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mardi, 08 mars 2011

CAMEROUN - EN PROVENANCE DU TCHAD: 30 CONTAINERS D'ARMES DE L'ONUCI SAISIS PAR LA GENDARMERIE A BERTOUA

 

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L'encombrant colis était destiné au port ivoirien de San Pedro.

 

Trente containers en provenance du Tchad et suspectés de contenir des armes ont été saisis, le vendredi 4 mars 2011, à Garoua-Boulai, bourgade du département du Lom et Djerem, par la brigade de gendarmerie locale. Il s'agirait vraisemblablement de containers d'armes de l'Onuci à destination de la Côte d'Ivoire. Le chef de l'Etat a été saisi du dossier.


Selon des sources sécuritaires, proches de la légion de gendarmerie de l'Est à Bertoua, c'est le vendredi 4 mars 2011 que la brigade de gendarmerie de Garoua Boulai, a interpellé un convoi de 15 camions semi- remorques portant chacun deux containers. L'important convoi qui venait du Tchad, est arrivé au poste de contrôle frontalier de la gendarmerie nationale de Garoua-Boulaï la nuit tombante. Les gendarmes ont alors stoppé le convoi pour identification d'usage des conducteurs, et c'est là qu'ils ont découvert le pot-aux-roses. Un élément de la gendarmerie en poste à Garoua-Boulai, joint hier au téléphone par Le Messager, explique sous anonymat :

« Après avoir identifié les chauffeurs, nos éléments ont demandé à connaître ce qu'ils transportaient dans les containers. Tous ont déclaré qu'il s'agissait des vêtements et du coton qu'ils sont en train de convoyer vers le port de Douala. Ce qui a attiré l'attention des gendarmes est le fait qu'il y avait sur chaque container la mention « Onuci Bouaké Côte d'Ivoire ». Il se trouve qu'un convoi des Nations unies ne peut pas venir d'un pays voisin, et traverser ainsi tout le pays sans que les autorités militaires et de sécurité du pays concerné n'aient été informées. C'est pour cette raison que nos éléments ont tenu à vérifier ce qui se trouvait effectivement dans ces containers ».

Notre source indique alors que les chauffeurs se seraient d'abord opposés à la fouille des containers. Mais face à la détermination des gendarmes de Garoua-Boulaï, ils ont fini par obtempérer. C'est alors que, selon toujours notre source, les gendarmes auraient découvert dans deux des premiers containers contrôlés, des armes de guerre du genre Kalachnikov, Fusils d'assaut léger (Fal) et des grenades. Immédiatement, face à l'incapacité des chauffeurs des camions transportant ces colis de s'expliquer, les gendarmes ont donné l'alerte.

Informé, le commandant de la légion de gendarmerie de l'Est va ainsi envoyer sur place des renforts pour convoyer tous les camions sur Bertoua. Le convoi arrive dans la capitale régionale du Soleil Levant au petit matin de samedi 5 mars 2011. La première exploitation des chauffeurs  permet aux gendarmes de la légion de l'Est, de savoir que le cortège se rendait à Douala, où il était attendu au port de la capitale économique, pour embarquement des containers à direction de la Côte d'Ivoire, et précisément du Port de San Pedro.

Pour en savoir plus, nous avons contacté le cabinet du secrétaire d'Etat à la Défense où une source officieuse  a confirmé l'immobilisation de ce convoi de 15 camions à Bertoua par la gendarmerie. « Pour l'instant, a-t-elle indiqué, il est difficile de dire avec le maximum de précision ce que contiennent ces containers. La haute hiérarchie a été informée de l'immobilisation des camions et des premiers éléments de l'enquête. Il s'agit d'un convoi des Nations unies. Nous ne pouvons pas l'ouvrir sans l'autorisation du chef de l'Etat ».

A la représentation des Nations unies à Yaoundé, on n'a pas semblé au courant de cette expédition. Voici ce que nous a répondu une voie autorisée : « Ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas nouveau que des convois des Nations unies partent du Tchad pour Douala, et vice versa. Le Pam, par exemple travaille beaucoup avec le Tchad. Mais pour ce qui est d'un convoi de containers des Nations unies interpellé à Bertoua, je ne suis pas au courant ».

Pour sa part, joint au téléphone hier, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Cameroun est formel : « J'ai été mis au courant par un appel téléphonique d'un individu disant vivre à Bertoua qui m'a informé de cette situation. Je suis en train de vérifier auprès des autorités camerounaises. En tout cas pour ce qui nous concerne, l'ambassade n'a pas été saisie du passage d'un convoi des Nations unies venant du Tchad, à destination de la Côte d'Ivoire ».

Au moment où nous mettions sous presse, dans la nuit de dimanche, les camions étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, attendant sans doute que les forces de sécurité reçoivent de la Présidence de la République des indications sur la conduite à tenir. Car, s'il était établi qu'il s'agit effectivement de containers d'armes, traversant le Cameroun pour aller sur un théâtre de guerre civile, dans un pays africain frère, le problème serait forcément diplomatique, et ne pourrait se traiter qu'au niveau du chef de l'Etat. Lequel voudrait bien, et devrait avoir la primeur des réponses aux questions de savoir si l'Onuci a opté définitivement pour une solution armée en Côte d'Ivoire, ou si des trafiquants d'armes ont usurpé le sigle des Nations unies pour tromper la vigilance de la douane et de la sécurité du territoire camerounais.

Une chose est sûre : pour confirmer ou infirmer que les 30 containers ne contiennent que des armes, et en savoir plus sur  l'expéditeur de la cargaison, les éléments de la gendarmerie ne peuvent les ouvrir au-delà du contrôle de routine qui les a conduits à la découverte, sans instructions du chef de l'Etat, si nous en croyons un haut responsable du Sed. C'est donc une affaire à suivre.


© Le Messager : Jean François Channon


Source : CAMER.BE

jeudi, 10 février 2011

LES REVISIONS CONSTITUTIONNELLES EN AFRIQUE ?

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"Quand l'Etat est pris en otage par les kleptocrates". Par Me Thiamel NDIADE.


Si en 1990 le vent de la démocratie avait soufflé sur le continent africain, aujourd'hui, c'est plutôt le vent de la modification des constitutions qui ravage l'Afrique. "Cette révision revêt une dimension importante dans l'évolution du constitutionnalisme africain, non seulement parce qu'elle constitue un élément moteur, mais et surtout parce qu'elle démontre certaines conceptions du pouvoir politique dans le continent tout entier", comme l'écrit l'enseignant chercheur tchadien Adja DJOUNFOUNE.

Revenons sur quelques cas des pays africains qui ont déjà modifié leur constitution pour répondre à des besoins dont ils sont les seuls à connaître les motivations. Que ce soit en Afrique du Nord, Est, Centre ou Ouest, ces pays ont tous un seul dénominateur commun : "modifier la constitution pour s'éterniser au pouvoir".

Quelques exemples :
Guinée
: En Guinée -Conakry, la constitution a été modifiée en 2002 dans l'intention d'autoriser feu Président LANSANA Conté à se représenter, à la fin de son second et dernier mandat aux élections présidentielles.

Tchad : La constitution du Tchad a été modifiée en 2005 et a permis à Idriss Deby ITNO à se maintenir au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1990.

Mauritanie : En Mauritanie, la modification de la constitution en 1991 a permis à OULD TAYA de rester au pouvoir jusqu'à son renversement par un coup d'Etat en août 2005.

Burkina Faso : Par un subtil jeu de levée de la limitation de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000, Blaise COMPAROÉ est au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1987.

Tunisie : En Tunisie, la constitution a été modifiée également en 2002 pour permettre au Président Zine Ben ALI de se représenter à l'élection présidentielle de 2004 qu'il a remporté pour un quatrième mandat. Pourtant, lorsqu'il avait destitué en 1987 le premier Président tunisien malade, Habib BOURGUIBA, 84 ans, il avait promis de mettre fin à la présidence à vie.

Togo : Au Togo, la constitution a été modifiée en 2003 et a permis à feu EYADEMA de se faire réélire pour un troisième mandat de cinq ans, au terme de 36 années de pouvoir jusqu'à sa mort en 2OO5.

Ouganda : Modification en 2005 et maintien de YOWERI MUSEVENI au pouvoir depuis sa victoire militaire contre le régime en place en 1986.

Cameroun , en 2008 imaginez vous-même la suite.


L'inflation révisionniste

Il est normal de reformuler les lois qui régissent le peuple. La constitution française de 1789 ne postulait-elle pas que "la nation a le droit imprescriptible de changer sa constitution" ?

En se basant sur ce pouvoir de révision selon les circonstances et les intérêts de toutes sortes, les pouvoirs africains ont à souhait procédé à des modifications constitutionnelles de telle sorte que les constitutions africaines ont été atteintes d'une inflation révisionniste. Cela est souvent justifié par la recherche constante d'institutions adaptées aux besoins et au niveau de développement tant économique, social que culturel.

Généralement, la révision tourne autour du statut du chef de l'Etat, de la dévolution du pouvoir monarchique, de l'alternance politique ; plus exactement elle porte sur la prolongation ou non du mandat présidentiel.

À ce niveau deux tendances apparaissent : la première, négative, se situe dans la trajectoire du renouvellement ou de l'allongement du mandat arrivé à terme au bout de deux mandats successifs ; la rééligibilité ne se faisant qu'une seule fois. C'est le cas du Cameroun, et bien d'autres pays africains.

La deuxième tendance, positive, se démarque par le jeu de l'abandon du pouvoir après l'exercice de deux mandats consécutifs, respectant l'esprit et la lettre de la constitution. C'est le cas des présidents KONARÉ du Mali, RAWLINGS et KUFFOR du Ghana.


Droit de l'Etat ou Etat de droit ?

Deux procédés de modifications sont possibles : la révision par voie référendaire et celle effectuée par le parlement en exercice. Cette dernière formule est la plus utilisée. La raison en est simple : la majorité présidentielle coïncidant avec la majorité parlementaire, le tour est vite joué, comme au Cameroun en 2008.

Si rien n'interdit à ce que le législateur modifie, complète ou abroge les dispositions législatives antérieures, le droit de l'État, cependant, doit se concilier avec l'Etat de droit. En principe, la souveraineté du peuple ne peut être entamée que par le peuple lui-même. Ce que le peuple a fait, il lui appartient de le défaire en retour.

La révision constitutionnelle peut représenter un danger pour le processus et la consolidation de la démocratie en Afrique. Elle est aujourd'hui un des enjeux pour la lutte pour le pouvoir : chacun veut modifier la constitution pour s'assurer un avantage décisif dans l'accession ou le maintien aux commandes de l'Etat. Ce qui affecte inéluctablement le principe de l'alternance politique.

Les bouleversements politiques dans beaucoup de pays africains sont déjà des signes révélateurs des difficultés que les dirigeants africains éprouvent à trouver une solution satisfaisante à la problématique de la gouvernance.

Selon ADJA DJOUNFOUNE, la révision constitutionnelle est perçue d'abord comme "une technique d'établissement de la monopolisation du pouvoir par le chef de l'Etat" ; et ensuite comme "un instrument de pérennisation du système politique".

En tout état de cause, les nouvelles constitutions africaines devraient normalement présenter la caractéristique d'abandonner les modèles consacrant l'autoritarisme politique et se conformer à l'orthodoxie constitutionnelle et à l'affirmation de l'Etat de droit.


Révision structurelle....ou conjoncturelle ?

Tout en notant que les constitutions africaines ont souvent été adoptées dans l'urgence, et qu'un certain toilettage s'impose, Jean Du Bois de GAUDUSSON, spécialiste français du droit constitutionnel, rappelle qu'une "constitution se change, en effet, et c'est parfaitement conforme à l'Etat de droit ; si l'on fait référence au cas français, on s'apercevrait qu'une constitution peut se changer assez souvent, dès lors que les procédures sont respectées et que la révision s'effectue dans les formes républicaines".

C'est l'idée défendue par un homme politique tchadien, l'ancien Premier Ministre KASSIRÉ KOUMAKOYE qui note que "toute constitution étant une œuvre humaine, elle est faite pour être adaptée à l'évolution de la société. Dès l'instant, que la constitution elle-même prévoit qu'on doit la réviser, la question posée est : est ce que la révision engagée respecte les normes constitutionnelles" ?

A quoi répond l'avocat et homme politique Béninois DOSSOU ROBERT : "Une action peut être dans la ligne de la légalité la plus pure et se révéler parfaitement illégitime. La légitimité, c'est la conformité à la conscience du moment..."

R. DOSSOU fait également une distinction entre ce qui pourrait s'apparenter à une révision structurelle (consistant en une refonte profonde du texte constitutionnel) et une révision conjoncturelle, inspirée par des considérations politiques.

Or, et même si elle est incluse dans un ensemble d'autres modifications, la révision des mandats présidentiels risquent fort d'apparaître comme éminemment conjoncturelle, et ainsi que l'affirme JEUS AJAVON, juriste et homme politique togolais, "avant tout politique (...) il faut voir pourquoi les mandats présidentiels ont été limités, à l'époque on l'on rédigeait les constitutions, dans un contexte donné. Est- ce que ce contexte a changé" ?

Le contexte, si on l'entend bien, étant celui-ci : pas plus qu'hier l'alternance n'est tellement en vigueur en Afrique. Mais aujourd'hui on manipule les textes...

