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samedi, 16 février 2013

MAMADOU KOULIBALY: CONNIVENCES ET CONSTRUCTION D'UN ETAT CRIMINEL ET IRRESPONSABLE

 

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«J’entends dire que l’argent ne circule pas ! Sachez cependant que l’argent travaille.»

Alassane Dramane Ouattara (président de la république de Côte d’Ivoire)

 

«On accusait autrefois les hommes politiques de ne songer qu'à "se remplir les poches". Aujourd'hui, on ne leur reproche plus guère que de vider les nôtres.»

André Frossard (journaliste, essayiste et académicien français)

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Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, qui a du mal à s’enclencher efficacement, tend à situer les responsabilités des différents acteurs de la crise ivoirienne. La responsabilité politique repose, entre autres, sur une certaine liberté dans l’exercice du pouvoir. Sans liberté, pas de responsabilité, même dans le crime. Le crime au sens large du concept est la transgression des lois justes, quelle qu’en soit la gravité: de l’évasion fiscale au génocide, en passant par les meurtres prémédités, le stationnement interdit et le vol à main armée. Sans aucun jugement moral, cette définition analytique permet clairement de distinguer d’un côté les actes criminels et de l’autre les activités légitimes. L’activité criminelle n’est payante que tant que le risque d’être appréhendé et condamné est faible. Le crime prospère donc lorsque la police et la justice sont faibles et que l’impunité devient la norme.

La planification de la défaillance de lEtat

Pour ne pas faire trop d’histoire, retenons que le régime de Ouattara date officiellement d’avril 2011 lorsque, après avoir gagné les élections présidentielles de 2010, il lui a fallu faire une guerre pour accéder à un trône qui avait été confisqué par son adversaire.

Pour cette guerre, le président Ouattara s’est appuyé sur les Forces armées des forces nouvelles (Fafn) et a recruté des combattants de différentes tribus et ethnies du nord de la Côte d’Ivoire, qu’il a transformés, par le pouvoir d’une ordonnance illégale, en armée régulière ivoirienne dénommée Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme pour bien rappeler que ce sont les militants du Rassemblement des Républicains qui devenaient la nouvelle armée de notre pays. Le R des deux sigles ne semble pas se référer à la République, mais aux républicains du Rdr. Les Fafn venaient de prendre l’ascendant sur les Forces armées nationales (Fanci) et se substituaient automatiquement à elles. Les Frci, dont Ouattara est le chef suprême, ont une histoire que l’on peut faire remonter au putsch manqué de septembre 2002. Elles sont alors une mosaïque d’associations de fait : Mpci, Mpigo, Mjp. Ces forces sont celles qui ont participé, entre septembre et décembre 2002, à l’étranglement du marché du cacao dans les zones de production de Vavoua, Danané et Daloa, permettant ainsi à certains négociants, qui leur avaient payé des sommes colossales, de s’enrichir tout en leur livrant armes sophistiquées et munitions en grandes quantités. Ces bandes armées vont ainsi devenir les forces d’occupation rebelles de la moitié nord du pays. Plus tard, les responsables de ces groupes nous expliqueront que les armes se sont imposées à eux, pensant ainsi attirer de la compassion à leur endroit. Nous ne reviendrons pas sur les détails de ces origines, mais une description détaillée de cette naissance peut être lue dans l’enquête menée par le journaliste Guy-André Kieffer, disparu curieusement quelques temps après.

Cette occupation du Septentrion sera le début d’activités criminelles intenses, qui durent jusqu’à aujourd’hui : L’exploitation des zones occupées et le pillage systématique des ressources de leur sol et sous-sol, agrémentés par des meurtres et des casses de banques, et en particulier ceux des agences locales de la Bceao, qui ont fait perdre à cette institution financière internationale plus de cinquante huit (58) milliards de francs cfa, que l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’obligation de rembourser par la suite, sans qu’aucun coupable n’ait été arrêté ni inquiété. L’expropriation des propriétaires fonciers traditionnels, l’exploitation et l’occupation illégales de terres agricoles pour la culture de drogues sont devenues coutumières. L’un des prototypes de ce type d’activités criminelles organisées reste M. Ouédraogo Rémi, ancien combattant des Forces nouvelles, qui bénéficie aujourd’hui encore de la protection et de la bénédiction du régime Ouattara qui, à la recherche de camps d’entrainement, n’ose pas déloger ce bandit de grand chemin, pilleur des forêts classées de l’ouest du pays, alors que tous les journaux ont décrit dans le détail les activités de "Ouremi" dans le Mont Peko. Des guerres de leadership sont aussi le propre des rebellions et sont responsables de la disparition de certains chefs de guerre tels que Sam Boukary alias Mosquitto, Zaga Zaga, Adams, Kass, IB et autres, tous victimes de la loi du crime organisé dans les zones Cno, comme à la belle époque décrite dans le roman «Le Parrain» de Mario Puzo et superbement mise en scène à Hollywood par Francis Ford Coppola avec Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone.

Dans ces zones, pendant les dix années du règne des Fafn, les modalités de gouvernement ont été celles de tout système de crime organisé.

Ils ont fait disparaitre l’Etat et l’ont remplacé par une administration militaire dirigée par les commandants de zones dits com-zones ;

Ils ont supprimé les caisses de l’Etat et les ont remplacées par une agence unique dite «la centrale», qui collecte les impôts, douanes et autres rapines et butins de guerre pour le compte des com-zones et autres chefs des Fafn ;

Ils ont instauré l’autorité des Fafn et proscrit définitivement celle des préfets, sous-préfets et autres administrations civiles, représentants de la République ;

Ils ont organisé une branche politique et une branche armée avec une répartition des tâches : la première partageait le pouvoir dans les zones hors Cno tandis que la seconde participait aux activités du centre de commandement intégré. Ceci a permis aux Fafn d’être à la fois les seuls maîtres dans les zones Cno et de partager la maîtrise du terrain et le pouvoir dans le reste du pays.

Ils géraient ainsi de façon collégiale le pouvoir d’Etat, avec l’appui de différents accords de paix (Marcoussis, Pretoria, Ouagadougou) et la complicité des refondateurs au pouvoir, qui avaient appelé à la soupe les autres partis signataires de l’accord de Marcoussis, accepté et célébré par tous. Les milices de toutes sortes se sont mises en place et ont profité d’activités criminelles sur l’ensemble du pays, qui s’est retrouvé gouverné non pas par un parti ou par un homme, mais par un collège de managers que l’on appelait à l’époque "la bande des quatre grands" : Ouattara, Bédié, Soro, Gbagbo. Ces quatre personnalités avaient tous rang de présidents d’institution de la République et  jouissaient des privilèges liés. Ces quatre ont mis en place un système de gestion piloté par le Cadre Permanent de Concertation (Cpc) et ont accepté tous ensemble de mettre en berne la constitution et l’Etat de droit pour rechercher, disaient-ils, la paix. Selon leur plan de travail, le droit ne pouvait permettre d’arriver à la paix, il fallait en sortir, trouver la paix, pour ensuite revenir avec cette paix dans l’Etat de droit. Les bases criminelles de l’Etat étaient ainsi posées. Le refondateur s’est prostitué avec la rébellion pour garder ce qui lui semblait être l’essentiel: le pouvoir.

La justice, dans les zones Cno, était militaire. L’administration militaire et l’Etat sont devenus malfaiteurs. C’est sur cette administration et ces forces qu’Alassane Ouattara s’est appuyé. Cette force dont il avait le contrôle n’était pas officiellement au pouvoir à Abidjan, mais avait le pouvoir. Notons d’ailleurs que le président de la République de l’époque a toujours fait scrupuleusement ce que les Forces nouvelles voulaient, alors que lui-même n’est jamais arrivé à leur faire accepter quoique ce soit de significatif. Laurent Gbagbo était au pouvoir à Abidjan, mais ce sont les Fafn qui avaient le pouvoir dans les zones Cno, malgré les multiples accords de paix. En dix ans, il n’a obtenu ni unicité de caisse, ni contrôle de l’intégralité du pays, ni restauration de l’intégrité du territoire, ni redéploiement de l’administration dans les zones Cno, ni désarmement des forces combattantes, rien qui relève de la souveraineté de l’Etat. Dans les zones hors Cno, Laurent Gbagbo était certes au pouvoir, mais c’est Ouattara qui avait le pouvoir.

2002-2010 : Gbagbo sur le trône, Ouattara aux commandes

Pour comprendre ce qui s’est alors passé il faut d’abord saisir l’essence du pouvoir. Une personne A a du pouvoir par rapport à une personne B, si A est en mesure d’inciter ou d’empêcher B d’accomplir ou pas une action donnée. Dans cette acception du pouvoir, l’on reconnait que A et B ne sont pas des robots, mais ont des volontés actives et que l’obéissance ne se fait pas sous une emprise magique. L’on admet aussi qu’à travers cette volonté, B est libre de désobéir mais qu’en pareil cas, A peut lui infliger des sanctions dont la crainte oblige B à obtempérer.

Si l’on transpose cette analyse de base à la politique ivoirienne durant la dernière décennie, on constate que Laurent Gbagbo était certes au pouvoir de 2002 à 2010 mais que, d’évidence, c’est Alassane Dramane Ouattara qui détenait le pouvoir. Pourtant, la gouvernance de la Côte d’Ivoire durant cette période est communément attribuée à Gbagbo, qui croyait d’ailleurs lui-même en être le détenteur. Il ne détenait en fait que le fauteuil présidentiel, alors que Ouattara gouvernait effectivement avec l’appui des Fafn dans les zones Cno. Laurent Gbagbo avait l’illusion du pouvoir, Ouattara en avait la réalité. Gbagbo était satisfait d’être au pouvoir et Ouattara lui faisait faire tout ce qu’il voulait et l’empêchait de faire tout ce qu’il ne voulait pas. Gbagbo se contentait d’être au pouvoir, de signer des accords avec les mandants de Ouattara et de les exécuter selon la volonté de Ouattara, à la seule condition que lui reste au pouvoir. Or être au pouvoir et avoir le pouvoir sont deux choses différentes. Etre au pouvoir ne veut pas dire automatiquement avoir le pouvoir. Gbagbo l’aura appris à ses dépens. Ouattara, lui, s’est contenté, depuis la signature de l’accord de Marcoussis, d’avoir le pouvoir sans être dans le fauteuil présidentiel. Un bref survol des évènements de la période suffit à convaincre que cette réalité et de cette thèse.

La rébellion non matée était une victoire de Ouattara sur la république de Gbagbo.

Les accords de Marcoussis, scandaleux arrangements présentés comme un «médicament amer» à essayer, étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Les accords de Pretoria, qui ont conduit Gbagbo à modifier ou rejeter toutes les lois votées par l’Assemblée nationale conformément à la constitution ivoirienne, instaurant entre autre l’actuelle Cei (Commission Electorale Indépendante), étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

L’accord politique de Ouagadougou, dans ses quatre versions (I, II, III et IV) était aussi une expression de l’ascendance du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Proclamer que nous irons aux élections sans désarmement et tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, en violation complète des lois et règlements de notre pays, était une victoire du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Le déroulement des élections et le cafouillage de la proclamation des résultats étaient l’expression du pouvoir qu’avait Ouattara, l’opposant d’alors, sur le président Gbagbo qui était au pouvoir et à la tête du groupe informel qu’on appelait à l’époque la majorité présidentielle (Lmp).

Le déroulement de la crise postélectorale montrera aussi cette différence entre Gbagbo, qui était au palais présidentiel, avait prêté serment devant le Conseil constitutionnel et croyait donc qu’il avait le pouvoir et Ouattara, qui était au Golf hôtel, avait prêté serment par lettre et n’était pas reconnu par le Conseil constitutionnel, tout en ayant le pouvoir de fermer les banques, les ports, l’aéroport, les administrations, d’ériger une armée, d’affecter des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires acceptés par le monde entier.

De 2002 à 2010, Gbagbo était de fait au pouvoir, mais il faut retenir que sur la même période, c’est Ouattara qui avait le pouvoir. Tout bilan de cette décennie devrait tenir compte de cette situation et savoir que le pouvoir était partagé par les signataires des accords de Marcoussis. Ils ont exercé le pouvoir ensemble. Les refondateurs ont accepté la perversion de leur pouvoir par les rebelles. Ils en ont profité. Il serait trop facile, à l’heure du bilan, de dire que Gbagbo était seul au pouvoir, donc il doit en assumer seul le bilan. Il y a celui qui était au pouvoir et celui qui l’exerçait.

La rebfondation a ainsi préparé la criminalisation de l’Etat, qui est aujourd’hui pleinement exercée par le président Ouattara. Cette criminalisation a été le socle de la déconstruction de l’Etat de droit, minutieusement planifiée, à dessein ou pas, par la rebfondation. Il était donc facile pour Ouattara d’y installer les Frci et d’étendre, cette fois à l’ensemble du pays, les pratiques de gouvernance qui avaient cours pendants dix ans dans les zones Cno. L’Etat malfaiteur est dorénavant devenu la norme et le repère. Cette fois, Ouattara est au pouvoir et a le pouvoir. Il installe le système des com-zones partout sur le territoire. Il nomme des anciens chefs de guerre préfets de région, il instaure des com-secteurs, nouvelle catégorie jusqu’à présent inconnue dans l’armée et dans l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Il redéploye, jusqu’aux petites contrées, la milice de son parti, qui tient lieu d’autorité civile et militaire en même temps.

Ce sont les représentants locaux des Frci qui ont le pouvoir local, qu’ils exercent en s’appuyant sur les structures locales du Rdr. Ils sont à la fois juges, sous-préfets, maires, chefs de canton et de village. L’armée a le pouvoir local par délégation du chef supérieur des armées, Alassane Dramane Ouattara. L’Etat-criminel est dominé par une milice ethnique et sa branche politique, le Rdr. Ses équipes se spécialisent dans l’exploitation des ressources minières nationales pour leur propre compte. Ils animent des réseaux intouchables de crime organisé dans les forêts classées et les terres rurales, desquelles ils chassent les propriétaires coutumiers traditionnels. Ils passent des marchés de plusieurs milliards au nom de l’Etat, sans aucun respect des procédures d’appel d’offre telles qu’instituées par le code des marchés publics. Ils gèrent un Etat formel avec des procédures informelles. Ils privatisent pour leur clan et les chefs des milices des pans entiers de l’activité économique de l’Etat. Ils profitent de la protection que leur apportent les Nations Unies pour s’adonner à des activités criminelles, sans que les bailleurs de fonds, piégés, ne puissent protester ouvertement, eux qui croyaient que Ouattara aurait été un président moderne. La communauté internationale découvre plutôt un Etat-trafiquant en tous genres, qui met les institutions au service du crime organisé, en dehors des lois de la République. Elle découvre un Etat qui multiplie les milices ethniques en remplacement des anciennes. Elle découvre un Etat qui criminalise les pratiques de pouvoir.

On voit donc que la déconstruction des institutions de l’Etat ivoirien, minutieusement planifiée par un groupe d’hommes assoiffés de pouvoir, est le socle de toute la souffrance des populations qui croupissent dans une pauvreté toujours plus profonde et dans une oppression dont le niveau est devenu intolérable. Dans ce contexte, il est important de dénoncer massivement ce système, en commençant par en prendre l’entière conscience, et en luttant, chacun à notre niveau. Aussi infime que soit l’action de chacun, il est important que, individuellement et collectivement, la classe politique, la société civile, les ménages et les entreprises, nous fassions notre part d’effort sur nous-mêmes, dans la vérité et la responsabilité, pour espérer sortir de ce chaos, insoutenable malgré tous les slogans qui nous rabâchent le contraire. Il est important de refuser catégoriquement toute velléité d’amnistie, qui permettrait à la classe politique bourreau des populations depuis trop longtemps, de s’exonérer encore une fois de ses responsabilités criminelles. Nous devons refuser que s’installe plus longtemps dans notre pays une classe de citoyens à irresponsabilité illimitée. Il y va de notre survie, de l’avenir de la paix, de la liberté, de la démocratie et de la prospérité.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 15 février 2013

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES: GBAGBO VA PARLER LE 27 FEVRIER

 

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Les Ivoiriens et certainement le monde entier auront l’occasion d’entendre Laurent Gbagbo pour la deuxième fois quatorze mois après sa première comparution à la cour pénale internationale. 

Ce sera les 27 et 28 février prochain à l’occasion de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire qui l’oppose au procureur de cette institution judiciaire internationale. 

Le calendrier définitif de l’audience qui démarre le 19 février place l’intervention du président Gbagbo aux deux derniers jours de l’audience. 

Le calendrier provisoire publié en janvier sur le site internet de la Cpi plaçait la fin de l’audience au 1er mars. C’est finalement le 28 février que l’audience prendra fin comme indiqué dans le calendrier définitif publié en annexe d’une décision rendue le mardi 12 février dernier par la chambre préliminaire de la Cpi. 

Ainsi, pendant huit jours ouvrables, le bureau du procureur conduit par la Gambienne Fatou Bensouda affrontera la défense menée par l’avocat français Emmanuel Altit secondé par l’Ivoirienne Agathe Baroan. Mais dans cette procédure unique en son genre, le procureur a un allié qui n’est autre que le bureau du représentant légal des victimes conduit par l’Italienne Paolina Massidda. Comme cela s’est déjà vu depuis l’ouverture de la procédure contre Laurent Gbagbo Paolina Massidda et ses collaborateurs ne se sont pas toujours fait prier pour accabler Laurent Gbagbo alors qu’ils représentent les victimes qui sont censées être de tous les bords dans la situation ivoirienne. Ce qui a parfois le don d’agacer la défense qui se retrouve finalement seule dans un forum totalement déséquilibré. 

Qu’à cela ne tienne, Me Emmanuel Altit et ses collègues sont bien déterminés à défendre leur client jusqu’au bout. Et comme il l’a lui-même indiqué dans une vidéo réalisée par la Cpi, il a les éléments pour démonter l’accusation. Même si ces derniers mois, la chambre préliminaire 1 de la Cpi s’est montrée particulièrement décevante en n’invoquant que des arguments politiques pour rejeter les demandes de liberté provisoire de Laurent Gbagbo. 

C’est le 5 décembre 2011 que Laurent Gbagbo s’est exprimé publiquement pour la dernière fois lors de sa première comparution à la Cpi. Malgré le grand traumatisme qu’il avait subi et le traitement dégradant dont il avait été l’objet, Laurent Gbagbo était apparu serein. Maitrisant parfaitement l’art oratoire, il avait décrit avec des mots bien choisis ses conditions d’arrestation et de détention pendant huit mois. Il avait suscité un immense espoir chez ses partisans qui revoyait avec joie le combattant déterminé à aller jusqu’au bout. L’intervention du 27 février devrait constituer à n’en point douter un autre moment magique de communion entre le leader et son peuple. 


Source: AFRIK53.COM

jeudi, 14 février 2013

REGIME OUATTARA: LA MISSION CONFIEE A TIA KONE

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Préparer les esprits à une révision imminente de la constitution. De source bien informée, c’est la mission que les tenants du régime Ouattara ont assignée à Tia Koné.


Qui mieux que l’ancien président de la Cour suprême pouvait faire la promotion d’un tel projet, lui dont le nom évoque la cabale politico-judiciaire qui a été menée des années durant contre Alassane Ouattara?

Ces tracasseries, c’est connu, se sont intensifiées après le fameux arrêt rendu par Tia Koné le 6 octobre 2000 à la faveur de l’élection présidentielle, arrêt fondé essentiellement sur la constitution votée au sortir de la transition militaire, dirigée alors par le général Robert Guéi.

C’est donc tout naturellement qu’une certaine opinion le tient pour responsable de la longue tragédie identitaire qu’a connue le pays depuis le rejet de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2000. Qui mieux donc que Tia Koné peut aujourd’hui préparer les esprits à un toilettage de cette loi fondamentale jugée confligène?

Aussi, selon nos sources, l’ex-président de la Cour suprême a-t-il été approché à l’effet de défricher le terrain. Sa mission consiste à faire admettre, avec force arguments, l’idée d’une nécessaire révision de la constitution et cela conformément au vœu émis par le candidat Alassane Ouattara pendant la campagne électorale.

A l’occasion de cette campagne, Ouattara avait en effet pris l’engagement d’expurger la loi fondamentale des passages perçus comme confligènes. Le projet pourrait être mis à exécution très bientôt. Et c’est pour sonder l’opinion que Tia Koné a lancé ce ballon d’essai, histoire de donner le signal devant alerter sur une imminente révision de la constitution. Il s’agissait donc moins pour l’éminent homme de loi de faire amende honorable, encore de faire un appel du pied au régime Ouattara en vue d’en tirer des dividendes politiques, que faire passer ce message caché.

L’ancien président de la Cour suprême, avance-t-on, trouve anachroniques et non conformes aux aspirations profondes des Ivoiriens, bien des dispositions de cette constitution. « Si on veut sauver ce pays et rentrer dans la vision d’Houphouët Boigny, il faut modifier cette loi », confiait-il en privé, avant sa sortie publique. Lors de sa récente sortie publique à Gbangbegouiné dans le département de Biankouma, il s’est appesanti sur le caractère « absurde », « inique » et « perfide » (tous ces superlatifs sont de lui) de cette loi, en montrant toute l’aberration de l’article 35 notamment. Article qui, selon lui, « comporte en son sein les germes d’une pernicieuse opposition des populations susceptibles de ruiner l’équilibre et l’harmonie nationale… ». Et comme pour exorciser le mal, il préconise un toilettage de la constitution pour en expurger les sources d’une future déflagration contre laquelle il prévient. Mettant les pieds dans les plats, il annonce : « Un comité de réflexion et de réforme constitutionnelle doit donc pouvoir être mis en place pour l’entame de l’importante tâche de recherche d’entente globale entre tous les citoyens (…) Dans cette perspective, la loi à intervenir devra éviter de maintenir la confusion malheureuse faite par l’ancienne entre la qualité pour agir, qui est par essence innée, de la capacité pour agir qui, elle est acquise… ».

Comité de réflexion et de réforme constitutionnelle, le mot est lâché ! A la vérité, tout ce discours amphigourique sur l’arrêt du 6 octobre 2000 n’avait pour finalité que de jeter ce pavé dans la marre. Et l’homme commis à cette tâche délicate devait être Tia Koné, magistrat chevronné dont la voix fait encore autorité dans le monde judiciaire en Côte d’Ivoire. Il est vrai, avant lui, un autre juriste, non moins illustre, le Pr. Francis Wodié, actuel président du Conseil constitutionnel, avait déjà tâté le terrain en préconisant une révision constitutionnelle. En recourant à Tia Koné pour enfoncer le clou, le régime Ouattara croit certainement avoir trouvé l’homme qu’il faut pour faire tomber la résistance d’une frange de la population à ce projet pour le moins salutaire.

 

Assane Niada, in le quotidien ivoirien "L'Inter".


Source: IVORIAN.NET

CPI - MAITRE EMMANUEL ALTIT: «NOUS ALLONS DEMONTRER QUE LES ACCUSATIONS REPOSENT SUR DU VENT»

 

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Me Emmanuel Altit (Conseil principal de la défense de Gbagbo)

L’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur contre Laurent Gbagbo s’ouvre le 19 février prochain à la cour pénale internationale (CPI), à La Haye au Pays Bas. Avant cette étape finale de la phase préliminaire de la procédure engagée contre Laurent Gbagbo, le conseil principal de sa défense, Me Emmanuel Altit, explique ce qu’il fera lors de cette audience dont la durée n’excédera pas deux semaines.

«Le rôle de la défense est très particulier dans une audience de confirmation des charges. Parce que d’une certaine façon, on n’attend pas la même chose de la défense et du procureur. Lors de cette audience, c’est surtout au procureur qu’il appartient de montrer que sa preuve est solide et qu’il dispose de suffisamment d’éléments pour ensuite pouvoir aller au procès, pouvoir initier une procédure contre quelqu’un, pouvoir l’accuser. Nous sommes donc à une étape qui est très en amont du procès. Alors dans ce cadre-là, le rôle de la défense, c’est de pointer les insuffisances de la preuve du procureur et d’abord de pointer les faiblesses de l’enquête. Et puis de pointer la faiblesse de la preuve en elle-même, c’est-à-dire les témoignages dont il dispose, les éléments documentaires qu’il veut déposer; de montrer que, finalement, tout cela n’est pas solide de façon à souligner que les accusations elles-mêmes reposent sur du vent. Autant que faire ce peut naturellement. C’est cela l’idée. L’idée, encore une fois, c’est de pointer les insuffisances, les faiblesses, les manques du travail qu’a pu fournir le procureur pour constituer son dossier. De souligner les faiblesses du dossier à charge. Naturellement, nous allons discuter la teneur de la preuve du procureur. Nous allons aller en profondeur dans la preuve du procureur parce que nous disposons des éléments qui nous permettent de le faire. Nous allons monter toutes les insuffisances de cette preuve et nous allons conforter cette analyse en produisant nous-mêmes des documents. Nous avons, aujourd’hui même, transmis au procureur un certain nombre de documents qui viendront conforter, étayer nos arguments. Maintenant en ce qui concerne les témoins, ce n’est pas le rôle de la défense que de faire venir les témoins lors de l’audience de confirmation des charges. Si le procureur avait fait venir des témoins, ou si le besoin s’était fait sentir de faire venir un témoin particulier, nous l’aurions fait. Mais comme lors de cette audience, il appartient au procureur d’expliquer et de convaincre qu’il dispose d’un dossier solide et qu’il appartient à la défense de convaincre que le dossier du procureur n’est pas solide, le besoin de témoin est moins pressant».

 

Augustin Kouyo, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 février 2013, à partir d'une Vidéo Cpi.


Source: IVORIAN.NET

CONFIRMATION DES CHARGES CONTRE GBAGBO: MAITRE ALTIT DEJOUE LE PIEGE DE BENSOUDA

 

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La procureure prise en flagrant délit de tricherie. Pourquoi Maître Altit demande encore un report


Le top départ de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire le procureur près la CPI contre Laurent Gbagbo sera-t-il vraiment donné ce 19 février 2013 ? Peut-être que oui, peut-être que non. Tout dépendra de la suite qui sera donnée à la requête en report de cette audience. Une requête déposée le 7 février dernier par Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Laurent Gbagbo.

Pourquoi Altit monte-t-il au créneau une énième fois pour solliciter un report, dans une requête présentée à la Chambre préliminaire I et datée du 7 février dernier ? Pour des raisons assez simples, selon son texte, que Le Nouveau Courrier a pu consulter.

Alors qu’il était entendu que le bureau du procureur devait transmettre à la Défense ses éléments de preuve«aussi vite que possible et sur une base régulière», l’Accusation a choisi de procéder autrement. Elle a attendu le 17 janvier 2013, c’est-à-dire le dernier jour fixé par la Chambre préliminaire, pour transmettre, en une seule «fournée», 893 pièces et documents, qui s’ajoutaient aux plus de 2 500 pièces versées au dossier durant toute la procédure.

Comment examiner, en un mois, près de 900 nouvelles pièces ? Cette technique de rétention des«preuves»jusqu’à la date ultime, la plus rapprochée possible de l’audience de confirmation des charges, obéit à unestratégie de l’inondation, qui vise manifestement à rendre le travail de la Défense difficile voire impossible dans le temps imparti.

L’Accusation n’a pas hésité à aller plus loin. Le 22 janvier 2013, elle déposait, hors délai, vingt-et-une pièces, dont des notes d’entretien avec des témoins potentiels. Le 6 février, le procureur divulguait six pièces et documents toujours hors délai. D’où la protestation de Maître Altit : « Pour lire et analyser ces documents à raison d’une vingtaine par jour, la Défense aurait besoin d’une cinquantaine de jours. Il convient de rappeler ici que les moyens de l’équipe de défense sont limités à une enveloppe de trois personnes en sus du case manager et que ces mêmes trois personnes partent en mission, interrogent des témoins potentiels, font des recherches documentaires, rédigent des requêtes ou répondent à des requêtes (…) Certains documents transmis sont volumineux et/ou demandent une analyse particulièrement poussée. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de les analyser mais aussi d’en examiner le contenu et, pour ce faire, de procéder à des vérifications ou mener des enquêtes.»

Maître Altit ajoute que l’équipe de défense était en mission en Côte d’Ivoire du 22 janvier au 4 février, pour préparer l’audience de confirmation des charges. «Le Procureur le savait et c’est donc volontairement qu’il a divulgué à la défense au dernier moment cette masse immense de documents.» Cette ruse est caractéristique d’une absence de «loyauté» dans les rapports entre Défense et Accusation, fulmine Altit.

La Défense pointe la mauvaise foi de l’Accusation. «Il est important de noter que beaucoup de ces pièces et documents auraient pu être divulgués par le Procureur avant. En effet la nature et la date de certains documents indiquent qu’ils sont aux mains du Procureur depuis plusieurs mois. A l’évidence il s’agissait donc pour lui de «noyer» la défense et l’empêcher de réagir», écrit Altit. C’est pour toutes ces raisons qu’Altit demande à la Chambre préliminaire I de «constater que si l’audience de confirmation des charges se tenait le 19 février 2013, tel qu’initialement prévu, le Président Gbagbo serait victime d’une violation de son droit à un procès équitable», mais aussi de fixer une nouvelle date «qui ne soit pas antérieure au 25 mars 2013».

Quelle sera la réaction de la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, qui a déjà manifesté lors d’une audience publique son irritation de voir la procédure piétiner depuis plus d’un an aujourd’hui ? On le saura bien vite.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


SourceCAMEROON VOICE

COTE D'IVOIRE - L'HONNEUR PERDU DE TIA KONE


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Soucieux de complaire à Alassane Ouattara, dont il a contrarié les rêves d’éligibilité en octobre 2000, l’ancien président de la Cour suprême Tia Koné vient de se livrer à un exercice insensé mêlant regrets, auto-justification, flagornerie et insultes au droit et au bon sens. Choquant!

Réécriture à marche forcée de l’Histoire récente de la Côte d’Ivoire. Assurément, la dernière sortie publique de l’ancien président de la Cour suprême, le magistrat Tia Koné, fera couler de l’encre et de la salive. Profitant de l’installation du sous-préfet de Gbagbégouiné, dans le département de Biankouma, samedi dernier, l’homme qui a invalidé la candidature d’Alassane Ouattara en 2000, est allé à Canossa – ou est tombé sur son chemin de Damas. Evoquant l’arrêt N° E0001-2000 de la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême, qu’il présidait à l’époque, il a affirmé:

«(…) J’ai décidé de revenir, en effet, sur cet arrêt, dans le souci de lever tous les malentendus que ladite décision n’a pas manqué, en son temps et même encore aujourd’hui, de susciter dans le pays. Et pour cela, il importe de se placer dans le contexte de la crise économique rampante de l’époque dont les solutions idoines tardaient à venir de l’intérieur au point que tous les espoirs étaient tendus vers l’extérieur d’où, pouvait nous parvenir, un fils prodigue plein de science et de connaissance pour abréger nos souffrances. Il n’était point question dans cette pathétique entente de rejeter ipso facto de nos rangs un fils du pays, un ancien Directeur général adjoint du Fmi, pouvant de toute évidence, être cet artisan du regain de notre dignité et de notre grandeur nationale en perdition. (…) J’affirme qu’il n’a jamais été dit dans l’arrêt du 6 octobre 2000 que M. Alassane Ouattara n’est pas Ivoirien. Cet arrêt à notre grand regret, a causé un tort au concerné, à sa famille et à bien des Ivoiriens. Je m’excuse devant la nation entière. Aujourd’hui, la preuve est faite que le Président de la République est un Ivoirien qui a un profond amour pour sa patrie et qui engage en ce moment même notre pays sur de nombreux chantiers de développement en vue de faire de la Côte d’Ivoire, une nation de Paix et de prospérité (…) A l’époque, de l’arrêt précité, nous avons été sans surprise confronté à une véritable incongruité textuelle dans l’application de l’article 35 de la constitution en y découvrant des éléments d’une malheureuse stratification sociale fondée sur une illusion aux allures démagogiques. En effet, lit-on dans ce texte au demeurant fondamental : ‘‘… le candidat à l’élection présidentielle doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine… On relève très rapidement que ce concept est tout à la fois absurde et inique».

Un incroyable mélange des genres

Les propos de Tia Koné sont scandaleux et indignes de son rang et des fonctions qu’il a occupées en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ils témoignent d’une incroyable confusion des genres entre ce qui relève de l’émotionnel, du point de vue politique et du droit positif. Quand il dit que la crise économique des années 1990 exigeait que la Côte d’Ivoire ait un président venu du FMI donc de l’extérieur pour «la sauver», il achève de se ridiculiser, dans sa recherche forcenée d’offrir à l’actuel chef de l’Etat un bel atalaku censé lui faire oublier les coups de canif du passé. S’il suffisait qu’un pays aille chercher un fonctionnaire international pour sortir de la crise économique, plus aucun pays du monde ne serait en crise, puisqu’au FMI il y a des représentants de toutes les nationalités. Les pays africains qui s’en sortent bien au point de vue économique sont-ils dirigés par des «diaspos» issus des institutions de Bretton Woods? Absurdité! Honte!

Tia Koné mélange à dessein amour de la Côte d’Ivoire, un concept subjectif, et nationalité ivoirienne.Même s’il est établi qu’Alassane Ouattara, dont les ambitions politiques extra-constitutionnelles ont valu à la Côte d’Ivoire coups d’Etat, tentatives de coups d’Etat, rébellions, guerres et massacres… aime ce pays et le conduit vers la félicité éternelle, cela ne signifie pas qu’il est par voie de conséquence de nationalité ivoirienne. Le Code de la nationalité n’établit pas de lien automatique et sans démarche juridique préalable entre l’amour d’un pays et la nationalité!

Quand Ouattara «suicide» les juristes ivoiriens les plus éminents

Tia Koné, sans doute mandaté pour préparer les esprits à une modification constitutionnelle, s’en prend vivement à l’article 35 de la Loi fondamentale, qui contient en son sein un concept «absurde et inique».Parce qu’il instaure une «stratification» des Ivoiriens. Juriste cultivé, il sait qu’il existe dans tous les pays des critères d’éligibilité qui excluent une partie plus ou moins large de la population. Cela équivaut-il à une «stratification» ? Au Burkina Faso, par exemple, «tout candidat aux fonctions de Président du Faso doit être Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè». Cela correspond-il à une odieuse stratification qui met dans l’embarras tout juge constitutionnel qui se respecte?

Plus sérieusement, quel crédit peut-on accorder au juge Tia Koné qui, faisant le constat de l’inapplicabilité d’un texte constitutionnel approuvé par référendum à 86% de «oui», ne tire pas les conséquences de son analyse en démissionnant, mais choisit de lire avec gourmandise un arrêt resté célèbre, dont on se souvient qu’il allait jusqu’à noter avec perfidie l’endroit où le père d’Alassane Ouattara a été enterré?

Comment peut-on comprendre qu’à l’âge où les personnalités d’un certain rang, en Occident, écrivent leurs mémoires pour défendre leur place dans l’Histoire, les nôtres, sous nos tropiques, continuent dans la complaisance et la révérence envers les puissants dans l’attente désespérée de sordides rentes de situation ? Les juristes les plus éminents de Côte d’Ivoire n’en finissent pas d’avaler leur langue et leur dignité depuis ce fameux 11 avril 2011.

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du 13 février 2013.


SourceCONNECTION IVOIRIENNE.NET

mardi, 12 février 2013

EMISSION APPELS SUR L’ACTUALITE: RFI PRISE EN FLAGRANT DELIT DE MANIPULATION ET DE SABOTAGE DE LA PAIX EN COTE D'IVOIRE


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L’animateur Juan Gomez a visiblement été recadré par ses supérieurs hiérarchiques de la direction de Rfi


Les auditeurs de la radio française Rfi ont été surpris de l’annulation subite de la diffusion le jeudi 7 février à 19h40, de la deuxième partie de l’émission «Appel d’actualité» et pour cause.

                                              

L’émission animée par Juan Gomez se déroule en deux parties et est diffusée en direct, du lundi au vendredi, de 8h 10 à 8h 30 puis, de 8h 40.à 9h. Selon le conducteur de l’animateur, la première partie est consacrée à des thèmes divers, et la deuxième partie est réservée à un sujet précis sur lequel tous les auditeurs de la radio dite « mondiale » sont invités à émettre leurs opinions respectives. L’émission diffusée dans la matinée est intégralement rediffusée en soirée, de 19h10 à 19h30 pour la première partie, puis de 19h40 à 20 h pour le second volet. Ainsi, la deuxième partie de l’émission « appels sur l’actualité » du jeudi 7 février 2013 a été consacrée au sujet de l’amnistie générale des présumés auteurs des actes criminels relatifs à la crise post-electorale en Côte d’Ivoire de 2010 et 2011.

Dans leurs différentes interventions ce jour-là, tous les auditeurs de Rfi, à l’exception du premier, ont indiqué que « la Côte d’Ivoire ne connaitra jamais de paix ni de réconciliation si une amnistie générale n’était pas votée par le pouvoir de monsieur Ouattara. »  Certains auditeurs ont rappelé que « c’est la loi d’amnistie votée sous Laurent Gbagbo qui permet aujourd’hui aux assassins de ministre d’état Emile Boga Doudou, aux égorgeurs des 99 gendarmes de Bouaké et à monsieur Soro Guillaume, de circuler librement à Abidjan. »  D’autres auditeurs ont indiqué que « seule l’amnistie générale permettra de mettre fin à la justice des vainqueurs qui a cours actuellement en Côte d’Ivoire. 

A la question de l’animateur, visiblement surpris de la quasi unanimité des intervenants sur la prise d une loi d’amnistie, « si les 3000 morts de la crise post-electorale devaient être oubliés ? », un auditeur a répliqué s’il avait connaissance du chiffre des personnes tuées par les rebelles du Mpci , Mpigo et Mjp depuis 2002 qui ont bénéficié de la loi d’amnistie de Laurent Gbagbo. L’animateur Juan Gomez, à la recherche de sons certainement discordants, s’est mis à lire les messages facebook envoyés en direct via la régie, par d’autres auditeurs sur l’adresse de l’émission. Là encore, il s’est rendu à l’évidence du plébiscite de la demande d’une loi d’amnistie générale en Côte d’Ivoire pour ramener la confiance entre les ivoiriens et permettre à tous les fils du pays de repartir sur une nouvelle base. Revenant aux auditeurs, le dernier intervenant a conclu la série des interventions sur un ton ironique, en demandant à monsieur Ouattara « si telle est sa volonté, de remplir toutes les prisons du pays exclusivement des partisans de Laurent Gbagbo et une fois satisfait de sa performance, il appréciera seule, la procédure de leur libération. »

A la fin de cette émission qui a pris fin à 8h, les nombreux partisans du présent Laurent Gbagbo qui n’ont pas l’habitude d’écouter Rfi, se sont passés le message pour suivre la rediffusion de l’émission, le même jour du 7 février à 19h 40, comme il était indiqué sur la grille de programme de ladite radio consultable sur son site web. Malheureusement, ces auditeurs de circonstance de la séance de rattrapage, entendront en vain parce que la direction des programmes de Rfi, sans aucune justification, a supprimé sans raison, la diffusion de la seconde partie de l’émission « appel d’actualité ». Une interview banale d’un spécialiste des conflits en Afrique (Mali et Rdc) a été diffusée en lieu et place de la deuxième partie de l’émission « appels d’actualité » où tous les auditeurs de ladite radio avaient appelés dans la matinée, à la prise d’une loi d’amnistie générale comme solution définitive à la crise ivoirienne 

Le lendemain, vendredi 8 février 2013, la seconde tranche de la même émission est consacrée à ce que l’animateur habituel appelle « la libre antenne » où, chaque auditeur appelle pour donner cette fois-ci, son opinion sur un sujet de son choix. Ce jour-là, l’animateur vedette Juan Gomez est remplacé sans aucune explication par son second, Zéphirin Kouadio, excellent chroniqueur mais animateur approximatif. Ce dernier, dans le second volet de l’émission, donne la parole à des auditeurs lambda sur des sujets divers, puis dans la foulée, il annonce deux (2) auditeurs qui reviennent sur le sujet de la veille, relativement à la prise d’une loi d’amnistie en Côte d’Ivoire. Dans leur intervention respective dont la trame est identique, les deux auditeurs qui disent résider en Côte d’Ivoire reviennent sur les interventions des auditeurs de la veille, en indiquant qu’ils ne comprennent pas que «  l’on puisse réclamer une amnistie générale, là, où il ya eu de nombreuses tueries. »  Ils ont donc conclu leur propos en appelant les autorités ivoirienne à « privilégier la justice en lieu place de l’amnistie générale. » 

A l’analyse, il ya lieu de constater que la séquence de rattrapage de Rfi, certainement conçue dans les officines de communication du pouvoir ivoirien présente de grosses failles. Sur la forme, tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire savent que les ivoiriens, selon leur origine géographique, parlent la langue française avec un accent spécifique. On reconnait un « bété « ou un « attié » qui parle la langue française les yeux fermés. Ainsi, les deux auditeurs spéciaux de Rfi du 8 février 2013 qui se sont fait appeler par des pseudonyme (François et Charles) à les entendre, et relativement a leur accent, sont vraisemblablement deux ivoiriens originaires du nord de la Côte d’Ivoire où les prénoms français n’ont pas pignon sur rue. Dans le fond, le contenu de leur intervention respective était identique et ressemblait à ce qu’on appelle dans les écoles primaire, une récitation ou une dictée qui commence par un préalable à savoir, « ceux qui doivent être jugés ne doivent pas être appelé des pro-Gbagbo mais, des ivoiriens qui ont commis des crimes et qui doivent répondre devant les juridictions ivoiriennes… » Exactement le même refrain que celui du gouvernement de Kablan Duncan lu dans la presse à l’issue des discussions avec le Front populaire ivoirien (Fpi). A la fin de l’émission du 8 février 2013, qui a été rediffusée cette fois-ci le soir, conformément à la grille des programmes, l’animateur du jour visiblement satisfait de sa performance, a annoncé sur un ton jovial, le retour de l’animateur, titulaire du poste Juan Gomez, dès le lundi 11 février 2013.

Ainsi va la gestion de la liberté d’expression, d’opinion et de presse dans le pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Rfi est un organe appartenant à l’Etat français, et une radio qui se vante d’être «  mondiale » aura démontré en l’espace de 48 heures qu’elle est effectivement championne mondiale mais, exclusivement en «  manipulation de l’opinion. »  Par ces actes de compromissions, ses auditeurs auront compris que leur radio préférée œuvre en réalité sur le continent africain, pour la persistance des antagonismes. Avec la mise en scène, le recadrage et le dirigisme de l’émission «  appels sur l’actualité » des 7 et 8 février 2013, l’on se rend à l’évidence que Rfi est visiblement contre le retour à la normalité en Côte d’Ivoire. « La radio mondiale » a fait le choix d’un pays déchiré avec ses fils et filles en prison ou en exil, pour offrir à ses auditeurs, des informations exclusives de conflits en Afrique, alors que le continent européen est lui, au stade de la vulgarisation de la qualité totale.

 

Une correspondance particulière de Traoré Philippe.

A QUELQUES JOURS DE L’AUDIENCE DE CONFIRMATION DE CHARGES A LA CPI: LES HOMMES D’IB FONT DE GRAVES REVELATIONS

 

côte d'ivoire,ib,rdr,rhdp,a quelques jours de l’audience de confirmation de charges à la c,les hommes d’ib font de graves révélations


A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux-là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999  avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruis sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc…

Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang. Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux PC-Crise? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux?  Bref! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du PC-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de revenir de leurs émotions, Monsieur leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation  des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connu une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche.

Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation? Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits?

Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile, s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec. Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002.

Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité: éliminer sans état d’armes tous se qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou à raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo. La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays.

Après une lecture objective de la situation socio–politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent Chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens. Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone CNO pendant ces huit années d’occupation et intéressons nous enfin à la crise postélectorale.

M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les forces nouvelle devaient intervenir après le résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des forces nouvelles est rappelé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le Sergent Chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne.

Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous-mêmes, fut détaché à la maison du PDCI à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la FESCI qu’on nous avait décrite comme une milice pro-Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité Rouge, du Campus 2000 et ceux de la Cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque jour dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010.

Ainsi des jeunes filles étaient-elles violées pendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des FDS au siége du PDCI, ce matin du 4 Janvier 2011.

Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre. Grâce au RHDP, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique? Comment se fait-il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune? Où alors l’ONUCI qui se chargeait du ramassage des corps avec la Croix Rouge  a-t-il emporté les cadavres d’Abobo? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo. Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du CECOS avant leur exécution?

Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prison à la CPI, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale». Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait pas empêché cette prétendue marche sur la RTI pour l’installation de M. Brou Aka Pascal?

Je révèlerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-FDS en se servant des marcheurs comme bouclier humain. De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le Président Gbagbo et ses proches.


Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir (proche du Sergent-Chef IB) en exil.


Source: Le quotidien "Le Temps" N° 2824 du 11 février 2013.

vendredi, 08 février 2013

LA GUERRE DE RECONQUETE DU MALI

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La crise économique paupérise les pauvres

La conjoncture malienne n’est pas aussi complexe que l’on voudrait nous le laisser imaginer. Quels sont les ingrédients et la recette de cette bouillabaisse Françafrique ? 

La crise économique systémique qui sévit durement dans les pays d’Afrique depuis 2008 a jeté les paysans, les ouvriers et les artisans dans la misère et dans les ornières de l’exil plein de péril. Les puissances impérialistes continuent de rapatrier les profits et d’acheminer les matières premières vers les métropoles cupides, mais elles ne veulent rien entendre des souffrances qu’elles infligent à ces peuples désespérés et elles font tout pour que ces pestiférés demeurent dans ces contrées qu’elles ont affamées et sinistrées.

En conséquence, les marchés, les places publiques, les quartiers, les fleuves et les sentiers d’Afrique sont encombrés d’hommes désœuvrés, en transhumance entre le Sud paupérisé et le Nord, «marche pied» vers l’Europe, cet Eldorado inhumé. Cette main d’œuvre bon marché est prête à tout pour ravitailler leur famille demeurer au foyer. 

L’offre de service en bras armés – flibustiers engagés – métayers fusiliers – a de beaucoup augmenté depuis quelques années, au point d’engorgée les agences de recrutement et de renseignement de l’OTAN et de leurs sous-traitants – djihadistes, islamistes, intégristes – et autres pestiférés de cet univers de mercenaires sous-payés.

Le recrutement des exécutants 

Tantôt, l’aspirant «terroriste» est recruté et embauché pour un coup fourré de courte durée – cahier des charges spécifié – solde déterminée et autorisation de se payer à même ce qu’il pourra voler aux populations exécutées, ce qui comprend la permission de violer des femmes pour se rassasier. Souvent, ces flibustiers de la modernité s’emparent d’armes sophistiquées pour se préparer à honorer le prochain contrat qui sera attribué par l’OTAN, les États-Unis ou la France. Ils doivent penser à s’équiper pour la prochaine équipée.

Parfois le futur «terroriste» est embauché pour un temps indéterminé. Sa foi dans le Coran étant garant de son recrutement, de son entrainement et de son réengagement. Lavage de cerveau, rhétorique euphorisante anti Occident et le militant est prêt à donner sa vie pour son gourou du moment. En effet, les monopoles miniers criminalisés, les pétrolières polluantes et prévaricatrices, les entreprises manufacturières prédatrices, les représentants des gouvernements néo-colonialistes, les camps militaires retranchés, menaçants comme celui de la banlieue d’Abidjan (43e Bima), tout l’environnement social concourent à accréditer l’idée que l’Occident occupe et vide le continent africain de ses ressources, de sa plus-value et de ses biens. 

C’est si vrai que les services secrets américains, français, britanniques, russes s’appuient sur ces sentiments d’aversion-répulsion pour recruter et enflammer le continent africain ravagé.

Les coups d’État approuvés par la «communauté internationale»  

Quand un coup de force tordu est terminé, comme en Libye l’été dernier, en Côte d’Ivoire l’année qui a précédée, ces mercenaires – corsaires du désert regroupés en bandes armés anarchiques – sont remerciés par leurs sponsors, mais ils ne désarment pas pour autant. Ils errent à la recherche d’un nouvel engagement, d’un nouveau théâtre d’opération ou l’OTAN, le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France ou les États-Unis voudront bien les exfiltrer – les aéroporter – pour une nouvelle «guerre humanitaire». Préférablement loin de la Syrie ou le gouvernement local tient bon et extermine les terroristes infiltrés dans le pays mortifié.

S’ils ne sont pas recrutés, s’ils ne sont pas de corvée, les «djihadistes» de service et les mercenaires sans foi ni loi errent dans le désert en quête de nouvelles proies à leur propre compte, tels des seigneurs de guerre… 

Pendant ce temps au Mali

Pendant ce temps au Mali le gouvernement national fantoche de ce pays artificiel dont les frontières ont été dessinées par la France impérialiste il y a cinquante années passées – quand Paris peinait à massacrer les peuples d’Indochine et d’Algérie et ne disposait pas d’assez de troupiers pour exterminer la moitié du continent africain colonisé – en mars 2012, le gouvernement malien était renversé par une révolte de palais à Bamako. Un petit capitaine obscur et imprévisible (major Sanogo) démettait le Président Touré et assignait un nouveau-ex-président, Monsieur Traoré, puis congédiait le Premier Ministre pendant que la bourgeoisie compradore malienne se remplissait les poches à même les «aides» internationales, la solde des soldats détournées, le trafic de drogues, la vente d’armes et autres activités illicites comme toutes les autres bourgeoisies patriotiques d’Afrique sponsorisées par l’Occident, la Russie et la Chine concertées. 

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA et Ansar Dine) trouvèrent approprié de profiter de la déliquescence de l’État fédéral malien pour s’emparer du contrôle du Nord du pays désertique, sous développé, affamé et oublié par Bamako l’éloignée (1).

Et voilà qu’une caravane de mercenaires terroristes désœuvrés, saqués, passait par-là, de retour de sa croisade de rapine assassine à Tripoli et à Benghazi. Les damnés armés jusqu’aux dents par les soins de la France et de l’OTAN, se trouvèrent disposés à saccager ce pays meurtri dont l’armée nationale laminée n’avait nullement l’idée de se sacrifier pour la patrie des pourris de Mopti et pour préserver les intérêts d’AREVA, de TOTAL, de Sahara Mining, de MDL d’Australie et d’OROMIN du Canada et pour que la France mette la main sur 5% environ de la production d’or dans le monde (production d’or au Mali). 

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Voici que l’armée malienne de service, ses généraux trafiquants et son capitaine gourmand avaient besoin du soutien de la «mère patrie» pour rétablir l’autorité impérialiste sur leur pays failli. Aussi, une coalition de circonstance fut vite rameutée par la CEDEAO sous la houlette de monsieur Ouattara, le présidentié reconnaissant, co-présidé par Compaoré le dictateur avéré et gracié. Hollande fier de son blanc-seing lança ses hordes meurtrières, bombardiers, blindés motorisés, bombes à fragmentationet drones nouvellement équipés aux trousses des populations désarmées et des mercenaires déglingués et des Touaregs révoltés (MNLA et Ansar Dine) et surtout à la reconquête française des mines d’or maliennes de la Françafrique.

Les «islamistes» de service comprenant enfin le message de leur ex-employeur et futur créancier se retranchèrent dans les montagnes de l’Adrar et de Gouma où ils seront peut-être contenus si les soldats de la force d’intervention africaine se résignent à compléter leur formation et à se présenter au front afin de défendre l’impérialisme français au Mali. 

Les meurtriers motorisés d’hier, aujourd’hui retranchés dans les montagnes du Sahel, seront probablement bombardés par les Rafales de la Françafrique, histoire de leur faire observer qu’ils n’ont pas mission d’occuper ou d’administrer les populations et les mines d’or des néo-colonies faillies. Ces tâches bancales sont assignées aux marionnettes désignées et à leurs armées subventionnées après élections truquées, où l’Élysée tranche qui est élu et qui est battu. Que ces mercenaires poltrons «terroristes-islamistes» de service attendent patiemment leur prochain ordre de mission pour attaquer le Niger, le Tchad, la Mauritanie, ou qui sait, l’Algérie, que l’OTAN ou la France leur assigneront en temps voulu.

Pour ce qui a trait aux révoltés Touareg, ils peuvent se maintenir sur leurs terres ancestrales s’ils sont obéissants-repentants, et à condition qu’ils n’embêtent personne et surtout pas les minières (or et uranium) monopolistes qui exploitent la force de travail local et spolient les ressources nationales (2). 

De quel côté se ranger ?

Au milieu de ce salmigondis l’intellectuel Samir Amin se défend d’appuyer l’impérialisme français mais se prononce en faveur de l’intervention des impérialistes français qui ont bien raison, dit-il, de réprimander leurs terroristes au chômage et de reprendre le contrôle de leur néo-colonie faillie, mais sans la maintenir comme un État client dominé et exploité suggère-t-il (3). Mais, pourrait-on rétorquer, c’est exactement le but recherché, replacer la néo-colonie en État de marche en tant que courroie de transmission entre les puits de mine et les usines en France métropolitaine. 

Deux intellectuels protestent outrés contre leur ami Samir Amin qu’ils réprimandent vertement. Au nom de la «souveraineté» malienne – inexistante comme nous venons de le constater – et au nom de la fraternité entre la bourgeoisie malienne dominée et les capitalistes monopolistes français dominants et occupants, ils écrivent : «(…) et si ces sommes considérables (30 millions d’euros d’effort de guerre français au Mali. NDLR) étaient affectées au développement et à la coopération réelle du Mali avec la France, que resterait-il aux fameux «islamistes», ou aux séparatistes Touaregs, ou à leurs alliés du Qatar et d'ailleurs, comme espace politique pour intervenir?» (4).

Deux questions confrontent ces internationalistes. Pourquoi dénoncer la lutte de libération nationale que mène la bourgeoisie Touareg de l’Azawad et pourquoi dans ce conflit prendre parti en faveur de la bourgeoisie malienne compradore du Sud contre celle du Nord ? Question encore plus importante : que resterait-il comme espace aux impérialistes français pour spolier la plus-value des ouvriers, la rente foncière des paysans, le profit des artisans et les ressources naturelles du Mali si la France se mettait tout à coup à affecter les crédits de l’État bourgeois français au développement et à la coopération fraternelle ? L’État français bourgeois ne verse pas le sang de ses soldats et ne débourse pas de tels montants pour aider le Mali à devenir prospère et indépendant. Si c’était le cas il lui suffirait de se retirer du Mali et d’abandonner à son sort la bourgeoisie compradore qu’elle y a implantée et de cesser d’armer ses flibustiers (5). 

Comme vous le comprenez cette guerre de la diplomatie de la canonnière Françafrique au Mali est une querelle de famille entre petits et grands bandits et leurs thuriféraires tous divisés sur les modalités de sujétion du peuple malien. L’Islam, la souveraineté nationale, la coopération équitable et fraternelle, la démocratie, l’emploi, le développement social, la croissance économique, le prix des produits agricoles et le peuple malien ne comptent pour rien dans cette échauffourée entre vauriens.

Les progressistes et les internationalistes du monde entier n’ont qu’à se ranger du côté des paysans, des artisans et des ouvriers du Mali et de leurs familles, la grande majorité de la population malienne qui ne veut pas de cette guerre, ni de l’arbitraire. Souhaitons que les différents peuples regroupés dans cette fédération hétéroclite appelée Mali sauront s’unir et s’armer, et comme l’immense peuple algérien en 1962, chasser la puissance néocoloniale, ses terroristes-islamistes sous-traitants et les larbins nationaux stipendiés. 

La France hors du Mali.

 

Robert Bibeau, robertbibeau@hotmail.com, le 6 février 2013.

  

1.      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mali

2.      http://www.mondialisation.ca/les-veritables-raisons-pour-lesquelles-lallemagne-demande-aux-etats-unis-la-restitution-de-son-or/5321941

3.      http://www.m-pep.org/spip.php?article3184

4.      http://www.lapenseelibre.org/article-mali-gauche-proguerre-et-recolonisation-reponse-a-samir-amin-n-71-115043888.html

5.      http://www.mondialisation.ca/la-guerre-civile-au-mali-une-tragedie-a-huis-clos/5321351

 

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jeudi, 07 février 2013

UNE REVUE ITALIENNE LE RECONNAIT: GBAGBO EST UN PHENOMENE SOCIOLOGIQUE

 

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La revue italienne «RESET» du 30 janvier 2013 révèle: Laurent Gbagbo et le droit à la «différence»

 

Depuis Novembre 2011 Laurent Gbagbo, l’ancien président de la Côte d’Ivoire, a été détenu à la Cour pénale internationale à La Haye, accusé d’être un « co-auteur indirect » de crimes graves contre l’humanité pendant la crise post-électorale dans son pays. Mais beaucoup de gens se demandent pourquoi et doutent de la légitimité de ces accusations. Pour beaucoup, c’est son adversaire politique des élections présidentielles de 2010, Alassane Ouattara, qui devrait être à sa place en détention à La Haye, avec Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale, qui a dirigé la rébellion de 2002 qui a divisé le pays en deux.

 
Pourquoi n’y a-t-il pas de procès pour les crimes graves commis par les rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire en 2002 dans les régions centre, Nord et Ouest (connu sous le nom CNO), qui sont restés sous leur contrôle jusqu’au 17 Mars 2011, lorsque Ouattara les a renommer Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)? Un mouvement de résistance d’envergure internationale est alors né pour réclamer la vérité et la justice dans cette histoire bizarre.

Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur des élections du 2 décembre 2010 par Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Selon la Constitution ivoirienne, cette commission est autorisée à déclarer uniquement les résultats provisoires.

La victoire de M. Ouattara a été annoncée dans une chambre à l’Hôtel du Golf – le siège de la campagne électorale de M. Ouattara – en l’absence, et donc sans l’approbation du Conseil constitutionnel, qui est responsable, conformément à la Constitution ivoirienne, pour déclarer les résultats définitifs du scrutin.

Le président de la CEI, M. Bakayoko, était seul, sans la présence de ses collègues de la commission quand il a fait l’annonce de la prétendue victoire de Ouattara à l’Hôtel du Golf. Pendant ce temps, les représentants de la commission l’attendaient au siège de la CEI où ils devaient parvenir à un consensus sur les résultats provisoires.

Ainsi, les résultats provisoires, non approuvées par tous les membres de la CEI et sans la présence des représentants des candidats respectifs, ont été déclaré comme les résultats définitifs du scrutin.

C’est encore un mystère de savoir qui a gagné les élections du 28 Novembre 2010 entre le président sortant, Laurent Gbagbo, un historien, socialiste et le père fondateur du système de multipartisme en Côte d’Ivoire et Alassane Ouattara, qui a été Premier ministre sous le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny de 1990-1993 et ​​qui a fait une carrière dans la diplomatie internationale à la Banque centrale des Etats de l’Afrique (BECEAO) et au Fonds monétaire international.

Thabo Mbeki, ancien Président d’Afrique du Sud, qui a joué un rôle important en tant que médiateur, dès le début de la crise en 2004, en visitant la Côte d’Ivoire du 5 au 7 Décembre 2010, a conclu dans son rapport de mission que les élections ne pouvaient pas être considérées comme valides. Dans « What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire », il rappelle comment l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Wanda L. Nesbitt, avait déjà mis en garde son gouvernement en 2009, que sans remplir certaines exigences de base – une réunification territoriale et financière du pays, le retour de l’administration nationale au nord, et en particulier le désarmement total de la rébellion, les Forces nouvelles, implantées dans le nord du pays depuis 2002 – des élections démocratiques ne pouvaient pas être organisées.

Ce désarmement (la seule demande faite aux rebelles pro-Ouattara, les forces Forces nouvelles et répétées dans huit accords de paix depuis 2003, n’a jamais été respecté) encore aujourd’hui pas atteint, est à la base du climat d’insécurité que le pays vit actuellement. [1]

Face aux menaces contre la légalité républicaine avec le comportement anticonstitutionnel de la CEI (qui a également été approuvé par le Représentant spécial des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, bien que cela ne relevait pas de son mandat) et la violence inouïe exercée dans le nord sur les pro-Gbagbo pendant les élections, la coalition Gbagbo, La Majorité Présidentielle a déposé une demande à l’annulation du vote auprès Conseil Constitutionnel. Les observateurs électoraux dans de nombreux départements contrôlées par les rebelles ont signalé des menaces de mort, assassinats, intimidations, violences physiques, les enlèvements de personnel et d’agressions contre des militants et des représentants de la coalition « La Majorité Présidentielle ». Le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo comme le vainqueur du second tour de scrutin le 2 Décembre.

Coalition de M. Ouattara, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) n’a pas présenté de recours pour irrégularités de procédure après le deuxième tour.

Dans la Constitution ivoirienne, il est précisé que les résultats des élections doivent être annulées si le résultat est sujette à débat. Toutefois, dans le cas de l’élection du 28 Novembre 2010, la Conseil Constitutionnel a annulé le vote frauduleux et a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur en pleins sondages contradictoires et pendant les flambées de violence.

En conséquence, les critiques de l’UE et des organisations internationales par rapport au rôle du Conseil Constitutionnel sont devenues trompeuses si l’on considère les actions anticonstitutionnelles menées par la CEI et la menace sur la sécurité alimentée par la rébellion.

Comment ce sont passées ces élections? Il était évident qu’organiser des élections en présence d’une rébellion armée dans le nord du pays qui a soutenu M. Ouattara comme candidat n’était pas un exercice électoral prometteur, comme l’a souligné Arsène Touh dans « Côte d’Ivoire, Leçons du 11 avril 2011« , où il analyse les 10 dernières années de choix politiques faits par le Front Populaire Ivoirien (FPI). Touho croit que, après avoir accepté de tenir des élections, en dépit du refus de la rébellion de désarmer, était l’une des principales erreurs de Gbagbo [3], car il a ainsi rendu vulnérables ses représentants dans les bureaux de vote dans les régions CNO sous contrôle rebelle.

Le rapport final de la mission d’observation de l’Union dit que les observateurs de l’Union Européennes n’ont couverts que 4,7% des bureaux de vote, soit 943 bureaux sur les 20,073 ouverts au plan national – et que, globalement, les élections ont été correctement effectué, sauf « quelques problèmes dans les régions sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo. « Il dit aussi que » sur le déroulement des élections, la téléviseur ivoirien a donné la parole à des missions d’observations africaines inconnues»[4]. Violations seulement dans des zones sous le contrôle de Gbagbo? Missions d’observation inconnus? Pourtant, les missions de l’Union africaine (UA), la Coordination des Observateurs de la Mission Internationale de la Société Civile Africaine (COMISCA), l’Observatoire de la société civile africaine pour la démocratie et l’assistance électorale l’(OSCADAE), la Coordination des experts électoraux Africains (CEEA), le Cadre des émissaires pour la Promotion des élections Crédibles en Afrique (CEPECA), la mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mission du Comité de l ‘ interparlementaire UEMOA ne sont pas totalement «inconnues».

Plus de la moitié de ces organisations ont dénoncé les graves circonstances dans lesquelles les élections ont eu lieu dans le nord du pays sous contrôle rebelle.

Le rapport fait mention de 16 observateurs de l’UE qui ont dû être évacués pour des raisons de sécurité, un nombre important sachant qu’il y avait 120 observateurs au total. Mais le rapport fait une grave erreur en disant que les évacuations ont eu lieu dans les zones sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo.

Ce fait est en contradiction avec un article paru dans France Soir qui a publié les factures de la compagnie aérienne engagé pour transporter les observateurs européens dans un endroit plus sécurisé, dans lequel les zones d’évacuation sont définis: Man et Khorogo, deux villes sous contrôle des rebelles depuis 2002. Frédéric Lafont, propriétaire de la compagnie aérienne, rappelle que ses propres pilotes ont eu peur lors de l’évacuation des observateurs. [5]

L’Union africaine, qui a vu deux de ses observateurs enlevés et libérés avec l’aide de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) écrit: «La mission a découvert avec regret des actes de violence avec une perte grave de la vie, de violations d’intégrité physique, d’enlèvements, intimidations, enlèvements et la tentative de destruction du matériel électoral. De nombreux éléments qui devraient être une préoccupation pour les organes compétents afin de déterminer l’impact global sur le résultat des élections. « CEPECA dit dans son rapport préliminaire que« la crédibilité du scrutin dans la région des Savanes, plus précisément à Korhogo est fortement discrédité. « Le rapport de la mission CEEA dit que dans les régions sous contrôle des rebelles – Korhogo, Bouaké, Séguéla, Toriya et Garaoua – les élections ont été« entaché de graves irrégularités, telles que bulletins volés, les enlèvements de représentants des candidats respectifs, le vote multiple, obstacle à la nécessaire présence d’observateurs internationaux dans certains bureaux de vote lors du dépouillement des votes et la perte de vies humaines. « Dans un communiqué de presse daté du 2 Décembre 2010 la CEDEAO dit que« les incidents qui ont empêché les citoyens d’exprimer leur vote, en particulier dans les certaines régions du nord, doivent être condamnés et punis conformément à la loi ». [6] Le témoignage de Youssouf Fofana, président de La Voix du Nord, qui représente une coalition de M. Gbagbo dans la région de Séguéla, révèle des scènes de violence sans précédent dans lesquels les Forces nouvelles et les représentants de la coalition Ouattara (RHDP) empêchent les représentants de Gbagbo à rester dans les bureaux de vote. Ces derniers ont été chassés, certains, enlevés ou menacés de mort: un véritable Far West électoral. Aujourd’hui Fofana est en exil [7]. Le rapport du général de brigade Kouakouche Nicolas parle de 217 représentants de la coalition de Gbagbo qui ont été expulsés des bureaux de vote et l’ont rejoint pour leur sécurité. [8] Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a révélé qu’il y avait 200.000 réfugiés dans les pays voisins et un million de personnes déplacées internes (PDI) au début de la crise électorale.

Pourtant, dans les brèves mises à jour des agences de presse à travers le monde, nous ne lisons qu’une seule histoire: Gbagbo a perdu les élections en Novembre 2010 et il tente de s’accrocher au pouvoir. Mais Laurent Gbagbo a demandé qu’un simple recomptage des voix par une mission d’enquête internationale soit effectué, une option qui a été rejetée par l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Alain Dogou, ancien ministre de la Défense dans le dernier gouvernement de Gbagbo, demande aujourd’hui quels autres organes institutionnels devrait suivre Gbagbo en dehors du serment qu’il a prêté devant le Conseil constitutionnel en 2000. Contrairement à Gbagbo qui a prêté serment conformément à la constitution ivoirienne, Ouattara, le 4 Décembre 2010, a prêté serment en envoyant une lettre au Conseil constitutionnel. Ce qui a suivi, ce sont quatre mois de crise qui ont vu deux présidents et deux gouvernements pendant lesquels l’ONU et l’Union européenne, en violation de leurs mandats d’impartialité politique, ont décidé de soutenir Ouattara.

Entre Décembre 2010 et Mars 2011, l’ONU, l’UE, la France et les États-Unis a mené une politique d’asphyxie financière et diplomatique contre le gouvernement Gbagbo – qui comprenait un embargo sur les fournitures de médicaments, de cacao, de mandats internationaux, le gel des fonds privés et de biens et la fermeture des succursales locales de banques françaises et américaines – suivi en Avril 2011 par ce que le politologue Michel Galy a appelé le coup d’État français-ONU.

En Mars 2011, l’Union africaine était toujours en train de tenter de trouver une issue pacifique à la crise, lorsque les Forces Nouvelles sont descendues du nord et ont envahi la capitale économique, Abidjan, mais elles sont restées sans action en Avril, quand les Français ont commencé à bombarder le palais présidentiel et d’autres sites stratégique, en contournant, selon certains, un mandat inscrit dans la Résolution 1975 de l’ONU qui limite l’intervention militaire à la protection des civils.

Le fait que l’UA n’a pas réussi à imposer sa vision qui a émergé du panel de cinq chefs d’Etat nommés à la fin de Janvier 2011 lors de la 16e sommet de l’UA, montre la fragilité et la marginalisation de cette institution dans le domaine de politique internationale.

Les experts du panel ont commencé à mener leurs enquêtes et certains ont commencé à remettre en question la victoire de Ouattara au second tour. Mais les membres de l’UA auraient été malléable face aux promesses d’annulation de la dette ou d’autres avantages dans des accords bilatéraux en coulisses.

La deuxième réunion du groupe de haut niveau qui aurait joué un rôle crucial dans la résolution de la crise, a proposé la formation d’un gouvernement d’unité nationale et de nouvelles élections comme un moyen de sortir de la crise, et avaient exclu l’option militaire. Il a eu lieu en Mauritanie le 5 Mars et a commencé avec deux heures de retard parce que le président tanzanien a fait une escale à Paris. La dernière réunion, qui devait avoir lieu à Abidjan le même jour, a été reportée sine die, tandis que les deux avions présidentiels du Togo et le bateau et l’avion du Président de l’Afrique du Sud, présents sur le sol ivoirien, ont quitté la Côte d’Ivoire .

Gbagbo comme un phénomène sociologique

Qui est Laurent Gbagbo? En 2008, lorsque je travaillais sur un documentaire sur des dessinateurs africains en première ligne dans la défense de la liberté d’expression, Résistants du 9ème Art, j’ai aussi eu quelques images de la Côte d’Ivoire du magazine satirique Gbich!. Le rédacteur en chef adjoint Mendozza Y Caramba, m’a raconté une anecdote: un jour, il a reçu un appel téléphonique qui a annoncé l’arrivée du président. Mendozza, dont la bande dessinée a été très critique contre Gbagbo, «habits neufs du Président» se mit à rire, en pensant d’abord que c’était une blague. Au lieu de cela, Laurent Gbagbo est arrivé au bout de 10 minutes à son bureau, a salué leur travail, les a félicité, en dépit de leur satire mordante contre lui. J’ai été frappé. J’avais déjà rencontré une anecdote similaire sur un autre célèbre président africain, Nelson Mandela, que j’ai décidé d’utiliser dans le film. Mandela avait appelé Jonathan Zapiro, qui avait été un dessinateur à la pointe de la lutte anti-apartheid et lui a dit: « excellent travail, vous faites votre travail», même si Zapiro, au moment où le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC ), était au pouvoir, il l’a attaqué férocement avec ses dessins animés. Mais je n’ai pas oublié que Gbagbo avait eu le même esprit que Mandela.

Laurent Gbagbo a été né le 31 mai 1945 dans une famille modeste à Mama près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Son père, Paul Koudou Gbagbo avait participé à la Seconde Guerre mondiale comme sergent dans un bataillon commandé par un certain Laurent dont Gbagbo porte le nom. Il a été blessé et emprisonné par l’armée allemande. Plus tard, il est devenu un policier. En 1964, il a été accusé de l’un des ombreux faux complots pendant le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny et emprisonnés. La mère de Laurent Gbagbo, en dépit de la perte du soutien de son mari, ne voulait pas que son fils abandonne ses études. Gbagbo se spécialise d’abord dans les classiques, puis dans l’histoire contemporaine. En tant qu’étudiant, il a lutté pour l’existence d’un syndicat étudiant qui n’est pas inféodé au parti unique, le Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). En 1969, il a été arrêté pour la première fois pendant 15 jours, avec 400 autres étudiants qui appelaient à la pluralité des voix au sein du syndicat étudiant.

Le droit à la différence – que ce soit dans le domaine de syndicats, de partis politiques, de modèles économiques ou de la presse – est à la base de la lutte non-violente développée par Gbagbo depuis 1969. Quand en 1980, Félix Houphouët-Boigny a autorisé le vote au sein du parti unique Gbagbo a protesté: avoir la liberté de voter que dans un parti unique était pour lui une «déclaration dangereuse parce qu’elle réprime le droit d’être différent, un droit essentiel pour l’évolution d’un pays ». Il est devenu un professeur d’histoire dans un lycée à Abidjan et il a de nouveau été arrêté pour son activisme politique de Mars 1971 to Janvier 1973.

Gbagbo a lutté contre le régime du parti unique de Félix Houphouët-Boigny pour un système de multipartismes sur plusieurs fronts: d’une part, en analysant les mécanismes du régime répressif à travers ses livres et par des débats publics, et d’autre part en travaillant clandestinement à mettre en place un parti d’opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), parti qui a opté pour une transition non-violente à la démocratie. En 1980, il devient directeur de l’Institut d’histoire, d’art africain et d’archéologie de l’Université d’Abidjan. Accusé d’être l’instigateur d’un complot contre Houphouët-Boigny, « un espion libyen » et pire le « séparatiste militant du groupe ethnique Bété » Gbagbo en 1982, désireux de nier ces accusations, se protéger et de sensibiliser sur le dossier ivoirien il va en exil à Paris où il est resté jusqu’en 1988. Avant son exil, il avait déjà visité les trois quarts des villages de Côte d’Ivoire, mais le travail de «conscientisation» a poursuivi en exil, avec la création d’un réseau de structures du parti en Europe et la publication d’un programme politique, « Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique ». Pendant son exil, son épouse Simone Evihet, qui, selon Gbagbo lui-même a « , réalisé 60% de l’œuvre» et d’autres membres du FPI ont travaillé dans la clandestinité afin d’élargir la base du parti.

Quand Gbagbo est devenu président en 2000, il avait 30 ans de lutte non-violente derrière lui et avait été témoin de la réalisation en 1990 du premier point de son programme, un système multipartite.

L’année où il est arrivé au pouvoir, le courant de gauche du FPI a prévalu lors de leur congrès. Son gouvernement a institué immédiatement l’Assurance Maladie Universelle (AMU), l’assurance maladie universelle, une première en Afrique, critiquée par de nombreux ambassadeurs et des experts qui l’ont considéré trop coûteux pour un pays africain.

Il a introduit l’école gratuite et obligatoire pour tous, avec la possibilité d’accéder à des livres de texte. Il a initié une politique de décentralisation en donnant plus de pouvoir aux régions et a présenté une vision pour un développement régional ouest-africain.

Mais son gouvernement a duré moins de deux ans. En 2001, il y a eu le premier coup d’Etat connu sous le nom du coup d’Etat de « la Mercedes noire », suivi par le coup d’état du 19 Septembre 2002 qui a divisé le pays en deux.

Avec l’accord de Linas Marcoussis négocié par la France, Gbagbo a dû accepter que les rebelles, souvent illettrés, rejoingnent son gouvernement. La manifestation qui a suivi à Abidjan dans les jours qui ont suivi l’accord de paix de Marcoussis, souvent décrit comme un simple mouvement de jeunes patriotes, ressemblait plus à la protestation d’une nation entière, comme en témoignent des images prises par Sidiki Bakaba en Côte d’Ivoire et consignées dans un documentaire intitulé « La Victoire aux-nues »; deux millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur indignation face à l’accord. Gbagbo est également considéré comme un phénomène sociologique car il représente la naissance d’un État-nation et une classe moyenne intellectuelle qui a comme point de référence Abidjan, et non Paris.

Décolonisation tardive de la France

Michel Galy, politologue, écrit dans « Guerre à l’Afrique?, « La France en retard d’une décolonisation » que deux ministres français de la coopération et du développement, Jean-Pierre Cot sous François Mitterrand en 1982 et 25 ans plus tard, Jean-Marie Bockel sous Nicolas Sarkozy en 2008, ont tous deux été licenciés parce qu’ils avaient osé prononcer de la Françafrique, l’ingérence ombragé de la France en Afrique francophone. Dans l’ère post-soviétique, la politique française envers l’Afrique est devenue « une politique d’endiguement de la volonté de l’Afrique de l’autonomie et de sa migration hors du continent africain ».

De 1954 à ce jour, il y a eu au moins 122 interventions militaires françaises en Afrique sub-saharienne.

« L’état symbolique» de la France qui a besoin de légitimer son hégémonie utilise les médias français, qui, depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000 se comportent comme le bras droit du Quai d’Orsay, initiant une politique de désinformation et de diabolisation de Laurent Gbagbo et son gouvernement.

Pourtant, la Cour d’appel de Paris a condamné le journal Le Monde en 2006 pour diffamation, pour avoir publié que M. Gbagbo et son épouse, Simone Evihet, font utilisés les «escadrons de la mort. »

Auparavant, en 1986, l’hebdomadaire français Jeune Afrique a également été condamné deux fois par la Cour d’appel de Paris lorsque Laurent Gbagbo l’a poursuivi pour diffamation. Gbagbo a remportant les deux cas. Un jeune journaliste, franco-camerounaise, Theophile Kouamouo, a démissionné de Le Monde en 2002 parce qu’il ne pouvait pas accepter les modifications rédactionnelles malhonnêtes que le journal parisien a fait dans la conclusion de son article.

En 2004, le journaliste David Schneidermann analyse la presse française, qu’il accuse d’ethnocentrisme qui ressemble à la propagande de guerre et la tient coupable de détourner les lecteurs des faits: neuf soldats français ont été tués dans une frappe aérienne à Bouaké (un incident encore aujourd’hui investigué), mais la France, en représailles, détruit l’armée de l’air ivoirienne entière. En réaction, les Ivoiriens sont descendus dans les rues pour protester. Dans les jours qui ont suivi l’incident, l’armée française aurait ouvert le feu sur des manifestants désarmés, tuant 67 personnes et blessant plus de 2.000 ivoiriens, dont 500 ont subi des blessures permanentes.

En plus de la presse internationale, l’ONU a-t-elle aussi légitimé cette politique hégémonique? Deux exemples tirés de la crise post-électorale le montrent: le 27 Février 2011, le Secrétaire général Ban Ki-moon accuse la Biélorussie de violer l’embargo international qui empêche les ventes d’armes à la Côte d’Ivoire depuis 2004, indiquant que le Bélarus a fournir du matériels militaires au gouvernement de Laurent Gbagbo. Le lendemain, l’ONU a rectifié sa déclaration et le chef de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Le Roy, a fait ses excuses à la Biélorussie, étant donné que l’accusation était sans fondement.

En Mars 2011, l’ONUCI a dû refuser une autre accusation grave qu’il avait affiché sur son site Web – L’ONUCI a allégué que des fosses communes avaient été trouvés et les a attribués à Gbagbo, en disant que l’ONU avait été interdit de visiter les zones. Toutefois, un député norvégien, Lars Riise, est allé à la Côte d’Ivoire et après avoir découvert qu’il pouvait facilement visiter les zones et ne trouvant aucune trace de fosses communes, a organisé une conférence de presse dans laquelle il a dénoncé les «faux massacres » et la « manipulation des médias de la part de l’ONUCI qu’il trouvé irresponsable. « Le film La Francia dans Nero (France Noir) par le cinéaste d’investigation, Silvestro Montanaro, diffusé sur la télévision italienne Rai, le 3 Septembre 2012, dénonce le rôle de l’ONU dans la crise post-électorale.

En expliquant la crise de 2002 en Côte d’Ivoire comme la conséquence d’un état en décomposition, de la corruption, des élites égocentriques, des travailleurs étrangers, ou des groupes ethniques et / ou religieux, on « semble oublier une question cruciale: est-ce que l’élite post-coloniale de la Côte d’Ivoire pouvait se permettre de rompre brutalement avec la France? La privatisation apportée par les programmes d’ajustement structurel dans les années 1980 ivoirien a renforcé la dépendance et fait accroitre l’influence du capital étranger dans les secteurs clés de l’économie.

« A l’aube du 21ème siècle, France Télécom a acquis 51% de Citelcom et Orange était le plus grand fournisseur de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, le Groupe Bolloré détient 67% des actions de Sitrail qui opère le chemin de fer entre Abidjan et Ouagadougou, et a une position de quasi-monopole dans le secteur des transports (Saga) et de tabac (SITAB). Air France détient 51% des actions d’Air Ivoire, Bouygues, à travers sa filiale Saur a acquis la concession de la compagnie d’électricité Ciprel et 25% de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité et contrôle la compagnie nationale de l’eau, la Sodeci. Total et ELF ont 25% des actions de la SIR (Société ivoirienne de raffinage du pétrole), le secteur bancaire a été divisé entre la BNP, le Crédit Lyonnais et la Société Générale ».

Le gouvernement de Gbagbo, afin de ne pas suivre la voie de la privatisation qui avait conduit à une augmentation de 16% de la pauvreté de 1985 à 1988, a proposé la restructuration des entreprises publiques, au lieu de la privatisation comme un modèle pour un développement économique endogène.

Ahoua Don Mello, ancien Directeur Général de l’Office National d’Etudes et du Développement Technologique, explique comment ils ont pu sauver de nombreuses entreprises publiques et les ont rendu viables. Il explique également les difficultés rencontrées pour embrasser cette politique: par exemple dans le secteur de l’énergie, Bouygues avait stipulé un contrat en vertu duquel le gaz utilisé était acheté sur le marché international, plutôt que localement dans le pays. Ceci a causé l’augmentation du prix qui est passé de 8 à 45 Francs CFA le kilowatt en cinq ans. Le gouvernement de Gbagbo était en train de modifier cet aspect du contrat avec Bouygues quand les bombes ont commencé à tomber sur le pays. Aujourd’hui, sous Ouattara, le prix de l’électricité a augmenté pour le consommateur.

Gbagbo a décidé de commencer son histoire sur la Côte d’Ivoire dans sa thèse universitaire, « La Côte d’Ivoire, les économies et société à la veille de l’Indépendance en 1940« . Après la Seconde Guerre mondiale, le régime de Vichy a eu des répercussions dans le colonies, révélant le vrai visage de la colonisation. Cela a provoqué une rupture hégémonique qui a poussé les intellectuels à faire un pas en avant vers une forme d’indépendance, même si elle est incomplète. Mais Gbagbo a qualifié cette intelligentsia comme «pauvres», car elle ne traite pas de ce qu’il définit comme les questions cruciales du moment: le problème de la nation, l’Etat, l’impérialisme et la relation avec la puissance colonisatrice. Son «gouvernement des professeurs » a mis ces questions au cœur de leur agenda politique, bien que son gouvernement a été compromise. Par exemple, en Juillet 2008, un accord a été conclu avec la France qui a aboli sa présence militaire en Côte d’Ivoire: la base militaire du 43e Bataillon d’infanterie de marine (BIMA) a été intégré momentanément dans la force Licorne, et après la fin de la mission cette base militaire française partirait pour de bon, après des siècles de présence sur le sol ivoirien.

Des voix multiples

Bien qu’il est embarrassant de savoir vers quelles sources se tourner quand on est confronté à des preuves de la falsification de l’information, de la Côte d’Ivoire commence à raconter son histoire, déclinant des détails riches en événements pour reconstruire son histoire récente.

Les sources se multiplient, exposant les voix et des genres différents – des brochures, des récits historiques, des enquêtes, des témoignages, des romans, des journaux et des blogs, ainsi que des paroles de musique – qui soulignent la transformation d’un débat contradictoire dans une transformation plus profonde, une transformation de l’hégémonie culturelle.

Un court roman, « La Côte d’Ivoire, le pays déchiré de mon grand-père » de Sylvie Bocquet-N’Guessan est le point de vue d’un jeune étudiant d’origine ivoirienne vivant dans le nord de la France. Nous apprenons dans le roman que la RTI, la télévision nationale ivoirienne, a été censuré en France pendant la crise, mais les Ivoiriens de France et dans le reste du monde n’ont jamais été coupés de nouvelles fraîches de leur pays. Ils étaient en contact quotidien avec leurs parents et amis. Un écart évident entre ce qui a été dit à la radio, à la télévision et dans les journaux français et internationaux et ce que leur grand-père leur a dit via Skype. Cette dissonance a donné lieu dans un premier temps à l’indignation et à la naissance d’une variété de réponses qui est encore aujourd’hui en cours par le biais des blogs et des sites Web de « ivoirien, belge, canadien, du Camerounais, du Togolais, du Burkinabe et du Gabonais d’origines. » Dans l’histoire de la fille, sa mère se plaint qu’un musicien a été invité sur une chaîne de télévision française pour donner son avis sur le marché financier en Côte d’Ivoire. Elle réfléchit: «C’est comme si une télévision ivoirienne a invité le chanteur Johnny Halliday pour parler de la crise financière en France. Ne pensez-vous pas que le ministre du Budget serait plus approprié », la mère se lamente: « Ce qui est scandaleux, c’est que la France attaque. Vous voyez, nous payons des impôts pour tuer une partie de notre famille ».

Des « Contre-rapports » sont publiées qui discréditent les rapports officiels avec des faits et des explications. Par exemple, l’ONU a écrit dans son rapport d’enquête sur la crise post-électorale que la campagne de Gbagbo avait utilisé le slogan «Votez original 100% », qui auraient incité au meurtre de l’ethnie de M. Ouattara. Un contre-rapport par le ministre Alain Dogou explique cependant que le mot «original» dans le slogan se référait au programme politique de Gbagbo qui n’avait pas de fondements ethniques comme le faisait croire l’ONU. En fait, le même programme avait été copié par Ouattara pour sa campagne politique, d’où le « vote original» fait référence au «programme d’origine », c’est à dire celui de Gbagbo.

Dans la vision du film-portrait « Un homme une vision de Hanny Tchelley » Gbagbo dit « je t’aime Cicerone, mais depuis que je suis en politique, je préfère César, parce que César avait su l’importance d’une armée pour la construction d’un État-nation, mais aussi la nécessité de le soumettre au pouvoir civil. Nous n’avons pas fait de grands progrès sur le plan institutionnel, nous sommes encore dans l’antiquité. «

Avec le régime Ouattara (plus d’un millier de prisonniers politiques actuellement détenus pendant près de deux ans, la police et la gendarmerie sans armes, l’armée en déroute, le nettoyage ethnique dans l’ouest contre la population We, l’ancienne rébellion violente toujours pas désarmé, les réfugiés et des personnes déplacées d’urgence, le rétablissement de la base militaire française et de plusieurs ministres français au sein du gouvernement ivoirien, la privatisation effrénée, une presse persécutés et l’impossibilité d’organiser des manifestations) la Côte d’Ivoire est projeté en arrière de 50 ans dans la construction d’un Etat-nation.

L’Europe suivra-t-elle la politique de l’européanisation de l’armée française en Afrique? Est-ce que la multilatéralisation de sa politique étrangère profite au reste du monde? La crise ivoirienne met également en avant le besoin urgent de réformer le Conseil de sécurité, en augmentant le nombre de sièges permanents pour autres continents et en prévoyant une place pour l’Europe (en enlevant la France et l’Angleterre), afin de créer une arène de la gouvernance mondiale digne de recevoir le processus de démocratisation authentique.

 

Nicoletta Fagiolo, Janvier 2013.

 

Source: Le blog de Steve Beko

mercredi, 06 février 2013

MALI: «NOUS AURIONS DU HAUSSER LA VOIX DES LE JOUR OU DES CHARS DE COMBAT FRANÇAIS ONT FORCE LES GRILLES DU PALAIS DE GBAGBO»



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Boubacar Boris Diop sur le Mali, la France et l'Afrique : "Nous aurions dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo (...) Les Maliens ont perdu leur Etat et leur honneur"


Dans une interview accordée au journal sénégalais Le Pays au Quotidien, reprise par son collègue djiboutien Abdourrahmane Waberi sur son blog hébergé par Slate Afrique, l'écrivain Boubacar Boris Diop analyse les différentes implications de la guerre au Mali... et refuse d'applaudir à tout rompre la France officielle... qu'il qualifie de "pompier pyromane".

 

"Le danger, à mon humble avis, c’est d’analyser cette guerre comme un fait isolé. Tout le monde la relie à l’agression contre la Libye, mais pas avec autant d’insistance qu’il faudrait. Il ne suffit pas de dire que l’agression contre la Libye est en train de déstabiliser la bande sahélienne et toute l’Afrique de l’Ouest. Il faut la placer, de même que le « printemps arabe », au cœur de la réflexion sur le Nord-Mali. Nous devons peut-être même aller plus loin et nous demander si nous n’aurions pas dû hausser la voix dès le jour où des chars de combat français ont forcé les grilles du palais de Gbagbo. Il était possible, sans forcément soutenir Laurent Gbagbo, de bien faire savoir à Paris qu’une ligne rouge venait d’être franchie. Mais nous avons trop bien appris notre leçon sur la démocratie, on a inventé exprès pour nous des termes comme « bonne gouvernance » – qui donc a jamais entendu parler de la « bonne gouvernance » en Belgique ? – et nous en sommes venus à perdre tout sens des nuances et surtout la capacité d’inscrire des évènements politiques particuliers dans une logique globale.

(...) Il suffit de remonter le fil des évènements. Après avoir assassiné Kadhafi dans les conditions scandaleuses que l’on sait, L’Etat français a cru le moment venu de confier la sous-traitance de la guerre contre Aqmi et le Mujao à la rébellion touarègue. Comme vient de le rappeler Ibrahima Sène dans une réponse à Samir Amin, Paris et Washington décident alors d’aider les Touareg présents en Libye à rentrer lourdement armés au Mali mais, détail important, pas au Niger où on ne veut prendre aucun risque à cause d’Areva. Les Touareg sont ravis de pouvoir concrétiser enfin leur vieux rêve d’indépendance à travers un nouvel Etat de l’Azawad, allié de l’Occident.

Certains médias français se sont alors chargés de « vendre » le projet de ces « hommes bleus du désert » qui se préparent pourtant tout simplement à entrer en guerre contre le Mali. Il suffit de faire un tour dans les archives de France 24 et de RFI pour voir que le MNLA en particulier a été créé de toutes pièces par les services de Sarkozy. Ces stratèges savaient très bien que cela allait se traduire par l’effondrement de l’Etat malien et la partition de son territoire. Ça ne les a pourtant pas fait hésiter une seconde. Juppé s’est ainsi permis de minimiser l’égorgement collectif par les Touareg d’une centaine de soldats et officiers maliens le 24 janvier 2012 à Aguelhok et suggéré la possibilité d’un Azawad souverain au nord. Mais au bout du compte, le MNLA qui n’a pas été à la hauteur des attentes de ses commanditaires face aux jihadistes, s’est pratiquement sabordé, ce qui est d’ailleurs sans doute une première dans l’histoire des mouvements de libération. Dans cette affaire, la France est clairement dans le rôle du pompier pyromane. Tout laisse croire qu’elle va défaire les jihadistes, mais sa victoire coûtera aux Maliens leur Etat et leur honneur.

Je veux juste dire que c’en est fini pour longtemps de l’indépendance du Mali et de sa relative homogénéité territoriale. Il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’après s’être donné tant de mal pour libérer le Nord, la France va remettre les clefs du pays à Dioncounda Traoré et Maliens et se contenter de grandes effusions d’adieu. Non, le monde ne marche pas ainsi. La France s’est mise en bonne position dans la course aux prodigieuses richesses naturelles du Sahara et on la voit mal laisser tomber la rébellion touarègue qui reste entre ses mains une carte précieuse. Un épisode de cette guerre est passé inaperçu, qui mérite pourtant réflexion : la prise de Kidal. On en a d’abord concédé la « prise » à un MNLA qui n’a plus aucune existence militaire et quelques jours plus tard, le 29 janvier, les soldats français sont entrés seuls dans la ville, n’autorisant pas les forces maliennes à les y accompagner. Iyad Ag Ghali, patron d’Ansar Dine, discrédité par ses accointances avec AQMI et le MUJAO, est presque déjà hors jeu et son rival « modéré » Alghabasse Ag Intalla, chef du MIA, est dans les meilleures dispositions pour trouver un terrain d’entente avec Paris. En somme, les indépendantistes Touareg vont avoir après leur débâcle militaire un contrôle politique sur le nord qu’ils n’ont jamais eu. C’est un formidable paradoxe, mais l’intérêt de l’Occident, c’est un Etat central malien sans prise sur la partie septentrionale du pays. Les pressions ont commencé pour obliger Dioncounda Traoré à négocier avec des Touareg modérés sortis de la manche de Paris et on ne voit pas un président aussi affaibli que Dioncounda Traoré résister à Hollande. Que cela nous plaise ou non, le « printemps arabe » est en train de détacher définitivement l’Afrique du Nord du reste du continent et la « nouvelle frontière » c’est en quelque sorte le Nord-Mali. Cela correspond à un projet stratégique très clair, très cohérent, de l’Occident et il est en train de le mettre en œuvre."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 05 février 2013

LE COMMANDANT ABEHI ET JEAN-YVES DIBOPIEU ARRETES AU GHANA, EXTRADES ET DETENUS DANS UN LIEU SECRET PAR OUATTARA

 

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Les services secrets ghanéens du BNI ont arrêté le Commandant Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu, un jeune patriote ivoirien, hier après-midi au Ghana, selon des sources concordantes.

Les deux exilés,  le Commandant de Gendarmerie Jean Noel Abéhi et le jeune patriote Jean-Yves Dibopieu, après une brève détention dans les locaux du BNI à Accra, ont été extradés, tôt ce mardi 5 février 2013, selon les mêmes sources.

"Très tôt ce mardi 05 février 2013 à 05h00 du matin, à la frontière ivoiro-ghanéenne,  les services secrets ghanéens ont procédé à la remise des deux (2) exilés au Commissaire Youssouf Kouyaté, Directeur des Unités d’Intervention des FRCI, chargé de les conduire à Abidjan", a précisé une source proche de la hiérarchie des FRCI.

La même source indique que le Commandant Abéhi de la Gendarmerie et Jean-Yves Dibopieu sont détenus dans une prison secrète du régime Dramane Ouattara, depuis ce matin mardi, à 09H.

Pour rappel, le Commandant Jean-Noël Abéhi de la gendarmerie a dirigé le camp de Gendarmerie d’Agban qui a essuyé les bombardements de l’armée française en avril 2011. Il est allé en exil, après la crise postélectorale et depuis toujours, le régime Dramane Ouattara avait le sommeil troublé à l’idée de savoir que ce très respecté Commandant est en exil. Maintenant que Ouattara et ses FRCI tiennent le Commandant Abéhi, tous les ivoiriens redoutent que le régime Dramane Ouattara torture le Commandant Abéhi, comme cela a été le cas pour les autres extradés.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

Ghana: Jean-Noël Abéhi et de Jean-Yves Dibopieu pris et conduits à Abidjan. Comment?

 

Ce matin, l'agence de Presse Alerte-Info annonçait l’arrestation au Ghana du Commandant Jean-Noël Abéhi et de Jean Yves Dibopieu, ce lundi soir (ndrl: Hier). L’information précisait qu’ils  étaient déjà en cours de  transfert par la route vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La nouvelle s’est très vite répandue dans le milieu des refugiés et exilés Ivoiriens du Ghana, ce matin, chacun prenant attache avec qui il peut pour en savoir plus. Il ressort de mes premiers contacts que Jean-Yves Dibopieu n’avait pas donné signe de vie depuis hier soir. Ses proches ici ne s’en étaient pas vraiment inquiétés jusqu’à ce que nous entrions en contact avec eux pour vérifier cette nouvelle. Dibopieu reste injoignable au téléphone et ne s’est pas manifesté depuis. Ce qui donne du crédit à cette alerte qui se confirme quasiment.  Le schéma est quasi identique pour le Commandant Abéhi.

Mais cette fois, le nom du BNI (Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) n’est pas encore cité dans cette nouvelle affaire sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Ghana voisin où sont refugiés des milliers d’Ivoiriens qui ont fui le régime brutal du putschiste Alassane Dramane Ouattara, depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.


En l’état actuel des choses, la question légitime sera de demander à savoir comment ces deux exilés Ivoiriens ont été arrêtés et transférés en catimini vers Abidjan? S’agit-il d’une arrestation légale en bonne et due forme ou d’un rapt des hommes du despote d’Abidjan? Affaire à suivre donc.


Claudus Kouadio – Accra (Ghana)


Source: Le blog de Claudus

lundi, 04 février 2013

OUATTARA LANCE UNE FATWA CONTRE LES PRO-GBAGBO A ACCRA

 

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Depuis qu’ils ont réussi à pécher le président du Cojep dans le marigot ghanéen, des agents d’Interpol, appuyés de certains éléments des forces de sécurité du pays de Jerry Rawlings et d’autres venus d’Abidjan, ne se donnent pas de répit pour mettre le grappin sur les Ivoiriens exilés.

 

Plus de peur que de mal pour Mosis Christian-Pierre, un exilé ivoirien au Ghana. Enlevé mercredi 23 janvier dernier à Accra, il a finalement été libéré le 29 janvier à 19 heures par le Bureau of National Investigation (BNI), équivalent local de la DST. Un autre réfugié ivoirien, Koffi Serge alias «Anaconda», a eu moins de chance. Arrêté selon le même modus operandi, il est toujours porté disparu au moment où nous mettons sous presse. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été extradé dans des conditions extrajudiciaires ou enlevé par des éléments venus directement d’Abidjan dans le cadre d’une opération en marge de la légalité ? En tout cas, il ne se trouve pas au BNI, ce qui inquiète profondément la communauté des réfugiés ivoiriens…

Dans ce climat de traque des réfugiés politiques ivoiriens au Ghana par le régime Ouattara, l’ancien ministre du gouvernement Aké N’Gbo, Charles Rodel Dosso, le leader de la galaxie patriotique et Gohourou Claude, ancien responsable d’association de défense des victimes des déchets toxiques, en conflit avec Adama Bictogo dans le cadre du scandale qui lui a valu son poste de ministre de l’Intégration africaine, ont échappé récemment à un enlèvement, alors qu’ils se trouvaient ensemble, selon des informations parvenues à la rédaction du Nouveau Courrier. Il y a une dizaine de jours, poursuivent nos sources, l’ex-DG de la douane, Alphonse Mangly, a vu sa maison d’Accra attaquée par des hommes armés qui seraient vraisemblablement venus le kidnapper. Il a échappé in extremis à un enlèvement.

Depuis ces différentes tentatives d’enlèvements ciblés à Accra, c’est la psychose au sein des exilés pro-Gbagbo qui soupçonnent certains des leurs de servir d’infiltrés à la solde du régime d’Abidjan, en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

L’attitude des autorités ghanéennes difficilement lisible

Le hic, c’est que Interpol et des agents venus de Côte d’Ivoire en mission opèrent à leur guise. Alors que le Parlement ghanéen avait voté une loi en session extraordinaire accordant le statut de refugiés politiques à tous les Ivoiriens exilés au Ghana depuis la guerre post-électorale. Et ce, deux jours avant la visite à Accra d’Alassane Dramane Ouattara, le 6 octobre 2011. La carte bleue d’exilé avait été ensuite distribuée. Elle place les victimes du régime d’Abidjan sous la protection de la Constitution ghanéenne et interdit l’extradition d’un exilé politique dans son pays.

Les autorités ghanéennes vont-elles laisser piétiner leur propre loi en regardant opérer librement Interpol sur leur territoire ? Cette traque sournoise s’opère-t-elle avec leur bénédiction ?

Au cours d’une de ses sorties publiques en décembre dernier, après l’élection de John Dramani à la tête de l’Etat ghanéen, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, avait déclaré que le rapatriement des exilés politiques était une question de temps. Est-ce ce processus qui s’opère de la façon la plus brutale ? Les autorités ghanéennes gagneraient à éclairer la lanterne de l’opinion.

 

Gilles Naismon, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


SourceEBURNIENEWS

samedi, 02 février 2013

LE PONCE-PILATISME DES EVEQUES DE COTE D'IVOIRE

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Habitués au silence de cloître qu’elle nous a toujours proposé comme solution aux problèmes de la Cité, nous avons été surpris d’apprendre que la conférence épiscopale, au terme de sa dernière assemblée à Korhogo[1], a produit une déclaration relative à la situation politique de notre pays. Si nous sommes d’accord avec nos évêques que notre pays n’est pas encore sorti de la crise, nous pensons en revanche qu’ils ne proposent aucune solution nouvelle ; nous estimons donc qu’ils auraient pu continuer à garder ce silence que certaines personnes considèrent à juste titre comme une complicité avec un régime dictatorial et franc-maçonnique. Pourquoi ont-ils parlé alors qu’ils auraient mieux fait de la boucler ? Pour avoir un document administratif dans leurs archives et pouvoir dire demain: «on l’avait dit ici.»

Nos évêques soulèvent des questions surprenantes qui montrent bien qu’ils sont déconnectés de ce qui se passe dans notre pays depuis le 11 avril 2011. Les Ivoiriens savent comment sont et seront gérées les questions qui ont trait à la réconciliation et au foncier. Chers évêques, il ne s’agit pas de venir demander aux Ivoiriens, en vous appuyant sur une Bible dont il n’est pas sûr que vous la lisiez bien, de se laisser réconcilier avec Dieu au nom du Christ. Messieurs les évêques, il ne s’agit pas non plus de faire acte de contrition devant nous (nous vous laissons avec votre conscience si vous en avez encore une) ou de nous demander d’accepter l’inacceptable. La manœuvre est certes belle, mais elle est peu convaincante et elle ne vous honore pas.

S’agissant justement de la réconciliation des Ivoiriens, au lieu de louvoyer, posez-vous courageusement les questions que les autres Ivoiriens se posent : qui a remporté l’élection présidentielle de 2010? Pourquoi toutes les précédentes n’ont pas eu pour résultat le bombardement du palais présidentiel par la France et une société aussi divisée ? La réponse à ces questions est essentielle si nous voulons parvenir à ce que le professeur Dedy Sery a appelé « la Vérité Historique », c’est-à-dire à cette vérité qui console tout le monde, qui s’impose avec douceur et force. Cette vérité, loin de relever d’une gageure, existe. Elle existe et c’est en son nom que l’Eglise catholique établit, aujourd’hui et sans difficulté, sa liste de papes et d’antipapes.

Tous les Ivoiriens savent que la réconciliation menée actuellement par Charles Konan Banny et sa clique est un leurre, tout comme ils savent que la réconciliation prônée par le régime n’est rien d’autre qu’une réconciliation-capitulation. Messieurs les évêques, sachez que, jusqu’en 2013, des Ivoiriens ne sont toujours pas entrés en possession de leurs maisons à Bouaké, que le président Gbagbo est captif de ses bourreaux à la Haye depuis une année et que ses compagnons sont depuis 2011 soit en exil, soit en prison. Par conséquent, venir faire une déclaration fade et plate deux ans après comme si c’est maintenant que vous l’appreniez est franchement méchant, lâche et irresponsable de votre part. De plus, en faisant allusion au « rattrapage ethnique » de Ouattara une année[2] après que de nombreux Ivoiriens ont subi les conséquences de cette politique insensée et raciste confirme votre éloignement du peuple. Enfin, vous citez comme des perroquets Africae Munus du pape Benoît XVI. Messieurs les évêques, votre Benoît XVI est mal placé pour parler de réconciliation. Nous ne comptons ni sur lui ni sur vous pour réconcilier les Ivoiriens. Ce que dit Benoit VXI sur la réconciliation ne nous intéresse pas pour la simple raison qu’il a pris fait et cause pour le candidat de l’étranger par le biais du cardinal Peter Turkson[3] pour qui le président Gbagbo devait quitter le pouvoir. C’était aussi la position d’Ambrose Madtha mais, comme Dieu déteste le faux et l’injustice, on sait ce qui lui est arrivé, le 8 décembre 2012. Et il n’est pas impossible que soient frappés d’autres prétendus serviteurs de Dieu ayant vendu leur âme au diable pour un plat de lentilles. Quant à vous, nos évêques, vous avez agi ici comme une Cinquième Colonne au profit de l’Etat du Vatican qui, au dire de Mgr Pedro Casaldáliga (Catalan et ancien évêque de Sao Felix de Araguaïa au Bresil), devrait être supprimé si on veut une Eglise marchant dans les traces de Jésus qui refusa que la foule le fasse roi apres la multiplication des pains (Jn 6, 15)[4]. Dommage que vous n’ayez pas eu le même courage que Mgr Raymond-Marie Tchidimbo (Guinée), Mgr Desmond Tutu (Afrique du Sud), les cardinaux Joseph Malula (RDC) ou Christian Tumi (Cameroun) ! Dommage que vous ayez trahi les Ivoiriens pour quelques deniers diaboliques mais soyez assurés que cette trahison vous hantera comme celle de Judas !

En ce qui concerne la manière dont vous abordez la question du foncier rural, notre surprise est encore plus grande. Maîtrisant l’art de la circonlocution, vous n’osez pas mettre les pieds dans le plat, mais nous les mettrons pour vous. Les étrangers, principalement les Burkinabè et les Nordistes selon le mensuel français Le Monde diplomatique[5] , ont envahi et continuent d’envahir l’Ouest et le Centre-Ouest de notre pays. Cela signifie que la loi de 1998, portant sur le foncier rural et votée à l’unanimité à cette époque, n’a jamais rencontré l’assentiment du candidat de l’étranger. La preuve est que, pour lui, « Il faut avoir le courage de s’attaquer au foncier rural, ce que personne n’a fait jusqu’alors. Je vais le régler, d’autant que je dispose d’une majorité solide à l’Assemblée. Les ministres de la Justice et de l’Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété »[6]. L’Assemblée dont il parle est celle qui a pour chef Soro Guillaume, c’est-à-dire celui qui devant les Wè de Belgique indignés de voir leur terre illégalement occupée par les Burkinabè, eut cette réponse : «Les Burkinabè sont des êtres humains. Vous, vous êtes assis ici, vous n’êtes pas Belges. Les Burkinabè sont des êtres humains. Mais d’où vient cette fierté injustifiée, condescendante de traiter des êtres humains comme des bêtes ? C’est inacceptable ! Laissons les ressentiments (…) Vous pensez que c’est en étant haut dans le verbe que le problème sera réglé en Côte d’Ivoire ? On se trompe. C’est en adoptant le profil bas, en contribuant à l’apaisement qu’on y trouve son compte.»[7] Avant Soro, un des vôtres, l’évêque d’Odienné, tenait un jour les propos suivants: « Non, ce n’est pas la Côte d’Ivoire qui a fait les autres pays; mais ce sont les ressortissants des autres pays qui ont investi sur cette terre généreuse de la Côte d’Ivoire, faisant de notre pays un pays essentiel dans la sous région. Nous le savons tous; et nous devons nous le dire pour nous convertir à l’intégration africaine qui demande que chacun se lève pour rencontrer l’autre. »[8] Les étrangers auraient-ils le droit de nous déposséder de notre pays parce qu’ils y ont travaillé à un moment donné ? Les Italiens ou Portuguais, qui ont travaillé en France, ont-ils un jour exigé que la France leur revienne ? Et puis, Burkinabè, Maliens et Guinéens ont-ils travaillé chez nous gratuitement ? Et qui les empêche de développer leurs pays respectifs ? De qui Antoine Koné se moque-t-il ? Messieurs les évêques de Côte d’Ivoire, pourquoi vous est-il difficile de dire ces vérités ? Vous préférez jouer le rôle de médecin après la mort mais ce rôle ne vous réussira pas. Après avoir moralement accompagné tous les actes de ce régime, vous croyez venir nous prévenir d’un danger. Les Ivoiriens ont toujours compris que leur pays courait un grand danger avec ce pion de la France. Le mal est fait mais nous nous débrouillerons sans vous et sans vos prières pour sauver ce qui peut encore l’être dans notre pays, puisque vous au moins vous appartenez à l’Etat du Vatican. Sachez, messieurs les évêques, que votre inaction que vous cachez derrière la prière est et restera improductive, tout comme la prière de Saint François d’Assise que certains ont substituée sans raison valable à la prière des évêques pour la paix. D’ailleurs, l’un des fils[9] de ce dernier a-t-il jamais été artisan de paix ?

Vous constaterez par vous-mêmes les conséquences de l’admirable et courageuse sortie du cardinal André-Vingt Trois (archevêque de Paris) sur le projet du ‟mariage pour tousˮ en France. Voici quelqu’un qui connaît son rôle dans la société française. Certains diront que ce n’est pas la même chose, d’accord. Mais qu’est-ce que nos évêques ont dit quand leur poulain faisait disparaître les termes sexués de « mari » et de « femme » au profit de celui asexués d’« époux » dans le code civil ivoirien ? Le débat sur la notion de chef de famille n’était qu’un écran de fumée subtil pour imposer ce terme asexué. Pour ceux qui ne le sauraient pas, ces termes servent de base pour la légalisation des mariages homosexuels. Pour preuve, le Québec à remplacé les termes de Père et Mère de son code civil par ceux de « pourvoyeur de forces génétiques » tandis que l’Espagne pour les mêmes objectifs les remplaçait par les termes « progéniteur 1 et progéniteur 2 ». Avons-nous entendu nos évêques se prononcer sur la modification de notre code civil ? Ont-ils condamné le sacrilège de Songon (des FRCI ont déféqué dans le ciboire de l’église paroissiale après avoir répandu les hosties consacrées par terre)?

Chers évêques, nous avons été heureux de vous lire et d’apprendre que ce n’est pas le Christ mais Ponce Pilate qui est votre modèle. Il est vrai que nous sommes tous pécheurs mais faisons l’effort de comprendre avec André Lanson que, « si la « libération d’Israël avait été une chose spirituelle, qui affecte seulement les relations intimes et religieuses de l’homme avec Dieu, dans le secret de l’âme, Jésus n’aurait eu aucune difficulté»[10].



Djaban

Un chrétien catholique


[1] Du 14 au 20 Janvier 2013.

[2] L’Express, n°3160 du 25 Janvier 2012, interview réalisée par Vincent Hugeux.

[3]http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Le-cardinal-Turkson-demande-a-Gbagbo-d-accepter-les-resultats-des-elections-_NG_-2011-04-13-586472

[4] El Pais du 29 octobre 2003.

[5] Le Monde diplomatique, n°702 de Septembre 2012, p8.

[6] L’Express, n°3160 du 25 Janvier 2012, interview réalisée par Vincent Hugeux.

[7] http://actualite.ivorian.net/page/?p=1124

[8] Le Nouveau Réveil du lundi 8 mars 2010.

[9] Saint François est le fondateur de l’ordre des Franciscains dont fait partie Mgr Siméon Ahouana (archevêque de Bouaké).

[10] André Lanson, Libérer les opprimés, Editions du Cerf, p.83

vendredi, 01 février 2013

CHARGES CONTRE GBAGBO: DU FAUX FABRIQUE AU SIEGE DU RDR - UN SCANDALE DE LEGERETE ET DE MALHONNETETE

 

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La procureure Fatou Bensouda, de la Cour pénale internationale.


Du faux fabriqué au siège du RDR

«…les forces pro-Gbagbo, qui avaient jusqu’alors, eu recours aux moyens habituellement destinés à assurer le maintien de l’ordre, ont utilisé des armes lourdes plus sophistiquées, dont des fusils-mitrailleurs, des grenades à tube, des mortiers, des lance-roquettes multiples, des chars d’assaut, des véhicules de reconnaissance et d’appui dotés de mitrailleuses lourdes et des canons antiaériens». Ceux qui ne le savent peut-être pas penseraient sûrement que ce texte est tiré de l’un des nombreux brulots qui entonnent chaque jour des hymnes à la gloire de Ouattara. Tant il ressemble trait pour trait, aux chants anti-Gbagbo qu’on entonne régulièrement à la Rue-Le Pic, siège du Rdr. Tout compte fait, il y a rien d’étonnant, puisse que ce rapport à été écrit depuis le siège de ce parti pour être remis clé en main, à la Cpi. C’est pourquoi on y trouve à profusion, ces incongruités qui sont bien le propre de ce parti. La Cpi laisse croire que pour contenir une «marche pacifique» du Rdr le 16 décembre 3010, le Président Gbagbo s’est vu contraint de déployer armes lourdes. Alors que ce jour-là, Ouattara et Soro ont bien dit qu’ils partaient prendre la Rti. Lance-roquettes et autres kalaches ont donc été déployés depuis le Golf Hôtel, Qg de Ouattara par ces derniers pour cette «marche» qui est en fait une déclaration de guerre contre la Côte d’Ivoire. Sur les écrans des télévisions du monde entier, ceux qui ont des yeux pour voir ont vu des chefs de guerre sortant du Golf Hôtel ce matin du 16 décembre avec des armes lourdes. Il n’y a que les enquêteurs de la Cpi qui n’on pas vu ça. Parce qu’ils avaient depuis longtemps décidé de tordre le coup au droit. Pour fermer les yeux sur des crimes, ou ennoblir des criminels jamais connus dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Et pour bien entretenir ce faux, voila ce que dit la Cpi à propos du Président Gbagbo. «Ce dernier était intrinsèquement criminel». On croit rêver. Et pourtant, c’est du Président Gbagbo que parle Fatou Bensouda. Que dira-t-elle de Soro et ses parrains alors? Ainsi va la justice de la Cpi qui ne fait qu’ériger en héros, tous les criminels par la victimisation des bourreaux. Heureusement que l’Histoire, la vraie Histoire de la Côte d’Ivoire est en train de s’écrire contre la volonté de Ouattara et ses parrains qui n’ont d’yeux que pour ce que la Côte d’Ivoire a comme richesses.


Gueye Brence

Charges contre Gbagbo: Un scandale de légèreté et de malhonnêteté

 

La version dite «publique expurgée» du «Document amendé de notification des Charges» de la Cour pénale internationale (Cpi) brandie contre le Président Laurent Gbagbo, est un scandale de légèreté et de malhonnêteté. Dont le seul but est loin de rendre justice, mais d’écarter un adversaire politique.Observons ceci, au chapitre 22, au titre de (E. Exposé des faits en cause au regard des éléments du chapeau de l’article 7 et 1. Attaque contre une population civile) : «Bien que les Fds aient parfois participé à des opérations militaires contre le prétendu commando invisible, groupe armé basé à Abobo et censé être acquis à la cause de Ouattara, les attaques dont il est question en l’espèce ont été commises à l’encontre de civils dans le cadre de la Politique, qui consistait à attaquer les partisans présumés de Ouattara afin de maintenir Gbagbo au pouvoir coûte que coûte. Ainsi qu’il est précisé dans d’autres parties du présent document, les attaques ont été orchestrées et dirigées par Gbagbo et ses proches.» Dans un conflit comme celui dont a souffert la Côte d’Ivoire, tous les observateurs ont suivi le rôle joué par les hommes du pro-Ouattara, Ibrahim Coulibaly dit «le général IB», dans la commune d’Abobo, pour la prise de la ville d’Abidjan. Alors qualifier le commando invisible d’Ib, qui fut une terreur réelle pour les populations abidjanaises, de «prétendu commando invisible», pour une justice internationale sensée être juste, est la preuve palpable que la Cpi est une officine politique encagoulée sous les apparences de justice. Et que dire si Sémefia Sékou ou «Colonel Sékouba», Com’théâtre des Opérations de ce groupe armé pour Ouattara, avoue de sang froid dans le livre-révélations «Le Commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan» (L’Harmattan 2012), ce qui suit? Question : «De combien d’éléments était composé le Commando invisible pendant cette guerre de 2010-2011 ?» Réponse : «Nous avions 5400 hommes sur le terrain. C’est notre clan qui était majoritaire dans cette belligérance. » Question : «Comment opériez-vous à Abobo ?» 

Réponse : «Nous avions d’abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d’Abidjan pour pouvoir venir envahir la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d’Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c’est par le train qu’on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N’Dotré, à Abobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l’acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C’est là qu’on a commencé sous les consignes et ordres de l’Onuci. C’est l’Onuci qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout. Par la suite, nous avons envahi Anyama, Anonkoua Kouté, Bocambo et les zones Abobo Centre, Ouest, Nord. Lorsqu’on a pris le contrôle d’Abobo en commençant par Abobo ouest, vers Akéikoi, dans le rayon du camp commando d’Abobo, on a pris davantage de confiance. Mais comme on n’arrivait pas à déloger les hommes du camp d’Abobo, on avait demandé des renforts en armes lourdes que la Licorne nous avait promises.» P.36. Avec des détails aussi rigoureux et impressionnants, de quel ridicule se couvre la Cpi ! En niant des évidences les plus élémentaires et faisant de la coupure des journaux pro-Ouattara sa seule source de documentation, la Cpi affiche sa lutte contre l’équité pour défendre des intérêts, non du peuple de Côte d’Ivoire, non même de l’humanité, mais d’un groupuscule d’impérialistes manipulateurs. Au point 62 du document de la Cpi, relatif à l’«Existence d’un plan commun entre Gbagbo et les membres de son entourage immédiat», on lit ceci : «Le Général Philippe Mangou occupait le poste de chef de l’Etat-major. Il a démissionné de son poste le 31 mars 2011, à la suite de quoi Dogbo Blé a été nommé chef de l’Etat-major par intérim.» La Cpi affirme des choses qui relèvent des supputations et des ragots, malheureusement, cela dans le cadre d’une accusation contre un honnête homme politique. C’est vrai que le Général Philippe Mangou s’était mis à l’abri, dans une ambassade, à un moment de la crise postélectorale. Mais de là, à parler de sa démission et de la nomination du Général Dogbo Blé comme «chef de l’Etat-major par intérim», on se demande selon quel document officiel, la Cpi dit ces choses. Pourquoi ne parlerait-elle pas alors et aussi, de nomination du Commandant Konan Boniface comme «chef de l’Etat-major par intérim» qui, à un moment donné, a eu à diriger des opérations de résistance de ses troupes? Avec le dossier «Laurent Gbagbo», la Cpi achève de convaincre les observateurs qu’elle ne mérite aucun crédit.


Germain Séhoué

 

Source: Le quotidien ivoirien "Le Temps".

jeudi, 31 janvier 2013

LA MANIPULATION DE LA CPI CONTRE GBAGBO MISE A NU

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Les failles du dossier de Bensouda contre Gbagbo


La procureure près la CPI n’en finit pas de se ridiculiser et de prouver aux personnes de bonne foi ayant une bonne connaissance de la Côte d’Ivoire et une bonne intelligence des concepts que l’institution dans laquelle elle officie est un jouet idéologique aux mains des puissances occidentales. Et non une juridiction digne de respect.

Est-ce le signe d’un léger mouvement de panique ? En tout cas, alors que le bureau du procureur près la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye avait fondé toutes ses charges contre l’accusé Laurent Gbagbo autour du concept de «coauteur indirect» de crimes contre l’humanité, il change brutalement de braquet en s’appuyant sur l’article 25-3-d du statut de Rome. C’est en tout cas ce qu’il est donné de voir dans la version publique expurgée du «document amendé de notification des charges» datée du 25 janvier dernier, et rendue publique hier.

«Jusqu’ici, Laurent Gbagbo était poursuivi pour crimes contre l’humanité en qualité de co-auteur indirect des meurtres, viols, actes inhumains et persécutions commis, sous ses ordres, par ses partisans. Désormais, le procureur a ajouté une nuance à ses accusations, en poursuivant aussi l’ex-chef d’Etat ivoirien pour sa responsabilité directe dans la mise à exécution des crimes. Cette nuance – juridiquement très technique – vise, pour le procureur, à augmenter ses chances d’obtenir la mise en accusation de l’ancien chef d’Etat», explique le site Internet de la BBC. Il semblait en tout cas curieux d’emblée qu’un «coauteur indirect» soit la seule personne à comparaître devant les tribunaux internationaux alors que les «auteurs directs» désignés par la CPI ne s’y trouvent pas… et que certains d’entre eux, comme Philippe Mangou, chef d’état-major des Forces de défense et de sécurité au moment des faits et nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon, ont même été promus…

Mensonges, omissions, légèretés…

L’audience de confirmation des charges devra permettre de répondre à une question: y a-t-il eu une «politique», un «plan commun» de nature criminels mis en place par Laurent Gbagbo pour «rester au pouvoir» par tous les moyens ?

D’ores et déjà, on peut imaginer que le prouver sera particulièrement difficile pour le procureur. Qui tentera d’impressionner les juges et de leur dire, en substance : «C’est vrai que je n’ai pas la preuve absolue de mes allégations. Mais avec toutes les accusations qui viennent de partout contre cet homme, mieux vaut juger au fond, et ne pas prendre le risque de relâcher ce Gbagbo contre qui les Nations unies et Human Rights Watch ont écrit des choses aussi graves.»

En tout cas, le document de notification des charges que défendra Fatou Bensouda est, par endroits, particulièrement léger. «Gbagbo était déterminé à rester au pouvoir. Quelque temps avant l’élection de 2010, aidé par des membres de son entourage immédiat, parmi lesquels Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé, il a adopté une politique visant à attaquer son rival politique Alassane Dramane Ouattara (Ouattara) ainsi que des membres du cercle politique de celui-ci, ainsi que des civils considérés comme ses partisans, dans le but de conserver le pouvoir y compris par la force létale», écrit Bensouda. Comment se fait-il que dans ce contexte, Ouattara et ses proches ont pu faire campagne librement dans le Sud du pays contrôlé par les Forces de défense et de sécurité (FDS), tandis que Gbagbo et ses lieutenants, agresseurs désignés, ont fait les frais de violences inouïes de la part des victimes désignées ? Mystère.

« Avant l’élection, Gbagbo a pris des dispositions dans la poursuite de la Politique pour faire ensortede se maintenir au pouvoir en cas de défaite électorale. Il a consolidé son autorité absolue ainsi que le contrôle qu’il exerçait sur les Forces de défense et de sécurité ivoiriennes (FDS)», écrit Bensouda. En quoi le renforcement du lien entre l’armée et le chef supérieur des armées, auquel la Constitution donne l’autorité absolue sur les troupes nationales, estil la preuve d’un plan de refus anticipé du verdict des urnes ? Dans les démocraties avancées, le chef de l’Etat distend-il ses relations avec les militaires avant l’élection présidentielle ? Les mesures sécuritaires prises par Laurent Gbagbo n’étaient-elles pas tout simplement liées à la situation particulière de la Côte d’Ivoire,qui allait aux urnes avec une rébellion qui n’avait pas désarmé et qui constituait un véritable danger pour la Nation, au-delà d’un quelconque pouvoir ? Les accusations de Bensouda traduisent un prisme partisan frappant…

Cette manière de présenter les faits de manière totalement biaisée est omniprésente dans le document de Bensouda. Qui annonce que le président du Conseil constitutionnel était «un allié» de Gbagbo sans noter que celui que la Commission électorale indépendante était un cadre de la coalition soutenant Ouattara.« Les deux candidats se sont proclamés simultanément Président de la Côte d’Ivoire», ment Bensouda. Qui a pourtant affirmé plus haut que c’est le Conseil constitutionnel qui a fait prêter serment à Gbagbo (comme le veut la Constitution), tandis que Ouattara a prêté serment par écrit (ce qui n’a aucune valeur juridique).

Au point 10 de son document, Bensouda écrit :« Dès l’annonce des résultats provisoires de l’élection par la CEI, Gbagbo a donné l’ordre à ses forces armées d’assiéger l’hôtel du Golf et ses résidents». Cette affirmation est rigoureusement fausse. La liberté d’aller et de venir de l’hôtel du Golf était garantie jusqu’à la marche insurrectionnelle du 16 décembre 2010, qui visait à conquérir militairement la RTI.

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Gbagbo aurait ciblé les communautés de l’Ouest, «traditionnellement» favorables à Ouattara!

En son point 14, le document de Bensouda situe le début du conflit armé entre FDS et FRCI pro-Ouattara au 25 février 2011. Sur quelle base cette date a-t-elle été choisie ? Bensouda refuse catégoriquement deciter le «commando invisible» parmi les forces pro-Ouattara en dépit des déclarations d’officiels – y compris le ministre des Mines et de l’Energie dudit Ouattara – revendiquant la paternité de cette milice armée meurtrière.

En son point 21, ce texte, tout à son «enthousiasme» orienté, finit par dire que «les nombreuses communautés de l’ouest de la Côte d’Ivoire» sont «traditionnellement acquises» à Ouattara, ce qui fait qu’elles ont été ciblées par Gbagbo. Doit-ons’attendre à ce que demain, la CPI nous apprenne que les massacres à caractère génocidaire de Duékoué ont été commandités par Gbagbo ? A l’allure où vont les choses…

En son point 21, Bensouda prétend que les maisons des pro-Ouattara et des membres des ethnies considérées comme telles «étaient souvent marquées, soit avec les lettres D (Dioula) ou B (Baoulé) soit avec une croix peinte en noir, pour que les assaillants puissent les identifier».

Volonté objective de tromper ! En réalité, ces mentions sont le fait des agents du ministère de santé, qui les utilisaient dans le cadre des campagnes de santé publique, pour signaler les maisons déjà visitées. Tout le monde le sait en Côte d’Ivoire, mais Fatou Bensouda compte sans doute sur le fait que ce sont des étrangers qui ne savent rien aux réalités ivoiriennes qui jugeront Gbagbo. Mais qui peut sérieusement croire que l’ange de la mort écrit avec de la craie blanche, alors qu’il suffit d’un peu d’eau pour faire disparaître ses marques ?

Le reste du document accusatoire produit par Bensouda est à l’avenant. Le procureur près la CPI additionne bavures réelles des FDS, méfaits imaginaires et témoignages confus pour les attribuer en vrac à… Gbagbo. Elle confond allègrement mesures de protection du territoire et attaques ayant pour but de tuer. Elle tente ainsi de criminaliser les dispositions prises pour «empêcher tout accès à la RTI» le 16 décembre 2010. Elle ose dire, en dépit des nombreuses vidéos disponibles, que les manifestants pro-Ouattara qui allaient prendre la RTI n’étaient pas armés.

Après avoir fini de lire le document de Bensouda, l’on est tenté de dire que, par son interprétation violemment partisane et volontairement manipulatrice de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, la justice internationale et les Nations occidentales qui la téléguident participent à rendre impossible la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

Et à convaincre les vainqueurs du moment, qui se livrent en toute impunité à des crimes contre l’humanité,du bien-fondé de leurs forfaits. N’ont-ils pas affaire à des monstres ? La CPI a-t-elle un jour écrit dans un quelconque document qu’ils avaient fait quelque chose de mal ? Non, et c’est là tout le drame.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

La titraille est de la rédaction de Cameroonvoice


Source: CABRI MORT.COM

LES AVOCATS DE BLE GOUDE FORMELS: PAS DE DEAL ENTRE BLE ET LES AUTORITES IVOIRIENNES


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L’ex-leader de la galaxie patriotique, Charles Blé Goudé, a été auditionné pour la deuxième fois par un juge d’instruction, hier mercredi 30 janvier, au palais de Justice au Plateau pendant près de 6h.

C’est à 8h55 qu’il s’est présenté au tribunal, menotté dans le dos et encadré par des éléments de l’unité d’élite de la police ivoirienne. Sitôt descendu du véhicule qui le conduisait, ses menottes lui ont été retirées et il a été rapidement introduit dans le bureau du juge d’instruction. 15 mn plus tard, soit à 9h10, il en ressort, toujours sous bonne garde et sans menotte, pour le poste de police du tribunal. Il est cette fois bien visible des occupants du tribunal.

Le dernier ministre de l’Emploi de l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, arbore toujours la tenue avec laquelle il a été appréhendé au Ghana et conduit en Côte d’Ivoire. Une tunique jaune orangée. Il y reste pendant un long moment avant que son épouse le rejoigne, après un coup de fil d’un avocat, en compagnie d’Angéline Kili, une ex-détenue dans le cadre des détournements dans la filière café-cacao. Sa présence en ces lieux n’est pas fortuite puisqu’à quelques encablures du poste de police, se tient le procès des ex-barons de la filière café-cacao.

L’épouse de Blé Goudé le rejoint. A 10h38, celui que ses partisans appellent ”Général de la rue”, refait son apparition, quelque peu métamorphosé. Cette fois, il a troqué sa tunique jaune orangée contre une chemise de couleur bleu-ciel. Il affiche bonne mine. Dès qu’ils l’aperçoivent, ses partisans qui, entre-temps se sont regroupés au palais de Justice, ont du mal à contenir leur émotion. ”Président”, ”Gbapê”, ”l’enfant terrible”, sont des cris de joie qu’ils ne cessaient de scander.


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Encouragé par cette explosion de joie, Blé Goudé lève sa main droite en signe de salutation. Ce qui gonfle le moral de ses partisans, qui redoublent de cris de joie. Ce fut le dernier geste qu’il leur a adressé jusqu’à la fin de son audition, à 17h. Agacé par la présence des partisans du détenu, et surtout de leurs cris en ces lieux, le Procureur général ordonne aux policiers, déployés en grand nombre, de vider le tribunal de son monde. Ce qui fut fait. Tout le monde, y compris ceux qui avaient d’autres affaires à régler, est mis dehors.

Le portail du tribunal est fermé et les entrées commencent à être filtrées. Débute pour les journalistes, une si longue attente. Introduit à nouveau chez le juge d’instruction à 10h38, Blé Goudé y reste pendant près de 6h. Nombreux sont ses partisans qui, découragés par la longue attente, quittent les lieux, quand une poignée d’inconditionnels, au langage parfois virulent contre le pouvoir en place, reste.

D’autres encore, vaincus par la fatigue, s’affaissent et s’assoupissent sur des bancs en béton dans le hall du tribunal de première instance et de la Cour d’appel. Quand à 17h, l’ex-leader de la galaxie patriotique doit quitter le juge d’instruction, les policiers sont en branle. A nouveau, le tribunal est vidé de son monde. Personne n’est autorisé à roder dans la cour du palais de Justice et même sur le parking, devant le tribunal. Les policiers invitent tout le monde à reculer jusque sur la pelouse. C’est ce temps qu’ont choisi les éléments de l’unité spéciale de la police ivoirienne pour ”disparaître” avec Blé Goudé. Où l’emmènent-ils ? Impossible, pour l’instant, de le savoir, tant l’endroit où celui-ci séjourne depuis son extradition au pays, reste un mystère.


Y.DOUMBIA


 

Pour les avocats de Charles Blé Goudé, il n’y a pas eu de deal entre leur client et les autorités ivoiriennes, comme ont tenté de le faire croire plusieurs personnes. A leurs yeux, l’ex-leader de la galaxie patriotique a bel et bien été appréhendé au Ghana par les autorités ivoiriennes et renvoyé en Côte d’Ivoire "sans son consentement". «Pour finir, dans ces conditions, il est mal à propos, et il a tenu à le dire, il est mal à propos de parler d’un quelconque deal en ce qui concerne sa venue en Côte d’Ivoire. Il a été arrêté, appréhendé sans son avis et conduit en Côte d’Ivoire. Je voudrais que l’opinion nationale et internationale le sache. Il n’y a jamais eu de business entre Charles Blé Goudé et une quelconque autorité en Côte d’Ivoire », a déclaré Me N’Dri Claver à l’issue de l’audition de son client. Pour qui le droit n’est pas respecté en Côte d’Ivoire, dans la mesure où, selon lui,”leur client n’est pas localisable à Abidjan depuis qu’il a été mis sous mandat de dépôt”.

Pour la défense de Blé Goudé, il aurait dû être transféré dans une maison de correction dès lors qu’il est sous mandat de dépôt. De plus, selon Me N’Dri Claver, l’ex-leader de la galaxie patriotique lui a dit subir une ”véritable torture morale”. « Il (Blé Goudé) n’arrive pas, comme il nous l’a dit lui-même, encore à identifier géographiquement le lieu où il est. Il nous a dit qu’il est dans une maison, mais pas dans une maison d’arrêt. Pour notre part, nous estimons qu’en tant qu’avocat, il subissait une injustice. Il nous a dit, et je lâche son mot à lui-même, qu’il subit une véritable torture morale. Il est torturé. Il a refusé, dans ces conditions, d’aborder les questions de fond (pendant l’instruction) », a-t-il déclaré. Balayant du revers de la main, les allégations de deal qui entoureraient l’arrestation et l’extradition de Blé Goudé.

Quant à Me Gohi Bi, avocat, il a dénoncé cette ”maltraitance morale” qui a empêché Blé Goudé, selon lui, de ”faire correctement sa déposition”. Pour lui, les avocats du prévenu, au même titre que le prévenu lui-même, sont ”moralement maltraités”, dans la mesure où, a-t-il indiqué, ”même le procureur de la République, à qui il a adressé un courrier, ne peut dire où se trouve leur client”.

 

Y.DOUMBIA


Source: Le quotidien ivoirien "L'Inter" du jeudi 31 janvier 2013.

mercredi, 30 janvier 2013

LA GUERRE DES CLANS: MONETARISTES CONTRE FISCALISTES

 

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Monétaristes contre fiscalistes 

Moult aristocrates ouvriers, quelques bureaucrates syndicaux, et plusieurs «bobos» ayant thésaurisé tout l’été demandent aujourd’hui à être conseillés afin de planquer leurs deniers durement gagnés en ces temps d’austérité économique aggravée.

J’ai donc visité Internet à la recherche d’économistes avisés. Je suis tombé sur une vidéo très instructive où un gang de spécialistes pédants, probablement des Républicains américains, se pourfend et s’épand en conjectures contradictoires (1). J’ai pensé utile de traduire, pour la compréhension d’un béotien, leur bavardage discordant. Je cite au hasard trois phrases remarquables prononcées par ces parangons du capital : « Nous sommes tous esclaves du gouvernement mondial dirigé par les banques centrales », et « Le marché libre (sic) finira par réagir et se mettre au diapason de la réalité économique », et enfin « Nous savons tous qu’il y aura un prochain QE3 » !?...

Dans le milieu de l’oligarchie financière mondiale, la bisbille fait rage au sein de la famille capitaliste monopoliste entre, d'une part, ceux que j’appellerai – faute de mieux – le clan des « monétaristes », et, d'autre part, le clan des « fiscalistes ». Les capitalistes monopolistes partagent actuellement le pouvoir politique avec les « monétaristes » en opposition aux « fiscalistes ». La vidéo précitée vous présente les récriminations des « fiscalistes ». Voilà pour le portrait de famille, analysons maintenant les propos de ces radicaux (!)

Les « monétaristes » – ministres des finances, boursicoteurs, investisseurs, Présidents de banques centrales – utilisent pour faire face à la présente dépression la seule arme qui demeure à leur disposition, la planche à billet – une métaphore pour désigner l’action des banques centrales et l’injection du carburant « crédit-argent » dans l’appareil de reproduction – Ceux-là impriment et jettent du papier monnaie dans la chaudière du Titanic financier-boursier mondial en train de sombrer, ce misérable rafiot économique plombé.

La triste mondialisation-globalisation-néolibérale inévitable 

Conservez, je vous prie, cette idée à l’esprit : mondialisation, globalisation, intégration économique néolibérale ne sont pas de vains mots; la façon que la présente crise s’approfondit le démontre à l’envi. Il ne vous est plus offert une variété d’économies nationales indépendantes : l’étatsunienne, la japonaise, la française, l’allemande ou la canadienne… Ces temps sont révolus et l’on ne peut revenir en arrière malgré les cris futiles et désespérés des conseillers économiques réclamant de « démondialiser sans néolibéraliser » (2). Il n’y a dorénavant, de gré ou de force, qu’une seule et unique économie-politique mondiale, l’économie politique impérialiste où tous les joueurs s’affrontent, banquiers, financiers, firmes multinationales, trust transnationaux, cartels plurinationaux, gouvernements impérialistes grands et petits et néo colonies, tous imbriqués les uns dans les autres, tous interdépendants les uns vis-à-vis des autres, mais n’ayant pas tous, tant s’en faut, la même puissance de gouvernance.

C’est la raison pour laquelle tous ces acteurs déchirent leur chemise sur la place boursière publique présentement : A) Qui, pour réclamer un troisième QE ou Quantitative Easing – assouplissement quantitatif – ou plus communément appelée une émission de monnaie inflationniste et dévaluationniste de la part de la Reserve Fédérale américaine (3) ; B) Qui, pour exiger des politiques fiscales restrictives abolissant des services publics, ou réduisant les salaires, et le pouvoir d’achat des travailleurs, des chômeurs et des étudiants afin de rediriger cet argent directement dans les goussets des banquiers, des manufacturiers – ce que ces gens appellent pudiquement et hypocritement des sources d’« investissements ». Pourquoi de nouvelles sources de capital d’investissement peut-on demander ? Le capital-argent, qui croitrait de 14% par an ne manque pourtant pas sur le marché boursier international [Challenges, 6.03.2008].

Le deuxième clan, que nous appellerons pour les besoins de la cause les « fiscalistes », arguent qu’ils sont pris en otage par les politiciens et les Présidents des banques centrales – en fait par les « monétaristes » – qui refusent de se plier à leurs remontrances.

De la contradiction dans le camp des profiteurs

Quelles sont les exigences de cette engeance de « fiscalistes » ? Les voici : Que les États souverains surendettés et les banques centrales discréditées cessent de frapper monnaie et qu’ils frappent les travailleurs et les petits employeurs de nouvelles taxes et de nouveaux impôts et qu’ils osent rediriger ce capital-argent extorqué directement dans les goussets du moins de un demi de un pourcent d’aristocrates financiers mondiaux multi milliardaires qui les feront fructifier, du moins l'espèrent-ils (4). Reagan, Madame Thatcher et Bush avaient déjà raconté ce bobard auparavant !

Mais pourquoi les politiciens de tous poils, les Présidents de banques centrales et les « monétaristes » en tout genre ne se plient-ils pas à ces exigences ? Subodorent-ils une manigance ? Pourquoi Barak Obama et les chefs d’État européens, japonais, australiens, canadiens ne se rendent-ils pas aux raisons des « fiscalistes » ? Tout simplement parce qu’ils ne le peuvent pas, du moins, pas aussi vite que le souhaiteraient la clique des « fiscalistes ».

Ce sont les pions politiciens et les larrons « monétaristes » qui sont au front, ce sont eux qui tiennent les rênes du pouvoir et qui font face à la résistance ouvrière et populaire, aux chômeurs et aux désœuvrés saqués, aux pauvres affamés, aux petits bourgeois paupérisés, aux autochtones enragés et aux étudiants masqués et casqués (5). Ceux-là savent que s’ils forcent la note ils auront une insurrection sur les bottes. D’autant qu’ils ont déjà, ces ministres et députés, ces banquiers, ces policiers militarisés, perdu le contrôle de leurs mercenaires essaimés à travers le désert incendié.

Les corsaires du désert 

La bride sur le cou, après avoir rompu leur licou, les corsaires du désert mènent leurs affaires pour leur propre compte et font monter les enchères que la France tente de faire taire, hier en Côte d’Ivoire, aujourd’hui au Mali, demain qui sait au Niger ! Mais ces flibustiers débridés, que la CIA et la DGSE-DST ont armés, sont à l’œuvre aussi en Mauritanie, au Niger, en Algérie, en Syrie, en Somalie, en Tunisie, en Égypte, au Yémen, en Irak, en Afghanistan, au Soudan, au Congo, en République Centre Afrique, autant de foyers de résistance où les prétendants au titre de « gendarme international » ne parviennent pas à maintenir le couvercle sur l’autoclave social mondial. Alors de grâce gémit le sous-fifre, que nul n’ordonne aux politiciens et aux « monétaristes » d’envenimer la situation en Grèce, en Italie, en Espagne, en France, au Canada et au Portugal par des mesures anti sociales radicales.

Chaque chose en son temps, répliquent les « monétaristes » prévaricateurs aux « fiscalistes » intempestifs. Les malins politiciens savent que le prochain QE3 (émissions de capital-argent inflationniste) approfondira davantage la crise économique et que toutes les banques centrales du monde – sauf peut-être la banque centrale de Chine – dévalueront leur monnaie (dont souffriront énormément les 15 pays sous le joug du Franc CFA. D’autres soulèvements et d’autres guerres «humanitaires» en perspective) (6).

Par cet audace monétaire tous ces voraces chacals obtiendront le bénéfice recherché – la dévaluation de la marchandise « monnaie » et par ricochet la dévaluation de la marchandise la plus convoitée qui soit, la « force de travail », d’où une revalorisation relative des autres marchandises – une revalorisation de la valeur du surtravail et de la plus-value et aussi, par la bande croient-ils, une réévaluation du Yuan chinois – quasi seule monnaie nationale présentement sous-évaluée.

Par la même occasion, les gouvernements nationaux dégraisseront leurs dettes souveraines et spolieront les petits et les grands épargnants – [les fonds de pension spéculatifs notamment] – et tous ceux qui n’auront pas planqué leur «blé» dans les paradis fiscaux comme ces messieurs Depardieu et Arnault (7).

Pour conclure 

Morale de cette guerre des clans entre « monétaristes » et « fiscalistes », messieurs et mesdames convertissez votre capital-argent en Yuan chinois, en Franc suisse ou en Or-métal si vous le pouvez. Mais je sais très bien pauvres gens qu’il y a longtemps que vous ne contrôlez plus votre argent dont le banquier s’est emparé. S’il est un investisseur argenté qui lit ce papier, convertissez votre capital-argent en denrée de première nécessité, dont les prix seront bientôt majorés. La famine pousse à manger quel que soit les prix sur les marchés, mais cela, déjà vous le savez.

Pour les ouvriers, les employés, les travailleuses, les étudiants, les autochtones et les petits rentiers paupérisés, laissez-moi vous conseiller de vous braquer, de résister; manifestez; refusez de payer; gardez-vous que l’on vous désarme, que l’on vous taxe, que l’on vous impose toujours davantage, que l’on vous saque. Ouvriers et travailleuses «investissez» dans la solidarité et résistez, voilà la recommandation de votre «conseiller financier».


Robert Bibeau, robertbibeau@hotmail.com, le 30 janvier 2013.

 

Source: LES 7 DU QUEBEC

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(1) http://www.youtube.com/watch?v=ZxIwwqfRMGk

(2) Richard Le Hir. Démondialiser, et vite ça urge!  9.01.2013.

http://www.vigile.net/Demondialiser-et-vite-Ca-urge    

(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Assouplissement_quantitatif

(4) http://www.centpapiers.com/quand-la-science-decouvre-les-1-qui-dirigent-leconomie/

(5) Robert Bibeau. Gratuité ou marchandisation de l’éducation. Quelle solution? 23.01. 2013.

http://www.centpapiers.com/gratuite-ou-marchandisation-de-l%e2%80%99education-la-resistance-etudiante/

(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc_CFA

(7) Robert Bibeau. La crise économique dans tous ses méfaits. 26.09.2012.

http://www.alterinfo.net/LA-CRISE-ECONOMIQUE-DANS-TOUS-SES-MEFAITS_a81805.html

mardi, 29 janvier 2013

APRES SON EXTRADITION EN COTE D'IVOIRE, POURQUOI BLE GOUDE EST GARDE AU SECRET

 

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Charles Blé Goudé, le leader des jeunes patriotes (mouvement de jeunesse proche de l'ex-chef d’État, Laurent Gbagbo) est-il détenu dans d'une des Maisons d'arrêt et de correction de Côte d'Ivoire, ou est-il placé en résidence surveillée à Abidjan?

En tout cas, près de deux semaines après son arrestation, son lieu de détention demeure un mystère. Mis aux arrêts le 17 janvier 2013, à Tema (Ghana) puis, extradé le lendemain, en Côte d'Ivoire, le lieu de détention de Charles Blé Goudé est toujours gardé secret. Un mystère soigneusement entretenu par les autorités ivoiriennes, qui n'a pas manqué de susciter des réactions, tant au niveau de l'opinion publique nationale, qu'au sein de ses proches. «Depuis une semaine qu’il a été arrêté et qu’il est détenu, nous ignorons son lieu de détention de sorte qu’il nous est impossible de communiquer avec notre client», avaient martelé, le jeudi 24 janvier 2013, le collectif d'avocats de Charles Blé Goudé, lors d'une conférence de presse.

Sur la question, les avocats de l’ex-ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo sont apparus indignés. Mais bien avant, c'est avec ''surprise, douleur, consternation et amertume'' que la direction du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), le parti politique de ce dernier est sorti de sa réserve, 48 heures après l'arrestation de son président. «Considérant que cette arrestation va accroître les rancœurs, accentuer la méfiance et la division entre les Ivoiriens qui croupissent sous le poids de la cherté de la vie et du chômage galopant, (…) demande instamment au gouvernement d’indiquer au peuple de Côte d’Ivoire le lieu de détention exact de Charles Blé Goudé en vue de permettre aux avocats commis pour sa défense d’avoir accès à lui» a indiqué le parti, à travers un communiqué.

Au vu de cette situation l'on est tenté de s'interroger pourquoi face au ''dossier Blé Goudé'', les autorités ivoiriennes ont-elles adopté la loi du silence, contrairement à celui de Lida Kouassi devant lequel elles étaient prolixes? Tous deux pourtant arrêtés au Ghana puis extradés vers la Côte d'Ivoire. Si pour les uns, cette décision a été prise pour sauvegarder l'intégrité physique de celui qui est poursuivi pour ''crime de guerre, assassinat, atteinte à la sûreté de l’État, vol de denier public en réunion...'', pour les autres par contre, les raisons des autorités ''qui ont placé Blé Goudé en résidence surveillée dans un endroit tenu secret à Abidjan'' sont plutôt ailleurs. Selon ces derniers, les actions de soutien et de mobilisation qui se succèdent autour de la Cour pénale internationale (Cpi) à la Haye, en Hollande, en faveur de Laurent Gbagbo semblent avoir donné des idées au régime d’Abidjan.

Et la tenue secrète du lieu de ''résidence'' de Charles Blé Goudé n'est pas fortuite. En effet, avancent-ils, ''il est mieux de le tenir au secret plutôt que de voir ses nombreux supporters prendre d'assaut son lieu de résidence pour des actions de soutien''. Ce qui pourrait, dit-on, provoquer de graves débordements. Des affirmations naturellement rejetées par les premiers qui indiquent que le comportement des autorités pourrait être lié à une crainte de voir des personnes proches du pouvoir tentées de faire la peau à Charles Blé Goudé.

Rappelons qu'au nom du collectif d'avocats, Me Hervé Gouamené, a révélé que Charles Blé Goudé passera, le mercredi 30 juin 2013, devant un juge d’instruction pour être vraisemblablement entendu sur le fonds des accusations dont il fait l'objet.

 

Claude DASSE, in le quotidien ivoirien «Soir Info» du lundi 28 janvier 2013.

SITUATION POST-CRISE: DES EX-COMBATTANTS RECLAMENT LEUR DU AU REGIME OUATTARA

 

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Encore des voix qui s’élèvent dans l’ombre. Des ex-combattants (?) mécontents, qui ont choisi notre canal pour se faire entendre. Ils se présentent comme des oubliés des lendemains de la crise post-électorale qui a permis au président Ouattara de s’installer au pouvoir. Ils réclament la tenue de promesses à eux faites avant ces événements et brandissent la menace. Faut-il prendre au sérieux la déclaration qu’ils nous ont fait parvenir, la banaliser ou la publier? La 2ème voie semble la meilleure. D’où la publication du texte reçu, ci-dessous, en intégralité.


«Je suis ‘’Sinaï’’, capitaine de la gendarmerie nationale. Je parle au nom des coordinateurs que sont : ‘’Albatross’’, ‘’Aigles’’, ‘’Calao’’, ‘’Tifon’’, ‘’Scorpion’’, ‘’Venus’’ et ‘’Santor’’. Tous ex-Fanci, gendarmes, policiers, et oubliés de l'Efa de Bouaké. Ivoiriens et Etrangers vivant en Côte d'Ivoire, nous voulons par cette déclaration vous dire la vérité sur certaines choses qui, si l’on n’y prend garde, peuvent plonger le pays dans des troubles armés, voire conduire le pays dans le chaos. Je sais que, après lecture, chacun fera son commentaire, certains diront peut-être qu'on est inconscients parce que nous ne nous soucions pas de la souffrance des Ivoiriens d'autres diront au contraire que c'est le gouvernement qui ne se soucie pas de la souffrance de la population. Voici pourquoi nous écrivons.

Nous allons vous dire le rôle que nous avions joué pour le régime en place pendant la crise post-électorale. Alors si après cette sortie, le régime ne réagit pas, nous ferons dans notre prochaine déclaration, les plus graves révélations secrètes jamais dites aux Ivoiriens. Pour que le monde entier sache que tous, sommes coupables en Côte d'Ivoire. Nous ne faisons pas cela par rapport à la crise malienne, cet écrit était en préparation avant le déclenchement de la guerre au Mali.

Voici comment les choses se sont passées. Après le retranchement du RHDP au Golf Hôtel, prêt pour la bataille contre le régime du président Gbagbo, le gouvernement a initié le recrutement de jeunes Ivoiriens résidant à Abidjan comme mercenaires pour une formation accélérée à Bouaké en vue de combattre le régime du président Gbagbo.

Les organisateurs étaient l'actuel président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, le chef d'Etat major Soumaïla Bakayoko, le Général Gueu Michel, Traoré Salif dit ‘’Tracteur’’, anciennement agent de sécurité à la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan, très écouté par le président Ouattara, et un autre surnommé ‘’Tango’’. Les directeurs de stage étaient Famoussa Ouattara, pour le groupe formé à l'Efa de Bouaké. Il est aujourd'hui lieutenant-colonel. Chérif Ousmane, pour le groupe formé au bataillon du Génie de Bouaké. Les formateurs étaient des officiers et sous-officiers burkinabé et ivoiriens.

Notre mission, nous déverser dans toutes les communes d'Abidjan en vue d'affaiblir l'appareil militaire du président Gbagbo avant l'assaut final, d'où la naissance du ‘’commando invisible’’ à Abobo. Ivoiriens, voici les promesses que Soro Guillaume et le Général Soumaïla Bakayoko nous ont faites. Les jeunes recrutés devaient intégrer l'armée sans condition et bénéficier de l'octroi d'une prime de guerre. Le gouvernement devait donner une maison à chaque élément pour le service rendu à la nation.

Pendant la formation, le Gal Bakayoko et l'actuel président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, ont rendu visite aux éléments dans les savanes de Bouaké et de Katiola d'où ils ont confirmé les promesses. Guillaume Soro a eu à dire que nous représentions l'Ecomog, car l'envoi de l'Ecomog coûterait cher à l'Etat de Côte d'Ivoire. Mission terminée, voilà que depuis 2011, nous suivons le régime pour honorer sa promesse. On nous tourne en bourrique, refuse et nous menace. Nous sommes au nombre de 383 éléments qui ont été tous formés sur les armes lourdes et légères avec différentes techniques de combats. Sur les 383 éléments, 17 sont morts pour le régime en place et jusque-là, rien n'a été fait pour nous, malgré les promesses.

Pourtant, des jeunes que nous connaissons bien dans nos quartiers, et qui étaient cachés sous leur lit pendant la bataille d'Abidjan, sont aujourd'hui militaires. Et nous, toujours rien. Les vendeuses d'oranges, de comprimés, des commerçantes, ont des matricules et sont militaires. Et pourquoi pas nous ? Des chefs vendent les matricules pour de l'argent, à n'importe qui. Souvent, il faut passer par leur femme ou par leur copine. Nous avions entrepris des démarches auprès de ceux qui nous ont engagés, mais rien n'a abouti. Après, nous avions rencontré physiquement et par courrier, des autorités que sont :

L’imam Check Bouakary, vice-président de la Commission Dialogue-Vérité et Réconciliation (CDVR), le Premier ministre Charles Konan Banny, président de la CDVR, Ibrahim Ouattara, petit-frère du président de la République, Gaoussou Soumahoro, Com-terre de l'armée, Méité Sindou, ex-porte-parole de Soro Guillaume à la Primature, Me Bamba et Me Konan (Avocats). Tous ceux-là n'ont trouvé aucune solution à notre problème.

Alors, comme des chefs menacent de nous anéantir si nous ne fermons pas notre bouche sur cette affaire de prime de guerre, nous prenons l'opinion nationale et internationale à témoin. Nous sommes au courant qu’en plus de nous, vous préparez une opération de chasse aux FRCI sans matricule. Nous ne savons pas comment chacun est devenu FRCI, mais sachez que tous ceux qui ont combattu pour ce régime et aujourd'hui sans matricule, ne se laisseront pas faire. Malgré le désordre, l'injustice et la division que vous avez semés entre les FRCI. Sachez qu'on vous suivra jusque dans vos foyers pour vous réclamer notre dû quel que soit le temps que ça va mettre. Même si ce régime n'est plus, nous vous suivrons.

Si après nous avoir utilisés, c'est de cette manière que vous voulez vous débarrasser de nous, ça ne passera pas. Bouaké n'est pas Abidjan, nous savons qu’à Bouaké, après la bataille entre pro-Soro et pro-IB, des centaines de jeunes soupçonnés proche de IB ont été enfermés dans un contenaire au soleil et tous ont péri. Vous ne pourriez pas le faire à Abidjan parce que vous avez en face ceux qui vous ont ouvert les portes d'Abidjan, qui ont dressé le lit pour vous à Abidjan, ceux qui vous ont montré les rues et les quartiers d'Abidjan et les mêmes qui ont combattu avec vous. En dehors de ceux que vous avez fait former à Abidjan, nous avions recruté plus de 500 éléments qui étaient eux-aussi répartis dans différentes communes d'Abidjan. Nous avons plein de FDS qui étaient avec nous, qui sont encore là et qui la plupart ont été frustrés par vous et qui observent. Vous nous avez trahis et trompés.

Beaucoup ont perdu leur travail à cause de vous. Vous avez mis la honte sur des familles. Pendant ce temps, des chefs tels que Traoré Salif dit ‘’Tracteur’’, préfèrent aller chercher leurs frères au Burkina pour venir les mettre dans l'armée. Pourtant, ceux qui ont donné leur poitrine pour le régime souffrent et sont insultés dans les rues comme étant des merdiers. C'est très dangereux, ce que vous faites. Nous regrettons fort et la mort vaut mieux. Nous sommes prêts à toute fusion sérieuse et solide. Dans notre prochaine déclaration, nous allons livrer tout ce qui était secret. Nous donnons une chance à tous, et nous pensons que le président Ouattara n'est pas informé de tout cela. Nous profitons pour lui dire que nous connaissons bien des loups vêtus en brebis dans sa maison et à la moindre erreur, ils vont sévir. Tout sera mis à nu si c'est ce qui plaît à Dieu, et même si nous sommes loin».


Source : Le quotidien ivoirien «L'Inter» du lundi 28 janvier 2013.