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samedi, 20 mars 2010

SAMIR AMIN: LE SYSTEME MONDIAL EST EN GRANDE PARTIE RESPONSABLE DES ECHECS AFRICAINS

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Samir Amin, 79 ans, n'a rien perdu de sa fougue militante. Tête pensante du Tiers mondisme, proche de certains des pères des indépendances, comme Modibo Keita, auteur d'une cinquantaine d'ouvrages politiques et économiques, il traque le capitalisme et l'impérialisme international sous toutes leurs formes. Interrogé par RFI, il dresse le bilan de 50 ans de relations entre les États africains et le reste du monde.


Faites-vous partie de ces pessimistes qui disent que les cinq décennies de l'indépendance sont cinq décennies perdues ?

Je ne suis pas pessimiste et je ne pense pas que ce sont cinq décennies perdues. Je reste extrêmement critique, extrêmement sévère à l’égard des États africains, des gouvernements, des classes dirigeantes, mais je suis encore plus critique à l’égard du système mondial qui est responsable, en grande partie, des échecs africains. Vous savez la colonisation que l’on vante aujourd’hui a été une catastrophe historique. Au sortir de la colonisation, au Congo belge, il y avait neuf Congolais qui avaient effectué des études supérieures. Après 30 ans du régime de Mobutu, l’un des régimes les plus ignobles qu’on ait eu dans l’histoire, ce chiffre se compte par centaines de mille. Autrement dit, le pire régime africain a fait trois mille, cinq mille fois mieux que la belle colonisation belge. Il faut rappeler ces choses.

Quand vous pointez du doigt le système mondial qui a mené en partie le continent africain là où il est aujourd’hui... que reprochez-vous particulièrement à ce système mondial ?

Au moment des indépendances africaines, l’Afrique était, et reste encore aujourd’hui, le «ventre mou», la partie la plus vulnérable du système mondial. Et une partie vulnérable du système mondial est condamnée par la logique même de ce système à être surexploitée. La surexploitation en Afrique, c’est principalement le pillage des ressources naturelles du continent. C’est-à-dire que l’Afrique est utile pour le système mondial dans la mesure où elle est une source de richesses naturelles assez fabuleuses. L’Afrique utile, c’est l’Afrique sans les Africains. Les peuples africains pour le système mondial sont de trop. Ils ne font pas partie de cette frange des travailleurs, sauf les émigrés bien entendu, que l’on surexploite. Ce qui est intéressant pour l’impérialisme, pour l’appeler par son nom contemporain, ce sont les ressources naturelles de l’Afrique. Et pourquoi l’Afrique est vulnérable ? Parce que précisément, après avoir reconquis son indépendance, les pays africains ne se sont pas engagés suffisamment, pas engagés du tout même, dans la voie d’une industrialisation accélérée. Je dis le contraire de ce que l’on dit généralement : l’industrialisation, c’est pour plus tard. L’Afrique n’est pas mûre pour l’industrialisation.
On disait ça de la Chine il y a cinquante ans. On disait ça de la Corée du Sud. Ce sont précisément les pays qui se sont industrialisés, rentrés dans l’industrialisation, d’une façon décidée, qui sont aujourd’hui les pays émergents. Alors l’Afrique a pris cinquante ans de retard. Dans ces cinquante ans de retard, il y a une part importante de responsabilité des classes dirigeantes. Mais la faiblesse même de ces classes dirigeantes, le fait qu’elles aient accepté de se situer dans le statut d’État client de l’Occident ne réduit pas la responsabilité des pays occidentaux.

Est-ce qu’il n’y a pas aussi le risque de placer systématiquement ces pays en position de victime ? Les dirigeants aujourd’hui sont acteurs sur le continent africain...

Bien sûr qu’ils sont acteurs ! Ce sont les alliés subalternes dans le système mondial, donc ils ont autant de responsabilité que leur patron. Mais leur patron a autant de responsabilité qu’eux. Prenons une question banale, celle de la corruption parce que tout le monde parle de la corruption et c’est vrai une bonne partie des politiciens africains sont corrompus à l’extrême. Mais ceux qui les corrompent ne sont pas moins responsables.

Revenons à l'histoire.1960, année d’indépendance pour de nombreux pays africains. Certains évidemment ont acquis leur indépendance plus tôt, mais l'année 1960 est une année importante pour beaucoup de pays francophones et certains pays anglophones. Où êtes-vous précisément à cette époque-là ?

Je suis précisément en Afrique. J’avais été en Égypte, dans mon pays, entre 1957 et 1960. En septembre 1960, je suis allé à Bamako. Je crois que c’était le jour même de la proclamation de l’indépendance du pays, ou c’était le lendemain. Donc dès le départ, j’avais fait le choix de mettre mes compétences modestes au service du développement de l’Afrique nouvelle, de l’Afrique indépendante.

Comment avez-vous vécu ce jour de l’indépendance ?

Je l’ai vécu avec beaucoup d’enthousiasme et avec beaucoup d’attente. Enfin, ces pays ayant reconquis leur indépendance allaient pouvoir s’engager dans un développement digne de ce nom, c’est-à-dire rapide, à marche forcée, mais également juste, bénéficiant à l’ensemble du peuple, aux classes populaires. J’ai choisi d’aller au Mali pas par hasard. C’est parce que le gouvernement malien, le parti qui s’appelait l’Union soudanaise à l’époque, avait fait des choix radicaux c’est-à-dire un choix d’indépendance, un choix d’indépendance pas rhétorique mais d’indépendance réelle, en se battant sur le terrain pour obtenir la marge de manœuvre la plus large possible et, l’histoire de ce parti en faisait un parti qui était très largement à l’écoute des masses populaires, notamment de la paysannerie. Beaucoup de conditions étaient réunies pour un bon départ. Et le départ n’a pas été mauvais, mais le pays restait extrêmement vulnérable non pas seulement pour des raisons géographiques : un très grand pays à l’époque très peu peuplé (il y avait 4 millions d’habitants à peine), avec des frontières énormes et incontrôlables, sans accès à la mer, donc toute sorte de raisons de vulnérabilité. La dérive est venue rapidement. Dans cette dérive les classes dirigeantes locales ont une responsabilité particulière parce qu’elles s’étaient créé une marge de manœuvre et elles ne l’ont pas utilisée de la meilleure manière. La dérive vers le pouvoir, je ne dirais pas personnel, mais le pouvoir d’une élite et d’une minorité, y compris le pouvoir personnel a été très rapide.

Il y a d’autres pays qui avaient fait un choix : la Guinée ou le Ghana prônaient une certaine indépendance économique notamment vis-à-vis des anciens colonisateurs. Est-ce qu’à l’époque, en observant ces pays, vous perceviez tous les problèmes qui allaient survenir dans les années 70-80 ?

Oui et non. Je n’aurais pas l’outrecuidance de dire que j’avais tout prévu, mais j’ai vu assez rapidement les difficultés et les dérives possibles et qui se sont avérées de véritables dérives, celle du Mali, mais également celle du Ghana. J’ai été au Ghana et le Ghana m’a toujours fait une assez bonne impression c’est-à-dire, en dépit des dérives, une capacité de se ressaisir, ce qui a été le cas, avec des hauts et des bas, bien entendu. La Guinée qui m’a donné dès le départ une impression déplorable, c’est-à-dire l’impression d’un gouvernement et particulièrement d’un président, extrêmement autoritaire, Sékou Touré, qui était un bon politicien au sens où il savait manœuvrer, il savait parfois faire les concessions qu’il fallait ou des choses de ce genre, il savait parfois négocier au plan international, mais il n’avait aucune culture politique, aucune vision des véritables difficultés et des exigences d’un développement. Le minimum pour un développement exige, exigeait et exige toujours, une certaine démocratie pas au sens du blueprint («modèle», en français), de la recette toute faite comme celle du multipartisme et des élections qui seront dans la plupart des cas tout à fait bidons - pas seulement dans les conditions de l’Afrique, également ailleurs, y compris en Europe, puisqu’on peut voter comme on veut en Europe et le résultat est comme si on n’avait pas voté (rires) - mais au sens de la prise en considération de la dimension sociale, c’est-à-dire d’une démocratie associée au progrès social, et non dissocié du progrès social, a fortiori associé à une régression sociale comme c’est le cas à l’heure actuelle quand il y a quelques éléments de démocratie.

Concevez-vous l’échec des politiques qui ont été menées dans ces pays comme un échec des idées que vous avez défendues ou de l’application de ces idées ?

L’argument qui consiste à dire «les idées étaient bonnes mais leur application a été mauvaise» n’est pas mon genre de raisonnement. Si l’application a été mauvaise, c’est que les idées n’étaient pas parfaites. Je ne dirais pas qu’elles étaient mauvaises. On peut penser que les grands principes choisis par un certain nombre de pays africains au lendemain des indépendances étaient des principes corrects, mais ça ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Il faut traduire ces principes en sous-principes, je dirais en méthodes d’action et là, on a vu très rapidement les contradictions apparaître.

L'Afrique a-t-elle une place dans la mondialisation... que vous critiquez, par ailleurs ?

L’Afrique doit trouver sa place. Si elle le doit, elle le peut. Mais c’est un peu théorique. Dans le court terme, l’Afrique reste extrêmement vulnérable. Et comme je le disais, dans l’avenir visible, l’Afrique reste pour le monde entier, particulièrement pour les puissances développées du capitalisme, une source de matières premières : que ce soient les hydrocarbures, que ce soit l’uranium, que ce soient les minéraux rares, les métaux rares (ça c’est très important pour l’avenir), ou que ce soient les terres agricoles ouvertes maintenant à l’expansion de l’agri-business occidental, chinois, brésilien et autre, que ce soit demain le soleil et donc l’électricité lorsqu’elle pourra être transférée sur de longues distances, et que ce soit l’eau. Le capital international s'intéresse exclusivement à ces opportunités. Pour le capital international, l’Afrique, les Africains n’existent pas. Le continent africain est un continent géographique plein de ressources. Point. Et c’est contre cette idée que l’Afrique doit s’organiser pour non pas seulement refuser de se soumettre à ce pillage, mais utiliser ces ressources naturelles pour son propre développement.

Après les indépendances, différents chefs d’Etat ont tenté de mettre en place des méthodes de développement dit autocentré ou plus indépendant des anciens colonisateurs : Julius Nyerere en Tanzanie, Kwame Nkrumah au Ghana… Ces modèles ne sont pas parvenus à leurs buts. Aujourd’hui, on est dans cette période du tout capitalisme mondialisé. Que faire en fait ?

Ces moyens et ces politiques ne sont pas parvenus à leurs buts, c’est vrai, Mais les autres non plus. On a vanté beaucoup à l’époque le choix de Houphouët-Boigny et le choix de l’ouverture non régulée et incontrôlée de la Côte d’Ivoire. Et où en est la Côte d’Ivoire aujourd’hui ? Je crois que sa situation est bien pire que celle du Ghana, c’est-à-dire que malgré tout, l’héritage, la partie positive de ce que Nkrumah avait fait, c’est pour cette raison que le Ghana est dans une moins mauvaise situation aujourd’hui qu’un pays voisin et très comparable par ses richesses et par son type d’agriculture, de richesses naturelles, par sa taille, qu’est la Côte d’Ivoire.

Quelle est aujourd’hui la marge de manœuvre des États africains pour trouver une voie médiane ?

Cette marge de manœuvre est en train de renaître précisément par le succès des pays dits émergents : la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres pays moins importants comme la Corée du Sud, ou en Afrique même, l’Afrique du Sud (c’est le seul). Ces pays sont déjà en conflit avec les pays de l’Occident. On l’a vu à l’occasion de la visite d’Obama à Pékin et dans les suites de cette visite. Et ce conflit qui n'est pas seulement un conflit pour l’accès aux ressources naturelles mais aussi pour l’accès au marché, l’accès au financement, va aller en s'aggravant. Ce conflit constitue également une garantie contre la poursuite du projet de contrôle militaire de la planète par les Etats-Unis de contrôle militaire de la planète qui est bien malade maintenant, ne soit pas poursuivi. Même s’il y a beaucoup de bémols à mettre, ces pays émergents comprendront qu’ils ont intérêt à contribuer à la renaissance, à la reconstitution (il n’y a pas de reconstitution en histoire) de quelque chose comme Bandoeng, c’est-à-dire je n’irai pas jusqu’à dire un front commun mais une alliance très large même avec les pays les plus vulnérables, avec les pays du continent africain, de façon à se renforcer collectivement et à imposer un recul des ambitions occidentales et le pillage du continent.

Beaucoup de pays africains se tournent vers la Chine, vers l’Inde, parfois comme si c’était une planche de salut pour sortir de leur situation. N'est-ce pas une erreur ? La solution... ne serait-elle pas plutôt de savoir jouer avec les différents partenaires ?

Jouer avec les partenaires est un jeu dangereux. À l’époque de Bandoeng, bien des pays y compris l’Égypte nassérienne, ont voulu jouer du conflit entre les États-Unis et l’Union soviétique : jouant la carte soviétique de temps en temps, la carte américaine à un autre moment. Ils ont perdu sur les deux tableaux. Je crois qu’aujourd'hui, un pays qui engagerait… une diplomatie, disons, active, qui s’engagerait à jouer une carte chinoise un jour et une carte américaine le lendemain serait également vouée à l’échec. Je crois qu’il faut au contraire travailler à reconstituer cette ligne des 77 (les 77 sont beaucoup plus nombreux aujourd’hui et le groupe des 77 s’appelle « 77 + Chine » aux Nations unies). Les Chinois proposent à beaucoup de pays africains ce que l’Occident ne propose pas: la construction d’une gigantesque infrastructure qui est l'une des conditions d’un développement possible, d’un développement industriel, d’un développement digne de ce nom, qui ne soit pas simplement quelques produits agricoles d’exportation dans des conditions misérables, mais des infrastructures de transport, des chemins de fer, des routes, … Après tout, la seule grande construction de chemins de fer dans l’histoire moderne de l’Afrique après les indépendances a été le Tanzam qui a été fait par les Chinois. Maintenant, il n’est pas impossible hélas que dans la course aux ressources naturelles, les Chinois et les Brésiliens et les autres ne se comportent pas très différemment, d’une façon très différente des Occidentaux.

L'Afrique ne risque-t-elle pas de se retrouver dans la même configuration mais avec des partenaires différents ?

Non, je ne crois pas. Parce que les partenaires sont différents. Le partenaire chinois et le partenaire brésilien ne sont pas dans la situation des États-Unis ou de l‘Europe. D’abord, ils n’ont pas un projet de contrôle militaire de la planète comme les États-Unis. Si les États-Unis ont un projet de contrôle militaire de la planète, hélas l’Europe suit. L’Europe, c’est l’Otan et l’Otan, ce n’est rien d’autre que les alliés subalternes des États-Unis. Ni la Chine, ni l’Inde, ni le Brésil, quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur la nature des classes dirigeantes et la nature des choix de développement économique et social de ces pays, ne sont pas dans la même position.

Beaucoup d’observateurs parlent d’une période historique qui serait dans une sorte de seconde indépendance de l'Afrique, notamment pour l’Afrique francophone. Qu’en pensez-vous ?

Ce sont des grands mots. Nous sommes dans une deuxième vague. Elle peut être meilleure ou elle peut être pire que la première - dans l’histoire c’est toujours ouvert –. L’Afrique avait commencé pas si mal en dépit du titre du livre de René Dumont, l’Afrique noire est mal partie. Elle était mal partie sur certains points, sur certains plans, et René Dumont avait raison sur ce point, en ce qui concerne l’agriculture. Mais l’Afrique qui n’était pas tellement mal partie en 1960 s’est enlisée très rapidement et je souhaite que ce qui s’annonce soit une deuxième vague d’indépendance, si on l’appelle ainsi, du continent africain.

Par Christophe Champin


Source : Rfi.fr, Le Blog de Serge Grah

jeudi, 18 mars 2010

LIVRE: LA THESE DU COMPLOT CONTRE L'AFRIQUE. POURQUOI L'AFRIQUE NE SE DEVELOPPE PAS

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Le complot contre l'Afrique consiste à affaiblir les Etats afin que les puissances étrangères et les firmes transnationales influencent négativement l'évolution de ce continent. C'est en refusant la reconduction des pactes coloniaux préjudiciables au développement du continent tout en luttant contre les tyrans locaux que l'Afrique parviendra à décourager les stratèges occidentaux qui entretiennent astucieusement la sujétion des Africains.

 

 

Vient de paraître aux Editions L'Harmattan : « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », Paris, L’Harmattan, mars 2010, 318 pages.

 

 

 

Le texte d'annonce:

 

Si vous n’avez jamais su les raisons profondes pour lesquelles l’Afrique ne se développe pas et si vous souhaitez connaître les remèdes pour sortir l’Afrique de l’impasse, le politologue Fweley Diangitukwa vous donne tous les éléments de réponse dans ce livre magistral : Voici, à titre indicatif, quelques thèmes traités :

 

►Comment l’Europe occidentale contribua au sous-développement des pays d’Afrique. Parmi les facteurs externes du sous-développement, il faut souligner l’ignorance des mécanismes de production de la domination et de la pauvreté, les programmes scolaires qui ne répondent pas prioritairement aux besoins des Africains. L’Afrique a perdu ses industries traditionnelles là où la Chine les a gardées et modernisées. L’Afrique est géographiquement située loin de principaux centres financiers du monde.

 

►Parmi les causes historiques du sous-développement, il est à retenir : l’homme noir a été humilié et infériorisé au cours de l’histoire, l’esclave et la traite négrière ont duré plus de trois siècles et ont marqué profondément l’homme noir, l’histoire africaine été volontairement falsifiée par l’Occident alors qu’avant la colonisation, l’Afrique était un continent dynamique. Avec la colonisation, les Africains ont perdu ce qu’ils avaient de précieux et de sacré. Il y a, et on ne le dira jamais assez, le pillage systématique des richesses du continent par les firmes occidentales. L’Occident refuse de reconnaître ses cruautés et ses crimes commis en Afrique pour ne pas réparer ses fautes monstrueuses.

 

►Parmi les causes structurelles du sous-développement, il y a entre autres : une formation et une préparation insuffisantes des leaders au moment où les pays africains ont accédé à l’indépendance ; l’absence d’une accumulation de capital ; l’idéologie de la division internationale du travail défavorable à l’Afrique ; la convoitise du continent africain par tous les États puissants et par toutes les entreprises transnationales ; les investissements directs étrangers (IDE) ne contribuent pas au développement des pays africains ; l’Afrique se développe avec des langues d’emprunt qu’elle ne maîtrise guère ; l’absence de techniciens bien formés et de centres de recherche adaptés aux besoins des Africains ; les dirigeants des États africains sont devenus les représentants attitrés de la Françafrique et de la mafia internationale.

 

►Parmi les causes conjoncturelles du sous-développement, l’auteur avance : la dette étrangle les pays d’Afrique ; il y a la persistance de la monoculture ; l’Africain a perdu sa personnalité ; l’État importé en Afrique est inadapté ; l’Afrique souffre d’un excès de théories de développement ; l’Afrique est un continent encerclé et surveillé à partir de points stratégiques ; les frontières artificielles héritées de la colonisation n’ont pas réussi à créer des États-nations viables ; les droits de l’homme sont bafoués par ceux qui prétendent les défendre dans les assises internationales ; les institutions internationales défendent les intérêts des États puissants qui financent leur fonctionnement contre ceux des États faibles ; l’aide publique occidentale crée une dépendance avilissante en Afrique parce qu’elle participe au complot contre l’Afrique ; les banques occidentales refusent de coopérer pour restituer l’argent détourné par les hommes politiques africains.

 

►Dans le chapitre sur la corruption qui paralyse les caisses de l’État, l’auteur s’attarde sur l’impunité des cadres dirigeants qui est à l’origine de la grande corruption. Pour combattre la corruption, il faut lutter à la fois contre le corrupteur et contre le corrompu. La captation de l’État est la forme de corruption la plus subtile et la plus pernicieuse. Beaucoup de dirigeants africains assoiffés d’argent facile ne savent pas négocier.

 

►Quant à la thèse du complot, il faut dire que la presse occidentale participe au complot contre l’Afrique. La France refuse de poursuivre les tyrans africains avec lesquels elle a toujours collaboré. L’Afrique n’a pas de leçons de morale, de démocratie ou de bonne gouvernance à recevoir de l’Occident. Le G8 complote en secret pour planifier, contrôler et orienter les affaires du monde. Les chefs d’État des pays du Sud sont généralement choisis et soutenus par les réseaux mafieux du Nord. La Somalie est devenue le pays modèle du complot contre l’Afrique.

 

4ème page de couverture :

Les grandes puissances, qui tiennent les anciennes colonies en laisse comme des chiens de compagnie, freinent délibérément le développement des pays africains afin de les rendre fortement dépendants et de refuser ainsi toute concurrence. Le développement de l’Afrique est bloqué à cause de la division internationale du travail dans laquelle les pays africains sont contraints à produire et à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. La transformation de ces matières premières est souvent faite à l’étranger et beaucoup de pays africains sont incapables d’acheter leurs propres produits après leur transformation.

Le complot contre l’Afrique consiste à affaiblir les États afin que les puissances étrangères et les firmes transnationales influencent négativement l’évolution de l’Afrique. Il consiste à « endormir » les Africains tout en faisant croire qu’on s’intéresse à eux afin de faciliter la soumission des hommes et l’exploitation des ressources naturelles car il est plus facile d’exploiter des femmes et des hommes qui ne sont pas fiers d’eux-mêmes. Ce complot s’explique également par la vente des armes démodées aux pays africains. Des armes qui ne servent pas à gagner une guerre mais à terroriser uniquement les populations pour asseoir des régimes tyranniques et pour s’enrichir rapidement et illicitement. Ce complot se manifeste concrètement dans le pillage des ressources naturelles et des produits agricoles comme le cacao, dans la manière de traiter l’information et de gérer les conflits armés (Darfour, RDC), ainsi que dans la destruction des langues nationales qui ont été supplantées par les langues coloniales. La mondialisation, telle qu’elle fonctionne, est au service de cette stratégie car elle s’emploie à favoriser l’affaiblissement des États africains. Le G8 et certaines organisations travaillent aussi dans le même sens.

C’est en refusant la reconduction des pactes coloniaux préjudiciables au développement du continent et en faisant d’autres choix qui privilégient le développement du continent tout en luttant contre les tyrans locaux que l’Afrique parviendra à décourager les stratèges occidentaux qui entretiennent astucieusement la sujétion des Africains.

 

Ce livre, dans lequel Fweley Diangitukwa déverse son amour infini pour l’Afrique, dérange profondément parce que la vérité y est dite ouvertement, sincèrement et directement, sans détour, sans recourir à la langue de bois. Ce livre va faire date dans la mesure où la prise de conscience des Africains ne sera plus la même. A partir de cette publication, il y aura un avant et un après complot contre l’Afrique.

 

Les associations et groupes qui souhaitent organiser un débat avec Fweley Diangitukwa sur les questions traités dans ce livre peuvent contacter directement l’auteur. Une tournée de débats aura lieu en France, en Suisse, en Belgique et en Grande-Bretagne mais aussi dans d’autres pays sur invitation. Si votre association est intéressée, veuillez le signaler, dès que possible, à l’auteur en lui envoyant un e-mail : afriquenouvelle@bluewin.ch

Merci pour votre intérêt !

 

« Le complot contre l’Afrique » est un livre fondamental dans lequel se trouvent des clés qui permettent de comprendre les raisons pour lesquelles l’Afrique ne développe pas.

 

Pour se procurer ce livre, veuillez contacter Mme Virginie ROBERT, éditions L’Harmattan, Tél. : 00 33 (0)1 40 46 79 23 ou vous adresser directement à l’auteur : afriquenouvelle@bluewin.ch ou aux éditions Afrique Nouvelle, case postale 112, 1806 Saint-Légier, Suisse ou encore adresser directement votre demande à une grande librairie de votre ville d’habitation en indiquant le numéro ISBN : 978-2-296-11202-5.

 

 

Les publications de l’auteur aux éditions L’Harmattan :

 

- « Les grandes puissances et le pétrole africain. Etats-Unis – Chine : une compétition larvée pour l’hégémonie planétaire », Paris, 2009, 200 pages

- Migrations internationales, codéveloppement et coopération décentralisée (essai), Paris, 2008, 290 pages. Préface de M. Mohamed Sahnoun, Ancien envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies dans la région des Grands Lacs.

- Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, 2007, 226 pages.

- Le règne du mensonge politique en RD Congo. Qui a tué L.-D. Kabila ?, Paris, 2006, 135 pages.

- Géopolitique, intégration régionale et mondialisation (essai), Paris, 2006, 319 pages.

- Qu’est-ce que le pouvoir ? (essai), Paris, 2004, 276 pages

- Pouvoir et clientélisme au Congo-Zaïre-RDC (essai), Paris, 2001, 308 pages.

- Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains (essai), Paris, 1997, 337 pages. Préface de Jean-Claude Willame, ancien professeur à l’Université catholique de Louvain, Belgique.

lundi, 15 mars 2010

A L'HEURE DES CINQUANTENAIRES: GHANA, LE MODELE CONTESTE DU PREMIER DE LA CLASSE

 

RAWLINGS. ARCHITECTE DU GHANA MODERNE.jpg

 

Au moment où bon nombre d'Etats africains, notamment francophones, à l'instar de la Côte d'Ivoire, s'apprêtent à célébrer le cinquantième anniversaire de leur indépendance, il m'a plu de revisiter un article publié, en Avril 2007, par le mensuel LE MONDE DIPLOMATIQUE, jetant un regard critique sur le bilan du premier de la classe proclamé de la Banque Mondiale et des Etats-Unis en terme de démocratie, de bonne gouvernance, de sécurité et de perspectives de développement. Un bilan, somme toute, peu brillant, à la lecture. Que dire alors des autres états africains, après 50 ans d'indépendance? Déprimants, tout simplement. Voire désespérants. Les célébrations de ce cinquantenaire doivent être, pour eux, l'occasion d'une auto-critique sévère et d'une remise en cause profonde pour repartir d'un bon pied et pour longtemps. En seront-ils capables? "That's the question", comme diraient les Ghanéens! Pour l'heure, relisons notre papier.

 

De l’anti-impérialisme aux accords avec la Banque mondiale

Ghana, le modèle contesté

 

Le 6 mars (2007), le Ghana a fêté le cinquantième anniversaire de son indépendance en présence de douze chefs d’Etat du continent et de personnalités comme le pasteur américain Jesse Jackson. L’ancienne Côte-de-l’Or fut la première, en Afrique noire, à se libérer de la domination coloniale, sous l’impulsion de Kwame Nkrumah, figure historique des luttes anti-impérialistes. En 2007, Accra est devenu un modèle pour la Banque mondiale et un atout dans le jeu sécuritaire des Etats-Unis.

Par Yao Graham

 

« Etre à la hauteur de l’excellence africaine ». Destiné à faire consensus, ce slogan a été choisi pour accompagner les célébrations officielles du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Ghana, le 6 mars dernier. Il a, au contraire, provoqué une controverse : qui et quoi, dans l’histoire de l’ancienne Côte-de-l’Or, peut symboliser l’excellence africaine ? Un grand débat traverse la presse. Tout y passe, depuis l’héritage de Kwame Nkrumah, premier président de ce petit Etat d’Afrique de l’Ouest et figure du panafricanisme, jusqu’à la politique de l’actuel chef de l’Etat John Kufuor.

Cinquante ans après s’être libéré de la domination coloniale, le pays reste confronté aux mêmes problèmes qu’en 1957, ceux de toute l’Afrique postcoloniale au demeurant : comment restructurer une économie sous-développée, dépendante de quelques matières premières (minérales et agricoles) dont les prix sont instables ? Comment transformer et accroître les revenus d’une agriculture à faible productivité basée sur la petite production ? Comment industrialiser un pays avec un marché local atrophié dont les rapports aux marchés mondiaux ont été structurés par les économies occidentales ? Comment créer des ressources pour améliorer durablement la situation des populations dont les espérances ont été gonflées au moment de l’indépendance (1) ?

En économie comme en politique, le Ghana a tenté tout ce que l’Afrique a essayé depuis les années 1960. D’abord l’économie administrée, sous Nkrumah, avec investissements dans les infrastructures et le secteur social. Le gouvernement menait alors une politique d’industrialisation destinée à réduire les importations, et Nkrumah se faisait le chantre de l’anti-impérialisme, suscitant la réprobation des pays occidentaux. Après son renversement, en 1966, par un coup d’Etat qu’a soutenu la CIA, le pays est entré dans une période d’instabilité politique jusqu’en 1982. Puis il a subi les aléas des cours des matières premières. Comme le reste du continent, il fut confronté à la corruption et à la mauvaise gestion, et, sous la présidence de M. Jerry Rawlings, s’est converti à l’économie de marché avec le soutien des institutions financières internationales et des pays du nord. Modèle des expériences postcoloniales dans les années 1960, le Ghana est devenu celui des politiques néolibérales.

Stratège de génie

M. Kufuor, successeur de M. Rawlings en 2000, achèvera son mandat en 2008. Parmi les huit présidents ghanéens, seuls seront restés plus longtemps que lui au pouvoir M. Rawlings (dix-huit ans) et Nkrumah (neuf ans). Nkrumah était, selon Amilcar Cabral (2), « un stratège de génie dans la lutte contre le colonialisme classique ». M. Rawlings est l’architecte du Ghana actuel. Après avoir pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1981, il fut réélu deux fois chef de l’Etat. Il apparaît comme le Janus de la vie politique locale, le pont entre Nkrumah et M. Kufuor. Durant les premières années de sa présidence, il a mis l’accent sur la nécessité de réformes économiques structurelles, la justice sociale et l’anti-impérialisme en politique étrangère. S’attaquant vigoureusement à la corruption, il a dirigé le pays de manière autoritaire.

Ce positionnement général a d’abord suscité la méfiance de Washington. Autocrate, démagogue, M. Rawlings a su canaliser les espoirs de la population et obtenir sa confiance en mettant en avant l’objectif de promotion sociale d’une élite. Mais, s’il rappelait Nkrumah à ses débuts, lorsqu’il quitta le pouvoir en 2000 il avait fait de son pays le modèle de libéralisme économique que nous connaissons aujourd’hui. Sa politique d’ouverture sur les marchés extérieurs était notamment basée sur la recherche des investissements étrangers. Il a relancé la croissance économique et restauré la stabilité politique, mais a abandonné l’objectif de transformer les structures de l’économie ghanéenne, historiquement dépendante de l’extérieur.

Les deux victoires électorales de M. Rawlings, en 1992 et 1996, la dernière en battant le futur président Kufuor, lui avaient laissé penser qu’il était en phase avec le pays. Cependant, des éléments du Congrès démocratique national (National Democratic Congress, NDC), le parti au pouvoir, et une partie significative de la population demeurait réticente à l’économie de marché. En outre, d’importantes fractions des élites ghanéennes refusaient de reconnaître ce qu’elles devaient à M. Rawlings, notamment des réformes économiques draconiennes et la restauration de l’autorité de l’Etat, conditions nécessaires de leur prospérité.

Ceux qui avaient financé le redressement économique adoptèrent une attitude plus pragmatique : le président américain William Clinton et la reine Elisabeth II vinrent à Accra exprimer leur gratitude à M. Rawlings pour avoir ramené le Ghana dans l’orbite occidentale. L’anti-impérialisme hérité de Nkrumah avait cédé la place à l’ambiance policée du Commonwealth. Pourtant, les grandes puissances continuaient à se méfier d’un homme au caractère imprévisible dont la base sociale semblait fragile.

Produit de plusieurs facteurs, la victoire de M. Kufuor en 2000 résolut ces contradictions. A l’époque, le NDC était en proie à des tensions internes suscitées par la succession de M. Rawlings, fragilisé par la montée de la corruption et les réflexes autoritaires qui l’éloignaient de la population. Toutefois, après la chute des prix des matières premières, c’est la crise économique de 1999 qui emporta finalement le régime. Les cours des principales ressources du pays, l’or, le cacao et le bois, chutèrent entre 1998 et 2000 (d’un tiers pour le cacao). A la même époque, le coût des importations de pétrole doubla, en raison de la hausse du baril sur les marchés mondiaux.

Intervenant après des années de frustrations sociales liées à la croissance des inégalités, cette crise révélait aussi les faiblesses structurelles de l’économie ghanéenne : la dépendance envers l’aide, et le poids de la dette, passée de 1 milliard de dollars en 1983 à 6 milliards en 2000. Deux décennies de libéralisme économique et de libre-échange avaient fragilisé les productions locales (agriculture, manufacture) et aggravé la dépendance externe du pays, problème auquel le Ghana était confronté depuis toujours et qu’il affronte aujourd’hui encore. En outre, donnant le coup de grâce au gouvernement Rawlings, un différend avec les donateurs retarda l’arrivée de l’aide à la fin des années 1990. Certains, au NDC, estiment toujours que les institutions internationales ont cherché à favoriser la victoire de M. Kufuor, personnage beaucoup plus contrôlable (lire « Un allié des Etats-Unis »).

En 2001, le nouveau président accepta l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Cette décision revenait à reconnaître que les réformes libérales tant vantées avaient en réalité mis le pays en faillite et l’avaient rendu plus vulnérable aux conditionnalités des institutions donatrices. Pourtant, M. Kufuor se montrait prêt à étendre et approfondir les politiques en question. En échange, les institutions financières acceptèrent de soulager le pays d’une partie de sa dette. L’aide revint, et le gouvernement put soutenir l’éducation primaire et les infrastructures. Entre 2001 et 2006, la croissance est passée de 3 % à 6 %. Cependant, l’augmentation des inégalités et les faiblesses structurelles de l’économie constituent une bombe à retardement pour un régime apparemment stable.

Les 20 % des personnes les plus pauvres représentent aujourd’hui 8,4 % du produit intérieur brut, contre 41,7 % pour les 20 % les plus riches. En 2002, une étude du Centre pour le développement démocratique – un think tank ghanéen – a révélé l’ampleur du chômage et du sous-emploi, et dénoncé le « fossé grandissant entre les riches et les pauvres (3) ». Les deux tiers des personnes interrogées qualifient alors leur situation économique de mauvaise. La plupart des participants mettent la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et de l’exclusion parmi les priorités.

Les grèves se sont multipliées ces dernières années au sujet des salaires et des conditions de vie. Mais elles se sont terminées sans que les travailleurs obtiennent satisfaction. Les mesures ponctuelles (primes de rapatriement, campagnes de recrutement des ressortissants à l’étranger, etc.) adoptées pour lutter contre l’exode des cerveaux ont produit des incohérences et des inégalités extrêmes dans la grille des salaires du secteur public.

C’est en promettant l’« âge d’or des affaires » que le président Kufuor a été élu en 2000. Sept ans après, les entrepreneurs locaux, notamment dans la petite manufacture, se plaignent de ce que le gouvernement ne songe qu’à satisfaire le capital étranger. La priorité accordée au libre-échange porterait préjudice au développement des capacités productives du Ghana. Dans la capitale Accra, les usines abandonnées sont converties en entrepôts pour les importations ou en églises destinées au nombre grandissant des fidèles des mouvements évangéliques.

Fondée sur l’encouragement des exportations de cacao, de gaz et de pétrole, mais aussi de minerais (or, argent, manganèse), l’économie ne crée pas suffisamment d’emplois, et peu qui soient bien payés. Cela provoque des migrations internes et externes dont la plus connue est celle de professionnels du secteur médical (4). L’exode le plus important concerne des dizaines de milliers de jeunes, peu formés mais éduqués, dont les revenus permettent – lorsqu’ils réussissent à l’étranger – à de nombreuses familles de se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté.

Instabilité foncière

Parmi les dizaines de milliers de fonctionnaires licenciés lors des réformes libérales adoptées dans les années 1980-1990, peu ont retrouvé du travail. Les rangs de ces chômeurs de longue durée sont gonflés par l’exode rural qu’a provoqué la paupérisation des campagnes. En effet, l’agriculture locale, vivrière notamment, a été ruinée par la politique d’ouverture aux marchés mondiaux, le manque de terres disponibles et de perspectives économiques. Dans ce monde rural où vit la majorité des Ghanéens, l’insécurité économique a un visage particulier, celui des sans-terre. Les gens n’y sont en général pas propriétaires et dépendent d’un tiers : salariés agricoles, métayers, jeunes, femmes perdent ainsi facilement leurs droits. Le gouvernement n’ayant pas su répondre à cette insécurité juridique, l’instabilité foncière fragilise le pays comme certaines régions d’Afrique de l’Ouest, où elle est à l’origine d’éruptions de violence (5).

