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dimanche, 04 juillet 2010

UNE ONG A DECOUVRIR ET A ENCOURAGER: L'ASSOCIATION IVOIRIENNE DES VOLONTAIRES DU DEVELOPPEMENT (AIVD)

 

A la faveur de la visio-conférence organisée, le lundi 28 juin 2010 dernier, par l'ambassade des Etats-Unis en Côte d'Ivoire sur le journalisme en ligne, j'ai eu le plaisir de faire la connaissance d'un sympathique ivoirien du nom d'ESSOH Frédéric, qui m'a parlé d'une ONG dont il est le président et qui mérite d'être connue, au regard de sa philosophie et de ses projets hautement louables. Veuillez bien, chers lecteurs, lui accorder quelques minutes de votre  précieux temps. Bonne lecture!

I- PRESENTATION

1- Contexte

La Côte d'Ivoire connaît depuis 1999, une période d'instabilité politique et de récession économique.

Selon l'enquête sur le niveau de vie (ENV 2008) menée par l'INS (Institut Nationale de la Statistique), la crise économique et politique a accentué l'état de pauvreté des populations, faisant passer le taux de pauvreté de 10% en 1985 à 32,3% en 1993, puis 33,6% en 1998, 38,4% en 2004 pour atteindre 48,9% en 2008.

L'exacerbation de la pauvreté et du chômage fait que la situation est extrêmement préoccupante dans certains secteurs tels que la santé, l'éducation, la nutrition, le VIH-SIDA et l'emploi des jeunes.

Plusieurs initiatives antérieures en matière d'appui à la lutte contre la pauvreté ont été menées par des organisations de la société civile (ONG, Associations, Coopératives, etc....) avec l'assistance des partenaires au développement.

Ces expériences diverses et variées ont donné des résultats certes appréciables, mais avec les conséquences socio-économiques de la crise que traverse la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002, on assiste à une tendance à la hausse de la pauvreté.

2- Historique

L'Association Ivoirienne des Volontaires du Développement (AIVD) est une initiative non gouvernementale créée le 06 Novembre 2009 par un groupe de jeunes ivoiriens sensibilisés à l'importance du développement participatif.

Sa vocation est d'être un incubateur de compétences pluridisciplinaires essentiellement volontaires, sans distinction tenant au genre ou à la croyance philosophique, mobilisables pour la conduite et la réalisation de projets de développement sur toute l'étendue du territoire nationale ivoirien et même en dehors.

AIVD est membre du réseau AIODM Côte d'Ivoire (Alliance Internationale pour les Objectifs du Millénaire).

Son siège est localisé à la Maison des OMD, 57 rue Guhon Riviéra 3 Selmer, Abidjan République de Côte d'Ivoire.

3- Justification

Dans le contexte de sortie de crise actuelle, les initiatives visant à amplifier l'impact des interventions des partenaires au développement et à soutenir la réalisation des OMD sont, de notre point de vue, le moyen idéal pour apporter une réponse efficiente aux préoccupations existentielles des populations.

De ce qui précède, l'avènement de AIVD se justifie d'autant plus que ses actions intègrent les objectifs soutenus par les programmes et projets portés par les organisations et autres partenaires au développement.

4- Objectifs

L'objectif principal recherché en créant AIVD, est de donner aux populations elle-même, un outil d'appropriation de leur propre développement, en les impliquant dans des actions spécifiques axées sur le volontariat.

L'ambition de AIVD est de proposer et de conduire des projets permettant de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement en Côte d'Ivoire.

5- Organes

AIVD est doté des organes suivants :

-         L'Assemblée générale

-         Le Bureau Exécutif, composé :

® Un président, un vice président

®Un Secrétaire général, un adjoint

®Un Trésorier général, un adjoint

®Des commissions techniques

-         Le Commissariat aux comptes

6- Dirigeants

AIVD est Présidé par Monsieur ESSOH AKPA Fréderic, Master en Droit des Affaires et Fiscalité des Entreprises. Cadre juriste de haut niveau, Conseiller juridique et Fiscal, il a plusieurs années d'expériences en gestion de projets et en management des Organisations.

Il est assisté dans sa tâche par Monsieur GBAOU Aristide, Enseignant.

Monsieur GBEULY Gora Elysée, Attaché du Commerce, en est le Secrétaire général.

Mme YAO Amoin Agathe épouse Houphouet en est la Trésorière générale.

AIVD compte à ce jour plus de 500 membres sur toute l'étendue du territoire nationale.

II- ACTIVITES

1- Promotion du Volontariat

AIVD se propose se sensibiliser les populations à l'importance du volontariat en suscitant leur engagement pour la communauté.

A terme, l'adoption d'une forte politique publique en faveur du développement des volontariats permettra, avec de meilleurs résultats encore, de redonner vie et sens à la citoyenneté.

2- Promotion des OMD

L'adoption de la déclaration de millénaire en 2000 par la communauté internationale permet de nourrir l'espoir d'un monde meilleur pour tous à l'horizon 2015.

La Côte d'Ivoire, à l'instar des autres pays du monde, s'est engagé à mettre en œuvre des politiques de développement basées sur la réalisation des OMD à travers le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP).

Malheureusement, l'appropriation par les populations des OMD reste limitée.

Pour y remédier, AIVD se propose d'engager, en dehors des projets de développement, une vaste campagne nationale de promotion des OMD dont la cible privilégiée sera les jeunes et les femmes.

3- Projets en cours

OMD 1 et OMD 3 :

-         Projet d'insertion des femmes en milieu péri-urbain « Ceinture Maraîchère autour d'Abidjan »

-         Projet incubateur « 1000 entreprises jeunes »

-         Projet d'alphabétisation de masse des femmes en milieu rural

OMD 6 :

-         Projet de proximité d'éradication des vecteurs du Paludisme « STOP PALU »

OMD 7 :

-         Projet de valorisation des déchets plastiques

-         Projet de planting d'arbres et de promotion des combustibles alternatifs à usage ménager.

 

Contact: ESSOH AKPA Frédéric, E-mail: essohfrederic@yahoo.fr

mercredi, 30 juin 2010

LE PROBLEME DES AFRICAINS, C'EST L'ELITE CORROMPUE AU POUVOIR

CARTE DE L'AFRIQUE.jpg

Pour mieux comprendre de quoi il s'agit dans ce document, il nous faut avoir le cœur net sur ce que signifie « le problème des africains » et l' « élite corrompue ».

Un problème est une question à résoudre, d'après un ensemble de données, dans une science. Le problème peut également signifier une difficulté, une situation compliquée. C'est donc cette dernière définition qui colle à notre sujet : la situation difficile  dans laquelle se trouve le continent africain. Quelle est donc cette situation ?  Pour être précis, il s'agit de la difficulté qu'ont les africains de transformer l'énormité de leurs ressources naturelles en bien-être social. En Afrique, le sous-sol est extrêmement riche pourtant les populations sont très pauvres : c'est ce que nous nommons le «  problème des africains ».

Reste encore un terme à élucider : l'élite corrompue.  Une élite est un ensemble formé par les meilleurs éléments d'une communauté. Les meilleurs en quoi ?  Là réside la véritable question. Il faut donc un détour pour y voir clair.

Élite est un substantif de genre féminin, dérivé de l'ancien français eslite (du latin eligere qui donnera élu). Étymologiquement, le terme se rattache donc à l'idée d'élection,  non au sens du suffrage mais à celui de l'approbation par autrui de la place détenue par quelqu'un dans la société. À l'origine, le statut d'élite n'est pas accordé par la détention du pouvoir,  mais par l'autorité morale, c'est d'ailleurs pourquoi le terme est employé au singulier. Aujourd'hui il est plus courant d'évoquer les élites. Le pluriel donne une connotation négative : ce n'est plus la qualité de l'être qui est concernée, mais la domination d'une catégorie sociale sur les autres. L'élite peut vouloir signifier dans ce cas, les membres des catégories jouissant d'une position particulièrement élevée.

Dans les pays en développement, ces catégories de privilégiés sont constituées d'hommes politiques, ceux qui gravitent autour du pouvoir, de brillants intellectuels etc.

Nous abordons ici trois points : le problème des africains, la responsabilité des élites, et le cas pratique de la Côte d'Ivoire.

Le problème de l'Afrique : un continent potentiellement riche mais dont les populations végètent

Le continent africain est riche au regard de son potentiel. L'Afrique détient 30% des réserves minérales de la planète. 80 % des ressources de la planète en coltan, qui sert à la fabrication des portables, 90% du platine, 50% du diamant, 40% de l'or. C'est la raison pour laquelle, certains observateurs traitent à propos de notre continent de « scandale géologique ». Entre 1990 et 2004, la production du continent africain a augmenté de 40%, passant de 7 à 10 millions de barils/jours et elle doit atteindre cette année 50%. Le continent assure 11% de la production pétrolière mondiale. Avec la Guinée, qui représente 30% des réserves mondiales de bauxite, tout juste derrière l'Australie, le continent ne manque pas d'aluminium. Après l'Amazonie, la forêt africaine est la seconde plus grande forêt tropicale du monde. Précisément, 20% de la surface de forêt tropicale encore intacts se situent dans le "Bassin du Congo" (au sud-est du Cameroun). Une biodiversité unique au monde. Plus de 200 espèces ligneuses poussent sur 1000 mètres carrés, soit une fois et demi plus d'espèces que sur l'ensemble du territoire français.  Ces chiffres parlent d'eux-mêmes, et traduisent la richesse du continent africain. Quel est au monde le continent qui n'aimerait pas avoir de telles ressources pour son développement ?

Pourtant, le continent africain peine à donner le bien-être à ses populations. Il est courant d'avoir recours à  une batterie d'indicateurs donnés pour illustrer un fait économique mais dans le cas du continent africain, les signes sont évidents.

Il n'est pas difficile de tenter de dresser un bilan politique et économique du continent depuis les indépendances. Les faits sont sacrés et parlants : le développement de l'Afrique est embryonnaire en dépit de ses ressources.

En 1960, l'écart entre les revenus des plus riches et des plus pauvres, pour 20 pour cent de la population mondiale, était de 30 contre 1. En 1999, il est passé à 74 contre 1.

Sur les 50 pays les plus pauvres du monde, classés selon l'indicateur de développement humain (IDH) du PNUD, 33 sont situés en Afrique subsaharienne. Malnutrition, pauvreté, illettrisme, situation sanitaire désastreuse... le continent est la première victime du creusement des inégalités dans le monde.  L'Afrique Subsaharienne semble être le siège choisit par la pauvreté pour régner et s'inventer une religion. 80% de la population pauvre du globe y réside, en exclusion la Chine.

Jusqu'à un certain point, cette situation me parait étrange mais à y regarder sérieusement, on finit par comprendre les causes de notre retard.

La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources continue encore aujourd'hui mais de façon diffuse dans des réseaux mafieux, comme la « françafrique », le « cfafrique » etc.  Mais doit-on accuser l'adversaire qui donne des coups de poing si nous ne faisons rien pour nous défendre. L'élite africaine est responsable de tous les malheurs des populations africaines.

L'élite africaine est responsable de la  souffrance des populations africaines

Pour savoir pourquoi l'Afrique Subsaharienne abrite les pauvres du globe, diverses réponses sont données : les séquelles de l'esclavage et de la colonisation, les guerres à répétition, la spécialisation des économies africaines, le refus de se développer, l'incapacité congénitale des africains etc.

Il est vrai et tel est notre sentiment que les africains ne sont pas congénitalement des incapables. Pour autant, il est vain de rendre l'esclavage et la colonisation, responsables de notre retard, signe de notre incapacité à nous projeter dans l'avenir. Qui peut nier les conséquences psychologiques et économiques de la colonisation sur la trajectoire des pays africains. De temps en temps, il faut que les africains tournent le regard vers leurs vrais bourreaux : cette élite corrompue qui retarde le développement du continent.

Si certains auteurs ont pu dire que l'Afrique refuse le développement, c'est parce que les pays africains ont tout pour se développer mais n'y arrivent pas. Les africains ne sont pas des masochistes mais plutôt l'élite africaine est fondamentalement sadique. Elle pille les richesses de l'Afrique avec la complicité des multinationales occidentales.  Elle détourne les fonds publics, fait de la surfacturation. Elle crée également des rebellions dans le but de posséder une partie du pouvoir car en Afrique, être au pouvoir signifie  s'enrichir illicitement.

Le problème de l'Afrique, ce n'est pas le déficit de ressources, mais le manque de sérieux de ceux qui sont censés organiser et transformer les ressources naturelles pour développer le continent. L'élite africaine est corrompue, elle est la véritable cause du retard de l'Afrique, en matière de développement et de lutte contre la pauvreté.

L'organisation non-gouvernementale « Gblobal Financial Integrity », dont le siège est aux Etats-Unis, estime entre 37 et 53 milliards de dollars, l'ensemble des « transferts d'argent » d'origine douteuse, de l'Afrique vers les autres continents, et cela, rien que pour l'année 2008. Toujours, selon cette ONG, depuis 1970, ces sommes sont trois fois plus importantes que l'ensemble des dons et aides que le continent a reçu des pays développés dans la même période. Pour cette ONG, ces milliers de milliards de dollars, proviennent des détournements de fonds, de la fraude fiscale ou encore du blanchiment d'argent.

Tous les spécialistes sont unanimes pour dire que la croissance doit être forte pour réduire la pauvreté en Afrique, mais la relation entre la croissance et la réduction de la pauvreté n'est pas automatique. Il faut redistribuer équitablement les dividendes de la croissance pour combattre efficacement la pauvreté. D'ailleurs, la corruption, le népotisme, les détournements de fonds, les fraudes fiscales amenuisent les chances d'une croissance forte.

L'Afrique Subsaharienne croule sous le poids de la dette extérieure, dont les intérêts exorbitants obligent les Etats à emprunter davantage pour faire face à leurs obligations à des Taux très élevés entre 25 et 30 %, alors que ces mêmes Banques financières pour les mêmes raisons n'exigent que 3 à 7% aux investisseurs dans les pays riches. C'est la mauvaise gouvernance et la corruption qui conduisent les Etats à s'endetter indéfiniment. Une fois que ces gouvernants endettent leurs pays, ils espèrent faire partie de la honteuse liste des pays pauvres très endettés.

Si on s'accorde à reconnaitre conformément au  jargon marxiste,  que « chaque relation avec le capitalisme constitue en soi un lien néo-colonialiste », il est clair que l'élite africaine corrompue est néo-colonialiste. C'est l'égoïsme de l'élite ivoirienne qui met à mal le développement de ce pays.

Un cas d'école : celui de la Côte d'Ivoire

Depuis la mort du premier président Félix Houphouët Boigny, la Côte d'Ivoire n'a pas encore tourné la page du « bélier de Yamoussoukro ». La guerre de succession  a fini par plonger cette vitrine de l'Afrique de l'ouest, dans une crise dont seul Dieu sait la fin.  Pour leur gloire personnelle, la classe politique a tourné le dos aux préoccupations des populations, optant pour  le partage du pouvoir et des richesses du pays puisque les deux vont de paire sous les tropiques.  Du coup, le secteur privé et le secteur public sont dans une sorte de collusion.

En tout cas, sous le règne de Félix Houphouët Boigny, le secteur privé et les affaires ont été encouragés dans la seule ombre et sous la férule de l'Etat et de ses dirigeants, dans le cadre d'un clientélisme politique et sur la base d'une allocation néopatrimoniale des ressources publiques.

Avec le changement de régime, rien de substantiel n'a changé : la Refondation a fait l'objet d'une curiosité intellectuelle mais rien de plus. La crise militaro-politique qui dure depuis septembre 2002 a accentué le goût de l'enrichissement illicite mais surtout révélé une certaine animosité de l'élite ivoirienne (affaire des déchets toxiques) et confirmé l'appétit démesuré de cette élite (détournement des 100 milliards de franc CFA). Cette logique de partage du pouvoir et de richesses reste la règle de distribution de richesses en Côte d'Ivoire. Les élections qui devraient ouvrir la voie pour un processus de pacification du pays tardent.  Quand donc aura lieu l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire ? En tout cas, personne n'est en mesure aujourd'hui de donner la date exacte de ce scrutin qui aurait dû se tenir depuis 2005, à la fin du mandat de Laurent Gbagbo, l'actuel président. Ce qui est certain, c'est que les populations souffrent pendant que la classe politique se partage quelques postes ministériels, les deux ex-belligérants, eux les richesses du pays.

Les ex-rebelles sont devenus riches, très riches même. Les  dix commandants de zone se sont enrichis en tirant profit de l'exploitation et du trafic des ressources naturelles (cacao, coton, bois, noix de cajou, or et diamants), et en  percevant  des taxes sur le trafic routier et sur les services publics comme l'électricité. Le tableau suivant indique bien le pillage systématique des ressources du pays.

Zone

lieu

Commandant de zone

alias

Unité militaire

activité

1

Bouna

Morou Ouattara

Atchengué

Atchengué

agrobusiness

2

Katiola

Hervé Pelikan Touré

Vetcho

Bataillon mystique

Coton, distribution

3

Bouaké

Cherif Ousmane

Guépard

Les guépards

Négoce (matières premières)

4

Mankono

Zoumana Ouattara

Zoua

diverses

Agriculture, distribution

5

Séguéla

Issiaka Ouattara

Wattao

Anaconda

Café, diamant, cacao, vente de voitures,

6

Man

Losseni Fofana

Loss

Cobra

Bois, café, cacao

7

Touba

Dramane Traoré

Dramane Touba

diverses

Café, distribution

8

Odienné

Ousmane Coulibaly

Ben Laden

diverses

agriculture

9

Boundiali

Gaoussou Koné

Jah Gao

diverses

Coton, or

10

Korhogo

Kouakou Fofié

Fofié

Fansara 110

Or, coton, anacarde

Source : Rapport final du groupe d'experts de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, Octobre 2009 et Jeune Afrique

 

Ils ont également investi dans l'immobilier et se sont approprié ou ont donné en gérance à des proches de nombreux hôtels, boîtes de nuit, commerces, stations-service... Selon le ministère de l'Économie et des Finances, ce business pourrait leur rapporter quelque 60 milliards de F CFA par an (environ 90 millions d'euros).

Du côté gouvernemental, la corruption est devenue une religion. Elle gangrène toutes les structures de l'Etat.  Même la société SAGEM Security chargé de mettre à jour la liste électorale datant de l'élection présidentielle de 2000, enregistrer les nouveaux électeurs, confectionner de nouvelles cartes d'électeur et de nouvelles cartes d'identité, à partir de la liste révisée, est accusée de corruption.  En effet, le premier ministre SORO Guillaume est suspecté, de recevoir de la société SAGEM Security, la bagatelle de dix milliards de nos francs en termes de commission. Rappelons que le contrat de l'entreprise française Sagem-Sécurité, signé le 19 mars 2008 s'élève à 66,7 milliards de Fcfa (101 millions d'euros).

Le 2 Juin 2010, le professeur Mamadou Koulibaly, accusait le ministre Désiré Tagro d'avoir favorisé sa "tribu" pour l'entrée à l'école de police et marchandé les places au concours. Suite à cette dénonciation, le chef de l'Etat a demandé une enquête administrative relativement aux accusations de népotisme portées sur le ministre de l'Intérieur par le président de l'Assemblée nationale.

Selon le quotidien « Notre voie » du 29 Juin 2010, l'équipe du procureur de la République était la veille à l'Ecole nationale de police pour entendre les responsables de cet établissement et procéder au décompte des élèves-policiers. Selon les informations de ce quotidien, les élèves concernés par l'enquête sont au nombre de 1717. Et les enquêteurs ont découvert que, sur ce chiffre, 66 sont issus des sous-préfectures de Nahio et Saïoua (département d'Issia) village et tribu du ministre Tagro pour le compte des recrutements des années 2007, 2008 et 2009.

Les ivoiriens attendent que cette affaire aboutisse afin que la Côte d'Ivoire dont rêve Mamadou Koulibaly, c'est-à-dire, une Côte d'Ivoire où règne l'égalité des chances, puisse accompagner le bien-être des populations. Il faut donc que la société civile soutienne et apporte toutes sortes d'informations capables d'aider à la manifestation de la vérité. Tous les ivoiriens sont appelés à apporter des preuves au procureur de la république pour l'aider dans  cette tâche historique que lui a confié le président Laurent Gbagbo. Il s'agit de construire ensemble un Etat de droit, une nation.

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"
Celui qui lutte peut tout gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

 

Dr Séraphin PRAO

Enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques et de développement à l'Université de Bouaké (Côte d'Ivoire).

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

Tel : (225) 01 11 87 60

samedi, 26 juin 2010

LE GHANA HONORE TOUT LE CONTINENT AFRICAIN

ASSAMOI GYAN. GHANA-USA.jpg

Ghana: De si brillantes black stars!

Dernier représentant du continent africain, le Ghana poursuit l'aventure sud-africaine après un succès acquis avec les tripes face aux États-Unis (2-1 a.p.) grâce à Boateng et Gyan. Pour le premier quart de leur histoire, les Black Stars défieront vendredi l'Uruguay pour atteindre le dernier carré.

Sous les yeux d'Abedi Pelé et de Bill Clinton, le Ghana et les Etats-Unis se sont livrés un combat acharné, ce samedi soir à Rustenburg en huitièmes de finale. Kevin-Prince Boateng avait parfaitement lancé les hostilités. Suite à un joli numéro en solo, le puissant milieu de terrain ouvrait la marque dès la cinquième minute du gauche. Même privés de son emblème : Michael Essien, le Ghana prouvait qu'elle avait d'incroyables ressources et aussi un excellent gardien. Richard Kingson, qui a fête ses 32 ans le 13 juin dernier, a en effet sauvé les Black Stars a plusieurs reprises, notamment face à Findley (35e), à Feilhaber (47e) ou à Bradley (76e).

Les USA, un mental à toute épreuve


Mais le portier de Wigan ne pouvait rien sur le penalty parfaitement tiré par Landon Donovan, qui égalisait avec l'aide du poteau (1-1, 62e), suite à une faute grossière de Jonathan Mensah sur Dempsey. La récompense d'une révolte américaine entamée tambours battants dès le retour des vestiaires. Pour la troisième fois en quatre matches, les Boys de Bob Bradley revenaient au score, affichant une nouvelle fois des qualités mentales et physiques très au-dessus de la moyenne. Malgré un Jozy Altidore qui pesait de tout son poids en attaque - et il est élevé - les USA, qui ont beaucoup poussé, devaient toutefois se contenter de la prolongation face à de vaillants Ghanéens, héroïques en défense.

Gyan, c'est géant !


Et comme en début de rencontre, les hommes de Milovan Rajevac faisaient la différence dès l'entame de l'extra-time, par l'inévitable Asamoah Gyan (93e). Lancé en profondeur, l'attaquant du Stade Rennais résistait à la charge de Bocanegra, son coéquipier en club, pour expédier le cuir au fond des filets d'une frappe puissante du gauche. Un but synonyme de victoire, le troisième pour Gyan qui porte à trois son total buts dans ce Mondial. Il rejoint ainsi Suarez, Villa, Vittek et Higuain en tête du classement des buteurs, voilà encore une belle surprise.

Comme le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002, les Black Stars atteignent donc les quarts de finale et font mieux qu'en 2006. Pour leur première participation à une Coupe du monde, les «Étoiles ghanéennes» avaient été éliminées en huitièmes par le Brésil (0-3). Vendredi prochain, le Ghana sera opposé à l'Uruguay, tombeur de la Corée du Sud (2-1), avec l'objectif d'être le premier pays africain à atteindre le dernier carré d'un Mondial.

© Source : Julien Penna

23:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, ghana, mondial 2010, coupe du monde afrique du sud, boateng, assamoi gyan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 15 juin 2010

LES ELEPHANTS MUSELENT RONALDO ET ARRACHENT UN NUL PRECIEUX (0-0)

DIDIER DROGBA CONTRE CRISTIANO RONALDO.jpg

Contrairement à l'absence ou plutôt au déni de jeu des lions indomptables, les Eléphants rentraient dans la compétition avec un jeu ouvert  orchestré autour de Gervinho devant les buts portugais. En l'absence du capitaine Drogba tout juste de retour de blessure, le lillois avait la charge de donner du rythme au jeu des africains. Il se signalait dignement dès l'entame de la partie.

Mais, la première alerte venait du côté de la Selecçao avec une fusée de Cristiano Ronaldo qui échouait sur le montant droit de Copa Bary à la 10ème minute. Face à la vivacité de Ronaldo, la défense ivoirienne répondait par l'impact physique de ses grands formats.

Eboué et Demel tenaillaient Ronaldo à tous les coups. Le duo Demel et Ronaldo écopait d'un avertissement à la 20ème minute après un accrochage fautif de l'ivoirien suit Ronaldo suivi d'une provocation du portugais envers son vis-à-vis.

Didier Drogba multipliait les gestes religieux depuis son banc de réservistes pendant que sur le terrain, les 11  ivoiriens renforçaient leur jeu sans complexe devant le Portugal 3ème nation au classement FIFA.

Les ivoiriens contrôlaient et maitrisaient le jeu isolant même Ronaldo. De leur impressionnante organisation collective transparaissaient la discipline tactique et l'aisance technique. Les poulains de Erickson pêchaient cependant dans l'exécution des derniers gestes dans la surface adverse. 0-0 score à la pause.

Les ivoiriens, même sans Drogba, se montraient créatifs dès la reprise. Mis en confiance par une 1ère mi-temps bien négocié, Gervinho enchaînait une série de dribles à la 46ème minute. Sa frappe était détourné en corner par le portier Eduardo.

Servi par Yaya Touré, Kalou plaçait une frappe molle dans les gants d'Eduardo du plat du pied à la 53ème. Sur un centre de Deco, Liedson plaçait une tête dans les mains de Copa à la minute d'après.

Acclamé par le public, Didier Drobga remplaçait Kalou à la 65ème minute sous une pluie battante. L'âme des Eléphants sort d'une opération au bras il y a 10 jours seulement. Il s'alignait en pointe pendant que Gervinho décalait à l'aile droite, son poste de prédilection.

Carbonisé par ses efforts physiques, Gervinho cédait sa place à Kader Keita à 10 minutes du terme. Le capitaine ivoirien du jour Kollo Touré se tordait de douleur à la 85ème minute mais poursuivait la partie après les soins reçus du staff médical ivoirien.

Drogba passait tout près d'offrir le but de la victoire à la Côte d'ivoire dans les arrêts de jeu. Le corner de la 93ème minute ne sera exécuté qu'à ''moitié'' puisque l'arbitre ordonnait la fin de la partie : score final 0-0. Un excellent début pour les ivoiriens qui méritait mieux que le point du partage.

Hermann Oswald G'nowa

Source: Camer-sport.be

QU'EN PENSEZ-VOUS: LA FAMILLE, PIRE ENNEMI DE L'AFRICAIN?

 

UNE FAMILLE AFRICAINE.jpg

La Famille, Pire Ennemi de l’Africain

Par Georges YANG

N’en déplaise à Nicolas Sarkozy et au "nègre" qui écrit ses discours, l’homme africain est bel et bien entré dans l’histoire. C’est une erreur grossière de penser que parce qu’il n’existe aucun document d’époque précoloniale écrit en langue locale (en dehors de l’amharique) relatant les faits, que ceux-ci ne sont pas historiques. Les victoires des Zulus sur les Anglais, les généalogies des Royaumes de Mopti, Kongo ou Zimbabwe étaient connues des populations par la transmission orale et les hauts faits de chaque peuple étaient relatés dans le détail et connus de tous jusqu’à une acculturation urbaine récente datant de moins de vingt ou trente ans maximum.

 

Par contre l’homme et la femme africaine, dans l’immense majorité des cas ne sont pas encore entrés dans l’aire de l’individualisme. Ils sont prisonniers et souvent victimes de la famille dans le sens le plus vil et le plus détestable que celle-ci peut prendre.

-        Sans l’omniprésence de la famille en Afrique, la corruption serait du même niveau qu’en Europe ou en Asie, car il existe de véritables corrompus partout sur la planète.

-        Sans la famille, le tribalisme ne serait que le prolongement du folklore et le désir de préserver les coutumes.

-        Sans la famille enfin, la sorcellerie serait un accessoire folklorique, une réminiscence du passé au même titre que la superstition en France.

Bien sûr, l’Afrique n’est pas monolithique, mono ethnique et mono culturelle. Il existe autant, si ce n’est plus de différences, entre un Bambara, un Zulu et un Masaï, pour ne citer que ces trois groupes, qu’entre un Suédois, un Portugais et un Moldave.
Cependant, ceux qui ont vécu en Afrique, au contact quotidien avec les populations de diverses ethnies, catégories sociales et professions ont pu constater les ravages dus au parasitisme social, à la rapacité des cousins et de ceux que l’on appelle des frères ; et cela à tous les niveaux de la société, du pouvoir et de la hiérarchie sociale.

Cette famille élargie, que l’on connait à peine avant qu’elle ne vienne s’abattre sur vos économies, ou tout simplement votre moyen de subsistance, comme un vol de sauterelles ou de criquets pèlerins, l’Africain la subit au quotidien, s’en plaint en permanence mais n’ose agir contre par peur de l’opprobre.

La famille africaine prise dans sa dimension négative peut s’avérer pire par ses effets toxiques que le FMI, la Banque Mondiale, le néocolonialisme, les multinationales réunis sur le vécu quotidien des individus productifs, courageux et entreprenants.

Afin de rendre la démonstration plus claire il sera donné priorité à l’exemple dans cet article. Une tentative de théorisation sera abordée en fin de présentation.

Avoir un appartement de fonction assez vaste, ou pire une villa à sa disposition quand on est un ou pire une jeune salariée célibataire bien payé, est une véritable malédiction. L’Africain est censé être solidaire et partageur, il est en fait rançonné, pressuré, sucé jusqu’à la moelle par les membres de sa famille dès qu’il gagne un minimum d’argent.

Ce que l’on appelle communément entraide est en réalité une extorsion permanente de fonds sous le regard bienveillant de la communauté.

Et impossible de dire non, on se doit de "respecter la coutume" c’est-à-dire de se laisser envahir par une bande de bouches inutiles qui ne feront même pas la vaisselle, n’achèteront jamais un litre d’huile et s’ils le peuvent, face à un timide, arriveront à lui soutirer de l’argent de poche.
Dans un tel environnement, on comprend aisément que toute la paie du salarié va passer en nourriture pour quelquefois dix personnes alors qu’il n’a encore lui-même aucun enfant.

S’il n’arrive pas à tenir financièrement, il va être obligé d’exercer un second métier au détriment de son employeur et de son temps libre. Si ce patron est un étranger ou un membre d’une autre tribu, les scrupules concernant l’honnêteté, la ponctualité et le sérieux au travail seront vite balayés par la pression quotidienne du groupe. Et même au sein d’une même ethnie, les mauvais coups sont envisageables surtout si l’on a trouvé un emploi chez un vague cousin ou un soi-disant oncle qui aura du mal à appeler la police (souvent corrompue elle aussi), pour faire incarcérer un membre de la famille.
Les vieux missionnaires qui disaient jadis d’un ton péremptoire "les noirs sont voleurs" bien avant de dénoncer leur lubricité atavique, n’avaient pas idée de ce que pouvaient être les pressions psychologiques qui régnaient sur ceux qui travaillaient à la mission.

Car en plus du chantage affectif "tu es des nôtres" ou "voler le blanc, ce n’est pas vraiment voler", ces bons chrétiens croyaient aussi au mauvais sort, à la sorcellerie et ne pas aider quelqu’un de la famille, du clan, puis par extension de la tribu, c’était et c’est encore, prendre le risque de s’exposer à des représailles, voire à un mauvais sort. Chez les musulmans, le syncrétisme existe aussi et la peur des sorciers et du poison est aussi forte que chez les chrétiens.
Or si les vieux curés et religieuses issus de l’époque coloniale et ayant perduré après les indépendances se plaignaient des méfaits de leurs ouailles cela se passait avant l’arrivée en force de l’urbanisation, de la société de consommation et de l’offre de produits attractifs comme les postes radios, les téléphones et autres petits plaisirs occidentaux importés de Chine.

Avec l’explosion de l’offre de produits de consommation, de l’émergence de l’anonymat des grandes métropoles, toutes les conditions sont réunies pour une explosion de la corruption, du trafic d’influence et des passe-droits.
Un proverbe bantou de l’Est du Congo dit en ces termes : "La générosité tue !". Car il s’agit d’une générosité obligatoire, non volontaire souvent la main forcée.

La solidarité contrainte est le lot d’une immense majorité d’Africains. Et quand tout est épuisé et que les parasites sont là demandeurs et pressants, la tentation est grande de passer à l’acte délictueux qui expose au renvoi, à la prison ou à des représailles physique des victimes.

Certains profiteurs, voyant que la source de profit se tarit, iront sans vergogne s’installer chez un autre cousin, quand la première sœur aura été essorée. Et puis, il y a les "sœurs", les cousines qui empruntent un chemisier, des bijoux pour sortir et qui oublient de les rendre, qui utilisent le maquillage et les produits de beauté de celle qui fréquente un riche et qui ne remplacent rien. Et quand le mari se plaint trop des dépenses, on "perd" son téléphone ou on s’est "fait voler" son porte-monnaie au marché pour dissimuler l’argent donné au petit frère quémandeur qui en est à son énième mauvais coup, ne s’amende jamais et ne cesse de réclamer !
Le président renversé Du Burkina Faso, OUEDRAOGO, risquant sa tête pour détournement de fonds publics, a choisi comme argument à sa défense qu’en tant qu’Africain, tout le monde dans la salle du tribunal étant aussi Africain, les jurés se devaient de le comprendre, si ce n’est de lui pardonner ses incartades.
"En tant que premier citoyen du pays, j’étais aussi le premier rançonné. Je voyais des gens se disant de ma famille, dont j’ignorais l’existence jusqu’au jour de la première entrevue et qui me demandaient un poste, un privilège, de l’argent, une signature. Je donnais, je signais, vous en auriez tous fait autant !" Tel était retranscrit dans l’esprit les termes de son plaidoyer.

Il a sauvé sa tête toute comme l’une de ses ministre qui expliquait qu’il y avait beaucoup de casse de vaisselle lors des réceptions officielles et que quelquefois les assiettes et les couverts disparaissaient tous seuls, alors que certaines pièces du mobilier national avaient été retrouvées chez des nièces et des belles-sœurs.


Si un dirigeant africain n’est pas à l’abri de pressions, alors qu’en est-il d’un citoyen lambda ?

Au bas de l’échelle sociale, une prostituée est victime en permanence des quolibets et des lazzis, la famille en a honte, mais elle peut se racheter en revenant au village, ou même en ville de nos jours, une valise pleine de cadeaux pour faire pardonner sa vie dissolue. Un poste de télévision fait vite oublier la méconduite d’une fille.
Et en Europe, le travailleur sénégalais émigré qui vit dans un foyer type SONACOTRA, et qui revenait jadis chez lui avec des cadeaux pour tous et une distribution de billets de banque pour monter qu’il avait réussi, de nos jours, n’a plus besoin de revenir au pays pour dépenser son argent. Western Union a été inventé spécialement pour le délester quasiment en temps réel de ce qu’il gagne à la sueur de son front qu’il soit balayeur, ouvrier, cadre ou travailleur indépendant. Car au-delà des mers la pression existe pour soutirer de l’argent à celui qui travaille, dur le plus souvent.
Ces comportements peuvent s’expliquer par l’absence de sécurité sociale généralisée dans les pays africains, en dehors de quelques mutuelles. Le sous-emploi, les mauvaises rémunérations, la précarité de l’emploi, l’exode rural sont souvent mis en avant pour justifier le parasitisme social. Mais cela ne suffit pas, car si l’emploi salarié est rare, si les gros et moyens entrepreneurs ne sont pas assez nombreux, le secteur informel permet à chacun de trouver une activité de subsistance.

En dehors des cas de guerre civile avec déplacement de population, de famine consécutive à une sécheresse ou autre catastrophe, on peut vivre, chichement certes, de son travail en Afrique, en dehors des mendiants et des infirmes. Mais le parasitisme social vient avant tout d’une imprégnation culturelle distillée depuis l’enfance, où l’on apprend l’interdépendance et où la place de l’individu en tant qu’entité sociale est mise au second plan.

On n’existe pas pour soi-même, mais on fait partie d’un groupe ayant sa cohésion, au cours de son existence l’Africain intègre de nouveau groupes, seul il n’est rien. L’individu isolé est comme un électron libre errant de noyau en noyau cherchant à se placer sur orbite autour d’un nouvel atome en guise de structure.

La modernité occidentale qui prévaut peu à peu économiquement est encore trop récente pour s’imposer psychologiquement. L’individu seul est menacé dans son psychisme, au pire la folie le guette et la guérison ne peut passer que par la réintégration dans le groupe et ainsi par l’acception de ses diktats.

Celui qui a profité pendant des années de la manne dispensée par un oncle, une sœur, un cousin, offrira "généreusement" une chèvre pour le mariage de son bienfaiteur et se sentira quitte de toute dette tant financière que morale et sans le moindre sentiment de culpabilité car il a été élevé comme ça.

Dans le même ordre d’idée, le jeune cadre qui gagne bien sa vie ne pourra payer lui-même la dot de sa future épouse, même s’il en a financièrement les moyens. Le père et les oncles insisteront pour payer au nom de la coutume, et une fois marié, au nom de la même coutume, ils viendront se goberger et récupérer au centuple le prix du malingre bestiau qu’ils auront acquitté pour le mariage. Le but essentiel étant de maintenir le lien de dépendance entre les membres d’une famille, pour faire cracher au bassinet celui ou celle qui donne l’impression d’avoir les moyens.

Avec deux milliards d’Africains prévus pour 2050, ils ne seront peut-être qu’un milliard et demi mais peu importe, le continent devra faire le choix de l’individualisme pour survivre. Car si les mentalités n’évoluent pas, le développement économique réel qui s’installe en ce moment (tous les Africains ne crèvent pas de faim, loin de là et la croissance atteint les 6% dans certains pays), sera mis à mal par des obstacles culturels.

Ce qui était déjà pénible au village avec une économie de troc est totalement incompatible avec une société mondialisé, à moins de vouloir faire vivre les Africains dans des réserves comme les Amérindiens, ce qui n’est pas ce que l’on puisse leur souhaiter de meilleur. L’Afrique a droit tout comme les autres continents au progrès, à l’industrialisation et au luxe.
Certains verront dans cet article une vision ethnocentrique européenne. C’est faire fi des plaintes que de nombreux Africains dynamiques et travailleurs émettent à longueur de journée. Car si les coutumes sont encore respectées, si l’on ne peut encore chasser de chez soi un pique-assiette éhonté, cela n’empêche que tous les Africains supportent ce genre de situation avec amertume et de plus en plus mal. Car ce n’est pas la compassion qui les anime mais la crainte des représailles, de la sorcellerie et au mieux des qu’en-dira-t-on.
La France était quasiment rurale il y a un siècle, il n’y plus que 5% d’exploitants agricoles qui ne sont même plus des paysans. Le pays a fait un choix de société et les mentalités ont changé. C’était le prix de la croissance.

L’Afrique devra elle aussi en passer par là. L’ère de l’individualisme et de la famille nucléaire n’est peut-être pas la seule option qui s’offre au continent, mais la moins couteuse et la plus facile à mettre en application.

Apprendre l’égoïsme et le chacun pour soi est une option de développement. Le traitement social de la précarité de type européen n’est probablement pas la solution, mais son absence quasi-totale, pénalise ceux qui produisent en Afrique. La pyramide des âges se modifie dans de nombreux pays. La prise en charge de vieillards de plus en plus nombreux, va aussi créer un déséquilibre social. Car jusqu’à présent, seul le faible nombre de vieux autorisait la solidarité familiale.


http://mampouya.over-blog.com/

 

17:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, georges yang, la famille ennemi de l'afrique, patrick éric mampouya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 11 juin 2010

LES NOUVEAUX VISAGES DE LA FRANÇAFRIQUE

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Une manifestante contre la « Françafrique ».


Alors que le 25e sommet « Afrique-France », qui est aussi celui du cinquantenaire des « indépendances », s'est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, l'affaire est assez emblématique des mutations de cet étrange serpent de mer qu'est la « Françafrique ». Chacun sait, depuis le 15 mai 2010, que la libération de l'universitaire Clotilde Reiss est en partie due à une médiation sénégalaise, au sein de laquelle l'avocat Robert Bourgi, aussi talentueux que multicarte et seul héritier du savoir-faire « foccartien », a joué un rôle déterminant.

Seuls trois hommes étaient au courant du voyage secret en Iran de Me Bourgi et de Karim Wade, à la fin du mois de mars 2010: le père de ce dernier, Abdoulaye Wade et, à Paris, Nicolas Sarkozy et son secrétaire général, Claude Guéant, à qui les deux émissaires ont régulièrement rendu compte au téléphone, depuis Téhéran, des progrès de leur mission. Ni Bernard Kouchner, ni Jean-David Levitte, ni même le patron de la « DGSE », Erard Corbin de Mangoux, ne savaient quoi que ce soit de ce déplacement feutré. Culte du secret, court-circuitage des filières institutionnelles, casquettes africaines et contacts parallèles activés par un personnage à la réputation (forcément) sulfureuse et qui en joue avec habileté : la méthode « Foccart » transposée dans l'Orient compliqué a donc, si l'on peut dire, porté ses fruits.


FOCCART, LE GRAND MARIONNETTISTE

Si la « Françafrique » incestueuse et patrimoniale est morte, celle des réseaux est, elle, toujours bien vivante. À une différence - de taille - près : elle est acéphale. Là où Jacques Foccart, qui consacrait l'essentiel de son temps aux affaires du « pré carré », tirait tous les fils à la manière d'un grand marionnettiste, Claude Guéant, pour qui l'Afrique n'est qu'une préoccupation parmi d'autres, n'intervient directement ou par intermédiaire interposé que sur certains dossiers sensibles. D'où l'éclatement et la multiplication de réseaux souvent complémentaires « (Élysée-business (par exemple) », reliés entre eux par des passerelles « avocats, juges, médecins, (ouvertement rivaux) »  (ONG), « transcourants (francs-maçons) », etc., mais qui tous fonctionnent en interne avec de vraies solidarités corporatistes et une opacité commune.

Autre évolution : les réseaux sont désormais autant « afro-français » que « franco-africains » et leur interpénétration réciproque est fréquente. Un Laurent Gbagbo, un Paul Biya, un Denis Sassou Nguesso, un Ali Bongo Ondimba, pour ne citer qu'eux, ont tous leur réseau d'influence qui emprunte à chacun (ou presque) des réseaux français. Conséquence de cette alchimie complexe, qui tient parfois de la raffinerie : l'apparition de missi dominici dont on distingue mal a priori l'allégeance principale. Il faut ainsi de bons yeux pour hiérarchiser les fidélités dont se réclame aujourd'hui l'incontournable Robert Bourgi : Sarkozy et Guéant en premier lieu, puis Wade, Ali Bongo Ondimba, Ould Abdelaziz, Gbagbo et quelques autres. Il est vrai que, en ce domaine, chacun avance masqué.

Le petit « Who's Who » que nous publions (voir ci-dessous) - et d'où sont exclus les ministres pour qui l'Afrique fait en quelque sorte partie du job, tels Bernard Kouchner et Alain Joyandet - a pour ambition de guider les pas du profane dans le maquis de la « néo-Françafrique ». Nous avons volontairement omis dans ce vade-mecum les pays du Maghreb, qui relèvent, eux, de réseaux bilatéraux à la fois différents et étanches, sur lesquels nous reviendrons prochainement.


ROBES NOIRES

Simone Gbagbo et l'État togolais ont un point commun : leur avocat, Pierre Haïk (le dossier Kieffer pour la première, l'affaire Kpatcha Gnassingbé pour le second). C'est un habitué du continent, ex-conseiller de l'ancien directeur des affaires générales d'« Elf », Alfred Sirven, et surtout de Charles Pasqua. Plus jeune, il joue dans la même cour qu'autrefois Jacques Vergès, lequel conseille encore le chef de l'État centrafricain, François Bozizé. D'autres « pointures » prennent la relève : après le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, Francis Szpiner, Lev Forster puis Marcel Ceccaldi ont essayé de mettre Dadis Camara à l'abri des poursuites ; Christian Charrière-Bournazel (bâtonnier à Paris) et Mario Stasi conseillent Kpatcha Gnassingbé.

Ancien maire « UMP » et proche de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann,­ qui a rejoint l'équipe du Congolais Jean-Pierre Bemba - poursuivi par la « Cour pénale internationale » -, est un nouveau venu. Il est à l'opposé d'un William Bourdon, qui se montre plus volontiers aux côtés des faibles. Ce dernier est avocat des plaignants dans l'affaire des « biens mal acquis », qui vise notamment Denis Sassou Nguesso (défendu par Jean-Pierre Versini-Campinchi). Mais il est aussi celui de... la famille Kaddafi ! Les « cabinets d'affaires » ont également leurs « Messieurs Afrique », notamment Jean-Claude Petilon chez Fasken Martineau ou Stéphane Brabant chez Herbert­ Smith.


BLOUSES BLANCHES

Les prostates, surtout quand elles sont présidentielles, peuvent créer des liens étonnants entre les patients et leurs médecins. Ces derniers peuvent ainsi passer du domaine médical au champ politique. Bernard Debré, chirurgien-urologue, ancien ministre de la Coopération, est considéré un peu comme un pionnier en la matière. Outre les soins apportés à Gnassingbé Eyadéma et Félix Houphouët-Boigny, il s'est plus d'une fois rendu sur le continent avec son équipe, composée d'une quarantaine de personnes. Au Congo-Brazzaville, on connaît particulièrement le cancérologue Claude Maylin et son épouse Maria, d'origine marocaine, amis personnels de Denis Sassou Nguesso. Autre médecin connu à Brazzaville - et ailleurs -, le chirurgien Alain Deloche, de la Chaîne de l'espoir, qui travaille surtout avec la Fondation « Congo Assistance », présidée par Antoinette Sassou Nguesso.

Le professeur Luc Montagnier est l'un des principaux soutiens de la Fondation « Chantal Biya », au Cameroun, où il se rend souvent. Tout comme le dentiste Jean-Marc Aubert, qui a d'abord commencé par soigner Paul Biya, avant de devenir son ami personnel. Autre célébrité sur le continent, le professeur et ancien patron de la « Croix-Rouge française » Marc.


Lire, aussi, dans la même rubrique l'article suivant :

FRANÇAFRIQUE :  TOUT SUR LES NOUVEAUX  RÉSEAUX :  LES HOMMES ET LEUR CONNEXION.

00:52 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, 25ème sommet afrique-france, cinquantenaire des indépendances, françafrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 01 juin 2010

GBAGBO SE DECIDE ENFIN A INCRIMINER OUVERTEMENT LA FRANCE DANS LA CRISE IVOIRIENNE

  

LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO.jpg

  

 

Sommet France-Afrique, Gbagbo: "Pas question d'aller à Paris!"

 

Le sommet France Afrique débute ce matin (hier, lundi 31 mai 2010), à Nice sans le chef de l’Etat ivoirien. Laurent Gbagbo n’ira donc pas à Nice. Le chef de l’Etat ivoirien qui ne souhaite pas associé son image à cette cérémonie s’est fait représenter par le président du conseil économique et social Laurent Dona Fologo. Selon le chef de l’Etat ivoirien il n’était « pas question d’aller à Paris » sans avoir discuté avec la France des différends avec la Côte d’ivoire. « Il n’y a pas de raison que j’aille en France tant qu’on n’a pas discuté du différend qui oppose et qui continue d’opposer l’Etat français et l’Etat de Côte d’Ivoire », a-t-il martelé.


Laurent Gbagbo accuse la France d’avoir tenté de le renverser en novembre 2004 après le bombardement du camp militaire français par l’aviation ivoirien. En réaction, l’aviation française avait détruit la flottille ivoirienne. Pour Laurent Gbagbo, la France avait tenté ce jour là de le renverser et cela reste inacceptable. « La tentative pour un pays qui est de renverser un Chef d’Etat, légalement élu, légitimé par une élection démocratique et populaire, tant qu’on envisage les relations comme ça, je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec cette manière de voir les relations entre deux Etats », a-t-il indiqué

Même s’il blanchit le président Nicolas Sarkozy et accuse depuis cette époque clairement et ouvertement l’ancien président français Jacques Chirac et son premier ministre Dominique De Villepin d’être à l’origine du refroidissement des relations avec la France, Laurent Gbagbo n’a pas l’intention de passer l’éponge pour autant. « Je n’ai jamais fait mystère de l’implication de l’Etat français à travers les personnes de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Je n’ai jamais fais mystère de leur implication dans la tentative de renversement de mon régime. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais dire le contraire. Mais, nous ne nous sommes jamais assis avec l’Etat français pour discuter de ces questions-là. Ce n’est pas Sarkozy. C’est Chirac et De Villepin. Mais, pour moi, c’est l’Etat français. Alors, nous n’avons pas encore discuté du fond », a-t-il expliqué

Laurent Gbagbo veut d’abord discuter avec Paris avant d’envisager un quelconque voyage, peu importe la façon dont les choses se feront. Et Nice n’est pas la bonne opportunité. « Je ne trouve pas que ce soit une bonne solution que d’aller au sommet de Nice pour discuter d’un différend que j’estime fondamental. Il faut qu’on en discute d’abord et, après, je pourrai faire un déplacement. Que nous discutions. Peu importe. Ou bien, s’ils veulent que moi, j’envoie un émissaire, je peux le faire, mais qu’on discute. Quand j’ai discuté avec Compaoré, je ne suis pas allé à Ouagadougou. Le sommet de Nice lui s’ouvre ce matin avec 38 chefs d’Etats Africains.

 

Marc Antoine Colombus

 

Source: KOACI.COM

lundi, 31 mai 2010

FRANC CFA: LE GOLIATH QUI DEFIE NOTRE DEVELOPPEMENT

 

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« On ne détruit pas un système en abattant seulement les murs » : disait le professeur Pierre KIPRE lors de la cérémonie d’ouverture du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire. Cette déclaration est belle car elle met à nue l’échec des africains dans le combat pour le développement. Longtemps, on a cru qu’il fallait dire « NON » aux impérialistes pour se vanter d’être indépendant. Bien sûr que non, cela ne suffit pas : il faut briser toutes les chaînes qui fondent cette domination.

Dans le cas des pays africains de la zone franc(PAZF), une des batailles qu’il faut impérativement gagner pour sortir victorieux de la guerre contre le sous-développement, c’est celle du franc CFA.

En effet, s’il est un sujet dont tout le monde veut se saisir actuellement, c’est celui du franc CFA. Le sujet est apparu d’autant plus brûlant que le chef de l’Etat sénégalais, maître Abdoulaye WADE n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur cette monnaie qui retarde notre développement.

Depuis la création de cette monnaie, une certaine élite, la plus courageuse et digne, n’a eu de cesse de tenter de débouter cette soumission monétaire, qui aliène structurellement nos économies. Et c’est dans cette optique que s’inscrit notre présent article. Il ambitionne encore une fois, de lever les équivoques, d’infirmer certaines affirmations simplistes, d’éclairer les populations de la zone franc, sur l’épineuse question du franc CFA.

Une telle œuvre mérite, pour une bonne compréhension, une démarche méthodique et claire.

Dans un premier temps, nous montrerons que le franc CFA est une camisole de force que les pays africains acceptent de la France. Les africains continuent d’accepter cette monnaie parce qu’on leur a fait savoir qu’ils étaient incapables d’avoir une « bonne monnaie » sans la garantie de la France. C’est pourquoi dans un deuxième temps, nous nous attarderons sur ce qui détermine la valeur d’une monnaie.

Une fois qu’on aura démontré que la valeur du franc CFA ne dépend pas de la France, il faudra également dire à ceux qui rêvent d’une indépendance politique que celle-ci reste impossible si les chaînes monétaires ne sont pas rompues. Ce sera donc l’objet de notre discussion dans un troisième temps.

Faisant immédiatement suite à cette démonstration, nous aborderons dans un quatrième temps,  la sempiternelle question de structure des économies africaines. Là encore, nous verrons comment le franc CFA pérennise l’économie de traite au détriment d’une économie de production.

Au bout de cet article, un choix s’impose : abandonner le franc CFA. C’est de cela qu’il s’agira dans un cinquième temps.

LE FRANC CFA EST UNE CAMISOLE DE FORCE POUR LES AFRICAINS

C’est pour contrôler nos économies que la France magouille pour que la monnaie esclavagiste, le franc CFA, demeure la monnaie des pays de la zone franc. Cette monnaie qui, dans sa gestion, dépouille les africains de tous les leviers qui permettent un développement autocentré. On oblige les africains à compromettre leur développement par le respect scrupuleux de certaines règles orthodoxes. Et pourtant, les pays réunis au sommet du G20 de Londres du 2 avril 2009 ont décidé de mettre entre parenthèses les règles orthodoxes de l’équilibre budgétaire, afin d’atténuer les effets de la crise financière, économique et sociale.  La baisse de l’activité, les difficultés des entreprises et des ménages ont fait fondre les recettes fiscales sans oublier les coûts des plans de relance qui ont creusé un trou de 5000 milliards d’euros dans les budgets 2009 et 2010 des vingt principaux pays de la planète. Ces pays ne se sont pas encombrés de règles inutiles alors que leurs économies tanguaient.

Puisque la France fait partie intégrante de la zone franc, en termes d’optimalité de la zone, il faut que les profils d’inflation soient similaires. En clair, les niveaux de vie doivent être très proches or la France et les pays de la zone franc n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes moyens de le résoudre. La gestion du franc CFA impose aux pays africains une orthodoxie monétaire qui les oblige à ne pas tolérer un taux d’inflation supérieur à 3%. Il y a une certaine contradiction entre les besoins des pays africains de la zone franc et ceux de l’économie française, ou à tout le moins une absence de convergence (des européens, si l’on considère l’euro).

Au Botswana, par exemple, la fourchette est de 3% à 6%, ce qui leur laisse une marge dans la lutte contre la pauvreté. D’ailleurs, Il nous semble que, pour leur développement, les pays africains doivent tolérer un taux d’inflation qui avoisine les 10%. Pendant les trente années de prospérité économique qui ont succédé à la seconde guerre mondiale, que  l'économiste Jean Fourastié (1907-1990, auteur de : Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible, 1979), a appelé les trente glorieuses, les taux d’inflation étaient élevés et avoisinaient les 10%. Ce n’est pas en contraignant son économie que sa monnaie prend de la valeur.

LA VALEUR DU FRANC CFA NE DEPEND PAS DE LA FRANCE

Il est communément admis dans l’esprit des populations africaines que le noir est congénitalement incapable de créer et de gérer sa propre monnaie. S’il arrive à le faire, cette monnaie n’aura aucune valeur, c’est la raison pour laquelle, il faut que son colonisateur d’hier garantisse sa monnaie pour qu’elle soit acceptée. Il est donc utile, dans un souci de clarification d’apporter des éclaircissements sur la valeur d’une monnaie.

Dans une première approximation, pour faire simple, nous dirons que la valeur d’une monnaie se détermine à partir de sa fonction d’échange, par sa capacité à s’échanger contre tous les biens et services disponibles au sein d’une économie. La valeur d’une unité monétaire provient donc de son pouvoir d’achat au regard du panier de consommation moyen parmi la population, soit l’inverse des prix à la consommation.

Cette définition purement technique n’est pas révolutionnaire car occulte la dimension sociale de la monnaie. Il y a une autre dimension de la monnaie, la confiance dans son acceptation unanime, à la fois dans le présent et dans le futur. Une belle illustration est donnée par P. Samuelson lorsqu’il écrit : « si, pour une raison quelconque, une substance donnée (bétail, alcool, coquillage) commence à être utilisée en tant que monnaie, le public, y compris les végétariens ou les abstinents ou ceux qui mettent en doute son utilité intrinsèque, commence à lui attribuer une valeur. Aussi longtemps que des biens peuvent être achetés ou vendus contre cette substance, le public consentira à s’en servir pour ses achats et ses ventes. Que ce soit paradoxal ou non, la monnaie est acceptée parce qu’elle est acceptée » (P. Samuelson, L’Economique, édition de 1982, tome 1, p. 384).

Pour qu’une économie monétaire de production fonctionne parfaitement, il faut un pari global sur l’avenir concernant l’acceptabilité infinie de la monnaie  de génération en génération. En effet, la monnaie possède un pouvoir libératoire universel à la fois au sein d’une population à un moment donnée, mais aussi au sein de générations différentes sur plusieurs périodes  successives. Pour autant, cette unanimité est spéciale car elle porte sur la validité qualitative et non sur une valeur quantitative de la monnaie car le pouvoir d’achat d’une unité monétaire ne peut pas demeurer constant dans le temps. Cette confiance dont nous parlons met en scène trois logiques étroitement articulées : la confiance hiérarchique, la confiance méthodologique et la confiance éthique. (Aglietta et Orléan, La monnaie souveraine, 1998, p.24).

Entendons par confiance hiérarchique, celle qui repose sur un rapport accepté de subordination qui permet de surmonter les aléas du quotidien. Pour ce faire, une instance supérieure (le seigneur, l’Etat, la banque centrale) va énoncer les règles d’usage de la monnaie, garantir les moyens de paiement, protéger les créanciers et également représenter une voie de recours en cas de non-respect des règles monétaires.

En ce qui concerne la confiance méthodologique, elle opère sur la sécurité des relations de paiements au quotidien, tant entre agents économiques de « base » (entreprises, ménages) qu’entre agents financiers. Par exemple, lors d’une transaction entre agents économiques, le vendeur recourt le plus souvent à une procédure permettant de conjecturer la sécurité du paiement proposé. En fait il n’acceptera une pièce qu’après l’avoir mordue et pesée, un billet, qu’après l’avoir passé au détecteur de faux, un cheque qu’après avoir demandé auprès de la banque si le compte est approvisionné.

Enfin, la confiance éthique renvoie au lien qui existe entre la permanence des valeurs sociales et la confiance en la monnaie. Dans les faits, le point de vue éthique varie selon les sociétés : respect des traditions ancestrales, respect de la loi de Dieu, respect des castes ou des ordres ou, dans la majorité des sociétés occidentales actuelles, respect des droits de la personne humaine.

Dans tout ce qui vient d’être dit et démontré, il apparait qu’un pays tiers ne peut garantir la monnaie d’un autre. Cette supposée garantie accordée par la France au franc CFA qui fait croire aux africains qu’ils sont incapables d’avoir leur propre monnaie n’est qu’illusoire et factice.

La peur des africains est basée en fait sur rien du tout car la valeur d’une monnaie ne dépend pas d’une quelconque garantie qu’un pays tiers doit fournir si tant est que cela soit possible. La valeur d’une monnaie dépend du dynamisme de l’économie. Si les pays de la sous-région comptent économiquement dans l’économie mondiale, leur monnaie sera demandée et contribuera ainsi à sa hausse. Ce qu’il faut c’est la chaîne de création de valeur à l’échelle régionale, pour soutenir notre monnaie, pas le soutien de la France.

La monnaie revêt d’autres dimensions plus importantes : Elle repose sur le principe de souveraineté.

LA MONNAIE ET LA POLITIQUE SONT LIEES

Il serait bien réducteur comme l’a fait Aristote, de vouloir limiter le pouvoir de la monnaie aux seules fonctions d’unité de compte, de moyen de transaction et de réserve de valeur. La monnaie va au-delà, même très loin.  La monnaie est un puissant instrument et son fonctionnement peut être un outil de domination. On sait aujourd’hui par exemple, que la société romaine, face aux nations « barbares », dangereuses pour sa souveraineté exaltait son unité et sa cohésion. Et le pouvoir et les symboles qui lui sont attachés donnent à la communauté civique romaine, les moyens d’exprimer, sur la monnaie en particulier, mais aussi sur tous les autres supports du discours figuratif, sa puissance, sa personnalité. Les contenus des messages monétaires, frappés à des milliers d'exemplaires, s'imposent  peu à peu à l'esprit des populations parmi lesquelles ces monnaies circulent. Le  discours monétaire laisse transparaître comment la conquête de I’ Orient détermine l'universalité de l'Empire romain et fonde la supériorité de Rome.

Aujourd’hui encore, ces dimensions religieuses, politiques et anthropologiques de la monnaie ne sont pas usées. On sait encore que l’évolution du billet vert, c’est-à-dire le dollar en 2009, a ramené le thème de la trop grande dépendance du monde à la devise américaine sur le devant de la scène. Les chinois ont donc lancé l’idée de faire émerger une « monnaie de réserve supra-souveraine » qui  serait « déconnectée  des nations individuelles » et de leurs enjeux intérieurs, suggérant que les droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du Fonds monétaire international (FMI), pouvaient jouer ce rôle. Les chinois ont été rejoints par Dmitri Madvedev, le président russe, qui a tenté de mener une fronde antidollar avec ses homologues brésilien, indien et chinois. De leur coté, les américains critiquent la sous-évaluation de la monnaie chinoise, le yuan, face au dollar et à l’euro, ce qui développe leurs exportations.

Pendant que les monnaies dessinent les structures de l’économie mondiale, le franc CFA déstructure les économies des PAZF.

LE FRANC CFA ET LA PERENNISATION DE L’ECONOMIE COMMERCIALE

Le franc CFA devrait, selon certains économistes, en tout cas, grâce à la garantie accordée par le Trésor français, donner aux pays de la zone franc une position  privilégiée en matière d’investissement international. De la sorte, cela pallierait la faiblesse de leurs ressources financières internes. La convertibilité externe du franc CFA était supposée favoriser la mobilité des capitaux au profit de la zone franc. Les populations africaines sont bien placées pour reconnaitre que la zone franc n’a pas connu ce boom des investissements étrangers. En lieu et place, c’est bien la pérennisation de l’économie de traite qu’on observe sans oublier la fuite massive des capitaux. L’activité économique repose essentiellement sur des productions de produits primaires agricoles, forestiers ou miniers. Les structures de production sont insuffisamment diversifiées et, en tout état de cause, manquent d’élasticité : elles ne peuvent pas bien répondre à une croissance rapide de la demande provoquée par le développement du crédit.  Tandis que les autres pays : Brésil, Russie, Inde et Chine, tentent de construire un système économique de production, les pays de la zone franc consolide le système économique commercial, que favorise le franc CFA. Dans le creuset de la crise, on a vu que  certains pays s’en tiraient mieux que d’autres. Les puissances émergentes : Chine, Brésil, Inde, pour ne citer que les plus importants se sont tirées d’affaire. Ces pays sont maintenant dotés de classes moyennes dont la consommation a servi de relais à des exportations minées par la crise en occident. La chine, en dépit de sa monnaie sous-évaluée a engagé un plan de relance de 4000 milliards de yuans (400 milliards d’euros) sur deux années, ce que les pays de la zone franc sont incapables de réaliser. Les pays d’Afrique subsaharienne sont très  vulnérables et fragiles avec une dette qui absorbe plus de 40% de leur  revenu national en moyenne. Dans les pays en développement, et c’est le cas des pays africains de la zone franc, ces relations avec l’extérieur sont très importantes, en partie du fait que leur appareil de production n’assure pas la satisfaction de l’ensemble des besoins des économies et notamment en biens d’équipement. Cela a des conséquences directes sur la distribution de crédit et l’évolution des avoirs extérieurs. En effet, une distribution abondante du crédit entraîne une augmentation des exportations, donc une consommation des réserves. En revanche, une baisse ou une augmentation modérée des crédits attenue les tensions exercées sur les avoirs extérieurs. Vu que la monnaie est un instrument d’échange, le développement des activités requiert une immobilisation des moyens monétaires. Pour autant, la distribution du crédit ne profite pas à des investissements à moyen et long terme, mais au développement des activités commerciales (import-export, en général).

Le franc CFA est devenue une monnaie bourgeoise qui profite à une bourgeoisie compradore, c’est-à-dire, ces africains qui acceptent de lier leur sort au capitalisme mondial en profitant de ce système pour s’enrichir illicitement. Si le franc CFA pouvait permettre le développement, comment comprendre qu’un pays comme la Côte d’ivoire, soit classé 163e sur 182, selon l’indice de développement humain en 2009 alors que le Maroc qui frappe sa monnaie, se classe au 9e rang des économies arabes et en 61e position sur le plan mondial ? La monnaie CFA est créatrice d’inégalité très fortes : en Côte d’ivoire, les 10% des ivoiriens les plus riches détiennent 32,8% du revenu total contre 30,4% pour les 60% les plus pauvres.

La question se pose pour les africains de savoir si le franc CFA « joue » contre son développement. Mais la réponse ne fait pas de doute : le franc CFA déforme et tue les économies des PAZF au profit des européens.

IL FAUT EN FINIR AVEC LE FRANC CFA

On entend souvent dire que ceux qui luttent pour la décolonisation du franc CFA oublient que les questions monétaires se résument à un problème de bonne gouvernance monétaire. Certains experts, comme on les appelle en Afrique, parfois travaillant à BAD ou à la Banque mondiale, voir même au FMI, pensent que le franc CFA ne dérange pas le processus de développement des pays de la zone franc. Le comble c’est que nos gouvernants écoutent ce genre d’hérésie liée un manque d’effort de réflexion. Ces partisans du moindre effort ont une vision exclusivement économique de la monnaie. Or si les apports d’autres  sciences  sociales, telles que l’anthropologie, la psychologie, la sociologie et l’histoire sont d’un intérêt  certain pour la Science économique en général, cela est sans doute plus vrai pour l’analyse monétaire.

L’indépendance n’est plus une question de statut mais une question de maitrise de sa pensée dont l’un des fruits est la monnaie. Les occidentaux nous ont volé les feuilles, les branches et mêmes les tiges de l’arbre, il est temps que les africains se battent pour garder les racines, c’est-à-dire, conquérir la souveraineté monétaire.

La  décolonisation du franc CFA signifie simplement que les pays qui constituent aujourd’hui la zone franc, resteront dans leurs unions monétaires respectives, par souci de solidarité mais briseront le lien vertical entre elles et la France, dans la gestion de leur monnaie. Il s’agit tout simplement de ne plus déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Ce n’est pas le fait de centraliser les réserves de change qui gène, mais son dépôt dans un compte courant dénommé : compte d’opérations. La centralisation des devises permet par exemple, d’éviter le relèvement des taux d’intérêt dans le pays frappé par un choc exogène.

Jusqu’en 1973, il fallait verser toutes nos réserves sur ce compte afin que la France les utilise à nouveau pour faire des prêts à ces mêmes pays qui ont créé cette richesse. Après la convention monétaire de 1973, qui voulait assouplir  cette contrainte, les pays de la zone franc étaient tenus de verser désormais au moins 65% de leurs réserves de change auprès du Trésor Français. Depuis le 26 septembre 2005, pressé par une vigoureuse et digne élite africaine, ce taux est passé de 65% à 50%, pour ce qui concerne les pays de l’UEMOA.

 

Il est temps que les gouvernants africains ou du moins ceux de la zone franc décident de sortir de la tutelle française dans la gestion de leur monnaie. Il est moralement et intellectuellement inacceptable que cinquante années après leur accession à la souveraineté nationale et internationale, le cri de colère des « anti-CFA » ne soit pas intégré comme si on pourrait en rester au débat entre les pro-CFA et ceux comme nous qui pensons que notre développement ne se fera pas dans le giron français

 

Dieu nous aide dans cette lutte !


Dr Séraphin PRAO

Enseignant-chercheur à l’UFR Sciences économiques et développement de l’université de Bouaké (Côte d’Ivoire)

Président du Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN)

Président de l’Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)

 

www.mlan.fr

www.atamsouv.e-monsite.com

 

Tél : 0022501118760

dimanche, 30 mai 2010

RETOUR DE LA BAD EN COTE D'IVOIRE: DE LA PURE SORCELLERIE!

DONALD KABERUKA.jpg

L'intrigue du retour de la BAD à son siège d'Abidjan relève, à n'en point douter, de la haute sorcellerie. Sinon, comment comprendre qu'une institution bancaire veuille dicter à un Etat sa façon de fonctionner et en lui opposant des conditions de retour, là où des efforts incommensurables et des sacrifices de toutes sortes ont été fournis pour ramener la paix, en Côte d'Ivoire ? A-t-on un seul instant pensé à délocaliser l'OUA, actuelle UA, d'Addis-Abeba, en Ethiopie, au plus fort même des multiples crises qu'a connu ce pays ? Non ! Pourquoi fait-on deux poids deux mesures, quand il s'agit de mon pays ? Assurément, la Côte d'Ivoire est victime d'un complot ourdi par des intérêts politico-mafieux aux contours encore mal cernés (Françafrique, Franc-maçons, Illuminatis ? DIEU seul sait) ; les mêmes qui ont planifié et financé l'attaque du 19 septembre 2002 et la guerre qui en a suivi dans ce pays paisible! Sinon, comment comprendre cette posture injuste et illogique tenue contre notre pays par Monsieur Donald KABERUKA, président de la BAD ? En vérité, cet homme n'est rien d'autre que la parfaite marionnette des pouvoirs occultes de qui il tient ses ordres. Comme disent les Ivoiriens, « on laisse pour nous à DIEU » !

 

Retour à Abidjan, la BAD veut d’abord des élections, Gbagbo se fâche

Le sortilège n'a pas marché. Les efforts fournis par les autorités ivoiriennes, pour rendre possible et « convenable » la tenue des assemblées annuelles de la banque africaine de développement (BAD) à Abidjan ponctués par l'appel « à revenir à la maison » du chef de l'Etat ivoirien n'ont pas produit l'effet attendu. Avant même la clôture des assemblées annuelles de la banque hier dans la soirée, le président de la BAD, le rwandais Donald Kaberuka, a donné une réponse, feutrée mais limpide à la demande du chef de l'Etat ivoirien. Pour que la BAD « revienne à Abidjan, son siège », il faut organiser les élections. C'est une condition.

« Je mesure l'ampleur des efforts que la nation ivoirienne a déployée pour organiser cette rencontre. Nous sommes reconnaissants. Nous savons que vous attendez avec impatience notre retour. Nous sommes persuadés que le peuple ivoirien trouvera une solution durable et permettra bientôt un terme définitif à la crise qu'il traverse, pour permettre à la Banque de retourner à son siège», a-t-il déclaré. Même le discours émouvant du président du conseil des gouverneurs, par ailleurs, ministre ivoirien du plan et du développement, Paul Antoine est resté sans effets.

De sources proches de l'entourage présidentiel, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a mal accueilli cette réponse officielle qu'il assimilerait à du chantage, lui qui ne veut pas que l'extérieur lui impose une démarche quelconque dans la conduite des affaires internes. Alors qu'Abidjan a tenu toutes ses promesses pour accueillir les délégations, le chef de l'Etat aurait voulu au regard des compromis politiques internes que les gouverneurs de la BAD décident du retour au siège de l'institution. Irrité, le chef de l'Etat a décidé de ne pas pointer à la cérémonie de clôture. Surtout que les bruits ont circulé sur un retour probable de la banque en Côte d'ivoire qu'en 2012

Pour le reste de la cérémonie, le président de la BAD a été reconduit par l'ensemble des gouverneurs pour autre mandat de cinq ans. La BAD a triplé son capital sans que cela influence la configuration actuelle des membres. Un nouveau conseil des gouverneurs présidé par le Portugal a été installé. La 45ème assemblée annuelle de la BAD a pris fin officiellement par une soirée culturelle au palais de la culture de Treichville. Il faut savoir que depuis 2003 la BAD a délocalisé ses activités à Tunis la capitale tunisienne pour raison de sécurité.


Source : KOACI.COM

19:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : côte d'ivoire, afrique, koaci.com, bad, donald kaberuka, oua, ua, addis-abeba, éthiopie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 20 mai 2010

MONSTRUOSITE FRANÇAISE EN AFRIQUE : MASSACRE AU CAMEROUN

 

CAMEROUN REPRESSION CONTRE UPC.jpg


«Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance.[…] Les villages avaient été rasés, un peu comme Attila », témoigne le pilote d'hélicoptère Max Bardet. (Extrait de La Françafrique. Le plus long scandale de la République, par F-X Verschave)


J'appris avec ces phrases le massacre littéralement inouï d'une population camerounaise au tournant des années soixante. Je m'attachai à en savoir davantage. Ce ne fut pas facile, tant la terreur, là-bas, produit encore son effet. Ce n'est pas terminé. En 1938, de jeunes Camerounais formés à l'école française créent la Jeucafra, Jeunesse camerounaise française.

Parmi eux, un certain Ruben Um Nyobé, commis-greffier au tribunal de Yaoundé. Nettement pro-français, ce mouvement se pique au jeu de la conférence de Brazzaville où, en 1944, le général De Gaulle avait annoncé des libertés politiques nouvelles pour les peuples de l'Empire colonial.

Au même moment débouche le mouvement de syndicalisation suscité par des salariés français expatriés, travaillant dans l'enseignement et les chemins de fer. Ce mouvement est proche de la CGT française, à laquelle adhéraient la plupart de ses initiateurs. Il aboutit en décembre 1944 à la création de l'Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). Ruben Um Nyobé s'y inscrit, avec plusieurs de ses amis.

L'injustice sociale et politique est alors criante. Les colonies ont connu l'«effort de guerre», l'austérité et une forte hausse des prix. A la Libération, les salaires des fonctionnaires de nationalité française sont augmentés, ceux des camerounais restent bloqués : la ségrégation continue !  Anticipant sur les libertés promises, la Jeucafra exige l'impossible : la liberté de parole et de presse, la participation des autochtones à la gestion des affaires publiques, etc.  Comme en Algérie, au Sénégal, ou plus tard à Madagascar, le refus est brutal : lors d'une grève le 27 septembre 1945, une bande de colons armés tirent sur une manifestation d'Africains. Il y a au minimum soixante morts. Ainsi restauré, l'« ordre » colonial engendre des frustrations considérables. En mars 1947, la Jeucafra se fond dans un front anticolonialiste, le Racam (Rassemblement camerounais), qui réclame carrément la création d'un État camerounais. Après la guerre 1914-18, le Kamerun détenu par l'Allemagne vaincue s'était vu placé par la Société des nations sous un double mandat : la tutelle de la France, pour la majeure partie du territoire, et celle de la Grande-Bretagne, pour la région Ouest limitrophe du Nigeria. Le Racam demande tout simplement la fin des mandats tutélaires, en application de la charte des Nations unies, et la réunification du Kamerun. On l'interdit au bout de deux mois. Ce n'est que partie remise. Avec les mêmes revendications, Ruben Um Nyobé fonde le 10 avril 1948 l'Union des populations du Cameroun (UPC). Celle-ci adhère bientôt au Rassemblement démocratique africain (RDA), créé par l'Ivoirien Houphouët-Boigny. Pour l'administration coloniale, pas de doute : non seulement la revendication d'indépendance sent le soufre, mais les fréquentations cégétistes d'Um Nyobé et l'adhésion de l'UPC au RDA portent la marque du complot communiste international. Certes, les députés du RDA à Paris se sont apparentés un temps au groupe communiste, avant d'être récupérés par le parti charnière de François Mitterrand, l'UDSR. Mais quand on voit l'évolution ultérieure d'Houphouët… Un multimilliardaire, pas vraiment rouge ! L'amalgame indépendantisme- communisme, plus ou moins délibéré, parfois machiavélique, fera des ravages. Bien qu'Um Nyobé ait toujours nié la filiation communiste de l'UPC, le dynamisme de ce parti naissant lui vaudra très vite d'être la cible d'une croisade - pour la «défense du monde libre», contre le «péril rouge». C'est la politique sans nuances du Haut-commissaire du Cameroun, André Soucadaux (1949-54). En face, Ruben Um Nyobé tient des propos qui font songer à son contemporain Mandela - ce Mandela qu'il aurait pu être :

«Les colonialistes ne veulent pas admettre qu'un Noir soit l'égal d'un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l'échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice et hélas, à l'Église. Quelle est alors l'âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d'un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? La doctrine coloniale n'a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées […]. Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité».

Un discours tellement vrai qu'il fait «exploser le conflit entre le système colonial et la condition faite au peuple came­rounais», observe le politologue Achille Mbembe. L'UPC attire la population pauvre des grandes villes, Douala en particulier. Elle convainc aussi une partie des élites. Elle s'implante progressivement à travers tout le Cameroun, mais connaît deux zones de prédilection.


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23:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (73) | Tags : afrique, cameroun, g. bediong à nyokon, saoti, mahalia nteby, um nyobe, moumie, ouandie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 19 mai 2010

QUESTNET, UNE ARNAQUE PYRAMIDALE QUI DEBARQUE EN AFRIQUE

CHI PENDANT.jpg

Des clients de QuestNet portent des ChiPendant pour "éloigner les ondes nocives des téléphones portables".


Paul, l'un de nos Observateurs au Burkina Faso, nous alerte sur une société, QuestNet, qui développe un réseau de vente qui lui semble douteux dans son pays. Après enquête, il s'avère que cette société, déjà interdite dans plusieurs pays d'Amérique et d'Asie, tente effectivement d'implanter en Afrique un commerce de type "pyramidal", une vieille arnaque déguisée en système de vente révolutionnaire.

Contributeurs

Paul M.

Notre Observateur explique comment fonctionne le système

Paul M. (pseudonyme) souhaite rester anonyme. Il a été invité par un ami à une conférence organisée par QuestNet dans un hôtel de Koudougou, au Burkina Faso.

Nous étions une centaine dans l'hôtel. Les gens de QuestNet nous ont expliqué que leur société commercialise deux produits. Le Bio Disc d'une part, un filtre qui permettrait "d'énergiser l'eau" et présenté comme un remède miracle. Le ChiPendant d'autre part, un pendentif qui éloignerait les mauvaises ondes (portable, micro-onde, etc.) et qui permettrait d'améliorer sa forme de façon spectaculaire.

On nous a expliqué que revendre ces produits pouvait nous rendre riche. L'achat du premier Bio Disc, ou du premier ChiPendant, est certes très onéreux, 325 000 F CFA (495 euros) mais, selon eux, nous pourrons rentrer rapidement dans nos frais. Car dès que nous recrutons deux personnes pour revendre ces produits, nous gagnons 30 000 F CFA. Ensuite, nous touchons une commission sur chaque nouveau revendeur que nous attirons, mais aussi sur les revendeurs qu'eux même auront recruté. D'après eux, on peut ainsi devenir riche très vite. Ils nous ont d'ailleurs affirmé que 2 000 personnes vendaient déjà leurs produits au Burkina.

Ce type de commerce me semble suspicieux. D'abord parce que leurs produits est tellement cher que des gens autour moi sont obligés de s'endetter pour l'acheter. Ensuite parce que je ne suis pas convaincu de l'efficacité du Bio Disc et du ChiPendant. J'ai fait des recherches sur Internet, personne ne parle de ces produits en France. Or, s'ils étaient si efficaces que ça, est-ce qu'on les vendrait uniquement au Burkina ?"

Paul M.

Décryptage d'une arnaque

Alertée par notre Observateur, l'équipe des Observateurs de France 24 a fait une enquête sur la société QuestNet.

La société QuestNet pratique la vente "pyramidale", un système qui lui permet d'arnaquer les vendeurs de ses produits. Ce système de vente est connu et parfaitement expliqué sur cette page Wikipedia. En résumé, QuestNet fait croire à ses vendeurs qu'ils parviendront à trouver facilement des revendeurs sur lesquels ils toucheront des commissions. Or c'est faux. Le système peut effectivement permettre aux tout premiers vendeurs de gagner un peu d'argent, en profitant de la crédulité de leurs proches. Mais, très vite, le nombre de vendeurs est trop important et il n'y a plus assez d'acheteurs pour écouler les produits QuestNet. L'immense majorité des gens qui achètent très cher le Bio Disc ou le ChiPendant n'ont donc aucune chance de recruter assez de vendeurs pour rentrer dans leur investissement.

Ce système de vente est interdit dans plusieurs pays, notamment en France, au Canada et en Belgique. La société QuestNet profite depuis des années du flou qui existe dans certaines législations nationales pour développer son arnaque. Dès que son activité soulève des suspicions dans un pays, elle en cherche un nouveau où s'implanter.

Interdit en Inde et à Dubaï

L'origine géographique de QuestNet est inconnue, mais nous avons retrouvé de premiers signes de son activité aux États-Unis, où elle vendait, sous le nom de "Gold Quest", des pièces de monnaie de collection aux populations amérindiennes. Depuis le début, son activité est basée sur une arnaque de type pyramidal.

Condamnée aux Etats-Unis (ici une décision de la SEC, le gendarme de la bourse américain, contre GoldQuest), Gold Quest/Quest Nest s'est également implantée dans d'autres pays, adaptant ses produits au marché local, mais appliquant toujours la même méthode de vente. Elle a ainsi été condamnée en Inde, à Dubaï et a attiré l'attention de parlementaires au Cambodge.

Elle a d'abord tenté de commercialiser des sous-verres censés protéger du sida...

La société s'implante aujourd'hui sur le continent africain. Elle a d'abord tenté de commercialiser des sous-verres censés protéger du sida en Ouganda, au Kenya et au Rwanda. Dans ce dernier pays, une enquête lancée par la Banque nationale du Rwanda a toutefois rapidement abouti à l'interdiction de QuestNet, sur décision expresse du ministre des Finances. QuestNet tente aujourd'hui de s'implanter dans d'autres pays du continent, comme la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

L'arnaque de QuestNet touche surtout les plus pauvres

Les objets commercialisés par QuestNet sont présentés comme des remèdes miracles, sans bien sûr que leur efficacité soit prouvée scientifiquement. Mais là n'est finalement pas le problème, car c'est le système de vente lui-même qui est frauduleux. L'arnaque de QuestNet touche surtout les plus pauvres, ceux qui rêvent de devenir riche rapidement. L'arnaque participe en outre à la destruction du tissu familial. Car c'est auprès de leur famille et de leurs amis que les vendeurs de QuestNet tentent de recruter des revendeurs. Ils poussent souvent leurs proches à s'endetter et se retrouvent responsables de leurs problèmes financiers lorsque la pyramide s'écroule.

Nul besoin d'ouvrir un bureau

QuestNet dispose d'une méthode très efficace pour se développer dans un nouveau pays. Nul besoin d'ouvrir un bureau. La société commence par organiser une réunion d'informations, le plus souvent dans un hôtel. Elle attire ses premiers vendeurs en leur offrant notamment des tarifs préférentiels. Une fois ces premiers vendeurs recrutés, la viralité du système fait le reste. QuestNet transfère ensuite rapidement ses bénéfices hors du pays, avant que le nombre de vendeurs soit trop important, que la pyramide s'effondre et que le scandale éclate.

La société sait très bien gérer sa communication et utilise le Net pour répondre aux attaques dont elle fait l'objet. Elle met notamment en ligne des blogs et des pages de questions/réponses spécifiques à tous les pays dans lesquels elle s'implante (ici pour la Côte d'Ivoire). Elle dispose également de nombreux sites et blogs très bien référencés dans Google. Ils ressortent parmi les premiers résultats de recherche pour "QuestNet fraud" ou "Qest Net scam". Sur ces pages, QuestNet affirme utiliser un système de vente "à plusieurs étages" tout à fait légal, et non "pyramidal". Dans la plupart des pays où la société s'est implantée, les juges ont vu les choses autrement...

Source: Observateurs France24

16:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (92) | Tags : afrique, burkina faso, observateurs france24, questnet, chi pendant, bio disc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 18 mai 2010

MAROC: LES VIOLS SUR LES FEMMES NOIRES SE BANALISENT

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Rapport de Médecins sans frontières

Des femmes subsahariennes arrêtées et violentées au Maroc

 

Au cours de leur transit pour gagner l’Europe, les femmes subsahariennes sont maltraitées au Maroc, où elles subissent notamment des violences sexuelles, comme le révèle un document de Médecins sans frontières, établi sur la base des cas pris en charge par cette organisation médico-humanitaire.

 

Devant le nombre de plus en plus croissant de femmes victimes, soixante-trois, révélé par les données et témoignages recueillis lors de ses projets d’action médico-humanitaire, Médecins sans frontières veut contribuer à la recherche d’une réponse globale à cette problématique qui touche toujours plus de femmes, et des femmes de plus en plus jeunes.

Le rapport réalisé par MSF a pour but de faire connaître "la problématique de la violence sexuelle subie par les femmes migrantes d’origine subsaharienne qui arrivent au Maroc" au cours de leur tentative alors de gagner l’Europe.

Parmi les conséquences directes des sévères politiques d’immigration européennes, Médecins sans frontières fait remarquer que les populations subsahariennes candidates sont désormais dans l’obligation de s’embarquer dans des voyages de plus en plus longs et dangereux en la difficulté à utiliser les routes traditionnelles en raison des contrôles stricts aux frontières. Elles sont, par ailleurs, exposées à une situation de blocage à durée indéterminée au Maroc en raison tant de leur impossibilité de continuer vers l’Europe que de rentrer dans leur pays d’origine.

En l’absence de chiffres officiels, MSF estime, sur la base d’un recensement réalisé en janvier 2010, que le nombre actuel de migrants sub-sahariens au Maroc s’élève à 4 500. Les filles et les jeunes femmes sont particulièrement exposées à toutes sortes de violence et d’abus au cours du voyage et à leur arrivée au Maroc.

Les criminels communs et les réseaux de traite et trafic d’êtres humains, en tant que principaux auteurs de ces attaques contre l’intégrité physique et la dignité des femmes, selon la même source.

Même si peu de femmes osent parler des agressions qu’elles ont subies et encore moins les dénoncer, mais on devine, suite aux informations recueillies par MSF, un phénomène aux proportions immenses, qui requiert une approche immédiate et audacieuse sur le plan institutionnel, national et international, afin de fournir une prise en charge adéquate aux victimes. Ceci étant, les cas de violence sexuelle traités dans les projets sont une constante et une augmentation progressive a été enregistrée à partir de juillet 2009, ce qui démontre une tendance alarmante.

Entre mai 2009 et janvier 2010, une femme sur trois prise en charge par MSF à Rabat et Casablanca a admis avoir subi un ou plusieurs épisodes de violence sexuelle, que ce soit dans son pays d’origine, pendant le processus de migration ou une fois sur le territoire marocain.

"Ce chiffre pourrait être plus élevé puisque certaines femmes ont refusé de parler ou n’ont pas reconnu ce que leur propre témoignage mettait en évidence. L’usage de la violence sexuelle devient ainsi une des pratiques violentes les plus courantes subies par les femmes dans le contexte des migrations", ajoute la même source.

Ainsi, au total, dans ses activités, MSF a documenté l’histoire de 63 patientes (8) qui ont déclaré avoir été victimes de violence sexuelle. De nombreuses femmes subissent des viols dans leurs pays d’origine, sont à nouveau victimes d'épisodes de violence sexuelle sur le trajet avant d’être de nouveau attaquées à la frontière ou sur le territoire marocain.

L’âge de ces 63 patientes allait de 2 à 40 ans. Il est particulièrement grave de constater que parmi ces femmes, 21,5 % sont mineures, dont 10% ont moins de 16 ans. Les femmes MSS sont majoritairement originaires de la République démocratique du Congo (RDC), principalement des zones les plus touchées par le conflit armé, et du Nigeria ; elles appartiennent majoritairement aux ethnies Ibo et Yoruba, celles qui sont le plus exclues du partage des richesses de ce pays.

Elles viennent aussi notamment du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire et de la République centrafricaine (RCA). Les femmes et mineures non accompagnées sont victimes d’agressions qui demeurent impunies et presque cachées, de la part de criminels ordinaires ou d'autres migrants sub-sahariens de leur entourage. La peur engendrée par leur situation irrégulière les empêche généralement de dénoncer les faits. D’autres femmes sont sous l’emprise des réseaux de traite ou de trafic d’êtres humains.

Sur les 63 femmes interrogées, un tiers a déclaré avoir subi des abus sexuels au Maroc en dehors de la ville d’Oujda. Médecins sans frontières est un témoin direct de l’impact de la violence sexuelle sur les femmes migrantes sub-sahariennes depuis leur lieu d’origine jusqu’à leur séjour obligé au Maroc et de l’impact considérable sur leur santé physique et affective.

Bien qu’au Maroc, depuis quelques années, la lutte contre la violence domestique et sexuelle est devenue une priorité, comme l’indiquent les différentes mesures adoptées par certains départements ministériels en collaboration avec les associations locales, les chiffres sont là pour montrer l’aggravation de la situation.

 

Source : http://mampouya.over-blog.com/

14:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, maroc, rapport médecins sans frontières, patrick éric mampouya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 13 mai 2010

SEPP BLATTER SAUVE LA FACE A ISSA HAYATOU

TOGO CAN 2010.jpg

 

Après sa scandaleuse décision de suspendre le Togo pour deux éditions de la CAN, au lendemain du mitraillage du bus de son équipe nationale qui a motivé son retrait de l'édition 2010 sur ordre du gouvernement togolais, le comité exécutif de la CAF se ressaissit. Sous la médiation de Sepp Blatter, le président de la FIFA. Il en était temps. Les africains, dans leur grande majorité, n'avaient pas du tout digéré cette incongruité qui avait dégradé un peu plus l'image de la CAF et surtout celle déjà assez mafieuse du camerounais Issa Hayatou, son président, grand monarque devant l'Eternel.

 

Le Togo réintègre la Coupe d'Afrique des Nations

Par Dépêche le 08/05/2010

 

La Confédération africaine de football a levé la suspension qui pesait sur le Togo pour la CAN 2012 et 2014. Le pays avait été sanctionné après avoir quitté prématurément la compétition suite à l'attaque de son convoi par des rebelles angolais.

 

 

REUTERS - Le Togo a été autorisé à réintégrer la Coupe d'Afrique des Nations, compétition dont il était suspendu pour les deux prochaines éditions en 2012 et 2014 après les tragiques incidents de Cabinda en Angola, a annoncé la Fifa vendredi.

Sepp Blatter, le patron de la Fédération internationale, a joué les médiateurs auprès du président de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou, qui a accepté de demander à son comité exécutif de lever la suspension.

Le Togo avait été exclu de la CAN après avoir refusé de participer à la compétition qui s'est déroulée en Angola au mois de janvier.

L'autocar transportant l'équipe nationale avait été pris dans une embuscade à Cabinda et deux membres de la délégation ainsi que le chauffeur du bus avaient été tués dans une fusillade.

"Cette décision est une bonne nouvelle pour nous. Elle est un élément tremplin pour nous. Si la sanction était maintenue, on serait tombés sur la tête. Il faut maintenant s'organiser pour aller plus loin", a commenté Elitsa Lanou, directeur technique national de l'équipe togolaise.

 

14:51 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : togo, can 2010, issa hayatou, sepp blatter, caf, fifa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 29 avril 2010

ENTRE LA BCE ET LA BCEAO : LE "COPIER-COLLER" MONETAIRE QUI TUE NOTRE DEVELOPPEMENT

 

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« Le seul moyen dont dispose le gouvernement pour lutter contre l’inflation consiste à dépenser moins et à fabriquer moins de monnaie. Le seul remède est de réduire l’accroissement de la quantité de monnaie. Il n’ya pas d’autres solutions ».  Cette citation est du lauréat du « prix Nobel » d’économie en 1976, Milton FRIEDMAN. Il aura été sans doute le penseur qui a le plus inspiré la révolution néolibérale.  Selon lui,  les priorités économiques étaient la lutte contre l’inflation et celle contre les déficits publics. Combattre la hausse des prix imposait, selon lui, de ramener le rythme de création monétaire à un niveau si bas qu’il rendrait l’argent plus cher (taux d’intérêts), interdisant ainsi à l’Etat de financer trop commodément ses déficits.

A l’occasion de l’entrée en vigueur de la reforme institutionnelle de l’UMOA et de la BCEAO , M. Philippe-Henri Dacoury Tabley, gouverneur de la BCEAO donnait dans une interview, l’objectif de cette reforme en ces termes : « la mise en œuvre de la réforme devrait, en assignant à la BCEAO un objectif prioritaire de stabilité des prix, permettre, de garantir le pouvoir d’achat de notre monnaie et apporter une réponse adéquate au défi du financement des économies ».

La BCEAO prend de la sorte un virage néolibéral, monétariste, qui sera lourd de conséquence pour les économies de la zone. Déjà très absent dans la promotion du secteur privé dans la zone UEMOA, le « tout sauf l’inflation » de cette reforme risque de contrarier la distribution des crédits bancaires par les banques.

Cet article se propose donc de revenir encore une fois sur le rôle de la monnaie au sein d’une économie et le danger de son musèlement. Au terme de cet article, nous espérons que le lecteur aura discerné le mimétisme monétaire de la BCEAO et surtout ses actions anti-développement des pays membres.

Pour ce faire, il serait utile de procéder à une lecture chronologique. Il faudra présenter sommairement l’avènement du monétarisme. Cela nous aidera à bien illustrer le mimétisme monétaire de la BCEAO. Avec de tels acquis, il sera possible d’affirmer que la BCEAO est contre le développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

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L’AVENEMENT DU MONETARISME

Essayons ici de lever une incompréhension qui trouve son origine dans l’amalgame des concepts en économie. Le théoricien de la monnaie n’est forcement un monétariste. John Maynard Keynes est bel et bien l’un des brillants théoriciens de la monnaie que je connaisse et pourtant, il n’est pas monétariste. Le monétarisme est un courant de pensée économique initié par les travaux de Milton Friedman, qui fait de la lutte contre l’inflation son objectif principal. Milton Friedman est le père de l'indépendance des banques centrales : l'argent est trop précieux pour être laissé aux mains du gouvernement. Les autorités monétaires raisonnent avec ses concepts, comme le « taux de chômage naturel ».

Il est bien, pour notre compréhension de localiser historiquement l’avènement du monétarisme. Dans la deuxième moitié des années 30, la politique conjoncturelle de relance se substitue à la politique conjoncturelle de stabilisation. Le budget est appelé à stimuler l’activité économique et à corriger les inégalités sociales. L’Etat a comme leviers, les dépenses publiques et l’injection de monnaie dans le circuit économique.

Au sortir de la seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970 (les trente glorieuses), la politique budgétaire keynésienne connait un succès. Mais l’apparition de la stagflation (inflation élevée et croissance faible) conduit à la remise en cause de la politique budgétaire de relance. Au cours des années 1970, dans les pays de l’OCDE, l’inflation dépassait les 10%. Début des années 1980, tous les pays ont fait de la lutte contre l’inflation leur priorité. Désormais les pays développés préfèrent mettre en place des politiques de règle plutôt que des politiques conjoncturelles. La lutte contre l’inflation réduit l’incertitude pour les agents économiques et crée un climat de stabilité économique propice à l’investissement. La cible d’inflation est désormais comprise entre 1% et 3%. ! La théorie quantitative de la monnaie revient en majesté. L’histoire économique montre que le rythme de dégradation de la monnaie peut atteindre une très grande diversité, ainsi, on parle d’inflation rampante modérée (3% de hausse par an), d’inflation ouverte (40%), d’inflation galopante (plus de 20%). L’inflation rampante ou de prospérité semble associée à l’expansion économique comme si elle en était une des conditions indispensables. Et les gouvernants comme les économistes craignent constamment de voir la lutte contre l’inflation entraîner l’arrêt de l’expansion.

Pour les partisans de l’orthodoxie monétaire, la stabilité des prix crée un environnement favorable aux échanges car les agents économiques peuvent fonder leurs décisions d'achats et de production sur des repères fiables. Cela les incite à acheter et à produire davantage, donc cela favorise la croissance. Et comme conséquence directe, Cela améliore aussi la compétitivité des produits du pays (politique des revenus, politique budgétaire française) ou de la zone (politique monétaire européenne) par rapport aux concurrents internationaux dont les prix augmentent plus vite. C'est la stratégie dite de "désinflation compétitive": des prix moins élevés permettent d'exporter davantage et limitent les achats de produits étrangers. Cela tend à faire augmenter la production, donc en théorie l'emploi à long terme.

C’est cette orthodoxie monétaire que la BCEAO sublime en tout cas, au regard de son mimétisme monétaire aveugle.

 

LE MIMETISME MONETAIRE DEGRADANT DE LA BCEAO

Pour saisir aisément le mimétisme monétaire dont il est question ici, il serait sans doute utile de définir la politique monétaire. On peut la définir comme l'ensemble des mesures qui sont destinées à  agir sur les conditions du financement de l'économie. Il s’agit en fait, de se demander comment les agents à  besoin de financement, ceux qui dépensent, pour l'investissement, par exemple, trouvent les ressources financières nécessaires. Elle est mise en œuvre par la Banque centrale du pays. Pendant longtemps en France, la Banque de France a été sous l'autorité directe du gouvernement.

Cette définition de la politique monétaire est aujourd’hui délaissée au profit d’une autre beaucoup plus restrictive : la politique monétaire est l'action par laquelle l'autorité monétaire, en général la banque centrale, agit sur l'offre de monnaie dans le but de remplir son objectif de stabilité des prix. Elle tâche également d'atteindre les autres objectifs de la politique économique, qualifié de triangle keynésien : la croissance, le plein emploi, l’équilibre extérieur.

Chaque pays a son histoire monétaire, ce qui influence d’ailleurs sa politique monétaire. Aujourd’hui, il est indiscutable que  le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a placé l'inflation en tête des préoccupations de l'autorité financière. Cette peur viscérale de l’inflation de la BCE vient du fait que le pays leader de cette communauté, l’Allemagne a une aversion pour l’inflation. En tout cas, la BCE traque l’inflation jusque dans ses derniers retranchements comme le stipule le traité de Maastricht : « l'objectif principal du SEBC est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l'objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté , en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté » (article 105 du Traité).

La BCE est chargée de mener la politique monétaire de la zone euro en collaboration avec les banques centrales nationales des Etats membres.  Cette institution qui a pour principal objectif de lutter contre l’inflation, c’est-à-dire maintenir la stabilité des prix et donc l’inflation annuelle dans la zone Euro au dessous de 2% sur le moyen terme.

La BCEAO, rebaptisée par nous, sous le nom de « Banque Centrale Européenne en Afrique de l’Ouest », ne pouvait qu’appliquer les directives de la BCE. Le constat est frappant, sans aucun doute humiliant.

Depuis le 1er Avril 2010, selon le gouverneur de la BCEAO , la reforme de cette institution s’explique par les modifications intervenues dans les conditions d’exercice de l’activité des banques centrales dans le monde et les mutations de l’environnement régional et international. Plus précisément, cette réforme vise à adapter l’architecture institutionnelle de la BCEAO et de l’UMOA aux évolutions intervenues dans les missions des banques centrales. Elle a également pour objectif de renforcer l’efficacité de la politique monétaire, créant ainsi les conditions d’un meilleur financement des économies de l’Union. Enfin, elle consolide la stabilité du système bancaire et financier dans notre zone. La BCEAO se trouve ainsi dotée de moyens d’action et d’instruments adéquats pour la conduite d’une politique monétaire crédible et efficace.

 

Mais la vérité est tout autre, c’est la BCE qui demande à la BCEAO de se mettre à son niveau puisque cette reforme clarifie l’objectif de la politique monétaire menée par la Banque centrale. Désormais, tout comme la BCE , la BCEAO poursuit prioritairement un objectif de stabilité des prix au sein de l’Union monétaire ouest africaine.

Selon le gouverneur de la BCEAO , l’objectif est de faire comprendre aux agents économiques, la cohérence des décisions prises, afin de leur permettre de former leurs propres anticipations et prévisions, de la façon la plus rationnelle possible. Et pourtant la théorie monétaire ne dit pas que c’est de cette façon que les agents économiques forment leurs anticipations. La stabilité politique et macroéconomique, l’environnement des affaires, l’indépendance de la justice, le fonctionnement correct du système bancaire sont des facteurs déterminants dans la formation des anticipations.

Pour revenir à notre sujet, la BCEAO poursuit prioritairement un objectif de stabilité des prix au sein de l'Union Monétaire Ouest Africaine au détriment de notre développement économique. Cette banque est contre les africains.

LA BCEAO EST CONTRE LE DEVELOPPEMENT DES PAYS MEMBRES

A la fin de l’automne 2009, une brise d’optimisme a balayé la planète économie après le déluge de la crise financière. Si les indicateurs sont repassés au vert, c’est parce que les banques centrales du monde, qui pilotent les taux d’intérêt à très court terme, ont passé la vitesse supérieure. Tandis que le Reserve Fédérale américaine (FED) et la banque du Japon ont maintenu leur taux directeur respectivement à 0,25% et 0,1%, la Banque d’Angleterre(BoE) a fait passer le sien de 2% à 0,5%, et la BCE , de manière un peu tardive, l’a amené à 1% contre 2,5 en début d’année 2009.

Ce qui est certain, c’est que les banques centrales ont surtout utilisé des outils exceptionnels pour soutenir le système financier en l’abreuvant de liquidités. En Europe, l’année 2008 a été celle où s’est concentré l’essentiel du soutien financier des gouvernements aux établissements bancaires. L’Irlande, le Royaume-Uni et l’Allemagne se situent en tête du palmarès, avec des montants respectivement de 355,76 milliards d’euros (subventions, prises de participation, prêts à taux réduits ou garanties publiques), 201,28 milliards d’euros et 180,94 milliards d’euros. Suivent l’Espagne avec 99,13 milliards d’euros, la Belgique avec 46,80 milliards d’euros et la France avec 42,90 milliards d’euros. Les différentes puissances économiques ont injecté dans le circuit économique, cette manne financière pour éviter de répéter les erreurs de 1929 car la déroute des banquiers s’était alors accompagnée d’un « credit crunch », c’est-à-dire, un assèchement et un renchérissement du crédit, pilier des économies modernes.

Une banque centrale ne doit pas œuvrer contre le développement économique surtout lorsqu’il s’agit du sous-continent noir, où la lutte contre la pauvreté doit être le seul objectif de toutes les institutions régionales ou sous-régionales.

La FED par exemple n’agit pas comme la BCE et  sa fille BCEAO car l’institution américaine décide de la politique monétaire des Etats-Unis, avec un double objectif de la stabilité des prix et de plein emploi avec l’obligation de faciliter la croissance économique. A titre d’exemple,  la Fed intervient très régulièrement pour corriger sa politique monétaire, en actionnant des leviers, avec un impact sur les marchés financiers, sur le coût du crédit et sur l’activité économique réelle.

La lutte contre l’inflation ne doit pas être l’objectif principal de la BCEAO , ni avoir une cible d’inflation de 2% comme la BCE car les populations ouest-africaines ne vivent pas les mêmes conditions économiques que les européens.

Partisan d’un taux d’inflation socialement acceptable, nous pensons que  l’inflation peut être tolérée, voire favorisée, pour que l’économie puisse être relancée. D’ailleurs, l’histoire monétaire ne condamne pas formellement l’inflation quand elle reste dans des bornes acceptables. En tout cas pas plus que la déflation. Le souvenir des trente glorieuses est suffisamment présent dans les mémoires pour que l’orthodoxie monétaire ne soit pas considérée comme une fin en soi.

Pour lutter contre l’inflation, les mesures de politique économique les plus fréquentes sont : le maintien de taux d'intérêt élevés (politique monétaire restrictive de la banque centrale), le freinage des salaires dans la fonction publique et, par l'intermédiaire du niveau du SMIC, dans le privé (politique des revenus dite "de rigueur" menée par le gouvernement) et le freinage des dépenses publiques en général (politique budgétaire restrictive).

Cependant toutes ces mesures ont comme point commun de freiner la demande, afin d'éviter les hausses de prix que celle-ci entraîne lorsque son rythme est trop rapide par rapport aux possibilités d'augmentation de l'offre. La hausse des taux d'intérêt diminue l'incitation à emprunter, donc les dépenses de consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Le freinage des salaires limite la consommation. Quant à la réduction des dépenses publiques, soit elle diminue la demande adressée aux entreprises lorsqu'il s'agit d'investissements publics, soit elle freine la consommation des salariés du secteur public en pénalisant leur pouvoir d'achat.

Pour terminer cette modeste réflexion, rappelons-nous que Joseph TCHUNDJANG POUEMI, digne fils de l’Afrique, a écrit que la monnaie peut nous asservir comme nous libérer. C’est pourquoi, Nicolas AGBOHOU affirme que le franc CFA et l’Euro sont contre les africains et que votre serviteur demande ardemment la décolonisation du franc CFA.

Dieu bénisse l’Afrique et ses enfants!

Dr Séraphin PRAO

 

Enseignant-chercheur à l’Université de Bouaké (Côte d’Ivoire)

Président de l’Association des Théoriciens Africains de la Monnaie (ATAM)

Président du Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN)

Spécialiste de la zone franc

 

contact@mlan.fr

atamsou@yahoo.fr

www.mlan.fr

 

Contact: (225) 01 11 87 60.

 

22:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : afrique, bce, bceao, copier-coller monétaire, séraphin yao prao | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 17 avril 2010

INSTABILITE POLITIQUE ET CREATION MONETAIRE

 

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La théorie de la croissance endogène nous enseigne que la croissance ne dépend pas que des seuls comportements des agents et des variables macroéconomiques. En clair, il existe plusieurs facteurs pouvant faire apparaître des externalités positives et par conséquent être source de croissance pour la collectivité. Au nombre de ces facteurs, on cite l’investissement en capital physique, l’investissement en capital public, l’investissement en capital humain, l’apprentissage par la pratique, la division du travail, la recherche et innovations technologiques.

La monnaie, nous avons démontré tout au long de nos écrits qu’elle est au centre du système productif, elle joue le rôle que joue le sang dans le corps humain. Le système monétaire est donc « le système sanguin » de l’économie d’un pays.

Dans une interview accordée à trois journaux français (Rfi, Le Monde et Tv5), le samedi 3 Avril 2010 au cours d’un débat radiotélévisé,  le chef de l’Etat du Sénégal a exprimé son exaspération vis-à-vis du franc CFA, cette monnaie coloniale. Il l’a dit en ces termes « Nous sommes un certain nombre d’africains à être déçus de l’évolution de notre projet continental. Nous réfléchissons à la possibilité de revenir à un projet régional avec sa propre monnaie. Les autorités françaises le savent ».

Le président Wade a dit officiellement ce que nous disions depuis, c’est-à-dire que  «Si nous récupérons notre pouvoir monétaire, nous allons gérer mieux».

Sans nous tromper, nous pouvons dire que le franc CFA est déjà derrière nous et qu’il faut maintenant matérialiser sa disparition en établissant son certificat de décès.   Avec la volonté politique des gouvernants des pays africains de la zone franc (PAZF), l’esclavage monétaire prendra fin dans un court terme. Mais les pays africains doivent savoir certaines vérités en matière d’économie monétaire de production. Cette dernière  pouvant être définie comme une économie dans laquelle la monnaie est créée à l’occasion de prêts octroyés par les banques aux entreprises pour le financement des frais de production.

Si bientôt, les pays africains  de la zone franc accéderont à la souveraineté monétaire, alors il faudra qu’ils s’habituent aux rouages de la monnaie car il est trop facile et surtout oiseux de disserter sur la monnaie, alors que les africains ne savent même pas son modus operandi. 

Les faits économiques qui plaident en faveur d’une telle présentation sont légions : les contrevérités de certains analystes de la monnaie et l’inculture monétaire des populations de la zone franc, puisqu’on entend, le plus souvent les questions du genre «qui garantira notre monnaie sans la tutelle française?».

La référence obsessionnelle à cette crainte montre bien qu’on connait mal les mécanismes de la création monétaire et ses non-dits. Ainsi donc, l’ambition de notre présente réflexion est double : d’une part, revenir sur les vraies raisons de la création monétaire et montrer que l’un des « péchés » des pays africains, « l’instabilité politique », décourage  la création monétaire.

Plutôt que de nous livrer à un exercice purement théorique, nous essayer d’illustrer notre point de vue à partir de ce mal qui mine l’Afrique, c’est-à-dire, le désordre politico-social.

D’abord, il nous faudra essayer de dire ce qu’est la monnaie. Faisant suite à cette tentative de définition de la monnaie, il sera ensuite aisé de faire le lien entre la création monétaire et le développement.

Avec toutes ces connaissances, nous verrons que l’instabilité politique nuit à l’économie monétaire de production.

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La monnaie et ses multiples définitions

La définition exacte de la monnaie est une œuvre gigantesque, prétentieuse, qui débouche sans doute sur une réponse balbutiante. C’est la raison pour laquelle, il existe autant de définition de la monnaie que de courants de pensée. La monnaie n'est pas simple à définir, car elle comporte plusieurs dimensions. C'est d'abord un bien privé au sens où, comme les autres marchandises, elle fait l'objet d'une offre et d'une demande et que sa détention a un prix, en l'occurrence un coût d'opportunité: elle coûte ce qu'elle ne rapporte pas, à savoir le taux d'intérêt qui rémunère les placements moins liquides  et plus risqués qui auraient pu être faits avec la même somme. Mais la monnaie est aussi un bien public ou collectif, car sa disponibilité, sa circulation et la préservation de sa valeur sont indispensables au bon fonctionnement des échanges. Mais le plus souvent, les économistes ne font que reprendre des distinctions opérées par les philosophes grecs notamment Aristote. Ce dernier donne à la monnaie trois fonctions : celle d’unité de compte, d’instrument d’échange et de réserve de valeur.

 

Cette définition nous dit ce que la monnaie fait tout en restant muette sur ce qu’elle est. Elle est donc incomplète comme définition, donc inacceptable. Selon, les anthropologues, la monnaie est tellement imbriquée dans les relations sociales, pour la réduire à ses fonctions. Elle participe par exemple à la structuration de la société et à ses relations avec les autres groupes : elle permet la création des liens. C’est donc carrément un fait social évident.

 

Les marxistes, eux, estiment qu’elle est nécessaire  à l’échange marchand, puisqu’elle est l’équivalent général et « sert à exposer la valeur réciproque des marchandises ». Cette dernière définition  montre bien que la monnaie participe à la production de plus-value. Et la monnaie ne sera légitime que si elle contribue au bien commun des membres de la société.

 

La monnaie est décidément sacrée. Et pourtant, les crises à répétition au cours de l’histoire récente montre bien qu’il est difficile de concevoir la monnaie en dehors du système monétaire. De ce lien, il peut en résulter une définition qui nous va : celle qui conçoit la monnaie comme une créance à vue sur le système bancaire. C’est un droit de rembourser sur le système bancaire. La monnaie qui est en réalité une créance sur la collectivité, permet à son détenteur du moment, de s’approprier une fraction de la richesse nationale. Il existe donc une relation entre la création monétaire et le développement économique.


La création monétaire et le développement économique

 

Il existe au moins un point qui ne fait pas débat au sein de la tribu des économistes : l’importance de la monnaie dans le processus de développement d’un pays.

 

Un système financier solide est un sésame permettant d’accéder à un monde économique nouveau que la paresse bancaire rendrait incompréhensible. Si le développement économique  a une dimension monétaire alors il  y a là, quelque chose de déroutant pour les africains. Comment les africains arrivent-ils à lier leur sort au colonisateur d’hier alors même que les germes d’un développement autocentré sont présents ?

 

Le premier facteur découle de l’inaccessibilité de la phraséologie monétaire à tous. C’est ce que nous tentons de faire, à la suite des dignes fils comme Tchundjang Pouemi, Mamadou Koulibaly, Agbohou Nicolas et biens d’autres.

 

Le second facteur et non le moindre réside dans le peu de courage de nos hommes politiques à accorder à la monnaie son rôle de moteur du développement.

 

L’activité économique est fondée sur la mobilisation de capitaux qui permettent entre autre le développement de nouvelles activités. Cependant, les agents qui souhaitent engager des capitaux pour financer de nouvelles activités ne disposent pas nécessairement des moyens suffisant pour le faire.

 

La banque est donc cette pourvoyeuse de fonds, cette tour de contrôle qui ratifie les projets des investisseurs. La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l'économie : elles sont endogènes  à l'économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l'offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises).

 

La monnaie est un instrument indispensable à l’activité économique puisqu’elle facilite les transactions. La masse monétaire en circulation représente le pouvoir d’achat dont dispose les agents économiques à un moment donné. Il va s’en dire que l’accroissement de la masse monétaire est synonyme de croissance économique puisqu’il permet le financement d’investissements additionnels. Le fonctionnement bancaire est donc essentiel.

 

Dans la conception traditionnelle, la banque se situait par construction sur le chemin  que doit emprunter l’argent dont certains n’ont pas besoin, mais que d’autres réclament. C’est le point primordial qu’on a voulu imposer à notre intelligence, même si les choses étaient en pratique plus compliquées que ça. Les économistes modernes ne répètent plus ce « catéchisme obsolète ». Ils savent que la banque offre des crédits au-delà du montant des ressources qu’on lui confie. L’histoire de faits économiques nous enseigne que les premiers banquiers entendaient ainsi répondre à des besoins  économiques qui s’accroissaient  déjà sensiblement bien avant la phase dite de « décollage  économique ».

 

La banque a un pouvoir que lui donnent les forces vives, celui de la création monétaire. Et la seule et unique contrainte à la production est la contrainte monétaire.

 

Dans une économie monétaire de production, trois sphères économiques sont liées pour le développement.

 

La première dite, productive, est celle où agissent toutes les entreprises qui produisent et vendent les biens et services courants sur le marché. La production des  biens et services occasionne des coûts de production, qui doivent être couverts par les consommateurs, ex-post, mais avant la production, par les banques.

 

La deuxième sphère, est monétaire et financière. Elle comprend les agents qui apportent des ressources nouvelles ou des services monétaires et financiers aux agents de la sphère productive. Les banques commerciales  constituent le cœur de cette deuxième sphère.

 

Enfin, la troisième sphère, est celle des ménages, ceux qui fournissent leur force de travail en contrepartie d’un salaire.

 

Créée par le système bancaire, la monnaie circule entre les agents économiques en fonction de leurs comportements de financement, de placement et de dépense. La circulation de la monnaie dans l'économie est ainsi déterminée par les principales opérations économiques (production, consommation et épargne).

 

Pour que le système bancaire réponde favorablement aux diverses demandes de financement des entrepreneurs, il faudra un environnement politique et social stable, pour bien ancrer les anticipations.


L’instabilité politique et l’économie monétaire de production

 

La présentation habituelle du principe de la demande effective insiste sur les deux dernières fonctions, décision et mise en œuvre de la production, distribution et utilisation du revenu, dépenses et retour à la production, mais la demande effective est en fait la conjonction des anticipations des entrepreneurs et des banques.

 

L’instabilité politique et sociale d’un pays, la fiabilité de son administration (notamment son éventuel indice de corruption), ainsi que l'étendue de la réglementation et son respect (en particulier en ce qui concerne le droit de la propriété intellectuelle), ont une influence sur la décision d’investir et la ratification des projets par les banques.  

 

Il est donc indiscutable que la stabilité politique peut produire de multiples effets sur la croissance économique. Selon certains spécialistes, le déficit institutionnel est une source profonde de l'instabilité de celle-ci. Ce qui est prouvé par les performances économiques de plusieurs Etats du monde. Car les pays moins bien gouvernés sont ceux qui ont obtenu les taux de croissance les plus négatifs. En période d'instabilité politique, les activités économiques se déroulent au ralenti. En conséquence, le produit intérieur brut (PIB) décroît, ce qui réduit le niveau de bien être de la collectivité. Il est nécessaire de rendre solides les institutions politiques pour le bénéfice d'une meilleure stabilité politique. Ce qui va favoriser le déroulement des activités économiques, via l'accroissement de l'investissement qui, à son tour, va entretenir la croissance économique. L’Afrique doit s’y atteler.


Les pays africains doivent créer un climat favorable à l’investissement

 

Commençons par définir le climat de l’investissement afin de mieux lutter contre le peu d’enthousiasme à investir dans nos pays. Le climat de l’investissement est l’ensemble des facteurs propres à la localisation de l’entreprise, qui influent sur les opportunités de marché ou le désir des entreprises d’investir à des fins productives, de créer des emplois et de développer leurs activités. Les politiques et le comportement des pouvoirs publics ont une influence très importante en raison de l’incidence qu’ils ont sur les coûts, les risques et les obstacles à la concurrence.

 

Dans une ère où la notion de stabilité politique rime avec des garanties d’investissements et coopération au niveau international, et vu les besoins économiques et sociaux du continent, cette notion de stabilité se doit d’être longuement réfléchie. En matière d'environnement des affaires (corruption, insécurité juridique et judiciaire, harcèlement fiscal...), plusieurs réformes sont en cours dans le cadre des programmes nationaux de Gouvernance sur le continent. Pour mieux assurer le développement économique, les pays africains dans leur quasi-totalité, ont mis en place des dispositifs d’incitation à l’investissement. Il s’en est suivi une forme de concurrence entre pays, relevant souvent du même espace économique, ce qui a créé dans certains cas des distorsions dans l’application des législations communautaires ou l’ineffectivité de ces dispositions, soit par le code général des impôts, soit par des textes spécifiques (code des investissements, code minier, code pétrolier, code forestier, conventions internationales, loi d’orientation fiscale…). Mais l’investissement tarde à s’emballer en raison des résultats qui sont  loin d’être satisfaisants.

 

La défaillance de la gouvernance démocratique n’est guère démontrer. En dépit des énormes points positifs, les coups d’état sont devenus sur le continent, la règle pour accéder au pouvoir et les urnes, une exception.

 

Il est aujourd’hui démontré que la qualité des politiques d’investissement influe directement sur les décisions de tous les investisseurs, petits ou grands, nationaux ou étrangers. Il est donc temps que les pays africains s’engagent résolument, à l’instar d'autres pays émergents, dans un processus de définition et de conduite d’une politique visant à créer des conditions favorables à l’investissement pour une croissance, à la fois forte et pérenne.

 

Si l’acte d’investir doit être un levier stratégique de la croissance socio-économique du pays alors la transparence, la protection de la propriété et la non-discrimination sont les principes fondateurs de la politique d’investissement. Notre continent doit compter sur lui-même pour son développement en accordant une place prépondérante à la dimension monétaire. C’est ce que nous avons tenté de montrer tout au long de cet article. Cependant, aucune économie ne peut se développer sans une stabilité : telle est la moralité de notre contribution car le développement économique et social est lié à la pacification et l’atténuation des conflits.  La paix est une variable que les économistes intègrent aujourd’hui dans leur modèle de telle sorte qu’on ne peut la mépriser. Certains pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Sénégal, Mali) se sont dotés d’un système démocratique progressif où l’on observe l’état de droit, le multipartisme, l’alternance électorale, la progression des libertés civiles, de même que la consolidation des sociétés civiles. Ces pays doivent servir d’exemple aux autres.

 

Parce que nous ne sommes pas de ceux qui frappés du découragement intellectuel et politique, désespèrent de l’Afrique, nous devons aller de l’avant sans jamais nous renier, Dieu nous aidera certainement dans cette œuvre de « conversion des esprits ».

 

Dieu bénisse l’Afrique !

  

Dr Séraphin PRAO


Président de l’ATAM

Spécialiste de la zone franc 

www.mlan.fr

http://atamsouv.e-monsite.com/ 

contact@mlan.fr

atamsouv@yahoo.fr

dimanche, 11 avril 2010

AFRIQUE: PRES DE 331.000 MILLIARDS DE FRANCS CFA EVADES EN 38 ANS

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Un rapport publié le 26 mars 2010 par l’organisme financier euro-américain Global Financial Integrity tend à démontrer que, durant 39 ans, les six pays d’Afrique centrale ont émis 40,366 milliards de dollars américains (à peu près 161.500 milliards de FCFA) de capitaux frauduleux sur un total d’un peu plus de 715 milliards de dollar (environ 331.000 milliards de FCFA) en Afrique. Sur la base actuelle du cours du dollar qui est de 463 FCFA pour 1 dollar américain.

 

Les sommes sont astronomiques

 

En 38 ans, 715,026 milliards de dollars américains (plus de 331,5 millions de milliards de FCFA) de capitaux illégaux ont été émis par le continent africain. C’est ce que révèle une étude publiée le 26 mars 2010 par l’organisme financier américain Global Financial Integrity (Gfi).

Ladite étude (Illicit financial flows from Africa: hidden resource for development [Flux de capitaux illicites à partir de l’Afrique: ressource caché pour le développement]) couvre la période de 1970 à 2008. La seule sous-région de l’Afrique centrale a produit un flux de 40,366 milliards de dollars US (à peu près 18 mille milliards de FCFA) d’argent illégal.

 

-        Le Congo Brazzaville caracole à la première place de la sous-région avec 16,20 milliards de dollars.

-        Deuxième, le Cameroun s’en sort avec 11, 462 milliards US, (environ 5 mille milliards de FCFA). Pour le même pays, le magazine panafricain "Jeune Afrique Économie" parle de 20 milliards de dollars.

-        En troisième position vient la Centrafrique avec un montant de 10,71 milliards US.

-        Le quatrième rang revient à la République démocratique du Congo (Rdc) qui a émis environ 10,03 milliards US.

-        Le Tchad occupe l’avant dernier rang avec 5,14 milliards US.

-        La Guinée Équatoriale gouvernée ferme la marche avec 3,8 milliards US.

 

D’après le rapport d’étude de GFI, "une attention particulière a été portée sur la corruption ces dernières années ; c’est-à-dire, les montants issus de la corruption, les détournements par les membres du gouvernement".

Toujours selon GFI, dans le flux transfrontalier de l’argent illicite, il a été trouvé que les fonds générés par ces méthodes représentent à peu près à 30 % du montant global. "Les sommes générées par le trafic de drogue, le racket, la contrefaçon et autres représentent entre 30 et 35 pour cent du montant global. Le produit de l’évasion fiscale, principalement à travers la sous-évaluation du commerce sont de loin la grande portion, soit entre 60 et 65 pour cent du montant global", souligne le rapport.

Les estimations montrent que durant 39 ans l’Afrique a perdu 854 milliards de dollars Us, assez pour effacer la totalité de sa dette extérieure évaluée fin décembre 2008 à environ 250 milliards réserver 600 milliards de dollars pour réduire la pauvreté et stimuler la croissance.

 

Au contraire, les fonds illicites cumulatifs du continent ont augmenté d’à peu près 57 milliards de dollars dans les années 1970 à 437 milliards de dollars entre 2000 et 2008.

 

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Avec la bénédiction des pays du Nord

 

GFI fait remarquer pour le condamner que le flux massif d’argent illicite émis de l’Afrique est facilité par l’ombre du système financier global que constituent "les paradis fiscaux, les secrets de juridiction, les sociétés écran, les comptes bancaires anonymes, les établissements fictifs, la sous-évaluation des recettes, et les techniques de blanchiment d’argent".

La conséquence de ces schémas et de ces fonds qui spolient l’Afrique ne peut être qu’"hallucinant".

L’on observe des inflations, la réduction de la perception des impôts, l’annulation de l’investissement et la détérioration du commerce libre. Ce qui un impact négatif considérable sur "ceux qui sont au bas de l’échelle dans leur pays, enlevant les ressources qui pourraient autrement permettre d’être utilisées pour la réduction de la pauvreté et la croissance économique".

Dans ses recommandations, GFI propose "un effort concerté des nations africaines et les pays européens.

La fuite des capitaux de l’Afrique et leur absorption dans les économies du Nord requièrent la même attention. À travers une plus grande transparence dans le système globale financier la fuite des fonds illicites peut être substantiellement réduite, augmentant ainsi la croissance dans les pays en développement et dans le même temps stabiliser les économies des pays les plus riches".

 

Dans le classement général des pays africains émetteurs de fonds, le Nigeria occupe le sommet de la liste des 53 pays africains où se sont déroulées les investigations de GFI avec217,738 milliards de dollars. La Namibie est classée dernière avec moins d’un milliard. Mais précise l’étude, des données peuvent être parcellaires dans ce pays car il est resté longtemps en guerre. Ce qui est le cas de la RDC où la stabilité n’est toujours pas retrouvée. 

GFI précise par ailleurs que ses estimations restent modestes car elles prennent en compte seulement une seule forme de trafic de fonds. Grâce à la méthode Gross Excluding Reversals (GER) homologué par le FMI, GFI a tenu compte des données relatives aux exportations sous facturées et des importations surfacturées. Ce qui exclut la sous-évaluation  des services et les montants issus de la contrebande.

 

GFI conclu que ne considérant pas les composantes des flux illicites non couvertes par son étude, "il n’est pas déraisonnable d’estimer la fuite des capitaux illicites du continent durant 39 ans à quelque 1,8 million de billions de dollars". 

En décembre 2008, Global Financial Integrity a publié une étude portant sur les flux de fonds illicites à partir des pays pauvres entre 2002 et 2006. Ladite étude estimait ces fonds entre 859 milliards et mille milliards de dollars par an.

Le Luxembourg Institute for Global Financial Integrity a été officiellement constitué le 13 mai 2009 à Luxembourg. Créé à l’initiative de citoyens d’Europe et des États-Unis, sous le patronage de M. Jacques SANTER, ancien Premier Ministre du Luxembourg et ancien Président de la Commission européenne, cet institut est un organisme sans but lucratif. Son objectif principal est de s’occuper de toutes les questions touchant à l’intégrité du secteur financier mondial et à la responsabilité sociale de toutes les parties prenantes.

 


SOURCE: http://mampouya.over-blog.com/

 

mardi, 30 mars 2010

AFRIQUE : SORTIR DE LA DOMINATION NEOCOLONIALE

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 Cinquante ans se sont écoulés depuis la « soi-disant indépendance » des pays « francophones ». Mais l’Afrique n’a jamais été indépendante et n’est pas prête de l’être. Le plus grand génocide humain s’y prépare dans les 20 années à venir. Tous les continents se réorganisent pour nourrir leurs populations. Seule l’Afrique est à la traîne. Les africains sont dépendants jusqu’au trognon, ils importent plus de 80% de ce qui les fait vivre, quand ils le peuvent. Les dirigeants africains ne se sont jamais préoccupés de l’avenir de leurs peuples tout simplement parce qu’ils ne se sentent pas et ne sont pas des leurs.

Bamba Gueye Lindor.

 
Depuis les années 60, les africains patriotes, dignes, qui ont voulu mettre debout leur continent ont tous été liquidés ou chassés de leur pays par l’impérialisme français. De Patrice Lumumba[
1], Djamal Abdel Nasser, en passant par Kwame Nkrumah [2], Amilcar Cabral[3], Nelson Mandela, Houari Boumediène, Ahmed Sékou Touré, et jusqu’à Thomas Sankara. Tous ceux-là furent remplacés par ceux qui ont dilapidé et remis les intérêts de l’Afrique à la France, je cite : Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor, Joseph-Désiré Mobutu, Jean-Bedel Bokassa, Omar Bongo (né Albert-Bernard Bongo)… Toute cette bande de s... a trahi le peuple africain. Après la mort d’Houphouët-Boigny, on s’est aperçu que toute l’économie ivoirienne avait été dilapidée par ce vieux nègre complexé. Ces soi-disant responsables qui ont géré l’Afrique sont nés français et morts français, la plupart en France même. Rappelez-vous la mort de Senghor dans le Calvados, humilié et traité comme un moins que rien, après tous les services qu’il a rendu à ses maîtres.

Aujourd’hui on entend partout dans les radios des manifestations organisées pour l’indépendance des pays africains, relayées bien entendu par des nègres, peut-être nés en Afrique mais souvent avec la nationalité française en poche comme leurs pères. Mais oui, il suffit d’être noir pour pouvoir facilement parler d’Afrique. On en est encore à ce niveau et c’est ce qui a perdu l’Afrique. Les africains n’ont pas encore compris qu’on ne juge pas l’humain tout simplement sur sa couleur ou son appartenance ethnique. L’humain est bien plus complexe que cela et les africains, depuis leur existence, ont pourtant été bien servis, s’ils n’ont pas encore intégré la leçon, c’est aux camarades progressistes de notre continent de la leur faire comprendre. Patrice Lumumba a été trahi par Mobutu, Thomas Sankara trahi par Blaise Compaoré à la demande d’Houphouët-Boigny sous les ordres de François Mitterrand. Mais oui, chez nous, très souvent, le couteau qui te tue c’est ton frère qui l’aiguise. De Chaka Zulu à Sylvanus Olympio, abattu devant l’ambassade de France à Lomé, attentat commandité par la bande des Jacques Foccart et Robert Pandreau.

Comme le disait René Char, « l’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer ». La solution est simple, dirigeants africains : puisque vous êtes incapables d’imaginer, recopiez tout simplement les autres et vous sortirez votre peuple du gouffre. Gérez votre pays et votre continent, comme les autres gèrent leur pays et leur continent.

La situation africaine est plus que préoccupante. L’Afrique est un continent où il n’y a personne, la solidarité africaine n’est pas collective, l’africain lutte individuellement pour son intérêt individuel. S’il réussit, il jette des miettes aux autres, quand et comme il le désire, mais jamais il ne permet à l’autre de se construire, d’être indépendant et libre. Cette situation conjuguée a mené le continent africain là où il se trouve. Et l’humanité peut en témoigner, les trois-quarts des chefs d’Etats et dirigeants africains finissent leurs jours en France. Ils ont leurs maisons en France, leurs comptes bancaires en France, se soignent en France, leurs enfants vont dans les universités de France, alors comment voulez vous qu’avec cet esprit ces gens-là sortent le pays qu’ils gèrent de la misère ? Regardez le cas de M. Diouf, ancien président du Sénégal. Où est-il aujourd’hui ? En tête de l’organisation des pays francophones. C’est indigne et méprisable, ces gens sont sans vergogne.

J’attire aussi votre attention sur un fait qui montre à quel point la république française méprise l’Afrique et les citoyens africains. A la veille des élections présidentielles du Togo, rappelez-vous M. Kofi Yamgnagne avait prétendu rendre sa « nationalité française » pour pouvoir se présenter, la suite, vous la connaissez. Tenez-vous bien, au moment où j’écris ce texte là M. Kofi est revenu en France et je me demande sur quelle base : avec un visa de touriste ? Si tel est le cas il devrait regagner Lomé dans très peu de temps. Dans le cas contraire, il a bien vite obtenu une carte de séjour, et M. Besson, doit alors régulariser tous les sans-papiers  se trouvant aujourd’hui en France. J’ai relu les lois Pasqua, Debré, Chevènement et Sarkozy sur l’immigration, je n’ai en aucun cas rencontré un passage qui permettrait à M. Kofi Yamgnagne, togolais il y a une semaine, arrivé en France il y a moins de 48 heures, d’obtenir une carte de séjour. A moins qu’il n’ait jamais renoncé à sa nationalité française, affaire à suivre…

La situation du continent africain va de mal en pis. La gauche française et l’extrême gauche n’ont jamais été au fond du problème pour contribuer à l’émancipation du peuple africain. Ils n’ont fait qu’assistanat et humanitaire à leur profit.

Naïfs ceux qui  croient la belle « théorie humaniste » que la terre n’a pas de frontière et que les hommes sont tous des frères. Cette « théorie » n’a jamais concrètement vu le jour. Les « droits de l’homme » n’ont jamais existé. Finie l’époque du soutien des pays frères dans les luttes de libération nationale, fini le temps du Che, chacun prêche pour sa paroisse, le nationalisme a gagné. Les belles idées du « marxisme » ne sont qu’une farce. Les 30 dernières années nous ont montré cela dans la pratique. La gauche française a géré les ex-colonies comme l’a fait la droite. Strauss-khan au « FMI », Besson, ministre de l’immigration, … la liste est longue. Imbéciles ceux qui croient à la gauche.

Aux anticapitalistes : pensez-vous que régulariser chaque année 80 000 enfants d’Afrique règlera le problème de là où ils viennent ou celui de là ils arrivent. C’est une position grave, opportuniste et politicienne. Depuis 20 ans vous ne faites que reculez l’échéance de la déchéance des immigrés en premier lieu et du peuple africain en particulier. Le problème de l’immigration se règle à la source. Aidez les africains qui sont prêts à déboulonner ces valets de l’impérialisme français qui déstabilisent tout le continent africain. Quand demain, plus de la moitié du peuple africain crèvera de faim, tout le monde sera responsable. Dans moins de trente ans, l’Europe, l’Amérique, l’Asie arriveront tout juste à subvenir aux besoins vitaux de leur peuple. Pendant ce temps,  l’Afrique compte sur l’aide internationale.

J’ai appris avec grand plaisir que la France s’apprête à enlever son armée du Sénégal pour la ramener un peu plus haut au Gabon. Et oui, « pétrole » oblige, « Total » et « Elf » ont besoin de matière première. Comme vous le savez le coup d’Etat au Niger profite à « Aréva », encore un intérêt français au détriment du peuple africain.

Pour ceux qui l’ignorent tous les militaires gradés en Afrique, ont été formés à St Cyr. Une double nationalité en poche, ils reçoivent les ordres de Paris. Décidément, l’Afrique a du pain sur la planche. Espérons que le départ des soldats français du Sénégal ne nous prépare pas un coup d’Etat militaire. Qu’après la gestion civile désastreuse du pays la France ne joue pas les prolongations en voulant nous imposer en 2012 un gouvernement militaire. Sachant qu’aujourd’hui, le peuple sénégalais a fait le bilan des cinquante premières années de soi-disant indépendance et désire un changement radical pour les intérêts matériels et moraux de son peuple, la France de Sarkozy, nous prépare, elle, une prolongation. Soyons vigilants, c’est notre dernière chance. Le Sénégal, l’Afrique, a un besoin vital de se redresser dans les 5 prochaines années, sinon, nous disparaîtrons. Cette réalité est claire et sentie par tout un chacun. Ne restez pas assis à compter les étoiles et les nuages. N’attendez l’aide de personne. Levez-vous et construisez votre continent dans le calme et la dignité. Sans déraper sur l’extrémisme. C’est encore possible.

Je terminerai ce texte en envoyant un message au-delà, à mes chers papas dont je suis fier, à toi Patrice, Boumediène, Nasser, Nkrumah, Cabral, et à toi mon frère Thomas, depuis votre départ, nous sommes toujours dans la misère humaine et très loin de la sortie du tunnel. Mon vieux Patrice, ce salop de Mobutu qui t’as trahi a fini comme un chien au Maroc, ses serviteurs n’ont même pas voulu le récupérer à la fin pour le soigner. Et à toi Houari, l’Algérie que tu avais construite, dont toute l’Afrique était si fière et sur laquelle elle comptait, à été cassée, détruite par le capitalisme français. Mais je vous rassure, vos enfants et frères se souviennent de vous et continueront votre combat jusqu’à l’heure où ils vous rejoindront. Les peuples du monde vaincront.

Salut aussi à toi Frantz, mon vieux Fanon, l’homme des îles, de la Martinique, tu avais bien vu, toi qui disais que celui qui adore le nègre est aussi malade que celui qui le déteste. Mais oui, on adore son chien. Cher papa, toi, tu avais montré l’exemple. Tu es né sous la domination coloniale et mort algérien, cela résume ta grandeur. Les peuples opprimés se souviendront de toi et que la fraternité dans ce monde ne viendra pas des peuples européens campés sur leur supériorité de pacotille mais bien du réveil des peuples opprimés, de ceux qu’on appelle les damnés de la terre.

NOTE :

[1] Patrice Émery Lumumba né en 1925 à Onalua, Congo belge – assassiné le 17 janvier 1961 au Katanga : Premier ministre de la République démocratique du Congo de juin à septembre 1960.  Patrice Émery Lumumba est considéré au Congo comme le premier « héros national ». Il a été assassiné par la sûreté de l’état belge, puissance coloniale du Congo.

[2] Kwame Nkrumah : né en 1909 à Nkroful, Ghana – mort en 1972 à Bucarest ; Homme politique indépendantiste et pan-africaniste ghanéen qui dirigea le Ghana indépendant en tant que Premier ministre de 1957 à 1960  puis en tant que président de 1960 à 1966. Le 24 février 1966, alors qu’il est en voyage en Chine, Nkrumah est renversé par un coup d’État militaire.

[3] Amílcar Lopes Cabral (1924-1973), Abel Djassi de son pseudonyme, est un homme politique de Guinée-Bissau et des Iles du Cap-Vert. Il est le fondateur du Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde, Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, PAIGC, qui amena à l’indépendance ces deux états colonisés par le Portugal. Amílcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry), six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau. Ses assassins sont des membres de son parti, vraisemblablement manipulés par les autorités portugaises et bénéficiant de complicités dans l’État guinéen.

 

Source: AFRIQUE-DOSSIER

lundi, 29 mars 2010

LE FRANC CFA, UNE ARME OFFENSIVE ET DEFENSIVE DE LA FRANCE EN ZONE FRANC

 

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«Le destin de l’homme se joue sur la monnaie! Exigez l’ordre financier ou acceptez

l’esclavage!» disait Jacques Rueff. Pour lui,  il ne peut pas y avoir de progrès de la Civilisation et de la Liberté sans la stabilité monétaire. C’est dire combien la monnaie compte dans l’organisation et la survie d’une société. La monnaie est une invention qui est au cœur de nos sociétés actuelles. Cependant, elle est relativement ancienne et a une histoire complexe. Nonobstant, la monnaie semble être écarté dans les stratégies de développement des pays africains. En 1960, 14 pays africains qui étaient à l’époque des colonies françaises, sont devenus indépendants. Cette année 2010 a donc été décrétée « année du jubilé » et elle donnera certainement lieu à des  manifestations grandioses et aux flots de discours auxquels les dirigeants ont habitués les populations pour dresser le bilan d’un demi siècle de liberté surveillée.

Après la clairvoyance des pères fondateurs dont les illustres sont l'Osagyefo Kwame Krumah ( 19O9-1972), le  "javelot flamboyant" Jomo Kenyatta (1893-1978), le "Bélier"  Houphouet-Boigny (1905-1993) , le "Rais"   Gamal Nasser (1918-197O), le "Combattant suprême" Bourguiba, le " mwalimu "   Julius Nyerere,  le grand « Syli » Sékou Touré, "Abel Djassi" Amilcar Cabral, Modibo Kéïta, notre continent est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Parmi les 49 pays les moins avancés (PMA), les 35 sont en Afrique Sub-saharienne ; 581 millions de personnes, sur une population  totale de 767 millions, vivent toujours dans le dénuement et 277 millions d’entre elles sont dans la « pauvreté absolue » avec moins de 1 dollar par jour. Pour parler spécifiquement des pays africains de la zone franc (PAZF), le bilan sommaire peut être ainsi résumé : la zone franc représente 12% de la population africaine, 12% du PIB et 1,5% des exportations. Avec une population de 25% supérieure à celle de la France, les PAZF représentent 4,5 % du PIB français ou 1,5% de la masse monétaire.

 Et pourtant, certains pays trouveront des ressources financières, qui du reste, sont rares, pour festoyer. Certainement que certains africains accuseront la colonisation et les relations complexes qui lient les africains aux occidentaux, comme responsable de notre retard économique.  Mais si tel est le cas, il est difficilement compréhensible  qu’on se réjouisse alors même que le vestige le plus important de la colonisation qu’est le franc CFA, demeure.

Notre présente réflexion porte sur le chainon manquant du développement des pays africains, le peu d’attention portée à la dimension monétaire dans les stratégies de développement.

Cet article se voudrait une modeste contribution à l’exploration de « l’énigme » du sous-développement des pays aux ressources naturelles abondantes.

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Le Franc CFA, une arme défensive de la France en zone franc

Il est connu de tous, que le continent africain en général est un  « scandale géologique » et le sous continent noir, un scandale tout court, vu l’immensité légendaire de leurs richesses. Et cela, la France l’a intégré depuis la colonisation. On sait également que les années 40 et 50 ont été riches en contestations réclamant l’indépendance des colonies. C’est ainsi qu’en 1956, la Loi-cadre, dite loi Deferre, renforçait l’autonomie des colonies en créant un conseil de gouvernement et une assemblée territoriale élue au suffrage universel. On sait également que l’effondrement de la 4e République, avec le retour du général de Gaule et la mise en chantier de la 5e République ont entrainé une nouvelle  révision du statut des colonies.  Le projet proposé par référendum en 1958 offre le choix entre une indépendance immédiate ou l’entrée dans une communauté française avec davantage d’autonomie mais toujours sous tutelle de la métropole. A ce projet, le fougueux Sékou Touré, habitué à la phraséologie syndicaliste, sous des applaudissements déchaînés, lançait : « nous préférons la liberté  dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». Tout est dit juste et net. Les commentateurs simplistes peuvent dire que la Guinée a fait le mauvais choix mais il nous semble qu’il faille plus retourner les méninges avant de s’aventurer dans un tel raccourci de l’histoire.  Ce détour permet de comprendre qu’avec le franc CFA, la France pouvait défendre ses intérêts dans ses colonies en dépit de l’autonomie qu’elle leur offrait. C’était donc une liberté surveillée.

Pour saisir la démonstration du franc CFA comme une arme défensive de la France, il faut sans doute savoir  pourquoi le mouvement de colonisation qui avait débuté au XVIème siècle et avait crée de vastes empires coloniaux, trouve t-il une nouvelle vigueur à partir du milieu du XIXème siècle ?  Nous avons appris dans nos recherches que plusieurs facteurs, liés au nouveau contexte politique, économique, social et culturel de l’Europe au XIXème siècle, se sont conjugués. « 6C » : Curiosité, Capitalisme, Commerce, Christianisme, Civilisation, Colonisation.

En France, la colonisation a des motifs précis. Pour s’en convaincre définitivement, il suffit de suivre cette déclaration de Jacques Doriot, alors communiste en 1928 : « Sans les colonies, le pays serait en état de faillite ».  Et  le professeur Gautherot, à droite affirme à son tour en 1930 que « la destruction des empires coloniaux entraînerait la ruine des métropoles ».

Comment la ruine des colonies  peut-elle entrainer celle de la métropole ? La réponse se trouve sans doute dans ce que postule Jules Ferry, en ces termes : « La politique coloniale est la fille de la politique industrielle ». Le développement industriel rendrait donc la colonisation indispensable.

On sait que face à la crise économique mondiale des années 30, la bourgeoisie française a trouvé dans son Empire colonial une planche de salut : un marché protégé, à l’abri du marché mondial, qui joua un rôle vital alors, par exemple comme débouché pour l’industrie cotonnière. Ce processus s’accéléra au tournant du XXe siècle, les cultures destinées à l’exportation firent leur apparition, et les grandes firmes commerciales, la CFAO, la SCOA, s’en assurèrent le monopole côté français, comme de son côté la firme anglo-hollandaise Unilever.

Les défenseurs du « CFARIQUE », cette branche monétaire du pacte colonial entre la France et les pays de la zone franc, se place tranquillement sous l’ombrelle protectrice d’une idée de monnaie stable nécessaire à l’émergence des petites économies. Cette argumentation n’est pas féconde, d’ailleurs, elle ne résiste pas à une analyse profonde. La vérité, c’est que le franc CFA permettait à la France d’acquérir cacao, bois tropicaux, uranium, etc., sans sortie de devises.

Les patrons des grands groupes capitalistes recherchent systématiquement à détenir des positions de monopole, sinon, disent-ils, comme par exemple Vincent Bolloré, ça ne vaut pas la peine. Cette position de monopole leur permet de pratiquer souvent des prix plus élevés que dans les métropoles, dans des pays pourtant plus pauvres. Les entreprises françaises, ankylosées par des décennies de chasses gardées, encaissent difficilement les offensives d’une concurrence qui s’est aiguisée, même dans l’Afrique « marginalisée ».

Depuis les indépendances, le franc CFA aide la France dans l’exploitation  des ressources naturelles des pays africains de la zone franc. Protégées des risques de change, les entreprises françaises font des profits colossaux. Le franc CFA est le poumon  de l’impérialisme français dans ses anciennes colonies de l’Afrique au sud du Sahara. Tout un pan essentiel de l’histoire de la bourgeoisie française, depuis l’époque des armateurs négriers de Nantes et de La Rochelle, des grands négociants bordelais, jusqu’aux brasseurs d’affaires et aux banquiers-usuriers d’aujourd’hui, en passant par l’époque du travail forcé et du servage colonial, toute une partie essentielle de l’histoire de l’accumulation de ses profits capitalistes, a lié et lie nos histoires, celle des peuples et des travailleurs africains et celle du prolétariat de France - lui-même constitué aussi en partie par des prolétaires venus d’Afrique.

Le franc CFA, une arme offensive de la France en zone franc

La monnaie est un instrument par lequel une classe peut exploiter et dominer l’autre et elle ne peut exister que par la légitimation politique qui lui donne la capacité d’être un pouvoir d’achat immédiat ou futur garantissant son rôle de réserve à travers le temps. D’ailleurs dès l’aube de  l'humanité, la monnaie est très vite devenue un moyen de reconnaissance sociale, une dérive du besoin d'existence qui conduit toujours aux pires excès. Cette position  de la monnaie en a donc fait le plus puissant instrument de domination de l'Humain et de la Nature.

Avec la zone franc, le France voulait conserver son aire d’influence, mais aussi, consolider des liens un temps menacés par les aspirations à la souveraineté. La construction de cette zone est due à des facteurs commerciaux (une partie importante des échanges se faisant avec la France), financiers (faciliter le paiement des flux financiers) et politique.  Cette tutelle monétaire assure le contrôle des économies de la zone et garantit les bénéfices des capitaux français en assurant la convertibilité illimitée, la parité fixe avec l’euro et surtout la liberté des transferts.

Puisque les autorités françaises savaient que la décolonisation était irréversible, il fallait trouver une arme offensive pour maintenir l’influence de la France dans ses anciennes colonies.  De Gaulle a résumé cette politique, plus tard, dans ses « Mémoires », à sa manière : « Notre domination coloniale était autrefois glorieuse. Elle est devenue ruineuse. La décolonisation est notre intérêt et, par conséquent, notre politique ».Ainsi, cet octroi de la souveraineté, puis de l’indépendance, dans le style impérial particulier à De Gaulle, était largement motivé par l’intention de diminuer le « coût des colonies », lequel faisait l’objet d’abondantes discussions alors dans la presse et les milieux politiques - « coût des colonies » pour l’État français, s’entend.

En effet, la décolonisation ouvrait dans une certaine mesure le domaine réservé des entreprises françaises en Afrique à la concurrence des autres puissances, de la Communauté Economique Européenne pour commencer, voire des USA, et là la force des capitaux français par eux-mêmes risquait de ne pas suffire. Il était nécessaire de conserver le contrôle des nouveaux appareils d’État « indépendants » et « souverains ». En plus de la présence tutélaire de bases, de garnisons et de conseillers militaires français,  celle de hauts fonctionnaires  au niveau des gouvernements et des administrations-clés, l’instauration d’une  monnaie sous le contrôle de la Banque de France avec l’instauration de la « zone franc » reste le fait le plus important. 

Le franc CFA est une arme de domination de la France dans les pays africains de la zone franc. Le franc CFA entame notre souveraineté monétaire et notre souveraineté tout court. Si  la souveraineté peut se  définir comme le caractère d’un Etat ou d’un organe qui n’est soumis à aucun autre Etat ou organe, elle va de paire avec la notion de pouvoir. Le pouvoir, lui n’existe qu’avec une allocation de ressources et une capacité stratégique dont le rapport monétaire en est le principal.

Il n’est nul besoin d’un long raisonnement pour appréhender cette domination, qui, se manifeste, à deux niveaux.

Premièrement, par le biais du compte d’opérations. En effet, les banques centrales de la zone franc ont des comptes courants sur les livres du Trésor français.  Ces banques  doivent verser sur ce compte, la quasi-totalité de leurs avoirs extérieurs. En contrepartie, le Trésor  français s’engage à fournir toutes les sommes dont ces instituts peuvent avoir besoin pour leurs paiements en devises. En théorie, en cas d’insuffisance d’avoirs sur le compte d’opérations, celui-ci peut devenir débiteur sans qu’aucune limite ne soit assignée à ce découvert.  Cette technique de compte d’opérations, qui est en réalité une escroquerie était pourfendue par les français eux-mêmes. Maurice NIVEAU, dans Histoires des Faits Economiques contemporains, PUF,   1966, p.306-307, nous rapporte le sentiment français, par les propos de  M. Emile Moreau(gouverneur de la banque de France de 1926 à 1930) qui disait ceci à M. Poincaré (président du conseil) :« j’expose au président du conseil que l’Angleterre ayant été le premier pays européen à retrouver une monnaie stable et sûre après la guerre, a profiter de cet avantage pour jeter sur l’Europe les bases d’une véritable domination financière. [...] les remèdes comportent toujours l’installation auprès de la banque d’émission d’un contrôleur étranger anglais ou déguisé par la banque d’Angleterre, et le dépôt d’une partie de l’encaisse de la banque d’émission à la banque d’Angleterre, ce qui sert à la fois à soutenir la livre et à fortifier l’influence anglaise... »

 

Deuxièmement,  le fonctionnement même des instituts monétaires, pose un problème à notre souveraineté monétaire.  Les institutions monétaires  (BCEAO et BEAC) sont pilotées par  des conseils d’administration (CA), un gouverneur et des comités de crédit.  L’article 37 des statuts de la BCEAO stipule clairement que la Banque est administrée par ces trois organes précités.  Ces trois organes travaillent sous la tutelle du Conseil des ministres de l’union monétaire, la composition de ce dernier étant définie par l’article 6 du traité constitutif de l’union monétaire ouest africaine.

 

Le Conseil d’Administration de la BCEAO, qui met en œuvre la politique monétaire « dans le cadre des directives du Conseil des Ministres » est composé d’administrateurs nommés par les gouvernements des États participant à la gestion de la Banque (c’est-à-dire les États de l’UMOA ainsi que la France), chacun d’eux désignant deux représentants. Aucun africain ne siège à la Banque de France et au Trésor français, on se demande ce que font des français dans le conseil d’administration d’une banque centrale africaine, si ce n’est pour influencer les prises de décisions.

Monnaie et souveraineté sont étroitement liées

Nous aurions tort de clore notre réflexion sans aborder la question du lien étroit entre la monnaie et la souveraineté. Inutile de revenir ici sur toute la prolifique littérature dans les manuels de philosophie et de sociologie. Mais s’il existe, dans la théorie économique, une notion essentielle, en tout cas pour nous, hélas tombée en jachère, c’est bien celle de la souveraineté monétaire. Les pays de la zone franc l’ont jusque là occulté, de gré ou de force. Or, il suffit de lire un des brillants théoriciens de la monnaie pour avoir le cœur net. Dans son ouvrage intitulé La monnaie, paru chez Flammarion, à la page 96, Jean CARTELLIER écrit : « la monnaie est inséparable d’un ordre ou d’un pouvoir. A tout système monétaire est assignée une limite, qui est celle de l’acceptation des moyens de paiement. L’aire d’extension du système de paiement se confond avec celle de la souveraineté de l’institution qui émet la monnaie légale. Monnaie et souveraineté sont étroitement liées ».

La monnaie est envisagée comme un attribut de la puissance publique et un instrument de propagande au service de cette dernière. Le principe de la souveraineté mis en lumière par Jean Bodin a permis de dégager une souveraineté de l’Etat dont la souveraineté monétaire semblait être partie intégrante. La souveraineté est la pierre angulaire de la structure étatique, c’est l’âme de l’Etat, et pour s’affirmer comme telle, elle s’est faite ostentatoire et proclamatrice.

L’époque romaine est une belle illustration  du pouvoir de la monnaie. Le pouvoir et les symboles qui lui sont attachés donnent  à la communauté civique romaine les moyens d'exprimer, sur la monnaie en particulier, mais aussi et en même temps sur tous les autres supports du discours figuratif, sa puissance, sa "personnalité", lui permettant de se situer par rapport à  tout ce qui n'est pas romain.  L'efficience globale du discours impérialiste véhiculé par la monnaie, produit tant par les membres des gentes que par les « imperotores », tous comme membres de l'appareil d’Etat, est cumulative à long terme. 

Après la destruction du temple en 70, la Judée était devenue une colonie romaine et sa monnaie fut intégrée dans le système provincial de l’empire. En clair,  les monnaies frappées en Israël montrent sur une face le portrait de l’empereur divinisé et sur le revers une déité romaine ou bien un symbole de la défaite juive. On pouvait voir la Judée personnifiée assise en pleurs devant un palmier et dominée par la déesse de la victoire. 

La renaissance africaine passe par la reconquête de son glorieux passé

Depuis les indépendances, les pays de la zone franc n’arrivent pas à se défaire de la tutelle française. La monnaie CFA imposée au départ et acceptée, par la suite, est le signe de cette capitulation. Pendant que les africains fêtent les cinquante années de leur « liberté surveillée », la politique monétaire de la zone franc reste toujours décidée par la France en fonction de ses intérêts propres. Très naturellement, la politique monétaire  a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains. Pourtant, rien ne présageait cet esclavage monétaire des pays de la zone franc. En interrogeant la « boîte noire » de notre histoire, c’est-à-dire, l’Afrique noire avant les attaques portugaises et arabes, et avant les traites d’esclaves.

On a trouvé des traces de  pièces frappées à KILOUA avant le 13e siècles. L’île  KILOUA est située à égale distance  des cotes occidentale et orientale. La complexité des échanges entre l’Afrique et les reste du monde (surtout l’inde et la chine) les rendaient nécessaires. A cette époque, les produits d’exportation étaient l’or, l’ivoire, le cuivre et le fer.

Sur des sujets de la plus saignante actualité, comme celui de la monnaie, il  est exclu dans le schéma mental de l’occidental que l’Africain soit capable de prendre en compte son destin. 

Pourtant, un point semble hors de doute : l’Afrique a une expérience monétaire. D’ailleurs la monnaie est un « inné » au sens large puisqu’elle répond à deux besoins fondamentaux de l’Homme : le besoin de subsistance et le besoin d’existence.

Dans sa thèse de doctorat soutenue au Conservatoire des Arts et Métiers,  le 27 mars 2003, Marie Cotteret explique : «  en Egypte, dès 2700 avant Jésus-Christ, on utilisait un indice monétaire : le Shat. Pas encore une monnaie, mais une unité abstraite qui trouvait sa réalisation avec une foule de marchandises, lesquelles, plus ou moins pratiques à transporter pouvaient servir à compléter un paiement ou à parfaire l’entente quant à l’évaluation des prix des marchandises échangées ».

Il s’ensuit que le  Shat servait d’unité monétaire dans l’ancien empire. Le premier  texte prouvant l’existence d’un étalon monétaire en Egypte date du 26e siècles avant JC, (Theodorides, 1979). On a pu reconnaitre les attendus d’un procès dont une partie est la suivante : « j’ai acquis cette maison à titre onéreux auprès du scribe tchenti. J’ai donné pour elle 10 shat, à savoir une étoffe (d’une valeur) de trois shat ; un lit d’une valeur de quatre shat. ». Nous avons tous appris dans les manuels d’histoire, l’existence des monnaie-marchandises en Afrique : l’or en Egypte, les barres de sel en Ethiopie, les manilles de cuivres ou de bronze en côte d’ivoire et au Nigeria, les houes de fer au soudan.

Avec son passé glorieux, les experts, les plus chevronnés, s’interrogent sur l’immobilisme du continent africain, en tout cas, sur le plan économique. Pour l’heure, le dispositif de la zone franc est conservé dans son essence. Voulu par tous les partenaires, le statuquo entretient en Afrique, l’ossature des Etats, et leur survie dans un système économique et social figé. De la sorte, les PAZF conserve à la France son image de puissance dotée d’une zone d’influence, sa clientèle politique dans les enceintes internationales. Les États africains sont privés d'un réel pouvoir monétaire qui est un rouage d'une réelle indépendance.

Il est temps que les pays africains de la zone franc prennent leur responsabilité vis-à-vis du franc CFA, comme le Maroc et la Tunisie, deux pays cités en exemple, qui ont respectivement abandonné cette monnaie, en 1959 et 1958.

En tout cas, sous l’angle intellectuel, c’est une donnée première de l’entendement économique et sous l’angle de la dignité et de la morale, c’est un impératif.

 

 

Dieu nous aide à accéder aux vérités essentielles !

 

Dr Séraphin PRAO

 

Président de l’ATAM

Association des Théoriciens Africains de la Monnaie

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

18:42 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : afrique, france, franc cfa, yao prao séraphin, bceao, beac, bcc, cfa arme offensive et défensive de la france | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 28 mars 2010

LA GRANDE ESCROQUERIE QUI EST LA VRAIE CAUSE DE LA GUERRE EN COTE D'IVOIRE

 

 

LE GENERAL DE GAULLE.jpg

 

C'est écrit dans les accords de coopération franco-ivoiriens! L'ivoirien Laurent Gbagbo a eu le culot de le remettre en cause et de s'engager dans un multilatéralisme tous azimuts.

 

 

 

I- TRANSFERT DE COMPETENCES SANS INDEPENDANCE

 

L'Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté à la République de Côte d'Ivoire.

Le gouvernement de la République de Côte d'Ivoire d'une part,
Le gouvernement de la République française d'autre part, ont convenu de ce qui suit :

Article premier - La République de Côte d'Ivoire accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la communauté.

Art .2 - Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 Octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République de Côte d'Ivoire, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite constitution.

 

Fait à Paris, le 11 Juillet 1960

Félix Houphouët-Boigny

Michel DEBRE

 

DE GAULLE-HOUPHOUET BOIGNY. 1958.jpg

 

 

II -TOUTES LES RICHESSES RESERVEES A LA FRANCE

 

ANNEXE A l'accord de Défense entre la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey, la République Française et la République du Niger concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques.

Afin de garantir leurs intérêts mutuels en matière de Défense, les parties contractantes décident de coopérer dans le domaine des matériaux de Défense dans les conditions définies ci-après:

Article premier : Les matières premières et produits classés stratégiques comprennent :
- Première catégorie : les hydrocarbures liquides ou gazeux ;
- Deuxième catégorie : l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, leurs minerais et composés.
Cette liste pourra être modifiée d'un commun accord, compte tenu des circonstances.

Article 2 : La République Française informe régulièrement la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger de la politique qu'elle est appelée à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, compte tenu des besoins généraux de la Défense, de l'évolution des ressources et la situation du marché mondial.

Article 3 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger informent la République Française de la politique qu'elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu'elles se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique.

Article 4 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays.

Article 5 : La République Française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exportation hors du territoire de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger des matières premières et des produits stratégiques de deuxième catégorie énumérés à l'article premier.

En ce qui concerne ces mêmes matières et produits, la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger, pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République Française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle.

Article 6 : Les Gouvernements procèdent, sur les problèmes qui font l'objet de la présente annexe, à toutes consultations nécessaires.

FELIX HOUPHOUET-BOIGNY.jpg

Fait à Paris, le 24 avril 1961

 

Félix HOUPHOUET-BOIGNY

Hubert MAGA

Michel DEBRE

Hamani DIORI

 

Source: Patrick Eric Mampouya.com,

Tiré de l'article: Lu, vu et entendu pour vous...

Illustration photo et texte du chapeau: Fernand Dindé.

samedi, 27 mars 2010

LE FRANC CFA: LE PLUS GRAND SCANDALE DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

PIECE DE 25 FRANCS.jpg

 

Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc.

Regardez l’interview vidéo du Professeur Nicolas AGBOHOU sur http://mampouya.over-blog.com/.

La zone franc et le franc CFA, un système hérité de la colonisation.

 

Par Survie 22 mars 2010

 

La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées.


La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français.

 

Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire.

 

La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire.

 

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958.

Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960.

Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise.

Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar.

 

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision.

 

Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration.

D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997.

Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994.


La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

 

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores.

 

C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).
Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc.

 

A ces principes s’ajoute la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités.


La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

 

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65).

Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros.

C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros).

 

Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti.


La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

 

Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne.

Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également.

Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde.

Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées.


La libre convertibilité franc CFA/ euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

 

La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains.
Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines.


La participation française à la gestion des banques centrales africaines

 

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision.

Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts).

La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA.


Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

 

Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France.
Malgr
é le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne.
Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres.

Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains.

Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement.

Il perpétue les relations asymétriques et néocoloniales entre la France et les pays de la zone CFA.

 

Source: http://patrickericmampouya.com/asp/

00:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : afrique, france, franc cfa, professeur nicolas agbohou, manpouya, survie, bceao, beac, bcc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |