topblog Ivoire blogs

mercredi, 07 août 2013

PROJETS DE LOI SUR L’APATRIDIE: QU’EST-CE QUI FAIT COURIR OUATTARA?

ALASSANE OUATTARA. DRAPEAU IVOIRIEN.jpg

 
Le Vendredi 19 Juillet 2013, les parlementaires ivoiriens se sont réunis en séance plénière à l’effet d’examiner différents projets de loi. L’ordre du jour tel que communiqué par la Cellule d’Information et de Communication de l’Assemblée Nationale, mentionnait au point II « l’examen, selon la procédure de discussion immédiate », de deux projets de loi de ratification. Ce sont les projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier la convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides et la convention du 30 Août 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie. Contrairement aux autres projets de loi de ratification (examinés en plénière), ces deux derniers ont bénéficié d’un traitement spécial. En effet, ils ont été mis en discussion immédiate. Le choix de cette procédure spéciale a-t-il été guidé par l’obligation attachée à l’acte de ratification? En tout Etat de cause, le dividende que tire Ouattara de la ratification envisagée, explique sa précipitation.

La mise en discussion immédiate

La mise en discussion immédiate d’un projet ou d’une proposition de loi a ceci de particulier qu’elle ne permet pas de débattre suffisamment des problèmes que posent le texte loi. Le groupe parlementaire PDCI-RDA, dans sa déclaration (publiée sur les réseaux sociaux et dans la presse), a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une « procédure d'urgence, procédure sommaire, la discussion immédiate n'offre pas l'occasion aux députés d'examiner avec toute la sérénité requise les projets de loi ». Cela est d’autant plus vrai que l’examen « sommaire » de ces textes figurait au point II de l’ordre du jour. Or, le point I mentionnait 7 projets de loi à examiner. L’examen ne se limitait pas seulement aux dispositifs légaux. Il concernait aussi bien les rapports des commissions que les amendements ou autres observations des députés. L’une des conséquences d’une telle activité intellectuelle intense est l’épuisement des députés. Du coup l’examen du point II, devient un exercice harassant et tiré par les cheveux. Certains pourraient nous reprocher de faire fausse route. Mais si la volonté de Ouattara était de permettre une discussion enrichie, ses hommes auraient pu inscrire au 1er point, les projets de loi de ratification. Il nous semble évident que le régime Ouattara ne voulait pas d’un débat assez poussé sur le sujet pour l’évidente raison que cela pouvait mettre à mal, ses intentions de « distribuer » à titre gracieux, la nationalité ivoirienne.

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’opportunité d’une mise en discussion immédiate des textes concernés. Pourquoi, la Commission des Affaires Extérieures n’a-t-elle pas été saisie au fond ? Pourquoi le régime Ouattara a-t-il soustrait de l’examen de la commission ces textes alors que d’autres lui ont été imputés ? Nous constatons que quatre projets de loi de ratification, tous examinés en commission par les députés, figuraient à l’ordre du jour de la séance plénière. Ces projets de loi dont les contenus étaient moins sujets à caution que ceux des conventions, ont été inscrits au point I de l’ordre du jour. Ce sont : Les’ projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier :

- la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections, et de la Gouvernance adoptée le 30 Janvier 2007 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- Le Traité portant révision du Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), adopté le 17 Janvier 2008 à Québec (Canada)

- La Charte Africaine de la Statistique, adoptée le 04 Février 2009 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- La Charte du Conseil de l’Entente, adoptée le 05 Décembre 2011 à Cotonou (Bénin)

Seules les conventions sur l’apatridie ont été mises en discussion immédiate. Une telle manière de procéder laisse penser que le régime établit une catégorisation des textes. Au nom de quel critère des textes internationaux sont appelés à échapper à l’examen des commissions ? Ouattara et ses députés RDR, pourront répondre à cette question. Mais en attendant qu’ils nous fournissent des raisons totalement contraires à leurs réelles intentions, croyons que le régime voulait faire un passage en force compte tenu de l’obligation attachée à l’acte de ratification.

L’obligation attachée à l’acte de ratification

Les conventions portant statut des apatrides et réduction des cas d’apatridie, visent à faire disparaitre, à tout le moins, à réduire les cas d’apatridie dans le monde. Au terme de l’article 1er de la convention du 28 Septembre 1954, « l’apatride,  désigne une personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation.» Autrement dit, un apatride est dépourvu de nationalité légale. Il n’appartient donc à aucun un Etat. C’est la raison pour laquelle, dès qu’un Etat devient partie aux conventions en question, il lui est fait obligation d’accorder sa nationalité à l’apatride qui se trouve sur son territoire. L’Etat concerné ne peut y déroger car l’objet de la convention à laquelle il adhère est d’aider l’apatride à sortir de sa situation juridique floue. Sur ce point, l’article 1er de la convention du 30 Août 1961 est précis. En effet, il indique que «  tout Etat contractant accorde sa nationalité à l’individu né sur son territoire et qui serait apatride». Au paragraphe a, la convention invite l’Etat à accorder sa nationalité de « plein droit à la naissance » et plus loin à l’article 8-1, il est indiqué que « Les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride ». L’observation majeure que suscitent ces dispositions est que la nationalité est accordée dans ces cas, en raison de la présence sur le territoire de l’Etat. C’est donc le jus soli (droit du sol) qui est mis en avant par opposition au jus sanguinis (droit du sang). Cette option n’aurait posé aucun problème si l’on se trouvait en France ou aux Usa. Mais en Côte d’Ivoire, elle entre en conflit avec la législation sur la nationalité. En effet, en Côte d’Ivoire on ne devient pas un national du fait de la naissance sur le territoire (terrestre, aérien, maritime) mais du fait du lien de sang qui lie un enfant à son ascendant ivoirien. La lecture combinée des articles 6, 7 et 11 du code de la nationalité ivoirienne fait ressortir que, dans tous les cas ou un individu doit bénéficier de la nationalité ivoirienne, il doit avoir au moins un parent de nationalité ivoirienne. Cela vaut dans les cas d’adoption. La conséquence du droit du sol imposé induit nécessairement une modification de la législation interne, à tout le moins sa mise en veille, en ce que l’article 87 de la Constitution ivoirienne dispose que « les traités ou accords ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque traité ou accord de son application par l’autre partie ». C’est dans ce sens que l’article 3 du code de la nationalité précise « Les dispositions relatives à la nationalité contenues dans les traités et accords internationaux dûment ratifiés et publiés s’appliquent, même si elles sont contraires aux dispositions de la législation interne ivoirienne». Il nous semble donc que les dispositions renvoyant à la législation interne (la demande de la nationalité, les conditions de stage) et qui sont à nos yeux des fioritures, n’ouvrent pas la voie à un refus de naturalisation. Si tel était le cas, par ruse, les Etats pourraient ratifier les conventions et s’offrir le luxe, de rejeter la demande d’un requérant sur la base de sa législation. Une telle situation pourrait porter atteinte à l’objet de la convention tout comme une réserve émise par un Etat.

A l’évidence, l’obligation de l’Etat, ne dérange aucunement le pouvoir Ouattara qui espère tirer de solides dividendes de la ratification.

Les dividendes tirés de la ratification

Quel intérêt a Ouattara à « ivoiriser » à la pelle des apatrides? Le fait-il par humanisme? Bien sûr qu’il n’existe aucune ombre d’humanisme dans la politique de naturalisation démentielle à laquelle s’adonne le régime Ouattara. Il a bien sa petite idée. Il est en effet certain que Ouattara vise dans à renforcer la haute idée que la communauté de la CEDEAO a de lui. Il s’agit notamment des Burkinabè, Maliens, Guinéens. On se souvient qu’avant qu’il ne soit porté au pouvoir par la coalition Onuci-Licorne, il avait envisagé étirer les frontières ivoiriennes jusqu’au Burkina Faso, au Mali. Ce « fédéralisme Ouattara » visait à dissoudre la des ses Etats dans sa nouvelle entité juridique qui, à l’évidence, ferait de tous, des ivoiriens. N’ayant pas réussi à le faire, il a quand même eu l’intelligence d’agréger les forces de milliers de ressortissants Burkinabè, maliens, guinéens dans une rébellion armée qui a défiguré la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, lors de la table ronde de Linas-Marcoussis (15-23 Janvier 2003), la question de la nationalité a été brandie comme l’une des causes de la guerre contre notre pays. Il fallait donc offrir la nationalité ivoirienne à 3 millions d’étrangers afin que les rebelles déposent les armes. Ouattara a donc pu glaner une véritable sympathie auprès de ceux dont la défense des intérêts est pour lui une priorité.

Selon le chargé principal de la protection au HCR, Sangaré Innocent, (lors d’un séminaire organisé le 15 Février 2013, avec la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée Nationale) « en début 2009, près d’un (1) million de personnes se sont retrouvées dans une situation de flou juridique en Côte d’Ivoire quant à la détermination de leur nationalité » (source : le Blog de Soro Guillaume). Si l’on tient compte de ce nombre, l’on dira que dès la ratification des conventions sur l’apatridie, c’est au bas mot 1 million de personnes qui bénéficieront de plein droit de la nationalité ivoirienne. Ce nombre bien entendu ne prend pas en compte ceux pour qui Ouattara a déjà pris des décrets de naturalisation. Il s’ensuit que ce nouveau statut juridique confèrera à ses derniers, de nouveaux droits, notamment, la possibilité d’être électeurs, candidats aux élections, propriétaires fonciers. De tels privilèges aident Ouattara sur le plan politique à bénéficier du suffrage des anciens apatrides, bénéficiaires de sa générosité. Il y aura donc un bouleversement de la cartographie électorale de notre pays. Et quant on sait qu’à la faveur des élections législatives du 11 Décembre 2011, Ouattara a souverainement établi un nouveau découpage électoral, il y a à parier que les joutes électorales de 2015 seront du gâteau pour lui. C’est la raison pour laquelle son parti approuve, les yeux fermés, ces projets de loi.

Par ailleurs, la ratification de ces conventions rend ferme les piliers militaires qui soutiennent le pouvoir Ouattara. En effet, de nombreux mercenaires burkinabè, maliens et guinéens se sont engagés auprès de Ouattara pour mener le combat de l’« ivoirisation » de leurs parents. Chose du reste curieuse, pour des gens dont les parents sont déclarés apatrides! En résolvant ainsi ce problème il rassure ses mercenaires et, au delà, Blaise Compaoré, soutien objectif de Ouattara et ses rebelles.

C’est donc une double lutte que mène Ouattara. Une lutte de survie politique et une autre qui consiste à créer et renforcer les droits politiques, socio-économiques des étrangers qui le soutiennent. Et ce, au détriment de l’intérêt national. Pour réussir sa mission, Ouattara peut compter sur ses députés RDR copieusement programmés pour ne voter que « Oui ». Face ces députés, il y a lieu de faire émerger une alliance républicaine qui fera échouer le projet de Ouattara. Et à ce niveau, les élus du PDCI-RDA, de l’UDPCI et les indépendants, devront être à la hauteur de la tâche en privilégiant l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

COTE D’IVOIRE - DEBAT NATIONAL SUR LA NATIONALITE: ABOU CISSE INDIQUE LES ORIGINES DE CISSE BACONGO

 

côte d'ivoire,côte d’ivoire - débat national sur la  nationalité,abou cissé indique les origines de cissé bacongo,abou cissé

Le ministre Cissé Bacongo de l'Enseignement supérieur


D’où vient-il cet autre missionnaire de M. Ouattara? Au moment où la Côte d’Ivoire va à vau-l’eau, au moment où les Ivoiriens souffrent de cette gouvernance qui, elle-même, se cherche du fait de sa vision pour le moins obscure, voilà que sort d’on ne sait où, un certain Cissé Bacongo, une trompète en main pour crier NATIONALITE. Pour lui, et il l’a dit haut, qu’il ne s’agit pas d’un état d’âme. Mais d’une question de DROIT. BRAVO sacré Cissé. Je t’acclame pour cette sortie royalement irrévérencieuse. Je cherche dans ma mémoire et dans les grands bouquins de nos ancêtres, pour savoir d’où vient Ibrahim Cissé Bacongo. Je me pose la question de savoir si M. Abou Cissé connait l’histoire des CISSE de BACONGO. Cette bourgade logée dans la Guinée lointaine de Sékou Touré. Mais surtout dans la Guinée historique de Magan Cissé, cet empereur connu de toute l’Afrique. Bacongo a-t-il usurpé de ce titre patronymique ou encore s’est-il volontairement inscrit dans une compréhension de travers en mettant donc les pieds, tous deux joints dans la famille des Cissé. Ce peuple qui vient de "Bacongo" en Guinée Conakry. Ainsi, n’est pas Bacongo n’importe qui. Seuls les originaires de ce village peuvent s’appeler ainsi et c’est pourquoi vous ne verrez pas ce nom dans les archives de la Tradition du peuple ivoirien. Cissé Bacongo est donc originaire de ce village crée par l’Empereur Magan Cissé, lui-même originaire de la Guinée.

Pour rappel et, je le fais la gouverne de M. Cissé Bacongo, l’empereur Magan Cissé était le produit du savoir et de la beauté morale. Il est le père de sept (7) garçons dont le savoir a été reconnu par tous les grands de l’Afrique subsaharienne. Sept garçons dont le savoir a fait d’eux, des grands Imams, disséminés dans toute l’Afrique. C’est pourquoi je suis encore à me demander comment Cissé Bacongo qui dit être Docteur en droit, a pu affirmer que la Nationalité n’est pas un état d’âme. Mais une question de DROIT. Je voudrais lui répondre que, contrairement à cette allégation outrancière, la nationalité s’attache d’abord et avant tout, à l’âme avant de se revêtir du Sceau du Droit moderne. A-t-il déjà oublié que la spécificité des Cissé, ce n’est pas l’arrogance inutile. Ce n’est pas aussi la mégalomanie lyrique. C’est avant tout, l’humanisme pris comme symbole de l’humilité. Il aurait fallu que M. Cissé Bacongo s’invite à la table de l’humilité et du respect du DROIT coutumier. Malheureusement, ce n’est pas le cas, et peut-être que ce ne sera jamais le cas. A toi M. Cissé, je voudrais bien te saisir mais tant le rythme de la divagation est telle que J’arrive difficilement à pénétrer ton monde. Et je te comprends surtout que le titre de Pr d’Université a lui aussi un problème d’identité. Sais-tu ou du moins, te rappelles-tu les frasques que tu as vécu à l’université d’Abidjan ? Tu as été éjecté de cet univers des Cités (lieu de connaissances par excellence) parce que tu n’avais pas le niveau requis pour en être un éminent membre. Tu sais de quoi je parle. Mais si pour des problèmes de mémoires, tu ne t’en souvenais pas, laisse-moi te rappeler qu’à l’époque, tu as été renvoyé du corps des enseignants de l’Université du fait de manque de compétence. Malgré les interventions du Pr Ayé Ayé et du Pr Leroux, le conseil de l’Université de l’époque n’a pas accepté de t’admettre à leur sein. Ceci pour ne pas que les étudiants soient victimes d’un enseignement approximatif.

C’est pourquoi je m’interroge sur les motivations qui ont amené Alassane Ouattara à faire de toi un ministre de la République, chargé de l’enseignement supérieur. C’est aussi pourquoi le débat sur la nationalité peut être suscité par n’importe qui sauf toi Bacongo. La nationalité, ce n’est pas le militantisme. On ne peut pas donc confier cette question à quelqu’un qui, non seulement est décrié tant dans son domaine du savoir que sur le plan de l’identité nationale. Mais Je comprends. Je comprends maintenant pourquoi pour un poste politique (de simple député), Cissé Bacongo ait utilisé des armes pour obliger les électeurs à porter leur choix sur lui, à Koumassi. Sans être un spécialiste de droit, je crois fortement que la nationalité, comme cela peut se percevoir par tous, doit s’attacher d’abord à l’âme de l’individu, le droit n’étant que l’habillement de cette âme et de l’esprit qui la (nationalité) génèrent. L’empereur Magan Cissé ne définissait-il pas le droit comme l’esprit et l’âme qui s’attachent à la vie et dont l’application fait appelle à la piété, à la tolérance. Cissé Bacongo devrait donc s’instruire de cette philosophie de l’empereur, son ancêtre, au lieu de définir le concept de nationalité comme produit de l’Occident. Si en Occident l’homosexualité est une pratique acceptée en droit, je voudrais à qu’à son tour, Cissé Bacongo conseille cela aux Ivoiriens, lui qui est si attaché au droit sur l’identité. C’est le lieu de dire que la nationalité ne peut jamais se défaire de l’esprit et de l’âme, en un mot, de la culture, spécificité de tout citoyen quelque soit son environnement de vie.

A Cissé donc, je demande d’apprendre la culture de la cité dans laquelle il vit. Qu’il mette la culture au devant du droit. Ce qui lui permettra certainement d’apprendre le droit culturel avant de dégager ses sentiments personnels sur des sujets aussi sensibles que le problème de nationalité. Oui, qu’il sache que le dépassement de soi, s’inscrit toujours dans la reconnaissance de ce qu’on est. Si toi Cissé Bacongo, tu ne connais pas l’origine de tes parents, je voudrais t’inviter à t’approcher des sages pour qu’ils te le disent. Fais-le si tu ne veux pas te perdre. Parce que si les détournements à l’Université n’ont pu t’emporter, cela ne veut pas dire que n’importe autre scandale dont tu te rendras coupable et/ou complice ne t’emporterait pas. Tout ne produit pas toujours le même résultat. Le débat sur la nationalité n’est pas un acte de détournement. Mon souhait est donc que tu te consacre à d’autres questions sensibles liée à la formation de nos jeunes. Sors donc de ce tunnel dont tu ignores non seulement le parchemin mais également le bout. La nationalité est une question à la fois lourde et compliquée. Seuls les Ivoiriens, les vrais, peuvent comprendre toute la dimension de cette question. Je voudrais donc te quitter frère tout en te remerciant de m’avoir écouté. Je te souhaite bon vent dans tes activités politiques. Devenu (accidentellement) député de la Nation, consacre ton temps à réfléchir à la manière dont tu auras à allier l’exécutif au législatif. Que Dieu te bénisse dans ce moment de Carême!


Abou Cissé (Oncle d'Alassane Dramane Ouattara).

LE COURS MAGISTRAL DU PROFESSEUR HUBERT OULAYE A CISSE BACONGO SUR LA PROBLEMATIQUE DE LA NATIONALITE EN COTE D'IVOIRE



côte d'ivoire,le pr hubert oulaye répond au ministre cissé ibrahim bacongo,«non il n’y a pas de crise de nationalité en côte d'ivoire,mais une nation en crise par l’instrumentalisation de ses étrang


Le Pr Hubert Oulaye répond au ministre Cissé Bacongo: «Non, il n'y a pas de crise de nationalité en Côte d'Ivoire mais une nation en crise par l'instrumentalisation de ses étrangers»

     

Dans un texte paru récemment dans les médias, destiné à justifier le projet de réforme de la nationalité ivoirienne, entrepris par le pouvoir en place, le Ministre Coulibaly Ibrahim Bacongo (CIB), dans un langage sans nuances et très assuré, a procédé à diverses affirmations dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles nécessitent un sérieux réajustement.

 

La thèse du Ministre Cissé Ibrahim Bacongo: tous les étrangers résidents en 1960 sont des ivoiriens d’origine.

Tour à tour, le ministre responsable des affaires juridiques du RDR, et certainement théoricien des thèses sur la nationalité, défendues depuis le début de la rébellion par ce parti politique, fustige les intellectuels ivoiriens «  de tout bord et de tout acabit », les théoriciens de l’ivoirité, sans oublier au passage les législateurs ivoiriens de 1960 (gouvernement et assemblée nationale). Tous sont qualifiés par lui, d’ethnocentristes, de tribalistes… de la nationalité.

Leur crime consiste, pour les uns (les légistes de 1961), à n’avoir pas inclus dans le code de la nationalité du 14 décembre 1961, les étrangers présents en Côte d’Ivoire avant 1960, au nombre des personnes qualifiées d’ivoiriens à titre d’origine. Pour les seconds (les intellectuels ainsi que les théoriciens de l’ivoirité), d’avoir justifié cette position du législateur, en soutenant que sont ivoiriens à titre d’origine, les personnes membres des 60 ethno-groupes linguistiques, vivant depuis des siècles dans les limites de l’espace géographique constituant le territoire de la Côte d’Ivoire indépendante.

Malgré le fait que le législateur ivoirien, à l’instar de tous les pays de la sous- région, ait ouvert dans le code de 1961, une option de nationalité par naturalisation à des conditions très avantageuses, au profit des étrangers résidents, le Ministre Cissé Ibrahim Bacongo, établissant son diagnostic de la crise ivoirienne, soutient que c’est ce problème, qui prévaut depuis 1961, et qui est à la base de la rébellion de 2002. Il ajoute que lors des discussions de Linas-Marcoussis (15-23 janvier 2003), suite à l’évocation par lui de cette question, un des participants aurait considéré, qu’il avait « touché le cœur » de la question de la nationalité. Mais, il a l’honnêteté de reconnaître que la Table ronde, n’a pas partagé cette opinion personnelle, puisque les solutions retenues à Marcoussis, pour ce qui a été  considéré comme étant de vrais problèmes, ont trait non pas l’attribution de la nationalité ivoirienne d’origine aux étrangers résidents, mais  à la naturalisation « facilitée », des enfants mineurs nés avant 1972, de parents tous deux étrangers, ainsi que des étrangers vivant en Côte d’Ivoire avant 1960, qui souhaitent devenir ivoiriens.

Au soutien de sa thèse, qui pourrait être qualifiée de thèse de « l’ivoirité » de tous les étrangers présents en Côte d’Ivoire au moment de l’indépendance en 1960, il affirme « avec insistance », qu’ « avant l’indépendance, toutes les personnes vivant sur le sol ivoirien, qu’elles y soient nées ou qu’elles soient venues d’autres pays pour y résider, étaient soit de nationalité française, soit de la nationalité de pays étrangers indépendants. Pour lui, les personnes originaires des territoires coloniaux français de l’AOF, donc non souverains, du Niger, du Dahomey (Bénin), de la Haute Volta(Burkina Faso), du Sénégal, du Mali, de la Guinée qu’il appelle « les allochtones », de même que les originaires de la Côte d’Ivoire qu’il désigne comme « les autochtones », présentes ou résidentes en Côte d’Ivoire, sont toutes des ivoiriens à titre d’origine, parce que toutes, de nationalité française avant 1960 et présentes au moment où naissaient l’Etat de Côte d’Ivoire et la nationalité ivoirienne.

Curieux raisonnement, qui reconnaît bien que ces personnes ne sont pas originaires de la Côte d’Ivoire, mais des pays limitrophes ; qu’elles ont la nationalité française, et qu’il revient à leurs territoires d’origine s’ils deviennent indépendants, de leur conférer leur nationalité ; mais qui soutient cependant,  que la Côte d’Ivoire étant devenue indépendante, ils doivent être considérés comme des ivoiriens à titre d’origine, simplement du fait qu’elles y résidaient.

En n’adoptant pas une solution conforme à cette thèse en 1961, le législateur ivoirien aurait fait le lit à la crise de nationalité, un mal qui, selon CIB, minerait la Côte d’Ivoire depuis cette date et qui a débouché sur la rébellion en 2002.

Pour lui donc, le mal ainsi diagnostiqué, la seule thérapie possible, autour de laquelle toute la Côte d’Ivoire devrait s’accorder pour que la paix s’installe dans le pays, serait la «  judicieuse solution sénégalaise », esquissée par le Juge Kéba M’baye à la Table ronde de Linas-Marcoussis, celle de la « possession d’état » ! Dans le cas contraire, si les ivoiriens refusent de considérer les étrangers résidents avant 1960 comme des ivoiriens d’origine, il n’y aura pas de paix. 

LA THESE DU MINISTRE CISSE BACONGO EST IRRECEVABLE.

En réponse au Ministre Bacongo, l’on dira que le RDR a mené et continue de mener une guerre infondée contre les ivoiriens, parce que la thèse défendue, à savoir « l’ivoirité des étrangers résidents en 1960 », n’a ni fondement juridique, ni historique. (1°). Ensuite, le diagnostic du mal dont souffre la Côte d’Ivoire, est faux. Le mal dont souffre la Côte d’Ivoire, n’est pas la crise de nationalité dont parle le Ministre CIB, mais plutôt, l’instrumentalisation politique des étrangers, depuis les frustrations liées à l’institution de la carte de séjour par Alassane Ouattara en 1990 (2°). En conséquence, en soulevant un faux problème de nationalité, et en posant un diagnostic également faussé, la solution retenue pour guérir le mal, ne pouvait être un bon remède (3°). En effet, contrairement à ce qui est avancé par le Ministre CIB, ce n’est pas au moyen de la solution juridique de la « possession d’état », que le code sénégalais de la nationalité a réglé la situation des étrangers résidant au Sénégal au moment de l’indépendance. A la vérité, la bonne méthode dans une matière aussi sensible que la question de la nationalité, commence d’abord par quitter le chemin du jugement unilatéral, pour mettre tous les ivoiriens d’accord sur le bon diagnostic, et ensuite rechercher, ensemble, une solution consensuelle dans un contexte d’apaisement (4°).

1°- La thèse de « l’ivoirité » des étrangers résidents avant l’indépendance, est sans fondement.

  • La première critique de cette thèse, porte sur son appréhension insuffisante de la notion de nationalité, qu’elle réduit au seul élément de la présence ou de la résidence de l’individu sur le territoire.

Contrairement à ce que pense CIB, la notion de nationalité est plus complexe. Elle combine deux éléments fondamentaux, le lien juridique entre l’Etat national et l’individu d’une part, et d’autre part, le lien socio-affectif (race, ethnie, tribu, religion, histoire, territoire…), existant entre l’individu et la communauté humaine qui constitue la population sur laquelle, l’Etat national exerce sa souveraineté personnelle. Sur les deux aspects indissociables, l’accord existe même si, en fonction des circonstances, l’un peut l’emporter, mais sans jamais pouvoir l’effacer l’autre. L’on se contentera sur ce point de renvoyer le Ministre CIB, à la définition qui fait autorité en matière de nationalité, qui émane de la jurisprudence de la Cour Internationale de Justice, dans sa décision relative à l’affaire Nottebohm, en 1955 : 

«La nationalité est un lien juridique, ayant à sa base, un fait social de rattachement, une solidarité effective d’existence, d’intérêts, de sentiments joints à une réciprocité de droits et de devoirs ; elle est peut- on dire, l’expression juridique du fait que l’individu auquel elle est conférée, soit directement par la loi, soit par un acte de l’autorité, est en fait rattaché à la population de l’Etat qui la lui confère, plus qu’à celle de tout autre Etat».

La leçon d’une telle jurisprudence, est que l’octroi de la nationalité doit reposer sur des faits sociaux tangibles de rattachement à un Etat et non pas  sur le seul fait de la présence ou résidence  sur un territoire, comme le soutient le Ministre CIB.

  • La deuxième critique, porte sur la non prise en compte du rôle et de l’effet limité du critère de la présence ou de la résidence, dans le droit et la pratique des Etats en matière de nationalité.
  • Le critère de la résidence est déterminant mais non décisif.

Généralement, le critère de la présence sur le territoire, est destiné à distinguer les personnes qui historiquement y sont établies et pour lesquelles, cet espace géographique constitue le cadre de vie naturel ou habituel (résidence habituelle) à l’exclusion de tout autre, des autres personnes y vivant mais dont la présence est liée à des circonstances telles, que l’on peut qualifier celle-ci de passagère, d’occasionnelle,  même si elle se prolonge dans le temps (profession, asile politique, tourisme…).

Le Protocole de la CEDEAO (29 mai 1979) relatif à la libre circulation des personnes et des biens, décline en son article 2, plusieurs modes de présence des personnes sur le territoire d’un Etat non national : l’entrée et le séjour de moins de 90 jours ; la résidence (séjour de plus de 90 jours, mais non définitif) ; l’établissement (en principe définitif).

Ces distinctions soulignent que les raisons et la durée de présence sur le territoire, ne sont pas uniformes. Ils ne peuvent revêtir en conséquence, ni la même importance ni recevoir un régime juridique identique, qu’il s’agisse d’une visite ou d’une résidence. Dans la pratique en matière de nationalité, les Etats prennent en considération, une durée de présence matérialisée par une résidence dans  le pays, allant de 5 ans (Côte d’Ivoire), à 10 ans (Burkina Faso) voir 15 ans (Tchad).

Cette exigence de temps minimal de présence, est destinée à permettre au demandeur de nationalité, de prendre une option  en parfaite  connaissance du milieu social auquel il veut désormais s’attacher. Mais aussi, elle fournit à l’autorité de décision, un temps suffisant  d’appréciation de la volonté réelle de l’impétrant de s’intégrer à la communauté d’accueil. Dans cette optique, la présence ou la résidence, ne peut être ramenée à un simple passage ou une brève présence sur le territoire. Cette exigence  a donc une fonction à la fois probante et utilitaire.    

Cependant, le fait et le temps de présence sur le territoire ne sont jamais les seuls éléments pertinents dans l’octroi de la nationalité,  même s’ils paraissent  déterminants.  A eux s’ajoutent toujours, des conditions de moralité, de santé et surtout la volonté effective  et non équivoque d’intégration à la communauté d’accueil, dont la première manifestation est la demande formelle de naturalisation. C’est de l’addition de ces faisceaux d’éléments, que l’autorité tire la motivation de sa décision d’octroyer ou non la nationalité.

La thèse critiquée, défendue par le Ministre Bacongo, ne prend pas en considération, ces éléments additionnels exigés en matière de nationalité par les Etats. Elle les ignore sans en donner les raisons.

Mais c’est surtout par la non-prise en compte de l’effet juridique limité du  critère de la résidence, ou de la présence, en matière de nationalité, que la thèse pèche le plus.

  • La présence ou la résidence n’efface pas l’origine territoriale ou nationale de l’étranger.

Le temps passé à l’étranger n’a aucun effet sur la nationalité. Un individu peut décider de vivre à l’étranger, sans limitation de durée, cette situation n’affecte nullement son lien de rattachement avec son Etat national. C’est le cas pour les immigrés et les réfugiés partout dans le monde. Ils conservent leur nationalité d’origine en dépit de l’éloignement prolongé, volontaire ou involontaire. Aucune loi nationale, ni règle de droit international, ne prescrivent la perte de la nationalité, comme sanction d’un séjour excessivement prolongé hors du territoire national. La nationalité ne se perd pas par désuétude, elle est intemporelle et demeure valide, sauf renoncement express du national, suite à une naturalisation, à lui accordée, mais interdisant la double nationalité, ou suite à une déchéance prononcée par les autorités de son Etat national.

A cet égard, quelle est la situation des personnes non originaires du territoire colonial de la Côte d’Ivoire, mais présentes ou résidentes en 1960 à l’accession à l’indépendance ?

On trouve présentes en Côte d’Ivoire, avant l’indépendance, quatre catégories de personnes : les ressortissants français, les ressortissants de pays étrangers, les ressortissants de l’Afrique Occidentale Française (AOF) qui se divisent en originaires du territoire colonial de Côte d’Ivoire et  originaires des autres territoires membres.

Les personnes originaires  de la France métropolitaine et des autres pays étrangers sont les nationaux de leurs Etats d’origine, lesquels leur reconnaissaient cette qualité, et exerçaient sur elles, leur souveraineté personnelle. Il n’était juridiquement pas possible à la Côte d’Ivoire, ni admissible,  sous le seul prétexte de son accession à l’indépendance, de transformer les nationaux de ces pays, en nationaux ivoiriens, sans l’accord de leurs Etats et sans celui des personnes concernées. Tout au plus, la Côte d’Ivoire ne pouvait que leur offrir l’option, et leur laisser le soin de décider eux-mêmes. C’est ce qu’elle a fait.

S’agissant des personnes originaires des territoires coloniaux  français présentes en Côte d’Ivoire, leur situation est moins simple qu’il n’y paraît.

A ce propos, il convient d’abord de rétablir la réalité. Ecrire que, les personnes originaires des territoires coloniaux avaient tous la nationalité française, du seul fait, que ces territoires étaient considérés comme des extensions de la France métropolitaine, ne rend pas totalement compte de la réalité. En vérité, seuls étaient pleinement françaises, les personnes originaires de la métropole. Quant aux originaires des territoires coloniaux, leurs statuts différaient d’une colonie à l’autre.

S’agissant des ressortissants des territoires coloniaux français d’Afrique noire, ils  étaient des sujets français. C’est  l’ordonnance du 19 octobre 1945 relatif au code de la nationalité, qui pose le principe  de la reconnaissance de la nationalité française aux habitants des territoires annexés par la France. Cette qualité était plus formelle qu’effective, car ceux-ci restaient soumis à leur statut coutumier local, et les droits politiques reconnus aux français métropolitains ne leur étaient pas applicables. Dans chaque territoire, des textes permettaient par des décisions individuelles, décrets ou jugements, de leur conférer des droits de citoyens français. S’ils remplissaient les conditions (diplômes, service dans l’armée française…), ils pouvaient se voir conférer le statut de citoyen. Cependant, même dans ces cas, le statut de citoyen français n’était pas, en tous points, assimilable à la nationalité française.

Pour la bonne gestion de ses colonies, la France pratiquait en fonction de ses besoins d’administration, la mobilité des cadres africains à sa disposition, au sein des territoires constituant l’AOF et l’AEF. L'administration coloniale distinguait les fonctionnaires du cadre local de ceux du cadre AOF, avant les indépendances.

A l’intérieur de l'AOF, on distinguait aussi les ressortissants de chaque pays ou territoire.  C’est ainsi que concernant l’AOF, des cadres originaires des territoires coloniaux du mali, de la Haute Volta (Burkina Faso) ou du Dahomey (Bénin), étaient affectés en postes au Niger, en Côte d’Ivoire ou vice-versa. Ainsi, s’explique par exemple, la présence de nombreux cadres béninois, sénégalais, voltaïques (burkinabés)…, en Côte d’Ivoire au moment de l’indépendance. De même, des travailleurs manuels, généralement voltaïques (burkinabés), ont été engagés en Côte d’Ivoire, dans des travaux d’intérêt colonial. Telle est la justification de leur présence en Côte d’Ivoire.

Mais toutes ces personnes, qui pour les raisons ci-dessus exposées, étaient présentes en Côte d’Ivoire au moment de son accession à l’indépendance, avaient bien un territoire colonial d’origine et de rattachement social. Leur présence en Côte d’Ivoire, était purement circonstancielle et temporaire, puisque ces derniers conservaient leurs attaches socio-culturelles, avec ces territoires.

  • L’indépendance de la Côte d’Ivoire, n’a pas  détruit le lien de rattachement entre la France métropolitaine et les ressortissants des autres territoires coloniaux, présents sur le territoire ivoirien.

L’une des erreurs substantielles de la thèse du Ministre CIB, est d’inférer du fait de son accession à la souveraineté, la subrogation au profit de la Côte d’Ivoire des compétences dont jouissait la  France sur ses ex territoires coloniaux de l’AOF et partant sur leurs ressortissants. En fait comme en droit cela n’est pas vrai.

Le lien de rattachement entre les personnes originaires de ses territoires coloniaux et la France métropolitaine, était fondé sur le fait colonial (conquête coloniale, administration coloniale…), qui faisait d’eux des sujets directs de la France ou des citoyens de l’Union ou de la Communauté française.  Ce lien colonial de rattachement n’existe pas en revanche, entre chacun des territoires coloniaux et tous les ressortissants de l’ensemble desdits territoires.

La Côte d’Ivoire en accédant à la souveraineté internationale, n’est pas devenue un Etat colonial en lieu et place de la France, ayant dans son ressort territorial, le Mali, la Haute Volta, le Niger…, et disposant de droits sur leurs ressortissants. Ainsi, contrairement à la France coloniale, qui pouvait réquisitionner des travailleurs dans n’importe lequel de ses territoires pour effectuer des travaux « forcés » dans d’autres territoires, la Côte d’Ivoire indépendante, ne pouvait en faire autant. Elle ne pouvait réquisitionner, que ses seuls nationaux, à l’exclusion des ressortissants des autres territoires coloniaux.

En d’autres termes, l’indépendance ne donnait aucun titre, ni compétence personnelle à la Côte d’Ivoire, à l’égard des ressortissants des autres territoires ou pays, à fortiori, celui de les naturaliser par décision unilatérale. Aucun des autres territoires ex-colonies devenus indépendants ne l’a fait.

  • Aucun Etat membre de l’AOF devenu souverain, n’a attribué aux étrangers résidents sur son territoire avant l’indépendance, sa nationalité à titre de nationalité d’origine.

Le Ministre CIB, expose que pour pouvoir attribuer sa nationalité, l’Etat, non seulement doit exister, mais il doit être souverain et indépendant. Il poursuit en disant, s’agissant des territoires coloniaux français, qu’étant  dépourvus de la personnalité juridique internationale, ils étaient dans l’incapacité juridique d’attribuer leur nationalité à leurs  ressortissants résidant en Côte d’Ivoire en 1960, lesquels, selon lui, avaient tous la nationalité française. Il conclut, qu’il incombait à la Côte d’Ivoire de leur conférer sa nationalité à titre d’origine.

L’argument ci-dessus évoqué, selon lequel ces étrangers africains étaient issus de territoires coloniaux n’ayant pas le statut d’Etats indépendants donc souverains, en mesure de leur attribuer leur nationalité, n’est pas non plus pertinent. La plupart des territoires concernés sont tous  devenus indépendants dans la même période que la Côte d’Ivoire et même bien avant cette dernière.

En effet, concernant l’AOF, un seul territoire a pris son indépendance  après celle de la Côte d’Ivoire  intervenue le 7 août 1960, c’est la Mauritanie, le 28 novembre 1960. Tous les autres territoires le sont devenus avant la Côte d’Ivoire : le Sénégal et le Mali, le 20 juin 1960 ; le Dahomey (Bénin), le 1er août 1960 ; le Niger, le 3 août 1960 ; la Haute-Volta (Burkina Faso), le 5 août 1960. A ces pays on pourrait ajouter, la Guinée (2 octobre 1958), et le Togo (27 avril 1960). Par conséquent l’argument selon lequel, les étrangers présents en Côte d’Ivoire, étaient ressortissants de territoires non étatiques et indépendants, tombe de lui-même.

En outre, le code de nationalité ivoirien a été adopté le 14 décembre 1961, c’est-à-dire plus d’une année après l’accession à l’indépendance de tous ces pays.

Enfin, il suffit de se référer aux différents codes de la nationalité, adoptés par les pays africains et particulièrement par les pays francophones précités, au moment de leurs indépendances, pour être édifié sur l’inanité de la thèse défendue.

  • Aucun pays indépendant dans la sous-région n’a fait des étrangers résidents des nationaux à titre d’origine.

Aucun des codes de ces pays ne comporte une disposition, attribuant automatiquement la nationalité de son pays, à titre d’origine, à toutes les personnes résidant sur le territoire avant leur accession à l’indépendance. Tous en revanche, contiennent des dispositions prévoyant une option de naturalisation de cette catégorie de personnes, mais à leur demande.

Le code malien de la nationalité (loi n°62-18 du 3 février 1962, modifiée par la loi n°95-70 du 25 août 1995), en son article 75 dispose : « jusqu’à l’expiration d’un délai de 6 mois à compter de la publication du présent code, tout individu même né à l’étranger, ayant sa résidence habituelle au Mali, peut opter pour la nationalité malienne par déclaration… L’autorité compétente doit refuser de recevoir la déclaration si elle n’est pas assortie  d’un acte de soumission par lequel le déclarant s’engage à se comporter en tout comme un digne et loyal citoyen de la République du Mali et à élever ses enfants dans cet esprit, et si la demande n’est pas soutenue d’une attestation présentée en personne par 2 citoyens maliens certifiant sur l’honneur, que le déclarant a donné des gages d’assimilation et de sens national ».

Concernant le Niger, le code de la nationalité (loi n° 1961-26 du 12 juillet 1961) prévoit en son article 54 que : « peuvent opter pour la nationalité nigérienne, les individus qui à la date d’entrée en vigueur de la présente loi, exercent depuis plus de 10 ans, un emploi public ou une profession libérale, régie par un texte réglementaire nigérien ». En son article 55 : « peuvent opter pour la nationalité nigérienne, toute personne originaire de l’un des Etats issus des anciens groupes de territoires de l’AOF et de l’AEF, du Togo, du Cameroun, de Madagascar, qui à la date d’entrée en vigueur du présent texte, a sa résidence habituelle au Niger. Cependant, les options ci-dessus, « doivent être exercées dans un délai de 3 mois à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi ».

Au Burkina Faso, l’article 163 du code de la nationalité (loi du 3 septembre 1992), accorde la nationalité à l’étranger ou à l’apatride à la condition d’avoir résidé 10 ans dans le pays au moment où il présente sa demande. Aucune des dispositions relatives à la nationalité à titre d’origine, ne prend en compte les étrangers présents en 1960.

Au Sénégal, l’article 29 du code de nationalité, offre aux personnes originaires de l’un des Etats issus des territoires de l’AOF et de l’AEF, du Togo, du Cameroun et de Madagascar, ainsi qu’aux originaires des territoires limitrophes, l’option de la nationalité sénégalaise, à condition qu’à la date d’entrée en vigueur du code ils aient leur résidence habituelle au Sénégal. L’option offerte courait dans un délai de trois mois ( article 30) tandis que l’article 12 alinéa 3 précise que «  par résidence habituelle il faut entendre l’établissement à demeure sur le territoire de la République, sans esprit de fixation ultérieure dans un  autre Etat ».

Ainsi, aucun code de la nationalité des Etats francophones d’Afrique de l’ouest ayant accédé à l’indépendance en 1960, ne qualifie les étrangers résidents sur leur territoire à cette époque comme des nationaux à titre d’origine. Tous sans exception y compris le Sénégal, leur ont proposé des options fondées sur la résidence,  dans des délais limités.

Certes des dispositions sur la possession d’état sont prévues dans certains pays, tels le Sénégal (article 1er alinéa 2), le Mali (article 68), mais elles ne sont pas destinées à régler la situation des étrangers résidant avant l’indépendance sur ces territoires, et dans tous les cas, pas dans le sens où le comprend le Ministre CIB. Nous y reviendrons.  

Les étrangers présents ou résidents en Côte d’Ivoire en 1960, n’avaient pas perdu leur nationalité d’origine, mais étaient  restés rattachés à leurs territoires ou Etats d’origine ainsi qu’à leurs communautés d’origine. En outre elles n’avaient pas formellement renoncé à leurs appartenances nationales, de même que le lien qui les rattachait à leur territoire d’origine ou à l’Etat colonial, n’avait pas non plus été officiellement rompu. En d’autres termes, leur situation juridique s’opposait, à leur prise en compte en qualité de nationaux ivoiriens à titre d’origine, malgré le fait de leur présence ou résidence sur le territoire.

On ne peut par conséquent reprocher  à la Côte d’Ivoire, au moment d’adopter son code de la nationalité et de déterminer ses nationaux, d’avoir tenu compte du fait que se trouvaient sur son sol, des  nationaux de pays étrangers, ainsi que des originaires des territoires coloniaux de l’AOF et de ne  les avoir pas inclus au nombre des ivoiriens, définis comme tels, à titre d’origine. C’est le contraire qui aurait été inacceptable.

  A ce propos la formulation de l’article 6 de la loi du 14 décembre 1961, relatif à l’attribution de la nationalité d’origine, tient compte formellement de cette réalité juridique, en excluant du groupe des nationaux ivoiriens, toutes les personnes qui relèvent d’une autre nationalité et qui par conséquent sont des étrangers : « est ivoirien, tout individu, né en Côte d’Ivoire sauf si ses deux parents sont étrangers » (droit du sol). Dans le même temps, l’Etat ivoirien, reconnaissait la qualité d’ivoiriens, aux individus nés hors de Côte d’Ivoire, d’un parent ivoirien (article 7 : filiation).

Appartenait-il au législateur ivoirien à l’époque, de se substituer à eux pour trancher ce débat à leur place ? Non, à notre sens. La seule attitude raisonnable qu’il pouvait adopter à cette époque, était de prévoir une ouverture et de leur laisser le temps de la décision. C’est ce qu’il a fait, en leur offrant l’option, à l’article 105 du code de la nationalité, de demander leur naturalisation sans condition de stage.

 Il ne semble pas que cette offre ait suscité un quelconque intérêt. Ce qui confirme à postériori, la justesse de la position de prudence du législateur à l’époque.

A l’occasion des discussions de Linas-Marcoussis qui ont suivi l’attaque rebelle du 19 septembre 2002, les responsables du RDR, ont  cherché à faire avaliser cette thèse, sur laquelle ils reviennent aujourd’hui à nouveau. Elle avait pourtant été rejetée.

Lire la suite

LA RAISON COMMANDE DE LIBERER LAURENT GBAGBO

LAURENT GBAGBO. LUNETTES.jpg


Laurent Gbagbo est maintenu à la CPI alors que les charges qui lui sont imputées ne sont pas prouvées. Vu que les preuves apportées par l'accusation sont insuffisantes, Laurent Gbagbo doit recouvrer la liberté puisque le doute profite à l'accusé. Nous constatons que cet aspect du droit devient un non-droit pour le cas Laurent Gbagbo. Sa détention, déjà organisée de façon illégale connaît de plus un versant arbitraire après la décision du 3 juin dernier, des trois juges de la chambre préliminaire. Chacun d'entre nous doit donc travailler à rassurer pour que nous obtenions la libération de Laurent Gbagbo. Pourquoi "rassurer" ? Parce que la grande campagne mensongère de diabolisation contre Laurent Gbagbo complique aujourd'hui la tâche des commanditaires qui ne savent pas comment retourner les contre-vérités qu'ils ont assénées.

Car pour leur survie, il faudrait encore et toujours donner le sentiment d'apparaître crédibles aux yeux de ceux qui croient encore aux propos de ces puissances, notamment la "grande" partie de leurs opinions publiques qui ne s'informent que par des canaux officiels. Laurent Gbagbo ayant été injustement présenté comme un chien enragé, aux fins d'être abattu, l'équation est naturellement difficile pour ceux-là qui veulent toujours avoir raison malgré les pires crimes qu'ils ont commis ou provoqués durant des millénaires. Nous devons travailler " à remettre la balle au centre ". Il nous faut réinitialiser les choses avec nos interlocuteurs ou partenaires. Le plus simplement, il y a lieu de faire comprendre que Laurent Gbagbo n'est pas rancunier.

Toute sa trajectoire politique milite dans ce sens. Il sait que ce n'est pas Ouattara "le maître d'ouvrage". Il n'aura donc jamais ni à se venger de Ouattara ni à confondre les parrains qui sont les vrais commanditaires. Aujourd'hui, acteurs comme observateurs ont eu l'occasion d'apprécier "qui est qui" en Côte d'Ivoire. Il nous faut donc absolument rebattre les cartes. Ceux qui veulent vraiment aider la Côte d'Ivoire doivent intégrer que la popularité de Gbagbo est complètement inscrite dans le mental des Ivoiriens. L'autre réalité est que Laurent Gbagbo a toujours les mots qu'il faut pour apaiser les Ivoiriens. Cet homme qui est en harmonie avec les Ivoiriens - et les Africains - est nécessairement une pièce maîtresse dans le processus de réconciliation nationale. Il convient d'indiquer que la réconciliation nationale n'est pas une vue de l'esprit. C'est un vécu. Il doit donc être factuel.

Une discussion franche entre les Ivoiriens passe par la libération de Laurent Gbagbo. En plus, un pays en crise comme la Côte d'Ivoire doit nécessairement passer par l'hébergement d'un gouvernement de transition.

Il faut donc libérer Laurent Gbagbo de cette détention arbitraire, pour que la Côte d'Ivoire décolle. La fuite en avant qui consiste à entretenir le fard de l'existence d'une croissance en Côte d’Ivoire, est une insulte pour les populations qui sont au bord de l'éclatement à cause des effets réels de leur paupérisation.


Claude Koudou, Enseignant-Ecrivain, Directeur de Collection «Afrique Liberté» aux Editions L’Harmattan, Président de «Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique».

DISCOURS DE PASCAL AFFI NGUESSAN, PRESIDENT DU FPI, APRES SA LIBERATION


AFFI NGUESSAN LIBRE.jpg


Les premiers mots de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, après sa mise en liberté provisoire: «Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit. Nous ne sommes pas des revanchards».

 

«Je voudrais, avant de commencer tout autre discours, d’abord vous saluer et vous remercier chaleureusement. Si nous sommes présents devant vous en ce jour, ne vous y trompez pas. Il n’y a pas trois explications. Il n’y a pas deux explications. Il y a une seule explication. C’est votre mobilisation, c’est votre détermination, c’est votre Résistance, c’est votre refus de la situation injuste qui est faite à la Côte d’Ivoire qui explique que nous soyons aujourd’hui devant vous. Qui explique qu’hier d’autres camarades ont été libérés. Qui explique qu’avant-hier Diabaté Bê et d’autres camarades [...] ont été mis en liberté.

Et c’est cette mobilisation qui expliquera demain la normalisation en Côte d’Ivoire, la libération de tous nos camarades qui sont encore détenus, le retour d’exil de tous les camarades qui sont obligés de fuir leur propre pays, et le retour parmi nous du président Laurent Gbagbo.

Je voudrais remercier profondément, du plus profond de mon cœur, le camarade Miaka Ouretto, président par intérim. Et avec lui remercier tous ceux qui composent la direction intérimaire du FPI à l’heure actuelle. Je voudrais remercier la camarade Marie-Odette Lorougon, le camarade Koua Justin. (…)

Le projet originel n’est pas que le FPI existe en tant que parti politique. L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons n’est pas de réinstaurer la démocratie. Ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien. (…)

Chers camarades, vous avez déjoué tous les pronostics. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était intraitable. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était un esprit. Vous avez prouvé que le peuple de Côte d’Ivoire n’a pas envie de faire marche arrière. Et que son parcours est résolu vers la démocratie, vers le progrès, vers les libertés. Et c’est parce que nos adversaires se sont rendus compte de cette réalité, parce que nous avons imposé cette réalité, que nous sommes ici aujourd’hui face à vous.

Aujourd’hui est un jour de réjouissance. Un jour pour célébrer cette étape de notre lutte. C’est pourquoi il serait peut-être trop hasardeux d’aller plus loin. Mais sachez que nous n’avons pas trois programmes, nous n’avons pas deux programmes, nous avons un seul programme. Et ce programme, c’est le programme du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, c’est résoudre tous les problèmes qui empêchent ce pays d’être un pays moderne et prospère. Voilà notre programme !

Nous sommes là pour redresser. Comme le dit le vieux de Ménékré, « Politique tordue », nous sommes là pour redresser.Or aujourd’hui, qu’il s’agisse de la politique, qu’il s’agisse de l’économie, qu’il s’agisse des droits de l’homme, qu’il s’agisse des libertés, la politique ivoirienne est tordue. C’est pourquoi notre mission est encore plus importante. Restons mobilisés. (…)

Notre programme de redressement national, nous ne l’engageons pas contre un individu, une ethnie, une religion. Nous l’engageons au profit de tout le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité. Non dans la violence, mais dans la paix, dans la démocratie, dans la politique. C’est pourquoi nous invitons ceux qui ont la responsabilité de ce pays à l’heure actuelle à savoir que le Front populaire ivoirien est présent et entend prendre sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire. (…)

Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit.

Nous ne sommes pas des revanchards. Les souffrances que nous endurons, nous les endurons au nom de la Côte d’Ivoire. Et nous les portons fièrement comme des décorations. Parce qu’en définitive, personne ne nous a obligés à venir au secours de la Côte d’Ivoire. Et ce travail dans lequel nous nous sommes engagés, nous ne le faisons pas pour des intérêts matériels ou financiers. Nous voulons construire notre pays. Parce que ce ne sont pas les étrangers, des autres pays qui viendront construire la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi nous sommes engagés dans la lutte. Et nous sommes prêts à prendre tous les risques pour que la Côte d’Ivoire avance. Merci donc, chers camarades.

Lorsque le président par intérim nous aura invités à un Forum plus politique et plus élargi, nous aurons à discuter largement et à nous entendre sur les axes de cette nouvelle phase de la lutte.Le pouvoir en place doit savoir que le Front populaire ivoirien, parti d’opposition, est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous comprennent comme tel, et qu’ils ne cherchent pas à détruire l’opposition. Parce que ce ne sera pas possible ! La situation actuelle le prouve. Et ce ne serait pas dans l’intérêt du pays.

Nous sommes donc ouverts et nous demandons le dialogue. Le dialogue politique franc et sincère ! Parce que la Côte d’Ivoire souffre. Les Ivoiriens souffrent. Ils aspirent à la paix, à la tranquillité, à la démocratie. C’est dans le dialogue que nous devons travailler à résoudre tous les problèmes afin que la Côte d’Ivoire avance.

Merci beaucoup d’être venus.

Merci de votre mobilisation.

La lutte continue !

Je vous remercie.»

 

Propos retranscrits par Djagoyouwle Ogbawoli.

BLE GOUDE TORTURE PAR LE REGIME OUATTARA

CHARLES BLE GOUDE 2.jpg

Ses avocats confirment des sévices corporels graves et des traitements inhumains.

 

Le président du Cojep, Charles Blé Goudé, en résidence protégée dans un lieu tenu secret depuis son extradition du Ghana le 17 janvier par le régime Ouattara, a subi des sévices corporels graves et des actes de torture inimaginables, selon ses avocats lundi à Abidjan.

Ce n’est que vendredi dernier que le président du Cojep a bénéficié de la visite de ses avocats, la deuxième après celle du 30 janvier, dans le bureau du juge d’instruction.

Selon ces derniers, Blé Goudé "dort quasiment nu à même le sol, ne voit pas la lumière du jour, ne bénéficie pas de soins médicaux et n’a droit qu’à un seul repas par jour".

"Nous avons rencontré un homme fatigué, amaigri et portant les séquelles de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants dont il est l’objet depuis son arrestation", ont-ils déploré, avant d’"exiger" son transfèrement dans une maison d’arrêt.

Le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo qu’il fut a été inculpé le 21 janvier de "crimes de guerre" mais aussi d’"assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d’autrui", par le régime Ouattara, qui n’a jusqu’à présent pu apporter la moindre preuve des allégations portées à son encontre.

 

Serge Touré


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 06 août 2013

MICHEL GBAGBO, AFFI NGUESSAN ET 12 AUTRES PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA, LIBRES!

 

MICHEL GBAGBO SORTI DE PRISON.jpg

Voici la première image de Michel Gbagbo libre. Pour l'avocate de Michel Gbagbo, sa libération provisoire est une décision "politique" et non "judiciaire" (Le Nouveau Courrier).

MICHEL GBAGBO.jpg

Michel Gbagbo hume l'air frais de la liberté. Après plus de deux ans de prison "cadeau" (Kouamouo).
Michel Gbagbo, obligé d'être exfiltré de la foule en larmes (Franck Toti).

AFFI NGUESSAN LIBRE.jpg

Affi Nguessan enfin libre!

Tous les autres prisonniers politiques et militaires de Ouattara doivent être libérés. La réconciliation nationale ne peut survenir sans cela.

Le régime Ouattara a procédé lundi à la libération provisoire de 14 prisonniers politiques, selon une source officielle.

Les prisonniers libérés sont :

1- Pascal Affi N’guessan
2- Koua Justin
3- Bro Grébé
4- Michel Gbagbo
5- Aboudramane Sangaré
6- Alcide Djédjé
7- Lida Kouassi Moïse
8- Kuyo Téa Narcisse
9- Alphonse Douati
10- Gouverneur Philippe Henri Dacoury Tabley
11- Seka Désiré
12 -Colonel Konandi Kouakou
13-Djro Nomel Jonas
14- Sokoury Bohui

Eric Lassale

Source: IvoireBusiness

côte d'ivoire,michel gbagbo,affi nguessan et 13 autres prisonniers politiques de ouattara,libres!,reactions de lider,a la remise en liberte provisoire de 14 pro-gbagbo


REACTIONS DE LIDER A LA REMISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE 14 PRO-GBAGBO


Réaction de Mamadou Koulibaly, président de LIDER : C’est une bonne nouvelle mais qui interroge nos libertés individuelles et notre conscience démocratique. On ne m’a pas expliqué à l’époque pourquoi ils étaient en prison. On ne nous expliquera pas non plus pourquoi ils sortent de prison sans jugement. Je pense que quand un président et son gouvernement peuvent emprisonner les gens sans raisons valables et les libérer de la même façon nous avons un grave déficit de justice. Libérer ceux qui sont en prison, c’est bien. Mais à quand la libération de ceux qui ne sont pas prison? Le peuple entier attend d’être libéré par une justice juste et une réconciliation vraie. Il faut en finir avec les abus de pouvoir.

Réaction de Benson de Gnacabi, Délégué national à la Communication : Je me rends compte que dans notre pays, il y a des gens qui ont le droit de vie ou de mort sur nous. On peut vous arrêter quand on le veut et vous libérer quand cela nous arrange. Drôle de démocratie !

Réaction de Mohamed Sylla, Délégué national aux Réformes institutionnelles : 14 prisonniers politiques mis en liberté provisoire. C’est un bon pas dans le sens de la décrispation et l’apaisement du débat politique. Cette fois, c’est un bon point pour le gouvernement qui donne pour la première fois un gage de sa volonté à aller vers la réconciliation. Gageons toutefois que la lumière sera faite, un jour, sur tous les crimes des crises successives que nous avons connues, car l’arbre malade et défraîchi de la démocratie ivoirienne s’est suffisamment abreuvé du sang des Ivoiriens. Ravis pour ces prisonniers qui retrouveront leurs familles. Je ne peux cependant m’empêcher d’avoir également une pensée pour tous les Ivoiriens anonymes qui ont perdu la vie, pour toutes ces familles qui ne verront jamais leurs proches revenir. A un moment, il faudra mettre fin à ce cycle macabre. La Côte d’Ivoire nouvelle ne peut résulter que d’une nouvelle volonté politique commune. Ne pas démissionner devant une pareille tâche implique certes un grand effort tant individuel que collectif, mais cet effort est tout simplement le prix du futur.

Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président : C’est une nouvelle preuve de l’arbitraire et de l’aliénation de la justice en Côte d’Ivoire. On arrête des gens sans motif, on les garde en prison sans les juger et on les libère, mais provisoirement, toujours sans motif et sans jugement. Je me réjouis pour ceux qui ont été libérés et leurs familles. Mais c’est un jour noir pour la justice, l’état de droit et la démocratie en Côte d’Ivoire.

Lider 142, militant : Libération des 14 pro-Gbagbo ou la démonstration par l’absurde de l’abus du pourvoir Rdr de Ouattara. Comme un film qu’on regarde pour la énième fois, on savait déjà que ça allait se terminer ainsi. Bien sûr, il faut être heureux pour les élargis car être détenu des années durant, pour rien pourrait-on dire, n’est pas le destin qu’un homme simple ou un homme politique voudrait se tracer. Personnellement, je salue cette libération arrachée par tous ceux qui ont encore le courage de montrer à ce pouvoir sa laideur et ses abus caractériels. Mais derrière cette libération, qui, nous l’espérons, a été arrangée dans un studio politique de bonne foi, se dressent les abus ostentatoires d’un pouvoir qui commence à voir que l’intempérance et les torts inutiles ne sont pas la solution. La liberté est provisoire? Pourquoi et jusqu’à quand? En tout état de cause, il ne faudrait pas que ce soit le « tais-toi si tu veux rester dehors« . Surtout que derrière cette libération provisoire, il ressort clairement l’incapacité révoltante de la justice ivoirienne sous Ouattara à rendre justice. La Solution avait promis une justice qui travaille et non une justice qui circule pour prendre une décision politique à la fin. Que la liberté germe dans ce pays mien!


Source: LIDER-CI.ORG

lundi, 05 août 2013

VISITE ANNONCEE DE SORO A GAGNOA: L’AMBASSADEUR ABIE HERVE-BRICE ECRIT A GUILLAUME SORO

 

DR ABIE HERVE-BRICE.jpg

Monsieur le Premier Ministre, cher frère,

 

J’ai appris que tu iras bientôt à Gagnoa, chez toi. Je voudrais juste te rappeler que je ne serai pas à l’accueil, pour des raisons bien évidentes d'exil forcé.

Aussi, si tu as bien reçu la lettre de notre grande soeur Marie Odette Lorougnon, verras- tu que le vieux n’est pas à Mama non plus. Quand tu t'arrêteras à Gnaliepa,comme tu l'as prévu, tu constateras ce que Marie Odette disait dans sa lettre, à propos de la mère du vieux. Elle n'y sera pas.

Elle a dû rallier le Ghana à  plus de 90 ans, sur une pirogue lorsque les tueurs de ton ‘armée ‘ semaient la terreur à Gnaliepa justement. Et jusque là, elle est toujours au Ghana, en exil. Avec tous ses autres enfants et petits enfants. Sauf Michel que vous avez pris en otage, ton patron et toi.

Tu passeras sûrement par Kpapekou. Alors là, tu trouveras ton partenaire dans le sang qui, souviens toi, avait juré aux premières heures de ta rébellion, boire un jour dans le crâne du vieux. Mais par la grâce de Dieu, ce vil dessein n'a pas pu être accompli. Oui, le rebelle qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps à Gagnoa, ne manquera certainement pas de te faire visiter son nouveau domaine en finition, fruit de sa part du gâteau obtenu lorsque vous avez versé le sang des ivoiriens que tu dis aimer tant, avant de faire main basse sur les banques et autres ressources, dans les régions, sous le contrôle de ta milice.

J’ai lu dans la presse que tu iras aussi dans le village de ton ancien secrétaire à l’organisation, le ministre Blé Goudé Charles. Si tu ne l’y trouves pas, tu n'en seras pas surpris puisqu'il est détenu dans  une "résidence protégée" selon le gros bras de votre patron.

Cher frère,

Pour revenir au sujet de ma lettre, permets moi de te ramener à celle de notre grande-soeur Marie-Odette Lorougnon.

Oui Frère, tu vas à Gagnoa pour te moquer des parents du vieux. Tu le fais parce que tu sais que le vieux n’est pas rancunier. Il ne t’en voudra pas, il n’en veut d’ailleurs à personne. Même pas à ton patron dont il n’a plus prononcé le nom depuis plus de 2 ans. Il prie, il prie sans cesse, pour que le sang humain que vous continuez de boire ne vous passe pas de travers et qu'un jour, vous ayez compassion des ivoiriens.

Mais en le faisant frère, tu toucheras à la dignité des filles et des fils de Gagnoa. Et ça tu risques de le payer cher, tôt ou tard…

Puisque tu vas à Gagnoa pour narguer les parents de Gbagbo et pour mettre des fétiches dans la maison du vieux, comme nous le rapportent certains de vos proches, tu ne manqueras donc pas de donner tous les détails de tes prouesses pour les convaincre définitivement de ce que le superheros, c’est bien toi.

C’est pourquoi frère, je te prie de ne pas oublier les détails suivants:

- Dis aux parents du vieux, ce paisible peuple, que tu es responsable de tous les malheurs qui s’abattent sur eux. Dis leur que c’est toi qui, pour aider ton patron a attaqué le regime de leur fils et que tout ce que nous vivons aujourd'hui est parti de là.

- Dis aux parents du vieux que tu n’as jamais respecté aucun des accords que tu as signés avec leur fils pour ramener la paix en Côte d’Ivoire, après avoir divisé le pays en deux et tué des milliers d’ivoiriens pour asseoir ta milice.

- Dis aux parents du vieux que tu as essayé en vain de le convaincre de te maintenir comme premier ministre. Dis leur que le vieux avait effectivement gagné les élections mais comme il avait refusé ta proposition de te garder premier ministre après sa victoire, tu as decidé de rester dans ton milieu naturel. Oui, là où il t’était plus aisé de marchander le poste de premier ministre avec tes rebelles qui de toutes les façons comprendraient difficilement que tu leur demandes de suivre le vieux, c’est à dire quelqu’un qui n’aime pas le sang. Ne dit t-on  pas que c’est  toi qui, au plus fort de vos incertitudes dans “le Golf” proposa à ton patron ”l’ingénieuse” idée de faire tuer les ivoiriens autant que faire se peut, même ceux de votre camp, car c’est ce que Gbagbo n’aime pas?!!

- Dis aux parents du vieux, comment tu as aidé à massacrer 2.000 jeunes civils qui s'étaient constitués en bouclier humain devant la résidence de leur fils afin que ce dernier ne soit pas tué, selon vos vœux chers. N'as-tu d'ailleurs pas dit que si Gbagbo a eu la vie sauve, c'est grâce à toi?  Cela ne veut-il pas pas dire que ordre a été donné pour qu'on élimine le vieux? Va donc plus loin, cher frère, en disant à nos parents qui a donné l'ordre de tuer le président Gbagbo. Sarkozy ou Ouattara? Nous voulons le savoir. L'occasion t'en sera donnée à Gagnoa.

Tiens, j’allais oublier!

Quand tu seras à Kpapekou, tu demanderas à ton partenaire dans le sang de te conduire chez moi. Là, tu diras à mes parents que c’est toi qui a fait venir les rebelles qui tuaient et cassaient tout sur leur passage. ils auront sûrement le coeur en paix quand ils verront enfin  le  super héros  qui est à la base de la mort de leur fille, ma tante Abie solange décédée dans la brousse où elle avait trouvé refuge pour échapper à tes "vaillants guerriers".  Malade en pleine forêt et contrainte de ne plus se soucier que de la nourriture, elle a fini par y trouver la mort au grand plaisir de ses nouveaux compagnons et  amis de circonstance: les animaux sauvages et autres bêtes de la forêt…  Mais ne t’en fais pas frère, je ne t’en veux pas. J’espère que ton patron et toi, vous me permettrez un jour de venir m’incliner sur sa tombe…. En attendant je prie. Je continue de prier pour ne pas devenir méchant à mon tour…. Amen!

Cher frère, tu m’en voudras certainement si je ne dis rien sur la vraie raison de ton voyage, ô combien mediatisé sur Gagnoa, chez toi.

Tu sais , chez nous à Accra on dit: ‘ton intelligence te fatigue’… Tu vas à Gagnoa frère, pour préparer le terrain par rapport à ce que tu vois venir. Tu sais très bien ce qu’il faut faire pour ne pas aller en prison à la Haye.Et tu sais qu'un Gbagbo à la CPI, c'est la garantie que ta cellule t'y attend. Mais, tu n’as plus vraiment toutes les cartes en main et la CPI ne ratera aucune occasion pour te coincer. C’est donc le moment de créer les conditions pour te positionner du bon côté de la conscience comme tu as su, si souvent le faire. En allant dans le village de Gbagbo, tu veux non seulement montrer aux juges de la CPI que si tu peux y être et t'y pavaner à loisir, c'est parce que tu n'as rien fait et que même son village sait que c'est Gbagbo qui est à la base des malheurs des ivoiriens, mais tu veux aussi convaincre les populations de Gagnoa que tu es le seul qui peut sortir leur fils des mains de la justice internationale. C'est pourquoi, pour rien au monde, tu ne manqueras de répéter ton mantra aux parents du vieux, que "si Gbagbo est encore en vie, c’est bien grâce à toi". Tu ajouteras aussi, assez prudemment, que ton patron ayant un coeur plein de haine inutile, le moment est venu de se serrer les coudes; et que c’est fort de leur soutien seulement, que tu arriveras à obtenir la libération du vieux...

Les gens de Gagnoa te recevront, certainement, mais le coeur en peine. Ils n'ont pas le choix parce qu'ils ont peur de ta horde de sauvages. Ils ont trop subi les affres de cette milice que tu oses appeler ton armée pour oser se rebeller contre toi. Mais Frère, ta manipulation,cette fois, ne prospérera que le temps d’une visite.  Tout le monde connait désormais ton jeu. Tu ne réussiras pas à arrêter le cours de l’histoire tel que décidé par Dieu, même si dans ton milieu tu es désormais considéré comme un dieu.

Gbagbo sortira de prison parce que innocent, et le monde saura qui a engendré la guerre en Côte D'Ivoire et de ce fait tué des milliers et des milliers de civils. La libération de Gbagbo et cette vérité sur les vrais responsables des massacres des ivoiriens entraîneront à coup sûr la réconciliation effective des fils et filles de notre beau pays.

Frère, je voudrais m'arrêter ici, et te présenter mes excuses, à toi et à tous nos frères, à qui tu passeras ma lettre pour commenter avec eux la déception qu’elle provoquera, surtout venant d’un frère. Mais on en reparlera certainement un jour quand on se retrouvera avec tous les autres. Je pense à OK,  Kabila, Pickas, Navigue, Zeguen et tous les autres qui sont aujourd’hui exclus du ‘vivre ensemble’. Bien sûr,  si Dieu permet que nous soyons tous en vie, libres et bien portants  quand l’heure aura sonné. D’ici là, porte toi bien , bon séjour sur la terre de mes ancêtres et que mon Dieu te garde.

 

Ton frère,

Dr Hervé-Brice ABIE ZOGOE

 

Médecin. Ancien Ambassadeur de la Côte  d’Ivoire en Afrique du Sud,

Ancien représentant du FPI en Afrique du Sud.

Fils de Gagnoa, en exil.

dimanche, 04 août 2013

LE PERE JEAN-CLAUDE DJEREKE ASSOMME OUATTARA: «POURQUOI LES IVOIRIENS NE PEUVENT PLUS ATTENDRE»


ALASSANE OUATTARA.jpg

Jean-Claude DJEREKE interpelle Ouattara.

 

Les présidents élus démocratiquement et ayant relativement bien travaillé pour leur pays attendent habituellement les dernières semaines pour se déclarer candidats à leur propre succession. Dramane Ouattara, lui, a déjà annoncé, à maintes reprises et lors de ses déplacements à l’étranger, qu’il sera au rendez-vous de la présidentielle de 2015 malgré une gestion catastrophique de la Côte d’Ivoire.

Comme si la tâche était trop ardue pour lui. Et pourtant, ses adeptes et parrains, aussi intéressés les uns que les autres, l’avaient présenté comme le meilleur économiste et le plus grand démocrate que la terre ait porté. Même Mamadou Koulibaly a commencé à déchanter après l’avoir adoubé en assistant à son investiture à Yamoussoukro. L’ex-président de l’Assemblée nationale, dont je n’ai jamais su ce qu’il espérait ou attendait en retour de ce soutien à celui qui a introduit la violence dans le jeu politique ivoirien depuis 1991, considère en effet la chasse aux sorcières, le détournement des deniers publics, le rattrapage ethnique, les atteintes aux droits de l’homme, le chômage grandissant, l’inflation galopante, le pillage des ressources naturelles par toutes sortes de mafias, la caporalisation des médias d’État comme autant de “merveilles sous Ouattara”. Koulibaly note aussi que les questions relatives à la nationalité et au foncier rural ne sont soulevées que “pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire”. Le président de “Liberté et démocratie pour la République” (Lider) termine sa réflexion en souhaitant (et c’est, à mon avis, le point le plus intéressant de son texte) que “l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action”.

Agir et non s’émerveiller, se lever ensemble pour dégager pacifiquement ce régime incompétent, prédateur et totalitaire au lieu d’attendre je ne sais quel “deus ex machina” qui viendrait nous débarrasser comme par enchantement de ce système avilissant, clochardisant et étouffant: tout est là.

Où que nous soyons, nous pouvons et devons faire quelque chose pour libérer notre pays de la tutelle française car c’est de cela qu’il s’agit en définitive. Derrière les pantins qui se sont appuyés sur des raisons fallacieuses pour attaquer notre pays le 19 septembre 2002 et qui ont été installés au pouvoir le 11 avril 2011 d’une maniere que tout le monde sait, se trouve en effet une France néocolonialiste, affairiste et raciste qui, pour forcer Laurent Gbagbo à la laisser disposer et jouir de la Côte d’Ivoire comme au temps d’Houphouët-Boigny, ne trouva pas d’autre moyen que d’armer des incultes et des bandits. Cette France qui tantôt combat les rebelles au Mali, tantôt les soutient en Syrie, c’est ensemble, Ivoiriens de l’intérieur et de la diaspora, que nous devons lutter contre elle. C’est le lieu de dire un mot sur ceux qui ont quitté le pays avant ou après le 11 avril 2011. Le général Charles de Gaulle et d’autres résistants français, eux aussi, avaient quitté leur pays. Se tournaient-ils les pouces ou jouaient-ils aux cartes à Londres pour autant? Y faisaient-ils du tourisme? Non! Nuit et jour, ils sensibilisaient les Anglais et Européens capables de peser sur le destin de la France occupée par l’Allemagne nazie, encourageaient les résistants français restés sur place, prenaient des initiatives pour la libération de leur pays. Il y eut aussi cet appel à la résistance lancé par de Gaulle sur les ondes de la British Broadcast Corporation (BBC), le 18 juin 1940. Nul doute qu’il fut décisif pour la suite des événements. Inutile donc de penser que la libération de notre pays sera l’affaire des seuls locaux et que ceux qui sont partis un jour ont abandonné la lutte et oublié le pays. On raconte qu’un Brazzavillois, fraîchement arrivé à Paris, rencontra Tchicaya U’tamsi. Après l’avoir salué, il lui demanda si le Congo ne lui manquait pas. Le poète lui aurait donné la réponse suivante: “Toi, tu es au Congo mais moi, le Congo est en moi. Je le porte toujours dans mon cœur.” Je ne crois pas que les Ivoiriens exilés ici ou là soient partis de gaîté de cœur. Mon intime conviction est que c’est la mort dans l’âme qu’ils ont été contraints de le faire et que, quoique vivant loin de la patrie, ils n’en continuent pas moins de la porter dans leur cœur et de lutter pour qu’elle n’échappe pas définitivement aux Ivoiriens. C’est cela qui importe le plus aujourd’hui. L’enjeu, ce n’est pas de savoir qui est resté ou parti mais d’agir, de s’engager, de se retrousser les manches pour empêcher la destruction de la Côte d’Ivoire, le seul pays à même de nous traiter comme des princes et des princesses.

Et plus tôt nous agirons, mieux cela vaudra pour la Côte d’Ivoire rendue méconnaissable en dépit des discours lénifiants sur une croissance économique à deux chiffres, un pays en chantier, la ruée des investisseurs, l’accession à l’émergence en 2020, etc. Soit dit en passant, l’émergence n’a pas de sens pour un pays quand les populations s’appauvrissent jour après jour, tout comme affirmer que “l’argent ne circule pas parce qu’il travaille” est une sottise. Le candidat Alassane Dramane avait promis de construire une université par an, de sanctionner tous les coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, de faire pleuvoir des milliards sur le pays, de donner du travail aux jeunes, de rendre propres Abidjan et les autres villes, de faire oublier les intempestives coupures de courant observées sous l’ancien régime, de constituer une armée républicaine, d’ouvrir la Radio et la Télévision ivoiriennes (RTI) à toutes les formations politiques, etc. Ces promesses ont-elles été réalisées? Non! Mais il y a pire que cela en ce sens que Dramane continue de promettre monts et merveilles ici et là alors qu’il est censé réaliser d’abord celles qu’il avait faites en 2010.

Allons-nous attendre 2020 pour constater que ce monsieur n’est qu’un mystificateur, qu’il n’a aucune solution mais qu’il est le problème no 1 de la Côte d’Ivoire pour avoir prédit qu’il rendrait le pays ingouvernable si sa candidature à l’élection présidentielle était rejetée? Certaines personnes répondront qu’il faut patienter car “tout vient à point à celui qui sait attendre”, d’autres estimeront que tout est dans la main de Dieu et que Celui-ci agira à son heure. Martin Luther King fut confronté à la même question dans une Amérique où les Noirs étaient quotidiennement victimes de mépris, de violence et de discrimination. Sa réponse, il la donna dans “Why we can’t wait” (Pourquoi nous ne pouvons pas attendre), un ensemble de lettres écrites pendant son séjour dans la prison de Birmingham. La lettre “Why we can’t wait”, qui date d’avril 1963, est indiscutablement l’un des textes les plus poignants de l’ancien pasteur d’Atlanta. On y voit un autre Luther ou bien celui-ci s’y dévoile sous un autre jour. Aux Blancs modérés qui reconnaissent le caractère illégitime de la ségrégation raciale, mais qui reprochent aux activistes noirs d’être trop impatients, King répond que “l’Histoire est la longue et tragique illustration du fait que les groupes privilégiés cèdent rarement leurs privilèges sans y être contraints”, que, “s’il arrive que des individus soient touchés par la lumière de la morale et renoncent d’eux mêmes à leurs attitudes injustes, les groupes ont rarement autant de moralité que les individus”, que “la liberté n’est jamais accordée de bon gré par l’oppresseur mais doit être exigée par l’opprimé” et que lui, Luther, ne s’est “jamais engagé dans un mouvement d’action directe à un moment jugé opportun, d’après le calendrier de ceux qui n’ont pas indûment subi les maux de la ségrégation”. Pour lui, le mot “Attendez !” veut simplement dire “Jamais !”. Opposé à une “Justice trop tardive qui est un déni de justice”, Luther King rappelle opportunément que les Noirs ont attendu “pendant plus de trois cent quarante ans les droits constitutionnels dont nous a doté notre Créateur”. Plus loin, il ajoute ceci: “Ceux qui n’ont jamais senti le dard brûlant de la ségrégation raciale ont beau jeu de dire: ‘Attendez !’. Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher à volonté vos pères et mères, noyer à plaisir vos frères et sœurs ; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et même tuer vos frères et sœurs noirs en toute impunité ; quand vous voyez la grande majorité de vos vingt millions de frères noirs étouffer dans la prison fétide de la pauvreté, au sein d’une société opulente ; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d’expliquer à votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d’attractions qui vient de faire l’objet d’une publicité à la télévision ; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce que ce parc est fermé aux enfants de couleur ; quand vous voyez les nuages déprimants d’un sentiment d’infériorité se former dans son petit ciel mental ; quand vous la voyez commencer à oblitérer sa petite personnalité en sécrétant inconsciemment une amertume à l’égard des Blancs ; quand vous devez inventer une explication pour votre petit garçon de cinq ans qui vous demande dans son langage pathétique et torturant: ‘Papa, pourquoi les Blancs sont si méchants avec ceux de couleur ?’; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit après nuit sur le siège inconfortable de votre voiture parce qu’aucun motel ne vous acceptera ; quand vous êtes humilié jour après jour par des pancartes narquoises : « Blancs », « Noirs » ; quand votre prénom est « négro » et votre nom «mon garçon» (quel que soit votre âge) ou « John » ; quand votre mère et votre femme ne sont jamais appelées respectueusement « Madame » ; quand vous êtes harcelé le jour et hanté la nuit par le fait que vous êtes un nègre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l’instant d’après, accablé de peur à l’intérieur et de ressentiment à l’extérieur ; quand vous combattez sans cesse le sentiment dévastateur de n’être personne ; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d’attendre. Il vient un temps où la coupe est pleine et où les hommes ne supportent plus de se trouver plongés dans les abîmes du désespoir.”

Toutes les lignes de “Why we can’t wait” sont si riches et si denses qu’elles mériteraient d’être reprises ici. Mais oserais-je le faire que mon lecteur n’éprouverait plus le besoin d’acheter et de lire le livre.

King a aussi ce passage que je trouve sublime: “Prétendre que le temps, à lui seul, guérira inéluctablement tous les maux, voilà une idée étrangement irrationnelle. En réalité, le temps est neutre; il peut être utilisé pour construire ou pour détruire… Notre génération ne doit pas se reprocher seulement les actes et les paroles au vitriol des méchants, mais aussi l’effrayant silence des justes.

Nous devons admettre que le progrès de l’humanité ne roule jamais sur les roues de l’inéluctabilité. Il n’est amené que par les efforts inlassables et persistants des hommes qui ont la volonté de collaborer à l’œuvre de Dieu. Sans ce dur labeur, le temps lui-même devient l’allié des forces de stagnation sociale”. Les théologiens catholiques soutiennent que le Dieu, qui nous a créés sans nous, ne veut cependant pas nous sauver sans nous. Par conséquent, je considère que l’idée selon laquelle “c’est Dieu seul qui peut nous sortir de cette situation” est non seulement une connerie mais une insulte à ce Dieu-là qui envoya Moïse auprès de Pharaon pour libérer son peuple de l’esclavage en Égypte (Exode 3, 7).

Comme Luther King, je dirais en conclusion que les Ivoiriens ne peuvent pas attendre 2015 ou 2020 pour prendre leurs responsabilités. Le moment est venu de sortir de notre peur et de notre torpeur.

C’est maintenant que nous devons agir. Pourquoi? Parce que, avec la substitution des Guérés par des Burkinabè à l’Ouest de la Côte d’Ivoire et l’octroi de la nationalité ivoirienne à des milliers de Maliens, Burkinabè et Guinéens d’une façon qui ne respecte pas les lois ivoiriennes, nous risquons à terme de devenir étrangers dans notre propre pays. Parce que Dramane Ouattara a été placé au pouvoir pour défendre les intérêts des étrangers (France et CEDEAO) et non ceux des Ivoiriens.

 

Jean-Claude DJEREKE

Auteur de “L’Afrique et le défi de la seconde indépendance” (Paris, L’Harmattan, 2012) et chercheur associé au Cerclecad, Ottawa (Canada).


Source: IVOIREBUSINESS.NET

vendredi, 02 août 2013

GUERRE DES CLANS AU PDCI: BEDIE VEUT NEGOCIER, KKB DIT NIET

 

KKB.jpg


Rebondissement - Guerre des clans au Pdci: Bédié veut négocier avec KKB. Ce dernier dit NON et crache du feu "On ne peut pas faire son temps et le temps des autres".

 

Un rebondissement inattendu vient de se produire au sein du Pdci-Rda où la guerre des clans qui secoue le parti houphouétiste fait rage. Selon nos informations, Henri Konan Bédié, désagréablement surpris par l'ampleur de la fronde contre lui, a commencé à être habité par la lucidité et à mettre de l'eau dans son vin. Il a demandé à négocier avec Kouakou Konan Bertin dit KKB, candidat déclaré contre lui à la présidence du Pdci, et qualifié il y a peu par lui de "soldat perdu", au point qu'il refusait de le recevoir malgré ses demandes d'audience répétées.

Cette demande de négociation d'Henri Konan Bédié à KKB, comme fallait s'y attendre, a fait l'effet d'un tremblement de terre au sein Pdci et montré la perte d'influence du "Sphinx" de Daoukro, d'ailleurs rentré précipitamment de Paris il y a quelques jours, pour faire face à la fronde de 25 députés de son parti, emmenés par Yasmina Ouegnin.

Du côté de Paris et de toute l'Europe, c'est également l'hémorragie. En effet, tous les délégués du parti autour de madame Léontine Howa, déléguée générale du Pdci en France, ont dit NON à son maintien à tête du parti, lui coupant du coup toute base arrière européenne.

La réponse de KKB à la demande de négociation de son "père" Bédié ne s'est pas faite attendre. Il a immédiatement opposé une fin de non recevoir à la demande de ce dernier, et a réaffirmé sa candidature à la présidence du parti, candidature qu'il juge désormais irréversible.

Konan Bédié a donc décidé de s'attacher les services d'un médiateur, puisque le fils KKB ne veut pas de dialogue direct. Il a selon nos sources choisi un médiateur en la personne du doyen Camille Alliali pour ramener KKB à la raison, et laver le linge sale en famille.

L'ancien ministre d'Etat d'Houphouët Boigny, qui jouit d'une très grande influence et d'un grand prestige au Pdci, prend sa mission très au sérieux et aurait déjà pris langue avec KKB pour une rencontre avec Bédié qui pourrait se tenir à son domicile ou dans son village natal de Kankro. Mais encore faut-il que KKB accepte le principe, le contenu, et les modalités d'une telle rencontre. Au moment où nous mettons sous presse, c'est toujours le NON du côté de KKB, surtout s'il s'agit de renoncer à sa candidature à la présidence du Pdci.

Il l'a encore reaffirmé hier à Lakota où il était en déplacement chez ses parents maternels. A l'endroit de sa défunte mère, il a déclaré: "Je suis venu ce matin saluer la famille, prendre des souvenirs de ma mère qui a tant souffert pour moi. Qui, si elle était en vie, serait fière de moi".

Et de dire sa pitié pour tous les détracteurs au sein du parti qui l'accusent de ne pas être Baoulé: "J’ai pitié pour ses gens qui disent que je ne suis pas Baoulé mais Dida. Est-ce que chacun choisit le ventre d’une femme où il veut rester ? Moi, je n’ai pas choisi Koffi Kouadio Mathieu qui a quitté Bocanda pour venir prendre Dago Delphine. Elle m’a mise au monde et je suis fier d’être Baoulé et fier d’être Dida. Je demande à chacun d’être fier de ses origines. Le Dida de Lakota fait frontière avec les Bété de Gagnoa et c’est là-bas que mon père est mort. Dans quelques semaines, j’irai à Obodroupa. Je suis aussi Bété. Je suis serein parce que je ne crains rien et je suis convaincu de ce que je fais. Je le fais dans l’intérêt du parti et pourquoi pas de la Côte d’Ivoire. Quand on fait le combat d’un peuple, c’est qu’on est en mission commandée par Dieu. Je n’ai aucune crainte, j’accomplis ma mission".

Il a ensuite confirmé à ses parents maternels et aux militants du Pdci, ses intentions à briguer le poste de président du PDCI: " On dit que pour être candidat à la présidence du PDCI, il faut avoir 40 ans, j’ai dépassé les 40 ans, il faut avoir fait 10 ans au bureau politique, j’ai fait 12 ans, 12 ans au secrétariat, je suis député à l’Assemblée nationale, je suis vice-président du groupe parlementaire, il reste quoi encore ? Je suis candidat à la présidence du PDCI".

Il a profité de l'occasion pour assener ses vérités à Konan Bédié: "Dans la vie, on ne peut pas faire son temps et faire le temps des autres. Je ne suis pas de ceux qui s’opposent à son âge. Son âge ne constitue pas un problème, au contraire, je prie Dieu pour qu’il vive longtemps et il vivra longtemps. Mais en même tant, je dis qu’il y a un temps pour tout".

Voilà qui est clair comme de l'eau de roche et qui donnera à coup sûr du fil à retordre au doyen Camille Alliali, le nouveau médiateur dans la guerre entre KKB-Bédié.

 

Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 31 juillet 2013

GUILLAUME SORO, MEDIATEUR DE L’OIF EN EGYPTE: UNE INSULTE A LA CONSCIENCE HUMAINE

 

côte d'ivoire,Guillaume Soro, médiateur de l’OIF en Egypte,Une insulte à la conscience humaine,Benjamin Koré,le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013

 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a décidé d’envoyer une mission d’information et de contact en Egypte afin d’aider au règlement du conflit politique qui secoue ce pays. Selon le communiqué produit à cet effet, le secrétaire général de l’OIF, le controversé Abdou Diouf, a porté son choix sur Guillaume Soro Kigbafori, ex-chef de la rébellion armée ivoirienne et président du Parlement sous le régime Ouattara, pour conduire cette mission au Caire du 16 au 20 juillet 2013.


Toute initiative visant à éteindre le foyer de tension en Egypte est salutaire. Mais le choix porté sur Soro au nom de l’OIF, l’organisation francophone commune, constitue un véritable scandale. D’autant que Soro a dirigé une rébellion qui a commis de pires atrocités et des membres de cette rébellion continuent de sévir en toute impunité. Par ailleurs, M. Diouf dépêche M. Soro en Egypte alors que la Côte d’Ivoire que ce dernier et ses amis rebelles ont martyrisé depuis septembre 2002 est toujours en lambeaux. Parce que la crise sociopolitique ivoirienne demeure. Elle s’est même accrue depuis la guerre postélectorale. Certes les armes se sont tues, mais la fracture sociale est abyssale et les lendemains sont de plus en plus incertains. Les communautés qui peuplent la Côte d’Ivoire continuent de s’affronter à mort

du fait des animosités entre elles. Récemment dans la région de Bouaflé, Baoulé et Burkinabé se sont affrontés faisant plusieurs morts. Le pays est devenu une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment. Insécurité galopante, violations des droits humains, Justice des vainqueurs, réconciliation compromise etc., tout est là pour une déflagration. Il est donc incompréhensible qu’Abdou Diouf dépêche Guillaume Soro Kigbafori

sous d’autres cieux alors que la Côte d’Ivoire, le pays dont Soro est censé être le N°2 du régime en place, est dans la tourmente.  La preuve, le dialogue entre le pouvoir et l’op - position significative est bloqué. Le Fpi, principal parti d’opposition, demande au régime Ouattara la désignation d’un médiateur pour faciliter le dialogue politique. Si Abdou Diouf estime que Guillaume Soro a une âme de médiateur, pourquoi ne lui demande-t-il pas de faciliter le dialogue politique en Côte d’Ivoire ?

Vers la Cpi…

Si Soro est porté au premier plan de la scène politique ivoirienne, c’est parce qu’il a choisi la voie des armes. Il demeure le responsable de l’aile civile de la rébellion armée. En choisissant Soro, Abdou Diouf continue de se révéler comme un soutien de l’ex- rébellion armée en Côte d’Ivoire. On se souvient qu’il était très en verve durant la crise postélectorale ivoirienne en appelant de tous ses vœux d’utiliser la force pour renverser Laurent Gbagbo du pouvoir. On se souvient qu’il avait encouragé Gbagbo à permettre la candidature d’Alassane Ouattara en promettant le désarmement des rebelles. Gbagbo, de bonne foi, l’a fait. En retour, Abdou

Diouf n’a pas exigé des rebelles qu’ils désarment. S’il choisit aujourd’hui Soro pour la mission de l’OIF en Egypte, cela signifie qu’il est dans sa logique de faire chemin avec la rébellion armée qui a déstabilisé la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui que la rébellion est au pouvoir en Côte d’Ivoire, Abdou Diouf tente de donner une carrure internationale à Soro. D’où cette mission égyptienne. Où étaient Abdou Diouf et l’OIF quand un coup d’Etat a emporté Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ? Diouf était à la tête de l’OIF. Alassane Dramane Ouattara à la tête de la Cedeao et Soro était toujours un des dirigeants de la Côte d’Ivoire. Ils étaient tous là, mais ils n’ont pas levé le petit doigt en faveur d’ATT alors que ce dernier a été démocratiquement élu comme Mohamed Morsi en Egypte. Diouf, Ouattara et Soro ont plutôt œuvré à parachever le coup d’Etat en laissant ATT prendre le chemin de l’exil sénégalais parce que c’était la volonté de la France sous Nicolas Sarkozy. La Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée-Conakry et bien d’autres pays francophones sont en crise. Mais l’OIF reste amorphe et aphone. On a tout compris.


Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013.

mardi, 30 juillet 2013

COLLABOS DU PDCI: RENDEZ-VOUS A LA RUE LEPIC

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/7/7f/PDCI_logo.PNG/180px-PDCI_logo.PNG

 

Vous avez choisi de soutenir Mr Alassane Dramane Ouattara soit par alliance, par fanatisme ou par ignorance. On est tous en Cote d’Ivoire, nous savons tous les pratiques du RDR. Depuis le coup d’état du 24 Décembre 1999, la Cote d’Ivoire n’a plus connu de paix par la volonté d’un seul individu qu’on peut désormais nommer sans risque de se tromper puisque lui-même l’a avoué à FERKE.

Des tentatives de coup d’état échouées jusqu'à la rébellion de 2002 avec son corollaire de pertes en vie humaines et de destruction de biens, chaque habitant de la Cote d’Ivoire devrait savoir combien de fois il était nocif  pour le peuple de porter le parrain de la rébellion à la tête de notre pays. Déjà au premier tour, il annonce les couleurs en fraudant pour se hisser au second tour. Au second tour, dans les zones contrôlées par ses rebelles, il y a eu tout sauf des votes. Nous étions tous témoins. Et honteusement, l’enfant venu de Sindou se proclame président. Comme tous les pays au monde, la Cote d’Ivoire notre chère patrie a ses lois. Ce que nous n’arrivons pas à comprendre jusqu’aujourd’hui, c’est lorsque après l’annonce des résultats définitifs par l’organe habilité à le faire comme le prévoit notre constitution, que des ivoiriens continuent d’apporter leur soutien au sieur Dramane. De quelle Cote d’Ivoire rêviez-vous en agissant ainsi? A tous ceux qui sont devenus subitement des défenseurs de Bédié, nous voudrions rappeler ces faits.

  • Henri Konan Bédié a été chassé du pouvoir par les armes en 1999, il a appeléà une résistance. On a vu aucune mouche répondre à son appel ;
  • Henri Konan Bédié a vu sa candidature rejetée par la cour suprême en 2000, personne n’a levé le petit doigt ;
  • Henri Konan Bédié conteste les résultats du premier tour de la présidentielle de 2010, il ne reçoit aucun soutien.

Alors pourquoi tout ce bruit pour imposer Bédié à la tête du PDCI-RDA au moment ou ce dernier ne peut plus prétendre être candidat à la tête du parti du fait de son âge avancé ? Ne serait-il pas un moyen pour vous de soutenir Mr Ouattara le génocidaire ? Chers amis, soyez un peu courageux en vous rendant simplement à la rue Lepic pour prendre vos cartes de militants du RDR. Ca aussi c’est votre droit. Nous travaillons au renouveau, au rajeunissement et à la renaissance de notre parti. Le peuple de Cote d’Ivoire dans sa situation actuelle a besoin d’un PDCI-RDA fort qui songe à prendre le pouvoir d’état et à l’exercer et non un parti moribond qui va cautionner les barbaries des rebelles.Si certains militants du PDCI-RDA mettaient ne serait-ce que 10% de l’enthousiasme qu’ils ont à soutenir Ouattara au service du parti, Mr Konan Bédié serait toujours le président de la république de Cote d’Ivoire mais ils ont choisi de tuer le PDCI pour que vive le RDR.

Pour faire de Ouattara président de la république de Cote d’Ivoire, ils ont pris des armes contre leur pays, rejoint les rebelles au Golf Hôtel. Dans nos villes, vous avez instrumentalisé et armé des jeunes pour s’attaquer à d’autres jeunes ainsi qu’a nos vaillants corps habillés. C’est vrai que votre volonté a été faite mais c’est seulement à votre seul honneur car ce n’est ni avec des bombes encore moins avec des kalachnikovs qu’on élit le président de la république de Cote d’Ivoire. Ouattara président, que gagne la Cote d’Ivoire notre pays ? Ouattara président, l’argent ne circule pas, la pauvreté « travaille » nos foyers, le chômage « travaille » les jeunes, c’est le rattrapage ethnique, les Dozos et les miliciens du RDR ont remplacé les Forces de Défense et de Sécurité de Cote d’Ivoire. Que dites-vous? Les ivoiriens sont expropriés de leurs terres. Des milliers de nos compatriotes sont forcés de vivre en exil dans des conditions humiliantes. Les ivoiriens ne se parlent plus, c’est la méfiance partout et rien n’est fait pour les réconcilier. Mr Alassane Dramane Ouattara président de la république, les apatrides constituent sa préoccupation et les citoyens sont enfermés dans des prisons et des centres de tortures.Faire des étrangers de nouveaux ivoiriens en remplacement des ivoiriens qu’il tue, emprisonne ou force à l’exil est son programme de gouvernement. L’histoire nous montre que cela a été possible en Amérique, en Australie ; mais l’histoire nous montre que cela a échoué en Algérie. La Cote d’Ivoire prendra la relève de l’Algérie. Nous arracherons des griffes du RDR le PDCI pour faire échec à une telle politique. Ceux qui au PDCI approuvent cette occupation de la Cote d’Ivoire sont tout simplement invités à prendre leur carte au RDR et non chercher à instrumentaliser le PDCI.

C’est vous qui êtes à la base de la descente aux enfers de notre pays. Les rebelles se sont partagés le pays en plusieurs zones dirigées chacune par des commandants, il y a l’insécurité, les coupeurs de route, des ex-combattants à la cause de Mr Ouattara laissés pour compte endeuillent chaque jour nos populations. Aujourd’hui en Cote d’Ivoire, le mensonge est érigé en mode de gouvernement, on utilise 110 milliards de nos francs pour seulement peindre les bâtiments de l’université de Cocody et vous trouvez ca normal, vous êtes au pouvoir. Vous accompagnez Mr ouattara dans son ambition de détruire notre pays. Lorsque l’armée française bombardait la résidence du président de la république, on vous entendait crier de joie à chaque fois que les bombes explosaient. On se demandait bien quels sont ces ivoiriens qui prenaient tant de plaisir à voir mourir leurs semblables ? C’est vous qui souteniez l’embargo sur les médicaments en Cote d’Ivoire. Quelle folie ? Pour Ouattara, vous avez perdu la raison, oubliant même que les hommes passent et que le pays va rester. C’est vous qui avez encouragé la déportation de l’enfant du peuple à la Haye. Les ivoiriens veulent savoir ce que vous gagnez dans la souffrance et l’humiliation de vos frères et sœurs. Apres plus de deux ans passés en prison à la Cour Pénale Internationale, les juges avouent qu’ils n’ont aucune preuve pour le juger. C’est vous qui avez utilisé les armes contre les ivoiriens car vous avez refusé le recomptage des voix.

Tellement que vous êtes devenus fous du fait de manger à la soupe de la rébellion, vous êtes même prêts a détruire le PDCI-RDA votre propre parti. Vous êtes prêts à violer les textes pour que Mr BEDIE se maintienne à la tête du parti et que toutes les instances soient supprimées. Vous êtes les héros de la honte ! Quel honneur pour Mr Bédié quand il est assis au Golf Hôtel dans le fief des rebelles, ces tueurs de vie sans scrupule alors qu’il venait de nous demander de sursoir a notre marche quelques mois plutôt car nous disait-il nos vies lui coutaient assez chères ? Quelle controverse ? Ce sont nos mêmes vies que vous avez supprimé à travers l’embargo sur les médicaments. Ce sont nos mêmes vies que vous avez massacré à l’Ouest du pays. Oui ! C’est vous, les héros de la honte ! Car pour vos petits intérêts vous avez fait et continuez à faire couler le sang d’honnêtes citoyens ivoiriens. Les ivoiriens sont a jamais marqués par cette page noire que vous avez ouvert. Ou est votre gloire quand vos actes n’ont pas permis à la majorité des ivoiriens d’être heureux ? Vous avez semé le malheur, la désolation et la mort dans nos populations, tuant ainsi la jeune démocratie naissante dans notre pays. Pour la majorité des ivoiriens, vousêtes une grosse honte nationale. Quelle laideur ! Quand vous allez jusqu'à vous renier. Le PDCI-RDA, le parti que vous n’avez pas créé devra disparaitre au profit du RDR le bourreau de la Cote d’Ivoire parce que vous buvez du sang  des ivoiriens  avec  la rébellion. Quelle tristesse !

Chers héros, continuez à manger comme des gloutons avec vos mains ensanglantées jusqu'à ce que la fin de votre rêve et votre réveil annoncent le levée du jour. Oui, un nouveau jour arrive pour mettre fin à la souffrance du peuple de Cote d’Ivoire. Qu’est-ce qui n’a pas de fin ici bas sur la terre ? Ivoiriennes, ivoiriens, habitants de la Cote d’Ivoire, demeurons toujours en prière. Le temps des retrouvailles c’est pour très bientôt. Soyons forts. On va libérer le PDCI  des collabos pour libérer la Cote d’Ivoire des usurpateurs!

 

Yao Kouamé Patrick

Président de la Jeunesse du PDCI-RDA en exil.

lundi, 29 juillet 2013

MAMADOU KOULIBALY: LA COTE D'IVOIRE, PAYS DES MERVEILLES SOUS OUATTARA

 

côte d'ivoire,mamadou koulibaly,président de lider,la côte d’ivoire pays des merveilles sous ouattara

 

Dans une homélie prononcée le samedi 29 juin 2013 à la cathédrale d’Agboville, Mgr Alexis Touably Youlo, l’évêque du diocèse, qui procédait à l’ordination du docteur en économie Abel Béranger Ndjomon comme prêtre de la «Compagnie de Jésus», nous a expliqué combien il était important pour la paix et la réconciliation en nous-mêmes, dans nos familles, dans nos villages et villes et dans notre pays, que nous nous émerveillions les uns les autres. «Emerveillez-vous !» nous a-t-il dit. Il nous a fait répéter à nos voisins «tu m’émerveilles». Il a conseillé que l’époux devrait en permanence s’émerveiller devant l’épouse et vice versa. Que l’homme du sud, du nord, de l’est, de l’ouest ou du centre devrait s’émerveiller devant son semblable d’ailleurs. Que l’Ivoirien devrait s’émerveiller devant le non Ivoirien. Tous, nous sommes des créatures différentes et nos différences doivent toujours être perçues comme des merveilles. En écoutant l’ecclésiastique, je me suis aperçu que nous pouvons tous nous émerveiller devant le personnel politique ivoirien.

Système D comme Démagogie, Déficit, Dette, Désespoir, Désastre, Discrimination, Détournements

N’est-ce pas que les hommes et les femmes qui font la politique chez nous nous émerveillent continuellement ? Mais de quoi viendrait cet émerveillement politique ? Emerveillons-nous devant ce que Jean-Gilles Malliarakis appelait, il y a dix ans déjà, le système D en parlant, à l’époque, dans un autre contexte et d’un autre pays. Pour cet auteur, le système D qu’il évoquait n’a rien à voir avec la débrouillardise et est «l’aboutissement de l’expression d’une démarche perverse à nos yeux mais parfaitement cohérente dans la réaffirmation de vieux dogmes que certains croyaient abandonnés». Hélas, les gouvernements se suivent et se ressemblent et il y a des raisons de s’émerveiller devant le statu quo dynamique qui permet à quelques politiciens de mener la danse, de nous entrainer dans des tangos infinis, de nous donner le vertige, de nous tourner la tête, de nous tourner en rond, toujours. Emerveillez-vous devant ce système D qui permet à ceux qui gouvernent l’Etat de Côte d’Ivoire de régner. Le système D en question se décline en plusieurs aspects tous liés et auto entretenus. D comme Démagogie, D comme Déficit, D comme Dette, D comme Désespoir, D comme Désastre, D comme Discrimination, D comme Détournement de fonds publics. Emerveillez-vous donc chaque jour de la semaine avec un D.

Lorsqu’il était candidat à la Présidence de la République, le programme du Dr Ouattara était celui du «vivre ensemble». Le semestre qui a suivi son arrivée au pouvoir, il a avoué qu’il ne s’attendait pas à trouver une situation plus catastrophique que celle qu’il avait anticipée. Ses calculs se sont donc révélés faux. Le dépérissement de l’Etat était, dit-il, plus profond. La défaillance de l’Etat était au-delà de ce qu’il avait cru, lui qui a été pourtant représenté au gouvernement par plusieurs ministres – et non des moindres –, qui a partagé le pouvoir depuis le 5 août 2002, date d’entrée de son parti au gouvernement ; lui qui a eu depuis janvier 2003 le statut de président d’Institution ; lui qui a participé à la cogestion du pouvoir et dont les hommes ont contrôlé un Etat parallèle à l’Etat de Côte d’Ivoire appelé à l’époque zone Cno ; lui enfin avoue n’avoir rien compris à ce qui se passait alors. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller : constater qu’après dix ans de règne, Ouattara avoue ne rien comprendre au pouvoir en Côte d’Ivoire ? Dès le premier semestre, il a abandonné le programme du «vivre ensemble» pour la chasse aux sorcières de ses présumés adversaires et ennemis. Chasse qu’il a conduit jusqu’à ce qu’il se rende compte que la vengeance ne paye pas toujours en termes de stabilité, d’emploi et de croissance.

Il passe, pendant le second semestre, au programme du «rattrapage ethnique», pour constater, en fin de première année, que le chômage ne baisse pas, bien au contraire, il augmente avec le chômage ethnique et le coût de la vie de plus en plus élevée.

A 30 mois de la fin de son mandat, Ouattara a un nouveau programme de gouvernement: être candidat en 2015

Il abandonne ces premières logiques impuissantes pour passer au programme de «l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020», grâce à de vieux programmes de dépenses publiques d’infrastructures de la fin des années 70 qu’il dénomme Pnd (plan national pour le développement). Il fait des campagnes de communication sur la croissance économique qui serait de retour avec des taux de 10%, mais constate que la pauvreté et le coût de la vie augmentent aussi dans des proportions incalculables. Comme les chiffres qui sont utilisés pour évaluer la croissance sont faux, il lui est difficile de dire que ceux utilisés pour évaluer la pauvreté, le chômage et le coût de la vie sont eux aussi faux. A faussaire, faussaire et demi. Une fois de plus, il change, le Pnd est oublié et on s’engage, trente mois avant les élections, avant même qu’il nous dise combien d’habitants il y a en Côte d’Ivoire, avant qu’il ne mette en place une commission électorale sérieuse, avant qu’il ne nous permette de reconstituer la liste électorale, dans son nouveau programme de gouvernement : il sera candidat en 2015, car il ne peut réaliser ses promesses électorales faites entre 1994 et 2010, en seulement 5 ans. Il lui faut un autre mandat et dans les trente mois à venir, tel sera son programme : convaincre les populations qu’il fera en sept ans ce qu’il n’a pas fait en trois ans. Il ira en campagne ici à l’intérieur du pays et aussi à l’extérieur car, à défaut de travailler pour avoir de l’argent, il ira s’endetter pour y arriver.

Devant notre émerveillement le président passe à la vitesse supérieure. Il faut trouver un thème de campagne qui paye, et qui, par le passé a bien payé. «Je vais régler maintenant les questions de nationalité et de foncier».

Juste pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire, la candidature annoncée et appuyée par un projet de règlement présenté comme conjoint entre la nationalité et le foncier rural. Quel émerveillement, quand des gens qui nous disaient il y a quelques temps, lors du conclave de Bassam, être définitivement sortis du cadre de Marcoussis, se retrouvent à invoquer les accords de Marcoussis ! Ces accords, conçus pour un gouvernement de réconciliation nationale, avaient pour but de chasser le détenteur du pouvoir de l’époque. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le cadre d’un gouvernement de transition ou de réconciliation, du moins c’est ce que nous nous autorisons à penser. Marcoussis a été appliqué selon les désidératas de Ouattara et le dossier semblait clos, lorsqu’il est ressorti de nouveau d’une part pour la nationalité et le foncier et d’autre part pour l’âge limite autorisée par l’article 35 de la constitution pour briguer un mandat de la présidence de la république. Emerveillez-vous !

MAMADOU KOULIBALY.jpg

Une lecture sélective de Marcoussis qui aboutit à la transformation d’une armée nationale en garde prétorienne privée de Ouattara

Marcoussis demandait le désarmement des rebelles dès la mise en place du gouvernement de réconciliation nationale. Ouattara ne l’a jamais accepté et aujourd’hui, pendant sa tournée dans les Savanes, non seulement il a justifié cette rébellion, mais il a proclamé en plus qu’il en est fier dans une région où plus de deux cents (200) personnes ont été assassinées dans un conteneur par le chef de guerre local, promu par Ouattara alors qu’il est sous sanctions onusiennes. Rien n’a été fait pour le désarmement et les élections se sont déroulées contre l’esprit et la lettre de Marcoussis. Les rebelles, après avoir pillé le nord, mettent maintenant à sac toute la Côte d’Ivoire. Le nord aurait donc oublié les crimes de la rébellion ? Quelle merveille !

Marcoussis voulait le désarmement des forces belligérantes, mais Ouattara, après sa victoire militaire, n’a désarmé que les Forces de défense et de sécurité (Fds) de l’Etat de Côte d’Ivoire. La retraite obligatoire et d’office a été imposée aux agents des Fds qui ne le souhaitaient pas. La retraite sans promotion pour certains qui en avaient atteint l’âge. La promotion à des postes diplomatiques pour d’autres enfin, qu’il aurait fallu maintenir pour la mise en place de la nouvelle armée. Le désarmement version Ouattara : transformer l’armée nationale en sa garde prétorienne privée. Quelle merveille !

Marcoussis voulait que les médias d’Etat ne soient pas caporalisés pour le compte d’un parti et qu’il leur soit donné impartialité et indépendance. Ils sont devenus, depuis Marcoussis, et le restent encore, des instruments de propagande du président de la République et du clan le plus fort du pouvoir en place. Quelle merveille !

On peut s’émerveiller de cette lecture sélective de Marcoussis par le personnel politique ivoirien. D’ailleurs , l’émerveillement ne date pas d’aujourd’hui quand on se souvient des métamorphoses des accords de Marcoussis signés le 24 janvier 2003. Aujourd’hui, en juillet 2013, plus de dix ans après, les accords sont passés par différents avatars. Le 30 juillet 2004, on les a renommés accords d’Accra, puis le 6 juin 2005, ils ont été rebaptisés accords de Pretoria, pour finir le 4 mars 2007 comme l’accord politique de Ouagadougou. Emerveillez-vous donc ! Avatars ? Quelle merveille !

Pillage systématique du sol et du sous-sol par des mafias politiques

Faire un traitement conjoint des questions de la nationalité et du foncier rural revient à se lancer dans une mission impossible, mais qui aura l’effet recherché de réveiller les vieux démons de l’ivoirité, de la xénophobie et de l’exclusion dans une ambiance qui suit l’annonce de la candidature du Dr Ouattara, président de la République en exercice.

Depuis les violences de la crise post électorale, de nombreux Ivoiriens sont rejetés par leur État et sont réfugiés au Libéria, en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Ghana, au Togo, au Benin et bien plus loin encore. Non content de négliger le phénomène et de se montrer incapable de les rassurer et de les faire revenir, Alassane Dramane Ouattara propose plutôt de régler en urgence de prétendus cas d’apatrides, c’est-à-dire des gens qui vivraient en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance de 1960 et qui ne seraient citoyens de nulle part. Alors qu’il interdit la nationalité à de nombreux citoyens ivoiriens en exil, il cherche de putatifs apatrides auxquels il voudrait donner la nationalité. N’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller?

Le président Ouattara, face à la déperdition de sa popularité et pour remobiliser ce qui était son électorat traditionnel avant son arrivée au pouvoir, tente de ressortir les démons de la division qui lui avaient été tellement favorables par le passé. Ces démons collectivistes qui entraînent les populations à choisir non plus leurs destinées propres, en tant que citoyens, en tant qu’individus, en tant que personnes humaines, mais à se définir d’abord comme groupes plus ou moins homogènes. Pour Alassane Dramane Ouattara, les habitants de notre pays appartiennent à leurs langues, à leurs ethnies, à leurs tribus, à leurs religions ; ils ne s’appartiennent pas à eux-mêmes. Le démon du repli identitaire qu’il veut attiser est celui qui nous conduit à choisir notre groupe tribal et à nous identifier à ce groupe comme entité homogène autonome. Le résultat est que chacun de nous, les partis politiques en premier, doit définir le groupe qu’il aime et ceux qu’il n’aime pas selon l’humeur du moment, selon les alliances du moment, selon les tactiques politiques du moment. Le gouvernement doit en faire autant et même donner l’exemple. Cet holisme politique, qui instrumentalise l’ethnie, la tribu, la région, la religion en les mettant à la disposition des ambitions politiques, cultive la discrimination collective, oppose les groupes ethniques, nourrit les antagonismes de groupes, les envies, les jalousies, les conflits communautaires. Lorsque vous êtes dans une catégorie peu nombreuse ou peu appréciée par le pouvoir dont la détention donne des forces, vous serez brimé parce que votre seule valeur se trouve dans votre nombre et votre identité collective, tribale. Ce collectivisme définit des catégories importantes et fortes et les impose aux catégories classées comme peu importantes et faibles. Ce système discriminatoire et tribal conduit aux conflits tribaux et ethniques. Faut-il s’en émerveiller ?

Combiner cette approche discriminatoire et les questions foncières, c’est nous éloigner du fond du règlement des questions foncières et, pendant ce temps, mieux organiser le pillage systématique des ressources du sol et du sous-sol par le canal de mafias politiques. Ce constat pousse à espérer que les Ivoiriens prennent conscience des dangers du système D dans la république de Ouattara, et que l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action. Ensemble, nous réussirons.

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER

LES BONS NOIRS DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

Le président du Tchad, Idriss deby.


Il est dans l’ordre des choses que, pour éviter que la Métropole perde la maîtrise des colonies, il soit placé à la tête de celles-ci des Enfants de «La République». En voici quelques-uns des plus grands et fidèles. Source: «Alter Info».

 
Toi, Gnassingbè II, tu es mis au pouvoir dans le territoire du Togo après 39 ans de règne de ton père, fidèle des fidèles enfants de la République. Grâce à ton père et à toi-même, la République conserve sa mainmise sur ce territoire et ses richesses après les « foucades indépendantistes » de Sylvanus Olympio et ses amis. Grâce à toi, le Port Autonome de Lomé, le seul port en eau profonde de l’Afrique Occidentale Française vivifie Bolloré et alimente l’économie de la République. Grand Enfant de la République, peu importe le nombre de morts et de perclus à vie que tu fais pour contrer les Africains du Togo. Tant que c’est pour la bonne cause: la survie de tutelle française, ça passe et passera. Les portes de la République te sont ouvertes le jour comme la nuit, comme ce fut le cas pour ton feu père Etienne Gnassingbè.


Photo du président du Togo, Faure Gnassingbè.

Enfant de la République Ali Bongo, le chemin de la longévité au pouvoir est par ici. François Hollande te l’indique, comme le montre la photo ci-dessous. Toi qui, comme ton feu père, finance la vie politique française de la Gauche à la Droite, tu seras toujours le bienvenu dans la maison de ton père ou de ta mère, la République. La fidélité dans la servitude est une vertu rare. Pour cela, et qu’il pleuve ou qu’il neige au Gabon, reçois les hommages appuyés de la République.


Photo du président du Gabon, Ali Bongo.

Allons ! Enfant de la République, Mamadou Issoufou, les jours d’Aréva au Niger se comptent en milliards d’euros. Merci de continuer à faire d’Aréva et de la France, grâce à l’uranium nigérien, 1er producteur mondial de l’énergie nucléaire! Au nom d’Aréva, François le socialiste vous salue et la France vous bénit. Quelle fidélité ! Quelle régularité ! Toi, enfant de la République, tu es reçu déjà 3 fois par Hollande, le président de la République, depuis son élection. Longue vie à toi, Issoufou, enfant chéri de la République!


Photo du président du niger, Mamadou Issoufou.

Grand enfant de la République, Idriss Déby, plus tu es obéissant, plus ton règne durera dans le territoire du Tchad. La République te dit merci pour ton indéfectible fidélité. Tu as parfaitement compris que plus on s’abaisse devant le maître, plus on monte dans la chaîne des serviteurs ! Attention tout de même au mal de dos, M. Déby.


Photo du président du Tchad, Idriss Deby.

Enfant Officier de la Légion d’honneur de la République, Macky Sall, tu seras toujours parmi les meilleurs élèves. Ta Légion d’honneur, tu l’avais bien mérité car tu maintiens l’un des tout premiers territoires colonisés en Afrique par la France dans le juron de la République. Bravo!
 

Photo du président du Sénégal, Macky Sall.

Ô, fier enfant de la République, Blaise Compaoré, grâce à toi la République a pu se débarrasser de Thomas Sankara qui eut la folie de tenter de construire un État indépendant au Burkina Faso. Ton apport à la République est énorme de ce point de vue. Compaoré, l’incomparable ! Ce n’est donc pour rien que la République a fait de toi le Sage, le Grand Médiateur en Afrique de l’Ouest où tu pilotes guerres et coups d’État en faveur de la République et de ses alliés. Reconnaissance et Fidélité de la République !


Photo du président du Burkina Faso, Blaise Campaoré.

Maître Franc-maçon, Grand Enfant, Grand guerrier de la République, Denis Sassou Nguesso, toi qui a ensanglanté le Congo durant des années pour revenir au pouvoir perdu contre Lissouba, la République te remercie vivement. Le pétrole, le bois et toutes les autres richesses du Congo livrées gracieusement à la République font de toi un de ses serviteurs qui trouvent toujours les portes de l’Élysée ouvertes: en été comme en hiver ! La République te salue et te garantit son soutien indéfectible. Franc-maçonniquement !


Photo du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N'Guesso.

Grand Enfant de la République, Dioncounda Traoré, giflé et humilié à Bamako, soigné et cajolé à Paris. Homme silencieux du sérail, ton heure a sonné. À force de servir dans l’obscurité, on finit par apparaître au grand jour: histoire de fidélité. La République te caresse et t’embrasse chaleureusement, car grâce à toi, elle se redéploie joyeusement en force au Mali en disant que c’est toi qui le lui a demandé. Sans toi, Grand et fidèle enfant de la République, les islamistes auraient coupé tous les pieds et les bras aux africains du Mali. Grâce à toi, la République a acquis un galon supplémentaire dans son oeuvre de « colonisation humanitaire ». Accessoirement, tu as offert un chameau à François Hollande en guise de remerciement. La République te chérit et te seras éternellement reconnaissante.


Photo du président du Mali, Dioncounda Traoré.

Enfant de la République, Alpha Condé, grâce à toi, l’ère Lassana Conté est toujours en cours. La République te laisse faire ce que tu veux en Guinée, en tout cas pour le moment. Tu seras toujours aux rendez-vous du Palais tant que tu ne bousculeras pas les intérêts de la République dans ce territoire que Sékou Touré a appelé «un scandale géologique», car insolemment doté de richesses fabuleuses. La République te gratifie d’un sourire à couper la faim et la soif du peuple africain de Guinée.


Photo du président de la Guinée, Alpha Condé. 

Paul Mvondo Biya
, Grand enfant de « La République » placé au pouvoir depuis 31 ans maintenant, tu as fait et continues de faire le bonheur de Total, de Perenco, de Bolloré, d’Air France, de Vilgrain, d’Orange, de Bouygues… Grâce à toi, le Cameroun est maintenu dans le juron de la République qui, de président en président, manifeste à ton égard une fidélité à toute épreuve. À l’été 2011, pour un séjour d’environ 3 semaines à La Baule où tu t’étais bien reposé avec une forte délégation, Paul Biya, tu as dépensé environ 1 million d’euros. Tu fais aussi partie des meilleurs financiers de la vie politique de la République. Qui est fidèle récolte fidélité ! C’est pourquoi, Grand enfant de la République, tu seras toujours le bienvenu sur les terres de celle-ci.
 

Photo du président du Cameroun, Paul Mvondo Biya.

Alassane Ouattara, fils de la République, grâce à toi, la République a pu se débarrasser du président Laurent Gbagbo. Tu pilotes en parfaite harmonie avec des bandits de grands chemins le Nouvel Ordre français dans le territoire de Côte d’Ivoire qui a tenté de tenir tête à la République. Grâce à toi, la République est en printemps continu dans ce territoire où le pillage à grande échelle s’opère joyeusement. Chacun prend sa part : 150.000 tonnes de cacao par-ci, 200.000 tonnes de noix de cajoux par là en récompense aux criminels de guerre qui ont accompagné l’armée française dans sa reconquête du pays. La République, te trouvant tellement obséquieux, a dit par la voix de Gérard Longuet, ministre de la défense sous Sarkozy, que si tu étais arrivé au pouvoir un peu plus tôt, elle aurait délocalisé sa base militaire au Gabon en Côte d’Ivoire. Grâce à toi, toutes les institutions de la République ont de l’avenir dans la région, à commencer par le Franc CFA. Tu seras toujours le bienvenu à l’Élysée, digne fils de la République.


Photo du président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara.


Auteur: KPOGLI Komla



Cordialement,

La Direction du RESEAU NERRATI-PRESS.

FRANÇAFRIQUE: LES RUSES DE LA RAISON POSTCOLONIALE

FRANçAFRIQUE. DRAPEAU FRANCE.JPG


Dans le contexte de l’intervention impérialiste de l’Etat français au Mali, nous republions un texte du militant internationaliste Jean Nanga, initialement paru dans Contretemps (première série) en 2006.

 

Le débat sur le passé colonial de la République française et ses « aspects positifs », gravés dans la loi depuis l’adoption de la loi du 23 février 2005, exprime la persistance de l’idéologie de « la mission civilisatrice ». Mais, il entre aussi en résonance avec le grand succès de librairie qu’a été l’ouvrage de Stephen Smith, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, dans lequel on peut lire : « Pour le dire brutalement : depuis l’indépendance, l’Afrique travaille à sa recolonisation. Du moins, si c’était le but, elle ne s’y prendrait pas autrement. Seulement même en cela le continent échoue. Plus personne n’est preneur [de ces pays africains qui survivent grâce à] la pension alimentaire qu’ils tirent de la coulpe de l’Occident »1. La force de l’opinion de S. Smith a été démontrée pendant la crise militaire de novembre 2004 entre l’État français et l’État ivoirien : de l’extrême droite à la gauche, des plumes se sont mobilisées en solidarité avec l’armée républicaine française, agressée de façon meurtrière en Côte d’Ivoire. Un acte criminel exprimant l’ingratitude de l’État ivoirien à l’égard de la République française censée avoir volé au secours du peuple ivoirien menacé de génocide par une élite politique immature et rétive à la démocratie. Mais, ce quasi-consensus semble confirmer l’enracinement de l’idéologie coloniale dans une grande partie de l’élite française voire de la société. Dans les lignes qui suivent, nous allons rappeler la continuité qui existe entre les rapports de l’ère vétéro-coloniale et ceux de l’ère néocoloniale.

Du colonialisme émancipateur

La compréhension du présent des « ex-colonies » africaines-subsahariennes de la France nous semble impossible dans l’ignorance du passé. Une évidence que négligent subtilement S. Smith et bien d’autres qui, parfois en se reniant, conçoivent la décolonisation comme fin de la colonisation et de la domination métropolitaine. Certains ne s’empêchent pas de présenter la décolonisation comme l’aboutissement logique d’un plan de la République émancipatrice. Alors que dans les faits, l’État français était farouchement opposé à l’indépendance des colonies. Albert Sarraut en parlait en des termes qui n’ont cessés d’être repris : « “ce trousseau de servitudes que l’on nomme ’indépendance” selon la formule de Georges Duhamel. C’est bien ce que sentent d’instinct ou que comprennent clairement tous ceux de nos protégés dont la sagesse est faite des leçons du passé et de l’observation attentive du présent. L’idée de l’indépendance, loin de les séduire, les effraie »2. Ne pouvait ainsi être envisagée que la réforme du régime colonial.

Celle qui fut initiée en 1944 ne peut se comprendre en dehors des transformations de la conjoncture internationale. L’après-guerre s’était caractérisée par la montée en force des deux absents du partage colonial, les États-Unis – puissance impérialiste et néocolonialiste en Amérique centrale et du Sud – et l’Union soviétique, lesquels pèsent sur la naissance de l’ONU dont les chapitres 11-13 de la Charte (1945) concernent l’auto-administration par leurs populations des « territoires non-autonomes » – le terme « colonies » est soigneusement évité – et « sous tutelle ». Un principe dont les prémices avaient été perçues par les partisans de la « France Libre » parmi lesquels le général de Gaulle. Par ailleurs, l’anticolonialisme – opportuniste car impérialiste – des États-Unis exerçait une influence sur le colonialisme britannique en Afrique. Bon nombre de colonisé-e-s africain-e-s, sujets britanniques à l’instar de Francis Kwamé Nkrumah, étudiaient aux États-Unis et étaient en contact avec des colonisé-e-s asiatiques mieux organisé-e-s dans la lutte contre le colonialisme britannique. C’est l’évolution de cette conjoncture qui explique la « décolonisation » française que des falsificateurs de l’histoire attribuent à un humanisme imaginaire du général de Gaulle, en dépit du fait que ce dernier avait bien exprimé son opposition à la décolonisation lors de la conférence des gouverneurs généraux à Brazzaville en 1944. Une des recommandations de cette conférence, connue sous le nom de conférence de Brazzaville, avait clairement affirmé le refus de toute émancipation hors de l’empire français : « Les fins de l’œuvre de civilisation accomplie par la France dans les Colonies ÉCARTENT TOUTE IDÉE D’AUTONOMIE, TOUTE POSSIBILITÉ D’ÉVOLUTION HORS DU BLOC FRANÇAIS DE L’EMPIRE ; LA CONSTITUTION ÉVENTUELLE, MÊME LOINTAINE DE SELF-GOVERNMENTS DANS LES COLONIES EST À ÉCARTER »3. Comme pour marquer ce refus de l’égalité humaine, l’année qui commence par la conférence de Brazzaville s’achève par le massacre à Thiaroye de « tirailleurs sénégalais » de retour de la Seconde Guerre mondiale et qui revendiquaient le versement de leurs primes.

Cette opposition à l’indépendance persiste dans la Constitution de 1946 qui institutionnalise l’Union française – sémantiquement, l’Empire colonial n’existe plus – comme cadre d’émancipation des colonisé-e-s, lesquel-le-s pouvaient désormais être representé-e-s et élu-e-s au Parlement français. C’est ainsi par la Constitution de la Ive République que les colonies se sont mises à relever de la loi. Jusqu’alors, elles relevaient plutôt du président, du ministre des Colonies, du gouverneur, du commandant et des grandes compagnies coloniales. L’hostilité à l’indépendance est partagée au-delà de la droite coloniale. Ainsi, au lendemain de la répression sanglante de la rébellion malgache, en 1947, François Mitterrand, plusieurs fois ministre de la République coloniale, a pu affirmer : « L’avenir de Madagascar est dans le cadre de la République française. L’évolution des Malgaches doit se faire au sein de la République… les fauteurs de la rébellion de 1947 sont beaucoup plus coupables envers leurs concitoyens qu’envers le pouvoir central »4. C’est sous la pression de la guerre de libération algérienne qu’un deuxième pas est effectué avec la loi-cadre du 23 juin 1956 qui institue des gouvernements autonomes en Afrique équatoriale française (AEF) et en Afrique occidentale française (AOF). Cette réforme est censée «…associer plus étroitement les populations d’outre-mer à la gestion de leurs intérêts propres [sous forme] de décentralisation et de déconcentration administratives » (art. 1er). Mais, le principe demeure impérial comme l’énonce une fois de plus F. Mitterrand : « Un pouvoir central fortement structuré à Paris, des États et territoires autonomes fédérés au sein d’une communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur, telle est la perspective qu’il nous appartient de préciser et de proposer, car sans l’Afrique il n’y aura pas d’histoire de la France au XXIe siècle. (…) Comment en effet la France butant sur ce Rhin où boivent tour à tour les chevaux de l’Europe irait-elle vers le Nord ? ou vers l’Est ? ou vers l’Ouest qui vient plutôt chez elle qu’il ne l’appelle à lui ? Seule la route du Sud est disponible, large, bordée d’innombrables peuples, en même temps que d’espaces inoccupées… Déjà la France sait combien l’Afrique lui est nécessaire »5.

C’est bien cette idée de la France, « communauté égalitaire et fraternelle dont les frontières iront des plaines des Flandres aux forêts de l’équateur », qui est adoptée par voie référendaire en 1958. Le Titre XIII de la Constitution gaullienne établit ainsi la Communauté pour contrecarrer les velléités d’indépendance qui se propagent dans les colonies. Le processus d’autonomie progresse en effet au Ghana anglophone qui accède à l’indépendance en 1957, favorisant l’acquisition par le Togo voisin, territoire sous tutelle française, d’un statut plus autonome que celui des autres pays de l’AOF et incitant le peuple guinéen à rejeter le principe de la Communauté. Dans tous les autres territoires d’AEF et d’AOF, celle-ci est cependant approuvée majoritairement, y compris, dans certains cas, grâce à la fraude, à la corruption et à l’intimidation, supervisées par les autorités coloniales. La période qui s’étend de 1946 à 1960 est une période de transition au néocolonialisme. L’indépendance n’est plus considérée comme incompatible avec l’existence de la Communauté, chère à de Gaulle, Mitterrand et Houphouët-Boigny. « Un État membre de la Communauté, admet désormais l’article 86 de la Constitution révisée, peut également par voie d’accord devenir indépendant sans cesser de ce fait d’appartenir à la Communauté »6. Indépendants mais toujours membres de la Communauté dominée par la France, tel est le statut véritable des nouveaux États7. Le postcolonialisme est ainsi un néocolonialisme. En dépit des nombreuses révisions (8, plus précisément) de la Constitution de la Ve République, le législateur français n’a abrogé la Communauté qu’en 19958 ! Autrement dit, pendant les trente-cinq premières années dites postcoloniales, dont les deux septennats de Mitterrand, la majorité des États africains des ex-AEF et AOF ne disposaient pas d’une pleine souveraineté. La nouveauté se situant dans l’existence d’une certaine marge d’autonomie des gouvernants autochtones et des institutions locales s’articulant avec des mécanismes structurels et des pratiques hérités du vétérocolonialisme. La « décolonisation » est ainsi le fait de la pression de l’environnement international et des luttes au sein de l’empire colonial bien plutôt que l’expression des vertus immanentes à la République, qui auraient fini par surmonter des déviations étrangères à son principe.

Par ruse de la « grammaire coloniale », la Communauté a survécu sous le terme de « Coopération » avec un ministère spécifique qui aurait aussi pu être baptisé ministère de la Communauté postcoloniale, domaine réservé du président de la République française, du général de Gaulle, créateur de la « cellule africaine de l’Élysée », à Jacques Chirac, en passant par François Mitterrand. À travers maints accords (économiques, culturels, militaires, politiques) conclus avec les élites locales, cogestionnaires de la transition au néocolonialisme (1956-1960), et de multiples institutions, la métropole a pu maintenir les liens de dépendance des « ex-colonies ». C’est alors une nécessité pour la puissance moyenne qu’est la France, comparativement aux États-Unis et à l’URSS pendant la guerre froide. Les États-Unis laissent la France jouer le rôle de gendarme du « monde libre » anticommuniste dans ses « ex-colonies ». À en croire J. Foccart9, elle aurait même bénéficié de l’indifférence de l’URSS de Krouchtchev. Par l’existence de cette Communauté, devenue secrétariat aux Affaires africaines et plus tard ministère de la Coopération, la France conserve un poids impérial dans l’arène internationale, par exemple sous forme de voix naturellement acquises aux Nations unies. Dans sa politique coloniale, de l’Algérie à la Nouvelle-Calédonie, elle a ainsi bénéficié du soutien des États membres de ladite Communauté. Il en a été de même pour les essais nucléaires français.

La Francophonie

La colonisation étant justifiée par la « générosité » civilisatrice, la défense de la langue, véhicule de la civilisation, devait occuper une position centrale dans le dispositif de la coopération. Pourtant, le général de Gaulle a plutôt résisté qu’encouragé le projet initié en 1962 par L. S. Senghor instituant la francophonie. Pour lui, il s’agissait d’un fardeau inutile : « Alors, chacun amènerait quelques éléments et c’est nous qui paieront le tout. Il n’en est pas question »10 aurait-il affirmé, selon J. Foccart. La grandeur de la France ne passait pas pour de Gaulle par cette coopération culturelle. Ce n’est qu’en 1969 que se tint la 1ère conférence des États francophones. En 1970 avec la convention de Niamey, va naître l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue Agence de la francophonie. Malgré son extension au-delà du binôme ex-métropole-anciennes colonies d’Afrique, la francophonie reste une pièce importante du dispositif néocolonial en Afrique11. L’annonce concernant les visas faite par Chirac lors du sommet France-Afrique de décembre 2005, à Bamako, l’illustre bien : « Je souhaite que ce partenariat s’incarne également dans l’ouverture d’un espace privilégié d’échange entre la France et les pays africains, notamment francophones. Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activités sont, par nature, liées à l’échange. J’ai donc décidé, sur une suggestion du président du Mali, de faciliter pour eux la délivrance de visas de longue durée et à entrées multiples, car c’est indispensable à leurs activités. La France continuera de plus, bien sûr, à accueillir sur son sol de nombreux étudiants africains. » Cette directive en faveur d’une immigration plus sélective révèle que la France est consciente du déclin de son prestige au sein de l’élite africaine francophone de plus en plus sensible à l’offensive anglophone et plus particulièrement étatsunienne.

La francophonie, est-il affirmé à la Xè conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant en partage le français, tenue en novembre 2004, n’est pas seulement un instrument culturel mais une institution globale dont l’un des objectifs est de contribuer à « réguler et humaniser la mondialisation », « renforcer la capacité des États et la mise en place de cadres réglementaires, une gouvernance au développement d’activités économiques et incitatives au développement du secteur privé et de l’investissement »12. Le lien entre la langue et l’économie a également été souligné par le rapporteur d’un débat à l’Assemblée nationale française concernant l’article 2 de la Constitution portant sur le français comme langue de la République : « Le problème de la défense du français se pose aujourd’hui en termes nouveaux. La semaine dernière, l’assemblée des parlementaires francophones a reçu le président Diouf, président de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française, et il a souligné combien le français était menacé. Gardons à l’esprit le risque d’un monopole de l’anglais, l’impérialisme linguistique reflétant l’impérialisme de la puissance économique dominante » (26 janvier 2005). C’est dans ce but que la francophonie parraine l’institution de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et a créé l’Institut de la francophonie, pour l’entreprenariat (IFE). C’est cette francophonie économique que défend Dominique Wolton du CNRS : les « entreprises classiques (Air France, Renault, Total, etc.) doivent prendre conscience qu’elles sont porteuses d’une identité culturelle et la mettre plus souvent en avant qu’elles ne le font actuellement »13.

L’engagement de l’armée française aux côtés de l’armée rwandaise contre l’armée du FPR, de 1990 au génocide de 1994, a été justifié par l’anglophonie du FPR. On a même parlé à ce propos d’éviter un nouveau Fachoda !

L’assistance militaire

Le colonialisme a été un contrôle militaire des peuples colonisés. La décolonisation ne devait pas le remettre en question. Ainsi, parmi les accords de coopération signés entre la métropole et ses « ex-colonies » au moment des indépendances figurent en bonne place les accords militaires. L’idéal pour la métropole, ce sont les accords de défense qui permettent une présence militaire française sur le territoire de « l’ex-colonie »14 ou le droit d’intervenir en cas de menace de déstabilisation du pouvoir – y compris par les peuples – sur le territoire d’hébergement ou dans un pays du « pré carré ». Ce qui s’est produit une vingtaine de fois depuis 1960. Mais, pour des raisons politiques – internes aux États africains, tels les soubresauts nationalistes des années 1960-1970 –, économiques – coût pour le budget métropolitain – ; pour des raisons liées à la nouvelle configuration internationale – fin de la guerre froide – le nombre des signataires s’est finalement réduit à quelques États (Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Togo). Avec le Tchad, il s’agit clairement d’une « Convention pour le maintien de l’ordre » qui a souvent été appliquée par la République française.

Dans son allocution, à l’ouverture de la 12ème conférence des chefs d’États de France et d’Afrique, F. Mitterrand fait l’éloge de la « coopération » francotchadienne. Il en profite pour déplorer, certes élégamment, la non-signature d’accords du même type par d’autres États : « La France a des accords de coopération et de sécurité, de défense avec un certain nombre d’entre vos pays. À l’égard de ces pays, elle est tenue de respecter ses engagements, et elle les respectera s’il le faut… Que ceux qui ont fait confiance à la France par ces accords continuent d’avoir pleine confiance. Que ceux qui n’ont pas jugé bon d’agir de cette façon – mais c’est leur propre autorité, et bien entendu, ils sont aussi respectables – sachent que la France est leur amie »15. Autrement dit, ces accords rendent certains États plus amis de la France que d’autres. Ceux qui n’ont signé que des accords d’assistance militaire et technique le sont moins que les autres.

Toutefois, ces accords d’assistance militaire et techniques ne sont pas négligeables. Car ils accordent à la France le monopole de l’encadrement des armées de ces États. Avec le Gabon, par exemple, qui constitue un des cas extrêmes de cette assistance technique néocoloniale : « La République française s’engage à apporter son concours à la République gabonaise pour la formation des cadres de son armée. La République gabonaise s’engage en retour à ne faire appel qu’à la République française pour la formation de ses cadres »16. Cette situation explique le long règne de certains autocrates pendant des décennies, les putschs militaires ayant chassé du pouvoir – dans certains cas, de façon tragique – des directions politiques tant soit peu nationalistes et progressistes, les conspirations pour l’ordre établi que sont les mutineries de l’ère dite démocratique consistant à remplacer un autocrate abusant de son autonomie par un officier supérieur, paré pour la circonstance du statut de démocrate. Parmi les derniers en date, le général centrafricain François Bozizé, auprès duquel des généraux français ont été dépêchés comme conseillers au lendemain de son putsch de mars 2003.

La France s’arroge également le monopole de l’approvisionnement. C’est le cas, notamment, des accords signés en 1961 avec le Burkina Faso (ex-HauteVolta) : « La République de Haute-Volta, en vue d’assurer la standardisation des armements, s’adressera en priorité à la République française pour l’entretien et le renouvellement des matériels et équipements de ses forces armées… Pour les fournitures qui, après examen en commun, ne pourraient être faites par la République française, la Haute-Volta se réserve le droit d’accepter l’aide d’autres pays »17. Certes, ces États ne sont pas les plus gros clients en la matière, mais, même pour le troisième marchand mondial d’armes de guerre, il n’y a pas de petits profits !

En effet, si la coopération militaire a servi à l’expérimentation de la doctrine militaire française, du Cameroun (années 1950-1960) au Rwanda (1990-1994), elle a aussi, voire surtout, servi à l’économie française. Car, les accords de défense sont aussi des accords d’approvisionnement préférentiel de la métropole en matières premières stratégiques. Le sceau du secret encore posé sur certains d’entre eux n’est pas sans rapport avec cet aspect. Ainsi, dans l’Annexe II de l’accord de défense signé en avril 1961, entre la France, d’un côte et de l’autre la Côte d’Ivoire, le Dahomey (actuel Bénin) et le Niger, l’intérêt pour les « matières premières et produits stratégiques » est explicite. Les Républiques africaines signataires « informent la République Française de la politique qu’elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu’elles proposent de prendre pour l’exécution de cette politique… En ce qui concerne ces mêmes produits, [elles] réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s’approvisionnent par priorité auprès d’elle » (art. 3, 5). Le Bénin et le Niger ont par la suite abrogé cet accord, sans pour autant que la France ne renonce à contrôler l’uranium nigérien, suscitant en 1974 un putsch militaire pour renverser Hamani Diori coupable d’avoir non seulement demandé le retrait des troupes françaises mais envisagé également une diversification des clients et une hausse du prix de son uranium.

En Côte d’Ivoire, en septembre 2002, lors de sa tentative de putsch, Gbagbo invoque l’accord de défense avec la France pour revendiquer le soutien français en défense de son régime. Quant à l’armée française si elle a opté pour une position de « neutralité » face la fraction de Gbagbo, c’est au nom du non respect des parties annexes de ce même accord et de ses clauses non écrites relatives à l’économique. Il y a plus qu’une corrélation entre les oscillations des rapports entre les deux États – y compris l’apparition de la rébellion armée – et les marchandages économiques liés à la néolibéralisation de la Côte d’Ivoire. L’une des questions en jeu est en effet le quasi-monopole économique de la France en Côte d’Ivoire, pièce maîtresse du dispositif « postcolonial » français en ex-AOF18. Car, en dépit de la guerre, l’économie ivoirienne est encore à 30 % française. Cette crise franco-ivoirienne révèle la ruse néocoloniale consistant à intervenir militairement sous la casquette des Nations unies, avec le soutien des institutions régionales africaines acquises à l’ordre françafricain. Cette quête de légitimité internationale à l’entreprise néocoloniale s’explique aussi par l’intérêt de plus en plus manifeste des Etats-Unis pour la région. Des négociations menées avec la France concernant le départ en exil du Françafricain Charles Taylor à l’opération « Flintock » de l’été 2005 dans le Sahel, en passant par l’ouverture récente d’une base militaire à… Djibouti, la présence des patrouilleurs de l’US Navy dans le golfe de Guinée et l’éventualité d’une base au Sénégal, les États-Unis, peu habitués au second rôle, semblent menacer la quasi-solitude militaire française dans ces régions. D’où l’investissement français dans des initiatives d’encadrement militaire régionales du type RECAMP (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), justifiant le développement des ENVR (École nationale à vocation régionale), afin de ne pas perdre pied dans le « pré carré ». Ce qui n’a pas manqué de susciter la création par les États-Unis de l’ACRI (African Crisis Response Initiative), laquelle s’est finalement greffée au Recamp. Une « collaboration » pour le marché de la paix et de la guerre en Afrique qui pourrait devenir plus importante avec le projet de constitution d’une force armée de l’Union africaine.

« Aide » et souveraineté monétaire partagée

Lire la suite

dimanche, 28 juillet 2013

COTE D’IVOIRE: DEBAT SUR LA NATIONALITE - DEUXIEME ZERO AU MINISTRE CISSE BACONGO

 

CISSE BACONGO 2.jpg

 

«La force des muscles n’est pas un critère d’attribution de la nationalité ivoirienne»

 

Allons-nous céder à l’autocensure au motif qu’émettre des réserves sur la naturalisation en masse voulue par le pouvoir et ses thuriféraires, ou la refuser totalement, ferait de nous des xénophobes de la pire espèce ? Non, il n’est pas question de se comporter comme dans une mafia car, ce dont il est question n’est pas l’affaire d’un groupuscule ou de quelques chargés de cours aux arguments souvent en déphasage avec leurs immenses parchemins

Nous avons lu récemment dans la presse, une contribution du Ministre de l’Enseignement Supérieur, M. Cissé Bacongo. Cette contribution selon lui, était une réponse au riche travail fourni par le Professeur Hubert Oulaye. Nous n’allons pas parler au nom du Professeur, qui, nous le pensons,  au moment voulu, rangera dans les placards son étudiant. Nous irons tout simplement chercher dans les débris des injures et  tournures ronflantes, des paragraphes qui ôtent notre éminent Bacongo du chemin du bon sens. Nous irons de questionnement en questionnement pour tenter de cerner la profonde pensée du Ministre, pensées masquées dans des confusions inacceptables.

L’effectivité de la nationalité française selon Bacongo

Selon le Ministre, avant 1960, seule prévalait la nationalité française dans les ex-colonies françaises. Selon lui, la nationalité française était effective. Pour séduire ses suiveurs, il prend en exemple le cas, Houphouët Boigny devenu Député à l’Assemblée Nationale française. Cela est, à ses yeux, suffisant pour parler de l’effectivité de la nationalité française. Nous estimons que l’argument est léger. En effet, Bacongo ne démontre pas que le plus petit paysan de l’époque coloniale avait effectivement la nationalité française. Ce paysan se reconnaissait-il français dans l’âme ? C’est à ce niveau que se situe le caractère purement formel de la nationalité française. Cela est d’autant plus vrai que lors des recrutements organisés dans les ex-colonies françaises pour constituer ce qu’on appelle « les tirailleurs sénégalais », il y a eu de fortes résistances notamment chez les bambaras (Mali). On ne peut logiquement se considérer comme un citoyen Français et s’opposer à l’idée d’aller combattre pour libérer « sa patrie ». On ne peut pas non plus comprendre que les colons tuent des noirs qu’ils disent être français de droit (révolte des bambaras contre l’enrôlement 1915-1916),  les enrôlent de force, alors que les « français blancs » se portent volontaires pour la libération de leur pays. On ne devient pas français parce qu’un édit royal a proclamé que tout les petits nègres « esclavagisés » (!!!) sont des citoyens français, pour que ces derniers sentent vibrer en eux la fibre française. Si le Ministre Bacongo avait bien lu l’arrêt Nottebohm, CIJ 1955, il aurait compris que les noirs cohabitaient certes avec les colons sur le même territoire, mais que les autochtones n’avaient aucun lien socio-affectif avec ces colons. Il y avait une différence de traitement entre les français nègres et les français blancs. Les premiers étant les sujets des seconds. D’où les différentes résistances observées durant la période coloniale.

En définitive, le Ministre à tort de penser que le statut d’«évolué » du Président Houphouët avait contaminé l’ensemble des noirs de l’AOF. Il s’agissait bien d’une nationalité purement formelle pour ne pas parler de présomption de nationalité française.

Qu’est-ce que l’origine selon Bacongo?

Le  Ministre nous offre une définition tirée du Petit Robert, édition 2013. Le petit Robert étale plusieurs acceptions du terme « origine ». On citera par exemple, la souche, la racine, le point de départ etc. Après s’être référé à cette définition, le Ministre nous informe que les groupes ethniques qui peuplent actuellement notre pays, sont venus d’ailleurs. Ils ne sont donc pas originaires de l’actuelle Côte d’Ivoire. Bien.

Cependant, au nombre des groupes ethniques cités, il n’a nullement mentionné les Wolof, les morés, les bambaras, les soussous, les djalonkés. On note à ce niveau qu’il reconnait que, bien qu’originaires d’autres contrées, ces groupes ethniques ne se sont pas installés sur le territoire ivoirien. Pourquoi, alors que la Côte d’Ivoire était un vaste territoire qui recevait des étrangers, ces groupes ont-ils fait le choix de s’installer sur d’autres territoires? Est-ce la délimitation frontalière qui a détruit les liens culturels et linguistiques entre Soussous et bétés ? Wê et Bambaras ? Et pourquoi, les abourés, les abrons, les agnis, les bétés, les gouros, les koyakas, les krous, les lobis, les tangbana et les wê (cités par le Ministre) ne se sont-ils pas sédentarisés dans l’actuelle Guinée ou en Haute Volta ? Pourquoi, alors qu’ils sont venus d’horizons divers, les Sénoufos, les gouros et les Koyakas se retrouvent dans une alliance interethnique ? Bref, Si l’on doit parler d’origine on prendra non seulement en compte la source du peuplement de notre pays, mais aussi et surtout la volonté sans équivoque de ces peuples à vivre ensemble sur un territoire trouvé et qui était selon Bacongo un res nullius. Jusqu’à preuve du contraire, les ressortissants des territoires voisins, qui eux-mêmes ont une autre origine, n’ont pas prouvé leur désir de vivre sur le territoire ivoirien. Nous n’avons pas encore vu un Sérère prendre des armes pour « proclamer son ivoirité et bondir sur sa proie». D’ailleurs qui est-ce qui à autorisé Bacongo à parler d’origine dans un pays où le premier responsable interdit de parler de « nos origines » ? Indiscipline !

En conclusion pour notre Ministre, nous sommes tous venus d’ailleurs et si nous devons donner la nationalité, il faut tenir compte de cette donne, aller chercher au Mali, au Burkina, au Ghana, en Inde, ou au pole nord, des hommes à naturaliser. C’est Dieu qui a créé la terre, a dit Joël N’guessan. On lui répondra sûrement.

Qu’est ce que la nationalité d’origine?

Notre Ministre qui veut offrir des tablettes à chaque étudiant ivoirien, nous apprend que la nationalité d’origine est attribuée souverainement par un Etat selon deux critères pris séparément ou cumulativement. Il s’agit du critère du lieu de naissance ou droit du sol et de celui de la filiation ou droit du sang. Dans son argumentaire, il note que l’Etat ne tient pas compte de l’ethnie pour attribuer la nationalité. Ce qui selon lui, aurait été insinué par le Professeur Oulaye. En fait, le Ministre ne prête pas des mots au professeur Oulaye, mais plutôt fait ressortir ce que lui et ses amis du RDR pensent à tort. En effet, il laisse croire que les ethnies non citées dans sa démonstration sur l’origine, sont exclues par les législateurs, en raison de leur appartenance à un groupe sédentarisé ailleurs qu’en Côte d’Ivoire. Or lui-même cite plus haut, les conditions d’attribution de la nationalité ivoirienne. Dans aucune disposition de code de la nationalité il est fait référence à l’ethnie. A-t-il oublié que la loi est générale et impersonnelle. Quel législateur sérieux écrirait-il qu’il faut être Koyaka ou Mahouka pour bénéficier de la nationalité d’origine ? Quand même M. le Ministre !

 Le Ministre continue pour dire que « l’enfant né de deux étrangers, nationaux guatémaltèques, hongrois, chinois, indiens, italiens, sénégalais ou d’autres pays étrangers qui ont obtenu la nationalité ivoirienne notamment par naturalisation, est ivoirien d’origine. » Mais ici encore, le Ministre fait fausse route. Le Titre II du code de la nationalité est libellé comme suit : De l’attribution de la nationalité à titre de nationalité d’origine. Ce titre met l’accent sur la filiation. Il fait ressortir que pour être un ivoirien d’origine, il faut obligatoirement que la filiation de l’individu concerné, quel que soit son lieu de naissance, soit établie au moins à l’égard d’un parent ivoirien. Le Titre III est libellé comme suit : De l’acquisition de la Nationalité ivoirienne et le grand (I) s’intéresse à la naturalisation. Déjà du point de vue de la présentation des titres, le code distingue les ivoiriens dits d’origine et ceux dits naturalisés. Dans ces deux cas, les conditions d’acquisition de la nationalité diffèrent. Il s’ensuit qu’un individu qui devient ivoirien par naturalisation ne peut être ivoirien d’origine encore moins ses descendants. On ne peut, sans paraitre incohérent, dire qu’on a un père naturalisé et soutenir que son enfant est ivoirien d’origine. Dans ce cas, quel serait l’intérêt de la présentation faite par le législateur ?

 Néanmoins, la classification ne signifie pas une distinction à faire en ce qui concerne les droits et obligations de l’ivoirien, qu’il soit d’origine ou naturalisé. Tous, sont élus aux mêmes avantages. Supposons même que l’interprétation extensive à laquelle s’adonne le Ministre soit retenue, est-ce pour autant que l’imagerie populaire abandonnera le terme « français d’origine ivoirienne, ou américain d’origine Kenyane ? » En effet, le Ministre veut inventer le monde. Quelle est donc cette générosité politicienne qu’il tarde à codifier ? Le jeune Ahizi qui épouse une Bamiléké en France et donne naissance à un bébé, ce bébé est-il français d’origine ? On dira toujours, et le Ministre le sait, qu’il est français d’origine ivoirienne ou Gabonaise. Et puis, si les descendants d’un étranger naturalisé deviennent, selon Bacongo, des ivoiriens d’origine, pourquoi ne laissent-ils pas ceux qu’ils veulent naturaliser automatiquement  demander formellement la naturalisation ? N’est-ce pas une voie royale ? Quand même cher Ministre !

La naturalisation automatique comme une récompense selon Bacongo

Le Ministre qui prétendait faire une démonstration juridique, jette son diplôme de Docteur en Droit, pour verser dans le sentimentalisme, la ruse politique et la démagogie. Lisons-le : « Combien sont-ils, les membres des ethnies et tribus susvisés qui ont donné de leur vie lors des grands travaux structurants de notre pays (chemin de fer, ponts, port, routes, etc.) par rapport aux ressortissants des territoires coloniaux de l’AOF? Combien sont-ils, les membres des ethnies et tribus susvisés qui ont contribué à donner à notre pays l’essor économique qu’il a connu dans l’agriculture, le commerce, le transport, la pêche, l’industrie, la construction, etc. par rapport aux ressortissants des territoires coloniaux de l’AOF ? »

Selon le Ministre, les abourés, les abrons, les agnis, les bétés, les gouros, les koyakas, les krous, les lobis, les tangbana et les wê n’ont pas donné leur vie pour que la Côte d’Ivoire soit l’un des pays phares de l’Afrique de l’Ouest. Dans son entendement la Côte d’Ivoire doit son développement au sacrifice des ressortissants des territoires de l’AOF. Et la rétribution de ce sacrifice demeure « l’ivoirisation » de ces personnes nées pour uniquement développer la Côte d’Ivoire. Laissons de côté le fait qu’il se considère lui-même comme n’ayant servi à rien ou ne servant à rien dans ce pays. Ne devons-nous pas notre vie aux autres ? Attaquons-nous plutôt à l’hérésie selon laquelle il nous faut, ici et maintenant, donner la nationalité à des personnes pour services rendus à la Côte d’Ivoire.

Quel est le texte de la République qui organise un tel acte de générosité ? Le code de nationalité fait-il de la force des muscles, un critère d’attribution de la nationalité ? Pour ce que nous savons la force des muscles ne constitue pas une condition d’attribution de la  nationalité ivoirienne à moins que le Ministre nous fournisse des preuves contraires.

Par ailleurs, il nous est difficile de comprendre que ces personnes dont parle le Ministre aient pu travailler sans qu’ils n’aient perçu un centime. Ils n’ont pas travaillé sur le territoire ivoirien parce que Félix Houphouet Boigny ou Yacé Philippe le voulaient, ils l’ont fait parce qu’ils ont été considérés par les colons comme « une réserve de main-d’œuvre». Ce sont donc les colons français qui les ont engagés sur les chantiers de l’AOF et non l’Etat de Côte d’ivoire qui n’était pas encore juridiquement né. En outre, Les travaux forcés n’étaient pas pilotés par baoulés, les Bétés ou les Wobè. Ils étaient eux-mêmes sous le joug colonial. On ne peut donc pas reprocher aux autorités d’alors d’avoir été ingrates en ne considérant pas les étrangers comme des ivoiriens. Et d’ailleurs comme le dit si bien Bacongo, tout le monde était effectivement français. Donc quel est le problème si le pouvoir central français réquisitionne ses  nationaux ?

De plus, après 1960, la Côte d’Ivoire et la Haute Volta ont signé des conventions organisant les conditions d’engagement et d’emploi des travailleurs voltaïques en Côte d’Ivoire. Par exemple, la convention du 9 Mars 1960 précisait : «  Tout employeur ivoirien désireux de s'assurer les services des travailleurs voltaïques devra adresser une demande écrite à l'Office de Main-d’œuvre de la Côte d'Ivoire indiquant le nombre et la qualification professionnelle des travailleurs qu'il entend engager conformément aux stipulations de la présente convention (...).». Selon l’article 6 : « Les travailleurs pourront être accompagnés de leur famille ou rejoints par elle sous réserve de n'emmener que deux épouses au maximum et que leurs enfants n'aient pas dépassé l'âge de 16 ans » L’article 9 indique : « Les travailleurs voltaïques bénéficieront des mêmes libertés garanties, droits et avantages que les travailleurs nationaux de la République de Côte d'Ivoire... ». En contrepartie, selon l’article 23, le gouvernement voltaïque perçoit la somme de 1500 F par travailleur engagé et 1000 F par femme de travailleur qui l’accompagnera sans contrat de travail. Toutefois, la convention a pris le soin de mentionner à son article 7 que la convention autorise le travailleur à rejoindre son pays d'origine dès la fin de son contrat. Voilà qui est clair.

Reconnaissons néanmoins que certains ont travaillé en dehors du cadre légal tracé par les deux Etats indépendants. Même dans ce cas, ils étaient liés par un contrat écrit ou verbal avec leurs employeurs, notamment dans les plantations. Monsieur le Ministre peut-il nous dire que les tribus dont il est l’avocat, ont travaillé sans contrepartie financière ? Veut-il nous dire que les villages qui ont accueilli à bras ouverts ces tribus ont fait d’elles des esclaves ? Veut-il faire admettre que les ivoiriens sont ingrats ? M. le Ministre, quand même !

Pour terminer, Le Ministre Bacongo a souligné notre volonté à chercher chicane au RDR. Mais pourquoi irions-nous voler au RDR ce qu’il maitrise mieux, l’art des querelles et de la guerre ? Le RDR n’aimerait-il pas la contradiction ? Le PDCI chercherait-il aussi chicane au RDR ? Le citoyen lambda qui dénonce le projet de naturalisation cherche-t-il chicane au RDR. Bref, il s’agit d’un débat qui engage la vie de la nation et n’est l’apanage d’aucun groupe. Nous allons le mener au nom de la Côte d’Ivoire en exposant les arguments qui nous semblent pertinents.

 

Alain Bouikalo, Juriste.

samedi, 27 juillet 2013

COTE D'IVOIRE: QUAND OUATTARA FAIT ASSASSINER SES PRISONNIERS POLITIQUES!

ALASSANE ET DOMINIQUE OUATTARA. INVESTITURE.jpg

Tellement si heureux de notre misère!


L’on ne le dira pas assez que le 11 avril 2011 fut le début de la descente en enfer pour les ivoiriens. Tout gouvernement venu au pouvoir dans des conditions tragiques ou par coup d’état, n’a jamais eu de respect pour la constitution du pays, des institutions, des droits de l’homme et de la vie humaine. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette règle. La vie humaine ne vaut absolument rien là-bas. On tue, on égorge, on viole, on massacre des ivoiriens comme si l’on avait affaire à des animaux. Le gouvernement et sa gestapo les FRCI ont depuis lors le droit de vie et de mort sur les populations. Les massacres de Duekoué, Guitrozon et Nahibly en 2011 et 2012, les cas isolés d’assassinat des militants et sympathisants LMP et les descentes musclées dans les villages et hameaux, sont devenus des faits banals. Cela n’émeut personne même les âmes les plus sensibles. Le Chef d’état M. Ouattara ne trouve rien à dire, lui le « démocrate », lui qui avait promis aux populations le VIVRE ENSEMBLE, la Réconciliation et la Paix. Deux ans officiellement après sa prise de pouvoir, la situation sécuritaire est devenue intenable et plus qu’alarmante.

Les tenants du pouvoir et l’entourage du Chef d’état, avec sa bénédiction et approbation, menacent à visage découvert l’opposition significative et ses leaders. Les FRCI sont utilisées pour régler les comptes aux récalcitrants de l’opposition. La traque et les enlèvements sans compter les sévices corporels, torture et autres formes d’abus de droit de l’homme, sont devenus avec le temps, les moyens par excellence pour pacifier voire rendre dociles comme des végétaux la majorité des opposants. MM. Joël N’Guessan et Amadou Soumahoro ne perdent aucune occasion pour rappeler aux uns et aux autres qui est le véritable maitre des lieux et comment se comporter désormais dans la nouvelle Côte D’Ivoire sous Ouattara. D’ailleurs, « après Dieu, c’est Ouattara » dixit Amadou Soumahoro. Le décor est ainsi planté. Nous n’avons plus affaire à un état souverain mais plutôt à un royaume divin sur terre. Les lois et règles humaines ne s’appliquent pas ici.

Le gouvernement ivoirien fort de son soutien françafricain gagne en assurance. Il est de plus en plus convaincu qu’il est intouchable et « indéboulonnable ». Aussi comme pour narguer les ivoiriens, La France D’Hollande fait du Président de l’Assemblée Nationale M. Soro Kigbafori Guillaume, un envoyé spécial et médiateur dans la crise égyptienne. Ce « doctoring » ou « image cleaning » est une opération médiatique et politique pour polir l’image du dauphin  constitutionnel, lui le rebelle aux mains ensanglantées et trainant des squelettes dans son armoire. La France n’oublie pas ses poulains pour lui avoir vendu à vil prix les marchés et contrats ivoiriens. Aussi, le passage de dame Fatou Bensouda, Procureure de la CPI, en Côte D’Ivoire du 19 au 21 juillet 2013 n’est pas fortuit. Cette dame de peu d’intégrité morale et professionnelle, y est allée officiellement pour des raisons techniques c’est-à-dire à la recherche de preuves supplémentaires dans l’affaire concernant le Président Gbagbo. Dans les faits, elle y était pour apporter son soutien au gouvernement ivoirien et la ferme promesse qu’ils ne seront jamais inquiétés par la CPI, en tout cas pendant son mandat. Dame Fatou Bensouda n’a jamais fait le déplacement à Abobo, lieu du « massacre » des 7 femmes du RDR. Elle n’a pas non plus rencontré les victimes ou les parents des victimes. Au contraire, elle échangeait des plaisanteries avec les autorités ministérielles et s’offrait des séries photos.

Elle n’a jamais annoncé ses intentions d’ouvrir une enquête ou des procédures judiciaires contre les auteurs de crimes post-électoraux du camp Ouattara. C’est dans  cette veine que les émeutes de la grande prison d’Abidjan, la MACA, essentiellement peuplée par les militants et sympathisants LMP, sont survenues. Il n’est point utile de rappeler ici les faits ou la soit disant tentative d’évasion d’un certain Yacou, ex-FRCI, trafiquant de drogue incarcéré à la MACA, selon la version officielle du gouvernement ivoirien. Le gouvernement ivoirien continue de se fourvoyer afin de justifier un crime planifié. Cependant, le FDRC a des observations pertinentes à faire sur le sujet :

1) En cas de tentative d’évasion, les autorités pénitentiaires prennent les dispositions idoines afin de faire échouer la tentative ou les émeutes. Au besoin, elles isolent après informations de premières mains, le ou les fauteurs de trouble. Ils sont isolés dans une autre partie de la prison ou transférés dans un autre établissement correctionnel plus discret et sécurisé. Telles sont les procédures internationales appliquées dans tous les établissements correctionnels.

2) Si la tentative d’évasion se transforme en émeute et que les gardes pénitentiaires sont débordés, ils font appel aux unités spéciales de la Police et dans le cas d’espèce la CRS ou la BAE et non à l’armée qui est une force de protection territoriale et entrainée pour la guerre et non les émeutes.

3) Quand les éléments de la Police débarquent sur les lieux, ils tentent de circonscrire l’émeute et isolent les fauteurs de trouble afin  de maintenir l’ordre et le calme. Ils font usage de moyens conventionnels (lacrymogènes et armes non létales).

Comme vous le constatez, aucune de ces procédures ne fut appliquée. Les FRCI ont fait leur entrée dans l’enceinte de la prison et des cellules ouvrant le feu à bout portant et de façon indiscriminée sur les prisonniers. Des femmes furent séquestrées et collectivement violées. Le bilan de cette opération est très lourd : 54 morts et de nombreux blessés.

Cependant, le sieur Yacou ne fut jamais inquiété. Nombreux témoins soutiennent l’avoir vu en compagnie de ses frères d’armes échangeant des plaisanteries.

Par conséquent, la version officielle du gouvernement ivoirien ne tient pas du tout la route. Cette énième descente dans cette prison fut l’opportunité rêvée pour le gouvernement d’assassiner les leaders et militants LMP afin d’affaiblir et d’intimider une fois de plus l’opposition, la rendre plus docile et lui retirer toute velléité d’alliance avec le PDCI pour les échéances électorales de 2015.

Le Chef d’état M. Ouattara ne veut pas d’une opposition forte qui pourrait déstabiliser ses chances pour un second mandat. Il doit s’assurer que le FPI reste très loin des élections  à venir. Le FPI est plus que vulnérable avec la plupart de ses leaders en prison, donc entre les mains de M. Ouattara, le Demi-Dieu. Ces prisonniers sont des otages et M. Ouattara a l’intention de les utiliser comme une commodité marchande pour le silence et le refus du FPI de participer aux élections de 2015.

Le Chef d’état ivoirien court dans tous les sens afin  de naturaliser des « apatrides », qui en réalité sont des Burkinabès et des ressortissants de la sous-région qui l’ont aidé à prendre le pouvoir.

L’Assemblée Nationale fut réquisitionnée pour tabler sur le projet de loi portant sur l’apatridie et le foncier rural. Pendant ce temps, les ivoiriens de souche sont massacrés, leurs droits élémentaires abusés, ils sont embastillés, torturés, ils perdent leurs terres et plantations, ils perdent leur boulot, ils ont leurs enfants ou famille en exil, ils ont pour nombreux leurs comptes bancaires gelés et meurent de faim. Tout ceci n’émeut pas le Chef d’état. Il est plutôt préoccupé par le sort de 400.000 apatrides et sa réélection. Drôle de Chef d’état.

Les ivoiriens doivent tirer les leçons du mépris du Chef d’état à leur égard. Ils doivent savoir où réside la loyauté de leur Chef d’état. Seuls ses parents de la sous-région ont priorité. Voilà en substance le message subliminal véhiculé par les autorités ivoiriennes.

Comment comprendre qu’une tentative d’évasion fasse de nombreuses victimes parmi les prisonniers politiques et que le concerné Yacou soit épargné et pas transféré dans une autre prison ? Comment comprendre que pendant le mois de Ramadan, des personnes se réclamant de la religion musulmane puissent massacrer en toute impunité d’autres êtres humains ?

Cette barbarie meurtrière n’est pas l’enseignement coranique selon le Prophète Mahomet. Cependant, comme le dit l’autre, « après Dieu, c’est Ouattara ». En d’autres termes, après Allah viendrait Ouattara et ensuite le Prophète Mahomet. Blasphème ou stupidité mégalomane ?

Les évènements meurtriers du 23 juillet 2013 de la MACA nous confirment dans notre position. Il y a un nouveau Dieu sur terre et son nom est Alassane Dramane Ouattara.

Le Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises (FDRC) :

    • Exige une enquête internationale et indépendante sur les évènements de la MACA afin de situer les responsabilités et punir les responsables.

 

    • Exige l’arrestation dans les plus brefs délais des soldats et commandants des unités opérant lors des émeutes pour meurtres en association ou réunion.

 

    • Exige la démission du Ministre de l’Intérieur M. Hamed Bakayoko, reconnu comme le premier responsable des tueries.

 

    • Exige la démission du Ministre de la Justice et des droits de l’homme M. Bruno Koné pour incompétence notoire et pour refus de protéger les droits constitutionnels des prisonniers.

 

    • Exige du Chef d’état des explications à l’endroit des populations et à l’opposition concernant les victimes et pour la prise en charge des obsèques et dédommagement des familles éplorées.

 

    • Rappelle qu’il est une cellule intellectuelle, scientifique et politique créée le 22 mars 2013 à Londres, Royaume Uni.

 

    • Réitère son attachement au processus de démocratisation en Afrique et en Côte d’Ivoire en particulier.

 

    • Réitère son attachement à la résolution des crises et conflits nés du déficit démocratique.

 

    • Réitère son attachement à la restauration de l’état de droit en Côte d’Ivoire.

 

Fait à Londres, le 24 juillet 2013.

 

Nick De Bessou


Juriste & Anthropologue Politique.
Président du FDRC.

Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises (FDRC).

«QUE M. OUATTARA S'OCCUPE DES CENTAINES DE MILLIERS DE REFUGIES IVOIRIENS A L'ETRANGER PLUTOT QUE D'HYPOTHETIQUES APATRIDES»

 

côte d'ivoire,Apatridie, LIDER, Nathalie Yamb, alassane Ouattara,Que M. Ouattara s’occupe des centaines de milliers de réfugiés ivoiriens à l’étranger, plutôt que d’hypothétiques apatrides

 

Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président du Prof. Mamadou Koulibaly, a été interrogée par le quotidien Nord-Sud au sujet du débat sur l’apatridie qui divise les partenaires gouvernementaux du Rhdp.


Question : Quelle est la solution, selon vous, pour régler le problème de l’apatridie ?

Nathalie Yamb: Quel problème de l’apatridie ? Qui a un problème d’apatridie ? En tout cas pas la Côte d’Ivoire. Le code de la nationalité règle la question après la succession d’Etats dès 1961. En 1972, le code de la nationalité redonne une opportunité à ceux qui auraient raté l’échéance de 1961 de se mettre à jour. En 2003, Marcoussis règle une fois encore la question. Enfin, l’accord politique de Ouagadougou, à travers le processus d’identification mené par la Sagem, donne la chance à ceux qui ne l’auraient pas déjà fait de se faire enrôler sur simple présentation de leur acte de naissance et d’obtenir ainsi leur carte d’identité ivoirienne. On veut nous faire croire qu’il y a des apatrides d’avant 1961 en Côte d’Ivoire qui auraient raté les opportunités d’utiliser leur droit d’option en 1961, en 1972, en 2003 et en 2007 ? Que le président Ouattara, son parti le Rdr et son partenaire gouvernemental le Pdci arrêtent de nous tourner en bourriques ! Je pense qu’aujourd’hui comme hier, cette discussion est mal à propos. Il y a des centaines de milliers de réfugiés ivoiriens à l’étranger. Ce sont eux qui devraient préoccuper la coalition gouvernementale, plutôt que d’hypothétiques apatrides dont on nous parle depuis 1960. Il est temps de tourner résolument le dos à ces thématiques divisionnistes et aux acteurs et partis politiques qui les utilisent de façon malsaine pour dresser continuellement les populations les unes contre les autres. Il faut que ça cesse et il faut rompre avec cela tout de suite ! A LIDER, nous disons : Que le gouvernement s’occupe des vrais problèmes : nous voulons que les Ivoiriens qui sont contraints à l’exil depuis trop longtemps puissent sans danger rentrer chez eux. Nous voulons que les paysans puissent devenir propriétaires du sol et du sous-sol. Nous voulons que la capacité de nuisance des politiques à travers un pouvoir présidentiel hypertrophié soit limitée. Nous voulons que les habitants de ce pays soient recensés et que les citoyens qui peuvent prétendre au droit de vote soient inscrits sur les listes électorales, afin qu’on mette fin à l’exclusion de millions de jeunes qui ont atteint leur majorité depuis 2009, date de confection de l’actuelle liste électorale, à laquelle les auteurs du chaos ivoirien s’agrippent encore aujourd’hui de toutes leurs forces. Voilà les problèmes qu’il faut régler en urgence.


Nathalie Yamb

Conseillère exécutive du Président de LIDER
Liberté et Démocratie pour la République


Par Danielle Tagro, in le quotidien ivoirien "Nord-Sud" du 27 juillet 2013.


Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 26 juillet 2013

APATRIDIE - MAMADOU KOULIBALY: «IL N'Y A PAS D'APATRIDES EN COTE D'IVOIRE»

MAMADOU KOULIBALY 1.jpg


Après avoir accusé le gouvernement de chercher des poux dans le code de la nationalité, Mamadou Koulibaly dénonce l’initiative gouvernementale de faire voter, par le parlement, «un projet de lois autorisant le président de la République à ratifier la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridies signée le 30 Août 1961 à New York». «Ce débat, il est faux et il vient compliquer une situation précaire, sans que l’on sache quel est le but poursuivi. Il n’y a pas d’apatrides en Côte d’Ivoire», explique l’ancien président du parlement, dans un échange que nous avons eu avec lui. «La convention sur l’apatridie dit qu’il faut faire une demande mais il ne dit pas qu’il faut leur donner des nationalités», ajoute t il.

Pour lui, en effet, on ne peut parler d’apatridie qu’en cas de «succession d’Etats». Ce fut le cas en 1961, quand la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un code de la nationalité offrant la latitude aux étrangers résidents d’acquérir la nation alité selon le droit du sol ou de conserver la nationalité de leurs pays d’origine.

En 1972, une révision du code a donné la possibilité à ceux qui n’avaient pas pu saisir la perche, de se rattraper, en acquérant la nationalité ivoirienne. «Les cas de ceux, qui jusque-là, n’avaient pas régularisé leur situation, ont été réglés en 2007, à travers l’identification opérée par la société Sagem et les audiences foraines, qui ont consisté à accorder la citoyenneté ivoirienne sur la base d’un simple extrait d’acte de naissance, la carte d’identité, la carte d’électeur», poursuit Mamadou Koulibaly qui rappelle également que les accords de Linas Marcoussis avaient abouti à la cessation des tracasseries dénoncées contre les étrangers ainsi qu’à la suppression de la carte de séjour controversée. «En réalité, l’Afrique n’est pas concernée par cette convention. Tous les codes que nos pays ont adoptés ne laissent personne comme apatride», insiste t il, indiquant que la question d’apatridie proprement dite, s’est posée en Europe, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il rappelle, à cet effet, que diverses conventions ont été concoctées pour résoudre la situation des «peuples dits « errants », tels que les Juifs, les Arméniens, les Romes et autres bosniaques. « Pourquoi vouloir ratifier une convention supplémentaire alors que le gouvernement, lui, cherche à nous détourner des vrais problèmes» ? Fulmine Mamadou Koulibaly. Et d’ailleurs, à l’en croire, la convention sur l’apatridie, même si elle est adoptée, ne sera qu’une convention de plus dans l’ordonnancement des traités non appliqués, tels que les engagements sur la protection de l’enfance ou les chartes des droits de l’homme et du citoyen.


Benoît Hili, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil" du 22 juillet 2013.

jeudi, 25 juillet 2013

MASSACRES PREMEDITES ET CIBLES CONTRE LES REFUGIES AUTOCHTONES WE DE NAHIBLY A DUEKOUE : UN AN DEJA.

 

côte d'ivoire,massacres prémédités et ciblés,contre les réfugiés autochtones wê de nahibly,à duékoué un an déjà,pour le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb abidjan le 19 juillet 2013

 

20 Juillet 2013 : cela fait exactement un an, jour pour jour, que les machines et les bêtes à tuer qui ont accompagné dans une violence inouïe un vrai faux démocrate au pouvoir en Côte d’Ivoire, ont massacré des populations autochtones Wê vivant dans une détresse obligée, suite aux bombardements meurtriers contre ces pauvres victimes de messieurs SARKOZY  et BAN KI MOON.

En ce jour de commémoration de la disparition tragique de ces victimes de la barbarie franco-onusienne et de tous ces autres nombreux morts ivoiriens qui sont tombés depuis Septembre 2002 du fait de la rébellion sauvage parrainée par monsieur Jacques CHIRAC et les réseaux mafieux français, nous voudrions, nous, victimes et «cobayes» involontaires des démons d’une civilisation autoproclamée, dire que nous avons encore discuté de l’inhumanité de ceux qui prétendent nous gouverner et de leurs parrains occidentaux.

En effet, un an après des massacres d’au moins deux centaines de nos parents au camp des réfugiés de NAHIBLY  à DUEKOUE  (lire le rapport d’enquête sur google, en tapant «SI NAHIBLY  M’ETAIT CONTE») , l’impunité tant décriée depuis l’an 2000 par les inventeurs et les tenants des concepts macabres de charnier de Yopougon, de Côte d’Ivoire-poudrière identitaire ou encore des escadrons de la mort (mués en 2010 et 2011 en commando invisible, on le sait tous maintenant), l’impunité, disons-nous, n’a jamais été autant célébrée par la communauté internationale et ses pantins locaux qu’elle a installés par une guerre en Côte d’Ivoire.

Oui, ils sont encore là et bien tous là, tous ceux-là qui ont assassiné nos parents et qui continuent de nous narguer en parlant d’une réconciliation, qui, comme on le vit chaque jour, est précédée du fouet ou de la machette du chasseur traditionnel dozo ou de la kalachninov de quidams-voleurs de parcelles de terre, de résidences privées et même de villages entiers. Des autorités préfectorales aux forces marocaines de l’O.N.U.qui ont tous assisté sans réagir à ce massacre (aller toujours dans google pour  visionner cette vidéo de la honte et de la déchéance humaine),  de toute la racaille analphabète f.r.c.i. et dozo à toute la pègre  pro-A.D.O.locale qui les supplée dans leurs forfaitures dignes du moyen-âge, ils sont là, bien tous là et croient aujourd’hui qu’une simple poignée de main (forcée et lassante, d’ailleurs) leur  suffit pour que leurs victimes oublient d’un trait leur cruauté planifiée par eux depuis de longues années. Les assassins sont là, se pavanent à travers villes et champs, en toute  impunité et sous la très haute et indiscutable protection des soldats de lk’O.N.U. Pour preuve, deux mois après le déménagement forcé d’Amadè Ouérémi, ses lieutenenants et ses troupes continuent d’écumer le Mont-Péko, à telle enseigne qu’on est tous de plus en plus confortés dans l’idée objective que la république est bel et bien morte en notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis le 11 Avril 2011 ! D’ailleurs, les directeurs de consciences appointés de la suspecte communauté internationale savent-ils que les hommes d’Amadè lui ont déjà trouvé un successur et que les braquages naguère imputés aux jeunes gens d’ethnie Wè se perpétuent en toute impunité ? Et voici que chaque jour, notre pays est de plus en plus surpeuplé par des mercenaires et esclaves de la prospérité à tous les prix, acquise en versant le sang de nos compatriotes, comme le vampirisme qui s’est honteusement illustré la semaine dernière à ANGOVIA, tout près de BOUAFLE. Encore une fois ici, nous voudrions demander à madame LAGARDE Christine, sur son mensonge éhonté à propos de la croissance économique en Côte  d’Ivoire qui nous exaspère, quel développement,  elle et son poulain au pouvoir par ici envisagent-ils,  dans un pays surpeuplé qui ne maîtrise aucunement tous ces flux d’une immigration sauvage, donc non contrôlée ?

Pour en revenir à notre soif et notre besoin réccurent de justice pour tous nos morts, nous, victimes de DUEKOUE, nous voudrions encore une é-nième fois interpeller les obligés dela communauté internationale que sont BAN KI MOON et FATOU BENSOUDA : que veulent-ils au juste démontrer à la face du monde ? Que l’introuvable communauté internationale, pour parler comme monsieur Bernard HOUDIN, a tellement légalisé la rébellion et l’anarchie qu’ils (BAN KI MOON et BENSOUDA) peuvent en faire à leur tête, au risque et au péril des institutions qu’ils incarnent ? L’O.N.U., la France et la prétendue communauté internationale, dans le but de déstabiliser le président GBAGBO en son temps, ont, dans des mensonges diaboliques et éhontés, inventé et vu des morts partout en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui qu’ils en ont vraiment créés à coups de bombes, de kalachnikovs et de massacres prémédités contre des groupes ethniques et/ou politiques ciblés, les voici coincés et bien coincés par leurs propres entreprises diaboliques, au point de nier ou d’ignorer en toute irresponsabilité les atrocités qu’ils ont recommandées, exécutées et fait exécuter ici en Côte d’Ivoire, en lieu et place d’un recomptage des voix électorales. Et comme ça, ils pensent  ou croient se sortir de l’enfer de leurs propres incohérences et monstruosités sans que justice ne soit rendue aux vraies victimes de la rébellion ivoirienne  qu’ils ont diaboliquement soutenue depuis 2002  jusqu’en 2011 pour faire  faussement croire à un contentieux, après une parodie d’élection.

A tous ces vrais auteurs de notre tragédie collective, nous, victimes de DUEKOUE, voudrions rappeler ceci :

-1° : à monsieur François HOLLANDE, cet indiscutable héritier de la françafrique qui s’est précipité pour que des mains ne soient plus coupées et que des femmes ne soient plus forcées à porter  le voile au Mali voisin,  pendant que des femmes enceintes sont éventrées, des bébés décapités et des familles entières sont brûlées vives en Côte d’Ivoire et que monsieur HOLLANDE n’en a cure, il nous plaît de lui dire en toute sérénité que l’arithmétique hypocritement financière de la France officielle tire à sa fin en Côte d’Ivoire, parce qu’en ayant voulu diaboliser et embastiller GBAGBO à LA HAYE, ce sont des millions de GBAGBO que la France a ainsi suscités et créés en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. L’Histoire dira si nos propos actuels sont gratuits ou erronés car tôt ou tard, il faudra bien que les généraux de l’armée française, experts en génocides planifiés, nous disent , à la face du monde, ce qui les a poussés à bombarder et à massacrer par milliers des civils en Côte d’Ivoire, en Novembre 2004 et en Mars 2011. De même que ces officiers militaires français qui, dans un rituel des plus macabres, se sont lavés les mains - en compagnie de rebelles et de dozo – dans le sang d’un gendarme égorgé par ces derniers à BOUAKE,  en Octobre 2002. Dire ce qui est vrai ou le crier, ce n’est point du tout être arrogant !

-2° : à monsieur OUATTARA, à son gouvernement et à leurs parrains occidentaux, nous, victimes de DUEKOUE, disons aussi qu’il n’y a point de pouvoir qui soit éternel  et que la justice des hommes est bien trop infime devant celle de DIEU, étant entendu qu’aucune créature humaine, à moins d’être imbue d’une hérésie avérée, ne peut prétendre être au-dessus de Celui-là même qui a créé les cieux et la terre ! Quand on colle des chefs d’accusation d’ordre politique à des centaines d’innocentes personnes qu’on emprisonne et qu’on affirme qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, c’est le comble de la vraie bêtise humaine parce que le bourreau qui bande ses muscles et s’en satisfait n’est rien d’autre qu’un pauvre mortel égaré ! Merci à vous de mépriser la vie de tous les Ivoiriens qui, jamais n’accepteront de se soumettre à vous parce que nous sommes de nombreux patriotes qui ne nous reconnaissons pas en vous. Célébrez le mépris tout autant que l’injustice mais en méditant cette assertion d’Hannah ARENDT (cf. «Du mensonge à la violence», H. ARENDT) : «Le mépris est le plus grand ennemi de l’autorité quand le rire (du peuple) est pour cette autorité la plus grande menace». Or, nous, victimes et patriotes ivoiriens, c’est de plus en plus que nous rions de vos carences criardes et de vos errements à répétition. Du charnier de YOPOUGON en l’an 2000 au massacre de NAHIBLY en Juillet 2012 en passant par MONOKO-ZOHI, GUITROZON et les soixante quatre gendarmes égorgés par vos rebelles  à BOUAKE  en Octobre 2002, c’est patiemment que les Ivoiriens, le monde entier et l’Histoire vous attendent, le temps étant l’autre nom de DIEU, d’après Laurent GBAGBO ! 

-3° : à tous nos compatriotes d’ici et à tous ceux qui vivent en Occident, nous adressons  cet appel : de grâce, il est temps, grand temps que ceux qui font de notre tragédie collective leur fond de commerce auprès des O.N.G. et autres institutions se ressaisissent et arrêtent de se faire du beurre sur le dos de nos morts. Nous les invitons à lutter franchement sans recherche de gain, comme le font tous ces patriotes et ces panafricanistes d’autres pays et d’autres continents. S’approprier des rapports, des contributions ou des images (vidéos) à des fins lucratives est bien trop petit par rapport à l’objectif commun que nous visons : notre libération des chaînes de l’esclavage ! Honte à tous ceux qui se disent Wê ou patriotes ivoiriens et qui souscrivent à la détestable arithmétique des croque-morts car il est écrit qu’au seuil de la morale, de la justice et de la vertu, malheur à quiconque aura abdiqué !

Paix sur les morts de NAHIBLY et sur tous les patriotes ivoiriens qui tombés depuis 2002 !

N.B. : à ceux qui s’acharnent à exhumer des corps à Abidjan, nous rappelons que les squelettes du charnier découvert il y a deux mois à DUEKOUE toujours là où ils sont, non loin du camp des soldats marocains de l’O.N.U. et du barrage des f.r.c.i.,  du côté droit de l’usine COOPASAG, corridor de DALOA.

 

Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel CALEB, Abidjan, le 19 Juillet 2013.