En 2000, 80 % de la population active exerçait dans le secteur informel. Petits vendeurs de rue, artisans qui ouvrent des échoppes sans autorisation dans des lieux protégés, nombre grandissant des squatteurs... Dans la plupart des grandes villes, ce phénomène déroute les autorités, qui y répondent par des mesures sécuritaires. De fait, les difficultés de la vie quotidienne et la corruption grandissante ont érodé la confiance que la population avait dans le parti au pouvoir, le Nouveau parti patriotique (NPP). Pays symbole, le Ghana n’a pas réussi à tracer la voie d’un développement autonome ni à mettre en œuvre les nécessaires transformations socio-économiques.

Yao Graham

19:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Ghana | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : cinquantenaire des indépendances, colonialisme, impérialisme, afrique, ghana, afrique de l’ouest | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 13 mars 2010

CURRICULUM VITAE ACTUALISE DE L'AFRIQUE

CARTE ARTISTIQUE DE L'AFRIQUE.jpg

 

Reçu d'un ami. Plutôt sévère comme appréciation, non? Ou impitoyable réalisme? A chacun d'en juger.

 

NOM : Continent
PRÉNOM : Africain
AGE : Berceau de l'humanité.
SITUATION MATRIMONIALE : Célibataire avec plus d'un milliard d'enfants.
CONTACT : Au sud de l'Europe, à l'est de l'Amérique.

OBJECTIF : Mettre mes enfants et mes ressources à la disposition des autres pour contribuer à leurs développements, à mon détriment.

DOMAINES DE COMPETENCE

Coups d'Etats, guerres, génocides, tripatouillages de constitutions.

ETUDES ET FORMATIONS

-Hautes études à l'ESOCE (Ecole Supérieure Occidentale de Commerce d'Esclaves).
-Hautes études à l'AFRIQUE (L'Africaine de Formation pour la Réélection des Incompétents, Querelleurs, Usurpateurs et Egoïstes).

DIPLÔMES OBTENUS

-Le MRTS (Médaille de Reconnaissance du Tirailleur Sénégalais).
-Le GPRTT (Génocide le Plus Rapide de Tous les Temps).
-Le CPRMPP (Continent le Plus Riche Mais le Plus Pauvre).
-Le CPTS (Continent le Plus Touché par le SIDA).
-Le CPDPP (Continent où les Présidents Durent le Plus au Pouvoir).
-Le PMDDP (Premier en Matière de Détournement de Deniers Publics).
-Le CPE (Continent le Plus Endetté).
-Le CN (Continent ''Noir'')

-Le CPPTE (Continent des Pays Pauvres Très Endettés)

 
EXPERIENCES

-Une participation chaotique aux deux guerres mondiales.
-Mes coups d'Etats:

 

 1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier
 1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
 1963 : Congo , David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
 1963 : Togo , Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
 1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
 1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu

 1966 : Ghana, Joseph Arthur Ankrah renverse Kwame Nkrumah
 1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
 1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V.
 1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
 1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
 1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
 1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
 1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
 1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
 1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote

 1972: Ghana, Ignatius Kutu Acheampong renverse Kofi Abrefa Busia 
 1973 : Rwanda , Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
 1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier
 1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
 1974 : Niger , Seyni Kountché renverse Hamani Diori
 1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
 1975 : Nigeria , Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
 1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
 1976 : Burundi , Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
 1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
 1977 : Congo , Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
 1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
 1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
 1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah

 1978: Ghana, Fred Akuffo renverse Ignatius Kutu Acheampong
 
1979: Ghana, Jerry John Rawlings, pour Hilla Limann, renverse Fred Akuffo

 1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier
 1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
 1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
 1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
 1980 : Burkina Faso , Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
 1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
 1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
 1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko                                                                                                        

 1981: Ghana, Jerry John Rawlings renverse Hilla Limann 
 1982 : Burkina Faso , Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
 1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
 1983 : Burkina Faso , Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
 1983 : Nigeria , Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
 1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
 1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
 1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
 1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
 1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
 1987 : Burkina Faso , Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
 1987 : Burundi , Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
 1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
 1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
 1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
 1991 : Mali , Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
 1992 : Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid
 1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
1996 : Burundi , Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
1996 : Niger , Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
1997 : Zaïre/République démocratique du Congo , Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
1999 : Côte d'Ivoire , Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
1999 : Niger , Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s'accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
2009 : Madagascar , Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana

2010 : Niger, Djibrilla Hamidou renverse Tandja Mamadou

    
AUTRES CONNAISSANCES
Analphabétisme, déscolarisation, chômage, pauvreté, guerres religieuses, obscurantisme et paupérisation.

LOISIRS
Troubles, désordres en tout genre, natalité incontrôlée et famine.

vendredi, 12 mars 2010

EN TANZANIE, UN BRAS D'ALBINOS EST VENDU 2.000 EUROS

 ALBINOS.png

 

 

Depuis 2007, plus de 50 albinos sont morts. Des dizaines d'autres ont été mutilés. A l'origine de ces persécutions : des croyances. Leurs membres sont utilisés pour la préparation de "potions" par des sorciers.

 

Déjà victimes de cancers de la peau et mal-voyants en raison du faible taux en mélanine contenu dans leur peau, les 150 000 albinos de Tanzanie se retrouvent marginalisés. Leur maladie, l'albinisme, est une anomalie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux.

 

Si aux Etats-Unis ou en Europe, une personne sur 20 000 est albinos, ce taux descend à un individu sur 4 000 en Afrique. Victimes d'attaques les albinos de Tanzanie vivent barricadés.

Les agressions dont ils sont victimes surviennent principalement dans les zones reculées bordant le lac Victoria, dans la partie Ouest de la Tanzanie.

 

En effet, selon des témoignages, des pêcheurs du lac et des mineurs des gisements d'or de la région utiliseraient leur sang pour s'attirer la chance. Les sorciers s'attachent les services de tueurs, des individus facilement manipulables, en quête d'argent. Tuer un albinos, ça rapporte. On parle de 2 000 dollars pour un bras.

 

Des tarifs qui ont pu être vérifiés avec l'attaque perpétrée le 18 octobre 2008 contre Mariam STANFORD, une albinos de 28 ans, dans la région du lac Victoria. Selon elle, ses agresseurs devaient recevoir plus de 4 000 dollars, en échange de ses bras. L'attaque, qui s'est déroulée de nuit, fut des plus barbares, comme elle a pu le raconter au quotidien tanzanien The Guardian dans son édition du 31 janvier dernier.

 

"Il m'a coupé d'abord le bras gauche, puis le droit"

 

"Il était minuit ou une heure du matin. Quelqu'un a frappé à ma porte, puis est entré soudainement dans ma maison. J'ai été éblouie par une torche, et j'ai vu alors mon propre voisin tenir un couteau de boucher…

Il m'a coupé d'abord le bras gauche, puis le droit. Je hurlais à l'aide, mais personne ne venait, pas même mes parents qui dormaient à coté. Mais je ne savais pas que pendant qu'on m'attaquait, d'autres avaient attaché mes parents.

Ils ont pu se libérer, et m'ont trouvé dans une mare de sang après le départ des assassins. Quand je leur ai dit que c'était notre voisin qui m'avait coupé les mains, ils se sont rués chez lui. Il tremblait, les mains recouvertes de sang. Mes parents l'ont battu, mais il n'a jamais avoué qui étaient ses complices"

 

 

Plus d'un an après les faits, tous les coupables n'ont pas été arrêtés. Les sorciers profitent de l'ignorance d'une partie de la population rurale, qui assimile les albinos au diable. Ces actes barbares ont en tout cas conduit début février, aux Etats-Unis, le démocrate Gerald CONOLLY, membre du Congrès, à solliciter Barack OBAMA.

 

Gerald CONOLLY a demandé au Président américain de mettre la pression sur le gouvernement tanzanien afin que cessent les assassinats d'albinos.

 

En Tanzanie, il y a déjà un certain temps que l'on a pris le problème au sérieux. Le gouvernement a instauré un recensement des albinos et a mis en place un service policier qui escorte les enfants lorsqu'ils se rendent à l'école. En cas d'attaque, certains ont été équipés de téléphones portables afin de prévenir rapidement la police.

 

Les hommes politiques ne sont pas en reste. A l'image de MIZENGO PINDA, le Premier ministre. L'année dernière, lors d'une session à l'assemblée nationale sur les albinos, il a fondu en larmes.

"Les albinos sont des êtres humains. Ils ont autant le droit de vivre que vous et moi", déclarait-il avant de marquer un long silence, accompagné de larmes.

 

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Les meurtriers risquent désormais la pendaison

 

MIZENGO PINDA ne jouait pas la comédie. Dans la foulée de cette déclaration, il a annoncé l'instauration de la pendaison à mort pour les assassins. En juin 2009, la cour de Shinyanga (dans l'Ouest de la Tanzanie) a d'ailleurs appliqué la sentence à sept meurtriers.

Plus récemment, le 1er février 2010 dernier, le même jugement a été retenu pour quatre tueurs par une autre cour du pays.

 

Dans ses vœux à la nation, au début de l'année, le président tanzanien JAKAYA KIKWETE a appelé à l'arrêt des assassinats. "Malgré notre campagne nationale, il y a encore trop d'attaques. Pas un seul albinos ne doit mourir pour sa couleur de peau", a-t-il déclaré.

Si 2009 a été moins meurtrier avec sept albinos tués contre 27 en 2008, les attaques, elles, ne faiblissent pas. Plus de 30 ont ainsi été répertoriées au cours de l'année passée. Sans doute en raison de la peine de mort, la tendance des agresseurs est de ne plus tuer systématiquement mais de s'enfuir. En laissant sur place le corps qu'ils ont amputé.

 

Source : http://patrickericmampouya.com/

 

00:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : afrique, albinos, persécution des albinos | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 09 mars 2010

UNE CANDIDATE DE STAR TONNERRE, ACTRICE DE PORNO: LE CD VENDU COMME DE PETITS PAINS A LA SORBONNE



TOPS MODELS STARS TONNERRE


Lu sur le blog INFO, sur le site AFRIQUE REDACTION et sur le site officiel du quotidien L'INTER (avec les commentaires les plus incroyables). Edifiant sur la dérive de la jeunesse ivoirienne et sur les risques éminents d'une aventure sans préparation et sans encadrement vers l'eldorado que semble représenter, à tort, l'Occident pour une jeunesse africaine sans plus d'espoir et de repères! Le fait qu'un CD aussi affligeant à voir (soyez tranquilles, je refuse de le voir) soit vendu comme de petits pains à la Sorbonne, au Plateau (quartier des affaires abidjanais), est la preuve de la dégénérescence morale et spirituelle avancée de la société ivoirienne. Misère que tout cela! Que DIEU garde l'Afrique et sa jeunesse!
 

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Vendredi 05 février 2010. Depuis quelques jours, un CD porno s’arrache comme de petits pains à l’espace La Sorbonne au Plateau. La raison, c’est que l’actrice dans ce film, prénommée Abiba, est une jeune ivoirienne de 23 ans qui vit depuis quelque temps dans une ville près de Paris, en France. Selon les promoteurs de ce CD, cette jeune dame serait une candidate malheureuse de l’émission de téléréalité, Star Tonnerre. Abiba serait de l’édition de Star Tonnerre d’où sont sorties des lauréates bien connues telles que Bamba Ami Sarah, Nelly Joumah, Balakiss, Rose, Mariama, etc. ‘’Abiba, son casting’’, tel est l’intitulé de ce CD aux images révoltantes.

TOPS MODELS STARS TONNERRE

 
La jeune ivoirienne, très belle avec un corps de rêve et un visage d’ange, est possédée dans toutes sortes de position et dans tous les sens, par deux hommes. L’un de race blanche, coiffé d’un foulard bleu et le visage bouffé par une barbe récalcitrante. L’autre, un gaillard de race noire métissée, portant une cagoule. Ce sont ces deux pervers, qui se sont chargés de faire passer le test à Abiba, qui rêve de devenir actrice du X. Durant 1h15 mn sur certains CD et 46mn33s sur d’autres, Mlle Abiba la novice, couchée dans un canapé, subit les assauts répétés de ces deux étalons. Une trilogie sexuelle totalement répugnante. Ces deux amants incirconcis la chevauchent tantôt à tour de rôle, tantôt à la fois.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette vidéo choque la morale. La jeune actrice n’a certainement pas mesuré les conséquences de son acte pour sa famille et ses connaissances. Les informations en notre possession indiquent que la famille d’Abiba réside dans la commune d’Abobo. Pour la petite histoire, elle se serait retrouvée à Paris, avec d’autres jeunes ivoiriens (filles et garçons), pour participer à un casting pour jouer dans un film. Dans une ville proche de Paris où elle a déposé ses valises, Abiba est informée qu’un autre casting est organisé dans la capitale française. Sans hésiter, elle débarque à Paris pour participer à ce fameux casting qui se déroule dans un appartement.

 

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Les échanges entre la jeune fille et ses amants d’un jour, prouvent bien qu’Abiba a accepté sans contrainte de jouer dans un film porno. Elle avoue que c’est la première fois qu’elle va tourner un film, tout comme c’est la première qu’elle couche avec deux hommes à la fois. Elle est cependant déterminée à atteindre cet objectif, celui de devenir actrice du X. John Chahin Sombo, producteur de l’émission Star Tonnerre, que nous avons joint hier après-midi pour avoir quelques informations sur cette jeune fille, a été on ne peut plus clair. "Je reçois entre 1500 et 2000 candidates qui viennent pour Star Tonnerre, chaque fois que le jeu est organisé. Il y a des présélections et les filles sont éliminées au fur et à mesure, jusqu’à ce qu’on ait des lauréates. Il me serait donc difficile de mettre un nom sur chacun des 2000 visages de filles venues pour Star Tonnerre", a en substance déclaré M. John Chahin. En attendant d’avoir d’autres informations sur Abiba, son CD s’arrache à la Sorbonne à Abidjan-Plateau.

jeudi, 04 mars 2010

NIGER: LES GAGNANTS DU COUP D'ETAT

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Par D. Anza

(LE TEMOIN du 24 au 28 février 2010)

 

 

Sarkozy prévoyait de dépêcher à Niamey soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja par rapport à sa politique minière. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène…

 

Le putsch du 18 février dernier qui a raccourci l’espérance de vie de Tazartche à moins de 60 jours fait l’affaire de plusieurs groupes d’intérêts, les uns plusieurs fois plus importants que les autres.

 

Le premier intérêt gagnant est sans aucun doute la France, la patrie d’Areva. Comme tous les Nigériens le savent, le puissant groupe nucléaire français n’a jamais pardonné à l’ancien Président de la République sa politique minière courageuse. Une politique qui mettait en cause tous les accords contraires aux intérêts du Niger signés entre l’ancêtre d’Areva et les anciens régimes non nationalistes qu’avait connus notre pays. Et comme la fille aînée de l’Eglise est veinarde, chaque fois que ses intérêts sont menacés dans ses anciennes colonies, la source de cette menace se trouve, comme par hasard, éradiquée. En 1974, le Président Diori Hamani avait clairement manifesté son intention de revoir en faveur du Niger les accords miniers qui nous liaient à la France. Il voulait arracher un prix juste à la COGEMA pour faire face à la crise alimentaire et économique qui menaçait notre pays. Il refusait d’accepter que les Nigériens ne puissent pas jouir du don que le Dieu leur a fait. C’était là une offense contre la toute puissance France. La suite on l’a connaît. Trente trois ans plus tard, en 2007, le Président Tandja a fait sienne la doctrine de Diori. Le secteur minier fut diversifié au profit du Niger. Plusieurs opérateurs de divers pays obtinrent de permis de recherche de minerais et d’hydrocarbures.

 

Pour la première fois de son histoire, le Niger procéda à sa première vente directe de l’or jaune, après que Tandja eût courageusement imposé à Areva la révision des accords alors même que le contrat n’était pas arrivé à terme. Tous les Nigériens s’étaient sentis fiers. Mais la France était en colère ; très en colère. Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France Et comme tout cela ne suffisait pas, et face au regain d’intérêt que suscite l’uranium, le Président Tandja tenta d’aller encore plus loin en fin 2009.

 

D’abord il fait savoir à Areva que les prochaines négociations prévues à Paris en 2010 doivent consacrer la hausse de la quotte part que le Niger peut vendre sur le marché international. Surtout que le premier acheteur de la vente directe par le Niger de son uranium, à savoir les Etats Unis, avaient, par leur voix la plus autorisée, celle de Barack Obama, déclaré qu’ils construiront trente quatre nouvelles centrales nucléaires. Ce qui devrait être une bonne aubaine pour le Niger, mais un manque à gagner pour Areva. Ensuite, le Président Tandja avait demandé à Areva de mettre à l’écart son projet de la mise en place de la «plateforme», une supra structure qui coifferait la SOMAIR, la COMINAK et IMOURAMEN. La « plateforme », une appellation à connotation mafieuse, vise essentiellement à remettre en cause le niveau de contrôle des cadres nigériens. Cette plateforme qui sera dirigée par des Français, centralisera à son niveau toutes les informations nécessaires à un contrôle (comptabilité, achat, exploitation, etc.). Le Niger ne verrait que du rouge. Tandja a dit non. Et ces sont ses deux décisions majeures que le Premier Gamatie devrait défendre à Paris s’il n’y avait pas eu l’intervention de l’Armée. En plus, il faut ajouter que la France n’avait pas du tout aimé la volonté de rapprochement entre le Niger et l’Iran. D’ailleurs, Sarkozy prévoyait de dépêcher, en mars prochain, soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène. Comme on peut le constater, à tout point de vue, Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France dont la production énergétique dépend à plus de 70% de l’uranium nigérien.

 

D’ailleurs, en 2007, beaucoup d’hommes politiques nigériens avaient prédit que Tandja ne finirait pas son deuxième mandat tant qu’il continuerait sa politique à la Chavez. Ainsi, même si la France a publié un communiqué condamnant le putsch, il faut tout simplement voir en cela des larmes de crocodiles. Anne LOVERGEON a dû certainement sauté un champagne en compagnie de quelques proches de Sarkozy. L’Occident ne veut pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium.

