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jeudi, 30 décembre 2010

APRES LE COMPTE RENDU DE LA MISSION A ABUJA, HIER : LA CEDEAO EXCLUT L'INTERVENTION MILITAIRE



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In Le Nouveau Courrier N°166 du 30 Décembre 2010 par Gilles Naismon


Les présidents Ernest Koroma de Sierra Leone, Pedro Pires du Cap-Vert et Yayi Boni du Benin, ont fait le compte-rendu de leur mission, qui les a conduites à Abidjan, à Abuja, hier. Après concertation des chefs d'Etat de la communauté sous-régionale, une intervention militaire n'est plus envisagée.


Après s'être entretenu avec deux de ses émissaires arrivés à Abuja, qui a fait un compte rendu de la mission auprès du chef de l'Etat ivoirien et d'Alassane Ouattara, le président nigérian, Jonathan Goodluck, a annoncé que ses envoyés retourneraient à Abidjan le 3 janvier. Refusant de donner des précisions sur le contenu des discussions à venir, Goodluck Jonathan a souligné l'importance de poursuivre le dialogue. «Quand il y a une dispute, c'est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours», a-t-il dit, à l'issue de l'entretien avec les deux émissaires. La Cedeao, notamment Jonathan Goodluck qui en est le président en exercice, n'est plus chaud pour une intervention militaire en Côte d'Ivoire, lui qui en était le plus farouche initiateur. Le compte rendu de la délégation de haut niveau, qui a séjourné à Abidjan mardi dernier, y est pour quelque chose, après avoir échangé avec le président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

La sagesse après l'euphorie

Le président Laurent Gbagbo ne dit-il pas que «le temps est l'autre nom de Dieu ?» 30 jours après le deuxième tour du scrutin présidentiel, le temps est en train d'avoir progressivement raison de la précipitation de la «nébuleuse» qui avait un agenda caché, avant même la tenue de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. De plus en plus des voix s'élèvent pour dénoncer l'implication hâtive du président français, Nicolas Sarkozy, et la précipitation de la Cedeao qui avaient préconisé une action militaire dans la crise post-électorale. Sans même tenir compte du rapport de Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine dès les premières heures, et des appels incessants au dialogue du gouvernement angolais et de l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings.

Selon le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères du Cap Vert, Jorge Borges, dont le président, Pedro Pires a fait partie de la délégation de haut niveau de la Cedeao à Abidjan, une «intervention militaire» des pays d'Afrique de l'Ouest en Côte d'Ivoire «semble heureusement écartée pour le moment». «On ne parle plus d'intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao)», a-t-il poursuivi. Encore que les preuves dont dispose le chef de l'Etat ivoirien, et sur lesquelles il fonde son argumentaire, font de lui le nouveau président élu démocratiquement, à l'issue de l'élection présidentielle. Plus le temps passe, plus l'horizon s'éclaircit pour les démocrates, pour l'Afrique digne, et un voile épais s'affaisse sur les partisans des pratiques dignes de l'époque coloniale.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE: DES INTELLECTUELS CONTRE LE RECOURS A LA FORCE


INTELLECTUELS CONTRE LE RECOURS A LA FORCE EN CI.jpg

Une trentaine d'intellectuels, surtout français et africains, ont appelé mercredi dans une lettre ouverte à "enrayer la menace de guerre" qui pèse sur la Côte d'Ivoire, rejetant toute intervention armée dans ce pays en crise, un mois après l'élection présidentielle.
Ces intellectuels, parmi lesquels le sociologue suisse Jean Ziegler, le politologue français Michel Galy, l'écrivain d'origine camerounaise Calixthe.


Une trentaine d'intellectuels, surtout français et africains, ont appelé mercredi dans une lettre ouverte à "enrayer la menace de guerre" qui pèse sur la Côte d'Ivoire, rejetant toute intervention armée dans ce pays en crise, un mois après l'élection présidentielle.
Ces intellectuels, parmi lesquels le sociologue suisse Jean Ziegler, le politologue français Michel Galy, l'écrivain d'origine camerounaise Calixthe Beyala et l'auteur malienne Aminata Dramane Traoré, se déclarent "profondément convaincus qu'une intervention militaire en Côte d'Ivoire serait de nature à aggraver une situation qui est suffisamment tragique, et plongera à coup sûr le pays et la sous-région dans la tourmente".
Le texte est aussi signé par l'un des plus proches soutiens de Laurent Gbagbo en France, Guy Labertit, ancien délégué pour l'Afrique du PS.
"Les signataires de la présente lettre ouverte en appellent aux opinions publiques de toutes les nations et aux gouvernements de tous les pays épris de démocratie, de paix et de liberté, afin d'enrayer la menace de guerre qui plane sur ce pays", poursuivent-ils.
"L'histoire de l'Afrique de l'Ouest et de la Côte d'Ivoire montre qu'une telle intervention à Abidjan se traduirait par une résistance civile et des actions sanglantes devant une armée d'occupation; puis certainement des massacres urbains entre Ivoiriens et/ou entre Ivoiriens et étrangers", mettent en garde les signataires, qui appellent à une "solution pacifique".


Source: Le Blog de KKJ

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE (2)

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Gouvernement : Nommé le 7 décembre 2010 par le président de la République, le gouvernement du premier ministre Aké N'Gbo suscite beaucoup d'espoir parmi les populations ivoiriennes. Il faut dire qu'après huit années d'errements consécutifs aux différents accords internationaux plus ou moins boiteux qui ont ponctué la crise ivoirienne depuis la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, c'est la première fois qu'aucun tueur ou violeur n'en fait partie. Finis, les gouvernements «wouya wouya». Terminée, l'apologie de la rébellion. La nomination de Guillaume Soro à la primature comme résultante de l'accord politique de Ouagadougou avait radicalement dévalorisé la fonction ministérielle à Abidjan en même temps qu'elle sonnait le glas de toute bonne gouvernance. Maintenant que les rapaces de tous bords en ont été expurgés, la nouvelle équipe en place doit s'atteler à concrétiser les grands axes du programme de Laurent Gbagbo, dans un contexte rendu difficile par l'ingérence assourdissante d'une communauté dite internationale folle de rage par le énième échec de son poulain, Alassane Dramane Ouattara. A cela s'ajoute l'impératif de rebâtir la paix et l'unité nationale, pendant que les militaires s'attèleront à mater une fois pour toutes la rébellion et à bouter les assaillants hors de nos frontières, étape préalable à la récupération de l'intégralité du territoire national et au lancement des grands chantiers de reconstruction d'après-guerre qui permettront aux populations des zones Centre - Nord - Ouest ayant fui la barbarie des rebelles de Ouattara, de regagner leurs terres d'origine. Les défis auxquels doit faire face ce gouvernement d'ouverture et de renouveau, constitué des technocrates et des membres de la société civile, de différents partis politiques appartenant ou non à la majorité présidentielle, et même d'une candidate opposée à Gbagbo lors du premier tour du scrutin, sont donc de taille, mais loin d'être insurmontables. L'emploi des jeunes, l'industrialisation, l'assurance-maladie universelle, la gratuité de l'école, la redéfinition des programmes scolaires et universitaires, l'introduction de l'anglais comme langue officielle, la création d'une nouvelle monnaie sont autant de challenges que l'équipe du Professeur Aké N'Gbo s'apprête à relever, pour le bonheur des Ivoiriens, qui ont accueilli avec enthousiasme  l'obligation dorénavant faite à chaque ministre et secrétaire d'Etat de se soumettre à une déclaration de patrimoine à son entrée et à sa sortie du gouvernement, ainsi que la décision de procéder aux audits de tous les ministères.

Hôtel du Golf
: Aussi connu sous le sobriquet 'Golfie' ou 'république hôtelière du Golf'. Hôtel en bord de lagune, appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, transformé, dixit le général Dogbo, commandant de la Garde républicaine, en «repaire de bandits» depuis qu'il est occupé illégalement par le perdant des élections, le burkinabé Alassane Dramane Ouattara, et la cohorte de rebelles, terroristes et mercenaires qu'il utilise pour déstabiliser la Côte d'Ivoire et s'en approprier la présidence. Le peuple s'interroge : Qui paie les factures ? Et surtout, qu'est-ce qu'on attend pour les déloger et les recaser à la MACA (maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) ?

Impartial
: D'après le dictionnaire Larousse, ce terme signifie : «qui ne favorise pas l'un aux dépens de l'autre ; qui n'exprime aucun parti pris». Il faut croire que cette définition évolue plus on se dirige vers la First avenue new yorkaise, siège de l'Organisation des Nations Unies. En effet, ne voilà-t-il pas une force dite «impartiale», en l'occurrence l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire), dont la «mission de paix et d'observation» se mue soudain en mission de défense à tout prix du candidat désavoué par les urnes lors de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier ? 800 soldats onusiens pour «protéger» d'on ne sait trop quel danger un individu hors-la-loi, retranché volontairement - aux frais de la princesse -  dans un hôtel appartenant à l'Etat de Côte d'Ivoire, alors que son domicile se situe à moins de 2000 mètres de là! Une force dite «impartiale», placée sous les ordres d'un énergumène nommé Choi, ci-devant représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire, qui tout en s'auto-décrétant au-dessus de la Constitution et du Conseil Constitutionnel du pays dans lequel il est affecté (phénomène très en vogue sur les bords de la Lagune Ebrié ces derniers temps), s'est découvert des talents de contremaître au service d'Alassane Dramane Ouattara, si l'on en croit le rapport confidentiel de l'Onuci en date du 24 décembre 2010, rédigé par Joe Longaigh, officier des opérations auprès du Bureau des Opérations du maintien de la Paix, qui établit en son point 5 : «Aujourd'hui, le RSSG Choi a visité l'hôtel du Golf en compagnie de journalistes internationaux. Plus tard, le RSSG s'est rendu à la résidence de M. Ouattara (sans les journalistes) pour inspecter des travaux techniques en cours, avant de retourner à l'hôtel rencontrer le Président Ouattara.» Le même Choi, qui a déclaré sans sourciller que seuls les rapports des observateurs internationaux européens (donc blancs) étaient à prendre en compte, ceux des observateurs africains (donc noirs) étant insignifiants comme leurs auteurs, sans doute ! Vous avez dit «impartial», vraiment ?

Jerry Rawlings
: L'ancien chef de l'Etat ghanéen a été l'une des premières personnalités africaines d'envergure, avec Pedro Pires et Eduardo Dos Santos, à s'exprimer sur la situation  postélectorale ivoirienne. A deux reprises, l'actuel envoyé spécial de l'Union africaine pour la Somalie a appelé les acteurs et la communauté dite internationale à faire preuve de maturité et de retenue dans la gestion de crise qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire. Mais il a également qualifié d' «hypocrite» l'option belliqueuse envisagée par l'ONU, l'Union européenne et africaine et la CEDEAO, tout en pointant du doigt le parti pris des média internationaux et leur omerta sur les cas avérés de fraude dans le Nord du pays. L'une des questions soulevées par celui qui demeure encore aujourd'hui l'homme le plus populaire du Ghana est simple : pourquoi ne pas donner suite à la proposition de recomptage des voix par des observateurs neutres tel que cela a été suggéré par le président Laurent Gbagbo ? L'on pouvait en effet s'attendre à ce que le camp Ouattara, s'il est sûr de son fait, se précipite sur cette offre on ne peut plus sensée. Loin de là ! Au lieu de saisir cette main tendue, les squatteurs de l'hôtel du Golf n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'appeler la communauté dite internationale à intervenir militairement pour leur ouvrir le chemin du palais du Plateau. Rien que ça ! Si tu cries au voleur, et que la personne que tu accuses d'être le voleur te propose d'appeler la police pour constater son forfait, pourquoi refuser ? Incompréhensible. A moins que...

Kivu
: Cette région du Congo symbolise par excellence l'échec et la dangerosité des casques bleus, ces soldats prêtés par les pays membres de l'ONU pour servir de force d'interposition et de maintien de la paix dans des pays déchirés par des conflits. Plus de 500 femmes y ont été violées en trois jours en août 2010, à proximité immédiate d'une base de la soldatesque des Nations unies. «Nous avons clairement échoué. Nos actions ont été insuffisantes, ce qui a eu pour effet des brutalités inacceptables contre les villageois de la région», a déclaré Atul Khare, l'un des responsables de l'ONU chargé du maintien de la paix. Mais bien souvent, ils ne se contentent pas d'être inutiles. Leur présence peut s'avérer autrement préjudiciable. Brutalité, abus, viols de mineures, pédophilie et trafic sexuel, les accusations s'accumulent en provenance de la République démocratique du Congo, du Libéria, de la Côte d'Ivoire, du Kosovo, de la Sierra Leone, du Rwanda, d'Haïti. Depuis 2004, plus de 500 casques bleus ont été rapatriés et bannis de futures missions de paix. Le phénomène a pris une telle ampleur que même l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, pourtant peu regardant sur les questions d'éthique et de bonne conduite, avait sonné l'alarme il y a quelques années sur les cas de dérive «particulièrement choquants» dans les rangs des soldats onusiens. Au Congo, ce sont les contingents sud-africain, marocain, indien et pakistanais qui sont montrés du doigt de façon récurrente. Au regard du lourd passif qu'ils trainent derrière eux, il convient de se poser la question : Et si les casques bleus des Nations unies, censés séparer les belligérants et protéger la population des théâtres de conflits meurtriers, faisaient partie du problème plutôt que de la solution? Tourné essentiellement en République démocratique du Congo, le documentaire canadien «Le déshonneur des casques bleus» de Raymonde Provencher lève le voile sur l'horrifiante capacité de nuisance de ces «soldats de l'espoir». Monuc, Minuar, Minustah, Onuci : même principe, même combat ! Tant que le recrutement des casques bleus ne fera pas l'objet de critères sérieux, qu'ils seront protégés par une toute puissante immunité et ne pourront pas être traduits devant la justice des pays dans lesquels ils sévissent, l'on peut considérer comme de la légitime défense tous les actes posés par les populations ivoiriennes pour contraindre au départ, officiellement exigé par le gouvernement ivoirien en date du 18 décembre 2010, les soldats de l'Onuci, devenus une force partisane et belligérante dans le conflit qui oppose le président élu Laurent Gbagbo à son adversaire vaincu.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 29 décembre 2010


Lire l'intégralité de l'abécédaire sur http://saoti.over-blog.com

mercredi, 29 décembre 2010

L'ABECEDAIRE 2010 DE MAHALIA - SPECIAL COTE D'IVOIRE

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Appel : Il y a des signes qui ne trompent pas. Il est difficilement imaginable qu'un homme politique qui postule à la magistrature suprême d'un pays puisse le faire avec l'intention de nuire. D'aucuns sont attirés par le pouvoir, certains viennent avec des idéaux, d'autres avec la volonté de se rendre utiles ou de faire mieux que leurs prédécesseurs, beaucoup ratent leurs objectifs et déçoivent ceux qui ont cru en eux, mais jamais il n'avait été possible d'envisager qu'un homme puisse prétendre présider aux destinées d'un pays dans le dessein de le détruire. Jamais, avant Alassane Dramane Ouattara et sa clique. Nous les avons entendus appeler la «communauté internationale» à faire usage de la force contre le peuple qu'ils prétendent diriger. Cela, rien ni personne ne pourra jamais l'effacer de notre mémoire collective et individuelle. Bien sûr, se souvenir que Ouattara n'est pas ivoirien relativisera quelque peu notre stupeur, mais enfin ! Dans la série des appels demeurés lettre morte, nous nous souvenons également de l'appel à marcher sur la primature le 17 décembre dernier, pour y installer Guillaume Soro. Pas un chat sur les routes, rien. Les quelques excités qui ont tenté de prendre d'assaut la RTI la veille se sont sans aucun doute rendus compte qu'aucun de ceux qui les avaient envoyés au casse-pipe ni aucun membre de leurs familles n'étaient à leurs côté dans cette entreprise périlleuse et hors-la-loi. Plus près de nous, l'appel à la grève générale du 27 décembre, qui a eu autant d'impact à Abidjan que le battement d'aile d'un papillon en Papouasie Nouvelle-Guinée. L'appel a été si royalement ignoré par le peuple ivoirien que même les média occidentaux, pourtant fers de lance de la conspiration anti-démocratique en Côte d'Ivoire, ont été obligés de reconnaître son échec total. Que dire des infructueux appels répétés à la soumission à l'intention des Forces de défense et de sécurité, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire, qui font corps comme un seul homme derrière le président élu Laurent Gbagbo ? Il faut dire que l'Etat-major des forces loyalistes en Côte d'Ivoire hésite entre le fou rire et l'écœurement, en entendant ceux qui sont responsables des massacres de leurs frères d'armes et de leurs concitoyens, oser leur demander de leur faire allégeance à peine un jour après avoir réclamé que des forces militaires étrangères viennent les combattre ! Si avec tout ça, la «communauté internationale» fait encore semblant de croire que les Ivoiriens ont élu Ouattara, c'est qu'elle a vraiment urgemment besoin d'un ORL-ophtalmologue.

