topblog Ivoire blogs

mardi, 20 mai 2008

LE MAINTIEN DE LA FRANÇAFRIQUE: NICOLAS SARKOZY PERSISTE ET SIGNE

a244af7a51fb25e8711c737efcfbf072.jpg
Après la calotte prise par l’UMP, le parti au pouvoir en France, lors des élections municipales, le mini-remaniement ministériel qui s’en est suivi a vu le secrétaire d'Etat à la Coopération, Jean Marie Bockel perdre son poste. Vraisemblablement, il serait victime de ses positions prises sur la Françafrique. C’est justement de cette nébuleuse, souvent citée sans la connaître que nous nous proposons de parler. Pourquoi en parler quand on a quantités de textes écrits sur le sujet. Notre présente contribution fait suite aux déclarations d’intention faites par Nicolas Sarkozy et la vérité des faits.


La françafrique en question

Ce terme de françafrique est impropre dans la forme comme dans le fond. Il s’apparente à un effort d’accoler deux mots : la France et l’Afrique. Or il s’agit d’un pays et un continent très lointain que seule l’histoire peut réunir. Le terme connaît pourtant un succès grandissant. En réalité c’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët Boigny qui inventa l’expression France-Afrique en 1955, pour définir les relations d’amitiés qu’il voulait établir avec la France. Il sera transformé par François-Xavier Verschave, pour devenir françafrique. Ce dernier le définit comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ». La Françafrique agit donc avec plusieurs acteurs (économiques, militaires et politiques) entre un seul pays, la France et un continent, l’Afrique, le tout dans des réseaux. Pour faire court, les réseaux politiques, mafieux et de filières occultes, se partagent sans coup férir le gâteau africain. Il s’agit d’aider quelques entreprises françaises, aidées par la diplomatie française en Afrique à exploiter les ressources naturelles des pays francophones. Ainsi, l’Afrique devient le pré carré de toutes les compromissions et de tous les coups tordus, un espace protégé où l'impunité est assurée aux puissants.

Historique de la françafrique

En 1958, l'union française est remplacée par la «Communauté» dans la constitution de la Ve République. Celle-ci est conçue comme une association entre un Etat souverain, la France, et des Etats africains disposant de l'autonomie interne. Le général de Gaulle, quand il accède à la présidence de la République, doit affronter une situation internationale nouvelle, celle où les colonies de la France du sud du Sahara affirment leur volonté d’accéder à l’indépendance. De Gaulle fait mine d’accepter. Mais dans le même temps, il charge, dès 1958, son plus proche collaborateur, Jacques Foccart, de créer un système de réseaux qui emmaillotent les anciennes colonies dans un ensemble d’accords de coopérations politique, économique et militaire qui les placent entièrement sous tutelle. Bref, un système élaboré d’installation de forces parallèles. Et puis il y a eu l’ingénieuse idée de créer le franc CFA, et qui est en réalité un instrument magnifique de convertibilité en Suisse d’un certain nombre de richesses africaines.



La françafrique en action

Bolloré est l’un des acteurs économiques principaux de la Françafrique. On y découvre tout les liens politico-financiers de Bolloré qui est aussi directement bénéficiaire de l'aide économique au développement de le France aux pays africain, entretenant ainsi des relations étroites avec les dictatures d'Afrique. La dépendance de la France pour des produits dont le poids dans la balance commerciale est très lourd (pétrole, cuivre), mais aussi des produits stratégiques (manganèse), sillicium, platine, chrome, molybdène, éponge de titane, cobalt, ... le poussent à piller notre sous-sol avec l’aide de nos présidents traitres. Comme le rappelle Samir Amin, aujourd’hui comme hier largement motivé par le contrôle et l’exploitation des ressources minières du continent. C’est cette françafrique qui a chassé Lissouba du pouvoir parce qu’il a eu le malheur de demander 33 % de royalties sur le pétrole au lieu des 17 % de Sassou Nguesso. C’est aussi la françafrique qui a partagé le pétrole angolais : 45 % pour Elf-Totalfina et 45 % pour une compagnie anglo-saxonne et 10 % pour Falcon-Oil. C’est bien l’entreprise pétrolière Elf, qui aurait « fait » la politique de l'État français au Gabon, au Cameroun, au Nigéria, au Congo-Brazzaville et en Angola, et aurait même été responsable de l’éclatement ou de la poursuite de guerres civiles dans ces trois derniers pays. Les services secrets (DGSE, DST) sont également désignés comme un élément important de ces réseaux, de par leur collaboration intense avec les services de plusieurs pays africains, pas nécessairement francophones (Angola ou Soudan par exemple). Elle a aussi aidé des présidents corrompus des Etats néocoloniaux, fondés sur une économie de rente, de pillage, de prélèvement de la richesse des matières premières ou de détournement de l’aide publique au développement. Cette même françafrique s’est transformée en mafiafrique, une sorte de mondialisation de relations criminelles. N’est ce pas elle qui a éliminé Ruben Um Nyobé du Cameroun, Sylavanus Olympio du Togo (le 13 janvier 1963), Barthelemy Boganda de la Centrafrique, Thomas Sankara du Burkina Faso, Patrice Lumumba de l’ex-Zaïre, Marien Ngouambi du Congo Brazzaville, Steve Biko de l’Afrique du Sud, Kragbé Gnagbé et Ernest Boka de Côte d’ivoire, etc. Que dire du Nigérien Hamani Diori qui voulait vendre son uranium ailleurs qu’en France, il a été déposé manu militari. L’Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France, à la portée de ses moyens, le seul où elle peut encore, avec cinq cents hommes, changer le cours de l’histoire. Que d’opérations sur notre continent pour déstabiliser nos Etats : opération «Tacaud» dans la guerre du Katanga (Zaïre) en 1978, opération «Barracuda» contre Bokassa en 1979, opération «Epervier» en 1986 au Tchad, opération «Turquoise» au Rwanda en 1994, opération «Azalée» en 1995 au Comores,[..] opération « Licorne » en 2002 en Cote d’Ivoire . Enfin très bien organisée, la françafrique et les pantins de l’Afrique se retrouvent souvent pour festoyer comme les impies de Sodome et Gomorrhe lors des sommets franco-africains, dont le premier a été inauguré par le président Pompidou regroupant la France et 11 pays africains, en 1973.

Les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy

Il a un discours contradictoire vis-à-vis de l’Afrique. On peut déceler ici et là des éléments de rupture et de continuité avec la politique africaine de la France. Les textes de référence sont : un discours de Nicolas Sarkozy au Bénin en mai 2006, une interview donné au magazine Jeune Afrique en novembre 2006, le discours du meeting UMP de Toulon et un discours sur la politique internationale en février 2007. Il veut « Se débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. » Il souhaite « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures ». On le savait critique vis-à-vis de la politique africaine de Jacques Chirac, mais on était loin de douter que l’homme débordant d’ambition manquerait de courage pour faiblir la françafrique. "Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences", pour "une relation plus transparente" entre la France et ses anciennes colonies pour "tourner la page des complaisances, des officines, des secrets et des ambiguïtés ». Aux lendemains de son élection, le président Sarkozy reçoit à l'Elysée, Omar Bongo et Sassou N'guesso. Le dessaisissement de Jean-Marie Bockel du portefeuille de Secrétaire d’Etat à la Coopération, dans le cadre du remaniement ministériel post-municipal, est une véritable sanction à l’encontre de celui qui avait annoncé en janvier dernier vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique ». Pour sa première visite en Afrique, le nouveau secrétaire d’État français à la Coopération Alain Joyandet était le 10 avril 2008 au Gabon, dont les autorités avaient salué l’éviction de son prédécesseur, Jean-Marie Bockel. "En allant au Gabon, a-t-il déclaré à l’AFP, il va rectifier la ligne politique adoptée par le secrétariat d’Etat à la Coopération depuis l’arrivée de Jean-Marie Bockel à sa tête". En plus l’amitié de Sarkozy avec Vincent Bolloré qui lui prête à volonté son yacht alors que les activités de son groupe, qui détient un pouvoir difficile à cerner, tant les contours sont tracés dans l’opacité. Dans la polémique du « yacht prêté », Sarkozy disait que le groupe Bolloré ne percevait pratiquement rien des contrats avec l’Etat français, pour qu’il soit influencé par d’éventuelles cessions de marché. Cela est vrai d’autant plus que, comme le dit son président, « ce qui fait la spécificité de notre groupe, c’est son implantation en Afrique ». Il y compte pas moins de 70 sociétés, implantées dans 35 pays (21 francophones et 14 anglophones). La françafrique soutient ces entreprises qui ne s’entichent que de la violence politique pour s’emparer des marchés. Vous en conviendrez avec moi pour comprendre que la vie est un rendez-vous du donner et du recevoir : Bolloré a donné, il doit recevoir. Le groupe recevra donc de Sarkozy une aide appuyée de la diplomatie française, du soutien militaire pour intimider les présidents  « libérateurs », et un maintien de la monnaie esclave, qu’est le franc CFA, pour bien exploiter les pays africains. L’ensemble se retrouvant dans le détail. Voici la véritable vérité  N’en déplaise à ceux qui imaginent une Afrique libre et prospère, totalement épargnée par la fibre impérialiste, dont le monde occidental est plus ou moins atteint de la fièvre ostentatoire, je ne suis pas prêt à accepter « l’Afrique aux africains » : Tel est le message central que Sarkozy lance au sous continent noir. Quand il s’agit de parler de l’Afrique, le vernis de leur bonne éducation s’écaille, l’Afrique étant le seul continent où même un mécréant peut en dire du mal sans représailles. Pour l’homme qui pense que « l’homme africain » n’est que bélitre, et dans le contexte actuel de la renaissance africaine, son addiction au néocolonialisme fait désordre.

Jeunesse africaine, la trompète du Jubilé a sonné

Et bien nous avons compris qu’avec Sarkozy, désormais, la France officielle défend tout haut l’idée d’une nation « décomplexée » par rapport à son histoire coloniale et au mieux elle revisite les thèses racistes et impérialistes. Au nom de la conception commune d’une Afrique libre, au nom du MLAN, la jeunesse africaine par ma voix, rend un hommage mérité à François-Xavier Verschave, qui a milité toute sa vie durant au sein de Survie, pour une Afrique digne et débarrassée des réseaux mafieux. Le combat pour l’Afrique lui a valu un procès pour offense à chef d’Etat de la part de trois dictateurs africains : le Tchadien Déby, le Congolais Sassou Nguesso, et le Gabonais Bongo. Gloire et reconnaissance à François-Xavier Verschave. Aussi, saluons-nous la réincarnation de cette ferme volonté d’en finir avec ces « démons » en la personne de Jean Marie Bockel, c’est pourquoi, l’Afrique et ses enfants lui doivent respect et le témoignage de notre amitié.
A vous jeunesse africaine, face à une droite aussi dure, qui s’accroche à la françafrique, il faudra une résistance héroïque, dont les actions feront date. Je sais et j’ai foi que Dieu est de notre côté car il est le Dieu des faibles. Sarkozy a trouvé son équilibre entre le culte permanent de la françafrique et le satyre des vivants, allant jusqu’à griller la politesse à ses prédécesseurs. La vérité a trébuché à la place publique. Aidons-le à guérir de cette vision manichéenne, car il y va de notre survie et celle des générations futures. N’ayons peur de rien car n’est ce pas déjà la mort que l’esclavage dans lequel nous sommes ? Nous réussirons certainement dans ce combat par la foi de nos actes. La manumission de notre continent, pillé depuis des siècles a sonné. Que cela soit écrit et qu’il s’accomplisse !

Dieu bénisse l’Afrique !
Vive l’Afrique libre et déliée !

Le Président du MLAN
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

VERS L'INSTITUTIONNALISATION DES MONARCHIES DES PRESIDENCES AFRICAINES

LU POUR VOUS PAR:
Apollinaire Noël KOULAMA
http://africdossier.oldiblog.com/
 
 

083ed951ed81b044f3cefda7898cdb33.jpg

 
Après Gnassingbé Eyadema (père) qui avait inauguré la « manœuvre », Omar Bongo Ondimba avait pris le relais, suivi de Lansana Conté, et d’Idriss Déby. Maintenant, c’est au tour de Paul Biya de s'autoproclamer président à vie, en décidant de manière autoritaire et cavalière de modifier la constitution du Cameroun. La liste devrait s’allonger...
 
La lueur d’espoir née de l’ouverture démocratique dans le continent africain, au début des années 90, inhérente aux vents d’Est et au sommet de la Baule en France a fait long feu et n’a eu de cesse de céder du terrain, pour laisser place à l’encrage de la dictature.
 
Tels des moutons de panurge qui se sont passés le mot, les autocrates au pouvoir en Afrique, arrivés aux « commandes » pour la plupart suite à des coups d’Etat, des guérillas ou des dispositions constitutionnelles scabreuses, tentent, contre la volonté de leur peuple, de s’éterniser au pouvoir en manipulant la constitution à leur guise. Ces pourfendeurs de la République dont ils prétendent être pourtant des « humbles » serviteurs veulent transformer le continent africain en conglomérat de royaumes, où chaque potentat au pouvoir se décrète roi, et installe une monarchie en lieu et place de la République comme le veut pourtant la constitution de leur pays.
 
Les très mauvais exemples. 

Après le Togolais Etienne Gnassingbé Eyadéma qui a changé la constitution de son pays en 2002, alors qu’en principe il devait quitter le pouvoir au terme de ce mandat, ancien tirailleur arrivé au pouvoir à Lomé en 1963, à la faveur d’un coup d'Etat sanglant contre son prédécesseur Sylvanus Olympio, a fait voter une loi abrogeant la limitation du mandat présidentiel. Désormais, le « doyen » était assuré d’y rester jusqu’à la fin de sa vie. L'ordre de succession étant assuré par son fils, Faure Eyadéma, dont les agissements, étaient apparents à ceux d’un prince héritier qui n’attendait que son moment pour monter au trône. Chrétien de par ses parents, Etienne qui s’était montré plutôt un mordu de l’authenticité africaine, à l’exemple de feu le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu Wa Za Banga, - qui a installé un régime de terreur au Zaïre - s’autoproclama, général et devint Gnassingbé. Il aura été celui qui a écrit en lettre noire, l’histoire du Togo. La suite on la connaît, Faure, son fils lui a bien succédé à sa mort.

Dans un continent africain où dirigeants et populations sont enclins à copier les mauvais exemples, Eyadéma (père) n’a pas attendu longtemps pour que son exemple fasse des émules au sein de la classe politique dirigeante.
 
Comme premier relais, son alter ego, le « doyen » en titre des chefs d’Etat, Omar Bongo Ondimba qui dirige le Gabon sans partage depuis décembre 1967, ne s’est pas fait prier pour changer la constitution en 2003. Ce qui lui confère désormais la possibilité de « piloter » ce pays pendant de longues années encore, au grand dam de l’écrasante majorité des Gabonais plutôt « fatigués de la même personne depuis plus de quarante ans ».
 
Si Bongo se défend de n'être pas arrivé au pouvoir par les armes, il n’y a point de doute que la France avait déjà préparé sa succession alors que Léon Mba n’était même pas encore malade ou mort. Comme Eyadéma, Bongo a changé son nom pour devenir dans un premier temps, El Hadj Omar Bongo après son islamisation, avant de devenir Omar Bongo Ondimba, il y’a quelques années. Sa progéniture, présente dans la gestion du pays, est prête à lui succéder.
 
Sa fille Pascaline Mferri Bongo, conseillère et directrice de cabinet de son père, et son fils Ali Ben Bongo Ondimba, ministre de longue date, étant certainement préparés pour continuer l'œuvre royale.
 
Evidemment, comme au Togo, la France et les autres pays Occidentaux connus pour leurs vertus démocratiques et de « liberté », n’ont rien fait pour contraindre ces potentats à quitter le pouvoir, brandissant « la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays ». Eux qui, à d’autres occasions, ont contribué à chasser, voire à l’assassinat des présidents « indésirables » à leurs yeux, à l’instar du capitaine Thomas Sankara, n’ont eu aucune pudeur pour le reconnaître officiellement.
 
Le silence complice des Occidentaux.
 
Parce qu’il n’y a jamais deux sans trois, un troisième larron, Lansana Conté en Guinée, a fait voter une nouvelle loi dans son pays faisant de lui le président à vie, alors qu’il en était à son dernier mandat. Malgré son état de santé précaire, Lansana Conté a décidé de s’y accrocher, poussant le ridicule de voter dans sa voiture.
 
Quoi qu’il en soit, « l'appétit venant en mangeant », un quatrième despote s’est ensuite signalé sur les bords du lac Tchad, en faisant modifier la constitution. Désormais, Idriss Déby peut s’éterniser au pouvoir, lui qui ne devrait plus se représenter dès la fin de son second. Sous prétexte de garantir la « paix et la sécurité des Tchadiens », l’ex-maquisard Zaghawa arrivé au pouvoir en 1990 au terme d’une guérilla dans le désert sahélien contre son beau-frère Hissène Habré, s’est « ériger » en exemple en matière de démocratie.
 
Selon des sources concordantes, à cause d’importantes ressources pétrolières et financières à la base de la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun, Idriss Déby est resté maître du jeu. Comme il fallait s’y attendre, la décision du président de la République de mourir au pouvoir ne pouvait qu'être mal accueillie par le peuple.
 
Du coup, l’opposition civile et armée ne s’est pas fait prier pour hausser le ton, des combats se sont intensifiés ces derniers mois, notamment à proximité de la frontière tchado-soudanaise. Tandis que dans le sud, les populations installées sur le site des immenses richesses pétrolières crient au complot et déclarent ne pas désarmer.
 
Que de similitudes pour les quatre potentats: ce sont tous des pays francophones qui avaient organisé des simulacres de conférence nationale au début des années 90; les quatre présidents ont une formation militaire et sont arrivés au pouvoir soit par les armes, soit par un concours de circonstances malheureuses; les quatre ennemis de la démocratie sont tous soutenus par les puissances occidentales, - grands donneurs de leçons de démocratie quand cela ne les arrange pas - notamment la France qui tient lieu de puissance tutélaire.
 
Dans les quatre pays : les populations vivent dans une extrême pauvreté, tandis qu’une minorité contrôle toutes les richesses du pays. La gestion de leur pays se confond à leur famille où la corruption, le clientélisme, le tribalisme, la manipulation sont érigés an mode de gestion.
 
Selon toute vraisemblance, ce quatuor ayant fait des émules, et comme il fallait s’y attendre, Paul Biya vient de modifier la constitution du Cameroun. Il pourra dorénavant se présenter ad vitam æternam  et  rejoint le « gang » des despotes francophones au pouvoir par leur seule volonté et non celle du peuple.
 
Daniel Nguimbi

CESSONS D'AVOIR PEUR
TOUS UNIS CONTRE LES DICTATURES AFRICAINES

Apollinaire Noël KOULAMA

17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 15 mai 2008

EN RIRE OU EN PLEURER TOUTES LES LARMES DE SON CORPS ?

Les leçons de l’histoire politique en Afrique

La rumeur au Zaïre de Mobutu. Radio-trottoir à Kinshasa est un ouvrage écrit par le journaliste congolais Corneille Nlandou-Tassa, paru aux éditions l’Harmattan en 1997.
C’est un recueil d’histoires drôles, un livre plein d’anecdotes à vous faire mourir de rire debout. Comme tel, il nous permet de découvrir, à travers des méandres, le quotidien d’un pays jadis dirigé par l’une des pires dictatures que l’Afrique ait jamais connue (à l’image de bien de pays africains). Ce pays, c’est l’ex-Zaïre de Mobutu, surnommé le léopard ou le dévoreur de son peuple.
(…) Voici quelques passages du livre (qui doit faire école) que j’ai glanés pour illustrer le propos de l’auteur :

Mariez- moi ce journaliste à l’écran

Cette fois-ci, c’est une dame qui profite de sa position de proche du Guide. C’est, en effet, la sœur de Mama Mobutu qui allume le téléviseur du salon présidentiel. A l’écran, un jeune journaliste présente le journal télévisé du soir. La dame est fascinée par le charme du jeune homme. Elle appelle sa sœur, qui n’est autre que la défunte épouse du Président.
- Je veux ce garçon. Qu’on me l’amène ici directement après le journal, dit-elle.
Une voiture quitte illico le Mont-Ngaliéma, avec deux bérets verts qui vont attendre à la porte du journal télévisé. La diffusion terminée, Ngongo Kamanda est amené manu militari devant la belle sœur du Président. Celle-ci lui propose le mariage. Plutôt, c’est un ordre, puisque venant de la famille présidentielle.
M. Ngongo sera obligé de quitter son foyer pour s’unir à cette dame, plus âgé que lui. Il est rapidement nommé ambassadeur du Zaïre en Argentine comme pour le tenir éloigné de son ancienne femme. Puis, lorsqu’on a été convaincu que le couple est soudé, il est rappelé à Kinshasa où il est promu ministre, fonction qu’il occupera dans plusieurs gouvernements successifs. La mort le surprend en Afrique du Sud, en 1994, en pleine opulence. Par la suite, plusieurs Zaïrois solliciteront la main des jeunes filles de la famille présidentielle, avec l’assurance d’être portés à des postes de haute responsabilité. Le plus heureux d’entre eux sera sans nul doute le premier à avoir emboîté le pas, M. Bosekota Watshia. Celui-ci se retrouvera ministre pratiquement dans tous les gouvernements de la 2é république, après son mariage avec une fille du Guide. L’union est rapidement rompue pour infidélité du conjoint. En effet, l’épouse le surprend un jour en flagrant délit sexuel d’acte homosexuel, au cours duquel son partenaire se livrait à la sodomie sur lui. Néanmoins, il conservera longtemps ses acquis politiques, malgré ce scandale peu commun dans les sociétés africaines. (Page 16)

Le Chef parle à votre épouse. Défense d’entrer.

Mais, Mobutu ne se limite pas toujours à une simple médiation. Un jour, le président délégué général de la société nationale d’électricité (SNEL), M. Kala Eber, est envoyé en mission en province pour une semaine. Très expéditif, il parvient à épuiser l’objet de sa visite de travail en deux jours, prend son vol le lendemain et regagne son domicile. Arrivé à proximité de sa villa, il remarque quatre bérets verts armés jusqu’au dent, postés à l’entrée. Les quatre sbires lui interdisent l’accès à sa propre villa.
- Vous ne passez pas, monsieur. Le chef est à l’intérieur, en train de parler de l’avenir du pays avec un responsable du Comité Central, Mme Mayuma Kala (justement l’épouse du PDG).
Il comprend alors pourquoi il a été si brusquement envoyé en mission. L’homme reste dehors, impuissant devant le muscle et les armes des militaires. Plus d’une heure plus tard, il voit une limousine sortir de sa maison et les bérets verts sauter dans une jeep. Il a à peine le temps d’apercevoir la toque de léopard à travers les vitres de la grosse voiture. Dans de pareilles circonstances, il est interdit de divorcer de peur de s’attirer les foudres de la République !
Il intègre son foyer le plus calmement du monde, comme si rien ne s’est produit, et ainsi il conservera son fauteuil de chef d’entreprise. (Page 18).

Coupure d’électricité à Bandal

Il est 23 heures 30. Brusquement, une panne d’électricité intervient sur toute l’étendue de la commune de Bandalungwa .Vers 2 heures, le courant est rétabli Le lendemain, la nouvelle fait le tour de la commune, puis de toute la ville : Mobutu était passé voir sa femme de Bandal, la nuit.
Chaque fois que le Maréchal rend visite à cette dame, dit-on, l’électricité est coupée dans cette partie de la ville. La jeune femme en question avait été danseuse dans le groupe d’animation politique du Shaba, venue à Kinshasa le temps d’un festival. Elle restera pour toujours dans la capitale zaïroise afin de mieux « servir la république », dit-on. (Page 19).

L’incorrigible Bobozo

En juin- juillet 1975, des hauts dignitaires du régime, notamment le ministre Tshomba ainsi que le gouverneur de la Banque du Zaïre, Albert Ndele, sont impliqués dans un complot visant à renverser Mobutu. Quelques officiers, dont les majors Mpika, Fallu et Omba, sont également dans le coup. Et comme il faut s’y attendre, l’affaire monopolise « la une » de tous les journaux.
Seulement voilà. Le général Bobozo qui allume son téléviseur apprend qu’on qualifie Mpika, Fallu et compagnies de conspirateurs. Il n’en croit pas ses oreilles. Il saute sur la première jeep militaire disponible et s’en va, une fois de plus, protester auprès du Chef suprême :
- Comment des petits enfants qui viennent à peine de terminer leur formation militaire, tu les proclames déjà conspirateurs, alors que moi, je suis toujours général ? A partir d’aujourd’hui, moi aussi tu me nommes conspirateur, mais alors conspirateur en chef.
Il a cru qu’il s’agissait d’un nouveau grade. (Page 46).

Sakombi et la mobutitude

En octobre 1987, Sakombi Inongo, alors ministre de l'information et de la mobilisation, reçoit une délégation du parti unique togolais. Tableau à l'appui, il explique à ces visiteurs ce qu'est le mobutisme. Il le définit textuellement comme suit:
- Le mobutisme veut dire les pensées, les paroles et les actions du Président Fondateur du M.P.R, Mobutu Sese Seko.
Et il ajoute, en affichant un air solennel:
- Le mobutisme a tellement évolué qu’aujourd’hui, nous tendons vers la mobutitude, qui est la perfection du mobutisme.
Eclats de rire de la part de l'assistance. (Page 52).

La téléspeakerine annonce un documentaire sur les testicules

Mobutu est tranquillement chez lui, dans l’après midi, en compagnie de son épouse et d’une dizaine de proches. Ils bavardent devant un verre de bière et s’adonnent à leur hobby favori, le jeu de dames. En face, le téléviseur, qu’ils regardent d’ailleurs de façon distraite, reste allumé. Soudain, la téléspeakerine annonce :
- Et maintenant, nous vous proposons un documentaire sur les testicules.
Les téléspectateurs du salon présidentiel se ressaisissent. Mobutu arrange son siège bien en face du petit écran et dit à ses invités, d’un ton de satisfaction :
-Ah bon ! La télévision de Sakombi commence à devenir intéressante. Ils ont même un documentaire sur les testicules. Espérons au moins qu’il ne s’agit pas des testicules de vaches, mais bien ceux des humains. Voyons voir. La salle de séjour devient silencieuse. Tous les yeux sont rivés sur la boîte à images. Et le documentaire est lancé. D’abord le générique, avec tous les noms qui défilent .Ensuite, un véhicule transportant quelque chose comme de la neige. Enfin, une usine, avec des Africains qui s’affairent et qui manipulent justement ces drôles d’objets ressemblant à des flocons de neige.
Une voix s’élève alors dans l’assistance présidentielle :
- Mais je reconnais cette unité de production ! Il s’agit de l’usine textile de ! Gandajika, au Kasaï !
Eclats de rires dans la salle. On se rend vite compte que la téléspeakerine a voulu dire textiles en lieu et place de testicules.
Fâché, ou peut être déçu, le Guide décroche son combiné et compose le numéro du ministre Sakombi. Il tonne :
- Vous ne devez pas continuer à vous moquer des gens comme ça ! Votre téléspeakerine annonce un documentaire sur les testicules .Nous ici, nous attendons, et c’est l’usine textile de Gandajika que vous nous diffusez ! Soyez sérieux, quand même.
Il raccroche brusquement. Le ministre Sakombi, après avoir vérifié l’information, va purement et simplement décider une nouvelle affectation de la charmante téléspeakerine, qui est consignée au service des archives. (Page 85).

