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lundi, 27 mai 2013

FONCIER RURAL: LA REFORME OUATTARA EST ILLEGITIME


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Ouattara a décidé de retoucher la loi relative au domaine foncier rural du 23 décembre 1998. Une initiative curieuse et surprenante, au regard de la sensibilité de la question foncière et du contexte politique exécrable en Côte d’Ivoire.

En effet, sous l’angle de la politique législative, l’initiative Ouattara remet en cause un acquis important de la loi foncière de 1998 : adoption d’une loi fondée sur un consensus politique et une adhésion sociale, dans un domaine conflictuel et dans un contexte multipartisan.

La loi relative au domaine foncier rural a été votée après avoir intégré les enseignements d’une vaste tournée dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, au cours de laquelle  des délégations de parlementaires sont allées recueillir le point de vue des populations.  Interrogée sur la teneur des règles foncières traditionnelles et le contenu du projet de loi, la population a donné une réponse très claire : son adhésion à la propriété coutumière. Dans le même esprit, la loi a été fortifiée par le consensus politique réalisé entre les partis politiques significatifs représentés à l’Assemblée nationale à l’époque (PDCI, FPI, RDR), en enregistrant un vote à l’unanimité des députés, moins une abstention.

Pour plusieurs observateurs, la politique législative mise à l’œuvre à l’occasion de l’adoption de cette loi, devrait servir d’exemple pour l’avenir dans d’autres domaines, pour mettre certains textes à l’abri des politiques opportunistes des partis politiques. Cette politique législative rassurait plus d’un, surtout au moment où le multipartisme faisait ses premiers pas, car elle constituait la preuve qu’au-delà des divisions partisanes, la nation ivoirienne pouvait se retrouver sur les sujets majeurs. Cet acquis était d’autant plus important que les initiatives précédentes dans le domaine foncier, en déphasage avec les traditions africaines et la volonté populaire, s’étaient soldées par des échecs cuisants.

La loi du 20 mars 1963 portant code domanial fournit une illustration frappante à cet égard. Bien que votée, elle ne sera pas promulguée, le Président de la République ayant demandé à l'Assemblée Nationale de la « reprendre » à l’occasion d’une deuxième lecture, qui n’a jamais été organisée. En effet, dès que les échos de l’adoption de cette loi parvinrent dans les villages, la résistance farouche des chefs et des propriétaires coutumiers se manifesta de façon singulière. Albert Ley donne ainsi les raisons de la reculade du président Houphouët-Boigny : « Ce texte a repris l'idée de biens mis en valeur, immatriculés au nom de l'auteur de la mise en valeur et de biens non mis en valeur qui sont immatriculés au nom de l'Etat. Ceci paraissait a priori très juste. Mais … les paysans ont appris qu'une commission domaniale devait venir dans chaque village (pour) délimiter les terrains mis en valeur et ceux non mis en valeur. Le paysan, qui est plus juriste que n'importe quel juriste, a vite compris et a voulu montrer à cette commission domaniale que tout était mis en valeur, et que, par conséquent l'Etat ne pouvait rien prendre. Comme les paysans ne pouvaient pas réaliser les mises en valeur rapidement, ils ont fait des mises en valeur superficielles et ont mis le feu. La moitié de la Côte-d'Ivoire était en feu et le Président a demandé d'où cela venait. On lui a répondu que c'était à cause du code domanial. Il a alors demandé que l'on supprime ce code domanial ».

Observons d’ailleurs que cette loi avait été aussi votée « à l’unanimité, moins une abstention ». Mais le contexte de parti unique n’avait pas favorisé l’expression démocratique qui aurait pu faire connaître la volonté profonde des masses paysannes. Composée de députés inscrits sur une liste unique à laquelle le seul parti politique avait préalablement donné son investiture, l’Assemblée nationale ressemblait plus à une chambre d’enregistrement qu’un forum de débats. Du reste, l’actualité politique chargée du premier trimestre de l’année 1963, faite de suspicion généralisée du fait des arrestations qui s’étaient opérées, consécutives aux « évènements de 1963 », pouvait expliquer l’absence d’un débat contradictoire qui a conduit à ce vote à l’unanimité de la représentation nationale, en contradiction avec la volonté populaire.

Cette atmosphère rappelle étrangement le contexte actuel. Parvenu au pouvoir à la suite d’une guerre, Ouattara a réussi une véritable « pacification du pays », par l’exil forcé, l’exécution sommaire et l’emprisonnement systématique des proches du président Laurent Gbagbo, dont le Président du FPI, le premier ministre Affi N’guessan. Exclue des législatives par le refus du pouvoir actuel de créer les conditions politiques et sécuritaires d’une compétition saine entre les forces politiques, l’opposition significative conduite par le FPI est absente de l’Assemblée nationale. Les divisons nées de la guerre postélectorale se sont encore accentuées avec la politique de « rattrapage ethnique » mise en œuvre par Ouattara, rendant illusoire toute politique de réconciliation nationale.

À l’ouest de la Côte d’Ivoire, le climat social est encore plus lourd. Au profit de la rébellion et de la guerre postélectorale déclenchée par Ouattara, des centaines de milliers de burkinabè et de maliens se sont installés, depuis une dizaine d’année, dans les forêts classées et dans les plantations villageoises des autochtones wê qui ont été, soit assassinés, soit contraints à l’exil dans des pays voisins. Des accusations de génocide sont constamment alléguées. Ce phénomène s’est poursuivi après la prise de pouvoir par Ouattara. D’ailleurs, cette immigration sauvage, suivie de l'occupation forcée des terres et forêts cultivables, concerne toutes les régions de la Côte d’Ivoire y compris au nord, à des degrés divers tout de même. Dans une situation récurrente de conflits opposant les autochtones ivoiriens, propriétaires coutumiers des terres, aux allogènes burkinabè essentiellement, aujourd’hui protégés par les FRCI et par des milices burkinabè,  il va de soi que toute initiative visant à retoucher cette loi est susceptible de créer une explosion sociale.

Ce contexte d’exclusion politique et sociale, d’invasion et de colonisation de terres, de conflits ouverts et de non réconciliation, fait courir le risque d’illégitimité à toute réforme dans le domaine du foncier rural.  Il devrait donc dissuader tout politicien averti. Car, le vrai problème à résoudre actuellement, réside moins dans le « renforcement » de la loi de 1998, que dans l’occupation armée des terres par les milices burkinabè qui ont combattu dans les rangs de Ouattara lors de sa guerre postélectorale. Mais Ouattara n’en a cure. Il a décidé certainement de s’inscrire dans le sillage de ces gouverneurs coloniaux qui, dans la logique de l’idéologie colonisatrice qui tend à dépouiller de manière arbitraire les peuples autochtones soumis, ont commencé à écrire la page douloureuse  de la dépossession foncière en Côte d’Ivoire.

Hélas, l’histoire de la Côte d’Ivoire semble se répéter. Car, c’est dans une atmosphère similaire que le colonisateur a construit son régime foncier, dont le décret du 26 juillet 1932 (régime de l’immatriculation) et le fameux décret du 15 novembre 1935 (réglementant les terres domaniales)  qui conduiront à l’expropriation des propriétaires coutumiers, au profit de l’Etat colonial et de ses colons européens et assimilés, au nom de la théorie des « terres vacantes et sans maître » ou inexploitées. Avant la prise de ces décrets coloniaux,  le Gouverneur Angoulvant se chargea de décapiter l’élite paysanne dans une entreprise de « pacification de la Côte d’Ivoire » (1908 -1915). Des opérations militaires meurtrières furent menées contre diverses ethnies à l’occasion desquelles les valeureux soldats (paysans) ont été massacrés par l’armée coloniale, leurs chefs assassinés, internés ou déportés dans d’autres pays africains.

Les bottes de gouverneur colonial ont-elles trouvé preneur chez le « préfet des lagunes » couronné par Mme la grande chancelière Henriette Diabaté ? Pour qui roule donc Ouattara quand  il annonce une réforme foncière dans un climat de division et d’occupation armée des terres ? Certainement pas pour la Côte d’Ivoire et les ivoiriens.


Dr Kouakou Edmond

Juriste Consultant

AMADE OUEREMI: LES LEÇONS ET LES QUESTIONS D’UNE ARRESTATION

 

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Amadé Ouérémi (premier plan), lors d’un rassemblement des FRCI à Duékoué, dans l’Ouest de la Côte d'Ivoire.

 

«Ce chef de guerre qui défiait depuis une dizaine d’années l’autorité de l’État de Côte d’Ivoire, (depuis son fief de la forêt classée du Mont Péko en pays Wè, en pleine boucle du cacao), en y interdisant l’accès et en y cultivant du cacao, a été arrêté sans violence et devrait être transféré à Abidjan. Amadé OUREMI est soupçonné par des ONG internationales d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en Mars 2011, durant la crise postélectorale de Décembre 2010 à Avril 2011 qui a fait quelques 3 000 morts dans le pays.» (AFP)


Leçon 1 : Enfin ! Pour la première fois, un auteur direct des massacres en Côte d’Ivoire reconnu sans ambiguïté comme pro-OUATTARA par la communauté internationale et par les pro-Ouattara eux-mêmes, est arrêté, confirmant la leçon de Laurent GBAGBO, le 28 février 2013 à 16h59 à la Haye : « c’est ceux qui perdent les élections qui font la guerre ».

Question 1 : Pour une fois qu’on a un auteur direct des massacres post-électoraux qui fait l’unanimité, et que tout sachant sait que dans la forêt classée du Mont Péko, il n’y a pas d’usine d’armes, pas d’établissement bancaire, ni d’école de guerre,la Françafrique dans la toge de la CPI et les treillis de l’ONUCI aurait-elle le courage de faire arrêter les vrais co-auteurs indirects qui ont armé, financé et entraîné OUEDRAOGO Amadé Rémi dit Amadé Ourémi et son armée qui ont causé la mort de plus de 3000 Ivoiriens ?

Non ! Et d’ailleurs, en Côte d’Ivoire, personne ne sera surpris si OUEDRAOGO Amadé Rémi venait à disparaître ou à être  substitué par un « fou » devant le tribunal pour éviter de dérouler le fil d’Ariane ; ou encore si on l’accusait de tout sauf des crimes commis !

Question 2 : La Françafrique, ses juges et ses journalistes auront-ils le courage de reconnaître qu’il n’existe aucun lien entre cet unique auteur direct indexé par la clameur internationale qui est OUEDRAOGO Remi et le présumé co-auteur indirect, Laurent GBAGBO, le Président élu de la Côte d’ivoire, qui est pris en otage à la CPI ?

En effet, ce sont les vrais co-auteurs indirects des massacres post-électoraux qui dirigent aujourd'hui le peuple de Côte d'Ivoire et qui continuent de le massacrer. Cela a été publié dans tous les rapports des ONG qui ont voix à l'ONU, puisque la voix des Pro-Gbagbo reste inaudible.

Questions 3 : Tout le monde sait que OUEDRAOGO Amadé Rémi, grand criminel, responsable de crimes économiques et écologiques, est devenu un grand producteur de cacao, un vendeur d’ivoires et de bois. La guerre en Côte d’Ivoire qui est, en réalité, une guerre pour la mainmise des prédateurs de la filière françafricaine sur le cacao ivoirien a créé des centaines voire des milliers de OUREMI. Mais, OUEDRAOGO Amadé Rémi pour son infidélité à la Françafrique, ces derniers temps, causée par sa propension à vouloir vendre plus cher son butin de guerre, s'est détourné du réseau pour aller sur de nouveaux marchés.

N’est-ce pas la vraie raison qui fait du « démocrate » d’hier un dangereux terroriste aujourd’hui? Est-il plus terroriste que ses compagnons de guerre et leurs chefs politiques et militaires ?

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Leçon 2 : « La vérité est d’or et le mensonge de paille ». La vérité sur les élections en Côte d’Ivoire a fini par éclater. Le «  bénéficiaire » des fameux "54%" des voix des électeurs ivoiriens aux élections présidentielles de 2010, a été incapable de déplacer aux urnes, pendant les élections législatives, communales et régionales, la moitié de ceux-là mêmes qui sont supposés l’avoir porté au pouvoir et qui avaient intérêt à faire mentir les pro-GBAGBO en le prouvant à nouveau massivement dans les urnes. Avec l’arrestation de OUEDRAOGO Remi, et l’unanimité qui se dégage autour de ses crimes contre l’humanité, ses crimes écologiques et économiques depuis dix ans, le mensonge sur les pro-GBAGBO, considérés comme auteurs ou co-auteurs, soutenu par des films et des images dignes des  studios de cinéma internationaux les plus réputés, fait place à la vérité sur l'identité des véritables auteurs des crimes de l’histoire récente de la Côte d’ivoire.

Leçons 3 : La Françafrique, depuis les indépendances, a besoin, pour les basses besognes, de se déguiser pour prendre la couleur locale avant de se présenter aux Africains. En Libye après s’être déguisée en rebelles libyens, avec dans une main la bible des droits de l’Homme et dans l’autre les fusils de l’OTAN, elle s’est donnée le droit de massacrer en silence les Noirs de Libye et de traquer « l’infidèle » Kadhafi à grand bruit médiatique pour mettre la main sur le pétrole libyen et ses réserves financières dans les banques occidentales. Cela a, aujourd'hui, comme conséquence  l'instabilité en Libye où un groupe armé peut contraindre le gouvernement à un remaniement. Où est la démocratie ? Elle se trouve dans le pétrole pompé par le réseau françafricain. Mais, chut ! Silence, on pille démocratiquement!

L'autre leçon est le cas du Mali. Les « démocrates en arme de la Libye » qui se sont repliés au nord du Mali sont brusquement devenus de dangereux terroristes. Là encore, les coauteurs d'hier de la triste modification de cette région du Mali, ont revêtu leurs habits de libérateurs en fixant des zones de non droit et des dates d'élection en dépit du bon sens dans ce contexte très instable. Comme en Libye et au Mali, après avoir formé et armé des « démocrates » dont les OUEDRAOGO Remi dans l’ouest de la Côte d’ivoire pour massacrer le peuple Wê, la Françafrique se transforme en libérateur du peuple, après le génocide, en arrêtant un de ses « démocrates en arme » devenu terroriste parce qu’infidèle !

Leçons 4 : Depuis les guerres contre les « armes de destruction massive en IRAK », de destruction du « terrorisme » en Afghanistan, d'installation de la démocratie en Libye, en Côte d’ivoire et maintenant en Syrie, le mensonge est devenu une valeur démocratique, les rebelles sont des démocrates quand ils sont fidèles et terroristes quand ils deviennent infidèles et la protection du droit de pillage des matières premières est érigée en protection des droits de l’Homme. Les énormes butins de tous ces pillages sont enfermés dans les paradis fiscaux pour financer des rebellions au nom des « droits de l’Homme ». En Occident, ces mêmes détenteurs de paradis fiscaux qui fuient leur responsabilité dans la prise en charge  de la dette qui étouffe l’Europe, financent des élections pour porter au pouvoir ceux qui peuvent poursuivre cette prédation. Ces guerres sont cofinancées avec l’argent des contribuables occidentaux qui, en même temps qu'ils découvrent avec stupéfaction ces paradis, ploient sous le poids des dettes et du chômage, conséquences de ces guerres utiles uniquement pour les prédateurs et inutiles pour le reste de l’humanité. Malheureusement une partie de ces contribuables continue de croire que ces guerres poursuivent l’œuvre « civilisatrice » de l’Occident avec la déclaration des droits de l’Homme à la place de la Bible.

Ce monde serait plus heureux si les conflits pouvaient se résoudre selon le vœu des pères fondateurs de l’ONU, sans coup de canon et pour ainsi épargner des vies humaines.

Si les complices et co-auteurs indirects de OUEDRAOGO Remi  avaient accepté la solution pacifique de recomptage des voix au lieu du comptage des morts, la Côte d’Ivoire multiethnique et multiraciale n’aurait pas disparue au profit d’une Côte d’Ivoire dirigée par un pouvoir ethnique et génocidaire où les compétences militaires, policières et civiles sont traquées pour faire prospérer des chasseurs traditionnels et des compétences semi-finies.

 

DON MELLO Ahoua

Docteur Ingénieur des Ponts et chaussées,

Ancien Ministre.

samedi, 25 mai 2013

ALLIANCE FPI-PDCI EN 2015: AMANI NGUESSAN REPOND A KONAN BEDIE


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«J’aurais trouvé qu’il triche», «Concernant Gbagbo, la vérité juridique est sue».

 

Suite à la réponse que Henri Konan Bédié, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, a donnée au FPI au sujet de l’alliance entre les deux partis, l’ex-ministre de Laurent Gbagbo, Amani N’guessan Michel, a réagi, dans une interview qu’il nous a accordée par téléphone, ce vendredi 24 mai 2013. Aussi, il a donné son avis sur le verdict attendu du côté de la CPI concernant son mentor.


Que pensez-vous de la réponse que Monsieur Bédié a donnée face à l’appel du FPI à une alliance avec son parti, le PDCI?

Je pense que monsieur Bédié donne l’occasion aux deux partis de s’asseoir et de discuter, car aucune alliance sérieuse ne peut se réaliser sans discussions préalables. Monsieur Bédié engage déjà la discussion. C’est heureux de le constater. On ne va pas au mariage sans se dire la vérité. Nous pensons que c’est une bonne sortie qui augure des lendemains meilleurs.

Même quand il pose le problème de la sincérité du FPI, vous dites qu’il a raison.

Nous ne disons pas qu’il a raison, c’est un point de vue. La critique est partagée, c’est-à-dire qu’à deux, l’un et l’autre, on a des choses à se dire. C’est ce qui justifie la discussion pour clarifier les positions et les points de vue. Donc, ce que dit monsieur Bédié est une vérité pour lui mais qui peut ne pas être forcément notre vérité. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que nous devons savoir, au PDCI-RDA et au Front Populaire Ivoirien, aller à l’essentiel. Le pays est en danger, il faut le sauver. C’est cela l’essentiel. On peut discuter tout le reste.

A priori, le président Bédié ne vous ai pas favorable?

Je suis plutôt satisfait. Parce que si Monsieur Bédié ne donne pas son avis sur l’appel et surtout sur le Front Populaire Ivoirien, j’aurais trouvé même qu’il triche avec lui même et avec l’histoire. Car l’histoire politique en Côte d’Ivoire n’est pas aussi linéaire que cela. Il faut être honnête et reconnaître que nous avons combattu le parti unique et il y a des actes qui ont été posés. Aujourd’hui, l’heure est à la discussion pour apprécier tout cela. Monsieur Bédié ne peut pas dire qu’il n’a rien à dire. Moi, je suis heureux qu’il parle car, en effet, c’est lorsque qu’on lave les cœurs qu’on tisse un mariage solide.

A votre niveau, que reprochez-vous au PDCI qui vous accuse de l’avoir traité de ‘‘serpent’’ et d’avoir voulu le tuer par la création du Front Républicain?

Personnellement, je trouve que le débat sur l’alliance probable PDCI-FPI dans les journaux est malsain. Il faut s’asseoir, et en toute responsabilité, discuter. Ce n’est pas dans les journaux que nous allons tisser l’alliance. Il nous faut nous asseoir, nous reprocher ce que nous avons à nous reprocher réciproquement, et en tant que fils d’une même famille, être devant le danger qui nous guette tous. Nous devons savoir en tirer les leçons.

Pensez-vous que le PDCI répondra positivement à cet appel?

Je ne suis pas un devin, mais je suis sûr que monsieur Bédié, en acceptant de parler de l’appel, veut qu’on en discute. C’est déjà ça qui est important.

Quelles sont vos attentes relativement au verdict de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo qui est pour bientôt?

J’ai toujours dit depuis le début de cette affaire que si c’est le droit qui est dit, monsieur Gbagbo doit être libéré. Mais tout le monde entier a découvert que c’est un procès politique. La CPI est l’instrument des grandes puissances qui, aujourd’hui, ont décidé de faire la guerre à certains chefs d’État africains d’une certaine vision. Peut-être que c’est leur droit, mais nous ne partageons pas la même vision. De ce point de vue, ils pourront décider tout ce qu’ils veulent. J’ai même dit quelque part qu’ils peuvent condamner monsieur Gbagbo, mais la vérité juridique est sue et chacun appréciera.

 

César DJEDJE MEL, in Linfodrome

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

vendredi, 24 mai 2013

LA REDDITION DU CRIMINEL DE DUEKOUE, UN SCENARIO GROTESQUE POUR MAINTENIR GBAGBO A LA CPI


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L’information tombée ce week-end de Pentecôte, au moment où les chrétiens célèbrent l’anniversaire de la venue du Saint-Esprit, est la reddition ou l’arrestation (c’est selon) du « boucher » de Duékoué ; celui qui, sur ordre de Ouattara, a massacré en une seule journée de fin Mars 2011 plus de 300 Wè considérés comme des pro-Gbagbo. 
 
Celui qui, depuis 2002, s’est installé dans la forêt classée du Mont Péko, y exploite le bois, le cacao, les ressources minières, sans doute avec la bénédiction de Compaoré, de Soro, de Ouattara ainsi que des ex-Présidents français Chirac et Sarkozy. C’est indéniablement avec ces 5 mandants que l’inculte bourreau Ouérémi partageait les retombées économiques et financières de ces crimes économiques.
 
C’est pourquoi, les efforts déployés par le Président Gbagbo, pour le déloger de cette forêt classée, ont toujours été empêchés par la force française Licorne.
 
Le film de la « capturation » (comme le dirait un des ministres de Ouattara) de ce criminel rebelle est, on ne peut plus, maladroitement monté car grotesque est le scénario servi à certains naïfs.
 
En effet, avant cette insipide mise en scène, les observateurs de la vie politique ont suivi la visite-éclair effectuée par le Président compatriote de l’égorgeur qui, depuis 10 ans, a fait de Duékoué son royaume à l’instar de l’Autre que la France et ses acolytes ont fait régner dans sa République du Golf Hôtel avant de lui offrir la Côte d’Ivoire.
 
Ensuite, son compatriote en Côte d’Ivoire tenta de le rencontrer au cours de sa récente visite dans la région des montagnes. Pourquoi est-ce seulement maintenant que la France et Ouattara décident de mettre fin à leur deal avec ce tristement célèbre criminel, leur ami? Est-ce seulement aujourd’hui que ce groupe de voraces prend suffisamment conscience des actions néfastes de cet individu sur l’économie ivoirienne? A la vérité, la mission de Ouérémi a été pleinement remplie et est arrivée à son terme.
 
D’où vient que, quelques jours après cette visite qui fut un fiasco au niveau de la mobilisation des populations ne se reconnaissant pas en celui qui a toujours gardé le silence devant le génocide et les expropriation subis par les Wè, on rebat les oreilles des ivoiriens par cette information qui n’est ni plus ni moins qu’un arrangement entre ce criminel, ses compatriotes Présidents, la France et les autres mandants de Ouattara, c’est-à-dire la soi-disant communauté internationale.
 
L’objectif principal de cette mise en scène est le maintien de Gbagbo à la prison de La Haye. En effet, il s’agit pour les mandants de Ouattara de transférer Ouérémi à La Haye comme pour faire remarquer qu’à la CPI, il y a la pratique de la justice en arguant que les deux camps, accusés de violences post-électorales, ont chacun un élément transféré à La Haye. Quelle insulte de présenter Ouérémi comme le pendant Ouattara à La Haye!
 
Ce criminel ne peut, en aucun cas, être comparable au Président réélu des ivoiriens en 2010. S’il est transféré à La Haye, ce sera là une occasion pour ne plus faire juger par la CPI, les chefs de guerre tristement connus, superbement incultes mais, comble de malheur, promus par Ouattara aux hautes fonctions de l’administration de ce pays. Quel sacrilège!
 
Il est utile de rappeler que Ouattara, dans le cas de Simone Gbagbo, refuse le transfèrement, sans aucun doute, pour ne pas envoyer ses criminels ; lui-même se sentant en danger car persuadé qu’il terminera ses vieux jours dans la cellule de Gbagbo à la Haye, avant de rendre compte à Dieu pour ses nombreux crimes.
 
L’autre raison de la reddition du « boucher » de Duékoué réside dans le fait que dans le Mont Péko, le burkinabè Ouérémi a menacé les intérêts de la France en freinant un tant soit peu le pillage des richesses de la région par les seuls français. Ceux-ci ne bénéficiaient peut-être que de quelques miettes du gâteau. Il est vrai que la destination des richesses demeure la France via le Burkina Faso qui s’est toujours servi royalement.
 
Voraces qu’ils sont, les français ne pouvaient qu’intimer à Ouattara l’ordre de convaincre (en … langue) son compatriote inculte pour qu’il se rende ; faute de quoi, son régime serait menacé, si l’exportation des riches ressources de l’Ouest demeurait du ressort exclusif du criminel de Duékoué.
 
Comme on l’aperçoit, la principale raison de ce scénario est le maintien en prison de Gbagbo dont le verdict de l’audience du mois de Février dernier, initialement prévu à fin Avril, a été une fois repoussée au 10 Mai et maintenant probablement au 28 de ce mois. Toute cette gymnastique prouve suffisamment que ce procès injuste fait à Gbagbo n’est que politique. Voilà qu’avec cette mise en scène grotesque de reddition de Ouérémi et fort probablement son transfèrement prochain à La Haye, un autre maillon du vaste complot de l’emprisonnement de Gbagbo se met en place.
 
Il peut s’agir aussi, de montrer que cette justice (??) de Ouattara n’est pas celle du rattrapage et de donner l’illusion au monde qu’elle s’applique équitablement aux deux camps. Car la pression est de plus en plus forte pour la libération des pro-Gbagbo injustement incarcérés. Cette libération se fera avec celle d’Ouérémi qui retournera alors dans son fief de Duékoué, pour continuer de terroriser les populations et permettre ainsi à Ouattara de s’imposer, une fois de plus, par la force des armes aux élections de 2015.
 
Le jugement de Gbagbo est bel et bien politique. La France et ses amis dans le mal ont décidé d’en découdre avec le Président patriote Gbagbo, pour décourager toute initiative de faire valoir dans les pays africains les idées souverainistes.
 
Mais que les membres du Club des impérialistes sachent qu’un jour viendra où les africains se déferont de leurs chaînes d’embrigadement, d’exploitation et de leur joug trop pesant.



NANWOULET G. Simone

COLLOQUE INTERNATIONAL D’HOMMAGE A HENRIETTE DAGRI-DIABATE, UNE VASTE IMPOSTURE

 

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Du 13 au 15 Mai 2013, l’actualité ivoirienne a été marquée par un événement majeur. En effet, à l’initiative du ministère de la culture et de la Francophonie, il fut organisé un colloque international d’hommage à la grande chancelière Henriette Dagri-Diabaté. A l’occasion, la grande chancelière fut présentée sous deux angles. L’on parla de l’historienne puis de la femme politique. Si les initiateurs du colloque avaient choisi de n’aborder que la femme dans sa dimension d’historienne, on aurait ôté le chapeau pour s’incliner devant l’éclatante œuvre scientifique de notre chancelière. Malheureusement, il fut associé à l’image de celle-ci, le triste manteau politique qu’elle porte. On se surprend même à se demander si le colloque n’avait pas été guidé par l’étoffe politique. Il est évident que si notre chancelière n’avait pas exercé de mandat politique, elle ne serait pas chancelière, membre influente de la dictature d’Abidjan. En conséquence, il n’aurait pas été possible au ministère de la culture et de la Francophonie d’initier ce colloque. On dira également que l’initiative aurait pu naitre des années avant car, elle exerça en tant que Ministre de la culture dans le gouvernement Ouattara (1990-1993), Ministre de la culture et de la francophonie sous la transition militaire (Janvier-Mai 2000), Ministre d’Etat, garde des sceaux, Ministre de la justice, sous Laurent Gbagbo (2003-2006) l’opportunité d’un colloque international n’avait-elle pas été détectée durant ces années? Cette question aide à porter une lumière crue sur l’imposture baptisée colloque international d’hommage… Laissons donc de côté Henriette Diabaté historienne et penchons nous sur la grosse cicatrice de son parcours, c’est-à-dire, la femme politique. Mais bien avant, marquons notre étonnement face à l’attitude de ces grands intellectuels qui soit n’ont pas subodoré l‘imposture – chose invraisemblable –, soit, bien que le sachant, se sont rendus complices de la manipulation et de la falsification.

La complicité des intellectuels

En Afrique comme partout ailleurs, l’intellectuel inspire respect, admiration. Il est une référence pour la société, un éclaireur. Ses positions, dans bien des cas, font autorité. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il a en lui, un bagage de connaissances dont il se sert pour apporter la lumière. Du haut de son savoir il a la capacité de distinguer la bonne graine de l’ivraie. Mais si avec tous ses parchemins, il ne réussit pas à voir venir vers lui le faux, soit il en est lui-même le concepteur, soit il en partage l’esprit. A quoi avons-nous assisté lors du colloque? Une foultitude d’universitaires que nous pouvons classer en trois groupes. Le 1er groupe -majoritaire- est constitué des universitaires du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti d’Henriette Dagri Diabaté. Le second d’universitaires venus des autres pays d’Afrique, qui maitrisent certainement moins les méandres de la vie politique ivoirienne et le 3ème, un ensemble d’enseignants qui pour l’essentiel, ont fait les bancs avec la chancelière ou ont été ses étudiants ou collègues. Si l’on interroge ces groupes, ils répondront sans aucun doute qu’il s’agit d’honorer une universitaire et que le savoir transcende les positions politiques. Cependant ce n’est pas une partie de l’universitaire qui est célébré c’est plutôt l’universitaire dans sa globalité, c’est-à-dire son parcours. L’initiateur du colloque a eu la brillante idée de mettre dans un même panier, l’historienne et la femme politique. Il s’agit donc d’une double mission, poser deux couronnes. L’une pour son titre de professeur titulaire d’histoire et l’autre pour son haut combat politique (sic)! Quel est cet intellectuel qui aurait pris son courage à deux mains, lors des panels, pour déchirer le laid cocon dans lequel est enfermé le rôle politique de la grande chancelière? Aucun. C’est à ce niveau que se situe la complicité des intellectuels qui ont accepté d’accompagner le faux jusqu’aux portes de chaque ivoirien. Et ce n’est pas tout. La complicité, c’est aussi la création d’un prix portant le nom de la grande chancelière. Il s’agit du prix de l’éducation et de la culture. Ce prix est tout un message et l’on devine déjà toute la littérature laudatrice qui l’accompagnera. Elle alliera déformation et malformation. Mais cela n’affranchira pas ce prix de la cicatrice du parcours de Dame Henriette Dagri-Diabaté. Un prix a une histoire, une philosophie, une morale et un enseignement à dégager. Le récent prix imposé sous l’œil complice de ces intellectuels ivoiriens, se détachera-t-il du rôle politique de sa « marraine »? Dira-t-il que sa « marraine » a eu un parcours sans cicatrice? Bref. On ressent comme une admirable trahison, la déformation de notre jeune histoire, par des intellectuels démissionnaires.

La femme politique qui n’est pas Jeanne d’Arc

Saisir la grande chancelière dans sa dimension politique, c’est s’attendre à jouer sur deux tableaux. Le 1er tableau la présente comme la militante du Pdci-Rda et le 2nd, comme une militante du Rassemblement des Républicains (RDR). Intéressons-nous au deuxième tableau. Pour mieux le comprendre il importe de suivre la logique des intervenants. En effet, selon eux, la grande chancelière, a par son engagement politique, délivré la Côte d’Ivoire. Elle est donc selon Affoussiata Bamba « la Jeanne d’Arc du Rdr et même du 21ème siècle ». Pour le prof Penda M’Bow « on n’a pas à aller chercher Jeanne d’Arc pour parler d’Henriette Dagri Diabaté… » Autrement dit, elle est déjà Jeanne d’Arc ou elle la supplante. L’image parfaite de la grande chancelière découle plus de sa fonction d’enseignante que de son rôle politique. En tant qu’enseignante, il serait hasardeux de la comparer à Jeanne d’Arc d’autant que celle-ci n’était –selon les versions officielles- qu’une petite analphabète. Parler de son courage, de son intelligence, on pourrait comparer plusieurs femmes ivoiriennes à Jeanne d’Arc partant d’Henriette Diabaté à Irié Lou Colette en passant par le Prof Jacqueline Lohoues-Oble (1ère femme agrégée de droit privé en Afrique). Au regard de ces exemples, on déduit que la comparaison faite ne vise que le terrain politique. Mais là encore, nous sommes saisis d’effroi. On sait que Jeanne d’Arc avait reçu la «divine mission » de libérer le royaume de France de l’envahisseur anglais. Elle réussit, à la tête des troupes, à libérer Orléans –qui était au bout de la reddition- à marcher sur Reims et légitimer le roi Charles VII. Bien qu’ayant été arrêtée, le courage qu’elle insuffla aux troupes, permit à celles-ci de multiplier les conquêtes, alliant négociations et victoires. Bref, Jeanne d’Arc a combattu contre l’occupation anglaise, par patriotisme. Quid de la grande chancelière?

A la tête de son parti le Rdr, elle a transformé ce parti en l’aile politique de la rébellion armée pro-Ouattara qui a attaqué la Côte d’Ivoire en septembre 2002. Il s’agit d’une attaque contre les institutions de la République. Contrairement à Jeanne d’Arc qui se battit pour tenir la France débout, la grande chancelière et son parti se sont ingéniés à affaisser la Côte d’Ivoire durant près de 10 années. La sauvegarde des institutions n’était guère une priorité. Pour être la « Jeanne d’Arc du 21è siècle » il aurait fallu que notre chancelière se tienne courageusement devant les troupes du Rdr pour dénoncer et combattre auprès des autorités constitutionnelles. Au contraire, ceux des membres du Rdr qui ont dénoncé l’attitude traitresse de leur parti, ont été ostracisés. Aujourd’hui, le Député Mamadou Ben Soumahoro est en exil, Thierry Légré, ancien Président du Cercle Alassane Dramane Ouattara (CADO) est aussi en exil. Le Ministre Jean Jacques Béchio après avoir été sauvagement battu par les hommes de Ouattara a séjourné dans ses goulags du nord. Les cadres du Mpci, sont des cadres du Rdr: Affoussiata Bamba qui considère la chancelière comme la jeanne d’arc du 21ème siècle, fut porte-parole du mouvement rebelle avant de devenir Député Rdr puis Ministre de la communication (porte-parole adjointe du gouvernement). Quelle Coïncidence! Idem pour Soro Guillaume et tous les Ministres et députés du Mpci. Jeanne d’Arc s’est-elle alliée aux anglais pour combattre la France? Comment Jeanne d’Arc peut-elle être l’égérie de la chancelière quand tout les oppose –dans la forme comme dans le fond- La grande chancelière n’a mené aucun combat de libération de la Côte d’Ivoire. Bien au contraire, elle a fait emprisonner la Côte d’Ivoire dans les fers de la domination française, de la dictature et de la promotion des contre-valeurs. Quand par son soutien visible ou invisible, des rebelles et mercenaires burkinabè mettent en coupe réglée un pays et se hissent au pouvoir, il est totalement abject de louer « la bravoure » de notre chancelière. Le colloque a eu le mérite de taire cette cicatrice du parcours de la chancelière pour ainsi la présenter comme celle dont le courage est en passe de faire de notre pays, un pays étrangement émergent. Voici une fausse histoire qui est en train d’être écrite par les vainqueurs de la guerre. Une histoire contre la mémoire collective. Une laide histoire!

« La femme n’est pas une lame qui déchire la société…», disait Henriette Dagri Diabaté. Pourtant, la société ivoirienne a été déchirée grâce à la complicité d’une historienne célébrée par son parti sous le couvert d’un colloque international. C’est de l’imposture pure et simple. Si la promotion d’une société des valeurs se marie avec le maquillage de l’histoire, autant conclure que la Côte d’Ivoire est mal partie.


Alain Bouikalo, Juriste-consultant.

jeudi, 23 mai 2013

LE NOUVEAU «MIRACLE IVOIRIEN» DEVRA ATTENDRE APRES-DEMAIN


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Abidjan, la capitale ivoirienne - AFP


Deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, la reprise de l’économie ivoirienne donne des signaux ­contradictoires : la croissance flambe, mais la réconciliation nationale patine et la population peine encore à en bénéficier.

 

Est-ce un signe ? Les avions Paris-Abidjan sont pleins. Malgré la toute nouvelle ­concurrence de Corsair, Air France, qui vient déjà de porter en avril de 7 à 10 le nombre de ses vols hebdomadaires vers la Côte d’Ivoire, y mettra en service en 2014 son plus gros-porteur, l’Airbus A380. Dans le centre de la capitale ivoirienne, ce petit Manhattan africain défraîchi par quinze ans de crises, les travaux de voirie et de rénovation congestionnent aujourd’hui la circulation avec une belle régularité, les hôtels débordent d’hommes affairés, parlant toutes les langues. Alors que le président ivoirien fête aujourd’hui le deuxième anniversaire de son arrivée compliquée au pouvoir, après une sanglante guerre civile post-électorale, ces témoins d’une singulière activité font écho à d’autres signaux. La Côte d’Ivoire tournerait la page de plus d’une décennie de parenthèse économique : Alassane Ouattara a d’abord promis d’en faire un « pays émergent à l’horizon 2020 »; le 7 janvier dernier, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, déclarait sur les bords de la lagune Ebrié que « l’heure d’un deuxième miracle ivoirien est venue » ; fin mars, le Fonds révisait à la hausse la croissance économique du pays, à un rythme « chinois » de + 9,8 % et prévoit près de 9 % cette année ; le 11 avril, le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, assurait enfin que le pays allait devenir un « petit Dubaï »…

A l’évidence, on n’en est pas encore là. La Côte d’Ivoire est sous l’assistance internationale de l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), 168e – sur 186 – dans l’indicateur de développement humain du PNUD et 50 % de sa population est pauvre. Et pourtant… A Abidjan, deux ans après la « normalisation » politique, une frustration est palpable : le décalage est grand entre l’étendue des « possibles » du pays et une fragilité dont témoignent les casquettes jaunes des services de sécurité, toujours plantés devant les administrations, les sociétés ou les hôtels. « On sent un plafond de verre », résume Alexandre Vilgrain, président du groupe agroalimentaire Somdiaa et du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique). Entre espoir et déception, la Côte d’Ivoire est dans un complexe entre-deux.

S’il n’y a pas encore de miracle, on se réjouit au moins d’une bonne surprise. Les dégradations, les destructions, les exactions et l’absence d’Etat pendant toutes ces années n’ont pas abattu le pays. « On s’est rendu compte que la Côte d’Ivoire avait des racines solides, qui lui ont permis non seulement de ne pas sombrer, mais même de rebondir aujourd’hui », estime Jean Kakou Diagou, président du groupe de bancassurance NSIA et patron des patrons ivoiriens. Les Ivoiriens ont fait preuve d’une formidable résilience pendant la crise, s’organisant pour survivre, continuant à produire et à exporter pétrole, cacao et café, se lançant même dans de nouvelles cultures. « Ils ont en eux la mémoire du décollage économique de l’époque Houphouët-Boigny, quand la Côte d’Ivoire devançait la Corée du Sud », estime un vieux routier du pays.

L’exceptionnel potentiel du « moteur économique de l’Afrique de l’Ouest » est toujours là. « La Côte d’Ivoire a tout, et même ce que n’ont pas les autres », dit-on à longueur de temps. De riches cultures, c’est connu; des infrastructures (de l’électricité, ce « préalable au business », notamment, et le deuxième port d’Afrique après Durban) ; et de l’intelligence, avec des universités qui ont traditionnellement essaimé dans toute la région. S’y ajoutent désormais des nouveautés constituant autant de leviers pour une belle émergence. Aujourd’hui, c’est la « folie » du palmier à huile, de l’hévéa, du riz (dans lequel le groupe Dreyfus a beaucoup investi) et de l’anacarde (noix de cajou), une toute nouvelle filière lancée par le groupe singapourien Olam et dont la Côte d’Ivoire est déjà le deuxième producteur au monde. C’est aussi le pétrole et le gaz (Total a fait fin avril de nouvelles découvertes prometteuses) ou encore les minerais, jusqu’ici curieusement peu exploités : or (un tiers du potentiel aurifère de la région), manganèse (il y en a « un peu partout »), fer (de nombreux gisements à l’ouest du pays), nickel (de grosses réserves), bauxite, argent, cuivre, chrome et aussi terres rares. « D’ici à quatre ans, on ­connaîtra de beaux jours ; ce sera le grand boum sur tous les métaux », assure Kadio Kouamé, directeur général de la Sodemi (Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire), « et une mine, c’est de 1.000 à 5.000 emplois directs et indirects ». Un pays de cocagne à la Houphouët « new look » ne semble pas très loin…

La rue s’impatiente

La rue ivoirienne fait pourtant grise mine : « L’argent ne circule pas ! » « On est dans un système de croissance qui ne donne aucun signe de développement économique », relève Francis Inkantes, sociologue à l’université de Bouaké. Si l’activité a immédiatement redémarré en 2012, elle le doit à un classique effet de « rattrapage » d’après-crise et à des investissements publics dans les grands travaux de reconstruction et d’infrastructures. Massifs, car autorisés par l’importante aide internationale qui a célébré l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, ce sont eux qui ont « tiré » la croissance record de 2012. Leur défaut est de ne diffuser que très peu dans une population impatiente après plus d’une décennie ascétique. « C’est un paradoxe : tous les grands indicateurs sont au vert, mais on est face un vrai risque social », s’inquiètent deux hauts fonctionnaires. En cause : Ouattara lui-même. « Il gère comme s’il était au FMI [dont il a été l’ancien directeur général adjoint] : strato­sphériquement ! Pour lui, le seul horizon c’est 2020, et pas l’immédiat », entend-on dans les milieux d’affaires. « Il y a trop de macroéconomie et une véritable négligence pour le côté social », observe même un grand patron.

A Abidjan et dans les campagnes, on attend donc la remise en route de l’économie au quotidien, celle qui propose jobs, échanges et pouvoir d’achat. La solution ? L’investissement privé. « On espère doubler cette année le taux d’investissement par rapport à 2011, à 10 % du PIB, et le faire encore progresser jusqu’à 11,5 % en 2015. C’est un pari », confie la ministre de l’Economie et des Finances, Nialé Kaba. Comment ? Dans un premier temps par l’investissement étranger et par le biais des PPP, les partenariats public-privé, très prisés en Côte d’Ivoire. Car la classe moyenne s’est effondrée pendant la crise et mettra du temps à se reconstituer. A terme, on compte sur la résurrection de ces centaines de PME fauchées par le conflit, et qui pourraient assurer la compétitivité des grands groupes.

A Abidjan, on sait que la partie n’est pas gagnée. Le paysage est quelque peu sinistré… D’abord, « ici, on n’est pas en Afrique du Sud » : la « réconciliation » nationale patine totalement et la sécurité reste relative à l’intérieur du pays. L’environnement des affaires est quant à lui catastrophique : la Côte d’Ivoire est classée au 177e rang – sur 185 – du « Doing Business 2013 » de la Banque mondiale et arrive 46e, sur 52, du prestigieux indice MO Ibrahim de bonne gouvernance en Afrique. Débridée par les années de crise, la corruption a explosé à un niveau généralement jugé « intolérable ». « Le poisson pourrit toujours par la tête », ironise par un dicton un grand patron ivoirien, « la corruption est là, et pour longtemps », regrette-t-il. « Si je devais virer tous les corrompus, il n’y aurait presque plus personne pour faire tourner le ministère », grince un ministre.

Plus globalement, on s’interroge sur le pouvoir réel d’Alassane Ouattara. Le président doit politiquement beaucoup de choses à beaucoup de monde et se trouve un peu prisonnier même des ministres de son gouvernement. « Il leur a demandé de gouverner “par objectifs” ». Ils ne savaient pas faire, ils ne l’ont pas fait, sans sanctions pour autant », explique un observateur. « Il n’y a pas de cohérence entre les ministères, car les ministres ne sont pas du même bord. Il est donc difficile de développer des stratégies et tout prend du temps », se plaignent des membres de cabinets. C’est un secret pour personne à Abidjan : Alassane Ouattara est assez seul au pouvoir.

Dans l’administration, on trouve pourtant des gens compétents et appliqués à mettre en œuvre la petite musique quelque peu « gaulliste » ou « houphouëtiste » du président. « Ouattara est en fait un social-démocrate, il croit dans le rôle d’orientation de l’Etat », précise un journaliste. L’ambition est de diversifier l’économie. « L’objectif, c’est de faire monter l’industrie à 50 % du PIB », indique-t-on au ministère de l’Industrie, où on bâtit actuellement une politique industrielle avec l’assistance de l’Onudi. Le président souhaite créer une chaîne de valeur « à partir de ce qu’on a » et l’agro-industrie est naturellement dans le viseur. « Nous souhaitons associer la production agricole villageoise à des partenaires privés pour sa transformation, qui devrait à terme concerner 50 % de tous les produits confondus », indique-t-on à la direction de la planification au ministère de l’Agriculture.

Favoriser l’investissement privé

L’Etat encourage aussi des systèmes « vertueux », comme autour des minérais : on produit désormais du gaz naturel, qui alimente des centrales thermiques, qui servent les mines grandes consommatrices d’électricité, dont la production, à l’Ouest par exemple, sera évacuée par un chemin de fer, raccordé au Mali et à la Guinée, vers le port de San Pedro, explique Kadio Kouamé. Et il faut enfin surtout rassurer l’investissement. « On n’accueillera des investisseurs privés que s’ils se sentent protégés par des normes internationales ! C’est un préalable », affirme Esmel Emmanuel Essis, directeur général du Cepici, Centre de promotion des investissements rattaché à la présidence. Abidjan travaille ainsi déjà sur 6 des 10 critères du « Doing Business 2013 », un guichet unique de l’investissement permet désormais de créer une entreprise en quarante-huit heures, et un tout nouveau tribunal de commerce et un numéro vert contre la corruption font avancer la sécurité juridique. Il y avait urgence : si le « club fermé » très français des investisseurs étrangers a explosé au profit de nouveaux venus, Asiatiques, Indiens et Turcs, notamment, nombre de groupes sont passés à Abidjan au cours des derniers mois… et sont repartis en attendant des jours meilleurs. « De gros internationaux vont finir par venir et les Français, désormais un peu en retrait depuis la crise mais bons connaisseurs du terrain, assureront l’intermédiation dans cet environnement complexe, voire une forme de sous-traitance », prédit un expert économique à Abidjan.

On avance donc à petit pas. L’émergence ne sera peut-être pas pour 2020, mais la force du pays rend nombre d’observateurs et opérateurs optimistes sur le long terme. Signe des temps, de jeunes diplômés de la diaspora commencent à rentrer au pays et la puissante Banque africaine de dévelop­pement, qui avait prudemment exilé son siège à Tunis en 2003, prépare son retour à Abidjan. Peut-être pour la fin de l’année. Les dégradations, les destructions, les exactions et l’absence d’Etat pendant toutes ces années n’ont pas abattu le pays.

 

Daniel Bastien

 

Source: LES ECHOS.FR

mardi, 21 mai 2013

SUITE A L’ARRESTATION D’AMADE OUEREMI, DECLARATION DU COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE


côte d'ivoire,arrestation d'amadé ouérémi,suite à l’arrestation d’amadé ouérémi,déclaration du collectif des victimes de duékoué,le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 19 mai 2013

 

Ce Dimanche 19 Mai 2013, le rebelle Amadè OUEDRAOGO  Rémi dit Ouérémi a été transféré à Abidjan, suite à son arrestation hier, dans « son » fief du Mont Péko. Oui, l’homme qui, déjà en Décembre 2010, avait égorgé et fait égorger des gendarmes de la république dans la sous-préfecture de Bagohouo, a été enfin mis aux arrêts. Au-delà  des nombreux commentaires et interrogations qui fusent, le collectif des victimes de Duékoué voudrait rappeler les précisions suivantes :

-1° : si l’arrestation d’Amadè est une très bonne chose, force est d’insister sur le désarmement des trente mille (30 000) hommes qu’il revendiquait sous son commandement, il n’y a pas longtemps. N’oublions pas aussi qu’en Mars et Avril 2011, ces bandits de grand chemin, enrôlés par messieurs SARKOZY et COMPAORE pour déstabiliser la Côte d’Ivoire, ont volé et emporté avec eux, au Mont Péko, le matériel et les armes des militaires loyalistes Ivoiriens qui se sont retirés du front de guerre sur ordre du Président GBAGBO dont le souci majeur était d’éviter un grand bain de sang à son peuple et à l’armée ivoirienne. Il faut absolument procéder à leur désarmement.

-2° : en Mars 2011, c’est bien en soldat FRCI qu’Amadè est entré à Duékoué pour massacrer des milliers de nos parents. Tous les témoins et toutes les victimes de ses exactions à cette époque l’ont bel et bien vu en treillis et non en tenue traditionnelle dozo, tout comme lors du massacre de Nahibly, le 20 Juillet 2012. Le même Amadè apparaît dans bien des médias, aux côtés d’instructeurs militaires d’origine européenne ou des blancs qui l’ont formé, à l’époque où la France et l’O.N.U. recrutaient des mercenaires en Afrique de l’ouest du Nigéria au Sénégal pour mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang.  Même si c’est vrai qu’Amadè n’était pas seul à exterminer les Wê ici à Duékoué en Mars 2011 (car il y a bien eu aussi des chefs rebelles dont la cruauté est tristement légendaire tels Ben Laden et Losséni venus d’Odienné et de Man, de même que des paysans de l’ethnie Baoulé, habillés en dozo, qui ont massacré pas moins de trois cents (300) autochtones d’ethnie guéré dont des enfants et des femmes, dans les villages de Toa Zéo, de Blody, de Yrozon, de Diéhiba, de Gbaoubli et de Fengolo). Devant l’ampleur de telles atrocités, les victimes de Duékoué regardent désormais en direction de la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) pour savoir ce qu’elle va décider concernant le soldat FRCI Amadè, ses lieutenants experts en décapitation d’êtres humains tels Boulaye Bomossi et Bertin le Béninois (eux sont restés en toute liberté à Bagohouo) et de ses chefs hiérarchiques FRCI ou bien alors celui-là même dont ils ont reçu l’ordre de massacrer les ivoiriens.

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Comme Amadè, le cas du député Gahoudi OULATTA qui s’est de tout temps vanté d’avoir réussi à faire prendre l’Ouest ivoirien (sa terre natale) par les tueurs fous des FRCI et des dozos, interpelle toute conscience qui se veut objective. De même, dame Flanizara TOURE, elle aussi député par kalachnikovs interposés, qui a mis Duékoué à feu et à sang, causant la mort et la disparition d’une centaine de personnes, début Janvier 2011. En fait, ils sont nombreux, très nombreux, tous ces tueurs qui nous côtoient chaque jour à Duékoué, à Bangolo et dans nos villages, qui nous narguent mais dont l’état d’impunité défie tout bon sens. Qu’Amadè seul ne serve point de bouc émissaire !

côte d'ivoire,arrestation d'amadé ouérémi,suite à l’arrestation d’amadé ouérémi,déclaration du collectif des victimes de duékoué,le collectif des victimes de duékoué (carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 19 mai 2013

-3° : après Amadè, à qui le tour ? Vu et su que les tueries massives et sauvages qui ont eu lieu ici à Duékoué ont bel et bien eu lieu à Bloléquin, à Toulépleu, à Tabou, à San Pédro, à Sikensi, à Dabou mais surtout à Abobo, à Yopougon, à Abobodoumin et en Abidjan même, autour et au sein de la résidence présidentielle. Il est clair que l’égorgeur Amadè ne pouvait pas être partout à la fois pour commettre tous ces crimes affreux contre l’humanité. Une seule vraie action judiciaire digne de ce nom (C.P.I., vous nous entendez ?) suffit pour délier les langues de milliers de victimes et de témoins, brandir toutes ces preuves encore intactes à même de démontrer que le chiffre précédemment annoncé de trois mille (3 000) morts  en 2011 est une farce hypocrite de la part des commanditaires et principaux bénéficiaires des massacres des Ivoiriens que sont la France et l’O.N.U. Les collègues ou les chefs d’Amadè, tous ces experts en tueries ou massacres d’humains sont là, bel et bien là et ne sont nullement inquiétés. Pourtant de CHERIF Ousmane à KONE Zakaria, de Losséni dit chef Loss à Ben Laden, ça fait bien au moins douze ans qu’ils occupent la scène des exterminateurs au service des intérêts de la France. Depuis longtemps, ils sont choyés ou protégés par les médias, l’armée et les dirigeants politiques français. Quelle élégance morale et pratique et quelle grande leçon d’humanisme : des brigands et des buveurs de sang humain au service des intérêts de la consacrée patrie des droits de l’homme, la France, cette (autoproclamée) fille aînée attitrée de l’Eglise catholique !

-4° : Amadè est parti du Mont Péko mais combien d’autres coupe-jarrets après lui, y sont restés, armés jusqu’aux dents qu’ils sont ? On ne le dira jamais assez, la guerre de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire a été aussi une guerre de grande invasion. C’est le lieu pour les victimes de Duékoué de rappeler une question-pilier de tout processus véritable de réconciliation nationale et de développement : « Après toutes ces guerres et toutes ces invasions, combien sommes-nous exactement aujourd’hui en Côte d’Ivoire ? » ou « quel développement sérieux de notre pays peut être amorcé si nous n’avons aucune précision sur le nombre – même approximatif - de ses habitants ? » ou bien encore « pourquoi notre démographie, fortement et gravement modifiée, ne gagnerait-elle pas à être revisée ? ». Ces questions, juste pour stigmatiser le fait qu’il n’y a regarder autour de nous, dans tout le pays, surtout dans les zones forestières de l’ouest ivoirien, pour constater le surnombre exagéré des étrangers chez nous. Dans des villages du département de Duékoué, à Nidrou ou à Bagohouo, hormis même tous ces rebelles qui vivent dans les campements en pleine brousse, les Burkinabè et autres étrangers sont dix à douze fois plus nombreux que les autochtones Wê et tous les autres ivoiriens mis ensemble ! Cette réalité se vérifie aisément (au kilomètre carré parcouru et répété au moins cent fois chaque semaine) partout dans les sous-préfectures de Guézon et de Guéhiébly. Nos affirmations sont sans exagération et tant pis si des esprits malhonnêtes venaient à nous accuser d’être des xénophobes. A ceux-là, nous répondrons que si le non-respect des lois a toujours été leur pratique ou leur jeu favori en Côte d’Ivoire, alors cela doit cesser. On ne peut pas raisonnablement prétendre au développement et à l’émergence en embarquant avec soi toute la racaille ouest-africaine, une racaille au parcours mouillé du sang innocent de nos compatriotes. C’est pourquoi nous disons : d’ores et déjà, il faut continuer de libérer les forêts classées de Guézon à Duékoué, du Goin Débé et du Scio à Guiglo, les terres du Zérabaoun à Bangolo et le parc national de Taï. Des forêts, des terres et parcs squattés par les mêmes envahisseurs, des bandits sans foi ni loi, au vu et au su des armées de la France et de l’O.N.U. qui les ont de tout temps armés, formés, installés parfois et continuent de les protéger à ce jour. Car après Amadè, il y a encore d’autres brigands qui exproprient nos parents ou les tuent et qui ont pour noms TIENDREBEOGO, « TCHEY MAN HI TCHEY BRO », « TOUT PETIT », «SOUFEY WOUROU », etc… D’où notre question réccurente à la communauté internationale et à madame la Procureure de la C.P.I. : à quand envisagez-vous mener des enquêtes dans le camp des adversaires du Président GBAGBO, sachant qu’il est désormais établi que ce grand patriote a été victime, avec son peuple, d’injustices, de violences et de crimes programmés par la France et l’O.N.U. ?

Nous terminons notre déclaration en affirmant qu’à notre avis, malgré les meurtrissures et les grandes douleurs imposées aux Ivoiriens depuis douze (12) ans, le 11 Avril 2011 a en réalité sonné le glas définitif et le début de la chute de tous ces systèmes de nuisance gratuite et d’asservissement  parrainés en Côte d’Ivoire par la France et l’O.N.U. : l’écheveau ou l’étape « Amadè » n’est que le début du compte à rebours. A qui peut-on penser logiquement,  quand ce dernier (Amadè), coincé et obligé de se rendre à ceux qui sont venus l’arrêter, dit « Eh ! type-là  m’a  vraiment  trahi ! Il m’a promis dix (10) ans de travail gratuit au Péko et  me fait arrêter après deux (02) ans seulement… ».  Les patriotes Ivoiriens, les panafricanistes et tous les combattants pour la justice et la liberté devraient y croire et faire en sorte, par leur mobilisation et leur activisme, que tous les « Amadè » d’ici et d’ailleurs (noirs comme blancs) soient à leur tour extradés et traduits devant la C.P.I. car toute la suite n’en sera que trop belle, pour la survie de la C.P.I. elle-même ! En cela, notre foi et notre sérénité, pour les victimes que nous sommes, ne sont ni feintes, ni clownesques, n’en déplaisent à tous ces faibles d’esprit enclins à la seule satisfaction de leurs besoins nutritifs, au prix du sang de leurs semblables !

Estimant que nous vous avons traduit sincèrement les sentiments et la conviction de ces milliers de victimes de Duékoué et de ses environs, qui vivent au quotidien dans le feu de la douleur, nous vous remercions de votre inlassable disponibilité.


Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly),

Emmanuel Caleb, le 19 Mai 2013.

lundi, 20 mai 2013

Pr MAMADOU KOULIBALY: «LES PERFORMANCES ECONOMIQUES, POLITIQUES ET SOCIALES DE M. OUATTARA SONT LES PLUS MEDIOCRES DE L'HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE»

 

 

MAMADOU KOULIBALY - AFRIQUE EDUCATION.jpg

 

La Côte d’Ivoire vit l’An II d’Alassane Dramane Ouattara à la tête de l’Etat. Pendant que, du côté du pouvoir, on présente un bilan positif en voyant l’avenir en rose, c’est tout un autre son de cloche qu’on entend dans l’opposition, où plus que l’inquiétude, c’est la colère qui règne. Ancien ministre de l’Economie et des Finances, ancien président de l’Assemblée nationale jusqu’à la chute des « Refondateurs », en 2011, le professeur Mamadou Koulibaly est un intellectuel pur qui ne s’en sort pas mal (pour l’instant) dans le marigot des politiques. Agrégé des sciences économiques, il sait de quoi il parle quand il dit, tout haut, que le chef de l’Etat, ancien directeur général-adjoint du FMI, mène la Côte d’Ivoire vers la catastrophe. C’est vrai que le docteur Alassane Ouattara évite (visiblement), pour le moment, de l’affronter (il y va peut-être de sa renommée acquise auprès des institutions de Bretton Woods), mais jusqu’où, jusqu’à quand ? Président de LIDER, depuis sa démission fracassante du FPI où il était un des vice-présidents avant d’assumer la présidence par intérim du parti, Mamadou Koulibaly se distingue comme un véritable empêcheur de tourner en rond de la politique gouvernementale. Ses critiques sont concrètes, acerbes et scientifiquement démontrées. Voilà pourquoi elles font mal. Dans cette longue interview qu’il accorde à votre bimensuel préféré, il n’est pas plus tendre que l’année dernière où il qualifiait de nulle la politique du chef de l’Etat. A cette allure, les trois ans qui séparent la Côte d’Ivoire de l’élection présidentielle, promettent d’être rudes, car Ouattara qui ne fait plus l’unanimité au sein du RHDP, aurait, logiquement, des gros soucis à se faire.

AFRIQUEDUCATION : L’an passé, à la même période, vous nous aviez accordé une interview sur l’An I d’Alassane Ouattara au pouvoir où vous aviez été très critique sur son bilan. Nous avions même titré : «Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire va très très mal». La situation s’est-elle améliorée ou les choses vont de mal en pis ?

Professeur Mamadou Koulibaly : Ouattara n’a tenu ses promesses ni sur l’état de droit, ni sur la réconciliation et encore moins sur une vie meilleure ou sur la sécurité. En effet, deux ans après la fin de la crise postélectorale, la Côte d’Ivoire demeure le théâtre de violations graves des droits humains commises contre les populations civiles. Ces violations se sont d’ailleurs accrues à la suite d’attaques armées contre les commissariats, les camps militaires, etc. Ces violations, dans la plupart des cas, sont le fait de ce que l’on pourrait qualifier de forces répressives de Côte d’Ivoire. En effet, dans une situation où il n’existe plus d’armée digne de ce nom, ce sont les Frci (Armée nationale), dozos (chasseurs traditionnels armés) et autres supplétifs armés qui font la loi. Les Com’Zones, comme le confirme le dernier rapport d’experts indépendants de l’Onu (lire page ??), continuent d’étendre un réseau mafieux et criminel sur tout le territoire comme ils le faisaient dans les zones Cno pillées sous leur contrôle pendant dix ans. A cela se rajoutent la corruption endémique généralisée et les crimes économiques divers, notamment, dans l’octroi des marchés publics, le détournement des deniers publics, la corruption et le trafic d’influence. En ce qui concerne la justice, les vainqueurs de la guerre qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir sont toujours épargnés et se vengent de leurs adversaires d’hier. Leurs crimes passés et présents bénéficient d’un label de «normalité». Certains, en l’occurrence, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, anciennement, premier responsable de la rébellion ivoirienne, les présente comme des actes de légitime défense. Ces crimes restent donc impunis. La justice est loin d’être une réalité dans la Côte d’Ivoire de M. Ouattara. La situation sécuritaire est toujours inquiétante sur l’ensemble du territoire et, essentiellement, dans l’Ouest. La réforme du secteur de la sécurité est juste en phase de lancement, ce qui veut dire que tout stagne dans le désordre et la division au sein même des rangs de l’armée. La défaillance de l’Etat laisse impuni l’accaparement illégal des terres, ce qui augmente le niveau de risque en Côte d’Ivoire.

Enfin, sur le plan social, on voit le coût de la vie augmenter, le pouvoir d’achat se réduit drastiquement et les étudiants vivent le calvaire dans les universités publiques qui, bien que rénovées, ne sont pas fonctionnelles, manquent de professeurs, de moyens, de bibliothèques, de microphones, de climatisation, d’eau. La vie associative y a même été interdite. Les hôpitaux quant à eux sont toujours délabrés et sans moyens. L’administration est prise en otage par les recrutements ethniques qui permettent à de nombreux incompétents d’accéder à des postes qu’ils sont incapables d’assumer. Les habitants de la commune d’Abobo résument, parfaitement, la situation lorsqu’ils disent que « Si c’est cela la solution, Mr Ouattara, rendez-nous notre problème ! ».

A vous entendre, il n’y aura point d’émergence à l’horizon 2020 comme le clame le président de la République.

Pour l’instant, en Côte d’Ivoire, nous ne voyons aucune politique qui puisse permettre d’atteindre l’émergence en 2020, et même si l’on se base sur les chiffres officiels qui annoncent une croissance proche de 10%, des calculs simples ne permettent pas d’espérer l’émergence avant 20 ans. L’émergence en Côte d’Ivoire est seulement un slogan politique, à moins qu’il ne s’agisse de l’émergence de tous ces nouveaux milliardaires proches de Ouattara.

De manière pragmatique, si l’on compare les politiques économiques appliquées en Côte d’Ivoire à celles qui ont conduit les pays nouvellement émergents à la prospérité, on constate un fossé. L’émergence ne se décrète pas dans les discours. Si l’on observe les pays émergents, on voit au moins deux choses. D’abord, pour atteindre l’émergence, ils ont compris la nécessité de muter vers une économie de marché. En effet, après de longues années de politiques publiques hasardeuses menées par des Etats hyper-centralisés, protectionnistes, interventionnistes et marqués par la croyance en l’économie d’endettement et en l’aide publique au développement ; après des décennies perdues de lutte contre la pauvreté organisée et mise en application par des Etats tentaculaires aussi inefficaces que budgétivores, ces pays en sont arrivés au constat que, si la finalité de l’action publique est d’enrichir les populations, de leur permettre d’avoir des emplois et du bonheur, alors l’investissement privé, les apporteurs de capitaux frais, de technologies efficientes et de produits mondialement demandés, étaient bien plus efficaces que les hommes politiques et les Etats qu’ils dirigeaient. Ces économies ont su tirer les leçons des échecs de leurs politiques de développement et se sont alors tournées vers de nouvelles méthodes et connaissances plus propices à une croissance économique enrichissante. Ces pays ont fait le choix de l’économie de marché, qui apporte confiance, propriété privée, liber té des échanges par le «laissez faire, laissez passer», responsabilité, efficacité, solidarité, prospérité individuelle et progrès social. Ces pays ont abandonné l’économie protectionniste, reposant sur la méfiance, pour l’économie de marché et de confiance. Tel a été le premier mouvement. Ensuite, pour attirer les investisseurs et leurs capitaux, ces pays ont procédé à des réformes pour faire émerger des marchés de capitaux qui n’existent pas traditionnellement dans les pays en développement. Ces marchés et l’environnement propice qui va avec, en termes de justice transparente, de sécurité crédible, de système bancaire libre, de monnaie et de politique monétaire stable, ont été instaurés pour attirer les capitaux et les capitalistes qui sont, à l’échelle mondiale, à la recherche d’opportunités, de sécurité et de rentabilité. Ces réformes vont faire émerger effectivement des marchés pour l’investissement direct étranger, des marchés pour les prêts bancaires privés et des marchés pour les placements de portefeuilles d’actions et d’obligations d’entreprises privées et publiques. Ouattara vient du Fmi, mais il ne semble pas d’accord avec toute cette politique. De quelle émergence parle t-il donc ?

Comment le professeur Koulibaly peut-il démontrer que le docteur Ouattara, ancien directeur général adjoint du FMI, fait complètement fausse route ? Certains collaborateurs du chef de l’Etat pensent que vous êtes prétentieux. Ont-ils tort ?

Les collaborateurs du Dr Ouattara devraient s’évertuer à travailler, plutôt que de rester dans la sphère stérile de la politique politicienne qui se limite à des jugements de valeur sur les hommes et autres assassinats de caractères sur leurs adversaires. Il est difficile de connaître les réelles compétences en économie du Dr Ouattara, puisqu’il n’a jamais rien publié lui-même sur ses visions économiques et sociales de l’Afrique. Ce qui est très étonnant pour quelqu’un qui se revendique comme étant de la «crème» de l’élite intellectuelle africaine.

Il ne faut surtout pas faire confiance à tous les chiffres et performances présentés par les services de communication de Ouattara. Il dit qu’en deux ans, il a réduit le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire de 50%, il aurait ainsi sorti de pauvreté plus de six millions de personnes, alors que par tout dans le pays, les nouveaux pauvres sont de plus en plus nombreux. Cette pauvreté est totalement indécente comparée au train de vie démesuré des nouveaux riches proches du pouvoir. Ouattara déclare désormais ouvertement son incapacité à redresser l’économie ivoirienne, même dans les trois prochaines années. Il demande donc un mandat supplémentaire pour le faire. Il annonce un taux de croissance de 9,8%, ce qui étonne de nombreux entrepreneurs, car la valeur ajoutée, qui est une composante du calcul du Produit intérieur brut (PIB), n’a pas augmenté pour autant. Il dit qu’il n’est pas capable de créer les 200 000 emplois annuels promis lors de sa campagne mais il annonce, en même temps, avoir créé sur la première année d’exercice, plus d’un million d’emplois. Avec lui, on entend dire que le bilan est globalement positif avec des chiffres irréalistes qui se contredisent totalement, ce qui atteste du caractère complètement mensonger de ses déclarations. Ouattara est cependant le président le plus chanceux que la Côte d’Ivoire ait connu car, à l’écouter, toutes les bourses se délient pour lui. Il n’a aucune contrainte extérieure. Toutes les puissances économiques et politiques sont à son service. Pour tant, ses performances économiques, politiques et sociales sont les plus médiocres de notre histoire. La pauvreté en milieu rural, le chômage en milieu urbain sont là pour démontrer que malgré toutes les aides mises à sa disposition, il n’arrive pas à réaliser son programme du « vivre ensemble » qu’il a d’ailleurs vite abandonné pour s’accrocher à un programme d’investissement public en infrastructures conçu par ses prédécesseurs qu’il juge pour tant incompétents.

Les collaborateurs de Ouattara peuvent me qualifier de prétentieux parce que j’ose faire un bilan objectif, mais n’est-ce pas mon devoir d’opposant ?

Est-il vrai que vous demandez, sans succès pour le moment, un débat télévisé avec le président Alassane Ouattara sur des questions essentiellement économiques ? Quel message voulez-vous solennellement passer au peuple ivoirien en demandant un face à face avec le chef de l’Etat ?

J’ai toujours pensé que le débat public est le cœur d’une démocratie et c’est bien pour cela que nous nous attelons, aussi bien à LIDER qu’au sein d’Audace Institut Afrique, le think tank que je préside, à la formation et la pratique du débat pour créer un nouveau leadership responsable en Afrique. Ceux qui n’osent pas affronter les débats sont souvent ceux qui doutent de leurs politiques ou qui ont trop de choses à se reprocher. Les Ivoiriens n’ont aucun moyen de contrôler l’action du gouvernement et du président de la République. Ils sont soumis à la pensée unique, notamment, à travers la télévision d’Etat dans un environnement médiatique contrôlé. L’Etat qui devrait servir le peuple l’opprime et ne lui offre aucun moyen de contrôle. Les Ivoiriens doivent comprendre que la démocratie, ce n’est pas seulement le fait d’aller voter de temps en temps dans l’insécurité, c’est avant tout, contrôler ceux que l’on a élus pour qu’ils n’abusent pas de leur pouvoir. Le débat permet de demander des comptes aux gouvernants et leur donne aussi l’occasion de rendre compte aux populations au nom desquelles ils gouvernent. Dans notre système, le président de la République ne rend compte à personne. C’est un roi et cela m’est insupportable au nom de la vision que j’ai de la démocratie.

Les élections municipales viennent de se tenir en Côte d’Ivoire. Ont-elles été bien organisées ? Pourquoi LIDER, votre parti politique, n’y a pas pris part alors qu’elles auraient pu permettre sa meilleure implantation sur l’ensemble du territoire ?

LIDER n’a pas pris par t aux élections municipales car le processus électoral n’a pas été organisé de manière consensuelle et que nous n’avions pas les moyens financiers suffisants pour proposer des candidats. Nous déplorons, entre autres, que la liste électorale soit exclusive, au sens où les nouveaux majeurs n’ont pas été pris en compte. Trois millions au moins de jeunes ont été ainsi exclus. La liste actuelle date de 2009 et les jeunes en âge de voter représentent cinq cohortes étalées entre 2009 et 2013. La carte électorale est un instrument politique décrété, unilatéralement, par le président Ouattara et la Commission électorale prétendument indépendante (Cei) mais, effectivement, forclose depuis décembre 2011, est totalement politisée, comporte en son sein, des représentants de l’armée ivoirienne issus de l’ancienne rébellion. Toutes les élections qu’elle a organisées depuis sa mise en place, se sont terminées dans l’imbroglio, la violence, la tricherie. Cela n’est pas sérieux et prouve la volonté autoritaire d’Alassane Dramane Ouattara de tout maîtriser sans encombre, et sur tout, sans opposition. De par les Accords de Pretoria, la Cei devait disparaitre après les élections législatives mais le président l’a maintenue, illégalement, en place pour mieux tripatouiller les résultats électoraux. LIDER contribue au renforcement de la démocratie même dans l’opposition, même sans participer à ces élections.

Comment va la Côte d’Ivoire sur le plan de la sécurité ? Vous avez demandé à l’Onu de se substituer à l’Etat pour résoudre la question de la sécurité. Est-ce raisonnable de votre part ?

L’insécurité reste préoccupante sur l’ensemble du territoire ivoirien et, essentiellement, dans la partie Ouest du pays. Je crois qu’à un moment, il faut être méthodique et réaliste, quand on constate la défaillance de l’Etat. La Côte d’Ivoire est le 11 e pays à avoir l’Etat le plus défaillant au monde, sur 177 pays entrant dans l’évaluation du Failed States Index établi par The Fund for Peace. Quand on voit que la situation sécuritaire stagne, que l’Etat ivoirien est incapable, par exemple, de déloger un seul homme, le terroriste burkinabé, Amadé Ourémi, star du régime Ouattara et membre de l’armée créée par ordonnance par l’actuel chef de l’Etat en mars 2011, qui occupe en toute illégalité, des forêts classées de Côte d’Ivoire depuis l’issue de la crise postélectorale, il faut oser dire les choses. Si l’Etat est incapable d’assurer sa mission régalienne de défense et de sécurité du territoire national et de ses habitants, on ne peut pas abandonner les populations qui y vivent à la merci de criminels et l’ONU aurait une mission impor tante à ce niveau : aider le président Ouattara à retourner à l’état de droit et à recouvrer l’intégrité du territoire ivoirien. Je ne pense pas que ce soit déraisonnable. C’est la situation actuelle qui est déraisonnable : voir un seul homme et ses miliciens FRCI défier l’Etat de Côte d’Ivoire, son armée, son peuple, ses lois, ses institutions. Si l’Etat ne peut pas le faire, pourquoi ne pas solliciter l’Onuci dont la mission première est de protéger les populations civiles de ce pays ? Si cela n’est pas fait, alors, il semble évident que le chef de guerre FRCI, Amadé Ouedraogo Rémi, dit Ouremi est protégé, personnellement, par le président Alassane Dramane Ouattara, et que, toutes les exactions qu’il commet se font avec la bénédiction du chef de l’Etat et la complicité de personnes très haut placées dans la machine de l’Etat et de l’armée.

Quel bilan faites-vous de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (Cdvr) installée le 28 septembre 2011 ? A quelles conditions son président peut-il réussir la réconciliation nationale ?

La mission du président de la Cdvr est sur le point de se terminer. Le bilan est, osons le dire, totalement nul. Ce n’est pas, seulement, le jugement de Koulibaly, c’est le jugement unanime. Il serait d’ailleurs intéressant de faire un audit externe des travaux de la structure. Le président de la Cdvr, Charles Konan Banny, semble plus préoccupé par son avenir politique personnel au sein du Pdci que par la mise en place d’une méthodologie ef ficace pour réconcilier les populations de Côte d’Ivoire. Il vient d’ailleurs de laisser entendre ses ambitions pour briguer la présidence de ce par ti au prochain congrès. Ces préoccupations ne me semblent pas compatibles avec la présidence de la Cdvr. En outre, la Cdvr, congénitalement, n’avait pas de grandes chances de réussite puisque Banny est une personnalité politique controversée et qu’en plus, il agit sous l’autorité du chef de l’Etat, qui est un des acteurs principaux de la déstabilisation et de la crise qui minent la Côte d’Ivoire depuis vingt ans maintenant.

Vous êtes l’opposant le plus critique du système politique ivoirien. N’avezvous pas peur d’une balle perdue ou d’une roue de voiture qui crève mystérieusement conduisant votre véhicule à un tonneau ?

Votre question sous-entend que vous avez compris la réalité du régime Ouattara. C’est en effet un régime qui repose sur la violence, l’exclusion, la division, le mensonge, la peur de l’autre, et sur tout, de l’opposant. La vie d’un opposant n’est pas dépourvue de risque en Côte d’Ivoire mais cela n’arrêtera pas notre combat au profit des populations : ce serait faire preuve de lâcheté en tant qu’intellectuel et leader politique.

Vous sembliez approuver certaines actions du premier ministre Jeannot Kouadio-Ahoussou sur le plan du dialogue avec l’opposition notamment. Qu’en est-il de son successeur Daniel Kablan Duncan? Où en est la question du statut de l’opposition ?

Le statut de l’opposition ne semble pas une préoccupation urgente pour l’administration Ouattara. On voit, en effet, que le président de la République est capable de convoquer une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour obtenir l’autorisation de gouverner par ordonnances mais que l’adoption d’un statut de l’opposition traîne au fond des tiroirs, alors même que, c’est le pivot du contrepouvoir indispensable à une démocratie. Les premiers ministres se succèdent mais restent dans la même logique. Ils savent soigner leur communication pour mieux cacher le vide de leur action. En Côte d’Ivoire, malheureusement, la politique est dédiée à la glorification de ceux qui ont le pouvoir. Le dialogue est au point mort en ce moment. Ouattara a eu ses élections, il gouverne par ordonnances alors qu’il a la majorité au parlement où il n’y a pas d’opposition. Pourquoi dialoguerait-il avec l’opposition ? Au sujet de quoi vont-ils dialoguer ? A LIDER, nous sommes, en tout cas, ouverts à la discussion puisque tout est à construire. Mais nous refusons un dialogue de dupes, instrumentalisé à des fins communicationnelles.

Alassane Ouattara est de droite. C’est bien lui qui a envoyé Laurent Gbagbo à la Cpi. C’est encore lui qui maintient nombre de vos anciens camarades du Fpi en prison. Pourtant, il est toujours bien reçu à l’Elysée. Hier sous Nicolas Sarkozy comme aujourd’hui sous le socialiste François Hollande. Etes-vous jaloux que les portes lui soient restées ouvertes sous un président français de gauche ?

Vous pensez qu’Alassane Ouattara est de droite ? Que signifie être de droite ou être de gauche en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, comme hier d’ailleurs ? On le dit aussi libéral, et pour tant, il applique une politique très interventionniste, contrôlée et fermée, qui est plus proche d’un modèle communiste que du libéralisme. On en dit beaucoup de choses. Ce qui est certain, c’est qu’il a une politique qui repose sur le patrimonialisme étatique, la politique du ventre, celle de l’intimidation et sur l’aide publique extérieure, ce qui fragilise beaucoup les Ivoiriens qui vont de surendettement politique en surendettement appauvrissant, avec tous les réseaux de corruption qu’il peut y avoir autour de la dette. D’évidence, aucun président français ne peut négliger cette opportunité. Politique et affairisme riment là-bas et ici. Ouattara est un pion important pour la classe politique française, car il permet de maintenir un système de domination et de corruption dont les nouvelles élites ivoiriennes ne veulent plus s’accommoder. Il attend, la main tendue, et nous explique qu’il est génial d’avoir comme seule politique économique d’emprunter de l’argent public. Les Ivoiriens qui commencent à comprendre qu’ils vont devoir rembourser les enveloppes d’aides détournées par les équipes gouvernementales, n’ont plus confiance. D’autant qu’ils ont bien compris que dans ces arrangements, la corruption est énorme. A LIDER, nous souhaitons reformuler les principes de la coopération avec Paris. Nous souhaitons qu’il y ait plus de contacts avec des hommes d’affaires, des investisseurs et avec les sociétés civiles. Nous souhaitons renégocier les accords de coopération monétaire qui ne sont plus du tout adaptés au monde moderne et à la globalisation. Nous souhaitons avoir avec le monde des échanges libres et marchands. Nous ne pensons pas que la vocation d’un pays soit d’être la chasse gardée d’un autre. Nous croyons au partenariat libre et équitable. Que les portes de tous les palais du monde s’ouvrent à Ouattara est une chose. Que Ouattara en profite pour le bien des populations ivoiriennes en est une autre moins évidente. Malgré toutes les générosités que lui offre le monde entier, les populations ivoiriennes attendent toujours de voir les milliards promis d’investissements se concrétiser en une amélioration de leurs conditions de vie.

Est-ce vrai que sur les 175 milliards de francs cfa mis sur la table pour financer la rénovation des universités, il y a eu jusqu’à 133 milliards de francs cfa de surfacturation ?

Les cas de corruption sont multiples et les détournements sur les travaux de l’université ne sont qu’une illustration parmi tant de cas. Le système est pourri. Ouattara est soi disant arrivé au pouvoir pour combattre ce système qui existait déjà, dans une moindre mesure, sous Gbagbo mais, aujourd’hui, la corruption s’est instaurée en mode de gouvernance. Ce qui pourrait faire sourire, si l’on ne parlait pas d’argent public, c’est qu’à l’époque, on qualifiait Gbagbo de dictateur à cause de ces pratiques alors qu’aujourd’hui, on présente Ouattara comme un grand démocrate alors qu’il fait pire. C’est pour dire que la communication peut faire ou défaire les hommes. Pendant ce temps, la pauvreté augmente et les femmes rentrent du marché avec des sachets de plus en plus légers.

Les travaux de restauration des universités ont été sur facturés et il n’y a eu aucune sanction contre le ministre responsable dont Ouattara dit au contraire qu’il est fier. Le détournement par un ministre de Ouattara de l’argent des victimes des déchets toxiques, n’aura débouché sur aucune sanction. Les Com’Zones promus et experts dans les trafics de cacao, café, or, diamants, anacarde, coton et bois qui leur rapportent de dizaines de milliards, ne sont soumis à aucune sanction eux non plus. On soupçonnerait Ouattara d’être complice de ces pratiques qu’on ne s’y tromperait point.

Il n’y a pas longtemps, un communiqué de LIDER reçu à Afrique Education faisait état de l’arnaque du pouvoir qui fait payer jusqu’aux formulaires de demande de bourses d’études à l’étranger. Ce système de faire payer le retrait du formulaire et le dépôt du dossier à concurrence de 5.000 f Cfa, à chaque fois, a-t-il cessé depuis votre coup de gueule ?

Non, la pratique continue et il en est de même pour bien d’autres services de l’administration, mais nous ne perdons pas espoir et continuerons de dénoncer tous les comportements voyous de l’administration Ouattara et de combattre toutes les mesures qui contribuent à précariser les étudiants et les populations dans leur ensemble. Le gouvernement a quand même mis fin, après que nous l’ayons vivement dénoncé, à l’arnaque aux visas qu’il avait mise en place et qui consistait à contraindre les étrangers résidant en Côte d’Ivoire et titulaires d’un permis de séjour en bonne et due forme à s’acquitter d’un visa d’entrée supplémentaire à leur retour de voyage ou de vacances.

LIDER est un parti qui bouge. Mamadou Koulibaly est l’empêcheur de tourner en rond suprême. Vous préparez-vous déjà à être candidat à la présidentielle de 2015 ?

En Côte d’Ivoire, les 20% des Ivoiriens les plus pauvres doivent se partager 5,6% des revenus annuels du pays, pendant que dans le même temps, les 20% des Ivoiriens les plus riches se partagent 47% des revenus annuels du pays. La pauvreté et l’injustice profonde caractérisent la société ivoirienne. Il existe, également, une fracture effective entre ceux qui veulent utiliser l’Etat et la politique pour s’enrichir, quitte à instrumentaliser les populations et leurs ethnies et utiliser la violence à cet effet, et ceux pour qui la réussite passe par l’effort personnel, l’initiative privée et l’esprit d’entreprise. C’est à ces derniers, ainsi qu’à tous ceux qui, dans la société civile, la classe politique, dans les villes et les villages, en Côte d’Ivoire ou à l’étranger, ne veulent plus se laisser abuser par le pouvoir de l’Etat, refusent d’abandonner la Côte d’Ivoire aux mains des politiciens menteurs et manipulateurs, ont été trompés par Ouattara et aspirent à une société plus juste, plus tolérante et plus prospère, que je demande de se remobiliser autour d’un programme de rupture pour la victoire en 2015. Il ne s’agit ni d’un rassemblement sans contenu autour d’un homme dans le style de l’ex-Lmp, ni d’une superposition d’organisations et d’associations politiques dans le style de l’ex-Cnrd. Ces expériences ont été inefficaces pour arrêter Ouattara. La coalition se regrouperait autour d’un programme commun pour la Côte d’Ivoire. Ce programme s’ar ticulerait en deux phases. A cour t terme, la Coalition pour la Rupture s’unirait autour d’un agenda qui consiste à pousser Ouattara à effectuer d’urgence un recensement général de la population, sans mention de l’ethnie ; à adopter un statut pour l’opposition ; à procéder à l’actualisation de la liste électorale, pour y intégrer tous les exclus, notamment, les quelques trois millions de jeunes, qui ont obtenu le droit de vote en atteignant leur majorité depuis 2009 et à qui M. Ouattara refuse, catégoriquement, de donner leurs car tes d’électeur ; et enfin, à former une commission électorale efficace et crédible, au sein de laquelle, l’opposition statutaire sera représentée de façon paritaire. Une fois le pouvoir conquis en 2015, les dynamiques engagées dans la Coalition pour la Rupture en 2015 procéderont à une réforme du foncier rural, qui se ferait, conjointement, avec le désarmement, pour rendre les terres que l’Etat ivoirien s’est accaparé depuis 1960 à leurs propriétaires légitimes, les paysans. Le programme contiendrait la mise en place d’un cadre efficient pour la promotion de la libre entreprise, meilleure arme pour générer la création d’emplois ; une réforme de la justice pour la rendre réellement indépendante et mettre fin à l’impunité, et sur tout, l’on procéderait à la réforme constitutionnelle qui sonnerait le glas de l’hyper présidence pour la remplacer par un régime parlementaire, qui permet de mieux contrôler l’exécutif et de le contraindre à rendre des comptes au peuple. A moyen terme, la rupture avec la monnaie inique qu’est le franc Cfa et l’instauration d’un marché des capitaux en Côte d’Ivoire, seraient, également, sur notre feuille de route. L’un des projets principaux de la Coalition pour la rupture, à long terme, serait la renonciation aux frontières héritées de la période coloniale et la marche vers une fédération d’Etats ouest-africains prélude à une confédération africaine viable. Il me semble, donc, urgent que cette coalition puisse se mettre en place pour stopper la destruction de notre pays par Ouattara.

Votre dernier mot ?

En dernier mot, je souhaiterais interpeller les Ivoiriens pour qu’ils cessent d’être tolérants envers la médiocrité et intolérants face à l’excellence. Ils doivent savoir que les mauvais économistes, les mauvais politiciens, tuent plus que les guerres, tant leur impact affaiblit les populations. Les Ivoiriens doivent, pourtant, garder confiance. La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est, simplement, le fruit de mauvaises politiques et de mauvais comportements dans la classe politique au pouvoir. Il faut un véritable éveil des consciences, et j’ai le sentiment que la machine est en marche, tant la classe politique a atteint les limites ultimes de la tolérance que l’on peut lui accorder dans la médiocrité.


Propos recueillis par Jean Paul Tédga.


Source: AFRIQUE EDUCATION.COM

VOICI PAR QUI ET POURQUOI LE MAJOR IBRAHIMA COULIBALY (IB) A ETE TUE

 

IBRAHIM COULIBALY DIT IB.jpg

 

Ce qui sépare le Major IB de son Mentor Alassane Dramane Ouattara dès le départ de la Rébellion, en Décembre 1999 d’abord et en Septembre 2002 ensuite est déjà une simple question de morale politique. 

En Décembre 1999, le père Noel n’était pas celui que l’on croyait, parce qu’un Général de brigade cachait un économiste qui ne voulait pas être taxé de « Putschiste ». Alassane Dramane Ouattara avait alors reproché à Ibrahima Coulibaly, de n’avoir pas abattu Henry Konan Bédié, qu’il a laissé se réfugier à la résidence de l’ambassadeur de France à 20 mètres de la résidence officielle du Chef de l’Etat. Tous ceux qui avaient alors entendu Alassane Dramane Ouattara vociférer  dans sa colère irraisonnée, ont retenu cette phrase assassine qui donnait froid dans le dos : « Pourquoi a-t-il laissé ce connard s’échapper, il fallait absolument l’abattre. Avec tous les milliards qu’il a, il reviendra à coup sûr nous emmerder » Dixit ADO. 

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La suite des évènements ne fut pas celle qu’il avait prévue. Et Laurent Gbagbo arriva au pouvoir. Mais ceci est une autre histoire…

En Septembre 2002 la violence nous rend de nouveau visite et la source et l’initiative viennent de la même personne. Alassane Dramane Ouattara possède une ipséité et une unicité  qui font de lui un être vraiment à part. Personne ne peut être comme Alassane Dramane Ouattara et Alassane Dramane Ouattara ne peut être comme personne d’autre, croyez moi. C’est en connaissance de cause que je me suis mis dans une opposition ferme et fermée à tous ses projets et à toutes ses ambitions. Pour tout dire, Alassane Dramane Ouattara ne fonctionne pas comme un être humain, il est véritablement l’associé du Diable, impitoyable et sanguinaire. Il a passé un pacte avec la Mort. Tout ce qu’il touche tombe dans le malheur et la désolation. Est-il nécessaire d’exposer tous les tableaux macabres qui entourent ses actes ? Les chauffeurs de ce pays se sont-ils mis brusquement et volontairement à rater tous les virages en rase campagne et tous les ponts de la ville d’Abidjan depuis que Alassane Dramane Ouattara prétend qu’il est Président ? Récemment encore à Man la Cote d’Ivoire a failli perdre tout son gouvernement dans un accident d’avion ! Même les jeunes boxeurs ne se relèvent plus de leurs KO sur le ring. Dire cela n’est assimilable ni à une diffamation ni à un crime d’aucune sorte. Les faits sont là, sous nos yeux, tous les jours. Du reste, je n’ai pas de qualités divinatoires dans mon patrimoine génétique mais ma connaissance de l’homme Alassane m’a fait dire des choses graves qui avaient été couvertes en son temps par « les bruits et les fureurs » des usurpateurs et des imposteurs. Pour autant, je ne me crois pas autorisé à demander au bon peuple de Côte d’Ivoire de plaider coupable d’angélisme et de Naïveté. Même pas à ceux de ma propre Région qui m’ont reproché et qui continuent de me reprocher d’avoir choisi de soutenir un homme de l’Ouest : Laurent Gbagbo. Ceci n’était qu’une petite digression qui avait pour but de mieux situer le sujet par rapport au caractère dangereux et associable de Alassane Dramane Ouattara.

Ou en étions-nous ? Aux 18 et 19 Septembre 2002.

Alassane fait attaquer la Cote d’Ivoire et la fait couper en deux à la hauteur de Bouaké. Voici venu le deuxième sujet de discorde entre le Major Ibrahima Coulibaly et Alassane Dramane Ouattara. Le fondement du désaccord est économique mais il est surtout moral. Alassane Dramane Ouattara demande à son poulain de spolier les paysans du Nord d’une somme avoisinant les 10 Milliards de F.CFA, au bénéfice d’un homme d’affaires Malien du nom de Sidy Kagnassi, en proposant à IB un bakchich de 500 Millions F.CFA pour son silence.  Le Major IB refuse cette offre et rappelle à son Mentor qu’il n’a pas fait la révolution pour ça. Il n’en fallait pas plus pour que IB se trouve brutalement écarté de la tête de la Rébellion au profit de Soro Guillaume. 

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Ibrahima Coulibaly n’a jamais plus retrouvé sa place de leader de la Rébellion.

Alassane Dramane Ouattara savait pertinemment qu’être Président de la République n’est pas une fonction mais une mission. Mais il n’en avait cure. Il savait depuis longtemps que les occidentaux l’avaient coopté pour assouvir leur triste dessein en Côte d’Ivoire. Ces sponsors savaient de surcroit pouvoir se servir d’Alassane Dramane Ouattara pour nourrir et appliquer le funeste projet d’imposer à notre pays une guerre de basse intensité de type Casamançais ou Colombien, pour s’octroyer parallèlement toutes latitudes et facilités pour piller nos ressources. Pour atteindre leur but, les blancs qui sont méthodiques et qui ne font rien au hasard avaient déjà positionné Dominique Nouvian Folloroux dans le pays. Elle deviendra très vite Madame Ouattara. Le tandem est constitué. A l’université on dirait le binôme.  Mais qui est Madame Ouattara Dominique Nouvian Folloroux ? 

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Elle aussi est exceptionnelle à sa manière mais elle est exceptionnellement négative pour des raisons simples : Elle est de basse extraction et ceci expliquant cela, elle a un lourd complexe d’infériorité à liquider; de préférence sur le dos des autres. Ce n’est pas tout: elle est atteinte d’une gravissime boulimie d’argent, d’or, de pierres précieuses et de pierres patrimoniales. A cela il faut ajouter une envie de pouvoir démesurée, et un désir permanent de proximité avec « les grands de ce monde ». Elle veut faire partie du Gotha, de la Jet-Set, fut-il au prix de milliers de morts. Pour notre malheur elle a choisi la Cote d’Ivoire.

C’est ce couple là, ce duo de maitres-chanteurs qui a fait froidement assassiner le Major Ibrahima Coulibaly au PK-18 à Abobo.

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Le soir même de l’acte criminel, IB sent venir le complot avec quelques un de ses proches, mais il connait les donneurs d’ordres. Il appelle en vain Alassane, se tourne ensuite vers son épouse Dominique qu’il connait bien, pour avoir jadis assuré sa sécurité rapprochée. « Pourquoi ton mari veut il me tuer, qu’est-ce que je lui ai fait ? » Et Dominique de lui répondre « Ne t’en fais pas, je vais arranger ça ». Moins de deux heures après cet échange, un commando lourdement armée mettait fin à la vie du soldat séditieux certes mais adulé par ses hommes et par sa Région. Je puis assurer que l’histoire confirmera ce que vous venez de lire. Ibrahima Coulibaly n’était pas armé, il avait son téléphone portable à l’oreille. Devinez qui était à l’autre bout du fil et qui a entendu les tirs meurtriers. Quelles leçons tirer de la mort de cet homme, qui n’était pas pire que ses assassins. Je ne m’attarderai pas sur ceux qui se sont réjouis de sa mort et qui se  reconnaitront ici, en attendant leur tour. Ce qu’il faut retenir de la mort de cet Ivoirien de souche (il est originaire de Séguéla), c’est moins les raisons objectives et évidentes que je vous ai données, que l’agenda caché du principal meurtrier Alassane Dramane Ouattara. On s’est empressé de me traiter de xénophobe et de vendu,  quand j’ai osé dire il y a quelques années que Alassane Dramane Ouattara n’était pas Ivoirien.  Préparons-nous maintenant à payer le prix de notre aveuglement ou de notre mauvaise foi. Avec son projet de nouveau code de la nationalité, et celui de sa réforme agraire, nous auront compris avant longtemps, qu’Alassane Dramane Ouattara veut nous déposséder des deux choses qui ne sont pas négociables pour les enfants de ce pays.  Et chacun sait qu’il veut le faire au bénéfice de ses frères Mossi dont il a favorisé et précipité l’immigration sauvage en Côte d’Ivoire. Ne nous y trompons pas, Le Nord souffrira plus encore que l’Ouest et le Sud. Tout le monde sait que le bétail électoral clandestin qui a fait son succès au Nord n’est pas reparti au Burkina Faso et qu’il impose aux autochtones Senoufo et Malinké impuissants, une loi des vainqueurs justifiée  par la présence de leur frère de sang Alassane Dramane Ouattara au palais de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire. Tout ayant valeur d’exemple, je voudrais maintenant vous expliquer pourquoi j’ai choisi le cas du Major Ibrahima Coulibaly pour démontrer que Alassane n’est pas Ivoirien et qu’il n’a investi ce pays avec brutalité que pour favoriser ses frères de sang Burkinabè. Le Major IB a servi Alassane Dramane Ouattara pendant ses années de braises. Il était un soldat redoutable. Le General Doué Mathias en sait quelque chose. Mais il n’était pas seul sur les champs d’opérations. Dès le départ un bandit de grand chemin, Amadé Ourémi, avait pris possession du Mont Péko.

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Tout le monde le savait. Le Député Déhé Gnahou originaire de cet endroit avait à maintes reprises posé officiellement le problème à l’assemblée Nationale sans succès, parce que le vrai patron de la Rébellion Alassane Dramane Ouattara bloquait toutes les initiatives à ce sujet. Le chef Rebelle Mossi Amadé Ourémi servait et garantissait trop d’intérêts croisés en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso pour se sentir menacé. Il faisait là-bas, sur le Mont Péko, exactement ce qu’il voulait au vu et au su de tous y compris de l’ONUCI. Personne ne pouvait l’affronter militairement et même politiquement. Avant sa dernière visite à l’Ouest, les Ivoiriens, s’ils ne sont pas frappés de cécité, doivent avoir constaté que Alassane Dramane Ouattara  avait invité Blaise  Compaoré à Yamoussoukro. Ce n’était pas pour admirer les crocodiles sacrés qui ont survécu au Vieux. Le centre d’intérêt de cette rencontre était le cas de leur frère Mossi Amadé Ourémi qui règne en maitre absolu sur toutes les richesses de la région du Mont Péko et qui dispose comme il l’entend de la vie des autochtones. Il possède une puissante armée et tout le désordre de l’Ouest part de chez lui. Alasssane le sait, Blaise le sait, Konders le sait donc le monde entier le sait. Alassane Dramane Ouattara a même menacé récemment d’envoyer 6.000 soldats FRCI contre son camp retranché pour ensuite se raviser. Au cours de sa dernière visite à l’Ouest, Alassane Dramane Ouattara a lâché une phrase inquiétante au sujet de Amadé Ourémi quand un journaliste s’est inquiété de sa longévité dans l’Ouest : « Je vais m’en occuper  » avait alors dit Alassane « Le problème sera réglé bientôt ». Compaoré a-t-il donné son accord à Yamoussoukro ? Alassane peut-il mettre fin à cette spoliation sauvage des Ivoiriens de l’Ouest ? Les rumeurs courent, elles courent et chacun sait que Alassane Dramane Ouattara a proposé 10 Milliards de F.CFA à Amadé Ourémi avec la caution de Blaise Compaore pour qu’il abandonne la Foret classée du Mont Péko. Evidemment, personne ne croit vraiment à ce deal mais certains Ivoiriens n’hésitent pas à suggérer qu’il suffit qu’Alassane Dramane Ouattara lui accorde la Nationalité Ivoirienne pour que le tour soit joué !

Le Président Mossi qui gouverne la Cote d’Ivoire pour les Mossi, dispose même du pouvoir de l’article 48 de la constitution pour se passer du « vote des bêtes sauvages » d’une assemblée Nationale qui lui est pourtant totalement acquise. Peut-être n’a-t-il plus aucune confiance en Soro Guillaume.

Cependant, une question demeure, lancinante et accablante pour Alassane Dramane Ouattara : pourquoi lui a-t-il été possible de se débarrasser si facilement du Major IB et pourquoi à contrario est-il si compliqué de chasser Amadé Ourémi des terres de nos frères de l’Ouest, alors qu’ils ont tous les deux troublé la Cote d’Ivoire de la même manière ? Il ne vous a pas échappé que l’un, le Major Ibrahima Coulibaly est Ivoirien, l’autre Amadé Ourémi est Mossi. Mossi comme Alassane Dramane Ouattara. Alassane tue les Ivoiriens sans aucune forme de procès mais s’impose le devoir de protéger ses frères Mossi. C’est la stricte vérité. Soro Guillaume le complice et le compère, devrait en tirer leçon s’il tient à sauver sa peau. 

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Alassane Dramane Ouattara n’est pas bon.

J’ai entendu au cours d’un débat un membre influent de l’inutile CDVR de Charles Banny à court d’arguments, dire que « la plupart des gens sont bons et honnêtes » Je me suis dit en silence : « Alors, mon bonhomme, on n’a pas dû rencontrer les mêmes »

 

Le 15 Mai 2013   

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO 

Ancien Député à l’assemblée Nationale de Côte d’Ivoire


Source: Le blog de Claudus

dimanche, 19 mai 2013

NON, AMADE OUEREMI N’EST PAS UN MILICIEN!

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Depuis ce samedi 18 mai 2013, dépêches et articles de presse nous informent de la mise aux arrêts du seigneur de guerre d'Alassane Ouattara, le burkinabé Amadé Ouérémi, l'homme fort du Mont Péko, qui a commis un véritable génocide à Duékoué, de mars à avril 2011, appuyé par les forces françaises et onusiennes de l'ONUCI dans leur offensive vers Abidjan. L'AFP notamment, l'un des médias néocolonialistes et françafricains par excellence, titre: Côte d’Ivoire: un chef de milice arrêté dans l’Ouest.

Ce qui est choquant dans ces textes, c'est qu'on s'évertue à nous réciter le catéchisme de ceux qui ont défiguré notre pays, tendant à présenter Amadé Ouérémi comme un milicien. Non, Amadé Ouérémi n'est pas un milicien! C'est un élément des FRCI (preuves à l'appui; voir article ci-dessous), au service de Ouattara, qui devient gênant, sous la pression des rapports des ONG de défense des droits humains, de l'ONU et des Etats-Unis (les mêmes qui les avaient adoubés), et qu'on veut sacrifier aujourd'hui sur l'autel de la démogogie et du mensonge d'Etat.

Amadé Ouérémi est un génocidaire au même titre que ses mandants. S'il est arrêté et appelé à comparaître devant un tribunal (n'importe lequel), Ouattara et son régime devront aussi y répondre de leurs actes. Et que deviennent ENFIN réalité les voeux incantatoires d'impunité formulés par Alassane Dramane Ouattara depuis son accession violente au pouvoir, en Côte d'Ivoire.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

 

Réponse au général Soumaïla Bakayoko: Non Amadé Ouérémi n'est pas un milicien



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Reçu par la rédaction du journal pro-gouvernemental Fraternité Matin en vu d’évoquer la situation sécuritaire du pays, le Général Soumaïla Bakayoko, chef d’état major général des FRCI a affirmé parlant de Amadé Ouérémi, l’un des chefs FRCI de l’Ouest de la Côte d’Ivoire :

"Pour parler d’un milicien qui serait dans la forêt du Mont Péko, c’est le lieu de rappeler que hormis les militaires et agents de sécurité (police, gendarmerie), personne n’a le droit de porter une arme, encore moins d’en faire usage. Nous l’avons dit encore une fois, lors de notre passage, récemment, à Duékoué. C’est pourquoi nous avons rencontré les chasseurs traditionnels communément appelés Dozo, pour leur dire que cette règle s’applique à eux également. Avec l’arrivée des forces, il n’est pas question que chacun se fasse justice. Il en sera de même pour tous les miliciens. Nous irons ratisser toute la région de Duékoué. Une opération "le Mont Péko" sera lancée et nous rencontrerons le milicien dont vous parlez. Il faut qu’on arrête ces pratiques."

Pour rappel, le quotidien l’Intelligent d’Abidjan a été le premier à utiliser ce terme pour parler de l’homme du Mont Péko. Quelques jours plus tard, il sera rejoint par le journal L’Inter qui se posera même la question de savoir "qui protège le milicien du Mont Péko". Jusqu'à ce jour, nous avions mis cela sur le compte de journaliste mal informé mais que le chef de l’armée de notre pays traitre un de ses valeureux éléments de milicien, nous pensons qu’il faut corriger cette erreur grotesque.

L’appareil sécuritaire hétérogène de Alassane Ouattara est composé d’un premier noyau formé du GSPR sous la supervision du colonel Vagondo Diomandé, c’est l’unité la plus professionnalisée, la plupart de ses éléments ayant subi une formation complémentaire à Adiaké. Le reste des unités n’a de bataillon que le nom, elles ont été vidées pour la plupart de leur substance militaire.

Elles sont en fait les gardes prétoriennes des chefs de guerre qui les dirigent depuis 2002, les noms fantaisistes de « FANSARA 101 », « ATCHENGUE », « ANACONDA » et autres ont été substitués par les noms d’unités régulières comme la Compagnie Territoriale de Korhogo (CTK) et la Garde Républicaine.

Les armes comme celles de la Marine Nationale ou de la Gendarmerie sont dirigées par des officiers supérieurs réguliers proches de Ouattara. Les dozo venus de Sikasso, Boundiali, Tingréla, Sindou et Banfora constituent avec les unités des Burkinabè de Lansana Kouanda, Issiaka Tiendrébéogo et surtout Amadé Ouérémi, les derniers maillons de la chaîne des troupes de Ouattara. Il n’y a donc aucun milicien dans les FRCI ou alors pour être plus précis tous les FRCI sont des miliciens. La plupart des « soldats » composant les FRCI étant analphabètes et ou étrangers, ceci ne les empêche cependant pas d’arborer uniformes et bérets prestigieux de l’armée ivoirienne. 

Concernant le sieur Ouérémi, il faut remonter à l’année 1986 pour avoir les traces de ce dernier, de son vrai nom Ouédraogo Rémi venu de son Burkina-Faso plus précisément du Plateau mossi. Arrivé dans la région de Duékoué, il dépose ses pénates dans le village de Bagohouo. Au début de la crise de 2002, il se convertit progressivement en planteur. Profitant du laxisme des autorités, il investit progressivement la forêt classée du Mont Péko. Lors de la crise post-électorale, Amadé commandait déjà une escouade de Burkinabè armés qui hantaient la forêt classée en question. C’est tout naturellement qu’il est associé par le commandant Fofana Losseni à la prise de la ville de Duékoué, une ville qu’il connaît parfaitement.

La vérité est que les récents évènements du camp de refugiés de Nahibly de Duékoué ont choqué la conscience collective et la communauté internationale de sorte que partout où Ouattara est passé lors de son dernier voyage à l’étranger, les dirigeants de ces pays ont exigé des sanctions exemplaires contre les auteurs. Les ONG internationales de défense des droits de l’homme sont aux aguets et attendent que l’état prenne des mesures disciplinaires à l’endroit de ses soldats. A défaut de sanctionner les hauts gradés de son armée, le coupable a été facilement trouvé : Amade Ouremi, le "milicien" du Mont Péko qui verra à n’en point douter les projecteurs se braquer sur lui dans les semaines à venir. Le but, faire de ce nervis analphabète le responsable, le commanditaire et le bénéficiaire principal des tueries des Wê à l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Les tentatives de faire passer Ouérémi, l’étranger et analphabète, pour le principal exécuteur ou pour le commanditaire des différents massacres à l’Ouest ne doivent abuser personne. Amadé Ouérémi qu’une certaine presse tente de faire passer pour un milicien n’en est pas un, il répond aux critères pour être un FRCI digne de ce nom, il est analphabète étranger et n’a aucune compétence requise pour le métier des armes. Il applique donc logiquement aux ordres de son supérieur hiérarchique qui est le commandant Fofana Losseni. Ce dernier est donc le premier responsable de tous les massacres commis sous la férule d’Ouérémi et des autres chefs de guerre Burkinabè qui pullulent dans l’Ouest ivoirien. La responsabilité est donc celle du commandant Losseni Fofana et de l’autorité qui l’a nommé, en l’occurrence le chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui au passage, signalons-le, est aussi ministre de la Défense. 

Le camp Ouattara veut faire porter le chapeau uniquement à ce sanguinaire analphabète qui sera extradé à La Haye, sans réelle possibilité de se défendre. Faire passer Amadé pour un faux FRCI alors que l’extrême majorité des FRCI sont des faux-FRCI et que, de ce fait, ils n’émargent pas sur le budget de l’Etat et vivent de rapines, rackets et autres tueries est un écran de fumée que Ouattara et la presse proche de lui veulent faire accepter aux Ivoiriens. Avec Ouérémi à la CPI, Ouattara commanditaire des massacres des Wê aura montré sa « bonne foi » en livrant un des siens. Le premier responsable et présumé coupable est bel et bien Alassane Ouattara; c’est lui qui devrait en premier lieu répondre des crimes imputés à ses troupes.


PLUSIEURS PHOTOS D’AMADE OUEREMI PROUVENT BIEN QU’IL APPARTIENT AUX FRCI

  

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Amadé Ouérémi lors d’un rassemblement des FRCI à l’Ouest du pays

 

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Amadé Ouérémi, posant fièrement aux côtés des autorités administratives de Duékoué

 

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Amadé Ouérémi, arborant fièrement sa tenue FRCI

 

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Amadé Ouérémi en compagnie des soldats des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI)



Wazi Guipié et Steve Beko


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

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Regroupement et recensement des troupes d'Amadé Ouérémi par l'ONUCI. Regardez bien les pièces d'identité des soldats du Mont Péko: cartes nationales du Burkina Faso. Ce sont des burkinabé!


Ainsi va la nouvelle Côte d'Ivoire!

AFFAIRE AMADE OUEREMI: PETIT MECHANT LOUP ET GRANDS COCHONS


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Hier l’AFP a, comme il se doit, informé les Français de « l’arrestation du chef de milice » Amadou Ouérémi. Apprécions ensemble les mensonges et travestissements de la vérité contenus dans cette dépêche … Pourquoi « milicien » et non « prisonnier de droit commun » ? Pourquoi a-t-il été « emmené », mais est-il resté néanmoins « accompagné de l’un de ses gardes du corps », ce dernier ne semblant pas être là comme second personnage aux arrêts, mais plutôt comme l’escorte autorisée d’un VIP ?

Pourquoi dit-on d’abord d’Ouérémi et de ses hommes qu’« ils défiaient depuis une dizaine d’années l’autorité de l’Etat »  ̶  c’est-à dire l’autorité de Gbagbo, sous le contrôle du père de la rébellion Ouattara !  ̶,  avant de parler d’une période difficile, dite « crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011 » ? Et que dire de son groupe armé de plusieurs milliers de miliciens « sympathisants », probablement toujours sur le terrain, et volontairement maintenu dans le flou, « quelques centaines d’hommes » d’après la dépêche …. En fait, il n’est plus que « planteur de cacao » : alors pourquoi vit-il dans la forêt ?

Et pourquoi retrouve-t-on toujours les « 3000 morts de la crise post-électorale», chiffre intangible du catéchisme AFP ? Evidemment, Ouérémi n’est qu’un suspect, il est « soupçonné » de vilaines exactions pendant ladite crise post électorale, il est soupçonné d’avoir sa part dans les trois mille morts… Ce ne sont pas les rescapés de Douékoué qui le soupçonnent, - personne n’a jamais daigné se pencher sur leurs statistiques -, mais des ONG étrangères, qui probablement n’y connaissent pas grand-chose…

Enfin la dernière partie de l’article veut nous faire croire que la priorité de Ouattara -et ce depuis qu’il est aux commandes de la Côte d’Ivoire -, « depuis la fin de la crise », a toujours été de « sécuriser l’Ouest »… Pourquoi y a-t-il eu encore le massacre de Nahibly, sous les yeux et avec la probable complicité du préfet Benjamin Effoli, spectateur silencieux et sans état d’âme des rescapés de Duékoué assassinés pour la deuxième fois…

Qui sont « les cultivateurs occupant des aires protégées dans l’Ouest, région riche en cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. » ? Les cultivateurs sont toujours utiles pour maintenir l’excellence de la Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao. Pourquoi les chasser puisque le brave lecteur français qui lit cette dépêche est maintenu dans l’ignorance des convois burkinabés qui sont venus pas centaines remplacer les morts et les rescapés exilés, terrorisés ? Ces derniers, véritables autochtones et cultivateurs de café-cacao croupissent maintenant dans des camps à l’intérieur et à l’extérieur du pays ; mais sont promis depuis quelques jours, grâce à une campagne de communication bien menée, à un retour triomphal dans une Côte d’Ivoire sécurisée, asptisée, réconciliée. Autre clin d’œil au Français ignorant qui ne peut que voir et saluer les gages de bonne conduite donnés par Ouattara.

Les « Trois mille morts » de la crise post-électorale, même s’ils sont officiellement composés de bons et de méchants des deux camps, sont toujours imputables à Celui qui croupit à la Haye : en effet, si le président Gbagbo s’était rangé dès le début à l’acceptation du « verdict » de la commission électorale contrôlée par l’Etranger, s’il avait, dès le début accepté le « verdict des urnes », il n’y aurait pas eu de morts. Voilà le message subliminal laissé à l’Occident. Ouattara incarne l’autorité et le droit qui lutte contre la pègre Ouérémi and Co. Un chef d’état d’une telle stature ne peut être que dans la vérité, puisqu’il lutte contre l’impunité ! Cette « capturation », sans effusion de sang et avec une telle maestria ne peut que nous renvoyer à un Etat aux structures fonctionnant normalement, où les frontières sont sécurisées, et où « les tensions foncières et ethniques » appartiennent d’ores et déjà au passé, puisque ce nouveau bouc émissaire d’une rébellion désormais désavouée, devenu seul loup ravisseur et seul mauvais berger a été mis hors d’état de nuire par « l’Etat de droit » !

Mais nous ne sommes pas dupes : comme il s’est rendu volontairement, de son plein gré, on imagine bien que « l’état de droit » s’est entendu avec lui pour ce qui est des modalités de sa reddition…

La suite du feuilleton nous informera sur les dessous de ce western ivoirien : l’analpha-bête, immigré à la fin des années 90 en Côte d’ivoire comme réparateur de vélos, restera-t-il l’idiot du village qui porte le chapeau de la rébellion ? Ou va-t-il secouer la farine dans laquelle on l’a roulé, pour en éclabousser les criminels en chef, ses commanditaires français et pseudo-ivoiriens, qui pour l’instant roulent encore carrosse en montrant patte blanche ?


Shlomit Abel, 19 mai 2013

Côte d’Ivoire: un chef de milice arrêté dans l’Ouest


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ABIDJAN- Un chef de milice, soupçonné de graves crimes durant la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, a été arrêté samedi dans une forêt de l’Ouest où il régnait en maître depuis des années, a-t-on appris de source militaire.

 

D’origine burkinabè, Amadé Ouérémi, à la tête du groupe armé qui occupait la forêt du Mont Péko, "a capitulé" face à un détachement des Forces républicaines (FRCI, armée), a déclaré à l’AFP une source au sein de l’état-major."Ses hommes sont en train d’être désarmés", a indiqué cette source.

Après sa reddition, le chef milicien a été emmené "dans le principal camp militaire de Duékoué (la ville la plus proche, ndlr), où il est accompagné de l’un de ses gardes du corps", a affirmé un témoin.

Amadé Ouérémi "a été arrêté sans violence" et devait être transféré à Abidjan, a indiqué la télévision publique RTI.

Depuis jeudi, des gendarmes et des soldats du Bataillon de sécurisation de l’Ouest (BSO) s’étaient déployés aux abords de la forêt.

Dans cette forêt, un domaine théoriquement protégé de l’Ouest, Amadé Ouérémi et ses hommes, généralement estimés à plusieurs centaines d’éléments, défiaient depuis une dizaine d’années l’autorité de l’Etat, en interdisant l’accès et y cultivant notamment le cacao.

Amadé Ouérémi est soupçonné par des ONG internationales d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en mars 2011, durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 qui a fait quelque 3.000 morts dans le pays.

Ses troupes avaient été utilisées comme forces supplétives par les ex-rebelles nordistes à qui sont largement imputés ces massacres.

L’ex-rébellion, dont les chefs sont désormais des cadres des FRCI, s’était ralliée au président Alassane Ouattara au début de la crise postélectorale qui l’opposait à l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Longtemps occultée, la question de l’occupation par Amadé Ouérémi et ses hommes de la forêt du Mont Péko s’est imposée dans le débat politique depuis la fin de la crise, en raison notamment des engagements du régime Ouattara à sécuriser l’Ouest.

Frontalière du Liberia, cette région, la plus instable du pays du fait de tensions foncières et ethniques, a été en proie à des attaques meurtrières depuis deux ans.

Les autorités se sont engagées ces derniers mois à chasser les hommes en armes ou les cultivateurs occupant des aires protégées dans l’Ouest, région riche en cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial.


str-tmo/ai


AFP, 18 mai 2013.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

samedi, 18 mai 2013

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE: LES ETATS-UNIS ACCABLENT OUATTARA

 

OBAMA ET OUATTARA.jpg


C'est un rapport qui fera certainement grand bruit. Et pour cause, il apparaît accablant pour le régime Ouattara alors qu'il est produit par les Etats-Unis, qui passent pour être un «ami» des tenants actuels du pouvoir.

 

Le document, qui fait l'état des lieux des droits de l'homme en Côte d'Ivoire durant l'année 2012, ne passe pas sous silence ce qui ne va pas, deux ans après l'accession de Ouattara au pouvoir. Le rapport dénonce notamment les arrestations arbitraires, les détentions au mépris de tout cadre juridique, auxquelles se sont livrées l'année dernière les forces de sécurité, les « Forces républicaines de Côte d'Ivoire » (Frci) et les dozos (toutes des forces pro-ouattara). « Au cours de l’année il y a eu des cas où des éléments des forces de sécurité ont agi en toute indépendance du contrôle civil », dénoncent les Etats-Unis. Les attaques récurrentes contre le régime ont, selon les auteurs du rapport, favorisé les nombreuses violations des droits de l'homme dont se sont rendues coupables les forces pro-ouattara, les Frci.

«Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), l’armée du pays, se sont rendues coupables d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture et de détentions arbitraires », accusent les Etats-Unis.  Reprenant à leur compte, les allégations de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), les Américains avancent que « des éléments Frci ont torturé et maltraité des prisonniers et des détenus pour extorquer des aveux ou des informations dans les centres de détention informels ». Outre les Frci, le rapport produit par les Etats-Unis pointent du doigt la Direction de la surveillance du territoire (Dst), accusée de procéder à des détentions arbitraires ; mais aussi les chasseurs traditionnels dozo.

L'IMPUNITE, LA SOURCE DU MAL

Voici ce que le document dit d'eux dans un passage : « Bien qu’originaires du Nord du pays, les Dozos, des chasseurs traditionnels qui assumaient souvent des rôles de sécurité non officiels, se retrouvaient dans tout le pays et étaient impliqués dans des violations des droits humains, notamment des meurtres et des cas de détention arbitraire au cours de l’année ». Ces arrestations et détentions, opérées souvent en toute illégalité, sont, dans bien des cas, motivés par une extorsion de fonds et autres rackets, du moins à en croire les auteurs du rapport.

A ce sujet d'ailleurs, voici ce qu'ils disent : « Les Frci et les Dozos ont été impliqués dans le racket, souvent à des postes de contrôle illégaux partout dans les grandes villes et sur les axes routiers ».Comme pour insister sur cette plaie des forces de sécurité, le rapport renchérit en ces termes : « L’impunité et la corruption étaient endémiques, et les postes de contrôle de sécurité dans tout le pays étaient souvent utilisés pour extorquer de l’argent ». Plus cinglant, le document ajoute : « La détention par les Frci prenait parfois la forme de rafles, ou rafles massives de personnes de quartiers particuliers, soit pour extorquer des pots-de-vin ou pour obtenir des informations ou des aveux. ».

Au dire des Américains, il en va ainsi parce que les autorités n'arrivent pas à lutter contre l'impunité en dépit des déclarations de bonnes intentions. « Le gouvernement a rarement pris des mesures pour poursuivre les responsables qui ont commis des violations, que ce soit dans les services de sécurité ou ailleurs au sein du gouvernement. L’impunité des forces de sécurité, en particulier pour les crimes commis durant la crise postélectorale de 2011, a été un problème », déplore le gouvernement américain. Les Etats-Unis semblent même s'offusquer qu'aucun gros bonnet du régime Ouattara, supposé s'être rendu coupable de violations des droits de l'homme durant la crise post-électorale, n'ait été inquiété jusque-là. Sur la question, ce passage du rapport est fort éloquent:

«Aucune arrestation ou autres actions judiciaires n’ont été engagées contre des personnalités de premier plan proches de l’actuel gouvernement pour des actes commis durant la crise postélectorale, notamment plusieurs personnes qui ont été accusées d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme. Dans certains cas, des auteurs présumés de violations des droits humains ont conservé de hauts postes au sein des forces de sécurité». Par ailleurs, le pays de Barack Obama s'insurge contre ce qu'il considère comme le manque d'indépendance de la justice et la corruption qui gangrène l'appareil judiciaire. « La corruption a persisté dans l’appareil judiciaire, qui était inefficace et manquait d’indépendance », accuse le gouvernement américain, qui assène : « L’absence de mises en accusation civiles contre les éléments pro-Ouattara pour les crimes présumés commis durant la crise postélectorale indiquait que les poursuites judiciaires faisaient l’objet d’influence politique. De nombreux rapports faisaient également état de corruption judiciaire, et de pots-de-vin qui ont souvent influencé les décisions de justice ». Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec ce rapport, les Américains se posent comme des gardiens des principes démocratiques, au nombre desquels le respect des droits de l'homme.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LE FPI REPOND AU GROUPE D'EXPERTS DE L'ONU - DECLARATION

 

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Dans une déclaration pondue ce mercredi 15 mai, le FPI monte au créneau une fois encore et dénonce le parti pris des experts de l’Onu en Côte d’Ivoire. Selon Miaka Ouretto et ses camardes, le dernier Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU serait un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara . Eventnews Tv.

 
Déclaration N°005/2013

Relativement au rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la Côte d'Ivoire en date du 12 avril 2013


I. Rappel du contexte politique: Etat des lieux

Depuis les bombardements franco-onusiens qui ont éjecté le président élu Laurent Gbagbo du pouvoir, le 11 avril 2011, pour – nous avait-on répété à l’envi – instaurer la démocratie, le président Alassane Ouattara, au nom de qui et par qui – dixit Koné Zakaria un de ses chefs de guerre – la rébellion a pris le armes, s’est méthodiquement engagé dans une politique de la terre brûlée pour effacer le Front Populaire Ivoirien de la scène politique ivoirienne.

2011:

- Déclenchement d’une gigantesque chasse aux sorcières qui se poursuit encore par des arrestations au quotidien de militants, sympathisants du FPI ou tout citoyen pour toujours la même rengaine "d’atteinte à la sureté de l’Etat". Résultats, 671 prisonniers politiques civils et militaires détenus dans les pires conditions, sans jugement. A eux s’ajoutent les milliers de détenus des prisons clandestines disséminées sur l’ensemble du territoire national ;

- Confiscation des médias publics et des libertés de manifestations réprimées avec constance dans la terreur et le sang ;

- Exclusion du Front Populaire Ivoirien de l’Assemblée Nationale par des élections législatives aussi précipitées qu’injustes et non transparentes ;

2012:

- Organisations ciblées d’attaques du régime et de l’ONUCI par la branche armée du RDR, sous la houlette du chef de la rébellion Guillaume SORO, en désignant automatiquement du doigt le FPI comme responsable, sans la moindre enquête ;

- Rédaction, le 15 Octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara, d’un rapport prétendument attribué à des experts indépendants de l’ONU où le FPI est accusé d’avoir partie liée avec tous les camps opposés dans la guerre au Mali: Quelle absurdité!

2013:

Tout ce montage grotesque s’effondre. Le château de cartes « Ouattarien » s’écroule et se réduit à rien, face à la pugnacité du Front Populaire Ivoirien à l’international. Le pouvoir Ouattara est de ce fait contraint par ses alliés au dialogue – dont il n’a jamais voulu – avec son opposition significative, le FPI. Premier revers.

Deuxième revers, la quasi-totalité des ONG des droits de l’Homme brocardent le régime Ouattara présenté unanimement comme un état de non droit, caractérisé par des violations massives des droits de l’Homme, et qui est tout sauf une démocratie.

Troisième revers, l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre Laurent Gbagbo à la Haye tourne quasiment au drame pour le pouvoir Ouattara avec le laminage par la défense du président Laurent Gbagbo, des actes d’accusations, pour faux et usage de faux.

Du coup, le vrai visage du "messie démocrate" sorti tout droit des cuisses du couple Jupiter FMI / Banque Mondiale, se révèle dans toute sa vérité et nudité : mensonges et incapacité politique notoire. Le demi-dieu de la haute finance internationale, "le wari fatchê" pour parler comme les "ADOrateurs" se révèle bien incapable de faire la politique en Côte d’Ivoire, et donc de diriger ce pays.

Un pays qu’il n’a eu cesse d’attaquer depuis qu’il y a mis le pied en 1989, pour, selon ses propres termes, le rendre ingouvernable, avant de se l’approprier au terme de plus d’une décennie de guerre qu’il a menée tambour battant, avec à la clé des milliers de morts.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire politique est coupée en deux. Le tissu social est déstructuré. La pauvreté et le chômage galopants, la réconciliation au point mort, le front social instable, avec le feu du mécontentement qui couve, l’insécurité rapprochée devenue chronique, la démocratie en panne. Les citoyens étouffent sous l’arbitraire, la répression au quotidien et les discriminations ethno-tribales érigés en système de gouvernance.

C’est à ces problèmes fondamentaux que le chef de l’Etat devait s’attaquer sans délai, hic et nun, ici et maintenant. Tournant le dos à ces impératifs nationaux et déjà en campagne pour les présidentielles de 2015, le président Alassane Ouattara choisit de commanditer un rapport auprès d’un "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire pour polir son image personnelle en détruisant celles de ses adversaires potentiels en vue d’une gouvernance solitaire et absolue de la Côte d’Ivoire.

II. Le Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU: un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara

2.1 Un rapport de diversion fondé sur de malsains partis pris

Le rapport final, dit du groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire, établi en application du paragraphe 16 de la résolution 2045 (2012) du Conseil de Sécurité, a été publié le 17 avril 2013, et se structure autour de onze chapitres. Ce rapport, parce qu’il biaise à la fois avec la réalité et la vérité, mérite qu’on y prête attention pour que l’opinion nationale et internationale qu’il vise à abuser soit prémunie contre les subterfuges et évidents partis pris qu’il recèle. Qu’on en juge.

Le premier constat que révèle l’examen de ses différents volets, est que ce rapport dont la prétention affichée est de porter sur la Côte d’Ivoire, ne porte nullement sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’on vient de mettre en évidence. Il ne s’intéresse qu’à l’embargo sur les armes, en rapport avec le contrôle douanier, et les finances que généreraient les trafics d’or et de diamants, sous l’angle principal des menaces de déstabilisation que représentent l’usage des armes contre le régime Ouattara. Ce rapport vise in fine à protéger ce pouvoir.

De ce fait, ce document ne parle que de tous ceux qui peuvent faire ombrage au poulain de l’ONU Alassane Ouattara. C’est-à-dire de ceux qui peuvent s’opposer, ou s’opposent à sa gouvernance jugée satisfaisante par ces experts. Ils affirment avoir « constaté que les autorités ivoiriennes, sous la houlette du président Alassane Ouattara, avec la précision "élu démocratiquement" – comme pour s’en convaincre – ont fait des progrès notables en matière de sécurité, avec l’arrestation des membres du gouvernement Gbagbo qui opéraient depuis le Ghana ». (Paragraphe 3 page 5).

Flagrant délit de parti pris. Pro Gbagbo = insécurité, FRCI/Dozo = sécurité.

Concernant les progrès accomplis en matière de lutte contre l’impunité : le procès du Général Dogbo Blé Brunot, qualifié de procès majeur par ces experts, est à leurs yeux "une avancée non négligeable" (Paragraphe 9 page 6). L’impunité dont jouissent tous les criminels de guerre pro-Ouattara n’est donc pour ces experts, que justice.

Par ailleurs, ce groupe d’experts a "constaté que la réconciliation politique entre les partis ivoiriens était en progrès" (Paragraphe 3 page5). C’est à se demander s’ils parlent de cette même Côte d’Ivoire où nous vivons, et où la réconciliation, de l’avis de tous, est en panne sèche. Ces experts à l’évidence ne voient et ne disent que ce qui peut faire plaisir à leur commanditaire.

Mais il n’y a pas que ces incongruités. Dans le traitement même qu’ils font de la question centrale de leur rapport, l’embargo sur les armes, le déséquilibre des informations est tel que l’on en vient à se demander si ce travail est véritablement l’œuvre d’intellectuels dignes de ce nom, ou de mercenaires de la plume recrutés à la petite semaine, pour accomplir de basses œuvres sans scrupules et état d’âme.

Le chapitre VI du rapport intitulé "Armes" comprend au total cinq volets développés sur douze pages (page 9 à 22), et comporte 74 paragraphes dont 44, soit plus de 60% du texte, consacrés aux violations de l’embargo dont se seraient rendus coupables depuis 2009 le président Laurent Gbagbo et ses partisans après la chute de son régime. Seulement 10 chapitres sur 74 concernent les Forces Nouvelles, soit 12% ; les violations du gouvernement Ouattara sont traitées dans 13 chapitres soit 18% et 7 chapitres aux particuliers, soit 9%.

C’est là le premier aspect de ce déséquilibre que révèle la production linéaire du texte, et qui montre déjà à ce niveau, l’acharnement de ces "experts" sur les pro-Gbagbo.

En poussant un peu plus la réflexion, l’on s’aperçoit très vite que dans leur désir forcené de démontrer que les pro-Gbagbo constituent une espèce politique vénéneuse à exterminer, ils se sont employés avec force détails à décrire, les allées et venues des membres de ce qu’ils ont baptisés "l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo". Pour étayer leurs affirmations péremptoires ils ne s’appuient que sur des formules vagues, passe partout, du genre "selon des sources fiables" sans les identifier, ou "d’après les informations fournies par l’ONUCI, ou celles dont dispose le groupe d’experts".

S’agissant de ses sources d’informations, le chapitre deux du rapport indique relativement à la méthodologie de l’enquête, au paragraphe 10 que "le groupe d’experts a, en priorité, mené des enquêtes de terrain, en Côte d’Ivoire et dans les Etats voisins. Il a également examiné les éléments de preuves fournis par les organisations nationales, régionales et internationales, et entreprises privées". Et pour tenter de montrer sa bonne foi, le groupe d’experts souligne au paragraphe 12 de son rapport ceci " ses conclusions relatives à des Etats, des particuliers et des entreprises, ont été autant que possibles, portées à l’attention des intéressés et qui ont eu la possibilité d’y répondre ".

Deuxième aspect du déséquilibre de l’information, le groupe d’experts avoue avoir contacté toutes les sources possibles d’information, à l’exclusion du Front Populaire Ivoirien, le parti fondé par le président Laurent Gbagbo et qui a inspiré toute sa politique et les actes posés. Pourquoi le Front Populaire Ivoirien en particulier et les pro-Gbagbo sur qui porte l’enquête, ont été à priori considérés comme des sources non fiables par le groupe d’experts?

Toute démarche judiciaire ordinaire exige que tout présumé coupable soit entendu avant d’être condamné s’il y a lieu. Or la constance des rapports prétendument établis par des experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, est que les pro-Gbagbo sont des coupables à priori, qu’ils évitent soigneusement d’approcher encore moins d’entendre, d’écouter et de comprendre. Là se trouve le parti pris fondamental de l’ONU en Côte d’Ivoire et qui explique que, de forces dites impartiales, l’ONUCI soit devenue et reste encore aujourd’hui, une force belligérante, donc non crédible et ses experts disqualifiés pour parler de la Côte d’Ivoire.

2. 2 De la diabolisation permanente du FPI à celle du rebelle Soro et ses com-zones

De fait, les officines du pouvoir Ouattara, commanditaires et inspiratrices de ce rapport ont désormais fait leur choix dans la guerre larvée de succession à Alassane Ouattara, en optant de brocarder et de vouer aux gémonies Guillaume Soro et ses com-zones des Forces Nouvelles, mis dans le même sac que le FPI, comme des comploteurs.

Voici ce que dit à cet effet le rapport dans son paragraphe 30 page 10 «Au moment de l’attaque du camp militaire d’Akouédo, le 06 août 2012, le groupe d’experts a reçu des informations fiables sur les constats établis entre le commandement militaire de l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo au Ghana et de hauts représentants des ex-Forces Nouvelles, notamment leur ancien Secrétaire Général, Guillaume Soro, actuellement président de l’Assemblée Nationale et son proche conseiller et directeur du protocole, Kamagaté Souleymane, alias "Soul to Soul"».

Voilà le Front Populaire Ivoirien désormais allié des Forces Nouvelles de Guillaume Soro, alors que dans le précédent rapport de l’ONU, ce même parti avait été associé à tous les camps qui s’opposent dans la guerre au Mali, tout cela par la seule volonté des experts commandités par Alassane Ouattara.

Si l’attaque du 6 août 2012 du camp d’Akouédo, qui a servi de déclencheur au pouvoir pour opérer des arrestations massives au sein des pro-Gbagbo à commencer par Laurent Akoun, Secrétaire Général du FPI, a été opérée de concert avec les Forces Nouvelles, le pouvoir Ouattara devrait pouvoir tirer les conséquences de cette nouvelle donne et agir équitablement.

Mais il ne le peut parce que, comme le note aussi ce rapport (paragraphe 4 page 5) de 2011 à 2012, «d’anciens combattants des Forces Nouvelles ont étendu leur influence économique et politique: d’anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire, ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sur le coup de sanction de l’ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias "Wattao"), Hervé Touré (alias "Vetcho"), Koné Zakaria et Chérif Ousmane, ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d’importantes quantités d’armes (et de matériel connexe) entre leurs mains ; (…) sans pour autant que ceux-ci abandonnent leurs activités économiques prédatrices de seigneurs de guerre, qu’ils ont à présent étendus à l’ensemble du territoire ivoirien (paragraphe 5 page5).

Comment procèdent-ils ? Les rédacteurs du rapport précisent (paragraphe 102 page 23) que « la raison en est l’existence d’un réseau militaro-économique au sein de l’administration, qui profite de la contrebande et d’un système d’imposition parallèle ». Le réseau, souligne le rapport (paragraphe 151 page 29) « a adopté des méthodes de taxation analogues à celles utilisées par "La Centrale", l’ancien organisme responsable du trésor au sein des Forces Nouvelles, bien qu’il opère de manière plus discrète».

«Le réseau (paragraphe 152 page 30) maintient un monopole sur l’utilisation des armes par l’armée nationale. Il entrave la capacité des autres autorités, comme la police, la gendarmerie, les services de douanes et la police maritime et forestière de s’acquitter efficacement de leurs responsabilités».

Pour le fonctionnement de son système de taxation parallèle pour différents types d’activités commerciales, en ce qui concerne l’agriculture (cacao, coton, noix de cajou), le transport, l’or le diamant, «le réseau a fait appel dans toutes les grandes villes du pays à des anciens étudiants de la ville de Bouaké pour gérer ses recettes (Cf. chapitre 7 paragraphe 153 page 30)».

Notons enfin que ce que ce rapport indique bien que ce «réseau n’hésiterait pas à recourir à la force s’il en jugeait le besoin (paragraphe 102 page 23)».

L’enjeu est de taille parce que le paragraphe 103 page 23 précise que «la croissance limitée des taxes et droits sur les marchandises exportées par la Côte d’Ivoire, tient pour partie aux effets de la contrebande. Entre 2011 et 2012, la contrebande de cacao a représenté 153 000 tonnes soit des pertes de 400 millions de dollars environ 25 milliards de francs CFA (paragraphe 112 page 24)».

En d’autres termes, le pouvoir Ouattara à travers ces experts, dénonce l’existence d’un Etat bis en Côte d’Ivoire dirigé par Guillaume Soro et ses com-zones qui sont forts économiquement, militairement et politiquement.

Mais curieusement si sur le chapitre achat des armes et financement des activités, les auteurs du rapport se sont montrés très prolixes s’agissant des pro-Gbagbo avec même des indications sur les origines soudanaise, iranienne, israélienne, chinoise, russe des armes etc. et force détails sur même le calibre des munitions et leur nombre, pour ce qui est de l’armement des Forces Nouvelles, le rapport est quasiment muet. Il se limite à dire que les armes sont venues du Burkina Faso «début 2011 transportées par au moins six camions jusqu’à la zone de Katiola» (paragraphe 70 page 18).

Mais il n’est un secret pour personne que le Burkina Faso, qui n’a pas d’usine d’armement, n’a été qu’une couverture, un lieu de transit d’armes durant toute cette guerre. Alors questions. D’où viennent ces armes? De quels pays? Qui en a assuré le financement? Avec quels moyens?

Et cela avant et depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002. Ce sont là les questions essentielles qui s’attaquent à l’origine de la guerre, et non à ses effets que sont entre autres l’embargo sur les armes.

Le groupe des experts esquivent ces questions dont les réponses risquent d’emporter le commanditaire de ce rapport qui veut se débarrasser d’une rébellion qui l’a porté au pouvoir.

D’ailleurs que peut faire Alassane Ouattara, même devenu aujourd’hui président de la République, contre la contrebande des Forces Nouvelles et leur réseau militaro-économico-politique. Cette contrebande existe depuis 2002, il ne l’a jamais dénoncé, l’ONU non plus. C’est la contrebande en tout genre, cacao, diamant, or, coton qui équilibre le budget du Burkina Faso depuis 2002. Ce pays sahélien est devenu producteur de cacao, mais le rapport n’en parle pas. C’est la contrebande orchestrée par "La Centrale" qui a pris le relais du financement de la guerre dont Alassane Ouattara a profité pour accéder au pouvoir d’Etat. Avec l’existence de cette contrebande dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, et que dénonce aujourd’hui Ouattara et ses experts, Laurent Gbagbo a gouverné pendant plus d’une décennie la Côte d’Ivoire avec des budgets sécurisés.

Le président Ouattara est donc très mal placé pour dénoncer la contrebande des Forces Nouvelles par ses experts interposés. C’est un juste retour des choses, l’arroseur arrosé.

De même que peut faire l’ONU contre une rébellion qu’elle a couvée, adoubée et portée au pouvoir. Rien.

Ce rapport des prétendus experts sur la Côte d’Ivoire relève en définitive d’une diversion. Il s’agit de divertir, au sens de distraire, détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire énoncés plus haut dans l’état des lieux.

Publié curieusement au même moment où Alassane Ouattara annonce sa candidature aux présidentielles de 2015, il constitue un élément de campagne visant à disqualifier dans le même élan celui qui l’a fait roi, Guillaume Soro d’une part, et de l’autre le Front Populaire Ivoirien dont il a si viscéralement peur qu’il s’obstine, dans sa diabolisation devenue une rengaine, à voir le FPI dans des élections auxquelles il n’a pas participé.

A cet effet il est frappant de constater que ce rapport ne fait nullement état du moindre reproche encore moins de la moindre faute commise par Alassane Ouattara durant ces deux ans de gouvernance pourtant désastreux. Il fuit en permanence son peuple, les travailleurs en particulier en se réfugiant dans l’esbroufe pour cacher sa peur. L’esquive et la communication internationale mensongère dont ce rapport en sont une preuve patente.


Fait à Abidjan, le 15 mai 2013


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard



Source: AFRIK53.COM

vendredi, 17 mai 2013

APRES DEUX ANS DE POUVOIR: LE REGIME OUATTARA BAT LES RECORDS DE DETOURNEMENT DE FONDS PUBLICS

 

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Que de scandales financiers ne sont-ils pas dénoncés depuis l’accession au pouvoir le 21 mai 2011, officiellement d’Alassane Ouattara. Il ne se passe plus de jour que les Ivoiriens n’apprennent un scandale enregistré. Sous Ouattara cela est sorti de l’extraordinaire pour devenir un fait banal, au quotidien. Un fait si banal qui est inscrit à l’agenda du régime. Des disparitions de sommes faramineuses à des marchés aux contours ambigus en passant par la polémique autour des scandales financiers, le régime ploie sous le poids des pillages et des détournements. Des actes de mal gouvernance qui ternissent l’image du pays qui, à entendre Ouattara, sera «émergent à l’horizon 2020». La liste des affaires sulfureuses sous Ouattara risque de s’allonger. Des faits qui montrent le vrai visage du Rdr, parti-Etat en Côte d’Ivoire.

Filière cajou: des milliards disparus

Aucun secteur d’activité n’échappe à la furia des nouvelles autorités ivoiriennes. Pourvu que cela rapporte gros, se justifie-t-on dans le langage populaire. La filière Cajou vient de faire le frais des ténors du «Vivre ensemble». Qui sont passés par là. Conséquence : des milliards ont disparu. La presse ne se fait pas priér pour donner un large écho de cette manière de gérer les biens publics. En attendant que les responsabilités soient situées, laissons libre cours à la présomption d’innocence. Cela n’empêche pourtant pas les Ivoiriens de commenter ce qui se passe dans cette filière où les pauvres paysans peinent à joindre les deux bouts. Annoncé à grand renfort médiatique, le prix bord champ n’est pas respecté. Au grand dam des paysans qui ne savent plus à qui se confier. Vu que les gouvernants sont muets devant l’ampleur de la situation. Le prix bord-champ des noix de cajou, faut-il le rappeler, au titre de la campagne 2013, a été fixé par le gouvernement à 200 FCFA le kilogramme, tandis que le prix magasin intérieur à 235 FCFA. Or, dénoncent les paysans, le prix n’est pas respecté. « Les acheteurs s’offrent les produits à 150 FCFA le kg, voire 125 FCFA dans certaines zones. Nous ne sommes pas du tout d’accord » a signifié Kouamé Yao, délégué départemental de l’Intercajou de Nassian, appelant les producteurs à faire la rétention de leurs produits, en attendant qu’ « une solution soit trouvée». Des difficultés auxquelles s’ajoute la disparition de milliards dans ladite filière. Ce sont, indique-t-on dans les colonnes du confrère de Le Nouveau Courrier, du mardi 14 mai 2013, plusieurs milliards (pour une production entre 400 et 500 mille tonnes) qui sont engrangés à travers des prélèvements sur la commercialisation de l’anacarde mais qui ne sont pas reversés à l’Interprofession dont le rôle consiste à gérer la filière au niveau de l’encadrement des producteurs, de la commercialisation interne, et externe de la noix brute. Une information qui en dit long sur la gestion du régime actuel obnubilé par la traque des pro-Gbagbo.

Les 110 milliards engloutis dans du gazon à l’université

A son arrivée au pouvoir le 11 avril 2011, Ouattara a fermé les universités publiques au motif que celles-ci ont subi de lourds dégâts durant la crise postélectorale. En fait, le régime Ouattara a toujours vu les étudiants comme des pro-Gbagbo inconditionnels qui constituaient une menace pour lui. Alors la solution fut de fermer les amphithéâtres le temps de «maîtriser le terrain ». Ce qui fut fait sous le prétexte de réhabilitation. Les travaux étant sous la supervision de son ministre de l’Enseignement supérieur, Cissé Ibrahim Bacongo. Quand l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, rouvre à nouveau ses portes, le 3 septembre 2012, on annonce que 110 milliards de Fcfa ont été dépensés. Mais à quoi a servi cette somme si en fait de réhabilitation, l’on n’a fait que repeindre des bâtiments qui existaient déjà et planter du gazon ?

Les étudiants se retrouvent dans des amphis et salles de Td bondés et surchauffés, sans le matériel didactique approprié. A quoi ont réellement servi les 110 milliards affectés à la réhabilitation de l’université et à qui a-t-il profité ? Les étudiants, en colère, se sont fait entendre. Le ministre Cissé Bacongo a échappé de peu à un lynchage après avoir pris des projectiles au visage. Les raisons évoquées par les étudiants en colère sont d’ordre technique et didactique : absence de micro, de toilettes, d’ouvrages pour les bibliothèques. Cissé Bacongo a sacrifié son Daf dans cette «sale affaire ». Quand lui-même le concerné, la cheville ouvrière, continue de bénéficier du soutien de son mentor. Mais pour combien de temps ? Les évènements de lundi 13 mai doivent interpeller le régime Ouattara de plus en plus ancré dans la mal gouvernance économique. Ce qui ne manque de faire écrire à un confrère ceci : « Aujourd’hui le gouvernement a voulu honorer la Grande Chancelière qui a décoré tant de monde, à commencer par M. le Préfet lors de son investiture, mais là encore, les mensonges et les dissimulations n’ont pu être étouffés, et les étudiants asphyxiés financièrement demandent aujourd’hui des comptes à leurs dirigeants qui vivent dans l’opulence : que sont devenus les 110 milliards de la réhabilitation de l’Université ? Pourquoi y a-t-il des jardins avec jets d’eau mais pas de chasses d’eau et de toilettes ? Où sont passés les crédits pour équiper les amphithéâtres d’une sonorisation et d’un mobilier décent… ? Seule trace des coups de peinture de la réhabilitation : la reconversion des pots de peinture vides en sièges écologiques pour étudiants chanceux… Côte d’Ivoire émergente, Côte d’Ivoire tellement chérie et choyée par notre docteur en économie, qu’il se propose déjà de continuer la distribution des cadeaux lors d’un second mandat. Grâce à la baguette magique du rattrapage, à chaque retour de voyage, il la comble des cadeaux rapportés : promesses, paroles, assurances, certitudes… autant de mots se conjuguant avec des verbes au futur». Sans commentaires dans une Côte d’Ivoire sous Ouattara. Et le confrère de poursuivre de manière prophétique :« Une certitude : le présent est difficile, trop dur pour tous ces Ivoiriens spoliés, emprisonnés, dépouillés, exilés, sans travail » Le vivre ensemble proposé, à l’image de la scène peinte sur le tableau offert à Claude Guéant, se réduit à une belle affiche de propagande. Surtout que d’autres scandales sont annoncés. Dans la construction du 3ème pont, dit Henri Konan Bédié. Qui aurait été surfacturé

Le scandale des 700 millions Fcfa des religieux

Les malversations financières ont gagné la direction générale des Cultes. L’affaire porterait sur la somme de plus de 700 millions de FCFA. L’argent des des hommes de Dieu aurait été détourné par l’ex-Dg, Diaby Aminata Dao, promue aujourd’hui préfet d’Alépé. La lumière n’a jamais été faite sur cette affaire. Mieux, Mme Dao Aminata, « l’intouchable », a été bombardée, en mars 2013, préfet d’Alépé par le régime. Une prime à la malversation. Qui est censé tirer pour le moment le rideau sur les 700 millions de FCFA. A l’instar des sulfureux marchés passés au mépris des règles de l’art dans le cadre du ramassage des ordures, sous Anne-Ouloto. Et l’affaire Celpaid. Des scandales qui se succèdent.

 

Toussaint N’Gotta, in le quotidien ivoirien "Le Temps"


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

jeudi, 16 mai 2013

KKB: «LE PDCI NE FAIT PAS BON MENAGE AVEC LES ARMES, LE RHDP A VOLE EN ECLAT!»

 

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Kouadio Konan Bertin, KKB, a dit: (…) «Le PDCI ne peut plus porter à bout de bras le Rhdp. Le RDR est loin d’être le 1er parti de Côte d’Ivoire. Le PDCI ne rejette pas l’appel du FPI qui fera l’objet de débat et de réflexion à son congrès en octobre. Le RDR prépare le divorce, s’il n’est pas déjà consommé. La coalition a volé en éclat à cause des velléités hégémoniques du RDR» (…)

«Ce qu’il convient de dire, c’est que depuis 2001, on ne gagne plus les élections en Côte d’Ivoire, si on n’a pas d’armée. Depuis 2001, on ne gagne plus les élections dans ce pays quand on n’a pas une branche armée».

«Ce qui est vrai, c’est qu’en effet depuis 2001, le PDCI n’a plus gagné d’élections. La raison est toute simple et je le dis à nos alliés. J’ai déjà fait le constat. La zone CNO est réservée exclusivement au RDR, la concurrence n’y est pas possible, mais nous le savons tous. Le PDCI est dans la situation où il a grillé sa face et son dos. Il ne peut pas prospérer au Nord, en même temps au Sud, les Ivoiriens du Sud lui reprochent de s’être allié aux rebelles et s’éloignent de nous. Rien que pour ça, parce que pour les Ivoiriens du Sud, notre alliance avec le RDR, c’est l’alliance avec la rébellion et ils ne nous ont jamais pardonné cela».

«Ces dernières élections ont montré que malgré la présence de Gbagbo à la Haye, les élections ont été organisées dans la violence. Faisons en sorte que plus jamais il n’y ait des élections avec violence en Côte d’Ivoire. Pourquoi pensons-nous que chaque fois qu’il doit avoir une élection en Côte d’Ivoire, il faut forcément la violence? Or c’est connu, le PDCI RDA ne fait pas bon ménage avec les armes, avec la violence».


Kouadio Konan Bertin dit KKB

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RHDP: KKB accuse le RDR de «préparer le divorce»


Le Président des jeunes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique), Bertin Konan Kouadio, également Député à l’Assemblée nationale ivoirienne a accusé mercredi le Rassemblement des républicains (RDR, le parti présidentiel) de «préparer le divorce» des partis membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

«Sous nos yeux, le RDR est en train de préparer le divorce», a-t-il accusé lors d’une conférence de presse, prévenant qu'«il y a des femmes qu’on ne divorce pas».

Commentant l’actualité électorale marquée par les élections locales du 21 avril dernier, le Président de la JPDCI, surnommé «KKB», a dénoncé l’hégémonie de son allié, le RDR sur le Nord du pays.

«Le RDR ne joue jamais à la carte de l’alliance dans les régions qui lui sont favorables», a-t-il dit à ce propos, en s’élevant contre la mainmise du parti présidentiel sur le Nord du pays où le PDCI est de moins en moins présent.

La tension est montée d’un cran entre le RDR et son principal allié, le PDCI lors des élections régionales et municipales couplées du 21 avril, boycottées par le camp de Laurent Gbagbo.

Faute de consensus pour des candidatures RHDP dans la plupart des circonscriptions, les houphouëtistes se sont mutuellement accusés de fraudes lors de ce scrutin, marqué en certains endroits par des violences.

«Depuis 2001, on ne peut pas gagner une élection en Côte d’Ivoire, si on n’est pas armé», a regretté «KKB», faisant remarquer que «le PDCI ne fait pas bon ménage avec les armes».

Invitant à des élections sans violence en Côte d’Ivoire, il a rassuré que le PDCI ne va jamais rompre avec sa bonne pratique de la paix.

«Je voudrais dire au RDR qu’on ne traite pas un allié comme il le fait. Nous avons un passé très récent (…) On ne crache pas dans la soupe qu’on a mangé hier», a lancé le Président des jeunes du PDCI.

Ce sont au total 163 requêtes en annulation qui ont été envoyées à la Commission électorale indépendante (CEI) sur 519 têtes de listes pour les municipales. Elles ont été toutes transmises ensuite à la Cour suprême par la CEI.

En attendant ce verdict de la Cour suprême, les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) donnent 65 communes remportées par le RDR contre 49 pour son allié, le PDCI.

Le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA sont les quatre partis politiques membres du RHDP.

Le porte-parole du RDR, Joël N’guessan, a annoncé la semaine dernière que «23 indépendants ont formellement rejoint le RDR», permettant au parti présidentiel de totaliser pour le moment «88 maires» sur les 197 communes que compte le pays.

L’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) s’en sort avec 5 communes et 3 pour le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Au Conseil régional, le RDR remporte ladite élection avec 10 régions, quand le RHDP obtient 9. Les indépendants remportent 6 contre 4 pour le PDCI, suivi de l’UDPCI avec 1. Ces dernières élections locales bouclent le cycle du processus électoral ivoirien.

S’agissant des reformes annoncées sur la nationalité et le code foncier, l’honorable Bertin Konan Kouadio a estimé que «pour l’instant, nous sommes au stade des rumeurs».

«Le PDCI n’agit pas avec les rumeurs», a-t-il poursuivi, en ajoutant dans la foulée que «s’il arrivait que ces rumeurs se confirment, le PDCI donnera sa position». M. Kouadio a en outre rappelé que la loi de 1998 sur le code foncier est l’une des rares lois ayant fait l’unanimité.

Parlant de l’appel du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo pour un rassemblement avec le PDCI, Bertin Konan Kouadio, a indiqué que le congrès de «clarification» de l’ex-parti unique qui se tiendra en octobre prochain y donnera une réponse.


LS/APA, Agence de Presse Africaine


Source: AFRIK53.COM

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Côte d’Ivoire – KKB crache du feu: «Le Pdci a un candidat 2015», «Le Rhdp est mort». Le régime riposte «KKB est devenu fou», «Il est manipulé»!


KKB traité de fou par «Le Patriote», après avoir confirmé la mort du RHDP, et dénoncé la dictature Ouattara.

 

Kouadio Konan Bertin dit KKB, président de la Jpdci et député, a mis le régime Ouattara en branle hier, en annonçant au cours d’une conférence de presse au siège du Pdci à Cocody, la mort du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), et en dénonçant la dérive guerrière et dictatoriale du régime. Et crime de lèse-majesté, KKB a annoncé que son parti avait déjà son candidat pour l’élection présidentielle de 2015, là où les Républicains de Ouattara espéraient encore que le Pdci n’en présente aucun. C’est la raison de l’annonce surprise de la candidature de Ouattara à la présidentielle de 2015, deux ans avant la fin de son mandat, un fait extrêmement rare pour être souligné. D’habitude, les candidats en exercice attendent au dernier moment pour annoncer leur flamme.

C’est aussi le sens des intenses pressions exercées en ce moment sur le président Bédié, président du Pdci, par Alassane Dramane Ouattara, afin que le Pdci renonce à avoir un candidat, et qu’il lui livre comme en 2010, son parti sur un plateau d’or.

Pour le RDR, la sortie de KKB hier, s’apparente à une déclaration de guerre et une grave menace pour la survie du régime. Car sans le Pdci, qui de plus en lorgne vers le FPI depuis l’Appel du 12 avril dernier de Christian Vabé du Rpci-Ac à s’unir pour sauver la Côte d’Ivoire en danger, le régime Ouattara n’est rien. Et à coup sûr, il s’écroulera en 2015 comme un château de cartes. Il faut donc d’urgence diaboliser KKB, le ridiculiser, voire le marginaliser.

Ce matin donc, notre confrère «Le Patriote», journal du régime, fait feu de tout bois contre le président de la Jpdci: «KKB dans tous ses états hier», «Ce petit bonhomme est devenu fou», «C’est une marionnette manipulée par des barons cachés», «C’est pour casser le Rhdp», «C’est un coup d’Etat pour chasser Bédié».

Selon nos informations, KKB n’est pas devenu fou ni même manipulé par qui que ce soit. Il exprime la pensée de la majorité des cadres et militants du Pdci, excédés par tant de frasques et de dérives du régime Ouattara, en qui ils avaient cru. Ces derniers, ayant compris leur grave erreur de s’être alliés au Rdr, et devant les mensonges et l’incapacité de Ouattara à apporter des solutions aux problèmes des Ivoiriens, ont décidé de prendre les choses en main, afin de sauver la Côte d’Ivoire d’un naufrage collectif, et avant qu’il ne soit trop tard.

KKB a juste dit ce que la majorité des ivoiriens pensent désormais, qu’ils soient étudiants, chômeurs, villageois, agriculteurs, réfugiés, cadres, enseignants, et quelles que soient leur appartenance ethnique et leur religion: Alassane Dramane Ouattara est une erreur de casting qu’il faut corriger au plus vite.

 

Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

COTE D'IVOIRE: OUATTARA AUSSI POPULAIRE ET EFFICACE QUE FRANÇOIS HOLLANDE EN FRANCE

 

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Les présidents Ivoiriens et Français ont énormément de points en communs. En particulier ceux de ne plus représenter grand monde et d’avoir lassé leurs populations par leurs mensonges et les violences qui se poursuivent dans leurs pays. Les récentes élections en Côte d’Ivoire confirment la division du pays et l’isolement de son dirigeant, illustrant le manque de confiance pour ce président imposé, après le putsch de l’Armée Française. Le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo a appelé à boycotter les élections régionales et municipales, les qualifiant de farce électorale. Et au vu du très faible taux de participation, moins de 30%, l’appel semble avoir été largement suivi. Ce vote a en outre été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à dégénérer en incidents violents partout dans le pays.

Malgré l’aveu de ses échecs, nonobstant la manne du FMI, de son impuissance et les dissensions au sein de son propre camp, le Président Ouattara briguera un second mandat. Cependant, l'insécurité persiste et aucune avancée notable n’a été faite pour une véritable réconciliation nationale. Au contraire, on note une mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui réclament sa libération à la Cour pénale internationale.



Plus inquiétant, le pays semble livré à une nouvelle oligarchie spoliatrice. En effet, des experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles, au profit d’un “réseau militaro-économique” mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l’actuel président, Alassane Ouattara, lui même ancien cadre du FMI. Environ 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été ainsi détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d’autres poches. Mais c’est également le cas pour le coton, le bois, l’or ou encore les diamants.

Les sommes détournées sont loin d’être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (soit 1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l’économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. Comme d’habitude, ce sont les mêmes méthodes qui sont à l’œuvre sur tous les continents. Pour contenter certains, on sacrifie un pays et sa population en les plongeant dans une anarchie durable mais profitable aux trafics en tout genre. Alors, comment réagirait la France, et plus largement l’Union Européenne, si du fond de son cachot de la Haye, l’ex-Président Laurent Gbagbo, remportait les élections présidentielles de 2015? Les ivoiriens seraient bien capables de faire ce joli pied de nez aux donneurs de leçons occidentaux.

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Source: PRORUSSIA.TV

mercredi, 15 mai 2013

JEAN-LUC MELENCHON: «IL EST TEMPS POUR NOTRE PAYS D’EXIGER LA LIBERATION SANS CONDITION DE NOTRE COMPATRIOTE MICHEL GBAGBO»

 

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Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche et Coprésident du Front de Gauche, dénonce vigoureusement l’interventionnisme militaire de la France qui, sous couvert de défense des droits de l’homme, a installé en Côte d’Ivoire le régime dictatorial d’Alassane Ouattara. Une nouvelle fois, il interpelle le Président François Hollande et le Ministre Laurent Fabius afin qu’ils exigent sans délai la libération du franco-ivoirien Michel Gbagbo détenu arbitrairement depuis deux ans. Le site "Soutien et Liberté".

Malheur aux ivoiriens vaincus

 

Le service après-vente des interventions militaires de nos présidents successifs est un devoir qui dépasse les temporalités médiatiques. Quand la guerre a lieu, l’armée transporte les journalistes et les installe dans des points d’observations choisis par elle. Pendant quelques jours les « reporters » filment librement ce qu’il est prévu de les voir filmer et commentent librement en direct « sur place, depuis le terrain » leurs collègues en plateau à Paris qui leur lisent les dépêches de l’armée et du gouvernement. Jusque-là tout va très bien. En effet il ne saurait être question de laisser de tels énergumènes pourrir une guerre avec leurs inévitables otages ou leurs morts mis en exergue chaque jour au journal de vingt heures. Surtout que sur ces plateaux tournent avec suavité deux ou trois experts directement liés à nos Etats-Majors, revues et colloques savants, qui commentent des cartes du meilleur effet. De cette façon tout se déroule, avec une magnifique précision d’horloge, selon le plan prévu. Premier temps on intervient au nom des droits de l’homme comme le prouvent des images « tournées en caméras cachées au péril de notre vie ». Deuxième temps on commente les droits de l’homme bafoués avant notre glorieuse présence vu qu’il n’y a plus rien à montrer en image car les zones de combat sont interdites d’accès. Troisième temps la guerre est finie, les droits de l’homme sont rétablis, la population sort les drapeaux français tout neufs qu’elle cousait en cachette depuis des semaines. Les télés rentrent à la maison, les commentaires s’interrompent car le sujet est vite épuisé (surtout dans le désert où il n’y a vraiment personne). Depuis peu il y a une nouvelle séquence imposée : la visite sur place du président très bon très grand qui vient écumer la joie du peuple libéré. « Merci la France » « Sarkozy ! Sarkozy ! » à Benghazi. « Merci papa Hollande » à Tombouctou. Les sceptiques reçoivent le coup de grâce. Quoi qu’il en soit, quatrième temps, la guerre continue. Peu importe qu’elle continue. Le cirque est parti, le spectacle a lieu ailleurs. Les droits de l’homme retournent donc au présentoir de la bonne conscience, entre la tête de buffle empaillé et le portrait du Dalaï Lama. A partir de cet instant on ne peut revenir sur la scène de ces exploits guerriers qu’avec un masque et des gants, car il s’agira de fouiller dans la charogne.

En Côte d’Ivoire, comme hier au Kosovo, comme à présent en Lybie et très bientôt, c’est certain, au Mali et en Syrie, nos chers alliés politiques « amis des droits de l’homme » que nous sommes venus secourir s’avèrent être « à la longue », c’est-à-dire hors de la quinzaine pendant laquelle les médias montrent quelque chose, d’odieux pourris et parfois même des criminels notoires. Voyez comment les prétendus « combattants de la liberté » du Kosovo trafiquaient les organes des prisonniers serbes qu’ils prélevaient pour les revendre. Motus. Le serbe était le méchant du film. Puis ils menacèrent de mort la présidente du Tribunal Pénal International. Silence : aucun d’entre eux ne sera donc jugé. En Lybie et en Syrie aujourd’hui les « insurgés » combattent un despote avec des méthodes aussi répugnantes que les siennes et parfois même pire. C’est ce que vient de montrer le recours aux armes chimiques par les « rebelles » en Syrie. Etrange : la femme qui le révèle pour l’ONU est celle qui a été menacée déjà pour le Kosovo. Encore elle ! Heureusement, les nord-américains sont là pour révéler qu’ils disposent de preuves solides montrant que le despote a usé de ces armes chimiques. Et patati et patata. La vie, quoi. Je ne crois pas surprendre beaucoup de mes lecteurs en écrivant tout cela. Je les invite pourtant à suivre avec attention ce qui leur est dit sur ces sujets quand ils en entendent parler. Car il nous faut tous tirer parti de chacun de ces épisodes. C’est nécessaire pour améliorer notre compréhension du monde et pour éduquer nos réflexes face à la machine de propagande quand elle se met en mouvement. Sinon comment assumer notre dignité de citoyens ? Nous devons exercer en esprit libre nos pouvoirs de discernement. Il est essentiel, là encore de prendre d’abord conscience du rôle d’illusionnistes (souvent distrayants, j’en conviens) des médias officialistes.

En Côte d’Ivoire, des criminels de toutes sortes, massacreurs de civils, tortureurs de prisonniers civils, bourreurs d’urnes patentés, occupent dorénavant les postes clefs du régime « ami des droits de l’homme » que Nicolas Sarkozy a installé au pouvoir. Un rapport de l’ONU, non commenté aux journaux de 20 heures français pourtant tellement actifs dans le service de vente directe de la belle guerre de Côte d’Ivoire note : « D'anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire. Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sous le coup de sanctions de l'ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias ì Wattao), Hervé Touré (alias ì Vetcho ), Koné Zakaria et Chérif Ousmane ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d'importantes quantités d'armes (et de matériel connexe) entre leurs mains. » Ces gens sont impliqués dans des crimes dont le récit vous fait dresser les cheveux sur la tête. Qui cela va-t-il empêcher de dormir ici, au pays des droits de l’homme qui n’hésite pas à s’engager militairement pour défendre nos principes ? Personne ! Et sûrement pas François Hollande. Il a confirmé la marionnette présidentielle Alassane Ouattara qui est venue lui faire acte d’allégeance à domicile. J’ai alors demandé si ce noble guerrier se souvenait de notre compatriote Michel Gbagbo détenu dans des conditions infra humaines par les vainqueurs qui l’ont d’abord copieusement tabassé. Michel Gbagbo est citoyen français. Il a été détenu sans jugement ni même inculpation pendant des mois. Puis il a été détenu dans des conditions qui l’ont amené aux portes de la mort. Il ne faisait pas de politique. J’ai interpellé le gouvernement. Personne ne m’a répondu. Il faut quand même dire, sans doute, que s’appeler Gbagbo et être le fils de son père, même si on n’a pas d’activité politique n’est pas bien malin. Fabius qui a eu ses petites entrées auprès de Laurent Gbagbo du temps où il était puissant devrait pouvoir s’en émouvoir. Non. Dans la mesure où l’ennemi est vaincu, les vainqueurs ont tous les droits. Notamment celui de martyriser les vaincus. Bien sûr cela se fait en toute bonne conscience au nom des droits de l’homme qui ont été méprisés par les vaincus, cela va de soi.

« Vae victis » dit l’adage des romains, malheur aux vaincus. Tout est alors permis contre eux. Je ne veux pas gâcher vos rêves avec des cauchemars venus de Côte d’Ivoire. Mais le sort réservé aux six cent soixante dix membres du Front Populaire Ivoirien détenus par les officiels actuels pourraient vous faire très peur. Passons sur celui réservé à madame Simone Gbagbo qui vient d’être enlevée de l’hôpital où il avait bien fallu la conduire. Battue en public sous les yeux des caméras par des soudards, elle est pourtant réclamée par le tribunal pénal international. Sa défense ne sait rien d’elle. Elle est vivante et martyrisée. Qui s’en soucie à Paris parmi ceux qui dînaient avec elle du temps où elle était la « première dame » ? Moi, je n’ai jamais dîné avec les Gbagbo du temps où ils étaient puissants. Ils ne m’ont ni reçu, ni invité. J’étais à la gauche du PS et de l’Internationale socialiste. Mais je sentais le souffre pour eux. Ils recevaient Henri Emmanuelli, et d’autres beaucoup moins à gauche. Au bureau national du PS des gens comme le renégat Eric Besson réclamaient des sanctions contre les Gbagbo sans beaucoup de succès car nombreux étaient ceux qui regardaient la pointe de leurs chaussures. Ils ont fini par applaudir l’intervention militaire de Nicolas Sarkozy. Tous sont devenus muets depuis. Défendre leurs droits humains aujourd’hui ajoute aux croix qu’il me faut porter devant la meute. Mais pourtant je le fais. Quand je vois un « ministre de la justice et des droits de l’homme » refuser l’accès de tout avocat auprès de mon compatriote Michel Gbagbo, je me souviens que lui et son ministère ne seraient rien ni personne sans l’accord de François Hollande. Quand Simone Gbagbo est enlevée de son hôpital à la faveur d’une anesthésie générale et interdite de contact avec ses conseils, je suis juste soulevé de dégoût par la lâcheté de ceux qui autorisent ces exactions à Paris. Et je ne voudrais pas que les ivoiriens croient que « c’est ça la France ». Et je ne voudrais pas qu’ils montrent mon pays du doigt. Exactement comme moi, je ne crois pas que Alassane Ouattara, ce soit la Côte d’Ivoire et je ne montre pas le pays du doigt à cause des bourreaux des milices nordistes.    

Il y a eu des élections municipales il y a trois semaines en Côte d’Ivoire. Evidemment, vu la situation, le Front Populaire Ivoirien et ses alliées ont appelé au boycott. Selon eux, la participation a été de 15%. Le président « élu », Alassane Ouattara dit qu’elle a été de… 30%. Pas de quoi pavoiser ! Mais selon les observateurs internationaux ce serait 20%. Rien qui évoque la joie et la mobilisation d’un pays « libéré ». Cette très faible participation, due au boycott et à la lassitude générale de la population, montre au contraire un pays prostré et abusé. Et dans ce naufrage, le parti d’Alassane Ouattara a subi une sévère débâcle. A peine 20% des nouveaux maires sont issus de ses rangs et ils viennent des régions déjà sous contrôle de ses milices partisanes sécessionnistes sous l’ère légale de Laurent Gbagbo. La moitié des nouveaux maires sont des « indépendants ». 30% environ sont issus du très ancien parti présidentiel des lendemains de la décolonisation, le PDCI ! Sur le terrain de nombreux incidents ont eu lieu entre les deux partis. Là encore pas de trace du « pays libéré », juste une exaspération généralisée et une tension rappelant à tous les conditions politiques qui prévalaient à la veille de l’intervention militaire française.

Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a officiellement invité François Hollande à se rendre dans son pays. Peut-être qu’il ira. Je ne sais pas. Mais je sais qu’il est temps pour notre pays d’exiger la libération sans condition de notre compatriote Michel Gbagbo. Juste parce que c’est notre compatriote et que nous ne devons pas accepter que son nom soit un motif de persécution. C’est pourquoi je prends le temps d’écrire ces lignes pour rappeler que le retour à un état de droit qui avait été promis passe nécessairement par le respect des droits attachés à la personne de tous les prisonniers politiques ! Et enfin j’affirme que le renvoi devant les tribunaux des personnes proches de Monsieur Ouattara suspectées d’avoir commis de graves crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire est une urgence centrale dans un contexte où nos armes sont intervenues sous le prétexte de la restauration des droits de l’homme. Je sais très bien que ce n’était pas vraiment le sujet. Mais ce pourrait être une opportunité. Même après coup.

Je ne veux pas finir ce chapitre sans revenir aux questions de couverture médiatique de nos guerres. Tout le monde ne se contente pas d’occuper avec sérieux son rôle de marionnette. Quelques courageux vont pourtant plus loin, sans la laisse ni la gamelle fournie par le service de communication des armées en campagne. Mais le temps qu’ils arrivent là où les choses se passent, le temps qu’ils recoupent leurs informations, bref le temps qu’ils fassent le travail de journaliste, la guerre officielle est finie. Ils n’accèdent donc plus à l’antenne. Ou alors seulement pour le magazine spécialisé qui diffusent leur travail entre deux reportages voyeuristes sur la prostitution aux îles Boudijis et le trafic des escargots en voie de disparition en république centre Afroucha. Ceux-là se font tuer aussi parfois. Leur mort, n’est pas filmée. Mais elle sert de prétexte à d’émouvantes auto-célébrations de la corporation par des hommes et des femmes troncs qui ne quittent jamais leurs studios bien chauffés. Leurs images, leurs lignes sont tout ce qu’il nous reste de la part de vérité qu’ils ont pu capter. Mais comme ce sont des parts de vérité, il faut pour en disposer aller les chercher soi-même. Mais peut-être est-ce un devoir à leur égard aussi.


Jean-Luc Mélenchon


Source: Le blog de Jean-Luc Mélenchon

TRANSFEREMENT A ODIENNE - Me HABIBA TOURE: «CE N'EST PAS VRAI, MME GBAGBO N'A RIEN DEMANDE»


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A propos du transfèrement de sa cliente à Odienné - Me Habiba Touré, avocate de Simone Gbagbo, réagit: «Ce n’est pas vrai, Mme Gbagbo n’a rien demandé»

 

«Ça ne tient pas la route d’affirmer comme l’a fait le ministre de la Justice, Gnénéma Coulibaly, que Mme Simone Gbagbo a demandé à être transférée à Odienné. Ce n’est pas vrai. Elle n’a rien demandé. Les informations crédibles que nous avons reçues sur place à la Polyclinique La Pisam sont formelles. Mme Gbagbo a été l’objet d’un traitement inhumain et dégradant lors de ce transfèrement forcé. Elle n’avait pour seul vêtement que la blouse de malade. Elle était démunie de tout. Or, une blouse de malade est tout sauf un vêtement de voyage car loin d’assurer la couverture de tout le corps. Le transfert de Mme Gbagbo, mère de famille et grand-mère, dans une simple blouse qui n’assure pas le respect de son intimité est parfaitement scandaleux et indigne.

Ma cliente était, par ailleurs, sous anesthésie. Il n’y a pas eu de réveil post-opératoire sous le contrôle des médecins. Son visage a été camouflé, et elle a été sortie de l'Hôpital contre l'avis des médecins, par des hommes en armes qui l’ont transportée vers l’aéroport d’Abidjan». Me Habiba Touré, avocate au barreau de Paris (France) et un des membres du Conseil de Simone Gbagbo, réagissait ainsi hier au téléphone aux propos tenus par le ministre ivoirien de la Justice, Gnénéma Coulibaly, relativement au transfèrement forcé de Mme Gbagbo à Odienné.

En effet, M. Coulibaly a soutenu, dans l’édition du 11 mai 2013 du quotidien Le Patriote, que Simone Gbagbo a été ramenée à Odienné parce qu’elle l’a demandé. «Ce sont des histoires que les gens racontent. C’est archi-faux et c’est de l’intoxication. Simone Gbagbo est venue à Abidjan, à sa propre demande, pour un bilan de santé. Pendant quelques jours, les médecins se sont penchés sur son état de santé. Une fois cela fait, c’est elle-même, satisfaite, qui a demandé à retourner d’où elle est venue. Elle a donc été reconduite à Odienné. Tout simplement», a affirmé le ministre de la Justice du régime Ouattara.

Des propos qui sont totalement aux antipodes de la vérité, précise Me Habiba Touré. Pour qui, l’opération de transfèrement forcé de Mme Gbagbo a été menée de bout en bout par le ministre Gnénéma Coulibaly, le directeur de l’administration pénitentiaire et le commissaire Kouyaté, commandant du CCDO. « Ni le parquet général, ni les juges n’en étaient informés. Encore moins, nous, les avocats de Mme Gbagbo. D’ailleurs, depuis le mercredi 8 mai dernier, jour du transfèrement brutal, nous sommes interdits de visite à Simone et Michel Gbagbo. Un de mes confrères a même été éconduit à la Pisam, mercredi dernier, dans la matinée alors qu’il voulait rencontrer notre cliente. Nous sommes aussi inquiets pour Michel Gbagbo qui pourrait subir la même brutalité que Mme Gbagbo ».

Sur la question de l’interdiction de visites à Simone et Michel Gbagbo, Me Habiba Touré s’est voulue précise : « le directeur de l’administration pénitentiaire l’a clairement dit à mon confrère à Abidjan : c’est le ministre de la Justice qui a donné l’ordre d’interdire toute visite à Simone et Michel Gbagbo. Nous avions pensé au départ qu’il s’agissait d’une interdiction de communiqué. Dans ce cas, l’article 113 du code de procédure pénal ivoirien règle la question puisqu’il dit que cette interdiction n’est pas opposable à l’avocat. Mais on s’est rendu compte que cette interdiction ne repose sur rien de légal ».

Le conseil de Simone et Michel Gbagbo a adressé, depuis mercredi, deux courriers au procureur général sur l’impossibilité pour les avocats de voir leurs clients et le transfèrement forcé de Mme Gbagbo. Jusqu’à ce jour, les avocats n’ont reçu aucune réponse.

« Où se trouve notre cliente ? Est-ce à Odienné ? Que les autorités ivoiriennes nous le disent officiellement. Ce que nous savons, c’est que Mme Gbagbo était à la Pisam où elle devrait subir une fibroscopie. A jeun, elle était sous anesthésie. Et l’anesthésie de ce type dure au minimum 2h. Elle était donc endormie sur son lit d’hôpital quand des hommes en armes lui ont bandé la tête et l’ont conduite dans un véhicule banalisé en direction de l’aéroport. Ce sont les secousses qui l’ont réveillée sans qu'elle ne sache où elle se trouvait.

Complètement affaiblie, elle a du se débattre pour dégager un peu son visage des bandeaux qui le camouflaient. A la Pisam, tout le monde était choqué. Même au GATL à l’aéroport. Elle aurait pu perdre la vie au cours de ce transfèrement forcé. Mme Gbagbo n’a donc pas demandé à être ramenée à Odienné. Puisqu’après la fibroscopie, le dentiste devait venir la consulter ». Arrêtée depuis, le 11 avril 2011, lors du renversement de son époux, Laurent Gbagbo, Mme Simone Gbagbo est prisonnière du régime Ouattara détenue au secret à Odienné, nord-ouest du pays.


Didier Depry, didierdepri@yahoo.fr


Source: AFRIK53.COM

A PROPOS DE VENANCE KONAN ET DE L'ARGENT QUI NE CIRCULE PAS

 

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Il y a des suicides intellectuels qui sont tout aussi spectaculaires que des dégringolades du douzième étage d’un gratte-ciel. Prenons, par exemple, le cas de l’inénarrable Venance Konan, journaliste et patron du quotidien d’Etat ivoirien Fraternité-Matin. Dans un récent éditorial, intitulé « L’argent ne circule plus », ce confrère qui ne cache pas son engagement – tout comme l’auteur de ces lignes – tente de défendre l’indéfendable de la plus piteuse des manières. Et se crucifie lui-même, à vouloir complaire à son employeur du moment, Alassane Ouattara. Au moment même où son collègue Lazare Aka Sayé, jusqu’ici directeur général de la RTI, vient d’être brutalement mis à l’écart malgré les « services rendus »…

Que nous dit l’auteur des Prisonniers de la haine ? Que si l’argent « ne circule plus » en Côte d’Ivoire, c’est parce que le régime Ouattara traque les cybercriminels (« les brouteurs »), qui se cachent désormais, et ne consomment plus. Que les fonctionnaires ne sont plus corrompus et ne « rackettent » plus comme par le passé, et du coup ne font plus tourner les « maquis ». Que les « barons » du café-cacao prévaricateurs ne prévariquent plus… et que c’est leur « argent sale » qui manque aux Ivoiriens, notamment aux jeunes filles qu’ils couvraient de largesses. Finalement, la « sécheresse financière » actuelle serait, si on suit ce raisonnement, une bonne nouvelle…

Des théories diabolisatrices… des lieux communs…

Venance Konan est un habitué de ce type de raccourci intellectuel stupéfiant, et il suffit de relire sa prose depuis plus de quinze ans pour se rendre compte qu’il n’a jamais fait autre chose que de désigner des boucs émissaires et de construire des théories diabolisatrices en se fondant – et en renforçant – un certain nombre de lieux communs vides de sens. Et pourtant… S’il n’y avait que les jeunes filles aux moeurs légères, les tenancières de glô glô et les receleurs des diverses rapines des « corps habillés » qui étaient frappés par la féroce austérité que nous connaissons, la grogne populaire aurait-elle pris l’ampleur qu’elle a pris aujourd’hui, et que le dernier édito du patron de « Frat-Mat » veut contribuer à calmer ?

Hier, Venance Konan attribuait à Gbagbo l’expansion des églises évangéliques en Côte d’Ivoire ou la (timide) progression économique chinoise, des phénomènes qui relèvent plus de la marche du monde que du microcosme ivoirien. Aujourd’hui, il essaie d’expliquer des réalités macroéconomiques avec des méthodes de faits-diversier. Remettons donc de la rationalité là où le grand frère fait de la démagogie. Et posons-nous un certain nombre de questions simples.

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Une vague inédite de licenciements

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que la féroce prise d’Abidjan par des hordes de FRCI pillant tout ce qu’elles trouvaient devant leur chemin a contribué directement à la destruction de 80 000 emplois, si l’on en croit les chiffres diffusés l’année dernière par l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que la guerre postélectorale déclarée par un Alassane Ouattara ayant utilisé toutes les formes de violence pour s’emparer du pouvoir a occasionné la destruction de 120 000 emplois, selon les chiffres de Jean-Louis Billon, alors président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que de la Présidence aux entreprises parapubliques – notamment à la SOTRA, au Port autonome d’Abidjan et à la RTI -, une vague inédite de licenciements a sévi, souvent suivie de recrutements de profils plus ethniquement et/ou politiquement conformes ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que le non-apurement d’une très grosse partie de la dette intérieure de l’Etat a tué un nombre traumatisant de petites et moyennes entreprises (PME) ?

- Si l’argent ne circule pas, n’est-ce pas AUSSI parce que le gouvernement s’avère incapable d’enrayer la hausse des prix des produits de première nécessité, et se contente de faire avaliser par le FMI des taux d’inflation qui jurent avec la réalité quotidienne ?

Pourquoi « oublier » les rapines des ex-Comzones ?

Venance Konan évoque subrepticement, dans son édito, « le train de vie des barons de la rébellion »… sous Gbagbo. Mais pourquoi ne parle-t-il pas du « réseau militaro-économique » spécialisé à la fois dans le racket et la contrebande de matières premières qui fait perdre à la Côte d’Ivoire 400 millions de dollars, soit 1,6% de son produit intérieur brut (PIB), selon des chiffres fournis aux Experts de l’ONU par le gouvernement qu’il soutient ? Pourtant, l’ « extension du domaine des rapines » des ex-comzones est une des clés permettant d’expliquer le phénomène de non-circulation de l’argent. En effet, hier comme aujourd’hui, le fruit de leurs pillages va directement à l’étranger, notamment au Burkina Faso, où nombre d’entre eux possèdent des biens immobiliers impressionnants. Et si l’argent de Côte d’Ivoire circulait… ailleurs ?

Pourquoi Venance Konan n’invoque-t-il pas les différents scandales de mauvaise gouvernance qui parsèment les deux années du régime Ouattara, notamment le dossier de la surfacturation des travaux de réhabilitation des Universités, dénoncé puis enterré par son « employeur suprême » ?
Venance Konan essaie de justifier la morosité économique par… les grands travaux d’infrastructures ! Mais comment peut-il expliquer que la Côte d’Ivoire soit en chantier sans que le secteur de l’emploi local s’en trouve boosté ?

Venance Konan est un spécialiste de la diabolisation outrancière et il préfère les préjugés grossiers aux réalités froides. Ses méthodes pouvaient fonctionner avec les plus crédules alors qu’il était dans l’opposition. Mais elles sont moins efficaces dès lors qu’il les met au service du pouvoir. Car le pouvoir ne peut se contenter de dénoncer le passé, même en le déformant pour le pire. Il doit relever les défis d’aujourd’hui. Ou admettre son incompétence et en tirer toutes les conséquences.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

AFFAIRE «OUATTARA-BANNY, LE CLASH» - VOICI LE DISCOURS VERITE DE BANNY QUI A TOUT GATE

 

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Affaire «Ouattara-Banny, le clash»: Voici le discours vérité de Banny qui a tout gâté: «J’avais deux ans pour accomplir ma mission. Sans obligation de résultat».


« En lançant ce vendredi 10 Mai, le Programme National de Cohésion Sociale (PNCS) qui aura pour but de panser les plaies d’une décennie de crise et à ramener la cohésion sociale, tout indique qu’Alassane Ouattara aurait signé l’acte de la fin de la Commission Dialogue –Vérité et Réconciliation (CDVR) » peut-on lire sur la toile depuis ce lundi 13 mai. Selon le site internet koaci.net « Le président de cette commission Charles Konan Banny très en verve ces dernières semaines dans les medias, et dont il ne cache plus ses intentions politiques même s’il manque encore le courage de le dire haut, devrait tirer les conséquences de la création du PNCS… Ce programme qui vient marcher sur ses plates bandes parce que étant emmenés au même but que la CDVR et doté d’un budget 7 milliards de FCFA à travers sa dirigeante Mariatou Koné qui annonce que le programme national de cohésion sociale (PNCS) va entreprendre à travers le pays une campagne de sensibilisation, pour aboutir au dialogue entre les ivoiriens ».

Mais qu’en était-il de la mission de la Commission Dialogue-Vérité et Réconciliation?

Pour comprendre les limites de la mission de Charles Konan Banny et ses déboires avec Ouattara, il convient de nous référer à cette dernière sortie de l’ancien Premier Ministre de Laurent Gbagbo (2005-2007). Eventnews Tv qui a suivi la dernière mission du président de la CDVR en Europe (Bordeaux-Paris-Londres) vous propose ici cette mise au point concernant l’objet et le cadre temporel de la CDVR. Elle a été faite dans un chic Hôtel du 1er arrondissement à Paris le 15 avril dernier lors de la cérémonie d’investiture de la plate-forme CDVR-France, en présence de SEM Charles Gomis, ambassadeur de Côte d’Ivoire en France.

« Du point de vu temporel, je vous rappelle que toute mission a un objet, a une feuille de route et toute mission s’inscrit dans un espace temporel. La mission qui a été assignée à la Commission n’a pas échappé à cela » avait introduit Charles Konan Banny avant de préciser :
« Et du point de vu temporel, la mission qui nous été assignée, le temps qui nous a été imparti est de deux ans (…)

Evidemment, l’ordonnance ne nous indique pas, ne nous donne pas une obligation de résultat. Car personne ne peut donner comme obligation de résultat à un homme de réconcilier deux hommes, personne.

Et l’ordonnance du Chef de l’état dit qu’au bout de deux ans, nous devons faire des recommandations, après avoir répondu à un certain nombre de questionnements qui ont jalonné notre histoire : Les crises répétées. Après que nous ayons recherché les solutions aux questions suivantes : Qui a fait quoi ? Je résume. Qui a fait quoi ? Quand ? Et Pourquoi ?

Toutes les crises passées et récentes. Toutes les violations de droits humains que le pays a subies, l’ordonnance nous oblige à établir la liste des victimes, à faire la typologie des violations des droits humains, à obtenir la reconnaissance par les auteurs des crimes commis et à obtenir leur repentance. Obtenir des victimes qu’elles pardonnent et pour cela que les victimes reçoivent réparation. Voici l’essence du travail qui nous ait donné.

Le deuxième volet, c’est qu’à partir de là, nous sommes chargés de faire des recommandations pour fonder la cohésion sociale nouvelle.

Sous entendu, pour que cela ne se répète pas. Nous sommes chargés de faire des recommandations pour une nouvelle démocratie, pour que priment les valeurs, un certain nombre de valeurs sur ce qui est considéré comme nos valeurs.

Nous devons lutter contre le tribalisme, le népotisme, le favoritisme, tout ce qui est de nature à mettre en mal l’harmonie sociale et la cohésion sociale…

C’est un volet important de notre mission. Nous devons faire des recommandations. Et c’est l’ensemble de tout cela, quand nous aurons fait la typologie, quand les auteurs des violations auront eu le courage de reconnaitre, quand les victimes auront peut-être eu eux aussi le courage de pardonner, nous sommes une justice de pardon, alors l’engagement que nous prendrons tous devant la nation, c’est de refonder la Côte d’Ivoire. De récréer une nouvelle Côte d’Ivoire sur les valeurs que nous allons proposer. Voici la mission.

Tout cela au bout de deux ans. Si je compte bien, si je pars du 28 septembre 2011, disons que le 28 septembre 2013, je souhaite que nous puissions rendre notre rapport.

Je ne dirai pas en ce moment là, mission terminée. Je dirai mission accomplie.

C’est différent. Mission accomplie, terminée ou pas, ce n’est pas la question. Car au fond, la réconciliation peut prendre des années et des années, en fonction des comportements nouveaux et que le travail que nous aurons fait aura induit en chacun d’entre nous. C’est au fur et à mesure qu’en ce moment là on pourra dire si les mesures que nous préconisons sont appliquées non seulement par le gouvernement mais par chaque ivoirien, que nous pourrons dire que notre société est réconciliée.

Donc dans six mois, nous devons être en mesure de remettre notre rapport.

Préparons-nous à cela. Préparons-nous à cela. Il appartiendra à celui qui nous a nommé de dire, le rapport est insuffisant, en ce moment là nous dirons voilà ce que nous avons pu faire au bout de deux ans. Peut-être qu’il est insuffisant parce que nous sommes incompétents ? Peut-être qu’il ya d’autres qui auraient pu faire le travail ? Vous voyez, il ne faut pas confisquer les missions(…) Il faut mettre tout le monde à l’aise.

Ainsi dit, que reste-t-il à faire ?

Le travail de la Commission nationale d’enquête ouvre le grand tribunal où les victimes seront face aux bourreaux (…)

Les victimes sont connues. Leur liste est disponible. Certaines victimes connaissent leurs bourreaux. La question est de savoir si ces bourreaux auront le courage de venir devant la nation.

Voilà ce qui reste à faire. Enfin, je vous invite vous de la diaspora à réfléchir sur les causes profondes des crises successives en Côte d’Ivoire. Voilà votre mission à compter d’aujourd’hui jusqu’au 28 septembre 2013 date de remise de notre rapport final au Chef de l’état et donc la fin de notre mission » dixit, Charles Konan Banny.


De Philippe KOUHON/ Eventnews Tv



Source: AFRIK53.COM