Banque mondiale
: Cette institution financière internationale (IFI) est, avec le Fond monétaire international ou la Banque Africaine de Développement, l'un des principaux assassins des économies africaines. Aussi n'est-il pas étonnant de voir que la BM et le FMI ont été parmi les premiers à réagir à la réélection - malvenue de leur point de vue - de Laurent Gbagbo au détriment de leur poulain, Alassane Dramane Ouattara, pur produit de Bretton Woods. Ces institutions a fortiori économiques, ont annoncé le gel de leurs «aides» et investissements en Côte d'Ivoire et leur intention de ne donner suite qu'aux desiderata de la poupée ventriloque qu'elles tentent en vain depuis une décennie de placer à la tête du pays phare de l'Afrique de l'Ouest. D'une part, il paraît utile de leur signaler que l'Etat et le peuple ivoiriens ne se reconnaîtront pas dans les prêts et engagements contractés par le putschiste Ouattara. Ensuite, sans doute ne savent-elle pas qu'elles nous ont, par leur prise de position partisane et anticonstitutionnelle, rendu un des plus fiers services qu'il nous ait été donné d'imaginer. Parce que nous ne voulons plus d'elles non plus. Et cette ingérence intolérable dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire nous donne non seulement l'occasion, mais également la légitimité de rompre toute relation avec ces suppôts de l'asservissement économique des peuples africains. Nous ne sommes donc plus tenus de rembourser une «dette odieuse», pour paraphraser le qualificatif utilisé par Eric Toussaint, du CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde), parce que contractée par des despotes imposés par les puissances coloniales à des fins autres que le développement, l'épanouissement et l'amélioration de la qualité de vie de ceux au nom de qui les emprunts ont été effectués, à savoir les populations africaines. En effet, le système mis en place pour saboter le développement des peuples noirs est d'une remarquable perversité. «Les crédits sont utilisés pour acheter des biens et des services proposés par les pays prêteurs. Et ils visent l'exécution de projets qui répondent davantage aux impératifs d'exportation de ces Etats qu'aux besoins des pays emprunteurs. Ces projets, loin de promouvoir le développement, servent au contraire à remplir les carnets de commandes des firmes occidentales et à enrichir les élites des pays bénéficiaires» confirme l'économiste sénégalais Sanou Mbaye. L'accès aux capitaux passant obligatoirement par une adhésion totale aux desideratas de l'Occident, en acceptant l' «aide» des IFI, nous leur donnons de facto la tutelle de notre fonctionnement économique, politique et social. Rien qu'avec les sommes astronomiques qui étaient dévolues à ces remboursements, nous pourrons donc dorénavant faire plus pour le développement de notre pays qu'avec les «aides et investissements» coupe-gorges que ces messieurs de New York pensent agiter comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Bon débarras !

Charniers
: Normalement, il devrait être interdit de rire d'une chose aussi affreuse qu'un charnier. Les images des corps jetés dans des fosses communes par les génocidaires Hutus épaulés par la soldatesque française de la force Noroît, sous les yeux impavides des forces onusiennes lors de l'hécatombe rwandaise qui, en 1994, fit près d'un million de victimes en cent jours, sont en effet encore trop horriblement gravées dans nos mémoires. Il aura fallu attendre que Guillaume Soro et Alassane Dramane Ouattara prennent à témoin la «communauté internationale» pour rendre loufoque l'évocation de charniers. Les 20 décès consécutifs à la marche insurrectionnelle du jeudi 16 décembre 2010, à laquelle ils avaient fort gaillardement invité leurs partisans sans pour autant y participer eux-mêmes, leur paraissant sans doute trop insignifiants, surtout lorsque l'on considère que parmi eux il y a 9 membres des forces de l'ordre loyales à Laurent Gbagbo et que les autres victimes ne sont pas attribuables à tel ou tel camp, voici donc nos deux nouvelles 'Mère Théresa' de l'hôtel du Golf qui commencent à faire de la surenchère funéraire, avec la même dextérité que celle qui leur a servi au bourrage des urnes en zones CNO lors de l'élection présidentielle. Nous passons donc en un clin d'œil à 50 morts, puis 173, puis 200, en attendant d'arriver aux milliers qui justifieraient peut-être l'incompréhensible appel d'offre lancé par l'Onuci le 27 septembre 2010 (un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle) pour la prestation de services mortuaires incompatibles avec leur mission initiale de «paix». A moins que la très partisane ONU ait eu besoin de nettoyer les ravages commis par les hommes de Soro et Ouattara, experts unanimement reconnus en carnages en tout genre, ainsi qu'en témoignent les massacres des soixante gendarmes et de cinquante de leurs enfants en 2002, les tueries de Bouaké en 2008, sans parler de toutes les atrocités auxquelles ils se sont livrés et continuent de le faire, avec l'onction de leurs commanditaires que sont Nicolas Sarkozy et son bras armé dans la sous-région, l'assassin-président Blaise Compaoré. Les centaines de milliers de déplacés de guerre depuis 2002, violés, torturés, estropiés, pillés peuvent en témoigner concrètement.

Documentaire
: S'il est un documentaire qui peut être qualifié de hit de l'année de ce côté-ci de l'hémisphère, c'est bien «La Françafrique» du réalisateur Patrice Benquet. La première partie, intitulée 'La raison d'Etat', remonte aux sources du mal et donne un sérieux coup de projecteur sur les coulisses toujours malodorantes et souvent sanglantes de la politique africaine de la France mise en place par Jacques Foccart à la demande du Général de Gaulles, à la suite de l'indépendance de l'Algérie. Le second volet 'L'argent roi', bien qu'abordé beaucoup plus superficiellement, éclaire néanmoins sur les mécanismes actuels utilisés par l'Etat français, qui se cache dorénavant derrière les multinationales gauloises pour maintenir la strangulation économique des nations africaines. Mais il existe beaucoup d'autres documents que chaque Africain digne de ce nom devrait avoir lus et visionnés pour mieux appréhender le phénomène de domination auquel nous sommes soumis. Il y a «Tuez-les tous», époustouflant documentaire sur le génocide rwandais de Raphaël Glucksmann ; «Mort à Genève», de Frank Garbely retraçant l'assassinat de l'indépendantiste camerounais Félix Moumié par les services secrets français ; «La victoire aux mains nues», de Sidiki Bakaba qui documente les massacres des populations ivoiriennes par l'armée française en novembre 2004 ; «Mobutu, roi du Zaïre», de Thierry Michel, narrant avec une rare richesse historique l'élimination de Patrice Lumumba et son remplacement par une marionnette aux ordres en la personne de Mobutu Sese Sekoko ; «L'homme qui dirigeait l'Afrique» portrait par Cédric Tourbe du concepteur de la Françafrique Jacques Foccart... Dans la famille des films grand public, nous trouvons : «The great debaters» de Denzel Washington ; «Lord of war» de Andrew Nicol ; «Hotel Rwanda» de Terry George; «Malcolm X» de Spike Lee ; «Invictus» de Clint Eastwood ; «Cry Freedom», de Richard Attenborough ; «Blood diamonds» de Edward Zwick ; «Lumumba» de Raoul Peck ; «1802, l'épopée guadeloupéenne» de Christian Lara : «Amistad», de Steven Spielberg ; «Rue Cases-Nègres» d'Euzhan Palcy etc. sans oublier la classique série télévisée «Roots» tirée du légendaire roman d'Alex Haley. Petit échantillon à avoir dans sa bibliothèque : Walter Rodney, Chinua Achebe, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mongo Beti, Bernard Dadié, Aimé Césaire, Toni Morrison, François-Xavier Verschave ainsi que les «Mémoires» de Jacques Foccart, «Renaissance africaine» de Thabo Mbeki et «The white man's burden», de William Easterly.

Erreurs
: Laurent Gbagbo, aujourd'hui accusé de tous les maux par une «communauté internationale» qui se résume à la France, aux USA, à l'Union européenne et aux quelques vassaux dédiés aux basses manœuvres que la France a mis au pouvoir dans certains pays de son pré carré, est coupable. Non pas d'avoir «volé» les élections, comme se plaisent à le pérorer avec de moins en moins de résonnance les alliés étrangers de son adversaire battu. Mais d'avoir fait preuve de trop de malléabilité et de bonne foi. Georges Frêche, figure emblématique de la gauche française, disait encore il y a peu : «On ne fait pas 40 ans de vie politique en étant un perdreau de la dernière couvée. La politique est un monde rude, où les trahisons sont monnaie courante et où les assassinats sont la norme.» La première erreur de Gbagbo a été de ne pas traduire les dirigeants français devant la Justice pour les massacres des Ivoiriens aux mains nues en novembre 2004, et de n'avoir pas exigé le départ immédiat de l'armée française d'occupation (le 43è BIMA et la force Licorne), auteur desdites tueries. Sa deuxième erreur a été de ne pas procéder à la création d'une monnaie ivoirienne dans la foulée de cette agression barbare. Sa troisième faute est sans conteste l'accord politique de Ouagadougou. On ne dialogue pas avec ses ennemis. On ne leur fait pas confiance. On les bat. Et quand ils sont assommés par terre, on n'attend pas qu'ils se réveillent pour leur tendre une main chevaleresque qui les aidera à se relever, mais on les écrabouille. L'accord politique de Ouagadougou est certainement l'acte le plus «perdreau de la dernière couvée» du président ivoirien. Certes, il est en adéquation avec la philosophie pacifique qui caractérise sa carrière politique, mais était-il viable pour autant ? Gbagbo a également naïvement cru qu'en faisant quelques concessions à la France, comme le renouvellement du contrat d'exploitation de la Sodeci ou l'octroi du terminal à conteneur à Bolloré, il obtiendrait la paix des braves de la part du brasseur de vent qui a succédé à Jacques Chirac. Sa cinquième erreur est d'avoir accepté d'aller aux élections sans que les rebelles ne remplissent la condition préalable du désarmement. L'accord politique de Ouagadougou, que tant de patriotes ont eu du mal à digérer, stipule clairement que les élections ne devaient avoir lieu que deux mois après la fin du désarmement effectif des rebelles. Ne pas avoir été intransigeant sur cette condition est très grave et la chose que les Ivoiriens peuvent le plus lui reprocher. Mais cinq erreurs en huit années de crise, de guerre et de rébellion, ce n'est pas une si mauvaise statistique, l'essentiel étant que ces fautes ne se répètent pas, et que Laurent Gbagbo fasse dorénavant preuve d'une extrême fermeté dans la gestion des affaires de la Côte d'Ivoire. Intransigeance absolue avec les ennemis de la Nation. Cela implique, de façon non exhaustive, la rupture des relations diplomatiques avec la France et le Burkina Faso, la mise aux arrêts de tous les individus ayant attenté à la souveraineté et à l'intégrité de l'Etat, la sortie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, la négociation de conventions commerciales dans l'intérêt bien compris du peuple ivoirien, sans compter la suspension du remboursement de la dette odieuse contractée par les précédents chefs d'Etat auprès des institutions financières internationales telles la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI).

Françafrique
: Il y a des gens qui ont découvert la Françafrique en regardant le documentaire du même nom diffusé le 9 décembre dernier dans l'émission Infrarouge de France 2. Mieux vaut tard que jamais. Pour ceux qui auraient raté l'aperçu donné à la télévision, voici donc un petit cours de rattrapage. «La France n'est grande que quand elle grimpe sur les épaules de l'Afrique» disait il y a quelques années un ancien ambassadeur américain en Angola. Et c'est en effet pour «justifier» son rang de puissance internationale, notamment à l'ONU, et pour assurer sa stabilité et son développement économiques que l'Hexagone tient à tout prix à asseoir son maintien du contrôle politique sur les Etats africains de l'ancien empire colonial français et à entretenir l'exploitation quasi monopolistique des richesses de ces mêmes Etats au profit des intérêts français. C'est pour assurer la pérennisation de ces objectifs  de domination néocoloniale et afin de mettre hors d'état de nuire tout groupe ou individu qui, tel Olympio, Sankara ou aujourd'hui Gbagbo, les menace, que les hommes politiques français, qu'ils soient de droite ou de gauche,  ont, dans un bel ensemble,  développé une passion pour les changements de régimes (Burkina Faso, Niger, Guinée), les élections truquées (Gabon, Togo, Centrafrique), les rebellions préfabriquées (Côte d'Ivoire). Le renversement par les armes ayant failli dans ce dernier cas, l'innovation en la matière aura eu lieu cette année, avec la désignation péremptoire de Dramane Ouattara comme «vainqueur déclaré par la communauté internationale» de l'élection présidentielle ivoirienne, faisant fi du choix des urnes, entériné par le Conseil Constitutionnel - par ailleurs plus haute juridiction éburnéenne et seul autorisé à proclamer les résultats définitifs d'une élection présidentielle en Côte d'Ivoire -, qui atteste de la réélection effective de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême. Une fois les dictatures inféodées à Paris installées, elles ont pour mission de sécuriser la chasse gardée et les investissements français en écartant toute possibilité de réelle concurrence internationale dans les pays concernés. La pierre angulaire de ce système de prévarication des économies africaines est une nébuleuse politico-économique communément appelée «Françafrique». Celle-ci rassemble d'une part une poignée de groupes français (Bolloré, Bouygues, Total, France Telecom, CFAO, Société Générale, Veolia, Areva) disposant de positions hégémoniques dues à leurs connexions politiciennes et non comme résultat d'une supériorité de leurs offres lors de libres confrontations avec la concurrence mondiale. De l'autre, elle est constituée d'un magma de réseaux qui monopolisent des «contrats d'assistance technique» plus ou moins réels ou pertinents et participent de façon active à la fuite des capitaux pour le compte des élites collaboratrices locales, au financement occulte des partis politiques français ainsi qu'à leur enrichissement personnel. Afin de parvenir à ses fins, l'Etat français n'hésite pas à instrumentaliser l'Organisation des Nations Unies (ONU), l'Union Européenne (UE) et même la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union Africaine (UA), pour permettre à l'Hexagone de répartir le coût financier, militaire et diplomatique de sa politique sur des contribuables internationaux, alors que les bénéfices restent, eux, fermement en France. C'est dans cette optique que s'inscrivent aujourd'hui les menaces aberrantes d'une intervention militaire en Côte d'Ivoire agitées avec l'aide de quelques chefs d'Etat valets de la sous-région.


A suivre...


Mahalia Nteby, le 28 décembre 2010

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

RENCONTRE AVEC LES EMISSAIRES DE LA CEDEAO AU PALAIS : GBAGBO MARQUE DE BONS POINTS



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In Le Nouveau Courrier N°165 du 29 Décembre 2010 par Benjamin Silué


Ernest Koroma, Yayi Boni et Pedro Pires ont rencontré, successivement, Young-Jin Choi de l'Opération des Nations en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, hier.


L'occasion était donnée, hier, aux émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour donner les raisons de leur présence en terre ivoirienne, mais surtout de prêter une oreille attentive à leur hôte, Laurent Gbagbo qui les a reçus «en frère» à son palais, au Plateau.

Après avoir «menacé» le chef de l'Etat ivoirien d'un recours à la force, la Cedeao a donc décidé d'envoyer les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert en Côte d'Ivoire comme émissaires chargés de remettre un ultimatum à Laurent Gbagbo. L'un des émissaires, membre de la délégation d'Abidjan, Pedro Pires du Cap Vert, connaissant certainement le dossier ivoirien, avait déjà écarté l'usage d'une «intervention militaire», et opté pour la négociation. Bien plus, le dialogue, comme l'a toujours préconisé le président Laurent Gbagbo. Ce qui sous-entend que chaque acteur aura à exposer ses griefs.

Hier, déjà, selon une source crédible, le chef de l'Etat ivoirien, durant plus de 2 heures d'horloge, a brandi les preuves qui le donnent gagnant de l'élection présidentielle, mais surtout qui le motivent à faire face à l'adversité de la communauté internationale cornaquée par Sarkozy, parrain de Ouattara. De la traque de ses représentants dans les bureaux de vote au nord par les pro-Ouattara, appuyés d'hommes armés de la rébellion des Forces nouvelles, aux fraudes massives, le chef de l'Etat ivoirien, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, seule institution habileté à le faire, n'a pas laissé ses hôtes sur leur faim. Les homologues de Laurent Gbagbo sont restés pantois, rapporte notre source. Démontrant que la distance et le lynchage médiatique, orienté, d'une partie de la presse occidentale, à l'agenda caché, a eu raison de personnes naïves. En témoigne les propos du président béninois Yayi Boni, qui a noté, au sortir de cette rencontre, que «les choses se sont bien déroulées». Le président Laurent Gbagbo, qui les a reçus avec les accolades, tout sourire, les a raccompagnés le visage très rayonnant. Pour qui connaît le chef de l'Etat ivoirien, les nuages se dissipent progressivement. Comme quoi, le mensonge court plus vite que la vérité qui finit par le rattraper.