Conclusion

Avis est donc lancé aux journalistes et autres écrivains togolais (et Africains) afin qu’ils puissent s’inspirer des exemples d’ailleurs pour consigner aussi dans des livres pour les générations futures la rumeur sous Eyadema et son fils Faure (et sous d’autres despotes africains). Le livre de Corneille est aussi un corpus pour les sciences de la communication. Nous recommandons la lecture de cet ouvrage.

Note de lecture tirée de La rumeur au Zaïre de Mobutu. Radio-trottoir à Kinshasa,
de Corneille Nlandu-Tsasa, publié aux éditions l’Harmattan. 1997.

Maurice Mouta Wakilou Gligli

Bruxelles, le 23 avril 2008

21:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 20 avril 2008

LES PROBLEMES VERITABLES DU GABON SONT D’ORDRE GABONAIS

6f4b370e6ff8075a95ab121efc8e0c76.jpgRegard d'un homme politique significatif du Gabon sur son pays et son peuple. Siméon Francis EKOGA. Lu pour vous.

Moi je pense que le sous développement économique est de moindre importance que
le sous développement mental et idéologique. Les problèmes véritables voire
incontestables du Gabon sont d’ordre gabonais, et je le dis souvent à des
compatriotes au cours d’échanges que nous avons.

Nous parlons toujours de la « Françafrique », moi j’en parle aussi presque tout
le temps. Sachons le, les vrais ennemis du Gabon ce sont les gabonais eux-mêmes
: insoucieux, inconscients, paresseux, dilapidateurs, détrousseurs, détourneurs,
menteurs, peureux, inconstants, traîtres …

Et certains gabonais, proches du régime, ne se gênent pas de soustraire aux
caisses publics, les fortunes appartenant au peuple , au lieu de contribuer à
la prospérité et au développement du pays, ils travaillent toujours à la
destruction des acquis des gabonais.

• Est-ce la « Françafrique » qui a empêché à des ministres de la santé, des
travaux publics et de l’éducation nationale par exemple, de confondre à leur
argent de poche, les budgets pour construire des hôpitaux, des routes, et des
écoles… ?
• Est-ce la « Françafrique » qui interdit aux gabonais de s’associer, et de
s’organiser, afin d’exercer un droit reconnu par la constitution gabonaise ;
revendiquer pacifiquement pour l’amélioration de leurs conditions de vie et
refuser l’arbitraire ?
• Est-ce la « Françafrique » qui demande aux fonctionnaires gabonais d’arriver à
11 heures à leurs bureaux, au lieu de 8 heures, pour rentrer chez eux à 12
heures, et ne pas y revenir l’après midi ?
• Est-ce la « Françafrique » qui pousse certains compatriotes à déserter leurs
lieux de travail dès le 25 du mois, quand ils touchent leur salaire, pour ne
réapparaître que vers le 05 du mois prochain, quand tout a été dilapidé ?
• Est-ce la « Françafrique » qui impose aux dirigeants gabonais de ne pas
redistribuer les bénéfices issus de la forte exportation de nos richesses (bois
divers, pétrole, fer, manganèse, uranium, or…) pour entretenir une cour de
flagorneurs, un harem, des parcs automobiles constitués de toutes les dernières
grandes marques… ?
• Est-ce la « Françafrique » qui instaure des ministères « claniques » où du
planton, en passant par la secrétaire, jusqu’aux hauts fonctionnaires, on ne
trouve que des membres de la famille, celles des ministres ?

Vous constaterez que l’administration et la classe politique gabonaises sont
aujourd’hui en état avancé de déliquescence. Elles sont ramollies par :
l’ethnisme, le clientélisme, l’affairisme, la corruption, et la politisation
outrancière …qui ont gangrené les pouvoirs publics. Le mot « SANCTION » a
disparu du vocabulaire administratif et judiciaire gabonais. Il y a un terme
qui fait recette : « IMPUNITE »

Nous au RDPG, avions fait le choix de servir les gabonais, abreuvés par les
organes de presse au service du régime du grand timonier.

Pour cela, nous avons permis à nos compatriotes d’accéder à des informations qui
ne sont pas orientées, mais issues de sources indépendantes et sérieuses, sur
notre site Internet (http://www.rdpg.org) , réactualisé en continu (24h/24).

Nous avons également créé un forum de discussions et d’échanges, dénommé AGORA
(agora@rdpg.org ) sans faire l’aumône auprès de qui que ce soit. Nous avons là
marqué notre indépendance politique et idéologique par rapport au régime de
Libreville, ville « déchue » de sa signification.

Au Gabon, il n’est pas bon de refuser de vivre dans la manipulation,
l’esclavagisme politique, moral et mental… Et quand on s’engage dans
l’indépendance à exercer souverainement tous les attributs de sa liberté, il
faut que ce choix apparaisse comme négatif. Voilà pourquoi, on pourra lire des
articles contre le RDPG et Siméon J Francis EKOGA, depuis des années, pour les
noircir…Des contrevérités ont été dites ça et la… Des exemples ? Quelqu’un
comme moi qui ne boit pas une seule goutte d’alcool, est constamment traité
d’ivrogne, de pilier de comptoir… par des félons, au service de la « démagogie
gabonaise » qui ont pu faire croire à un moment donné qu’ils défendaient la
cause des compatriotes spoliés par le régime autocrate de Libreville. Ils ont
expédié des emails à la communauté, ou ont écrit sur des blogs ou des sites
internet. Un coup EKOGA serait millionnaire ou milliardaire par de l’argent que
lui aurait remis le président Bongo et les mêmes reviendront une autres fois
dire que ce dernier vivrait en France de larcins, d’expédients… et autres «
mensonges ».

A cet effet, nous préférons de loin la lutte des idées, cela nous sert. Personne
n’a le monopole de la vérité et la contradiction politique est une essence de
dynamisation de la vie dans un pays, mais pas la trahison, le mensonge...la
confusion, pas se faire vendre et manger à tous les râteliers : c’est la
forfaiture et l’indignité.

Le psychologue et psychiatre français, Boris Cyrulnik a dit : « le
machiavélisme serait inhérent à la politique, mais, le mouvement de la vie
implique à un stade ou à un autre (…) de dépasser ses maîtres, de
perdre ses amis. Les grandes religions et les grands mythes ne nous disent pas
autre chose: qu'il s'agisse de Judas, d'Iago ou de Ganedon, le traître se tient
en embuscade, dans l'ombre du héros, comme un double négatif, la part de
noirceur propre à la nature humaine....Pour trahir vous devez d'abord
appartenir. Le traître, le vrai, est celui qui fait semblant de vous aimer pour
vous voler quelque chose, qui vous séduit pour profiter de votre force (...)
pour vous nuire... »

Chers frères, vous qui avez choisi de servir le « diable » et son mensonge, nous
vous demandons vraiment de voir l’avenir et de revenir à la vérité. Vous ne
pouvez pas construire l’avenir en vous enfermant dans la confusion et nous
vous disons solennellement que le premier ennemi de la démocratie que nous
appelons de tous nos vœux, est la confusion.

Restituer la vérité est aujourd'hui un devoir et même une nécessité absolue pour
tout gabonais. Si nous voulons toujours donner une valeur historique à ce que
nous disons, faisons ou souhaitons pour notre pays le Gabon; chérissons la
vérité, défendons la vérité.

Nous au RDPG, avons fait le choix de ne dire que la vérité, de conscientiser le
peuple gabonais, sachant que cela n’est pas du goût de tous, encore moins de
ceux qui l’ont toujours bâillonné, enchaîné, instrumentalisé, animalisé…

Que Dieu bénisse le Gabon et tous ses habitants.



Siméon J Francis EKOGA

Président du Rassemblement Démocratique du Peuple Gabonais (RDPG)
Courriels : simekoga@rdpg.org et simeon.ekoga@rdpg.org
Site web : http://www.rdpg.org

21:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 avril 2008

LE CODE NOIR DE LEANDRE SAHIRI, UN LIVRE A LIRE ABSOLUMENT !

7bfe5b5680ddc0e6350fe362191607be.jpgConnaissez- vous le « Code Noir » ? Ou bien êtes-vous de ceux ou celles qui, malgré de nombreuses publications, malgré leur degré d’instruction, n’en savent encore rien ou pas grand-chose ?

Savez-vous que le « Code Noir » demeure un document d’« incontournable référence » ? Savez-vous que le « Code Noir » est au cœur même de l’histoire de la France, de l’Afrique, de l’esclavage, de la colonisation, de toute l’humanité ? ...

Léandre Sahiri propose dans ce livre, « Le Code noir de Louis XIV », de faire connaître, par le théâtre, pourquoi et comment le « Code Noir » a été conçu, fabriqué et par la suite officialisé, promulgué par Louis XIV, Roi de France...

« Un livre qui a l’avantage d’être écrit dans un langage de très bon niveau et d’expliquer plus clairement ce qui, dans le Code Noir, paraît implicite et inaccessible à tous... ». Elie Liazéré, Dramaturge et critique littéraire.

"Il me semble qu’exhumer le Code Noir, [...] c’est extrêmement urgent... pédagogiquement urgent..." Louis Sala Molins, Interview, Nantes le 14/04/1993.

« Le Code Noir permet d’apprendre beaucoup sur l’esclavage. » André Castaldo, de l’esclavage à l’abolition, éd. Dalloz, 2006.


Interview de Léandre Sahiri.
Article publié le 2 avril 2008
.

Reçu de l'auteur, le Lundi 14 Avril 2008, pour publication. Dindé.

LEANDRE SAHIRI : « C’EST UNE ABOMINATION QUE D'IGNORER LE CODE NOIR ! ».

« Le code Noir de Louis XIV » est le titre du livre que vous venez de publier aux Editions Menaibuc en France. Et, vous dites dans l’avant-propos : « je rêvais d’écrire ce livre ».Quel est l’enjeu qui sous-tend la publication d’un tel ouvrage ?

Léandre Sahiri : L’enjeu qui sous-tend la publication de mon livre « Le Code Noir de Louis XIV » comporte un triple aspect. Le premier aspect, c’est que beaucoup d’Africains se demandent souvent pourquoi, malgré ses richesses incommensurables l’Afrique va mal et demeure sous-développée ? On entend souvent les gens se demander pourquoi les Noirs sont généralement les plus défavorisés dans la vie ? Et puis, beaucoup d’entre nous s’adonnent à l’autodestruction, allant jusqu’à conforter les autres dans leurs préjugés de mépris sur les Noirs. Par ailleurs, quelles que soient leurs zones de vie et leurs valeurs intrinsèques, quels que soient leurs degrés de réussite, les Noirs sont vilipendés, brimés, dénigrés, discriminés… pourquoi ? Les Noirs n’ont pas la force de construire ensemble dans leurs riches diversités, ni d’entreprendre ensemble dans la complémentarité, ni de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres ; de même, nos organisations ne sont ni manifestes, ni fiables, pourquoi ? Sommes-nous maudits, à jamais condamnés ? Comment faire et que faire pour nous en sortir, pour ne pas laisser perdurer ces états de servitude ? Etc. Moi, en tant que chercheur, j’ai mis tous mes efforts à trouver des réponses à ces interrogations. Et c’est après avoir lu le Code Noir que j’ai trouvé quelques éléments de réponse à nombre de ces questions brûlantes... Le deuxième aspect, c’est que, en Occident circule une thèse selon laquelle, seuls les Africains sont responsables de la « traite négrière ». Pour les tenants de cette thèse, ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères et, que les Européens n’ont eu, au bout du compte, qu’un rôle exclusivement passif. On va même quelques fois jusqu’à mettre sur le même plan, l’esclavage que pratiquèrent jadis les Africains, les trafics négriers que développèrent les Arabes, et le commerce triangulaire (réglementé par le « Code Noir ») qu’instituèrent les Européens, en englobant les trois, sous le même vocable : la traite. Et qui, dit-on, avec chiffres à l’appui, a généré plus d’esclaves et a été plus horrible que la traite européenne. Il s’agit là, comme dit Serge Bilé, d’un « révisionnisme dangereux » qui n’a pas manqué de susciter ma curiosité et qui m’a fait penser qu’on n’a pas encore tout dit sur l’esclavage, du moins qu’il restait encore des zones d’ombre à éclairer... Le troisième aspect concerne l’abolition de l’esclavage et sa commémoration. Le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai dernier, a donné lieu, ici et ailleurs, à de multiples commémorations et célébrations. Vous savez aussi que l’abolition de l’esclavage en 1886, était censé marquer l’avènement de la réintégration des « hommes et femmes de couleur » dans la famille humaine d’où ceux-ci avaient été éjectés, plusieurs siècles durant, par l’esclavage, qui fut institutionnalisé, réglementé par le Code Noir promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France. Cependant, force est de reconnaître que, malgré cette abolition, l’esclavage, demeure encore de nos jours une réalité. En effet, des millions d’enfants, d’hommes et de femmes en sont encore victimes à travers le monde, sous des formes diverses.

C’est donc là ce qui vous a poussé à écrire « Le Code Noir de Louis XIV » ?

L S : En effet, l’intérêt de mon livre c’est de faire connaître le contenu du Code Noir, pour comprendre notre humaine condition, pour appréhender les subtilités des relations Nord/Sud... En fait, il s’agit de montrer comment et pourquoi le Code Noir a été conçu. Il s’agit également et surtout d’en dévoiler la face cachée et de mettre en lumière ses incidences et ses influences dans nos vies quotidiennes aujourd’hui.

Alors, qu'est-ce donc que le Code Noir dans ses principes et dans son fonctionnement ?

L S : Le Code Noir est un recueil de lois. En un mot, une réglementation. Et cette réglementation concerne spécifiquement l’esclavage des Africains noirs. Elle comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles transmissibles et négociables » (Article 44). Autrement dit, dès lors qu’on est un homme de couleur, comme ils disent, on n’est ni plus ni moins qu’un objet dont les Occidentaux peuvent et doivent disposer, à loisir, pour leurs commodités et leurs besoins. C’est ce principe-là du Code Noir qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui aujourd’hui sous-tend la Françafrique.

Quel intérêt y avait-il à codifier l’esclavage des Noirs ?

L S : C’est que le Code Noir constitue le socle pour faire des Noirs, en toute bonne conscience, les outils de travail, les instruments de production, les produits marchands des Français. Il a été promulgué, pour qu’il existe désormais, à l’image de la Bible ou du Coran, un document de référence incontournable, qui institutionnalise l’esclavage des Noirs. Le Code Noir a donc été conçu comme un document juridique qui rend légitime et normal le commerce des Noirs, étant donné que le Noir est défini, dans le Code Noir, d’abord comme une chose domestique et ensuite comme une marchandise. Et donc, comme tout objet de commerce, le Noir pouvait être soumis aux lois du marché. Codifier l’esclavage légiférait que, dès lors, il n’y a ni crime, ni délit au négoce des Noirs.

Dans quel contexte historique et politico-économique « le Code Noir » a-t-il été rédigé ?

L S : Les raisons sont d’abord d’ordre économique. On sait qu’après avoir bâti de toutes pièces et de toute beauté le Château de Versailles et l’Hôtel des Invalides, après les multiples guerres pour étendre la suprématie de Louis XIV sur le monde, la situation économique de la France était bien critique et, partout en France, il y avait la misère et des révoltes. Et, c’est justement cela qui a conduit les Français, non seulement à promouvoir, à une très grande échelle, le commerce triangulaire des esclaves noirs, mais aussi et surtout à l’organiser et à le codifier. Car, après étude, l’on a trouvé que c’est là que résidait véritablement le salut de la France. Jean Baptiste Colbert disait, à juste titre : « Il n’y a aucun commerce dans le monde qui produisît tant d’avantages que celui des Nègres. Il n’est rien qui contribuerait davantage à l’augmentation de l’économie que le laborieux travail des nègres »...

Est-ce seulement pour des raisons économiques qu’on a eu besoin de réglementer le commerce des Noirs ?

L S : Bien sûr que non ! A ces raisons commerciales évidentes, s’ajoutent d’autres raisons d’ordre politico-démographique : il s’agissait à cette époque de limiter la puissance des Noirs, laquelle puissance résultait de leurs ressources incommensurables, de leurs activités débordantes et de leurs grandes forces de travail. En effet, à cette époque, les Africains étaient trois fois plus nombreux que les Occidentaux. Il y avait donc une puissance latente présageant la suprématie des Noirs sur les Blancs durant plusieurs siècles. On avait donc perçu cela comme une menace, voire un péril. Le professeur Elikia M'Bokolo a démontré clairement qu’au début du commerce triangulaire, l'Afrique n'était pas un continent inférieur à l'Europe. M'Bokolo a aussi démontré que l'ordre mondial de cette époque n'était pas une donnée naturelle, mais historique et culturelle. De ce fait, il est impossible de nier que la déstructuration provoquée par l'esclavage a été très grave et très profonde, et d’ailleurs, les conséquences sont encore visibles aujourd'hui... Et puis, aux considérations commerciales et aux préoccupations d’ordre politico-démographique dont je viens de parler, s’ajoute également le souci capital de renforcer le pouvoir central, d’étendre le pouvoir de Louis XIV sur le monde entier. Il y a aussi des raisons d’Etat, à savoir garantir la sécurité publique par la suppression des révoltes, des attentats et insurrections fomentés par les « Nègres marron » et quelques Noirs instruits dans la langue et la culture françaises. Et puis, il y a enfin les raisons religieuses : le préambule et les dix premiers articles du Code Noir tendent à proclamer et à imposer la primauté, voire la prééminence de l’église catholique, apostolique et romaine en France et dans le monde.

Que pensez-vous des arguments bibliques auxquels certains évêques et prêtres se sont référés pour légitimer l’esclavage ?

L S : Ces arguments n’ont aucun fondement, quoique s’appuyant sur la Bible. Il faut préciser que les évêques de l’époque étaient non seulement nommés par le Roi, mais aussi et surtout ils étaient à la charge du Roi et donc acquis, par redevance, à sa cause. De plus, leur niveau d’instruction était tel qu’ils n’avaient pas assez d’éléments pour s’élever au-dessus de certaines contingences intellectuelles ; par exemple, ils se trouvaient incapables d’expliquer ce que signifie « être fait à l’image de Dieu ».

Vous parlez du « Code Noir » comme d’un document important à connaître absolument pour la libération mentale du Noir. Et, vous dites même que c’est une abomination que de l’ignorer…

L S : C’est vrai que c’est une abomination que d’ignorer le Code Noir. Parce que l’ignorance du Code Noir favorise la continuité, voire la pérennité de l’esclavage, ne serait-ce qu’au plan mental. C’est pourquoi, de mon point de vue, nous devrions, tous et toutes, absolument connaître le Code Noir, afin d’enrayer de notre mental le complexe d’infériorité pour les uns et le complexe de supériorité pour les autres. Il faut absolument connaître le Code Noir afin de tuer en nous les germes du racisme, du larbinisme, de la dépréciation et des discriminations de tous genres. En effet, c’est notre ignorance du Code Noir qui nous maintient dans des situations de défavorisés, de sous-hommes. C’est notre ignorance du Code Noir qui justifie, pour nombre de Noirs, le mépris d’eux-mêmes, au point d’en arriver à se détester et à s’autodétruire. Autant j’ai compris que ce n’est pas confortable d’ignorer ce que d’autres savent, autant je déplore qu’il ne soit pas du tout fait cas du Code Noir dans la plupart de nos programmes et manuels scolaires...

Pensez-vous que le destin de l’Afrique aurait été différent si les Africains avaient eu depuis longtemps connaissance du Code Noir ?

L S : Bien sûr que oui ! Le destin de l’Afrique aurait été totalement différent si les Africains avaient, depuis longtemps, eu connaissance du Code Noir. Parce que tout simplement les rapports entre Nord et Sud auraient été différents, on aurait instauré un autre type de relation entre la France et l’Afrique que le commerce triangulaire ou la colonisation, etc.

Qu’est-ce qui explique le lourd silence des descendants d’esclaves et des Africains au sujet du Code Noir ?

L S : Simplement parce que le Code Noir est un document qui a été longtemps tenu secret. Car comme le dit le professeur Louis Sala-Molins, « c’est le texte le plus monstrueux que l’histoire ait jamais produit ». De ce fait, il a généralement circulé sous manteau ; on parle à ciel ouvert du Code Napoléonien, du Code de la nationalité, mais pas autant du Code Noir, eu égard à sa nocivité. On a même bien souvent tenté de noyer le poisson dans l’eau, par exemple en créant un parfum de luxe dénommé « Code Noir »... Par ailleurs, il faudrait savoir la part très importante prise dans l’esclavage des Noirs par l’Eglise qui devait « inculquer aux Noirs la soumission et la subordination sous prétexte de recevoir en échange le paradis céleste ». Il ne faut pas non plus perdre de vue les missions de pacification ou de civilisation pour soi-disant sortir les Noirs de la sauvagerie et de la barbarie, étaient, en réalité, destinées à perpétuer l’esclavage et éviter toute velléité de prise de conscience et toute initiative de révolte des Africains contre le système de l’esclavage des Noirs.

Pourquoi avoir choisi le genre dramatique pour poser ce problème ?

L S : La plupart des textes sur le Code Noir sont des essais ou des discours. Or, comme je l’ai dit dans l’Avant-propos, je rêvais de faire quelque chose de différent. C’est non seulement l’une des originalités de mon œuvre, mais c’est d’abord et avant tout un choix idéologique et esthétique. En effet, j’ai choisi le genre dramatique, parce que, pour moi, le théâtre est primordial. Le théâtre, dans toute sa splendeur, a un pouvoir majestueux, comme le cinéma, de nous renvoyer des images fortes pour nous faire percevoir la réalité des choses, des êtres et des faits. Le théâtre a la magie des images qu’on a peine à rendre dans un roman ou dans un essai. Et puis, le théâtre, c’est le point de rencontre entre le réel et l’imaginaire, c’est un art total, en tant que prolongation et synthèse de tous les arts, notamment la peinture, la décoration, la chorégraphie, la danse, la musique, la mimique, la gestuelle, etc.

A quoi correspond le fait de faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa ?

L S : Pour moi, une œuvre littéraire n’est jamais vraiment achevée. Je veux laisser la liberté au metteur en scène d’approfondir le texte et d’y apporter les innovations comme celles-ci qui sont parfois osées certes, mais nécessaires pour produire un spectacle original, grandiose, prodigieux, à la seule condition de ne pas trahir les idées de l’auteur. Et puis, au-delà de cet aspect purement chorégraphique, faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa vise à donner une dimension cathartique à mon œuvre, c'est-à-dire la fonction de nous libérer des tensions psychiques, des complexes, des frustrations, des choix inconscients, etc. En d’autres termes, il s’agit, comme dit un des personnages de la pièce, en l’occurrence le propriétaire d’esclaves Willie Lynch, de savoir ce que les uns « éprouveraient eux-mêmes dans une situation d’esclavage ». Et puis, je me réfère à cette citation de Marivaux dans L’Île des esclaves : « Eh bien ! Iphicrate, on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste ; et nous verrons ce que tu penseras de cette justice… Quand tu auras souffert, tu sauras mieux ce qu’il est permis de faire souffrir aux autres… ».

Au-delà de tout ça, quel message voulez-vous adresser aux lecteurs ?

L S : Je voudrais préciser que mon intention n’est nullement de dresser les Noirs contre les Blancs ! Il ne s’agit pas non plus de blanchir ni d’innocenter les Africains, en ce qui concerne l’esclavage et la situation de misère que vit aujourd’hui l’Afrique ; car, nul ne saurait nier que les Africains ont effectivement pratiqué l’esclavage ou le servage, comme tant d’autres peuples de la terre… En outre, nul ne saurait nier la part de responsabilité des Africains dans la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, la corruption des régimes au pouvoir, les retournements de veste, les fraudes électorales, les rebellions, les génocides et autres guerres tribales qui, soit dit en passant, sont loin de nous honorer... J’ai écrit ce livre pour inviter à parler de ce document plus ou moins tabou, le Code Noir, à en débattre pour combattre le mensonge, l’ignorance, la discrimination, les complexes, et surtout afin de situer les responsabilités des uns et des autres… Mon objectif, c’est aussi de faire saisir la racine profonde du mépris terrible que certaines personnes portent sur les autres, ou que d’autres personnes se portent sur elles-mêmes, au point de se sous-estimer, de se détester, de se haïr, de s’abandonner au fatalisme, de vouloir changer de peau. Mon souhait, c’est, par-dessus tout, de contribuer, à mon humble niveau, à réveiller les consciences, ainsi que de participer à l’édification d’une humanité nouvelle, débarrassée de toutes les affres des idéologies négatives, néfastes.

Interview réalisée par Serge Grah, Journaliste - Correspondant DirectAbidjan (Côte d'Ivoire) serge.grah@directabidjan.com

Article rédigé le 31/03/2008.

Editions Menaibuc : www.menaibuc.com E-Mail: menaibuc@wanadoo.fr

13:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 12 avril 2008

REALISME RENVERSANT !

Racisme ou réalisme ?

Pour votre lecture, et comme pour commémorer Martin Luther King, cette opinion sur les noirs, d'un certain Dee Lee, un blanc ...lue pour vous

"LES NOIRS NE LISENT PAS ET RESTERONT TOUJOURS NOS ESCLAVES.

Nous pouvons encore continuer à récolter des profits des Noirs sans effort physique de notre part.
Regardez les méthodes actuelles de maintien dans l'esclavage qu'ils s'imposent eux-mêmes: IGNORANCE, AVIDITÉ et ÉGOÏSME .

1. Leur IGNORANCE constitue la première arme de ce maintien en esclavage. Un grand homme une fois déclara « la meilleure façon de cacher quelque chose à un Noir est de la mettre dans un livre ». Nous vivons actuellement à l'Age de l'Information. Ils ont l'opportunité de lire n'importe quel livre sur quelque soit le sujet en rapport avec leurs efforts de lutte pour la liberté, mais ils refusent de lire.
Il y a d'innombrables livres facilement disponibles à Borders, à Barnes & Noble, à Amazon.com sans mentionner les librairies spécialisées pour Noirs qui fournissent des oeuvres de grande valeur susceptibles de leur permettre d'atteindre une certaine équité économique (qui devrait être en fait intégrée à leur lutte) mais peu d'entre eux lisent de façon soutenue, si jamais ils lisent, ils gardent les informations pour eux-mêmes et ensuite ils n'écrivent pas pour leur progéniture {ceux d'Afrique cachent les recettes de leurs ancêtres à leurs descendants préférant mourir avec. Les Noirs réfusent catégoriquement les religions de leurs propres Ancêtres ;leurs propres prophètes oubliés}.

2. L'AVIDITÉ est une autre puissante arme de contention. Les Noirs, depuis l'abolition de l'esclavage, ont eu de grandes sommes d'argent à leur disposition.

L'an dernier, seulement pour la période des fêtes de Noël et de fin d'année, ils ont dépensé 10 milliards de dollars des 450 milliards de dollars qui représentent leur revenu annuel (2,22%). N'importe qui d'entre nous peut les (noirs) utiliser comme un marché cible pour quelle que soit l'entreprise. Ils
viendront toujours y consommer.

Étant principalement des consommateurs ils agissent par avidité, poussés par le plaisir et le désir de toujours posséder. Ils veulent toujours en posséder davantage sans penser le moins du monde à épargner pour la progéniture ou à investir pour les générations suivantes.

Au lieu de démarrer une entreprise ils penseront de préférence à s'acheter de nouvelles paires de chaussures très chères.

Certains d'entre eux vont jusqu'à négliger leurs propres enfants pour se procurer les tout derniers modèles... TOMMY ou FUBU. Ils pensent jusqu'à présent que rouler en Mercedes et vivre dans une grande maison leur octroie un certain «statut» ou qu'ils ont réalisé le Rêve Américain. Ils sont fous !

De l'Europe, des USA, d'Afrique ...ils sont tous les mêmes ! La majorité de leurs frères croupissent encore dans la misère parce que leur avidité les empêche collectivement de constituer un lobby financier pour une meilleure communauté. Avec l'aide de BET, Black Entertainment Tonight, (une chaîne de télévision pour Noirs (ndlt)), et d'autres media télévisés du même genre qui leur apportent des images destructives dans leurs propres foyers, nous continuerons à tirer d'eux d'immenses profits comme ceux gagnés par TOMMY et NIKE.. (Tommy Hillfiger les a même insultés, déclarant qu'il ne voulait pas de leur argent.

Voyez cependant combien ils dépensent encore plus dans ses produits comme jamais ils ne l'ont fait auparavant !) Ils continueront de s'exhiber ainsi les uns devant les autres pendant que nous autres (blancs) nous construirons une communauté plus forte à partir des profits que nous réalisons d'eux.

3. L'ÉGOÏSME est enraciné en eux depuis les temps de l'esclavage et l'époque coloniale et c'est l'une des principales manières à travers lesquelles nous continuons à les y maintenir. L'un des leurs, Dubois, disait dans un livre, « le Dixième des Talents » (1/10), qu'il existait une désunion viscérale dans leur culture. Il était précis dans ses déductions qui stipulent qu'il y avait des éléments épars de leur culture qui avaient atteint une certaine forme de succès.

Cependant cette partie n'a pas bénéficié de l'amplitude de son oeuvre. Ils n'ont pas lu que « le Dixième des Talents » se donnait pour mission de leur permettre d'aider les 90% sans talents d'atteindre une meilleure qualité de vie.

Au contraire ces éléments ont crée une nouvelle catégorie de classe, la classe Buppie (que nous traduirions par parvenus) et ils regardent de haut les leurs ou bien les aident avec condescendance. La seule culture qui prend l'ascension chez eux c'est la culture de ramassage et de cueillette qui est nourrie par la semence de Caen, frère dAbel « le nivellement vers le bas ».

Leur ÉGOÏSME ne leur permet pas de travailler ensemble sur des projets pour atteindre des réalisations communes. Ils ne réaliseront jamais ce que nous avons accompli.

Quand ils se mettent ensemble ils laissent leur ego dominer leurs objectifs communs. Donc leurs prétendues organisations d'aide et de charité (...) semblent seulement promouvoir leurs noms sans apporter de réels changements au sein de la communauté. Ils sont heureux de siéger dans des conférences ou des conventions dans nos hôtels (Sheraton, Intercontinental, ..., discutant au sujet de ce qu'ils projettent de faire tout en récompensant par des plaques d'honneur et des titres les meilleurs orateurs mais non les meilleurs réalisateurs (ceux qui en fait agissent).

Y aura-t-il une fin à leur ÉGOÏSME ? Ils refusent obstinément de se rendre compte que unis ils pourraient accomplir beaucoup plus : TOGETHER EACH ACHIEVES MORE (TEAM) Ils ne comprennent pas qu'il n'y a pas mieux que des entités individuelles mises ensemble pour contribuer à une oeuvre commune.

En réalité beaucoup de ces Buppies {des parvenus} ne se rendent pas compte que « une seule signature suffit pour qu'ils redeviennent pauvres » et que deux chèques de paie les séparent de la pauvreté (ils sont à deux mois de salaire de la pauvreté). Et que tout cela est contrôlé par les plumes des blancs et leurs bureaux.. Une simple signature suffit !! (ndlt) Ainsi donc nous continuerons à les maintenir dans cet état :

a. aussi longtemps qu'ils refuseront de lire et partager l'information,
b. aussi longtemps qu'ils continueront d'acheter
tout ce qu'ils veulent pour satisfaire leur avidité de posséder,
c. et aussi longtemps qu'ils continueront de penser qu'ils «aident» leurs communautés en payant des cotisations à des organisations qui ne font pas plus que tenir d'extravagantes conventions dans nos hôtels (sic, Ndlr)

En passant, ne vous inquiétez pas qu'ils puissent lire cet article. Rappelez vous : ILS NE LISENT PAS, s'ils lisaient ça ne fait rien, ils sont amnésiques, c'est-à-dire ils oublient vite (pour eux le bourreau et la victime ont la même fosse).

Lu sur le Blog d'Edgar Yapo: http://leblogdedgaryapo.ivoire-blog.com/

10:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 11 avril 2008

QUE SERAIT DEVENU LE MONDE SANS LES NOIRS !

Noirocentrisme ? (*)

On raconte une histoire très amusante et très révélatrice à propos d’un groupe de Blancs qui en avaient marre des Noirs. Ces Blancs avaient décidé, d’un commun accord, de s’évader vers un monde meilleur. Ils étaient donc passés par un tunnel très sombre pour ressortir dans une sorte de zone nébuleuse au cœur d’une Amérique sans Noirs, où toute trace de leur passage avait disparue. Au début, ces Blancs poussèrent un soupir de soulagement. Enfin, se dirent-ils, finis les crimes, la drogue, la violence et le bien-être social. Tous les Noirs ont disparu.

Mais soudain, ils furent confrontés à une toute autre réalité, la nouvelle Amérique n’était plus qu’une grande terre aride et stérile. Les bonnes récoltes étaient rares car le pays s’était jusque là nourri grâce au travail des esclaves noirs dans les champs. Il n’y avait pas de villes avec d’immenses gratte-ciel, car Alexander Mills, un Noir, avait inventé l’ascenseur et, sans cette invention, on trouvait trop difficile de se rendre aux étages supérieurs. Il n’y avait pratiquement pas d’automobiles, car c’était Richard Spikes, un Noir, qui avait inventé la transmission automatique. Joseph Gammel, un autre Noir, avait inventé le système de suralimentation pour les moteurs à combustion interne, et Garret A.Morgan, les feux de circulation.

En outre, on ne trouvait plus de réseau urbain express, car son précurseur, le tramway, avait été inventé par un autre Noir, Elbert R. Robinson.Même s’il y avait des rues où pouvaient circuler automobiles et autres rames ferroviaires express ,elles étaient jonchées de papier et déchets, car Charles Brooks, un Noir, avait inventé la balayeuse motorisée. Il y avait très peu de magasines et de livres car John Love avait inventé le taille-crayon, William Purvis,la plume à réservoir, et Lee Burridge, la machine à écrire, sans compter W.A. Lovette avec sa nouvelle presse à imprimer. Vous l’avez deviné ?

Ils étaient tous des Noirs Même si les Américains avaient pu écrire des lettres, des articles et des livres, ils n’auraient pu les livrer par la poste, car William Barry avait inventé le tampon manuel et Phillip Downing, la boite aux lettres. Le gazon était jaunâtre et sec, car Joseph Smith avait inventé l’arrosoir mécanique, et John Burr, la tondeuse à gazon. Lorsque les blancs entrèrent dans leurs maisons, ils trouvèrent que celles-ci étaient sombres, pas étonnant, Lewis Latimer avait inventé la lampe électrique, Michael Ha rvey, la lanterne, GrantvilleT. Woods, l’interrupteur régulateur automatique. Enfin leurs maisons étaient toutes sales car Thomas W.Steward qui avait inventé la vadrouille(balai) , etLloyds P. Ray, le porte poussière, leurs enfants les accueillirent à la porte pieds nus, débraillés et les cheveux en broussaille, à quoi fallait-il s’attendre ?

Jan E. Matzelinger avait inventé La machine à formes de chaussures, Walter Sammons, le peigne, Sarah Boone,la planche à repasser, et George T.Samon, la sécheuse à linge. Les Blancs se résignèrent finalement à prendre, une bouchée, dans tout ce chambardement, mais pas de chance, la nourriture était devenue pourrie car c’était un autre Noir, John Standard, qui avait inventé le réfrigérateur. N’est-ce pas étonnant? Que serait le monde moderne sans contribution des Noirs? Martin Luther King Jr. a dit un jour ’Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre maison a été inventée par des Noirs’.

Tout ça, pour vous dire chers frères et sœurs que l’histoire des Noirs ne se résume pas seulement à l’esclavage. Quand nous pensons à Fréderik Douglass, Martin LutherKing Jr, Malcolm X, Marcus Garvey et Du Bois. Diffusez ceci à tout le monde afin que tous sachent la vérité, c’est le minimum que nous puissions faire pour leur rendre hommage. Comme disait Bob Marley ’Time will tell’ (le temps le dira).

(*) Source Zinga
J'ai décidé de le publier, parcequ'il ne doit passer inaperçu...je crois. Faites comme moi.

Lu sur le Blog d'Edgar Yapo: http://leblogdedgaryapo.ivoire-blog.com/

23:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 08 avril 2008

LE SATANISME: L'AUTRE CANCER DU GABON

Le satanisme : l'autre cancer du Gabon (Bruno Vécarte)



Albert Bernard Bongo n'a pas seulement ruiné le Gabon économiquement, il l'a aussi détruit et totalement dépouillé spirituellement, en y introduisant et en institutionnalisant le fétichisme, le charlatanisme et le satanisme, dans tous les secteurs de gestion et par toutes sortes de rituels, incantations et autres sacrifices humains dont lui et sa bande, Mboumbou Miyakou (alias le serpent), Zacharie Myboto (le boa de Mounana), Pendy Bouyiki (l'éléphant), Ngoyo Moussavou (le gouroux), etc. sont tous aujourd'hui passés "grands maîtres".



Les nombreuses loges maçonniques qui pullulent à Libreville, Franceville et Port-Gentil, faces modernes des temples de Ndjobi traditionnels, où sont sacralisés tous ses rites diaboliques, ont depuis longtemps remplacé les universités et les salons de réflexion, qui étaient jusqu'à un passé récent les officines par excellence au travers desquels se recrutaient les jeunes et brillantes pousses que l'on destinait à la relève politique du pays comme il se fait dans toutes les démocraties du monde.



La tristement célèbre JCE (Jeune Chambre Economique), où se rencontrent tous les jeunes loups gabonais en mal de promotion rapide, est justement l'une des caisses de résonnance où tous ces barons du pouvoir orchestrent et expérimentent, à l'échelle humaine, leurs lugubres expériences sataniques.



L'une des "victoires" de ces serviteurs du diable est justement d'avoir réussi à inoculer dans la mentalité de ces jeunes désœuvrés, pour la plupart partenaires intimes de leurs pratiques contre-nature (pédophilie, satanisme, franc-maçonnerie, etc.), cette fameuse phrase qui fait désormais ravage à Libreville et dont les adeptes sont de plus en plus nombreux : "Mieux vaut mourir jeune et riche, que vieux et pauvre". Une triste analogie à la bonne vieille pratique païenne de Satan, qui consiste à vendre son âme et sa jeunesse contre quelques biens matériels dont le bénéfice et la jouissance sont limités dans le temps.



C'est Bongo qui a institué toutes ces pratiques dès sa prise de pouvoir en 1967, comme l'avait décrit longuement Pierre Péan dans son livre "Affaire Africaine", je cite :



"Juste après sa nomination, chaque ministre est amené à Bongoville, le village natal du président gabonais, pour s'initier au ndjobi et boire l'eau avec laquelle ce dernier se serait lavé les pieds (...)".



Terrible !



Ce qui est tragique dans ce pêché mortel que nous font porter tels Adam et Eve ces frères perdus, c'est l'ampleur qu'à pris cette sorte de baptême-rituel diabolique.



Pour régner sur leurs sujets à leur tour, que ce soit dans leur ministère de tutelle, dans leur province, ville ou canton, chaque ministre se met à concocter aussi sa batterie de pratiques d'assimilation. Car le but, vous l'aurez compris, reste bien évidemment de « fidéliser » le subalterne. Pour Bongo, il est question de fidéliser chaque ministre à sa gestion calamiteuse et diabolique du pays, afin que ce dernier, l'eau des pieds de Bongo dans son ventre, ne puisse plus avoir ni la conscience, ni la clairvoyance, ni même la capacité de contredire quoi que ce soit dans tout ce qui se fera au niveau de la gestion par son maître du pays. Et pour le ministre, il est question d'endoctriner son équipe ministérielle d'abord (directeur de cabinet, secrétaire, chauffeur…) ainsi que ses concitoyens de région, sur le caractère quasi-messianique de sa nomination par le grand camarade, lui le simple fils de la région, à la tête de cet important ministère. Les membres de son cabinet et les populations de sa région le lui rendront par une fidélisation des postes pour les uns, et par des ovations à bâtons rompus lors de chaque passage du grand camarade, au cours d'une nième fanfaronnade républicaine.



C'est par exemple dans le monopole de ce leadership que les deux frères ennemis du "grand Nord", Emmanuelle Ondo Métogo et René Ndémézo'o Obiang se sont griffonnés de nombreuses années durant ; lutte qui a fini par tourner finalement à l'avantage du dernier, Ondo Métogo ayant été éjecté du gouvernement après avoir « osé » murmurer se présenter contre son maître en 2012 !



Au vu de tout cela donc, il reste très peu probable que les nombreux cadavres mutilés, jonchant les caniveaux, les plages et les poubelles de Libreville, ainsi que tous les cris de détresse des familles endeuillées et les nombreux appels de l'Association gabonaise de lutte contre les crimes rituels (ALCR) ne trouvent guère d'écho, car le régime gabonais et en premier lieu duquel Omar Bongo, ne saurait scier la branche sur laquelle leur pouvoir diabolique est assis : l'approvisionnement continu en sang humain à Satan et à ses démons, en contrepartie d'une disposition totale et sans contrôle des richesses du pays, doublée d'une longévité à toute épreuve. Les âmes des malheureux mutilés servant à rallonger la vie du tyran gabonais.





Bruno Vécarte

Sciences Po - Paris

11:53 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 24 mars 2008

FAUT-IL CROIRE EN NICOLAS SARKOZY ?

720be4056edd264d2c929822f34e0353.jpg
Chers frères et sœurs Ivoiriens et Africains,


Depuis quelques semaines et particulièrement après le tristement célèbre discours de l’Université CHEIKH ANTA DIOP, du 27 Juillet 2007, au Sénégal, on a le net sentiment que le Président Français Nicolas SARKOZY s’attelle à améliorer son image gravement écornée par le très impopulaire laïus de Dakar et à se donner la réputation du Chef d’Etat français qui aura commencé le démantèlement de la Françafrique.

Quelques faits pourraient, justement, le laisser penser :

Premièrement : Le lundi 03 Mars 2008, un reportage de France 2 dévoile l’immense patrimoine immobilier de plusieurs présidents africains en France, avec comme tête file, le Gabonais Omar Bongo. Trente-trois appartements ou maisons en tout, dont un hôtel particulier de 18 millions d'euros (près de 12 milliards de francs CFA) à Paris, le tout pour la faramineuse somme de 150 millions d'euros (près de 100 milliards de francs CFA), voitures de luxe, etc.
La famille d'Omar Bongo Odimba (officiellement payé à 15.000 euros, soit environs 10 millions de francs CFA) semble être dans le collimateur de l'équipe de télévision de France 2. Tout comme elle l’a été ces derniers mois d'une enquête de police, à la suite d’une plainte déposée, en juin 2007, par trois associations françaises pour «recel de détournement d'argent public».

Le fait qu’une information d’une telle gravité ait pu même être traitée par une télévision française très proche du pouvoir français et qu’elle ait pu écorcher aussi sérieusement un « ami de quarante ans » de l’oligarchie ultra-libérale française et de Monsieur SARKOZY, parait quelque peu surréaliste.
D’autant que le très officiel Ministère gabonais des Affaires Etrangères a «exprimé son étonnement sur la diffusion par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un NON-LIEU de la justice française». Diffusion qui s'est faite «au mépris» des «intérêts mutuels, de l'excellence des relations qui lient» la France et le Gabon, alors que «le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France».
Et le Ministère gabonais de l’Intérieur de passer à la charge (Cette «affaire» survient alors que le Gabon avait déjà averti la France sur un autre dossier sensible: L'immigration) : «Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d'un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour», a affirmé, le mercredi 05 Mars 2008, le ministre de l'Intérieur André MBA OBAME. Selon lui, «5 à 10%» des quelques 10.000 Français installés au Gabon ne seraient pas en règle et pourraient donc être expulsés. Un Français venant travailler dans le secteur pétrolier a d'ailleurs été refoulé, le mardi 04 Mars 2008 au soir, à son arrivée à l'aéroport de Libreville.

On le voit bien, cet épisode a fait quelque peu monter l’adrénaline entre les deux pays, faisant penser que Nicolas SARKOZY pourrait tenir une promesse électorale chère aux Africains : Reconsidérer les relations France-Afrique, dans le sens de l’intérêt et du respect mutuels.

Mais relevons qu’en novembre 2007, l'affaire de « recel de détournement d’argent public », qui avait fait l’objet de la plainte évoquée plus haut, était classée sans suite pour «INFRACTION INSUFFISAMMENT CARACTERISEE». Extraordinaire !
Les observateurs avertis y avaient, à juste titre, perçu une intervention des autorités françaises, soucieuses de ne pas égratigner un «ami de quarante ans». Malgré les discours de Nicolas Sarkozy, la Françafrique semble encore avoir de beaux jours devant elle, reconnaît un canard français.

Deuxième fait : Récemment, devant les députés Sud-africains, au Cap, Monsieur Nicolas SARKOZY, dans un exercice tout à fait aux antipodes de son discours de Dakar, a fait connaître son projet de renégocier tous les accords de défense de la France en Afrique pour, dit-il, "refonder la politique française sur le continent".
Un discours jugé positif et afro-optimiste, dans lequel l’Afrique est considérée comme un partenaire à traiter d’égal à égal ! Nous ne sommes pas loin du surréalisme.
Et en choisissant de tenir un tel discours, précisément, en Afrique du Sud, « symbole de la renaissance africaine, image d’une Afrique moderne qui compte et qui s’inscrit au cœur de la Mondialisation », comme le relève la presse ivoirienne, contrairement à ce qu’il a semblé dire, à l’UCAD de Dakar, il y a huit mois de cela, c’est un signal fort que le Président français renvoie à toute l’Afrique et à son intelligentsia qui avaient tiré sur lui à boulets rouges, au lendemain de son laïus et l’avaient pratiquement lynché, à travers blogs et articles de journaux, sur tout le continent et dans le monde entier.
C’était au point où des intellectuels africains de la diaspora avaient co-produit un ouvrage-réplique cinglant à ce discours dans lequel le Président français parlait de notre Afrique comme d’un continent "qui n’est pas entré dans la Mondialisation".

Fait encore plus surréaliste, le Président français envoie une copie de la partie de son discours relative à la renégociation des accords de défense, à trois chefs d’Etat africains, dont le Président Laurent GBAGBO.
Ce geste est tout de suite vu comme un acte d’humilité et de considération du Chef de l’Etat français pour le Chef de l’Etat ivoirien, rompant ainsi avec la guéguerre permanente, voire l’animosité, qui régnait cordialement entre les pouvoirs français et ivoirien, du temps de CHIRAC. Cette « évolution » pourrait même faire jubiler certains ivoiriens, caciques de la galaxie patriotique !

Est-ce le signe réel du début d’une véritable réorientation de la politique africaine  de la France? On pourrait, effectivement, être tenté de le croire, mais personnellement, je n’en suis pas si sûr ! Je refuse donc d’y mordre. N’allons pas trop vite en besogne.
Dans ma perception des choses, « l’hyper président », SARKOZY, est en campagne de séduction, en Afrique, et on ne peut pas se fier vraiment à ses dires. Trop de choses prouvent encore qu’il fait partie intégrante du mal françafricain et qu’il adhère, totalement et sans équivoque, à ses pratiques néocoloniales :

D’abord, ses manières cavalières, méprisantes et suffisantes dans le dossier des enfants tchadiens enlevés par l’ONG « L’Arche de Zoé » (dans lequel il a notamment dit, parlant des six français arrêtés, au Tchad : J’irai les chercher, quoi qu’ils aient fait !).
Ensuite, la caution qu’il apporte à l’économie de prédation de la France, qui continue à spolier l’Afrique et, notamment à travers son entreprise AREVA, de piller l’uranium du Niger, qui ne reçoit que la portion congrue d’un véritable accord de dupe, paraphé depuis plus de quarante ans !
Puis, son interventionnisme de mauvais aloi dans la crise tchadienne où il souffle le chaud et le froid, pour faire marcher et plier le régime DEBY, par le moyen du chantage, un chantage honteux, qui a eu pour dividende la promesse à l’arraché du Président tchadien - heureux rescapé d’une attaque rebelle où la France tirait les ficelles et détenait toutes les cartes - de gracier les six français arrêtés, qu’il a bien pris le soin de mettre d’abord à l’abri, en France. Pour lui, des nègres ne sont pas habilités ni même dignes, de juger, de condamner et d’incarcérer des blancs. Voici ma lecture de ce mépris authentiquement gaulois.
Enfin, le non-lieu qui a frappé l’affaire « Recel de détournement d’argent public », ouverte sur la plainte de plusieurs associations qui ont pris fait et cause pour le peuple gabonais, affreusement volé par le régime BONGO, là où la France entière croule sous le poids des preuves !

Alors, dites-moi en quoi SARKOZY est-il différent de CHIRAC, le néocolon ou même de MITTERAND, le génocidaire ?

Chers ivoiriens, cette campagne de séduction de SARKOZY, en direction de l’Afrique et, singulièrement, de la Côte d’Ivoire, ne doit pas nous distraire, tant que nous ne serons pas sortis de cette crise. Croyez-moi, nous devons les suivre de très près, sa clique et lui. Il nous faut les avoir à l'oeil et ne pas risquer de nous laisser endormir par leurs belles paroles. Car le vrai pouvoir qui dirige la France est souterrain, occulte, maçonnique, illuminati et ultra-libéral. Il existe depuis des siècles et installe ses pontes au pouvoir, en ayant sur eux une lourde main.
La politique de ce pouvoir reste invariable : Colonialiste. Avec un système économique tout aussi invariable : L’économie de prédation.
SARKOZY peut-il se singulariser et travailler au détriment de « la France de l’ombre », cette oligarchie occulte qui dirige la France et dont les intérêts, en Afrique, sont immenses, notamment les quelques dizaines de familles ultra-libérales qui tiennent son économie ? Attendons de voir!

SARKOZY veut plaire ? Soit. Gardons, néanmoins, un œil ouvert et la garde plus que jamais haute. La France n’a jamais abandonné son intention et son projet d’installer un de ses sbires et sous-préfets locaux au pouvoir, en Côte d’Ivoire.
La seule présence de la Force LICORNE en est la preuve ! La Force LICORNE, même en effectif réduit ou très réduit, reste une menace pour notre pays et pour sa stabilité. Elle garde un potentiel létal démesuré malgré toutes les campagnes de bons offices, les charmes diplomatiques et les sourires hypocrites.

Mais face à cette menace, où en sont nos idéaux (si nous sommes d’accord que c’est l’idéal qui est le moteur de l’action) ? Avons-nous encore vraiment des ressources et du répondant pour la lutte ? L’enjeu est-il encore clair dans nos esprits embués par le profit, le gain facile, l’enrichissement rapide et la jouissance impie ? Est-il encore net dans nos cœurs devant notre effroyable corruption, devant l’absence de rectitude et de valeurs qui nous caractérise désormais, devant le pillage en règle du denier public dans notre pays, avec en tête de file le camp présidentiel, et la politique du ventre (désormais de rigueur dans la galaxie), qui a dilué la noblesse de notre belle lutte de libération dans des querelles mercantiles et des revendications alimentaires ?

Les élections ivoiriennes approchent. Tous me donneront peut-être bientôt raison. Mais je prie DIEU pour avoir tort, à plates coutures !


Que DIEU garde et bénisse la Côte d’Ivoire !





 

22:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INCIDENCE IVOIRIENNE D'UNE PALABRE GABONAISE. OUVRIR L'OEIL.

Vendredi 07 Mars 2008


3A TELESUD : BENQUET, KABORE, LOUEMBE, Pascaline BONGO devant des juges français !


Fin février. Libreville bruisse d'un feu allumé par un procureur pompier qui se veut pyromane. Son crime avoir chargé à l'aveuglette sur un homme d'affaires, Felix BONGO, pour une étrange histoire de Fourgons blindés vendus au trésor Public Gabonais. Nul délit à l'horizon. A l'horizon, aucun acte judiciaire ne peut justifier que l'on mette à sac les maisons des membres de la famille BONGO. Luttes de clans. Il ne fait de doute que dans la famille la grande famille BONGO et ses multiples ramifications, intrigues, détestation, affairisme et prise en otage du million de Gabonais on a déterré la hache de guerre. Comme si le patriarche impuissant, dévoré par la santé de sa femme en convalescence au Maroc, était déjà enterré. On doit se partager le trône ou ce qu'il en reste. Toutefois cette affaire aura le chic d'éclairer les gabonais qui croulent sous la pauvreté de l'utilisation des ressources financières de leur pays, sans aucun véritable contrôle.

Acteur majeur de ce jeu de caisses, Blaise LOUEMBE KOUYA, l'homme de Koulamoutou, gardien du temple, pour ne pas dire du Trésor Public Gabonais. Véritable cauchemar des institutions de Bretton Woods. Modèle de gaspillage des fonds publics, l'affaire dite des fourgons va révéler que le TPG agit à sa guise et celle de ses commanditaires. En toute impunité. On jongle avec des milliards. Sans aucun contrôle ni le respect de la moindre procédure du code des marchés public, pourtant exhibé sur un site internet du Ministère des finances de la dite République du Gabon. Blaise LOUEMBE KOUYA, surnommé par ses laudateurs « Ya Blaise », travaillant sous les ordres de pascaline Bongo Ondimba, la protection de son collègue du trésor, jeff Bongo fils adoptif du Président et du ministre des finances, Paul Toungui, Mari de Pascaline n'oublie pas au passage de se préserver pour les temps durs futurs. Dans le registre des propriétés en France on peut découvrir ses luxueuses possesions française. Comme tout Gabonais qui se respecte. Une maison luxueuse à Levallois, banlieue chic de la région Parisienne, demeure sur la Côte d'Azur du côté de Nice. Pourquoi va-t-il s'en priver. Il a de qui tenir.

Un récent article du Journal français le Monde, sur les fortunes diverses des chefs d'Etat africains en France mettait en valeur le patrimoine de Omar Bongo Ondimba. Un modèle du genre. Appuyé par un documentaire de France 2, début mars en plein journal de 13H, ce déballage finira par convaincre tout le monde de la mise en place de la « Rupture » chère à Nicolas Sarkozy. Le Gabon, le Gabon des « rapetout » n'est plus en terrain conquit en France. Pour s'en convaincre, il suffira de lire l'épais rapport (900 pages) de police au terme de 18 mois d'enquête qui finira par démonter toute la mécanique de fluidité des liquides quittant la Trésorerie du Gabon, pour s'éparpiller au coin des plus exotiques destinations mondiales.

« Pascaline BONGO et son clan de nouveau devant la justice Française »

Si couvert par une immunité certaines, certains des acteurs de ce vaste flux vertigineux n'ont rien à craindre, il existe certaines maladresses qui peuvent mal se terminer. Et le cas le plus significatif est la chaîne de télévision 3A TELESUD. Au travers d'un jeu de noms, d'articles révélant la crise – AFRIK.COM, le GRIGRI, Jeune Afrique, les Africains de France, maillon médias du réseau le plus visible des pourfendeurs de la Françafrique, on découvre avec délectation que c'est un clan qui va bientôt se retrouver devant les fourches de la justice française. A nouveau.

Si en janvier, Pascaline BONGO ONDIMBA, Directrice de cabinet de son éternel père a versé de chaudes larmes sur le bitume parisien, suite à la comparution et la condamnation d'un de ses fils ( dont le père est Jean Ping actuel président de l'Union Africaine), cette fois ci elle va devoir usé de toute sa puissante influence pour se sortir des griffes judiciaires dans lequel semble l'envoyer à son insu un de ses porteurs : en l'occurrence ERIC AMAR BENQUET.

Tout commence en novembre 2006. 3A TELESUD, tant bien que mal a fini par résister à la fureur du vent qui veut qu'aucun projet de chaîne de télévision panafricaine ne puisse survivre. Drivé par trois jeunes africains talentueux, mais démuni de soutien financier, la chaîne de télévision est devenu sous leur direction en moins d'une décennie une référence du monde Afro. Une véritable fierté. Visible sur quatre continents, si à l'antenne son manque de moyens est visible, il est évident que la détermination et le professionnalisme de l'équipe fait des merveilles. Toutefois il faut des moyens. Encore plus. Surtout qu'en interne des financiers, anciens soutiens des fondateurs, sentant la mayonnaise prendre ont décidé de glaner immédiatement leur retour sur investissement. Zizanie,méli mélo, opportunités. Si le cher Omar BONGO ONDIMBA, jamais revenu de l'échec de téléafrica, chaîne qui devait être la vitrine de l'Afrique mais a fini par couler au gré des nominations des membres de la famille et des dépenses les plus folles (plus de 40 millions de dollars en une décennie), a toujours souhaité apporter son écot à ce succès africain, certains flairent la faille. Et vont la jouer fine.

On trouve un porteur de parts. La société est en France. Ca tombe bien, il vit au Gabon et est de nationalité Française. ERIC AMAR BENQUET, puisqu'il s'agit de lui. En une décennie au Gabon, l'ancien délinquant, colleur d'affiche sans avenir chez JC DECAUX en France est monté en grade. Il est devenu l'homme à tout faire de Blaise LOUEMBE. Sa société KORUM SERVICE, dont la surface à Libreville ne dépasse point les 150m² est devenu la plate forme d'impression favorite du TPG. Toutes les campagnes électorales depuis 2004 au Gabon se font dans ce réseau. Le colleur est un blanchisseur à l'international. C'est lui qui se présente à 3A TELESUD comme un homme d'affaires, riche et prospère. Il veut investir. Banco. Novembre 2006, le voici porteur des 51% des parts de la société, mais ce que les fondateurs qui ignorent avoir fait rentrer un loup dans la bergerie ignorent, il n'est point là pour travailler avec eux, mais les éjecter afin de récupérer la totalité de la société au profit de ses commanditaires.


ALABA FALL, le procureur du Gabon va-t-il interroger Eric Amar BENQUET ? On en doute !

Si Eric Benquet, s'asseoit sur les multiples accords de rétrocession des parts qu'ils signent avec les fondateurs, il ne va par contre pas lésiner sur les moyens pour mettre progressivement au gré de différents actes ses partenaires dits historiques. Trahison, coups bas, fausses promesses. L'enjeu de la chaîne, de son existence st secondaire. Se doute t-il que ce conflit ira aussi loin ? Pas sur. Il porte l'assurance de la protection de ses commanditaires, dont il ne se prive de chanter les louanges au gré de ses sorties parisiennes. C'est ce bavardage monstre qui mettra les oreilles indiscrètes des renseignements généraux, les fameux RG sur sa piste. Il est épié, surveillé, décortiqué à son insu. A cet effet dans le rapport de police sur les supposés transit de fonds du Trésor Public gabonais, il dispose d'un chapitre bien fourni.

Qu'y découvre t-on ? En deux ans plus de 2,5 milliards de Francs du Trésor Public Gabonais ont transité sur le compte personnel de ERIC AMAR BENQUET, sis à la BGFI à Libreville. Un compte personnel qui n'a d'autres rentrées que les ressources du Trésor Public. Des exemples :
En date du 27 octobre 2006, le trésor public vire sur le compte N° 00012841401-45, appartenant à Eric Amar BENQUET, la somme de 327 978 500 (CFA), le 31 octobre 2006, Monsieur Benquet vire la somme de 327 978 500 FCA (Virt Etranger 04100- ref : TRF 000 525) Transfert dans le compte de Wiam 3A TELESUD. Une simple conversion démontre que le montant en millions de francs CFA équivaut à exactement 500.000 euros. Soit le montant injecté ce jour pour une prise de participation majoritaire de 51% de 3A TELESUD. Suivont d'autres virement du trésor public sur le compte de M. BENQUET et le même manège de transfert à Paris : 21 novembre 2006 : 144.310.549 FCA ; 16. mai 2007, 65 595 500. Un compte qui a chaque virement du Trésor Public, destine les fonds en un transfert vers la France, sur le compte de WIAM. Destination les comptes de la société WIAM ouvert auprès d'une banque obscure, la CBIP, filiale de la sénégalaise CBAO. BENQUET en profitant dans ce flux pour soutirer quelques millions de francs CFA et régler des factures personnelles. Un spécialiste du droit admet « Benquet ne justifie d'aucunes immuntés, il est sous le coup de plusieurs articles de la loi. Si le procureur de la République du gabon se permet de l'écouter , il fonce tout droit en prison. A moins de produire de faux documents ». Seul hic, le conflit avec les fondateurs historiques de la chaîne va dégénérer.

En voulant prendre le contrôle de la chaîne par tous les moyens, le Franco-Gabonais va multiplier les maladresses. Après s'être nommé gérant début 2007, il démissionne quelques mois plus tard pour faire appel à Jean Philippe KABORE. Fils de la Numéro 2 du RDR, Henriette Diabaté, de père Burkinabé, impliqué dans une tentative de putsch contre Laurent Gbagbo, au chômage depuis des années, il cherche à rebondir. Après des séjours infructueux à Libreville et une vague poste de consultants dans une société, il est à l'ombre. Mais dispose d'un atout dans sa manche. Sa femme LINDA, est une amie d'enfance de Pascaline BONGO ONDIMBA. Vas-y pour le poste de gérant.

Sa mission : dézinguer tous les fondateurs. En trois mois ce sera chose faite, mais à quels prix. 3A TELESUD est en perdition éditoriale totale. De plus en 2008, la chaîne va devoir affronter une série de procès qui ne vont pas arranger les choses. Deux sociétés réclament avec certitude plus de 600.000 euros à 3A TELESUD. Les deux fondateurs anciens cadres salariés, Pierre Bedou et Sylvie Deboisfleury, licenciés sans le moindre respect de la procédure du code de travail ont engagé une procédure devant les tribunaux. Aux Etats-Unis, il se murmure que lassé des plaintes des téléspectateurs sur la la dégradation subite des programmes de la chaîne et sa qualité éditoriale, le bouquet Dish Network a choisi de retirer prochainement l'offre de son bouquet. Et par ailleurs le partenaire américain, va remettre la licence de diffusion en jeu tandis que l'un des fondateurs résidant aux Etats-Unis a décidé d'attaquer la chaîne devant les tribunaux pour des motifs fondés.

Mais le plus dangereux est à venir. Lors de la dernière assemblée générale de la société le 30 novembre 2007, ERIC BENQUET avec la complicité des gérants de la structure avait trouvé un moyen pour se débarrasser des 24% des actions dont disposaient encore les fondateurs de la société. Un passage en force qui a mal viré. Car en montant une opération coup d'accordéon en se persuadant que les fondateurs historiques n'avaient pas les moyens de souscrire, c'est un scénario cauchemardesque qui a fait surface. Non seulement les historiques ont posé une rondelette somme en cash sur la table, mais pire, l'investisseur Gabonais n'a jamais pu souscrire car ne disposant pas de cash.

Faux en écriture, usage de faux, tout est bon pour éliminer les fondateurs historiques !

Pour ne pas se retrouver éjecter de la société, ERIC AMAR BANQUET, n'a eu d'autres choix que de réaliser des actes en marge de la loi. Bilan tout ce beau monde se retrouve devant la justice française suite à une plainte très argumentée déposée par Mme Deboisfleury. ERIC AMAR BENQUET est incapable de justifier la provenance des ses fonds ou le ce qui le lie au Trésor Public. Ce qui fait dire à un spécialiste « M. BENQUET est français, complice de détournements de fonds publics, de recels, de blanchiments, il met tout son circuit en danger. Et quand les juges français vont le cuisiner il n'aura d'autres choix que de balancer les commanditaires ». Blaise LOUEMBE et Pascaline BONGO ONDIMBA sont dans le viseur, car il semble exister des documents écrits et des enregistrements sonores assez compromettants qui témoignent de leur rôle dans cette affaire. LOUEMBE et PASCALINE BONGO ONDIMBA, dont le Mari Paul TOUNGUI est le ministre des finances du Gabon, affirmant ainsi que Eric Benquet n'est que leur porteur de parts et qu'ils sont les réels actionnaires de la chaîne de télévision. Et pour financer cette acquisition ils n'ont rien trouvé de plus judicieux que de puiser directement dans les caisses du Trésor Public Gabonais. Seul hic : WIAM-3A TELESUD est une société de droit français. Par les temps actuels, les juges français sont très chatouilleux.

La justice française ne va pas épargner les Gabonais !

Pire, lors de la dernière assemblée du 22 février, sur la base des documents que nous avons pu consulter, ERIC AMAR BENQUET avec l'assentiment des gérants s'est attribué des parts d'un autre actionnaire, sans respecter la notion de droit préférentiel de souscription. Un spécialiste de droit que nous avons consulté avec les documents est formel « le premier juge français qui tombe sur cette affaire, va faire annuler la procédure de l'augmentation de capital immédiatement. C'est du jamais vu. Et au vu des documents que je vois cette société est en manque de cash. Ils ont procédé ainsi pour utiliser les fonds que les fondateurs ont placé dans le cadre de l'augmentation de Capital. Les gérants de cette société sont exposés dangereusement à des poursuites judiciaires ».D'autant que l'un deux, Jean Luc Beis, dans une déclaration d'origine des fonds de son actionnaire auprès de la banque CBIP début 2007 avait déclaré « Je ne connais pas l'origine des fonds de M. BENQUET. Il semble être le paravent de certains hommes politiques du GABON. Je ne pense pas que ses ressources et la nature de son activité lui permette de disposer de plus des 2 millions d'euros qu'il a injecté dans la société ». Eloquent. La banque avait envisagé un moment la fermeture du compte de cette société à Paris avant de se raviser. Plus dix poursuites judiciaires fondés, des risques d'un déballage nauséabond. « La justice française est lente à se mettre en route. Mais avec la plainte des fondateurs, je doute fort de l'avenir des Gabonais dans cette société » prédit notre spécialiste. La seule réussite audiovisuelle panafricaine de ses dix dernières années, ne méritait pas une telle fin !

Jean Philippe KABORE à Abidjan pour sauver sa tête !

Il arrive. En ce mois de Mars Abidjan est sa seule planche de salut. Il y arrive pour sauver sa tête une nouvelle fois après y avoir défrayé la chronique par le passé. Précédé par les caméras de Cissé Himaj, Le gérant de la chaîne de télévision 3A TELESUD, Jean Philippe Kaboré n'a d'autres choix que de ramener des contrats publicitaires pour sauver sa tête au sein de l'entreprise. Alors les publi-reportages sur la Côte d'Ivoire sur TeleBongo International, nouveau surnom de 3A TELESUD. Devant les portes closes de La présidence, malgré son bal de séduction, Kaboré approche de la présidentielle oblige a ravivé le réseau RDR. Les ministres, et amis PDG proche de la mouvance vont apporter leur contribution à cette campagne masquée qui ne dit pas son nom. Présidentielle à l'horizon, on cajole les médias. Mais avec Kaboré, on ne vante pas les mérites de la côte d'Ivoire plurielle, mais bien d'un clan qui a son idée en tête et se trouve en position de force dans un média panafricain de référence.





Kaboré doit son poste à sa femme LINDA amie d'enfance de Pascaline BONGO !


Début Mars. Dans une rue de Montreuil en région Parisienne, de jeunes voleurs attaquent une belle voiture portant une plaque diplomatique issue du parc automobile de l'Ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Des semaines qu'ils ont sans doute repérés cette voiture qui se gare toujours dans cet environ….A des milliers de kilomètres de l'ambassade ivoirienne avec à son bord un chauffeur bien connu : Jean Philippe Kaboré, fils de henriette Diabaté, Gérant (directeur général de la chaîne de télévision, 3A TELESUD), dont le siège est à Montreuil.

Novembre 2007, l'homme qui est depuis des mois au chômage trouve un poste de prédilection. Gérant de la société 3A TELESUD. En clair une sorte de Directeur Général. Ca fait des années qu'il rêve de ce poste. D'être réhabilité à la lumière d'un travail après des galères diverses. Jean Philippe Kaboré, est le fils d'Henriette Diabaté, la numéro 2 du RDR. Dans les sombres années de braises de la Côte d'Ivoire il a joué aux apprentis sorciers en plongeant dans les affres de la violence physique. Emprisonnée, il vivra sa libération en exil. D'abord du côté de Libreville, base arrière de son parrain Alassane Ouatarra. Sous la protection de BONGO, l'homme s'occupera d'abord du site internet du président avant de partir, fort de nombreuses inimitiés. Il bourlinguera du côté du BURKINA, avant de se retrouver par la grâce de Omar BONGO Ondimba en France qui lui obtiendra une carte de résident et sans doute la nationalité française.

Depuis KABORE végète. ET voilà que LINDA sa femme, amie d'enfance de Pascaline Bongo Ondimba, lui parle de cette télévision que sa copine vient d'acquérir via un porteur de part, Eric Amar Benquet. Banco. Les deuxc hommes vont faire route commune. Kabore a une mission, il doit liquider des fondateurs historiques devenus frondeurs. Il promet monts et merveilles. Un carnet d'adresse fournie. Une réconciliation haute en couleurs avec Laurent Gbagbo. De sa nomination à la tête de 3A TELESUD, avec un salaire de plus de 6000 euros mensuels, il fait de la signature d'un méga contrat de publireportage avec la côte d'Ivoire un acquis. Mais rien ne vient à l'horizon. Il sera plus heureux dans sa seconde mission avec toute la brutalité qui sied a son parcours : liquider les fondateurs de la chaîne. Exit Mme Deboisfleury, et Pierre Bedou. Son staff pour diriger une chaîne panafricaine : des Européens et des arabes.

KABORE, panique à bord. Ce contrat ou c'est la fin !

Sa mission : prendre le contrôle de l'antenne de 3A TELESUD, trop favorable selon lui et plusieurs de ses soutiens à la Présidence actuelle Ivoirienne. Exit Joel ETTIEN, dont les émissions sont rangées aux rayons souvenirs et disparaissent de la grille sans que l'animateur-producteur n'ai eu la courtoisie d'être prévenu. En guise d'explications à des interlocuteurs qui s'en étonnent, Jean Philippe Kabore à une parade « Joel Ettien est en vacances » Drôles de vacances prolongées depuis des mois qui interdisent même toute rediffusion.

Plongé dans une crise passée avec Joel Ettien, ayant eu pour conséquence la fin de leur collaboration sur l'émission Label Ivoire, Cisse Himaj revient en grâce, via KABORE. Lassé de se heurter au camp présidentiel qui maîtrise ses accointances avec Ouattara et se méfie de ce lui que certains qualifient de bonimenteur patenté, Kaboré et Cissé vont se tourner vers la primature. Objectif : convaincre certains dirigeants de financer sous le couvert certaines activités et certaines personnes dans le but de l'aider à sauver sa tête à 3A TELESUD. Le Port Autonome d'Abidjan est sollicité. GOSSIO a t-il donné son accord ? Des ministres RDR vont apporter les contributions de leurs ministères et la primature sa modeste contribution. Kaboré doit désormais faire le grand écart. Valoriser le RDR (dont il est membre) et son protecteur Alassane Ouatarra dont le financier reste éternellement Omar BONGO Ondimba), amadouer Laurent Gbagbo afin de lui faire baisser sa garde suspicieuse et trouver des moyens pour faire vivre 3A TELESUD, dont les multiples procédures judiciaires entre les fondateurs spoliées et le partenaire gabonais ont rendu trop visibles les sources de financement de cette chaîne par le biais des caisses du trésor public gabonais. Gageure.


Par l'association AFRICAINS DE FRANCE.

22:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA FRANCE EXPLOITE L'AFRIQUE PAR LE BIAIS DU FRANC CFA

Mardi 12 Février 2008



DIEU FASSE QUE L'AFRIQUE SORTE UNE FOIS POUR DE BON DE L'ESCLAVAGE !
Dindé Fernand.



Source: http://saoti.over-blog.com : Lundi 11 février 2008

"La France exploite l'Afrique par le biais du franc CFA"

Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et professeur d’économie, fait la lumière sur les dégâts causés dans les Etats membres de la zone franc en raison de l’indexation de leur monnaie sur le franc français, aujourd’hui sur l’euro. Dans cet entretien réalisé par Ruth Tete et Soh Tadhieu de New African, Mamadou Koulibaly ne mâche pas ses mots et appelle à la création d’une monnaie indépendante, sans lien avec le passé colonial.

Pourriez-vous expliquez à nos lecteurs quels sont les principaux mécanismes de la zone Franc ?

MK: La zone du franc CFA est une union de coopération monétaire dont les leviers de contrôle se situent à Paris où priment les intérêts de la France. Les Etats satellites, membres de cette zone, sont des pays d’Afrique occidentale et centrale. La logique qui sous-tend le fonctionnement de cette zone rappelle la manière dont les Etats de l’Europe de l’Est étaient liés à l’ex-Union soviétique par le biais du Pacte de Varsovie à l’époque de la Guerre froide.

Les principes de la coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la zone franc ont été énoncés dès les années 1960 dans le cadre d’un pacte colonial. Ce pacte a été modifié par la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972 entre les Etats membres de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) et la France d’une part, et par l'accord de coopération du 4 décembre 1973 entre les pays membres de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA) et la République française d’autre part.

Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA.

Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes [BEAC et BCEAO, ndlr], ces banques n’ont d’africain que le nom. En réalité, elles n’ont aucun pouvoir et ne sont rien de plus que de gigantesques institutions bureaucratiques qui ne décident pas des politiques monétaires. Elles sont là pour faire croire aux pays deb la zone franc qu’ils sont maîtres de leur destinée.

Les pays de la zone franc continuent de perpétuer un système mis en place par l’ancien bourreau colonial.

Comment décririez-vous la situation financière des pays de la zone franc depuis qu’ils font partie de cette union monétaire ?

MK: La zone franc a engendré un long débat. D’une manière générale, il ne faut pas oublier que cette union a apporté à la France d’immenses avantages en termes de marchés pour ses biens et services. La situation monétaire des pays de la zone franc est une longue histoire de secrets jalousement gardés par la France, dont la seule préoccupation est de préserver ses intérêts.

Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent durement gagné lui appartient. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations.

Et pourtant ces fonds, placés sur des «comptes d’opérations», génèrent des intérêts à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés.

Ces comptes d’opérations, en vertu des accords de coopération monétaires signés par la France et les pays de la zone franc, sont en théorie assortis du principe de découvert illimité. Cependant, les autorités françaises ont inclus, dans les statuts des banques centrales africaines, des mesures, parfois préventives, destinées à éviter que les comptes d'opérations deviennent constamment débiteurs.

Les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est donc opaque et autoritaire.

Les économies de la zone Franc sont très vulnérables. Les effets provoqués par le mécanisme de fonctionnement du franc CFA sont asymétriques. Les pays les plus dépensiers de la zone franc peuvent utiliser les réserves de change des pays qui ont une gestion plus prudente. De fait, l’unité monétaire profite aux pays les plus riches et encourage l’exploitation des pays les plus pauvres. L'existence d'un système monétaire stable et unifié n'a pas conduit à l'émergence d'un système bancaire et financier efficace dans les pays africains de la zone franc. Sur les 107 banques que comptent ces pays, 42 avaient fait faillite en 1990. Les réseaux bancaires, qui se sont constitués par la suite, dépendent fortement des banques françaises.

La France encourage les pays de la zone franc à vivre largement au-dessus de leurs moyens. Quelle différence y a-t-il entre le Gabon dont les réserves de change sont placées en France et le Ghana, qui possède sa propre monnaie? Ou entre le Cameroun et le Kenya ? Le Bénin et la Tunisie ? Ces questions suscitent des questions légitimes sur le bien-fondé de la zone franc.

La zone franc existe depuis plus de soixante ans. Comment expliquez-vous qu’elle perdure malgré les effets négatifs qu'elle continue de produire dans pays africains ?

MK: A mon avis, cela est dû à l’influence que la France exerce sur les pays d’Afrique francophone, même si les partisans utilisent les arguments suivants pour défendre leur position : garantie monétaire, qui génère un afflux de capitaux, mesures d’austérité limitant le risque d'inflation et permettant de maintenir l'équilibre de la balance extérieure, et crédibilité de la monnaie.

Les partisans du franc CFA font semblant de ne pas voir la répression politique et financière qu’ont exercée les présidents français successifs sur les pays africains qui ont tenté de se retirer de la zone franc. Nous avons été témoins de mesures répressives visant à couper court à toute velléité d’émancipation du système: la protection des intérêts français a engendré récemment des crises au sujet de l’uranium au Niger, de l’or au Mali, du pétrole au Tchad, des matières premières et du transfert des actions d’entreprises du service public en Côte d’Ivoire, auxquelles sont à ajouter d’autres crises au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Sénégal.

Quand le Sénégal a annoncé récemment qu’il avait découvert du pétrole à Saint Louis, le pays a demandé au Vénézuela de l’aider dans son exploitation, et non à la France. Paris a perçu ce geste comme une trahison et une violation des accords de coopération liant la France aux pays de la zone franc et à leurs ressources.

Par ailleurs, les élites et la classe politique africaines n’ont fait qu’empirer la situation en prétendant qu’elles ne possédaient pas les compétences nécessaires pour gérer leur propre monnaie de manière responsable et efficace, à l’inverse des pays occidentaux ou asiatiques.

Elles se satisfont de voir Etats africains être réduits l’état de contribuables au profit de la France, avec les 65% de réserves de change qu’ils déposent chaque année auprès du Trésor français ! Et pourtant, nos citoyens n’ont pas la nationalité française, et non pas non plus accès aux services publics dont bénéficient les autres contribuables français. Cela conduit à une situation qu’on ne peut que qualifier d’asservissement volontaire, et qui a incité la population et les acteurs économiques à croire qu’ils ne pouvaient se passer de la France.

C’est bien dommage car cette idée est totalement fausse. Le monde est vaste : il suffit de vouloir s’y intégrer de façon libre et responsable par le biais du commerce et non de l’aide étrangère qui réduit les gens à la situation de mendiants. Chaque jour, la mondialisation crée des milliers d’opportunités dont nous ne tirons pas profit, parce que nous sommes piégés dans un système inefficace.

Une réunion des ministres des Finances des pays de la zone franc s’est tenue à Paris le 14 octobre 2007. Cette précède traditionnellement la conférence d'automne de la Banque Mondiale et du FMI. Vous avez été ministre des Finances de Côte d'Ivoire, et peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à ces réunions. Beaucoup d’Africains que rien de positif pour le peuple africain ne ressort de ces réunions. Est-ce vrai ?

MK: Je n’ai jamais participé à ce type de réunion quand j’étais Ministre des Finances. Mais la plupart des pays de la zone franc sont faible. Avec des économies sous perfusion, ils n’ont aucun poids dans les décisions prises dans le cadre de ces réunions. On peut donc se demander pourquoi ils continuent de se rendre à ces réunions dans lesquelles ils n’ont aucune voix. En agissant ainsi, ces pays montrent qu’ils sont convaincus que la France peut tout faire pour eux. Nos pays préfèrent choisir la solution de la facilité même si elle met en danger l’emploi, les revenus, l’épargne et les investissements privés. Nous nous rendons complices du piège de la pauvreté dans lequel nous avons été poussés.

Pourriez-vous citer au moins trois raisons pour lesquelles les Etats africains devraient se libérer du franc CFA?

MK: En premier lieu, le franc CFA est coercitif, injuste et moralement indéfendable. Il a favorisé la corruption de l’Etat. Au moment des élections françaises, les pays de la zone franc sont sans cesse sollicités pour donner des dons aux hommes politiques français, une obligation qui ne peut se justifier. Ces «cadeaux» ont été à l’origine de nombreux conflits et ouvrent la voie à de nombreuses autres formes de corruption.

Ce sont ces relations qui perpétuent le monopole français dans les pays de la zone franc, malgré la mondialisation. Sous prétexte d’aider les pays pauvres avec l’argent du contribuable français, c’est la classe politique française et africaine qui s’enrichit de manière illicite. Cette réalité justifie à elle seule l’abandon de la zone franc.

La libéralisation économique et financière ne peut se produire avec un taux de change fixe et une zone d’influence économique créée artificiellement.

En fait, l’émergence de tensions apparues au sein du système monétaire international et les crises financières de ces dernières années portent à croire que le choix du régime de taux de change dépend du système d’engagements pris auprès des autorités monétaires. Et pourtant, la restriction de la liberté des pays de la zone franc dans le domaine de la politique monétaire ne protège pas du risque de dévaluation du franc CFA. Ainsi, dans les années 90, faisant fi de la clause de découvert illimité, la France a ordonné la dévaluation du franc CFA. Avant la dévaluation, 1 franc français s’échangeait contre 50 francs CFA. En 1994, après la dévaluation, 1 FF s’échangera contre 100 FCFA. Les autorités françaises sont pourtant arrivées à faire croire que le taux de dévaluation était de 50%, alors que nous venions de subir une dévaluation de 100% !

Après l’abandon du système, quel avenir monétaire proposez-vous aux pays africains du point de vue monétaire ?

MK: Etant donné les enjeux, il est nécessaire d’entreprendre des réformes financières et monétaires. La monnaie doit être au service de l’économie. Elle doit s’adapter au contexte économique actuel. A cet effet, il faut permettre aux pays de se prémunir contre les chocs asymétriques, d’améliorer la convergence et l’ajustement macroéconomiques et de financer le développement.

Il est vital aujourd’hui que le franc CFA acquière une autonomie, qu’il se libère du joug colonial. Il est grand temps que les pays africains assument les conséquences d’une politique macroéconomique librement choisie. Il n’y a pas de secret. Il suffit que nous décidions de nous choisir nos politiques et d’en assumer la responsabilité. La liberté n’a de sens que si elle est assortie de responsabilité.

Une fois la rupture accomplie, les pays de l’ex-zone franc devront créer leur propre système basé sur des principes simples : accès direct aux marchés internationaux sans tuteur, c'est-à-dire la France, mise en place d’un système fiscal simple sans règles d’imposition incompréhensibles, taux de changes flexible par rapport aux principales monnaies. Pour atteindre cet objectif, les pays concernés ont deux possibilités. La première consisterait à créer des monnaies nationales indépendantes, avec une parité flexible comme les monnaies de l’Union Européenne avant l’introduction de l’euro. Cette solution peut fonctionner uniquement si les banques sont privées et indépendantes et que les banques centrales ont la liberté de mettre en œuvre des politiques monétaires crédibles.

La deuxième option, c’est que les pays africains s’unissent et créer une monnaie commune, mais cela suppose un gouvernement unique, contrôlée par une banque centrale unique et indépendante du pouvoir politique, ainsi qu’une politique économique monétaire et budgétaire uniques.

Quelle que soit la solution adoptée, les Etats doivent être démocratiques. Ils doivent indiquer clairement à leurs citoyens leurs droits de propriété et leur accorder la liberté de décider s’ils veulent hypothéquer ces droits. Tout commence avec l’attribution du droit de propriété aux citoyens, un droit qui les fera émerger de la pauvreté. Le libre échange fera le reste.

En 2005, vous avez publié un livre intitulé «Les servitudes du pacte colonial». Pourriez-vous expliquer brièvement le sujet de cet ouvrage et le message qu’il transmet ?

MK: L’objectif de ce livre était de faire connaître au public le «pacte colonial», fondement des accords de coopération franco-africains. Il s’agit d’un modèle institué par la France sous De Gaulle à la veille de l’indépendance des Etats d’Afrique francophones, destiné à contrôler indirectement les affaires de ces pays de manière subtile, sans apparaître en première ligne comme pendant la longue période coloniale. Le livre publie les textes utilisés pour organiser les interventions de l’Etat français, malgré la fin de l’époque coloniale dans les années 1960. Selon ce pacte colonial, les présidents des Etats d’Afrique francophone doivent diriger leurs pays en fonction des intérêts de Paris.

L’indépendance s’est donc résumée au transfert de compétences de l’Elysée aux chefs d’Etat africains, qui doivent faire acte d’allégeance à la France, et non aux peuples qu’ils gouvernent.

Paris se charge de leur dicter les politiques à adopter. Ce livre révèle comment les accords de Défense sont en réalité que des accords commerciaux obligeant les Etats d’Afrique francophone à conserver des bases militaires françaises sur leur sol, avec des soldats prêts à intervenir pour chasser les dirigeants récalcitrants afin de les remplacer par des individus plus dociles.

Dans ce livre, on découvre que la France détient un monopole sur toutes les matières premières de l’Afrique francophone. On apprend comment la France a pris des mesures pour s’assurer qu’elle conserverait toutes ses prérogatives coloniales après avoir accordé «l’indépendance» aux pays africains.

Par le biais de ce pacte colonial, la France est demeurée omniprésente en Afrique francophone et a conservé les avantages d’hier. Paris a confisqué la véritable indépendance des pays d’Afrique francophone.

Nous nous devons de dénoncer collectivement ce pacte colonial. Lors de sa visite au Sénégal en juillet 2007, le fraîchement élu président français Nicolas Sarkozy a reconnu que la colonisation était un crime contre l’humanité, mais a refusé de se repentir. Les Africains doivent dénoncer tous les accords et systèmes qui éloignent l’Afrique des marchés. Le pacte colonial constitue une violation du droit de propriété africain.

Etes-vous parvenu à transmettre ce message à travers ce livre ?

MK: Je pense que oui. Je voulais partager mes convictions avec un grand nombre d’Africains. Et d’amis de l’Afrique, afin qu’ils soient dans une meilleure position pour mesurer les dangers du pacte colonial, du contrôle de l’Etat, et surtout de prendre conscience que la gestion de l’économie sous l’emprise du pacte colonial est une source de pauvreté dans nos pays. Nous ne voulons pas l’aumône ; notre problème n’est pas le manque d’argent. Je suis convaincu que nous devons avant tout revendiquer clairement nos droits de propriété sur nos terres et nos ressources, qui ont été aliénées par les colons, et dont le pacte colonial nous dépossède aujourd’hui. Enfin, je voulais dire que l’Afrique a un besoin urgent de libertés individuelles, d’un contrôle de l’Etat limité, de marchés libres, d’une société ouverte et de la paix, qui ne peuvent exister que si la liberté économique et politique est respectée.

In New African, Janvier 2008

22:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE TCHAD A L'EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE

Vendredi 08 Février 2008


LE TCHAD A L’EPREUVE DE LA FRANçAFRIQUE



L’Afrique demeure encore aujourd’hui le théâtre des affrontements dont le seul dessein est le partage du pouvoir. Après avoir partagé l’Afrique en 1885, c’est autour des strapontins africains avec la nébuleuse occidentale tapis dans l’ombre qui se partagent les richesses de la terre de nos ancêtres. En effet, avant 1880, Les Européens disposaient pour l'essentiel d'implantations côtières. La France se réservait une partie du Maghreb, et en Afrique occidentale, le Sénégal. L'Angleterre possédait la colonie du Cap, la Côte de l'or, des compagnies commerciales anglaises travaillaient en Afrique occidentale et orientale. Toutefois, de 1870 à 1880, l 'exploration de l'Afrique progresse : on découvre des richesses intéressantes, or et diamants d'Afrique du Sud, cuivre de Rhodésie. C’est la conférence de Berlin (novembre 1884-février 1885), à laquelle participent les principaux Etats européens, qui rédige un "acte final". Celui-ci, après avoir défini le bassin du Congo, établit l'obligation de respecter le libre-échange pour toute puissance colonisatrice, même en cas de guerre; il définit les conditions à remplir pour l'occupation effective des côtes et elles seules : implantation du "pavillon", autorité suffisante et notification diplomatique. La situation Tchadienne est une illustration parfaite de cette complicité parfaite entre les occidentaux et une certaine élite africaine dont l’objectif est de piller le sous-sol africain. L’attaque « éclaire » de la rébellion tchadienne et ses corollaires méritent l’attention des africains sur le mode opératoire des ennemis de l’Afrique.

Lorsque la France imposa Deby

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Eboué, il fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.Devenu république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Ce dernier sera assassiné en 1975. Le général Félix Malloum, son successeur, dut céder la place à Goukouni Oueddei à la suite de la première bataille de Ndjamena en 1979. En 1980, la seconde bataille de Ndjamena permit à Goukouni Oueddei d'évincer son rival, Hissène Habré, avec l'aide décisive des troupes libyennes. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé à son tour par Hissène Habré. En 1990, Hissène Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, avec le soutien de la France et de la Libye. La France a participé à ce coup d’état, officiellement en raison de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement parce qu'il a voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Le régime d'Idriss Déby a été installé donc par la France , son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier avec le soutien du régime soudanais. Pour se donner bonne conscience et paraître comme un démocrate, Deby organise des élections avec l’aide de la France en 1996. 3 juillet 1996 : Idriss Déby l'emporte au second tour face à Kamougué Wadal Abdelkader. Il a été élu le 3 juillet 1996 avec 69,09% des voix, devançant Abdelkader Wadal Kamougue (30,91%). Il sera investi le 8 août 1996. Selon les organisations Survie et Agir ici, la France aurait largement aidé au truquage des élections de 1996, afin d'éviter un renversement légal du régime. Le catéchisme est récité fidèlement en 2001. Pour s’éterniser au pouvoir, Idriss Deby organise un référendum le 6 juin 2005 pour modifier la Constitution de 1996 sur plusieurs aspects, lui permettant de se représenter aux prochaines élections. Le 3 mai 2006, il est réélu avec plus de 77% des voix.

Deby le dictateur face à ses rebelles

Le moins qu’on puisse dire sur Deby c’est qu’il n’est pas démocrate. Trois années ont suffi pour qu’il retourne l’arme contre ses propres citoyens. Fin 1993, Amnesty International dressait le bilan amer des trois premières années du régime Déby :
" La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari, le fleuve qui arrose N'Djaména. Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. [...] Quels que soient ses mots d'ordre, le gouvernement d’Idriss Déby utilise aujourd'hui les méthodes de répression dont il disait vouloir débarrasser son pays à l'époque où il luttait contre le régime de Hissène Habré. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby ".
Outre les assassinats et tortures, le régime Deby monopolise les richesses du pays au point de laisser le pays dans une extrême pauvreté. Il se forme dès lors une opposition armée : le FUC (Front Uni pour le Changement). Elle regroupe l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, le Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timane Erdimi et l’UFDD-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye. Le 2 février 2008, les rebelles, apparemment soutenus par le Soudan, ont pris la capitale du pays N'Djamena. Le 4 février, l'ONU autorise l'ancienne puissance coloniale à intervenir militairement pour mettre fin à la rébellion.

L’impérialisme occidental au Tchad

La prise de N'Djamena après la condamnation des membres de l’arche de Zoé et le soutien appuyé des Etats-Unis et de la France invitent à la réflexion. Comme autrefois, les occidentaux ont voulu déportés 103 enfants[i] tchadiens et les priver de leur cordon ombilical dans un pays inconnu. Cette affaire qualifiée d'illégale et d'inacceptable par le chef d'Etat français Nicolas Sarkozy a ému le monde entier. Mais voilà qu’après la condamnation prononcée par les juges Tchadiens, de la peine de « 8 ans de travaux forcés», traduite par le tribunal correctionnel de Créteil, en droit français, le président Deby annonce le 6 février 2008, sa volonté de les grâcier si la France en fait la demande. On est en droit de s’interroger sur les commanditaires de cette attaque de N'Djamena, vu qu’elle permet à la France de voir ses détenus grâciés par un Deby affaibli. Comment admettre que les militaires fiançais positionnés dans le pays avec les appareils sophistiqués n’aient pas vu venir du soudan une colonne de plus deux cent voitures. Soit la France voulait laisser faire pour reprendre la main après sa dérouillée dans l’affaire « arche de zoé », soit elle a commandité cette attaque. Cette dernière option n’est pas à négliger puisque Deby s’est vu proposer vendredi, 2 février 2008, par Nicolas Sarkozy d’être exfiltré s’il le souhaitait, mais il a refusé. Avant de lancer une mise en garde aux rebelles qui ont attaqué le président Deby et son régime, en ces termes : « Si la France doit faire son devoir, elle le fera (...) (En cas d'agression), ... la France aurait les moyens de s'opposer à une action contraire aux règles du droit international », la France voulait comme, à son habitude « gommer » Deby, un ancien poulain qui ose tenir tête au colonisateur. D’ailleurs, Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, en déclarant que la France ne défendrait pas le régime de Déby, a donné une "sorte de feu vert" à l'offensive de l'opposition armée tchadienne. Quant à Louis Michel, Commissaire européen, en affirmant qu'il était "prêt à rencontrer les rebelles "n'importe où" a ipso-facto reconnu, au nom de l'UE, la légitimité de l'existence politique et militaire de ceux-ci.
Cependant les intérêts américains ont fini par sauver Deby mais pour combien de temps ? En effet, depuis 2004, le pétrole qui représente plus de 80% des exportations nationales, est exploité par un consortium associant Exxon Mobil[ii], Chevron, et Petronas. Face à un Soudan qui aimerait voir un gouvernement Tchadien qui lui est accommodant, afin de construire un oléoduc entre Doba et ceux qui mènent vers le Port-Soudan, pour livrer la Chine , et les intérêts américains, le choix d’un corrompu comme Deby s’impose[iii]. La France cherche à maintenir son influence sur le continent africain, face à d’autres intérêts, comme ceux des Etats-Unis ou de la Chine , et à garder un accès privilégié au pétrole et aux ressources minières du pays.
Pour ses intérêts, elle cherche le retour de la stabilité au Tchad. Dont dépendent, conséquemment, la paix et la sécurité collectives à l'échelle régionale. A commencer, au moins, par la République centrafricaine voisine, en quête de pacification durable du climat sociopolitique tributaire des faibles ressources financières de Bangui.

La leçon à retenir par les africains

Au Tchad, il y’a des enjeux pétroliers importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. Paris et Washington ont haussé le ton dans la crise tchadienne, au lendemain de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, et soutenu le régime Deby. Alors que les Etats-Unis font part de leur "préoccupation", le président français a annoncé mardi 5 février, que Paris ne renoncerait pas à faire son devoir.
Pourquoi Paris n’a pas soutenu le régime de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire alors que des accords de défense les liaient ? En vérité, les occidentaux soutiennent toujours ceux qui affament leur peuple à leur profit. Il est temps que les africains se défendent par tous les moyens vis-à-vis des imposteurs occidentaux, qui profitent de quelques africains analphabètes pour semer la division afin de piller nos ressources naturelles. L’africain nouveau doit exiger que l’exploitation des ressources pétrolières, minières et autres profitent aux africains. Autant la France n’a pas vocation à accepter la misère (les termes de Sarkozy), elle ne doit pas piller les ressources des « misérables ». Après avoir injecté le venin de la division, créant de la sorte les guerres et conflits, les occidentaux organisent le rapatriement de leurs ressortissants. Le devoir nous appelle, africain et l’histoire nous regarde. L’Afrique peut compter sur ses ressources humaines pour diagnostiquer de quoi elle souffre. Et elle dispose suffisamment de ressources matérielles pour son développement. Barrons la route à ceux qui ont rendus esclaves nos grands parents, colonisés nos parents et qui veulent assombrir notre avenir et celui de nos enfants. Faisons donc ce qu’on n’a jamais fait pour avoir ce qu’on n’a jamais eu.

Que Dieu nous donne la force de résister !

Vive le Tchad apaisé !

Vive l’Afrique !
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

22:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Tchad | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

NEGRERIE, QUAND TU NOUS TIENS !

Lundi 04 Février 2008


Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,


Franchement, il y a des choses qui fâchent dans cette Afrique !
Voici un Président de confédération continentale de football qui ne trouve rien de mieux à faire que de mettre une cérémonie de remise de Ballon d’Or en pleine compétition de la CAN 2008, là où les joueurs et leurs encadreurs et, singulièrement, les nominés, ont besoin de concentration pour préparer et jouer des matchs décisifs qui engagent l’honneur de leurs nations.
Et comme si cela ne suffisait pas de perturber la sérénité de toute la compétition et de jouer une carte médiatique aussi foireuse (un gala de Ballon d’Or en pleine CAN, dans un autre pays, c’est pas du tout futé), il fait un chantage honteux et scandaleux à Didier DROGBA - 4ème joueur mondial et 1er joueur africain selon le dernier classement de la FIFA, le seul joueur africain de l’heure à mériter le Ballon d’Or 2008 - pour le contraindre à se rendre à Lomé, à ladite cérémonie, pour recevoir sa distinction, à la veille d’un match aussi important que les quarts de finale de la CAN, faute de quoi il ne serait pas sacré Ballon d’Or Africain pour l’année 2008.
L’ivoirien, lucide, patriote et solidaire de toute l’équipe ivoirienne, décline poliment l’invitation et promet de se faire représenter au plus haut niveau par le Président de la Fédération Ivoirienne de Football et par sa propre épouse.
Il n’en fallait pas plus pour amener la CAF, ou plus exactement Issa Hayatou, à destituer (c’est le lieu de le dire) Didier DROGBA, le goaleador ivoirien.
Et à qui remet-on le titre ? Au malien Frédéric KANOUTE, 10ème au classement mondial, sans donner un traître mot des raisons qui ont motivé une décision aussi saugrenue, ni même les points du classement des trois nominés en course. Il faut être vraiment un nègre pour réussir ce tour de force !

En quoi vouloir rester concentré avec ses coéquipiers pour préparer un match aussi capital pour une grande nation de football comme la Côte d’Ivoire doit-il constituer un motif de disqualification pour un joueur au talent confirmé et mondialement reconnu comme DROGBA ? (Allez le demander à Issa Hayatou, qui se prend pour DIEU dans cette Afrique, dans le milieu du football).
L’homme n’en a cure, qui n’hésite pas à flouer tout un pays, la Côte d’Ivoire - contre laquelle il n’est pas à son premier coup en dessous de la ceinture - du titre d’un de ses plus dignes fils.
Que gène t-il qu’un joueur soit absent à cette cérémonie dans les conditions et les circonstances que l’on sait? Le titre tient-il à une simple présence à une soirée de gala ou au talent intrinsèque de l’athlète?
Cette cérémonie avait encore du crédit jusqu’à récemment. Il faut craindre, à présent, que ce Issa Hayatou en ait fait une foire aux chantages et à l’aplatissement des plus dociles, ceux qui peuvent donner satisfaction à son ego démesuré.

Qu’avons-nous donc fait à cet individu, diantre ! Nous savons de récente mémoire qu’il avait déjà ourdi un complot contre le Président Jacques ANOUMA de l’UFOA, aidé en cela par deux sbires platement aux ordres - les Présidents des Fédérations Béninoise et Nigériane de Football - pour lui ravir, d’une façon aussi cavalière que totalement officieuse, son poste et son mandat, simplement pour ne pas avoir le redoutable et méticuleux ivoirien comme adversaire à la fin de son mandat actuel, dans la course à la tête de la Confédération Africaine, où il trône depuis 20 ans (1988). Il faut être un nègre pour se comporter ainsi !

La seule chose qui peut dorénavant essuyer cette offense et cette nouvelle injustice gratuite faite à la Côte d’Ivoire, c’est que nous revenions avec la Coupe d’Afrique, pour montrer à cet autocrate que, non seulement nous avons eu raison de ne pas être présents à sa fête, à Lomé (pour pouvoir gagner la Guinée 5 buts à zéro) mais aussi que notre DROGBA National est le meilleur de l’heure, n’en déplaise aux esprits retors.

Pendant que nous y sommes, il est grand temps de parler de la fin du mandat de Monsieur Issa Hayatou. 20 ans pour un seul quidam, à la tête d’une telle institution ? C’est trop ! C’est EXCESSIF !
Au nom de quelle morale et de quelle logique un seul individu s’accapare t-il un si prestigieux poste panafricain et déploie t-il un tel trésor d’énergie, lourdement appuyé des pires pratiques mafieuses, pour ne jamais se faire éjecter de ce poste juteux ? Réflexion à poursuivre.

Fraternellement,


Dindé.


PS : Laurent POKOU établit, dès à présent, un nouveau record que les annales de la CAF doivent désormais prendre en compte : Celui du plus grand nombre de buts dans le plus petit nombre d’éditions de CAN. Ce n’est que justice ! Y a buteur et puis y a buteur. Patriotiquement, bye !

21:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Vendredi 18 Janvier 2008


LE COUP D'ETAT MONETAIRE DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Un coup d’État est un changement de pouvoir soudain, imposé par surprise, par une minorité utilisant la force. La technique de base du coup d'État consiste à s'emparer des organes centraux de l'État ou à les neutraliser, en occupant leurs lieux de fonctionnement qui sont aussi les lieux symboliques du pouvoir. Le coup d’Etat monétaire sera donc une manière soudaine d’imposer une monnaie et un régime monétaire à un Etat. Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence [Jean-Marie Le Pen, Extrait du Meeting de Toulouse - 25 Mars 2007]. La souveraineté est le droit exclusif d'exercer l'autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples. La souveraineté sert de pilier à l'analyse de l'État et constitue le critère de distinction des différentes formes de gouvernement qu'il décrit. La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République. La souveraineté est la qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser. Ainsi, l’on peut se poser la question de savoir si les pays de la zone franc sont des pays souverains puisqu’ils n’ont pas le pouvoir de battre monnaie, un acte politique qui détruit les fondements de cette souveraineté. Au surplus, ces pays ont en commun une monnaie imposée depuis la période coloniale. Le véritable débat, celui d’une réflexion féconde sur le lien entre monnaie et souveraineté, entre monnaie et développement a été occulté au profit d’un piètre combat pour des postes de gouverneur des banques centrales dont les manettes sont entre les mains de la France. Cette présente contribution sur le franc CFA constitue un appel à méditation des gouvernants des pays membres afin de donner un sens à la notion de souveraineté.

UN DETOUR HISTORIQUE IMPORTANT

Selon l’histoire des faits économiques, le franc CFA est né formellement le 9 septembre 1939, lorsque dans le cadre de mesures liées à la déclaration de guerres, un décret instaura une législation commune des changes pour l’ensemble des territoires appartenant à l’empire colonial français. En fait le début de la seconde guerre mondiale va s’accompagner d’un dirigisme monétaire avec la mise en place du contrôle des changes à cette date. La zone Franc, en tant que zone monétaire caractérisée par une liberté des changes, est formellement créée. En réalité, ses principales caractéristiques étaient apparues entre les deux guerres. La gestion monétaire des colonies était assurée par des banques privées bénéficiant dans leurs zones respectives de privilèges d’émission. Nonobstant, la dislocation progressive de l’espace monétaire et commercial international dans les années trente, la montée en puissance généralisée du protectionnisme et l’enchainement des dévaluations compétitives provoquèrent de la part des puissances coloniales une réaction de repli sur leurs empires. Après l’échec de la conférence de Londres en 1933, les zones monétaires furent leur apparition. C’est ainsi que prit naissance la « zone sterling ». Un grand nombre de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud vont rattacher leur monnaie au dollar pour former la « zone dollar ». La formation d’une zone économique impériale, protégé de la concurrence extérieure et fondée sur la complémentarité des productions coloniales et métropolitaines, passait par la création d’un espace monétaire commun. Avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, naissait l’instauration d’une réglementation des changes valable pour l’ensemble des résidents de l’empire et la centralisation des réserves en devises au profit de la métropole. Le franc CFA est officiellement né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors « franc des colonies françaises d'Afrique ». Mais cette définition de la parité du Franc se fait avec une différenciation selon les secteurs géographiques. Nous avons alors trois unités distinctes avec le Franc des Colonies Françaises du Pacifique (FCFP), un Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) et un Franc de la métropole valable également pour l’Afrique du Nord et les Antilles (FF). Le FCFP valait 2,40 FF et le FCFA 1,70 FF. C’est aussi l’occasion d’affirmer l’unité car le communiqué du ministre des Finances parle de « Constitution de la zone franc » et ce sera la première fois que le terme est utilisé officiellement. Certains pays ont choisi, lors de l'indépendance ou après, de quitter la zone franc coloniale : Algérie (1963), Maroc (1959), Tunisie (1958), Mauritanie(1973), Madagascar(1973), Guinée (1958), l’ex- Indochine (Cambodge, Laos, Viêtnam) en 1954. Le Mali l'a quittée en 1962 pour la réintégrer en 1984.

LES MOTIVATIONS IMPERIALISTES DE LA FRANCE

Il s'agit alors de restaurer l’autorité monétaire française dans ces territoires qui ont été isolés de la métropole durant la seconde guerre mondiale, et ont souffert de la raréfaction des échanges, et ont dû parfois créer des émissions locales appuyées sur d'autres devises que le franc français (par exemple le dollar US), voire accepter des émissions fantaisistes par les troupes armées, ou accepter la monnaie des occupants, comme ce fut le cas pour les protectorats et territoires français en Asie, alors que ces territoires, et les institutions financières locales publiques et privées, doivent gérer leurs dettes extérieures à la fin du conflit mondial. Leurs objectifs sont, bien entendu, concentrés sur l'organisation interne des Empires coloniaux, en particulier sur la facilitation des relations financières et commerciales entre la métropole et les territoires. Il s'agit toujours pour la France de faciliter l'intégration commerciale et financière des territoires à la métropole par le biais d'un régime de monnaie et de change. La perte de la convertibilité, non seulement lésait les investisseurs étrangers et les déposants, mais aussi rendait plus difficiles les échanges de biens et de capitaux avec la métropole. Un des objectifs des administrateurs était d'assurer la convertibilité pour maintenir les liens économiques avec la métropole. De plus, les colons se mobilisent pour réclamer la même sécurité pour leurs avoirs locaux et leurs avoirs métropolitains, ce qui passe par une fixation du change. L’intérêt de la manœuvre est d’assurer une compensation maximale des règlements entre les deux économies et surtout de supprimer le change entre les deux monnaies. L’épisode de la communauté est du reste significatif du formalisme qui présidait à la conception gaullienne de la décolonisation. Le principe fédéral inspirant ce projet faisait une large place au domaine de gestion commune, « qui doit comprendre la défense, la politique étrangère, la direction de l’économie, la politique des matières premières et la monnaie ». Avec la zone franc, la France voulait conserver son aire d’influence, mais aussi, consolider des liens un temps menacés par les aspirations à la souveraineté. La construction de cette zone est due à des facteurs commerciaux (une partie importante des échanges se faisant avec la France), financiers (faciliter le paiement des flux financiers) et politique. Cette tutelle monétaire assure le contrôle des économies de la zone et garantit les bénéfices des capitaux français en assurant la convertibilité illimitée, la parité fixe avec l’euro et surtout la liberté des transferts.

FONCTIONNEMENT DE LA ZONE OU LES MECANISMES DE LA COOPERATION MONETAIRE

La coopération monétaire entre pays membres de la zone franc repose sur quatre principes : un institut d’émission commun à chaque sous-zone, une parité fixe, une garantie de convertibilité illimitée et la libre transferabilité interne.

1 Un institut d'émission commun à chaque sous-zone

Les banques centrales de chaque sous-zone (Banque des États de l'Afrique centrale - BEAC, Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest - BCEAO, et Banque centrale des Comores - BCC) ont la tâche de conduire la politique monétaire de la sous-zone. Elles doivent aussi centraliser la totalité des avoirs extérieurs des États membres.

2 Une parité fixe avec le franc français (maintenant l’EURO)

Cette parité est définie pour chaque sous-zone. Elle est restée stable de 1948 à 1994 pour les trois sous-zones (1 FF = 50 FCFA ; 1FF = 50 FC depuis 1979) et a été ajustée le 12 janvier 1994 (100 FCFA = 1 FF, la parité étant identique pour les sous-zones d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, 75 F comoriens = 1 FF).

3 Une garantie de convertibilité illimitée

Le Trésor français va innover en matière de régime de convertibilité. Alors que le Trésor britannique abandonne la gestion de la monnaie aux intérêts privés ou aux autorités locales, le Trésor français s’implique. Il garantit une convertibilité sans change, financée par ses propres ressources fiscales, et régulée par la coopération avec les Instituts d’émission locaux. Ce système est fondé sur le compte dit d’opérations dont disposent les Instituts d’émission dans les comptes du Trésor. Ce compte est un compte courant des Instituts auprès du Trésor où se fait la compensation des paiements entre les territoires et qui présente la particularité de pouvoir être débiteur (Vinay, 1988, Lelart, 1997, Guillaumont-Jeanneney, .1996). La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor français et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux États, ratissage des devises). Les variations de position sur le compte d'opération traduisent donc les résultats des paiements extérieurs. Les variations de la position extérieure sur le compte d'opération sont nettement inférieures à la fluctuation des avoirs extérieurs de chaque pays. Le flux vers la métropole étant plus important que celui vers la colonie, le Trésor dispose d’une position excédentaire en francs CFA.

4 La libre transferabilité interne

À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones). Chaque franc CFA n'est utilisable que dans sa propre zone (par exemple, le détenteur de francs CFA « Ouest » ne peut les échanger dans un pays de la zone « Est », le transfert ne peut se faire que par voie bancaire, et donc sous contrôle. En clair, les francs CFA ne sont pas identiques, même s'ils ont le même sigle. Ils sont émis par des banques centrales différentes et leur signification n'est pas la même. Le CFA de la zone Ouest se décline ainsi : franc de la Communauté financière africaine. Celui de la zone centrale : franc de la coopération financière en Afrique centrale.


L’URGENCE DE LA RECONQUETE DE NOTRE SOUVERAINETE MONETAIRE


Alors que l’Asie et le Maghreb, après s’être débarrassés des vestiges du colonialisme, s’en sortent économiquement, les pays de la zone Franc hésitent toujours à rompre le lien colonial, comme s’ils doutaient de leurs propres capacités à prendre en charge leur destinée. Le coup d’Etat monétaire de la France est en passe de devenir une servitude monétaire volontaire. Pourquoi déposer nos réserves de changes dans un Trésor Français alors que nos économies ont des besoins croissant de financement. Si les pays membres ne disposent pas d’économistes ayant une connaissance certaine des mécanismes du marché des changes alors il serait temps de désespérer de l’Afrique. Evidemment que l’Afrique a des économistes rompus à la haute compétition intellectuelle. Pourquoi donc cet esclavage monétaire ? Il n’est plus souverainement juste de perpétuer la dépendance à l’égard de l’ancienne métropole au travers de la Communauté Financière Africaine et de sa " zone Franc CFA ". Cette monnaie étrange, nous est étrangère, elle n’est pas notre monnaie. Souvenons-nous de l’épisode de la dévaluation en 1994. La dévaluation du Franc CFA annoncée par la France en 1994, avant la convocation des Chefs d’État de la zone CFA, pour consultation. Le franc CFA est un instrument de domination de la France. Cette ingérence monétaire se retrouve au niveau de la gestion de nos banques centrales. L'autonomie des Banques centrales est tempérée par les prérogatives du Conseil des Ministres des différentes zones. En particulier, il revient à celui-ci d'arrêter la distribution du crédit. De plus, à l'échelle nationale, la répartition des quotas de crédit établis par la Banque et le Conseil relève de comités nationaux contrôlés par les gouvernements locaux. Elles disposent d’un conseil d’administration où chaque membre et la France ont une représentation égalitaire. Les administrateurs, à raison de deux, sont nommés par les Etats : ce sont de hauts fonctionnaires. Par exemple, La France dispose de deux représentants au Conseil d'Administration de la BCEAO comme n'importe quel pays membre. La France, aujourd’hui comme par le passé, continue d’intimider ceux qui confessent la mort du franc CFA. Déjà en 1963, prétextant d’une mutinerie des soldats, démobilisés de la guerre d’Algérie, un coup d’Etat est organisé contre le président togolais Sylvanus Olympio. Que reprochait-on à ce dernier ? D’avoir demandé en 1958 l’indépendance du Togo, sous mandat franco-onusien. Puis, une fois l’indépendance acquise en 1960, de vouloir réviser le contrat d’exploitation du phosphate togolais; d’avoir entrepris la diversification du partenariat économique avec d’autres États occidentaux, dont l’Allemagne, ex-métropole coloniale qui devait aussi le soutenir dans la création d’une monnaie nationale, en sortant de la Zone Franc. Les pressions financières, monétaires et politiques exercées pour que le Mali soit obligé de revenir dans la zone franc après sa sortie en 1962. A contrario, l’adhésion du régime dictatorial de la Guinée équatoriale à la zone BEAC n’a pu se faire, compte tenu de la situation désastreuse du pays, que grâce au paiement par la France de sa quote part à la BEAC. Dans le cas du mali, la France a dû, pour surmonter les réticences des états membres de l’UMOA, transformer en prêts à long terme avec différé d’amortissement le découvert du compte d’opération de l’institut d’émission malien, qui s’élevait à 850 millions de franc en 1984. Inscrite au budget du ministère de la coopération, cette opération expliquait à elle seule les deux tiers de l’accroissement de l’aide française au PMA en 1984. Au nom de la restauration de notre souveraineté monétaire, le prochain sommet de l’UEMOA doit se pencher sur l’avenir du franc CFA, une monnaie qui devient de plus en plus un goulot d’étranglement pour le développement de nos économies. Les dispositions et les règles régissant le franc CFA ne permettent pas au système bancaire de jouer son rôle de moteur du développement. Enfin pour préserver l’équilibre monétaire, les concours aux Etats ne doivent pas excéder 20% des recettes fiscales de l’exercice antérieur. Comme le fait remarquer Paul Fabra « peu de grands pays s’imposent une discipline aussi strict que celle que comporte le mécanisme de la zone franc. On est plus facilement orthodoxe pour les pauvres ». Les pertes de change successives à la dévaluation de 1969 avaient été d’autant plus durement ressenties que la contribution des soldes positifs des comptes d’opérations à la défense du franc français n’avait jugé bon ni de les consulter ni de les indemniser. Les modifications des parités des francs CFA ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité des pays membres de chaque union et après consultation de la France. . La zone franc porte la coopération monétaire au-delà des frontières de la définition théoriques, elle est le lieu où la France orchestre de façon permanente et ce, depuis la période coloniale, un coup d’Etat monétaire. Au risque de donner raison à ceux qui pensent que l’Afrique n’est pas rentrée dans l’Histoire, nous devons abandonner le débat puéril sur le gouvernorat des banques centrales pour créer des monnaies régionales puissantes et crédibles, pour aboutir à terme à la création d’une monnaie continentale.

Fasse Dieu que les pays de la zone franc comprennent que le chaînon manquant de leur développement est leur souveraineté monétaire.


Prao Yao Séraphin
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

21:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

INTRIGUES A LA GABONNAISE

Vendredi 11 Janvier 2008


REçU DE JOEL ETTIEN DE 3A TELESUD

Incroyable mais vrai. Dans la volonté de prendre le contrôle de la chaîne de Télévision 3A TELESUD, créee par trois africains les partenaires Gabonais(qui sont Mme Pascaline Bongo la directrice de Cabinet du Président de la République et Blaise LOUEMBE le TPG du Gabon), ont franchi une nouvelle étape ce matin du Lundi 7 janvier 2007: l'envoie d'une force de police dans les locaux de la chaîne de télévision, en vue d'en interdire d'accès, Pierre Bedou, le co-fondateur et Directeur des Programmes de la chaîne depuis sa création. Depuis la prise de participation des gabonais en 2006, la crise qui semblait un moment contenue a pris une tournure beaucoup plus violente ces dernières semaines.

La cause principale: l'incapacité des Gabonais malgré diverses manouevres à prendre le contrôle à 100% de la société . Outre le fait de subir des pressions en tous genres, les employés de la chaîne n'ont plus le droit de recevoir les invités dans les locaux de la chaîne. ils doivent se contenter du trottoir...Car un vigile avec chien, en interdit l'accès comme nous avons pu le constater avec stupeur en devant être invité lors de l'enregistrement d'une émission. Il semble que dans les prochains jours, l'escalade et les révélations soient à leur comble car les Gabonais qui veulent s'approprier cette chaîne de télévision n'ont trouvé qu'une seule démarche pour atteindre leur but: l'intimidation. Les Gabonais sont de plus en plus nerveux car ils avaient prévu manifestement de partager le contrôle de la chaîne avec le Groupe BOLLORE. L'industriel français prévoyant d'offrir des locaux à la chaîne et un apport publicitaire.

Toutefois les raisons de cet amour pour les Médias du Groupe Bolloré en Afrique cache un autre objectif : Ne plus subir l'affront de Dakar. Récemment le Groupe Bolloré a été évincé du Port de Dakar au profit de DUBAI PORT. Un affront que Vincent Bolloré a promis de laver en s'en prenant au responsable de cette mésaventure : Karim Wade, conseiller spécial de son père de Président et Patron de l'ANOCI. En contrôlant une télévision africaine, la plus connue à ce jour, BOLLORE compte aussi rendre docile tous les dirigeants du continent qui sont sur sa zone de contrôle et les dissuader d'avoird des veilletés d'émancipation contre son Groupe. Une mauvaise campagne est vite arrivée.
Mais pas prévu au programme ce marché de dupes au détriment des fondateurs de 3A TELESUD semble avoir soulevé un vent de fronde dans plusieurs chancelleries et capitales africaines. Certains n'hésitant pas à voler au secours des fondateurs de 3A TELESUD, tout isolés à leur combat.

Après l'échec d'Africa N°1 (vendu aux lybiens), les ratés de multiples projets de chaîne de télévision initié au Gabon, en prenant le contrôle de cette chaîne panafricaine installée en France par des moyens très peu orthodoxes, les Gabonais pensaient prendre leur revanche. Au vu de l'ampleur du désastre causé par ces "investisseurs" peu stratèges, il semble inéluctable que c'est la justice française qui va devoir mettre tout le monde d'accord.

Une perspective qui agace au plus haut point les autorités françaises.Notamment du côté de l'Elysée. Après la flambée des banlieues, le mécontentement latent de la communauté noire en France, les secousses de la visite du truculent Khadaffi, les propriétés suspectes de certains chefs d'Etat du Continent dans l'Hexagone, l'Elysée, craint toute étincelle sur son sol et l'a discrètement fait savoir au Gabonais. Sans succès.

En France de nombreuses associations africaines ont commencé à se mobiliser sur le dossier et prévoient des actes aussi spectaculaires que médiatiques pour alerter l'opinion publique sur ce que beaucoup considèrent comme l'action de trop de la famille BONGO.

AfricainsdeFrance se mobilise aux côtés de centaine d'associations.


Merci

21:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA DIMENSION IMPERIALISTE DE LA DETTE AFRICAINE. A LIRE !

Samedi 30 Décembre 2007

LA DIMENTION IMPERIALISTE DE LA DETTE AFRICAINE

Aujourd'hui, tous les experts s'accordent pour reconnaître que l'endettement des pays africains constitue pour eux un goulot d'étranglement sur le chemin du développement. Les tentatives de juguler cette bulle de la dette n'ont pas fait défaut. Il y a eu en 1985, le plan Baker (du nom du secrétaire au Trésor américain), en 1989, le plan Brandy jusqu'à l'initiative PPTE. En effet, rien que dans les années 1990, le continent africain a transféré en moyenne entre 13 et 14 milliards de dollars annuellement à ses «créanciers» bilatéraux et multilatéraux. Entre 1980 et 2000, l'Afrique a remboursé plus de 240 milliards de dollars au titre du service de la dette. Malgré cela, sa dette a été multipliée par 3,5 passant de 61 à 216 milliards durant cette période. Et pourtant, depuis 1988, la part des arriérés de paiements dans le nouvel endettement du continent est estimée à plus des deux tiers, au point que ces arriérés constituent près de 30 % du montant de la dette africaine. L'Afrique continue de souffrir de la dette. Ainsi entre 1970 et 2002, l'Afrique a reçu 540 milliards de dollars en prêts et en a remboursé 550 milliards. Le poids de la dette pénalise surtout les pays d'Afrique subsaharienne. Dans les conditions actuelles, il est illusoire, relève la CNUCED, d'espérer que l'Afrique puisse réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015, conformément aux objectifs du Millénaire fixés par l'ONU. La dette étrangle pratiquement tous les pays pauvres : par exemple, l'Equateur consacre 50 % de ses ressources à rembourser sa dette, l'Afrique 40%, soit autant que ce qu'elle affecte à l'éducation et la santé. En dépit de l'effort des pays africains pour sortir du sous-développement, le remboursement de la dette constitue indéniablement un obstacle. Une étude attentive et féconde de cette thématique permet de conclure à un complot contre les pays pauvres. La dette est sans aucun doute un instrument de domination des pays industrialisés. L'enjeu de cet article est de mettre en exergue la dimension impérialiste de la dette.

Origine de la dette

De façon synoptique, la dette extérieure regroupe l'ensemble des emprunts des agents économiques d'un pays (Etat, mais aussi les entreprises) vis-à-vis de prêteurs étrangers. Dans le passé, les pays qui ne parvenaient pas à générer une épargne intérieure suffisante pour financer leur essor économique ont recherché des fonds auprès d'autres pays. Les Etats-Unis ont fait appel à l'épargne étrangère, en particulier pendant la période antérieure à la guerre de sécession, de 1835 à 1860. De la même manière, la Russie a eu besoin de fonds extérieurs pour assurer son développement dans les trois décennies qui ont précédé la première guerre mondiale et la révolution communiste. L'aide étrangère, telle qu'on la conçoit aujourd'hui, est l'émanation de la phase qui a suivi la seconde guerre mondiale. Son origine remonte au plan Marshall, dont l'application a amené les Etats-Unis à transférer 17 milliards de dollars en quatre ans à l'Europe, soit l'équivalent d'environ 1,5% du PNB américain, pour la reconstruction de l'Europe. La fin des années 60 a vu se développer une surabondance de dollars dans les circuits financiers occidentaux.

La reconstruction d'après-guerre des économies européennes stimulé par le plan Marshall avait injecté des quantités massives de dollars qui se voyaient inutilisées puisque cette période de reconstruction était terminée. Dès lors, il se créait ainsi un marché des eurodollars, lequel marché s'est accru de l'arrivé des «pétrodollars» issus des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Par ailleurs, la concurrence inter-impérialiste acharnée, à la recherche de nouveaux marchés afin de débrider des économies menacées d'engorgement ne manque pas validité. La crise de la dette va surgir avec le développement de la dette. Ces prêts étaient facilement accessibles sans conditions rigides et allaient quasiment dans les poches des bourgeoisies locales. Il s'agissait pour les américains de «contenir le communisme» autour du périmètre du bloc soviétique, tout en essayant d'assurer l'accès des Etats-Unis aux matières premières dont leur industrie avait besoin. On estimait en outre que le développement favoriserait à la fois la sécurité et les intérêts économiques, en réduisant l'instabilité et en associant les nouvelles nations à l'ordre du monde capitaliste. C'est à la suite des américains que les pays européens et en particulier la France et le Royaume-Uni apportent leur appui à leurs anciennes colonies.

Conséquences de l'endettement

A cause la rareté des revenus liée aux remboursements de la dette, les programmes de développement et les services sociaux ont été sérieusement perturbés. Les classes les plus pauvres paient le lourd tribut des PAS. En trente ans, les pays africains ont vu 400 milliards de dollars quitter le continent, alors que la dette globale de l'Afrique est de 215 milliards de dollars. Plus de 13 milliards de dollars par an ont fui, soit "un pourcentage vertigineux" de 7,6 % du produit intérieur brut (PIB) annuel, entre 1991 et 2004, ce qui fait de l'Afrique «un créancier net vis-à-vis du reste du monde», précise Janvier Nkurunziza, économiste à la Cnuced. Depuis vingt-cinq ans, la dette et l'ajustement structurel fracassent l'Afrique et la vie de la plupart des quelque 850 millions d'Africains. Entre 1997 et 2002, les pays africains ont envoyé l'équivalent de 45,5 milliards de dollars à leurs riches créanciers, dont 34,8 pour la seule Afrique du Nord. La dette provoque donc une véritable hémorragie de capitaux pour les pays les plus pauvres, les privant de ressources nécessaires à la satisfaction des besoins humains fondamentaux. La dette opère donc une ponction insupportable sur les budgets des pays du Sud, les empêchant de garantir des conditions de vie décentes pour leurs citoyens. En moyenne, 38 % des budgets des pays d'Afrique subsaharienne vont au remboursement de la dette. Il est immoral de demander en priorité le remboursement de la dette pour des créanciers aisés ou des spéculateurs plutôt que la satisfaction des besoins fondamentaux. Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette ou se maintenir au pouvoir, les gouvernements sont prêts à surexploiter et à brader les ressources naturelles, à mettre en péril la biodiversité, à favoriser la déforestation, l'érosion des sols, la désertification. En Afrique, 65 % des terres cultivables ont été dégradées au cours des cinquante dernières années.

Dimension impérialiste de la dette

Depuis les années soixante, la France confisque l'indépendance de ses anciennes colonies africaines en y maintenant un système d'exploitation clientéliste et néocolonial. Entre l'Angola soutenu par Cuba et le Congo-Brazzaville marxiste des années 70, le Congo de Mobutu représente pour eux un allié stratégique face au bloc soviétique. Afin de sauver les apparences, Mobutu adopte un discours nationaliste et donne à son pays le nom de Zaïre, mais il est absolument soumis aux exigences des Etats-Unis et de leurs alliés. Ces derniers ferment les yeux devant les pratiques despotiques de Mobutu et ne reculent devant aucun sacrifice pour maintenir le Zaïre sous influence. L'aide «au développement» et les prêts au tyran vont bon train, peu importe l'usage qui en est fait. La dette du Zaïre et la fortune de Mobutu explosent simultanément. Le stock de la dette passe de 32 à 300 millions de dollars entre 1965 et 1970, près de 5 milliards en 1980 et environ 13 milliards en 1998. Dans le cas du Zaïre, la dette de ce pays s'élevait en 1982 à 4,2 milliards de dollars, ce qui, selon les chiffres officiels, est inferieur à la fortune personnelle du dictateur Mobutu et de son clan, laquelle représentait «entre 4 et 6 milliards de dollars soigneusement investis dans des comptes suisses ou en biens immobiliers à l'étranger» (revue de l'OCDE).

On profite ainsi de la dette pour recoloniser les secteurs clés, on privatise, on en fait profiter les mêmes entreprises (Bouygues, Bolloré et compagnie...). Et au passage, on efface des ardoises compromettantes, notamment, en Côte-d'Ivoire, le recyclage des fausses factures des HLM franciliennes vers les caisses du RPR. Des dictateurs ont été portés au pouvoir dans ces pays avec l'aide de la France, des USA et du Royaume-Uni. Pour les pays anglo-saxons, en ce qui concerne le continent africain, on peut citer les cas d'Abacha (Nigéria), de Mobutu (ex-RDC), d'Arap Moi (au Kenya) qui ont détenu pour certains le montant du PIB de leur pays dans des banques en Europe ou aux USA. Pour la France, les cas d'Houphouët Boigny mis en place par le système gaulliste (en Côte d'Ivoire), d'Omar Bongo (au Gabon), de Sassou Nguesso pour lequel la France et la compagnie Elf ont financé la reprise de pouvoir au Congo-Brazzaville en 1997 mais aussi de Mobutu soutenu par les réseaux françafricains dans les années 1990 alors que ce dictateur était lâché par les anglo-saxons. Les dictateurs françafricains pillent allègrement leur pays en investissant massivement cet argent détourné en Europe ou aux USA. Ils sont nombreux les «néogouverneurs françafricains» qui ont pu piller les richesses de leur pays avec les encouragements tacites de Paris : Bokassa, Patassé, Bozizé en Centrafrique, Bongo au Gabon, Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, Mobutu en RDC, Ismaël Omar Guelleh à Djibouti, Habyarimana au Rwanda, Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, Idriss Déby au Tchad, Eyadéma père et fils au Togo.... Soucieux de leurs intérêts économiques et géopolitiques, la France, les USA et le Royaume-Uni ont soutenu l'arrivée de ces dictateurs ou/et leur maintien au pouvoir.

Le rôle de la France dans les organisations internationales lui donne des responsabilités écrasantes, par exemple au FMI et à la Banque mondiale. Pendant quatorze ans le directeur du FMI, a été par deux fois, l'ancien directeur du Trésor en France. On ne peut pas dire qu'il était contraint d'appliquer ces cyniques politiques contre son gré, la France a donc défendu, soutenu, mis en place des politiques ultra-libérales. Elle continue de jouer un rôle qui va au-delà de son poids financier dans ces institutions, directement et à travers l'Europe qui est l'actionnaire principal du FMI. A travers ses conditionnalités, le FMI prend le contrôle des économies africaines au profit des pays industrialisés et leurs multinationales. Les conditionnalités ne sont ni plus ni moins la prise en main de la politique économique d'un pays par les pseudos experts du FMI, remettant ainsi en cause l'indépendance et la souveraineté de ce pays. Le phénomène de la dette a accompagné le mouvement des différents impérialismes vers les conquêtes de nouveaux marchés pour y écouler leurs produits et y piller les ressources en matières premières des pays emprunteurs. Le développement de la dette a trouvé essentiellement son origine dans la caractéristique principale de l'impérialisme, à savoir la domination du capital financier, la prépondérance de l'exportation des capitaux sur celle des produits et surtout le caractère autonome des circuits financiers par rapport aux circuits de la production des marchandises.

Au nombre de ces conditions, se trouve la privatisation, qui a dévasté des économies nationales. «Des milliers de travailleurs ont été compressés et le redressement rentable et coûteux a conduit à l'exclusion de centaines de milliers de personnes des services. Par ailleurs, des flux d'investissements directs attendus et l'accès à la nouvelle technologie ne se sont pas concrétisées». De plus, cette APD ne se dirige pas en priorité vers les pays qui en auraient le plus besoin et sert avant tout les intérêts géopolitiques du pays donateur : le principal récipiendaire de l'aide délivrée par les Etats-Unis était pendant longtemps l'Egypte, et l'Inde pour celle du Royaume-Uni. La CNUCED parle de «l'impératif moral d'une responsabilité partagée, si l'on considère en particulier que les institutions de Bretton Woods ont exercé la plus grande influence sur les politiques de développement dans le continent par le biais des programmes d'ajustement structurel et des prêts correspondants, lesquels n'ont pas donné les résultats escomptés en matière de croissance et de développement.» En plus ces dettes destinées à des régimes corrompus sont considérées comme «odieuses». En définitive comme le rappelle la CNUCED, la responsabilité de dette est partagée : «l'idée couramment répandue que le surendettement de l'Afrique est tout simplement l'héritage de gouvernements africains irresponsables et corrompus. Si cette idée n'est pas entièrement dénuée de fondement, en particulier au regard de ce qu'a été la politique de la guerre froide, ce sont bien les chocs extérieurs, la dépendance à l'égard des produits de base, des programmes de réforme mal conçus et l'attitude des créanciers qui ont joué un rôle décisif dans la crise de la dette. Une analyse plus nuancée montre que le profil de la dette est passé de la "viabilité" dans les années 70 à la "crise" dans la première moitié des années 80, la majeure partie de la dette ayant été contractée entre 1985 et 1995 dans le cadre des programmes d'ajustement structurel et sous la surveillance étroite des institutions de Bretton Woods.»

Une dette illégitime mérite une annulation pure et simple

La génération actuelle ne peut accepter cette commémoration du passé. Tout d'abord, l'argument «quand on a des dettes, on les paie» ne tient plus dans le cas des pays africains, car la situation de crise a été déclenchée par des facteurs extérieurs indépendants de leur volonté (hausse des taux d'intérêt, chute des cours des matières premières). De surcroît, cette dette est largement immorale car elle fut souvent contractée par des régimes non démocratiques, voire dictatoriaux, qui n'ont pas utilisé les sommes reçues dans l'intérêt de leurs populations. Les créanciers ont prêté en connaissance de cause, pour leur plus grand profit, ils ne sont donc pas en droit d'exiger des peuples qu'ils remboursent. Le prix Nobel Wangari Maathai, , déclarait ceci «Ce n'est un secret pour personne qu'un grand nombre de prêts a été octroyé à plusieurs dirigeants dictateurs, irresponsables en Afrique et ailleurs, et que l'argent n'a jamais profité à ceux à qui c'était destiné. Comment pouvez-vous punir les pauvres citoyens, qui n'ont jamais été consultés au sujet des prêts, qui ont été utilisés pour les opprimer, pour renforcer les élites au pouvoir se montrant coopératives, et pour exploiter les ressources au détriment de la santé, de l'environnement et du bien-être des populations? Ces dettes ont été non seulement mal conclues, mais sont illégitimes».

La gestion de la dette, estiment des experts, a réduit les budgets des pays en développement. Il n'y a pas assez d'argent pour permettre aux gouvernements de fournir correctement les services de base dont l'éducation et la santé. Si les dettes sont annulées, l'Afrique et d'autres nations pauvres auront plus de souveraineté pour décider de leurs propres mécanismes de développement, étant donné que les conditions qui ont précédemment été liées aux prêts ont maintenu les nations pauvres à la merci des nations riches. Depuis 1980, la dette extérieure publique (c'est-à-dire contractée par les pouvoirs publics ou garantie par eux) à long terme de l'Afrique a continué sa progression effrénée. Celle de l'Afrique subsaharienne a été multipliée par 4, passant de 45 milliards de dollars en 1980 à 175 milliards en 2003. La dette extérieure publique de l'ensemble de l'Afrique est donc passée de 89 milliards de dollars en 1980 à 250 milliards en 2003. Suite aux plans d'ajustement structurel imposés par le FMI, l'essentiel de la politique économique des pays du Sud est décidée à l'extérieur du pays concerné, notamment à Washington, à Londres, à Paris ou à Bruxelles . Déjà, la dette a été remboursée plusieurs fois : pour 1 $ dû en 1980, les Etats africains ont remboursé 4 $ mais en doivent encore 2,5 ! Elle a donc cessé de faire l'objet d'un remboursement équitable dans des conditions régulières, pour devenir un instrument de domination implacable, dissimulant racket et pillage.

Tout compte fait, la dette organise un transfert de richesses des populations du Sud vers leurs riches créanciers. Le droit international reconnaît la nécessité de prendre en compte la nature du régime qui a contracté les dettes, et l'utilisation qui a été faite des fonds versés. Cela implique une responsabilité directe des créanciers. Ainsi, si un régime dictatorial est remplacé par un régime légitime, ce dernier peut prouver que les dettes n'ont pas été contractées dans l'intérêt de la nation ou l'ont été à des fins odieuses. Dans ce cas, elles peuvent être frappées de nullité et les créanciers n'ont qu'à se retourner vers les dirigeants de la dictature à titre personnel. Dans tous les cas, les pays africains devraient cesser de payer ces dettes fallacieuses et immorales. Thomas Sankara rappelait à propos à la tribune de L'OUA le 29 juillet 1987 : «Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n'avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu'au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c'est-à-dire la dette de sang. C'est notre sang qui a été versé. On parle du Plan Marshall qui a refait l'Europe économique. Mais l'on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l'Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacées, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l'Europe ? C'est l'Afrique. On en parle très peu.»

L'antidote de la dette

Le service de cette dette extérieure publique est bien sûr très élevé au regard des capacités financières du continent : 20 milliards de dollars en 2003, dont 10,5 pour l'Afrique subsaharienne. Afin d'y faire face, les institutions internationales prônent sans relâche des réformes économiques pour attirer les investissements privés, provenant notamment des firmes multinationales, à travers des privatisations ou des prises de participation. Mais ces investissements conduisent souvent à une perte de souveraineté de l'Etat dans des domaines stratégiques (énergie, eau, télécoms, etc.) et génèrent des profits qui fuient très vite le pays pour gagner la maison-mère des grands groupes et leurs principaux actionnaires. Ces rapatriements de profits se sont élevés à environ 9 milliards de dollars en 2003 et sont encouragés par la libéralisation de l'économie imposée par les programmes d'ajustement structurel. Au même moment, les institutions internationales donnent des objectifs. Réduire des trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle. Réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de la population dans les campagnes et dans les villes privée d'un accès régulier à l'eau potable. Parvenir, d'ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis. Enrayer, d'ici à 2015, la propagation de la malaria et d'autres grandes maladies, et commencer d'inverser la tendance actuelle. Il est vraisemblable qu'avec la ponction du service de la dette sur leurs revenus, les pays africains ne pourront pas atteindre ces objectifs .Le recours à la dette doit être une solution ultime et non la solution prêt-à-porter des dirigeants africains.

L'initiative PPTE n'est pas non plus la panacée. Entre 1998 et fin 2004, 28 pays, dont 24 en Afrique, avaient bénéficié du programme PPTE, pour un montant total de 33 milliards de dollars, soit une réduction «de plus de moitié par rapport aux exportations et aux recettes publiques». Mais, explique la Banque mondiale, «même si la dette extérieure de ces pays était intégralement annulée, la plupart d'entre eux auraient encore besoin d'une aide extérieure importante, puisque, depuis de nombreuses années, l'aide qu'ils reçoivent dépasse de beaucoup les paiements effectués au titre du service». Le comble c'est que pour bénéficier de l'annulation de la dette dans le cadre de l'initiative PPTE, il faudra accepter le démantèlement de son économie par les apprentis sorciers du FMI. Cette fourberie de vouloir être condescendant avec leur initiative PPTE ne sied pas à l'Afrique. Emmurée dans sa grandeur sacrée, la thématique de la dette a pendant longtemps été manipulée par l'élite africaine sans résoudre le problème de l'endettement. Face à un problème aussi grave, il faut une réponse virile, peut-être celle adoptée ces dernières années par les pays d'Amérique Latine. Par exemple, le président de l'Equateur, Monsieur Correa a décrété le 4 octobre 2007, une reforme de loi sur les hydrocarbures. Le décret actuel de Correa vise à ce que la répartition se fasse sur la base de 99% pour l'Etat et de 1% pour les compagnies pétrolières, ce qui rapporterait à son pays 830 millions de dollars annuels. Il est donc temps que s'arrête les programmes de privatisation et même du paiement de la dette extérieure. N'est-il pas nécessaire de demander un moratoire sur le paiement de la dette des pays africains ?

Dans le cas contraire, Il est temps de revoir de fond en comble les politiques d'emprunts extérieurs des pays africains et l'utilisation de ceux-ci. «Quand il s'agit d'y recourir, les institutions parlementaires doivent en être saisies et en délibérer». La nécessité de l'adoption d'un mode de développement endogène est opportune. Réduire au minimum le recours aux emprunts extérieurs en mobilisant l'épargne domestique. Cela passe sans doute par une souveraineté monétaire. Adopter une vision de développement inspirée par les valeurs de la Renaissance politique, sociale, culturelle, économique et scientifique africaines en développant un consensus des peuples d'Afrique. En accélérant l'intégration économique des grandes régions de l'Afrique, les pays africains pourront mettre en place des politiques de stabilisation des prix des matières premières par des cartels de producteurs comme l'OPEP. C'est in fine, une refondation des relations entre les pays du Nord et ceux du Sud qui est ainsi visée. Sans une réorganisation de nos économies et une vision endogène du développement, tout effort et gesticulation sur l'endettement des pays africains ne seront comme un simple cataplasme. Refusant le conformiste et l'immobilisme actuel, l'Afrique doit adopter une vision iconoclaste afin de montrer au monde qu'elle est capable de tracer les sillons de son destin.

Une attitude courageuse des pays africains est attendue car il s'agit de la défense de toutes les conquêtes sociales et la défense même de l'existence de nos pays et de leur souveraineté. Il est temps que s'éveille en nous la fièvre révolutionnaire. Lénine disait un jour à propos du laxisme de sa base «que personne ne vous donnera jamais rien si vous ne savez pas prendre vous-mêmes». Ensemble, avec l'audace et la volonté, nous réussirons ! Vive l'Afrique libre et prospère !



Séraphin YAO PRAO
Président du MLAN

21:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

"JUSTICE POUR L'AFRIQUE", UN DOCUMENT BOULEVERSANT, A LIRE ABSOLUMENT !

Lundi 26 Novembre 2007


Chers Bien-aimés frères et soeurs Ivoiriens et Africains,


Il y a quelques jours, l'ami Paul Arnaud (à qui je dis un merci infini) m'a expédié, en fichier PDF, un extrait de 9 pages du chapitre « Justice pour l'Afrique! » (pages 125-154) du livre d'Eva JOLY, intitulé « LA FORCE QUI NOUS MANQUE », Edition Arènes, 2007, 190 pages.


En ouvrant ce document, je m'attendais à tout sauf à ce que j'y ai lu. Je vous l'avoue, j'en ai été bouleversé et mon coeur a abondamment saigné pour l'Afrique.
Est-ce possible qu'à ce 21ème siècle, on puisse continuer de traiter ainsi l'Afrique et les Africains? Les mettre ainsi sous coupe réglée, dans un pillage aussi odieux et aussi inhumain?
C'est la seule question qui m'est restée pendante aux lèvres après ma lecture, jusqu'à ce jour.


Je crois qu'il va falloir une révolution (une révolte?) en Afrique, et particulièrement en Afrique Noire subsaharienne, si nous ne voulons pas condamner nos peuples à une sempiternelle misère. Dussions-nous vouer la France aux gémonies.


Ce que je vais dire maintenant n'est pas de la politique, même si ça en a l'air. C'est une question de réalisme de survie: Il nous faut beaucoup prier pour le Président GBAGBO. Il ne doit pas échouer et il ne doit pas abdiquer. Sinon, c'en est fait de la Côte d'Ivoire et de nos espoirs fous en l'éveil et en la libération de notre pays et de l'Afrique.


Bonne lecture à vous tous! Merci, cher Paul Arnaud!


Que DIEU vous bénisse, richement!




Eva Joly : « Justice pour l’Afrique ! »
pp. 125-154 in « LA FORCE QUI NOUS MANQUE », Arènes, 2007, 190 p.
mis en ligne avec l’autorisation (enthousiaste) de l’éditeur !


Ce document n’est pas un texte de chercheur. J’ai gardé
l’intégralité du chapitre spécialement consacré à l’Afrique,
même si l’Afrique est omniprésente dans l’ensemble du livre.
Eva Joly a simplement voulu faire partager son itinéraire, sa
démarche. Elle raconte simplement ce qui a suivi dans sa vie
après l’affaire Elf. Ce qu’elle a appris, ce qui l’a choquée, ce
qui est considéré comme « normal » mais qui mine l’Afrique.
C’est un texte de juriste très expérimentée sur les rapports
nord-sud.
A lire comme un témoignage d’une personne très bien
informée et qui fait beaucoup de « terrain ».
A méditer…

JUSTICE POUR
L'AFRIQUE !


SUIS-JE EN TRAIN DE DEVENIR l'un de ces missionnaires norvégiens parcourant
l'Afrique? Parfois je me le demande.
Lorsque j'ai instruit l'affaire Elf, je n'avais jamais mis le pied en Afrique. C'est en
accompagnant l'ONG, Plan International, que j'ai découvert pour la première fois un bout de
cette terre immense, avec ses peuples si nombreux et différents les uns des autres que j'hésite
à utiliser le mot traître d'Afrique. Il y a des centaines d'Afrique. Depuis cinq ans, mes
nouvelles fonctions m'ont conduite au Kenya, en Zambie, en Afrique du Sud, à Madagascar,
en Algérie, au Nigeria, en Angola, en Tanzanie. L'urgence de ces peuples s'inscrit en moi.
Chaque fois que je reviens sur ce continent, il m'est un peu plus familier, et me presse d'agir.
Je n'y ai rencontré aucune fatalité, mais un énorme et vieux mensonge.
Ce que les pays riches accordent d'une main hésitante, les grandes entreprises, les banques,
les intermédiaires, les experts et les fonctionnaires internationaux le reprennent de l'autre,
beaucoup plus fermement. Pour un euro donné, les pays étrangers en retirent deux de la terre
africaine.
Aussi je me réjouis chaque jour depuis cinq ans d'être mandatée par le gouvernement
norvégien en Afrique. Il ne nous est pas demandé de la parcourir du nord au sud pour y faire
fructifier les intérêts des compagnies pétrolières norvégiennes, ni de défendre les restes d'un
empire colonial. Là où nos entreprises géantes comme Statoil ou Norsk Hydro dégagent des
milliards de marge, les Norvégiens ne supporteraient pas qu'il n'y ait pas de développement.
Et là où elles sont absentes, dans ces zones pauvres qui n'intéressent plus aucun pays
donateur, nous devons être aussi. La Norvège parle développement, démocratie,
transparence. Ils ne vont pas l'un sans l'autre, et ce ne sont pas des mots. Tant que la
corruption domine, assise sur des régimes vassalisés, des milliards de dollars continueront de
fuir l'Afrique. Et l'on pourra toujours vacciner, alphabétiser, creuser des puits, à tour de bras,
la situation ne changera pas.
Nous finançons donc des réformes structurelles qui touchent au fonctionnement des
institutions: en Tanzanie, c'est actuellement le recensement des propriétés des pauvres, tant
qu'elles ne le sont pas, il leur est interdit d'emprunter. En Angola, nous finançons des ONG
qui oeuvrent pour la transparence et la surveillance des élections. Il faut enterrer ce miracle
politique, rodé en maints pays d'Afrique, qui multiplie à volonté les électeurs et les votants,
transforme une minorité en majorité, une défaite en victoire. Au Nigeria, nous allons aider
techniquement le pays à mesurer précisément sa production pétrolière, nous le faisons sur le
site de forage et non au chargement des bateaux, là où toutes les fuites et toutes les combines
sont possibles. Mesurer sa production, c'est mesurer sa fortune.
J'ai dessiné pour chaque pays un tableau de son histoire. J'y ai mis des chiffres, le nom de
l'ex-occupant colonial, celui de la multinationale qui a pris le relais et exploite les sols, les
accords de défense. J'accompagne la mise en place par la Norvège des structures de lutte
contre le blanchiment. Notre message dans toutes les instances internationales est de dire
qu'il n'y a pas de lutte contre la pauvreté sans lutte contre la corruption. Nous ne sommes pas
une ambulance humanitaire de plus, la Norvège veut rendre à l'Afrique ce qui lui appartient.
Voilà ma feuille de route.
Je fais parfois des détours, et je m'attarde quand je butte sur l'insupportable. Je n'étais pas
venue à Madagascar, pays que nous aidons beaucoup, pour parler de son système
pénitentiaire. Mais nous sommes entrés dans la prison d'Antananarivo, la capitale. Une vaste
cour, sans arbres et sans ombre. Sur le sol de terre battue, des cercles où les employés de la
prison déposent la nourriture, essentiellement du manioc cru, 250 grammes par personne par
jour. Trois mille détenus pour trois gardiens, nous apprend le directeur. Au fond donnant sur
la cour, des salles de vingt-cinq mètres de long et trois mètres de large. Aux murs, des
rayonnages sur trois niveaux, les détenus dorment là, sur le bois, sans matelas. Je revois en
un éclair la photo d'un block de Buchenwald. « Ils sont deux au mètre carré. Il y a dix ans, il
en mourait tous les jours », poursuit le directeur. Il ne semble craindre ni l'évasion ni
l'émeute. « Les murs sont si vieux que si on pousse, ils tombent ». nous dit-il. Les détenus
sont calmes, écrasés de soleil et de renoncement. Le directeur égrène encore quelques
chiffres. Il dispose de huit centimes d'euro par détenu et par jour. Il y a un médecin, mais pas
d'argent pour les médicaments qu'il prescrit.
Elles sont trente dans le quartier des femmes. Dans un recoin, quelques matelas réservés
à celles qui sont enceintes. Celles-là, explique le directeur, vont accoucher à l'hôpital, et
reviennent ensuite avec leur enfant qui vit ses cinq premières années, avec une mère
emprisonnée et le plus souvent pas encore jugée. « Quand avez-vous vu le juge pour la
dernière fois ? » demande-t-on à une détenue. « Il y a trois ou quatre ans », répond-elle.
Toutes attendent. Rien ne se passe. Si ce ri est les enfants qui grandissent. Ils sont une
centaine dans le quartier des adolescents. L'odeur est irrespirable. Nous apercevons un
unique robinet avec un tuyau au bout. Un simple trou permet de faire ses besoins. La
discipline veut qu'ils se mettent en rang pour avancer.
Je sors de là, hébétée. La veille j'ai rencontré le président malgache, Marc Ravalomanana,
dans le palais Kim Il Sung II. Je l'ai même félicité sur le sens de certaines réformes, mais
nous n'avons pas parlé des prisons, et j'enrage. Nous sommes à Madagascar pour évaluer
l'impact de l'aide norvégienne, et mettre en place la cellule antiblanchiment. J'ai à ma
disposition plus que des mots, de l'argent. Je dois peser sur l'intolérable. D'autant que dans ce
pays qui sort de vingt ans de quasi-dictature il suffit de quelques instructions pour que le
système juridique s'incline. Les magistrats ne conçoivent pas de résister à l'autorité politique.
Patrice de Charrette, responsable de la mission d'appui à l'État de droit envoyé par l'Union
européenne, a fait la liste nominative des personnes en détention provisoire depuis plus de
dix ans, il me la donne, et précise qu'une fois devant le juge le taux d'acquittement est de
soixante-dix pour cent. Sur la liste, je trouve ainsi le voleur d'un boeuf, placé en détention
provisoire depuis dix-neuf ans. Un magistrat l'emploie chez lui comme homme à tout faire et
le soir il rentre dormir sur sa paillasse de bois. Je demande à Patrice de me fournir une liste
des détenus par infraction. Nous constatons qu'ils sont trois mille dans toutes les prisons du
pays, à être détenus pour vol. Il faut suggérer au gouvernement une amnistie pour ce délit.
Le soir même, il y a réception à l'ambassade de Norvège. Le ministre de la Justice de
Madagascar est là. Je lui propose mon plan, j'énumère les infractions qui pourraient être
amnistiées. On me rétorque qu'il faut faire avec les croyances et les coutumes locales, qu'un
vol de boeuf peut avoir une signification très lourde, notamment dans les Hautes Terres.
Le lendemain, le président donne un dîner en l'honneur de Kofi Annan, secrétaire
général de l'ONU. L'ambassadeur de Norvège s'est arrangé pour que je sois invitée. Me voilà
bien placée. Je suis tout près de la table du président Ravalomanana, assise à la droite de
Paul Vergès, frère de l'avocat, et figure politique de l'île de La Réunion. Lorsque le dîner
s'achève, Marc Ravalomanana me tire par le bras et veut me présenter à Kofi Annan et son
épouse. Elle est suédoise. Immédiatement nous parlons en norvégien, je profite de cette
connivence nordique sous les tropiques pour lui parler de ma visite à la prison, de la
violation des droits de l'homme qui y est perpétrée et lui dis qu'il faut que j'en parle à son
mari.
Le lendemain matin, j'ai de nouveau rendez-vous avec le président. Après deux heures
d'attente, il nous reçoit enfin.
- Qu'avez-vous à me dire?
- Vous me permettez de vous parler franchement?
- Allez-y.
- Marc, il y a un problème énorme dans vos prisons. Si vous êtes un grand président, il
faut vous en occuper maintenant. Pour l'heure, vous pouvez encore parler d'un héritage laissé
par la colonisation, puis par la dictature de votre prédécesseur, mais à compter d'aujourd'hui
c'est votre problème!
Le président est un self-made-man. Jeune homme, il faisait la tournée des producteurs
de lait à vélo à Antsirabe, la deuxième ville du pays, avant de monter une coopérative, puis
un conglomérat à la mode malgache. Il est instinctif et pragmatique. Il me laisse lui faire
quelques suggestions, puis me demande d'écrire, là, devant lui, le brouillon d'une loi
d'amnistie. Je m'exécute sur un coin de table et j'aligne les crimes et délits pouvant être
concernés par- l'amnistie, vol, adultère... Il me coupe dans mon élan en disant: « Eva, une
vaste amnistie, je ne peux pas, elle serait étendue à mes adversaires politiques, et je ne veux
pas qu'ils sortent avant les élections... » Je ne réagis pas, j'ajuste quelques mots, il est déjà en
train d'appeler le ministre de la justice et réclame une conférence de presse. La scène aura
duré trois quarts d'heure. Nous convenons de nous revoir le surlendemain. A la sortie, la
caméra de la chaîne de télévision liée au pouvoir est déjà là qui m'interroge. Je déclare que
nous avons abordé la question grave du respect des droits de l'homme et de la condition
pénitentiaire. J'ajoute que le président a promis de se conformer aux normes internationales.
Il veut se servir de moi, et moi de lui.
Je pars comme prévu dans l'Est du pays, j'atterris dans un hôtel à l'architecture très
stalinienne baptisé « La Piscine ». Le lendemain matin, je me réveille, avec une vue sublime
sur la mer, je me sens utile et heureuse de vivre. Mon portable sonne. C'est le secrétariat de
Kofi Annan, qui veut que l'on se rencontre le soir même à six heures. J'explique que c'est
impossible, que je suis à neuf cents kilomètres de là, et que c'est avec grand plaisir que je
viendrai m'entretenir avec lui prochainement à New York. Mais l'ambassadeur de Norvège
me fait comprendre que je ne peux décliner ce rendez-vous, qu'il y a là une grande chance de
faire avancer très vite le projet d'amnistie. Bref, nous décidons de repartir pour la capitale.
J'ai une journée pour écrire le projet de texte d'une déclaration : il n'est plus question d'une
amnistie, mais du droit de grâce présidentiel.
«Je... Marc Ravalomanana, ai résolu d'accorder quatre mois d'amnistie à tous les
condamnés dont la peine est définitive. Je demande au ministre de la Justice, de donner
instructions aux parquets de requérir la libération de ceux qui sont détenus pour vol depuis
plus de deux ans, et d'obtenir le jugement avant la fin 2006 des personnes en détention
provisoire pour faits graves depuis plus de deux ans... » J'écris le texte en français avec mon
clavier norvégien, le résultat est plein de fautes. J'ajoute que le président exerce son droit de
grâce à l'occasion de la visite du secrétaire général de l'ONU. Nous imprimons le texte à
l'arrivée, dans le bureau du directeur de l'aéroport. J'ai encore mes bigoudis et un foulard sur
la tête, je les retire vite fait dans les toilettes, je n'ai pas le temps de repasser à l'hôtel.
Lorsque j'arrive à la résidence présidentielle, Marc Ravalomanana est seul. Kofi Annan
n'est pas là. L'ONU n'a pas voulu que son secrétaire général soit mêlé à une affaire interne.
Je suis terriblement déçue. Le président semble pressé, il regarde le texte, me dit qu'il ne peut
rien faire à l'occasion de la visite d'Annan, mais promet que ce sera fait le 29 mars, jour de la
fête nationale. Je repars le lendemain, incertaine de l'issue. Jacques Chirac aimait à dire que
les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent. J'ai peur que le président malgache ne
partage son cynisme.
Le 29 mars 2006, je suis à Washington. Mais je n'ai rien oublié de ce que j'ai vu dans les
prisons malgaches. Je monte dans ma chambre d'hôtel et j'appelle Antananarivo, fébrile.
Dans son discours, Marc Ravalomanana n'a pas oublié les prisons. Il a fait usage de son
droit de grâce qui s'étend à 369 personnes dans la prison d'Antananarivo et au même nombre
dans le reste du pays. Instruction et moyens ont été donnés aux magistrats de juger les cas les
plus graves dans l'année. La parole a été tenue. Je suis heureuse. J'appelle aussitôt Patrice de
Charrette, qui regrette que le geste ne soit pas plus large, il a raison. Une réelle amnistie
aurait vidé les prisons de milliers de prévenus qui n'ont rien à y faire. La démocratie est une
pratique qui s'apprend. Marc Ravalomanana a tenu parole, et ce n'est jamais populaire de
vider les prisons. Les circulaires sont sorties, elles proclament l'obligation de juger dans
l'année. Un projet de loi pour limiter la détention provisoire en toute matière à deux ans a été
déposé. La date du 29 mars m'est restée en tête. Lors d'un nouveau séjour à Madagascar, j'ai
voulu savoir ce qui s'était passé ce jour dont on fit la fête nationale. C'était le 29 mars 1947.
Le premier grand soulèvement contre l'occupant français. La grande île comptait alors quatre
millions d'habitants et trente-cinq mille colons. Tout a commencé dans la nuit de samedi à
dimanche, des camps de gendarmerie ont été attaqués par des Malgaches à Moramanga, à
Manakara ainsi que dans le Bas-Faraony. L'insurrection était menée par des sociétés secrètes,
installées dans les forêts et aux points stratégiques du réseau ferroviaire. L'armée française
répondit par une répression aveugle, le corps expéditionnaire monta jusqu'à trente mille
hommes. La guérilla s'installa dans la grande forêt pendant plus de vingt mois jusqu'à
épuisement. Les derniers rebelles, affamés, finirent par se rendre. Entre-temps, l'armée
française avait procédé à des exécutions sommaires, des tortures; elle avait brûlé les villages;
des suspects furent jetés d'avion pour installer la terreur dans les esprits. Bilan de vingt et un
mois de rébellion: entre 30 et 80 000 morts. Combien ? Nul ne sait exactement. Je
comprends mieux pourquoi, lors de nos entretiens, Marc Ravalomanana préfère parler avec
moi en anglais et non en français. Soixante ans après, la blessure est toujours là.
Lorsque je voyage en Afrique, je n'entends que ressentiment et plainte vis-à-vis de la
France. Où que j'aille je bute sur l'histoire coloniale. Elle est partout dans le paysage africain.
Il me faut la relire, ou plutôt la lire et la comprendre, car l'information est impressionniste,
voilée, comme escamotée. Lorsque je suis arrivée en France en 1964, la guerre d'Algérie
venait de se terminer, j'achetai France Observateur (l'ancêtre du Nouvel Observateur) pour
ses débats et les éditos engagés en faveur du tiers-monde. Je croisais les amis de Pascal
revenus des Aurès. Ils parlaient peu de la guerre d'Algérie, ils préféraient sûrement l'oublier.
Eprise de ce pays, dont je réclamais l'adoption, j'ai cru que la page avait été tournée.
Je n'avais rien compris à ce que l'écrivain Slimane Zeghidour appelle « le secret de
famille de la République ».
Lorsque j'ai pris en charge l'instruction de l'affaire Elf, j'avais en face de moi les puissants
du pétrole français, je n'aimais pas leur arrogance, la façon qu'ils avaient de se servir dans les
caisses, mais lorsqu'ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j'étais prête à les croire. Je
sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts
fonctionnaires intègres, d'une compétence absolue. J'avais confiance dans les institutions de
mon pays d'adoption. Je n'imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales
du pétrole fût autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système luimême.
Pourtant au fil de mon enquête, j'ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée
par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m'arrêter sur le seuil de
certaines portes, qui menaient vers l'étranger. Je découvrais des chemins qu'il aurait été
passionnant de remonter, des connexions qui m'ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes,
nous avions sous nos yeux le déchiffrage d'un vaste réseau de corruption institutionnalisé,
dont les fils étaient reliés en direct à l'Elysée.
Ce n'était pas mon rôle d'en tirer les conclusions politiques, mais j'en ai gardé
l'empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j'ai toujours avec moi. Il fait
huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d'un directeur des hydrocarbures
d'Elf, jusqu'à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d'Omar Bongo:
quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d'une
part, le budget de l'Etat et le gouvernement d'autre part. J'emporte souvent ce schéma avec
moi, au fil des rendez-vous. Je l'étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat
sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se
sont sophistiquées, mais le système est là: les tyrans sont des amis, que la France a placés au
pouvoir et dont elle protège la fortune et l'influence par de vastes réseaux de corruption; en
échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser
le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni
l'économie des pays.
Et si je m'arrête un instant au Gabon, qu'est-ce que j'y vois? Un pays riche qui exporte
plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un PIB par habitant
largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l'espérance
de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an
de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole? Le taux de mortalité infantile est au
Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40 % contre
une moyenne de 79 % dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse
gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l'uranium, fief de Total-Elf la
première capitalisation boursière française.
Si les habitants de Libreville n'ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c'est parce
que la France s'est accaparé ses ressources minières, avec la complicité d'un président, enrôlé
dès son service militaire par l'armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à
32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d'Etat du monde. La France contrôle son
armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs
fois par an, avenue Foch ou à l'hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, les
publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.
Dans les années 1990, un homme politique français de premier plan, alors en fonction,
bénéficiait en parallèle d'un contrat de « consultant » signé par Omar Bongo et largement
rémunéré. De Roland Dumas, le président gabonais dit qu'il est « son ami intime ».
Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas Sarkozy, venu « prendre conseil » en tant que candidat à
l'élection présidentielle. Lorsque au cours de l'instruction, nous avons perquisitionné au siège
de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui
paraissait tenu à la plume sergent-major. C'était une sorte de Who's Who de la France en
Afrique, qui en disait long sur l'envers de la République et des médias.
A ceux qui croient encore à l'aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de
consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). La
corrélation est régulière entre le montant de l'aide française et la richesse en matières
premières. En clair, celui qui n'a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de
Paris... Il n'est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l'un des premiers bénéficiaires de
l'aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système
de santé et d'éducation. L'argent s'est perdu en route. Il est justement fait pour cela.
Il ne s'agit pas d'une dérive mais d'une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque
audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques,
d'espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense
livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions
au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d'ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total
aujourd'hui, est un Etat dans l'Etat, conçu par Pierre Guillaumat un ancien ministre de la
Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de
servir les intérêts géopolitiques de Paris.
La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites
futures. La France se sert d'Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient
dans le golfe de Guinée, au Nigeria, au Congo-Brazzaville, en Angola... Tous ces pays ont
connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s'est fait sentir. Le
chaos, lorsqu'il se produit, ne trouble pas le système. Il n'est qu'à voir l'Angola, en guerre
pendant des dizaines d'années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n'a raté sa
destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient... Les banques françaises, BNPParibas
en tête, ont même profité de l'occasion pour élaborer des montages financiers
destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu'elles ne prenaient pas le
moindre risque. L'argent, là aussi, n'a pas été perdu pour tout le monde. C'est un miroir dans
lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.
Depuis que j'ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j'ai
voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et
bleus... J'ai appris en marchant. A l'arrivée, le tableau est effrayant.
L'Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l'être. Mon pays est riche, mais il se
souvient avoir été pauvre, un peuple d'émigrants regardant vers le Nouveau Monde
américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d'un passé très lointain,
vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers
l'Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la
parole chrétienne et l'oeuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les
croise encore dans les quartiers d'expatriés blancs.
Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l'exploitation des
ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les
générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la
première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont
pas des enfants de choeur. De récentes enquêtes ont montré que certains d'entre eux ont versé
des commissions et que la tentation d'abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la
Norvège n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait de son pétrole. Ce que j'ai vu, les rapports
internationaux qui l'attestent, est une oeuvre d'espoir.
La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de
ses valeurs et de l'image qu'elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides
et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant
systématiquement la loi, la justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de
tout bord, ont-ils toléré ce qu'ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par
ailleurs prompts à s'enflammer, n'ont-ils rien voulu voir ?
Je ne condamne pas. J'ai partagé cet aveuglement. J'étais comme eux, avant de glisser
l'oeil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France
reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L'indépendance politique a été
largement une mascarade en Afrique de l'Ouest. L'Occident a fermé les yeux, car la France
se prévalait d'être le « gendarme » qui défendait la moitié du continent contre le
communisme. Les Français ont laissé faire, car, astucieusement, de Gaulle et ses successeurs
ont présenté leur action comme un rempart contre l'hydre américaine. Elf était l'une des
pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude,
ancrée dans les mentalités, que « là-bas, c'est différent ». Là-bas, c'est normal la corruption,
le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c'est normal la présence de l'armée française, les
proconsuls à l'ambassade ou à l'état-major, les camps militaires. Là-bas, c'est normal
l'instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c'est normal la captation des richesses
naturelles. D'ailleurs « tout le monde fait pareil ». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite,
nul Français ne songe à s'offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une
opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Rwanda, quand tous se
gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d'un fard
démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des
symétries.
J'ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures
de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A
ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigeria, riche en
pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l'indépendance.
S'ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l'Elysée via des sociétés
suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires
français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de
l'aller, remplie d'armes... A l'image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques
Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux.
Les officiers, lieutenants d'alors, généraux d'aujourd'hui, racontent ce bon tour le sourire aux
lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d'histoire.
Des drames comme celui-ci, l'Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés
sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général de Gaulle,
le génocide des tutsis commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats
d'opposants, les manipulations d'élection... Le passif de la France sur le continent africain n'a
rien à envier à l'impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.
Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de
repentance qui s'est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à
inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l'objet d'une proposition de loi, largement
soutenue par les députés. Bien sûr, l'histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a
compté aussi des aventuriers sincères, explorateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait
corps avec les pays qu'ils ont découverts. A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs
malgaches, ne cessent de louer devant moi l'état des routes et des infrastructures françaises
au moment de l'indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas
faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l'onde portée va bien
au-delà d'une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout: du malheur comme du
bonheur, de la richesse comme des dettes.
La République française paie aujourd'hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la
liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant
1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français
comme les autres. Les gouvernements successifs n'ont pourtant cessé d'inventer des
périphrases : « indigène musulman », « sujet africain non naturalisé », « JFOM » (jeune
français originaire du Maghreb), « jeune issu de l'immigration », « fils de harkis », « jeune
des quartiers », « Arabo-musulman », « Français d'origine arabe », « Français musulman »...
La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, sur son sol,
ses enfants d'ascendance africaine n'étaient pas français. Le développement de la
Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet
empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française,
est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s'est bâtie fait partie de l'héritage. Qui
osera un jour rendre au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la
France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l'uranium du Niger ou
ceux des mines d'or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne
touchent qu'une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a
contracté une dette qu'il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que
nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l'Europe, il
pourrait être versé une rente au lieu d'un avis d'expulsion. Je rêve, pour ce pays que j'aime,
d'un réveil collectif.
Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la
Françafrique : ce qu'une génération a fait, une autre peut le défaire. C'est possible.
Je reviens de Zambie. La Norvège, avec d'autres pays, finance là-bas la cellule
anticorruption, chargée d'enquêter sur la période dictatoriale de Frederick Chiluba, président
de 1991 à 2001, qui a depuis été arrêté et fait l'objet de cinquante-neuf chefs d'inculpation
pour abus de pouvoir, vols et détournements de fonds publics estimés à des centaines de
millions de dollars.
Nous payons notamment les honoraires des avocats chargés de plaider le rapatriement
des fonds saisis et gelés en Grande-Bretagne. C'est pour moi tout un symbole. C'est la
première fois que l'aide au développement finance une procédure, elle est évaluée à plusieurs
millions de livres. Le temps de la justice est long, je sens bien qu'en Zambie le doute peut
s'installer, et que l'on risque de s'entendre demander si les sommes englouties dans un long
procès ne seraient pas plus utiles pour des vaccinations ou des écoles. Mais i1 faut tenir le
cap, il y a énormément d'argent à la clé, et donc la reconstruction de ce pays riche de mines
de cuivre dont il n'a jamais touché les dividendes.
Il était prévu que je parle devant le Parlement. Je toussais énormément, j'avais demandé
au médecin un remède de cheval, pour pouvoir aller au bout de mon discours. Devant les
députés de Zambie, j'ai donné lecture des détails de l'un des contrats de privatisation des
mines de cuivre, conclu sous Chiluba et avec la bénédiction du FMI. Ce contrat offre aux
entreprises concessionnaires vingt-cinq ans d'exonération ou de minoration fiscale. Résultat,
alors que la valeur du cuivre exporté en 2006 atteint trois milliards de dollars (soit 12 % du
budget, 40 % du PNB et 90 % des exportations), le pays ne reçoit que 60 millions de recettes
soit 2 %. A titre de comparaison, la Norvège perçoit 70 % de la valeur d'exportation de son
pétrole et gaz, le Chili, le plus gros producteur mondial de cuivre, perçoit 50 % et le
Botswana, 75 %. Il ne reste rien à la Zambie, une poignée de dollars, un sol pollué, et une
main-d'oeuvre d'esclaves. 68 % de sa population vit avec moins d'un dollar par jour. J'ai
dénoncé tous ces contrats iniques, et demandé qu'ils soient renégociés. Conclus dans une
période de corruption intense, ils risquent de toute façon l'annulation, ce qui donne quelques
arguments à l'Etat zambien, qui peut menacer de remettre la main sur ses mines. La Banque
mondiale soutiendra l'initiative, ai-je promis, en m'avançant. Les députés se sont levés pour
applaudir l'idée. Le lendemain, le discours faisait la première page des journaux.
J'ai dû annuler le reste de mon programme. La toux révéla une pneumonie. Par un signe
du destin, elle m'emmenait vivre dans mon corps la pénurie africaine. Le médecin est revenu
à minuit. Pneumonie du lobe gauche. « Il n'y a rien en Zambie, j'ai un petit centre avec
quelques lits, une infirmière, je vous emmène là-bas. » C'était sommaire effectivement, deux
lits en fer, des draps blancs et propres sous une moustiquaire. Une aide soignante aidait
l'infirmière. Le médecin installa l'antibiotique en perfusion, je redoutais ce matériel et ces
aiguilles trop rares pour qu'on en fasse usage unique. Mais je ne disais rien. Gentiment, le
médecin me dit qu'il me trouvait fatiguée, qu'à la moindre complication il n'aurait rien pour
agir et que je pourrais mourir. Il me parlait de mon âge sans oser le mentionner. Il me traitait
aussi en personnalité étrangère. Nous avons décidé de mon transfert vers Johannesburg, par
le jeu des assurances. En attendant le départ, j'ai passé là un jour et une nuit. L'infirmière et
l'aide soignante se sont relayées à mon chevet, elles me lavaient avec douceur,
prenaient ma tension et ma température toutes les deux heures, et dormaient par terre, à côté
de moi. Malgré le décor, malgré la toux qui me secouait, leur présence me rassurait.
Arrivée à Johannesburg et son hôpital moderne, j'ai dû passer une nuit en réanimation,
avant de monter dans une chambre. Nous étions trente dans une vaste salle. La majorité de
ceux qui étaient là était en phase terminale du sida. Ce n'était que hurlements et prières.
En face de moi, un homme plus très loin de la mort. Sa femme est d'abord venue seule,
elle semblait lui parler d'avenir. Puis les enfants, puis la soeur sont arrivés, tous ensemble ils
ont prié, ils étaient musulmans. A gauche, un homme blanc, il venait de faire une attaque
cérébrale. Il vivait au Mali avec sa femme où ils exploitaient un petit commerce, ils avaient
acheté pour leur retraite une maison en Afrique du Sud. A droite un homme noir,
manifestement atteint du sida, il ne pesait plus qu'une trentaine de kilos et une excroissance
mangeait son visage.
J'étais épuisée, inquiète. Le docteur a très vite demandé à ce qu'on me retire ma
perfusion zambienne, « parce qu'elle vient d'où elle vient » a-t-il dit à l'infirmière. J'avais
peur. La mort était là, tout autour de moi, elle me lançait sur de fausses pistes, de fausses
questions, où est-ce que j'ai envie d'être enterrée, en France ? en Norvège dans ces petits
cimetières aux croix blanches posés face à la mer tout au bord des fjords ? Et puis elle me
ramenait vers l'Afrique, je sentais en moi la douleur de ces pays pillés et privés d'hôpitaux, et
je me disais que j'aimais la vie et que j'allais y arriver. Je me suis juré, là sur mon lit, que les
contrats d'exploitation des mines de cuivre de Zambie seraient renégociés.

20:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'INJURE DE SARKOZY A L'AFRIQUE ENTIERE

Vendredi 17 Août 2007


Chers Bien-aimés frères et sœurs,


Le 26 Juillet 2007, à la faveur d’une visite officielle au Sénégal, Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française, a tenu, face à la Jeunesse estudiantine, à l’Université CHEIKH ANTA DIOP de Dakar, un discours qui sera de triste mémoire, tant son contenu est impertinent et, à la limite, injurieux pour le peuple africain tout entier.

Ce discours dans sa texture générale se veut, tout à la fois, affable, conciliant et franc. Mais, à la vérité, c’est du cynisme bien enrobé qu’il m’a plutôt été, personnellement, donné de décrypter.
Ce discours est plus qu’offensant, c’est une véritable injure faite aux Africains et à l’Afrique.
Ce qui me fait penser et dire que cet homme pourrait bien être pire que CHIRAC.

La première chose qui me heurte l’esprit chez cet homme, en général, et dans son laïus de Dakar, en particulier, c’est sa propension et son obsession à marquer son opposition à toute logique de repentance, pour les actes commis par son pays et l’Europe, ainsi que leurs responsabilités clairement engagées, dans les désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.
A même l’écouter, les Africains devraient presque les remercier et les féliciter d’avoir apporté un soupçon de civilisation dans leur immense océan d’obscurantisme.

L’allergie de Monsieur SARKOZY à la repentance prouve bien qu’il n’a pas de grandeur d’âme et que le fait qu’il fasse de l’esprit en parlant de l’Afrique avec emphase, donnant l’impression d’en être soucieux, n’est que pure tromperie et du vernis.
On ne décèle aucune lueur de remord dans son speech ; cet homme me semble insensible (tant qu’il s’agit de nègres, qu’en a-t-il à cirer ?). Il a la réaction exacte et typique d’un sataniste ou d’un franc-maçon de haut rang. Il se vante presque d’avoir banni la repentance de son champ lexical. Ses dehors avenants et sa personnalité énigmatique ne cachent-ils pas un monstre ? Il y a à s’interroger.

Je m’insurge contre son assertion selon laquelle « nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères », parlant des désastres de la Traite négrière et de la Colonisation.
Je le redis, cet homme est étranger à la grandeur d’âme.
La repentance, loin d’être un archaïsme religieux, et loin de rabaisser un homme, un peuple ou une nation, l’élève plutôt.
Et s’il ne le sait pas, il n’est pas digne de diriger un pays, ni même d’être appelé un leader.

Monsieur SARKOZY ne pouvait tenir un tel discours qu’au Sénégal ou au Gabon et trouver des oreilles attentives et des regards admiratifs ; chez les Présidents WADE et BONGO, affligeants parmi les plus tristes bras séculiers de la France et de la Françafrique.
En Côte d’Ivoire, nous ne l’aurions pas raté. Il aurait été proprement conspué.
Comment les Sénégalais ont pu écouter une telle coulée d’impudence sans broncher, sans dire à cet homme son fait. J’en suis encore retourné.
Il célébrait, devant eux, les bienfaits de la colonisation (sic) et nul ne dit mot. En quoi ce discours est-il différent de celui de Monsieur CHIRAC qui souleva une véritable levée de bouclier, en France, et qui fit réviser l’inique loi qu’il s’apprêtait à faire voter sur la même thèse ?
Si cet auditoire sénégalais est ce qu’on appelle la future élite africaine, alors il faut désespérer totalement de l’Afrique.
Quant à la France, je dis à son propos qu’un pays qui n’éprouve aucun remord pour ses crimes est appelé à les reproduire, intégralement. Dut-il le reproduire sous d’autres formes comme on le voit, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire et en Afrique subsaharienne.

Heureusement qu’il y a un pays comme la Côte d’Ivoire qui, même pauvre et diabolisé à souhait par le néocolonisateur, affirme sa souveraineté et sa détermination à être traitée à égal et à être maître de son destin.

Ce que Monsieur SARKOZY dit ne pas être venu faire, il le fait exactement dans son discours.
SARKOSY n’a aucune leçon à faire aux Africains. Il doit arrêter de nous infantiliser de la sorte. Pour qui nous prend t-il, au juste ?
La responsabilité de l’Europe et, plus particulièrement, de la France dans le désastre africain, dans les guerres, les famines, les génocides, les coups d’Etats, la pauvreté et la récurrence du sous-développement, est infiniment plus grande que celle de l’Afrique, vis-à-vis d’elle-même.
Car comment fait-on (j’aimerais qu’on me le dise, franchement) pour développer un continent qui a hérité de modèles de développement foireux et où règne, sans merci, une mafia internationale que nul ne contrarie, qui continue de signer des accords de coopération iniques et léonins avec les Africains (récemment pour l’uranium, au Niger, par l’entreprise française AREVNA avec le Gouvernement, sous la menace d’une rébellion collée à la tempe comme une arme), les privant des précieuses ressources nécessaires à leur essor, pour les accuser, après coup, d’être responsables de leur propre misère et de la paupérisation de leurs populations.

La seule et véritable responsabilité des Africains dans leur désastre et le drame de leur continent, c’est d’être assez myopes pour ne pas voir que la France sème la mort et la désolation (même sous SARKOZY, « l’Ami » de l’Afrique), qu’elle les divise pour mieux régner et piller leurs ressources inestimables, et qu’ils doivent la « jeter » dehors, raser ses bases militaires, frapper de caducité tous ses contrats et accords insultants, et prendre en main leur destin par un multilatéralisme commercial et économique audacieux, seule issue de sortie de la misère lancinante qui nous étripe.

Si nous réussissons ce coup, en moins d’une génération, l’Afrique toute entière émerge !
Comment « s’inventer un destin », comment « entrer dans l’histoire », comme le dit si bien Monsieur SARKOZY dans son allocution, quand la France qu’il dirige nous nie le droit à l’autodétermination et à toute véritable indépendance politique ?
Cher Monsieur SARKOSY, « GIVE US A BREAK ! », retirez-vous de l’Afrique, elle s’en portera infiniment mieux !
Personnellement, je n’ai jamais considéré votre pays comme une amie de l’Afrique. Arrêtez donc de nous assommer de votre marketing politique enjoliveur et venez, franchement, discuter avec nos leaders de la nécessaire et indispensable remise en cause du Pacte colonial, de l’instauration d’une nouvelle plate-forme de coopération fondée sur l’égalité et le respect mutuel et du retrait sans autre forme de négociation de vos troupes d’Afrique.
Voilà ce qui peut guérir l’Afrique et voilà ce que nous, Jeunesses de l’Afrique digne, attendons de vous, et rien d’autre!

Vous adresser ainsi aux Africains prouve bien que vous ne les connaissez pas et que vous n’êtes pas leur ami, comme vous vous en targuez.
Les Africains veulent être vraiment libres et vous seul et votre pays en êtes les seuls véritables obstacles.

« L’Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde », c’est tellement vrai !
Mais l’entendre dire par un Chef de l’Elysée, sonne comme une insulte à mes oreilles d’Africain et, singulièrement, d’Ivoirien, car c’est justement cela que des leaders africains et des panafricanistes de toutes générations ont, de tout temps, hurlé à la France et à la face du monde. Mais autant parler à un mur !

Chers frères et sœurs, personnellement, ce discours me laisse de marbre et toutes ses pirouettes de Monsieur SARKOZY pour gagner le cœur des jeunes africains que nous sommes n’ont réussi qu’à m’inspirer davantage de méfiance pour sa personne et plus de dégoût pour la France.
Comment peut-il en être autrement quand il affirme, sans sourciller, que « la réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes », comme si notre problème trouvait ses sources dans des considérations culturelles ou abstraites.
L’Afrique ne réussit pas, tout simplement, parce que la France et ses multinationales qui exècrent la saine concurrence et ne prospèrent que dans la prébende, la parasitent et parce que les pays occidentaux hégémonistes la considèrent comme une vache à lait, un grenier à piller, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit. C’est leur chose, pour ainsi dire. Ils l’administrent à leur guise, jusque dans les moindres affaires. Avec la caution de l’ONU.

Pauvre Afrique, terre mienne ! Vivement que tu amorces, enfin, ton éveil tardif !

Debout, dignes fils de l’Afrique, pour conquérir votre liberté, et que le bras de l’Eternel, votre DIEU, se déploie devant vous!

18:15 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'AFRIQUE VEUT S'UNIR: FAUT-IL S'EN REJOUIR OU EN PLEURER?

Jeudi 28 Juin 2007


Chers bien-aimés frères et soeurs,


Hier, Mercredi 27 Juin 2007 (ma date anniversaire), nous avons assisté, avec émerveillement, à l'arrivée en Côte d'Ivoire du "Frère Guide de la Révolution Lybienne", Mouammar KADHAFI, dans un étalage très ostentatoire de prestige, de richesse et de pouvoir.

La raison officieuse ou officielle, harmoniser ses points de vue avec le Président GBAGBO sur la question de la création des Etats-Unis d'Afrique, ou plus précisément, de la formation du Gouvernement Fédéral Africain, dont les débats s'ouvriront, très prochainement, au Ghana.

C'est avec plaisir, que je l'ai écouté inviter les Africains à l'unité et dénoncer le complot ourdi par les pays occidentaux impérialistes contre l'Afrique et, singulièrement, contre la Côte d'Ivoire, afin de mieux exploiter leurs grandes richesses naturelles, par l'entremise d'insurections, de guerres et de rébellions.

Dans cette logique, KADHAFI s'attaque à un os dur. Les pays occidentaux néocolonialistes le regarderont-ils faire, sans rien dire ou faire, au risque de tout perdre en Afrique?
Ce qui est désormais sûr, c'est que la Côte d'Ivoire, a en sa personne, un allié de taille. En tout cas, quelqu'un qui a du répondant contre les ennemis d'en face.

Mais, j'ai des inquiétudes qui demeurent, d'où que je les retourne:
Les pays africains sont-ils, eux-mêmes, prêts à s'affranchir du joug colonialiste? En auront-ils la force ou même le courage?
Des républiquettes sous perfusion prendront-elles la liberté, la décision audacieuse, de remettre en cause les intérêts multi-centenaires de pays foncièrement parasites comme la France?
Il aurait peut-être fallu acquérir, au préalable, son indépendance politique et économique!
Des états et des pouvoirs qui dépendent encore, essentiellement, de l'occident pour leur survie peuvent-ils si aisément s'affranchir?

Sans être pessimiste, je crains que ce projet africain remis au goût du jour n'entraine une flambée de violences, de coups de force et de guerres, en Afrique, pour ramener les Africains à la réalité de leur sujétion et de leur dépendance vis-à-vis des puissants de ce monde, à moins que l'Afrique ne fasse bloc contre l'adversaire.
Mais l'histoire récente de la Côte d'Ivoire nous a prouvé que nous pouvons, légitimement, en douter. Douter de cette capacité des Africains à se mobiliser contre l'imposture et à faire UN.

L'Afrique veut s'unir. Faut-il s'en réjouir ou en pleurer?
Le projet en lui-même est louable mais quand, en tant que fervent adepte du conspirationnisme, je sais qu'il s'inscrit dans un projet plus global de réunir le monde dans de grands ensembles pour mieux le régenter et l'offrir à la domination antichrist et au contrôle totale 666, je n'en suis pas très heureux, je l'avoue.

Je me trompe peut-être. Quel est votre avis sur la question, chers bien-aimés frères et soeurs?

Que DIEU vous bénisse, richement!

17:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'AFRIQUE, UN CONTINENT DESESPEREMENT PAUVRE !

Lundi 21 Mai 2007


Chers Bien-aimés frères et soeurs,

Je vous expédie pour lecture ce document qui m'a terriblement contri le coeur. Source: Le Blog de CMER. Voir le lien de ce site sur le Blog de Théophile Kouamouo: kouamouo.afrikblog.com .

Que DIEU sauve l'Afrique!

Dindé Fernand.




Un Colloque sur la réforme de la Zone Franc


Avec quarante cinq pour cent (45%) des richesses naturelles mondiales, l’Afrique devrait être un continent développé. Or, fort malheureusement, c’est sur ce continent que sont regroupés les Etats les plus pauvres et pour la plupart sous-développés de la planète. Et au lendemain du sommet de Cancun, un constat s’impose : Un seul continent est plus pauvre qu’il y a environ un demi-siècle : l’Afrique, avec quelques 650 millions d’habitants, soit un peu plus de 10 % de l’humanité.
Economiquement, les 53 Etats africains génèrent un PNB d’environ 250 milliards de dollars soit 1,5 % du commerce international, l’équivalent de celui de la Belgique , 10 millions d’habitants. Il convient de souligner que la République sud-africaine à elle seule représente la moitié de ce chiffre soit 0,75 %. Ainsi les autres Etats génèrent un PNB équivalent à celui de l’Autriche qui équivaut à 1/12 è de celui de la France. Sion ôte des cinquante deux Etats restant du continent africain les Etats qui, à défaut d’avoir un tissu industriel significatif ont au moins un tissu industriel estimatif comme la Tunisie , l’Egypte, le Nigeria et dans une certaine mesure la Libye , on imagine ce que peuvent représenter les quarante huit (48) autres Etats restants. Et la dette publique extérieure du continent atteint désormais 240 milliards de dollars.
Et selon le Rapport Mondial sur le développement humain du PNUD de l’an 2051, si les pays à haut revenu interrompaient leur croissance aujourd’hui et que l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne poursuivaient leur rythme de croissance actuel, l’Amérique latine devrait attendre jusqu’en 2177 et l’Afrique jusqu’en 2236 pour rattraper le retard. Et l’Afrique subsaharienne a enregistré un accroissement de la population vivant avec moins d’un dollar par jour : près de 100 millions de personnes de plus en 2001 qu’en 1994.
Nous parvenons à comprendre aisément ce que voulait dire V. CHESNAULT qui, dans un article qui est entré dans l’histoire (le Monde, 28/02/1990), écrivait ceci : « si l’Afrique subsaharienne vient subitement à être engloutie, cela n’aurait aucune conséquence sur le marché de la planète ». Certains économistes se demandent si l’Afrique ne va pas tout simplement disparaître du commerce international en 2010. Ceci apparaît clairement sous la plume de Bernard LUGAN lorsqu’il écrit : « l’Afrique ne compte plus ; elle est même sortie de l’économie internationale. Sa part dans le commerce mondial était de 9% au moment des indépendances. En 1990, elle n’était plus que de 3% ».
A la question de savoir pourquoi l'Afrique est si pauvre, les réponses tout comme les solutions envisageables sont diverses et généralement fort complexes. Aussi entendons-nous ces derniers temps parler de création d'une monnaie africaine comme solution à cette misère. Afin de rendre formel ce débat, CMER organise un colloque sur la réforme de la zone franc au début du mois de juillet ici à Abidjan.
Pensez-vous que la création d'une monnaie, fût-elle ivoirienne, est la solution à nos problèmes?

15:55 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |