topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

jeudi, 30 mai 2013

CINQUANTENAIRE DE L'UA: POUSSEE D'«AFRICANERIES» SUR FRANÇOIS HOLLANDE

 

afrique,addis-abeba,cinquantenaire de l'union africaine,cinquantenaire de l’ua,poussée d’«africaneries» sur françois hollande,h. marie ouédraogo,l'observateur.bf


Voilà que les lampions se sont éteints sur les célébrations marquant le cinquantenaire de l’Union africaine avec pour ancêtre, l’OUA. Réunis à Addis-Abeba dans la cuvette de verre qui sert désormais de siège à l’organisation panafricaine, les chefs d’Etat du continent et leurs invités ont tenu à marquer l’événement d’une pierre blanche. Comme à chaque grand-messe du genre, discours et résolutions ont fusé de la tribune, suscitant parfois dans l’auditoire un air de déjà-vu, pour ne pas dire de déjà-entendu.


S’il est un discours qui n’aura pas laissé les délégués indifférents, c’est bien celui du président français, François Hollande, seul chef d’Etat occidental convié à l’anniversaire de l’illustre quinqua. En effet, c’est sans ambages que le grand chef blanc a convié ses pairs africains sur les rives de la Seine les 6 et 7 décembre prochain pour discuter sécurité et paix. Et comme il fallait s'y attendre, la pilule a été dure à avaler pour certains, qui estiment avoir été mis devant le fait accompli, pour ne pas dire qu’ils se sont sentis purement et simplement convoqués, et cela, sans le moindre préalable. Des grincements de dents qui laissent transparaître en filigrane les vieux réflexes de souverainisme frileux.

L'on a parfois l'impression que nos chefaillons veulent une chose et son contraire. Tant leur attitude envers les anciennes puissances coloniales est pleine de paradoxe. Quand ça ne va pas chez eux, on mendie le soutien de l'Occident. Mais quand ce dernier s'avise de prendre des initiatives les concernant, on crie à l'ingérance et au paternalisme. Où était l'Union africaine et sa fameuse force en attente lorsque les émirs d'Aqmi et leurs alliés menaçaient de mettre le Mali sous leur coupe ? N'est-ce pas la France qui a sauvé ce pays du péril djihadiste? Une chose est d'avoir de l'orgueil, une autre est d'en disposer des moyens.

Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’organisation panafricaine ne s’y est pas trompé, lui qui, dès lundi, a salué l’initiative en y ajoutant toutefois un bémol. Pour lui «s’il y a un principe que le cinquantenaire a mis en évidence, c’est certainement le principe de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique». Ainsi, pour ne pas tomber à l’eau, la prochaine conférence de Paris devra donc favoriser le leadership du continent en matière de paix et de sécurité.

Mais ne nous y trompons pas. Si à la tribune d’Addis-Abeba le président français a convenu qu’il revenait bien aux Africains d’assurer leur propre sécurité, il n’en demeure pas moins qu’à son sens, un conflit local peut avoir des répercussions à l’échelle mondiale. Raison de plus pour ne pas rejeter la main tendue, surtout si celle-ci va dans le sens d’un accompagnement décomplexé vers la mise en œuvre effective de solutions africaines aux problèmes africains. Si pour l’instant la volonté semble partagée de part et d’autre de la Méditerranée, le plus dur reste à faire.

 

H. Marie Ouédraogo


Source: L'OBSERVATEUR.BF

lundi, 27 mai 2013

AMADE OUEREMI: LES LEÇONS ET LES QUESTIONS D’UNE ARRESTATION

 

AMADE OUEREMI. RASSEMBLEMENT FRCI.jpg

Amadé Ouérémi (premier plan), lors d’un rassemblement des FRCI à Duékoué, dans l’Ouest de la Côte d'Ivoire.

 

«Ce chef de guerre qui défiait depuis une dizaine d’années l’autorité de l’État de Côte d’Ivoire, (depuis son fief de la forêt classée du Mont Péko en pays Wè, en pleine boucle du cacao), en y interdisant l’accès et en y cultivant du cacao, a été arrêté sans violence et devrait être transféré à Abidjan. Amadé OUREMI est soupçonné par des ONG internationales d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en Mars 2011, durant la crise postélectorale de Décembre 2010 à Avril 2011 qui a fait quelques 3 000 morts dans le pays.» (AFP)


Leçon 1 : Enfin ! Pour la première fois, un auteur direct des massacres en Côte d’Ivoire reconnu sans ambiguïté comme pro-OUATTARA par la communauté internationale et par les pro-Ouattara eux-mêmes, est arrêté, confirmant la leçon de Laurent GBAGBO, le 28 février 2013 à 16h59 à la Haye : « c’est ceux qui perdent les élections qui font la guerre ».

Question 1 : Pour une fois qu’on a un auteur direct des massacres post-électoraux qui fait l’unanimité, et que tout sachant sait que dans la forêt classée du Mont Péko, il n’y a pas d’usine d’armes, pas d’établissement bancaire, ni d’école de guerre,la Françafrique dans la toge de la CPI et les treillis de l’ONUCI aurait-elle le courage de faire arrêter les vrais co-auteurs indirects qui ont armé, financé et entraîné OUEDRAOGO Amadé Rémi dit Amadé Ourémi et son armée qui ont causé la mort de plus de 3000 Ivoiriens ?

Non ! Et d’ailleurs, en Côte d’Ivoire, personne ne sera surpris si OUEDRAOGO Amadé Rémi venait à disparaître ou à être  substitué par un « fou » devant le tribunal pour éviter de dérouler le fil d’Ariane ; ou encore si on l’accusait de tout sauf des crimes commis !

Question 2 : La Françafrique, ses juges et ses journalistes auront-ils le courage de reconnaître qu’il n’existe aucun lien entre cet unique auteur direct indexé par la clameur internationale qui est OUEDRAOGO Remi et le présumé co-auteur indirect, Laurent GBAGBO, le Président élu de la Côte d’ivoire, qui est pris en otage à la CPI ?

En effet, ce sont les vrais co-auteurs indirects des massacres post-électoraux qui dirigent aujourd'hui le peuple de Côte d'Ivoire et qui continuent de le massacrer. Cela a été publié dans tous les rapports des ONG qui ont voix à l'ONU, puisque la voix des Pro-Gbagbo reste inaudible.

Questions 3 : Tout le monde sait que OUEDRAOGO Amadé Rémi, grand criminel, responsable de crimes économiques et écologiques, est devenu un grand producteur de cacao, un vendeur d’ivoires et de bois. La guerre en Côte d’Ivoire qui est, en réalité, une guerre pour la mainmise des prédateurs de la filière françafricaine sur le cacao ivoirien a créé des centaines voire des milliers de OUREMI. Mais, OUEDRAOGO Amadé Rémi pour son infidélité à la Françafrique, ces derniers temps, causée par sa propension à vouloir vendre plus cher son butin de guerre, s'est détourné du réseau pour aller sur de nouveaux marchés.

N’est-ce pas la vraie raison qui fait du « démocrate » d’hier un dangereux terroriste aujourd’hui? Est-il plus terroriste que ses compagnons de guerre et leurs chefs politiques et militaires ?

côte d'ivoire,amadé ouérémi,les leÇons et les questions d’une arrestation,don mello ahoua,docteur ingénieur des ponts et chaussées,ancien ministre,le seigneur de guerre du mont péko

Leçon 2 : « La vérité est d’or et le mensonge de paille ». La vérité sur les élections en Côte d’Ivoire a fini par éclater. Le «  bénéficiaire » des fameux "54%" des voix des électeurs ivoiriens aux élections présidentielles de 2010, a été incapable de déplacer aux urnes, pendant les élections législatives, communales et régionales, la moitié de ceux-là mêmes qui sont supposés l’avoir porté au pouvoir et qui avaient intérêt à faire mentir les pro-GBAGBO en le prouvant à nouveau massivement dans les urnes. Avec l’arrestation de OUEDRAOGO Remi, et l’unanimité qui se dégage autour de ses crimes contre l’humanité, ses crimes écologiques et économiques depuis dix ans, le mensonge sur les pro-GBAGBO, considérés comme auteurs ou co-auteurs, soutenu par des films et des images dignes des  studios de cinéma internationaux les plus réputés, fait place à la vérité sur l'identité des véritables auteurs des crimes de l’histoire récente de la Côte d’ivoire.

Leçons 3 : La Françafrique, depuis les indépendances, a besoin, pour les basses besognes, de se déguiser pour prendre la couleur locale avant de se présenter aux Africains. En Libye après s’être déguisée en rebelles libyens, avec dans une main la bible des droits de l’Homme et dans l’autre les fusils de l’OTAN, elle s’est donnée le droit de massacrer en silence les Noirs de Libye et de traquer « l’infidèle » Kadhafi à grand bruit médiatique pour mettre la main sur le pétrole libyen et ses réserves financières dans les banques occidentales. Cela a, aujourd'hui, comme conséquence  l'instabilité en Libye où un groupe armé peut contraindre le gouvernement à un remaniement. Où est la démocratie ? Elle se trouve dans le pétrole pompé par le réseau françafricain. Mais, chut ! Silence, on pille démocratiquement!

L'autre leçon est le cas du Mali. Les « démocrates en arme de la Libye » qui se sont repliés au nord du Mali sont brusquement devenus de dangereux terroristes. Là encore, les coauteurs d'hier de la triste modification de cette région du Mali, ont revêtu leurs habits de libérateurs en fixant des zones de non droit et des dates d'élection en dépit du bon sens dans ce contexte très instable. Comme en Libye et au Mali, après avoir formé et armé des « démocrates » dont les OUEDRAOGO Remi dans l’ouest de la Côte d’ivoire pour massacrer le peuple Wê, la Françafrique se transforme en libérateur du peuple, après le génocide, en arrêtant un de ses « démocrates en arme » devenu terroriste parce qu’infidèle !

Leçons 4 : Depuis les guerres contre les « armes de destruction massive en IRAK », de destruction du « terrorisme » en Afghanistan, d'installation de la démocratie en Libye, en Côte d’ivoire et maintenant en Syrie, le mensonge est devenu une valeur démocratique, les rebelles sont des démocrates quand ils sont fidèles et terroristes quand ils deviennent infidèles et la protection du droit de pillage des matières premières est érigée en protection des droits de l’Homme. Les énormes butins de tous ces pillages sont enfermés dans les paradis fiscaux pour financer des rebellions au nom des « droits de l’Homme ». En Occident, ces mêmes détenteurs de paradis fiscaux qui fuient leur responsabilité dans la prise en charge  de la dette qui étouffe l’Europe, financent des élections pour porter au pouvoir ceux qui peuvent poursuivre cette prédation. Ces guerres sont cofinancées avec l’argent des contribuables occidentaux qui, en même temps qu'ils découvrent avec stupéfaction ces paradis, ploient sous le poids des dettes et du chômage, conséquences de ces guerres utiles uniquement pour les prédateurs et inutiles pour le reste de l’humanité. Malheureusement une partie de ces contribuables continue de croire que ces guerres poursuivent l’œuvre « civilisatrice » de l’Occident avec la déclaration des droits de l’Homme à la place de la Bible.

Ce monde serait plus heureux si les conflits pouvaient se résoudre selon le vœu des pères fondateurs de l’ONU, sans coup de canon et pour ainsi épargner des vies humaines.

Si les complices et co-auteurs indirects de OUEDRAOGO Remi  avaient accepté la solution pacifique de recomptage des voix au lieu du comptage des morts, la Côte d’Ivoire multiethnique et multiraciale n’aurait pas disparue au profit d’une Côte d’Ivoire dirigée par un pouvoir ethnique et génocidaire où les compétences militaires, policières et civiles sont traquées pour faire prospérer des chasseurs traditionnels et des compétences semi-finies.

 

DON MELLO Ahoua

Docteur Ingénieur des Ponts et chaussées,

Ancien Ministre.

vendredi, 24 mai 2013

LA REDDITION DU CRIMINEL DE DUEKOUE, UN SCENARIO GROTESQUE POUR MAINTENIR GBAGBO A LA CPI


côte d'ivoire,la reddition du criminel de duékoué,un scénario grotesque pour maintenir gbagbo à la cpi,simone g. nanwoulet



L’information tombée ce week-end de Pentecôte, au moment où les chrétiens célèbrent l’anniversaire de la venue du Saint-Esprit, est la reddition ou l’arrestation (c’est selon) du « boucher » de Duékoué ; celui qui, sur ordre de Ouattara, a massacré en une seule journée de fin Mars 2011 plus de 300 Wè considérés comme des pro-Gbagbo. 
 
Celui qui, depuis 2002, s’est installé dans la forêt classée du Mont Péko, y exploite le bois, le cacao, les ressources minières, sans doute avec la bénédiction de Compaoré, de Soro, de Ouattara ainsi que des ex-Présidents français Chirac et Sarkozy. C’est indéniablement avec ces 5 mandants que l’inculte bourreau Ouérémi partageait les retombées économiques et financières de ces crimes économiques.
 
C’est pourquoi, les efforts déployés par le Président Gbagbo, pour le déloger de cette forêt classée, ont toujours été empêchés par la force française Licorne.
 
Le film de la « capturation » (comme le dirait un des ministres de Ouattara) de ce criminel rebelle est, on ne peut plus, maladroitement monté car grotesque est le scénario servi à certains naïfs.
 
En effet, avant cette insipide mise en scène, les observateurs de la vie politique ont suivi la visite-éclair effectuée par le Président compatriote de l’égorgeur qui, depuis 10 ans, a fait de Duékoué son royaume à l’instar de l’Autre que la France et ses acolytes ont fait régner dans sa République du Golf Hôtel avant de lui offrir la Côte d’Ivoire.
 
Ensuite, son compatriote en Côte d’Ivoire tenta de le rencontrer au cours de sa récente visite dans la région des montagnes. Pourquoi est-ce seulement maintenant que la France et Ouattara décident de mettre fin à leur deal avec ce tristement célèbre criminel, leur ami? Est-ce seulement aujourd’hui que ce groupe de voraces prend suffisamment conscience des actions néfastes de cet individu sur l’économie ivoirienne? A la vérité, la mission de Ouérémi a été pleinement remplie et est arrivée à son terme.
 
D’où vient que, quelques jours après cette visite qui fut un fiasco au niveau de la mobilisation des populations ne se reconnaissant pas en celui qui a toujours gardé le silence devant le génocide et les expropriation subis par les Wè, on rebat les oreilles des ivoiriens par cette information qui n’est ni plus ni moins qu’un arrangement entre ce criminel, ses compatriotes Présidents, la France et les autres mandants de Ouattara, c’est-à-dire la soi-disant communauté internationale.
 
L’objectif principal de cette mise en scène est le maintien de Gbagbo à la prison de La Haye. En effet, il s’agit pour les mandants de Ouattara de transférer Ouérémi à La Haye comme pour faire remarquer qu’à la CPI, il y a la pratique de la justice en arguant que les deux camps, accusés de violences post-électorales, ont chacun un élément transféré à La Haye. Quelle insulte de présenter Ouérémi comme le pendant Ouattara à La Haye!
 
Ce criminel ne peut, en aucun cas, être comparable au Président réélu des ivoiriens en 2010. S’il est transféré à La Haye, ce sera là une occasion pour ne plus faire juger par la CPI, les chefs de guerre tristement connus, superbement incultes mais, comble de malheur, promus par Ouattara aux hautes fonctions de l’administration de ce pays. Quel sacrilège!
 
Il est utile de rappeler que Ouattara, dans le cas de Simone Gbagbo, refuse le transfèrement, sans aucun doute, pour ne pas envoyer ses criminels ; lui-même se sentant en danger car persuadé qu’il terminera ses vieux jours dans la cellule de Gbagbo à la Haye, avant de rendre compte à Dieu pour ses nombreux crimes.
 
L’autre raison de la reddition du « boucher » de Duékoué réside dans le fait que dans le Mont Péko, le burkinabè Ouérémi a menacé les intérêts de la France en freinant un tant soit peu le pillage des richesses de la région par les seuls français. Ceux-ci ne bénéficiaient peut-être que de quelques miettes du gâteau. Il est vrai que la destination des richesses demeure la France via le Burkina Faso qui s’est toujours servi royalement.
 
Voraces qu’ils sont, les français ne pouvaient qu’intimer à Ouattara l’ordre de convaincre (en … langue) son compatriote inculte pour qu’il se rende ; faute de quoi, son régime serait menacé, si l’exportation des riches ressources de l’Ouest demeurait du ressort exclusif du criminel de Duékoué.
 
Comme on l’aperçoit, la principale raison de ce scénario est le maintien en prison de Gbagbo dont le verdict de l’audience du mois de Février dernier, initialement prévu à fin Avril, a été une fois repoussée au 10 Mai et maintenant probablement au 28 de ce mois. Toute cette gymnastique prouve suffisamment que ce procès injuste fait à Gbagbo n’est que politique. Voilà qu’avec cette mise en scène grotesque de reddition de Ouérémi et fort probablement son transfèrement prochain à La Haye, un autre maillon du vaste complot de l’emprisonnement de Gbagbo se met en place.
 
Il peut s’agir aussi, de montrer que cette justice (??) de Ouattara n’est pas celle du rattrapage et de donner l’illusion au monde qu’elle s’applique équitablement aux deux camps. Car la pression est de plus en plus forte pour la libération des pro-Gbagbo injustement incarcérés. Cette libération se fera avec celle d’Ouérémi qui retournera alors dans son fief de Duékoué, pour continuer de terroriser les populations et permettre ainsi à Ouattara de s’imposer, une fois de plus, par la force des armes aux élections de 2015.
 
Le jugement de Gbagbo est bel et bien politique. La France et ses amis dans le mal ont décidé d’en découdre avec le Président patriote Gbagbo, pour décourager toute initiative de faire valoir dans les pays africains les idées souverainistes.
 
Mais que les membres du Club des impérialistes sachent qu’un jour viendra où les africains se déferont de leurs chaînes d’embrigadement, d’exploitation et de leur joug trop pesant.



NANWOULET G. Simone

lundi, 20 mai 2013

VOICI PAR QUI ET POURQUOI LE MAJOR IBRAHIMA COULIBALY (IB) A ETE TUE

 

IBRAHIM COULIBALY DIT IB.jpg

 

Ce qui sépare le Major IB de son Mentor Alassane Dramane Ouattara dès le départ de la Rébellion, en Décembre 1999 d’abord et en Septembre 2002 ensuite est déjà une simple question de morale politique. 

En Décembre 1999, le père Noel n’était pas celui que l’on croyait, parce qu’un Général de brigade cachait un économiste qui ne voulait pas être taxé de « Putschiste ». Alassane Dramane Ouattara avait alors reproché à Ibrahima Coulibaly, de n’avoir pas abattu Henry Konan Bédié, qu’il a laissé se réfugier à la résidence de l’ambassadeur de France à 20 mètres de la résidence officielle du Chef de l’Etat. Tous ceux qui avaient alors entendu Alassane Dramane Ouattara vociférer  dans sa colère irraisonnée, ont retenu cette phrase assassine qui donnait froid dans le dos : « Pourquoi a-t-il laissé ce connard s’échapper, il fallait absolument l’abattre. Avec tous les milliards qu’il a, il reviendra à coup sûr nous emmerder » Dixit ADO. 

ALASSANE OUATTARA. DRAPEAU IVOIRIEN.jpg

La suite des évènements ne fut pas celle qu’il avait prévue. Et Laurent Gbagbo arriva au pouvoir. Mais ceci est une autre histoire…

En Septembre 2002 la violence nous rend de nouveau visite et la source et l’initiative viennent de la même personne. Alassane Dramane Ouattara possède une ipséité et une unicité  qui font de lui un être vraiment à part. Personne ne peut être comme Alassane Dramane Ouattara et Alassane Dramane Ouattara ne peut être comme personne d’autre, croyez moi. C’est en connaissance de cause que je me suis mis dans une opposition ferme et fermée à tous ses projets et à toutes ses ambitions. Pour tout dire, Alassane Dramane Ouattara ne fonctionne pas comme un être humain, il est véritablement l’associé du Diable, impitoyable et sanguinaire. Il a passé un pacte avec la Mort. Tout ce qu’il touche tombe dans le malheur et la désolation. Est-il nécessaire d’exposer tous les tableaux macabres qui entourent ses actes ? Les chauffeurs de ce pays se sont-ils mis brusquement et volontairement à rater tous les virages en rase campagne et tous les ponts de la ville d’Abidjan depuis que Alassane Dramane Ouattara prétend qu’il est Président ? Récemment encore à Man la Cote d’Ivoire a failli perdre tout son gouvernement dans un accident d’avion ! Même les jeunes boxeurs ne se relèvent plus de leurs KO sur le ring. Dire cela n’est assimilable ni à une diffamation ni à un crime d’aucune sorte. Les faits sont là, sous nos yeux, tous les jours. Du reste, je n’ai pas de qualités divinatoires dans mon patrimoine génétique mais ma connaissance de l’homme Alassane m’a fait dire des choses graves qui avaient été couvertes en son temps par « les bruits et les fureurs » des usurpateurs et des imposteurs. Pour autant, je ne me crois pas autorisé à demander au bon peuple de Côte d’Ivoire de plaider coupable d’angélisme et de Naïveté. Même pas à ceux de ma propre Région qui m’ont reproché et qui continuent de me reprocher d’avoir choisi de soutenir un homme de l’Ouest : Laurent Gbagbo. Ceci n’était qu’une petite digression qui avait pour but de mieux situer le sujet par rapport au caractère dangereux et associable de Alassane Dramane Ouattara.

Ou en étions-nous ? Aux 18 et 19 Septembre 2002.

Alassane fait attaquer la Cote d’Ivoire et la fait couper en deux à la hauteur de Bouaké. Voici venu le deuxième sujet de discorde entre le Major Ibrahima Coulibaly et Alassane Dramane Ouattara. Le fondement du désaccord est économique mais il est surtout moral. Alassane Dramane Ouattara demande à son poulain de spolier les paysans du Nord d’une somme avoisinant les 10 Milliards de F.CFA, au bénéfice d’un homme d’affaires Malien du nom de Sidy Kagnassi, en proposant à IB un bakchich de 500 Millions F.CFA pour son silence.  Le Major IB refuse cette offre et rappelle à son Mentor qu’il n’a pas fait la révolution pour ça. Il n’en fallait pas plus pour que IB se trouve brutalement écarté de la tête de la Rébellion au profit de Soro Guillaume. 

SORO GUILLAUME REBELLE.jpg

Ibrahima Coulibaly n’a jamais plus retrouvé sa place de leader de la Rébellion.

Alassane Dramane Ouattara savait pertinemment qu’être Président de la République n’est pas une fonction mais une mission. Mais il n’en avait cure. Il savait depuis longtemps que les occidentaux l’avaient coopté pour assouvir leur triste dessein en Côte d’Ivoire. Ces sponsors savaient de surcroit pouvoir se servir d’Alassane Dramane Ouattara pour nourrir et appliquer le funeste projet d’imposer à notre pays une guerre de basse intensité de type Casamançais ou Colombien, pour s’octroyer parallèlement toutes latitudes et facilités pour piller nos ressources. Pour atteindre leur but, les blancs qui sont méthodiques et qui ne font rien au hasard avaient déjà positionné Dominique Nouvian Folloroux dans le pays. Elle deviendra très vite Madame Ouattara. Le tandem est constitué. A l’université on dirait le binôme.  Mais qui est Madame Ouattara Dominique Nouvian Folloroux ? 

DOMINIQUE OUATTARA.jpg

Elle aussi est exceptionnelle à sa manière mais elle est exceptionnellement négative pour des raisons simples : Elle est de basse extraction et ceci expliquant cela, elle a un lourd complexe d’infériorité à liquider; de préférence sur le dos des autres. Ce n’est pas tout: elle est atteinte d’une gravissime boulimie d’argent, d’or, de pierres précieuses et de pierres patrimoniales. A cela il faut ajouter une envie de pouvoir démesurée, et un désir permanent de proximité avec « les grands de ce monde ». Elle veut faire partie du Gotha, de la Jet-Set, fut-il au prix de milliers de morts. Pour notre malheur elle a choisi la Cote d’Ivoire.

C’est ce couple là, ce duo de maitres-chanteurs qui a fait froidement assassiner le Major Ibrahima Coulibaly au PK-18 à Abobo.

IBRAHIM COULIBALY DIT IB. MORT.jpg

Le soir même de l’acte criminel, IB sent venir le complot avec quelques un de ses proches, mais il connait les donneurs d’ordres. Il appelle en vain Alassane, se tourne ensuite vers son épouse Dominique qu’il connait bien, pour avoir jadis assuré sa sécurité rapprochée. « Pourquoi ton mari veut il me tuer, qu’est-ce que je lui ai fait ? » Et Dominique de lui répondre « Ne t’en fais pas, je vais arranger ça ». Moins de deux heures après cet échange, un commando lourdement armée mettait fin à la vie du soldat séditieux certes mais adulé par ses hommes et par sa Région. Je puis assurer que l’histoire confirmera ce que vous venez de lire. Ibrahima Coulibaly n’était pas armé, il avait son téléphone portable à l’oreille. Devinez qui était à l’autre bout du fil et qui a entendu les tirs meurtriers. Quelles leçons tirer de la mort de cet homme, qui n’était pas pire que ses assassins. Je ne m’attarderai pas sur ceux qui se sont réjouis de sa mort et qui se  reconnaitront ici, en attendant leur tour. Ce qu’il faut retenir de la mort de cet Ivoirien de souche (il est originaire de Séguéla), c’est moins les raisons objectives et évidentes que je vous ai données, que l’agenda caché du principal meurtrier Alassane Dramane Ouattara. On s’est empressé de me traiter de xénophobe et de vendu,  quand j’ai osé dire il y a quelques années que Alassane Dramane Ouattara n’était pas Ivoirien.  Préparons-nous maintenant à payer le prix de notre aveuglement ou de notre mauvaise foi. Avec son projet de nouveau code de la nationalité, et celui de sa réforme agraire, nous auront compris avant longtemps, qu’Alassane Dramane Ouattara veut nous déposséder des deux choses qui ne sont pas négociables pour les enfants de ce pays.  Et chacun sait qu’il veut le faire au bénéfice de ses frères Mossi dont il a favorisé et précipité l’immigration sauvage en Côte d’Ivoire. Ne nous y trompons pas, Le Nord souffrira plus encore que l’Ouest et le Sud. Tout le monde sait que le bétail électoral clandestin qui a fait son succès au Nord n’est pas reparti au Burkina Faso et qu’il impose aux autochtones Senoufo et Malinké impuissants, une loi des vainqueurs justifiée  par la présence de leur frère de sang Alassane Dramane Ouattara au palais de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire. Tout ayant valeur d’exemple, je voudrais maintenant vous expliquer pourquoi j’ai choisi le cas du Major Ibrahima Coulibaly pour démontrer que Alassane n’est pas Ivoirien et qu’il n’a investi ce pays avec brutalité que pour favoriser ses frères de sang Burkinabè. Le Major IB a servi Alassane Dramane Ouattara pendant ses années de braises. Il était un soldat redoutable. Le General Doué Mathias en sait quelque chose. Mais il n’était pas seul sur les champs d’opérations. Dès le départ un bandit de grand chemin, Amadé Ourémi, avait pris possession du Mont Péko.

AMADE OUEREMI.jpg

Tout le monde le savait. Le Député Déhé Gnahou originaire de cet endroit avait à maintes reprises posé officiellement le problème à l’assemblée Nationale sans succès, parce que le vrai patron de la Rébellion Alassane Dramane Ouattara bloquait toutes les initiatives à ce sujet. Le chef Rebelle Mossi Amadé Ourémi servait et garantissait trop d’intérêts croisés en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso pour se sentir menacé. Il faisait là-bas, sur le Mont Péko, exactement ce qu’il voulait au vu et au su de tous y compris de l’ONUCI. Personne ne pouvait l’affronter militairement et même politiquement. Avant sa dernière visite à l’Ouest, les Ivoiriens, s’ils ne sont pas frappés de cécité, doivent avoir constaté que Alassane Dramane Ouattara  avait invité Blaise  Compaoré à Yamoussoukro. Ce n’était pas pour admirer les crocodiles sacrés qui ont survécu au Vieux. Le centre d’intérêt de cette rencontre était le cas de leur frère Mossi Amadé Ourémi qui règne en maitre absolu sur toutes les richesses de la région du Mont Péko et qui dispose comme il l’entend de la vie des autochtones. Il possède une puissante armée et tout le désordre de l’Ouest part de chez lui. Alasssane le sait, Blaise le sait, Konders le sait donc le monde entier le sait. Alassane Dramane Ouattara a même menacé récemment d’envoyer 6.000 soldats FRCI contre son camp retranché pour ensuite se raviser. Au cours de sa dernière visite à l’Ouest, Alassane Dramane Ouattara a lâché une phrase inquiétante au sujet de Amadé Ourémi quand un journaliste s’est inquiété de sa longévité dans l’Ouest : « Je vais m’en occuper  » avait alors dit Alassane « Le problème sera réglé bientôt ». Compaoré a-t-il donné son accord à Yamoussoukro ? Alassane peut-il mettre fin à cette spoliation sauvage des Ivoiriens de l’Ouest ? Les rumeurs courent, elles courent et chacun sait que Alassane Dramane Ouattara a proposé 10 Milliards de F.CFA à Amadé Ourémi avec la caution de Blaise Compaore pour qu’il abandonne la Foret classée du Mont Péko. Evidemment, personne ne croit vraiment à ce deal mais certains Ivoiriens n’hésitent pas à suggérer qu’il suffit qu’Alassane Dramane Ouattara lui accorde la Nationalité Ivoirienne pour que le tour soit joué !

Le Président Mossi qui gouverne la Cote d’Ivoire pour les Mossi, dispose même du pouvoir de l’article 48 de la constitution pour se passer du « vote des bêtes sauvages » d’une assemblée Nationale qui lui est pourtant totalement acquise. Peut-être n’a-t-il plus aucune confiance en Soro Guillaume.

Cependant, une question demeure, lancinante et accablante pour Alassane Dramane Ouattara : pourquoi lui a-t-il été possible de se débarrasser si facilement du Major IB et pourquoi à contrario est-il si compliqué de chasser Amadé Ourémi des terres de nos frères de l’Ouest, alors qu’ils ont tous les deux troublé la Cote d’Ivoire de la même manière ? Il ne vous a pas échappé que l’un, le Major Ibrahima Coulibaly est Ivoirien, l’autre Amadé Ourémi est Mossi. Mossi comme Alassane Dramane Ouattara. Alassane tue les Ivoiriens sans aucune forme de procès mais s’impose le devoir de protéger ses frères Mossi. C’est la stricte vérité. Soro Guillaume le complice et le compère, devrait en tirer leçon s’il tient à sauver sa peau. 

SORO GUILLAUME. PDT ASSEMBLEE NATIONALE.jpg

Alassane Dramane Ouattara n’est pas bon.

J’ai entendu au cours d’un débat un membre influent de l’inutile CDVR de Charles Banny à court d’arguments, dire que « la plupart des gens sont bons et honnêtes » Je me suis dit en silence : « Alors, mon bonhomme, on n’a pas dû rencontrer les mêmes »

 

Le 15 Mai 2013   

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO 

Ancien Député à l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire


Source: Le blog de Claudus

samedi, 18 mai 2013

LE FPI REPOND AU GROUPE D'EXPERTS DE L'ONU - DECLARATION

 

côte d'ivoire,groupe d'experts de l'onu,rapport du groupe d'experts de l'onu sur la côte d'ivoire,le fpi répond au groupe d’expert de l’onu,déclaration n°0052013 du fpi,le secrétaire général par intérim & porte-parole du fpi,dr kodjo richard,afrik53.com,eventnews tv


Dans une déclaration pondue ce mercredi 15 mai, le FPI monte au créneau une fois encore et dénonce le parti pris des experts de l’Onu en Côte d’Ivoire. Selon Miaka Ouretto et ses camardes, le dernier Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU serait un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara . Eventnews Tv.

 
Déclaration N°005/2013

Relativement au rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la Côte d'Ivoire en date du 12 avril 2013


I. Rappel du contexte politique: Etat des lieux

Depuis les bombardements franco-onusiens qui ont éjecté le président élu Laurent Gbagbo du pouvoir, le 11 avril 2011, pour – nous avait-on répété à l’envi – instaurer la démocratie, le président Alassane Ouattara, au nom de qui et par qui – dixit Koné Zakaria un de ses chefs de guerre – la rébellion a pris le armes, s’est méthodiquement engagé dans une politique de la terre brûlée pour effacer le Front Populaire Ivoirien de la scène politique ivoirienne.

2011:

- Déclenchement d’une gigantesque chasse aux sorcières qui se poursuit encore par des arrestations au quotidien de militants, sympathisants du FPI ou tout citoyen pour toujours la même rengaine "d’atteinte à la sureté de l’Etat". Résultats, 671 prisonniers politiques civils et militaires détenus dans les pires conditions, sans jugement. A eux s’ajoutent les milliers de détenus des prisons clandestines disséminées sur l’ensemble du territoire national ;

- Confiscation des médias publics et des libertés de manifestations réprimées avec constance dans la terreur et le sang ;

- Exclusion du Front Populaire Ivoirien de l’Assemblée Nationale par des élections législatives aussi précipitées qu’injustes et non transparentes ;

2012:

- Organisations ciblées d’attaques du régime et de l’ONUCI par la branche armée du RDR, sous la houlette du chef de la rébellion Guillaume SORO, en désignant automatiquement du doigt le FPI comme responsable, sans la moindre enquête ;

- Rédaction, le 15 Octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara, d’un rapport prétendument attribué à des experts indépendants de l’ONU où le FPI est accusé d’avoir partie liée avec tous les camps opposés dans la guerre au Mali: Quelle absurdité!

2013:

Tout ce montage grotesque s’effondre. Le château de cartes « Ouattarien » s’écroule et se réduit à rien, face à la pugnacité du Front Populaire Ivoirien à l’international. Le pouvoir Ouattara est de ce fait contraint par ses alliés au dialogue – dont il n’a jamais voulu – avec son opposition significative, le FPI. Premier revers.

Deuxième revers, la quasi-totalité des ONG des droits de l’Homme brocardent le régime Ouattara présenté unanimement comme un état de non droit, caractérisé par des violations massives des droits de l’Homme, et qui est tout sauf une démocratie.

Troisième revers, l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre Laurent Gbagbo à la Haye tourne quasiment au drame pour le pouvoir Ouattara avec le laminage par la défense du président Laurent Gbagbo, des actes d’accusations, pour faux et usage de faux.

Du coup, le vrai visage du "messie démocrate" sorti tout droit des cuisses du couple Jupiter FMI / Banque Mondiale, se révèle dans toute sa vérité et nudité : mensonges et incapacité politique notoire. Le demi-dieu de la haute finance internationale, "le wari fatchê" pour parler comme les "ADOrateurs" se révèle bien incapable de faire la politique en Côte d’Ivoire, et donc de diriger ce pays.

Un pays qu’il n’a eu cesse d’attaquer depuis qu’il y a mis le pied en 1989, pour, selon ses propres termes, le rendre ingouvernable, avant de se l’approprier au terme de plus d’une décennie de guerre qu’il a menée tambour battant, avec à la clé des milliers de morts.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire politique est coupée en deux. Le tissu social est déstructuré. La pauvreté et le chômage galopants, la réconciliation au point mort, le front social instable, avec le feu du mécontentement qui couve, l’insécurité rapprochée devenue chronique, la démocratie en panne. Les citoyens étouffent sous l’arbitraire, la répression au quotidien et les discriminations ethno-tribales érigés en système de gouvernance.

C’est à ces problèmes fondamentaux que le chef de l’Etat devait s’attaquer sans délai, hic et nun, ici et maintenant. Tournant le dos à ces impératifs nationaux et déjà en campagne pour les présidentielles de 2015, le président Alassane Ouattara choisit de commanditer un rapport auprès d’un "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire pour polir son image personnelle en détruisant celles de ses adversaires potentiels en vue d’une gouvernance solitaire et absolue de la Côte d’Ivoire.

II. Le Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU: un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara

2.1 Un rapport de diversion fondé sur de malsains partis pris

Le rapport final, dit du groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire, établi en application du paragraphe 16 de la résolution 2045 (2012) du Conseil de Sécurité, a été publié le 17 avril 2013, et se structure autour de onze chapitres. Ce rapport, parce qu’il biaise à la fois avec la réalité et la vérité, mérite qu’on y prête attention pour que l’opinion nationale et internationale qu’il vise à abuser soit prémunie contre les subterfuges et évidents partis pris qu’il recèle. Qu’on en juge.

Le premier constat que révèle l’examen de ses différents volets, est que ce rapport dont la prétention affichée est de porter sur la Côte d’Ivoire, ne porte nullement sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’on vient de mettre en évidence. Il ne s’intéresse qu’à l’embargo sur les armes, en rapport avec le contrôle douanier, et les finances que généreraient les trafics d’or et de diamants, sous l’angle principal des menaces de déstabilisation que représentent l’usage des armes contre le régime Ouattara. Ce rapport vise in fine à protéger ce pouvoir.

De ce fait, ce document ne parle que de tous ceux qui peuvent faire ombrage au poulain de l’ONU Alassane Ouattara. C’est-à-dire de ceux qui peuvent s’opposer, ou s’opposent à sa gouvernance jugée satisfaisante par ces experts. Ils affirment avoir « constaté que les autorités ivoiriennes, sous la houlette du président Alassane Ouattara, avec la précision "élu démocratiquement" – comme pour s’en convaincre – ont fait des progrès notables en matière de sécurité, avec l’arrestation des membres du gouvernement Gbagbo qui opéraient depuis le Ghana ». (Paragraphe 3 page 5).

Flagrant délit de parti pris. Pro Gbagbo = insécurité, FRCI/Dozo = sécurité.

Concernant les progrès accomplis en matière de lutte contre l’impunité : le procès du Général Dogbo Blé Brunot, qualifié de procès majeur par ces experts, est à leurs yeux "une avancée non négligeable" (Paragraphe 9 page 6). L’impunité dont jouissent tous les criminels de guerre pro-Ouattara n’est donc pour ces experts, que justice.

Par ailleurs, ce groupe d’experts a "constaté que la réconciliation politique entre les partis ivoiriens était en progrès" (Paragraphe 3 page5). C’est à se demander s’ils parlent de cette même Côte d’Ivoire où nous vivons, et où la réconciliation, de l’avis de tous, est en panne sèche. Ces experts à l’évidence ne voient et ne disent que ce qui peut faire plaisir à leur commanditaire.

Mais il n’y a pas que ces incongruités. Dans le traitement même qu’ils font de la question centrale de leur rapport, l’embargo sur les armes, le déséquilibre des informations est tel que l’on en vient à se demander si ce travail est véritablement l’œuvre d’intellectuels dignes de ce nom, ou de mercenaires de la plume recrutés à la petite semaine, pour accomplir de basses œuvres sans scrupules et état d’âme.

Le chapitre VI du rapport intitulé "Armes" comprend au total cinq volets développés sur douze pages (page 9 à 22), et comporte 74 paragraphes dont 44, soit plus de 60% du texte, consacrés aux violations de l’embargo dont se seraient rendus coupables depuis 2009 le président Laurent Gbagbo et ses partisans après la chute de son régime. Seulement 10 chapitres sur 74 concernent les Forces Nouvelles, soit 12% ; les violations du gouvernement Ouattara sont traitées dans 13 chapitres soit 18% et 7 chapitres aux particuliers, soit 9%.

C’est là le premier aspect de ce déséquilibre que révèle la production linéaire du texte, et qui montre déjà à ce niveau, l’acharnement de ces "experts" sur les pro-Gbagbo.

En poussant un peu plus la réflexion, l’on s’aperçoit très vite que dans leur désir forcené de démontrer que les pro-Gbagbo constituent une espèce politique vénéneuse à exterminer, ils se sont employés avec force détails à décrire, les allées et venues des membres de ce qu’ils ont baptisés "l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo". Pour étayer leurs affirmations péremptoires ils ne s’appuient que sur des formules vagues, passe partout, du genre "selon des sources fiables" sans les identifier, ou "d’après les informations fournies par l’ONUCI, ou celles dont dispose le groupe d’experts".

S’agissant de ses sources d’informations, le chapitre deux du rapport indique relativement à la méthodologie de l’enquête, au paragraphe 10 que "le groupe d’experts a, en priorité, mené des enquêtes de terrain, en Côte d’Ivoire et dans les Etats voisins. Il a également examiné les éléments de preuves fournis par les organisations nationales, régionales et internationales, et entreprises privées". Et pour tenter de montrer sa bonne foi, le groupe d’experts souligne au paragraphe 12 de son rapport ceci " ses conclusions relatives à des Etats, des particuliers et des entreprises, ont été autant que possibles, portées à l’attention des intéressés et qui ont eu la possibilité d’y répondre ".

Deuxième aspect du déséquilibre de l’information, le groupe d’experts avoue avoir contacté toutes les sources possibles d’information, à l’exclusion du Front Populaire Ivoirien, le parti fondé par le président Laurent Gbagbo et qui a inspiré toute sa politique et les actes posés. Pourquoi le Front Populaire Ivoirien en particulier et les pro-Gbagbo sur qui porte l’enquête, ont été à priori considérés comme des sources non fiables par le groupe d’experts?

Toute démarche judiciaire ordinaire exige que tout présumé coupable soit entendu avant d’être condamné s’il y a lieu. Or la constance des rapports prétendument établis par des experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, est que les pro-Gbagbo sont des coupables à priori, qu’ils évitent soigneusement d’approcher encore moins d’entendre, d’écouter et de comprendre. Là se trouve le parti pris fondamental de l’ONU en Côte d’Ivoire et qui explique que, de forces dites impartiales, l’ONUCI soit devenue et reste encore aujourd’hui, une force belligérante, donc non crédible et ses experts disqualifiés pour parler de la Côte d’Ivoire.

2. 2 De la diabolisation permanente du FPI à celle du rebelle Soro et ses com-zones

De fait, les officines du pouvoir Ouattara, commanditaires et inspiratrices de ce rapport ont désormais fait leur choix dans la guerre larvée de succession à Alassane Ouattara, en optant de brocarder et de vouer aux gémonies Guillaume Soro et ses com-zones des Forces Nouvelles, mis dans le même sac que le FPI, comme des comploteurs.

Voici ce que dit à cet effet le rapport dans son paragraphe 30 page 10 «Au moment de l’attaque du camp militaire d’Akouédo, le 06 août 2012, le groupe d’experts a reçu des informations fiables sur les constats établis entre le commandement militaire de l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo au Ghana et de hauts représentants des ex-Forces Nouvelles, notamment leur ancien Secrétaire Général, Guillaume Soro, actuellement président de l’Assemblée Nationale et son proche conseiller et directeur du protocole, Kamagaté Souleymane, alias "Soul to Soul"».

Voilà le Front Populaire Ivoirien désormais allié des Forces Nouvelles de Guillaume Soro, alors que dans le précédent rapport de l’ONU, ce même parti avait été associé à tous les camps qui s’opposent dans la guerre au Mali, tout cela par la seule volonté des experts commandités par Alassane Ouattara.

Si l’attaque du 6 août 2012 du camp d’Akouédo, qui a servi de déclencheur au pouvoir pour opérer des arrestations massives au sein des pro-Gbagbo à commencer par Laurent Akoun, Secrétaire Général du FPI, a été opérée de concert avec les Forces Nouvelles, le pouvoir Ouattara devrait pouvoir tirer les conséquences de cette nouvelle donne et agir équitablement.

Mais il ne le peut parce que, comme le note aussi ce rapport (paragraphe 4 page 5) de 2011 à 2012, «d’anciens combattants des Forces Nouvelles ont étendu leur influence économique et politique: d’anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire, ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sur le coup de sanction de l’ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias "Wattao"), Hervé Touré (alias "Vetcho"), Koné Zakaria et Chérif Ousmane, ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d’importantes quantités d’armes (et de matériel connexe) entre leurs mains ; (…) sans pour autant que ceux-ci abandonnent leurs activités économiques prédatrices de seigneurs de guerre, qu’ils ont à présent étendus à l’ensemble du territoire ivoirien (paragraphe 5 page5).

Comment procèdent-ils ? Les rédacteurs du rapport précisent (paragraphe 102 page 23) que « la raison en est l’existence d’un réseau militaro-économique au sein de l’administration, qui profite de la contrebande et d’un système d’imposition parallèle ». Le réseau, souligne le rapport (paragraphe 151 page 29) « a adopté des méthodes de taxation analogues à celles utilisées par "La Centrale", l’ancien organisme responsable du trésor au sein des Forces Nouvelles, bien qu’il opère de manière plus discrète».

«Le réseau (paragraphe 152 page 30) maintient un monopole sur l’utilisation des armes par l’armée nationale. Il entrave la capacité des autres autorités, comme la police, la gendarmerie, les services de douanes et la police maritime et forestière de s’acquitter efficacement de leurs responsabilités».

Pour le fonctionnement de son système de taxation parallèle pour différents types d’activités commerciales, en ce qui concerne l’agriculture (cacao, coton, noix de cajou), le transport, l’or le diamant, «le réseau a fait appel dans toutes les grandes villes du pays à des anciens étudiants de la ville de Bouaké pour gérer ses recettes (Cf. chapitre 7 paragraphe 153 page 30)».

Notons enfin que ce que ce rapport indique bien que ce «réseau n’hésiterait pas à recourir à la force s’il en jugeait le besoin (paragraphe 102 page 23)».

L’enjeu est de taille parce que le paragraphe 103 page 23 précise que «la croissance limitée des taxes et droits sur les marchandises exportées par la Côte d’Ivoire, tient pour partie aux effets de la contrebande. Entre 2011 et 2012, la contrebande de cacao a représenté 153 000 tonnes soit des pertes de 400 millions de dollars environ 25 milliards de francs CFA (paragraphe 112 page 24)».

En d’autres termes, le pouvoir Ouattara à travers ces experts, dénonce l’existence d’un Etat bis en Côte d’Ivoire dirigé par Guillaume Soro et ses com-zones qui sont forts économiquement, militairement et politiquement.

Mais curieusement si sur le chapitre achat des armes et financement des activités, les auteurs du rapport se sont montrés très prolixes s’agissant des pro-Gbagbo avec même des indications sur les origines soudanaise, iranienne, israélienne, chinoise, russe des armes etc. et force détails sur même le calibre des munitions et leur nombre, pour ce qui est de l’armement des Forces Nouvelles, le rapport est quasiment muet. Il se limite à dire que les armes sont venues du Burkina Faso «début 2011 transportées par au moins six camions jusqu’à la zone de Katiola» (paragraphe 70 page 18).

Mais il n’est un secret pour personne que le Burkina Faso, qui n’a pas d’usine d’armement, n’a été qu’une couverture, un lieu de transit d’armes durant toute cette guerre. Alors questions. D’où viennent ces armes? De quels pays? Qui en a assuré le financement? Avec quels moyens?

Et cela avant et depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002. Ce sont là les questions essentielles qui s’attaquent à l’origine de la guerre, et non à ses effets que sont entre autres l’embargo sur les armes.

Le groupe des experts esquivent ces questions dont les réponses risquent d’emporter le commanditaire de ce rapport qui veut se débarrasser d’une rébellion qui l’a porté au pouvoir.

D’ailleurs que peut faire Alassane Ouattara, même devenu aujourd’hui président de la République, contre la contrebande des Forces Nouvelles et leur réseau militaro-économico-politique. Cette contrebande existe depuis 2002, il ne l’a jamais dénoncé, l’ONU non plus. C’est la contrebande en tout genre, cacao, diamant, or, coton qui équilibre le budget du Burkina Faso depuis 2002. Ce pays sahélien est devenu producteur de cacao, mais le rapport n’en parle pas. C’est la contrebande orchestrée par "La Centrale" qui a pris le relais du financement de la guerre dont Alassane Ouattara a profité pour accéder au pouvoir d’Etat. Avec l’existence de cette contrebande dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, et que dénonce aujourd’hui Ouattara et ses experts, Laurent Gbagbo a gouverné pendant plus d’une décennie la Côte d’Ivoire avec des budgets sécurisés.

Le président Ouattara est donc très mal placé pour dénoncer la contrebande des Forces Nouvelles par ses experts interposés. C’est un juste retour des choses, l’arroseur arrosé.

De même que peut faire l’ONU contre une rébellion qu’elle a couvée, adoubée et portée au pouvoir. Rien.

Ce rapport des prétendus experts sur la Côte d’Ivoire relève en définitive d’une diversion. Il s’agit de divertir, au sens de distraire, détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire énoncés plus haut dans l’état des lieux.

Publié curieusement au même moment où Alassane Ouattara annonce sa candidature aux présidentielles de 2015, il constitue un élément de campagne visant à disqualifier dans le même élan celui qui l’a fait roi, Guillaume Soro d’une part, et de l’autre le Front Populaire Ivoirien dont il a si viscéralement peur qu’il s’obstine, dans sa diabolisation devenue une rengaine, à voir le FPI dans des élections auxquelles il n’a pas participé.

A cet effet il est frappant de constater que ce rapport ne fait nullement état du moindre reproche encore moins de la moindre faute commise par Alassane Ouattara durant ces deux ans de gouvernance pourtant désastreux. Il fuit en permanence son peuple, les travailleurs en particulier en se réfugiant dans l’esbroufe pour cacher sa peur. L’esquive et la communication internationale mensongère dont ce rapport en sont une preuve patente.


Fait à Abidjan, le 15 mai 2013


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard



Source: AFRIK53.COM

mercredi, 15 mai 2013

A PROPOS DE VENANCE KONAN ET DE L'ARGENT QUI NE CIRCULE PAS

 

VENANCE KONAN.jpg

 

Il y a des suicides intellectuels qui sont tout aussi spectaculaires que des dégringolades du douzième étage d’un gratte-ciel. Prenons, par exemple, le cas de l’inénarrable Venance Konan, journaliste et patron du quotidien d’Etat ivoirien Fraternité-Matin. Dans un récent éditorial, intitulé « L’argent ne circule plus », ce confrère qui ne cache pas son engagement – tout comme l’auteur de ces lignes – tente de défendre l’indéfendable de la plus piteuse des manières. Et se crucifie lui-même, à vouloir complaire à son employeur du moment, Alassane Ouattara. Au moment même où son collègue Lazare Aka Sayé, jusqu’ici directeur général de la RTI, vient d’être brutalement mis à l’écart malgré les « services rendus »…

Que nous dit l’auteur des Prisonniers de la haine ? Que si l’argent « ne circule plus » en Côte d’Ivoire, c’est parce que le régime Ouattara traque les cybercriminels (« les brouteurs »), qui se cachent désormais, et ne consomment plus. Que les fonctionnaires ne sont plus corrompus et ne « rackettent » plus comme par le passé, et du coup ne font plus tourner les « maquis ». Que les « barons » du café-cacao prévaricateurs ne prévariquent plus… et que c’est leur « argent sale » qui manque aux Ivoiriens, notamment aux jeunes filles qu’ils couvraient de largesses. Finalement, la « sécheresse financière » actuelle serait, si on suit ce raisonnement, une bonne nouvelle…

Des théories diabolisatrices… des lieux communs…

Venance Konan est un habitué de ce type de raccourci intellectuel stupéfiant, et il suffit de relire sa prose depuis plus de quinze ans pour se rendre compte qu’il n’a jamais fait autre chose que de désigner des boucs émissaires et de construire des théories diabolisatrices en se fondant – et en renforçant – un certain nombre de lieux communs vides de sens. Et pourtant… S’il n’y avait que les jeunes filles aux moeurs légères, les tenancières de glô glô et les receleurs des diverses rapines des « corps habillés » qui étaient frappés par la féroce austérité que nous connaissons, la grogne populaire aurait-elle pris l’ampleur qu’elle a pris aujourd’hui, et que le dernier édito du patron de « Frat-Mat » veut contribuer à calmer ?

Hier, Venance Konan attribuait à Gbagbo l’expansion des églises évangéliques en Côte d’Ivoire ou la (timide) progression économique chinoise, des phénomènes qui relèvent plus de la marche du monde que du microcosme ivoirien. Aujourd’hui, il essaie d’expliquer des réalités macroéconomiques avec des méthodes de faits-diversier. Remettons donc de la rationalité là où le grand frère fait de la démagogie. Et posons-nous un certain nombre de questions simples.

SOTRA - LICENCIEMENT.jpg

Une vague inédite de licenciements

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que la féroce prise d’Abidjan par des hordes de FRCI pillant tout ce qu’elles trouvaient devant leur chemin a contribué directement à la destruction de 80 000 emplois, si l’on en croit les chiffres diffusés l’année dernière par l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que la guerre postélectorale déclarée par un Alassane Ouattara ayant utilisé toutes les formes de violence pour s’emparer du pouvoir a occasionné la destruction de 120 000 emplois, selon les chiffres de Jean-Louis Billon, alors président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que de la Présidence aux entreprises parapubliques – notamment à la SOTRA, au Port autonome d’Abidjan et à la RTI -, une vague inédite de licenciements a sévi, souvent suivie de recrutements de profils plus ethniquement et/ou politiquement conformes ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que le non-apurement d’une très grosse partie de la dette intérieure de l’Etat a tué un nombre traumatisant de petites et moyennes entreprises (PME) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que le gouvernement s’avère incapable d’enrayer la hausse des prix des produits de première nécessité, et se contente de faire avaliser par le FMI des taux d’inflation qui jurent avec la réalité quotidienne ?

Pourquoi « oublier » les rapines des ex-Comzones ?

Venance Konan évoque subrepticement, dans son édito, « le train de vie des barons de la rébellion »… sous Gbagbo. Mais pourquoi ne parle-t-il pas du « réseau militaro-économique » spécialisé à la fois dans le racket et la contrebande de matières premières qui fait perdre à la Côte d’Ivoire 400 millions de dollars, soit 1,6% de son produit intérieur brut (PIB), selon des chiffres fournis aux Experts de l’ONU par le gouvernement qu’il soutient ? Pourtant, l’ « extension du domaine des rapines » des ex-comzones est une des clés permettant d’expliquer le phénomène de non-circulation de l’argent. En effet, hier comme aujourd’hui, le fruit de leurs pillages va directement à l’étranger, notamment au Burkina Faso, où nombre d’entre eux possèdent des biens immobiliers impressionnants. Et si l’argent de Côte d’Ivoire circulait… ailleurs ?

Pourquoi Venance Konan n’invoque-t-il pas les différents scandales de mauvaise gouvernance qui parsèment les deux années du régime Ouattara, notamment le dossier de la surfacturation des travaux de réhabilitation des Universités, dénoncé puis enterré par son « employeur suprême » ?
Venance Konan essaie de justifier la morosité économique par… les grands travaux d’infrastructures ! Mais comment peut-il expliquer que la Côte d’Ivoire soit en chantier sans que le secteur de l’emploi local s’en trouve boosté ?

Venance Konan est un spécialiste de la diabolisation outrancière et il préfère les préjugés grossiers aux réalités froides. Ses méthodes pouvaient fonctionner avec les plus crédules alors qu’il était dans l’opposition. Mais elles sont moins efficaces dès lors qu’il les met au service du pouvoir. Car le pouvoir ne peut se contenter de dénoncer le passé, même en le déformant pour le pire. Il doit relever les défis d’aujourd’hui. Ou admettre son incompétence et en tirer toutes les conséquences.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 09 mai 2013

WIKILEAKS REVELE LES DESSOUS DE LA CRISE IVOIRIENNE

Nom de code: PLUS D. L’association Wikileaks dirigée par Julian Assange, et qui s’est spécialisée dans la mise à la disposition du public de câbles diplomatiques classés confidentiels et/ou secret défense, a encore frappé. Hier, elle a mis en ligne une bibliothèque publique de la diplomatie américaine (Public Library of US Diplomacy). Qui permet d’avoir accès à 1,7 millions de documents secrets qui, pour certains, éclairent l’histoire récente d’un jour nouveau. Certains d’entre eux avaient déjà été « balancés » en 2010, mais étaient perdus dans le cafouillage incroyable créé par la profusion des données. Cette fois-ci, grâce à un efficace moteur de recherches, l’accessibilité est améliorée et des documents intéressants surgissent. Sur la crise ivoirienne en particulier, un certain nombre de câbles diplomatiques se révèlent très intéressants à lire.


En 2001, les ingérences de Charles Taylor en Côte d’Ivoire inquiétaient déjà Gbagbo et le Nigeria

côte d'ivoire,le nouveau courrier,théophile kouamouo,wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Dans un câble daté du 28 août 2001, l’ambassadeur américain au Nigeria Howard F. Jeter faisait état, entre autres sujets, des inquiétudes d’un de ses principaux interlocuteurs, le «lieutenant-général» Aliyu Mohammed Gusau, qui était alors un des patrons des services de renseignement du pays alors dirigé par Olusegun Obasanjo. Selon Aliyu Mohammed, une des préoccupations de son pays concernant le leader libérien Charles Taylor était son « immixtion » en Côte d’Ivoire. « L’ambassadeur Jeter, après avoir noté que Taylor est un manipulateur, a demandé à Mohammed comment le Nigeria entendait émousser les efforts de Taylor et du général Guei », indique le câble. A la suite de cette interrogation, l’officiel nigérian a indiqué au diplomate américain que son pays était en contact avec Gbagbo à ce sujet, à qui il avait demandé d’en parler aux Français – des Français qui avaient, selon le câble, de la « sympathie » pour Taylor. L’officiel nigérian avait également confié au diplomate américain son désir de voir Alpha Oumar Konaré, alors président du Mali et de la CEDEAO, de mettre clairement en garde le numéro un libérien d’alors. L’avenir montrera que la France et Konaré ne décourageront pas Taylor, mais iront jusqu’à le « protéger » en faisant semblant de ne pas voir sa main derrière le MPIGO et le MJP, métastases de la rébellion du MPCI à la frontière libérienne. Pire : Charles Taylor sera un des invités d’honneur à la conférence de Paris Kléber destinée à faire entériner le « déshabillage » de Gbagbo après les accords de Linas-Marcoussis.

Robert Guei et Djibril Bassolé, « cerveaux » de la rébellion du 19 septembre 2002 ?

côte d'ivoire,le nouveau courrier,théophile kouamouo,wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Un câble diplomatique daté du 10 octobre 2002 raconte une conversation entre l’ambassadeur américain au Nigeria Howard F. Jeter et un ancien ministre des Affaires étrangères nigérian, Baba Gana Kingibe. Devenu consultant par la suite, Kingibe ne cachait pas avoir travaillé pour le gouvernement ivoirien, et avoir eu des relations avec l’ex-ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou, grâce à une relation commune, un homme d’affaires désigné par le prénom « François ». Il pourrait bien s’agir du golden boy François Bakou.

Bien informé, Kingibe a alimenté le diplomate américain en informations « qui ne sont pas contradictoires avec ce que nous savons des événements d’avant la tentative du coup d’Etat ». L’ancien officiel nigérian a en tout cas expliqué que Robert Guei et Djibril Bassolé, alors ministre de l’Intérieur burkinabé, s’étaient rencontrés à Ouagadougou pour mettre en place un plan visant à renverser le président Gbagbo. Mais un ancien subordonné de Guei (on reconnait assez facilement Balla Keita) avait fait savoir qu’il ne voulait pas participer au complot. Pour cette raison, il a été « rapidement éliminé ». Mais avant sa mort, Gbagbo est mis au courant de ce qui se tramait contre lui. Du coup, il envoie son ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou discuter les yeux dans les yeux à Paris avec son homologue… Djibril Bassolé ! La réunion se passe bien. Et Boga rentre à Abidjan le 18 septembre pour être au pays alors que Gbagbo s’en va à Rome. Quand il se rend compte dans la nuit du 18 au 19 qu’un coup d’Etat se déroule et qu’il est directement ciblé, il saute sa clôture et va chercher refuge chez un expatrié français. C’est de chez cet expatrié qu’il appelle « François » où il raconte sa mort en direct : « François, ils entrent. Ils m’abattent ! »

Lors de sa conversation avec le diplomate américain, Kingibe évoque ce qu’il considère comme la stratégie internationale de Compaoré – son analyse s’avèrera juste. Selon lui, la tentative de réhabilitation de Compaoré, qui passé par une rupture apparente avec Taylor, est un « subterfuge ». De son point de vue, le Compaoré de 2002 n’est pas fatigué des « pitreries » de Taylor, mais est fatigué de jouer les seconds rôles et est prêt lui-même à s’engager dans des entreprises de déstabilisation dont il est le maître d’œuvre. « Si c’est vrai, cela signifie qu’il représentera un aussi grand danger pour la stabilité sous-régionale que son ancien ami de Monrovia », note le câble.

Ibn Chambas et Nana Akufo-Addo, deux anti-Gbagbo notoires

côte d'ivoire,le nouveau courrier,théophile kouamouo,wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Les câbles de Wikileaks nous permettent de cerner les positionnements réels des différents acteurs diplomatiques qui ont « travaillé » sur la crise ivoirienne. Par exemple, derrière ses sourires de premier communiant, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, alors secrétaire exécutif de la CEDEAO, a contribué à « noircir » au maximum l’image de Gbagbo. Dans un câble daté du 11 octobre 2002, l’ambassadeur des Etats-Unis au Nigeria, Howard F. Jeter, raconte une conversation avec Ibn Chambas. Au cours de laquelle il explique que l’obstacle à un cessez-le-feu rapide entre le gouvernement ivoiriens et les rebelles, c’est… Gbagbo ! Les rebelles, selon Ibn Chambas, sont «disciplinés et relativement flexibles». Ils nient toute intention de renverser le régime (sic !) Ibn Chambas affirme sans ciller qu’il n’a vu aucune preuve de l’ingérence des Burkinabés. Gbagbo, de son côté, est « têtu » et « réticent », selon le diplomate ghanéen.

Le ministère des Affaires étrangères ghanéen de l’époque, qui sera par la suite deux fois candidat malheureux à la magistrature suprême dans son pays, a également beaucoup œuvré pour « gâter le nom » de Gbagbo. Un câble daté du 3 juin 2004 permet de se rendre compte qu’il a profité du fait qu’un sommet de la CEDEAO qui devait se tenir à Abuja, au Nigeria, a finalement été annulé, parce que Gbagbo avait décidé d’aller à des réunions à New York pour casser violemment du sucre sur le dos de Gbagbo. « Nous nous demandons si Gbagbo s’amuse avec nous », lance-t-il lors d’une rencontre avec l’ambassadrice Mary C. Yates. Lorsqu’elle lui répond en disant que le chef de l’Etat ivoirien avait peut-être pris des rendez-vous au siège de l’ONU, Akufo Addo n’en démord pas. « Kofi Annan est au courant de cette rencontre et veut Gbagbo ici [à Abuja] », dit-il. Avant d’expliquer que les accords de Linas-Marcoussis ne doivent absolument pas être « revus » ou « renégociés », que « Gbagbo doit trouver un arrangement avec Soro, Bédié ou Ouattara » et qu’il n’y a « pas d’autre option ». « Alors que nous laissons à nos collègues le soin d’expliquer les véritables motifs pour lesquels Gbagbo a refusé d’assister à la réunion d’Abuja, Akufo-Addo a défendu une vision plein d’antipathie sur ce qui lui semble être les explications peu convaincantes de Gbagbo », peut-on lire dans le câble de l’ambassadrice Mary C. Yates.

Ce background permet, avec le recul, d’expliquer les rumeurs selon lesquelles Alassane Ouattara a financé la campagne d’Akufo Addo lors de la dernière présidentielle. Mais aussi de comprendre la portée des violentes diatribes de ce dernier s’adressant à John Dramani Mahama en disant : « Nous ne voulons pas d’un Laurent Gbagbo au Ghana ».

 Obasanjo, Kufuor et la France en Côte d’Ivoire : un rapport compliqué

côte d'ivoire,le nouveau courrier,théophile kouamouo,wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Au fil des « câbles » de Wikileaks, l’on se rend compte que si la position « naturelle » des présidents nigérian et ghanéen de l’époque, Olusegun Obasanjo et John Kufuor, était plus « équilibrée » que celles de leurs homologues francophones d’Afrique de l’Ouest, elle était aussi frileuse et influencée par un certain nombre de lieux communs. Un câble du 26 septembre 2002 indique déjà le « balancement » du Nigeria. Aliyu Mohammed, un des patrons du renseignement nigérian, informe les Etats-Unis que le Nigeria a envoyé des Alphajets à Gbagbo dans le cadre d’un arrangement bilatéral – ce qui est une forme de soutien – mais s’inquiète du « harcèlement » des partis et des figures de l’opposition, notamment Ouattara et Bédié. Obasanjo se plaint aux Américains de l’initiative française de reprendre les choses en main en interrompant les discussions de Lomé, et accuse Abdoulaye Wade d’avoir orchestré l’opération en raison de sa rivalité avec Gnassingbé Eyadéma. « Ils peuvent organiser le sommet, mais je n’y irai pas, le Nigeria ne sera pas représenté », indique Obasanjo au téléphone à l’ambassadeur américain. Quand les accords sont entérinés, il indique qu’il ne les endosse pas « de gaieté de cœur » et qu’ils « déshabillent Gbagbo », mais que le Nigeria ne peut pas être « plus saint que le pape ». Si les Ivoiriens acceptent Marcoussis, le Nigeria ne peut que les appuyer, dit-il en substance.

Un câble du 12 novembre 2004 raconte une réunion entre l’ambassadeur des Etats-Unis au Ghana et le président John Kufuor. Juste après la quasi-guerre ivoirienne qui a commencé avec le « bombardement » supposé de la base-vie française de Bouaké en pleine « opération Dignité ».  Kufuor explique que la « tuerie » des neuf soldats français est un « prétexte » qui permet à l’Hexagone d’engager des actions pour protéger « leurs concitoyens » et leur « business ». « Mais Kufuor n’avait pas une posture critique vis-à-vis des Français », indique le câble. A la même occasion, Kufuor considère que l’analyse – dont on ne sait pas qui la véhicule – selon laquelle Gbagbo serait devenu président après avoir été qu’un leader d’opposition de second ordre relève de l’intox. Cela dit, il estime que Gbagbo doit faire des concessions, cesser d’utiliser le Parlement comme « prétexte » pour ne pas appliquer les accords d’Accra III. Il finit par faire une proposition assez surprenante : il suggère que Gbagbo, Ouattara et Bédié, en raison de leur caractère clivant, soient écartés des élections à venir et qu’ils cèdent la place à la jeune génération.

Les Français acharnés contre Gbagbo

côte d'ivoire,le nouveau courrier,théophile kouamouo,wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne

Si les câbles que l’on peut consulter dans le cadre du projet « PLUS D » donnent à voir une administration américaine quelque peu circonspecte, plus ou moins équilibrée dans ses jugements, et une diplomatie française violemment anti-Gbagbo. La palme de la virulence revient à Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Jacques Chirac. Dans l’un des câbles de Wikileaks, datant du 30 mars 2006, il affirme à un de ses interlocuteurs américains que « de plus en plus » de dirigeants africains estiment qu’il n’y aura aucune solution en Côte d’Ivoire tant que Gbagbo restera au pouvoir. Il demande aux Américains de s’impliquer dans le cadre du Groupe de travail international (GTI) pour soutenir Charles Konan Banny – qui apparaît véritablement comme le « chouchou » de la Chiraquie au fil des câbles. Au point de demander que les Casques bleus de l’ONU prennent le contrôle militaire de la RTI afin d’empêcher que les « foules » pro-Gbagbo s’en saisissent pour diffuser leur «propagande » en cas de troubles. Un câble du 9 décembre 2005 indique que Michel de Bonnecorse veut que la Constitution ivoirienne soit modifiée… par le Conseil de sécurité de l’ONU. Selon un câble du 9 février 2006, Michel de Bonnecorse décrit Gbagbo comme un « fasciste », qui « commande seulement une minorité de la population », qui utilise une « propagande de rues », des voyous armés et une propagande ciblée. Nathalie Delapalme, qui développe pourtant des vues anti-Gbagbo devant les diplomates américains, a été totalement mise à l’écart par le clan Chirac, dès lors qu’il est devenu évident qu’elle était « trop confortable avec Gbagbo et sa coterie », explique un officiel français aux Américains.

Quand la France de Sarkozy jugeait « ridicule » le désarmement des rebelles

La lecture des câbles publiés par Wikileaks permet d’entrevoir une certaine prise de distance passionnelle de Paris sur le dossier ivoirien avec le début du processus de Ouagadougou et le départ du pouvoir de Jacques Chirac. Mais la profonde acrimonie de la France envers Gbagbo demeure, sous Nicolas Sarkozy. Selon un câble daté du 4 septembre 2009, le conseiller Afrique de Sarkozy, Romain Serman, prétend, alors qu’une avocate de Gbagbo plaide pour que la France aide à désarmer la France, qu’il ne s’agit que d’une manière de gagner du temps, et que Gbagbo a conclu qu’il ne pouvait pas gagner les élections et veut « épuiser » ses rivaux Bédié et Ouattara. L’exigence du désarmement des rebelles, pourtant notifiée depuis les accords de Linas-Marcoussis, est « ridicule » selon l’administration Sarkozy. Le conseiller de Sarkozy va jusqu’à prétendre, devant les Américains, que Gbagbo veut organiser un faux coup d’Etat contre lui – selon des sources libériennes non clairement nommées, stipule le câble américain. Au final, la Côte d’Ivoire va aller à la présidentielle de 2010 sans désarmement, selon le vœu des Français. Et le « traquenard électoral », selon l’expression de Charles Blé Goudé, se refermera sur Gbagbo.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 03 avril 2013

AFFAIRE «LE DRAPEAU DU BURKINA SUR LE CAMP COMMANDO D'ABOBO»: LA REPUBLIQUE TREMBLE

 

 

BLAISE COMPAORE.jpg

 

Une information qui n’a pas été du tout du goût de la grande muette, au plus haut niveau de la hiérarchie. Celle relative à la présence du drapeau burkinabé au camp commando d’Abobo. En ce sens que sa déflagration et son onde de choc ont pulvérisé le monde entier, comme le démontrent les nombreux appels et autres réactions des internautes à notre rédaction, réagissant à la gravité de ce fait. Auquel nous avions accordé un traitement spécial pour en faire un large écho dans notre parution du mercredi 28 mars 2013.

Laquelle information a été largement diffusée sur la toile et qui a ameuté toute la République. Au point de susciter la réaction impromptue du commandant Koné Gaoussou dit Jah Gao, commandant en second du 1er Bataillon de commandos parachutistes (Bcp). Une réaction lue dans les colonnes d’un confrère de la presse, hier jeudi 28 mars 2013, à travers laquelle l’homme fort du camp commando d’Abobo tente de s’expliquer sur la présence déconcertante de ce drapeau du pays des hommes intègres, le Burkina. Mais au bout du fil, il se perd en conjectures, en confusions et en amalgames.

Un camp militaire est bien différent d’une école militaire

Mis devant les faits, selon le confrère, non seulement Jah Gao a sommé qu’on déguerpisse ledit drapeau des lieux, mais en même temps, il s’est évertué à se dédouaner de cette faute militaire. «A l’Efa, à l’Ensoa, à l’Empt, il y a les drapeaux de tous les pays dont les ressortissants sont en formation. Je reviens du Maroc et là-bas, j’ai vu le drapeau ivoirien. Est-ce que cela signifie que le Maroc est devenu un territoire ivoirien? Je ne veux plus parler de çà», dixit Jah Gao. Sans être très introduits dans les méandres du fonctionnement militaire, il nous est toutefois plausible d’affirmer qu’il y a bien une différence entre le cantonnement militaire d’une armée d’un Etat donné et les écoles qui instruisent ces militaires, dans le statut comme dans les principes. Ce qui revient à dire qu’un camp militaire est exclusivement composé de nationaux en armes, par ricochet lieu d’expression de la souveraineté, qui concentre des poudrières et tout autre symbole propre à l’Etat souverain.

Aucune autre représentation symbolique de la souveraineté d’une Nation étrangère n’y saurait être admise et tolérée. En revanche, les écoles de formations sont plutôt des lieux nationaux et transnationaux représentant plusieurs entités étatiques à travers leurs animateurs et leurs auditeurs.

Ce qui d’ailleurs explique la présence de plusieurs drapeaux de différentes Nations en ces endroits.

A ce titre, l’on ne saurait assimiler un camp stratégique militaire, comme celui du Camp commando d’Abobo, à l’Efa ou l’Empt ou encore celle de Saint-Cyr en France, par exemple. Il est donc impérieux de souligner que la présence du drapeau burkinabé à cet endroit stratégique suscite l’interprétation qui lui sied. Celle d’exprimer la présence militaire, (là où il ne le faut pas) du Burkina Faso en ces lieux.

Car le camp Commando d’Abobo n’est pas une école d’instruction militaire. Quitte à qui de droit de reconnaître que cette donne est de nature à franchir le Rubicon et faire son mea culpa, que de s’étaler dans une confusion de principe.


Marcel Dezogno


Paul Koffi Koffi et le Général Bakayoko dans de sales draps

 

La météo n’est pas du tout bonne pour la grande muette. La raison, un article paru dans le quotidien “LG Infos” du mercredi 27 mars 2013, mentionnant que le drapeau du Burkina Faso flotte sur le camp commando d’Abobo. A en croire des sources militaires, ce papier aurait provoqué la colère d’Alassane Ouattara, ministre de la Défense et chef suprême des armées. Il aurait demandé des comptes au ministre délégué Paul Koffi Koffi qui, à son tour aurait sommé le Général Soumaïla Bakayoko, Chef d’état-major général des armées de «tirer au clair cette affaire du drapeau du Burkina Faso qui flotte sur le camp commando.»

C’est donc un profond malaise qui secoue l’armée ivoirienne par sa tête, si nos informations étaient avérées, depuis que cette affaire a été rendue publique. Il y a de quoi ruer dans les brancards. Cela fait la seconde apparition inacceptable du drapeau du Burkina Faso dans les airs en Côte d’Ivoire, suite à une crise militaire d’envergure. En effet, il y a eu d’abord Kong au plus fort de la crise militaire née du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002. Aujourd’hui, c’est au camp commando d’Abobo que flotte le drapeau du Burkina au sortir de la crise post-électorale. C’est du reste un acte assez important, un fait majeur qu’on ne peut snober aussi facilement. Dès lors, si elle existe, on peut comprendre la colère du chef de l’Etat, chef suprême des armées qui exige des explications! Car laisser flotter le drapeau du Burkina Faso sur le camp commando d’Abobo, est un langage sans équivoque pour dire que des militaires et/ou ressortissants de ce pays sont bien présents dans cet endroit. Au sein de l’armée ivoirienne, selon nos informateurs, certains hauts gradés voient dans la présence remarquée de ce drapeau une humiliation et donc la négation de la souveraineté nationale. Le tout apportant de l’eau au moulin de l’opposition qui aura beau jeu de clamer haut et fort : «Et pourtant, ils avaient tout nié en bloc !»

Comment a-t-on pu laisser ce drapeau flotter pendant tout ce temps, si tant est que l’on n’est pas en train de dire que nous sommes-là, se demandent des militaires écoeurés. Nos informateurs précisent que c’est fort de toute cette pression que le premier responsable du camp commando où flotte le drapeau du Burkina Faso s’est fendu d’une déclaration, à tout le moins hasardeuse le lendemain dans la presse. Déclaration qui a étalé sur la place tout le malaise que provoque cette patate chaude entre les mains du ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi et le Chef d’état-major général des armées, le Général de corps d’armées, Soumaïla Bakayoko.

 

Osée Délamond, in le quotidien ivoirien "LG Info"


Source: ABIDJANTV.NET

jeudi, 21 mars 2013

CONTREVERITES SUR LA PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010, ROBERT GBAÏ TAGRO REPOND A GUILLAUME SORO

 

côte d'ivoire,contrevérités sur la présidentielle de novembre 2010,robert gbaÏ tagro répond à guillaume soro,élections présidentielles en côte d'ivoire,crise électorale en côte d'ivoire,alassane ouattara,laurent gbagbo

 

M. le Président de l’Assemblée nationale, voulez-vous qu’on parle des vrais chiffres des résultats de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire? Vous avez reçu, le samedi 2 mars 2013, au Palais de l’Assemblée nationale, le Chef de l’Etat du Nigeria, M. Goodluck Jonathan, en visite d’Etat en Côte d’Ivoire. Concernant l’élection présidentielle ivoirienne passée, vous avez déclaré à votre illustre visiteur : «A la demande de votre homologue Alassane Ouattara, encore sous le blocus au Golf, vous m’avez accordé une audience à Abuja, malgré votre calendrier extrêmement chargé du fait de la proximité des élections dans votre pays. A peine avais-je commencé à donner les résultats des urnes que vous m’avez interrompu en ces termes : «M. Soro, je sais qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire. Vous n’avez pas à prêcher à un convaincu. En tant que Président du Nigeria, je n’accepterai pas la forfaiture qui a cours chez vous. Pour moi, Alassane Ouattara est le Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et cela est non négociable. Avec la C.E.D.E.A.O., nous rétablissons la vérité des urnes». Fin de citation de vos propos (Journal l’Inter du lundi 4 mars 2013).

M. le Président, nous sommes à la fois gêné et peiné de faire cette mise au point sur la réalité des chiffres électoraux de 2010. Gêné et peiné parce que nous ne voulons pas jouer au connaisseur et au justicier qui répond comme une caisse automatique et pour ne pas remuer le couteau dans la plaie encore béante. Mais, comme il vous plaît de le rappeler à chacune de vos occasions officielles et privées, nous nous trouvons dans l’obligation de faire cette mise au point, en toute Neutralité, en toute Impartialité mais dans la Vérité, pour situer avec exactitude, l’opinion publique nationale et internationale.

M. le Président, pour la compréhension des faits, bien que connus vaguement par le monde entier, et avec votre permission, lisons ensemble les dispositions du Code électoral, relatives à l’élection du Président de la République:

Art. 34: «Nul ne peut être admis à voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Le vote par correspondance, par ordonnance ou par procuration est interdit»

Art. 59: «La Commission chargée des élections procède au recensement général des votes et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin, au niveau de la circonscription administrative, en présence des représentants des candidats. Trois exemplaires du procès-verbal accompagnés des pièces justificatives sont transmis à la Commission chargée des élections. Celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation provisoire des résultats en présence des représentants des candidats. La Commission chargée des élections communique au Conseil constitutionnel un exemplaire des procès-verbaux accompagnés des pièces justificatives dans les trois (3) jours qui suivent le scrutin. Les autres exemplaires du procès-verbal restent respectivement dans les archives de la Commission électorale de la circonscription administrative, de la Commission nationale chargée des élections et du ministère de l’Intérieur».

Art. 60: «Tout candidat à l’élection présidentielle peut présenter, par requête écrite adressée au Président du Conseil constitutionnel, une réclamation concernant la régularité du scrutin ou de son dépouillement. La requête doit être déposée dans les trois (3) jours qui suivent la clôture du scrutin».

Art. 61: «Le requérant doit annexer à sa requête les pièces produites au soutien de ses moyens. Le Conseil constitutionnel, après examen de la requête, statue dans les sept (7) jours de sa saisine. Toutefois, il peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs manifestement sans influence sur l’élection contestée ».

Art. 62: «L’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des procès-verbaux. Art. 63: «Le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d’urgence.»

Art. 64: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des Ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel».

Ajoutons, M. le Président, les dispositions de la Constitution relatives à l’élection présidentielle.

Art. 94 (dernier alinéa): «Le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles».

Art. 98: «Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux Pouvoirs publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale».

Fin de citation.

Pour le second tour de l’élection présidentielle de 2010, voyant que, après le scrutin, les trois (3) jours impartis à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), expiraient, M. Alassane Ouattara, candidat, a écrit la lettre suivante au Président de la C.E.I. : «Abidjan, le 1er décembre 2010. Monsieur Alassane Ouattara candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante de la République de Côte d’Ivoire. Objet: Proclamation des résultats provisoires de l’élection du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Il nous revient de façon récurrente que le Candidat de La Majorité Présidentielle (L.M.P.) vous a adressé une requête aux fins d’invalidation du scrutin dans certaines Régions du Nord et du Centre de la Côte d’Ivoire. Or, au regard de la loi, il n’est pas de vos attributions d’invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les Régions de l’Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Cavally, des Lagunes pour les motifs ci-après: – Empêchement de vote, violences et voies de fait sur nos représentants et militants, achats de consciences d’électeurs, séquestrations de nos représentants, bourrages d’urnes, menaces de toutes sortes, atteintes à l’intégrité physique, destructions de biens, et toutes sortes de violations graves des Droits de l’Homme, c’est pourquoi nous pensons que la Commission électorale indépendante doit s’atteler aux seules tâches qui sont les siennes, à savoir proclamer, sans délai, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission électorale indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la C.E.I. dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos considérations distinguées. Alassane Ouattara». Fin de citation et sans commentaire.

Concernant le délai de trois (3) jours impartis à la C.E.I., voici ce que M. Youssouf Bakayoko, Président de la C.E.I. a dit en réponse aux questions du Journaliste M. Thomas Bahinchi, le mercredi 1er décembre 2010, peu avant minuit:

QUESTION: M. le Président de la C.E.I., toute la Côte d’Ivoire attend les résultats provisoires. Qu’est-ce qui se passe? Nous ne comprenons rien!

REPONSE: «Je voudrais d’abord remercier les Ivoiriens pour leur grande patience. Nous avons, depuis la fin du scrutin, entrepris de faire un travail de «validation » des résultats qui nous parviennent des différentes Régions de la Côte d’Ivoire et bien entendu, des différents bureaux de vote et des différentes Commissions locales. Ce travail se poursuit. Nous n’avons pas encore achevé. Quand nous serons prêts, nous nous tournerons vers la Télévision et les médias, et nous ferons le point de nos délibérations à l’ensemble de la population. Je veux donc leur demander d’être patients, d’être compréhensifs et de nous laisser le temps de travailler en toute sérénité».

QUESTION: Un délai de trois jours vous est imparti, et ce délai s’épuise ce soir à minuit. Il est 23 heures 30 minutes et aucun signe des résultats. Il y a aussi le problème de désaccord au sein de la C.E.I. sur la publication des résultats provisoires. Nous sommes inquiets.

REPONSE: «Vous avez raison de vous inquiéter. Il s’agit de problèmes d’une grande importance. Il n’est pas encore minuit, et nous continuons de travailler. Nous avons travaillé à faire en sorte que la paix revienne au sein de la Commission, et nous continuons de faire ce travail. C’est pourquoi je dis que nous sommes en train de poursuivre nos délibérations qui doivent être acquises par consensus. C’est vrai que hier, il y a eu quelques actes regrettables, mais aujourd’hui, tout semble aller normalement ».

QUESTION: Mais, M. le Président, nous allons vers minuit! Il est minuit moins un quart.

REPONSE: «M. Bahinchi! Il n’est pas encore minuit! Soyez patients. Je viens de vous répondre que nous poursuivons notre travail».

QUESTION: Pourtant, M. le Président, certaines Radios et Télévisions étrangères ont annoncé la victoire de M. Alassane Ouattara. D’où viennent ces résultats?

REPONSE: «M. Bahinchi, nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit, parce que nous n’avons pas encore achevé notre travail».

Telle a été, M. le Président de l’Assemblée nationale, l’assurance donnée par M. Youssouf Bakayoko, au peuple ivoirien et à tous les Observateurs nationaux et internationaux de ces élections cruciales pour la Côte d’Ivoire, ce mercredi 1er décembre 2010 peu avant minuit. Dans le même souci d’éviter un vide juridique préjudiciable par la forclusion de la C.E.I., le Président du Conseil constitutionnel a écrit au Président de la C.E.I: «Abidjan, le 02 décembre 2010. Le Président du Conseil constitutionnel, à Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.) de Côte d’Ivoire. Abidjan. Objet: Demande de transmission des Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Aux termes de l’article 63 nouveau de la Loi N° 2000-514 du 1er août 2000, portant Code électoral, «le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles et publié selon la procédure d’urgence, dans les sept (7) jours à compter de la réception des Procès-verbaux». L’article 62 précise également que «l’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des Procès-verbaux». Le délai imparti à la C.E.I. pour la proclamation des résultats provisoires ayant expiré depuis le mercredi 1er décembre 2010 à minuit, je vous saurais gré de bien vouloir nous transmettre les Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle, en vue de permettre au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes à lui soumises. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma franche collaboration. Très haute considération. Le Président, Prof. Paul Yao N’Dré».

Malgré toutes ces précautions pour sauvegarder la primauté du droit, M. Yousouf Bakayoko a proclamé, seul, à l’Hôtel du Golf, M. Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Cette déclaration de M. Youssouf Bakayoko à l’Hôtel du Golf, est aussitôt «certifiée» par le Représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Nous le citons dans ses grandes lignes: «…4). En ce qui concerne le résultat du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010, sur la base des cinq critères cadres pour la certification ainsi que sur la base du mandat que m’a confié le Conseil de Sécurité, je l’ai dûment certifié le 12 novembre 2010. 10) Malgré mon appel à la C.E.I. pour qu’elle proclame promptement les résultats provisoires du 28 novembre 2010, la C.E.I. a été incapable de le faire sans retard en raison de divisions internes. Ces divisions internes ont été exacerbées lorsque les Forces de sécurité ivoiriennes ont renforcé leur protection au Siège de la C.E.I. à partir du 30 novembre au matin. Ceci a conduit, à la fin, le Président de la C.E.I., Youssouf Bakayoko, à annoncer les résultats provisoires du second tour dans l’après-midi du 2 décembre 2010 à l’Hôtel Golf. 11). Le Conseil constitutionnel a immédiatement réagi à cette proclamation du Président de la C.E.I. Dans l’après-midi du 2 décembre 2010, le Président du Conseil constitutionnel, M. Yao N’Dré, a déclaré que la proclamation de la C.E.I. était nul et de nul effet, car la C.E.I. a dépassé les limites légales de trois jours qui lui étaient imparties pour donner les résultats provisoires. Le Président du Conseil constitutionnel a ainsi proclamé le 3 décembre 2010. Suivant cette proclamation, le candidat Laurent Gbagbo aurait obtenu 51,45 pour cent et le candidat Alassane Ouattara 48,55 pour cent, avec un taux de participation de 71,28 pour cent. 12). Ainsi, la proclamation des résultats définitifs par le Président du Conseil constitutionnel, avec l’annulation du vote dans neuf départements du Nord, qui donne la victoire au candidat Laurent Gbagbo, peut seulement être interprétée comme une décision ne correspondant pas aux faits. 13). La seule question qui demeure est de savoir si l’ONUCI est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le Gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire). Fin de citation.

Aussitôt après la déclaration de M. Choï, la communauté internationale s’est précipitée pour reconnaître M. Alassane Ouattara comme le vainqueur de l’élection, et Laurent Gbagbo, comme celui qui ne veut pas quitter le pouvoir, et le pays commença à prendre feu.

Notre première question, pour aider à comprendre: Pourquoi le Représentant des Nations Unies a-t-il attendu tranquillement douze (12) jours pour «certifier» le 1er tour, alors qu’il s’est précipité pour «certifier» le second juste après la proclamation au Golf par la C.E.I. qu’il qualifie de «provisoire»?

 Nous répondons: Il s’est précipité pour «certifier» le second tour, d’abord pour rester dans la même ligne que le R.H.D.P. qui a dit qu’il ne reconnaitra jamais les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, ensuite parce que c’est la première et la dernière fois que M. Alassane Ouattara est candidat à cette élection à titre exceptionnel. Une fois cette occasion passée, tout sera perdu pour le R.D.R. et M. Alassane Ouattara.

Qu’est-ce que «certifier» cette élection? Voyons quelques lignes de la Résolution N° 1765 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative à la Certification de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire: «Le Conseil de sécurité, rappelant ses Résolutions antérieures, en particulier la Résolution 1739 (2007) et les déclarations de son Président concernant la situation en Côte d’Ivoire, réaffirmant son ferme attachement au respect de la Souveraineté, de l’Indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale, rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par le Président Laurent Gbagbo et M. Guillaume Soro à Ouagadougou le 4 mars 2007 (l’Accord politique de Ouagadougou, S/2007/144) et qu’il a soutenu la nomination de M. Guillaume Soro aux fonctions de Premier ministre, décide de mettre un terme au mandat du Haut représentant pour les élections. Décide en conséquence que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire certifiera que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». Fin de citation.

Comme clairement exprimé ci-dessus par les Nations Unies, le rôle de M. Young-Jin Choï, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Côte d’Ivoire, n’est pas de proclamer les résultats, ni de dire qui est élu et qui ne l’est pas, mais «de signaler si le processus électoral ivoirien fournit, dans son ensemble, toutes les garanties nécessaires pour la tenue de l’élection du Président de la République dans de bonnes conditions de transparence et de régularité». Ainsi, avec la suppression du poste de Haut représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire pour les élections, le rôle d’organiser les élections et de proclamer les résultats provisoires revenait de droit à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), et la proclamation des résultats définitifs au Conseil constitutionnel. Donc l’ONUCI était tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel.

Voyons maintenant, M. le Président, les raisons de l’annulation des résultats du second tour dans les zones Centre, Nord, Ouest (C.N.O.) par le Conseil constitutionnel.

D’abord la méthode de comptage des voix au second tour. Deux méthodes devaient être simultanément utilisées selon le consensus des parties: Le comptage manuel et le comptage électronique. Le 1er décembre 2010, le Directeur de la Société retenue pour le comptage électronique a écrit au Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.): «… Nous voudrions souligner à votre intention que notre logiciel a rejeté un nombre de Procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000 P.-v.». Fin de citation.

Avec votre permission, M. le Président, voici les preuves de la fraude dans le Nord.

Preuve n° 1: Région: 014 WORODOUGOU. Centre de coordination O55 SEGUELA. Sous-préfecture 004 MASSALA. Secteur 001 COMMUNAL. Lieu de vote 020 place Kouroukoro. Inscrits: 89. Votants: 92. Bulletins nuls: 0. Laurent Gbagbo 1 voix. Alassane Ouattara: 91 voix.

Preuve n° 2 : Région: 04 DENGUELE. Centre de coordination: 043 MADINANI. Sous-préfecture: 095 SEGUELON. Secteur: 001 COMMUNAL. Lieu de vote: 001 EPP 1 et 2 SEGUELON. Bureau de vote: 01 EPP 1 et 2 SEGUELON. Inscrits: 400. Votants: 428. Bulletins nuls: 01. Exprimés: 427. Gbagbo Laurent: 24 (05,60 %). Alassane Ouattara: 403 (94,15 %).

Lisons maintenant le Procès-verbal de dépouillement le plus scandaleux qui a fait le tour de toutes les Télévisions du monde: «Région de la Vallée du Bandama: Katiola, Bouaké, Béoumi, Dabakala, Sakassou. Alassane Ouattara (chiffre gonflé): 244 471 voix, soit 85, 40 %. Chiffre réel 149 598 voix. Gbagbo Laurent: 41 789 voix, soit 14,60 %. Ont signé ce Procès-verbal de dépouillement: MM. Sangaré Moussa, Président de la Commission électorale régionale, Koné Vamoussa, Vice-président, Kouadio P., Vice-président, N’Guessan Kouakou Gervais, Vice-président, Allali K. Valentin, Vice-président. Fait à Bouaké, le 29 novembre 2010».

Faisons ensemble, M. le Président, le commentaire de ce P-V. de dépouillement des résultats des cinq (5) Départements de la Région de la Vallée du Bandama (Bouaké, Dabakala, Sakassou, Béoumi, Katiola), Procès-verbal établi et signé le 29 novembre 2010, c’est-à dire le lendemain du scrutin. Le jour et la date de l’établissement et de la signature de ce P-V. constituent déjà une fraude en soi qui annule son contenu. Aussi, il est constant que dans aucun pays au monde nul ne peut voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Pour les cinq (5) Départements en question (Béoumi, Bouaké, Dabakala, Sakassou, Katiola) 5 612 électeurs ont voté sans être inscrits sur la liste électorale. Le Suffrage exprimé est toujours égal au nombre des votants moins les bulletins nuls. Pour Bouaké par exemple, sans entrer dans les détails des autres chiffres qui ne correspondent à rien, donc visiblement truqués, les suffrages exprimés 48 301 (pour votants inscrits) + 2 761 (pour votants non-inscrits) moins 2 662 bulletins nuls, donnent 48 400 et non 159 788.

Les suffrages exprimés doivent toujours être la somme des voix des deux Candidats: 22 845 (pour Laurent Gbagbo) + 42 070 (pour Alassane Ouattara) donnent 64 915 et non 159 788. Le nombre total des votants des cinq (5) Départements, si nous tenons compte des chiffres du P-V qui sont tous truqués, est de 184 167 et non 292 702. Ce chiffre de 292 702 est gonflé en connaissance de cause en vue d’obtenir un taux de participation élevé: Le nombre des votants divisé par le nombre d’inscrits multiplié par 100. Revenons au nombre total des voix attribuées à M. Alassane Ouattara: 244 471 voix sur le P-V en question.

Le vrai nombre des voix de M. Alassane Ouattara, dans les cinq (5) Départements concernés, si nous tenons compte des chiffres du P-V, est de 149 598 voix et non 244 471. Puisque le pourcentage des voix du candidat est obtenu par la division du nombre des voix du candidat par les suffrages exprimés multiplié par 100, il fallait donc gonfler et les suffrages exprimés et le nombre des voix. Ce qui donne 85,40 % des voix à M. Alassane Ouattara, pendant que, par le même procédé, le candidat Laurent Gbagbo est crédité de 14,60 % des voix.

Cette fraude avérée, visible, a poussé, naturellement, le Conseil constitutionnel à invalider le scrutin de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkéssédougou, Boundiali, Séguéla. Pour comprendre, afin de décider sans parti pris, posons une question de fond qui départage les deux parties L.M.P. et R.H.D.P. en conflit: Si quelqu’un vote, alors qu’il n’est pas inscrit sur la liste électorale, que devons-nous faire de sa voix? Si la C.E.I. attribue à un candidat un nombre élevé de voix qui ne correspondent pas au nombre des suffrages exprimés, que devons-nous faire de ces voix? Devons-nous les prendre en compte? Prendre ces voix en compte, c’est faire élire le Président de la République par la fraude et la tricherie, contre l’avis des Lois et du bon sens. Le bon sens peut-il nous pousser à accepter, M. le Président, l’élection du Président de la République par la fraude, pendant que nous combattons la fraude aux concours d’entrée en classe de 6ème, au B.E.P.C., au Baccalauréat, aux concours d’entrée à l’école de Police, à l’école de la Gendarmerie, aux concours directs et professionnels de la fonction publique et aux concours spéciaux? La réponse est naturellement non!

A ce stade du raisonnement, l’on nous retournera la question suivante: Pourquoi le Conseil constitutionnel n’a-t-il pas invalidé ou annulé l’ensemble du scrutin pour organiser une nouvelle élection? Notre réponse: Le premier alinéa de l’Article 64 du Code électoral que nous avons cité ci-dessus, stipule: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection». L’Article parle de «résultat d’ensemble» du scrutin. Que devrait faire le Conseil constitutionnel si le «résultat d’ensemble» n’est pas affecté par «de graves irrégularités?». Au moment des deux tours du scrutin (31 octobre 2010 et 28 novembre 2010), la Côte d’Ivoire comptait 19 Régions pour 95 Départements. Le Conseil constitutionnel a annulé ou invalidé les résultats de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Séguéla. Est-il normal et compréhensible d’annuler tout le scrutin des 95 Départements du pays, à cause des résultats frauduleux de sept (7) Départements? Non! Par contre, si c’était l’inverse (87 Départements frauduleux sur 95) ce serait moralement et logiquement acceptable d’annuler tout le scrutin au plan national.

Nous ne défendons pas le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas le rôle que nous nous assignons dans cette mise au point. C’est la logique et le respect des dispositions de nos Lois électorales dans lesquels il a proclamé les résultats que nous soutenons. Ainsi, au fur et à mesure que le Conseil constitutionnel invalidait ou annulait les résultats des bureaux de vote où il y a eu la fraude, le nombre des voix de M. Alassane Ouattara s’effritait, se réduisait progressivement jusqu’en deçà ou au-dessous du nombre des voix du candidat Laurent Gbagbo. Ce qui fait du candidat Laurent Gbagbo, le vainqueur automatique et incontestable de cette élection présidentielle de 2010.

Entre les deux candidats, il y a un qui n‘a pas voulu reconnaître que la C.E.I. était forclose au moment où elle proclamait des chiffres à l’Hôtel du Golf et qui n’a pas aussi voulu reconnaître les résultats proclamés, en dernier ressort, par le Conseil constitutionnel. Ce qui a conduit à la guerre civile (affrontement de deux camps armés) avec la participation des Nations Unies et de la France malgré l’appel du Président Laurent Gbagbo au recomptage des voix.

Pour tous les observateurs attentifs des suites de cette élection, le Président Laurent Gbagbo et tous ceux qui sont arrêtés et emprisonnés avec lui sont des prisonniers de guerre, parce qu’arrêtés à la suite de la défaite de son camp par le vainqueur de la guerre. Vous m’accusez, M. le Président, de soulever un autre problème? 

 

Gbaï Tagro Robert,

Président du Parti républicain de Côte d’Ivoire (PRCI)

gbataro@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» N° 4369 des Samedi 16 et Dimanche 17 mars 2013.

lundi, 25 février 2013

AFRIQUE: 8 QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 FRANçOIS HOLLANDE - AFFICHE DE CAMPAGNE.jpg


Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, beaucoup d’africains sont tentés par l’espoir d’un changement dans les relations de leurs pays avec la France. L’avalanche de publications, surtout dans la presse, le confirme. En gros, M. Hollande est propulsé nouveau sauveur, du moins quelques chances lui sont reconnues pour influer sur la terrible situation de l’Afrique, comme ce fut le cas en 1981 pour François Mittérand.

 
 
Le centre de gravité de cette effervescence tient à la promesse faite par M. Hollande de bousculer la françafrique. M. Hollande entend ainsi inscrire la relation franco-africaine dans sa promesse de normalité reposant sur la béquille « Justice et Vérité ». Vu la relation toujours « idyllique » entre la France et l’Afrique, franchement, cette béquille ne parle pas à notre continent, tout au moins à la zone considérée comme le pré-carré français, bastion de la françafrique.
 
En tant que système, la françafrique trouve ses origines à la conférence de Brazzaville en 1944. Depuis
lors, rien, absolument rien n’a changé sur les bases relationnelles entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique. Pour le moment à part le slogan « Le changement maintenant », et le virage à 180° vis-à-vis de la méthode Sarkozy[1] aucun signe tangible ne montre de différences fondamentales d’avec le passé françafricain. Il ne s’agit donc que d’une promesse d’un chef d’Etat français comme tous ses prédécesseurs de la 5ème république. Nul n’est donc tenu d’y accorder quelconque crédit. 

M. Hollande ne peut pas intéresser les africains (je parle de l’Afrique qui croit en elle-même), puisque, épluchant ses déclarations, il est facile de constater qu’il s’adresse aux français, parle de leurs problèmes, s’exprime sur leur crainte face à la crise, etc. De l’Afrique ? Pas un mot, à part l’engagement d’en finir avec la françafrique. C’est justement là qu’il ne faut pas le croire, car Hollande ne s’engage qu’à mettre fin au cercle de relations mafieuses qui lient les élites politiques françaises et africaines. Dans ce sens, il s’engage à ne pas bénéficier des financements occultes dont les chefs d’Etat africains arrosent le cœur politique français[2]. Il y a quelque mois, il a eu cette déclaration:

«Avec l'Afrique, je veux établir une nouvelle donne. La France maintiendra ses engagements vis-à-vis de ce continent plein de promesses. Toutes les puissances du monde y sont, essayent de développer leur influence et les Africains eux-mêmes ne souhaitent pas que la France se désengage. Mais notre politique doit être différente du passé. Elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques. Elle doit être fondée sur la vigilance dans l'application des règles démocratiques et le respect aussi des choix souverains. Notre vision de l'Afrique doit refléter ce qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire un continent en forte croissance et qui le sait et qui ne supporte plus le discours larmoyant à son endroit. Un continent où la démocratie progresse, où l'environnement et l'énergie sont autant de sujets majeurs. Un continent avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle. En 2050, 80% des francophones seront Africains, 700 millions de femmes et d'hommes, chacun comprend ici l'enjeu.»[3] 

En clair, M. Hollande pense le plus naturellement du monde que l’Afrique est une vaste zone de commerce et en cela, son discours parle à la France et non pas à l’Afrique. Plus encore, ce discours reste dans la ligne naturelle de la françafrique qui est d’abord et avant tout un système souterrain qui siphonne le continent noir et sur lequel aucun chef d’Etat français (gauche et droite confondues) n’a osé donner un réel coup de griffes. Et pour cause? L’essentiel de l’économie extérieure française se développe en Afrique et ce grâce à la françafrique aidée par le très charmant club de la francophonie. Tenez, La francophonie est plus une réalité économique que seulement politique: L’espace francophone c’est[4] :

- 890 millions de personnes (de consommateurs, s’entend)
- 19% du commerce mondial
- 2 pays membres du G7 (France et Canada) et 4 de l’OCDE (France, Canada, Belgique, Suisse)
- 21,19% des terres habitables de la planète
- 22% des ressources d’eau potable renouvelables mondiales.

Et si on ajoutait ces propos de Mitterrand de 1988, «Un (1) franc investi rapporte 8 frs», la coupe est pleine. Alors, face à ce potentiel à disposition, pour quelle raison un chef d’Etat français, de gauche soit-il refuserait-il de s’aligner à la doctrine gaulliste «la France n’a pas d’amis mais des intérêts»?

M. Hollande n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’y aligner sinon, il se mettrait à dos tout le milieu d’affaire français, car la relation entre la françafrique et les intérêts économiques français sont trop importants. Il fait donc tout pour ne pas fondamentalement mettre en cause cette pieuvre de françafrique. C’est pourquoi sa stratégie consiste à gommer les aspérités qui dérangent (les relations mafieuses) et à laisser en l’Etat la partie la plus intéressante pour la France, le siphonage des ressources naturelles africaines. Sa stratégie a d’ailleurs l’intelligence de ne déranger personne : les africains pourraient croire à un coup de pied dans la fourmilière, et les milieux d’affaires, malgré la transparence dont se prévaut M. Hollande, continueraient à prospérer dans les mêmes conditions qu’auparavant. François Mitterrand s’est d’ailleurs essayé au démantèlement de la françafrique et s’est lamentablement fourvoyé pour des raisons qui peuvent aujourd’hui forcer Hollande à reculer : la très forte dépendance de la France à la françafrique.

Hollande n’est donc pas forcément dans une meilleure position que Mitterrand pour réussir le démantèlement de la françafrique, encore qu’il ait la ferme volonté d’agir. Il n’y a donc aucune raison de compter sur quelconque de ses engagements et voilà ci-après Huit (8) bouchons qu’il devra sauter ou se résoudre à renoncer à sa « Normalité », tout au moins sur le dossier françafricain.
 
Contrainte n°1 : Renoncer au parrainage du FCFA?

Au delà de tout l’aspect caricatural, le principal intérêt qui motive jusque là les chefs d’Etat français à s’accommoder de la françafrique tient entre autre au contrôle des réserves de changes extérieures de 16 pays africains[5] de la zone CFA qui sont déposé dans le compte d’opération crée et géré par le trésor français. Ce dernier est lié aux propriétaires de ces réserves, la B.E.A.C.[6], la B.C.E.A.O.[7] et la B.C.C.[8] par des accords économiques qui stipulent cette transaction. Par exemple, l’article 51 du Statut de la (B.E.A.C.) précise de façon claire qu’au moins 20% des ressources financières que les pays de la zone tirent de leur commerce extérieur, ne peuvent pas être utilisés par eux. Ils doivent être laissés au Trésor français, donc à la France, qui les utilise à son gré (aucun Etat africain ne peut contrôler l’usage qu’elle en fait)[9].

Pour donner un ordre de grandeur à la question, l’économiste ivoirien N. AGBOHOU auteur de « l’Euro et le FCFA contre l’Afrique », (un livre de révolte) avait mentionné dans une interview[10], que « le solde du compte d’opération en 2007 est de 12'000 milliards de Cfa soit l’équivalent de 18 milliards d’euro ». Ne serait-ce qu’à appliquer ce montant à 2012, Hollande dispose de la moitié (52%) de son déficit budgétaire de 2012 (35 milliards d’€) payable cash par les pays CFA. Je n’étonnerais personne à estimer que le solde du compte d’opération cette année devrait tout simplement exploser vu les milliards de pétrodollars engrangés entretemps chaque année par les pays de la BEAC et la Cote d’Ivoire. Ajoutez-y l’exploitation des autres ressources et vous pouvez imaginer l’ampleur du siphonage dont nous africains sommes victimes et qui nous manquent cruellement pour financer la lutte contre notre pauvreté et ceci avec la bénédiction de nos dirigeants et élites politiques.

M. Hollande pourra-t-il nous affirmer par soucis de « justice et vérité » vis-à-vis de l’Afrique que son administration renonce à user de l’article 51 pour éponger tout ou partie du déficit budgétaire héritées de l’administration Sarkozy soit 35 milliards à combler ? S’il hésite à se servir, il doit alors nous expliquer pourquoi il ne s’attaque pas ouvertement aux accords économiques avec les pays CFA. Par contre s’il continue le manège comme ses prédécesseurs il laisse tomber le masque et adieu la normalité. D’ailleurs, on devra par ce biais comprendre la difficulté de Mitterrand qui a fait des promesses du reste moins ambitieuses que Hollande sur la françafrique. Donc, pourquoi sérieusement Hollande se priverait-il d’une telle ressource quand la crise en Europe exerce la pression que l’on connait sur les économies de la zone Euro, et surtout que la note de la France n’est toujours pas à l’abri d’une seconde dégradation par les agences de notation ? Pour la petite histoire même la puissante économie de l’Allemagne vient d’être menacée à son tour.
 
Contrainte n°2 : Fermer les bases françaises et perdre l’avantage d’une présence militaire

La présence militaire française dans le territoire qui est devenu le Tchad remonte à la fin du 19ème siècle. Plus de 100 ans de présence continue donc. Cela a un coût et si cette présence perdure, c’est que la contrepartie est forcement intéressante pour la France, d’où la nécessité des bases militaires[11]. Depuis, celles-ci ont intégré le dispositif françafricain en devenant le bras armé, au sens propre du terme. Elles ont été impliquées dans toutes les opérations de coup d’Etat et barbouzeries commandées par les différents pouvoirs français chaque fois que les intérêts de la France en Afrique ont été menacés. Hollande parle tout au plus de réaménagement comme l’avait à l’époque annoncé Juppé[12] sous Sarkozy: «Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ». On voit bien ici qu’il reste cohérent avec ce qu’il ne dit pas de la françafrique, puisque les bases font partie intégrantes du dispositif. Les réaménager ne bouscule donc le problème que dans la forme. Sur le fond, le pillage continu et les bases en assurent la sécurité. D’autre part, le président Idris Déby a demandé en 2010 une location de la base aérienne de Ndjamena[13]. Donc la France utilise gratuitement le territoire tchadien depuis 1960.

Pas un Kopek n’a été payé. Curieusement depuis cette annonce, l’évolution du dossier semble s’éloigner progressivement de la question du payement et Monsieur le Président du Tchad n’en parle plus. Monsieur Hollande, ni un membre de son gouvernement non plus. Aucune partie n’a rendu publique quelconque proposition. Pourquoi? M. Hollande me semble plus intéressé par l’option proposée par Juppé, c'est-à-dire procéder au réaménagement, auquel cas il aurait dû en prendre le contrepied. On voit bien l’avantage qu’il en tire pour son intervention au Mali. En cela il est donc un digne continuateur de la politique développée par ses prédécesseurs. Réaménager c’est renforcer la françafrique. Le silence de Hollande sur la question se comprend bien. Vive donc la françafrique.

Enfin pour pimenter la question je fais une digression pour insérer l’opinion d’un français sur la question et qui montre bien l’état d’esprit des citoyens français.
 
«Je ne suis pas sûr que ce soit au contribuable français de protéger le Tchad qui comme certains l’ont remarqué a préféré les pétroliers d’outre-atlantique (EXXON ndlr) aux français. La France-Afrique à la papa, c’est terminé, le Tchad n’est plus une colonie, alors qu’il apprenne à se défendre seul ou qu’il paye en échange». Par Requin on jan 12, 2011[14]
 
On, voit bien que l’élite politique française se débarrasse de l’opinion publique en laissant se développer ce genre d’ignorance manifeste pour se donner libre cours aux relations mafieuses françafricaines. Hollande ne montre pas qu’il regarde dans une autre direction. 
 
Contrainte n°3 : La plupart des entreprises du CAC 40[15] font leur bénéfice en l’Afrique

Avec la tournure que prend la mondialisation, l’économie mondiale est contrôlée par ceux que l’économiste camerounais François NDENGUE appelle les « Géants Compétitifs ». Les multinationales répondent désormais à deux objectifs : celui des profits dictés par les actionnaires, et celui de renforcer la position géostratégique de leur pays d’origine que leur demande leur gouvernement. C’est ce qu’à fait Elf à l’époque ou encore AREVA aujourd’hui. Or justement ces mêmes entreprises réclament en contrepartie le soutien politique de leur gouvernement. En cela, la françafrique a largement été utilisée pour ouvrir des champs d’exploitation aux géants français et garantir à la France une zone exclusive dans laquelle prospèrent ses multinationales : Bolloré, AREVA, Air-France, Bouygues, TOTAL, etc. Ce dernier par exemple, produit plus de 40% de ses bénéfices en Afrique grâce à ses implantations dans le golfe de Guinée. En 2005, TOTAL a annoncé 12 milliards d’euros de bénéfices net, soit 4,8 milliards provenant de l’Afrique. TOTAL doit ce résultat à la mafieuse françafrique grâce à laquelle il a obtenu des positions dominantes et contrats juteux.

Quel diable pousserait-il Hollande à bloquer de tels retours sur investissements? Il a quand même été élu par les français et sur la promesse de leur offrir de l’emploi et c’est ce que font ces entreprises là!
 
Contrainte n°4 : Renoncer à une balance des échanges positive avec l’Afrique

Dans la profession de foi pour sa réélection en 1988, Mitterrand avait publiquement dit: «Chaque franc investi au sud rapport 8 au nord. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont les pauvres qui financent les riches ». Le McKinsey Global Institut (MGI) estime que les dépenses générales en consommation à travers le continent africain dépasserait la barre du trillion (1000 milliards) de dollars en 2012. L’institut cite 5 secteurs lucratifs susceptibles d’attirer les investisseurs: l’agriculture, le tourisme, les mines, les infrastructures et les biens de grandes consommations. Les annonces de la Banque mondiale confirment ceux de MGI : « Même si le continent reste confronté à d'importants problèmes de développement, le taux du retour sur investissement en Afrique est tout de même le plus élevé au monde »[16]. N’y a-t-il donc aucune entreprise française pour lorgner sur ce pactole pour que Hollande y crache? Allons !!!! : Bouygues, Bolloré, Total, Sucre et denrées, AREVA, Air-France. Le gratin je dirai, du CAC40. M. Hollande reste muet sur tout cela. Soit, mais au fond, tous depuis De Gaule, sont dans la même logique: personne n’est disposé à priver la France de sa vache laitière, l’Afrique. Normal! Pourquoi seraient-ils les premiers à scier la branche sur laquelle est assis leur pays ? Aucun chef d’Etat français n’a depuis 1961[17] procédé autrement. De Gaule = Pompidou = Giscard = Mitterrand = Chirac = Sarkozy = Hollande. Et vive donc la continuité.
 
Contrainte n°5 : La hantise de décrédibiliser le statut international de la France

La cohorte d’Etat africains francophones représente un vivier de voix fidèles à la France lors des votes au conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui donne du crédit au statut de la France comme puissance mais également comme membre permanent Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour quelles raisons Hollande serait-il emmener à se priver d’un tel recours, sachant que la question de la constitution du conseil de sécurité de l’ONU est maintenant contesté par les puissances montantes et que de ce fait, un des critères de représentation pourrait être le poids économique et militaire? La France est une puissance moyenne. C’est sa véritable inquiétude. Serval est là pour le démontrer: l’armée française n’a même pas assez d’avions pour projeter ses troupes. Un minimum pour être une puissance.
 
Contrainte n°6 : Vaincre la tentation de l’arrogance

Tous les chefs d’Etat français (4ème et 5ème république particulièrement) ont marqué leur mandat par des propos offensant vis-à-vis de l’Afrique. Citons deux d’entre eux: Chirac: «l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie»; Sarkozy: «le drame de l’homme africain, c’est qu’il n’est pas encore assez entré dans l’histoire». De Hollande, encore rien de pareille. Mais, question quand même: comment cautionner le pillage de tout un bloc de continent et en avoir une pensée positive? Absence de preuves n’est pas inexistence de preuves.
 
Contrainte n°7 : La hantise de la colonisation à rebours

Les chefs d’Etat africains aussi disposent d’une capacité de nuisance avec laquelle composer. La françafrique n’est plus désormais ce système de contrôle de l’Afrique par l’élite politique et affairiste de la France. Elle s’est aussi depuis longtemps muée en un système symétrique et mafieux à cause des relations politico-affairistes entre Chefs d’Etat français et africains (de la zone CFA). Ainsi ces derniers ont aussi développé des leviers de contrôle sur leurs homologues français (de gauche comme de droite) en les arrosant de millions d’euros des financements occultes. Le dernier en date est Sarkozy lui même, soupçonné d’avoir reçu pour sa campagne électorale de 2007, 50 millions d’€ de la part de Kadhafi. Le parti socialiste ne s’est pas privé de se servir à l’époque de Mitterrand. Ce faisant, africains et français trainent tous les mêmes casseroles et ainsi, chacun tient l’autre en respect. C’est ce que les sociologues appellent «les eunuques» parce que par un jeu de mot on conçoit qu’ils sont tenus par les bourses (suivez le regard). Le documentaire de Patrick BENQUET[18] sur le sujet montre bien le pouvoir de manipulation dont disposait par exemple Omar Bongo sur la droite et la gauche française le long de ses 42 ans de pouvoir. Durant cette période, Hollande fut SG du parti socialiste. Ce qui fait dire à Robert BOURGI[19] que ce sont les africains qui colonisent maintenant la France. Que pourra faire Hollande face à cela, si de plus l’Afrique prête une oreille attentive à la Chine qui n’hésite pas à bousculer la France jusque dans son pré-carré?
 
Contrainte n°8 : Dernière contrainte et non des moindres

M. Hollande a fort à faire avec les priorités de son propre pays où les difficultés s’accumulent : le déficit budgétaire de l’Etat français, la crise financière, l’augmentation du nombre des chômeurs, le risque que fait courir la faillite grecque, espagnole et italienne sur l’économie européenne, etc. Ces dossiers là sont les priorités des français, et c’est sur eux qu’ils jugeront M. Hollande. Rien que pour ça, il serait étonnant que la françafrique soit une priorité pour le nouveau président français, même s’il le prétend. D’ailleurs, comme pour tout démentir, il a déjà reçu dans les six premiers mois de son quinquennat, les principaux piliers de la françafrique, le président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, le Burkinabé COMPAORE, le tchadien Deby, le Camerounais Biya, l’ivoirien Ouattara, etc. Vive le changement. Mais c’est apparemment dans la continuité.
 
Leçon tirée:

On peut s’en tenir à ces 8 bouchons et on ne voit pas par quel tour de magie M. Hollande trouverait-il le tire-bouchon adéquat. Alors, son discours ressemble à s’y méprendre à de la poudre aux yeux, car vouloir s’affranchir des relations affairistes ne représente que la face apparente du problème, la face cachée étant malgré tout, l’immense potentiel de pillage de l’Afrique dont continuera à disposer la France même si son chef de l’Etat et la nouvelle élite au pouvoir prétend ne pas en profiter personnellement. Là est la seule différence avec Sarkozy, qu’aura revendiqué tôt ou tard M. Hollande : l’absence de collusion. Encore faut-il qu’il tienne son engagement électoral sur le sujet (ce dont je doute fortement). Le président français peut fort bien être propre, la France doit son niveau de vie en partie au pillage qui appauvri l’Afrique. Jacques Chirac l’a d’ailleurs publiquement avoué[20] «Une grande partie de l’argent dans nos poche vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir du bon sens et de justice pour rendre aux africains ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions ou des difficultés dans un proche avenir». Alors, posons l’ultime question à M. Hollande: quelle fierté tire-t-on de gouverner proprement un pays si une partie non négligeable de la richesse dont il jouit, tient des relations mafieuses?

Si le changement version Hollande est un vrai, alors vis-à-vis de l’Afrique, le potentiel de pillage représente le principal défi de ce changement, et non pas la relation personnelle avec le syndicat mafieux des chefs d’Etat africains.
 
Mais dans tout ce débat, le problème n’est ni Hollande, ni la France. Ce sont les africains eux-mêmes qui, en continuant à confier leur destin à d’autres peuples, se laissent dépouiller de leurs ressources et accepte en contrepartie de vivre une effroyable misère. AGBOHOU a d’ailleurs précisé que toutes les anciennes colonies françaises qui ont développé leurs propres monnaies, ne se portent pas aujourd’hui moins bien économiquement et politiquement que les pays de la zone CFA. On y trouve entre autres l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Vietnam. Pourtant l’Euro vaut par exemple aujourd’hui 655,957 Fcfa alors qu’il vaut 28’079.13 VND[21]. Le Fcfa vaut donc 42 fois la monnaie vietnamienne et le tchadiens ou sénégalais, pour ne citer que ces deux nationalités, connaissent annuellement un déficit céréalier sans le riz vietnamien. Et Sankara a raison de dire que «l’esclave qui ne fait rien pour s’affranchir de son maître, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort». Voilà un grand homme d’Etat de la trempe dont a besoin aujourd’hui l’Afrique. Faites le tour : qui parmi nos gouvernants relève encore d’une telle hauteur? Qui même parmi l’élite croit aux chances et mérites de l’Afrique? Pourtant l’Afrique détient 2/3 des réserves de matières premières de la planète, des terres suffisantes pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050 composée de 2/5ème d’africains dont 50% de jeunes, etc. L’avenir du monde est en Afrique et l’élite africaine regarde ailleurs. Désolant quand même. Les africains des 16 pays de la zone Cfa liés à la France, pourraient-ils une fois comprendre que leur sauveteur n’est pas français et que leur pauvreté est liée au train de vie d’une bonne partie de l’élite politique qui vit dans cette même France? Mais la difficulté est compréhensible, c’est plus une question d’idéologie que de simple choix de levier de changement.

Notes

[1] N. Sarkozy, extrait discours prononcé à Dakar en 2007 devant un parterre médusé de l’élite sénégalaise : “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

[2] Cf Procès Verschave Vs Sassou, Obiang et Déby

[3] Discours lors de la conférence des ambassadeurs de France réuni à Paris, Source :

[4][4]Notes du Pr Zhan Su lors du RIFE 2012 – Source : http://www.afriqueexpansion.com/la-...

[5]Sénégal, Guinée, Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Burkina-Faso, Benin, Togo, Niger, Tchad, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Comores et Djibouti.

[6]Banque des Etats d’Afrique Centrale

[7]Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

[8]Banque Centrale des Comores

[9]Extrait de l’article « la zone monétaire africaine, passé présent futur » paru dans www.Africamaat.com 

[10] Source : Intervention télévisée du Professeur Nicolas AGBOHOUN, économiste, sur la chaîne 3ATELESUD.

[11] Celles du Tchad sont implantées depuis la fin des années 60.

[12] Conférence de presse tenue à Ndjamena lors des festivités du cinquantenaire du Tchad en janvier 2010–source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-dispositif-militaire-au-tchad/

[15] La bourse française

[16]Sources : AFP, OMC, ICTSD, Sommet Europe-Afrique, Reuters, Xinhua, lettre hebdo N°330

[17]Les accords économiques entre la France et les pays CFA ont été signés en 1961 sous De Gaule et révisé en 1973 sous Giscard.

[18] « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret » en vente sur www.pharers-balises.fr

[19] Source : idem

[20] Cf La françafrique se porte bien - documentaire de l’Association Survie publié en 2009.

[21]Monnaie vietnamienne : la DONG.

mardi, 12 février 2013

A QUELQUES JOURS DE L’AUDIENCE DE CONFIRMATION DE CHARGES A LA CPI: LES HOMMES D’IB FONT DE GRAVES REVELATIONS

 

côte d'ivoire,ib,rdr,rhdp,a quelques jours de l’audience de confirmation de charges à la c,les hommes d’ib font de graves révélations


A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux-là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999  avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruis sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc…

Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang. Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux PC-Crise? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux?  Bref! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du PC-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de revenir de leurs émotions, Monsieur leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation  des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connu une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche.

Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation? Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits?

Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile, s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec. Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002.

Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité: éliminer sans état d’armes tous se qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou à raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo. La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays.

Après une lecture objective de la situation socio–politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent Chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens. Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone CNO pendant ces huit années d’occupation et intéressons nous enfin à la crise postélectorale.

M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les forces nouvelle devaient intervenir après le résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des forces nouvelles est rappelé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le Sergent Chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne.

Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous-mêmes, fut détaché à la maison du PDCI à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la FESCI qu’on nous avait décrite comme une milice pro-Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité Rouge, du Campus 2000 et ceux de la Cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque jour dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010.

Ainsi des jeunes filles étaient-elles violées pendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des FDS au siége du PDCI, ce matin du 4 Janvier 2011.

Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre. Grâce au RHDP, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique? Comment se fait-il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune? Où alors l’ONUCI qui se chargeait du ramassage des corps avec la Croix Rouge  a-t-il emporté les cadavres d’Abobo? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo. Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du CECOS avant leur exécution?

Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prison à la CPI, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale». Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait pas empêché cette prétendue marche sur la RTI pour l’installation de M. Brou Aka Pascal?

Je révèlerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-FDS en se servant des marcheurs comme bouclier humain. De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le Président Gbagbo et ses proches.


Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir (proche du Sergent-Chef IB) en exil.


Source: Le quotidien "Le Temps" N° 2824 du 11 février 2013.

dimanche, 03 février 2013

L'IMPERIALISME PREVOIT «DES DECENNIES DE GUERRE» EN AFRIQUE

 

AFRIQUE BOMBES.jpg


L’intervention française au Mali, suivie du siège sanglant en Algérie, représente un tournant dans ce qui se présente comme une nouvelle ruée impérialiste vers l’Afrique. Ces événements, si peu de temps après la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en vue d’un changement de régime en Libye et la guerre civile sectaire en Syrie avec le soutien de Washington, sont le signe que l’humanité assiste à une poussée convulsive des grandes puissances pour la redivision du monde, de ses territoires, ses marchés, ses ressources.

Il y a tout lieu de croire que cette campagne de recolonisation d’une grande partie de la planète sera encore plus sanglante et plus tyrannique que la première colonisation de l’Afrique.

Tout comme durant la guerre contre la Libye, la France a pris les devants en déchaînant sur le territoire malien ses chasseurs-bombardiers et ses chiens de guerre que sont la Légion étrangère. Cependant, les autres grandes puissances impérialistes ont clairement signalé qu’elles ne resteront pas à l’écart.

Le premier ministre britannique David Cameron a juré que le Royaume-Uni « collaborera avec d’autres pour verrouiller ce territoire non gouverné » en Afrique du Nord-Ouest, « avec tous les moyens dont nous disposons. » Qualifiant les développements au Mali et dans les pays avoisinants de « menace mondiale », Cameron a déclaré que cette situation « exigera une réponse sur plusieurs années, voire même plusieurs décennies, plutôt que quelques mois. »

Le gouvernement Obama a d’abord adopté une approche prudente envers les événements au Mali, préoccupé, sans doute, de se retrouver à aider un rival impérialiste, sapant ainsi ses propres objectifs prédateurs en Afrique. Cependant, avec la crise des otages en Algérie qui a coûté la vie à au moins 80 personnes, y compris trois Américains, Washington a clairement exprimé ses intentions d’intervenir de manière agressive.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré vendredi dernier: « Nous avons la responsabilité de chasser Al-Qaïda, où qu’il se trouve. Nous les avons chassés dans le FATA (les zones tribales administrées fédéralement au Pakistan). Nous sommes en train de les chasser au Yémen et en Somalie. Nous avons la responsabilité d’assurer qu’Al-Quaïda n’établisse pas de bases d’opérations en Afrique du Nord et au Mali. »

Le message est clair. Le Mali et la région seront transformés en un nouveau front dans la crise de folie meurtrière à échelle mondiale des Etats-Unis et qui sera perpétrée en premier lieu avec des drones Predator et des missiles Hellfire.

Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils sont en train d’envoyer des Forces Spéciales comme « formateurs » et « conseillers » aux six pays, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Ghana, qui fourniront les soldats permettant à la Communauté économique ouest africaine (Cédéao) de bricoler une force africaine qui agira en intermédiaire de l’intervention impérialiste. Les Etats-Unis fourniront le transport aérien pour acheminer les troupes africaines de la Cédéao au Mali.

Autant pour la belle rhétorique d’Obama lors de son investiture. « Une décennie de guerres se termine, » a-t-il déclaré lundi, un jour seulement après que Cameron avertissait que c’était le commencement de décennies de guerres en Afrique.

Nous sommes maintenant dans une ère historique où chaque nouvelle guerre engendre la suivante: La Libye, la Syrie et maintenant le Mali, en l’espace de moins de deux ans.

Le lien entre ces guerres est rarement reconnu dans les médias officiels, qui, d’une voix haletante, font des reportages sur chaque nouvelle crise, des combats au Mali au drame des otages en Algérie dans le complexe gazier, comme s’il s’agissait d’un outrage insensé ne pouvant s’expliquer que comme le développement d’une lutte entre le bien et le mal, connue sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme.

On n’est pas censé prononcer le terme de « boomerang explosif » lorsque l’on est en présence des délicats réseaux médiatiques. Et pourtant c’est précisément de cela qu’il s’agit. La guerre Etat-Unis/OTAN pour le changement de régime en Libye a déstabilisé la région tout entière. Cela a eu pour effet de faire fuir les Touaregs, dont beaucoup avaient servi parmi les forces de sécurité de Khadafi, qui sont entrés se réfugier au Mali dans une situation où les « révolutionnaires » de Libye soutenus par l’OTAN chassaient et tuaient toute personne à peau noire.

Les Touaregs sont un peuple nomade du Sahel qui s’étend en bordure du désert du Sahara. Ils habitent le Nord du Mali ainsi que le Niger, l’Algérie, le Maroc, la Libye et le Burkina Faso.

Au Mali, l’oppression et la négligence du gouvernement central ont provoqué quatre révoltes depuis l’indépendance en 1960. Des révoltes similaires se sont produites au Niger voisin. L’arrivée des Touraegs fuyant la Libye, combinée aux grandes quantités d’armes libyennes disponibles, ont déclenché cette dernière révolte qui a été alimentée par la défection de grande envergure de soldats et d’officiers touaregs de l’armée malienne.

Les nationalistes touaregs laïcs ont cependant été supplantés par des forces islamistes mieux équipées et mieux financées. Fortement consolidées par la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye où elles ont été armées et soutenues par Washington comme force terrestre par procuration contre Kadhafi, elles sont à présent armées et financées de la même façon comme troupes de choc pour un changement de régime en Syrie. O ne peut pas comprendre la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique si on ne reconnaît pas que Washington opère au sein d’une alliance de fait avec des forces liées à Al Qaïda.

Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), nouvel épouvantail de la « guerre contre le terrorisme, » est comme son prédécesseur en Afghanistan, le monstre Frankenstein de l’impérialisme occidental. AQMI avait émergé au sein de forces qui étaient parties se battre en Afghanistan, soutenues par les Etats-Unis, contre le régime de Kaboul, soutenu par l’Union soviétique dans les années 1980. Elles étaient ensuite rentrées pour se battre dans la sanglante guerre civile algérienne des années 1990, où l’impérialisme américain et français soutenaient l’armée algérienne dans sa prise de pouvoir visant à empêcher l’élection du Front de salut islamique. La répression qui s’ensuivit provoqua la mort de 100.000 Algériens.

Le gouvernement algérien a accusé l’émirat du Qatar, un allié clef de Washington, de financer AQMI, tout comme il finance les « rebelles » soutenus par les Américains en Syrie. Avant même le conflit actuel, ce n’était un secret pour personne que AQMI et des groupes similaires jouissaient de l’approbation tacite du gouvernement central du Mali, appuyé par Washington et Paris, qui voyait les Islamistes comme un contrepoids utile aux Touaregs.

Et maintenant, on nous demande de croire que cette même organisation est devenue une menace « mondiale », capable d’attaquer à tout moment « notre patrie ».

Le conflit grandissant en Afrique n’a rien à voir avec Al Quaïda ni avec la lutte contre le terrorisme. Le magazine Time a succinctement exposé les motifs réels au Mali: « Les dangers se développent ailleurs, avec d’énormes réserves de pétrole attirant les entreprises occidentales à mettre en place la production de pétrole à travers le vaste Sahel. Au sud de l’Algérie et du Mali se trouve le Niger, un pays désertique extrêmement pauvre avec une production d’uranium au quatrième rang mondial, qui alimente le réseau essentiel du parc nucléaire de la France. A l’est de l’Algérie se trouve la Libye, où un certain nombre d’entreprises occidentales exploitent quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole de l’Afrique. »

L’impérialisme américain et les puissances européennes qui avaient précédemment colonisé l’Afrique sont déterminés à s’emparer de ces ressources. Après avoir été supplantés par la Chine comme unique et plus important partenaire commercial de l’Afrique, et toujours derrière Pékin en termes de croissance de l’investissement direct étranger, Washington et les puissances européennes se tournent vers une intervention militaire comme moyen de compenser leur déclin économique.

Tout comme cela avait été le cas avec les rivalités inter-impérialistes générées par la ruée vers l’Afrique il y a un siècle, les conflits actuels pour la domination du continent conduiront à l’éruption d’un nouvelle guerre mondiale.


Bill Van Auken

Article original, WSWS, paru le 23 janvier 2013


Source: MONDIALISATION.CA

mardi, 15 janvier 2013

ASSOCIATION SURVIE: «LA FRANCE INTERVIENT AU MALI ET REAFFIRME SON ROLE DE GENDARME EN AFRIQUE»

 

 

LE SERVAL.jpg


Opération "Serval" de la France au Mali. La France marque son territoire au Sahel (NB: Le serval est un animal dont la caractéristique est d'uriner jusqu’à 30 fois pour marquer son territoire). Ci-dessous, le communiqué de presse de l'association française "Survie". Eloquent de lucidité. Bonne lecture!

Communiqué, le 14 janvier 2013


C’est finalement le 10 janvier 2013 que la France est entrée en guerre au Mali. La communication du gouvernement français, reprise sans questionnement par les principaux médias, tend aujourd’hui à légitimer par tous les moyens et tous les arguments cette nouvelle intervention militaire française sur le sol africain et son rôle de "gendarme de l’Afrique".

Pour Survie, association qui dénonce depuis longtemps l’ingérence et la domination de la France envers ses anciennes colonies africaines, il est important de rappeler quelques éléments de contexte et d’analyse critique sur cette intervention française, sans minimiser l’ampleur de la crise que connait le Mali.

La menace que font peser ces groupes armés sur la population et l’intégrité du Mali est indéniable. Leurs exactions sont connues et ont provoqué la fuite de centaines de milliers de personnes. Après le calvaire vécu par les populations dans le Nord, le soulagement des Maliens en ce moment est compréhensible. Si l’intervention française semble effectivement avoir mis un coup d’arrêt à l’offensive vers le sud du pays de mouvements armés qui se revendiquent d’un islam radical, il existe cependant d’autres motifs, militaires et politiques, à l’opération Serval rendant la conduite française des opérations critiquable.

Le camouflage multilatéral d’une opération française

Cette intervention ne s’inscrit pas dans le cadre des résolutions de l’ONU. Des mois de négociations ont permis de faire voter trois résolutions du Conseil de Sécurité, ouvrant la voie à une intervention internationale sous responsabilité africaine et pouvant faire usage de la force, mais officiellement sans implication directe des militaires français. En informant simplement le Conseil de Sécurité sur le fait que son intervention urgente "s’inscrit dans le cadre de la légalité internationale" eu égard aux dispositions de la Charte de l’ONU, elle a finalement pu justifier une décision bilatérale. Ce changement majeur, qui met ses « partenaires » devant le fait accompli, est complaisamment occulté afin de laisser à nouveau croire que la France met en œuvre une volonté multilatérale actée au sein de l’ONU. Il est donc nécessaire qu’elle respecte au plus vite les résolutions de l’ONU.

Une fois de plus, la France joue le rôle de gendarme de l’Afrique, en appuyant sa stratégie sur ses relations bilatérales avec des "régimes amis" africains, sur la présence permanente de son armée dans la région et sur sa capacité de projection de forces. Ainsi, les hélicoptères utilisés pour stopper l’offensive adverse sont ceux des forces spéciales françaises de l’opération Sabre, présentes au Burkina Faso voisin (et en Mauritanie) depuis deux ans et renforcées au mois de septembre. C’est surtout le dispositif Epervier, en place au Tchad depuis 1986 alors qu’il était supposé provisoire, qui est mobilisé. À travers l’opération baptisée Serval, ce sont donc les liens que Paris entretient avec des régimes totalement infréquentables, ceux d’Idriss Déby et de Blaise Compaoré, qui se trouvent une nouvelle fois renforcés. Le rôle phare de la France est reconnu par la plupart de ses partenaires occidentaux qui lui emboitent le pas timidement dans cette intervention (Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne) sans pour autant engager de troupes combattantes, tandis que d’autres restent en retrait.

Une intervention directe décidée dans l’ombre

Ce scénario rentre dans la logique développée par le nouvel exécutif français, prônant l’intervention militaire comme un "préalable" à la restauration de la paix dans le pays (également en proie à une crise institutionnelle grave). Ces derniers mois, la France n’avait en rien contribué à l’émergence d’une solution collective discutée par l’ensemble des Maliens et de nature à favoriser un consensus politique, préalable à une réorganisation rapide des forces de sécurité. Aujourd’hui, la présence de soldats français jusque dans Bamako - sous couvert de protection des ressortissants - représente une pression importante sur les autorités maliennes en état de grande faiblesse.

L’option d’une intervention directe et rapide des forces françaises était déjà prévue, au vu de la rapidité de mise en œuvre, et ce bien avant que l’offensive ne se rapproche de Sévaré-Mopti. L’aval du Parlement n’est pas nécessaire à l’Élysée pour déclencher une opération extérieure, ce qui marque l’insuffisance de la modification constitutionnelle de juillet 2008 relative au contrôle parlementaire des opérations extérieures. De rares réactions critiques dans la classe politique soulignent cette absence de concertation. La nature préméditée de cette intervention armée aurait indiscutablement dû susciter une prise de décision parlementaire.

Dans l’immédiat, l’opération Serval a déjà basculé dans une phase offensive et semble devoir se prolonger dans la durée. Cette logique occulte délibérément les risques pour la population malienne et les Etats de la région, de même que les perspectives politiques et la période post-conflit. Le bilan accablant des récents antécédents français en Afrique montre pourtant que ces risques sont bien réels. Les interventions de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye ont en effet débouché sur des situations internes explosives, passées sous silence.

En conclusion, la crise malienne et cette nouvelle intervention militaire française en Afrique révèlent l’échec de 50 années de "coopération" avec l’Afrique : armées incapables de protéger leurs populations, chefs d’Etat médiateurs de crises eux-mêmes putschistes, accords de défense et bases militaires qui ont perpétué le rôle de gendarme de l’Afrique que la France s’est historiquement octroyé. On ne peut que constater l’incapacité des institutions africaines et multilatérales à organiser la moindre opération de sécurisation dans la région sans avoir recours au poids lourd français, qui a tout fait pour se rendre incontournable. Ces événements appellent une fois de plus à une remise en cause de l’ensemble du cadre des relations franco-africaines.


Contact presse:

danyel.dubreuil@survie.org

Association Survie

107, Boulevard de Magenta

75010 Paris

Tél : 01 44 61 03 25

samedi, 22 décembre 2012

LETTRE OUVERTE DES VICTIMES DE NAHIBLY A MONSIEUR KONAN BANNY, PRESIDENT DE LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION DE COTE D’IVOIRE

 

 

côte d'ivoire,duékoué,le collectif des victimes et rescapés de nahibly duékoué,massacres de nahibly,cdvr,charles konan banny,lettre ouverte des  victimes  de nahibly à monsieur konan banny,président de la cdvr,commission dialogue vérité et réconciliation de côte d’ivoire,emmanuel caleb


Monsieur le président,


Permettez- nous, nous, victimes de la guerre de dix ans imposée à notre pays par les forces du mal, de vous adresser ce message par une voie peu ordinaire. Par les temps qui courent en notre pays, la Côte d’Ivoire, vous n’êtes pas sans savoir que la liberté d’opinion (quand bien même elle est franche ou sincère) et l’appartenance ethnique sont des délits réprimés dans le sang avec le régime au pouvoir depuis le 11 Avril 2011.

D’entrée, nous voudrions vous exprimer toute notre disponibilité à coopérer avec le réconciliateur national que vous êtes et en même temps vous soumettre nos inquiétudes et nos propositions. Si d’aventure un quelconque propos irrévérencieux ou malveillant se révélait dans notre adresse à votre honorable personne, croyez-nous, nous le regretterions sincèrement. Seulement, vous voudriez bien comprendre que pour des traumatisés de guerre comme nous le sommes ici à l’Ouest du pays, il peut arriver parfois que l’expression même de la franchise s’apparente à de l’arrogance. Or à quoi cela nous servirait-il d’être arrogants vis-à-vis de la haute personnalité que vous êtes? D’autant plus que ni l’amertume, ni la colère , la grande détresse et/ou l’arrogance de même que le désir fou de vengeance exprimés de façon irresponsable à l’encontre d’autrui ne pourront ressusciter ces milliers de parents et de biens que nous avons perdus et que nous perdons encore à ce jour, dans un pays où la loi a disparu et est remplacée par les machettes et les kalachnikovs d’étrangers venus de la sous-région ouest-africaine et qui nous imposent de mourir en silence afin de nous déshériter même de notre terre natale.

Monsieur le président, malgré l’indescriptible souffrance dont nous sommes l’objet en tant que des réfugiés sur les terres de nos ancêtres, nous voudrions vous rassurer de ce que nous gardons encore intact le sens de la lucidité et du discernement. C’est pourquoi, loin de vouloir de vous appâter par une démarche qui force la pitié ou le moindre sentiment pathétique, nous avons voulu, nous, réfugiés de Nahibly et victimes de la guerre de dix ans contre notre pays, vous faire cette adresse. C’est ainsi que debout, comme des fils d’hommes qui n’ont jamais baissé la tête parce que n’ayant rien à se reprocher, nous voudrions, avec toute la politesse due à votre rang mais avec toute la franchise face à laquelle nous ne saurions nous dérober, nous voudrions, disons-nous, vous adresser ce message.

DE NOTRE DISPONIBILITE                                                  

S’il est vrai que cela fait plus d’un an que vous avez été nommé pour conduire la commission de dialogue, de vérité et de réconciliation après ces longues années d’une guerre qui a totalement défiguré le pays et créé de graves fractures sociales, nous, victimes de guerre et réfugiés sur notre propre sol, nous gardons l’espoir dans la sérénité et croyons qu’un de ces jours enfin, vous allez vous décider à prendre le taureau de la réconciliation nationale par les cornes. Nous croyons fermement ce que nous disons parce que quinze mois perdus par une commission de réconciliation (somme toute inoffensive car sans armes de guerre), c’est bien moins que les dix ans d’une rébellion sauvage qui nous a carrément ramenés aux temps anciens, en ce début de vingt et unième siècle. En outre, quinze mois, c’est juste une petite goutte de temps dans l’océan de la vie d’une nation.

NOS INQUIETUDES

Monsieur le président de la commission pour la  réconciliation, souffrez aussi que pour les réfugiés et déshérités que nous sommes, nous vous fassions part de nos inquiétudes, lesquelles inquiétudes sont:

-1° : dans ce chaos total que nous vivons, pour les réfugiés sur notre propre sol que nous sommes, s’il est vrai que l’avènement de la rébellion en Côte d’Ivoire est une triste et honteuse réalité  pour les humains que nous sommes, pour nous réfugiés, toutes les raisons évoquées pour cautionner cette rébellion sont fallacieuses et donc ne tiennent pas debout. Pour la simple raison que ceux qui criaient à la misère, à l’exclusion et au génocide contre nos compatriotes musulmans du nord du pays, au tristement célèbre  charnier de Yopougon à Abidjan, depuis l’an 2000, sont ceux-là qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire, grâce à une intervention militaire française que personne, à moins d’être descendu d’une autre planète, ne peut nier. Ils sont au pouvoir et non seulement la misère grandit vertigineusement au nord de notre pays, l’exclusion, le génocide et l’expropriation de tout bien par la force et la violence gratuite, ils l’appliquent aux ivoiriens de la partie Sud du pays même quand ils sont musulmans et refusent de les suivre dans leurs dérives. Quant au charnier de Yopougon, ils semblent l’avoir rangé aux oubliettes, alors qu’il était bel et bien une des raisons majeures de leur insurrection. Le développement tant souhaité de la partie septentrionale du pays, à les voir agir dans le désordre (un constat n’est pas une insulte), ce n’est pas demain qu’ils vont en amorcer les chantiers. Alors, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, question: que s’est-il vraiment passé? Qu’est-ce qui a vraiment suscité toute cette furie digne de bestiaires enragés et cette barbarie pour que nous en soyons-là aujourd’hui ? Oui, honorable président, pourquoi un tel déchaînement qui a fait couler tant de sang innocent ? Nous voulons juste en savoir la vraie raison. Pour en revenir à l’exclusion dont ils ont prétexté, monsieur le président, nous nous connaissons tellement dans ce pays qu’il suffit de rappeler que le mot « cafri » qui indexe tout non musulman est une de leurs créations et que ce mot (« cafri »), certains d’entre nous l’ont entendu depuis longtemps, bien avant même que ce pays n’accède à l’indépendance en 1960. Mais pour un simple mot (« cafri ») qui dérange sérieusement parce qu’il invite systématiquement à l’exclusion, jamais un ivoirien non musulman n’a pris de fusil contre son frère musulman tout en criant à l’exclusion. Ensuite, monsieur le président de la commission pour notre réconciliation, sortez de chez vous et parcourez un peu le pays pour vous rendre compte du fait qu’elles sont innombrables, les sœurs et les filles des «cafri» que nous sommes qui ont fait des enfants avec des musulmans quand inversement, leurs sœurs et leurs filles à eux, dans leur grande majorité, sont mises en demeure de nous éviter: c’est une vérité que sur le terrain de l’exclusion, ceux qui crient à l’exclusion sont eux-mêmes  des  pratiquants de l’exclusion au premier plan. Il suffit pour cela d’essayer seulement de calculer, dans la mesure du possible, les rapports de la mixité des couples conjugaux dans ce pays pour se rendre compte qu’elles ne sont pas nombreuses, nos sœurs musulmanes qui ont choisi de partager leur vie avec un non musulman.  Ici encore, leur façon de faire ne nous a jamais  poussé à prendre des fusils contre eux pour obliger leurs sœurs ou leurs filles à nous épouser. L’exclusion? Monsieur le président, c’est chaque jour que les peuples hospitaliers de l’Ouest de la Côte d’Ivoire la vivent sans broncher: depuis des décennies que d’autres ivoiriens, des «baoulé» surtout, en quête de terres cultivables, arrivent sur nos terres et vivent en réclusion entre eux, sur la base de l’appartenance ethnique ou régionale, dans des hameaux ou des campements, en dehors même de la communauté ethnique ou régionale qui les a reçus quand ils venaient juste d’arriver en terre étrangère. Malgré toutes les distorsions et les dérives dans le comportement (les hôtes qui ont prospéré dans l’agriculture répètent sans gêne - oh, ingratitude quand tu nous tiens! - que ceux dont ils exploitent les terres sont des paresseux), personne de chez nous n’a pris des armes pour se venger de comportements et de paroles qui nuisent et nuiront toujours plus à ceux qui les profèrent en toute inconscience. Avant eux, le président HOUPHOUËT en avait fait autant: «mes compatriotes originaires de l’ouest  - le groupe ethnique Krou - sont des abonnés à la fête», «la terre appartient à celui qui la met en valeur», «je préfère l’injustice au désordre» sont des propos qui résonnent encore dans les tympans de bien d’ivoiriens de bonne foi. Il y a eu aussi le président BEDIE qui, en Décembre 1997 à Fengolo, suite au meurtrier conflit foncier d’alors, a dit à l’endroit des populations autochtones Wê: «arrêtez d’être des jaloux et d’empêcher ceux qui maîtrisent le travail de la terre de s’adonner librement à leurs activités». Ce jour-là, le président BEDIE a été applaudi mais jamais le peuple Wê n’a pris des armes de guerre pour exprimer son indignation à la face du monde… Rappelons qu’en Août 1997, le conflit  meurtrier de Fengolo est parti du fait qu’un jeune guéré, parti se plaindre à un planteur baoulé qui avait fait tuer tous ses porcs parce qu’ayant détruit une de ses pépinières ou ses buttes d’igname (?), est mort à l’hôpital de Duékoué, suite à des coups et blessures à la tête (à l’aide de bâton ou de pilon entre autres) volontairement donnés par des paysans baoulé. Le médecin émérite de l’hôpital de Duékoué (feu Dr KOFFI) avait alors fait ce constat qu’il a par la suite changé en «décès suite à une méningite aigüe». Pour toutes ces incongruités et injustices criardes, jamais les populations d’ethnie guéré n’ont pris  des armes pour se rendre justice. En outre, monsieur le président, il y a même eu plus grave que tout ça en ce pays,  et jamais personne n’a songé à venger ses nombreux morts dans le sang: si l’on veut parler de génocide, il y en avait déjà eu dans ce pays nôtre. Souvenons-nous du Sanwi et du Guébié ainsi que de la grande manipulation des chiffres sur le nombre des victimes tombées en ces temps-là. Quarante et cinquante ans après ces tueries du Sanwi et du Guébié, quel bon ivoirien, digne de ce nom, a osé s’aventurer dans une sauvagerie meurtrière comme nous le démontrent chaque jour les Dozos et les FRCI, au nez et à la barbe de la communauté internationale qui, avant de le faire chuter, s’empressait de faire des procès médiatisés à Laurent GBAGBO, sur la base de faits diaboliquement fondés dans leur propre imagination tels que les escadrons de la mort, les disparitions de journalistes, les crimes et les charniers parce que n’existant même pas du tout dans la réalité? Monsieur le président, après un si long rappel qui frise la digression, pour en revenir à nos inquiétudes, il faut dire que nous ne comprenons toujours pas et nous nous posons encore la question de savoir pourquoi en est-on arrivé là, à une telle effusion de sang, pour les humains que nous sommes? Pourquoi tant et tant de sang a coulé et coule encore toujours en Côte d’Ivoire quand on sait que les rebelles, le RHDP, la France et la communauté internationale nous répétaient chaque jour que le problème de ce pays était Laurent GBAGBO?

côte d'ivoire,duékoué,le collectif des victimes et rescapés de nahibly duékoué,massacres de nahibly,cdvr,charles konan banny,lettre ouverte des  victimes  de nahibly à monsieur konan banny,président de la cdvr,commission dialogue vérité et réconciliation de côte d’ivoire,emmanuel caleb

Le camp de réfugiés de Nahibly, après le passage des Dozos, des FRCI et des jeunes malinkés pro-Ouattara


-2° : S’il est vrai et humainement possible que l’on peut manger seul, rire ou pleurer, danser, marcher ou vivre seul, par contre, il est impossible ou insensé d’initier un dialogue tout seul. Voici bientôt deux ans que des justiciers sont au pouvoir par la force des armes et passent leur temps à jeter d’innocentes personnes en prison quand ils ne les exterminent pas en masses, comme ce fut le cas de centaines de nos parents il y a juste cinq mois dans l’enfer de Nahibly (à Duékoué). Les exilés ivoiriens se comptent par milliers hors du pays, les camps de détention et de torture sont légions en Côte d’Ivoire. Quel dialogue possible peut-il être initié dans de pareilles conditions? Si seulement vous saviez, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, combien de fois nous sommes moqués et nargués au quotidien, ici à Duékoué, par les tueurs Dozos et FRCI qui ont tué nos parents sans qu’il n’y ait un début d’enquête à ce jour… Président, c’est une situation qui appelle une autre question de notre part: à quand véritablement le début des travaux de la commission de réconciliation que vous dirigez, vu et su que chaque jour que le bon Dieu fait, les exactions et les tueries s’aggravent dans une continuité affolante et l’impunité avec? Honnêtement, même s’il est vrai que notre douleur de victimes d’une barbarie sans nom nous torture de plus en plus chaque jour, il nous est humainement indécent ou insensé de souhaiter l’avènement d’une apocalypse qui nous emporte tous, ces bourreaux et nous victimes, parce que nous souhaitons  que notre supplice collectif prenne rapidement fin. Par ailleurs, toujours au chapitre de nos inquiétudes, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il urge pour nous de vous citer un autre remarquable et donc non négligeable pour toute conscience qui se respecte: d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié et Guéi, Gbagbo est bien le seul qui n’a jamais fait emprisonner journalistes, syndicalistes, militaires et hommes politiques. Malheureusement, c’est lui, Gbagbo, qui est extradé à La Haye, humilié, calomnié ou volontairement sali à la face du monde. Or s’il est bien une qualité qu’il faut reconnaître à ce digne fils d’Afrique, c’est bien son refus catégorique de souscrire à l’esclavage mental et sa volonté inébranlable de bâtir une société de justice sociale, de paix et de progrès. La réconciliation peut-elle véritablement s’amorcer si Gbagbo est et continue de rester en prison, lui qui fait tant bouger le monde entier aujourd’hui alors même que la communauté internationale qui l’a combattu croyait l’avoir définitivement vaincu? Quelle réconciliation, monsieur le président, peut-elle être possible sans Gbagbo, le premier ivoirien dont la pensée politique fédère et mobilise, au-delà même de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, des consciences et d’inestimables énergies humaines en ce moment même dans le monde?

-3° : Tout sauf votre respect, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, nous serions des hypocrites ou des personnes de mauvaise foi si, pour votre propre gouverne, nous gardons seulement pour nous ce que nous entendons sur votre compte de la part de ceux dont le jeu favori est de servir la violence gratuite ou la mort à leur prochain. Dans un contexte de réconciliation qui nous concerne et nous interpelle tous, ces tueurs sans foi ni loi disent à qui veut les entendre que le poste que vous occupez est juste un poste de nomination. En d’autres termes, vous avez été nommé pour n’être que nommé tout simplement. Nommé pour ne même pas (pouvoir) agir. Là-dessus, ils soutiennent leur propos en affirmant que ce poste vous a été octroyé comme une part du butin qu’ils ont obtenu en guerriers et en «sauveurs» de la Côte d’Ivoire. Ils ajoutent que les pontes de votre parti politique (le PDCI), pour vous neutraliser, ont vivement souhaité votre nomination à ce poste pour vous occuper et vous empêcher de travailler à votre positionnement au sein même du PDCI. Ils vont même plus loin en disant que si vous n’avez pas ouvertement pris les armes comme eux l’ont fait contre la Côte d’Ivoire, vous êtes quand même un des leurs et qu’ils ne vous lâcheront jamais quelque soit votre volonté de vous séparer d’eux. Ici aussi, les raisons qu’ils évoquent nous rendent perplexes et encore plus dubitatifs sur votre capacité et votre réelle détermination à mener à bon port la barque de la réconciliation. En effet, il n’y a qu’à écouter les FRCI et autres courtisans du pouvoir en place pour s’entendre dire qu’avec vous, monsieur le président, tout est bien calé (par eux) pour vous voir vous éterniser dans l’inaction: ces justiciers d’une autre époque soutiennent, sourire en coin, que des casses (par la rébellion) des succursales de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dont vous étiez alors le gouverneur en 2003 - crimes économiques jusqu’ici impunis - au scandale des déchets toxiques du navire Probo Koala qui a fait des milliers de victimes à Abidjan quand vous étiez premier ministre, en passant par la tentative de suspension de la Constitution ivoirienne à votre profit toujours quand vous étiez le premier des ministres en ce pays, ils vous ont avec eux, embarqués que vous êtes dans la même galère et jamais ils ne vous donneront l’occasion ou le temps de les quitter, sinon… Vrai ou faux, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, habitués que nous sommes aux prophéties de malheur de telles personnes qui ont toujours exécuté leurs funestes projets après les avoir longuement annoncés (par exemple la rumeur d’attaque du camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué a d’abord couru pendant de longs mois), nous avons simplement jugé utile de partager ces informations avec vous. Quitte à vous de nous éclairer, monsieur le président, en nous disant, à nous réfugiés , de ce que vous pensez de telles affirmations qui ont été entendues dans des foyers et dans la rue, après votre dernier passage à Duékoué. Ce dernier point de nos inquiétudes les renforcent tellement que nous vous saurons gré de nous aider à les dissiper, parce que nous souhaitons chaque jour une réconciliation sincère et juste pour chasser enfin tous ces affreux traumatismes moraux qui nous hantent et nous rongent alors que la justice tarde à se faire pour nous apaiser. Or, monsieur le président de la commission chargée de nous réconcilier, notre pays sort d’une guerre que l’on lui a imposée et tout, pour le moment, se passe comme si rien du tout n’avait eu lieu et que tout a toujours été normal. Combien de temps encore celà va-t-il durer?

NOS PROPOSITIONS

Monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il nous plaît ici de vous faire quelques propositions si tant est qu’un de ces jours, Dieu aidant, votre tâche de grand réconciliateur démarre véritablement. Au risque d’être traités de rêveurs ou de prétentieux par les loups locaux ou ceux de la communauté internationale toujours prompte à mettre les pieds dans «notre» plat, nous osons, de notre «trou» de réfugiés et de victimes de guerre qui ont tout perdu sauf - Dieu merci - la dignité et l’espérance de vivre un jour dans un pays véritablement souverain, nous osons, disons-nous, vous glisser ces quelques propositions. La situation actuelle de notre pays déchiré et défiguré n’a pas dépendu que de nous les ivoiriens seulement. Ayons ensemble le courage et la mémoire de nous souvenir qu’ils sont nombreux de l’extérieur à avoir allumé, attisé et animé  les foyers de tension dans notre cher et beau pays. Nous citerons pêle-mêle:

-1° : Monsieur Abdoulaye WADE, ex-président du Sénégal. C’est lui, le premier qui, en Octobre 2000, s’est permis de dire sur les antennes de Radio France international « qu’un noir africain était mieux traité en France qu’un burkinabé en Côte d’Ivoire ». Et on connait tous la suite engendrée par de tels propos.

-2° : Monsieur Benoît SCHAUER. Ce sociologue belge (?) d’une autre époque est à la base de la réalisation du film «Côte d’Ivoire, poudrière identitaire»,  en 2001. Un film dans lequel il a vu des charniers essentiellement composés des ivoiriens du nord et musulmans, une thèse qu’il aura du mal à authentifier aujourd’hui en Côte d’Ivoire avec tout ce qui s’y est passé et s’y passe encore et dont les preuves pullulent partout.

-3° : Monsieur Blaise COMPAORE. Il est de notoriété que l’actuel président du Burkina Faso a bel et bien logé, nourri, blanchi et formé la rébellion qui a impunément tué des personnalités, des civils, des militaires ivoiriens depuis 2002 jusqu’à ce jour, après avoir contribué à porter monsieur Alassane OUATTARA au pouvoir par la force des armes. Ce sont des soldats de son pays qui, par la force des armes, aident à l’installation actuelle de ses compatriotes dans nos villages et plantations, ici à l’Ouest du pays.

-4° : Messieurs Jacques CHIRAC,  Nicolas SARKOZY, Dominique de VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, Pierre MAZEAUD, Bernard KOUCHNER, Ban KI-MOON, J. CHOÏ  pour leurs nuisibles et irruptions répétées dans le quotidien des ivoiriens que nous sommes, pendant plus de dix ans sans oublier les forces militaires françaises et onusiennes. Toutes ces personnalités ont sur la conscience la mort de plusieurs milliers d’ivoiriens sur la conscience, depuis le début de la guerre en 2002 à ce jour.

–5° : Monsieur Jean PING, ancien secrétaire de l’Union Africaine pour qu’il dise lui aussi sa part de vérité sur ce qu’il savait de la situation de notre pays et du rôle précis qu’il lui revenait de jouer dans notre tragédie. Bref, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, voici, c’est bien une liste non-exhaustive qu’il vous plaira d’allonger.

On ne peut pas, pour le résoudre, discuter d’un conflit sans la présence de toutes les parties qui ont participé de façon effective à ce conflit: nous avons tous en mémoire le jeu trouble et dilatoire de la SAGEM, cette société française chargée de l’identification qui, à dessein, a fait de beaucoup d’entre nous des sans papiers, les rôles obscurs et criminels à la fois de messieurs Beugré  Mambé et Youssouf Bakayoko, respectivement ancien et actuel président de la commission électorale.

La réconciliation est-elle possible sans vérité et sans justice? Nous croyons et disons tout de suite non. Pour que puisse démarrer le processus de la réconciliation nationale, les tueurs et les bourreaux ne peuvent et ne doivent pas être les juges des milliers de personnes emprisonnées à travers tout le pays, sans aucune raison légalement valable. A la réconciliation par la force, nous vous invitons, monsieur le président, à dire courageusement non. Non, non et non parce que voici cinq mois que le drame de Nahibly a eu lieu et aucune personne, parmi les brigands et les autorités administratives et militaires de Duékoué n’a été inquiété. L’ONU, dont des soldats étaient affectés à la surveillance du camp de Nahibly, se débine et se ridiculise comme ce fût le cas en Mars et Avril 2011, en Janvier 2011, fin Mai 2005, toujours à Duékoué. Pour toutes ces tristes dates, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, nous vous informons que le motif majeur, pour «casser» et pour tuer des autochtones d’ethnie guéré, a de tout temps été le même: «un ou une dioula vient de mourir, suite à un braquage de la part de jeunes gens d’ethnie guéré». Comme si le délit ou le meurtre portait essentiellement la marque d’un groupe ethnique qu’on attaque et décime quand l’on veut, toujours sans enquête préalable pour essayer de mettre aux arrêts les vrais coupables. Résultat, la répétition de ce diabolique scénario a fait des milliers de morts et des enquêtes sans suite à ce jour. Le massacre de Nahibly, monsieur le président de la commission de réconciliation, a été perpétré suite à un affrontement meurtrier entre gangsters qui réclamaient depuis des semaines leur part de butin à leur chef (Koné, celui qui est mort). Pour un bandit de grand chemin qui est tué par ses complices, on évoque un braquage puis on va massacrer des centaines d’innocents dans un camp de réfugiés, au nez et à la barbe de l’ONUCI et aucune enquête pour situer les responsabilités. Dans une pareille atmosphère, on parle de réconciliation et de paix. Mais alors quelle bonne paix sans justice, monsieur le président?      

NOTRE CONCLUSION

Monsieur le président, ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ces douze dernières années est monstrueux, cruel et remet en question notre raison d’humains, tellement les limites du grotesque et de la sauvagerie humaine ont été franchies, comme si nous vivions à l’heure de la pierre taillée. Or, comble de la décadence même, ce sont des autorités, des institutions et des médias de pays dits civilisés avec comme tête de file la France de messieurs CHIRAC et SARKOZY - les preuves parlantes et crédibles contre eux, leurs soldats et leurs rebelles  sont innombrables et en nos mains - qui ont créé, soutenu et même organisé toutes ces sataniques orgies des FRCI et des Dozos, dont certains se sont abreuvés du sang innocent de nos parents dont de nombreux enfants. Le dire ou le rappeler, pour nous victimes et rescapés de Nahibly, ce n’est point s’opposer à la réconciliation nationale. Monsieur le président, le dire ou le rappeler, pour nous, est une façon légitime de demander que justice soit faite, au nom de la mémoire de nos parents disparus, pour que leurs âmes reposent en paix et que nos propres âmes puissent être apaisées en nous. Notre préoccupation majeure, devant votre volonté de nous amener à la réconciliation, président, se résume en un mot: «justice». C’est ce seul vocable qui peut véritablement nous apporter cette paix que nous souhaitons de tous nos vœux. Voici, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, l’essence de notre pensée que nous avons voulu vous livrer ce matin, depuis les rivages du Guémon, à Duékoué.

Nos respectueuses salutations, monsieur le président.

 

Pour le collectif des victimes et rescapés de Nahibly, Duékoué,


Emmanuel CALEB, le 22 Décembre 2012.

vendredi, 30 novembre 2012

LA COTE D’IVOIRE FACE AU NOUVEL ORDRE MONDIAL

côte d'ivoire,la côte d’ivoire face au nouvel ordre mondial,franc-maçonnerie,illuminati,skull and bones,témoignage d'un illuminati repenti

 

Monsieur le Directeur de publication.

Je ne vous déclinerai pas mon identité, juste un pseudo et vous savez pourquoi. Mais le plus important est ce qui va suivre.

Les Africains, particulièrement les Ivoiriens puis les Libyens ignorent le fond de leurs malheurs. Oui ce qu’ils subissent ne date pas de maintenant comme vous vous en doutez.

Ceux qui ont tiré et continuent encore de tirer les ficelles des crises et guerre en Afrique et ailleurs ont tout planifié en attendant le faux pas des leaders comme Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi. Nous allons ensemble survoler le cas libyen mais aller en profondeur sur le cas ivoirien. La communauté de la haute finance (dirigée et contrôlée par les hommes gris/les illuminatis) dont je faisais partie a une règle simple l’argent et encore gagner de l’argent…

Concernant le plan des illuminatis (dont font parties le CFR, la Commission trilatérale, le mouvement Skrull & Bones, les francs-maçons, la rose croix, ect...) le choix qui s'est porté dans les années 1970 sur Allassane Ouattara depuis qu’il était étudiant en Pennsylvanie aux Etats-Unis avait pour but de remplacer Félix Houphouët Boigny lorsque celui-ci serait vieillissant ou mourant. Nous avons à travers François Mitterrand poussé la création du multipartisme dans l’Afrique francophone. Objectif préparé 18 ans plus tôt, afin de remodeler l’espace politique africain. Nos experts ont déduit que l’application du multipartisme nous permettrait de remplacer la vieille garde politique par une nouvelle.

Pour y arriver il fallait faire chuter les cours mondiaux du cacao et autres matières premières. Ceci pour créer une crise économique et provoquer la colère populaire, pour finalement aboutir au pluralisme d’opinions qui fragiliserait les présidents d’alors qui étaient adulés et respectés comme Houphouët-Boigny. La haute finance n’a pas d’état d’âme. Notre système couvrait les dérapages et crimes de ce dernier (Houphouët-Boigny) tant qu’il nous était utile et en bonne santé. Mais ce dernier ayant découvert trop tard la manoeuvre, a tout fait pour ne pas permettre à Alassane Ouattara d’être au pouvoir. Il a modifié la constitution afin de permettre à Henri Konan Bédié de venir aux affaires bien qu’il soi mal aimé de la population qui voyait en lui un héritier dynastique. Cette situation d’antipathie d’une bonne partie du peuple nous donnait le temps de préparer la chute de Bédié qui s’est avéré un homme faible. Il nous fallait tout simplement jouer sur la fibre ethnique et religieuse pour placer Ouattara au pouvoir quelque soit celui qui était en face.

Créer subtilement le Rdr et en faire un parti ethnique avec des militants que nous savions pour la plupart peu instruits ou analphabètes a été d’une aisance modèle, car plus faciles à manipuler. Nous y reviendrons plus loin. Ouattara étant présenté comme victime par nos médias (Cfi, Tv5, Rfi…), il devint facile de manipuler les militaires ivoiriens du nord tel Ibrahim Coulibaly dit «IB», Issiaka Ouattara, Oumar Diarrassouba etc. Objectif: saisir une situation et créer un mouvement de révolte, placer un homme lige pour une transition et aboutir à une élection truquée comme plus tard en novembre 2010.

Bédié entre-temps tombé le 24 Décembre 1999, le Général Guéï est placé provisoirement à la tête du pays mais plus tard, ce denier retournera sa veste. Deux tentatives de coup d’état contre lui échouent, puis, Laurent Gbagbo vient aux affaires suite à une élection controversée. Nous avons été surpris par la réaction populaire qui a permis de rendre à Gbagbo sa victoire. L’arrivée au pouvoir de cet homme (Gbagbo) que nous avons par l’entremise de Ouattara tenté de supprimer en 1992 lors de la marche de l’opposition du 18 Février de ladite année a fait trembler la HAUTE FINANCE SATANIQUE comprenant LE CLUB DE PARIS, LE FMI, LA BANQUE MONDIALE, LE CLUB DE ROME etc... Le plan pour l’éliminer fut secrètement mis au point en attendant une occasion dorée qui s’est présentée lors de cette marche (18 février 1992). Mais l’humanisme des gendarmes d’alors a gêné la mise à mort de l’homme.

Certes, nous voulions une opposition contre le pouvoir Houphouët afin de l’affaiblir puis le remplacer, mais nous ne voulions pas d’une opposition puissante comme le Fpi avec un leader aussi charismatique qu’incontrôlable comme Gbagbo. Un tel homme au pouvoir suite aux élections de 2000 n’arrangeait pas les affaires des banquiers et les chocolatiers internationaux guidés par les hommes gris (illuminatis). Laurent Gbagbo, un homme qui n’est pas esclave de l’argent et du luxe démesuré est un poison pour ceux qui l’ont finalement eu le 11 Avril 2011. Gbagbo arrive au pouvoir et découvre que le pays dont il tient les rênes n’est pas réellement indépendant, mais pire, les richesses du pays appartiennent à la France qui les gère pour les intérêts de la communauté internationale dirigée par les illuminatis.

Il décide alors de tout remettre à plat concernant les relations entre son pays et la France.

Tout l’argent de corruption à lui offert par les pontes du pouvoir financier français est directement versé dans les caisses du trésor ivoirien. Car disait-il, c’est l’argent des ivoiriens. Crime de lèse-majesté pour les financiers occidentaux, car on ne refuse pas impunément les offrandes de gens qui ont toujours procédé ainsi pour avoir la mainmise sur les dirigeants et les richesses des pays du sud. Non seulement l’élection de Gbagbo nous a surpris, mais il commet le crime d’être incorruptible. Il fallait s’en débarrasser le plus vite possible. Janvier 2001, première tentative qui échoue par précipitation. Septembre 2002 fût préparé au Burkina Faso avec l’appui de Blaise Compaoré, franc-maçon de catégorie esclave, franc-maçon soumis qui respecte les règles criminelles de la cause. Entrainements intensifs des militaires exilés ivoiriens qui échoueront miraculeusement le 19 septembre. Mais tout est réorganisé pour partitionner le pays puis le conquérir petit à petit afin d’affaiblir le pouvoir Gbagbo insoumis, panafricaniste et nationaliste. Mais les combats sont meurtriers malgré le faible équipement des militaires loyalistes. Une ruse est parallèlement organisée pour neutraliser Gbagbo.

1- Mise sur pied par la DGSE française d’un commando afin d’assassiner des personnalités plus ou moins importantes (le comédien Camara dit «H», le Docteur Dacoury, frère du rebelle Dacoury Tabley, Guy André Keiffer etc…) pour faire accuser Gbagbo avec des supposés escadrons de la mort fabriqués de toute pièce par les services secrets français.

2- Les accords de Marcoussis pour le dépouiller de son pouvoir gênant. Là encore, Gbagbo se montre habile politicien et déjoue tous les pièges qui lui sont tendus.

L’armée ivoirienne qui se rééquipe ne rassure pas les intérêts occidentaux car les soldats loyalistes commencent à surmonter leur peur et sont prêts à broyer du rebelle afin de libérer le pays. Voyant la supériorité militaire loyaliste se forger et gagner du terrain, un traité de paix est provoqué et signé pour stopper la belligérance.

Comment stopper les achats d’armes que Gbagbo opérait, telle devenait l’objectif à court terme pour les illuminatis.

Nos experts composés de la DGSE française, de la CIA américaine et du Mi5 britannique en liaison avec les services secrets burkinabé, maliens et sénégalais se mettent au travail pour trouver une solution afin de verrouiller militairement l’armée loyaliste appelée FDS-CI.

La première trouvaille est une marche organisée par l’opposition en Mars 2004. Le but était de pousser Gbagbo à massacrer le maximum de «civils» (infiltrés pour l’occasion, de rebelles) et permettre ainsi à l’Onu (qui est l’arme diplomatique des illuminatis) de sortir une résolution d’embargo sur la Côte d’Ivoire. Mais pour y parvenir, une commission d’enquête fût dépêchée afin de produire un faux rapport qui allait justifier l’embargo. Une fois de plus, Gbagbo sent le piège et produit un contre rapport juridique qui bat en brèche les arguments de la commission de l’Onu. Quel est cet homme qui réussi à bousiller un plan bien pensé et aussi couteux que cette marche où nous avons bien manipulé les partis d’opposition avec leurs chefs cupides avides de pouvoir?

Dans la colère certains services secrets proposèrent l’élimination physique de Gbagbo.

Mais ce projet fût abandonné pour raison de guerre civile qui n’arrangeait pas nos affaires.

Avec un monsieur comme Blé Goudé à la tête d’une forte jeunesse nourrie à la sève nationaliste, sans oublier les militaires loyaux, il ne fallait pas prendre de risques.

L’occasion rêvée s’est présentée lors de la tentative de libérer le territoire avec «l’opération César», où une agression de l’armée Fds-ci a été simulée pour détruire les aéronefs loyalistes et procéder à un coup de force pour renverser Gbagbo. Là encore, échec et mat, qui s’est achevé par le massacre de nombreux civils par l’armée française. Cap a alors été mis sur la fin du mandat de Gbagbo en 2005.

Mais entre temps, vu les manoeuvres du médiateur Sud Africain Thabo Mbéki qui étaient dangereuses pour nous, il fallait le court-circuiter.

Tous les moyens médiatiques furent déployés afin de demander la démission de Gbagbo et permettre la mise sur pied d’une transition. Vous vous en souvenez n’est-ce-pas?

J’en ris encore aujourd’hui car c’était grotesque.

Mais il fallait quand même essayer. Cette manoeuvre ayant échouée, l’objectif fut d’attaquer à nouveau Gbagbo à travers l’union africaine corrompue, en imposant un nouveau 1er ministre en la personne de Konan Banny.

Le choix de Banny s’est joué sous la pression d’Olusegun Obasanjo l’ancien président nigérian qui est aussi franc-maçon.

Banny nous paraissait plus pugnace qu’un Seydou Diarra faiblard et aphone. Mais le choix de Banny en décembre 2005 n’avait rien de promotionnel. Nous savions que la population baoulé (qui commençait dangereusement à succomber au charme Gbagbo) en grande partie nostalgique du temps Pdci houphouétiste allait croire à un retour aux affaires du parti. Leur haine allait se consolider contre Gbagbo pour la suite de notre plan.

Banny allait croire en l’appui du Rdr de Ouattara pour faire chuter Gbagbo vu que le Groupe de Travail International (GTI-arme diplomatique) à été mis en place pour la cause. Objectifs: dissoudre l’assemblée nationale, contrôler l’armée, museler les patriotes de Blé Goudé et organiser des élections avec un ficher électoral tronquée sur base d’audiences foraines faussées. Là encore Gbagbo s’en sort avec maestria avec l’appui des jeunes patriotes guidés par Blé Goudé et Eugène Djué. Mais nous avions marqué un point important dans cette défaite. La haine des militants Pdci baoulé pour Gbagbo a ressurgit et s’est consolidée grâce à «la cause» Konan Banny. Cela nous servira pour la suite, car la manipulation est notre jeu favori. La DGSE française au service des Illuminatis organise l’introduction des déchets toxiques dans le but de créer l’émoi et la colère populaire. Le choc subit par l’opinion suite aux effets néfastes des déchets toxiques avait commencé à faire son effet mais une nouvelle fois, Gbagbo prend le dessus car il avait compris la manoeuvre diabolique française.

Pour reprendre la main afin d’effacer l’épisode GTI-Banny-dechets toxiques, Gbagbo initie l’accord politique de Ouagadougou. Nous étions sonnés mais pas vaincus. Il nous fallait «récupérer» l’accord de Ouagadougou car notre pion Blaise Compaoré en était le parrain. Il lui fallait profiter de la confiance de Gbagbo pour vider cet accord de son contenu. En sujet obéissant, il rendait compte à ses maitres après chaque décision importante. Mais il ne fallait pas aboutir au désarmement.

Une fois la circulation des biens et des personnes démarrée, les armes étaient facilement transportables pour les disséminer à travers toute la partie sud du pays. Cela enclenché notre objectif a été de distraire l’opinion. Il fallait faire du bruit concernant l’enrôlement, le listing électoral et exiger la date des élections étant donné que l’opposition a eu la mainmise sur la CEI (Commission Electorale Indépendante) suite à l’accord de Prétoria. Mandat a été donné aux rebelles de récuser ensuite la médiation de Thabo Mbéki. Mais entre temps ce dernier a été poussé afin de permettre la candidature de tous et l’introduction d’un nombre important d’opposants dans la Commission Electorale Indépendante s’il voulait la paix en Côte d’Ivoire. Pour ne pas entacher la crédibilité de sa mission. Il nous fallait avoir le contrôle de la CEI. Pourquoi? Je vous explique les raison: les services secrets on diligenté une enquête secrète pour jauger la popularité des principaux candidats. Résultat: 65.90% en faveur de Gbagbo, 20.08% pour Bédié et 14.02% pour Ouattara. Constatant ce résultat effrayant, Il fallait passer à la vitesse supérieure, c'est-à-dire confier l’enrôlement à un service technique étranger, verrouiller la CEI et procéder à des enrôlements tronqués.

Remarquez que dans les zones qui semblaient favorables à Gbagbo, les centres d’enrôlement ont été mal disposés afin de décourager ceux qui en étaient éloignés alors que les centres sont plus proches des populations du nord majoritairement Rdr. Ordre a été donné pour que les étrangers Cedeao viennent gonfler le nombre d’enrôlés car les votants réels ivoiriens du nord n’étaient pas aussi nombreux comme souhaité. Quand au projet de société de Ouattara pour les élections, il ne fallait pas se casser la tête. Gbagbo avait déjà réfléchi et fait tout le travail à notre place. Il a suffit de changer quelques éléments de son projet pour en faire un semblant de différence. Ce qui fait de celui de Ouattara, une pâle copie du programme de Gbagbo, génialement pensé. Avec une flottille de militants fanatiques et peu avertis, cela passa comme lettre à la poste.

Enfin, lors du cinquantenaire célébré à Yamoussoukro, Gbagbo annonce la date définitive des élections. C’est le top départ pour la grande manoeuvre d’intimidation et de corruption des chefs militaires afin de déstructurer l’armée Fds-ci.

Des hauts gradés tombent comme des fruits mûrs dans la besace. Mais fait inattendu! Beaucoup d’officiers dont le Colonel Major Konan Boniface et le regretté Capitaine Kouadio Timothée, mort à Tiébissou lors des combats du 30 mars 2011 sont approchés, mais résistent fermement. Les milliards de francs CFA proposés ne les ébranlent pas. Ils disent être des hommes d’honneur et que cet honneur n’est pas à vendre. Un choc pour nous! Des militaires négro-africains, qui logiquement doivent s’abaisser à la bêtise ethnique, refusent l’argent, demeurent intègres et nationalistes, tout le contraire du Capitaine Allah Kouassi Léon. Décidément on aura tout vu en Côte d’Ivoire!

Les votes du 1er tour se déroulent et les craintes des dirigeants financiers occidentaux se confirment: Gbagbo est le plus populaire des candidats malgré les manipulations que nous avions opérées, mais pire, Bédié est 2ème avant Ouattara. Ça nous ne pouvions l’accepter et les résultats on été inversés en faveur de Ouattara. Bédié qui demeure un homme faible et poltron se laisse faire. Tous ses biens sont bloqués sans oublier tous les documents qui démontrent ses malversations économiques passées qui lui sont brandis. Bédié soutient alors Ouattara qu’il croyait rouler dans la farine afin que ce dernier amène ses votants en sa faveur au second tour. Il fût pris à son propre piège. C’est la même méthode qui sera appliquée pour le choix des candidats aux prochaines législatives. Vendre et rendre le Pdci inoffensif, ce qui arrange la situation des maitres occidentaux de Ouattara. Au second tour, malgré les appels de Bédié à voter pour Ouattara, le taux de participation est faible. Il fallût gonfler le nombre de votants par rapport aux listings dans les régions du nord non désarmées. Les hommes de Gbagbo à la CEI bien qu’en faible nombre, demeurent extrêmement vigilants.

Les trois (3) jours requis pour annoncer les résultats provisoires sont passés sans proclamation de résultats.

Il fallait opérer un passage en force. Tâche qu’accomplissent les ambassadeurs français et américain.

Une fois annoncés les résultats sur France 24, le reste, nous nous en occupions par médias et ONU interposés.

Gbagbo ne se laisse pas faire pour autant malgré le fracas médiatique des chaînes de télévision et de radios occidentales. Il applique la loi dans toute sa rigueur mais que pouvait-il devant une telle force?

Vu que nous avions réussi à mettre le doute dans l’esprit des populations. Il fallait le présenter comme le mauvais perdant, le dictateur… et ça nos médias s’en sont donné à coeur joie. Mais cet homme ne nous laisse toujours pas tranquille et se met à éveiller les consciences des masses africaines avec des émissions et des débats télévisées transmis à outrance sans oublier une diplomatie qui tournait à plein régime. Les chefs d’état africains sont menacés par les pays occidentaux tenus par les illuminatis. Les vieilles dettes de beaucoup de pays africains, en passe d’être annulées ne le seront plus s’ils n’obéissent pas aux ordres, c'est-à-dire faire tomber Gbagbo par l’Union Africaine, un organisme corrompu, mendiant et squelettique. Il a même été proposé par le président Sarkozy, lors d’une session de l’UA, un droit de véto à l’Onu pour les africains. Du pur baratin pour naïfs.

Entre temps, pendant les tractations diplomatiques avec la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’Onu depuis Janvier, les forces militaires venues du Sénégal, du Burkina-Faso et du Nigeria commencent à débarquer dans le nord de la Côte d’Ivoire avec armes et logistique.

Officiellement et diplomatiquement, l’option militaire est rejetée, mais officieusement tout est en place.

L’Onu permet la mise en service d’hélicoptères russes de type Mi 24, officiellement pour défendre les civils mais en vérité, ces engins meurtriers sont destinés à ouvrir le passage sur les différents fronts militaires aux combattants rebelles de Ouattara appuyés par les soldats Cedeao.

Lorsque les services secrets conduits par la DGSE française font leur rapport pour dire que tout est OK, les hostilités militaires rentrent alors dans leur phase active après le constat des avancées du commando invisible d’Ibrahim Coulibaly dit IB appuyé par l’armée française et l’Onuci à Abobo, commune favorable à Ouattara. Les différents fronts militaires sont mis en branle. La résistance des Fds-ci est farouche, surtout dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Les miliciens associés aux Fds donnent du fil à retordre aux forces Cedeao rompues au combat terrestre. Mais chaque fois, les Mi 24 de l’Onuci sont intervenus pour dégager les obstacles. Curieusement, la suite s’est facilitée avec le recul des militaires restés loyaux à Gbagbo. Car pour nous, la guerre devait durer au moins six (6) mois. Ces longs combats allaient nous permettre de massacrer la communauté chrétienne en masse afin d’atteindre une quantité de sang à faire couler pour cause rituelle satanique illuminati.

Le retrait des Fds-Ci a empêché ce carnage parce que la visibilité du terrain allait dévoiler ce génocide religieux. Les intenses prières chrétiennes ont un rôle néfaste contre les illuminatis qui sont, eux, adorateurs de Lucifer. Ce plan a été déjoué on ne sait comment. Mais il fallait continuer sur Abidjan où les Fds se sont regroupés pour engager la bataille ultime. L’entrée à Abidjan des Frci, appuyés par la force licorne et l’Onuci s’est soldée par un échec cuisant avec la perte d’au moins 80% des forces rebelles-Cedeao sans oublier des soldats Onuci et Licorne morts au combat. Ce fut un véritable massacre de la part des Fds-Ci qui ont subitement pris le dessus malgré le commando invisible d’Ibrahim Coulibaly. Nicolas Sarkozy est sommé par les banquiers occidentaux de passer à la vitesse supérieure. C’est alors que tous les hélicoptères sont déployés contre les militaires ivoiriens.

C’est le pilonnage tous azimuts pour affaiblir les positions des Fds-ci conduites par les vaillants chefs militaires que sont le Colonel Major Konan Boniface, Le Général Dogbo Blé, feu le Colonel Major Gohourou, le Commandant Abéhi et bien d’autres qui contrairement à beaucoup de gradés des Fds-ci, ne se sont pas vendus aux forces occultes qui sont les maitres de la Banque mondiale et du Fmi, mandants d’Alassane Ouattara. Mais vu les corps des jeunes, massacrés par les hélicoptères français autour de la résidence du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo, vu que l’armée française a détruit quasiment toutes les armes de pointe des soldats ivoiriens, Laurent Gbagbo décide de se livrer en demandant d’abord aux soldats d’arrêter de combattre et de se mettre en sécurité car dit-il, c’est lui que la communauté internationale veut. Malgré eux, le coeur meurtri, les combattants Fds-ci se retirent et vont se mettre en sécurité où ils peuvent. Le 11 Avril, un autre miracle se produit. Laurent Gbagbo qui devait être tué selon le plan, s’en sort vivant et est fait prisonnier. La communauté internationale est malheureuse mais fait dire à travers ses médias tels France 24 (qui comme les autres médias occidentaux, ont une mission de bourrage de crânes à travers le mensonge savamment distillé aux populations) que Laurent Gbagbo doit être bien traité. Leur peur est que Gbagbo devienne un héros vivant. Ce qui est bien le cas aujourd’hui.

Un petit pays comme la Côte d’Ivoire qui tient tête à tout un système (la haute finance internationale), qui a poussé la communauté internationale à la faute en l’obligeant à faire la guerre au vu et au su de tous. Cela a permis aux jeunesses africaines de comprendre définitivement qu’on les a prises pour des idiotes depuis toujours et que leurs pays ne sont pas véritablement indépendants comme on tente de le faire croire avec des fêtes d’indépendance célébrées chaque année.

La communauté internationale se sent affaiblie car Laurent Gbagbo l’a poussée à se dévoiler en plein jour alors que par le passé tout était déguisé et les peuples manipulés n’y voyaient que du feu. Quand j’ai vu cet homme de plus près à l’Hôtel du Golf suite à son arrestation, quand j’ai lu dans sons regard si profond, certes rempli de déception, je n’y ai pas aperçu de signe de défaite, de peur ni de faiblesse.

Oui, assurément c’est un grand homme, incorruptible et par-dessus tout, un génie de la politique jamais vu en Afrique depuis un certain Patrice Lumumba. Quand son regard à croisé le mien alors que les badauds fanatiques d’Alassane Ouattara le couvraient d’injures de toutes sortes, j’ai compris que le combat que mène cet homme n’est pas terminé même s’il mourrait ce jour où il fut arrêté.

Gbagbo n’a pas été tué physiquement, mais la communauté internationale voulait se rattraper autrement. La trouvaille, c’est la Cour pénale internationale (Cpi) qui doit servir à abattre l’homme définitivement. Le procureur Ocampo a reçu pour cette tâche, 1.000.000$ versés par les services de l’ombre de la communauté internationale sur un compte offshore aux Bélizes qui est un paradis fiscal pour le blanchiment d’argent. Gbagbo en prison au Nord, le régime Ouattara demeure fébrile et ne rassure pas du tout car l’image du leader charismatique écroué gauchement, continue d’avoir un impact sur les populations africaines. Son transfèrement précipité à la Cpi avait pour objectif d’abattre moralement ses soutiens militants et pousser les partis politiques qui lui sont proches à abandonner la course aux législatives.

Mais, coup de théâtre, sa première comparution à la Cpi s’avère un poignard dans le ventre de la communauté internationale qui comprend alors tardivement qu’elle a affaire à un homme d’une dimension à nul autre pareil. Un individu, qui a été maltraité, humilié et détenu dans des conditions inhumaines, réapparaît à la face du monde, requinqué, plus combatif que jamais avec comme cerise sur le gâteau, une intervention magistrale qui a fait l’effet d’une bombe. Dans toute l’Afrique, l’espoir des jeunes africains refait surface et se décuple. C’est les débats pleins d’ardeur qui reprennent leur droit dans les quartiers des capitales africaines. En face, la communauté internationale se sent ridicule face à un seul homme qui incarne l’espoir politique de tout un continent avide de liberté et de démocratie sans influences extérieures. Elle se sent coupable de n’avoir pas assassiné ce Gbagbo qui les a poussés à révéler au grand jour toutes leurs combines.

Côté Côte d’Ivoire, les nouvelles consignes françaises sont les suivantes: étouffer la presse «bleue», proche de Gbagbo par tous les moyens afin de l’empêcher de faire un travail de communication efficiente et redonner de l’espoir aux ivoiriens, l’empêcher d’assurer son travail d’éveils des consciences pour maintenir la flamme patriotique.

Manoeuvres rondement menées à coup de sanctions du Conseil national de la presse (CNP) dont c’est la mission principale sous l'oeil bienveillant du ministère de l’intérieur qui est suivi à son tour de très près par les services secrets français. Ceci avec des arguments fallacieux basés sur l’esprit d’une pseudo réconciliation et la «paix».

Au niveau international la consigne claire est d’étirer le procès de Gbagbo en longueur à la Cpi avec de multiple reports afin d’émousser l’espoir des jeunesses patriotiques africaines. La remplaçante du procureur Ocampo, le futur procureur Fatou Bensouda de race noire, a été approchée avec le double du gain (2.000.000 $) de son prédécesseur pour finir le travail d’accusation. Le choix d’un procureur de race noire est stratégique afin de ne pas donner au procès, la couleur raciste que tout le monde africain critiquait sous l’ère Ocampo. Sur le terrain ivoirien, l’organisation des législatives a pour objectif de déposséder les ivoiriens de leurs terres, permettre une recolonisation très moderne de la Côte d’Ivoire par la France au profit de la communauté internationale. C’est cela le plan.

Mais la crédibilité de ce scrutin est très largement affaiblie car l’appel lancé par le parti de Gbagbo provoque la non participation des ivoiriens au vote du Dimanche 11 Décembre 2011. Il faut alors truquer les résultats et donner un chiffre de taux de participation erroné. En vérité, le réel taux de participation est de 16% et non 36% qui sont purement mensongers. Encore une victoire à l’actif de Laurent Gbagbo. Oui assurément, Gbagbo n’est pas comparable à Alassane Ouattara qui est fabriqué et tenu en laisse par la France et les puissances étrangères. Cet homme, Gbagbo, s’est fait lui-même sans appui extérieur. Il croit en l’Afrique alors que Ouattara aide à piller la Côte d’Ivoire avec des gros contrats offert à des entreprises burkinabè comme par exemple le marché de 25 milliards pour la réfection du quartier d’Abobo donné à une entreprise du pays de Blaise Compaoré. Les plus gros marchés sont réservés aux entreprises françaises pour le compte de ses maîtres de la communauté internationale. Mais rien n’est tard puisqu’un esprit nouveau est né depuis l’an 2000 et n’est pas près de s’éteindre. Un homme appelé Laurent Gbagbo, que je n’aime pas (ce n’est pas obligatoire), c’est vrai, mais que je respecte, a pensé un projet de société révolutionnaire qui à terme devait faire de la Côte d’Ivoire et de la sous-région une puissance économique et industrielle avec sa propre technologie tenue et conduite par les africains eux-mêmes. Il a contribué à la mise sur pied du premier satellite africain RASCOM, qui du coup rendait l’Afrique autonome au niveau Télécommunication et informations.

Sa politique de transformation des matières premières allait enrichir et rendre puissants économiquement les paysans qui allaient se voir doter de moyens techniques de dernières générations.

Il avait pour objectif, le montage d’abord de véhicules de transport avec pour finalité d’en construire localement avec les ingénieurs sortis de l’INP-HB. Et plus encore, il a entamé une ingénieuse politique de désendettement (PPTE) de son pays pour finalement aboutir à une autonomie basée sur les propres ressources ivoiriennes. Ce désendettement avait pour objectif de mettre à l’abri du besoin la majeure partie des travailleurs ivoiriens en augmentant drastiquement tous les salaires d’au moins 65%, en plus de mettre tous les moyens économiques à un niveau où la jeunesse pouvait comprendre qu’il ne faut pas mettre ses espoirs dans l’immigration massive en Occident. C’est l’un de ses plans secrets que nous avons découvert. Ça, la communauté internationale ne pouvait l’admettre. Pour mettre fin à cette vision, ses propres frères, égoïstes, avides de richesses faciles, de postes politiques honorifiques, afin de jouir de la vie se sont vendus au diable et l’on renié.

Mais comme je l’ai dis précédemment, cet homme digne de respect appelé Laurent Gbagbo, a suffisamment enseigné et nourri politiquement les jeunesses ivoirienne et africaine pour continuer le combat car je vous informe que la communauté internationale, au-delà de toute fanfaronnade, a beaucoup de faiblesses. Je sais de quoi je parle et je ne dis pas n’importe quoi. Quand à Alassane Ouattara, tous les documents compromettants le concernant ont été archivés pour le faire chanter le moment venu. Au-delà de tout ce que je viens de vous démontrer, je vous suggère d’exploiter votre intelligence à fond dans la combativité et vous verrez que ces hommes politiques qui sont guidés par les dirigeants de la haute finance qui conduisent la communauté internationale ne sont que des hommes comme vous. Ils ne sont pas plus intelligents que vous comme le croient bêtement beaucoup d’africains adeptes de la paresse, de la mendicité et de la fatalité. Je suis de race blanche certes, mais il est stupide de croire qu’on est plus intelligent que les autres races. Les chinois nous ont prouvé le contraire.

C’est votre tour aujourd’hui. Gbagbo vous a montré le chemin et libre choix à vous de finir le travail ou l’abandonner par faiblesse, négligence et paresse. Humblement, je vous soutiens et je vous encourage à bien vous organiser pour que la vérité éclate à la Cpi et que Gbagbo ne soit pas assassiné scientifiquement comme sait si bien le faire la communauté internationale.

Au-delà de ça, comme Martin Luther King, une main africaine risque d’être payée pour faire le sale boulot d’élimination physique. Priez beaucoup mais agissez aussi beaucoup avec intelligence, ardeur et sans répit malgré les difficultés et épreuves jusqu’à l’obtention de résultats probants. Mais si vous priez beaucoup et agissez moins, alors vos prières s’avèreront inutiles. Car la prière sert à vaincre ce qui est invisible et c’est les actes qui obtiennent physiquement ce qui est obtenu dans le spirituel. C’est simplement ce que font les illuminatis dont je faisais partie. Ils adorent Lucifer et agissent de même dans le réel pour des résultats concrets.

Prières et actions intelligentes sans émotions pour une victoire certaine, voici le secret.

 

Par un ILLUMINATI repenti.

 

SourceLA COTE D'IVOIRE FACE AU NOUVEL ORDRE MONDIAL

jeudi, 29 novembre 2012

NATURALISATION TOUS AZIMUTS DES BURKINABE - LE COUP QUE OUATTARA PREPARE - MENACE SUR LA NATIONALITE

 

 

ALASSANE OUATTARA ET BLAISE COMPAORE.jpg


«On ne sait plus où on va», a dit, il n’y a pas longtemps, un officier pro-Bédié qui fait aujourd’hui partie des hommes de mains de Ouattara. Il avouait presque son impuissance, en voyant la manière dont la Côte d’Ivoire est dirigée. On dira que c’est peut-être lui qui ne sait pas «où on va». Sinon du côté du palais, la question ne se pose sûrement pas. Après avoir pris le pouvoir dans les conditions que tout le monde sait, Ouattara se propose de consolider son pouvoir en s’appuyant sur des personnes étrangères qui ne sont pas forcément demandeurs de la nationalité ivoirienne. L’homme voudrait naturaliser, de façon systématique et sans aucune forme de procès, 4 millions de Burkinabè. Un chiffre qui donne forcément froid dans le dos. 

Il va même au-delà de la grande mascarade de Linas-Marcoussis qui avait, par le passé, demandé au Président Gbagbo de naturaliser «3 millions de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire depuis longtemps». Un arrangement au forceps, qui on se le rappelle bien, n’a pas manqué de choquer la bonne opinion ivoirienne. «C’est donc pour ça qu’ils ont pris les armes alors», se sont demandé les Ivoiriens, stupéfaits. Le Président Gbagbo n’est plus là. C’est Ouattara qui a désormais les leviers du pouvoir. Malgré tout le folklore ahurissant qui l’a fait passer pour le choix des Ivoiriens, Ouattara est bien convaincu de la réalité. Il sait que la Côte d’Ivoire regarde de loin son pouvoir avec beaucoup d’indifférence. 

C’est pourquoi en prévision de l’élection de 2015, il veut s’offrir un bétail électoral sur mesure. Un électorat qu’il ne va disputer avec aucun parti politique de Côte d’Ivoire. Surtout que selon le plan prévu dans les officines du Rdr, cette naturalisation massive sera accompagnée du droit de vote qui leur sera automatiquement accordé. Avec le régime actuel, tout est permis. Pourvu que cela soit fait à la gloire de Ouattara. L’homme a chassé de la Primature Ahoussou Jeannot qui est farouchement opposé à ce projet. Pour faire plier le Pdci à l’assemblée nationale. La loi sur le mariage n’était, dit-on, qu’un ballon d’essai avant la grande manœuvre. Ouattara veut bien donner un vernis démocratique à cette mascarade qui va sûrement heurter la conscience des Ivoiriens. Le projet sera donc déposé sur la table des députés. 

C’est vrai que le Rdr s’est taillé la part du lion à l’Assemblée nationale. Ouattara n’a donc pas de craintes à avoir à ce niveau. Tous les textes qui y atterriront seront rapidement applaudis et adoptés sans le moindre débat. Le Rdr n’est ni le Pdci, ni le Fpi. Ce parti dont le secrétaire générale propose qu’on envoie tous ceux qui s’attaquent à Ouattara au cimetière, n’a pas la culture du débat démocratique. Avec eux, c’est la loi des biceps. Le pouvoir est donc convaincu que le Pdci qu’on sait intraitable sur la question de la nationalité rejettera son texte, a mis en place un «stratagème anti blocage» pour lever le verrou de Bédié en cas de besoin. Car pour le régime actuel, la naturalisation massive des 4 millions de Burkinabè à qui le régime va proposer son projet est une question de survie. En fait, le Rdr craint que le Pdci qui a déjà refusé une simple loi sur le mariage, ne s’oppose avec la même hargne au projet de naturalisation massive des d’étrangers résidant en Côte d’Ivoire. On soupçonne que le Pdci ne va pas voter les yeux fermés. 

Le plan pour faire plier Bédié 

Mais si le régime Ouattara a déjà joué une carte, avec la dernière dissolution du gouvernement, que va-t-il faire alors pour faire plier Bédié et le Pdci? Dans les bureaux douillets du palais, on ne s’est pas posé de question. Surtout que Nzuéba est censé traîner «de vieilles casseroles qui continuent d’ailleurs de faire du bruits», a confié un cadre du Rdr. Cependant, «ce n’est pas en Côte d’Ivoire que ce passé sera exhumé», indiquent nos sources. Mais en Europe. Et le schéma est le suivant. Une ONG déjà bien connue et qui a pignon sur rue dans le domaine de la bonne gouvernance, se verra confier la mission de remettre au goût du jour, comme un cheveu sur la soupe, la question des prétendus «biens mal acquis (Bma)» de Bédié lors de son passage à la tête de la Côte d’Ivoire. Ainsi, Bédié, s’il venait à prendre le risque de contrarier le projet d’Ouattara pourrait contracter une BMA. 

Une «maladie mortelle» pour les présidents françafricains dont les biens sont soigneusement dissimulés en Europe. Feus Bokassa, Mobuto et Omar Bongo en ont su quelque chose. L’organisation ira même jusqu’à le classer dans la catégorie des dictateurs dont les avoirs doivent être simplement gelés en Occident. Si on ne le juge pas digne d’atterrir à la Cpi pour des crimes passés. En fait, un remake du scénario d’avant la présidentielle passée de 2010. Pour forcer un soutien du président du Pdci à Ouattara, la France avait vite fait de le classer dans le lot des dictateurs dont les avoirs devaient être gelés. C’est ce qui lui a été brandi comme un chiffon rouge. Nzuéba qui ne voulait pas perdre ses biens a été obligé de jouer la carte de Ouattara en se retrouvant au Golf Hôtel contre son gré. 

L’ambassadeur de France le dit d’ailleurs en des termes très clairs. «Je remercie le président Bédié qui a décidé de ne pas aller au deuxième tour de l’élection présidentielle», a-t-il confié à la sortie d’une audience avec Bédié en 2011. Le diplomate s’est laissé trahir par un lapsus. On connaît la suite. Ce même schéma sera remis au goût du jour en Europe, rien que pour faire plier Bédié à nouveau. Puis Ouattara sentirait toujours à l’aise les scénarios, sera dans un nouveau beau rôle. Il proposera, en effet, d’aider le prince de Daoukro à conserver ses biens, mais à condition qu’en retour le Pdci accepte de voter le projet de loi sur la naturalisation proposé aux 4 millions de burkinabè résidant en Côte d’Ivoire depuis longtemps. 

De sorte que ce projet de loi ne porte pas la seule marque du Rdr. Plus clairement, il aura un caractère national, parce qu’il portera aussi la marque du Pdci, un parti qui a une grande couverture nationale. «C’est difficile à croire, mais c’est ce qu’ils veulent faire. On ne sait pas ce qu’ils veulent faire de la Côte d’Ivoire. Pour le moment, ce projet de loi n’est pas encore arrivé sur nos bureaux, donc nous attendons de voir. On verra la conduite à tenir quand il va arriver. Mais je crois que l’honorable Ouassenan, le président de notre groupe parlementaire a déjà été très clair sur la question. Il leur a dit que nous ne seront pas des députés béni-oui-oui», explique un député Pdci proche de Bédié.

Le Sphinx de Daoukro est-il au fait de ce qui se trame contre lui? «Allez-y lui poser la question. Je ne saurai répondre à cette question. Mais je crois qu’il a été chef d’Etat dans ce pays non! Je pense qu’on se comprend», répond-t-il sèchement. Les mois à venir s’annoncent difficiles pour la Côte d’Ivoire. Et le Pdci aura à choisir entre l’avenir de ce pays et celui du Rhdp, une alliance de dupes, sans avenir. Ainsi se résume toute la question. 


Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du 28 novembre 2012.

mercredi, 28 novembre 2012

FEMMES DU MALI, DISONS «NON» A LA GUERRE PAR PROCURATION

 

côte d'ivoire,femmes du mali,disons «non» a la guerre par procuration,otan,onu,mnla,rebelles touaregs,mouammar kadhafi

 
" Le poisson se trompe s’il croit que le pêcheur est venu pour le nourrir "
Karamoko Bamba (Mouvement Nko)
 
"Nous ne voulons plus qu’on ignore que, sous nos foulards colorés, nous ne dissimulons pas seulement, d’un  geste rapide, les serpents indomptés de nos noires ou blanches chevelures tressées, serrées, mais des idées."
 
" L’Afrique mutilée "
Aminata TRAORÉ et Nathalie M’DELA-MOUNIER
Editions Taama 2012
 
 
Introduction

De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays. Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir.

Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable.

Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme: le religieux à travers l’islam radical; l’économique à travers le tout marché; le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire "Non" à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus.

1 Le déni de démocratie

La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime. Il n'est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclut par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Ben Ghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer. La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA), de Al Kaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen.

Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire  que les Chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste?

Marginalisée et humiliée dans la gestion de la crise "libyenne", l'Union Africaine peut-elle, doit-elle se lancer dans cette aventure au Mali sans méditer les enseignements de la chute du régime de Mouammar Kadhafi?

Où est la cohérence dans la conduite des affaires du continent par les dirigeants africains, dont la plupart s’était opposé en vain à l’intervention de l’OTAN en Libye, lorsqu'ils s’accordent sur la nécessité d'un déploiement de forces militaires au Mali, aux conséquences incalculables.

2 L’extrême vulnérabilité des femmes dans les zones en conflit

L'international Crisis Group prévient, à juste titre, que « Dans le contexte actuel, une offensive de l’armée malienne appuyée par des forces de la CEDEAO et/ou d’autres forces a toutes les chances de provoquer davantage de victimes civiles au Nord, d’aggraver l’insécurité et les conditions économiques et sociales dans l’ensemble du pays, de radicaliser les communautés ethniques, de favoriser l’expression violente de tous les groupes extrémistes et, enfin, d’entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme sans ligne de front dans le Sahara ». (« Le Mali : Éviter l’escalade » International Crisis Group - http://www.crisisgroup.org/fr- 18 juillet 2012).

Ces conséquences revêtent une gravité particulière pour les femmes. Leur vulnérabilité qui est sur toutes les lèvres, devrait être présente dans tous les esprits lors des prises de décisions, et dissuasive quand la guerre peut être évitée. Elle peut l'être. Elle doit l’être, au Mali.

Rappelons que les cas de viols que nous déplorons dans les zones occupées du Nord de notre pays risquent de se multiplier avec le déploiement de plusieurs milliers de soldats. A ce risque, il faut ajouter celui d’une prostitution plus ou moins déguisée qui se développe généralement dans les zones de grande précarité et par conséquent les risques de propagation du VIH/SIDA. Le  plan d’intervention militaire sur lequel le Conseil de Sécurité va se pencher prévoit-il des moyens de mettre réellement les femmes et les fillettes du Mali à l’abri de ce type de situation désastreuse?

Rappelons également que sur l'ensemble du territoire les sanctions économiques imposées par la communauté internationale au peuple malien au nom du retour à un ordre constitutionnel discrédité affectent considérablement les groupes vulnérables. Les femmes du fait de la division sexuelle des tâches sont confrontées au niveau domestique à l'énorme difficulté d'approvisionnement des familles en eau, nourriture, énergie domestique, médicaments. Cette lutte quotidienne et interminable pour la survie est déjà en soi une guerre. Dans ces circonstances de précarité et de vulnérabilité des populations, et des femmes en particulier, l'option militaire en préparation est un remède qui à toutes les chances d'être pire que le mal alors qu’une alternative pacifique, émanant de la société malienne, civile, politique et militaire, sera constructive.

3 Des incohérences de la communauté internationale

Chacun des puissants représentants  de la « communauté internationale »  ainsi que  la CEDEAO et l’Union Africaine ont prononcé des mots à propos de nos maudits maux de femmes en situation de conflit.

A tout seigneur tout honneur,  le Président français, François Hollande, qui joue le rôle de chef de file dans la défense de l’option militaire, a souligné la souffrance des femmes « premières victimes des violences des guerres » (Kinshasa - Quatorzième sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie).
                    
Et pourtant, il a déclaré le 26 septembre 2012, à New York, lors de la réunion spéciale sur le Sahel, en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies ce qui suit : "Je sais qu'il peut y avoir une tentation de mener des négociations. Négocier avec des groupes terroristes? Il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s'éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes".             

Pourquoi la France qui retire ses soldats de l’Afghanistan estime-t-elle que le Mali et la CEDEAO doivent engager leurs troupes au sol, dans le cadre de la lutte contre le même terrorisme? "Il faut savoir terminer une guerre", semblent dire les Présidents américains et français. « La guerre d’Afghanistan s’est prolongée au-delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention et j’en prends ici l’engagement. » déclara le candidat François Hollande, dans son discours d’investiture à l’élection présidentielle.

La Secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Hillary Clinton dont l’escale du 29 octobre 2012, à Alger, avait en partie pour objet de convaincre le Président Abdelaziz Bouteflika de rejoindre le camp de la guerre, s'était adressée aux Chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en ces termes: «En République Démocratique du Congo, la poursuite des actes de violences contre les femmes et les filles et les activités des groupes armés dans la région orientale du pays, sont pour nous une source constante de préoccupation. L’Union Africaine et les Nations Unies ne doivent épargner aucun effort en vue d’aider la RDC à réagir à ces crises sécuritaires incessantes».

L’initiative du secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-Moon, intitulée « Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes », lancée le 25 janvier 2008, accorde une attention particulière aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. C'était avant les guerres en Côte d'Ivoire et en Libye qui ont largement compromis la réalisation des objectifs assignés à cette initiative. Nous comprenons sa réserve quant au déploiement militaire et espérons qu'il ne soutiendra pas le plan d'intervention des Chefs d'États de la CEDEAO. La guerre, rappelons-le, est une violence extrême contre les populations civiles, dont les femmes. Elle ne peut que nous éloigner des objectifs visés par cette initiative. 

Pourquoi les puissants de ce monde qui se préoccupent tant du sort des femmes africaines ne nous disent pas la vérité sur les enjeux miniers, pétroliers et géostratégiques des guerres.

La présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour sa part, souligne que "Il est crucial que les femmes contribuent à, et s’impliquent activement dans, la recherche d’une solution au conflit. Leurs voix doivent être entendues dans les efforts visant à promouvoir et à consolider la démocratie dans leur pays. A cette fin, vous pouvez, sans aucun doute, compter sur le soutien de l`Union Africaine, ainsi que sur mon engagement personnel. » (Réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali - 19 novembre 2012).

La nomination pour la première fois d'une femme à ce poste pourrait être un facteur véritable d'émancipation politique pour les femmes et donc de libération du Continent, si Nkosazana Dlamini-Zuma accepte d'élargir la base du débat sur les femmes africaines en y intégrant les enjeux globaux qui nous sont dissimulées.

4 Notre triste statut d’otages

Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n'ont aucun compte à nous rendre, à commencer par la CEDEAO. L'une des traductions de cette réalité est l'énorme pression exercée sur ce qui reste de l'État malien. Le Président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un Président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est. Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate. « J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et », insiste-t-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation.  Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix… », a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis.

Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d'un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l'art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l'aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 Milliards de francs CFA. La quasi totalité des investissements publics sont suspendus. La fermeture de nombreuses entreprises a occasionnée licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Le tourisme, l'artisanat, l'hôtellerie et la restauration, qui subissaient depuis 2008 les conséquences de l'inscription du Mali sur la liste des pays à risques, sont gravement affectés alors qu'ils constituaient des sources de revenus substantiels pour les régions aujourd'hui occupées, notamment celle de Tombouctou.

Référence est faite au statut d'otage non point pour dédramatiser l'épreuve insupportable des otages européens et de leurs familles mais pour rappeler l’égale gravité de la situation de tous les êtres humains piégés dans des systèmes dont ils ne sont pas personnellement responsables. La question est toutefois de savoir comment agir de telle sorte que notre pays retrouve son intégrité territoriale et la paix, et que les six Français détenus par AQMI retrouvent leurs familles sains et saufs, sans que ces libérations n’ouvrent la voie à une intervention militaire qui mettrait en péril la vie des centaines de milliers d'habitants du Nord Mali qui sont autant d'otages.

5 La guerre par procuration

Le choix de la guerre se nourrit d'une connaissance insuffisante des véritables enjeux. Jacques Attali donne à ceux qui veulent s’en saisir, une clef de lecture qui prouve s'il en était besoin que l'intervention militaire envisagée est une guerre par procuration. Selon lui, la France doit agir « … parce que cette région (le Sahel) peut devenir une base arrière de formation de terroristes et de kamikazes qui viendront s’attaquer aux intérêts occidentaux un peu partout dans la région ; et même, par de multiples moyens de passage, en Europe. Ils ne sont encore que quelques centaines ; si rien n’est fait, ils seront bientôt plusieurs milliers, venus du Pakistan, d’Indonésie et d’Amérique Latine. Et les gisements d’uranium du Niger, essentiels à la France, ne sont pas loin. » (Blog Attali. 28 mai 2012.)

La distribution des rôles entre la France, la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Europe et l’ONU est clarifiée. La CEDEAO, dont de nombreux Maliens et Africains ne comprenaient pas jusqu’ici le jeu trouble est en mission au Mali. Selon Jacques Attali, l’organisation sous régionale devait agir « pour redonner aux autorités civiles les moyens de décider, sans peur, de rétablir la sécurité, de restructurer l’appareil militaire et de faire redémarrer l’activité économique ; au Nord, pour mettre fin à cette sécession, il faudra une action militaire sur le terrain, avec un appui logistique à distance, des moyens d’observation, des drones et une capacité d’encadrement stratégique.
Qui peut faire tout cela ? Evidemment pas le gouvernement malien tout seul, qui n’a ni armes, ni autorité. Pas non plus la CEDEAO qui n’a pas les moyens militaires suffisants pour assurer l’ensemble de l’action nécessaire et qui ne peut même pas espérer en recevoir la demande du gouvernement malien, sous influence de forces incertaines. Pas non plus l’Union Africaine, en tout cas pas seule. Alors qui ? l’ONU ? l’OTAN ? La question va se poser très vite. Elle est, à présent, posée. Là encore, l’Europe devrait évidemment être unie et se mettre en situation de décider et d’agir. Elle ne l’est pas. Or, si les médiations actuelles échouent, il sera bientôt nécessaire de réfléchir à mettre en place une coalition du type de celle qui a fonctionné en Afghanistan. Avant qu’un équivalent du 11 septembre 2001 ne vienne l’imposer »(Le Blog de Jacques Attali : le 28 mai 2012).

Tout est donc clair. La guerre envisagée au Mali s'inscrirait dans le prolongement de celle de l'Afghanistan, d'où la France et les États-Unis se retirent progressivement après onze années de combats et de lourdes pertes en hommes, en matériel et finance. Le Sahel étant la zone d'influence de la France, celle-ci prend la direction des affaires concernant le Mali et sous-traite la violence militaire à la CEDEAO. Ce transfert fait politiquement correct pour ne pas être accusé de colonialisme et d'impérialisme, mais aussi pour réduire le coût de la guerre et ne pas enregistrer d'autres pertes en vies humaines. Les opinions publiques occidentales tolèrent de moins en moins que leurs ressortissants meurent dans la défense de « nos » causes. Ainsi, au même titre que les tirailleurs sénégalais, les troupes africaines sont appelées à prêter main forte à la France.

6 La mondialisation des maux et des réseaux

Le radicalisme religieux n'a pas besoin, dans un tel contexte, du nord du Mali pour se répandre en Afrique de l’Ouest et dans le monde. L’économie mondialisée sur la base de l’injustice et des inégalités est une machine à broyer les économies locales, les sociétés et les cultures qui lui offrent le terreau nécessaire.

De la mer rouge à l’Atlantique, de l’Afghanistan au Nigeria, de Toulouse, où Mohamed Merah a agi et a été abattu, à Tombouctou, les enjeux sont à la fois idéologiques, civilisationnels, identitaires, mais aussi économiques, politiques et géostratégiques. Les acteurs et les forces en présence sont à peu près les mêmes, avec des variantes locales à manipuler telle que la rébellion touareg au Mali.

Par ailleurs, Afghans, Pakistanais, Algériens et autres prêcheurs ne sont pas de nouveaux venus au Mali. Ils ont fait leur apparition dans les mosquées, à partir de la décennie 90, au moment où les conséquences sociales et humaines dramatiques des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) sur l’emploi, le revenu et le lien social commençaient à se faire sentir.

7 La perspective « badenya » comme alternative à la guerre                      

Des femmes maliennes et africaines bien imprégnées des enjeux et des rouages mortifères de la mondialisation néolibérale n’en cautionnent pas les guerres. Aux valeurs guerrières et prédatrices de l’ordre économique dominant, nous opposons des valeurs pacifistes, qui nous réconcilient les uns avec les autres, ainsi qu’avec le reste du monde. Badenya, (enfants de la mère) est l’une de ces valeurs que nous nous devons, femmes du Mali, de cultiver d'avantage et d’opposer à la valeur masculine fadenya (les enfants du père) qui dans sa version ultralibérale autorise la course effrénée et fratricide au profit, au point de brader des entreprises publiques rentables, de céder des terres agricoles aux dominants et d'accepter la partition du territoire national.

Profondément ancré dans la perspective badenya, notre refus de la guerre plonge ses racines dans une conception de la procréation selon laquelle mettre un enfant au monde est déjà une manière de monter au front (musokele)Et trop nombreuses sont celles qui parmi nous périssent en enfantant. Nous bataillons jour après jour contre la faim, la pauvreté, la maladie, pour que chaque enfant grandisse, travaille, s’assume et assume sa part de responsabilité.

Aussi, en chaque soldat, comme en chaque rebelle et en chaque nouveau converti au djihadisme qui vont s'affronter en cas de guerre, chacune de nous reconnaît un frère, un fils, un neveu, un cousin.

Hier, ils étaient en quête d’un statut social à travers l'emploi, le revenu ou alors un visa. Ce fut souvent en vain… A présent, ils ont entre leurs mains tremblantes des armes de guerre.

La lucidité et la maturité politique devront être nos armes dans ce monde sans foi ni loi. Il n'y a aucune raison que le Mali s'engage sur un terrain où la France et les États-Unis d'Amérique reculent, en dépit de la puissance de feu de l'OTAN.

A l’économie de la guerre, nous femmes du Mali, opposons l’économie de la vie en faisant de la transition en cours une occasion historique de relever le triple défi du savoir, de la citoyenneté et du dialogue. Les évolutions en cours sur le terrain, dont la volonté de négociation d’Ansar Dine et du MNLA, la modification constante des rapports de force ainsi que des stratégies et des interactions entre les différents groupes présents, doivent être examinées avec l'attention nécessaire de manière, non seulement à éviter une guerre potentiellement tragique mais aussi à écarter les écueils des accords passés.

Les concertations nationales envisagées depuis des mois doivent se tenir enfin, permettant à la société malienne dans son ensemble de se retrouver et de définir elle-même les bases et les conditions d’une solution concertée (et non imposée) au conflit présent. Nous, femmes du Mali, y contribuerons pleinement, comme demain nous contribuerons à la refondation de la démocratie dans notre pays selon des valeurs de société et de culture qui nous sont familières.

Il s'agit, en somme, de crédibiliser, de renforcer la  capacité d'analyse, d'anticipation et de proposition de la société malienne, civile, politique et militaire.

Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d'interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n'adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.
 

Signataires: Aminata D. TRAORE ; SISSOKO Safi  SY ; SANOGO Sylvie KONE ; IMBO Mama SY ; Kadiatou TOURE ;  TRAORE Sélikèné SIDIBE (Vieux) ;  DICKO Rokia SACKO ; Ténin  DIAKITE ;  DOUMBIA Fanta DIALLO ;  KONE Mamou TOURE ;  TRAORE Sarata SANOGO ;  TRAORE Penda DIALLO ; DIABATE Kadiatou KOUYATE ; Aminata BOCOUM ; Oumou KODIO ;  Assatou KAREMBE ; Awa KOÏTA ; Aminata DOUMBIA ; Fatoumata COULIBALY ; Badji BOIRE ; Awa TOURE ; Bintou KONE ; Fatoumata MARIKO ; Mariam KONE ; Minata DIARRA ; Oumou KEITA ; Kadiatou DIALLO ; Kankou KONE ; Rokia NIARE ; Kadia DJIRE ; Ada NANTOUMA ; Awa COULIBALY ; Soungoura DOUMBIA ; Fanta KANTE ; Safiatou COULIBALY ; Djaba TANGARA ; KONE Mama DIARRA ; Ismaël DIABATE ; Karamoko BAMBA; Doumbi FAKOLY; Coumba SOUKO ;  Clarisse SOH-MOUBE ; Nathalie M’DELA-MOUNIER.

samedi, 24 novembre 2012

UMP, PARTI DE SARKOZY: OR DONC LE RECOMPTAGE DES VOIX N'EST PAS UNE INJUSTICE?

 

RECOMPTAGE DES VOIX A L'UMP.jpg


Surprise du côté de la France! Que se passe-t-il dans ce pays? Non, rien d’important. Seulement que depuis le 18 novembre 2012, une banale élection à la direction de l’UMP, parti dit éminemment démocratique de l’ex-Président français, le tonitruant redresseur d’autres démocraties dans le Monde, le sieur Sarkozy, s’est transformée en un conflit postélectoral comme dans la «République bananière de Côte d’Ivoire». 

Cette élection, selon les médias de l’hexagone, instruments ô combien propagandistes au service de ces donneurs de leçons, opposait Jean-François Copé et François Fillon. Deux François pour conquérir le fauteuil présidentiel à la tête de l’UMP. Ces deux personnes qui ont, par leurs nombreuses frasques au côté de Sarkozy et Juppé, déversé leur bile sur l’éminent Président nationaliste Laurent Gbagbo lors de la dernière guerre postélectorale, ne sont pas inconnus des patriotes de ce pays. Ils sont ainsi rattrapés par leurs actes ignobles commis pendant la crise ivoirienne; comme quoi on paye toujours ses méchancetés sur cette terre. 

N’est-ce pas ce parti de la Droite française, avec à sa tête le fantoche ex-Président Sarkozy qui, rejetant de façon irréfléchie et systématique la proposition paisible de recomptage des voix pour résoudre le contentieux électoral ivoirien, s’accordait avec le triplet destructeur Compaoré-Soro-Ouattara pour déclencher une guerre meurtrière jusqu’à renverser le régime de Gbagbo? 

Heureusement que ça n’arrive pas qu’aux autres! Depuis dimanche 18 novembre, cette presse toujours virulente et adepte du mensonge contre les leaders patriotes africains, annonce, à la surprise générale une contestation des résultats nécessitant «l’injuste recomptage des voix». Qui l’eut cru? 

Surtout que Sarkozy et ses hommes de main Choï et Ban ki Moon ont enseigné aux ivoiriens qu’il serait injuste de choisir le recomptage des voix pour régler le contentieux électoral ivoirien. N’est-ce pas cette même solution proposée par Gbagbo qui a valu le courroux de ces politiques français et qui l’ont rejetée au profit du pilonnage par des bombes et des missiles pour massacrer toujours impunément des milliers d’ivoiriens? Ah! Si le ridicule tuait! François Copé et ses militants s’attribuent la victoire et sont prêts à s’imposer par la force. 

Pendant que les deux candidats s’empoignent, la commission chargée de superviser les élections reste muette comme une carpe et laisse le doute et la polémique s’installer. Tel fut aussi le comportement de la commission électorale ivoirienne(CEI); ce qui amena même, Sarkozy, par courrier, à intimer l’ordre à Youssouf Bakayoko (Président de la CEI) de proclamer les résultats tronqués de l’élection présidentielle au QG du candidat Ouattara. 

A La vérité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et les français comme tous les européens ne sont pas différents et plus intelligents que les africains. 

Il paraitrait même que l’un des François, le nommé Copé est ami de Sarkozy qui aurait fait pression sur Fillon le vainqueur véritable et ses sympathisants, pour que celui-ci cède le fauteuil au risque de subir comme Gbagbo le courroux de la Licorne, de l’ONUCI, des mercenaires et autres cannibales dozos ainsi que de l’OTAN. 

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Copé est l’homme que Sarkozy aurait choisi pour préparer son très prochain retour en politique, quand il aura fini de régler les affaires sales qu’il traine comme des boulets aux pieds. 

Si donc Fillon veut continuer la résistance, ce sera alors les forces spéciales (les GI’s) d’Obama, un autre ami de Sarko et bourreau des africains, aidés des forces hétéroclites (mercenaires et dozos burkinabès, forces de l’OTAN) qui feront allègrement le « job ». 

On ne sera pas surpris de voir descendre d’un gros porteur (avion C130) ces dozos et autres rebelles avec les nombreux gris-gris fixés sur leurs sales accoutrements, et les…. odeurs qui les accompagnent; ces dozos expédiés en France, comme pendant la seconde guerre mondiale pour défendre les maîtres-colons dont les ascendants du couple Sarko-Copé, comme ils l’ont fait en Côte d’Ivoire, pour les intérêts de la grande France déstabilisatrice des régimes des Présidents africains souverainistes. Celle-ci n’oubliera certainement pas de les faire défiler le 14 juillet sur les champs Elysées en l’honneur de Sarkozy et tous ses valets africains. Ainsi se sera-t-on vengé de Gbagbo qui avait refusé de faire participer ses soldats au défilé du cinquantenaire des indépendances africaines à Paris 

Ce sera d’ailleurs une très grande joie pour le Président indéboulonnable, l’homme du rattrapage ethnique de courir au secours de son parrain dont les intérêts sont menacés, en faisant intervenir son armée de fétichistes notoires pour donner la victoire à Copé. 

A toi Fillon qui a vite compris le danger qui te guettait en demeurant dans la contestation car tes adversaires n’ont cure de la vie humaine. Et si tu es malin quittes vite dans ça, définitivement! Tout le monde n’est pas Gbagbo, le vrai patriote qui ne fuit ni les bombes ni les missiles français quand il s’agit de défendre l’intérêt de son pays et son honneur. 

Pourquoi ne ferais tu pas comme l’autre, l’indéboulonnable, qui n’hésite pas à enjamber les murs au moindre bruit d’un pétard mouillé? En tout cas, les jours qui s’annoncent seront décisifs pour toi et tes sympathisants. Attention aux effets néfastes du rattrapage ethnique et de la justice des vainqueurs! 

Ceux qui jusque-là refusent de croire en Dieu, ont ainsi l’occasion de se ressaisir. Après tout le mal que la Droite française a fait à la Côte d’Ivoire, Dieu vient de la confondre. Et cette confusion sera ouverte et totale. Ce qui se passe aujourd’hui à l’UMP aurait pu arriver pendant la dernière élection présidentielle française. 

Mais non! L’Eternel des Armées a voulu faire un petit test sur les auteurs de la crise ivoirienne. C’est pourquoi Sarkozy, le bourreau des Africains est actuellement interpellé par la justice française pour être entendu sur l’affaire Béthencourt pendant que son parti plonge dans un gouffre d’où il ne sortira pas facilement. Ce qui est certain, la déchirure sera grande, et comme disent les anglais, leurs voisins, «wait and see».

Ivoiriens, restez tranquilles, Dieu combat pour vous! Ce n’est qu’une question de temps. Il fera jour bientôt car maintenant ces bourreaux peuvent comprendre que le recomptage n’est pas une injustice. 


NANWOULET G. Simone

jeudi, 15 novembre 2012

LE PDCI REALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR

 

côte d'ivoire,LE PDCI RéALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR,alassane ouattara,henri konan bédié,rhdp,rdr,pdci-rda,djéni kobéna,John K. Silué Financier N'Y

 

Le Président ivoirien vient de signer l'acte de décès officiel du RHDP par la dissolution unilatérale du gouvernement de coalition conduit par Jeannot Ahoussou Kouadio. Cette décision pour le moins inattendue est révélatrice des dissensions qui minent le rassemblement des Houphouétistes, coalition politique créée en 2003 sous l'instigation de Jacques Chirac pour évincer le Président Gbagbo du pouvoir.

Officiellement, la décision de l'homme fort d'Abidjan est motivée par le refus des députés PDCI et UDPCI de voter un texte portant réforme de la loi ivoirienne sur le mariage. Pour le monarque installé par la communauté internationale, l'attitude de ses alliés est un affront inacceptable. Ça c'est la face visible de l'iceberg ! En effet, pour les observateurs attentifs de la politique ivoirienne, la coalition de circonstance mise en place pour parachever le coup de force contre Laurent Gbagbo ne pouvait pas résister à l'épreuve de la réalité socio politique de la Côte d'Ivoire. Pour deux raisons essentielles.

La première est liée à la qualité des membres de ladite coalition. Les formations politiques membres du RHDP, à l'exception du MFA de Anaky Kobenan, sont issues du vieux parti fondé par le premier président de la Côte d'Ivoire, feu Félix Houphouët Boigny. L'on se souvient que la guerre de succession engagée au lendemain de la mort du "Vieux" avait eu pour corollaire la création de plusieurs partis politiques dont le RDR de Djeni Kobenan en 1994 et l'UDPCI du Général Guei Robert en 2000. De 1994 à 2000, les héritiers putatifs de Houphouët Boigny se sont livrés une guerre sans merci dont l'épilogue a été le coup d'état historique qui avait chassé le Président Konan Bédié du pouvoir en décembre 1999.

Quelques années plus tôt, le successeur constitutionnel de Houphouët Boigny avait mal digéré l'entêtement de Alassane Ouattara à briguer la présidence de la République ivoirienne en dépit de ses origines burkinabé avérées. Les idéologues du PDCI inventèrent alors le concept de l'ivoirité qui servira de fondement à l'exclusion d'Alassane Ouattara de la course au fauteuil présidentiel. Le Président Bédié lui même montera au créneau en soutenant dans son livre "les chemins de ma vie" que Alassane Ouattara n'est pas Ivoirien et que par conséquent il n'avait pas à se mêler de la politique ivoirienne. Monsieur Bédié ira jusqu'à lancer un mandat d'arrêt international contre celui qui a inauguré le poste de Premier ministre sous l'ère Houphouët. La suite on la connaît! Le RDR version Alassane Ouattara fera de la chute de Bédié une exigence de survie politique au point de planifier et d'exécuter avec méthode des actes de sabotage du régime qu'il menaçait de faire chuter à tout instant.

Après le coup d'état de 1999, Robert Guei prend goût au pouvoir et décide de le conserver en s'appuyant sur le PDCI dont il avait pris soin d'éloigner le président en la personne de Konan Bédié. Le refus de la direction intérimaire du parti de suivre celui qui a mis fin à son règne quarantenaire sera à la base de la création de l'UDPCI, formation politique confinée dans la région d'origine de Robert Guei. Le mérite reviendra à Laurent Donan Fologo qui, en l'absence du Président Bédié en exil, tentera de récoler les morceaux d'un parti qui avait perdu le sens de la lutte, usé qu'il était par un long règne sans partage. En 2002, lors de la tentative de coup d'état contre Laurent Gbagbo, Guei Robert a été tué, tout comme Émile Boga Doudou alors ministre de l'intérieur.

Quant au MFA, son leader, Anaky Kobenan, est un membre fondateur du FPI, emprisonné et embastillé sous le parti unique, avant de prendre ses distances du parti de Laurent Gbagbo. Anaky Kobenan était un des pourfendeurs les plus virulents du Président Houphouet Boigny dont il désapprouvait la politique et contre qui il prônait la manière forte.

Le dernier groupe membre de la coalition au pouvoir en Côte d'Ivoire est constitué des Ex rebelles dont le chef de fil est Guillaume Soro. Dès l'éclatement de la rébellion en 2002, ses principaux chefs de guerre n'avaient pas caché leur sympathie pour Alassane Ouattara qui, selon Koné Zakaria, est le père de leur mouvement. Devenue Forces Nouvelles, la rébellion qui a endeuillé la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011 constitue avec le RDR la principale force politique de la coalition dotée d'une armée à faire pâlir bien des États.

Que pouvait-on espérer de mouvements dont les leaders se vouent une haine viscérale en raison des rancœurs et des frustrations nées de la lutte pour le contrôle de l'héritage politique de Félix Houphouët Boigny ? Chaque membre de la coalition a des raisons d'en vouloir à l'autre et rumine sa vengeance en attendant le moment opportun.

La deuxième raison de cette rupture prévisible tient aux circonstances et aux acteurs qui ont favorisé cette union que d'aucuns qualifient de contre nature. C'est un secret de polichinelle que de dire que le RHDP est sorti des laboratoires de la France après l'échec du coup d'état contre Laurent Gbagbo en septembre 2002. À cette époque le complot contre la Côte d'Ivoire n'était pas perceptible par le commun des mortels et nombreux furent les observateurs tant nationaux qu'internationaux de la vie politique ivoirienne qui ont fait une grave méprise sur la situation socio politique du pays. En réalité, avant même la disparition du premier président ivoirien les faiseurs de rois en Afrique avaient décidé d'installer Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire. Sans doute que le président Bédié avait flairé ce coup, d'où sa hargne à combattre celui qu'il considère comme un étranger aux ambitions démesurées. Mais l'opération "installer ADO au pouvoir" connaîtra diverses fortunes. En décembre 1999, malgré le coup d’état contre Bédié, le poulain ne réussit pas à prendre le pouvoir, Guei Robert ayant décidé de le conserver avant même d'avoir fini de balayer la maison. En 2002, le coup d'état contre Laurent Gbagbo échoue et Alassane Ouattara se réfugie dans une ambassade étrangère à Abidjan avant de s'exiler en France.

En 2003, à Marcoussis la France crée une plate forme pour épauler une rébellion manifestement dépassée par l'ampleur des événements. Le contrat de dupes proposé par la France aux forces politiques et rebelles avait un seul but: pousser le président Gbagbo à la démission après l'avoir dépouillé de ses prérogatives constitutionnelles au profit de l'opposition. En acceptant un tel compromis à Paris, les mouvements politiques ivoiriens venaient de prendre date dans le processus de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Pour bien faire les choses, la mémoire de Houphouët Boigny est évoquée pour tenter de recréer une unité autour de cette figure emblématique africaine dont Jacques Chirac s'honore de l'amitié. De la sorte aucune force politique sortie des entrailles du PDCI ne peut rejeter une telle proposition assortie de soutiens multiformes et ayant pour objectif la reprise d'un pouvoir qui n'aurait jamais dû échoir à Laurent Gbagbo. L'opération est tellement séduisante que des opposants farouches à la politique d'Houphouët Boigny se sentent subitement  l'âme d'Houphouétistes. Et l'union fut scellée à Paris sous le parrainage du Président de la République française!

Au regard de ce qui précède, il apparaît que l'alliance entre les frères ennemis houphouétistes est une alliance issue de la seule volonté de la France. Les partis concernés ne l'avaient pas conçue et par conséquent ne pouvaient pas lui donner une âme. Par ailleurs la coalition n'avait ni projet de société, ni programme de gouvernement commun. Le seul point d'intérêt commun était le renversement de Laurent Gbagbo. Une alliance de circonstance donc! Enfin, les principaux acteurs du RHDP se vouent une telle haine qu'après la chute de Laurent Gbagbo ils ne peuvent que réveiller leurs vieux démons et se régler les comptes.

Le premier défi du RHDP a été la présentation d'un candidat unique pour affronter Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle. L'absence de consensus sur cette question était en soi un signe du manque de cohérence d'une coalition dans laquelle, chacun des deux poids lourds nourrissait le secret espoir de coiffer l'autre au poteau. Visiblement, chacun voulait se servir de l'autre pour accéder au fauteuil présidentiel.

Malheureusement pour le PDCI les dés étaient jetés. Les maîtres avaient décidé que C'est Alassane Ouattara qui devait être le futur Président de la Côte d'Ivoire. Tant pis pour ceux qui ne l'auraient pas ainsi compris. Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 éliminent définitivement le sphinx de Daoukro avec la complicité de certains cadres du Pdci déjà au fait des manœuvres de la françafrique. Tout sera mis en œuvre par la suite pour obliger Bédié à appeler ses militants à voter pour le "Brave Chè" au second tour et à lui apporter le soutien politique nécessaire à son accession au pouvoir. Les pressions et les compromis ont eu raison des dirigeants du PDCI qui venaient de réaliser qu'ils ont été le dindon de la farce dans un RHDP conçu pour accompagner le RDR au pouvoir. Dès lors, il ne restait plus qu'à sauver les meubles pour ne pas sortir complètement perdant dans l'opération. Il fallait aussi sauver certaines apparences d'un partage équitable du pouvoir entre alliés politiques. D'où les promesses de strapontins et l'énoncé de formules insensées du genre "je gouvernerai sous l'autorité du président Bédié".

L'ennemi commun défait grâce à la France, grand metteur en scène de la tragédie ivoirienne, les contractions de l'alliance ne tarderont pas faire surface. Après avoir fait le sale boulot les cadres du PDCI font l'amer expérience de la rancune tenace d'un Alassane Ouattara qui n'a jamais digéré toutes les entourloupettes à lui faites par le PDCI. Pour Ouattara c'est l'heure des règlements de compte là où l'allié PDCI s'attend au partage du gâteau et à la reconnaissance pour service rendu.

L'expression visible du malaise au sein de l'alliance est le refus du RDR de céder le poste de premier ministre au PDCI comme convenu. Pendant ce temps Alassane Ouattara continue de se servir du PDCI pour accomplir les sales besognes de la République. C'est ainsi que Ahoussou Jeannot est commis à la tâche de poursuivre en justice les pro Gbagbo. L'ex premier ministre Charles Konan Bany est chargé de faire la réconciliation nationale pendant que les ministres RDR et le président Alassane lui même sabotent l'entreprise. Les départements ministériels qui ont échu au PDCI sont vidés de leurs prérogatives au profit, soit de conseillers du président, soit des membres de sa famille. En dehors de Bédié qui semble tirer un profit personnel de la situation, les cadres de son parti s'estiment lésés à l'heure du partage. Même son de cloche du côté du MFA dont le leader a décidé de ne plus se ridiculiser en revendiquant sa part de gâteau qui tarde à lui être servie. L'UDPCI de l'ouest montagneux ne s'en sort pas mieux, même si son président semble personnellement comblé par son portefeuille de ministre d'état.

Au delà de ces quêtes légitimes de postes dans le cadre d'un pouvoir partagé, les observateurs de la scène politique ivoirienne ont été amusés de voir les alliés se livrer à un véritable pugilat à l'occasion des élections législatives de décembre 2011. Ces élections sans enjeux, en raison du boycott de l'opposition significative représentée par le FPI, ont confirmé d'une part le caractère violent du régime RDR et d'autre part, l'impossible cogestion du pouvoir par les frères ennemis regroupés au sein du RHDP. Malgré tout, le PDCI veut continuer à entretenir l'illusion d'être au pouvoir. Quand il obtient finalement la Primature au forceps il crie victoire et se fait plus royaliste que le roi en invectivant constamment, curieusement et inutilement le FPI par sa presse interposée.

L'on comprend mieux aujourd'hui la fébrilité du PDCI qui sans avoir gagné l'élection présidentielle de 2010 et sans être le choix de la communauté internationale prend des allures de parti de pouvoir. En réalité le parti de Konan Bédié n'a jamais été autant fragilisé. Il est même menacé de disparition. Ce parti, faiseur de Président alors qu'il peine à obtenir la majorité des sièges au parlement malgré l'absence du FPI, veut être effectivement l'autorité sous laquelle Alassane Ouattara gouverne. Quelle naïveté!

Pour avoir pratiqué Ouattara de 1990 à 1993, le PDCI a une connaissance parfaite de l'homme de la communauté internationale qui agit pour ses mandants et pour lui même. Pour lui les intérêts nationaux doivent être sacrifiés pour satisfaire l'appétit des multinationales. La cession du patrimoine national dans des conditions non transparentes avaient en son temps crée l'émoi dans la classe politique. Et les députés issus du PDCI n'avaient pas hésité à demander des comptes à Alassane Ouattara alors premier ministre, sur sa politique de privatisation sauvage. La presse nationale avait dénoncé pour sa part les nombreux délits d'initiés qui ont accompagné ces privatisations incontrôlées. "Alassane vend et rachète" résumait la perception de l'opinion publique ivoirienne à l'ère du technocrate venu du FMI pour redresser l'économie nationale en déconfiture. Le PDCI voit donc dans la gouvernance de Ouattara des signes annonciateurs d'un bradage et d'un pillage des ressources nationales au seul profit du clan RDR. En outre, Bédié réalise que même s’il a réussi à placer les membres de sa famille dans des secteurs juteux, à terme il risque de tout perdre. La volonté de Ouattara d'effacer les traces de Bédié de la mémoire des ivoiriens est manifeste. En effet, les discours de Ouattara font uniquement référence à Houphouët Boigny comme si après le premier président il y a eu un vide, vingt années durant. En rebaptisant les universités de Côté d'Ivoire, Alassane Ouattara ne fait pas que montre de son narcissisme, il ignore à dessin ses prédécesseurs immédiats dont Konan Bédié, successeur de Félix Houphouët Boigny.

Par ailleurs, le PDCI suspecte Alassane Ouattara de revenir sur un certain nombre de dispositifs légaux mis en place par Bédié pour préserver les intérêts de la côte d'Ivoire et des Ivoiriens. Il s'agit notamment du code de la nationalité et du foncier rural. La table ronde de Linas Marcoussis a fait de ces deux points une priorité pour les premiers ministres imposés à Laurent Gbagbo. Qui avait intérêt à revenir sur une loi votée à l'unanimité des députés en son temps? Qui a intérêt à remettre en cause le code de la citoyenneté et de l'éligibilité à la présidence de la république?

De fait, la nouvelle loi sur le mariage dont la seule originalité est de faire de la femme un chef de famille en plus de l'homme n'est qu'un ballon d'essai. Son adoption ouvrira la voie à des modifications d'envergure plus grande et touchant à des secteurs plus sensibles, comme l'économie nationale. Le PDCI qui a avalé de nombreuses couleuvres semble fixer une limite à ne pas franchir, lui qui revendique d'être le fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. Sa responsabilité historique est en jeu, même s'il n'est pas à une contradiction près.

Enfin, la situation de la Côte d'Ivoire sous Ouattara est à la limite du tolérable. Jamais notre pays n'avait atteint un tel degré de délitement et de cruauté. Pour des ambitions personnelles, des milliers d'Ivoiriens ont été massacrés. Presque deux ans après cette forfaiture le pays est loin de retrouver ses marques. Les nouvelles autorités n'ont d'autres programmes que la chasse aux sorcières. La répression des pro Gbagbo, les exactions des FRCI sur d'innocentes populations, la déconfiture du tissu économique, la négation des droits politiques et sociaux, la colonisation des terres à l'Ouest du pays avec son cortège de tueries massives, l'exil forcé de milliers d'Ivoiriens sont autant d'actes et de méfaits qui ne peuvent laisser personne indifférent. Le PDCI a-t-il enfin compris le combat de Laurent Gbagbo? A-t-il les moyens de dire à Alassane Ouattara "Trop c'est trop, ça suffit!", sans  craindre de perdre ses privilèges? Wait and see!

 

John K. Silué

Financier N'Y.

vendredi, 09 novembre 2012

DROIT DE REPONSE DE DAMANA PICKASS SUITE AUX ACCUSATIONS DE GUILLAUME SORO

 

DAMANA PICKASS ET SORO GUILLAUME.jpg


Lors de son récent passage en France, Mr Guillaume Soro nous a accusé, depuis notre exil ghanéen, d’être directement responsable des attaques en Côte d’Ivoire.

Au-delà de ces accusations fallacieuses, sans fondements, aux allures de diversion qui ne nous surprennent plus désormais, il serait salvateur de révéler sur la place publique toutes les manigances et actions de sabotages de M. Guillaume Soro qui tendent à prendre en otage toute la Côte d’Ivoire.

En effet, Mr Soro Guillaume sait plus que quiconque qui est le réel instigateur des attaques contre le régime de Mr Ouattara. Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle que cet ex(?) chef rebelle veut à tout prix le fauteuil de son chef, Mr Ouattara. Et pour ce faire, Guillaume Soro fait une cours assidue en aux pro Gbagbo.Il s’agit pour lui de se mettre dans la posture de celui qui peut racoler les morceaux du tissu social fortement déchiré et apparaitre comme celui là même qui peut réconcilier les Ivoiriens. Et donc avoir les faveurs de la communauté internationale dans le cadre d’une possible alternative à M. Ouattara.

C’est d’ailleurs pourquoi il manœuvre habillement pour faire échouer le processus de réconciliation, faisant apparaître M. Ouattara comme un incapable à faire la réconciliation et à créer la paix et la concorde entre les Ivoiriens. C’est dans cette optique, que le jour il prône le radicalisme et l’absence de compromis avec les pro-GBAGBO au niveau du régime, et la nuit tombée, il fait la cours à des pro-GBAGBO en leurs disant exactement le contraire dans le but de se positionner comme le porteur de tous les espoirs du retour des exilés dans leur pays.

Par ailleurs, M. Guillaume Soro a fait des révélations très graves sur l’état de santé de Monsieur Ouattara. Il fait circuler  entre autre que M Ouattara serait très malade et qu’il se pourrait qu’il n’aille pas jusqu’au terme de son mandat. En gros, M. Ouattara peut mourir à tout moment et lui en tant qu’héritier constitutionnel se pencherait dans ce cas favorablement sur la situation des exilés et des partisans du Président Laurent GBAGBO; situation qu’il qualifie d’injustice insupportable et inadmissible.

Cependant, en attendant la matérialisation de ce vœu macabre, il n’y aura pas de répit pour M. Ouattara car Soro n’exclut pas du tout son ascension au pouvoir par un coup de force. Et tout y passe pour créer l’instabilité. C’est donc Soro qui attaque les commissariats et les brigades. C’est encore lui qui casse les prisons et les sites stratégiques comme Azito, et harcèle les positions des frci afin d’exaspérer la communauté internationale dans le but d’avoir les arguments politiques de porter l’estocade salvatrice à un régime que tout le monde aura vomi, faisant de lui une fois de plus l’homme providentiel dont la Côte d’Ivoire a besoin.

Dans sa stratégie de conquête effrénée du pouvoir d’état, il est parvenu à rallier à sa cause la quasi-totalité des chefs de guerre en se faisant passer pour leur protecteur face à une cpi de plus en plus intransigeante vis-à-vis leurs graves crimes. M. Guillaume Soro n’a-t-il pas sournoisement ébruité le fait qu’il ait récemmentévité au commandant Fofié Kouakou une arrestation et un transfèrement à la Haye lors d’une réunion des chefs d’états majors de la CEDEAO tenue à Ouagadougou. Réunion à laquelle devait intentionnellement participer le commandant Fofié en tant que membre de la délégation Ivoirienne. Le plan étant qu’une fois au Burkina, le commandant Fofié soit mis aux arrêts et transféré à la CPI sur ordre de M. Ouattara comme gage de sa bonne foi. Ce qui serait un bon signal pour le régime envers la communauté internationale qui s’agace du manque de volonté du régime d’Abidjan d’arrêter les suspects identifiés comme tels par la cpi.fofié n’est finalement pas allé à ouagadougou. Cela a fait que les chefs de guerres sont remontés contre Ouattara qu’ils considèrent comme un ingrat.

Que cela soit clair, je ne le dis pas pour déstabiliser des écuries ou faire  plaisir à quiconque, car Ouattara et Soro c’est blanc bonnet,bonnet blanc. Et leur guerre interne nous serait indifférente si Soro ne cherchait pas des boucs émissaires comme étant des pro GBAGBO en général et notre personne en particulier. Je le fais exclusivement afin que M. Soro Guillaume arrête ses petites manigances, car je n’accepte pas que la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire soient tributaires de ses ambitions présidentielles. En outre voulant s’affirmer comme le véritable maître du pays,il n’hesite pas à denier à certains ministres leurs prérogatives en s’arrochant leurs fonctions a chacunes des attaques qu’il suscite en montant au premier plan apparaissant comme le dernier rempart du regime,  l’incontournable.

Le retour des exilés, le dialogue inter-ivoirien ne peuvent être suspendu aux intérêts égocentriques de cet individu.

La Côte d'Ivoire ne peut pas continuer à être prise en otage par Soro et son clan.

Tout comme je n’accepte pas que ce monsieur nous accuse de façon aussi outrancière que désinvolte sans même un début de preuves. Qu’il jette le discredit au mépris des règles élémentaires de la diplomatie sur un pays sérieux comme le Ghana, est inacceptable.

Au demeurant, nous voulons réitérer solennellement notre appel au dialogue sincère vrai en vue d’une décrispation de la vie sociopolitique en Côte d'Ivoire.

Notre parti le Front Populaire Ivoirien (FPI) et l’ensemble des exilés croient au dialogue sincère comme voie idéale du retour de la paix et de la concorde dans notre pays. Et nous ne désespérons pas d’avoir des hommes et des femmes au sein du régime d’Abidjan sensibles à cet appel.

 

DAMANA Adia Pickass

Président de la CO.P.I.E


Source: INFO D'ABIDJAN.NET