Notre source indique que les présidents Sierra Léonais, Ernest Koroma, Béninois, Boni Yayi et le Capverdien Pedro Pires ont décidé de jouer la carte politique pour régler le différend né au lendemain du second tour du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire. A l'issue de la deuxième rencontre qui a eu lieu tard dans la nuit, le chef de l'Etat ivoirien a espéré recevoir ses homologues dans les prochains jours. Il reste à espérer que les énormes pressions qu'ils subissent de la part d'acteurs étrangers à l'Afrique n'auront pas raison de leur option pleine de sagesse.


Source: LE COURRIER D'ABIDJAN

mardi, 28 décembre 2010

LAURENT GBAGBO AU QUOTIDIEN LE MONDE : "JE DENONCE UN COMPLOT FRANCO-AMERICAIN"


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Le président ivoirien, Laurent Gbagbo a eu un week-end médiatique très chargé. Il a accordé successivement des interviews à deux quotidiens français, le Monde et Figaro. Nous publions ci-dessous les deux interviews.

Le Monde: La Cédéao, l'organisation économique des pays d'Afrique de l'Ouest, menace de recourir à la "violence légitime", en d'autres termes d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Prenez-vous ces menaces au sérieux ?

Laurent Gbagbo : Les menaces, il faut les prendre au sérieux mais après, il faut garder la tête froide et se rendre compte que ce serait bien la première fois que des pays africains partiraient en guerre contre un autre pays parce qu'une élection s'est mal passée. Regardez la carte de l'Afrique, regardez la carte des élections qui se passent plus ou moins bien, plus ou moins mal, et puis la carte de là où il n'y a pas d'élections du tout. Si on devait aller en guerre avec cette carte-là, je crois que l'Afrique serait perpétuellement en guerre. Donc je prends cela au sérieux parce que ce sont des menaces, mais je reste tranquille, j'attends de voir.

Vous croyez à la possibilité d'une intervention militaire ?

- Les choses peuvent déraper à tout moment, donc il faut prendre tout au sérieux, mais ils ont décidé de m'envoyer une délégation [de chefs d'Etat mardi]. On aurait dû commencer par là. On aurait économisé beaucoup de choses, beaucoup de salive, beaucoup d'adrénaline. Il faut venir voir ce qui se passe en Côte d'Ivoire, et quand on a vu ce qui se passe, alors on prend les décisions.

Y a-t-il des conditions qui vous permettraient de négocier avec M. Ouattara ?

- Je ne pose jamais de préalables quand je discute. Moi, je constate que les règles en vigueur en Côte d'Ivoire, qui n'ont jamais été dénoncées par qui que ce soit, font que je suis le président de la République, donc naturellement, quand on discutera je vais mettre ça sur la table, il faut dire que ces règles-là n'ont été dénoncées par personne.

Vous avez parlé de complot de la France et des Etats-Unis contre la Côte d'Ivoire. De quoi s'agit-il ?

- Avant les élections, j'ai fait ma part. J'ai demandé que les autres [les ex-rebelles] fassent leur part en désarmant. Toutes les pressions sont faites pour qu'on aille aux élections sans désarmement. Là, on peut parler du début du complot. Toutes les pressions, de toutes parts. Moi-même je n'avais pas de raison de douter des rebelles avec qui j'étais en accord avec l'accord de Ouagadougou, et avec lesquels je gérais la sortie de crise. Je les voyais bien, intégrés, se comportant de façon loyale, je n'avais pas de raison de douter qu'ils allaient utiliser après les armes qu'ils n'avaient pas déposées pour pervertir les élections. Ensuite, les institutions en place, reconnues par tous [en réalité, le Conseil constitutionnel], elles proclament le président élu, tout le monde dit : " non, c'est Ouattara que nous tenons pour président ".

Qui est ce "nous" ?

- Ce nous c'est d'abord la France, mais c'est surtout l'ambassadeur de France et l'ambassadeur des Etats-Unis. Nous voilà au terme du premier tour. Les résultats sont un peu contestables mais je ne les ai pas contestés. On va au deuxième tour, la CEI [Commission électorale indépendante] a trois jours pour donner des résultats, elle ne les donne pas. A minuit moins le quart, le président de la CEI, M. Bakayoko, intervient à la télévision, on lui dit que TV5 aurait donné des résultats, il fait une mise au point nette pour dire : nous n'avons donné aucun résultat. Minuit arrive. Candidat, je suis devant mon poste de télévision, parce que c'est le moment que tous les candidats guettent pour voir comment les votes se sont portés sur eux. Minuit passe. La CEI est "off". Le lendemain, l'ambassadeur de France et l'ambassadeur des Etats-Unis vont chercher Youssouf Bakayoko, président de la CEI, et l'amènent à l'hôtel du Golf, qui est le quartier général de mon adversaire. On apprend qu'il y a une télévision étrangère, sur laquelle aurait été donné le résultat qui donne Ouattara vainqueur. Le président du Conseil constitutionnel intervient pour dire que ce ne sont pas des résultats. Il décide que Gbagbo Laurent est élu président de la République. A partir de ce moment-là, Français et Américains disent : non, nous c'est Ouattara que nous reconnaissons. C'est tout ça qu'on appelle le complot.

Quel est le problème avec la France et les Etats-Unis ?

- Je ne vois pas le problème, c'est eux. En quoi nos élections sont leur problème ?

La France et les Etats-Unis sont suffisamment puissants pour entraîner l'Union africaine, les Nations unies, la Cédéao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest] ?

- Je me rends compte qu'ils sont suffisamment puissants pour ça.

C'est le discours que vous tiendrez mardi à la délégation de chefs d'Etat de la Cédéao ?

- Ce sont les faits que j'expose. Je dirai les faits.

Vous pensez les convaincre ?

- Je vais leur dire d'aller vérifier la matérialité de ces faits-là partout où c'est possible. Quand les gens se détachent des faits, c'est qu'ils ne veulent pas la vérité, pas la justice. Or, ces conflits sont créés par des gens qui sont étrangers à nous. Je ne comprends pas pourquoi ces gens-là choisissent un candidat qu'ils reconnaissent. Ce n'est pas leur rôle.

Eux ? La France et les Etats-Unis ?

- En premier lieu. Avec les positions incroyables, inexplicables et injustifiables qu'ils prennent, ces pays-là poussent à un affrontement interne. Aujourd'hui, moi je m'appuie sur les institutions ivoiriennes, sur les lois. Alors que vous avez maintenant d'autres qui s'appuient sur les puissances étrangères. Il y aura peut-être un désordre intérieur, une guerre civile en Côte d'Ivoire, parce que nous n'allons pas nous laisser piétiner notre droit et nos institutions.

Vous êtes prêt à aller jusqu'où?

- Il n'y a pas à être prêt à aller quelque part, c'est nous qui sommes agressés. C'est nous qui avons le droit pour nous. Jusqu'où ceux qui nous agressent sont prêts à aller ? Je vais vous signaler quelque chose. Je suis élu président en 2000. En 2002, je suis attaqué, agressé. On n'a jamais vu ni la France, ni l'Union européenne, ni les Etats-Unis, ni l'ONU, ni la Cédéao, prendre des sanctions contre ceux qui ont agressé un régime conformément à la loi. On ne les a jamais vus.

Qui fallait-il sanctionner ?

- Mais ceux qui nous avaient agressés !

Et de qui s'agissait-il ?

- Ils sont connus ! Vous ne les connaissez pas ? Cette position qu'ils prennent est la continuation de l'agression que nous avons subie en 2002. De 2002 à aujourd'hui, ceux qui ont pris les armes contre un Etat souverain, un régime démocratiquement élu, ceux-là n'ont jamais été sanctionnés par personne.

Leurs noms ?

- C'est un détail. A ce moment-là, tout le monde a fait l'aveugle, tout le monde a fait le sourd, tout le monde a fait le muet, comme les singes de la parabole. Aujourd'hui, ils retrouvent tous la parole, l'usage des yeux, l'usage des oreilles, et ils crient : "haro sur Gbagbo !" Mais Gbagbo a la loi avec lui.

Les enlèvements, les tortures d'opposants, 173 morts selon l'ONU...

Quand j'ai pris le pouvoir en 2000, ils avaient sorti des charniers, il y avait des charniers à Yopougon, des assassinats. Aujourd'hui, le débat principal c'est quoi ? C'est Gbagbo et Ouattara sont candidats au deuxième tour de l'élection présidentielle. Qui est élu ? C'est ça le débat. Alors quand ce débat gêne, comme en 2000, on glisse de ce débat vers les droits de l'homme. Ah oui, il y a eu des morts, il y a eu des charniers... Je constate la similitude du comportement entre 2000 et 2010. Je vois la même chose, exactement. Parce qu'en 2000, il y en a qui ont contesté mon élection, qui ont essayé de faire endosser [cette position] par l'Afrique. Le Nigeria d'Obasanjo et l'Afrique du Sud avaient même demandé l'annulation des élections. Je leur ai envoyé des gens pour dire que c'était irréaliste. Donc après ça, on est passé à "oui, il y a des charniers, il y a des gens qui sont morts et tout"... Moi dès demain lundi je vais demander au ministre de la justice de mettre tous les procureurs [à l'œuvre] pour faire des enquêtes. [Il s'empare d'un dossier jaune] Nous avons ici des enquêtes sanitaires du ministère de la santé sur les gens qui sont blessés, qui sont morts. Il n'y en a pas plus que ça... Il y a beaucoup de blessés, des blessés par armes blanches. Des forces de l'ordre qui sont blessées par balles, armes blanches. Nous avons nos documents, on n'a pas peur de ce débat. Alassane Ouattara a lancé l'idée de faire venir une délégation de la CPI... - Au moment des discussions de Marcoussis, en janvier 2003, je connais un chef d'Etat voisin qui a été élu à 80 %... - j'aurais peut-être dû m'arranger pour gagner avec 80 %, j'aurais été moins suspect - qui avait dit "Oui, Gbagbo doit aller à la CPI". Lui ! Et c'était tout à fait succulent. Donc ce sont les mêmes glissements. 2000, 2010, c'est le même scénario. Donc on n'est plus surpris. Les Ivoriens ont voté le 28 novembre, ils ont élu qui ? Et les institutions ont proclamé qui ? C'est ça qui est le fond de la question. Il ne faut pas glisser dessus pour aller sur des problèmes qu'on sait déjà Il y a un complot, donc ? Qui vise à installer Ouattara au pouvoir. Et il y a des puissances extérieures à l'Afrique dont, je ne sais pas pourquoi, le rêve est de mettre Ouattara au pouvoir.

Et les pays africains qui soutiennent la décision de l'ONU ? Ils sont manipulés ?

- Je ne veux pas parler de ça. Sinon, ou bien on est trop méchant, ou on ne dit rien. Sachez seulement que nous faisons les réunions de l'Union africaine et de la Cédéao, les représentants des pays européens sont toujours plus nombreux dans les couloirs que ceux des pays africains. Ils sont toujours dans les couloirs, très nombreux, pour vous donner un exemple, au sommet de Charm el-Cheikh, il y avait à l'ordre du jour le problème du Zimbabwe, il y avait tellement d'Européens dans les couloirs qu'un chef d'Etat africain a pris la parole pour dire : "Ecoutez, les Européens font une pression tellement grotesque que nous décidons de soutenir Mugabe, même si on ne l'aime pas." Et c'est cette position qui a été passée. Il y a des fois où ça suscite un ras-le-bol. Les pressions sont énormes. Sur tous les chefs d'Etat que moi j'ai eus au téléphone, les Africains, ils disent la même chose : on n'en peut plus ! Il y en a même un qui m'a dit qu'il reçoit trois coups de téléphone par jour au moins de l'Elysée.

Vous vous sentez dans une situation comparable à celle de Robert Mugabe ?

- On ne se connaît pas bien, je l'ai aperçu comme ça quelques fois, mais quand on subit ce que j'ai subi, on se dit que l'autre n'avait pas totalement tort. Ici vous pouvez chercher on n'a rien à cacher à personne... Ni au niveau de l'argent, ni au niveau de la gouvernance, ni au niveau des droits de l'homme, alors quand vous voyez les gens s'acharner sur nous, tous les gens qui viennent pour discuter affaires, je ne leur ai jamais demandé un franc, donc vraiment je suis très à l'aise. Quand vous voyez ces gens s'acharner, vous vous dites, peut-être que celui-ci [Mugabe], il n'avait pas tort.

La présence de l'hôtel du Golf, c'est durable ?

- Je ne sais même pas pourquoi ils sont là-bas.

Pour l'instant, ils ne peuvent ni sortir ni entrer...

- Non ! Celui qui veut aller chez lui peut aller chez lui. Il y a des barrages qui interdisent d'en sortir... - Les barrages ont été mis à partir du moment où les gens ont été dedans. Quand ils ont utilisé des armes. Or, de l'hôtel du Golf, on est peut-être à cinq ou dix minutes de pirogue de la résidence du chef de l'Etat, c'est tout près. Nous sommes obligés de prendre des mesures de sécurité aussi bien pour eux que pour nous. Je ne sais pas pourquoi ils sont allés s'agglutiner dans un coin du territoire


Source: GBAGBO.CI

LA MISE EN GARDE D'UN DEPUTE SARKOZYSTE

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Didier Julia et Nicolas Sarkozy

 

La position officielle de la France sur la situation ivoirienne n'est pas partagée par l'ensemble des parlementaires. À gauche, certains élus, comme Henri Emmanuelli, François Loncle ou l'ancien ministre Hubert Védrine, s'interrogent. Au sein de l'UMP aussi, certains députés estiment que la position de la France devient dangereuse pour ses intérêts en Afrique. Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne et membre de la commission des affaires étrangères, nous a fait savoir qu'il a sondé ses collègues et que 30 à 40% d'entre eux commençaient à changer de ligne. Il a décidé de briser la chape de plomb et il a accordé son premier entretien sur cette affaire à Kernews, mardi 28 décembre, au micro de Yannick Urrien.

Kernews : Tous vos collègues parlent de l'accrochage que vous auriez eu avec Michèle Alliot-Marie lors de la dernière réunion du groupe UMP de l'Assemblée nationale, quelques jours avant Noël... Que s'est-il passé ?

Didier Julia : J'ai eu l'occasion, lors de la réunion du groupe UMP qui rassemble tous les députés, en l'absence de François Fillon, de poser trois questions à Madame Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères. Ma première question était de savoir pourquoi la France s'engage-t-elle au premier plan dans un problème de politique intérieure qui concerne la Côte d'Ivoire. La deuxième question : pourquoi le gouvernement français envisage-t-il de prendre des mesures de rétorsion à l'égard de l'entourage du président sortant de Côte d'Ivoire, qui serait à Paris, en leur retirant leurs visas et leurs passeports, alors que cela peut mettre en danger les 15 000 Français qui sont en Côte d'Ivoire et qui subiraient la même procédure. La troisième question : si les soldats français devaient ouvrir le feu sur des Ivoiriens pour un problème de politique intérieure ivoirienne, ce serait une abominable image pour la France, un recul de 50 ans, époque de la canonnière de la colonisation. Au XXIème siècle, ne serait-ce pas vraiment une régression du point de vue historique ? Ces trois questions ont suscité une colère extrêmement violente de Madame Alliot-Marie et cela m'a beaucoup étonné de la part d'un ministre qui se présente comme étant de tradition gaulliste. Le fait pour la France de s'identifier à la position américaine, qui est anti Gbagbo, parce qu'ils n'ont jamais pu conquérir les marchés de Côte d'Ivoire, ce n'est pas une position gaulliste. La position gaulliste, c'est d'abord le respect des pays et de leur indépendance. Ensuite, nous ne sommes pas des supplétifs des Américains dans la politique mondiale. J'ai été frappé par cette réaction passionnelle. J'ai eu l'occasion de passer une note au premier ministre François Fillon en lui disant que l'intérêt de la France et la morale en politique voulaient que nous laissions les pays de l'Union africaine s'occuper de la Côte d'Ivoire et que ce n'était certainement pas à l'ancienne colonie d'imposer son point de vue. Le premier ministre partage tout-à-fait cette approche du problème ivoirien.

Selon certaines indiscrétions émanant de vos collègues, Michèle Alliot-Marie, en privé, aurait des doutes sur la sincérité du scrutin annoncé par l'ONU... Qu'en pensez-vous ?

Notre problème, ce n'est pas d'être pro Gbagbo ou pro Ouattara... Nous nous interrogeons tous en commission des affaires étrangères et je peux dire que l'opinion majoritaire, de tous ceux qui s'intéressent au problème, est de dire qu'il y avait d'un côté une commission soi-disant indépendante, qui était sous le contrôle des Américains, en tout cas sous le contrôle des opposants au président Gbagbo et, de l'autre, un Conseil constitutionnel dont on dit que ce sont des amis de Monsieur Gbagbo, mais c'est quand même le Conseil constitutionnel... Par conséquent, je connais le nord de la Côte d'Ivoire qui est entre les mains de chefs de guerre qui pratiquent, comme chacun sait, le racket sur le coton et le diamant, et il était impossible aux populations qui sont sous leur tutelle de voter autrement que ce qu'elles ont voté. Donc, le problème de la légalité discutable dans le Nord est un réel problème.

