topblog Ivoire blogs

dimanche, 06 janvier 2013

UNE RADIO RUSSE JUGE LA CPI: «A QUAND UNE NOUVELLE COUR PENALE INTERNATIONALE?»

 

monde,russie,droits de l'homme,monde,société,cpi,cour pénale internationale,mikhail gamandiy-egorov,rédaction en ligne,radio la voix de la russie,le 14 décembre 2012

© Flickr.com/ekenitr/cc-by-nc

           
Cette question est récurrente depuis déjà un certain temps... Il est alarmant de voir la manière d’agir de la «Cour pénale internationale» (CPI), censée représenter la justice dans un monde où bien souvent les droits fondamentaux ne sont pas respectés, quand ils ne sont pas carrément violés.
 
 
Pourtant, au fil des ans, rien ne change. Au contraire, tout ne fait qu’empirer. Si l’on observe les différents procès mis en scène par la CPI, on ne peut que mettre en doute l’objectivité de cette institution et les valeurs qu’elle défend. La nationalité des détenus est un exemple éloquent de la partialité de la CPI. Selon ses juges, les seuls criminels du monde sont des Serbes et des Africains. Et leurs crimes? Souvent, ils sont accusés d’avoir défendu avec trop de «zèle» leurs propres peuples et d’avoir refusé de se soumettre aux puissances traditionnelles.
 
Le cas du président Ivoirien déchu, Laurent Gbagbo, en est une démonstration flagrante. Laurent Gbagbo est emprisonné à la CPI, pendant que les vrais criminels, responsables de massacres de milliers de civils non seulement se promènent librement, mais sont reçus en amis par les gouvernements occidentaux. Rejeter toute domination et revendiquer sa souveraineté est un crime suffisamment grave pour se retrouver un jour devant la CPI. Car la CPI ne reconnaît pas la souveraineté nationale des États (ou plutôt de certains États). C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la Chine est ouvertement hostile à la CPI. La Russie a quant à elle exprimé maintes fois ses inquiétudes quant à l’objectivité de ce tribunal.
 
Au-delà des apparences, que représente véritablement la Cour pénale internationale? Un tribunal aux ordres des puissances occidentales, rien de plus. En témoigne la vidéo d’une récente «conférence» à laquelle participaient MM. McCain et Bernard-Henri Lévy. Cette conférence traitait notamment de la nécessité d’une intervention militaire en Syrie et de la position dominante des Etats-Unis dans la région. BHL affirmait qu’une intervention militaire en Syrie était aujourd’hui plus indispensable que l’opération libyenne. Le «brave guerrier» McCain insistait sur le leadership américain «réclamé désespérément par toute la région du Moyen-Orient». Tout cela rappellerait un sketch joué par deux clowns, si derrière des dizaines de milliers de vies n’étaient pas en jeu. McCain et BHL font penser à deux parasites dont la soif de sang n’est jamais étanchée. Bush, McCain, Netanyahou, Cameron, Sarkozy et leur ami philosophe BHL sont-ils supérieurs aux autres? Sont-ils réellement des élus comme ils le pensent? Le temps n’est-il pas venu de juger tous ces criminels et leurs acolytes? La question est plus que pertinente.
 
Il est grand temps de remettre les choses en ordre. Tant que la «justice» mondiale sera rendue par cette clique, il ne faut pas espérer la paix. Les parasites buveurs de sang humain ne peuvent continuer éternellement de faire ce que bon leur semble, assurés qu’ils n’auront jamais de comptes à rendre. C’est pourquoi la création s’impose d’une nouvelle Cour pénale internationale. Plusieurs personnalités politiques du monde entier, y compris en Russie, ont déjà exprimé leur soutien à cette idée. Certes rien n’est facile. Et les obstacles si nombreux, comme le disait un ami. Mais avec de la volonté, ils peuvent être surmontés. A plus forte raison si un groupe de pays parvient à mettre en œuvre ce projet. Cela réglerait-il tous les problèmes de notre monde? Peut-être pas immédiatement. Mais cela y contribuerait grandement et confirmerait définitivement qu’un monde multipolaire a bel et bien émergé.
 
 
Mikhail Gamandiy-Egorov, Rédaction en ligne de Radio La Voix de la Russie, Moscou, le 14 décembre 2012.



jeudi, 03 janvier 2013

VOEUX DU NOUVEL AN 2013: OUATTARA COMPLETEMENT COUPE DE LA REALITE DES IVOIRIENS

 

ALASSANE OUATTARA - MESSAGE A LA NATION 6 AOUT 2012.JPG

«L’argent ne circule pas mais l’argent travaille!». Les Ivoiriens peuvent donc avoir faim, c'est pas grave.


Les vœux de fin d'année sont généralement l'occasion de bilan bien souvent cloisonné entre volonté de promotion et d'autosatisfaction. Alassane Ouattara n'a pas manqué à la tradition du discours politique litanique avec son degré de généralité d'usage. Ce lundi soir en ouverture du journal de 20h del'unique média audiovisuel autorisé que compte le pays, le message du président ivoirien était proposé aux téléspectateurs ivoiriens par ailleurs trompés par un présentateur peu scrupuleux tentant de faire passer un enregistrement à la lecture "promptée" pour un "en direct" du palais présidentiel avec son lot de "tout est fin prêt du côté du palais" en guise de lancement. Sans un caprice de magnéto, on aurait pu y croire.

Garder espoir en des lendemains meilleurs avec un pays dont il vante le potentiel tel fut, non en substance, la ligne martelée d'Alassane Ouattara du mue en véritable marteau piqueur du désir de croissance et de justice pour tous. Effectivement comme il l'eut à dire, tel un aveu, sur cet élément essentiel, il reste, au constat, encore beaucoup de chemin à parcourir. Sur ce point comme sur d'autres, le gouvernement, à en croire le président, serait à la tache.

Sans justice, pas de croissance et sans croissance pas d'emploi. Sans être plus explicite, Alasane Ouattara a révélé que les conclusions d'une enquête commandée par l'Etat sur le chômage indiquaient une baisse de ce dernier. En attendant qu'elles soient rendues publique, Alassane Ouattara a, comme avec un sentiment d'agacement, indiqué que l'expression "l'argent ne circule pas" sonnait comme un faux air d'incompréhension. Selon ce dernier, si l'argent ne circule pas, "l'argent travaille" pour reprendre son expression. Cette dernière est la métaphore des chantiers lancés qui ont fait la fierté et bercé l'activité des servies de presses des autorités relayés à nos rédactions l'année durant. Ils vous sont donc familiers, réfection des universités, eau à Man et Bonoua, 1900 km de routes "reprofilées", dialyse prise en charge pour 2000 fcfa, électricité à Bouna, 125 milliards pour le fonds d'urgence 2013...

En somme, un Alassane Ouattara égal à lui même, économiste, vendeur d'espoir avec ses composantes habituelles, justice, bonne gouvernance, travail et la nouvelle en date, contexte oblige, réconciliation. Il n'oubliera pas de saluer son constat d'amélioration du climat des affaires, de réexprimer son émerveillement face au succès du PND, du "jamais vu" selon ses termes, de tout mettre en œuvre pour "préparer les conditions de la relance" tout en indiquant que la bataille du repositionnement du pays a été gagné "ensemble" et en réaffirmant que le taux de croissance du pays "sera", emploi du futur de circonstance, 'le plus important du continent'. Plein de promesses et de bonnes perspectives que lui même, au constat, mesure, et ce sans nul doute à son grand dam, la non perceptibilité pour l'heure des populations en attente de lendemain meilleur dans cette Côte d'Ivoire peinte comme "en chantier".

S'il n'eut pas un mot sur l’ouverture du paysage audiovisuel, pourtant promesse éléctorale et gage de démocratie, Alassane Ouattara rassembleur a estimé, sur le plan politique local, que les récentes libérations provisoires accordées aux prisonniers politique pro-Gbagbo, dont il a tenu à saluer la décision de justice en ce sens après deux ans de détention de ces derniers et ce sans jugement, contribue à, selon ses propos "renouer avec le dialogue" même s'il en reste encore de nombreux autres en prison, parmi les plus célèbres, Michel et Simone Gbagbo et Affi Nguessan.


Toujours sur le plan local, Alassane Ouattara a feins d'anticiper un conflit social a venir sur le brulant dossier des revalorisation des salaires des fonctionnaires, là encore selon lui pour "plus de justice". Pour se faire fut annoncé un "dialogue permanent de toutes les catégories sociales" pour tenter d'éviter ce qui pourrait peut être ressembler au pire, les grèves et la paralysie du pays.

A également été annoncé une volonté agricole d'autosuffisance alimentaire sur la culture du riz avec une augmentation de la production locale par ailleurs source d'emplois selon Alassane Ouattara.

Sur le plan sécuritaire, les attaques qui secouent le pays sont, selon le président qui les condamne, l’œuvre d'individus qui tentent de "saboter le processus de réconciliation" tout en mentionnant avec vigueur que cet objectif ne peut aboutir.

Notons par ailleurs que sur la plan international, l'également président de la Cedeao a émis un message de relation sous régionale fraternelle tout en saluant sur le seul dossier évoqué, la résolution de l'onu impulsée par la France, votée au conseil de sécurité et qui prévoit une intervention militaire au nord, islamiquement occupé.

Après ses vœux de bonheur pour 2013, Ouattara à fini avec un "que Dieu Bénisse la Côte d'Ivoire" qui irritera les défenseurs de la république laïque de Côte d'Ivoire.

Si pour Alassane Ouattara l'espoir doit l'emporter sur l'incertitude, force est de constater que c'est un président conscient que les effets de sa politique ne soient pas tout le temps perceptibles dans le quotidien des ivoiriens qui a tenté de d'inverser la tendance au pessimisme qui pourrait commencer à habiter certain...

Après le président place désormais à nous autre, modeste journalistes de koaci.com de vous souhaiter une très bonne et belle année 2013 .


Amy

 

Ivoiriennes, Ivoiriens,

Mes chers compatriotes

Chers amis de la Côte d’Ivoire,

 

En cette veille de nouvel an, j’ai décidé de m’adresser à chacun et à chacune de vous, pour certes sacrifier à une tradition mais aussi pour vous rendre compte de l’Etat de notre chère Côte d’Ivoire, dont vous m’avez confié les destinées.

Avant tout, je voudrais vous présenter mes meilleurs vœux pour l’année 2013. Le plus cher de tous ces vœux étant que chaque Ivoirien, chaque Ivoirienne, bénéficie d’un climat de paix et de bien-être.

Je me suis personnellement engagé à donner un autre visage à la Côte d’Ivoire. Je m’y emploierai chaque jour et je voudrais donc vous en donner l’assurance.

Mes chers compatriotes, chers frères, chères sœurs,

La fin d'année est une période particulière, où se mêlent à la fois, satisfaction, incertitudes et espoir.C’est aussi et surtout une période propice aux bilans.

Cette année, l’espoir l’emporte très largement sur l’incertitude car notre pays se porte mieux. Il suffit pour en juger, de regarder le chemin parcouru aux plans de la consolidation de nos institutions, de la situation économique et sécuritaire ainsi que du point de vue de la cohésion nationale.

Nous avons renouvelé notre Assemblée Nationale qui s’est mise au travail. Dans quelques semaines, les élections communales et régionales viendront parachever le cycle électoral. Dans le courant du premier trimestre, le Conseil Economique et Social sera mis en place.

Au plan économique, l’année qui vient de s’écouler a été celle d'une grande bataille pour assurer la stabilité macroéconomique et préparer les conditions de la relance. Notre pays a renoué avec les institutions financières internationales dans d’excellentes conditions.

Mes chers compatriotes,

Cette bataille de repositionnement de notre pays, nous l’avons gagnée ensemble. A présent, nous amorçons le redressement économique, grâce à vos efforts et ceux de tous nos partenaires, avec en tête la France et les autres pays amis ainsi que les grandes institutions internationales, qui soutiennent sans réserve notre stratégie.

Avec un taux de croissance qui sera parmi les plus élevés du continent et même du monde, notre économie est en pleine mutation et se diversifie. Le secteur des services a désormais une importance plus grande ; il en est de même pour celui des mines, avec l’intensification de la production aurifère ou encore le démarrage des travaux du minerai de fer du Mont Klahoyo.

Cependant, l’agriculture demeure l'épine dorsale. Les revenus dans le monde rural ont augmenté, grâce à la hausse des prix d’achat du café, du cacao, du coton, de l’anacarde et bien d’autres cultures. La récente réforme de la filière café-cacao a permis de garantir aux producteurs, un prix d’achat bord champ de 60% du prix international. Ainsi, le kilogramme du cacao est acheté aujourd’hui à 725 FCFA contre 650 FCFA au cours de la campagne précédente et celui du café à 620 FCFA contre 518 FCFA l’année dernière.

Par ailleurs, la Côte d'Ivoire vient d'abriter la première grande réunion mondiale sur le cacao, qui a ainsi consacré son rang de premier producteur mondial et son influence dans le futur.

Nous avons conscience cependant que cette perspective heureuse ne doit pas se traduire par un abandon de l'agriculture vivrière. Durant l'année écoulée, l'adoption du Programme National d’Investissement Agricole a tracé les grandes étapes vers l'autosuffisance dans ce domaine. Un accent particulier sera mis sur les cultures vivrières, notamment le riz, avec l’augmentation de la production nationale. Cela est à notre portée et nous permettra d’assurer la sécurité alimentaire, tout en réduisant le coût des denrées alimentaires et en créant des milliers d'emplois durables.

Mes chers compatriotes,

Chers frères, chères sœurs,

La Côte d’Ivoire est au travail. Notre pays est aujourd'hui un vaste chantier: routes, autoroutes, ponts, hôpitaux, écoles, infrastructures diverses voient le jour et sont visibles de tous. Demain, ils seront au service de chacun d’entre nous.

Et pourtant, j’entends dire que « l’argent ne circule pas ! » ; sachez cependant que l’argent travaille. Et c’est grâce à cet argent qui est au travail, que chaque jour, la construction d’un pont progresse, qu’un grand axe routier voit le jour, que pour la première fois depuis notre indépendance, une ville comme Doropo, dans le Zanzan, a de l’eau courante, que nous venons d’ouvrir la vanne qui alimentera toute la ville de Man en eau potable, que Bouna a de l’électricité 24h/24. C’est encore grâce à cet argent qui travaille que 1900 kilomètres de routes ont été reprofilées, que des milliers d’enfants, avec des kits scolaires gratuits, étudient sur des bancs neufs, que nos universités ont été entièrement rénovées et équipées de technologies de pointe, aux standards internationaux, que les dialysés sont désormais pris en charge avec moins de 2000 FCFA, qu’un fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire a été mis en place pour le financement de microcrédits pour nos sœurs et nos filles, que nos villes sont plus propres car débarrassées des dépôts d’ordures sauvages…

Nous poursuivrons nos efforts d’amélioration des services publics dans les secteurs de l’eau, de l’électricité, de l’éducation, des routes, etc avec notamment le renforcement du Programme Présidentiel d’Urgence qui passera à 125 milliards de F CFA en 2013. 

La santé, sera la priorité des priorités en 2013, avec notamment la mise en œuvre effective de l’Assurance Maladie, le renforcement des capacités du personnel médical et paramédical, la construction et la réhabilitation de 450 établissements sanitaires, dotés de plateaux techniques plus efficaces et plus performants.

En matière de logements, 2013 verra aussi l’intensification de la réalisation de logements sociaux et économiques. L’objectif pour les trois prochaines années est de réaliser 50 000 logements à Abidjan et 10 000 logements à l’intérieur du pays.

En matière d’éducation, la construction de nouvelles universités viendra renforcer les 6 sites universitaires que nous avons déjà réhabilités.

Mes chers compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Pour la réalisation de tous ces projets, je me suis engagé à mobiliser les ressources nécessaires au développement de notre pays. A cet égard, la récente réunion des partenaires internationaux autour de notre Programme National de Développement (PND 2012-2015) en est la parfaite illustration. Les résultats, en termes d’engagements, ont été au-delà de toutes les prévisions. Cela démontre une fois de plus la bonne image de la Côte d’Ivoire et la confiance qui est faite à notre pays.

Je sais parfaitement que les effets bénéfiques de tous ces efforts ne sont pas encore pleinement perceptibles sur votre quotidien. Mais nous sommes confiants.

C’est pourquoi, notre principal objectif demeure la création de plus de richesse et de plus d’emplois, notamment pour les jeunes.

La richesse ainsi créée devra être redistribuée de manière équitable. J’ai instruit le Gouvernement de proposer, pour 2013, une revalorisation de la grille des salaires de la Fonction Publique, pour plus de justice et d’équité.

Par conséquent, il est important que les revendications catégorielles ne prennent pas le pas sur la vision d’avenir. Le gouvernement va instaurer un dialogue permanent avec toutes les catégories sociales.Chacun doit être à la tâche en ayant à cœur de participer à l’expansion sociale et économique de notre pays. 

En plus de l’amélioration des revenus, il nous faut par ailleurs atténuer de façon significative les effets de la vie chère. Le gouvernement en a fait une priorité. Grâce à nos efforts en matière fiscale et réglementaire, nous avons pu contenir l’inflation.

La lutte contre la pauvreté est un véritable défi. De graves inégalités ont pratiquement déstructuré des pans entiers de notre société durant la décennie écoulée. Le potentiel que recèle notre pays nous permettra de réduire la pauvreté de moitié en 2015. Cette ambition s'inscrit au cœur de notre politique de développement.

Nous suivons avec une attention particulière la question de l’emploi. L’enquête qui vient de s’achever sur la situation de l’emploi dans notre pays indique une nette réduction du taux de chômage tant dans le milieu rural que dans le milieu urbain. Cela traduit le dynamisme retrouvé de tous les secteurs de l’activité économique, qui va se poursuivre au cours des prochains mois, grâce notamment à une amélioration du climat des affaires, plus favorable aux investisseurs.

Dans un tel environnement, je ne peux que condamner les quelques tentatives de déstabilisation perpétrées ces derniers mois. En réalité, ces attaques dont l’objectif est de troubler la quiétude de nos concitoyens ne peuvent aboutir.

C’est pourquoi, nous continuerons de combattre ces actes subversifs, destinés malheureusement àsaboter le processus de réconciliation.

Nous sommes garants de la sécurité de tous les Ivoiriens et de toutes populations vivant en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, nous avons engagé des moyens financiers et logistiques significatifs à travers les ministères en charge de la sécurité.

La mise en place du Conseil National de Sécurité, que je préside chaque semaine, permet déjà une bonne coordination des actions en la matière. L’objectif étant un net recul de la criminalité, quelles qu'en soient les formes, grâce à une meilleure maîtrise de la situation sécuritaire.

Mes chers compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Je voudrais en cette fin d’année vous réaffirmer notre volonté de renforcer la cohésion nationale. Il est de notre responsabilité de rassembler tous les ivoiriens, sans distinction, sur les bases de justice et d’équité. 

Je sais que nos compatriotes aspirent à la paix et à la réconciliation. En tant que Président de tous les Ivoiriens, je continuerai de multiplier les initiatives visant à rassembler tous les fils et toutes les filles de notre pays et de favoriser toutes les actions en faveur de la concorde nationale.

Cette recherche de cohésion ne peut se faire au détriment de la justice et de la lutte contre l’impunité. La modernisation de notre système judiciaire, bien que primordial, se déroule à un rythme qui n’est pas encore totalement satisfaisant, en raison du contexte de crise qui a prévalu ces dernières années. Je voudrais à cet égard me réjouir de la liberté provisoire récemment accordée aux personnalités proches de l’ancien régime. Cet acte de justice devrait contribuer à renouer avec le dialogue auquel nos compatriotes sont tant attachés.

Je peux vous dire que nous sommes sur la bonne voie. Nous faisons le pari d’une justice équitable, au service des concitoyens, qui contribuera à renforcer l’Etat de droit. C’est un engagement fort que nous avons affirmé en octobre dernier, à Yamoussoukro, lors de la 52ème session de la Conférence Africaine des droits de l’Homme et des Peuples, que notre pays a eu l’honneur d’abriter.

La récente ratification du traité de Rome traduit également notre volonté affichée de lutter contre l’impunité.

Mes chers compatriotes, chers amis de la Côte d’Ivoire,

Au plan diplomatique, nos relations, notamment avec nos voisins vont au-delà de la simple coopération pour atteindre une dimension fraternelle. Tout en étant pleinement mobilisés autour de la situation intérieure, nous restons attentifs à tout ce qui touche notre sous-région. La Côte d’Ivoire qui assure la Présidence de la CEDEAO est au cœur de la recherche de la paix et de la prospérité auxquelles aspirent nos populations.

J’ai indiqué, à l’occasion de mon adresse au Corps Diplomatique le 22 novembre dernier, les orientations de notre diplomatie dans la recherche de solutions aux conflits qui pourraient affecter notre espace communautaire, en particulier la dramatique situation au nord Mali.

A cet égard, je salue la dernière résolution adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une intervention au Mali.

Mes chers compatriotes,

La Côte d’Ivoire nouvelle se dessine sous nos yeux. Nous disposons de nombreux atouts pour la bâtir plus rapidement, et sur un socle très solide.

La réussite de la Côte d’Ivoire nouvelle doit se mesurer non seulement à travers nos succès économiques et diplomatiques, mais aussi dans une meilleure répartition des efforts et des résultats.

La bonne gouvernance doit guider toutes nos décisions. C'est le lieu de réitérer la nécessité de combattre la corruption, dont les racines sont hélas anciennes dans notre société. Je puis vous assurer à nouveau que le gouvernement est déterminé à tout mettre en œuvre pour endiguer ce phénomène.

Mes chers Compatriotes chers frères, chères sœurs, chers amis de la Côte d’Ivoire,

L’année qui finit a été une année généreuse pour notre pays, qui a su se relever après des années de crise. Mais les prochaines années sont plus prometteuses encore. Elles offrent en effet des possibilités comme rarement la Côte d’Ivoire n’en a connues.

L’ensemble des mesures que nous avons déjà prises et celles en cours porteront leurs fruits dès l’année 2013; et chaque ivoirien pourra en sentir les effets sur son quotidien.

Rien ne doit compromettre ces belles perspectives. Je ne doute pas de la volonté de la très grande majorité d’entre vous de contribuer à réaliser ces promesses qui sont à notre portée. J'invite donc chacun au travail ainsi qu’à la paix et à la cohésion autour de ce qui nous unit tous: notre chère Cote d'Ivoire.

Bonne année 2013 à toutes et à tous !

Que Dieu bénisse notre chère Côte d’Ivoire.


Source: KOACI.COM

mardi, 01 janvier 2013

LES VŒUX DU NOUVEL AN 2013 DE MADAME ET MONSIEUR DINDE: BONNE ET HEUREUSE ANNEE!


ROSES 2013.jpg


A l'occasion de la célébration de l'avènement de la nouvelle année de grâce 2013, nous prions que DIEU, notre Seigneur et notre Créateur, vous accorde, à vous personnellement, à votre maison, à votre famille et à tous ceux qui vous sont chers, une PLEINE MESURE de Sa grâce dans tous les domaines et dimensions de votre vie.


Qu'Il vous donne une SANTE particulièrement robuste, une PAIX inaltérable, le SALUT de vos âmes et le SUCCES dans toutes vos entreprises de vie!

 

côte d'ivoire,bonne et heureuse année 2013,voeux du nouvel an 2013,les voeux du nouvel an 2013 de madame et monsieur dindé,bonne et heureuse année

 

Que selon Son amour intarissable, Il accorde à la Côte d'Ivoire et à l'Afrique la libération du joug de l'asservissement colonial, de la mesquinerie et de la malveillance internationales, de l'oppression des cercles et nébuleuses occultes ultralibérales.


Qu'Il nous délivre de la perfidie démoniaque des riches et des puissants qui détruisent ce monde, qu'Il brise leur pouvoir et anéantisse leur emprise sur nos vies et les destinées de nos nations déchirées par les guerres, les coups d'Etat, la maladie et la pauvreté, qu'Il nous fasse échapper au filet de l'oiseleur et au rets assassin des dominateurs sadiques.

 


Bonne et Heureuse Année 2013!

 

Madame et Monsieur DINDE Fernand AGBO

lundi, 31 décembre 2012

LETTRE DE FIN D’ANNEE A MONSIEUR ALASSANE DRAMANE OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA - MESSAGE A LA NATION 6 AOUT 2012.JPG

 
 
Monsieur Alassane Dramane Ouattara,
 
 
Par la présente, je viens vous parler comme votre entourage et vos associés ne l’ont jamais fait et ne le feront certainement pas, par manque de patriotisme, voire par manque de nationalisme vrai, par peur et parce qu’ils veulent ‘manger’.

Par le passé, j’avais pensé que vous alliez vous ressaisir dans votre envie féroce d’assassiner tous ceux qui ne pensent pas comme vous.  Mais, avec les événements, j’ai compris que vous ne méritez pas de bénéfice du doute.
 
D’ABORD, L’HONNETETE INTELLECTUELLE M’OBLIGE A RECONNAITRE «VOTRE CONSTANCE DANS LA DESTRUCTION», VOIRE «VOTRE CAPACITE DE NUISANCE».

Tout de suite, rappelons quelques faits qui exposent votre état psychique d’assoiffé de sang et de pouvoiriste  incomparable.
 
Premier ministre du mouton (du moins du bélier de Yamoussoukro), vous avez mis les Ivoiriens à la rue à travers les P.A.S (Programmes  d’Ajustement Structurel que je définis comme suit : Programmes d’Appauvrissement Structuré), reçus depuis les Institutions de Bretton Wood.  Vous avez, en ce temps-là, et avec vos amis, « vendu et racheté » plusieurs compagnies qui appartenaient à l’état au « nom » de la privatisation.  La célèbre loi « anti-casseur » était aussi l’une de vos potions magiques qui devaient maintenir la Côte d’Ivoire sous votre contrôle.  Il y a eu des centaines de prisonniers en 1992.  La carte de séjour, encore une de vos trouvailles pour soi-disant « renflouer les caisses de l’état » (votre mot).
 
A la mort du bélier qui vous a « importé et imposé » aux Ivoiriens, sans aucune cure, vous aviez tenté un coup d’état constitutionnel.  Votre échec fut la conséquence de la vigilance de votre allié d’aujourd’hui,  Konan Bédié (adepte de « l’éléphant blanc ») qui, à son tour, avait demandé aux Ivoiriens de se mettre à sa « disposition » comme dans un sérail. 
 
Vous avez également crié, sur tous les toits, que vous détruirez la Côte d’Ivoire si… Et, vous y êtes arrivé.  Or, sous d’autres cieux, avec ces propos, vous auriez été arrêté et condamné pour une longue période au moins, si ce n’est pas la condamnation capitale.
 
Depuis votre première venue dans le champ du microcosme politique ivoirien, le « BIEN-ÊTRE » de l’Ivoirien ne vous a jamais préoccupé.  A travers la carte de séjour, vous avez lézardé le mur de la cohésion qui existait entre les Ivoiriens et les Africains résidant en Côte d’Ivoire.  Avec votre rattrapage ethnique, vous ne trompez qu’une frange de la population pour servir vos maîtres basés à Paris, à New York…
Pensez-vous faire du bien aux ressortissants du nord ivoirien avec votre politique d’exclusion et tous les abus devenus moyens de gouvernance ? 
 
Encore en arrière, vous disiez que l’on refusait votre candidature parce que vous êtes un musulman et les adeptes de la fameuse « charte du nord » ont applaudi, crié à gorge déployée et dansé avec joie, sans comprendre le sort, le mauvais sort que vous leur réserviez.  Car, vous ne serez pas là éternellement pour pourvoir à leur sécurité ou à leur protection individuelle et tribalique. 

Avez-vous idée de la haine que vous avez inoculée en chaque enfant, en chaque femme, en chaque homme qui a perdu ses parents sous les coups de machette et autres armes de vos assassins importés du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Nigeria et des savanes ivoiriennes ? 
 
Pensez-vous que c’est en se mettant à genoux devant les cameramen que votre majordome, j’allais dire votre bouffon, Konan Banny, va ré-con-ci-lier les Ivoiriens dont vous abusez l’hospitalité? Erreur !
 
Croyez-vous que c’est la mise en liberté provisoire de quelques prisonniers politiques qui va cicatriser la profonde plaie que vous avez créée? Erreur!

ENSUITE, JE VOUS DEMANDE DE VOUS REVEILLER DES MAINTENANT.

Sachez qu’il y’a des dires ou des proverbes qu’il ne faut pas négliger.  Par exemple : « Qui tue par l’épée, mourra par l’épée ».  Les exemples historiques à ce niveau sont légions et je n’ai pas l’intention de les ressasser. Question de temps et d’espace.
 
Avec vous, la Côte d’Ivoire a connu une rébellion très sanglante.  Les enlèvements, les tortures de tous les genres et les exécutions extra-judiciaires continuent malgré votre « victoire » taillée sur mesure par la France, l’Amérique d’Obama et leurs alliés.  Vos assassins prennent tout aux autochtones.  Les propriétaires terriens deviennent étrangers chez eux. Les Mossi, les Maliens, les Nigériens et les Nigérians deviennent des chefs des villages et des cantons.  Malgré tout cela, vous êtes entre deux avions chaque semaine, parce que vous ne pouvez pas et ne pourrez pas gouverner.
 
Vous n’obtiendrez pas le titre de roi que vous recherchez avec toute votre névrose et votre ego torturé par certains manques que vous n’arrivez pas à satisfaire.  La reconnaissance que vous courez après vous échappe chaque jour et votre état de santé se détériore davantage. 
 
Retournez là d’où vous êtes venu pour endeuiller la Côte d’Ivoire, partez et ne revenez plus jamais.  Ceci est la seule et dernière issue qui vous reste si vous voulez bien vivre vos derniers jours.
 
Enfin, pour ne point augmenter vos soucis à travers mes lignes, je serai très court dans mes propositions :
 
SIMPLEMENT, RENDEZ LE TABLIER DES MAINTENANT! 

La tyrannie ne taira jamais l’ardeur des Ivoiriens.  Vous pensez connaître les Ivoiriens ?  Non ! Vous ne connaissez que ceux qui ne vivent que pour manger et donc qui vous vendent leur honneur, leurs êtres, leurs familles et leurs terres pour des promesses que vous ne tenez pas.  Car, « les pluies de milliards » promises hier, refusent de tomber.  C’est la sécheresse du côté de ceux qui chantaient « ADO solutions ».
 
LA COTE D’IVOIRE NE VA PAS CONTINUER DE MARCHER AU RYTHME DE VOTRE ETAT MALADIF!

Il est certes vrai que les rêves constituent ce qui transforme le monde, mais vous devez savoir qu’ils ne sont pas tous réalisables et ce n’est pas tout rêveur qui devient un grand bâtisseur.
 


SYLVAIN DE BOGOU,
(Écrivain, Journaliste & Analyste des R.I). Livre à paraître bientôt : « Afrique et Défis ».
 

dimanche, 30 décembre 2012

GBAGBO EN PRISON (44,17%), PLUS CELEBRE QUE OUATTARA (15,07%), DANS UN SONDAGE ABIDJAN.NET!

 

SONDAGE 2012 ABIDJAN.NET.jpg

 

Sur leur propre site abidjan.net, qui est logiquement plus visité par eux que par les pro-Gbagbo, pour faire un cadeau de fin d'année à leur mentor, ils ont organisé un SONDAGE de l'Homme ou la Femme de l'année 2012: 

http://www.abidjan.net/sondage/poll_results.asp?ID=184.

Au début ils avaient inscrit Laurent Gbagbo (La Haye [comme fonction]) et Alassane Ouattara (Président). Et parce qu'il serait incompréhensible pour les milliers de visiteurs du site de constater que celui qui se trouve à La Haye est plus aimé et avec près de 44,17% d'intentions de vote (à l'heure actuelle) loin devant les 15,07% de leur président, ils ont donc vite fait de rectifier pour écrire "Laurent Gbagbo (Ex-Président)".

Vers la fin du sondage, ce sera indiqué: LAURENT GBAGBO (fonction PRESIDENT DE LA REP. DE CIV) et DRAMANE OUATTARA (fonction MYTHOMANE, IMPOSTEUR, GENOCIDAIRE).

Il ne reste plus qu'aux propriétaires du site à falsifier les chiffres et un Youssouf Bakayoko pour inverser les résultats. N'IMPORTE QUOI!

Pour ceux qui voudraient parler au Président de la République de Côte d'Ivoire, Laurent GBAGBO:

Téléphone: +31 70 515 8080

Ou envoyer une carte de vœux:

ICC
Quartier pénitentiaire
Boîte postale 19519
2500 CM La Haye

Pays-Bas


Source: FACEBOOK

samedi, 29 décembre 2012

PRISONNIERS DE OUATTARA: AMNISTIE, GRACE OU NON-LIEU?

 

côte d'ivoire,prisonniers de ouattara,amnistie grâce ou non-lieu?,ladji fofana juriste

 

Dans ses récentes sorties publiques, évoquant la situation en Côte d’Ivoire après la tragédie du 11 avril 2011, M. Alassane OUATTARA n’a eu cesse de proclamer qu’il n’existe aucun prisonnier politique dans ses geôles. M. OUATTARA n’a cependant pas fait mystère sur ses bonnes dispositions à manifester sa mansuétude  dans une mesure de grâce à l’égard des pro-Gbagbo détenus.

Mais avant d’en arriver au rappel des différentes mesures prises en faveur des acteurs de cette crise qui prend ses racines dans la rébellion survenue dans la nuit du 19 septembre 2002, il importe de cerner la portée des effets de la grâce et de l’amnistie auxquelles on recourt usuellement dans les crises de l’ampleur de celle en cours en Côte d’Ivoire.

Aux termes des dispositions de l’article 108 du code pénal ivoirien, l’amnistie «éteint l’action publique. Elle efface toutes les condamnations prononcées et met fin à toute peine et mesure de sûreté à l’exception de l’internement dans une maison de santé et de la confiscation, mesure de police. L’amnistie n’est pas applicable aux frais si la condamnation est définitive. Elle n’entraîne:

–Ni la restitution des amendes et frais payés, ni celle des confiscations déjà exécutées;

–Ni la réintégration dans les fonctions ou emplois publics, grades, offices publics ou ministériels. Elle n’ouvre pas droit à reconstitution de carrière;

– Ni la restitution des décorations, ni la réintégration dans les ordres nationaux.

L’amnistie ne fait pas obstacle aux demandes en révision tendant à établir l’innocence de l’amnistié.   Elle est sans effet sur l’action civile ainsi que sur l’action et les peines.

Qu’en est-il des effets de la grâce agitée ces derniers jours par OUATTARA et son camp?

Conformément aux dispositions de l’article 134 du code pénal ivoirien «La grâce accordée par décret du Président de la République est la dispense, totale ou partielle, définitive ou conditionnelle d’exécution d’une peine ou mesure de sûreté devenue définitive, à l’exception de l’internement dans une maison de santé et de la confiscation spéciale. Le décret de grâce peut commuer toute peine  en une peine moins élevée dans l’échelle légale des peines. Sauf dérogation expresse du décret de Grâce:

– La commutation de la peine de mort entraîne pour le condamné application de plein droit de toutes les conséquences légales attachées aux peines privatives de liberté perpétuelle;

– La commutation d’une peine perpétuelle, qu’elle soit originellement prononcée ou qu’elle résulte d’une condamnation antérieure de la peine de mort entraîne de plein droit cinq ans d’interdiction de séjour et prend effet au jour du décret de grâce. La solidarité est rémissible par voie de grâce».

Il ressort du rappel des dispositions légales qui précèdent  que s’il peut être admis que la grâce s’analyse en une solution parmi tant d’autres à l’issue d’un conflit, on ne saurait perdre de vue que par sa portée, elle n’a nullement vocation à neutraliser les infractions réelles ou supposées commises par tous les acteurs du conflit.

La grâce, dans ses effets, ne se limite qu’au seul recouvrement de leur liberté par les personnes  qui en ont été privées par des décisions devenues définitives. La grâce a donc une portée limitée.

C’est pourquoi depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, corollaire de la rébellion armée déclenchée le 19 septembre 2002, les preuves abondent que  le Gouvernement du Président Laurent Gbagbo d’un côté, et le camp rebelle composé du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire de SORO Kigbafori Guillaume, ses démembrements et les partis membres du RHDP, de l’autre, ont privilégié l’amnistie  parmi les solutions possibles.

Ainsi, si l’Accord de Lomé I, conclu le 1er novembre 2002,  prescrivait la libération, sans condition, des détenus civils et militaires dans le cadre des hostilités débutées le 19 septembre 2002, celui de Marcoussis réalisé, lui, quelques mois plus tard, plus précisément le 24 janvier 2003, mettait en relief la nécessité d’amnistier tout simplement les faits délictueux susceptibles d’être imputés aux différents acteurs du conflit. Il importe d’indiquer que cette dernière mesure s’étendait aux exilés militaires.

En exécution des obligations enserrées dans cet Accord de Marcoussis, une première loi n°2003-309 portant amnistie était prise le 8 août 2003.

Mais, eu égard au champ d’application de l’Amnistie balisée par les dispositions de l’article 108 du code pénal transcrites plus haut,  les parties, mues par le souci de faciliter le pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et la solidarité entre les Ivoiriens, convenaient d'étendre la portée de cette première loi d'amnistie à la réintégration de plein droit dans les fonctions ou emplois publics, grades, offices publics ou ministériels, la restitution de carrière au profit des membres de la rébellion.

Bien mieux encore, ayant estimé que ces premières mesures dérogatoires n’avaient pas permis l’atteinte  des objectifs de réconciliation, de restauration de la cohésion sociale et de la solidarité, l’Accord de Ouagadougou, conclu le 4 avril 2007 à l’issue du Dialogue Direct, prescrivait d’autres mesures dérogatoires. Ainsi, les parties au Dialogue Direct convenaient d’étendre encore la portée de la loi d’amnistie de 2003.

C’est donc en conséquence des obligations contenues dans cet Accord de Ouagadougou que l’Ordonnance n° 2007- 457 du 12 avril 2007 portant amnistie était prise par le Président Laurent GBAGBO.

En plus de sa fonction traditionnelle d’extinction des infractions commises dans le cadre des hostilités, les mesures dérogatoires figurant dans cette loi d’amnistie mettaient l’accent, entre autres, sur les exigences de la réconciliation et de l’obligation de solidarité nationale qui imposent le devoir à l’Etat de procéder à la réparation des dommages causés par les infractions amnistiées. Ces mêmes mesures dérogatoires prescrivaient la restitution de carrière des éléments de la rébellion présents en Côte d’Ivoire et en exil, avec paiement et rappel de leurs soldes.

Il s’infère  donc des mesures qui précèdent que l’Etat étant celui qui jouit des prérogatives régaliennes, d’une part, et sur qui pèse, à titre principal, le fardeau de la réalisation de la réconciliation, d’autre part, il ne peut  se permettre de faire l’économie de toute mesure propre à  permettre la réalisation de ladite réconciliation surtout lorsque la loi lui en trace les sillons.

C’est fort de cette réalité, et comme on le constate, que depuis l’éclatement de cette crise dans la nuit du 19 septembre 2002, la volonté d’aller résolument à la paix a été moult fois traduite dans les différents Accords et les mesures dérogatoires contenues dans les différents textes d’amnistie formalisées par le pouvoir du Président Laurent GBAGBO dans le seul intérêt de la paix et de la réconciliation.

Or, nul ne peut sérieusement soutenir que la crise ivoirienne actuelle est détachable de la rébellion armée déclenchée le 19 septembre 2002.

C’est en cela que l’observateur avisé relève que dès lors que des mesures dérogatoires ont déjà  été expérimentées dans la gestion de cette même crise, il n’y a absolument rien à inventer dans la quête de solution durable. Un tel état des lieux devrait donc inciter à l’économie de manœuvres de diversion  consistant à agiter des mesures qui rompent avec la pratique, et,  dont les effets ne sauraient garantir une quiétude à leurs destinataires, et donc insusceptibles de faire advenir une vraie réconciliation et paix.

Pour  montrer la pertinence de ce développement, et surtout, mettre en exergue le contraste entre la grâce et l’amnistie,  il apparaît nécessaire de retenir quelques illustrations.

1-LES EFFETS D’UNE AMNISTIE SUR LA SITUATION DE L’HONORABLE AKOUN LAURENT

Condamné à une peine privative de liberté de six mois ferme assortie d’une peine d’amende et des peines complémentaires (interdiction de paraître dans certains lieux pendant plusieurs années à l’exception de son lieu de naissance et déchéance des droits civiques), l’honorable  Laurent AKOUN recouvrerait automatiquement la jouissance, non seulement de sa liberté, mais aussi et surtout, de l’entièreté des droits civiques dont la décision de justice le prive. Subséquemment, l’amende greffée à la peine d’emprisonnement subira le même sort. Il ne paiera pas cette amende qui lui a été infligée à l’exception des frais de procédure qui, dans le cadre de la procédure de flagrant délit suivie contre lui, n’excède guère mille francs (1.000F) CFA. Bien mieux encore, quoi que cette décision qui le condamne survive dans l’ordonnancement juridique,  les condamnations effacées par la mesure d’amnistie ne peuvent être inscrites au casier judiciaire de l’honorable AKOUN Laurent.

