topblog Ivoire blogs

mardi, 14 août 2012

COMMISSION OUATTARA: UN RAPPORT SCANDALEUX ET REVISIONNISTE!

 

côte d'ivoire,commission ouattara un rapport scandaleux et révisionniste,théophile kouamouo,rapport de la commission nationale d'enquête cne,le quotidien ivoirien le nouveau courrier

Mme Paulette Badjo, Présidente de la Commission nationale d'enquête (CNE) 


Finalement, ils se sont résolus à le rendre public… Après un certain nombre d’atermoiements, les «stratèges» du régime Ouattara, d’abord réticents à la diffusion du rapport que «leurs» Commissaires ont mis plus d’une année à produire, ont lâché du lest et l’ont mis à la disposition du grand public. A sa lecture, les observateurs comprendront rétrospectivement pourquoi les commanditaires de ce texte voulaient le garder secret. En effet, le rapport de ce qu’il est convenu d’appeler la Commission nationale d’enquête (CNE) sur les violations des droits de l’Homme durant la guerre post-électorale se présente comme un document à la fois inutile, scientifiquement indéfendable et moralement révisionniste, voire insultant pour la mémoire d’un certain nombre de victimes.

Pourquoi «le rapport Ouattara» est inutile

Evoquant le rapport de la CNE, Le Nouveau Courrier choisit délibérément de parler du «rapport Ouattara». Nous avons également choisi d’appeler cette commission «la commission Ouattara». Pour une raison très simple. Cette Commission est composée de seize membres. Parmi elles, six (37,5%) sont des représentants de ministres nommés par Alassane Ouattara. L’un d’entre ses membres (6,25%) est issu du Conseil supérieur de la magistrature, dont le président est… Alassane Ouattara.

Dans son rapport, la CNE prétend avoir en son sein cinq représentants de l’Assemblée nationale dans sa neuvième législature (2000-2010), à raison d’un par groupe parlementaire. Interrogé à ce sujet par Le Nouveau Courrier, Laurent Akoun, conteste catégoriquement cette assertion. «Aucun représentant du FPI n’a siégé dans cette Commission», martèle-t-il. Plus profondément, comment le régime a-t-il pu collaborer avec une Assemblée nationale qu’il ne reconnaissait pas ? Dans quel cadre, quand et comment les groupes parlementaires ont-ils bien pu se réunir pour désigner leurs représentants ?

Comment ont-ils pu le faire en l’absence de tout communiqué ? Assez étrangement, le rapport ne publie pas la liste de ses membres. Une chose est sûre, c’est le régime qui a choisi de manière discrétionnaire les cinq (31,25%) «parlementaires» de sa Commission. C’est également lui qui a désigné les deux représentants des «victimes» (12,5%) puisqu’aucune fédération de toutes les associations de victimes n’en a mandaté. Au final, il n’y a guère que les représentants des ordres des avocats et des médecins, naturellement confinés à des rôles «techniques» – deux sur seize (12,5%) qui échappent théoriquement au contrôle direct de l’exécutif. Théoriquement, parce que la Commission le dit elle-même en préambule, tous ses membres ont été nommés par le chef de l’Etat par décret. Cette Commission est donc bel et bien un instrument de l’exécutif, piloté par l’exécutif, et qui vise à orienter le pouvoir judiciaire, à lui fixer un cadre et des limites, et en définitive, à le caporaliser. C’est une inacceptable «feuille de route» !

Le rapport Ouattara est inutile parce qu’il ne permet pas à la vérité d’avancer. Entre les mains d’enquêteurs ayant consulté les rapports des organisations des droits de l’Homme et les nombreux documents visuels disponibles y compris sur Internet, il n’a aucune valeur ajoutée. En dehors des beaux tableaux et diagrammes qu’il publie, et qui se fondent sur des données fondamentalement discutables, il ne nous apprend rien de nouveau. On attendait qu’il évoque – y compris dans une annexe secrète – les noms des commanditaires et des exécutants des crimes commis par les FRCI. On imaginait que certains responsables politiques et militaires seraient au moins suspendus de leurs fonctions ou mutés pour permettre le bon déroulement de l’enquête et libérer psychologiquement leurs victimes. On pensait lire des révélations sur les différentes chaînes de commandement impliquées. Rien de tout cela. En réalité, cette Commission avait deux objectifs. Premièrement, donner l’illusion du mouvement et permettre au régime de gagner du temps. Deuxièmement, affirmer que les «pro-Gbagbo» ont tué plus que les «pro-Ouattara», dans le cadre d’on ne sait quelle logique d’auto-absolution. Au final, Ouattara a remis ce rapport sans le moindre «scoop» à son Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio qui le transmettra notamment au procureur de la République Simplice Koffi Kouadio, qui se scandalisait que l’on puisse imaginer une seconde juger les «sauveurs» des FRCI. Le serpent se mord la queue. C’est bien ça que l’on appelle perdre du temps.

Pourquoi le rapport Ouattara est scientifiquement indéfendable

On a beau chercher, on ne devine pas la méthodologie qui a présidé à la rédaction de ce texte. Par exemple, l’on s’interroge sur le choix des exactions dont il a choisi de parler et de celles sur lesquelles il a choisi de se taire. Ainsi, au chapitre des violations des droits relatifs à l’information, le rapport parle de l’enlèvement d’un chauffeur de Nord-Sud, de l’agression d’une équipe du Mandat, du saccage du quotidien Notre Voie… mais se tait sur l’assassinat du journaliste de Radio Yopougon, ancien du Temps, Sylvain Gagnétaud ou d’agents de la RTI en fonction. Pourquoi la Commission Ouattara évoque-t-elle de manière précise ce qu’elle considère comme des «crimes de guerre» (tuerie lors de la «marche des femmes» d’Abobo, attaque meurtrière du village d’Anonkoua Kouté par le Commando invisible…) et truffe son chapitre «crimes contre l’humanité» de fades propos d’ordre général ? Difficile d’empêcher certains de croire que c’est parce que le fait qui est le plus représentatif des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire est le massacre du quartier Carrefour… que la «commission Ouattara» se refuse à évoquer dans le chapelet de faits qu’elle énumère. On dira qu’elle a choisi de ne pas être exhaustive. Mais au nom de quelle logique a-t-elle sélectionné les faits qu’elle avance ? 

Un fait est marquant, et scandaleux : la quasi-totalité de ces faits précis énumérés sont attribués aux «pro-Gbagbo» (enlèvement du Novotel, porte-parole du RDR (J.N.) arrêté à un barrage, interdiction de voyage d’Ibrahim Sy Savané, tuerie de la marche d’Abobo, bombardement du quartier Siaka Koné à Abobo, attaque de «Malinké» à Locodjro). Le carnage d’Anonkoua Kouté est le seul crime de sang imputable aux «pro-Ouattara» cité – et pour cause, on l’attribuera facilement à Ibrahim Coulibaly dit «IB», opportunément assassiné et qui ne pourra pas se défendre. On remarquera que l’assassinat d’IB n’est d’ailleurs pas cité… Le seul fait attribué clairement aux FRCI est le saccage et l’occupation des bureaux de Notre Voie… C’est bien peu, et c’est scandaleux !

Les «catégories» utilisées par les rapporteurs pour désigner la «responsabilité proportionnelle» des deux camps sont également le signe d’un désir de protection du régime et de ses nervis armés. Ainsi, les rapporteurs nous expliquent qu’ils mettent dans la catégorie des pro-Gbagbo, «les miliciens pro-Gbagbo, les FDS, les Mercenaires, la Garde républicaine, la FESCI», c’est-à-dire des forces conventionnelles et non conventionnelles. En revanche, les FRCI et le Commando invisible sont considérés comme «les forces FRCI». Les Dozos, supplétifs armés du régime, sont exclus de la catégorie des «forces FRCI», ce qui permet de ne pas comptabiliser leurs crimes (200 meurtres, nous dit-on) dans la balance biaisée du régime. Pourquoi la catégorie «divers auteurs» n’est-elle pas explicitée, dans la mesure où les auteurs sont connus – ils se retrouveraient, sinon, dans la catégorie «personnes non identifiées» ? Imposture et malhonnêteté intellectuelle !

Dans ce contexte, l’on ne s’étonnera pas que la Commission attribue les pillages qui ont lieu d’une part à une politique – «la politique de la terre brûlée prônée par le camp du président sortant» – et d’autre part à des actes isolés – «la volonté de certains éléments des FRCI de se constituer «leur butin de guerre». Bien entendu. Le fait que l’hôtel du Golf se soit transformé des semaines durant en lieu de maquillage des voitures volées n’a certainement aucune forme de signification ni d’implication.

La mémoire des suppliciés de l’Ouest est insultée !

Au-delà de tout, le rapport de la Commission Ouattara est une insulte insupportable à la mémoire des suppliciés de l’Ouest. En effet, les rapporteurs osent écrire que seulement 385 personnes ont perdu la vie pendant les quatre mois de la guerre post-électorale dans le département de Guémon, c’est-à-dire de Duékoué. Et pourtant… Les estimations les plus basses, faites par la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI quasiment dans le feu de l’action, évoquaient 330 décès en trois jours – entre le 28 et le 30 mars – dans la seule ville de Duékoué ! Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont la crédibilité et la discrétion habituelle est connue de tous, est quant à lui sorti de son silence contrairement à son habitude pour dire qu’il y avait eu au moins 800 morts seulement le 29 mars dans la ville de Duékoué. Quand l’on sait que les villages environnants, comme Dahoua, Bahé Bé, Pinhou, Delobly, Guéhiébly, etc… ont connu de véritables orgies de sang des jours durant… l’on se rend compte du caractère proprement négationniste d’un texte qui participe, une fois de plus, à une immorale campagne de relations publiques au service d’Alassane Ouattara… et de l’impunité des vainqueurs du moment !


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 13 août 2012

RUMEURS DE COUP D'ETAT: DES TIRS ENTENDUS AU BANCO ET A BASSAM

 

côte d'ivoire,rumeurs de coup d'état,des tirs entendus au banco et a bassam,ivorian.net

 

Hier dimanche, des tirs étaient entendus dans la forêt du Banco et dans la ville de Bassam.

Pour l’instant, on ne sait pas avec certitude les origines de ces tirs d’armes automatiques, ou qui tirait sur qui. Le pouvoir parle, lui, de nouvelles attaques déjouées, ourdies par des combattants armés non-identifiés. Aucun bilan de ces nouveaux affrontements n’est pour l’instant disponible. Toujours est-il que le régime Ouattara est sur le pied de guerre et prend ces attaques très au sérieux, depuis les récentes attaques qu’il a subies de la part des combattants armés non-identifiés, à Yopougon, Abengourou, Akouédo, et Agboville, dont le bilan cumulé est de 17 morts côté FRCI. Il a donc pris le taureau par les cornes en sécurisant la zone du Banco par la mise sur pied d’un vaste plan de sécurisation du district d’Abidjan. Un impressionnant détachement des FRCI est aussi allé sécuriser la ville de Bassam.

En effet, sur instruction du Général de Corps d’Armée SOUMAÏLA BAKAYOKO, Chef d’Etat-Major Général des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire et en exécution du plan de sécurisation du district d’ABIDJAN et des villes de l’intérieur, une opération de bouclage de la forêt du Banco s’est effectuée, dimanche dès 14 heures, pour selon nos sources, en déloger les individus mal intentionnés en cavale dans cette forêt qui jouxte la Maison d’Arrêt et de correction d’ABIDJAN (MACA).

Le Général de brigade DETOH LETHO FIRMIN (CEMGA), sur ordre du Général BAKAYOKO s’est déplacé sur les lieux pour s’assurer du déroulement des opérations conjointement menées par l’Armée, la Gendarmerie, la Police, les Eaux et forêts et la force de l’ONUCI.

La conduite des opérations placée sous le commandement du Chef de bataillon COULIBALY OUSMANE est à la tâche pour aseptiser toute la zone de la forêt du Banco.

Selon nos sources, l’Etat-major craint une vaste attaque de la ville d’Abidjan par ces combattants armés non-identifiés qui ont promis revenir bientôt faire tomber le régime, à qui ils ont donné jusqu’au 15 septembre prochain, pour faire ses valises.

Nous y reviendrons.


Patrice Lecomte


Source: IVORIAN.NET

MAMADOU KOULIBALY: ET POURTANT LES COUPABLES SONT CONNUS, LES RAISONS AUSSI

 

FRCI 2.jpg

 

Analyse de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire et propositions de sortie de crise

 

« C'est ainsi que les gens travaillent à leur propre confusion. »
In Franz Kafka. (1926), Le Château.


La semaine de la fête du 52e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire a été l’occasion de violences meurtrières. Cette fois, les attaques n’ont pas visé les populations civiles ni les forces onusiennes en Côte d’Ivoire, mais elles étaient essentiellement dirigées contre les forces armées, les FRCI. Les casernes militaires, les commissariats de police et les points de contrôle routiers ont fait l’objet d’attaques de bandes armées qui ont tué et ont été capables de disparaître tout de suite après leurs forfaits. Avec émotion, les camps politiques adverses s’accusent mutuellement d’être les auteurs de ces attaques meurtrières. Encore une fois, les partisans du président Ouattara soutiennent la thèse que ce sont les partisans de l’ancien président Gbagbo qui sont les criminels assaillants. Mais les partisans de Gbagbo ne se laissent pas faire et accusent les pro-Ouattara d’être des tueurs armés itinérants. 

Une chose est sûre, il y a eu mort d’hommes et donc pertes en vies humaines. Des enquêtes sont annoncées et en attendant leurs conclusions, si conclusions il y a un jour, nous devons nous rendre à l'évidence: chacun des deux camps tue et, en définitive, seules les populations civiles voient leurs droits de vivre en liberté, en sécurité, dans la poursuite de leur bonheur individuel et collectif, violés. Les populations civiles sont les victimes de deux camps qui continuent de se haïr et de se positionner dans une logique d’intimidation, de chantage, de belligérance, de répression, de revanche et de vengeance.

Une commission d’enquête, visant à établir les responsabilités dans les crimes de la période ayant suivi les élections présidentielles de 2010, a été mise en place il y a quelques mois par le gouvernement. Ses conclusions mettent en évidence que les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara ont tous été criminels. Ils ont tué des hommes, des femmes et des enfants pour des raisons politiques, ethniques, religieuses et régionales. Sur les 2.264 cas ayant fait l’objet des investigations, les pro-Gbagbo, identifiés sous la dénomination "éléments des ex-Forces de Défense et de Sécurité"(FDS), sont accusés de 1.452 crimes, tandis que les pro-Ouattara, identifiés sous les appellations "Forces Nouvelles"(FN), "Forces Républicaines de Côte d’Ivoire"(FRCI) et "Dozos", arrivent en seconde place avec 927 crimes. Nous étions, dit-on, en période de guerre lorsque ces crimes ont été commis. Qui est le plus coupable ? Ceux qui ont tué le plus ou ceux qui ont tué tout simplement ? Au total, quelque soit le plus coupable, d'après cette commission d'enquête, ce sont 2.264 vies humaines qui ont été fauchées par des haines réciproques.

Une question demeure au-delà de ces chiffres : pourquoi autant de crimes avec des victimes connues mais sans coupables reconnus ? Dire des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara qu’ils ont tué donne certes quelques indications, mais cela reste insuffisant pour comprendre qui tue en réalité. Tous les pro-Gbagbo ne sont pas des criminels et tous les pro-Ouattara non plus. Il faudra être un peu plus clair si l’on veut aller à la vérité ; cette vérité qui libère des haines et réconcilie les cœurs. 

Inventaire de l'armée et des forces de sécurité


D’abord, il convient d'établir que les populations, malgré le grand nombre d’hommes armés en circulation, ne sont pas en sécurité. Il n’y a pas de forces qui assurent la sécurité au sens traditionnel du terme. Aujourd’hui, l’armée ivoirienne de terre, de mer et de l’air compte, entre autres, environ 14.000 hommes non réformés, non équipés. Il s’agit de ce qu’il reste des anciennes FANCI (Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire). Ces hommes sont démotivés, désarmés, payés à ne rien faire, frustrés par une défaite programmée mais inattendue et méprisés par les autorités politiques actuelles du pays simplement parce qu'ils ont appartenu à l’armée sous l'ancien régime. Ils étaient les forces dites loyalistes du régime de Laurent Gbagbo. Cela leur est préjudiciable aujourd’hui et le régime ne leur fait pas confiance.

Il faut ajouter à ce groupe environ 17.000 gendarmes. Ce corps dit d’élite s’est taillé en Côte d’Ivoire la réputation d’être républicain mais n’est nullement utilisé pour le maintien de l’ordre public dans la nouvelle gendarmerie. Plusieurs de ses membres ne sont pas intégrés dans la fonction traditionnelle de la gendarmerie. Ils sont payés à ne rien faire, vivent dans la terreur et le soupçon d’être capables de déstabiliser le régime à tout moment. Ils s’ennuient, sont démotivés et frustrés. Ils faisaient eux aussi partie des loyalistes de l’ancien régime. Et cela leur est préjudiciable aujourd’hui car le régime ne leur fait pas confiance.

Nous devons aussi prendre en compte 18.000 policiers non réformés, eux aussi, c'est-à-dire non réorganisés et non réemployés dans les fonctions habituelles et normales de la nouvelle police. Ils sont en permanence soupçonnés d’avoir été proches de l’ancien régime Et cela leur est préjudiciable aujourd’hui car le régime ne leur fait pas confiance. Ils travaillent sous le regard, le contrôle et la suspicion des forces mises en place par le régime actuel. Ils s’ennuient, sont démotivés et frustrés.

Ces trois groupes constituent ensemble une équipe de 49.000 personnes environ qui, formées en principe pour la sécurité et l’ordre public, vivent dans le non-emploi, le chômage déguisé, la suspicion et la frustration de ne pouvoir exercer leur métier dans des conditions normales de l’Etat de droit. Ces hommes et ces femmes, harcelés de temps à autre, constituent un cocktail dangereux pour la stabilité du régime qui en est conscient et qui déploie des efforts énormes de surveillance, de contrôle, d’arrestations et de tracasseries. Toutes choses qui ne rassurent pas mais au contraire stressent et créent des tensions psychologiques intenses.

Mais, surveiller les militaires, policiers et gendarmes des ex-FDS ne laisse pas suffisamment de ressources pour assurer la sécurité des populations et garantir l’ordre public, aussi bien dans les villes qu’en milieu rural. L’insécurité commence avec l’idée que l’autre nous veut du mal. Et à vouloir trop le surveiller, nous ne voyons pas arriver les autres dangers. 

Que faire dans ce cas ? Réinsérer ces éléments dans l’ordre normal des forces qui assurent la sécurité, la protection civile et l’ordre public en Côte d’Ivoire. Cela voudrait dire redonner à la police et à la gendarmerie les moyens de leur activité. Seuls les policiers et gendarmes peuvent assurer l’ordre public et rassurer les populations. Si l’Etat doit redevenir normal, ce sont les forces normales et non des forces d’exception qui doivent s’occuper de la mission du service public de la sécurité et de la protection des droits et des libertés. La condition normale d’un Etat exige des institutions normales. L’armée, la gendarmerie et la police sont des institutions qui doivent reprendre leur service normalement si bien entendu nous recherchons la normalité qu’impose l’Etat de droit. Si bien entendu nous voulons mettre fin à l’Etat d’exception.

Mais que faire avec une armée de 11.000 FRCI, loyalistes d’aujourd’hui, en plus des 14.000 loyalistes de l’ancien régime? Cela fait quand même 25.000 militaires payés. Avec le budget actuel du ministère de la défense, estimé à 188 milliards de fcfa, si leur traitement est assuré convenablement (131 milliards fcfa), alors cette armée n’a aucun moyen pour s’équiper et s’entraîner. Si elle devait avoir les moyens de son équipement, alors les soldes ne seraient pas payées. Si l’Etat devait assurer pour ces hommes, à la fois l’équipement et la solde, le budget militaire exploserait. Alors qu’il a déjà du mal à faire face, entre autres, aux exigences de la dette due aux caisses de retraite (CGRAE, CNPS) ainsi qu’à celles des salaires des travailleurs de la Poste de Côte d’Ivoire, il serait obligé de fermer des hôpitaux ou des écoles à cause du manque de moyens financiers. Ainsi, nous vivons en insécurité permanente avec une armée pléthorique, mal équipée, mal encadrée, mal payée, bien frustrée et avec de bonnes raisons de ne pas pouvoir assurer sa mission de sécurisation des populations civiles sur l’ensemble du territoire et dans les casernes, les gendarmeries et les commissariats.

Le gouvernement, pendant ce temps, est en sécurité grâce à 3.000 hommes minutieusement triés parmi les FRCI pour la défense de l’Etat et d’Abidjan. Ces hommes, qui ont l’entière confiance du gouvernement, viennent de l’ex-rébellion du MPCI, MPIGO, MJP et des FN et assurent la sécurité du président de la République et des institutions de l’Etat. Ces hommes sûrs du régime en sont aussi les hommes forts, car commandés par les ex-com zones. Notons que certains des chefs de ce groupe de privilégiés ont été promus à des grades supérieurs au moment où des soldats se faisaient tuer par des inconnus armés sortis de nulle part au début du mois d’août 2012. 

Mais peut-on croire à la thèse des hommes sortis de nulle part pour perpétrer ces attaques ? Non pas vraiment. Car, à y regarder de près, il y a dans notre pays des populations à haut risque qui peuvent avoir de bonnes raisons de fomenter ce type de guérilla.

Qui pourraient être les guérilleros?

Au lieu de s’accuser mutuellement, la classe politique pourrait faire une introspection et analyser froidement la situation. Parmi les populations à risque et capables de fomenter des guérillas, il y a plusieurs cas à distinguer. 

Le premier groupe est constitué des FRCI frustrés et déçus, auxquels l’on avait promis des carrières militaires sécurisées. Dans le cadre de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO), le volet militaire qui était en négociation concernait 32.000 éléments des FN qui rêvaient d’obtenir une situation de fonctionnaire. Mais, lors de la mise en place définitive des FRCI, seuls 9.000 de ces combattants ont été retenus. Alors qu’elles étaient en possession d'armes et de munitions, ce sont 23.000 personnes qui ont été refoulées, dégagées des rangs ou mises à la porte des FRCI. Ces ex-combattants FN non retenus dans les FRCI vivent dans la rancœur et la frustration et sont en attente de toutes les bonnes occasions qui pourraient leur permettre d’exprimer leur colère vis-à-vis de ceux qui leur ont menti, les ont utilisés et les ont rejetés au moment du partage du butin. Ces 23.000 personnes sont autant de dangers potentiels à ne pas oublier lorsque l’on cherche qui accuser après les attaques comme celles perpétrées contre les FRCI en ce début du mois d’août 2012.

La seconde catégorie identifiée comme dangereuse est constituée des 36.000 supplétifs issus des jeunes combattants recrutés à tout va au moment où il a fallu que les FN se préparent à la bataille d’Abidjan lors de la dernière crise post électorale. De nombreux combattants ont été encouragés à s’enrôler pour «la cause». Ils étaient environ 38.000 supplétifs pour les FRCI, parmi lesquels seulement 2.000 ont été retenus pour une éventuelle intégration dans les forces régulières actuelles. Que faire des 36.000 restants ? Ils ont été purement et simplement oubliés. Eux aussi fulminent de colère et de désir de revanche sur ceux qui les ont manipulés. Ils sont des agents à risque, capables, pour des raisons évidentes, de s’attaquer à leurs anciens frères d’armes, du temps des durs combats d’Abidjan, qui les ont trahis et abandonnés par la suite. Il ne faut pas les oublier lorsque l’on se pose la question de savoir qui s’attaque aux FRCI et pourquoi ?

La troisième catégorie à risque est composée de 38.000 personnes issues des groupes d’autodéfense et autres miliciens de l’ancien régime. Il avait été question que, dans le cadre du service civique proposé par l’APO, ces supplétifs des FDS de l’époque puissent être intégrés à des structures de réinsertion et d’emploi dans la fonction publique. Mais rien n’a été fait et plusieurs d’entre eux sont réputés avoir des armes, sont frustrés de savoir que l’âge d’or est terminé et que si les choses redeviennent normales, eux s’en sortiraient sans rien, bredouille. Eux ont du mal à accepter cette perspective. Ce groupe est tout aussi dangereux que les deux premiers et il ne faut pas l’oublier lorsque la question se pose de savoir qui attaque les FRCI. Pour ce groupe, l’avènement des FRCI ayant mis fin aux privilèges dont ils bénéficiaient, il est inacceptable de laisser les choses en l’état et laisser le triomphe facile à leurs adversaires d’hier.

Au total, ce sont donc au bas mot 97.000 guérilleros potentiels, sans compter les opportunistes et autres bandits habituels, les frustrés et les haineux occasionnels qui ont de vieux comptes à régler avec de vieux copains maintenant membres de la nouvelle nomenklatura, les nouveaux combattants, ceux de la 25ème heure qui ne sortent que lorsque les champs de bataille sont vides. Si nous prenons en compte tout ce beau monde «de super vilains» ou de «super héros», on peut arriver à 100.000 personnes à risque, déçues par les promesses non tenues, ballottées entre des décisions contradictoires, endoctrinées par des états-majors politiques réciproquement haineux, encasernées, pour certaines, avec leurs armes dans des conditions inacceptables, comme par exemple les 1.500 retenues dans le tristement célèbre camp de la Gesco à Yopougon. Toutes ces personnes sont de véritables dangers pour la sécurité des populations civiles, pour les FRCI elles-mêmes et pour les forces impartiales également, et l'on ne peut pas dire qu’elles ont tort d’être en colère. Et si l’on traitait plus sérieusement leurs cas ?

Ces 100.000 jeunes qui voient l’avenir en noir ne se fient qu’au pouvoir que leur donnent leurs armes. Ils n’ont pas d’emploi, pour plusieurs d’entre eux, pas même de qualification ni de métier. Ils ont la hantise du chômage et voient leur vie comme un drame dont les seules lueurs ne sont que trahisons, manipulations. La haine envers leurs anciens mentors et le mentor adverse alimente leur quotidien. Ils croient avoir tout perdu, sauf leurs armes avec lesquelles ils peuvent se faire entendre, se faire respecter et même faire fortune ou simplement obtenir à manger. Il ne faut pas les oublier au moment où l’on se pose la question de savoir qui organise la guérilla. 

Quelles solutions pour sortir du bourbier insécuritaire?

D’abord, le gouvernement doit cesser de pratiquer la politique de l'autruche et regarder enfin le problème en face. La communication de monsieur Bruno Koné, ministre et porte-parole du gouvernement, après le conseil des ministres du 15 février 2012, à la suite de toutes les tueries de la période post électorale et depuis la création des FRCI démontre, si besoin est, son fourvoiement et la marge de progression analytique qu'il nous offre pour comprendre la situation :

«Les Frci, c’est l’armée régulière de Côte d’Ivoire. Il est important que notre armée soit respectée. L’armée représente la souveraineté du peuple ivoirien. Il n’y a pas de raison que ce soit les populations qui décident ou pas d’avoir l’armée sur un territoire. Nous sommes tous à un âge où nous avons vu les Fanci et les Fds. Je crois qu’il faut qu’on revienne au principe de base du civisme. C'est-à-dire le respect de nos institutions. Dans le respect des institutions, il y a le respect de l’armée. L’armée de Côte d’Ivoire a eu à mener des opérations de sécurité publique tout simplement parce que la police et la gendarmerie n’étaient plus opérationnelles. Il a fallu attendre plusieurs mois avant que les commissariats ne soient regarnis et il a aussi fallu attendre plusieurs mois avant que les policiers ne soient dotés d’armes et de munitions. Pendant ce temps, les militaires ont eu à les suppléer. A partir du moment où nous sommes arrivés progressivement à une situation normale, il leur a été demandé de se retirer de ces activités pour que la police et la gendarmerie prennent le relais. Mais cela n’est pas fait partout, d’une part. D’autre part, même si la police et la gendarmerie sont de retour, rien n’interdit que les militaires soient apportés en renfort à tel ou tel endroit. C’est une décision du commandement militaire. (…) Quand on parle de cantonnement, j’ai l’impression que pour les Ivoiriens cela veut dire qu’il faut que les militaires disparaissent du paysage. (…) Les Frci, c’est plusieurs milliers de personnes. Donc il peut arriver qu’un élément des Frci ait un problème avec un élément civil, cela peut arriver partout, il peut y avoir des cas d’indiscipline, il peut y avoir des agressions contre les uns et contre les Frci. Mais de grâce, ne transformons pas tout en conflit ethnique ou intercommunautaire. S’il y a des erreurs de la part des Frci, ils peuvent être sanctionnés par leur hiérarchie

Puis, la classe politique, gouvernement en tête, doit arrêter de détourner l’attention du problème principal par des accusations mutuelles insensées. 

Ensuite, elle doit accepter sa propre défaillance dans la façon de faire la politique et reconnaître que c’est elle qui, par ses discours, ses ambitions, ses inconséquences, a conduit de nombreux jeunes dans l’impasse, et toute la Côte d’Ivoire avec.

Enfin, elle doit s’engager tout de suite dans des discussions sur la réconciliation politique et envisager un programme de fin de crise conforme à la résolution 2062 du Conseil de sécurité des Nations-Unies et rendre opérationnelle cette dernière. Ceci suppose de:

  • Prioriser la question du désarmement et de la réforme du secteur de la sécurité dans l'agenda du président de la République - ministre de la défense et chef suprême des armées.
  • Retirer des rues les FRCI et y installer la gendarmerie et la police nationales.
  • Organiser le départ à la retraite des combattants et autre miliciens non retenus dans les forces actuelles.
  • Dégager des économies budgétaires pour financer cette retraite supplémentaire par la réduction du niveau de vie de l’Etat.
  • Redéployer l’administration civile et l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire ivoirien.
  • Reprendre et approfondir le dialogue entre l’opposition et le gouvernement dans le cadre défini par le conclave de Bassam.
  • Ne pas se précipiter pour organiser les élections locales dans les conditions actuelles d'insécurité.

Nous avons une population ivoirienne de 20 millions d’habitants environ, qui vit, sans protection de qui que ce soit, avec 100.000 ex-combattants armés et frustrés se sentant trahis par ceux qui, de part et d’autre, avaient fait d'eux des héros à coup de fausses promesses d’intégration dans la fonction publique; une soldatesque de 25.000 hommes, sans équipement ni entrainement qui ne peut exercer sa mission par manque de cohésion; 35.000 gendarmes et policiers prévus pour le maintien de l’ordre public et la sécurité civile mais qui ne sont ni organisés ni employés à cette fin car désarmés par manque de confiance et 3.000 éléments des FRCI, commandés par les anciens com zones, sélectionnés parmi l’ensemble pour assurer la sécurité du président de la République et des institutions à Abidjan. Cette population civile, totalement laissée à elle-même, devient la cible de chacun de ces dangereux groupes adverses qui, à travers les cruautés commises à son encontre, peut vouloir attirer l’attention sur lui. 

A ce jour, la Côte d'Ivoire n'a plus d'armée - ni ancienne, ni de nouvelle -, mais elle est entre les griffes de plusieurs bandes armées qui se ciblent les unes les autres tout en prenant la population civile en otage. L’ordonnance illégale prise par le président de la République le 17 mars 2011 pour créer les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), mélange composite des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN), dans le but, selon les propres termes de M. Ouattara, de «protéger les populations civiles, pacifier le pays et rétablir la légalité» est loin d’avoir été efficace. Bien au contraire, cette ordonnance est à la base de la désorganisation de la sécurité et de l’ordre républicain. La question est du domaine de la loi c'est-à-dire du débat public républicain. Une ordonnance ne suffit pas à créer une armée (article 71 de la constitution d’août 2000). La preuve est maintenant faite. La recrudescence des braquages dans tous les quartiers d'Abidjan, et des coupeurs de route dans l'ensemble du pays, est la manifestation directe de la mauvaise gestion des questions militaires et sécuritaires par l'Etat, qui a trop souvent recours à des ordonnances illégales et des décrets inutiles pour résoudre un problème sensible qui requiert bon sens, clairvoyance et courage. Aujourd’hui nous en payons le prix. Et pourtant, les coupables sont connus, les raisons aussi.

 

Abidjan, le 13 août 2012

 

Mamadou KOULIBALY, président d'Audace Institut Afrique.


Source: INSTITUT AUDACE AFRIQUE

COTE D'IVOIRE: ÇA SENT LE ROUSSI ET LA POUDRE AU RHDP!

 

UNE N° 3819 LE PATRIOTE.jpg

 

Hamed Bakayoko, le ministre de l'intérieur de Ouattara, a imputé, après seulement une journée d'enquête (record du monde. Ne l'oublions pas, c'était en plein jeux olympiques), les récentes attaques de commissariats et de camps militaires à des pro-Gbagbo venus du Ghana. Il a omis ou fait semblant de ne pas voir se qui se passe dans sa propre famille politique, où tout risque bientôt de partir en vrille. Pour preuve, cet article au vitriol du quotidien pro-Ouattara invétéré, "Le Patriote", des samedi 11 et dimanche 12 août 2012 contre Djédjé Mady et Kouadio Konan Bertin dit "KKB", deux figures emblématiques de l'allié PDCI-RDA. Bonne lecture!


Attaques d'Akouédo, Yopougon, Abengourou - Mady et KKB: Des discours si troublants...

 

En politique, le hasard n’existe pas, bien plus que les discours des hommes politiques ne sont jamais anodins. Alphonse Djédjé Mady et Kouadio Konan Bertin dit KKB étaient-ils en phase avec les auteurs des attaques de Yopougon Niangon, d’Abengourou et d’Akouédo, à la veille de la célébration du 52ème anniversaire de notre Indépendance ? Leurs sorties fracassantes, quelques jours avant les tristes évènements qui ont endeuillé la nation, sont véritablement teintées de clair-obscur voire de déficit de loyauté envers le RHDP. Comme dans une symphonie bien orchestrée, ces deux hommes avaient un rôle à jouer, une partition à accomplir. Donner du grain à moudre aux assaillants et terroristes. Une semaine avant l’attaque d’Akouédo, précisément le 31 juillet, c’est KKB, sur qui pèsent de lourds soupçons de connivence avec la refondation, qui rentre en jeu. Comme en mission commandée, il charge Bédié et Ouattara. Le premier est accusé de plonger le PDCI dans l’immobilisme, du fait de son âge dépassé à tenir les rênes du vieux parti.

En outre, jugeant son bilan très négatif, KKB appelle carrément à une insurrection comme le président du PDCI. Il ne fait pas non plus dans la dentelle avec le Président Ouattara, accablé de faire du «rattrapage» et de se tromper en pensant que «le PDCI, c’est Bédié». Sans prendre de gants, il lui dit ouvertement que ses choix n’engagent nullement le vieux parti.

Comme dans un parfait jeu de rôles, c’est Djédjé Mady qui prend la relève. Dans une déclaration faite de façon solitaire, sans l’aval du président Bédié, il rue dans les brancards, le 4 août. Embouchant la trompette de la refondation, il accuse le pouvoir de spolier les terres de l’Ouest au profit d’étrangers de la sous région. « le PDCI s’inquiète vivement des informations persistantes tendant à accréditer le convoyage d’immigrants clandestins armés pour l’occupation intempestive de nos forêts et plantations », martèle t-il. On croirait entendre Laurent Akoun, le secrétaire général du FPI, qui disait la même chose, des jours plus tôt. Comme si cela n’était pas suffisamment outrageant pour le RHDP dont il fait partie, Djédjé Mady sonne à nouveau la charge : « Cette situation de violences endémiques entretient un climat d’insécurité généralisée d’autant plus préoccupante qu’elle constitue une grave menace sur la coexistence pacifique des communautés et sur la stabilité voire sur la survie de la nation ». Le décor était tellement bien planté que trois jours après cette déclaration à équivoque, des assaillants tentaient de déstabiliser la Côte d’Ivoire.

La sortie unilatérale de Mady était tellement troublante que le Premier ministre, Ahoussou Jeannot, a dû lui remonter les bretelles en dénonçant le caractère inconvenant et illogique du réquisitoire. On aura compris que Mady et KKB, qui se sont retrouvés en France peu avant la fin de la crise postélectorale, sont de mèche, pour détruire de l’intérieur, le RHDP. L’aveu de KKB dans son interview fleuve en dit long sur la connivence : « J’affirme qu’il y a des gens comme Mady et bien d’autres qui méritent que le PDCI leur renvoie l’ascenseur ».

Blé Goudé n’avait pas menti, en révélant aux Ivoiriens les propos que lui avaient confié KKB, qui a déclaré ne pas pouvoir soutenir la candidature de Ouattara dans le second tour qui l’opposait à Laurent Gbagbo. En remontant dans le temps, on se souvient que Djédjé Mady avait publiquement mis en avant son lien de parenté avec l’ancien Chef de l’Etat. On comprend aisément le sens de leurs discours troubles qui ont précédé l’attaque de Yopougon, d’Abengourou et surtout d’Akouédo.

 

Bakary Nimaga

 

Source: LE PATRIOTE

dimanche, 12 août 2012

DUEKOUE, SOUFFRE-DOULEUR DU REGIME OUATTARA

 DUEKOUE - MANIFESTATION DES FEMMES CONTRE LES VIOLS ET LES TUERIES 6.jpg


Retour forcé des déplacés à Duékoué - La galère de ceux qui ont regagné leurs villages


Au nom de quelle logique la première réaction des autorités et des humanitaires, après l’incendie du camp de Nahibly et les tueries qui ont suivi, a-t-elle été d’organiser systématiquement des «retours forcés» dans leurs villages d’origine ? Les déplacés n’en reviennent toujours pas. De quoi renforcer leur conviction que l’on voulait coûte que coûte se débarrasser du camp. Après l’attaque du site, les populations ont pris d’assaut la mairie et la sous-préfecture où elles ont trouvé momentanément refuge. Même si dans la panique beaucoup ont quitté la ville ou trouvé refuge chez des proches à Duékoué, quelques 1 500 personnes, selon le premier adjoint au maire Mondouho Paul, ont pris d’assaut la mairie et la sous-préfecture. Où elles ont été contraintes de vivre dans des conditions déplorables : faim, nuit à la belle étoile malgré les pluies intempestives de ces jours-là, etc. 

Ce lundi 23 juillet, l’ambiance est pour le moins inhabituelle à la sous-préfecture. En effet, c’est ici que le HCR et l’OIM procèdent au recensement des déplacés et organisent les convois de retour depuis samedi.

Ce dernier jour du recensement, plaintes et complaintes fusent. Les déplacés s’expliquent difficilement le drame qui vient de s’abattre sur eux. Surtout devant les autorités. Comme si le ciel s’abattait encore –après les événements de janvier et mars 2011 – sur les populations. «Qu’est-ce que le Guéré a fait ? Si j’avais les moyens je partirais loin d’ici avec ma famille parce que j’ai comme l’impression qu’être Guéré est une malédiction. D’ailleurs, on nous promet que ce n’est pas encore fini», fulmine Gouéhan Maurice, 58 ans. Les déplacés estiment être abandonnés à leur seul sort.Ils sont assis à même le sol, munis d’un baluchons pour certains. Leurs regards semblent parfois perdus. Des familles entières ne savent pas à quel saint se vouer. Contraintes de retourner dans leurs villages la mort dans l’âme.

DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 5.jpg

Pour nous rendre compte du drame que vivent ceux qui ont regagné leurs villages, nous avons fait un tour ce mercredi 25 juillet dans le village de Niambly, à 5 kilomètres de Duékoué. Ce village avait, au plus fort de la crise postélectorale, été entièrement incendié, les maisons avaient été détruites. Les décombres et les stigmates sont encore visibles. Ici, tout est à refaire. A reconstruire. Et c’est l’ONG Solidarités Internationales qui tente tant bien que mal de reposer les toitures sur des habitations décoiffées. Les premiers déplacés venus du site fin août 2011 et le 26 avril 2012 dorment dans des maisons de fortune, à l’instar du chef du village, Tahé Gabriel. Certains squattent jusqu’à présent des bâtiments de l’école primaire. Thierry Bahié, contraint de regagner son village après l’attaque du site de Nahibly explique la précarité dans laquelle lui et sa famille vivent aujourd’hui: «On est arrivé au village on n’a plus de maison. Tout est détruit ici. Donc on dort sous les bâches qu’on nous a données. Dans la journée la tente nous sert de cuisine. Quand il fait nuit on range tout, on dresse les nattes et on dort».

Lui et sa famille – 8 personnes – ont reçu 2 bâches, 3 nattes et 3 couvertures. Ils attendent toujours les vivres promis. Les populations vivent également dans la psychose à cause surtout des Dozos qui paradent en armes. «On a toujours la peur au ventre», témoigne le chef Tahé Gabriel. Mais le chef d’état-major général des FRCI a promis la sécurité dans les villages. «C’est dit mais ce n’est pas encore appliqué. Au niveau du village on n’a pas encore vu de sécurisation», poursuit-il.  

En tout cas, un peu moins d’une centaine de personnes vivent toujours dans la cour de la mairie de Duékoué, malgré la précarité. «Ma plantation est occupée», nous a ainsi confié un vieillard, qui ne compte pas retourner dans son village.


Anderson Diédri


Source: LE NOUVEAU COURRIER

YOPOUGON, COMMUNE MARTYRE

FRCI - PATROUILLE ARRESTATION.jpg


Les FRCI investissent les résidences et commerces - Yopougon: les enlèvements battent leur plein

 

Il ne fait pas bon vivre dans certains quartiers de Yopougon depuis les attaques du 17ème arrondissement et les camps d’Akouédo en fin de semaine dernière. Si le calme semble revenir à Akouai-Santé et Akandjé où la chefferie villageoise a fait mains et pieds pour que ces villages connaissent une paix relative, ce n’est pas le cas à Yopougon. Il est 16h45 ce jeudi, un jeune homme de teint foncé, la trentaine environ, venu se restaurer sous un hangar non loin de la nouvelle cité de la Brigade anti-émeute (Bae) de Yopougon, est hélé par des éléments des Forces républicaine de Côte d’Ivoire (Frci) dans les environs. Ils le palpent, mettent la main sur un téléphone portable, découvrent qu’il est éteint. Ils l’ouvrent, retirent la batterie et se rendent compte qu’il n’y a aucune puce à l’intérieur. Commence une véritable séance d’interrogatoires. Alexandre Kouadio, c’est de lui qu’il s’agit puisqu’il déclinera son identité plus tard aux hommes de Soumaïla Bakayoko, justifie l’absence de puce par le fait qu’il vient d’acquérir son portable en deuxième main il y a seulement quelques instants. Son explication ne convainc pas les éléments des Frci qui le rudoient de violents coups, le traînent par terre et le conduisent automatiquement dans leur cité. Selon les éléments des Frci, au nombre de trois, l’attitude du jeune Alexandre Kouadio, dont le portable éteint ne contenait pas de puce, est plus que suspecte. 

Du côté de Yopougon Sideci et Coprim, ce sont des visites inopinées des éléments FRCI, armes aux poings, dans les différentes cours à la recherche, disent-ils, d’armes dissimulées, selon les renseignements généraux de l’état-major, dans lesdits quartiers. A défaut de trouver des armes, ce sont des jeunes qu’ils embarquent dans leurs cargos sans sommation. «Lorsqu’ils sont arrivés, ils ont demandé mon fils Patrice G., âgé de 27 ans. Il serait impliqué dans l’attaque du 17ème arrondissement. Bien avant, un des éléments scotché à son téléphone semble demander des renseignements sur l’aspect physique de celui qu’ils sont en train de rechercher. C’est à ce moment que mes enfants au nombre de trois, d’abord au salon, sont sortis. Dès qu’ils ont pointé le nez dehors, ils ont tous été embarqués pour une destination que les FRCI ont refusé de nous révéler», témoigne D.G, chef de famille qui a reçu la visite, tôt le matin de ce vendredi à la cité Coprim, d’hommes en armes portant des bérets rouges. «A la cité Bae où nous nous sommes rendus, les Frci que nous y avons trouvé nous ont conseillé de nous rendre à l’état-major. Nous nous attelons à nous y rendre. Nous espérons avoir les nouvelles de nos enfants avant la tombée de la nuit», espère D.G.

Des militants Rdr à la manœuvre

Pour cette opération de ratissage, les militants du Rassemblement des républicains (Rdr), selon des témoignages concordants, ont été mis à contribution dans certains quartiers, notamment à Yopougon.

Ce sont eux les contacts et les indics qui dénoncent les militants Lmp comme étant des miliciens. «Une voisine avec laquelle je vivais sans heurt ici dans l’immeuble, lorsqu’elle a constaté que j’hébergeais mon frère venu en congés, a osé me dire un matin que j’héberge un milicien. Quelques jours après, les Frci ont débarqué dans la cour pour me dire que j’ai accordé gîte et couvert à un milicien pro-Gbagbo.

J’ai réalisé que c’est ma voisine qui est à la base de cette calomnie. Heureusement pour mon frère qu’il est retourné chez nos parents. Les jours qui ont suivi, j’ai dû déménager du quartier avec mon époux», raconte Ange D. qui résidait au quartier Sideci. 

Depuis lundi, les habitants des quartiers Sideci, Niangon, Coprim… subissent une pression indescriptible des d’éléments Frci qui n’hésitent pas à passer au peigne fin certains domiciles. Les plus chanceux se résignent face à certains hommes armés qui ne se lassent pas de piller portables, argents, bijoux… Les autres, notamment les jeunes valides, sont embarqués, torse nu, pour une destination inconnue.

«Lorsque les Frci au nombre de quatorze sont venues nous prendre au quartier, ils nous ont conduit directement au camp Bae. Aussitôt arrivés, ils nous ont ensuite regroupé. Nous étions au nombre de huit jeunes. Nous avons trouvé d’autres jeunes dans le camp qui subissaient un interrogatoire d’éléments Frci qui n’hésitaient pas de leur passer la chicotte et menaçant de les exécuter s’ils ne montraient pas leurs caches d’armes où ne dénonçaient pas les gens qu’ils cachent dans leur quartier.

Moi j’ai eu plus de chance parce que des instructions ont été données de je ne sais où pour me libérer. C’est quelques heures plus tard que j’ai su qu’une connaissance de mon père a joint un ami, gradé des Frci, qui a appelé partout pour me localiser», révèle Julien K., à Yopougon-Niangon.  

Le plan sécuritaire du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, si c’est vraiment de celui-là qu’il s’agit, fonctionne à merveille. Pour le malheur de certaines populations de Yopougon.


Gilles Naismon


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ARMES VOLEES A AKOUEDO, OUATTARA A VIOLE L'EMBARGO

 

côte d'ivoire,Armes volées à Akouédo, Ouattara a violé l’embargo,violation d'embargo en côte d'ivoire,alassane ouattara,le blog d'alain doh bi

Aperçu des lanceurs de missiles volés. Ce ne sont pas des jouets, selon des sources crédibles, ces redoutables lanceurs de missiles sont capables d'abattre 3 avions de chasse en même temps.

 


Dans la nuit du 05 au 06 août 2012, des inconnus armés attaquaient la caserne d’Akouedo, à 03h du matin. Si le bilan de morts varie de 6 à 11 personnes selon les sources, les divergences demeurent sur les armes volées dans ladite caserne.

L’AFP a annoncé "plus de 200 armes de tout genre" ; Jeune Afrique parle de "plus de 250 kalachs et d’autres armes non-enchaînées" ; le quotidien progouvernemental  Le Mandat dévoile "2 camions remplis d’armes  emportés". Hamed Bakayoko, Ministre de l’Intérieur du régime Ouattara, dans sa conférence de presse sur fond d’accusation gratuite, s’est contenté de parler plutôt "d’une centaine de kalachs et des RPG7 retrouvés dans la forêt après avoir été abandonnés par les assaillants".

Quelles armes ont-elles été volées à Akouédo? Pourquoi, alors que le Ministre Bakayoko rassure que les armes volées ont été retrouvées, Koné Zacharia et ses hommes continuent-ils de troubler les paisibles populations de Bingerville à la recherche d’armes volées à Akouédo?  

Toutes ces interrogations ont guidé les recherches auprès des plus crédibles  blogs de la blogosphère des résistants. Voici donc la liste des armes qu’auraient emportées "les inconnus armés" qui ont attaqué la caserne d’Akouédo, dans la nuit du 05 au 06 août 2012 :

- 3 lanceurs de missile sol-air portable SAM7 ;

- 4 missiles de rechange ;

- 1 arme antichar utilisant des roquettes autoguidées et 4 roquettes ;

- 250 kalachnikov neuves ;

- une caisse de grenade.

Le Ministre Hamed Bakayoko n’a pas fait cas d’un tel arsenal lors de sa conférence de presse relative à l’attaque d’Akouédo. Mais, même si cet arsenal existait et aurait été emporté, le régime de Dramane Ouattara n’a aucun intérêt à porter cette information au grand public. Dans la mesure où :

1- Elle troublerait davantage la quiétude des partisans du pouvoir ;

2- Elle prouverait que Dramane ouattara a violé l’embargo puisse que les armes lourdes de Gbagbo entreposées dans cette caserne avaient été bombardées par les forces françaises et onusiennes en Avril 2011.

De toute évidence, Ouattara est rentré les soutes pleines d’armes lors de ses derniers périples et non les moindres. Atteint par l’embargo sur les armes qu’il a lui-même contribué à imposer sur la Côte d’Ivoire, Dramane ouattara le viole de la plus maladroite des manières. Il a fallu malheureusement ou heureusement cette attaque pour que soit porté au grand jour l’armement souterrain de son régime.

C’est le lieu d’inviter les surveillants de l’embargo  à plus de vigilance. Car, comme l’a dit SEM. Daniel Kedem, ex-Ambassadeur d’Israël  en Côte d’Ivoire: "Si vous donnez des armes à cet homme (Dramane Ouattara), il s'en servira pour tuer les Ivoiriens".

 

Source: Le blog de Alain Doh Bi

RAPPORT ACCABLANT DE HUMAN RIGHTS WATCH CONTRE LA CPI ET LE POUVOIR IVOIRIEN


http://www.connectionivoirienne.net/wp-content/uploads/2012/03/1FRCI_Ado1.jpg


Un rapport paru, il y a quelques temps (Juillet 2012) et qu'il est toujours bon de connaître. Très édifiant! Bonne lecture.



Human Rights Watch: La CPI doit encore asseoir sa légitimité en Côte d’Ivoire

Par Matt Wells

 

Pour l’instant, la Cour Pénale Internationale (CPI), qui fête son 10e anniversaire, n’a émis de mandats d’arrêt que contre un seul des deux camps du récent conflit ivoirien. De hauts responsables du gouvernement de Côte d’Ivoire s’appuient sur ce fait pour justifier leur propre approche sélective de la justice. Celle-ci fait fi de milliers de victimes et entrave le retour d’un État de droit dans le pays.

Ces manœuvres des responsables ivoiriens rendent encore plus urgente la nécessité de voir le nouveau procureur de la CPI, Mme Fatou Bensouda, examiner, de manière visible, toutes les allégations de crimes, indépendamment des appartenances politiques. Tout retard en la matière ne fait que renforcer la position de ceux qui cherchent à utiliser la CPI à des fins politiques.

Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle de novembre 2010, la Côte d’Ivoire a connu six mois de graves atteintes aux droits humains au cours desquels au moins 3 000 personnes ont été tuées et plusieurs centaines de femmes violées, principalement pour des motifs politiques et ethniques. Cette violence a été, à bien des égards, le point culminant d’une décennie marquée par l’impunité pour des crimes graves et par de vives tensions politico-ethniques dans un contexte où les règles de droit ont largement laissé la place à des milices d’autodéfense.

Le pouvoir a changé de mains, mais la justice impartiale maintes fois promise par le président Alassane Ouattara reste essentielle pour que le pays parvienne à surmonter ses divisions communautaires toujours profondes.

Alors que les forces fidèles à l’ancien président Laurent Gbagbo ont commis la plupart des crimes pendant les premiers mois de la crise postélectorale, les forces pro-Ouattara ont commis des crimes graves après le lancement de leur offensive militaire visant à écarter Gbagbo du pouvoir. Les forces armées des deux camps ont été impliquées dans des crimes de guerre et probablement dans des crimes contre l’humanité, comme cela a été documenté, entre autres, par la Commission d’enquête internationale mandatée par les Nations Unies, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l’Homme.

Quinze mois après l’arrestation de Gbagbo par les forces pro-Ouattara, les procureurs militaires et civils de Côte d’Ivoire ont mis en examen plus de 140 personnes pour des crimes postélectoraux, toutes appartenant au camp Gbagbo. La nature unilatérale des poursuites judiciaires a attiré les critiques des organisations de défense des droits humains, des diplomates et de la société civile ivoirienne. En réponse, de hauts responsables du gouvernement ont commencé à expliquer le manque de justice impartiale en se tournant vers un allié inattendu : la CPI.

Dans une interview du 8 juillet accordée à Radio France Internationale, Guillaume Soro, ancien Premier ministre de Ouattara et actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, a déclaré à propos du manque de justice pour les crimes commis par son camp : « Pour ne pas, justement, être accusé d’avoir une justice des vainqueurs, nous avons fait appel à la Cour pénale internationale, […] on ne peut pas soupçonner la CPI d’être complaisante ou de choisir… Jusqu’à présent, la CPI a été appelée à venir faire des investigations en Côte d’Ivoire. La CPI n’a, à ma connaissance, émis que quatre mandats (d’arrêt, NDLR) [tous contre le camp Gbagbo]. (Et) vous me direz (conviendrez, NDLR) que la CPI a décidé sur la base d’enquêtes. »

Invitée par le président Ouattara à enquêter sur les violences postélectorales, la CPI a rapidement pris la décision regrettable de procéder par étapes successives pour ses enquêtes : se pencher d’abord sur le camp Gbagbo, avant de mener les enquêtes promises sur les crimes perpétrés par les forces pro-Ouattara. Cette décision était en partie liée aux défis auxquels est confronté un tribunal débordé et au budget insuffisant. Le gouvernement Ouattara était prêt à aider la CPI à monter rapidement un dossier contre Gbagbo. La présence éventuelle de Gbagbo en Côte d’Ivoire suscitait en outre des préoccupations sécuritaires lors des préparatifs des élections législatives de décembre dernier. D’un point de vue pratique, en novembre dernier, la CPI a répondu au principal souhait du gouvernement ivoirien : le transfèrement de Gbagbo à La Haye.

En même temps, les conséquences d’une stratégie consistant à procéder par étapes successives étaient facilement prévisibles. Les arrestations et les poursuites judiciaires unilatérales avaient déjà commencé en Côte d’Ivoire. La décision de la CPI de se pencher d’abord sur le camp Gbagbo n’a fait que renforcer le sentiment d’une justice des vainqueurs. Aussi longtemps que la justice restera unilatérale, les plaies communautaires profondes dans le pays seront ravivées. Et comme les propos de Soro l’indiquent très clairement, les retards dans la stratégie de la CPI en Côte d’Ivoire ont été interprétés à tort comme le feu vert pour appliquer une justice sélective dans le pays.

La plupart des partisans modérés de Gbagbo avec lesquels je me suis entretenu au cours des douze derniers mois voyait dans la CPI le meilleur espoir de sortir de l’impasse d’un système judiciaire politisé, qui a été l’une des principales causes de la violence politique au cours de cette dernière décennie dans le pays. La société civile ivoirienne a exprimé une confiance similaire dans la CPI, du moins si on la compare aux mécanismes judiciaires nationaux. Il doit être profondément choquant pour ces Ivoiriens de voir l’une des personnes les plus puissantes du pays invoquer la CPI pour justifier le fait que les victimes des crimes odieux commis par les forces pro-Ouattara n’ont aucun recours pour obtenir justice.

Les propos de Soro doivent être un signal d’alarme pour la CPI. Le transfèrement de Gbagbo et son procès à venir sont des étapes positives pour de nombreuses victimes et pour la justice internationale, mais la CPI ne peut pas différer plus longtemps l’examen des atrocités perpétrées par l’autre camp. La légitimité de la Cour en Côte d’Ivoire est en jeu. Plus fondamentalement, le sentiment parmi un nombre considérable d’Ivoiriens que la CPI agit comme un instrument au service de ceux qui détiennent le pouvoir pourrait alimenter davantage les tensions politico-ethniques et amoindrir la capacité de la Cour à obtenir la coopération de certains groupes de victimes lors de futures enquêtes.

La CPI n’a pas pour vocation de se faire discrète face au gouvernement en place. Son rôle est de mettre en examen, de manière individuelle et impartiale, les auteurs de crimes relevant de sa compétence, sur la base de preuves concernant des responsables de haut-rang. En Côte d’Ivoire, la Cour doit confirmer clairement qu’aucune personne ayant commis des atrocités ne se trouve au-dessus des lois, quel que soit son rang militaire ou son appartenance politique.

 

Matt Wells est chercheur sur la Côte d’Ivoire à Human Rights Watch.

Titre: J-ci.net


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 11 août 2012

LA COMMISSION D'ENQUETE DE OUATTARA A RENDU SES CONCLUSIONS - LA COMEDIE DE LA LUTTE CONTRE L'IMPUNITE

 

côte d'ivoire,la commission d’enquête de ouattara a rendu ses conclusions,la comédie de la lutte contre l’impunité,cne commission nationale d'enquête,mme paulette badjo


Du grain à moudre pour la grande machine à «storyteller». En recevant hier les conclusions de sa Commission personnelle d’enquête sur les violations des droits de l’Homme et du droit humanitaire international, Alassane Ouattara a voulu adresser un signal à ses amis occidentaux, qui ne sont en général pas très exigeants avec lui, et qui pourraient bien – espère-t-il – se satisfaire à court terme d’une opération de communication.

L’analyse profonde de la cérémonie organisée hier au Palais présidentiel, qui consacrait la remise à Alassane Ouattara du rapport de la Commission d’enquête sur les graves exactions de la guerre post-électorale, permet d’écarter toute conclusion grandiloquente sur la fin de la logique de l’impunité qui caractérise le régime qui domine sur les Ivoiriens. Des organisations internationales de défense des droits de l’Homme avaient déjà, en amont, critiqué la composition et la méthodologie de la Commission nationale d’enquête (CNE). Dirigée au départ par Matto Loma Cissé, tellement indépendante qu’elle est devenue assez rapidement ministre de la Justice, la CNE est aujourd’hui pilotée par Paulette Badjo, et en son sein siègent des gens exclusivement choisis par Ouattara de manière discrétionnaire. La CNE n’a jamais révélé sa méthodologie, ni pris des mesures particulières pour protéger les victimes qui vivent toujours dans la peur de leurs bourreaux. Qui peut par exemple imaginer qu’à Duékoué l’on peut s’exprimer librement alors que FRCI, Dozos et miliciens burkinabé ont droit de vie et de mort sur les civils, comme le montre la dernière équipée sanglante de Nahibly ? La CNE est-elle allée enquêter dans les camps de réfugiés au Liberia et au Ghana, où se trouvent ceux qui ont fui les meurtriers de leurs parents, notamment dans l’Ouest ? Non. Bien entendu.

Quand un suspect a la haute main sur l'enquête…

La CNE a travaillé de manière très peu transparente, et a rendu ses conclusions dans la plus grande opacité. En général, les Commissions d’enquête rendent leurs conclusions publiques, ce qui permet aux observateurs et aux victimes de se faire une idée du sérieux de leur travail – et ce qui peut contribuer à la réconciliation. La CNE du régime a quant à elle choisi de remettre son texte de manière quasi secrète à Alassane Ouattara. Et de livrer au grand public des chiffres qui participent une fois de plus de la diabolisation du président Laurent Gbagbo, sans se soucier d’être crédibles. En effet, le seul massacre du quartier Carrefour, commis par les forces pro-Ouattara, a fait au bas mot 800 morts, selon les organisations internationales de défense des droits de l’homme. Quelle est la principale «information» qu’on tire de l’opération de propagande d’hier ? «Les pro-Gbagbo ont tué deux fois plus que les pro-Ouattara». Circulez, y a plus rien à voir. Mais d’où sortent les chiffres qui nous sont assenés ? 3 248 morts, dont 1 452 sont le fait  de forces armées pro-Gbagbo, 727 de FRCI pro-Ouattara, 200 de Dozos, etc… Peut-on sérieusement, par exemple, dissocier les Dozos des FRCI ?

De toute façon, même si l’on fait semblant de croire aux chiffres truqués qui nous ont été servis, un débat doit forcément s’ouvrir sur la suite des procédures. Alassane Ouattara, se drapant dans ses oripeaux de défenseur de la veuve et de l’orphelin, a demandé à son Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio de prendre des «mesures». Quelle crédibilité ces «mesures» peuvent-elles avoir quand on sait qu’elles se prendront sous le contrôle exclusif d’un des belligérants qui est lui-même naturellement suspect, puisqu’il était le chef suprême de troupes qui, nous dit-on, ont tué plusieurs centaines de personnes ? L’on peut aujourd’hui déduire que les forces de Ouattara ont commis, selon Ouattara, le même type d’exactions que celles de son rival. Cela signifie que si l’un est à La Haye, c’est que l’autre pourrait bien l’y rejoindre. Tant que le régime Ouattara aura la haute main sur le processus de justice transitionnelle ou de justice tout court sur les exactions de la guerre post-électorale, l’impunité de certains relèvera de la fatalité.

Une fois de plus, le régime gagne du temps, à travers la mise en scène de ce qu’il faut bien appeler la comédie de la lutte contre l’impunité. Il sera toujours urgent d’attendre des inculpations des pro-Ouattara indexés dans le rapport de la CNE, puisque personne en dehors de leur chef hiérarchique ne connaît leur identité. On tourne en rond. On ruse. On diabolise. On se protège. On ne travaille pas à la réconciliation.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ATTAQUES DES ASSAILLANTS - CES FRUSTRES DU SYSTEME QUE LE REGIME REFUSE DE VOIR

  

côte d'ivoire,attaques des assaillants,ces frustrés du système que le régime refuse de voir,frci,attaques de camps militaires en côte d'ivoire


Hamed Bakayoko, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, est en train d’habituer les Ivoiriens à un jeu favori. Comme un loubard (appelé au secours) qui débarque et s’attaque systématiquement au «bourreau de son petit» sans raison garder a priori, l’actuel «sécurocrate» d’Alassane Ouattara a, avant même qu’une quelconque enquête sur les derniers événements ne débute, déjà identifié les auteurs.

Après son one-man-show télévisé d’il y a deux mois, dans lequel le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, érigé en procureur de la République pour la circonstance, a fait peser des soupçons sur des proches du président Laurent Gbagbo quant à leur implication dans un prétendu coup d’Etat visant à renverser le régime Ouattara, Hamed Bakayoko (toujours le même) revient à la charge. A la faveur de l’attaque du commissariat du 17ème arrondissement de Yopougon-Niangon et des camps d’Akouédo.

Selon le «sécurocrate» du régime Ouattara, «ce sont des gens qui proviennent de la galaxie des miliciens pro-Gbagbo et des militaires ex-Fds nostalgiques du régime Gbagbo». Cette thèse est-elle crédible alors que les pro-Gbagbo en question, réduits à néant par l’exil et le gel de leurs avoirs, n’ont pas les moyens de lever une rébellion comme celle qui a soutenu Alassane Ouattara avec d’énormes ressources humaines et financières énormes ? Bien plus, peut-on croire à des autorités, Alassane Ouattara en tête, qui avaient menti publiquement en prétendant que le porte-parole principal de Laurent Gbagbo, Koné Katinan, était aux arrêts ? 

Qu’importe les critiques. L’«angle d’attaque» de Bakayoko a un avantage. Il lui permet d’occulter les signes avant-coureurs qui annonçaient un mouvement d’humeur d’ex-combattants des Forces nouvelles, enrôlés pour les besoins de la cause, désarmés pour certains et bannis ensuite des rangs sans avoir obtenu la moindre rémunération de leur engagement après l’avènement du régime Ouattara. Certains sont traqués, d’autres mis sous les verrous. Et pourtant, selon leur version, on leur avait fait des promesses très claires depuis le Golf Hôtel. A savoir, une maison et plusieurs millions de FCFA à chacun d’entre eux (certains parmi eux avancent même le chiffre de 30 millions de FCFA par combattant).

Des leçons à tirer de la gestion de ses propres hommes

Face à la grogne des éléments sur le terrain, certains pontes du pouvoir Ouattara, selon une source proche de l’état-major des Frci, ont pris langue avec des «grands chefs», notamment Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Jah Gao… pour voir de près le dossier des soldats «grognons ou frustrés». Mais ces chefs, nous a-t-on rapporté, ont fait la sourde oreille. Mieux, Koné Zakaria et Jah Gao ont décidé de monter au front pour désarmer et démanteler les unités qu’ils soupçonnent de perturber la stabilité du pays. Le mercredi 24 juillet, les hommes du commandant de la police militaire et ceux du camp commando d’Abobo prennent en sandwich le commandant Féré et ses hommes à Anonkoua-Kouté qu’ils dégagent de leur base par la force. Bilan : 2 morts et de nombreuses arrestations. L’ex-maître des lieux n’a pas manqué d’envoyer un signal revanchard. Le jour suivant, ceux du commandant Rasta, logés dans un immeuble contigu à la mairie d’Abobo, seront sévèrement «visités». Depuis ces affrontements, de nombreux éléments des Frci (ex-rebelles) errent dans la nature ruminant un retour triomphant face à leurs bourreaux.      

«Des éléments échappent au contrôle de l’état-major»

Selon un gradé en service à l’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, de nombreuses unités armées dans le district d’Abidjan et sur toute l’étendue du territoire national échappe au contrôle de l’état-major général des Frci. «Il peut arriver que lors de leurs différentes patrouilles en ville, les éléments de la police militaire entrent en collusion avec des éléments armés, habillés en treillis et qui ont du mal à s’identifier. Certains disent appartenir à des unités dont les chefs ne les reconnaissent pas comme étant leurs éléments», révèle ce gradé, sous le couvert de l’anonymat. «Avec ces hommes armés qui essaiment tout le district et avec les armes qui circulent comme de petits pains, il faut se réserver de tirer une conclusion hâtive visant à incriminer un camp comme le étant responsable des attaques qui ont eu lieu le week-end dernier», insiste ce haut gradé.

«Il ne faut pas écarter l’éventualité d’une action revancharde avec un objectif précis de ceux à qui des promesses ont été faites sans être tenues et qui se sont sentis frustrés», conclut-il.


Gilles Naismon


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LA COTE D'IVOIRE A L'ERE DU GRAND BANDITISME D'ETAT

 

SIDI KAGNASSI.jpg


Une telenovela sans fin, avec un événement nouveau quasiment chaque jour. C’est ainsi que se présente l’actualité ivoirienne. Les morts du massacre de Nahibly (Duékoué) n’ont-ils pas encore été décomptés, que les Dozos – supplétifs du régime criminalisés sous couvert de tradition – remettent le couvert et font couler le sang à Sanégourifla (Sinfra). A l’annonce du report de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo, succèdent les attaques de mystérieux hommes armés contre des symboles sécuritaires de l’Etat à Abengourou et à Abidjan.

Il faut pourtant, sur certains sujets, résister à la pression du «hard news» et s’attacher au sens profond des réalités peu ragoûtantes que la communication officielle tente de masquer. Ainsi de l’annonce du limogeage d’Adama Meité, directeur des finances et du patrimoine du ministère de l’Enseignement supérieur, dirigé par Cissé Bacongo, figure emblématique du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara. Adama Meité est mis en cause dans un «contrat litigieux» relatif à la réhabilitation des Universités de Cocody et d’Abobo Adjamé. Se drapant dans sa toge de chevalier blanc anti-corruption, Alassane Ouattara a ordonné à son Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio de mener une enquête sur «les conditions d’attribution» de ce marché. Une bonne connaissance des milieux politico-financiers ivoiriens permet pourtant de voir au-delà de l’écume et d’identifier un homme au centre de toute cette affaire. Cet homme s’appelle Sidi Kagnassi. Comme Adama Bictogo, mis en cause dans le scandale de l’indemnisation des victimes des déchets toxiques, puis miraculeusement blanchi, il est le symbole des réseaux financiers obscurs qui ont peu à peu colonisé l’appareil d’Etat ivoirien à la faveur de la rébellion du 19 septembre 2002 pour finir par le «conquérir» dans le feu et le sang le 11 avril 2011.

L’Etat ivoirien, au plus haut niveau, a attribué des marchés de BTP à un homme sulfureux sans expérience dans le domaine

Il faut d’abord faire une mise au point. Les marchés des réhabilitations de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) et des Universités ont été attribués à Sidi Kagnassi par une décision politique prise au sommet de l’Etat – et le pauvre Adama Meité n’a pas grand-chose à y voir. «Fin 2011, le ministre de l’enseignement supérieur Ibrahim Cissé Bacongo et celui des finances Charles Koffi Diby avaient, d’un commun accord, attribué ce marché à l'homme d'affaires, ex-fondateur du groupe L'Aiglon. Mais faute de disposer d’entreprise de BTP, Kagnassi, qui est par ailleurs le lobbyiste local du groupe Sagem en Côte d'Ivoire, a préféré sous-traiter ce chantier à Ali Seklaoui, PDG de SIMDCI (Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire). Ce dernier, proche du premier ministre Jeannot Ahoussou, a déjà travaillé avec Kagnassi par le passé sur le chantier de la rénovation de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA)», écrivait La Lettre du Continent le 31 mai 2012. Jeune Afrique écrivait en décembre 2011 : «Après avoir géré le contrat controversé de 160 milliards de F CFA (1,5 milliard d’euros) du système d’identification électorale en Côte d’Ivoire pour Sagem, Sidi Kagnassi, lobbyiste du groupe français et ex-roi du coton, s’est reconverti dans les BTP.

L’État ivoirien vient de lui confier le marché de la réhabilitation des bâtiments administratifs et des universités pour plus de 40 milliards de F CFA. Pour réaliser ces travaux, Sidi Kagnassi a scellé un partenariat avec la SIMD-CI de l’Ivoiro-Libanais Pixie Séklaoui».

Le régime Ouattara a donc choisi sciemment, souverainement, d’attribuer le marché des Universités à un homme qui n’avait aucune forme d’expérience dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, qui a par la suite recruté lui-même un autre prestataire.

Quand un gouvernement se lance dans de telles pratiques, c’est souvent parce qu’il veut faire manger un «ami», et généralement il s’agit un ami particulièrement «généreux».

Quand un chef de l’Etat décrit par des médias plutôt favorables comme un «hyper-président» ayant la haute main sur tout fait mine de s’indigner de l’existence d’un marché public dont les zones d’ombre ont été largement commentées par la presse, cela signifie qu’il y a de l’eau dans le gaz, qu’il est confus et qu’il cherche à gagner du temps.

Au fait, qui est Sidi Kagnassi ? C’est le fils du milliardaire malien Cheikhna Kagnassi, patron du groupe ouest-africain L’Aiglon, spécialisé dans le coton, l’agro-alimentaire puis la banque. Dans un article qui date de mai 2008, Jeune Afrique écrivait à propos du «prestataire» privilégié du régime Ouattara : «En une décennie à la tête du groupe L'Aiglon en Côte d'Ivoire, l'homme d'affaires a conduit à la faillite la filiale du holding familial basé en Suisse». La Versus Bank a été récupérée par l’Etat, pour éviter une situation de défaut de paiement : l’établissement s’était effondré sous l’effet des dettes internes au groupe, c’est-à-dire de l’argent des épargnants dilapidé par ceux qui devaient le faire fructifier. Sidi Kagnassi a ruiné la filière cotonnière du groupe, s’endettant auprès des pauvres paysans de la région de Korhogo, en pleine occupation rebelle. Des paysans qui ont réagi en portant plainte, à l’époque, pour «escroquerie et détournement de produit agricole».

Le sacrifice de Meité Adama vise à protéger un «système»

C’est pourtant Sidi Kagnassi que la multinationale française Sagem-Sécurité a choisi pour représenter ses intérêts en Côte d’Ivoire. Le tandem Kagnassi-Sagem Sécurité avait soumissionné pour le marché d’identification des populations en vue de l’élection présidentielle de 2010 et l’opposition d’alors – le PDCI, le RDR et la rébellion des Forces nouvelles – s’était solidarisée de ses ambitions au point d’en faire un casus belli. Au final, la Côte d’Ivoire a eu «l’élection la plus chère du monde». En dépit des remontrances d’une partie des bailleurs de fonds qui disaient très clairement : «Nous pensons que des pots-de-vin ont été versés et que la facture a été gonflée». 

Pourquoi donc faire appel, pour réhabiliter des infrastructures détruites, il faut le rappeler, par les «sauveurs» pro-Ouattara – la MACA et les Universités –, à un homme aussi sulfureux ? Pourquoi le choisir alors qu’il n’a aucune expertise dans le domaine ? La réponse tient sans doute en quelques mots. Réseaux. Redistribution financière. Grand banditisme d’Etat.

L’histoire nous dira sans doute que le sacrifice dérisoire de Meité Adama visait à protéger un «système». Un «système» aujourd’hui menacé par une éventuelle fronde estudiantine au cas où les retards enregistrés ne permettent pas une rentrée effective dès le mois prochain, après deux années blanches totalement injustifiées. Un «système» surtout menacé par d’éventuelles récriminations des bailleurs de fonds. Comment expliquer au contribuable international que l’on aide tant un régime qui se caractérise par une gouvernance aussi problématique ?

Une chose est sûre. Pendant près de dix ans, les actuels maîtres de la Côte d’Ivoire ont soutenu leur effort de guerre avec ce qu’il faut bien appeler une économie mafieuse. Ce sont des fonds par nature «sales» qui ont financé l’attaque du 19 septembre 2002. Les mécanismes financiers de la rébellion reposaient entièrement sur des circuits contrebandiers, donc sur des hommes peu recommandables. Pendant longtemps, tout cet univers interlope a profité de l’opacité engendrée par la gouvernance mutualisée de la Côte d’Ivoire après les accords de Linas-Marcoussis, et les harangues faciles contre l’enrichissement illicite supposé des «refondateurs» qui avaient décidément bon dos.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

Dr DIABATE POSE HUIT QUESTIONS A LA COMMISSION D’ENQUETE SUR LES EVENEMENTS POST-ELECTORAUX ET A MONSIEUR OUATTARA

 

côte d'ivoire,docteur diabaté pose huit questions à la commission d’enquête su,dr cheick diabate chercheur,université du colorado usa



1ère QUESTION :

Au lieu de deux ans pour compter des morts, n’était-il pas plus simple de prendre 2 semaines pour recompter les procès verbaux ?

2ème QUESTION :

Vous avez comptez les victimes des FDS, des FRCI, des DOZOS, où sont les morts des bombardements de la force Licorne et de l’ONUCI?

3ème QUESTION :

La plupart des victimes, surtout à l’Ouest, n’ont plus de village et leurs familles sont en exil par milliers au Liberia, au Ghana, au Togo, au Bénin etc. Plusieurs, par manque de moyens, sont morts des ces lieux de refuge et même de déplacement interne en Côte d’Ivoire, du fait de l’insecurité. Comment avez-vous pris en compte ces victimes ?

4ème QUESTION

Selon la Constitution ivoirienne, entre les rebelles, les Dozos et les FDS, qui avait le droit de porter des armes en Côte d’Ivoire pendant la période de votre enquête?

5ème QUESTION

Vous avez identifié les victimes et les coupables mais pour mieux orienter la CPI qui cherche les premiers responsables, qui est responsable de l’armement des FDS, des rebelles et des Dozos ?

6ème QUESTION

Entre ceux qui ont choisi la voie pacifique de règlement du conflit, à savoir l’Union Africaine et certains chefs d’Etat, et ceux qui ont choisi la voie de la violence, à savoir la CEDEAO, SARKOZY, OUATTARA, qui est responsable de la déclaration de guerre ?

7ème QUESTION

En France, les forces de défense et de sécurité ont tué MOHAMED MERHAT parce qu’il n’avait pas le droit de porter des armes et de les utiliser. Pour mieux situer les responsabilités, les morts attribués aux FDS qui ont légalement le droit de porter des armes au moment des faits, étaient-ils en situation de défense comme l’autorise la Constitution ou en violation des règles et procédures régissant la défense du territoire?

8ème et DERNIERE QUESTION

Si donc les FDS, FRCI et DOZOS ont tué au cours des événements post-électoraux en Côte d’Ivoire, tout comme la Licorne et l’Onuci, pourquoi c’est Laurent Gbagbo seul qui se retrouve à la CPI et pas Ouattara et Guillaume Soro pour Les FRCI, Koné Zakaria pour les Dozos, Ban Ki-Moon pour L’ONUCI et Nicolas Sarkozy pour la Licorne? Pourquoi ???

Si le rapport doit servir à rendre justice, je crains qu’en l’absence de réponses claires à ces questions, ce rapport ne soit qu’une simple comptabilité macabre pour émouvoir et tromper l’opinion internationale sur la réalité de la crise ivoirienne et prolonger la souffrance du peuple sous la dictature sanglante du régime ethno-génocidaire de Ouattara.
 


Dr Cheick DIABATE,

Chercheur, Université du Colorado,

USA

vendredi, 10 août 2012

CNE DE OUATTARA: DES ENQUETES BIAISEES ET DES RESULTATS TRONQUES

 

côte d'ivoire,commission nationale enquête de ouattara,cne des enquêtes biaisées et des résultats tronqués,alain doh bi

 

Créée par Dramane ouattara le 20 juillet 2011, la Commission Nationale d’Enquête (CNE) était chargée de mener des enquêtes sur les graves violations des droits de l’homme et les atteintes aux droits humanitaires perpétrés du 31 octobre 2010 au 15 mai 2011.

Le mercredi 8 août 2012, la très contestée CNE a remis officiellement les résultats de ses "enquêtes" à son mandataire Dramane ouattara. Selon le rapport de la CNE, la crise postélectorale a enregistré "3.248 personnes tuées". Le rapport indique  que les forces armées pro-Gbagbo sont responsables de la mort de 1.452 personnes, dont 1.009 exécutions sommaires. De l’autre côté,  les forces pro-Ouattara (FRCI, dozos et autres supplétifs) ont causé la mort de 727 personnes, dont 545 exécutions sommaires.

Des enquêtes biaisées dès le départ

Le FPI avait déjà dénoncé "le caractère partisan" de la CNE dès sa création, le 20 juillet 2011. En outre, les ivoiriens et surtout les partisans du Président Laurent Gbagbo, fraichement renversé, subissaient des exactions et les pires formes de violations de droit humains sur toute l’étendue du  territoire, dans la période desdites enquêtes. Comment pouvaient-ils se permettre de dénoncer leurs bourreaux qui étaient en armes? De toute évidence, de nombreuses victimes pro-Gbagbo n’ont pas pu se rendre auprès de cette commission estampées RHDP, de peur des représailles des bourreaux qui tiennent toujours les armes dans les quartiers, villes, villages et campements. Ces enquêtes étaient donc pipées dès le départ.

Des résultats visiblement tronqués

Bien évidemment, des enquêtes biaisées ne peuvent que donner des résultats tronqués. Mme Paulette Badjo, présidente de la CNE, invitée du JT de 20h du jeudi 9 août 2012 de RTI1 a dévoilé des chiffres tout aussi ahurissant que frustrant pour les victimes et parents de victimes proches du Président Gbagbo. Selon la magistrate, "sur les 727 personnes tuées par les forces de M. Ouattara, la part de morts imputée aux dozos est de 200 tués".

 Non seulement le chiffre 727 morts attribué aux forces pro-Ouattara est contestable, parce que très minoré par rapport à la réalité,  mais aussi les 200 tués imputés aux tristement célèbres dozos est une contre-vérité insultante.

Pour rappel, le 29, 30 et 31 mars 2011, les dozos ont perpétrés un massacre de 850 wê à Duekoué, selon les ONG opérant dans la zone. Les 850 wê massacrés par les FRCI à Duekoué excèdent déjà la part totale de tués imputés aux forces fidèles à ouattara par la très partisane commission de Mme Paulette Badjo.

La promotion du mensonge étant l’un des points forts du régime de Dramane ouattara, ce rapport truffé de contre-vérités est déjà diffusé sur tous les canaux de communication. La crise postélectorale est si récente qu’il est cynique de vouloir déjà en tronquer la réalité des faits. Bien sûr, l’objectif de Ouattara étant de protéger les criminels de guerre qui l’entourent pour ne porter l’accusation que sur les partisans du Président Gbagbo, dans un contexte de report répété de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre ce dernier.

Dramane Ouattara, Chef suprême des FRCI, continue sa difficile manœuvre de se faire passer pour la victime, alors qu’il est en réalité le vrai bourreau des ivoiriens depuis sa rébellion de septembre 2002. La vraie enquête commencera lorsque les dozos et autres supplétifs FRCI seront désarmés et encasernés, de sorte à octroyer un minimum de sécurité à ceux qui oseront dénoncer leurs crimes à une commission d'enquête. Tout autre tentative avant le désarmement n'est que pure distraction.


Source: Le blog d'Alain Doh Bi

CRISE POST-ELECTORALE: POLEMIQUE SUR LE RAPPORT D'ENQUETE DE LA CNE

 

côte d'ivoire,crise post-électorale; polémique sur le rapport d'enquête de la,mme paulette badjo,la présidente de la commission,laurent gbagbo,alassane ouattara,anassé anassé,washington post,associated press ap



A peine est-il disponible que le Rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) fait déjà débat. Le document remis officiellement, le mercredi 8 août 2012, au chef de l'Etat, Alassane Ouattara, doit-il être publié en intégralité dans sa mouture initiale?

 

Telle est la polémique qui semble naître de ce Rapport ; polémique ouverte par un journal américain, le Washington Post. Faut-il le signaler, ce quotidien généraliste très influent aux États-Unis d'Amérique, a été fondé en 1877, et tire à  750.000 exemplaires par jour. Ce journal a notamment révélé le scandale du « Watergate », qui a valu la démission du président américain Richard Nixon, en 1972. Dans son édition en ligne du mercredi 8 août (avec Associated Press, AP), le Washington Post traduit les différentes opinions qui se sont exprimées concernant la mise de ce Rapport à la disposition du grand public.

Deux opinions s'affrontent. D'une part, il s'agit des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch se fait le porte-voix, qui réclament la publication intégrale du Rapport de la Commission nationale d'enquête sur les événements post-électoraux en Côte d'Ivoire (période de référence de la CNE : du 31 octobre 2010 au 15 mai 2011). « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité », a estimé Matts Wells, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch.

En face, des voix officielles du Gouvernement ivoirien, notamment le ministre des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques, s'opposent à la publication du rapport intégral. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité. Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles », s'est justifié Coulibaly Gnénéma Mamadou. Le débat est donc ouvert. Et afin de permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion de cette controverse, nous publions ci-dessous, l'article en question du Washington Post (seulement les trois derniers paragraphes ont été amputés, car n'ayant pas un rapport direct avec le sujet).

 

Anassé Anassé

 

Ci-dessous, l'article publié sur le site Internet du Washington Post, daté du mercredi 08 août 2012 (avec Associated Press, AP) et traduit en français.


-----------------------------------------

 

côte d'ivoire,crise post-électorale; polémique sur le rapport d'enquête de la,mme paulette badjo,la présidente de la commission,laurent gbagbo,alassane ouattara,anassé anassé,washington post,associated press ap


Un rapport détaille les crimes commis par des forces pro-Ouattara durant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire

 

ABIDJAN, Côte d'Ivoire (Washington Post, avec Associated Post) – Plusieurs centaines d'éléments des forces fidèles au président (ivoirien) Alassane Ouattara ont commis des crimes, dont des exécutions sommaires et des actes de torture durant les violences consécutives à la récente crise post-électorale (décembre 2010 – mai 2011) dans le pays, selon le Rapport final de la Commission nationale d'enquête (CNE) officiellement remis au président le mercredi (08 août 2012).

Malgré le fait que le rapport (de la CNE) n'a pas encore été publié, son contenu mérite d'être salué par les organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont accusé l'administration du président Ouattara de pratiquer une justice à sens unique. Les crimes commis par les forces pro-Ouattara ont été bien documentés aussi bien par les ONG internationales de droits de l'Homme et par les journalistes qui se sont intéressé au conflit (post-électoral ivoirien). Mais en dépit de nombreux rapports détaillant ces violations, après un an de pouvoir du président Ouattara, seul les partisans du président déchu (Gbagbo) ont jusqu'à ce jour été arrêtés.

Mme Paulette Badjo, la présidente de la Commission, a déclaré mercredi que les enquêtes ont révélé que 545 éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l'armée créée et installée par Ouattara, ont commis des exécutions sommaires, dont 54 actes de torture. A l'opposé, le Commission a découvert que 1.009 éléments des forces pro-Gbagbo ont également commis des exécutions sommaires et 136 cas de torture. Le Rapport documente aussi plusieurs autres crimes, dont des viols et des destructions ou extorsions de biens.

En définitive, plus de 3.000 personnes ont été tuées suite aux violences qui ont éclaté après (...) l'élection présidentielle de novembre 2010 (2nd tour). Laurent Gbagbo (le président sortant, Ndlr) a été arrêté en avril 2011 et transféré à la Cour Pénale internationale à La Haye (en novembre 2011), où il attend l'audience de confirmation des charges de crimes contre l'humanité alléguées contre lui. Depuis lors, plus de 100 partisans de Gbagbo, dont le fils de l'ex-chef de l’État ivoirien et son épouse (Simone Gbagbo), sont détenus en Côte d'Ivoire (…). Pendant ce temps, aucun soldat pro-Ouattara n'a encore fait l'objet de procédure judiciaire, ce que dénoncent certains comme étant une « justice des vainqueurs ».

Des membres du Gouvernement (ivoirien) ont justifié l'absence de poursuites contre les forces pro-Ouattara, par la nécessité de laisser la Commission finir son travail. Mme Badjo a déclaré que la Commission (qu'elle préside) n'a pas de prérogatives judiciaires et n'a pas pour objectif de poursuivre qui que ce soit. « Notre rôle n'est pas d'engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes », a-t-elle affirmé. « Notre rôle est d'identifier les auteurs de ces crimes afin que la justice puisse faire son travail ».

Cependant, après la cérémonie de mercredi la ministre déléguée à la Justice, Matto Loma Cissé, a fait savoir que des poursuites pourraient être engagées très rapidement. « Maintenant que les enquêtes sont terminées, nous pouvons faire le lien entre les enquêtes et les poursuites », a-t-elle indiqué. Le président Ouattara s'est encore prononcé en faveur de poursuites contre des présumés criminels des deux camps. « C'est en laissant la justice faire son travail que nous pouvons combattre l'impunité », a-t-il réaffirmé.

L'intégralité du rapport n'a pas été rendu public mercredi, mais le président Ouattara a déclaré que cela sera fait sous peu. Toutefois, dans une récente interview, le ministre (ivoirien) des droits de l'Homme, Gnénéma Coulibaly a précisé que le Rapport ne sera pas mis à la disposition du grand public, sans y apporter de retouches significatives (nouvelle rédaction), en vue de protéger l'identité des personnes qui ont fait des témoignages à la Commission. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité », a-t-il déclaré. « Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles ».

Matts Wells, Chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch, et auteur d'un rapport sur les violences post-électorales (en Côte d'Ivoire), a quant à lui déclaré que le Rapport devrait être mis à la disposition du grand public dans son entièreté, et que cela devrait déboucher sur les poursuites à l'encontre des forces pro-Ouattara. La crédibilité de la Commission sera déterminée par les suites judiciaires qui seront promptement accordées aux crimes commis par les pro-Ouattara, ce qui assurera une justice impartiale – et non une justice à sens unique », a-t-il indiqué. « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité » (…).

 

Traduction réalisée par Anassé Anassé


Source: L'INFODROME.COM

DROIT DE REPONSE D'ABEL NAKI A HAMED BAKAYOKO


ABEL NAKI.gif


Droit de réponse d'Abel Naki, Président-fondateur du CRI-panafricain à M. Hamed Bakayoko, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire


 

M. Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire,

 

Permettez-moi de vous adresser quelques lignes sur ma vision de la gestion des Affaires de l’Etat, tout en faisant l’économie de la définition de ce dernier.

La Côte d’Ivoire, ce grand pays qui a connu d’éminents dirigeants tels que feu Félix Houphouët-Boigny, qui lui conférera son indépendance le 7 août 1960, puis Laurent Gbagbo avec qui notre jeune nation connaîtra le pluralisme politique en 1990, lequel pluralisme donnera naissance aux élections libres, transparentes et démocratiques, ne saurait plonger dans l’obscurantisme au point d’accoucher des hommes d’état de votre carrure, aux agissements qui humilient plus d’un ivoirien. Car depuis votre arrivée aux affaires de l’état, nous sommes nombreux, ivoiriens à être tentés de jour en jour à nier notre appartenance à cette nation, tellement votre mépris pour vos concitoyens a dépassé le seuil de l’intolérable. Bref.

Maintenant, souffrez que je vous donne mon opinion sur les accusations mensongères que vous avez proférées hier, mercredi 8 août 2012, sur ma personne, au cours de votre rencontre avec la presse ivoirienne à Abidjan.

Alors qu’en votre qualité de Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’ivoire, vous communiquiez sur les récentes attaques perpétrées selon vous-même par des « assaillants non identifiés », vous déclarez à la face du monde, parlant des auteurs présumés de ces attaques :

« (…) L’une des personnes arrêtée a collaboré très franchement avec nos services (…) A la question de savoir qui était leur chef, cette même personne qui a participé aux opérations, nous a dit que le chef s’appelait Gédéon qui était son nom de code. L’exploitation de tous les portables retrouvés sur le théâtre des opérations a permis de noter que ce Gédéon était une des pièces maîtresses de l’opération.

Nous lui avons demandé s’il savait où le Gédéon en question habitait, il a dit qu’il habitait Yopougon.

Nos forces dans la nuit d’hier ont fait une descente au domicile du Gédéon en question. La résidence avait désertée par lui et toute sa famille. Et nous avons retrouvé les indications qui nous ont permis de conclure que ce Gédéon est en fait le soldat Blé Hervé du 1er bataillon d’Akouédo. Les recoupements nous ont permis de retrouver sa photo et un avis de recherche a été émis. Il est né le 17 juillet 1980 à Daloa et il est militaire depuis l’année 2011 au BASA (….) A ce stade de l’enquête, nous avons pu établir que le soldat Blé Hervé est en contact avec beaucoup de pro Gbagbo et il est quotidiennement en contact avec M. Abel Naki qui est le coordonnateur des manifestations pour l’ancien président Laurent Gbagbo à la Haye » fin de citation.

Fonder de tels propos, après avoir arraché des aveux à un individu sous la torture (car nous connaissons vos méthodes) et sans même avoir définitivement conclu une enquête suite à des attaques dans lesquelles il y a eu mort d’homme, est bien la preuve que M. Hamed Bakayoko n’a ni la maitrise de la sécurité intérieure, ni celle de la population encore moins des biens des Ivoiriens.

Pour ce seul fait, 

Je demande la démission du Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à cause de son incapacité à protéger la Côte d’Ivoire et ses occupants.

Pour moi, Hamed Bakayoko a échoué dans sa mission régalienne et doit avoir l’honnêteté intellectuelle et morale de demander pardon aux peuples de Côte d’Ivoire pour tout le tort à eux causé sous sa direction depuis qu’il occupe ce ministère très stratégique et sensible de notre pays.

Deuxièmement,

Je demande au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire, d’apporter la preuve de mon implication effective dans ces évènements dont il a fait mention.

Troisièmement,

C’est avec consternation et indignation que les Ivoiriens ont appris de la bouche d’une si haute autorité de l’Etat, avoir bouclé une enquête émanent d’un évènement le lendemain même des faits, alors que bien d’évènements et non les moindres, notamment les tueries de Duekoué (Nahibly), où plus de 206 civils ont été froidement assassinés par les FRCI et leurs supplétifs « Dozos », et ce depuis le 20 juillet 2012, n’ont toujours pas encore été élucidés.

Quatrièmement,

Je voudrais ici et maintenant rappeler à tous que je ne connais ni de loin ni de près le Sieur Hervé Blé ou Gedéon, dont le lien avec ma personne ne saurait prospérer uniquement que dans le fantasme du seul ministre Hamed Bakayoko.

Ainsi dit, je voudrais trouver ici et maintenant le lieu de mettre en garde M. Hamed Bakayoko pour ce qui concerne l’intégrité de la ma vie, celle de ma famille et de mes proches. Car depuis hier vous êtes tenu pour responsable de toutes les menaces et atteintes à ma vie et à celle de tous les patriotes acquis à ma cause.

Aussi, je vous informe qu’une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès des autorités judiciaires françaises contre vous, pour vos propos diffamatoires et mettant ainsi ma vie en danger.

En outre, croyez-moi, monsieur le ministre que de telles stratégies dans le seul but de nous intimider ou en profiter pour endeuiller davantage de nombreuses familles avec des chasses aux sorcières, ne sauraient m’ébranler ni affaiblir l’élan des nombreux patriotes ivoiriens pour la libération de la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, les patriotes et moi, voudrions trouver dans vos élucubrations une force, à la proportionnelle du temps a nous consacré, au lieu d’apporter de réelles solutions aux problèmes des ivoiriens (cherté de la vie, frais d’inscription à l’université, sécurité, emploi…), qui nous galvanise davantage et à jamais.

Merci Hamed Bakayoko pour avoir mis à nu le régime de Dramane Ouattara « le tueur de Duékoué », une fois encore, après que celui-ci ait été désavoué par tous les chefs d’Etats européens, ses amis d’hier.

Enfin, je voudrais m’incliner avec respect devant la mémoire de ces millions d’Ivoiriens morts gratuitement depuis la prise de pouvoir de Ouattara en Côte d’Ivoire.

A tous mes parents, à tous les patriotes, à tous mes proches, je vous demande de rester calmes et vigilants! Car nul ne peut nous contraindre à la violence. Le président Laurent Gbagbo nous a toujours enseigné le respect de la vie humaine et l’amour du prochain. Ca sera notre guide.

Pour le reste, Alassane Dramane Ouattara et ses affidés nous trouveront sur leur chemin s’ils nous opposent la violence et l’intimidation.

La lutte devient intéressante, pourquoi ne pas y croire?

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

 

Fait à Paris, le 9 août 2012.

 

Abel NAKI, président fondateur du Cri-panafricain.

 

Source: IVORIAN.NET

jeudi, 09 août 2012

LETTRE AUX IVOIRIENS DU Pr MAMADOU KOULIBALY - FETE DE L'INDEPENDANCE ENTRE PROBLEMES ET SOLUTIONS

 

AN 52 - COTE D'IVOIRE.jpg

 

«Sans la propriété individuelle, nul n’est affranchi; quiconque n’a pas de propriété ne peut être indépendant.» - F.R. de Chateaubriand

 

Chers Ivoiriens,

Pour la 52ème fois, nous célébrons l’anniversaire de l’indépendance de notre pays. Cette année, à l’invitation du préfet, je l’ai passé à Agboville. Le regain de tension qui accompagne cette célébration m’attriste et suscite en moi émotion et condamnation. Cette recrudescence d’insécurité, qui est partie de Duékoué pour se signaler à Akouédo, en passant par Abengourou, Agboville, Sinfra, Yopougon et bien d’autres lieux de notre patrie, est préoccupante, et pourtant elle était prévisible. Les plaies qui balafrent notre pays et notre quiétude aujourd’hui sont dues à l’impunité érigée en mode de gouvernance. Depuis quelque temps, la règle d'or semble être que le vainqueur a toujours raison, et c’est ainsi que des frustrations tenaces sont nées du côté des vaincus, animés par des sentiments de revanche et de vengeance. C’est ainsi aussi que des troupes qui ont contribué à l’avènement du pouvoir actuel et qui sont aujourd’hui frustrées d'avoir été éjectées de l'armée et laissées pour compte, exigent pour elles-mêmes une justice de vainqueur. Ces troupes de tous bords harcèlent le ministre de la défense,qui n’est autre que le président de la République, chef suprême des armées, chef de l’administration, président de conseil supérieur de la Magistrature et chef du pouvoir Exécutif, mais évitent une guerre ouverte avec lui. Et ce dernier de promettre une sécurité qui ne vient pas, de promettre des enquêtes dont on n’a jamais aucun résultat, de promettre une transparence et une équité qui n’arrivent pas... bien au contraire.

Je crains fort qu’un jour, l’intégrisme des vainqueurs déçus et l’extrémisme  des vaincus frustrés ne se coalisent contre un pouvoir autiste qui refuse toute discussion et ne voit de solution que dans l’usage de la force brutale, de l’intimidation, de la corruption et de la menace. Chers Ivoiriens, à un moment donné, l'heure du Dialogue sera passée. Il faudra alors des négociations entre les guérilleros de tous les bords – car nous avons bien à faire à une guérilla – avant de revenir à la solution d’un gouvernement de transition, quand ils auront compris qu'il n'y a pas de solution militaire et quand, encore une fois, il y aura de nouveau eu trop de pertes de vies humaines. La vie des autres, pas celle des instigateurs, ni celle de leurs familles. Comme d'habitude. J’attire votre attention là-dessus, en espérant cette fois être mieux entendu que lorsque j’avais vainement mis en garde les hommes politiques et les populations de Côte d’Ivoire sur les conséquences profondes, durables et générales qu’entrainerait une escalade militaire de la crise postélectorale de 2010.

côte d'ivoire,lettre aux ivoiriens du pr. mamadou koulibaly,fête de l’indépendance entre problèmes et solutions,fête nationale de la côte d'ivoire,8 août 2012,fête de l'indépendance de la côte d'ivoire an 52,lider,mamadou koulibaly

Le 7 août de chaque année, nous célébrons l’indépendance de notre pays. Je préfère parler d’aspiration à l’indépendance, parce que si notre dépendance par rapport à l’ancien colonisateur est partiellement avérée, notre indépendance vis-à-vis de notre propre Etat reste quant à elle bel et bien à conquérir entièrement. Depuis 1960, l’Etat de Côte d’Ivoire détient par devers lui des terres qui appartiennent aux paysans et propriétaires coutumiers. Dans une interview radiophonique que je viens d’accorder à l’occasion de notre fête nationale, je me suis attelé à démontrer un autre intérêt de la réforme du foncier rural au cœur du programme de LIDER – en plus du marché hypothécaire et du libre échange de la terre qui vont enrichir le monde paysan et développer l'agriculture. Si l’on tient compte des cours d'eau, des terres non arables, des villes, villages et autres lieux habités, des routes et autres servitudes et remembrements et qu'on ne retient, par exemple, que 200 000 km² de terres pouvant faire l’objet d’attribution de titres fonciers ruraux sur les 322 000 km² de terres de Côte d’Ivoire, et sachant qu’un kilomètre carré (km²) représente 100 hectares soit 1 million de mètres carrés, si l'Etat ne prenait que 1 fcfa par m²,  on aurait 200 milliards de francs de recettes fiscales par année au titre de l'impôt foncier rural. Si la taxe foncière rurale était fixée à 5 fcfa par m², l'Etat pourrait encaisser annuellement 1.000 milliards de fcfa. Et si l’Etat se contentait de faire payer aux propriétaires des terres 10 fcfa par m², il encaisserait 2.000 milliards de fcfa de plus par an pour le budget. Vous conviendrez avec moi, chers Ivoiriens, qu’avec de telle sommes, il y a de quoi financer des infrastructures routières en zones rurales et rembourser la dette intérieure de l'Etat sans pour autant se surendetter auprès de bailleurs de fonds internationaux.  Cette stratégie est non seulement réaliste, mais elle créerait en plus de nombreux emplois pendant toute sa phase de réalisation, mettrait fin aux risques de conflits fonciers et sécuriserait l'investissement dans l'agriculture. La propriété privée de la terre entraine l'envol, autant pour les individus que pour notre nation. C’est cet envol vers la liberté et la prospérité que je vous souhaite en cette occasion de célébration.

La Côte d’Ivoire est notre pays. Nous devrions la chérir, en prendre soin et compter sur notre créativité pour la développer et nous sortir de la pauvreté. A LIDER, nous n'avons certes pas d'argent, mais nous avons des idées opérationnelles, efficaces et réconciliatrices pour une Côte d’Ivoire meilleure. Ensemble, nous réussirons.

 

Fait à Abidjan, le 7 août 2012.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER


Source: Liberté et Démocratie pour la République (LIDER)

NOUVELLE ATTAQUE CONTRE LES FRCI A AGBOVILLE: TROIS MORTS SELON APA, DEUX BLESSES SELON L'AFP

 

HAMED BAKAYOKO 3.jpg

Le ministre de l'intérieur Hamed Bakayoko


Selon une dépêche de l'agence APA (basée à Dakar), il y a eu trois morts et plusieurs blessés.

"Au moins trois éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) auraient été tués dans la nuit de mardi à mercredi, dans des affrontements avec des éléments non identifiés à Agboville (54km d’Abidjan), cité réputée favorable à l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo, transféré à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye en novembre 2011.

Les affrontements qui ont eu lieu précisément à Erimakoudjé, village situé à 3 km d’Agboville, se sont déroulés aux environs de 3 heures du matin pour ne prendre fin que vers 5 heures.

« Des personnes habillées en tenue militaire, en provenance d’Abidjan, sont arrivées au corridor d’Erimakoudjé et se sont mis à tirer des rafales sur les militaires en poste », a dit une source militaire à APA.

« Les échanges de tirs ont duré plus de 2h, c’est-à-dire entre 3h du matin et 5h du matin et trois militaires ont trouvés la mort tandis que plusieurs blessés ont été enregistrés dont trois dans un état grave, ont été transférés à Abidjan », a-t-il dit sans autre précision."

Selon une dépêche de l'AFP, qui relaie une source officielle, il y a eu deux blessés.

"Des inconnus armés ont attaqué un poste de contrôle de l`armée à l`entrée de la cité d`Agboville, à quelque 80 km au nord d`Abidjan, dans la nuit de mardi à mercredi, faisant deux blessés, a-t-on
appris de source militaire. "Une dizaine d`assaillants ont attaqué le poste d`observation des Forces
républicaines (FRCI) à Erymakouguié", village voisin d`Agboville, a déclaré une source FRCI jointe par l`AFP sur place.

Lancée vers 01H00 du matin (locale et GMT), "l`attaque a duré deux heures. Le bilan fait état de deux blessés, dont un blessé grave qui a été hospitalisé", a-t-elle indiqué.

"Les assaillants ont ensuite pris la fuite mais nous avons arrêté quelques suspects", a-t-elle ajouté, sans plus de précision. Cette attaque a été confirmée à l`AFP par plusieurs habitants et un
journaliste local."

Que valent les assurances du ministre de l'Intérieur d'Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko, qui prétend que la situation est sous contrôle ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 08 août 2012

KONE ZAKARIA ET SES HOMMES COMMETTENT DES EXACTIONS A BINGERVILLE

KONE ZAKARIA.jpg


Suite à l'attaque du camp d'Akouédo, Koné Zakaria et ses hommes ont fait une descente musclée ce jour 07/08/2012 à Bingerville, ville située à quelques kilomètres d'Abidjan.


Koné Zakaria et ses hommes accusent les habitants de Bingerville Santé, d'avoir hébergé les mutins qui ont attaqué le camp d'Akouédo dans la nuit entre dimanche et Lundi dernier. Les notables et habitants du village qui ont été conviés à une réunion que présidait le sieur Koné Zakaria sont accusés d'avoir hébergé les mutins, qui ne seraient autre (selon Koné Zakaria) que les jeunes de Bingerville Santé. Face à ces accusations, les notables ont assuré Koné Zakaria qu'aucun de leur sujet n'était mêlé de prêt ou de loin à ces attaques, et que les habitants lors des échanges de tirs entre FRCI et mutins étaient tous terrés dans leurs habitations.

Pas du tout satisfait de ces réponses Koné Zakaria et ses hommes ont poursuivi leur chasse à l'Homme vers le village d' Akandjé, où deux jeunes ont été enlevés et retenus comme otages. Les habitants Bingerville ont été sommés de livrer les mutins, fautes de quoi les deux jeunes en question seraient embarqués sans chance de revoir leur village.

Koné Zakaria et ses hommes ont ensuite érigé un barrage à l'entrée de Bingerville, chaque jeune ayant la malchance de passer par ce barrage est arrêté et passé à tabac. Au moment où nous quittions notre interlocuteur à 20h GMT, les exactions contre les populations civiles se poursuivaient.
 


COTE D'IVOIRE: SUR LA PISTE DES ASSAILLANTS DE LA CASERNE D'AKOUEDO


côte d'ivoire,sur la piste des assaillants de la caserne d'akouédo,jeune afrique,baudelaire mieu,attaque du camp d'akouédo,frci,fds,ex-fds,insécurité en côte d'ivoire,alassane ouattara,hamed bakayoko,paul koffi koffi

Patrouille de soldats des Forces républicaines (FRCI) à Bingerville, près d’Abidjan, le 6 août © Issouf sanogo/AFP

 

Qui sont les assaillants de la caserne d'Akouédo, une attaque qui a fait sept morts dans la nuit de dimanche à lundi ? Miliciens pro-Gbagbo ou supplétifs des FRCI, mécontents de leur sort ? Comment ont-ils disparu sans laisser aucune trace ? Éléménts de réponse.

Quelque 24 heures après l’attaque contre la caserne militaire du premier régiment d’infanterie d’Akouédo, près d’Abidjan, on en sait un peu sur le mode opératoire du commando puissamment armé qui a pu agir en toute impunité - et presque sans combattre - dans un quartier stratégique surveillé en permanence par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée nationale).

Selon plusieurs sources militaires de haut rang, les assaillants étaient au nombre d’une centaine, vêtus en treillis ou en civils et circulant à bord d’une dizaine de pick-up. Ils ont fait irruption simultanément aux entrées principale et annexe de la caserne aux environs de 3 heures 30 GMT, lundi matin. Dès son entrée, le commando a abattu les cinq sentinelles en faction au poste de contrôle.

Au cours du bref échange de tirs avec les soldats, les assaillants perdent un homme mais ne se découragent pas. Ils mettent aussitôt le cap sur la poudrière du camp. Dans l’armurerie, ils récupèrent 240 fusils AK-47 non enchaînés – contrairement aux usages - et disposant de leurs percuteurs. Il était prévu de les utiliser lors du défilé militaire de la célébration du 52e anniversaire de la fête de l’indépendance, mardi 7 juillet sur l'esplanade du palais présidentiel.

"Les assaillants semblaient connaître le secteur"

« C’est curieux, les assaillants semblaient connaître le secteur. Ils n’ont pas emporté les armes plus lourdes qui étaient stockées, notamment les obus de mortiers. Ils se sont contentés des Kalachnilovs comme s’ils voulaient délivrer un message », commente une source haut placée, proche du ministère délégué à la Défense.

Après son forfait, durant lequel il n’a rencontré presque aucune opposition, le commando prend tranquillement l’axe Abidjan-Bingerville et s’évapore dans la nature. C’est seulement à 5 heures du matin que les hommes de la garde républicaine du commandant en second, Issiaka Wattara, alias « Wattao », arrivent sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin.Et le ratissage intensif de la zone ne donne rien.

Dans la matinée, plusieurs autres unités des anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui intégrés au sein de l’armée nationale, rallient la caserne d’Akouédo. Celle-ci abrite pourtant déjà près 2 000 militaires, qui n’ont ni lancé l’alerte, ni réagi à l'assaut… Essentiellement en raison de leur manque d’équipements et de capacité opérationnelle.

« Il y a un véritable scandale d’autorité de commandement au sein des FRCI. Plus d’un an après la fin de la crise postélectorale, la caserne d’Akouédo n’est toujours pas opérationnelle et ne possède aucune section d’alerte. Pourtant c’est le foyer d’où provient, depuis plus de 10 ans, l’instabilité à Abidjan. En plus, la caserne est située à environ 25 minutes de la résidence du chef de l’État », s’indigne un proche du président Alassane Ouattara.

Lundi 6 août, à la présidence, Ouattara convoque une réunion d’urgence. Y assistent le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, son collègue de la Défense, Paul Koffi Koffi, les généraux Gervais Kouasssi (gendarmerie), Bredou M’Bia (police), Soumaila Bakayoko (armée) et Michel Gueu (chef d’état major particulier du chef de l’État). « Le président a exprimé son mécontentement sur l’immobilisme, la porosité et la passivité des FRCI qui n’ont pas vu venir trois attaques en moins de 24 heures. Même si les autorités militaires privilégient pour le moment - sans enquête aboutie - la piste des miliciens et ex-Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo), le chef de l’État a donné des instructions fermes pour colmater les brèches du système sécuritaire », indique une source proche de la présidence.

Thèse peu crédible

Un système sécuritaire qui repose essentiellement sur les 3000 à 4000 ex-rebelles membres des FRCI (qui sont sur le papier 55 000 hommes), ainsi que sur environ 40 000 dozos, chasseurs traditionnels venus du Nord, et sur quelque 110 000 supplétifs non encore démobilisés ni déssarmés. Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, c'est d'ailleurs de ce côté qu'il faut chercher. « L'attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la réforme du système de sécurité et de l’armée (RSSA), en panne depuis plusieurs mois », affirme un diplomate européen.

Autre détail troublant : « Les assaillants ont bénéficié de complicités internes au camp, confie Paul Koffi Koffi à Jeune Afrique. Des arrestations de pensionnaires de la caserne ont été effectuées et nous poursuivons l'enquête », ajoute-t-il.

Fin juillet, des combats avaient déjà opposés des supplétifs de l’armée aux FRCI dans la commune d’Abobo, l’un des fiefs du chef de l’État à Abidjan. « Tous les supplétifs sont laissés pour compte. Aujourd’hui, seuls les éléments des Forces armées des forces nouvelles (FAFN, armée de l’ex-rébellion du Nord), ainsi que quelques éléments des ex-FDS constituent l’ossature du système de sécurité. Cela crée des frustrations », explique un militaire onusien.



Baudelaire Mieu, à Abidjan


Source: JEUNE AFRIQUE

mardi, 07 août 2012

ATTAQUE DU CAMP D'AKOUEDO: LE GOUVERNEMENT S'EN PREND A L'ONUCI


BERT KOENDERS - ONUCI.jpg

Bert Koenders, Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire, patron de l'ONUCI


Dans la nuit d’hier, des mutins se sont attaqués au camp militaire d’Akouédo dans le quartier de Cocody à Abidjan où après plusieurs échanges de tirs, ils ont réussi à occuper les lieux pendant un moment avant d’en être délogés. Cependant, dans leur retraite, ces éléments frondeurs des FRCI ont accompli la prouesse d’emporter tout l’armement qui était gardé dans la poudrière dudit camp. Les premières images diffusées prouvent clairement que les soldats qui gardaient le camp ont détalé à la vue des mutins, permettant à ceux-ci de surprendre leurs collègues en plein sommeil.

Le gouvernement ivoirien, surpris par la dureté de l’attaque, a mis du temps à s’en remettre surtout à la veille de la Fête de l’indépendance (?) qui est aussi une célébration militaire.

Ce n’est cependant pas la couardise des soldats fuyards qui provoque l’ire du gouvernement mais plutôt le fait que les soldats de l’organisation des nations unies (ONUCI) logés dans le camp n’aient pas réagit à l’attaque. Le camp d’Akouédo abrite en effet un contingent des soldats togolais en mission en Côte d’Ivoire pour le compte de l’ONU.

De sources diplomatiques, le gouvernement Ouattara s’en serait ouvertement plaint au représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders, avant de saisir les ambassadeurs de France et des Etats-Unis sur les bords de la Lagune Ebrié.

L’on se souvient cependant que le camp de refugiés de l’ethnie guéré de Nahibly à Duékoué gardé par des soldats de l’ONU avait été attaqué le 20 juillet par les Dozo et les militants du RDR faisant des dizaines de morts et plusieurs blessés par balles et armes blanches. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le gouvernement dans ce massacre avait plutôt choisi de justifier l’inertie des soldats de la paix (?).

La réforme de l’armée est l’un des grands défis du pouvoir, qui a promis de mettre en place un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants non intégrés dans les FRCI. Ce chantier s’annonce hautement sensible et coûteux.

La Côte d’Ivoire traverse une situation sécuritaire délétère depuis la crise post-électorale née du refus de Dramane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, de reconnaître sa défaite aux élections présidentielles ivoiriennes, et de son installation à la tête du pays par les armes.

Le vainqueur, Laurent Gbagbo, est détenu jusqu’à ce jour à La Haye, tandis qu’aucun membre du camp Ouattara n’a été inquiété près de deux ans après ces événements.


Source: Le blog de Steve Beko