In fine, Robert DOSSOU relève ceci : "les Africains ont tendance à voir la stabilité comme personnalisée ... c'est le cas si Pierre ou Paul restent au pouvoir, et il y a stabilité institutionnelle : c'est ce que nous essayons de construire" !
C'est le même Robert DOSSOU qui a cette formule imagée de la constitution : "c'est à la fois le concentré de l'histoire d'un peuple et la plate-forme de ses espérances".

Et nous allons conclure : c'est aux princes africains et leurs remparts capitalistes que profite la modification des constitutions en Afrique.


http://mampouya.over-blog.com/

OPERATION FRANÇAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE

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OPERATION FRANCAFRICAINE DE HOLD-UP ELECTORAL EN COTE D'IVOIRE[1]


Par BWEMBA-BONG

Membre du Cercle SAMORY

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

(CESAM)

Pour la Renaissance du Peuple Noir


« Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart.

De tous les anciens pays négriers, la France est le seul qui, six siècles plus tard, après la prétendue Abolition de la Traite négrière, s'accroche toujours et continue, par diverses violences, à vampiriser avec arrogance l'Afrique Noire qu'elle tient pour sa propriété, hommes et biens compris. Aussi, chaque fois que celle-ci tente de sortir la tête de l'eau, la nation de Gobineau et Colbert est-elle toujours présente, pour l'y replonger.

Dans son préambule, la Constitution française de 1958 fait mention des Droits de l'Homme définis par la Déclaration de 1789, complétée par le Préambule de la Constitution de 1946, et du principe de la Libre Détermination des Peuples.

C'est sur l'application de cette profession de foi que se fonde l'Article 1er du texte, qui dispose : « La République et les peuples des territoires d'outre-mer qui, par un acte de libre détermination, adoptent la présente Constitution instituent une communauté. La communauté est basée sur l'égalité et la solidarité des peuples qui la composent ».

Ainsi donc, la Communauté franco-africaine, nouvelle structure mise sur pied par la France pour ne pas lâcher son empire et ses colonies d'Afrique Noire, donnait à penser qu'elle reposait sur deux principes fondamentaux : la participation et l'autonomie.

L'Article 76 de cette Constitution dispose : « Les territoires d'outre-mer peuvent garder leur statut au sein de la République s'ils en manifestent la volonté par délibération de leur Assemblée territoriale prise dans le délai prévu au premier alinéa de l'article 91 (dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la Constitution), ils deviennent soit départements d'outre-mer de la République, soit groupés ou non entre eux, Etats membres de la communauté ».

Quatre solutions se présentaient donc :

1°)- Rejeter la Constitution (ce que fit la Guinée, sous l'impulsion de Sékou Touré). Ce vote négatif impliquant que, par ce rejet, la colonie sortait de l'Union Française, qu'elle n'entrait pas dans la Communauté, qu'elle devenait indépendante ;

2°)- Opter pour le régime de département d'Outre-mer ;

3°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient garder leur statut au sein de la République ;

4°)- Les territoires d'Outre-mer pouvaient devenir des Etats membres de la Communauté.

Quant à l'autonomie, c'est le Titre XII de la Constitution, intitulé De la Communauté, qui en précisait la situation juridique, par des textes qui la définissaient à travers ce qu'ils dénommaient « l'Autonomie des Etats de la Communauté ».

S'inspirant de la doctrine de la IVe République, la Ve République reprenait ce système d'autonomie qui n'avait qu'un semblant de souveraineté interne.

A cet égard, l'Article 77 stipulait à propos de ces Etats fictifs : « ...s'administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires ».

Mais l'Article 78 définissait la compétence de la Communauté : la politique étrangère, la défense, la monnaie, ainsi que la politique économique et financière revenaient à la France seule. En définitive, la Communauté se substituait tout simplement à l'Union Française.

Structurellement, la Communauté se composait de quatre organes :

- le Président de la République (Français)[2],

- le Conseil Exécutif,

- le Sénat de la Communauté,

- la Cour arbitrale.

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Au plan de la participation, il était institué des organes propres de la Communauté, désignés indirectement par les populations des Etats membres et exerçant des compétences communes ; il s'agissait, en l'occurrence, du Président de la République française, du Conseil exécutif qui était composé notamment des chefs de gouvernement des membres de la Communauté et des ministres chargés par la Communauté des affaires communes, du Sénat de la Communauté, composé des parlementaires français et d'élus africains membres des Assemblées Territoriales ; enfin, d'une Cour Arbitrale.

Ces organes étaient investis des compétences attribuées à la Communauté : la politique étrangère, la défense, la politique des matières premières stratégiques, la politique économique et monétaire, l'enseignement supérieur, le contrôle de la justice, etc.

La Communauté autorisait formellement chaque Etat, y compris ceux d'Afrique Noire, à disposer d'organes propres : un gouvernement dirigé par un Premier ministre, une Assemblée territoriale et des tribunaux. Toujours aussi formellement, ces organes étaient investis des compétences de maintien de l'ordre, de vote du budget, de levée des impôts, de règlement des litiges, etc.

Dans la réalité, le droit de séparation proclamé par la France, était, comme la plupart de ses principes, une déclaration qui n'avait pas à avoir d'effet dans la pratique. La Guinée, qui sous la direction de Sékou Touré opta pour la séparation, en fit la triste expérience. C'est ce que révèle un responsable des services secrets français, alors chargés de mener la guerre totale et sans répit à la Guinée nouvellement indépendante : « Dans les semaines suivant le « non », Sékou Touré pouvait encore être récupéré. Albert nous bombarde de rapports pour nous signaler que le leader guinéen guette le moindre signe de dégel. Mais De Gaulle a décidé de se montrer intraitable et confie à ses intimes :

Sékou Touré, je le veux à plat ventre....

A ce jeu-là, Sékou Touré s'endette chaque jour un peu plus, car cette aide étrangère est payante, les missions économiques de l'Est ne lui font pas de cadeau. Où trouver l'argent ? Il n'a même plus de quoi payer ses fonctionnaires. De Gaulle lui a coupé les vivres [...]

Cet argent, disent les responsables français, restera bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu'au moment où nous serons autorisés à verser les pensions directement aux ayants droit [...]

Mais voici un miracle : Sékou Touré se souvient brusquement qu'il possède, dans les caisses de la Banque Centrale de Guinée, la très coquette somme de quatre milliards de francs C.F.A., abandonnés par les Français. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt pour éponger ses dettes ? Il commence donc à prélever sur le magot [...]

Alarmé, notre agent à Conakry nous prévient que Sékou Touré est en train de puiser dans des ressources insoupçonnées, au détriment de notre propre balance C.F.A., car il s'agit de monnaie émise par la Banque de France. Il nous propose d'y mettre le holà. Comment ? [...]

Vous m'envoyez deux ou trois grenades au phosphore. Moi, j'ai déjà repéré les cheminées d'aération de la Banque Centrale qui descendent jusque dans la salle des coffres. J'irai dire bonjour à mon copain le ministre et, ni vu ni connu, je balance les grenades. C'est un coup à gagner quatre milliards [...]

Quant au reste, soit près de trois milliards de francs C.F.A. en billets neufs, ils ne sont pas encore en circulation. Le directeur de la Banque de France devait, pour les rendre valables, signer le traditionnel décret d'émission. Mais on a attendu le résultat du référendum. A la suite du « non » de la Guinée, De Gaulle a donné des ordres formels pour que le décret ne soit pas pris : cette masse de billets demeure sans valeur [...]

Sékou entre dans une rage folle. Il se sent abominablement piégé. L'indépendance est une belle chose, mais comment se débrouiller quand on n'a plus un sou vaillant, plus un compte bancaire, quand l'argent que l'on croyait détenir est frappé d'un mal mystérieux et se désintègre entre vos doigts ? [...]

Pourtant, c'est le même franc CFA que celui qui circule au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali, etc. A un détail près toutefois, qui change tout. Dans sa grande méfiance, la Banque de France a pris depuis longtemps ses précautions : la monnaie imprimée en métropole et émise pour chaque territoire africain porte une lettre spécifique permettant de l'identifier. Ainsi, tout ce qui vient maintenant de Guinée est automatiquement détecté et rejeté [...]

Nous avons appris que la Guinée voulait de toute façon quitter la zone franc, créer sa propre monnaie [...]

Nous allons nous procurer des billets de la nouvelle monnaie guinéenne. Dans l'imprimerie ultra-secrète de la Piscine[3], dirigée par un officier Pied-Noir, nous sommes en mesure de reproduire ces bank-notes le plus parfaitement du monde et nous en inonderons le marché guinéen [...]

C'est de bonne guerre. Sékou Touré s'est moqué de nous, et a voulu tricher lui-même avec nos propres francs CFA [...]

Sékou Touré se retrouve avec une monnaie inexploitable, ruiné, aux abois. Il est à plat ventre comme le souhaitait le Général. Mais pas devant la France. Il se tourne définitivement vers les régimes socialistes ... »[4].

Mais, malgré la volonté de la France de doter la Communauté d'une armature colonialiste plus renforcée, celle-ci n'aura qu'une courte existence de deux ans, Paris ayant changé de stratégie : face à la revendication de l'indépendance posée par le Cameroun, et soucieuse d'éviter l'embourbement de type algérien en Afrique Noire, la France choisit la ruse articulée autour d'une donne nouvelle : octroyer de façon déclarative l'indépendance aux colonies, tout en gardant la haute main sur tout l'empire : le néocolonialisme.

Ainsi donc, la réalité de la politique de la France en Afrique Noire était appliquée en Guinée, par le Général de Gaulle qui, de ce fait, était d'autant plus à l'aise pour répondre à ceux qui lui faisaient grief d'avoir bradé ce qui restait à la France de son empire colonial : « Des territoires qui ne cessaient pas, depuis dix ans, d'aspirer à l'indépendance, la réclament aujourd'hui avec insistance. Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire, tenter de le comprendre, de l'assimiler, de le canaliser ? ».

L'expérience de l'Indochine et celle de l'Afrique du nord ont servi à devancer les événements en Afrique Noire. Elles ont permis d'octroyer l'indépendance qui allait être arrachée :

« J'ai desserré les liens avant qu'ils ne se rompent »[5].

Effectivement, le général de Gaulle avait desserré les liens avant qu'ils ne se rompent. Il avait réussi par la terreur sur la Guinée, et l'assassinat des vrais combattants africains de l'Indépendance, à placer à la tête de la quasi-totalité des « Etats » d'Afrique Noire à l'heure des fausses indépendances, des personnages dont la particularité était d'être marqués du sceau de la souplesse d'échine, et de s'être, de ce fait, farouchement opposés à l'indépendance de l'Afrique Subsaharienne, mais qui, pour les besoins du néocolonialisme, étaient travestis en « grands timoniers », « héros nationaux », « pères de la Nation ».

Dans un article d'une brûlante actualité aujourd'hui encore, sur les relations invariablement colonialistes que la France a toujours entretenues avec l'Afrique Noire, Cheikh Anta Diop notait déjà en 1953, avec une clairvoyance et une lucidité prémonitoires : « De toutes les puissances européennes qui dominent l'Afrique, la France est l'une des plus colonialistes - sinon la plus colonialiste. Les méthodes qu'elle applique (politique d'assimilation, etc.) sont telles que malgré l'exploitation la plus féroce, on n'a pas vu surgir, jusqu'ici, dans ses colonies d'Afrique Noire (les territoires sous mandat mis à part) une franche aspiration à l'indépendance nationale. Le colonialisme français a même réussi un tour de force exceptionnel en créant des consciences politiques, de tout âge, vieilles, d'âge mur, jeunes, attelées à la défense de l'Union française.

Car, l'Union française, quelque soit l'angle sous lequel on l'envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains, en ce sens qu'elle impliquera, toujours, une exploitation unilatérale de l'Afrique par la métropole et un étouffement des aspirations légitimes d'indépendance nationale des peuples colonisés, sans la réalisation desquelles il n'y a pas de démocratie possible »[6].

En effet, par la ruse, la fraude et une violence endémique, les institutions administratives et politiques, créées par la France dans le cadre de sa mainmise sur l'Afrique Noire, fonctionnèrent et continuent de fonctionner à la pleine satisfaction de leur initiatrice.

D'un atavisme négrier sans égal, la France qui sait avoir définitivement perdu les colonies cochinchinoises et arabes (Tunisie, Maroc et Algérie) de son ancien empire, a choisi le raccourci de miser sur la « servilité » des « Nègres » qui, pense-t-elle, restent encore à portée de son hégémonie[7]. Aussi, fonde-t-elle sa politique extérieure sur une stratégie dont l'objectif central est d'empêcher les anciennes colonies d'Afrique Noire, de vivre de façon libre et indépendante. Pour ce faire, elle repose sa politique africaine sur une logistique dans laquelle elle s'inscrit comme le pays emblématique représentatif du triomphe de l'Occident sur le monde noir. Son système fonctionne ainsi sur la base :

1°)- Du maintien de l'Afrique Subsaharienne (que Jacques Chirac s'est donné pour mission d'élargir de plus en plus aux anciennes colonies africaines dites anglophones, lusophones et hispanophones) dans une colonisation de type nouveau, par laquelle la France les utilise dans la plupart des problèmes internationaux pour ses besoins de puissance politique, économique, militaire et culturelle. En somme, le colonialisme français ancien a muté en néocolonialisme néonégrier triomphant : la coopération franco-africaine dont l'unique dominante et seule bénéficiaire est la France ;

2°)- D'une prétendue « coopération » qui sert de justificatif au pillage économique de l'Afrique Noire, aux interventions militaires françaises, et à l'aliénation culturelle des populations africaines, au nom d'une prétendue communauté de langue : le Français ;

3°)- De l'ancrage de l'Afrique Subsaharienne dans une intégration esclavagiste de plus en plus subtile, mais toujours plus renforcée et rigide ;

4°)- De la poursuite par la France de ses objectifs de domination, tout en les renforçant dans le cadre d'une projection stratégique ;

Cette nouvelle forme de maintien de l'Afrique Noire dite francophone en esclavage par la France se révèle être un système dans lequel le suzerain français et ses esclaves mages forment un Tout. Il se veut immuable, et n'accepte de remise en cause ni de sa structure, ni de son fonctionnement. Aussi, suffit-il seulement qu'un territoire africain se donne lui-même librement ses représentants, pour qu'un tel acte d'indépendance soit ressenti comme une agression et appelle la riposte immédiate : le coup d'Etat téléguidé de Paris et l'élimination du régime « intrus ».

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vendredi, 04 février 2011

LA FRANCE PAIERA UN JOUR POUR TOUS SES CRIMES (Réédition)


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Ce texte que j'avais écrit le 15 février 2007, à quelques mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, et posté pour la toute première fois, après mise à jour, sur mon blog, le 24 mars 2008 au début du mandat de Nicolas Sarkozy, se révèle encore d'une criante actualité. Il me plaît, ce faisant, chers internautes, de vous le (re)proposer. Bonne lecture !


La France est une singularité, une bien grande curiosité, dans ce monde actuel de globalisation et de mondialisation. Et c'est avec beaucoup d'étonnement et d'interrogation que j'observe ce pays, adoubée à tort ou à raison, Pays des Droits de l'Homme, et dans le plus grand silence de son intelligentsia, faire la pluie et le beau temps, en Afrique, au vu et au su de l'ONU et des nations dites puissantes ou civilisées (qui auraient donc dû réagir au nom de la civilisation), sans personne pour l'interpeller, sans personne pour nous venir en aide, et sans que personne ne s'en émeuve, outre mesure. C'est une affaire de gros intérêts stratégiques et de pré-carré.

Quand il arrive, au forceps, que quelqu'un parmi ces grands et ces civilisés le fasse, c'est tout juste pour se donner bonne conscience.
J'en veux pour preuve le génocide rwandais : Des preuves de l'implication de la France et de sa participation active (qui ont servi de toile de fond à la rupture des relations entre les deux pays, par le Président KAGAME) existent à profusion, à propos de ce dossier, mais le monde entier reste sourd et aphone devant la quête de justice du peuple rwandais, qui se bat seul, et du peuple africain, meurtri dans sa dignité.
Les enquêtes sur les crimes perpétrés par la France, les 06, 07, 08, et 09 Novembre 2004, en Côte d'Ivoire, ne sont pas logées à meilleure enseigne.
Autrement dit, il n'y a pas de justice pour les faibles.
Dans le cas rwandais, on n'a eu droit qu'à quelques excuses de Kofi ANNAN, alors Secrétaire Général de l'ONU, des Américains et des Belges. Sans plus.

C'est vrai que « DIEU sauvera la Côte d'Ivoire » (et je le crois très personnellement), comme l'a écrit Bernard B. DADIE, celui que l'on considère comme l'un des pères de la Littérature Négro-africaine.

En attendant que DIEU nous sauve, les morts de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique crient justice. Dans un désert généralisé des cœurs. Au milieu de républiquettes sous perfusion française, prenant leurs ordres à Paris.
Et nous qui sommes encore en vie, voudrions rappeler aux décideurs de ce monde, comme le disait un patriote ivoirien, que « nous sommes aussi l'Humanité ! Nous aussi, nous avons droit à la paix, à la justice et à la joie de vivre ».

Chers frères ivoiriens, la France, en octroyant, dans les années 60, « l'indépendance » aux nouvelles Républiques africaines, a donné le change au monde entier.
En réalité, aucun de ces nouveaux Etats n'est sorti ou n'a été autorisé à sortir du giron maternel gaulois. Et pire, aucun de ces Etats n'a pu accéder à un niveau de développement acceptable.
La plupart des pays francophones, en dehors de la France et du Canada, et particulièrement ceux d'Afrique, connaissent (fatalement) des crises à répétition, sur le plan politique et militaire, avec des conséquences économiques fâcheuses, faisant d'eux des pays toujours à la traîne, obligés de demander l'aumône aux institutions financières internationales, où leurs pairs du Commonwealth sont devenus des Dragons d'Asie, de par leur dynamique de croissance et leur essor économique.

Depuis la guerre d'Algérie, débutée en 1954, en passant par l'atroce guerre de libération avortée du Cameroun, en 1962, réprimée dans un fleuve de sang par la France , et ensuite par le régime qu'elle y a soutenu, jusqu'à nos jours, la politique africaine de la France n'a pas changé d'un iota : Elle est demeurée génocidaire et colonialiste.
J'irais même plus loin : Apparemment, la France n'a pas bougé du 18ème siècle, avec sa féodalité, ses courtisans (les Chefs d'Etats africains), ses guerres coloniales (Côte d'Ivoire) et son aristocratie régnante (12 familles fortunées, ultralibérales, régentent la presse, l'affichage et les médias audiovisuels, en France, tenant en captivité la liberté d'expression et dérobant aux yeux et à la connaissance des Français, la réalité de la politique africaine de la France ).

Celle qui a été hissée au rang des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale par les bons soins des Alliés s'est durablement installée dans une anachronique et rétrograde politique de néocolonialisme primaire, faisant et défaisant les régimes en Afrique, sous les regards complices de la « Communauté Internationale », écrasant, au besoin, les résistants et les opposants, concoctant des résolutions farfelues contre ceux qui refusent son diktat et associant son armée officielle à la pègre la plus funeste et la plus sordide d'Afrique, pour parvenir à ses fins. En tuant, en volant et en pillant. Impunément. Là où en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, on passe des soldats en Cour martiale pour avoir simplement tourné en dérision des combattants ennemis désarmés.
Dans ce genre de séries noires, la France est unique au monde !
Comme le disait un analyste politique ivoirien, « la France tire l'Humanité vers le bas ! Elle est la honte de l'Humanité ! ». Et j'adhère, sans réserve aucune, à cette assertion.

Merci, malgré tout, à la France et à son désormais ex-Président, Jacques CHIRAC, « l'Africain » qui ont - comme l'a dit avec beaucoup d'à propos, le Professeur GNAOULE OUPOH de l'Université de Cocody - donné, sans le vouloir, un violent coup d'accélérateur au mûrissement et à la cristallisation d'une conscience nationale et patriotique, en Côte d'Ivoire, qui fait école en Afrique, et singulièrement, au sein de la jeunesse. Une véritable bombe à retardement.
Merci encore à la France dont la politique approximative, hasardeuse et rétrograde libèrera l'Afrique de ses chaînes coloniales.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, et lui fasse justice pour le sang innocent de ses fils répandu sur sa terre hospitalière !



DINDE Fernand AGBO

samedi, 29 janvier 2011

CRISE IVOIRIENNE - LES CAMEROUNAIS SE PRONONCENT (2): VIDEOS INEDITES

Les camerounais au sujet de la crise post-électorale en CI (2).


L'avis des Africains compte dans la crise post-électorale Ivoirienne. Cette vidéo illustre bien le sentiment des Camerounais

face à cette crise.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour la visualiser

1ère Partie: Lien1 / Lien2

2ème Partie: Lien1 / Lien2

cmrci

Copyright © Janv. 2011

samedi, 22 janvier 2011

LES CAMEROUNAIS SE PRONONCENT SUR LA CRISE IVOIRIENNE

Les camerounais au sujet de la crise post-électorale en CI.

 

L'avis des Africains compte dans la crise post-électorale Ivoirienne. Cette vidéo illustre bien le sentiment des Camerounais

face à cette crise.

Cliquez sur l'image pour la visualiser

cmrci


Copyright © Janv. 2011

mercredi, 12 janvier 2011

LETTRE OUVERTE DE CALIXTHE BEYALA A BECHIR BEN YAHMED DE JEUNE AFRIQUE: «CE EN QUOI JE CROIS. OU PAS»



CALIXTE BEYALA.jpg

D'aussi loin que me porte ma mémoire, il me semble qu'une seule et unique fois, je fus en désaccord avec vous, très cher Béchir Ben YAHMED. Et je vous le fis savoir.

C'était il y a fort longtemps, mais lorsque passe trop temps, ce dernier ne revêt plus aucune importance ; je l'avoue humblement, je n'ai nullement le sens du temps. C'était au sujet du nom du journal « Jeune Afrique ». Il me souvient que vous lui attribuiez alors le titre de « L'intelligent. » Mes yeux fulminaient de colère lorsque je vous en parlai. Aujourd'hui encore, je ne puis oublier votre sourire ; et cette manière très pétillante de me rétorquer que j'aurais dû vous écrire pour vous dire mon sentiment. Depuis ces temps si lointain, aucune particule, aucune ride ne s'est point posée sur le respect et l'amitié qui nous lient... Au moins, c'est CE QUE JE CROIS.


Voilà que pour la deuxième fois, un sujet nous oppose: les élections Présidentielles en Côte d'Ivoire.


Je ne crois pas que Monsieur Alassane OUATTARA soit le Président élu de la Côte d'Ivoire car pour cela, il eût fallu que sa victoire fût reconnue par le Conseil Constitutionnel de son pays; il me semble que ce n'est point le cas, me tromperais-je ? Aucune commission électorale, aussi noble soit-elle, ne saurait proclamer le vainqueur d'une élection, d'autant que dans le cas de la Côte d'Ivoire, cette commission électorale était constituée aux 2/3 par les membres de l'opposition....


Vous me rétorquerez que le Président du Conseil Constitutionnel Ivoirien est un homme du Président GBAGBO. Oui, sans aucun doute. Mais n'est-ce point le cas dans tous les pays du monde et même en France ? On se souvient tous du cas des U.S.A où s'opposait alors AL GORE et W. BUSH. La Cour suprême trancha en faveur de ce dernier alors qu'il bénéficiait de moins de voix que son adversaire. Il me semble n'avoir pas entendu des cris d'orfraie des démocrates du monde entier, me tromperais-je ? Il me semble que l'ONU ne battit pas un cil pour condamner cette « usurpation de pouvoir. »


Je ne crois pas que le Président Français Nicolas Sarkozy aime tant l'Afrique et ses habitants qu'il veille à la démocratisation du continent, voire au bien être de ses peuples. Je n'ai pas oublié le discours de Dakar... Je n'ai pas oublié les élections au Gabon. Ne fut-il pas le premier à féliciter BONGO fils ? Pourquoi ne fustigea-t-il pas ce dernier ? Pourquoi le félicita-t-il, alors que l'opposition contestait, preuve à l'appui, les résultats des Urnes ? Il me semble avoir raté, -ce qui m'étonne-, votre édito lapidaire sur ce hold-up électoral. Et j'ajoute que le documentaire sur la Françafrique a clairement démontré les impostures, les magouilles et les mille manigances de mon pays la France, pour placer et maintenir au pouvoir quelques despotes dévoués corps et âme à notre mère patrie.


Je ne crois pas en l'ONU, ce minuscule Club d'Etats riches où aucun pays d'Afrique ne siège en son Conseil de Securité ; je ne crois pas que L'UNION AFRICAINE soit libre de ses propos d'autant que malheureusement pour les africains, celle-ci est financée par l'Union Européenne.


Je ne crois pas que les dirigeants Africains soutiennent activement Alassane OUATTARA ; il me semble n'avoir vu aucune félicitation émanant d'un Chef d'Etat du continent, adressée au Président désigné par la Communauté Internationale. Mais qui se cache derrière cette nébuleuse ? Seraient-ce les mêmes qui croisent les bras pendant qu'on bombarde l'Irak ou l'Afghanistan ?


Je ne crois pas à ce souci d'alternance démocratique dont ils veulent nous abreuver. Combien de chefs d'Etats ont changé la constitution de leur pays pour pouvoir être élu pour la énième fois ? Combien d'entre eux occupent le poste de Président depuis vingt voire trente ans ? Pourquoi la soi disant communauté Internationale ne les condamne-t-elle pas ? Et la France, qu'en dit-elle ? Rien. Silence ! On exploite !


Je crois et permettez-moi de reprendre vos propos « la légende selon laquelle GBAGBO serait le grand défenseur de la souveraineté nationale et que ses positions tranchées lui ont valu l'hostilité de la France, » Il s'agit d'une réalité, vérifiée et palpable, confirmée en outre ces derniers jours par le documentaire français « la Françafrique. » Avez-vous oublié les implications de la France dans le coup d'état contre GBAGBO en 2002, ainsi que les multiples complots qui s'ensuivirent ?


Je crois que tous les Panafricanistes croient au complot contre la Côte d'Ivoire. Il suffit pour s'en convaincre de regarder les deux manifestations organisées à Paris pour le soutien à la souveraineté de la Côte d'Ivoire et qui a réuni près de cinq mille personnes, battant le macadam dans le froid hivernal parisien. Donc GBAGBO n'est pas seul. Il a le peuple Africain à ses côtés. Je crois qu'autrefois, la France et ses acolytes organisaient des coups d'Etats armés pour déloger les Chefs d'Etats Africains qui ne correspondaient pas à leurs critères de sélection. Je crois que la forme de renversement des pouvoirs indésirables a évolué ; elle est plus subtile. Me permettez-vous d'introduire la notion de « Coup d' Etat électoral ? » Et si le Président GBAGBO en était une des dignes victimes ? Y aviez-vous songé ?


Je crois que la stratégie géopolitique voudrait que le Golfe de Guinée soit totalement sous contrôle Occidental. L'épuisement des puits pétrolifères dans le Golfe Persique et la résistance armée dans ces régions, justifient que l'Europe se tourne vers l'Afrique. Pour son pétrole. Pour ses matières premières. Pour ses innombrables richesses. Et aussi- il ne s'agit pas d'un argument moindre,- sa capacité de soumission bas-ventrale...


Je crois que tous les pays du Golfe de Guinée connaîtront le même sort que la Côte d'Ivoire dans un avenir plus ou moins proche.


Je crois tout simplement qu'Alassane OUATARA est pour les Occidentaux l'homme de confiance et que pour atteindre leurs objectifs, à savoir lui faire revêtir le costume de président de la Côte d'Ivoire, ils sont prêts à tout...


Je crois enfin que GBAGBO ainsi que le peuple Ivoirien se battront jusqu'au bout pour ne point se faire dépouiller... en témoigne le peu d'enthousiasme qu'a suscité l'appel à la mobilisation d'Alassane OUATARA.


Je ne sais pas s'ils y réussiront.


Voilà, cher Béchir Ben YAHMED, ce en quoi je crois. Ou pas.


Calixthe Beyala

 

Source: CAMEROON-INFO.NET

LES CAMEROUNAIS DECOUVRENT LA FRAUDE MASSIVE D’ADO SUR CAMEROON-INFO.NET

 

LOGO CAMEROON-INFO.NET.gif

Le mensonge est un sprinter et la vérité, un coureur de fond. Elle le rattrape toujours, quelles que soient sa puissance et sa vitesse. En témoigne ce document publié sur Cameroon-info.net (analyse des camerounais eux-mêmes) et qui rétablit la vérité habilement cachée aux Africains et à tous les citoyens du monde par Choï, Sarkozy, Obama et l'ONU. N'a-t-on pas dit que le temps est l'autre nom de DIEU?


Ci-joint le fichier des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle. Voici le récapitulatif:
- Inscrits: 5 712 348
- Votants: 4 804 164
- Taux de participation: 84,1%
- Bulletins nuls: 225 521
- suffrage exprimé: 4 569 258
- GBAGBO: 1 738 889 soit 38,06%
- ADO: 1 473 970 soit 32,26%
- BEDIE: 1 142 814 soit 25,01%

Pour le 2 nd tour, la CEI a annoncé un taux de participation de 70%, ce qui signifie que le nombre de votants devrait être de:
- Nombre de votant = (5 712 348 * 70) / 100
= 3 998 643

La CEI sur FRANCE24 a donné les résultats suivants:
- GBAGBO: 2 107 055 soit 45,9%
- ADO: 2 483 164 soit 54,1%
Soit un suffrage exprimé de 2 107 055 + 2 483 164 = 4 590 219
Le suffrage exprimé 4 590 219 qui est normalement inférieur au nombre de votants (à cause des bulletins nuls) représente:
= (Suffrage exprimé * 100) / Nbre d'inscrits
= (4590 219 * 100) / 5 712 348
= 80,35%.

Remarques
- Le pourcentage des suffrages exprimés (80,35%) est supérieur au taux de participation général annoncé (70%). Si l'on devait comptabiliser les bulletins nuls, on aurait un pourcentage plus élevé et supérieur à celui du 1er tour. FRAUDE

- Sur la base du suffrage exprimé, nous avons un surplus de voix de l'ordre de:
= Suffrage exprimé - (Nbre d'inscrits * Taux de participation)
= 4 590 219 - (5 712 348 * 70%)
= 4 590 219 - 3 998 643
= 591 576 voix supplémentaires. D'où viennent- elles? FRAUDE

- Toujours en se basant sur le suffrage exprimé: 4 590 219
1er Tour GBAGBO: 1 738 889
1er Tour ADO: 1 473 970
En se basant sur le fait que tous les militants de GBAGBO et ADO qui ont voté au 1er tour, en ont fait de même au 2ieme, il devrait rester comme voix à se disputer:
Suffrage exprimé - (1er Tour GBAGBO + 1er Tour ADO)
= 4 590 219 - (1 738 889 + 1 473 970)
= 4 590 219 - 3 212 859
= 1 377 360. Ce nombre est supérieur au nombre de voix de BEDIE et de tous les autres candidats au 1er Tour (1 356 399). Quand on sait qu'il ya eu des empêchements de votes, des personnes qui se sont abstenues et d'autres qui étaient en voyage, on devrait avoir un nombre beaucoup plus bas. FRAUDE.

Merci de faire circuler ce message afin que tout le monde puisse se rendre compte du hold-up électoral orchestré par les ennemis de la Côte d'Ivoire qui ne veulent pas la voir émerger. Ne cédons pas aux provocations, restons mobilisés, sereins et faisons prévaloir la force des arguments parce que nous sommes intelligents. La Côte d'Ivoire est leur terminus, leur "BORI BANA". Plus jamais ça en Afrique, on doit se faire respecter.


Bonne réception !


Source: CAMEROON-INFO.NET

jeudi, 23 décembre 2010

APPEL DE DOUALA POUR LA COTE D'IVOIRE

APPEL DE DOUALA.jpg

Alors que la réélection de Laurent Gbagbo donne lieu à une ingérence belliqueuse inacceptable de la communauté dite internationale (France, USA, Union Européenne et Nations Unies et leurs négriers sur le continent noir), des intellectuels camerounais et africains, soucieux de l'indépendance et de la souveraineté des états africains, lancent un appel à la solidarité avec ceux qui luttent pour ces objectifs en ce moment en Côte d'Ivoire et s'opposent à la recolonisation de l'Afrique par les Occidentaux.

En 2002, la Côte d'Ivoire a été victime d'une tentative de coup d'Etat qui s'est transformée en une rébellion armée dans le nord du pays.

La tentative de coup d'Etat a causé la mort d'environ 10 000 civils.

Après plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies restées sans effets, exigeant notamment le désarmement des rebelles, le chef de l'Etat, Président de la République de Côte d'Ivoire, Laurent GBAGBO, a engagé le « Dialogue direct » en 2007 en vue de mettre fin à la crise politico-militaire que connaît le pays depuis 2002.

A cet effet, l'Etat Ivoirien a organisé et supporté seul les dépenses liées aux élections « les plus chères du monde » (120 milliards de francs CFA versés à la société française Sagem), qui ont abouti à l'annonce illégale et clandestine des résultats provisoires au quartier général de campagne d'un des candidats à l'élection par Youssouf Bakayoko président de la commission Electorale Indépendante, organe administratif et à la proclamation des résultats définitifs par le Conseil Constitutionnel, conformément à la constitution de la République souveraine de Côte d'Ivoire.

Convaincus que l'on ne peut construire  la paix et la démocratie sans le respect des Institutions d'un Etat et conscients que le développement durable des pays Africains passe nécessairement par la paix,

Les intellectuels Africains, respectueux :

-de la charte des Nations Unies, qui pose son article 2.1, 2.2 et 2.4 le respect de la souveraineté et des institutions de chaque Etat Membre ;

-de l'Acte Constitutif de l'Union Africaine, qui pose le respect des institutions souveraines en son article 3 (b) et le refus de la prise de pouvoir par les armes en son article 4 (p) ;

-de la Constitution et des Institutions dont le Peuple Ivoirien s'est librement doté,

Soutiennent les Institutions de la République Ivoirienne et le Peuple Ivoirien qui lutte pour le respect de sa souveraineté et

Lancent un appel ferme au secrétaire General des Nations Unies Ban Ki Moon ainsi qu'au Président Sarkozy, exigeant de ces derniers qu'ils agissent conformément aux règles qui gouvernent les Nations Unies, à savoir le respect de la souveraineté des Etats qui la composent et par conséquent le respect des Institutions de l'Etat de Côte d'Ivoire.

Le seule crime que Laurent Gbagbo a commis est d'avoir osé s'opposer à la scandaleuse tentative de recolonisation de la Côte d'Ivoire. Nous exhortons tous les Africains, malgré nos différentes options idéologiques, à s'opposer fermement et résolument à cette honteuse tentative de révassalisation de la Côte d'Ivoire.

Notre continent, l'Afrique ne peut pas, ne doit pas négocier sa souveraineté et sa liberté, c'est pourquoi nous avons décidé aux noms des  pères fondateurs de nos indépendances de refuser les ingérences qui corrompent l'avenir de nos nations et de nos peuples. En toute souveraineté, nous intellectuels d'Afrique, nous nous engageons à refuser que le concept de Communauté Internationale et les Nations Unies soient le creuset de la fin de l'Histoire.

Douala, le 20 Décembre 2010



Signataires :

Hervé-Emmanuel N'Kom
Mr le Bâtonnier Charles Tchoungang
Henriette Ekwe
Anicet Ekane
Maître Célestin Kengoum
Dr Samuel Mack Kit
Maître Michel Etia
Abanda Kpama
Bikidik Paul Géremie
Emmanuel Mbiga
Dongmo Fils Valentin
Manga Guillaume
Faustin Bekolo
Oscar Batamack
Pr Takam
Michaut Moussala
Nathalie Yamb
Suzanne Kala-Lobé

Pour la République du Congo

Daniel NKOUTA
Antoine BAKABADIO
Ernest MILANDOU
Solange NKODIA
Emmanuel TATY-TATY
Sylvestre NKOUKA dia MASSAMBA
Honoré NDOUNIAMA
Jean Claude MISIDIMBAMBAZI
Edouard ITOUA EKABA
Etienne MFOUTOU
Denis Charles OBONGUI
Christian ETOKA
Elie MILANDOU
Denise BOUETOUMOUSSA
Mireille ELENGA
Jean OSSOMBI
Benoît Jean de Dieu ONGOUELE
Christine POATY
Chérise Claudia MPASSI
Fulbert KOUYANGAMA
Félicienne MOKEMIABEKA
André ETOKABEKA
Jeanne Marie GANGIA
Pauline MOUKOKO
Adrienne PANGOU
Pierrette NDION

A l'International :

Dondo Alain Yaka
Munsa Nzinga Kandombe
Jean-Paul Vanhoove
Biidou Nguimatsa Zelezeck
Gnahoua Ambroise
Komandant Simi OL
Lambert Okundji Lutula
Me Bernard Takoré


Si vous voulez signer cet appel, mettez « OUI » en commentaire avec votre nom complet ou envoyez un mail à : appeldedouala@gmail.com


Source: SAOTI, le Blog de Mahalia Nteby

samedi, 18 décembre 2010

FACE A L'IMPERIALISME, L'AVENIR DE L'AFRIQUE SE JOUE A ABIDJAN


D. ATANGANA.gif

D. Atangana (Cameroun)

A quel jeu se livre la communauté internationale dans un continent déjà meurtri par de nombreux conflits ?

Toutes les conditions étaient-elles réellement réunies pour organiser des élections démocratiques en Côte d'Ivoire ? Les résolutions prises par le Conseil de sécurité de l'Onu pour sécuriser le pays des Eléphants ont-elles été respectées et appliquées ? La communauté internationale a-t-elle aidé la Côte d'ivoire dans ce sens ? En réalité, les rebelles regroupés au sein des Forces Nouvelles n'ont jamais été désarmés. Leurs milices continuaient à avoir la mainmise sur toutes les zones fidèles à Alassane Ouattara. L'erreur de Laurent Gbagbo aura été d'accepter d'aller aux élections dans un pays divisé et contrôlé partiellement par une rébellion soutenue par un soi-disant médiateur appelé Blaise Compaoré qui est subitement devenu muet depuis l'enlisement de la crise.

Ce qui s'est passé dans le Nord pendant et après l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 est inacceptable dans un Etat républicain et souverain: villages et maisons incendiés, des citoyens pro-Gbagbo amputés de leurs membres, des doigts sectionnés à la machette; des procès-verbaux signés sous la menace des armes, des urnes bourrées quand elles n'étaient pas tout simplement emportées. Voilà les leçons qu'il faut retenir des élections voulues à tout prix par la communauté internationale.

Vous comprendrez donc pourquoi, dans ces conditions de terreur, le consensus était quasi impossible entre les membres de la commission électorale indépendante. Ils avaient validé les P.V de 14 régions sur 20.

FRANÇAFRIQUE.jpg

Terreur

Il en restait six à l'origine du blocage et du retard accusé par rapport au délai imparti pour la proclamation des résultats. C'est dans cette discorde que la CEI a prononcé les résultats provisoires, non pas au sein de son siège, mais dans les locaux abritant le quartier général du candidat Ouattara en l'absence de certains médias. Ce sont bien des chiffres provisoires. Les définitifs étant du ressort du Conseil constitutionnel.

Au nom du respect des principes universels de la démocratie, quel homme d'Etat en Afrique peut-il rester indifférent face à un tel hold-up ? C'est bien beau de demander à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, de l'accuser de vouloir s'accrocher au fauteuil présidentiel après des conclusions hâtives sur la transparence du scrutin, a-t-on disséqué le fond du problème ?


La Coordination des experts électoraux africains, CEEA, était sur le terrain des confrontations. Elle a déployé 38 observateurs internationaux issus de sept pays africains dans les localités de Korhogo, Bouaké, Katiola, Séguélé, Yamoussoukro et Abidjan, le jour du scrutin. Le rapport qu'elle dresse à l'issue de ces observations est édifiant: «
vol des urnes, séquestration des représentants et délégués des candidats, votes multiples, refus systématique de la présence des observateurs internationaux dans certains bureaux de vote à l'heure du dépouillement des bulletins et pertes des vies humaines

Un terrorisme électoral digne des républiques bananières. Au lieu de condamner avec la dernière énergie ces irrégularités qui ont dépouillé ce scrutin de toute coloration démocratique, la communauté internationale s'acharne sur le président sortant, au mépris des institutions de cet Etat souverain et guidé par le jeu des intérêts qui régissent les relations internationales. Le pays de feu président Houphouët Boigny n'est-il pas le premier producteur mondial de cacao.


La force du droit

Mathias Eric Owona Nguini est politologue. Il a jeté un regard sur la crise ivoirienne dans l'édition du quotidien Mutations du 06 décembre 2010. Son analyse est claire «
du point de vue de la rationalité constitutionnelle, la décision d'un organe suprême de régulation constitutionnelle acquiert l'autorité de la chose jugée. Le Conseil constitutionnel se prononce en dernier ressort, et cela n'offre aucun recours juridique supplémentaire aux parties qui s'estiment défavorisées par une telle décision. La CEI ne proclame pas les résultats de l'élection présidentielle. Elle compile, recense et vérifie les résultats sur la base d'un examen scrupuleux des procès-verbaux. On ne peut donc pas, meme lorsqu'on estime qu'il y a eu des erreurs substantielles ou de fraudes, considérer que le processus de proclamation des résultats est achevé quand la CEI a annoncé ses résultats pour la simple raison que ces résultats ne sont pas encore valides. Et ils ne peuvent l'être qu'après avoir été validés par le Conseil constitutionnel. C'est donc une position trompeuse, qui peut affirmer que le vainqueur de l'élection présidentielle ivoirienne est celui qui a été désigné en tant que tel par la CEI, sauf à reconstruire les principes classiques du droit constitutionnel en fonction des intérêts politiques ou géostratégiques

A la suite de l'Union des Populations du Cameroun, tendance Mack-Kit, posons-nous cette question: pourquoi veut-on imposer par tous les moyens, même les plus suicidaires, aux ivoiriens un chef d'Etat pantin qui, comme dans de nombreux pays africains, va continuer à permettre l'exploitation séculaire des grandes richesses du pays, le blocage du développement des grandes potentialités qu'il recèle, et le maintien du Peuple et notamment la vaillante jeunesse ivoirienne dans la misère et la pauvreté ?



D. Atangana in Dikalo (Cameroun) le 07 décembre 2010


Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

jeudi, 16 décembre 2010

L'UNION DES POPULATIONS DU KAMERUN PREND POSITION SUR LA SITUATION EN COTE D'IVOIRE

 

Cameroon COA.svg

APRES L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 28 NOVEMBRE 2010

Où en est la situation en Côte d'Ivoire ?

Déclaration et Appel  du Bureau du Comité Directeur de l'UPC

Après un premier tour le 31 Octobre 2010, le second tour du scrutin pour élire le Président de la République de Côte d'Ivoire a eu lieu le 28 Novembre2010. Les deux candidats à ce second tour étaient :

- d'une part Laurent GBAGBO, combattant de très longue date pour la démocratie et la justice sociale, président sortant élu en 2000 pour cinq ans, mais qu'une tentative de coup d'état perpétrée le 19 septembre 2002, foireuse mais non entièrement défaite, a empêché de diriger le pays dans la paix, et de mettre en application le programme que lui-même,  son parti le Front Populaire Ivoirien (FPI) et leurs alliés, avaient présenté au Peuple Ivoirien et qui avait valu à M. Gbagbo d'obtenir la confiance et les suffrages populaires.

- d'autre part Alassane Dramane OUATTARA, ancien Directeur (Afrique) du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington dans les années 1980, et ancien Premier Ministre de M. Félix Houphouët-Boigny. Monsieur A. D. Ouattara était Directeur (Afrique) du FMI lorsque, dans la décennie 1980 notamment, cet organisme imposait à tous les pays africains dont le Kamerun, sans regrets ni remords, mais avec une arrogance cynique, les fameux « Plans d'Ajustement Structurel (PAS) » qui valurent au FMI le surnom mérité de « Fonds de Misère Instantanée » attribué par un économiste de talent.

La Marche vers l'élection présidentielle et les résultats

Qu'on soit ou non partisan de Laurent Gbagbo et son parti le FPI, qu'on les déteste ou qu'on les aime, on ne peut nier que la voie vers cette élection présidentielle n'a été ouverte que par des démarches qui, empreintes de patriotisme et de lucidité politique, ont conduit à l'Accord dit de Ouagadougou. Un tel accord était inimaginable en septembre 2002, au lendemain du Coup d'état foireux quoique non entièrement défait ; il était encore inimaginable quelques mois plus tard, lors du traquenard en forêt de Marcoussis, cyniquement monté par les néocolonialistes connus en Afrique et au-delà.

Or donc, les démarches qui ont rendu possible l'Accord de Ouagadougou furent un exemple extraordinaire de courage et de lucidité politiques et, en même temps, de patriotisme de la part de Laurent Gbagbo et ses amis et alliés, qui acceptèrent de former un gouvernement avec ceux là même qui avaient pris les armes contre eux. L'Accord de Ouagadougou a été scrupuleusement respecté et appliqué par Laurent Gbagbo et ses amis. Alors que, dans le même temps, les auteurs de la tentative de coup d'état foireuse quoique non entièrement défaite, ont, avec leurs sponsors, refusé jusqu'à ce jour, le désarmement prévu par l'Accord ! Pourtant, malgré ce fait fondamental, qu'aucun chef d'état au monde n'a jamais accepté depuis la nuit des temps, Laurent Gbagbo et ses amis ont accepté que l'élection présidentielle ait quand même lieu, en comptant sans doute sur la maturité et la lucidité du Peuple et un minimum de bonne foi de leurs compatriotes auteurs de la tentative de putsch .

Le 3 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire, organisme qui, selon la Constitution ivoirienne, est juge d'un éventuel contentieux électoral, et a seul le pouvoir de proclamer en dernier ressort les résultats définitifs de l'élection du Président du pays, a déclaré Laurent GBAGBO élu, après examen de requêtes introduites au lendemain du scrutin et des résultats provisoires rendus publics par la Commission Electorale Indépendante (CEI). Signalons que la CEI,  à la suite de ses résultats provisoires, avait déclaré Mr OUATTARA élu.

Le spectre  des groupes qui réagissent depuis le 3 Décembre 2010

A la suite de ces résultats officiels et définitifs légalement proclamés par le Conseil Constitutionnel, l'opinion africaine et mondiale a assisté et assiste à de nombreuses réactions. En dehors de la Côte d'Ivoire, s'est mise en mouvement pour soutenir A. D.Ouattara, une faune bigarrée où se côtoient tout à la fois, une Union Africaine (UA) pourtant incapable depuis 10 ans, d'appliquer les dispositions de sa propre Charte (article 14 et autres) sur les coups d'état ; une Organisation des Nations Unies (ONU) qui, depuis 50 ans, ne souffle jamais un mot devant les centaines d'élections grossièrement truquées que de nombreux, trop nombreux dictateurs à travers l'Afrique et aussi en Asie, organisent à répétition ; une Union Européenne (UE) en majorité négrière et hypocrite mais toujours prompte à donner des leçons de morale, de droits de l'homme et de démocratie et patati et patata ; sans oublier un gouvernement américain irrésistiblement attiré par les perspectives pétrolières ouvertes par les récentes découvertes d'hydrocarbures en Côte d'Ivoire et au Ghana voisin.

Ce que tout ce monde veut, en dehors de l'UA, c'est imposer à la tête de la Côte d'Ivoire un Président et un gouvernement de béni oui oui qui, comme dans de nombreux pays africains, vont continuer à permettre l'exploitation séculaire des grandes richesses du pays, le blocage du développement des grandes potentialités qu'il recèle, et le maintien du Peuple et notamment la vaillante jeunesse ivoirienne dans la misère et la pauvreté. Pour sa part, ce que l'UA veut, c'est que les Peuples Africains et en particulier la jeunesse de tout le Continent, oublient que l'Union Africaine est de plus en plus empêtrée dans la voie de l'impotence qui fut celle de la soi-disant Organisation de l'Unité Africaine (OUA) de 1963 à son autodissolution, il y a bientôt 10 ans.

A propos de l'ONU, c'est un  devoir patriotique et panafricain le plus strict pour l'UPC, d'informer la jeunesse de tout le Continent, en rappelant à l'opinion africaine que :

1°) C'est cette même ONU qui se fit complice des néocolonialistes français en mars 1959 en refusant  la proposition raisonnable de l'UPC et des autres patriotes kamerunais, d'organiser AVANT la proclamation de l'indépendance, des élections générales sous la supervision de l'ONU puisque le Kamerun était un pays sous tutelle de l'organisation internationale ! Les néocolonialistes français ne voulaient pas de ces élections puisqu'ils savaient que l'UPC aurait alors balayé leurs protégés. L'ONU suivit la position des néocolonialistes, ce qui accoucha du monstre politique que le Kamerun vit depuis 50 ans.

2°) C'est cette même ONU qui approuva de fait, en 1960-61, l'accord secret anglo-français de partage des zones d'influence dans  le Kamerun dit anglais et sabota ainsi la réunification de notre pays qui était un des points clés du programme nationaliste, ce qui se traduisit par le rattachement du « Northern Kamerun » au Nigéria à l'issue d'un scandaleux plébiscite où des dizaines de milliers de citoyens nigérians votèrent sans évidemment en avoir la qualité ni le droit. Tout ceci sans que l'ONU dise un seul mot de désapprobation.

3°) C'est cette même ONU qui, appelée au Congo en juillet 1960 par le gouvernement légitime et légal de Patrice Eméry LUMUMBA pour l'aider à mâter la rébellion katangaise, se fit plutôt le complice cynique de la neutralisation infâme de Lumumba, suivie de l'assassinat crapuleux de ce dernier et de ses compagnons Okito et Mpolo par le groupe de Mobutu, Tschombe, Munongo, Nendaka et d'autres. Dans ces actes odieux, l'ONU était évidemment de connivence avec toutes les grandes puissances occidentales qui crient depuis le 3 Décembre 2010 contre Laurent Gbagbo et ses amis en Côte d'Ivoire. Et il faut dire clairement que si M. Ban Kin Moon, Secrétaire Général actuel de cette ONU, persiste dans la voie qu'il semble avoir décidé de suivre depuis quelques jours pour plaire aux ennemis de l'Afrique une fois encore coalisés, il ne sera pas facile pour lui d'échapper à la même fin que son prédécesseur Dag Hammarskjoeld en 1960, au Congo. Car il doit savoir qu'en Afrique, chez les Bantu, « les vivants et les morts nous observent et nous jugent » (Félix Roland Moumié).

La signification profonde de toutes ces prises de position sur la situation en Côte d'Ivoire, c'est la volonté farouche, jamais démentie depuis au moins 6 siècles, de poursuivre la domination de notre Continent, l'exploitation des peuples africains, l'écrasement de notre jeunesse dans la misère et la pauvreté tout en persistant dans des discours hypocrites sur « la lutte contre la pauvreté » avec la complicité de l'UA et des dictateurs qui pullulent en son sein.

Quelle position pour les patriotes militants africains ?

Face à la situation actuelle en Côte d'Ivoire, devant les forces puissantes et farouchement déterminées à écarter du pouvoir les patriotes et toutes les forces dévouées au pays et à toute l'Afrique puis à les écraser ensuite, l'heure n'est plus aux attitudes à la Ponce Pilate, à la recherche des « nombreuses erreurs de Gbagbo et ses amis » (qu'elles soient réelles ou purement imaginaires) ; l'heure n'est pas aux attitudes de spectateurs se contentant de « compter les coups provenant de chaque camp ».

Car ne nous y trompons pas : ce qui se joue depuis 10 ans en Côte d'Ivoire et plus encore aujourd'hui, c'est l'avenir de tous nos pays, et de tout le Continent. Comme au Congo en 1960, comme au Kamerun en 1958-61, ce qui se joue, c'est la question de savoir si  oui ou non, des patriotes dans un pays africain, peuvent prendre le pouvoir et engager ce pays dans la voie de la vraie libération, de la démocratie réelle, du progrès et de la justice sociale véritable et effective, la voie de la satisfaction progressive des aspirations du peuple de ce pays et de tous les peuples africains.

Au nom des upécistes, et convaincu d'exprimer le sentiment de l'ensemble des patriotes conscients de notre pays, le Bureau du Comité Directeur de l'UPC lance un

Appel Solennel à tous les militants progressistes, à tous ceux qui, en Afrique,  se reconnaissent dans les idéaux du  Panafricanisme Révolutionnaire, dans l'héritage historique toujours actuel légué par la multitude des grands héros africains du 20ème siècle : Osagyefo Kwame Nkrumah, Ruben Um Nyobe, Didan Kimathy, Barthélémy Boganda, Ouezzin Coulibaly, Patrice Lumumba, Félix Roland Moumié, Ernest Ouandié, Amilcar Cabral, Eduardo Mondlane, Samora Machel, Hoji ia Henda, Agostinho Neto, Oliver Tambo, Chris Hani, Cheick Anta Diop, Mongo Beti, etc,etc.

L'UPC les adjure de prendre rapidement et clairement position sur la situation en Côte d'Ivoire, en soutenant Laurent Gbagbo et ses amis et camarades, le candidat de La Majorité Présidentielle sortante ayant été légalement proclamé élu par le Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire.

Depuis le Kamerun, l'UPC appelle spécialement toute la jeunesse à travers tout le Continent, et lui demande d'apporter son soutien multiforme, ferme et fraternel, à la vaillante jeunesse ivoirienne qui a déjà payé très cher son engagement patriotique depuis 8 ans, pour que triomphent les idéaux panafricains d'indépendance et de souveraineté nationale, de démocratie et de justice sociale. En 2011, des élections sont aussi attendues au Kamerun, en République Centrafricaine et ailleurs sur le continent. Les donneurs de leçons hypocrites de la soi-disant « Communauté Internationale » autoproclamée vont approuver avec cynisme et hypocrisie tous les tripatouillages déjà entamés auxquels vont se livrer les dictateurs corrompus accrochés parfois depuis plus de 30 ans au pouvoir. Ils enverront des « observateurs impartiaux et neutres, objectifs », qui s'enfermeront dans des hôtels de luxe de Douala, Yaoundé ou ailleurs, puis ils publieront des rapports selon lesquels « certes quelques irrégularités ont été enregistrées ; mais celles-ci sont restées limitées et mineures, et ne furent pas de nature à influencer sérieusement les résultats du scrutin ». Puis la tragi-comédie reprendra pour 5 ans, 7 ans, 10 ans. L'UA se taira, comme d'habitude.

Aujourd'hui, malgré des difficultés et face à une situation très difficile pour le camp des patriotes véritables en Côte d'Ivoire, les choses ne sont pas confuses du tout. La situation est suffisamment claire pour que chaque Africain puisse se décider et prendre position.

C'est le camp de Laurent Gbagbo et ses amis et leurs alliés, qui incarne des perspectives de marche en avant du Peuple Africain de Côte d'Ivoire et notamment de sa jeunesse ; des perspectives de démocratisation continue du pays, pour laquelle le FPI et ses dirigeants ont vaillamment lutté et subi la répression pendant 30 ans. C'est le camp de Laurent Gbagbo qui représente en Côte d'Ivoire le potentiel le plus solide pour une politique de progrès et de justice sociale. C'est ce camp qui est le camp du vrai passé de lutte et de liberté de l'Afrique, d'un présent de dignité, et d'un futur de souveraineté véritable de nos peuples et de notre continent : c'est le camp de l'honneur de l'Afrique.

Nous appelons la vaillante et intrépide jeunesse de tout le Continent, les femmes et les hommes de tous les médias d'Afrique, tous les Peuples Africains, à soutenir par tous les moyens à la disposition de chacun, le camp de Laurent Gbagbo et ses amis. Car c'est le camp de l'Afrique éternelle.

DOUALA, le 5 Décembre 2010 

 

Pour le Bureau du Comité Directeur de l'UPC  

MASSONGO Barnabé Melvin, Président de la Xe Session       

MANG Louis Marie, Secrétaire de la Xe Session      

Docteur Samuel MACK-KIT, Président de l'UPC      

Professeur MOUKOKO PRISO, Secrétaire Général     

TCHUANYO Martin, Vice Président        

EKOTO EFA Christine, Secrétaire Nationale aux Relations Panafricaines et Internationales

BP 2860 Douala-Cameroun, Tel : 33 43 87 53, Fax : 33 42 86 29, Cell : 9973 03 84, E-mail :  upcbcd@yahoo.fr    

Site web: http//www.upc-kamrun.com  http//www.upc-cameroon.com    

samedi, 11 décembre 2010

"FRANÇAFRIQUE, LA RAISON D’ETAT", POUR MIEUX COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

 

SARKOZY-BONGO. FRANçAFRIQUE 2.jpg

Documentaire. Réalisé par Patrick Benquet. Scénario de Patrick Benquet. Produit par Compagnies des Phares et Balises. Avec la participation de France Télévisions. Conseiller historique : Antoine Glaser.

Film documentaire diffusé ce jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France 2. Première partie : La Raison d'Etat.

 

Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide précieuse d'Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu'à travers les présidences successives qu'avaient connues la France, de droite et de gauche, les bouleversements mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l'action du mercenaire Bob Denard, les coups d'États à répétition, les assassinats politiques, l'affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel..., étaient reliés par une logique implacable : la mise en œuvre d'une politique occulte dont la motivation principale était l'approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.


Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d'État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d'argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d'enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l'ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s'étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l'Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc. Avec, par ordre d'apparition :


Maurice Delaunay : Formé à la Coloniale, l'École Nationale de la France d'Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l'État qui ont géré l'empire africain sans état d'âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d'État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50.


Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d'Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l'intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l'Afrique et les responsables français.


Maurice Robert : En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l'homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français. De l'intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l'exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d'Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.


André Lewin : Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.


Bob Maloubier : Ancien responsable du service Action des services secrets français, c'est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M'Ba, victime d'une tentative de coup d'État en 1964. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.


Jacques Pigot : Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l'entourage direct du premier président gabonais Léon M'ba puis d'Omar Bongo.


Jacques Thiebaut : Pilote d'avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay afin de renverser le pouvoir en place puis de placer à la tête du Nigéria le rebelle Odjuku, dont le premier fils fut adopté par Omar Bongo.


Martin Kirsch : Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d'Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.


Albin Chalandon : PDG d'Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo-Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.


Jacques Salles : Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.


Jean-Pierre Cot : Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l'Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.


Pierre Marion : Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l'influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l'avait nommé, il démissionna.


Jean-Christophe Mitterrand : "Monsieur Afrique" de son père à l'Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m'a dit" auprès des chefs d'État africains.


Loïk Le Floch-Prigent : Président-directeur général d'Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l'instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l'argent secret du pétrole. Dans le scandale de l'affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d'État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie.


Eva Joly : Juge d'instruction de l'affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l'argent du pétrole.


Robert Bourgi : Avocat d'affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l'ombre des relations franco-africaines d'abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu'il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd'hui comme l'homme de plus influent des réseaux françafricains.


Michel de Bonnecorse : Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l'élection de Nicolas Sarkozy.


Dominique Pin Adjoint de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d'Areva au Niger.


François Stifani : Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale de France (GLNF) qui procéda à l'intronisation d'Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise.


Et en archives, dans la première partie de ce grand film documentaire, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M'ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d'Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.



Sources : France 2, Décembre 2010 et AFRIK53

vendredi, 11 juin 2010

LES NOUVEAUX VISAGES DE LA FRANÇAFRIQUE

FRANçAFRIQUE.jpg

Une manifestante contre la « Françafrique ».


Alors que le 25e sommet « Afrique-France », qui est aussi celui du cinquantenaire des « indépendances », s'est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, l'affaire est assez emblématique des mutations de cet étrange serpent de mer qu'est la « Françafrique ». Chacun sait, depuis le 15 mai 2010, que la libération de l'universitaire Clotilde Reiss est en partie due à une médiation sénégalaise, au sein de laquelle l'avocat Robert Bourgi, aussi talentueux que multicarte et seul héritier du savoir-faire « foccartien », a joué un rôle déterminant.

Seuls trois hommes étaient au courant du voyage secret en Iran de Me Bourgi et de Karim Wade, à la fin du mois de mars 2010: le père de ce dernier, Abdoulaye Wade et, à Paris, Nicolas Sarkozy et son secrétaire général, Claude Guéant, à qui les deux émissaires ont régulièrement rendu compte au téléphone, depuis Téhéran, des progrès de leur mission. Ni Bernard Kouchner, ni Jean-David Levitte, ni même le patron de la « DGSE », Erard Corbin de Mangoux, ne savaient quoi que ce soit de ce déplacement feutré. Culte du secret, court-circuitage des filières institutionnelles, casquettes africaines et contacts parallèles activés par un personnage à la réputation (forcément) sulfureuse et qui en joue avec habileté : la méthode « Foccart » transposée dans l'Orient compliqué a donc, si l'on peut dire, porté ses fruits.


FOCCART, LE GRAND MARIONNETTISTE

Si la « Françafrique » incestueuse et patrimoniale est morte, celle des réseaux est, elle, toujours bien vivante. À une différence - de taille - près : elle est acéphale. Là où Jacques Foccart, qui consacrait l'essentiel de son temps aux affaires du « pré carré », tirait tous les fils à la manière d'un grand marionnettiste, Claude Guéant, pour qui l'Afrique n'est qu'une préoccupation parmi d'autres, n'intervient directement ou par intermédiaire interposé que sur certains dossiers sensibles. D'où l'éclatement et la multiplication de réseaux souvent complémentaires « (Élysée-business (par exemple) », reliés entre eux par des passerelles « avocats, juges, médecins, (ouvertement rivaux) »  (ONG), « transcourants (francs-maçons) », etc., mais qui tous fonctionnent en interne avec de vraies solidarités corporatistes et une opacité commune.

Autre évolution : les réseaux sont désormais autant « afro-français » que « franco-africains » et leur interpénétration réciproque est fréquente. Un Laurent Gbagbo, un Paul Biya, un Denis Sassou Nguesso, un Ali Bongo Ondimba, pour ne citer qu'eux, ont tous leur réseau d'influence qui emprunte à chacun (ou presque) des réseaux français. Conséquence de cette alchimie complexe, qui tient parfois de la raffinerie : l'apparition de missi dominici dont on distingue mal a priori l'allégeance principale. Il faut ainsi de bons yeux pour hiérarchiser les fidélités dont se réclame aujourd'hui l'incontournable Robert Bourgi : Sarkozy et Guéant en premier lieu, puis Wade, Ali Bongo Ondimba, Ould Abdelaziz, Gbagbo et quelques autres. Il est vrai que, en ce domaine, chacun avance masqué.

Le petit « Who's Who » que nous publions (voir ci-dessous) - et d'où sont exclus les ministres pour qui l'Afrique fait en quelque sorte partie du job, tels Bernard Kouchner et Alain Joyandet - a pour ambition de guider les pas du profane dans le maquis de la « néo-Françafrique ». Nous avons volontairement omis dans ce vade-mecum les pays du Maghreb, qui relèvent, eux, de réseaux bilatéraux à la fois différents et étanches, sur lesquels nous reviendrons prochainement.


ROBES NOIRES

Simone Gbagbo et l'État togolais ont un point commun : leur avocat, Pierre Haïk (le dossier Kieffer pour la première, l'affaire Kpatcha Gnassingbé pour le second). C'est un habitué du continent, ex-conseiller de l'ancien directeur des affaires générales d'« Elf », Alfred Sirven, et surtout de Charles Pasqua. Plus jeune, il joue dans la même cour qu'autrefois Jacques Vergès, lequel conseille encore le chef de l'État centrafricain, François Bozizé. D'autres « pointures » prennent la relève : après le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, Francis Szpiner, Lev Forster puis Marcel Ceccaldi ont essayé de mettre Dadis Camara à l'abri des poursuites ; Christian Charrière-Bournazel (bâtonnier à Paris) et Mario Stasi conseillent Kpatcha Gnassingbé.

Ancien maire « UMP » et proche de Nicolas Sarkozy, Manuel Aeschlimann,­ qui a rejoint l'équipe du Congolais Jean-Pierre Bemba - poursuivi par la « Cour pénale internationale » -, est un nouveau venu. Il est à l'opposé d'un William Bourdon, qui se montre plus volontiers aux côtés des faibles. Ce dernier est avocat des plaignants dans l'affaire des « biens mal acquis », qui vise notamment Denis Sassou Nguesso (défendu par Jean-Pierre Versini-Campinchi). Mais il est aussi celui de... la famille Kaddafi ! Les « cabinets d'affaires » ont également leurs « Messieurs Afrique », notamment Jean-Claude Petilon chez Fasken Martineau ou Stéphane Brabant chez Herbert­ Smith.


BLOUSES BLANCHES

Les prostates, surtout quand elles sont présidentielles, peuvent créer des liens étonnants entre les patients et leurs médecins. Ces derniers peuvent ainsi passer du domaine médical au champ politique. Bernard Debré, chirurgien-urologue, ancien ministre de la Coopération, est considéré un peu comme un pionnier en la matière. Outre les soins apportés à Gnassingbé Eyadéma et Félix Houphouët-Boigny, il s'est plus d'une fois rendu sur le continent avec son équipe, composée d'une quarantaine de personnes. Au Congo-Brazzaville, on connaît particulièrement le cancérologue Claude Maylin et son épouse Maria, d'origine marocaine, amis personnels de Denis Sassou Nguesso. Autre médecin connu à Brazzaville - et ailleurs -, le chirurgien Alain Deloche, de la Chaîne de l'espoir, qui travaille surtout avec la Fondation « Congo Assistance », présidée par Antoinette Sassou Nguesso.

Le professeur Luc Montagnier est l'un des principaux soutiens de la Fondation « Chantal Biya », au Cameroun, où il se rend souvent. Tout comme le dentiste Jean-Marc Aubert, qui a d'abord commencé par soigner Paul Biya, avant de devenir son ami personnel. Autre célébrité sur le continent, le professeur et ancien patron de la « Croix-Rouge française » Marc.


Lire, aussi, dans la même rubrique l'article suivant :

FRANÇAFRIQUE :  TOUT SUR LES NOUVEAUX  RÉSEAUX :  LES HOMMES ET LEUR CONNEXION.

00:52 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, 25ème sommet afrique-france, cinquantenaire des indépendances, françafrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 20 mai 2010

MONSTRUOSITE FRANÇAISE EN AFRIQUE : MASSACRE AU CAMEROUN

 

CAMEROUN REPRESSION CONTRE UPC.jpg


«Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance.[…] Les villages avaient été rasés, un peu comme Attila », témoigne le pilote d'hélicoptère Max Bardet. (Extrait de La Françafrique. Le plus long scandale de la République, par F-X Verschave)


J'appris avec ces phrases le massacre littéralement inouï d'une population camerounaise au tournant des années soixante. Je m'attachai à en savoir davantage. Ce ne fut pas facile, tant la terreur, là-bas, produit encore son effet. Ce n'est pas terminé. En 1938, de jeunes Camerounais formés à l'école française créent la Jeucafra, Jeunesse camerounaise française.

Parmi eux, un certain Ruben Um Nyobé, commis-greffier au tribunal de Yaoundé. Nettement pro-français, ce mouvement se pique au jeu de la conférence de Brazzaville où, en 1944, le général De Gaulle avait annoncé des libertés politiques nouvelles pour les peuples de l'Empire colonial.

Au même moment débouche le mouvement de syndicalisation suscité par des salariés français expatriés, travaillant dans l'enseignement et les chemins de fer. Ce mouvement est proche de la CGT française, à laquelle adhéraient la plupart de ses initiateurs. Il aboutit en décembre 1944 à la création de l'Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). Ruben Um Nyobé s'y inscrit, avec plusieurs de ses amis.

L'injustice sociale et politique est alors criante. Les colonies ont connu l'«effort de guerre», l'austérité et une forte hausse des prix. A la Libération, les salaires des fonctionnaires de nationalité française sont augmentés, ceux des camerounais restent bloqués : la ségrégation continue !  Anticipant sur les libertés promises, la Jeucafra exige l'impossible : la liberté de parole et de presse, la participation des autochtones à la gestion des affaires publiques, etc.  Comme en Algérie, au Sénégal, ou plus tard à Madagascar, le refus est brutal : lors d'une grève le 27 septembre 1945, une bande de colons armés tirent sur une manifestation d'Africains. Il y a au minimum soixante morts. Ainsi restauré, l'« ordre » colonial engendre des frustrations considérables. En mars 1947, la Jeucafra se fond dans un front anticolonialiste, le Racam (Rassemblement camerounais), qui réclame carrément la création d'un État camerounais. Après la guerre 1914-18, le Kamerun détenu par l'Allemagne vaincue s'était vu placé par la Société des nations sous un double mandat : la tutelle de la France, pour la majeure partie du territoire, et celle de la Grande-Bretagne, pour la région Ouest limitrophe du Nigeria. Le Racam demande tout simplement la fin des mandats tutélaires, en application de la charte des Nations unies, et la réunification du Kamerun. On l'interdit au bout de deux mois. Ce n'est que partie remise. Avec les mêmes revendications, Ruben Um Nyobé fonde le 10 avril 1948 l'Union des populations du Cameroun (UPC). Celle-ci adhère bientôt au Rassemblement démocratique africain (RDA), créé par l'Ivoirien Houphouët-Boigny. Pour l'administration coloniale, pas de doute : non seulement la revendication d'indépendance sent le soufre, mais les fréquentations cégétistes d'Um Nyobé et l'adhésion de l'UPC au RDA portent la marque du complot communiste international. Certes, les députés du RDA à Paris se sont apparentés un temps au groupe communiste, avant d'être récupérés par le parti charnière de François Mitterrand, l'UDSR. Mais quand on voit l'évolution ultérieure d'Houphouët… Un multimilliardaire, pas vraiment rouge ! L'amalgame indépendantisme- communisme, plus ou moins délibéré, parfois machiavélique, fera des ravages. Bien qu'Um Nyobé ait toujours nié la filiation communiste de l'UPC, le dynamisme de ce parti naissant lui vaudra très vite d'être la cible d'une croisade - pour la «défense du monde libre», contre le «péril rouge». C'est la politique sans nuances du Haut-commissaire du Cameroun, André Soucadaux (1949-54). En face, Ruben Um Nyobé tient des propos qui font songer à son contemporain Mandela - ce Mandela qu'il aurait pu être :

«Les colonialistes ne veulent pas admettre qu'un Noir soit l'égal d'un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l'échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice et hélas, à l'Église. Quelle est alors l'âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d'un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? La doctrine coloniale n'a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées […]. Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité».

Un discours tellement vrai qu'il fait «exploser le conflit entre le système colonial et la condition faite au peuple came­rounais», observe le politologue Achille Mbembe. L'UPC attire la population pauvre des grandes villes, Douala en particulier. Elle convainc aussi une partie des élites. Elle s'implante progressivement à travers tout le Cameroun, mais connaît deux zones de prédilection.


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23:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (73) | Tags : afrique, cameroun, g. bediong à nyokon, saoti, mahalia nteby, um nyobe, moumie, ouandie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 décembre 2009

PROCES EN DIFFAMATION: VINCENT BOLLORE TRAINE DES CAMEROUNAIS EN JUSTICE

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Le mardi 15 décembre 2009 prochain, Pius NJAWÉ et certains de ses compatriotes Camerounais devront comparaître par devant mesdames et messieurs les présidents et juges composant la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de Grande instance de Paris, siégeant au Palais de justice de ladite ville comme témoins au procès qui oppose Vincent BOLLORÉ et le Groupe Bolloré France Inter, radio française de service public émettant à Paris, et à ne pas confondre avec Radio France Internationale (RFI).

Il s’agit notamment de Emmanuel ETOUNDI OYONO, actuel directeur de la Maetur, Hilaire KAMGA, président de l’ONG Nouveaux droits de l’Homme, Edouard TANKOUÉ secrétaire général du Syndicat national des inscrits maritimes et assimilés du Cameroun, Jean Marc BIKOKO, président de la Centrale syndicale du secteur public.

Tous sont cités d’avoir tenu des propos diffamatoires au cours du reportage réalisé au Cameroun sur  "Cameroun, l’empire noir de Vincent BOLLORÉ", diffusé sur les antennes de ladite radio le 29 mars 2009. C’était dans le cadre de l’émission "Interception" qui a été diffusé de 9h00 à 13h05.

Pour les plaignants qui se sont constitués partie civile, cette émission a "diffusé des propos (…) contenant l’imputant d’un fait précis portant incontestablement atteinte à l’honneur et à la considération de Monsieur Vincent BOLLORÉ et de la société Bolloré".

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14:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : procès contre des camerounais, vincent bolloré, radio france inter, robert ngono ebodÉ | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 18 juin 2009

HARO SUR ETO'O!



Lu pour vous sur SAOTI.OVER-BLOG: Samedi 13 juin 2009. La défaite des Lions Indomptables du Cameroun face aux Eléphants de Côte d’Ivoire lors du match organisé au profit des victimes du drame du Félicia, survenu le 29 mars 2009, est la dernière débâcle en date de l’équipe nationale camerounaise, qui autrefois ramassait les trophées à la pelle et qui est aujourd’hui en quête de victoires, comme d’autres sont à la recherche du Graal. La finalité de cette prospection à l’issue de plus en plus compromise est la qualification pour la Coupe du Monde 2010 qui se joue dans un an exactement en Afrique du Sud. Visiblement affaiblie et désorientée, la sélection nationale camerounaise est devenue sujette aux quolibets, voit ses fans se détourner d’elle, et fait l’objet d’un carnage médiatique sans précédent.

Après le match de bienfaisance de samedi, n’a-t-on pas entendu des exégètes vitupérer contre cette équipe, «qui n’a même pas compris que les Camerounais ont besoin d’une victoire psychologique pour faire à nouveau confiance à ces Lions domptés». Ces mêmes personnes qui, en public, cassent du sucre sur le dos des stars désormais déchues, se pressent néanmoins en coulisses pour faire leur «atalakou» auprès des Eto’o, Song Bahanag, Njitap et autres Kameni. Symptomatique des temps présents : il est de bon ton de les vilipender, mais leur argent et les miettes de leur renommée sont toujours bons à prendre.

Beaucoup de voix, et non des moindres, ont leur coupable tout trouvé. C’est Samuel Eto’o le fautif ! Lui et ses caprices de star ! Lui qui a l’outrecuidance d’avoir 30 buts au compteur en championnat espagnol, de gagner la coupe du Roi et la Champions League avec son club le FC Barcelone, mais qui ne se donne pas la peine de marquer des buts quand il joue avec les Lions ! Ce fourbe catalan avec son passeport espagnol, qui, maintenant qu’il est « en haut », ne se la foule plus pour le drapeau vert-rouge-jaune ! Mister Samuel et Docteur Eto’o. Ben voyons !

Le faux procès fait à Eto’o

J’ai toujours eu une sainte horreur des théories simplistes et celle-là, à l’évidence, en est une. Samuel Eto’o Fils, comme Albert Dreyfus, est cloué au pilori, parce que ça arrange tout le monde, qu’il faut faire court et que cela évite d’avoir à creuser plus profondément pour trouver les vraies racines du mal qui gangrène l’équipe nationale camerounaise. Mais c’est un mauvais procès qui est fait à SEF, et il est aisé de le démontrer.

«Pour qui se prend Eto’o ? Patrick Mboma a plus fait pour le football camerounais que lui». «Un Eto’o ne vaudra jamais un Roger Milla.» Personne ne nie la contribution de nos anciennes gloires au rayonnement planétaire des Lions Indomptables. Mais ses faits d’armes passés autorisent-ils Roger Milla à interférer dans la gestion de l’équipe nationale comme il le fait avec virulence et peu de talent depuis un certain temps ? Avoir, il y a vingt ans, porté haut le flambeau du pays sur les aires de jeu fait-il automatiquement de lui le Einstein du football camerounais ? Comme Milla, dont les prestations lors de la Coupe du monde de 1990 continueront pendant longtemps à faire frissonner de plaisir les amateurs du beau football, Patrick Mboma mérite incontestablement son statut de légende, mais force est de reconnaitre que s’il a brillé de mille feux, c’est aussi parce qu’un jeune comme Eto’o, à l’époque, ramait dur et travaillait autour de lui pour le faire rayonner. Qui aujourd’hui, dans l’équipe nationale, travaille à faire rayonner Samuel Eto’o ? Qui lui ramène les ballons comme lui le faisait avec Magic Patrick ? Ne lui reproche-t-on pas souvent de « balayer » le terrain de haut en bas, alors qu’à Barcelone, il est discipliné et joue au poste à lui désigné par l’entraineur ? Mais s’il ne va pas les chercher lui-même, qui, au sein de la formation actuelle des Lions, lui sert les ballons dont il a besoin pour conduire le Cameroun à la victoire? On attend de lui les mêmes prestations qu’au Barça mais où sont les Messi, Iniesta, Valdes et Puyol camerounais? Et si par malheur il reste sagement à son poste, cela est aussitôt assimilé à un manque d’implication. Eto’o court partout, ce n’est pas bien. Il ne court plus, ce n’est pas bien non plus. Faudrait savoir, non ?

Le boycott médiatique européen aux relents racistes plus patents que latents auquel est confronté SEF, qui n’a pas l’heur de plaire tant à cause de son indépendance qu’en raison de ses prises de positions habituellement africanistes, souvent iconoclastes, parfois violentes mais rarement hors-sujet trouve aujourd’hui un écho favorable chez les journalistes africains, victimes consentantes d’un colonialisme intellectuel récurrent. Comment ce petit nègre peut-il se permettre de réclamer un salaire d’un million d’euros net par mois, qui ferait de lui le joueur le mieux payé du monde ? D’où cet illettré prend-il l’arrogance de négocier lui-même ses contrats, sans faire intervenir d’agent ou de manager, comme cela est de bon aloi dans le milieu ? En vertu de quoi ce type sorti de nulle part ose-t-il prétendre au Ballon d’or, alors qu’il est sous contrat avec Puma et qu’il est de notoriété publique que les gros deals de la FIFA se faisant avec Adidas et Nike, il est hors de question que le renvoi d’ascenseur adoube quelqu’un ne faisant pas partie de ces deux écuries sportives comme meilleur joueur du monde?

Mais Samuel Eto’o Fils est bel et bien le meilleur attaquant de la planète. Si les journalistes et fonctionnaires sportifs occidentaux ont des chiques au bout des doigts quand il s’agit de le reconnaître, on pourrait néanmoins s’attendre à ce que les femmes et hommes des média camerounais, au lieu de se rendre complices de la manipulation occidentale, se mettent en rangs serrés derrière l’enfant de New Bell, le célèbrent à sa juste valeur et le défendent âprement. Que nenni ! Hier acclamé, aujourd’hui sifflé. Surprenant ? Pas vraiment, tellement cela est typique du fonctionnement camerounais. On veut des idoles, mais il ne faut surtout pas qu’elles sortent trop du lot, sinon on leur coupe la tête. Au lieu d’être fiers de ceux qui réussissent, on les envie et on les détruit au moindre petit échec. Ceux-là qui s’extasient sur le transfert à 94 millions d’euros de Cristiano Ronaldo au Real Madrid s’offusquent que Samuel Eto’o, qui sera transférable sans frais en 2010, négocie avec talent son prochain contrat. Maintenant qu’il va jouer en Liga et que l’occasion nous est ainsi donnée de comparer ce qui est comparable, on verra bien si le Portugais pourra égaler les records de Fils… Ceux qui le qualifient d’analphabète font mine d’ignorer qu’Eto’o parle couramment trois langues et est suffisamment intelligent pour gagner plus d’argent en un mois que certains de ses détracteurs en six générations. Ceux qui décrient sa «grosse tête» et son «manque de patriotisme» n’arriveront pas à effacer tout ce que ce jeune homme a fait pour le Cameroun et les Camerounais, et c’est de sa contribution hors des terrains de foot qu’il s’agit ici. Dons d’ambulances, création d’une fondation caritative, pygmalion de jeunes talents sportifs dont plus d’une dizaine est déjà allée à Barcelone, soutenant financièrement les proches et les moins proches, remplissant la sébile des pauvres et des riches qui quémandent sans honte, créant des emplois, payant des opérations chirurgicales salvatrices à des gamins africains handicapés, Samuel Eto’o, à 28 ans, a fait plus pour la patrie que certains magnats ou hommes politiques au pouvoir depuis plusieurs décennies qui se permettent aujourd’hui de le critiquer ou de se gausser de lui quand il lui arrive de traverser une phase professionnelle difficile.

 «Drogba est  aussi une star, et pourtant, quand il joue avec les Eléphants, il se défonce et marque des buts, pas comme Eto’o.» Certes, à première vue, cela peut sembler exact. Mais une observation plus approfondie fait apparaître une différence fondamentale : au delà-du fait que ses coéquipiers, mettant de côté leurs égos, jouent pour lui, capitalisant ainsi sur le talent de leur capitaine, Didier Drogba évolue dans un environnement sain. Le football ivoirien est organisé de façon non pas extraordinaire, mais tout simplement normale, ce qui est très loin de la désastreuse réalité camerounaise, où les autorités, en véritable charognards, ont œuvré avec une tragique constance à la mise à mort du sport en général et de la sélection nationale de football en particulier.

Il n’y a pas de mauvaises troupes, seulement de mauvais chefs

Cela fait maintenant des années que le gouvernement nous inflige des ministres des Sports qui s’avèrent être les véritables fossoyeurs de l’équipe nationale. Oublieux des tâches fondamentales liées au portefeuille qui leur est confié, ces individus s’érigent en permanence en ministres des Lions Indomptables, en faisant preuve d’une capacité de nuisance inégalée. L’ahurissante succession d’incompétents à nous imposés par l’Etat camerounais nous amène aujourd’hui à devoir subir le sieur Augustin Thierry Edjoa, dont la nocivité n’a d’égale que son inaptitude.

Développer les infrastructures et les activités sportives au Cameroun ? Cette tâche est bien trop ingrate pour monsieur le Ministre, qui préfère consacrer la quasi totalité de son temps à la gestion des Lions indomptables ! Il le fait d’ailleurs tant et si mal qu’il n’est pas étonnant que les joueurs marocains ne se soient pas sentis dépaysés lors de la rencontre du 7 juin dernier: la pelouse du Stade Omnisports de Yaoundé ressemblait plus à un paysage du Sahara qu’au gazon de Wimbledon. Mais il est vrai qu’il doit être nettement plus lucratif de s’immiscer quotidiennement dans l’administration de l’équipe nationale de football plutôt que de s’atteler au développement de la fédération de canoë-kayak ou au  maintien du rayonnement du volleyball, du handball, de l’haltérophilie ou de la boxe, sports dans lesquels le Cameroun brillait pourtant encore il y a une bonne dizaine d’années et que messieurs Bidoung Mkpatt, Mbarga Mboa ou aujourd’hui Edjoa, en véritables croque-morts, ont contribué à anéantir.

Ce droit d’ingérence, octroyé aux ministres des sports en 1972 par décret présidentiel et que Paul Biya refuse contre vents et marées d’abroger, ne posait pas de problèmes fondamentaux tant que les titulaires du portefeuille étaient des gens d’envergure et de qualité. Malheureusement, cela fait belle lurette que cela n’est plus le cas et la descente aux enfers aboutit aujourd’hui au très catastrophique monsieur Edjoa. Qu’est-ce qui justifie que le ministre des Sports du Cameroun aille passer deux semaines au centre d’entrainement des Lions indomptables en Belgique ? Pourquoi a-t-on décidé d’installer ledit centre d’entrainement dans la très frisquette Belgique, alors que les matchs auxquels les joueurs sont sensés être préparés se jouent en terre africaine, sous un soleil de plomb auquel ils ne sont plus vraiment habitués, eux qui travaillent pour la plupart en Europe tout au long de l’année? Que dire de la décision de licencier l’adjoint d’Otto Pfister et de le remplacer par un trio d’entraineurs dont certains ne jouissent pas de la meilleure réputation mais qui ont le mérite d’être à la botte du ministre ? Quelle est la valeur ajoutée des pléthoriques délégations ministérielles qui accompagnent les Lions lors de leurs déplacements, véritables gouffres à frais de mission, et qui comprennent la famille, les petites amies, les relations personnelles des fonctionnaires sportifs ? Autant de questions auxquelles nous sommes en droit d’exiger des réponses claires et, le cas échéant, des sanctions exemplaires. Il y a là suffisamment matière à investiguer pour les fins limiers de l’opération Epervier et quelques locataires supplémentaires pour les geôles de Kondengui à identifier.

Que dire de l’affolante inertie de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), qui, bien qu’étant sur le papier le seul interlocuteur de la FIFA, se laisse piétiner par le Sinistre des sports et ses affidés, parce qu’il est toujours bien difficile de mordre la main qui vous nourrit ? Que dire de l’organisation chaotique, improvisée et quasi clownesque qui est devenue le pain quotidien des Lions indomptables et du football camerounais tout court ?

Panem et circenses

Ce désordre est-il vraiment une fatalité ou bien cela fait-il partie de la stratégie politique du gouvernement en place, qui consiste à récupérer les lauriers des soldats du sport quand tout va bien, et à les jeter en pâture aux populations quand ils subissent des échecs, tant il est vrai que la gabegie qui règne autour des Lions permet de détourner l’attention des vrais problèmes du pays. En effet, tant que les Camerounais sont occupés à écharper Eto’o et ses coéquipiers, ils ne se focalisent pas sur les maux fondamentaux qui minent leur société : pauvreté, chômage, système sanitaire et éducatif dégradés, infrastructures routières misérables, industrie des transports chancelante, non répartition des richesses, alors que des trésors miniers incroyables sont régulièrement découverts et exploités… Ce genre de manœuvre, qui remonte à l’Antiquité, quand les empereurs et leurs consuls, pour éviter les émeutes et révoltes du miséreux peuple de Rome, organisaient de sanglants combats de gladiateurs lors desquels de la farine gratuite était distribuée, a beaucoup de similitudes avec la gestion du Sport par les autorités camerounaises depuis une bonne décennie.

Il ne s’agit pas ici de faire l’hagiographie de Samuel Eto’o Fils, qui n’est ni parfait ni un saint. Mais, s’il n’est pas un ange, il est également loin d’être le démon qu’on veut nous faire crucifier.  En dépit de ses imperfections et des maladresses qu’il a commises et commettra certainement à l’avenir, il est temps de rendre à César ce qui est à César et de mettre balle à terre.

Leaders d’opinion, journalistes, hommes politiques, responsables sportifs, anciens joueurs et nouveaux talents aux égos hypertrophiés, supporters versatiles, tous tant que nous sommes, qui avons passivement ou activement contribué à mettre le sport camerounais en général et l’équipe nationale de foot en particulier au niveau abyssal des boîtes noires du vol AF 447, le temps est venu pour nous de faire notre mea culpa individuel et collectif et de reconnaitre que le Cameroun footballistique, qui s’érige aujourd’hui en juge, n’est absolument pas digne d’un joueur comme Samuel Eto’o, loin s’en faut !

Mahalia Nteby in Le Messager, 17 juin 2009

Source: http://saoti.over-blog.com

jeudi, 22 mai 2008

LE CAMEROUN A TROIS ANS POUR EVITER DES VIOLENCES POST-ELECTORALES

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Tandis que la communauté internationale se penche sur les conflits imbriqués "Tchad-Darfour-Centrafrique", la dégradation de la situation politique au Cameroun intéresse peu. Ce pays, l'un des derniers encore stable dans la région, devrait pourtant mériter l'attention de la communauté internationale pour éviter une détérioration qui conduirait à de graves atteintes aux droits de l'homme.
Tout commence par un discours du président camerounais, Paul Biya, le 31 décembre 2007, dans lequel il fait part de son souhait de réformer la Constitution de 1996 afin de lever l'amendement de l'article 6-2, qui prévoit que "le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois". La nation camerounaise est prévenue: Paul Biya veut rester au pouvoir et il s'en donnera les moyens.
Les Camerounais sont pourtant fatigués de sa présidence qui perdure depuis 1982: absence de développement économique et social, paupérisation croissante de la population, corruption généralisée dans tous les secteurs de l'Etat et absence de véritable démocratie.

Les opposants interdits de manifestation

Sur la scène internationale, le président camerounais est toutefois perçu comme le garant de la stabilité du pays. Pour ne pas nuire à cette image idyllique, les autorités camerounaises décident d'interdire, le 18 janvier 2008, les manifestations prévues par l'opposition contre le projet de réforme constitutionnelle.
Le 23 février, un meeting de l'opposition, à Douala, est annulé par les organisateurs du fait de la présence massive de policiers. L'assistance est dispersée avec force par ces derniers, occasionnant des affrontements violents (deux morts, plusieurs centaines de blessés).
Echaudée par l'interdiction de manifester et profitant de la grève lancée par les transporteurs routiers, le 25 février, contre la montée des prix du carburant, la jeunesse camerounaise investit les rues des principales villes de l'ouest du pays pour exprimer son ras-le-bol généralisé.

Des émeutes sévèrement réprimées

Rapidement, plusieurs villes s'embrasent, y compris la capitale politique, Yaoundé. Les autorités répondent par une répression sanglante (tirs à balles réelles, arrestations massives). Le bilan est lourd: une centaine de morts selon l'ACAT-Littoral, 40 selon les autorités camerounaises. Plusieurs centaines de personnes sont également arrêtées. Des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes sont intimidés (tabassage, brève arrestation, menaces).
Plusieurs médias (Equinoxe TV et radio, Magic FM), qui diffusent des images de la répression ou qui permettent aux auditeurs de s'exprimer librement sur la situation dans le pays, sont fermés manu militari par la police. Mis en garde, les autres médias audiovisuels éviteront par la suite tout sujet qui fâche. Le 29 février, la situation se stabilise. A grand renfort de soldats puissamment armés, les villes à risque sont de nouveau sous contrôle.

Paul Biya obtient le droit de se représenter et l'immunité

Le 10 avril 2008, les députés de l'Assemblée nationale -dominée par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, qui détient 153 des 180 sièges de députés)- adoptent, à la majorité absolue, la révision constitutionnelle par un vote public (les noms des députés ayant participé au scrutin et la nature de leur vote sont connus et proclamés). Cinq articles de la Constitution, concernant le président de la République, sont remaniés, dont un concernant la levée de la limitation des mandats (art. 6-2) et un autre concernant l'immunité du chef de l'Etat (art. 53-3).
Paul Biya, âgé de 75 ans, pourra donc se présenter aux élections de 2011 et, si un jour il quitte le pouvoir, il ne pourra être poursuivi en justice. Dans la foulée, les députés reçoivent quelques cadeaux: leur crédit automobile est désormais une prime non remboursable, les salaires du personnel de l'Assemblée nationale sont revalorisés, et enfin l'Assemblée nationale aura un nouveau siège avec un bureau pour chaque député.
Aujourd'hui, le Cameroun est à un tournant historique. Le pays, en crise, a besoin d'une réforme profonde de ses structures politiques, économiques et sociales. Le gouvernement en place a trois ans pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens avant la tenue de l'élection présidentielle de 2011. L'opposition observe et compte bien faire barrage au candidat Paul Biya, qui vraisemblablement se présentera une énième fois à la présidence.

Le sentiment de la jeunesse est que "le pire est à venir"

La préparation et la tenue de ce scrutin auront donc une importance primordiale quant au devenir du pays. Même si le Cameroun reste indéniablement l'un des pays les plus stables d'Afrique centrale, il pourrait basculer dans des violences postélectorales comme au Kenya ou au Zimbabwe, dans le cas d'une élection ni transparente ni démocratique qui verrait le clan Biya reconduit.
La communauté internationale a donc, dès maintenant, intérêt à travailler d'arrache-pied avec les autorités compétentes au Cameroun pour que les élections en 2011 soient irréprochables sur tous les plans. A l'heure actuelle, le sentiment général qui prime au sein de la jeunesse camerounaise est que "le pire est à venir".
Le bilan définitif des violences de fin février 2008 ne sera jamais établi faute d'enquête. Face au silence des autorités sur cette question, seule une enquête internationale aurait pu établir la vérité. Malheureusement, la communauté internationale a, elle aussi, préférée rester silencieuse sur le sujet.

Par Clément Boursin | Acat-France | 24/04/2008

14:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Cameroun | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |