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samedi, 08 mars 2014

LE MINISTRE ERIC KAHE: A MON AMIE ET A MA MAMAN SIMONE EHIVET GBAGBO

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Si en cette journée du 8 mars, l’humanité a décidé de célébrer la Femme à travers une journée internationale qui lui est dédiée, c’est bien pour nous arrêter un instant sur les inégalités et les injustices faites à nos mères, sœurs, filles, épouses et amies.

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C’est sans doute pour donner à chacun l’occasion de faire son introspection et prendre conscience des souffrances diverses qui leur sont faites au nom d’un ordre social dans lequel le mâle est dominateur, quelle que soit la latitude, quel que soit le fuseau horaire.

À juste titre et pour encourager l’exemple, cette commémoration  se veut aussi la célébration de celles d’entre les femmes qui ont, soit donné l’exemple de la brisure des œillets du regard, soit fait avancer la cause de la Femme. Il en est ainsi de deux Simone : Simone Veil et Simone Ehivet Gbagbo.

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Maintenir cette dernière dans les liens de la détention, après tant d'humiliations affrontées avec dignité, au seul motif qu’elle a osé sortir du rôle que nos sociétés masculinisées veulent réserver aux femmes, est une véritable aberration et un déni de célébration du 8 mars. C’est vouloir une chose et sanctionner ceux qui vous offrent cette chose. Toute femme, qui, pour des considérations politiciennes, ne réclame pas la libération de Simone Gbagbo tout en disant se battre pour les droits des femmes est une illusionniste manipulée qui sert une cause de salon et livre un spectacle pour le plaisir des appareils et des machos.

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Courage à l’amie de combat, à la mère affectueuse, à l’épouse loyale de Laurent Gbagbo, à la Servante dévouée du Seigneur !

 

Le ministre Eric KAHE

Président de l'AIRD, Porte parole du CNRD.

 

Source: AIRD-INFO

samedi, 15 février 2014

LE COUP QUE NOUS FOMENTENT OUATTARA ET BEDIE POUR 2015

 

côte d'ivoire,Elections, Interview, LIDER, Mamadou Koulibaly

Mamadou Koulibaly: "Le tripatouillage de la constitution est le prix à payer par Ouattara pour avoir une chance de se maintenir au pouvoir".

 

L’ancien président de l’Assemblée nationale, à la tête du parti d’opposition Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), évoque des arrangements politiques en cours censés profiter aux deux têtes fortes du Rhdp, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Le Pr. Mamadou Koulibaly prévient contre les risques de nouvelles instabilités.

 

Depuis plus d’un an,  vous n’arrêtez pas d’attirer l’attention sur les élections à venir en Côte d’Ivoire. Quel est votre problème ?

Mamadou Koulibaly : Mon problème, ce sont les enjeux de ces élections. L’enjeu, c’est ce que l’on gagne ou perd lors d’un pari ou d’un engagement quelconque. L’enjeu peut être matériel ou moral aussi. Quand je regarde le jeu du gouvernement, je le vois prendre une voie qui mène en général, en Afrique, à des élections escamotées, prélude à des crises post-électorales violentes.

Pouvez-vous être plus précis sur ces voies que vous reprouvez?

Oui, je peux. Des élections démocratiques se déroulent dans des conditions très précises qui sont vraies partout dans le monde qui se veut libre et démocratique. Ici, dans notre cas, nous ne voyons pas ces conditions réunies. Quelles sont-elles? Il y en a six qui devraient mériter toute notre attention depuis plus d’un an maintenant, mais qui sont encore totalement négligées. Ce sont : le recensement général de la population et de l’habitat, la confection et la mise à jour de la liste électorale, la mise en place d’une nouvelle commission électorale, l’accès aux médias d’Etat de tous les partis politiques et pas seulement de ceux qui sont au pouvoir, la définition et l’adoption d’un statut clair pour l’opposition précisant ses droits et ses obligations, la définition et l’adoption d’un cadre de sécurisation des élections qui ne soit pas laissées aux mains de l’armée de réserve de Ouattara constituée par les dozos et les ex-combattants Frci et enfin la vigilance accrue autour de toute révision de la constitution.

Pensez-vous qu’il peut y avoir une révision de la Constitution avant les élections de 2015 ?

En fait, une révision n’est pas nécessaire avant nos élections, car ce n’est pas d’une révision que notre constitution a besoin, mais d’un abandon. Notre pays a besoin d’une nouvelle constitution qui nous sorte du présidentialisme fort et tyrannique instauré par l’actuelle. Cette nouvelle constitution peut être discutée après les élections, mais il me semble entendre que certains partis au gouvernement souhaitent faire des retouches à la constitution actuelle pour régler des problèmes ponctuels de personnes et leur éligibilité. En 2000, nous avons adopté une constitution qui a été présentée comme taillée sur mesure pour écarter Ouattara de l’élection présidentielle. L’arrêt de Tia Koné est encore là pour nous le rappeler. A la suite de cela, nous avons eu une rébellion montée au profit de Ouattara, la destruction du pays et la non-application de cette constitution, qui aurait dû alors être abandonnée officiellement depuis les accords de Marcoussis. Nous avons tous fait semblant de l’ignorer, nous avons fait comme si elle était encore en vigueur alors que nous savons tous que personne ne la respectait. Ça été une période de grosse hypocrisie et de démission totale du personnel politique. Aujourd’hui, au moment d’aller aux élections, après que le président nous ait assuré que nous sommes revenus à l’ordre constitutionnel normal, la question revient au sein du Rdr et du Pdci au pouvoir, qui veulent modifier de nouveau quelques dispositions de la constitution pour que quelqu’un qui ne peut être candidat puisse le devenir. Dans les marchandages politiciens en cours, il est en effet de plus en plus question, pour faire plaisir au président Bédié, que l’article 35 soit modifié dans sa condition d’âge limite pour être candidat. Bédié, avec plus de 75 ans, pourrait ainsi se présenter aux élections en tant que vice-président de Ouattara, qui serait alors le candidat unique du Rhdp. Notre régime aura alors un président et un vice-président, un premier ministre et des ministres d’Etat. Inscrire la vice-présidence, qui ne fait pas partie du dispositif actuel, nécessite une révision non pas seulement de l’article 35 de la constitution, mais de bien d’autres articles.

Mais alors, que gagnerait Ouattara à accepter cette révision ?

Hier, on a adopté une constitution pour bloquer Ouattara. Aujourd’hui, Ouattara ferait une modification de cette même constitution pour se maintenir au pouvoir. La vice-présidence est le prix à payer par Ouattara pour avoir, selon ses calculs, les voix du Pdci-Rda et sauver son alliance avec Bédié et son fauteuil présidentiel. Cela est totalement anormal et inacceptable. C’est de la tricherie d’adultes et une manœuvre malsaine pour la démocratie et les générations actuelles. Ouattara se maintiendrait au pouvoir de cette façon illégitime et illégale, avec ce que cela pourrait avoir comme conséquences. Ne dit-on pas que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets ? Mais au-delà de cet aspect éthique, il y a le fait que cette révision nécessiterait un référendum après que le texte ait été rédigé, discuté et adopté en conseil des ministres et à l’Assemblé nationale. Nous sommes en février 2014 et si tout se déroule selon leurs plans, c’est en 2015 que ce référendum devrait donc avoir lieu. Mais la question se posera de savoir si nous pouvons, dans notre pays, faire une liste électorale à temps pour ce référendum, si nous pouvons faire le recensement général de la population à temps pour ce référendum, si nous allons nous doter d’une nouvelle commission électorale à temps pour ce référendum, si nous aurons suffisamment de moyens humains et financiers pour organiser ce référendum. En plus, peut-on organiser ce référendum en 2015 et en même temps faire des élections présidentielles la même année ? Un référendum constitutionnel mobilisera autant d’énergie électorale qu’une élection présidentielle. Cela reviendrait quasiment à faire deux élections présidentielles la même année, comme en 2000 pendant la transition du général Guei Robert, avec les conséquences que l’on connait. Devant ces questions, des voix s’élèvent du côté du gouvernement pour proposer que l’on prenne le temps de «bien faire les choses» sans précipitation. Ce qui voudrait dire de ne pas se presser et d’aller à un rythme qui permettrait de faire le référendum en octobre 2015 et de se donner par la suite le temps d’organiser les présidentielles quelques mois après. Pourquoi pas un an ou deux ans après 2015 ? Deux ans permettraient de répondre à un des vœux secrets du président Ouattara de nous faire passer du quinquennat au septennat. Cela arrangerait Ouattara, qui prétend  que la crise post-électorale lui a volé une partie de son mandat, alors que depuis l’hôtel du Golf, il gérait bel et bien le pays, recevant et nommant les ambassadeurs, fermant et ouvrant les banques, les ports et autres institutions de la république, imposant des embargos sur les médicaments, créant une télévision et une armée. A supposer même qu’il ait raison, combien de mois lui auraient été «volés» ? Entre la proclamation de sa victoire par la commission électorale en décembre 2010 et sa prestation de serment le 6 mai 2011, il n’aurait perdu que cinq mois. Le septennat lui permettrait ainsi de rattraper ces 5 mois perdus avec 2 années supplémentaires sur son mandat. N’est-ce pas de l’entourloupe politicienne à l’état pur? Quoi qu’il en soit, cette thèse, si elle prospère, demanderait que dans le deal entre le Pdci et le Rdr, l’on inscrive une révision constitutionnelle pour modifier aussi la durée du mandat présidentiel qui passerait de 5 à 7 ans. Ouattara y gagnerait énormément. Bédié y gagnerait énormément. La démocratie en Côte d’Ivoire y perdra énormément et les Ivoiriens voient les risques de nouvelles instabilités accroître énormément.

Qu’est-ce que votre formation entend faire pour empêcher cela, puisque vous semblez ne pas l’apprécier ?

A LIDER, nous parlons avec nos partenaires politiques, le corps diplomatique, les organisations des droits de l’homme, la société civile en général, les  journalistes et autres communicateurs pour les sensibiliser sur la question de l’état de droit et de la démocratie. Nous tournons partout dans le pays, non pas pour dire «voter pour nous», mais pour dire «Attention, voyez les nouveaux dangers qui nous guettent. Réveillez-vous et ne laissez pas faire ces types de tripatouillages qui conduisent inéluctablement à des crises graves lors desquelles seules les populations civiles se font massacrer impunément par des élites politiques qui s’amnistient entre elles juste après.»

 

Propos recueillis par Kisselminan Coulibaly. In le quotidien ivoirien Soir Info du 15 février 2014.

 

Source: LIDER-CI.ORG

samedi, 08 février 2014

HAMBACK EN SON ROYAUME

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Comme François Hollande devant publier ses bulletins de santé, le dernier scoop des docteurs es sciatique ivoiriens a été de nous livrer l'information scientifique suivante: Ado souffrirait depuis 1998 d'une sciatique à complications, nécessitant des séjours à répétition en France. Tout cela pour nous expliquer ce second voyage en France, quelques jours seulement après son retour du premier.

Les propagateurs de cette rumeur nous prennent pour des veaux surdoués, je le crains fort. Bien sûr il y a des sciatiques très douloureuses, mais avec son rang et son portemonnaie, qui drague les fonds de la lagune abidjanaise pour additionner les frais de voyage par ci, les frais de santé par là, Ouattara devrait bénéficier d'un traitement garanti sans douleurs inutiles.

Désormais, que tous ceux qui souffrent de sciatique, aillent prendre les eaux à Paris ou à Nice, nouvelles capitales mondiales de la sciatique, lieux de cure privilégiés pour touristes africains émergents...

Nous savons que Dramane bénéficie en permanence de deux médecins français, qui le suivent nuit et jour; ces médecins militaires  très bien formés, très expérimentés, bénéficient des dernières technologies, et peuvent le soigner en Côte d'Ivoire, à la française avec des médicaments français. En cas de besoin, ils peuvent même appeler en renfort un chirurgien pour soulager le pauvre homme courbé de douleur. alors pourquoi l'équipe médicale et son patient a-t-elle repris en sens inverse la navette intercontinentale Paris Abidjan?  Pourquoi l'hôte hébergeur a-t-il joué les absents au Forum ICI 2014 et à la rencontre de l'Union africaine?

Les rumeurs de son absence ne devant pas rajouter une couche de peinture opaque sur sa personne tellement en phase avec son peuple, lui, le Papa de la Nation ivoirienne, le Père du retour des exilés, selon l'expression du nouveau poète Soro Alphonse, et afin que les maquis ne se transforment pas en lieux de paris clandestins  "malade, pas malade", "un peu malade, très malade", on s'est dépêché de  rapatrier Ouattara de France en objet volant non identifié, avec atterrissage non enregistré, pour permettre quelques clichés photos  à la fin du forum, où il sert quelques mains et reçoit trois, quatre personnalités triées sur le volet durant quelques minutes. Une personne impressionnée par la dégradation de sa santé, l'ayant croisé sur les lieux du forum, a laissé une petite note anonyme dans un courrier de lecteurs, où face au "bon pied, bon œil" affiché par le photographe officiel, elle affirmait au contraire que le président avait très mauvaise mine et qu'elle avait été très impressionnée par son œil qui ne s'ouvrait presque plus...

En citoyens respectueux de ceux qui nous respectent, nous voulons bien croire qu'une sciatique se soit rajoutée aux autres maux dont souffre vraisemblablement Mr Ouattra, et qui nécessitent des soins inexistants en Côte d'Ivoire; mais de là à imaginer que les nerfs commandant les paupières soient des ramifications du nerf sciatique, il n'y a que dans « les comptes de l'éléphant perché » que l'on pourrait lire cela, ou dans une chronique "à la manière de" version Kandia Kamara. Et nous n'allons pas nous étendre sur tous les détails retenus  par les uns et les autres, parce que la vieillesse est cruelle parfois: si elle vous laisse en vie, vous donne le pouvoir et l'argent,  elle peut vous frapper dans le corps, et bien souvent la puissance et la gloire ne rajouteront pas grand chose  au capital "jours" d'une personne, quand celui-ci est dilapidé.
 
La théorie du sciatique était un ballon d'essai envoyé dans le ciel ivoirien; je ne sais pas s'il va suffire à arrêter les rumeurs. En bon ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko aura eu le mérite de le lancer pour tenter de couvrir un Ouattara toujours absent pour convenances personnelles. Certaines indiscrétions médicales non vérifiables, ont évoqué hier le retour du vieillard prodigue sur une civière, sans arrêt-conférence dans les salons de l'aéroport, ni haie d'honneur et tapis rouge. Mais on a pu lire sur un communiqué que la rencontre de conciliation avec les opposants de Blaise Campaoré demeurait ajournée.

Soro est à l'étranger comme à l’accoutumée; le Parlement ne fonctionnant plus que par décrets, il est actuellement en voyage au Maghreb : il se remet d'un petit incident parisien: dans un restaurant du 18ème, voulant régaler tout le monde, et persuadé que tous les noirs du restaurant  étaient membres de son fan club, il aborde une dame et son fils déjà installés à une table pour deux, pour leur dire qu'aujourd'hui c'est lui Soro Guillaume qui régale; quelle ne fut pas sa surprise en recevant une volée de bois vert de cette dame qui découvrait l'assassin de son époux, devant elle, bien vivant, alors que son mari avait rejoint le monde des morts, ayant juste croisé au mauvais moment le rouleau compresseur de la cause rebelle, ce rouleau fou qui ne s'arrête jamais, mais dont le compteur des victimes est bloqué sur le chiffre 3000. Il s'en suit un petit déballage de vérités crues, et nous espérerons que les clients qui ne connaissaient rien à la Côte d'Ivoire, auront eu envie de se documenter sur son histoire mouvementée; car assister à une joute entre un petit gros prétentieux et une veuve qui réclame justice pour elle et son fils, permet au camp de la vérité de se dévoiler plus naturellement. Et c'est le paon faussaire qui petit à petit a ramassé ses plumes, fermé son éventail. Mais aujourd'hui, l'homme de plume aux plumes colorées est  de nouveau indispensable en Tunisie pour écraser une petite larme démocratique et encourager les Tunisiens à persévérer dans leur nouvelle Constitution. Demain cap sur le Maroc, pour animer en pan ivoirien la basse cour constituée de toute la panoplie de la cacophonie francophile.

Tout cela pour dire que  Hamback, ministre de l'Intérieur était seul maitre à bord en Côte d'Ivoire ces jours-ci, avec des responsabilités énormes: beaucoup de gens dépendaient de lui; il assurait la protection des caïds,  supervisait les derniers préparatifs du congrès de Maçons dont il fait partie, et qui débute aujourd'hui 7 février; il suivait aussi l'évolution de la situation à la Maca: l'avancée intra muros des tueurs armés , et annulait la sortie des prisonniers politiques pour amnistier 50 droits communs. Donc il avait très peu de temps pour nous concocter rapidement une maladie de Ouattara crédible. S'appuyant sur quelques souvenirs de ses études éphémères de carabin reconverti en carabinieri version mafiosi italiano, aidé du moteur de recherche Google, il nous a fabriqué cette fiche maladie, très savante qui sera reprise demain par la presse du même bord, à la rubrique culture et santé.


Shlomit Abel, 7 février 2014.

vendredi, 07 février 2014

MAMADOU KOULIBALY: «LES THEMES AUTOUR DESQUELS L’ACD A ETE CREEE PERMETTRONT DE BATTRE OUATTARA EN 2015»

 

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Interview de Mamadou Koulibaly (LIDER) par Bidi Ignace, in le quotidien ivoirien "Nord Sud" du 05 février 2014.

 

Faut-il considérer la réunion tenue vendredi à Abidjan par certaines formations politiques dont la vôtre comme la réponse à l’appel que vous avez lancé à l’opposition à former une coalition le 2 janvier dernier?

Pr. Mamadou Koulibaly: En effet, cette réunion fait suite à l’appel que nous avons lancé le 6 mai 2013, lorsqu’à LIDER, nous avons dressé le bilan de l’an 2 du régime Ouattara. Nous n’avons eu de cesse de le réitérer depuis lors et nous sommes heureux de voir que nous avons finalement été entendus.

L’union fait la force, dit l’adage. Cela implique-t-il qu’en l’état actuel des adversités, l’opposition ne peut venir à bout  du pouvoir que si elle est unie?

Monsieur Ouattara, depuis trois ans qu’il est au pouvoir, n’a montré aucune volonté à aller à des élections transparentes et apaisées en 2015. Bien au contraire, il maille l’ensemble du territoire avec des milices, dozos et hommes en armes ; il maintient en place une commission électorale forclose, qui n’a jamais été capable d’organiser un scrutin sans violence ni mort d’homme et qui compte en son sein des groupements armés ; il refuse d’actualiser la liste électorale ; il envoie le recensement général de la population et de l’habitat aux calendes grecques ; il jette le statut et le financement de l’opposition à la poubelle et il empêche l’accès des partis d’opposition aux médias d’Etat. Si ces conditions perdurent, les échéances électorales à venir relèvent de la farce et il est impératif que non seulement les partis politiques, mais aussi la société civile et les populations s’unissent pour contraindre le régime à mettre en place un cadre pour des élections transparentes et crédibles. Si ces conditions sont réunies et que le peuple peut exprimer librement et en toute sécurité son suffrage, il n’y a aucun doute que le mandat de M. Ouattara prendra fin en octobre 2015.

Un regroupement des partis d’opposition n’est-il pas illusoire quand des individualités revendiquent ici et là un certain leadership?

C’est possible et c’est certainement le cas dans certains regroupements, mais en ce qui concerne l’Alliance pour le changement démocratique (ACD) que nous venons de mettre en place avec 9 formations politiques, ce problème ne se pose pas, parce que notre objectif n’est pas de choisir un leader ou de regrouper des faire-valoir autour d’une formation politique soit disant dominante, mais d’œuvrer ensemble pour contraindre le régime Ouattara  à mettre en place des conditions préalables aux élections : le recensement général de la population et de l’habitat, l’actualisation de la liste électorale,  le reformatage de la commission électorale, le statut et le financement de l’opposition, l’accès de l’opposition aux médias d’Etat et la sécurisation des populations, des candidats et des suffrages lors des élections. Il ne s’agit pas de désigner un candidat pour l’élection présidentielle ni même de tomber d’accord sur un programme commun de gouvernement. Il n’y a donc aucune place pour des guerres de leadership en notre sein. Vous le constaterez quand les structures mises en place seront rendues officielles par les instances de l’ACD. Nous unissons nos efforts afin d’obtenir que les élections se déroulent dans des conditions univoques de transparence.

A en juger par le nombre de partis présents à cette concertation du vendredi, il apparait que l’idée de la coalition n’a pas l’adhésion de toute l’opposition. Comment expliquez-vous que seuls les membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd), en plus de l’Udl de Martial Ahipeaud, se sentent concernés par le projet?

Tout d’abord, il n’y a pas que des partis membres du Cpd dans notre coalition. L’Alliance pour le changement démocratique (Acd) regroupe, en dehors de LIDER, le Rpc-Paix d’Henriette Lagou, Cap-Udd de Gervais Coulibaly, Mnc Alternative de Kabran Appia, qui sont membres du Cpd, et les formations qui n’en font pas partie, telles que l’Udl de Martial Ahipeaud, le Congrès de la résistance ivoirienne de Jean Enoc Bah, le Congrès panafricain pour le renouveau de Doumbia Major, le Parti des démocrates républicains de Soko Gbalehi et l’Udt-Ci de Bertine Tia Monné. Par ailleurs, nous sommes confiants que cette alliance va s’élargir rapidement à d’autres participants, étant donné que les thèmes que nous défendons concernent toute la population et trouvent l’adhésion de nombreux acteurs politiques et de la société civile. Ceci n’est que le début.

Une coalition étant par tradition une union de partis qui l’allient contre un adversaire commun, la meilleure stratégie n’aurait-elle pas été que toute l’opposition se mette ensemble?

Pour s’unir, il faut avoir des objectifs communs. Il ne sert à rien de faire des coalitions de façade alors qu’il n’y a aucune convergence de combat, de principes ou de valeurs. Notre objectif immédiat est clair : nous voulons un recensement de la population, l’intégration des nouveaux majeurs depuis 2009 et des exclus du scrutin de 2010 sur la liste électorale, le reformatage de la commission électorale, le statut, le financement, l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition et la sécurisation des élections.

Considérez-vous  que l’opposition, c’est dorénavant un «front uni» et l’«Alliance pour le changement démocratique»?

Nous sommes heureux de constater que l’appel à la coalition que LIDER a lancé depuis l’année dernière semble avoir été entendu par tous. Même ceux qui voulaient faire cavaliers seuls en dénigrant l’utilité de ceux qu’ils qualifiaient de  «formations insignifiantes» semblent avoir compris la nécessité des «petits petits partis». C’est une avancée, même s’il y a encore du chemin à faire. Maintenant, le fond et la forme des deux entités sont pour l’instant très différents. Mais nous sommes ouverts au dialogue et dès lors que les interlocuteurs font preuve d’humilité et partagent une même volonté de rupture avec les systèmes et dérives qui ont mené la Côte d’Ivoire dans le chaos, il n’y a aucune raison pour que la situation n’évolue pas vers encore plus d’unité dans l’opposition. Vous savez, Ouattara et Konan Bédié, le créateur de la très funeste ivoirité mise en place pour écarter Ouattara du pouvoir et qui avait même lancé des mandats d’arrêt contre lui, ont réussi à devenir des grands alliés au sein du Rhdp pour chasser Gbagbo du fauteuil présidentiel. Quand le temps est mûr pour que les choses se fassent, elles se font.

La formation des  deux entités, "front uni" et "ACD", quoi que les dénominations ne soient pas définitives, n’est-elle pas l’illustration du refus d’un chef de l’opposition par des opposants?

Si les autres n’ont pas encore défini leur appellation, celle de notre groupement est bel et bien établie: c’est l’Alliance pour le changement démocratique. Nous ne nous sommes pas créés dans la précipitation, nous avons pris la peine de bien nous entendre sur le contenu avant de lancer officiellement notre alliance et avons peut-être pour cela quelques longueurs d’avance sur les autres. Maintenant, il n’a jamais été question d’avoir un chef de l’opposition. D’ailleurs, le projet de statut de l’opposition soumis il y a plus d’un an au gouvernement et signé par tous les partis membres du Cpd et le Fpi n’en faisait pas cas. Cette lubie est celle du gouvernement, qui souhaite voir ses adversaires se déchirer autour d’un fauteuil au lieu de préparer l’alternance. Elle n’a aucune chance de prospérer. Dans un régime parlementaire tel que nous le prônons à LIDER, le chef du parti qui arrive second aux législatives et qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale est d’office le chef de l’opposition parlementaire. Mais la vie démocratique ne s’arrête pas à l’hémicycle. Il y a des idéologies diverses, variées et qui n’ont pas vocation à se coaliser. C’est le peuple qui décide, pas des formations politiques ou un gouvernement.

En cette année 2014, des prétendants au fauteuil présidentiel affirmeront leur ambition. Parmi les opposants, faut-il d’ores et déjà compter Mamadou Koulibaly parmi les futurs candidats à l’élection présidentielle prochaine?

Ce n’est pas un scoop. Cela fait belle lurette que j’ai annoncé que je serai candidat contre Ouattara en 2015, sauf si à l’orée du scrutin, LIDER fait partie d’une coalition qui s’est entendue sur un programme de gouvernement commun, avec des réformes clairement définies à mettre en place et un calendrier d’exécution très précis. Dans ce cas, c’est la coalition qui décidera qui sera la candidate ou le candidat qui sera le mieux à même de porter le projet et de fédérer la majorité des votes pour mettre fin à cinq années traumatisantes et clivantes de gestion Ouattara.

Une opinion ivoirienne, et même des observateurs de la politique internationale, pensent que vous avez le profil idéal pour briguer la présidentielle. Ceux de vos admirateurs qui pensent aussi ainsi sont-ils excessifs?

Pourquoi voulez-vous qu’ils soient excessifs ? Si je ne pensais pas avoir le profil pour gérer la destinée de la Côte d’Ivoire, je n’aurais pas créé un parti politique ou alors annoncé ma candidature pour 2015.

Des voix s’élèvent de plus en plus sur l’échiquier politique pour demander la révision de la Constitution. Quelles raisons motiveraient-elles LIDER à soutenir une telle proposition?

Notre constitution a été taillée sur mesure pour qu’un homme fort se retrouve avec les mains libres et des institutions faibles, au lieu d’avoir un pouvoir limité au juste nécessaire. Pour LIDER, la constitution est avant tout un document qui empêche les hommes qui ont le pouvoir d’Etat de faire impunément mal à leur peuple. En outre, LIDER trouve inutile et inconséquent la présence d’un premier ministre dans notre régime hyper présidentiel où seuls les desideratas du chef de l’Etat ont valeur de loi. La gestion de notre Etat par les présidents et le fonctionnement des institutions de la République montrent de manière scandaleuse la surpuissance du chef de l’Etat qui est la source de tous les pouvoirs : administratif, exécutif, législatif, judiciaire, budgétaire, économique, financier et monétaire. Le président, chez nous, est un monarque doublé d’un pontife avec des prérogatives illimitées et sans contrepouvoir. A LIDER, nous pensons qu’il faut rompre avec ces pratiques. Il ne faut pas pour cela des modifications partielles de tel ou tel article pour faire plaisir à quelqu’un ou pour sanctionner qui que ce soit. LIDER est favorable à une révision totale de la loi fondamentale pour donner à cette coquille actuellement vide un contenu. Il faut rompre avec le régime présidentiel et instaurer un régime parlementaire sur le modèle britannique de Westminster. Il faut rendre sa souveraineté au peuple et mettre en place les mécanismes qui font des dirigeants politiques les serviteurs intègres de l’Etat et non les maîtres corrompus et tyranniques des populations de qui ils tiennent leur pouvoir.

Quel(s) article(s) de la Constitution poserait problème pour la future présidentielle et pourquoi?

Ce ne sont pas des articles qui sont en cause, mais le système que nous impose le régime présidentiel et qui fait que certains d’entre nous peuvent, sans conséquence, aucune infliger les plus grands maux à notre peuple, à notre pays, à notre économie : La constitution dans sa forme actuelle et le système qu’elle instaure impose la pauvreté, la guerre, la misère et toutes les frustrations qui vont avec à la population.

Entre autres réformes souhaitées par l’opposition et même des partis proches du régime, laquelle est la plus urgente? Et comment devrait se faire?

La réforme du foncier rural en premier. Il faut rendre la terre de Côte d’Ivoire aux populations qui en sont coutumièrement les premiers propriétaires et leur distribuer les titres fonciers négociables après un cadastrage systématique et propre de tout le territoire.

 

Source: LIDER-CI.ORG

AFFAIRE MAHE: QUAND LA JUSTICE FRANÇAISE S’ACHARNE SUR LES VICTIMES!


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Ci-dessus, Maître Norbert TRICAUD en compagnie de deux des proches de Firmin MAHE qui l’ont désigné pour porter plainte contre l’Etat français en sus de 4 autres parties civiles.

 

J’entends de ci de là que l’affaire MAHE serait morte et enterrée…  Ça me rappelle un certain Jean-Marc SIMON qui disait que GBAGBO, c’était fini. Toutes proportions gardées en effet, suffit-il que ceux qui ont intérêt à occulter la vérité parviennent à museler les médiamenteurs occidentaux pour que la vérité elle-même s’efface au gré des intérêts des puissants?

 « Ce n’est pas parce que le mensonge se multiplie et se propage qu’il devient vérité et ce n’est pas parce que la vérité ne se voit pas qu’elle devient erreur » disait GANDHI.

Alors que s’est-il passé depuis le verdict inique de la Cour d’Assises du 7 décembre 2012… Médiatiquement rien ou pas grand-chose tant il est vrai que les chiens de garde de la Françafrique veillent dans ce dossier.

Pour mémoire rappelons que Firmin MAHE est ce jeune civil ivoirien étouffé le 13 mai 2005 en CÔTE D’IVOIRE à l’aide d’un sac poubelle dans un char de la force Licorne sur ordre du Général PONCET (ce n’est pas parce qu’il a bénéficié d’un non lieu plus que douteux contre son silence dans d’autres sales dossiers de la Francivoire que cela doit nous empêcher de continuer de dénoncer l’impunité dont il jouit !).  

A noter d’ailleurs la perversion de notre Justice qui, dans le cas d’espèce, non seulement n’a pas fait appel, mais permet de poursuivre toute personne qui mettrait en cause ceux qui ont bénéficié d’un non lieu ou d’un verdict pour le moins clément tout en criminalisant post-mortem le jeune Firmin MAHE qui n’a jamais été jugé de son vivant, mais s’est vu imputer tous les crimes de la sous-région, au mépris des règles de droit les plus élémentaires, telles que l’existence de preuves, la fiabilité de ces dernières ou encore l’accès à la justice de ses proches. Bref sur ces sujets voir notamment quelques articles commis antérieurement(1).

Dans un article du Figaro daté du 16 janvier 2014 (2), nous apprenons que le colonel Eric BURGAUD -un des donneurs d’ordre du crime de Firmin MAHE- s’est vu retirer toutes ses décorations. Et alors quoi ? Doit-on féliciter cette Justice aux ordres qui après plus d’un an d’un verdict inique basé sur le mensonge, le faux et usage de faux, la subornation de témoins et je ne sais combien encore de manquements à tous les principes de droit les plus élémentaires consent à priver un colonel meurtrier de ses décorations ? Geste symbolique certes, et peut-être symptomatique me direz-vous. Car si on les lui enlève maintenant, c’est peut-être que le vent commence à tourner pour ses victimes et que le voile du mensonge se déchire. Gageons malheureusement qu’il n’en est rien !

Ne s’agirait-il pas plutôt de continuer de faire croire que les militaires français ont bien fait d’assassiner celui que l’on persiste à taxer de « coupeur de route » et de bandit dans le même article cité ci-dessus? Les photos des victimes des meurtres barbares qu’on impute à Firmin MAHE ont beau avoir été prises dans le village de LOGOUALE pour certaines, à une date antérieure à celle que les amis du colonel BURGAUD et ses complices mentionnent comme étant le fait de la « bande à MAHE », il faut à tout prix continuer à justifier ce crime barbare en le légitimant par les prétendues exactions qu’on lui colle sur le dos en inversant systématiquement la victime et le bourreau (3)...

…Pendant ce temps, l’enfant de la victime vit caché quelque part en Afrique, les sœurs se terrent et rasent les murs de peur de représailles (elles ont d’ailleurs quitté la région) ; le frère aîné de la victime -Jacques- est hospitalisé depuis plus d’un an sans discontinuer avec un pronostic vital engagé à moins de bénéficier d’une greffe des deux poumons qui ne viendra pas tant que sa situation ne sera pas stabilisée. Sauf qu’on vient de lui notifier le rejet de sa demande d’asile politique après près d’un an d’un silence assourdissant de l’OFPRA qui n’a même pas daigné le recevoir en entretien comme cela se fait habituellement ; sauf que son neveu Basile a également vu sa demande d’asile rejetée par l’OFPRA qui ne craint pas d’écrire qu’il est arrivé en France en novembre 2011 avec un passeport d’emprunt, alors qu’il a atterri en France le 30 novembre 2012 avec son propre passeport tous frais payés par l’Etat français pour participer à un procès vicié dès le départ (Fabien NDOUMOU l’avocat de la famille autoproclamé depuis février 2006 a lui-même reconnu avoir été mandaté par l’Etat français et invoque aujourd’hui le secret d’Etat pour tenter de masquer sa forfaiture). C’est un imposteur qui a saboté le dossier d’indemnisation des proches de la victime en première instance, en ne déposant aucune conclusion écrite, en n’invoquant pas de préjudice moral et en ne fournissant pas le plus petit début de preuve à l’appui de sa demande de réparation du préjudice économique qui n’avait pas lieu d’être hormis en ce qui concerne le fils de Firmin. Bref, tout a été clairement ordonnancé pour que l’affaire MAHE soit complètement enterrée. Excepté la dépouille de Firmin MAHE qui elle attend toujours qu’une sépulture décente lui soit donnée en vertu d’une ordonnance aux fins d’inhumation qui date quand même de… février 2006 (4) ! Des employés de l’IVOSEP (la société de pompes funèbres qui est supposée entretenir le corps en attendant son inhumation) ont laissé entendre que c’était  à la famille de payer les frais d’entretien du corps pendant ces 8 années. Ce qui n’est pas sans nous rappeler cette pratique barbare prêtée aux autorités chinoises qui iraient jusqu’à facturer la balle qui a servi à exécuter le condamné à mort.

La même société IVOSEP refuse dans le même temps de répondre à nos demandes réitérées de facture, tandis que la Justice française se prévaut de l’absence de ce document pour refuser de prendre en charge les frais funéraires, dont le montant doit s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’Euros aujourd’hui si tant est que la dépouille de la victime y soit toujours.

Depuis le jugement d’Instance du 22 janvier 2013 (qui fait suite au verdict inique de la Cour d’Assises en vue d’indemniser les victimes), il y a eu pas moins de 4 renvois, et 4 des parties civiles n’ont même pas pu se faire représenter par un avocat digne de ce nom. Car Fabien NDOUMOU, fort de ses bons offices de « mercenaire » de la justice françafricaine, ne s’est pas contenté de mal les défendre. Il a lâchement abandonné les parties civiles à leur sort depuis le 10 décembre 2012, soit trois jours après le verdict inique de la Cour d’Assises. Il refuse d’ailleurs toujours de restituer le dossier à ses « clients » ou même à son successeur – autant dire qu’il les prive littéralement de la moindre chance d’obtenir une juste réparation de leur préjudice. Pour contrer les procédures de manquement à la déontologie que nous avions engagées à son encontre devant l’ordre des avocats, il est allé jusqu’à les faire condamner à verser 20 000€ (en même temps ce n’est pas si grave puisqu’ils ne sont pas solvables et pas prêts de l’être, d’autant que tous deux viennent de se voir couper l’Allocation Temporaire d’Attente, en dépit du recours pendant exercé devant la Cour National des Demandeurs d’Asile). Ils ont introduit des demandes d’aide juridictionnelle depuis près d’un an mais n’ont toujours pas de décision favorable, sans compter que les notifications de pièces manquantes, les décisions de caducité qui sont supposées avoir été transmises à 6 des parties civiles dans ce procès, n’arrivent jamais entre leurs mains. Sur le plan strictement humanitaire même, Jacques a été jeté dehors en plein hiver en janvier 2013, ce qui a fait dire au médecin de PONTOISE qui le suivait à l’époque qu’ « on aurait voulu le tuer qu’on ne s’y serait pas pris autrement ».

Un seul mot d’ordre : tout faire pour que l’affaire MAHE ne refasse pas surface alors que la diplomatie hollandaise inscrit résolument ses pas dans celle de son prédécesseur, avec une visite d’allégeance réciproque annoncée pour fin février 2014 (première visite de HOLLANDE en CÔTE D’IVOIRE)(5).

Car l’argent, celui de l’indemnisation des victimes, est loin d’être l’enjeu central de cette affaire. Plus que jamais, « l’affaire MAHE est l’arbre qui cache la forêt »(6)de la mainmise de la FRANCE sur une grande partie des richesses de la CÔTE D’IVOIRE au détriment du droit du peuple ivoirien à disposer de lui-même.

Nous osons affirmer qu’en ce début d’année 2014, l’affaire MAHE est un des rares dossiers portés sur la place judiciaire que la Francivoire n’a pas encore réussi à enterrer, avec la plainte de Michel GBAGBO contre SORO pour  « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants » de juin 2012 qui n’est pas non plus sans connaître de nombreuses obstructions (7) :

-   Les demandes de commissions d’enquête sur le rôle de la LICORNE dans la crise ivoirienne sont toujours en souffrance sur le bureau de l’Assemblée Nationale (8) ;

-    Les enquêtes sur les véritables circonstances de la mort d’Antoine MASSE (9) et de 9 soldats à BOUAKE en novembre 2004 sont au point mort, surtout après le non lieu accordé à Michèle ALLIOT MARIE (MAM rebaptisée plus à propos Mensonges Après Mensonges), déni de justice prévisible certes, mais déni de justice qu’il convient de dénoncer malgré tout (10);

-  Les responsables de la centaine de morts et des milliers de blessés de la fusillade de l’Hôtel Ivoire et des autres exactions commises par l’Armée française à ABIDJAN en novembre 2004 courent toujours en dépit des actions du  COPAVIL (11);

-  Les meurtres de Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Yves LAMBELIN, Stéphane Frantz DI RIPPEL (12) et de bien d’autres restent sans réponse dès lors que leur résolution risquerait de mettre  à jour les intérêts économiques en jeu et le rôle de la FRANCE dans leur préservation au mépris de la souveraineté du peuple ivoirien ;

- La FRANCE, les instances européennes et onusiennes qui couvrent le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale continuent de soutenir les procédures opaques, partiales et complaisantes de la Procureur BENSOUDA à l’encontre des seuls tenants de l’ancien Régime, au mépris du respect du droit non seulement des accusés, mais également de leurs prétendues victimes(13).

A celles et ceux qui continuent de croire que l’affaire MAHE n’aurait fait qu’une victime, un dommage collatéral sans intérêt de la crise ivoirienne en quelque sorte, nous disons :

-     Pourquoi dans ce cas, les autorités politiques, judiciaires, militaires, policières tant françaises qu’ivoiriennes se donnent-elles autant de mal pour étouffer cette affaire MAHE/LICORNE depuis bientôt dix ans?

-       Pourquoi n’y a-t-il aucune plainte des prétendues victimes de Firmin MAHE ?

-       Pourquoi les autorités illégitimes de CÔTE D’IVOIRE ne sont-elles pas partie au procès pour accréditer la thèse de la « bande à MAHE » et des prétendues exactions qu’on lui impute ?

-   Pourquoi ne vérifie-t-on pas les témoignages des victimes de la région qui dénoncent les nombreux crimes qu’ils ont subis et continuent de subir depuis 2002 avec le soutien direct de la FRANCE ?

Quelques extraits des témoignages des victimes que la justice française cherche à tout prix à écarter des débats, notamment en empêchant le procès des assassins de Firmin MAHE de suivre son cours :

« Jusqu’à la rébellion de 2002, nous vivions en bonne entente avec les allogènes, en majorité des Burkinabés et des Ivoiriens venus du Nord qui pour la plupart travaillaient pour nous depuis de nombreuses années. […] nous vivions ensemble dans les mêmes villages, partagions notre vie quotidienne et nos enfants fréquentaient les mêmes écoles. Comme beaucoup de mes frères de la région, nous avons adhéré au Front Populaire Ivoirien dès sa création […] pour lutter contre le parti unique mais aussi pour une société plus juste.

Après le 19 septembre 2002, […] Les rebelles venus du Nord tuaient nos parents, violaient nos sœurs et pillaient nos terres. Il y a eu plus de 40 morts dès la première attaque. La plupart des allogènes se sont rangés du côté des rebelles. La zone assiégée par les rebelles est devenue une zone de non droit. Nous  avons appris ce qui se passait en accueillant des victimes qui fuyaient leurs villages […]  Nous étions à leurs funérailles lorsque des rebelles ont surgi et ont assassiné par balle […] Suit une liste de victimes dont nous tairons les noms pour ne pas mettre en danger les survivants.

Une autre fois, peu de temps avant le massacre du chef, les rebelles ont fait irruption au village, […]. Un groupe de 15/20 personnes est arrivé en Kia moteur (camion benne), escorté de quelques voitures et de motos 4x4 équipés de lance-roquettes. Quand ils sont arrivés devant la maison du Directeur de l’Ecole […], les enfants se sont réfugiés à l’intérieur. Ils étaient en vacances et géraient les téléphones au village. Les assaillants ont cassé la porte de la maison et ont arrosé les 5 enfants/étudiants du Directeur d’école. Ses 5 fils sont morts sur le coup et leurs tombes sont à […].

Le chef du village […] a également été assassiné par les rebelles. Ils sont allés dans son campement. […] Sa sœur […]  a voulu les empêcher de partir avec le chef et ils l’ont tué d’un tir de Kalachnikov. Ils sont partis avec les sacs de cacao et le chef qu’ils obligeaient à porter une charge trop lourde en dépit de son extrême faiblesse. A quelques kilomètres du village, ils l’ont étranglé. Nous avons retrouvé son corps dans la brousse deux jours plus tard et nous l’avons inhumé. Là encore, sa tombe est là… »

« Donc en 2009, quand j’arrive à […], la plantation familiale de 16ha de cacao est occupée par des Burkinabé ainsi que le campement par un dénommé « Koffi » et un autre « Moussa ». D'après les infos que j’ai, ils occupaient toujours notre plantation le 11 avril 2011 lorsque les troupes rebelles aidées par l’Armée française ont fait tomber notre Président. »

« Je suis à ABIDJAN en 2011 quand survient la crise postélectorale. […] J’ai participé à la plupart des grandes marches aux mains nues en 1992, 2000, 2004, 2007, 2010, 2011 pour défendre mon pays. En mars 2011, j’ai répondu aux appels de BLE GOUDE de nous rassembler et de dormir Place de la République pour montrer à la Communauté Internationale que nous soutenions notre Président,            nos institutions et que nous voulions que l’on respecte notre choix (http://www.youtube.com/watch?v=Nhmy2B3hPKo).  Quand les bombardements franco-onusiens ont commencé sur  le camp d’AKOUEDO, fin mars – il s’agissait d’hélicoptères français « PUMA », les gens ont commencé par fuir COCODY pris de panique. Nous étions des dizaines de milliers rassemblés autour de la Résidence Présidentielle pour soutenir Laurent GBAGBO. J’ai vu des milliers de Patriotes aux mains nues tomber. Début avril, les porte-paroles du Président nous ont demandé de partir car Laurent GBAGBO estimait que c’était lui qui était visé, que ce n’était pas la peine de mourir pour rien, comme nos frères morts en novembre 2004  en se dirigeant vers le 43ème BIMA et devant l’Hôtel Ivoire. Moi, j’ai quitté les lieux le 4 avril par la route de MPOUTO. J’ai pu regagner KOUMASSI en me faufilant entre les barrages des FRCI (Riviera 2). Avec un camarade, on a mis longtemps pour atteindre MPOUTO où on a pu prendre une barque (La Pinance) pour traverser la lagune et aller au Terminus 32. Là je suis allé me cacher dans mon Eglise jusqu’à la capture de Laurent GBAGBO et de ses proches le 11 avril 2011. Après le 11 avril, je suis resté là. Les gens de la paroisse nous envoyaient de quoi vivre et manger (nous étions au moins 6 à avoir trouvé refuge dans l’Eglise). C’est là que j’ai pu rester sans pratiquement jamais sortir au-delà d’un petit périmètre en vivant de la charité chrétienne.

« […] et […] sont morts devant moi à COCODY après nous être séparés pour avoir plus de chance de nous en sortir au niveau de la RTI quand nous avons fui la Résidence Présidentielle début avril comme je l’ai exposé plus haut. Nous avons vu les rebelles les découper en morceaux. Nous avons assisté impuissants à leur dépeçage, pétrifiés par la peur. »

Malgré tout, un espoir nouveau se fait jour dans ce dossier avec la désignation de Maître Norbert TRICAUD qui a accepté de les représenter à cette audience d’appel tout d’abord, avant de porter plainte contre l’Etat français qui devra rendre compte de sa responsabilité dans cette tragédie (14)… En espérant que cela permette à de nombreuses autres victimes de  reprendre confiance, d’engager la responsabilité de l’Etat français dans toutes les affaires précitées, et plus largement la couverture de nombreux crimes barbares commis par les rebelles de 2002, sans oublier sa responsabilité dans l’accès et le maintien au pouvoir d’un régime aussi illégitime que liberticide, dont la liste des victimes ne cesse de s’allonger (15).

C’est pourquoi nous invitons toutes celles et ceux qui rejettent la Françafrique et sa Justice aux ordres à venir massivement soutenir Maître Norbert Tricaud lors de sa première plaidoirie dans l’affaire MAHE/LICORNE le mardi 11 février 2014 à 9h à la COUR D’APPEL de PARIS Pôle 2, chambre 4 (Métro Cité Ligne 4). 

 


 

(1)http://nouveaucourrier.net/les-assassins-du-jeune-ivoirien-condamnes-a-de-la-prison-avec-sursis-affaire-mahe-pourquoi-ce-verdict-honteux-etait-previsible/

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/laffaire-mahe1-pas-encore-assez-etouffee.html

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/12/et-si-laffaire-mahe-ne-faisait.html

(2)http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/16/97001-20140116FILWWW00722-un-colonel-prive-de-ses-declarations.php?pagination=1  

(3)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/qui-veut-tuer-son-chien-laccuse-davoir.html

(4)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/du-droit-naturel-denterrer-ses-morts.html

(5)http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14043.html

(6)http://survie.org/billets-d-afrique/2013/220-janvier-2013/article/affaire-mahe-l-arbre-qui-cache-la

(7)« Affaire « audition de Michel Gbagbo à Paris »: La juge française en colère contre Abidjan » publié le vendredi 31 janvier 2014, Notre Voie: http://soutienetliberte.wordpress.com/2014/01/31/la-justice-francaise-reitere-sa-demande-dentendre-michel-gbagbo-suite-a-sa-plainte-pour-enlevement-et-sequestration/

(8)Proposition de résolution de juillet 2012 visant à créer une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en CÔTE D’IVOIRE renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement: http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0131.asp

(9)http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2013/05/10/antoine-masse-le-journaliste-tue-dont-rsf-se-moquait.html

(10)http://www.peuples-observateurs.org/article-togo-cote-d-ivoire-soldats-francais-tues-a-bouake-en-novembre-2004-la-justice-francaise-etouffe-l-af-121117628.html

(11)Voir déclaration du COPAVIL (Collectif des Patriotes Victimes de la force française Licorne): http://news.abidjan.net/h/416215.html;

Preuves de la responsabilité directe de la force Licorne dans cette tragédie: http://www.youtube.com/watch?v=8j5StJnIw-s; http://www.youtube.com/watch?v=0YaJnbkWDSQ; http://philippehua.com/2012/07/25/cote-divoire-la-victoire-aux-mains-nues-un-documentaire-de-sidiki-bakaba/

(12)http://claudus.ivoire-blog.com/archive/2013/03/14/assassinat-du-francais-phillipe-remond-en-cote-d-ivoire-un-a1.html

(13)Gbagbo à la CPI: comment Maître ALTIT et ses collègues ont dézingué BENSOUDA:

http://nouveaucourrier.net/gbagbo-a-la-cpi-comment-altit-et-ses-collegues-ont- dezingue-bensouda/

CPI: L’affaire Laurent Gbagbo perturbe le complot françafricain:

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=8506

(14)Maître Tricaud demande que la lumière soit faite sur tous les crimes politiques en Côte d’Ivoire  et au-delà:

http://www.youtube.com/watch?v=bjgbKPHUSrI; http://www.youtube.com/watch?v=LKX2QmqtgPE

(15)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html

côte d'ivoire,france, AFFAIRE MAHé, quand la Justice Française s’acharne sur les victimes!,maître tricaud

Contacts : 06 69 49 40 06 ou 06 10 47 67 17

 

Source: CONTREPOIDS INFOS

dimanche, 02 février 2014

FRANÇOIS HOLLANDE ANNONCE EN COTE D'IVOIRE - PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

HOLLANDE ET OUATTARA 2.jpg

 

Des échanges écrits entre un parlementaire socialiste et le chef de la diplomatie française Laurent Fabius montrent que le pouvoir hexagonal est écartelé, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, entre une proclamation de son refus des violations des droits de l’Homme – qu’il ne peut pas non plus nier – et un soutien à un régime dont il veut croire qu’il fait des efforts. En dépit des constats accablants qui sont quotidiennement faits sur le terrain



Un voyage à hauts risques en termes de crédibilité politique. François Hollande, le président français, sera en visite officielle en Côte d’Ivoire à la fin du mois de février. Il lui sera difficile de démontrer qu’il ne viendra pas dans ce pays pour, très clairement, adouber un pouvoir que son prédécesseur Nicolas Sarkozy a contribué militairement à installer, et qui se caractérise par des violations massives des droits de l’Homme documentées par la presse ivoirienne et par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme. D’autant plus qu’au sein de sa propre majorité, des voix se sont élevées pour dénoncer les exactions multiples des troupes de Ouattara. Et que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’est engagé à être vigilant sur la thématique du respect des droits humains. C’est ce dont témoigne un document officiel dont Le Nouveau Courrier s’est procuré une copie.

Ce document contient une «question écrite», posée par le député de l’Eure François Loncle en avril 2013 et la réponse à cette interpellation formulée par Laurent Fabius en juin dernier. «Un récent rapport d’Amnesty International souligne l’attitude partiale et arbitraire du pouvoir ivoirien en place, alors qu’il avait pris, devant la communauté internationale, l’engagement solennel de faire toute la lumière sur les exactions commises dans les deux camps en présence, au moment de la crise postélectorale en 2010-2011 qui avait fait près de 3000 victimes. Cette ONG a établi que les violations des droits humains perpétrées par les forces armées à l’encontre des soutiens de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont généralisées depuis deux ans. Secondée par une milice composée de chasseurs traditionnels, la nouvelle armée nationale, qui était censée «être un puissant instrument de cohésion nationale», jouit d’une impunité quasi-totale, se rendant coupable d’exécutions extrajudiciaires, d’assassinats, d’arrestations abusives, de détentions illégales et d’actes de torture. En juillet 2012, cette milice a attaqué, à Nahibly, un camp de personnes déplacées, principalement issues de l’ethnie guérée, qui est généralement considérée comme partisane de Laurent Gbagbo, et elle a au moins massacré 14 Ivoiriens.

Seuls les partisans et les proches de Laurent Gbagbo sont persécutés, violentés et incarcérés, en raison de leurs affiliations politiques ou de leur appartenance ethnique. Le rapport d’Amnesty International précise que certains prisonniers sont détenus dans des conditions très pénibles, soumis à des traitements inhumains et dégradants, privés de tout contact avec leurs familles et leurs avocats. Les procédures judiciaires sont entachées de maintes irrégularités : les audiences ne se déroulent presque jamais de manière équitable et les droits de la défense sont systématiquement bafoués», indique le texte de la «question», qui indique que le parlementaire attend que Laurent Fabius lui fournisse «des renseignements concrets» sur la Côte d’Ivoire des droits humains.

Dans sa réponse, qui a tout de même pris près de deux mois pour arriver, Fabius fait assaut de langue de bois, se fait garant de la bonne volonté du régime Ouattara tout en indiquant des dossiers sur lesquels il s’engage à être vigilant. «Résolument attachées à préserver la stabilité régionale et soucieuse de la cohésion nationale au sein des Etats qui composent la sousrégion, les autorités ivoiriennes se sont engagées à rétablir l’Etat de droit, à lutter contre l’impunité et à oeuvrer à la réconciliation, avec notamment la mise en place d’une commission dialogue, vérité et réconciliation et la création d’un ministère des droits de l’Homme et des libertés publiques. La coopération du gouvernement ivoirien avec les mécanismes des Nations unies et avec la société civile est également un signal positif. L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme a ainsi pu effectuer plusieurs visites dans le pays en vue de la préparation des rapports présentés au Conseil des droits de l’Homme. La France soutient ces initiatives en faveur du système de protection des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Néanmoins, la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire reste source de préoccupation.

Le dernier rapport du haut commissariat des droits de l’Homme ainsi que ceux des principales organisations non gouvernementales internationales font référence à des cas de détention arbitraires, d’exécutions sommaires, de torture, de traitements inhumains et dégradants et à des violences sexuelles. La France est préoccupée par ses allégations. La lutte contre l’impunité est un enjeu fondamental de la réconciliation et de la refondation en Côte d’Ivoire. La France appelle notamment à la mise en place d’une commission pour enquêter sur l’attaque du camp de personnes déplacées à Nahibly, près de Duékoué. La France a pris bonne note de l’engagement des autorités ivoiriennes à faire toute la lumière sur ces allégations et de traduire les responsables en justice le cas échéant. La coopération de la Côte d’Ivoire avec l’expert indépendant est également un signal positif (…) La France adresse un message constant aux autorités ivoiriennes afin qu’elles fassent cesser toutes les exactions et qu’elles combattent l’impunité quels que soient les auteurs de ces crimes», écrit Fabius.

Cela fait plus de six mois que sa réponse à François Loncle a été publiée au Journal Officiel de France. Laurent Fabius peut-il sérieusement affirmer que sur la question du massacre de Nahibly, la lutte contre l’impunité a avancé ne serait-ce qu’un peu ? Au-delà de petites opérations de communication très vite oubliées, le régime Ouattara n’a rien fait pour rendre justice aux victimes. Aucune commission d’enquête n’a été mise en place, contrairement aux voeux de la France. Certes, une information judiciaire a été ouverte longtemps après les faits. Des autopsies ont été réalisées sur les corps qui ont été exhumés. Mais elles n’ont pas été transmises aux familles des victimes et leurs résultats restent secrets. Les FRCI empêchent que les fouilles susceptibles de découvrir d’autres corps soient faites. Alex Saint-Joël Gnonsian, témoin du massacre, a été assassiné par les FRCI dans le silence international – et RFI, radio de service public français, a tenté de noyer le poisson en le traitant de «braqueur» sans le moindre respect de la présomption d’innocence. D’autre part, les lieux de détention illégaux, qui sont en réalité des camps de torture, demeurent en Côte d’Ivoire.

Près de 800 prisonniers politiques sans jugement pour certains depuis près de trois ans croupissent dans les geôles du pouvoir. Le régime joue avec les mandats d’arrêt, non levés et non exécutés, pour faire du chantage aux cadres de l’opposition exilés et qui n’ont aucune autre alternative que «l’allégeance» moyenâgeuse pour rentrer au pays. En dépit de cet environnement caractérisé par un déni total des droits humains, la France, qui n’a jamais publiquement dénoncé ces abus, contrairement aux Etats-Unis ou aux Nations unies – comme l’a fait remarquer l’ONG Human Rights Watch – honore Ouattara d’une visite officielle à Abidjan. Elle programme la mise en place d’une base opérationnelle avancée à Abidjan. Quand on sait que François Hollande s’est fait élire notamment en affirmant qu’il mettrait fin à la Françafrique et au soutien inconditionnel à des régimes autoritaires, on mesure le grand écart réalisé. Ou les trahisons assumées !


Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.

 

Source: CAMEROON VOICE

mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

dimanche, 26 janvier 2014

BENSOUDA, LA MAGICIENNE DE LA CPI

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Quand Maitre Altit qualifiait de brouillon le Document de Notification de Charges (DNC) de Bensouda. Il ne croyait pas si bien dire. Bensouda vient de révéler, à la lecture du DNC qu’elle vient de déposer à la CPI, son talent de magicienne capable, à partir d’un brouillon, de transformer des bienfaits en actes criminelles et déguiser des rebelles en armes, en civils non armés. Pour ceux qui connaissent la réalité ivoirienne de 2000 à 2011, en parcourant ce DNC, il induira en eux  deux réactions opposées: Rire et pleurer. Voici un extrait :

« Dès son accession à la Présidence en 2000, GBAGBO a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires. Le Plan commun a évolué jusqu’à inclure, au plus tard le 27 novembre 2010, une politique d’État ou organisationnelle qui avait pour but une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans de OUATTARA (« Politique »).”

Pour BENSOUDA,

Concevoir et mettre en œuvre un programme de gouvernement, c’est concevoir et mettre en œuvre un plan commun en vue de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Prendre les opposants dans son gouvernement à partir de l’an 2000 comme Laurent GBAGBO l’avait fait pendant tout son mandat présidentiel, c’est les réprimer et les attaquer ;

Financer les partis d’opposition à près de 850 millions de FCFA par an, c’est les réprimer et les attaquer ;

Payer à Ouattara et à Bédié respectivement 12 millions de FCFA et 15 millions de FCFA par mois, après avoir mis fin à leur exil, c’est les réprimer et les attaquer ;

Négocier plusieurs accords de paix et prendre les rebelles dans son gouvernement en donnant salaires et budgets de souveraineté, c’est les réprimer et les attaquer ;

Demander le respect du cessez-le-feu, le recomptage des voix et la nomination d’un médiateur pour gérer la crise née des élections au lieu d’un affrontement armé, c’est concevoir une politique d’Etat ou organisationnelle afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Se défendre d’une attaque généralisée des rebelles et du commando invisible en violation du cessez-le-feu de l’ONU, c’est attaquer des civils considérés comme des partisans de Ouattara.

Le FPI serait bien content de subir de telles répressions et attaques de la part du pouvoir Ouattara.

Sacrée BENSOUDA!