En des termes plus simples, cela voudrait dire que s’il  était demandé plus tard  à l’honorable AKOUN Laurent de justifier, par exemple, à l’occasion de la constitution d’un dossier de candidature à un poste  politique  ou administratif (décoration et autres actes civils…), de ses antécédents judiciaires  en fournissant son casier judiciaire, le bulletin numéro 3, qui lui serait délivré à l’occasion, ne porterait aucune mention des condamnations amnistiées. Comme on le voit, la mesure d’amnistie réintègre le bénéficiaire dans sa virginité pénale.

Mais qu’en serait-il du cas du Général DOGBO Blé Bruno  et des autres personnalités inculpées en cas d’administration d’une amnistie?

côte d'ivoire,prisonniers de ouattara,amnistie grâce ou non-lieu?,ladji fofana juriste

2-LES EFFETS D’UNE AMNISTIE SUR LA SITUATION DU GENERAL DOGBO BLE BRUNO

Il importe de rappeler qu’au terme d’un procès dont les débats n’ont pu établir, sans équivoque, l’implication du Général DOGBO Blé Bruno dans le meurtre du Colonel Dosso, les exigences d’une obligation de résultat qui pèsent naturellement sur une «justice des vainqueurs», ont essentiellement déterminé la Cour d’assises à entrer en voie de condamnation contre lui.

Ainsi, a-t-il été arbitrairement condamné à une peine privative de liberté de 15 années, assortie d’une peine d’amende et d’une rétrogradation.

C’est le lieu de relever que les dispositions de l’article 108 du code pénal  portant amnistie ont exhaustivement énuméré les cas d’exclusion.

Il s’en infère qu’aucune infraction n’est exclue, en dehors des usages qui, dans bien des cas, ont limité les effets de l’amnistie en ce qui concerne les crimes.

C’est pourquoi, et comme abondamment rappelé plus haut, les parties, à l’occasion de cette crise, sont toujours parvenues, au moyen des pouvoirs dérogatoires, à intégrer toutes les situations  dans le champ d’application de l’amnistie à l’effet d’atteindre les objectifs de réconciliation et d’une vraie paix.

Si donc, le pouvoir se refusait  à recourir à des mesures dérogatoires au profit du général DOGBO Blé dans le cadre d’une amnistie, tant en ce qui concerne sa liberté que son grade, l’exigence de la vérité  commanderait que la justice ivoirienne baptisée à raison, «justice des vainqueurs», pour s’être négativement illustrée lors de cette  crise historique, devra impérativement s’obliger à redorer son blason. Car, quel est cet ivoirien lucide qui n’a pas été bouleversé par ce terrible qualificatif de «sauveurs» que Monsieur le Procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan avait cru devoir attribuer à des criminels notoires,  dans l’unique but de les absoudre des pires  crimes dont ils se sont rendus responsable depuis la nuit du 19 septembre 2002 à ce jour? Qui ne se souvient encore de l’issue de cette audience théâtrale de la Chambre d’accusation qui, après s’être solennellement prononcée en faveur de la mise en liberté provisoire de 8 personnes et rejeté systématiquement les autres recours, en la présence constante de toutes les parties dont les conseils des appelants, leva son audience et se retira, mais, au beau milieu de la nuit, et hors la présence de toutes les parties concernées, porta, visiblement à la demande pressante du pouvoir en place, le nombre des «heureux bénéficiaires» de cette «précieuse» liberté provisoire à la carte, à 20 personnes? Quel est cet observateur avisé qui est parvenu à s’expliquer aisément, la suite favorable accordée, dans le tintamarre de la grâce agitée par le camp Ouattara, aux demandes de mise en liberté provisoire à 8 personnes, il y a quelques jours, et le curieux rejet  de celles d’une pléthore encore maintenue dans les goulags du nord, alors surtout que le crime commun «contre l’humanité» reproché à ces suppliciés, n’est autre que leur seule appartenance au  dernier gouvernement du Président Laurent GBAGBO après sa réélection, pour certains, et le soutien à la légalité constitutionnelle, pour d’autres? Ce constat ahurissant sur son fonctionnement pyromane à l’aune de cette crise historique n’incline-t-il pas à  exiger  de cette justice  la recherche de la vérité et surtout, l’intérêt national?

Un tel exercice, dans le cas du général DOGBO Blé, passe nécessairement par un réexamen  juste et impartial de la décision contestable  qui le frappe injustement. Car, il est de notoriété publique qu’au terme des débats, le procès du Général DOGBO Blé n’est pas parvenu à étayer l’implication, sans équivoque, de ce dernier dans l’assassinat du Colonel DOSSO. Tous les observateurs sont unanimes pour reconnaître que la Cour s’est délibérément refusée, pour des motivations qui échappent manifestement à la raison du droit, à lui faire bénéficier de l’épaisse couche de flou qui couvre sa responsabilité personnelle dans le meurtre du Colonel DOSSO.

Aussi, dans l’intérêt de la vérité  et de la paix, la Chambre judiciaire doit-elle s’obliger à renvoyer purement et simplement le Général DOGBO Blé des fins des poursuites.

3-LES EFFETS D’UNE AMNISTIE SUR LA SITUATION DES AUTRES PERSONNALITES INCULPEES

C’est un secret de polichinelle qu’alors que le monde entier connait parfaitement les vrais assassins en Côte d’Ivoire  depuis la nuit du 19 septembre 2002, les personnalités proches du Président Gbagbo, arrêtées avec la complicité et l’assistance déterminantes de la Licorne et de l’ONUCI à partir du 11 avril 2011, ont été par la suite toutes mécaniquement inculpées pour crime de sang et placées en détention.

Il a été  cependant démontré plus haut qu’il est possible d’étendre les effets d’une amnistie à toutes les infractions par dérogation aux dispositions légales.

Mais si d’aventure Ouattara s’y refusait, il ne resterait que les solutions appropriées par voie judiciaire.

En effet, étant incontestable que toutes ces personnes ont été arbitrairement inculpées pour des faits qualifiés de crimes par une «justice des vainqueurs», la quête de vérité et d’une vraie réconciliation impose une seule mesure appropriée qui n’est autre que la prise d’ordonnances de non-lieu. Une telle décision permettra d’atteindre les objectifs  visant à rétrocéder leur liberté aux personnes abusivement inculpées  et détenues. Subséquemment, c’est à bon droit  qu’une telle décision soustraira les intéressés de l’épée de Damoclès qui pèserait injustement et inutilement sur leur tête dans le cas d’une grâce et autres mises en liberté provisoire sur mesure qu’on enregistre à présent à compte-gouttes.

En dépit de ces seules voies salvatrices, comme on l’observe ces derniers temps, des prêches en faveur d’une mesure de grâce  ne cessent d’inonder le paysage politique ivoirien.

Alors quels sont les objectifs  réels visés par les adeptes d’une telle mesure?

4-LES EFFETS D’UNE GRACE PRESIDENTIELLE SUR LA SITUATION DE L’HONORABLE AKOUN LAURENT ET DU GENERAL DOGBO BLE BRUNO

La portée des effets de la grâce a été exhaustivement rappelée plus haut.

Il  en résulte que si c’était cette option que M. OUATTARA préférait à celle expérimentée depuis le déclenchement de cette crise, la situation se présenterait autrement.

En effet, le bénéfice de la grâce suppose la satisfaction des conditions.

C’est le lieu de rappeler que ne bénéficie de la grâce que tout condamné dont la décision est devenue définitive. Cela veut dire que si l’honorable AKOUN Laurent avait fait appel de la décision du tribunal ou si le Général DOGBO Blé Bruno s’était pourvu en cassation (saisine de la Cour Suprême contre la décision de la Cour d’Assises), les deux  ne peuvent être accessibles aux effets d’une mesure de grâce qu’autant qu’ils eussent acté un désistement.

Autrement, tant que les juridictions supérieures saisies n’auraient pas vidé leur saisine, les condamnés  demeureraient en détention nonobstant l’existence de la mesure de grâce.

Ainsi, en dehors du recouvrement de cette liberté «conditionnée», les effets de la grâce sont impuissants face à l’amende et aux peines complémentaires, c’est-à-dire, malgré une liberté obtenue à des conditions, l’honorable AKOUN Laurent exécutera la peine d’amende à laquelle il avait été condamné. En plus, il tombera encore sous le coup de la loi s’il se présentait à d’autres endroits du territoire en dehors de son lieu de naissance comme le lui a prescrit la décision de justice. Au final, toutes ces condamnations seront inscrites au casier judiciaire, de sorte que le jour où il devra fournir un dossier exigeant la production du bulletin numéro 3, toutes ces condamnations graciées y seront révélées, et le destinataire en tirera bien évidemment les conséquences de droit.

Il en sera de même  pour le Général DOGBO Blé qu’on n’appellerait plus «Général» au risque de tomber sous le coup du délit de «violation d’une décision de Justice» pour se retrouver soi-même en prison pour avoir tout simplement utilisé une formule de politesse.

5-LES EFFETS D’UNE GRACE PRESIDENTIELLE SUR LA SITUATION DES AUTRES PERSONNALITES  INCULPEES ET DETENUES

Il est constant que l’ensemble des personnes en détention après le 11 avril 2011 ont été systématiquement inculpées de crime de sang. Il en va donc que ces personnes ne sont même pas encore jugées pour, le cas échéant, exercer des recours.

Dès lors, et à l’aune des développements qui précèdent, n’apparaît-il pas surabondant de relever que ces personnes ne sauraient bénéficier d’une mesure de grâce qui ne concerne que les condamnés dont les décisions sont devenues définitives. C’est en cela que des décisions courageuses, empreintes de justice s’imposent, non seulement en faveur de la réconciliation vraie mais surtout de la vérité.

Au total, il s’infère des analyses qui précèdent que si par extraordinaire, M. Dramane OUATTARA  méconnaissait les mesures salvatrices ci-dessus étayées, au détriment de la vérité, d’une vraie paix et de la  réconciliation, en optant  pour la grâce qu’il  agite ces derniers jours,  il n’en émergerait pas moins sa ferme volonté à poursuivre la répression judiciaire, avec pour but final, l’anéantissement d’une opposition politique  significative dont tous les acteurs majeurs seraient ainsi privés de leurs droits civils et civiques. Ce qui conforterait les observateurs de la scène politique ivoirienne que M. Ouattara Dramane a une conception singulière de la démocratie qui exclut toute opposition significative. Comment penser autrement quand on sait qu’il a lutté dans les accords passés pour une amnistie et une libération des siens et qu’aujourd’hui, il préconise plutôt seulement une grâce pour les autres?

 

Ladji Fofana, Juriste

vendredi, 28 décembre 2012

COTE D'IVOIRE: LES GENDARMES AYANT SECURISE L'ARRIVEE D’AKE NGBO ET SES CAMARADES RECEMMENT LIBERES ONT ETE MIS AUX ARRETS


côte d'ivoire,les gendarmes ayant sécurisé l'arrivée d’aké ngbo et ses camarad,gendarmes mis aux arrêts,lg infos,ouattara veut dissoudre la gendarmerie

 

Dramane Ouattara reproche aux gendarmes qui ont sécurisé l'arrivée du Professeur Aké NGbo et ses camarades récemment libérés d’avoir exécuté "une mission non-recommandée et non-autorisée". Ces gendarmes ont donc été jetés en prison. Cette information a été publiée par le quotidien "LG Infos" dans sa livraison N°323 du mercredi 26 décembre 2012, page4.

Le quotidien a pris le soin de mener ses investigations dans le camp de gendarmerie d’Agban ciblé par le régime Dramane Ouattara, à travers une vague d’arrestation. Des gendarmes ont ouvertement témoigné de la traque organisée par le régime contre ce corps depuis plusieurs jours.

Un officier n’a pas caché sa colère : «On nous taxe de pro-Gbagbo, surtout nous qui avons servi sous le Commandant Abehi, en particulier ceux qui sont en poste à la caserne de Yopougon. Je vais dire quelque chose de grave. On a même reproché aux gendarmes qui ont sécurisé l’arrivée du Professeur Aké NGbo et ses camarades récemment libérés, le fait d’avoir exécuté une mission non-recommandé et non-autorisée. Ceux qui ont été commis à cette tâche sont actuellement aux arrêts», a témoigné un gendarme résidant du camp d’Agban au quotidien "LG Infos".

Comment peut-on prétendre que des gendarmes qui obéissent à des ordres, ont exécuté une mission "non-recommandée et non-autorisée". Il est évident qu'ils ont été commis à cette tâche pour les piéger, en vue de les emprisonner.

«On veut faire croire que les gendarmes ont organisé une attaque contre un camp qu’ils habitent eux-mêmes. Non, c’est trop grossier», a déploré un autre gendarme d’Agban aux reporters de "LG Infos".

La presse rapporte des arrestations massives de gendarmes et de leurs proches, depuis 5 jours. On dénombre plus de 80 arrestations dans le cadre de cette affaire.

Jusqu’ici, personne ne peut expliquer la haine viscérale que Dramane Ouattara voue aux gendarmes ivoiriens. N’est-ce pas là le signe annonciateur du démantèlement de la gendarmerie par le régime Dramane Ouattara? Affaire à suivre!

 

Source: FACEBOOK

jeudi, 27 décembre 2012

COTE D'IVOIRE: DOUMBIA MAJOR APPELLE A UN COUP D'ETAT CONTRE ALASSANE OUATTARA

 

DOUMBIA MAJOR 2.jpg


"Pour Doumbia Major, ex porte-parole de IB, il faut enlever Ouattara par un coup d'Etat". Qui l'eut cru? Chien mange donc chien?


«Sur le plan politique, je pense que lorsqu'un régime vire vers des pratiques antidémocratiques il faut le renverser, et je continue de le penser. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'une fois élu un régime doit faire ce qu'il veut, y compris s'adonner à des violations de droits humains, à des pillages de ressources collectives et de deniers publics, qu’on doit le laisser pratiquer l'injustice, les abus de pouvoir etc... Et que, pendant que les dirigeants du régime s'adonnent à ce type de pratiques antidémocratiques le peuple doit attendre passivement la fin du mandat pour espérer un hypothétique changement de gouvernants.

Comme aux USA, où il est prévu une procédure «d'impeachment», le peuple doit se réserver la possibilité d'empêcher un régime d'aller au terme de son mandat si celui-ci trahit le peuple. C'est pourquoi je ne regrette aucun renversement violent d'un régime qui vire à la dictature.

Quand les révolutions surviennent, elles se passent pendant que certaines personnes qui les désapprouvent se trouvent tranquillement à leurs domiciles, mais ce n'est pas leur passivité ou leur désapprobation qui empêchent la révolution d'avoir lieu!

Autant l'humeur et le sentiment de désapprobation du mouton n'a pas d'influence sur l'organisation de la fête de la Tabaski, autant les sentiments de désapprobation de quelques pseudo-pacifistes et de quelques partisans d'un régime, ne peuvent empêcher la survenue d'une révolution, quand un régime vire à la dictature.

Ce qui empêche la survenue d'une révolution ce ne sont pas les cris et les larmes de crocodiles de quelques partisans d'un régime qui vivent du luxe que leur procure un système dictatorial qui se nourrit d'injustice et d'inégalité ; ce qui empêche la survenue d'une dictature c'est le comportement démocratique des dirigeants!» Doumbia Major.

Oui ! Vous ne rêvez point! Ces mots sont de Doumbia Major qui se dit exilé politique depuis près de dix ans. Depuis près de quatre mois, le cerveau politique de l’aile de feu le sergent major IB, donne de plus en plus de la voix. Pour, lui, l’Afrique doit aller de coup d’Etat en coup d’Etat. Pour lui, seule Ibrahim Coulibaly dit IB méritait de gouverner ce pays. On l’aura bien comprit, les attaques en Côte d’Ivoire ne sont pas le seul fait des partisans de Gbagbo mais aussi et surtout de certains militaires qui ont combattus aux cotés de ce dernier jusqu’à sa mort. L’administration Ouattara se trouve donc confrontée à deux entités qui conjuguent bien le fait que l’ennemi de mon ennemi soit mon ami. En clair une coalition entre les deux camps n’est pas à exclure dans la mesure où Doumbia Major disait il y a peu: «l’exilé n’a pas d’état d’âme, il peut s’allier à n’importe qui, pourvu que ce dernier lui promettre de mettre fin à son exil».

Qui vivra verra!

 

Jean Pierre Assa, in Lementor.net

Le 26 décembre 2012 par Autre presse


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 25 décembre 2012

LE QUOTIDIEN D'ABIDJAN: «DIEU SE REVELE A UN VIEUX MUSULMAN AU NORD»

 

côte d'ivoire,le quotidien d'abidjan,dieu se révèle à un vieux musulman au nord,la statue de la "vierge marie",larmes de sang de la statue de la "vierge marie",laurent gbagbo,fin de la crise ivoirienne,la nouvelle côte d'ivoire

 

Bamba lancina, un vieillard de 85 ans, a fait des révélations sur la situation ivoirienne, la semaine dernière avant de rendre l’âme. Le vieux musulman du village de Gbêlo dans la sous-préfecture de Ouaninou, a confié à son entourage que Dieu va frapper dans les milieux religieux et politique. L’un de ses fils a joint la rédaction pour livrer la quintessence de ce message prophétique.


«Je suis…, fils de Bamba Lancina. Mon père qui avait reçu la révélation concernant l’arrestation de Laurent Gbagbo en son temps n’a pas voulu trop ébruiter ce message. Lui-même nous a demandé de publier cette dernière révélation. Il y a quelques jours qu’il nous a confié que Dieu est revenu encore lui parler de la situation de la Côte d’Ivoire. Le vieux a été inhumé, le samedi 1er Septembre, à Gbêlo. Avant de mourir, il nous a dit qu’il y aura beaucoup de morts parmi les serviteurs de Dieu. De nombreux prêtres, des imams, et des pasteurs des églises évangéliques qui ne font pas la volonté de Dieu. Dieu délivrera la Côte d’Ivoire par une grande colère contre le diable et ses suppôts.

côte d'ivoire,le quotidien d'abidjan,dieu se révèle à un vieux musulman au nord,la statue de la "vierge marie",larmes de sang de la statue de la "vierge marie",laurent gbagbo,fin de la crise ivoirienne,la nouvelle côte d'ivoire

Abordant le phénomène de la statue de la vierge Marie, Dieu lui a dit que c’est l’incarnation de l’esprit démoniaque et d’idolâtrie, et l’esprit de mort. Voyant la colère de Dieu contre les prêtres, cette idole a manifesté leur humiliation à travers ses pleurs. Dieu a décidé d’établir deux grands serviteurs de Dieu qui ont sa sainte crainte à la tête de la nation. Il s’agit d’un prophète et d’une prophétesse. Ce prophète fera comme Moïse l’a fait avec le peuple d’Israël. Le christianisme va gagner toute la Côte d’Ivoire.

Mais les fausses églises seront fermées. L’un des prophètes viendra d’Israël. La constitution sera modifiée. Enfin, Dieu a dit que la seule condition pour que Gbagbo sorte de la prison est une repentance sincère. Il veut l’utiliser mais avant, celui-ci doit confesser ses transgressions et péchés. Sinon, aucun être humain ne pourra rien faire pour lui».

 

Source: Le quotidien ivoirien "Le Quotidien d'Abidjan" N° 703 du Mardi 04 Septembre 2012.

lundi, 24 décembre 2012

JUSTICE IVOIRIENNE: AKE N'GBO ET 7 DETENUS PRO-GBAGBO LIBERES

 

AKE NGBO ET DESIRE DALLO.jpg

Le Premier ministre Aké Ngbo et le ministre Désiré Dallo (Economie  et finances) à leur sortie de prison.



La justice ivoirienne a décidé hier jeudi 20 décembre 2012, d'accorder la liberté provisoire à huit (8) prisonniers politiques proches de l'ancien président, Laurent Gbagbo.

 

Il s'agit de l'ex-Premier ministre Gilbert-Marie Aké N'gbo, de l'ex-ministre de l'Economie et des finances, Noël Désiré Dallo, de Mme Adjobi née Christine Adjoua Nébout, ex-ministre de la Lutte contre le SIDA, du Journaliste Norbert Gnahoua Zibrabi, du syndicaliste Mahan Gahé, du chef de parti politique Jean-Jacques Béchio, du chef de milices, Mao Gloféi et de l'aide de camp de l'ancien président, le chef d'escadron Djua Kouassi. 

Selon un communiqué du ministère de la Justice, des droits de l'homme et des libertés publiques, lu au journal télévisé de 20h de la chaîne nationale (RTI 1), cette décision fait suite à des demandes de mise en liberté provisoire qui ont été jugées recevables par les juges en charge du dossier. Ces prisonniers mis en liberté avaient été conduits dans des prisons dans le Nord du pays, après la chute de Laurent Gbagbo en 2011. 

Après avoir passé près de deux (2) ans en prison, ces pontes du Front populaire ivoirien (FPI, le principal parti d'opposition) et de l'ancien régime peuvent respirer l'air frais de la liberté, même si elle n'est que provisoire. En tout cas, c'est une bonne nouvelle pour eux et pour les Ivoiriens qui sont engagés dans un processus de réconciliation nationale. Cette libération constitue en effet, un signe de décrispation de la situation sociopolitique tendue en Côte d’Ivoire. 

Selon certaines indiscrétions, la justice ivoirienne pourrait procéder à la mise en liberté provisoire d'autres prisonniers, avant la fin de l'année. 

Il s’agit de : 

1- N’GBO AKE Gilbert Marie 
2- DALLO Désiré Noël Laurent 
3- ADJOBI Née NEBOUT Aya C. Rosalie 
4- GNAHOUA Zabrabi Norbert 
5- MAHAN Gahé Basile 
6- BECHIO Jean Jacques 
7- MAO Glofiéhi 
8- Commandant DUA Kouassi 


Hervé Kpodion, in le quotidien ivoirien «L'Inter» du jeudi 20 décembre 2012.


 

ARRIVEE A ABIDJAN DES DETENUS PRO-GBAGBO MIS EN LIBERTE PROVISOIRE

 

Les détenus pro-Gbagbo mis en liberté provisoire le jeudi par le gouvernement ivoirien sont arrivés samedi en fin de matinée à Abidjan où ils ont été accueillis dans un grand hôtel de Cocody, le quartier des ambassadeurs. 

Sur les huit libérés, seulement quatre sont arrivée à l'hôtel Ivoire en provenance du Nord où ils étaient incarcérés depuis la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011. 

Le Pr Aké N'Gbo ex-premier ministre de Laurent Gbagbo, l'ex-ministre de l'économie et des finances de Laurent Gbagbo pendant la crise postélectorale, Désiré Dallo, le syndicaliste Mahan Gahé et Gnahoua Zibrabi sont les quatre personnes arrivées à Abidjan. 

S'exprimant au nom de ses camarades, le Pr Aké N'gbo a remercié les autorités ivoiriennes notamment le président Alassane Ouattara pour ce geste d'apaisement. 

Les quatre autres ex détenus proches de Gbagbo, à savoir le chef milicien du grand Ouest Maho Glofiéhi, l'ex-ministre de la santé de la lutte contre le SIDA Christine Adjobi, le Commandant Doua Kouassi et l'ancien ministre de la fonction publique Jean Jacques Béchio, explique-t-on sont déjà sur place à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. 

Ils étaient pour certains incarcérés à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA) et pour d'autres dans des cliniques pour y subir des soins. 

Plusieurs proches de Laurent Gbagbo ont été mis aux arrêts au lendemain de son arrestation le 11 avril 2011 (...) 

Laurent Gbagbo est lui-même détenu à la Haye où la Cour pénale internationale entend organiser le 19 février prochain l'audience de confirmation des charges contre lui. Il est soupçonné de crime contre l'humanité de façon indirecte. 

Simone Ehivet Gbagbo à Odienné dans le Nord Ouest, Pascal Affi N'guessan et Michel Gbagbo à Bouna dans le Nord Est et d'autres cadres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo, restent pour l'instant en prison. 

Le président Alassane Ouattara avait annoncé fin novembre lors de sa tournée dans l'Est de la Côte d'Ivoire des mesures pour le bon déroulement de la réconciliation en Côte d'Ivoire. 

Cette mise en liberté provisoire intervient au moment un tribunal ghanéen a reporté au 17 janvier prochain, l'examen de la demande d'extradition de Justin Koné Katinan, le porte-parole en exil de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo. 

M. Koné Katinan était pendant la crise postélectorale, le ministre du budget de Laurent Gbagbo. Il est recherché par les nouvelles autorités ivoiriennes pour crimes économiques. 

Source: APA (Agence de Presse Africaine)

samedi, 22 décembre 2012

LETTRE OUVERTE DES VICTIMES DE NAHIBLY A MONSIEUR KONAN BANNY, PRESIDENT DE LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION DE COTE D’IVOIRE

 

 

côte d'ivoire,duékoué,le collectif des victimes et rescapés de nahibly duékoué,massacres de nahibly,cdvr,charles konan banny,lettre ouverte des  victimes  de nahibly à monsieur konan banny,président de la cdvr,commission dialogue vérité et réconciliation de côte d’ivoire,emmanuel caleb


Monsieur le président,


Permettez- nous, nous, victimes de la guerre de dix ans imposée à notre pays par les forces du mal, de vous adresser ce message par une voie peu ordinaire. Par les temps qui courent en notre pays, la Côte d’Ivoire, vous n’êtes pas sans savoir que la liberté d’opinion (quand bien même elle est franche ou sincère) et l’appartenance ethnique sont des délits réprimés dans le sang avec le régime au pouvoir depuis le 11 Avril 2011.

D’entrée, nous voudrions vous exprimer toute notre disponibilité à coopérer avec le réconciliateur national que vous êtes et en même temps vous soumettre nos inquiétudes et nos propositions. Si d’aventure un quelconque propos irrévérencieux ou malveillant se révélait dans notre adresse à votre honorable personne, croyez-nous, nous le regretterions sincèrement. Seulement, vous voudriez bien comprendre que pour des traumatisés de guerre comme nous le sommes ici à l’Ouest du pays, il peut arriver parfois que l’expression même de la franchise s’apparente à de l’arrogance. Or à quoi cela nous servirait-il d’être arrogants vis-à-vis de la haute personnalité que vous êtes? D’autant plus que ni l’amertume, ni la colère , la grande détresse et/ou l’arrogance de même que le désir fou de vengeance exprimés de façon irresponsable à l’encontre d’autrui ne pourront ressusciter ces milliers de parents et de biens que nous avons perdus et que nous perdons encore à ce jour, dans un pays où la loi a disparu et est remplacée par les machettes et les kalachnikovs d’étrangers venus de la sous-région ouest-africaine et qui nous imposent de mourir en silence afin de nous déshériter même de notre terre natale.

Monsieur le président, malgré l’indescriptible souffrance dont nous sommes l’objet en tant que des réfugiés sur les terres de nos ancêtres, nous voudrions vous rassurer de ce que nous gardons encore intact le sens de la lucidité et du discernement. C’est pourquoi, loin de vouloir de vous appâter par une démarche qui force la pitié ou le moindre sentiment pathétique, nous avons voulu, nous, réfugiés de Nahibly et victimes de la guerre de dix ans contre notre pays, vous faire cette adresse. C’est ainsi que debout, comme des fils d’hommes qui n’ont jamais baissé la tête parce que n’ayant rien à se reprocher, nous voudrions, avec toute la politesse due à votre rang mais avec toute la franchise face à laquelle nous ne saurions nous dérober, nous voudrions, disons-nous, vous adresser ce message.

DE NOTRE DISPONIBILITE                                                  

S’il est vrai que cela fait plus d’un an que vous avez été nommé pour conduire la commission de dialogue, de vérité et de réconciliation après ces longues années d’une guerre qui a totalement défiguré le pays et créé de graves fractures sociales, nous, victimes de guerre et réfugiés sur notre propre sol, nous gardons l’espoir dans la sérénité et croyons qu’un de ces jours enfin, vous allez vous décider à prendre le taureau de la réconciliation nationale par les cornes. Nous croyons fermement ce que nous disons parce que quinze mois perdus par une commission de réconciliation (somme toute inoffensive car sans armes de guerre), c’est bien moins que les dix ans d’une rébellion sauvage qui nous a carrément ramenés aux temps anciens, en ce début de vingt et unième siècle. En outre, quinze mois, c’est juste une petite goutte de temps dans l’océan de la vie d’une nation.

NOS INQUIETUDES

Monsieur le président de la commission pour la  réconciliation, souffrez aussi que pour les réfugiés et déshérités que nous sommes, nous vous fassions part de nos inquiétudes, lesquelles inquiétudes sont:

-1° : dans ce chaos total que nous vivons, pour les réfugiés sur notre propre sol que nous sommes, s’il est vrai que l’avènement de la rébellion en Côte d’Ivoire est une triste et honteuse réalité  pour les humains que nous sommes, pour nous réfugiés, toutes les raisons évoquées pour cautionner cette rébellion sont fallacieuses et donc ne tiennent pas debout. Pour la simple raison que ceux qui criaient à la misère, à l’exclusion et au génocide contre nos compatriotes musulmans du nord du pays, au tristement célèbre  charnier de Yopougon à Abidjan, depuis l’an 2000, sont ceux-là qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire, grâce à une intervention militaire française que personne, à moins d’être descendu d’une autre planète, ne peut nier. Ils sont au pouvoir et non seulement la misère grandit vertigineusement au nord de notre pays, l’exclusion, le génocide et l’expropriation de tout bien par la force et la violence gratuite, ils l’appliquent aux ivoiriens de la partie Sud du pays même quand ils sont musulmans et refusent de les suivre dans leurs dérives. Quant au charnier de Yopougon, ils semblent l’avoir rangé aux oubliettes, alors qu’il était bel et bien une des raisons majeures de leur insurrection. Le développement tant souhaité de la partie septentrionale du pays, à les voir agir dans le désordre (un constat n’est pas une insulte), ce n’est pas demain qu’ils vont en amorcer les chantiers. Alors, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, question: que s’est-il vraiment passé? Qu’est-ce qui a vraiment suscité toute cette furie digne de bestiaires enragés et cette barbarie pour que nous en soyons-là aujourd’hui ? Oui, honorable président, pourquoi un tel déchaînement qui a fait couler tant de sang innocent ? Nous voulons juste en savoir la vraie raison. Pour en revenir à l’exclusion dont ils ont prétexté, monsieur le président, nous nous connaissons tellement dans ce pays qu’il suffit de rappeler que le mot « cafri » qui indexe tout non musulman est une de leurs créations et que ce mot (« cafri »), certains d’entre nous l’ont entendu depuis longtemps, bien avant même que ce pays n’accède à l’indépendance en 1960. Mais pour un simple mot (« cafri ») qui dérange sérieusement parce qu’il invite systématiquement à l’exclusion, jamais un ivoirien non musulman n’a pris de fusil contre son frère musulman tout en criant à l’exclusion. Ensuite, monsieur le président de la commission pour notre réconciliation, sortez de chez vous et parcourez un peu le pays pour vous rendre compte du fait qu’elles sont innombrables, les sœurs et les filles des «cafri» que nous sommes qui ont fait des enfants avec des musulmans quand inversement, leurs sœurs et leurs filles à eux, dans leur grande majorité, sont mises en demeure de nous éviter: c’est une vérité que sur le terrain de l’exclusion, ceux qui crient à l’exclusion sont eux-mêmes  des  pratiquants de l’exclusion au premier plan. Il suffit pour cela d’essayer seulement de calculer, dans la mesure du possible, les rapports de la mixité des couples conjugaux dans ce pays pour se rendre compte qu’elles ne sont pas nombreuses, nos sœurs musulmanes qui ont choisi de partager leur vie avec un non musulman.  Ici encore, leur façon de faire ne nous a jamais  poussé à prendre des fusils contre eux pour obliger leurs sœurs ou leurs filles à nous épouser. L’exclusion? Monsieur le président, c’est chaque jour que les peuples hospitaliers de l’Ouest de la Côte d’Ivoire la vivent sans broncher: depuis des décennies que d’autres ivoiriens, des «baoulé» surtout, en quête de terres cultivables, arrivent sur nos terres et vivent en réclusion entre eux, sur la base de l’appartenance ethnique ou régionale, dans des hameaux ou des campements, en dehors même de la communauté ethnique ou régionale qui les a reçus quand ils venaient juste d’arriver en terre étrangère. Malgré toutes les distorsions et les dérives dans le comportement (les hôtes qui ont prospéré dans l’agriculture répètent sans gêne - oh, ingratitude quand tu nous tiens! - que ceux dont ils exploitent les terres sont des paresseux), personne de chez nous n’a pris des armes pour se venger de comportements et de paroles qui nuisent et nuiront toujours plus à ceux qui les profèrent en toute inconscience. Avant eux, le président HOUPHOUËT en avait fait autant: «mes compatriotes originaires de l’ouest  - le groupe ethnique Krou - sont des abonnés à la fête», «la terre appartient à celui qui la met en valeur», «je préfère l’injustice au désordre» sont des propos qui résonnent encore dans les tympans de bien d’ivoiriens de bonne foi. Il y a eu aussi le président BEDIE qui, en Décembre 1997 à Fengolo, suite au meurtrier conflit foncier d’alors, a dit à l’endroit des populations autochtones Wê: «arrêtez d’être des jaloux et d’empêcher ceux qui maîtrisent le travail de la terre de s’adonner librement à leurs activités». Ce jour-là, le président BEDIE a été applaudi mais jamais le peuple Wê n’a pris des armes de guerre pour exprimer son indignation à la face du monde… Rappelons qu’en Août 1997, le conflit  meurtrier de Fengolo est parti du fait qu’un jeune guéré, parti se plaindre à un planteur baoulé qui avait fait tuer tous ses porcs parce qu’ayant détruit une de ses pépinières ou ses buttes d’igname (?), est mort à l’hôpital de Duékoué, suite à des coups et blessures à la tête (à l’aide de bâton ou de pilon entre autres) volontairement donnés par des paysans baoulé. Le médecin émérite de l’hôpital de Duékoué (feu Dr KOFFI) avait alors fait ce constat qu’il a par la suite changé en «décès suite à une méningite aigüe». Pour toutes ces incongruités et injustices criardes, jamais les populations d’ethnie guéré n’ont pris  des armes pour se rendre justice. En outre, monsieur le président, il y a même eu plus grave que tout ça en ce pays,  et jamais personne n’a songé à venger ses nombreux morts dans le sang: si l’on veut parler de génocide, il y en avait déjà eu dans ce pays nôtre. Souvenons-nous du Sanwi et du Guébié ainsi que de la grande manipulation des chiffres sur le nombre des victimes tombées en ces temps-là. Quarante et cinquante ans après ces tueries du Sanwi et du Guébié, quel bon ivoirien, digne de ce nom, a osé s’aventurer dans une sauvagerie meurtrière comme nous le démontrent chaque jour les Dozos et les FRCI, au nez et à la barbe de la communauté internationale qui, avant de le faire chuter, s’empressait de faire des procès médiatisés à Laurent GBAGBO, sur la base de faits diaboliquement fondés dans leur propre imagination tels que les escadrons de la mort, les disparitions de journalistes, les crimes et les charniers parce que n’existant même pas du tout dans la réalité? Monsieur le président, après un si long rappel qui frise la digression, pour en revenir à nos inquiétudes, il faut dire que nous ne comprenons toujours pas et nous nous posons encore la question de savoir pourquoi en est-on arrivé là, à une telle effusion de sang, pour les humains que nous sommes? Pourquoi tant et tant de sang a coulé et coule encore toujours en Côte d’Ivoire quand on sait que les rebelles, le RHDP, la France et la communauté internationale nous répétaient chaque jour que le problème de ce pays était Laurent GBAGBO?

côte d'ivoire,duékoué,le collectif des victimes et rescapés de nahibly duékoué,massacres de nahibly,cdvr,charles konan banny,lettre ouverte des  victimes  de nahibly à monsieur konan banny,président de la cdvr,commission dialogue vérité et réconciliation de côte d’ivoire,emmanuel caleb

Le camp de réfugiés de Nahibly, après le passage des Dozos, des FRCI et des jeunes malinkés pro-Ouattara


-2° : S’il est vrai et humainement possible que l’on peut manger seul, rire ou pleurer, danser, marcher ou vivre seul, par contre, il est impossible ou insensé d’initier un dialogue tout seul. Voici bientôt deux ans que des justiciers sont au pouvoir par la force des armes et passent leur temps à jeter d’innocentes personnes en prison quand ils ne les exterminent pas en masses, comme ce fut le cas de centaines de nos parents il y a juste cinq mois dans l’enfer de Nahibly (à Duékoué). Les exilés ivoiriens se comptent par milliers hors du pays, les camps de détention et de torture sont légions en Côte d’Ivoire. Quel dialogue possible peut-il être initié dans de pareilles conditions? Si seulement vous saviez, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, combien de fois nous sommes moqués et nargués au quotidien, ici à Duékoué, par les tueurs Dozos et FRCI qui ont tué nos parents sans qu’il n’y ait un début d’enquête à ce jour… Président, c’est une situation qui appelle une autre question de notre part: à quand véritablement le début des travaux de la commission de réconciliation que vous dirigez, vu et su que chaque jour que le bon Dieu fait, les exactions et les tueries s’aggravent dans une continuité affolante et l’impunité avec? Honnêtement, même s’il est vrai que notre douleur de victimes d’une barbarie sans nom nous torture de plus en plus chaque jour, il nous est humainement indécent ou insensé de souhaiter l’avènement d’une apocalypse qui nous emporte tous, ces bourreaux et nous victimes, parce que nous souhaitons  que notre supplice collectif prenne rapidement fin. Par ailleurs, toujours au chapitre de nos inquiétudes, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il urge pour nous de vous citer un autre remarquable et donc non négligeable pour toute conscience qui se respecte: d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié et Guéi, Gbagbo est bien le seul qui n’a jamais fait emprisonner journalistes, syndicalistes, militaires et hommes politiques. Malheureusement, c’est lui, Gbagbo, qui est extradé à La Haye, humilié, calomnié ou volontairement sali à la face du monde. Or s’il est bien une qualité qu’il faut reconnaître à ce digne fils d’Afrique, c’est bien son refus catégorique de souscrire à l’esclavage mental et sa volonté inébranlable de bâtir une société de justice sociale, de paix et de progrès. La réconciliation peut-elle véritablement s’amorcer si Gbagbo est et continue de rester en prison, lui qui fait tant bouger le monde entier aujourd’hui alors même que la communauté internationale qui l’a combattu croyait l’avoir définitivement vaincu? Quelle réconciliation, monsieur le président, peut-elle être possible sans Gbagbo, le premier ivoirien dont la pensée politique fédère et mobilise, au-delà même de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, des consciences et d’inestimables énergies humaines en ce moment même dans le monde?

-3° : Tout sauf votre respect, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, nous serions des hypocrites ou des personnes de mauvaise foi si, pour votre propre gouverne, nous gardons seulement pour nous ce que nous entendons sur votre compte de la part de ceux dont le jeu favori est de servir la violence gratuite ou la mort à leur prochain. Dans un contexte de réconciliation qui nous concerne et nous interpelle tous, ces tueurs sans foi ni loi disent à qui veut les entendre que le poste que vous occupez est juste un poste de nomination. En d’autres termes, vous avez été nommé pour n’être que nommé tout simplement. Nommé pour ne même pas (pouvoir) agir. Là-dessus, ils soutiennent leur propos en affirmant que ce poste vous a été octroyé comme une part du butin qu’ils ont obtenu en guerriers et en «sauveurs» de la Côte d’Ivoire. Ils ajoutent que les pontes de votre parti politique (le PDCI), pour vous neutraliser, ont vivement souhaité votre nomination à ce poste pour vous occuper et vous empêcher de travailler à votre positionnement au sein même du PDCI. Ils vont même plus loin en disant que si vous n’avez pas ouvertement pris les armes comme eux l’ont fait contre la Côte d’Ivoire, vous êtes quand même un des leurs et qu’ils ne vous lâcheront jamais quelque soit votre volonté de vous séparer d’eux. Ici aussi, les raisons qu’ils évoquent nous rendent perplexes et encore plus dubitatifs sur votre capacité et votre réelle détermination à mener à bon port la barque de la réconciliation. En effet, il n’y a qu’à écouter les FRCI et autres courtisans du pouvoir en place pour s’entendre dire qu’avec vous, monsieur le président, tout est bien calé (par eux) pour vous voir vous éterniser dans l’inaction: ces justiciers d’une autre époque soutiennent, sourire en coin, que des casses (par la rébellion) des succursales de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dont vous étiez alors le gouverneur en 2003 - crimes économiques jusqu’ici impunis - au scandale des déchets toxiques du navire Probo Koala qui a fait des milliers de victimes à Abidjan quand vous étiez premier ministre, en passant par la tentative de suspension de la Constitution ivoirienne à votre profit toujours quand vous étiez le premier des ministres en ce pays, ils vous ont avec eux, embarqués que vous êtes dans la même galère et jamais ils ne vous donneront l’occasion ou le temps de les quitter, sinon… Vrai ou faux, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, habitués que nous sommes aux prophéties de malheur de telles personnes qui ont toujours exécuté leurs funestes projets après les avoir longuement annoncés (par exemple la rumeur d’attaque du camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué a d’abord couru pendant de longs mois), nous avons simplement jugé utile de partager ces informations avec vous. Quitte à vous de nous éclairer, monsieur le président, en nous disant, à nous réfugiés , de ce que vous pensez de telles affirmations qui ont été entendues dans des foyers et dans la rue, après votre dernier passage à Duékoué. Ce dernier point de nos inquiétudes les renforcent tellement que nous vous saurons gré de nous aider à les dissiper, parce que nous souhaitons chaque jour une réconciliation sincère et juste pour chasser enfin tous ces affreux traumatismes moraux qui nous hantent et nous rongent alors que la justice tarde à se faire pour nous apaiser. Or, monsieur le président de la commission chargée de nous réconcilier, notre pays sort d’une guerre que l’on lui a imposée et tout, pour le moment, se passe comme si rien du tout n’avait eu lieu et que tout a toujours été normal. Combien de temps encore celà va-t-il durer?

NOS PROPOSITIONS

Monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il nous plaît ici de vous faire quelques propositions si tant est qu’un de ces jours, Dieu aidant, votre tâche de grand réconciliateur démarre véritablement. Au risque d’être traités de rêveurs ou de prétentieux par les loups locaux ou ceux de la communauté internationale toujours prompte à mettre les pieds dans «notre» plat, nous osons, de notre «trou» de réfugiés et de victimes de guerre qui ont tout perdu sauf - Dieu merci - la dignité et l’espérance de vivre un jour dans un pays véritablement souverain, nous osons, disons-nous, vous glisser ces quelques propositions. La situation actuelle de notre pays déchiré et défiguré n’a pas dépendu que de nous les ivoiriens seulement. Ayons ensemble le courage et la mémoire de nous souvenir qu’ils sont nombreux de l’extérieur à avoir allumé, attisé et animé  les foyers de tension dans notre cher et beau pays. Nous citerons pêle-mêle:

-1° : Monsieur Abdoulaye WADE, ex-président du Sénégal. C’est lui, le premier qui, en Octobre 2000, s’est permis de dire sur les antennes de Radio France international « qu’un noir africain était mieux traité en France qu’un burkinabé en Côte d’Ivoire ». Et on connait tous la suite engendrée par de tels propos.

-2° : Monsieur Benoît SCHAUER. Ce sociologue belge (?) d’une autre époque est à la base de la réalisation du film «Côte d’Ivoire, poudrière identitaire»,  en 2001. Un film dans lequel il a vu des charniers essentiellement composés des ivoiriens du nord et musulmans, une thèse qu’il aura du mal à authentifier aujourd’hui en Côte d’Ivoire avec tout ce qui s’y est passé et s’y passe encore et dont les preuves pullulent partout.

-3° : Monsieur Blaise COMPAORE. Il est de notoriété que l’actuel président du Burkina Faso a bel et bien logé, nourri, blanchi et formé la rébellion qui a impunément tué des personnalités, des civils, des militaires ivoiriens depuis 2002 jusqu’à ce jour, après avoir contribué à porter monsieur Alassane OUATTARA au pouvoir par la force des armes. Ce sont des soldats de son pays qui, par la force des armes, aident à l’installation actuelle de ses compatriotes dans nos villages et plantations, ici à l’Ouest du pays.

-4° : Messieurs Jacques CHIRAC,  Nicolas SARKOZY, Dominique de VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, Pierre MAZEAUD, Bernard KOUCHNER, Ban KI-MOON, J. CHOÏ  pour leurs nuisibles et irruptions répétées dans le quotidien des ivoiriens que nous sommes, pendant plus de dix ans sans oublier les forces militaires françaises et onusiennes. Toutes ces personnalités ont sur la conscience la mort de plusieurs milliers d’ivoiriens sur la conscience, depuis le début de la guerre en 2002 à ce jour.

–5° : Monsieur Jean PING, ancien secrétaire de l’Union Africaine pour qu’il dise lui aussi sa part de vérité sur ce qu’il savait de la situation de notre pays et du rôle précis qu’il lui revenait de jouer dans notre tragédie. Bref, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, voici, c’est bien une liste non-exhaustive qu’il vous plaira d’allonger.

On ne peut pas, pour le résoudre, discuter d’un conflit sans la présence de toutes les parties qui ont participé de façon effective à ce conflit: nous avons tous en mémoire le jeu trouble et dilatoire de la SAGEM, cette société française chargée de l’identification qui, à dessein, a fait de beaucoup d’entre nous des sans papiers, les rôles obscurs et criminels à la fois de messieurs Beugré  Mambé et Youssouf Bakayoko, respectivement ancien et actuel président de la commission électorale.

La réconciliation est-elle possible sans vérité et sans justice? Nous croyons et disons tout de suite non. Pour que puisse démarrer le processus de la réconciliation nationale, les tueurs et les bourreaux ne peuvent et ne doivent pas être les juges des milliers de personnes emprisonnées à travers tout le pays, sans aucune raison légalement valable. A la réconciliation par la force, nous vous invitons, monsieur le président, à dire courageusement non. Non, non et non parce que voici cinq mois que le drame de Nahibly a eu lieu et aucune personne, parmi les brigands et les autorités administratives et militaires de Duékoué n’a été inquiété. L’ONU, dont des soldats étaient affectés à la surveillance du camp de Nahibly, se débine et se ridiculise comme ce fût le cas en Mars et Avril 2011, en Janvier 2011, fin Mai 2005, toujours à Duékoué. Pour toutes ces tristes dates, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, nous vous informons que le motif majeur, pour «casser» et pour tuer des autochtones d’ethnie guéré, a de tout temps été le même: «un ou une dioula vient de mourir, suite à un braquage de la part de jeunes gens d’ethnie guéré». Comme si le délit ou le meurtre portait essentiellement la marque d’un groupe ethnique qu’on attaque et décime quand l’on veut, toujours sans enquête préalable pour essayer de mettre aux arrêts les vrais coupables. Résultat, la répétition de ce diabolique scénario a fait des milliers de morts et des enquêtes sans suite à ce jour. Le massacre de Nahibly, monsieur le président de la commission de réconciliation, a été perpétré suite à un affrontement meurtrier entre gangsters qui réclamaient depuis des semaines leur part de butin à leur chef (Koné, celui qui est mort). Pour un bandit de grand chemin qui est tué par ses complices, on évoque un braquage puis on va massacrer des centaines d’innocents dans un camp de réfugiés, au nez et à la barbe de l’ONUCI et aucune enquête pour situer les responsabilités. Dans une pareille atmosphère, on parle de réconciliation et de paix. Mais alors quelle bonne paix sans justice, monsieur le président?      

NOTRE CONCLUSION

Monsieur le président, ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ces douze dernières années est monstrueux, cruel et remet en question notre raison d’humains, tellement les limites du grotesque et de la sauvagerie humaine ont été franchies, comme si nous vivions à l’heure de la pierre taillée. Or, comble de la décadence même, ce sont des autorités, des institutions et des médias de pays dits civilisés avec comme tête de file la France de messieurs CHIRAC et SARKOZY - les preuves parlantes et crédibles contre eux, leurs soldats et leurs rebelles  sont innombrables et en nos mains - qui ont créé, soutenu et même organisé toutes ces sataniques orgies des FRCI et des Dozos, dont certains se sont abreuvés du sang innocent de nos parents dont de nombreux enfants. Le dire ou le rappeler, pour nous victimes et rescapés de Nahibly, ce n’est point s’opposer à la réconciliation nationale. Monsieur le président, le dire ou le rappeler, pour nous, est une façon légitime de demander que justice soit faite, au nom de la mémoire de nos parents disparus, pour que leurs âmes reposent en paix et que nos propres âmes puissent être apaisées en nous. Notre préoccupation majeure, devant votre volonté de nous amener à la réconciliation, président, se résume en un mot: «justice». C’est ce seul vocable qui peut véritablement nous apporter cette paix que nous souhaitons de tous nos vœux. Voici, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, l’essence de notre pensée que nous avons voulu vous livrer ce matin, depuis les rivages du Guémon, à Duékoué.

Nos respectueuses salutations, monsieur le président.

 

Pour le collectif des victimes et rescapés de Nahibly, Duékoué,


Emmanuel CALEB, le 22 Décembre 2012.

jeudi, 20 décembre 2012

COTE D’IVOIRE: DES CRIMES ECONOMIQUES OUBLIES

 côte d’ivoire,des crimes économiques oubliés,félix houphouët-boigny,henri konan bédié,robert guéi,alassane ouattara,scandale financier de la logemad,affaire roger nasra,braquage de la bceao,sia popo,celpaid,isd holding,affaire surfacturation des complexes sucriers,caistab,usine de broyage du cacao à qinyuan en chine,john k. silué financier ny

 

Dans les Républiques bananières dont la marche est ponctuée de coups d’état aux motivations aussi floues que surréalistes, l’opinion s’est accoutumée aux déclarations et autres actions de salubrité publique sans lendemain. Le trait commun des putschistes en Afrique est de se présenter dès leur prise du pouvoir comme des hommes neufs animés des meilleures intentions pour le peuple. Même lorsqu’ils ont participé à la gestion des affaires publiques, souvent à un niveau de responsabilité élevé, les nouveaux hommes forts se présentent toujours en redresseurs de torts. Torts qu’ils ont contribué à faire du reste! Les dignitaires de l’ancien régime sont accusés de malversations, voire de crimes économiques. Bien évidemment, les accusations de corruption et autres actes de prévarication ont d’autant plus d’écho que la grande majorité de la population vit au seuil de la pauvreté. L’objectif visé par les nouveaux dirigeants est d’asseoir leur légitimité et leur autorité en laissant planer l’épée de Damoclès sur la tête de leurs victimes qu’ils entendent neutraliser.

La Côte d’Ivoire n’échappe pas à ce schéma. Hélas! En 1999, le Général Robert Guéi renverse le Président Bédié et le contraint à l’exil en France avant de déclencher une série de procédures judiciaires à son encontre, notamment pour crimes économiques. En avril 2011, après le renversement du Président Laurent Gbagbo par Alassane Ouattara, avec l’appui déterminant de la France, le nouveau pouvoir a lancé des poursuites judiciaires systématiques contre tous les membres du gouvernement déchu pour crimes économiques et de sang. Le président du FPI et plusieurs de ses camarades sont également poursuivis sous le même chef d’accusation.

La coalition RHDP au pouvoir a-t-elle les moyens d’aller jusqu’au bout de cette action, somme toute salutaire pour la moralisation de la vie publique? A-t-elle jeté un regard dans sa gestion quarantenaire qui a entrainé la faillite de la Côte d’Ivoire? A l’évidence, les dirigeants actuels ont un passif tellement lourd qu’ils apparaissent les moins bien placés pour mener une opération mains propres aux desseins politiques inavoués. Il suffit tout simplement de faire un bref rappel des principaux actes de prévarication qui émaillent leur parcours pour conclure au caractère folklorique de cette opération.

Sous Houphouët-Boigny

Commençons par la fameuse expression «grilleurs d’arachides» qui est rentrée dans le jargon ivoirien depuis les premiers scandales financiers de l’ère Houphouët-Boigny. Le boum économique ivoirien s’est accompagné  de détournements massifs de deniers publics au profit des dignitaires du PDCI-RDA. Le silence du Président Houphouët devant l’enrichissement rapide et illicite de ses compagnons de lutte et des cadres promus devenait insupportable. En réaction à la grogne qui enflait, le père de la nation n’a eu d’autres mots que de justifier ces actes ignobles. De façon imagée, Houphouët lancera à la face des Ivoiriens, en substance « qu’on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides, il arrive qu’il mange quelques grains», cela ne devrait offusquer personne.

En 1977, c’est l’affaire de la surfacturation des complexes sucriers qui révèle l’ampleur du délitement moral du régime. La construction de six unités sucrières, devant assurer une production annuelle de 300.000 tonnes de sucre à la Côte d'Ivoire, va se transformer en cauchemar. Et pour cause, Monsieur Konan Bédié en charge de l’économie et des finances avait multiplié par deux le coût de chaque unité. Plus de 250 milliards de francs CFA avaient été engloutis dans l’opération. En définitive la production de ces complexes n’a guère dépassé les 150.000 tonnes, loin en deçà des prévisions. Pis, le prix de revient du sucre produit en Côte d’Ivoire est trois fois plus élevé que le prix sur le marché international. Absurdité économique! En conséquence, les complexes furent partiellement démantelés dans les années 1980, avant d'être cédé au privé en 1997, pour moins de 30 milliards de francs CFA. Comme sanction de cette bourde, une loi anti-corruption a été adoptée le 23 juin 1977 et les ministres concernés ont été chassés du gouvernement le 20 juillet de la même année, avec ce commentaire du Président Houphouët: «Je n’ai que faire des malhonnêtes, furent-ils compétents». Aucune action judiciaire ne sera engagée et les sommes détournées ne seront pas remboursées.

En 1983, c’est le scandale financier de la LOGEMAD qui secoue le régime du PDCI. L’affaire révèlera que cet organisme d’État chargé de reverser les loyers aux propriétaires des logements occupés par des fonctionnaires profite essentiellement aux responsables politiques. Leurs techniques consistent à fixer les prix des baux administratifs alors qu’ils sont propriétaires des logements baillés à l’État. Le préjudice subit par l’État s’élève à des centaines de millions de francs qui ne seront jamais restitués.

La mauvaise gestion des sociétés d’Etat qui avaient poussé comme des champignons avec pour corollaire  des salaires colossaux, des détournements de deniers publics n’ont pas ému outre mesure les pseudo fondateurs de la Côte d’Ivoire moderne.

Sous le parti unique du PDCI-RDA, les prêts consentis par les banques de développement à certains dignitaires de l’ancien régime et restés impayés ont été convertis en dettes d’État. Il en est de même de certaines dettes avalisées par l’Etat et transformées elles aussi en dettes publiques. C’était l’époque des «prêts bancaires politiques». Cette situation a fait culminer le stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire à 11 367 milliards de francs CFA en 1996.

En 1992, la construction d’une usine de broyage du cacao à QINYUAN en Chine dans la province du GUANGDONG, a englouti plus de 10 milliards de francs CFA. Il se susurre que le partenaire technique français en charge de l’achat des équipements techniques n’avait livré que les équipements de moulage. Il vend à son profit les équipements de broyage constituant le cœur du projet et disparaît. Résultat, l’usine ne peut fonctionner et l’État ne peut retirer ses billes. Faisons le parallèle avec le projet Fulton aux Etats-Unis sous Gbagbo!

Que dire de la Caistab créée dès les premières années de l'indépendance pour protéger, grâce à un mécanisme de garantie, les planteurs de café et de cacao, des variations des cours internationaux de ces deux produits? Sa gestion opaque qui relevait de la seule responsabilité de son Directeur et du Président Houphouët avait amené les institutions financières internationales à exiger sa dissolution qui interviendra en janvier 1999. Les comptes financiers produits à cette occasion montreront l’ampleur des dégâts causés à l’économie nationale par cette structure. Les experts de la Banque Mondiale et du FMI évaluent à près de 80 milliards de FCFA, l'écart entre les recettes déclarées et les recettes réelles. Quand à l’audit commercial et financier, il révèle de nombreuses irrégularités dans les opérations de la CAISTAB. On note notamment un bénéfice de 23,5 milliards au lieu du déficit de 3 milliards déclaré.

A la fin des années 80, alors que la Côte d’Ivoire ployait sous le poids d’une dette colossale, les institutions financières internationales imposèrent au Président Houphouët esseulé, un bien curieux économiste. Son rôle officiel était d’aider à redresser l’économie qui prenait de l’eau de toutes parts. Les trois années passées par Monsieur Alassane Ouattara à la primature ont été désastreuses. L’économiste venu du FMI a procédé à la vente des actifs de l’Etats dans des conditions d’opacité qui ont heurté le parlement ivoirien de l’époque. Sous la primature de Ouattara, les délits d’initiés étaient devenus monnaie courante, poussant la presse à exprimer l’exacerbation de la population dans la formule «Alassane vend et rachète». Non content de racheter au franc symbolique les entreprises publiques, le Premier ministre avait importé 19 tonnes d’effets personnels d’Europe en s’exonérant de toutes taxes douanières, avant de racheter une villa privée à 300 millions de francs CFA.

Ainsi donc, pendant quarante années, les détournements de deniers publics et l’enrichissement illicite des dignitaires du parti au pouvoir étaient érigés en mode de gestion. Le chef ayant décidé qu’il devait en être ainsi, ses compagnons de lutte et ses collaborateurs ne se privaient. Les produits de ces détournements ont été investis pour partie dans des secteurs productifs de l’économie nationale à titre privé et pour partie déposés dans des paradis fiscaux. Houphouët-Boigny le confirme lui-même en disant : «Quel est l’homme sérieux dans le monde qui ne place pas une partie de ses biens en Suisse?» Sans commentaire!

Sous Konan Bédié

Le dauphin constitutionnel du Président Houphouët-Boigny, dont les mauvaises langues disent qu’il a fêté ses sept premiers milliards dans les années 70, fera montre d’un affairisme digne des mafieux. S’il perpétue le système des quotas d’importation et d’exportation des biens de consommation courante, il ne se gène pas de privilégier les membres de sa famille et ses amis. Les travaux pharaoniques de Pépressou (Daoukro), son village natale, et de Kokorandoumi, village de son épouse, se feront sur fonds publics sans aucun droit de regard du contribuable ivoirien.

Le régime de Monsieur Bédié poussera sa boulimie jusqu’à plonger la tête dans la besace des bailleurs de fonds internationaux. En effet, l'Union Européenne avait découvert, à la suite d'un audit effectué en 1997, qu'une partie des fonds d'appui à l'ajustement structurel qu'elle avait versés à la Côte d'Ivoire, notamment dans le domaine de la santé, avait été détournée. Le préjudice qui s’élevait à 18 milliards de francs CFA représentait environ 38% des fonds alloués. Sous la pression du bailleur de fonds, l’État s’est engagé à rembourser ces montants sans tirer toutes les conséquences judiciaires de cette sale affaire. Le ministre Kacou Guikahué a été certes limogé, mais le régime avait fini par faire le deuil de ce scandale. Seuls quelques fonctionnaires avaient été emprisonnés et vite relâchés.

Après le coup d’état de Robert Guéi en 1999, l'on se rappelle que deux des nombreux candidats se réclamant du PDCI-RDA à l'occasion de l'élection présidentielle d'octobre 2000, (Émile Constant Bombet et Lamine Fadika) avaient été recalés par la cour suprême pour défaut de probité. Autant dire que cette qualité est une denrée rare chez les houphouétistes.

L’affaire Roger Nasra a été l’autre scandale qui a remué la sphère financière ivoirienne. Par un système de fausses déclarations de TVA, l’homme d’affaires ivoiro-libanais avait réussi à soutirer plus un milliard de francs CFA au trésor public ivoirien. Au cours de son procès en appel comme en première instance, Monsieur Nasra avait mis en cause indirectement le président ivoirien Henri Konan Bédié. «Le directeur du Trésor M. Bouadou m’avait dit que l’argent détourné servirait à la campagne politique de M. Bédié, j’ai accepté de servir d’intermédiaire pour ces détournements, dans l’espoir d’obtenir ultérieurement des contrats avec la Côte d’Ivoire». Qui dit mieux ?

Sous Alassane Ouattara

Après son passage à la primature (1990-1993), Ouattara s’est signalé en 2002 avec cette rébellion qui continue d’endeuiller la Côte d’Ivoire. Le braquage de l’agence de la BCEAO d’Abidjan par un certain Sia Popo a finalement été le début d’actions d’envergure destinées à faire main basse sur les richesses du pays.

Le groupe Armajaro dirigé par le beau fils de Ouattara met à la disposition de la rébellion en préparation en 2002 un financement de 30 milliards de francs CFA en vue de la déstabilisation du pays. Bien entendu, le généreux bailleur de fonds, rompu aux techniques spéculatives sur les matières premières, a fait d’une pierre deux coups. Il entendait d’une part déstabiliser le régime de Gbagbo à défaut de le faire chuter au profit de Ouattara et d’autre part provoquer une flambée des prix du cacao sur le marché international qui redouterait une pénurie du produit dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur. Après le 11 avril 2011, on peut dire sans se tromper que les deux objectifs ont été atteints. Le régime de Gbagbo a fini par chuter après huit années de résistance et l’entreprise criminelle des spéculateurs leur a rapporté quelques 500 milliards de francs CFA.

Le 24 septembre 2003, soit un an après le déclenchement de la rébellion, l’agence BCEAO de Bouaké, est attaquée et dévalisée. Les mystérieux braqueurs se sont évanouis dans la nature avec un joli pactole dont le montant exact ne sera jamais connu, les chiffres variant entre 50 et 300 milliards de francs CFA. La réussite de l’opération de Bouaké va encourager les rebelles à poursuivre leur entreprise de braquage des deux autres agences situées à Korhogo et à Man. En outre, dans la foulée, la Caisse Autonome d'Amortissement (devenue BNI), la Trésorerie régionale de Bouaké, ainsi que l’agence BIAO de Ferkessédougou ont été attaquées.  Le butin a servi pour partie à payer les combattants et les fournisseurs d’armes et pour partie à alimenter des comptes bancaires dans des pays de la sous région ainsi que des paradis fiscaux. Au vu et au su de la communauté internationale dont l’ONU!

Les poulains de Monsieur Alassane Dramane Ouattara ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Appliquant les consignes de leurs commanditaires, les rebelles ivoiriens vont mettre en place de façon méthodique une économie de guerre en exploitant les ressources naturelles (cacao, coton, bois, noix de cajou, or et diamant) du territoire placé sous leur contrôle. Ils réussiront l’exploit de rendre le Burkina Faso exportateur de cacao pour la première fois dans l’histoire de ce pays sahélien enclavé. Ils percevront, en outre, des taxes sur le trafic routier et sur les services publics comme l’électricité que le gouvernement fournit pourtant gratuitement à la population. Ces activités leur rapportent environ 60 milliards de francs CFA par an selon les estimations du ministère de l’Economie et des Finances. A ces chiffres, il convient d’ajouter les activités personnelles des chefs de guerre, rapportant plusieurs milliards de francs CFA par an.

Ces pillages inédits dans l’histoire post coloniale de la Côte d’Ivoire est entouré d’un silence assourdissant et immoral. Que dit le justicier et censeur Ouattara de cette situation à laquelle il n’est pas étranger?

Notons que si le nouvel homme fort d’Abidjan est devenu aphasique sur les crimes économiques de son organisation mafieuse, il n’entend pas abandonner son jeu favori: le pillage des ressources nationales au travers d’une gestion scabreuse et opaque des deniers publics. Comme lui même et sa famille, la plupart des collaborateurs de l’homme qui a été installé par la communauté internationale sont plus préoccupés par la bonne santé économique de leurs propres business que par l’intérêt national. Dans ces conditions, l’on se demande si la signature, par les membres du gouvernement, de la charte d’éthique le 9 août 2011, n’était pas destinée à détourner les Ivoiriens des vrais défis de l’heure!

En moins de deux ans d’exercice du pouvoir, Dramane Ouattara est en passe de décrocher la palme de la mauvaise gouvernance. L’affairisme des dignitaires du régime Ouattara n’a d’égal que son avidité, avec un mélange de genres à couper le souffle. Avec Ouattara, on peut être Président, Ministre et chef d’entreprises privées. Quelques exemples suffisent à éclairer les Ivoiriens sur la nature réelle du régime d’Abidjan.

Selon la «Lettre du Continent», le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara a séjourné à l’hôtel Pullman dans une suite de plusieurs pièces, 16 mois durant, au frais du trésor public avec une ardoise d'un milliards quatre cents quarante millions (1 440 000) francs, soit 90 millions de francs par mois. Bien qu’étant le premier responsable des hydrocarbures de la Côte d’Ivoire, Monsieur Tounkara continue de diriger deux sociétés privées dans le même secteur: Minepetro Ltd basée dans l’Etat du Delaware (Etats-Unis) et Ipetro installée en Côte d’Ivoire.

Madame Kandia Kamara,  ministre de l’éducation, qui a maille à partir avec la langue de Molière, a institué un système d’inscription en ligne juste pour extorquer des fonds aux pauvres parents d’élèves. Sans appel d’offres, la ministre a attribué le marché à la société CELPAID contrôlée par son collègue Mamadou Sanogo, ministre de la Construction et propriétaire de grandes écoles à Abidjan (Hetec et Agitel Formation). L’un et l’autre sont maintenus à leurs postes, sans gêne!

Monsieur Adama Bictogo, ex-ministre de l’Intégration, contrôle ISD Holding, la filiale ivoirienne de la société belge Zetes qui possède le marché des passeports biométriques en Côte d’Ivoire.  Il a réussi par ailleurs à détourner une partie des sommes payées par Trafigura au titre du dédommagement des victimes des déchets toxiques déversés à divers endroits de la capitale économique, en 2005. S’il a été démis de son poste de ministre, il n’a nullement été inquiété par la justice.

Comme si les ministres de Ouattara s’étaient passé le mot, ils rivalisent d’ingéniosité pour s’enrichir de façon illicite. C’est ainsi que dans le courant de l’année 2011, la ministre de la Salubrité, Anne Ouletto, a réussi à attribuer un marché de 60 milliards à Satarem, une société française en faillite. La levée de bouclier sur ce grossier scandale a contraint le ministère de l’économie et des finances à annuler ce marché de gré à gré. Aucune autre sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs qui continuent de narguer les Ivoiriens.

La réhabilitation des universités a été une autre occasion pour le régime de montrer son aversion pour la transparence dans la gestion des affaires publiques. C’est donc sans surprise que les travaux ont été surfacturés dans le cadre d’un marché de gré à gré, de plus de 110 milliards de francs CFA, attribué à une entreprise non spécialisée dans le BTP. Plus le temps passe plus la supercherie se découvre avec des campus universitaires non fonctionnels. Le détournement des deniers publics n’a donné lieu qu’au limogeage du Directeur des Affaires Financières du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

Dans le courant du mois de novembre 2012, le périodique satirique «L’Eléphant déchainé» a révélé avec force détail l’enrichissement fulgurant de Diby Koffi Charles, Ministre de l’Economie et des Finances. Non seulement l’intéressé n’a pas démenti les allégations graves du journal, mais le Chef de l’État non plus n’a eu d’autres gestes que de le déplacer au poste de ministre des affaires étrangères. Les services du Trésor public ont institué un prélèvement illégal de 20 à 30% sur les factures des fournisseurs de l’Etat. Une vielle pratique déjà décriée sous les régimes précédents avec des taux moindre (5 à 10%).

Tels sont les principaux actes de mal gouvernance révélés en dix huit mois de gestion du pouvoir. Si le Chef de l’Etat ne semble pas gêné par ces nombreux scandales et conflits d’intérêts, c’est parce que ces pratiques constituent l’essence même de son pouvoir. Dans ces conditions il est disqualifié pour mener une quelconque opération mains propres contre les dignitaires du régime déchu. Il devrait s’inspirer de l’exemple de Laurent Gbagbo en la matière. Non seulement Gbagbo n’a pas jeté la pierre à ses prédécesseurs, mais il n’a pas hésité à saisir la justice même lorsque des soupçons de malversations ont pesé sur ses proches. «Avant de prétendre enlever la paille de l’œil d’autrui, il faut d’abord enlever la poutre qui crève tes propres yeux», conseille la Parole de Dieu. Simple leçon d’humilité pour un régime qui traine autant de casseroles!

 

John K. Silué

Financier, NY

mercredi, 19 décembre 2012

AFFAIRE FIRMIN MAHE: «PERMIS DE TUER» POUR L'ARMEE FRANÇAISE EN AFRIQUE

 

 

 Fichier:Logo-survie.gif


Voici le communiqué que nous publions aujourd'hui sur le verdict de l'affaire Firmin Mahé et la décision du parquet de ne pas faire appel. Association Survie.


L’association Survie s’indigne de la décision du ministère public de ne pas faire appel du verdict rendu dans le procès de l’affaire du meurtre de Firmin Mahé. Les peines avec sursis prononcées contre les militaire français jugés coupables de ce crime de guerre commis en Côte d’Ivoire sont en effet insignifiantes. Mais surtout, les responsabilités au sommet, tant militaires que politiques, ont été honteusement escamotées. Signe que les interventions de l’armée française en Afrique demeurent au-dessus de tout contrôle.

Le 13 mai 2005 en Côte d’Ivoire, des soldats de l’opération française Licorne étouffaient un Ivoirien au moyen d’un sac poubelle. Firmin Mahé était le chef présumé d’une bande armée, accusée de crimes dans la zone de confiance qui séparait le sud du pays, contrôlé par le gouvernement, et le nord, occupé par la rébellion. Suite aux accords de Linas-Marcoussis et aux résolutions de l’ONU, les casques bleus, fortement épaulés par les militaires français, y étaient en charge de la sécurité.

C’est dans cette zone "de confiance" en fait zone de non-droit, où a explosé la criminalité [1] que nos militaires se sont affranchis des règles. Emploi d’indics ivoiriens sous uniforme français [2] ! Passages à tabac et traitements dégradants [3] !, Exhortation du colonel Burgaud pour « buter » un criminel pour l’exemple [4] ! Et donc exécution extra-judiciaire pour Firmin Mahé. Rappelons aussi que, dans la même région, des soldats de Licorne avaient braqué une banque [5] !

Vendredi 7 décembre 2012, la Cour d’assises a déclaré coupables trois des quatre militaires jugés dans cette affaire. Après deux semaines d’audiences, ces militaires ont été adroitement décrits comme les véritables victimes de cette affaire – victimes d’un mandat onusien irréaliste, victimes de casques bleus incompétents, victimes d’ordres illégaux, victimes d’une institution qui dresse des hommes à abandonner tout jugement – ces auteurs d’un crime de guerre caractérisé ont été condamnés à seulement un an à cinq ans de prison avec sursis. Dès le mardi 11 décembre, le Parquet a déclaré qu’il ne ferait pas appel de cette décision, avalisant ainsi une forme de "permis de tuer" pour les militaires français en Afrique : vous avez le droit à un assassinat, mais pas à deux. Si le jugement prononcé était juste, ce même jugement devrait en effet être prononcé de nouveau à l’avenir contre tout autre militaire qui, face à une situation complexe, se rendrait coupable d’exécution extra-judiciaire sur un prisonnier criminel. Le jugement actuel crée ainsi une jurisprudence dangereuse.

Par ailleurs, de bout en bout, la gestion de la crise ivoirienne est française. Les résolutions de l’ONU, qui donnent mandat à la force Licorne, ont toutes été écrites par la délégation française. Les accords de Linas-Marcoussis, qui ont instauré la zone de confiance et sur lesquels s’appuyait l’ONU, ont été imposés depuis Paris. Les missions sous casques bleus sont pilotées depuis New-York par les diplomates, immuablement français, qui dirigent le département des opérations de maintien de la paix.

On sait d’ailleurs que les méthodes expéditives de l’armée française en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, ne s’arrêtent pas à l’affaire Mahé. En d’autres circonstances, un chasseur alpin dira « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » [6]

Si, au contraire d’affaires similaires, l’élimination de Firmin Mahé a eu des conséquences judiciaires, c’est très probablement à cause de l’épisode dramatique qui l’a précédé en novembre 2004 et qui oppose deux acteurs majeurs de l’époque : la ministre de la Défense Alliot-Marie et le commandant de la Force Licorne à l’époque, le général Henri Poncet. Il s’agit du bombardement de Bouaké, dans lequel neuf soldats français ont été tués et qui a précédé de sanglantes représailles de l’armée française sur les civils Ivoiriens. Après la plainte des familles des soldats français victimes de ce bombardement, les partitions jouées par le général Poncet et par Michèle Alliot-Marie ne s’accordent guère. Devant la juge du Tribunal aux Armées de Paris, le général évoque une « bavure manipulée » [7] destinée à justifier le renversement du président Gbagbo. Pour le contrer, l’ex-ministre exploite médiatiquement l’affaire Mahé. Tandis qu’en 2010, à l’issue de l’instruction, le Tribunal aux Armées de Paris renvoie aux assises les quatres militaires qui viennent d’être jugés, leur responsable hiérachique, le général Poncet, bénéficie d’un non-lieu. Les audiences du procès ont pourtant révélé l’existence de rapports internes à l’armée sur ce général au « style de commandement très violent, très pousse-au-crime » [8], qui aurait ordonné à l’un de ses colonels, après le bombardement de Bouaké, « je veux des morts ivoiriens » [9].

Exonération de la haute hiérarchie militaire de ses responsabilités, refus du ministère public de faire appel des peines de sursis prononcées : le précédent créé par cette première affaire en cour d’assises concernant des militaires coupables d’homicide est désastreux. L’association Survie s’indigne d’une telle indulgence pour les exécutants et leur chef, qui n’a pas été inquiété. Cela revient à blanchir officiellement les comportements criminels de l’armée française en Afrique.

[1] Lire « Les gens sont abandonnés à leur sort ». Témoignages recueillis en Côte d’Ivoire : 2003-2006, Médecins sans Frontières Belgique, 2007. Ce rapport n’est plus disponible sur internet mais peut être consulté sur le site de Survie. Parmi les témoignages recueillis, un membre du personnel médical de la ville de Man déclarait en août 2005 : « les victimes de violences, qui se font soigner ici, viennent pour la plupart de l’intérieur de la zone de confiance. Le danger y est omniprésent. Les habitants y sont abandonnés à leur sort. Ils ne peuvent compter sur personne pour assurer leur sécurité. Lorsqu’un vol est commis d’un côté ou de l’autre de la zone de confiance, on appelle la police et c’est fini. Mais qui garantit la sécurité dans cette zone ? Tout le monde peut y faire ce qu’il veut sans risque d’être inquiété car les crimes restent impunis. »

[2] Guy Raugel : « J’avais monté un réseau d’indics qui ne se connaissaient pas pour pouvoir recouper les informations. Ponctuellement, je mettais dans mes patrouilles un indic déguisé en militaire français. » Le Dauphiné Libéré, 27 novembre 2012. Guy Raugel a répété ses propos devant la cour d’assises.

[3] Lire L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006. Au sujet d’un ancien caporal chasseur alpin condamné au procès des mosquées brûlées d’Annecy : « À plusieurs reprises, il a participé à la force d’interposition entre rebelles et partisans du président Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire. Il évoque l’affaire Firmin Mahé, ce jeune Ivoirien tué par des soldats français, et dit : « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » Il raconte que lorsqu’ils attrapaient un rebelle, ils « le ligotaient et le sergent lui mettait un coup dans la gueule, puis c’était chacun son tour, et on le faisait sinon on était traités de pédés ». David Métaxas, avocat de la Licra, lui demande alors combien de fois c’est arrivé. Il soupire, ne sait pas, suggère qu’il a vu pire mais ne peut pas le dire. Puis rapporte cette anecdote : pour l’un de ses anniversaires, un lieutenant lui aurait dit : « joyeux anniversaire caporal. Comme cadeau, je t’offre trente Noirs pour construire un bunker. » La cour ne comprend pas, lui demande d’être plus clair. Il explique alors qu’il s’agissait d’un jeu fréquent. Des « esclaves » à qui l’on faisait construire des « postes de combat avancés » dont l’armée n’avait pas besoin. »

[4] Le colonel Burgaud a dit à ses hommes : « Il faut en buter un. Tant qu’on n’en aura pas tué un, le problème ne sera pas réglé. » À la barre, il a expliqué qu’il s’agissait en fait de « faire un flagrant délit ».

[5] C’est l’affaire de la BCEAO : 12 soldats de la force Licorne ont été condamné à de la prison ferme pour avoir pillé la banque qu’ils étaient censés garder.

[6] Cf. supra, L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006.

[7] Lire Le bombardement de Bouaké, une « bavure manipulée » ? Mediapart, 06/11/2011.

[8] Témoignage du général de Malaussène devant la cour d’assises, le 4 décembre 2012.

[9] Le colonel dont il s’agit, Luc de Revel, est aujourd’hui sous-directeur de l’Afrique subsaharienne pour la coopération militaire au Ministère des affaires étrangères. Son témoignage, qui figure dans le dossier Mahé (Mediapart, 06/11/2011), a été rappelé devant la cour d’assises par le général de Malaussène.

lundi, 17 décembre 2012

COTE D'IVOIRE: DES MILITAIRES TUES DANS UNE ATTAQUE A AGBOVILLE

 

AGBOVILLE - MILITAIRES TUES.jpg

 

Deux militaires ont été tués dans l’attaque dimanche d’un poste de contrôle de l’armée ivoirienne à Agboville (sud, 80 km au nord d’Abidjan), selon des habitants de la localité.

D’après un enseignant dans la ville joint au téléphone, l’attaque a eu lieu vers 7h00 du matin au poste de contrôle du village d’Ery-Makouguié 1, à un kilomètre d’Agboville, à la sortie nord de la ville vers Abidjan.

Les assaillants ont ouvert le feu sur des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) en service à ce corridor, en tuant deux avant de blesser un civil et d’emporter des armes et un véhicule du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd, parapublic), selon un autre témoin.

Parmi des éléments de la gendarmerie appelée en renfort, deux éléments ont été blessés, a indiqué un gendarme de la localité joint au téléphone.

Le gendarme signale qu’une première attaque a eu lieu samedi à un autre poste de contrôle des FRCI dans la localité de Kopo, à 56 kilomètres d’Agboville, sans dommages.

L’attaque d’Agboville intervient après plusieurs mois d’accalmie consécutifs aux attaques répétées contre les positions des FRCI qui avaient fait plusieurs morts.

Le gouvernement avait accusé les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo d’en être les auteurs, ce qu’ils ont nié.

 

Source: XINHUA

samedi, 15 décembre 2012

MAMADOU KOULIBALY PERSISTE ET SIGNE: «SOUS OUATTARA, LA VIE EST DEVENUE PLUS DURE POUR LES IVOIRIENS»


UNE N°2713 L'INTELLIGENT D'ABIDJAN.jpg

 

Au lendemain des annonces triomphalistes de financement de son plan national de développement par le chef de l’Etat, le président de LIDER a écrit une contribution remarquée, publiée par plusieurs médias (Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi[i], qui a mis à mal la communication gouvernementale.

 

Le Pr. Mamadou Koulibaly persiste et signe dans sa critique sans concession de la politique économique du régime Ouattara. A travers un éclairage pédagogique et fondé, en exclusivité pour L’Intelligent d’Abidjan, il revient en détails sur ses réserves au sujet du nouveau plan présidentiel, qui a pour vocation de remplacer le programme «Vivre ensemble» avec lequel Ouattara a été élu, mais qui s’est révélé totalement inefficace depuis deux ans.

 

côte d'ivoire,mamadou koulibaly persiste et signe,sous ouattara la vie est devenue plus dure pour les ivoiriens,le professeur mamadou koulibaly,alassane ouattara,le plan national de développement de ouattara

 

 Le plan d’Alassane Dramane Ouattara: Incohérences et incertitudes

 

Par Mamadou Koulibaly - L’Intelligent d’Abidjan - 14 décembre 2012

 

LORSQUE le Dr Alassane Dramane Ouattara et son gouvernement parlent, ils minimisent les problèmes quotidiens et institutionnels des populations ivoiriennes et maximisent les illusions qu’ils essayent de leur fourguer. Le président est connu pour cela, lui qui avait promis que dès son arrivée au pouvoir, la vie des Ivoiriens changerait en bien et qui, aujourd’hui, depuis son palais, se borne à promettre une prétendue émergence de la Côte d’Ivoire à l'horizon de 2020, sans que l’on ne voit les politiques qui vont y conduire. L’expression est, semble-t-il, consacrée et reprise par ses commentateurs d’ici et d’ailleurs. Malgré toutes ses promesses d’aujourd’hui comme celles d’hier, une question revient tout le temps et partout : Pourquoi la vie est-elle devenue si dure sous Ouattara, alors qu’il nous avait promis le bonheur ?

Les partisans du Dr Ouattara ne semblent pas eux-mêmes savoir que leur mentor leur vend du vent, eux qui se transforment en thuriféraires prêts pour la défense de son plan national de développement. On ne peut pas leur en vouloir. Mais il faut leur donner les instruments d’une meilleure compréhension du travail de leur président, pour que nous discutions avec eux sans injures, sans anathèmes et sans toutes ces choses et tous ces mots qui peuvent gâcher le fond des argumentaires. C’est à cet exercice qu’ils sont invités ici. 

En outre, il faut aussi leur donner les moyens de compréhension du plan de Ouattara, le PADO2, après le premier PADO présenté alors que l’actuel président de la République était Premier ministre du Président Houphouët-Boigny au début des années 1990. Lisons PADO2 comme "Plan Alassane Dramane Ouattara n°2".

D’abord, il s’agit d’un document théorique de planification du développement de la Côte d’Ivoire sur les quatre années 2012-2015. Ouattara essaye de faire de la théorie prospective pour montrer que dans ces quatre années, il fera triompher la Côte d’Ivoire. La théorie qu’il adopte est celle du "Triomphe de l’éléphant", du nom du scénario qu’il a choisi parmi plusieurs possibles et qu’il compte suivre. Que dit la théorie du ‘’Triomphe de l’éléphant’’ ?

Elle dit que sur les quatre années de son plan, le Dr Ouattara pense que la CI va se développer si lui arrive à y investir un total de près de 11.100 milliards environ de francs CFA. Et selon sa vue, chaque année, à partir de 2012, l’investissement devrait augmenter sans cesse jusqu'à atteindre ce niveau. Le Triomphe de l’éléphant, c’est d’abord de l’investissement à faire massivement dans le pays sans considération pour les conditions institutionnelles, politiques et sociales.

Ainsi se présente son plan théorique d’investissement en milliards de FCFA.

Année

2012

2013

2014

2015

Total

Investissements prévus

1521

2263

3130

4162

11.076

Apport de l’Etat

676

1000

1291

1612

4579

Apport du secteur privé

845

1263

1839

2550

6497

Ce sont ces volumes d’investissement qui sont théoriquement programmés dans le PADO2.

Les partisans du Dr Ouattara doivent savoir que cette théorie est d’autant plus fausse que rien qu’au commencement, en 2012, le président n’a pas pu collecter plus de 20% des sommes prévues. Mais il se contente de rassurer que cette situation constitue une bonne nouvelle pour nous. Et nous devons y croire. Dans des domaines prioritaires du PADO2, comme par exemple l’énergie, la mobilisation des fonds promis n’a même pas dépassée les 7%. Lorsque les choses commencent ainsi, il faut une bonne dose d’optimisme au-delà du maximum rationnel, pour croire que tout ira bien par la suite.

Ensuite, il faut savoir que cette théorie est insoutenable parce que dans sa démarche, tous les secteurs de l’économie sont décrétés comme étant prioritaires. On cite pêle-mêle les infrastructures et le transport comme prioritaires avec les plus grosses dépenses prévues, mais l’agriculture, l’industrie, les hydrocarbures, les mines, l’énergie sont elles aussi classées comme prioritaires. Et on dit aussi que l’éducation, la santé, l’habitat sont eux aussi prioritaires. Lorsque dans une théorie de la prospective, tous les secteurs deviennent prioritaires, il faut croire qu’il n’y a en réalité aucune priorité. On bricole dans le PADO2 contenu dans le PND.

Enfin, signalons quand même que les hypothèses sur lesquelles le Dr Ouattara construit sa théorie du PADO2 sont vraiment héroïques, malgré la faible mobilisation des ressources pour l’année 2012 achevée maintenant. La plus illusoire des hypothèses, celle qui doit semer le plus de doutes chez les défenseurs du PADO2, c’est que Ouattara espère réaliser des projets d’investissement de longue durée avec des financements qui ne sont disponibles que pour la courte période. Les ressources internes qu’il entend mobiliser par les moyens de l’Etat, dans le système financier actuel, sont des financements courts, des emprunts publics locaux ou du crédit à l’économie de notre système bancaire. Il faudrait être un bon prestidigitateur pour réussir ce tour de passe-passe : réaliser des projets rentables sur dix ans avec des crédits disponibles sur trois ans. Soit on accumule des arriérés des paiements, auquel cas les banquiers qui financent renoncent, les chantiers restent bloqués en cours de route et vous êtes poursuivi ; soit c’est du bluff. Dans ce dernier cas, aucun banquier ne suivra le projet à moins qu’il n’accepte d’augmenter dangereusement son portefeuille d’actifs pourris et compromis.

L’autre hypothèse de l’approche du PADO2, c’est que le Dr Ouattara pense obtenir ces énormes financements du secteur privé international, local et des bailleurs de fond de l’Union européenne, de la Banque mondiale et des autres partenaires qui acceptent théoriquement de le soutenir à des conditions concessionnelles, sans procéder à des passations transparentes de marchés. En effet, dans la tradition du Dr Ouattara, aussi bien hier avec le PADO1 dans les années 90 qu’aujourd’hui avec le PADO2, le défaut de transparence dans les engagements de l’Etat sur les contrats de concession dans le cadre de son partenariat avec le secteur privé est une marque de qualité. Or les règles communément acceptées par la communauté financière internationale sont la transparence dans les passations de marchés, les appels d’offres ouverts et inclusifs, les prix concurrentiels et non les prix de monopole et les contrats de gré à gré opaques. Le gros risque que court le PADO2 est que très rapidement, les partenaires qui à Paris ont fait, ce mois de décembre 2012, des propositions de financement ne se rendent compte que le système de Ouattara est corrompu, que les marchés sont passés dans l’opacité, qu’il n’y a aucune concurrence et que les incertitudes sur l’avenir ne sont pas probabilisables. Ils se rendront compte que le Dr Ouattara gouverne dans un univers chaotique dans lequel il n’y a pour règle que la loi de celui qui peut utiliser la machine de l’Etat pour se présenter comme le plus fort du moment et écraser tout sur son passage.

Et lorsqu’ils le découvriront, leurs engagements effectifs pourraient ne pas être à la hauteur de leurs promesses théoriques. Ils vont s’ajuster et renonceront à risquer leurs fonds dans le Triomphe de l’éléphant, qui leur apparaitra comme un triomphe à la Pyrrhus.

On devrait signaler aussi que pour un plan de développement, il n’y a aucun chiffrage précis des projets sectoriels annoncés dans le PADO2. Il n’y a aucune étude sérieuse des aspects techniques, financiers et économique des dépenses d’investissement annoncées. Il n’y a qu’un chapelet de projets qui se suivent avec des montants globaux, comme les enfants, et même certains adultes le font pour leurs cadeaux de fin d’année. "Père Noël, je veux une poupée et un ordinateur pour moi et un vélo pour mon frère". Et puis le soir de Noël, Santa Claus passe et comble les rêves.

Les incohérences du PADO2 vont même plus loin et considèrent dans leur projection de croissance théorique que les institutions fonctionnent bien ; que la paix est retrouvée ; que la sécurité est établie; que la réconciliation est acquise ; que la justice est fonctionnelle, efficace et guérie de toutes ses maladies ; que le racket des FRCI est supprimé ; que les surfacturations de projets sont dépassées etc. Nous sommes simplement priés de le croire. Mais si les supporters de Ouattara croient en toute cette théorie de la paix et de la cohésion nationale, les partenaires internationaux dont les financements sont sollicités ont du mal à y croire, malgré toutes les campagnes de communication et de séduction à leur endroit. Ils ont le sentiment que le PADO2 ne rompt pas avec les élections truquées, avec la mascarade de désarmement et avec les incompétences politiques notoires qu’ils observent ici et là.

Pour terminer, signalons tout de même qu’alors que la Côte d’Ivoire reste encore un pays essentiellement agricole et que le majorité des pauvres de notre pays vit dans le milieu rural et travaille directement la terre. Le PADO2 considère que la croissance économique doit être plus encouragée dans les secteurs secondaires et tertiaires, qui vont avoir des taux évoluant entre 11% et 14% par an, alors que l’agriculture ne pourra croître qu’entre des taux dérisoires de 0,9% en 2012 à des taux maximum de 6% environ en 2014. Pour le PADO2, le moteur de la croissance économique sera le tertiaire et le secondaire. Toutefois, le PADO2 ne nous explique pas comment faire pour obtenir la croissance dans ces deux secteurs si, entre-temps, le secteur primaire croît peu dans un pays où l’industrie et le commerce dépendent fortement et de façon décisive de l’agriculture, de l’agro industrie, du transport des produits agricoles et du financement du crédit agricole. Comment fera-t-on ?

Les incertitudes du PADO2 s’étendent dans le domaine de la gestion de la dette, de la monnaie et des finances internationales. Pour ne pas être plus long, il faut reconnaitre qu’après l’obtention du PPTE, qui est le fruit d’un effort collectif des Ivoiriens et non celui du génie du président de la République, notre pays reste devoir à nos créanciers près de 6.500 milliards de FCFA dont 4.000 pour les créanciers étrangers et 2.500 environ pour la dette intérieure.

Il faut savoir que déjà pour 2012, le PADO2 n’a pas été capable de rembourser cette dette, que nous terminons l’année avec des arriérés de près de 550 milliards et que notre dette totale nominale est à environ 50% de notre Produit Intérieur Brut (PIB). Notre dette est équivalente à la moitié de la richesse produite par notre pays. Comment faire pour triompher dans ces conditions, si le gouvernement est incapable de cultiver la confiance en son sein et la confiance entre lui et les opérateurs économiques et les populations ?

Cela signifie que pour cette fin d’année, le PADO2 doit encore énormément d’argent à des opérateurs économiques nationaux et étrangers et que le non paiement de nos dettes rend illusoires les investissements attendus. D’ailleurs, pour la petite histoire, au moment où nous célébrons les promesses de prêts de près de 1.500 milliards obtenues à Paris, il nous faut nous préparer à rembourser bien concrètement plus de 800 milliards de la dette interne et près de 200 milliards de la dette externe : c’est un total de 1.000 milliards. Cela n’est-il pas une bonne nouvelle pour la fin de l’année?

Oh! Comme la vie est dure sous le régime Ouattara, et pourtant ils veulent nous faire croire le contraire en nous intimidant, en nous bastonnant, en nous emprisonnant, en nous accusant de toutes sortes de crimes odieux. Mais rien ne nous détournera de l’observation minutieuse et de la critique méthodique des bricolages de ce gouvernement. Et à LIDER, en lieu et place des milliards illusoires, nous proposons des réformes institutionnelles, en priorité dans le domaine agricole et foncier, qui rendront les populations capables de réellement construire elles-mêmes leur bonheur. La liberté et la propriété privée des terres d’abord! Au lieu de l’économie d’endettement de Ouattara, nous proposons l’économie de libre marché.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER



[i] Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi, à lire sur:

http://lider-ci.org/index.php?option=com_content&view=article&id=166:economie-dendettement-et-emergence-mode-demploi&catid=37:actualites

 

Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 14 décembre 2012

LES FRCI TABASSENT DES ETUDIANTS SUR LE CAMPUS DE COCODY ET LES ENFERMENT DANS DES COMMISSARIATS ET DES CAMPS MILITAIRES


UNE N°3263 LE NOUVEAU REVEIL.jpg

 

Selon des informations recueillies sur ONUCI-FM et sur la toile, des étudiants mécontents de leurs conditions actuelles de travail et d'études à l'université d'Abidjan Cocody s'en sont plaints lors d'une rencontre informelle, hier, jeudi 13 décembre 2012: pas de toilettes, pas de bibliothèque, pas de laboratoires, pas de salles de TD (Travaux Dirigés), amphis surchauffés, pas de climatisation, sonorisation défaillante, vacarme dû aux bruits des bulldozers et autres engins sur le site de l'université encore en chantier, contrairement à ce qui a été annoncé, le campus est occupé par des FRCI en armes, au mépris de toutes les franchises universitaires, pas de point d'eau pour se désaltérer, pas de lieux de restauration à la hauteur de la bourse des étudiants (sur le campus, le pot de lait caillé coûte 1.200 F CFA, la bouteille d'eau minérale 1.000 F CFA, un plat avec sauce 2.000 F CFA, le café express 1.000 F CFA), le nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat) est mal ficelé et chaotique, il n'y a pas suffisamment de table-bancs, certains étudiants prennent leurs cours à même le sol, les amphis de 1500 places promis sont invisibles, il y a un déficit d'enseignants, la mise en ligne des cours annoncée est un leurre, les cités universitaires ne sont toujours pas ouvertes, mieux certains de leurs chantiers sont à l'arrêt faute de moyens, le quai de ramassage de la SOTRA qui était à l'entrée du campus repoussé jusqu'au CHU de Cocody, obligeant les étudiants à faire une longue distance de marche pour accéder à l'université et aux salles de classe; et pourtant l'université a été rénovée à 175 milliards. A quoi a donc servi une pareille bagatelle? On tient des discours officiels enjoliveurs et la réalité à l'université est tout autre.

Il n'en fallait pas plus pour que les mouchards du régime sur la "Fac" alertent les FRCI en armes sur le campus, qui débarquent et, sans état d'âme, s'adonnent à la répression des étudiants. Certains d'entre eux seraient en ce moment aux arrêts et enfermés dans des commissariats et des camps militaires d'Abidjan, selon des sources concordantes. L'université, elle, a été momentanément fermée après ces tristes évènements. La presse proche du RHDP se fait curieusement l'écho de cette énième dérive, elle qui excelle dans l'art aveugle du négationnisme et de l'encensement béat du régime dictatorial d'Alassane Ouattara. Nous ne pouvons donc manquer de nous écrier: "Ah bon!? Vous ne dites plus que c'est la FESCI?!!! Que le monde change!"

Comme le dit l'ami Léopold Kouassi: "Avant on accusait la FESCI, aujourd'hui la FESCI n'est plus là-bas, à qui la faute? Le malaise est clair et les revendications estudiantines sont loin d'être syndicales; il n'y plus de franchise universitaire et on veut enfermer les consciences; les jeunes disent non, c'est tout!"

Pour l'activiste Steve Beko, la presse pro-Ouattara doit être plus conséquente, et continuer dans sa réthorique habituelle: "Soyez courageux, franchissez le pas comme d'habitude! Annoncez que ce sont les militants de la FESCI armés par Laurent Gbagbo qui ont perturbé les cours. En fait, vous n'avez aucune connaissance du monde estudiantin. Là-bas, la réalité des partis politiques est secondaire face à la souffrance commune".

Quant au groupe Facebook Blé Goudé Les Amis, il n'a pu s'empêcher d'asséner ce commentaire: "Comme quoi, il ne s'agit pas de dissoudre la FESCI pour dompter les revendications estudiantines et scolaires. L'on pourrait affirmer sans se tromper que la FESCI est un esprit et non un individu. Il faut plutôt savoir utiliser la FESCI en posant les vrais problèmes des élèves et étudiants de la Côte d'Ivoire".

Il faut, en outre, noter que la prise en charge à 70% des frais d'inscription à l'université promise par le gouvernement n'est valable, en réalité, que pour les premières et deuxièmes années. Les autres niveaux paieraient l'entièreté des frais dont notamment la rondellette somme de 300.000 F CFA pour les Masters (maîtrise du nouveau système LMD) et Doctorats. Pire, certaines facs et filières n'ont pas encore ouvert, créant du coup une rentrée à double vitesse, problème que l'actuelle rentrée annoncée à cor et à cri par le régime Ouattara devait résorber. Au final, Ouattara ne résoud absolument rien, il ne se contente que de déplacer les problèmes et de nous faire macérer dans une communication trompeuse, mensongère et coûteuse pour le contribuable ivoirien.

Ainsi se porte la nouvelle gouvernance ivoirienne!

 

Que DIEU garde la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 13 décembre 2012

VISITE DE OUATTARA DANS LE ZANZAN: VAINE TENTATIVE D’EFFACER GBAGBO DE LA MEMOIRE DES POPULATIONS

 

LAURENT GBAGB0 22.jpg

 

Les candélabres se sont éteints sur la première visite d’état de l’homme fort d’Abidjan dans le district du Zanzan. Après le festival de promesses et de discours digne des campagnes électorales, place à la réalité. Le bilan en termes de retombées et de bien-être pour les populations reste mitigé. L’euphorie et le rêve font place à la déception de plus en plus grandissante d’une partie de la population de cette région abreuvée de mensonges et de chimères.

Vaste région riche de sa diversité culturelle et naturelle, le Zanzan a toujours été l’objet de toutes les convoitises et le théâtre de confrontations souvent tragiques. Les principaux groupes ethniques qui peuplent cette région sont les Agni (Bona, Bini et Barabo), les Bron, les Koulango, les Lobi et les Malinké. Depuis la fin des conquêtes, ces groupes vivent en bonne intelligence malgré quelques frictions observées de temps à autre entre Lobi et Koulango. Au plan politique, après avoir été traversé par plusieurs courants politiques le Zanzan a constitué l’un des bastions sûrs du PDCI jusqu’à la fin de la première République qui a mis un terme au long règne du parti du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Les élections législatives, communales et départementales organisées après la présidentielle de 2000 ont bousculé le vieux parti qui a dû céder du terrain à d’autres formations politiques dont le Front Populaire Ivoirien (FPI) qui a fait élire deux maires, deux députés et un président de Conseil général.

Dans son souci d’apaiser le climat politique empoisonné par la gestion scabreuse de Konan Bédié ainsi que par le coup d’état qui en a résulté, le Président Laurent Gbagbo a ouvert son gouvernement aux principaux partis politiques que sont le PDCI, le RDR, le PIT et le MFA. Cette politique salutaire pour la réconciliation nationale n’a pas permis au Président Gbagbo de nommer des militants FPI originaires du Zanzan au gouvernement jusqu’en 2007. Ce sont le PDCI et le MFA qui ont eu le privilège d’avoir des militants originaires du Zanzan au gouvernement de 2002 à 2010. Ce n’est qu’en 2007 après l’Accord Politique de Ouaga (APO) qu’un cadre FPI originaire du Zanzan a fait son entrée au gouvernement pour la première fois.

Pour montrer l’intérêt qu’il porte à cette région, le Président Gbagbo y a effectué de nombreux déplacements et est allé à la rencontre des populations dans les endroits les plus reculés et les plus difficiles d’accès. En 2010, c’est dans le Zanzan que le candidat de LMP a lancé sa campagne électorale. A l’occasion du meeting qu’il a animé à Bondoukou le 28 septembre 2010, le Président Gbagbo a situé les Ivoiriens sur les raisons de son attachement à cette région. «…Nous voici à Bondoukou pour faire le discours de campagne électorale du Zanzan… Mais nous sommes là pour parler de la Côte d’Ivoire et des élections qui vont arriver bientôt. Oui, chers frères, je suis venu ici en 1990, je suis venu ici en 1993, je suis venu ici en 2006, je suis venu ici en 2008 et me voici ici aujourd’hui. Pourquoi ? Cette région, le Zanzan, est l’une des régions les moins développées de Côte d’Ivoire. Vous vous souvenez des incendies de 1984 qui ont fait disparaitre ici les cultures de cacao et de café… ». 

Revenant  sur la tentative de coup d’état de 2002 muée en rébellion, le Chef de l’État a tenu à rendre hommage une nouvelle fois au Zanzan, en ces termes : « …Bondoukou a résisté. A 11 reprises, des attaques ont été lancées contre Bondoukou ; mais, à 11 reprises, Bondoukou a repoussé ces attaques. Je voudrais remercier et féliciter les femmes qui ont cotisé, ont fait la cuisine pour nourrir les militaires, les jeunes. Je voudrais féliciter les jeunes, les dignitaires religieux et les Chefs traditionnels de cette Région qui se sont mobilisés pour que Bondoukou soit épargné… ».

C’est un truisme de dire que Gbagbo connaît le Zanzan et reconnaît l’apport de cette région dans l’équilibre de la société ivoirienne. Toutefois, il n’ignore pas le rôle pernicieux joué par des fils de cette région dans la déstabilisation du pays. Pour autant, soucieux d’avancer, il ne s’y attarde pas. Mieux il n’en fait jamais cas. L’essentiel pour le Président Gbagbo était de créer les conditions de vie meilleure pour permettre à chaque Ivoirien de vivre heureux dans sa région d’origine ou partout ailleurs en Côte d’Ivoire. Pour cela et contrairement à ses adversaires qui promettent des milliards de francs grâce à leurs relations, le Président Gbagbo agit en bon père de famille en donnant filets, barques et instruction pour la pêche à ses enfants, plutôt que de leur offrir du poisson. C’est pourquoi « …Nous avons créé les conseils généraux pour faire le développement à la base. Nous avons créé les communes pour faire le développement à la base. Tout est communalisé aujourd’hui. Vous avez 84% d’augmentation du nombre des communes. Ici dans le Zanzan, c’est la région où j’ai créé le plus de départements. J’ai créé le département de Koun-Fao, Transua, Sandegué, Nassian, Doropo, Téhini... ».

Au niveau de la promotion des cadres de la région, en dix années de pouvoir, Gbagbo a nommé Cinq (5) ministres, soit le même nombre que le pouvoir PDCI en quarante années de règne. Il apparaît utile de noter que sous Gbagbo, ces promotions ne tiennent pas compte de la famille politique des intéressés. Il en est ainsi des deux ministres issus du MFA, du ministre issu du PDCI, de la Haute Autorité pour le Développement de Bouna, des Présidents de Conseils d’administration de sociétés d’État (Côte d’Ivoire Télécom, SICOGI, etc.), des Directeurs généraux (GESTOCI, SODEFOR, INSAAC, etc.), sans oublier les nombreux Directeurs et Sous-directeurs d’administration centrale.

côte d'ivoire,visite de ouattara dans le zanzan,vaine tentative d’effacer gbagbo de la mémoire des populations,alassane ouattara,laurent gbagbo,rdr,fpi,pdci-rda,henri konan bédié,pit,mfa,côte d’ivoire télécom,sicogi,gestoci,sodefor,insaac,fodjo kasabi laurent sociologue

Alassane Ouattara dans le Zanzan

Malgré la crise qui a déstructuré le pays et qui a privé l’économie de ressources conséquentes, les trois Conseils généraux de la région, dont deux sont présidés par des militants du PDCI,  ont réalisé un certain nombre d’infrastructures sociales, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations. Un programme spécial d’électrification rurale a été confectionné pour cette région qui enregistrait en 2000 un taux d’électrification rurale de moins de 5%. En 2010 ce sont plus de 100 localités qui ont goûté au plaisir et au confort de l’électricité, et plus de 90 autres en cours d’électrification. Mieux, le Zanzan qui est une des régions les plus pauvres du pays occupe une place de choix dans le Document de Stratégie pour la  Réduction de la Pauvreté (DSRP) validé par le président Gbagbo et les institutions financières internationales en 2009.

Le PDCI, visiblement gêné par les actions concrètes touchant au quotidien des populations, n’a eu d’autre choix que de diffamer le Président, l’accusant d’avoir créé la guerre en Côte d’Ivoire. Ces accusations aussi irresponsables qu’absurdes n’empêcheront pas le Président Gbagbo d’avoir la faveur du Zanzan. Il en est de même des promesses farfelues de distribuer des milliards de francs et d’acheter les noix de cajou à 2 000 F le kilo que le RDR et le PDCI ont servi à profusion au mépris de la souffrance des populations.

Au premier tour du scrutin d’octobre 2010, le Président Gbagbo est arrivé en tête avec 36,21% des voix dans toute la région, suivi du Président Bédié avec 30,38% et enfin de Monsieur Ouattara avec 24,95%. Malgré la violence qui a émaillé le second tour du scrutin à Bouna, la coalition du RHDP (PDCI, RDR, UDPCI, MFA, PIT, etc.) n’a eu qu’une courte avance (53%) sur le candidat de LMP (47%). Le Président Gbagbo a battu son adversaire dans les départements du sud de la région : Tanda (50,98%), Koun-Fao (57,60%) et Transua (60,25%).

Dix huit mois après la capture du Président Gbagbo et l’installation de Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir, le Zanzan vient d’accueillir l’homme fort de la Côte d’Ivoire. En réalité, en allant dans cette région, le Chef de l’État avait à cœur d’accomplir un devoir de reconnaissance à l’égard de ses chefs de guerre qui ont occupé depuis le coup d’état manqué de 2002 l’ancien département de Bouna. Il est bon de rappeler qu’au nombre des têtes fortes de la rébellion figurent Ouattara Issiaka dit Wattao, Kouakou Fofié, Mourou Ouattara, tous originaires du Zanzan. N’ayant pu prendre Bondoukou, la rébellion s’est installée dans cette partie de la région déjà éprouvée par la rigueur du climat et par le manque de vision de développement du PDCI au cours de son long règne de quarante ans. C’est en réalité cette partie du Zanzan qui intéresse Ouattara, pour des raisons d’affinités ethniques et idéologiques, mais aussi pour celles évoquées plus haut.

Le conquistador ivoirien sait en effet que cette région ne lui est pas acquise, à défaut de lui être hostile. Les résultats de la dernière présidentielle sont là pour montrer la préférence du grand peuple du Zanzan. Ouattara ne pèse que 25% dans la région. Dans les départements situés au sud de la région il a obtenu au premier tour moins de 8% des suffrages.  Mais curieusement, c’est le RDR, qui a raflé la quasi totalité des sièges de la région à l’occasion du « désert électoral » boycotté par le FPI en décembre 2011, au grand dam de son allié PDCI réduit aujourd’hui à sa plus simple expression. Piètre politicien, Ouattara qui connaît les chiffres de l’élection présidentielle de 2010, ne pardonne pas aux populations des régions qui lui ont fait mordre la poussière. Même dans les localités où le RDR s’est donné, sans compétition, des députés, Ouattara sait qu’il n’a aucune audience réelle.

Par ailleurs, les populations du Zanzan savent que c’est Ouattara qui est responsable de l’accroissement de la pauvreté dans la région. Non seulement il n’a aucun plan crédible de développement, mais il est en outre incapable de restaurer ce que sa rébellion a détruit depuis 2002.

C’est pourquoi, bien que réduits au silence, les partisans de Laurent Gbagbo auxquels se joignent de nombreux déçus, n’en demeurent pas moins convaincus de la justesse de la vision du fondateur du FPI. Aujourd’hui, dans le Zanzan comme partout en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens regrettent Laurent Gbagbo. L’avenir reste incertain en dépit du soutien massif de la communauté internationale qui porte le régime à bout de bras et couvre ses nombreux crimes. Les propos de Gbagbo relatifs aux vendeurs d’illusions et aux agents de l’étranger sonnent aujourd’hui comme une prophétie qui s’accomplit, malheureusement. Dans ces conditions, espérer effacer le souvenir du héros ivoirien de la mémoire des populations du Zanzan est une entreprise vouée à l’échec.

 

Fodjo Kasabi Laurent

Sociologue

mercredi, 12 décembre 2012

RECONCILIATION NATIONALE: LE «OUATTARISME» ENTRE DESILLUSION ET REALISME

 

LAURENT GBAGBO 17.jpg

Pour une paix viable en Côte d’Ivoire

 

Gbagbo, c’est fini ; Gbagbo c’est du passé ! Non ceux qui sont dans la logique de cultiver de l’ostracisme à l’endroit de Laurent Gbagbo ont tort. Il faut regarder les faits et les réalités en face. Ceux qui continuent de cultiver la haine à l’endroit de tous les soutiens de Laurent Gbagbo, doivent bien se frotter les yeux pour voir et comprendre que ce qu’ils veulent imposer en Côte d’Ivoire ne peut pas y prendre corps. Simplement en regardant la Constitution, on voit qu’« aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil ».

Après qu’une partie des Ivoiriens a été assassinée ; pendant que les soutiens réels ou supposés de Laurent Gbagbo continuent d’être martyrisés et pourchassés ; alors que des Ivoiriens sont torturés ; pendant que des fosses communes sont découvertes et qu’aucune enquête fiable n’est ouverte. Alors que Laurent Gbagbo est à La Haye, ses camarades et ses proches dans des goulags de la Côte d’Ivoire quand ils ne sont pas simplement contraints à l’exil … Peut-on parler de réconciliation nationale ? Qui veut-on réconcilier avec qui alors que les concernés sont enfermés ? Monsieur Ouattara le « démocrate de la Communauté internationale », il nous semble que vous devez mettre fin à l’ignominie constante que vos pratiques produisent à l’endroit de vos parrains. Regardez la vérité en face et souvenez-vous ! Avant le forum de réconciliation nationale d’octobre à décembre 2001, Laurent Gbagbo avait organisé votre retour en Côte d’Ivoire. Vous aviez quitté auparavant la Côte d’Ivoire suite à un mandat d’arrêt que Konan Bédié avait lancé à votre encontre. Konan Bédié lui-même s’était exilé après le coup d’Etat de décembre 1999. Vous avez voulu faire oublier Laurent Gbagbo par la peur induite par la brutalité de vos pratiques, en complicité avec vos parrains. Vous devez comprendre que des pratiques du passé ne peuvent plus faire bonne recette au 21è siècle.

La vérité vous reviendra toujours à la figure tant que vous ne ferez pas dos à cette ingratitude innommable qui est malheureusement un socle dans vos approches dans la gouvernance. La haine, la vengeance et l’autoritarisme ne peuvent pas prospérer dans notre pays. Nous n’accepteront pas que des Ivoiriens soient chassés de leur pays. Ce n’est pas simplement une volonté ; c’est parce qu’il ne peut en être autrement. Nous n’avons pas d’autres choix que de vivre en paix chez nous. Non Laurent Gbagbo, ce n’est pas du passé ; non Laurent Gbagbo, ce n’est pas fini. Oui Laurent Gbagbo, c’est aujourd’hui ! Oui Laurent Gbagbo, c’est l’actualité. Vous avez louvoyé pendant des années croyant que la violence et la peur qu’elle induit, ferait reculer les Ivoiriens. Il faut oublier cette posture parce qu’elle n’est pas compatible avec les réalités socio-politiques ivoiriennes. Le niveau de conscience que les Ivoiriens ont acquis les amène à distinguer la vérité de l’ivraie. Vous devez faire avec cette réalité incontournable si vous pensez vraiment être le chef de l’Etat des Ivoiriens.

Libérez Laurent Gbagbo ! D’abord pour des raisons politiques mais également pour des considérations d’ordre juridique. En effet, les faits que vous incriminez ne peuvent voir les suspects être jugés pour une partie en Côte d’Ivoire et pour l’autre partie à La Haye. Vous êtes en totale contradiction avec le statut de Rome. On ne peut pas étouffer les vœux des Ivoiriens ; on ne peut pas museler les Partis d’opposition. Vous dites « Démocratie et Droits de l’Homme ». Alors, jouons le jeu démocratique en évitant l’arbitraire.

Libérez Laurent Gbagbo et tous ses camarades et mettons-nous franchement, sans ruse ni évitement à la table des négociations. Nous devons retenir qu’il est plus que temps que les extrémistes des différents bords se rendent compte que le peuple veut la paix pour le développement du pays. Il nous semble que vous poursuivez ces mêmes objectifs.


Dr Claude Koudou

Ecrivain - Analyste politique

mardi, 11 décembre 2012

ECONOMIE D'ENDETTEMENT ET EMERGENCE: MODE D'EMPLOI

 

MAMADOU KOULIBALY 6.jpg

Par Mamadou Koulibaly - LIDER - 11 décembre 2012


EN ARRIVANT à Paris pour la rencontre avec le groupe consultatif sur la mobilisation des ressources pour le financement de son plan de développement, le président Ouattara, le libéral, avait un programme d’investissement sur quatre ans (2012 / 2013 / 2014 / 2015).

Ce plan appelé Plan national de développement (Pnd) devrait lui coûter un peu plus de 11.000 milliards de francs CFA, à décaisser d’ici fin 2015 au moment des élections présidentielles.

Le Dr Ouattara est allé à Paris avec un chapelet de projets de dépenses à faire, et comme c’est la période festive, il a trouvé sur place un arbre de Noël et des Pères Noël qui lui ont promis le financement complet de son plan et même plus, semble-t-il.

Selon le premier ministre, la Banque Mondiale a pris l’engagement ferme de participer pour environ 500 milliards de francs CFA, de même pour la BAD et la Banque Islamique de Développement. Ces trois agences à elles seules couvrent 1.500 milliards de francs CFA. Les organisations du système des Nations Unies et les autres amis de la Côte d’Ivoire compléteront, aux dires de M. Kablan-Duncan.

Aucun problème en vue, donc, pour le gouvernement, dont 12 membres au moins avaient effectué le déplacement à cette cérémonie de la planification de l’aide publique au développement. Et le premier ministre de conclure: «Rien qu’avec les trois premières banques, nous couvrons les besoins». Ainsi, la Côte d’Ivoire sera émergente à l’horizon 2020, par la magie de l’aide et de la dette publiques.

Soit nous avons mal entendu le premier ministre, soit nous ne savons pas lire le contenu du Pnd. Mais 1.500 milliards de promesses pour un besoin exprimé de 11.000 milliards font à peine 13,6%. Et on dit que les besoins sont comblés ?

Il faut se rappeler que sur l’année 2012, le plan de Ouattara prévoyait un financement d’investissement à hauteur de 1.500 milliards environ et qu’il avait, à l’époque où le gouvernement était à l'hôtel du Golf, obtenu sans problème la promesse de financements et que par la suite, non seulement le gouvernement n’a pas pu mobiliser les ressources internes programmées, mais les promesses des financements extérieures sont restées lettres mortes du fait de la mauvaise gouvernance qui caractérise le régime de Ouattara.

Au-delà du caractère illusoire de ces plans de développement, nous restons admiratifs devant l’héroïsme de Ouattara qui a obtenu le Ppte sans en remplir les conditions, qui se fera financer son plan sans avoir une stratégie claire de développement et d’endettement, et qui vit depuis deux ans bientôt dans une ambiance de promotion de la violence, de l’insécurité et de l’impunité, érigées en mode de gouvernement. Tout cela avec les encouragements d’une communauté internationale qui ferme les yeux sur la corruption et les avatars de mauvaise gouvernance dont le plus grand est l’impunité.

Quel dommage et que de regrets pour les quelques 20.000 morts des crises ivoiriennes. Ils seront morts pour rien… Heureusement que les vivants seront émergents à l’horizon 2020 avec l’aide publique au développement. La grande invention du Dr Ouattara sera pour nous une expérience toute particulière, car jusqu’à présent, aucun pays émergent n'est jamais passé par la case Ppte. Aucun pays émergent ne l’a été sans marchés de capitaux émergents, sans technologies émergentes, sans produits émergents. 

Avec Ouattara, la Côte d’Ivoire sera émergente avec des marchés traditionnels, des produits traditionnels, des technologies traditionnelles et même une armée composée de chasseurs traditionnels. Bravo Docteur! Après les ordonnances illégales, vive l’émergence illusoire. Et dire qu’ils veulent qu’on y croit!

 
 
Mamadou KOULIBALY
 
Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

lundi, 10 décembre 2012

LETTRE OUVERTE A TOUS LES CROYANTS SE RECLAMANT «FILS DU DIEU D’ABRAHAM»

 

côte d'ivoire,lettre ouverte à tous les croyants  se réclamant «fils du dieu d,homosexualité,sodome,sodomie,sodomiser,sodomisation,ban ki-moon,jean ping,union africaine,onu


Frères et sœurs, Abraham est le Père des trois religions dites ‘révélées’ que sont, dans l’ordre chronologique, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Chacune de ces religions se donnent des guides ou pasteurs : Rabbin pour les juifs, Pasteur (Prêtre, Evêque, Bishop), pour les chrétiens, et Imam pour les musulmans. Je ne suis ni rabbin, ni prêtre (encore moins évêque), ni pasteur, ni imam. Je ne suis donc pas une autorité religieuse. Ne possédant pas cette qualité, je n’ai aucune compétence (habilitation) à m’adresser aux croyants d’une religion, encore moins à tous les croyants se réclamant fils d’Abraham.

Cependant, je suis chrétien, baptisé et confirmé catholique. A ce titre, et à ce titre seul, je suis frère de tous les croyants en un Dieu unique, le Dieu d’Abraham. C’est donc en ma qualité de frère des croyants, et en cette qualité seule, que j’ose m’adresser à mes frères et sœurs, descendants et descendantes d’Abraham.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu nous enseigne, en la Création, que Dieu créa l’homme et la femme. Dieu-Le-Créateur Tout-Puissant n’a pas créé l’HOMME. Il a créé l’homme et la femme, ‘‘male’’ et femelle’’ il les créa («Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa; male et femelle il les créa», Genèse, 1, verset 27). Dieu, l’Omniscient et l’Omnipotent, a créé le genre, en Adam (Adama) et Eve (Awa). Et Dieu a confié à Adam-Adama et à Eve-Awa la lourde charge de peupler la terre par la non moins lourde mais combien exaltante responsabilité de la procréation («Dieu les bénit et Dieu leur dit : ‘‘Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la.’’ Genèse, 1, verset 28). En tant que procréateurs de l’humanité, l’homme et la femme sont, tous les deux et ensemble, conjointement, les continuateurs de l’œuvre de Dieu. En cela aussi, l’homme et la femme sont à l’image de Dieu.

Frères et sœurs, il est vrai que, à travers nos pratiques religieuses, nous avons des divergences quant à la manière de plaire à Dieu, notre Créateur. Mais, j’estime, pour ma part, que nos divergences ne doivent pas nous faire renoncer à (ou nous détourner de) notre responsabilité de croyants descendants d’Abraham.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens ou musulmans, nous savons que l’impudicité ne date pas de maintenant. Et nos religions, toutes, condamnent cette impudicité, suivant en cela le Dieu d’Abraham auquel elles conduisent. Descendants d’Abraham, nous devons nous souvenir des villes de Sodome et de Gomorrhe, détruites par le soufre et le feu de Dieu (Genèse, 19, 23 à 25), et surtout des raisons de la destruction de ces villes. Oui, seul le neveu d’Abraham, Loth, le fils de Harặn, a été épargné de la destruction de Sodome (Genèse, 19, verset 29), ainsi que ses filles. Et rappelons-nous que de Sodome, nous avons tiré les termes ‘sodomie’, ‘sodomiser’, ‘sodomisation’.

Dans l’Evangile selon Saint Matthieu (chap. 10, verset 15), Jésus, le Fils de Dieu, le Messie, pour les chrétiens, prévient : «Je vous le dis, en vérité : le jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là».

Frères et sœurs dans le Dieu d’Abraham, par les nouvelles dispositions de la loi sur le mariage, notre pays se prépare à devenir le ‘Capharnaüm’, ‘cette ville-là’ dont parle Jésus. En effet, cette loi, qui parle des époux sans les nommer ‘la femme et l’homme’, prépare, sans le dire et l’avouer, donc sans le dévoiler, la Côte d’Ivoire, notre pays, à créer ‘Capharnaüm’, à légaliser le mariage homosexuel, non pas parce que les Ivoiriennes et les ivoiriens le veulent ainsi, mais parce que la communauté internationale l’exige. C’est ce qu’a dit, à l’assemblée générale de l’Union africaine (Ua) de Jean Ping, le Coréen Ban Ki-Moon, ci-devant secrétaire Général de l’Organisation des nations unies (Onu), en exigeant des Etats africains la reconnaissance des droits des homosexuels. C’était en janvier 2011, au moment où ce fonctionnaire de la communauté internationale, soutenant l’actuel chef de l’Etat ivoirien, avait déclaré que recompter les voix, pour savoir qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, serait une injustice.

MARIAGE GAY.jpg

Et il revient à tous, aujourd’hui, que c’est ce nouveau deal que cette fameuse communauté internationale signera avec les nouveaux chefs d’Etat africains qui veulent être élus ou réélus ‘président’ de leur pays : «Nous vous aiderons à conquérir ou à garder le pouvoir d’Etat dans votre pays si vous nous promettez de reconnaître les droits des homosexuels au mariage et à l’adoption des enfants. Voulez-vous que nous vous aidions pour votre développement? Eh bien, reconnaissez les droits des homosexuels» Voilà le pacte diabolique! Mais diantre! Les enfants de qui vont-ils adoptés, ces homosexuels qui refusent d’en avoir?

Frères et sœurs en Dieu d’Abraham, quelle sera notre responsabilité, la responsabilité de tous les croyants et de chacun des croyants? Elle sera lourde si nous ne dénonçons pas ce qui se prépare, si nous ne nous opposons pas à ce qui vient. Nous serons tous comptables, au moins en tant que co-auteurs indirects, si nous laissons faire les choses. Mais si nous dénonçons ce qui se prépare et que nous nous y opposons, nous pouvons espérer sauver notre pays de la situation de Sodome et Gomorrhe, la destruction. Et si nous n’y parvenons pas malgré tous nos efforts, alors nous serons de nombreux ‘Loth’, et nous trouverons grâce aux yeux de notre Dieu («Voici, ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux et tu as usé envers moi d’une grande amitié en me conservant la vie», Genèse, 19, verset 19). Notre Dieu nous épargnera.

Frères et sœurs en Dieu, en vous informant, je fais ma part du chemin. Que chacun, dans son lieu de culte où il va rencontrer son Dieu (synagogue, église, temple, mosquée), ou quand il rencontre un homme créé à l’image de Dieu, fasse sa part du chemin pour sauver notre pays. Loth a parlé aux habitants de Sodome; il a parlé aux fiancés de ses deux filles. Personne ne l’a écouté. Mais Loth a été épargné par le Dieu d’Abraham. Se taire devant l’ignominie, c’est cautionner cette ignominie. Et cela équivaut à pratiquer cette ignominie.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens, musulmans, nous devons refuser ce marché satanique que l’occident nous propose. Nous devons refuser ce ‘‘développement’’, leur ‘‘développement’’, leur ‘‘évolution’’. L’occident n’a pas le droit de nous imposer son type de société. L’Afrique n’a pas le devoir de vivre comme l’occident. Il est vrai que l’occident a apporté à l’Afrique la bonne nouvelle du Fils du Dieu d’Abraham. Mais, si l’occident a choisi d’être la nouvelle Sodome, nous n’avons pas le devoir de le suivre dans sa perdition.

Frères et sœurs en Dieu, surtout, ne disons pas, quand viendra, demain, l’heure du jugement, que nous ne savions pas. L’ignorance n’est pas une excuse, comme le reconnaît d’ailleurs la loi des hommes (Nul n’est censé ignorer la loi). Et cette loi des hommes est d’inspiration divine, puisque, en Luc (16, versets 19-31), nous sommes prévenus, dans la parabole du riche et du pauvre Lazare, que nous avons nos prophètes (guides religieux et intellectuels) pour nous enseigner, nous informer.

Mais l’intellectuel africain qui cachera l’information à son peuple aura refusé, ipso facto, d’entrer dans l’histoire, comme celui dont Sarkozy a parlé, au Sénégal, le 26 juillet 2007, en ces termes : «L’homme (en fait, l’intellectuel) africain n’est pas assez entré dans l’histoire… L’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.». Cet intellectuel-là, l’Afrique l’oubliera.

Et le guide des croyants en Dieu qui faillit à sa mission de ‘‘Berger’’, le pays de Sodome et de Gomorrhe «sera traité moins rigoureusement que» lui, prévient le Christ-Jésus.

Mais je prie le Dieu d’Abraham que je me trompe sur toutes ces prévisions annoncées pour la Côte d’Ivoire et les pays africains. Et j’en serais le premier heureux.

 

QUE DIEU NOUS GARDE ET NOUS ACCORDE LA CONNAISSANCE.

 

Fraternellement en Dieu,

Un de vos frères


NEA Kipré

Enseignant d’Université