topblog Ivoire blogs

mardi, 23 juillet 2013

CPI - LA LIBERATION DE GBAGBO SE PRECISE

FATOU BENSOUDA 3.jpg


Fatou Bensouda, depuis Abidjan, avoue ne pas avoir eu les preuves contre Gbagbo et ne pas avoir vu les victimes.


Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, malgré ses efforts, n’a pas réussi à dissimuler sa colère envers les autorités ivoiriennes, lors de son deuxième séjour à Abidjan, vendredi et samedi derniers. Selon les informations en notre possession, elle s’est fait tout simplement rouler dans la farine par le régime ivoirien concernant les preuves supplémentaires contre Gbagbo, concernant les victimes qu'elle voulait rencontrer, et concernant l’affaire Simone Gbagbo.

Sur ce dernier point, sa déclaration samedi au cours d’une conférence de presse dans la capitale ivoirienne, fut une quasi-injonction au régime ivoirien à coopérer avec la CPI : “Nous ne pensons pas que les autorités ivoiriennes refuseront de transférer Mme Simone Gbagbo à la CPI. Mais aussi, selon le statut de Rome, si les autorités ivoiriennes veulent juger Simone Gbagbo ici, ils ont aussi le droit de défier le cas devant la Cour pénale internationale”, a-t-elle déclaré. Mme Bensouda a clairement réitéré son appel au gouvernement ivoirien à “exécuter dans les plus bref délais possibles”, les “demandes de coopération” de la CPI, notamment “les mandats d’arrêts et les demandes de remise à la Cour émis par les juges de la CPI”.

“Cela vaut donc pour le mandat existant contre madame Simone Gbagbo ainsi que pour tout autre suspect dans l’avenir”, a-t-elle martélé. On ne peut pas être plus clair, même si pour mieux faire passer la pilule très amere aux autorités ivoiriennes, elle a aussi déclaré: « Simone Gbagbo, visée par un mandat d’arrêt de la CPI, peut être jugée en Côte d’Ivoire conformément au statut de Rome ». Vouloir juger Mme Gbagbo en Côte d’Ivoire est “une prérogative que le statut de Rome reconnait aux autorités ivoiriennes”. “Ce sera aux juges de décider si le cas est recevable devant la CPI. Vous verrez que ce fut le cas en Libye”, avec l’affaire Seïf Al Islam, a-t-elle dit.

Concernant l’affaire Laurent Gbagbo et la recherche de preuves supplémentaires, Fatou Bensouda se serait fait rouler dans la farine par le régime ivoirien. Dès son arrivée vendredi à Abidjan, elle avait effectivement planté le décor: « C’est une mission technique. » Une mission pour rencontrer notamment « ceux qui nous assistent pour trouver des informations additionnelles » dans l’affaire Laurent Gbagbo.

En d'autres termes, la procureure de la CPI est venue à Abidjan pour chercher des preuves contre le Président Laurent Gbagbo, preuves promises par le régime ivoirien et manquant cruellement au dossier d'accusation. Les juges de la Cour lui ont dit le 03 juin dernier de revoir sa copie et d'apporter des preuves supplémentaires pouvant étayer ses accusations contre Laurent Gbagbo.

Ces juges on se le rappelle, n’ont pas voulu se prononcer sur la confirmation des charges contre le Président Laurent Gbagbo, car ils avaient estimé que les preuves présentées par la procureure n’étaient pas suffisantes et lui ont demandé de les compléter. Fatou Ben Souda est donc venue à Abidjan pour chercher les preuves complémentaires, et rencontrer les victimes ou associations de victimes. Et selon nos informations, aucune preuve supplémentaire n’a pu être réunie par les autorités ivoiriennes à son arrivée, de même qu’aucune victime ou association de victime n’a pointé le nez devant elle, ce qui a eu le don de l’irriter à l’extrême. C’est donc bredouille que la procureure de la Cpi est retournée à la La Haye après avoir passé 48 heures sur les bords de la lagune ébrié.

Pire, Fatou Bensouda n’a pas du tout goûté l’absence de Ouattara à son arrivée en Côte d’Ivoire. Il était étrangement à Lomé au Togo en réunion de la CEDEAO. Pourtant, sa venue à Abidjan était prévue de longue date, et la rencontre avec le chef de l’Etat était prévue dans son agenda.

Selon nos informations, Alassane Ouattara, dont la volonté de coopération avec la CPI est de plus en plus remise en cause, aurait décidé de prendre ses distances avec la désormais très gênante procureure de la CPI, et aurait de laisser son ministre de la Justice Gnénéma Coulibaly, et sa collègue de la solidarité, de la famille, de la femme et de l`enfant, Anne Désirée Ouloto, la recevoir.

Echec et mat pour Fatou Bensouda à Abidjan qui a avoué n’avoir pas eu les preuves recherchées. Cette dernière, qui joue sa carrière et dont la crédibilité est gravement mise en cause, a exigé du solide de la part des autorités ivoiriennes. Ceux-ci ont préféré la lâcher "en plein vol", car devenue un peu trop exigeante et moins docile comme lors de son premier voyage à Abidjan où elle prenait pour argent comptant, tout ce qui venait du régime Ouattara concernant Laurent Gbagbo.

Comme on le voit, la LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO SE DESSINE A L'HORIZON. Les preuves supplémentaires tant attendues par les juges de la CPI viennent une fois de plus de manquer à l'Appel. Ces derniers n'auront plus d'autre choix que de prononcer la rélaxe pure et simple de Laurent Gbagbo. Me Emmanuel Altit s'était dit confiant il y a peu, sur la libération de son client, avant la fin de l'année 2013.

Avec le terrible revers de Fatou Bensouda à Abidjan, la libération de Laurent Gbagbo avance à pas de géants.

Nous y reviendrons.

 

Eric Lassale avec Parice Lecomte

 

lundi, 22 juillet 2013

APPEL AUX CADRES DU NORD - BAMBA MASSENY: «NOTRE PAYS S'EFFONDRE»

 

BAMBA MASSENY.jpg


A travers cette adresse, nous voudrions interpeller nos sœurs et frères cadres du Nord de notre pays, la Côte-d’Ivoire, que nous aimons tous et que nous partageons avec nos… frères des autres groupes ethniques.


En effet, pour rappel, il est connu de tous que l’actuel chef de l’Etat, M. Alassane Dramane Ouattara a fait son entrée véritable en politique en 1994. Face à la traque de Bédié et de la justice ivoirienne qui le sommaient de fournir les preuves de sa nationalité ivoirienne, l’homme, au cours d’une conférence à Paris en 1999, prit le dangereux raccourci d’un discours justificatif au caractère ethno-religieux: «On ne veut pas que je sois candidat, parce que je suis musulman et du nord».

Ces propos marquaient une grande première dans le jeu politique ivoirien. Le choc ressenti dans le pays était à la mesure de la dangerosité et du caractère inédit du discours. Depuis lors, malheureusement, cette phrase destructrice a fait son chemin en Côte d’Ivoire.

Au début, les Ivoiriens dans leur ensemble hormis les « initiés », avaient cru qu’il s’agissait juste de propos politique pour rallier à sa cause les nordistes, communauté alors majoritairement militante du PDCI-RDA. D’ailleurs cette vision des choses se concrétisa, car la majorité des militants du RDR est aujourd’hui constituée des ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire. Cette adhésion massive à ce parti, il faut le reconnaitre, se manifesta de manière avérée à l’arrivée du président Laurent Gbagbo au pouvoir,ce à deux niveaux :

D’abord, tout le Nord de manière générale à servi de base à la rébellion qui a endeuillé les Ivoiriens à partir de 2002. Cette rébellion, par son positionnement géographique principal et l’origine de ses principaux leaders donnait à penser à un conflit du Nord majoritairement musulman contre le Sud chrétien, selon le schéma décrit plus haut par M. Alassane Dramane Ouattara.

Les raisons servies par ceux qui ont porté le coup meurtrier à la mère patrie, sont que l’on venait pour restaurer la dignité du peuple du nord longtemps bafouée, en plus de la promesse d’un bien être social. Hélas ! Souvenir pour souvenir, après neuf ans d’occupation anarchique et d’exploitation incontrôlée de cette partie du pays, de Touba à Korhogo, en transitant par Séguéla, Kong, Odienné pour ne citer que ces localités, le constat est très amer : aggravation de la misère, décimation de la population active, exode des jeunes vers le sud, propagation du VIH/SIDA, destruction de l’école avec l’utilisation des enfants comme des combattants, aggravation des conflits éleveurs-planteurs, mévente des produits (coton, anacarde), pauvreté généralisée…

Ensuite, avec les élections de 2010, cette population semble prendre fait et cause pour le candidat du RDR. Cette vision des choses est pourtant loin de la réalité, car la brave population du Nord s’est trouvée prise en otage par les rebelles du MPCI et contrainte par ces derniers, sous les armes, à voter ‘’massivement’’ et même abusivement pour leur mentor, comme en témoignent les scores staliniens réalisés par le leader du RDR dans cette zone.

Après l’installation de M. Ouattara au pouvoir dans les conditions que nous connaissons, les Ivoiriens étaient légitimement en droit d’espérer en une véritable politique de réconciliation, d’union et de reconstruction, au sortir de plus d’une décennie de crise militaro-politique ponctuée par une terrible guerre postélectorale. Que nenni ! Il leur sert à leur grand étonnement une gestion outrancièrement ethno-tribale, conceptualisée et expérimentée sous le vocable de ‘’rattrapage ethnique’’.

En effet, en déclarant au journal français L’EXPRESS, à propos de sa politique de recrutements et de nominations exclusifs de ressortissants du Nord : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité», M. Alassane Dramane Ouattara venait de jeter un autre pavé dans la mare déjà boueuse du microcosme politique ivoirien. Après ‘’l’ivoirité’’ dont il s’est proclamé illustre victime, il venait, à son tour, de créer un concept monstrueux et nocif en Côte d’Ivoire.

En fait, le rattrapage ethnique accrédite la thèse selon laquelle le nord, grâce à Alassane Dramane Ouattara, se «rattrape » des injustices qu’il aurait subi au détriment des autres régions de la Côte d’Ivoire, particulièrement sous le règne du président Laurent Gbagbo.

Les observateurs de la vie politique dans notre pays et au-delà noteront que, c’est bien la première fois qu’un dirigeant africain, à cet ultime niveau de responsabilité, reconnait ouvertement et sereinement, qu’il fait ses nominations sur une base purement tribale et communautaire. Ils noteront également la contre-vérité flagrante qui accuse gratuitement le président Gbagbo de marginaliser les nordistes. Les preuves contraires surabondent, mais nous en ferons l’économie pour l’occasion, de peur de nous éloigner de la quintessence de notre sujet.

En réalité, avec la politique de ‘’rattrapage’’ initiée par l’actuel Chef de l’Etat, la part belle est faite aux ressortissants du ‘’nord’’ dans l’administration centrale comme dans l’armée. Jugeons-en nous-mêmes : le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, les responsables d’institutions, d’administrations centrales et d’administrations décentralisées, les responsables des sociétés d’Etat sont tous majoritairement d’origine nordiste. L’armée de Côte d’Ivoire (FRCI) ainsi que toute la hiérarchie de cette armée qu’on peut sans risque de se tromper qualifier de tribale, appuyée par les supplétifs ‘’dozos’’ est dominée par les anciens Chefs de guerre, tous pratiquement de la même région.

Est-ce à dire que les nordistes ont la primauté sur les autres populations ivoiriennes ? Sont-ils les seuls dotés de compétences pour gérer ce pays ? Chacun conviendra que non. De feu Félix Houphouët Boigny jusqu’au président Laurent Gbagbo en passant par les présidents Henri Konan Bédié et feu Robert Guéi, la Côte d’Ivoire a été gérée en ne lésant aucune région. « Le nord n’est certainement pas moins développé que toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Il suffit de voir les voies d’accès aux zones productrices de cacao, la principale source de devises du pays pour s’en rendre compte. Au sud, à l’Est, à l’Ouest et au Centre, il y a des localités inaccessibles, non électrifiées, sans centre de santé ni école » (Notre Voie n°4460 du 5 juillet 2013 P.2). D’où vient alors la marginalisation des nordistes qui justifierait un ‘’rattrapage’’ ?

La gestion du pouvoir d’Etat à laquelle nous assistons aujourd’hui est loin de bâtir une cohésion entre les filles et les fils de ce pays. Pire, M. Ouattara, avec sa visite débutée le 02 juillet 2013 dans la Région des Savanes affirme sans gêne et je le cite : « le nord n’a pas eu sa part de redistribution nationale (…) donc je suis venu vous dire que j’ai de grandes ambitions pour le district des savanes (…) ».

Au-delà du discours purement électoraliste et populiste à l’endroit des siens, il est malheureux d’observer, de la part d’un chef d’Etat qui dit prôner ‘’le vivre ensemble’’, l’apologie du tribalisme et du régionalisme. Ainsi, du rattrapage ethnique dans les nominations dans l’administration publique et les sociétés d’Etat, monsieur Ouattara vire au rattrapage régional par les investissements massifs annoncés au nord, au détriment des autres régions du pays.

Face à cette situation qui fragilise notre nation depuis plusieurs mois, sœurs et frères cadres du Nord, devons-nous, par notre mutisme cautionner cette politique dite de rattrapage ? Sous le prétexte que cette politique nous profite, allons-nous fermer les yeux sur le danger que court la Côte d’Ivoire avec une ethnocratie qui consiste à ne placer partout rien que des ressortissants du Nord de la Côte d’ Ivoire ? Quelle image renvoyons-nous aux dizaines de milliers d’Ivoiriens licenciés de leurs services pour nécessité de rattrapage ? Et le sort des femmes et des enfants de ces familles livrées à elles-mêmes ? Allons-nous accepter plus longtemps que le nord serve de ‘’Goulags’’ et de camps de tortures pour bon nombre de nos compatriotes non nordistes sous la surveillance d’une armée et d’une milice perçues comme tribales ?


Source: EBURNIENEWS.NET

samedi, 20 juillet 2013

LOI SUR LA NATIONALITE: VOICI LA BOMBE QUE LE PDCI PREPARAIT HIER A L'ASSEMBLEE NATIONALE

 

ASSEMBLEE NATIONALE CI. DEPUTES.jpg

 

La bombe que préparait le PDCI. Ouattara encore mis en difficulté


Les députés du PDCI se sont réunis hier à la maison de leur parti à Cocody pour produire une déclaration relative à l'examen du projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie, signée le 30 août 1961 à New York, et qui devait être examinée hier à l'Assemblée nationale. A la dernière minute, le projet de loi a été retiré. Ci-dessous, l'intégralité de la déclaration des députés PDCI qu'ils devaient lire au Parlement.

 
Madame la Présidente,

Le Groupe parlementaire PDCI a examiné avec beaucoup d'attention le présent projet de loi dont l'adoption permettra certainement à la Côte d'Ivoire de parachever son adhésion à la convention de 1961 et contribuer ainsi à la réduction des cas d'apatridie dans notre Pays. Il n'échappe à personne que l'apatridie, le fait pour un individu de n'être reconnu par aucun État comme son ressortissant par application de sa législation, est une question essentielle qui porte sur un droit fondamental qu'est la nationalité. En effet, la déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 énonce en son article 15 que "tout individu a droit à la nationalité". Aucun individu ne peut donc pouvoir vivre sans aucun lien de rattachement à un pays. Et pourtant, les estimations mondiales font état de plus de 12 millions d'individus concernés par l'apatridie.

Dans notre pays, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), on dénombre au moins 950000 cas d'apatrides résultant de causes diverses comme l'immigration, la méconnaissance de la loi, la succession d'état ou encore la défaillance du système de l'état civil. C'est pourquoi, le Groupe parlementaire PDCI-RDA, profondément attaché au respect des droits de l'Homme, est sensible à la volonté du Gouvernement de réduire et de prévenir les cas d'apatrides dans notre Pays.

Cependant, la voie proposée pour remédier à ces situations regrettables à tous égards, aussi bien pour les individus concernés que pour la Côte d'Ivoire elle-même, ne nous semble pas la meilleure. Les réserves du Groupe parlementaire PDCI-RDA sur le présent projet de loi portent sur la procédure utilisée pour l'adoption de cette loi, les contrariétés fondamentales entre les dispositions de cette convention et le code de la nationalité ivoirienne et enfin sur l'impact que la ratification de ce traité pourrait avoir sur le droit foncier rural.

Sur la procédure, le Groupe parlementaire PDCI-RDA s'étonne qu'un projet de loi aussi important soit soumis à la procédure de la discussion immédiate. Procédure d'urgence, procédure sommaire, la discussion immédiate n'offre pas l'occasion aux députés d'examiner avec toute la sérénité requise les projets de loi. Cette urgence est d'autant plus incompréhensible puisqu'il s'agit en l'espèce d'autoriser le Président de la République à ratifier une convention signée en 1961, c'est-à -dire une convention vieille de plus de cinquante deux ans. Notre étonnement est davantage renforcé par le fait qu'il y a de cela quelques mois, précisément le lundi 4 mars 2013 à Bouaflé, 8133 individus

présentés comme des apatrides ont reçu des mains du Ministre de la Justice, des droits de l'Homme et des Liberté publiques, la citoyenneté ivoirienne. C'est dire que, nonobstant la non-ratification de la convention de 1961, les lois nationales permettent de régler le problème des apatrides.

Où est donc l'urgence?

Sur la contrariété avec certaines dispositions du code de la nationalité, l'intimité entre l'apatridie et la nationalité a amené le Groupe parlementaire PDCI-RDA à examiner ce projet de loi à la lumière des dispositions légales dont notre Pays s'est librement dotées pour régir la Nationalité. Il ressort de cet examen que plusieurs dispositions de la Convention de 1961 sont contraires aux lois ivoiriennes sur la nationalité.

A titre d'illustrations on peut citer :

• L'Article premier, paragraphe 1 de la convention qui dispose notamment

que :

"Tout État contractant accorde sa nationalité à l'individu né sur son territoire et qui, autrement, serait apatride. Cette nationalité sera accordée :

a) De plein droit, à la naissance; ou

b) Sur demande souscrite, suivant les modalités prévues par la législation de

l’État en cause, auprès de l'autorité compétente par l'intéressé ou '-en son nom;

sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent article, la demande ne peut être rejetée .

Aux termes de cet article, la naissance sur le sol de l’État, autrement dit le droit du sol serait une condition suffisante pour attribuer la nationalité. Or le Législateur ivoirien a opté depuis 1972 pour le droit du sang comme condition

d'attribution de la nationalité ivoirienne. C'est ce qui ressort des dispositions pertinentes de l'article 6 de la Loi nO 72-852 du 21/12/1972 portant code de la nationalité ivoirienne qui énonce que :

" Est Ivoirien :

1- l'enfant légitime ou légitimé, né en Côte d'Ivoire, sauf si ses deux parents sont étrangers;

2- l'enfant né hors mariage, en Côte d'Ivoire, sauf si sa filiation est légalement établie à l'égard de ses deux parents étrangers, ou d'un seul parent, également étranger. "

Ces contrariétés sont observées également en ce qui concerne :

• l'enfant trouvé (article 2) ;

• l'enfant né hors du territoire national (article 4)

• la perte ou la privation de la nationalité (Articles 5, 6, 7, 8 et 9)

Le Groupe parlementaire aurait pu passer sous silence ces divergences, si l'Article 3 du code de la nationalité ivoirienne n'était pas libellé de la manière suivante: " Les dispositions relatives à la nationalité contenues dans les traités internationaux dûment ratifiés et publiés s'appliquent, même si elles sont contraires aux dispositions internes. Ce qui signifie que la ratification de cette convention rendra automatiquement applicables ses dispositions qui sont contraires à la loi ivoirienne sans qu'il soit nécessaire de modifier celle-ci. La nationalité est un élément fondamental de la souveraineté nationale, c'est pourquoi son encadrement juridique ne saurait être aussi facilement rendu caduc par l'effet automatique des traités et autres accords mêmes dûment ratifiés. En notre sens, en insérant cette disposition, nos devanciers ont sans nul doute voulu nous inviter à faire preuve d'une vigilance particulière avant d'autoriser la ratification d'instruments légaux internationaux relatifs à la nationalité.

En ce qui concerne l'implication de cette convention sur le droit foncier rural

Dans notre Pays, propriété terrienne et nationalité sont intimement liées, la loi sur le foncier rural de 1998 expose en effet que seuls les Ivoiriens peuvent

être propriétaires terriens. Il va sans dire que les personnes qui auront acquis la nationalité ivoirienne par l'effet de cette Convention pourront légitimement prétendre à la propriété foncière sur des terres qui n'ont été mises à leur disposition qu'en considération du fait qu'ils n'étaient pas Ivoiriens.

Au regard de tout ce qui précède, et convaincu que les questions de la nationalité et du foncier rural, données comme les causes fondamentales de la crise qu'a connue notre Pays dix années durant, ne peuvent être traitées séparément, le Groupe parlementaire PDCI-RDA propose l'ajournement de l'examen de ce texte à la prochaine session ou à une session extraordinaire. Ce report nous permettra non seulement d'examiner ce texte avec toute la sérénité et la sagesse requises du Législateur, mais aussi de procéder à de larges consultations, pour recueillir les observations des populations dont

nous sommes les mandants, sur ces questions importantes que sont, nous le répétons, la nationalité et le foncier rural.



Fait à Abidjan, le 17 juillet 2013

Le Groupe parlementaire PDCI-RDA


In le quotidien ivoirien "L'INTER"


ASSEMBLEE NATIONALE COTE D'IVOIRE.jpg

 

Dernière heure: Le projet de loi de ratification de la convention sur l'apatridie retirée

 

Le projet de loi a été retirée de l’ordre du jour. Il a été programmé pour une session extraordinaire. Mais il y a lieu de préciser que ce retrait est dû à l’opposition des députés du PDCI, UDPCI et autres indépendants. Ils étaient tous prêts ce matin à sortir de l’hémicycle. Seul les talibets du RDR étaient partant. C’est hier, après la réunion du RDR que tout a été décidé.  

Il y a un front qui se forme contre le RDR au parlement. La grande partie regrette l’absence du FPI. Vu la tendance, je pense qu’il faut faire du lobbying sinon tout est foutu. les gens du RDR sont des automates. Ils lèvent seulement les mains.


Source: EBURNIENEWS

QUI A TUE FOFIE? DES SOUPÇONS PLANENT, DES LANGUES SE DELIENT


FOFIE KOUAKOU.jpg


Le site www.eclairdafrique.com, toujours à la pointe de l’info, a annoncé hier la mort du commandant Fofié Kouakou. Aujourd’hui, il révèle selon des témoignages recueillis, les causes de la mort, de ce combattant très très proche de Guillaume Soro.


FOFIE KOUAKOU,  MAITRE A KORHOGO

FOFIE KOUAKOU était commandant de la zone 10 à  Korhogo. Il fait partie de ces Com-zones qui ont fait parler d’eux. La zone  qu’il commande couvre la région située entre les localités de Pogo, ville à la frontière Ivoiro-Malienne, de Laléraba à la frontière Ivoiro-Burkinabé, de Longo plus au sud de Tarato à l'ouest et de Kafolo à l'est. Les villes de Ouangolo, Ferkessédougou, Diawala, Pogo, M’bengué, Dikodougou, Napié, Sinématiali font notamment partie de cette zone. À Korhogo, le chef rebelle se nomme Fofié Kouakou Martin, ancien caporal de l'armée régulière, devenu « commandant ». Martin Kouakou Fofié, l’un des trois Ivoiriens visés par le gel des avoirs à l’étranger et l’interdiction de voyager décidés par l’ONU, commande la zone 10, administrée depuis Korhogo. C'est un homme d'un charisme indiscutable qui a réalisé des vastes chantiers d'assainissement, de reconstruction d'édifices en ruine et sécurisé les  biens et les personnes vivant dans sa zone. Tous ces travaux sont financés par un « impôt » contraignant et parfois exorbitant prélevé sur les opérateurs économiques de la ville. Il est originaire de Bondoukou. Selon la presse burkinabé, le commandant Fofié disposerait des biens à Ouagadougou comme ces frères d’armes de la rébellion ivoirienne.  Sous sanction de l’Onu, il avait utilisé de faux documents burkinabés pour ouvrir un compte dans une banque Ouagalaise. Ce sont plus  de 66 millions de francs CFA  qu’il gardait dans cette banque en violation des sanctions de l’ONU. Malheureusement, pour lui,  les 66 millions ont disparu des caisses de la banque. Cette nouvelle a tellement marqué le commandant Fofié qu’il a entrepris des recherches pour en savoir plus. Après des recherches, l’homme a été informé que c’est en complicité avec Alassane Dramane Ouattara et Blaise Compaoré qui craignaient les représailles de l’ONU qui la banque a fait disparaitre cette importante somme. Dans tous les cas, il ne pouvait se plaindre à cause de la sanction de l’ONU qui planait sur sa tête. Martin Fofié Kouakou, se serait enrichi de façon illicite et  était dans le viseur de l’ONU.  La disparition de cette manne que le chef de guerre a pu économiser pendant des années, a provoqué en lui, une rancune tenace contre Alassane Ouattara et Blaise Compaoré.  En fait, les chefs de guerre demeurent un véritable problème pour le régime de Ouattara et ses soutiens. Leur intégration dans l’armée est un véritable problème. Les commandants ("com-zone") des Forces nouvelles forment un réseau militaro-économique tirant profit de la contrebande et d'un système de taxation parallèle, selon le rapport au Conseil de sécurité des experts chargés de vérifier l'application de l'embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire. Les réseaux politiques et économiques liés aux combattants des ex Forces nouvelles se sont renforcés avec l'intégration dans l'armée ivoirienne d'anciens commandants au lourd passif, affirme un rapport de l’ONU. La nomination à "des postes de commandement stratégiques" de gens comme Martin Kouakou Fofié (déjà sous sanctions de l'ONU), gêne énormément Ouattara. Mais comment se débarrasser de ce combattant gênant?

FOFIE, L’HOMME DE MAIN DE SORO 

Il est vrai que Soro et son mentor ADO marchent aujourd’hui main dans la main. Mais il va sans dire qu’ils visent le même champ politique: le nord.  Alassane veut faire du nord le véritable bastion du RDR.  A côté de lui, Soro qui est inscrit dans une véritable dynamique de quête d’assise politique pour le mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (Mpci) veut conquérir le nord. Sur plan  Soro  avait placé des Com zone qui préparaient le terrain politique pour lui. Le commandant Fofié Kouakou se trouve plus proche de Guillaume Soro puisque Diawala qui est la sous préfecture d’origine de SORO fait partie de la zone 10 qu’il contrôle. Comme on peut le pressentir à l’horizon, il y a une bombe entre Soro et son mentor sur la conquête du nord. Fofié était donc un pion essentiel dans la stratégie de  conquête de la zone 10 pour SORO. Vu l'excellent travail abattu dans la sécurisation de Korhogo, le chef emblématique des mouvements de l'ex-rébellion, Guillaume Soro lui avait même confié la sécurisation des frontières Nord.  Toujours en grande confiance, il a assumé avec brio ces fonctions en préservant intactes l'intégrité de la zone 10 que son « ami »Soro Guillaume veut garder pour lui seul. Les deux hommes étaient très liés. A une question posée à Fofié : « Que pensez-vous de l’action de M. Guillaume Kigbafori Soro au moment où vous étiez ensemble,  pendant ce mouvement armé ? », il a répondu : « Vous savez, il y a le don et il y a le pouvoir. Un pouvoir acheté est un pouvoir éphémère. Mais celui qui a le don, a reçu une chose venue de Dieu. Et quand Dieu donne à quelqu’un le don de commander, je crois que Dieu donne à cette personne la sagesse nécessaire pour encadrer les jeunes. Et c’est ce que j’ai observé en lui, Guillaume  Kigbafori Soro. Il n’a pas acheté son pouvoir, c’est inné. On dit très souvent qu’il y a trois sortes de comportements : le comportement inné, le comportement acquis et le comportement héréditaire. Pour lui, c’est inné. Le sens du commandement est inné en lui. Ce que je voudrais  dire, c’est que je pourrais faire ses éloges pour dire qui il est, mais toute la Côte d’Ivoire, le monde entier sait désormais qui est Soro Kigbafori Guillaume. C’est vrai qu’il est mon patron, mais je dis ce qui est ».  L’objectif visé par Guillaume Soro  n’est pas à portée de main. Il lui sera en effet difficile d’implanter ses hommes sur les terres du Rassemblement des républicains (RDR), premier parti du nord du pays.  Alassane Dramane Ouattara, compte de nombreux partisans chez les com’zone. Certains sont même très proches de lui.  Par exemple, Alassane Dramane Ouattara a assisté au mariage de Chérif Ousmane à Ouagadougou en décembre 2007 et son épouse, Dominique, était témoin de ce mariage. Alors premier ministre de Gbagbo, Chérif Ousmane était farouchement opposé à Soro Guillaume. Il soutenait que le premier ministre de Gbagbo jouait le jeu du président Gbagbo. Soutenu par Alassane, chérif Ousmane et certains « Com-zones » en voulaient terriblement à Soro. Au point même qu’il essuya un attentat le 29 juin 2007.  Beaucoup de sources révèlent que c’étaient les hommes de Chérif Ousmane soutenus par la France et Ouattara qui ont voulu porter le coup fatal à Soro Guillaume. En tout cas, les hommes de Soro  sont dans le viseur des pro-Ouattara.  L’on se souvient de comment IB a été tué à Abidjan.  Ses hommes se sont dispersés et menacent de venger IB qui a été le cerveau de la  rébellion qui a pu apporter Alassane Dramane au pouvoir.

FOFIE AURAIT ETE EMPOISONNE

Ce matin même, nous avons pu joindre un proche De Fofié à Korhogo. « C’est vrai. Il est mort mais nous voulons voir son corps. Le corps de notre commandant ». De quoi est-il vraiment mort ? Selon une source militaire que nous avons contactée à Bouaké, « Fofié  souffrait d’une maladie bizarre qu’il trainait depuis longtemps. Il parlait d’empoisonnement mais moi je ne le croyais pas parce que cet homme était un vrai africain. Il était beaucoup protégé mystiquement…mais la maladie était bizarre. » Empoisonnement ? En tout cas, l’ex commandant rebelle Fofié Kouakou, victime d’un AVC, ne s’est plus remis selon nos sources à Bondoukou où il se soignait entouré de quelques parents. L’homme est beaucoup aimé dans son village.  Depuis hier c’est la consternation à Bondoukou et à Korhogo. La population ne veut pas entendre parler de cette triste disparition.

QUI AURAIT INTERET A EMPOISONNER FOFIE?

FOFIE savait qu’il ne faisait pas toujours l’affaire des politiciens. On lui a maintes fois reproché son attachement à Guillaume Soro. Il était présenté par les ennemis de Soro comme celui là qui lui préparait le chemin. Evidemment, personne en Côte d’Ivoire n’ignore les ambitions de l’actuel président de l’assemblée nationale.  Du coup Korhogo devient  un enjeu politique pour ADO et le président de l’Assemblée nationale, tous les deux ressortissants du nord.

N’est-ce pas à Korhogo que le président Alassane Ouattara a véritablement déclaré sa candidature pour la présidentielle de 2015 au cours de sa récente tournée ?  Un fait a été aussi remarquable à Korhogo : pour l’une des rares fois Soro Guillaume a posé publiquement avec son épouse devant la presse. Ce fait a été interprété de diverses manières : SORO comme un chef d’Etat ! Korhogo est un donc un enjeu pour Soro et Alassane. On comprend alors ceux qui ont intérêt à éliminer Martin FOFIE KOUAKOU, l’homme de main de Soro Kigbafori Guillaume.

 

CHRISTOPHE DESGENS

 

Source: ECLAIR D'AFRIQUE

vendredi, 19 juillet 2013

OUATTARA VEUT FAIRE PASSER EN FORCE A L'ASSEMBLEE NATIONALE LA CONVENTION SUR L'APATRIDIE

 

SORO GUILLAUME. ASSEMBLEE NATIONALE.jpg

 

Ouattara veut faire passer en force, ce matin, à l'Assemblée nationale, la convention sur l'apatridie, devant servir de socle à l'adoption d'une loi pour introduire le droit de sol en Côte d'Ivoire.

 

Il est bien connu: les conventions et les traités internationaux régulièrement ratifiés ont une force supérieure à celle des lois internes. Lorsqu’un Etat adhère donc à un traité, il se voit automatiquement obligé de mettre ses lois en conformité avec ce traité. Or la Convention sur la réduction des cas d’apatridie que Ouattara va ratifier aujourd’hui par un passage en force, dispose en son article premier que: «Tout Etat contractant accorde sa nationalité à l’individu né sur son territoire et qui, autrement, serait apatride. Cette nationalité sera accordée de plein droit, à la naissance».

Depuis toujours, le RDR plaide pour le droit du sol et ses porte-voix n’ont de cesse de répéter que les étrangers venus des pays limitrophes, nés en Côte d’Ivoire doivent devenir Ivoiriens parce que leur pays d’origine ne les reconnaît plus comme étant ses ressortissants. Profitant donc de ce que ces personnes risquent d’être apatrides, la Côte d’Ivoire pourra donc leur attribuer gracieusement sa nationalité. Et le tour est joué. La France, réputée soucieuse du scrupuleux respect des droits de l’Homme, n’a jamais ratifié cette convention sur la réduction de l’apatridie. En ratifiant cette convention, Ouattara se donne une justification pour introduire le droit du sol dans la législation ivoirienne. Ce choix délibéré est en totale opposition avec les aspirations profondes des Ivoiriens qui ont toujours refusé le droit du sol en Côte d'Ivoire. 

MOBILISONS-NOUS POUR DÉNONCER L'IMPOSTURE!!!

ASSEMBLEE NATIONALE CI. HEMICYCLE.jpg


ORDRE DU JOUR DE L'ASSEMBLEE NATIONALE


Monsieur SORO K. Guillaume, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mesdames et Messieurs les Députés se réuniront en séance publique, le Vendredi 19 Juillet 2013 à 10 heures, au Palais de l’Assemblée nationale.

I - Cette séance a pour ordre du jour, la délibération de l’Assemblée nationale sur les projets de loi suivants

1. Projet de loi de finances rectificative portant budget de l’Etat pour la gestion de l’année 2013;

2. Projet de loi portant Code des Postes;

3. Projet de loi portant sûreté et sécurité nucléaire et protection contre les dangers des rayonnements ionisants;

4. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, adoptée le 30 Janvier 2007 à Addis-Abeba (ETHIOPIE);

5. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité portant révision du Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), adopté le 17 Octobre 2008 à Québec (CANADA);

6. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte Africaine de la Statistique, adoptée le 04 Février 2009 à Addis-Abeba (ETHIOPIE);

7. Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Charte du Conseil de l’Entente, adoptée le 05 Décembre 2011 à Cotonou (BENIN).

II- Examen selon la procédure de discussion immédiate des projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier les Conventions suivantes :


• La Convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides ;

• La Convention du 30 Août 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie.

 

NB: Pourquoi la procédure de discussion immédiate pour ces deux conventions ???

 

Annexes


Convention relative au statut des apatrides 1954. PDF

Convention relative au statut des apatrides 1961. PDF

OUATTARA, CHAMPION DU MONDE DES VOYAGES DE CHEFS D'ETATS DU XXIème SIECLE: 19 VOYAGES EN 6 MOIS EN 2013

 

VOYAGE ADO.jpg


Ouattara, 19 voyages en 6 mois en 2013 aux frais du contribuable.

 

Rien que pour les six (06) premiers mois de l’année 2013, Alassane Dramane Ouattara a effectué dix-neuf (19) voyages officiels et privés hors de la Côte d’Ivoire. C’est un record qui n’a été égalé nulle part ailleurs au monde, au XXIème siècle. En effet, bien qu’il n’ait été installé au pouvoir par l’armée française que le 11 avril 2011, aucun chef d’Etat au monde n’a effectué autant de voyages en dehors de son pays que Ouattara, depuis le début du troisième millénaire.

A l’échelle de la Côte d’Ivoire, la performance d’Alassane Dramane Ouattara prend des proportions plus exponentielles encore. Depuis l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance politique le 7 août 1960, aucun chef d’Etat ivoirien n’a accumulé une telle pléthore de voyages. Des observateurs avisés de la vie politique ivoirienne estiment même qu’en un peu plus de deux ans seulement (11 avril 2011-30 juin 2013), Ouattara a effectué plus de voyages hors du pays que Félix Houphouët-Boigny en trente-trois ans. Les totaux cumulés des voyages de Ouattara dans cette période dépassent la centaine.

Sous ce rapport des voyages des chefs de l’Etat ivoirien hors de la Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié et Robert Guéï font tout simplement figure de nains à côté d’Alassane Dramane Ouattara. Quant au président Laurent Gbagbo, il est de notoriété qu’il n’était pas un adepte des parades et de la vie de château dans les pays étrangers. Le nombre de ses voyages hors de la Côte d’Ivoire ne s’élève qu’à une dizaine, à peu près, en dix ans.

Afin que nul doute ne subsiste, voici la liste des voyages effectués par Ouattara au cours du premier semestre de l’année 2013.

-7 janvier 2013 : voyage officiel à Accra.

-10 janvier 2013 : voyage privé en France.

-15 au 17 janvier2013 : voyage officiel en République fédérale d’Allemagne, en provenance de la France. Retour à Abidjan le 18 janvier.

-25 au 29 janvier 2013 : voyage officiel à Addis-Abeba, en Ethiopie.

-16 février 2013 : voyage officiel à N’Djamena, au Tchad.

-21 au 23 février 2013 : voyage officiel à Malabo, en Guinée Equatoriale.

- 8 au 9 mars 2013 : voyage officiel au Bénin.

-10 mars 2013 : voyage officiel à Conakry, en Guinée.

-26 au 28 mars 2013 : voyage officiel en Afrique du sud.

-30 mars 2013 : voyage privé en France. Au cours de ce voyage, entretien de Ouattara avec François Hollande, à l’Elysée, le 11 avril 2013.

-30 avril 2013 : voyage officiel à Monrovia, au Libéria.

-12 au 14 mai 2013 : voyage officiel à Doha, au Qatar.

-14 au 15 mai 2013 : voyage officiel à Bruxelles, en Belgique, en provenance du Qatar.

-24 mai 2013 : voyage officiel à Addis-Abeba, en Ethiopie.

-31 mai au 3 juin 2013 : voyage officiel au Japon, en provenance d’Addis-Abeba.

-4 au 6 juin 2013 : voyage officiel en France, en provenance du Japon.

-7 au 9 juin 2013 : voyage officiel au Congo Brazzaville.

-14 au 17 juin 2013 : voyage officiel à Libreville, au Gabon.

-24 au 25 juin 2013 : voyage officiel à Yaoundé, au Cameroun.

Dix-neuf (19) voyages officiels et privés, au moins, en six (6) mois aux frais du contribuable ivoirien saigné à blanc. La moyenne s’établit à 3,16 voyages par mois. Alassane Dramane Ouattara consacre donc près de trois semaines et demie sur quatre par mois à ses voyages. Le total des jours passés dans les pays étrangers en six (6) mois s’élève à soixante-neuf (69), au moins, sans compter les heures passées dans les airs ou entre deux avions.

La perspicacité du lecteur n’a certainement pas manqué de noter que dans cette liste, un voyage peut en cacher un autre, exactement comme les poupées gigognes. Par exemple, Alassane Dramane Ouattara effectue un voyage officiel à Addis-Abeba, le 24 mai 2013. D’Ethiopie il s’envole le 31 mai pour le Japon d’où il atterrit à Paris le 4 juin. En quelques jours, le chef de l’Etat ivoirien a parcouru trois continents. Le voyage à Addis-Abeba en cache donc malicieusement deux autres.

Ouattara est un champion du monde incontestable, car pas un chef d’Etat n’approche ce record de deux mois et neuf jours de voyages en un semestre au XXIème siècle. Même les dérisoires festivités mondaines ou les foires de logorrhée comme le « New York Forum Africa » organisé du 14 au 17 juin à Libreville par Richard Attias, le mari de Cécilia Sarkozy, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, ont exercé un attrait irrépressible sur le chef de l’Etat ivoirien.

La récurrence vertigineuse des voyages d’Alassane Dramane Ouattara lui vaut le surnom de Magellan, du nom d’un navigateur et grand voyageur portugais du XVIème siècle. Ce surnom décerné au chef de l’Etat ivoirien par la presse satirique est si pertinent et lui colle si bien à la peau qu’il n’a eu d’autre choix que de feindre de se l’approprier, voire de le revendiquer. Non pas pour renoncer à ses excès de globe-trotter et à son train de vie dispendieux, mais pour prétendre abusivement qu’il est un Magellan dont le tour du monde enrichit le peuple ivoirien. Mais la tentative de transformation sémantique d’un surnom - Magellan - qui véhicule une représentation péjorative en son contraire est demeurée vaine.

Les clameurs enthousiastes de ses courtisans du Rassemblement des républicains (Rdr) et des médias à sa solde accompagnent systématiquement chaque voyage d’Alassane Dramane Ouattara. Et lorsque surviennent des civilités sur le perron d’un palais présidentiel ou royal, les jubilations des courtisans et le lynchage médiatique ont vite fait d’élever une poignée de main au rang de trophée exceptionnel hors de portée du commun des mortels. Ainsi, pour célébrer l’accueil de Ouattara au Qatar, Le Patriote l’anoblit presque et en fait l’égal d’un prince. « Comme un prince au pays des princes », s’enthousiasme, à la Une, le quotidien du Rdr. (Le Patriote, 13 mai 2013).

Mégalomanie et culte du m’as-tu-vu apparaissent indéniablement comme des fondements objectifs de la pléthore de voyages d’Alassane Dramane Ouattara. Ces activités de globe-trotter engendrent une gabegie sans nom pour un « pays pauvre très endetté » comme la Côte d’Ivoire. Pendant que Ouattara vole de palais en palais à coups de milliards, les conditions d’existence des ouvriers, des paysans pauvres et de l’ensemble des masses laborieuses ivoiriennes se dégradent chaque jour davantage. La terreur et la violence sanglante sont érigées en méthodes de gouvernement par le régime néofasciste pour servir l’impérialisme.

Le XXème siècle offre des exemples de dirigeants africains frappés de mégalomanie qui ont conduit des peuples dans l’abîme.

Jean Bédel Bokassa, l’autoproclamé maréchal et l’auto-couronné empereur de Centrafrique, s’imaginait qu’il entrerait dans la cour des grands en pleurant à chaudes larmes sur le cadavre de son « père » Charles de Gaulle ou en chassant l’éléphant avec Valérie Giscard d’Estaing dans la forêt tropicale.

Bokassa I ou encore Salah Eddine Ahmed Bokassa a fini comme Ubu roi, sous l’œil moqueur de ses maîtres impérialistes, y compris Giscard qu’il avait pourtant couvert de diamants.

Idi Amin Dada, un autre chef d’Etat atteint de folie des grandeurs, s’est cru l’égal de la reine d’Angleterre et des têtes couronnées qui comptent dans le monde, parce qu’il s’est autoproclamé « Dernier roi d’Ecosse » et s’est fait transporter dans une chaise à porteurs par quatre Britanniques. Il est mort en Arabie Saoudite, le seul pays où il a pu trouver refuge quand il s’est enfui d’Ouganda pour échapper à la colère du peuple.

La prétentieuse grenouille de la fable du Français Jean de La Fontaine (1621-1695) « n'était pas grosse en tout comme un œuf » mais elle voulait « se faire aussi grosse que le bœuf ». Alors, « Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille Pour égaler l'animal en grosseur(…)» Mais « La chétive Pécore S'enfla si bien qu'elle creva. » (Jean de La Fontaine. La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.)

Chacun dans son registre, Jean Bédel Bokassa et Idi Amin Dada n’étaient que des laquais sanguinaires auxquels l’impérialisme avait inculqué l’illusion d’une grandeur factice, celle des personnages de pacotilles. Bien des chefs d’Etats d’aujourd’hui mus par le narcissisme et la folie des grandeurs, - Alassane Dramane Ouattara n’est pas le moins concerné - plus commis voyageurs serviles et marionnettes que personnalités respectables, devraient méditer les verdicts implacables de l’Histoire qui se sont abattus sur Bokassa et Idi Amin Dada.

La veille de la publication de ces lignes - mardi 16 juillet 2013 - Alassane Dramane Ouattara s’est envolé le pour Abuja, au Nigéria et Lomé, au Togo. Il ne reviendra à Abidjan que le 19 juillet. Le tour du monde de Ouattara et ses cycles de voyages à tiroirs s’emballe de nouveau.

 

Une contribution de Deuxer Céi Angela - L’œil du juste.


Source: IVOIREBUSINESS.NET

jeudi, 18 juillet 2013

COMMUNIQUE DU COMITE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES IVOIRIENS

 

MICHEL GBAGBO.jpg

 
SOUTIEN PLEIN ET ENTIER A LA LETTRE OUVERTE DE MADAME JACQUELINE CHAMOIS, MERE DE MICHEL GBAGBO, A MONSIEUR FRANÇOIS HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

 
En ce 14 Juillet 2013, anniversaire de la date fondatrice de l'émancipation du peuple français et de la construction de la vie politique de notre pays, le Comité Pour la Libération des Prisonniers Politiques Ivoiriens apporte son soutien plein et entier à la présente lettre ouverte. 
 
Adressé par Madame Jacqueline Chamois, mère de Michel Gbagbo et citoyenne française, à Monsieur François Hollande, Président  de la république  française et garant des institutions et de l'esprit de notre pays, ce courrier remet au centre du débat franco-ivoirien la devise de notre république: Liberté, Egalité, Fraternité.
  
Le comité appelle le Président Hollande, et à travers lui la France, à prendre enfin la pleine mesure de la situation désastreuse des droits de l'homme et de la démocratie en Côte d'Ivoire, sous la dictature fascisante d'Alassane Ouattara, et à endosser toutes ses responsabilités devant l'histoire qui la lie à son « ancienne » colonie.
 

 
LETTRE OUVERTE

Le 14 juillet 2013

 
A Monsieur François HOLLANDE, Président de la République Française
 
Objet : Côte d'Ivoire / les prisonniers politiques / la situation de Michel GBAGBO
 

Monsieur le Président,
 
C'est avec consternation que j'ai appris la décision de la Chambre d'Accusation du Tribunal d'Abidjan concernant 84 personnes présumées pro-Gbagbo détenues pour la plupart depuis le 11 avril 2011, date de la prise du pouvoir par Alassane OUATTARA.
 
Au terme d'une seule journée d'audience (le 3 juillet 2013), le Tribunal a décidé, dans son délibéré du 10 juillet, de confirmer les charges présentées par l'Accusation, donc d'envoyer 84 personnes en Cour d'Assises (c'est-à-dire de les juger pour crimes).
 
Parmi elles, se trouvent le Président du Front Populaire Ivoirien, Pascal AFFI N'GUESSAN, l'ancien Gouverneur de la BCEAO, Philippe‑Henri DACOURY‑TABLEY, l'épouse du Président Laurent GBAGBO, Simone EHIVET GBAGBO, et de nombreuses personnes d'origines et de fonctions diverses.
 
Parmi elles aussi : mon fils Michel GBAGBO, citoyen français – et bénéficiant de la double nationalité - emprisonné depuis plus de deux ans. Vous avez déjà, par différents canaux, été alerté sur sa situation.
Je ne reviendrai pas sur les conditions de son arrestation, sinon pour rappeler les deux faits suivants :
 
La Cour de Justice de la CEDEAO, saisie de son cas, a décidé le 22 février 2013 que sa détention était illégale et arbitraire ;

Mon fils a porté plainte devant la Justice française, avec constitution de Partie civile, contre les auteurs de son enlèvement et de sa séquestration. Un Juge d'Instruction a été désigné pour cette affaire.
 
Aujourd'hui les avocats (de nationalités différentes) des personnes mises en cause par la Chambre d'Accusation du Tribunal d'Abidjan dénoncent de graves atteintes aux droits de la Défense :

Pas de mise à disposition de l'intégralité du dossier ;

Impossibilité pour les avocats d'obtenir l'accès au contenu des scellés ;

Aucun élément de preuve n'a jamais été apporté.
 
Il s'agit donc bien d'un jugement collectif et politique.
 
Monsieur le Président,

Il a été porté à votre connaissance à de nombreuses reprises et par différentes sources - courriers, rassemblements, entretiens avec les représentants de mouvements politiques ivoiriens, communiqués des Comités de défense des prisonniers politiques, rapports des organisations humanitaires... - que des violations répétées des droits de l'homme étaient commises par et sous le régime d'Alassane OUATTARA :

Arrestations de présumés "pro-Gbagbo" et de membres de leur famille sans aucun mandat ;

Détention prolongée, en des lieux tenus secrets, par la DST ;

Pratique de la torture caractérisée par la répétition du même mode opératoire ;

Blocage total des comptes d'un très grand nombre de personnes depuis avril 2011 ;

Occupation illégale d'habitations de prisonniers ou d'exilés par des membres des FRCI (les Forces armées créées par Alassane OUATTARA) ;

Exil forcé d'environ 100 000 personnes au Ghana, au Libéria, au Togo et dans de nombreux autres pays, dont la France ; les demandes d'asile politique en sont le témoignage ;

Occupation illégale de terres publiques et privées. 
 
Monsieur le Président, 

Permettez-moi de vous faire part de ma conviction : si, au nom du peuple français, vous aviez dénoncé officiellement et ouvertement la barbarie dont se rend coupable quotidiennement ce régime plus proche du franquisme que d'une République démocratique, nous n'en serions pas là aujourd'hui.

Il est vrai qu'Alassane OUATTARA abuse l'opinion internationale en présentant une image correspondant à l'opposé de la réalité et en brandissant l'étendard d'une “Réconciliation” dont il serait un fervent promoteur.

En fait :

Vu les conditions dans lesquelles sont opérées les arrestations,

Vu le caractère politique de celles-ci,

Vu la négation des droits élémentaires de la Défense,

Les décisions de justice prononcées à l'encontre des personnes proches de Laurent GBAGBO ou considérées comme telles ne peuvent présenter aucune garantie d'équité ni d'indépendance à l'égard du pouvoir en place.

Dans ce contexte, le principe de non-ingérence dans la Justice d'un autre pays ne saurait prévaloir sur l'obligation d'obtenir la libération d'un ressortissant arbitrairement emprisonné. Cette position fut d'ailleurs à la base de plusieurs interventions dans des situations similaires.

La France, quels que soient ses intérêts économiques, politiques et militaires en Côte d'Ivoire, a le devoir impérieux d'agir pour :

Exiger la remise en liberté immédiate de son ressortissant Michel GBAGBO ;

Défendre la démocratie et les droits de l'homme, y compris en Côte d'Ivoire ;

Mener une action politique et diplomatique – si nécessaire au niveau de l'ONU - en vue d'obtenir la remise en liberté des prisonniers injustement détenus pour des motifs politiques.
 
Assurée de pouvoir compter sur votre soutien, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de ma très haute considération.
 


Jacqueline CHAMOIS,

Mère de Michel GBAGBO


Le communiqué en PDF (Cliquer sur le lien).
 

COTE D’IVOIRE: OUATTARA ET LE FONCIER RURAL - ACQUERIR LA TERRE PAR LA NATIONALITE?

 

côte d'ivoire,ouattara et le foncier rural,acquérir la terre par la nationalité?,dr kouakou edmond juriste consultant

 

Ouattara a enfin levé un coin de voile sur la « réforme foncière » qu’il se proposait d’introduire. Elle consiste tout simplement à prolonger de dix ans, le délai accordé pour la constatation des droits coutumiers et de trois ans, celui accordé pour la consolidation des terres concédées, c’est-à-dire à reconduire les mêmes dispositions de l’article 6 qui n’ont pu être appliquées depuis l’adoption de la loi de 1998, à cause de l’instabilité qu’il a créée en Côte d’Ivoire avec le coup d’Etat de 1999, la rébellion de 2002 et la crise postélectorale de 2011.

 

En définitive, en fait de « réforme foncière », il n’y en a pas, puisque, contrairement à son annonce, son  projet de loi, tel qu’il ressort du communiqué du Conseil des ministres du jeudi 13 juin 2013, ne comporte aucune disposition visant à « reprendre ce code foncier et (à) le renforcer ». Il s’agit plutôt d’une adaptation technique visant à rendre applicable la loi relative au domaine foncier rural de 1998 dans son intégralité.

Pourquoi cette reculade après les déclarations tonitruantes de Ouattara à Duékoué et Man ? Est-ce parce que les inquiétudes et le mécontentement populaires qui avaient commencé à enfler, l’en ont dissuadé ? Ou est-ce parce que, sa « réforme foncière» réside ailleurs, en dehors de toute modification de la loi de 1998, mais plutôt dans la mise en œuvre de celle-ci ? Ouattara n’avait-il pas déclaré aussi à Man, que « la question foncière est liée à celle de la nationalité » ?

Observons d’abord cette curiosité qui consiste à mettre l’accent sur un supposé lien entre la nationalité et le foncier. La nationalité, parce qu’elle consacre le lien de rattachement avec un Etat, confère des droits et impose des devoirs. Par exemple, être fonctionnaire et faire son service militaire. La nationalité n’établit donc pas seulement un lien avec le foncier, mais aussi avec bien d’autres domaines de l’activité sociale, en y ouvrant l’accès. Pourquoi alors mettre en exergue le lien entre foncier et nationalité ? Faut-il comprendre que c’est par l’acquisition de la nationalité que Ouattara opèrera sa « réforme foncière » ?

Cette crainte est d’autant plus justifiée que, récemment, Ouattara a multiplié les initiatives en matière de nationalité. Des projets de loi proposent la nationalité par déclaration. Lors de sa dernière tournée dans le nord, il a décidé de supprimer l’intervention du préfet en matière de naturalisation, écartant ainsi l’enquête pour tout demandeur. Pourquoi ?

La cadence imprimée à ces initiatives juridiques, semble les inscrire dans un agenda bien précis. Car, en application des engagements pris par l’Etat ivoirien dans un accord-cadre de coopération signé avec les pays du G8 et certaines multinationales, Ouattara compte faire établir les certificats fonciers  avant l’élection présidentielle d’octobre 2015, plus précisément au plus tard, à la fin du mois de juin 2015.

Alors, question : Peut-on raisonnablement attribuer des certificats fonciers en l’espace de deux ans, alors même que la réconciliation demeure un vœu pieu et que les propriétaires fonciers de l’ouest notamment, sont encore en dehors de leur terroir, pour fait de guerre postélectorale ?

En effet, la crise politico-militaire (2002-2011) a eu des conséquences terribles, particulièrement à l’ouest. Des villages entiers ont été brûlés et rayés de la carte nationale. Plusieurs villages parmi ceux qui restent, ont connu un bouleversement de leur démographie au profit d’immigrés qui s’y sont installés par la force et opérer parfois, un changement de la gouvernance traditionnelle : des immigrés sont devenus chefs de  village quand ils n’imposent pas des pantins parmi les rares autochtones qui sont restés. Les vrais chefs et/ou leurs adjoints sont, soit destitués, soit traqués et assassinés, comme ceux de Bagohouo (village ayant accueilli Amandé Ouérémi), etc. Des propriétaires fonciers ont été exécutés es qualité par des immigrés à qui ceux-là avaient concédé des portions de terre, justement pour s’en approprier. D’autres ont fait l’objet d’une expulsion ou d’une expropriation forcée, après avoir subi les sévices les plus humiliants. D’autres encore plus chanceux, se sont, soit déplacés ailleurs, en Côte d’Ivoire, soit exilés dans des pays frontaliers. Les rares qui sont restés ne peuvent avoir accès à leurs plantations ou à leur forêts qui sont exploitées par les nouveaux occupants, qu’après s’être acquittés d’une rançon. Des individus se sont improvisés propriétaires traditionnels et « vendent » des parcelles de terre. Bref, les droits élémentaires  de la personne humaine (droit à la vie, droit de propriété, droit au travail) sont violés, sous l’œil bienveillant du régime Ouattara. Un journaliste du nouvel observateur avait d’ailleurs révélé que les occupants déclaraient à l’endroit des populations wê : «Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs et vous mangerez de la boue … On va vous tuer tous, jusqu’au dernier». La réalité de l’exécution « d’un programme génocidaire et d’extermination systématique » du peuple wê ne semble plus faire l’objet d’un doute.

Mais, s’il est vrai que les populations autochtones wê sont concernées au premier chef, à l’ouest, les dans n’échappent pas à cette furie, comme  à Biankouma où, Lamine Rombo dit « Commando », un rebelle originaire du Burkina-Faso, et ses compagnons vivent en seigneurs. Les Baoulés qui ont migré dans la région, subissent parfois les mêmes atrocités. Tués ou chassés de leurs plantations, ils payent des rançons. Au nord, les journaux rendent régulièrement compte des conflits entre  ces « électeurs clandestins » de la présidentielle de 2010, qui y ont pris pied, et les autochtones (sénoufo et autres). Contrairement aux principes traditionnels, ces immigrés veulent se consacrer aux cultures pérennes, refusent de travailler désormais pour leurs hôtes et revendiquent la propriété des terres, parce qu’ils se sentent protégés par les nouvelles autorités. A Séguéla, les populations ont été choquées et intriguées par la démarche curieuse récente du   préfet et comzone Koné Messemba, originaire de la région, visant à délimiter les terres et à recenser les burkinabé qui y résident. A quelles fins ?

Dans un tel contexte, avec quels conseils villageois, Ouattara compte-t-il réaliser l’enquête qui va permettre de constater les droits coutumiers, en application de la loi foncière de 1998 ? Qui sont les sachant qui vont certifier les délimitations entre villages et entre les propriétés ? A quels individus et quels gestionnaires de « groupement informel d’ayants droit dûment identifiés » compte-t-il attribuer les certificats fonciers ?

On le voit bien, la délivrance des certificats fonciers par la mise en œuvre de la loi de 1998 par Ouattara suscite des inquiétudes. Ouattara ne rassure pas quant à sa volonté de respecter les droits de tous les détenteurs de droits fonciers coutumiers et de les protéger. Au contraire, le foncier rural semble lui offrir, encore une fois, l’opportunité de mettre en œuvre sa « politique de rattrapage ». Car, si apparemment, Ouattara veut appliquer la loi relative au domaine foncier rural de 1998, les craintes sont grandes qu’il détourne les droits coutumiers consacrés par les textes, au profit de cette meute armée de mercenaires qui occupe de force, les terres villageoises.

Souvenons-nous que, dans leur adresse à Soro Guillaume en juillet 2012, les Wê de Belgique avaient déjà averti : «La terre de nos ancêtres, donc l’héritage de nos enfants n’a jamais été l’objet de commerce, ne l’est pas maintenant et ne le sera jamais dans le futur. Illusoire donc d’y penser et de poser des actions (de nature) à contraindre le peuple ». « Le peuple Wê peut louer une parcelle de terre à des immigrés, mais ces derniers ne peuvent prétendre être les propriétaires de ces terres louées ». C’est la même réponse que le chef de village de Mbengué, au nord, a faite récemment, en  attirant l’attention sur les conflits qui naissent le plus souvent du fait du non-respect par des personnes étrangères à la région, des principes coutumiers selon lesquels la terre appartient au peuple Sénoufo.

Dans cette atmosphère, les évènements d’Angovia, village baoulé de la région de Bouaflé au centre du pays, viennent rappeler à ceux qui doutaient encore, que ce problème n’est pas seulement wê ou limité à l’ouest, mais plutôt national. Suite au refus des orpailleurs immigrés, de se soumettre à l’autorité villageoise, en payant une banale contribution au développement du village, une rixe a opposé un autochtone à un d’entre eux qui est décédé. La réaction des immigrés a été violente. Nuitamment, armés, ils sont revenus assassiner quatre autochtones et brûler le village. L’éruption d’angovia révèle les risques d’embrasement de la poudrière foncière dans le contexte d’une occupation armée. Elle concentre en elle une bonne partie de la problématique foncière actuelle : un conflit, une opposition entre autochtones et immigrés qui réclament désormais la propriété des terres, assurés d’un appui armé dans cette revendication. 

Une prime au mercenariat ?

En réalité, la question ne peut plus être traitée sous l’angle de la problématique foncière d’avant la rébellion de 2002, et même à travers le prisme étroit du foncier rural. L’occupation armée d’une partie du territoire national par la rébellion, a changé la donne, dans la mesure où elle a favorisé l’exploitation foncière par les forces qui ont combattu aux côtés de Ouattara pour son accession au pouvoir : Forces nouvelles (MPCI, MPIGO ou MJP), FRCI, dozos, mercenaires burkinabè et autres. Utilisé d’abord pour permettre le financement de l’« effort de guerre », le foncier (forestier, agricole, minier etc.) est considéré aujourd’hui comme un « butin de guerre » qui permet de récompenser les combattants à qui les rémunérations promises n’ont jamais été versées. Evidemment, cette « manne foncière » bénéficie à tous ces immigrés qui, attirés par la « ruée organisée sur l’ouest » depuis le début de la rébellion jusqu’à ce jour, contribuent au repeuplement de la zone.

Face à une telle évolution, les solutions envisagées dans le cadre du déguerpissement des aires protégées (Mont péko et forêt niegre), créent des malaises du fait de leur caractère inapproprié. En effet, Ouattara y opère un recensement des occupants illégaux afin de procéder à leur réinstallation. Où ? Dans leur région ou pays d’origine ? De quel droit à réinstallation peut bénéficier un occupant illégal, mercenaire de surcroît ? Ces réinstallations ne vont-elles pas contrarier la mise en œuvre de la loi  foncière de 1998 dans les droits qu’elle ouvre aux propriétaires coutumiers? La conquête du pouvoir par les armes et le mercenariat ouvrent-ils droit à des avantages spécifiques ?

Autant de questions qui conduisent à s’interroger sur compatibilité de la gouvernance de Ouattara, « Président reconnu par la communauté internationale », avec les principes et directives élaborés dans le contexte de la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire mondiale. Car, en définitive, la vraie « réforme foncière » que le plan secret de Ouattara semble viser, pourrait avoir pour conséquence de faire des attributions de certificats fonciers qui seront assurément contestées demain, et provoqueront des conflits dont on ne peut prévoir les développements futurs. La sécurité et la stabilité en milieu rural semblent hypothéquées pour une longue période, rendant du coup aléatoire la rentabilité de tout investissement. A terme, c’est la sécurité alimentaire et le développement de certaines régions de la Côte d’Ivoire qui semblent compromis dans la mesure où la gouvernance foncière de Ouattara conduit à alimenter des conflits permanents, source d’instabilité.

Qui peut lui souffler que toute initiative foncière en Côte d’Ivoire aujourd’hui passe par trois préalables ?

 1) Le désarmement véritable des dozos, des FRCI et des milices ou mercenaires burkinabè et leur rapatriement dans leur région ou pays d’origine ;

 2) la réconciliation nationale qui consacre le retour sécurisé des déplacés et exilés ;

3) la rétrocession des terres à leurs propriétaires légitimes.

 

Dr Kouakou Edmond

Juriste consultant

dimanche, 14 juillet 2013

AFFAIRE CPI-LAURENT GBAGBO - BERNARD HOUDIN: DU RESPECT DU DROIT

 

BERNARD HOUDIN.jpg

 

« Le Conseil Constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans remettre en cause l’ensemble des institutions (…) le Conseil Constitutionnel est une institution de la République qui, par son indépendance, règle des questions qui sont de sa seule autorité « 

François Hollande, le 5 juillet 2013 

« La démocratie c’est aussi (…) le respect des textes et, d’abord, de la plus grande des normes en droit,  la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate (…) le salut, pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent »

Laurent Gbagbo, le 28 février 2013 devant la CPI

En quelques phrases les présidents François Hollande et Laurent Gbagbo ont exprimé une position de respect du Droit tel que fixé par les textes que les démocraties se donnent librement. Quand le Conseil Constitutionnel, dans un Etat démocratique, a pris une décision, elle est sans appel et, comme l’a dit le président Gbagbo à La Haye le 28 février dernier, elle fait tabula rasa de toute décision d’une juridiction inférieure.

Ironie de l’Histoire (ou clin d’œil ?), ces deux déclarations sont liées à des situations, certes très différentes l’une de l’autre, qui ont en commun d’avoir été « provoquées » par l’action d’un seul et même homme, Nicolas Sarkozy !

En effet le président français réagissait à la critique, par l’ancien président, d’une décision du Conseil Constitutionnel français à l’encontre de ses comptes de campagne, critique exacerbée par son retrait théâtral, en tant que membre de droit, du même Conseil.

Dans le cas ivoirien, c’est le refus du président Sarkozy, à l’époque, de reconnaitre la primauté du droit dans un pays étranger, donc souverain, qui a conduit la Côte d’ivoire à la situation actuelle et le président Gbagbo à La Haye.

Dans le respect du droit nous ne commenterons pas la décision française mais nous tenons, hic et nunc, à remercier le président Sarkozy pour sa « constance » à fouler au pied tout ce qui ne va pas dans « son sens de l’Histoire » !

Oui l’Histoire a « un sens », mais pas celui que Nicolas Sarkozy a voulu lui imposer, dans le mensonge, la falsification et la violence d’Etat. Son attaque en règle de l’institution suprême de son pays, aggravée par son statut d’ancien président, est une aubaine pour tous les défenseurs du droit, où qu’ils soient, et, en particulier, pour tous ceux qui, en Côte d’Ivoire et dans le monde entier, se battent depuis le 11 avril 2011 pour faire triompher la Vérité : Laurent Gbagbo avait gagné l’élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Le président Hollande ne peut pas s’exprimer ainsi, dans son pays, sans reconnaitre cette même primauté dans un pays indépendant et doté d’institutions démocratiques comme la Côte d’ivoire à l’époque du mandat de Laurent Gbagbo. Rappelons ici les « avancées » démocratiques dues au président Gbagbo :

-imposition du multipartisme, après des années de lutte pacifique ponctuées de période de prison et d’exil,

-loi sur le financement public des partis politiques,

-loi sur le financement et la protection de la liberté de la presse,

-création d’une Commission Electorale Indépendante (qui sera « instrumentalisée » en 2010 sous l’impulsion, en autres, de Nicolas Sarkozy)

- introduction du bulletin unique et des urnes transparentes dans le processus de vote.

De plus, dans toute la période pré et postélectorale, le président Gbagbo s’est strictement soumis aux procédures légales (ayant personnellement vécu cette période auprès de lui je peux en témoigner formellement). Et c’est ainsi que le président Gbagbo a pu dire également le 28 février dernier, à propos des élections que « c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé les troubles » c'est-à-dire son adversaire, supporté par Nicolas Sarkozy, drapé dans les plis de la « communauté internationale »,  avatar épisodique des dirigeants dits des « grands pays » quand ils veulent mutualiser leurs forfaits.

De plus elle nous offre l’occasion d’en finir, une fois pour toutes, avec le fallacieux prétexte d’un Conseil Constitutionnel « aux ordres » de Gbagbo en 2010. En Côte d’Ivoire, comme en France, le Conseil Constitutionnel est formé de membres (neuf en l’occurrence dans les deux cas) désignés par différentes autorités (président de la république, présidents du parlement).En Côte d’Ivoire le président Gbagbo, qui n’ a jamais gouverné selon des critères familiaux, ethniques ou religieux, a, là comme pour d’autres nominations, fait appel à la compétence, en dehors de tout autre considération. Ainsi le vice-président du Conseil Constitutionnel était l’ancien principal Conseiller d’Henri Konan Bédié pendant son passage à la tête de l’Etat. Enfin le principe «  d’inamovibilité » des juges est un gage, en démocratie, d’indépendance.

A cet égard il faut rappeler que Monsieur Ouattara, dès son « installation », a foulé, comme dans bien d’autres domaines, les règles élémentaires du Conseil Constitutionnel,  en modifiant illégalement sa composition et en désignant un nouveau président, professeur de …Droit Constitutionnel, qui n’a rien trouvé à y redire !

Le 3 juin dernier la Cour Pénale Internationale n’a pas su (ou pu) aller au bout de la logique en libérant le président Gbagbo après avoir constaté la vacuité du dossier de l’accusation.

Aujourd’hui l’actualité nous rappelle, opportunément, que seul le respect des règles librement fixées fonde notre vie politique, économique et sociale, sauf à sombrer dans la dictature. Le ministre ivoirien de l’Intérieur, dont toute l’histoire personnelle est un défi aux règles les plus élémentaires, s’est vanté de préférer « la justice des vainqueurs au cimetière des vaincus ». A lui, et à tous ceux où qu’ils soient, qui se reconnaissent dans cette logorrhée, nous préférons  l’axiome « Dura Lex, sed Lex ».

On ne bafoue pas indéfiniment L’Histoire.

 

Paris le 8 juillet 2013

 

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Gbagbo

Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

samedi, 13 juillet 2013

AFFAIRE «LE FPI DOIT DEMANDER PARDON», DANO DJEDJE: «DEMANDER PARDON A QUI ET POURQUOI?»

 

DANON DJEDJE SEBASTIEN.jpg

 

Pour aller à la paix et à la réconciliation, on écoute quand même celui qu’on accuse, qu’il donne sa version des faits. Et c’est sur la base de cela qu’on peut savoir qui a tort ou qui a raison. C’est seulement en ce moment que peut intervenir l’acte. Mais pour l’instant, nous ne savons pas ce qu’on reproche au Fpi». Ainsi, s’est exprimé, hier, sur Onuci-Fm, le Sga du Fpi, Dano Djédjé.

L’ancien ministre sous le régime Gbagbo répliquait à la proposition faite à sa formation politique, par le chef de l’État, de demander pardon aux victimes de la crise postélectorale de 2010. «Aujourd’hui, c’est le président lui-même qui demande au Front populaire ivoirien de demander pardon. Je pense que c’est mal poser le problème de réconciliation en Côte d’Ivoire, parce que cela suppose que tout ce que nous avons entrepris comme démarche, notamment, les négociations, la participation aux élections, les exilés et les prisonniers et tout, sur tous ces problèmes-là, la seule condition pour le président, c’est que le Fpi demande pardon aux victimes et aux parents des victimes», a poursuivi Dano Djédjé.

Et de conclure : «Comme il y a eu beaucoup de victimes, qui demande pardon à qui ? Et comment ? Et pourquoi ? Je pense que, de façon globale, si on veut vrai ment régler le problème de la Côte d’Ivoire, c’est ce que nous souhaitons, il faut s’asseoir, et si au cours de ces discussions, on estime qu’un tel ou un tel a eu tort, s’est comporté de telle ou telle façon, en ce moment-là, nous sommes des êtres humains, celui qui aura eu tort demandera pardon».

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Réveil" du 10 juillet 2013.


Benoït HILI

vendredi, 12 juillet 2013

ALASSANE OUATTARA: LE MANTEAU DE DEMOCRATE SUR UNE PEAU DE DICTATEUR

 

ALASSANE OUATTARA 5.jpg

 

Sous les allures d’un super VRP, Alassane Ouattara sillonne les capitales du monde pour vendre son statut de démocrate. Bien de ses interlocuteurs mordent à l’hameçon. Ils sont tous séduits par ce démocrate à la voix fluette, à la générosité affinée, à l’humanisme insoupçonnable, incapable de faire du mal à une méchante mouche.


 Souvent, Ouattara n’a pas besoin de faire des démonstrations pour convaincre. Avant même qu’il n’ouvre la bouche, ses grands amis éparpillés au sommet des pouvoirs du monde applaudissent le démocrate. D’ailleurs ces messieurs ont bien participé à la confection de cette image de démocrate que promène Ouattara. Qui ne se souvient pas des envolées lyriques d’un certain Gauthier Rybinski, grand affabulateur ? Ce super spécialiste qualifiait Laurent Gbagbo de « dictateur tortionnaire » par opposition à un Ouattara enivré de valeurs démocratiques. Qui a oublié les grands spécialistes des questions africaines dont l’unique mission était de polir l’image d’Alassane Ouattara ? Bien entendu, ces messieurs travaillaient pour le pouvoir politique français. Même en Afrique, nous avons entendu le célèbre écrivain Henry Lopez (Ambassadeur du Congo en France) vanter les mérites démocratiques de Ouattara. Alassane Ouattara est « un grand démocrate qui pense à l’Afrique » disait en substance l’auteur de Tribaliques. Ces discours élogieux qui nous rappellent les chants des griots du manding,  ne pouvaient que renforcer Ouattara dans sa posture. C’est pourquoi, lors de sa récente visite au nord, il n’a pas hésité à avouer : « …Alassane Ouattara est un vrai démocrate».

Mais tous ces éloges demeurent de viles incantations tant qu’on se trouve au niveau de la théorie. La logique voudrait que le statut de démocrate soit conféré à un sujet par les actes que pose ce dernier. C’est en tentant de confronter la théorie à la pratique que surgit le duel entre Ouattara le démocrate et Ouattara le dictateur. On quitte ainsi le jardin des proclamations hypocrites pour se plonger dans une réalité plus effroyable. Ouattara le démocrate se trouve curieusement malmené par Ouattara le dictateur. Face à Ouattara le dictateur, le statut de démocrate prend des soufflets inimaginables. Figurez-vous que ce Ouattara dont on dit qu’il s’abreuve à la source de la démocratie, a dans ses geôles, plus de 700 prisonniers politiques. Plus de deux cent mille exilés et réfugiés politiques. Le nombre donne froid dans le dos. Toutes les victimes de Ouattara ne sont pas dans des lieux de détention conventionnelle et leur arrestations n’obéissent pas aux règles requises en la matière. Elles sont le plus souvent enlevées, torturées, séquestrées, enfermées dans des conteneurs. Mais cela ne pétrifie pas les flagorneurs du pouvoir Ouattara. On note qu’au moment où Ouattara faisait bruire ses compétences démocratiques au nord, à quelques petits kilomètres, des centaines de prisonniers politiques ployaient sous le poids de la maltraitance. Toutefois, pour tenter de vaincre Ouattara le dictateur, le démocrate affirme qu’il n’existe pas en Côte d’Ivoire des prisonniers politiques. Mais curieusement, tous les prisonniers sont accusés d’être des pro-Gbagbo. Or un pro-Gbagbo est lui-même une opinion politique. Le démocrate ne connait pas l’étiage des arguments. Ces prisonniers, selon lui, ont commis le crime de « non reconnaissance de sa victoire ». Vous avez dit nouveau crime du démocrate législateur-juge !

Sous le regard de ces encenseurs, le démocrate Ouattara est obligé de lire le tableau que lui présente le dictateur Ouattara. On peut y lire : assassin des libertés individuelles et collectives, chef absolu des médias publics, protecteurs des criminels du pouvoir, détenteur exclusif des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, promotion d’un Etat tribal, exclusion etc. On cherche en vain sur ce tableau, un seul haut fait susceptible de faire remonter le démocrate. On tente de l’aider en s’essayant à accorder du crédit à sa volonté de dialoguer avec l’opposition significative. Mais hélas, on ne trouve rien d’encourageant. Il a déjà tout plié parce qu’étant blanc comme neige, il considère que seul le pardon du FPI peut réconcilier la Côte d’Ivoire.  Même dans ce cas, il faut que le FPI soit en vie. Or il invite le parti de Laurent Gbagbo à prendre place dans son « train de la paix qui va à vive allure ». Autant dire qu’il veut tuer ce parti car le train étant déjà dans sa folle course, comment le FPI peut-il approcher les rails sans se faire broyer ?

On comprend à ce stade du duel, que Ouattara le démocrate, est bien une peinture qui coule dès la première goutte de pluie. Lorsqu’elle tombe, le vrai Ouattara s’affiche, c’est-à-dire Ouattara le dictateur. Il est serein, stable comme un vieux chêne. On dira même qu’il est un roseau en matière de dictature. Mille fois plié, il se redresse mille et une fois. C’est donc ce Ouattara qui est au pouvoir en Côte d’Ivoire. Les nombreuses campagnes de ponçage de son image sont incapables de produire, à la lumière des actes, un démocrate. Croire en définitive qu’Alassane Ouattara est un démocrate, c’est imposer à notre esprit qu’un manguier peut produire des raisins.

 

Alain Bouikalo, Juriste

jeudi, 11 juillet 2013

VISITE D’ETAT AU NORD DE LA COTE D’IVOIRE: RECUEIL DES PROPOS D'ALASSANE OUATTARA QUI POSENT PROBLEME

 

 côte d'ivoire,visite d'état d'alassane ouattara au nord,visite de ouattara au nord,quand les bourreaux se prennent pour des «sauveurs»,alain bouikalo juriste

 

Mr Alassane Dramane Ouattara a effectué une visite d’Etat dans le Nord de la Côte d’Ivoire. A l’analyse du fond et de la forme des discours qu’il a tenus dans l’ancien fief de la  rébellion, il est clair que l’argent des contribuables ivoiriens a encore servi pour approfondir le fossé de méfiance et de division entre les populations du nord et le reste des populations ivoiriennes.

On se souvient encore que Ouattara avait promis à la France et à l’ONU ce même argent du contribuable pour régler le contentieux électoral par le bombardement des institutions de la république en lieu et place du recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo. Et la facture continue de creuser les finances publiques ivoiriennes au moment où l’ivoirien ordinaire ploie sous le poids de la misère, celle que « ADO Solution » lui a imposé depuis le 11 Avril 2011.

En effet, si l’objectif principal de l’homme qui pu briser le tissu social ivoirien autrefois envié en Afrique, en mille morceaux, était de renforcer la division et dresser davantage le nord ivoirien contre le reste des régions du pays, eh bien le succès a été total. L’homme est resté égal à lui-même dans sa volonté de déstructurer totalement la nation ivoirienne et créer un autre type d’ivoirien pour construire ce qu’il appelle « les Etats-Unis d’Afrique » en Cote d’Ivoire.

Les cinq jours de sa ballade en terre rebelle ont servi à tenir entre autres 4 types de propos que nous avons recensés pour vous; Les propos dangereux, les propos démagogiques, les propos mensongers et les aveux. Ci-dessous, quelques uns de ces propos suivis de quelques brèves analyses.

I- PROPOS DANGEREUX POUR LA COHESION NATIONALE

  • « Soro Guillaume a fait preuve de courage, il a fait preuve de sacrifice et il s’est battu pour que les populations du nord puissent recouvrer leur dignité par la nationalité» discours de Ouattara à Ferkéssédougou le 07/07/2013

. Ouattara nous dessine deux Côte d’Ivoire, une dite opprimée ou persécutée : le nord et une autre privilégiée : le sud, l’est, le centre et l’ouest. Ce groupe forme un seul bloc. Il se positionne en diviseur. Il a par ailleurs parlé de « la dignité des populations du nord ». Nous pensons que la dignité ne peut être fractionnée. Il existe la dignité du peuple de Côte d’Ivoire. Et même si par erreur on arrivait à croire que la dignité peut être divisée en mille morceaux selon les airs géographiques ou culturels, on n’est pas rassuré que la rébellion armée soit en mesure de restaurer cette dignité perdue. En sa qualité de chef de l’Etat, Ouattara devrait être le rassembleur. Surfer sur des antagonismes crées par lui, est susceptible de rendre impossible l’unité nationale recherchée.

  •  « Est-ce que vous savez que c’est la première fois qu’un musulman arrive à la tête de la Côte d’Ivoire ? » Extrait du  discours de Ouattara à Ferké le 07/07/2013

Il s’agit de propos graves et extrêmement dangereux pour la cohésion nationale. Ouattara laisse croire que depuis 1960, le pouvoir d’Etat a été accaparé par les chrétiens au détriment des musulmans. Ouattara reste fidèle à lui-même dans son combat pour la haine religieuse et la division. En effet en 1999, il avait annoncé depuis Paris : «  On ne veut pas que je sois candidat parce que je suis musulman et du nord ». Cette dérive a exacerbé les tensions qui existaient déjà sur l’échiquier national (opposition entre Bédié et Ouattara). Ouattara sait très bien que la Côte d’Ivoire est un Etat laïque et que la loi est générale et impersonnelle. Elle n’est pas faite pour les chrétiens. Mieux, les législateurs sont aussi bien musulmans que chrétiens.

  • « Il faut que le FPI (…) ait la force de demander pardon aux victimes et aux parents des victimes » Extrait de son discours du 08/07/2013 à Korhogo

En tenant ce discours devant ses partisans ivres de passion, Ouattara leur présentait le FPI comme le bourreau des nordistes. Un tel discours est dangereux dans la mesure où il ligue une partie de la population contre une autre. Ce discours est incompatible avec l’appel à la réconciliation et à la cohésion. En sa qualité de chef de l’Etat, Ouattara n’a aucun honneur à monter un groupe contre un autre. On a la nette impression qu’il applique la politique du « diviser pour mieux régner ». A la vérité, dans la crise ivoirienne déclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002 à ce jour, qui doit demander pardon à qui ??? Qui ?

II- PROPOS DEMAGOGIQUES

  • « Il a fait preuve de courage, il a fait preuve de sacrifice et il s’est battu pour que les populations du nord puissent recouvrer leur dignité par la nationalité» discours de Ouattara à Ferké le 07/07/2013

Ouattara fait un clin d’œil à la nationalité des populations du nord. La question fondamentale est de savoir si les pouvoirs successifs ont remis en cause la nationalité ivoirienne des populations du nord. C’est de la démagogie pure et dure. Ouattara s’assimile à l’ensemble de la population du nord. Il a été le seul dont la nationalité est été déclarée « douteuse ». La déclaration s’est faite sur le fondement des actes accomplis par Ouattara avant qu’il ne soit nommé par Houphouët Boigny en 1989. D’ailleurs la question de la nationalité est réglée par le code de la nationalité qui est l’œuvre du peuple ivoirien. Donc faire croire aux nordistes qu’ils ont un problème de nationalité que les armes ont réglé est de la démagogie.

III- PROPOS MENSONGERS

  •  « Un Ouattara tient toujours parole.. » Extrait de son discours à Kouto le 4 Juillet 2013

Ouattara est encore loin de tenir certaines de ses paroles. Lors des campagnes électorales de 2010,

  • il avait promis 5 universités en 5 ans. Cela fait trois ans qu’il est au pouvoir, il n’a construit aucune université.
  • Il avait promis la suppression des frais d’inscription dans les écoles primaires et les collèges publics. Trois après, les frais d’inscription n’ont pas été supprimés. Les élèves sont invités à s’inscrire en déboursant la somme de 6000 FCFA pour l’enseignement public et 3000 FCFA pour le privé.
  • Il avait en outre promis aux ivoiriens l’assurance maladie universelle à 1000 FCFA/tête. Trois ans après, les ivoiriens n’ont aucune assurance bien au contraire, ils ont des difficultés à se soigner en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat.
  • Il avait également promis 600 milliards aux jeunes ainsi qu’un million d’emploi par an. De plus, il avait donné la garantie à ces derniers qu’il n’y aurait plus de cabines téléphoniques dans les rues.
  • Trois ans après, les promesses sont enfermées dans les tiroirs. Les cabines téléphoniques sortent de terre, le chômage gangrène la société ivoirienne. Il avait en outre promis la fin de l’impunité, Trois ans après, les chefs de guerre sont devenus la colonne de son régime. Ses hommes qui ont massacré les populations de Nahibly ne sont pas menacés par la justice.
  • Il parlait aussi de démocratie, droit de l’homme, Etat de droit. Où en est-on actuellement ? Nous sommes dans une dictature sauvage. La justice est aux ordres, l’assemblée nationale est invitée à limiter son droit d’amendement. Les arrestations arbitraires et les tortures sont un principe inviolable. Le parti d’opposition FPI est décapité. Il ne  peut tenir un meeting sans se faire attaquer par les hommes du pouvoir. Bref,

Ouattara ne tient que les promesses faites pour détruire le peuple.

  •  « Il faut que le FPI (…) ait la force de demander pardon aux victimes et aux parents des victimes » Extrait de son discours du 08/07/2013 à Korhogo.

En invitant le FPI à demander pardon, Ouattara veut  avouer publiquement que ce parti est  auteur des crimes engendrés par la crise post-électorale. Ce qui est faux. Le rapport d’enquête de la Commission d’enquête de Ouattara lui même, grossièrement appelée Commission Nationale d’Enquête (CNE), le document de notification des charges de Fatou Bensouda, n’indiquent pas que le FPI ou ses dirigeants étaient les tueurs des 3000 victimes. Mieux, le fameux rapport de la commission Ouattara estime que 727 personnes ont été tuées par le camp Ouattara. Or le rapport du CICR sur les évènements de Duékoué le 29 Mars 2011, avait estimé à 800 morts, les personnes tuées par le camp Ouattara. Alors, pourquoi Ouattara s’accroche-t-il au pardon du FPI ? Le FPI n’est-il pas aussi victime du RDR ?

En outre, Ouattara est-il fondé à demander au plus petit des ivoiriens ayant subi la rébellion, pendant plus de dix ans , de demander pardon à des victimes ? Si la Côte d’Ivoire a connu la crise post-électorale c’est parce que premièrement il y a eu une rébellion armée et en second lieu, Ouattara a refusé de respecter la décision souveraine du Conseil Constitution. Et les auteurs de la rébellion se comptent tous dans le camp de Ouattara. A ce propos, voici ce que tous les medias doivent retenir de la crise ivoirienne « La guerre postélectorale de 2010, née du refus d’Alassane Ouattara d’accepter le verdict du Conseil constitutionnel déclarant Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle, a fait officiellement plus de 3.000 morts. Les grandes victimes de ce conflit ayant opposé les forces gouvernementales aux forces rebelles pro-Ouattara sont les partisans du président Gbagbo. Systématiquement visés pour leur coloration politique. »

 Dans la même veine, ceux qui ont déclenché la crise post-électorale se comptent dans le camp Ouattara. C’est Ouattara le candidat malheureux qui a refusé de respecter la décision du conseil constitutionnel, il a refusé le recomptage des voix. Son camp a installé un commando invisible à Abobo, a massacré les populations d’Anonkoi Kouté, et commis divers crimes. Le bombardement des institutions, les exécutions sommaires des partisans de Gbagbo, l’exil et les milliers de réfugiés sont bien le fait de Ouattara et  de ses soutiens. Par humilité, qu’il, demande sincèrement  pardon aux ivoiriens pour les réconcilier.

IV- LES AVEUX

  • « Il a fait preuve de courage, il a fait preuve de sacrifice et il s’est battu pour que les populations du nord puissent recouvrer leur dignité par la nationalité» Discours de Ouattara à Ferké le 07/07/2013

Alassane Ouattara salue la rébellion dirigée par Soro Guillaume. Selon lui, quiconque se rebelle contre les institutions de l’Etat fait preuve d’un « courage exceptionnel ». Son propos prouve non seulement qu’il a toujours soutenu la rébellion, mais également met en lumière le difficile rapport qu’il a avec les lois de la République et la démocratie en tant que système qui proscrit la lutte armée comme moyen d’accession au pouvoir d’Etat. Il avoue donc qu’il n’est pas un démocrate.

  • « Un Ouattara tient toujours parole.. » Extrait de son discours à Kouto le 4 Juillet 2013

Quelques propos de Ouattara :

 « Je frapperai ce pouvoir moribond en temps opportun et il tombera », les mois qui ont suivi, précisément le 24 Décembre 1999, le Président Henri Konan Bédié est renversé par des militaires pro-Ouattara. Et conformément à ses vœux, il rentra en fin d’année en Côte d’Ivoire.

En 2001, il annonce : « Je rendrai le pays ingouvernable ». Sa rébellion armée parvint à divise »r le pays en deux. Rendant impossible une gouvernance cohérente sur l’ensemble du territoire national

En 2002, à Bouaké, Ouattara affirme : «  Il n’y aura plus d’élection sans moi. S’ils veulent qu’on mélange le pays, on va le mélanger » De Septembre 2002 au 11 Avril 2011, la Côte d’Ivoire a été dans le tourment. S’appuyant sur ses rebelles armés, Ouattara a détruit le pays. Dans le cadre des accords devant permettre le règlement de la crise, le Président Laurent Gbagbo se servit de l’article 48 pour faire de Ouattara un candidat exceptionnel. Ouattara participa donc aux élections.

  • « Au nom de ma foi chrétienne, je dis que c’est Alassane Ouattara qui a gagné les élections présidentielles » Extrait du  discours de Ouattara à Ferké le 07/07/2013

Se référer à la foi chrétienne de Soro pour se convaincre d’une « victoire » est une preuve suffisante que Ouattara n’a pas gagné des élections. Il l’avoue de façon implicite. La foi, qu’elle soit chrétienne, musulmane ou animiste n’a jamais été et ne sera jamais le critère de consécration d’une victoire. Seule la loi dit qui est vainqueur ou qui ne l’est pas. Et en l’espèce, cette loi a donné autorité au conseil constitutionnel de juger souverainement, lequel a jugé que le vainqueur est Laurent Gbagbo. La foi n’a aucune place ici. Elle est trop subjective pour être un critère pertinent.

AU TOTAL, ALASSANE OUATTARA EST DANGEREUX ET POSE PROBLEME A LA COTE D’IVOIRE !!!


Sélection et analyse sous la supervision de Yves KOMENAN.

mardi, 09 juillet 2013

LA HAYE - MEIWAY PREND POSITION: «IL FAUT QUE LAURENT GBAGBO SOIT LIBERE» (VIDEO)


MEIWAY.jpg

Côte d’Ivoire - Pour Meiway, il faut que Gbagbo soit libéré [vidéo]


Regards sur Gbagbo – Source: Radio Pays-Bas internationale.

En visite à La Haye, siège de la Cour pénale internationale (CPI) et de la prison où se trouve Laurent Gbagbo, Meiway s’exprime.

L’artiste ivoirien s’excuse auprès de ses fans. Il regrette d’en avoir divisé certains pendant la crise en Côte d’Ivoire et espère la libération prochaine de Laurent Gbagbo.



Depuis La Haye - L’artiste Meiway prend position: ‘‘Il faut que Laurent Gbagbo soit libéré’’


L’artiste-chanteur Meiway était récemment à La Haye (au Pays-Bas) dans le cadre du festival Afrique 2013. Il a saisi l’occasion pour appeler, sur les antennes de Radio Pays Bas International, à la libération de Laurent Gbagbo. Monsieur ‘’Zoblazo’’ estime que la réconciliation nationale passe inéluctablement par cette libération.

Pour l’artiste, l’emprisonnement des leaders de l’opposition ne favorise pas la réconciliation tant souhaitée. «C’est clair que pour un Ivoirien qui vient prester à la Haye, il y a toujours un pincement au cœur de savoir que quelque part, on a un frère, un père, un parent qui est interné ici, qui est enfermé ici. Aujourd’hui, tous les interlocuteurs sont en prison. On ne peut pas se réconcilier», déclare-t-il. Avant de renchérir : «On peut penser à la paix, mais pas penser à la réconciliation, ce n’est pas possible tant que Laurent Gbagbo est à La Haye».

Meiway n’a pas manqué de saluer l’ancien président ivoirien et dit espérer de sa sortie prochaine : «Je lui fais un coucou et j’espère qu’il sortira de là très vite». L’artiste insiste qu’il faut libérer Laurent Gbagbo parce que, pour lui, en politique, il n’y a pas un seul exemple. «Que certains payent et que d’autres soient en liberté, c’est injuste. Mais il y a toujours injustice sur terre. J’espère qu’il sortira de là. Il (Ndlr, Laurent Gbagbo), faut qu’il soit libéré un jour. C’est mon avis», persiste Meiway. Qui dit s’exprimer, à la fois, en tant que citoyen ivoirien et leader d’opinion.

L’artiste fait savoir qu’il est détesté par des pro-Gbagbo parce qu’ayant choisi le camp Ouattara pendant la crise postélectorale. Celui que les fans appellent affectueusement le professeur Awolowo explique ce choix : «On a tous des parents qui ont péri. J’ai des oncles et des neveux qui sont morts. Je ne suis pas le seul, dans tous les camps politiques, il y a eu des morts. Il fallait réagir. Au moment où je suis arrivé pour entendre les deux partis, c’est à l’Hôtel de Golf qu’on a accepté de me recevoir. Donc je suis allé. Et quand je suis allé, je devais aller de l’autre côté, on a refusé de me voir. J’ai pris position. C’est un devoir du citoyen».

Toutefois, Meiway n’occulte pas le fait que ce choix soit regretté dans l’avenir parce que, dira-t-il, «l’artiste dans ce cas divise forcement son fan club». Le « génie de Kpalêzo » s’inscrit véritablement dans la réconciliation nationale et présente ses excuses s’il a offensé des compatriotes : « Si j’ai heurté des sensibilités, je m’en excuse. On est dans une période de réconciliation. On est dans une période où il faut penser à la paix ».


R. Dibi, in le quotidien ivoirien "L’Intelligent d’Abidjan".


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

CYNISME HALLUCINANT - ALASSANE OUATTARA AU NORD: «LE FPI DOIT DEMANDER PARDON»

 

côte d'ivoire,CYNISME HALLUCINANT - OUATTARA: «LE FPI DOIT DEMANDER PARDON»,Ouattara appelle les pro-Gbagbo à demander "pardon",afp,abidjan.net


Celui qui a défiguré la Côte d'Ivoire pendant plus de 10 années, avec à la clé des milliers de morts, des dizaines de milliers d'exilés et des centaines de prisonniers politiques et militaires, exige de ses victimes de demander pardon. Chapeau, l'artiste, chapeau bas, Machiavel! Bravo, la "nouvelle Côte d'Ivoire", pour cette belle réconciliation nationale! Fernand Dindé.


ABIDJAN - Le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé lundi le parti de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo à "demander pardon" et à "prendre le train de la paix", plus de deux ans après la fin de la crise meurtrière de 2010-2011.

En plein blocage du dialogue avec l’opposition, M. Ouattara a lancé cet appel aux responsables du Front populaire ivoirien (FPI) lors d’un meeting à Korhogo, la grande ville du nord du pays, au terme d’une visite d’une semaine dans cette région, son fief électoral.

"Il faut que le FPI, parti courageux qui a eu la force de contester le parti unique, ait la force - je veux parler de ses dirigeants - de demander pardon. Que ses dirigeants aient la force de demander pardon aux victimes et aux parents des victimes. Ceci est indispensable", a-t-il affirmé dans un discours retransmis sur la télévision publique RTI.

"Le pardon grandit. Les Ivoiriens attendent ce geste d’humilité de la part de certains du FPI pour tourner la page", a poursuivi M. Ouattara.

Il a aussi demandé au FPI d’"entrer dans le processus de paix". "Je leur demande de prendre le train de la paix. Le train de la paix a pris de la vitesse et je souhaite que tout le monde soit à bord. Nous ne voulons plus d’exclusion en Côte d’Ivoire", a-t-il insisté.

Le président Ouattara est arrivé au pouvoir en avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois qui a fait environ 3.000 morts. (...)

Relancé en début d’année, le dialogue entre le gouvernement et le principal parti d’opposition est à nouveau au point mort.

Avant toute reprise des discussions, le FPI exige notamment la libération de Justin Koua, son responsable de la jeunesse incarcéré en juin, et la désignation d’un "comité de médiation" pour les discussions avec le pouvoir.

L’ancien parti présidentiel dénonce régulièrement une "justice des vainqueurs", soulignant que de nombreux cadres du régime déchu sont en prison alors qu’aucun soutien du pouvoir actuel n’a été inquiété pour les graves crimes imputés aux forces pro-Ouattara durant la dernière crise.

 

AFP, le lundi 8 juillet 2013.

 

Source: ABIDJAN.NET

lundi, 08 juillet 2013

COTE D'IVOIRE: LA REBELLION, LA VRAIE CAUSE DE LA MISERE DU NORD (REPONSE AU CLAN OUATTARA)


SORO GUILLAUME ET MME DOMINIQUE OUATTARA.jpg

Pourquoi mentent-ils aussi affreusement?


Réponse à «Ouattara rattrape la misère de Gbagbo»

 

«Ouattara rattrape la misère de Gbagbo», titrait à sa Une le journal "Le Patriote" dans sa parution de samedi dernier. Pour cette autre caisse de résonnance du régime Ouattara, en quête d’arguments pour répondre à Notre Voie, le président Gbagbo serait à l’origine de la misère du nord. En temps normal, une telle bévue particulièrement répugnante pour son caractère grotesque et mensonger mérite un mépris. Mais, pour éviter de se faire complice de cette haute manœuvre d’intoxication de l’opinion sur la situation du septentrion ivoirien, il convient de rétablir la vérité au plus vite. La vérité ici est que ce titre et les malheureuses insinuations qui en découlent sont à la fois ridicules, hypocrites et simplement insultants pour l’intelligence et la mémoire encore fraiche des Ivoiriens et des observateurs de la vie nationale. La vérité est que la misère du nord que le régime et ses relais veulent imputer à Gbagbo a une origine connue de tous. Cette misère a été créée et continue d’être entretenue par la rébellion armée de septembre 2002 qui a occupé pendant dix ans la moitié nord du pays avec pour objectif fondamental d’installer Alassane Ouattara au pouvoir.

Pendant dix ans, cette rébellion ténébreuse et sanguinaire a pris en otage et organisé un pillage systématique des zones sous son contrôle, à commencer par le nord. Les rebelles dont les parrains et soutiens sont connus de tous ont pillé toutes les richesses du nord. Les banques, les entreprises publiques et privées, les micro-finances, les services administratifs de l’Etat, les coopératives agricoles et même les domiciles privés. Sous la menace de leurs armes, les rebelles ont arraché les biens des pauvres populations sans défense. Ils avaient leur caisse noire appelée «La Centrale» dans laquelle ils recueillaient l’argent extorqué aux citoyens à travers des impôts et les taxes parallèles qu’ils ont institués. Les casses des agences de la Bceao ont rapporté plus de 1000 milliards aux rebelles. Toutes les ressources minières, notamment l’or et le diamant, étaient devenues les biens personnels des chefs de guerre. Tout comme le café, le cacao, le coton, l’anacarde qui étaient produits dans les zones rebelles. Tout l’argent tiré de ces trafics et du pillage de l’économie nationale était investi dans les pays complices de la rébellion, dont le Burkina et le Mali ou ailleurs dans le monde. Pendant ce temps, l’Etat, victime de toutes ces déperditions importantes de ses ressources, devrait faire face à ses dépenses de fonctionnement et prendre en charge les responsables et les parrains de la rébellion qui émargeaient tous au sud dans ses caisses appauvries.

Aucun investissement important n’a été fait dans les zones occupées qui échappaient au contrôle du gouvernement légal d’Abidjan. Même Ouattara, qui se présente comme un faiseur de milliards, n’a pas injecté un seul copeck de ses fameux milliards au nord pendant ces dix années de souffrance imposée par la rébellion. Il aura fallu qu’il parvienne au pouvoir d’Etat pour se présenter au nord dans un manteau usurpé d’agent de développement. Comment peut-on s’étonner qu’une région éventrée par ses propres fils au nom d’un combat insensé et dont toutes les richesses ont été pillées connaisse la misère ? A-t-on besoin d’être économiste pour réaliser qu’une région qui est restée aux mains d’une rébellion pendant dix ans est exposée à la misère ? Assurément non ! La rébellion armée qui occupait le nord n’était pas préoccupée par le développement de cette partie du pays. La présence des rebelles étant elle-même antinomique au développement. Les chefs de guerre étaient intéressés par leur enrichissement personnel en attendant la réalisation de l’objectif final, qui était la prise du pouvoir par Ouattara. La preuve, quand le président Gbagbo se battait pour redéployer l’administration dans les zones occupées afin de permettre à ces régions de bénéficier du peu de ressources qui restait à l’Etat, les rebelles s’y opposaient farouchement. Les infrastructures construites par le Comité national pour le redéploiement de l’administration (Cnpra) ont été également pillées et purement détruites. Les fonctionnaires et agents de l’Etat redéployés dans les zones occupées étaient la cible des rebelles et leurs parrains qui avaient intérêt à maintenir le nord hors du contrôle du gouvernement de Laurent Gbagbo pour continuer de le piller. Disons-le tout net. C’est la rébellion armée et ses commanditaires qui ont semé la misère au nord et dans l’ensemble des régions du pays assiégées et pillées pendant dix ans. Cette réalité est sue des Ivoiriens (y compris ceux du nord) et du monde entier. Aucun esprit malhonnête ne peut falsifier l’histoire récente de la Côte d’Ivoire au risque d’étaler sa mauvaise foi maladive et paraître ainsi ridicule aux yeux de l’opinion.

 

Jean Khalil Sell, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 07 juillet 2013

ENTENDRE UNE DERNIERE FOIS JULIETTE ANZIAN - ADIEU, CHERE SOEUR!

 

JULIETTE ANZIAN. TOUKPE.jpg


Nous ne l'entendrons plus sur les antennes de la Radio nationale ivoirienne FREQUENCE 2. Sa voix vient de s'éteindre à jamais.

Juliette ANZIAN est décédée, ce samedi 6 juillet 2013, aux environs de 18 heures, à son domicile de Cocody, d'un mal mystérieux qui l'a emportée, subitement et avec une violence inouïe.

Cette animatrice de charme de FREQUENCE 2, a été rendue célèbre par son émission "MYTHES ET MYSTERES", dans les années 2000, grandement appréciée par les Ivoiriens et singulièrement par les noctambules (l'émission passait de 22 heures 15 à 00 heure).

Elle a été également adulé par le peuple ivoirien à travers son émission "LES CHOSES DE LA NUIT", co-animée avec l'admirable  POL DOKUI.

Et parmi ses émissions les plus écoutées, copiées et partagées sur le Net, figurent ces deux de "MYTHES ET MYSTERES" dont les liens sont indiqués ci-dessous et dont le Pasteur DALI CLAUDE était l'invité. A ces deux occasions, il a été abondamment question de la crise ivoirienne et de son effroyable issue finale. Des documents à écouter et à conserver.

Cette circonstance profondément malheureuse est pour nous l'occasion de les revisiter et d'entendre une dernière fois notre bien-aimée Juliette ANZIAN:


- Graves révélations prophétiques du Pasteur Dali Claude sur la Côte d'Ivoire

- L'explication prophétique de l'Abidjanaise par le Pasteur Dali Claude

côte d'ivoire,juliette anzian meurt à son domicile,émission "toukpê",émission "mythes et mystères",le pasteur dali claude,révélations sur la côte d'ivoire

Et en bonus, pour ceux qui n'ont pas la possibilité d'écouter ces fichiers AUDIO:

- Les graves révélations du Pasteur Dali Claude sur la Côte d'Ivoire en version texte


Elle était aussi l'une des pièces maîtresses et la cheville ouvrière de l'émission à succès "TOUKPÊ", émission d'une utilité sociale indéniable, faite de convivialité et de détente, qui exposait nos alliances ethniques à plaisanterie, rappelées à dessein dans le cadre du projet de réconciliation nationale.

Il faut indiquer que déjà en mars 2012, Juliette ANZIAN perdait son binôme de l'émission "TOUKPÊ", le remarquable MISTER DIOUM, et il n'y pas encore une année, son propre père. Cette dernière année de sa vie aura été finalement assez triste.

REGARDS CROISES présente toutes ses condoléances à la grande famille ANZIAN! Que DIEU vous console et vous fortifie!

Adieu, chère soeur!

 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 05 juillet 2013

80 POINTS POUR DISTRIBUER LE BEPC AUX EX-COMBATTANTS

KANDIA CAMARA.jpg

La ministre de l'Education nationale, Kandia Kamissoko Camara

 

« Monsieur ouvrez bien les yeux ! Car, cette année, le pouvoir est en train de manœuvrer pour distribuer le Bepc à ses ex-combattants, pour faciliter leur insertion au sein de la police et de la gendarmerie nationale. Ne vous étonnez pas si le taux de réussite de cette année est élevé que les autres années…». Ces propos sont de Koné O., qui s’est présenté comme militant du Rdr.

Des propos tenus en avril dernier, après qu’il ait constaté le recrutement massif des ex-combattants au sein des régies financières (Douanes, Impôts et Trésor). En son temps, nous n’avions pas accordé de crédit à cette information. «Monsieur, la dernière fois, je vous avais dit que le régime s’organisait pour distribuer le Bepc aux ex-combattants, mais vous n’avez pas considéré cela. Vous avez vu les résultats du Bepc? C’est la preuve de ce que je vous disais la dernière fois…». Cette déclaration est encore de Koné O. Il l’a faite, hier mardi 2 juillet, 24 heures après la proclamation des résultats de cet examen. Nous rappelant son avertissement du mois d’avril 2013.

Mais aujourd’hui, après la publication des résultats du Bepc, les faits lui donnent raison.

En effet, pour la première fois en Côte d’Ivoire, dans l’histoire de l’Éducation nationale, avec seulement 80 points, les candidats ont décroché le Bepc, moins que les points du Cepe (85 points). 70 points pour les dispensés des épreuves physiques et sportives et 68 points (avec une moyenne annuelle de classe de 10). Dévalorisant ainsi ce précieux diplôme, même s’il n’a plus la même valeur qu’avant.  

A la réalité, cette «générosité» de Kandia Camara n’est pas innocente. En effet, selon des sources bien introduites, c’est une opération qui a été très bien manœuvrée par le régime, pour non seulement avoir un bon taux de réussite, mais aussi et surtout pour permettre aux ex-combattants d’avoir ce diplôme afin de permettre leur insertion au sein de la police et de la gendarmerie nationale. De sorte que leur recrutement au sein de ces écoles, où on exige au moins le Bepc, ne crée pas une polémique entre les responsables de ces écoles et leurs hiérarchies.

Cela, pour surtout éviter qu’on ne dise pas demain «des démobilisés sans diplômes à la police ou à la gendarmerie». Ces ex-démobilisés, à en croire nos sources, ont gonflé le nombre des candidats libres et les candidats dits officiels. A ce niveau, renseignent les mêmes sources, certains ont été insérés aux candidats officiels via des écoles privées du Nord. C’est pourquoi, dit-on, Kandia Camara s’est même réjouie et a jubilé sur sa page Facebook de l'augmentation du taux d'admis au Bepc, après avoir revu les conditions d'admission.

Et madame se réjouit de son travail, qui malheureusement ne pourra pas masquer la réalité des faits qui choquent la conscience nationale.


Ferdinand Bailly

In le quotidien ivoirien "LG INFOS" N° 478 du mercredi 3 juillet 2013.

BEPC 2013.jpg


BEPC des résultats à la hauteur de la Kandiattitude - L'école se meurt en Côte d'Ivoire


40,17% de réussite au BEPC avec 80 points cette année, contre 17,17% avec 140 points l'année dernière. Dites-moi où est le progrès?

Bon, si l'admissibilité est à 80 points avec une moyenne pondérée, je me dis pour être repêché, il faut 65 points. Le pays est vraiment dans l’abîme! 80 points pour avoir le BEPC alors que c'était 140 points à l'époque! Kô (Je dis, en langue malinké), pays émergeant à l'horizon 2020 ! (Rires).

Pays émergeant, malgré ces mesures à encourager la mort de l’éducation et faire l'apologie de la fainéantise, pour faire de nos enfants, la fine fleur de notre nation devant assurer la relève, de véritables cancres à l'image de l’équipe qui l'entoure.

Je confirme que Dramane Ouattara est venu pour rétrograder notre pays à l’ère du précambrien.

Jugez-en vous-mêmes par les premiers résultats; les résultats n'ont même pas atteint les 50% (malgré ce boulevard ouvert par Kandia Camara, Ndlr).

 

Lavane Murphy

 

M'Bahiakro: un véhicule transportant des copies du BAC fait un grave accident.

Deux gendarmes tuées. (Source AIP).

 

Frank Toti


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LAURENT GBAGBO, LA NOUVELLE ETOILE DE LA RESISTANCE AFRICAINE FACE A L'INJUSTICE DES OCCIDENTAUX

 

LAURENT GBAGBO 3.jpg


Enlevé de son pays dans l'indifférence de ses pairs africains - quand ils n'ont pas contribué à sa chute aux côtés de la France - Laurent Gbagbo est devenu, après deux ans de détention dans le goulag de l'Europe occidentale, l'étoile de la résistance africaine, l'étendard de ralliement des défenseurs des institutions africaines et de l'indépendance des choix économiques des nations. Au moment où Nelson Mandela, la dernière idole de la résistance à l'injustice et au racisme s'apprête à nous quitter, l'Afrique entière se réjouit de voir la relève bien assurée.

Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Korhogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité. Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains, mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier. Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journalistes d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien. Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur. Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d’état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait. Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain - l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien - a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo. En décembre 2012, enfin, un socialiste - François Loncle - révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français. Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté. Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité. Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo - œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices. Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose. Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique [...] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis elle a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI. Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer. Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger. Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français - en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Burgi - et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple. Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait poursoutenir le combat de l’homme que l'on admire aujourd'hui ?


Raphaël ADJOBI

 

1. J'accuse Ouattara, édit. Le Gri-gri (Théophile Kouamouo) ; Côte d'Ivoire, le coup d'état, édit. Duboiris (Charles Onana) ; On a gagné les élections mais on a perdu la guerre, édit. Le Gri-gri (Grégory Protche).


Source: Les pages politiques de Raphaël

jeudi, 04 juillet 2013

VISITE DE OUATTARA AU NORD - QUAND LES BOURREAUX SE PRENNENT POUR DES «SAUVEURS»

 

ALASSANE OUATTARA EN VISITE DANS LE NORD 2.jpg

 

Après 26 mois de pouvoir, Ouattara a enfin décidé de poser les pieds au nord. Cette partie septentrionale de la Côte d’Ivoire, on le sait, a connu ces dix dernières années, une horrible histoire. 10 années de prise d’otage, de braquage des terres et des libertés, dix années de destruction et de pillage au profit d’illuminés abusivement appelés «sauveurs». Ces «sauveurs», ce sont ceux qui foulent aujourd’hui les terres du nord.  Ont-ils réellement lutté pour le nord qu’ils disent être exclu? Ne sont-ils pas en réalité les bourreaux du nord?


De la charte du nord au MPCI, une lutte pour la destruction du nord

Pour que le nord tombe en ruine, il a fallu que dans l’antichambre, naisse un pacte dangereux pour la cohésion sociale. La charte du nord (diffusée sous forme de tracts dès 1991) fut la vaste cour censée rassembler les filles et fils du nord. Le rassemblement annoncé devait logiquement se faire autour d’une personne : Alassane Dramane Ouattara. Il est même précisé : « la défense d’Alassane figure en bonne place parmi nos objectifs ». Les promoteurs de cette charte avaient déjà leur petite compréhension du terme « défense ». Il ne s’agissait pas en effet, d’une défense pacifique, mais plutôt guerrière. Et pour le faire, ils avaient un espace géographique, des ressources humaines, logistiques. Feu Lamine Diabaté, membre fondateur du RDR, avait vendu le secret en 1995 lors d’un meeting à Odienné : « Mais ils ne nous connaissent pas… c’est avec des fusils et des balles que nos parents ont conquis cette terre (le nord)... nous avons aussi nos hommes dans l’armée ». Ce message qui annonçait officiellement la destruction du nord, donna jour au Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), conduit par Soro Kigbafori Guillaume, fils du Nord. Le MPCI était en majorité composé de nordistes et d’un gros contingent de combattants burkinabè. La composition de ce mouvement rebelle répondait à l’esprit et à la lettre de la charte du nord. Le mouvement rebelle fonctionnait comme l’aile armée du parti de Ouattara. Donc c’est tout naturellement qu’il n’existait pas de visa pour passer du RDR au MPCI et vice-versa.

côte d'ivoire,visite d'état d'alassane ouattara au nord,visite de ouattara au nord,quand les bourreaux se prennent pour des «sauveurs»,alain bouikalo juriste

D’ailleurs, les « cadres » du MPCI ont été « déversés » dans leur organisation d’origine qu’est le Rassemblement des Républicains d’Alassane Ouattara. Au delà des revendications fantaisistes, le mouvement rebelle avait deux objectifs : Installer Ouattara au palais du plateau et restaurer la dignité bafouée du nord. En effet, le rassemblement dont parlait la charte du nord signifiait œuvrer à donner le pouvoir politique à Ouattara et par ricochet à l’ensemble des ressortissants du nord. En outre, selon les promoteurs de la charte, le pouvoir central avait exclu cette partie du territoire national. Il fallait donc réparer l’injustice. Mais qu’ont-ils fait à la naissance de leur mouvement rebelle ? Lorsque le mouvement rebelle pro-Ouattara s’installe au nord, il allie exécutions sommaires, chasse au non-nordistes, vols (1308 milliards constituent le fruit des casses des agences de la BCEAO en 2003), expropriation et pillage systématique des ressources minières de la région. Ceux des nordistes réfractaires aux hérésies des rebelles pro-Ouattara sont traités comme les « Kafri » non ressortissants du grand nord. Tous les programmes de développement au profit du grand nord, sont mis en berne. Les fonds alloués aux Conseils Généraux (délocalisés au sud), ne servent en réalité plus à l’investissement mais plutôt au fonctionnement de ces entités décentralisées.

Le taux d’analphabétisme prend l’ascenseur bien que quelques enseignants volontaires firent l’effort de sauver les meubles. L’administration étant absente sur le territoire occupé par les hommes de Ouattara, c’est tout naturellement que les impôts et taxes échouèrent dans le patrimoine des rebelles. En lieu et place de la restauration de la dignité du nord, ce fut l’instauration de la destruction du nord et la course à l’enrichissement des rebelles. En 10 ans, l’administration rebelle n’initia aucun projet de développement fiable au nord. Toutefois, quelques ONG s’essayèrent, avec l’appui de partenaires extérieurs, à réhabiliter des pompes hydrauliques villageoises, des dispensaires etc. Mais cela ne pouvait nullement combler les énormes attentes des populations séquestrées. Le cynisme du bloc rebelle les poussa à exploiter cette paupérisation lors des campagnes présidentielles de 2010.

ALASSANE OUATTARA EN VISITE DANS LE NORD.jpg

Du rattrapage ethnique à la déportation des pro-Gbagbo, une stratégie de destruction du nord

Après le refus de Ouattara d’accepter les résultats des élections présidentielles définitivement proclamés par le Conseil Constitutionnel, Ouattara déclencha une crise postélectorale. Une fois installé par la coalition Onuci-Licorne, il s’exerça à inventer et mettre en œuvre une idéologie ségrégationniste : le rattrapage ethnique. Selon lui, il s’agit de faire la place à 40% de nordistes exclus sous la gouvernance Gbagbo. En clair, Ouattara a décidé de créer le mythe de la supériorité ethnique de son clan. Mais ce qu’il oublie c’est qu’il développe une thèse qui, à la longue, se retournera contre les nordistes qu’il prétend tant aimer. La thèse du tribalisme ou de la supériorité ethnique est dangereuse pour ses bénéficiaires pour deux raisons. Premièrement, elle impose aux exclus, le sentiment d’être des victimes. Par exemple, de nombreux travailleurs ont soit perdu leurs emplois, soit été rétrogradés au profil de nordistes. Il n’y a qu’à prendre le seul exemple de la RTI pour s’en convaincre. En second lieu, en cas de changement de régime, les 40% (chiffre de Ouattara) peuvent se retrouver sur le chemin du vagabondage dans la mesure où Ouattara a déjà montré la voix aux générations à venir. Dans ce cas quelle couleur aura l’administration ivoirienne ? Sera-t-elle exclusivement nordiste au sudiste ? Pour l’heure, notons que Ouattara a « nordisé » l’administration ivoirienne. Du bas de l’échelle au sommet, les nordistes se taillent la part du lion. Est-ce le grand rassemblement des nordistes annoncé par la charte du nord qui continue?

De toute évidence, l’esprit de cette charte se voit au travers des différentes nominations. Tout cela contribue à détruire le grand nord car, on ne se sert pas d’une région pour asservir les autres mais au contraire on agrège les régions pour former et fortifier la nation. Cela, Ouattara semble l’ignorer, lui qui fait du nord la prison à ciel ouvert de ceux qui ne sont pas de son clan. Quelle est la perception qu’une grande partie de la population a aujourd’hui du nord ? En plus du fait qu’on croit en la « dioulatisation » de l’Etat, la population exclue estime que le nord a été transformé en un enfer pour les pro-Gbagbo. Tous les grands leaders de l’opposition, amis et camarades du Président Laurent Gbagbo, arrêtés ou enlevés, ont été déportés au nord. Pourquoi le nord ? N’existe-t-il pas un endroit autre que cette région pour accueillir les damnés du régime ? Que comprendre à travers le choix de Ouattara ? On pourrait apporter plusieurs explications. Mais l'explication qui demeure plausible est celle consistant à dire qu’il s’agit de donner au nord, des personnes qui ont longtemps tenté d’exterminer le nord. En effet, Ouattara, ses suiveurs et autres soutiens ont, durant des années, expliqué aux populations du nord que Laurent Gbagbo et le FPI sont leurs ennemis.

Or la grande fierté pour un ennemi est de voir à ses pieds, celui qu’il a affronté lors de combats. Ouattara a donc bien choisi l’itinéraire des prisonniers, au golf Hôtel à ses pieds, puis au nord dans son fief. C’est donc un motif de fierté pour les fondateurs de la charte du nord, le MPCI, le RDR, tous des ressortissants du nord. Mais quel dividende recueille le pouvoir en agissant ainsi ? Aucun, à part aiguiser les récriminations des victimes, la haine gratuite et le désir de vengeance. Ouattara expose donc dangereusement le nord qui ne lui est pourtant pas totalement acquis. Il a pris cette zone en otage par le biais de la charte du nord et ses rebelles du MPCI-FN.

Ceux qui se présentent comme les sauveurs des nordistes sont en réalité les bourreaux de ce peuple. Ils le furent durant leur carrière à l’opposition civilo-armée, ils le sont depuis qu’ils ont été imposés au peuple de Côte d’Ivoire. Leurs gestes au nord ressemblent à ceux de Mobutu Sese Seko qui, après avoir été le bourreau de Patrice Lumumba, fut celui qui l’éleva à la dignité d’héros national.

 

Alain Bouikalo, Juriste.

CHOISIS TON CAMP, CAMARADE!

DRAPEAU IVOIRIEN.jpg


"Chers amis, j'ai pris le temps de lire jusqu'au bout cet article. J'ai été profondément dévasté par sa pertinence et sa grande similitude avec la crise que nous subissons sous le régime dictatorial de Ouattara en Côte d'Ivoire.  Régime  entretenu par les impérialistes de tout poil dont parle justement l'auteur. Il apparaît nettement comme s'il s'adressait directement aux ivoiriens. Faites donc suivre partout l'article et surtout faites comme moi... Choisissez votre camp. Dès maintenant!". Un patriote ivoirien.

DRAPEAU FRANçAIS ET DOUBLE CROIX.jpg


Êtes-vous de droite ou de gauche? Hétéro ou homo? Préférez-vous la tarte aux fraises ou aux framboises? Autant de questions sans intérêt lorsque la patrie est en danger, que notre avenir collectif est dicté par l’imperium anglo-saxon. Alors, choisi ton camp, camarade!


Dans les périodes paroxystiques belliqueuses il y a un moment ou l’affrontement tend à ne se réduire qu’à deux camps. Nous pouvons offrir de nombreux exemples d’affrontements dramatiques dans l’histoire où il n’était plus question que de défendre sa patrie, donc sa maison, donc sa famille, son avoir, sa liberté, sa vie même.

L’exemple le plus probant, c’est celui où un pays est envahi par une horde militaire extérieure ayant pour objectif d’instaurer ou de restaurer une tyrannie.

« Contre nous de la tyrannie » dit une strophe de notre hymne national qui résume ce que je viens d’exposer, il y a là le « contre NOUS » c’est à dire contre nous tous de la tyrannie. Puis suit : « Aux armes les citoyens ! » c’est à dire que TOUS sans exception, citoyens responsables d’eux-mêmes et de leurs familles doivent à ce moment s’unir et combattre l’envahisseur en faisant fi de leurs querelles qui à ce moment ne présentent plus la moindre importance.

Ainsi des querelles religieuses, philosophiques, politiques de tous ordres s’effacent devant le danger commun, il n’y a plus qu’un seul et unique front à opposer et combattre par tous moyens, c’est une question de vie et de mort.

Dans ce genre de situation paroxystique, il se trouve toujours des individus pour imaginer une bonne raison pour choisir le camp de l’ennemi et collaborer avec lui. Ces individus mettent en avant leurs préférences religieuses ou idéologiques pour prendre le parti de l’envahisseur qui toujours aime à se présenter comme un libérateur.

D’autres, pourtant proches idéologiquement de cet envahisseur, préfèrent eux choisir le camp de la mère patrie.

Par exemple durant la Révolution française qui dut faire face à l’agression étrangère voulant rétablir l’absolutisme royal, il se trouva des nobles et des prêtres pour se ranger du côté de la Nation et des paysans qui, en Vendée et pour des raison religieuses, se rangèrent du côté de l’envahisseur poignardant ainsi la Nation dans le dos.

Le plus bel et proche exemple fut celui de la période 1940-1945 où des gens de gauche, pensant que le nazisme était à gauche se rangèrent du côté de l’envahisseur avec des gens de la droite extrême pensant aussi que le nazisme était de la droite extrême.

D’un autre côté des royalistes convaincus, appartenant à l’Action Française se mêlèrent sans état d’âme à des communistes mettant de côté leurs précédentes querelles jugées secondaires pour défendre la patrie commune. Avant la création des FTPF en 1942, pour posséder une arme et combattre l’envahisseur dans une organisation militaire structurée, il fallait être membre du PCF, alors certains membres de l’Action Française adhérèrent au PCF pour combattre l’ennemi commun.

À ce moment de l’histoire de France l’appartenance à la droite ou à la gauche ne possédait aucun sens tout comme être chrétien ou athée, seul l’engagement sans faille pour le combat national avait un sens recouvrant tous les autres. Notre grand poète national Aragon en a écrit un poème fort célèbre, La Rose et le Réséda.

Et quand vient l’aube cruelle 
Passent de vie à trépas 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n’y croyait pas 
Répétant le nom de celle 
Qu’aucun des deux ne trompa 
Et leur sang rouge ruisselle 
Même couleur même éclat

Qu’en est il aujourd’hui dans notre chère patrie qui puisse être comparable aux précédentes périodes dramatiques évoquées ?

D’abord si la soldatesque étrangère n’est pas visible dans nos rues, si ses colonnes mécanisées n’ont pas encore franchi nos frontières, il n’en demeure pas moins que nous sommes un pays entièrement soumis a une volonté étrangère. Cependant cette volonté n’a pas encore recours à la violence militaire pour s’imposer, elle n’en a pas besoin puisque nous sommes soumis.

Cette ferme volonté fût imposée par la ruse petit à petit et elle pèse maintenant sur chacun d’entre nous aussi sûrement que si de féroces soldats mugissaient dans nos villes et nos campagnes.

Notre patrie a ainsi perdu son indépendance et en conséquence chacun d’entre nous paye un lourd tribu de 3 000 € par an par Français, enfants compris, pour payer les intérêts d’une dette obligatoire imposée par l’envahisseur impérialiste anglo-saxon.

Ce prélèvement est considérable, mais ce n’est pas tout car nous ne pouvons décider comment protéger notre industrie du désastre puisque des règles imposées de l’étranger nous en empêchent.

Notre ennemi anglo-saxon pèse sur notre patrie aussi durement que pesait l’Allemagne nazie entre 40 et 45.

Mais me direz vous, il n’y a pas encore chez nous de résistants internés, torturés, fusillés. On peut bien dire pas encore. Pourtant déjà nous savons que tous les Français sont espionnés et que leur communications téléphoniques, leurs mails et interventions sur les réseaux sociaux sont captés et triés, que des opinions politiques sont répertoriées tout ceci avec l’aide active de la DCRI véritable police politique héritière des Renseignements Généraux créés sous Pétain.

Chaque jour nous voyons une lourde propagande se répandre dans nos médias avec son cortège de mensonges éhontés comme était la tristement célèbre Propagandastaffel.

Nous observons que la démocratie est bafouée par des partis politiques présentant tous la même opinion fondamentale d’asservissement de notre peuple à l’étranger avec entre eux de très faibles nuances.

Demandons nous pourquoi les Français sont espionnés par la NSA la centrale de renseignement US comme l’a prouvé Edward Snowden ?

Dans quel but les opinions politiques sont elles classées si ce n’est qu’il puisse être prévu une répression contre des dissidents. Si non, pourquoi dépenser tant d’argent pour rien ?

Pire encore, si les opposants ici ne sont pas encore massacrés, on peut observer aisément ce qui se passe dans des pays qui résistent à l’imperium anglo-saxon, ce que nous ne faisons pas encore.

Nous en avons eu un exemple avec la Libye et maintenant avec la Syrie ou des hordes pratiquant une barbarie extrême ont été jetées là venant de 80 pays différents souvent sortis des prisons pour aller massacrer les gens qui ne veulent être soumis ; égorgeant ça et la, coupant les têtes, découpant vif à la scie à ruban, massacrant des villages entiers. On parle déjà de 100 000 morts après les 120 000 de Libye.

Demandons-nous pourquoi l’impérialisme a prévu cette guerre de longue date?

Nous constatons que les pays agressés ou sur la liste d’une future agression sont des pays, non encore soumis à la dette obligatoire et sont des producteurs de richesses pétrolières ou gazières dont les revenus leur permettraient d’être lourdement endettés.

CARTE ENDETTEMENT.jpg

Nous voyons par exemple sur cette carte la Norvège, membre de l’OTAN, très riche et productrice de pétrole lourdement endettée et la Libye d’avant le massacre impérialiste non endettée et qui était même prêteuse de fonds souverains au FMI.

Il s’agit bien pour l’impérialisme anglo-saxon de mettre la main sur des peuples plus même que sur des richesses naturelles et de soumettre ces peuples à une dette éternelle, non remboursable, mais génératrice d’intérêts permanents.

Si nous sommes ici asservis et passifs, le peuple syrien, lui, se bat les armes à la main et le dos au mur contre les milices recrutées perpétuellement et bien armées par les USA et leurs marionnettes, milices qui ont détruit ce pays tranquille.

Si ce peuple n’avait pas eu le soutien diplomatique et militaire de la Russie, de la Chine et de l’Iran, nul doute qu’il aurait sombré écrasé sous des milliers de tonnes de bombes.

S’il n’y avait pas eu la Russie sous la ferme direction de Vladimir Poutine, il ne serait pas possible aux peuples épris d’indépendance de relever la tête et d’envisager une prochaine libération.

Certes en Syrie, on voit maintenant très mal l’impérialisme l’emporter. Mais en France, ce même impérialisme, sanguinaire là-bas et oppresseur ici, quand allons nous nous en débarrasser et recouvrer enfin une indépendance inexistante depuis 1947 sauf pendant la courte période gaulliste?

NOUS VOULONS. CARTE DE LA FRANCE.jpg

Que valent donc aujourd’hui les opinions politiques de droite et de gauche avec leurs soit disant extrêmes?

Que valent les croyances, les religions, les obédiences, les inclinaisons sexuelles, les origines sociales et géographiques?

Tout ceci ne vaut rien, absolument rien face aux intérêts supérieurs de notre patrie asservie par cet impérialisme particulièrement violent et ignoble contre lequel le peuple syrien se bat avec détermination et courage.

Citoyen, prenez conscience qu’il n’y a plus que deux camps celui de la patrie et celui de l’impérialisme .

Moi j’ai choisi le mien, fidèle à mes ancêtres résistants. C’est le camp de la patrie !

Suis moi !

Qui que tu sois ; communiste, royaliste, troisième voie, socialiste, Front National, Front de Gauche, gaulliste, nationaliste, de droite comme de gauche, comme de rien, si tu es dans le même camp que moi pour la Nation, pour la Patrie, contre l’impérialisme tueur, tu es mon frère de lutte, mon camarade.

Si non, faux socialiste, faux communiste, faux gaulliste, fausse gauche, faux « antifa », tu es mon ennemi et je te déclare la guerre comme j’ai déclaré la guerre à l’impérialisme tueur des peuples.