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jeudi, 05 avril 2012

SANCTIONS DE LA CEDEAO: QUAND LE CLUB DES CHEFS D'ETAT MAL ELUS DECIDE DU SORT DU MALI



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La presse malienne charge Ouattara et les chefs d'Etat de la CEDEAO. Sans concession aucune.

 

Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sur la situation du Mali, les chefs d'Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l'ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d'Etat, mais pour se prémunir d'un scénario dont ils ne sont jamais à l'abri.

Avant de monter sur l'arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d'œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l'ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l'Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l'instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et non choisis par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l'Afrique sens dessus dessous, assassinant l'espoir de tout un continent qui ne rêvait qu'à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l'exécution des mots d'ordre de l'épreuve de dictée préparée qu'ils ont subie dans l'Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d'une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l'indépendance aux organisations continentales et sous-régionales. Ainsi l'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l'Union africaine (UA) en 1999, à l'image de l'Union européenne (UE) menacée d'implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu'on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l'appellation de l'Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu'un seul objectif: l'instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu'ils jouent parfaitement leur rôle dans la Françafrique.

Mais de là à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même a beaucoup à se reprocher.

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Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l'assassinat d'un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d'abord à éliminer tous ses frères d'armes qui l'ont aidé à abattre le jeune capitaine, l'incarnation de l'espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n'est pas épargnée. Le journaliste d'investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d'un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1998.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l'Afrique de l'Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous-région.

Du Libéria à la Sierra-Leone en passant par la Côte d'Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l'armée du pays des "Hommes intègres" et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays, au moment de la guerre, la plaque tournante du trafic de l'or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.
Ce criminel, qui n'a sa place que dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d'Ivoire.
En un mot, cet homme n'incarne que Satan en personne.

Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d'Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO

Son cas est des plus pathétiques. Incapable d'arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N'eut été le poids économique de la Côte d'Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l'époque, le géant de l'Afrique de l'Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l'installer au pouvoir et les pressions économiques de l'UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d'une élection déjà pipée à l'avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d'être un modèle pour donner des leçons à d'autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d'être un coup d'Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l'armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d'Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c'est que les militaires maliens n'ont pas pris l'avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.

Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l'Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l'omission sur le fichier électoral d'un million d'électeurs dans le camp de l'opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d'être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.

Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d'Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu'un coup d'Etat est inversement apprécié selon qu'il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu'il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est-ce pas? Le silence serait d'or pour vous.

Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l'ancienne puissance entre les deux tours d'une élection qu'elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu'elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

Quand les anciennes provinces du Grand Mali, s'étendant de l'Atlantique à l'Aïr, viennent à son secours de façon arrogante, il y a de quoi pleurer pour ne pas rire. Mais la faute n'incombe qu'à nous-mêmes, du moment où nous avons élu des présidents comme Alpha Oumar Konaré et ATT qui ont contribué à la déchéance de notre pays.


Yoro Sow, in l'«Inter de Bamako» du 3 avril 2012.

SENEGAL: MACKY SALL OU LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE COLONIALE


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Dans une Afrique où il est de coutume pour les tyrans de s'accrocher à leur fameux fauteuil présidentiel, lorsque dans un territoire un satrape perd le pouvoir, c'est plutôt normal que les partisans du changement pour le changement soient aux anges. Des Africains du territoire du Sénégal et beaucoup d'autres sont à la fête après que Abdoulaye Wade ait été sorti et qu'on ait porté, par vote, à sa place son ancien premier ministre Macky Sall. Ce matin, on apprend par la presse qu'un peu partout dans ce territoire l'heure est à la fête et aux réjouissances populaires. Mais si on prend un peu de recul, il est à constater que ce changement n'annonce rien de nouveau et même, il faut oser le dire, rien de bon. Mieux, il ressemble fort malheureusement pour les fêtards et autres optimistes béats à une continuité. C'est juste un changement de personne pour mieux ancrer le système.

Tout d'abord : le nouvel élu se définit lui-même comme un libéral. Wade est aussi un libéral et il l'a toujours revendiqué et assumé. Qu'est-ce dont qu'un libéral dans le champ politico-économique ? Un libéral c'est un partisan sur le plan politique de la démocratie et des libertés individuelles ; et sur le plan économique c'est un capitaliste. Dans le contexte africain où les Etats ne sont que le visage d'autrui, l'expérience a montré que le libéral est un fervent partisan de la suppression des barrières douanières, de la libéralisation du mouvement des capitaux, de la construction des infrastructures moins rentables pour le pays mais bénéfiques aux entreprises transnationales, de l'augmentation des taxes et impôts, de la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, de la réduction des dépenses de santé, de l'éducation, de la réduction des salaires, du blocage des avancements voire du dégraissage dans la fonction publique, de la suppression de tout soutien public aux agriculteurs et de tous les frais affectés au bien-être de notre peuple. Bref, le libéral est celui qui a pour mission de transposer mécaniquement le modèle libéral en Afrique et détruire la vision africaine de la vie en communauté. Et toutes ces mesures ne visent rien sauf à faire des économies pour payer la « dette » et attirer les « bailleurs » et les « opérateurs économiques étrangers ». Un libéralisme de plus en plus rejeté violemment dans son berceau occidental où on lui cherche désespérément des alternatives mais revendiqué sous les cieux africains. Macky Sall est de ceux-là qui vantent la fameuse initiative PPTE qui énonce débilement que plus un pays alourdit sa pauvreté et sa dette, plus il va vers son développement.

Ensuite : Macky Sall est un homme du système. Il a été nourri à la mamelle de l'ex-président Wade auprès de qui il a fait ses premières armes depuis les années 1980 au sein du PDS (Parti Démocratique Sénégalais). Elu président de la cellule Initiatives et Stratégies et secrétaire général de la Convention régionale du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Fatick en 1998, il fut l'un des artisans en 2000 de la victoire de Wade qui le récompense en le nommant Conseiller Spécial. Son ascension ne s'arrête pas là. En 2001, Sall devient ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique, puis ministre d'Etat en 2002 à différents postes. En avril 2004, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) et le 21 avril 2001 Macky Sall est nommé Premier ministre par Abdoulaye Wade, poste qu'il occupe jusqu'à la réélection d'Abdoulaye Wade en 2007.

Continuant sa carrière, Sall passe de la primature à la présidence de l'Assemblée nationale le 20 juin 2007. C'est à ce poste qu'il va rencontrer sa première pierre d'achoppement. Certain d'être par son parcours politique un fils du président Wade, il "ose" convoquer Karim Wade, fils du président Wade à l'Assemblée pour audition sur les travaux de l'Agence nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI). Le courroux du vieux lion de la Teranga Wade est immédiat. Il opte pour les liens du sang en punissant le « fils politique » au bénéfice de Karim. Le poste de numéro 2 du PDS est supprimé par le comité directeur qui décide aussi de réduire le mandant du président de l'Assemblée de cinq à un an. L'infamie est insupportable pour Sall qui démissionne du PDS et crée son propre parti, l'Alliance pour la République. Comme on peut le voir, Macky Sall est un homme du système qui l'a fait du début jusqu'à son niveau actuel. Il ne l'a jamais remis en cause et ne le fera pas. Macky Sall se définissant comme un libéral n'a jamais posé que de question sur l'économie coloniale dans laquelle le territoire du Sénégal baigne en compagnie de tous les autres avec le Franc CFA à l'appui. Jamais de question non plus sur les cultures coloniales notamment l'arachide dans laquelle le territoire du Sénégal excelle. jamais, il n'a mentionné que le cadre africain est un cadre vicié et impropre au développement à cause de son extraversion absolue depuis des siècles à présent. Il n'a pas quitté le navire colonial (Etat colonial) parce que fondamentalement il est mauvais et que piloté avec la boussole étrangère, il ne peut donc que mener le peuple africain du Sénégal à l'accident final.

Enfin : Macky Sall est Grand Croix de l'Ordre national du Lion et Grand Officier de l'Ordre de la Pléiade de la Francophonie. Il a été surtout fait Grand Officier de la Légion d'Honneur française, le 25 mars 2008 en plein trouble avec son mentor Abdoulaye Wade par l'Ambassadeur français Jean-Christophe Ruffin. Les textes de la Légion sont clairs : « La Légion d'honneur est la plus haute décoration française. Elle récompense les mérites acquis par les citoyens, en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce, dans tous les secteurs d'activité du pays. » La Légion d'Honneur n'est attribuée qu'aux français, comme le précise l'article R.16 du Code de la Légion d'Honneur. A titre exceptionnel toutefois les étrangers peuvent être décorés en fonction de leur personnalité et des services rendus à la France. Macky Sall est-il français ? Si, oui dans ce cas, les Africains du Sénégal auront élu un français qui ne peut que travailler pour son pays à la tête de ce territoire. Il y aurait alors erreur sur la personne. S'il ne l'est pas, quels sont donc ces services que Macky Sall a rendu, rend et rendra encore à la France pour qu'il ait cette récompense ? On peut aisément le deviner, mais bien malin est celui qui pourra montrer des preuves quand on sait que la caractéristique principale de la Françafrique est de procéder dans l'opacité. Mais étant à plusieurs reprises ministre des mines, de l'énergie et de l'hydraulique, on peut imaginer des contrats en faveur des multinationales françaises. Mais, pas seulement. Avec cette médaille, il n'est pas seulement question de récompenser les services rendus dans le passé. Il est probablement question aussi de préparer le terrain pour d'autres bonnes œuvres dans le futur en faveur de la Métropole. Car, la France a ceci de particulier qu'elle sait repérer très tôt les bons chevaux sur lesquels elle mise depuis leur plus jeune âge en leur offrant des gadgets les plus clinquants afin de les mettre sous son contrôle très tôt. C'est cette caste que les coloniaux appelaient « l'élite indigène » dont la mission est de lier solidement les territoires d'Afrique à la Métropole. Et c'est dans ces relations que vivent jusqu'ici les territoires africains.

Dans un cadre colonial comme c'est le cas dans l'Afrique actuelle, le pouvoir d'Etat ne peut être remis en n'importe quelle main. Il ne peut que quitter une main soumise pour retomber dans une autre encore voire plus servile. Lorsque, par le hasard de l'histoire, ce pouvoir parvient à un homme qui n'est pas coopté par la Métropole, la vie de ce dirigeant devient un enfer. Tout est mis en oeuvre pour l'assassiner (Sankara et bien d'autres) ou pour le renverser (Laurent Gbagbo et bien d'autres). Ce système ne peut dès lors se sentir que renforcé si la transmission du pouvoir se fait avec la participation du peuple à travers la voie électorale comme c'est le cas au Sénégal. Le peuple africain de ce territoire vient de "choisir" le changement de personne dans la continuité d'un système.

Mais pour beaucoup d'Africains tout ceci n'est qu'accessoire, l'essentiel étant que Wade, le "vieux Wade" s'en aille. Ainsi donc, en poursuivant la curiosité de visiter ce qu'on appelle la toile et les réseaux sociaux, on s'aperçoit que ce qui préoccupe effectivement ce n'est ni de se demander de quoi cette fameuse alternance et cette « leçon de démocratie » a le nom, ni d'interroger la politique dont Macky Sall est porteur, ni d'étudier le cadre dans lequel le « nouvel élu » devra agir, ni de mesurer les résultats que cet homme a fait, puisqu'il a été au pouvoir depuis 10 ans et ceux qu'il pourra obtenir avec ses nouvelles responsabilités. Non, tout ceci n'est que questionnements académiques voire hors-sujet. Ce qui intéresse et qui est motif de joie c'est que non seulement Wade et Cie aient quitté le pouvoir, mais encore que la nouvelle première dame du territoire du Sénégal ne soit pas une « blanche », mais une noire, une Africaine.

Que les compatriotes du Sénégal aient mis en échec le projet Sarkowade qui visait à monarchiser ce territoire avec un plan qui devrait léguer le trône présidentiel à Karim Wade après le règne de son père, c'est un fait, mais si « le changement » doit uniquement signifier pour beaucoup le changement de personne à la tête de nos territoires et l'avènement d'une première dame noire au lieu d'une blanche alors là, on est plus que mal barrés. A ce coup, il n'est pas étonnant que l'Afrique soit toujours dans la colonisation sans que beaucoup s'en aperçoivent.

En conclusion, il faut redire que le cadre africain est un cadre colonial. Il fonctionne pour satisfaire les besoins de l'extérieur au mépris des préoccupations endogènes. Tant que ce cadre ne sera pas remis en cause, détruit et reconstruit à l'aune des valeurs et des besoins intérieurs, c'est peine perdue qu'on se tue à doter les proto-Etats africains de présidents et des gouvernements. Espérer que l'Afrique sortira des rapports d'exploitation et de soumission qu'elle entretient avec l'extérieur (notamment avec l'Occident) avec des élections à l'issue desquelles on attend des élus des réformes revient à jouer à une poule qui couve des œufs pourris avec l'espérance que les 21 jours de couvaison déboucheront sur l'éclosion de poussins. On ne réforme pas la colonisation, on la détruit. Si tel n'est pas le cas, alors les rapports coloniaux deviennent selon les mots prononcés dans son allocution radiotélévisée du 6 avril 1962 par De Gaulle, des "rapports de coopération" qui en réalité continuent par servir la Métropole.

Les Africains doivent se rendre à l'évidence que lorsqu'on ne maîtrise pas son espace, on ne peut le transformer. Les africains du Sénégal peuvent avoir le sentiment de choisir « leur président », mais ils ne décident de rien du tout. Ils vivent sur un territoire qu'ils ne maîtrisent pas. D'où l'urgence de ne pas se satisfaire d'un changement qui n'en est pas un. D'où l'urgence de refuser de célébrer le faux et le mirage.

Le travail revient donc une fois encore aux filles et fils du peuple noir. Lorsque chacun assumera sa part de responsabilité avec gravité en pensant à l'avenir et au devenir de nos enfants, nous pourrons nous lever pour dire non à un système qui présente nos illusions comme nos plus brillantes réussites. Et ceci nécessite de la formation, des stratégies les plus redoutables et des hommes cohérents, aguerris et capables d'organiser la masse au mieux désordonnée, au pire, orientée quasi-totalement vers un paradis dont l'accès est conditionné par la pauvreté sur terre, la soumission à toute autorité y compris la plus crasse sous le fallacieux prétexte qu'elle vient de "Dieu". Seul un Etat véritable, une construction maîtrisée de l'intérieur peut conduire les populations d'Afrique à la satisfaction de leurs besoins. Mais pour arriver à cet Etat en Afrique, il faudra nécessairement et préalablement mettre à sac les proto-Etats érigés en Afrique par le colonialisme uniquement pour ses propres besoins.


Le 26 mars 2012

Komla KPOGLI, in LA JUDA (Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique).

 

Source: AGORAVOX

mardi, 27 mars 2012

COUP D'ETAT AU MALI: LA FRANCE A LA RECHERCHE D'UN PANTIN A L'IMAGE DE OUATTARA



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A ceux qui le vilipendaient d'avoir réalisé le premier coup d'état ivoirien, le général Guéi répondait qu'en Afrique francophone, aucun coup d'état n'avait de chance de réussir sans l'accréditation et le support logistique de la France. En Côte d'Ivoire, le coup d'état du général Guéi, que la France s'était empressée de condamner, n'était qu'une circonlocution pour l'installation d'Alassane Dramane Ouattara. Bien que le scénario de Paris fût perturbé par les appétences imprévues de Guei puis par l'opiniâtreté exceptionnelle du président Gbagbo, Ouattara fut finalement imposé aux Ivoiriens après dix longues années émaillées de moult complots locaux et internationaux.

Aujourd'hui, la France possède son pantin de prédilection en Côte d'Ivoire et à la CEDEAO. La France peut donc procéder à la reconquête totale de l'Afrique de l'Ouest ainsi qu'au prolongement de son influence en Afrique Anglophone - en séparant le Nigéria de la persuasion américaine et Sud-Africaine - et dans l'Océan indien - en ramenant Kagamé dans le giron hexagonal. Mais avant de procéder à l'installation d'une Françafrique anglophone (par le biais du Nigéria) et océanindienne (par la porte stratégique du Rwanda), il fallait que l'Afrique de l'Ouest fût débarrassée des empêcheurs de tourner en rond de la Françafrique version nouvelle et parfumée au citron de Sarkozy.

L'un de ces empêcheurs de tourner en rond est le président Amadou Toumani Touré (ATT). A Toumani Touré, la France reproche sa propension à faire trop ami-ami avec les Américains, au point de se croire permis de contrarier certains plans de l'Elysée. Pour Sarkozy, les 170 millions de dollars d'aide que l'Amérique accorde annuellement à ATT ainsi que l'armement militaire qu'il reçoit du pays du président Obama pour la lutte contre le terrorisme d'obédience AQMI ont fait du président malien un inapprivoisable. Les vexations faites à l'Hexagone par le président malien, Sarkozy peut les égrener comme un chapelet: Elles sont, entre autres, le refus d'ATT de permettre à la France d'installer un centre d'écoute dans le Nord du Mali, le refus d'ATT de permettre l'installation d'une base militaire à Sévaré, le refus d'ATT de signer l'accord de réadmission des expulsés maliens en France, l'autorisation de manifestations au Mali condamnant la guerre de la France en Libye, l'hésitation d'ATT, qui a des millions de ses ressortissants en Côte d'Ivoire, à supporter la guerre de la France en Côte d'Ivoire. Les tentatives pour affaiblir le président malien se sont traduites d'abord en cabales journalistiques, qui, au cours de la crise ivoirienne l'accusaient, soit de supporter militairement le président Gbagbo, soit de payer les fonctionnaires du président Gbagbo, soit les deux à la fois. La mayonnaise n'ayant pas pris et les échéances électorales maliennes s'annonçant d'autant moins favorables à la France qu'aucun des candidats en lice pour la présidence malienne n'entendait remettre en cause ces grandes décisions du président ATT, qui d'ailleurs avaient l'approbation de la grande majorité des Maliens, la France, après la chute du plus grand support africain d'ATT, le colonel Kadhafi, ressuscita la rébellion de l'AZAWAD, dont elle équipe secrètement les combattants et loge et nourrit présentement les dirigeants en France et au Burkina Faso.

Les condamnations du coup d'état malien par Paris, l'UA, la CEDEAO, l'ONU n'auront d'effets que théâtraux. Le but de Sarkozy est atteint. Il s'agit de jeter un pavé dans la mare électorale malienne, d'arrêter le processus de démocratisation en cours, de battre les cartes à nouveau, en prenant soin d'y introduire son joker de la « résolution des crises » de la « transition », du « gouvernements d'union nationale » de l'immobilisme, pour, après de longs mois, voire de longues années, de négociations, installer au Mali une marionnette à l'image de Dramane Ouattara, qui fera ses mille génuflexions à Paris et qui permettra le transport vers l'Hexagone de l'uranium, de l'or, et du probable pétrole maliens. Que le Mali reste uni ou divisé après ce coup d'état, c'est toujours la France qui demeurera gagnante. De de Gaulle à Sarkozy, plus ça change, plus ça reste le même. En vérité!


Source: FRINDETHIE

mardi, 20 mars 2012

UN KIVU-BIS A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE?

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Et si les Africains cessaient de regarder les situations politiques de leurs pays comme des phénomènes isolés les uns des autres, uniquement explicables par les passions localisées agitant leurs peuples ? S'ils cessaient de se gaver sans discernement des récits médiatiques superficiels et du storytelling ? S'ils se rendaient compte qu'au-delà des émotions et des réflexes pavloviens, il est impossible de saisir la quintessence de la politique internationale contemporaine sans faire appel aux invariants de la géopolitique, du jeu des intérêts, de l'évolution des tendances et des principes régissant la diplomatie ?

Une nouvelle fois, le Mali est soumis à une rébellion partie du Nord touareg. Mais cette insurrection est bien plus grave et plus dangereuse pour l'intégrité de son territoire que les précédentes. La rébellion accuse le pouvoir central d'exclure une partie de la population, privée de tout. Le pouvoir et plus globalement les Maliens sudistes crient à la malhonnêteté et au chantage permanents. Des représentants de la force publique sont cruellement assassinés par les rebelles. Des débordements malheureux et des manifestations de dépit dans le Sud font craindre des pogroms de Nordistes. Ancienne puissance colonisatrice, la France est sur le banc des accusés en raison de son jeu trouble. Les atrocités des insurgés ne suscitent pas l'indignation internationale qu'on aurait pu imaginer et la communauté internationale appelle tout le monde à la table des négociations, mettant sur le même pied d'égalité la République et ceux qui la défient.

Comment ne pas avoir l'impression diffuse de revivre le début de la rébellion ivoirienne, il y a presque exactement dix ans ? A l'époque, le gouvernement du Mali et une bonne partie de l'opinion publique de ce pays ont soutenu le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), lui servant plus ou moins de base-arrière sans pour autant aller jusqu'aux outrances du Burkina Faso de Blaise Compaoré. Ceux qui ont justifié hier le lancement d'une rébellion sur des bases régionalistes et les complaisances de l'ancien maître commun chez leur voisin du Sud peuvent-ils aujourd'hui, en toute logique, se plaindre du même type de traitement ? Iront-ils jusqu'à tenter de théoriser sur les «bonnes» et les «mauvaises» rébellions ? Il n'y a pour l'instant pas de procédé scientifiquement accepté permettant de distinguer les unes des autres. Les Etats africains gagneraient donc à se déterminer au sujet de ce qui passe chez leurs voisins sur la base des principes et non sur le fondement d'émotions passagères souvent trompeuses voire manipulées par les maîtres du storytelling. Il est par exemple évident que la création de l'Etat du Sud-Soudan et son admission au sein de l'Union africaine - quoi que l'on puisse penser des acteurs locaux - est un «beau» précédent sur lequel se fonderont demain les sécessionnistes «azawadiens» et les autres aventuriers de la nouvelle balkanisation de l'Afrique.

Il faut bien admettre que dès lors qu'une expérience de «gouvernance» d'un certain type s'impose dans un pays africain, elle devient un précédent facile à dupliquer dans d'autres contrées, surtout si elle peut profiter à ceux que la journaliste belge Colette Braeckman a appelé «les nouveaux prédateurs». Ainsi, il devient de plus en plus évident que l'Ouest de la Côte d'Ivoire s'apparente irrésistiblement à un nouveau Kivu (région de l'est de la République démocratique du Congo en conflit structurel depuis une quinzaine d'années).

Les parallèles sont frappants. La RDC et la Côte d'Ivoire sont des Etats au fort potentiel de prospérité, clients du camp occidental pendant la guerre froide, qui se sont progressivement affaiblis en raison d'une mauvaise gestion de la question du renouvellement de leur leadership (Mobutu, Houphouët). Les deux pays ont été soumis à des rébellions parties de voisins moins nantis mais dotés de pouvoirs forts, militarisés et alliés aux puissances occidentales (Etats-Unis pour le Rwanda, France pour le Burkina Faso) dans le cadre de leur stratégie d'influence géopolitique. Le Burkina Faso et le Rwanda sont soumis à des pressions démographiques les poussant à rechercher des «déversoirs» pour leur trop-plein de population, et peuvent compter, dans les pays où ils se projettent, sur des migrants de plus ou moins longue date, mal intégrés et armés, qui jouent un rôle de cheval de Troie, dans un contexte où la thématique de la nationalité est explosive. Ce sont eux qui affrontent et très souvent mettent en déroute des milices autochtones qui se sont créées en réaction comme les Maï-Maï ou le Front de libération du Grand Ouest (FLGO).

La guerre structurelle de l'est du Congo est une aubaine pour l'oligarchie mondiale. Elle justifie la présence pérenne des troupes et de l'administration onusiennes. Le désordre organisé rend possible une exploitation maximale des innombrables ressources minières de la région. Et si les médias internationaux sont prompts à dénoncer les viols et les violences des différentes milices, leurs liens avec les multinationales qui profitent de leur barbarie sont bien peu documentés. Si l'ouest de la Côte d'Ivoire ne fait pour l'instant pas l'objet d'une exploitation minière conséquente - quoique son sous-sol soit riche lui aussi -, il est le cœur du pays cacaoyer. Et l'afflux concerté de miliciens burkinabé (comme le tristement célèbre Amadé Ouérémi, qui fait irrésistiblement penser à Laurent Nkunda) et de travailleurs agricoles qui se jettent sans trop réfléchir sur les plantations des autochtones exilés après les massacres massifs des forces pro-Ouattara mais aussi sur les forêts classées (où sont passées les grandes consciences écologiques ?) suscite des inquiétudes légitimes. Il est vrai que la disparition de la propriété villageoise traditionnelle et son remplacement par une sorte de politique du fait accompli pourrait ouvrir la voie à une appropriation des terres âprement disputées par des grands groupes transnationaux ayant les moyens de se faire «respecter» par les uns et par les autres. Dans un contexte où la course aux terres arables devient un des principaux enjeux du capitalisme mondial.

Face à ces défis qui interpellent la conscience nationale ivoirienne, dont la mauvaise gestion pourrait ouvrir la voie à des conflits structurels comme en Colombie où la guérilla est devenue un sport national, face au risque réel de dépossession, où sont les voix courageuses qui peuvent tirer la sonnette d'alarme ? Que fait l'opposition ? Que dit la société civile ? Où sont les ecclésiastiques ? Et Charles Konan Banny, n'a-t-il pas mieux à faire que se transformer devant nos yeux médusés en une sorte de navrant exorciste laïc, adepte de la politique de l'autruche ? Pour éviter le pire à la Côte d'Ivoire, il faut du courage. Encore du courage. Toujours du courage.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 03 mars 2012

DE QUOI OUATTARA A-T-IL PEUR? AU COEUR DE SON DISPOSITIF SECURITAIRE

 

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Dispositif sécuritaire d'Alassane Ouattara

 

Qu'est-ce qui se passe ? L'homme qui prétend que la sécurité est de retour en Côte d'Ivoire et qui se plaît à dire, à qui veut l'entendre, que plus de 80% des ivoiriens sont heureux de sa gestion du pouvoir, se barricade, renforce de plus en plus sa sécurité. De quoi Ouattara a-t-il peur ? Qu'est-ce qui le rend autant fébrile ?


Il faut le dire tout net, Alassane Ouattara, fait certainement partie des chefs d'Etat les plus surveillés en Afrique. En tout cas, selon le confrère La Lettre du Continent (LC), il vient de renforcer sa sécurité grâce à l'aide de la France, 11 mois après sa prise de pouvoir. Pendant ce temps, les ivoiriens vivent dans l'insécurité la plus totale... (les miliciens pro-ouattara, aujourd'hui transformés en coupeurs de route, sèment la désolation partout). Tous les observateurs sont unanimes, la Côte d'Ivoire vit dans une atmosphère de crise sécuritaire évidente.

Pendant que les ivoiriens vivent continuellement dans la peur, Ouattara qui prétend être leur président, s'est barricadé derrière plusieurs unités d'élite aussi bien ivoiriennes qu'étrangères.

Comme nous le montre l'image ci-dessus, sa sécurité, au second niveau est assurée par le Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), commandé par le Lieutenant-colonel Diomandé Vagondo. Il est secondé par le chef rebelle Chérif Ousmane, commandant de la Compagnie Guépard des Forces Nouvelles (la rébellion pro-ouattara venue du Nord de la Côte d'Ivoire).

Cette unité qui semble avoir supplanté la Garde républicaine (GR, l'unité traditionnellement chargée de la sécurité du président de la République et des institutions), est de plus en plus visible avec ses véhicules avant-blindés (VAB), positionnés dans les rues d'Abidjan, chaque fois qu'Alassane Dramane Ouattara se déplace. Cette unité dispose de plusieurs dizaines de véhicules blindés tout terrain du constructeur ACMAT, le fournisseur exclusif de l'armée française, selon La Lettre du Continent. Le GSPR, bien équipé, travaille de concert, selon notre source, avec des éléments des Forces spéciales françaises (FSF) qui tiennent leurs ordres d'un officier de l'armée française détaché auprès de la présidence. Cet officier, révèle le confrère, est placé sous les ordres du commandant de la force Licorne, le Colonel Daniel Jaunin.

En outre, à en croire cette source, la récente visite d'Alassane Ouattara à Paris, du 25 au 28 janvier 2012, lui a été bénéfique à plus d'un titre. Il a obtenu de l'Elysée l'affectation à Abidjan de plusieurs hommes du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), un service du ministère de l'Intérieur français spécialisé dans la protection rapprochée des hautes personnalités. Paris, poursuit la LC, aurait également obtenu des Nations Unies, une dérogation spéciale sur l'embargo pour faciliter l'achat de matériel militaire pour équiper le GSPR.

Deux membres du SPHP devraient se rendre, fin mars, dans la capitale ivoirienne pour faire un audit du ministère de l'Intérieur de Côte d'Ivoire. La GR, moins équipée que le GSPR, accomplit toutefois sa mission régalienne sous le commandement du Colonel Kouaho Amichia. Elle est secondée par le chef de guerre Issiaka Ouattara dit Wattao, de la compagnie Anaconda de la rébellion. Travaillant dans l'ombre du GSPR, la GR reste discrète mais bien visible.

La Lettre du Continent révèle par ailleurs que Ouattara bénéficie du soutien du président burkinabé Blaise Compaoré, en plus de celui de la France. Le facilitateur dans la crise ivoirienne n'aurait pas hésité, dès la prise du pouvoir d'Alassane Ouattara, à lui affecter des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), un bataillon d'élite qui est chargé de la sécurité du président Compaoré.

Et, en plus des éléments non armés de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et du GSPR pour protéger le cortège de Alassane Ouattara, les unités au sol sont soutenues par un hélicoptère de type Apache, qui patrouille très souvent au-dessus dudit cortège.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire joue également un rôle important dans cette surveillance. En effet, des éléments jordaniens des Forces tactiques d'intervention (SWAT), régiments spéciaux des Nations Unies, formés aux Etats-Unis, sont très visibles dans la sécurité présidentielle.

Le palais présidentiel du Plateau et la résidence privée, modifiée, d'Alassane Ouattara sont sous le contrôle des casques bleus béninois, sénégalais et togolais de l'ONUCI. Le constat est clair, la sécurité d'Alassane Ouattara s'est renforcée davantage, près d'un an après sa prise effective du pouvoir.

Qu'est-ce qu'il craint ?

Affaire à suivre....


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

lundi, 27 février 2012

ADRESSE DE LA PLATE-FORME PANAFRICAINE POUR LA PRESIDENTIELLE EN FRANCE


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Préambule

Mesdames, Messieurs, Honorables candidates et candidats à la magistrature suprême,

Un demi-siècle après les indépendances des pays africains, incontestablement, ce continent reste toujours sous domination coloniale. Sortie par la grande porte en Afrique lors des indépendances, la France coloniale est rentrée par la fenêtre pour continuer à piller ce continent et spolier les populations africaines.

Aujourd'hui plus que jamais, le continent le plus doté en potentialités possède la population la plus pauvre du monde. A tel point que tous les jours, plusieurs dizaines de jeunes africains fuyant une misère imposée par une politique coloniale qui vide le continent de toutes ses ressources, se jettent dans la traversée de la méditerranée pour gagner l'Europe, une Europe barricadée de part en part, de Tanger à Gibraltar, de Lampedusa à Marseille.

Et comme si cela ne suffisait pas, tous les moyens sont devenus bons pour y faire la guerre, officiellement au nom de valeurs de l'ONU, mais en réalité pour le compte de valeurs mercantiles inavouables. Ainsi, on fait tonner le canon pour régler certains contentieux électoraux en faveur d'intérêts qui échappent aux Africains tout en prétendant éradiquer des dictatures qui sévissent contre les pauvres populations, etc., comme si l'on découvre seulement aujourd'hui ces fléaux politiques, qui ne sont, en réalité, rien d'autre que le reflet des méfaits de l'ordre impérialiste occidental en Afrique. Pire, les vraies dictatures continuent pendant ce temps d'êtres choyées. Résultat de cette politique d'annexion : des pays entiers basculent dans des guerres effroyables.

Les Africains ne s'y trompent pas, la prétendue solution des Occidentaux pour les Africains est plutôt une composante fondamentale du problème.

C'est pourquoi, La Plateforme Panafricaine, collectif d'organisations de la Diaspora africaine, entend prendre à bras le corps ces questions vitales pour les Africains afin de contribuer à peser sur le nécessaire rééquilibrage des relations futures de la France avec le continent africain.

Nous sommes convaincus qu'une autre forme de coopération est possible entre les pays occidentaux et l'Afrique en général et entre la France et ses anciennes colonies d'Afrique en particulier.

La France, en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies est sensée être garante du respect et de l'application des résolutions de celui-ci. Et pourtant, elle maintient toujours dans les faits des colonies et occupe même des pays indépendants reconnus par les Nations Unies! Comment obliger les autres à respecter le Droit et les Règles internationales, y compris par la force, si l'on ne les respecte pas soi-même ?

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Ce questionnaire fait l'hypothèse que vous soyez élu(e) Président(e) de la République le soir du 6 mai 2012.

Q1. Le libre choix des dirigeants

Choisir leurs dirigeants est un droit universel et inaliénable des peuples. En Afrique, les dirigeants sont imposés aux peuples au prix d'innombrables vies humaines. Les forces vives africaines pointent du doigt la responsabilité de la France.

Quand et comment comptez-vous mettre fin à ce déni de droit si vous êtes élu(e) Président(e)?

Q2. Les accords de défense et la coopération militaire

Des accords de défense signés entre la France et ses anciennes colonies au lendemain des indépendances ont connu récemment, pour certains d'entre eux, quelques retouches, sans pour autant modifier fondamentalement la donne. En outre, ils restent toujours inconnus du grand public.

L'armée française est omniprésente aux quatre coins de l'Afrique, dans des bases militaires et par le biais de conseillers à la défense. Son rôle réel a toujours été et demeure, selon les situations, soit de veiller sur les dirigeants impopulaires et dictateurs imposés, « amis de la France », soit d'évincer du pouvoir les dirigeants jugés insoumis aux intérêts de la France.

Quand et comment comptez-vous en finir avec ces accords de défense léonins et cette prétendue coopération militaire qui fait des forces françaises en Afrique une armée d'occupation et de déstabilisation ?

Q3. La coopération économique, la monnaie et la dette

Aux côtés d'autres puissances économiques prédatrices, des multinationales françaises font des bénéfices colossaux en Afrique, au prix d'un pillage sans vergogne des richesses du continent pendant que les populations locales sombrent dans la misère. Sur l'autel de l'indépendance énergétique de la France, l'uranium africain est immolé et dans le même temps savamment occulté du nécessaire débat à mener sur l'avenir du nucléaire en France.

La prétendue dette est plutôt un moyen savant, une véritable gangrène pour faire obstacle à toute politique économique viable.

Le franc CFA a été dès sa création et demeure de nos jours un instrument fondamental dans la trousse à outils multiformes aux mains de la France pour la vassalisation des pays africains.

Contrairement au message véhiculé par la fable abondamment médiatisée sur les bienfaits et la nécessité d'une Aide Publique Occidentale pour le Développement de l'Afrique, ce sont les pays prétendument pauvres mais en réalité pillés et appauvris, qui aident de gré ou de force les pays riches.

Quelles dispositions prendriez-vous pour remédier à ces situations d'injustice qui perpétuent le néo-colonialisme français en Afrique ?

Q4. La France, l'Afrique et les institutions internationales

Dans la configuration de notre monde du XXIème siècle, les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale continuent de faire main basse sur la gouvernance mondiale sans vraiment compter les autres, en particulier l'Afrique qui, pourtant, a sa part dans la victoire. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies reste un instrument aux mains de quelques pays, dont la France, qui se sont arrogé le droit de veto comme un butin de guerre et l'utilisent à leurs seuls profits. Le droit international et les instruments qui sont érigés pour l'incarner sont à géométrie variable. Les légitimes contraintes qui découlent du protocole de Kyoto et de la Cour Internationale de Justice, pour ne citer que ces deux exemples, ne concernent que les autres, notamment les pays appauvris.

A quand et comment comptez-vous influer sur le cours des évènements pour que des réformes structurelles soient entreprises sur l'ONU afin de tenir compte de l'évolution et des aspirations des peuples dans le monde et plus particulièrement en Afrique ?

Q5. L'image de l'Afrique, les discriminations racistes et les médias

Les discriminations frappent très singulièrement en France les personnes d'origine africaine et plus particulièrement celles issues de l'Afrique au sud du Sahara ou d'ascendance. Ce sont entre autres l'accès au travail, au logement ou les « contrôles au faciès », etc.

Ces discriminations aggravent le legs de l'histoire caractérisée par une exploitation féroce de l'Afrique et des Africains, alors qu'il convient au contraire de le résorber et de le guérir. De surcroît, une certaine légèreté de traitement des questions africaines par les médias hexagonaux, y compris d'Etat, en est sans doute pour beaucoup dans cette déconsidération envers ces personnes. Ces médias excellent dans la manipulation de l'information et l'inversion des rôles dès lors qu'il s'agit de l'Afrique.

Entendez-vous y remédier et comment ?

Q6. La situation aux Comores

La France occupe et divise toujours les Comores. Pourtant, la résolution 3385 (XXX) du 12 Novembre 1975 relative à l'admission des Comores à l'Organisation des Nations Unies a réaffirmé la nécessité de respecter l'intangibilité des frontières, l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli.

Quand et comment comptez-vous agir pour mettre la France en accord avec le Droit International dans ce cas précis ?

Merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions.

 

Pour La Plateforme Panafricaine, le 22/02/12

Raymond AYIVI

Référent.

 

Les premières Organisations signataires sont :

 

* MBDHP-SF : Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples - Section de France, Président : Didier OUEDRAOGO

* AEBF : Association des Etudiants Burkinabé en France, Président : Issa SORY

* COFANZO : Collectif de France Affaire Norbert ZONGO, Président : Ardiouma SIRIMA

* Le Tchad Notre Case Commune, Président : Souleymane ABDALLAH

* Association France-Tchad : Président : Balaam FACHO

* ATMF: Association des Travailleurs Maghrébins en France, Président : Driss ELKHERCHI

* CAAC : Collectif des Associations et des Amis des Comores, Président Mustapha ABDOURAOUF

* DIASCOM : Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne, Coordinateur : Ben HAMIDI

* FNAFA : Fédération Nationale des Associations Franco Africaines, Président : Louis Mohamed SEYE

* FENACOP : Fédération Nationale des Collèges des Parents, Président : Sylvestre d'Almeida

* Les Soeurs du Cavally, association pour la Côte d'Ivoire, Présidente : Clémentine DEHE

* FCMA : Forum Citoyenneté Monde Arabe, Coordinateur : Abdessalam KLEICHE

* Association Culturelle Camerounaise de Loire Atlantique, Président : Alain YONA

* Collectif pour une Afrique Libre et Responsable, Président : Jean-Paul NGASSA

* MoLiTo : Mouvement du 04 mars pour la Libération du Togo, Président : Kofi ALOUDA

* MFIRA : Mouvement des Femmes Ivoiriennes de Rhône-Alpes, Présidente : Monique BERTHELOT

* EGO AFRICA, Président : Jean-François ANKOUE

* CCD : Conseil Camerounais de la Diaspora, Robert WANTO WAFO

* Association Enfants du Congo Brazzaville, Président : Gaston NITOU-SAMBA

* Association Internationale Cultures Sans Frontières, Président : Robert FOPA

* FPP : Front Patriotique pour le Progrès - Centrafrique, Chargé des Affaires Extérieures : Claude YABANDA.

* AJD/MR : Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour la Réconciliation - Mauritanie, Chargé des Affaires Extérieures, Ousmane DIAGANA

* Ligue Camerounaise des Droits de l'Homme (LCDH), membre fondateur de l'Union Internationale des Droits l'homme UIDH, Professeur Kapet de BANA.

 

______________________________________________


Pour toute correspondance, SVP :

 

La Plateforme Panafricaine

c/o M. Raymond AYIVI

3, rue Dr Rouques

95870 Bezons.

E-mail : ppanafricaine@gmail.com

dimanche, 26 février 2012

MAMADOU BEN SOUMAHORO: LE DERNIER PLAN D'ALASSANE OUATTARA, TUER GUILLAUME SORO

 

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Crise politique et postélectorale en Côte d'Ivoire - Cour pénale internationale - Le procureur général l'argentin Moreno-Ocampo étend le champ de son enquête en Côte d'Ivoire à l'année 2002

Cette décision de la cour pénale internationale me permet de cerner quelques personnages incontournables de cette saga funeste qui a endeuillé la Côte d'Ivoire pendant près de 20 ans.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA, par ses actions dérisoires prétendument humanitaires a essayé toute sa vie de s'acheter un supplément d'âme vite assimilé à de la générosité par ses thuriféraires et par les sofas de son usurpateur de mari.


ALASSANE DRAMANE OUATTARA : en fin absolue de course, il devient l'arroseur arrosé. Alassane qui est habité par un instinct de grand prédateur n'a jamais eu que le crime, l'élimination physique comme solution à toutes ses adversités personnelles et politiques. Ainsi donc la Rébellion et plus singulièrement SORO GUILLAUME s'exposent à leur sacrifice obligé pour avoir suivi sans retenue les desseins de l'usurpateur OUATTARA. Parce que si SORO GUILLAUME l'ignore, je me fais un plaisir de lui apprendre que son mentor ALASSANE DRAMANE OUATTARA va ici et maintenant mettre à exécution son dernier plan : tuer SORO GUILLAUME pour de multiples raisons que je me fais le devoir d'exposer aux fidèles lecteurs de ce journal ainsi qu'à ces pourfendeurs.


1- Les circonvolutions, les contorsions et les circonlocutions des occidentaux mais surtout des dirigeants français depuis JACQUES CHIRAC jusqu'à NICOLAS SARKOZY ont toujours eu pour but d'exonérer ALASSANE DRAMANE OUATTARA de ses crimes et de lui donner un vernis d'honorabilité. Sinon à l'évidence ALASSANE DRAMANE OUATTARA devait être le seul sinon le premier délinquant politique à subir les rigueurs de LA LOI. Chacun sait ici et là-bas que OUATTARA est le seul bénéficiaire de la déstabilisation de la Cote d'Ivoire depuis 1990. Après avoir été le concepteur, l'initiateur, l'organisateur et le principal financier de tous les coups tordus portés contre notre pays sans jamais vouloir assumer ses forfaits, voici donc ALASSANE DRAMANE OUATTARA obligé de tuer SORO GUILLAUME pour les raisons qui vont suivre:


2- ADO va donc tuer SORO GUILLAUME. Fin de parcours pour cet ancien Fesciste dont la devise a toujours été un dicton populaire de la société ivoirienne dont on a toujours su que sa principale qualité est de tourner en dérision toutes les situations graves.


L'image de marque de ce demi - intellectuel est donc servie par la formule :
<< Cabri mort n'a pas peur de couteau >>. N'en riez pas parce qu'il est aisé de comprendre à cause de cette assertion populiste que ce jeune homme se soit lancé à corps perdu dans cette agression sauvage et inattendue de son propre pays, pour satisfaire les lubies d'un apatride atteint de trouble bipolaire. ALASSANE va tuer SORO.

Démonstration :

3- Depuis le début des malheurs de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME a toujours été l'instrument d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA, de BLAISE COMPAORE, et des Présidents français JACQUES CHIRAC et NICOLAS SARKOZY. Il vous suffit de vous souvenir des voyages incessants du « petit gros » à travers l'Afrique dans les avions de l'armée française, de la médiatisation de ses séjours en France, de la scandaleuse publicité déployée par les services de l'Elysée pour faire de son ridicule fascicule qu'il n'a pas écrit et qui se voulait révolutionnaire un succès de librairie, sans compter ses sorties tonitruantes coachées par le correspondant éternel de RFI à Bamako, Mr SERGE DANIEL, sur toutes les chaines de radios et de télévisions de France et de Navarre.

Cerise sur le gâteau, une double conférence a été mise sur pieds par les dirigeants français à Linas Marcoussis et à l'avenue Kléber à Paris pour légitimer et boucler cette danse du scalp pour donner le coup de grâce au Président LAURENT GBAGBO. Des sommités de la diplomatie mondiale étaient conviées à cette danse des sorciers conduite par l'ancien secrétaire général de l'ONU KOFI ANAN qui s'est surpassé au cours de ces débats. (Il faut toujours aux blancs, un nègre de service).

Il est difficile de passer sous silence les sollicitations par SORO GUILLAUME de plusieurs chefs d'Etats africains dont le plus actif et le plus déterminé était l'excentrique ABDOULAYE WADE du Sénégal. D'une manière certaine, SORO GUILLAUME était l'obligé mais surtout le confident de tous ces chefs d'Etats qui s'étaient imprudemment engagés dans le soutien et la promotion d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Il ne faut jamais oublier que ce diable agissait et manipulait tout le monde dans l'ombre.

A l'intérieur de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME assume et gère la Rébellion et les coups d'Etat, pendant que ALASSANE DRAMANE OUATTARA s'exerce à sauter les murs d'ambassades pour se faire exfiltrer par ces indécrottables français à chaque échec de leurs initiatives déstabilisatrices. SORO GUILLAUME est donc dans le secret des dieux, position enviable et avantageuse mais qui maintenant se retourne contre lui parce qu'il sait trop de choses. Les occidentaux veulent absolument garder propre leur étalon du Yénéga ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Le mouton du sacrifice est tout trouvé : SORO GUILLAUME.

Mais ils pensent que SORO GUILLAUME est maître du terrain. C'est lui et lui seul qui contrôle les rebelles pompeusement rebaptisés FRCI. Malgré leur fausse allégeance à OUATTARA, les chefs de guerre récemment et brusquement « bombardés » colonels de l'armée nationale restent secrètement fidèles à SORO GUILLAUME à qui ils doivent leur position et avec qui ils ont passés un pacte de sang.

Tout le monde réclame aujourd'hui la tête de SORO GUILLLAUME et son transfèrement à la cour pénale internationale. Tout le monde, y compris les Américains. La visite de Madame HILARY CLINTON à Abidjan était assez significative à ce sujet. Pour tout observateur averti, la chef de la diplomatie américaine n'est pas passée par quatre chemins pour signifier à ALASSANE DRAMANE OUATTARA cette exigence de son administration. Quant aux Français, ils n'ont pas besoin d'effectuer le déplacement d'Abidjan parce qu'ils squattent déjà le palais de la présidence de la République et la salle de bain de leur protégé.

4- SORO doit donc aller à La Haye. Mais en même temps qu'il se trouve dans l'obligation de libérer la PRIMATURE pour se plier à une promesse de campagne et éviter une fronde du PDCI, Alassane Dramane Ouattara est parfaitement incapable de signifier cette décision à SORO GUILLAUME qui le tient. ALASSANE DRAMANE OUATTARA sait que s'il réussit à déférer SORO GUILLAUME, les chefs de guerre vont se déchaîner contre son pouvoir qu'ils ont contribué à installer.


Deuxième solution :

Les chefs de guerre sont transférés à la Haye sans SORO GUILLAUME. Les rebelles-sofas risquent de lancer une offensive meurtrière à la fois contre OUATTTARA et contre SORO. Tout ceci explique la relative sérénité de SORO GUILLAUME. À cela il faut ajouter que si par extraordinaire SORO se rendait à la CPI, il représenterait à coup sûr un très grave danger pour OUATTARA lui-même et pour les chefs d'Etat français impliqués dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire et dans l'agression illégale du pouvoir du Président Laurent Gbagbo.

Décidément SORO sait trop de choses et chacun là-bas et ici sait que SORO n'aurait pas pu recruter, entraîner, entretenir une armée de 40.000 dozos dont la plupart sont venus du Mali, du Nigéria, du Libéria, de France mais surtout du Burkina Faso. Sans compter les salaires de leurs Forces Nouvelles et les armes les plus sophistiquées dont elles étaient dotées. Imaginer que SORO GUILLAUME soit déféré à la CPI. Croyez-vous un seul instant qu'il va plonger tout seul ? Bien sûr que NON. OUATTARA et ses amis savent et craignent une telle éventualité parce que si SORO parle, tout le monde tombe et enfin OUATTARA devra rendre des comptes aux Ivoiriens et au Monde qu'il a trompé. Et il ne sera pas le seul.

C'est pour cette raison que j'affirme qu'il n'obéira pas à ses commanditaires Américains et Français. Ouattara se trouve donc à la croisée des chemins, apparemment sans solution... C'est mal le connaitre. Cet homme-là n'a aucun respect pour l'être humain et pour la vie. Son passé le montre à l'envi. Si, pour prendre de force un fauteuil et exercer le pouvoir dans un pays qui n'est pas le sien, ALASSANE DRAMANE OUATTARA n'a pas hésité à créer une demi-douzaine de coups d'Etat et faire massacrer au total plus de dix mille personnes innocentes, SORO GUILLAUME sera tout simplement tué sur le sol ivoirien avant un quelconque transfèrement à la Haye. Il sera tué pour l'empêcher de parler. Il sera très probablement assassiné par ses propres hommes qui auront été retournés par ALASSANE DRAMANE OUATTARA et par son épouse DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA. C'est ainsi que ''les histoires heureuses'' finissent chez les OUATTARA. Et comme on ne le dit pas dans les contes d'amour « ils s'unirent et tuèrent beaucoup d'enfants ». Bien entendu, ceux des autres. Leurs propres et vrais enfants ont uniquement vocation à s'enrichir avec le cacao de Côte d'Ivoire.

SORO GUILLAUME n'aura été qu'une microscopique victime dans les projets diaboliques d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA et une toute petite victime insignifiante dans l'océan des charniers et fosses communes du pouvoir usurpé de OUATTARA et DOMINIQUE.

Quant à vous, chères sœurs ivoiriennes et chers frères ivoiriens, vous avez le choix entre deux options : vous laisser écraser par la haine historique, viscérale et incommensurable de ce malade maniaco dépressif qu'est ALASSANE DRAMANE OUATTARA, ou vous indigner et arracher votre sort du mépris, de l'injustice et de l'abaissement. Sachez que si vous ne le faites pas, personne ne viendra le faire à votre place. A cet égard les Sénégalais, encore une fois, nous offrent un exemple édifiant à méditer. Et pas seulement. A bon entendeur...


 

Mamadou Ben SOUMAHORO

Député indépendant à l'Assemblée nationale


24 Février 2012


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 22 février 2012

ALORS QU'IL VIENT D'ETRE PORTE A LA TETE DE LA CEDEAO - GUY LABERTIT DEMASQUE ALASSANE OUATTARA



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Dans cette tribune, Guy Labertit, ex-délégué Afrique du Parti socialiste français et compagnon de route du mouvement de démocratisation du continent, commente l'élection à la tête de la CEDEAO d'Alassane Ouattara, un homme qui dirige pourtant un pays sous perfusion économique et sous tutelle politique. Et dont le régime se fourvoie dans l'arbitraire et la mauvaise gouvernance.

A l'issue du dernier sommet des chefs d'Etat de  la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui vient de se tenir à Abuja les 16 et 17 février 2012, Alassane Ouattara en a été élu le président en exercice. Même si l'on peut penser que le tour de la Côte d'Ivoire était venu, ce n'est pas un mince paradoxe que de voir charger un chef d'Etat des différents problèmes de l'ensemble ouest africain alors que la situation dans son propre pays, la Côte d'Ivoire, est pour le moins précaire.

Les douze travaux d'Alassane Ouattara

Ses meilleurs alliés dans la sous-région sont, ou ont été récemment, contestés, que ce soit Abdoulaye Wade, candidat discuté à la présidence du Sénégal, à 86 ans officiels, ou Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso depuis vingt-cinq ans et qui rêve d'un nouveau bail en 2015 ! Les crises aigues se multiplient dans la sous-région avec la déstabilisation des pays du Sahel, liée à une politique aventureuse de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Otan en Libye qui a éliminé Kadhafi,  au nom de la démocratie, mais réduit à néant l'Etat dans ce pays livré à des milices antagoniques sans projet politique. Le Nigeria se déchire à travers les velléités indépendantistes dans le delta du Niger riche en pétrole au Sud et l'irrédentisme meurtrier de la secte islamiste Boko Haram qui veut chasser les chrétiens du Nord du pays. Au regard de la gestion de ces questions brûlantes, comment le nouveau président de la CEDEAO aura-t-il le temps de se consacrer aux immenses tâches qui l'assaillent en Côte d'Ivoire ? A moins qu'il ait choisi de déléguer ses affaires domestiques à ses puissants alliés extérieurs et aux institutions internationales. Cette politique de fuite en avant a quelque chose de surréaliste. Les commentaires des spécialistes africanistes qui évoquent le double axe Côte d'Ivoire/Nigéria Côte d'Ivoire/Burkina Faso au sein de la CEDEAO prêteraient à sourire si le peuple ivoirien ne continuait de vivre un cauchemar.

La Côte d'Ivoire est un pays dont l'ensemble des cadres de l'ancienne majorité présidentielle, qui représente la moitié de l'électorat, sont en prison ou en exil. Après sept mois d'enfermement inhumain à Korhogo, malgré les tristes déclarations  de l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan qui le disait bien traité suite à la mascarade organisée pour sa visite en compagnie de Desmond Tutu et Mary Robinson, le Président Gbagbo est détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Le procureur Ocampo n'a toujours pas communiqué à la défense les charges qui motivent cette détention et n'a inquiété aucun des cadres du régime actuel pourtant directement impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité depuis la fin de l'année 2002. A signaler qu'en attendant l'audience de confirmation des charges du 18 juin, Laurent Gbagbo bénéficie d'une aide judiciaire pour organiser sa défense. Où sont donc les fonds cachés du Président que le quotidien français Le Monde du 11 mai 2011, sous la plume fertile de sa correspondante à Genève, Agathe Duparc, situait en Suisse ? Les enquêteurs de la CPI, que l'on ne peut soupçonner de complaisance pour leur détenu, n'ont, pour leur part, toujours rien trouvé. Encore un exemple de manipulations médiatiques. Dès lors, que signifie l'inculpation du Président Gbagbo par la justice ivoirienne pour « crimes économiques », lui qui bénéficie d'une aide judiciaire ? Pas besoin d'enquête approfondie pour situer les biens immobiliers des têtes actuelles de l'Etat ivoirien, A. Ouattara et Guillaume Soro.

De plus, des centaines de cadres de l'ancienne majorité présidentielle ont leurs comptes bancaires bloqués et la totalité de leurs fonds gelés depuis un an. Eux et leurs familles sont condamnés à la survie et plusieurs décès parmi les sanctionnés, dont le plus récent est celui du maire de Cocody, Jean-Baptiste Gomont Diagou, attestent qu'ils ne peuvent même plus se soigner. Pourtant, on se plaît à répéter que la Côte d'Ivoire a renoué avec la démocratie et le respect des droits humains. Faut-il croire que le nouveau président de la CEDEAO restera insensible au sort de la moitié du peuple ivoirien puisqu'il a maladroitement déclaré qu'il allait faire du rattrapage auprès des populations qu'il estimait lésées par le précédent régime ? Il a un point commun avec l'actuel président français, son ami de vingt ans Nicolas Sarkozy, c'est celui de diviser les Ivoiriens comme son tuteur divise les Français.

Bien qu'en campagne électorale par gros temps, le capitaine Nicolas devra garder un œil sur la lagune Ebrié, dont la surface lisse dissimule des fonds fangeux, car son quartier-maître Alassane va être très pris par sa nouvelle fonction à la tête de la CEDEAO.

C'est que depuis l'arrestation du Président Gbagbo, le 11 avril 2011, « sous les bombes françaises », pour reprendre ses termes lors de l'audience de la CPI du 5 décembre, le Président Sarkozy s'est montré prodigue à l'égard du régime d'Alassane Ouattara. A commencer par les quatre cent millions d'euros annoncés par la France dès la fin du mois d'avril 2011 pour payer de prétendus arriérés de salaires alors que son prédécesseur avait honoré ces paiements jusqu'en février inclus malgré les fermetures des filiales des banques françaises. Il faut y ajouter un mirobolant contrat désendettement/développement, quatre fois supérieur au plus avantageux accordé jusque-là au Cameroun, annulant sur quinze ans la dette de 2,25 milliards d'euros (1472 milliards de francs CFA) essentiellement contractée par les régimes PDCI auprès de l'Agence française de développement (AFD) qui avait cessé tout engagement financier en Côte d'Ivoire depuis 2002. Encore faudrait-il que les recettes de l'Etat suivent pour que cette mesure ne se limite pas à un simple jeu d'écritures. Enfin, l'effacement d'un milliard d'euros de dette bilatérale a été évoquée lors de la récente visite d'Etat d'Alassane Ouattara à la fin janvier 2012.

La Côte d'Ivoire sous perfusion et sous tutelle

Le soutien politique de la France a été sans faille. La présence du président Sarkozy, fait inédit dans l'histoire des relations françafricaines, à l'investiture d'Alassane Ouattara le 21 mai 2011, la visite officielle  du Premier ministre François Fillon les 14 et 15 juillet, le déplacement du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, les 21 et 22 octobre, suivi par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, les 6 et 7 novembre, pour faire le point sur les questions de sécurité, laissent à penser que les liens privilégiés ressortent de liens tutélaires qui ne sont pas sans rappeler les années soixante. Le parfum néocolonial se fait entêtant à travers la présence stratégique, sur place à Abidjan, de personnalités françaises. Depuis mai 2011, Philippe Serey Eiffel, éphémère directeur des Grands travaux alors que Ouattara était le Premier ministre d'Houphouët-Boigny, a l'oeil sur les questions économiques. Le conseiller d'Etat en France Thierry Le Roy l'a rejoint en 2012 pour l'organisation de la réforme de l'Etat. Le général Claude Réglat, ancien commandant des Forces françaises au Gabon, gère les questions de sécurité et la réorganisation des services ivoiriens. Sans oublier les petites mains de la barbouzerie, comme Jean-Yves Garnault, l'ancien agent de la DST française, passant du service de Laurent Gbagbo à celui d'Alassane Ouattara.

Un tel empressement valait bien la remise de décorations de l'Ordre national de la Côte d'Ivoire à près d'une centaine de récipiendaires lors de la visite d'Etat en France d'Alassane Ouattara. Certains universitaires français ont choisi d'être absents, mais politiques, hommes d'affaires, militaires, diplomates, intellectuels, petits et grands, unis par un même soutien historique ou récent à Alassane Ouattara, ont été récompensés, y compris l'épouse du directeur de publication de Jeune Afrique Béchir Ben  Yahmed. La France n'a pas été chiche en décorant les membres du gouvernement ivoirien et du cabinet présidentiel présents à Paris.

La signature d'un nouvel accord de défense franco-ivoirien à Paris, le 26 janvier 2012, lors de cette visite d'Etat, à l'heure où la France a décidé de limiter sa présence militaire permanente sur le continent africain, révèle que Paris veut donner des gages sécuritaires à son nouveau protégé qu'elle a tout fait pour imposer à la tête de la Côte d'Ivoire. Le Président Gbagbo, pour sa part, voulait mettre un terme à cette présence permanente après le retrait de la Force Licorne. Mais le nouveau chef de l'Etat ivoirien avait déjà voulu masquer une certaine impuissance à maîtriser la sécurité sur l'ensemble du territoire en proposant aux grandes puissances le 22 septembre dernier, lors de son discours à la dernière Assemblée générale des Nations Unies, de faire de la Côte d'Ivoire une plateforme de la lutte contre le terrorisme international. Les Etats-Unis, à l'image de  leur imposante ambassade bunker d'Abidjan, ne sont sans doute pas insensibles à ce discours qui pourrait préfigurer une implantation d'Africom (Commandement des forces américaines en Afrique) en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, ils n'ont jamais caché leur intérêt pour le pétrole du Golfe de Guinée.

Du reste, oubliés en septembre 2011 par le Président Gbagbo qui avait partagé un premier bloc entre Total et la Côte d'Ivoire (public et privés), ils viennent d'être associés, par le biais d'Anadarko Petroleum Corporation, avec CNR, major canadienne, et Total à l'octroi de trois blocs pétroliers prometteurs... L'arrivée à Abidjan, le 16 janvier 2012, d'Hillary Clinton accompagnée de William Fitzgerald, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires africaines, a traduit une forte ambition en matière militaire, énergétique et commerciale. La réalisation de ce projet a été facilitée par la politique de Nicolas Sarkozy, marquée du double sceau d'une vieille amitié personnelle avec Alassane Ouattara et d'un atlantisme fondamental, malgré quelques rodomontades qui font plutôt sourire qu'inquiéter Washington.

Toutes ces visites officielles des représentants du monde occidental, auxquelles la venue à Abidjan du vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai jun, reçu par A. Ouattara le 24 juin 2011, ne peut servir de contre point, sont l'occasion de discours lénifiants sur le retour de la paix en Côte d'Ivoire ou sur la réconciliation. Pourtant,  la peur des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) règne toujours à l'intérieur du pays, la justice des vainqueurs continue de passer et la Commission «dialogue, vérité, réconciliation» dirigée par Charles Konan Banny, peine même à exister....

L'arbitraire politique et économique en guise de « gouvernance »

En matière de gouvernance, terme cher aux institutions internationales, la non installation, en février 2012, d'une Assemblée nationale dont les membres ont été élus le 11 décembre 2011, fait tache. Certes, les législatives seront reprises dans 11 circonscriptions le 26 février suite à l'invalidation des scrutins par le Conseil constitutionnel, le 31 janvier dernier, pour cause de fraudes alors même que l'ancienne majorité avait boycotté la consultation électorale ! On  comprend mieux le refus de la communauté internationale de recompter les bulletins lors de l'élection présidentielle contestée de novembre 2010.... A la tête de l'Etat, Alassane Ouattara recourt donc à des ordonnances sans loi d'habilitation, y compris sur des questions aussi importantes que l'âge de la retraite. Ce dernier a eu beau répéter à l'envi pendant sa visite d'Etat en France qu'il n'y a pas de justice des vainqueurs, que la paix est revenue et que l'armée est réunifiée, il n'empêche qu'aucun de ses partisans n'a été inquiété par la justice depuis dix mois, que l'opposition voit ses meetings perturbés ou attaqués violemment (un mort et soixante huit blessés le 21 janvier lors d'un meeting du Front populaire ivoirien) et que les FRCI incarnent l'arbitraire et la répression. Faisant suite à bien d'autres, les exactions commises par ces FRCI à Vavoua, le 18 décembre 2011, ont contraint le chef des Armées à des menaces fortes, qui sont restées sans effet comme le montrent les dernières victimes d'Arrah le 12 février 2012.

Véritable maître du jeu en matière sécuritaire, le Premier ministre et ministre de la Défense, Guillaume Soro, et les anciens commandants de zones rebelles dont l'impunité agace visiblement les protecteurs occidentaux du régime en place, pourraient voir l'étau de la justice se refermer sur eux. Toutefois, si cette perspective se confirmait, ils ne manqueraient pas de tout mettre en œuvre pour révéler des éléments confirmant la complicité d'Alassane Ouattara avec la rébellion depuis le coup d'Etat manqué de septembre 2002. Au sommet de l'Etat, c'est donc une sorte de fragile équilibre de la terreur qui persiste. Après la chute d'Abidjan, l'assassinat par les FRCI, en avril 2011, du sergent chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, très proche d'Alassane Ouattara depuis les années 1990 et dans le secret de tous les coups d'Etat depuis 1999, a éliminé un témoin gênant, frère ennemi depuis 2003 du Premier ministre Guillaume Soro. L'action de son « commando invisible», ravageur dans la commune populaire d'Abobo où les partisans de Ouattara sont majoritaires, a joué un rôle décisif en liaison avec l'ONUCI et la Force Licorne pour écarter Laurent Gbagbo.

A l'évidence, Hillary Clinton, qui veut pousser l'avantage pour les Etats-Unis, a conscience de ces manquements démocratiques qui n'autorisent pas la Côte d'Ivoire à bénéficier du Millenium challenge account, convoité par Ouattara, accordé par les Etats-Unis aux pays en développement s'inscrivant dans les objectifs du millénaire définis par les Nations Unies. Les protecteurs occidentaux du nouveau régime hésitent au regard de cette mal gouvernance à accorder le fameux point d'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). L'opposant Ouattara dénonçait le Président Gbagbo quand il avait obtenu du FMI et de la Banque mondiale le point de décision de l'initiative PPTE le 30 mars 2010 en disant que c'était une honte que ce pays soit classé parmi les pays très endettés. Il est piquant de voir que, devenu Président, il multiplie en 2012 les suppliques pour l'allègement de la dette. Rappelons que cette dette est à mettre au compte quasi exclusif des régimes d'Houphouët-Boigny, achevé par les trois ans de primature de Ouattara, et de Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo n'ayant pu guère compter pendant l'essentiel de sa présidence sur des engagements financiers extérieurs...

Cette décision de point d'achèvement dépend de l'exécution de réformes structurelles, notamment celle de la filière café cacao. Dans le négoce du cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, A. Ouattara, par l'intermédiaire de son épouse Dominique, dispose de relais familiaux. On sait qu'un fils de son précédent mariage, Loïc Folloroux, est le directeur Afrique du groupe britannique Armajaro, trader agressif qui a spéculé par des achats colossaux de cacao en 2002 (avant la tentative de coup d'Etat) et 2010 (avant les élections) dans le but de déstabiliser le régime Gbagbo. Ce groupe bénéficie des largesses de la Banque mondiale par le biais de la Société financière internationale (SFI) et se partage, bon gré mal gré, le secteur avec les Américains Cargill et ADM qui ont toujours eu les yeux de Chimène pour le Premier ministre libéral que fut Ouattara au début des années 1990. Le frère et une nièce de Dominique Ouattara, Marc et Noelle Nouvian, sont actionnaires d'une nouvelle société de négoce international (Soneici) de fèves de cacao, dirigée par Hervé Dominique Alliali. Il est vrai que le Premier ministre Guillaume Soro s'est taillé la part belle avec l'installation de cols blancs rebelles (André Ouattara et autre Ismaël Koné) au sein du Conseil café cacao mis en place le 24 janvier 2012. Ces pratiques illustrent une approche qui n'est pas sans rappeler celle d'un chef d'Etat français qui, lui aussi, avait promis l'avènement d'une République irréprochable...

Dans quelques semaines, les Français vont élire leur Président et on ose espérer que leur choix ne sera pas sans conséquence sur cette anachronique relation franco-ivoirienne. Le principal concurrent du Président sortant, le socialiste François Hollande, annonce dans ses 60 engagements pour la France : «Je romprai avec la «Françafrique» en proposant une relation fondée sur l'égalité, la confiance et la solidarité». Alors, on a envie de crier «chiche !», malgré le triste silence ou l'approbation des dirigeants socialistes français, à de rares exceptions près, lorsque Nicolas Sarkozy bombardait Abidjan avec l'aval de l'ONU pour écarter le Président Gbagbo, celui qui, élu en 2000, avait voulu porter un projet social démocrate sur le continent africain et en a été empêché dès 2002.


Guy LABERTIT

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 12 février 2012

MALI: LES COMBATS SE POURSUIVENT, LES APPELS AU CESSEZ-LE-FEU SE MULTIPLIENT


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Les appels au cessez-le-feu et au dialogue se multiplient au Mali et à l'étranger. Pour l'heure les combats continuent entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA, dans le nord-est du pays, pour empêcher ces derniers d'évoluer vers Kidal. L'impasse actuelle inquiète d'autant plus que le nord du Mali est aussi le théâtre d'opérations d'al-Qaïda au Maghreb islamique qui y détient treize otages occidentaux. C'est dans ce contexte que le ministre français de la Coopération Henri de Raincourt est arrivé le 9 février à Bamako, avant de se rendre au Niger et en Mauritanie.

La France ne peut pas rester à l'écart de la grave crise qui secoue le Nord-Mali d'autant que six de ses ressortissants ont été pris en otages dans cette région du Sahel. Henri de Raincourt a eu un entretien avec le président malien Amadou Toumani Touré. Le déplacement du ministre français de la Coopération devrait permettre à l'ancienne puissance coloniale d'écouter mais aussi de s'assurer de la volonté de Bamako d'ouvrir un dialogue avec la rébellion du MNLA, Mouvement national de libération de l'Azawad. Même si les Français ne souhaitent pas apparaître en première ligne, ils peuvent peser et aider les deux parties en conflit à négocier.

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Henri de Raincourt
Ministre français de la Coopération

La France est aux côtés du Mali pour trouver des solutions à la crise (...) Le Mali a vocation à vivre dans la paix et la sécurité et que c'est un acteur très important pour la stabilité du continent tout entier.

Le ministre français de la Coopération devrait également évoquer la menace qui pèse sur l'élection présidentielle prévue le 29 avril. Dans l'impossibilité de la tenir, quelles seront les options ?

Après cette étape malienne, le ministre français est aujourd'hui à Niamey. Le risque d'un débordement de la crise malienne chez le voisin nigérien suscite sans doute de l'inquiétude. Les Touaregs nigériens vivent dans une zone frontalière avec la Libye. Ce serait grave, explique un diplomate si le MNLA faisait tache d'huile, le Nord-Niger pourrait servir de base arrière et réveiller des alliances entre forces touarègues et forces pro-kadhafi.

A Nouakchott dernière étape de sa tournée régionale, Henri de Raincourt pourrait demander au président Mohamed Ould Abdel Aziz de nuancer ses critiques à l'égard du régime de Bamako et de profiter de ses éventuels contacts avec le MNLA pour faciliter l'ouverture d'un dialogue entre les adversaires maliens.
Exode des populations

Les violences qui font rage depuis la mi-janvier provoquent l'exode de milliers de personnes qui cherchent refuge dans les pays voisins et dans des campements de fortune. La ville de Ménaka, touchée par les premiers combats entre le MNLA et l'armée malienne, continue de se dépeupler. Les départs se sont multipliées quand l'armée malienne a quitté la ville : 26 000 personnes ont fui dans la région, et plus de 15 000 ont passé la frontière nigérienne selon le CICR, Comité international de la Croix-Rouge. Ibrahim est parti avec toute sa famille, quinze personnes au total, pour trouver refuge en début de semaine chez des proches à Gao à quelques heures de route de là. Il raconte son désarroi.


Un habitant de Ménaka
Réfugié à Gao

Les gens fuient parce qu'ils ont peur, ils ne sont pas habitués aux armes, aux pillages. L'Etat a abandonné Ménaka.

Le CICR est présent sur le terrain du conflit. L'organisation est appelée à prêter secours aux nombreux déplacés, les populations qui ont quitté leur maison pour fuir les combats. Germain Mwehu responsable de la communication pour le CICR Niger Mali témoigne.

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Germain Mwehu
Responsable de la communication pour le CICR Niger Mali

Une équipe du CICR a rendu visite à treize militaires de l'armée malienne qui sont aux mains d'un groupe armé aux environs de Ménaka et entamer un dialogue avec eux. Le CICR a également porté secours aux combattants blessés.

En Mauritanie, les autorités et le Haut commissariat aux réfugiés sont en train de mettre en place un immense camp de réfugiés à deux jours de route de la capitale Nouakchott. Elise Villechalane, porte- parole du HCR en Mauritanie s'en explique.


Elise Villechalane
Porte parole du HCR en Mauritanie

Le HCR a assuré dans un premier temps le transport de biens essentiels, couvertures, sanitaires, moustiquaires et doit livrer 1 200 tentes familiales dans les jours qui viennent.

A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les autorités, appuyées par les Nations unies, font tout leur possible pour gérer ces arrivées. Une cellule de coordination est en place pour gérer la situation.


Réfugiés maliens au Burkina Faso

Les autorités burkinabè s'inquiètent également des désertions au sein de l'armée malienne. Pour Vincent Zakané, le ministre délégué à la coopération regionale, le Burkina Faso ne doit pas être une base arrière pour déstabiliser le pays.


Source: RFI

vendredi, 10 février 2012

MALI: UN COLONEL TOUAREG NOUS A DIT...

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LE REMAKE IVOIRIEN AU MALI?


Le 17 janvier 2012, des hommes solidement armés ont attaqué des cantonnements militaires à Manaka, Adaramboukaré et Tessalit, trois localités sahariennes du Nord-Mali. Depuis, les combats se font âpres. Même s'il est difficile de dresser aujourd'hui un bilan fiable, ce, d'autant plus que chacun des belligérants donne plus ou moins des chiffres en deçà de la réalité du terrain, le doute n'est plus de mise : les morts se comptent par centaines et les réfugiés par milliers dans les pays voisins.

Hier, en fin de matinée, nous avons rencontré dans notre capitale un des ténors de cette rébellion : il s'appelle Hassane Ag Mehdy, il est officier de l'armée malienne et porte fièrement son grade de colonel. Pour lui, contrairement aux idées reçues, le nord du Mali n'est pas occupé seulement par des Touaregs, mais aussi par des Peulhs, des Sonraï et des Arabes, qui se sentent marginalisés, délaissés, abandonnés à leur propre sort par l'Etat central : dans le septentrion malien, à en croire notre interlocuteur du jour, il n'y a ni infrastructures socio-éducatives, ni routes, ni eau, rien !

Bref, les habitants de cette zone ne se sentent plus Maliens. « Et la solution passe par l'indépendance du nord du Mali qui occupe les 2/3 du territoire ».

Entretien exclusif.

Peut-on connaître qui est le colonel Jimmy ?

Je m'appelle Hassane Ag Mehdy, dit Jimmy, le Rebelle pour les intimes. Je suis colonel de l'armée malienne. Je vivais au Burkina, mais après les Accords de Ouagadougou de 1990, j'ai regagné mon pays, le Mali. Mais comme vous le savez, depuis quelques jours dans le nord du Mali, je suis devenu une cible. C'est pourquoi je suis revenu au Burkina.

Quelles fonctions avez-vous occupées dans l'armée malienne ?

Dans l'armée malienne, j'ai assumé tous les commandements, de commandant du premier escadron jusqu'à commandant de région. C'est le plafond. J'ai servi aussi comme officier au Liberia durant la guerre que ce pays a connue.

Dans quel cadre séjournez-vous au Burkina ?

Je suis ici au Burkina pour des raisons évidentes. Comme je vous le disais tantôt, les derniers développements au Mali (Nldr ; la rébellion touarègue) ont fait que j'étais devenu une cible. Alors, j'ai décidé de trouver refuge quelque part. Mon choix a porté bien naturellement sur le Burkina Faso où je vivais, je vous le disais, bien avant les Accords de Ouagadougou dont je suis un des signataires. Je fais partie des derniers à avoir quitté le Mali.

Vous dites que vous étiez devenu une cible. Qu'est-ce qu'on reproche au colonel que vous êtes ?

Ce n'est pas à moi seulement qu'on en veut, mais à toute la communauté touarègue et arabe. C'est devenu une guerre de couleurs. On a brûlé et cassé des pharmacies, des domiciles de conseillers du président, de ministres, etc.

On sait que vous avez été un élément actif de la rébellion touarègue au Mali dans les années 90. Qu'en est-il aujourd'hui ?

J'ai participé activement à la rébellion de 1990. J'étais même chef de guerre et contrôlais toute une zone. Je n'ai pas participé aux accords de Tamarasset ni à ceux du pacte national. Après 1990, j'ai rejoint les rangs de l'armée régulière, mais aujourd'hui, je suis de nouveau dans la rébellion.

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Depuis une cinquantaine d'années, il y a toujours eu des remous dans cette partie du pays. Peut-on savoir ce que les Touaregs réclament exactement ?

Vous savez, le problème touareg n'a pas commencé hier. Il date de 1963, mais jusqu'aujourd'hui, il n'a toujours pas trouvé sa solution. Les autorités maliennes n'ont jamais pris à bras-le-corps ce problème. Pire, on a même l'impression qu'on recule. Comment pouvez-vous comprendre que le Nord-Mali, qui représente les 2/3 du territoire avec un million de km2 et environ deux millions d'habitants, soit laissé à lui-même ? Pas d'eau, pas d'infrastructures socio-éducatives, pas de routes... Rien ! Quand vous arrivez dans cette partie du Mali, vous avez l'impression d'être dans deux pays différents. C'est inadmissible. Vous savez, le Touareg est un homme à la fois simple et compliqué. Les seules choses qui comptent à ses yeux, ce sont sa dignité et sa culture, en un mot, la considération. Si vous touchez à l'un de ces éléments-là, vous allez le croiser sur votre chemin. Aujourd'hui, les populations de cette région, qui regroupe les Touareg, les Arabes, les Sonraï et les Peuls, en ont marre et veulent résoudre leurs problèmes par et pour eux-mêmes.

Mais le président ATT a quand même essayé de résoudre le problème en déliant les cordons de la bourse pour financer par centaines de milliards de Francs CFA des projets dans cette partie du pays !

Vous parlez de quels projets ? Nous, en tout cas, nous n'avons rien vu. Le Nord reste comme il a toujours été, malgré les projets dont vous parlez. Nous ne savons pas où va cet argent. Vous savez, on peut fabriquer des chiffres sur papier et parler de financement de projets de développement. Il n'y a rien sur le terrain. Rien.

Avec cette crise à épisodes, on a l'impression qu'il y a comme un acharnement sur les autorités maliennes. Les rebelles auraient-ils des velléités séparatistes ?

Je l'ai toujours dit à qui veut l'entendre. Le Nord-Mali veut son indépendance. Les quatre peuples cités plus haut vivent mal, très mal à cause de la négligence et du dédain des autres. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont bien placés pour les résoudre eux-mêmes. Pour nous, la résolution de ces problèmes passe par l'indépendance du Nord-Mali. Ni plus, ni moins. Nous sommes fatigués du diktat de Bamako.

La solution pour vous passe donc par la séparation ?

Absolument. Ils nous y ont obligés en créant une sorte de "nous et vous". Nous ne voulons plus vivre dans un même Etat. Nous voulons notre liberté, notre indépendance.

Difficile alors d'envisager une médiation ?

Nous ne refusons pas de médiation. Le problème, c'est qu'il y a eu trop de négociations et aucune n'a permis de résoudre le problème du Nord-Mali parce qu'en face il y a réellement un manque de volonté. Nous n'y croyons plus tellement.

Pensez-vous que cette partie du pays dispose d'assez de ressources pour se développer elle-même ?

Le développement, c'est avant tout dans la tête. Il faut le courage et la détermination. Après, on peut voir avec qui composer pour se développer.


Entretien réalisé par Boureima Diallo & Nankoita Dofini.


L'Observateur Paalga


Source: LE FASO.NET

EDITO: ÇA SUFFIT, M. JUPPE!

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Tous ceux qui aiment ce pays, qui le savent fragile dans son projet de nation, qui ne veulent pas du fossé Nord-Sud ou des dérives ethniques à la base de bien des hécatombes en Afrique ne peuvent vouloir que d'une chose : la paix au Nord Mali, la paix tout de suite et la paix via le dialogue.

C'est d'ailleurs un des acquis majeurs des échanges qui mobilisent actuellement la classe politique malienne. C'était plus facile pour elle par démagogie, de préconiser la solution militaire mais elle s'en est gardée. Car pour beaucoup d'entre nous, l'autorité réside dans l'usage de la force et rarement dans le compromis qui rend celle-ci inutile. Beaucoup d'entre nous voteraient aujourd'hui l'indépendance de l'Azawad juste pour souhaiter bon débarras à ce que nous appelons l'irrédentisme touareg. Beaucoup d'entre nous pousseront à la guerre sans chercher à explorer davantage les issues pour le dialogue, et totalement ignorants des réalités et des pièges du terrain. Non, le salut n'est pas dans la guerre.

Il est dans la négociation et négocier avec son peuple n'est pas de la faiblesse. Nous sommes de ce camp quant à nous et nous y resterons. Mais rien n'est au-dessus de notre pays et sous ce regard-là, nous trouvons déplorable, voire méprisant le cheminement par lequel Alain Juppé exige le cessez-le feu. Un ministre respectueux de l'orgueil des peuples n'a pas à constater les exploits d'une rébellion.

Or il l'a fait. Et du coup, on est bien en situation de penser que ce qu'il demande, dès lors, peut être perçu comme la capitulation d'un Etat dont les citoyens se croient stigmatisés par la France.  Par sa déclaration qu'il doit rectifier, Juppé n'accélère pas la paix que nous appelons de nos vœux. Au contraire, il l'éloigne. Or M. Juppé a trop de classe pour se reconnaître dans la France du discours de Dakar ou celle bien plus récente de la supériorité de certaines cultures sur d'autres.

Adam Thiam


Source: MALI WEB.NET

samedi, 04 février 2012

COTE D'IVOIRE: L'OEUF OU LA POULE?

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Lors de son séjour dans la capitale Française, Alassane Ouattara a lâché une petite bombe qui, sur l'instant, est passée inaperçue. En effet, lors de ses interviews par les médias Français, ce dernier a exprimé sa volonté de ne pas livrer à la CPI la femme de l'ex-président Ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que leurs plus proches amis et collaborateurs.

Si pour d'aucuns, ce « geste » pourrait sembler magnanime, en réalité, il est loin, très loin de l'être.

Alassane Ouattara est dans une impasse. Sa réconciliation nationale bat de l'aile, son pouvoir et sa sécurité dépendent en grande partie de son premier ministre Guillaume Soro, de l'ONUCI ainsi que des quelques militaires Français actuellement basés sur Abidjan. Ajouté à cela le monde entier qui n'arrête pas de lui réclamer à tort et à travers la tête de ceux à qui, pourtant, il est en partie redevable de son statut actuel de numéro 1 Ivoirien !!

Ainsi, après avoir constaté son erreur d'appréciation sur l'ampleur du phénomène Gbagbo, car c'est loin d'être de bon coeur qu'il aura pris telle décision, Alassane Ouattara informe le monde entier de « sa préférence » de juger tous les Pro-Gbagbo sur le territoire Ivoirien.

Ce geste faisant, il se donne un peu d'air et montre des gages de bonne volonté à tous ses proches éclaboussés par l'affaire, ceux là même qui, plus que quiconque, sont responsables de terribles atrocités et autres crimes de guerre et qui ne doivent pas manquer de lui mettre une énorme pression pour « échapper à leur sort ».

Si l'on peut se réjouir de ce revirement brusque, ne serait-ce que pour tous les pro-Gbagbo enfermés ou en cavale, une chose pourtant demeure !! Mr Alassane Ouatttara peut toujours tenter de faire diversion, il n'empêche que la véritable question reste et restera toujours celle de la libération de Laurent Gbagbo !!

La crise douloureuse qu'a traversé la Côte d'Ivoire (et qu'elle traverse toujours, du reste) est du fait d'une guerre de pouvoir entre deux individus.

Mr Ouattara, incapable de se résoudre à la victoire de Laurent Gbagbo se sera évertué à lui pourrir sa présidence tout du long. Les médias Français, jusqu'au bout, n'auront eu de répit de  nous ressortir à chaque fois, encore et encore, la même rengaine, comme si elle leur avait été ainsi dictée : « crise postélectorale née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle et qui aura entraîné son pays dans une guerre qui aura causé plus de 3000 morts ... et bla bla bla et bla bla bla ».

Ainsi, on reproche à Laurent Gbagbo de s'être ravitaillé en armes pour défendre son pays. N'est-ce point le rôle de tout président, de tout chef des armées? Oui, c'est en toute logique que Laurent Gbagbo aura répondu à l'agression par une contre agression. Il ne pouvait en être autrement.

Il s'agissait bien d'un coup d'état à l'origine lorsqu'en 2002, des hommes ont fait irruption en pleine nuit dans la capitale Ivoirienne, massacrant tout sur leur passage. Ces évènements tragiques, entre les rebelles d'Alassane Ouattara (car aujourd'hui, plus personne ne peut le nier) et les FDS de Laurent Gbagbo, auront donc coûté des vies comme dans toute guerre. Peut-on dès lors parler de crimes contre l'humanité hormis, entre autres, le cas Duékoué? Il faut bien comprendre que ce sont ces mêmes évènements ayant eu lieu depuis 2002 qui ont inexorablement débouché sur cette situation. On ne saurait donc dissocier la récente crise postélectorale, elle même, de tout ce qui fut, au cours de ces dix dernières années !!

Ce fameux rapport sur le massacre de Duékoué, imputable aux rebelles armés Ouattaristes (soutenus par une France qui a décidément le génocide dans le sang), rédigé par Human Right Watch, pourtant à la solde de Georges Soros et donc de son allié Ouattara, dressait une liste de pas moins de 800 à 1500 civils assassinés sans vergogne. Nous pouvons donc affirmer, sans ambages aucuns, que l'actuel président Alassane Ouattara devrait, dans ce cas, avoir son siège aux cotés de Laurent Gbagbo, s'il était réellement question de rendre justice. Après tout, la justice doit être égale pour tous,  il ne saurait y avoir ni justice de vainqueurs ni justice de vaincus. Déterminer qui est à l'origine de tous ces morts, c'est un peu comme se demander de qui, entre l'oeuf et la poule, est apparu en premier !! Et c'est sur ce flou que profite tout ce monde pour faire porter le chapeau à l'un tout en ménageant l'autre...


Ecrit par Yann-Yéc'han, in le quotidien burkinabé "San Finna".


Source: SAN FINNA

dimanche, 29 janvier 2012

UNE REVELATION VENUE DU CAMEROUN POUR LA COTE D'IVOIRE


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Cette nouvelle révélation sur la Côte d'Ivoire et les acteurs de la crise ivoirienne (états et individus) m'a été transmise, il y a bientôt une semaine de cela, dans ma boîte e-mail par un internaute (peut-être son auteur?), sous un nom d'emprunt, dans le souci de garder son anonymat. Il ne fait pas bon, en ce moment, être un livreur de révélations (attaques verbales, agressions physiques, suspensions ecclésiales, mandat d'arrêt international). Dans tous les cas, le message fait actuellement le tour du Net. Pour que mes lecteurs ne soient pas les seuls à ne pas en avoir connaissance, je me suis décidé, après beaucoup d'hésitations, à le publier sur ce blog. Tout juste pour information. Il appartient à chacun de s'en faire une opinion. Bonne lecture!

 

A SON EXCELLENCE MONSIEUR LAURENT GBAGBO: « VOICI LA REVELATION DU SEIGNEUR JESUS-CHRIST POUR VOUS »

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Le Seigneur m'a révélé que votre régime allait être renversé par un coup d'état militaire au cours duquel vous serriez blessé. A la suite de ce coup, vous devriez être transférez à la CPI où vous devriez mourir. De tels malheurs devraient vous arriver parce que vous vous êtes détourné de la voie de l'ETERNEL DIEU. Mais seulement votre repentance sincère et votre mise en œuvre de la volonté de JESUS-CHRIST vous blanchiraient de tous les chefs d'accusation dont vous êtes l'objet. Cela aurait pour conséquence votre retour triomphal en Côte d'Ivoire pour finir votre mandat.

Votre histoire, Président Gbagbo, est semblable à celle d'un homme que l'ETERNEL DIEU a élevé dans la gloire et qui par la suite a été rempli d'orgueil et croyait avoir tout fait par sa propre force. Il avait oublié son origine et refusait de s'humilier devant le DIEU TOUT-PUISSANT créateur des cieux et de la terre. Aussi l'ETERNEL a-t-il brisé son orgueil, tel le cas de l'histoire de Nébucadnetsar, roi de Babylone, que je vous conseille de lire (voir Daniel 4 :1-37).

Tous ces malheurs vous ont atteint, Mr le Président Gbagbo, afin que vous sachiez que le règne des rois appartient à DIEU et qu'il le donne à qui il veut. L'humilité précède la gloire et l'orgueil précède la chute. L'ETERNEL DIEU fait grâce aux humbles mais il résiste aux orgueilleux.

En son temps, lorsque j'ai reçu cette révélation, plusieurs fois j'ai cherché à vous rencontrer pour vous faire part de cela mais hélas mes efforts sont restés vains ; car personne n'écoutait «les petites églises ou les petits hommes de DIEU».

Aujourd'hui que la prophétie s'est accompli et que, abandonné de tous vous, êtes plus facile à joindre, voici ce que dit l'ETERNEL DIEU : Maintenant que son Excellence Laurent Gbagbo s'est humilié et a confié son sort à l'ETERNEL DIEU par le jeûne et la repentance, voici la parole de DIEU d'abord pour lui, ensuite pour ses ennemis.

JACOB ISRAEL prononce son oracle : Parole du fils de l'homme des quatre vents des cieux de celui qui a l'œil ouvert, de celui qui entend les paroles de DIEU, de celui qui voit la vision du TOUT-PUISSANT, de celui qui connait les desseins du Très-Haut, et qui se prosterne devant le seul vrai DIEU, le Seigneur JESUS-CHRIST : le Président Laurent Gbagbo sera blanchi de toutes les charges qui pèsent contre lui. Il reviendra de la CPI dans la gloire, sur le trône de la Côte d'Ivoire, et sera honoré par l'ETERNEL DIEU.

Le Président Laurent Gbagbo reviendra au pouvoir pour un seul mandat présidentiel après quoi il se retirera pour se reposer. Ainsi, il rentrera dans l'histoire des grands hommes politiques et restera gravé dans la mémoire de la génération présente et future, des fils et filles de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique. L'on parlera du Président Laurent Gbagbo avec respect et il sera une référence de paix dans le monde entier. La paix reviendra en Côte d'Ivoire et la Côte d'Ivoire sera la tête de toutes les nations d'Afrique. Toute l'Afrique sera libérée et même les puissantes nations se prosterneront devant ce petit pays choisi par Dieu. Tout le monde entier verra que la GLOIRE de DIEU est sur la Côte d'Ivoire et saura que ce pays est béni de l'ETERNEL DIEU.

En ce qui concerne vos ennemis, ceux de la Côte d'Ivoire et partant ceux de l'ETERNEL DIEU, voici la réplique de l'ETERNEL : La France entière saura la vérité sur les actions réelles de la Françafrique de Nicolas Sarkozy en Afrique et surtout en Côte d'Ivoire, elle aura tellement honte de lui qu'elle va le lui faire payer par tous les moyens ; dans le même temps, toute l'Afrique criera son ras-le-bol et ainsi la France perdra la majorité de ses colonies Africaines.

La France subira toute cette débâcle parce qu'elle a osé s'attaquer aux peuples et oints de Dieu. Nicolas Sarkozy perdra les élections en France au profit de François Hollande que l'ETERNEL suscitera pour punir Sarkozy en le poursuivant en justice pour détournement de fonds de l'état Français.

Il sera aussi jugé pour crime contre l'humanité pour les guerres qu'il a provoquées en Afrique. Au finish, la colère de DIEU contre Sarkozy sera tellement forte à travers François Hollande que Sarkozy va se retrouver enfermé à la CPI à la place du Président Gbagbo. La famille du Président Gbagbo a été huée et lynchée, il en sera de même pour la Famille de Sarkozy par les français du fait de l'humiliation de lèse-majesté qu'il leur a fait subir en ternissant l'image de la France aux yeux du monde entier.

Quant à Barack Obama, la colère de l'ETERNEL DIEU sur lui sera tellement forte qu'il fera la honte de la peau noire ; contraignant ainsi ses parents à le renier (Barack mourra à la suite d'une grave maladie mentale ou se suicidera à moins qu'il se repente). Les USA seront frappés de grêles de feu qui descendront du ciel ; ce feu consumera une grande partie de leur principale ville. Il en sera ainsi parce qu'ils aiment faire descendre le feu du ciel pour bombarder les autres nations faibles pour mieux les piller mais aussi parce qu'ils ont encouragé la France à bombarder la Côte d'Ivoire, pays béni de DIEU.

L'ETERNEL permettra toutes ces choses et pire encore, afin que tout le monde entier sache qu'il y a un DIEU, JESUS-CHRIST, Tout-puissant, qui délivre un faible d'un plus puissant que lui. Les USA verront une de leurs principales bases militaires et la Maison Blanche frappées par DIEU, en réponse au bombardement de la résidence du Président Gbagbo et des bases militaires ivoiriennes; selon qu'il est écrit dans Daniel 8 :10-12 : « Elle (la corne qui est l'Amérique) s'éleva jusqu'à l'armée des cieux, elle fit tomber à terre une partie de cette armée et des étoiles, et elle les foula.

Elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice perpétuel, et renversa le lieu de son sanctuaire. L'armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel, à cause du péché ; la corne jeta la vérité par terre, et réussit dans ses entreprises ». L'évidence est nette car les deux témoins du diable des derniers temps sont Obama et Sarkozy ; leur notoriété est sans pareil aux yeux du monde car mandatés par Lucifer lui-même, cela est illustré dans Apocalypse 13 :11-18.

Mais il est écrit que les ténèbres ne règneront pas toujours, car toute chose a une fin. Aussi DIEU frappera-t-il la Maison Blanche et le Pentagone, de sorte que les USA ne soient plus une puissance mondiale qui terrorise les petites nations par la guerre et l'injustice en se prenant pour les maîtres de la terre. Ainsi, toutes les nations de la terre sauront que c'est JESUS-CHRIST seul qui est DIEU et que c'est à lui qu'appartiennent le monde, le règne, la justice et le jugement.

JESUS s'est choisi un pays, la Côte d'Ivoire, avec lequel il s'est fait un nom grand, puissant et redoutable et partant, les Africains, pour exercer le jugement sur toutes les nations du monde. Selon qu'il est écrit dans le Psaume 46 :6-12 : « DIEU est au milieu d'elle ; elle n'est point ébranlée ; DIEU la secourt dès l'aube du matin ».

Des nations s'agitent, des royaumes s'ébranlent ; il fait entendre sa voix : La terre se fond d'épouvante. L'ETERNEL des Armées est avec nous. Le DIEU de Jacob est pour nous une haute retraite. Venez contempler les œuvres de l'ETERNEL, les ravages qu'il a opérés sur la terre ! C'est lui qui a fait cesser les combats jusqu'au bout de la terre ; il a brisé l'arc, et il a rompu la lance, il a consumé par le feu les chars de guerre. Arrêtez et sachez que je suis DIEU : Je domine sur les nations, je domine sur la terre. L'ETERNEL des armées est avec nous, le DIEU de Jacob est pour nous une haute retraite ».

L'ETERNEL, dans Apocalypse 18 :5-10 comparent la France et les USA à Babylone ; je cite : « car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et DIEU s'est souvenu de ses iniquités. Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses œuvres. Dans la coupe où elle a versé, versé lui au double. Autant elle s'est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle dit dans son cœur : Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, je ne verrai point le deuil ! A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur DIEU qui l'a jugée.

Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l'impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de son embrasement. Se tenant éloignés dans la crainte de son tourment, ils diront : Malheur ! Malheur ! La grande ville, Babylone, la ville puissante ! En une seule heure est venu ton jugement ! ». C'est ainsi qu'il jugera les USA dont l'emblème est la statue de la liberté de la prostitution ; l'ETERNEL détruira cette statue et son pouvoir maléfique.

La France connaîtra le même sort par la destruction de sa Tour Eiffel qui symbolise sa puissance spirituel et son autorité en référence à la Tour de Babel, et le peuple Français sera dispersé dans différentes nations, suite à la famine qu'il connaîtra et bien d'autres malheurs comme elle la fait pour le peuple Ivoirien ; selon qu'il est écrit dans Genèse 11 :1-9 : « Toute la terre avait une seule langue et les même mots. Comme ils étaient partis de l'orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu.

Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. L'ETERNEL descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'ETERNEL dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous un même langage, et c'est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons descendons, et là, confondons leur langue, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres. Et l'ETERNEL les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtirent la ville. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'ETERNEL confondit le langage de toute la terre, et c'est là que l'ETERNEL les dispersa sur la face de toute la terre ».

Le profond désir du Président Abdoulaye Wade de voir la Côte d'Ivoire détruite par la guerre et son Président Gbagbo tué, sera lui-même son propre châtiment. L'ETERNEL DIEU endurcira le cœur de Wade afin qu'il se présente coûte que coûte aux élections présidentielles de 2012. Cet entêtement soulèvera le peuple Sénégalais et même une grande partie de l'armée se mutinera et entraînera une rébellion générale.

Le Président Wade connaîtra la mort au cours de ces évènements. Dieu suscitera un nouveau Président, celui des « pauvres » pour mieux diriger le Sénégal dans la justice et l'équité. Ce Président se nomme Youssour N'dour, qui a trouvé grâce aux yeux de l'ETERNEL suite à ses bonnes actions envers les pauvres et les démunis. La France, dans sa logique malsaine de la Françafrique, cherchera à contrôler le règne du Président Youssour N'dour. Mais ce sera en vain car le Président Youssour N'dour privilégiera les intérêts des Sénégalais selon que l'ETERNEL parle de lui : « Cet homme (le Président N'dour) ne vient pas au pouvoir comme un affamé, mais comme un ange qui a un cœur bon de libéralité et qui depuis toujours a eu de la compassion pour son prochain, toujours près à aider tant qu'il le peut ».

Quant au Burkina Faso, il connaîtra une rébellion très violente et très sanglante, de sorte que toutes les bâtisses qui ont été faites à partir des richesses piller en Côte d'Ivoire seront totalement détruites. Le Président Blaise Compaoré ira en exil où il mourra très pauvre comme l'ex-Président de la RDC, Mobutu, car ses biens et comptes bancaires seront confisqués.

La Côte d'Ivoire ne sera pas en reste de ces évènements tragiques. Un vent très violent, cent fois supérieur à celui que nous avons connu durant les évènements de l'année 2011 soufflera sur elle. Le 43ème BIMA sera assiégé et détruit. Le Président Alassane Ouattara sera trahi par les dix « com-zones » et lynché par le peuple dont il a beaucoup fait couler le sang; il connaîtra le même sort que l'ex-Président du Libéria Samuel Doe. Dominique Ouattara subira les mêmes souffrances atroces qu'a subies Mme Simone Gbagbo. Soro Guillaume se retrouvera à la CPI où il mourra. Les faux hommes de DIEU seront également châtiés de mort à moins qu'ils se repentent.

L'ETERNEL DIEU exhorte le peuple Ivoirien à beaucoup prier, car il a déjà excité l'esprit des rois de médis pour exercer sa colère ; selon qu'il est écrit dans Apocalypse 6 :15-16 : « Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochets des montagnes. Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau ». Les Ivoirien doivent faire une repentance sincère et abandonner leurs mauvaises voies et toutes sortes d'idolâtrie (fétichisme, maraboutage, occultisme, astrologie, etc.). La Côte d'Ivoire entière doit prier le seul vrai DIEU qui est JESUS-CHRIST DE NAZARETH car ce vent violent soufflera en cette année 2012.

Voici, Excellence Monsieur le Président Gbagbo, le Peuple Ivoirien, l'Eglise de DIEU et tous ceux qui désirent connaître les événements à venir, ces quelques mots que le SEIGNEUR JESUS-CHRIST m'inspire pour vous.

Que le SEIGNEUR DIEU, Créateur, JESUS-CHRIST qui change les temps et les circonstances, qui établit et renverse les rois, vous bénisse et accomplisse ses paroles en leur temps ! Amen !

 

Prophète Jacob Israël


Fait à Douala, le 03 décembre 2011.

mardi, 24 janvier 2012

UNE INTERPELLATION POIGNANTE, UN APPEL A LA RETENUE ET A LA REFLEXION, A L'ADRESSE DES MILITANTS ET PARTISANS DU RHDP



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Lu sur Abidjan.net (publié par Jean Kouadio, sur sa page Facebook).


Michaël Bah - Meilleur commentateur


Quand je lis les commentaires des militants ou sympathisants RDR et PDCI, je ne suis pas étonné de la forme de votre prise de position mais je suis par contre surpris, effrayé et dégoûté du fond de vos pensées; il est aisé de comprendre que vous adopterez toujours la position de ceux qui croient accomplir une vengeance que les autres « auraient » mérité. Avec tout ce que vous dites, on pourrait penser que ce qui s'est passé, hier (samedi 21 janvier 2012) à Yopougon, est normal et se répétera chaque fois que le FPI organisera un meeting.

Certains parmi vous ont un niveau académique suffisamment bon pour éviter des commentaires qui mettront encore plus d'huile sur le feu, mais puisque vous êtes RDR et PDCI, vous vous bornez à ne pas voir les menaces qu'un tel comportement fait peser sur les citoyens et résidents de ce pays. Il y en a parmi vous qui écrivent: « C'est montage », d'autres disent : « On vous a loupé », d'autres écrivent: « Un meeting où on lance des provocations, des injures en sachant bien que le quartier Wassakara n'est pas bien loin, où l'on sait bien que la majorité des personnes là-bas sont RHDP », certaines femmes disent : « Ils vous ont raté »; un autre, content de sa nouvelle force de Dieu-géant-surhumain-invincible, dit fièrement : « C'est du civil contre civil, nous on ne vous ratera pas », ou encore « Ce sont des rats ».

Apparemment, c'est toujours vous qu'on provoque, c'est toujours vous qui êtes frustrés, c'est toujours vous qui cherchez la paix, c'est toujours vous qui êtes victimes de la xénophobie, c'est toujours vous que les autres jalousent... Aujourd'hui, quelques ivoiriens mais aussi des burkinabés (surtout), des maliens, des sénégalais, des guinéens, prennent des armes et agressent impunément des ivoiriens. Tout ce que je vous souhaite donc est que ce pouvoir dure, dure, dure, dure et dure; qu'Alassane Ouatttara ne perde jamais son poste, que les FRCI demeurent toujours un rassemblement de familles nordistes, que l'ONUCI soit toujours à vos petits soins, que la Licorne protège éternellement votre mentor, que votre sadisme soit indéfiniment masqué par les médias internationaux et qu'une rébellion 100% Ivoirienne ne survienne pas. Priez votre Dieu (apparemment, on n'a pas le même Dieu car vous dites aussi que c'est vous les croyants, et les autres sont les infidèles) pour que la situation ne s'inverse pas car, à ce moment, j'espère que vous aurez suffisamment de courage pour faire face à ceux qui se dresseront contre vous. Hier, vous vous plaigniez, souvent à tort souvent à raison, d'une certaine répression (souvent à tort souvent à raison) que vous subissiez de la part des militaires ivoiriens (et pas des civils). Aujourd'hui vous vous sentez tout-puissants et vous n'avez même pas un mot d'indignation pour ces actes d'insurrection commis par des « civils armés » envers d'autres civils.

VOUS PENSEZ QUE SI LES IVOIRIENS MILITANTS ET SYMPATHISANTS LMP DECIDENT DE PRENDRE DES ARMES ET DE REPONDRE VIOLEMMENT A VOS ACTES, VOUS POURREZ CONTINUER DE VIVRE EN COTE D'IVOIRE? VOUS QUI VIVEZ A ABIDJAN, POUVEZ-VOUS TENIR SI ABIDJAN (MAJORITAIREMENT PRO-GBAGBO) VEUT VOUS FAIRE LA PEAU?

Vous oubliez que vous n'êtes pas les plus nombreux, vous n'êtes pas les plus musclés, vous n'êtes pas les plus vaillants, vous vivez dans un pays où il y a 61 ethnies et vous n'êtes issus que de l'une d'entre elles (car majoritairement Dioula pour les nationaux) et ressortissants de la CEDEAO.

Si les militants LMP s'arment aussi de machettes et de gourdins pour aller à des meetings et que vous les attaquez, vous imaginez bien le résultat ! Continuez comme ça, faites grandir cette colère de jour en jour, continuez à magnifier la haine, ça vous va si bien, continuez ainsi; c'est bien. Sachez juste que ne pas vouloir se battre ne signifie pas qu'on est pas fort, fuir ne signifie pas qu'on a peur, pleurer ne signifie pas qu'on est faible.

Continuez à poussez les Ivoiriens à la violence (vous le faites bien d'ailleurs, vous êtes sur la bonne voie), vous serez des victimes d'un système que vous aurez vous-mêmes créé, vous connaîtrez le mot EFFROI !


Michaël Bah, sur Abidjan.net.

lundi, 23 janvier 2012

INFRASTRUCTURES, LOGEMENTS, FINANCES EN COTE D'IVOIRE, LES BURKINABES PRENNENT TOUS LES MARCHES


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Les réseaux d'affaires proches du palais de Kosyam, à Ouagadougou, empochent les dividendes de la relation privilégiée entre Guillaume Soro et Blaise Compaoré.


La proximité entre Guillaume Soro et son « parrain » Blaise Compaoré profite aux cercles d'affaires burkinabé traditionnellement discrets en Côte d'ivoire. En juillet, Mohammed Abdulaï a ouvert une filiale de sa société Faso constructions et services, à Abidjan. Quelques semaines plus tard, cette entreprise a décroché le contrat de la construction du futur complexe sportif Alassane Ouattara de Grand Bassam (6 milliards F.CFA) et la rénovation du Palais des sports d'Abidjan (1,3 milliards F.CFA). Le PDG de la firme de BTP Sol confort et décor, Michel Zida, possède aussi ses entrées à la primature ivoirienne. Tout comme le représentant du président burkinabé en Côte d'Ivoire, Boureima Badini, et l'opposant mauritanien Mustafa Limam Chafi, devenu très proche du régime Ouattara, qui usent de leur influence pour introduire les businessmen burkinabé à Abidjan.


Nommée, fin décembre, présidente de la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture du Burkina faso, la femme d'affaires Alizeta Ouédraogo, belle-mère de François Compaoré, frère du « Beau Blaise », envisage d'implanter, cette année à Abidjan, une filiale de sa société de construction immobilière Azimmo, en visant les marchés des logements sociaux.

Après avoir succédé à son père El Hadj Oumarou Kanazoé, l'ex-empereur du BTP au Burkina Faso décédé en Octobre, Mady Kanazoé a décroché plusieurs marchés de réhabilitation de tronçons routiers dans le Nord Ivoirien.

Dans le domaine des finances, le banquier burkinabé Idrissa Nassa, patron de Coris Bank et proche d'Ibrahim Ouattara, frère cadet d'Alassane Ouattara, songe à ouvrir plusieurs agences de son groupe en Côte d'Ivoire.


Source: La Lettre du Continent, janvier 2012.

dimanche, 25 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: COUP D'ETAT CONTRE LAURENT GBAGBO?


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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

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Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce de ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

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LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bictogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioulasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bictogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bictogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au-delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€


Jeudi 22 Décembre 2011


Alain Léauthier - In le journal français "Marianne".



Source :
CAUSES.COM


dimanche, 18 décembre 2011

CHARLES ONANA SUR 3A TELESUD POUR SON LIVRE «COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»

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Cette vidéo a été censurée par l'Etat français. Elle n'est plus du tout disponible sur YouTube. Pour l'heure, vous ne pouvez la visionner qu'ici ou sur LE GRI-GRI INTERNATIONAL!!! Profitez-en!


dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

samedi, 03 décembre 2011

DEPORTATION DE GBAGBO A LA CPI - ABOU CISSE A OUATTARA: «TU VIENS DE MANGER TON TOTEM»



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Abou Cissé, oncle d'Alassane Ouattara, ne voulait pas garder le silence après la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Selon lui, son neveu vient de se tirer une balle dans le pied. Entretien.


Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

C'est une honte pour la côte d'ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n'est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s'asseoir autour d'une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara vient de signer l'arrêt de mort de la côte d'ivoire. C'est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu'Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n'est pas digne de lui. dans tous les cas, il va le payer très cher. C'est son totem qu'il vient de manger. Il s'est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.

Quelles sont ces inquiétudes?

En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale de la Haye, on ne fait qu'emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d'inquiétudes que d'apaisement.

On ne vous suit pas...

Le Président Laurent Gbagbo a une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus il est en prison, plus il a une aura qui va s'affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n'a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. À travers cette situation, il a toutes les chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d'ivoiriens vont se sentir, compte tenu du fait qu'il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l'idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l'exemple de Mandela, quand il était en prison. Ce n'était pas lui qui faisait la révolte, en Afrique du sud. C'est le fait qu'on l'a mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd'hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d'Ivoire ne pourra pas être géré par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l'ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence à la Cour pénale internationale va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n'aura pas besoin des armes ou d'une révolution par la guérilla. C'est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre aux attentes des ivoiriens. La côte d'Ivoire n'avait pas besoin de cette situation. On aurait pu en faire l'économie. Pour diriger un pays, il faut être investi d'un certain humanisme. Nous prenons l'exemple du Président Gbagbo. Il est d'un humaniste incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde, sans distinction d'ethnie, de religion et de région. Alassane est le problème de la Côte d'Ivoire. Il n'est pas la solution.

En quoi il est le problème ?

Il est en train de nous conduire dans le mur. Ce n'est pas en envoyant le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale qu'il y aura la paix. Bien au contraire! Au lieu de gouverner, il crée des problèmes. Alassane montre son incapacité à diriger convenablement le pays. Il n'a pas le coffre d'un chef d'Etat. Cela se sent. Il ne connaît pas la Côte d'Ivoire. Il vient de créer un précédent dans la vie politique ivoirienne. On a fait plus de tort au Président Laurent Gbagbo quant il était dans l'opposition. Il a fait plusieurs fois la prison. Il a connu l'exil. Sa famille n'a pas été épargnée du courroux des pouvoirs Pdci. Arrivé au pouvoir, il n'a jamais daigné se venger. Bien au contraire, il a appelé tous les ivoiriens sans distinction aucune à travailler ensemble pour le développement de la côte d'ivoire. On ne gouverne pas un pays avec la haine.

On a pensé que les Ivoiriens allaient manifester...

Le silence est un message. Le silence des ivoiriens ne veut pas dire qu'ils ont abdiqué. Le temps est le second nom de Dieu. Il va faire son effet. Le silence des ivoiriens est un signal pour ceux qui ont décidé de déporter le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Tout a une fin. Et la fin du film n'est pas loin. Allons doucement, car nous sommes pressés. Le temps joue en faveur du peuple. Et non en faveur d'Alassane et ses amis.

Soro soutient que le Président Laurent Gbagbo a été déporté parce que le Fpi a refusé d'entrer au gouvernement et d'aller aux législatives. Et que Gbagbo a refusé de discuter avec Ouattara...

Si nous comprenons bien Soro, c'est un règlement de compte. C'est une décision politique qui a déporté le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Guillaume Soro soutient avoir pris les armes, le 19 septembre 2002, pour réparer une injustice. Quelle contradiction avec ses actes d'aujourd'hui. Que soro ne se presse pas. Son tour va bientôt arriver. Aujourd'hui, dans les bonnes grâces de ceux qui ont décidé de mettre la Côte d'Ivoire à genou. Il n'échappera point. Il va être rattrapé par ses crimes perpétrés depuis le 19 septembre 2002. Le massacre des gendarmes à Bouaké, les femmes enceintes éventrées... Il va connaître le même sort que ceux qui ont été soutenus par les grandes puissances pour détruire leur pays. Qu'ils se souviennent de Mobutu. Il est mort dans l'anonymat. La France a refusé de lui délivrer un visa pour se faire soigner à Monaco. Et pourtant, c'est lui qu'on a utilisé pour tuer Patrick Lumumba. Que dire d'Omar Bongo. Le pion incontournable de la Françafrique. Paris a actionné des Ong pour l'accabler de recel de biens mal acquis. Ce qui a précipité sa mort. Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, ne diront pas le contraire. Rira bien qui rira le dernier.

Selon la Cpi, il est considéré comme co-auteur de ce qui s'est passé...

C'est du rigolo. Comment peut-on arrêter un co-auteur et laisser l'auteur en liberté. C'est la première fois que nous voyons cela. Le monde est l'envers.

Qui est l'auteur ?

C'est Alassane Ouattara, Guillaume Soro, la France, le Burkina Faso. Ils sont à la base de ce qui est arrivé à la Côte d'Ivoire. ce sont eux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire, le 19 septembre 2002. Le Président Laurent Gbagbo n'a fait que se défendre. Soyons sérieux. Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles. Qu'ils aient du respect pour le peuple ivoirien.

Malgré l'appel de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara l'a transféré à la Cour pénale internationale...

Quant Dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n'aurait pas fait ce qu'Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n'est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l'inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C'est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié.

Que dire de la réconciliation nationale ?

C'est fini. Si Charles Konan Banny a un peu de dignité, il doit démissionner. Parce que son travail est fini. Alassane a enterré la réconciliation. Qui va-t-il réconcilier ? Il ne peut pas réconcilier Alassane avec lui-même. L'idée de réconciliation est terminée. On ne peut pas la faire en excluant le Président Laurent Gbagbo. C'est un acteur majeur. il est incontournable.

Il faut que les Ivoiriens se réconcilient...

La réconciliation sera possible si le Président Laurent Gbagbo est libéré. Il faut qu'on se dise la vérité. La réconciliation sera possible avec son absence. si on se fie aux faux chiffres donnés par Youssouf Bakayoko, Gbagbo pèse 46%. Peut-être que Banny veut réconcilier Alassane avec les ivoiriens.

Que pouvez-vous dire aux Ivoiriens ?

Nous leur demandons de rester mobilisés. La lutte n'est pas terminée. Le combat du Président Laurent Gbagbo dépasse les frontières de la Côte d'Ivoire. Il nous reviendra de manière triomphale comme Mandela, en Afrique du sud. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Le Président Laurent Gbagbo est en congé. Il n'y a aucun doute sur son retour. Nous demandons à la direction du Fpi, aux militants de la Majorité présidentielle et aux démocrates de ne pas se décourager. Le jour de notre jour n'est pas loin. Le combat continue. Nous allons le gagner, pas avec les armes. Mais avec les voies légales et démocratiques.


Entretien réalisé par Yacouba Gbané.

yacou066336510@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien "Le Temps" N° 2505 du samedi 3 décembre 2011.

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.