Nous avons reçu des témoignages précis d'assesseurs représentant le candidat Gbagbo qui ont dû quitter le bureau de vote à 9 heures du matin parce qu'on les menaçait avec une kalachnikov...

Oui, au sein de la commission indépendante aussi, il y avait deux assesseurs représentant le candidat Gbagbo, contre dix, et ils ont aussi fait l'objet de menaces. Par conséquent, les conclusions de la commission indépendante posent vraiment un problème. Mais je n'en veux pas à Michèle Alliot-Marie. C'est une femme pour laquelle j'ai de l'amitié et une certaine admiration. Ce qui m'inquiète plutôt, c'est qu'elle incarne une tradition gaulliste et, si son attitude l'amenait à soutenir aveuglément le point de vue américain et à ne pas respecter la réalité du scrutin pour des raisons qui m'échappent, eh bien, je dis que son image en pâtirait.

Comment analysez-vous l'influence des médias sur ce dossier ? Il n'y a aucune explication précise sur le fond de l'affaire, on n'entend aucun discours contradictoire, mais une dialectique de guerre et de diabolisation...

Les médias agissent de la même façon dans tous les domaines. Tout le monde a hurlé contre Éric Woerth en le qualifiant d'escroc, de voleur, de menteur, de truqueur, de profiteur... Aujourd'hui, plus personne n'en parle. Lorsqu'ils s'apercevront tous qu'ils se sont trompés, il y en a pas un qui aura l'honnêteté de le dire. Il y aura une petite ligne disant que Monsieur Woerth n'était finalement pas concerné par les problèmes sur lesquels il était critiqué. J'ai connu cela à propos de l'affaire irakienne : ils se sont déchaînés contre nous pendant dix jours ! Le procureur général et les juges ont conclu que l'accusation de collusion avec une puissance étrangère pour intenter aux intérêts fondamentaux de la France était une affaire purement ubuesque et sans fondement. Nous avons été totalement relaxés et nous avons eu droit à trois lignes dans les journaux... Regardez, toute la presse s'est déchaînée sur le problème des retraites. A l'étranger, certains pensaient que la France était sens dessus dessous et que c'était la révolution dans la rue... Tout le monde nous interrogeait sur le désordre de la société française et plus personne ne parle des retraites aujourd'hui ! Dans la presse française, tout le monde va dans le même sens et, lorsqu'ils feront marche arrière, on va passer à autre chose...

Alors, faisons un peu de prospective, car chaque opération de désinformation qui a été entreprise a des conséquences sur une décennie. La conséquence de la première guerre du Golfe a été l'émergence de l'islamisme radical et des attentats du 11 septembre 2001... C'est vrai...

La deuxième guerre a entraîné le massacre des chrétiens d'Irak et d'Orient, qui doivent fuir leurs pays respectifs...

Oui...

Alors, quelles seront les conséquences de cette affaire ivoirienne ?

J'ai dit à Michèle Alliot-Marie que si nous continuons dans cette voie, les Français seront tous remplacés par les Chinois, les Brésiliens, les Indiens, et la France disparaîtra de l'Afrique. C'est très dommage. J'ai aidé le président Sarkozy à être élu, je soutiens son action réformatrice très méritante en France, mais je ne peux pas suivre une politique mondiale lorsqu'elle met en cause l'influence et la crédibilité de la France dans un continent, surtout l'Afrique, qui est le continent d'avenir. En 2050, l'Afrique sera plus peuplée que la Chine. C'est un continent en pleine expansion économique, qui est en train de s'organiser, dont les ressources sont considérables, et c'est vraiment un continent d'avenir. La France risque de se couper pendant longtemps d'un pays d'avenir. Si cela s'amplifiait, ce serait une grave régression.


Sources: GBAGBO.CI

lundi, 27 décembre 2010

LA NOUVELLE MONNAIE IVOIRIENNE SERAIT PRETE. RUMEUR OU REALITE?


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Economie: "L'IVOIRIEN", la nouvelle monnaie de la République de Côte d'Ivoire prête, au cas où le pays sortait de l'UEMOA et de la BCEAO.


Sept ministres de l'Economie et des Finances de l'Uemoa (Union monétaire ouest africaine) avaient demandé jeudi dernier à Bissau à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) d'autoriser uniquement les représentants d'Alassane Ouattara, président de la République du Golf reconnu par l'ONU, à gérer les comptes du pays. Cette dernière aurait répondu par l'affirmative, tandis que le Présidence ivoirienne démentait l'information la qualifiant d'illégale et de nulle.

Les ministres de l'Uemoa pour prendre cette décision lourde de conséquences, se sont basés sur les décisions de l'ONU, de l'Union africaine et de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), de reconnaître M. Alassane Ouattara comme président légitimement élu de la Côte d'Ivoire".

Ils ont poursuivi en donnant instruction à la BCEAO et aux banques de l'Uémoa de prendre toutes mesures de sauvegarde pour l'application rigoureuse des mesures qui précédent.

Le gouvernement de l'Etat souverain de Côte d'Ivoire dirigé par Laurent Gbagbo, n'ayant pas été convié à une telle réunion, l'a déclaré nulle et de nul effet. Par la voix du ministre de l'Equipement Ahoua Don Mello, elle a déclaré que le conseil des ministres de l'Uemoa n'avait pas le pouvoir de prendre une telle décision. Agissant ainsi, elle a outrepassé ses prérogatives.
Mais le gouvernement ivoirien prend la menace de l'Uemoa très au sérieux. Elle a donc déjà préparé la nouvelle monnaie ivoirienne qui s'appellera « l'IVOIRIEN » au cas où la Côte d'Ivoire, comme la Guinée, le Libéria, le Nigéria, la Sierra Léone, la Gambie etc., était obligée de battre sa monnaie.


Selon nos sources, tout est fin prêt, pour que la Côte d'Ivoire, 40% de l'Uemoa sorte de la zone. Les billets de banque, les logos, les circuits financiers, le futur gouverneur de la Banque Centrale Ivoirienne, sont fin prêts pour que le pays acquière son indépendance monétaire si on l'y oblige.


Les choses peuvent se précipiter à tout moment en fonction de l'évolution de la situation politique.


Nous y reviendrons.


Christian Vabé


Source: IVOIREBUSINESS.NET

FRANÇAFRIQUE: HISTOIRE D'UNE NEBULEUSE QUI TUE L'AFRIQUE

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"Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang"

Georges CLEMENCEAU


Par Séraphin PRAO YAO


La France est-elle une démocratie ou a-t-elle dérivé ? Quelle vaste question ! A priori, la réponse sur toutes les lèvres est celle-ci : oui la France est une démocratie. Certes, en France, on ne trouve pas de Goulag, certes, en France, on ne compte pas de camps de travail obligatoire, pour autant, ce grand pays est une démocratie par apparence.

En Afrique par exemple, la France a une grande histoire avec un certain nombre de pays. Les liens tissés avec l'Afrique pèsent si fort sur l'ensemble des relations de la France avec les pays en développement qu'aucun réexamen de la politique en direction du Sud ne peut se faire sans oser aborder de front les questions posées par ces liens privilégiés.

Nous aborderons dans cette réflexion la question de la "Françafrique". Pour ce faire, notre travail s'articulera autour de trois axes principaux.


-        Dans un premier temps, dans le seul dessein de ne point provoquer un dépaysement intellectuel, et d'échapper à la répétition des schémas et modèles, il serait judicieux de dresser l'historique de la "Françafrique".

-        Dans un deuxième temps, nous présenterons le fonctionnement de la "Françafrique". Il en ressort qu'elle a des effets nocifs pour l'économie africaine dans son ensemble.

-        Dans un troisième temps, nous verrons qu'il est urgent de combattre la "Françafrique" puisqu'il est fondé qu'elle sape l'épanouissement économique et politique des pays africains.


1-QU'EST-CE QUE LA "FRANÇAFRIQUE"

La "Françafrique" n'est pas un mot inventé par l'académie française, ni par un grammairien de renom. C'est un terme impropre dans la forme comme dans le fond. Il s'apparente à un effort d'accoler deux mots : la France et l'Afrique. Or il s'agit d'un pays et un continent très lointain que seule l'histoire peut réunir.

Selon nos recherches sur le sujet, c'est l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY qui inventa l'expression France-Afrique en 1955, pour définir les relations d'amitiés qu'il voulait établir avec la France. Il sera transformé par François-Xavier VERSCHAVE, pour devenir "Françafrique".

Pour François-Xavier VERSCHAVE, on peut définir la "Françafrique" comme "une nébuleuse d'acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l'accaparement de deux rentes : les matières premières et l'Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d'interdire l'initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie".

On voit donc que la "Françafrique" agit avec plusieurs acteurs (économiques, militaires et politiques) entre un seul pays, la France et un continent, l'Afrique, le tout dans des réseaux.

Historiquement, en 1958, l'union française est remplacée par la "Communauté" dans la constitution de la 5e République. Celle-ci est conçue comme une association entre un Etat souverain, la France, et des Etats africains disposant de l'autonomie interne.

Le général DE GAULLE, quand il accède à la présidence de la République, doit affronter une situation internationale nouvelle, celle où les colonies de la France au sud du Sahara affirment leur volonté d'accéder à l'indépendance. DE GAULLE fait mine d'accepter.

Mais DE GAULLE n'a pas oublié que l'intégration économique entre la France et son empire colonial a atteint sa forme la plus achevée dans les années cinquante, à la veille de la décolonisation. Par exemple, en 1960, 30% des exportations françaises étaient réalisées dans le cadre de l'empire.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale, ces relations étaient restées, pour reprendre l'expression de Catherine COQUERY-VIDROVITCH,  "un combiné de régime militaire et d'économie de pillage [...]. Sur le plan macro-économique la raison d'être de la colonie était de rapporter à la métropole. [...]

L'objectif est d'importer à bas prix des marchandises médiocres mais vendues à l'Africain le plus cher possible, en échange de biens primaires d'exportation contre une rémunération au producteur la plus faible possible".

Pour avoir toujours le contrôle sur son empire colonial, Charles DE GAULLE charge, dès 1958, son plus proche collaborateur, Jacques FOCCART, de créer un système de réseaux qui emmaillotent les anciennes colonies dans un ensemble d'accords de coopération politique, économique et militaire qui les placent entièrement sous tutelle. Bref, un système élaboré d'installation de forces parallèles. Et puis il y a eu l'ingénieuse idée de créer le franc CFA,  qui est en réalité un instrument magnifique de convertibilité en Suisse d'un certain nombre de richesses africaines.

En définitive, après les indépendances, la relation entre la France officielle et les Etats africains s'est transformée en une sorte de relation incestueuse et infectieuse.

La véritable amitié entre la France et les pays africains est constituée d'une organisation formée par une coalition hétéroclite composée de présidents africains et de multinationales dont le but final est de maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus afin d'orchestrer le pillage systématique des fabuleuses richesses de l'Afrique.

Ce système d'origine réactionnaire, droitière, conservatrice, arrière-gardiste, est en vérité un instrument de la stratégie néocoloniale française


2-LE FONCTIONNEMENT DE LA "FRANÇAFRIQUE"

La "Françafrique" a plusieurs composantes : la coopération militaire, l'aide au développement, la diplomatie et le franc CFA. Elle s'est incrustée avec un ensemble d'accords de coopération politique, économique et militaire.

La "Françafrique" a pour but de rendre compétitive l'économie française en lui fournissant les ressources naturelles dont son économie a besoin. Se souvient-on que l'économie est la lutte contre la rareté. En ce point se dessine le principe essentiel de la "Françafrique" : assurer la survie de la France.

Dans les faits, les réseaux politiques, mafieux et de filières occultes, se partagent le gâteau africain. Il s'agit d'aider quelques entreprises françaises, aidées par la diplomatie française en Afrique à exploiter les ressources naturelles des pays francophones. Ainsi, l'Afrique devient le pré-carré de toutes les compromissions et de tous les coups tordus, un espace protégé où l'impunité est assurée aux puissants.

En clair, la "Françafrique" agit par les coups d'Etat afin d'imposer des présidents dociles qui permettront aux entreprises françaises d'exploiter abusivement les ressources naturelles de l'Afrique. C'est ainsi que les multinationales instrumentalisent des conflits régionaux ou locaux pour obtenir ou conserver des marchés et des concessions.

Sur le plan militaire, la "Françafrique" s'est transformée en "Mafiafrique", une sorte de mondialisation de relations criminelles. C'est bien elle qui a éliminé Ruben Um NYOBÉ du Cameroun, SYLVANUS OLYMPIO du Togo (le 13 janvier 1963), Barthelemy BOGANDA de la Centrafrique, Thomas SANKARA du Burkina Faso, Patrice LUMUMBA de l'ex-Zaïre, Marien NGOUABI du Congo Brazzaville, Steve BIKO de l'Afrique du Sud, KRAGBÉ GNAGBÉ, Ernest BOKA de Côte d'ivoire, etc...

Souvenons-nous que le Nigérien HAMANI DIORI qui voulait vendre son uranium ailleurs qu'en France, a été déposé manu militari. En 1978, la France intervenait militairement au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) en soutien au dictateur Joseph Désiré MOBUTU, contre les 3000 rebelles du Front de Libération Nationale Congolaise (FLNC).

Aujourd'hui encore, la France ne désarme pas, elle est plus active que par le passé. Coups d'Etat en Guinée-Bissau (septembre 2003) et à Sao-Tomé- et-Principe (juillet 2003), tentatives de putsch au Burkina Faso et en Mauritanie (octobre 2003), renversement de M. Charles TAYLOR par une rébellion au Liberia (août 2003), remous politiques au Sénégal (année 2003), déstabilisation de la Côte d'Ivoire (depuis septembre 2002)... l'Afrique de l'Ouest semble s'être durablement installée dans la crise politique. C'est cette "Françafrique" qui a chassé le Président Pascal LISSOUBA du pouvoir au Congo Brazzaville parce qu'il a eu le malheur de demander 33 % de royalties sur le pétrole au lieu des 17 % de SASSOU NGUESSO.

Que d'opérations sur notre continent pour déstabiliser nos Etats : opération "Tacaud" dans la guerre du Katanga (Zaïre) en 1978, opération "Barracuda" contre Bokassa en 1979, opération "Epervier" en 1986 au Tchad, opération "Turquoise" au Rwanda en 1994, opération "Azalée" en 1995 au Comores,[..] opération "Licorne" en 2002 en Cote d'Ivoire.

Sur le plan économique, la guerre des ressources naturelles fait rage. En Afrique, ELF tire environ 70 % de sa production, et d'où le nouveau groupe TotalFinaElf tire encore 40 % de sa production. Depuis des décennies, les compagnies pétrolières interviennent dans la vie politique et économique des pays concernés. Si ce n'est pas la mise en place ou le cautionnement des régimes responsables de violations massives des droits humains ou l'alimentation et encouragement des circuits de corruption, à l'étranger (surtout en France), c'est la destruction de l'environnement qui est en cause.

En 2006, le groupe pétrolier Total a publié un bénéfice net ajusté record de 12,585 milliards d'euros, soit le plus gros bénéfice jamais enregistré par une entreprise française. Ses revenus ont progressé de 12% à 153,802 milliards d'euros. La croissance du bénéfice du groupe a suivi ces dernières années la hausse des cours du brut. De 7 milliards en 2003, le bénéfice de Total a dépassé légèrement les 9 milliards en 2004 avant d'atteindre un précédent record de 12,003 milliards en 2005.

Depuis sa fusion en mars 2000, le groupe Total-Fina-Elf est devenu la première entreprise privée française et le quatrième pétrolier mondial : 50 milliards de francs de profits, 761 milliards de chiffre d'affaire (soit la moitié du budget de la France).

Ce monstre industriel est surtout actif en Asie (notamment en Birmanie) avec Total, en Afrique du Nord (particulièrement en Libye) avec Fina et en Afrique noire (Angola, Congo Brazzaville, Gabon, Cameroun, Tchad...) avec Elf. Au même moment, selon le classement des Nations unies, le Nigeria et l'Angola, les deux principaux producteurs africains de pétrole se trouvent actuellement au rang des nations les plus pauvres, plus précisément les plus appauvries par trois décennies d'exploitation pétrolière.

Cette tendance militaro-affairiste concerne à l'occasion d'autres multinationales : Bolloré-Rivaud (transport maritime), Bouygues (bâtiment), Castel (bières), Thomson (électronique), Suez-Lyonnaise-Dumez (eaux), Dassault (aviation).

Vincent BOLLORÉ est l'un des acteurs économiques principaux de la "Françafrique". On y découvre tous les liens politico-financiers de Vincent BOLLORÉ qui est aussi directement bénéficiaire de l'aide économique au développement de la France aux pays africain, entretenant ainsi des relations étroites avec les dictatures d'Afrique.

La dépendance de la France pour des produits dont le poids dans la balance commerciale est très lourd (pétrole, cuivre), mais aussi des produits stratégiques (manganèse), silicium, platine, chrome, molybdène, éponge de titane, cobalt, ... le poussent à piller notre sous-sol avec l'aide de nos présidents.

Sur le plan financier et monétaire, la France impose une zone monétaire et une monnaie à ses anciennes colonies. La zone franc est née officiellement en 1946.

En réalité, ses principales caractéristiques étaient apparues entre les deux guerres. Jusqu'alors, la colonisation ne s'était accompagné d'aucune tentative de mise en valeur systématique des territoires d'outre-mer. La formation d'une zone économique impériale, protégée de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d'un espace monétaire commun.

Les premières dispositions dans ce sens furent prises lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale avec l'instauration d'une réglementation des changes valable pour l'ensemble des résidents de l'empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole. Les liens monétaires avec les colonies furent rationalisés et systématisés après la guerre avec la création des francs des colonies françaises d'Afrique (C.F.A).

Si de toutes les structures étatiques de gestion coloniale, la zone franc est celle qui a le mieux survécu à la décolonisation, c'est parce que ses mécanismes permettent aux entreprises françaises d'opérer dans cette zone sans risque notable.

Ces mécanismes assurent la libre transferabilité des capitaux dans la zone et la suprématie de la France dans son fonctionnement. Avec la zone franc, la France garde le contrôle du système économique de ses anciennes colonies. C'est cette vassalisation monétaire que nous appelons le "CFAFRIQUE", un autre pan de la "Françafrique".


3-LA NECESSITE DE COMBATTRE LA "FRANÇAFRIQUE"

L'Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France, à la portée de ses moyens, le seul où elle peut encore, avec cinq cents hommes, changer le cours de l'histoire. Le débat sur la "Françafrique" n'est pas tranché, malgré la répétition paresseuse des tout-faits. C'est qu'il concerne, qu'on veuille ou non, l'image de la société française et par conséquent les intérêts qu'elle hiérarchise.

Ce qui est certain, le miroir s'est brisé où la France aimait à contempler sa vertu. Le Sud s'est disloqué, l'Afrique s'est marginalisée, le Nord s'est recomposé, le dialogue entre pays riches et pays pauvres a volé en éclats.

La "Françafrique" tue le continent africain en silence sans qu'aucune puissance n'en parle. Sous nos yeux, des peuples souffrent, sous nos yeux, l'Afrique est pillée et meurtrie.

Dans leurs activités en Afrique, les multinationales du pétrole illustrent clairement un processus de socialisation des pertes et de privatisation et capitalisation des profits. Au-delà du pillage systématique des ressources naturelles et même halieutiques de l'Afrique, les multinationales ont une habitude dévergondée de s'inviter dans la politique africaine. Cette immixtion des multinationales - comme des règles de la mondialisation économique - dans la sphère publique africaine a provoqué un amalgame entre droit public et droit privé.

Du coup, presque tous les chefs d'Etat africains ne se considèrent pas comme des présidents de la République, garants de l'intérêt général, mais agissent plutôt comme des présidents de conseil d'administration. En conséquence, la gestion du pétrole, de l'or ou du diamant, la vente des produits agricoles et des ressources naturelles (minerais, bois) donnent lieu à des comportements claniques, voire d'allégeance féodale, de la signature des contrats d'exploitation des matières premières (commissions) jusqu'à la répartition des fortes valeurs ajoutées dégagées lors des ventes sur le marché mondial.

La gestion de la manne pétrolière au Gabon au Congo Brazzaville et en Angola en est une parfaite illustration. Sur ce continent, jamais il n'y a eu autant de "batailles", de pathologies, de pillage de l'économie et du sous-sol.

Par exemple en côte d'ivoire, la défense des intérêts français se mesure, elle, à l'importance que prend l'appétence de certaines multinationales françaises à exercer leur contrôle sur les outils de production et les services publics (électricité, télécommunications, bâtiments et travaux publics), sans pour autant que la population locale voie la couleur des dividendes, ni profite des fruits de la croissance.

Cette même "Françafrique" a aussi aidé des présidents corrompus des Etats néocoloniaux, fondés sur une économie de rente, de pillage, de prélèvement de la richesse des matières premières ou de détournement de l'aide publique au développement.

Le Gabon et le Congo Brazzaville, malgré leur pétrole abondamment exploité par Total, n'ont jamais décollé économiquement. Ces pays ont même été contraints de demander à accéder au statut de PPTE (pays pauvre très endetté).

Au Tchad, depuis l'extraction de la première goutte de pétrole, les compagnies anglo-américaines, françaises et Malaisiennes ont perçu 653 milliards de dollars. Il n'est resté que 62 millions de dollars pour le Tchad.

Au Nigeria, deuxième producteur de pétrole d'Afrique, avec des réserves de 2500 millions de barils, 80% de la population vivent avec moins d'un dollar par jour.

Nous avons la honte chevillée au corps à l'idée de concevoir qu'un continent au sous-sol aussi riche et fertile soit humilié et violé.

Si le pétrole est à la une, on oublie plus souvent dans les médias de rappeler la situation des populations des pays qui possèdent du pétrole dans leur sous-sol, et se voient soumises au pouvoir de ces multinationales pétrolières.

La "Françafrique" doit être combattue de toutes nos forces car la France n'est pas notre messie. Une fois que l'on abandonne les discours lénifiants, les falsifications, les mensonges et la propagande en sa faveur, il reste les faits : Cette dictature des puissances préconise la misère comme gestion des pays déjà ou encore pauvres.

Il est urgent, dans l'intérêt de la France et de l'Afrique, de refonder les relations qui lient ce grand continent et ce pays. Conçue d'abord pour conserver à la France une zone d'influence en Afrique, ensuite pour accroître son rayonnement culturel et renforcer ses parts de marché, la politique de coopération est aujourd'hui à la croisée des chemins. Par un effet de miroir, la faillite du modèle de croissance néo-colonial en Afrique noire à ceux-là même qui s'en accommodaient jusqu'ici la confusion des objectifs, l'inadaptation des structures, le gaspillage des moyens qui ont caractérisé cette politique pendant près de 50 ans.

Le président français, Nicolas SARKOZY avait promis le changement mais il a opté pour le conservatisme et l'immobilisme. Lors de la présentation de son programme en matière de politique étrangère, le président français déclarait que "L'Afrique n'est pas notre pré-carré" et "Il nous faut les (Africains) débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autres mandats que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes".

Afin d'éviter la prolifération des comportements extrémistes, terreau du terrorisme international, la France, donneuse de leçons, doit revisiter sa position et jeter ses lunettes coloniales.

Dans un milieu assez épuisé intellectuellement, n'oublions pas de noter ce que disait  le président burkinabé Thomas SANKARA le 27 juillet 1987 devant ses pairs à la tribune de l'OUA (aujourd'hui UA ou Union africaine) : "Il y a crise aujourd'hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l'étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l'Afrique....Il y a donc lutte et l'exacerbation de cette lutte amène les pouvoirs financiers à s'inquiéter. On nous demande aujourd'hui d'être complices de la recherche d'un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment des masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complice ..."



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17:41 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, françafrique, cfa, séraphin yao prao | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 26 décembre 2010

SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE: DECLARATION DU GOUVERNEMENT ANGOLAIS



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L'Exécutif Angolais continue à suivre avec grande préoccupation le développement de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire qui risque de finir dans un conflit aux conséquences imprévisibles, susceptibles de mettre en cause la paix et la stabilité de l'Afrique Occidentale, une région fragile où des processus de stabilisation sont en cours dans plusieurs pays ayant des processus démocratiques récents, suite aux longues guerres qui ont marqué tragiquement la sous-région, notamment : le Libéria, la Sierra Léone, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau et le Niger.

Cette préoccupation devient encore plus grande à l'approche de nouveaux processus électoraux qui peuvent être affectés par la situation en Côte d'Ivoire engendrant ainsi de nouvelles tragédies sur le continent.

L'Exécutif Angolais constate avec beaucoup d'appréhension le fait que toutes les mesures prises jusque là par la Communauté internationale sont en train de pousser la Côte d'Ivoire irrémédiablement vers la guerre.

La célérité avec laquelle ce processus dégénératif se développe n'est que l'indice des graves anomalies et des facteurs qui avant, pendant et après les élections ont contribué et continuent d'affecter négativement la situation critique qui prévaut en Côte d'Ivoire.

En effet, il est étrange que dans un délai de cinq jours, les mesures radicales et extrêmes que nous connaissons tous aient été prises au niveau international, sans que, premièrement, toutes les plaintes du processus électoral soient reçues et dûment vérifiées, de façon à non seulement désigner le vainqueur de forme non équivoque, mais aussi de dissuader toute contestation ; deuxièmement, sans qu'au moins soient utilisées les voies de résolution pacifique du différend, par le dialogue et la négociation, conformément aux normes universellement acceptées en pareil cas.

L'Exécutif angolais a reçu des contacts de plusieurs entités et pays dans le sens de son implication dans une éventuelle médiation afin de trouver une solution à la crise.

L'Exécutif angolais est favorable à une solution du conflit ivoirien par la voie pacifique et négociée. Par conséquent, il dénonce avec véhémence la campagne diffamatoire qui a été orchestrée selon laquelle on aurait prétendument identifié des mercenaires ou soldats angolais en Côte d'Ivoire ; il considère que ces fausses nouvelles s'inscrivent dans l'habituelle stratégie d'ingérence extérieure dans les affaires du continent, visant à dénigrer ses leaders et ses institutions et une fois de plus manipuler l'opinion publique pour justifier l'inévitabilité de la guerre.

Il est regrettable qu'à ce moment des puissances extérieures au continent demandent à d'autres pays africains de la sous-région de précipiter la guerre comme une forme de solution à un problème qui, de l'avis de l'Exécutif angolais, peut et doit être résolu pacifiquement.

L'Exécutif angolais croit que la crise en Côte d'Ivoire est une affaire Africaine et que, de ce fait, il incombe aux Africains de prendre le leadership des actions concernant sa résolution. Ainsi, l'Union africaine doit assumer la responsabilité de ce leadership afin d'éviter que l'actuel conflit devienne irréversiblement une catastrophe humaine, en utilisant tous les instruments qui sont à sa disposition.



Le Gouvernement de la République d'Angola

Luanda, le 24 décembre 2010.

LA FRANCE OPTE POUR LE CARNAGE EN COTE D'IVOIRE


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Le Gouvernement Français, à l'issue d'une réunion de crise tenue à l'Elysée sur la crise ivoirienne a donné son feu vert pour une option militaire en vue d'installer Alassane Ouattara dans le fauteuil présidentiel. Pour le faire, la France a actionné les Chefs d'Etats de la CEDEAO pour une réunion de crise sur la Côte d'Ivoire, le 24 décembre à Abuja, au Nigeria. Là-bas, la décision devrait être prise d'utiliser le couvert de la force de l'ECOMOG pour dégager Laurent Gbagbo, quelque soit le prix de sang à payer.


Pour justifier l'intervention tout a été essayé :

• Une simulation de l'attaque de l'ambassade du Nigeria à Abidjan-Plateau a été organisée et


• Une demande de Soro Guillaume a été ouvertement formulée pour une intervention militaire internationale.


• Des charniers ont été inventés pour émouvoir toute la planète dans les différents quartiers d'Abidjan.


• Depuis deux jours, on annonce à Bouaké et Abidjan, la présence de plusieurs mercenaires allemands et des snipers français ainsi que des militaires de pays voisins.


• Des jeunes burkinabés sont en effervescence dans leur pays à l'idée de venir combattre en mercenaires aux cotés des rebelles de Ouattara et Guillaume Soro.


Nicolas Sarkozy qui en a fait une affaire d'honneur a demandé à la Hollande de prêter à la France un bateau de guerre, initialement en position dans les eaux somaliennes pour lutter contre les pirates. Le Parlement hollandais a donné son accord. Ce bateau devrait mouiller sur les côtes Abidjanaises dans quelques jours pour soutenir militairement les forces de l'ECOMOG.


L'opération viserait à éliminer physiquement le Président Laurent Gbagbo ou à occuper la capitale politique Yamoussoukro.


Les patriotes ivoiriens qui, les mains nues, depuis 2002 résistent à l'ingérence intolérable de la France dans les affaires intérieures de leur pays sont à pied d'œuvre pour faire une fois de plus barrage à cette nouvelle et grossière imposture française !!!

 

Source: Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

UNE ANNONCE DE L'ONUCI A VOUS COUPER LE SOUFFLE DANS FRAT-MAT DU 27 SEPTEMBRE 2010



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Le complot contre Laurent Gbagbo au profit d'Alassane Dramane Ouattara se précise de jour en jour. En effet, comment croire ou comprendre, depuis septembre de cette année, alors que l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire n'avait pas encore commencé, que l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) faisait un appel d'offre pour des pompes funèbres, dans le quotidien Fraternité Matin, dans sa livraison du 27 septembre 2010. Pourquoi cette anticipation pré-électorale. La preuve ci-dessus a été révélée par Nathalie Yamb. Lisez ce qui suit :


Si l'ONU n'a pas programmé des massacres humains en Côte d'Ivoire au profit d'Alassane Dramane Ouattara, comment cela se fait-il qu'elle s'était mise à rechercher des pompes funèbres, c'est-à-dire des cercueils ? L'ONU serait-elle devenue une entreprise au service du crime et des génocides ?


NOTE:

Au vu des événements actuels, cette annonce prend toute sa signification. Sinon, pourquoi l'ONUCI, « mission de paix » anticipait-elle un besoin de prestation de services mortuaires ? (Pour ses troupes. Elle avait prévu son engagement militaire depuis longtemps. Il est donc clair que l'ONUCI fera la guerre à la Côte d'Ivoire. Par anticipation, elle a confié ses morts à un service de pompes funèbres local. Dommages collatéraux obligent. A bon entendeur..., salut! Fernand Dindé).


Source: NERRATI.NET

DECLARATION DE AHVI RELATIVE A LA SITUATION POST-ELECTORALE QUI PREVAUT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'Organisation AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL / AFRIQUE VOIX HUMAINE INTERNATIONALE (AHVI/AVHI) suit avec une attention toute particulière l'évolution de la situation post-électorale qui prévaut en République de Côte d'Ivoire.

AHVI/AVHI prend acte de la réaction spontanée, immédiate, des pays membres de l'ONU qui, retranchés derrière le vocable de « Communauté internationale », tente d'imposer, sans retenue et sans aucun brin d'intelligence, leur volonté à un peuple meurtri par une longue crise intérieure orchestrée depuis l'étranger avec le concours et l'appui des forces et puissances étrangères.

Cependant, dans le cas spécifique de la République de Côte d'Ivoire, AHVI/AVHI s'étonne de la rapidité et de la violence avec lesquelles la « Communauté internationale » prétendue (ONU, Union Européenne, Union Africaine, etc.) est intervenue dans cette situation, sans retenue, consacrant et sacralisant ainsi, urbi et orbi, le déni des lois et de souveraineté d'un Etat membre sous le fallacieux prétexte que celui qui l'incarne, est de facto proclamé « hors-la-loi », parce que n'ayant pas respecté « la volonté du Peuple Ivoirien », c'est-à-dire le verdict des urnes.

Par conséquent, AHVI/AVHI s'interroge sur le sérieux et la crédibilité de cette même « Communauté internationale » et voudrait savoir où était-elle, qu'a-t-elle fait et quelles ont été ses réactions, elle qui se dit « respectueuse de la volonté des peuples » africains :


  • Quand, au TOGO, la Françafrique a éhontement installé le fils à la place du père décédé, suite à une mascarade d'élection où l'on voyait des militaires s'enfuir en pleine rue avec des urnes sous les bras?
  • Quand, au BURKINA FASO, le président Thomas Sankara fut lâchement assassiné? Quelle sanction avait-elle prises contre le ou les criminels aujourd'hui au pouvoir?
  • Quand, il y a huit ans, en CÔTE D'IVOIRE, la rébellion partie d'un pays voisin, a provoqué la partition du pays à l'issue d'un coup d'Etat manqué et dont les principaux acteurs, qui se présentent aujourd'hui en victimes, sont couverts et protégés par une «Communauté internationale» aveugle devenue juge et partie voire complice de génocide et de crimes contre l'humanité? Devrait-on fermé les yeux sur les crimes commis par les rebelles depuis 2002? La Cour pénale Internationale (CPI) n'est-elle guérie que maintenant de ses cécités d'aveugle et de mal entendant ou de sourd? Les Ivoiriens suppliciés à cette époque par les rebelles devenus «Forces Nouvelles», milices privées de MM. OUATARA et SORO, sont-ils moins humains, moins Ivoiriens que les partisans des chefs de guerre soutenus par la «Communauté internationale» (ONU, UNION EUROPEENNE, UNION AFRICAINE, la France y comprise)?
  • Quand, au GABON, en 2009, la Françafrique a falsifié et inversé les résultats du scrutin, faisant du perdant le gagnant et du vrai gagnant le perdant? Cette Françafrique, n'a-t-elle pas ainsi, par ce comportement, par cette pratique, fabriqué un véritable usurpateur? Quelle peut être la crédibilité et le poids d'un tel individu sur l'échiquier international? N'est-ce pas rabaisser la dignité d'une nation et humilier un peuple entier? La Communauté internationale a-t-elle levé son petit doigt? A-t-elle fait respecter «la volonté du peuple gabonais» qui avait pourtant voté massivement pour un homme autre que celui promu par la magouille et la mafia françafricaines?
  • Quand, au CONGO-BRAZZAVILLE, en 1997, la Françafrique a réinstallé au pouvoir, à la tête de ce pays, dans les conditions que l'on sait, un homme mondialement reconnu d'une violence extrême, comme étant un dictateur sanguinaire, un criminel impénitent doublé de kleptocrate?
  • Quand, en 1999, suite à un accord tripartite entre le Bureau du HCR de Kinshasa, le gouvernement de la République du Congo et la République du Congo(Brazzaville), M. Sassou Nguesso supplicia plus de 500 Congolais au Beach de Brazzaville? C'est aujourd'hui l'affaire dite des «Disparus du Beach». L'un des principaux acteurs, si ce n'est le principal, neveu de M. Sassou Nguesso, se cache dans une des Ambassades du Congo à l'étranger, en Europe et plus précisément en France. Demain, quand il s'agira de l'interpeller, la Françafrique fera prévaloir son immunité diplomatique, même si celle-ci peut être levée à la demande de la France. Elle l'a déjà fait en d'autres temps pour les diplomates de l'ancien Zaïre et du Qatar.


Au regard des cas ci-dessus rappelés et dont la liste n'est pas exhaustive, AHVI/AVHI fait remarquer que l'ONU, qui s'appelle désormais « COMMUNAUTE INTERNATIONALE », prête à couvrir, soutenir, protéger les crimes des Chefs de guerre et leurs milices privées, n'est plus ce refuge, ce havre de paix vers lequel tous les peuples opprimés du monde devraient se tourner ; celui-ci étant devenu un cercle partisan de défense des intérêts particuliers occidentaux. Son comportement en République de Côte d'Ivoire est patent et en constitue la preuve irréfutable.

En conséquence, AHVI/AVHI félicite l'ONU, l'UE et l'UA d'avoir foulé aux pieds tous les Traités, toutes les Conventions et Chartes internationaux qui les régissent pour faire place à la cupidité, l'avidité et la concussion voire l'anarchie. Ce qui fait de ces Institutions et organisations des plateformes mafieuses, aussi criminelles les unes que les autres, dès lors qu'elles cautionnent et protègent les pratiques d'organisations terroristes comme les « Rebelles » dites « Forces Nouvelles » qui sont à l'origine de la crise et de la déstabilisation de la République de Côte d'Ivoire et, in fine, se mettent à leur service.

AHVI/AVHI félicite l'ONU d'avoir été incapable de désarmer les rebelles ivoiriens avant d'organiser les élections présidentielles, foulant ainsi aux pieds l'une des clauses et principales conditions, sinon la condition sine qua non, devant être appliquée avant toute organisation du scrutin.

Enfin, AHVI/AVHI se réjouit de la jurisprudence politique créée par la « Communauté Internationale » prétendue (ONU, UNION EUROPEENNE, UNION AFRICAINE) qui consacre la contestation des scrutins de la part de celles et ceux qui se sentent usurpés ; ainsi, les cas d'usurpation de pouvoir par la Françafrique au profit de ses pantins et autres « Sous-préfets », ne seront plus possibles et que nul, pas même l'ONU, l'UE et l'UA réunies en concert, ne pourra plus s'y opposer. La voie est ouverte...

A l'adresse de tous les peuples d'Afrique, AHVI/AVHI lance le vibrant APPEL d'un grand Rassemblement autour des vraies valeurs qui régissent l'être humain pour faire entendre sa voix.

Et AHVI/AVHI incarne ce grand rassemblement au sein duquel tout le monde pourra lutter, se battre contre les prédateurs et les fabricants d'usurpateurs de type Ali Bongo dont la situation vient d'être révélée dans le film de Patrick Benquet sous le titre : « La Françafrique ».


Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA,

Secrétaire Général de AHVI / AVHI, le 25 décembre 2010

RAWLINGS PRECONISE UNE APPROCHE PACIFIQUE A LA CRISE IVOIRIENNE


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L'ancien Président Jerry John Rawlings a réitéré son appel pour une retenue extrême dans la gestion de la crise en Cote d' Ivoire.



Dans un message publié jeudi, trois jours après qu'il ait réclamé de la retenue et de la maturité de la part de tous les acteurs de la crise, le Président Rawlings a dit que la situation en Côte d' Ivoire n'était pas un simple conflit électoral, mais un enchevêtrement des complexités ethniques et politiques qui devaient être gérées avec tact et diplomatie plutôt que par des allusions ouvertes à l'usage de la force.

L'ancien président a déclaré que les résultats contestés indiquent clairement que la Cote d' Ivoire est abruptement divisée en lignes ethniques, fait dont devrait se préoccuper les parties prenantes telles que la CEDEAO, l'UA et l'ONU au moment où 'elles étudient des options pour résoudre l'impasse.

« Les deux hommes au centre du conflit ont indiqué leur volonté d'accepter un recompte ou une revérification des résultats par des observateurs neutres. Y a-t-il une raison cachée à ne pas vouloir accepter l'offre faite par les deux parties ?

«Il est également important que nous ne nous précipitions dans aucune forme d'intervention de force. Cela ne garantira pas une résolution définitive de la crise et peut au contraire exacerber une situation déjà volatile qui pourrait résulter en une guerre civile complète avec des effets désastreux sur les populations de toute la sous-région.

«Les tentatives de recueillir du soutien pour une intervention militaire ne sont pas fondées et exposeront plutôt l'hypocrisie de l'ONU, la CEDEAO et l'UA.

«Des résultats d'élection plus outrageants ont eu lieu sans intervention. Comment pouvons-nous justifier une intervention dans ce cas, quand les résultats sont si serrés et divisés selon des lignes ethniques ? Laissez-nous étudier toutes les options de paix disponibles plutôt qu'une intervention militaire, qui ne peut pas aboutir à une transition politique pacifique en Côte d'Ivoire.

«La situation est certainement embarrassante pour l'Afrique, mais tout aussi inquiétant est le fait que les médias internationaux ont fait l'impasse sur beaucoup d'éléments. Des rapports de certains principaux observateurs des élections condamnant la conduite des élections dans plusieurs parties du pays ont été totalement ignorés par les médias internationaux.

«Dans certaines régions, le nombre de suffrages exprimés est plus élevé que le nombre total de votants. Dans une région, il y a 159.788 suffrages exprimés pour 48.400 votants. Ceci, additionné au fait que dans certaines régions, le personnel de la commission électorale et certains agents électoraux  n'ont pas été autorisés à contrôler le processus, appelle à ce qu'une enquête appropriée soit instamment diligentée.

«Il y a tant de questions cruciales sans réponse. Les détails du rapport de l'envoyé de l'Union Africaine, le Président Thabo Mbeki, devraient être rendus publics pour aider à mieux comprendre la nature de la situation.

«Il est également impératif que la CEDEAO convoque une réunion d'urgence pour inviter les deux parties au centre de la crise ainsi que des représentants de toutes les missions d'observation qui ont couvert les élections à présenter leur cas. C'est ce qui a été fait par le passé et cela nous fera avancer d'un grand pas dans la recherche de la solution.

«Nous devons agir avec précaution pour le bien des populations de Côte d'Ivoire qui sont les vraies victimes de cette tragédie. J'invite la CEDEAO et les autres institutions internationales impliquées dans la crise à analyser la situation avec la plus grande attention et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour la résoudre d'une façon pacifique» a dit le Président Rawlings.


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

DE L'USAGE DIPLOMATIQUE DES VRAIS ET FAUX GENOCIDES

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Un bel édito du Nouveau Courrier du 22 décembre 2010 que je vous invite à parcourir. Bonne lecture!


C'est un mediaplanning qui fait froid dans le dos. A peine le gouvernement ivoirien a-t-il demandé le départ des forces onusiennes de son territoire que nous faisons face à une avalanche d'informations (à prendre avec de grosses pincettes) sur des « enlèvements », des « violations massives des droits de l'homme », voire des « marquages » de maisons dont les hôtes, d'une certaine ethnie, devraient être tués dans le cadre d'un remake du Rwanda.

L'idée est la suivante : il faut absolument montrer que le départ des forces internationales entraînerait des massacres épouvantables, voire un génocide. Dans le cas d'espèce, en dépit des diverses incitations médiatiques (notamment de la séditieuse ONUCI FM, dont le contenu sera bientôt étudié par des chercheurs) et de cette dyarchie artificiellement créée pour faire bouillir la marmite des haines locales, les Ivoiriens ne s'entretuent pas encore pour de sombres passions tribales. Il n'empêche : on peut les aider de diverses manières, y compris en allumant la mèche, à travers des provocations bien senties et des artifices diaboliques.

La mauvaise foi médiatique n'ayant pas de limite, on tronquera par exemple les propos de Jacqueline Oble ou de Charles Blé Goudé, qui mettent en garde contre un plan machiavélique préparé par l'ONUCI pour se légitimer à travers des massacres provoqués. On les présentera comme des sombres individus qui menacent la « communauté internationale » d'un génocide.

Ces passions macabres s'expliquent. Face au principe sacro-saint édicté par le droit international - la non-intervention dans les affaires intérieures des Etats -, un concept fait son bout de chemin : le droit d'ingérence. Il ne peut s'exercer, estiment ses défenseurs, qu'en cas de crimes contre l'humanité face auxquels brandir l'argument de la souveraineté de la Nation serait une non-assistance à peuple en danger. Qui peut s'opposer à un tel concept plein de bon sens et de compassion ? C'est au nom du droit d'ingérence que le mandat global des Casques bleus, qui était subordonné à leur impartialité face aux forces en présence, au consentement des parties en conflit et à la limitation de l'usage de la force à des fins de légitime défense, a été élargi à l'utilisation des armes dans le cas où les populations civiles sont en danger. C'est dans la même logique que l'Acte constitutif de l'Union africaine permet de mettre entre parenthèses la souveraineté d'un pays en cas de génocide, notamment.

Les meilleures intentions du monde sont toujours perverties. Le « plus jamais ça » poussé par l'Afrique après le cauchemar rwandais, devient désormais un fonds de commerce pour les services secrets et les impérialistes de tout poil, qui utilisent désormais (et de manière très cynique) l'éventualité du sang versé comme une variable d'intervention. Pour pouvoir s'imposer aux peuples du Sud, il est plus que jamais utile de faire pleurer dans les chaumières, quitte à fabriquer de toutes pièces une réalité médiatique manichéenne. Après la République virtuelle du Golf, il est question d'accoucher d'un génocide virtuel.

Un retour à un passé récent permet de mieux comprendre ce qui se passe actuellement. Quand, après le coup d'Etat avorté du 19 septembre 2002, il fallait faire avaler à l'opinion l'idée de l'invasion de la Côte d'Ivoire par des forces internationales et la nécessité d'une interposition équivalant à une partition de fait, de nombreux éditorialistes en France ont théorisé - déjà ! - sur le spectre du Rwanda. Puis la thématique a disparu aussi vite qu'elle était apparue : l'objectif était atteint.

Un peu plus loin dans l'Histoire, l'on se souvient aisément que la presse française, pour légitimer la rébellion pétrolière que De Gaulle et ses alliés africains menait contre le Nigeria dans la région du Biafra, a utilisé la même technique. Maurice Robert, responsable des services secrets français à l'époque, l'a confessé dans un livre-entretien.  « Ce que tout le monde ne sait pas, c'est que le terme de "génocide" appliqué à cette affaire du Biafra a été lancé par les services. Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l'opinion. Nous aurions pu retenir celui de massacre, ou d'écrasement, mais génocide nous a paru plus ''parlant''. Nous avons communiqué à la presse des renseignement précis sur les pertes biafraises et avons fait en sorte qu'elle reprenne rapidement l'expression ''génocide''. Le Monde a été le premier, les autres ont suivi. » En 1982, pour pouvoir légitimer leur combat contre les sandinistes au Nicaragua, l'Amérique de Ronald Reagan a crié au génocide. Face à l'absence d'éléments de preuve, elle a diffusé dans la presse une photo témoignant d'un « massacre d'Indiens Miskitos », une ethnie locale. Or il s'agissait d'un cliché pris bien avant l'arrivée au pouvoir des sandinistes... lors d'un tremblement de terre. De nombreux intellectuels de gauche - comme le gouvernement sandiniste du Nicaragua - tombèrent dans le panneau et jouèrent, à l'époque, le rôle «d'idiots utiles » au service de l'impérialisme le plus réactionnaire. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil...


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

vendredi, 24 décembre 2010

CI: DES INGERENCES IMPERIALISTES INSOLENTES POUR PERPETUER DES RAPPORTS DE DOMINATION ANACHRONIQUES




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Une campagne de désinformation sans précédent est orchestrée pour justifier l'intervention étrangère en Côte d'Ivoire et placer à la tête de ce pays, Alassane Ouattara, un larbin totalement dévoué aux intérêts des multinationales. Ancien DG adjoint du FMI, ancien premier ministre d'Houphouët-Boigny, en 1990, exécutant à ce titre du plan d'ajustements structurels imposé par cette institution, plan qui a plongé, comme partout ailleurs, le peuple ivoirien dans une profonde détresse sociale, Alassane Ouattara est la marionnette nominée par les grandes puissances pour diriger la Côte d'Ivoire et veiller à ce que leurs juteuses affaires ne soient pas menacées par l'arrivée au pouvoir d'hommes incontrôlables. En dépit de leurs rivalités pour le contrôle du monde, les grandes puissances impérialistes française et américaine se sont entendues pour écarter Gbagbo coupable à leurs yeux de mener une politique nationale préjudiciable à leurs intérêts.

Après des années de tractations et de calculs savants les différentes forces en présence ont fini par accepter d'organiser une élection présidentielle dont le 2ème tour s'est tenu le 28 novembre dernier. Ces puissances ont au préalable manœuvré de sorte à placer au sein d'une commission électorale qualifiée d'indépendante une majorité de représentants ayant pour mission de valider par tous les moyens une prétendue victoire de Ouattara. Au mépris de la Constitution ivoirienne qui prévoit que la proclamation des résultats électoraux est du ressort du Conseil constitutionnel, c'est donc cette commission qui a proclamé Ouattara vainqueur. Qu'importe qu'aucune preuve sérieuse n'ait été avancée pour certifier l'absence de fraude et la sincérité des chiffres donnés ! Les USA, la France, suivis rapidement du SG de l'ONU se sont dépêchés de proclamer qu'ils ne reconnaissaient que Ouattara comme nouveau chef d'Etat. La machine de propagande internationale s'est aussitôt mise en route pour accréditer l'idée que cette décision soi-disant conforme à la volonté du peuple ivoirien est celle de la «Communauté internationale». Ni la Chine, ni la Russie, ni l'Inde, ni de nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, qui forment ensemble les 3 quarts de la population du monde n'ont droit au chapitre. Bref, ne sont éligibles au statut de «communauté internationale», dont la parole vaut ordre exécutoire, que les USA, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, en somme la même poignée de puissances coloniales et impérialistes qui ont précipité par deux fois les peuples dans une effroyable guerre mondiale pour faire main basse sur les marchés, les matières premières, le pétrole et le gaz.

Depuis la mise en route de leur machine de propagande et de mensonges, les agences de presse ne cessent de marteler les mêmes phrases stéréotypées que reprennent en boucle les télés, les radios et même les journaux algériens dans un réflexe aplaventriste devenu mécanique : «Ouattara est le président démocratiquement élu et reconnu par la communauté internationale après proclamation des résultats du scrutin par la commission électorale indépendante». Quand le Conseil constitutionnel est évoqué, les agences de presse ajoutent systématiquement la mention «acquis à Gbagbo» pour enlever tout crédit aux résultats qu'il a officiellement proclamés.

Tout y est dit et Gbagbo doit quitter les lieux « avant la fin de la semaine » en vertu de l'ultimatum de Sarkozy. Ce dernier qui veut jouer le rôle de va-t-en guerre en chef contre les peuples ne lui pardonne pas d'avoir joué en 2002 les multinationales pétrolières américaines contre leurs rivales françaises. Un crime que d'avoir ouvert la chasse gardée des capitalistes français à d'autres ! Autre crime encore plus insupportable de Gbagbo : il a cette fois-ci osé ouvrir les routes qui mènent au pétrole du Golfe de Guinée aux grands ennemis que sont la Chine et la Russie ! Pour lui infliger la correction méritée, Sarkozy s'est décidé à faire aujourd'hui cause commune avec les USA. Ces derniers acceptent le marché tant ils sont d'accord pour mener les peuples à coup de drônes et de missiles. Ils semblent d'autre part détenir des données qui les ont convaincus que Ouattara finira par échapper à l'emprise française et à basculer de leur côté. Sarkozy qui a reçu l'an dernier Ouattara pour finaliser le plan de «débarquement» de Gbagbo et de reprise en main de la Côte d'Ivoire par son entremise est au contraire persuadé que la bourgeoisie compradore inféodée à l'impérialisme français constituera le meilleur rempart contre l'entrée des USA sur les terres de la Françafrique. A condition cependant de commencer par nettoyer le terrain des «trublions» en obtenant dans l'immédiat l'éviction du président ivoirien actuel quitte à l'envoyer, s'ils persiste dans son nationalisme, dans une prison de La Haye pour «crimes contre l'humanité». Les services subversifs de l'impérialisme savent à perfection les provoquer comme ils l'ont montré en Yougoslavie au terme d'une série de manipulations de l'opinion internationale qui ont conduit à l'emprisonnement des dirigeants serbes opposés à la présence de l'OTAN dans leur pays.

Par son intervention inhabituelle sur la scène internationale et la mise en garde préventive contre des crimes «anticipés», le président de la Cour Pénale internationale n'aura fait que dévoiler un aspect de ce plan machiavélique étudié dans ses moindres détails.

On aura saisi l'essentiel de l'enjeu des luttes en Côte d'Ivoire quand on a compris que le fond du problème réside dans les questions suivantes : qui va contrôler les ressources pétrolières découvertes au large de ce pays ? Quel est l'homme sur qui compter pour la perpétuation de rapports de domination et le maintien de la Côte d'Ivoire dans son état de néo-colonie, 50 ans après une indépendance formelle obtenue sans luttes ni sacrifices ? Au-delà de la Côte d'Ivoire, les néo-colonialistes ont surtout peur que l'exemple ivoirien fasse tâche d'huile et que les peuples de la «Françafrique»  se mettent l'un après l'autre à affirmer leur aspiration à une véritable indépendance en commençant par chasser les marionnettes de la grande bourgeoisie française.

La référence «au respect du choix démocratique du peuple» est risible dans la bouche des dirigeants des puissances impérialistes qui ont couvert et soutenu sans état d'âme des dictatures cruelles dans le monde tant qu'elles font prospérer les affaires de leurs capitalistes.

Dans tous les cas, même si Gbagbo a des liens étroits avec les socialistes français, lesquels n'ont brillé que par leur zèle à défendre le système néo-colonialiste, même si ses alliances passées laissent planer un petit doute sur les objectifs qu'il défend, la lutte qui s'engage entre les puissances impérialistes et la grande masse du peuple ivoirien, révoltée par l'arrogance des anciens colonisateurs et décidée à ne plus tolérer les rapports de domination et d'exploitation, cette lutte est en train de créer un mouvement d'ensemble qui dépasse les calculs mesquins des hommes politiques. Ceux-ci n'auront servi en fin de compte qu'à jouer le rôle de détonateur dans une région devenue un enjeu stratégique dans la lutte pour le contrôle des ressources énergétiques africaines. L'impérialisme veut infliger une leçon aux peuples. Il veut couper court au processus libérateur ivoirien pour dissuader les autres peuples d'Afrique de prendre en main le contrôle de leurs ressources naturelles à un moment où la crise du capitalisme met aux abois la grande bourgeoisie.

Les peuples auront le dernier mot quelles que soient leurs éventuelles défaites temporaires dans la destruction d'un système impérialiste condamné par l'histoire.

A supposer que Ouattara ait remporté de quelques voix les élections grâce au formidable appui financier et médiatique de l'impérialisme, la légitimité historique n'est pas de son côté. Elle n'est pas du côté des larbins des classes possédantes quand bien même une masse plus ou moins importante de gens trompées par la propagande des nantis et rivées à l'intérieur d'un horizon tribal et confessionnel borné leur accordent leurs suffrages. Elle est du côté du peuple qui secoue les chaînes de la domination impérialiste et des chefs qui dirigent son combat dans cette voie. Les grands bonds en avant des peuples vers le progrès ne se décident pas dans les urnes. En général celles-ci ne font qu'entériner les processus d'émancipation déjà accomplis pour l'essentiel. Le devoir des forces de progrès est de soutenir la lutte des peuples pour leur libération nationale.

De toute évidence, celle-ci ne fait que commencer en Côte d'Ivoire.


Par Kader Badreddine in Alger Républicain (Algérie) le 23 décembre 2010


Publié sur http://saoti.over-blog.com

POURQUOI IL FAUT CRAINDRE QU'ADO SOIT AU POUVOIR


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Dans le soutien tous azimuts apporté par la « communauté internationale » au candidat malheureux du second tour de l'élection présidentielle ivoirienne, Alassane Dramane OUATTARA, il existe un péril sourd et sombre qui échappe peut-être aux Ivoiriens mais que nous avons jugé opportun, indispensable voire urgent de relever, ici.

Tous, nous sommes témoins de l'appui indéfectible dont bénéficie, en ce moment, ADO de la part de la France, des Etats-Unis, de la Belgique, de l'Allemagne, du Sénégal, du Gabon, du Nigéria, du Burkina-Faso, du Mali, de la CEDEAO, de l'UE, de l'UA (dans une certaine mesure) et de l'ONU. Or, il est de notoriété que les pays n'ont pas d'amis mais des intérêts. Avoir la France et les Etats-Unis dans son camp n'est pas une bénédiction, loin s'en faut. Ce sont les pires états-voyous qui soient. On a encore à l'esprit leurs crimes odieux au Rwanda et en Irak. Ils ne sont aucunement fondés à donner des leçons de démocratie à qui que se soit, dans ce monde.

En la matière, le Président Barak OBAMA est une grosse déception pour nous autres Africains qui avons vu en lui un homme aux grandes valeurs, surtout quand il a dit au Ghana que ce dont l'Afrique a besoin, ce n'est pas de régimes forts mais plutôt d'institutions fortes, tout éminent constitutionnaliste qu'il est. Il se sera finalement signalé, en Côte d'Ivoire, comme un homme d'une bien déprimante petitesse, qui soutient une rébellion armée ayant perdu les élections après s'être rendue coupable de crimes et d'irrégularités innommables au Nord et qui refuse de se plier à la décision du Conseil Constitutionnel, organe suprême en matière électorale, en Côte d'Ivoire, donnant vainqueur le Président Laurent GBAGBO. Pour le constitutionnaliste qu'il est, nous en restons sans voix. Pas d'ailleurs étonnant que sa cote soit en chute libre dans son propre pays. Il faudra certainement aller chercher l'explication à cette dérive stupéfiante dans leur appartenance commune aux cercles ésotériques que sont les loges maçonniques, l'ordre des Illuminatis et la société secrète des Skull and Bones.

Cette communauté « internationale », telle un essaim d'abeilles, a fondu sur la Côte d'Ivoire et s'adonne en ce moment, dans un véritable tir groupé, au lynchage diplomatique et médiatique de ce petit pays africain. Cela relève du surréalisme. Tout simplement. Aucune proportion gardée avec la nature du contentieux. Mais qu'ADO le sache (et je suis convaincu qu'il le sait parfaitement), que les Ivoiriens aussi le sachent, ceux qui veulent l'installer au pouvoir auront une main sur votre fauteuil et un droit de regard sur sa gestion, comme l'a si bien dit le Président téméraire Laurent GBAGBO lors de son investiture, le samedi 4 décembre 2010, au palais présidentiel, ainsi qu'un politologue camerounais, hier, sur Canal 3. C'est un fait majeur à relever.

Mais le plus grave, c'est ce qui suit. C'est que cette nuée de « supporters » qui a rué dans les brancards contre la Côte d'Ivoire, au lendemain de la victoire du candidat GBAGBO, n'est pas venue faire de l'humanisme ou de la philanthropie pour les beaux yeux d'Alassane Dramane OUATTARA. Que nenni ! Pour eux, il faut bien le savoir et il faut que cela soit très clair dans l'esprit de tous les Ivoiriens, la Côte d'Ivoire est un gâteau ; un gâteau qu'il faudra partager après l'aboutissement de leur projet. Si donc par extraordinaire, ADO était installé au pouvoir en Côte d'Ivoire par ces forces des ténèbres, nous pouvons dire adieu à notre pays. Il sera désormais dirigé et téléguidé depuis Washington et Paris. Quand Laurent GBAGBO le qualifiait de candidat de l'étranger, il s'est trouvé des gens pour s'en émouvoir. Peut-être de bonne foi. Aujourd'hui, ils ont le bec dans l'eau. Les preuves crèvent les yeux, actuellement. En ce qui nous concerne, nous, Ivoiriens jaloux de leur pays, il est hors de question de brader nos richesses à des intérêts ultralibéraux et à leurs réseaux politico-mystico-mafieux. Il n'est donc pas question pour nous de laisser les rennes de notre patrie à la gouvernance d'ADO pour qu'il la dépèce avec ses petits copains. Ils sont trop zélés pour être désintéressés.

Les Ivoiriens qui pensent donc que c'est par amour, par sympathie ou empathie que tous ces pays apportent leur soutien à leur candidat Alassane OUATTARA se trompent lourdement. Ils n'ont d'yeux que pour leurs intérêts énergétiques et économiques et ils comptent bien se partager les dépouilles de notre pays, après leur éventuelle victoire (ils ne l'auront, d'ailleurs, jamais). Mais nous ne leur donnerons pas (à ces frères ivoiriens) l'occasion de regretter, dans cinq ans, d'avoir fait un si mauvais choix. Nous protègerons notre patrie. C'est la seule que nous avons. Je n'en dirai pas autant d'ADO.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire, une, indivisible, hospitalière et digne !

 

 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 23 décembre 2010

APPEL DE DOUALA POUR LA COTE D'IVOIRE

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Alors que la réélection de Laurent Gbagbo donne lieu à une ingérence belliqueuse inacceptable de la communauté dite internationale (France, USA, Union Européenne et Nations Unies et leurs négriers sur le continent noir), des intellectuels camerounais et africains, soucieux de l'indépendance et de la souveraineté des états africains, lancent un appel à la solidarité avec ceux qui luttent pour ces objectifs en ce moment en Côte d'Ivoire et s'opposent à la recolonisation de l'Afrique par les Occidentaux.

En 2002, la Côte d'Ivoire a été victime d'une tentative de coup d'Etat qui s'est transformée en une rébellion armée dans le nord du pays.

La tentative de coup d'Etat a causé la mort d'environ 10 000 civils.

Après plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies restées sans effets, exigeant notamment le désarmement des rebelles, le chef de l'Etat, Président de la République de Côte d'Ivoire, Laurent GBAGBO, a engagé le « Dialogue direct » en 2007 en vue de mettre fin à la crise politico-militaire que connaît le pays depuis 2002.

A cet effet, l'Etat Ivoirien a organisé et supporté seul les dépenses liées aux élections « les plus chères du monde » (120 milliards de francs CFA versés à la société française Sagem), qui ont abouti à l'annonce illégale et clandestine des résultats provisoires au quartier général de campagne d'un des candidats à l'élection par Youssouf Bakayoko président de la commission Electorale Indépendante, organe administratif et à la proclamation des résultats définitifs par le Conseil Constitutionnel, conformément à la constitution de la République souveraine de Côte d'Ivoire.

Convaincus que l'on ne peut construire  la paix et la démocratie sans le respect des Institutions d'un Etat et conscients que le développement durable des pays Africains passe nécessairement par la paix,

Les intellectuels Africains, respectueux :

-de la charte des Nations Unies, qui pose son article 2.1, 2.2 et 2.4 le respect de la souveraineté et des institutions de chaque Etat Membre ;

-de l'Acte Constitutif de l'Union Africaine, qui pose le respect des institutions souveraines en son article 3 (b) et le refus de la prise de pouvoir par les armes en son article 4 (p) ;

-de la Constitution et des Institutions dont le Peuple Ivoirien s'est librement doté,

Soutiennent les Institutions de la République Ivoirienne et le Peuple Ivoirien qui lutte pour le respect de sa souveraineté et

Lancent un appel ferme au secrétaire General des Nations Unies Ban Ki Moon ainsi qu'au Président Sarkozy, exigeant de ces derniers qu'ils agissent conformément aux règles qui gouvernent les Nations Unies, à savoir le respect de la souveraineté des Etats qui la composent et par conséquent le respect des Institutions de l'Etat de Côte d'Ivoire.

Le seule crime que Laurent Gbagbo a commis est d'avoir osé s'opposer à la scandaleuse tentative de recolonisation de la Côte d'Ivoire. Nous exhortons tous les Africains, malgré nos différentes options idéologiques, à s'opposer fermement et résolument à cette honteuse tentative de révassalisation de la Côte d'Ivoire.

Notre continent, l'Afrique ne peut pas, ne doit pas négocier sa souveraineté et sa liberté, c'est pourquoi nous avons décidé aux noms des  pères fondateurs de nos indépendances de refuser les ingérences qui corrompent l'avenir de nos nations et de nos peuples. En toute souveraineté, nous intellectuels d'Afrique, nous nous engageons à refuser que le concept de Communauté Internationale et les Nations Unies soient le creuset de la fin de l'Histoire.

Douala, le 20 Décembre 2010



Signataires :

Hervé-Emmanuel N'Kom
Mr le Bâtonnier Charles Tchoungang
Henriette Ekwe
Anicet Ekane
Maître Célestin Kengoum
Dr Samuel Mack Kit
Maître Michel Etia
Abanda Kpama
Bikidik Paul Géremie
Emmanuel Mbiga
Dongmo Fils Valentin
Manga Guillaume
Faustin Bekolo
Oscar Batamack
Pr Takam
Michaut Moussala
Nathalie Yamb
Suzanne Kala-Lobé

Pour la République du Congo

Daniel NKOUTA
Antoine BAKABADIO
Ernest MILANDOU
Solange NKODIA
Emmanuel TATY-TATY
Sylvestre NKOUKA dia MASSAMBA
Honoré NDOUNIAMA
Jean Claude MISIDIMBAMBAZI
Edouard ITOUA EKABA
Etienne MFOUTOU
Denis Charles OBONGUI
Christian ETOKA
Elie MILANDOU
Denise BOUETOUMOUSSA
Mireille ELENGA
Jean OSSOMBI
Benoît Jean de Dieu ONGOUELE
Christine POATY
Chérise Claudia MPASSI
Fulbert KOUYANGAMA
Félicienne MOKEMIABEKA
André ETOKABEKA
Jeanne Marie GANGIA
Pauline MOUKOKO
Adrienne PANGOU
Pierrette NDION

A l'International :

Dondo Alain Yaka
Munsa Nzinga Kandombe
Jean-Paul Vanhoove
Biidou Nguimatsa Zelezeck
Gnahoua Ambroise
Komandant Simi OL
Lambert Okundji Lutula
Me Bernard Takoré


Si vous voulez signer cet appel, mettez « OUI » en commentaire avec votre nom complet ou envoyez un mail à : appeldedouala@gmail.com


Source: SAOTI, le Blog de Mahalia Nteby

mercredi, 22 décembre 2010

LE COUPLE OUATTARA PROCHE DE LA CIA ? : LES REVELATIONS EXPLOSIVES DE JEAN-FRANÇOIS PROBST



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In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 © kernews.fr


Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, est un éminent spécialiste de l'Afrique. Après une carrière politique extrêmement riche (il a notamment été conseiller de Jérôme Monod au RPR, secrétaire général du groupe RPR au Sénat, conseiller d'Alain Juppé et directeur de la communication de la Mairie de Paris pour Jean Tibéri), il est aujourd'hui consultant international en communication et conseille des chefs d'entreprise, des politiques et des chefs d'État africains. Il était l'invité de Yannick Urrien mardi 21 décembre à 8h10 sur Kernews.


Nous publions quelques extraits de l'entretien avec Jean-François Probst. Ce script ne constitue pas l'intégralité de l'entretien sonore : compte tenu de la longueur de l'entretien, nous avons du trier, de notre point de vue, les citations les plus marquantes de M. Probst.

Kernews : Pour quelles raisons le gaulliste que vous êtes estime-t-il que nos compatriotes, particulièrement ceux qui sont attachés aux souverainetés nationales, doivent s'intéresser aux événements de Côte d'Ivoire qui, selon vous, marqueront l'histoire de l'Afrique ?

Jean-François Probst : Pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, il faut se reporter à la fin de la IVème République. Les socialistes n'arrivaient pas se dépêtrer des affaires coloniales et c'est là que le général De Gaulle a joué un coup majeur, pour l'intérêt supérieur de la France et des Africains : il a octroyé par référendum à chaque pays la possibilité de devenir indépendant et souverain. La base de l'indépendance nationale lorsque l'on est gaulliste, c'est le 18 juin 1940. C'est le refus de l'occupant, c'est le refus de la collaboration avec l'ennemi, c'est la capacité, malgré la difficulté, à résister. En Côte d'Ivoire, la flamme d'une résistance générale, contre les colonisateurs, les anciens colonisateurs ou les nouveaux colonisateurs que sont les États-Unis, la Chine ou l'Inde, cela existe. Dans le monde entier, des centaines de milliers de jeunes gens s'informent et voient bien qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Ce qui ne fonctionne pas, c'est un point très cher à la doctrine du général De Gaulle : l'organisation des Nations Unies, «le machin» comme l'appelait le général. C'est une organisation qui n'a pas lieu de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays pour régler ou annoncer les choses à sa manière. Dans ce qui se passe, la responsabilité de l'ONU est patente. Les Nations Unies ne font pas respecter leurs résolutions de manière générale, que ce soit en Israël, en Iran ou au Kosovo après les trafics d'organes... En Côte d'Ivoire, les Nations Unies n'ont pas fait leur travail pour organiser une élection dans un pays qui a connu une dizaine d'années de crise. Monsieur Gbagbo a été élu en 2000. Il n'est pas arrivé du ciel, il n'est pas seulement un homme un peu socialiste soutenu par les socialistes français. C'est un Ivoirien qui a souffert dans le passé en tant qu'opposant et c'est d'ailleurs Monsieur Ouattara qui l'avait mis en prison quand il était premier ministre de Monsieur Houphouët-Boigny. Pour revenir à ce qui nous préoccupe, les Nations Unies auraient dû organiser des élections incontestables. Or, ce qui vient de se passer montre que rien n'était prêt : les listes électorales n'étaient ni faites ni à faire, on a vu 20 000 électeurs supplémentaires par rapport aux inscrits dans le nord où Ouattara et Soro ont été des rebelles à l'élection... Il y a eu des fraudes, tricheries et truandages... Le délégué des Nations Unies en Côte d'Ivoire, Monsieur Choi, a, à mon avis, une technique coréenne qui n'a rien à voir avec la démocratie moderne. S'il souhaite par la suite qu'il y ait deux Côte d'Ivoire, comme il y a deux Corée depuis 70 ans, c'est son affaire... Mais en Afrique, on est en Afrique, on n'est pas en Asie ! Il y a 15 000 Français en Côte d'Ivoire et ils ne doivent pas subir les effets de la carence, de l'incompétence de l'ONU dans l'organisation d'élections. On voit bien qu'il y a eu beaucoup de fraudes. On me dit qu'il y en a eu des deux côtés. Probablement, mais je vois les cinq régions dans lesquelles certains bureaux de vote sont quasiment à 95% pour Monsieur Ouattara... Il y a eu des empêchements de voter, des violences, des viols et on m'a même raconté que dans certains villages, les amis de Messieurs Ouattara et Soro y allaient à l'arme pour intimider les gens et même parfois les tuer. Les Nations Unies ne peuvent pas fermer les yeux sur de telles affaires. Monsieur Choi n'a pas fait son travail dans le nord... Est-ce que cela exonère pour autant le président Gbagbo et son équipe de tous les défauts ? Sûrement pas, mais ce n'est pas à nous, gens de l'extérieur et prétendument de la communauté internationale, de nous ingérer dans les affaires de la Côte d'Ivoire... La Côte d'Ivoire n'est pas un pays qui est appelé à vivre en guerre civile. C'est un pays que je connais depuis 1969, c'est un pays gaulliste et houphouëtiste dans son cœur et dans ses tripes, c'est un pays uni et rassemblé avec de nombreuses ethnies et des étrangers. Et voilà que les Nations Unies, au lieu d'installer et de préserver la paix, viennent de sécréter la guerre. Je dis que Monsieur Ban Ki-Moon et Monsieur Choi vont avoir très mauvaise conscience et du sang sur les mains.

Pourquoi l'ONU a-t-elle fermé les yeux sur les fraudes dans le nord et pourquoi soutient-on Monsieur Ouattara à Washington en lui attribuant cette victoire ?

Avant de parler des États-Unis, de Monsieur Obama, de Washington et de la CIA, finissons de parler des Nations Unies et de leur rôle. Je crois qu'il y a beaucoup de soldats dans les chars marqués UN. Il y a beaucoup de fonctionnaires et de bureaucrates et, d'après des témoins sur le terrain, on n'a pas vu beaucoup d'observateurs dans les bureaux de vote des cinq régions du nord où il y a eu toutes ces fraudes. Là où l'ONU a encore un rôle encore plus critiquable, c'est que le président de cette fameuse commission électorale indépendante - qui, en réalité, n'avait d'indépendante que le nom - Monsieur Bakayoko, à peine avait-il quelques résultats partiels, s'est enfui à l'Hôtel du Golf... Tout cela est une farce ! Les Nations Unies couvrent cette ouattaresque pantalonnade et c'est très grave ! Cela s'apparente à un vol et un cambriolage de voix d'Ivoiriens par Monsieur Ouattara, malheureusement téléguidé par l'extérieur...

Vous avez évoqué la CIA...

De mon point de vue, et du point de vue de certains observateurs avertis et connaissant bien les affaires ivoiriennes, il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara... Les rebelles du nord sont manipulés de l'extérieur, et pas seulement par l'islam avec Al Qaïda, des islamistes du nord de l'Afrique qui voudraient bien pousser jusqu'au sud. Tout cela est un imbroglio dans lequel les États-Unis nagent comme d'habitude à contre-courant. Ils ont engendré beaucoup de guerres et beaucoup de conflits civils, avec de nombreux morts dans de nombreux pays où il y a du diamant, de l'uranium, de l'or, du pétrole et d'autres richesses... Tout le monde fait la danse du ventre autour de la Côte d'Ivoire, mais les États-Unis, avec leurs manières lourdingues et obamesques, un peu comme Bush le faisait en Irak, arrivent à entraîner derrière eux des petits satellites ou des vassaux. Malheureusement pour mon beau pays de France, que le général De Gaulle avait fait sortir du commandement intégré de l'OTAN, le président Sarkozy a réintégré l'OTAN. Le président Sarkozy est à la traîne des États-Unis et la France est un wagon de queue de la grosse locomotive américaine... Les USA voudraient le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, le Niger et cette Haute-Volta, devenue Burkinabè, qui veut percer vers le sud jusqu'à Yamoussokro pour, disent-ils, transformer la basilique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro en mosquée. Obama, comme Sarkozy, c'est un peu une marionnette entre les mains du complexe militaro-industriel américain et des grandes multinationales de l'agroalimentaire qui font ces barres chocolatées qui rendent obèses tous les enfants du monde. Cette action américaine me fait retourner un peu en arrière, au moment de la mort du président Houphouët-Boigny. La France avait déjà cette espèce de difficulté à être ensemble de façon gaullienne pour reconnaître les bienfaits et les défauts de la politique d'Houphouët. Mais Houphouët a dû gérer un pays après l'indépendance, il a commis sûrement des erreurs. Il a sûrement commis celle de mettre dans le même marigot Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, qu'il a nommé premier ministre pendant que sa femme, Dominique, jouait un rôle semble-t-il bizarre à Abidjan et à Yamoussoukro. À la mort d'Houphouët, dans l'avion qui emmenait les autorités, Chirac ne parlait quasiment plus à Balladur... Messmer l'Africain représentait un peu l'autrefois. Il était difficile pour ces gens-là de se parler, même pour Mitterrand qui était carrément attaché aux années 40-50, pour ne pas dire à Vichy puisqu'il y avait carrément reçu la francisque... Le seul en France, socialiste d'ailleurs, qui avait une vision de l'avenir, c'était Gaston Defferre. Aujourd'hui, le président Sarkozy n'a aucune compétence dans le domaine de l'Afrique. Il l'a d'ailleurs démontré par deux stupides discours : celui de Dakar, qui était à la fois raciste et précolonial, et celui de Pretoria, que je viens de relire, dans lequel il annonçait que la France retirait toutes ses bases et tous ses militaires... Aujourd'hui, ce qu'il reste à faire à Monsieur Alain Juppé et à Madame Alliot-Marie, c'est conseiller au président Sarkozy de tenir son engagement : retirer les troupes françaises et pas à cause des élections cafouilleuses de Côte d'Ivoire, mais parce que nous allons vers un monde nouveau, vers la communauté de destin de 53 pays d'Afrique : 1 milliard d'habitants et pas seulement le petit Gabon, dont ne s'occupent que les Balkany, les Bourgi ou les Guéant... Nicolas Sarkozy pourra de façon grossière et indécente s'agiter, vociférer, s'ingérer dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire, mais il n'aura que des réponses cinglantes des Ivoiriens qui lui répondront que la Côte d'Ivoire n'est pas une sous-préfecture française. Donc, de grâce, que les Américains, que la France de Monsieur Sarkozy, que l'Europe de Messieurs Baroso et Van Rompuy, se calment et s'abstiennent de commentaires vasouilleux et menaçants... Pendant ce temps, Monsieur Netanyahou n'a que faire des recommandations des Nations Unies et Monsieur Ahmadinejad s'assoit sur les recommandations des Nations Unies et de Monsieur Obama...


Sommes-nous en train de vivre un cas de manipulation médiatique mondiale comme ce fut le cas avec l'Irak ?

Incontestablement. Il y a intoxication des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs sur la situation qui prévaut à Abidjan et en Côte d'Ivoire. Bien sûr, il y a la responsabilité des journalistes, dont certains ne connaissent rien à la réalité ivoirienne : c'est le cas de Monsieur Jean-Michel Apathie qui s'est fait moucher par un artiste africain... Mon cher Yannick Urrien, je suis né en 1949, j'ai travaillé dans la politique, et des manipulations, il y en a eu plus d'une... D'abord, il y a un grand nombre de monopoles de journaux qui sont tenus par des marchands de canons, des marchands d'avions, des marchands de caleçons ou de béton... Mais c'est aussi vieux que le monde, la manipulation, l'intoxication, c'est aussi vieux que la politique étrangère... Mais cela n'a jamais été aussi accéléré qu'aujourd'hui, parce qu'il y a les médias et surtout Internet, avec les révélations de Wikileaks qui sont tout-à-fait extraordinaires ! Donc, on peut mentir à la population mondiale une fois, comme disait Abraham Lincoln, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps. Par conséquent, les États-Unis, qui sont un géant aux pieds d'argile, feraient mieux de réfléchir plusieurs fois avant d'installer la guerre dans des endroits où ils finiront, comme partout, par être rejetés... Ce qui se passe en Côte d'Ivoire, ce n'est pas seulement de l'intoxication et de la désinformation, ce n'est pas simplement l'instrumentalisation d'un gars comme Ouattara pour mettre le pied dans la porte des richesses. La nouvelle guerre qui se tient maintenant dans tous les coins du monde, c'est celle entre les États-Unis d'Amérique et la République populaire de Chine. L'Afrique de l'Ouest sera l'eldorado des vingt prochaines années dans le monde et, si nous ne comprenons pas que nous avons le devoir, même cynique, d'un rapport Nord-Sud intelligent, il vaut mieux que nous allions nous coucher et la France deviendra un espèce de vaste musée où l'on viendra voir les statues de cire de Monsieur Sarkozy, de Madame Dati ou de Monsieur Delanoë au musée Grévin... Il faut aussi que les journalistes, comme Monsieur Elkabbach, arrêtent de prendre les élites africaines pour des petits «négros Banania»... Cela dépasse l'entendement ! Je viens de réécouter l'interview par Monsieur Elkabbach de Monsieur Pierre Kipré, brillant ambassadeur de la République de Côte d'Ivoire en France, et je me demande s'il ne serait pas temps que les Duhamel, Apathie et Elkabbach aillent directement à la maison des vieux artistes de Ris-Orangis ! On sent l'incompétence, l'arrogance et presque l'injure. Cela rejoint ce que pensent de nombreux Français de Nicolas Sarkozy. Ce garçon a trop tété le biberon de Charles Pasqua et il est le roi de la rodomontade. La politique étrangère, cela nécessite du calme, de la hauteur de vue et de la discussion. Je recommande aussi à nos reporters de France Info et d'ailleurs, d'arrêter de camper dans des halls d'hôtel et de lire des papiers qui leur sont confiés par je ne sais qui à l'ambassade de France ou par d'autres officines... Je suis très peiné pour mon pays, parce que l'on disait la France fille aînée de l'église et la Côte d'Ivoire petite sœur de la France. Les Ivoiriens et nous, nous étions faits pour nous aimer et nous entendre. À Abidjan, il y a quelque chose d'un peu marseillais et en France il y a quelque chose de très ivoirien, ce goût de l'indépendance, de la liberté de la souveraineté et de la rébellion. Ne négligeons pas le fait que 60% des Ivoiriens ont moins de 20 ans. Ne négligeons pas que, comme les gaullistes de la Résistance, ils ont envie de s'opposer aux colonisateurs et au totalitarisme... Seulement, les Chinois ont une diplomatie un peu plus intelligente que la nôtre... Actuellement, ce n'est pas difficile, parce que des crétins gèrent notre approche française de l'Afrique... L'ONU n'a pas été capable de préparer et de contrôler convenablement ces élections et je les entends dire, dans le camp Ouattara de l'Hôtel du Golf, que le Conseil constitutionnel est à la solde du président Gbagbo. Mais ils sont injurieux ! Est-ce que Monsieur Louis Joxe était à la solde de De Gaulle ? Est-ce que Monsieur Roger Frey était à la solde de Pompidou ? Est-ce que Monsieur Roland Dumas était à la solde de Mitterrand ? Est-ce que Monsieur Jean-Louis Debré était à la solde de Chirac ou à la solde du président Sarkozy ? Les journalistes, prétendus spécialistes de l'Afrique, qui essaient de faire passer Gbagbo pour Mugabe se trompent : je crois que Gbagbo est plus proche de Mandela que de Mugabe.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ASSASSINAT DE LAURENT GBAGBO : UN COMMANDO DE 26 SNIPERS A ABIDJAN DEPUIS HIER



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In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 Gilles Naismon


Le président français, après avoir donné un ultimatum de 72h (qui n'a eu aucun effet) à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir, veut passer à l'action militaire, en éliminant le président ivoirien.

Nos sources au Burkina Faso et dans l'Hexagone, notamment à Paris, sont formelles et confirment aisément cette information sur laquelle travaillent les fins limiers ivoiriens. 26 snipers de l'armée française, des hommes de couleur, ont pu rallier Abidjan via Ouagadougou et Bouaké avec l'appui de l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui les a habillés dans ses uniformes. Encagoulés sous le couvert de «soldats de la paix», ces tireurs d'élite se sont vus confier la tâche d'exécuter un certains nombre de personnalités du pouvoir parmi lesquelles figure en première place l'actuel président de la République Laurent Gbagbo. Les 26 tireurs d'élite, qui ont transité par Ouagadougou, ont pu prendre des instructions auprès du général Emmanuel Beth, ancien commandant de l'opération Licorne et actuel ambassadeur de la France au Burkina Faso. La nomination de celui-ci à ce poste était perçue comme un positionnement stratégique dans la poursuite de déstabilisation d'Abidjan, au cas où Ouattara perdrait les élections présidentielles à la régulière.

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Le gouvernement américain cité dans le convoyage de mercenaires allemands

Le gouvernement américain, vu que son numéro un s'est impliqué fortement dans l'opération « tout sauf Gbagbo », est également très actif dans cette opération «tout sauf Gbagbo ». Ainsi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique a sollicité et obtenu une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny accordée sous le N°1353/PR/EMP. Il s'agissait d'un appareil de type GULF STREAM N°186/PA ou N°184 PA ou SUBS exploité par la compagnie Phénix Air avec pour commandant de bord, le commandant Brian Edminster qui devait atterrir comme prévu à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Au grand étonnement des autorités légales du pays, l'appareil descend à Bouaké, fief des rebelles, via Alger, la capitale algérienne. Un commando de mercenaires composé d'une douzaine d'allemands a été débarqué. En réalité, l'autorisation d'escale et de survol demandée par les Américains pour enquête à leur ambassade d'Abidjan, suite à une roquette qui l'aurait touchée jeudi dernier, n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et avoir accès à l'un des aéroports ivoiriens.

Une délégation de Ouattara a séjourné au Burkina pour boucler l'opération

Dans la nuit du 19 au 20 décembre dernier, le président du Rdr, Alassane Ouattara a envoyé une délégation auprès du président burkinabé pour solliciter, selon des sources crédibles, un «soutien logistique, matériel et humain». Ce soutien vise à engager une épreuve de force visant à mettre à la tête de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Le président Blaise Compaoré, à qui la demande a été adressée, a confié le dossier au colonel Diendiéré Gilbert, son chef d'état-major particulier. La délégation d'ADO et le colonel Diendieré ont eu une séance de travail à cet effet le 20 décembre à Ouagadougou.


Source: LE NOUVEAU COURRIER