résultats des élections validées par le Conseil Constitutionnel, qui ne s'était pas encore prononcé».

Pour le Chef de l'Etat angolais, «cette déclaration du représentant des Nations Unies a induit en erreur la communauté internationale tout entière. Parce que le Conseil constitutionnel n'a pas validé les résultats provisoires publiés par le président de la Commission électorale, pour accepter les réclamations et les plaintes de graves irrégularités et fraudes qui ont mis en cause ces résultats».

...demande le maintien de Laurent gbagbo.

Le Chef de l'Etat angolais a réaffirmé le respect des textes en Côte d'Ivoire. Pour lui donc, le Conseil constitutionnel est, en fait, le seul organe compétent pour valider et publier les résultats définitifs des élections. «Nous considérons cependant, qu'il y a un président constitutionnel, qui est l'actuel président de la République, Laurent gbagbo, qui doit être maintenu jusqu'à la réalisation de nouvelles élections, comme l'établit la loi électorale de ce pays», a indiqué Dos Santos.
Selon lui, l'Afrique, à travers les institutions compétentes de l'Union Africaine, doit faire preuve de maturité, d'expérience et d'habileté pour résoudre les problèmes du continent, même les plus complexes et délicats, n'attendant pas de solutions adéquates imposées de l'extérieur. Une sortie du président angolais qui devrait finir par convaincre et décrisper certains de ses pairs africains.


Source: IVOIREVOX.COM

POURQUOI LA COTE D'IVOIRE EST DANS L'OEIL DE L'OURAGAN ?

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Prof. Jean-Paul Pougala, enseignant à l'Université de la Diplomatie de Genève en Suisse (co-auteur de «L'Afrique, l'Europe et la Démocratie Internationale» (Ed. Federop)), le 11 janvier 2011. Extraits.

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"Le dessous des cartes - La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine-Occident"

Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara qu'ils appellent "Président élu" alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo qu'ils désignent par "Président Réélu". Au-delà des choix partisans pour l'un ou l'autre président élu ou réélu, il est intéressant de constater qu'il y a une autre bataille celle là à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l'occident en Côte d'Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects.

L'Occident défend une vieille idée de l'Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s'accommodent volontiers d'une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l'Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d'Asie. Ce qui froisse fortement l'Union Européenne et les USA.

Mais ces derniers ont-ils la force et l'énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l'Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ?

Laurent Gbagbo, meilleur symbole des frustrations des Européens et des Africains

Pour les Africains, les deux personnages de notre feuilleton symbolisent deux conceptions opposées de la politique africaine. M. Ouattara, se définit comme «Houphouëtiste», c'est-à dire quelqu'un qui était ouvertement contre les États-Unis d'Afrique. En 1963, son mentor Houphouët Boigny était avec l'ancien président Sénégalais Léopold Sédar Senghor un principal fossoyeur du rêve de Kwame Nkrumah de créer immédiatement les États-Unis d'Afrique. Pour Senghor et Houphouët la relation avec la France était plus importante que toute nécessité d'autonomie africaine. Ce dernier avait alors prononcé la célèbre phrase: «Ils disent qu'ils vont unir l'Afrique du Cape au Caire. Ils le feront sans nous, sans ma Côte d'Ivoire». La suite on la connaît : l'OUA est née comme une nullité avec un seul programme cher à Senghor et Boigny : «intangibilité des frontières héritées de la colonisation européenne» et adieu le vieux rêve de Nkrumah contenu dans son livre prémonitoire publié en 1961 du titre : Africa must unite (l'Afrique doit s'unir si elle ne veut pas connaître famine, pauvreté et guerres).

Mettre fin à la triste parenthèse de l'OUA était une priorité pour Gbagbo dès son arrivée au pouvoir en 2000 pour passer à la nouvelle Union Africaine (en 2002) comme étape intermédiaire vers la création des États-Unis d'Afrique. Aujourd'hui, M. Ouattara continue dans la même voie : il ignore les institutions de la Côte d'Ivoire (le conseil Constitutionnel) et préfère attendre sa légitimité de Paris ou de Washington. Il demande à une partie du monde de venir faire la guerre pour tuer une partie du peuple ivoirien. Il demande d'affamer les fonctionnaires ivoiriens en les privant de leur salaire. Il demande à la France d'organiser des commandos sous le couvert de la CEDEAO, et comme Houphouët, il n'a jamais expliqué ce qu'il compte offrir à la France en retour.

Aux apprentis sorciers de la théorie des guerres éclair, j'ai envie de dire : aucune élection, aucune personne ne mérite qu'il y ait une seule vie de perdue. Les hommes passent, les empires disparaissent. Mais les cicatrices d'une guerre ne finissent jamais. L'Irak peut-il nous servir de leçon ?

Trois exemples hors d'Afrique pour élucider mes propos :

  • Le 19 décembre 2010, on a voté en Biélorussie, le président sortant a proclamé qu'il a gagné avec 72% et a aussitôt mis en prison les dirigeants de l'opposition. Y-a-t-il un seul pays Européen qui a menacé ce pays d'utiliser la force pour déloger Alexander Loukachenko au pouvoir depuis 16 ans ? L'Union Européenne n'a prévu aucun plan militaire pour aller déloger le dictateur. La raison est simple : les 27 pays de l'Union Européenne ont à cœur la valeur de la vie de leurs frères et sœurs de la Biélorussie. C'est à chacun de soigner ses intérêts et les Européens considèrent la vie humaine en Biélorussie plus importante qu'un dictateur qui s'en ira tôt ou tard.
  • Le Secrétaire Général des Nations Unies M. Ban Ki-Moon et le Représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire M. Y Choi sont tous les deux citoyens d'un pays divisé en deux, la Corée. Il y a un des deux présidents Kim Jong-Il qu'ils disent fou et un danger permanent pour sa propre population et pour ses voisins. Mais pour Kim, M. Y Choi et M. Ban Ki-Moon ont toujours justement prôné la retenue. A ceux qui veulent faire la guerre en Côte d'Ivoire, j'ai deux questions : En quoi la vie d'un Coréen serait-elle plus précieuse à préserver que celle d'un Ivoirien ? En quoi la mort des populations civiles en Côte d'Ivoire serait-elle moins grave qu'en Corée ? En quoi Laurent Gbagbo est-il plus dangereux pour ses voisins que le dirigeant Nord-Coréen M. Kim Jong-Il, au pouvoir hérité de son père depuis 17 ans et qui lui-même l'avait exercé pendant 46 ans jusqu'à sa mort et qu'il s'apprête à passer à son fils ?
  • En Birmanie (Myanmar) en 2000 un vainqueur des élections présidentielles a été privé de sa victoire, pire, privé de liberté pendant 10 ans. Mme Aung San Suu Kyi s'est contentée en silence d'un prix Nobel de la paix, sans jamais exiger une quelconque intervention de l'extérieur pour aller déloger les usurpateurs du pouvoir. La victoire de Mme Aung San Suu Kyi validée par la Cour Constitutionnelle Birmane est-elle moins importante que la défaite de M. Ouattara déclarée perdant par le Conseil Constitutionnel de son pays ?

M. Laurent Gbagbo entrera-t-il dans l'histoire comme un dirigeant médiocre, méchant, valeureux ou éclairé ? Nul ne pourra le dire. Ce que nous savons par contre, c'est qu'il est l'homme qui symbolise le mieux les frustrations des Européens et des Africains. La crise Ivoirienne s'est vite transformée en une crise raciale entre les Blancs et les Noirs, entre l'Afrique et l'Europe. Avec cette fois-ci un 3ème larron, la Chine en embuscade.

L'Angola, premier partenaire africain de la Chine sur le plan commercial et militaire, soutient indéfectiblement Laurent Gbagbo

Le jour précis (17/12/2010) où l'Union Européenne annonçait avoir à l'unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait être devenue le premier partenaire commercial du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d'échanges avec les pays Africains. Il en ressort une augmentation du volume d'affaires à 20 milliards de dollars avec l'Angola faisant de ce pays son premier partenaire africain sur le plan commercial, mais aussi militaire.

Et le hasard veut justement que l'Angola soit le pays qui soutient militairement les Forces de Défense et de Sécurité de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. Et c'est ce même jour que le général Chinois de division Jia Xiaoning, directeur adjoint du bureau des affaires étrangères au ministère chinois de la Défense était reçu en audience au Cameroun par le Président Biya.

Ont-ils parlé de la crise ivoirienne ? La Chine peut-elle aider financièrement l'Europe pour sortir de la crise économique et accepter qu'elle utilise cet argent pour la combattre en Afrique ? Ce qui est sûr, c'est que c'est un scénario que l'Europe n'avait pas prévu.

C'est aussi le prélude d'une longue saison tumultueuse entre l'Afrique et l'Europe qui peine à accepter l'inexorable autonomie effective de l'Afrique, 50 ans après la parodie d'indépendance. Les généraux de l'armée chinoise sont en train de défiler un peu partout en Afrique pour tisser des accords de partenariat militaire ; à Pékin, on ne cache plus que le vrai but est de neutraliser toutes les rebellions que l'Europe organisera sur le sol Africain pour les freiner et retarder cette autonomie. L'arrivée de la Chine sur la scène politique, économique et militaire africaine est en train de se transformer en cauchemar pour l'Europe qui en perd toute sa lucidité.

L'Union Africaine doit reprendre la main en Côte d'Ivoire pour que le gouvernement invisible de l'Europe n'entrave, ne déstabilise et n'enlève pas à l'Afrique une des pièces maîtresses du puzzle (la Côte d'Ivoire). Si aujourd'hui la Côte d'Ivoire est sacrifiée pour offrir à l'Europe une consolation de répit dans sa guerre commerciale et industrielle perdue d'avance avec la Chine (comme le diktat chinois sur les terres rares), demain à qui le tour ?

La crise ivoirienne aura pour le moins, le mérite de nous donner plusieurs enseignements :

  • L'ONU est une boîte vide qui nécessite une complète refonte. Cette organisation est en train de se transformer en instrument de déstabilisation des nations et l'initiatrice des guerres civiles plutôt que d'être un instrument de pacification des peuples comme elle a été originellement conçue.
  • L'entraînement pour la première guerre mondiale du 21ème siècle entre l'Occident (Europe/USA) et la Chine se fera très probablement sur le sol africain. Le déclin des premiers ne les prive pas de l'instinct d'arrogance habituelle pour continuer d'humilier la seconde en lui intimant ce qu'elle doit faire en Afrique, sur la dévaluation du Yuan. Le ridicule ne tue pas. Ce sont les pays qui se sont de trompés de politique et sont responsables d'une crise financière mondiale, qui prétendent donner des leçons à la Chine qui elle a été vertueuse dans sa gestion. Il y a une ligne rouge que tôt ou tard l'Occident va traverser et ce jour là, cela va faire: boum ! Et c'est pour ce boum que l'Afrique sert aujourd'hui à l'un et à l'autre de terrain d'entraînement.

Gbagbo, enjeu du contrôle de l'Eldorado pétrolier du Golfe de Guinée

«Derrière le maintien ou non de Gbagbo au pouvoir se joue le contrôle du Golfe de Guinée, cet Eldorado pétrolier que Français ou Américains, en perte de vitesse dans le monde arabe, et unis pour cette fois, ne souhaitent pas voir passer en d'autres mains. A leurs yeux, Alassane Ouattara, ami personnel de Sarkozy, ancien directeur du FMI et gestionnaire libéral, représente un interlocuteur beaucoup plus crédible que Gbagbo le nationaliste». Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir, elle collabore aussi au "Monde Diplomatique".



Source: IVOIREVOX.COM

mercredi, 19 janvier 2011

PETITION: NON A LA PARTICIPATION DE NICOLAS SARKOZY AU SOMMET DES CHEFS D'ETAT DE L'UNION AFRICAINE

 

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Chers tous


Une pétition (publiée sur http://saoti.over-blog.com) a été initiée contre la participation de Nicolas Sarkozy au sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine. Les destinataires de cette pétition sont lesdits chefs d'Etat et de gouvernement. Merci de bien vouloir signer et faire circuler cette pétition en cliquant sur le lien suivant, afin de faire comprendre à nos dirigeants que nous nous érigeons contre la soumission avilissante dont ils font preuve à l'égard de l'Occident en général et du locataire de l'Elysée en particulier :

Cliquer sur : PETITION DU WEB


Bonne journée.


Texte de la pétition



Les 30 et 31 janvier 2011 a lieu à Addis Abeba la Conférence des chefs d'Etat de l'Union Africaine. En toute arrogance, le président français Nicolas Sarkozy a décidé de s'y inviter et d'y prendre part.

A-t-on jamais vu un président africain invité ou s'inviter à un sommet de l'Union européenne ?
A-t-on jamais vu un président européen invité ou s'inviter à un sommet des chefs d'Etat d'Asie ou d'Amérique du Sud ?

Le 26 juillet 2007, ledit Nicolas Sarkozy avait, depuis Dakar, insulter la Jeunesse d'Afrique, en ces termes : « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. (...) L'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable, où tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique, il est là.»

Douze d'entre vous ont néanmoins trouvé opportun nous couvrir de honte, nous, Peuples d'Afrique,  en allant célébrer le cinquantenaire de leur dépendance à l'ancienne puissance coloniale française à Paris, le 14 juillet 2010.

Cela suffit ! Le temps de la Dignité est venu !

Aujourd'hui, nous vous rappelons que votre devoir est de servir vos peuples et non de les asservir et les offrir pieds et poings liés à l'oppresseur occidental.

Nous disons NON à la participation de Nicolas Sarkozy au sommet de l'Union Africaine !




Signé : Les Peuples de l'Afrique Digne


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

14:27 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, france, saoti, mahalia nteby, pétition contre participation sarkozy au sommet de l'ua | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

CRISE IVOIRIENNE: BLAISE COMPAORE PREND SES ORDRES A PARIS


BLAISE COMPAORE 2.jpg

Le 19 janvier 2011 par IvoireBusiness.


Dans le film françafrique de Patrice Benquet, on parle avec ironie de valets de la France ou Gouverneurs noirs. Il s'agit de chefs d'Etat africains, installés par Paris et aux ordres de Paris. Des sortes de sous-préfets de France, étant entendu que les anciennes colonies françaises n'ont jamais été considérées comme réellement indépendantes, mais comme de simples circonscriptions administratives de la France, à la manière des préfectures ou sous-préfectures.


Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, en est l'illustration la plus achevée, depuis la mort d'Omar Bongo qui dirigea le Gabon pendant 42 ans, qui atteignit des sommets en la matière.
Le beau Blaise se comporte, agit, respire comme un gouverneur noir. Hier, il débarquait à Paris, contre toute attente, pour être reçu par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, convoqué d'urgence par le maître des lieux.


Sa mission, apporter son aide à ce dernier pour faire virer la médiation dans la crise ivoirienne conduite du Premier ministre kényan, Raïla Odinga, qui n'avait pas compris que Paris ne souhaitait pas de négociation entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo.
Compaoré s'acquitta tellement bien de sa mission que le soir même, Raïla Odinga jeta l'éponge et annonça son retrait de la médiation censée trouver une solution à la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Puis, toute honte bue, il se répandit dans la presse française pour annoncer sa préférence pour une solution négociée en Côte d'Ivoire, solution négociée qu'il venait justement de faire chavirer grâce à son génie de déstabilisateur en chef de la sous-région. Son silence assourdissant depuis le début de la crise postélectorale née de la dernière élection présidentielle ivoirienne, alors qu'il est le facilitateur des accords de paix de Ouagadougou, en dit long sur ses méthodes. De plus en plus, on parle d'une intervention des troupes burkinabés aux côtés de Licorne dans une opération militaire visant à destituer le Président Laurent Gbagbo.


Ce serait aussi l'une des raisons de la visite du gouverneur Compaoré sur les bords de la seine.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

L'OPTION DE LA GUERRE CONTRE LE REGIME GBAGBO AURA-T-ELLE ETE FINALEMENT CONTRE-PERFORMANTE?


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En bonus: Pour voir la réponse au nouvel appel à la grève générale de l'ancien premier ministre Ouattara, cliquez sur : http://saoti.over-blog.com/



Quand on examine rétrospectivement les choses, on a des raisons de se demander si la «communauté internationale», emmenée par Sarkozy et Obama, a eu raison d'appuyer à mort sur le champignon de la guerre contre la Côte d'Ivoire pour débarquer Laurent Gbagbo.

En effet, plus d'un mois après cette saillie, on en est toujours au point de départ : Laurent Gbagbo, «
pas moyen bouger» ! Pire, son autre Dieu, c'est-à-dire le temps, a fini par émousser un peu les ardeurs des va-t-en-guerre en laissant émerger certaines données qui confortent la position du président élu Gbagbo. Ce dernier vaque à ses obligations de chef de l'Etat sans tambours ni trompettes. On vient d'annoncer un budget de près de 3.000 milliards de FCFA (2.907 milliards de FCFA précisément), donc  plus élevé que l'an passé et d'affirmer que les salaires seront payés rubis sur l'ongle tout comme une partie de la dette intérieure du pays. Qui dit mieux ?

Si on fait le point, de deux choses l'une.


D'abord, la  France et les USA ont pu agiter la menace de la guerre rien que pour faire peur à Laurent Gbagbo afin qu'il décampe de son pays. Si telle était l'intention, il faut reconnaître qu'il y a eu méprise sur l'homme. Le temps passé par ce dernier dans l'opposition, comme depuis 2000 où il a accédé au pouvoir, montrant sa capacité de résistance à la coalition internationale liguée contre lui, n'aura pas suffi à convaincre qu'on avait affaire à un être exceptionnel dont les convictions ne pouvaient être ébranlées ni par les menaces ni par l'usage de la force. On a donc fait chou blanc car ni ces jurements de l'écarter par la force, ni les offres financières pour qu'il accepte un exil doré, n'auront eu pour effet de le faire bouger d'un iota de ses positions.


Ensuite, peut-être que cette menace a été brandie parce qu'on entendait effectivement convaincre les Etats africains d'aller vite fait-bien fait, corriger cette forte tête et l'extraire du pays pour l'envoyer moisir dans une cellule de La Haye. Mais là aussi, on se retrouve le bec dans l'eau  puisque malgré les harangues de la CEDEAO et de bien d'autres,  et en dépit de  l'appel à la curée, on n'a pas vu un commencement de mise en route de l'expédition punitive contre l'homme de Mama.


Dans  un cas comme dans l'autre, c'est l'échec au jour d'aujourd'hui, de cette option de la guerre, ce qui explique que Ouattara Alassane semble de plus en plus désarçonné. Après avoir compris que le choix de la guerre ne pouvait pas prospérer, il avait tendu la main pour que les médias s'en saisissent mais le naturel reprenant ses droits, il  vient à nouveau de lancer le Djihad le 14 janvier, contre le président légal et légitime du pays d'Houphouët.  Mais manifestement, pendant que quelques-uns continuent à agiter des épouvantails, l'opinion africaine réalise qu'on a voulu amener les Etats africains à commettre un fratricide et se rétractent de plus en plus de la solution par la guerre. Du coup, ceux qui n'ont de cesse d'en appeler à la négociation, à l'arbre à palabres, gagnent en crédit à la plus grande satisfaction de Laurent Gbagbo qui n'a pas arrêté, depuis le déclenchement de cette énième crise, de convier ses «
frères ennemis» à s'asseoir autour d'une table pour discuter.  Non pas tant pour partager le butin, quoi qu'il ne soit pas contre l'ouverture, mais surtout pour procéder aux vérifications, au recomptage des voix afin que celui qui a véritablement gagné soit déclaré aux yeux de tous vainqueur et que le perdant reconnaisse sa défaite dans les mêmes conditions.

Voilà,  au train où vont les choses, une affaire qui risque de tourner à la pantalonnade pour ceux qui l'ont montée en neige, c'est-à-dire la « communauté internationale », la France, les USA en tête et quelques pays africains qui ont mordu à l'hameçon. Au point où nous  sommes rendus, la question se pose de savoir qu'est-ce qu'il faut faire pour sortir de cette sale panade.


Alors qu'Obama doit se couper les cheveux en quatre, se demandant qui l'a poussé à embrayer aussi vite sur la position anti-Gbagbo, peut-être Susan Rice (ambassadrice américaine auprès des Nations-Unis -et ex lobbyiste de Ouattara à ce qu'on dit et lit-), Sarkozy, lui, doit se dire qu'il a encore «
merdé» !

Ce n'est pas en effet joli-joli, surtout que les évènements en Tunisie viennent encore plus éclairer cette politique de «
deux poids, deux mesures» des grandes démocraties à l'égard des pays africains. Et comble de déveine, voilà que la Russie et la Chine, qui jusque-là s'étaient montrées plutôt discrètes, embrayent sur le registre du refus de valider l'ingérence extérieure dans les affaires des pays souverains et disent Niet à l'envoi de 2.000 Casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire et à des sanctions supplémentaires contre le régime Gbagbo.

C'est la quadrature du cercle !


Mais pour s'en sortir, il y a la bonne vieille formule du bouc émissaire chère à Machiavel. On n'en serait pas là si Ban ki-moon n'avait pas commis la gaffe monumentale d'envoyer son «frangin» Choi foutre  cette sainte pagaille en RCI, n'est-ce pas ! Alors, le mal vient de ces deux-là, et principalement du dernier. Cette conviction, la politologue Ivoiro-camerounaise Evelyne Adhéspeau,  l'a exprimée en ces termes dans L'Intelligent d'Abidjan du 11 01 2011
«c'est par la reconnaissance empressée par Mr Choi de l'élection de Ouattara que tout ce désordre est arrivé. Pourquoi n'a-t-il pas attendu comme au premier tour la fin du processus c'est-à-dire la validation par le Conseil constitutionnel des élections du second tour. C'est vraiment là, la question. C'est un peu comme les enfants qui jouent aux cartes et celui qui s'aperçoit qu'il est en train de perdre mélange tout. N'eut été les morts que cela engendre cela prêterait à sourire. Et on attend toujours qu'il vienne nous enrichir de sa science et nous expliquer quelle est sa méthode de comptage». Voilà tout simplement exprimée la cause de tout ce bataclan qui fait dire au président angolais Eduardo Dos Santos qu' «il ya un président constitutionnel, qui est l'actuel président de la République, Laurent Gbagbo, qui doit être maintenu jusqu'à la réalisation de nouvelles élections, comme l'établit la loi électorale de ce pays».
Et ce pays demande bien sûr qu'avant de reprendre éventuellement tout scrutin, les conditions en soient réunies ; désarmement, réunification du pays...
Alors, pour garder l'honneur sauf à la communauté internationale, à la France et aux USA, Diable, pourquoi ne pas sacrifier ces deux bougres et circuler ?

Par Victory Toussaint, in San Finna n° 599 (Burkina Faso), le 17 janvier 2011


Publié sur http://saoti.over-blog.com

COTE D'IVOIRE : ALASSANE OUATTARA EST-IL MORT ?

ALASSANE OUATTARA. CANAL+.jpg

Le dimanche 16 janvier 2011, à 09H50, par IvoireBusines.

Nul ne peut souhaiter la mort d'autrui, c'est pourquoi nous aussi ne souhaitons pas la mort d'Alassane Dramane Ouattara, dit ADO.
Mais des sources insistantes et concordantes proches de l'hôpital militaire parisien du Val de Grâce font état de la mort d'Alassane Ouattara, Président reconnu par l'ONU et la France, des suites d'un mal pernicieux qui l'avait déjà fait s'effondrer devant tous à une date très récente au Golf hôtel. Son évacuation sanitaire pour la France avait alors été décidée.


Depuis hier, c'est à une avalanche de messages de confirmation de sa mort que la rédaction d'IvoireBusiness est soumise par des milliers d'ivoiriens du monde entier, partisans et adversaires, pour que nous confirmions la rumeur de la mort d'Alassane Ouattara, laquelle se repend actuellement comme une traînée de poudre, en France, en Europe, aux Usa et en Côte d'Ivoire.
Vue l'extrême sensibilité de l'information et malgré nos sources très proches du Val de Grâce, nous nous bornerons à parler d'informations insistantes et concordantes, laissant ainsi la place à des voix plus autorisées pour la confirmer ou l'infirmer.


D'autres informations contradictoires brandissent la thèse d'une diversion avec la mort de Ouattara, pour distraire les ivoiriens et l'opinion, pendant que la communauté internationale prépare l'attaque de la Côte d'Ivoire pour enlever le Président de la République Laurent Gbagbo du pouvoir par la force, entre le 19 et le 23 janvier 2011. L'un des pions essentiels de cette diversion serait le journaliste-barbouze français Jean Paul Ney, que tous les ivoiriens connaissent pour avoir séjourné à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA), après son coup d'Etat manqué de 2008 dénommé « Noël à Abidjan » avec le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, aujourd'hui en fuite.
Pour les tenants de la diversion, la preuve que Ouattara n'est pas mort sont ses passages successifs dans des émissions de radio comme le Grand débat d'Africa n°1 du 11 janvier, à Canal+ le 13 janvier face à Michel Denisot en duplex depuis l'hôtel du Golf et à la suite de Laurent Gbagbo la veille, et aussi son interview dans l'Express, hebdomadaire français.


Pour les tenants de la possible mort d'Alassane Ouattara, toutes ces émissions ne prouvent rien car elles ont été préalablement enregistrées ou ont fait l'objet d'un montage.
Pour eux, si ADO était bien vivant, pourquoi la médiation de l'Union africaine conduite par le Premier ministre kényan, Raila Odinga, a-t-elle été reportée par deux fois ? Initialement prévue les jeudi et vendredi derniers, elle a été reportée ce samedi et dimanche pour être une nouvelle fois annoncée pour mardi prochain.


Par ailleurs, dans l'interview donnée par Ouattara à Canal+ le 13 janvier, il n'a fait aucun cas de l'actualité brûlante en Côte d'Ivoire à cette date où on avait dénombré 10 morts (5 civils et 5 militaires) à Abobogare, l'un de ses fiefs, se bornant à traiter une actualité décalée.
Toujours est-il que ces sources situent l'arrivée de Ouattara à Paris au 08 janvier 2011 par vol privé SWK 4834. Le jet privé affrété pour son évacuation sanitaire a atterri à l'aéroport militaire de Villacoublay. A son bord, le couple Ouattara, le couple Bédié, le général Palenfo et d'autres personnalités de l'entourage d'ADO.
Suite à ses complications de santé à la suite du mal pernicieux qui le rongait au niveau de la poitrine, il serait entré dans un coma profond pour ensuite tirer sa révérence.


Les autorités françaises attendraient le bon moment pour annoncer son décès.
Nous y reviendrons.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 18 janvier 2011

UN HEBDOMADAIRE BURKINABE DENONCE LES GRAVES IRREGULARITES ET LES CRIMES DU SECOND TOUR DANS LE NORD



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San Finna, Hebdomadaire d'informations du Burkina-Faso

www.sanfinna.com

Mémo sur le déroulement du scrutin du 28 novembre 2010 dans les régions du nord de la Côte d'Ivoire (zone CNO)


 

Le second tour du scrutin de l'Election Présidentielle en Côte d'Ivoire, qui s'est déroulé le 28 novembre 2010, a été émaillé de graves et nombreuses irrégularités de nature à entacher sérieusement la sincérité et la régularité des résultats du vote dans plusieurs circonscriptions électorales du nord, notamment dans les départements de Korhogo, de Bouaké, de Ferkessédougou, de Boundiali, etc.

Dans la totalité de ces régions, le scrutin du second tour s'est déroulé sans que n'aient été respectés en la matière, les principes de liberté de vote, de transparence, et d'équilibre dans la représentation de chaque candidat ;

De violentes exactions ayant entrainé morts d'hommes ont été commises sur les électeurs et représentants du candidat de LMP en vue d'empêcher ces derniers de prendre part au vote en violation flagrante de leurs droits constitutionnels et des lois régissant la matière en l'occurrence les lois n°2000-514 du 1er août 2000 portant code électoral et N° 2008-133 du 14 avril 2008 portant ajustement du code électoral pour les élections générales de sortie de crise.

LES FAITS

Dans le département de KORHOGO

Dès la veille du scrutin, soit le samedi 27 novembre 2010, les représentants du candidat de LMP qui se rendaient d'Abidjan à Korhogo, se sont vus refusé l'accès à ladite ville par les Forces armées dites Forces Nouvelles, tel qu'il ressort du rapport du Général de Brigade Kouakou Nicolas, Chef du Centre Commandement Intégré, ainsi que du procès verbal d'audition dressé par voie d'huissier ;

Ceux d'entre eux qui s'y trouvaient déjà, ont soit été mis dans l'impossibilité de se rendre dans leur différents bureaux de vote, soit en ont été sauvagement expulsés sous la menace des Forces Nouvelles après avoir été dépouillés de tous leurs biens et documents ;

Les représentants LMP n'ont donc pris part à aucune opération de vote dans le département de KORHOGO (commune et sous préfecture), vote qui s'est quand même tenu hors leur présence, rompant ainsi, l'équilibre et l'équité prévus par l'article 35 de la loi susvisée et privant de ce fait le candidat de LMP de s'assurer du déroulement, transparent du scrutin et de son dépouillement ;

Il est avéré que dans tout le département de KORHOGO, des faits graves d'assassinat, de menaces de mort, d'intimidations, de séquestrations et d'agressions physiques ont été perpétrés sur les représentants et militants de LMP par les forces nouvelles et par les militants du RDR ;

A titre d'exemple, l'un des superviseurs de LMP, Madame COULIBALY Sita a été sauvagement battue, puis abusivement détenue et ensuite assassinée pour avoir dénoncé les irrégularités constatées dans le déroulement du scrutin de sa zone de supervision ;

Autre triste exemple, celui de Madame TRAORE Kady, superviseur de la LMP qui à été entièrement dévêtue, sauvagement battue, trainée publiquement, puis jetée en prison. Elle a été évacuée au CHU de Cocody où elle subit des soins ;

(Cf. : Photographie de Mme TRAORE Kady)

Le militant de LMP, Yéo KALIFA, habitant à Midrigue, à 75 kilomètres de Korhogo, dans la sous préfecture de M'bengué, est décédé des suites des blessures à lui infligées par les Forces Nouvelles ;

Certaines des exactions commises au cours du scrutin à KORHOGO, ont fait l'objet d'un élément vidéo duquel il ressort les déclarations des victimes ;

(Cf. : Elément vidéo)

Outre le fait que les représentants de LMP ont été empêchés et contraints sous la menace des armes à quitter les bureaux de vote, les électeurs ont également été empêchés d'exprimer librement leur choix , certains d'entre eux ont même été contraints sous la menace des armes à voter le candidat du RDR ;

Dans de nombreux bureaux de vote, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) affectés à la surveillance desdits bureaux, étaient totalement absentes, laissant ainsi la population à la merci des Forces Nouvelles qui semaient de la terreur ;

Il est surtout patent que les violences rapportées se sont particulièrement exercées sur les représentants du candidat Laurent Gbagbo et sur les militants de la formation politique qui le soutient (La Majorité Présidentielle (LMP)) ;

Pis, à la fin du scrutin, les militants du RDR aidés par les Forces Nouvelles ont contraints certains représentants de LMP auparavant séquestrés à signer les procès verbaux de dépouillement pour certifier les résultats obtenus à partir des votes d'électeurs inscrits en leur absence ;

La forte implication des Forces Nouvelles dans le déroulement du scrutin, viole les dispositions de l'article 11 alinéa 2 du Décret N° 2010-278 du 12 octobre 2010 portant organisation et fonctionnement des bureaux de vote qui dispose que : « Nulle force armée ne peut, sans autorisation du Président du bureau de vote, être placé dans la salle de vote ou aux abords immédiats » ;

Les faits suivants ont été également observés :

- Les Superviseurs de LMP ont été agressés dans trois (3) centres de votes (Franco-arabe, Collège NALO BAMBA, EPP Nalo BAMBA), leurs motos ont été confisqués.

- Aux alentours de midi, le Directeur Départemental de Campagne, COULIBALY Mamourou, et le Ministre Lanciné GON ont dû, sous la menace des militants et sympathisants du RDR, être exfiltrés par L'ONUCI.

- Le véhicule de type 4x4 du Ministre Lanciné GON a été attaqué et les vitres brisées. Les représentants du candidat de LMP ont été molestés et chassés des bureaux de vote, leurs motos ont été confisquées.

- A l'EPP Nalo Bamba : le déroulement du vote a été interrompu et le DDC, M. COULIBALY Mamourou, a été expulsé par les rebelles, ainsi que les représentants de LMP.

- Au collège Nalo Bamba, les forces de l'ordre étaient absentes. Certains militants et sympathisants du RDR, violant la législation en vigueur, ont continué de faire campagne sur les lieux de vote contraignant les électeurs à voter pour le candidat du RDR.

- A l'école Franco-arabe : un superviseur de LMP a été battu, chassé, puis, interdit de réapparaître sur le lieu de vote et sa carte d'électeur a été déchirée. Les forces de l'ordre n'étaient pas présentes.

- A Siélékaha : le représentant LMP a été chassé du bureau de vote.

- A Nabromandougou : contrairement à la loi, l'urne a été installée en plein air. Par conséquent, le vote s'est déroulé au vu et au su de tout le monde flouant ainsi le principe du secret du vote.

- Au quartier Soba : les FAFN ont molesté les partisans de LMP ainsi qu'à l'EPP Soba où le superviseur LMP, Commandant SORO Bakary a été battu.

- Dans le quartier Kassirimé 2, des lettres de menaces de mort ont été glissées sous les portes des citoyens, en vue de les intimider. Comme cela a été notamment le cas de Messieurs YÉO Yaradjiwa et de SORO Nougounou.

- A l'EPP Nanguin, il n'y a pas eu d'éléments des forces de l'ordre, laissant ainsi la population à la merci des Forces Nouvelles.

- Un superviseur de LMP a subit au centre de la ville de Korhogo, un braquage. Sa motocyclette et des documents électoraux en sa possession lui ont été volés.

- Au Quartier Ahoussabougou : M. Silué Moussa, superviseur de LMP a été pourchassé et son second collègue battu à sang. Il est actuellement hospitalisé, et son état est jugé critique.

- A l'EPP Soba (BV1), des militants et sympathisants du RDR ont proféré des menaces verbales à l'encontre des représentants de LMP. Ils sont parvenus à faire arrêter par les FAFN, un de nos superviseurs pour des raisons encore ignorées.

- Absence des forces de l'ordre, aux quartiers Kassirimé, à l'EPP Tchekeleso et dans les villages de Lonya, et de Nabougnoukaha, ce qui n'était pas de nature à rassurer les électeurs, qui de ce fait se sont abstenus de prendre part au vote.

- A Nanguinkaha, le représentant LMP a été chassé du bureau de vote.

- A la fin du scrutin, les représentants LMP, sous la menace des armes, ont été rappelés et contraints de signer les procès-verbaux de dépouillement, les fiches d'émargement et les fiches de pointage des résultats.

- De façon générale, des éléments armés des Forces Nouvelles, ont circulé toute la journée dans les différents bureaux de vote en exigeant que le vote se fasse en faveur du candidat du RDR ;

Ces faits ne sont pas exhaustifs et ne sont pas déroulés que dans le seul département de KORHOGO, le département de BOUAKE à également été le théâtre des mêmes scènes.

Dans le département de BOUAKE

Commune de BOUAKE KOKO

Dans plusieurs bureaux de différents lieux de vote, les représentants du candidat de La Majorité Présidentielle ont été arrêtes, notamment :

* A l'EPP Dar Es Salam 2 (code 036),
* A l'EPP CNPS (code 039), Lycée Moderne 2 (code 037),
* Au Groupe Scolaire Djézou Rails (code 096).

Au Lycée Yamousso Marie Thérèse (code 040), de nombreux représentants ont été battus puis séquestrés. L'un d'entre eux est actuellement dans un état critique. Il n'a eu la vie sauve que grâce à l'intervention du Préfet de Région.

A Dar Es Salam 2, le superviseur du lieu de vote de, Monsieur Daouda Sylla a été passé à tabac par les éléments Forces Armées des Forces Nouvelles avant d'être enlevé.

Au Lycée Moderne, certains représentants des bureaux de vote ont été expulsés. Retrouvés à leur domicile à la fin du scrutin, ils ont été contraints sous la menace des armes, de signer des procès verbaux de dépouillement auquel ils n'avaient pas assisté .

De nombreux bureaux de vote, sont concernés par les faits susvisés. Ce sont entres autres :

* Groupe scolaire Aboliba 4BV (code 060),
* Foyer des jeunes de Koko 4BV (code 058),
* EPP Dar Es Salam 2 à 6 6BV (code 036),
* Lycée Moderne 2-5BV (code 037),
* Lycée Yamousso Marie Thérèse 4 BV (code 040),
* Groupe Scolaire CNPS 4BV (code 039),
* EPP Dar Es Salam 1-6BV (code 038).

Il faut également noter que de nombreux procès verbaux ont été déchirés dans les lieux de vote notamment à l'EPP Djezou Kouamékro 1 (code 098) et et à l'Ecole Maternelle Berger (code 097).

Dans les bureaux de vote d'Allokro-Yaokro, les présidents ont fait voter des personnes de leur choix en lieu et place des électeurs absents et les procès verbaux ont été emportés par des éléments des Forces Nouvelles.

Lesdits éléments ont engagé des courses poursuites contre les militants de La Majorité Présidentielle jusqu'à tard dans la nuit et procédé à des arrestations après la fermeture des bureaux de vote.

La veille du scrutin, aux environs de 19 heures le Quartier Général de campagne du candidat LMP situé à l'habitat Gonfreville a été attaqué, saccagé puis pillé par les éléments des Forces Nouvelles très armés.

Cf : Photos relatives aux dégâts matérielles causés lors de cette attaque

Ces hommes en armes étaient transportés par un cargo militaire sur le flanc duquel il était mentionné « Commandant zone 3 » et dirigé par le n° 2 du commandant Chérif Ousmane.

L'attaque et le pillage du Quartier Général ont occasionné des préjudices énormes.

En effet la somme de cinq millions quatre vingt deux mille (5.082.000) francs CFA destinée au désintéressement, au transport et à la restauration des délégués a été emporté avec tout le matériel de la Direction Départemental de Campagne et le personnel du Quartier Général a été séquestré avant d'être conduit et incarcéré au 3ème bataillon jusqu'à 02 heures du matin.

Quant au Directeur Départemental de Campagne Monsieur KOUASSI Ferdinand alias Watchard Kédjébo, il était activement recherché, alors que son chauffeur et son garde de corps étaient déjà mis aux arrêts.

Cf : Procès Verbal de constat d'Huissier

Commune de BOUAKE AHOUGNANSSOU

Dans cette circonscription, des personnes en armes à bord de deux véhicules de marque Mercedes non immatriculées ont saccagé et brulé tout le Quartier Général de LMP dans la nuit du 27 au 28 novembre 2010.

Le dimanche 28 novembre jour du vote, les éléments des FAFN et du RDR ont agressé et enlevé les représentants des lieux de vote (Collège Henri POINTCARRE et Lycée Ouezzin COULIBALY) au prétexte que les mandats de représentation en leur possession n'étaient pas des originaux.

Ce même jour, les domiciles de certains superviseurs de LMP ont été saccagés.

Dans le village de KONANPRIKRO, en face du Campus 2 de Bouaké, des urnes déposées à même le sol à coté d'un véhicule ONUCI, ont été remplis par une vingtaine de personnes avant d'être transportés au siège de la CEI Locale.

Dans le but d'intimider et d'effrayer les populations, des éléments des Forces Nouvelles ont tiré des coups de feu dans toute la ville pour les empêcher sortir pour exercer leur droit de vote.

Cf : Procès Verbal de constat d'Huissier

Commune de BOUAKE BELLEVILLE

Comme il ressort des déclarations de Monsieur N'GORAN Kouassi Pierre, Directeur Départemental de Campagne de Bouaké BELLEVILLE, le vote s'y est déroulé dans des conditions extrêmement difficiles à Bouaké BELLEVILLE.

En effet, le 28 Novembre 2010, durant le déroulement du vote, les représentants du candidat de LMP ainsi que leurs militants et sympathisants ont été objet de menaces de mort, d'exactions diverses, d'intimidation et autres faits délictueux de la part des éléments des Forces Nouvelles.

A titre d'exemple l'on peut faire cas de l'expulsion des représentants du candidat LMP qui ont été éconduits les uns après les autres des cent quarante sept (147) Bureau de Vote que compte cette Commune.

A Minankro et à l'Ecole Saint Jacques, ces sont tous les superviseurs du candidat de LMP qui ont été arrêtés par des éléments des Forces Armes des Forces Nouvelles. Leurs mandats de représentation et les listings électoraux en leur possession ont été déchirés ;

Monsieur SINAN Souleymane Directeur Départemental de Campagne Adjoint du LMP dans cette localité a été sauvagement battu par les Forces Nouvelles.

Tous ces faits ont fait l'objet de dépositions au Centre de Commandement Intégré, à l'ONUCI.

Dans tous les bureaux de vote, les procès verbaux de dépouillement ont été signé soit en l'absence des représentants LMP , soit par eux mêmes, sous la contrainte des armes.

Les bureaux de vote dans lesquels de graves irrégularités ont été constatées sont les suivants :

- EPP Kotiakoffikro (03 Bureaux de vote)

- EPP Kanontakpé (4 Bureaux de vote)

- Ecole Saint Jacques (13 Bureaux de vote)

- EPP Dogouba (05 Bureaux de vote)

- EPP Liberté (05 bureaux de vote)

- Groupe scolaire BAKASSA (06 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Paris Bouaké (05 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Annexe (04 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Oliénon (03 bureaux de vote)

- EPV Protestant (05 Bureaux de vote)

- Lycée moderne MOHAMED 5 ( 7 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Belleville 14 (04 Bureaux de vote)

- Lycée Moderne Belleville (04 Bureaux de vote)

- Collège Moderne Jeunes Filles (05 Bureaux de vote)

- EPP Camp Militaire

- Groupe Scolaire Belleville Nord

Ces faits d'une extrême gravité démontrent que les opérations de vote tant à BOUAKE qu'à KORHOGO ou encore à FERKESSEDOUGOU, BOUNDIALI, SAMATIGUILA, MANKONO, etc. n'ont pu se dérouler dans la transparence requise pour la sincérité du scrutin et sont de nature à constituer un vice substantiel dans les opérations électorales ;

Ces faits graves qui ne sont cependant pas exhaustifs, ont manifestement mis nos représentants et nos électeurs dans l'impossibilité de participer et de suivre le déroulement du scrutin, et enfin d'attester de la sincérité des résultats. Dans la plupart des cas, ils ont été empêchés d'entrer en possession de l'exemplaire du procès verbal de dépouillement qui leur revient de droit ;

Les témoignages concordants des personnes concernées, les procès verbaux d'audition et de constat d'huissier, le communiqué préliminaire de la Coordination des Observateurs Electoraux Africains (COEA), observateurs internationaux accrédités par la CEI pour suivre le déroulement des opérations de vote, font foi de la véracité des faits relatés ci-dessus.

(Cf. : Divers procès verbaux d'audition d'huissier)

(Cf. : Communiqué préliminaire de la COEA)

Bien vouloir constater ces graves irrégularités et dire qu'elles sont de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, en violation de l'article 9 du Décret N°2010-278 du 12 Octobre 2010 portant organisation et fonctionnement des bureaux de vote. Et ce sera justice.



 International Watch (Tous les documents annexés, disponibles sur le site de l'organisation. Voir adresse ci-dessous)


www.interwatch.org

 

Source: SAN FINNA.COM