 

 Par DON MELO AHOUA,

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées.

mercredi, 22 janvier 2014

TROISIEME PONT HENRI KONAN BEDIE - PEAGE: 750 FCFA PAR PASSAGE ARRETE PAR SOCOPRIM

 

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" Troisième pont Henri Konan #Bédié / Péage: 750 FCFA par passage arrêté par #Socoprim… " au lieu des 700 FCFA que le du RDR avait annoncé 'faire' réduire à moins de 200 FCFA. La vérité est que ce pont est une nouvelle propriété privé de la France en Côte d'Ivoire, et c'est elle qui fixe les règles du jeu. Montant global pour le financement du projet annoncé: 165,100 Milliards FCFA . " La contribution ivoirienne s’élève à 50 milliards Fcfa, tandis que les bailleurs de fonds soutiendront le projet à hauteur de 105,100 milliards Fcfa." Mais ce n'est pas lorsque Ouattara emprunte 100 Milliards de CFA au Congo que la Côte d'Ivoire peut payer ces 50 milliards. "Selon Olivier Bonnin, Pdg de la Socoprim, la société concessionnaire, cette infrastructure routière sera à péage et coûtera 750 FCFA par passage aux automobilistes. Il sera exploité sur 30 ans (OUI... 30 ANS) avant de devenir entièrement la propriété de l’État de Côte d’Ivoire."

Et pendant ce temps Ouattara raconte qu'il est en train de construire un pont pour aider les Ivoiriens: NON... il a juste offert une opportunité juteuse à ses 'copains' pour faire 'saigner' nos compatriotes. - Certains disent: " Mais personne n'est obligé d’emprunter ce pont ". Oui... mais observez ! Une fois ce pont terminé, ils trouveront un truc pour obliger les automobilistes à passer sur ce pont comme on passe dans une trappe à souris: révision ou je ne sais quoi de l'un des deux autres ponts - vous verrez bien un truc. 750FCFA par passage pour un poste de péage AU BEAU MILIEU DU CENTRE VILLE ? Et pourtant avant L’ÉCONOMISTE Ouattara, l'historien Gbagbo avait trouvé le moyens de faire construire ce pont avec des fonds de l’État et la gratuité du passage. Pour cela aussi il fallait lui jeter des bombes Françaises et l’emprisonner. [...] Ce n'est pas pas de la simple incompétence mais de la pure méchanceté.

Les arguments de Socoprim: Péage

Le pont Henri-Konan Bédié est un pont à péage. Le montant des péages sert en priorité à entretenir l’ouvrage, et ensuite à rémunérer les emprunts et financements privés qui ont servi à le construire. Il a été calculé pour que le choix de prendre le pont reste économiquement attractif, compte tenu des économies de carburant que le pont permet. Le péage sera différent suivant les catégories de véhicules. Des abonnements à tarif réduit seront à la disposition des usagers fréquents ; ces abonnements permettront une perception électronique sans contact accélérant le passage des abonnés.

 

Source: Le Blog de Claudus

dimanche, 19 janvier 2014

BURKINA FASO: POURQUOI OUATTARA ET SORO S'AGITENT-ILS? PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

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Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 15 janvier 2014

UN PROFESSEUR BURKINABE RECADRE GUILLAUME SORO

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Burkina Faso - Professeur Etienne Traoré: «Quand le pouvoir ivoirien vote pour Blaise Compaoré sans en avoir le droit!»

 

J’ai lu avec un grand intérêt l’interview de Monsieur Guillaume Soro, envoyé du Président Alassane Ouattara dans Lefaso.net ce 10 Janvier.

Je pense qu’en dépit de la formule d’usage (" Je respecte scrupuleusement le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États étrangers"), il s’est bien agi d’une flagrante immixtion dans nos affaires intérieures.

En effet, son interview dans le fond dit à nos compatriotes qu’ils ont un Président exceptionnel, indispensable à notre pays, à la sous-région et même à l’Afrique. Vous avez la chance d’avoir un tel Président, alors laissez- le continuer. C’est exactement ce que nous disent tous les jours les supporters nationaux du régime Compaoré plus proches de leurs intérêts personnels, souvent illicites, que des intérêts de notre peuple.

Au nom du Pouvoir ivoirien, Guillaume Soro appelle en fait à soutenir Blaise Compaoré pour le Référendum qu’il veut s’acheter à coups de milliards afin de se maintenir au pouvoir. Cela est ainsi résumé dans ses mots où Soro appelle : " Tous nos Frères Burkinabé à poursuivre la belle aventure de paix, de progrès et de démocratie jusqu’ici conduite sous la houlette du Président Compaoré qui, comme vous le savez, est précieux à son propre pays, à notre sous-région comme à notre continent, par l’exceptionnel rayonnement diplomatique qu’il a donné à la parole du Burkina Faso". Ce clair soutien au référendum pour Blaise Compaoré a été bien souligné par tous les observateurs indépendants de par le monde.

Monsieur Soro, quand on se veut médiateur, on ne prend pas aussi ouvertement position en faveur de l’un des protagonistes. En cela, vous n’avez pas bien écouté les leçons de Blaise Compaoré qui, comme vous le dites, " m’est absolument précieux". Lui, dans toutes ses médiations, a toujours évité d’afficher ses positions qui ont généralement été celles des puissances occidentales, notamment de la France.

N’oubliez pas qu’après Houphouet Boigny et avec son appui, c’est Blaise Compaoré qui a été adopté pour poursuivre la politique de la Françafrique dans la sous-région. Ce choix à été fait même sous la Révolution mais personne ne l’a su. Cette politique françafricaine consistait et consiste toujours à piétiner la souveraineté des États pour promouvoir par TOUS LES MOYENS LES INTÉRÊTS FRANÇAIS MÊME ET SURTOUT LES PLUS MAFIEUX.

Fort de ce soutien, Blaise Compaoré s’est immiscé (sans référendum) dans presque tous les conflits politiques armés ou non de notre sous-région avant de s’en faire le médiateur. Ses intrusions avec leurs atrocités valent aujourd’hui à nos compatriotes établis dans certains pays d’être traités en pestiférés. En un moment donné et dans certains pays, il n’était pas sécurisant de se dire burkinabè. Et ça continue dans d´autres pays encore.

Sachez qu’aujourd’hui ce leadership a été retiré à Blaise par ces mêmes puissances qui ne supportent plus les tripatouillages des Constitutions, encore moins les pouvoirs autocratiques et patrimoniaux. Lors du dernier sommet Afrique-France à Paris, cela a été rappelé au reste des dinosaures politiques (plus de 20 ans au pouvoir) dans l’espace francophone.

Monsieur Soro, votre prise de position qui n’a rien de diplomatique, n’est qu’un soutien mal camouflé à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, en difficulté finale et fatale car voulant s’éterniser au pouvoir. Dès lors, je ne vous considère plus comme un médiateur, encore moins comme un homme de paix car la seule cause de toutes ces menaces contre la paix, la sécurité et la stabilité politique aujourd’hui, c’est Monsieur Blaise Compaoré qui, après 28 ans de pouvoir ne veut plus le quitter et veut, comme Mamadou Tandja, s’acheter un référendum par une corruption électorale sans précédent et des promesses fort démagogiques.

Il suffit alors à Blaise Compaoré de renoncer à cet exercice dangereux et périlleux pour que tous les risques de pathologie politique et sociale disparaissent. Si vous tenez vraiment à la paix, c’est ce que vous devriez amicalement conseiller à celui qui vous est " absolument précieux" comme vous le dites.

C’est vrai que vous devez beaucoup à Blaise Compaoré qui : a hébergé et formé (sans référendum ) votre rébellion armée alors dirigée par IB dans le sud de notre territoire national. Et vous en étiez le porte-parole ; vous a militairement soutenu (sans référendum ) dans votre crise post- électorale et vous soutient politiquement aujourd’hui.

Mais de grâce, ne pensez qu’à vous seulement et maintenant en sacrifiant EVENTUELLEMENT DEMAIN. Car en vous lisant, si Blaise Compaoré est si indispensable, que ferez- vous si un autre Burkinabé le remplace ? Or c’est ce qui est programmé et va se réaliser quels que soient les moyens et les soutiens utilisés. Je vous souhaite de bien vous comporter en homme d’Etat privilégiant absolument les intérêts de son pays par rapport aux intérêts de sa personne ou de son régime.

Et puis, auriez-vous la même réaction dans votre propre pays si Alassane Ouattara voulait modifier votre Constitution pour effectuer seulement un troisième mandat ? Assurément non ! Alors, pourquoi voulez- vous que les Burkinabé acceptent ce que vous refuserez avec force ou par la force chez vous ? Au Pouvoir ivoirien, si vous voulez sincèrement la paix pour nous tous, ayez le courage de dire à votre Grand Ami de renoncer au tripatouillage de la Constitution dans son pays. Il pourrait vous écouter et le peuple Burkinabé vous en serait reconnaissant. Toutes autres attitudes amicalistes ou partisanes renforceraient la crise ici en sacrifiant les intérêts de nos peuples sur l’autel des intérêts individuels et partisans, tous passagers, alors que ceux de nos peuples sont permanents. Je rappelle enfin que dans bon nombre de conflits politiques, armés ou non, en Afrique, ce sont les immixtions des pays voisins, parfois relais d’intérêts étrangers, qui les allument ou les entretiennent. Évitons cela à notre sous-région désormais. Tout le monde y gagne.

À l’occasion, j’interpelle nos gouvernants pour qu’ils respectent et fassent respecter notre Souveraineté Nationale. Il n’est pas normal que sous le couvert d’une médiation, on vienne s’immiscer dans nos débats politiques internes. Qu’ils respectent également la souveraineté des autres États, entre autres, en cessant de soutenir les rebelles indépendantistes armés du MNLA qui se servent de notre territoire pour se la couler douce tout en tenant des propos incendiaires et subversifs, mettant en cause l’intégrité territoriale d’un pays frère et ami de par l’histoire et la géographie : la République du Mali. Nous ne voulons pas de rébellions indépendantistes armées chez nous.

Alors, évitons de les soutenir ailleurs pour ne pas aussi risquer un jour, d’engager notre peuple déjà si pauvre dans un conflit armé pour une cause injuste, anti-patriotique afin de satisfaire l’insensée volonté hégémonique d’un homme. Peut-être diaboliquement prêt à cela pour se maintenir au pouvoir chez nous !

 

10 Janvier 2014

Etienne Traore, Université de Ouagadougou

 

Source: LE FASO.NET

samedi, 11 janvier 2014

LE PROBLEME D’ELIGIBILITE, UN BOULET AU PIED D’ALASSANE OUATTARA

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Par Océane Yacé, Politologue

 

C’est vraiment incroyable ce qui se passe en Côte D’Ivoire depuis 2002. Des bandes criminelles organisées et armées par Alassane Dramane Ouattara sont descendues du Burkina Faso pour attaquer notre pays, s’emparer du pouvoir d’état par la terreur et dans le sang, semer la désolation dans nos villes et dans nos villages, détruire le tissu économique et social de notre pays, diviser et opposer nos populations, briser l’élan démocratique de notre nation, mettre en place une dictature ubuesque qui continue d’hypothéquer dangereusement le destin de plusieurs générations.

Si aujourd’hui les Ivoiriens dans leur immense majorité sont convaincus que la fin de ce régime du crime, du mensonge et de l’imposture ne saurait tarder, beaucoup se demandent cependant comment cela se produira. Ils sont en effet très peu, ceux qui savent déjà ce qui attend ce régime liberticide et antidémocratique. Quant à notre niveau, divers schémas sont envisageables, de l’hypothèse de la mort subite avant le scrutin présidentiel de 2015 (n’oublions pas que Dramane est très gravement malade et constamment sous la menace d’un arrêt cardiaque), à la probabilité d’une mort violente (Dramane peut en effet mourir à tout moment comme il a vécu: lâchement et surtout violemment).

Cependant, l’adversaire la plus implacable devant laquelle, très bientôt, le dictateur mossi pourrait être totalement désarmé et impuissant, est sans conteste la Loi fondamentale de la Côte D’Ivoire, la Constitution. Il est vrai que régulièrement le régime a froissé tout ce qui ne l’arrange pas. Mais cette fois tout porte à croire qu’avec le nouveau contexte national et international qui s’est mis en place, il ne peut plus continuer à jouer à ce jeu aujourd’hui.

Alassane Dramane Ouattara a en effet un gros problème de papier et de nationalité qui reste toujours posé. La grave crise ivoirienne qui perdure tire ses racines de ce débat qui n’a jamais été véritablement vidé pendant que des problèmes de tous ordres s’accumulent chaque jour et que le pays sombre.

La transition militaire qui, après le renversement de Henri Konan Bédié a duré de 1999 à 2000 sous le régime du Général Robert Guéï a certainement eu ses tares, mais elle a aussi eu le mérite d'avoir été une période d’une très grande densité politique avec la rédaction d’une nouvelle Constitution par la Commission Consultative Constitutionnelle et Électorale (CCCE) qui avait pour objectif de promouvoir une modernisation réelle de la vie politique ivoirienne et le respect des principes démocratiques.

En remplacement de la Constitution du 03 novembre 1960, cette nouvelle Constitution, votée à 83% le 23 juillet 2000, est entrée en vigueur le 1er août de la même année, marquant ainsi l’avènement de la Deuxième République. On se rappelle que lors des élections présidentielles d’octobre 2000 et sur la base de cette Constitution, la candidature d’Alassane Dramane Ouattara avait été invalidée par la Cour suprême pour cause de "nationalité douteuse, faux et usage de faux sur la filiation”.

L’on se rappelle aussi que c’est sur insistance du Médiateur, le président sud-africain Thabo MBéki que le président Laurent Gbagbo, vainqueur du scrutin présidentiel de 2000, a signé l’Accord de Prétoria qui autorisait Dramane Ouattara à se présenter à titre exceptionnel à l’élection présidentielle initialement prévue en 2005 puis reportée en 2010 pour cause d’instabilité.

Dans le discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005, pour expliquer sa décision d’activer l’article 48 de la Constitution afin d’autoriser de manière exceptionnelle la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait dit ceci: < Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005 conformément à la lettre du Médiateur sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2005>.

Cette importante mesure exceptionnelle qui ne concernait exclusivement que le scrutin présidentiel de 2005, finalement organisé en 2010, avait été prise par le président Laurent Gbagbo pour ramener la paix et la stabilité en Côte D’Ivoire. D’où vient-il donc que le régime RDR la prenne maintenant comme une reconnaissance définitive de la nationalité ivoirienne à Dramane Ouattara? D’où vient-il que Dramane Ouattara se proclame-il déjà candidat pour 2015 alors qu’il est forclos au regard de la Constitution qui est toujours en vigueur?

Comme on le voit donc, malgré son hold up électoral et malgré les massacres qui ont marqué son arrivée au pouvoir en avril 2011, Alassane Dramane Ouattara continue de traîner au pied le gros boulet de l’article 35 qui, dans l’état actuel des choses, ne lui permet toujours pas de se présenter à un scrutin présidentiel en Côte D’Ivoire. Le RDR tente pour l’instant de fuir ce débat pertinent alors que ce parti a appelé en 2000 à voter cette Constitution. Nous comprenons alors pourquoi le régime Ouattara est entré en transe face aux propos sincères du président Pascal Affi N'Guessan qui demande l'organisation des États Généraux de la République (EGR).

Nous comprenons surtout pourquoi les EGR s’imposent aujourd'hui pour éviter le pire à notre pays.La France, les Usa et la Communauté internationale semblent désormais très favorables à la tenue de ce Forum que réclame le FPI.Dramane Ouattara et le RDR peuvent donc traîner les pieds et retarder les choses, mais il est absolument sûr et certain que cette année 2014 marquera le début de la fin de cette vaste forfaiture.

 

Océane Yacé, Politologue, Monaco

oyace84@yaoo.fr

vendredi, 10 janvier 2014

INELIGIBILITE D’ALASSANE OUATTARA POUR 2015 - L’EMBROUILLAMINI DU POUVOIR OUATTARA


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Koné Nabagné Bruno

LAURENT GBAGBO

(Extrait du Message à la nation , 25 Avril 2005)

« …C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:

Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.

Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI (Présentation des Vœux, 7 Janvier 2014)

«J’ai entendu dire dans un de ses discours (Ouattara, ndlr) que lui il préfère les actes et que les états généraux, c’est du bavardage. Mais quand il cherchait à être candidat, là il était d’accord pour les bavardages. Il a été partout, à Pretoria, à Accra, à Ouagadougou. Ce n’était pas pour bavarder ? Maintenant il n’aime pas bavardage ? Mais il ne sait pas qu’il y a bavardage devant parce que lui- même il n’est pas éligible. En 2010, c’est Laurent Gbagbo qui l’a fait candidat. Mais Laurent Gbagbo n’est plus là. Et c’est la constitution qui va s’appliquer. Or la constitution actuelle, c’est son totem».


Bruno Koné, Porte parole du Gouvernement: (8 Janvier 2014 à la sortie du Conseil des ministres)

« Monsieur Affi est responsable de ce qu’il dit. Nous lui laissons la responsabilité de ce qu’il a dit. Cela dit, les Ivoiriens savent, toutes les crises que notre pays a vécues sont venues. Et les Ivoiriens sauront le moment venu faire le tri entre ceux qui veulent réellement un avenir radieux, positif pour ce pays et ceux qui ont d’autres desseins ».

Joël N’Guessan, Porte-parole principal du RDR (8 Janvier 2014)

« …Le Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Monsieur Pascal Affi N’Guessan a, lors de la présentation des vœux de leur parti, montré une fois de plus son arrogance pour les nombreuses victimes de la crise postélectorale. Les thèmes forts de son message ainsi que le ton employé pour le dire démontrent à souhait le désir du FPI de Affi N’Guessan de replonger la Côte d’Ivoire dans le cycle de violences que nous avons connues sous le règne désastreux des refondateurs…«Monsieur Affi N’Guessan tente maladroitement de convaincre ses militants que la Président Alassane Ouattara n’est pas éligible pour l’élection présidentielle de 2015. Le disant, il veut faire ressurgir un vieux débat qui a empoisonné la vie politique ivoirienne de 1994 à 2010. Nous disons à Monsieur Affi N’Guessan que le rêve lui est permis. Les militants du RDR se demandent comment Monsieur Affi N’Guessan et ses camarades de parti vont opérer pour empêcher la candidature du Président Alassane Ouattara. Pour le RDR, ce vieux débat est clos et ne saurait prospérer. Le Président Alassane Ouattara est candidat un point un trait»,

Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (RFI - Edition du 9 Janvier 2014 à 18H30)

«… Cette déclaration d’Affi N’Guessan n’a aucun intérêt car M. Ouattara avait promis de modifier tous les articles confligènes de la constitution, dont l’article 35 qui fixe les conditions d’éligibilité… Alassane Ouattara est un homme qui tient tous ses engagements. Je n’ai aucun doute que l’article en question sera modifié pour permettre à Alassane Ouattara d’être candidat étant donné que le RDR dispose d’une majorité confortable à l’assemblée nationale. Mais en plus, nous avons une alliance avec le Pdci-Rda, ce qui nous donne une majorité écrasante au parlement alors que le Fpi n’y est pas représenté …»

AUGUSTIN KUYO (Notre Voie du 10 Janvier 2014)

«… Amadou Soumahoro a apporté hier de l’eau au moulin d’Affi N’Guessan au sujet de l’élection présidentielle de 2015. Interrogé par Radio France internationale (Rfi), le secrétaire général du Rassemblement des républicains (Rdr) a déclaré qu’Alassane Dramane Ouattara sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2015 puisqu’il va modifier l’article 35 de la constitution qui le rend inéligible. Laissant clairement sous-entendre que si la constitution n’est pas modifiée, M. Ouattara ne pourra pas être candidat. »

CONCLUSION DU DEBAT

Affi N’guessan a donc raison. Au regard de la constitution ivoirienne en vigueur, Alassane Ouattara n’est pas éligible à l’élection présidentielle de 2015… Allons donc aux Etats généraux de la République pour en parler.


Une contribution particulière

jeudi, 09 janvier 2014

LAURENT GBAGBO: «POURQUOI J'AI FAIT DE OUATTARA ET DE BEDIE DES CANDIDATS EXCEPTIONNELS»


LAURENT GBAGBO 4.jpg


Au moment où le débat sur l'éligibilité de Ouattara  refait surface, au moment où  le RDR veut noyer le débat dans la marre de l'ivoirité, voici pour mémoire le discours du Président Laurent Gbagbo, le 28 AVRIL 2005, à l 'époque des faits, sur le sujet.



Pour la paix, Laurent Gbagbo s’est obligé à faire des sacrifices incroyables. Cela parfois, en violation de la Constitution du pays. Alors que Bédié et Alassane Ouattara étaient forclos pour la présidentielle 2010 conformément à loi fondamentale, Gbagbo a accepté de faire des deux personnalités des candidats exceptionnels. Dans ce discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005 après la signature des accords de Pretoria, il donne les raisons de sa décision.

___________

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Mes chers compatriotes.

Chers amis de la Côte d’Ivoire


Le 19 septembre 2002, notre pays, la Côte d’Ivoire a été agressée. Les assaillants, une fois repoussés hors d’Abidjan, se sont installés à Bouaké et dans plusieurs villes du pays, au Nord et à l’Ouest. Ils ont ainsi transformé un coup d’Etat manqué en une rébellion armée qui a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire.

Depuis le début de cette crise, je vous ai régulièrement rendu compte de l’évolution de la situation, des obstacles rencontrés sur le chemin de la restauration de la paix et des multiples malentendus qui ont surgi autour des voies et moyens pour parvenir à la normalisation. Je vous ai également écouté avant de prendre les décisions qui engagent l’avenir de notre pays.

Malgré les déceptions que nous avons connues, je n’ai, pour ma part, jamais douté de l’issue de ce conflit auquel notre Nation a déjà payé un trop lourd tribut. Dès mon retour d’Italie, le 22 septembre 2002, j’ai clairement opté pour la voie de la négociation.

J’ai accepté, au nom de la Côte d’Ivoire, de négocier non seulement avec ceux qui ont pris les armes contre la mère-patrie mais aussi de placer, dès le départ, ces négociations sous l’égide de la communauté internationale.
D’abord sous les auspices de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra puis à Lomé. Ce faisant, j’ai montré que les responsabilités historiques que nous impose la position de notre pays en Afrique de l’Ouest nous commandent de régler au plus vite cette crise. A Lomé, nous avons cru comprendre que le problème était la réinsertion des mutins dans l’armée. Nous avons fait droit à cette exigence. Mais, malgré Lomé, le pays s’est installé dans la guerre. Nous avons donc accepté d’aller ailleurs, à la rue Kléber à Paris. J’ai noté que l’Accord de Marcoussis était un mauvais Accord. Mais j’ai accepté de l’appliquer, parce que, dans cet accord, il y avait deux choses essentielles:

1 – Le désarmement des rebelles, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

2 – Le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.
Concernant précisément l’article 35 de la Constitution, on pouvait penser que, pour des raisons d’ordre idéologique, la communauté internationale voulait savoir si, dans un pays de brassage comme la Côte d’Ivoire, la loi fondamentale garantit suffisamment la participation de tous à la vie démocratique.

C’est pourquoi, malgré, les réticences et les réserves des uns et des autres, j’ai déposé au Parlement le projet de modification rédigé à Marcoussis, en vue de le soumettre au référendum, la seule voie prescrite par la Constitution. Mais le désarmement n’a pas eu lieu et, aujourd’hui, ceux qui avaient demandé la modification de l’article 35 ne le réclament plus. C’est donc avec l’Accord d’Accra III d’abord mais surtout avec l’Accord de Pretoria et la lettre du Médiateur, que nous commençons à comprendre. C’est pourquoi, en votre nom à tous, je voudrais rendre ce soir un hommage solennel au Président Thabo Mbéki.

Il a écouté tout le monde, pour comprendre et pour nous aider à comprendre. Je salue le bon esprit qui a présidé aux négociations de Pretoria. Vos différentes interventions, au cours des rencontres que j’ai initiées au palais de la présidence de la République, à la suite de l’accord de Pretoria et de la diffusion de la lettre du Médiateur, ont montré que le peuple de Côte d’Ivoire a également compris quel est le vrai problème. Le problème n’est ni la réinsertion des mutins, ni l’article 35 de la Constitution mais la candidature d’un homme à la présidence de la République de Côte d’Ivoire; la candidature de Monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est la substance de l’Accord de Pretoria et de la lettre du Médiateur. Dans vos différentes interventions, vous m’avez dit une seule et même chose. Vous m’avez dit que l’accord de Pretoria et la lettre du Médiateur peuvent et doivent nous aider à mettre fin à la guerre et ramener la paix en Côte d’Ivoire, dans le respect de notre Constitution.

Je vous ai compris. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:
 
Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.
 
Deuxièmement.

A compter de maintenant, et vue l’urgence, étant donnée l’absolue nécessité d’organiser les élections aux dates fixées par la Constitution, je donne mandat à l’Institut National de Statistiques, et à lui seul, d’établir, dans les meilleurs délais, les listes électorales pour les élections générales de 2005.
 
Troisièmement.

J’ordonne par la même occasion, à l’Institut National des Statistiques d’établir, dans les meilleurs délais, les cartes d’électeurs avec au moins deux mentions spécifiques:
la photo d’identité et l’empreinte digitale du titulaire.
 
Quatrièmement.

Afin d’éviter toute contestation éventuelle, j’ordonne à la Commission chargée d’organiser, les élections, de prendre toutes les dispositions utiles pour que chaque partie intéressée par les élections puisse faire à temps les vérifications nécessaires sur les listes électorales.
 
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.
Bien des problèmes, soulevés par nos compatriotes, n’ont pas trouvé de solutions dans ce discours.
Je ne les ai pas oubliés.
Je ne les ai pas occultés.
Le moment venu, ils seront résolus.
A compter de ce jour, et jusqu’à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l’article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

LAURENT GBAGBO

Président de la République de Côte d’Ivoire

samedi, 04 janvier 2014

THIERRY MBEPGUE: «MEME PENDANT 10 ANS LA CPI NE TROUVERA AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO LAURENT»

 

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Thierry Tafam Mbepgue ou l’audace de croire en une Afrique libre et digne!

 

Interview du président du Malcon, Thierry Mbepgue parut dans le quotidien ivoirien «Le Temps», le 31 décembre 2013.

Comment vous appréhendez la suite du procès de Gbagbo?

Ce qui se passe à la CPI est tout sauf un procès. L’arrestation et la déportation du président GBAGBO était la réalisation d’un scenario écrit par Nicolas Sarkozy qui a pris un coup dur dans son financement après sa chute en France. Voila pourquoi ce film dont l’acteur principal est celui que vous connaissez n’a pas pu sortir, pire actuellement aucun acteur ne veut figurer dans ce film. Donc sachez que pour nous combattants de la liberté, il y a plus procès à la CPI. La suite de ce cinéma que vous appelez procès sera marquée par la Libération du président GBAGBO Laurent car Il n’est pas admissible qu’on maintienne une personne en détention pendant trois années sous prétexte de trouver les preuves l’accablant. Par ailleurs que pourra apporter comme preuves crédibles un procureur qui est accusé d’avoir soudoyé les témoins pour que ceux-ci témoignent contre la défense dans l'affaire Jean Pierre Bemba ? Si elle a été capable de le faire pourquoi ne le reproduira t-elle pas dans l’affaire GBAGBO ?

Et pourtant, la Cpi vient d’accorder une autre rallonge à Bensouda.

Je vous avais dis que la cpi même pendant 10 années ne trouvera aucune preuve contre GBAGBO Laurent, elle pourra en fabriquer mais pas dire qu’il y a une preuve contre ce dernier. Ce que tu n’as pas pu trouver en 3 ans, ce n’est pas en 2 mois que tu pourras le trouver, soyons sérieux. La période accordée à Bensouda n’est rien d’autre qu’un moyen de donner un temps supplémentaire et une chance d’aboutissement aux négociations en cour actuellement à la Haye. Si même par extraordinaire on nous présentait aujourd’hui des soient distantes preuves contre GBAGBO, je ne douterai même pas un instant que celles-ci sont sorties d’un de ces laboratoires de chimie mensongère établi à travers le monde car on ne cherche pas pendant trois ans ce qui est sensé pas être caché. Mes parents me disaient toujours qu’on ne peut jamais cacher la lumière du soleil.

Selon vous, qu’est ce qui peut empêcher aujourd’hui la libération de Gbagbo.

Que ce soit sur le plan national ou international, je ne vois aucune objection à sa libération future. C’est d’ailleurs pour l’intérêt de tous qu’il faut qu’il soit libérer car on ne peut pas objectivement parler de réconciliation sans lui. Même en Afrique du sud, il a fallut que Mandela soit libre pour que l’étape de la réconciliation soit amorcer. Ceux qui œuvrent pour empêcher sa libération sont ceux là même qui ont beaucoup à se reprocher. C’est quand tu sais que tu as fais du tord à quelqu’un que tu as peur des représailles. Même Ouattara ne peut pas empêcher sa libération, mais plutôt faire en sorte qu’elle soit anticipée et je l’appelle au nom de la réconciliation de le faire.

Vous dites que Gbagbo incarne à la fois Lumumba et N’Nkrumah, alors que l’un des vôtres vient de réaliser un film documentaire dans lequel il traite Gbagbo de dictateur. Quel est votre point de vue?

(Rires). Aujourd’hui tout énergumène en manque de popularité n’a pour seule façon de faire parler de lui qu’en indexant le président GBAGBO Laurent, malheureusement les pro-gbagbo n’ont pas toujours compris cela et passe leur temps à relayer ces bêtises. Je n’ai pas été surpris d’apprendre que ce soit un camerounais qui se prête à ce genre de jeux car dans mon pays comme dans plusieurs autres d’ailleurs, il y a des brebis perdues qu’il faut rapidement retrouver et ramener dans l’enclos. Il existe aussi au Cameroun des traitres et des nègres de service qui sont toujours prêt à livrer, au moindre dollar proposé, leur propre frère. GBAGBO incarne Lumumba et N’Nkrumah et ce réalisateur incarne Mobutu SESE SEKO et tout ceux qui ont trahi nos vaillants leaders. Le Camerounais dont vous parlez s’appelle Saïd Mbombo Penda ex-journaliste à BBC. Comme lui, plusieurs affamés de nationalité Camerounaise ont été envoyés en mission pour saboter les différents acquis de la résistance anti-coloniale. Et la stratégie idéale ne pouvant être que s'attaquer au chef de file de cette lutte, ils ont trouvé bon de salir l'image de GBAGBO Laurent, le père de la résistance en Afrique. Après la sortie du pseudo film documentaire qui aurai été réalisé à plus de 108 millions, certains personnes ont tout simplement compris jusqu’à quel point le nègre peut aller pour vendre sa dignité. Qu’il soit au service du régime Ouattara ou au service de l’impérialisme occidentale, je voulais simplement qu’il sache que ce ne sont pas des campagnes de communications médiatiques bien rafistolées, ce ne sont pas les réalisations des films mensonges à hauteur de centaines de millions de FCFA par des journalistons égarés qui peuvent sauver un régime qui a du mal à convaincre un peuple. La seule chose qui peut sauver un tel régime c'est: « écouter le peuple » J’appelle sincèrement le gouvernement ivoirien à écouter le peuple.

Il affirme même que Gbagbo a trompé les camerounais.

Tu vois jusqu’où va sa mauvaise foi et sa malhonnêteté ! Le fait d’insinuer qu’une simple tête à pu tromper plus de 15 millions de têtes au Cameroun n’est-il pas une preuve que ce dernier ne sais même ce qu’il affirme ? Croyez vous que le peuple Camerounais soit aussi idiot jusqu’à ce point là ? En tout cas Il connait la vérité. Il sait que si on les a payés pour vendre leur dignité, c’est parce que l’esprit GBAGBO Laurent plane sur tout l’étendu du territoire Camerounais et la majorité des Camerounais ne rêvent que de lui ressembler.

Comment ces déclarations ont été accueillies dans l’ensemble au Cameroun?

Le vaillant peuple du Cameroun n’est pas dupe, nous savons tous comme on le dit chez nous au Cameroun: «qu’il se cherche». Il ne joue que le rôle pour lequel on l’a payé. Une fois ses millions encaissés il dira le contraire vous verrez plus tard. Par ailleurs sachez que tous ces Camerounais qui draguent les hommes politiques Ivoiriens sont répertoriés comme étant des Anti-BIYA qui rêvent d’importer les méthodes violentes au Cameroun. On les voit venir, nous les attendons de pied ferme.

Quel est aujourd’hui l’image du Président Gbagbo dans l’opinion camerounaise?

Il reste le leader incontestable que les Camerounais ont toujours rêvé, nous connaissons la vérité et ce n’est pas un documentaire dont nous connaissons la source de financement qui peut changer nos idées.

Connaissez-vous personnellement Mr Penda, l’auteur de ce film?

Demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent cet homme, 2 ne le connaitront pas mais demandez à 10 Camerounais s’ils connaissent Charles ONANA, 9 te diront qu’ils le connaissent. Donc à toi de tirer ta conclusion.

Il dit qu’il n’a pas besoin de l’argent de Mr Ouattara…

(Rires). Il est trop riche et adore beaucoup Ouattara. Lorsque MOBUTU trahissait LUMUMBA a-t-il dit qu’il avait besoin de l’argent du roi belge ou le faisait pour les belges ?


Interview realisé par GUEHI Brence.

In le quotidien ivoirien "Le Temps" du mardi 31 décembre 2014.

vendredi, 03 janvier 2014

ALASSANE OUATTARA, UN INCOMPETENT AU POUVOIR A ABIDJAN - PAR THEOPHILE KOUAMOUO


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Un boucantier aux affaires!


Une des forces de la propagande massive est qu’elle finit par s’instiller subrepticement dans les esprits de ceux qui la contestent a priori. Pendant longtemps en Côte d’Ivoire, voire en Afrique, le présupposé de la compétence de l’actuel chef de l’Etat ivoirien semblait aller de soi. Le fondement de cette idée répandue était pourtant fondamentalement discutable : Alassane Ouattara était compétent parce qu’il était sorti de la cuisse de Jupiter-FMI ; point final. Les thuriféraires des institutions de Bretton Woods comme ceux qui portent (à raison) un regard critique sur l’idéologie qu’elles portent et leur fonctionnement interne ont tous validé cette étrange hypothèse.

La gouvernance concrète du «bon petit» de Michel Camdessus vient comme une sorte de «révélation» et de «désenvoûtement» forcé. Les faits sont têtus : Alassane Ouattara est un dirigeant incompétent et hâbleur, qui s’intéresse plus à l’écume des choses et à son ego surdimensionné qu’au fond des problèmes du pays qu’il dirige. Nous sommes fiers d’avoir écrit, en janvier 2013, que l’année en cours serait celle de la fin du mythe du super-économiste. «Le nouveau miracle ivoirien devra attendre après-demain», admettait, en mai dernier, le principal quotidien économique français, Les Echos. «Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance», écrivait pour sa part en août dernier l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont le zèle pro-Ouattara est ancien et connu de tous.

Alassane Ouattara est-il le capitaine de bonne volonté d’un bateau rendu ivre par les lacunes de ses subalternes ou le principal responsable d’une embarcation qu’il conduit droit vers un énorme iceberg, à l’image du Titanic ? Au Nouveau Courrier, nous pensons qu’il est notoirement incompétent, et que ses actes quotidiens témoignent de ce qu’il ne met pas en pratique le bon sens économique le plus élémentaire. Un bon sens qui est pourtant accessible à des hommes dotés de bon sens qui n’ont jamais mis un doigt de pied à l’université. Il est grand temps que ses soutiens extérieurs s’en rendent compte. Les quelques exemples qui suivent permettront en tout cas d’alimenter le débat.

Décentralisation : les errements scandaleux de Ouattara

Même pour un politicien moyen, l’organisation structurelle de l’Etat est une question fondamentale, qui relève d’un choix mûrement réfléchi, et de la stratégie de développement à long terme qu’il entend défendre. La légèreté phénoménale avec laquelle Ouattara change de doctrine à ce sujet est, du coup, particulièrement inquiétante. Candidat à la présidentielle de 2010, il promettait dans son programme : «Nous supprimerons les Districts. Abidjan et Yamoussoukro, à l’image des autres villes à créer, seront dirigées par des conseillers municipaux élus». Cinq mois après sa prise de pouvoir, il change subitement de braquet. Il décide de maintenir les deux districts d’Abidjan et d’en créer douze nouveaux. Il supprime les Conseils généraux, qui recoupent les départements, fait exploser le nombre de régions (elles passent de 19 à 30, alors que Gbagbo voulait les réduire au nombre de 10). Une réforme budgétivore et tout à fait inattendue, donc. En mai 2013, il promet qu’il nommera incessamment ses gouverneurs de district, «avec rang de ministres». Quatre mois plus tard, virage à 360 degrés. Lors d’une rencontre avec les préfets,  il fait un incroyable aveu : «Si nous tardons à mettre en place ces districts, a concédé le président Ouattara, c’est parce que je ne suis pas convaincu que ce soit un échelon essentiel, dans l’administration du territoire (…) Je reprends ce dossier pour l’examiner en toute objectivité. Et voir où nous devons mettre en place le district ou pas». Que veut cet homme ? A-t-il le moindre début de commencement de vision politique ? Est-il seulement un peu sérieux ? Pour notre part, la réponse est claire : c’est non, sans hésitation.

Santé publique : des promesses irréalistes à la désertion

Démagogue sans scrupules, Alassane Ouattara avait promis tout et n’importe quoi dans son programme. Alors que Laurent Gbagbo prévoyait un système d’assurance maladie universelle basée sur des cotisations en fonction des revenus des différents bénéficiaires, il préconisait l’instauration d’une couverture médicale universelle accessible à tous «avec 1 000 FCFA par mois». Bien entendu, il s’agissait d’une promesse sans lendemain. Dès son arrivée au pouvoir, il mettait en place un mécanisme (non financé, ce qui est une aberration même pour un étudiant de première année à l’Ecole nationale d’administration) de gratuité de soins dans les établissements sanitaires publics. Neuf mois plus tard, il abandonnait cette politique improvisée et qui ne fonctionnait de toute façon pas sur le terrain, et parlait d’une gratuité des soins «ciblée», concernant tous les actes liés aux accouchements. Aujourd’hui, sur le terrain, c’est un échec total, à en croire les professionnels de santé. Les médicaments gratuits promis n’existent tout simplement pas. Le projet a été mal conçu et mal exécuté, mal pensé. Si ce n’est pas de l’incompétence, cela y ressemble terriblement.

Un banquier-boucantier qui fait déraper les finances publiques

«Je suis un banquier. Mon travail, c’est de trouver de l’argent», fanfaronnait le candidat Alassane Ouattara. Qui a déjà eu un banquier sait que, pour cette profession, la disciplinaire budgétaire est un principe sacro-saint. Depuis qu’il préside aux destinées de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara se caractérise pourtant par sa propension à dépenser n’importe comment l’argent qu’il ne possède pas. Comment peut-il justifier que, chef de l’Etat d’un pays sortant de dix années de guerre, il considère comme prioritaire d’acheter plusieurs nouveaux avions présidentiels – alors que Joyce Banda, la présidente du Malawi, choisit de vendre le seul qu’elle a pour endiguer la pénurie alimentaire dans son pays ? Combien ses voyages, et les voyages de ses ministres, auxquels prennent toujours part une cohorte de dizaines et de dizaines de parasites, coûtent-ils donc au contribuable ? Quelle explication peut-il donner au fait que le déficit budgétaire se soit creusé en 2012 en dépit de l’afflux inédit d’aide publique au développement ? Désargenté après avoir été «cadeauté» de centaines de milliards, l’Etat ivoirien en est aujourd’hui réduit à utiliser des techniques grossières de harcèlement fiscal et à faire la manche d’autre part – en ce mois de septembre, nous dit La Lettre du Continent, la France vient au secours de Ouattara pour une rallonge budgétaire… ce qui est une honte pour un pays qui n’en était plus là même au cours des années de guerre !

Les sujets qui mettent en lumière l’absence totale de vision d’Alassane Ouattara sont légion. Par exemple, qu’avait-il à détruire, via sa ministre Anne Oulotto, les commerces informels s’il entendait par la suite laisser le désordre s’installer à nouveau ? Quel intérêt a-t-il à faire la promotion du gré à gré alors que son administration est déjà notoirement corrompue ? Qui se souvient que la marche du RHDP du 25 mars 2004 visait à protester contre l’octroi à Bolloré du marché du terminal à containers du port d’Abidjan, dans un contexte où l’industriel français avait pour lui d’être le candidat unique dans une période de fortes incertitudes ?

Alassane Ouattara est incompétent. Et chaque jour, les Ivoiriens s’en rendent compte un peu plus.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

UNE ENVOYEE DE DIEU CHEZ LE PASTEUR JEAN-BAPTISTE NIELBIEN AVEC UN MESSAGE POUR LA COTE D'IVOIRE

 

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Exclusif - Le pasteur Jean-Baptiste Nielbien (Président de la Feeci) aurait refusé de recevoir une envoyée de Dieu porteuse d’un message pour la nation et pour Laurent Gbagbo. Récit.



Il y a de cela 2 semaines (le 16 décembre 2013, Ndlr) quelque chose d’étrange s’est produit au quartier Cité des Arts de Cocody (Abidjan) où sont logés les bureaux du Dr Jean-Baptiste NIELBIEN, Docteur ès Sociologie, ès Théologie et président de la Fédération des Eglises Evangéliques de Côte d’Ivoire (FEECI) et pasteur principal à l’église des Assemblées de Dieu. De quoi s’agit-il ?

Dame A. D. arrive, ce lundi matin, au bureau du pasteur NIELBIEN. «Je voudrais voir l’homme de Dieu, c’est confidentiel», s’exprima t-elle face à la secrétaire. «Le pasteur n’est pas là», répondit cette dernière apparemment mécontente du fait que la visiteuse ne lui dise pas l’essentiel de sa visite. «Qu’à cela ne tienne, j’attends le pasteur!», ajouta la visiteuse. Minutes et heures s’égrainent mais la dame n’est nullement ébranlée par la fatigue de la longue attente. Quant au pasteur, il campe sur sa position. Pis, pensant à une mendiante, l’homme de Dieu (certainement en manque d’inspiration), remet de l’argent à un de ses collaborateurs pour dame A.D. «Dites lui que je n’ai pas besoin de son argent», rétorque l’envoyée de Dieu. La réponse de la dame met le serviteur de Dieu dans tous ses états et durcit sa position de ne plus recevoir la femme. L’après midi la trouve à cet endroit. Elle décide donc de rentrer non sans dire le message divin qui se résume en ceci :

1- Dieu me charge de dire au président des chrétiens évangéliques que Lui, le Tout-Puissant DIEU, a bouclé le programme de la Côte d’Ivoire qui va s’accomplir certainement. Le changement spirituel aura lieu.

2- Que tous ceux qui ont soutenu la rébellion se repentent de leur péché.

3- Que tous ceux qui ont soutenu l’actuel homme fort d’Abidjan et son pouvoir demande pardon à Dieu car un grand vent va souffler.

4- Laurent GBAGBO sortira de prison et exercera le pouvoir d’Etat pour un mandat.

Le message fut rapporté fidèlement au pasteur NIELBIEN par ses lieutenants.

Mystère!

Dame A. D. décida de s’en aller avec le sentiment d’avoir joué sa partition. En sortant des bureaux du pasteur, un des collaborateurs accompagnant la dame qui se rendait à la cité Mermoz arrêta un taxi communal et remit 200 F au conducteur. Mais une fois au feu du carrefour de l’Institut de la communication (ISTC), le conducteur constate à sa grande surprise que la femme qui était pourtant bien assise à l’arrière du véhicule a disparu. Le taximan marque un arrêt pour bien voir, point de femme! Paniqué, le taximan retourne au Centre de Publication Evangélique (CPE) d’où il avait pris la dame. Une fois là, il rembourse les 200 F à lui remettre par le monsieur en disant: «Voici vos 200 F, quelle femme avez-vous mis dans véhicule, que votre malheur soit sur vous seuls!»

Médusés, les hommes du pasteur n’ont pu rien dire. Ils se rendirent à l’évidence «qu'assurément cette femme était envoyée par le Seigneur».

On raconte que le pasteur NIELBIEN fit 2 semaines sans mettre pied au bureau.


Faya Yéo, Le Tigre du Nord.

jeudi, 02 janvier 2014

DRAMARECHAL, NOUS VOILA!

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Ce discours, tout le monde l'attendait, en raison de sa promesse d'une “bonne nouvelle” qui serait révélée en fin d'année..., mais voilà, la bonne nouvelle s'est muée en « bonne année », et la montagne Sylvestre a accouché d'une souris...

Alassane Dramane Ouattara, en cette fin d'année 2013, aurait dû prononcer son discours avec un casque de sécurité vissé sur la tête, parce que ce n'est pas en Président de tous les Ivoiriens qu'il a parlé, mais en technocrate des ponts et chaussées, en employé de Bouygues, préposé aux futurs autoroutes payantes et ponts à péage; en vassal dévoué, il a tenté d'envoyer des ondes positives à ses patrons, tout en essayant de plaider sa cause devant ses derniers investisseurs potentiels, les quelques têtes brûlées qui seraient assez inconscientes pour s'engager encore à ses côtés.

« la vie est chère » : l’aurait-il enfin réalisé ? Hier il officiait au FMI et prônait le gel des salaires, aujourd'hui, il enfile son costume de syndicaliste de la françafrique et plaide pour leur déblocage. Nous ne sommes plus à une incohérence près : très fier, il annonce la revalorisation des salaires de la fonction publique, bloqués depuis plus de vingt ans ! Je crois pourtant me souvenir que le président Gbagbo était déjà intervenu en ce sens en rajoutant des primes à certaines catégories de fonctionnaires et assimilés. Mais ces heureux fonctionnaires et militaires ne sont plus là pour en témoigner : ils ont été remerciés, limogés, et dans le meilleur des cas leur rallonge vitale a été supprimée.

Tout va bien en Ouattarandie: notre chef avoue avoir le cœur plus léger qu'il y a un an. Après la règle des 4C du diamant que j'ai appris en Israël, voici celle des 3C du vivrier que je ne connaissais pas : Café, Cacao, Coton : tout va bien, l'agriculture continuera d'être l'Eldorado du pauvre ivoirien, il y aura beaucoup de travail dans les terres concédées aux lobbies des semences OGM et de l'agroalimentaire, dans les terres rizicoles concédées à la veuve Louis Dreyfuss. Le Smig est instauré; selon l'avis de beaucoup de Français, il n'a jamais rien apporté de bon, mais en Côte d'Ivoire il fera des miracles, le brevet est donc exportable en Afrique. Tout ira bien, l'avenir est rose, bien qu'en friche. Et quid des chômeurs rattrapés, des retraités, des jeunes diplômés? Quid des prisonniers et des exilés qui ne se pressent pas à la porte (C'est seulement sous la pression de la nouvelle guerre française en Centre-Afrique, qu'une centaine d’exilés ivoiriens sont rentrés au pays, dans un avion affrété par le gouvernement).

Concernant la Couverture maladie universelle courant 2014, il ne pouvait pas faire moins, elle était déjà dans les promesses de 2013...

« Notre pays change, progresse.(...) Priorité à l'emploi avec un rythme de création d'emplois soutenu. (...) L'objectif d'un million d'emplois est toujours à notre portée » : J'abonde dans son sens, puisque ce qui me frappe toujours ce sont les annonces nécrologiques; beaucoup de personnes jeunes décèdent alors que ce n'est certainement pas leur heure. A défaut de véritables créations d’emplois, c’est par un simple jeu d'écriture que les postes vacants pour cause de mort assassine seront occupés par les rescapés reconnaissants. Et l'économiste bardé de diplômes en économie de marché de nous resservir une fois de plus le micro-crédit des pauvres, au probable taux exceptionnel d'un pour cent par mois, déja appliqué par son épouse. Atteindre l'émergence nécessitera plus d'un coup de pouce, carrément la falsification des registres et des statistiques !

Par sa voix, nous apprenons également que la Côte d'Ivoire renoue avec le « retour à la sécurité » ! Alors qu’un classement rendu publique il y a quelques jours place la Côte d'Ivoire au troisième rang des pays les plus dangereux au monde, après deux pays d’Amérique latine ! En fait, la Côte d'Ivoire est le pays le plus dangereux d'Afrique, mais qu’importe, face à la parole d’un président qui ne ment jamais : son nez ne s'est pas allongé, pas plus que celui de son épouse, encore plus digne de foi puisque le sien a été remodelé, retouché à la baisse. Il fallait bien envoyer un message subliminal à la communauté internationale, parler de la sécurité retrouvée, de la lutte intensifiée contre la corruption et le racket, fléau bien sûr hérité des seuls refondateurs. Grâce au bon travail des forces de sécurité que nous appelons par leurs petits noms, Frères Cissé et Dozos, les coupeurs de route ne sont plus que des piétons inconscients qui traversent la chaussée sans regarder, et provoquent tous ces accidents mortels qu'on ne cesse d'évoquer ces dernières semaines.

L'héritier d'Houphouët est partisan de la “préservation d'un climat de paix”. Notre disciple d'Houphouët, qui a préféré créer son propre parti plutôt que d’intégrer celui du maître, ce digne fils du Père de la nation, le vrai, doté du label authentique, peut maintenant retirer son casque BTP, glisser dans sa poche l’unique fascicule ayant suffi à lui valoir un doctorat d'économie, pour sourire dorénavant, un brin d'olivier entre les dents, comme la colombe de Noé annonçant la fin du déluge.

Il nous redit combien il tient à poursuivre le dialogue avec l'opposition : la justice, qu'il ne cesse de houspiller pour sa lenteur, doit permettre -incessamment, sous peu- des mises en liberté provisoire, petites piécettes concédées à la réconciliation, provisoire elle aussi. Mais qui sont les heureux élus ? Un incident technique providentiel intervenu à ce moment de son discours, et bien géré par l'équipe technique de la RCI, aurait amputé le film de ce passage si attendu, à moins que l'émotion partagée avec tous les Ivoiriens qui guettaient cette bonne nouvelle à eux promise, ait empêché Ouattara de citer les noms des chers frères et sœurs des partis d'opposition. Comprenez qu'il s'est beaucoup exercé à sourire, à enjôler son public pour tenter de renouer avec la première bonne impression, celle d'un homme généreux, compétent, qui arpente parfois la Côte d'Ivoire de long en large pour répondre aux besoins de ses citoyens, et régulièrement, sillonne au rythme d’un abonné de train de banlieue les couloirs aériens qui surplombent tous les pays émergés, n’atterrissant que pour recevoir les ordres de ses patrons, sous couvert d’importantes conférences, de colloques à décrocher la lune pour la Côte d'Ivoire. Oui notre Homme est prêt pour l'émergence dans les années à venir, bien accroché à son fauteuil jusqu'à la fin de ce mandat et du prochain, grâce aux élections électroniques garanties sans fraudes, non seulement bien sûr dans les régions non encore raccordées au réseau électrique, mais aussi dans toutes celles où grâce à un accord passé avec Délestron le jour J, les scores seront encore meilleurs qu'en 2010, cela va sans dire.

Opposition, saisissez la chance qui vous est donnée de vous joindre au sage Ouattara, fermez les yeux, fermez la bouche, le spécialiste est aux commandes, pour un atterrissage dans la réalité virtuelle de l'un « des dix pays à la plus forte croissance au monde ». Et je n'invente rien puisque c'est lui encore qui l'a dit au début de son bilan... de compétences.

« Je forme le vœu d’une paix consolidée en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde ». Ici, ce n'est plus l'homme au casque BTP et au rameau d'olivier qui parle, mais le Messie ou le dernier Mahdi. Et là, on écoute religieusement, avant d'éteindre la télévision et de passer aux choses sérieuses : quand le peuple va-t-il prendre enfin son destin en mains, sachant que le secours ne viendra ni de l'occident, ni de Ouattara et consort, et que chaque jour passé à attendre est un jour de prison en plus, un jour de malheur, un jour de cendres et de ténèbres en plus ? Soufflons sur les braises qui restent, préparons nous à sauter dans le brasier sans peur, pour alimenter sa combustion et déclencher l'incendie, celui que les Pompiers-Pyromanes n'auront pas allumé et ne sauront plus éteindre, et que la peur change définitivement de camp. C'est au travers du feu que vous serez éprouvés, que l'or, l'argent et les autre trésors que vous êtes, aux yeux du D.ieu qui vous a créés libres, égaux et partenaires avec lui dans sa création seront affinés. Cet argent, cet or là va circuler, laisser des traces, ces traces si chères à Laurent Gbagbo. C'est au travers du feu que l'occident et ses lobbies de paille, vrombissant et rugissant comme de vieux lions édentés, recevront leur récompense, en brûlant et en se consumant. Avec pour bilan, aux yeux au monde entier, si peu de scories intéressantes, hormis leur forfaiture enfin dévoilée, et votre couronne d'hommes libres au lieu de vos entraves d'asservis.

Quand j'étais enfant, ma mère m'expliquait à sa manière la différence entre l'espoir, concept laïc et l'espérance, concept pétri des promesses divines.
Alors que l'espoir s'enracine en l'homme, l'espérance s'enracine en D.ieu. Comme Caïphe, notre homme a prophétisé sans le savoir, citant l'hymne national, « j’ai foi en l’avenir radieux de notre chère Cote d’Ivoire qui mérite plus que jamais son nom de terre d’espérance ». Oui, la Côte d'Ivoire peut redevenir cette terre d'espérance, pas celle de l'espoir au nom duquel prospèrent tous ces magiciens qui créent la lumière à Abidjan en la coupant ailleurs, mais cette terre où on attend et prépare le chemin de Celui en qui tellement d'hommes et de femmes espèrent, celui qui comptabilise toute les gouttes de sang tombées à terre,qui recueille toutes les larmes dans son outre, Celui qui dans sa grande patience s'est encore retenu, quand la fondatrice de “Children of Africa” a demandé « qu’en cette nuit de Noël pas un enfant ne souffre en Côte d’Ivoire», pour ne pas la secouer comme on secouerait un karité afin que les fruits tombent, et soient mis à la disposition du plus grand nombre, signe avant-coureur des futures semailles, des futures récoltes, des retrouvailles et des rires enfin libérés sur une terre qui aura englouti tous ses artisans de malheur, reconnu et accueilli les vrais artisans de sa paix et de sa reconstruction.

Enfin, en relisant le discours de Ouattara après l'avoir écouté, les accents de la fin me rappellent ces vieilles bandes-son où l'on entend le maréchal Pétain « faire don de sa personne » à la France... occupée. Là où il ne s’agissait, retranché derrière les fameuses valeurs “travail, famille patrie”, que d’offrir au vainqueur teuton une France à genoux, soumise à l'avance à toutes les lois iniques promulguées par un régime à la botte.

« La nouvelle Côte d'Ivoire, l'Ivoirien nouveau» : Ouattara nous brosse les contours d’une entité statique, privée de vie, de rêves, d’ambitions et de projets; les contours d’une Côte d'Ivoire démantelée, démembrée, patrie d’un Ivoirien esclave sur sa propre terre. Et de rajouter «L'ivoirien doit prendre conscience de son rôle dans notre société ». Non monsieur, ce n'est pas là le discours des Ivoiriens, vous ne faites que prêter votre voix aux ennemis de la Côte d'ivoire. L'Ivoirien, le vrai, -et celui qui le rejoint en acceptant d'unir son destin au sien-, vomit votre société globalisée et son modèle paternaliste et colonial, puant la naphtaline; il va s'intégrer dans la société qu'il a choisie, désirée, son Eburnie, une Côte d'Ivoire fraternelle, fondée sur des valeurs immémoriales. Il va suivre les traces de celui qui les a si fortement imprimées dans le pays, et dont la déportation à la Haye n'a pas estompé le souvenir : les références à l'Ivoirien véritable sont les siennes, et certainement pas celles d'un homme qui aura fait de la Côte d'Ivoire un pays à genoux, un immense chantier à ciel ouvert pour débusqueurs de poules aux œufs d'or – celles qui, par miracle auraient encore échappé aux prédateurs et aux soldeurs, à l’œuvre sans relâche depuis si longtemps-. Le modèle idéal, ce n'est certainement pas le modèle occidental ! Il vous suffit d’ouvrir les yeux pour constater ce qu'il a apporté dans la durée : quelques villes et une capitale ultra-moderne, vitrines de la “civilisation” pour une poignée d’étrangers et d’élus rattrapés, alors que la majorité du peuple vit dans des zones de “non-droit”, sans eau courante, sans électricité, comme c'est toujours le cas dans le nord où les ex-rebelles et nouveaux mauvais maîtres font la loi, délaissant totalement les populations, et ne se rappelant à leur –violent- souvenir qu’à l’approche des échéances électorales...

Pauvre Côte d'ivoire, livrée à la violence, la pauvreté, qui vivote sans espérance et sans avenir, éternelle analphabète, jamais entrée dans l'histoire, as-tu vraiment besoin d'être encadrée par ces européens et supporter leur présence toujours apaisante et réconfortante pour « prévenir et éviter les bains de sang », aux côtés de l'ivoirien nouveau, version Ouattara, le collabo « qui te veut du bien » ? Va-tu continuer de courber l'échine et te faire tondre la laine sur le dos ? Et si tu décidais maintenant que 2014 ne ressemblera en rien à 2013 ?


Shlomit Abel, 2 janvier 2014


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 01 janvier 2014

LES VOEUX DU NOUVEL AN 2014 DE MADAME ET MONSIEUR DINDE: BONNE ET HEUREUSE ANNEE!

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Bonjour, 2014 ! ! !


Gloire à DIEU qui nous fait la GRACE et le BONHEUR de voir cette nouvelle année !

A tous nos lecteurs et tous ceux qui nous sont chers, ici et ailleurs, nous souhaitons une année pleine et entière de PAIX parfaite, de bonne SANTE, la réalisation complète de tous leurs PROJETS et OBJECTIFS et un parfait SALUT en JESUS-CHRIST, l’Agneau de DIEU qui ôte le péché du monde.

PAIX sur l’Afrique et affranchissement pour la Côte d’Ivoire du joug ainsi que des chaînes de l’impérialisme rampant et de l'asservissement colonial !

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Que DIEU vous bénisse et vous accorde une BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2014 ! ! !

 

Madame et Monsieur DINDE Fernand AGBO

lundi, 30 décembre 2013

L'AFRIQUE PERD MANDELA MAIS GARDE DEBY, BIYA, SASSOU ET L'ARMEE FRANÇAISE


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Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

 
Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque. C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo. C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gendarme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouvernements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens. Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme.