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mercredi, 02 février 2011

PANEL DES CHEFS D'ETAT A ABIDJAN: L'ONU, L'UE, LA CEDEAO ET LA FRANCE JOUENT LEUR SURVIE



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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Saint-Claver Oula


C'est le compte à rebours. Après avoir tenté par des menaces, sanctions et ultimatums de faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir en vain, des anti-Gbagbo reviennent sous le couvert d'un panel. Mais cette fois avec une marge de manœuvre limitée.


Avant l'entame de la mission des chefs d'Etat de l'Union africaine, une feuille de route semble toute dessinée par l'Organisation des Nations-Unies, l'Union européenne, la Cedeao et la France, tous présents au 16ème sommet à Addis-Abeba. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a exclu d'entrée un recomptage des voix, voulu par l'actuel président ivoirien, Laurent Gbagbo et l'Angola. Pour le patron de l'Onu, ce serait «une grave injustice». Dans la précipitation, Ban Ki-Moon a appelé Ouattara à former un « gouvernement d'union nationale ». Son adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Leroy, a écarté un «partage du pouvoir ». Cette question, selon lui ne saurait se poser. La position de la Cedeao et de la France, résolues à une action militaire et qui y travaillent activement au Burkina Faso et en zone sous contrôle de la rébellion, est déjà connue. C'est Ouattara ou rien.

Au sein de l'Union africaine, le très désobligeant président de la commission de cette organisation continentale, Jean-Ping, a déjà planté le décor : le panel a pour mission d' «amener Ouattara à exercer la réalité du pouvoir par la négociation.» Là où certains présidents, notamment angolais et sud-africain, exigent une évaluation du processus. L'Union européenne, qui a précipité les sanctions et gelé les avoirs des autorités ivoiriennes va-t-elle faire machine-arrière pour se déculotter ? Pas si sûr. Que va donc bien pouvoir négocier le panel de l'Ua? Le sommet d'Addis-Abeba a tout de même révélé «de profondes divisions» entre le Nigeria, dont le numéro un est un anti-Gbagbo, et l'Afrique du Sud, sensible à la posture anti-colonialiste du chef de l'Etat ivoirien. Mais le numéro un du pays de Mandela et le nouveau président en exercice de l'Ua font face à l'excitation d'une nébuleuse qui déroule toute sa diplomatie et met à contribution ses experts militaires pour faire partir Laurent Gbagbo, ce chef d'Etat d'un petit pays qui tient tête aux grandes puissances. Ne pas réussir à le faire partir serait un véritable échec qui emporterait les décideurs de l'Onu, l'Ue et la France. Ce sera la remise en cause de la diplomatie mondiale avec en ligne de mire la fragilisation des Nations-Unies qui pourrait connaître la même fin que la Société des Nations (Sdn). La crédibilité de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama (qui a choisi ces derniers temps de se murer dans un silence) pourrait également en souffrir en France et dans le monde et retourner contre eux leur opinion et donner du grain à moudre à leurs opposants.

L'enjeu pour ces entités est tel qu'une bataille féroce va s'engager durant le mois pendant lequel vont travailler les chefs d'Etat et leurs experts (encore onusien choisis par Ban Ki-Moon) sur la crise post-électorale. De ce panel, les Ivoiriens attendent une objectivité dans la démarche. Il s'agit de réévaluer le processus électoral et recompter les voix pour confondre Laurent Gbagbo et déterminer celui qui a perdu et celui qui a gagné les élections. Si le panel se limite à des notes préétablies, en ne procédant pas comme l'a souhaité Jacob Zuma, à «vérifier d'abord les faits», c'est sûr que les Ivoiriens feront face à une longue crise, encore plus aigue qui pourrait déboucher sur un éventuel conflit armé entre pro et anti-Gbagbo. Ou, la communauté internationale pro-ADO, à laquelle Jacob Zuma et Obiang Nguema tiendront certainement tête dans la quête de la vérité, à défaut de se dédire, pourrait jouer sur le pourrissement de la situation et espérer une révolte du peuple ou un assassinat de Laurent Gbagbo. Parce qu'une action militaire pourrait déclencher l'entrée en scène des alliés de l'actuel chef d'Etat ivoirien.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PANEL DE L'UA SUR LA CRISE IVOIRIENNE: LES JEUNES PATRIOTES NE VEULENT PAS DE COMPAORE



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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Frank Toti


Le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, a animé une conférence de presse hier au Baron de Yopougon. Au menu, la composition du Panel de l'Ua censé évaluer la crise post-électorale ivoirienne et proposer des solutions.

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Charles Blé Goudé et l'alliance des jeunes patriotes ont salué l'initiative des chefs d'Etat africains de mettre sur pied un panel pour évaluer la crise post-électorale. Selon lui, la solution militaire préconisée par certains chefs de l'Etat de la Cedeao était une honte pour l'Afrique. Seulement, il se trouve qu'il ya un problème dans la composition du panel. Où figure le président burkinabé aux côtés des présidents sud-africain, tanzanien, mauritanien et tchadien. Le leader des jeunes patriotes a en effet été sans équivoque quant à la présence de Blaise Compaoré dans le panel des cinq chefs d'Etat africains. «Si tant il est vrai qu'on voudrait que la Cedeao soit représentée dans le panel, il n'y a aucun problème. Parce qu'il y a plusieurs pays dans la sous-région. Nous ne comprenons pas la présence de Compaoré dans le panel, il faut donc l'en retirer», a-t-il dit. Car selon lui, le président burkinabé a démontré qu'il n'est pas la solution mais plutôt le problème de la crise ivoirienne. «Pour nous, Blaise Compaoré doit être récusé et nous le récusons. Et il n'est pas le bienvenu en Côte d'Ivoire. Il est un danger pour la sous-région. C'est lui qui a déstabilisé la Sierra-Léone, le Libéria», a fait savoir Blé Goudé. Car, explique-t-il, Compaoré égale à Ouattara, Blaise Compaoré égale à Nicolas Sarkozy. Au dire de leader de la jeunesse patriotique, le président burkinabé a aggravé la crise ivoirienne dans son rôle de médiateur, après avoir offert gîtes et couverts aux rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire. Parce que, justifie le «Général», l'ex-facilitateur tire d'importants profits de la crise en Côte d'Ivoire d'une part et apparaît comme un belligérant dans la crise ivoirienne, d'autre part.

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Dans la foulée, Charle Blé Goudé demande au SG de l'Onu Ban Ki Moon et son représentant spécial, Young Jin Choi, d'éviter de biaiser la noble mission des chefs d'Etat africains, avec des déclarations plus que partisanes. A moins qu'ils ne ruent dans les brancards pour éviter que le monde entier ne découvre la vérité sur les élections en Côte d'Ivoire et leurs nombreux mensonges couverts, pour faire plaisir à Nicolas Sarkozy.

Les jeunes patriotes ont invité l'ensemble des Ivoiriens d'accord avec l'évaluation de la situation par le panel de chefs d'Etat, et qui disent non à la présence de Blaise Compaoré dans ce panel, à un grand rassemblement à la Place de la République du Plateau, samedi prochain.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE – «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A ETE EMBARQUEE DANS UNE ENTREPRISE FOIREUSE»



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Une interview d'Hermann YAMEOGO (Président de l'Union Nationale pour la Démocratie et le Développement (UNDD) - leader de l'opposition au Burkina Faso) à l'hebdomadaire San Finna (Burkina Faso).


1) San Finna : Etes-vous étonné par la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire ?
Me Hermann Yaméogo (HY) : Pas le moins du monde ! J'ai souvent employé le concept de coup d'Etat électoral dans le contexte de la crise ivoirienne pour prévenir que malgré l'Accord politique de Ouagadougou, on pourrait bien recourir à la fraude pour convertir cette tentative de putsch du 19 septembre 2002 en coup d'État électoral.

2) Qu'est-ce qui vous faisait penser à cela ?

HY : Dans toutes les Résolutions du Conseil de Sécurité comme dans tous les accords relatifs au dossier ivoirien, il était régulièrement mentionné la réunification, le désarmement, la reconnaissance de la primauté de la Constitution, des lois et institutions ivoiriennes. Le 4ème accord complémentaire de l'Accord de Ouagadougou du 22/12/2008 précisait bien, concernant le désarmement, ce qui suit en son Article 3 :
« Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants; des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle ». Eh bien, malgré toutes ces garanties, le désarmement n'a pas eu lieu. Pour moi, le simple fait que l'on n'ait pas vu s'exercer des pressions de la part de la communauté internationale pour que la rébellion rentre sincèrement dans la République, indiquait qu'il y avait anguille sous roche. On entendait utiliser la partition de fait du pays pour influencer le moment venu, le vote.

3) Mais alors, pourquoi d'après vous, Laurent Gbagbo a-t-il tout de même accepté d'aller à ces élections ?

HY : En tout cas, il se sera battu pour faire respecter la Constitution ivoirienne qui dit que les élections ne peuvent s'organiser quand le pays est divisé. Mais la pression était trop forte, et pour le contraindre à aller à la guillotine électorale, on a mis à contribution les médias pour le faire apparaître comme un pleutre, celui qui se défile tout le temps pour organiser les élections parce qu'il sait qu'en le faisant, il ne peut qu'en sortir perdant. Il a fini par s'y plier, se disant sans doute qu'il avait certaines cartes maîtresses en main : un peuple avec lui, l'engagement de la communauté internationale à faire respecter la Constitution ivoirienne, celui de son adversaire de respecter les décisions de la Commission électorale indépendante comme celles du Conseil constitutionnel.

4
) Ne peut-on pas quelque part, dire qu'il se prévaut maintenant de sa propre turpitude ?
HY : L'argument pour moi est puéril et juridiquement faible.
D'abord, à la limite, ce n'est pas parce que quelqu'un accepte d'être victime d'une infraction pénale que cela efface automatiquement la commission de l'acte délictueux et éteint toute action pénale. Si l'on peut transiger sur tout ce qui intéresse le civil, on ne peut -sauf rares exceptions- le faire pour le pénal. Ensuite, Laurent Gbagbo n'a jamais accepté le bafouement de la primauté du Conseil constitutionnel ni le transfert de la légitimation populaire du peuple souverain de Côte d'Ivoire à une communauté internationale, juridiquement incapable.

5) Mais, et cet article 64 du Code électoral qui montre que le président du Conseil Constitutionnel s'est trompé parce qu'il aurait dû faire reprendre les élections... ?

HY : D'abord, nulle part, il n'est fait interdiction à ce Conseil d'évoquer un différend électoral et de le vider en dernier ressort. D'ailleurs, la loi organique relative au Conseil constitutionnel prévoit ces cas de figure. Mais à supposer même que votre observation soit fondée, encore qu'on en soit loin, on ne ferait là que commenter une décision de justice revêtue de l'autorité de la chose jugée, non susceptible de quelque recours que ce soit. Voyez-vous, il n'existe pas une instance à laquelle est reconnu le pouvoir d'élever le contentieux électoral pour réformer la décision du Conseil constitutionnel. Même l'Etat le plus puissant du monde ne le peut. Les Nations Unies n'y sont pas davantage habilitées encore moins la fameuse «communauté internationale » qui n'est même pas un « machin » mais un attrape-nigaud.

6) Et la certification, ça compte pour rien d'après vous ?

HY : La certification, je vous le rappelle, devait se faire à la fin de tout le processus comme cela s'est fait au premier tour. La CEI a tenté de doubler le Conseil constitutionnel, ce qui révèle encore plus a posteriori la préméditation du coup d'Etat électoral. En tout état de cause, le jeu ici n'était pas de faire de Mr Choi celui qui en dernier recours, légitimerait le vainqueur. La Résolution 1765 des Nations Unies, ainsi que l'a rappelé Me Marcel Ceccaldi, avocat du Barreau de Paris, n'a pas fait droit aux demandes d'extension des compétences de Mr Choi mais a plutôt limité ses pouvoirs par rapport à ceux qui étaient reconnus à son prédécesseur Gérard Stoudman, Haut représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire. Et il a été réaffirmé que la certification ne saurait s'entendre d'un transfert de la compétence du pouvoir de légitimation du peuple ivoirien au Sieur Choi. Enfin, je vous rappelle qu'un collectif d'avocats entend même demander une sanction contre Mr Choi pour détournement de pouvoirs, violation de la charte onusienne.... Je ne vois pas, si le Droit est bien dit, comment Ban Ki-moon lui-même n'y laisserait pas des plumes !

7) Pour vous donc, Laurent Gbagbo est bien dans son droit ?

HY : Laurent Gbagbo est tout à fait dans son droit. Absolument. La communauté internationale a été embarquée dans une entreprise foireuse par des politiques qui pensaient que de la même manière qu'ils foulent sans conséquence au pied les constitutions de bien de pays africains pour y réaliser des putschs électoraux et placer ceux qu'ils voulaient à la tête des Etats, ils pouvaient ensemble et de concert, en bande organisée, faire la même chose en terre éburnéenne. C'est le bide honteux.
Nicolas Sarkozy, Ban Ki-moon, ont oublié qu'ils avaient affaire à un homme vissé à la tête d'un Etat, en parfaite symbiose avec une Armée patriotique, un peuple mobilisé, et non à des opposants malmenés, sans le sou, dans le silence de la « communauté internationale ». Un homme, qui n'est pas, leur en déplaise, arrivé accidentellement au pouvoir et qui incarne une Cause dans laquelle il lui suffisait de savoir se concilier le temps pour en faire éclater la noblesse aux yeux du monde. Nous y sommes actuellement, et on peut imaginer l'humiliation, pour ne pas dire plus, qui en résultera pour tous ceux qui se sont précipités dans cette aventure en osant même semer la graine de la désorganisation dans certaines organisations comme la CEDEAO, l'UEMOA, la BCEAO...

8) Quel sens en définitive donnez-vous au combat qu'il mène ?

HY : Je situe son combat dans une triple dimension.
La première est nationale et concerne la mobilisation de ses compatriotes pour sauver les institutions, l'identité de la Côte d'Ivoire, l'indépendance -au sens entier du terme- de son pays. La seconde est africaine et elle s'attache à sensibiliser tous les Africains à la nécessité d'engager le véritable combat libérateur qui passe par la reprise en main des richesses du continent. La dernière dimension est mondiale et s'attache à l'atteinte portée au droit international par des nations gardiennes de fait de l'ordre public international en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le fait incriminé ici, c'est la reconnaissance par les Usa, la France, l'Union Européenne, les Nations Unies, de l'élection d'un candidat en violation de la Constitution et des lois d'un pays en lieu et place de la volonté d'un peuple, des standards démocratiques internationaux en matière électorale, et ce par des manœuvres dolosives.
Il y a ici un combat transfrontière qui interpelle tous les citoyens du monde soucieux de la primauté du Droit.

9) Quels risques voyez-vous si son combat n'aboutit pas ?

HY : Pour la Côte d'Ivoire, ce serait un virage vers la mise à l'encan des richesses du pays, la captation de sa souveraineté nationale et pour l'Afrique, ce serait une nouvelle ère d'exploitation avec encore plus de mépris et de néantisation de l'homme noir.
Ce serait la voie royale pour la corrosion du Droit, sa domestication par des forces maffieuses, politiques, médiatiques, financières... Ce serait l'amorce d'un processus d'insécurisation du monde car si le Droit, qui est la poutre maîtresse de toute collectivité humaine organisée, est corrompu, c'est toute la collectivité qui le sera.

10) Que pensez-vous de la décision prise à Addis-Abeba de confier à un panel de cinq chefs d'Etat le soin de trouver, dans le délai d'un mois, une solution de sortie de crise contraignante pour les deux protagonistes ?

HY : Elle va dans le sens de certains pays africains (Afrique du Sud, Angola, Malawi, Gambie, Cap Vert, Zimbabwe...) qui ont toujours préconisé le dialogue en lieu et place de la guerre, et surtout une solution typiquement africaine au règlement de la crise. C'est le lieu pour moi de souligner la position tout à fait sage et courageuse prise par Alpha Condé à Ouagadougou et à Luanda par rapport au règlement de ce dossier par des voies négociées.
Cette décision de l'UA, je dirai qu'elle me contente mais m'inquiète aussi.
Elle me réjouit d'abord car elle recadre les va-t-en guerre, démasque l'imposture de la communauté internationale, fait droit contre Ban Ki-moon, à la demande de vérification et d'évaluation du processus électoral demandé par le président Laurent Gbagbo. C'est dire que, plus que les fraudes proprement dites à l'encontre de ce dernier, c'est le complot international contre la Côte d'Ivoire, à travers toutes ses péripéties, qui risque d'être mis à nu.
D'un autre côté, j'imagine les tsunamis que peuvent provoquer ici et là, jusqu'au sein des nations Unies, les preuves rapportées de ce complot. Je me représente aussi les litiges qu'il faudra éventuellement traiter à la faveur du rapport de ce panel comme des décisions des différentes juridictions déjà saisies ou en voie de l'être, qui sont entre autres la Cour de Justice de l'UEMOA, le TANU (NDLR : Tribunal administratif des Nations Unies), la Cour de justice internationale...
Il y a tant de pertes en vies humaines, de dégâts matériels, de violations de droits professionnels, économiques et sociaux, à cause de cette habilitation illégale d'un candidat (qui s'est permis de donner des mots d'ordre ravageurs pour le pays) qu'on peut légitimement être angoissé devant les réparations qui vont suivre. Combien tout cela va-t-il coûter ? Qui va payer la facture ?
En même temps, je me réjouis d'être du bon côté de l'Histoire et de défendre une cause dont je trouve qu'elle servira les intérêts de l'Afrique avec ce leadership de Laurent Gbagbo que je n'ai pas pour rien comparé à N'Nkrumah et à Lumumba au plus fort de la rébellion.

11) Ban Ki-moon vient de dire qu'un recomptage des voix serait injuste pour Mr Ouattara ?
HY : Ban Ki-moon a eu la réaction du noyé qui s'accroche à un brin de paille. Il ne voudrait pas ce recomptage qui va dévoiler le pot aux roses. Je comprends... Mais de là à se rabattre sur le caractère injuste du recomptage, c'est lamentable ! Car qui peut, honnêtement, s'opposer à une mesure aussi élémentaire, destinée à éclairer les décisions à prendre ? Il aurait mieux fait, comme les Forces Nouvelles, de rejeter directement la création de ce panel. Ici, il a fait une sortie totalement décalée qui le décrédibilise encore plus


Source: IVOIREVOX.COM

NE TIREZ PAS SUR L'AMBULANCE, LA COTE D'IVOIRE EST BLESSEE !

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L'écrivain sénégalais, Tafsir Ndické DIEYE, se prononce sur la crise ivoirienne.


« Ne tirez pas sur l'ambulance, la Côte d'Ivoire est blessée ». Ce cri du cœur du panafricaniste Alpha BLONDY, nous l'avons entendu hier vers 18h d'une radio qui passait sa musique. Ce cri nous attriste. Ce chanteur disait, il y a quelques années, que les ennemis de l'Afrique ce sont les africains. Ce message est toujours d'actualité. Mais l'avons-nous compris ? Aujourd'hui, sur cette question ivoirienne, nous sommes étonnés  de constater que ce sont des chefs d'Etats africains et des prétendus intellectuels  qui défendent l'idée d'aller bruler la Côte d'Ivoire pour déloger, disent-ils, « l'usurpateur Gbagbo ». Et pour cela, ils n'hésitent pas à aller jusqu'à la Maison blanche pour négocier une autorisation d'user de la force. C'est accablant!

Dans le passé, le colon réussissait souvent à pousser un roi nègre à combattre son homologue. Et une fois leurs populations affaiblies par ces guerres insolites, sans raison, il usait de sa force de frappe pour les avoir sous ses ordres et faire de leurs peuples ses sujets et de leur richesse son butin de guerre. Cette musique n'a pas changé ; ce sont les pas de danse qui sont devenus par moment saccadés et camouflés. La France de Sarkozy, comme un vampire, guettait la moindre faille dans cette élection pour précipiter la sentence à appliquer à son ennemi-juré Gbagbo en utilisant comme agent exécutant le syndicat des chefs d'Etat béni-oui-oui de ses anciennes colonies.  Cette France de Sarkozy, différente à tout égard de la France des véritables défenseurs des droits humains, cherche à manipuler le monde entier pour arriver à ses fins en Côte d'Ivoire quitte à faire souffrir davantage les ivoiriens. Sarkozy, ne poussez pas vos  disciples chefs d'Etats africains à  tirer sur l'ambulance ! «  La Côte d'Ivoire est blessée ».

La plupart de ces chefs d'Etats, à commencer par le notre, ont des problèmes sérieux avec la démocratie dans leur propre pays. Et personne n'a demandé à ce qu'on les déloge par le feu. WADE, éradiquez le conflit armé en Casamance qui dure depuis 28 ans plutôt que de participer à une opération militaire en Côte d'Ivoire ! Vos propres enfants ne seront pas sur le terrain des opérations militaires.

Quand nous écoutons certains médias français, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander pour qui et pourquoi mettent-ils autant de hargne à promouvoir un discours va-t-en guerre ; une solution armée pour résoudre l'équation ivoirienne ? Ils n'ont pas été ainsi avec les Eyadema au Togo, pour ne citer que cet exemple... et pourtant !

Pire, un député français s'est autorisé d'avancer l'idée d'une  partition de la C'ôte d'Ivoire comme si le peuple ivoirien l'avait sonné. Pourquoi vouloir précipiter ce pays dans le précipice ? Puisque les conflits finissent généralement autour d'une table de négociation, pourquoi ne pas commencer par là dans cette crise postélectorale ? Si les deux hommes aiment la Côte d'Ivoire, ils accepteront de s'asseoir ensemble pour se parler les yeux dans les yeux dans l'intérêt de leur peuple.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas de disserter sur qui a raison. Tous ces belligérants ont tort de prendre en otage le peuple ivoirien depuis des années. Des membres de la  CEI ont donné des résultats à partir de l'Hôtel du Golf, fief de l'un des candidats sans que ce dernier n'ait eu le réflexe de s'y opposer pour éviter que l'on puisse douter de la neutralité de la dite commission. De l'autre côté, le Conseil constitutionnel a déclaré son rival vainqueur en annulant le vote de plusieurs ivoiriens. Et chaque camp livre ses arguments. Chacun dit sa vérité et reçoit le soutien de ses partisans. Présentement, il s'agit de voir comment sauver la Côte d'Ivoire dans la paix, sans effusion de sang. L'Afrique en a assez de voir les armes fabriquées par les occidentaux tonner dans ses oreilles abasourdies, et surtout, si c'est sur  « recommandation » d'un Président qui ne lui voue aucun respect comme Sarkozy le fameux auteur de « l'Afrique n'est pas encore rentrée dans l'histoire ».

Un homme normal qui sait combien les ivoiriens ont souffert de la guerre ces derniers années ne peut pas se permettre de demander à des forces étrangères d'aller les canarder. Il y a anguilles-sous -roche. Il y a des choses qui se cachent derrière cet empressement guerrier d'autant qu'il précise que les soldats de son pays ne prendront pas part à cette guerre. Dans cette affaire, Sarkozy ne lutte pas pour la Démocratie ; seule sa démocratie l'intéresse.  Il faut qu'il cesse de nous prendre pour ses petits nègres.

« Massacrez-vous ! Après nous viendrons pensez les blessures, traduire certains survivants devant les hautes cours de justice et faire tranquillement nos business. »

Chers chefs d'Etats africains, ayez un sursaut d'orgueil pour refuser un tel schéma. N'écoutez pas de tels non-dits, de telles bêtises ! Montrez au monde que vous êtes capables de régler les problèmes de votre continent seuls, sans vous étriper. C'est là où nous vous attendons. Les ivoiriens sont nos frères. Vos peuples ne vous ont pas mandaté pour que vous fassiez la guerre à leurs frères et sœurs. La guerre, y'en a marre ! Ça suffit ! Non de Dieu !   Nous voulons un règlement pacifique de ce conflit. Et ce n'est pas impossible. A la place, la France et ses amis occidentaux sont en train de rendre la vie des ivoiriens difficile avec des sanctions et d'autres dérives verbales inutiles.

En lisant l'éclairage pertinent de Jean Paul DIAS sur la lancinante question de la BCEAO qui s'est invitée dans cette crise, nous éprouvons un certain dégout. La France garante du CFA a reconnu son Président en Côte d'Ivoire, il veut que ce dernier soit le seul autorisé à manipuler les comptes de la Côte d'Ivoire logés à la BCEAO. Et, hop ! Ses disciples, chefs d'Etats africains très disciplinés, au lieu de se battre pour avoir une monnaie commune africaine après cinquante ans d'indépendance afin de se libérer de sa tutelle sur ce plan précis, s'empressent de se réunir pour semer la pagaille au sein de cette institution bancaire, la BCEAO ; histoire de lui faire plaisir. Nous disons que s'ils mettaient autant d'énergie et de diligence au règlement pacifique de cette crise en oubliant les ordres de Sarkozy, avec comme unique souci l'intérêt de leurs frères africains de la Côte d'Ivoire, sans hypocrisie,  ils réussiraient à tuer ce différent dans l'œuf.

Et nous disons que cela doit servir de leçon à tous nos dirigeants. Il est temps que nous apprenions à anticiper sur les crises en Afrique. Par exemple, au Sénégal, malgré ce que les constitutionnalistes disent sur la non recevabilité de la candidature de WADE, ce dernier s'entête à vouloir se présenter à  l'élection présidentielle de 2012. C'est ce genre d'entêtement qui peut déboucher demain sur des situations difficiles qui aggravent la souffrance des populations. Que Dieu nous en garde !  Vive la paix en Côte d'Ivoire !



Tafsir Ndické DIEYE


Auteur de polars et de poésie dont :
Odeur de sang (Polar), Silence ! On s'aime (poésie).
Éditions Le Manuscrit, Paris mars 2008
Horreur au palais (polar), Coédition Nouvelles éditions ivoiriennes/
Centre d'édition et de Diffusion Africaine Abidjan Novembre 2010
E-mail : ndickedieye@yahoo.fr


Source: SUD ONLINE.SN

jeudi, 20 janvier 2011

CRISE POST-ELECTORALE IVOIRIENNE: DES CHARS ET DES SOLDATS BURKINABE ET SENEGALAIS A BOUAKE



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Bouaké, le fief de la rébellion ivoirienne est depuis quelques jours, le théâtre d'intenses manœuvres de déstabilisation orchestrées par les Présidents burkinabé et sénégalais. Ce ne sont plus des rumeurs. La menace est bien réelle. Depuis le mardi 18 janvier 2011, la ville de Bouaké est en effervescence. Et pour cause, 12 chars de combats, 5 camions de transport de troupes, 5 véhicules avant-blindés et 5 porte-chars, sont arrivés dans la ville de Bouaké, fief des rebelles.

Ces engins de la mort ont été accompagnés par 400 soldats burkinabè et 300 soldats Sénégalais. Cette force spécialement débarquée dans la capitale de la Vallée du Bandama, a été convoyée sous le label ECOMOG pour incessamment faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Les choses sont désormais claires et les Ivoiriens savent à partir d'aujourd'hui, les pays qui ont ouvertement déclaré la guerre à leur pays. Il s'agit du Sénégal et du Burkina Faso. Les Ivoiriens ne doivent pas s'étonner de voir les soldats des pays frères tels que le Sénégal et le Burkina Faso, s'engager dans une telle aventure qui leur sera sans doute fatale.

Nous sommes déjà en guerre depuis que les troupes de l'ONUCI tirent à balles réelles sur des Ivoiriens. Le peuple doit rester soudé et uni derrière son Président démocratiquement élu, SEM. Laurent Gbagbo pour faire barrage à l'imposture. Les Ivoiriens savent aussi que, les pays qui font la guerre à leur pays ont un grand nombre de leurs ressortissants ici en Côte d'Ivoire. Nous sommes en guerre et chaque Ivoirien où il se trouve, doit avoir en esprit qu'il est en puissance un soldat. La population doit aider les Forces de défense et de sécurité (FDS), en dénonçant les collaborateurs ivoiriens qui seraient tentés d'héberger les rebelles. Vous devez savoir une chose. Les soldats étrangers ne nous feront pas de cadeau. Ce sont des tueurs sans cœur qui débarqueront avec la ferme intention d'exterminer le peuple Ivoirien. C'est la guerre. Ce sont des Ivoiriens que les soldats burkinabé et sénégalais engagés aux côtés de la France viendront pour exécuter. Nous devons donc défendre âme et corps la Côte d'Ivoire qui reste pour nous le seul refuge. Patriotes, l'heure est venue pour la libération totale de ton pays, la Côte d'Ivoire.


Source: GBAGBO.CI

mercredi, 19 janvier 2011

CRISE IVOIRIENNE: BLAISE COMPAORE PREND SES ORDRES A PARIS


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Le 19 janvier 2011 par IvoireBusiness.


Dans le film françafrique de Patrice Benquet, on parle avec ironie de valets de la France ou Gouverneurs noirs. Il s'agit de chefs d'Etat africains, installés par Paris et aux ordres de Paris. Des sortes de sous-préfets de France, étant entendu que les anciennes colonies françaises n'ont jamais été considérées comme réellement indépendantes, mais comme de simples circonscriptions administratives de la France, à la manière des préfectures ou sous-préfectures.


Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, en est l'illustration la plus achevée, depuis la mort d'Omar Bongo qui dirigea le Gabon pendant 42 ans, qui atteignit des sommets en la matière.
Le beau Blaise se comporte, agit, respire comme un gouverneur noir. Hier, il débarquait à Paris, contre toute attente, pour être reçu par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, convoqué d'urgence par le maître des lieux.


Sa mission, apporter son aide à ce dernier pour faire virer la médiation dans la crise ivoirienne conduite du Premier ministre kényan, Raïla Odinga, qui n'avait pas compris que Paris ne souhaitait pas de négociation entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo.
Compaoré s'acquitta tellement bien de sa mission que le soir même, Raïla Odinga jeta l'éponge et annonça son retrait de la médiation censée trouver une solution à la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.


Puis, toute honte bue, il se répandit dans la presse française pour annoncer sa préférence pour une solution négociée en Côte d'Ivoire, solution négociée qu'il venait justement de faire chavirer grâce à son génie de déstabilisateur en chef de la sous-région. Son silence assourdissant depuis le début de la crise postélectorale née de la dernière élection présidentielle ivoirienne, alors qu'il est le facilitateur des accords de paix de Ouagadougou, en dit long sur ses méthodes. De plus en plus, on parle d'une intervention des troupes burkinabés aux côtés de Licorne dans une opération militaire visant à destituer le Président Laurent Gbagbo.


Ce serait aussi l'une des raisons de la visite du gouverneur Compaoré sur les bords de la seine.


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 18 janvier 2011

RENCONTRE A L'ELYSEE AUJOURD'HUI - SARKOZY-COMPAORE: Y A UN COMPLOT DANS L'AIR !



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In Le nouveau Courrier N°181 du 18 Janvier 2011 par Gilles Naismon


Ce sont deux personnalités dont l'instigation de la guerre qui a débouché sur la partition du pays et l'ingérence notoire dans la crise ivoirienne sont avérées qui vont se rencontrer aujourd'hui à l'Elysée pour discuter de la résolution de la crise post-électorale. Le président français, Nicolas Sarkozy, et son homologue burkinabé, Blaise Compaoré se rencontreront en marge de la médiation du Premier ministre kenyan Raïla Odinga, à Abidjan. Qu'est-ce que ces deux hommes - l'un est tout excité publiquement à l'idée de voir Laurent Gbagbo partir du pouvoir et, l'autre, facilitateur, a adopté depuis une posture inexplicable durant la crise - vont bien mijoter dans le dos des autres chefs d'Etat africains ?

Quand l'on sait que des réunions de planification des opérations militaires, selon des sources crédibles, sont effectuées sur le sol burkinabé par des officiers de l'armée française, avec à leur tête l'ambassadeur de France Emmanuel Beth, et des mercenaires déguisés en soldats d'Ecomog. Compaoré dont le territoire sert de base arrière à la rébellion apparaît comme un partenaire privilégié de Nicolas Sarkozy dans cette autre guerre qu'il est en train de mener contre Laurent Gbagbo pour le faire partir du pouvoir. Quand on sait que Blaise Compaoré fait partie des chefs d'Etat qui manœuvrent en ce moment pour une intervention militaire en Côte d'Ivoire, il y a de forte chance que l'Elysée serve, ce mardi, de lieu de décision d'un assaut final sur Abidjan.

 


Source: LE NOUVEAU COURRIER

UN HEBDOMADAIRE BURKINABE DENONCE LES GRAVES IRREGULARITES ET LES CRIMES DU SECOND TOUR DANS LE NORD



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San Finna, Hebdomadaire d'informations du Burkina-Faso

www.sanfinna.com

Mémo sur le déroulement du scrutin du 28 novembre 2010 dans les régions du nord de la Côte d'Ivoire (zone CNO)


 

Le second tour du scrutin de l'Election Présidentielle en Côte d'Ivoire, qui s'est déroulé le 28 novembre 2010, a été émaillé de graves et nombreuses irrégularités de nature à entacher sérieusement la sincérité et la régularité des résultats du vote dans plusieurs circonscriptions électorales du nord, notamment dans les départements de Korhogo, de Bouaké, de Ferkessédougou, de Boundiali, etc.

Dans la totalité de ces régions, le scrutin du second tour s'est déroulé sans que n'aient été respectés en la matière, les principes de liberté de vote, de transparence, et d'équilibre dans la représentation de chaque candidat ;

De violentes exactions ayant entrainé morts d'hommes ont été commises sur les électeurs et représentants du candidat de LMP en vue d'empêcher ces derniers de prendre part au vote en violation flagrante de leurs droits constitutionnels et des lois régissant la matière en l'occurrence les lois n°2000-514 du 1er août 2000 portant code électoral et N° 2008-133 du 14 avril 2008 portant ajustement du code électoral pour les élections générales de sortie de crise.

LES FAITS

Dans le département de KORHOGO

Dès la veille du scrutin, soit le samedi 27 novembre 2010, les représentants du candidat de LMP qui se rendaient d'Abidjan à Korhogo, se sont vus refusé l'accès à ladite ville par les Forces armées dites Forces Nouvelles, tel qu'il ressort du rapport du Général de Brigade Kouakou Nicolas, Chef du Centre Commandement Intégré, ainsi que du procès verbal d'audition dressé par voie d'huissier ;

Ceux d'entre eux qui s'y trouvaient déjà, ont soit été mis dans l'impossibilité de se rendre dans leur différents bureaux de vote, soit en ont été sauvagement expulsés sous la menace des Forces Nouvelles après avoir été dépouillés de tous leurs biens et documents ;

Les représentants LMP n'ont donc pris part à aucune opération de vote dans le département de KORHOGO (commune et sous préfecture), vote qui s'est quand même tenu hors leur présence, rompant ainsi, l'équilibre et l'équité prévus par l'article 35 de la loi susvisée et privant de ce fait le candidat de LMP de s'assurer du déroulement, transparent du scrutin et de son dépouillement ;

Il est avéré que dans tout le département de KORHOGO, des faits graves d'assassinat, de menaces de mort, d'intimidations, de séquestrations et d'agressions physiques ont été perpétrés sur les représentants et militants de LMP par les forces nouvelles et par les militants du RDR ;

A titre d'exemple, l'un des superviseurs de LMP, Madame COULIBALY Sita a été sauvagement battue, puis abusivement détenue et ensuite assassinée pour avoir dénoncé les irrégularités constatées dans le déroulement du scrutin de sa zone de supervision ;

Autre triste exemple, celui de Madame TRAORE Kady, superviseur de la LMP qui à été entièrement dévêtue, sauvagement battue, trainée publiquement, puis jetée en prison. Elle a été évacuée au CHU de Cocody où elle subit des soins ;

(Cf. : Photographie de Mme TRAORE Kady)

Le militant de LMP, Yéo KALIFA, habitant à Midrigue, à 75 kilomètres de Korhogo, dans la sous préfecture de M'bengué, est décédé des suites des blessures à lui infligées par les Forces Nouvelles ;

Certaines des exactions commises au cours du scrutin à KORHOGO, ont fait l'objet d'un élément vidéo duquel il ressort les déclarations des victimes ;

(Cf. : Elément vidéo)

Outre le fait que les représentants de LMP ont été empêchés et contraints sous la menace des armes à quitter les bureaux de vote, les électeurs ont également été empêchés d'exprimer librement leur choix , certains d'entre eux ont même été contraints sous la menace des armes à voter le candidat du RDR ;

Dans de nombreux bureaux de vote, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) affectés à la surveillance desdits bureaux, étaient totalement absentes, laissant ainsi la population à la merci des Forces Nouvelles qui semaient de la terreur ;

Il est surtout patent que les violences rapportées se sont particulièrement exercées sur les représentants du candidat Laurent Gbagbo et sur les militants de la formation politique qui le soutient (La Majorité Présidentielle (LMP)) ;

Pis, à la fin du scrutin, les militants du RDR aidés par les Forces Nouvelles ont contraints certains représentants de LMP auparavant séquestrés à signer les procès verbaux de dépouillement pour certifier les résultats obtenus à partir des votes d'électeurs inscrits en leur absence ;

La forte implication des Forces Nouvelles dans le déroulement du scrutin, viole les dispositions de l'article 11 alinéa 2 du Décret N° 2010-278 du 12 octobre 2010 portant organisation et fonctionnement des bureaux de vote qui dispose que : « Nulle force armée ne peut, sans autorisation du Président du bureau de vote, être placé dans la salle de vote ou aux abords immédiats » ;

Les faits suivants ont été également observés :

- Les Superviseurs de LMP ont été agressés dans trois (3) centres de votes (Franco-arabe, Collège NALO BAMBA, EPP Nalo BAMBA), leurs motos ont été confisqués.

- Aux alentours de midi, le Directeur Départemental de Campagne, COULIBALY Mamourou, et le Ministre Lanciné GON ont dû, sous la menace des militants et sympathisants du RDR, être exfiltrés par L'ONUCI.

- Le véhicule de type 4x4 du Ministre Lanciné GON a été attaqué et les vitres brisées. Les représentants du candidat de LMP ont été molestés et chassés des bureaux de vote, leurs motos ont été confisquées.

- A l'EPP Nalo Bamba : le déroulement du vote a été interrompu et le DDC, M. COULIBALY Mamourou, a été expulsé par les rebelles, ainsi que les représentants de LMP.

- Au collège Nalo Bamba, les forces de l'ordre étaient absentes. Certains militants et sympathisants du RDR, violant la législation en vigueur, ont continué de faire campagne sur les lieux de vote contraignant les électeurs à voter pour le candidat du RDR.

- A l'école Franco-arabe : un superviseur de LMP a été battu, chassé, puis, interdit de réapparaître sur le lieu de vote et sa carte d'électeur a été déchirée. Les forces de l'ordre n'étaient pas présentes.

- A Siélékaha : le représentant LMP a été chassé du bureau de vote.

- A Nabromandougou : contrairement à la loi, l'urne a été installée en plein air. Par conséquent, le vote s'est déroulé au vu et au su de tout le monde flouant ainsi le principe du secret du vote.

- Au quartier Soba : les FAFN ont molesté les partisans de LMP ainsi qu'à l'EPP Soba où le superviseur LMP, Commandant SORO Bakary a été battu.

- Dans le quartier Kassirimé 2, des lettres de menaces de mort ont été glissées sous les portes des citoyens, en vue de les intimider. Comme cela a été notamment le cas de Messieurs YÉO Yaradjiwa et de SORO Nougounou.

- A l'EPP Nanguin, il n'y a pas eu d'éléments des forces de l'ordre, laissant ainsi la population à la merci des Forces Nouvelles.

- Un superviseur de LMP a subit au centre de la ville de Korhogo, un braquage. Sa motocyclette et des documents électoraux en sa possession lui ont été volés.

- Au Quartier Ahoussabougou : M. Silué Moussa, superviseur de LMP a été pourchassé et son second collègue battu à sang. Il est actuellement hospitalisé, et son état est jugé critique.

- A l'EPP Soba (BV1), des militants et sympathisants du RDR ont proféré des menaces verbales à l'encontre des représentants de LMP. Ils sont parvenus à faire arrêter par les FAFN, un de nos superviseurs pour des raisons encore ignorées.

- Absence des forces de l'ordre, aux quartiers Kassirimé, à l'EPP Tchekeleso et dans les villages de Lonya, et de Nabougnoukaha, ce qui n'était pas de nature à rassurer les électeurs, qui de ce fait se sont abstenus de prendre part au vote.

- A Nanguinkaha, le représentant LMP a été chassé du bureau de vote.

- A la fin du scrutin, les représentants LMP, sous la menace des armes, ont été rappelés et contraints de signer les procès-verbaux de dépouillement, les fiches d'émargement et les fiches de pointage des résultats.

- De façon générale, des éléments armés des Forces Nouvelles, ont circulé toute la journée dans les différents bureaux de vote en exigeant que le vote se fasse en faveur du candidat du RDR ;

Ces faits ne sont pas exhaustifs et ne sont pas déroulés que dans le seul département de KORHOGO, le département de BOUAKE à également été le théâtre des mêmes scènes.

Dans le département de BOUAKE

Commune de BOUAKE KOKO

Dans plusieurs bureaux de différents lieux de vote, les représentants du candidat de La Majorité Présidentielle ont été arrêtes, notamment :

* A l'EPP Dar Es Salam 2 (code 036),
* A l'EPP CNPS (code 039), Lycée Moderne 2 (code 037),
* Au Groupe Scolaire Djézou Rails (code 096).

Au Lycée Yamousso Marie Thérèse (code 040), de nombreux représentants ont été battus puis séquestrés. L'un d'entre eux est actuellement dans un état critique. Il n'a eu la vie sauve que grâce à l'intervention du Préfet de Région.

A Dar Es Salam 2, le superviseur du lieu de vote de, Monsieur Daouda Sylla a été passé à tabac par les éléments Forces Armées des Forces Nouvelles avant d'être enlevé.

Au Lycée Moderne, certains représentants des bureaux de vote ont été expulsés. Retrouvés à leur domicile à la fin du scrutin, ils ont été contraints sous la menace des armes, de signer des procès verbaux de dépouillement auquel ils n'avaient pas assisté .

De nombreux bureaux de vote, sont concernés par les faits susvisés. Ce sont entres autres :

* Groupe scolaire Aboliba 4BV (code 060),
* Foyer des jeunes de Koko 4BV (code 058),
* EPP Dar Es Salam 2 à 6 6BV (code 036),
* Lycée Moderne 2-5BV (code 037),
* Lycée Yamousso Marie Thérèse 4 BV (code 040),
* Groupe Scolaire CNPS 4BV (code 039),
* EPP Dar Es Salam 1-6BV (code 038).

Il faut également noter que de nombreux procès verbaux ont été déchirés dans les lieux de vote notamment à l'EPP Djezou Kouamékro 1 (code 098) et et à l'Ecole Maternelle Berger (code 097).

Dans les bureaux de vote d'Allokro-Yaokro, les présidents ont fait voter des personnes de leur choix en lieu et place des électeurs absents et les procès verbaux ont été emportés par des éléments des Forces Nouvelles.

Lesdits éléments ont engagé des courses poursuites contre les militants de La Majorité Présidentielle jusqu'à tard dans la nuit et procédé à des arrestations après la fermeture des bureaux de vote.

La veille du scrutin, aux environs de 19 heures le Quartier Général de campagne du candidat LMP situé à l'habitat Gonfreville a été attaqué, saccagé puis pillé par les éléments des Forces Nouvelles très armés.

Cf : Photos relatives aux dégâts matérielles causés lors de cette attaque

Ces hommes en armes étaient transportés par un cargo militaire sur le flanc duquel il était mentionné « Commandant zone 3 » et dirigé par le n° 2 du commandant Chérif Ousmane.

L'attaque et le pillage du Quartier Général ont occasionné des préjudices énormes.

En effet la somme de cinq millions quatre vingt deux mille (5.082.000) francs CFA destinée au désintéressement, au transport et à la restauration des délégués a été emporté avec tout le matériel de la Direction Départemental de Campagne et le personnel du Quartier Général a été séquestré avant d'être conduit et incarcéré au 3ème bataillon jusqu'à 02 heures du matin.

Quant au Directeur Départemental de Campagne Monsieur KOUASSI Ferdinand alias Watchard Kédjébo, il était activement recherché, alors que son chauffeur et son garde de corps étaient déjà mis aux arrêts.

Cf : Procès Verbal de constat d'Huissier

Commune de BOUAKE AHOUGNANSSOU

Dans cette circonscription, des personnes en armes à bord de deux véhicules de marque Mercedes non immatriculées ont saccagé et brulé tout le Quartier Général de LMP dans la nuit du 27 au 28 novembre 2010.

Le dimanche 28 novembre jour du vote, les éléments des FAFN et du RDR ont agressé et enlevé les représentants des lieux de vote (Collège Henri POINTCARRE et Lycée Ouezzin COULIBALY) au prétexte que les mandats de représentation en leur possession n'étaient pas des originaux.

Ce même jour, les domiciles de certains superviseurs de LMP ont été saccagés.

Dans le village de KONANPRIKRO, en face du Campus 2 de Bouaké, des urnes déposées à même le sol à coté d'un véhicule ONUCI, ont été remplis par une vingtaine de personnes avant d'être transportés au siège de la CEI Locale.

Dans le but d'intimider et d'effrayer les populations, des éléments des Forces Nouvelles ont tiré des coups de feu dans toute la ville pour les empêcher sortir pour exercer leur droit de vote.

Cf : Procès Verbal de constat d'Huissier

Commune de BOUAKE BELLEVILLE

Comme il ressort des déclarations de Monsieur N'GORAN Kouassi Pierre, Directeur Départemental de Campagne de Bouaké BELLEVILLE, le vote s'y est déroulé dans des conditions extrêmement difficiles à Bouaké BELLEVILLE.

En effet, le 28 Novembre 2010, durant le déroulement du vote, les représentants du candidat de LMP ainsi que leurs militants et sympathisants ont été objet de menaces de mort, d'exactions diverses, d'intimidation et autres faits délictueux de la part des éléments des Forces Nouvelles.

A titre d'exemple l'on peut faire cas de l'expulsion des représentants du candidat LMP qui ont été éconduits les uns après les autres des cent quarante sept (147) Bureau de Vote que compte cette Commune.

A Minankro et à l'Ecole Saint Jacques, ces sont tous les superviseurs du candidat de LMP qui ont été arrêtés par des éléments des Forces Armes des Forces Nouvelles. Leurs mandats de représentation et les listings électoraux en leur possession ont été déchirés ;

Monsieur SINAN Souleymane Directeur Départemental de Campagne Adjoint du LMP dans cette localité a été sauvagement battu par les Forces Nouvelles.

Tous ces faits ont fait l'objet de dépositions au Centre de Commandement Intégré, à l'ONUCI.

Dans tous les bureaux de vote, les procès verbaux de dépouillement ont été signé soit en l'absence des représentants LMP , soit par eux mêmes, sous la contrainte des armes.

Les bureaux de vote dans lesquels de graves irrégularités ont été constatées sont les suivants :

- EPP Kotiakoffikro (03 Bureaux de vote)

- EPP Kanontakpé (4 Bureaux de vote)

- Ecole Saint Jacques (13 Bureaux de vote)

- EPP Dogouba (05 Bureaux de vote)

- EPP Liberté (05 bureaux de vote)

- Groupe scolaire BAKASSA (06 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Paris Bouaké (05 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Annexe (04 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Oliénon (03 bureaux de vote)

- EPV Protestant (05 Bureaux de vote)

- Lycée moderne MOHAMED 5 ( 7 Bureaux de vote)

- Groupe scolaire Belleville 14 (04 Bureaux de vote)

- Lycée Moderne Belleville (04 Bureaux de vote)

- Collège Moderne Jeunes Filles (05 Bureaux de vote)

- EPP Camp Militaire

- Groupe Scolaire Belleville Nord

Ces faits d'une extrême gravité démontrent que les opérations de vote tant à BOUAKE qu'à KORHOGO ou encore à FERKESSEDOUGOU, BOUNDIALI, SAMATIGUILA, MANKONO, etc. n'ont pu se dérouler dans la transparence requise pour la sincérité du scrutin et sont de nature à constituer un vice substantiel dans les opérations électorales ;

Ces faits graves qui ne sont cependant pas exhaustifs, ont manifestement mis nos représentants et nos électeurs dans l'impossibilité de participer et de suivre le déroulement du scrutin, et enfin d'attester de la sincérité des résultats. Dans la plupart des cas, ils ont été empêchés d'entrer en possession de l'exemplaire du procès verbal de dépouillement qui leur revient de droit ;

Les témoignages concordants des personnes concernées, les procès verbaux d'audition et de constat d'huissier, le communiqué préliminaire de la Coordination des Observateurs Electoraux Africains (COEA), observateurs internationaux accrédités par la CEI pour suivre le déroulement des opérations de vote, font foi de la véracité des faits relatés ci-dessus.

(Cf. : Divers procès verbaux d'audition d'huissier)

(Cf. : Communiqué préliminaire de la COEA)

Bien vouloir constater ces graves irrégularités et dire qu'elles sont de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, en violation de l'article 9 du Décret N°2010-278 du 12 Octobre 2010 portant organisation et fonctionnement des bureaux de vote. Et ce sera justice.



 International Watch (Tous les documents annexés, disponibles sur le site de l'organisation. Voir adresse ci-dessous)


www.interwatch.org

 

Source: SAN FINNA.COM

mercredi, 05 janvier 2011

DES NATIONS S'APPRETENT A ATTAQUER LA COTE D'IVOIRE VIA LE BURKINA FASO

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Il y a un temps pour toute chose a dit un grand homme de Dieu, le roi Salomon d'Israël. Je reviens à la charge, je viens interpeller tous mes frères Ivoiriens: Tenez-vous en éveil car des choses tragiques vont arriver à ce pays; le plus grand complot que vous n'avez jamais vécu. Cela va se passer dans votre pays. Je dirai notre très cher pays qu'est la Côte d'Ivoire, celle-là qui a fait le beau temps de tous les Africains, tant de l'Ouest que du reste de l'Afrique, et surtout de ceux de toute la sous-région. Sans oublier les hommes de tous les quatre coins du monde.


Je suis Dao, votre frère Daouda, soldat de l'armée Burkinabé; garde rapprochée d'une haute autorité de l'armée, proche du président Blaise Compaoré, de qui je tire toutes ces informations que je vous communique par amour pour mon pays, car je suis métisse Ivoiro-burkinabé, Ivoirien de par ma mère qui est Baoulé de Yamoussoukro, je me sens autant Ivoirien que Burkinabé car une partie de mon SANG l'est. Quiconque recevra ce message que je vous communique a pour devoir de le communiquer à son tour à tous nos frères Ivoiriens car le pays est en DANGER, un grand complot de la FRANCE et ses allies via le BURKINA FASO se prépare sur notre nation.

Je vais vous les détailler et même vous révéler tout ce que je sais pour l'heure et tant que j'aurais en ma possession des informations capables d'aider les Ivoiriens, je ne me lasserais jamais de vous les envoyer par toutes voies possibles. Je sais que ce que je vais vous dire ne sera pas du goût de tous les Ivoiriens, car nombreux sont aussi ceux d'entre nos frères qui ont accepté de brader la Côte d'Ivoire à la France pour des intérêts personnels, même si pour certains selon que je sais, cela est lié à leur sort: tels que le président Bédié, Guillaume Soro et tous les chefs de la rébellion que vous appelez Forces Nouvelles; certains parmi eux y sont engagés à nouveau par contrainte, contre leur gré. Il est l'heure que vous vous unissiez, chers parents et chers frères Ivoiriens. Vous n'êtes pas les seuls à en souffrir, il y a beaucoup d'autres Africains qui en souffrent, pratiquement des Burkinabés qui y ont des parents, et ceux qui aiment aussi la Côte d'ivoire, ce si beau et riche pays de par sa renommée.

Mon patron, à l'instar d'autres autorités militaires, civiles et administratives, quoique certains d'entre eux soient même auprès du président Compaoré, en souffrent et en parlent. Nombreux sont les Burkinabés de tous rangs sociaux qui voient en Gbagbo Laurent un véritable modèle et leader charismatique dont a besoin l'Afrique. Certains iront même à dire, si nous pouvons avoir un homme si courageux comme cet homme dans ce pays, capable d'affronter le président Blaise, nous nous alignerons. A dire vrai, les Burkinabés sont fiers du président Gbagbo et cherchent un leader de sa trame pour faire tomber ce manguier. Dieu est Grand et il y a déjà des Gbagbo-bis qui se préparent dans l'ombre avec le soutien de certains grands officiers. L'heure approche, ce manguier tombera et la sous-région retrouvera sa paix, et le Burkina Faso aura son image redoré. Nous avons honte de notre chef qui est reconnu comme le déstabilisateur de toute la sous-région. Son heure approche aussi à petits pas. Chers Ivoiriens, c'est le temps de vous unir et d'être plus fort que jamais car voici en quelques lignes ce qui va se passer dans ce si beau pays que jalousent ceux qui veulent le détruire.

Demandez à tous nos parents qui sont dans la Zone Ouest, les allogènes et les autochtones de faire très attention car il y a des mercenaires qui ont été déjà engagés, des escadrons de la mort à la solde de Mr Ouattara, qui d'ailleurs est un Burkinabé et d'ailleurs, ici même au Burkina, l'âme la plus ignorante elle-même sait que cet homme est un véritable Burkinabé. Tous les élèves et étudiants Burkinabés le savant, toute l'administration ici le sait, tout le monde, oui, je dis bien tout le monde le sait, c'est pourquoi, il n'a aucune pitié pour les Ivoiriens et est prêt à tuer même ses propres frères Burkinabés, avec la complicité du président Compaoré, de la France de Sarkozy et ses autres alliés Européens et Américains. Ils veulent passer à une opération qu'ils vont appeler "Les escadrons de la mort de Gbagbo". Leur but sera d'envoyer des mercenaires Sierra-léonais, Libériens et Burkinabés en plus de ceux des Forces Nouvelles qui vont semer la terreur et la mort dans toute la Côte d'Ivoire, ils vont opposer les habitants des régions de l'Ouest. Dans la région de Man, ils vont tuer beaucoup de militants du RHDP dans des villages, tuer des Baoulés du PDCI, tuer des Dioulas du RDR, tuer des étrangers de la sous-région, ils vont attaquer des mosquées, tuer des chefs religieux musulmans et des opérateurs économiques Français et accuser les soi-disant "ESCADRONS DE LA MORT DE GBAGBO" qui d'ailleurs a été monté par eux-mêmes.

Mr Alassane Dramane Ouattara est un sadique, il est sans pitié pour vous, Ivoiriens. Ils planifient tuer des leaders de l'opposition qui font route avec eux, dont l'ex-président Henri Konan Bédié qui a une forte communauté ethnique derrière lui, ils vont créer la chienlit sur toutes les zones occupées par le gouvernement du président Laurent Gbagbo... Ils sont en train de corrompre quelques corps habillés du gouvernement, c'est une stratégie de révolte : pousser toutes les ethnies à la haine et à s'affronter les unes les autres, et la rébellion en profitera pour attaquer, semer une confusion totale dans le pays, de sorte à affaiblir l'armée Ivoirienne qui soutient le président Gbagbo. C'est de là que des positions armées déjà prévues via le Burkina, passeront à l'action : l'armée nigériane, sénégalaise et française ; d'ailleurs les dernières citées sont déjà positionnées, ici. Frères Ivoiriens, vous la jeunesse, la Côte d'Ivoire compte sur vous; les Burkinabés disent: "La patrie ou la mort, nous vaincrons!". Que cela soit votre devise, en ces temps qui courent. Toute l'Afrique vous regarde et même le monde.

Vous êtes rentrés dans l'histoire de votre destinée. Dieu est toujours avec le juste qui est faible. Comprenez Soro Guillaume, il est devenu l'otage de la France, car il a un dossier très sale qui le suit, lui qui parle du TPI aux autres, c'est ce qui le menace et le contraint, par Mr Ouattara et Compaoré avec la France, de s'aligner, sinon, gare! De même que ses chefs de guerre et ses ministres, un mot d'ordre leur a été donné, sinon ils n'échapperont pas au TPI. Soro doit se souvenir de l'attentat manqué contre lui qui a dû couter la vie à certains de ses proches... Je t'informe cher frère Soro, qu'à la fin, toi et tous ceux d'entre vous qui êtes rebelles contre votre cher patron ADO, ils vous tueront et reprendront leur pacte avec leurs alliés dans le but d'affaiblir le parti de Konan Bédié (PDCI). Ouattara va s'éterniser au pouvoir s'il l'a, et s'en allant, il le remettra à un autre étranger pur sang comme lui en vue de corriger les Ivoiriens de leur orgueil, comme ils le disent, ici.

Le chef rebelle fidèle à Mr Ouattara est rentré en Côte d'Ivoire après insistance. Il refuse de collaborer avec des traitres, comprenez par là Soro, Wattao et leurs alliés. Donc ce qui a été arrêté, c'est qu'on doit les utiliser et après régler leur compte car un traitre demeurera toujours un traitre... Il n'y a plus de confiance entre eux. Ils veulent aussi procéder à un assassinat sur la personne du président Gbagbo. Ils cherchent en ce moment quelqu'un proche de lui pour le faire. Priez pour la Côte d'Ivoire, Dieu seul peut la sortir de là... Je vous aime, chers frères ; certains officiers supérieurs de l'armée burkinabé vous aiment. Vous serez nos modèles si vous résistez à ce grand ennemi qui est la France ! Nous vous suivrons juste après. Dites au président Gbagbo que le Peuple burkinabé et des soldats de l'armée burkinabé l'aiment ; nous n'allons pas vous trahir. Certains de nous vont trahir le combat, il y aura une grande confusion qui risquera d'atteindre le Burkina Faso aussi, car "celui qui sème le vent récolte aussi la tempête". Quelques soldats Burkinabés vous aideront, nous n'accepterons pas tous de détruire la Côte d'Ivoire pour faire plaisir aux occidentaux, surtout à la France. Sarkozy, Blaise et Wade veulent la mort de Gbagbo, c'est tout.

Aujourd'hui, ils sont en train d'associer à eux le Nigérian Goodluck. J'aurais appris de source très sûre que beaucoup de chefs d'Etat sont contre ce fait ; ce faisant, ils ont demandé à la France de faire une pression sur ces chefs d'Etat-là et c'est ce qui se passe, en ce moment. La Côte d'Ivoire est sur le point d'être attaquée, c'est juste quelques chefs d'Etat africains qui les retiennent. Ils ont déjà apprêté l'armée burkinabé, nigériane et sénégalaise, ainsi que des soldats français...

Je vous prie de bien vouloir faire circuler ce message partout, même dans la sous-région si vous y avez des amis. Priez surtout, frères Ivoiriens, priez pour votre pays et pour votre gouvernement. Un évêque d'ici a dit à mon patron, récemment, que le président Laurent Gbagbo de la Côte d'Ivoire est un chef établi par Dieu, car avec toute cette pression, ce Monsieur résiste et est toujours là... Je vous demande de balancer ce message dans des sites de la presse ivoirienne et africaine.

Que Dieu vous bénisse ! Votre frère Dao, qui est à la disposition de la Côte d'Ivoire, autant de fois qu'il pourra.


 

Source : GBAGBO.CI

dimanche, 26 décembre 2010

LA FRANCE OPTE POUR LE CARNAGE EN COTE D'IVOIRE


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Le Gouvernement Français, à l'issue d'une réunion de crise tenue à l'Elysée sur la crise ivoirienne a donné son feu vert pour une option militaire en vue d'installer Alassane Ouattara dans le fauteuil présidentiel. Pour le faire, la France a actionné les Chefs d'Etats de la CEDEAO pour une réunion de crise sur la Côte d'Ivoire, le 24 décembre à Abuja, au Nigeria. Là-bas, la décision devrait être prise d'utiliser le couvert de la force de l'ECOMOG pour dégager Laurent Gbagbo, quelque soit le prix de sang à payer.


Pour justifier l'intervention tout a été essayé :

• Une simulation de l'attaque de l'ambassade du Nigeria à Abidjan-Plateau a été organisée et


• Une demande de Soro Guillaume a été ouvertement formulée pour une intervention militaire internationale.


• Des charniers ont été inventés pour émouvoir toute la planète dans les différents quartiers d'Abidjan.


• Depuis deux jours, on annonce à Bouaké et Abidjan, la présence de plusieurs mercenaires allemands et des snipers français ainsi que des militaires de pays voisins.


• Des jeunes burkinabés sont en effervescence dans leur pays à l'idée de venir combattre en mercenaires aux cotés des rebelles de Ouattara et Guillaume Soro.


Nicolas Sarkozy qui en a fait une affaire d'honneur a demandé à la Hollande de prêter à la France un bateau de guerre, initialement en position dans les eaux somaliennes pour lutter contre les pirates. Le Parlement hollandais a donné son accord. Ce bateau devrait mouiller sur les côtes Abidjanaises dans quelques jours pour soutenir militairement les forces de l'ECOMOG.


L'opération viserait à éliminer physiquement le Président Laurent Gbagbo ou à occuper la capitale politique Yamoussoukro.


Les patriotes ivoiriens qui, les mains nues, depuis 2002 résistent à l'ingérence intolérable de la France dans les affaires intérieures de leur pays sont à pied d'œuvre pour faire une fois de plus barrage à cette nouvelle et grossière imposture française !!!

 

Source: Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

vendredi, 24 décembre 2010

POURQUOI IL FAUT CRAINDRE QU'ADO SOIT AU POUVOIR


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Dans le soutien tous azimuts apporté par la « communauté internationale » au candidat malheureux du second tour de l'élection présidentielle ivoirienne, Alassane Dramane OUATTARA, il existe un péril sourd et sombre qui échappe peut-être aux Ivoiriens mais que nous avons jugé opportun, indispensable voire urgent de relever, ici.

Tous, nous sommes témoins de l'appui indéfectible dont bénéficie, en ce moment, ADO de la part de la France, des Etats-Unis, de la Belgique, de l'Allemagne, du Sénégal, du Gabon, du Nigéria, du Burkina-Faso, du Mali, de la CEDEAO, de l'UE, de l'UA (dans une certaine mesure) et de l'ONU. Or, il est de notoriété que les pays n'ont pas d'amis mais des intérêts. Avoir la France et les Etats-Unis dans son camp n'est pas une bénédiction, loin s'en faut. Ce sont les pires états-voyous qui soient. On a encore à l'esprit leurs crimes odieux au Rwanda et en Irak. Ils ne sont aucunement fondés à donner des leçons de démocratie à qui que se soit, dans ce monde.

En la matière, le Président Barak OBAMA est une grosse déception pour nous autres Africains qui avons vu en lui un homme aux grandes valeurs, surtout quand il a dit au Ghana que ce dont l'Afrique a besoin, ce n'est pas de régimes forts mais plutôt d'institutions fortes, tout éminent constitutionnaliste qu'il est. Il se sera finalement signalé, en Côte d'Ivoire, comme un homme d'une bien déprimante petitesse, qui soutient une rébellion armée ayant perdu les élections après s'être rendue coupable de crimes et d'irrégularités innommables au Nord et qui refuse de se plier à la décision du Conseil Constitutionnel, organe suprême en matière électorale, en Côte d'Ivoire, donnant vainqueur le Président Laurent GBAGBO. Pour le constitutionnaliste qu'il est, nous en restons sans voix. Pas d'ailleurs étonnant que sa cote soit en chute libre dans son propre pays. Il faudra certainement aller chercher l'explication à cette dérive stupéfiante dans leur appartenance commune aux cercles ésotériques que sont les loges maçonniques, l'ordre des Illuminatis et la société secrète des Skull and Bones.

Cette communauté « internationale », telle un essaim d'abeilles, a fondu sur la Côte d'Ivoire et s'adonne en ce moment, dans un véritable tir groupé, au lynchage diplomatique et médiatique de ce petit pays africain. Cela relève du surréalisme. Tout simplement. Aucune proportion gardée avec la nature du contentieux. Mais qu'ADO le sache (et je suis convaincu qu'il le sait parfaitement), que les Ivoiriens aussi le sachent, ceux qui veulent l'installer au pouvoir auront une main sur votre fauteuil et un droit de regard sur sa gestion, comme l'a si bien dit le Président téméraire Laurent GBAGBO lors de son investiture, le samedi 4 décembre 2010, au palais présidentiel, ainsi qu'un politologue camerounais, hier, sur Canal 3. C'est un fait majeur à relever.

Mais le plus grave, c'est ce qui suit. C'est que cette nuée de « supporters » qui a rué dans les brancards contre la Côte d'Ivoire, au lendemain de la victoire du candidat GBAGBO, n'est pas venue faire de l'humanisme ou de la philanthropie pour les beaux yeux d'Alassane Dramane OUATTARA. Que nenni ! Pour eux, il faut bien le savoir et il faut que cela soit très clair dans l'esprit de tous les Ivoiriens, la Côte d'Ivoire est un gâteau ; un gâteau qu'il faudra partager après l'aboutissement de leur projet. Si donc par extraordinaire, ADO était installé au pouvoir en Côte d'Ivoire par ces forces des ténèbres, nous pouvons dire adieu à notre pays. Il sera désormais dirigé et téléguidé depuis Washington et Paris. Quand Laurent GBAGBO le qualifiait de candidat de l'étranger, il s'est trouvé des gens pour s'en émouvoir. Peut-être de bonne foi. Aujourd'hui, ils ont le bec dans l'eau. Les preuves crèvent les yeux, actuellement. En ce qui nous concerne, nous, Ivoiriens jaloux de leur pays, il est hors de question de brader nos richesses à des intérêts ultralibéraux et à leurs réseaux politico-mystico-mafieux. Il n'est donc pas question pour nous de laisser les rennes de notre patrie à la gouvernance d'ADO pour qu'il la dépèce avec ses petits copains. Ils sont trop zélés pour être désintéressés.

Les Ivoiriens qui pensent donc que c'est par amour, par sympathie ou empathie que tous ces pays apportent leur soutien à leur candidat Alassane OUATTARA se trompent lourdement. Ils n'ont d'yeux que pour leurs intérêts énergétiques et économiques et ils comptent bien se partager les dépouilles de notre pays, après leur éventuelle victoire (ils ne l'auront, d'ailleurs, jamais). Mais nous ne leur donnerons pas (à ces frères ivoiriens) l'occasion de regretter, dans cinq ans, d'avoir fait un si mauvais choix. Nous protègerons notre patrie. C'est la seule que nous avons. Je n'en dirai pas autant d'ADO.


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire, une, indivisible, hospitalière et digne !

 

 

DINDE Fernand AGBO

mercredi, 22 décembre 2010

ASSASSINAT DE LAURENT GBAGBO : UN COMMANDO DE 26 SNIPERS A ABIDJAN DEPUIS HIER



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In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 Gilles Naismon


Le président français, après avoir donné un ultimatum de 72h (qui n'a eu aucun effet) à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir, veut passer à l'action militaire, en éliminant le président ivoirien.

Nos sources au Burkina Faso et dans l'Hexagone, notamment à Paris, sont formelles et confirment aisément cette information sur laquelle travaillent les fins limiers ivoiriens. 26 snipers de l'armée française, des hommes de couleur, ont pu rallier Abidjan via Ouagadougou et Bouaké avec l'appui de l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui les a habillés dans ses uniformes. Encagoulés sous le couvert de «soldats de la paix», ces tireurs d'élite se sont vus confier la tâche d'exécuter un certains nombre de personnalités du pouvoir parmi lesquelles figure en première place l'actuel président de la République Laurent Gbagbo. Les 26 tireurs d'élite, qui ont transité par Ouagadougou, ont pu prendre des instructions auprès du général Emmanuel Beth, ancien commandant de l'opération Licorne et actuel ambassadeur de la France au Burkina Faso. La nomination de celui-ci à ce poste était perçue comme un positionnement stratégique dans la poursuite de déstabilisation d'Abidjan, au cas où Ouattara perdrait les élections présidentielles à la régulière.

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Le gouvernement américain cité dans le convoyage de mercenaires allemands

Le gouvernement américain, vu que son numéro un s'est impliqué fortement dans l'opération « tout sauf Gbagbo », est également très actif dans cette opération «tout sauf Gbagbo ». Ainsi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique a sollicité et obtenu une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny accordée sous le N°1353/PR/EMP. Il s'agissait d'un appareil de type GULF STREAM N°186/PA ou N°184 PA ou SUBS exploité par la compagnie Phénix Air avec pour commandant de bord, le commandant Brian Edminster qui devait atterrir comme prévu à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Au grand étonnement des autorités légales du pays, l'appareil descend à Bouaké, fief des rebelles, via Alger, la capitale algérienne. Un commando de mercenaires composé d'une douzaine d'allemands a été débarqué. En réalité, l'autorisation d'escale et de survol demandée par les Américains pour enquête à leur ambassade d'Abidjan, suite à une roquette qui l'aurait touchée jeudi dernier, n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et avoir accès à l'un des aéroports ivoiriens.

Une délégation de Ouattara a séjourné au Burkina pour boucler l'opération

Dans la nuit du 19 au 20 décembre dernier, le président du Rdr, Alassane Ouattara a envoyé une délégation auprès du président burkinabé pour solliciter, selon des sources crédibles, un «soutien logistique, matériel et humain». Ce soutien vise à engager une épreuve de force visant à mettre à la tête de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Le président Blaise Compaoré, à qui la demande a été adressée, a confié le dossier au colonel Diendiéré Gilbert, son chef d'état-major particulier. La délégation d'ADO et le colonel Diendieré ont eu une séance de travail à cet effet le 20 décembre à Ouagadougou.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 18 décembre 2010

DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE : L'ARMEE FRANÇAISE S'APPRETE A ENTRER EN SCENE DEPUIS LE BURKINA



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In Le Nouveau Courrier N° 158 du 18 Décembre 2010 par Gilles Naismon

Profitant des relations «sournoises» qui le lient à Blaise Compaoré, le président Nicolas Sarkozy s'apprête à entrer en scène dans quelques heures pour obtenir le départ de Laurent Gbagbo par la force.


Selon une source aéroportuaire au Burkina Faso, trois cargos militaires français ont atterri dans la soirée du jeudi 16 décembre sur le tarmac à Ouagadougou. Le «package de Sarkozy», composé de soldats français et de logistiques militaires, poursuit notre source, sera acheminé vers la Côte d'Ivoire par sa frontière nord. Les Forces françaises auraient été reçues par le général Emmanuel Beth, ancien patron de la Force licorne, nommé récemment ambassadeur de France au Burkina Faso.

Avant même la prise officielle de service de l'ambassadeur de France au pays des Hommes intègres, sa nomination avait fait des gorges chaudes sur les bords de la lagune Ebrié. Les supputations allaient déjà bon train du côté de la Côte d'Ivoire, pays où ce dernier a commandé de 2002 à 2003 la force française d'interposition, la Licorne.

Le général Beth à l'œuvre

Les analystes des enjeux politico-diplomatiques avaient vu dans cette nomination une crainte de la métropole d'une déflagration en Côte d'Ivoire au cas où le scrutin présidentiel ne se tiendrait pas comme elle le souhaitait. Emmanuel Beth, non loin de là, pouvait bien coordonner une éventuelle intervention militaire. Les prévisions des autorités françaises anti-Gbagbo semblent se confirmer, au point de vouloir convoyer du renfort en zone rebelle. Ce renfort à la rébellion, révèle notre source, en marge à l'ultimatum de Sarkozy à son homologue ivoirien, à qui il « demande de céder le pouvoir dans les 72h» confirme une volonté de la France d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire. Ainsi, après que son filleul ait enregistré un échec patent dans la prise de la Rti et la Primature, jeudi et vendredi, mais surtout l'avènement de la guerre civile qu'il appelait de tous ses vœux en Côte d'Ivoire, Nicolas Sarkozy a décidé lui-même d'entrer en scène pour imposer un individu qu'il contrôle aux Ivoiriens.

Les cargos français, nous a-t-on confié, ont été mis en route dans la nuit d'hier en direction de la zone nord de la Côte d'Ivoire. Et ses hommes appuieront la rébellion ivoirienne au cas où l'armée régulière engageait une offensive de libération des territoires occupés par les hommes d'Alassane Ouattara. On se rappelle que sur ordre du prédécesseur de Nicolas Sarkozy, une partie de la flotte militaire ivoirienne avait été anéantie, le 6 novembre 2004. La France avait là un prétexte tout trouvé pour freiner l'offensive de «l'opération Dignité». Les avions bombardiers ivoiriens « Sukhoï 25 » sont détruits. Mais une réaction entraînant une autre, les patriotes sont descendus dans la rue dénonçant «l'occupation de leur pays et la tentative de renverser le président Laurent Gbagbo, orchestrée par la France». C'est par millier qu'ils avaient convergé vers l'aéroport d'Abidjan pour «le libérer». Cette fois, ce sera certainement un autre match.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES PREUVES DE LA COLLUSION ONU-FORCES REBELLES POUR UN COUP D'ETAT EN COTE D'IVOIRE

 

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L'ONU, sa représentation locale l'ONUCI, les Etats-Unis d'Amérique, la France, l'Union Européenne, la CEDEAO, le Burkina-Faso, le Sénégal, et le Nigéria, pays dits démocratiques, états frères africains et organisations de la paix préparent en coalition contre la Côte d'Ivoire, un coup d'état militaire, au mépris de toute réserve diplomatique, au mépris de notre souveraineté, de nos instituttions et de la volonté du peuple ivoirien qui a porté le Président Laurent GBAGBO au pouvoir. Avec tout le risque que cela comporte de faire basculer la Côte d'Ivoire et toute la sous-région ouest-africaine dans une rwandadisation plus grave et plus étendue que celle déjà enregistrée dans l'histoire récente et malheureuse de notre continent. Voici, en photo, les preuves de la conspiration internationale contre un pays africain souverain déterminé à ne se soumettre à aucun diktat, d'où qu'il vienne, et à vivre dans la paix, ainsi que dans la liberté de décider pour lui-même de sa destinée.

Le jeudi 16 décembre 2010, ces forces et états coalisés ont aidé les rebelles ivoiriens (en brassards bleus onusiens, appuyés de casques bleus onusiens) et des assaillants fondus dans la masse des marcheurs, armés d'armes de guerre, à mener leur assaut insurrectionnel contre la Côte d'Ivoire. La presse acquise à leur cause a même parlé d'assaut final. Cela n'a été rien d'autre, au final, qu'un coup d'épée dans l'eau. Par la grâce de DIEU et par la maîtrise de soi  et le professionnalisme dont ont fait montre nos Forces de Défense et Sécurité (FDS). Nous avons déploré avec une grande amertume la mort de 20 frères Ivoiriens (10 agresseurs et 10 éléments des FDS), arrachés à l'amour de leurs familles par la bêtise humaine au service de causes perdues et d'ambitions politiques surdimensionnées. Pendant ce temps, un certain Nicolas SARKOZY, ne comptabilisant que la mort des 10 agresseurs armés, se fend en menaces contre Monsieur et Madame GBAGBO, dans des déclarations à l'emporte-pièces, à Bruxelles. L'occasion était trop belle. Comme en Guinée. Ces charognards n'ont besoin que de notre sang versé, dont ils se repaissent, pour alimenter leurs diatribes racistes et leurs arguties haineuses.

Afrique, tu en es témoin! Terre, tu en es témoin! Nous ne voulons plus de médecins après la mort qui viennent s'apitoyer sur notre continent. Si vous avez encore de la dignité et un peu de considération pour la vie, pour les droits humains et la liberté des peuples de se choisir les dirigeants qu'ils veulent, vous êtes interpellés, peuples africains et peuples du monde!


Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

CRISE IVOIRIENNE : MAITRE VERGES PREND POSITION

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Dans une interview accordée au quotidien Burkinabé « Le Pays », le célèbre avocat français Jacques Vergès prend position dans la crise postélectorale en Côte d'Ivoire et sur la justice internationale. Extrait !


Quelle lecture faites-vous de la situation en Côte d'Ivoire ?

Jacques Vergès : A mon avis, les Occidentaux ont poussé à faire des élections en Côte d'Ivoire. On fait des élections pour confirmer un consensus. Il n'y a pas de consensus en Côte d'Ivoire. Il vaut mieux attendre 12 ans que d'arriver à la situation actuelle.
D'autre part, l'Occident appui un candidat. Je pense que c'est une erreur. Ce candidat apparaît comme un candidat de l'étranger.

Pour vous, le candidat auquel vous faites allusion n'a pas gagné les élections?

J. V. : Je n'en sais rien. Même s'il a gagné... Je n'habite pas la Côte d'Ivoire, je ne connais pas exactement la Côte d'Ivoire. Je ne peux pas, comme les Occidentaux, rester à l'étranger et dire que c'est comme ci ou comme cela.

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Quelle appréciation faites-vous de la justice internationale ?

J.V. : Je préfère parler plutôt d'injustice internationale. Vous savez, les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l'égard des Indiens d'Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques.

Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d'opium. Au nom de l'esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd'hui, c'est au nom de la justice qu'ils interviennent. Quelle est cette justice ? J'ai travaillé pour le tribunal de la Yougoslavie et pour celui du Cambodge. Les magistrats appliquent des règles, mais eux n'ont pas de règles. Ils font leurs règles eux-mêmes.

Au Burkina ou en France, un juge dit que telle personne est gardée à vue 30 jours. La loi dit que c'est le délai maximum. Mais le juge dit que je veux le garder plus longtemps. La loi est faite par le Parlement et non pas par le juge. Dans le cas de Milosevic (Ndlr, il était un de ses clients) au tribunal pour la Yougoslavie, on a changé la loi 22 fois. Ils violent le principe de Montesquieu. C'est la première chose. Au Cambodge, le tribunal vient de décider de faire appel à des donateurs privés.

Quand un homme riche vous donne de l'argent, ce n'est pas pour rien. Vous vous vendez. Quand vous acceptez l'argent de n'importe qui, vous faites n'importe quoi. Je prends l'exemple du tribunal pour le Liban. Il y a 4 ans, les commanditaires de ce tribunal ont dit qu'il faut mettre en cause les Syriens. On a arrêté 4 Généraux réputés pro-syriens. Il n'y avait rien contre eux. Les commanditaires ont dit ensuite que les Syriens ne les intéressaient plus, mais cette fois c'est le Hezbollah. On a libéré les captifs et on a essayé de mettre en cause le Hezbollah. Un tribunal est responsable devant l'opinion. On a fait le procès de Milosevic sans un Serbe dans le tribunal. On fait un procès au Cambodge où le chef du gouvernement dit qu'il ne veut pas qu'on accuse d'autres personnes, autrement il y aura la guerre civile. Le procureur qui est Canadien dit qu'il a le droit d'avoir une opinion. Les magistrats de la Cour internationale sont atteints de ce qu'on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu'il ne s'est rien passé à Gaza, pas parce qu'il ne s'est rien passé à la prison d'Abugraïb.

La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l'Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c'est aux Africains de les juger. Pourquoi l'Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent. Il y a le cas de Béchir au Soudan. Je pense que les pays africains ont raison de ne pas appliquer le mandat international. L'Afrique n'est plus sous tutelle. Les Américains accepteront-ils qu'un pays africain juge Georges Bush pour sa guerre d'agression contre l'Irak ?


Source : Le quotidien burkinabé LE PAYS

mercredi, 15 décembre 2010

ALCIDE DJEDJE: LES DESSOUS D'UNE MANIPULATION MEDIATIQUE MONDIALE

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C'est le premier entretien que vient d'accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Il dénonce l'ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d'un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre sur la radio Kernews. Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d'un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l'enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à Sciences Po, a notamment été représentant permanent de la Cote d'Ivoire à l'ONU. Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.


Télécharger l'interview en format audio Mp3:

http://dl.free.fr/mnn64cQxA

 

Kernews : Que se passe-t-il en Côte d'Ivoire ? Pourquoi pensez-vous que Paris et Washington ont pris parti à ce point sur cette question de politique intérieure ivoirienne ? Pour vous, est-ce une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain ?

Alcide Djédjé : Oui, il s'agit d'une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire de la part de la France et des États-Unis. Cette ingérence s'est faite d'abord au Conseil de sécurité à New York, puisque le représentant des services extérieurs des Nations Unies a reçu des fortes pressions pour que le président de la Commission électorale indépendante, qui normalement siège de façon collégiale et par consensus, soit amené dans les locaux de l'ONUCI à Abidjan pour proclamer les résultats. Monsieur Choi a refusé et il m'a appelé à cet effet. C'est ainsi que le président de la Commission électorale indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l'Hôtel du Golf, le QG de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont France 24, pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. Voilà ce qui se passe en Côte d'Ivoire et cela a été fait par la France et les États-Unis... L'ambassadeur de France et l'ambassadeur des États-Unis en Côte d'Ivoire sont très actifs et, la veille, le président Sarkozy avait envoyé un courrier au président de la Commission électorale indépendante pour lui demander de proclamer les résultats sur le champ. J'étais moi-même en face de militaires Français qui, à 22h40 le soir, tentaient de remettre le courrier au président de la Commission électorale indépendante. Cela nous a été signalé par les militaires ivoiriens. Je me suis rendu sur les lieux moi-même et j'ai appelé l'ambassadeur de France qui a demandé aux militaires de retourner au camp Licorne, ils semblaient très embarrassés. Ce sont ces instructions du président Sarkozy qui ont été exécutées le lendemain. Ensuite, le président Sarkozy, et aujourd'hui le président Wade, ont appelé le président Jonathan Goodluck pour orienter la décision de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Plus grave encore, l'ambassadeur américain à Abidjan, que j'ai reçu en mon bureau, connaissait la veille la position que l'Union africaine allait prendre. Donc, il s'agit non seulement d'une ingérence dans les affaires intérieures, mais d'une manipulation des institutions telles que la CEDEAO et l'Union Africaine pour que Alassane Ouattara soit déclaré président. Malheureusement pour eux, Monsieur Ouattara n'a aucune prise sur la réalité du terrain ici en Côte d'Ivoire. Donc, nous avons formé notre gouvernement parce que le président Gbagbo a été élu président de la République comme suite aux réclamations faites et aux décisions du Conseil Constitutionnel qui l'a proclamé vainqueur. Voilà comment les choses se présentent aujourd'hui à Abidjan.

Excellence, vous nous avez rappelé cet état de fait : c'est-à-dire cette différence de voix, l'écart entre la participation et le nombre de voix proclamé au moment de l'élection, avec près de 630 000 bulletins de vote en plus. En France, on disait ironiquement il y a quelques décennies, à l'époque où il y avait des bourrages d'urnes dans certaines banlieues, que l'on faisait voter les morts... Nous n'en sommes pas très loin, finalement...

Oui, bien sûr, on voit bien que tout a été orchestré parce qu'ils voulaient absolument qu'il y ait cette proclamation illégale, hors délai, de la Commission électorale indépendante. Pendant que les trente autres membres de la Commission centrale attendaient au siège de la CEI, Monsieur Bakayoko a été kidnappé par l'ambassadeur de France et des États-Unis, encadré par des gendarmes des Forces nouvelles et l'ONU, pour aller proclamer des résultats et, plus grave, au QG de campagne de l'un des candidats. Ceci, sur une télévision française... Je ne comprends pas cet empressement et nous voyons aujourd'hui que c'était vraiment grossier. Cela apparaît comme quelque chose de surréaliste et une ingérence trop grossière, trop flagrante... J'ai dit à l'ambassadeur des États-Unis qu'il n'était pas subtil dans sa manière de faire. On peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable. On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le Conseil Constitutionnel est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la Cour suprême des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d'autre, aucun autre Etat, n'a contesté la validation par la Cour suprême des États-Unis de l'élection de Monsieur Bush. En France, il y a eu des invalidations qui concernent Madame Ségolène Royal, je n'ai pas d'éléments précis là-dessus, mais le Conseil Constitutionnel joue ce rôle en France. Pourquoi, en Côte d'Ivoire, ce serait un représentant du secrétaire général des Nations Unies qui jouerait ce rôle ? Simplement, on pense qu'il faut toujours flouer notre souveraineté, on pense qu'il faut toujours nous écraser et cela, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous avons formé notre gouvernement. Peut-être que l'on viendra nous écraser, nous chasser tous de Côte d'Ivoire, faire de la purification, pour qu'il y ait une Côte d'Ivoire conforme à la façon de penser de Monsieur Sarkozy et des autorités américaines. Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu'un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington.


Les médias occidentaux nous expliquent qu'il y a une pression de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo et son équipe. Que signifie la communauté internationale ? On a vu que la Russie a une position légèrement divergente, que la Chine ne partage pas cette position, ainsi que beaucoup d'autres pays. Cela signifie-t-il qu'il y aurait une communauté internationale médiatique, celle qui donne le la dans les médias internationaux, celle qui forge l'opinion publique mondiale et que seule cette communauté internationale médiatique compterait ?


Vous avez raison. Dans cette affaire, la Russie a pris position très clairement. D'abord, il n'y a pas eu à New York de déclaration présidentielle, comme le souhaitait Susan Rice qui préside en ce moment le Conseil de sécurité pour les États-Unis. Il y a eu un communiqué de presse, qui n'a pas la même valeur... Et même le contenu de ce communiqué de presse a été discuté pendant plusieurs jours, ce qui est très rare, pour que finalement, suite à la manipulation qui a été faite par le président français à la réunion de la CEDEAO, la Russie, par principe, tout en n'étant pas d'accord sur le fond et en maintenant sa position sur la souveraineté de la Côte d'Ivoire - en disant que ce n'était pas le mandat des Nations Unies de scinder des comptes et de proclamer des résultats dans une élection présidentielle dans un Etat souverain - la Russie a laissé publier ce communiqué. Nous avons rencontré le représentant russe après et cela ne veut pas dire qu'elle était d'accord sur le fond. La Chine, également, a eu une attitude très claire. Le gouvernement chinois a fait un communiqué pour dire qu'il fallait laisser prévaloir le droit, respecter les institutions et aller au dialogue politique. C'est la teneur du communiqué de la Chine. Vous avez raison de dire que la Chine, la Russie, et même l'Afrique du Sud, car il y a une position qui n'était pas similaire à celle de la CEDEAO, ni à celle de l'Union Africaine... et également l'Angola, la Libye et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) sont très clairs là-dessus. Simplement, ce qui fait la différence, comme vous le dites, c'est le battage médiatique : c'est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout parce qu'ils s'attendaient à ce qu'à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d'Ivoire pour lui et la Côte d'Ivoire avec lui. Il a l'armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d'Ivoire. C'est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n'est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c'est venir envahir la Côte d'Ivoire et installer Ouattara. Même après l'avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. Donc, vous avez raison d'affirmer qu'il y a une espèce de campagne médiatique très forte orchestrée par deux capitales principalement, Paris et Washington, certains autres faisant du suivisme opportuniste.

Vous avez évoqué certains Etats, j'ajoute que le nonce apostolique a rencontré le président Gbagbo en l'appelant ainsi : cela signifie-t-il que le Vatican reconnaisse aussi le président Gbagbo ?


Oui. Bien qu'il n'ait pas encore fait de déclaration, le Vatican est très réservé sur ce qui se passe. Il y a des pays qui sont réservés et qui jouent leur rôle habituel de neutralité, tels que la Suisse. Ce que je veux vous dire - faites la différence entre le président Gbagbo et les puissances qui veulent imposer Monsieur Ouattara - c'est que nous voulons construire la paix en Côte d'Ivoire et eux veulent imposer quelqu'un au pouvoir en vue d'en profiter, étant donné qu'ils font partie de certains réseaux, des réseaux d'intérêts. Ils veulent intervenir dans les affaires de la Côte d'Ivoire, ils veulent mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire pour pouvoir mieux saisir et exploiter nos richesses. C'est la différence entre eux et nous. Pour eux, peu importe le nombre de morts qui pourraient sortir d'un conflit tel qu'ils l'attisent actuellement. Ils sont devenus des déstabilisateurs et ils ne sont plus des faiseurs de paix. Ils utilisent les Nations Unies pour déstabiliser la Côte d'Ivoire. Ce qui se passe est très grave. Les Nations Unies sont en train de déstabiliser un pays alors que le rôle des Nations Unies, sa charte, c'est d'être un faiseur de paix. C'est très, très grave.

Cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Voilà des pays membres permanents du Conseil de sécurité à qui incombe une très lourde responsabilité pour ramener la paix dans le monde et, au contraire, ces pays utilisent les Nations Unies à leur profit pour des raisons d'intérêts. Peu importe pour eux ce qui peut se passer après. On voit bien que l'on nous a forcés à aller à des élections sans désarmement du Nord ! Pouvez-vous imaginer que l'on puisse organiser des élections dans une partie de la Côte d'Ivoire avec des rebelles armes au poing ? C'est ce qui s'est passé. En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j'étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l'époque avions demandé qu'il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d'aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd'hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C'est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d'Ivoire et du blocage actuel en Côte d'Ivoire. Ils n'ont pas la capacité de gérer correctement le monde. Il y a un problème de gouvernance qui se pose pour les puissances membres du Conseil de sécurité, notamment la France et les États-Unis, et qui entraîne des parties du monde dans l'impasse actuellement. Il est bien beau de parler de bonne gouvernance, mais la gouvernance mondiale est ingérable aujourd'hui. La France n'a pas de politique africaine actuellement. Elle procède par petits coups comme en Côte d'Ivoire, en utilisant certains réseaux, c'est bien dommage.

Deux réflexions s'imposent de la conversation que nous venons d'avoir. D'abord, on a tenté d'organiser des élections dans un Etat souverain, alors qu'une partie du territoire de cet État souverain était encore contrôlée par des milices armées...

Oui.

Deuxième point, celui de la gouvernance mondiale, ce qui m'amène à une question plus personnelle : ce problème avait été soulevé au moment de la guerre en Irak, or finalement rien n'a été fait depuis sept ans...


Vous avez raison, rien n'a été fait depuis sept ans. Cela coïncide même avec le début de la crise ivoirienne qui a commencé en 2002. Vous vous souviendrez qu'au départ, les Nations Unies étaient chargées de régler le problème en Côte d'Ivoire et, au lieu de chercher à ramener la paix en Côte d'Ivoire, la France, après l'accord de Marcoussis, a fait endosser cet accord de Marcoussis par les Nations Unies et a toujours tenté de faire partir le président Gbagbo, au lieu de régler le problème de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Après, nous avons eu la signature de l'accord de Ouagadougou (APO). Nous avions espéré avoir, avec cette prise en main par les ivoiriens eux-mêmes et avec l'aide du président Compaoré, des élections après la réunification. C'est ce qui était prévu dans l'accord politique de Ouagadougou : les élections devaient avoir lieu deux mois après le désarmement et la réunification. Mais les Nations Unies, par l'intermédiaire de la France et des États-Unis, ont fait des pressions en disant que le président Gbagbo ne veut pas aller aux élections et qu'il est possible de faire les élections maintenant, etc... Comme à New York, c'est la France qui a l'initiative du projet de résolution sur la Côte d'Ivoire. Bien que récusés par le président Gbagbo, ils ont continué et imposé que les élections aient lieu même avant le désarmement au nord et avant la réunification. Voilà, en manipulant les Nations Unies, la CEDAO et l'Union africaine ont abouti à un échec total sur le cas de la Côte d'Ivoire et cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Il n'y a pas d'objectif, il n'y a pas d'idéal de paix, mais il n'y a que les réseaux d'intérêts qui comptent et cela aboutit à ce que l'on voit aujourd'hui en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire un pays bloqué par la faute des États-Unis et de la France. Ils méprisent les institutions dont la Côte d'Ivoire s'est dotée et qu'elle a calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis, et qui ont déjà statué dans des cas précis, comme l'élection de Monsieur Bush face à Monsieur Al Gore, pour laquelle personne n'a rien eu à redire dans le monde puisqu'il s'agissait d'une question de souveraineté. Mais lorsqu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, puisque c'est un petit pays, peut-être pensent-ils que le président Gbagbo n'est pas de leur réseau ? Peut-être pensent-ils qu'il faut le faire partir et bafouer d'une façon grossière les grands principes qui régissent le monde, c'est-à-dire la souveraineté des Etats et les grands principes qui disent que les peuples doivent disposer d'eux-mêmes ? Il est complètement scandaleux que le président Sarkozy, les ambassadeurs de France et des États-Unis, interviennent d'une façon aussi peu subtile, aussi peu fine, dans les institutions d'un pays souverain. À l'heure où je vous parle, l'ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision (RTI) et d'autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c'est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n'a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l'indépendance.

Dans un territoire qui a un maître, en d'autres temps, on appellerait cela un acte de guerre...


Oui, c'est un acte de guerre. Étant donné que nous n'avons pas d'outrage, il y a certaines choses qui sont tolérées... pour l'instant.

Pour avoir des clefs de compréhension sur ce qui pourrait, peut-être, se passer dans quelques jours : on lit sur Internet certains messages expliquant que vos opposants pourraient envoyer des bataillons d'enfants au premier rang avec, derrière, les forces rebelles armées, pour éventuellement créer la pagaille dans Abidjan et forcer l'armée à réagir devant les caméras de télévision pour montrer à l'opinion publique mondiale que l'armée du président Gbagbo s'attaque à des enfants... Que pensez-vous de cela ?

Nous sommes sur le terrain, je ne crois pas qu'ils puissent en arriver là. S'ils en arrivaient là, vous êtes là pour juger, cette affaire fait déjà le tour du monde. Vouloir mettre les enfants en tête pour ensuite accuser l'armée ivoirienne, qu'ils en prennent la responsabilité. De notre côté, nous ferons tout pour qu'ils n'en arrivent pas là. Ce ne sont pas des méthodes classiques de lutte pour le pouvoir.

Enfin, Paul Collier, professeur à l'université d'Oxford, souligne que l'Occident estime que son modèle de démocratie peut être dupliqué dans d'autres territoires qui n'ont pas toujours la même culture ou la même problématique de population. Or, il considère que l'on continue de se tromper. Cette crise ne révèle-t-elle pas ce problème ?

Oui, on aurait même pu l'accepter et nous l'acceptons en tant que tel. Mais quand on fonctionne au gré de ses intérêts, on bafoue ce modèle occidental. L'exemple de la Côte d'Ivoire est clair et net. Il y a des institutions, la Commission électorale siège de façon collégiale et par consensus, mais ceux qui prônent le modèle démocratique se mettent hors la loi quand le fonctionnement des institutions ne les arrange plus. Ils emmènent le président de la Commission électorale indépendante dans le QG de campagne d'un des candidats. C'est incroyable ! C'est la première fois au monde que cela arrive ! Ensuite, on conteste l'arbitrage du Conseil Constitutionnel, alors que dans leur propre démocratie c'est ce qui s'est fait. Même en acceptant leur modèle, ils agissent au gré de leurs intérêts. Finalement, ils n'ont pas d'idéal et de modèle. L'opinion publique est très forte dans leur pays et ils sont donc obligés de respecter le modèle démocratique dans leur pays. Mais dans les pays les plus faibles, je crois que leur modèle est finalement la dictature. C'est pourquoi je pose le problème de la gouvernance mondiale qui est complètement à la dérive aujourd'hui, par la faute des États-Unis et de la France, dans le cas de la Côte d'Ivoire.



Propos recueillis par Yannick Urrien.

 

Source: KERNEWS.FR

lundi, 13 décembre 2010

DES AVIONS FRANÇAIS ET BURKINABES A BOUAKE DANS LA NUIT DU VENDREDI 10 DECEMBRE



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Après avoir été dérouté plusieurs fois dans leur tentative de déverser des armes et munitions à Abidjan, la France s'est rabattue finalement sur Bouaké. Dans la nuit d'hier (vendredi 10 décembre) par le biais de gros avions porteurs, soutenus par d'autres avions en provenance du Burkina-Faso, les soldats Français ont débarqué du matériel de guerre et d'importants lots de munitions à Bouaké (ville aux mains des rebelles ivoiriens depuis 2002). Pour manœuvrer à souhait et à l'insu de tout regard, les soldats français ont du couper l'électricité durant toute la nuit nous dit notre source. Ce repli sur Bouaké signifie que la vigilance des FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire) dans la zone sous contrôle gouvernementale est parfaite. Mieux, elle montre la détermination de l'armée ivoirienne à en découdre avec cette France qui veut absolument faire de la Côte d'Ivoire un 'deuxième Rwanda'.


Sources : Le Soleil et IVOIRE DIGNITE

 

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Côte d'Ivoire: « Si la bataille doit avoir lieu, qu'elle fasse rage! »

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«L'Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu'à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale.»  Ces paroles claires et fermes, qui ont tout d'une promesse, ont été prononcées par le Général Dogbo Blé Brunot, Commandant de la Garde Républicaine de Côte d'Ivoire et par ailleurs Commandant du Palais présidentiel, lors d'une rencontre avec ses hommes vendredi 10 décembre 2010. A trop vouloir imposer un président illégitime et illégal en la personne d'Alassane Dramane Ouattara, la coalition françafricaine autour de Nicolas Sarkozy ne réussit qu'à radicaliser les positions de l'armée et du peuple ivoirien. Extraits.


[...] «Depuis la proclamation des résultats de l'élection présidentielle, l'une des Institutions, en l'occurrence le Conseil constitutionnel, est attaquée. On dit souvent que les militaires ne doivent pas s'ingérer dans les débats politiques. Mais quand la Nation est attaquée, quand le pays est attaqué par des étrangers, par des gens venus d'ailleurs, tout militaire doit s'engager. Et plus particulièrement les militaires de la Garde républicaine, c'est-à-dire les gardiens de la République, doivent être encore plus engagés. [...]

Je suis venu ce matin pour vous dire qu'il semblerait qu'il y a des gens qui rodent autour des camps, pour recruter des militaires pour les faire basculer dans la « République du Golf », cette république diabolique qui s'est formée sous nos yeux.

Ordre vous est donné ce matin de mettre hors d'état de nuire par tous les moyens celui qui viendrait ici vous contacter. Et gare à celui qui va se rendre complice de ce genre d'individus. Je vous le répète, je vous donne l'ordre de mettre hors d'état de nuire par tous les moyens conventionnels ou non tout individu qui roderait autour de ce camp, pour vous contacter.

En remettant en cause la décision du Conseil constitutionnel, les pays étrangers et Choi démontrent là un mépris à l'égard de la souveraineté de notre Etat. Comme si la Côte d'Ivoire n'avait pas d'enfants. Ils oublient qu'il y a des enfants de la Côte d'Ivoire qui sont là. En Côte d'Ivoire, il y a le peuple et l'armée ivoirienne qui sont là. Je leur dit du haut de cette tribune que la Garde républicaine n'acceptera jamais et se battra de toutes ses forces avec tous ses moyens contre l'application d'une décision autre que celle du Conseil constitutionnel. Ils trouveront sur leur chemin des garçons, des militaires décidés à défendre la souveraineté de leur pays.

[...] Actuellement, ils sont dans un état d'inconscience totale qui leur permet de rêver. On ne peut pas accepter qu'un pays soit piétiné, que les Institutions d'un pays soient piétinées. La Côte d'Ivoire est la terre de nos pères, de nos ancêtres et ce n'est pas la terre des parents de Choi, ni de présidents des pays membres de la Cedeao. C'est à nous de défendre la terre de nos pères. Et personne d'autre ne le fera à notre place.

Ne vous laissez pas intimider ni impressionner par qui que ce soit, par une communauté dite internationale qui n'est qu'un ramassis de comploteurs qui veulent s'accaparer de la Côte d'Ivoire et de ses biens. En tant que dignes fils de ce pays, vous ne devrez pas accepter cela. C'est pourquoi je vous invite au rassemblement, à la mobilisation pour faire barrage à ces imposteurs et qu'ils trouvent sur leur chemin des enfants de la Côte d'Ivoire prêts à défendre leur pays.

[...] Que tous ceux qui sont en train de faire ce complot contre la Côte d'Ivoire, en passant par Hôtel Sebroko (siège de l'Onuci), Hôtel du Golf, Abuja et l'Onu sachent que nous les attendons. Qu'ils se rendent compte qu'ils ne rendent même pas service à ceux qu'ils veulent mettre au pouvoir de force, au mépris des lois de notre pays. Si la bataille doit avoir lieu, il faut qu'elle fasse rage ! Et il faut que vous vous montriez à la hauteur de cet ultime combat de libération. Nous attendons les comploteurs au coin de la rue. Nous les attendons sur le terrain.

[...] L'Hôtel du Golf est maintenant devenu un refuge de bandits. Et je crois qu'à la longue, il faut que nous nous préparions à libérer ce lieu de façon brutale. Parce que c'est un peu trop facile. Il faut qu'on leur montre le contraire.

Officiers, sous-officiers, militaires de rang de la Garde républicaine, cette réunion d'aujourd'hui n'est pas une réunion comme on en a l'habitude, mais c'est un message que je voulais porter à votre connaissance. Face à la situation de mépris révoltante à laquelle nous faisons face, je vous demande de vous conditionner pour le combat ultime de la Côte d'Ivoire.»



Général Dogbo, Commandant de la Garde républicaine de Côte d'Ivoire, le 10 décembre 2010.


Source : SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

samedi, 11 décembre 2010

HEBDOMADAIRE SAN FINNA DU BURKINA FASO: DOSSIER SPECIAL SUR LA COTE D'IVOIRE


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Un regard objectif venant du "pays des hommes intègres" sur la crise ivoirienne et notamment sur le déroulement du second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, il fallait l'espérer, dans la grisaille du lynchage médiatique et diplomatique orchestré par la France contre notre pays pour imposer son poulain, envers et contre toute légalité et légitimité. Ce regard honnête et franc est arrivé. Limpide. Pour le triomphe de la vérité. N'en déplaise aux sourds et aveugles volontaires. Bonne lecture!

 

I- LE FIL DES EVENEMENTS


Le second tour de l'élection présidentielle, précédé par des violences multiples ayant fait plusieurs morts et de nombreux blessés, s'est tenu dans une atmosphère à coupeau au couteau, le dimanche 28 novembre 2010. Les résultats étaient attendus pour la soirée du dimanche, vu qu'il n'y avait plus que deux candidats en lice : Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Mais le suspense va durer trois jours. La raison est que les deux camps ne tombaient pas d'accord sur les chiffres et il y avait des problèmes procéduriers que la CEI se devait de résoudre étant donné que dans ses attributions, il était bien précisé qu'elle devait veiller à ce que le scrutin soit transparent, juste, crédible. D'ailleurs, le camp de Laurent Gbagbo avait déposé ses recours au Conseil constitutionnel annonçant un hold-up électoral au vu des exactions multiples, des empêchements de voter, des bourrages d'urnes, particulièrement dans la partie ouest et nord du pays.

Le lundi soir, Bamba Yacouba, membre du RDR, porte-parole de la CEI, va sur le plateau de la télévision pour proclamer les résultats de la diaspora, non encore consolidés et validés. Irritation pour ne pas dire plus du camp du FPI.

Les choses traînent, les tensions sont extrêmes et on demande aux journalistes de quitter la CEI. Les divergences se font plus que jamais jour. Tout le mardi, on espère mais il n'y a rien jusqu'à ce qu'on annonce pour le lendemain des résultats à 11 h. Mais en ce début de soirée du mardi, le même Yacouba Bamba tente de proclamer des résultats. Des membres du  FPI lui disent de ne pas le faire, les choses n'étant pas terminées mais il persiste, ce qui explique qu'il en soit physiquement empêché. Attitude dénoncée par  Mr Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, qui dira qu'il «ne peut pas user ou abuser de son rôle de porte-parole pour invalider les résultats de Paris et outrepasser le protocole interne à l'institution ».

Le lendemain, toute la journée passe et il n'y a rien. Le soir, à 23 h, Youssouf Bakayoko se rend à la télévision ivoirienne pour dire qu'il faut que les Ivoiriens comprennent que tout n'est pas fini, qu'il faudra encore du temps. Il lui est signifié qu'à minuit pourtant,  le délai est de rigueur. Il répond : « Il n'est pas encore minuit ». Minuit passe, la matinée du jeudi passe, et toujours rien.

A 15 h 03, le Président du Conseil constitutionnel passe sur la Radio télévision ivoirienne pour dire qu'il a dessaisi la CEI qui est forclose puisque n'ayant pu délivrer les chiffres.  Il annonce qu'il prend tout le dossier en main et que, sous peu, les résultats définitifs tomberont.

C'est alors qu'à 15 h 30, deux chaînes de télévision française, France 24 en particulier, annonce que Youssouf Bakayoko a déclaré en catastrophe, la victoire d'Alassane Ouattara, dans un Hôtel.

Le soir, le président du Conseil constitutionnel, Mr Yao Paul N'Dré, repasse à la télévision pour dire que ces résultats sont nuls et non avenus, que les seuls résultats seront ceux qu'il diffusera à la RTI.

Le vendredi après-midi, le même Mr N'Dré annonce la victoire de Laurent Gbagbo qui a obtenu gain de cause au niveau de certaines de ses réclamations qui ont vu des bureaux annulés dans le nord et l'ouest notamment. Ce n'était pas une première : bien de pays l'ont fait. Ainsi, le Bénin a pu annuler plus d'un tiers des bureaux de vote à une élection présidentielle sans qu'on y ait trouvé à redire dans le monde au sujet de la monumentalité du fait.

A la suite de cette proclamation légale, les opposants et leurs amis, notamment de l'extérieur, se sont manifestés pour affirmer que jamais ils ne reconnaîtraient Mr Gbagbo. Mr Young Jin Choi, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire, prend fait et cause pour la proclamation non reconnue par les autorités ivoiriennes, soit celle de Mr Bakayoko, semble-t-il,  toujours enfermé à l'Hôtel, sans qu'on ne sache pourquoi. La Police ivoirienne lance un avis de recherche. Sait-on jamais ! La France, les USA, les médias opposés à Laurent Gbagbo s'activent pour dénigrer la déclaration définitive et sans appel du juge suprême. Tout le monde est appelé à la rescousse : l'Union africaine, la CEDEAO...On tente  un coup à l'ONU : faire accepter Mr Ouattara comme président de la Côte d'Ivoire mais au Conseil de Sécurité, la Russie notamment s'y refuse.

Et le samedi, c'est, croit-on,  l'épilogue : à 14 h, Mr Laurent Gbagbo prête serment devant le Conseil constitutionnel à 13 heures devant des représentants d'organisations internationales, de Chancelleries, devant tous les généraux de l'Armée ivoirienne (venus, il faut le souligner, la veille le féliciter au palais) devant une foule de supporters très heureux. La boucle est-elle bouclée ? Que nenni ! Mr Alassane Ouattara, de son côté, prête serment par courrier envoyé au président du Conseil constitutionnel. Une prestation surréaliste à inscrire dans le Guiness des exploits, avec cette candide explication : «Les circonstances exceptionnelles que vit la Côte d'Ivoire en ce moment ne me permettent pas de prêter serment en personne devant le Conseil constitutionnel». (in Le Figaro du 05 12 2010). Il nomme Guillaume Soro, premier ministre, après que ce dernier ait déposé sa démission entre ses mains.

Face à ce grand « souk », on apprend que Thabo M'beki a été dépêché par l'Union africaine pour tenter de trouver une issue au nouveau problème posé à la Côte d'Ivoire.

C'est un cirque abracadabrantesque qui continue après l'adoubement de la rébellion ivoirienne par la communauté internationale au lendemain du 19 septembre 2002. Mais c'est bien connu, depuis longtemps, la raison du plus fort est souvent la meilleure !



II- PROCLAMATION DES RESULTATS PAR LA CEI NULLE DANS LA FORME ET DANS LE FOND


I
l n'est pas besoin d'être docteur en Droit pour reconnaître que la proclamation des résultats par le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Mr Youssouf Bakayoko, est nulle et de nul effet.

En premier lieu, on voit que dans la forme, il y a quelque chose de choquant. En règle générale, les organes et institutions de ce genre prennent leurs décisions dans leurs sièges. Dans le cas de la CEI, c'est dans un hôtel où se trouvaient les responsables de l'Opposition (dont le candidat Alassane Ouattara) que le président de l'institution a procédé à sa proclamation. Même la journaliste de France 24, Tatiana Mossot, sur place à Abidjan, n'a pas manqué de relever l'incongruité de la prestation. Et c'est tout seul, escorté par deux militaires, sans être entouré de tout son staff qu'il a livré à la dérobée quelques résultats avant de conclure rapidement qu'Alassane Ouattara est vainqueur.

Toujours dans la forme, les Ivoiriens et autres Africains auront remarqué avec un sentiment d'humiliation que c'est devant des chaînes de télévision françaises que la déclaration a été lue par Mr Bakayoko, comme si la légitimation du pouvoir en Côte d'Ivoire était le fait de l'étranger et notamment de l'Hexagone.

Dans le fond, il suffit de relever la forclusion de la CEI puisque le mercredi 1er décembre à minuit, elle devait avoir impérativement proclamé les résultats provisoires, ce qu'elle ne fit pas. Sa parole n'avait donc plus d'effet, et lorsque le Conseil constitutionnel s'est saisi du dossier, la CEI était par le fait disqualifiée pour prononcer les résultats. Ca, ce sont des principes qui valent un peu partout et qui fondent le droit. Or, on veut faire avaler des choses contraires à la loi en décidant contre les lois de la République ivoirienne, contre la constitution ivoirienne, que c'est la CEI qui a raison à la place du Conseil constitutionnel.

Pourquoi ce qu'on ne pourra jamais accepter aux USA, en France, en Allemagne..., on veut l'imposer en Afrique ?



III- CONSEILS CONSTITUTIONNELS AFRICAINS : QUI PEUT FAIRE LA LEÇON A QUI ?


D
epuis que le Conseil constitutionnel ivoirien, évoquant le dossier des élections face à la forclusion de la CEI à trancher dans les délais, on en entend des vertes et des pas mûres sur cette institution.

Aux yeux d'un Antoine Glaser (Patron de « La Lettre du Continent ») ou d'un Jean-Baptiste Placca (Chroniqueur à RFI), le Conseil constitutionnel ivoirien ne serait composé que d'un ramassis de complices de Laurent Gbagbo. Ce point de vue, relayé dans bien de médias, est partagé jusqu'aux plus hautes sphères par nombre de puissances étrangères. On se repaît de cette « anomalie », faisant grâce de cette autre bien réelle qui nous offre une CEI dans laquelle, le déséquilibre joue de façon injurieuse en faveur de l'opposition ivoirienne. Mais soit !

Cependant, si l'on doit mener le débat sur la crédibilité des Conseils constitutionnels ou autres institutions du genre en Afrique, qu'on le fasse clairement, sur la base  d'un débat objectif. On verra alors que le Conseil constitutionnel ivoirien, s'il est « critiquable » est loin de faire plus mauvaise figure que bien d'institutions du même type, ici et là, sur le continent.

Il suffit pour cela de se souvenir de ces exemples centrafricain, tchadien, togolais..., pour se rendre compte que là-bas, dans des conditions carrément injurieuses pour le Droit, ils ont tranché en faveur des autorités en place. Même dans la patrie des droits de l'homme, le Conseil  Constitutionnel, à ce qu'on sache, est composée de gens nommés par le Chef de l'Etat et les présidents des chambres parlementaires. Le fait que le président puisse y envoyer des personnalités qui ne sont pas notoirement inscrits à l'UMP ne change pas au fait que c'est lui qui les nomme.

Il n'est pas insignifiant de rafraîchir ici les mémoires en rappelant le front que Jacques Chirac a eu de s'aménager des immunités perpétuelles  via cette même cour.

Chez nous,  même soumission de l'organe suprême, même modus operandi pour en tirer le meilleur profit. Les candidats malheureux à la dernière présidentielle ont obtenu un jugement faisant droit à leurs dénonciations portant sur les cartes d'électeurs illégales mais cela n'a pas empêché le Conseil constitutionnel de rejeter leur demande d'invalidation du scrutin. Tradition oblige puisque le même Conseil constitutionnel, sur d'autres sujets de droit capitaux, n'a pas hésité à rendre des décisions qui resteront dans l'histoire de notre justice, comme des hérésies juridiques fondamentales. Où a-t-on vu que cela ait le moins du monde ému les bien pensants de la communauté internationale ?

Alors, arrêtons ces débats sélectifs, discriminatoires au cours desquels, sur des bases subjectives, on délivre des satisfécits aux uns et des blâmes aux autres.


IV. OBSERVATEURS INTERNATIONAUX ET OBSERVATEURS AFRICAINS : LES PIRES NE SONT PAS FORCEMENT CEUX QU'ON CROIT !

Bien qu'ils essaiment les pays africains en période électorale comme des sautereaux en hivernage malgré les critiques croissantes dont ils font l'objet, les observateurs internationaux sont toujours là. Ils gagnent même en puissance puisque finalement, leur jugement participe de plus en plus grandement à la validation des processus électoraux en Afrique. Le fait devient de plus en plus irritant lorsque l'on voit des appréciations sentencieuses se faire en faveur d'un scrutin pendant que les faits démontrent à l'excès, son caractère injuste, non transparent, anti-démocratique. Tout aussi énervant et insultant pour les Africains, est cette façon de donner un label au constat des observateurs internationaux quand ceux africains sont cantonnés dans le bas de gamme. On vient d'en voir une illustration éloquente en Côte d'Ivoire.

Dans ce pays, les observateurs africains, qui étaient déployés sur l'ensemble du territoire, ont relevé dans le nord et l'ouest du pays, des faits de violences, de fraudes, d'empêchement de voter, de bourrages d'urnes, de vols d'urnes, portant atteinte lourde à la sincérité de la votation et en ont conséquemment préconisé l'invalidation. Mal leur en a prit. On a estimé, au niveau des observateurs internationaux, que tout cela n'était qu'affabulations venant de personnes à la crédibilité douteuse pour avoir surgi du néant.

Ce point de vue déconsidérant pour les Africains, relayé notamment par le Représentant spécial des Nations Unies Mr Choi et le journaliste  Jean-Baptiste Placca (qui pourtant, si on ne s'abuse, se plaisait à critiquer le travail des observateurs internationaux venus comme en villégiature en Afrique en contrepartie de certification de scrutins cabalistiques), doit inviter les démocrates africains à le dénoncer comme étant une survivance de pratiques coloniales et néocoloniales qu'un certain Albert Memmi a décrit comme un processus de néantisation du colonisé.

Les observateurs internationaux sont d'autant moins fondés à se targuer d'une supériorité dans l'observation des élections qu'ils ne peuvent pas mieux connaître l'Afrique que les Africains et qu'en nombre insuffisant pour couvrir l'entièreté d'un territoire national, leur jugement est forcément exposé à l'arbitraire. Ce n'est pas pour rien que dans l'opinion commune, on considère que ces partisans du tourisme électoral ne valent pas chipette.

Tant qu'à juger l'efficience de l'observation sur la loyauté des scrutins électoraux en Afrique, qu'on le fasse sur des bases crédibles, sans volonté de privilégier les uns au détriment des autres parce qu'on sert des intérêts inavouables.



V. DE LA CREDIBILITE DU VOTE EN ZONE REBELLE


Extraits d'un point de vue de Mr Eric Kahé, président de l'Alliance ivoirienne pour la République et la Démocratie (Aird). A méditer !

« Les scores régionaux (nous disons bien régionaux et non dans quelques bureaux de vote) obtenus par le candidat du Rdr dans ces régions atteignent un pic de 93.42% avec une moyenne de 85%, ce que ne réalise aucun autre candidat nulle part ailleurs.

Ces scores rappellent ainsi l'ancienne époque soviétique ou celle des partis uniques africains ou des républiques bananières. Le candidat Alassane Ouattara ne gagne donc que dans les zones contrôlées et administrées par des commandants de zone (Com'zones).

Non seulement elles sont dirigées par l'ex (?) rébellion qui n'a ni désarmé, ni concédé aux Préfets la moindre autorité, mais ces zones ont la particularité d'être alimentées en informations par des radios pirates aux ordres du Rdr et qui assurent à son mentor une propagande exclusive depuis plus de 8 ans.

Malgré les accords de Ouagadougou qui prévoient la cessation de leurs activités au profit de la radio et de la télévision nationales, la situation n'a guère évolué. Il apparaît donc évident une grave atteinte au droit à l'information au profit de la propagande et cela pose la cruciale question de l'équité et de l'équilibre. Sans compter les conditions dans lesquelles a été réalisé l'enrôlement en zones dites Cno.

Les Forces Nouvelles (Fn) n'ayant pas désarmé, les populations n'ont-elles pas voté avec la peur de représailles pour le village qui ne voterait pas majoritairement l'allié de l'ex-rébellion ? Peut-on parler, dans ces conditions, de sincérité du scrutin ?

Les résultats du nord en faveur du candidat Ouattara sont choquants pour la démocratie et l'unité nationale, et ils rappellent ces films Western dans lesquels le brave fermier est obligé de vendre 'légalement' ses terres pour ne pas avoir à subir les représailles du chef bandit si ce n'est du chef-rebelle. On comprend maintenant pourquoi l'on tenait tant à des élections sans désarmement ».



VI. SUS A L'INSTRUMENTALISATION DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE !

On a coutume d'imputer la crédibilité relative de la Cour pénale internationale (CPI) au fait que nombre d'Etats au premier rang desquels les USA, la Chine, n'ont pas signé le Traité constitutif et que certains autres comme la France l'ont ratifié en prenant soin de s'aménager quelques réserves. Ca, c'est vrai. On ne peut pas construire un ordre public international avec une justice pénale fonctionnant à deux vitesses exemptant certains de ses sanctions et s'abattant sur d'autres à bras raccourcis. Soit tous les Etats du monde sont justiciables au même titre, soit il n'y a pas de justice pénale internationale !

Mais la bataille de la justice est un long combat qui a pris des siècles pour s'imposer dans le cadre des Etats de droit. On peut s'estimer déjà heureux par conséquent qu'un Tribunal pénal international (TPI) ait été mis en place, à la suite du Traité de Rome et attendre qu'il fasse son œuvre à force de persuasion et d'efficacité dans l'administration de la justice.

Cependant, il y a un autre fait qui contribue encore plus grandement à rogner la crédibilité du TPI : c'est sa récupération comme instrument de domination par des Etats, par des puissances parfois même non signataires du Traité pour faire plier les Etats, les contraindre au respect d'un certain ordre mondial. C'est précisément le cas pour la Côte d'Ivoire.

On agite ainsi l'épouvantail du TPI comme on l'a fait hier en Guinée Conakry pour contraindre les autorités ivoiriennes à sortir du lit de la légalité républicaine.

Ces menaces sont ici d'autant plus exaspérantes que nombre de ces puissances qui les agitent se gardent bien de le faire s'agissant d'Etats comme la Birmanie -qui pourtant le mérite-, et qu'ils ont eux-mêmes les mains tâchées du  sang d'innocentes victimes africaines et qu'ils sont de ce fait, disqualifiés à parler de comparution d'autorités ivoiriennes à la barre de la Haye !



Dossier spécial du journal San Finna (Burkina Faso) du 06 au 12 décembre 2010