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vendredi, 30 août 2013

ATTAQUE A L'ARME CHIMIQUE? AYSSAR MIDANI DECRYPTE LA PROPAGANDE

 

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Damas, le 27 août. Sous l’œil de Bachar al-Assad, le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem maintient une attitude de fermeté face à la menace d'une intervention internationale. "Nous avons deux options : soit nous rendre, soit nous défendre (...). La seconde alternative est la meilleure : nous nous défendrons." (Youssef Badawi/EPA/MAXPPP)


Depuis les attaques à l’arme chimique du 21 août dernier dans la banlieue Est de Damas et qui a fait entre 355 et 1300 morts, les gouvernements et appareils médiatiques des pays occidentaux pointent tous du doigt le régime syrien.

Si le Président français François Hollande pense que « tout conduit » [1] à croire que Bachar est le responsable, son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius n’émet aucun doute quant à l’implication du régime syrien. L’administration Obama a quant à elle déjà déployé en mer Méditerranée ses navires de guerre, armés de missiles « Tomahawk » [2].

Devant toute cette agitation anti-Bachar, nous avons assisté coup-sur-coup à la découverte par l’armée syrienne de tunnels appartenant aux rebelles, possédant des matières premières pour la fabrication de bombes chimiques, des masques à gaz et des antidotes. La Russie, quant à elle, a délivré au Conseil de Sécurité de l’ONU des images satellitaires montrant que les deux missiles avaient été tirés à partir de zones sous contrôle des rebelles [3].

Mais qu’importe ! Laurent Fabius et Bernard-Henry Levy [4] continuent d’affirmer que c’est le régime syrien qui en est le responsable, et qu’il est temps de recourir à la force, sans prendre en compte le véto – presque probable – des russes et des chinois.

Pour plus de détails, le Cercle des Volontaires s’est entretenu avec Ayssar Midani, membre et fondatrice du Comité de Coordination pour la Défense de la Syrie, et qui se trouve actuellement à Damas.

 

 


 

Source: INVESTIG'ACTION

jeudi, 29 août 2013

YASMINA OUEGNIN ACCUSE FRAT-MAT DE MANIPULATIONS DANGEUREUSES (NATIONALITE, FONCIER)

 

YASMINA OUEGNIN.jpg


 

« Je sais que dans notre pays la Presse est partisane mais c’est désolant de voir qu’elle est surtout dangereuse. Quand on sait que la plupart de nos concitoyens ne sont que des titrologues, il faut éviter de participer de manière si flagrante à l’abrutissement des masses. Pour chacun des textes votés, hier en plénière, il y a eu de nombreux votes défavorables et abstention. Donc il ne s’agit pas d’adoption à l’UNANIMITE mais à la MAJORITÉ !!! »

Yasmina Ouégnin (Posté sur Facebook)

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Adoption des projets de loi sur la nationalité: la députée Pdci Yasmina Ouégnin dénonce la «Une» de Frat-Mat.


L’adoption des projets de loi sur la nationalité ivoirienne n’a pas été faite à « l’unanimité » comme l’a affiché samedi à sa Une, Fraternité Matin, le journal d’Etat, a déploré Yasmina Ouégnin, une député ivoirienne, mentionnant qu’il y a eu des voix contre et des abstentions lors du vote en plénière, sur sa page Facebook.

« Je sais que dans notre pays la presse est partisane mais, c’est désolant de voir qu’elle est surtout dangereuse », a martelé Mme Yasmina Ouégnin, membre du groupe parlementaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, allié au pouvoir).

Elle a affirmé que « pour chacun des textes votés, hier (vendredi) en plénière, il y a eu de nombreux votes défavorables et abstentions », soulignant qu’ »il ne s’agit pas d’adoption à l’unanimité mais à la majorité ! ». « Quand on sait que la plupart de nos concitoyens ne sont que des titrologues (des personnes qui ne lisent seulement que les titres), il faut éviter de participer de manière si flagrante à l’abrutissement des masses », s’est-elle insurgée.

Les députés ivoiriens se sont prononcés vendredi sur deux projets de loi sur l’apatridie et sur des textes modifiant le code de la nationalité, au cours d’une session extraordinaire.

Concernant le projet de loi sur l’acquisition de la nationalité par déclaration, 24 députés ont voté contre tandis que sept autres s’en sont abstenus sur un total de 233 députés présents, y compris le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.

Egalement neuf députés se sont également opposés à l’adoption du projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la convention internationale sur le statut de l’apatride, signé en 1954 à New-York.

Le projet de loi qui a enregistré une adoption à l’unanimité, au niveau des projets de loi sur la nationalité, était le texte autorisant le chef de l’Etat à ratifier la convention sur la réduction de l’apatride, signée en 1961 à New-York.


Alerte Info


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

LOI SUR LA NATIONALITE: LES CINQ MENSONGES DU REGIME OUATTARA, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

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Finalement, Alassane Ouattara a réussi à faire voter, par une Assemblée nationale largement aux ordres, « ses » lois sur la nationalité et l’apatridie qui, espère-t-il, lui permettront de se créer un électorat sur mesure et une majorité « mécanique » lors des élections présidentielles de 2015. Son camp a ainsi parachevé la mise en place du « nouvel ordre politique » que la rébellion armée et les accords de Linas-Marcoussis étaient censés imposer en Côte d’Ivoire. Il a, dans le même temps, un peu plus renforcé la discorde nationale et cristallisé un dangereux clivage entre « autochtones » et « allogènes », là où on pouvait espérer que la résolution constructive d’un certain nombre de contradictions soit un puissant ferment de cohésion nationale. « Nous espérions la paix, et il n’arrive rien d’heureux; Un temps de guérison, et voici la terreur! », se lamentait le prophète Jérémie de l’Ancien Testament. Beaucoup d’Ivoiriens, choqués par la fermentation des amertumes qui alimenteront les conflits de demain, peuvent légitimement pousser le même cri.

Il faut d’emblée clarifier un certain nombre de choses. Alors que l’Afrique tente de bâtir son unité politique, intégrer les étrangers de longue durée dans le corpus national d’un pays qui est une terre d’accueil par excellence n’est pas une mauvaise chose en soi. Ce sont les intentions, les méthodes et les arguments de ceux qui ont mené un projet profondément réactionnaire derrière un paravent progressiste qui posent problème. C’est leur utilisation forcenée du mensonge et de la violence qui les discrédite. Examinons quelques-unes de ces insultes à l’histoire récente, au droit et à la simple logique républicaine.

Mensonge numéro un : le vote des récentes lois sur la nationalité est la réparation d’une injustice

Si l’on en croit le récit propagé par le RDR, l’Etat ivoirien a sciemment refusé, quarante ans durant, la nationalité ivoirienne à des personnes qui y avaient droit, en ne les informant pas de ce qu’elles y avaient droit. Il n’y a rien de plus faux. Et on ne peut faire prospérer ce mensonge qu’en isolant la Côte d’Ivoire des autres nations impliquées dans le processus de décolonisation qui a fait éclater l’Etat colonial français en un certain nombre de nations autonomes. Au moment des indépendances, les pays nouvellement constitués ont offert un droit d’option aux ressortissants des anciennes colonies françaises se trouvant sur leur sol. Au Sénégal, ce droit d’option a été ouvert pendant trois mois ; en Côte d’Ivoire, il l’a été pendant un an. Dans l’un et l’autre des pays, ces dispositions ont été fort peu saisies par des migrants fiers de leurs toutes nouvelles « nationalités » dans un contexte où les hiérarchies économiques n’étaient pas celles d’aujourd’hui et les droits liés à la citoyenneté ne paraissaient pas « décisifs ».

Plus généreuse que d’autres, la Côte d’Ivoire a par ailleurs offert, entre 1961 et 1972, aux enfants nés sur son territoire de parents étrangers, la possibilité d’acquérir sa citoyenneté par déclaration – ce qui est absolument différent du droit du sol, en dépit des mensonges distillés par le RDR. Cette possibilité a été faiblement exploitée par ceux qui en étaient les bénéficiaires. En réalité, ce n’est qu’après le « miracle ivoirien », qui a permis à une ancienne colonie plutôt « banale » de devenir un pays-phare en Afrique de l’Ouest et la restriction progressive d’un certain nombre de droits aux seuls nationaux que des « regrets » ont pu naître dans l’esprit de beaucoup. Mais cela, ce n’est de la faute de personne ! Ce n’est pas une injustice !

Le RDR dit que ceux qui avaient pu, hier, bénéficier d’un certain nombre de dispositions sans le faire, n’étaient pas au courant. Il conteste ainsi un principe sans lequel tout ordre juridique s’écroulait et qui stipule clairement que nul n’est censé ignorer la loi.  Penchant anarchiste ?

Mensonge numéro deux : il a fallu la rébellion pour que cette « injustice » soit réparée

Les actuels maîtres de la Côte d’Ivoire répandent l’infâme argument selon lequel c’est grâce à la rébellion dont le chef visible était Guillaume Soro que certains droits à la nationalité ont été ouverts en Côte d’Ivoire. Le raisonnement est tout à fait fumeux. En effet, avant le 19 septembre 2002, la question des personnes vivant en Côte d’Ivoire au moment de l’indépendance et des descendants de migrants n’avait jamais été mise à l’agenda, ni par le RDR ni par aucun autre parti politique. Il a fallu attendre Linas-Marcoussis pour que ce « problème » surgisse ex nihilo, pour des raisons d’épicerie politicienne, en deçà de toute réflexion citoyenne sérieuse. Et pourtant, la seule raison qui peut légitimer a minima le recours à la force armée pour défendre une cause est bien l’impossibilité de la faire prospérer sur le terrain politique « civilisé ».

Mensonge numéro trois : la nouvelle loi sur la nationalité est une application de l’accord de Linas-Marcoussis

Il n’y a rien de plus faux que l’affirmation qui précède. L’accord de Linas-Marcoussis prévoyait l’adoption d’un « projet de loi de naturalisation ». C’est dans cet esprit que la décision numéro 2005-04/PR du 15 juillet 2005, portant dispositions spéciales en matière de naturalisation, a été prise par le président Laurent Gbagbo en son temps. S’éloignant ostensiblement de l’esprit de Linas-Marcoussis, la loi « Ouattara » a préféré opter pour une formule d’acquisition de la nationalité par « déclaration », plus légère, moins contrôlable, plus susceptible d’être instrumentalisée à des fins électoralistes immédiates. Le problème est que cette loi vient en contradiction avec le Code de la nationalité qui a aboli depuis 1972 la possibilité d’acquérir la citoyenneté ivoirienne par déclaration. N’y a-t-il pas là une incohérence juridique fondamentale ? Les spécialistes nous édifieront.

Mensonge numéro quatre : « il s’agit d’une régularisation »

Alassane Ouattara et ses hommes veulent que les « nouveaux Ivoiriens » puissent être en situation de voter en 2015. Mais pour défendre leurs calculs, ils s’embourbent dans des concepts juridiquement inopérants, munis d’une mauvaise foi finalement assez admirable. Toujours moyennement subtil, le député extrémiste Alphonse Soro a mis les pieds dans le plat. « Lorsque la nationalité est acquise par déclaration, cela sous-entend que l’individu avait déjà droit à cette nationalité et donc les droits conférés par la nationalité sont considérés comme des droits que l’individu aurait dû avoir depuis lors. C’est ce qui le différencie par le principe de la naturalisation où on commence à considérer la date à laquelle la naturalisation est faite et la personne a 5 ans pour être électeur et 10 ans pour être éligible. (…) Mais à partir du moment où c’est par déclaration, c’est comme si ces personnes jouissaient de cette nationalité et que c’est justice qui est donnée à ces personnes-là », a-t-il dit, expliquant le fumeux de concept de « régularisation » qui est brandi par le gouvernement. Incroyable cafouillis conceptuel ! Qui rappellera à cet élu le sacro-saint axiome juridique selon lequel « la loi n’a pas d’effet rétroactif » ? Une loi de 2013 ne peut pas faire de vous un Ivoirien depuis 1972 !

Mensonge numéro cinq : l’apatridie selon Ouattara et ses hommes

Le raisonnement par lequel le régime Ouattara veut créer des « apatrides » en Côte d’Ivoire est proprement renversant.  Alors que les codes de la nationalité des principaux pays dont proviennent les étrangers vivant en Côte d’Ivoire sont fondés sur le droit du sang, le ministre Mamadou Gnénéma Coulibaly persiste et signe : ceux des enfants de migrants qui sont nés en Côte d’Ivoire « n’ont pas la nationalité ivoirienne et n’ont aucune autre nationalité ». La preuve du caractère vicié de son raisonnement est pourtant évidente. En effet, si les enfants des Burkinabés ou des Maliens nés en Côte d’Ivoire ne sont ni Burkinabés ni Maliens, cela signifie par voie de conséquence que les enfants des Ivoiriens nés au Ghana ou en France ne sont pas Ivoiriens. Pourquoi le gouvernement de Côte d’Ivoire s’obstine-t-il donc à fournir à ces enfants des passeports et des transcriptions d’actes de naissance ?

On ne peut pas construire une Nation en prenant les citoyens pour des idiots.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 août 2013

ADOPTION DES LOIS OUATTARA SUR LA NATIONALITE, L’APATRIDIE ET LE FONCIER RURAL: LE MINISTRE HUBERT OULAYE S’INDIGNE: C’EST UNE FAUTE POLITIQUE JURIDIQUE ET MORALE

 

 

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1-Le parlement ivoirien, version Alassane Ouattara, a voté le vendredi 23 août, 7 projets de lois, dont ceux sur la nationalité, le foncier rural et l’apatridie. Quels sont les sentiments qui animent le juriste que vous êtes ?

A la fois,  étonnement, incompréhension et surtout tristesse, face à des personnes sensées constituer la représentation nationale !

Le 23 août 2013, 223 personnalités, élues dans les conditions que l’on sait, ont adopté, à la majorité et presque sans débat, au mépris des appels à la consultation nationale  lancés par les ivoiriens, sur un sujet aussi sensible, des textes dont la mise en application, selon Adama Sankara, président de l’association des ivoiriens d’origine burkinabé, va faire passer le nombre d’étrangers en Côte d’Ivoire,  à moins de 5%. Selon ce dernier 4 000 000 de burkinabés attendent d’être déclarés ivoiriens (journal le Patriote du 29 mai 2013). A ces personnes, il faudra ajouter les autres étrangers ressortissants de la sous-région, présents en Côte d’ivoire avant 1960 et leurs descendants. Le rapport de présentation du texte sur la nationalité, le gouvernement  s’est gardé de donner des chiffres pour ne pas choquer les ivoiriens, et les députés non plus ne s’en sont nullement inquiétés. La population ivoirienne était estimée en 2012 à environ 23 000 000 d’habitants selon wikipédia. Le nombre d’étrangers est généralement estimé à 26% de la population totale. Si l’on s’en tient aux déclarations d’Adama Sankara, c’est au moins 21% d’étrangers qui vont bénéficier des lois Ouattara.  Autrement dit, le gouvernement et les députés RHDP ont décidé de transformer, pas moins de 6 000 000 d’étrangers présents en Côte d’Ivoire, en ivoiriens, par voie de simple déclaration, c’est-à-dire sans enquête préalable, ou comme des apatrides, sans considérer qu’une consultation nationale des ivoiriens s’imposait, eu égard au contexte post-crise et aux enjeux nationaux en cause.

Je ne doute pas un seul instant que ces députés ont mesuré la portée de leur acte, qui vise à constituer légalement le vivier électoral d’Alassane Ouattara. Sur ce plan ils ont réussi leur pari. Ce dont je suis moins sûr, c’est le point de savoir s’ils avaient conscience du sens exact du vote qu’ils ont exprimé ce jour-là. En décidant d’accorder la nationalité par voie de déclaration, ils ont décidé que les étrangers visés, sont des ivoiriens, qui n’ont pas besoin de demander l’acquisition d’une nationalité qui leur est reconnue de plein droit, mais seulement à réclamer au gouvernement, une attestation de leur nationalité ivoirienne. Un certificat de nationalité leur sera automatiquement délivré par une autorité administrative ou judiciaire désignée, sans enquête préalable, donc sans contrôle, dans les mêmes conditions de délivrance du certificat de nationalité aux nationaux ivoiriens. Il ne leur sera même pas demandé le sort réservé à leur nationalité d’origine, tout comme il ne sera pas tenu compte par exemple du fait que certains déclarants ont déjà  effectué le service militaire dans leur pays national. On pourrait ainsi rallonger la liste des incongruités passées en pertes et profits par nos valeureux députés. Les mêmes remarques pourraient être faites à propos des deux Conventions sur l’apatridie, dont la ratification a été autorisée, sans aucune réserve, alors qu’elles imposent à la Côte d’Ivoire des exigences qu’ailleurs les autres Etats contractants n’ont pas accepté.

Les personnes résidant en Côte d’Ivoire avant 1960 et leurs descendants, les enfants mineurs nés de parents étrangers, sur le territoire avant 1961, les personnes nées sur le territoire, de parents étrangers, entre  1960 et 1973, les immigrés de la colonisation assimilés à des apatrides, sont virtuellement considérées comme des ivoiriens, il leur suffira d’en faire la déclaration, là où nos textes exigeaient une demande de naturalisation sanctionnée par une décision accordant ou refusant la nationalité après enquête. Désormais, la décision de faire d’eux des ivoiriens n’appartient plus aux autorités ivoiriennes mais au seul bon vouloir de ces personnes elles-mêmes. Or, la loi de 1961 n’a pas retenu la déclaration pour les personnes résidant sur le territoire avant 1960, la loi de 1972  l’a supprimée pour les enfants étrangers nés en Côte d’Ivoire, l’Accord de Linas-Marcoussis ne l’a pas prescrit et les textes d’application de cet accord  (loi de 2004 et Décisions présidentielles de 2005), ne l’ont pas réintroduit !  Si cela n’est pas un bradage de la nationalité ivoirienne, qu’est-ce que c’est alors !

2- Comment jugez- vous l’attitude des députés ?

L’acte ainsi posé, qui n’est pas innocent loin s’en faut (création d’un bétail électoral), est lourd de conséquences (création spontanée d’au moins 6 000 000 d’ivoiriens). Pour moi, ces députés ont commis une faute grave. A un triple point de vue : juridique, moral et politique.

Une faute juridique. Cela a été dit et écrit  maintes fois, les personnes originaires des autres territoires de l’AOF, résidant en côte d’Ivoire avant 1960, ne sont pas des ivoiriens. D’une part, elles ont la nationalité de leurs pays d’origines conformément à leur législation, d’autre part elles n’ont pas la nationalité ivoirienne conformément aux dispositions du code de nationalité du 14 décembre 1961. Elles n’ont ni l’état ni la qualité d’ivoiriens. Par conséquent il ne leur est pas possible de « déclarer » un état « d’ivoirien » qu’elles n’ont jamais possédé ni en droit ni en fait. Elles ne peuvent prétendre qu’à la naturalisation. Or la loi votée, leur confère de plein droit la nationalité ivoirienne, alors même qu’elles ne sont pas nées sur le territoire, et continuent d’avoir la nationalité de leurs Etats d’origines, et ce,  en totale contradiction avec le code de nationalité et ses modifications successives, et avec les législations de leurs Etats nationaux.

Le ministre de la justice a soutenu pour éviter tout débat national sur les réformes controversées, qu’il n’y a pas eu de référendum en 1961, en 1972, et en 2004-2005, lors de l’adoption du code de nationalité et de ses réformes successives ! L’argument n’est pas convaincant et relève de la fuite en avant. En 1961, le législateur n’était pas appelé à voter dans une Côte d’Ivoire divisée, où se posait avec acuité la question de la nationalité. Tout particulièrement, le législateur n’était pas appelé à accorder à 6 000 000 d’étrangers, soit le quart de la population totale, la nationalité par voie de déclaration !  En 1972 il s’est agi de mettre fin à une option et à une procédure sans remettre en cause le principe de la naturalisation des étrangers. En 2004 et en 2005, il s’est agi de mettre en application un accord de paix, qui ne demandait pas de revenir sur la suppression du droit du sol et sur la procédure de la déclaration. Ce qui est différent des réformes Ouattara, qui considèrent que 6 000 000 d’étrangers ont de plein droit la nationalité ivoirienne, et les appellent à faire constater ce droit par simple déclaration.

 Cette position du ministre de la justice est d’ailleurs en contradiction avec la promesse électorale de monsieur Alassane Dramane Ouattara qui dans le préambule de son programme de gouvernement affirme : « Nous voulons associer toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens au renouveau de la Côte d’Ivoire, à la définition des principes qui la guideront dans ses grands choix. Car la démocratie exige l’intervention permanente du peuple dans le processus de prise de décision. En d’autres termes, nous ne croyons pas que le rôle du citoyen se limite au choix d’un bulletin de vote glissé dans l’urne, abandonnant de ce fait et jusqu’à la prochaine élection tous ses pouvoirs à un candidat. Il n’y a pas de délégation absolue de la souveraineté et aucun élu ne doit s’arroger le droit de confisquer la parole au peuple ».

En deux ans d’exercice du pouvoir ces belles promesses sont tombées dans les oubliettes. On voit ici le fossé qui sépare la parole et les actes du candidat.               

3- Vous avez dit aussi que c’était une faute morale et politique des députés…

Oui je pense qu’il n’est pas moralement sain de considérer, pour des raisons strictement électoralistes, que les législateurs ivoiriens ( gouvernement et parlement) ont commis une erreur en proposant aux étrangers la naturalisation en lieu et place de la nationalité ivoirienne d’origine, et d’applaudir les législateurs des autres pays africains qui ont adopté la même position dans leurs codes de nationalité.

Je pense aussi que c’est une grave faute politique, que de banaliser une question aussi sensible qui requiert incontestablement un minimum de consensus national, et de la traiter sous le seul angle d’une majorité parlementaire mécanique, dont la légitimité au demeurant est sujette à caution ( boycott et faible taux de participation électorale).

Choisir de passer en force, de ne pas tenir compte des avis des ivoiriens et même des recommandations de l’ONU, et penser que le simple vote majoritaire est  à même d’assurer à une loi le respect qui lui est dû en tant qu’expression de la volonté nationale souveraine, c’est prendre un pari incertain sur l’avenir de celle-ci et des situations qu’elle aura permis de créer. Ce qui est en cause c’est l’harmonie et la cohésion de la société ivoirienne et des individus qui la composent, tant pour aujourd’hui que pour demain. La démocratie n’est pas la dictature de la majorité sur la minorité, encore que dans le cas de la Côte d’Ivoire, la question, après la crise électorale et les différents boycotts électoraux, reste de savoir si c’est la majorité ou la minorité qui gouverne.

4- Vous affirmiez dans nos colonnes qu’il n’y a pas d’apatride en Côte d’Ivoire, du reste pas dans la proportion que tente de faire croire le pouvoir Ouattara. Pouvez-vous repréciser votre argumentaire ?

Oui, et je le répète. Les immigrés de la période coloniale résidant aujourd’hui encore dans notre pays et qui n’ont pas demandé leur naturalisation ont la qualité de nationaux de leurs pays d’origine (Mali, Guinée, Burkina Faso, Benin, Niger…). Ils ne sont donc pas des apatrides, conformément à la définition qui en est donnée par l’article premier de la Convention sur le statut des apatrides de 1954, selon laquelle, « le terme d’apatride désigne une personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant en application de sa législation ». En effet, bien que s’étant trouvés hors de leurs pays d’origines au moment des indépendances, elles ont été prises en compte par les lois de leurs pays qui à travers les codes de nationalité leur ont attribué la nationalité d’origine. Ces pays ne leur ont jamais retiré cette nationalité, qui pour ces personnes est de droit. Elles ne sont donc pas des apatrides.

5-Malgré tout, le projet de loi a été voté. Percevez-vous cela comme un désaveu ?

Pas du tout.L’autorisation votée de ratifier les deux conventions sur l’apatridie, n’est  nullement un désaveu mais plutôt, comme  je l’ai dit, une triple faute du gouvernement et du Parlement RHDP, pour les raisons ci-dessus développées.

6-Qu’est-ce qu’une éventuelle loi sur l’apatridie changerait pour les Ivoiriens ?

Pour répondre à cette question, il faut considérer trois catégories de dispositions clés desdites conventions.

 La première catégorie de dispositions qui énumèrent les différents cas possibles d’apatridie : l’enfant né apatride sur le territoire du fait de parents eux-mêmes apatrides (art. 1,1) ; l’enfant trouvé sur le territoire de parents inconnus (art. 2) ; l’individu non né sur le territoire mais apatride (art.4).

La seconde catégorie qui prescrit aux Etats contractants d’accorder aux apatrides vivant sur leurs territoires divers droits pour leur permettre d’avoir une vie normale (protection de la loi, santé éducation, emploi, libertés associatives et d’expression…).

La troisième catégorie est résumée par l’article 32 de la Convention de 1954, qui prescrit aux Etats contractants, « de faciliter et d’accélérer la procédure de naturalisation des apatrides ».

S’il est recommandable de trouver une solution à la situation des apatrides, le problème reste celui de l’application conforme desdites Conventions, qui, par des interprétations biaisées, peuvent être détournées à des fins politiciennes. Or, lorsqu’on entend le ministre de la justice déclarer, que «  les Burkinabés, immigrés de la période coloniale, qui ont la nationalité burkinabé, sont des apatrides », les ivoiriens doivent s’attendre à vivre de profonds bouleversements  dans les temps prochains.

7-  Les apatrides, une fois leur cas réglé, ont-ils tous les droits que les Ivoiriens d’origine ?

Ils auront des droits substantiels leur permettant de vivre une vie normale à l’instar de tous les non nationaux en Côte d’Ivoire. Et s’ils sont naturalisés, ils deviendront des citoyens ivoiriens à part entière, avec le droit de vote.

8- A combien évaluez-vous les apatrides en Côte d’Ivoire ?

Pour le gouvernement et le HCR, il y aurait environ 1 000 000 d’apatrides d’origine burkinabé. Nous avons démontré dans notre précédente intervention que cela était faux. Si l’on s’en tient à la définition stricte de « l’apatride », il ne doit pas y avoir beaucoup d’apatrides dans notre pays. Je pense que le phénomène devrait être marginal.

9- Le foncier rural était aussi au centre du vote. La loi de 1998 a été amendée. Qu’est ce qui change ?

Alors qu’il avait annoncé de grands bouleversements en matière de foncier rural, c’est finalement à la prolongation du délai légal de 10 ans (article 6,2 de la loi de 1998), donné aux propriétaires fonciers pour immatriculer et mettre en valeurs leurs terres, que le pouvoir a dû se résoudre. Cependant tout le monde sait que l’intention véritable du gouvernement est, d’exproprier les propriétaires coutumiers qui n’ont pas les moyens ou l’intention de mettre en valeur leurs terres, en vue de les céder d’une part aux multinationales à l’affut de grands espaces en Afrique et d’autre part, de conférer aux  étrangers, nombreux et actifs dans le domaine agricole, des droits de propriétés sur les terres coutumières sous prétexte de mise en valeur.

Ces étrangers sont  constitués de deux groupes. Le premier groupe est  composé essentiellement de travailleurs et exploitants agricoles, parfois installés en Côte d’Ivoire depuis de nombreuses années, dont le nombre est estimé à environ 5 000 000 de personnes. Le second groupe est principalement  composé des combattants et chefs de guerre, qui ont combattu et tué des milliers d’ivoiriens pour l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara ( Duékoué, 29 mars 2011). Toutes ces personnes occupent de gré ou par la force des armes, presque tous les espaces forestiers du pays, en ayant pris soin d’en chasser préalablement les propriétaires coutumiers, notamment dans l’ouest. Les uns comme les autres en tant qu’étrangers ne peuvent devenir propriétaires des terres coutumières qu’ils exploitent ou occupent, car, la loi de 1998 réserve ce droit aux seuls nationaux ivoiriens.

En vérité, la réforme en profondeur de la loi sur le foncier annoncée par Alassane Ouattara, soi-disant,  pour respecter l’accord de Linas-Marcoussis  qui n’a rien prescrit en ce sens, a pour objectif premier, de faire sauter le verrou de la nationalité. Il a choisi de concentrer toutes ses forces sur la réforme  du code de nationalité. Tactiquement, Alassane Ouattara n’a pas voulu se mettre à dos le PDCI, qui reste attaché à la loi de 1998, au moment de faire passer la réforme la plus importante de son mandat, à savoir la loi sur la nationalité. Il a choisi de concentrer toutes ses forces sur la réforme  du code de nationalité. Par le vote de la  réforme du code de nationalité qui reconnait la qualité d’ivoirien de plein droit, à ces millions de personnes d’origine étrangère, Ouattara les rend éligibles à la propriété foncière en Côte d’Ivoire. Il contourne ainsi l’obstacle de la nationalité liée au foncier. Donc apparemment rien ne change pour l’instant, mais tout est à venir. 

10- Règle-t-on à travers ces amendements les sempiternels conflits fonciers ou allons-nous vers des crises plus aigües ?

En principe rien n’est réglé. Avec le temps deux problèmes sont apparus au niveau de l’application. Il y a d’une part que la procédure d’immatriculation prescrite pour établir la propriété coutumière (article 4, loi de 1998), qui  pose de sérieux problèmes pratiques liés à l’exigence de mise en valeur comme condition pour être propriétaire. Les paysans n’ont pas les moyens financiers requis. D’autre part, aux termes de la loi et du décret d’application, l’Etat a la primo-responsabilité de la délimitation des terroirs villageois condition préalable pour délimiter les parcelles et déterminer officiellement les propriétaires coutumiers (article 7, loi de 1998). Rien n’a été fait par l’Etat à ce jour, de sorte que la l’immobilisme au niveau de l’application ne peut être imputé aux propriétaires coutumiers. Force est de constater, qu’ici comme dans beaucoup d’autres domaines, Alassane Ouattara n’a pas tenu ses promesses électorales.

Voici ce que disait le candidat Alassane Dramane Ouattara dans son programme de gouvernement:

côte d'ivoire,adoption des lois ouattara sur la nationalite,l’apatridie  et le foncier rural,le ministre hubert oulaye s’indigne,c’est une faute politique juridique et morale

«  FONCIER RURAL

Pendant les 5 ans du mandat, nous allons procéder à la délimitation des terroirs de tous les villages de Côte d’Ivoire (ils sont environ 11 000). L’État prendra intégralement à sa charge les coûts correspondants. Ensuite, nous délimiterons les parcelles, nous délivrerons les certificats fonciers et organiserons la mise en place des contrats et des baux agricoles sur la moitié du territoire rural (environ 12,5 millions d’hectares) représentant près des 3/4 des propriétaires.

Les coûts de ces opérations seront considérablement réduits du fait de la massification, sauf pour les propriétaires de petites parcelles qui bénéficieront de la gratuité intégrale.

Nous consacrerons 1 100 milliards de FCFA à la modernisation de notre agriculture ».

Ce que les ivoiriens attendent, à deux ans de la prochaine échéance électorale, c’est la réalisation de cette promesse et non autre chose.

11- On a donné 10 ans aux propriétaires terriens d’immatriculer leurs terres. Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela signifie qu’ils ont à nouveau un délai de 10 ans pour faire reconnaitre leurs droits de propriétaires coutumiers sur leurs terres. La procédure comme je l’ai dit, exige la délimitation des parcelles, objet de propriété, avec le concours de l’Etat et leur mise en valeur préalable.

12-Si éventuellement pour une raison ou une autre, une terre n’est pas immatriculée, que va-t-il se passer ?

Selon la loi de 1998, les terres du domaine foncier qui, au terme du délai légal de 10 ans, n’auront pas été immatriculées, seront considérées comme des terres sans maîtres et deviendront propriété de l’Etat de Côte d’Ivoire (articles 6,1 et 21 de la loi de 1998). A l’évidence, une telle perspective  sera analysée comme une expropriation indue des propriétaires coutumiers.

13-Professeur, à qui appartient la terre ? Aux ancêtres ? A l’Etat ? Ou à Dieu ?

Le soleil, la terre, l’air, l’eau, l’homme, l’univers…, sont des créations de Dieu. La terre appartient aux ancêtres qui s’y sont établis depuis des temps immémoriaux, y ont vécu avant la naissance de l’Etat, et l’ont cédé à leurs descendants. L’Etat, est le gardien de ce patrimoine dans sa consistance territoriale.

14-La nationalité pour les conjoints étrangers a également été modifiée. Ne pensez-vous pas que cette modification ouvre la porte aux mariages intéressés ?

Je ne vois rien de nouveau dans la loi Ouattara, car le principe est acquis depuis les décisions présidentielles de 2005. Il n’est pas exclu que cette ouverture soit une porte d’entrée pour des fraudes éventuelles sur la nationalité.

15- Avec l’adoption de tous ces projets de loi, faut-il craindre des conséquences sur la cohésion sociale ?

Ces lois vont  injecter de manière inattendue, non pas des milliers, mais des millions d’étrangers dans le corps national ivoirien, avec les mêmes droits civils et politiques que les nationaux ivoiriens d’origine.

 Il faut craindre l’aggravation des fissures dans la cohésion nationale, surtout au regard de la démarche non consensuelle de leur adoption et du contexte de division dans lequel vivent aujourd’hui les ivoiriens. Les débats informels dans la presse, avant le vote du 23 août, montrent  bien leur désaccord  ainsi que leur refus, de ce qui n’est en réalité qu’un « bradage de la nationalité ivoirienne. 

16- Y a-t-il un recours pour l’Ivoirien qui n’est pas d’accord avec ces projets de loi ?

La voie d’un recours constitutionnel à partir de l’Assemblée nationale me semble improbable dans la mesure où ceux qui ont qualité pour saisir  cette institution ( le Président de l’Assemblée nationale ; les groupes parlementaires ; 1/10ème des députés) sont aussi les initiateurs desdites lois.

 Le PIT je crois, mais aussi la Convention de la Société Civile de Côte d’Ivoire (CSCI), auraient envisagé de saisir le Conseil Constitutionnel. Cette initiative est à encourager. La Constitution ne donne pas aux individus et aux associations une faculté de saisine du Conseil contre les engagements internationaux, cependant en son article 77 alinéa 2, elle permet aux associations de défense des droits de l’Homme, de déférer au Conseil constitutionnel les lois relatives aux libertés publiques. Il faut espérer que le Conseil,  dans ce débat dont l’enjeu est national, adopte une solution constructive, en considérant que libertés publiques et droits des citoyens sont des concepts imbriqués, et que le Conseil constitutionnel ne peut être le gardien de libertés publiques,  qu’une interprétation stricte des textes, expurgerait  des droits qui leurs sont consubstantiels, même si le constituant de 2000, ne les a pas formellement mentionnés. Or, à travers le débat actuel sur la nationalité,  sont aussi en cause, les droits du citoyen ivoirien.  

Mais je crois que face à des lois non consensuelles, qui mettent gravement en cause la consistance humaine et sociologique de la Nation, dans un but purement électoraliste,  le recours véritable doit être que l’action politique, qui seule permet d’exprimer le mécontentement de la société face aux dérives du pouvoir. Cette action politique pour faire reculer le pouvoir, doit être forte et portée, aussi bien par les organisations politiques que par la société civile, et exiger le retrait desdits textes.

17-Pensez-vous qu’Alassane Ouattara y tirera des dividendes personnelles ?

Bien sûr. Les bénéficiaires potentiels et ils sont nombreux, lui seront reconnaissants de ce passage en force.


Source: Le blog de Steve Beko

AFFI NGUESSAN A CŒUR OUVERT APRES SA SORTIE DE PRISON


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«Notre arrestation était politique, notre libération est politique»

 

Le président du Front populaire ivoirien a accordé hier dimanche un entretien à la station de radio camerounaise basée au Canada Cameroon Voice dans le cadre de son émission «Sans détour». Il parle du combat du FPI pour la libération des autres prisonniers politiques, du sens des dernières libérations provisoires, et des questions politiques de l’heure. Première partie.


Comment goûtez-vous les premiers délices de cette liberté retrouvée?

J’aimerais d’abord vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de parler à vos auditeurs et dire qu’évidemment la liberté est un bien d’une importance capitale pour l’être humain. Et en être privé pendant plus de deux ans, est un calvaire, un drame. C’est donc dire que nous sommes particulièrement heureux de pouvoir retrouver la liberté.

Vous avez été libéré le 7 août, y a-t-il eu des négociations auparavant avec le FPI? Etiez-vous informé de votre libération ou alors vous l’avez su comme tout le monde?

Nous en avons été informés le lundi 5 août aux environs de 13 heures par le canal du journal télévisé. Le régisseur de la prison nous avait informés de ce qu’il avait reçu un message lui demandant de suivre la télévision notamment le journal de 13 heures. Lui également ne savait pas de quoi il s’agissait mais il est venu nous informer. Mais je crois que nous avons été informés en même temps que lui. Nous avons attendu le lendemain que les formalités de sortie soient exécutées et ensuite les autorités gouvernementales ont envoyé un avion qui a été chercher ceux qui étaient à Boundiali au nord-ouest du pays. Le même avion est revenu à Bouna où nous étions. C’est donc ensemble que nous avons regagné Abidjan.

Quel sens donnez-vous personnellement à cet acte du chef de l’Etat? Est-ce un acte décisif vers la réconciliation nationale dans le pays?

Oui je pense que c’est un signal de décrispation, un signal de repositionnement. C’est un signal qui de notre point de vue signifie que la stratégie qui a été suivie depuis le 11 avril 2011 a atteint ses limites et n’a pas produit les effets escomptés puisque le pays est dans une situation difficile. On peut dire que c’est dans l’impasse parce que la réconciliation nationale est bloquée, la fracture sociale s’élargit chaque jour, l’économie est en train de s’effondrer, les finances publiques sont au rouge. Cela signifie que la stratégie doit être révisée et nous considérons que notre libération est un signal pour dire que les autorités s’engagent dans une nouvelle voie qui doit prendre en compte l’opposition, qui doit permettre de résoudre tous les contentieux qui nous opposent, créer la confiance mutuelle et permettre à la Côte d’Ivoire de repartir sur de nouvelles bases.

Concrètement, que change cette vague de libération dans la position de principe du FPI qui avait choisi de déserter le champ politique tant que tous les militants ne seraient pas libérés?

Dans le principe, rien ne change puisque notre objectif stratégique reste le même. Mais dans la pratique, il est évident que tout peut changer puisque nous avons toujours revendiqué la négociation, le dialogue avec le pouvoir, la décrispation, la modération dans l’action du régime, du respect des libertés et des droits de l’homme, des principes démocratiques. Nous n’avions pas été entendus et ce que nous constatons, c’est que le pouvoir fait un rapprochement. Il y a une inflexion dans la ligne adoptée par le pouvoir de manière à ce que nous puissions nous retrouver sur une même plateforme, une même vision de la démarche à emprunter pour résoudre les problèmes du pays. Cela signifie qu’il y a donc une convergence qui est en train de s’amorcer et va favoriser des négociations franches et sincères pour résoudre tous les problèmes qui handicapent le pays actuellement.

Vous parlez d’inflexion du gouvernement mais toujours est-il que Charles Blé Goudé est toujours tenu au secret, Simone Gbagbo est toujours détenue, Laurent Gbagbo est toujours à La Haye et la CPI peine à démontrer que son procès n’est pas un procès politique. Vous parlez d’inflexion mais est-ce que Ouattara n’aurait pas pu pas aller au-delà de cette décision parcimonieuse?

C’est pour cela que nous parlons d’inflexion, il n’y a pas de rupture. L’inflexion veut dire qu’on voit les lignes bouger. Maintenant, il appartient au pouvoir de marquer de façon plus franche en poursuivant dans la même logique de manière à ce que tout ceux qui sont encore en prison puissent trouver la liberté y compris Simone Gbagbo. Que le président Laurent Gbagbo puisse rejoindre son pays. Et que tous les exilés rentrent. Pour nous, ce sont des données de la crise. Donc résoudre la crise, c’est résoudre tous ces problèmes. Sur ces questions là, nous avons les mêmes positions, nous allons mener le même combat. Nous allons encourager le pouvoir à aller plus loin que la libération des 12 ou 14 prisonniers qui sont sortis le 5. Il faut poursuivre, c’est un processus et nous sommes rentrés dans un nouveau processus et pour ce processus les premiers signes, c’est notre libération. Ce qui n’est pas suffisant pour dire que le processus est achevé. Il faut poursuivre et les autres signes qui vont permettre à l’opposition d’être convaincue que notre libération n’est pas un épiphénomène et un coup médiatique mais que cela rentre dans une logique, dans une politique, ce serait la libération de Simone, Laurent Gbagbo, tous les autres détenus et le retour des exilés. Plus des négociations sur toutes les autres questions qui concernent la situation économique, politique et sociale du pays. Je veux parler par exemple du désarmement des ex-combattants, de la liberté de la presse, des médias d’état, de la sécurité, de la réforme de la commission électorale. Au total toutes les réformes politiques et institutionnelles qui doivent permettre à la Côte d’Ivoire de rompre véritablement avec la période de trouble, d’agitations et d’affrontements que nous avons connue.

Vous bénéficiez d’une liberté provisoire et la procédure judiciaire poursuit son cours. Avez-vous franchement confiance en la justice de votre pays qui rendra un jugement impartial. Avez-vous encore foi en ce que la justice vous acquittera si vous le méritez ou vous condamnera si vous le méritez. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui?

Mon appréciation, ma conception et ma vision, c’est que nous sommes dans un processus politique. Notre arrestation est éminemment politique, notre libération est politique. La justice, dans le contexte que nous connaissons en Côte d’Ivoire n’est là que pour maquiller les choses pour essayer de donner un vernis juridique et judiciaire à des actes politiques. Et c’est pourquoi on nous appelle prisonniers politiques. C’est donc le politique qui déterminera l’issue de tout cela et à la fin du processus, la justice trouvera les formules pour pouvoir entériner les décisions politiques des accords politiques qui auront été conclus entre les différentes parties. C’est pourquoi en ce qui me concerne, je ne me préoccupe pas de la dimension judiciaire parce que je sais que ce sont des prétextes, des instruments pour accompagner un pouvoir qui a décidé à un moment donné de museler son opposition, de couper toutes les têtes , d’arrêter tous les dirigeants pour neutraliser l’opposition qui était perçue à cette époque comme un empêcheur de tourner en rond, comme une menace à l’installation du pouvoir qui venait d’arriver. Maintenant qu’avec notre libération, de notre point de vue, il y a une nouvelle orientation qui est donnée, nous pensons que le processus des négociations des discussions et de l’apaisement et de décrispation qui vont résulter, c’est ce qui est fondamental. La dimension judiciaire, de notre point de vue, est secondaire.

Guillaume Soro a achevé une visite à Gagnoa dans le pays bété, à Gnaliépa, à Mama le village de Laurent Gbagbo, à Kpogrobré le village de Blé Goudé. Quel sens donnez-vous à cette visite. Est-ce que c’était selon vous une manière d’assujettir les Bété ou d’humilier davantage Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé?

Je suis très mal placé pour vous répondre avec précision et concision puisque c’est monsieur Soro Guillaume qui peut dire quel est l’objectif qu’il visait en effectuant cette tournée. En ce qui me concerne, je ne peux que me poser des questions sur l’objectif politique. Est-ce qu’il s’agit d’un objectif national ou de poser des actes pour soutenir un processus d’apaisement, de réconciliation ? Est-ce que c’est une tournée qui vise un calendrier personnel ? Je ne peux vous répondre. Mais ce que j’observe, c’est que c’est une visite qui a été controversée, il y a eu beaucoup d’opposition et qu’en définitive, elle s’est effectue dans un contexte de division. Je ne pense pas que ce soit une visite qui ait contribué à rapprocher les parties et à soutenir un processus de réconciliation.

«Je suis plutôt venu vous dire que la réconciliation doit se faire. C’est en nous mettant ensemble que nous pourrons trouver une solution pour Laurent Gbagbo, Blé Goudé et tous les autres», disait Guillaume Soro. Ne pensez-vous pas que c’est le début d’un dialogue sincère que vous réclamez depuis toujours?

Je ne sais pas si c’est de cette façon qu’on peut dialoguer, mais ce que je peux dire, c’est qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions et de bonnes idées. Il faut aussi avoir une bonne démarche. Sinon, les bonnes intentions peuvent être contre-productives et produire l’effet inverse. C’est une loi qu’il faut prendre en compte quand on est un leader politique, un homme d’état. A savoir qu’il ne suffit pas d’être bien intentionné, il faut avoir une démarche appropriée. Sinon on risque d’échouer et peut être même d’aggraver la situation.

Sur cette question des exilés, nous savons qu’il y avait comme cette épée de Damoclès qui pendait sur la tête du porte-parole Justin Koné Katinan. Est-ce qu’il y a eu une décision de justice comme prévu le 9 août dernier ou alors avez-vous eu de ses nouvelles?

Je n’ai pas de nouvelle du dossier judiciaire. Je n’ai pas été informé de ce qu’il y a eu une décision judiciaire.

Comment se porte le FPI que vous retrouvez et que vous avez laissé sous le leadership de Miaka Oureto et les autres?

Mon sentiment, c’est que le FPI a grandi, il s’est renforcé dans la conscience des ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, manifestement le FPI reste le seul instrument, la seule bouée de sauvetage pour les ivoiriens face au régime actuel. Face à tout ce que nous avons observé, les exactions des forces républicaines, les violations des droits de l’homme, le non respect des libertés, face à la crainte permanente dans laquelle vivent les populations, la peur qui les habite tous les jours puisqu’aujourd’hui, jusque là on pouvait venir vous arracher votre véhicule, votre terrain, vous n’avez aucun moyen de vous défendre, les gens peuvent habiter vos maisons impunément. Face à tout cela qui constitue des préoccupations des populations, les gens ne pensent plus qu’au FPI comme la seule alternance possible, comme la seule possibilité pour eux, ne serait-ce que pour vivre tranquillement dans leur pays en sécurité. D’être le seul bouclier qui, s’il est suffisamment fort, peut leur garantir au moins la liberté d’exister, l’égalité vis-à-vis des autres citoyens. C’est pour cela que nous avons la lourde responsabilité dans la restauration de la paix, de la stabilité et de la cohésion dans le pays.

Dans votre discours de sortie de prison, vous disiez: «Le pouvoir en place doit savoir que le FPI, parti d’opposition est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’il nous comprenne comme tel et qu’il ne cherche pas à détruire l’opposition parce que ce ne sera pas possible. La situation actuelle le prouve te ce ne sera pas dans l’intérêt du pays». Y-a-t-il eu des tentatives de destruction du FPI, des exemples, qui vous permettent de parler avec autant d’autorité d’un complot qui viserait spécifiquement le FPI?

Mon arrestation en tant que président du FPI est le signe de cette volonté d’anéantir le FPI. Avec l’arrestation de tous les dirigeants, l’objectif visé était à défaut d’anéantir le FPI, de l’affaiblir au maximum de manière à se fabriquer une opposition factice. Une soi-disant opposition qui n’en serait pas véritablement une. C’était le projet initial. Il fallait détruire le parti, à défaut l’affaiblir au maximum de manière à ce qu’il ne soit que l’ombre de lui-même. Et de manière à ce que le pouvoir qui venait de s’installer puisse régner en maître absolu sans une opposition véritable en face.

Je pense que les dysfonctionnements de la gouvernance en Côte d’Ivoire résultent de ce que ce projet là avait commencé à prospérer. Par exemple jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’opposition sur le terrain. Tous les meetings du FPI ont été démantelés, réprimés. Les médias sont quotidiennement pourchassés, suspendus et tout cela s’est traduit par un sentiment d’impunité, de règne en maitre absolu au niveau des autorités, sentiments et situations qui ont engendré beaucoup d’actes de mauvaise gouvernance, qui ont encouragé certaines forces paraétatiques à se livrer à des persécutions, des violations des droits de l’homme. Tous les dysfonctionnements que l’on a constatés pendant ces deux dernières années résultent de ce qu’on a voulu museler l’opposition sinon même la détruire. Malheureusement [pour le pouvoir, ndlr], les Ivoiriens ont résisté au niveau individuel et collectif. Quand on les a appelés à voter, ils ont refusé de répondre à l’appel au vote pour ce qui concerne les législatives comme les municipales. Quand on les appelle à des manifestations de réjouissance, ils restent chez eux. Dans les bureaux, on voit une atmosphère morose qui existe dans les administrations. La vie a cessé d’exister en Côte d’Ivoire. Dès 18 heures, chacun rentre chez lui. Il n’y a plus ces moments d’effervescence qu’on observait dans les rues par le passé. Tout le pays est figé parce qu’il y a une situation de persécution à l’encontre d’une partie de la population, c’est donc tout cela qui a contribué à amener les autorités avec les pressions extérieures à envisager une autre façon de gérer la crise. Donc il y avait une volonté d’anéantissement mais celle-ci n’a pas pu prospérer et elle a échoué parce que le peuple ivoirien n’a pas accepté de jouer le jeu.

 

Retranscrits par Hermann Djea, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier».

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER.net

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lundi, 26 août 2013

GUILLAUME SORO A GAGNOA: LES CONTRADICTIONS D'UNE TRAVERSEE DU DESERT

 

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 Soro est allé à Gagnoa, région d’origine de Laurent Gbagbo. Il a organisé dans ce contexte une polémique médiatiquement factice. Il faut plutôt retenir que devant ce qui est en réalité une fuite en avant, c’est la lutte pacifique et démocratique des résistants ivoiriens qui commence à payer. Nous nous sommes battus. Et nous devons continuer farouchement la lutte. Car seule la lutte paie. Rien ne nous sera concédé "pour nos beaux yeux". J'ai vu des images du séjour de Soro à Gagnoa. J'ai éprouvé de la pitié pour mon pays. J'ai eu encore très mal quand cela m'a rappelé que les Occidentaux veulent continuer de nous rabaisser, de nous humilier, de nous apprivoiser (en un mot de nous anéantir) en nous imposant une telle classe d'hommes  et de femmes politiques – sans tenue, ni scrupule –, à la tête de nos Etats.

D’une part, pourquoi nous imposer des gens d’aucune moralité ? Pourquoi nous imposer des barbares ? Chez les Occidentaux, cela se voit rarement - on pourrait dire, cela ne s'est jamais vu - que le premier "emploi" d'un citoyen soit le poste de ministre. Ce n’est pas seulement cet aspect des choses qui est en cause ; c’est aussi le niveau d’études ou de formation de nombre de ceux qui dirigent le pays – dans la haute administration, dans des institutions, … – ; même si dans certains cas, le niveau d’études ne peut pas être un critère limitant (à condition dans cette mesure d’accepter d’apprendre). Chez nous, les Occidentaux trouvent tout normal. Guillaume Soro, par les armes a eu une ascension exceptionnelle, jusqu'à être premier ministre et aujourd'hui président de notre Assemblée Nationale. Ce n'est pas normal. Car nos jeunes doivent comprendre et intégrer que l'ascension sociale s'obtient par des efforts et par le mérite.

D’autre part, parce qu'il manque de jugeote, Soro a cultivé la défiance - à l'endroit de ceux qui ont encore du bon sens en Côte d'Ivoire et dans le monde ; et ils sont les plus nombreux par rapport aux obligés de Soro - sur son voyage à Gagnoa. C'est plutôt pathétique. Il demande "pardon", nous dit-il ? L'homme peut changer. Il est donc peut-être de bonne foi. Mais le pardon ne serait-il pas plus à propos, quand ils ont raté leur tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002 ? Ou du moins, n'auraient-ils pas trouvé une formule pour organiser les demandes de pardon après l'arrestation du président Gbagbo. On pourrait être tenté de répondre que dans ce cas là, les plaies étaient encore très béantes. Mais l'appel à l'apaisement – en prévoyant un dispositif d’accompagnement – n'est-il pas un art à pratiquer par celui qui a pris le dessus même par la voie que nous connaissons ?

Aujourd’hui, le rapport de force arrache "pardon" de la bouche de Soro. Il prononce le mot plusieurs fois. Est-ce pour dire qu'il y croit ou c'est simplement de la communication. A regarder le parcours de ce garçon : sa propension aigüe et son inclination indescriptible à la roublardise, l’économie de questions même des plus osées ne s’imposerait pas. Ces gens-là pensent qu'il fallait d'abord tuer, violer, découper des victimes à la machette … pour montrer qu'ils avaient vraiment le dessus - avec l'aide de la Communauté internationale -. La cruauté, la barbarie, la chasse à l'homme "pro-Gbagbo", les arrestations arbitraires et actes de tortures - qu'ils filmaient eux-mêmes - montrent combien ils étaient convaincus de leur impunité. Que le monde est ingrat ! Que le monde est faux ! L'on a voulu nier la tentative de coup d'Etat du 19 septembre 2002, comme origine plus aigüe - après le 24 décembre 1999 - de la crise ivoirienne pour dater celle-ci à partir des élections de novembre 2010. Cette falsification de l'histoire et cette imposture même soutenues par les médias des plus puissants au monde, en termes de propagande n'ont pas eu raison des Ivoiriens et des démocrates d'horizons divers qui se battent à leurs côtés.

Pour la reconstruction de notre pays et le besoin d’abréger les souffrances des populations, la revanche est inutile. Cela est tellement vrai que dans la culture que nous entretenons dans le sillage de Laurent Gbagbo, nous avons toujours mis le rassemblement en avant, comme boussole. « La transition pacifique à la démocratie » a inspiré le slogan « asseyons-nous pour discuter ». C’est la raison pour laquelle, même convaincu de sa victoire, Laurent Gbagbo a demandé le recomptage des voix. Mais devant l’autisme d’une « race » de politiques arrogants, « le temps » qui « est l’autre nom de Dieu » a fini par opérer un reclassement dans le paysage socio-politique de la Côte d’Ivoire.

Guillaume Soro et Hamed Bakayoko sont tellement satisfaits d’eux-mêmes qu’ils s’activent à une compétition à la succession de Ouattara. On nous sort du chapeau une loi sur « l’apatridie ». Le Rdr et certains de ses alliés du RHDP sont tellement convaincus qu’ils peuvent faire dans ce pays ce qu’ils veulent, qu’ils perdent la conscience – si tant est qu’ils en ont déjà eu une  – que toutes les questions de cette nature nécessite un consensus national. En fait, dans l’élan tactique et calculateur de faire du bétail électoral, la raison n’a pas été au rendez-vous sur cette question fondamentale pour la cohésion de la Côte d’Ivoire.

Dans cette adresse, ce qu’il faut retenir de ce qui précède, est que la sérénité n’est pas dans le camp des artisans de la conservation de l’ordre ancien. Mais la lutte que nous sommes maintenant invités à organiser de façon plus méthodique, continuera à renforcer les éclaircies qui pointent grâce à notre combat. Nous devons davantage nous mobiliser pour densifier nos revendications du jeu démocratique. Tous les partisans de la démocratie ne doivent donc pas se laisser abuser par tout ce qui relèvera de la diversion. Soro, en tant que président de l’Assemblée Nationale doit inspirer ses amis à intégrer que la Côte d’Ivoire appartient à tous les Ivoiriens ; et donc changer absolument de comportement. Par ailleurs, si on veut suivre le fond de la rhétorique de Soro sur l’exclusion, on doit lui demander si « l’exclusion ne doit pas exclure l’exclusion ? ». Tout en restant ouvert à tout ce qui pourra apparaître comme actes viables pour la reconstruction de notre pays, la vigilance des progressistes devra l’emporter sur des tentations évidentes dans cette ère de vulnérabilité où tous les piliers pouvant soutenir le socle d’un bien-être des populations, ont été mis à terre. Il faut rester déterminer pour travailler à ramener nos frères du RHDP sur terre. Ouattara n’a plus le choix aujourd’hui. Qu’il libère tous les prisonniers ! Que L’illustre geôlier de Scheveningen recouvre la liberté. La Côte d’Ivoire n’en pourra que reprendre son souffle. Et les investisseurs ne pourront que mieux s’en porter. C’est dans tous les cas la Côte d’Ivoire qui aura pris le dessus.

 

Dr Claude KOUDOU, Analyste politique, Enseignant-Ecrivain ; Directeur de la Collection « Afrique Liberté » chez les Editions L’Harmattan ; Président de CPDA « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique ».

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Meeting de Soro Guillaume à Gagnoa: la foire aux injures

 

La tournée que Guillaume Soro a effectuée dans le département de Gagnoa a connu un épilogue humiliant pour le peuple de Gagnoa, en général, et, en particulier, les chefs coutumiers, ses hôtes. Le chef rebelle de 2002, désormais président de l’Assemblée nationale, a prouvé qu’il n’était pas à «la hauteur de l’expérience que les chefs ont placée en lui» en livrant un discours de haine et d’injures.


«On cherchait des hôtesses et je me suis inscrite. Donc j’étais au meeting. Mais je n’ai pu le terminer parce que je ne supportais pas les insultes». Comme Michelle K.Z., beaucoup d’autres personnes n’ont pu supporter le discours de haine que Soro Guillaume a servi aux populations de Gagnoa. Au terme d’une tournée qui a duré les 15, 16 et 17 août derniers, et qui l’a conduit à Gnagbodougnoa, Ouragahio, à Mama, à Gnaliépa et à Kpogrobré, le chef rebelle de 2002, devenu président du parlement de Côte d’Ivoire, a animé, le samedi 17 août, un meeting dans une attitude d’«arrogance», de «manque de respect» non seulement à l’égard de ses hôtes, mais aussi des chefs traditionnels, et de toute la région du Goh. Avant d’inaugurer et poser la première pierre du siège des chefs.

Dans un décor constitué essentiellement d’une foule d’allogènes transportés d’Abidjan et des confins du département de Gagnoa, d’une énorme colonie de chasseurs dozos de plusieurs unités d’anciens rebelles avec à leur tête les principaux chefs de guerre (Wattao, Djah Gao, Morou…), le chef de la rébellion de 2002 n’a pas donné dans la dentelle pour fustiger les soi-disant cadres et autres «courtisans». Concernant le «soi-disant cadre» Sébastien Dano Djédjé, professeur en toxicologie, Soro s’est introduit en ces termes : «Je demande pardon au chef Gbizié pour que je dise un mot. Parce que si je ne dis rien, je vais mal dormir aujourd’hui. Parce que je ne garde pas pour moi dans ma poche, je dis»

Faisant allusion au communiqué que le Pr. Dano Djédjé a signé au nom des cadres de Gagnoa, il a crié haut et fort que «Dano Djédjé dit que si je vais à Gnaliépa et à Mama, il va me tuer. Lui qui a été ministre de la Réconciliation, je comprends pourquoi on ne s’est pas réconcilié depuis». Avant d’indiquer qu’«il n’y a pas de principauté en Côte d’Ivoire et que Gagnoa ne peut pas être le bastion captif d’un parti politique. »

Outre Sébastien Dano Djédjé, le chef rebelle de 2002 s’est aussi attaqué à certains journaux par anticipation. Pour lui, ces organes vont titrer que Soro «a envoyé des wagons de train au Sénégal, au Mali, au Burkina… pour remplir Gagnoa». Pendant qu’il étalait «ses turpitudes» de chef de la rébellion, il a offert séance tenante 500 chaises à Gnaliépa. Une façon de dire qu’il n’est «pas de ces politiciens qui regardent sans rien faire les populations qui souffrent». Invectives à l’encontre des cadres, mais aussi des chefs traditionnels et de tout le peuple de Gagnoa.

En effet, dans leurs discours pendant le meeting et partout où ils ont suivi l’ex-chef rebelle, Gbizié Lambert et les autres ont parlé des prisonniers et de Laurent Gbagbo. Soro leur a donné une réponse politique, humiliante pour les chefs traditionnels qui disent se garder des chapelles politiques. Il s’est dit «choqué» que partout où ils sont passés, personne n’ait mentionné le nom du Dr. Benoit Dakoury-Tabley, tué pendant les premières heures de la rébellion. Dans un élan d’affront, il leur a même demandé d’aller demander pardon à la famille Dakoury-Tabley. «Tu es comment et tu ne demandes pas pardon. Tu es un saint ? C’est à Gagnoa que j’ai appris qu’il y a des saints sur terre», a lancé Soro du haut de la tribune, encadré par des Frci. «Regardez-moi ça !», s’est-il exclamé pour exprimer son dédain pour ce peuple qui refuse de demander pardon. Oubliant du coup qu’il y a peu il saluait les mêmes chefs pour avoir demandé pardon.

A ce propos, il a recommandé de prendre l’exemple des Yacouba qui ont pardonné après la mort de Guéi. Précisant que c’est grâce à ses «petits grains de sel» que Laurent Gbagbo a pu être admis par les Yacouba à se rendre à Kabacouma, aux obsèques de feu Guéi. Il a aussi demandé à Gagnoa de pardonner comme lui, dont le beau-père aurait été tué parce qu’il aurait dit la vérité en son nom. Il a enfin recommandé de faire comme Louis-André Dakoury-Tabley dont le frère a été tué.

Dans ses réponses aux chefs traditionnels, Soro a parlé de Laurent Gbagbo. Il estime qu’il ne faut pas se faire d’illusion. Qu’il a été nommé Premier ministre pour organiser la présidentielle. Et «la personne qui a gagné les élections s’appelle Alassane Ouattara». Il a prétendu qu’il a été loyal jusqu’au bout à Laurent Gbagbo, déclarant qu’il l’a rencontré le 30 novembre après la présidentielle. Pour lui dire qu’il avait perdu les élections et qu’il fallait qu’il parte. «Il avait passé 10 années au pouvoir. Qu’est-ce que ça lui coûtait de partir ? On ne devient pas grand simplement parce qu’on est président de la République», a indiqué le chef de la rébellion qui a tenté un coup d’Etat contre le régime de Laurent Gbagbo en 2002 et qui est désormais au pouvoir. Il se demande pourquoi ne pas laisser le pouvoir quand on a gouverné pendant 10 ans et qu’on n’a construit aucune route, aucune école…

En ce qui concerne donc la présidentielle, Soro soutient avoir refusé de suivre ceux qui lui demandent de mentir. Car, il n’est «pas dans l’amitié où quand un camarade ment, par solidarité, tu dois mentir avec lui».
A l’endroit de Gagnoa et de tous ceux qui parlent parce que Laurent Gbagbo est en prison, le secrétaire général de Mpci, affirme être allé en prison «à cause et pour Gbagbo». «Quand je partais en prison dans les années 90, est-ce que j’étais Bété ?», interroge l’ex- Sg de la Fédération Estudiantine et Scolaire (Fesci).

Parlant des prisonniers récemment libérés, il constate qu’ils parlent et que personne ne leur demande de se taire. Pour lui, puisqu’ils posent des préalables pour aller à la réconciliation, «ils auraient pu attendre que Gbagbo soit libéré pour sortir». Puis il s’est dit agacé de ce que «les gens croient que c’est nous qui avons mis Gbagbo en prison». Il a donc tenu à préciser que «la Côte d’Ivoire n’a rien à voir là-dedans concernant la Cour pénale internationale.»

Pendant plus de 40 mn, l’ex-chef rebelle a servi un discours de haine, aussi bien aux populations qu’il a fait venir que ses hôtes. Soufflant le chaud et le froid, Soro a rendu hommage à certains cadres fils de la région, dont Dr. Capri Djédjé, 1er président de l’Assemblée constituante, puis au sénateur Biaka Boda, au député Depri Domoraud, à Yacouba Sylla…, à des artistes comme Zakri Noël, Séri Simplice, Bailly Spinto, Didier Drogba. Il a surtout salué le combat des fils de la région comme Louis-André Dakoury-Tabley et Djohoré qui l’ont rejoint dans la rébellion aux heures difficiles de la guerre que sa rébellion a déclarée à la Côte d’Ivoire. Avant lui, le porte-parole des populations, Sériba Coulibaly, et celui des jeunes ont adressé des doléances. Le chef rebelle de 2002 n’a pas daigné répondre.

 

Armand Bohui, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

Envoyé spécial à Gagnoa.

Non ! M. Soro, il n’y a pas de bon traître


Un traître se définit comme celui qui trahit. Il livre son pays, sa patrie à l’ennemi. Un traître, c’est quelqu’un qui manque de loyauté, qui manque à sa foi ou à la confiance qu’on a placé en lui. Pendant que vous lui portez toute votre confiance, il vous livre à vos ennemis. En leur livrant tous vos secrets. Il vous plante le poignard dans le dos au moment où il vous donne le sentiment d’être avec vous. L’affaire Edward Snowden montre à suffisance combien une république exemplaire peut détester la traitrise.

Alors peut-il y a voir un bon traître ? Non ! M. Soro, il n’y a jamais de bon traître. Et ce n’est pas à vous que je l’apprendrais. Sinon on pourrait vous demander pourquoi les Kass, Mobio, Adams et dans une moindre mesure IB, ont été passés par les armes.

 

A.K., in "Notre Voie".


Source: EBURNIENEWS

COTE D'IVOIRE - ANTICIPER ET OEUVRER POUR LE RETOUR AU PAYS DU PRESIDENT GBAGBO


GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE 2.jpg


Libre opinion par Ephrem Youkpo Journaliste-Producteur, Auteur Groupe X-POL ACTIVE SUD 1ère – 1ère télévision de nos cultures 100% métissées.

 

La réconciliation à quel prix ? Doit-on y croire ? A quelle sauce ? Comment ?

Depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, devrais-je dire aussi de manière calamiteuse à l’image des précédents, sans mâcher mes mots, parce que je reste convaincu quoi qu’on dise ou pense, sans vouloir créer la polémique, que le recomptage des voix nous aurait réellement situé sur le vrai vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire en 2010.

Le recomptage n’aurait pas été exceptionnel à la Côte d’Ivoire puisqu’il s’est fait en Afghanistan et à Haïti, entre autres, pendant que les bombes pleuvaient sur la Côte d’Ivoire pour le même sujet. On aurait fait l’économies de la catastrophe que l’on sait puisqu’ il y avait la Communauté dite internationale, l’Onuci et les observateurs pour encadrer cette opération. Même lors des élections régionales ou municipales en France, l’on a eu recours au recomptage des voix. C’est un procédé démocratique qui permet d’établir la vérité au moment du doute et de litige. Et croyez-moi, on en serait sortis grandis. Comme beaucoup d’entre vous, je reste encore sur ma faim devant toute cette cacophonie, ces non-dits qui ont entraîné des emprisonnements, des peurs et tout ce chaos à n’en plus finir qui ne rassure personne. Bref.

Parlons un peu de réconciliation. Ce mot qui finit par être dénué de tout son sens, je le trouve galvaudé venant des politiques ivoiriens ou apprentis sorciers. Je crains qu’on mette la charrue avant les bœufs sinon on roule a contresens. Comme la majorité d’Ivoiriens, j’avoue que je suis encore sceptique sur le processus actuel pour arriver à la réconciliation. Si c’est vraiment une préoccupation principale pour les dirigeants actuels du pays, la recette n’étant pas digeste, ils devront la changer, la doser d’une grande part d’humilité, en prenant le temps d’écouter le peuple, de lire dans les lignes, de bien fixer leurs regards parce que ce ne sont pas toutes les larmes qui sont visibles. En Côte d’Ivoire, comme si un chaos en appelait un autre, celui qui accède au pouvoir, peu importe la manière (Bédié, Guéhi, Gbagbo, Ouattara), croit être l’homme providentiel qui détiendrait la formule magique pour la réconciliation, avec ses concepts, ses milliards à dépenser pendant que le peuple a faim, pendant que des régions entières sont privées de leurs cadres, des parents de leurs enfants et vice-versa, qui sont soit en exil, soit jetés en prison, humiliés, bastonnés, etc. Ce constat est aussi valable pour ceux d’hier que pour ceux d’aujourd’hui.

Que ceux qui revendiquent l’héritage de feu Houphouët-Boigny se souviennent de cet adage qui lui était cher, je cite : « un homme qui a faim, n’est pas un homme libre. » Ils devront en prendre de la graine. En Afrique, détenir un cadre en prison c’est détenir tout son village, toute sa région et son groupe ethnique dont il fait la fierté. On ne peut exiger le sourire de celui qui n’a pas des nouvelles de son frère, de son père, de son fils ou de sa mère, à moins qu’on ait une pierre à la place du cœur. Souvenons-nous du tollé au sein de la communauté nordiste lorsque Ouattara était en exil, ce qui a même conduit à des manipulations politiques qui ont failli opposer musulmans et chrétiens. C’est certainement ce constat qui avait conduit son prédécesseur Laurent Gbagbo à faire en sorte qu’il revienne en Côte d’Ivoire, jusqu’à permettre sa candidature autrefois refusée par Konan Bédié qui l’avait mis sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’histoire est têtue. Les ivoiriens s’en souviennent encore et attendent le retour de l’ascenseur de monsieur Ouattara à l’endroit de Gbagbo. C’est aussi cela le jeu politique. Alors n’ayons pas peur de le dire, je souhaiterais que Monsieur Guillaume Soro le Président de l’Assemblée nationale et Monsieur Hamed Bakayoko le ministre de l’intérieur que j’appelle respectueusement  »mes frères » qui sont de notre génération, l’élite politique de demain et aspirent tous les deux à une Côte d’Ivoire nouvelle se joignent à nous pour œuvrer pour la libération totale des prisonniers politiques, qu’ils soient des Ex-fds ou de simples citoyens qui auraient eu le tort d’être de l’autre camp.

Nul n’est infaillible surtout dans cette horreur qu’a connu le pays où aucun acteur n’est blanc comme neige. Ayons le courage de le dire, nous l’avons fait lorsque Alassane Ouattara était injustement en exil et nous le faisons maintenant pour Laurent Gbagbo avant que des masques ne tombent, que des vérités et des secrets soient sus, avant que les yeux du peuple ne finissent par s’ouvrir complètement, et pour arrêter des articles des médias amis d’hier qui ont commencé à retourner la veste, il faut anticiper et œuvrer pour le retour au pays du président Gbagbo. C’est le pays qui en ressortira guéri, grandit, le pouvoir en place se consolidera dans ses actions et les cœurs seront pansés. Si c’est vraiment la réconciliation que recherche le pouvoir en place d’où le vrai préalable susceptible de conduire à l’unité du pays autour d’un seul chef pour tous. Parlons-en.

Ensemble, construisons notre Légende.
2015, c’est demain!

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 25 août 2013

SOUTIEN AU DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, OUATTARA FAIT DON DE 25 MILLIONS DE FCFA AUX CHEFS TRADITIONNELS BAOULE


 

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Alassane Ouattara ici, le 6 aout dernier, avant son départ pour la France où il est jusqu'à cette heure.

 

Le 22 août 2013. KOACI.COM apprend ce jour que le chef d’Etat ivoirien aurait fait don de 25 millions de FCFA aux chefs traditionnels du centre de la Côte d’Ivoire.

Cette information que nous avons essayé de vérifier sans succès auprès de certains chefs traditionnels, aurait été rendue publique vendredi dernier par le gouverneur du district de Yamoussoukro.

Selon des indiscrétions, Augustin Thiam aurait évoqué ce sujet ce jour là, avec l’un de ses proches à la résidence du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët Boigny au moment où le président du PDCI y échangeait avec les chefs traditionnels baoulé.

Le gouverneur du district de Yamoussoukro aurait expliqué à son interlocuteur que cette somme était la contribution du chef de l’Etat aux actions menées par les chefs traditionnels du centre dans sa campagne au deuxième tour de la présidentielle afin qu’il accède à la magistrature suprême.

Cette somme est-elle suffisante pour récompenser le nombre impressionnant de chefs traditionnels qui avaient répondu en son temps à l’appel du président du PDCI, tombé au premier tour ayant mobilisé ses parents du centre à voter massivement le candidat Ouattara au détriment de Gbagbo?

Selon d’autres informations en notre possession, les chefs traditionnels du centre n’auraient pas du tout apprécié ce geste présidentiel qui ne représenterait rien, vu le travail abattu auprès de leurs communautés afin qu’Alassane Ouattara accède au pouvoir.

Elles affirment que ceux qui ont été reçus vendredi dernier, par le président du PDCI à Yamoussoukro en marge du conclave des secrétaires généraux de section de sa formation politique auraient signifié leur mécontentement au sphinx de Daoukro.

Nous apprenions par ailleurs que, nombreux sont les chefs traditionnels qui n’auraient pas effectué le déplacement de Yamoussoukro vendredi. Enfin ces derniers souhaitent que réparation soit faite avant 2015.

Wassimagnon


Source: KOACI.COM

LETTRE OUVERTE DE ZASSO PATRICK DIT «EN GLOBAL» A OUATTARA ET SORO


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Dans une lettre dont copie nous est parvenue, Zasso Patrick dit "en global", ex porte-parole d'Alassane Ouattara chargé de la jeunesse, parle à Guillaume Soro après sa visite dans la région de Gagnoa.


Monsieur le président,


Je voudrais vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette lettre. comme vous le savez, mon statut actuel ne m'offre que cette voie pour apporter quelques réponses à vos discours et propos tenus à Gagnoa suite à l'invitation des chefs coutumiers. Monsieur le président, de mon exil, j'ai suivi votre visite à Gagnoa et écouté attentivement vos messages, que j'ai passés au peigne fin. Mais permettez-moi de relever ces quelques éléments que j'ai retenus et que vous avez appelés votre part de vérité.

Monsieur le président, vous avez dit que l'heure est venue de dire les choses comme elles se sont déroulées. Et je cite quelques propos de vous: "J'ai été nommé Premier ministre, pour organiser les élections démocratiques et transparentes, pour que des Ivoiriens aillent aux urnes pour se choisir le Président qu'ils désirent. Je n'ai pas été nommé pour favoriser un candidat. Si Gbagbo avait gagné les élections, je l'aurais dit; je vous le dis, Gbagbo n'a pas gagné les élections. Je suis allé voir Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il doit céder le pouvoir ".

Monsieur le président, suite à ses propos, je voudrais, en tant que l'un des porte-parole du président Ouattara et témoin oculaire du déroulement de ces fameuses élections, apporter quelques éclaircis (...)

Monsieur le président, ces élections dont vous parlez n'ont pas été démocratiques et transparentes comme vous le faites croire à tout bout de champ. Tout a été bouclé d'avance avec vos alliés, vous n'avez fait que mettre Laurent Gbagbo devant les faits accomplis, vous avez rusé avec la bonne foi de Gbagbo, Charles Blé Goudé et tous les Ivoiriens pour atteindre vos objectifs. (...) Vous avez pris partie pour Ouattara; le fait de vous retrouver à l'Hôtel du Golf qui était le QG de campagne du candidat Ouattara avec Youssouf Bakayoko, accompagné des ambassadeurs des Etats-Unis et de la France, par la volonté de Nicolas Sarkozy, président français d'alors. Vous avez ainsi montré aux yeux des Ivoiriens votre choix dans cette crise. En tant que Premier ministre chargé d'organiser des élections comme vous le dites vous-mêmes, et dont les deux candidats étaient déjà en désaccord sur les résultats, la sagesse aurait voulu que vous acceptiez le recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo pour faire baisser la tension, ce que vous avez refusé de faire.

En réalité, ces élections n'étaient qu'un prétexte pour parachever le complot du 19 septembre 2002, dont l'objectif était de donner le pouvoir à Ouattara depuis le début.

"La mascarade a commencé au premier tour des élections présidentielles"

Au premier tour, selon les vrais chiffres des grandes villes de la Côte d'Ivoire que nous avions au sein du Rhdp, quelques heures avant la fin de la proclamation des résultats, le président Bédié avait 25% des voix, contre 22% pour Alassane Ouattara et 46% pour le président Gbagbo. On ne sait par quel miracle, la CEI, vous et vos alliés, aviez fait passer Ouattara au second tour, à la place de Henri Konan Bédié.

Mais suite à cela, Bédié votre allié d'aujourd'hui, a mis sur pied un collectif d'avocats dirigé par Ahoussou Jeannot, pour faire des réclamations auprès du Conseil constitutionnel, parce qu'il était mécontent de ces résultats qui ont été manigancés par la CEI, vous et vos alliés. Le président Bédié lui-même a rencontré Alassane ouattara pour lui signifier son mécontentement et lui demander de recompter les voix. Ce qui a créé une situation très tendue, que j'ai vécue au sein du RhdP. Il a fallu l'intervention du président français d'alors, Nicolas sarkozy, et de certains chefs d'Etats africains que vous-mêmes connaissez plus que
moi, pour calmer Bédié et l'obliger à céder sa place à Ouattara pour le deuxième tour (...)

Monsieur le président, pour le deuxième tour dont vous parlez tant, je voudrais vous dire que le président Gbagbo a respecté la Constitution et n'a pas confisqué le pouvoir comme vous le faites croire partout (...)

Lorsque le président de la CEI a transmis les résultats au Conseil constitutionnel, le président Laurent Gbagbo a fait une réclamation, vu les violences qui se sont produites dans votre zone. Le Conseil constitutionnel, après avoir analysé la requête, a déclaré le président Gbagbo vainqueur des élections. Je rappelle que c'est ce même Conseil constitutionnel qui a validé la candidature de Ouattara alors qu'au Rdr, on avait tous peur que Paul Yao-N'dré rejette cette candidature, malgré le fait que la CEI l'avait acceptée (...)

Monsieur le président, il est temps qu'ensemble nous essayons de faire des efforts pour mettre fin à toute cette manipulation qui consiste à toujours faire croire aux Ivoiriens que Gbagbo n'a pas gagné les élections, alors qu'en réalité il a gagné puisque déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel de notre pays, comme cela se fait dans tous les pays démocratiques du monde entier. Gbagbo a fait une réclamation, en respectant les normes démocratiques. Voilà ce qui est clair, monsieur le président.

Monsieur le président, concernant le dernier point où vous dites que vous êtes allé voir le président Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il devait céder le pouvoir, je voudrais vous dire que là aussi, vous n'avez pas été courageux pour dire la vérité aux Ivoiriens. Car en réalité, quand vous êtes allé voir le président Gbagbo, vous lui avez dit que vous avez tous les résultats et qu'il a gagné les élections.

Vous lui avez ensuite demandé de vous reconduire au poste de Premier ministre. Ce qui a été refusé par le président Gbagbo et certains membres de son entourage. Voilà ce qui vous a conduit au Golf hôtel pour accepter le deal de Ouattara, qui consistait à vous reconduire comme Premier ministre (...)

Alors, au lieu de passer tout votre temps à vous justifier sur vos erreurs et faiblesses, je voudrais vous inviter, pour une fois, à assumer votre responsabilité dans cette guerre tragique qui a endeuillé la Côte d'Ivoire et fragilisé tout un pays. Vous n'avez pas jouer franc-jeu avec le président Laurent Gbagbo, Blé Goudé et surtout les Ivoiriens qui vous ont accepté et pardonné malgré les crimes de votre rébellion du 19 septembre 2002. Tout ce qui est arrivé, est arrivé parce que malgré les appels incessants au désarmement de vos troupes, vous avez rusé sur ce point et le rétablissement de l'autorité de l'Etat dans la zone que vous occupiez. Aujourd'hui, on a tous compris pourquoi vous teniez tant à contrôler cette zone à tout prix (...). En réalité, l'objectif de toute cette mascarade électorale, et toutes ces violences qui ont fait plusieurs morts inutiles, c'était aussi et surtout de faire d'Alassane Ouattara, président de la République. Puisque Bédié, feu Guéi et Gbagbo ont été déjà présidents, il fallait à tout prix que Ouattara le soit, quels que soient les résultats de ces fameuses élections. Tous les moyens ont été déployés par vous et vos alliés, pour y parvenir. Nous en avons pris acte.

Puisque votre objectif a été atteint, nous pensons qu'il est temps pour vous de créer les conditions rapides de la libération des otages que sont Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet, Charles Blé Goudé et tous les civils et militaires, détenus, et de prôner des discours d'apaisement, allant dans le sens de la réconciliation vraie des fils et filles de ce pays.

Veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.


Fait, le 19 Août 2013


De mon lieu d'exil


Patrick ZASSO dit "En global",

Exilé politique, ex porte-parole chargé de la jeunesse d'Alassane Ouattara

DE LA PERGOLA A BOUNA: AFFI RACONTE SON SEJOUR CARCERAL

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Pour la première fois depuis sa sortie de prison, le 5 août dernier, le président du FPI, l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’guessan, est revenu longuement sur les conditions de son arrestation à la Nouvelle Pergola à Abidjan-Marcory, de son transfert à la prison civile de Bouna. Nous vous livrons de larges extraits de son témoignage.


«Nous avons quitté le Golf Hôtel le lundi de Pâques à 13h. On ne savait pas où on allait. La guerre n’était pas totalement terminée. Est-ce qu’ils nous ramenaient à la Pergola ? C’était l’heure du déjeuner et Affoussi Bamba qui est venue nous chercher, nous a dit : «vous faites vos affaires, on s’en va». On lui a demandé : «on s’en va où» ? Mais, elle n’a pas osé répondre. On s’est dit, dans ce cas ce n’est pas la peine de manger. Arrivés à destination, on va manger. Chacun espérait une destination. Elle a dit : «Mangez un peu. On ne sait jamais».

Après, on nous a embarqués et nous sommes passés à la gendarmerie de Cocody où le lieutenant qui conduisait le convoi a fait monter deux ou trois éléments avec des RPG. Je me suis demandé si pour nous ramener à la Pergola, on avait besoin de RPG. Mais j’ai fini par me dire que comme il y a encore des combats en ville, peut-être que c’était dangereux. On a fini par démarrer et quand nous sommes arrivés à l’Indénié, le convoi a pris la route d’Adjamé au lieu de se diriger vers le sud. Nous nous sommes dit que c’était une manœuvre de diversion. Mais nous avons continué vers Yopougon. Arrivés au carrefour de la Maca, les combattants étaient éparpillés partout. Ils se sont arrêtés parce que ça tirait partout. Un moment, ils ont tenté de rebrousser chemin. Mais un des leurs a dit : «Allons-y. De toutes les façons, nous, nous sommes blindés. Ce sont leurs gars qui sont là-bas. S’ils les tuent, tant pis pour eux».

Ils ont alors repris la route et nous avons roulé jusqu’à Attinguié et on s’est arrêté. On a fait une petite bifurcation et ils se sont arrêtés. Nous nous sommes alors dit que c’est là qu’ils allaient nous fusiller et abandonner nos corps. On ne savait pas du tout dans quel film on était. Mais, nous étions des acteurs passifs. Curieusement, ils ont commencé à distribuer des bananes aux uns et aux autres. Trois ou quatre bananes. Après, on a repris la route jusqu’à Toumodi. Ils sont allés à la station, ils ont parlé et ils sont revenus et nous avons pris la direction de Yamoussoukro. Nous avons commencé à dire qu’ils nous envoient au camp pénal de Bouaké. Certains ont pensé à Bouaké, d’autres à Korhogo. Arrivés à Yamoussokro, ils ont pris du carburant et on a fait demi-tour. Arrivés à Toumodi, ils ont pris la route de l’Est. On a commencé encore à s’interroger sur notre destination. Un moment donné, le secrétaire général de l’université de Cocody a dit : «Peut-être qu’ils s’en vont nous enfermer chez le président Affi !».

Quelqu’un lui a dit : «Toi, tu es vraiment optimiste». On a continué à rouler, et on a traversé Bongouanou et arrivés à Kotobi, ils ont pris la route de Daoukro. En fait, ils s’étaient perdus. Quand ils s’en sont rendus compte, ils ont fait demi-tour et nous avons pris la route d’Abengourou. Arrivés à Bonahouin, ils ont commencé à distribuer des boites de sardine. Mais, moi, j’étais tellement fâché parce que ça n’avait aucun sens. On a repris la route et ils roulaient à tombeau ouvert. Nous étions dans des 4x4. Il y avait deux 4x4 doubles cabines et un pick-up où ils avaient mis les éléments armés. Dans chaque 4x4, il y avait deux gendarmes ou policiers qui nous encadraient. Michel Gbagbo, lui, ils l’ont mis carrément dans le coffre arrière du 4x4. Un moment, il pleuvait. Ceux qui étaient dans le pick-up sont donc descendus pour monter avec nous dans les 4x4. Nous étions donc serrés comme dans une boîte de sardine. Notre conducteur était tellement fatigué qu’il a fait deux sorties de route. Deux fois, nous sommes entrés en brousse avant de ressortir. Finalement, je ne pensais plus à rien. Parce que je me disais, pour un pouvoir qui s’installe, même s’ils veulent nous envoyer en prison, compte tenu de notre statut, ils pouvaient même prendre de bons véhicules et nous emmener. Mais agir ainsi montrait qu’ils n’accordent aucune importance à notre vie. Un moment même, notre chauffeur dormait. Or, nous étions sur un pont et il y avait un véhicule qui venait en face. Il s’est réveillé brusquement et il s’est rabattu à droite. On a failli basculer dans le vide. On est finalement arrivé à Bouna à 4h du matin. A Bouna même, les gens n’étaient pas informés de notre arrivée.

Ils couraient donc dans tous les sens, pour chercher le responsable du camp des Frci. Ils l’ont retrouvé et il est arrivé tout fâché parce qu’on lui a envoyé des gens sans le prévenir et surtout il ne savait pas quoi faire de nous. On le voyait donc courir partout pour trouver un lieu où nous enfermer. Un moment, ils ont dit qu’ils allaient nous enfermer à la résidence de Palé Dimaté. Mais certains d’entre eux ont dit que la clôture de la résidence n’était pas assez haute. En définitive, ils ont opté pour la prison civile. Et quand on partait, c’est Serges Boguhet qui, le premier, a fait la remarque en disant qu’ils nous envoient en prison. Quand par la suite, nous avons vu les barbelés, nous avons su que c’était effectivement la prison civile. C’était une prison abandonnée et désaffectée. Ils ont alors commencé à nous jeter dans des cellules insalubres.

Diabaté Bêh a été le premier qu’ils ont brutalisé. Ils donnaient le sentiment qu’ils lui en voulaient particulièrement. Ils l’ont jeté dans un coin très sale. Moi, ils m’ont dit : «Affi, passe ici». Ils m’ont jeté dans le parloir. Un endroit très étroit, où il y avait tout juste de la place pour un matelas. J’y suis resté près de deux mois. Ils nous ont enfermés et ils sont partis. Après, ils sont revenus et il y en a un qui a commencé à nous menacer. «Vous avez eu de la chance. Sinon, moi Chiquito, si j’étais descendu à Abidjan, aucun de vous ne serait vivant à l’heure actuelle. Vous allez mourir ici. On va vous nourrir avec tuyau», nous lançait-il à la figure.

On n’avait rien. Heureusement, assez rapidement, les prêtres et le responsable local de la Lidho sont venus nous voir. Ce sont eux qui nous ont donné les premiers draps pour la nuit. Nous sommes restés là sous la surveillance de deux hommes armés en permanence. On n’avait pas droit aux visites. On était enfermé. Le responsable de la Lidho a négocié pour qu’il puisse nous rendre visite une fois par jour. Ils le lui ont accordé.

Mais au bout d’un certain temps, ils lui ont dit qu’il n’aura que trente minutes pour nous voir. Donc, chaque jour, il pouvait nous voir 30mn. Mais il n’était pas question pour lui de nous envoyer des journaux, encore moins la radio. C’est donc lui qui a informé nos parents. Après un moment, on lui a dit qu’il n’avait plus que 15 mn. Et puis, on lui a interdit totalement de venir nous voir. Donc, on n’avait aucun contact tout ce temps. Jusqu’à ce qu’un jour, un Frci nous présente une dame Frci aussi pour nous dire que c’est elle qui allait préparer pour nous. On était obligé d’accepter. Et puis, progressivement, l’administration pénitentiaire a commencé à se mettre en place à partir du mois d’août. Mais, même là encore, il y avait, chaque fois, des incidents entre eux et les Frci. Et pendant tout ce temps, c’était le stress. Parce qu’on ne savait jamais ce qui allait se passer. Rien n’était prévisible. Ils vont et viennent. Et dès que tu entends un bruit, tu as peur.

Tu te demandes ce qui va se passer encore. On était dans cette situation, jusqu’à ce que l’administration s’installe définitivement. Et comme eux, ce sont des professionnels, ils ont commencé à avoir des rapports corrects avec nous. Nous avons donc commencé à déstresser et à nous organiser. On se réunissait tous les jours à 16 h, pour analyser la situation, les informations internationales, la politique nationale.

Nous étions censés être sous la protection de l’Onu

Nous avons gardé le moral parce que nous savions que c’était notre part de la lutte et nous avons positivé notre détention. Parce que le fait que nous soyons détenus était devenu une donnée de la crise. Nous savions que c’était par ça que les autres allaient se mobiliser. Ne serait-ce que nos parents, nos familles et nos camarades de lutte. Nous savions que le caractère injuste de notre détention ferait qu’au-delà de nos familles biologiques et idéologiques, beaucoup d’Ivoiriens se sentiraient interpellés et se mobiliseraient. Et cette mobilisation, nous savions qu’un jour où l’autre, elle allait triompher. Parce que c’est l’histoire. Les prisonniers politiques, ça peut prendre le temps que ça peut prendre, mais forcément, un jour on finit par sortir. Et comme l’a dit le doyen (Ndlr : Bernard B. Dadié), c’est une école, c’est un parcours initiatique.

C’est pourquoi, quelque part, nous étions fiers de jouer cette partition dans la lutte pour la libération du pays. Parce que dans tous les processus à travers le monde, ceux que le doyen a appelés les martyrs, ce sont eux qui ont consolidé les aspirations.

A la Pergola, nous étions censés être sous la protection de l’Onu. Après j’ai vu des gendarmes venir. J’ai vu notamment le colonel Ehoussou avec qui j’avais travaillé à la Primature et qui s’occupait déjà de la protection des personnalités. Donc, je me suis dit que c’était normal qu’il soit là. Du moment où ce n’était des Frci, je me suis dit qu’ils étaient venus pour compléter l’effectif de l’Onuci. C’est quand je devais faire la deuxième communication, parce que j’avais vu Mamadou Koulibaly et Yao N’dré chez Alassane Ouattara, que j’ai vu que les militaires qui étaient là cherchaient même à m’empêcher de parler que j’ai compris qu’il y avait quelque chose.

Dans les heures qui ont suivi, Soro a envoyé quelqu’un me voir. On était autour de 20 h. Il m’a dit que Soro voulait me rencontrer. Je lui ai demandé de me montrer ce qui prouvait qu’il venait effectivement de la part de Soro. Il l’a appelé et me l’a passé. Je lui ai dit qu’il faisait trop tard, que la ville n’était pas sécurisée et qu’il fallait qu’on remette la rencontre au lendemain. Mais quelques temps après, j’ai entendu des gens discuter. J’ai su qu’il y avait un deuxième groupe. Et je pense que ça devait être un groupe envoyé par Hamed Bakayoko. Un des officiers m’a dit de ne pas rester sur place parce que la façon dont les gens bougeaient, il y avait des risques qu’il y ait du grabuge. Je suis donc monté à ma chambre. Mais quelque temps après, j’ai entendu des coups sur la porte. Mais ce n’était pas des coups à la main. Mais des crosses de kalach. Ils défonçaient les portes. Ils ont défoncé la porte d’entrée. Et quand on dépasse cette porte, il y a une terrasse avant d’arrivée au salon. Ils ont commencé à défoncer la porte du salon et même les fenêtres. J’étais dans la chambre, donc je suis venu au salon pour voir ce qui se passe. Le temps d’arriver, ils étaient sur moi en train de me rouer de coups. Ils m’ont embarqué. Mais en bas, on est resté 15 à 20 mn. J’ai fini par comprendre qu’ils étaient en train de piller la chambre. Parce que pour les dernières missions que le président m’a confiées, il me restait un peu d’argent que j’avais pris sur moi. Et quand les camarades partaient, j’aidais certains. Mais moi, j’ai dit que je ne pouvais pas bouger. Parce qu’en tant que président du parti, je me suis dit qu’il fallait que les militants entendent notre voix. Pour qu’ils sachent que le parti est toujours là. Sinon, ce serait la débandade généralisée. C’est comme ça que quand Alcide est allé voir l’Onuci et qu’il a dit qu’ils avaient trouvé un endroit pour sécuriser les cadres Fpi et Lmp, j’ai accepté d’y aller. Peut-être qu’ils avaient déjà des plans pour nous arrêter. Parce que les autres qui sont restés, on les a quand même transférés à Boundiali.

Mais, moi personnellement, je n’ai jamais désespéré parce que je savais que nous avions gagné les élections. Donc, nous avions une base populaire. Et que cette base allait peser dans la balance».

 

Propos retranscrit par Guillaume T. Gbato

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".

samedi, 24 août 2013

AFFI NGUESSAN REPOND A SES CONTRADICTEURS

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Le président statutaire du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan, a échangé hier mercredi 21 août 2013, avec plus de 400 militants et cadres des régions du N’Zi Comoé, Moyen-Comoé et Sud-Comoé venus lui apporter soutien et réconfort après sa libération. Il en a profité pour révéler certaines vérités peu connues de l’opinion nationale sur son combat, ses relations avec le président Laurent Gbagbo. L’ex-détenu de Bouna se découvre de jour en jour. Larges extraits de son intervention devant ses visiteurs.


«…Je voudrais dire quelques mots pour apaiser tout le monde. Comme je vous l’ai dit, moi personnellement, je suis au service de mon pays et de ma communauté. Ce que je peux faire, je le fais au nom du pays et de la communauté. Je le fais aujourd’hui avec Laurent Gbagbo, Aboudrahmane Sangaré, Simone Gbagbo et avec l’ensemble des dirigeants et des militants du Front populaire ivoirien. Les gens ne doivent pas se méprendre, j’ai connu Laurent Gbagbo en 1988 quand il est revenu d’exil, mais j’étais déjà dans les structures clandestines du Fpi depuis 1986 précisément, avec mon ami Lia Bi Douayoua. Et nous avions un comité à l’Ecole nationale supérieure des Postes et Télécommunications. Très rapidement Gbagbo m’a fait confiance ; ce n’est pas parce que j’étais de sa région ni enseignant à l’université. J’étais fonctionnaire, Ingénieur des Postes et télécommunications.

Le siège du Fpi à Koumassi, c’est mon ami Diallo Mamadou et moi-même qui l’avons trouvé et équipé. La première facture d’électricité porte le nom de Diallo Mamadou, parce que c’est lui qui est parti faire l’abonnement à l’Agence sur le boulevard de Marseille. Donc déjà j’étais en plein dans le Fpi grâce à Gbagbo. Juste après la proclamation du multipartisme je suis devenu son directeur de cabinet. Le Congrès de 1994, il m’a fait l’honneur de me donner la présidence de ce congrès qui avait été déterminant. En 1995, il m’a dit «Affi, tu seras mon directeur de campagne». Evidemment vous connaissez l’histoire et nous avons été contraints à boycotter l’élection présidentielle. Mais je suis resté son directeur de cabinet jusqu’en 2000, où il m’a reconduit encore comme son directeur de campagne. Et quand il a gagné les élections, c’est sur moi que Gbagbo et Sangaré ont porté leur choix pour diriger le premier gouvernement de la Refondation. Et en juillet 2001, le même Gbagbo dit «Affi c’est toi qui va prendre la direction du parti». Pourtant, je n’étais pas forcément le meilleur, le plus ancien ni le plus intelligent parmi tous les cadres du Fpi. Donc un tel homme qui est votre bonne étoile (…) vous ne pourrez et vous ne pouvez jamais l’abandonner. Donc la cause de Gbagbo, c’est ma cause. Parce que je suis président du FPI, mais surtout pour ce qu’il représente dans ma vie et dans mon parcours politique.

Il ne faut pas que les gens se méprennent et que certaines personnes spéculent. Moi je suis fidèle et loyal. Parce que je ne cherche rien pour moi-même… Je n’ai pas d’ambition particulière, mais je suis un garçon tenace. Je veux faire la politique, je veux contribuer à la libération de la Côte d’Ivoire et j’y tiens. Et je vais le faire pian ! Sur ça seulement, tout le monde peut compter sur moi. Si c’est en tant que président ou simple militant du Fpi, que je peux le faire, ça ce n’est pas important. La contribution que quelqu’un apporte à l’histoire ce n’est pas à partir des postes. Certains croient que c’est en étant président seulement qu’on a une renommée. C’est faux !

Le combat de Laurent Gbagbo, nous allons le mener et nous allons le gagner. Parce que c’est le combat de toute la Côte d’Ivoire, contre l’injustice et pour la dignité. C’est pour cela que nous sommes engagés dans la politique. Le combat n’est pas terminé ».


Source: DEBOUTCIV.COM

vendredi, 23 août 2013

AFFI NGUESSAN ANNONCE COMME NOUVEAU PREMIER MINISTRE!

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C’est désormais un secret de polichinelle que de se le murmurer à l’oreille. Affi N’Guessan sera le prochain Premier Ministre dans un Gouvernement de réconciliation à former avec le régime Ouattara.

Telle est en substance, l’information que nous tenons de diverses sources diplomatiques.

Alors c’est fait. Ouattara ne sera jamais accepté par plus de la moitié des Ivoiriens qui ont voté le Président GBAGBO mais dont la volonté a été bafouée par la France et son allié néocolonial les USA.

Il fallait sortir du bourbier, de l’impasse. Vers qui pouvait-on se tourner. Les massacres de civils, autres arrestations et tortures n’ont ébranlé aucune volonté de Résistance chez les combattants de la souveraineté que nous sommes.

La seule alternative est naturellement le FPI. Le vomir hier pour qu’il serve aujourd’hui de plat d’apaisement; Il faut être un fasciste occidental pour en arriver à une pirouette aussi spectaculaire.

Mais il fallait le faire, quitte à prévoir le plan B, celui qui fera suite à l’engraissement programmé des cadres affamés du FPI afin qu’ils soient plus tranquilles et royalement dociles. Ne dit-on pas qu’un homme qui a faim n’est pas un homme libre ?

Bref. Que les courtisans en chaleur en ce moment en exil ou en Côte d’Ivoire s’égosillent face à vos réactions, ne vous y trompez pas. Affi sera bel et bien le prochain Nouveau Premier Ministre. « Real politique » oblige.

De notre exil, les réactions sont partagées. A Abidjan aussi.

D’aucuns rétorquent qu’après tout, le MPCI et sa branche politique le RDR ont été dans divers gouvernements du Président GBAGBO et cela n’a pas empêché qu’ils en finissent avec lui en se servant de la France, de l’ONU et des USA. Alors, à chacun son tour chez le …

D’autres sont choqués et scandalisés surtout quand ils entendent les détails de ce qu’il est proposé à Affi qui reste pour l’instant digne et lucide. Regardez du côté du Kenya ou du Zimbabwe. Il y a eu deux espèces de premiers ministres avant 2013. C’est ce qu’il est proposé à Affi. Le peuple peut patienter. On se souviendra de lui plus tard.

Mais le Président du FPI n’a pas encore trempé dans la marmite de la sorcière. Il peut encore donner de la voix. Sur le principe, il n’y pas de refus catégorique. Mais pour mettre tout le monde à son aise, Laurent GBAGBO doit être libéré, fût-il de façon provisoire. Ensuite, les prisonniers politiques doivent être libérés et le jeu politique doit être ouvert. Ça coince pour le Président GBAGBO. Mais tout le reste est possible.

Voilà. Nous vous l’avons révélé. Et une seule question se pose à nous : que doit-on en penser ?

Pour la Révolution Permanente, la question ne se pose pas : « le jeu politique aux politiciens qui veulent jouer et, la libération de la Côte d’Ivoire aux combattants ». Notre intime conviction est que mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, ou casser directement les vieilles et les remplacer avec des nouvelles, revient au même sauf que dans le premier cas, on perd les vieilles outres et on perd aussi le vin nouveau. Or ils ont accepté de mettre le vin nouveau dans les vieilles outres, celles qui ont fini par plonger le peuple dans l’abîme.

Ce qu’il doit être fait sera fait. Après la Libération, il y aura la Libération.

Le futur proche a ceci de merveilleux qu’il ne tarde pas à devenir le présent. Que ceux qui ont faim viennent à table de la beuverie collective. Au début, il y aura du plaisir fou et à la fin, des larmes et des cris de douleur. Surtout quand on est sûr qu’on oubliera d’où on vient et où on devrait aller et qu’un plan B dont nous parlerons bientôt, attend les épicuriens de la partie qui s’annonce comme une guillotine.
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent.

A Très Bientôt.
 
 
Hassane Magued
 
La Révolution Permanente


Source: AFRIK53.COM

COINCE, OUATTARA VEUT CROISER GBAGBO: VOICI SES EMISSAIRES

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On ne verra jamais ceci avec Ouattara. La différence est déjà là!


«C’était un morceau de choix. Mais il s’avère dur à avaler. Ce n’est pas de gastronomie qu’il est ici question, mais des problèmes de digestion d’une certaine justice (…) Fin novembre 2011, la Cpi s’est donc offert une pièce d’exception : pas un quelconque chef de milice ou un demisolde du crime de masse comme elle en a déjà jugé, mais le Président Laurent Gbagbo, 68 ans, ancien membre de l’Internationale socialiste, ami de Jack Lang et d’Henri Emmanuelli, opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, historien et président déchu de la Côte-d’Ivoire après avoir dirigé pendant dix ans, ce qui fut un des pays les plus riches et prometteurs de l’Afrique de l’Ouest», ce ne sont pas les écrits d’un journal bleu ivoirien, mais de Marianne, l’une des publications les plus respectées en France.
 
Cette révélation traduit toute la gêne qui s’est installée à la Cpi avec ce procès du Président Gbagbo. Ouattara aujourd’hui coincé dans ce dossier, veut directement négocier avec le Président Gbagbo. Il fait désormais mains et pieds pour rencontrer le prisonnier politique de l’Onu à la Cpi. C’est vrai qu’au niveau international, il fait appel à certains amis très proches et très écoutés par le Président Gbagbo pour faciliter cette rencontre. Saura-t-il convaincre Gbagbo ? Le temps le dira.
 
Mais en Côte d’Ivoire, Ouattara a appelé au secours, deux cadors de la politique ivoirienne qui se disent amis du prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il s’agit en effet, de Charles Konan Banny, le président de la Cdvr et de Laurent Dona Fologo, l’homme qui avec son parti le Rpp, a fait partie des hommes de confiance du Président Gbagbo au plus fort de l’ex-rébellion. La mission qui leur est assignée est très claire : convaincre l’ami Gbagbo à accepter une rencontre avec Ouattara à la Cpi. Car depuis sa déportation à la Cpi, tout se complique pour Ouattara, mais aussi pour la Côte d’Ivoire. Assailli par les difficultés de toutes sortes, Ouattara se résout finalement à faire ce que plusieurs guides religieux lui demandaient depuis longtemps; à savoir négocier directement la sortie de crise avec le Président Gbagbo. C’était bien avant sa déportation à la Cpi. Plusieurs guides religieux, (musulmans comme chrétiens) l’avaient ouvertement déconseillé de déporter le Président Gbagbo à La Haye. Mais Ouattara est resté ferme sur sa position.
 
A cette époque, il y avait un certain Sarkozy à l’Elysée. Et le régime ivoirien ne jurait que par lui. Mais bien plus que ça, Ouattara se sentait obligé de faire la volonté du parrain Sarkozy qui tenait par tous les moyens, à se venger de Gbagbo, l’empêcheur de piller. Pour venir à bout de Gbagbo, la Droite française alors au pouvoir, s’est ouvertement substituée à l’Etat ivoirien. C’est le ministère français de la Justice qui fait toutes les démarches au niveau de la Cpi avant la déportation du Président Gbagbo. Coulibaly Gnénéma, en ce moment ministre des Droits de l’Homme n’a été là, rien que pour la forme.
 
Il a fallu que la Droite française dise que «le transfèrement de Gbagbo à la Cpi va faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire», pour que cela soit repris en choeur par le régime d’Abidjan. Sarkozy n’avait pas de preuves contre le Président Gbagbo. Il savait aussi qui avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire. Mais il ne voulait pas de Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Il utilise donc l’Etat français pour régler des comptes personnels à un homme qu’il ne porte pas dans son coeur pour sa probité intellectuelle et morale.
 
A l’Elysée, Sarkozy décide donc à la place des Ivoiriens. C’est pourquoi au plus fort de la crise postélectorale, lors d’un voyage en Chine, il se permet de dire que «le Président de la Côte d’Ivoire s’appelle Ouattara». De l’Elysée, il téléphone plus d’une dizaine de fois à Goodluck, le Président Nigérian, maitre d’oeuvre de l’option militaire contre la Côte d’Ivoire. Lorsque Michel Dénisot, en ce moment, présentateur du Grand journal sur la chaîne Canal+ offre un plateau au Président Gbagbo pour expliquer la crise ivoirienne, il pique une colère noire. Et demande le même plateau pour Ouattara, son poulain en ce moment réfugié volontaire au Golf Hôtel. L’homme était hanté par Gbagbo. Après le 11 avril 2011, lorsque la France réussit le coup parfait, l’option est de tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Même pire, de détruire son image dans l’opinion ivoirienne, africaine et occidentale.
 
La presse hexagonale aux ordres de Sarko s’y met à fond. Le confrère Paris-Match plus à Droite, consacre alors plusieurs pages photos à la «capturation» de Gbagbo à la résidence. L’objectif est simplement de l’humilier au niveau mondial, quand on sait que ce journal fait partie des plus grands tirages dans l’espace francophone. C’est en plus, la Droite française qui monte le dossier de sa déportation à la Cpi. Toute la procédure est escamotée. Le dossier d’accusation montée dans les officines de l’Elysée, est une compilation de mensonges ressassés depuis le début de la rébellion armée dans la nuit du 19 septembre 2002. Pour Sarkozy, le plus important est de tenir le Président Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Il peut gérer le reste après, depuis son palais de l’Elysée. N’était-il pas à la tête de l’une des plus grandes puissances du monde. Mais c’était sans compter avec le temps, l’autre nom de Dieu, comme le dit le Président Gbagbo.
 
Et comme le reconnait aujourd’hui Rfi. Le 05 mais 2012, tout s’écroule. Sarkozy est battu à plate couture par François Hollande, le candidat socialiste. Il quitte l’Elysée par la petite porte.
 
C’est là que les difficultés commencent pour Ouattara désormais obligé de faire mains et pieds pour se faire recevoir par le nouveau pouvoir français. La Gauche française qui par moment, marche sur des principes, lui dit ce qu’il n’a pas envie d’entendre. A savoir la libération des prisonniers et la normalisation de la vie politique. «Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire», écrit à ce propos sur le site Slate Afrique, le confrère français Philip Duval, auteur du livre Fantôme d’Ivoire, un excellent essai consacré à la crise ivoirienne.
 
Les regards changent en plus dans la gestion du dossier Gbagbo à la Cpi. Certains diplomates français le conseillent même en privé, d’organiser une rencontre avec le Président Gbagbo à la Cpi. Cependant, Ouattara qui croyait encore en son affaire avec la complicité de Bensouda s’entête. Mais le 03 juin 2013, il reçoit un coup de massue sur la tête à la Cpi. La Cour déclare les preuves contre le Président Gbagbo insuffisantes. Le dossier d’accusation est même démonté pièces par pièces par la Défense. Au point de dévoiler à la face du monde entier, une vidéo en provenance du Kenya dans le dossier. Grand désaveu pour Sarkozy et toute la mafia qui ont installée le chaos en Côte d’Ivoire.
 
Coincé, Ouattara envoie finalement Banny en mission auprès de son «frère Laurent». Le lundi 12 août 2013, Karim Ouattara, le conseiller chargé de la Jeunesse au niveau de la Cdvr donnait déjà le ton lors d’un point de presse. «Le Président Laurent Gbagbo, fait-il savoir, détient de nombreux secrets. Il a des conseils à donner. Il a des choses à dire à l’Occident, à ses proches et à ses adversaires. Ce serait dommage qu’il reste à La Haye. Nous avons donc l’opportunité de calmer la situation, afin de lui permettre de dire sa part de vérité sur la crise. On ne doit pas encourager le musellement du Président Laurent Gbagbo». Tout est clair. On pourrait même dire qu’il dévoile un secret. En 2011, Karim Ouattara ne pouvait pas se permettre de tels propos. Les temps ont changé.
 
 
Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

«ADO SOLUTIONS» N'ETAIT DONC QU'UN SLOGAN!

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Daniel Aka Ahizi, nouveau président du PIT

 

«Le Président de la République, Alassane Ouattara n’a pas encore tenu ses promesses de campagne deux ans et demi après sa prise du pouvoir. Notamment, sur les questions relatives au chômage des jeunes, à l’assainissement du milieu universitaire, à l’acceptation du jeu démocratique avec la libre expression accordée à tous les partis politiques y compris ceux de l’opposition». Cette opinion est celle de la jeunesse du Parti Ivoirien des Travailleurs (Pit).

Pour tirer sur la sonnette d’alarme et rappeler à l’ordre les autorités gouvernementales, le bureau exécutif de la jeunesse du parti crée par Francis Wodié et président, Aka Ahizi a animé une conférence de presse à son siège de la commune d’Adjamé le jeudi 22 août 2013. « La jeunesse a constitué le maillon faible des politiques de développement des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays.

Toutefois, nous avions cru qu’avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara, les choses allaient changer positivement, (…). Aujourd’hui, le constat est amer, Alassane Ouattara nous a trompés (…). En lieu et place des emplois promis aux Ivoiriens, c’est plutôt des licenciements en cascades pour grossir le nombre sans cesse croissant des chômeurs. "Ado solutions pour les jeunes" n’était qu’un slogan ; le contenu est désespérément vide », a déploré Jean Martial Kouamé, président de JPIT.

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Poursuivant ses récriminations sur le chapitre de l’université et de l’emploi-jeunes, le conférencier a interpelé le gouvernement sur la nécessité de rouvrir les concours en lieu et place des "recrutements clandestins".

En ce qui concerne l’actualité politique, notamment, les débats sur les projets de loi sur la nationalité, l’apatridie, le foncier et la liberté d’expression et de réunion des partis politiques, le leader de la jeunesse du Pit estime que le régime Ouattara a encore failli. « Nous trouvons inconcevable qu’à deux ans d’une échéance électorale aussi importante que la présidentielle de 2015, les activités des partis politiques d’opposition continuent d’être empêchées pendant que de l’autre côté, le Président de la République se promène dans les régions pour annoncer sa candidature. C’est anti-démocratique ».

Sur la récente adoption de la loi sur la nationalité et l’apatridie, Kouakou Jean Martial s’interroge sur l’opportunité de l’adoption de ces projets de loi par les députés, sans une consultation populaire. C’est pourquoi, il met en garde les parlementaires sur les conséquences que pourrait engendrer l’adoption de ces textes et menace de s’opposer à travers des mouvements populaires à leur application. « La jeunesse du Pit proteste et prévient qu’elle usera de toutes les voies démocratiques, en rapport avec d’autres forces politiques et sociales pour empêcher l’application de ces lois », a-t-il prévenu.


L. Barro

Source: LES INFOS AVEC LAVANE MURPHY

jeudi, 22 août 2013

VOTE DES LOIS SUR L’APATRIDIE ET LA NATIONALITE – UNE GROSSIERE MISE EN SCENE DIGNE DE L’ADO COMEDY CLUB

 

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Les députés ont examiné trois projets de loi relatifs au foncier rural et au code de la nationalité, hier mardi 20 août 2013. Et adopté ces trois projets de lois sans grandes difficultés. Ce qui montre qu’il s’agit ni plus ni moins d’une grossière mise en scène digne de l’ADO Comedy Club !

Il a fallu 9 heures de débats pour adopter, lundi dernier, le projet de loi sur l’Apatridie qui devrait permettre à termes à 900 000 «apatrides» de jouir de la nationalité ivoirienne par une mesure exceptionnelle. Hier mardi 20 août 2013, alors qu’on s’attendait à des débats plus houleux et plus enrichis sur les questions du foncier rural et du code de la nationalité, l’on a été surpris de voir avec quelle facilité ces projets de lois ont été adoptés, malgré un semblant de discussion de fond.

«Le Groupe parlementaire RDR souhaite que ce projet de loi soit discuté dans un esprit apaisé, sans passion et arrière pensée et que la priorité soit donnée à l’esprit d’ouverture, source d’enrichissement commun. Le Groupe parlementaire RDR appelle tous les députés, membres de la Commission des affaires générales et institutionnelles, à adopter sans réserve le projet de loi, en prenant en considération son exposé des motifs», a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire RDR, à la suite de l’exposé liminaire du ministre de la Justice, Coulibaly Gnenema, venu présenter le projet de loi sur le code de nationalité, comme pour planter le décor de la «comédie parlementaire» qui suivrait et consacrerait l’adoption des deux projets de lois sur le code de nationalité.

A sa suite le groupe parlementaire PDCI, après avoir émis quelques réserves, notamment sur le nombre de personnes bénéficiaires directs et indirects de cette loi et après avoir attiré l’attention sur «l’impérieuse nécessité de protéger la nationalité ivoirienne, notre nationalité, pour nous-mêmes et pour les générations futures», a déclaré soutenir «l’esprit et la lettre de l’exposé des motifs (du projet de loi sur le code de nationalité)».

Ce qui apparait choquant, c’est que le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéma, s’est dit incapable de fournir des statistiques, ne serait-ce qu’approximatives, sur le nombre des bénéficiaires de ces deux projets de lois portant code de la nationalité. Quand on sait que pour la question d’apatridie, ce sont environ 900 000 personnes qui bénéficieront de la nationalité ivoirienne, après l’adoption de la loi, il y a de quoi s’inquiéter. Après seulement 4h 20 minutes de débats, les deux projets de loi «portant dispositions spéciales en matière d’acquisition de la nationalité par déclaration» d’une part, et «portant modification des articles 12, 13, 14 et 16 de la loi n°61-415 du 14 décembre 1961, portant code de la nationalité tel que modifié par les lois n°72-852 du 21 décembre 1972 et 2004-662 du 17 décembre 2004 et les décisions n°2005-03/PR du 15 juillet 2005 et n°2005-09/PR du 26 aout 2005» d’autre part, ont été adoptés en commissions.

Les députés ivoiriens ont donc pris le risque de faire passer comme «lettre à la poste» deux importants projets de loi sur le code de nationalité, sans même connaitre un nombre approximatif des «bénéficiaires» de ces lois que l’exécutif voulait faire voter selon la «mesure d’urgence». On a assisté à une grossière mise en scène, pour aboutir à l’adoption «à l’unanimité» des différents projets de loi soumis hier.


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

DECLARATION DU COMITE D’ACTION POUR LA LIBERATION DES CAMARADES PRISONNIERS POLITIQUES (CAL-CP) RELATIVE A L'ETAT DE SANTE DES PRISONNIERS POLITIQUES

 


côte d'ivoire,déclaration du comité d’action pour la libération des camarades ,cal-cp,relative à l'état de santé des prisonniers politiques

Coulibaly Gnénéma, ministre de la justice

 

Dans notre dernier communiqué de presse du 14 août 2013 relatif au massacre de prisonniers intervenu à la MACA dans la nuit du 23 au 24 juillet 2013 (REF D/005/13), nous dénoncions le manque de transparence des autorités ivoiriennes actuelles sur cette tragédie et réclamions :


  1. Qu’une enquête nationale ou internationale sérieuse soit diligentée pour établir la vérité des faits et que des sanctions soient prises en fonction des responsabilités engagées ;
  2. Qu’une prise en charge médicale soit mise en place par le gouvernement Ouattara pour assister les victimes de ces massacres.

Nous apprenons de sources indépendantes que des prisonniers politiques sont malades et continuent d’être non assistés médicalement. Cette information est confirmée par le post-alerte de M. Alain Doh Bi sur sa page Facebook en date du 18/08/2013 relatif à une liste d’au moins 21 prisonniers politiques ainsi que des pathologies dont ils souffrent.

Nous réitérons nos inquiétudes sur la santé et les conditions de détention précaires de tous les prisonniers, particulièrement en ce qui concerne les 21 prisonniers politiques mentionnés dans le document ci-dessous retranscrit.

Vu l’opacité qui règne à la MACA, nous sommes dans l’impossibilité de dire si cette dégradation de leur état de santé est liée aux évènements récents susmentionnés mais, quoiqu’il en soit, il est important que la lumière soit faite sur cette nuit tragique dont les conséquences se font encore sentir ainsi que sur les conditions de détention des prisonniers politiques en attendant leur libération que nous souhaitons très prochaine. Nous apprenons d’ailleurs que Kramo KOUASSI, un prisonnier de droit commun âgé d’une soixantaine d’années, serait décédé hier à la MACA des suites de l’inhalation des gaz utilisés par les FRCI à cette occasion.

 

Fait à Paris, le 22 août 2013

Pour le CAL - CP, Georges AKA, Président

Le contenu du Post sur Facebook:

ALERTE! ALERTE!

MACA: Gravement malades, vingt et un (21) détenus politiques, partisans du Président agonisent au Bâtiment C.

Selon des sources introduites, vingt et un (21) détenus politiques pro-Gbagbo sont gravement malades au Bâtiment C de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan. Ce sont :

1-KADDY STEPHANE, Mandat Dépôt 02-07-2012, lombo-sciatique stomatite

2-KADDY ARMEL, Mandat Dépôt 02-07-2012, Grippe aigüe

3-KOUKOUGNON SERGE DOUGLAS, Mandat Dépôt 02-07-2012, Dermatose des plis de l’aine

4-KOUAME URBAIN DAVID, Mandat Dépôt 28-09-2012, Hypertension artérielle

5-ESSOH YEDAGNE, Mandat Dépôt 29-11-2012, Paludisme

6-KOUYA GUY ROGER, Mandat Dépôt 02-07-2012, Ulcère gastroduodénal

7-KASSI AKA JUSTIN, Mandat Dépôt 31-12-2012, Hypotension

8-GUEBO LIDEILLY AIME, Mandat Dépôt 31-12-2012, Douleur dentaire aiguë

9-DOFFOU PRIVAT, Mandat Dépôt 28-12-2012, Lombalgie aiguë

10-KOUYA GUY ROGER, Mandat Dépôt 02-07-2012, Hypocalcémie + Hypomagnésemie

11-SAKRE TERE JACQUES, Mandat Dépôt 23-05-2012, Grippe

12-TAPE ALAIN, Mandat Dépôt 18-01-2013, Grippe

13-GBALE SERI OLIVIER, Mandat Dépôt 11-12-2012, Paludisme

14-BOUABRE MARCEL, Mandat Dépôt 31-10-2012, Paludisme

15-CHERIF EDMOND, Mandat Dépôt 28-12-2012, Antécédent d’avitaminose B

16-KRAGBA EDINO, Mandat Dépôt 02-07-2012, Hypocalcémie

17-KOUAKOU KOUAKOU ERIC, Mandat Dépôt 21-12-2012, Gastralgie

18-YOUAGNE GNALY HYPPOLITE dit Thabo Mbeki, Mandat Dépôt 10-10-2012, Pneumopathies

19-KOUON BONFILS, Mandat Dépôt 24-01-2012, Hypertension artérielle

20-SEANSIE CHARLES, Mandat Dépôt 08-10-2012, Hypertension artérielle

21-GNATE CASIMIR, Mandat Dépôt 29-05-2012, Hypertension artérielle

A ce jour, en se basant sur les chiffres de la presse proche de l’opposition ivoirienne, on dénombre 719 détenus politiques pro-Gbagbo dans les goulags de Ouattara dont 425 à la MACA

 

Source: Alain Doh Bi

mercredi, 21 août 2013

COMMENT GUILLAUME SORO A TRAHI LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Soro Guillaume, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a séjourné les 15, 16 et 17 Août 2013, dans le Gôh. Il était l’invité spécial de la chefferie traditionnelle de Gagnoa. Il s’y est officiellement rendu pour inaugurer le siège central de la chefferie. Mais en homme politique à la ruse affinée, il étendit son champ de visite à d’autres localités de la région dont les plus symboliques sont Gnagbodougnoa ,Gnaliépa, Mama, et Kpogrobé. Il avait, de toute évidence, un autre calendrier. Durant son séjour, en dehors de la parade éhontée de ses ex chefs de guerre, il marqua l’opinion par son discours sur ses rapports avec le Président Laurent Gbagbo. L’on a pu l’entendre dire  ceci : “On entend souvent j’ai trahi Gbagbo. Est ce que j’ai été nommé PM pour être Directeur de campagne de Gbagbo ? Non, Ce n’était pas mon rôle. D’où vient donc la trahison ?". Sa « vérité » ne pouvait rester sans réponse tant elle pue à mille lieues la falsification. Une falsification délivrée avec toute l’assurance que Gbagbo en détention à la Haye, ne pouvait entendre ses monstruosités. Oui, Soro parle. Soro est le seul à parler. Ses contradicteurs potentiels  sont soit morts (Tagro Désiré), soit  en prison (Gbagbo Laurent, Blé Goudé Charles, Jean yves Dibopieu)  en exil (tous les leaders de jeunes dont Damana Pickas, Moussa Touré Zeguen), soit tétanisés par la peur de la dictature de son nouveau mentor Ouattara. Mais fort heureusement que les faits, comme l’a dit Lénine, sont têtus.

Au cours de sa jeune histoire politique l’actuel Président de l’Assemblée nationale a capitalisé des actes de trahison qui méritent d’être rappelés. En 1990, après la réinstauration du multipartisme, la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) fut créée. Elle affirma être un mouvement de gauche qui devait non seulement, arracher au pouvoir PDCI (droite) les conditions meilleures de vie pour ses syndiqués, mais en plus s’opposer aux idées impérialistes semées dans le milieu estudiantin. Son statut de syndicat de gauche, tout comme les autres syndicats progressistes nés au cours de cette période, fait des mouvements de gauches ses principaux alliés. L’on sait que les partis politiques entretiennent des relations avec les syndicats selon leur orientation idéologique. C’est pourquoi, il existe une intimité entre le MEECI, l’UGTCI et le PDCI, la CGT et le parti communiste Français D’ailleurs, le 18 Février 1992, le président Laurent Gbagbo et les forces démocratiques furent arrêtés par Ouattara parce qu’ils s’offusquaient du traitement inhumain réservé aux étudiants dont le responsable syndical était en jugement au tribunal du Plateau. Soro Guillaume fut projeté au devant de la scène par la FESCI, mouvement de gauche allié naturel du FPI. Pourchassé, activement cherché par le pouvoir PDCI, Soro ne trouva ni refuge chez des militants du PDCI ni chez ceux du RDR. Il fut protégé et caché pendant plusieurs mois par des cadres du FPI dont Mme Tapé Adèle Dédi ancien maire d’Issia. Cela est tout à fait logique car le FPI et la FESCI luttaient pour la conquête des libertés démocratiques. Il n’était donc pas question de livrer aux griffes du pouvoir, le fer de lance de la lutte anti-impérialiste en milieu scolaire et estudiantin. Mme Dédi Adèle, la bienfaitrice, a été, sous les yeux embués d’ingratitude de Soro déportée du Golf Hotel d’Abidjan au pénitencier de Boundiali. Si donc Laurent Gbagbo est considéré, à raison, comme son père spirituel, c’est bien dans le cadre de cette alliance naturelle qu’il eu des échanges entre ces deux « alliés ». Le père spirituel de Soro Guillaume ne pouvait pas communiquer à son filleul, des valeurs aux antipodes de la démocratie c'est-à-dire, la lutte armée. Dans le Gôh, Soro a eu le courage de soutenir « Je n’ai pas suivi Laurent Gbagbo quand il était président de la République, bien au contraire je l’ai fui quand il est arrivé au pouvoir. » Mais qu’a-t-il fait lorsqu’il a fui Laurent Gbagbo ? Il a abandonné la solidarité militante. Il a abandonné les valeurs de la gauche  pour devenir le glaive des libéraux et attaquer son père spirituel. Il se trouva à la tête d’une rébellion armée tribaliste de Ouattara, sponsorisée par des dignitaires de la Françafrique (Blaise Compaoré, Omar Bongo). Ce fut la première grande trahison.

Le chemin de la traitrise ne s’est pas arrêté à ce niveau

En sa qualité de signataire des accords politiques de Ouagadougou, Soro avait l’obligation de jouer sa partition: le désarmement de ses troupes rebelles. Pendant que le Président Laurent Gbagbo ne se lassait pas d’appliquer ce qui relevait de sa compétence, Soro avait un autre agenda: ruser avec le désarmement jusqu’aux élections. Avec ses partenaires de l’Onuci, il enferma le désarmement dans un «long processus». Soro ne désarma donc pas ses hommes et ce qui devait arriver, arriva aux élections de Novembre 2010. Ses hommes s’adonnèrent à une fraude démentielle au nord. C’était cela son agenda secret. Une fois le jeu réussi Soro, pouvait dire « Si c’est parce que j’ai dit en mon âme et conscience que Gbagbo a perdu qu’on dit que je suis un traitre, alors c’est que moi-même je suis un bon traitre ». Mais il oublie que l’âme et la conscience ne sont pas les organes habilités à proclamer les résultats définitifs d’une élection. L’âme, aussi forte soit-elle, devra se soumettre à la voix des institutions et cela, Soro l’a rejeté du revers de la main. Ce fut la deuxième trahison.

Soro Guillaume continua à parcourir inlassablement le chemin de la traitrise

Par quelle opération du saint esprit Soro Guillaume s’est-il retrouvé au Golf Hôtel, quartier général du candidat Alassane Ouattara ? Sans attendre que s’éteigne le feu de la crise post-électorale, Guillaume Soro était-il légitimé à soutenir Ouattara au point de donner des ordres aux éléments des Forces nouvelles agglutinés au quartier général de Ouattara ? Soro Guillaume, premier Ministre de Laurent Gbagbo et organisateur des élections présidentielles, avait un devoir de neutralité absolu. Il n’avait pas à prendre partie pour un camp. Pourtant, on a pu constater que Soro s’est retrouvé à mener des attaques contre les institutions depuis le Golf Hôtel. Il a sacrifié son statut de personnage neutre sur l’autel de la trahison avec un arrière goût de vengeance. En effet , et c’est connu, lors des accords de Ouaga, le président de l’assemblée nationale actuelle avait introduit auprès du Président Compaoré, médiateur, une clause qui prévoyait qu’à l’issue des élections présidentielles, le vainqueur devait garder Soro à la Primature. Mais Laurent Gbagbo rejeta cette clause et depuis, la question de l’avenir politique de Soro devint en marge des CPC (cadre permanent de concertation), une préoccupation pour les conciliabules Gbagbo, Compaoré et Soro. Avant, entre les deux tours et après le second tour des élections présidentielles, la hantise de demeurer à la Primature l’amena maintes fois à solliciter les services du Ministre Désiré Tagro et de bien d’autres personnalités encore en vie, pour convaincre le Président Gbagbo à adhérer aux supplications de son 1er Ministre. Mais le Président Gbagbo tenait à rompre avec le cycle de la rébellion. Que comprendre à travers cette attitude intéressée du premier Ministre. On voit bien qu’il était plus préoccupé à préparer son avenir politique qu’a à appliquer consciencieusement la feuille de route attachée à sa fonction. Laurent Gbagbo fut donc abusé par Soro. Il s’attendait à voir Soro jouer un rôle neutre dans le processus électoral. Mais non, il avait son agenda personnel qu’il a pu dérouler en allant s’installer au Golf Hôtel avec Ouattara qui a accepté le deal que Gbagbo a refusé. On comprendra ainsi un peu plus pourquoi Desiré Tagro, assurément le témoin gênant a été le premier exécuté à bout portant en ce jour fatidique du 11 avril 2011. Ce fut la troisième trahison.

Au lieu de connaitre un fin de règne à l’étape trois, la traitrise continua jusqu’à Korhogo

En effet, la présence de Laurent Gbagbo au Golf Hôtel, à Korhogo puis à la Haye a, à sa base, l’acte de trahison de Soro Guillaume. Le braquage des élections au nord n’a été possible qu’après que Soro ait rusé avec le désarmement. Il en est de même pour le bombardement des institutions qui n’aurait jamais eu lieu si Soro et son chef Ouattara avaient accepté le recomptage des voix. Soro ne devrait donc pas se féliciter d’avoir « sauvé » Gbagbo en donnant des instructions pour que sa vie soit épargnée. Est-ce à dire qu’il y avait un plan d’assassinat du Président Laurent Gbagbo ? Si oui, le parricide auquel se serait donné Soro constituerait le summum de l’acte de trahison. Dans le même temps, on constate que le rapport médical dressé par les experts de la CPI, dévoile des cas de maltraitance dont a été victime le Président Gbagbo lors de sa détention à Korhogo. Or Soro avoue « C’est moi qui l’ait envoyé à Korhogo (…) il était à Korhogo, il dormait dans ma maison, sur mon lit ». C’est dire que Soro qui, visiblement, était informé des mauvais traitements subis par Gbagbo, a cautionné toutes les inhumanités infligées à son père spirituel. Il envoyait donc Gbagbo à Korhogo, dans sa maison, sur son lit, pour que celui-ci frôle la mort. Dans la même veine sa déportation à la CPI a été faite, Soro l’avoue désormais, avec sa complicité. Ce fut le quatrième acte de trahison.

En somme, s’est muni du fil de la trahison que Soro Guillaume a cousu son histoire avec le Président Gbagbo. Chaque étape de cette histoire est couronnée par la traitrise de celui qui tente de se positionner en sauveur. On aura beau tourner l’histoire dans tous les sens, elle affichera toujours, en dernier ressort, la bonne face : celle de la vérité infalsifiable de la Côte d’Ivoire éternelle.

 

Alain Bouikalo, Juriste.

 

Source: AFRIK53.COM

COTE D'IVOIRE: DE L’INEVITABLE REFERENDUM POUR LA NATIONALITE ET LE FONCIER

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Quel crédit accorder à un référendum qui serait organisé par un régime totalitaire? Pour annexer l’Autriche en 1938 (Anschluss), Hitler avait organisé un referendum après y avoir fait un coup d’état (comme en Côte d'Ivoire) pour cacher ses visées hégémoniques et tromper la communauté internationale. 

Toutefois, en préconisant la voie référendaire en Côte d'Ivoire dans les conditions actuelles, nous optons pour un moindre mal devant la précipitation législative de Ouattara et espérons ouvrir le débat sur les dispositions préalables à cette consultation: la révision des listes électorales après la réconciliation nationale, pour que seuls les ivoiriens aient la pleine maîtrise du processus référendaire. Le référendum n’est donc pas une solution infaillible. Mais quand devant nous sont organisées des élections législatives, régionales et municipales se prévalant du suffrage d’une minorité pour se légitimer, mieux que le silence, l’exigence du référendum participe de cette résistance démocratique prévue par nos textes. En démocratie, tout projet à grandes répercussions sociales est soumis au référendum.

En Côte d’Ivoire, devant la gravité des problèmes de la nationalité et du foncier, le peuple ne saurait déléguer son droit souverain de décider. La loi 98-752 du 23 Décembre 1998 adoptée à l’unanimité des députés, reconnait aux seuls citoyens Ivoiriens, sans remettre en cause les droits d’usage (exploitation,  louage) concédés aux étrangers, la capacité de prétendre à la propriété foncière. Le législateur, sachant que plus de 80% de la population et des revenus nationaux sont liés à l’agriculture, a voulu garantir la souveraineté du pays par la maîtrise de sa terre. Le lien entre la nationalité et le foncier, établi au-delà des appartenances partisanes, exprime sa force dans l’unanimité du vote. L’absence d’une impérieuse nécessité de légiférer dans le sens contraire crée des doutes sur l’opportunité du projet actuel dont l’histoire nous fait craindre les conséquences sociologiques. La naturalisation en cours de plus d’un million d’étrangers principalement Burkinabés crée de toute pièce une nouvelle réalité sociologique qui vient bouleverser l’équilibre ethno-religieux des 60 ethnies relativement égales entre elles qui composent la Côte d'Ivoire. La préférence de naturaliser les Burkinabés, peuple appartenant à une contrée géographiquement définie et ayant en commun une histoire et une culture séparée va nécessairement créer, par solidarité culturelle et au détriment de notre jeune démocratie, une majorité ethnique importée.

Les visées hégémoniques de la Charte du Nord au détriment des peuples du Sud, comme l’attestent déjà la composition ethno-religieuse du présent parlement et l’administration Ouattara, pourront désormais avoir une base légale, exactement comme Hitler l’a eue. Pourquoi des citoyens issus d’une récente naturalisation de masse, devraient-ils avoir automatiquement plus de droits que des citoyens naturels les ayants précédés et accueillis dans cette citoyenneté? Quelle logique voudrait que des citoyens d’origine accueillent de nouveaux pour en faire leurs maîtres? Les USA, pays de l’immigration, n’intègrent que 55.000 immigrants (non citoyens et sans droit de vote) chaque année dans le cadre de leur programme de Green Card Lottery. Ce pays doté naturellement et institutionnellement des capacités d’accueil et de gestion de la forte immigration et suffisamment riche et fort pour absorber  et contenir les dérives de cette immigration choisie, mettrait près de 18 ans pour atteindre le nombre d'un million d’immigrants (non citoyens) que Ouattara atteint et naturalise en une signature. En tenant compte de l’exigence péremptoire de résidence, qui varie de deux à cinq ans selon que l’immigrant s’est marié ou non à un conjoint américain et la période moyenne d’un an d’évaluation de l’aptitude à la nationalité américaine (sans tenir compte des recalés et des morts), le million d’immigrants mettrait entre 55 et 110 ans pour être citoyen.

Ce temps mis, malgré les énormes richesses de ce pays, répond au besoin de ne pas heurter le seuil de tolérance, de faciliter l’absorption des nouveaux citoyens dans la culture américaine et de polir les aspérités des individualités culturelles pour vivre ensemble et non côte à côte. Une fois citoyens, ils n’ont pas tous les droits: Ils ne seront jamais Président des Etats-Unis, ils ne peuvent être éligible à la candidature au Sénat que 9 ans après et à celle de la Chambre des Représentants que 7 ans après. Pourquoi agir au mépris de ces précautions règlementaires nécessaires au profit d’une naturalisation de masse dans un pays pauvre? Les architectes de la constitution américaine craignaient le danger qui en découlerait: une combinaison injuste des majorités. Pire en Côte d'Ivoire, les combinaisons majoritaires craintes sont ethniques, donc insusceptibles d’alternance, parce que les humains ne changent pas d’ethnie. Pourquoi ajouter un défi ethnique supplémentaire à une jeune démocratie, encore submergée dans les sables mouvants de la désunion nationale et qui définit encore la démocratie comme le règne d’une majorité plutôt tribale qu’idéologique?

De tout temps, le problème de distribution de terres entre majorités et minorités ethniques, raciales et religieuses a toujours été à la base des malheurs publics: le génocide des Amérindiens et la redistribution des terres aux Noirs après l’abolition de l’esclavage aux Amériques, le génocide Rwandais (les Hutus et des Tutsis), le présent litige entre Mugabe et l’occident. Quand la nationalité (la race) et la religion s’en mêlent (Irlande, Cachemire, Palestine), la situation sociale sort de tout cadre prévisible. Même aux Etats-Unis, fort étonnamment, le programme national d’insertion forcée des Nègres dans l’administration publique et l’emploi (Affirmative Action) a subi des revers judiciaires aux motifs que l’avènement de B. Obama au pouvoir prouve l’égalité de fait des Blancs et Noirs.

Les préjudices nés des litiges fonciers, ethniques et religieux sont d’autant plus graves qu’ils sont inaccessibles à la réparation humaine, laissant toujours dans la mémoire du peuple une cicatrice qui constitue un rappel aux guerres futures. Dans une Côte d'Ivoire de Ouattara, où la démocratie à une définition voisine de l’injustice contre la minorité, pourquoi forger de toutes pièces une majorité issue de l’étranger pour le malheur des autochtones? Même si la marche vindicative de l’histoire nous donne de nombreux exemples de reconquêtes de leurs territoires perdus par les autochtones (après 600 ans l’Espagne chasse les Maures et Arabo-Musulmans d’Afrique du Nord, après 40 ans les Coréens arrachent Séoul au Japonais, après plus de 150 ans la Chine arrache Hong Kong aux Anglais…), cet espoir doit en Côte d'Ivoire commencer par l’exigence d’un référendum. Après le référendum, la lutte continue.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste).

mardi, 20 août 2013

LA FRANCE DOIT SE REINVENTER OU PERIR

côte d'ivoire,la france doit se réinventer ou périr,dindé fernand agbo in le quotidien ivoirien "le nouveau courrier,"le nouveau courrier" du lundi 19 août 2013

 

Des voix plus autorisées et des éminences plus techniques pourront certainement traduire en des chiffres et termes plus appropriés ce que nous allons exposer en des mots simples, sans prétention savantes.
 
La France est en récession et ne fait pratiquement plus de croissance, nous apprennent quotidiennement les médias français. Mais en vérité, c’est peu dire. La France connait une grave crise économique et sociale qui menace de l’emporter. Comment un état européen, régnant encore sur un véritable empire colonial resté intact, si on s’en tient aux profits à moindre frais qu’il continue d’en tirer sans discontinuer, peut-il ainsi partir en vrille ? Incompétence, mauvaise gestion, rythme de vie au-dessus des moyens objectifs ?, pourrait-on s’interroger.
 
Pour pallier les effets de la descente aux enfers, une seule et même méthode frappée de péremption, un seul et même moyen séculaire : la prédation, la rapacité et le carnage. Encore et toujours. Contre des nations plus faibles. Comme si le monde n’avait pas évolué depuis un siècle. D’autres peuples sont contraints de faire les frais de la gabegie et du train de vie bourgeois d’une France qui rechigne à réinventer autrement son développement.
 
La question ou le problème de la France, aujourd’hui en pleine dérive sociale, économique et financière, n’est pas de mettre toujours plus de pays ou d’ex-colonies africaines dans sa besace en y menant la guerre, des guerres prétendument « humanitaires », pour les droits de l’homme et la démocratie, ou en fomentant des coups d’Etat contre des nationalistes et des souverainistes africains, ou des chefs d’Etat insoumis à l’exécutif français ou devenus récalcitrants, pour y installer des pantins prêts à brader leur pays et ses ressources à vil prix, sous des dehors d’élections démocratiques encadrées par l’Elysée, comme cela a dernièrement été le cas au Mali. Et comme c’est le cas dans la plupart des pays africains, anciennement (?) colonies françaises : Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Guinée, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Cameroun, Bénin, Sénégal.
 
Le problème de la France, c’est qu’elle fait montre d’une absolue incapacité à se réinventer, prise en otage et dirigée qu’elle est par un groupuscule de francs-maçons complètement sclérosés et une oligarchie occulte qui ne rêve que, non pas de servir les français et de les rendre heureux, mais de mettre la France et l’Europe au service des ambitions nouvel-ordre-mondialistes des américains dont le scandale du programme de méga-surveillance et de contrôle planétaire, PRISM, dévoilé par le jeune informaticien transfuge de la NSA, Edward Snowden, n’est que la pointe de l’iceberg des projets obscurs états-uniens contre l’humanité.
 
Les exécutifs successifs de la France continuent de recourir à des recettes du moyen-âge (guerres de conquête et de reconquête, butins de guerre) pour gouverner un état moderne (dont la gestion nécessite invention, management et travail), en pleine mondialisation, devant une concurrence aussi intelligente que virulente des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils n’ont pas de réponses aux problèmes des français, bondissent au plafond pour une croissance (somme toute médiatique) de 0,1% (qui en réalité est de zéro, si ce n’est bien moins) quand tous les indicateurs sociaux et économiques virent au rouge sang, font du surplace et enrobent cette incompétence notoire dans des campagnes médiatiques (guerres « humanitaires et démocratiques ») destinées à polir l’image de chefs d’Etat en réalité franco-dépressifs pratiquants – puisque ne croyant qu’en leurs seules thèses et solutions – et aussi désespérants les uns que les autres. Singulièrement les deux derniers, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.
 
Français, ces deux pro-américains-là, authentiques fantoches si l’on peut dire, n’ont rien pour vous. Reprenez en main votre destinée aux prochaines élections, ou vous pouvez tirer un trait sur la « grandeur » de la France. Ouvrez enfin les yeux et voyez l’inéluctabilité de votre déclin, de votre déchéance, si une nouvelle « révolution » n’a pas lieu. Une vraie, cette fois. Pas une du genre de celle qui vous a enfermés dans cette prison dorée appelée REPUBLIQUE qui n’est en fait que l’émanation d’un pouvoir occulte qui vous oppresse et qui vous conduit dans le mur, en vous chantant des sérénades. Pays des droits de l’Homme ? C’est à reconsidérer. N’est-ce pas juste une illusion, une entourloupe sémantique ? Quand on a encadré un génocide au Rwanda et quand on a installé et qu’on soutient militairement et diplomatiquement des dictateurs en Afrique qui oppriment et pillent leurs peuples, encore et toujours, quand on sème mort et désolation en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, sous des prétextes fallacieux et franchement indignes, avec l’appui ou sous les ordres de l’ogre américain, peut-on y prétendre ? Certainement pas, à notre avis.
 
Un de vos illustres chefs l’avait dit : « Les français sont des veaux ! ». Nous laissons la déclinaison de son identité à votre sagacité. C’est malheureusement ainsi qu’ils continuent à vous percevoir, quand ils vous regardent, enfoncés dans vos canapés douillets, à déguster vins et fromages, attachés à un confort factice qui vous sera bientôt ôté avec une France en chute libre morale et économique (nous n’avons pas l’intention de vous être désobligeants mais souhaitons sincèrement fouetter votre orgueil). Rendez-vous enfin compte que vous êtes « la prochaine Grèce » ! Ce n’est pas nous qui le disons, mais le magazine hebdomadaire britannique « The Economist ». Et ce sera bien pire, croyez-nous. Parce qu’on vous ment sur tout – c’est un secret de polichinelle – et vous cache tout. Les chiffres de votre économie et vos déficits – c’est encore ce journal qui le dit – sont trafiqués, pour vous donner le sentiment que votre situation n’est pas aussi désespérée. Elle l’est parfaitement !
 
Sauriez-vous renverser l’implacable tendance ? L’Histoire nous le dira. Pour l’heure, réveillez-vous ! Parce que l’on ne peut comprendre qu’un pays comme l’Allemagne, sorti exsangue de la deuxième guerre mondiale et presqu’entièrement détruit, se relève après seulement un demi siècle pour devenir en une soixantaine d’années, la première puissance européenne, elle qui n’a ni pré-carré, ni chasse-gardée, ni prébende, ni monopole, ni chefs d’autres Etats aux ordres comme les marionnettes africaines aux pieds de l’exécutif franc-maçon français, ni départements et territoires d’Outre-mer. Mais qui a une inventivité et une capacité d’innovation incroyable, une force de travail hallucinante et une rigueur de gestion implacable. Quand on se sait sorti de guerre, c’est une exigence prioritaire. Et le mérite de l’Allemagne est encore plus grand et plus éclatant quand on note qu’elle a d’abord dû rattraper un retard abyssal dû à l’immensité de la désolation d’après-guerre, reconstruire tout ce qui a été détruit, avant de prendre un envol fulgurant.
 
Mais, nous semble-t-il, la France, tout aussi brisée par la guerre, mais adoubée vainqueur avec les alliés, n’en a pas tiré les mêmes leçons. Puisqu’elle s’est contentée de partager avec les libérateurs de l’Europe d’alors le gâteau du monde et de vivre du lait, non pas de son travail et de sa propre sueur, mais de celui des mamelles de ses ex-colonies (?), comme à une source intarissable. La poule aux œufs d’or et la vache à lait ont été et continuent à être pressées à souhait. Jusqu’à l’étouffement.
 
Malheureusement, la France a changé et n’est plus tout à fait la même, sa population s’est considérablement accrue depuis lors, ses besoins aussi dans les mêmes proportions, tout naturellement. Il faut donc plus de richesses, plus de ressources minières et de matières premières bon marché, plus d’argent. Plus de lait et d’or, en somme. La vache à lait et la poule aux œufs d’or durent-elles périr, à force d’exploitation et d’abus. Elle n’en a cure !
 
Il se trouve justement que chaque état, même vassal, a aussi sa prétention à « l’émergence à l’horizon X » (suivez notre regard). Comment donc continuer à les vampiriser et manger leur chair sans mettre à mal leurs économies et leur développement, et sans déstructurer gravement la configuration géopolitique régionale ou sous-régionale, au péril de tous, Africains comme Occidentaux (cas de la Libye et du Mali) ? Pas si sûr que ces nombreux Etats africains acceptent indéfiniment – du moins, leurs peuples – de se laisser tondre ad vitam aeternam et de rester éternellement dans les liens du sous-développement. Ce lait cessera bien de couler un jour, et cette manne, de vous être gracieusement donnée, très chère France. Et peut-être, sera-ce d’une façon absolument brutale.
 
On a trop tiré sur la corde. Elle va bientôt craquer. Malgré cela – c’est-à-dire malgré toutes les richesses volées à nos peuples, nos devises et gains à l’exportation engrangées avec une désinvolture scélérate dans les comptes d’opérations criminels du Trésor français, nos recettes budgétaires transportées chaque semaine (sans laisser de traces comptables) dans des mallettes en Hexagone pour aider au fonctionnement de l’Elysée, pour financer les partis politiques français, pour enrichir plus que de nature leurs responsables (Droite et Gauche, de façon indifférenciée) et se payer au passage des biens mal-acquis – la France continue à sombrer.
 
C’est ce type de relation-là entre la France et l’Afrique, judicieusement baptisé par Houphouët-Boigny, FRANÇAFRIQUE, qui tue l’Afrique… et qui tue la France ! Qui fait qu’elle n’a pas appris à innover économiquement, commercialement et technologiquement, à réétudier son marketing et sa force de vente, à accepter de perdre stratégiquement quelques recettes aujourd’hui pour en gagner davantage demain, à se battre à armes égales avec ses adversaires dans l’impitoyable concurrence commerciale internationale (où elle est gravement défaillante, ayant toujours tout reçu sur un plateau d’or à travers monopoles, prébendes, contrats léonins et prédation, et ayant fini par en être totalement sclérosée).
 
Une ligne d’esprit (au final) qui fait qu’elle est impuissante sinon incapable d’explorer de nouvelles pistes de développement, de se remettre fondamentalement en cause et d’impulser la douloureuse mais combien indispensable refonte de son modèle social et économique, inutilement couteux et désormais inadapté (coût de production élevé et peu concurrentiel, coût de la vie et de l’habitat facticement élevé à cause d’impôts excessifs, démesurés, et aussi à cause de la préservation injuste de privilèges de quelques familles milliardaires – onze ou douze en tout – qui tiennent la quasi-totalité de l’économie française, qui ont toujours plus de profit, qui embauchent peu et qui s’enrichissent outrageusement).
 
La France devra également reconsidérer sa perception actuelle du travail, dans un monde globalisé où la quête de productivité et de rentabilité et la conquête des marchés sont infernales ; un monde globalisé qu’elle appelle curieusement de tous ses vœux, sous l’égide américaine. Cette globalisation qu’elle peine à suivre et qui menace justement de la phagocyter. Et avec elle, une partie de l’Europe.
 
Que fait la France du fruit de tout ce pillage organisé et de cette prédation scandaleuse en Afrique, depuis des décennies, et dans nos pays exsangues, pour être aussi mal en point, aujourd’hui ? L’Allemagne en aurait eu le quart que nous n’osons pas imaginer ce qu’elle serait devenue dans le monde. Voyez ce qu’elle fait avec si peu ! A la vérité, ce n’est pas la raréfaction ni même l’insuffisance (au regard des besoins actuels hexagonaux) de cette manne financière à moindre coût directement déversé dans l’économie française ou les comptes privés français qui est en cause (elle n’a jamais manqué), mais la gestion qui en est faite. « La France n’est grande que montée sur les épaules de l’Afrique », c’est vrai, on le sait tous et on ne le dira jamais assez. Elle ne serait rien du tout sans l’Afrique. C’est à nous que la France doit son prestige. Que ce soit économiquement, militairement ou diplomatiquement (ONU). Même sous ce cliché, elle fait pitié à voir. Parce que malgré tout ce dont elle spolie l’Afrique, elle est quand même dans les cordes du déclin. Qu’en serait-il alors advenu d’elle si elle n’avait pas la mainmise sur les destinées de ces ex-colonies (?). Rien qu’à y penser, on est saisi d’effroi. Tant la médiocrité de la gestion hexagonale sidère.
 
Mais en France, ce sont les mêmes qui s’enrichissent. Et toujours plus. Ce sont eux qui sont, en réalité, montés sur nos épaules et qui sont, à dire vrai, les seuls véritables bénéficiaires de cette manne africaine (marchés gré à gré, pots-de-vin, rétro-commissions, mallettes privées, ventes et trafics d’armes, exploitations pétrolières et minières). Le français moyen n’en voit pas la couleur ni n’en sent l’odeur. Lui qui devrait créer la richesse nationale et l’accroître. Pas étonnant donc qu’il s’appauvrisse toujours davantage. A ce rythme, il n’y a pas grand-chose à espérer de la France, parce que sa chute sera lourde et dévastatrice. C’est juste une question de timing. A moins qu’elle ne se réinvente et ne soit plus gérée comme un petit club d’amis, affairistes insatiables, enfants gâtés et capricieux, bourgeois arrogants et sans âme.
 
 
Que DIEU aie pitié de la France !
 
 
DINDE Fernand AGBO
 
 
In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du lundi 19 août 2013.

lundi, 19 août 2013

APATRIDIE, FONCIER RURAL, NATIONALITE - ANAKY KOBENAN A OUATTARA: «POURQUOI TANT DE PRECIPITATION?»

 

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Il y a environ un mois (18 Juillet – 12 août 2013), que l’examen par les Parlementaires des projets de lois sur la nationalité et le foncier rural notamment, tient tout le pays en haleine.
 
Le Président Alassane Ouattara fait revenir les textes de loi sur l’apatridie, la nationalité et le foncier rural un mois après que l’Assemblée Nationale ait préféré les retirer de son ordre du jour parce que les Elus ont bien senti que ces sujets sensibles avaient un impact particulier sur les populations.
 
En effet, le projet de loi présidentiel portant dispositions spéciales, en matière d’acquisition de la nationalité vise, en clair, à octroyer à un certain nombre d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire, par une procédure dite d’urgence – la voie déclarative simple – la nationalité ivoirienne. Dans une interview accordée à la RTI le 7 août dernier, le Président de la République a fait l’exposé qui suit : « La crise politique qu’a traversée notre pays, et qui a abouti à un conflit armé en septembre 2002, a remis à l’ordre du jour, quelques carences du code de la nationalité, qui avait préoccupé les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment le traitement différent des hommes et des femmes de nationalité étrangère, dans les modes d’acquisition de la nationalité, à l’occasion du mariage avec un conjoint ivoirien (…).»
 
La session qui s’est ouverte le 12 août 2013, va donc statuer sur cette loi et d’autres de la même lignée : le Foncier Rural et la loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, adoptée le 28 septembre 1954, à New-York.
 
De toute évidence, l’Apatridie et le Foncier Rural apparaissent comme des sujets à controverses, et même passionnels qu’il conviendrait de traiter avec énormément de retenue et un sens politique très élevé.
 
De fait, en Côte d’Ivoire, il existe une intimité manifeste entre apatridie et nationalité, d’une part, et entre nationalité et foncier rural, d’autre part. Cette réalité explique la prudence et le pragmatisme qui habitèrent, en la matière, tous les dirigeants et décideurs ivoiriens depuis l’indépendance jusqu’à maintenant. Alors, l’on est en droit de susciter les questionnements suivants :
 
1. La citoyenneté, (sa définition et son octroi) est-elle un fait nouveau chez nous ? Notre pays, en accédant à la souveraineté nationale et internationale, ne s’est-il pas doté depuis 1961 d’un code de nationalité, consensuel, crédible et responsable ?
 
2. En quoi les dispositions de la Convention Internationale de 1954, votée à New-York, sont-elles conformes aux normes ivoiriennes sur la nationalité ? N’y a-t-il pas nécessité de faire appel au peuple à se prononcer par voie référendaire ? Il y va, non seulement de notre souveraineté nationale, mais de la cohésion sociale.
 
3. Par rapport aux objectifs de l’OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) a-t-on suffisamment tenu compte des incidences d’une naturalisation automatique, massive et incontrôlée sur les multiples compartiments de la vie nationale (santé, éducation, emplois, divers droits…).
 
4. Pourquoi cette précipitation ? est-ce que des personnes vivant en Côte d’Ivoire n’arrivent pas à travailler, se nourrir, se soigner, etc., en un mot, à vivre normalement du fait de la nationalité, de l’apatridie ou du Foncier Rural ?
 
5. En ce qui concerne plus spécifiquement l’apatridie, s’est-on suffisamment interrogé sur le cas particulier de la Côte d’Ivoire, pays qui, depuis plus de 4 décennies, enregistre sur son sol un des taux d’immigration parmi les plus élevés au monde (plus de 26 %) ? Qui sont-ils, ces apatrides, dont on parle tant dans un pays dont le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) remonte à 1998 ?
 
6. Le Président Alassane Ouattara a-t-il eu le souci d’écouter les groupes parlementaires, les partis politiques, les autorités traditionnelles, les syndicats, les autorités religieuses, la société civile, etc., sur des sujets aussi importants pour l’avenir de notre Nation ? Pourquoi ne pas mettre en place une grande commission nationale, sous la responsabilité de l’Assemblée Nationale, intégrant des représentants de toutes les forces vives de la nation, qui sillonnerait le pays profond pour travailler sur le sujet en vue de faire des propositions comme ce fut le cas en 1998 avant l’adoption de la loi sur le Foncier Rural?
 
7. L’entêtement, pour ne pas dire l’obstination impatiente du Chef de l’Etat à faire adopter ces textes ne risque-il pas de mettre à mal son image vis-à-vis du peuple de Côte d’Ivoire ? Si la nationalité et le Foncier Rural au bénéfice évident des populations immigrées est, à ce point, un enjeu fondamental du mandat du Président Alassane Ouattara, pourquoi ne nous le déclare t-il pas de manière ouverte, et pousser la logique jusqu’à déclarer mettre fin à son mandat si l’Assemblée Nationale ne le suivait pas?
 
8. Le Chef de l’Etat n’est-il pas, sans en avoir conscience, en train d’éveiller un sentiment d’inquiétude et de repli sur soi des Ivoiriens, qui risque de dégénérer en xénophobie généralisée ? Ce qui est aux antipodes de ce que lui-même et nous souhaitons tous !!!
 
La multiplication des conflits intercommunautaires : à l’Ouest (Duékoué, Guiglo) au Nord (Touba Séguéla, Mankono) et au Centre (Angbovia, Béoumi), ne devrait-elle pas l’interpeller, tout comme tous les ivoiriens?
 
Généralement, le Gouvernement d’un pays s’emploie à appliquer le programme pour lequel le Chef de l’Etat a été élu. Nous nous souvenons qu’en 2010, les partis issus du RHDP se sont accordés sur un programme commun de gouvernement qui portait, entre autres, sur les problèmes de création d’emplois (200 000 par an), de réalisation et d’entretien des infrastructures économiques, scolaires, sanitaires et sécuritaire des biens et des personnes, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, ainsi que de la réconciliation nationale. À aucun moment il n’a été question de la modification de la loi sur la nationalité.
 
D’où vient donc l’obsession du Pouvoir actuel à légiférer, de façon brutale et inopportune, sur des questions aussi vitales et sensibles que la nationalité et le foncier rural, en faisant manifestement fi de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire ? D’un côté, on affirme avec force que la crise ivoirienne est née des questions liées à la nationalité, et de l’autre, on veut les résoudre à la hâte et sans précaution. Quelle délirante contradiction !
 
De plus, pour faire passer la modification envisagée, le Gouvernement se réfère aux Accords de Linas-Marcoussis. Ce faisant, il oublie de préciser qu’il s’agissait d’une entente politique de circonstance par rapport à la crise que vivait la Côte d’Ivoire, et la nécessité d’un retour à la normale. Le cycle électoral étant achevé, et l’accord de Linas-Marcoussis devenu caduque, n’est-il pas judicieux de revenir à la normalité constitutionnelle?
 
Plus précisément, qu’est-ce qui peut justifier que la nationalité et le foncier rural soient une urgence pour la Côte d’Ivoire en cette période de sortie de crise ? Peut-être veut-on, à travers ce projet de loi sur la nationalité, contourner la loi sur le foncier, ou encore octroyer massivement la nationalité dans un but électoraliste? Si tels sont les buts visés, mais non-avoués, alors les Représentants de la Nation doivent prendre leurs responsabilités en demandant le retrait pur et simple de ces projets de lois potentiellement conflictuels.
 
Par rapport à ce que la Côte d’Ivoire attend de son nouveau Président, qu’est-ce qui a été réalisé à ce jour du point de vue de l’économie, des infrastructures et de la création des emplois, de la sécurité des biens et des personnes, de la réconciliation nationale, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants…?
 
Ne seraient-ils pas les défis prioritaires de la Côte d’Ivoire en ce moment ? En tous les cas, il y a matière à réflexion et à actions.
 
 
Fait à Abidjan, le 14 août 2013.
 
 
Pour le MFA

Anaky Kobena