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vendredi, 15 août 2008

DEUX FŒTUS DANS LA TOMBE DE TOUTANKHAMON SOUMIS A DES TESTS ADN

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Les tests aideront «à identifier la famille du roi Toutankhamon, en
particulier ses parents», déclare le patron des antiquités
égyptiennes, Zahi Hawass.


L’Egypte va procéder à des tests ADN sur les momies de deux foetus
découverts dans le tombeau du pharaon Toutankhamon, pour tenter d’en
savoir plus sur l’arbre généalogique de l’«enfant-roi», a affirmé le
service des antiquités.

Les momies des deux enfants morts-nés avaient été trouvées lors de la
découverte en 1922 du tombeau de Toutankhamon par le Britannique
Howard Carter. Elles étaient depuis conservées à l’Université du
Caire.

Si les restes s’avèrent être ceux des enfants du pharaon et de son
épouse Ankhesenpamon, fille de Nefertiti, les tests aideront alors «à
identifier la famille du roi Toutankhamon, en particulier ses
parents», a affirmé le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass,
cité par la presse.

Akhenaton est présenté comme le père de Toutankhamon, mais l’identité
de sa mère reste controversée. Il pourrait s’agir de la première et
célèbre femme d’Akhenaton, Nefertiti, sa seconde épouse, la princesse
étrangère Kiya, ou encore Maya, la nourrice de Toutankhamon.

«Les résultats de ces tests aideront à identifier la momie de la reine
Nefertiti», a affirmé M. Hawass. La dépouille de Nefertiti n’a jamais
été identifiée.

Proclamé pharaon à l’âge de neuf ans, Toutankhamon a régné dix ans sur
l’Egypte, il y a 3.300 ans. Il est considéré comme le 12e pharaon de
la XVIIIe dynastie d’Egypte.

Publication : 07 août 2008
Rubrique : News-Afrique-Histoire
Source : Liberation.fr

01:25 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 31 juillet 2008

A QUOI REVENT LES FILLES DE PRESIDENT ?

71b335170d19f4f997e035746370d6bc.jpgUne enquête de Matalana sur les nouvelles héritières africaines

Pascaline Bongo, Aicha Kadhafi, Claudia Sassou Nguesso, Zindzi Mandela, Sindiély Wade… Les filles des présidents africains sont nombreuses, aujourd’hui, à se faire un prénom dans divers secteurs d’activité. Le magazine Matalana n°12 leur consacre un dossier spécial. Il est actuellement dans tous les kiosques.


mercredi 30 juillet 2008, par Notre partenaire Matalana

Après son inscription pour une thèse de droit international à l’université Paris-V, Aicha Kadhafi, l’unique fille du président libyen, préfère l’action politique aux côtés de son père. tandis que Pascaline Bongo, fille aînée du président gabonais Omar Bongo Ondimba, s’occupe du cabinet civil de son géniteur. Lorsque Zindzi Mandela, enfant héritière de Nelson Mandela, lance une comédie musicale tirée de l’histoire de sa vie. En Afrique, aucune fille de président ne prétend remplacer papa, mais nombreuses restent dans le sillage : collaboratrice gouvernementale, conseillère ou éminence grise.

Elles sont nombreuses les filles de président à évoluer dans le secteur de la communication. A l’instar de Claudia Sassou Nguesso, ex-femme de Martin Lemboumba, le fils du ministre Jean-Pierre Lemboumba, exgrand argentier du Gabon. Idem pour Amal Abdalahi, la fille du président mauritanien qui s’occupe de la communication de son père. Quant aux deux filles de l’actuel président malien Amadou Toumani Touré, Fanta et Mabo Touré, elles dirigent une grande agence de communication, Océan Communication. Depuis la création de l’agence, les filles de papa ATT décrochent d’intéressants contrats publicitaires, au point d’irriter certaines sociétés concurrentes et d’anciens collaborateurs de la place qui soupçonnent des marchés présidentiels à leurs égards.

17:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 30 juillet 2008

AU LIEU DE FAIRE DES PROUESSES, L’AFRIQUE ATTEND DES PROMESSES

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Le sommet des pays du G8 a pris fin, le mercredi 9 Juillet 2008 au Japon. Comme à leur habitude, c’était l’occasion pour ceux qui se prennent pour le centre de gravité du monde, les pays qui se glorifient dans leur hypocrisie, de se faire leur publicité. Pour la première fois ce sommet peut se vanter de contraindre au moins ces pays à l’adoption d’un objectif chiffré sur la réduction des émissions de gaz. En effet, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés (G8) se sont accordés mardi au Japon sur la nécessité de réduire «d'au moins 50 %» d'ici 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le G8 envisage pour cela de s'associer aux négociations en cours sous l'égide de l'ONU au sein de la Convention sur les changements climatiques (UNFCCC). A l’endroit de l’Afrique, le contient qui fait parler même les « muets », le communiqué final indique que le G8 a renouvelé les engagements sur l'aide publique au développement pris à Gleneagles en 2005. Lors de ce sommet ces pays s’étaient engagés à doubler l'aide à l'Afrique pour la porter à 50 milliards de dollars par an d'ici 2010. Le présent article fait suite à l’humiliation que certains dirigeants africains font subir aux valeureux fils de l’Afrique que nous sommes.

Pourquoi l’Afrique attend toujours des promesses des autres

Les dirigeants africains ont demandé, lundi ( 7 juillet, le premier jour du sommet), au groupe des huit pays industrialisés, en sommet au Japon, d’honorer leurs engagements envers le continent, tout en avertissant que l’augmentation des prix des denrées alimentaires et du prix du pétrole représente un danger immédiat. Réunis sur l’île japonaise d’Hokkaïdo, les sept dirigeants africains (Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, plus l'Union africaine) ont mandaté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Kazuo Kodama, en marge d'une séance à huis clos, de dire au pays du G8 qu’ils apprécient l’engagement des dirigeants du G8 envers l’Afrique au cours des derniers sommets, toutefois ils aimeraient voir ces engagements complètement mis en œuvre. Le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) dénonce cette attitude peu gratifiante de l’Afrique, qui, d’ailleurs ressemble bien à la mendicité. L’Afrique a tout pour son décollage, pourquoi aller faire la manche devant des pays dont le respect ne tient encore que pour leur passé reluisant. Comment comprendre qu’un continent aussi riche que l’Afrique ne trouve pas les ressources nécessaires pour son développement au point d’avoir pour projet la ferme volonté de faire respecter des promesses. Honte à l’Afrique. Nous saluons cette bonne leçon des pays du G8 à l’Afrique : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. L’Afrique est devenue aujourd’hui la dernière de la classe, un facteur limitant au point que des stars du rock comme Bono et Bob Geldof plaident non pas pour que les pays occidentaux arrêtent leur terrorisme économique mais pour que les pays dits riches mettent « des miettes » dans la corbeille pour l’Afrique. Pourquoi courir après ceux qui existent parce nous existons ?

Que vaut encore le groupe des huit ?

Pour mémoire, rappelons que G8 s’appelait à sa création le G5. Après le premier choc pétrolier, le monde diplomatique devait prendre connaissance du fruit du cerveau fécond de Valéry Giscard d'Estaing, le G5. Le sommet avait pour but de réunir, initialement "au coin du feu" (on était à Rambouillet), les dirigeants des cinq premières puissances économiques mondiales dans un espace de concertation sur les grandes évolutions économiques des pays membres. Mais très vite ce G5 est devenu G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume Uni, Italie, Canada) et a élargi ses sujets de discussion (sida, drogue, environnement…) puis aujourd’hui on parle de G8. Ainsi donc le Groupe des huit (G8) est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde : les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, le Canada, et la Russie. Ensemble, les pays du G8 représentaient 61% de l'économie mondiale. Toutefois si l’on doit retenir le poids de ces pays dans l’économie mondiale comme le critère qui fait d’eux les commandants de bord du navire mondial, nous doutons bien que ces pays ne soient des usurpateurs. D’abord, les économistes qui se respectent reconnaissent que le bilan de santé de ces pays n’est pas satisfaisant, mieux, il y a un risque de rupture d’anévrisme économique. L’an dernier, le monde a échangé pour 12000 milliards de dollars de marchandises et de services, 60 fois plus qu’il y a 40 ans. Mais alors que l’Europe et l’Amérique du Nord en réalisaient autrefois les deux tiers, l’Asie (fors Japon) 8,8% et la Chine 1%, les proportions sont respectivement passées à 52,29 et 8%. Avec l’envolée du prix du baril qui s’est installé durablement au-dessus de 100 dollars et la crise financière (14000 milliards de dollars), aujourd’hui, les pays à économie planifiée représentent 40% du PIB mondial. La réalité aujourd’hui c’est que la bascule du pouvoir tient à trois chiffres, explique l’essayiste Nicolas Baverez. Le Sud représente désormais 50% de la richesse mondiale, 72% des réserves de change et 3000 milliards de dollars de fonds souverains. Les bras et l’argent sont désormais au Sud. Reste les idées au Nord et d’ailleurs pour combien de temps. Tout dépendra des efforts, donc de la vitesse d’ajustement des économies du Sud. Selon les projections du cabinet PWC, Inde, Chine, Etats-Unis joueront jeu égal d’ici 2050, tandis que Vietnam, Nigeria et Turquie vivront sur un même pied que la France et l’Allemagne d’aujourd’hui. Mieux, 37% des exportations mondiales ont été réalisées par les pays émergents en 2006, contre 28% il y a dix ans. Sur la même période, la part des pays développés descendait de 70 à 59%. Surtout, la part du commerce Sud-Sud représente désormais 17% des échanges mondiaux contre 11% il y a dix ans (CNUCED). A travers cette photo économique du monde actuelle, point n’est besoin de charlatan pour voir que le groupe des huit mérite un procès pour faux et usage de faux, pour usurpation de titre. Regardez l’enlisement de la situation américaine en Irak où les américains se sont eux-mêmes dévalorisés sous l'administration Bush. Contemplez de même cette France qui fuit de l’Afrique après son bourbier ivoirien. Comment comprendre que des tonneaux qui sont vides jouissent d’une telle considération ? La réponse est sans doute simple : tant que l’Afrique pleurnichera, tant qu’elle ira dans ses sommets pour mendier, ce groupe de huit subsistera.

L’Afrique doit exister par elle-même

Les pays africains ou du moins certains gouvernants africains ont un drôle de jeu : détourner l’argent du peuple et courir de sommet en sommet pour quémander ce que les pays occidentaux ont pillé en Afrique. Quel est ce continent qui veut coûte que coûte exister par les autres ? Ces dirigeants qui arpentent les allées des bureaux de Washington, de Paris ou de Londres ont-ils pour ennemi la dignité ? Nous condamnons ces humiliations que nous font subir ces pantins à la tête de nos pays. Même pour organiser des élections, il faut faire la manche. C’est le cas d’un pays comme la Côte d’Ivoire qui proclame son indépendance en même temps qu’elle demande des fonds pour organiser des élections. Peut-on accepter un financement extérieur des élections et empêcher l’immixtion étrangère dans la gestion d’un pays ? À cette question que les Sachants nous répondent. La vraie liberté doit venir de nous-mêmes, elle ne se donne pas par procuration. Aujourd’hui il faut aller en Afrique Noire pour trouver des pays qui se disent indépendants et dont la monnaie est dirigée par la Banque Centrale Européenne. Si aujourd’hui, un cénacle sans légitimité aucune engage pourtant la planète, c’est parce que l’Afrique, la dernière de la classe lui donne encore des ressources pour exister. Avec les ressources minières, pétrolières et autres, nous attendons de l’Afrique des prouesses et non qu’elle attende des promesses. C’est cette disposition à toujours tendre la main qui donne des illusions à ces milliers de jeunes, qui meurent comme des animaux, sur la route d’un hypothétique eldorado européen.

Oh, Afrique, dis-moi quel jour ta nudité sera couverte !

Dieu bénisse l’Afrique !



Vive l’Afrique digne !

Le Président du MLAN
Prao YAO Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

18:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 23 juillet 2008

FRANCS-MAÇONS: L'AFRIQUE AUX PREMIERES LOGES

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17 juillet 2008

Si les "Frères de Lumière" hantent les palais présidentiels du continent, ils ont davantage perpétué les travers de la Françafrique que diffusé l'idéal humaniste maçonnique.

La scène a près de huit ans d'âge mais n'a pas pris une ride. Le 22 octobre 2000, à la nuit tombée, le criminologue Alain Bauer, alors grand maître du Grand Orient de France (GODF), reçoit cet appel insolite d'un conseiller élyséen : « Un colonel de la gendarmerie mobile de Côte d'Ivoire veut vous parler de toute urgence. » Soit. Bientôt, un dialogue ubuesque s'engage entre le pandore africain et le dignitaire franc-maçon replet au crâne poli, amateur de havanes et de mots d'esprit. « J'ai pour instruction de marcher sur le siège du FPI à la tête d'une colonne blindée, confie le gradé, faisant ainsi allusion au Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, vainqueur annoncé d'un scrutin présidentiel orageux. Or cet ordre est contraire à mes convictions maçonniques. J'ai besoin de tes conseils. » « Les valeurs démocratiques valent plus qu'une injonction illégale », tranche Bauer. « En tant que militaire, je suis soumis au devoir d'obéissance », riposte le gendarme. « Si tu ne suis pas ta conscience, assène le grand maître, on te radie de l'obédience. » Le lendemain, l'ex-patron du GO découvre, en parcourant le quotidien Libération, qu'un convoi lancé sur le QG abidjanais de Gbagbo a mystérieusement changé de cap. « Pour une fois, ironise-t-il, j'ai eu l'impression de servir à quelque chose. Quelle puissance ! »

Réseau des réseaux, la maçonnerie n'en finit plus de fasciner, au risque du fantasme. En Afrique plus qu'ailleurs, la saga des « frères trois points » s'est trouvé un terreau fertile, tant ses codes et ses usages y font écho à la magie des rites initiatiques ou du bois sacré et à la force ancestrale du clan. Le désir d'accéder à ce sanctuaire laïc de l'élite blanche, puis le souci d'instaurer avec l'ex-métropole coloniale des canaux inconnus des profanes, discrets vecteurs d'influences, ont fait le reste. Au-delà des fables, un fait : sur le continent, une douzaine de chefs d'Etat de l'espace francophone ont « reçu la lumière ». Seul le Gabonais Omar Bongo Ondimba, initié jadis par un certain Naudy, inspecteur général des PTT, athée et socialiste, revendique cette allégeance. Maître du Congo-Brazzaville, son cadet et néanmoins beau-père, Denis Sassou-Nguesso, alias DSN, longtemps énigmatique, sinon méfiant, se fait prosélyte. Au point d'avoir orchestré la « conversion » du putschiste centrafricain François Bozizé et du Tchadien Idriss Déby, initié en 1996 en même temps que ses cousins zaghawa Tom et Timan Erdimi, devenus depuis lors les cerveaux d'une rébellion aux aguets en lisière du Darfour soudanais... Les soutiens fraternels n'ont pas manqué à Jean Ping, gabonais lui aussi, lorsqu'il brigua la présidence de la Commission de l'Union africaine. Pour le reste, on navigue entre rumeurs, demi-aveux et démentis ambigus.

Mesurée à l'aune des guerres et guérillas qui endeuillent l'Afrique, l'autorité de la maçonnerie a du plomb dans l'aile. Car l'histoire des médiations entreprises çà et là au nom des « enfants de la Veuve » ressemble à s'y méprendre à la chronique d'un long échec. Certes, les « frangins » peuvent à bon droit se prévaloir de leur activisme louable dans les coulisses du centre Kléber, théâtre en janvier 2003 d'un rabibochage inter-ivoirien aussi théâtral que fictif. Lors de la révolte civile qui ébranla 1991 l'assise du Malgache Didier Ratsiraka, il se peut que la sage neutralité des frères engagés de part et d'autre ait concouru, aussi, dans l'ombre des influentes Eglises malgaches, à conjurer le spectre du bain de sang. Tout comme elle entravera, une décennie plus tard, l'insurrection de Toamasina (l'ex-Tamatave), bastion d'un Ratsiraka qui récuse la victoire de son rival Marc Ravalomanana. De même, en rédigeant ès qualités un document solennel, la Fraternelle béninoise a sans doute amplifié en 1989 la portée de la Conférence nationale, vaste déballage un rien pagailleux dont l'ex-Dahomey fut le pionnier. Reste que la traçabilité des succès revendiqués paraît pour le moins aléatoire. Allez prouver que l'on doit à l'aura de tel vénérable l'alternance apaisée du Sénégal en 2000, ou, deux ans plus tard, la retenue du général ivoirien Robert Gueï, tenté d'arracher par les armes un mandat présidentiel que lui refusent les urnes... « Oui, nous avons évité des conflits armés ! » tonne l'avocat François Stifani, grand maître de la Grande Loge nationale française (GLNF). Où et quand ? Mystère.

Les revers, eux, sont dénués d'ambiguïtés. En 1993, la tentative de réconciliation menée au siège du GO entre le satrape togolais Gnassingbé Eyadema et ses opposants n'aboutit à rien. Quand, en 2003, Alain Bauer réunit les émissaires des crocodiles du marigot ivoirien, c'est pour entendre un maçon pro-Gbagbo lâcher sans ciller que « les Burkinabés - entendez les musulmans dioula du nord du pays - ne sont pas des êtres humains ». Mais aucun épisode ne reflète mieux l'impuissance des « triponctués » que le fiasco congolais. Conflit ô combien fratricide : il met aux prises dès 1993 le président sortant Pascal Lissouba, adepte du Grand Orient initié l'année précédente à Besançon, au lendemain de sa prestation de serment, et le général Denis Sassou-Nguesso, illuminé quant à lui à Dakar sous le label GLNF. Pour l'anecdote, Sassou avait vainement tenté d'attirer son futur ennemi juré dans l'orbite de sa propre obédience… Missions multiples, appels pressants, palabres « sous le maillet » : rien n'y fit. Pas même l'entregent du roué Bongo. « La raison avait quitté la Cité, soupire Joseph Badila, ancien très puissant souverain grand commandeur du Grand Orient et des loges associées du Congo (1). L'appétit de pouvoir prévaut souvent sur nos idéaux. C'est ainsi : les maçons sont partout, la maçonnerie nulle part. » Conseiller pour l'Afrique de François Mitterrand entre 1981 et 1986, le frère Guy Penne connaît la complainte. « Je me souviens avoir organisé des agapes - banquet rituel - à la mairie de Pointe-Noire. Six convives, venus de tous les camps. Ce fut très fraternel. Un mois après, ils se foutaient sur la gueule. »

Déchirements internes et guéguerres de succession

En août 1999, même topo. Réunis au siège du GO, rue Cadet (Paris IXe), les envoyés des trois belligérants - Sassou, Lissouba et Bernard Kolélas - doivent finaliser un « pré-accord ». Las ! On attendra en vain la délégation du premier nommé. C'est dire combien la sévère mise en demeure adressée quelques mois plus tôt aux frères dévoyés par Philippe Guglielmi, alors à la tête du Grand Orient, avait fait long feu. Le prédécesseur d'Alain Bauer peut au moins se targuer d'une intercession utile : en joignant in extremis DSN en brousse, il sauva sans doute la vie à six civils, dont trois francs-maçons, que les miliciens Cobra du futur vainqueur brûlaient de liquider.

Si le tablier, l'équerre et le compas garnissent la panoplie de tant de puissants, ils ont longtemps suscité la méfiance, voire l'hostilité des potentats du continent, hantés par la terreur du complot. Pour preuve, cet échange, en 1981, entre Guy Penne et le Béninois Mathieu Kérékou, marxiste repenti sur le tard. En visite à Cotonou, l'africain de l'Elysée prévient son hôte de son intention de rendre visite dans l'après-midi à ses frères locaux.

« Comment ? Vous êtes franc-maçon ? tonne Kérékou. Et Mitterrand le sait ? - Bien sûr. - L'est-il lui-même ? - Non. - Et il vous laisse faire... Au fait, pourquoi m'en parler ? - Mes amis hésitent à se réunir sans votre aval. Or leurs requêtes écrites restent sans réponse. - Mais qui vous dit qu'ils ne conspirent pas contre moi ? » Plus tard, le même Penne s'emploiera à désamorcer les soupçons de Laurent Gbagbo, dont l'oncle, Laurent Ottro, patron de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), est pourtant un frère fameux. Il faut dire que la Côte d'Ivoire fut, sous le règne du très catholique Félix Houphouët-Boigny, le théâtre d'authentiques persécutions. En 1963, invoquant une cabale imaginaire, le patriarche de Yamoussoukro embastille plusieurs ministres et députés. Ernest Boka périra en détention. Quant aux rescapés, ils seront réhabilités, après qu'Houphouët, fourvoyé à l'en croire par le chef de sa police, eut fait amende honorable. Et c'est sur les instances de Pierre Biarnès, alors correspondant du Monde en Afrique de l'Ouest et mandaté par le Grand Orient, qu'il autorise les frangins du cru à « rallumer les feux ». Le Zaïrois Mobutu, lui, lève en 1972 à la demande du GO de Belgique l'interdit décrété sept ans plus tôt. Quant au Malgache Ratsiraka, il affiche envers les « trois-points » une défiance inaltérable. « Normal, grince Guy Penne. Un despote marxisant marié à une grenouille de bénitier : voilà bien le cocktail antimaçonnique parfait. » Au jeu des anathèmes, les sectes évangéliques supplantent désormais l'Eglise de Rome. « Il a fallu les calmer, ces pasteurs, admet un proche de Sassou. Des frères haut placés au sein des services de sécurité s'en sont occupés. » Nulle part pourtant la chasse aux maçons ne fut plus barbare qu'au Liberia anglophone, paradis des loges jusqu'au coup d'Etat du sergent Samuel Doe (1980). Sur fond de massacres, le mutin ordonnera le saccage du temple le plus fameux de Monrovia. S'il n'y a pas mort d'homme, la violence des querelles au sein même de la nébuleuse des Lumières laisse pantois. Il y a bien sûr la rivalité entre le GODF, réputé de gauche et très attaché à la laïcité, et la GLNF, qui attend de ses ouailles la foi en un Grand Architecte d'essence divine ; classée à droite, celle-ci doit à sa stratégie d'entrisme par le haut - priorité à la cooptation des chefs d'Etat - de tailler depuis vingt ans des croupières au Grand Orient, pionnier de l'enracinement maçon en terre d'Afrique. Témoin, le 90e anniversaire de la Grande Loge nationale française, fêté avec faste en décembre 2003 dans un palace cannois : un écran géant déployé dans le lobby du Grand Hôtel diffuse alors en boucle l'arrivée à l'aéroport de Nice d'une demi-douzaine de présidents africains, Bongo et Sassou en tête, escortés par le grand maître Jean-Charles Foellner. Mais il y a surtout les déchirements internes et les guéguerres de succession.

« Pourquoi pas une ligne Subvention Foellner au Budget ? »

Le profane ne saurait soupçonner la virulence des imprécations, parfois fondées d'ailleurs, qui circulent par courrier ou sur le Web. Affairisme, détournements de fonds, cavalerie financière, mœurs, alcoolisme : tout est bon pour détrôner l'adversaire. En 2004, un document suffit à ébranler les colonnes du temple GLNF. Il s'agit de la photocopie d'une lettre à en-tête du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie du Congo-Brazzaville, datée du 18 novembre 2002 et signée par Rodolphe Adada, titulaire du portefeuille à l'époque. La missive prie le trésorier-payeur général de remettre, « sur instructions du président de la République », la somme de 250 millions de francs CFA - soit plus de 380 000 euros - au grand maître Foellner. « Montage ! Faux grossier ! s'insurge Adada, prompt à pointer les incohérences de la lettre. Si le chef de l'Etat voulait faire don d'une telle somme, croyez-vous vraiment qu'il agirait ainsi ? Pourquoi pas inscrire carrément une ligne Subvention Foellner au Budget ? » « Ce poulet est douteux, nuance un Congolais initié à plus d'un titre, mais la pratique est courante. Dans le genre, croyez-moi, on a vu pire. » Jamais Alain Bauer n'oubliera ce tête-à-tête avec Omar Bongo, au Palais du bord de mer, à Libreville, ni les trois mallettes pleines de cash, posées sur l'estrade où trône le bureau du chef. « Il prétendait épauler ainsi la fraternité, se souvient le criminologue. Un vrai choc culturel... »

« Un univers pourri jusqu'à la moelle »

Un autre travers fausse l'équerre : l'initiation à marche forcée de despotes élus ou pas, hermétiques aux idéaux humanistes de la maçonnerie et propulsés au sommet de la hiérarchie, sinon à la tête d'une obédience taillée sur mesure. « Brûler ainsi les étapes, c'est idiot », grommelle Guy Penne. Tel fut le cas du défunt Robert Gueï, initié en présence d'une brochette d'anciens officiers français et catapulté en un clin d'œil au 33e degré, dignité suprême. Soulève-t-on ce dévoiement et l'ascension météorique de Sassou devant François Stifani (GLNF) ? La riposte cingle : « Je ne peux pas vous laisser dire ça. Le président Sassou-Nguesso tient son maillet de manière impeccable. Chez lui, l'observance des rites est exemplaire. Moi, à la différence de mes amis du GO, je ne fais pas de politique. » L'ennui, c'est que DSN, lui, ne fait que cela. « Il veut verrouiller un consensus maçon en sa faveur d'ici à l'échéance présidentielle de 2009, avance un dignitaire congolais. Son gouvernement compte une vingtaine de frères, mais où sont les écoles, les dispensaires, les routes, les emplois, les retraites, la justice, la solidarité, le partage. Où ? Que devient le pactole que nous vaut la flambée du cours du pétrole ? » « Cessons donc d'infliger des leçons à l'Afrique, réplique Stifani l'Antibois. Pourquoi la France jetterait-elle l'anathème sur ses leaders au moment où l'Amérique et la Chine les courtisent ? » Antibois, certes. Anti-langue de bois, voire...

Au Gabon, au Congo-Brazza ou au Cameroun, décrocher un maroquin demeure, pour le non-initié, un authentique exploit. Reste que l'allégeance maçonne ne suffit pas toujours. En décembre 2004, le frère centrafricain Charles Massi, candidat à la magistrature suprême, sollicite les conseils de Bongo. A l'en croire, celui-ci lui suggère de négocier avec son futur vainqueur François Bozizé un accord de désistement mutuel « sous le couvert de la Veuve ». Trois ans plus tard, le même Massi, nommé entre-temps à l'Agriculture, fera les frais d'un remaniement, tout comme Enoch Lakoué-Derant, protégé de Sassou et prétendant malheureux à la primature (2).

Maçonnerie d'affaires, maçonnerie du ventre : maintes histoires de corruption plombent, en Afrique comme ailleurs, le prestige des loges. « Ma première impression ? Un univers pourri jusqu'à la moelle », assène Alain Bauer. « Dans le business, concède un proche de Sassou-Nguesso, le risque de trafic d'influence n'est jamais loin. A offres égales, je choisis le frère. Mais je vois mal un décideur écarter le mieux-disant profane au profit d'un initié. » En revanche, la fraternelle postcoloniale n'a rien d'un mythe. « Les passerelles fonctionnent, souligne Joseph Badila. Pour le pire, dès lors qu'elles perpétuent les travers de la Françafrique. Et pour le meilleur, parfois. Quand on peinait à instaurer à Brazza le guichet unique pour les entreprises, j'ai appelé un frère, expert en la matière au cabinet d'Alain Madelin, alors ministre de l'Economie. Sa venue nous a été utile. »

L'hôtel de Montesquiou, siège du ministère de la Coopération, a vu passer sous ses lambris plus d'un frangin. Avec un bonheur inégal : paravent d'un pillage des fonds publics, le Carrefour du développement torpilla en 1984 la carrière du socialiste Christian Nucci et de son chef de cabinet Yves Chalier, son parrain en maçonnerie, tendance Grand Orient. Plus tard vint l'Aveyronnais Jacques Godfrain, jadis élu... de Saint-Affrique. Comment le sait-on ? Grâce à la convocation à un atelier de son obédience que ce disciple de Jacques Foccart avait laissé traîner sur une photocopieuse. Machiavel africain de la France gaulliste, Foccart avait pris soin d'affranchir Guy Penne, fraîchement installé au 2, rue de L'Elysée. « Vous vous débrouillez pas mal, lui dit-il alors. Les premiers échos sont bons. Au fait, vous savez ce qui vous vaut d'être là ? Votre profil franc-mac'. » Un pedigree qui ne sauvera pas l'ancien patron du Quai d'Orsay, Roland Dumas, suspendu du GO par Alain Bauer sur fond d'affaire Elf. Question à 1 million de CFA : Omar Bongo aurait-il exigé - et obtenu - la tête de Jean-Marie Bockel si ce dernier avait été maçon ? Question à 2 millions de CFA : Bockel aurait-il dans ce cas prétendu « signer l'acte de décès de la Françafrique » ?

Qui l'eût cru ? Les initiés sont légions au sein de la tribu des « sorciers blancs », ces conseillers en communication familiers des palais africains. Témoin, Patricia Balme. A l'en croire, la fondatrice de PB Com International n'a jamais évoqué son engagement maçonnique avec ses clients, tels le président camerounais Paul Biya, le chef d'Etat centrafricain François Bozizé, l'opposant ivoirien Alassane Ouattara ou l'ex-ministre français Renaud Dutreil. Etrange coïncidence : tous, à l'exception de Biya, affilié à la mouvance Rose-Croix, sont des « triponctués ».

Quelques cadavres et de troublantes énigmes

Les placards de la maçonnerie franco-africaine recèlent encore quelques cadavres et plus d'une troublante énigme. A commencer par la mort, en février 1987, de Michel Baroin, ancien grand maître du GO et alors patron de la Garantie mutuelle des fonctionnaires (GMF), tué avec six frères, tous hommes d'affaires, lors du crash de son jet privé sur les flancs du mont Cameroun. Un autre épisode, plus ancien, mérite qu'on s'y arrête : l'assassinat, le 26 août 1973, du communiste tchadien Outel Bono, trois jours avant le lancement programmé d'un nouveau parti d'opposition. Selon les proches de cet ancien médecin-chef de l'hôpital de Fort-Lamy - aujourd'hui N'Djamena - son sort aurait été en partie scellé lors d'échanges entre le gouverneur de la Banque de développement du Tchad et un ex-colonel des services français, nommé Henri Bayonne, tous deux membres de la même loge parisienne de la GLNF. Pure coïncidence, sans doute.

(1) Joseph Badila est l'auteur de La Franc-Maçonnerie en Afrique noire (Detrad, 2004).
(2) La Lettre du continent, bimestriel confidentiel très au fait des arcanes maçonnes.
Par Vincent Hugeux, avec François Koch

Source : Trombinoscope

Tous les chefs d'Etat africains francs-maçons gravitent dans l'orbite de la Grande Loge nationale française (GLNF).

Les frères au grand jour

Omar Bongo Ondimba (Gabon).
Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville).
Idriss Déby Itno (Tchad).
François Bozizé (République centrafricaine). A noter que celui-ci, par ailleurs révérend supérieur d'une Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, a sollicité à l'automne 2007 la bénédiction du pape Benoît XVI.

Les frères de l'ombre

Ceux-là s'abstiennent de confirmer, voire démentent. Il arrive que les sources initiées consultées par L'Express se contredisent...
Abdoulaye Wade (Sénégal). A, semble-t-il, pris ses distances avec sa loge. D'autant qu'il doit tenir compte de l'hostilité de l'islam confrérique envers la franc-maçonnerie.
Blaise Compaoré (Burkina Faso). Parrainé par son ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolé.
Amadou Toumani Touré (Mali).
Mamadou Tandja (Niger).
Thomas Yayi Boni (Bénin).
Paul Biya (Cameroun). Aurait été initié avant de se rapprocher de la mouvance rosicrucienne.

Les demi-frères

Ils ont été approchés et envisagent de rallier la « tribu ».
Faure Gnassingbé (Togo).
Joseph Kabila (République démocratique du Congo).

Un legs colonial

Dédiée à « Saint-Jacques des Vrais Amis rassemblés », la première loge en terre africaine a vu le jour en 1781 à Saint-Louis du Sénégal. Il s'agira longtemps d'une maçonnerie coloniale, réunissant sous le maillet militaires, commerçants et fonctionnaires. Plusieurs maçons fameux ont plaidé en faveur de l'abolition de l'esclavage, notamment l'abbé Grégoire sous la Révolution puis Victor Schœlcher. D'autres ont œuvré à l'expansion de l'empire français, tels Pierre Savorgnan de Brazza et Jules Ferry, désireux d'« apporter les Lumières aux races inférieures ». L'émir algérien Abd el-Kader a rallié le Grand Orient en 1864. Longtemps laissés à la porte du Temple, les frères noirs y trouvent peu à peu leur place au XXe siècle. Citons le Sénégalais Blaise Diagne, nommé commissaire de la République en 1918 par Clemenceau, puis sous-secrétaire d'Etat aux Colonies sous Paul Doumer, ou le Guyanais Félix Eboué, qui, gouverneur du Tchad en 1940, rallie l'Afrique centrale à la France libre. A l'heure des indépendances, les loges africaines s'émancipent, créant des obédiences nationales, souvent nées de la fusion entre les filiales locales du GO et de la GLNF.
A lire : La Franc-Maçonnerie en Afrique, par Georges Odo. Editions maçonniques de France, 2000.
Par Vincent Hugeux, avec François Koch

Source : L'Express
Autre lien : http://www.bakchich.info/article4440.html


Dernière mise à jour : ( 18-07-2008 )

03:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 20 juillet 2008

L'AMBASSADEUR DE FRANCE A MADAGASCAR RENVOYE POUR SES LIENS AVEC DES COUPS D'ETAT ET ASSASSINAT POLITIQUE

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juillet 16, 2008

L’ambassadeur de France à Madagascar, Gildas Le Lidec, était en poste à Kinshasa lors de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, tout comme il était à Abidjan lorsque des rebelles ont tenté - en vain - un coup d’Etat contre le président Laurent Gbagbo.

Il n’en a pas fallu plus au président malgache Ravalomana, pour lui demander de quitter le territoire malgache, et s’en aller “ambassader” ailleurs, sous d’autres tropiques. Son entrevue avec le président français, Nicolas Sarkozy en Avril dernier n’a rien changé à la conviction du président malgache (que les diplomates français s’évertuent à présenter comme un “arriéré” !!)

5 mois après avoir présenté ses lettres de créances au président malgache, Gildas Le Lidec va devoir se trouver un autre poste. Pour Madagascar, son nom est associé à trop de problème ressemblant étrangement à la Françafrique.

Le président malgache redoutait ainsi d’être pris par la “malchance” qui suit Gildas Le Lidec dans les pays africains où il passe, et on doit dire qu’en tant que président, même si la raison semble farfelue, il a tout à fait raison d’appliquer le principe de sécurité face à un diplomate que la barbouzerie semble poursuivre partout où il passe!

Comble de la honte, Gildas Le Lidec a dû l’annoncer le 14 Juillet, jour de la fête nationale de la France!


Sources: 20mai.net et Le Monde

21:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 15 juillet 2008

POUR COMPRENDRE LE PRESIDENT A VIE DU ZIMBABWE, ROBERT MUGABE, ET LE MAL QUI RONGE L'AFRIQUE DEPUIS SES INDEPENDANCES

2067d6b1f1e3cb4e1d18b6cdc4cb1038.jpgSource: 20mai.net

juillet 8, 2008

Les Présidentielles au Zimbabwé qui ont duré trois bons mois (du 29 mars au 29 Juin 2008) pourraient s’apparenter à une grande farce pour qui méconnaît le processus historique qui y mène : depuis les simulacres d’indépendance qui ont confié les rênes des pays africains aux commis des ex-empires coloniaux à la mutation de ces mêmes commis en dictateurs dans une indifférence internationale totale, l’Afrique et les africains sont les grands sacrifiés de l’Ordre International.
Le plus souvent, l’ONU est impuissante se contentant d’un rôle d’observation, ou alors de résolutions imposant des sanctions qui pèsent sur les populations et jamais sur leurs dirigeants et quand l’ONU avance, elle se constitue en force d’interposition, sans plus. C’est-à-dire en force favorisant le statu quo de l’exercice de la dictature. L’ONU reconnaît les Etats et pas les Nations. Par conséquent, tout Etat, dictatorial ou non, affameur on non, prédateur des richesses publiques ou non, est reconnu à l’ONU au même titre que tous les autres Etats du Monde.
Quant à l’Union Africaine, elle est dans un état contemplatif et en sort sporadiquement pour, elle aussi, observer et quand elle peut faire un peu plus, proposer un gouvernement d’alliance nationale lors des sessions forcément extraordinaires, puisqu’elle n’a pas de culture de la prévention.
A l’aube du 21ème siècle, en Afrique, les mots comme processus démocratique, changement, droits de l’homme, Justice, civilisation qui implique le respect de la vie et de la liberté humaines restent des chimères. La faute à qui ? A un ordre international complice qui cautionne le Pillage d’un côté et prône la Morale dans les discours.
Le Développement Durable sera-t-il, comme la croissance et le développement hier, exclusivement réservé aux pays riches? Que devient deux des principes fondamentaux de ce Développement Durable savoir celui de la Solidarité, non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps d’une part, et celui de la Responsabilité, d’autre part?
Cette chronologie des évènements est faite pour nous servir d’aide mémoire.

ACTE 1: DIVISER POUR MIEUX REGNER

Souvenons-nous. 1962, un livre «l’Afrique Noire est mal partie» de René Dumont, Ecologiste avant l’heure. Souvenons-nous encore. A la publication de l’ouvrage, beaucoup avait pensé que la formule était exagérée, malgré les démonstrations imparables contenues dans le livre. Ils disaient en chœur, «le pire n’est jamais certain». Pensez donc, une vision aussi sombre et aussi noire, c’était le cas de le dire, une vision aussi noire au moment où les pays africains accédaient à l’indépendance était tout simplement irrecevable.
Effectivement, dit aussi crûment, le message avait le tort de transformer l’euphorie des indépendances arrachées au prix des guerres de décolonisation terribles en un épisode déprimant. Bref, cette formule risquait de démolir le rêve d’une victoire arrachée à la force des armes, du poignet et du patriotisme. Les africains voulaient croire que l’Afrique serait désormais gouvernée et gérée par les africains, devenus enfin libres! COMME C’ETAIT  BEAU MAIS NAIF.
Pourtant, les indépendances acquises dans l’improvisation la plus totale, sans aucune période de transition, dans un immense bain de sang, de surcroît, justifiaient à elles toutes seules le titre de l’ouvrage de René Dumont.
Déjà les frontières des pays découpées à la fauche devaient mettre la puce à l’oreille. Des ethnies semblables ont été dispersées dans des pays différents et des ethnies différentes regroupées dans un même pays ; ce qui revient d’ailleurs au même. Une application pratique de la théorie cynique: «diviser pour mieux régner».
Comme si cela ne suffisait pas, les dirigeants africains eux-mêmes ont pris le relais de cet adage qu’ils ont transposé à leur manière en faisant de la préférence ethnique et tribale leur méthode de gouvernance : chaque dirigeant favorise sa Région et ses ressortissants et ignore les autres régions de son Etat. Les germes de l’embrassement sont présents dans ce favoritisme tribal.
Mais, les Chefs d’Etat n’en ont cure. Chaque Président exclut les autres ethnies de l’accès aux postes publics, aux Pouvoirs, aux richesses nationales et aux biens publics. On en vient donc à observer que c’est le dirigeant politique, le Chef de l’Etat lui-même qui transforme les différences ethniques naturelles en confrontations guerrières.
Depuis les années 90, ce cycle culmine avec la revendication de la démocratie. Les africains veulent la démocratie. Ceux qui disaient que les africains n’étaient pas prêts pour la démocratie se trompaient. La preuve, combien d’africains sont déjà morts pour cette grande cause ? Des millions.
Voici un bilan non exhaustif. 1967-1970, la guerre du Biafra: 1 million de morts. 1994, le Rwand : un million de morts. Hier, la Somalie, l’Ethiopie, le Libéria, le Sierra Léone, l’Angola, le Congo Brazzaville, le Tchad, le Rwanda, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire. Il y a si peu encore, c’était le Kenya et, aujourd’hui encore, le Darfour au Soudan. Comment l’Afrique en est-elle arrivée à avoir des dirigeants sans aucune fibre patriotique? La “Françafrique“, concept popularisé par François-Xavier Verschave (décédé en Juin 2005) donne une clé explicative1.
Pendant les guerres de décolonisation et, bien après, les anciennes colonies se sont livrées à un acte de sabordage spirituel. En tuant systématiquement tous les Leaders indépendantistes, ceux qui revendiquaient les indépendances et qui étaient préparés à prendre la relève, les africains se sont retrouvés en quelque sorte orphelins. Sans pères fondateurs, sans têtes pensantes. Pour couronner le tout, les nouveaux dirigeants ont été choisis, puis installés à la hâte par les anciennes puissances coloniales. Ce qui s’appelait colonisation a pris le nom de coopérations d’Etats. Changement de nom mais pas de procédures ni de méthodes. Plus tard, les essayistes ont appelé cela le néocolonialisme. En clair tout continue comme avant.
D’ailleurs, lorsque les dirigeants africains ne convenaient plus à la métropole, un coup d’Etat était dirigé contre eux et ils étaient remplacés par un autre pion. Bob Denard, maître des coups d’Etat en Afrique en a tiré une gloire. Il faut dire que les accords d’assistance militaire étant d’un flou absolu, les bases militaires françaises en Afrique étaient manifestement là pour maintenir l’ordre en Afrique, c’est-à-dire pour protéger le Chef de l’Etat contre son peuple et son opposition. D’ailleurs, il n’y avait et il ne pouvait y avoir qu’un parti unique dans chaque Etat. Opposition zéro.
Le Chef de l’Etat en Afrique n’avait donc pas de comptes à rendre à son peuple mais à son ancienne métropole. Robert Mugabe lui a passé ce cap; il ne rend plus compte qu’à lui-même, convaincu, comme il l’a dit lui même que le Pouvoir lui a été donné depuis les indépendances par Dieu. Si telle est sa conviction profonde, pourquoi avoir organisé des élections? Le Pouvoir est d’ordre divin ou d’ordre démocratique, pas des deux ordres à la fois, même si les puristes avancent - avec raison - que toute autorité procède de Dieu.
Donc, à l’école des pratiques de la coopération d’Etats, les Chefs d’Etat africains ont retenu trois choses au moins: qu’il fallait systématiquement éliminer les opposants au régime politique, que la corruption et le détournement des fonds publics étaient couverts, dès lors qu’il suffisait de transférer les fonds ainsi détournés dans les institutions bancaires européennes voire de les injecter dans les circuits financiers occidentaux ou de les investir en dehors de l’Afrique. Et ils ont retenu enfin la leçon diabolique : diviser pour mieux régner. Le bilan: c’est le désastre actuel.

ACTE 2: L’AFRIQUE, NOUVELLES FRONTIERES DU BIG BUSINESS

Souvenons nous encore. Le 26 Février 1885 prenait fin la conférence de Berlin sur le partage de l’Afrique. Convaincus par les militaires, les aventuriers et les philanthropes de tout poil, les responsables politiques comme le républicain français Jules Ferry, le conservateur britannique Benjamin Disraeli, le Roi des Belges, Léopold II qui avait déjà puissamment investi au Congo Léopoldville à titre personnel et bien d’autres encore se sont ralliés à l’idée d’une Afrique sans maître qu’il fallait se partager. Le Chancelier allemand Otto von Bismark convia donc les représentants des Etats-Unis et de 13 pays européens à se répartir les dernières terres qui échappaient encore à la mainmise occidentale, comprendre à la civilisation.
En trois mois, les règles de l’occupation de l’Afrique furent fixées. Liberté de navigation sur les grands fleuves africains ; liberté pour les Etats européens déjà présents sur le littoral d’annexer l’arrière pays correspondant. Attribution à titre privé d’un vaste territoire au cœur de l’Afrique noire au Roi des Belges, Léopold II. Le pays est donc devenu la propriété du Roi des Belges et a été baptisé « Congo Léopoldville » du nom du fleuve Congo et du propriétaire. A sa mort, Léopold II lèguera le Congo à la Belgique. Tout simplement. C’était le temps des colonies.
Puis vint le temps des indépendances, 1960. Puis, celui des premiers soubresauts avec la guerre du Biafra en 1967 : guerre pour le pétrole déjà. Comme la guerre du golfe 1 en 1990. Avec la guerre du Biafra on assiste à l’entrée en scène des Humanitaires sous la bannière de «Médecins sans frontières» avec le Ministre français actuel des affaires étrangères, en co-fondateur, Bernard Kouchner, théoricien du droit d’ingérence.
A partir des années 1979, certains dictateurs en Afrique, sûrs de leur impunité, se transforment en Seigneurs de Guerre. Charles Taylor Président du Libéria de 1997 à 2003, en devient l’emblème. Devenu Président, l’ancien Chef des rebelles continuera à régner en parrain en Sierra Léone jusqu’en 2000 lorsque Tony Blair décide d’envoyer les forces spéciales britanniques pour mettre fin au bain de sang en Sierra Léone.
Qui est donc Charles Taylor ? En 1989, Charles Taylor se lance à la conquête de Monrovia, la capitale du Libéria. Il est alors le chef des rebelles du Front national patriotique du Libéria. Pour financer une guerre qui va finalement durer huit ans, Charles Taylor s’allie avec un autre chef de la rébellion en Sierra Léone, Foday Sankoh. Les deux chefs rebelles s’emparent des mines de diamants de la Sierra Leone qui leur permettront d’acheter des armes. Ces diamants de sang atterrissent à Anvers en Belgique où ils sont écoulés. Ils rapporteront un beau pactole à ces 2 Seigneurs de la guerre qu’on estime à 200 millions de dollars au moins.
L’armée des rebelles est impitoyable : elle enrôle des jeunes soldats drogués et dressés pour tuer. Les témoignages d’enfants rescapés font état de faits innommables : les enfants étaient enrôlés de force ; ils avaient ordre de tuer y compris leur père et mère, ordre de violer et de mutiler les hommes et les femmes, ordre de piller. Bref, leur mission était de semer la terreur. Une expression est devenue célèbre «manches courtes - manches longues».
Dans son livre «Allah n’est pas obligé», l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma en a donné une description effroyable. Il faut relire ce passage qui dit ceci : « Il faut couper les mains, au maximum de personnes, au maximum de citoyens Sierra Léonais. Il faut couper les mains à tout Sierra Léonais fait prisonnier avant de le renvoyer dans la zone occupée par les forces gouvernementales. Foday donna les ordres et les méthodes et les ordres et les méthodes furent appliqués. On procéda aux « manches courtes » et aux « manches longues ». Les manches courtes c’est quand on ampute les avant bras du patient au coude, les manches longues, c’est lorsqu’on ampute les deux bras aux poignets. Les amputations furent générales, sans exception et sans pitié.
Quand une femme se présentait avec son enfant au dos, la femme était amputée et son bébé aussi. Quel que soit l’âge du nourrisson. Autant amputer les citoyens bébés car ce sont de futurs électeurs ».
Il faut noter que pendant ces années de terreur, le business continuait as usual. Au Libéria, les exportateurs européens ou américains de bois et de caoutchouc continuaient leurs affaires comme si de rien n’était. Elu en 1997 avec un slogan de terreur « Il a tué mon père, il a tué ma mère, mais je vote pour lui », en promettant de remettre le pays à sang, s’il n’était pas élu, Charles Taylor est finalement chassé du Pouvoir en 2003 par une nouvelle rébellion. Il s’exile au Nigéria d’où il est extradé à la Haye en 2006, après avoir échoué sa tentative d’évasion vers le Cameroun.
A la Cour spéciale pour la Sierra Léone (CSSL) qui siège exceptionnellement à la Cour Pénale internationale (CPI) à la Haye, en raison des troubles que le procès de ce parrain aurait pu faire courir à la sous région, Charles Taylor doit répondre de deux chefs d’accusation « crimes de guerres » et « crimes contre l’humanité ». 2003 marque la chute de Charles Taylor et la fin d’un autre dictateur sanguinaire, exilé en Arabie Saoudite: la mort d’un certain Idi Amin, Président de l’Ouganda, arrivé au Pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. Il dirigera l’Ouganda de 1971 à 1979. Son régime est accusé d’avoir fait entre 300 000 et 500 000 morts. Des civils opposants au régime.

ACTE 3: L’AFRIQUE A NU

Voilà donc l’Afrique en pleine interrogation, depuis qu’elle observe qu’elle peut créer des dictateurs encore plus sanguinaires que les ex-colons. L’Afrique qui ne peut plus tout mettre sur le dos de la colonisation. L’Afrique qui ne peut plus se reposer sur les coopérations d’Etat. L’Afrique face au Miroir. Seule depuis la conférence de Berlin de 1885. L’Afrique face au destin qu’elle semble appeler depuis 1985 avec un slogan local: «l’africanisation des cadres».
Nous sommes en 1985. 25 ans seulement après les indépendances durement conquises, le rêve d’une Afrique en voie de décollage économique commence à s’écrouler. Les premiers signes de la faillite des Etats sont apparus en 1979 avec la chute du cours du cacao et se sont accentués sur toute la décennie qui a suivi. C’est au bout de cette lente agonie de la chute des cours des matières premières, que le FMI entre en scène en Afrique avec ses fameux plans d’ajustements structurels, pour assainir les comptes publics et la gestion des affaires de l’Etat.
Curieusement, l’orthodoxie économique implacable des Plans d’ajustements structurels a eu pour effet immédiat d’accélérer la crise économique en y ajoutant la faillite sociale. Au point que le FMI a été obligé d’ajuster socialement les plans d’ajustements structurels. Avouez que ajuster l’ajustement, cela ne manquait pas de sel. Reste que le FMI a quand même ouvert une brèche dans une comptabilité publique hermétique. Sans marges de manœuvre, le même FMI a prescrit à l’Afrique un autre poison lent: la privatisation de tout ce que l’Etat ne peut pas économiquement viabiliser.
Autant dire de presque tout en Afrique. La grande braderie s’est donc mise en place. Au final, deux acteurs dominent l’Afrique actuelle: les Organisations non gouvernementales financées à coups de millions d’euros ou de dollars par les Etats occidentaux et les multinationales, les nouveaux prédateurs. Il semblerait que les premiers employeurs en Afrique aujourd’hui soient les ONG, encore une curiosité.
Souvenons nous encore. Après la chute du mur de Berlin, en 1989, François Mitterand a eu une phrase heureuse lors du sommet franco africain de la Baule «l’aide contre la démocratie». Tout le monde avait applaudi. Hélas, hélas, la joie fut de courte durée, puisqu’on sait depuis que le Président était personnellement lié d’amitié avec le Président rwandais Hutu Habyarimana, tué par un missile terroriste en plein vol, alors que celui-ci rentrait au Rwanda. Les Hutus ont attribué cet acte aux Tutsis. On connaît la suite: un génocide et 1 million de morts. Dans la province du Kivu, province de la République démocratique du Congo, ex Congo Léopoldville, proche du Rwanda, les viols, les meurtres et les crimes issus de cette guerre du Rwanda viennent à peine de s’éteindre et encore, cela reste à vérifier.
Depuis le discours de la Baule, l’aide contre la démocratie, non seulement il n’y a pas eu de démocratie, l’aide n’a pas été interrompue pour autant et en plus la majorité des chefs d’Etats africains qui étaient déjà au Pouvoir en 1989 sont toujours au Pouvoir. Certains d’entre eux, envisagent même de recourir au changement de la Constitution pour rester au Pouvoir à vie. Et la communauté internationale ne dit rien. Si, elle partage l’Afrique entre les ONG, les nouvelles fondations civiles, les Evangélistes et les multinationales, comme les grandes puissances se l’étaient partagée auparavant à Berlin en 1885.
Pendant ce temps-là, l’Union africaine a eu toutes les peines du Monde pour gérer la crise au Kenya, comme toutes les autres crises du continent dont celle du Zimbabwe. Après Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix en 1984, ancien Archevèque du cap, ce qui lui confère une autorité morale en Afrique, Kofi Annan, l’ex secrétaire Général de l’ONU a pris le relais de la médiation entre le Président Kenyan élu en fraude, Mwai Kibaki et son rival malheureux, Raila Odinga. Le compromis: le Président frauduleux reste en place, le candidat volé obtient un lot de consolation en devenant Premier Ministre.
L’Afrique était donc bel et bien mal partie. Et elle risque de repartir mal tant que les pays occidentaux continueront par exemple à lui vendre des armes dont elle n’a que faire. L’Union européenne en a pris acte. Tout sauf les armes pour bénéficier de l’aide européenne. On jugera dans les faits.
Là-dessus, le Président Nicolas Sarkozy, lors de sa visite africaine en Juin 2007,  déclarait à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar que : «l’Africain doit entrer davantage dans l’histoire. Jamais a-t-il dit, l’africain ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin». Les africanistes et les africains ont reçu cette phrase comme une balle en plein coeur.  Sous le choc, certains avaient même cru qu’il s’agissait de l’acte de décès de la Françafrique. Ici en France, Bernard Henri Lévy a qualifié la plume de l’Elysée de « raciste » et celui-ci, Henri Guaino a répondu à Bernard Henri Lévy qu’il était un « gros c... ».
Personnellement, je ne crois pas que les propos de Dakar du Président Sarkozy soient dénués d’objectivité. Par contre, quand il dit à Libreville, à la suite de Dakar, « que la colonisation n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption », la réponse est plus nuancée. Ce n’est effectivement pas la faute de la colonisation. C’est celle de la coopération d’Etats. La colonisation est venue avec de vrais missionnaires et des businessmen à visage découvert. La coopération d’Etats est venue avec des faux prédicateurs. Le FMI lui promet carrément de faux Sauveurs à l’Afrique.
Quant aux ONG, ce n’est pas une solution durable. En fait, tous ceux qui prétendent aider l’Afrique se servent copieusement au passage. Comment peut-il en être autrement puisque les premiers à se servir copieusement sont les dirigeants africains.
Et les africains dans tout ça, me direz vous ? En pleine quête identitaire, ils ont découvert qu’ils seraient descendants de l’Egypte des pharaons Noirs.
Imhotep est devenu leur emblème et Cheikh Anta Diop, l’égyptologue, leur icône. Un site Africamaat, «l’Afrique de tous les savoirs» porte haut et fort cette quête.  Un autre «Ankh» de Mr. M’backe concentre la recherche appliquée à ce sujet. Alors, quand le Président Nicolas Sarkozy leur dit que «l’Africain doit entrer dans l’Histoire», au sein du temple du savoir baptisé Cheikh Anta Diop, vous comprenez le cri d’horreur! Quoi, nous dire ça à nous, les descendants de la civilisation Egyptienne et Nubienne !
L’Egypte qui a tout inventé : l’urbanité, l’architecture, les mathématiques, la politique, tous les savoirs quoi. S’entendre dire, je cite le Président de la République que : « l’homme africain ne serait pas assez entré dans l’histoire; que dans son imaginaire il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès, Jamais il ne s’élance vers l’avenir ». C’en était trop. La vérité c’est que, devant une telle charge civilisationnelle, l’Afrique n’a rien à opposer, elle est nue. A Dakar, le choc a été tel qu’une historienne malienne, a proposé à ses collègues de mettre en place un comité interafricain de rédaction de l’histoire de l’Afrique à l’intention du Président de la République française.
Fausse route. Une telle initiative n’a de sens que si elle s’adresse d’abord aux élites africaines et si elle sert de base d’éducation aux premiers concernés : les africains bien sûr. Cela fait trop longtemps que l’Afrique louvoie, tâtonne et se fourvoie et que le monde entier accepte l’inacceptable quand il a lieu en Afrique. Foin de résolutions et des sanctions. Voici venu le temps de l’action.
Cette action pourrait prendre la forme d’une exigence simple à mettre en oeuvre : soumettre la reconnaissance des Etats à l’ONU, l’aide au développement et l’installation des multinationales à une triple charte la supervision des élections par un comité d’observation international dans les pays d’Afrique Noire où règne une suspicion généralisée de fraudes électorales depuis les années de revendication, 1990 la non reconnaissance par l’ONU de tout état coupable de fraudes électorales l’application du droit d’ingérence partout où des hommes et des femmes sont emprisonnés, tués et mutilés pour les libertés humaines.
Combattre la pauvreté et la misère, oeuvrer pour le développement des pays pauvres ne peuvent être possible que dans un cadre de libertés et de respect de la vie. Le Développement Durable est une culture de la vie et non celle de la Mort. Le Développement Durable est une culture du Renouvellement et non celle des «Natures mortes» qui singent la vie sans être la Vie.

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QUE VOULAIENT LES AFRICAINS AU SOMMET DES PAYS LES PLUS PUISSANTS DU MONDE ?

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.


Titre de l'auteur: Que veulent les africains au sommet des pays les plus puissants du monde (G8)?

juillet 12th, 2008

Il sera bientôt tentant, s’il ne l’est pas encore, de considérer comme une malédiction divine, l’appartenance au continent africain. Décennie après décennie, année après année, jour après jour, d’un événement à l’autre et d’une rencontre internationale à l’autre, l’on débat de la situation de l’Afrique sur laquelle l’on s’apitoie avec des tonnes de promesses, et l’on écoute tranquillement des personnalités de premier plan venus du continent pour présenter des catalogues de revendications.
Si en public de bonnes âmes installées devant des piles de papiers et sûrs de leurs pouvoirs, font semblant de comprendre et de prendre en considération ces émissaires qui se présentent comme les plénipotentiaires des pauvres, le jugement en privé est autrement plus sévère et humiliant.

En ce début du mois de juillet 2008, c’est à Tokyo que se déroule ainsi pour une énième fois, le mélodrame de cette insoutenable pièce de théâtre qui met face à face, de puissants dirigeants d’un groupe de pays baptisé G8, et les thuriféraires africains dont le seul discours consiste à demander tantôt des aumônes, tantôt des aides, tantôt des règles de discrimination exceptionnelles dans leurs relations de partenariat.
Dans ce contexte où l’on n’en finit pas de présenter les points importants qui catalysent l’attention dans la quête d’une meilleure approche des problèmes de l’humanité, les médias du monde, maladroitement relayés par leurs confrères subalternes du continent, ne font rien pour atténuer l’ampleur de l’humiliation, de l’irresponsabilité, et de la marginalisation de ceux qui n’ont jamais fait que mendier, tendre la main, et pleurnicher au fil des siècles.
La présence de l’Afrique à Tokyo où elle est fortement représentée par sept chefs d’Etat et par les plus hauts responsables de l’Union Africaine, est déjà tout un défi et une incongruité qui résulte de la seule magnanimité des grands maîtres de ce monde.
Il est important à ce propos, de rappeler afin que personne ne se trompe, que cette institution car c’est bien devenue une institution, ne fut pas crée pour devenir un autre centre de polarisation des débats de la diplomatie planétaire. Cette instance n’est donc ni la répétition des nations Unies, ni de quelques lieux de rassemblement où chaque petit roi, sale ou propre, voleur ou puritain, blanc ou noir, vient s’exhiber au nom de ce qu’une lamentable normalisation symbolique du Droit international appelle souveraineté. Au départ, ce sont simplement les pays les plus industrialisés du monde capitaliste, en somme de l’Occident, qui ressentent le besoin de se réunir en dehors de toute autre instance courante, pour débattre des grands dossiers économiques du monde.
C’est donc à Rambouillet en France, à l’invitation du président Valery Giscard D’Estaing, que se tint le tout premier sommet au milieu des années 1970. Dans la configuration géopolitique et idéologique du monde de l’époque dominée par la guerre froide et l’activisme des pays dits du groupe des 77 qui en imposent au nom de leur majorité automatique, il est de bon ton de profiter d’une autre instance où l’on peut se concerter à tête reposée et transmettre des messages codés variés au reste du monde.
Hélas, au fil des ans, il a bien fallu tenir compte des modifications intervenues dans l’agencement idéologique du monde, et l’apaisement des contentieux au sein des principales instances multilatérales. Après l’effondrement du mur de Berlin sous le prestige stratégique de Mikail Gorbatchev qui avec la perestroïka et la glasnost, permettra d’inaugurer une nouvelle ère moins conflictuelle dans la coexistence des peuples, des Etats et des nations, l’Occident est bien obligé de changer les termes de référence de cette rencontre des pays riches et de changer complètement son agenda.
Voilà comment et sans que l’on ait planifié une telle évolution, le cercle s’élargit et en vient à prendre en considération certains dossiers relativement ouvert sur les grandes préoccupations diplomatiques et économiques. Evidemment la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Nigéria, sont les premiers candidats reçus à cette kermesse. Chaque invité y arrive cependant selon une évaluation géopolitique et stratégique précise. L’on en vient ainsi à recréer tout le manège pour ne pas dire toute la configuration conflictuelle et conciliatoire des instances diplomatiques multilatérales les plus connues, notamment celles de l’ONU
L’Afrique qui va parler à Tokyo aujourd’hui au point de se mettre à demander des comptes sur quelques promesses, devrait bien se souvenir qu’elle s’y trouve en réalité sans les qualités premières requises et par ailleurs sous une casquette à peine voilée de pauvre mendiant dont on veut bien donner l’impression d’examiner la situation. Il s’agit plus d’enlever toute coloration d’arrogance à une instance de riches pays, que de prendre pitié de qui que ce soit. D’ailleurs, il devrait demeurer clair et vivant dans la tête des invités que ce qui motive cette réunion c’est l’arbitrage de la compétition entre les riches et la recherche de l’harmonisation de quelques règles gouvernant leurs mécanismes financiers et commerciaux.
De quoi parle t-on vraiment et de qui parle-t-on lorsque l’on entend des Chefs d’Etat qui sont incapables d’édicter les moindres règles de transparence dans les relations internationales du continent, venir se plaindre des pays riches qui n’auraient pas tenu leurs promesses ou leurs engagements ?
De quels engagements s’agit-il donc ?
Ceux qui en ordre dispersé et la tête baissée sollicitent l’aumône ont-ils d’abord fait le procès de leur mauvaise gestion, du pillage dont ils sont eux-mêmes responsables contre leurs peuples, de la corruption, des malversations de toutes natures ?
S’agit-il des mêmes gens qui n’ont pas pu condamner Robert Mugabe ?
S’agit-il des mêmes dirigeants qui changent les constitutions tous les jours ?
S’agit-il des mêmes pays où les caisses publiques sont pillées en milliards de dollars par des comparses impunis ?
L’Afrique qui se présente à Tokyo, n’a ni valeur ni qualité, ni bénédiction pour porter plainte contre le reste du monde. Admettons donc selon le vieux refrain…, que l’Occident se serait enrichi en pillant les richesses des autres peuples. D’accord mais alors, pendant combien de temps faudra-t-il gérer les conséquences de ce grand malheur avant de devenir effectivement adulte et de se prendre en charge ? Il y a un profond trouble dans cet art de l’hypocrisie. Nous ne pourrons pas éternellement jouer à ce jeu de princes de la mafia qui se présentent le jour de la fête pour se faire champion de la justice et endosser la toge du procureur des nations.
Le sommet des pays les plus riches, les plus puissants et les plus industrialisés, selon la terminologie que l’on veut utiliser, constitue une instance spécifique qui ne devrait pas souffrir de l’encombrement de sales fréquentations et des plaintes de gens qui ne savent pas balayer devant leurs portes.
L’Afrique ne devrait rien envier ni à l’Europe ni à l’Amérique, tant elle est naturellement riche sinon plus riche. Le paradoxe voudrait que ce soient les monarques illégitimes du continent qui se permettent les plus insolents des plaisirs et les plus ignobles des privilèges.
Rentrant d’un voyage récemment, j’ai eu la surprise de découvrir l’ambassadeur d’un des pays les plus puissants du monde assis tranquillement, sagement, et le plus naturellement en classe économique. Son Excellence monsieur l’ambassadeur était accompagné de son épouse et d’au moins deux collaborateurs directs. Pendant ce temps, la première classe était infestée de dignitaires sans grande importance du régime.
Je dois signaler ici qu’il s’agissait de l’ambassadeur de France dans un vol de la compagnie Air France. La scène était assez nourrie de leçons et d’interpellations et n’a donc pas échappé à l’attention de nombreux passagers, lesquels n’ont pas manqué de faire des commentaires les plus affligés sur les dépenses folles des prédateurs qui les gouvernent.
C’est donc cette Afrique si riche et si dépensière, dirigée par une élite irresponsable, insouciante et inconsciente, qui se présente à Tokyo pour demander que l’Occident respecte ses promesses. La réponse intime ne peut être qu’une légitime moquerie./.

12:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 04 juillet 2008

UNION AFRICAINE, CETTE POULE MOUILLEE

17285e05f7e361199bec12a1103cf9b1.jpgRideaux sur le 11e sommet de l’Union Africaine à Charm-el-Cheick, au bord de la
mer Rouge, en Egypte. Si donc la grand-messe des princes qui nous gouvernent a
bien pris fin après un "ordre du jour chargé", la délicate question du
Zimbabwe, sur laquelle on les attendait, elle, a été presque escamotée.
Et c’est tout goguenard que, comme à son habitude, le président Omar Bongo
Ondimba, qui est réputé ne pas user de circonlocutions pour dire tout haut ce
que bien de ses collègues pensent tout bas, ou, si vous voulez emprunter
l’expression révolutionnaire à la mode dans les années 80 au Burkina, "qui
appelle un chat un chat", n’a pas été en-deçà de ce qu’on attendait de lui.

C’est ainsi que, peu avant l’ouverture de cette rencontre des grands, le doyen
des chefs d’Etat africains s’est écrié, avec cet air mi-railleur mi-sérieux
qu’on lui connaît, même sur des sujets préoccupants en ces termes : "Nous avons
accueilli Mugabe comme un héros. Il a été élu, il a prêté serment, il est là
avec nous. Alors il est président".

Pour exceller dans la provocation, on ne pourrait faire mieux que celui qui, par
abus de langage peut-être, reste, dans la mémoire collective, le doyen des chefs
d’Etat du continent. Car on nous a appris, dans notre tendre enfance, que
doyenneté rime avec sagesse.

Or ici, vous l’aurez constaté, le vieux locataire du "Palais du bord de mer" à
Libreville, en applaudissant le coup de force électoral perpétré par Mugabe,
n’a pas fait, à moins de donner un autre sens à ce mot, preuve de sagesse. A la
limite, on l’aurait compris s’il s’était tu ou, à défaut de se soumettre à ce
supplice, s’il avait tenté d’arrondir les angles, surtout que lui-même, en
dépit de son côté charmant, est loin d’être un parangon de valeurs
démocratiques.

Voilà un homme bien chanceux qui était, il y a de cela 41 ans, à la bonne place
au bon moment : directeur de cabinet du président Léon Mba. Lorsque ce dernier
tomba malade et succomba, Bongo hérita de tous les attributs de chef d’Etat,
comme on ramasse une mangue mûre tombée d’un arbre, en prenant le temps de
mettre hors d’état de nuire tous les éventuels prétendants qui pouvaient lui
faire ombrage.

Ainsi, depuis 1967, à force de bâillonner l’opposition, de la mâter sans en
donner l’impression, et de triturer la Constitution à sa guise, Ondimba est
resté perché au sommet de l’Etat. Ainsi, le Gabon est devenu sa propriété
privée et celle de ses proches, pour ne pas dire de ses valets.

Et quand on est dans un tel cas, comment ne pas vraiment trouver des
circonstances atténuantes, voire applaudir à tout rompre la tragédie qu’écrit,
en lettres de sang, Mugabe dans son pays ?

Mais, véritablement, si Bongo a eu le culot de s’exprimer, au nom de certains de
ses pairs, il est loin d’être le seul à s’être satisfait de ce déni de
démocratie qui a eu pour théâtre le Zimbabwe. Au bas mot, une bonne dizaine de
nos gouvernants, qui sont arrivés au pouvoir dans des circonstances
calamiteuses, et qui usent et abusent d’arguties constitutionnelles pour s’y
maintenir, étaient de cœur avec lui, le sourire en coin, pour l’applaudir dans
ses envolées scabreuses.

Qui peut nier que Zine El Abidine Ben Ali, qui, en dépit des grosses prouesses
économiques réalisées par son pays sous son long "mandat", reste un des plus
grands despotes du continent ?

Qu’Hosni Moubarak, en Egypte, Oumar El Béchir au Soudan, Teodoro Obiang Nguema
en Guinée Equatoriale, José Eduardo Dos Santos et nous en oublions sont loin
d’être des exemples en matière de démocratie ?

La seule éclaircie de cette scène bien triste pour le continent noir, qui s’est
jouée à Charm-el-Cheick, c’est l’agréable constat que, à côté de ce club de
présidents inamovibles, prêts à s’accommoder d’un Robert Mugabe, parti pour un
cinquième mandat présidentiel, il existe d’autres dirigeants africains, arrivés
au pouvoir à la régulière et qui mettent un point d’honneur à faire prévaloir
dans leur pays un minimum démocratique.

Sont de ceux-ci le président Abdoulaye Wade du Sénégal, Seretse Ian Khama du
Botswana, Umaru Yar Adua du Nigeria, lesquels ne se sont pas laissé divertir
par les Bongo et Cie, en dénonçant en des termes peu amènes ce simulacre de
présidentielle dans l’ex-Rhodésie.

En appelant dans sa résolution finale Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai à
"entamer le plus rapidement possible un dialogue politique en vue de la
formation d’un gouvernement d’union nationale", l’Union Africaine, cette poule
mouillée, a fait encore, hélas, preuve d’équilibrisme sans pareil, en ratant
une fois de plus le coche.

Bien d’observateurs avaient cru naïvement que, cette fois au moins, ce syndicat
de chefs d’Etat taperait du poing sur la table, pour mettre Mugabe au pas et au
ban de la communauté internationale... Mais, au lieu de le réprimander, au
propre comme au figuré, on l’applaudit, une invite à sévir davantage contre la
démocratie.

En appelant Mugabe à œuvrer à la formation d’un gouvernement d’union nationale,
le Sommet des chefs d’Etat réunis à Charm-el-Cheick veut faire de l’exception
kenyane une règle inscrite en lettres d’or à l’échelle du continent. On se
souvient tous de la crise au Kenya par suite d’une élection opaque.

Et il aura fallu de longs mois de tractations diplomatiques et d’atermoiements
pour en arriver à un partage du pouvoir entre Raila Odinga, nommé Premier
ministre, et Mwai Kibaki, qui resta à la tête de l’Etat. Mais diable, quelle
idée d’ériger l’exception kenyane en règle transposable au Zimbabwe ?

Mwaï Kibaki n’est pas Robert Mugabe, et le Kenya pas davantage le Zimbabwe. A
Charm-el-Cheick, les princes qui nous gouvernent se sont contentés, une fois de
plus, de replâtrage sans chercher à guérir le mal zimbabwéen à la racine. Et
c’est un peu pour cela que ce 11e Sommet n’a été qu’une messe de plus.

Boureima Diallo, Jeudi 3 juillet 2008.

L’Observateur

http://www.lefaso.net/spip.php?article27673&rubrique7

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jeudi, 03 juillet 2008

QUE VEUT FINALEMENT LA FRANCE ?

48c338e4dbbf496f4399be38f812974b.jpgDepuis l’arrivée de M. Nicolas Sarkozy à la tête de la République française, il
est presque devenu difficile de percevoir avec exactitude, l’orientation de la
diplomatie de son pays en Afrique. Aux déclarations d’intentions les plus
ambitieuses, succèdent des signes et des actes qui n’indiquent aucun
changement, et encore moins une volonté effective de désengagement des méthodes
et des combines sales d’un passé récent.
La situation existante au moment où Sarkozy prend les rênes du destin des
relations franco-africaines, peut se résumer dans trois grands paramètres. Le
premier réside dans la modification substantielle du paysage géopolitique
dominée par l’arrivée en force de la Chine. Non seulement Pékin ne s’embarrasse
point de la langue de bois qui dicte la bonne gouvernance et les droits de
l’Homme, mais plus grave, le nouveau géant s’impose en partenaire qui force
l’admiration en usant des grands moyens. Les investissements chinois dans les
grands projets d’infrastructure ont en effet fait dire à Abdoulaye Wade, le
président sénégalais, “ que la Chine a réalisé en moins de cinq ans, ce que les
Occidentaux n’ont pas fait en quatre siècles. ”
A “ l’invasion ” chinoise qui concrétise une pénétration financière, humaine et
matérielle imparable, admirable, et imbattable, vient s’ajouter un activisme
américain débordant. Les Etats-Unis sont engagés depuis la fin des années 1990,
dans un programme méthodique de promotion de la démocratie et des droits de
l’Homme, à travers la meilleure des stratégies possibles qui s’appuie sur
l’émancipation de la société civile.
Le deuxième paramètre, résulte de l’essoufflement général de la diplomatie
française et d’une certaine perdition de son intelligence stratégique lorsqu’il
s’agit de l’Afrique. Paris est resté bloqué dans une vieille image de l’Afrique
dépourvue de toute imagination et de toute évolution. Depuis Jacques Foccart,
rien n’a été pensé, envisagé, essayé, ou préparé pour prendre en charge les
exigences élémentaires de mutation de la relation franco-africaine.
Le troisième paramètre enfin, est la forte imbrication de certains milieux
d’affaires français pas très propres avec quelques grandes familles politiques
très actifs. Les relations qui en découlent, s’incrustent au cœur des régimes
régnants sur le continent, dégageant une forte odeur d’insanité, de tricherie
et de corruption.
Que faire, ou comment se donner un air d’ange et de réparateur des erreurs de la
diplomatie française, sans tuer ce qui est considéré par certains, comme la
poule aux œufs d’or ? Comment réagir face à la pénétration chinoise qui sans
qu’il soit même besoin de faire un dessin ou de demander des chiffres au
président sénégalais, constitue une terrible humiliation pour la France ?
Comment se départir d’une image bien embarrassante de puissance coloniale
obscurantiste dépassée et cynique ?
La situation qui existe aujourd’hui, est même encore plus difficile à clarifier
qu’au moment où Sarkozy arrive au pouvoir. Le nouveau et jeune président semble
s’être trop excité pour peu de résultats, et surtout, pour plus d’ennuis et de
confusion. En dépit des discours de Dakar et de Johannesburg, les Africains de
tous les bords ne sont pas rassurés et continuent de manquer de repères pour
une lisibilité transparente des intentions françaises. La promesse de fermer
les bases militaires ne prouve rien, et les multiples sorties annonçant que
rien ne sera plus comme avant, sont contrariées par les faits. Les pays
africains au sud du Sahara demeurent certes sans grande importance économique
et commerciale dans la masse globale des échanges internationaux de la France,
mais le poids diplomatique et géopolitique du continent demeure un atout dans
la concurrence feutrée entre les grandes puissances. En effet plus de 60 pour
cent des échanges français se font avec les partenaires européens, et le
premier pays d’investissement en Afrique n’est ni le Gabon, ni le Congo, ni le
Cameroun, mais le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud.
En réalité, les grands groupes à l’instar de Total, Lafarge, Scoa et Bolloré,
exercent un chantage énorme sur la classe politique française et celui-ci se
transforme en diktat sur les choix et les orientations de la politique en
Afrique. Si le volume des échanges avec l’Afrique est minime dans la somme
globale des échanges internationaux, il est néanmoins important et capital dans
le financement et la survie de nombreuses familles politiques de l’Hexagone.
Ceux qui viennent chercher l’argent en Afrique auprès des dictateurs, ne se
gênent jamais et sont toujours sûrs d’en trouver en quantité. Gauche comme
droite puisent dans les caisses des Etats africains et parfois jusque dans les
comptes personnels des chefs d’Etats, lesquels sont en retour assurés de tous
les soutiens.
Rendus en Afrique, le discours sur les droits de l’Homme, la bonne gouvernance
et autres quolibets humanitaires n’ont plus de sens. Les Roccart, Danielle
Mitterrand, Vergès, ainsi de suite, se fichent éperdument du sort des nègres et
savent d’avance qu’aucun journal dans leur pays, n’osera les dénoncer. A propos
de la presse française justement, elle ne se prive jamais de recevoir l’argent
de Sassou Nguesso, de Biya ou de Bongo, sous le couvert de publi-reportages.
L’immoralité de l’argent sale issu des détournements, ne les traumatise point.
En fait, il ne faut pas attendre de la France qu’elle fasse d’elle-même, à sa
manière, et en son temps voulu, sa révolution en Afrique. Le manque
d’ingéniosité et de vision dans la politique africaine de la France procède
d’une véritable malédiction génétique. Sarkozy a beau discourir, ce que
l’histoire retiendra, c’est le renvoi du ministre de la Coopération (ministre
des colonies), monsieur Bockel, exactement comme Mitterrand renvoya Jean Pierre
Cot de son premier gouvernement. Les deux ont commis le même crime, celui de
déclarer avec un peu trop de conviction, que “ rien ne sera plus comme avant. ”
Des faits très simples rappellent chaque jour aux Africains des colonies
françaises, que le jour de l’indépendance et de la liberté est encore loin, et
de toute façon que les discours de Cancun, de La baulle, de Dakar, de
Johannesburg, traduisent la même réalité d’une ruse politique pour mieux
continuer sous d’autres formes, le pillage, l’asservissement, et la soumission.
Les Camerounais qui manquent de ciment pour construire leurs cases, savent bien
que c’est la faute de Lafarge. Les Gabonais et les Togolais qui payent trois
fois le prix de sortie d’usine pour avoir une voiture japonaise, savent que
c’est Scoa qui en est responsable. Il n’est pas jusqu’à la corruption, qui ne
soit mis au compte de la France.
La réalité d’un immobilisme de la France et de l’absence de toute volonté
honnête de changement dans sa politique en Afrique, est encore plus patente
dans le comportement de ses diplomates en poste. C’est une continuité qui ne
laisse la place à aucune spéculation. Bien que le pays n’ait pourtant plus les
moyens d’une domination absolue, ses représentants restent enfermés dans les
rêves d’un patron qui refuse d’accepter sa réalité en surfant avec de vielles
chansons. Comment croire à ces gens-là, et comment les juger vraiment ?
Mais que veut donc franchement la France ?


Par SHANDA TONME.
Le 19-06-2008

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde

16:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 27 juin 2008

BARACK OBAMA ET SA FAMILLE DU KENYA

 
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De l'ainé Paul ARNAUD:

CHERS AMIS, Je vous donne en partage, cette photo de Barack Obama (qu'on ne présente plus?) avec sa famille. Une photo qui date de 1987. Une année au cours de laquelle, avant son entrée à la faculté de droit d'Harvard, il s'est rendu à 26 ans au Kenya, le pays de son père Barack Hussein Obama sr (1936-1982). Un voyage dans le Kenya profond (des hutes) qu'il décrit longuement dans les pages 315 à 452 de son livre: <<LES REVES DE MON PERE, l'histoire d'un héritage en noir et blanc>>. Je conseille à chacun la lecture de ce livre. Amicalement.

PARIS ENTEND CONTRER L'INFLUENCE CHINOISE, EN AFRIQUE

fb3cd374f7e017d7d01f2f8f5c6be6b8.jpgLe nouveau «Monsieur Afrique» du président Sarkozy veut faire de la défense de
ses intérêts économiques le cœur de sa politique africaine. La promotion des
droits de l'homme passe au second plan.



C'est le chiffre qui fait peur à Alain Joyandet, nommé en mars par Nicolas
Sarkozy pour piloter la politique africaine de la France: «Il y a déjà 900000
Chinois en Afrique, alors que les Français sont moins de 300000.»
Au moment où le décollage économique du Continent noir se dessine, l'ancienne
puissance coloniale craint d'être supplantée par une cohorte de nouveaux venus
- Chine et Etats-Unis en tête - qui cherchent à s'assurer l'accès aux matières
premières, débouchés commerciaux et positions stratégiques.

«Avec ou sans nous?»

«Il est clair que l'Afrique est en train de bouger, a expliqué Alain Joyandet
jeudi après une série de voyages sur place. Des pays qui ne s'intéressaient pas
au continent africain y investissent beaucoup. [...] L'Afrique s'éveille, est-ce
qu'elle s'éveillera avec ou sans nous?»

Pour Nicolas Sarkozy, comme pour son nouveau secrétaire d'Etat à la coopération
et à la francophonie, la France doit réagir. Les mots-clés de sa diplomatie
africaine seront désormais «realpolitik» et «parts de marchés». «Il faut
absolument qu'on mette fin à une certaine période de naïveté», estime Alain
Joyandet. En clair: la défense des intérêts économiques devient prioritaire,
celle de la démocratie un peu moins.

Le virage est radical. Car il y a deux ans, lors d'un discours remarqué au
Bénin, Nicolas Sarkozy s'était posé en champion des droits de l'homme sur le
continent noir. «Il n'y a pas d'exception africaine, pas de prétendue
spécificité culturelle qui justifierait je ne sais quelle incompatibilité entre
l'Afrique et la démocratie, affirmait-il. Quoi qu'on ait pu penser pendant si
longtemps, la dictature, ce n'est pas la stabilité. [...] Nous mettons-nous à
ce point en danger en disant à haute et intelligible voix les torts que causent
les excès d'un dictateur à son propre pays?»

Principe de réalité

Depuis, le principe de réalité a repris le dessus. Le prédécesseur d'Alain
Joyandet, Jean-Marie Bockel, a été muté aux Anciens combattants après avoir
dénoncé les «pays qui gaspillent leurs propres ressources» et critiqué le
président du Gabon, Omar Bongo, pour la gestion de ses revenus pétroliers.
Celui-ci a d'ailleurs été le premier dirigeant africain à recevoir la visite
d'Alain Joyandet. «Cela a permis de régler le malentendu qui existait, explique
le nouveau secrétaire d'Etat, de mettre fin à une ambiance qui n'était pas très
bonne.»

Ce n'est pas le seul geste d'apaisement adressé par la France aux plus
inamovibles autocrates africains. L'enquête ouverte par la justice française
sur les patrimoines de cinq dictateurs - Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou
Nguesso (Congo-Brazzaville), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Eduardo Dos Santos
(Angola), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) - a été classée sans suite. Elle
avait révélé, notamment de la part des deux premiers cités, l'accumulation de
richesses imposantes sous forme d'appartements parisiens, de voitures de
super-luxe et de comptes bancaires détenus par des sociétés luxembourgeoises.

La nomination d'Alain Joyandet est un autre signe. D'abord parce que ce patron
de presse de Franche-Comté - il possédait L'hebdo de Besançon et Le
Châtillonnais -, qui est aussi maire de Vesoul, ne connaissait pas grand-chose
à l'Afrique. Or en France, il est de tradition de placer des novices à la
Coopération, pour éviter qu'ils ne dérangent les habitudes du «village»
franco-africain. «Il fallait un type qui n'ait aucun réseau en Afrique, qui
soit vraiment aux ordres de l'Elysée», commente Antoine Glaser, directeur de la
Lettre du Continent, une publication spécialisée.

Alain Joyandet est donc un fidèle de Nicolas Sarkozy. Il l'a aidé lorsque le
futur président connaissait sa traversée du désert, dans les années 1990. Les
deux hommes ont fait du vélo ensemble et, concernant l'Afrique, se retrouvent
sur une idée simple: «Ne pas se laisser tailler des croupières par les
Chinois.» La démocratie attendra. Comme le dit Alain Joyandet: «Le
développement économique est peut-être la meilleure solution pour encourager
une démocratie durable et irréversible.»

AUTEUR:www.letemps.ch - Sylvain Besson
2008-06-19 21:47:26

17:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ET SI L'AFRIQUE REFUSAIT LA DEMOCRATIE?

aead4b161f85b7f05871508c0dd21c8b.jpgEt si l’Afrique refusait la démocratie? [ 6/27/2008 ]

La tendance à substituer à la démocratie la pyromanie se généralise sur notre
continent. Est-ce un phénomène de type négroïde ou une manipulation blanche? Qui
peut, et comment arrêter le cercle vicieux de ces élections onéreuses soldées
par des affrontements sanglants pour finir avec un partage déréglé du pouvoir? A
la condition que les africains actualisent leur conception de ce pouvoir et
comprennent la défaite électorale et l’alternance politique comme des lois de
la nature, la démocratie sera vaine sur le continent. Le projet des Etats-Unis
d’Afrique, en conséquence, restera un voeu pieux, une fausse route, une grossière
tromperie.

Par : Kodjo EPOU



Le président Mugabé promet la guerre à son peuple en cas de défaite à l’élection
présidentielle.Le petit dictateur se croyant irremplacable au Zimbabwe a
poussé,par la force brutale,son rival à un retrait de la course.Idriss Deby,en
dépit des feux recurrents des rebelles sous ses fenêtres,s’accroche à un
fauteuil présidentiel qu’il ne doit plus qu’à l’asssistance française.Lansana
Conté pense que la démocratie,c’est l’affaire des autres et que les guinéens
doivent l’aimer jusqu’à l’idôlatrie ou mourir.Idem pour le burkinabé
Compaoré.Omar Bongo,Paul Biya et peut-être Wade,eux,explorent ardemment les
voies constitutionnelles de s’assurer que leur succession ne soit envisageable
qu’à la manière togolaise.Au sujet justement du Togo,la Communauté
Internationale,tout en veillant sur ce pays comme du lait sur le feu, retient
son souffle,ne sachant pas le genre de spectacle qu’il lui réserve pour
2010.Toute la Corne de l’Afrique est assise sur la braise alors que dans les
“monarchies” maghrébines, alternance politique ne semble pas avoir son
équivalent en arabe.L’Afrique refuse t-elle la démocratie? Peut-elle s’en
passer?

Mugabé, une plaie qui révèle la tragédie africaine.

Les difficultés du Kénya,l’année dernière,à consolider sa stabilité politique et
sa démocratie encore récemment citées en exemple n’ont rien de nouveau sur le
continent. Les situations analogues sont légion.Au Nigéria,les élections
générales de 2007 ont été ternies par des fraudes massives.Pourtant,il avait
été espéré que ce géant d’Afrique qui avait inauguré,en 1991,une ère
démocratique après de tumultueuses décennies de régime militaire,reste dans
cette voie moderne de tranfert de leadership au plan national.

Lorsqu’en décembre l’élection du président de l’ANC avait chassé de la tête du
plus grand parti d’Afrique du Sud Tabo M’BEKI,l’homme qui a échoué de répondre
aux attentes de son peuple,cette élection a fait venir un autre au caractère
discutable et sur qui pèsent des soupçons de malversations financières.La
succession de M’beki par ZUMA peut être perçue comme démocratique.Seulement,à
voir le système sud-africain de l’après Mandela,il présente beaucoup plus des
caractéristiques de parti unique;les élites de l’ANC (African National
Congres), fort de la prédominance numérique sont en train de mener le pays dans
la mauvaise direction,amenuisant les immenses espoirs suscités par la fin de
l’apartheid.Les récentes violences xénophobes commises sur les étrangers vivant
en Afrique du Sud,violences face auxquelles le président M’beki a fait preuve
d’une incompétence notoire,sont les effets de la décadence du système en
place.L’Afrique du Sud est en passe de trahir ses obligations de puissance
continentale.

Son voisin,le Zimbabwe est mis au ban de la Communanté Internationale. Le parti
gouvernant, la ZANU, au pouvoir depuis 28 ans,avait,malgré l’échec patant de
celui qui est passé du héro libérateur en dictateur meurtrier,donné à ce
dernier carte blanche et consacré sa candidature.Les résultats du premier tour
de l’élection qui a suivi n’ont jamais été proclamés en bonne et due
forme.Ainsi l’a voulu l’hectogenaire qui fera arrêter ses opposants politiques
engagés dans la course au second tour contre lui.N’est-ce pas une grande honte
pour les peuples d’Afrique lorsqu’un de leurs dirigeants se déclare prêt pour
la guerre en cas de défaite électorale?

N’est-ce pas une pure moquerie à la démocratie que de faire croire que le peuple
Zimbabwéen ait pu apporter son soutien à un président aussi
brutal,qu’intolérant, et qui, de surcroît,l’a rendu misérable.Mugabé, pour
sécuriser un second tour de la honte, a distribué voitures flambant neuves,
tracteurs, maisons clés à main et liasses de billets de banque aux Chefs
traditionnels,aux Chefs de la police et aux vétérans de guerre.Au même moment,
les sympatisants de l’opposition sont,eux, empêchés par la force d’avoir accès
à leur part de l’aide alimentaire internationale.Théoriquement, la démocratie
empêche de tels abus tout comme elle empêche la militarisation abusive et
irrationnelle d’un pays aux dépens de la production,génératrice de
richesses.Pour cela elle fait peur.

Similation

En Afrique, les périodes électorales sont celles des plus folles adversités
inter-ethniques et de crispation sociale. Pas de débats publics – l’arbre à
palabre en était dans le bon vieux temps – sur les questions sociales,malgré
l’existence,dans nos pays, de graves problèmes de santé, d’éducation, de
sécurite alimentaire et de pauvreté.

Les campagnes électorales sont identiques,dans le fond et dans la forme.Les
candidats débarquent en hélicoptère chez des populations qui ne reçoivent ces
genres de visites qu’une fois tous les quatre ou cinq ans. Habillés en grands
boubous brodés qui coûtent parfois jusqu’à mille dollars
américains(l’équivalent de trois ans de salaires pour certains de leur
compatriotes),ils trônent au podium pour suivre les Alleluias qui leur sont
dédiés par des paysans vieillis de plusieurs années parce que malnutris et
physiquement ruinés par l’usage de techniques agricoles traditionnelles.

Après avoir écouté d’une oreille distraite ces populations hôtes,ils prononcent
de vagues discours puis, quittent les lieux comme ils sont venus,brassant la
poussière dans les pauvres visages vides d’espoirs pour un lendemain meilleur.
Les élections se succèdent et se ressemblent. Des fois les messages délivrés
par les différents candidats se limitent à des promesses(fausses) de
construction de routes et d’hôpitaux ou encore d’écoles. Pas de déballage de
projets de gouvernement viables, ni d’agenda d’exécution des urgences
nationales.L’inexistence d’une feuille de route claire engendre,chez les
nouveaux élus – ils sont très rares – ou nos éternels reélus,les improvisations
qui sont généralement les causes premières des mandats présidentiels élastiques
et sans fin en Afrique.On verra des Chefs d’Etats solliciter cinq ou dix ans
supplémentaires après en avoir passés 15,20,25 à la tête de leurs pays .La
repression sanglante vient comme riposte au refus des populations de céder au
prolongement illégal ou immérité du mandat présidentiel.Ces populations sont
alors traitées d’insoumises à l’autorité,de manupulées par
l’extérieur,d’assoiffées de pouvoir ou accusées de trahison,d’atteinte a
l’ordre public et à la sûreté de l’Etat.

Tous, des “mugabes”

La plupart de nos Chefs d’Etat sont de potentiels “mugabés”,remplis de haines
latentes contre leur peuple,beaucoup plus enclins à déclencher des conflits
inter-ethniques pour justifier leur maintien au pouvoir que de donner à manger
à leurs administrés et de travailler pour la paix intérieure.Les exemples
d’élections libres facilitant la transmission pacifique de l’autorité d’un
leader à un autre – ce qui est la première base de la démocratie – sont
rarissimes sur le continent.La manipulation des urmes, des citoyens,des caisses
et de l’opinion internationale est la préoccupation dominante chez nos
présidents,au détriment du pain,de l’eau et de l’électricité,bref,du minimum
vital pour les populations.

C’est pourquoi, à la place de l’alternance que voulaient les Kénynans, KIBAKI
leur offrira une stupide guerre civile. C’est aussi pourquoi YAR’ADUA ne sera
élu que par moins de 30% de l’électorat Nigérian. C’est enfin pourquoi sur les
48 pays de la partie subsaherienne du continent, seulement 5 ont connu des
élections multipartites crédibles et sans bain de sang entre 1990 et 2004.Ce
survol ne laisse pas entrevoir une réelle volonté de nos dirigeants à concevoir
une démocratisation apaisée de l’Afrique.

La situation socio-politique au Zimbabwe est trop sévère pour être
ignorée. Qu’est-ce qui retient l’Amérique et l’Europe? Naturellement, Harare
n’est pas assise sur du pétrole. Qu’est-ce qui retient l’ONU? Rien. Cette
Organisation qui a toujours joué au médecin après la mort a un choix: ou elle se
contente de ces molles condamnations sans effet et disparaît, ou elle
commence par agir, pour gagner en crédibilité et existe. Que font les chefs
d’Etat africains? Rien. Naturellement. Ils sont tous des “mugabes” ou presque.
Finalement, doit-on avoir honte d’être africain?

Kodjo Epou
Oakdale, USA

16:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 25 juin 2008

LA MALEDICTION DE L'OR NOIR

d776a8a4585987f86fcef5474d6eb8eb.jpgCourrier international - n° 920 - 19 juin 2008

En couverture/ Ce monde qui vient : Quand le baril de brut vaudra 200 dollars, (il y aura)
plus de pays pétroliers et plus de guerres.

Instabilité, corruption, insurrections… De nombreux pays, nouveaux producteurs,
connaîtront bientôt la malédiction de l’or noir, explique un politologue
américain.


Le monde est aujourd’hui beaucoup plus pacifique qu’il y a quinze ans. Mais si,
globalement, la violence est en recul, les Etats producteurs de pétrole
représentent une proportion croissante des pays victimes de conflits. Ils sont
désormais le théâtre d’un tiers des guerres civiles, de faible ou de forte
intensité, contre seulement un cinquième en 1992. A en croire certains,
l’invasion américaine de l’Irak montre que le pétrole provoque des conflits
entre Etats. Mais, le plus souvent, il engendre plutôt des affrontements
internes.
Le nombre de conflits liés aux pays producteurs est voué à augmenter, la
prodigieuse hausse des prix du brut poussant davantage d’Etats en développement
à produire du pétrole et du gaz. Plus d’une dizaine de pays en Afrique, sur la
Caspienne et en Asie du Sud-Est sont récemment devenus, ou vont bientôt
devenir, des exportateurs importants. Quelques-uns d’entre eux, comme le Tchad,
le Timor-Oriental et la Birmanie, ont déjà connu des conflits civils. La plupart
des autres sont pauvres, non démocratiques et mal gouvernés, et sont par
conséquent particulièrement susceptibles de basculer dans la violence. Enfin,
les prix record du secteur représentent une aubaine économique qui a souvent
tendance à entraîner de nouveaux troubles.

Autrefois promis à un bel avenir, l’Algérie et le Nigeria ont sombré.

Le pétrole n’est pas un cas unique. Les diamants et d’autres minerais engendrent
des problèmes comparables. Mais l’hydrocarbure, en tant que bien le plus
recherché de la planète et dont les Etats dépendent plus que de l’or, du cuivre
ou de n’importe quelle autre ressource, a un impact plus marqué et plus
généralisé.
Les booms pétroliers des années 1970 ont accouché de formidables richesses, et
débouché par la suite sur de terribles malheurs dans bien des pays du monde en
développement. A l’époque, les Etats producteurs ont connu une croissance
rapide. Mais au cours des trente ans qui ont suivi, beaucoup ont été paralysés
par un endettement écrasant, un fort taux de chômage et le ralentissement,
voire le déclin, de leur économie. Près de la moitié des membres de
l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) étaient plus pauvres en
2005 que trente ans auparavant. Des Etats riches en pétrole et autrefois promis
à un brillant avenir, comme l’Algérie et le Nigeria, ont sombré dans la
décadence après des décennies de conflits internes.
Ce sont des victimes de ce que l’on appelle la malédiction de l’or noir. Un
aspect du problème est un syndrome économique appelé la “maladie hollandaise”.
Ce nom vient des difficultés que traversèrent les Pays-Bas dans les années
1960, après la découverte de gaz naturel en mer du Nord. Un pays en est affligé
quand il devient un exportateur important de ressources naturelles. Cela fait
monter la valeur de sa monnaie, ce qui rend ses exportations de produits
agricoles ou manufacturés moins compétitives à l’étranger, et les fait chuter.
Privé des bénéfices d’une base agricole et manufacturière dynamique, le pays
dépend alors de ses matières premières et se retrouve à la merci de marchés
internationaux souvent volatils. Au Nigeria, par exemple, le boom pétrolier du
début des années 1970 causa une dégringolade des exportations agricoles, qui
passèrent de 11,2 % du PIB en 1968 à 2,8 % en 1972. Le pays ne s’en est
toujours pas remis.
L’afflux soudain de devises est une autre facette du problème. Rares sont les
pays pétroliers suffisamment disciplinés sur le plan budgétaire pour investir
prudemment cette manne. Les gouvernements du Kazakhstan et du Nigeria ont par
exemple englouti leurs revenus pétroliers dans la construction de nouvelles
capitales, tout en ne parvenant pas à alimenter en eau potable les nombreux
villages qui en manquent sur leurs territoires.
La richesse pétrolière crée également des problèmes politiques, souvent pires
que les désagréments économiques. Elle a tendance à accroître la corruption, à
renforcer le pouvoir des dictateurs et à fragiliser les jeunes démocraties.
Plus les gouvernements d’Iran, de Russie et du Venezuela ont gagné d’argent
grâce à leurs exportations de pétrole et de gaz, moins ils se sont montrés
redevables vis-à-vis de leurs citoyens, et plus il leur a été facile de faire
taire ou d’acheter leurs opposants. Les risques de conflit armé représentent le
principal danger chez ces nouveaux exportateurs. Cela peut aller du combat
sécessionniste local – comme dans le delta du Niger ou dans le sud de la
Thaïlande – à la véritable guerre civile, comme c’est le cas en Algérie, en
Colombie, au Soudan et, bien sûr, en Irak.

La solution serait pour les pays riches de moins consommer

L’exploitation du pétrole peut susciter des conflits de trois manières. Elle
peut d’abord créer une instabilité économique, source de troubles politiques.
Ensuite, les revenus servent souvent à financer des mouvements
insurrectionnels, puisqu’il est relativement facile de trouver des fonds dans
un pays possédant des hydrocarbures. Les rebelles peuvent voler des stocks et
les revendre sur le marché noir (c’est le cas en Irak et au ­Nigeria),
extorquer de l’argent aux compagnies pétrolières situées dans des régions
isolées (comme en Colombie et au Soudan) ou encore trouver des partenaires
commerciaux prêts à les soutenir financièrement en échange de leur future
bienveillance au cas où ils parviendraient au pouvoir (Guinée-Equatoriale et
république démocratique du Congo). Enfin, l’exploitation pétrolière encourage
les mouvements séparatistes. Les ressources pétrolières ou gazières d’un pays
sont généralement localisées dans des enclaves économiques qui fournissent une
grande partie des revenus de l’Etat central, mais où les habitants ont du mal à
trouver un emploi et subissent les conséquences néfastes de cette activité,
comme la perte de leurs droits de propriété et des dommages environnementaux.
Pour rétablir une forme d’équilibre, certains habitants demandent donc
l’autonomie, comme dans les régions pétrolifères de Bolivie, d’Indonésie,
d’Iran, d’Irak, du Nigeria ou du Soudan.
Cela ne signifie pas que le pétrole est l’unique cause de ces conflits. Mais son
exploitation exacerbe des tensions latentes et donne aux gouvernements ainsi
qu’à leurs opposants les moyens les plus virulents de s’affronter. La meilleure
solution consisterait pour les pays riches à réduire considérablement leur
consommation de pétrole et de gaz afin d’inciter les pays en développement à
trouver un chemin plus viable pour sortir de la pauvreté. Mais, compte tenu de
l’extrême dépendance des économies occidentales vis-à-vis de l’énergie fossile
et de la demande croissante de l’Inde et de la Chine, même un changement de cap
radical ne ferait pas évoluer la situation avant plusieurs dizaines d’années.
En attendant, une approche différente s’impose. Quatre pistes sont envisageables
: couper les vivres aux rebelles qui bénéficient de la vente du pétrole ;
inciter les gouvernements des Etats pétroliers à plus de transparence ; les
aider à mieux gérer leurs ressources financières ; et faire pression sur les
pays récalcitrants pour qu’ils respectent les droits de l’homme et qu’ils
négocient le cas échéant avec les mouvements rebelles dont les revendications
sont légitimes.

* Professeur associé de sciences politiques à l’université de Californie à Los
Angeles.

Michael L. Ross*
Foreign Affairs

23:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ETUDES STRATEGIQUES, ANALYSE ET ANTICIPATION: L'AFRIQUE, ZERO POINTE !

153aff9dea48c68d2d7ce6c07f8b5fc6.jpgAdou KOFFI, Professeur de philosophie: "Tout juste pour faire partager ce point de vue. Ce message date d'il y a quelques années."

Quand l'Afrique se soustrait à la marche du monde.


Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant des heures, voire des jours. J'attendais tranquillement un ami au terminus d'autobus de Montréal, quand un monsieur d'un certain âge a pris place à mes cotés avant d'engager l'une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d'études stratégiques dans un institut international, l'homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s'il vous plait, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu'il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats :

Le vendredi 28 juillet 2006: « Cela fait maintenant plus de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : Du point de vue des études stratégiques, de l'analyse et de l'anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu'à ma connaissance, dans toute l'Afrique francophone, il n'y a pas un seul centre d'études stratégiques et internationales, avec de vrais professionnels à leur tête. Je vais vous expliquer pourquoi je n'ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : L'énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l'Afrique apporte quelque chose. Rien. Zéro. Commençons par l'énergie et, précisément, le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc., ont mis sur pied des task force chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main-basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que, quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : Se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie, ni plus ni moins, un retour à la préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon, qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n'est prise par les autorités. Au contraire, elles prient pour que l'on trouve d'autres gisements. Pour l'Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : Il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d'armes. C'est pathétique. Ensuite, la défense stratégique. L'Etat de déliquescence des armées africaines est si avancé que n'importe quel mouvement armé, disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov, est capable de les mettre en déroute. Je pense qu'il s'agit plus d'armées de répression intérieure que d'armées de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l'Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen-âge que le 21è siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors, datent de la colonisation ! Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien, sans l'aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine, sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et de bombardiers stratégiques. A mon avis, et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun acceptait de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois, afin de vous livrer des armes sophistiquées, fabriquées sur le continent, et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une recolonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent a ces chimères. Je pense qu'il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa, pistonnés, qui ne feront jamais la guerre, et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu'au jour où le ciel lui tombera sur la tête. Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d'excellents perroquets, qui répètent mécaniquement les arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept a un but : garder...(intacte l'hégémonie des pays développés sur le monde. NDE)

16:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 24 juin 2008

UNE BLAGUE PLUS QUE REALISTE ET REVELATRICE

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Le cerveau le plus cher ?
C'est un drôle de marché, un homme fait une petite promenade lors d'une journée
de vente au
rabais, à Montréal. Il aperçoit au loin un drôle de vendeur dans un stand
avec des
grosses boîtes. Il demande au vendeur :

-'Qu'as-tu à cacher tes marchandises pourtant à vendre?'
L'autre lui répond
-'Des cerveaux d'hommes!' Le Monsieur, intéressé,prend un ton sérieux et baisse
sa voix pour chuchoter dans l'oreille du vendeur :

'Combien pour celui dans la première boîte?'

-'20.000$, c'est un cerveau américain...la base du capitalisme'

-'Et dans la deuxième...?'

-'30.000$, cerveau allemand! Base de la méthodologie.'

-Et dans la troisième...?'

-'50.000$, cerveau japonais! C'est la base de la haute technologie dans le
monde'

-'Et dans celle que tu caches à l'arrière...là?'

-'Celui-là est un cerveau africain, je le vends à 1.000.000$...'

Le monsieur, très étonné, écarquille grandement ses yeux et demande :

-'Pourquoi un prix si cher pour un cerveau africain?'

-'Puisqu'il n'a pas encore servi, il est à l'état presque neuf...'


VIVEMENT QUE L'AFRIQUE SE METTE AU TRAVAIL ! ! !

23:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 juin 2008

L'HOMMAGE D'UN AFRICANISTE A LA RESISTANCE IVOIRIENNE

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Bruno Vécarte, universitaire franco-gabonais (Sciences Politiques - Paris), africaniste et polémiste invétéré rend, dans ce papier, un hommage franchement remarquable à la Résistance ivoirienne. Lu pour vous.


La France et Bongo n’ont pas honte !



Les images de réussite des émirats pétroliers du golfe persique nous montrent à quel point nous sommes damnés. « Damnés de la terre » comme l’avait décrit Frantz Fanon de son vivant.

Ces images flamboyantes témoignent de la Richesse, de la Grâce et de cette Liberté que n'ont malheureusement pas tous ces conducteurs d’hommes qui ne sont pas pénétrés par la lumière divine, et qui rament à vue dans le noir de leur inconscience.

Depuis 1967, Bongo accepte de garantir les sales besognes des français sur notre sol ; lesquels français pillent, volent et transfèrent chez eux les richesses d'un pauvre petit peuple d’à peine 1 million d’habitants, qu'ils savent désarmé et pacifique.

C'est la honte.

C’est la honte pour la France !

C’est la honte pour ce pays qui s’est hissé sur le toit du monde en exploitant des peuples plus faibles que lui.

La France n'a donc pas honte !

Elle n’a donc pas honte de se prévaloir de ce titre de Xieme puissante économique et militaire du monde, sachant pertinemment que cette économie tient en grande partie du pillage des pays d’Afrique, pillage que cet arsenal militaire permet justement de garantir.

C’est une honte !

C’est une honte pour la France et tous les dirigeants qui se sont succédé à sa tête, qui n’ont eu de cesse d'exploiter ainsi, depuis plus de 200 ans, des pauvres et petits peuples qui matériellement sont démunis.

La France profite de notre innocence et de notre candeur pour voler et piller nos richesses ; des richesses qu'elle reverse par la suite pour le profit de sa population, laissant les nôtres crever de faim et de maladie.

C'est une honte !

Le peuple français doit savoir que leur pays est une honte !

Les petits français doivent savoir que leur économie tient du vol et du pillage des matières premières des peuples africains.

C’est une honte !

Au Tchad, au Congo, au Cameroun, au Gabon, en Angola, en Centrafrique, en Guinée, au Sénégal, au Soudan, en Mauritanie, au Togo ou à Djibouti, la France a stationné ses barbouzes pour assassiner tous ceux qui voudraient dénoncer ses pillages, qu'elle perpétuent au vu et au su de tous.

La France a placé de force et en permanence sur nos territoires, une fraction de son armée, pour empêcher les peuples noirs africains, ces pauvres nègres, de crier "au voleur", de manifester leur désapprobation de ce pillage multiséculaire, qui n’en finit pas, et qui dépérit chaque jour un peu plus notre race.

Elle s'est organisée depuis longtemps pour empêcher les noirs africains de vivre libres, riches et instruits comme elle le fait pour ses ressortissants.

C'est une Honte, pour un pays qui croit être grand, alors qu'il ne doit sa grandeur et son soit disant rayonnement international, que sur le vol des matières premières des pays les plus faibles, et sur le dos et le sang de malheureux peuples noirs désarmés, vis-à-vis desquels elle n'a de cesse de brandir l'artillerie lourde pour garantir les hold-up qu’il opère sans état d’âme dans le continent noir.

De de Gaulle à Sarkozy, la France n’a voté que des voleurs comme présidents, qui ont assassinés nos nationalistes et qui les ont remplacé par des illettrés, des pions qu’ils peuvent manipuler à dessein, au mépris des peuples indigènes africains, mourant de soif et de faim, alors que leurs pays sont gorgés d’eau et de nourriture en abondance.

C’est une honte !

C’est une honte pour nos propres frères NOIRS, GABONAIS et AFRICAINS, qui n’ont pas d’âmes, et qui œuvrent tels des zombis à l’holocauste de leurs propres semblables !

C’est une honte pour Omar Bongo, pour tous les membres du gouvernement, et pour tous ces fonctionnaires gabonais, qui font semblant de travailler alors que depuis plus de 50 ans, le pays est aux mains des blancs qui sucent jusqu’à la lie la sève de notre patrimoine national !

A quoi sert d’aller travailler dans une administration, sachant que le meilleur fruit de ce travail ne te reviendra pas ?

A quoi servent aux fonctionnaires gabonais de se rendre tous les jours au travail, alors que depuis 50 ans le pays est embourbé parce que les principaux capitaux sont envoyés par les français chez eux en France.

Seuls les gabonais peuvent libérer le Gabon et donner aux gabonais les mêmes chances d’émancipation et de développement que ce que ce pays octroi à ses ressortissants.

Si 100.000 gabonais se mettent dans la rue pour demander à la France de cesser de piller enfin nos richesses, je ne crois pas que le 6eme Bima, que ce pays a stationné dans notre territoire pour protéger son pillage, pourra nous assassiner tous devant les caméras du monde entier.

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui libre parce que les Ivoiriens en ont décidé ainsi.

Ils ont décidé de dire STOP à la France et à sa force de protection du pillage « Licorne ». Devant les caméras du monde entier, les canons de la force pro-pillage « Licorne » n’ont eu d’autre choix que de cesser le feu.

Si nous voulons libérer notre pays et vivre riches et heureux comme les autres, et telles que le prévoient nos richesses naturelles, nous devons suivre l’exemple de la Côte d’Ivoire et de son valeureux peuple ivoirien.



Bruno Vécarte

13:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

AFRIQUE DU SUD : COMMENT EST-CE POSSIBLE ?

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Impensable, inimaginable, effroyable, affreux, inhumain, inacceptable, inadmissible ! J’en perds mon latin.
Comment une telle horreur a-t-elle pu se produire, et qui plus est, en Afrique du Sud, par ceux même qui ont bénéficié de toute la compassion du monde, au temps de l’Apartheid, contre leurs propres frères africains ! Pour le seul crime d’être des étrangers sur la terre de la Nation arc-en-ciel !
Je n’ose pas y croire ! Réveillez-moi, je vous en supplie ! Sortez-moi de ce cauchemar épouvantable ! De grâce !

Jamais plus cela en Afrique ! Jamais, jamais plus !

01:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Afrique du Sud | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 11 juin 2008

LA RESSUSCITEE OU LA CONJUGAISON DES TRADITIONS ISLAMIQUES AUX COUTUMES ANCESTRALES AFRICAINES NOIRES

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Abdou Latif Coulibaly, l’enfant terrible des lettres sénégalaises atterrit dans la fiction.  La ressuscitée,  publiée chez l’Harmattan en 2007, est son premier roman, sa première incursion dans ce genre littéraire. Journaliste d’investigation de renom, Abdou Latif Coulibaly ne met pas de gants pour dénoncer les dérives de sa société. Ses différentes publications éditées chez l’Harmattan (1), ont déjà fait trembler le monde politique sénégalais. A titre d’illustration, la parution d’un de ses ouvrages avait provoqué un remaniement ministériel au Sénégal (2).
Dans  ce premier roman de fiction, il s’attaque à l’épineux problème des mutilations sexuelles des femmes en Afrique où l’hypocrisie des leaders politiques soi-disant modernes encourage des pratiques inhumaines et dégradantes appartenant à un autre âge.
 
Commençons une petite promenade dans l’univers ténébreux raconté par Abdou Latif : à la suite d’une morsure de serpent rouge, contrairement à la tradition, Diakher est amenée dans un dispensaire par sa  famille. L’accident s’est passé dans son village Wohna et les sages préconisaient sa mise en quarantaine afin qu’elle succombe à sa blessure. Mais le centre médical est dépourvu de tout. C’est l’inconcevable. C’est ce qui explique la présence des  « maladies dites orphelines : la malaria, la tuberculose, la malnutrition qui déciment plus les populations africaines. Ces maladies ne sont  parfois que des sources d’enrichissement facile, des créneaux d’accaparement des ressources de l’Etat et de celles des bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux ». Page 22.
 
C’est grâce à un groupe de touristes européens en visite dans la région que Diakher recevra un premier traitement.  Ces touristes avaient quelques sérums dans leurs bagages à titre préventif. On peut se demander pourquoi, la société a refusé de traiter Diakher? La plupart des gens pensent comme Wanini, l’oncle du  mari de Sira, l’héroïne du roman et la copine de Diakher : « la science des hommes ne peut en aucune façon  triompher de la puissance des esprits. »
 
Dans la première partie de La ressuscitée  le narrateur donne  la parole au jeune médecin du centre médical du village où a été admise  Diakher Celui-ci dénonce l’incohérence de la politique sanitaire, l’absence d’une vraie politique de santé publique, en l’occurrence, le manque criant de médicaments et le délabrement complet des infrastructures d’accueil : «Le centre médical ne dispose pas de sérum, le produit vital dont dépend la survie de la femme. Personne ne peut dans l’immédiat en informer la famille… La rupture de stocks a été signalée depuis deux mois. Les autorités compétentes n’ont jamais réagi. Les crédits destinés à l’achat de certains médicaments sont épuisés. Depuis fort longtemps.» Page 7
 
            Par manque de soins,  Diakher. meurt des suites de la morsure du serpent rouge. Dans cette contrée, lorsque le serpent rouge mord une personne, c’est un mauvais signe, une manifestation de la colère des dieux  et des ancêtres : Le serpent rouge n’est pas un reptile ordinaire. Il est la réincarnation des ancêtres. Ceux –ci parlent à travers lui. Il l’envoie délivrer un message aux vivants. La morsure de ce reptile indique, en effet aux vivants les exigences et désirs des morts. Page 8- 9.
 
Par ailleurs, ce roman touche du doigt la problématique de la conjugaison des traditions islamiques aux coutumes ancestrales africaines noires. On le voit à travers les obsèques de Diakher, son histoire familiale et son environnement dans son luxuriant village natal.
 
Qui était Diakher ? Femme généreuse, mère de quatre enfants, Diakher était une militante pour le triomphe des droits de la femme. Tout comme Yandé, la monitrice de la localité, et Sira, une amie de Diakher Mais ce sont surtout Diakher et son amie Yandé  qui vont s’engager dans la campagne de sensibilisation contre les mutilations génitales féminines. Régulièrement, elles aident les victimes de ces pratiques à recourir aux progrès de la science et de la médecine moderne pour retrouver leur identité perdue, sacrifiée. Finalement, ce combat trouve des échos favorables au sein de la population. C’est ainsi qu’elles seront invitées à une conférence internationale sur le sujet. Malheureusement, Diakher ne pourra pas y prendre part. C’est là que Yandé apprendra la mort de sa co-combattante. Sur les conseils de Yandé et de Diakher., Sira s’est décidée à se faire opérer en vue de la réparation de son organe génital mutilé. La mort empêchera Diakher  de voir les résultats de son combat. Mais la guérison de Sira influencera son mari à s’engager à son tour dans ce combat. La peur des esprits ne l’a pas définitivement quitté, et il prend conseil auprès de son oncle Wanini au sujet de la nouvelle situation de sa femme.
A l’instar de ses précédents livres, on retrouve dans La ressuscitée les qualités d’écriture, la fermeté des idées, la générosité de l’engagement et la passion des combats propres à Abdou Latif Coulibaly.
 
Note de lecture de La ressuscitée de Abdou Latif Coulibaly
Publié aux Editions l’Harmattan .2007.

Maurice Mouta W. GLIGLI
Bruxelles, le 09 juin 2008.

 
1) - LOTERIE NATIONALE SÉNÉGALAISE. Chronique d'un pillage organisé
Lettre au président de la Commission nationale de lutte contre la corruption. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Septembre 2007.
- SÉNÉGAL AFFAIRE ME SÈYE : UN MEURTRE SUR COMMANDE. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Janvier 2006. 
- LE SENEGAL A L'EPREUVE DE LA DEMOCRATIE
Enquête sur 50 ans de lutte et de complots au sein de l'élite socialiste Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Novembre 1999 .
2) UNE DÉMOCRATIE PRISE EN OTAGE PAR SES ÉLITES
Essai politique sur la pratique de la démocratie au Sénégal. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Novembre 2006 .

16:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

SUR LES CAUSES PROFONDES DES CONFLITS ETHNIQUES POST-ELECTORAUX EN AFRIQUE

0253c3ce5b640b797926a892d108ec52.jpgLA MÈCHE DE L’« ÉTINCELLE ETHNIQUE »

L’éditorial du vendredi 4 janvier 2007 de M. Ferro M. Bally, Rédacteur en chef central du quotidien ivoirien « Fraternité Matin », qui aborde sous le titre « L’ étincelle ethnique », l’épineuse question des méfaits du tribalisme en Afrique, a eu pour effet de nous amener à formaliser, pour les partager avec d’autres, quelques réflexions que nous avons menées depuis longtemps déjà, mais que nous avions jusque-là gardées pour nous-même.
M. Ferro M. Bally fait un diagnostic d’une rare justesse de ce fléau, qui ravage le continent africain davantage que tout autre, avec pour conséquences désastreuses le grand retard accusé par nos peuples par rapport aux autres.
Un des constats édifiants de l‘analyse de l’éditorialiste consiste dans ces propos : « Les contestations des résultats et les émeutes qui s’ensuivent, sont à l’origine d’atroces scènes de violences, d’actes de vandalisme et de pillages qui provoquent l’exode de milliers de personnes au pays de Jomo Kenyatta. » (Fraternité-Matin du vendredi 4-1-2007, p. 5, 1ère col.)
« La soif du pouvoir ne suffit pas à expliquer les violences aveugles qui émaillent généralement les élections en Afrique. Parce qu’il y a un paramètre incontournable : l’étincelle ethnique. La démocratie est d’abord et avant tout à base… ethnique. Ce qui se passe actuellement au Kenya où les Kikuyu (ethnie du Président Mwai Kibaki) et les Luo (ethnie de l’opposant Raila Odinga) ont déterré la hache de guerre pour se livrer une lutte sans merci, le prouve. » (Ibid., 3ème col.)

LA METAPHORE DE L’ETINCELLE

Ce qui, dans le texte de M. Ferro M. Bally, nous a tout particulièrement interpellé, c’est la métaphore de « l’étincelle ethnique. »
Par ailleurs, l’auteur nous semble particulièrement fondé à dire que « La soif du pouvoir » ne saurait suffire à expliquer les violences aveugles constatées suites aux élections en Afrique.
De fait, ces violences semblent se greffer sur d’autres supports, jusqu’ici négligés, mais dont le rôle est déterminant dans la maturation des instincts à l’origine des violences en question.
Pour nous en rendre compte, il n’y a pas meilleur exercice à notre sens que d’exploiter la métaphore de « l’étincelle ethnique » forgée par l’éditorialiste de « Fraternité-Matin. »
Le premier constat d’évidence à faire, c’est qu’une étincelle n‘apparaît jamais au hasard. Elle est avant tout le produit du frottement ou de l‘entrée en collision de deux objets durs, soit de nature métallique, soit de la nature de roches comme le silex ou la latérite.
Mais l’étincelle peut aussi être provoquée par un court-circuit ou un impact laissé par la foudre.
Après la production d’un tel phénomène, un élément intermédiaire, une mèche, de la paille ou quelque substance hautement inflammable, est nécessaire pour relayer l’étincelle qui en résulte ; c’est alors seulement que celle-ci se transforme en une flamme incandescente à même d’embraser tout le paysage à l’entour, ou qu’elle occasionne des catastrophes naturelles gigantesques comme il arrive souvent d’en constater dans des pays tempérés comme les USA.

DU GRAND ROLE DE " LA MECHE DE RELAIS" ETHNIQUE

Notre préoccupation dans cet article, c’est de mettre en lumière, les éléments qui jouent, en Côte d'Ivoire, et plus généralement en Afrique, le rôle de « mèches » ou de « conducteurs » susceptibles d’occasionner la lente maturation qui aboutit à des catastrophes sociopolitiques irréparables.
D’aucuns n’hésitent pas à imputer ces dérives aux intellectuels africains, les accusant de n’avoir pas su éduquer leurs peuples respectifs aux normes admises sous d’autres cieux. Ceux-là, pensons-nous cependant, commettent une grande méprise, surtout si l’on prend en compte le peu de cas que l’on a toujours fait du discours de l‘intellectuel sous nos cieux.
Ceux qui ont voix au chapitre, c’est plutôt une autre catégorie de producteurs d’idées ou d’idéologies très efficaces et aux effets quelquefois dévastateurs.
En Côte d'Ivoire, qui ne se souvient de ces paroles tirées du titre « Guerre civile » de l’album Yitzhak Rabin d’Alpha Blondy ? Portées par une mélodie savoureuse, ces paroles opèrent sur le mode d’un véritable dogme :

« Dans un pays avec plusieurs ethnies,
Quand une ethnie monopolise le pouvoir
Pendant plusieurs décennies
Et impose sa suprématie
Tôt ou tard ce sera la guerre civile (…) »


Les textes d’un autre grand reggae man ivoirien, Tiken Jah Fakoly, sont, à certains égards, encore plus tranchants.
Tiken Jah Fakoly, qui n’hésite du reste pas à proclamer qu’il est un « leader d’opinion », dans certains textes de ses chansons, se fait le porte-voix d’un groupe ethnique dont il crie la frustration, dans un langage propre à exacerber les tensions entre différentes communautés, plutôt que d’intervenir dans le sens d’un idéal intégrationniste.
Ces « leaders d’opinion », qui ont toujours voix au chapitre, ont de tout temps bénéficié de la préférence de certains hommes de médias, qui relaient et amplifient leurs textes et propos, de sorte qu’ils apparaissent comme de véritables prophètes des temps modernes, régnant aussi bien sur les ondes, les petits écrans que dans la presse écrite, où ils distillent leurs messages au cours de nombreuses interviewes qu’ils accordent, là où les intellectuels sont ignorés.

L’ABSENCE DE DEBATS INTELLECTUELS

En ce qui concerne la Côte d'Ivoire, jamais à notre connaissance, un plateau n’a réuni des intellectuels pour analyser l’impact ou simplement la pertinence des discours de ces néo « leaders d’opinion », souvent portés à semer la désunion.
Pourtant nous pensons qu’il n’est pas insensé de voir dans certains de ces textes, des sources de cette situation de tensions constantes au sein des communautés ethniques africaines.
Si donc, à notre sens, c’est à juste raison que M. Ferro M. Bally décrie ces situations de troubles, son point de vue nous paraît cependant discutable dès lors qu’il les impute uniquement aux hommes politiques.
Dans sa dénonciation des « campagnes venimeuses et des propos aux relents tribalistes tenus par nombre de leaders politiques pour exercer la pression et exacerber les passions.. », il en vient à établir en effet que « Le RDR a scientifiquement instrumentalisé les frustrations en se servant du charnier de Yopougon et des tracasseries policières pour dresser les populations du nord en général contre le FPI. La mayonnaise a pris à tel point que la quasi totalité des contingents de l’ex-rébellion se recrute dans la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire. A l’ouest, l’assassinat du général Guéï est devenu un fonds de commerce politique pour l’UDPCI. Le centre-ouest se bunkérise pour accorder son suffrage à Laurent Gbagbo. Au centre, le PDCI-RDA s’active à boucler et aseptiser sa zone. Il anime des meetings dits de « rectification » pour « désintoxiquer la population » ; et certains de ses responsables ne craignent pas de jeter de l’huile sur le feu. Parce que comme le déclarait publiquement un certain Kouamé Lambert, conseiller de l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, à Yamoussoukro, « Le fauteuil d’Houphouët est un trône en or qui revient aux Baoulé. »

DE LA NECESSITE D’UNE BONNE POLITIQUE DE FORMATION DES MASSES

A la vérité, ces situations sont favorisées par le fait que les débats d’idées, véritables écoles d’éveil des consciences des masses populaires, sont quasiment bannis au profit de joutes politiques qui, dans les médias, ne font qu’exacerber les passions.
De plus, il faut noter le manque d’enthousiasme de nombreux vrais intellectuels dans l’animation des quelques rares débats consacrés à des questions autres que strictement politiciennes. Il n’est pas rare en effet d’entendre certains animateurs fustiger, sur les médias d’Etat, l’attitude adoptée par certains invités, qui déclinent systématiquement ces invitations.
Ces intellectuels ont cependant de bonnes raisons de refuser de prendre part à ces débats. De fait, le plus souvent, leurs prestations qui nécessitent de longs investissements en temps de travail, sont comptées pour rien et ne font l’objet d’aucune rémunération.
Même les frais de déplacements d’un invité à un tel débat ne font l’objet d’aucun remboursement. C’est ce qui sans doute a fait dire un jour au président Gbagbo que « La pensée n’est pas considérée chez nous. » (Cf. quotidien ivoirien « Soir Info » du 7-9-2001, p. 9.)
Nous aurions tellement aimé qu’à la suite d’une telle déclaration publique, ses conseillers techniques en matière d’Affaires culturelles prissent la résolution d’organiser un atelier au terme duquel des propositions pour remédier à cette situation seraient faites, à l’instar de l’atelier tenu immédiatement après sa proposition de créer un Service civique national. Hélas !
Si, comme le souligne avec justesse M. Ferro M. Bally, « La démocratie est d’abord et avant tout à base … ethnique (comme le prouve) ce qui se passe actuellement au Kenya où les Kikuyu (ethnie du Président Mwai Kibaki) et les Luo (ethnie de l’opposant Raila Odinga) ont déterré la hache de guerre pour se livrer une lutte sans merci », c’est en grande partie, pensons-nous, à cause de l’obscurantisme qui a prévalu, là où les peuples ont été sevrés de la sève vivifiante d’une bonne éducation des masses, auxquelles elles avaient cependant droit, et qui constitue la raison d’être des départements ministériels chargés précisément de ces questions.

ALTERNANCE POLITIQUE OU ALTERNANCE ETHNIQUE ?

L’interrogation que l’on peut formuler légitimement est de savoir si les populations qui constituent nos Etats anciennement colonisés, sont instruites sur la raison d’être élémentaire d’une communauté étatique, ses buts, sa vocation, etc.
Si une connaissance minimale en ces domaines était acquise à nos différents peuples, on n’aurait pas entendu, au plus fort de la crise post-électorale survenue au Kenya, des réactions comme celle rapportée par une Chaîne de radio internationale, où des citoyens kényans de l’ethnie Luo se plaignaient de ce que, depuis l’indépendance de leur pays, celui-ci n’ait connu que des chefs d’Etat issus de l’ethnie Kikuyu, ce qui n’est pas sans nous rappeler le texte d’Alpha Blondy :

« Quand une ethnie monopolise le pouvoir
Pendant plusieurs décennies
Et impose sa suprématie
Tôt ou tard ce sera la guerre civile. »


C’est le lieu de s’étonner d’une telle réaction et de pointer clairement à la face de tous ceux qui pensent de la sorte, l’erreur grossière qu’ils commettent, ce faisant. C’est, en effet, commettre une grossière erreur que d’aller à un vote, avec le souci de voir s’instaurer une alternance ethnique, en perdant de vue les performances des tenants du pouvoir du moment.
De fait, à ce que rapporte la presse internationale, le bilan dont le régime du président sortant Mwai Kibaki est crédité n’étant pas du tout négatif, avec un taux de croissance de 6 % au moins, que pouvait-on lui reprocher si fondamentalement pour qu’on le rejette au nom de son appartenance ethnique ?

LE CRIME DE LA TRICHERIE

Certes, il est criminel pour un pouvoir en place de ne pas vouloir céder la place quand il a été battu, car l’opposition ne doit pas se voir privée de son droit et de sa prétention à mieux faire que le régime sortant. Mais condamner un régime du simple fait que son détenteur relève d’un groupe ethnique qui le "monopoliserait" depuis une quarantaine d’années, c’est faire preuve de la plus grande cécité intellectuelle et politique.
Qui nous dit en effet que la venue au pouvoir d’un chef d’Etat issu de l’ethnie Luo entraînerait, ipso facto, un taux de croissance plus élevé, des conditions de vie meilleures, que sous celui de Mwai Kibaki etc. ? Est-il établi qu’il y a une gouvernance typiquement luo dont l’application serait absolument et infailliblement salutaire pour le peuple kényan ?
Tous ces questionnements que nous formulons à propos du cas kényan, on pourrait les adresser aux membres de n’importe quel groupe ethnique de n’importe quel pays africain.

« JOUISSANCE PAR PROCURATION »

Que représente quarante ans dans la vie d’une nation ?
Et si, de l’indépendance à ce jour, le Kenya n’a connu que le règne de dirigeants issus de l’ethnie Kikuyu, les membres de l’ethnie Luo d’aujourd’hui peuvent-ils présager de ce qu’il en sera dans cent ans, dans mille ans, quand peut-être des chefs d’Etat Luo présideront aux destinées de leur pays pendant une période plus longue ?
Il semblerait que l’on puisse imputer les dérives de ce genre, qui affectent les populations de nombreux Etats africains, à leur brutale immersion dans les nouveaux schémas de gestion des affaires politiques, fort éloignés de leurs propres modèles traditionnels, qui entraînaient des conflits d’un autre type.
Il semblerait ainsi que les Africains, comme le constat en a été également fait dans le domaine religieux, vivent sous l’empire d’un syncrétisme politico idéologique dont le résultat passager  il est du moins à l’espérer  est cette sorte de « tératologie psychologique » ou cet état de « monstruosité sociologique » qui risque bien de donner raison à un certain Bernard Debré, lequel, le 31 mai 2003, énonçait sur les ondes de RFI que « L’Afrique est au bord de l’apocalypse, ce sont les faits qui le démontrent. » (A propos de La mauvaise conscience en général et de l’Afrique en particulier, J. Vergès-J. Claude Lattès.)
La menace de l’Apocalypse planera en effet sur nos têtes, tant que nous ne nous rangerons pas à des opinions pleines de bon sens, telles que celle émise par l’homme de lettres ivoirien Bédi Holly, qui énonçait, le 20 juillet 2001, en page 7 du numéro 946 du quotidien « Notre Voie » :

« La Côte d'Ivoire, nous ne l’inscrivons pas dans un temps. Mais nous l’inscrivons dans une éternité. C’est peut-être prétentieux, mais ça, c’est notre façon de voir. De telle sorte que, quand nous commençons quelque chose pour la Côte d'Ivoire, le temps pour nous n’est pas important. »

En percevant les choses sous cet angle, on peut en effet se poser la question de savoir ce qui peut être à l’origine de ce mal qui affecte la plupart des Africains actuels et qui les amène à ne se concevoir de destin que sur le terrain de la politique, ou, à défaut, que chacun d’eux veuille voir, de son vivant, c’est-à-dire en l’espace d’une génération, un chef d’Etat issu de chacune des multiples communautés ethniques de leurs différents pays, comme s’ils avaient quelque prémonition d’une disparition imminente de notre Terre !
Et même si tel était le cas, de quel secours leur serait la vie sous le règne d’un « hiérarque » issu de leur groupe ethnique ?
Au cours d’un récent colloque tenu à l'Institut Goethe d'Abidjan, portant témoignage d’un phénomène curieux qu’il a qualifié de « jouissance par procuration », un participant nous rapportait qu’une interlocutrice lui avait dit un jour : « Je ne suis rien, certes, mais mon groupe ethnique a donné un président au pays. »

UNE NOTE D’ESPOIR

L’éditorialiste de « Fraternité-Matin » note : « La Côte d'Ivoire n’est pas sortie de l’auberge. Après cinq ans de crise armée, le pays n’a pas toujours tiré les leçons de la grave fracture politico-sociale. Le renouvellement tant attendu, de la pensée ne s’est pas effectué. Et les vieux démons de la division ont de beaux jours devant eux. Alors on continue, comme par le passé de jouer avec le feu… » (Ibid. 3ème col.)
Il est heureux qu’à côté des mauvais exemples constitués par la Côte d'Ivoire et le Kenya, l‘Afrique offre tout de même quelques cas positifs de pays ayant accompli des bonds en avant si considérables sur le terrain politique, que le spectre de la dérive ethnique semble s’en être définitivement éloigné.
C’est le lieu de se féliciter de l’atmosphère qui a prévalu lors des joutes électorales, dans des pays comme le Bénin, le Mali, le Niger et, malgré les soubresauts qui y ont été constatés lors des dernières joutes électorales… le Sénégal.
En effet, même si l’éclat autrefois particulièrement scintillant de la démocratie, dans un pays comme le Sénégal, s’est passablement terni par une couche de galène ou de vert-de-gris qui s’y est déposée, on peut néanmoins se féliciter de ce qu’à aucun moment, que ce soit au Niger, au Mali ou au Sénégal, la tension observée n’ait eu lieu sur fond de conflit ethnique.
Cette observation est encore plus remarquable quand on se souvient de l’épique lutte pour le pouvoir entre les ex-candidats Soglo et Kérékou, au Bénin.
Au vu de ces exemples, on peut dire qu’avec un engagement à fond dans la formation des masses, avec l’appui des intellectuels, le champ libre n’étant plus laissé aux « leaders » d’une certaine opinion, qui exacerbent les passions plutôt que de jeter les bases de nations unies et fortes en Afrique, ce continent devrait pouvoir éviter les tensions post-électorales aux conséquences désastreuses.
A ces conditions, l’Afrique s’en sortira plus tôt qu’on ne le croit.
Il est bon par ailleurs de souligner, à l’attention de ceux qui partageraient le point de vue d’Alpha Blondy selon lequel « Elu une fois, élu deux fois, élu trois fois, élu quatre fois, ça devient la dictature… », que les USA, à un moment donné de leur l’histoire, ont pu porter quatre fois F. D. Roosevelt à la présidence, sans dérive dictatoriale. Le tout est, semble-t-il, dans la sincérité des élections, avec un peuple non manipulé.
Avec des masses populaires bien averties, parce que bien formées, les constitutions, même si elles ne portent pas, comme c’est encore le cas pour un pays comme la France , une clause limitative des mandats à la présidence, il serait difficile à une personne de "monopoliser" le pouvoir à sa guise.



ADOU KOFFI, professeur de philosophie
Essayiste, Auteur, Ecrivain
BP 46 Cidex 2 Abidjan 08
E-mail : dagekof@yahoo.fr / Blog : http//dagekofadou.over-blog.fr

ADOU KOFFI, professeur de philosophie

16:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 22 mai 2008

LE CAMEROUN A TROIS ANS POUR EVITER DES VIOLENCES POST-ELECTORALES

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Tandis que la communauté internationale se penche sur les conflits imbriqués "Tchad-Darfour-Centrafrique", la dégradation de la situation politique au Cameroun intéresse peu. Ce pays, l'un des derniers encore stable dans la région, devrait pourtant mériter l'attention de la communauté internationale pour éviter une détérioration qui conduirait à de graves atteintes aux droits de l'homme.
Tout commence par un discours du président camerounais, Paul Biya, le 31 décembre 2007, dans lequel il fait part de son souhait de réformer la Constitution de 1996 afin de lever l'amendement de l'article 6-2, qui prévoit que "le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois". La nation camerounaise est prévenue: Paul Biya veut rester au pouvoir et il s'en donnera les moyens.
Les Camerounais sont pourtant fatigués de sa présidence qui perdure depuis 1982: absence de développement économique et social, paupérisation croissante de la population, corruption généralisée dans tous les secteurs de l'Etat et absence de véritable démocratie.

Les opposants interdits de manifestation

Sur la scène internationale, le président camerounais est toutefois perçu comme le garant de la stabilité du pays. Pour ne pas nuire à cette image idyllique, les autorités camerounaises décident d'interdire, le 18 janvier 2008, les manifestations prévues par l'opposition contre le projet de réforme constitutionnelle.
Le 23 février, un meeting de l'opposition, à Douala, est annulé par les organisateurs du fait de la présence massive de policiers. L'assistance est dispersée avec force par ces derniers, occasionnant des affrontements violents (deux morts, plusieurs centaines de blessés).
Echaudée par l'interdiction de manifester et profitant de la grève lancée par les transporteurs routiers, le 25 février, contre la montée des prix du carburant, la jeunesse camerounaise investit les rues des principales villes de l'ouest du pays pour exprimer son ras-le-bol généralisé.

Des émeutes sévèrement réprimées

Rapidement, plusieurs villes s'embrasent, y compris la capitale politique, Yaoundé. Les autorités répondent par une répression sanglante (tirs à balles réelles, arrestations massives). Le bilan est lourd: une centaine de morts selon l'ACAT-Littoral, 40 selon les autorités camerounaises. Plusieurs centaines de personnes sont également arrêtées. Des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes sont intimidés (tabassage, brève arrestation, menaces).
Plusieurs médias (Equinoxe TV et radio, Magic FM), qui diffusent des images de la répression ou qui permettent aux auditeurs de s'exprimer librement sur la situation dans le pays, sont fermés manu militari par la police. Mis en garde, les autres médias audiovisuels éviteront par la suite tout sujet qui fâche. Le 29 février, la situation se stabilise. A grand renfort de soldats puissamment armés, les villes à risque sont de nouveau sous contrôle.

Paul Biya obtient le droit de se représenter et l'immunité

Le 10 avril 2008, les députés de l'Assemblée nationale -dominée par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, qui détient 153 des 180 sièges de députés)- adoptent, à la majorité absolue, la révision constitutionnelle par un vote public (les noms des députés ayant participé au scrutin et la nature de leur vote sont connus et proclamés). Cinq articles de la Constitution, concernant le président de la République, sont remaniés, dont un concernant la levée de la limitation des mandats (art. 6-2) et un autre concernant l'immunité du chef de l'Etat (art. 53-3).
Paul Biya, âgé de 75 ans, pourra donc se présenter aux élections de 2011 et, si un jour il quitte le pouvoir, il ne pourra être poursuivi en justice. Dans la foulée, les députés reçoivent quelques cadeaux: leur crédit automobile est désormais une prime non remboursable, les salaires du personnel de l'Assemblée nationale sont revalorisés, et enfin l'Assemblée nationale aura un nouveau siège avec un bureau pour chaque député.
Aujourd'hui, le Cameroun est à un tournant historique. Le pays, en crise, a besoin d'une réforme profonde de ses structures politiques, économiques et sociales. Le gouvernement en place a trois ans pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens avant la tenue de l'élection présidentielle de 2011. L'opposition observe et compte bien faire barrage au candidat Paul Biya, qui vraisemblablement se présentera une énième fois à la présidence.

Le sentiment de la jeunesse est que "le pire est à venir"

La préparation et la tenue de ce scrutin auront donc une importance primordiale quant au devenir du pays. Même si le Cameroun reste indéniablement l'un des pays les plus stables d'Afrique centrale, il pourrait basculer dans des violences postélectorales comme au Kenya ou au Zimbabwe, dans le cas d'une élection ni transparente ni démocratique qui verrait le clan Biya reconduit.
La communauté internationale a donc, dès maintenant, intérêt à travailler d'arrache-pied avec les autorités compétentes au Cameroun pour que les élections en 2011 soient irréprochables sur tous les plans. A l'heure actuelle, le sentiment général qui prime au sein de la jeunesse camerounaise est que "le pire est à venir".
Le bilan définitif des violences de fin février 2008 ne sera jamais établi faute d'enquête. Face au silence des autorités sur cette question, seule une enquête internationale aurait pu établir la vérité. Malheureusement, la communauté internationale a, elle aussi, préférée rester silencieuse sur le sujet.

Par Clément Boursin | Acat-France | 24/04/2008

14:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |