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mardi, 05 janvier 2010

DELIVRANCE DE VISAS: CHICANERIES FRANçAISES

EMBLEME CONSULAT DE FRANCE.jpg 

 I -  Introduction

 

Il n’y a pas très longtemps nous étions invités  à une cérémonie de baptême d’un petit garçon de six mois, dans la région lyonnaise,  par un couple ami. Le mari est un français, blond aux yeux bleus ; un homme très courtois, d’une grande amabilité, très humble et d’une humanité très visible. Il est profondément amoureux de son épouse, une noire originaire de ce pays d’Afrique de l’ouest qu’on appelle la Côte d’Ivoire.

 

Après la cérémonie à l’église, nous sommes allés au domicile du couple où un rafraîchissement et un déjeuner étaient prévus. Là, le mari nous a exprimé sa colère et  surtout sa honte face au comportement du consulat de France à Abidjan qui a refusé le visa à la mère de son épouse qui devait venir voir sa fille et assister au baptême de son petit-fils.

 

Il expliquait avec rage que sa femme et lui ont fourni tous les documents demandés par le consulat, rien ne manquait et pourtant le visa a été refusé, sans la moindre explication. Avant d’aller plus loin examinons, ici, la liste des documents exigés par les ambassades et autres consulats français pour le voyage d’un africain dans leur pays.

 

II - Documents exigés par la France

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20:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chicaneries françaises, délivrance de visas, principe de réciprocité, dr serge-nicolas nzi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 24 décembre 2009

L’ACTIVISME NAUSEABOND DE LA FRANCE CONTRE LA GUINEE

 

DADIS CAMARA.jpg

Quelle célérité de la part de ceux qui s'arrogent le droit d'être appelés la « Communauté Internationale » pour traduire les autorités guinéennes devant le Tribunal Pénale International ! : La France, appuyée en cela par les Etats-Unis !

En effet, après deux rapports au pas de course de Human Rights Watch et de la commission d'enquête ad hoc de l'ONU pour les tueries du stade de Conakry, avant même que l'ensemble des membres du Conseil de Sécurité n'en reçoive copie et que le document ne soit traduit et remis à tous les ambassadeurs près l'ONU, la France demande voire exige, depuis hier (mercredi 23 décembre 2009) que les autorités guinéennes soient traduites, « très rapidement (sic !) » devant les instances judiciaires internationales. Pour cela, elle réclame la saisine immédiate du TPI (le tribunal des perdants, des pauvres et des faibles).

En vue d'empêcher, dit-elle, le Capitaine Moussa Dadis Camara (atteint par balle à la tête par son aide de camp Toumba Diakité, au cours d'une tentative d'assassinat manquée et hospitalisé au Maroc), de revenir prendre les rênes de la Guinée. Elle compte ainsi parvenir à circonscrire le risque d'éclatement d'une guerre civile au pays de Sékou Touré (vraiment ?).

Diantre, dans quel monde sommes-nous ? Un pays planificateur de tueries et de coups d'Etat à la pelle, en Afrique, est-il fondé à donner des leçons au monde et à exiger quoi que ce soit ?

On se souvient encore de l'implication clairement démontrée de la France dans le génocide Rwandais (même si elle s'obstine à tout nier en bloc et à se refuser à toute repentance ou excuse) et dans les crises à répétition sur le continent noir avec leur cortège de morts, notamment en Côte d'Ivoire, au Niger, à Madagascar, au Togo, au Tchad, au Gabon, en Centrafrique, au Congo Brazzaville et même au Ghana (coup d'Etat manqué contre John Kufuor). Et la liste n'est pas exhaustive, loin s'en faut !

Les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004, en Côte d'Ivoire, la France, à travers sa Force Licorne a tiré avec du gros plomb contre des Ivoiriens aux mains nues qui manifestaient contre un coup d'Etat en cours et la prise en otage de leur pays.

87 femmes, hommes et jeunes (dont un enfant de 11 ans, à Port-Bouët, devant le 43 ème BIMA) ont ainsi trouvé la mort, dans des conditions particulièrement atroces, sans compter les milliers de blessés dont certains portent des séquelles et des handicaps à vie.

A-t-on entendu un pépiement de la part de qui que ce soit dans le monde ou ne serait-ce qu'une parole de compassion pour le pauvre peuple de Côte d'Ivoire meurtri et bafoué sur sa propre terre ? Non !

A-t-on même entendu les africains ? Non ! Ils s'étaient tous terrés dans une incompréhensible couardise, dans l'inconséquence générale et un manque criant de solidarité ! Ils ont même voté la mise sous embargo de la Côte d'Ivoire par l'ONU, assortie de sanctions individuelles qui demeurent jusqu'à ce jour, dans l'illogisme le plus complet et l'incongruité la plus totale. Grâce à la France.

Et bien que des preuves à profusion existent contre la France dans cette tuerie innommable, la Côte d'Ivoire n'a jamais vu passer, par ici, même l'ombre de Human Rights Watch (les Ivoiriens ne sont peut-être pas des humains, sait-on jamais !) et d'une quelconque commission d'enquête ad hoc de l'ONU.

Voici révélée toute la laideur de notre monde et des prétendus organisations et pays de liberté et des Droits de l'Homme. Et il y a bien pire ! Je vous en fais l'économie.

Alors, qu'aujourd'hui, cette France-là demande justice et réclame le TPI pour les autres, là où une bibliothèque n'arriverait pas à contenir le récit de tous ses crimes en Afrique et dans le monde, c'est véritablement le monde à l'envers !

Même si la junte au pouvoir en Guinée est indéfendable, cet activisme nauséabond de la France choque fortement ma morale et suscite, chez moi, étonnement et interrogations.

Je crois qu'il faut plutôt voir derrière ce zèle surréaliste, non pas de l'amour pour le peuple guinéen, de la solidarité ou un quelconque désir de justice, mais la volonté d'une nation impérialiste de se positionner durablement dans un pays qui s'est affranchi de sa tutelle, aux temps des indépendances, qui lui a toujours échappé et à qui elle l'a durement fait  payer.

Les africains devrait, eux-mêmes, prendre en main le dossier guinéen et aider ce digne peuple frère à se relever de cinquante années de misère profonde. Parce que je continue à croire en l'Afrique et à penser que le peuple noir n'est pas frappé de l'atavisme de la médiocrité morale et de la misère intellectuelle.

Africains, ne croyons surtout pas que la France, par toutes ces gesticulations, ait l'intention de nous donner les preuves de son amour. Elle n'a que des intérêts et n'est mue que par eux. Et si nous consentons à lui donner le coup de pouce complice pour dépecer la junte (malheureusement) au pouvoir en Guinée et embrigader ce pays frère, alors il faudra désespérer de l'Afrique. De fait, que chacun s'attende à connaître son tour et à ne bénéficier d'aucune solidarité.

Des militaires et des civils ont pris le pouvoir, en Afrique, par des coups d'Etat, avec la bénédiction de la « Communauté Internationale ». Pour ne citer que deux exemples, on se souvient encore du voyage du Général François Bozizé, en France en 2003, et de son retour en Centrafrique suivi du renversement du régime en place, celui du civil Ange-Félix Patassé, démocratiquement élu de surcroît.

Il y a le cas plus récent du séjour d'une semaine d'Ange Rajoelina, un DJ insurrectionniste notoire d'Antananarivo, à l'ambassade de France à Madagascar, officiellement pour raison de sécurité. Dès qu'il en sort, coup d'Etat retentissant contre Marc Ravalomanana, Président de la République malgache.

Dans les deux cas, les tergiversations de la « Communauté Internationale » pour condamner ces dérives ont été hallucinantes. Au final, elle s'est contentée d'en prendre simplement acte.

D'où vient-il donc qu'en Guinée, on veuille nous faire croire au Père Noël (même si nous sommes en Décembre. Tout de même) ?

Dans le dossier guinéen, il n'est question que d'intérêts et de profits ; rien d'autres. Qu'on ne vienne donc pas nous dire des contes de fées.

Je tiens à l'affirmer tout net pour éviter toute équivoque : Ce n'est pas de la sauvegarde ou de la préservation du pouvoir de Dadis Camara dont je me préoccupe autant mais plutôt du peuple guinéen frère, de sa paix, de son intérêt supérieur et de son bonheur souverain. Une crise guinéenne gérée maladroitement et dans la précipitation en coûtera plus à ces frères qu'un recours judicieux à la sagesse et à la mesure.

La solution qui, pour moi, s'impose en Guinée, à la suite de toutes les observations que j'ai faites de la situation, c'est de permettre aux Africains et au peuple guinéen de résoudre, eux-mêmes, cette crise. Il faut multiplier les initiatives et les médiations entre les parties en présence, en Guinée. De la concertation persévérante et obstinée et des professions de bonne foi des guinéens sortiront des solutions et des dispositions salutaires pour ce peuple frère. Pour une fois, prouvons que nous sommes intelligents, en Afrique (après, bien sûr, la leçon du dialogue direct ivoirien).

C'est bien le passage en force auquel la France est en train de nous conditionner et nous conduire qui, plutôt, provoquera le chaos redouté. Car, il ne faudrait jamais l'oublier, ce sont des militaires aguerris qui sont au pouvoir. Ils ne seront certainement pas prêts à se laisser tondre la laine sur le dos et ça, il faudra le comprendre. Aucun recours à la force et aux intrigues mafieuses impérialistes ne peut aboutir. Ne provoquons pas chez les putschistes un raidissement irréversible, un basculement dans le totalitarisme et la décision de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille, pour se mettre à l'abri des poursuites judiciaires. Au meilleur des cas, ce à quoi de tels procédés conduiront, c'est à la recolonisation de la Guinée, par l'arrivée aux commandes du pays de personnalités que celle qui s'agite, aujourd'hui, s'arrangera (comme toujours) à imposer. Il faudra alors craindre le bradage des immenses ressources minières de la Guinée aux entreprises impérialistes françaises qui rechignent à la concurrence et qui affectionnent les prébendes et les contrats léonins (Areva au Niger, Total au Gabon, au Tchad et au Congo Brazzaville, Bolloré en Côte d'Ivoire et au Sénégal, etc.).

Je recommande donc à mes frères africains la prudence, la patience et la compréhension pour conduire le dossier guinéen à bon port. De sorte que nous en sortions tous gagnants. Nous n'avons pas besoin d'un embrasement général de la sous-région ouest africaine. En tout cas, pas la Côte d'Ivoire !

 

Que DIEU bénisse l'Afrique !

 

DINDE Fernand AGBO

17:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, guinée, dadis camara, tribunal pénal international, onu, human rights wath, activisme nauséabond | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 23 décembre 2009

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE (Mis à jour)

DINDE FERNAND.jpg
NB: Vous pouvez cliquer sur le titre en gras de chaque article pour le lire.
Chers bien-aimés frères et sœurs, chers lecteurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant quatre bonnes années (2006 – 2010), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 21 différentes parutions de 15 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 7 quotidiens et magazines, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme (cliquer sur le titre de l'article pour le lire):


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire (1)
     Mes propositions pour la Côte d'Ivoire (2)

(Publiés à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !
LES ARTICLES PUBLIES CETTE ANNEE 2009
13- Du nouveau dans l'affaire Vidéo Bassesse!
(Publié sous le titre : Un proche de la victime témoigne. En fait, dans mon article, c'est plutôt une proche de la victime que je connais qui témoigne car, moi, je n'en suis pas un).
Magazine Vedette, N° 006 du Mardi 07 au Lundi 13 Juillet 2009, p.7, rubrique Société.
14- Affaire Kieffer: Et revoici le chiffon rouge de la France!
(Publié en première page sous le titre : Affaire Kieffer / Un intellectuel (quelle estime pour ma modeste personne !) interpelle Sarkozy : "Un peuple digne ne se laisse pas plier comme une feuille").
Le Temps N° 1874 du Samedi 24 au Dimanche 26 Juillet 2009, p.6, rubique Temps Fort.
15-Faire gaffe à la crise guinéenne

Le Temps N° 1974 du Jeudi 22 Octobre 2009, p.10, rubrique Temps des Idées.

L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner, depuis le départ, qui continuent jusqu'à ce jour, à m'accompagner dans cette belle aventure et à partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement, et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire mienne !


DINDE Fernand AGBO

samedi, 19 décembre 2009

FRANçOIS SPIRLET: RACISME ET COLONIALISME

Faits vécus en Afrique Tropicale (1955 – 1966)

 

1.      Le taxi : le 2 juillet 1955, l’avion atterrissait à l’aérodrome de Léopoldville, au Congo belge, Ainsi commençait pour moi une expérience africaine de 11 années. A peine sorti de l’aérodrome, cherchant un taxi, 2 européens s’avancent vers moi, me congratulent et proposent de me conduire à l’hôtel situé à quelques kilomètres de là. Je n’ai pas eu le temps d’exprimer ma gratitude que la voiture avait démarré. J’ai eu droit pendant le parcours à des conseils sensés me prémunir contre les dangers que présentaient le contact (à éviter) avec les noirs. Ce fut un véritable endoctrinement me mettant en garde contre les congolais.

Ils étaient sales, menteurs et voleurs, c’était la raison pour laquelle ils avaient été parqués dans la cité indigène, curieusement dénommée : "Le Belge". Ils m’ont souhaité un bon séjour dans la Colonie et m’ont remis leurs adresses. Ainsi, à peine arrivé, j’étais sensé être averti des erreurs que je pouvais commettre en essayant d’être simplement humain !

 

2.      Le bureau de Poste : une de mes premières préoccupations était de rassurer ma famille

et je m’étais rendu à la poste proche de l’hôtel. A peine entré, je me trouve devant une file de congolais. Je me mets à la suite en constatant l’effroi que je provoquais. C’est alors qu’un vieil homme me demanda de me rendre au guichet avant tout le monde ! Stupéfait, je lui en demande la raison et il m’a répondu : si le policier (un congolais comme eux) qui est dehors, voit que nous ne vous avons pas laissé passer, ils nous frappera tous avec sa "chicotte" !!

Aucun écriteau, comme c’était le cas en Afrique du Sud, n’imposait une telle mesure, mais les instructions du policier étaient formelles, il appliquait les ordres reçus comme un ‘ Kapo ‘ !

Peu de temps après, j’avais décidé de franchir le fleuve et de me rendre à Brazzaville. La traversée durait à peine une ½ heure et mon premier soin fut d’envoyer une lettre.

Je me retrouve devant une file d’indigènes, je prends la queue et je vois arriver un européen

qui se rend directement au guichet déjà occupé par un client. Sans s’en préoccuper le moins du monde, il l’écarte et tend ses lettres au préposé. Le client, sans ce fâcher, lui dit dans un français impeccable : Monsieur, vous n’êtes pas à Léopoldville ici, je suis citoyen de ce pays, faites la file, je vous en prie ! Interloqué, l’intéressé est sorti penaud, sans dire un mot.

N’en déduisez surtout pas que la colonisation française fut idyllique, loin s’en faut.

Aucune colonisation ne fut bonne, certaines moins mauvaises que d’autres, mais il en fut d’exécrables, comme en Afrique du Sud et les victimes des colonisations sont incalculables.

 

3.      La Cie d’Assurances : pour régler un litige, je m’étais rendu chez mon assureur. Une salle rectangulaire, meublée d’une dizaine de tables où travaillaient des congolais devant leurs machines à écrire. A l’entrée, un comptoir isolait les clients. Au fond de la salle placé sur une estrade, trônait un bureau, pour l’heure inoccupé, Mon ami congolais souriant se dirigea vers moi. En lui tendant la main, j’avais saisi l’étonnement des autres africains, peu habitués à ce geste si simple, si évident pour moi. Ensuite il se remit au travail. Sur ces entrefaites un européen était entré : il a jeté un regard circulaire et ne voyant pas le blanc, il a dit :

Il n’y a personne ici ? Lorsqu’il fut parti, mon ami m’a confié qu’il aurait préféré recevoir des coups plutôt que d’entendre cela. Cette forme de racisme est sans doute la plus odieuse.

 

 4. Le régime de bananes : il était passé deux fois devant notre maison, en faisant attention à ne pas se faire remarquer. Peu de congolais traversaient la cité européenne. Voyant nos enfants jouer dans le jardin, il s’était décidé à entrer et a fait comprendre à mon épouse que son enfant avait la fièvre et lui avait demandé une aspirine car l’infirmier n’en avait plus. Ma femme lui en avait donné une tablette. Une semaine plus tard, il nous a apporté un grand régime de bananes, avec lequel il aurait pu nourrir sa famille toute une semaine ! C’était surtout le geste, si rare à cette époque, que cet homme avait voulu récompenser. Et pour lui, ces quelques cachets n’avaient pas de prix.

 

 5. La boite d’allumettes : un épisode des Camps me revient souvent en mémoire. C’était vers

la fin de la Guerre, Nous essayons par tous les moyens de survivre et de rester encore des

êtres humains. Nous ne possédions plus rien, le moindre objet trouvé lors des fouilles incessantes était susceptible de nous valoir une punition variable selon l’humeur des gardiens. J’avais trouvé une boîte d’allumettes vide, qui était toute ma richesse ! J’étais parvenu à la dissimuler et à la conserver jusqu’à notre libération. Un jour, à Léopoldville, en me rendant à mon travail, je n’avais pu éviter une flaque boueuse comme il s’en formait après chaque pluie. A l’époque coloniale, certains européens prenaient un malin plaisir à diriger leur véhicule dans les ornières afin d’arroser copieusement les congolais qui passaient, à pied au bord de la route ! J’avais freiné et j’étais revenu vers ce vieil homme qui me faisait pitié.

Il tremblait de peur d’être, en plus insulté par le blanc. Je lui tendis la main pour le rassurer.

Il a cru que je voulais lui prendre ce qu’il avait dans la main et l’ouvrit !

C’était une boîte d’allumettes vide ! Et tout me revint à l’esprit. Mon propre calvaire et le sien. Je parvins à le faire monter en voiture et je l’ai emmené chez moi où ma femme lui a préparé un repas convenable après lui avoir remis quelques vêtements. Chacun de nos gestes envers lui fut accompli dans le souvenir des Camps. Il n’en croyait pas ses yeux et me fit comprendre que c’était le premier blanc qui s’était montré humain envers lui. Jamais je ne l’oublierais. Que cette dernière image de l’Afrique reste gravée dans vos cœurs !

 

En guise d’esquisse de conclusion :

La solution de facilité serait de condamner le fait colonial dans son ensemble, sans en dégager les

réalisations soi-disant positives telles que les infrastructures portuaire, routière et ferroviaire, le domaine de la santé etc..

Mais le but primordial de la colonisation a toujours été l’augmentation des profits de son économie coloniale.

Le caractère disparate de la scolarité reflétait la conception de chaque Etat colonisateur.

Limité à l’enseignement primaire dans sa majorité, l’éducation ne devait être utile qu’à la formation de personnel subalterne, en aucun cas de postes à responsabilités, capables le jour venu de prendre en mains leur propre avenir.

Le refus du respect de la dignité de l’africain, du partage des responsabilités et l’évolution bien trop lente vers la modernité ne pouvaient conduire que vers l’affrontement.

La vraie question, au-delà des polémiques et qui concerne toutes les colonisations est de se demander ce qui aurait pu être fait (voir Ecole et Démocratie) et qui peut être fait aujourd’hui.

L’Afrique n’a que faire de regrets aussi tardifs (quand ils veulent bien s’exprimer !).

Elle préférerait des actes et une nouvelle approche de la coopération EURO – AFRICAINE, notamment en rendant aux villages le bonheur d’y vivre, afin de vider les bidonvilles et de les équiper tous d’un puits et de panneaux solaires destinés au Téléviseur commun.

     

Intervention de Mme SPIRLET suivi de quelques réflexions sur des faits vécus en Afrique coloniale

 

 

1.  Le verre d’eau (témoignage de Mme SPIRLET) : je venais à peine d’emménager dans la cité européenne et j’arrosais mon jardin lorsqu’un congolais effrayé par son audace me fit signe qu’il souhaitait boire un peu d’eau à l’extrémité du tuyau. Je suis allé lui chercher un verre d’eau fraîche, qu’il s’est empressé de boire en se confondant en remerciements. A peine parti, la voisine de la villa d’en face arrive furibonde, en me demandant si je n’étais pas devenue folle. On voit bien que vous venez à peine d’arriver, vous ne les connaissez pas. En lui montrant l’Eglise non loin de là, je lui ai demandé ce qu’on lui enseignait à cet endroit ?

Elle ne su que répondre. J’ai eu le temps de lui rappeler que tous les hommes étaient frères !

 

2.  La boulangerie (témoignage de Mme SPIRLET) : nous venions d’arriver à Bukavu, dans la province du Kivu où mon mari venait d’être muté. Je m’étais rendu à la boulangerie. Les blancs y entraient par la porte principale et recevaient leur pain soigneusement enveloppé. Ils n’hésitaient pas à payer avec une grosse coupure et c’est avec un large sourire qu’on leur remettait la monnaie ! En sortant, j’avise une longue file de congolais, dans une ruelle boueuse, à côté de la boulangerie. Un policier noir, armé d’une chicotte (matraque) faisait avancer les noirs, sans ménagement, devant un trou pratiqué dans le mur de la boulangerie. Chacun devait présenter la monnaie exacte et on lui lançait le pain à travers l’orifice. Si la monnaie ou le pain tombait par terre, il fallait décamper en vitesse pour éviter les coups de chicotte. Le policier noir se comportait comme les Kapos des Camps de concentration, ce qui ravivait chez mon mari la douloureuse expérience des Camps et l’horreur du nazisme.

 

 

 Quelques aphorismes à méditer concernant les soi-disant aspects positifs de la colonisation :

 

1. COLONISATION est un euphémisme, car il s’agit bien d’une occupation coloniale de l’Afrique, souvent au prix d’une campagne militaire dont les victimes africaines restent à dénombrer.

 

2. Les ASPECTS POSITIFS (sic) de la colonisation ont été rendus nécessaires pour faciliter le vie des occupants blancs en réservant les établissements secondaires, en priorité aux blancs, à ce sujet, le jour de l’indépendance 7% des algériens avaient eu accès au secondaire !

Quant aux infrastructures, routes, transports ferroviaire et fluvial, administration remarquablement organisée (notamment au Congo belge où elle fut exemplaire) sa finalité était avant, tout de faciliter l’exploitation des immenses ressources du continent africain.

 

3.  Si l’enseignement primaire fut particulièrement développé, contrairement au secondaire, la raison en est simple : il permettait aux peuples colonisés de n’occuper que les emplois subalternes qui ne nécessitaient qu’un strict minimum de connaissances.

A titre d’exemple précis, valable pour toutes les autres colonies, le jour de l’indépendance du Congo belge (30.06.1960) il n’y avait que 17 universitaires congolais ! !

 

Et pour terminer, quelques sentences à méditer :

Vous trouvez que l’Education coûte cher, essayez donc l’ignorance.  A.LINCOLN.

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. Martin LUTHER KING.

 

Enfin, une devise qui pourraient devenir celle de l’EUROPE mais aussi celle de l’AFRIQUE :

Frères, rapprochons-nous, oublions ce qui nous sépare, le seul bonheur durable est de se comprendre mutuellement pour s’aimer. INTELLIGENCE – AMOUR . H.BARBUSSE.

Et pour donner son véritable sens à ce vécu : L’essentiel n’est pas de dire des choses nouvelles, mais la vérité. GOETHE

 

 

François SPIRLET

Président de l’ A.D.M – Chevalier de l’Ordre du Mérite de la R.F.A

60 Boulevard DEGANNE

F 33120 Arcachon

FRANCE
Tél. : 05 56 54 81 67 / Courriel : fspirlet@free.fr

 

 Nous Sommes le Congo !
C
essons d'Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

18:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : françois spirlet, racisme, colonialisme, colonisation, patrick éric mampouya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 17 décembre 2009

L'INITIATIVE PPTE N'EST PAS UN PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT

CARTE DE L'AFRIQUE.png

L’Afrique reste de loin le continent où les prescriptions des institutions financières prospèrent.

En effet, les africains ont la manie de croire que leur salut viendra des occidentaux comme s’ils étaient amnésiques de leur passé. Après l’échec des programmes d’ajustement structurels, les institutions financières internationales récidivent avec ce qui ressemble bien à une humiliation des pays du tiers-monde : l’initiative PPTE [1]. Cette énième stratégie des institutions financières internationales, pour mettre les économies sous-développées sous tutelle, trouve des supporteurs en Afrique. Très récemment (le 4 décembre), en Côte d’Ivoire,  le Réseau des jeunes cadres pour la victoire de Gbagbo, a organisé une conférence animée par les spécialistes du ministère de l’Economie et des Finances, sur le thème : « L’initiative PPTE dans le bilan du Président Laurent Gbagbo, quelles retombées pour la Côte d’Ivoire ? ».

Les experts de la « refondation » ont applaudi des deux mains, l’admission de leur pays à l’initiative PPTE. Et pourtant il n’y a pas de quoi pavoiser car aucun pays ne s’est développé avec les programmes d’ajustement structurels. C’est le but de notre présent article qui s’articulera autour de quatre points. Primo, il sera question de situer l’origine premier de la dette, secundo, montrer comment les tentatives de réduction ont abouti à l’initiative PPTE, tertio, démontrer qu’elle  n’est pas un programme de développement puis quarto, exhorter les pays en développement à compter sur eux-mêmes dans une logique de développement autocentré.

RÔLE DE L’AIDE DANS SA CONCEPTION PREMIERE

Il s’agit ici de définir brièvement le rôle de l’aide dans l’histoire, afin de débarrasser définitivement les africains de l’idée que l’aide est destinée à leur développement.  

Dans le passé, les pays qui ne parvenaient pas à générer une épargne intérieure suffisante pour financer leur essor économique ont recherché des fonds auprès d’autres pays. Les Etats-Unis ont fait appel à l’épargne étrangère, en particulier pendant la période antérieure à la guerre de sécession, de 1835 à 1860. De la même manière, la Russie a eu besoin de fonds extérieurs pour assurer son développement dans les trois décennies qui ont précédé la première guerre mondiale et la révolution communiste. L’aide étrangère, telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est l’émanation de la phase qui a suivi la seconde guerre mondiale. Son origine remonte au plan Marshall, dont l’application a amené les Etats-Unis à transférer 17 milliards de dollars en quatre ans à l’Europe, soit l’équivalent d’environ 1,5% du PNB américain, pour la reconstruction de l’Europe. Les deux décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale ont vu les colonies européennes, notamment en Asie et en Afrique, émerger en nations indépendantes. Encouragés par la réussite du concours apporté par le plan Marshall, les Etats-Unis ont pris la tête de la politique d’aide aux pays en gestation en leur fournissant, sous forme d’aide étrangère, le même élément « le capital ». Les motivations qui fondaient les programmes d’aide américaine dans l’après guerre étaient complexe et allaient de l’égoïsme à la générosité. De 1946 à 1952, l’Europe menacée par le communisme reçoit l’essentiel de l’aide (25 milliards de dollars sur 37), l’Afrique reçoit 0,02 milliards de dollars, l’Amérique Latine 0,86, l’Inde 0,29, 2,2 pour le Japon, 0,7 à la Corée , 1,2 à la Formose … Il s’agissait pour les américains de «  contenir le communisme » autour du périmètre du bloc soviétique, tout en essayant d’assurer l’accès des Etats-Unis aux matières premières dont leur industrie avait besoin. On estimait en outre que le développement favoriserait à la fois la sécurité et les intérêts économiques, en réduisant l’instabilité et en associant les nouvelles nations à l’ordre du monde capitaliste. C’est à la suite des américains que les pays européens et en particulier la France et le Royaume-Uni apportent leur appui à leurs anciennes colonies.

DE LA REDUCTION DE LA DETTE A L’INITIATIVE PPTE

Après des années de laxisme au niveau des prêts aux Etats, le début des années 80 connaitra un tournant décisif puisque les bénéficiaires vont se déclarer incapables d’honorer le remboursement de leurs dettes. En effet, le monde de la finance a été secoué le 13 août 1982 lorsque le Mexique, l'un des pays débiteurs importants des banques a annoncé son intention de ne plus respecter les échéances de remboursement de sa dette extérieure. Et pourtant, ce pays  ne présentait aucun  risque de défaut de paiement, selon les observateurs avisés de l’époque. En  quatre mois, une trentaine de pays en développement vont suivre l'exemple du Mexique, plongeant ainsi le monde entier dans une crise d’une nouveauté historique : celle qui touche les Etats. L’endettement devient une hémorragie qu’il faut arrêter le plus vite possible. C’est dans cet ordre que naissent les divers plans.

L’initiative BAKER intervenue en 1985 peut s’inscrire dans cette logique puisqu’elle propose pour les 15 pays lourdement endettés un rééchelonnement pluriannuel de la dette accompagné d’un flux de nouveaux prêts. Force est de constater que le rééchelonnement n’a pas empêché  l’hémorragie car les arriérés se sont cumulés. Dès lors, les réflexions se sont tournées vers la réduction de la dette. Ces efforts de réduction ou d’aménagement de la dette sont légions. Il y a eu :

-L’accord de Toronto (1988) : d’autre l’appelle aussi accord Mitterrand. Cet accord n’est ni plus ni moins qu’un plan de réduction de la dette publique des pays dits à revenu faible.

-Le plan Brandy (1989) : le plan Brandy, du fait qu’il est utopique de croire à un remboursement intégral de la dette, c’est pourquoi il est nécessaire de convaincre les banques commerciales de la nécessité d’un allégement de la dette. C’est ainsi qu’ensemble, pays débiteurs, institutions financières internationales, banques commerciales et Etats créanciers définissent les modalités de réduction de la dette et de l’octroi de nouveaux prêts.
-Le plan de Trinidad (1990) : cette initiative était destinée à renforcer l’accord de Toronto en élargissant le nombre de pays bénéficiaires de la réduction et en offrant un allégement plus substantiel de la dette des pays les plus pauvres.

-L’accord de Naples (1994) : cette initiative est généreuse et contraignante à la fois ; elle offre une possibilité de réduction de deux tiers de la dette des pauvres démunis qui acceptent de mettre en œuvre des programmes de reformes économiques.

Ces réformes ne révolutionnent rien du tout. La communauté financière internationale a reconnu en 1996 que la situation d'endettement extérieur d'un certain nombre de pays très pauvres, la plupart situés en Afrique, était devenue extrêmement difficile et avait un impact négatif sur leurs perspectives de développement.

L’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE) a été lancée au Sommet du G7 de Lyon en 1996 et renforcée au Sommet de Cologne en 1999. Elle définit un cadre global dans lequel les créanciers multilatéraux (Banque mondiale, Fonds monétaire international) et bilatéraux (pays créanciers) procèdent de manière coordonnée à des allégements de dette en faveur des pays pauvres très endettés qui appliquent des programmes d’ajustement et de réformes appuyés par le FMI et la Banque mondiale. Elle a pour objectif de rétablir la solvabilité de ces pays et de réduire la pauvreté. L'initiative pays pauvres très endettés (PPTE, HIPC Heavily Indebted Poor Countries en anglais),  vise  en réalité à assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales « soutenables ».   Selon le FMI, la soutenabilité est « une situation dans laquelle un pays a la capacité de satisfaire à ses obligations présentes et futures concernant le service de la dette, sans qu’un changement important dans sa balance de paiement soit nécessaire ».

L’INITIATIVE PPTE N’EST PAS UN PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT

L’initiative PPTE n’est pas un programme de développement mais une déprogrammation du développement. Les pays en développement et singulièrement ceux d’Afrique ne doivent point avoir la mémoire courte. Les programmes d’ajustement structurel (PAS) ont été un levier très puissant au développement du sous-développement dans ces pays. Les conséquences des PAS ont ému jusqu’au-delà des pays en développement pour révolter le prix Nobel Joseph Stiglitz. Il suffit de lire les premières pages de son livre « la grande désillusion », pour s’en convaincre. Il écrit : « j’écris ce livre parce que j’ai directement constaté, quand j’étais à la banque mondiale, l’impact dévastateur que peut avoir la mondialisation sur les pays en développement, et d’abord sur leurs populations pauvres ».  Le FMI lie ses crédits à des conditions, dans le cadre d’un plan censé corriger les problèmes qui ont causé la crise. D’abord, pour être éligible à l’initiative PPTE, le pays doit être très pauvre, avoir son ratio dette/exportations supérieur à 150%, et le pays demandeur doit produire un Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il est demandé, l’application effective par les pays bénéficiaires pendant au moins trois ans d’un programme d’ajustement structurel. Une fois ce premier terme échu (décision point), les créanciers décident d’accorder ou non le programme de réduction de la dette. Mais cette réduction devient effective dans sa globalité qu’après trois autres années probatoires, durant lesquelles les résultats économiques s’affichent comme satisfaisants (completion point). Dans les milieux financiers, on dit souvent que le pays doit successivement passer les étapes dites de Période préliminaire, de Point de décision, de Période intérimaire, de Point d'achèvement. Toutes ces périodes successives sont en réalité des  périodes où le FMI voudrait voir ses ordres exécutés. Mais étant donné l’ampleur  des « conditions », les pays qui acceptent l’aide du FMI, lui abandonnent de fait une grande partie de leur souveraineté économique. Les experts du FMI mettent souvent en avant la nouveauté qu’est le Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP). Ce serait une innovation du FMI puisque le DSRP lie  directement les allègements de dette à la lutte contre la pauvreté. C’est un document rédigé par le pays débiteur, qui présente les politiques et les programmes macro-économiques et sociaux qui constitueront leur stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté.  Les occidentaux, pour jouer aux « shérifs » crient aux « indiens » à tout vent. Le FMI demande la réduction d’effectifs dans des secteurs stratégiques comme l’éducation et la santé. Or, il est impossible d’amorcer un véritable développement sans des progrès considérables dans ces deux secteurs. Pourtant, le FMI et les institutions financières internationales exigent que les pays n’excèdent pas 35% de leurs ressources financières pour leur masse salariale.

L’initiative PPTE est semblable à un malade sous « assistance respiratoire », qui une fois sorti de cet état est placé à nouveau « sous perfusion ». Du coup, le malade n’est toujours pas libre. Cette initiative  permet juste à la trésorerie exsangue d’un Etat de souffler pendant un certain temps.  Pour son développement, il faudra pour tout pays, des politiques économiques axées sur les investissements productifs, l’industrialisation, la réduction du chômage, pour parler véritablement de développement.

LES AFRICAINS DOIVENT COMPTER SUR EUX-MÊMES POUR LEUR DEVELOPPEMENT

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a exclu le 11 décembre 2009, de recourir à des prêts du Fonds monétaire international et rejeté tout risque de faillite imminent pour son pays en dépit de  la grave crise financière qu'il traverse. Cette hypothèse a été évoquée par certains économistes au moment où l'augmentation de la dette et du déficit budgétaire grecs suscitent des inquiétudes croissantes en Europe. Les grecs veulent compter sur eux-mêmes car c’est ainsi qu’on devient un grand pays, un grand continent. Georges Papandréou entend notamment lutter contre l'évasion fiscale et réformer un système hospitalier très corrompu. "Nous reconnaissons qu'il s'agit avant tout de notre problème. La corruption n'a rien à voir avec la crise financière, c'est notre responsabilité". Si les pays africains veulent compter dans le concert des nations, il leur faudra tourner le dos à cette mendicité internationale dont seuls les pays africains ont le secret.  L’initiative PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de générosité. Il est vrai que l’endettement des pays africains est immoral car la responsabilité morale des créanciers est nette dans le cas des prêts de la guerre froide. Lorsque le FMI et la Banque mondiale prêtaient de l’argent à Mobutu, le tristement célèbre président du Zaïre, ils savaient que ces fonds, pour l’essentiel, ne servaient pas à aider les pauvres zaïrois. On payait ce despote pour qu’il maintienne son pays fermement allié sur l’Occident. C’est donc dire que les aides de ces institutions financières internationales ont d’autres objectifs que le développement des pays en développement. Il leur revient d’échafauder des programmes de développement et des politiques économiques clairs pour sortir leur pays du sous-développement.  Que faire des pays dits pauvres dans ce cas ?

La question est irritante mais débouche sur une réponse toute simple : tant que les pays en développement n’auront pas une croissance endogène, et ne seront pas débarrassés de toutes emprises extérieures, l’annulation de la dette ne sera jamais un médicament aux maux dont souffrent les pays pauvres mais un alicament. 

 

Dieu bénisse l’Afrique !

Séraphin PRAO
Docteur en économie monétaire
Spécialiste des Pays Africains de la Zone Franc
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr


[1] Pays Pauvres Très Endettés

TIBURCE KOFFI: LA TRAHISON DES INTELLECTUELS AFRICAINS

Un texte intéressant de Tiburce Koffi (publié l'année dernière) que je vous invite à lire, même si je n'adhère pas à l'orientation trop ciblée et personnalisée de la réflexion et de la conclusion du texte que je juge excessivement exclusive. Bonne lecture!

« (…) du fait de la dé-responsabilisation des citoyens par le parti unique, tout le monde commence à trouver normal, légitime, que l’on devienne multimillionnaire en l'espace de quelques mois du fait que l'on est placé à des postes de responsabilité dans l'appareil d’Etat. Et c’est là le drame. Il ne peut pas être pardonné qu PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » In « Pour une alternative démocratique ». P. 126.


gbagbo.jpgSurtout ne vous y méprénez pas, ces paroles ne viennent pas de moi ― quoique cela eût pu en être ainsi. Elles viennent d’un essayiste du nom de Laurent Gbagbo. Il y a de cela 25 ans qu’ils les a écrites. J’avais à peu près cet âge-là ; et, jeune enseignant contestataire alors, ce livre d’où j’ai extrait cette citation pour ma chronique d’aujourd’hui, était un peu comme ma bible. J’ai jugé utile d’en porter cet extrait à la connaissance des lecteurs… qui ne savent pas, en attendant de trouver le temps de leur faire un compte rendu un peu plus fouillé de ce livre.


« Il ne peut pas être pardonné au PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » Oui, vous avez bien lu. C’est ce que disait cet homme lorsqu’il était dans l’opposition et que, bénéficiant de l’aura que donne ce statut aux intellectuels, il remuait notre enthousiasme à l’aide de ces mots-là ; ces mots si jolis, si bien placés, si bien dits. Ces mots durs, incisifs, sans complaisance, sans nuance aucune. Alors, comme de nombreux enseignants de ma génération, je me suis dit : «Voilà l’homme qu’il nous faut pour le renouveau de la Côte d’Ivoire : mettre fin a la Côte d’Ivoire des bourgeoisies spontanées et injustifiées ; la Côte d’Ivoire des riches sans tradition de richesse. La Côte d’Ivoire des gens qui ne deviennent riches que par et dans la politique, et non par le travail laborieux et patient qui, seul, génère la richesse méritée. »...


Est-ce bien cet homme-là, le même, qui est aux commandes de mon pays depuis près d’une décennie ? Est-ce bien lui dont le régime se caractérise aux yeux de tous les Ivoiriens par cette âpreté au gain, cet enrichissement facile et illicite que nous avions décrié hier encore ? Est-ce bien le même Gbagbo dont les ministres et les collaborateurs étalent sous nos yeux étonnés, tous ces signes extérieurs de richesses faciles et, certainement illicites ? Oui. Tragiquement oui ! Et du Nigeria au Sénégal, du Tchad au Togo, du Liberia au Camroun, etc., c’est au spectacle d’une Afrique en proie à ces maux-là que nous assistons ; une Afrique d’aujourd’hui dirigée par les grands opposants d’hier aux idées si généreuses, si belles, si prometteuses. Et nombre d’entre eux sont des intellectuels ! Autrement dit, de 1960 à 2008, rien n’a changé en Afrique dans la manière de gérer le pays ; rien d’autre sinon les noms des dirigeants. Les pratiques décriées d’hier sont encore là, plus vivaces, plus nocives que par le passé ― les nouveaux riches ne laissant nulle place où la main truande ne passe et repasse.


Alors, je me suis interrogé : que veut finalement ce continent ? Que veut la Côte d’Ivoire ? Sommes-nous vraiment condamnés à échouer ? Sommes-nous maudits ? Pourquoi sommes-nous si fragiles face aux tentations mesquines ? Pourquoi sommes-nous si faibles face à l’argent ? Quelles sont finalement les valeurs auxquelles l’Africain croit ? Pourquoi nos intellectuels n’arrivent-ils pas à cultiver un idéal élevé, à entretenir les rêves qu’ils ont semés dans le cerveau de leurs peuples ? Pourquoi le pouvoir nous dévore-t-il si facilement l’âme et le cerveau ?...
Plus je relis les livres de Laurent Gbagbo, plus je revisite les discours de l’opposant d’hier, et plus fort gronde en moi la révolte ; une révolte légitime, une révolte justifiée, née du sentiment d’avoir été trahi. Mais au-delà de cette révolte, il y a en moi, cette certitude navrante : le nègre est incapable d’entretenir un idéal ! Or notre chef est un nègre… comme tous les autres. Donc... !


Mais je sais au fond de moi-même que cette certitude est erronnée et qu’elle n’est que l’expression du découragement d’un instant de détresse. Je sais qu’il nous est possible de faire germer de grands rêves pour nos peuple, et de veiller à leurs réalisations effectives. Je sais qu’il y a place aussi pour nous autres à la peau pigmentée, au rendez-vous des valeurs nobles, incorruptibles. Des hommes nouveaux, aux âmes belles et généreuses, existent bel et bien sur ce continent du désespoir permanent. Des hommes que la soif de richesse n’habite pas ; des hommes que seul le besoin de servir la patrie agite. Il nous faut arriver à les identifier ; il nous fait arriver à faire l’inventaire de notre personnel Intelligent et dévoué à la cause populaire.


Oui, il faut le dire ou… périr : ces hommes-là existent. Il est évident que M. Gbagbo et ses refondateurs n’en font pas partie. C’est pourquoi il nous faudra leur arracher le pouvoir pour le confier à des mains plus doctes, plus propres. A des âmes plus belles ! Pour faire fleurir et fructifier les rêves sains et généreux. Sans démagogie.

Source: Les Réflexions de Tiburce Koffi.

17:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tiburce koffi, trahison des intellectuels africains, laurent gbagbo, pdci-rda | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 décembre 2009

PROCES EN DIFFAMATION: VINCENT BOLLORE TRAINE DES CAMEROUNAIS EN JUSTICE

VINCENT BOLLORE.jpg

Le mardi 15 décembre 2009 prochain, Pius NJAWÉ et certains de ses compatriotes Camerounais devront comparaître par devant mesdames et messieurs les présidents et juges composant la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de Grande instance de Paris, siégeant au Palais de justice de ladite ville comme témoins au procès qui oppose Vincent BOLLORÉ et le Groupe Bolloré France Inter, radio française de service public émettant à Paris, et à ne pas confondre avec Radio France Internationale (RFI).

Il s’agit notamment de Emmanuel ETOUNDI OYONO, actuel directeur de la Maetur, Hilaire KAMGA, président de l’ONG Nouveaux droits de l’Homme, Edouard TANKOUÉ secrétaire général du Syndicat national des inscrits maritimes et assimilés du Cameroun, Jean Marc BIKOKO, président de la Centrale syndicale du secteur public.

Tous sont cités d’avoir tenu des propos diffamatoires au cours du reportage réalisé au Cameroun sur  "Cameroun, l’empire noir de Vincent BOLLORÉ", diffusé sur les antennes de ladite radio le 29 mars 2009. C’était dans le cadre de l’émission "Interception" qui a été diffusé de 9h00 à 13h05.

Pour les plaignants qui se sont constitués partie civile, cette émission a "diffusé des propos (…) contenant l’imputant d’un fait précis portant incontestablement atteinte à l’honneur et à la considération de Monsieur Vincent BOLLORÉ et de la société Bolloré".

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14:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : procès contre des camerounais, vincent bolloré, radio france inter, robert ngono ebodÉ | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 03 décembre 2009

L'OCCUPATION COLONIALE DE L'AFRIQUE ET SA DECOLONISATION BRUTALE: UN DEVOIR DE MEMOIRE EUROPEEN

Par François SPIRLET

Déporté de la Résistance, ancien fonctionnaire colonial

(1955-1960)

Conseiller et secrétaire particulier d’un Ministre africain

(1961-1962)

Expert de l’UNESCO en Afrique Tropicale et des Grands Lacs

(1963-1966)

 

Le récent débat "A vous de juger" sur le rôle positif qu’aurait pu jouer la colonisation a montré à quel point les interprétations sont tranchées et les nerfs à fleur de peau.

Bien que certains des intervenants et la majorité du public n’avaient jamais vécu en Afrique !

D’emblée, précisons par mon vécu de fonctionnaire colonial, ayant connu les dernières années d’occupation européenne de l’Afrique (colonialisme étant un euphémisme) qu’il n’y a jamais eu de "bonne’ colonisation", tout au plus de moins mauvaises, mais aussi d’exécrables, telle que celle d’Afrique du Sud, sans doute la plus connue.

Avant de comprendre l’inanité de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, et le légitime appel des 19, il est indispensable d’en expliquer la raison primordiale.

Il s’agit de l’absence d’un devoir de Mémoire européen qui aurait été initié par tous les pays ayant participé au dépeçage de l’Afrique et à l’occupation coloniale qui s’en est suivi.

C’est l’explication primordiale du chaos africain actuel, nous y reviendrons.

Il s’agit, malheureusement de la quasi-totalité des pays fondateurs de l’Europe des 12, dont certains, tout aussi coupables, se sont permis de culpabiliser la seule France.

Ce devoir de mémoire, incontournable et accompli de façon exemplaire aurait évité bien des erreurs et permis de jeter les nouvelles bases d’une véritable coopération eurafricaine.

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lundi, 30 novembre 2009

FRANçOIS SPIRLET: L'INCROYABLE TEMOIGNAGE DU DERNIER COLON D'AFRIQUE CENTRALE

 Le dernier colon d'Afrique Centrale, François SPIRLET (86 ans)

A la claire fontaine…

 

 

 

Un conte bantou vécu par un blanc.

 

 

L’Afrique coloniale

 

Je venais d’arriver en terre africaine, c’était il y a près de 50 ans. Rescapé des Camps nazis, j’avais choisi d’être enseignant. En espérant apporter à mes élèves les moyens d’empêcher de revivre mon calvaire. Une longue carrière d’enseignant m’a permis de le réaliser.

À peine sorti de ce qui n’était alors qu’un modeste aérodrome, je n’ai guère eu le temps de chercher un taxi, deux européens se sont avancés vers moi pour m’accueillir, le sourire aux lèvres, c’étaient des compatriotes, qui m’ont dirigé vers leur voiture.

Un accueil auquel je ne m’attendais pas, ainsi, c’était donc cela, notre belle colonie ?

Un havre de paix et de compréhension, de sollicitude et de solidarité ?

 

Mais le désenchantement, brutal, ne tarda point. À peine installé dans une voiture américaine récente, j’ai eu droit à un conditionnement qui n’a jamais quitté ma mémoire.

Après un bref souhait de bienvenue, une série de recommandations sensées faciliter mon adaptation et m’éviter ainsi bien des erreurs accaparèrent tout le trajet en voiture.

D’emblée, leur tutoiement devait me faire comprendre qu’il s’agissait d’aider un compatriote à acquérir un comportement qui le mettrait à l’abri des dangers qui le guettaient.

Ne donne jamais la main à un noir, elles sont sales, remplies (sic) de microbes. Et quand tu prendras un boy (domestique), rappelle-toi qu’ils sont tous voleurs. Évite de leur donner à manger, tu les paies, ils doivent apprendre à se débrouiller.

Je ne me souviens plus du reste, l’essentiel m’avait déjà rendu malade. C’est alors que me revint en mémoire mon ordre de mission : vous serez chargé de créer une des 5 premières écoles professionnelles laïques de notre colonie (70 ans après le début de l’occupation du pays par les colonisateurs…)

 

Je n’avais de cesse de voir mon école, mais ce ne fut que le lendemain, un jour mémorable.

L’inspecteur de l’Enseignement professionnel m’avait emmené dans sa voiture. Les 15 Kms qui nous séparaient du village de N’DJILI m’ont paru bien longs. Nous étions arrivés, à perte de vue la brousse, plantée dans un environnement accidenté où l’on distinguait pourtant un plateau, celui du village de N’DJILI, de quelques dizaines de cases à peine,en me montrant un coin de brousse, l’inspecteur, avec un sourire de circonstance, m’annonça : mon cher directeur, voici votre école, je vous confie 4 hectares de brousse !

Et il avait ajouté, les plans de votre établissement ne sont pas encore terminés et les travaux ne commenceront sans doute pas avant l’année prochaine. Vous risquez d’avoir des vacances prolongées. Néanmoins, je reste à votre disposition pour vous préparer à vos nouvelles fonctions. Rendez-vous demain à notre Direction Provinciale de l’Enseignement.

 

C’est ainsi que débuta ma carrière africaine et ce conte, où le souvenir des Camps fut omniprésent.

Vêtus de haillons, certains tenaillés par la faim, mais surtout méprisés par les blancs,

sans le moindre respect pour leur dignité, j’avais retrouvé dans ces africains : L’UNTERMENSCH (le sous-homme) que j’avais été dans les Camps nazis !

Dès ce moment, je n’ai eu de cesse de les aimer….Ce conte est leur histoire.

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mardi, 24 novembre 2009

VIOLS EN GUINEE: REALITE OU MANIPULATION?

GUINEE 1.jpg

 

Depuis la survenue de la crise guinéenne et après l'inacceptable tuerie du 28 septembre 2009, au Stade de Conakry, un trésor d'énergie est déployé pour diaboliser plus que de nature Dadis Camara, le chef de la junte au pouvoir. Parmi les accusations les plus véhémentes, celle de viols perpétrés contre des guinéennes sur les lieux du drame.

Un mail au vitriol circule même sur le Net pour mobiliser le peuple frère de Guinée contre cette bande de "Bilakoros" (sic!), qui doit être éjectée au plus tôt.

Mais là où je suis resté personnellement interrogatif et même sceptique, c'est quand les seules preuves de viol qu'on nous produit dans ce mail débordant d'outrecuidance, d'impertinence et d'invectives, sont les trois photos ci-dessus, avec pour commentaire (extrait):

"Elle a eu beaucoup de chance : celle d’être "simplement" violée ! Tu as aidé ce malade frustré, qui a déclaré avoir été mis au monde par une femme de plus de 60 ans, à devenir plus fou et ivre de pouvoir. Voici comment tes filles, tes femmes, tes sœurs, tes mamans et tantes ont été violées, souillées et tuées en pleine journée et en public par cette bande. Il s'agit là des preuves qui enfonceront Dadis, Pivi, Sékouba, Thieboro, Toumba, Moussa Keita, Korka et leurs nervis et complices (notamment le félon Komara) devant une juridiction internationale".

Et l'auteur du mail de conclure son papier: " Merci et bravo aux leaders politiques ! Merci à la France et à l’Union Européenne pour le soutien au peuple de Guinée ! Merci à l’Union Africaine et à la CEDEAO pour le soutien et de ne plus associer les vieux Kaddafi et Wade aux affaires guinéennes !".

Ce qui a fait dire à un frère ivoirien:

"J'ai entendu parler, dans la presse, de viol de femmes par des militaires en Guinée, en plein stade et de jour. J'en attendais des preuves car cela dépassait tout entendement humain.

Après avoir consulté les photos, je reste convaincu que cette information est de la pure intox car quand on veut prouver par des photos qu'une femme a été violée, il y a mieux que ça à produire comme pièces à conviction. J'invite mes frères guinéens à ne pas se diaboliser les uns les autres car la faute présumée d'un guinéen (tuerie) n'excuse pas celle d'un autre guinéen (intoxication). Les problèmes de la Guinée doivent trouver solution entre guinéens, pas par la communauté internationale, un terme qui ne veut rien dire. Parole de ressortissant ivoirien ayant l'expérience directe de la crise du 19 septembre 2002."

 

Attention donc, Africains! Que la juste colère et l'aspiration légitime à la paix et à la liberté ne nous fasse pas tomber dans le travers odieux de la manipulation et dans le danger de prêter notre flanc à la récupération européenne ou internationale qui risque d'installer pire au pouvoir. A bon entendeur... salut!

 

DINDE Fernand AGBO

12:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : dadis camara, guinée, viols en guinée, conakry 28 septembre 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 20 novembre 2009

Dr YAO PRAO: CE QUE JE SAIS DE LA MONNAIE

 

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« Entre amis tout est commun » répète Aristote. Ainsi donc, on peut dire qu’une société formée d’amis ne repose pas sur l’échange mais sur le partage. Dès lors, la comptabilité minutieuse de la justice distributive et de la justice commutative n’a pas cours ici. Mais notre société moderne est loin d’être cette société d’amis. Les modernes ont voulu voir dans les processus de l’échange marchand la structure de base d’une société stable, pacifique, garantissant à chacun la liberté personnelle. Le marché devient le moyen de socialisation par excellence.  En effet, si le marché est le moyen le plus efficace pour réguler la vie sociale, il lui faut un vecteur qui est la monnaie. La monnaie n’est pas un objet ou un bien particulier, elle peut être considérée comme un ensemble de règles. Pour mettre en exergue l’aspect organisationnel de la monnaie, on parle souvent de système de paiement, c’est-à-dire une institution qui rend possible la coordination des actions économiques des individus. Sans la monnaie, on ne peut même pas penser le marché.

En acceptant cette hypothèse, il est possible de mener une réflexion sur le lien entre la monnaie et le développement économique. Après le « tsunami financier » mondial qui a tout ravagé sur son passage, les systèmes financiers africains ont fait preuve de résilience face à cette tourmente financière mondiale. La crise a exercé  des pressions substantielles  sur les marchés monétaires, financiers et des changes, tout en continuant de fonctionner normalement. Cette stabilité relative tient à plusieurs facteurs, dont une intégration limitée, quoique croissante, aux marchés financiers mondiaux, une exposition minime aux instruments financiers complexes, une liquidité bancaire assez élevée, une dépendance modérée à l’égard des financements étrangers et le faible endettement des institutions.

Bref, ce qui semble réjouir les pays africains cache en réalité une faiblesse de leurs économies : la faiblesse de la dimension monétaire du développement. Notre présent papier « Ce que je sais de la monnaie et ce que je ne comprends pas dans nos économies » est un appel à une plus grande considération des phénomènes monétaires dans les stratégies de développement en Afrique.

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 Ce que je sais de la monnaie

 

La monnaie n’est pas un phénomène très simple, c’est d’ailleurs pourquoi Charles Rist se refusait à la définir. Pour lui en effet, le phénomène monétaire est trop disparate ; or le plus souvent, on lui donne la définition traditionnelle, celle d’Aristote. Selon lui, l’échange entre les individus trouve sa source dans leur besoin. Celuici permet le lien social et donc la monnaie, moyen qui se substitut aux besoins, apparaît comme un facteur essentiel du lien social. La   « monnaie » répond à trois critères : elle doit être à la fois unité de compte, réserve de valeurs et moyen de paiement. Une telle définition ne permettrait pas d’en rendre compte pour Rist car il  craignait que l’on donne à cette définition, compte tenu de la diversité des monnaies, les caractères minima communs à tous ces phénomènes. Il en est de même de l’apparition de la monnaie. La plupart des manuels disent que  la monnaie est apparue en Lydie au VIIe siècle et à Athènes au VIe. La monnaie athénienne est en argent, extrait des mines du Laurion qui fournissent en abondance un excellent métal que l'on frappe à l'effigie de la chouette.

Parce qu’il n’y a pas de magnum opus en matière de théorie monétaire, comme l’œuvre de Keynes l’est pour la macroéconomie, la définition  de la monnaie devient comme celle du sexe des anges.

 

Certains historiens de la monnaie font remonter son invention à la révolution néolithique (il y a 12000 années), d’autres au « miracle grec » (7e siècles avant Jésus-Christ). En étudiant la monnaie, nous nous sommes rendu compte que très souvent, il y a une confusion entre les supports de la monnaie et la monnaie elle-même. Ce qui est certain, c’est que la monnaie est une création de l’économie de marché. C’est d’ailleurs ce qui semble dire, Marie Ange Cotteret dans sa thèse de Doctorat : « Il y a cinq mille ans, apparaissent presque simultanément, semble-t-il, le marché, l’écriture, l’école, la métrologie et le fonctionnement judiciaire. On peut supposer que ce n’est pas une coïncidence, mais un enchaînement logique. Tout part, semble-t-il, du développement des échanges. Au delà d’un certain volume d’échange, la parole donnée ne suffit plus à garantir la confiance, il faut consigner par écrit : on invente l’écriture. Alors, il faut apprendre à lire, à écrire et à compter : on invente l’école. Il faut aussi avoir confiance dans la quantité, mesurer ce que l’on échange : on invente les étalons et la métrologie. Enfin, il faut aussi avoir un arbitre en cas de litige : on invente les tribunaux. »[1].

La définition de la monnaie doit donc être clarifiée  de façon que soit définitivement dissipés les malentendus qu’on s’ingénie, dans certains milieux mêmes les plus autorisés.

Ce qui est vrai, la monnaie n’est pas une marchandise mais une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette pour ce dernier. Une créance étant la contrepartie d’une dette, le mot dette doit être compris ici dans un sens très général, c'est-à-dire l’obligation pour un agent d’effectuer dans un futur plus ou moins proche une action en faveur d’un autre agent. Plus précisément, la monnaie est une dette pour l'émetteur de monnaie et une créance pour son possesseur.

 

Ce que je ne comprends pas dans nos économies

 

L’Afrique subsaharienne n’a pas dû faire face à une crise financière systémique car ses banques ont peu de liens directs avec les actifs toxiques qui affectent les grandes places financières. En réalité, les pays africains n’ont rien saisi de l’importance de la monnaie, sa force, son rôle dans l’économie. La place de la monnaie dans le processus de développement, c’est ce que nous appelons la dimension monétaire du développement. On entend  par dimension monétaire, la capacité d’une banque à créer la monnaie sur une promesse de remboursement, pour financer une activité économique ou un projet tout court.

Rappelons qu’en général, les stratégies de la plupart des PED durant la période 1950-1970 présentent des traits communs : elles sont le fait d’Etats qui tentent de conforter l’indépendance politique par des politiques d’industrialisation volontaristes, qui trouvent toutes, leur cohérence dans des modèles théoriques. Les politiques commerciales occupent généralement une grande place dans les stratégies de développement des PED. L’expérience de l’ajustement en Afrique Subsaharienne n’a pas été révolutionnaire, insistant sur l’importance du développement de l’épargne dans le financement de l’investissement privé. Le financement monétaire c’est-à-dire la place des banques a été occultée. En Afrique, les banques sont très peu actives dans le financement de l’investissement. Elles sont très frileuses dans l’octroi des crédits. Du coup, le système bancaire regorge d’énormes liquidités inutilisées.

Au sein de l’UEMOA, le montant des crédits alloués à l’économie est de l’ordre de 16% tandis qu’il se situe autour de 70% en Tunisie.

Par exemple, en Côte d’Ivoire, sur la période 1996-2003, le crédit à court terme était en moyenne, de l’ordre de 70 % et les crédits à moyen et long terme 30%.

Au Sénégal, sur la période 1996-2003, le crédit à court terme était en moyenne, de l’ordre de 60% tandis que les crédits à moyen et long terme se situaient à 40%.

L’orientation sectorielle du crédit  dans ces deux pays témoigne du comportement bancaire dans le processus de développement. 

Au niveau de l’orientation sectorielle, en Côte d’Ivoire, c’est l’industrie manufacturière (27%),  le secteur du commerce (38%), le transport et la communication (12%) qui bénéficient des offres de crédit.

Au Sénégal, le secteur manufacturier (29%) et le secteur du commerce (27%) obtiennent les parts les plus importantes.

Une des conséquences, très visible au sein de l’UEMOA  est la surliquidité bancaire apparue depuis 1994 dans la zone UEMOA.  Cela nous enseigne sur la somnolence du secteur bancaire et relance le débat sur la faiblesse de l’épargne en Afrique.

Au sein de l’UEMOA, elle représentait 7% du PIB nominal en 1996 ; 3,81% en 2000 et 2,25% en 2006.

Nos économies sont tellement extraverties, à tel point que la création monétaire n’est pas impulsée de l’intérieur.

Pour Frenkel et Johnson (1976)[2], « en régime de change fixe, les déficits de la balance des paiements procèdent globalement, soit des facteurs réels (importations, exportations, mouvements des capitaux), soit des facteurs monétaires (création excessive de monnaie). Dans ce cas, l’offre de monnaie peut être dictée par la relation structurelle de la balance des paiements. Ceci entraîne que la politique de crédit est étroitement liée à la balance des paiements et le mécanisme d’ajustement ne peut être analysé parfaitement sans l’analyse de la politique monétaire et sa résultante qui est l’offre excédentaire ou demande excédentaire de la monnaie. »

 

En effet, en accord avec le FMI, la BCEAO a mis en place depuis 1975, un  système de programmation monétaire destiné à déterminer, à partir d’un objectif d’avoirs extérieurs, le montant de ses concours aux Etats membres. Le système prévoit la soumission chaque année au Conseil des Ministres d’un objectif d’avoirs extérieurs nets pour l’ensemble de l’UMOA et chacun des pays membres. Dans chaque pays, l’agence nationale de la BCEAO et le Conseil National du Crédit établissent pour l’année leurs prévisions dites non monétaires relatives à l’évolution du PIB brut à prix constants, de la position nette du gouvernement à l’égard du système bancaire et la balance des paiements (en tenant compte de l’objectif des avoirs extérieurs). A partir des prévisions du PIB et du coefficient de liquidité de l’économie, les services de la BCEAO calculent alors l’évolution attendue de la masse monétaire. Ils estiment de la sorte, la ventilation de la masse monétaire entre circulation fiduciaire, et dépôts et le crédit intérieur qui est le solde entre la masse monétaire et les avoirs extérieurs nets retenus au départ.

 

L’Afrique doit se familiariser au  fonctionnement de l’économie monétaire

 

Dans l’économie réelle, la production, le crédit bancaire et la monnaie sont étroitement liés. Toute production nécessite un financement. Une augmentation de la production requiert un financement additionnel. La monnaie est créée pour les firmes. Et la demande effective et les anticipations jouent un rôle crucial dans la détermination du niveau de crédit nécessaire pour garantir les plans de production et d’investissement. La répartition du revenu est aussi importante dans la détermination du crédit. Par exemple, une distribution du revenu qui favorise les employés (salariés) rendra la demande effective très forte, ce qui incitera les producteurs à plus produire et demander plus de crédit. Une politique monétaire qui baisse les taux d’intérêt encourage des investissements additionnels, de rentabilité modeste. Le volume de la demande effective s’en trouve accru et, par là, le niveau de la production. Le niveau de l’emploi s’améliore. Voici comment fonctionne une économie monétaire de production.

 

La monnaie est indispensable à l’économie puisque l’incertitude est la caractéristique principale de l’économie.

« Tant qu’on s’en tient à l’étude de l’industrie ou de l’entreprise individuelle en supposant que la quantité globale des ressources employées est constante et en admettant provisoirement que les conditions des autres entreprises ou des autres industries restent inchangées, il est exact que les propriétés caractéristiques de la monnaie n’ont pas à intervenir. Mais aussitôt

qu’on en vient à chercher ce qui détermine les volumes globaux de la production et de l’emploi, la Théorie complète d’une Economie Monétaire est indispensable. Peut-être la ligne de séparation pourrait-elle encore être placée entre la théorie de l’équilibre stationnaire et la théorie de l’équilibre mouvant, c’est-à-dire la théorie d’un système où les changements de vues sur l’avenir peuvent influencer la situation présente ; car l’importance de la monnaie découle essentiellement du fait qu’elle constitue un lien entre le présent et l’avenir »[3].

Se trouvent ainsi placées au cœur de l’analyse, l’incertitude et les anticipations. Or comme le rappelle P. Combemale (1999, p.30)[4], « ces deux caractéristiques conduisent directement à la monnaie : l’incertitude, parce que la monnaie est la forme de richesse la plus liquide, c’est-à-dire la plus commode et la plus sûre, la moins irréversible : acceptée en paiement par tous et à tout moment, elle laisse ouvertes les possibilités de choix ; les anticipations, parce que la monnaie, en tant que réserve de valeur, permet d’attendre et de voir venir. »

La monnaie est pour l’économie ce que le sang est pour le corps. La quantité de sang dans le corps humain dépend de ce que l’être humain mange et de son âge. Il en est de même de la monnaie et de l’économie. Il ne faut pas qu’elle sorte du « corps » qu’elle est censée irriguer, sinon ce dernier dépérit.

Il n’est plus possible que les pays africains se paient le luxe de s’endetter alors qu’ils ont une possibilité de se développer de façon endogène en comptant sur leur système financier comme pilier financier. Les phénomènes monétaires ne sont pourtant pas étrangers aux africains.

 

En Egypte, dès 2700 avant Jésus-Christ, on utilisait un indice monétaire : le shat[5]. Certes, ce n’était pas  encore une monnaie, mais une unité abstraitequi trouvait sa "réalisation" avec une foule de marchandises, lesquelles, plus ou moins pratiques à transporter pouvaient servir à compléter un paiement ou à parfaire l'entente quant à l'évaluation des prix des marchandises échangées. D'autres unités ont été utilisées : le Shâty, le Shenâ (ou Shenâou, Shenât,Shenâty), le Séniou, etc...

L'Egypte ancienne connait bien le phénomène monétaire, la monnaie étant au départ une pure abstraction de la valeur avant les premières monnaies frappées  vers le 7ème siècle av JC.

 

Pour conclure notre propos sur l’importance de la monnaie et donc des banques, le mieux est sans doute ici de citer ce passage de Dominique Plihon « Les banques ont une double fonction essentielle dans l’économie : d’une part, elles financent les agents économiques, et d’autre part elles gèrent les moyens de paiement. Ces deux fonctions sont simultanées et indissociables, comme l’illustre le célèbre adage selon lequel « les crédits font les dépôts »[6]

 

 

 

Séraphin PRAO

 

Docteur en économie monétaire

Diplômé de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble

Président du MLAN

 

www.mlan.fr

contact@mlan.fr



[1] Source : MA Cotteret, Métrologie et enseignement, thèse de doctorat N° 0312495T,UFR Paris 8, mars 2003

 

[2] Frenkel J. A & Johnson H. G. (1976), The Monetary Approach to the Balance of Payments, University of Toronto Press.

[3] La traduction française de Théorie Générale (1936) par Jean de Largentaye,p.297.

[4] Combemale P. (1999),« Introduction à Keynes », Paris, La Découverte.

[5] Le shat avait un multiple : le deben, lequel valait 12 shats.

  Le quite valait un dixième de deben

 

[6] Plihon D. (2004),« La monnaie et ses mécanismes », La découverte, «Repères»,

n°295, 4e éd.

14:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monnaie, afrique, économie monétaire, stratégies de développement en afrique, phénomènes monétaires | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 novembre 2009

LE PANAFRICANISME COMME REPLIQUE A LA COLONISATION MODERNE

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« L’avenir sera impitoyable pour ceux qui, jouissant du privilège exceptionnel de pouvoir dire à leurs oppresseurs des paroles de vérité, se sont cantonnés dans une attitude de quiétude, d’indifférence muette et quelquefois de froide complicité » disait notre lucide frère Frantz Fanon. Nous nous proposons de fournir ici, une modeste réflexion sur la colonisation. C’est un sujet qui a été beaucoup discuté. En effet, il existe peu d’événements historiques chargés d’une connotation aussi négative que la colonisation et la dictature nazie. Je ne vais donc pas prétendre donner un texte résumant fidèlement le fait colonial tant il est diffus. Je me bornerai donc à quelques indications qui me paraissent au moins essentiels. Des apprentis sorciers de l’histoire ont distillé au sein de la communauté scientifique des conceptions aussi fantaisistes qu’erronées : le révisionnisme injurieux. C’est ce dont nous parlons dans un premier temps. Dans un deuxième temps, nous essayerons de présenter un condensé du fait colonial. On verra que la colonisation continue encore sous une autre forme. Enfin, dans un troisième temps, nous pourrons, je crois, accepter le panafricanisme comme une réplique à la colonisation moderne.

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17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séraphin yao prao, panafricanisme, colonisation moderne, révisionnisme injurieux, zone franc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 14 novembre 2009

L'AFRIQUE NE DOIT PAS AVOIR POUR MAITRE LA CHINE MAIS FAIRE COMME ELLE

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La grandeur d'un homme, c'est rester humble devant la vérité. Aujourd'hui, nul ne peut contester la place qu'occupe l'empire du Milieu dans le microcosme mondial : la Chine est devenue une puissance. Elle l'a démontré lors des cérémonies d'ouverture des jeux olympiques de Pékin, en piochant dans son histoire, sa culture, ses mœurs, pour dévoiler son plus beau visage. La Chine est, elle aussi, revenue aux sources de ce qu'elle a de plus glorieux : Confucius, son histoire impériale, la route de la soie, sa calligraphie ou son Taji, la gymnastique traditionnelle locale.

Papier, imprimerie, boussole, poudre à canon, ces quatre inventions ont été longtemps considérées comme l'emblème du génie chinois. Cela est témoin de l'inventivité chinoise. La boussole, de toutes les grandes inventions chinoises, est sans doute l'une de celles qui a le plus marqué l'histoire de l'humanité. Un progrès, en effet, grâce à la « petite boite » (bossolo, en italien), le voyageur et le cartographe disposent en permanence et par tous les temps d'un point de repère fiable. Et c'est justement cette fiabilité dans le repérage qui conduit les chinois à se tourner vers le continent africain pour étendre leur empire. Rien n'est plus incontestable que la présence croissante de la Chine en Afrique. Les uns disent que la Chine pille le continent africain, les autres en revanche pensent qu'elle est une chance pour un continent dont le processus de développement a un caractère hésitant. Notre présente contribution nous a été inspiré par la citation de Joseph Joubert qui dit que « la raison peut nous avertir de ce qu'il faut éviter, le cœur seul nous dit ce qu'il faut faire ».

La Chine est partout en Afrique

Les chinois sont partout en Afrique, tant en hommes qu'en investissement. A vrai dire, pas un mois ne passe sans l'annonce d'un contrat chinois en Afrique. Pendant l'été 2009, les géants chinois du pétrole CNOOC et Sinopec indiquaient qu'ils étaient prêts à dépenser 1,3 milliard de dollars pour participer au développement d'un champ pétrolier en Angola. Quelques jours avant, c'était le groupe de Telecom ZTE, qui  emportait à Madagascar, le contrat de déploiement du réseau de téléphonie mobile de l'opérateur Madamobil, étendant ainsi sa présence sur le continent africain. Le fond de développement sino-africain pour l'heure est doté de 5 milliards de dollars destinés à accompagner les entreprises chinoises présentes sur le continent. Les principales destinations africaines des investissements chinois sont : la Libye , le Niger, le Nigeria, le Togo, la Guinée , l'Ethiopie, l'Angola, la Zambie , le Zimbabwe, le Botswana, l'Afrique du Sud et l'ile Maurice. Le stock d'investissement chinois est de l'ordre de 6 à 7 milliards de dollars par an, ce qui, à l'échelle du revenu africain, est important. Les Chinois exportent comme partout ailleurs leurs produits manufacturés, et importent des matières premières, du pétrole, du fer, des bois tropicaux (le tiers du bois tropical transformé en Chine vient d'Afrique) des diamants etc...

Selon les statistiques du ministère chinois du Commerce, les échanges entre la Chine et l'Afrique sont passés à 55 milliards de dollars en 2006 avec 2,1 milliards de déficit commercial du côté chinois contre 12 millions de dollars en 1950. L'Afrique est devenue le troisième plus grand partenaire commercial de la Chine. Selon les statistiques officielles chinoises, les investissements directs chinois sur le continent africain sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie: ils ont atteint 106,8 mds USD en 2008, une hausse de 45,1% sur un an. Les chinois sont gourmands à tel point qu'ils sont dans tous les secteurs de l'économie. Notons par exemple la construction du chemin de fer « tanzam » reliant la Tanzanie à la Zambie  - ainsi que les accords de coopération militaire à ses amis idéologiques d'Afrique de l'Est (Ethiopie, Ouganda, Tanzanie, Zambie, etc.) et aux pays non alignés les plus importants comme l'Egypte. Cette coopération militaire est vieille : de 1955 à 1977, la Chine a vendu pour 142 millions de dollars de matériel militaire à l'Afrique.

Deuxième consommateur de brut de la planète, plus de 25 % de ses importations de pétrole proviennent du golfe de Guinée et de l'hinterland soudanais. La soif d'un pays qui sera contraint d'importer 60 % de son énergie d'ici 2020 ne connaît aucune frontière, pas même celles des Etats qui, tel le Tchad, maintiennent leurs relations diplomatiques avec Taïwan.

Bref, tel un géant éléphant, la Chine « ravage » tout sur son passage, de sorte que, jaloux de cette percée, les occidentaux n'ont que leurs yeux pour pleurer. Ces derniers ne pouvant rien faire devant ce ras de marée chinois, agitent le drapeau des droits de l'homme, pour les contrecarrer sur le terrain africain.

La chine et les droits de l'homme

L'irruption des Chinois en Afrique fait beaucoup de bruit, et la presse occidentale, un peu nostalgique de la perte de terrain et de vitesse que l'Europe subit en Afrique, parle de plus en plus d'une Chine déficitaire en droits de l'homme.

En effet, pour ceux qui peinent à concurrencer la grande Chine, et qui n'ont que, pour  paraclet, le déficit de droits de l'homme comme  seul moyen, à vrai dire, ils ne connaissent pas ce pays.  Pour utiliser le langage scientifique, on dira que les chinois sont plus  « empiriques » que « théoriques ». Cette prédominance  des connaissances empiriques trouve son fondement dans des préoccupations philosophiques : les savants de l'empire du Milieu ne croyaient pas, par exemple, à l'existence des lois de la nature. Pour Tian Miao, de l'institut d'histoire des sciences naturelles de Beijing, « les chinois ne faisaient que constater le fonctionnement de la nature et ne cherchaient pas comme les occidentaux des explications causales ou mécanistes du monde ».

On se souvient que, le fameux accord de coopération économique signé entre la Chine et le gouvernement militaire au pouvoir en Guinée, a été très mal reçu par l'Union européenne, les Etats-Unis et la Communauté des pays d'Afrique de l'Ouest.

Annoncé quelques jours après le massacre par l'armée d'au moins 150 personnes dans le stade de Conakry, ce contrat a suscité l'indignation de l'opposition guinéenne et de l'ensemble des organisations de défense des droits de l'homme.

Il ressemble aussi à une provocation. Pékin déclare urbi et orbi que la volonté ou la prétention de l'UE et des Etats-Unis de fonder les relations internationales sur un socle minimal de respect des droits de l'homme sont illusoires et que ceux qui s'en réclament sont des naïfs ou des hypocrites.

Alors que la crise économique sévissait et pendant que les occidentaux gelaient les projets sur le continent, les chinois, eux, ont accéléré leurs investissements.

L'attitude des occidentaux est disons-le courageuse car, c'est un tour de force que de parler de droits de l'homme car, à notre sens, il est impossible de parler de droits de l'homme sans démocratie. Un pays comme la France ne peut pas critiquer la Chine en Afrique : c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Que dire du  fils qui succède au père dans des conditions rocambolesques au Togo et au Gabon, avec la bénédiction de la France  ?  Demain, ce sera, sans aucun doute, Karim Wade au Sénégal ou Gamal Moubarack en Egypte. Que dire du bourbier français en Côte d'Ivoire depuis 1999 ? Les africains sont lucides et ce n'est pas non plus les élucubrations d'un pays en voie d'appauvrissement qui vont entamer l'ardeur chinoise en Afrique. Et la Chine n'est pas le seul pays asiatique à « faire la cour » de façon assidue aux pays africains, l'Inde n'est pas moins un sérieux prétendant.

La Chine ratisse large mais l'Inde est au rebond

Avec le développement économique du géant indien, ses besoins énergétiques sont en constante augmentation. Selon Harry Broadman, conseiller économique pour la région africaine à la Banque mondiale et auteur de « China and India go to Africa », dans la revue Foreign Affairs de mars-avril 2008, « les échanges se font principalement avec une poignée de pays africains, pour la plupart producteurs de pétroles ou de minéraux ». Aujourd'hui, 68 % des exportations africaines vers l'Inde proviennent d'Afrique du Sud et concernent des minerais, des pierres précieuses, des métaux et alliages et des produits chimiques.

Les investisseurs indiens, à rebours de leurs concurrents chinois,  sont plus discrets  et ne déboursent pas encore des sommes astronomiques. Cependant, ils avancent scrupuleusement leurs pions en Afrique de l'Ouest, en Afrique centrale et au Maghreb.

Avec une croissance de 8 % en 2008, 1,2 milliard d'habitants, des importations d'acier qui ont triplé en cinq ans, 70 % de la consommation pétrolière du pays achetée à l'étranger, la machine économique indienne fait face à des besoins énergétiques colossaux. Mais ce n'est que récemment que les gouvernants indiens ont pris conscience que l'Afrique pouvait en partie les satisfaire. C'est la raison pour laquelle, les indiens multiplient depuis deux ans l'organisation de rencontres censées dessiner le cadre d'un partenariat stratégique.

De plus, elle fait miroiter un pactole de dix milliards de dollars qu'elle serait prête à investir en Afrique, et on pourrait comprendre aisément l'empressement de certains pays pauvres africains à venir se bousculer aux portes de la capitale indienne.

En tout cas, le ministre des affaires étrangères indien Shri Anand Sharma n'en démord pas lorsqu'il présente la philosophie du sommet Inde-Afrique, sur le site de son ministère en ces termes : « Un partenariat dynamique, une vision partagée  ».

Les autorités indiennes chargées d'organiser le sommet y ont donc invité, en plus de différents chefs d'États africains, les représentants des associations économiques régionales africaines comme le Marché commun d'Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), ainsi que l'Union africaine et les représentants du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD)

Les géants économiques asiatiques, la Chine et l'Inde  intensifient donc massivement des activités commerciales et des investissements, en Afrique.

Selon les nouveaux éléments d'information concernant l'activité des entreprises chinoises et indiennes en Afrique, en 2006,  l'Asie reçoit aujourd'hui 27 % des exportations africaines (trois fois plus qu'en 1990), ce qui est à peu près l'équivalent du niveau des exportations de l'Afrique à destination de ses deux partenaires commerciaux traditionnels que sont les États-Unis et l'Union européenne. Parallèlement, les exportations asiatiques vers l'Afrique augmentent de 18 % par an - un taux de progression qu'elles ne connaissent nulle part ailleurs. Les flux d'investissement direct étranger de la Chine et de l'Inde vers l'Afrique sont plus modérés que les flux commerciaux, mais l'étude indique qu'ils connaissent eux aussi une progression très rapide. 

« Cette nouvelle "Route de la soie" offre en potentiel à l'Afrique subsaharienne - région où vivent 300 millions de personnes parmi les plus pauvres qui soient, et qui constitue pour le monde le défi le plus redoutable sur le plan du développement - une occasion majeure et jusqu'ici inégalée d'accélérer son intégration internationale et sa croissance », déclare l'auteur de l'étude, Harry G. Broadman, conseiller économique pour la Région Afrique à  la Banque mondiale.

Mais faut-il pour autant s'emballer devant ces géants asiatiques et surtout la Chine ?

L'Afrique ne doit pas avoir pour maître, la Chine mais faire comme elle

"Après plus de deux décennies de réformes et d'ouverture, la Chine est en mesure de satisfaire aux besoins des pays africains, notamment pour les technologies sophistiquées, à un coût relativement bas, et d'apporter son expérience de réduction de la pauvreté et de développement économique", a dit Liu Naiya, chercheur de l'Académie des sciences sociales de Chine spécialisé dans les affaires africaines. Cà, c'est le côté luxuriant de l'idylle entre les pays africains et les asiatiques. Pour autant, il ne faudra pas, à notre sens, danser plus vite que la musique. En effet, il semble que  les entreprises chinoises soient compétitives parce qu'elles ne respectent ni l'environnement, ni le social. Elles  arrivent clefs en mains en Afrique, embauchent peu ou pas, et ne favorisent pas d'activité locale. De sorte que s'il existe un début d'intégration de l'économie africaine dans l'économie asiatique, c'est toujours de la même manière : l'Afrique fournit la matière première, laquelle bénéficie à une nouvelle puissance. En fait, on peut même parler de deux économies qui se juxtaposent.

Pour l'Afrique, le regain d'intérêt pour ses ressources doit lui être bénéfique. On sait qu'après la chute du mur de Berlin en 1989, l'Afrique a cessé d'être un enjeu de la rivalité entre les blocs occidental et communiste. La diminution de l'aide publique au développement destinée à ce continent, les donateurs se tournant vers d'autres parties du monde, a été l'un des signes de cette perte d'intérêt stratégique. Mais voilà, ceux vers qui les occidentaux se tournaient, se braquent eux-mêmes vers l'Afrique.

En effet, loin d'être resté à l'écart des flux mondiaux, le continent connaît depuis le début du XXIe siècle une croissance économique annuelle en moyenne supérieure à 5,5 %, et un véritable reclassement géopolitique est en cours. Les atouts de l'Afrique ne se résument pas seulement à ses performances en matière de croissance. De nombreux facteurs sont à l'origine de ce changement : les préoccupations sécuritaires des grandes puissances et leur recherche d'appuis dans les organisations internationales, la compétition pour l'accès aux ressources minérales et aux hydrocarbures, ainsi que la prise de conscience de "l'exception africaine" ont favorisé l'intégration de l'Afrique au sein du "village planétaire".

Point n'est besoin d'être diplômé de Harvard ou d'Oxford, pour savoir que le continent a là, un grand coup à jouer si tant est que nos gouvernants comprennent cela. Voila ainsi énoncé le véritable enseignement que les africains doivent tirer de l'appétit des chinois en Afrique.

L'Afrique doit profiter de sa nouvelle position géostratégique pour sortir par exemple de sa dépendance humiliante à l'égard de ses matières premières.

Le Brésil a annoncé en septembre 2009, à l'occasion d'une visite du président français Nicolas Sarkozy, sa décision de principe d'acquérir 36 avions de combat français Rafale. Mais en retour, la France va acheter de son côté une dizaine d'exemplaires du futur avion de transport militaire brésilien KC-390. Le président Lula a fait part de sa satisfaction en mettant en avant «l'étendue des transferts de technologie» proposés par la France. Le Brésil pourra assembler les Rafale et les vendre dans les autres pays d'Amérique latine. L'Elysée a précisé que les six premiers appareils, dont le premier exemplaire sera livré en 2013, seraient fabriqués entièrement en France et que graduellement la technologie serait transférée pour permettre aux Brésiliens d'assembler les autres avions. C'est avec cette intelligence que la Chine , l'Inde et même le Japon ont pu avoir la technicité qu'ils se vantent de  vendre aujourd'hui aux pays africains.

C'est ce qu'a fait l'empire du Milieu après des années d'humiliation pour aujourd'hui renouer avec la gloire.

 Au cours de sa visite au Nigeria, en avril 2006, le Président Hu Jintao n'a pas manqué de mettre en évidence les atouts du continent, devant les parlementaires en déclarant: «  l'Afrique a de riches ressources et un grand potentiel de marché, tandis que la Chine a accumulé dans sa modernisation une expérience profitable et des techniques pratiques. La coopération sino-africaine a donc de vastes perspectives. » L'argumentaire chinois repose sur l'adaptation des techniques chinoises au substrat social et économique des pays africains, en raison de leur simplicité et de leur rusticité.

Il est de coutume d'entendre dire à propos de l'Afrique, qu'en dépit de ses fabuleuses ressources, elle reste le continent  le plus arriéré économiquement. Notre continent est ainsi comparé à un homme en guenilles qui n'arrête pas de pleurer de faim, de malnutrition, de maladies, etc., bien qu'il soit assis sur des montagnes de richesses fabuleuses.

Il faut surtout éviter que l'appétit des chinois en Afrique soit seulement une manière pour les africains de dire « non » aux occidentaux qui ont pendant longtemps été les fossoyeurs de nos économies.

Nos pays ont davantage de choix avec l'arrivée de la Chine , qui, dans un sens, nous donne la possibilité de nous exprimer sur l'exploitation de nos ressources, car plus il y a des « prétendants », plus cela est bénéfique au continent africain.

 

Séraphin PRAO

Docteur en économie monétaire

Spécialiste des pays de la zone franc

Consultant en politique internationale

Président du MLAN

www.mlan.fr

contact@mlan.fr

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mardi, 03 novembre 2009

DADIS, LE CAUCHEMAR DE LA GUINEE

 

President_Dadis_Camara200.jpg

La Guinée n'est « pas une sous-préfecture, ni un arrondissement de la France» : cette phrase émane du capitaine-président Dadis Camara, en réponse à celle du ministre français des affaires étrangères. 
 En effet, le dimanche 4 octobre 2009, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était indigné de l'extrême violence de la répression d'une manifestation, le 28 septembre à Conakry, qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU, 56 morts civils selon le bilan officiel.
 Cette réponse du « berger » à la « bergère » est drôle mais ce qui l’est moins, c’est la violence de la barbarie du 28 septembre 2009 dans ce stade mythique. 
 Ce sujet sera passionnément discuté pendant longtemps. Nous n’avons pas l’intention de nous livrer ici à une discussion approfondie, nous voudrions simplement indiquer les questions soulevées par une analyse de cet ordre. 
 

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21:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : dadis camara, crise guinéenne, séraphin yao prao, mlan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 16 octobre 2009

FAIRE GAFFE A LA CRISE GUINEENNE

 

 

MOUSSA DADIS CAMARA.jpg

Avant-hier et hier, jeudi 15 octobre 2009, une sortie quelque peu cavalière du Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, le belge Karel De Gucht, relayée dans la presse internationale, nous a laissé pantois : L’Europe agite le chiffon rouge de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le président guinéen, le Capitaine Moussa  Dadis Camara, pour sa responsabilité dans les évènements du 28 septembre 2009, au stade de Conakry, ayant fait 56 morts selon les autorités guinéennes et plus de 157 morts selon la presse française, citant comme source d’énigmatiques ONG en activité en Guinée, sans jamais décliner leur dénomination. Ce que - au demeurant - nous trouvons suspect.

Nous sommes tous d’accord que les faits qui se sont produits à la manifestation de protestation de l’opposition, à Conakry, constituent une bavure inacceptable et qu’il serait souhaitable, voire qu’il est impérieux, qu’une commission d’enquête indépendante soit mise sur pied pour faire la lumière sur ce drame, situer les responsabilités et sanctionner les auteurs de ce crime sidérant. Mais on ne peut désigner des coupables avant d’avoir reconstitué et établi les faits. Ceci est valable en Occident et tout aussi valable en Afrique.

Il est donc normal que les tueries de Conakry soient condamnées, sans faiblesse, parce que totalement inacceptables. Mais de là à menacer ce Chef d’Etat africain - même arrivé par un coup d’Etat, en décembre 2008 - de comparution devant la Cour Pénale Internationale, pour crime de guerre, est tout aussi et simplement inacceptable. De quel droit l’Europe se permet-elle de parler ainsi d’une autorité africaine quand elle est restée muette devant les plus de 80 morts causés avec une sauvagerie absolue par la Force Licorne française, en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004 ? De quel droit un simple ministre des Affaires Etrangères, fut-il le français Bernard Kouchner, peut-il se croire obligé de parler d’un dirigeant africain comme de son petit copain de quartier, quand son pays a fait deux fois pire en Côte d’Ivoire, et de clamer sur toutes les antennes françaises et aux moindres occasions que « la France ne veut plus travailler avec cet homme », que « lui, ne laisserait pas faire, cette fois-ci » et qu’il faudrait « y envoyer une force d’interposition » ? Pour qui se prend t-il et où se croit-il ? Nous ne sommes pas leurs « sous-hommes » et nous exigeons un peu de respect !

Les morts de Guinée suscitent-ils autant d’émotion, en Occident, parce qu’ils sont simplement des êtres humains ou sont-ils dignes d’intérêt seulement parce qu’ils ont été (prétendument) refroidis par un Chef d’Etat africain et pas par l’armée française, qui a toujours fait l’omerta sur ses odieux et abominables crimes, en Afrique, y compris sa participation active au génocide rwandais ?

Ces morts-là ne sont-ils dignes d’attention que parce qu’ils peuvent servir aux Occidentaux (qui ne sont pas les meilleurs exemples en matière de respect de la vie humaine et de Droits de l’Homme, contrairement à ce qu’ils peuvent faire croire) à demander la tête d’un putschiste indésirable, vu comme un frein à l’assouvissement de l’appétit gargantuesque des pays puissants qui convoitent les richesses minières et minérales de ce pays pauvre ouest-africain, considéré comme un scandale géologique ?

La France a commis des atrocités sans nom en Côte d’Ivoire et on n’a entendu personne. Alors, que ces autorités occidentales arrêtent de s’ériger tout le temps en « donneuses » de leçon ! Elles sont loin d’être, elles-mêmes, des modèles. Nous avons encore sous nos yeux l’actualité brûlante rapportant le népotisme éhonté de « l’hyper-président », Nicolas Sarkozy, qui veut pistonner son « écolier » de fils à la tête d’une superstructure comme l’EPAD, en France.

En tout cas, le voisin, la Côte d’Ivoire, a intérêt à se tenir tranquille et à ne dormir que d’un œil. Et pour cause : Le Secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé, ce matin même (vendredi 16 octobre 2009), aux 2500 ressortissants français de quitter la Guinée et, pour ceux qui ont le projet d’y aller, de ne pas s’y rendre. Arguant qu’il ne s’agit que d’une simple mesure de prévention et non d’une « évacuation généralisée », devant ce qu’il considère comme une « détérioration de la situation sécuritaire », en Guinée. Et d’autres pays européens pourraient emboîter le pas à la France. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’effet d’annonce est bien passé.

Au cas où cette détérioration s’accélèrerait, Alain Joyandet envisage même, en des termes à peine voilés, l’envoi par la France d’une force d’intervention. Il ne reste plus qu’à provoquer cette « accélération », à laisser l’engrenage s’emballer de la façon la plus naturelle du monde et le tour est joué. Aussi simple que « bonjour » ! Les guinéens et les Ivoiriens sont avertis, s’ils savent lire entre les lignes. En ces matières, la France est experte. Et en Côte d’Ivoire, nous en savons quelque chose.

Si par un affreux malheur, une force d’interposition ou d’intervention (dont la France s’arrangera – comme toujours – pour avoir l’initiative) était envoyée en Guinée, sous la couverture d’une prétendue « détérioration de la situation sécuritaire », l’on peut être sûr qu’un autre coup d’état se produira et que la Guinée basculera bien vite dans une spirale de la violence qui fera flamber la sous-région.

Nous redoutons d’autant plus ce scénario que nous connaissons la période critique d’élection présidentielle dans laquelle est en train d’entrer la Côte d’Ivoire et pour laquelle la France échafaude des plans aussi machiavéliques les uns que les autres, pour imposer son poulain issu du RHDP, à notre pays. Dans un schéma chaotique guinéen, il sera plus aisé d’installer un candidat non élu et un gouvernement fantoche à la tête de la Côte d’Ivoire, par la Force Licorne, avec l’appui d’un détachement des Opérations Spéciales françaises, qui sera justement basé en Guinée, pour les besoins de la cause.

A l’analyse, ce scénario est tout à fait vraisemblable et les Ivoiriens gagneraient à prier ardemment pour la paix en Guinée. De cette paix dépendra leur propre paix. Le temps nous est compté. Peuples d’Eburnie, vous avez été avertis !

 

Que DIEU protège et bénisse la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

mardi, 06 octobre 2009

L'AFRIQUE EST UN CONTINENT MARGINALISE

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L’Afrique possède d’énormes ressources. Elle a un potentiel d’énergies renouvelables, solaires, hydroélectriques, éoliennes, du pétrole,  du gaz, des  métaux divers, de l’uranium, du  bois,  du poisson, etc. Nonobstant cette énorme richesse, les indicateurs sociaux n’ont pas évolué positivement : les vingt derniers rangs (sur 177 pays) dans le classement de l’indice de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sont occupés par des pays d’Afrique subsaharienne.
Notre présent article n’a pas pour objectif de focaliser l’attention de nos lecteurs sur les indicateurs macroéconomiques de l’Afrique, il s’agit de dire ici avec humilité et franchise que notre continent est marginalisé dans tout, en dépit de ses fabuleuses ressources.

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lundi, 28 septembre 2009

ARNAQUE PAR INTERNET: LA "MAFIA" DE LA CYBERCRIMINALITE EN COTE D'IVOIRE


CYBERCAFE 2.jpg


Se faire passer pour une femme pour gruger les Blancs, ou tout simplement monter un réseau en complicité avec des jeunes femmes pour atteindre le même résultat. Voilà la nouvelle trouvaille des Ivoiriens, qui bénéficient, pour ce travail, de la couverture de certains agents des forces de l’ordre et de certains points de transfert et de retrait d’argent. Zoom sur cette activité illégale qui discrédite la Côte d’Ivoire.

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vendredi, 11 septembre 2009

LES GUERRES AFRICAINES DE VINCENT BOLLORE

VINCENT BOLLORE.jpg

« Ce n’est pas parce qu’on est ami avec quelqu’un qu’il n’y a pas d’éthique dans nos rapports », commentait sobrement M. Vincent Bolloré alors qu’on l’interrogeait sur les luxueuses vacances offertes au président Nicolas Sarkozy en 2007. De fait, le groupe dirigé par l’industriel français occupe une place particulière dans l’économie nationale : impliqué dans les films plastiques, les transports ou l’énergie, il dispose de plusieurs filiales qui bénéficient parfois de contrats avec l’Etat.

Créé en 1822, toujours détenu majoritairement par la famille Bolloré, le groupe se place parmi les cinq cents premiers conglomérats du monde. S’il est implanté un peu partout, l’Afrique semble sa terre d’élection. Là, la guerre industrielle fait rage, notamment pour la concession des ports récemment privatisés. Ce sont les relations du groupe avec des régimes locaux peu scrupuleux — tel celui de M. Charles Taylor au Liberia, ou celui du « Françafricain » Paul Biya au Cameroun — qui l’ont mis sous le feu de la critique. Mais M. Bolloré peut compter sur un solide réseau d’amitiés politiques et sur les médias qu’il contrôle pour se défendre.

Source: ABIDJAN TRIBUNE

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14:53 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vincent bolloré, françafrique, abidjan tribune, afrique, france, transports, énergie, media, ports, plantations | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 10 septembre 2009

AFRIQUE: POURQUOI LES ELECTIONS SONT-ELLES SOUVENT CONTESTEES?

AFRIQUE.jpgSi la vague d’essais démocratiques du début des années 90 a laissé entrevoir beaucoup d’espoir chez les peuples africains, force est de constater que les exemples probants d’alternance à la suite d’une élection libre et honnête demeurent rares (Ghana, Botswana). Même s’il ne s’agit pas d’une exclusivité africaine, les élections dans le continent noir sont souvent contestées et débouchent sur des vagues de violence (Kenya, Congo-Brazzaville, Gabon, etc.). Comment expliquer un tel phénomène ? Afin de répondre à cette question, l’approche de l’économie des choix publics (Public Choice) semble pertinente. Dans cette approche, on considère qu’il n’y a pas d’Etat qui cherche l’intérêt général, mais seulement des hommes d’Etat (politiques et bureaucrates) qui se préoccupent en premier lieu de leur propre intérêt (recherche du pouvoir).

Toujours dans cette approche, le processus des élections, est considéré comme un marché : les offreurs sont les hommes politiques et les demandeurs sont les électeurs. Contre les votes des seconds, les premiers échangent des promesses électorales dans des domaines spécifiques. Bien évidemment, pour que les résultats du scrutin soient admis par tous les participants, ces derniers doivent observer un certain nombre de règles relatives à la concurrence loyale, c’est-à-dire des règles qui garantissent le bon fonctionnement du marché politique. En conséquence, si les élections en Afrique sont souvent contestées c’est parce que les règles du bon fonctionnement du marché politique manquent ou lorsqu’elles existent elles ne sont pas respectées.

De quelles règles s’agit-il ?

Qui dit marché politique dit échange entre les électeurs et les candidats, un échange qui ne peut avoir lieu sans le respect du droit de vote des premiers et du droit d’éligibilité des seconds. Malheureusement, les listes électorales sont souvent tripatouillées et le découpage électoral manipulé ce qui donne lieu à des listes fantaisistes et à des situations « coquasses ». A titre d’exemple, lors de la récente élection d’Ali Bongo, on a compté plus de 2 millions d’électeurs inscrits, alors que le pays ne compte qu’environ 1,4 million habitants. Par ailleurs, il a été relevé l’inscription sur les listes de personnes décédées et d’enfants. L’ingérence de l’appareil étatique, souvent au profit des candidats sortants, n’est pas autre chose qu’une violation du droit de vote des électeurs. Par conséquent, l’échange (l’élection) n’est plus bénéfique et la concurrence est faussée, ce qui explique le sentiment d’injustice des électeurs africains et par là-même les mouvements de violence post-électorale.

Bien que les candidats soient de plus en plus nombreux à se présenter aux élections, notamment présidentielles, le candidat ne peut s’approprier totalement le fruit de son travail (campagne électorale) dans la mesure où son droit d’éligibilité est violé. En effet, les listes électorales sont souvent gonflées dans les zones partisanes du candidat de l’appareil étatique et dégraissées dans les zones hostiles. Cela va sans compter les intimidations, les menaces qui émaillent les scrutins. Ainsi, lorsque l’on viole le droit de vote ou d’éligibilité de quelqu’un la probabilité que celui-ci recoure à la violence augmente. Mais les violences post-électorales en Afrique sont-elles une fatalité ?

Apparemment, il n’y a pas de raison a priori qui ferait que les africains soient violents par nature. Au fond, il s’agit d’un problème institutionnel dans la mesure où le règlement du contentieux dans les pays africains souffre du manque de règles et de mécanismes capables de trancher les litiges. Certes, les commissions électorales existent, mais la plupart du temps, elles se contentent de centraliser et d’annoncer les résultats sans aller au fond des choses. Leur indépendance est très limitée dans la mesure où en l’absence d’état de droit, et de séparation des pouvoirs, et avec un manque de moyens, la justice est trop dépendante du pouvoir en place pour aller à l’encontre des favoris de l’appareil étatique. Dès lors, la faiblesse de l’état de droit et l’absence d’une justice indépendante expliquent la méfiance des électeurs africains et donc leurs contestations violentes des élections.

Si les africains ont acquis une mauvaise image des élections, d’où leur méfiance, c’est parce que le processus de la compétition électorale a été faussé. On dit toujours que la concurrence profite aux consommateurs, en l’occurrence aux électeurs. Mais, comme les règles de la concurrence loyale n’ont pas été respectées les élections ont été souvent un moyen de contrôle des gouvernés par les gouvernants sans aucune réciprocité. Faute de choisir des personnes ou des programmes, les électeurs africains ont souvent été capturés par des entreprises de mobilisations ethno-régionales. L’instrumentalisation, par les politiciens, des identités locales et claniques a débouché sur des tensions électorales et dans de nombreux cas sur des violences, voire des guerres civiles comme au Congo-Brazzaville à partir de 1993.

Somme toute, la contestation des élections et la violence qui s’ensuit est un problème institutionnel de régulation de la concurrence politique : enregistrement des candidature des futurs élus, enregistrement des électeurs, le choix des emblèmes ou des symboles ainsi que des couleurs des partis politiques (en raison de l’analphabétisme des électeurs), accès aux médias et liberté de la campagne électorale, Les opérations du vote, du dépouillement des votes et de proclamation des résultats. La mauvaise gouvernance ne fait qu’accentuer ce problème de la régulation de la concurrence politique.

En conséquence, la prévention de la contestation électorale et la réhabilitation de la démocratie africaine passent par une réforme institutionnelle visant l’instauration et la consolidation de l’état de droit, de la justice et l’amélioration de la transparence de manière à protéger les droits de vote des électeurs comme les droits d’éligibilité des candidats.

Hicham El Moussaoui (Analyste sur UnMondeLibre.org)

Source: Camer.be

19:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, élections contestées, hicham el moussaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 08 septembre 2009

MAL A L'AFRIQUE!

Jentends crier :

«Des serres des faucons du pouvoir

Pouvoir de l’argent

L’argent sale mal blanchi

Aux odeurs nauséabondes

Gagné sans verser une goutte de sueur

Libérons l’Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«Des mains des rois

Les rois nègres collabos corrompus

Présidents-à-vie,

Présidents-aux-serments-farce-et-attrape-nigauds

Candidats à leurs propres successions

Aux élections gagnées sans élection 

Sauvons l’Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«L'Afrique a tant donné

L'Afrique a tout donné

L'Afrique a trop donné

Que justice soit ici et maintenant faite

Que la paix à jamais règne

Pour l’Afrique, mon Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«Place à la vérité !

Voici venue l’heure de la vérité

Oui ! La vérité sur les dettes à payer

Pour savoir en réalité :

Qui doit quoi à qui ? ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

Léandre Sahiri

 

EXTRAIT DE « ACCUSATIONS », recueil de poèmes qui vient de paraître aux Editions Menaibuc

20:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léandre sahiri, mal à l'afrique, accusations, recueil de poèmes, éditions menaibuc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |