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dimanche, 07 avril 2013

LE MASSACRE DES AUTOCHTONES WE DANS LE CAMP DE L'ONU A NAHIBLY EN COTE D'IVOIRE

 

NAHIBLY - DUEKOUE.jpg


Ou comment l’ONU favorise l’impunité et l’épuration ethnique en les cachant sous le tapis.



Depuis le début du conflit en Cote d’ivoire, environ 30.000 personnes autochtones d’ethnie Wé ont été tuées par les forces favorables au Président actuel, selon Comité de sauvegarde du patrimoine foncier Wé. Cette source évalue à 230 tués l’attaque du camps de déplacés de l’ONU de Nahibly par les milices ethniques FRCI et dozos le 20 juillet 2012.

Ce massacre fait suite à ceux de Douékoué carrefour (2011) et Guitrozon (2005) qui avait également ciblé les Wé et qui avaient également eu lieu en présence des forces de l’ONU. Par suite de l’épuration ethnique et de la colonisation de l’ouest ivoirien par des populations originaires des pays au Nord de la Côte d’ivoire, la population étrangère serait passé de 37% lors du recensement de 1998 à 75% selon ce comité. Une partie de la population Wé a fuit au Libéria où se trouvait déjà les descendants de ceux qui avaient fuit la colonisation française. Une autre partie se trouvait dans des camps de déplacés à l’intérieur de leur propre région. L’ONU les encourageait à rentrer dans leurs villages incendiés en réduisant leurs allocations de nourriture mais le rythme des départs était insuffisant du fait de l’insécurité régnant dans les campagnes "sécurisées par les bandes dozos du boucher de Duékoué-carrefour, Amédée Ouéremi.

La FIDH et Amnesty International viennent de publier chacune un rapport qui permet de confirmer les informations données par les sources Wé sur les circonstances du massacre de Nahibly.

Un massacre prévisible

Nul ne pouvait ignorer que les autorités et les milices étaient décidées à fermer les camps puisque le préfet de la ville avait fait des déclarations en ce sens en mars 2012. Le chef militaire de Douékoué, le lieutenant Koné Daouda dit Konda avait abondé dans le même sens : « Nous n’allons pas rester les bras croisés pendant longtemps. Il faut que le site soit fermé pour éviter qu’il ne devienne le nid de malfaiteurs », a-t-il dit. Ces déclarations ont été suivi par l’apparition de problèmes à l’intérieur du camp : « A partir du mois de mars 2012, il y avait eu 14 attaques contre les travailleurs humanitaires dans le camp et, au mois de mai, le HCR a envoyé une lettre aux autorités relevant ces incidents en les informant que la distribution de vivres serait suspendue. Le 22 mai, des acteurs humanitaires ont été menacés par des individus au sein du camp » a déclaré le patron de l`Onuci, Bert Koenders.

Une mission de l’ONU préconise en mai 2012 de renforcer la clôture pour " rendre plus difficile l’accès au camp par un autre lieu que le portail principal." Heureusement, cette mesure n’a pas été mis en œuvre sans quoi nul n’aurait pu s’échapper lors de l’attaque du camp. La mission est arrivée à la conclusion que "le camp de Nahibly connaissait une situation sécuritaire dégradée par la présence très vraisemblable d’éléments perturbateurs de type bande armée, sans doute composée d’anciens miliciens ou militants gbagboistes de l’ethnie Guéré, dont certains ont été nommément identifiés." . Plutôt que de chasser les perturbateurs probables nommément identifiés, la mission préconise l’ouverture d’un poste de police ivoirien à l’intérieur du camp, en plus de celui de l’ONU. Cette réponse ne sera pas mise en œuvre par les autorités ivoiriennes selon l’ONU, peut être parce que ces autorités n’ont pas confiance dans la police qui a été partout désarmée.

Selon Amnesty, l’attaque contre le camp " est intervenue dans un contexte de stigmatisation croissante des personnes déplacées de la part aussi bien des autorités politiques et militaires locales que de certaines franges de la population. (...) Un ancien résident du camp a dit à Amnesty International : « Les Dozos et des habitants des villages environnants ne cessaient de nous dire : “C’est à cause de Gbagbo que vous êtes là, on va vous tuer” ».
Plusieurs sources ont également indiqué à Amnesty International que, dans les semaines qui ont précédé l’attaque, il était devenu très courant d’entendre parler de la nécessité de faire « disparaître » le camp de Nahibly.
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Une organisation méthodique

"Le 19 juillet 2012, la veille de l’attaque du camp, se serait tenue à l’hôtel Monhessia (un hôtel désaffecté de Duékoué occupé à l’époque par les FRCI) une réunion entre le Lieutenant Konda, des Dozos et des représentants des jeunes Malinke de la ville. Le même jour, une réunion similaire de Dozos se serait déroulée à Guiglo au maquis Ketin. Ces Dozos de Guiglo « ont été amenés et ramenés ensuite après l’attaque du camp », selon un témoin" rapport FIDH.

Officiellement, c’est un événement fortuit qui a déclenché l’attaque du camp. Un braquage aurait fait 5 morts dans la nuit du 19 au 20 juillet au quartier Kokoman. Les jeunes malinké (allochtones) auraient suivi des traces de sang menant jusqu’au camps pourtant fort éloigné. Ils prirent alors d’assaut le camp à 8 heures devant les caméras et en présence du préfet Benjamin Effoli et du Lieutenant Daouda Koné.

Les 22 militaires et policiers de l’ONU qui gardaient le camp ne tenteront pas grand chose pour les en empêcher.

« Il était évident que nous n’étions pas capables de contrôler cette foule sans leur tirer dessus. Cela aurait presque certainement conduit à une explosion de violence et beaucoup de gens auraient été tués. Bien sûr, c’est ce qui s’est passé à la fin tout de même ». Témoignage d’un officier onusien recueilli par Amnesty International.

L’ONU déclarera plus tard que "La foule de "500 à 1.000" personnes qui est descendue sur le camp était un groupe "organisé" , (...), que "l`identité des assaillants faisait toujours l`objet d`une enquête" et que ces événements soulignait la nécessité de la restauration de l`autorité de l`État à travers le pays (AFP 27 juillet 2012). Mais cet événement n’est-il pas une excellente illustration de l’autorité de l’État et de l’immense talent des enquêteurs bredouilles de l’ONU ?

Les militaires et les milices ethniques malinké "dozos" ont procédé aux exécutions dans le camp, aux alentours et plus tard en brousse. "Dans ce chaos, les hommes, qui sont particulièrement ciblés, tentent de fuir. Certains par l’arrière du camp, d’autres par l’entrée principale. Ceux qui tentent de fuir par l’arrière du camp semblent avoir été abattus par les Dozos et peut-être des FRCI qui encerclaient le camp. Un témoin atteste qu’au moins 7 personnes auraient été tuées dans les taillis à l’arrière du camp. L’UNPOL et l’ONUCI ont bien tenté de ratisser la zone après les faits, mais « ils ont essuyé des tirs à ce moment, et n’ont pas pu accéder à la zone pendant les 7 jours qui ont suivi » affirme une source interne. Lorsqu’ils ont pu enfin se rendre à l’arrière du camp, « plus aucun corps n’était présent », déclare, amère, ce témoin des événements.

Pendant ce temps, le sort des hommes qui tentaient de fuir par l’entrée principale du camp n’est pas meilleur : bastonnés et poursuivis, certains sont arrêtés par des éléments des FRCI " FIDH.

Les personnes arrêtés disparaîtront définitivement pour la plus part et une femme subira un viol collectif par les FRCI. De nombreux témoignages font état de cadavres emportés, ce qui enlève tout caractère spontané à l’événement.

Un témoin permettra la découverte d’une dizaine de puits contenant les corps de victimes des massacres. Un seul sera fouillé, il contenait 6 corps. Les autres seront laissé en l’état "pour préserver les preuves".

La complicité de l’ONU

Lors du massacre de 2011 dans la même ville de Douékoué, les soldats de l’ONU avaient enterrés eux même plus de 800 corps mais compté seulement 150 victimes. Une fois encore à Nahibly, l’ONU a cherché à étouffer la polémique en donnant une estimation ridiculement faible du nombre de victimes. Bien qu’un bataillon de l’ONU stationne dans la ville, la zone du camp avait été "sécurisée" par les FRCI qui venaient de le détruire, empêchant les ONG d’y accéder pour compter les corps. Les lieux de détention n’ont pas été visités, ce qui aurait probablement permis de sauver les personnes arrêtées. Ainsi, Bert Kondoers a pu annoncer 11 morts en tout dont 5 victimes du braquage "déclencheur" du massacre. Les 6 corps trouvés dans le camps étaient des corps difficilement transportables, notamment 3 vieillards brûlés vifs. L’ONU, qui avait identifié les 4000 habitants du camp, n’a pas cherché à répertorier les survivants, les morts et les disparus et le bilan n’a jamais été réévalué. Les déplacés ont été promptement rapatriés dans leurs villages d’origines où leur sécurité n’est pas assurée, sans parler de leurs éventuels témoignages. Selon la FIDH "La disparition à l’issue de l’attaque du camp de Nahibly de plusieurs dizaines de personnes déplacées, ainsi que la confirmation de cas d’exécutions sommaires et extra-judiciaires, laissent donc entrevoir un bilan beaucoup plus lourd que les chiffres officiels." Les "pro-Gbagbo" évoquent 47 corps identifiés, 213 Wê tués et plus de 1000 disparus lors de l’attaque de Nahibly (Notre Voie 5 août 2012). Sans souscrire à leur évaluation que personne ne semble avoir voulu discuter, il faut reconnaître que le bilan onusien est très éloigné de la réalité et que cet aveuglement est volontaire.

Il y a comme une contradiction interne dans la déclaration de Bert Koenders, responsable de l’ONU en Côte d’ivoire lors de la conférence sur l’impunité de fevrier 2013 lorsqu’il dit "C’est en brisant le cercle vicieux de l’impunité et en promouvant une justice équitable que l’on aboutira à rompre le cercle vicieux de la violence. Je voudrais à cet égard saluer l’engagement de son Excellence Alassane Ouattara, le Président de la République, et de son Gouvernement, et noter l’ensemble des mesures prises et structures mises en place pour lutter contre l’impunité des crimes d’un passé récent." Car le massacre de Nahibly a été commis avec la participation des autorités ivoiriennes et rien n’a été fait pour en identifier les responsables. En saluant l’action du chef de l’État, Koenders montre qu’il accepte son inaction pour ne pas l’embarrasser. Tout le reste n’est que souhaits pieux et promesses de faire des ronds "vertueux" dans l’eau.

Vacuité du droit

Selon Haut Commissaire aux droits de l’homme, les peuples autochtones, ou peuples indigènes, sont « les descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de population de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens ».

Maintenant qu’il est minoritaire sur sa propre terre, le peuple Wé devrait donc bénéficier de toutes les garanties offertes par la "Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones", notamment en matière de droit à la terre. Mais c’est une foutaise parce que les autochtones réfugiés dans des camps sont massacrés sous les yeux de l’ONU. Ceux qui ne vendent pas leurs terres à n’importe quel prix, c’est qu’ils n’ont plus la volonté de vivre. Dans ces conditions, lorsque Koenders appelle le gouvernement ivoirien a résoudre les conflits fonciers en votant une loi à ce sujet, il ne fait que l’inciter à donner une légalité à la spoliation.


Serge LAURENT


Source: LE GRAND SOIR

vendredi, 05 avril 2013

LA JUSTICE DES VAINQUEURS DE OUATTARA A NOUVEAU EPINGLEE PAR HUMAN RIGHTS WATCH

 

ALASSANE OUATTARA - FETE DE LA TABASKY.JPG


Human Rights Watch presse Ouattara d'établir une justice impartiale

 

Par RFI. Presque deux ans après la fin d'une crise postélectorale qui a fait officiellement 3 000 morts, l'organisation américaine Human Rights Watch épingle le pouvoir d’Alassane Ouattara pour partialité dans un rapport de 82 pages publié aujourd’hui, jeudi 4 avril 2013. Le rapport est intitulé «Transformer les discours en réalité: l’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire». 


«Plus d’impunités en Côte d’Ivoire, tous les responsables de crimes seront poursuivis quelque soit leur couleur, leur choix politique ou leur grade militaire». Human Rights Watch salue ces déclarations du président Alassane Ouattara depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo, il y a presque 2 ans. Des déclarations répétées régulièrement depuis son investiture en mai 2011.
Malheureusement, on voit peu de signes concrets de cette justice impartiale qui a été promise. Pour Phlippe Bolopian, représentant de HRW auprès des Nations-Unis, «la justice des vainqueurs ne permettra pas la réconciliation, elle ne permettra pas de rassurer les personnes appartenant ou étant sympathiques au clan Gbagbo. Il est temps de tourner cette page sombre de l’histoire de la Côte d’Ivoire et ça ne pourra se faire qu’au prix d’une justice vraiment impartiale et pas d’une justice de vainqueurs.»
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 150 personnes dans le clan Gbagbo poursuivies, 0 dans le camp Ouattara. Il est temps de changer cette équation.
«HRW exhorte la communauté internationale à peser de tout son poids sur les autorités ivoiriennes, pour qu’elles traduisent leurs paroles en actes». 

Pour l’ONG américaine, les partenaires de la Côté d’Ivoire dans l’Union européenne, la France et les Etats-Unis devraient accroître leur pression diplomatique et établir un lien entre leur soutien financier et les efforts de justice impartiale. 

Côte d’ivoire: Des promesses de justice impartiale non tenue 

(Abidjan) – Le gouvernement ivoirien n’a pas encore honoré sa promesse de réclamer des comptes de manière impartiale pour les crimes internationaux graves perpétrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les autorités ivoiriennes devraient renforcer leur soutien aux juges et aux procureurs qui traitent ces affaires afin que justice puisse finalement être rendue aux victimes des deux camps. 

Le rapport de 82 pages, intitulé « Transformer les discours en réalité : L’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », analyse les efforts inégaux déployés par la Côte d’Ivoire pour réclamer des comptes aux responsables des crimes internationaux graves commis dans la foulée du scrutin présidentiel de novembre 2010. Depuis son investiture en mai 2011, le Président Alassane Ouattara a déclaré à plusieurs reprises qu’il s’engageait à traduire en justice tous les responsables, indépendamment de leur affiliation politique ou de leur grade militaire. Or, même si les procureurs ont inculpé plus de 150 personnes pour des crimes perpétrés au cours des violences post-électorales, aucun des inculpés ne provient des forces pro-Ouattara. 

« Le soutien exprimé par le Président Ouattara en faveur d’une justice impartiale sonne creux s’il n’est pas assorti de mesures plus concrètes visant à rendre justice aux victimes des crimes commis par les forces pro-gouvernementales », a souligné Param-Preet Singh, juriste senior au programme de Justice internationale de Human Rights Watch. « Si la Côte d’Ivoire veut rompre avec son dangereux héritage qui permet aux personnes proches du gouvernement d’être à l’abri de la justice, il faut qu’elle engage des poursuites crédibles à l’encontre des responsables de crimes appartenant aux deux camps impliqués dans le conflit post-électoral. » 

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire—dont l’Union européenne, les Nations Unies, la France et les États-Unis—devraient également accroître leurs pressions diplomatiques et leur soutien financier aux efforts de justice impartiale, a noté Human Rights Watch. 

Le rapport est basé sur des travaux de recherche réalisés à Abidjan en septembre 2012 ainsi que sur des entretiens de suivi avec des responsables gouvernementaux, des juristes, des membres de la société civile, des représentants de l’ONU, des diplomates et des responsables d’organismes bailleurs de fonds. 

Les résultats du scrutin présidentiel de novembre 2010, reconnus internationalement, avaient donné Ouattara vainqueur, mais Laurent Gbagbo, son rival, avait refusé de quitter la présidence. Une crise de cinq mois s’en était ensuivie, au cours de laquelle au moins 3 000 personnes avaient été tuées et 150 femmes violées, souvent dans le cadre d’attaques perpétrées en fonction de critères politiques, ethniques et religieux. En novembre 2011, Gbagbo avait été transféré à La Haye en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI). Il y demeure en détention dans l’attente d’une décision établissant s’il existe suffisamment d’éléments de preuve pour intenter un procès contre lui pour quatre chefs de crimes contre l’humanité. 

Les affaires liées à des crimes internationaux graves peuvent se révéler sensibles, mais l’absence de justice risque d’entraîner de lourdes conséquences. L’impunité chronique qui prévaut alimente les épisodes répétés de violence dont la Côte d’Ivoire est le théâtre depuis dix ans, les civils en payant le prix le plus élevé, a déploréHuman Rights Watch. 

En juin 2011, le Président Ouattara a créé la Commission nationale d’enquête, la Cellule spéciale d’enquête, ainsi que la Commission dialogue, vérité et réconciliation en réponse aux exactions commises lors de la crise post-électorale. En août 2012, la Commission nationale d’enquête a publié un résumé de son rapport, lequel confirme d’une part que des crimes graves ont été perpétrés à la fois par les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara et recommande d’autre part la traduction en justice des responsables de ces actes. Ces résultats font écho aux constatations d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU et aux rapports d’associations de défense des droits humains. 

Human Rights Watch a appelé la Cellule spéciale d’enquête, chargée de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes post-électoraux, à utiliser le rapport de la Commission nationale d’enquête pour réaliser un « exercice de cartographie ». Cet exercice consisterait essentiellement à fournir un panorama détaillé des crimes commis par région durant la crise, identifiant des personnes suspectes si cela s’avère possible. Cela aiderait la cellule à élaborer une stratégie pour la sélection des affaires devant faire l’objet d’enquêtes et de poursuites, ce qu’elle n’a pas encore fait. 

Les parties non confidentielles de tout « exercice de cartographie » et de toute stratégie en matière de poursuites devraient être partagées avec le public afin de contribuer à instaurer la confiance en la capacité de la Cellule nationale d’enquête d’exécuter son mandat en toute indépendance et impartialité. La cellule a probablement besoin d’effectifs supplémentaires si elle veut parvenir à mener des poursuites impartiales visant les auteurs de crimes internationaux graves, a fait remarquer Human Rights Watch. 

Human Rights Watcha constaté que de nombreuses personnes accusées de crimes post-électoraux se trouvaient en détention préventive depuis près de deux ans, en violation de leur droit internationalement reconnu à un procès équitable, en partie à cause du besoin de procéder à des réformes juridiques attendues de longue date. Le gouvernement devrait accélérer ses efforts de réforme du Code de procédure pénale afin que les accusés déjà en détention puissent sans tarder faire l’objet d’un procès et bénéficient du droit d’interjeter appel. L’accès à un avocat devrait également être rendu obligatoire à un stade plus précoce de la procédure, ainsi que l’assistance judiciaire pour les accusés qui ne peuvent se payer un avocat. 

Les États parties à la CPI, l’UE et les Nations Unies, notamment, ont de plus en plus souvent exprimé leur engagement à promouvoir la traduction en justice des auteurs de crimes internationaux devant des tribunaux nationaux afin que la complémentarité—principe en vertu duquel la CPI n’intervient que lorsque les tribunaux nationaux n’ont pas la volonté ou sont dans l’incapacité de mener à bien des poursuites—devienne réalité. Le rapport de Human Rights Watch met toutefois en avant des éléments démontrant que les principaux partenaires de la Côte d’Ivoire n’ont déployé que des efforts limités en ce sens. 

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient tirer les enseignements des erreurs commises au lendemain du conflit armé qui avait touché le pays en 2002-2003, a relevé Human Rights Watch. À la suite de ce précédent conflit, les partenaires internationaux du pays ont gardé le silence alors que la justice se voyait reléguée au second plan et que l’impunité s’enracinait plus profondément, contribuant à poser les jalons de la crise post-électorale dévastatrice de 2010 et 2011. 

« L’absence de réformes majeures visant à fournir le soutien nécessaire pour les enquêtes et les poursuites freine les progrès en matière de lutte contre l’impunité pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », a expliqué Param-Preet Singh. « Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient travailler aux côtés du gouvernement pour fournir une assistance là où elle s’avère nécessaire, et user de leur influence diplomatique pour renforcer le message selon lequel l’impunité n’est pas une solution envisageable. » 

Le gouvernement ivoirien et les bailleurs de fonds internationaux devraient également coopérer pour soutenir l’indépendance des juges et des procureurs, ainsi que pour assurer la protection et la sécurité des témoins, des juges, des procureurs et des avocats de la défense travaillant sur des affaires de crimes internationaux graves. Ceci est d’une importance capitale pour garantir l’exercice d’une justice équitable et impartiale pour les principaux crimes commis dans un passé récent, et pour renforcer l’ensemble du système judiciaire ivoirien afin qu’il puisse opérer efficacement et équitablement à l’avenir, a indiqué Human Rights Watch. 

À la suite des requêtes introduites par les gouvernements Gbagbo et Ouattara afin qu’une enquête soit menée sur les violences en Côte d’Ivoire, la CPI a ouvert une enquête en octobre 2011. La cour est compétente pour juger les crimes perpétrés dans le pays à partir du 19 septembre 2002. À ce jour, elle n’a délivré publiquement que deux mandats d’arrêt, à l’encontre de Laurent Gbagbo et de son épouse Simone, tous deux accusés de crimes contre l’humanité. Se basant sur des entretiens effectués avec de nombreux militants de la société civile ivoirienne, le rapport de Human Rights Watch conclut que l’approche à sens unique adoptée par la CPI a légitimé la mise en œuvre de la même approche par les autorités judiciaires ivoiriennes et porté atteinte à l’image en Côte d’Ivoire de la CPI en tant qu’institution impartiale. 

La Côte d’Ivoire a ratifié en février 2013 le Statut de Rome, le traité qui a institué la CPI, devenant le 122e État partie à la cour. 

Simone Gbagbo se trouve toujours en détention préventive en Côte d’Ivoire, où elle a été inculpée de génocide, entre autres crimes. Le gouvernement ivoirien devrait honorer l’obligation qui lui incombe de remettre Simone Gbagbo à la CPI, une alternative étant de contester la recevabilité de son affaire devant la CPI parce qu’elle comparaît en justice au niveau national pour des crimes de même nature. 

«La CPI devrait rapidement enquêter sur les crimes commis par des individus appartenant au camp Ouattara et, sur la base des éléments de preuve, demander que des mandats d’arrêt soient délivrés», a conclu Param-Preet Singh. «Ceci se révèle indispensable pour rétablir la légitimité de la CPI en Côte d’Ivoire et faire pression sur les autorités ivoiriennes afin qu’elles produisent des résultats crédibles et impartiaux.»
 
 

Source: AFRIK53.COM

jeudi, 04 avril 2013

OCCUPATION DES TERRES DE L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE: LE REGIME OUATTARA PASSE AUX AVEUX

 

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En visite à Toulépleu, dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a enfin reconnu que les terres des populations autochtones sont occupées par des étrangers.

Au cours de sa visite dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a déclaré, à Toulépleu, que des gens appellent leurs parents qui sont en France et leur demandent de l’argent pour payer des mercenaires à l’effet de libérer leurs terres occupées. Hamed Bakayoko estime que c’est de la « manipulation ». Par conséquent, il exhorte les populations à ne pas suivre ce genre de personnes qui font de la «manipulation», et que «l’Etat a conscience de l’existence du problème foncier et il s’attelle à le régler».

L’aveu du gouvernement

Ce qu’on peut retenir des propos du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur de Ouattara, c’est le fait qu’il reconnaît enfin l’occupation des terres des populations de l’ouest par des étrangers. Et que c’est cette occupation forcée qui est à la base des affrontements qui deviennent récurrents dans cette partie de la Côte d’Ivoire. Pour une fois, il n’a pas indexé ceux qu’il appelle les «pro-Gbagbo».

En effet, Hamed Bakayoko avait toujours soutenu que les affrontements dans l’ouest du pays étaient le fait des «pro-Gbagbo» qui, selon lui, veulent déstabiliser le régime de Ouattara à partir de l’ouest. Il n’avait jamais admis la thèse de l’occupation de force des terres des populations wê par des étrangers armées.

C’est le lieu de rappeler qu’il y a trois jours, le représentant spécial de l’Onu indiquait que les affrontements à l’ouest étaient justement dus aux conflits fonciers. Que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur reconnaisse lui-même aujourd’hui que les affrontements à l’ouest sont le fait de conflits fonciers est un aveu de taille du gouvernement. Ce d’autant plus qu’Hamed Bakayoko n’est pas que ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. C’est le n°2 du gouvernement ivoirien. C’est pourquoi il est à déplorer qu’en même temps qu’il reconnaît l’occupation des terres des populations wê par des individus qui n’en ont pas droit, il ne dit pas quand et comment le gouvernement compte régler le problème. Car si les populations sont amenées désespérément à solliciter l’aide de leurs enfants qui sont en France afin de libérer leurs terres comme il l’insinue, c’est certainement parce que ces populations se sentent abandonnées par le gouvernement dont le premier devoir est la protection du territoire national et la défense des intérêts de ses nationaux. Il s’est seulement contenté de dire que le gouvernement en a conscience. Mais il ne suffit pas d’en avoir conscience. Il faut y apporter des solutions idoines pour mettre fin aux affrontements à l’ouest du pays au lieu de passer le temps à accuser les «pro-Gbagbo».

Si Hamed Bakayoko ne veut plus qu’il y ait des affrontements à l’ouest, qu’il règle le problème de l’occupation des terres ! Car les terres constituent les seules richesses et le seul héritage des paysans. Donc sauver leurs terres est une question de survie pour les populations wê. Il appartient à l’Etat de vite agir.

De l’impuissance du gouvernement

Mais le pouvoir Ouattara peut-il régler le problème de l’occupation des terres ? Rien n’est sûr ! On pourrait même répondre par la négative. En ce sens que ce sont les chefs de guerre de l’ex-rébellion armée pro-Ouattara et leurs hommes, qui sont pour la plupart des Burkinabé, qui occupent de force les terres dans l’ouest du pays après avoir tué ou chassé les propriétaires terriens. Ne pouvant pas leur donner ce qu’il leur avait promis, Ouattara les a laissé s’installer dans les forêts en échange de ce qu’il leur doit, Ouattara leur étant redevable. En clair, il leur doit son pouvoir. Le cas d’Amadé Ouédraogo Rémi dit Ouréimi est éloquent. Ce chef rebelle burkinabé occupe la forêt du Mont Péko, dans la région de Bangolo, avec une armée de plus de 300 hommes sans que cela n’interpelle le chef de l’Etat. Selon des informations dignes de foi, cet ancien chef de guerre nargue même Ouattara en disant que c’est à Abidjan qu’on parle de son départ du Mont Péko. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour chez lui. Et Ouattara sait ce que ce dernier fait dans cette forêt. C’était au moment où l’Etat parlait de son départ imminent. Et les faits lui ont donné raison puisqu’il n’a jamais été inquiété.

C’est donc pour toutes ces raisons qu’Alassane Ouattara est impuissant devant ce problème gravissime qui constitue une bombe à retardement dans tout le grand ouest. Car ce n’est pas seulement à l’ouest que les Burkinabé occupent de force les terres des Ivoiriens. On observe le même problème dans toute la zone forestière. Et c’est pour intimider autochtones pendant que les Burkinabé occupent leurs terres qu’on a déversé les dozos dans tous les villages et hameaux. De sorte que quand un paysan se plaint de ce qu’un Burkinabé occupe ses terres, les dozos se ruent sur lui, le ligotent et le battent à volonté. Et, pour mieux terroriser les paysans, les dozos ont érigé des barrages partout où les paysans doivent payer pour aller dans leurs champs. Et cela est su de l’administration de toutes les localités où se sont installés les dozos.

 

Boga Sivori, Bogasivo@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien "Notre voie" du 3 avril 2013.


Source: IVORIAN.NET

mercredi, 03 avril 2013

RAILA ODINGA: ALORS POURQUOI AVAIT-IL FAIT TANT DE MISERES A LAURENT GBAGBO?

 

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L'Histoire parle, mais avec une sacrée dose d'ironie

L'ancien Premier ministre kenyan, candidat malheureux au dernier scrutin présidentiel dans son pays, a finalement accepté sa défaite. En se pliant à la loi d'airain de la Constitution de son pays. Il n'avait pour autant pas eu d'égards pour la Loi fondamentale ivoirienne, dans le cadre de laquelle il a été un médiateur à la fois éphémère et partisan… D'une certaine manière, l'argumentaire qu'il déploie rend justice au «réprouvé de Scheveningen».

Non seulement l'Histoire parle, mais elle est dotée d'une sacrée dose d'ironie ! Près de deux ans après la fin tragique de la crise post-électorale ivoirienne, l'ancien Premier ministre kenyan Raila Odinga rend justice à la démarche politique du président Laurent Gbagbo.

Pour rappel, Raila Odinga avait appelé au départ du pouvoir de Gbagbo, pourtant déclaré élu par le Conseil constitutionnel, dès le début du contentieux consécutif au second tour de la présidentielle ivoirienne de 2010. Ce qui n'avait pas empêché l'Union africaine de le désigner comme médiateur. Bien entendu, Odinga avait usé de cette position pour prendre outrageusement partie pour celui qu'il appelait «le président élu Alassane Ouattara», au point d'être récusé par le camp de celui qu'il désignait par l'appellation «monsieur Laurent Gbagbo» et qui, disait-il, l'avait «déçu» pour avoir refusé de lever le «blocus» de l'hôtel du Golf. Le 12 avril 2011, Raila Odinga continuait d'enfoncer Gbagbo en s'indignant de ce qu'il avait refusé «toutes les offres», y compris un poste d'enseignant aux Etats-Unis, en échange de sa capitulation.

C'est le même Raila Odinga qui s'est retrouvé candidat à l'élection présidentielle de cette année dans son pays, le Kenya. En 2007-2008, le Kenya avait été secoué par une crise postélectorale, Mwai Kibaki, le président sortant, et Raila Odinga, principal opposant, se considérant tous les deux vainqueurs. Au final, cette crise a été réglée, après plus d'un millier de morts, par une formule mêlant partage du pouvoir et programme de réformes institutionnelles.

En cette année 2013, Odinga, Premier ministre sortant, était face à Uhuru Kenyatta, fils de l'ancien président Jomo Kenyatta. Et la Commission électorale a publié des résultats provisoires donnant Uhuru Kenyatta vainqueur, au terme d'un processus autrement plus régulier que celui qui a poussé le président de la CEI ivoirienne, Youssouf Bakayoko, à déclarer Ouattara en tête, de manière unilatérale et en violation totale du Code électoral.

Contrairement à son attitude dans le cadre de la crise ivoirienne, où il a fait mine de considérer comme élu de manière définitive le candidat déclaré en tête par la Commission électorale, Raila Odinga, s'estimant lésé, a déposé des recours devant la Cour suprême, équivalent du Conseil constitutionnel ivoirien. Comme Gbagbo !

Comme Gbagbo, il a fait état de bureaux de votes où le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits – même s'il ne s'agissait que de dizaines de bureaux, loin des milliers de procès-verbaux litigieux du scrutin ivoirien.

Comme Gbagbo, il espérait de l'arbitre du jeu politique dans son pays, qu'il «renverse» les résultats provisoires. On est donc en droit de se demander ce que lui, et la «communauté internationale» qu'il représentait, reprochaient à Gbagbo et à sa démarche légaliste !

En effet, si l'on doit constater qu'Alassane Ouattara, en se proclamant vainqueur de manière unilatérale et en allant jusqu'à orchestrer une parodie de prestation de serment, a violé la Constitution, l'on est obligé de noter – même si on conteste intellectuellement la logique juridique du Conseil constitutionnel de l'époque – que Gbagbo a respecté de manière scrupuleuse l'esprit et la lettre de la Loi fondamentale. Y compris quand, régulièrement investi, il a ouvert la voie à un recomptage des voix qu'il pouvait ordonner en se servant de l'article 48 de ladite Loi fondamentale...

Doit-on rappeler qu'Odinga a refusé de considérer Kenyatta comme «président élu» avant le verdict de la Cour suprême ? La Cour suprême en question a finalement tranché et proclamé Uhuru Kenyatta vainqueur du scrutin, à la suite de l'examen des recours.

Ravalant sa déception, Raila Odinga a accepté sa défaite en se livrant à un plaidoyer vibrant en faveur de l'Etat de droit, diffusé notamment à travers son compte Twitter: «Ma foi dans le constitutionnalisme demeure intacte. En tant que nation, nous devons aller en avant dans notre détermination à réformer notre vie politique et nos institutions. Le respect de la suprématie de la Constitution dans la résolution de nos différends est la meilleure fondation de notre société démocratique.» On croit rêver !

Ces propos d'Odinga arrivent comme en écho à ceux tenus par Gbagbo le 28 février dernier, lors de son intervention à la Cour pénale internationale. «Nous avons besoin de la démocratie […]. Mais la démocratie ce n'est pas seulement le vote, c'est qui dit le vote. Qui dit le résultat du vote. C'est ça aussi la démocratie. […] La démocratie, c'est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la Constitution. Qui ne respecte pas le Constitution, n'est pas démocrate. Madame, c'est parce que j'ai respecté la Constitution que je suis ici. Alors je suis là, mais je compte sur vous. Je compte que vous parce que je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leurs pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces Africains-là, qu'ils comprennent que le salut pour les Etats africains, c'est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent.»


Franck Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

AFFAIRE «LE DRAPEAU DU BURKINA SUR LE CAMP COMMANDO D'ABOBO»: LA REPUBLIQUE TREMBLE

 

 

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Une information qui n’a pas été du tout du goût de la grande muette, au plus haut niveau de la hiérarchie. Celle relative à la présence du drapeau burkinabé au camp commando d’Abobo. En ce sens que sa déflagration et son onde de choc ont pulvérisé le monde entier, comme le démontrent les nombreux appels et autres réactions des internautes à notre rédaction, réagissant à la gravité de ce fait. Auquel nous avions accordé un traitement spécial pour en faire un large écho dans notre parution du mercredi 28 mars 2013.

Laquelle information a été largement diffusée sur la toile et qui a ameuté toute la République. Au point de susciter la réaction impromptue du commandant Koné Gaoussou dit Jah Gao, commandant en second du 1er Bataillon de commandos parachutistes (Bcp). Une réaction lue dans les colonnes d’un confrère de la presse, hier jeudi 28 mars 2013, à travers laquelle l’homme fort du camp commando d’Abobo tente de s’expliquer sur la présence déconcertante de ce drapeau du pays des hommes intègres, le Burkina. Mais au bout du fil, il se perd en conjectures, en confusions et en amalgames.

Un camp militaire est bien différent d’une école militaire

Mis devant les faits, selon le confrère, non seulement Jah Gao a sommé qu’on déguerpisse ledit drapeau des lieux, mais en même temps, il s’est évertué à se dédouaner de cette faute militaire. «A l’Efa, à l’Ensoa, à l’Empt, il y a les drapeaux de tous les pays dont les ressortissants sont en formation. Je reviens du Maroc et là-bas, j’ai vu le drapeau ivoirien. Est-ce que cela signifie que le Maroc est devenu un territoire ivoirien? Je ne veux plus parler de çà», dixit Jah Gao. Sans être très introduits dans les méandres du fonctionnement militaire, il nous est toutefois plausible d’affirmer qu’il y a bien une différence entre le cantonnement militaire d’une armée d’un Etat donné et les écoles qui instruisent ces militaires, dans le statut comme dans les principes. Ce qui revient à dire qu’un camp militaire est exclusivement composé de nationaux en armes, par ricochet lieu d’expression de la souveraineté, qui concentre des poudrières et tout autre symbole propre à l’Etat souverain.

Aucune autre représentation symbolique de la souveraineté d’une Nation étrangère n’y saurait être admise et tolérée. En revanche, les écoles de formations sont plutôt des lieux nationaux et transnationaux représentant plusieurs entités étatiques à travers leurs animateurs et leurs auditeurs.

Ce qui d’ailleurs explique la présence de plusieurs drapeaux de différentes Nations en ces endroits.

A ce titre, l’on ne saurait assimiler un camp stratégique militaire, comme celui du Camp commando d’Abobo, à l’Efa ou l’Empt ou encore celle de Saint-Cyr en France, par exemple. Il est donc impérieux de souligner que la présence du drapeau burkinabé à cet endroit stratégique suscite l’interprétation qui lui sied. Celle d’exprimer la présence militaire, (là où il ne le faut pas) du Burkina Faso en ces lieux.

Car le camp Commando d’Abobo n’est pas une école d’instruction militaire. Quitte à qui de droit de reconnaître que cette donne est de nature à franchir le Rubicon et faire son mea culpa, que de s’étaler dans une confusion de principe.


Marcel Dezogno


Paul Koffi Koffi et le Général Bakayoko dans de sales draps

 

La météo n’est pas du tout bonne pour la grande muette. La raison, un article paru dans le quotidien “LG Infos” du mercredi 27 mars 2013, mentionnant que le drapeau du Burkina Faso flotte sur le camp commando d’Abobo. A en croire des sources militaires, ce papier aurait provoqué la colère d’Alassane Ouattara, ministre de la Défense et chef suprême des armées. Il aurait demandé des comptes au ministre délégué Paul Koffi Koffi qui, à son tour aurait sommé le Général Soumaïla Bakayoko, Chef d’état-major général des armées de «tirer au clair cette affaire du drapeau du Burkina Faso qui flotte sur le camp commando.»

C’est donc un profond malaise qui secoue l’armée ivoirienne par sa tête, si nos informations étaient avérées, depuis que cette affaire a été rendue publique. Il y a de quoi ruer dans les brancards. Cela fait la seconde apparition inacceptable du drapeau du Burkina Faso dans les airs en Côte d’Ivoire, suite à une crise militaire d’envergure. En effet, il y a eu d’abord Kong au plus fort de la crise militaire née du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002. Aujourd’hui, c’est au camp commando d’Abobo que flotte le drapeau du Burkina au sortir de la crise post-électorale. C’est du reste un acte assez important, un fait majeur qu’on ne peut snober aussi facilement. Dès lors, si elle existe, on peut comprendre la colère du chef de l’Etat, chef suprême des armées qui exige des explications! Car laisser flotter le drapeau du Burkina Faso sur le camp commando d’Abobo, est un langage sans équivoque pour dire que des militaires et/ou ressortissants de ce pays sont bien présents dans cet endroit. Au sein de l’armée ivoirienne, selon nos informateurs, certains hauts gradés voient dans la présence remarquée de ce drapeau une humiliation et donc la négation de la souveraineté nationale. Le tout apportant de l’eau au moulin de l’opposition qui aura beau jeu de clamer haut et fort : «Et pourtant, ils avaient tout nié en bloc !»

Comment a-t-on pu laisser ce drapeau flotter pendant tout ce temps, si tant est que l’on n’est pas en train de dire que nous sommes-là, se demandent des militaires écoeurés. Nos informateurs précisent que c’est fort de toute cette pression que le premier responsable du camp commando où flotte le drapeau du Burkina Faso s’est fendu d’une déclaration, à tout le moins hasardeuse le lendemain dans la presse. Déclaration qui a étalé sur la place tout le malaise que provoque cette patate chaude entre les mains du ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi et le Chef d’état-major général des armées, le Général de corps d’armées, Soumaïla Bakayoko.

 

Osée Délamond, in le quotidien ivoirien "LG Info"


Source: ABIDJANTV.NET

lundi, 01 avril 2013

DECLARATION DU FPI RELATIVEMENT AUX ACCUSATIONS DU POUVOIR OUATTARA SUR LA RECRUDESCENCE DES ATTAQUES A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

 

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Déclaration N° 002/2013



Le rassemblement des Républicains, socle du pouvoir Ouattara, a toujours eu pour stratégie la prise du pouvoir par les armes et dans son viseur le Front Populaire Ivoirien comme parti à abattre à défaut de ne pouvoir le battre dans les urnes.

C’est pour ces raisons qu’après son coup d’Etat qui a éjecté Henri KONAN Bédié et le PDCI-RDA du pouvoir en 1999, et n’ayant pas eu comme il l’escomptait le bénéfice de l’exercice du pouvoir d’Etat, le RDR a créé une branche armée, le Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire avec Soro Guillaume comme homme lige. Le coup d’Etat avorté de septembre 2002, qui a finalement vu son aboutissement par la prise du pouvoir du RDR dans la fureur par le feu et le sang, a ouvert une nouvelle ère. Celle de la destruction planifiée, du Front Populaire Ivoirien par le pouvoir Ouattara.

1. Les vaines accusations du pouvoir Ouattara pour détruire le FPI

1. 1. Le Plan Ouattara A

Au lendemain du 11 avril 2011, dès sa prise du pouvoir, le régime Ouattara, ne voulant plus entendre parler du FPI, a mis en œuvre un train de mesures pour atteindre cet objectif.

Tout a commencé et se poursuit encore par une gigantesque chasse aux sorcières, arrestations massives de militants et sympathisants FPI, qui a contraint au moins trente mille d’entre eux à l’exil. Avec à la clé le gel de leurs avoirs, la destruction de leurs biens et l’occupation de leurs domiciles.

Le tout orchestré – on s’en souvient – par une vaste campagne médiatique diabolisant à souhait le FPI dont on demandait à l’opinion publique, la suppression de l’échiquier politique, accusé par ses bourreaux coalisés de crimes humanitaires, économiques, politiques et tutti quanti.

Dans le même temps, il a été procédé :

- A la destruction méthodique et à l’occupation prolongée des sièges des journaux proches du FPI, les JV 11.

- A la répression systématique des meetings du FPI à Koumassi, Port-Bouët en octobre 2011.

Mais, en dépit de ce train de mesures dictatoriales, l’extraordinaire mobilisation des militants et sympathisants du FPI au meeting du 21 janvier 2012 est venue révéler au pouvoir Ouattara que le Front Populaire Ivoirien est loin d’avoir été détruit ; qu’il conserve bel et bien toute son énergie et sa vitalité pour rebondir, après avoir seulement plié l’échine sans rompre.

La répression sanglante et meurtrière du meeting du 21 janvier 2012 (1 mort 85 blessés) a été à la mesure du cuisant échec du pouvoir Ouattara qui venait de se rendre brutalement compte que le FPI est indestructible et plus vivant que jamais.

Ce plan A, qui a couvert la période d’avril à décembre 2011 s’étant avéré inopérant, le pouvoir Ouattara a engagé la phase B, celle de la disqualification politique du FPI, juin – octobre 2012.

1. 2. Le Plan Ouattara B

Le FPI ayant réussi à conserver, en dépit de toute la campagne de diabolisation orchestrée contre lui, son image de parti attaché à la démocratie, le pouvoir Ouattara a entrepris de lui coller une image de putschiste. A la fois pour discréditer le FPI et son fondateur Laurent Gbagbo dont la première comparution à la Haye était prévue pour le 18 juin 2012.

Cette phase a consisté en l’organisation méthodique par la branche armée du RDR, conduite par le chef de la rébellion Guillaume SORO, d’attaques ciblées des forces régulières du pouvoir Ouattara (FRCI) et celles de l’ONUCI. Le but visé, faire d’une pierre deux coups : se prémunir contre tout transfèrement de SORO Guillaume et ses com-zones à la CPI d’une part et d’autre part se débarrasser définitivement du FPI accusé de mener ces attaques, en le livrant à la fois à la vengeance de l’ONUCI et à la vindicte des FRCI.

- 06 juin 2012, assassinat de sept (07) casques bleus du contingent nigérien de l’ONUCI

- Nuit du 05 au 06 août 2012, attaque du camp militaire d’Akouédo.

- Par la suite, de nombreuses attaques des postes des FRCI (Dabou, Agboville, Grand-Lahou, Noé à la frontière ivoiro-ghanéenne, à grands renforts d’accusations médiatiques bruyantes du FPI, et de la République du Ghana.

Le clou de cette phase B de disqualification du FPI pour l’écarter définitivement de la scène politique a été la rédaction le 15 octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara d’un rapport prétendument attribué à des experts de l’ONU. Le point d’orgue est que le Front Populaire Ivoirien y est accusé d’avoir partie liée avec Ansar Dine, les Djihadistes du MUJAO et la branche Al Quaïda du Maghreb Islamiste – Aqmi – en d’autres termes d’être un parti de terroristes. Reprenant ainsi l’accusation fantaisiste prononcée quelques jours plus tôt par Guillaume SORO et ses lieutenants contre le FPI, sur Twiter. Il s’agissait ici pour le pouvoir Ouattara de livrer pour sa destruction, le FPI à tous les pays occidentaux, très sensibles à la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis, en tête.

Mais, le Front Populaire Ivoirien ne s’est pas effondré. Parce qu’il a vite compris que le combat pour la démocratie en Côte d’Ivoire, était parvenu, avec la dictature instaurée par le pouvoir Ouattara, a une étape cruciale, celle de la lutte de l’intelligence contre la force brutale, la terreur planifiée.

Le FPI a su bien réagir en ne se taisant pas et en apportant les réponses appropriées, preuves à l’appui, pour confondre ses détracteurs qui ont fini par se retrouver à bout d’arguments. Mieux, le Front Populaire Ivoirien s’est donné les moyens d’aller à l’international en Europe pour d’une part détruire le flot de contrevérités déversées sur le FPI et de l’autre rétablir la vérité sur la réalité de la situation politique, dans notre pays, en présentant le vrai visage du régime établi, une dictature sans nom.

C’est cette offensive diplomatique qui a conduit le pouvoir Ouattara, sous la pression de ses alliés occidentaux et de nombre d’Etats africains, à accepter le dialogue direct dont il n’a jamais voulu avec le FPI.

La suite on la connait. Ce dialogue a été savamment saboté de bout en bout et en lieu et place des problèmes posés par le FPI ce qui devait être un moment d’échanges fructueux a plutôt été utilisé par le pouvoir Ouattara comme une opération cosmétique destinée à polir l’image de son régime par un vernis démocratique.

Ne sachant plus à quel démon se vouer, le pouvoir Ouattara, en panne sèche d’arguments pour justifier ses échecs, continue de s’accrocher, à l’instar d’un noyé en détresse, à un fétu de paille : "c’est le FPI qui brûle l’Ouest", la même rengaine désuète et irresponsable.

2. A propos des attaques armées à l’Ouest et ailleurs

"Qui ne se souvient pas encore des massacres de Petit Duékoué, de Duékoué, de Guitrozon, de Doké, de Pantrokin, de Toulepleu, de Facobly, de Semien, de Kouibly, perpétrés depuis l’attaque venue du Burkina Faso en 2002 contre la Côte d’Ivoire" s’interroge, avec raison, le "Quotidien d’Abidjan" dans sa livraison N° 865 du mercredi 27 mars 2012. "Et la liste" – poursuit-il – "est hélas très loin d’être exhaustive. Des morts par milliers, des villages totalement ou en partie rasés de la surface de la terre, des femmes violées par dizaines, des membres coupés, des cadavres jetés dans des puits, des familles disloquées, et des orphelins ainsi que des veuves livrés à eux même dans ce monde de misère".

Au secours ! Devrions-nous nous écrier ! Qu’entende ce SOS tous ceux qui sont à l’écoute de la Côte d’Ivoire. C’est le vœu le plus fervent du FPI par ces temps de cécité, de surdité et surtout d’amnésie volontaires du pouvoir Ouattara.

Oui, la rébellion aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire ne se souvient plus du comment de sa – pourtant - toute récente accession au pouvoir au cours de la toute dernière décennie 2002 – 2012. Même les toutes récentes atrocités de Duékoué (Mars 2011) et de Nahibly (juin 2012) sont oubliées. De même que les enquêtes annoncées, oubliées, elles aussi, amnésie totale. Et le quotidien le Patriote, porte-voix de la rébellion au pouvoir, de proclamer à sa une du mardi 26 mars 2013. " Le FPI veut bruler l’Ouest". Mais diantre ! Cela fait plus d’une décennie que la rébellion aujourd’hui au pouvoir brûle l’Ouest !

2. 1. La bombe du foncier rural en voie d’explosion dans les mains de Ouattara

Le Front Populaire Ivoirien, face aux accusations fantaisistes le portant pour responsable de la mort de sept soldats nigériens du contingent de l’ONUCI à Taï le 8 juin 2012, avait pourtant prévenu en prenant le peuple ivoirien à témoin.

Après la perte de la première guerre du cacao par le président Félix HOUPHOUËT Boigny en 1991 contre les multinationales du négoce, et de la seconde guerre du cacao par le président Gbagbo lors de sa chute en avril 2011 contre les mêmes prédateurs, la situation qui prévaut depuis l’avènement du pouvoir Ouattara n’est rien moins que la mise en œuvre, depuis le 11 avril 2011, de la troisième guerre du cacao, menée par le même Alassane Ouattara, hier chargé de mission des multinationales, aujourd’hui président de la République.

La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela, au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables, qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.

Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi, qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su du pouvoir toutes les forêts classées du Cavally et de Goin Dedé à la frontière du Libéria, où il a installé des milliers de planteurs originaires de la CEDEAO. L’autre chef de guerre burkinabé, lui aussi lourdement armé Issiaka Tiendrébéogo, contrôle quant à lui, l’axe Taï – Grabo – San Pedro où il exproprie les paysans autochtones par la terreur et installe ses compatriotes qui arrivent chaque jour par convois sur les terres de l’Ouest.

Ils sont donc connus et jamais interpellés parce que en mission commandée, les acteurs des expropriations des terres orchestrées par le pouvoir Ouattara dans le cadre de cette troisième guerre du cacao qui a commencé aux confins de l’Ouest du pays et qui est destinée à s’étendre sur l’ensemble du Sud de la Côte d’Ivoire.

Dans toute cette partie du pays, les multinationales du négoce ont déjà pris pieds dans la production en rachetant tous les complexes agro industriels dans le cadre des privatisations.

La nouvelle loi sur le foncier rural en cours d’élaboration par le pouvoir vise à légaliser et à légitimer toutes les expropriations qui, écartant les anciens propriétaires de leurs terres se mettront au service de leurs nouveaux maîtres les colons de la CEDEAO et d’ailleurs. La Côte d’Ivoire ainsi recolonisée échappera ainsi totalement au contrôle des paysans autochtones propriétaires actuels de la production cacaoyère de notre pays.

Voici le projet qui est en cours, dans cette troisième guerre du cacao que livre à la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, au profit des multinationales du négoce et des puissances occidentales leurs commanditaires. Par ailleurs, il est temps, grand temps, pour les Ivoiriens de savoir si l’Ouest de leur pays est devenu une colonie de peuplement burkinabé et malien.

Ces réalités-là, le pouvoir Ouattara a le devoir de communiquer là-dessus au lieu de chercher en permanence à mener le peuple en bateau par la « bouc-émissairisation » permanente du Front Populaire Ivoirien.

2. 2 Les accusations portées contre le FPI sont une diversion du pouvoir Ouattara

Ce pouvoir est manifestement complice de la colonisation de l’Ouest ivoirien par des milices burkinabé principalement. Quand les accusations d’expropriations des paysans Wê et Baoulé montent en épingle dans l’opinion, le pouvoir Ouattara, annonce bruyamment une attaque imminente des FRCI pour déloger les bandes armées burkinabé des forêts classées qu’elles occupent et exploitent. Et puis quand la fièvre est tombée plus rien.

Le pouvoir Ouattara après avoir, à plus de cinq reprises déjà annoncé le déguerpissement par les FRCI des armées de Ouédraogo Remi alias Amadé Ouerémi, et consorts des forêts et plantations de l’Ouest, en est aujourd’hui à négocier donc à légitimer ces occupants qui refusent de quitter le sol ivoirien, pour que les propriétaires qu’ils ont spoliés retrouvent la pleine propriété de leurs biens.

Comment ce pouvoir peut-il, s’il n’est pas complice des colons, s’étonner que les propriétaires terriens exilés au Libéria manifestent le désir de récupérer leurs terres par les mêmes moyens qui ont été utilisés pour les exproprier c’est-à-dire les armes. En prenant le parti de ne prêter aucune oreille attentive à leurs légitimes requêtes, mais à les massacrer en coupant les têtes des présumés cerveaux, qui repoussent dès le lendemain avec d’autres attaques, le pouvoir Ouattara prend rendez-vous avec une violente explosion sociale incontournable et qui risque d’être préjudiciable à la Côte d’Ivoire.

Le foncier rural et aussi urbain est une bombe dont nous ne percevons pour l’instant que la fumée de la consumation du cordon vers le noyau de la bombe qui va immanquablement exploser. C’est hier la rébellion et aujourd’hui le pouvoir qui en est issu, qui ont allumé et attisent depuis plus d’une décennie le cordon de la bombe – ce n’est pas le Front Populaire Ivoirien.

En guise de conclusion

Il convient de souligner ce qui suit : la question de la propriété foncière est trop vitale pour une nation, pour que ceux qui ont momentanément en charge son destin, la traite de façon légère, cavalière par la stigmatisation visant à amuser la galerie. Le foncier est une poudrière qui n’est pas localisée à l’Ouest, mais sur l’ensemble du territoire national. Les récents affrontements armés à Odienné au Nord du pays et qui ont fait plus d’une dizaine de morts, résultent aussi du refus des autochtones de Madiana basés dans le quartier de Sobala, de se laisser gouverner et déposséder de leur terres par les allogènes et étrangers, qui se sont massivement installés à Madiana-Sokourani et veulent les réduire à la marge.

C’est là le schéma au microscope des situations créées partout ailleurs par les étrangers au détriment des autochtones qui refusent leurs expropriations et exterminations, que cautionne le RDR à travers ses cadres en attisant le feu comme à Madiana.

Le Front Populaire Ivoirien, très soucieux du développement et de la paix pour le peuple ivoirien, ne brûlera jamais la Côte d’Ivoire. Les pyromanes sont le RDR et ses cadres étrangers qui mettent le feu dans les villages qui les ont accueillis, comme à Madiana par souci de promotion politique personnelle en semant la division et la mort.



Fait à Abidjan, le 1er avril 2013.

Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

samedi, 30 mars 2013

J'ACCUSE YAO PAUL NDRE DE PARJURE - EMMANUEL AGBAOVI, DOCTEUR D'ETAT EN DROIT

 

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 La Côte d’Ivoire vient de rentrer dans le livre Guinness des records pour avoir connu le coup d’Etat le plus long et parfait de l’histoire du monde. Pour rappel, le 19/ 09/ 2002, des hommes armés descendus du Burkina Faso tentent de s’emparer du pouvoir d’Etat incarné par le Président Laurent Gbagbo, élu Président de la République 18 mois plus tôt. La tentative tourne en eau de boudin et les assaillants sont repoussés de la capitale économique. Ils retournent à Bouaké, y forment un kyste.

L’armée française, sollicitée dans le cadre des accords de défense que la France a signés avec ses anciennes colonies, ne fera rien d’autre que de s’interposer entre les rebelles et le gouvernement légitime. C’est le début de ce qu’il convient d’appeler le coup d’Etat le plus long de l’histoire du monde puisqu’il vient de connaître ce jour 6 mai 2011 une fin plus que glorieuse pour M.Ouattara Alassane, qui prête serment devant le Conseil Constitutionnel présidé par le sieur YAO NDRE Paul. Ce dernier rentre également dans le livre Guinness des records pour avoir été le premier Président d’un Conseil constitutionnel à avoir accepté le serment de deux Présidents de République sans que l’un d’eux ne soit décédé ou déclaré incapable à la fonction.

En effet, à la suite du second tour de l’élection présidentielle tenu le 28 novembre 2002, le Conseil constitutionnel, organe compétent pour donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, déclare Le candidat Laurent Gbagbo vainqueur des dites élections. Ce dernier avait saisi la Haute Juridiction à l’effet de se prononcer sur les cas de fraudes relevées dans de nombreuses circonscriptions électorales du nord du pays. Le Conseil Constitutionnel, au cours de son audience du 03 Décembre 2010, a jugé fondées les prétentions du candidat et après en avoir délibéré l’a déclaré vainqueur de l’élection présidentielle en annulant le scrutin dans des départements de 5 régions du nord et du centre. Le 04 décembre 2010, le Conseil constitutionnel reçoit le serment de M. Laurent Gbagbo comme Président de la République de Côte d’Ivoire. La Communauté dite internationale conduite par la France, qui ne reconnait pas ce résultat monte une armée de mercenaires conduite par la force française de l’opération Licorne et les forces de l’ONUCI, puis lance un assaut contre le pouvoir légalement établi. La coalition armée finit par l’emporter le 11 avril 2011 suite à l’arrestation humiliante du Président de la République. Ainsi venait de prendre fin le coup d’Etat commencé depuis le 19 septembre 2002. Neuf années pour perpétrer le Coup d’Etat le plus long de l’Histoire.

Mais les auteurs sont trop élégants pour se mêler à un coup d’Etat. Qui peut admettre que l’ONU, la France, les Etats Unis, gardiens de la démocratie dans le monde entier, puissent se mêler à une odieuse opération de coup d’Etat. Il faut impérativement donner une onction constitutionnelle à leur entreprise. Que faire ? L’équation semble difficile à résoudre. Mais heureusement, le théâtre d’opération est l’Afrique. Depuis plus de 7 siècles les Occidentaux connaissent ce continent. C’est la terre de toutes les expériences. Tout y est possible parce que dans ce continent le temps passe, mais les hommes restent pareils. Ce sont de grands enfants dont la conscience ne peut guère s’élever au-dessus de la cheville. Les Colons les savaient corvéables à souhait. Ils les ont découverts également manipulables sans limite. Le Conseil constitutionnel est convoqué derechef pour  statuer sur les mêmes élections pour lesquelles il avait déjà rendu un verdict. La Plus Haute Juridiction ivoirienne vient de se dédire en rapportant sa propre décision. Les délibérations du Conseil Constitutionnel de ce jour ne résistent pas la rigueur de l’analyse juridique. Elles manquent à l’évidence de base légale (I) et elles sont porteuses de conséquences très graves (II).

I/ Des délibérations sans base légale

Les délibérations du Conseil constitutionnel sont prises à défaut à deux niveaux.
Au niveau de la forme (A). Au niveau du fond (B)

A/ Sur la forme.

Les défaillances relevées portent à la fois sur la saisine du conseil (1) et sur la constitution même du conseil (2).

1/ La saisine du Conseil Constitutionnel

Aux termes des articles 95 à 97 de la Constitution et desarticles 18 à 20 de la loi organique déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel, celui-ci ne peut valablement connaître d’une affaire que s’il a été saisi par des autorités précises. Le Code électoral en sonarticle 60 y ajoute les candidats à l’élection présidentielle, en cas de contentieux électoral. C’est dire que le Conseil constitutionnel ne peut s’autosaisir. C’est certainement pour ce motif que le communiqué du Conseil de sécurité et de paix, sur lequel le Conseil constitutionnel fonde sa décision, a entériné les propositions du Groupe de haut niveau (le panel des cinq chefs d’Etat) (point 7 du communiqué final du 10 mars 2011). Celles-ci demandaient que les deux parties au conflit, après avoir pris acte du retrait du Président Laurent Gbagbo, saisissent le Conseil constitutionnel pour recevoir le serment de M. Ouattara (voir notamment le Rapport du Président de la Commission sur la situation en Côte d’Ivoire du 21 avril, point 4). Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’U.A s’est gardé de saisir lui-même le Conseil constitutionnel parce qu’il n’en a pas la capacité. Or, à notre connaissance, aucune autorité compétente n’a saisi le Conseil constitutionnel. Il s’est auto saisi. C’est le Président du Conseil constitutionnel qui a convoqué  sur les antennes de la Télévision Côte d’Ivoire (TCI) ses collègues conseillers à une audience. Il venait de sortir d’une rencontre avec M .Ouattara. A l’évidence, cette rencontre entre les deux personnalités ne peut valoir saisine de la Haute Juridiction.

En effet M. Ouattara ne pouvait saisir le C.C qu’en tant que candidat. Or à la date de la rencontre susmentionnée, non seulement il était forclos (délai de trois jours après la fermeture des bureaux de vote), mais en plus, le Conseil avait clos sa séance et ne pouvait plus de ce fait connaître de la même matière. Comme nous le verrons plus loin, les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent au Conseil lui-même.

Même en admettant que c’est par application du communiqué du Conseil de Sécurité et de la Paix, il est impératif que les deux parties saisissent ensemble le C.C. parce que M. Ouattara, à lui seul, n’en a pas la qualité puisque à ce moment, il n’est pas encore entré en fonction en tant que Président de la République.

C’est donc à tort que le Président du Conseil constitutionnel a convoqué ses collègues conseillers à une deuxième lecture de ses propres délibérations. C’est par zèle et au mépris du droit que le Conseil Constitutionnel a siégé du reste, amputé de deux de ses membres, jetant ainsi un doute sur la constitution même du Conseil en audience.

2/ Vice de procédure sur la constitution du Conseil

Le Conseil Constitutionnel ivoirien est composé de sept membres y compris le Président. Aux termes de l’article 14 de la loi organique déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel, le Conseil ne peut valablement statuer, donner des avis ou prendre des décisions en matière de constitutionnalité des lois que, lorsque, au moins, cinq de ses membres sont présents. Au cours de son audience du 5 mai 2011, ils étaient effectivement cinq à répondre présents y compris le Président. Il pouvait donc valablement statuer.

Toutefois en ce qui concerne le quorum pour l’audience de prestation de serment les textes sont muets. Les puristes pourraient penser que le caractère solennel imposé par laConstitution en son article 39 pour cette audience aurait exigé un quorum plus renforcé qu’une audience ordinaire. En effet, la prestation de serment est un acte différent des décisions et avis qui doivent être rendus par cinq membres au moins.

Mais, en tout état de cause, nous nous gardons de nous lancer dans cette logique. Tout au plus, l’on pourrait relever que l’absence remarquée de deux des conseillers traduit un malaise certain au sein de la Haute Juridiction ivoirienne devant ce deuxième serment. Il nous revient que ces derniers n’ont pas voulu participer à ce qu’ils considèrent comme étant une grande forfaiture de la part de leur Juridiction. L’intérêt de la réflexion à ce niveau se situe sur l’état d’esprit des conseillers au moment où ils siègent. Etaient-ils libres ou ont-ils délibéré sur une contrainte quelconque quand l’on sait l’état d’insécurité qui prévaut actuellement à Abidjan où il n’y a que l’armée élevée par Ouattara qui tient tout le monde en respect. Si pour les autres l’on ne peut affirmer avec certitude qu’ils ont été menacés, il est difficile d’en dire autant pour Madame Hortense Sess. Cette dernière a été enfermée à l’hôtel Pergola qui est devenu la prison des hommes politiques de l’ancien régime. Pour rappel, C’est de là bas que le Président du FPI a été extrait manu militari et conduit à l’hôtel du Golf puis à la prison de Bouna. Madame Hortense Sess n’en a été ressortie que pour les besoins de l’audience de ce jour après un bref séjour sous bonne escorte militaire au domicile de Ahoua Nguetta, lui aussi membre du Conseil constitutionnel. Après un tel périple, il ne serait pas totalement faux de conclure qu’elle a agi sous contrainte. Toute chose  qui rend nul son jugement. Or il est constant qu’une Cour en audience constitue un corps unique. C’est pourquoi, ses délibérations engagent tous ses membres. Par conséquent, si le jugement d’un seul de ses membres est vicié pour quelle que raison que ce soit, c’est l’ensemble du jugement de la cour qui en pâtit. Pour cette raison, il y un doute  épais sur la qualité de la décision du Conseil constitutionnel avant  même d’en analyser le fond.

B / Sur le fond

Pour motiver sa décision, le C.C s’est appuyé de façon exclusive sur deux Communiqués du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Le premier en date du 28 janvier 2011 qui met en place le Groupe de haut niveau appelé à  évaluer l’élection présidentielle du 28 novembre 2010  et le second daté du 10 mars 2011 qui a reconnu M. Ouattara comme vainqueur en indiquant les modalités du processus de sortie de crise. Pour mémoire, il convient de rappeler qu’à la suite du second tour de l’élection présidentielle, les deux candidats ont réclamé chacun la victoire. L’un, le Président Laurent Gbagbo, sera reconnu vainqueur par le Conseil constitutionnel conformément à la Constitution ivoirienne, et le second M. Ouattara Alassane sera reconnu par l’ONU et l’ensemble des puissances étrangères comme vainqueur.

La  paix est menacée. Le Conseil de Sécurité et de paix de l’UA se saisit du dossier conformément à ses textes fondateurs et décide au cours de ses assises du 28 janvier 2011 de constituer un panel de 5 chefs d’Etat pour évaluer le processus électoral notamment le second tour. Le communiqué qui sanctionne les travaux du Conseil de paix et de sécurité précise que les conclusions du panel « telles qu’entérinées par le Conseil (de Paix et de Sécurité) seront contraignantes pour toutes les parties ivoiriennes avec lesquelles elles auront été négociées » (point 6-c). Les travaux des membres du panel  concluent sur la victoire de M.Ouattara sans qu’aucun motif sérieux ne soit avancé pour soutenir cette conclusion. Le Conseil de paix et de sécurité qui entérine cette décision du panel établit une feuille de route en8 points devant permettre un dénouement heureux de cette crise. L’on retiendra entre autres la nomination d’un Haut Représentant chargé de suivre la mise en œuvre des recommandations de l’UA, le retrait du Président GBAGBO, retrait constaté par les deux parties, la saisine par les deux parties du C.C pour qu’il reçoive le serment, la nomination d’un gouvernement d’union nationale. C’est donc à l’aune de ces deux communiqués du CPS de l’U.A que le C.C a rapporté sa décision antérieure et a accepté le serment de M. Ouattara comme Président de la RCI. Or à l’analyse, non seulement la décision du CC n’est pas conforme aux conclusions du CPS (1). Mais en plus, les décisions du CPS ne  peuvent avoir de valeur supra constitutionnelle (2).

1/ Le non respect de la décision du CPS

Lorsque l’on parcourt les points qui constituent la feuille de route dressée par le CPS pour résoudre le contentieux électoral en Côte d’Ivoire, il n’existe nulle part le recours à la force. Le CPS n’a pas voulu lui-même rompre d’avec ses propres principes. En effet, l’article 4-a de ses textes fondateurs pose comme principe le règlement pacifique des différents et des conflits dans le respect de la Souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats membres (art. 4-e). Le recours à la violence n’est préconisé que dans le cas exceptionnel prévu par l’article 4-g selon lequel « le droit de l’Union d’intervenir dans un Etat membre sur décision de la Conférence dans certaines circonstances graves, à savoir les crimes de guerre, de génocide et des crimes contre l’humanité. »C’est le seul cas d’ailleurs d’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat admis par l’U.A.

Dans le cas de la crise ivoirienne, la Conférence n’a jamais requis d’intervention armée. Or, tout le monde sait que c’est une armée illégale composée de mercenaires appuyés par l’armée française qui a mené la guerre contre le Président Laurent Gbagbo. En levant une armée pour combattre le régime constitutionnellement établi, le Président Ouattara est sorti du cadre de règlement des conflits conçu par l’U.A.

Par ailleurs, le CPS  en prônant la gouvernance constitutionnelle (art 5-g) exclut toute possibilité de changement anticonstitutionnel dans les Etats membres conformément à la déclaration de Lomé (art. 6-g).

Depuis le 3 décembre 2010, le Président constitutionnel est le Président Gbagbo. Dès lors, quiconque se prévaut de ce titre et pose des actes comme tel opère une rupture anticonstitutionnelle. Consciente de cette vérité, le CPS dans ses conclusions pose la résolution de la crise en termes de négociation entre les deux parties, de sorte à obtenir le départ consentant du Président et l’acceptation du serment de M. Ouattara. La guerre enclenchée au moment même où l’UA venait de nommer le Haut Représentant signifie tout simplement le rejet de la proposition de l’UA par le camp Ouattara. On rappellera que M. Ouattara avait récusé ce haut représentant aussitôt qu’il a été nommé. La prise de pouvoir à la suite de cette guerre constitue un acte anticonstitutionnel qui viole l’article 5-g sus visé.

En définitive, le changement opéré en Côte s’est fait en dehors du cadre tracé par l’U.A et constitue un cas grave de violation du principe de gouvernance constitutionnelle que le C.C ivoirien tente de légitimer maladroitement en conférant de façon exagérée une valeur supra constitutionnelle aux décisions du CPS.

1/  De la valeur supra constitutionnelle des décisions de l’U.A

En droit interne, la Constitution se situe au sommet dans la hiérarchie des normes. Elle est la manifestation de la Souveraineté Nationale. C’est d’elle que tout part et vers elle que tout retourne. Elle est l’alpha et l’oméga du système juridique. Elle est l expression visible du contrat social des ivoiriens. Le Conseil constitutionnel qui est le gardien de la constitution reste la Juridiction suprême dont les décisions sont inattaquables parce ce que frappées du sceau de l’inviolabilité. Elles produisent des effets erga omnes, c'est-à-dire qu’elles s’imposent à l’égard de tous comme le témoigne l’article 98 de la constitution qui stipule que : « les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale » . Or, nous venons d’apprendre de la bouche du premier responsable du C.C. ivoirien que les engagements internationaux sont supérieurs aux décisions du C.C. se fondant en cela sur les dispositions de l’article 27 de la convention de Vienne de 1969 qui précise que: « une partie ne peut invoquer une disposition de son droit interne comme justifiant la non-exécution d’un traité » et l’article 87de la Constitution qui dispose que: « les traités ou accords régulièrement ratifiés ont, des leur publication, une autorité supérieure à celle des lois sous réserve pour chaque traité ou accord de son application par l’autre partie  » . L’argument est suffisamment spécieux pour ne pas être rejeté. En effet, les décisions du CPS ne sont pas des traités et n’ont pas été ratifiées. Bien que les Etats membres se soient convenus d’accepter et d’appliquer les décisions du CPS conformément à l’acte constitutif (art.7-3), ces décisions ne peuvent s’appliquer que dans le respect de la Souveraineté des Etats membres (art.4 -1-e). Il n’en saurait être autrement puisque les organisations internationales ne sont pas des super Etats. La souveraineté nationale est incompatible avec la subordination du C.C à un organe extérieur. Plusieurs dispositions de la Constitution ivoirienne affirment la suprématie de la constitution sur les engagements internationaux. L'article 95 rappelle que : «les engagements internationaux visés par l’article 84, avant leur ratification, les lois organiques avant leur promulgation, les règlements de l Assemblée nationale avant leur mise en application doivent être déférés par le Président de la République ou le Président de l’Assemblée nationale au Conseil constitutionnel qui se prononce sur leur conformité à la Constitution. » Comme l’on peut le constater, la Constitution reste la norme de référence de toutes les autres y compris, bien sûr, les engagements internationaux. Les lois visées par l’article 87 sont les lois organiques et les lois ordinaires. Mais pas la Constitution. Elle reste hors d’atteinte des autres normes. C’est pourquoi l’article 86 affirme que « si le Conseil constitutionnel, saisi par le Président de la République, ou par le Président de l’Assemblée nationale a déclaré qu’un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l’ autorisation de la ratifier ne peut intervenir qu’après révision de la Constitution » Or l’article 98 précité n’a pas été révisé. Les décisions du Conseil continuent donc de s’imposer a tous y compris à l'Union africaine et au Conseil constitutionnel lui-même.

C’est pour cette raison que le même Conseil ne s’est pas plié à la certification des élections par M. CHOI, représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU agissant au nom de l’ONU. Pourquoi avoir refusé à l’ONU ce que M. YAO NDRE et ses Conseillers viennent de reconnaître à l’U.A. Pourquoi avoir attendu qu’il y ait eu tant de morts et de destruction de biens pour reconnaître la suprématie d’une organisation de moindre importante quand l’on a refusé cela à l’organisation internationale la plus importante. Pour cela seul, j’accuse Yao NDRE de parjure.Il a pris une décision aux conséquences très graves.

II/ Les conséquences de la décision du Conseil Constitutionnel

En décidant de violer de façon grave la Constitution dont il assure la garde, le C.C de Côte d’Ivoire rentre dans l’histoire de la façon la plus hideuse. Les conséquences d’une telle forfaiture peuvent s’analyser à deux niveaux : au niveau juridique et au niveau politique.

A/ Les conséquences au niveau juridique.

La décision du C.C ivoirien rompt le principe de l’infaillibilité du Juge Suprême (1) et détruit  toute l’ossature judiciaire (2).

1/ La rupture du principe de l’infaillibilité du Juge Suprême

La société humaine est organisée autour de principes qui sont en réalité des compromis entre les différents acteurs de cette société. J.J ROUSSEAU parle de Contrat social. Cette bâtisse repose sur trois piliers selon Montesquieu. Le pouvoir d’élaborer les lois, le pouvoir de les exécuter et le pouvoir de veiller sur leur bonne exécution. Tous ces pouvoirs trouvent leur légitimité dans la Constitution qui est le cadre visible du Contrat social. Le Pouvoir Judiciaire qui a en charge de veiller au respect des termes de ce contrat par l’ensemble des composantes de la société, repose sur une organisation qui rassure l’impartialité de ses décisions. Au sommet de cette organisation se trouvent les Juridictions supérieures dont le Conseil Constitutionnel. Il est admis que les décisions que prend le Conseil Constitutionnel sont insusceptibles de recours. Elles sont frappées du sceau de l’incorruptibilité parce que émanant de personnes infaillibles. Le Juge du Conseil Constitutionnel est dieu sur terre et il ne se trompe jamais. C’est  ce compromis vieux de plusieurs siècles que M. Yao NDRE et ses collègues viennent de rompre. Désormais tout le monde est autorisé à douter de la crédibilité des juridictions suprêmes dans nos pauvres petits pays. C’est la crédibilité de tous les Conseils Constitutionnels africains notamment qui vient d’être sérieusement écorchée. C’est tout l’appareil judiciaire qui est ainsi détruit.

2/ La destruction de l’appareil judiciaire

Pour la régulation des rapports sociaux entre d’une part les citoyens et l’Etat et entre les citoyens eux-mêmes d’autre part, l’appareil judiciaire  joue un rôle déterminant. C’est pourquoi il est organisé de manière à assurer un contrôle à la fois de ses propres décisions et des décisions de l’Etat agissant à travers l’Administration. La possibilité qui est offerte à un citoyen de se référer à l’instance supérieure lorsqu’il estime que les décisions d’une juridiction lèsent son droit renforce sa confiance dans l’appareil judiciaire. Le droit reconnu au C.C de statuer sur la conformité des lois à la Constitution renforce l’Etat de droit et entretient le contrat social. Si les ivoiriens ne peuvent plus faire confiance à leur juridiction suprême qui peut se dédire aussi facilement, c’est tout l’appareil judiciaire qui se disloque faisant ainsi perdre aux ivoiriens les repères les plus essentiels de leur existence dans la société. Depuis tout le temps, l’on a rusé avec  le Droit en Côte d’Ivoire. La fuite en avant s’est achevée avec le Professeur YAO Paul NDRE qui vient de soumettre définitivement le Droit à la politique.

B/ Les conséquences politiques

Il faut les analyser au niveau général (1) avant de les voir au niveau du Front Populaire Ivoirien (FPI), parti dont se réclame YAO NDRE (2).

1/ Les conséquences politiques au niveau général

Ce niveau s’entend de l’Afrique et de la Côte d’Ivoire. Il est tout à fait décevant que l’Afrique s’illustre de façon la plus laide possible dans les compromissions politiques au détriment du droit. La conséquence reste la fragilité de nos institutions qui ne finissent pas de vivre leurs crises d’adolescence. La décision du C.C entérine à souhait l’idée selon laquelle tout est possible en Afrique. Qui peut imaginer le Secrétaire Général de l’ONU contester une décision de la Cour Fédérale des USA. Là bas, comme ailleurs, le Pouvoir judiciaire s’est battu pour s’affranchir de la domination du pouvoir politique par le sérieux et la carrure  de ses animateurs. Même dans l’erreur, il ne reviendra jamais au Juge du Conseil constitutionnel français de revenir sur une décision parce que l’Union européenne l’aurait exigé. La politique est dégoutante en Afrique parce qu’elle s’exerce en dehors de tout contrôle judiciaire fiable. Les citoyens africains s’en méfient parce qu’elle est le théâtre de toutes les compromissions et de grandes corruptions, où chaque acteur place son intérêt immédiat au dessus de tout. Désormais les résultats des élections seront donnés au siège de l’UA, lieu par excellence de toutes les intrigues. Tant pis pour la démocratie.

En Côte d’Ivoire, Le Président Yao NDRE vient de jeter un voile noir sur le jeu politique. Il n ya plus de limite dans les compromissions. C’est un leurre de croire que la paix et la démocratie peuvent se construire en dehors du droit. Tuer le droit, c’est tuer également la paix et la démocratie. Depuis plus depuis plus de 2O ans, le droit était en agonie en Côte d’Ivoire. L’estocade  vient de lui être portée, ironie du sort, par celui qui est censé le défendre à double titre. Premièrement en tant que professeur titulaire de droit et ensuite  en tant que Haut magistrat, gardien de la Constitution ivoirienne. La société ivoirienne est malheureuse. Mais c’est plus le FPI, parti créé par Laurent Gbagbo, porteur d’un idéal de démocratie dont est issu M. Paul Yao NDRE qui en souffre.

2/ Les conséquences au niveau du FPI

Il y a certainement beaucoup de choses à reprocher au FPI dans la gestion du pouvoir d’Etat. Des graves légèretés sont à relever dans la gestion de certaines questions qui lui coutent le pouvoir d’Etat. Mais l’on ne peut nier son rôle prépondérant dans l’instauration de la démocratie en RCI. Pour rappel, ce parti a forcé l’acceptation du multipartisme en Côte d’Ivoire. L’âge du vote à 18 ans, les urnes transparentes, le bulletin unique, la pluralité de la presse, la décentralisation de la gestion du pouvoir d’Etat sont à mettre à son crédit. A t-il eu les hommes pour mettre en œuvre l’idéal politique dont il était porteur ? Les derniers évènements appellent à observer une certaine prudence dans la réponse à donner à cette interrogation essentielle. La gestion du pouvoir d’Etat dans des conditions difficiles a-t-elle eu raison de ses cadres ? Tout porte à le croire. La simplicité avec laquelle YAO NDRE et certains hauts cadres du parti gèrent les moments actuels est scandaleuse et témoigne du peu d’importance accordé aux ivoiriens en général et aux militants du FPI en particulier. Comment ne pas les rendre complices de l’arrestation du Président AFFI N’Guessan? Tout se passe comme si le scenario avait déjà conçu avant même l’arrestation du Président Gbagbo. Le nouveau régime a fait arrêter le Président GBAGBO et sa famille. Mais ce sont ses propres compagnons qui le condamnent avant son procès. Et c’est tout ça qui confère une laideur puante à la politique sous les tropiques. Vouloir racheter sa peau en vendant celle de ceux qui ont cru en vous est un acte ignoble. Ramener toute la conscience du parti à des considérations de survie individuelle et de bien-être personnel est inacceptable. Le Président Ouattara avait besoin d’armes pour détruire le FPI. Monsieur YAO NDRE vient de les lui offrir. Le mercenariat et  le droit ne peuvent faire bon ménage.

CONCLUSION

Le Président Ouattara a prêté serment en jurant de respecter la Constitution ivoirienne. En le faisant, le Président Ouattara vient de violer avant même son entrée en fonction la Constitution. Car, la décision du Conseil le proclamant vainqueur des élections manque manifestement de base légale. Le C.C ivoirien a trompé tout le monde. Il ne pouvait se dédire sur la base de considérations à tout point de vue fausses. Cette deuxième proclamation des résultats est une forfaiture  et un acte criminel. M  YAO NDRE en assume l’entière responsabilité. Il faut qu’il en réponde si l’on veut réhabiliter et la politique et le droit en Côte d’Ivoire et en Afrique.


Emmanuel AGBAOVI docteur d’Etat en droit.


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

vendredi, 29 mars 2013

AMANI NGUESSAN SANS DETOUR: «ALASSANE OUATTARA EST UN INCAPABLE»

 

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Michel Amani N’Guessan n’est pas tendre avec le pouvoir actuel. S’adressant, samedi dernier, aux militants du Fpi, à l’ancien QG de campagne de Laurent Gbagbo à Cocody-Attoban, il a chargé Alassane Dramane Ouattara. «Ouattara est un incapable politiquement. Ce pouvoir nous reçoit pour des discussions quand il pense qu’il peut nous mettre dans ses combines. Ouattara espère qu’avec le temps, le FPI rentrera dans les rangs. Non, ce n’est pas notre vision et il y va de notre dignité», a déclaré l’actuel vice-président du FPI chargé des questions de sécurité.

Pour lui, le jeu démocratique n’est pas libéré parce que, explique-t-il, le RDR a peur du FPI pour lui avoir fait trop de mal. «Ceux qui sont au pouvoir ont peur de nous. Ils nous ont tellement fait de mal qu’ils se demandent ce qu’on ferait d’eux, si nous revenons au pouvoir», a-t-il indiqué. Avant de souligner que ce qui arrange le FPI dérange le pouvoir.

Poursuivant, Michel Amani N’Guessan a déploré le fait que le parti au pouvoir veuille diaboliser l’opposition, en l’occurrence le FPI. «C’est le RDR qui s’est armé pour venir bousculer l’ordre établi. C’est Ouattara qui voulait coûte que coûte le pouvoir et qui a pris les armes contre Gbagbo et le FPI. (Conférer les propos de Koné Zakaria). Le FPI fait notre fierté et nous identifie. Nous ne devons pas détacher Gbagbo du FPI», a-t-il recommandé.

Il a également relevé que l’ancien chef de l’Etat, qui se trouve à la CPI, fait la fierté des dignes Africains. Pour Amani N’Guessan, Laurent Gbagbo est un héros. «La mémoire collective retient toujours le héros vivant de la guerre».

Au dire de Michel Amani N’Guessan, Gbagbo incarne le type d’Africains indésirables pour les impérialistes. «Laurent Gbagbo est en train de porter notre lutte très loin. Nous devons en être fiers et dignes. Il porte le combat des Nkrumah, Mandela et les autres panafricanistes», a-t-il souligné. Il a profité de la rencontre initiée par Marie-Odette Lorougnon pour dire ce qu’il pense du régime actuel. La vice-présidente du FPI a fait l’état des structures de ce parti avec des responsables venus de Bouaké, Béoumi, Botro, Sakassou, Katiola, Niakara et Dabakala.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 27 mars 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

jeudi, 28 mars 2013

POUR METTRE FIN AU CHAOS CREE PAR LE RDR: LE PDCI SE RAPPROCHE DU FPI

 

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Le Pr Miaka Ouréto, président intérimaire du Front populaire ivoirien (Fpi) a raison: Alassane Ouattara et tout son système ont une peur bleue du Fpi. Et quand à cela s’ajoute l’idée de voir le Pdci-Rda se rapprocher du Fpi de Laurent Gbagbo en vue de faire partir Ouattara du pouvoir, c’est la panique, un tournis violent qui s’empare de tout le sommet de l’Etat. A preuve, c’est le président de la jeunesse du Rdr, le député d’Abobo Karamoko Yayoro qui a enfoncé le clou récemment en redoutant un possible rapprochement du Pdci d’Henri Konan et le Fpi de Laurent Gbagbo. A la Rue Lepic l’on est conscient que l’alliance des Houphouétistes contre Gbagbo a fini de produire les effets escomptés. Le Fpi n’est plus au pouvoir. Mais il se pose à eux la lancinante question de la gestion en couple du pouvoir. Ouattara et ses partisans estiment que bien qu’étant membre du Rhdp, le Pdci ne se fait aucun scrupule à critiquer ouvertement et vertement le pouvoir. Pour eux, même à la périphérie du pouvoir Rdr, le Pdci participe à la gestion du pays et doit donc la boucler. Dénoncer le non respect du pacte de Yamoussoukro et l’invasion des ministères et autres directions par les seuls militants du Rdr au détriment du principal allié qu’est le Pdci, «c’est se comporter comme un parti d’opposition, notamment le Fpi» , tranchent les républicains. Ils vont jusqu’à affirmer que «c’est d’ailleurs le double langage soudain et le manque de solidarité du parti de Bédié qui est à la base de la dernière disso - lution du gouvernement.» Que Bédié nous le dise, s’il s’est fait de nouveaux amis, qu’il ait l’honnêteté de le dire à Ouattara, au lieu de lui faire des enfants dans le dos, nous confiait le jeudi dernier un cacique du parti au pouvoir. Qui revendique une proximité notoire avec le chef de l’Etat. 

Pour ce dernier, quand le Pdci relève que des candidats du Rdr ont continué à déposer leurs dossiers de candidatures à la Cei au-delà du délai imparti, c’est une façon déguisée d’accuser déjà le parti au pouvoir de fraude. «C’est un discours qui prouve que notre allié est devenu notre ennemi, pour s’être fait un autre ami qui n’est autre que le Fpi» , estime notre interlocuteur. «Des cadres du Pdci accusent le Rdr d’être hégémonique et d’être à la base de la rupture du consensus au sein du Rhdp concernant les régionales. Dans nos bases, les militants ne se font plus d’illusion. Pour eux, le Pdci a un calendrier et un agenda secrets, dans la perspective de la présidentielle de 2015. Vous vous souvenez de la déclaration fracassante du président Bédié lui- même, au dernier bureau politique du Pdci. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Il y a du Fpi dedans» , se convainc ce haut cadre du parti au pouvoir.

Comme lui, d’autres proches de Ouattara, pour ne pas dire Ouattara lui-même, voient une possible recomposition du paysage politique ivoirien à l’orée des joutes électorales de 2015, avec la réémergence du Front patriotique (alliance Fpi-Pdci) pour balayer Ouattara. Et cette idée, à elle seule, donne déjà l’insomnie au sommet de l’Etat. 



Barthélemy Téhin, in le quotidien ivoirien "LG Infos" N° 396 du lundi 25 mars 2013.

 

Source: CIVOX.NET

SCANDALE AU TOGO - UNE IVOIRIENNE REFUGIEE MEURT SUITE A LA NON-ASSISTANCE DE L'ATBEF!

 

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Nous venons de perdre notre mère, soeur et amie Pauline (Dame TIEHOU Macoura Pauline), ce matin (Mardi 26 mars 2013, Ndlr), à 10 heures.

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Elle était atteinte d'une anémie sévère et manquait de nourriture et donc elle ne pouvait prendre les médicaments pour son traitement. Mr PANA, DAF de l'ATBEF a donné l'ordre, avec la complicité de Mme Justine, assistante sociale à l'ATBEF, de ne pas donner de subvention ponctuelle à cette femme bien qu'étant enregistrée au HCR comme ''personne vulnérable'' car elle participait à la grève des femmes réfugiées ivoiriennes au camp d'Avépozo. Et qu'aucun autre vulnérable ne recevra son aide ponctuelle tant que les femmes continueront leur manifestation.

Nous ne comprenons pas pourquoi le HCR-Togo nous laisse mourir au lieu de chercher à trouver des solutions à nos revendications. Nous prenons la communauté internationale à témoin sur le traitement que le HCR-Togo nous fait subir.

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Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

mercredi, 27 mars 2013

OUEST COTE D'IVOIRE - DEPUIS SON FIEF DU MONT PEKO, AMADE OUEREMI MENACE LES FRCI: «SI VOUS ATTAQUEZ, NOUS ALLONS FRAPPER FORT»

  

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« Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de toute action contre nous… Si vous attaquez, nous allons frapper très fort ». Ces phrases, plus que des menaces ouvertes, mais une déclaration de guerre, selon des sources dignes de foi, sont de l’homme fort du Mont-Péko, Amadé Ouéremi, un ex-supplétif des Forces républicaine de Côte d'Ivoire (Frci) qui veut retourner ses armes contre celles-ci.
Le jeudi 21 mars, il a battu le rappel de ses « chefs de guerre » et de nombreux soldats, disséminés dans les forêts classées du Mont-Péko et de Gouin-Debé, dans le cadre de ce qui apparaît, clairement comme un « conseil de guerre ».

De fait, Amadè Ouérèmi et ses hommes qui contrôlent le parc du Mont péko, n’ont pas du tout apprécié la sortie des populations de Gohouo le 10 mars dernier lors de la visite du préfet dans cette localité. Le jeudi 21 mars, après la rencontre entre le préfet et les populations, Amadé Ouérémi, en personne, aurait convoqué tous ses hommes à une réunion dans son quartier général (Qg) basé sur les hauteurs de ce parc national.

Au cours de ce conclave toujours selon nos sources « le seigneur du mont Péko » a dénoncé le comportement des populations et ce qu’il entend faire de sa propriété. Il a d’abord comparé les propos des populations de Gohouo à un défi. « Depuis que nous sommes ici, nous n’avons jamais attaqué un seul campement, nous n’avons jamais occupé de plantations de paysans de Gohouo. Mais c’est eux qui disent aux autorités que nous les rackettons, que nous leur arrachons des campements, des plantations et que nous les traumatisons, alors que tout cela est faux », a-t-il dénoncé. Ensuite il a ajouté : « Comme c’est cainsi qu’ils veulent nous traiter, nous allons prendre des dispositions pratiques », a menacé « le milliardaire du mont Péko ». A ses hommes, Ouérèmi a tenu ce langage de guerre: « Tenez-vous prêts. S’ils veulent nous chasser, nous allons réagir sans état d’âme. Si les Frci nous attaquent, nous frapperons fort », a dit celui qui, au moyen des armes, s’est rendu « propriétaire » du mont Péko.

Par la suite, il a confié que lui et ses hommes n’avaient aucune intention de s’en prendre aux populations civiles dont ils assurent la protection depuis bientôt 10 ans face aux grands bandits qui pullulaient dans la région. « Quand nous venions ici, cette région était invivable. Nous avons pacifié cette zone et aujourd’hui, ceux qui avaient fui, viennent nous traiter comme des criminels. Nous ne partirons pas de cette forêt sans dédommagement », se serait emporté Amadé Ouérèmi. Aux autorités militaires, notamment les Frci, Ouérèmi a tenu à dires ses vérités : « Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de tout action tendant à la force. Cette forêt nous a été cédée parce que nous avons aidé à libérer ce pays. Si vous tentez de réagir, vous le regretterez car je connais votre faiblesse », a laissé entendre l’homme fort du Mont péko, sous l’effet de la colère. « Le Mont péko sera votre cimetière si vous vous aventurez ici », s’est-il voulu beaucoup plus précis. 

Après s’être vidé, Amadé Ouérèmi s’est voulu conciliant. « Je ne suis pas plus fort qu’une armée nationale. Je suis prêt à discuter avec le pouvoir pour trouver une solution humaine au problème de ce lieu », a conclu le chef des hommes armés du parc national du mont Péko.

Pour rappel, le 10 mars dernier, les populations de Bangolo, ont demandé au gouvernement de faire déguerpir le mont Péko de ses occupants indésirables. Par la voix de leur porte-parole, elles avaient menacé de chasser ces combattants qui occupent le parc depuis 12 ans. 

In le quotidien ivoirien "Soir Info".


Source: ABIDJANTV.NET

mardi, 26 mars 2013

LA FRANÇAFRIQUE EST-ELLE UN ACTE DE CONDAMNATION DE L’AFRIQUE?

 

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Pour les uns à l’instar de René Dumont dans son livre paru en 1962, «l’Afrique noire est mal partie». Les autres tels Moussa Konaté ne peuvent s’empêcher de se demander si L’Afrique noire est maudite (éditions Fayard, 2010, 240 pp).Autant dire que le cas de l’Afrique noire dans le monde intrigue les anthropologues, les sociologues, les économistes, les philosophes, les politiques autant que la jeunesse africaine: Pourquoi l’Afrique noire ne semble-t-elle pas capable de développement économique est social? Cette situation serait-elle spirituelle, génétique ou intrinsèque à la qualité d’homme noir?

Les uns et les autres y sont allés de leurs hypothèses pour expliquer comment les quatre dragons asiatiques, à savoir la Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan ont connu une si forte croissance industrielle dans la deuxième moitié du XXe siècle pendant que les pays africains peinent à décoller économiquement. Dans ses leçons de Géostratégie Africaine n° 41 que nous vous recommandons de lire, le professeur Jean-Paul Pougala propose aux africains des portes de sorties de la misère et de la pauvreté économique. Les serviteurs de Dieu ne sont pas en reste avec par exemple le pasteur Luc Bimaye qui affirme que la dégradation de l’état du monde n’incombe pas en premier aux politiques… mais elle relève premièrement de l’imposture religieuse. Les avis divergent donc.

Quant à nous, notre analyse fait le constat que les pays d’Afrique noire qui ont été colonisés ou ont été sous la tutelle de la France semblent encore plus mal partis économiquement et politiquement parlant. Et ce qu’ils ont de commun, c’est la Françafrique, dirait Lapalisse. La Françafrique: expression qui semble avoir été employée pour la première fois, en 1955, par l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, pour définir les bonnes relations avec la puissance colonisatrice française, dont il était député, tout en militant pour l’indépendance de son pays. Au départ un concept « positif » dans l’esprit de l’inventeur du mot, elle est devenue un concept péjoratif depuis la parution du livre de François-Xavier Verschaveau point où elle est qualifiée de nos jours d’action néocoloniale française pour faire de l’Afrique sa « chasse gardée ». (Wikipedia).

Et si la Françafrique était devenue la Françafric? Et si la Françafrique portait en elle quelques germes essentiels de la misère des africains noirs? Si non, comment comprendre le rapport publié par le ministère français de la Défense qui affirme que le nationalisme africain et le panafricanisme sont des «menaces» pour l’Occident, entendez la France? La France serait-elle engagée dans une guerre sans états d’âme contre l’Afrique francophone? Le Général De Gaulle le pensait-il réellement quand il affirmait que «La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts»? Que dire du sentiment anti-français grandissant dans les anciennes colonies françaises?

Les évènements historiques et présents aidant, la jeunesse africaine s’attèle méticuleusement à scruter le mode de fonctionnement de ses «anciens» maîtres pour essayer d’y déceler les raisons pour lesquelles la France peut avoir tant de richesses alors que cette jeunesse africaine croupit dans une misère inhumaine qui la force à déserter ses pays d’origine pour aller chercher meilleure vie… en France. La jeunesse africaine nous semble engagée dans un processus de prise de conscience irréversible et sans précédent qui va s’apparenter au marronnage, le fait pour les esclaves de fuir leurs maîtres. Mais comment? Dans cette optique, la jeunesse africaine parvient petit à petit à reconstituer les pièces du puzzle françafricain; elle discerne de mieux en mieux les 10 commandements de la Françafric que voici.

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Les 10 commandements de la Françafrique

En effet, à tous les présidents de la République Française de génération en génération sont passées les consignes suivantes qui seront valables tant que le monde sera. Les Gouvernements Français successifs, peu importe leur appartenance idéologique, les médias français de tous bords à quelques exceptions prêt, les organisations internationales complices, les intellectuels génétiquement descendants de Jules Ferry, et tous les autres patriotes et nationalistes français sont appelés à prendre activement part à cette lutte pour le maintien de la France dans le concert mondial des nations puissantes.

C’est ainsi que lors de la passation de pouvoir en France, le seul dossier qui est transmis formellement au nouveau pourvoir c’est le dossier de la Françafrique. Les Gouvernements Français successifs doivent en tenir compte comme d’un code de conduite face aux dirigeants africains des pays qui ont contraint la France à leur concéder une parodie d’indépendance. Voici donc résumés les 10 commandements de la France-Afrique:

1. La France est le seul parrain à vie de ces pays et ils n’en auront point d’autres. A ce titre, elle sera leur porte-parole informel à l’ONU et dans toutes les instances politiques et économiques mondiales.

2. La France veillera à ce que ces pays n’aient jamais de monnaie nationale et elle contrôlera leurs échanges commerciaux internationaux pour mieux les asservir.

3. Nul individu ne peut se permettre d’accéder au pouvoir dans ces pays sans l’aval politique et, s’il le faut, militaire de la France. La démocratie est un luxe pour les races inférieures.
4. Les Chefs d’États marionnettes en place dans ces pays seront d’abord au service de la France. Pour ce faire, ils ne devront jamais être redevables aux urnes mais à la France pour leur pérennité au pouvoir.

5. Avec arrogance et insolence, les membres du Gouvernement Français parleront à ces potiches de présidents, les infantilisant pour leur enlever toute dignité. Ils coucheront avec leurs épouses et leurs filles si ça leur dit.

6. La France veillera à maintenir au pouvoir par tous les moyens ces guignols qui se prendront pour des présidents, et qui par la force des choses seront devenus dictateurs impunis, bras séculiers au service de la France.

7. Les revenus des ressources naturelles de ces pays seront partagés comme suit: 85% pour la France, 10% pour leur pays et 5% pour le roitelet au pouvoir et ses petits copains qui seront ainsi sous le coup du chantage à la corruption et du détournement des biens publics.

8. La France aidera les potentats de Chefs d’État africains à déposer leurs biens mal acquis dans des lieux sûrs et à investir en France afin de s’en servir comme objets de chantage au cas il leur passait par l’esprit de vouloir se dérober de la tutelle de la France.

9. Le France et ses médias ne dénonceront jamais les violations des droits de l’homme et autres crimes politiques et économiques commis par ces poltrons sur leurs concitoyens et dans leur pays tant qu’ils seront dociles.

10. Toute dérogation à ces recommandations par un Français vaudra haute trahison et, le cas échéant, déchéance de la protection du Gouvernement Français. Et toute velléité de rébellion d’une potiche africaine lui vaudra d’être déposée sans autre forme de procès. Les médias et tous les hommes politiques français devront être tenus informés de ces consignes sans lesquelles la France perdra sa principale source d’enrichissement et de puissance dans le monde.

Au delà du reportage ci-haut qui nous éclaire sur la monstruosité de la Françafrique, il est dorénavant loisible de comprendre les crimes commis par Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Gilchrist Olympio, Sékou Touré, Jean Bedel Bokassa, Pascal Lissouba et… Laurent Gbagbo pour ne citer que ceux-là.

En tout cas, il nous semble qu’au rang des outils de la damnation de l’Afrique francophone qui ont été identifiés par d’autres en d’autres temps et lieux, le système maffieux de la Françafric tient une place pour le moins très importante. Avis donc.

Fort de ces constats, un certain Paul Kagamé, actuel Chef de l’État Rwandais, a tiré des leçons qui permettent déjà à son pays de commencer à compter parmi les dragons d’Afrique. Peut-on espérer que les futurs présidents africains qui seront redevables de leur élection à leurs concitoyens s’inspireront de cet exemple en lui en enlevant ses manquements inévitables? Si seulement c’était à refaire pour les héros africains morts pour leur patrie ou en procès à la CPI, oseraient-ils s’y prendre autrement?



Guy François Olinga

Source: Echo de la Pyramide du Salut

lundi, 25 mars 2013

PRISE DE POSITION DU PARTI DE MELANCHON: «QUE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT DE LA COTE D’IVOIRE SOIT RECONSIDEREE EN FONCTION DES DROITS DE L’HOMME»

 

 

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Le discours est louable, courageux et l’initiative, au plus haut point appréciable de la part de M. Mélanchon. Mais quand on sait ce qu’est, ce que vaut et ce à quoi sert, en réalité, l’aide publique française au développement (APD), véritable caisse noir d’Etat selon François-Xavier Verschave (Cf. "La Françafrique, le plus long scandale de la République", Editions Stock, 2009), il faudrait peut-être mieux proposer autre chose. De plus significatif. Comme par exemple, adresser un désaveu public et une condamnation officielle à la politique de non-droit et à la dictature implacable du pouvoir Ouattara. Ce sera certainement infiniment plus payant; et l’impact, salvateur pour le peuple opprimé de Côte d’Ivoire mais assurément dévastateur, pour ce régime qui se complait dans le crime, l’injustice, l’impunité. Et qui, pour une fois, prendra peut-être la chose à coeur. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Le Parti de gauche (PG), formation politique de l’opposant français Jean-Luc Mélanchon, vient de se fendre, ce dimanche 17 mars 2013, d’un brûlot contre le régime du président ivoirien, Alassane Ouattara. Sans diplomatie aucune, le PG ne va pas du dos de la cuillère contre le pouvoir d’Abidjan qu’il accuse d’être comptable de «trop de méfaits et d’injustices». Le parti, qui se fonde sur le récent rapport d’Amnesty international sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire intitulé «La loi des vainqueurs», «exige que soit reconsidérée l’aide au développement» de la Côte d’Ivoire «en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile». Ci-après, la déclaration intégrale (disponible sur le site du parti):

Amnesty International constate dans son rapport de février 2013 intitulé «la loi des vainqueurs» une généralisation de la «logique de vengeance et la perpétuation de l’impunité» en Côte d’Ivoire. Aux exactions des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) et des milices supplétives, s’ajoutent dorénavant celles de la Police Militaire qui s’arroge le droit de détenir des militaires certes, mais aussi des civils. Tout au long de l’année 2012, une répression aveugle et sans pitié s’est abattue sur les ivoiriens: les humiliations, les familles rançonnées et la torture sont d’usage courant.

Les «crimes de guerre et crimes contre l’humanité» commis dans l’Ouest ivoirien en particulier à Duékoué pendant l’offensive des rebelles alliés d’Alassane Dramane Ouattara en mars-avril 2011, mais aussi lors de la destruction du camp de Nahibly en juillet 2012, se perpétuent à travers les exécutions sommaires et destructions de biens, le plus souvent basées sur des considérations ethniques. Ces faits restent totalement impunis, ignorés par les autorités ivoiriennes et par la Cour pénale internationale qui juge Laurent Gbagbo.

Amnesty International conclut: «aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions». Une commission Dialogue, Vérité et Réconciliation «inerte», un appareil judiciaire «affaibli et manquant d’indépendance», ignorant superbement les crimes que sont le viol et les disparitions, une telle impunité et l’incapacité à tenir les auteurs de ces crimes atroces responsables créent un risque grave de violence continue.

La France ne peut, comme elle fait toujours sous la présidence de François Hollande, soutenir le régime en place en Côte d’Ivoire, installé avec l’appui déterminant du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Le Parti de gauche exige que soit reconsidérée l’aide au développement de ce pays en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile.

 

Dimanche 17 Mars 2013, Le Parti de Gauche.

 

Badciss Badciss C.

 

Source: LA DIPLOMATIQUE D'ABIDJAN

vendredi, 22 mars 2013

INTERVIEW D'ALPHA BLONDY EN 2010: «DANS LES CALCULS POLITIQUES DE M. OUATTARA, LE CRIME FIGURE EN BONNE PLACE»

 

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En 2010, Alpha Blondy affirmait au sujet d'Alassane Dramane Ouattara: «Dans les calculs politiques de M. Ouattara, le crime figure en bonne place». Qu’est-ce qui a changé chez Ouattara aujourd’hui, cher Alpha?

 
Dans une interview parue dan le quotidien “Notre Voie“, Alpha Blondy, la star ivoirien du raggae affirmait péromptoire qu’il ne voterait pas pour Alassane Dramane Ouattara parce qu’il estime que «M. Ouattara, c’est Kacou Anouanzè, c’est-à-dire l’homme-araignée ! Il est très rusé. De plus, dès que ça chauffe, il saute au mur puis disparaît. Voilà pourquoi j’aimerais dire ceci aux Ivoiriens: “Dès que ça pète encore en Côte d’Ivoire, n’hésitez pas à neutraliser M. Alassane Dramane Ouattara. Attention, je n’ai pas dit de le tuer, je dis bien neu-tra-lisez-le ! Car, envoyez les enfants des autres à l’abattoir, il aime bien ça. Son rêve ethnique est égal à la guerre ethnique. Chez lui, le Bété, le Guéré…, est un ennemi, le Bousmani (le peuple de la forêt) est un ennemi. Ne vous laissez plus distraire, mes frères Ivoiriens : Alassane Ouattara est notre problème.»
 
Seulement quelques mois sont passés. Les tueries et la barbarie des hommes de Ouattara semblent donner raison à Alpha Blondy lorsqu’il nous disait de Ouattara que «Son rêve ethnique est égal à la guerre ethnique. Chez lui, le Bété, le Guéré…, est un ennemi, le Bousmani (le peuple de la forêt) est un ennemi.» Sur ces crimes ethniques, Alpha Blondy, a décidé de fermer les yeux et de prendre partie pour Ouattara. Audemeurant, il traite tous ceux qui, comme Serges Kassy, se méfient de Ouattara et son régime sanguinaire de «couillons». Pourquoi ne se tient-il pas à l’écart de la politique ce monsieur? Il a dit suffisamment de ….
 
Pour ceux qui souhaitent revisiter les positions de Alpha Blondy contre la propension de Ouattara à céder au tribalisme et au crime, nous vous proposons l’interview accordée à Notre Voie.

Notre Voie : Alpha Blondy, dans une interview accordée au mensuel panafricain Afrique Magazine (AM) n° 270 de mars 2008, vous avez qualifié M. Alassane Dramane Ouattara de prestidigitateur et avez soutenu qu’il ne sera jamais président de la République de Côte d’Ivoire. Pourquoi vous attaquez-vous à ce leader politique ivoirien? 
 
Alpha Blondy : Souvenez-vous, à un moment donné de ma vie et de l’histoire de la Côte d’Ivoire, j’ai crânement défendu le cas Alassane Dramane Ouattara, le leader du Rassemblement des Républicains (RDR) et un des futurs candidats à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. J’avais dénoncé le fait qu’on le traite d’ivoirien lundi et d’étranger mardi. Et qu’à cause de cela, ce Monsieur que le PDCI a envoyé en Côte d’Ivoire ne pouvait pas être candidat à l’élection présidentielle. J’avais dit non ! Et aujourd’hui, il peut être candidat à la présidentielle. Ne voyez-vous pas que ce combat que j’ai mené a payé dans une certaine mesure ? Mais actuellement, les données ont changé et il me semble important de souligner les actes graves que M. Ouattara a posés. Il faut le dire, nous ne partageons pas sa façon de faire.

Que lui reprochez-vous? 
 
Il serait indécent de ne pas souligner que le premier coup d’Etat en Côte d’Ivoire (le 24 décembre 1999 qui a renversé le président Henri Konan Bédié, ndlr) a été fait par M. Ouattara…

Comment le savez-vous? 
 
Mais il l’a dit lui-même et les Ivoiriens en sont témoins. Il a dit : «Quand je frapperai ce régime moribond, il tombera». Il avait annoncé aussi aux Ivoiriens : «Je reviendrai à Noël». Donc il savait bien de quoi il parlait. Le 24 décembre 1999, il a effectivement frappé, le régime Bédié est tombé et il est revenu en Côte d’Ivoire.
 
Pour moi, le coup d’Etat était déjà un acte anti-démocratique. Et je dis que c’est ce coup d’Etat qui a ouvert la boîte de Pandore d’où sont sorties toutes les tentatives hebdomadaires de coups d’Etat qui ont abouti à la guerre, cause de la rébellion armée du 19 septembre 2002 suivie de la partition systématique du pays.
 
Le général Robert Guéi, chef du CNSP, la junte militaire au pouvoir, avait pourtant indiqué, devant la nation, que le coup d’Etat de 1999 était l’œuvre des «Jeunes gens »…
Je n’entre pas dans ce genre de masturbation.

Vous n’y croyez pas? 
 
Non ! Mais écoutez, lorsque la guerre a éclaté en septembre 2002, Alassane Ouattara a déclaré sur RFI – je l’ai bien écouté – qu’il n’était ni de près ni de loin mêlé à la rébellion. Mais j’ai regardé plus tard une vidéo où des rebelles égorgent un gendarme. Sur ce document (j’ignore comment l’on procède en matière de montage et de truquage), ce que Koné Zakaria (un des chefs rebelles, ndlr) dit est clair – je comprends bien le malinké. Il a dit : «Nous avons pris les armes, pas pour IB, mais pour Alassane Ouattara». Et que c’est lui qui leur envoyait 25 millions de FCFA par mois. Zakaria l’a dit. Si cette grave accusation était fausse, pourquoi M. Ouattara n’a-t-il pas apporté de démenti ?

Que voulez-vous finalement insinuer?
 
M. Ouattara est largement le commanditaire de la rébellion, you know. Je ne suis pas Jack Bauer (personnage principal d’une série policière américaine à la télé, NDLR) mais c’est M. Ouattara qu’on connaît. Qui ne dit mot consent. Même, à un moment donné, Guillaume Soro s’est un peu énervé devant le refus de M. Ouattara d’assumer.
 
Je signe et je persiste qu’Alassane Ouattara est à l’origine du coup d’Etat de 1999 qui a entraîné la guerre. Il est à l’origine de tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui. Depuis qu’il est venu dans ce pays, nous avons rompu avec la tranquillité et la sérénité. Celui qui a tiré le plus grand profit de l’Ivoirité, c’est bien Alassane Ouattara. Il en a fait un fonds de commerce. Le PDCI, sa famille politique de départ, ne voulait pas de lui pour deux raisons principales.

Lesquelles?
 
Première raison, lorsque Alassane Ouattara est arrivé en Côte d’Ivoire en 1990, il n’aurait pas dû sortir avec Dominique Nouvian-Folléroux (son épouse actuelle, NDLR).

Vous y allez fort!
 
Oui mais lui, il n’a pas hésité. Moi, je relate les faits. Je fais un décryptage, you know. A l’époque, je sortais avec Patricia, la fille d’un Européen qui travaillait à la présidence. Elle m’a confié ceci, après la nomination d’Alassane Ouattara : «Attention votre Premier ministre-là est en train de prendre un virage dangereux. Parce que Dominique est en quelque sorte la «Go» du président de la République, Félix Houphouët». Comprenez-vous le sens de ce message de Patricia ? Je pense qu’Alassane Ouattara pouvait s’offrir toutes les filles d’Abidjan, sauf celle-là. Ce qu’il a fait, c’est comme si tu couchais avec ta propre mère. Parce que le président Houphouët était son père politique et spirituel. Et quand tu as fini de coucher avec ta mère, n’aies pas la prétention de ravir à ton père son fauteuil. Or, Ouattara a fait tout cela. C’est ce que le PDCI n’a jamais osé dénoncer aux yeux du monde. Voilà pourquoi beaucoup se sont contentés de le traiter d’étranger. Ce qui l’a d’ailleurs arrangé car il en a fait son fonds de commerce.

Quelle est la seconde raison?
 
Il voulait niquer M. Konan Bédié. Quand le président Houphouët est mort, beaucoup de cadres du PDCI ont regardé Alassane Ouattara bizarrement. Ça murmurait qu’après avoir couché avec Dominique par calcul politique…

Avez-vous un problème avec Mme Dominique Ouattara?
 
Non, pas du tout, je respecte Dominique. Seulement, je voulais dire qu’elle n’est pas la seule personne qu’Alassane Ouattara a bernée. Mais elle n’est pas dupe. Dominique avait perdu son mari dans des conditions tragiques. Et M. Ouattara a profité de la blessure de cette dame – je vous le dis parce je le pense sincèrement – pour déployer son calcul politicien. Il s’est servi d’elle pour son ambition.

Vous dites là des choses terribles?
 
On me qualifie de fou, non ? Mais un fou, il sait beaucoup de choses, you know ! Le mariage de M. Ouattara avec Dominique, relève d’un calcul politicien. Il prétend que Houphouët lui a donné l’ordre de prendre cette femme. Mais il a oublié que c’est parce qu’il a couché avec elle que «le Vieux» s’est fâché et la lui a cédée. Un proche d’Houphouët – et non des moindres – m’a confié que «le Vieux» en a pleuré. Parce qu’il ne pouvait pas s’imaginer que quelqu’un qu’il a fait venir auprès de lui de bonne foi puisse lui planter le couteau dans le dos. Son entourage en été malade aussi. C’est de là qu’est parti le débat sur la filiation de Ouattara. Aujourd’hui, nous disons qu’Alassane Ouattara est certes un Ivoirien mais il y a un problème.

Quel problème encore?
 
Tu peux être un Ivoirien mais si tu as grandi à Bobodioulasso, où est le problème ? Ses frères ont grandi à Dimbokro, dans le centre de la Côte d’Ivoire. Mais lui, il a grandi du côté de la Haute Volta, c’est-à-dire dans la région de Bobodioulasso. Même quand il parle le malinké, son accent est de Bobodioulasso. Il ne faut pas en avoir honte ! Mais il semble tellement perturbé par cela. Et il raconte à sa femme Dominique que je suis son cousin. Parce que nous sommes tous deux nés à Dimbokro. Je ne suis pas son parent. Il n’a pas besoin de forcer des liens de parenté avec moi pour prouver qu’il est Ivoirien. Dans tous les cas, on ne couche pas avec la femme de son papa. Mais il l’a fait.

Pourquoi est-ce maintenant que vous en parlez?
 
Excusez-moi, chaque chose en son temps ! Un jour ou l’autre, Dominique Folléroux se réveillera. Alassane Ouattara pense que M. Sarkozy va l’imposer aux Ivoiriens parce qu’il a été tout simplement le témoin de son mariage. C’est peut-être vrai que le président français est son ami, mais attention !

N’est-il pas envisageable que M. Sarkozy veuille donner un coup de pouce à son ami en difficulté?
 
M. Sarkozy pourrait aider la Côte d’Ivoire en tant qu’Etat mais pas M. Ouattara en tant qu’individu. Parce que les intérêts de la France sont plus grands que ceux de Messieurs Sarkozy et Ouattara. Quand je dis qu’Alassane Ouattara ne peut pas être président de Côte d’Ivoire, c’est parce qu’il a fait couler trop de sang, de larmes. Il a fait briser trop de vies d’innocents. Je pense sincèrement ce que je dis. Depuis le coup d’Etat de 1999, avez-vous vu se bousculer des personnalités comme Ahoua N’Guetta, Essy Amara, enfin tous les repères de tous bords politiques confondus ? Savez-vous pourquoi ? Parce que la chaîne référentielle a été brisée. En outre, les généraux Palenfo et Coulibaly se sont également éclipsés et ont vu leurs vies respectives brisées parce qu’on leur colle une étiquette de RDR déçus. Même moi qui vous parle…

Justement, il y a quelques années, vous avez proclamé que vous êtes un militant du RDR…
 
J’ai déjà reconnu dans un mensuel panafricain qu’Alassane Ouattara a roulé tout le monde dans la farine. On dit que M. Gbagbo est un boulanger. D’accord, mais je dis que M. Ouattara est un hyper-boulanger. C’est le propriétaire des Grands Moulins d’Abidjan (rires). Et moi, je suis un chanceux parmi ceux que M. Ouattara a roulés dans la farine.
 
Mon ami H., le comédien Camara Yêrêfê, en a été tellement victime qu’il en est mort. On raconte que je n’ai rien fait pour lui jusqu’à ce qu’il trouve la mort. Mais qu’ils me font pitié, les colporteurs de ces rumeurs ! Je vais vous dire la vérité. Lorsque la SICOGI de Yopougon voulait expulser H. pour une location-vente impayée à hauteur de 3 millions FCFA, c’est vers moi qu’il a couru. Je partais pour une tournée à l’étranger et je n’avais pas de la liquidité sur moi. Je lui ai alors signé un chèque de 3 millions FCFA. Je précise qu’on a appelé Ibrahim dit «photocopie», le frère cadet de M. Alassane Ouattara, pour lui poser le problème de H. qui a fait la prison, qui a perdu son boulot à la télé à cause de son militantisme au RDR… On m’a répondu que lorsque qu’on donne de l’argent à H., il le dilapide. Au vu de cette attitude du RDR à son égard, j’ai interpellé H. en ces termes : «Petit frère, fais attention à toi !
 
Ces gens vont t’utiliser pour rien. Chaque fois que y a drap, tu viens me dire : Elvis (l’autre surnom d’Alpha Blondy), on m’a blessé, on a blessé mon fils… Et je demande : est-ce qu’un seul enfant d’Alassane a été égratigné ? Une façon de te demander de faire attention et de te dire que moi-même qui te parle, ils ont envoyé des militaires chez moi en 1999 sans que je n’y comprenne rien. N’oublie donc pas d’où on vient». J’ai dit tout cela à H. Depuis ce jour, on se fréquentait davantage, on mangeait du poisson à la braise ensemble… Un jour, il m’a encore dit que des militaires l’ont blessé à la tête. Pour le tirer de ce guêpier et lui permettre de reprendre ses activités professionnelles, j’ai décidé de lui remettre une caméra que j’ai achetée à 20 millions FCFA. Je lui ai même demandé de changer sa façon de militer. Je lui ai expliqué que c’est parce que les gens du RDR parlent trop. Je lui expliquais aussi comment j’étais souvent félicité, à ma grande surprise, pour des sacs de riz et autres que j’aurais offerts à des militants du RDR.

Et que se passait-il en réalité?
 
Ma secrétaire d’alors, Koné Ténin (aujourd’hui membre du cabinet de la ministre Jeanne Peuhmond, NDLR) était militante du RDR ; mon manager Koné Dodo était du RDR et ils le sont aujourd’hui encore. Au départ, ils ont nié mais plus tard, Ténin l’a reconnu. Ténin était tellement passionnée qu’il suffisait de critiquer M. Alassane Ouattara, pour qu’elle étouffe. Je connais Ténin, je la respecte ; elle a fait un choix que je respecte. En revanche, Koné Dodo m’a trahi dans sa passion, non pas pour le RDR, mais pour M. Alassane Ouattara qui est en réalité le problème et non le RDR car Alassane veut faire de ce parti une sorte de secte.
 
Koné Dodo m’a trahi en me disant que des gens l’ont chargé de venir encaisser de l’argent auprès de moi pour financer la rébellion. Moi, je lui ai dit que je préférerais faire des dons à la Croix Rouge pour des actions humanitaires en faveur de ceux qui en avaient besoin dans l’urgence. Il en était tellement passionné que je le suspecte aujourd’hui d’avoir détourné au profit de la rébellion une partie des recettes de 35 millions de FCFA engrangés lors de ma tournée de 2003. Aujourd’hui, Koné Dodo se trouverait à Boundiali, hypertendu, à moitié paralysé. Pendant ce temps, que fait le RDR pour lui ? Que fait pour Koné Dodo, M. Alassane Ouattara qui, paraît-il, est propriétaire de 22 avions et 212 bateaux ? Fohi ! Rien ! Actuellement Dodo ne vit qu’avec l’aide que lui apporte son fils.

Quels sont aujourd’hui vos rapports?
 
Koné Dodo m’appelle parfois. Il me demande de l’appeler à mon tour. Seulement, c’est moi qui me sens gêné. Ah, lui aussi a été tellement aveuglé ! Mais je pense qu’un jour, il se réveillera car, tout comme Ténin, il admirait beaucoup M. Zémogo Fofana (personnalité politique, transfuge du RDR qui a créé l’ANCI, son parti).

Vous auriez abandonné également Aldo Moro, Affri Loué et bien d’autres de vos proches malades…
 
J’avais proposé à Aldo Moro (paix à son âme) de travailler avec H. pour la réalisation de sketches qu’ils devaient commercialiser. Mais Aldo Moro (ancien cameraman à la RTI) m’a dit que son rêve, c’était de découvrir la Jamaïque. Je l’ai envoyé en Jamaïque. Quant à Eugène Affri Loué (paix à son âme), il était condamné à mort, je n’y pouvais rien. Pinto, quant à lui, est superviseur au Café de Versailles (le restaurant chic bâti par Alpha Blondy). Vous pouvez le lui demander. Il n’a jamais été victime d’un grave accident de la circulation avec ma voiture sans que je ne sois au courant. (Pinto dément devant nous avoir fait un accident avec un véhicule de Blondy). «Ancien» (un regretté collaborateur d’Alpha) est mort d’insuffisance rénale. Lorsque j’ai arrêté de fumer de la drogue, j’ai dit à tous ceux qui fumaient comme moi de rester à carreau pour ne pas que je replonge. «Ancien» était devenu entre temps le manager du groupe Adjam Tala Rockers. On s’est perdus de vue. Un jour, lorsque je l’ai vu à Grand-Bassam, j’ai découvert une loque humaine. Une autre fois, il a fait venir des jeunes gens chez moi pour me solliciter de l’aide, alors qu’il était en instance d’être hospitalisé au CHU de Treichville. Plus tard, j’ai appris que ces jeunes se sont volatilisés dans la nature avec l’argent que je leur avais remis.
 
Après, il s’est levé lui-même de son lit d’hôpital pour me trouver à Grand-Bassam. Il avait besoin d’argent. Je lui en ai donné. C’est à Yohou Yolande dite «Yoyo Rasta», une grande amie, que je remettais de l’argent pour secourir «Ancien». Un jour, à la veille d’une tournée, il m’a dit : «Si on ne se revoit plus… » Je lui ai répondu : «Arrête, ne me parle pas de ta mort… (Alpha Blondy se met à pleurer. Après une pause, il poursuit ses propos)… Alassane Dramane Ouattara est dangereux pour la Côte d’Ivoire. Pourquoi, en le disant, on doit être menacé de mort ?

Avez-vous été menacé de mort? Par qui?
 
Bien sûr, j’ai été menacé de mort après la publication de mon interview à Afrique Magazine. On m’a appelé sur le téléphone fixe et sur le portable pour me menacer de mort. Un individu est même venu me voir pour me conseiller de boire le pipi du matin de ma mère car, selon lui, je suis un malade mental. Menacer un malade mental ? Menacer un fou ?

Avez-vous porté plainte contre X?
 
Non, je ne porterai pas plainte.

Pourquoi?
 
Parce que je sais que Dieu le fera à ma place. Ecoutez, M. Alassane Ouattara ne fait rien pour que Dieu ne puisse pas mener mon combat. Tant de sang versé, tant de vies humaines anéanties. Savez-vous pourquoi il n’y a pas eu les 100 000, 200 000 voire 300 000 spectateurs que j’attendais à mon FESTARRR, le 30 décembre 2007 ? C’est à cause de cette guerre que M. Ouattara a enclenchée en Côte d’Ivoire. Où est-ce que les FANCI ont recruté leurs nouveaux soldats ? C’est parmi les “bramogos” (fans) d’Alpha Blondy. Où est-ce que les Forces nouvelles ont puisé leurs soldats ? C’est dans les “bramogos” d’Alpha Blondy. Quand l’on a sacrifié la vie de mes «bramogos» pour des ambitions politiques personnelles, il ne faut pas demander le miracle aux quelques survivants.

Quels sont aujourd’hui vos rapports avec la France?
 
Moi, je n’ai pas de problème avec la France. J’ai dit simplement que je condamne fermement la France pour ce qu’elle a fait en novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire à Cocody et sur les deux ponts d’Abidjan. Son armée a tué des Ivoiriens qui manifestaient tranquillement pour la souveraineté de leur pays. La France, c’est quand même nous. C’est inacceptable. Maintenant que l’on dise que moi, j’ai choisi mes morts, c’est faire de la désinformation. Qu’on arrête cela. J’ai dit qu’on a passé le temps à parler de 9 soldats français qui auraient été tués à Bouaké par les FANCI mais qu’on n’a pas parlé des autres morts de la ville. C’est ce que j’ai toujours dit, ok ? Donc qu’on arrête de tout déformer tout le temps.

Maintenez-vous toujours votre position selon laquelle l’armée française basée à Abidjan (le 43ème BIMA) doit partir?
 
Mais bien sûr. Moi, je voterai pour le candidat à la présidentielle prochaine qui promettra de faire partir l’armée française et de nous faire passer d’une indépendance virtuelle à une indépendance réelle. Voyez-vous, je ne nourris aucune haine envers qui que ce soit mais je ne supporte pas l’injustice.

Etes-vous toujours à couteaux tirés avec l’ambassadeur de France à Abidjan, André Janier?
 
Récemment, quand j’étais hospitalisé à la PISAM, il m’a joint sur mon portable pour me souhaiter prompt rétablissement. Il m’a même annoncé qu’il m’inviterait à partager un repas dès que je serais rétabli. Mais je préfère attendre après ma tournée en Amérique.

Et la polémique sur votre titre d’ambassadeur de la paix de l’ONUCI?
 
Jusqu’à ce qu’on me le signifie officiellement par écrit, comme ça été le cas lorsqu’on me nommait, il y a un peu plus de deux ans, je demeure messager de la paix pour l’ONUCI. C’est d’ailleurs à ce titre que je tire la sonnette d’alarme pour prévenir tout risque de regain de violence en Côte d’Ivoire.

Que répondez-vous à ceux qui affirment que vous êtes le principal auteur de la Charte du Nord rédigée en 1990?
 
Je n’ai jamais écrit cette sale Charte du Nord. J’ai fait un tract, bien au contraire. On m’a dit que la Charte du Nord contient plus de 200 pages mais ce qu’ils ont publié (dans le quotidien Le Patriote, ndlr) ne tient pas sur un feuillet. Pourquoi sont-ils malhonnêtes jusqu’à ce point !

Dans votre tract publié en 1990, vous meniez le combat de M. Ouattara. Comment expliquez-vous ce changement de position radicale de votre part aujourd’hui?
 
J’ai changé parce que M. Ouattara a touché à la Côte d’Ivoire. Ça, je ne saurais l’accepter. Il a posé des actes qu’il ne devrait pas. Je vous l’ai déjà suffisamment dit. On nous a tous bernés avec cette histoire d’ivoirité parce qu’en réalité, seul Alassane Ouattara en est le plus grand bénéficiaire. Je me souviens qu’en 1990, on est venu me voir pour me dire que les Bété disent que s’ils prennent le pouvoir, ils vont égorger tous les gens du Nord.

Qui est venu vous le dire?
 
Je préfère taire les noms mais ils se reconnaissent. Des gens sont venus me voir à l’immeuble Nanan Yamousso (Abidjan-Treichville) que j’habitais à l’époque. La mère d’un de mes enfants, Valerie Yébarth était témoin. Ceux qui me pourfendent, parlent de quoi ? J’aimerais bien qu’Alassane Ouattara nous parle des circonstances de la mort de Félix Houphouët- Boigny en 1993.

Vous devez en savoir quelque chose…
 
Non, c’est lui qui doit en savoir quelque chose. C’est lui qui pourra nous éclairer. Ça, c’est d’un. De deux, il y a un petit truc que je voudrais savoir. Vous souvenez-vous de la défunte femme policière Simone Gbahé ? Vous souvenez-vous de sa révélation faite dans Soir Info, dans laquelle, elle soutenait qu’un coup d’Etat se préparait contre le président Bédié ? Ne trouvez-vous pas bizarre qu’elle soit morte sans avoir pu rencontrer Bédié alors qu’elle le désirait ? C’est une question que je me pose. En somme, Simone avait bel et bien averti qu’un coup d’Etat se préparait contre Bédié mais…

Et qui préparait ce coup d’Etat?
 
Qui a fait le premier coup d’Etat en Côte d’Ivoire, en 1999 ? Qui était le financier de la guerre dont Koné Zakaria a parlé ?

Faites-vous allusion à M. Alassane Ouattara?
 
Bien sûr, puisque c’est lui qui a commandité le premier coup d’Etat. Aujourd’hui, quand je vois l’acharnement avec lequel la presse proche de lui s’attaque à ma modeste personne jusqu’à vouloir ma mort, je suis amené à me poser encore de nombreuses questions. Mais, qu’ils soient tous rassurés, je n’ai pas encore dit mon dernier mot.

Vos détracteurs soutiennent que c’est parce que le président de la République, Laurent Gbagbo, vous donne beaucoup d’argent que vous vous acharnez sur M. Ouattara. Qu’en dites-vous?
 
Pour être poli, je vais vous dire simplement ceci : le président Houphouët m’avait donné de l’argent mais ils ne s’étaient pas plaints ; le président Bédié m’avait aussi donné de l’argent par rapport à ma Caravane de la Paix en 1995 mais ils ne s’étaient pas plaints non plus. Pour l’organisation de mon FESTARRR en décembre 2007, j’ai écrit à tout le monde pour solliciter de l’aide financière : ambassades, partis politiques, etc. Quand je montais le projet avec John Jay (animateur-télé, ndlr), on avait fait un devis de 300 millions FCFA. Ça traînait, faute de moyens. Et, suite à l’attentat contre l’avion du Premier ministre Guillaume Soro, le 29 juin 2007, j’ai reporté le festival. Après, j’ai décidé de le faire tout seul. C’est alors que Charles Blé Goudé m’a dit : “Ecoute, le président Gbagbo voulait nous donner sa contribution. C’est le moment d’aller le voir”. Je lui ai répondu : “Ok, on va profiter de l’occasion pour faire d’une pierre deux coups, c’est-à-dire l’inviter. S’il nous donne quelque chose, Dieu merci ; s’il ne nous donne rien, Dieu merci, you know”. Voilà ! A l’heure où je vous parle, je dois encore la somme de 16 millions à des entreprises qui ont travaillé avec moi.

L’on raconte que le chef de l’Etat vous a effectivement remis la somme de 300 millions FCFA pour l’organisation du FESTARRR. Est-ce vrai?
 
A tous ceux qui soutiennent que le président de la République m’a donné 300 millions FCFA et que de cette somme, j’ai tiré 100 millions FCFA pour l’offrir à Charles Blé Goudé, je leur demande d’arrêter l’intox et la désinformation. Il faut simplement qu’ils comprennent que ce que le président Gbagbo m’a donné n’a pas de prix, c’est de la considération. Je ne savais même pas qu’il y avait un coup d’Etat qui se préparait contre lui dans cette période, comme on me l’a signifié plus tard, mais le Président a pris le risque de venir à mon invitation jusqu’à Grand-Bassam. Il a été le seul à m’honorer et pourtant, j’ai invité tous les leaders politiques, les partis politiques et leurs organisations de jeunesse. Même les Forces Nouvelles étaient attendues, à commencer par leur secrétaire général, le Premier ministre Guillaume Soro. Je me rappelle que le commandant Wattao m’a appelé pour s’excuser parce qu’il y avait “gbangban” à Bouaké (attaques de la ville par les hommes d’IB, ndlr). Ça c’est le respect, je vous le répète. Et ça n’a pas de prix.

Si l’on vous comprend bien, vos relations avec le président Laurent Gbagbo ne sont pas fondées sur l’argent?
 
Les gens voient tout en terme d’argent. Je n’ai aucune intention de me vanter mais moi, je vais vous dire que ça va. Je n’ai pas de problème de ce côté-là.

Les personnalités qui n’ont pas répondu à votre invitation au FESTARRR vous ont-elles donné les raisons de leur absence?
 
Moi, j’ai fait le pas qu’il fallait parce que je tenais à tuer la guerre. Mais ce n’est pas bien grave. Je comprends mes jeunes frères KKB du PDCI, Karamoko Yayoro du RDR, Blé Guirao de l’UDPCI. Ils ont subi des pressions de part et d’autre. Pour moi, le FESTARRR a été un grand succès.

Vos contradicteurs prétendent que vous avez bénéficié de la générosité de M. Ouattara du temps de la bonne entente…
 
Je n’ai jamais demandé de l’argent à M. Ouattara. Il n’y a jamais eu ça entre lui et moi. En revanche, je connais M. Adama Tounkara (actuel maire d’Abobo, ndlr) depuis New York. Ce dernier et moi, on s’est vu à l’époque par deux fois, il m’a donné 50 dollars. Quand on raconte que M. Alassane Ouattara est un multimilliardaire et qu’il distribue de l’argent, c’est faux. Moi, je peux aller où je veux avec mes 10 FCFA. Ma vie n’est pas en danger, à moins que M. Ouattara en décide maintenant autrement. Car lui, il est toujours tapi dans l’ombre pendant que les enfants des autres sont en première ligne au front, donc leur vie en péril en permanence, you know.

D’où tirez-vous cette conviction que M. Ouattara est derrière chaque coup tordu contre les Ivoiriens alors que lui-même le nie tous les jours?
 
Mais M. Ouattara, c’est Kacou Anouanzè, c’est-à-dire l’homme-araignée ! Il est très rusé. De plus, dès que ça chauffe, il saute au mur puis disparaît. Voilà pourquoi j’aimerais dire ceci aux Ivoiriens: “Dès que ça pète encore en Côte d’Ivoire, n’hésitez pas à neutraliser M. Alassane Dramane Ouattara. Attention, je n’ai pas dit de le tuer, je dis bien neu-tra-lisez-le ! Car, envoyez les enfants des autres à l’abattoir, il aime bien ça. Son rêve ethnique est égal à la guerre ethnique. Chez lui, le Bété, le Guéré…, est un ennemi, le Bousmani (le peuple de la forêt) est un ennemi. Ne vous laissez plus distraire, mes frères Ivoiriens : Alassane Ouattara est notre problème. Eux, ils ont appelé au meurtre contre ma personne mais moi, non. Je n’en ferai pas autant en retour. Car je crois en Dieu. Ouattara, lui, il n’a pas de respect pour la vie que Dieu nous a donnée.

Vous dites qu’il ne peut pas être président, mais pour gagner, il est en tandem avec le président du PDCI, Henri Konan Bédié…
 
Lorsqu’un traître vient vers toi, ça se sent immédiatement par son premier bonjour. En effet, M. Bédié ne pouvait pas échapper à M. Ouattara. Aussitôt que ce dernier est venu en Côte d’Ivoire, M. Bédié était dans son collimateur. Chronologique-ment, le président Houphouët est la première victime de M. Ouattara, Dominique, la deuxième, et le président Bédié, la troisième. Quant au Président Gbagbo, il l’a échappé belle. Rappelez-vous qu’en février 1992, lors d’une manifestation au Plateau, M. Ouattara a fait tirer sur M. Gbagbo. M. Ouattara était alors Premier ministre de Côte d’Ivoire. Il ne faut pas l’oublier, dans les mœurs des Ivoiriens, tuer n’existe pas vraiment. Mais dans les calculs politiques de M. Ouattara, le crime figure en bonne place. Les Dioula disent que “tout ce qui arrive à un cadavre dans une tombe, ce n’est pas la faute aux asticots ; il faut accuser la mort”. Dans la crise ivoirienne, MM. Gbagbo, Bédié, Guéi, Soro et Wattao ne sont que des asticots. Et la mort, c’est M. Alassana Ouattara. Voilà pourquoi, je pense qu’il est nécessaire qu’on le neutralise afin qu’il ne nuise plus à la Côte d’Ivoire.
 
Le premier coup d’Etat en Côte d’Ivoire est l’œuvre de M. Ouattara. Ouattara est le commanditaire de la rébellion.Ouattara n’aurait pas dû sortir avec Dominique. Koné Dodo m’a trahi…
M. Alassane Ouattara est en réalité le problème et non le RDR.
M. Bédié ne pouvait pas échapper à M. Ouattara.
 
Je voterai pour le candidat à la prochaine présidentielle qui promettra de faire partir l’armée française.
Je demeure messager de la paix pour l’ONUCI.



Interview réalisée par Didier Dépry et Schadé Adédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".
 
 

''Nous n’avons qu’une liberté: la liberté de nous battre pour conquérir la liberté'' - Henri Jeanson

LES PROBLEMES POSES A L’AFRIQUE ET L’HUMANITE PAR LA CARNAVALISATION DE GBAGBO VIA LA PLOUTOCRATIE TOTALITAIRE OCCIDENTALE (PTO)


 

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Excellent article, engagé (c’est peu dire) et éveilleur de conscience, de l’illustre intellectuel camerounais Batouri Ngoffi. C’est exactement ce que nous attendons des intellectuels africains: être de vrais chevaliers de la liberté pour l’Afrique et non les piètres sous-fiffres de l’Occident travestis en panafricanistes qui s’offrent piteusement à nos regards médusés. Il faut absolument prendre le temps de le lire! Fernand Dindé.

 

Le Jeudi 28 février 2013 s’est clos, à La Haye aux Pays Bas, l’audience d’infirmation ou de confirmation de charges contre le Président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO. Petite précision importante: quand je parle de la République de Côte d’Ivoire, il s’agit de cette Nation humaine, Insoumise et fière de défendre sa Liberté, sa Dignité et son Humanité bafouées, humiliées et violées par la Ploutocratie Totalitaire Occidentale (PTO) depuis le 19 septembre 2002.

J’ai suivi avec un très grand intérêt cette mise en scène anthropophagique où l’Inquisition représentée par la terminologie « le procureur » a montré l’imposture éthique et morale de l’organisation dont il est un valet. L’organisation en question n’est pas la CPI. Cette dernière, depuis le « procès » de Nuremberg, s’est révélée être, dans les faits et la réalité, un instrument de domination comme une arme à feu est l’instrument dont se sert toute crapule pour délester sa victime de tous ses biens. L’objectif de la violence envers autrui est le vol. Cette mise en scène pose des questionnements de type philosophique et politique qui ne peuvent manquer d’interpeller l’Intelligence et la Conscience universelle. Mon propos va donc porter sur une brève analyse de ceux-ci.

Mais avant de présenter ces questions philosophiques que je me propose d’analyser, permettez-moi de revenir sur la notion d’Inquisition utilisée pour qualifier la CPI.

Qu’est-ce que l’Inquisition? Existe-il une filiation entre l’inquisiteur et le « procureur » de la CPI?

La Cour de Prédation et d’Injustice que la propagande totalitaire vend comme une organisation au service du droit est en réalité une organisation criminogène. Elle est congénitalement incapable de dire et de garantir le droit et la justice internationaux, de même que l’Onu dont elle en est une émanation, n’a jamais milité pour et ne peut garantir (ce droit et cette justice internationaux, Ndlr). Qu’il soit clair: il n’existe pas à ce jour, une Institution de forge impérialiste qui défende et promeuve la Justice et le respect du Droit dans le monde. Tant que l’impérialisme existera, il ne peut y avoir droit et justice. L’ONU et tout ce qui est appelé institution internationale sont des promoteurs et défenseurs de l’ordre désordonné impérialiste. Il ne peut en être autrement car derrière toute création existe un objectif politique: dans le cas de l’ONU et de la CPI, l’objectif est de garantir un ordre injuste qui assurerait l’hégémonie politique, économique, culturelle, philosophique et sociale de la ploutocratie totalitaire occidentale sur les peuples.

Créée à partir de 1191, l’Inquisition, cette institution prescripteur de la « Vérité », a, connu plusieurs formes qui ont eu toutes en commun pour ambition de détruire physiquement toute source de production du sens qui avait le courage et la puissance mentale de démystifier le dogme. Dogme s’entend au sens de toute expression qui a le courage d’aller dans le sens contraire des intérêts des faibles du moment. Est faible, toute organisation, structure, entité ou État qui postule que son être au monde n’est possible qu’avec la souffrance des autres. Ses seules armes sont: mensonges, violence, agression et utilisation des armes de destruction massive (médias, cinéma, littérature, science, armes létales et non létales) pour imposer la misère et l’obscurantisme à ses nationaux et aux autres nations. On est donc dans l’erreur quand on utilise des superlatifs forts, puissants pour les qualifier.

Existe-t-il une filiation entre le procureur de la CPI et l’inquisiteur de l’Inquisition? Personne ne peut contester que la cabale inquisitoriale contre Laurent GBAGBO, Homme devenu Vérité et Dignité, n’est autre chose que la lutte entre Obscurantisme et la Vérité. Toute la procédure, jusqu’aux « débats » obéit point par point, aux différentes étapes de la procédure inquisitoriale. Avec la carnavalisation de GBAGBO, le monde entier s’est très vite rendu compte que la justice ploutocratique totalitaire occidentale est dans la diffamation, des supputations et non dans la présentation des faits. L’expression « affaire procureur contre Laurent GBAGBO » est en réalité le procès de la PTO représentée par la France colonialiste contre GBAGBO.

Quelle est la mission géostratégique de la CPI dans le monde? Quel est son rôle dans la carnavalisation orchestrée du président de la république de Côte d’Ivoire Laurent GBAGBO?

Je ne vais pas revenir sur une analyse détaillée de la mission géostratégique de cette organisation qui n’est que le bras armé de la PTO. La PTO veut faire croire aux crédules de bonne foi que c’est le président GBAGBO qui serait responsable des massacres que l’armée française et l’ONU commettent en Côte d’Ivoire depuis le 24 décembre 1999. Ce faisant, ces entités cannibalistes  veulent réécrire l’Histoire en cachant leurs crimes. Ici, on est dans l’inversion des valeurs. La victime devient le bourreau et le bourreau, la victime.

Ces petites précisions étant évacuées, passons à l’objet de notre réflexion.

Quels problèmes philosophiques, éthiques et politiques la carnavalisation de GBAGBO par la PTO met-elle en lumière? Cette carnavalisation pose le problème philosophique et éthique de la distorsion inversion des valeurs, de l’érection du vice en vertu.  Le problème philosophique du droit, du droit international et celui de la justice en tant qu’instrument d’humanisation. C’est aussi le problème philosophique du Mal et du Mensonge. Il met aussi en lumière la question de la liberté (lisible à travers la misère intellectuelle et psychologique des politiques et lettrés africains formatés par l’idéologie ploutocratique totalitaire). C’est, d’un point de vue philosophique,  pour le mouvement de libération de l’Afrique et pour tous ceux qui croient en l’humanité, le problème du procès de la morale immorale qui structure le libéralisme économique occidental.

Au point de vue politique, c’est la question du rôle social des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples et du rôle politique des médias autoproclamés africains qui se revendiquent de la Résistance à l’ordre totalitaire ploutocratique. C’est la question du rôle et de la mission politiques et philosophiques des lettrés africains. Se pose aussi la question de l’autodéfense intellectuelle que nous allons étudier à travers le langage que les médias et les Résistances africains utilisent dans la lutte contre le totalitarisme du marché. Pour finir, je présenterai les conclusions que l’Afrique doit tirer si elle veut sortir de l’exclusion où la PTO la maintient depuis plus de six siècles. 

A- Les occidentaux n’aiment pas le droit international

Dans une interview accordée au B.I. Infos n° 185 de mars 2013, le journaliste Jean-Loup Izambert, revenant sur le contenu de son dernier livre publié aux éditions 20 Cœurs, Crimes sans châtiment. «Les noires complicités de la France», où il cite le grand intellectuel camerounais Pougala, et qui dit des ploutocrates totalitaires occidentaux:

«Qu’ils déclenchent des conflits en bafouant la souveraineté des peuples, en piétinant la Charte des Nations unies, ses résolutions comme les conventions internationales. [Que] les guerres ouvertes contre la Libye puis contre la République arabe syrienne font suite à celles déjà enclenchées dans des conditions similaires contre l’Afghanistan, l’Irak, la République fédérative de Yougoslavie et plusieurs pays d’Afrique dont la Côte-d’Ivoire ou le Mali.

[Que] Elles (les guerres en question) témoignent de la volonté des dirigeants des mêmes pays occidentaux – USA, Angleterre et France en principal – de passer outre le droit international pour piller les richesses des peuples, contrôler les grands axes de communication qu’ils jalonnent et y installer des régimes militaro-financiers. [Qu’]Ils bénéficient dans ces nouvelles guerres coloniales du soutien peu flatteur des dictatures pétro-religieuses du golfe Persique et de l’intervention du Fonds monétaire international.

[Que] L’embargo contre la République islamique d’Iran afin d’empêcher son développement et d’y provoquer des troubles en est un autre exemple. [Que] Ces crimes sont prémédités, planifiés, discutés entre princes et sont le fait des mêmes États, tous membres de l’OTAN.»

Le slogan «les droits de l’homme» n’est en réalité qu’une imposture dont se servent les nazis occidentaux pour voler, piller et massacrer les peuples qui refusent de se laisser spolier. C’est qui a été observé depuis décembre 1993 en Côte d’Ivoire.

B- La CPI peut-elle être une instance de justice?

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Pour répondre à cette question, j’invite les uns et les autres à se poser la question de savoir pourquoi les plus grands criminels (Bush père et fils, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, Ban Ki moon, Netanyaou, Pinochet, Chirac, Cameron, Ocampo, Koffi Annan) n’ont jamais été inquiétés depuis la création de ce monstre. Moreno Ocampo (je recommande de lire le livre-enquête que lui a consacré Charles Onana), ex inquisiteur, n’a-t-il pas reconnu implicitement, lors d’une interview à la chaîne impérialiste qatarie «Al jazeera» que la Cpi était une organisation chargée de garantir l’hégémonie de la PTO?

Pour être plus précis, de quel problème philosophique et politique la Cpi serait-elle la solution? Il s’agirait, selon la propagande totalitaire, d’un dispositif chargé de défendre le droit international et de garantir la paix. Sauf que, le totalitarisme a une conception très curieuse du droit international qui se réduit à une licence d’exterminer donnée aux banques, assurances et autres cartels financiers et mafieux de s’accaparer ce que bon lui semble où il le veut et quand il le veut. Lorsqu’on regarde l’historiographie de cet instrument du maintien de l’ordre injuste, on est frappé de constater qu’il a toujours été le fait des faibles. Est faible toute organisation qui utilise tous les moyens pour empêcher son «adversaire» de se préparer pour lui faire face.   

Comme l’a dit le président GBAGBO, dans sa magistrale leçon sur la Vérité, la démocratie et le droit du 28 février devant la cour, «en suivant les débats», tous ceux qui ont une science de l’historiographie de l’occupation de la Côte d’Ivoire par la France se sont «trouvé tellement éloignés de la Côte d’ivoire». 

En écoutant l’égrainage du DCC (Document de Confirmation de Charges), on se pose la question de savoir de quoi doit se nourrir la Justice?

Tel est le sens de la question que GBAGBO posa à la conscience des «juges». Si on veut dire la Justice comme le prétend la Cpi, pourquoi, pas une seule fois, les faits n’ont été convoqués par la « procureure »pour assoir son narratif?

Pourquoi, ne serait-ce que «pour fluidifier son raisonnement», ni la «procureure», ni la «représentante légale des victimes», ni les «juges» n’ont posé de question  au président GBAGBO afin d’obtenir «des informations» qu’ils auraient pu vérifier par la suite? Par ce non respect du b a bas de toute procédure judiciaire, la Cpi a convaincu ceux qui croyaient encore naïvement à la propagande qu’elle n’est nullement une cour de justice; mais bien un instrument au service du Mal. Autrement dit, comment expliquer que pas qu’une seule fois, dans le DCC, il n’est été question de la seule question qui vaille et que le président GBAGBO a rappelé aux «juges»: qui a gagné les élections présidentielles de 2010 en République de Côte d’Ivoire? Comment la «justice moderne» peut-elle vouloir juger des conséquences sans se préoccuper des causes de celles-ci? Seule la recherche de la réponse à cette question aurait suffit à situer les responsabilités.

Non, on ne peut juger de quelque chose sans en connaître les causes. C’est comme si on demandait à un médecin de soigner une maladie en ignorant les causes de celle-ci. Juger signifie évaluer, émettre un jugement de valeur sur quelque chose. 

Sur la question de la légitimité du jugement, Me ALTIT a répondu clairement qu’un jugement n’est légitime que si on prend le réel dans son ensemble. Porter des jugements sur des parties inexistantes d’un puzzle, n’est nullement parler du puzzle ni même le juger. La partie inexistante ne peut rendre compte d’un ensemble ayant réellement existé. C’est à cette castration intellectuelle, à cette imposture éthique et psychologique que la PTO veut soumettre le monde. Comme on le voit, on est dans l’érection de l’Injustice en justice. C’est la raison pour laquelle je l’appelle Cour ploutocratique de l’Injustice.

Dans sa lutte contre la Résistance [dont GBAGBO, est une figure de proue] la PTO, à travers son instrument la CPI, promeut l’Injustice en luttant de toute sa violence et sa férocité contre la Justice.

C- La CPI ou la caution morale du totalitarisme?

Que donne à voir l’expression «affaire procureur contre Laurent GBAGBO»? En suivant au jour le jour l’audience qui a commencé depuis le 19 février 2013, on se rend compte qu’au-delà de la question de la Justice, se pose la question philosophique du Mal.

Le monde entier a pu constater que l’acte d’accusation était un tissu de mensonges que la défense a pulvérisé dans les règles de l’art. Mentir est intentionnel. Quand on ment, déforme les faits, raconte une histoire qui n’a rien à voir avec le réel ou les faits, on ne fait pas autre chose que banaliser le Mal.

N’en déplaise aux afrocollabos (individus qui, en se revendiquant de l’Afrique, travaillent pour son aliénation par le PTO), en Côte d’Ivoire, il y a, d’un côté le camp du Bien qui est le peuple de Côte d’ivoire que représente GBAGBO et le Mal qui est la France (et le cercle des cannibales), l’Onu et ses démembrements que représente le Burkinabé Dramane.

Dans une précédente réflexion, j’avais qualifié ce figurant de Pétain. En vérité, n’étant pas ivoirien, on ne peut que se risquer de le qualifier d’Alberto Fijumori (Japonais que la PTO plaça à la tête du Pérou et qui lorsqu’il commit des massacres et fut poursuivit par la justice péruvienne, il alla se réfugier chez lui au Japon).

Cette scène de cannibalisme qui se joue depuis novembre 2011 pose la question de la légitimité philosophique et politique du colonialisme que la propagande appelle «droit d’ingérence». 

Au nom de quel principe, de quelle valeur, des entités qui massacrent, mutilent, violent, font des domicides ou génocides depuis des siècles se donnent-elles la liberté d’aller massacrer dans un pays souverain comme la Côte d’ivoire, la Libye, l’Iraq, la Syrie, le Mali?

Le «droit d’ingérence humanitaire» n’est pas autre chose que le totalitarisme. Le totalitarisme n’est pas ce qu’on a voulu faire dire à la philosophe Hannah Arendt. C’est une organisation de la vie humaine reposant sur la pensée unique et un système d’aliénation et d’embrigadement des peuples et des consciences. La pensée unique ici est la thèse selon «tu dois suivre une seule voie qui est la mienne et à condition que ce soit toujours moi qui te domine». Voilà ce que je nomme la pensée unique. Le totalitarisme se veut intemporel, ahistorique et trans-humain.

C’est parce que GBAGBO est nationaliste et fondamentalement humain que la PTO veut le briser. En réalité, c’est la lutte Etat-nation contre ce que le philosophe Herbert Marcuse appelait le «capitalisme des monopoles», du pillage et des massacres qui se joue dans la déportation du président ivoirien. On comprend, au regard de tout ce qui précède que la Cpi n’est que la caution morale du totalitarisme.   

D- le mensonge est-il consubstantiel au totalitarisme à la CPI?

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Le président GBAGBO posait aux juges la question de savoir «pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés?» Et il renchérissait en demandant à ses bourreaux de ne pas lui attribuer des parents qu’il n’a pas. Cette remarque fut la preuve qu’il est conscient que c’est l’inconscient africanophobe des euro-américains composants la «cour» qui structure ce cannibalisme dont il est le «trophée» provisoire.

L’observation la plus importante qu’il fit était le constat que si la «cour» avait voulu vraiment dire le droit et la justice, elle aurait, ne serait-ce que «pour fluidifier le raisonnement», fait appel à lui pour avoir des «informations» qu’elle pourrait vérifier par la suite.

La prestidigitation de l’inquisiteur et de l’Inquisition a confirmé tout ce que l’Afrique pense de cette organisation. D’ailleurs, mise à mal, la potiche Bensouda a fui en rase campagne.

Ainsi, le raisonnement est simple. Au-delà de la carnavalisation du président GBAGBO par la PTO, la vraie question philosophique que soulève l’existence de la Cpi ou des autres  «tribunaux internationaux» qui l’ont précédée est celle de sa légitimité. Qui crée ces structurent et les finance? Toute organisation est au service exclusif de son créateur-financeur. L’être même de la Cpi est mensonge et imposture. Crime et justice sont incompatibles.  Le mensonge ne peut se nourrir que du mensonge. La Cpi étant mensonge, ce dernier ne peut que lui être consubstantiel.

E- Le larbin vit-il? 

Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire par la France colonialiste, j’ai découvert comment et pourquoi des individus étaient des individus et non des hommes. 

J’ai vu et lu des individus qui chantaient et se présentaient comme des militants anticolonialistes et qui postulaient à qui voulait les entendre qu’en toute circonstance, il faut se référer à la raison. Je les ai vus proclamer qu’il faut enterrer la françafrique, ils ont vilipendé et honni de bouche l’impérialisme. Mais ils ont accouru pour soutenir le colonialisme en Côte d’Ivoire. Ce faisant, ils ont nié leur profession de foi publique. Des contempteurs occidentaux des gouvernants africains se sont retrouvés alliés à eux quand il fallait justifier les positions sociale et économique qu’ils occupent. Ils ont renoncé à penser pour aller dans le sens du vent de l’impérialisme, ont renié leurs parents pour satisfaire les dessous de la ceinture. Ils ont appelé et justifié les massacres d’hommes et de femmes pour un verre de bière.

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Avec l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire, la France livre à la vindicte populaire africaine tous ses agents africains. Elle a permis aux jeunes générations africaines de voir quel est le rôle exact des lettrés africains qui travaillent pour elle et contre l’Afrique. Au Cameroun, nous avons vu à quoi servent Achille Mbembè, Shanda Tomnè (Ce dernier essaie de faire oublier qu’il a participé au «coup d’état» contre GBAGBO et à l’agression-occupation de la Côte d’Ivoire) et autres organes de presse tels que Voxafrica et son larbin de service Jules Ndomché, au Bénin, on a vu a quoi sert Hountondji, au Congo Brazza, on eu Mabanckou, de l’autre côté de Kinshasa, on a vu Elykia Mbokolo, au Sénégal, on a vu Boubakar Boris Diop et tous les autres que je ne vais pas citer ici. J’ai voulu savoir ce que tout ce monde avait en commun. Toute leur propagande est faite par la France. Autrement dit, ils doivent tout à la France.   

F- La morale immorale du totalitarisme ploutocratique

La morale peut-elle être immorale? Voilà la question que m’a posée ma fille quand elle m’a entendu utiliser le concept de morale immorale. De quoi s’agit-il en réalité? Comment une morale peut-elle être immorale? La PTO a-t-elle une morale? Quelle est sa nature?

La morale est un ensemble de règles, de façons de faire et d’être dans une société et qui a pour but ultime de permettre à l’individu de s’humaniser; c’est-à-dire de devenir Homme. On ne naît pas Homme; on le devient.

Une morale peut-elle être immorale? Une morale immorale, c’est exactement toute la manière d’être au monde de la ploutocratie totalitaire occidentale. Une morale immorale est ce qu’on peut appeler une imposture. C’est-à-dire le fait de professer en public quelque chose et de faire son opposé dans la vie avec les autres. C’est désigner les opprimés par le terme de terroristes alors que  soi-même on pratique le terrorisme. Oui, la ploutocratie totalitaire a une morale qui est immorale.

G- Rôle politique et mission sociale des médias

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Quels sont le rôle politique et la mission sociale des médias ploutocratiques dans le processus d’aliénation mentale et politique des peuples?

La fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, écrit par les grands intellectuels Noam Chomsky et Edward Herman en 1988 situe sur le rôle et la mission sociale des médias dans une société où il n’est plus facile d’utiliser la violence physique pour se faire obéir: fabriquer le consentement.

Il ressort de cette étude qu’il y a ce que dénonce Pougala: contrôle et rétention des informations qui, si elles étaient connues du grand public, les choses ne passeraient pas comme cela se passe actuellement. Pour réussir son coup d’État et l’occupation de la Côte d’Ivoire, les médias français, tous détenus par les hommes qui s’enrichissent avec l’argent public français avaient engagé contre la Côte d’Ivoire et le président GBAGBO, une campagne de dénigrement et de délégitimation afin de donner comme une sorte de caution morale à une action nazie et de la pire immoralité: massacrer des Ivoiriens pour voler et continuer le pillage du pays.

Quel est le rôle politique des médias nationalistes dans la lutte contre l’impérialisme? Voilà la petite question que j’ai posée aux hommes et femmes des médias qui se revendiquent de l’Afrique? Je continue de poser la même question: en tant qu’Africain qui dit travailler pour l’Afrique et les Africains et non contre l’Afrique et les Africains, quels est son rôle politique et sa mission dans la lutte contre le système qui ensanglante le continent depuis plus de six siècles? Qu’est-ce que lutter contre l’impérialisme? Peut-on lutter contre un système complexe en utilisant sans critique toutes les catégories terminologiques utilisé par le système pour assoire sa domination culturelle?

En clair, peut-on utiliser le vocabulaire de l’obscurantisme pour le combattre? La guerre idéologique et linguistique précède la guerre militaire. Tant que les médias africains ne prendront pas ce problème à bras le corps, leur combat est vain. Aujourd’hui, quand on parcourt les médias africains qui se réclament de  la Résistance, on est stupéfait du manque de distance de ceux-ci, par rapport au vocabulaire idéologique de la France. Aucun travail n’est effectué sur les concepts qui sont repris de façon naïve.

H- Les lettrés africains et l’Afrique

Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés sous domination coloniale? Quelles sont les responsabilités des lettrés au sein des sociétés prétendues «libres et ouvertes» comme les chiens de garde occidentaux aiment désigner la société dans laquelle ils vivent?

Est-il légitime de parler de morale quand on défend les crimes monstrueux que son gouvernement commet sur d’autres peuples?

La responsabilité d'un lettré est  de s'efforcer de révéler la vérité sur des sujets humainement significatifs à un public capable de s'en saisir.

Sur la première question, je vous renvoie à un précédent article que j’avais commis sur le sujet.

La quasi-totalité des lettrés africains sont des larbins. Qu’est-ce qu’un larbin? C’est un individu malade psychologique et qui prend systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Cette pathologie diminue ses capacités d’analyse et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.  Le larbin africain prend systématiquement la défense des impérialistes contre l’Afrique. Quand il parle de l’Afrique, c’est pour la dénigrer et appeler à sa colonisation. Quand vous entrez chez lui, il parle la langue héritée de ses parents avec sa femme et parle une des langues occidentales à ses enfants.

Quelles conclusions pour l’afrique?

Tant que nous n’étudierons pas les moyens et les outils utilisés pour nous asservir, la PTO s’en donnera à cœur joie.

La jeunesse africaine doit faire terriblement attention à tous ces lettrés africains encensés par les Occidentaux.

Tant que les journalistes se revendiquant de l’Afrique ne prendront pas à bras le corps la question des mots idéologiques de l’impérialisme qu’ils reprennent à leur compte, ils perdureront l’asservissement de l’Afrique.

La jeunesse africaine restée sur le continent doit se méfier des Africains partis étudier en Occident. Ils sont très souvent des agents d’influence de la domination occidentale sur le continent. Il ne faut développer aucun complexe vis-à-vis d’eux. Ce sont des larbins qui s’ignorent parfois. Les études en Occident ont pour but géostratégique de fabriquer des larbins et laquais qui devront continuer à perpétuer la domination de la ploutocratie totalitaire occidentale sur l’Afrique. Plus de 90% d’auteurs occidentaux sont des agents au service d’un ordre injuste et tous ceux qui les lisent devront douter de façon systématique de tous ce qu’ils lisent et entendent. Cette méfiance devra être aussi de rigueur avec les afrocollabos qui sont très nombreux.

 

Le 16 mars 2013, Batouri Ngoffi

Ancien vendeur d’arachide au marché New Déido à Douala

Bangoffi05@gmail.com

 

Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 21 mars 2013

SORO GUILLAUME SOUMIS A LA DICTATURE DU FAUX

 

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L’ex-chef de guerre et auteur de « Pourquoi je suis devenu rebelle » semble avoir transformé ses interminables missions parlementaires, en un véritable combat contre Le Président Laurent Gbagbo. Ce combat qu’il mène courageusement, n’a jamais convaincu les observateurs avertis de la scène politique tant il pue le faux. Parachuté, par violation de la Constitution, au sommet du parlement ivoirien (en quête de légitimité) Soro Kigbafori a une fois de plus donné raison à tous ceux qui pensent, à raison, qu’il est soumis à la dictature du faux. Récemment face aux députés congolais, le chef du parlement ivoirien a déçu le monde par des propos qui s’écartent outrageusement de la vérité historique.

Sa théorie de la démocratie, une dictature du faux

Ceux qui découvrent pour la première fois Soro Guillaume risquent de tomber sous le charme du « rapport très intime » qu’il entretien avec la démocratie. Selon lui en effet, « la démocratie économise les vies humaines, émancipe et intègre les dominés, stimule l’inventivité des hommes… » Autrement dit, la démocratie est salvatrice, elle élimine les disparités et libère les énergies créatives. Pour y arriver semble-t-il conclure, il faut une « loi juste incarnée par la constitution démocratique » (Sic). On aurait demandé à chacun d’applaudir des deux mains si ce cours venait de Montesquieu ou d’Abraham Lincoln. Mais venant de Soro Guillaume l’on doit le considérer comme une farce inacceptable. Sa personne et son discours sont antinomiques. Considérons premièrement la loi dont il parle. Il est fait obligation à chaque citoyen de respecter la loi et de façon plus large, de respecter les institutions de son pays. Une telle obligation s’étend bien entendu aux normes frappées de certaines imperfections. Et ces normes n’étant pas des « tentes dressées pour le sommeil » peuvent être modifiées soit par une pression de la classe politique soit par l’action de la société civile. Jamais les lois n’autorisent un citoyen, fut-il le plus frustré ou le plus intelligent, à prendre des armes pour exiger que la constitution soit « démocratique ». Dès lors qu’un citoyen s’autorise cette voie, il ne peut être regardé comme un repère en matière de respect des lois. En cédant à ses pulsions guerrières, Soro Guillaume a montré à tous qu’il accordait peu d’intérêt à la loi et au respect des institutions. Deuxièmement, intéressons-nous à sa fameuse démocratie qui économise les vies. Notons d’emblée qu’il serait faux de croire que seul le gouvernant a l’obligation d’être démocrate. Ceux qui s’opposent à lui et qui comptent exercer le pouvoir, doivent aussi ingérer les valeurs démocratiques. Lorsque Soro parle de la démocratie, il nous renvoie indubitablement à la gouvernance Gbagbo qu’il qualifie de non démocratique. Automatiquement, il trouve une certaine «légitimité » à sa rébellion. Or en sa qualité d’opposant au Président Gbagbo il avait le devoir d’être un démocrate. Malheureusement il ne l’a pas été tout comme il ne fait pas l’effort de l’être aujourd’hui. Partant de ce fait, on peut se demander de savoir qui est-ce qui n’a pas été en mesure de respecter le jeu démocratique. La réponse est claire comme l’eau de roche : Soro Guillaume, au lieu d’« économiser les vies humaines », les a liquidées par carence démocratique. Qui est donc ce super démocrate qui forme une bande armée, tue, égorge, éventre des citoyens innocents, met en coupe réglée une partie du territoire? Un démocrate peut-il déifier ses prouesses par la mise sur le marché d’un ouvrage intitulé « Pourquoi je suis devenu rebelle » ? Un démocrate qui attaque par les armes les institutions de son pays n’en est pas un. Dire le contraire, serait couronner tous les impénitents rebelles téléguidés par les impérialiste et qui pillent impunément l’Afrique.

Sa présentation de la crise postélectorale, une dictature du faux

Le discours de Soro au parlement congolais a aussi porté sur le vainqueur des élections présidentielles de 2010. Laurent Gbagbo serait, à ses yeux, celui qui « n’a pas accepté le verdict des urnes et s’est arrogé, de façon arbitraire et unilatérale, le droit de se soumettre au verdict des urnes ». Faut-il en rire ? Voici un démocrate qui intègre la fraude, la violence, dans ses méthodes de conquête de pouvoir. Comme il le dit si bien,  la «démocratie émerge de la force morale du compromis… ». Si cela est vrai quelle est la morale de la fraude électorale ? Devront-nous codifier la fraude pour le plaisir de ceux qui en font leur moyen d’accession au pouvoir? Comment pourrons-nous expliquer aux générations futures que dans un Etat, la voix des institutions est plus forte que celle d’un individu ? En Côte d’Ivoire, tous savons que lors des élections, le nord a été braqué par les rebelles de Soro Guillaume. La fraude a été telle que le logiciel de l’entreprise Sils, (entreprise chargée du décompte électronique) s’est vu obligé de rejeter des procès verbaux pour non-conformité. Par une extraordinaire opération du saint esprit, le nombre de votants s’est trouvé être supérieur au nombre d’inscrits. D’où les scores soviétiques obtenus par Ouattara dans ces zones. Par ailleurs différentes missions d’observateurs avaient noté des cas graves de violence dans la zone sous contrôle rebelle. Seul le camp Ouattara dit n’avoir pas entendu parler de fraudes au nord. Quoi de plus normal ! Si nous devons considérer que la fraude contribue à la prise du pouvoir, Ouattara a bel et bien gagné les élections. Mais comme cette donne est rejetée et le rôle de l’institution chargée du contentieux électoral est renforcé alors « la victoire » de Ouattara est l’expression de la dictature du faux. Quel est donc ce vainqueur qui fait proclamer ses résultats dans son quartier général (un hôtel), hors délai, par un individu agissant seul, face à des caméras étrangères… ?  Ce coup d’état électoral a déclenché des violences. Pour Soro, « L’ancien Président est le seul responsable et coupable de la crise postélectorale et ses dramatiques conséquences pour les populations ». Il se comporte ainsi comme Fatou Bensouda appelée à charger Laurent Gbagbo et à aussi le considérer comme co-auteur direct et/ou indirect de crimes commis au Kenya. Il y a de la part de Soro, un profond désir de ne point se défaire de la dictature du faux. Comment peut-on logiquement considérer que la partie attaquée lors d’un conflit, est la seule responsable des crimes qui en ont résulté ? A considéré que Soro Guillaume soit dans le vrai, qui serait le responsable des crimes commis par les hommes de Ouattara ? En effet, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête estime à 727 personnes, les victimes des hommes de Ouattara. A supposé qu’il se soit défait de la dictature du faux, qui serait le responsable et coupables de tous les fatwas lancés (depuis le golf) contre les institutions? Bref, n’allons pas plus loin pour comprendre que le dogmatisme dont parle Soro est bien cultivé par les défenseurs de Ouattara.

Discours sur la xénophobie, une dictature du faux

Soro guillaume a salué de grands combattants qu’il met en opposition avec le Président Laurent Gbagbo. Par pudeur, il n’a pas osé pousser le pion loin pour dire qu’il ressemble à ceux dont le combat a été salué. Heureusement ! Si Laurent Gbagbo n’est pas Um Nyobé ou Lumumba, selon Soro c’est parce que Gbagbo voulait « expulser de son sol tous les étrangers.. » Gbagbo n’est donc pas un panafricaniste y compris « ces ivoiriens qui ont massacré le burkinabé et le malien.» Premièrement Soro se trompe de cible. A la vérité, le chasseur d’étrangers est bien Ouattara qui a instauré, lorsqu’il était à la primature, une carte de séjour. Soro peut-il nous dire que Ouattara entendait embrasser tous ceux qui ne détenaient pas leurs titres de séjour? Non. Il a fallu Laurent Gbagbo pour supprimer cette carte jugée injuste. En outre, sous Gbagbo, il n’a jamais existé un plan de rapatriement massif des étrangers vers leurs pays. Bien au contraire, la Côte d’Ivoire a tellement été bien accueillante qu’au plus fort de la crise ivoirienne, des étrangers affluaient vers les frontières ivoiriennes. Le seul plan de chasse aux étrangers existait dans les fantasmes des hommes de Ouattara au point où ils ont sollicité les services d’un sulfureux sociologue auteur de « Côte d’Ivoire poudrière identitaire ». Le fameux Benoît Schoer tombé dans l’oubli. Deuxièmement, Soro discrimine entre les victimes. La victime malienne ou burkinabé est-elle plus importante que la dépouille de Phillipe Rémond ou de monsieur tout le monde ? Lorsque Soro parle de « ses » victimes, il ne fait que rendre hommage à tous ces mercenaires maliens et burkinabés qui ont combattu pour Ouattara et dont certains ont intégré l’armée ivoirienne. Que viennent chercher ces burkinabés et maliens dans une crise ivoirienne ? La récente naturalisation massive de milliers de burkinabés répond à cette question essentielle. Ce discours sur la xénophobie, qui sonne totalement faux, vise à créer un désert autour de Gbagbo. Quelle tâche ! Le camp de Soro est dépassé par les soutiens que recueille le Président Gbagbo. Il pense ainsi réussir là où les puissants réseaux françafricains ont échoué. Ce que Soro oublie c’est que la mémoire collective l’a catalogué dans le registre de ceux qui déconstruisent l’Etat.  Et au fur et à mesure qu’il accumule les médailles, il lui parait difficile de s’affranchir de la dictature du faux.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant

CONTREVERITES SUR LA PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010, ROBERT GBAÏ TAGRO REPOND A GUILLAUME SORO

 

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M. le Président de l’Assemblée nationale, voulez-vous qu’on parle des vrais chiffres des résultats de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire? Vous avez reçu, le samedi 2 mars 2013, au Palais de l’Assemblée nationale, le Chef de l’Etat du Nigeria, M. Goodluck Jonathan, en visite d’Etat en Côte d’Ivoire. Concernant l’élection présidentielle ivoirienne passée, vous avez déclaré à votre illustre visiteur : «A la demande de votre homologue Alassane Ouattara, encore sous le blocus au Golf, vous m’avez accordé une audience à Abuja, malgré votre calendrier extrêmement chargé du fait de la proximité des élections dans votre pays. A peine avais-je commencé à donner les résultats des urnes que vous m’avez interrompu en ces termes : «M. Soro, je sais qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire. Vous n’avez pas à prêcher à un convaincu. En tant que Président du Nigeria, je n’accepterai pas la forfaiture qui a cours chez vous. Pour moi, Alassane Ouattara est le Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire et cela est non négociable. Avec la C.E.D.E.A.O., nous rétablissons la vérité des urnes». Fin de citation de vos propos (Journal l’Inter du lundi 4 mars 2013).

M. le Président, nous sommes à la fois gêné et peiné de faire cette mise au point sur la réalité des chiffres électoraux de 2010. Gêné et peiné parce que nous ne voulons pas jouer au connaisseur et au justicier qui répond comme une caisse automatique et pour ne pas remuer le couteau dans la plaie encore béante. Mais, comme il vous plaît de le rappeler à chacune de vos occasions officielles et privées, nous nous trouvons dans l’obligation de faire cette mise au point, en toute Neutralité, en toute Impartialité mais dans la Vérité, pour situer avec exactitude, l’opinion publique nationale et internationale.

M. le Président, pour la compréhension des faits, bien que connus vaguement par le monde entier, et avec votre permission, lisons ensemble les dispositions du Code électoral, relatives à l’élection du Président de la République:

Art. 34: «Nul ne peut être admis à voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Le vote par correspondance, par ordonnance ou par procuration est interdit»

Art. 59: «La Commission chargée des élections procède au recensement général des votes et à la proclamation provisoire des résultats du scrutin, au niveau de la circonscription administrative, en présence des représentants des candidats. Trois exemplaires du procès-verbal accompagnés des pièces justificatives sont transmis à la Commission chargée des élections. Celle-ci procède aux opérations de collecte et à la proclamation provisoire des résultats en présence des représentants des candidats. La Commission chargée des élections communique au Conseil constitutionnel un exemplaire des procès-verbaux accompagnés des pièces justificatives dans les trois (3) jours qui suivent le scrutin. Les autres exemplaires du procès-verbal restent respectivement dans les archives de la Commission électorale de la circonscription administrative, de la Commission nationale chargée des élections et du ministère de l’Intérieur».

Art. 60: «Tout candidat à l’élection présidentielle peut présenter, par requête écrite adressée au Président du Conseil constitutionnel, une réclamation concernant la régularité du scrutin ou de son dépouillement. La requête doit être déposée dans les trois (3) jours qui suivent la clôture du scrutin».

Art. 61: «Le requérant doit annexer à sa requête les pièces produites au soutien de ses moyens. Le Conseil constitutionnel, après examen de la requête, statue dans les sept (7) jours de sa saisine. Toutefois, il peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs manifestement sans influence sur l’élection contestée ».

Art. 62: «L’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des procès-verbaux. Art. 63: «Le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d’urgence.»

Art. 64: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des Ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel».

Ajoutons, M. le Président, les dispositions de la Constitution relatives à l’élection présidentielle.

Art. 94 (dernier alinéa): «Le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs des élections présidentielles».

Art. 98: «Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux Pouvoirs publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale».

Fin de citation.

Pour le second tour de l’élection présidentielle de 2010, voyant que, après le scrutin, les trois (3) jours impartis à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), expiraient, M. Alassane Ouattara, candidat, a écrit la lettre suivante au Président de la C.E.I. : «Abidjan, le 1er décembre 2010. Monsieur Alassane Ouattara candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante de la République de Côte d’Ivoire. Objet: Proclamation des résultats provisoires de l’élection du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Il nous revient de façon récurrente que le Candidat de La Majorité Présidentielle (L.M.P.) vous a adressé une requête aux fins d’invalidation du scrutin dans certaines Régions du Nord et du Centre de la Côte d’Ivoire. Or, au regard de la loi, il n’est pas de vos attributions d’invalider le scrutin, autrement nous vous aurions saisi en invalidation du scrutin dans les Régions de l’Agnéby, du Haut-Sassandra, du Moyen-Cavally, des Lagunes pour les motifs ci-après: – Empêchement de vote, violences et voies de fait sur nos représentants et militants, achats de consciences d’électeurs, séquestrations de nos représentants, bourrages d’urnes, menaces de toutes sortes, atteintes à l’intégrité physique, destructions de biens, et toutes sortes de violations graves des Droits de l’Homme, c’est pourquoi nous pensons que la Commission électorale indépendante doit s’atteler aux seules tâches qui sont les siennes, à savoir proclamer, sans délai, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Nous nous permettons de rappeler que le délai de trois jours imparti à la Commission électorale indépendante expire ce jour, avec comme conséquence le risque de voir la C.E.I. dessaisie, ce qui serait un échec dans la conduite de votre mission. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de nos considérations distinguées. Alassane Ouattara». Fin de citation et sans commentaire.

Concernant le délai de trois (3) jours impartis à la C.E.I., voici ce que M. Youssouf Bakayoko, Président de la C.E.I. a dit en réponse aux questions du Journaliste M. Thomas Bahinchi, le mercredi 1er décembre 2010, peu avant minuit:

QUESTION: M. le Président de la C.E.I., toute la Côte d’Ivoire attend les résultats provisoires. Qu’est-ce qui se passe? Nous ne comprenons rien!

REPONSE: «Je voudrais d’abord remercier les Ivoiriens pour leur grande patience. Nous avons, depuis la fin du scrutin, entrepris de faire un travail de «validation » des résultats qui nous parviennent des différentes Régions de la Côte d’Ivoire et bien entendu, des différents bureaux de vote et des différentes Commissions locales. Ce travail se poursuit. Nous n’avons pas encore achevé. Quand nous serons prêts, nous nous tournerons vers la Télévision et les médias, et nous ferons le point de nos délibérations à l’ensemble de la population. Je veux donc leur demander d’être patients, d’être compréhensifs et de nous laisser le temps de travailler en toute sérénité».

QUESTION: Un délai de trois jours vous est imparti, et ce délai s’épuise ce soir à minuit. Il est 23 heures 30 minutes et aucun signe des résultats. Il y a aussi le problème de désaccord au sein de la C.E.I. sur la publication des résultats provisoires. Nous sommes inquiets.

REPONSE: «Vous avez raison de vous inquiéter. Il s’agit de problèmes d’une grande importance. Il n’est pas encore minuit, et nous continuons de travailler. Nous avons travaillé à faire en sorte que la paix revienne au sein de la Commission, et nous continuons de faire ce travail. C’est pourquoi je dis que nous sommes en train de poursuivre nos délibérations qui doivent être acquises par consensus. C’est vrai que hier, il y a eu quelques actes regrettables, mais aujourd’hui, tout semble aller normalement ».

QUESTION: Mais, M. le Président, nous allons vers minuit! Il est minuit moins un quart.

REPONSE: «M. Bahinchi! Il n’est pas encore minuit! Soyez patients. Je viens de vous répondre que nous poursuivons notre travail».

QUESTION: Pourtant, M. le Président, certaines Radios et Télévisions étrangères ont annoncé la victoire de M. Alassane Ouattara. D’où viennent ces résultats?

REPONSE: «M. Bahinchi, nous n’avons communiqué, à l’heure où je vous parle, aucun résultat. Nous n’avons rien dit à qui que ce soit, parce que nous n’avons pas encore achevé notre travail».

Telle a été, M. le Président de l’Assemblée nationale, l’assurance donnée par M. Youssouf Bakayoko, au peuple ivoirien et à tous les Observateurs nationaux et internationaux de ces élections cruciales pour la Côte d’Ivoire, ce mercredi 1er décembre 2010 peu avant minuit. Dans le même souci d’éviter un vide juridique préjudiciable par la forclusion de la C.E.I., le Président du Conseil constitutionnel a écrit au Président de la C.E.I: «Abidjan, le 02 décembre 2010. Le Président du Conseil constitutionnel, à Monsieur le Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.) de Côte d’Ivoire. Abidjan. Objet: Demande de transmission des Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Monsieur le Président; Aux termes de l’article 63 nouveau de la Loi N° 2000-514 du 1er août 2000, portant Code électoral, «le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles et publié selon la procédure d’urgence, dans les sept (7) jours à compter de la réception des Procès-verbaux». L’article 62 précise également que «l’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept (7) jours à compter de la date de réception des Procès-verbaux». Le délai imparti à la C.E.I. pour la proclamation des résultats provisoires ayant expiré depuis le mercredi 1er décembre 2010 à minuit, je vous saurais gré de bien vouloir nous transmettre les Documents afférents au deuxième tour de l’élection présidentielle, en vue de permettre au Conseil constitutionnel de statuer sur les requêtes à lui soumises. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma franche collaboration. Très haute considération. Le Président, Prof. Paul Yao N’Dré».

Malgré toutes ces précautions pour sauvegarder la primauté du droit, M. Yousouf Bakayoko a proclamé, seul, à l’Hôtel du Golf, M. Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Cette déclaration de M. Youssouf Bakayoko à l’Hôtel du Golf, est aussitôt «certifiée» par le Représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Nous le citons dans ses grandes lignes: «…4). En ce qui concerne le résultat du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010, sur la base des cinq critères cadres pour la certification ainsi que sur la base du mandat que m’a confié le Conseil de Sécurité, je l’ai dûment certifié le 12 novembre 2010. 10) Malgré mon appel à la C.E.I. pour qu’elle proclame promptement les résultats provisoires du 28 novembre 2010, la C.E.I. a été incapable de le faire sans retard en raison de divisions internes. Ces divisions internes ont été exacerbées lorsque les Forces de sécurité ivoiriennes ont renforcé leur protection au Siège de la C.E.I. à partir du 30 novembre au matin. Ceci a conduit, à la fin, le Président de la C.E.I., Youssouf Bakayoko, à annoncer les résultats provisoires du second tour dans l’après-midi du 2 décembre 2010 à l’Hôtel Golf. 11). Le Conseil constitutionnel a immédiatement réagi à cette proclamation du Président de la C.E.I. Dans l’après-midi du 2 décembre 2010, le Président du Conseil constitutionnel, M. Yao N’Dré, a déclaré que la proclamation de la C.E.I. était nul et de nul effet, car la C.E.I. a dépassé les limites légales de trois jours qui lui étaient imparties pour donner les résultats provisoires. Le Président du Conseil constitutionnel a ainsi proclamé le 3 décembre 2010. Suivant cette proclamation, le candidat Laurent Gbagbo aurait obtenu 51,45 pour cent et le candidat Alassane Ouattara 48,55 pour cent, avec un taux de participation de 71,28 pour cent. 12). Ainsi, la proclamation des résultats définitifs par le Président du Conseil constitutionnel, avec l’annulation du vote dans neuf départements du Nord, qui donne la victoire au candidat Laurent Gbagbo, peut seulement être interprétée comme une décision ne correspondant pas aux faits. 13). La seule question qui demeure est de savoir si l’ONUCI est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le Gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire). Fin de citation.

Aussitôt après la déclaration de M. Choï, la communauté internationale s’est précipitée pour reconnaître M. Alassane Ouattara comme le vainqueur de l’élection, et Laurent Gbagbo, comme celui qui ne veut pas quitter le pouvoir, et le pays commença à prendre feu.

Notre première question, pour aider à comprendre: Pourquoi le Représentant des Nations Unies a-t-il attendu tranquillement douze (12) jours pour «certifier» le 1er tour, alors qu’il s’est précipité pour «certifier» le second juste après la proclamation au Golf par la C.E.I. qu’il qualifie de «provisoire»?

 Nous répondons: Il s’est précipité pour «certifier» le second tour, d’abord pour rester dans la même ligne que le R.H.D.P. qui a dit qu’il ne reconnaitra jamais les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, ensuite parce que c’est la première et la dernière fois que M. Alassane Ouattara est candidat à cette élection à titre exceptionnel. Une fois cette occasion passée, tout sera perdu pour le R.D.R. et M. Alassane Ouattara.

Qu’est-ce que «certifier» cette élection? Voyons quelques lignes de la Résolution N° 1765 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative à la Certification de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire: «Le Conseil de sécurité, rappelant ses Résolutions antérieures, en particulier la Résolution 1739 (2007) et les déclarations de son Président concernant la situation en Côte d’Ivoire, réaffirmant son ferme attachement au respect de la Souveraineté, de l’Indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale, rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par le Président Laurent Gbagbo et M. Guillaume Soro à Ouagadougou le 4 mars 2007 (l’Accord politique de Ouagadougou, S/2007/144) et qu’il a soutenu la nomination de M. Guillaume Soro aux fonctions de Premier ministre, décide de mettre un terme au mandat du Haut représentant pour les élections. Décide en conséquence que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire certifiera que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». Fin de citation.

Comme clairement exprimé ci-dessus par les Nations Unies, le rôle de M. Young-Jin Choï, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Côte d’Ivoire, n’est pas de proclamer les résultats, ni de dire qui est élu et qui ne l’est pas, mais «de signaler si le processus électoral ivoirien fournit, dans son ensemble, toutes les garanties nécessaires pour la tenue de l’élection du Président de la République dans de bonnes conditions de transparence et de régularité». Ainsi, avec la suppression du poste de Haut représentant des Nations Unies en Côte d’Ivoire pour les élections, le rôle d’organiser les élections et de proclamer les résultats provisoires revenait de droit à la Commission électorale indépendante (C.E.I.), et la proclamation des résultats définitifs au Conseil constitutionnel. Donc l’ONUCI était tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel.

Voyons maintenant, M. le Président, les raisons de l’annulation des résultats du second tour dans les zones Centre, Nord, Ouest (C.N.O.) par le Conseil constitutionnel.

D’abord la méthode de comptage des voix au second tour. Deux méthodes devaient être simultanément utilisées selon le consensus des parties: Le comptage manuel et le comptage électronique. Le 1er décembre 2010, le Directeur de la Société retenue pour le comptage électronique a écrit au Président de la Commission électorale indépendante (C.E.I.): «… Nous voudrions souligner à votre intention que notre logiciel a rejeté un nombre de Procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000 P.-v.». Fin de citation.

Avec votre permission, M. le Président, voici les preuves de la fraude dans le Nord.

Preuve n° 1: Région: 014 WORODOUGOU. Centre de coordination O55 SEGUELA. Sous-préfecture 004 MASSALA. Secteur 001 COMMUNAL. Lieu de vote 020 place Kouroukoro. Inscrits: 89. Votants: 92. Bulletins nuls: 0. Laurent Gbagbo 1 voix. Alassane Ouattara: 91 voix.

Preuve n° 2 : Région: 04 DENGUELE. Centre de coordination: 043 MADINANI. Sous-préfecture: 095 SEGUELON. Secteur: 001 COMMUNAL. Lieu de vote: 001 EPP 1 et 2 SEGUELON. Bureau de vote: 01 EPP 1 et 2 SEGUELON. Inscrits: 400. Votants: 428. Bulletins nuls: 01. Exprimés: 427. Gbagbo Laurent: 24 (05,60 %). Alassane Ouattara: 403 (94,15 %).

Lisons maintenant le Procès-verbal de dépouillement le plus scandaleux qui a fait le tour de toutes les Télévisions du monde: «Région de la Vallée du Bandama: Katiola, Bouaké, Béoumi, Dabakala, Sakassou. Alassane Ouattara (chiffre gonflé): 244 471 voix, soit 85, 40 %. Chiffre réel 149 598 voix. Gbagbo Laurent: 41 789 voix, soit 14,60 %. Ont signé ce Procès-verbal de dépouillement: MM. Sangaré Moussa, Président de la Commission électorale régionale, Koné Vamoussa, Vice-président, Kouadio P., Vice-président, N’Guessan Kouakou Gervais, Vice-président, Allali K. Valentin, Vice-président. Fait à Bouaké, le 29 novembre 2010».

Faisons ensemble, M. le Président, le commentaire de ce P-V. de dépouillement des résultats des cinq (5) Départements de la Région de la Vallée du Bandama (Bouaké, Dabakala, Sakassou, Béoumi, Katiola), Procès-verbal établi et signé le 29 novembre 2010, c’est-à dire le lendemain du scrutin. Le jour et la date de l’établissement et de la signature de ce P-V. constituent déjà une fraude en soi qui annule son contenu. Aussi, il est constant que dans aucun pays au monde nul ne peut voter s’il n’est inscrit sur la liste électorale. Pour les cinq (5) Départements en question (Béoumi, Bouaké, Dabakala, Sakassou, Katiola) 5 612 électeurs ont voté sans être inscrits sur la liste électorale. Le Suffrage exprimé est toujours égal au nombre des votants moins les bulletins nuls. Pour Bouaké par exemple, sans entrer dans les détails des autres chiffres qui ne correspondent à rien, donc visiblement truqués, les suffrages exprimés 48 301 (pour votants inscrits) + 2 761 (pour votants non-inscrits) moins 2 662 bulletins nuls, donnent 48 400 et non 159 788.

Les suffrages exprimés doivent toujours être la somme des voix des deux Candidats: 22 845 (pour Laurent Gbagbo) + 42 070 (pour Alassane Ouattara) donnent 64 915 et non 159 788. Le nombre total des votants des cinq (5) Départements, si nous tenons compte des chiffres du P-V qui sont tous truqués, est de 184 167 et non 292 702. Ce chiffre de 292 702 est gonflé en connaissance de cause en vue d’obtenir un taux de participation élevé: Le nombre des votants divisé par le nombre d’inscrits multiplié par 100. Revenons au nombre total des voix attribuées à M. Alassane Ouattara: 244 471 voix sur le P-V en question.

Le vrai nombre des voix de M. Alassane Ouattara, dans les cinq (5) Départements concernés, si nous tenons compte des chiffres du P-V, est de 149 598 voix et non 244 471. Puisque le pourcentage des voix du candidat est obtenu par la division du nombre des voix du candidat par les suffrages exprimés multiplié par 100, il fallait donc gonfler et les suffrages exprimés et le nombre des voix. Ce qui donne 85,40 % des voix à M. Alassane Ouattara, pendant que, par le même procédé, le candidat Laurent Gbagbo est crédité de 14,60 % des voix.

Cette fraude avérée, visible, a poussé, naturellement, le Conseil constitutionnel à invalider le scrutin de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkéssédougou, Boundiali, Séguéla. Pour comprendre, afin de décider sans parti pris, posons une question de fond qui départage les deux parties L.M.P. et R.H.D.P. en conflit: Si quelqu’un vote, alors qu’il n’est pas inscrit sur la liste électorale, que devons-nous faire de sa voix? Si la C.E.I. attribue à un candidat un nombre élevé de voix qui ne correspondent pas au nombre des suffrages exprimés, que devons-nous faire de ces voix? Devons-nous les prendre en compte? Prendre ces voix en compte, c’est faire élire le Président de la République par la fraude et la tricherie, contre l’avis des Lois et du bon sens. Le bon sens peut-il nous pousser à accepter, M. le Président, l’élection du Président de la République par la fraude, pendant que nous combattons la fraude aux concours d’entrée en classe de 6ème, au B.E.P.C., au Baccalauréat, aux concours d’entrée à l’école de Police, à l’école de la Gendarmerie, aux concours directs et professionnels de la fonction publique et aux concours spéciaux? La réponse est naturellement non!

A ce stade du raisonnement, l’on nous retournera la question suivante: Pourquoi le Conseil constitutionnel n’a-t-il pas invalidé ou annulé l’ensemble du scrutin pour organiser une nouvelle élection? Notre réponse: Le premier alinéa de l’Article 64 du Code électoral que nous avons cité ci-dessus, stipule: «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection». L’Article parle de «résultat d’ensemble» du scrutin. Que devrait faire le Conseil constitutionnel si le «résultat d’ensemble» n’est pas affecté par «de graves irrégularités?». Au moment des deux tours du scrutin (31 octobre 2010 et 28 novembre 2010), la Côte d’Ivoire comptait 19 Régions pour 95 Départements. Le Conseil constitutionnel a annulé ou invalidé les résultats de sept (7) Départements: Bouaké, Katiola, Dabakala, Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Séguéla. Est-il normal et compréhensible d’annuler tout le scrutin des 95 Départements du pays, à cause des résultats frauduleux de sept (7) Départements? Non! Par contre, si c’était l’inverse (87 Départements frauduleux sur 95) ce serait moralement et logiquement acceptable d’annuler tout le scrutin au plan national.

Nous ne défendons pas le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas le rôle que nous nous assignons dans cette mise au point. C’est la logique et le respect des dispositions de nos Lois électorales dans lesquels il a proclamé les résultats que nous soutenons. Ainsi, au fur et à mesure que le Conseil constitutionnel invalidait ou annulait les résultats des bureaux de vote où il y a eu la fraude, le nombre des voix de M. Alassane Ouattara s’effritait, se réduisait progressivement jusqu’en deçà ou au-dessous du nombre des voix du candidat Laurent Gbagbo. Ce qui fait du candidat Laurent Gbagbo, le vainqueur automatique et incontestable de cette élection présidentielle de 2010.

Entre les deux candidats, il y a un qui n‘a pas voulu reconnaître que la C.E.I. était forclose au moment où elle proclamait des chiffres à l’Hôtel du Golf et qui n’a pas aussi voulu reconnaître les résultats proclamés, en dernier ressort, par le Conseil constitutionnel. Ce qui a conduit à la guerre civile (affrontement de deux camps armés) avec la participation des Nations Unies et de la France malgré l’appel du Président Laurent Gbagbo au recomptage des voix.

Pour tous les observateurs attentifs des suites de cette élection, le Président Laurent Gbagbo et tous ceux qui sont arrêtés et emprisonnés avec lui sont des prisonniers de guerre, parce qu’arrêtés à la suite de la défaite de son camp par le vainqueur de la guerre. Vous m’accusez, M. le Président, de soulever un autre problème? 

 

Gbaï Tagro Robert,

Président du Parti républicain de Côte d’Ivoire (PRCI)

gbataro@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» N° 4369 des Samedi 16 et Dimanche 17 mars 2013.

mercredi, 20 mars 2013

OUATTARA L’ECONOMISTE: UN DANGER POUR NOTRE ECONOMIE

 

ALASSANE OUATTARA.jpg



Cet homme venu du FMI après avoir échoué lamentablement à réhabiliter l’économie des pays africains dont il avait la charge et la supervision, se vante de ses mérites et talents d’expert en économie à qui veut l’entendre. Les militants du RDR se font aussi le relai de la médiocrité d’économiste de leur mentor pour nous pomper l’air. On entend par ci par là « ADO Pissanci » « ADO l’homme providentiel » et j’en passe. La réalité est toute autre. Je vais vous le démontrer malgré mon manque d’expertise en la matière et aussi à l’aide de mes anciens cours d’économie politique.
 
De 1989 à 1993, avec le PAS (Programme d’Ajustement Structurel) et ses mesures démodées, dépassées, sorties des tiroirs du FMI, Ouattara n’a pas pu redresser notre économie. Des sociétés d’état ont été bradées à des francs symboliques, c’est-à-dire sans profit réel pour la Côte D’Ivoire. Des pères de famille ont été licenciés, d’autres ont vu leur salaire à la baisse, des enseignants ont été raccrochés (Deux enseignants de la même fonction, touchant des salaires différents), des taxes inutiles et discriminatoires comme le remplacement des plaques d’immatriculation des véhicules et l’introduction de la carte de séjour, ont tous été des produits économiques de l’expert venu du FMI. Tout ceci et au finish, rien mais des dettes à hauteur de 6900 milliards CFA. C’était son premier échec lamentable au bord de la Lagune Ebrié.
 
Pendant la campagne électorale de 2010, Ouattara se vantait de pouvoir injecter des milliers de milliards de nos francs pour redresser l’économie du pays, qui selon lui est en panne ? Le président Gbagbo lui avait posé la question de savoir comment il procèderait et l’expert répondait qu’il était économiste et que chercher de l’argent était sa spécialité.
 
Depuis avril 2011 jusqu’à nos jours, nous n’avons pas vu de miracles ou des gouttes de cette pluie de milliards. Ces milliards sont l’imagination de Ouattara et ses suiveurs analphabètes. Si c’était de la réalité, les ivoiriens seraient mouillés ou trempés par cette pluie diluvienne. Les ivoiriens attendent toujours l’orage. Pendant ce temps, Ouattara continue de faire des promesses de milliards partout où il passe, et toujours rien. Foyie !
 
La réalité est celle-ci. Ouattara a effectué 57 voyages à travers le monde pour mendier des sous afin de mener à bien ses projets. Cet argent n’est pas l’argent du contribuable ivoirien mais de gros prêts au-dessus des dettes courantes.
Il faut être un piètre économiste pour adopter une politique économique pareille. La Côte D’Ivoire n’est pas le Burkina Faso. Nous sommes suffisamment riche en tout. Que deviennent les revenus de nos richesses si ceux-là ne peuvent servir à développer le pays ? Seul Ouattara peut répondre à cette question.
 
En termes d’emprunts, je vous donne la liste non exhaustive de ce que l’expert économiste a prévu pour nous :

-16.000 milliards pour le compte du PPTE.

-4.000 milliards pour le PND.

-490 milliards pour la Banque Mondiale.

Soit un total de 30.490 milliards FCA.

Un véritable record battu en termes d’emprunt. Jamais égalé ailleurs. Ce n’est pas de l’exploit mais de la stupidité et de l’amateurisme économique. C’est aussi la bêtise humaine que de vouloir emprunter plus que l’état ne peut financièrement supporter. Nous avoisinerons les 40.000 milliards CFA en 25 mois de règne sans partage. En clair, cela fera plus du million par habitant à payer comme dettes. C’est un déluge de dettes quand nous savons que 25% de la population travaille et que le reste vit en dessous du seuil de la pauvreté. Il nous faudra en moyenne 70 ans et plus pour éponger toutes ces dettes-là. Ce de l’inconscience d’agir ainsi, hypothéquant l’avenir de tout un pays. La Côte D’Ivoire sera ruinée en 3 ans malgré ses richesses et sa main d’œuvre. De là à parler de pays émergent en 2020, c’est vivre et nourrir l’utopie.
 
Ouattara compte sur un futur PPTE dans 20 ans et dans l’immédiat l’annulation des dettes coloniales prévues par l’ONU, qui en retour exige une nouvelle loi sur la protection des Homosexuels en Afrique. Ouattara brade tout et ne prévoit rien pour les enfants et les enfants en retour, sont fiers de leur père pour avoir endetté la famille. Il faut être un analphabète pour réagir de la sorte.
 
Cette pluie de milliards n’arrive même pas à régler des problèmes courants des enseignants qui réclament 4 milliards d’arriérés et 50 millions pour les balayeuses. Et pourtant, Ouattara menace les avantages sociaux et salariaux des fonctionnaires et demande sans gêne à ce que les parents d’élèves remboursent les frais de construction sinon de couches de peinture de l’université avec sa surfacturation. Qui est cet économiste qui ne peut même pas gérer des petites crises financières au sein du pays ?
 
Parlons un peu des crimes économiques du gouvernement actuel depuis avril 2011.

-Détournement et surfacturation dans l’Education Nationale (Kandia Camara) et Enseignement Supérieur (Cissé Bacongo).

-Achat d’un Yatch par Issiaka Ouattara dit Wattao.

-Enrichissement illicite de Charles Diby, Ministre des Affaires Etrangères.

-Passation de marche de gré à gré du Ministre de la Salubrité sous la houlette d’Anne Oulotto «Bulldozer ».

-Impunité dont bénéficie Adama Bictogo avec l’affaire des déchets toxiques.

-Prise en charge par l’état des deux loyers de Mabri Toikeuse, Ministre du Plan.

-Séjour de 16 mois d’Adama Toungara à l’Hôtel Pullman à 1 milliard 400 millions – Ministre des Mines et du Pétrole.

Vraiment scandaleux !!!!

Ouattara appelle cela la bonne gouvernance. Il est très mal placé pour nous donner des leçons de bonne gouvernance ou sur des crimes supposés des dignitaires LMP.
 
Des gens qui ne pouvaient même pas s’offrir un plat de garba sont devenus des milliardaires en 23 mois de pouvoir. De quelle immunité jouissent ces personnages-là?

Si l’on veut parler d’homme providentiel, c’est bien le professeur, Premier Ministre Gilbert Aké N’Gbo. Cet homme est titulaire de 3 doctorats en économie et économétrie. Il est le président de l’Université D’Abidjan et Président du CAMES. Il pourrait donner des cours d’économie gratuits à Ouattara pour lui rafraichir la mémoire. Ce savant est accusé de crimes économiques et génocide. Quand, pendant la crise, Ouattara fasait fermer des banques et les ports d’Abidjan et de San Pedro avec l’aide de ses soutiens occidentaux, paralysant l’économie, comment appelle-t-on cela ? Aussi cet argent n’est pas allé dans les poches des ministres mais a plutôt servi à payer les fonctionnaires y compris ceux qui ont voté pour Ouattara. Il n’y a pas eu détournement de deniers publics mais plutôt distribution. Ces ministres ont démontré leur amour et sens élevé pour leur pays, ce qui n’est pas le cas pour certaines personnes. Ils doivent être félicités pour leur exploit et leur génie. Ils ne méritent pas la prison mais des médailles.
 
Les derniers chiffres en provenance de la Banque Mondiale (Soutien financier de Ouattara) sont très catastrophiques et très alarmants. La croissance économique de 8.25% annoncée par les tenants du pouvoir s’avère fausse. La CIA (Soutien de Ouattara) annonce sur son site une croissance négative (-4.7%).
Cela reflète au moins la réalité que les ivoiriens vivent avec la non circulation de l’argent ou encore de l’argent qui travaille ailleurs sauf en Côte D’Ivoire.
Si ces chiffres sont confirmés, notre pays a amorcé la descente en enfer, suivie de la ruine et de la tutelle du FMI. Ce qui serait désastreux pour les ivoiriens. Le comble est que nous avons un « expert en économie » comme Chef d’état, qui est incapable de nous sortir de la crise économique. Son prédécesseur, un historien, a géré le pays sur fond propre, sans emprunter. Il payait les fonctionnaires et souvent leur accordait des avantages. Qui des deux hommes d’état, préférez-vous?
 
Le Ghana est devenu depuis des mois, le moteur économique de la sous-région devant le Nigeria et la Côte D’Ivoire. Les tenants du pouvoir actuel peuvent prendre des leçons sur l’économie de l’autre côté de la frontière, au lieu de traquer les exilés.
 
Si Ouattara est incapable de nous apporter le bonheur, qu’il rende le tablier afin que de nouvelles élections se tiennent dans les plus brefs délais.
 


Nick de Bessou

Juriste, Ex Vice-président Cojep UK

mardi, 19 mars 2013

L'OUEST IVOIRIEN: L'IMPOSSIBLE PAIX

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FRCI Diboké

Peuple accueillant et chaleureux, le pays Wê est devenu la proie de toutes les convoitises, mais aussi la terre de toutes les violences depuis le coup d’état manqué de 2002, et qui s’est mué en rébellion armée. Combien ont été tués parce qu’ils sont de l’ethnie guéré ? Non pas pour leur soutien au président Laurent Gbagbo uniquement mais parce qu’ils auraient commis le crime de naître sur des terres fertiles et riches, là où tout pousse.

Aussi, si ces populations autochtones ne refusent pas le partage de leur portion de terre cultivable avec ces autres communautés venues d’ailleurs, ces dernières en abuseront et cela avec le soutien de nouveaux seigneurs de guerre en quête de pécules. Alors que la population essayait d’oublier deux années de traumatismes nées de la crise postélectorale de 2010, cette tranquillité va devenir un véritable cauchemar. Après les violences perpétrées dans plusieurs localités de l’ouest en début de semaine et un calme relatif depuis deux jours, il est impensable que cette accalmie perdura pour toujours. En effet, selon des informations en notre possession, l’ouest qui connait en ce moment un semblant d’accalmie pourrait très vite replonger dans la violence. Et ce, en prévision d’une opération de nettoyage de l’ouest par l’armée régulière (FRCI). Toujours selon cette même source, l’état ivoirien qui aurait du mal à déloger les dozos, et autres seigneurs de guerre venus du Burkina faso, prépare dans le plus grand secret un plan commun avec l’Onuci et le Libéria en vue de venir à bout de ces gangs qui pillent, violent et tuent à l’ouest. Mais si le N°1 ivoirien hésite encore à retourner son propre couteau contre lui-même, celui-ci a bien l’intention d’en profiter pour faire un véritable nettoyage surtout contre les éventuels combattants non identifiés engloutis dans les forêts et parcs de la région.

C’est donc averti de ce projet que le commando invisible, selon une source proche des combattants venus de nulle part, projetterait de se faire entendre à nouveau et cela « sous peu ». Auront-ils le souffle nécessaire face à cette armée des FRCI qui pourrait compter sur le soutien de la communauté internationale en cas de difficulté ?

Les populations de l’ouest qui ont déjà payé le plus lourd tribut durant ces guerres successives en Côte d’Ivoire n’en veulent plus et les nouvelles autorités ivoiriennes devraient tout mettre en œuvre pour garantir la quiétude du peuple Wê. La France, l’Onu et la Cour pénale internationale sont avertis.

 

Source: Eventnews tv-17/3/2013

REFUS DE LIBERTE PROVISOIRE AU PRESIDENT GBAGBO - LA CPI DE MAL EN PIS

 

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La première chambre préliminaire de la CPI vient encore de s’illustrer à travers une décision (n°ICC-02/11-01/11) prise le 12 mars 2013 par la juge unique Silvia Femandez de Gurmendi, plus que contestable. Pour refuser une fois de plus la liberté provisoire au Président Laurent Gbagbo, elle s’est fondée sur l’existence d’un réseau de partisans « basés dans des pays voisins, soupçonnés de se livrer à des activités illégales dans le but ultime de reprendre le pouvoir en Côte d’Ivoire » (point 35 de la décision). Cette conviction lui est servie par les informations que le procureur aurait puisées dans le "Rapport de mi-Mandat du Groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire du 15 octobre 2012, en application du paragraphe 16 de la résolution 2045 (2012) du Conseil de sécurité ».

La référence à ce rapport des experts est surprenante et choquante à la fois, dans la mesure où la partialité de ce rapport a été remise en cause par différents acteurs de la communauté internationale. Le Gouvernement du Ghana a « désapprouvé fermement le contenu de ce prétendu rapport » en déplorant le fait que « les observations du Groupe (des experts) … n’ont pas été partagées avec le Gouvernement avant la publication hâtive du rapport provisoire ». Le ministre français de la défense a mis en doute certaines affirmations, quant aux sources de financement des activités de déstabilisation et aux liens avec les islamistes du Mali. Des représentants du capitaine Sanogo du Mali (responsable de la junte militaire) ont démenti toute implication dans une quelconque entreprise de déstabilisation. Quant à l’Onuci, elle s’est manifestement démarquée du rapport à travers sa porte-parole Sylvie Van den Wildenberg en précisant que « ce n’est pas un rapport de l’ONU, c’est un rapport d’un groupe d’experts indépendants … Les conclusions de ces rapports ne sont pas des vérités absolues, c’est-à-dire que ces conclusions n’engagent que les experts. Cela veut dire que le Conseil de sécurité ne va pas nécessairement suivre les conclusions de ces experts». Et de fait, le Conseil de sécurité, qui avait sollicité ledit rapport, ne s’y réfère même plus (voir notamment le 31e rapport périodique du Secrétaire général de l’ONU sur l’ONUCI datant du 31 décembre 2012 - S/2012/964).

En dépit de ce concert de désapprobation, comment la juge unique de la CPI peut-elle continuer à s’y référer pour orienter son jugement ? Enfermée dans sa tour d’ivoire, elle n’a certainement pas lu ces réactions de rejet d’un rapport dont la propre méthodologie imposait un recoupement avec certains Etats voisins ou impliqués dans les opérations de maintien de la paix en Côte d’Ivoire. Ce qui n’a pas été fait.

Au-delà de la crédibilité de ce document, c’est la référence persistante à des arguments d’ordre politique dans une décision de justice qui rend perplexe et conduit à s’interroger sur la nature, politique ou criminelle, de l’« affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo ». Dans son intervention lors de l’audience de confirmation des charges le 19 février 2013, la procureure de la CPI avait pourtant affirmé qu’il ne s’agissait « pas de déterminer qui a gagné ou perdu les élections » et qu’il n’était « en aucune manière ici question de politique » ? D’où vient alors qu’à chaque fois, dans les décisions de refus de la liberté provisoire notamment, ce sont des arguments d’ordre politique qui sont avancés et qui, à chaque fois, dénotent l’hostilité des juges de la CPI à l’égard de toute reconquête du pouvoir par le Président Gbagbo, grâce à un réseau de partisans ?

En effet, l’impression nette qui se dégage est que le Président Laurent Gbagbo est maintenu en prison pour permettre à son adversaire de diriger la Côte d’Ivoire. En clair, c’est le jour où les juges de la CPI se convaincront que les partisans du Président Laurent Gbagbo ont abandonné toute velléité de reconquête du pouvoir que le Président Gbagbo pourra bénéficier de cette liberté provisoire et, pourquoi pas, d’un abandon des charges contre lui.
L’on est encore plus sidéré lorsqu’on réalise que les motivations des juges s’appuient sur des informations erronées qui ignorent complètement le rôle des différents acteurs dans la crise ivoirienne. En effet, à l’occasion des différentes séances de l’audience de confirmation des charges, Mme le juge n’a-t-elle pas entendu dire que c’est plutôt l’adversaire du Président Laurent Gbagbo qui a préféré la guerre à un simple recomptage des voix proposé par le Président Laurent Gbagbo ? N’a-t-elle pas entendu dire que c’est depuis l’année 1999 que son adversaire recourt aux coups de force pour accéder au pouvoir, y compris contre le Président Gbagbo à partir de septembre 2002, lorsqu’un autre coup d’Etat manqué s’est transformé en rébellion ?

On est d’autant plus scandalisé par la non prise en compte de ces éléments que la juge unique abonde manifestement dans le sens de la procureure qui associe toute prétention au pouvoir du président Gbagbo à la commission de crimes. C’est ainsi que au point 9 de la décision elle note que « le Procureur soutient en outre que, suite à l’audience de confirmation des charges, il semble que M. Gbagbo se considère toujours comme le président légitime de la Côte d’Ivoire. Il s’ensuit, de l’avis du Procureur, que le risque que M. Gbagbo va continuer à commettre des crimes persiste, en prenant également en compte le réseau de partisans à sa disposition ». Manifestement, les ouvrages de Laurent Gbagbo sur la démocratie, son combat pour l’avènement du multipartisme dans son pays, son choix pour une transition pacifique à la démocratie et son attachement à la légalité constitutionnelle n’ont pas eu d’influence sur la juge Gurmendi, qui, droite dans ses bottes, continuent de travestir l’histoire de la Côte d’Ivoire en débitant encore les convictions assénées par Moreno Ocampo.
C’est tout simplement lamentable car, à travers cette décision, la CPI vient de confirmer que, dans ses décisions, elle ne tient compte ni de la personnalité de l’accusé ni du contexte de commission de crime, encore moins des faits réels qu’elle est amenée à juger. Ce qui jette encore une fois le doute sur son impartialité. Quant au sort du Président Gbagbo, il semble déjà scellé par des considérations autres que criminelles.


Kouakou Edmond


Juriste et consultant