 

Après la France, la mise à l’écart de Tandja profite aux leaders des principaux partis de l’Opposition à savoir le PNDS, la CDS et le Lumana. Eux qui avaient vu leurs rêves de lui succéder se transformer en cauchemar. Leurs intérêts coïncidant avec ceux de la France, ils ont conduit celle-ci à faire pression sur la CEDEAO pour faire de Tandja un hors la loi devant la communauté internationale. Une communauté internationale composée uniquement des voix des grandes puissances et dont les intérêts ne peuvent jamais coïncider avec ceux des pays pauvres mais toujours avec ceux des quelques hommes de mains au sommet des Etats.

 

Et si les patrons politiques de la CFDR ont abandonné le combat de la légitimité pour celle de la légalité, c’est parce qu’ils savaient qu’ils auraient des oreilles attentives en Occident qui ne voulait pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium. L’ennemi de ton ennemi étant ton ami…

 

Enfin, le troisième gagnant est la CEDEAO. Cette organisation sous régionale, animée pour l’essentiel par des non et des mal élus, a voulu se donner une nouvelle image, suite au discours d’Obama à Accra, en acceptant plus un autre «mauvais démocrate» de plus. Ainsi, sans se fatiguer, la CEDEAO voit son problème résolu. Du reste, tous ses gagnants ne le sont que manière virtuelle pour l’instant. A écouter les responsables de la junte, tout laisse croire qu’ils sont pleinement conscients de là où se trouve les intérêts du Niger. Et, ils ne semblent pas être des personnes qui vont succomber aux chants des sirènes venus d’ailleurs. Leur jeunesse et par conséquence leur manque d’expériences des combines politiques et mafieuses sont des gages d’une Transition qui se ferait dans la sauvegarde des intérêts du Niger. Nous attendons d’eux d’être intransigeants par rapport à tout ce qui peut remettre en cause les actes patriotiques posés par leur frère d’arme Tandja Mamadou et notamment lors des prochaines négociations avec Areva. Il ne faudrait pas que la France, profite de leur manque de légitimité et de légalité pour leur imposer retour à la situation d’avant 2007.

RWANDA : SARKOZY RECONNAÎT LES « GRAVES ERREURS » DE LA FRANCE. MENSONGE QUE CELA!

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Le titre ci-dessous (RWANDA : SARKOZY RECONNAÎT LES « GRAVES ERREURS » DE LA FRANCE ET MET FIN A LA BROUILLE) m'a fait vraiment sourire! Il m'épate totalement, ce petit monsieur! Pour ne pas avoir à se repentir (chose dont il a une sainte horreur!), au nom de la France, Nicolas Sarkozy en visite au Rwanda, s'est contenté de reconnaître les "graves erreurs" et "une forme d'aveuglement" de la France dans le génocide rwandais. Mensonge que tout cela! La France a agi en toute connaissance de cause dans ce pays. L'action a été planifiée et exécutée, froidement. La collaboration a duré des années, ainsi que l'assistance technique. De quelles "erreurs graves" et de quel "aveuglement" nous parle t-on, alors? Qui a trompé la grande France? Qui peut même la tromper, elle qui est si roublarde et si ingénieuse au mal?

Ces mots révèlent, en réalité, la grande culpabilité de la France qu'elle tente maladroitement de cacher et sa responsabilité qui est si grande dans cet affreux génocide que la reconnaître pourrait s'avérer (pense t-elle) un suicide pour son image dans le monde; et cela, relativement même à tous ses crimes antérieurs. L'activisme du juge français Jean-Louis Bruguière n'est, en définitive, qu'un cache-sexe pour se donner bonne conscience!

Restons néanmoins dans l'étrange logique de Monsieur Nicolas Sarkozy: En Côte d'Ivoire, au Gabon, au Niger, au Congo-Brazzaville, en Centrafrique, à Madagascar, au Tchad, au Cameroun, en Algérie, bref, dans la plupart des pays d'Afrique francophone, depuis les indépendances, ce devait être et c'est également, et certainement, une suite effrénée et sans fin de "graves erreurs" et "d'aveuglement", pour que ces pays soient en si mauvais état (pour la plupart)!

Mais au nom des intérêts et de la paix entre les nations, le Président Paul Kagamé, qui ne veut pas réduire le Rwanda à sa seule personne mécontente, a accepté cette incroyable pirouette française. Qu'y faire si un homme (Sarkozy) refuse, avec entêtement, la grandeur et l'entrée dans l'histoire, lui qui accuse l'Afrique de s'y refuser?

DINDE Fernand AGBO

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RWANDA : SARKOZY RECONNAÎT LES « GRAVES ERREURS » DE LA FRANCE ET MET FIN A LA BROUILLE.

 

Le président français Nicolas Sarkozy a reconnu jeudi (25 février 2010), à Kigali, les « graves erreurs » et « une forme d'aveuglement » de la France lors du « génocide » de 1994 au Rwanda et a scellé avec son homologue Paul Kagame la réconciliation entre les deux pays après trois ans de brouille.

 

Vingt-cinq ans après la dernière visite d'un président français au Rwanda, M. Sarkozy a conclu son bref séjour dans la capitale rwandaise, en détaillant comme il ne l'avait encore jamais fait, la part de la responsabilité de la France et de la communauté internationale dans le génocide. Il n'a toutefois pas prononcé les excuses attendues par les victimes rwandaises.

« Ce qui s'est passé ici est inacceptable, mais ce qui s'est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ses erreurs qui l'ont empêchée de prévenir et d'arrêter ce crime épouvantable », a-t-il déclaré devant la presse à l'issue d'un entretien avec M. Kagame.

Nicolas Sarkozy a notamment évoqué de « graves erreurs d'appréciation, une forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président qui a été assassiné, des erreurs dans une opération Turquoise engagée trop tardivement et sans doute trop peu ».

L'opération militaro-humanitaire Turquoise a été lancée en juin 1994 par l'armée française, mais trois mois après le début du génocide.

Très attendus aussi bien au Rwanda qu'en France, ses propos sur les « erreurs » reconnues par Nicolas Sarkozy ont dépassé les « faiblesses ou les erreurs » concédées en 2007 au sortir de son premier entretien avec son homologue rwandais.

Mais ils sont restés en-deçà de la mention de « fautes politiques » évoquée début 2008 par son chef de la diplomatie Bernard Kouchner, un proche du président Kagame, ce qui avait suscité une violente réprobation de plusieurs chefs politiques et militaires français de l'époque.

Nicolas Sarkozy, peu enclin à la repentance, s'est également refusé à suivre d'autres responsables, comme l'ex-président américain Bill Clinton, sur la voie des excuses. « Nous sommes pas ici pour faire une course au vocabulaire, nous sommes ici pour réconcilier des nations », a-t-il tranché.

Sur le même ton apaisant, Paul Kagame s'est contenté d'évoquer le « passé difficile » des deux pays, avant d'estimer qu'il était « temps de mettre sur pied une nouvelle relation ». « Nous refusons d'être otages du passé », a-t-il insisté, « l'essentiel est de regarder vers l'avenir ».

Depuis 1994, Paul Kagame accusait la France de complicité de génocide pour avoir soutenu celui de son prédécesseur Juvenal Habyarimana, ce que Paris a toujours fermement nié.

En 2006, Kigali avait même rompu avec Paris fin 2006, après l'émission par le juge français Jean-Louis Bruguière de mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, soupçonnés d'avoir fomenté l'attentat qui a coûté la vie en 1994 à son prédécesseur, Juvenal Habyarimana -- un attentat qui avait marqué le coup d'envoi d'un génocide qui a fait 800.000 morts, en grande majorité d'ethnie tutsie. La brouille n'avait pris fin qu'en novembre dernier.

Interrogé sur le sort de cette enquête, Nicolas Sarkozy a répondu qu'il était tenu par « l'indépendance de la justice, par son calendrier » mais a répété sa volonté que « tous les responsables du génocide soient retrouvés et soient punis (..) où qu'ils se trouvent ».

Répondant aux victimes qui ont longtemps accusé la France de protéger certains membres du gouvernement génocidaire poursuivis pour génocide, il a rappelé que la France avait refusé l'asile à la veuve de l'ancien président, Agathe Habyarimana.

Avant de rencontrer Paul Kagame, Nicolas Sarkozy s'est symboliquement incliné devant « les victimes du génocide des Tutsis » en visitant le mémorial où sont inhumés plus de 250.000 d'entre eux.

 Source: AFRIQUE-DOSSIER

16:19 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Rwanda | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rwanda, france, nicolas sarkozy, paul kagamé, génocide rwandais, sarkozy au rwanda | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 23 février 2010

AFFAIRE BEUGRE MAMBE ET SUITE: UNE EXCELLENTE ANALYSE DE GUY LABERTIT

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Lu sur le blog de Théophile Kouamouo:

 

Alors que l’élection présidentielle était programmée pour le mois de mars 2010, la liste électorale définitive devant être publiée en janvier, la Côte d’Ivoire a connu une nouvelle et grave crise politique qu’elle est en passe de surmonter. Cette crise est née de la mise à jour de manipulations frauduleuses des listes électorales à l’initiative de Robert Mambé Beugré, président de la Commission électorale indépendante contrôlée en Côte d’Ivoire, par l’opposition, en application des accords de Marcoussis et de Pretoria. A cet égard, les fréquentes dérives des commissions électorales mettent en cause leur crédibilité dans nombre de pays du continent africain.

L’annonce, dans son adresse à la Nation du vendredi 12 février, de la dissolution du Gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) par le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo, qui s’est appuyé sur l’article 48 de la Constitution, a suscité nombre de commentaires sur les conséquences de ces mesures. Assez curieusement, la raison même de cette décision n’a pas vraiment été explicitée par la plupart des observateurs et analystes de la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire.

Alors que l’élection présidentielle était attendue pour le mois de mars 2010, le fonctionnement de la CEI était bloqué depuis le mois de janvier. Son président, Robert Mambé Beugré, membre du PDCI (opposition), avec l’accord du vice président Jean-Baptiste Gomis, membre du RDR (opposition), avait conçu avec la complicité de collaborateurs et du comité d’experts (informaticiens), un système de fraude politique avérée, éventé par un communiqué du porte-parole de la Présidence de la République en date du 9 janvier.

Rappel des faits avant l’ouverture de la période de contentieux

Au terme des opérations d’identification et d’enrôlement engagées le 15 septembre 2008 et achevées le 30 juin 2009, après croisement avec nombre de fichiers administratifs exitants, effectué avec l’accord de toutes les parties par l’opérateur extérieur SAGEM et l’Institut national de la statistique (INS), deux listes de noms accompagnés de photos, soumises à une forme de croisement populaire, ont fini d’être affichées dans tous les centres de vote du pays le 23 novembre. L’une comptait un peu plus de 5 300 000 noms figurant sur la liste électorale de 2000, ou ayant été croisés dans les fichiers retenus de façon consensuelle, l’autre recensait 1 033 000 noms de personnes qui devaient se présenter au contentieux administratif et, si nécessaire, judiciaire.

Il faut préciser que les premiers croisements en direct et par ascendance, achevés le 30 septembre 2009, avaient laissé 2 752 181 dossiers en contentieux, que deux extensions sur le croisement par ascendance, respectivement achevées le 14 octobre et le 3 novembre, avaient ramené à 1 991 230 le nombre de dossiers en contentieux. Le 1 er novembre, avait été décidées trois extensions complémentaires qui ont permis d’aboutir à ce nombre de 1 033 000 dossiers soumis à un contentieux administratif et éventuellement judiciaire. Conformément à la loi, c’est la SAGEM, en collaboration avec l ’INS, et non la CEI qui n’en avait pas le droit, qui procédaient à ces croisements

C’est sur cette base qu’a été ouverte, le 24 novembre, la période de contentieux administratif auprès des commissions électorales locales, initialement fixée à un mois, au terme de laquelle les tribunaux avaient huit jours pour statuer sur les cas non réglés au niveau de ces commissions.

L’organisation de la manipulation informatique

La période du contentieux à peine ouverte, le président de la CEI, Robert Mambé Beugré, après avoir sollicité en vain l’autorisation du Bureau de cette structure, a fait procéder par les informaticiens de la CEI à un croisement interne à la liste des 1 033 000 pétitionnaires en contentieux. Les résultats de ce croisement, auquel n’avaient pas été associés l’INS et la SAGEM, ce qui était parfaitement contraire au mode opératoire légal, ont été présentés le 14 décembre à la Commission centrale de la CEI, selon le rappel des faits du communiqué officiel de la CEI du 20 janvier dernier. Le chef de l’Etat, à qui s’était adressé, le 25 décembre, le président de la CEI, lui a signifié qu’un tel croisement ne ressortait pas du mode opératoire consensuel défini par l’ensemble des parties ivoiriennes.

Pourtant, le 28 décembre, le directeur de cabinet de Robert Mambé Beugré, Antoine Adou, a réuni le comité des experts de la CEI, à savoir les 70 informaticiens, et leur a fait part de la volonté du président de la CEI de mettre à la disposition des commissions électorales locales, également contrôlées par l’opposition, la liste des 429 030 pétitionnaires issus du croisement interne effectué sur la liste des 1 033 000 qui devaient se présenter au contentieux. Cette transmission a été faite par les informaticiens qui ont traité avec les seuls présidents des commissions électorales indépendantes départementales.

Cette liste était intitulée « liste des pétitionnaires retrouvés par la CEI sur le résiduel de la SAGEM ». La manœuvre devait permettre de reverser les 429 030 pétitionnaires recensés dans la liste définitive par simple manipulation informatique sans que les pétitionnaires aient à se présenter devant les commissions locales départementales pour régler le contentieux administratif.

C’est au cours de la réunion du 7 janvier, à la Primature, en présence des représentants du secrétaire général des Nations Unies, Young Jin Choi, et du facilitateur, Boureima Badini, que le Premier ministre Guillaume Soro a fait état des faits relatifs à ce croisement interne dont les résultats ont été transmis aux commissions électorales locales. Ces faits ont alors été reconnus par le président de la CEI, ce qui explique la publication, le 9 janvier, du communiqué du porte-parole de la Présidence de la République à propos des manipulations frauduleuses des listes électorales par la CEI. Le représentant des Nations Unies, Young Jin Choi, qui doit certifier la liste électorale définitive, a implicitement reconnu que ces faits étaient établis et ne pouvaient ressortir d’une commission internationale d’enquête.

Du 5 au 14 janvier, les 70 informaticiens, munis des 70 CD, ont eu pour mission, dont les ordres étaient signés par le secrétaire général de la CEI, Monsieur Yapi Jacques, de transmettre aux commissions électorales locales les fichiers comportant les 429 030 pétitionnaires, en marge de leur mission officielle de formation des commissaires départementaux. La commission centrale de la CEI avait autorisé ces missions lors de sa réunion du 31décembre.

Alors que la période de contentieux administratif initiée le 24 novembre pour un mois avait été prolongée jusqu’au 9 janvier, malgré les fortes réticences du président de la CEI, le Premier ministre Guillaume Soro a présidé, le 12 janvier, une réunion demandant le retrait du fichier des 429 030 pétitionnaires établi par la CEI. Il a fixé, en accord avec l’ensemble des partenaires et des structures techniques, un nouveau mode opératoire avec l’installation de 70 comités de suivi dans les centres de coordination. Ces comités de suivi devaient être les seuls habilités à transmettre à la SAGEM et à l’INS la liste des pétitionnaires devant être intégrés à la liste définitive.

La mise à jour de ce fichier irrecevable pour établir la liste définitive a précipité des commentaires particulièrement éloquents de la part des dirigeants de l’opposition : « le RHDP félicite le président Robert Mambé Beugré, président de la CEI, pour l’excellent travail abattu et apporte son soutien total à l’ensemble de l’institution qu’il dirige » (11 janvier) ; « une accusation sans preuve » selon Alassane Dramane Ouattara (11 janvier).

Face à la presse, le 15 janvier, le président de la CEI a fourni des explications confuses reconnaissant toutefois que « par inadvertance » une partie des données avait été transmise aux commissions électorales locales.

Pourtant la Commission centrale de la CEI a ainsi conclu son communiqué officiel du 20 janvier : « Tirant les conséquences de ce dysfonctionnement, la Commission centrale de la CEI présente tous ses regrets pour les désagréments causés à la Nation ; s’engage à prendre, dans les meilleurs délais, toutes les mesures correctives conséquentes ; appelle la population au calme et à la sérénité ».

Dans le cadre de l’enquête diligentée par le Parquet d’Abidjan à la demande, le 15 janvier, du ministre de l’Intérieur, il a été avéré que les fichiers intitulés « liste des pétitionnaires retrouvés par la CEI sur le résiduel de la SAGEM » avaient été installés dans les ordinateurs des commissions départementales. Lors de la réunion du 12 janvier présidée par Guillaume Soro, onze superviseurs de commissions départementales avaient reconnu ces faits. Ils ont effectivement été constatés par les deux équipes d’enquêteurs envoyées, du 30 janvier au 2 février, à Abengourou, Dimbokro, Duékoué et Toulepleu,.

Les résultats de cette enquête judiciaire ont été rendus publics le vendredi 5 février par le porte-parole du Procureur de la République Mamadou Diakité. Ils confirment la volonté de procéder à des manipulations frauduleuses sur la liste électorale et mettent directement en cause le président de la CEI, Robert Mambé Beugré, et un de ses vice-présidents, Jean-Baptiste Gomis.

Une manipulation de nature politique.

La volonté d’intégrer 429 030 pétitionnaires dans la liste électorale définitive sans qu’ils passent par le contentieux administratif est une manipulation d’ampleur puisque ce fichier représente environ 8 % de l’électorat total.

Dans la composition de ce fichier, on peut relever que dans les régio,ns plutôt favorables à la majorité présidentielle, plus de 250 000 devaient être automatiquement intégrés, soit un pourcentage de 43 % des pétitionnaires en contentieux. Dans les régions difficiles pour la majorité présidentielle, les pétitionnaires concernés sont environ 175 000 (régions moins peuplées du pays),.le pourcentage moyen de réintégrés atteignant 54 %, avec 51 % à Bouaké (capitale de la rébellion), 57 % à Korogho, 60 % à Daoukro (fief de Henri Konan Bédié). 68 % à Dimbokro, 73 % à Didiévi. Les plus forts pourcentages (plus de 60 %) se retrouvent dans les régions du Nord-Est (le Bafing avec Touba, le Worodougou avec Séguéla, le Denguélé avec Odienné) et du Centre (région des Lacs avec Yamoussoukro).

Il est troublant de constater que 90 % des patronymes de pétitionnaires à réintégrer à Soubré, par exemple, ne sont pas bétés alors que l’on se trouve au cœur du pays bété. Par contre, dans les régions du Nord et du Centre du pays, les patronymes des pétitionnaires sélectionnés par le croisement interne reflètent les régions d’origine.

Au vue de ces données, la nature politique de la manipulation apparaît clairement. Les deux responsables de la CEI mis en cause, le président Mambé Beugré et le vice-président Jean-Baptiste Gomis, ont eu le souci de recenser pour les repêcher automatiquement, sans passer par le contentieux, l’électorat de leur parti respectif, le PDCI et le RDR, La manipulation portant sur 8 % de l’électorat total aurait mis en difficulté le candidat Laurent Gbagbo, Président sortant, qu’une vague de sondages (de mai à octobre 2009) de l’institut TNS Sofres plaçait largement en tête.

Malgré l’évidence des faits, le président Mambé Beugré, invité à démissionner, s’est accroché à son poste, soutenu par une opposition majoritaire au sein de la CEI. Comme il avait été élu président par ses pairs de la Commission et que sa crédibilité était, pour le moins, mise en cause, la seule façon de l’écarter était de dissoudre la CEI.

C’est ce que le chef de l’Etat a décidé de faire, le 12 février, après que le facilitateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, a reçu les parties ivoiriennes, RHDP et majorité présidentielle, à Ouagadougou, le 11 février, sans parvenir à faire bouger les lignes.

La stratégie de la tension de l’opposition

Le croisement populaire, engagé après la publication des deux listes à la fin du mois de novembre, concernait tant la liste des 1 033 000 pétitionnaires, objet des manipulations informatiques décrites, que la liste des 5 300 000 dont certains éléments pouvaient être radiés si des fraudes à l’état-civil étaient avérées. Les tribunaux devaient se prononcer sur la base de réclamations dûment enregistrées par les commissions électorales locales.

C’est dans le cadre de cette dernière opération que des controverses se sont multipliées sur le terrain et ont abouti à des affrontements politiques parfois violents. D’une part, les commissions électorales locales, contrôlées par l’opposition, ont souvent refusé d’enregistrer les réclamations ; d’autre part, certains magistrats ont déclaré recevables des demandes de radiation qui n’avaient pas été enregistrées par les commissions électorales.

C’est ainsi que des Palais de justice où des magistrats devaient statuer sur quelques centaines de cas de radiation ont été attaqués et partiellement détruits par des militants d’opposition, notamment à Divo dans le Sud-Ouest, le 3 février, à Man dans l’Ouest, le 5 février, ou à Katiola au Nord La sous-préfecture de Vavoua a été incendiée. le 9 février.

Après la décision du Président de dissoudre la CEI et de demander au Premier ministre Guillaume Soro, signataire de l’Accord de Ouagadougou, de former un nouveau gouvernement, l’opposition, regroupée au sein du RHDP, par la voix du président de son directoire Alphonse Djédjé Mady, a déclaré ne plus reconnaître le chef de l’Etat, la nouvelle CEI, ni le nouveau gouvernement en formation. Dans sa déclaration officielle du 13 février, le RHDP demandait à ses militants et à ses sympathisants de se conformer à ces décisions.

Suite à cette déclaration, les manifestations non encadrés, suscitées par le RHDP, se sont multipliées à l’intérieur du pays, visant les biens publics, les symboles de l’Etat, commissariats, sous-préfectures et préfectures, les sièges locaux du Front populaire ivoirien (FPI), les domiciles respectifs de Issa Malick Coulibaly, du directeur de campagne de Laurent Gbagbo, et de Gervais Coulibaly, porte-parole du chef de l’Etat, étant incendiés à Korogho et Katiola dans le Nord du pays. Ces manifestations, bien contenues à Abidjan, ont connu des fins tragiques à Gagnoa (5 morts, le 19 février) et Daloa (2 morts, le 22 février).

C’est dans ce contexte de forte tension que le facilitateur, Blaise Compaoré, s’est rendu à Abidjan, le 22 février, après avoir reçu, la veille, à Ouagadougou, les deux principaux dirigeants de l’opposition, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Une journée d’audiences, avec les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, a permis de dégager un premier consensus sur la recomposition de la CEI dont le Président Mambé Beugré et les quatre vice-présidents ont été écartés, la formation d’un nouveau gouvernement étant annoncée pour le 23 février.

Paris, 23 février 2010

Guy LABERTIT

Conseiller Afrique du Président de la Fondation Jean-Jaurès

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 février 2010

COTE D'IVOIRE: LA DIFFUSION DE FRANCE 24 SUSPENDUE

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AFP-Lundi 22 février 2010

ABIDJAN - La diffusion de la chaîne de télévision France 24 a été "suspendue" lundi, en Côte d'Ivoire, pour "traitement non professionnel de l'information" concernant "l'actualité politique" récente dans le pays, a annoncé l'organe ivoirien de régulation des médias.

Le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) a pris "une mesure conservatoire" visant la diffusion de la chaîne, "en attendant la délibération du Conseil", a déclaré à l'AFP son président Franck Anderson Kouassi.

"La décision prise vendredi est entrée en vigueur ce lundi", a-t-il ajouté, expliquant cette mesure par le traitement par France 24 de "l'actualité politique" récente, sans plus de précision.

A Paris, la direction de France 24 a dit regretter "la décision des autorités ivoiriennes" et "espère que le CNCA qui se réunit mercredi reviendra sur cette décision qui lui paraît injustifiée".

La situation politique ivoirienne connaît un fort regain de tension depuis la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) par le président Laurent Gbagbo le 12 février, après plus d`un mois de crise à la CEI, accusée de "fraude" sur la liste des votants.

Répondant à l'appel de leurs leaders à contrer "par tout moyen" le pouvoir en place, des opposants ont organisé à travers le pays des manifestations, parfois émaillées de violences.

Cinq personnes sont mortes vendredi, à Gagnoa (centre-ouest), dans le fief de M. Gbagbo, à la suite de la répression d'une manifestation par les forces de l'ordre.

Source: ABIDJAN.NET

LE DESTIN DES "HOMMES PROVIDENTIELS"

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La communauté internationale a condamné, presqu'à l'unanimité, le coup d'Etat de jeudi dernier qui a renversé le régime de Mamadou Tandja. Mais elle a condamné… du bout des lèvres, presqu'en s'excusant et tout juste pour préserver une " position de principe ". Parce que, pour une fois, tout le monde aurait souhaité applaudir des deux mains devant ce qui était devenue la seule issue pour régler une crise politique nigérienne que le chef d'Etat désormais déchu a réussi à complexifier en voulant satisfaire son égo personnel et les calculs de ses courtisans. " Le prix de l'entêtement ", titrions-nous vendredi dernier, au lendemain du coup de force ayant écarté du pouvoir Mamadou Tandja. Comment ne pas le rappeler pour indiquer que ce militaire sans histoires, élevé au rang de chef de la junte qui renverse Ibrahim Barré Mainassara en 1999, aurait pu rentrer dans l'Histoire si, au terme de deux mandats présidentiels au cours desquels il a contribué à la modernisation du pays, il avait entrepris de reformer les institutions pour passer la main à une nouvelle génération d'hommes politiques ?

L'ivresse du pouvoir doit avoir des effets pervers particulièrement en Afrique. Et Mamadou Tandja n'y a pas échappé qui, se couvrant derrière la " demande populaire " et malgré les réprobations de la classe politique, y compris d'une grande majorité issue de ses propres rangs, a entrepris un référendum suicidaire, après avoir mis entre parenthèses les institutions de la République comme l'Assemblée nationale ou le Conseil constitutionnel.
Or, nous le relevions déjà lundi le 29 décembre 2008, au lendemain du coup d'Etat en Guinée ayant consacré l'arrivée au pouvoir de Moussa Dadis Camara, " L'inévitable déliquescence d'un pouvoir qui dure, qui ne vit que de durer, de s'imposer à son peuple par la force et la corruption, est un terreau au chaos, une proie pour les "aventuriers" en tenue et en armes, qui pourraient bien devenir les "sauveurs" de la République. " Nous ajoutions même que " Personne n'est plus là avec vous quand la fin s'annonce inexorablement.

Tous sont dans l'attitude du Machiavel des Discours, sur la Première Décade de Tite Live : "Il faut être assez loin du Prince pour ne pas être emporté par sa chute ; mais assez proche pour être à portée de profiter de ses débris. " Toujours dans ce même éditorial, nous indiquions : " Plus on est âgé et usé par le pouvoir, plus on s'estime vigoureux et capable d'action. Alors on modifie (pour faire beau et ne pas dire "tripatouille") les Lois fondamentales bénéfiquement limitatrices de mandats présidentiels ; on s'impose à l'occasion de scrutins aussi fantaisistes que folkloriques. On règne avec des coteries toujours plus refermées, brutales et paranoïaques à mesure que la légitimité du pouvoir se fragilise. Même ceux qui sont chrétiens oublient, ostensiblement, l'enseignement du Psaumes 90, verset 10 : " Les jours de nos années s'élèvent à 70 ans. Et pour les plus robustes, jusqu'à 80 ans. " Une telle durée ne participe plus de la stabilité positive, mais de la fragilisation du système de gouvernance, articulé non pas sur des institutions garantes de l'avenir, mais sur l'allégeance à un individu distributeur de situations de rente.

Cette durée n'est plus un ferment de progrès, mais le signe d'une décrépitude. Avoir le sens patriotique, aimer assez son peuple pour lui éviter le pire, c'est savoir passer la main à de nouveaux acteurs, à de nouvelles générations et à ne pas se prendre pour indispensable. "
On avait cru que le coup d'Etat de Guinée à Noël 2008 était une alerte et un motif d'espoir pour l'Afrique. Avant que Dadis Camara ne plonge le pays dans la mégalomanie et le ridicule. Le coup d'Etat du Niger de jeudi dernier est une autre étape dans les motifs d'espoir, à condition que le nouvel homme fort de Niamey soit plus proche de Sekouba Traoré et d'un Moussa Dadis Camara. Qu'il comprenne qu'il est venu écrire un pan de l'Histoire, et que ce n'est pas lui qui fera l'Histoire.

Evoquant jeudi dernier à l'Ecole supérieure des sciences et techniques de l'Information et de la Communication, Esstic comme un signe prémonitoire- les relations entre le pouvoir politique et les médias, Charly Gabriel Mbock, chercheur et homme politique connu, évoquait une nécessaire politique du consensus à travers le respect de la vie, politique qui devait permettre à un groupe d'individus, autour de 49% de la population ayant perdu une élection, de se soumettre au verdict des urnes et de la majorité, mais aussi à cette majorité de considérer que, en gouvernant sur un pays où 49% des populations avait voté contre lui, il devait forcément en tenir compte dans ses politiques publiques.

Mais comment cela peut-il être possible lorsque le pouvoir en question a été élu non pas à 51% des suffrages exprimés, mais à moins de 30% des suffrages réels -en marge de tous les tripatouillages- et que ce même pouvoir évoque sans cesse une adhésion populaire superficielle pour imposer un diktat aux populations sans cesse paupérisées ? Mamadou Tandja doit y méditer en ce moment : ici comme ailleurs, il faut éviter le piège de l'homme providentiel qui, arrivé au pouvoir par un concours de circonstances, devient un surhomme qui sait tout et ne se trompe jamais. La vie ne s'est pas arrêtée au Niger la semaine dernière. Parce que " les cimetières sont peuplés de gens qui se croyaient indispensables ".


Par Alain B. Batongué

Source: MUTATIONS. Le 22 février 2010

 

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 NIGER-PUTSCH :

Cap sur l’organisation d’élections libres et transparentes

Le vœu est clairement exprimé tant par l’opposition politique sur place, qui ne cesse d’organiser de manifestations de soutien aux nouveaux maîtres du pays, que par les dirigeants sous régionaux de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO, dont une délégation a été reçue à Niamey le samedi 20 février dernier, par le chef de la junte au pouvoir, le capitaine d’escadron, Salou Djibola, qui a rassuré  ses interlocuteurs de sa volonté et de celle de ses frères d’arme, de ne pas s’éterniser au pouvoir, mais de tracer durant leur présence aux affaires, les grands axes d’un environnement devant conduire à la remise sur les rails du processus démocratique au Niger.


L’arrivée des militaires putschistes aux affaires, est fortement saluée par la société civile et l’opposition, dont les invitations à la retenue en direction du président déchu, Mamadou Tandja, se sont révélées vaines. Ce dernier ayant opté  contre l’avis de tous, pour une modification controversée de la constitution en vue de se maintenir au pouvoir, ce, au delà de la fin de son deuxième et en principe dernier mandat à la tête du pays, achevé depuis fin décembre 2009, selon la loi fondamentale d’avant constitution controversée.


En plus de cette entorse à la loi fondamentale, Mamadou Tandja, paierait pour son jeu flou dans le deal à l’international de l’uranium très convoité de son pays. Car après des assurances données à la France, Tandja a finalement essayé de revisiter unilatéralement sa copie, proposant le marché de l’uranium nigérien à d’autres partenaires, à l’exemple de la Chine notamment. Un jeu d’équilibriste, qui n’est pas forcément innocent dans cet avenir politique de Mamadou Tandja qui s’écrit plus que jamais en pointillé.

 

 

Source: MAZLECK.INFO. Le 20 février 2010

 

20:32 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Niger | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, niger, mamadou tandja, coup d'état au niger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 15 février 2010

L'AFRIQUE, TERREAU DES GUERRES MERCANTILISTES

 

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 S’il y a bien un dirigeant qui a su exprimer son sens aigu des rapports de force par des images percutantes, restées dans la mémoire collective, c’est Mao Tsé-toung. Nous empruntons ici, une de ses célèbres citations pour annoncer  notre propos : « la politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre une politique avec effusion de sang ». Les guerres enregistrées sur le continent africain sont  devenues une politique des pays occidentaux pour profiter des richesses du continent. Cette façon de faire semble officielle tant elle est représentative de la position commune des occidentaux. Nous avons jusqu’ici dans nos productions, essayé de rendre compte de la complexité du « réel africain », pour parler ainsi. Cela n’a jamais été simple car il arrive qu’il faille dépouiller nos absolus les uns après les autres afin de fournir une réflexion féconde. C’est avec cette même rigueur dans l’établissement des faits et l’objectivité de l’analyse, que nous traitons cet autre thème, non moins important, des guerres mercantilistes en Afrique. Un tel sujet, pour le décrypter, mérite qu’on définisse au préalable quelques concepts fondamentaux, comme le mercantilisme et les guerres mercantilistes. En premier lieu, tel sera notre préoccupation. Une fois le lecteur éclairé sur ces mots clés, il s’agira dans un second lieu, de montrer avec quelques illustrations, comment les pays occidentaux fabriquent des guerres pour piller le continent africain, déjà fragilisé depuis le partage de Berlin, en 1885. Une fois les faits établis, l’analyse faite, il restera dans un troisième lieu, à tirer les leçons de ces sales guerres imposées au continent.

 

Une approche définitionnelle des guerres mercantilistes

 

 

Le mercantilisme est une conception de l'économie qui prévaut entre le  16e siècle et le milieu du 18e  siècle en Europe. La pensée mercantiliste couvre trois siècles, au cours desquelles la référence philosophique sera Machiavel, relayé ensuite par Morus et Campanella. A cette époque, les questions économiques se distinguent très mal des questions financières. Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale grâce à l'investissement dans des activités économiques à rendement croissant, comme l'avait identifié l'économiste italien Antonio Serra dès 1613.

 

Globalement, l’objet de la pensée mercantiliste reste la conquête et le maintien du pouvoir. Il revient donc à l’Etat de jouer  un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques multiples car la doctrine est loin d’être homogène. Elle s’identifie d’abor au bullionisme en Espagne et en Italie, pour se confondre ensuite avec l’industrialisation étatique en France, pour se terminer enfin, financière et monétaire en Grande-Bretagne. Le mercantilisme français ou le colbertisme, du nom de Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, lui, est plus tourné vers l’industrialisation. Le colbertisme peut se résumer en une simple phrase : tout par et pour la métropole. Une des principales caractéristiques du colbertisme est le développement extrêmement contrôlé des colonies entièrement dépendantes de la métropole. Il s’ensuit qu’une « guerre mercantiliste » est une politique sanglante menée, le plus souvent par les occidentaux, pour enrichir leurs pays, leurs peuples. En clair, ce sont donc des guerres créées artificiellement pour piller les ressources minières, pétrolières des pays pauvres, en général et  du continent africain en particulier. 

 

L’Afrique, la terre des guerres d’intérêts

 

 

Les médias occidentaux ont tendance à dépeindre l’Afrique et ses guerres en fonction des tribus et des conflits entre les groupes ethniques différents. Et pourtant, la quasi-totalité des guerres du continent est l’œuvre de certaines multinationales, le plus souvent soutenues par leurs pays. Il est plus facile d’accéder aux ressources d’un pays quand son économie est déstabilisée, c’est l’unique méthode que les occidentaux ont utilisé jusqu’à présent en Afrique. Si le développement de l’Afrique tarde à décoller, c’est justement à cause de ce cercle vicieux. Montchrétien affirmait : « Nul ne gagne si un autre perd ».

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mercredi, 03 février 2010

HOMOSEXUALITÉ : « CHOC DES CULTURES » ENTRE L'OCCIDENT PERMISSIF ET L’AFRIQUE

 

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Après avoir obtenu des droits en occident, ou dans d'autres pays du monde, des « lobbys » « homosexuels » et « transsexuels » souhaiteraient, actuellement, que l'Afrique devienne un terreau d'« immoralité », en évoquant,  des belles phrases : « les droits des homosexuels » ou les « droits des minorités sexuelles ». De quoi se mêlent-ils ?

Par Appolinaire Noël KOULAMA. 


En vertus de quel droit et devoir, que ces lobbys mécréants veulent voir s'installer les mœurs d' « homosexualité » en Afrique, sans chercher à comprendre, que l'« homosexualité » choque le commun des africains et chaque peuple doit vivre débarrassé des valeurs qui ne lui soient pas adaptables.  En France, il est question, actuellement, du débat sur l'identité nationale, ce débat qui a toujours existé depuis le passé avait, en effet, d'autres appellations :

-          Débat sur l'intégration,
-          Débat sur l'Islam,
-          Débat sur les mœurs etc.…  etc.…

On nous a rabattu les oreilles, que les mœurs africaines et les mœurs musulmanes choquent la culture occidentale, et pour aller plus loin, on a même entendu : l'expression « Choc des cultures ». la Suisse a voté, dernièrement, contre les minarets, la France prépare une loi qui interdirait le port de la « Burka » dans les milieux publics et les contrevenantes seraient passibles d'une amande de 10 000 euros.

Pourquoi donc, les occidentaux, s'en mêlent lorsque les Etats africains légifèrent contre l'« homosexualité », qui est une pratique qui heurte à nos sensibilités, à nos valeurs ancestrales, culturelles et de bonnes mœurs ?

Il est indiscutable que l'« homosexualité » choquent les cultures africaines, à la différence de occidentaux, cependant, la polygamie, est autorisée et intégrer dans nos mœurs et coutume, depuis des siècles. Pour me répéter, je dirai qu'en occident les lois donnent des droits aux « homosexuels » et répriment les droits des polygames, la polygamie est une pratique mal perçue dans le droit occidental et elle est en même temps considérée, comme une pratique des immigrés venus de l'Afrique et des pays arabes.  Avons-nous vu des lobbys africains défendre les « droits des polygames ? », le cas échéant, avons-nous vu les Etats africains s'en mêler contre les lois occidentales qui répriment la polygamie ? Non, au contraire, l'Afrique ne veut pas heurter la sensibilité des occidentaux.

L'Afrique mérite aussi son débat sur l'identité africaine, et légiférer pour protéger les africains contre les pratiques qui nous gênent, c'est ce qui est commencé dans certains états africains, et que l'Afrique doit continuer à soutenir.


L'HOMOSEXUALITÉ PARLONS-EN :

Sous la pression des pays occidentaux, au sein de l'« Organisation mondiale de la Santé (OMC) », l'« homosexualité » [1] a été déclassifié, comme maladie mentale, par tous les états du monde signataires de la charte de l'« OMC » en 1992, malheureusement, cette charte a été signée à l'époque par des dictateurs africains, car sans doute réfléchir était moins important que l'intérêt d'être membre de l'« OMC ».

L'histoire nous apprend que des chercheurs on tenté de démontrer que les homosexuels étaient différents des « hétérosexuels » sur le plan physique et anatomique, hélas, jusqu'au jour d'aujourd'hui, ces hypothèses n'on jamais pu être vérifiées. Cette tentative de démonstration consistait à défendre les « homosexuels », en voulant nous faire croire qu'on est né « homosexuel » et on ne le devient pas. Bien que n'ayant jamais été vérifié, posons-nous la question, si les gays sont nés femme, pourquoi sont-ils aussi virils que les mâles hétérosexuels, tant sur le plan physique que sur le plan anatomique ?

Je ne me permettrai jamais de mettre en doute, de l'existence d'un vrai amour lié de l'attirance physique et sexuelle entre les personnes de même sexe, la question est de savoir si la nature avait prévu l'« homosexualité » ? La réponse est non ! En effet, la nature a apporté un certain équilibre sur la planète, l'homme doit procréer pour assurer sa  succession, pour cela il faut 2 personnes de sexes opposés qui mettront au monde au moins 2 enfants, ainsi, les 2, enfants vont succéder au 2 parents. Par conséquent, l'« homosexualité » n'est qu'une pratique purement anti-naturelle.

La psychanalyse explique que l'« homosexualité » vient du déséquilibre mental, dont le symptôme est une construction inconsciente de la personne homosexuelle, par les différents modes de « complexes d'oedipe » chez le jeune garçon et chez la jeune fille. Freud dans ses analyses cliniques avait refusé que l'« homosexualité » est innée, autrement dit on ne naît pas « homosexuel », mais on le devient.

Même tolérée dans les sociétés occidentales, l'« homosexualité » demeure une maladie d'origine du « déséquilibre mental » chez le jeune enfant, dont les conséquences psychiques pouvant aller jusqu'au transsexualisme. La psychanalyse reconnaît la maladie, mais refuse de parler du traitement car ce domaine sort de la psychanalyse.

Que dire donc, de la personne qui a grandit, normalement, sans développer le choix inconscient de « homosexualité » dans sa jeune enfance, et qui le devient beaucoup plus tard, comme les « bisexuels » par exemple. La psychanalyse définit cette « homosexualité » tardive et la « bisexualité » [2], comme une recherche de plaisirs sexuels nouveaux, intenses et variés, nous somme bien dans la « déviance » et la « perversion » sexuelle, comme chez es chimpanzés Bonobo.

Il ressort, donc,  de l'« homosexualité » et de la « zoophilie »: De l'immoralité, de la bestialité, de l'atteinte à la  dignité humaine. Jamais dans l'histoire africaine, un roi avait été « homosexuel », comme le fut déjà à l'époque, le roi Louis XIV en France, nos rois étaient, par contre polygames.


ET L'AFRIQUE DANS TOUT ÇA :

Notre continent possède aussi par ailleurs, les peuples dits selon une convention de l'« ONU » : Peuples autochtones, en exemple les « Massaïs », les « Pygmées », les « Bochimans » etc... Ces peuples qui vivent de la nature, sont encore restés naturels et nous témoignent par conséquent, du caractère naturel de l'homme, patrimoine naturel transmis depuis des millénaires jusqu'à nos jours. Jamais et jamais dans l'histoire passée et récente des peuples autochtones, qu'il y ait eu « écho » d'une quelconque « homosexualité ». Si des cas isolés d'« homosexualité » ont pu exister, sans le moindre écho dans notre histoire, c'est parce qu'ils ont été certainement bannis, et interdits par la morale de nos anciens.

De la même façon, les peuples africains dits plus évolués que les peuples autochtones, on su garder avec raisons, nos valeurs ancestrales, dont l'« hétérosexualité », qui est la seule orientation sexuelle qui permet la procréation,  ainsi une femme africaine qui a du mal à mettre au monde, c'est toute la grande famille qui s'inquiète, mettre au monde en Afrique, valorise à la fois la « féminité » de la femme et la « virilité » de l'homme.

Dans de nombreuses tribus africaines, que ce soit les peuples dits autochtones ou les peuples dit évolués, on y rencontre des danses traditionnelles qui appellent ou qui valorise la procréation. Toute l'éducation africaine en matière sexuelle, est fondée sur l'« hétérosexualité » et la famille.

Malheureusement, l'européen en arrivant en Afrique, n'a pas hésité d'agrémenter ses désirs pervers, moyennant les biens matériels ou les pécunes, pour corrompre les personnes pauvres à ses désirs homosexuels. Vous remarquerez en Afrique, la grande majorité des homosexuels africains pratiquent leur relation essentiellement avec les occidentaux, quelques déroutés africains deviennent des homosexuels et sont soutenus par leurs maîtres « homosexuels » occidentaux, via les « lobbys » « homosexuel ».

L'Afrique du sud a légalisé l'« homosexualité », pour faire plaisir à une partie de sa communauté nationale blanche et « homosexuelle », il s'agit, sans doute de continuer à sceller la paix entre toutes les composantes nationales du pays, en même temps, cette loi est loin d'être acceptée dans la majorité des milieux noirs, tout statut social confondu, ainsi dans tous les milieux noirs, les adolescents violent les lesbiennes, pour les corriger de l'« homosexualité » à l'« hétérosexualité ». En revanche, les pays africains qui luttent contre l'« homosexualité » ont le soutien actif de la quasi-totalité de leur population, qui voient en cette lutte, de sortir sur ce « Choc culturel » et de vivre sainement, comme nous en avons l'habitude.

Si nous référons, plus haut, aux causes de l'« homosexualité », nous pouvons ainsi croire que l'organisation de la structure familiale africaine ne permet pas, facilement, a un jeune qui grandit de développer le déséquilibre mental qui pousse l'individu au choix inconscient de l'« homosexualité ».


CONCLUSION :

Disons le clairement, les origines lointaines de l'« homosexualité » n'ont jamais pu démontré à nos jours, ce qui est prématuré de croire que l'« homosexualité » au niveau mondial vient de l'occident. Si l'on se réfère à la bible, il y a 3 millénaires la relation sexuelle de 2 étrangers de même sexe dans la ville de Sodome provoqua la colère de Dieu qui détruisit la ville de « Sodome » et la ville voisine de « Gomorrhe » (Genèse 19 :5), car en effet, Dieu créa l'Homme pour la Femme. Cependant, en Afrique, c'est par le contact avec l'homme blanc et l'arabe que nous avons découvert l'« homosexualité ».

Il y a fort lieu de croire, que ce type de relation sexuelle n'est que bestialité pure et simple, pourquoi, diable, cette maladie mentale, qui elle même est une caractéristique de la maladie psycho-mentale, au même titre que la « zoophilie », qu'on rencontre facilement en occident, voudrait qu'elle s'abatte dans notre continent. Pourquoi, diable, les africains égarés tentent de suivre l'« homosexualité », alors que celle-ci, est l'émanation du blanc dans le continent, par le biais de la colonisation et du tourisme.

« Un homme mâle qui se fait respecter n'accepte pas de se faire sodomiser, auquel cas il est malade ou un sous-homme ». C'est pourquoi, nous devons au contraire aider les « homosexuels » et le zoophiles » de les sortir respectivement de leur déséquilibre, comme il est fait pour les « pédophiles » (personnes ayant des attirances aux enfants de bas age), en conséquence, Les « homosexuels » (personnes ayant des attirances sexuelles avec les personnes de même sexe) devraient être, aussi, internés pour être soignés.

En parlant des minorités sexuels et en défendant les droits de ces minorités, d'autres minorités sexuelles  bestiales, immorales comme les « zoophiles » sont oubliés.

Chers africains, en laissant faire les « homosexuels », demain les « zoophiles » occidentaux vont défiler, pour la reconnaissance de leur orientation sexuelle, pour mieux étayer cette vision, je vous informe, de nombreux occidentaux considèrent l'animal de compagnie comme une personne à part entière de la famille, nombreux demandent que la sécurité sociale puisse prendre en charge, les traitements des animaux de compagnie.  Une fois ces avantages acquis, pour lesquels, je suis d'accord par ailleurs, mais les malades et les « perversions » psycho-mentales qu'on retrouve en occident, vont y trouver la voie, pour revendiquer la reconnaissance de la « zoophilie » [3].

Les humains n'ont aucun droit d'être anti-naturel (« homosexuels » et « zoophiles »), saisissons-nous chers africains et luttons contre ce fléau de malédiction, qui sont l'« homosexualité », la « zoophilie » et les plages des « nudistes », que l'occident dans sa perversion autorise et que l'Afrique dans sa grande sagesse héritée de ses ancêtres, n'a pas besoin.

Construisons des familles saines dans des sociétés saines.
Que Dieu bénisse l'Afrique.


NOTE :

[1]   L' « homosexualité » est une relation sexuelle entre 2 personnes de sexes différents, elle a été retirée comme une « perversion » ou une « déviance sexuelle », dans le « Manuel de Diagnostique des Troubles Mentaux (DSN) » en 1985, et a été déclassifiée lors du congrès de 1992, par tous les états signataires de la charte de l' « Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ».

[2]   La « bisexualité » est un comportement, à la fois « homosexuel » et « hétérosexuel » définit par la psychanalyse comme des comportement psychiques, dont l'origine est le fondement psychique inconscient de tout être humain à la conquête des désirs sexuels. 

[3]  La « zoophilie » est une relation sexuelle entre 2 espèces différente, je rappelle : depuis 1980, la « zoophilie » n'est plus considérée comme une « perversion » ou une « déviance » sexuelle, dans le « Manuel de Diagnostiques des Troubles Mentaux (DSN) Manuel de références au Etats-Unis », mais une attirance sexuelle d'une personne pour les animaux.

En élaborant les définitions en note [1] et [3], ci-dessus, le « Manuel de Diagnostique des Troubles Mentaux (DSN) Manuel de références au Etats-Unis » est passé outre les recommandations de la psychanalyse qui considèrent l'« homosexualité » et la « zoophilie » ayant pour origine le déséquilibre mental de la personne.

 

28 SEPTEMBRE: DADIS "RESPONSABLE DE RIEN" SELON LA COMMISSION D'ENQUETE NATIONALE

 

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La commission d'enquête guinéenne sur le massacre du 28 septembre a rendu des conclusions opposées à celles de la commission d'enquête de l'ONU. Le commandant Moussa Tiégboro Camara, président de la commission (et lui même responsable de la tuerie selon le rapport de l'ONU) affirme que le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, n'est pas responsable de la tuerie, qualifiée de simple "infraction de droit commun".

Le président de la commission d'enquête mise en place par la junte guinéenne sur le massacre du 28 septembre à Conakry a affirmé mardi que le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, n'avait aucune responsabilité dans la tuerie.

"Ils ne sont responsables de rien"

Interrogé sur la responsabilité du chef de la junte et du ministre chargé des services spéciaux, le commandant Moussa Tiégboro Camara, le président de la commission, le procureur Siriman Kouyaté, a affirmé devant la presse: "Ils ne sont responsables de rien. Il est établi que le président (Camara) n'est jamais venu au stade" où avait eu lieu la tuerie d'opposants.

Cette commission nationale contredit ainsi la commission d'enquête de l'ONU qui avait pointé "une responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, de son ex-aide de camp, le lieutenant Aboubacar Chérif Diakité dit Toumba, et du commandant Tiegboro Camara.

La commission nationale a, en revanche, recommandé des poursuites judiciaires contre Toumba, en fuite depuis qu'il a tiré, le 3 décembre, sur le chef de la junte, actuellement en convalescence au Burkina Faso.

A la question "Toumba a-t-il obéi à des ordres?", le procureur a répondu: "Je ne crois pas, pas que je sache. Peut-être a-t-il désobéi aux ordres donnés par le chef d'état-major des armées (stipulant que) tous les militaires devaient rester dans les casernes. Certainement, il a désobéi".

"Il y a Toumba Diakité, une équipe de bérets rouges (garde présidentielle) et d'autres personnes non encore identifiées (qui doivent être poursuivies, ndlr). Il y a plein de personnes, il n'y a pas que lui", a-t-il cependant ajouté, sans citer d'autres noms.

"Infractions de droit commun"

"Des gens doivent être poursuivis devant les juridictions guinéennes car ce sont des infractions de droit commun", a soutenu le procureur, contredisant ainsi l'ONU qui accuse les hautes autorités guinéennes de crimes contre l'humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale.

Le magistrat s'exprimait, au Palais du peuple, devant quelques dizaines de personnes, après avoir présenté un résumé du rapport de la commission nationale d'enquête mise en place par la junte et boycottée par l'opposition.

Les journalistes n'ont pas eu accès directement au document.

Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé, tué par balles des opposants au régime militaire rassemblés dans le plus grand stade de Conakry, et de nombreuses femmes avaient été violées en public par des soldats.

La Commission d'enquête de l'ONU a fait état d'au moins "156 personnes tuées ou disparues".

La commission nationale a conclu que seules 58 personnes étaient mortes le 28 et cinq autres "les jours suivants dans les hôpitaux", soit un total de 63.

Elle a par ailleurs recommandé une "amnistie générale" pour les leaders de l'opposition qui avaient appelé à la manifestation du 28 septembre.

"Ceux qui bénéficient de l'amnistie, ce sont les politiciens qui, avant le 28 septembre, avaient bravé d'une certaine façon le pouvoir", a précisé M. Kouyaté. "Le Premier ministre (de transition, Jean-Marie Doré) est de leur rang aujourd'hui. Donc remuer le fer dans la plaie aurait compliqué la situation", a-t-il dit.

Le chef de la junte avait maintes fois affirmé que la faute du "carnage" incombait à ces "leaders" qui avaient maintenu un rassemblement interdit.

Source: Jeune Afrique

17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guinée, conakry, moussa dadis camara, commission nationale guinéenne, tuerie du 28 septembre 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 02 février 2010

ISSA HAYATOU : UN MONARQUE QUI DOIT TIRER SA REVERENCE

                                                                                

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         L’édition 2010 de la Coupe d’Afrique des Nations a été le théâtre d’un drame qui a interloqué, ému et scandalisé la sphère mondiale du football et tous les Africains : le mitraillage, le 8 janvier, dans l'enclave de Cabinda, du cortège de la délégation de l’équipe nationale togolaise, faisant deux morts et des blessés graves.

         Quelques heures après le drame, Monsieur Issa Hayatou, accompagné de quelques membres de son staff, rencontre les joueurs et leur encadrement et prend acte de leur volonté de ne pas prendre part à la compétition. Bien que déplorant cette décision, le Président de la CAF dit la comprendre et promet ne prendre aucune sanction. Les choses auraient dû en rester là.

         Mais une nouvelle donne vient bouleverser le cours normal des choses. Dans la nuit du jour du drame, les joueurs émettent le désir d’entrer en compétition, en mémoire de leurs amis tombés sur le « front » de Cabinda. Le gouvernement togolais qui, entre temps a pris le poul de la situation, ne l’entend pas de cette oreille : il est responsable de la sécurité de ses concitoyens, où qu’ils soient. Il ordonne donc à son équipe nationale de rentrer. Ce qui est fait, suivi des obsèques nationales des membres décédés de la délégation.

         Il n’en fallait pas plus pour qu’Issa Hayatou et son comité directeur y voient une « ingérence du politique » de la part des autorités togolaises et fassent tomber le couperet sur la tête de l’équipe nationale togolaise, en application du fameux Article 78 du règlement de la CAF : suspendue pour les deux prochaines éditions de la CAN.

         Que ne furent alors l’étonnement et le désarroi du monde footballistique ! Comment comprendre cet Issa Hayatou dans sa logique très particulière à lui : D’abord, il ne présente aucune condoléance officielle au peuple togolais meurtri, ce qui est un manque d’éducation en Afrique, segundo, aucune délégation officielle n’est envoyée aux obsèques des morts de Cabinda, ce qui est encore pire, et tertio, il se prévaut d’une ingérence politique des autorités togolaises dans la compétition quand lui-même fait organiser une CAN dans un pays où perdure encore une crise politique : la rébellion armée cabindaise. Qui a introduit une dimension politique dans le jeu en organisant la CAN 2010 en Angola, comme s’est interrogée, à juste titre, une ivoirienne ?

         Et puis, comment dénier à un Etat souverain le droit et le devoir de décider pour la sécurité de ses concitoyens et le sanctionner par-dessus le marché pour cette décision sans paraître idiots et ridicules, comme le sont, en ce moment, Hayatou et sa clique de mafieux qui trônent en monarques absolus à la tête de la CAF, depuis plus d’une vingtaine d’années ?

         Comment se targuer de la volonté des joueurs de prendre part à la compétition pour sévir contre des autorités politiques, privant ces mêmes joueurs de compétitions africaines pendant quatre ans, sans être illogiques et incongrus ? A quoi servent alors les experts médicaux de la CAF ? La CAF ne pouvaient-elles pas, par elle-même (par ses spécialistes), voir et comprendre que les joueurs tenaient encore à compétir par sursaut d’orgueil et par solidarité d’avec leurs défunts amis et non par lucidité ou objectivité ? Etaient-ils psychologiquement dans les conditions pour entrer en compétition quand des médecins de l’encadrement, le gardien et certains autres membres sont sous bandages et sous le choc ? Voici la preuve que l’instance dirigeante de la CAF est constituée d’une bandes d’amateurs qui naviguent à vue et ne travaillent pas scientifiquement. Sinon, ils auraient parfaitement compris le bon sens, la responsabilité et la lucidité du gouvernement togolais et abondé dans son sens. Pas par émotion ou émotivité mais avec des éléments objectifs, produits par les psychologues du staff. Nous voulons pour preuve de la sagesse des autorités togolaises qu’à leur arrivée au Togo, trois des joueurs ont été internés pour assistance psychologique et médicale. Cela est trop élevé pour la compréhension du monarque Issa Hayatou !

         S’il a encore de la logique et de l’éducation, Issa Hayatou doit présenter ses excuses les plus plates au peuple togolais et à ses autorités ou démissionner. S’il n’obtempère pas, je propose, avec des milliers d’africains, que toutes les équipes nationales africaines se retirent des prochaines éditions auxquelles le Togo ne prendrait pas part. Et comme l’a dit un sélectionneur de la CAN, le Togo doit même être qualifié d’office pour réparer ce grave tort.

         Si Hayatou et son staff ne peuvent avoir cette hauteur, ils doivent donc tirer leur révérence. S’il le faut même, par une Assemblée Générale extraordinaire de toutes les fédérations africaines de football, qui doivent cesser d’être des lèche-bottes perpétuels. Asta la vista !

 

DINDE Fernand AGBO

samedi, 16 janvier 2010

QU'EST-CE QU'ILS NOUS VEULENT ENCORE?

 

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Menace contre la Sûreté nationale : Un Coup d’Etat prévu... aujourd'hui!


Quotidien Le Temps - 16/1/2010

L`information est de source sûre. Ce samedi même, à partir de cinq heures trente jusqu`à 13 heures, un nouvel ordre politique devrait être institué en Côte d`ivoire. Les faits, les acteurs, les lieux de rencontre et les auteurs de cet autre puzzle ont été identifiés. Chronologie d`un putsch bien ficelé prévu pour ce samedi.

L’action diabolique est en préparation depuis 2008. Seulement, c`est le 18 décembre, au coucher du soleil que l`information d`un coup d`Etat a été confirmée. Et depuis cette date, rien, absolument rien n`a pu cacher les traces des nouveaux infortunés qui ont, contre toute attente, décidé de porter le glaive dans le sein de la mère patrie. Des anciens généraux de l`Armée régulière, des déserteurs de cette même Armée ainsi que des civils représentant pour certains leur formation politique et pour d`autres leurs tuteurs se sont rencontrés plus d`une fois aussi bien à Abidjan, à l`intérieur du pays que dans certains pays voisins. La dernière rencontre selon notre informateur a eu lieu hier vendredi 15 janvier dans un sous quartier de la commune d`Abobo.

Les Officiers impliqués dans le coup

Ils sont nombreux ces soldats en qui la République a fait confiance à un moment donné de son histoire. Et qui, en retour réclament la tête de la République. Ce sont notamment l`ancien général de Division Mathias Doué, aujourd`hui, en exil, le Général Georges Déon, ancien collaborateur de l`ex-chef de la junte militaire, feu le Géneral Robert Guéi, tué à l`occasion du coup d`Etat de septembre 2002, le Colonel Yedess, le Lieutenant Colonel Goualy, le Capitaine Zady, l`Adjudant Gueu, le Colonel Major Lamoussa, le Lieutenant Amoussou Alain des eaux et Forêts. Un véritable commando qui, pour des raisons pratiques et dans un souci d`efficacité, ont tout naturellement sollicité le concours de personnes civiles dont la liste, loin d`être exhaustive, donne bien des frissons, vu le volume et la qualité des nouvelles recrues.

L`onction de la France et les officiers de Licorne commis à la tâche

" En Côte d`Ivoire, tant que la France n`a pas donné son accord pour renverser un chef d`Etat en fonction rien ne peut se faire… " Ce bout de phrase du diplomate onusien qui a bien voulu garder l`anonymat retentit encore comme si la phrase avait été prononcée hier. Dans ce qui risque d`emporter le régime actuel au lever de ce samedi 16 janvier, il y`a bel et bien la main des Français. Des mercenaires au nombre de quinze, (15) séjournent actuellement en Côte d`Ivoire. Un autre commando aux ordres du Capitaine français Alain Durel. Qui depuis leur présence en Côte d`Ivoire, s`entraînent aussi. Et notre source de révéler leur cache d`armes qui sont notamment le 43e Bima et une autre cache qui se trouve dans un magasin de Méagui. Aux dernières nouvelles, les armes stockées à Méagui auraient été déplacées pour une autre destination. Ces soldats de la Force Licorne ont, comme les civils, pris part aux nombreuses réunions qui se sont tenues respectivement à Abidjan, à Man, à Zouanien, à San-Pedro, et au 43e Bima.

Les responsables civiles

Il s`agit de Messieurs Sanogo, Siriki, Koné, un ancien responsable de la Radio Télévision ivoirienne dont la résidence est située juste derrière la maison de Pascal Affi N`Guessan, président du Front populaire Ivoirien, de Monsieur Aubin du ministère de l`économie et des Finances, de Dagoré, un agent de la Sécurité et le régisseur de la prison de Sassandra. Tous ont pris part aux nombreuses réunions qui ont lieu depuis deux ans et dont l`objectif est de réussir le coup d`Etat. Tous sont chargés de recruter des combattants pour l`opération. Le 18 décembre 2009, les réunions se sont succédé au domicile de messieurs Koné derrière la résidence du président Affi et Soumahoro Siriki logé non loin du Bureau ivoirien des droits d`auteurs (Burida).

Les premières personnalités visées

Si ce coup fourré venait à réussir, ce sont notamment le Président de la République, son Premier ministre Guillaume Soro et Michel Amani N`Guessan qui en seront les premières victimes. Et notre source de préciser que l`élimination de ces trois personnalités suffisent pour changer l`ordre politique ivoirien. Il en sera de même pour un nouvel ordre politique qui sera piloté par le Général Mathias Doué. Ainsi, au lieu d`une élection pour laquelle l`Etat dépense énormément, le coup d`Etat devrait mettre au devant de la scène, l`ex-Cema ivoirien qui, à son tour organisera une élection, la vraie selon les auteurs du coup.

La réunion de Bouaké et les résultats de l`opération de recrutement.

Le 26 décembre 2009 à Bouaké, s`est tenue de 21h 23 à 1h18mn du matin, la première rencontre des responsables chargés du recrutement des combattants. M. Soungalo, chargé du recrutement des combattants à Man y a assisté. Les combattants qu`il a recrutés sont au nombre de 180 personnes. M. Sanogo, venu de Bouaké a, quant à lui, recruté 50 combattants, M. Amandé venu de Danané a présenté une liste de 183 personnes quand le sieur Kambou, venu lui aussi de Danané avait à son actif 96 personnes. M. Koné, venu de Man a présenté une liste de 55 personnes, M. Goly Zezou en provenance de San Pedro fera savoir qu`il a, à son actif 850 personnes. Sékou Savané qui, lui, est ressortissant de la ville d`Abidjan, Issa Bamba, Kalifa, Kassoum tous venus de San Pedro, pour prendre part à la réunion de Bouaké lorsque messieurs Inza et Daouda représentaient Koné Zakaria, ancien com`zone viennent respectivement de Vavoua et Séguéla. Ce n`est pas tout. Des figures de proue du monde de la violence se sont déplacées jusqu`à Bouaké pour cette réunion très importante. Ce sont respectueusement Frank Klaritayn du Liberia, Mouchamous Kennek, capitaine dans l`Armée libérienne. Après cette réunion, les futurs meneurs du jeu ont pris soin de s`offrir les bons offices de marabouts. Dont les noms ne nous ont nullement échappés. Ce sont l`Imam Konaté Bakary de la mosquée de Djamourou à Bouaké et Modibo Gana du Mali. Qui ont été transportés par les véhicules N°6346MD de couleur orange qui, au-delà des personnes, transportaient aussi les armes.

La seconde réunion tenue au Mali

La seconde réunion a tenu, comme la première, le pari d`avoir réussi à mobiliser un nombre encore plus grand de combattants. Elle s`est tenue à Lolomy, au Mali avec la présence des différents responsables venus des villes de Côte d`Ivoire, du Liberia et de la France. Y ont pris part, Sanogo de Bouaké, Dosso Mezi, chef de la communauté malinké de Bouaké, Koné Zakaria, Kassoum de San Pedro, Kambou, Mouchamous, Frank Klaritayn, Modibo Gana, Ibrahim Coulibaly dit IB et Koné représentant Kadio Miezou. Le jeudi 14 janvier, une réunion s`est tenue à Fresco au cours de la quelle, la date de l`assaut final, qui selon notre source est fixée pour aujourd`hui, 16 janvier 2010.

Simplice Zahui

NB: Lire l'article suivant.

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SERGE BILE RACONTE HOUPHOUET

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Il y a 16 ans, le 7 décembre 1993, disparaissait le président Félix Houphouët-Boigny. Quatre mois avant sa mort, j’avais eu la chance de l’interviewer à son domicile parisien au boulevard Masseran où, gravement malade, il vivait reclus depuis plusieurs semaines. Ce fut le tout dernier entretien qu’il accorda, d’où la grande valeur que j’accorde à cette photo. J’ai, dans mon livre SUR LE DOS DES HIPPOPOTAMES (2006), raconté cet instant inoubliable passé avec ce grand homme.

Extrait : « Je me rends boulevard Masseran avec une certaine curiosité. Sur place, je retrouve quelques collègues venus spécialement d’Abidjan. Le chef du protocole nous conduit ensuite dans un grand salon où trône un vieillard affaibli, à l’allure fragile et modeste au milieu de ce luxe écrasant. L’image me frappe aussitôt.

À quelques mètres de moi, démuni et seul, se tient l’homme qui a mené le pays jusqu’à son indépendance avant de le tenir avec la plus extrême fermeté de cette même main que je vois aujourd’hui tremblotante ; un homme dont le combat a débuté il y a plus de soixante ans, lorsque, au début des années trente, il prenait la tête de la contestation contre l’accaparement des terres par les grands propriétaires coloniaux et contre une politique économique qui pénalisait les planteurs ivoiriens. Un homme qui réussissait, quinze ans plus tard, à abolir le travail forcé dans l’ensemble des colonies françaises…

Pourquoi le cacher ? J’éprouve alors un élan de sympathie pour le combattant que le pouvoir a isolé, mais qui demeure une icône vivante pour tant d’Ivoiriens, ce vieillard de près de quatre-vingt-dix ans que la maladie va bientôt emporter. Le chef du protocole referme les portes, et nous nous retrouvons seuls, lui et nous, dans l’immense pièce. Mais au moment de commencer l’entretien, je sens comme une gêne. Aucun de mes confrères ne veut poser la première question. Je réalise alors, moi qui n’ai jamais vu Houphouët de ma vie, à quel point il était craint ! Qu’à cela ne tienne, je me lance. Je pourrais être le petit-fils de l’homme que j’interroge, je n’en perds pas mes moyens pour autant, même si je sens l’émotion monter. « Comment allez-vous, Monsieur le Président ? Pourquoi ne rentrez-vous pas en Côte d’Ivoire ? » Tous les micros s’abritent aussitôt derrière le mien. Houphouët-Boigny, en vieux renard de la communication, ne se démonte pas, balaie d’un revers de main toute allusion à sa santé. J’enchaîne, sans me démonter, les questions, même si, très vite, Houphouët-Boigny capture la parole et se lance dans une évocation grandiose de la Côte d’Ivoire éternelle et de son propre rôle historique.

Difficile de lutter avec les politiques qui possèdent l’art de la parole ; et ceux qui se souviennent des conférences de presse de De Gaulle ne me démentiront pas. Ce sera sa dernière interview. Trois mois plus tard, le 7 décembre à 19 heures, Houphouët-Boigny mourut. Et c’est à moi qu’il revint de l’annoncer à la télévision. Ce soir-là, le hasard voulut que je présente le journal. C’était à Cayenne, où je venais de prendre un nouveau poste. Que pouvaient bien penser ceux qui me regardaient à cet instant, les Guyanais qui, pour beaucoup, ne connaissaient pas le nom d’Houphouët-Boigny ?

Cette mort m’a touché au-delà de ce que j’aurais pu prévoir. J’angoissais sans doute de savoir mon pays désormais livré à l’inconnu. Quand la dépêche est tombée, dans la matinée, un état d’abattement étrange s’est emparé de moi. Je suis sorti pour marcher, hagard, dans les rues de la ville. Puis je me suis enfermé dans le premier cinéma venu. Mais Germinal n’a rien fait pour m’arracher à la tristesse !

Quelques semaines, plus tard, « le vieux » fut enterré à Yamoussoukro, sa ville natale. Nous fûmes alors nombreux à ressentir les mêmes sentiments contradictoires : après avoir déploré les dérives du régime, nous ressentions le choc de la disparition d’Houphouët-Boigny et l’angoisse du vide qui suit la mort de tels patriarches. En chacun de nous, agacement et fascination se mêlaient. Nous le savions, la disparition de cet homme aussi adulé que vilipendé allait enfin nous permettre de juger son action de manière objective, et de dresser un bilan qui ne pourrait être que contrasté. Mais pour l’heure, nous nous retrouvions sonnés par l’événement.

Aujourd’hui, les choses apparaissent plus clairement. Au crédit de ce long règne : la volonté de fédérer des ethnies morcelées en une nation, et une politique d’ouverture en direction des étrangers. Houphouët-Boigny n’a jamais privilégié le droit du sang sur celui du sol. Il fut même l’un des rares dirigeants africains à ne jamais tomber dans la dérive nationaliste. D’autre part, du moins dans les premières années, son régime a équipé le pays en infrastructures modernes et indispensables, routes, écoles, hôpitaux. Enfin, il a su maintenir une bonne entente avec les pays voisins, ne choisissant jamais la voie de la guerre comme solution. Même lorsque des tensions sont apparues avec notre voisin direct, le Burkina Faso, il n’a jamais joué la politique du pire.

Politiquement et économiquement, de grandes avancées ont donc été accomplies sous sa présidence. Peut-être qu’à certains moments le fameux miracle ivoirien releva plus du mirage, mais nul ne contestera la réalité du travail qui a été accompli pour le pays. Pour l’essentiel, les Ivoiriens vécurent sous un régime calme, peu policier, et lorsque Houphouët-Boigny aimait à répéter qu’il n’avait « pas de sang sur les mains », il n’était pas loin de la vérité, telle du moins qu’on peut la juger à l’aune d’un continent où les luttes sont trop souvent meurtrières. Mais rien de cela ne peut faire oublier le passif de son bilan.

Afin de se maintenir au pouvoir, Houphouët-Boigny a au fil du temps mis en place un régime de la peur et de la délation, chacun surveillant chacun, tout le monde craignant d’être écouté au téléphone comme en public. Par ailleurs il a développé clientélisme et corruption, et a, sinon pioché dans la caisse lui-même, du moins fermé les yeux sur certaines pratiques douteuses de son entourage. D’autre part, à ne pas développer de nouvelles filières économiques dans le pays, il a pris la grave responsabilité de ne pas offrir de perspectives aux jeunes. Le régime se targuait d’avoir su éviter les violences. Même si elles restèrent peu nombreuses, elles existèrent tout de même et, lorsqu’elles se produisirent, furent terriblement sanglantes.

Ainsi, dans les années soixante-dix, Kragbé Gnagbé, qui avait suivi des études dans les pays de l’Est, voulut créer un parti politique. Houphouët-Boigny en prit ombrage et ordonna le massacre du village dont il était originaire Gnagbé. On a parlé de quatre mille morts ! Comment s’étonner, dans de telles conditions, que tant d’Ivoiriens entretiennent aujourd’hui des désirs de revanche ? Houphouët-Boigny a laissé un pays en paix, mais à l’intérieur duquel tous les germes de guerre civile étaient déjà à l’œuvre, comme on le constate aujourd’hui. »

Par Serge Bilé
serge.bile@orange.fr

Source: Le Blog de Serge Grah

20:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, serge bilé, félix houpouet-boigny, boulevard masseran | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 14 janvier 2010

LE PARADOXE AFRICAIN : UN CONTINENT POTENTIELLEMENT RICHE MAIS SOUS-DEVELOPPE

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Habituellement, l’Afrique est considérée comme le dernier de la classe, toujours en décalage avec le reste des continents. Or notre beau continent reste le continent le plus éclatant, le plus riche potentiellement quoique le plus négligé. D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population, en 2009, estimée à  996 533 200 habitants, les Africains représentent 15,54% de la population mondiale. L’Afrique est un continent qui compte ne serait-ce qu’au niveau de sa population, 43% de jeunes qui ont moins de 20 ans,  ce qui reste un vivier pour son développement. Difficile, du reste, d’imaginer l’Afrique autrement que sous les traits sévères qu’on lui prête généralement. Et pourtant,  « Le Monde diplomatique », N°108, n’a pas trouvé meilleur titre que « Indispensable Afrique ». Si notre continent est indispensable au bon fonctionnement de l’économie mondiale, il est alors possible de se poser une seule question : pourquoi l’Afrique peine à se développer au même rythme que les autres ? Si nous tenons le savoir pour libérateur, il nous faut le vulgariser : tel est notre but. Et Nous n’avons jamais fait mystère de notre volonté de réveiller les consciences endormies car comme disait Napoléon Bonaparte, « Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses. ». L’Afrique et son développement reste donc la centralité de notre présente contribution.

 

 

L’AFRIQUE, LE CONTINENT AUX RESSOURCES INEGALABLES  

 

Le continent africain est riche au regard de son potentiel. L’Afrique détient 30% des réserves minérales de la planète. 80 % des ressources de la planète en coltan, qui sert à la fabrication des portables, 90% du platine, 50% du diamant, 40% de l’or.  C’est la raison pour laquelle, certains observateurs traitent à propos de notre continent de « scandale géologique ». Entre 1990 et 2004, la production du continent africain a augmenté de 40%, passant de 7 à 10 millions de barils/jours et elle doit atteindre cette année 50%. Le continent assure 11% de la production pétrolière mondiale. Avec la Guinée, qui représente 30% des réserves mondiales de bauxite, tout juste derrière l’Australie, le continent ne manque pas d’aluminium.

Les Nations unies estiment, par exemple, qu’il y a plus de 800 millions d’hectares de terres cultivables inutilisées qui attendent leur révolution verte. Elle devrait être le lieu de la réponse attendue aux pénuries alimentaires en Afrique et ailleurs. Après l'Amazonie, la forêt africaine est la seconde plus grande forêt tropicale du monde. Précisément, 20% de la surface de forêt tropicale encore intacts se situent dans le "Bassin du Congo" (au sud-est du Cameroun). Une biodiversité unique au monde. Plus de 200 espèces ligneuses poussent sur 1000 mètres carrés, soit une fois et demi plus d'espèces que sur l'ensemble du territoire français. A ce stade de réflexion, nous retiendrons que l’Afrique regorge d’énormes ressources pourtant le continent est abonné aux aides occidentales.

 

 

L’AFRIQUE, UN CONTINENT ABONNÉ AUX AIDES EXTERIEURES

 

L’APD[1] aux pays d’Afrique subsaharienne est passée de 3,1 milliards en 1990 à 1,4 milliard en 1999, soit une baisse de 55%.

L’Afrique est devenue le continent mendiant qui fait toujours la manche pour vivre. Du coup, ce continent aux fabuleuses ressources, passe pour être celui qu’on doit assister continuellement. L’homme politique de premier ordre, selon les termes consacrés du général DE GAULLE, Félix Houphouët Boigny, disait qu’un homme qui a faim, n’est pas un homme libre. L’aide devient un levier très puissant pour les pays aujourd’hui dits riches, mais pauvres hier, de corriger leur image avec leurs aides au développement.

Pour corriger son image désastreuse dans bien de pays d’Afrique subsaharienne, Alain Joyandet, le ministre français de la coopération, voudrait rendre cette aide « visible » car selon lui, elle n’est « ni assez visible, ni assez efficace ».

Désormais, la France voudrait privilégier l’aide directe, via les ONG[2], pour construire par exemple des écoles, avec un drapeau français planté dessus.  La démarche, on ne peut plus claire, est politique. En effet, cette bataille de la France, guidée par la volonté française de gagner l’estime des africains déjà très entamé. L’aide n’est pas seulement une main tendue, mais un couteau pour nous trancher « la gorge » ou une corde pour nous étrangler.

En ce qui concerne la France, elle  étudie "la création d'un jeu spécifique pour l'Afrique", un loto ou un bingo en ligne, qui complèterait l'aide publique au développement et s'inscrirait dans le cadre des "financements innovants". En tout cas, c’est ce qui se prépare au  secrétariat d'Etat à la Coopération français.

 

L’Afrique reste de loin le continent où les mérites d’un ministre de l’économie restent attachés à  ses efforts de mobilisation de l’aides extérieures et à annuler les anciennes. Ils sont abonnés aux clubs de Paris et de Londres.

Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics (19 pays développés en sont membres permanents) qui a pour but de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiements de nations endettées. Quant au Club de Londres, c’est un groupe informel de créanciers bancaires privés qui s'occupe de dettes publiques. Il préfère rééchelonner les dettes. Et sa première rencontre eut lieu en 1976 pour tenter de résoudre les problèmes de paiements du Zaïre.
Les africains n’ont pas encore compris que l’aide extérieure est un piège. Pis, il ne semble pas toujours acquis aujourd’hui qu’ils veuillent s’en débarrasser. C’est la raison pour laquelle, dans son livre «L'Aide Fatale», l'économiste Dambisa Moyo s'insurge contre l'assistance portée au continent noir. Dans sa démonstration, elle n’y va d’ailleurs pas avec la tendresse qu’on connait aux femmes. Selon elle, Il faudrait fermer les robinets, en finir définitivement avec l'aide au continent noir  et ce,  pour le bien de l'Afrique, pour la sauver, l’aide étant la cause de tous ses maux, de son sous-développement. Pour Dambisa Moyo, les occidentaux  ont notamment eu  tort de prêter de l'argent à Jean Bedel BOKASSA, le dirigeant de la Centrafrique qui,  mettait les têtes de ses ennemis dans son frigo.

Pour clore ce paragraphe, nous empruntons deux citations de deux présidents africains sur la question de la dette.

 

Dans une interview accordée à Time, le président Paul Kagamé a déclaré : « maintenant il faut  poser une question à nos donateurs et partenaires qui ont tant dépensé d’argent : qu’est ce que cet argent a changé en Afrique ? Dans les 50 dernières années vous avez dépensé 400 milliards de dollars sous forme d’aide. Mais quels sont les résultats visibles ? ». Tout aussi flamboyant, Abdoulaye Wade aurait dit en 2002: «Je n'ai jamais vu un pays se développer grâce à l'aide et au crédit. Tous ceux qui ont réussi, en Europe, en Amérique, au Japon, ou en Asie —comme Taiwan, la Corée, Singapour— ont cru au marché. Il n'y a pas de mystère ici. L'Afrique s'est trompée de route après l'indépendance». C’est donc dire que le juste et fol espoir de l’endettement  est berne.

Mais une fois qu’on a dit ceci, se pose alors la sempiternelle question de l’attitude à adopter. Une des premières solutions est la réappropriation de nos richesses.

 

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mercredi, 13 janvier 2010

DESAFFECTION DES FEMMES POUR LES DESSOUS: EFFET DE MODE OU PURE PERVERSITE?

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Un certain phénomène prend, en ce moment, de l'ampleur dans nos sociétés: la désaffection des femmes pour les dessous. Après avoir opté, un temps, pour les strings dévastateurs, elles renoncent de plus en plus, aujourd'hui, à en porter. Tout bonnement. Les jupons, n'en parlons même pas. Pas alors étonnant de les voir dans des Jeans taille basse qui dégagent (au meilleur des cas) le nombril et laissent entrevoir le haut du pubis nu, les fesses dénudées, avec des tatouages sur la partie supérieure ou dans des pantalons et robes moulants qui dessinent parfaitement leurs fessiers ou leurs entrejambes, galbés, sans dessous aucun. Cette pratique nudiste est courante dans les milieux dits "glamour". Si bien que des stars internationales comme Beyonce Knowles, Britney Spears, Jennifer Lopez, Kate Moss, Katie Jordan Price, Lindsay Lohan, Paris Hilton, Victoria Silvstedt et bien d'autres encore, ont été prises en photo, en descente de voiture (exemple de la deuxième image; nous avons choisi la moins choquante), dans des postures dégradantes, où leur attribut féminin se dévoile dans tout son cru. Franchement déprimant! Malheureusement, comme toujours, nos soeurs africaines et, singulièrement, ivoiriennes, se sont entichées de la désolante pratique et s'y distinguent fort négativement. La situation (similaire) au Gabon a interpellé Dave Moubele Pendy, qui nous en parle, dans cet article: Le dégout des gabonaises face au slip.


De plus en plus de femmes adoptent un nouveau mode vestimentaire qui suscite curiosité auprès de nombreuses personnes en tête desquelles la gente masculine. Le non port du slip chez la femme est un véritable phénomène de société qui prend chez la jeune fille ainsi que la femme en générale une proportion très inquiétante. Une récente enquête menée auprès d'un échantillonnage de femmes issues de plusieurs catégories de notre société assure qu'être nu est mieux que d'être vêtu d'un slip. D'autres en revanche décrient le phénomène.

Jeanne : Esthéticienne.

Pour ma part, je trouve que porter le slip aujourd'hui est un « casse-feeling ». Moi, quand j'ai un rendez-vous galant et sachant que j'ai en tête que ma rencontre se soldera par une partie de jambe en l'air, je m'habille sans mettre le slip parce que cela pourrait constituer un élément de ralentissement de l'acte.

Constance : Etudiante en 2ème Année de Sociologie.

Je trouve absurde de voir mes sœurs s'adonner à un tel comportement. De plus, nous assistons à une perte de valeur de la dignité féminine africaine parlant de la considération de la femme en générale et de la Gabonaise de manière singulière. Comment peut-on justifier une telle attitude ? C'est regrettable ! Où va la femme ? Cela ne s'explique pas. Vivement que ce phénomène soit dénoncé mais également que des mesures fortes soient prises afin de décourager des comportements pareils.


Antoinette : Fille de joie (Prostituée).

Chez moi, le slip est inscrit aux abonnés absents. Voici neuf (9) ans aujourd'hui que je n'en mets pas sauf quand j'ai mes menstruations. Le slip me dégoûte et je trouve ça encombrant au moment de passer à l'acte sexuel. Je trouve embêtant de l'ôter surtout quand je suis excitée.

Adélaïde T. : Pharmacienne.

Le port du slip me créait des démangeaisons entre les cuisses. J'aime être nue. Cela me procure plusieurs avantages, notamment ceux liés à l'acte que vous connaissez. Il y a moins de perte de temps mais aussi pour les raisons que j'ai évoquées auparavant.

Henriette : Secrétaire de Direction.

Le slip tel que beaucoup se l'imaginent, je ne le porte que lors de mes règles. Par contre, je suis une accros du string qui me met très à l'aise quant je le porte. J'avoue que j'aime dormir toute nue et cela est très confortable. Le slip est un linge que je souhaite voir évoluer mais qui reste quand même important aux yeux des femmes. Libres à elles d'en faire le choix. Je suis « string-girls » et non « slip-women ».

Maman Hortense, Sexagénaire : Commerçante de divers.

Je suis dépassée par vous les jeunes d'aujourd'hui. Dans quel monde a-t-on vu une femme qui se balade sans slip ? La dernière fois, j'ai été scandalisée par ma petite fille qui avait porté un pantalon qu'elle appelle taille basse ; mais elle a porté ce dernier sans dessous. Ce n'est pas normal !

Célestine M. : Femme de ménage.

A mon époque, ce genre de phénomène n'existait pas. Nous étions toutes instruites sur la nécessité de préserver notre dignité. Je ne sais pas jusqu'où nos filles d'aujourd'hui veulent aller ?


Dave MOUBELE PENDY

jeudi, 07 janvier 2010

POURQUOI LE TIERS-MONDE NE SE DÉVELOPPE PAS ?

Samedi, 25 Juillet 2009



Dans son livre « A Farewell to Alms » [ou « Adieu l'aumône »], l’économiste Gregory Clark examine les conditions nécessaires pour qu’un pays accède au développement économique. Après avoir étudié la transformation des mentalités en Angleterre entre le 13e et le 19e siècle, Clark énumère quatre critères qui, selon lui, doivent être réunis avant qu’une économie ne commence son ascension : travailler dur, penser au lendemain, maîtriser les savoirs de base (lire/écrire/compter), et régler les différends autrement que par la violence.  Selon G. Clark, les pays du « Tiers-monde » ne se développent pas car leurs populations ne sont pas prêtes. Par François Desouche.

 

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Livre de Gregory Clark : A farewell to Alms qui veut dire: Adieu l'aumône

Le développement économique est un phénomène récent à l’échelle de l’humanité. De la Préhistoire au 19e siècle, c’est l’ensemble de la planète qui reste dans un état de sous-développement. Longévité, taille moyenne de la population (indicateur de santé), revenu réel par habitant… : les chiffres sont à peu près les mêmes en 10 000 av. J.-C. et en l’an 1800 de notre ère. Coté nutrition par exemple, l’Anglais moyen consommait 2 322 calories par jour en 1790 (les plus pauvres devaient même se contenter de 1 508 calories/j). Par comparaison, les tribus de chasseurs-cueilleurs consommaient 2 300 calories par jour, voire plus ; et leur régime était bien plus varié. « L’homme primitif était bien nourri par rapport à l’une des sociétés les plus riches du monde en 1800 », écrit l’auteur.

La raison de cette stagnation est bien appréhendée : jusqu’en 1800, tout progrès technologique s’est traduit non par une « augmentation du niveau de vie » mais par un « accroissement du nombre d’habitants ».

Tout change à partir du 19e siècle. Le niveau de vie moyen commence à croître à un rythme prodigieux, jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ? Pour Gregory Clark, la réponse se trouve dans les archives médiévales qu’il étudie depuis vingt ans. »

Selon lui, « l’Angleterre du 13e siècle n’était pas prête pour le développement économique en raison de quatre handicaps, partagés par tous les peuples » :

1.      une vie tournée vers le présent et l’incapacité à  consentir des sacrifices immédiats pour un mieux-être ultérieur ;

2.      une maîtrise très approximative du calcul, de la lecture et de l’écriture. Et une volonté insuffisante de développer ces compétences ;

3.      la résolution des conflits par la violence physique plutôt que par la négociation ;

4.      une quantité de travail insuffisante.

Il est, selon l’auteur, impossible qu’une population présentant ces caractéristiques puisse engendrer les progrès technologiques rapides et continus nécessaires au développement économique. En 1800, en revanche, les Anglais travaillent 60 heures par semaine, pensent à l’avenir, savent suffisamment bien lire, écrire et compter, et commettent peu de crimes. Une population ayant ces qualités est alors en mesure d’inventer la Révolution Industrielle, ou au moins d’en copier les meilleures idées avec succès.

Que s’est-il passé entre 1200 à 1800 pour que s’opère ce changement radical en Angleterre ?

Gregory Clark apporte une réponse fort simple.

En 1200, seule une fraction de la population possède les quatre qualités évoquées précédemment : ceux qui se sont enrichis. Exemples : le poissonnier qui a plus de clients que son concurrent, le cordonnier qui vend ses chaussures plus cher mais parce qu’elles sont de meilleure qualité, le paysan qui produit plus de blé. Cette fraction de la population a « plus d’enfants » ayant survécu jusqu’à l’âge adulte que les autres (avoir des enfants est coûteux : nourriture, soins, éducation… Seuls les plus riches peuvent subvenir aux besoins d’une famille nombreuse).

Léguant à leurs enfants leurs valeurs et leurs traits de caractère, les familles porteuses de valeurs positives se sont multipliées, répandant ces valeurs au travers de la société. A l’inverse, celles qui en étaient dépourvues ont progressivement disparu. « La population de l’Angleterre moderne descend principalement des classes socio-économiques supérieures du Moyen Âge, » conclut Gregory Clark. « Être économe, prudent, travailleur et négocier sont devenus les valeurs de communautés qui auparavant étaient dépensières, impulsives, violentes et paresseuses. »

Il a donc fallu 600 ans  pour que les traits de caractère nécessaires au développement économique du pays se répandent peu à peu, et en 1800, l’Angleterre était prête pour la Révolution Industrielle. D’autres zones géographiques étaient dans cette configuration : la France et le reste de l’Europe, les colonies européennes (Etats-Unis, Canada, Australie, etc.), l’Asie du Nord-Est (Japon, Corée du Sud, Taiwan, etc.).

Les autres pays ne l’étaient pas. Ces pays-là sont aujourd’hui appelés « pays sous-développés » ou «Tiers-monde ». C’est de ces pays que proviennent la majorité des immigrés qui s’installent en France.

Pouvons-nous les aider à se développer ?

Gregory Clark répond par la négative.

Nous pouvons leur montrer nos innovations, mais ils ne les utilisent pas aussi bien que nous. Et Clark soutient qu’il n’y a rien à faire pour accélérer leur développement. Contrairement à ce que croient la Banque Mondiale ou le Fonds Monétaire International, il ne s’agit pas d’un problème de capitaux, d’encadrement, d’institutions, d’éducation, d’infrastructures ou de techniques. Si tel était le cas, ces déficiences pourraient être comblées avec suffisamment de temps et de générosité. Le vrai problème, selon Clark est d’une nature beaucoup plus profonde. C’est ce qu’il appelle pudiquement : « la qualité des travailleurs ».

Cette conclusion est d’autant plus significative que Gregory Clark n’est pas un marginal. C’est au contraire un chercheur réputé. A Farewell to Alms est un best-seller qui a reçu un accueil très favorable dans les milieux intellectuels, du New York Times au prix Nobel d’économie 2001 George Akerlof. Ses données sont inattaquables. La publication de ce livre, en 2007, a suffi pour propulser son auteur au rang de superstar de l’économie, en l’espace de quelques mois.

Gregory Clark conclut par ce jugement sévère : « L’Histoire démontre, comme nous l’avons vu encore et encore dans ce livre, que l’Occident n’a aucun modèle de développement économique à offrir aux pays du monde qui sont encore pauvres. Il n’y a pas de remède économique simple qui garantira la croissance, et même des interventions économiques complexes n’offrent pas de chance claire de guérison pour les sociétés atteintes de pauvreté. Même les dons directs destinés à les assister ont prouvé qu’ils étaient inefficaces pour stimuler la croissance. »

Auteur de l’article : François Desouche

Source : http://nerrati.net/afrique-dossier

16:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Monde | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : a farewell to alms, gregory clark, adieu l'aumône, afrique-dossier, nerrati.net, f.desouche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |