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mardi, 17 juillet 2012

OUATTARA SUR DES BRAISES: APRES LE PPTE, COUP D'ENVOI DE LA FRONDE SOCIALE

 

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Enseignement secondaire: 9 syndicats lancent un ultimatum au pouvoir

 

Le pouvoir a jusqu’à la fin de ce mois de juillet 2012 pour payer aux enseignants du secondaire général et technique la seconde moitié des effets financiers du reclassement et des arriérés dû à ce reclassement depuis novembre 2009. Ce, conformément aux engagements pris par l’Etat en 2009.


C’est l’ultimatum lancé, samedi dernier, à Yopougon par le Mouvement des syndicats de l’enseignement secondaire général et technique (Msesgt). Une structure syndicale qui comprend neuf syndicats. Les responsables de ce mouvement ont appelé tous les enseignants à rester mobilisés. «Les enseignants du secondaire général et technique de Côte d’Ivoire ont fait leur part de sacrifices. A l’Etat de Côte d’Ivoire d’honorer les siens envers les enseignants. L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) est désormais une réalité pour notre pays. Ce résultat a pu être atteint grâce à l’effort de tous. Nos gouvernants d’une part et les travailleurs d’autre part qui ont accepté de consentir de nombreux sacrifices pour la reconstruction de notre pays» a indiqué le porte-parole de ce mouvement, Jean Yves Koutouan Abonga.

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Cette revendication sociale du Msesgt intervient trois jours après la sortie publique de la Confédération des syndicats de fonctionnaires de Côte d’Ivoire (Cosyfoci). Une confédération qui regroupe 40 syndicats et qui exige également le paiement de la seconde moitié des effets financiers du reclassement et des arriérés. Depuis l’annonce du point d’achèvement PPTE par le gouvernement, les syndicats de fonctionnaires mettent la pression sur ce régime afin que les engagements de l’Etat soient tenus. Les jours à venir s’annoncent très chauds puisque selon des sources dignes de foi, une nouvelle hausse de salaires à la Fonction publique n’est vraiment pas la priorité du gouvernement.

Des remous sociaux ne sont pas à exclure d’autant plus que les syndicats tiennent absolument à ces augmentations de salaires. Ils n’entendent pas lâcher prise.


Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 16 juillet 2012


SourceTELEDIASPORA.NET

lundi, 16 juillet 2012

UA: L'AFRIQUE DIGNE TRIOMPHE A ADDIS-ABEBA


PING ET DLAMINI-ZUMA.jpg

 

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), le dimanche 15 juillet au soir, à Addis-Abeba, lors du 19e sommet de l’institution. Quatre tours ont été nécessaires aux chefs d’Etats réunis en huis clos pour départager le Gabonais, Jean Ping, président sortant, et sa concurrente.

Au premier tour, Dlamini-Zuma a emporté 27 voix contre 24 pour Ping. L’écart n’a ensuite cessé de s’élargir. Au deuxième tour, la ministre sud-africaine des Affaires intérieures a gagné deux partisans supplémentaires (29 voix contre 22), avant d’en totaliser 33 contre 18 au troisième tour.

C’est alors que Jean Ping s’est désisté[1]. Il restait à son opposante à gagner le vote de confiance. En janvier dernier, la configuration était diamétralement opposée et Ping n’était pas parvenu à emporter la majorité des deux-tiers des voix nécessaire à l’élection du président, malgré le désistement de la Sud-Africaine.

EXPLOSION DE JOIE

Cette fois-ci, cette dernière a su s’imposer haut la main avec 37 voix. Dès que les résultats ont été rendus publics, les partisans de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) ont explosé de joie dans les couloirs du siège de l’UA où se tiennent les travaux du sommet.

La bataille entre Ping et Dlamini-Zuma, qui a duré plus de 6 mois, se termine donc au premier soir du sommet, avec la victoire de la candidate du pays d’Afrique subsaharienne le plus puissant. C’est la première fois qu’un anglophone dirigera la Commission de l’UA.

QUI EST LA NOUVELLE PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UA ?

Si la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et ministre sud africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, a été mariée avec le président Jacob Zuma, elle ne lui doit pas sa position. Cette figure du parti au pouvoir siégeait au gouvernement depuis 1994.

Certes, c’est une « Zuma ». Oui, elle est ministre d’un gouvernement présidé par son ex-mari. Comme lui, elle est zouloue. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Nkosazana Dlamini-Zuma, élue ce dimanche à la tête de la Commission de l’Union africaine, ne doit rien – ou si peu – à Jacob Zuma.

Ministre sans interruption depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994, c’est un poids lourd du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud). Lors de la conférence de Polokwane, en 2007, son nom a même circulé pour succéder à Thabo Mbeki à la présidence. À 62 ans, elle gère un portefeuille important, celui de l’Intérieur. La compétence de cette travailleuse discrète, qui est parvenue à redresser un ministère autrefois synonyme d’inefficacité et de corruption, est unanimement reconnue.

Militante anti-apartheid depuis l’adolescence, elle s’exile dans les années 1970. Elle étudie la médecine en Angleterre avant de revenir sur le continent, au Swaziland. C’est là qu’elle rencontre Jacob Zuma, qu’elle épouse au début des années 1980 (la date exacte de leur mariage est incertaine). Après la chute de l’apartheid, Nelson Mandela la nomme ministre de la Santé. Son baptême du feu politique est rude : elle croise le fer avec les groupes pharmaceutiques sur la question des brevets et se retrouve accusée de mal gérer le budget de la prévention contre le sida. Nkosazana Zuma (comme on l’appelle encore à l’époque) était pourtant l’une des premières à alerter sur la gravité de l’épidémie, à une époque où le déni dominait chez ses pairs. Les critiques la touchent. C’est alors qu’« elle se retire dans une coquille défensive », note William Gumede, auteur d’un ouvrage de référence sur Thabo Mbeki, dont elle est très proche.

BUCHEUSE

En 1998, elle divorce de Jacob Zuma. « Je crois qu’elle ne supportait plus ses autres femmes, indique Jeremy Gordin, biographe de l’actuel président sud-africain. Mais ils ont gardé un profond respect l’un pour l’autre. »

L’année suivante, Thabo Mbeki confie à cette militante de la renaissance africaine le portefeuille des Affaires étrangères. À ce poste, qu’elle occupera pendant dix ans, Nkosazana Dlamini-Zuma se taille à l’Union africaine une réputation de bûcheuse coriace. Pour perfectionner son français, elle n’hésite pas à passer trois semaines en immersion dans l’Hexagone. Après dix-sept années au sommet dans son pays, une haute responsabilité à l’échelle du continent - avec son lot de crises - l’attend désormais. 


In Jeune Afrique

 


  

[1] Onna Gbagbolite: "Afin d’atténuer les effets de la défaite éclatante de Jean Ping, Jeune Afrique raconte qu’il s’est retiré au 3ème tour. C’est complètement FAUX!!! Jean Ping encouragé par Ouattara, le Niger et le Kenya, s’est bel et bien présenté au 4ème tour, car il voulait obtenir un blocage. Mal lui en a pris, il s’est fait massacrer par Mme Zuma, perdant par rapport au 3ème tour 4 autres soutiens…"

dimanche, 15 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: UNE JUSTICE TOTALEMENT EN PANNE

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Inculpation des pro-Gbagbo. Le grand cafouillage de Ouattara. La justice aux ordres, multiplie les règlements de compte


Ouattara qui veut forcément avoir dans ses prisons tous les pro-Gbagbo infantilise à souhait, la justice ivoirienne avec des chefs d’accusation qui changent tous les jours. C’est un constat implacable. La justice ivoirienne a fait depuis longtemps, le deuil de la Justice. Elle n’obéit plus aux lois de la République, mais plutôt à un pouvoir. Mais bien plus, à un homme qui a fini par l’infantiliser.

Les discours du genre, «la justice est libre en Côte d’Ivoire» servis dans les médias étrangers sonnent désormais faux. La vérité est que les magistrats ivoiriens travaillent aujourd’hui dans la peur quotidienne. Chacun ne voulant pas subir la colère de l’Exécutif. Évidemment, les conséquences sont énormes sur le fonctionnement de cette Institution que Ouattara manipule dans un grand cafouillage qui se traduit même, dans les bureaux des hommes en toge. «C’est déplorable ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Mais je dois dire que j’ai beaucoup de peine en tant que magistrat. C’est déplorable de voir des juges sous les ordres, se compromettre de cette manière», déplore un magistrat aujourd’hui mis à l’écart au palais de la justice au Plateau, parce que taxé de pro-Gbagbo.

Ouattara qui veut par tous les moyens, avoir les partisans du Président Gbagbo dans ses prisons, ne lésine pas sur les moyens pour mettre à genou la justice ivoirienne. Et comme il fallait s’y attendre, les hommes de lois se sont mis à genou devant lui. Il suffit de voir ce qui se passe au temple de thémis pour s’en rendre compte.

Commençons par le plus grand complot du siècle.

Après le 11 avril 2011, Ouattara et Sarkozy ont entonné en choeur, que le Président Gbagbo avait commis des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire. Le monde s’attendait donc qu’il soit inculpé pour crimes contre l’humanité. Contre toute attente, à l’arrivée, après avoir accompli le coup parfait, le Président Gbagbo a été inculpé pour crimes économiques. C’est pour ça qu’il a été déporté à La Haye. Et là encore, il est un «coauteur indirect». Un remake du 18 février 1992, avec le même Ouattara qui l’avait mis en prison comme «co-auteur» des casses du Plateau. Jusque là, les Ivoiriens attendent l’auteur direct des crimes qu’on reproche au Président Gbagbo.

Mais il n’y a pas que ça. Juste après son arrivée au pouvoir en avril 2011, le Premier ministre Affi Nguessan, président du Fpi a été arrêté après une conférence de presse, pour «rébellion et constitution de bandes armées». Des accusations qui puent de bout en bout, la mise en scène.

A l’analyse, le pouvoir n’a visiblement rien à reprocher aux pro-Gbagbo qu’il a déportés dans ses goulags du nord. C’est donc ce même chef d’accusation qui a été collé aux autres. A savoir, Simone Gbagbo, le Premier ministre Aké Ngbo, le professeur Sangaré Abdoudramane vice président du Fpi, Bro Grgbé, la présidente des femmes Patriotes et bien d’autres.

Mais par enchantement, ces chefs d’accusation changent aujourd’hui. Affi et les autres sont désormais inculpés pour «génocide», comme le veut Ouattara. Car l’argument de «rébellion et constitution de bandes armées», ne tient plus.

Quel génocide ont-ils commis ?

La justice qui prend ses ordres au palais ne l’a pas encore dit. Mais tel qu’on connaît Ouattara, la suite est déjà connue… il mettra dans la balance, un prétendu génocide des populations du nord. C’est sur ce terrain des rivalités ethniques qu’il se sent le plus à l’aise. Il devance d’ailleurs son parrain onusien dans la qualification des génocides. Sûrement que dans la maison de verre de New-York, les responsables des questions des Droits de l’Homme riront aux éclats. Le terme de génocide n’étant pas appliqué n’importe comment.

Mais avec Ouattara, on continue d’aller d’étonnement en étonnement. Me Dadjé, l’avocat de Simone Gbagbo a été pris à l’aéroport alors qu’il venait en Côte d’Ivoire pour s’occuper du dossier de son client. Directement transféré à la Dst, il a été inculpé pour trafic d’armes. Cet homme de lois qui tombait des nues a été à son tour, transféré à la Maca. Il y a passé plusieurs mois, avant d’être libéré par manque de preuves. Mais bien avant qu’il ne recouvre la liberté, que de gymnastiques. Le juge d’instruction en charge de son dossier avait depuis longtemps, ordonné sa libération, parce que son dossier est vide. Malheureusement pour lui, il s’est retrouvé face au refus du Procureur de la République qui trouve que l’instruction venait juste de commencer. Me Dadjé ne pouvait donc pas être mis en liberté, même si son dossier est vide. Le procureur se pliait ainsi, à la pression du palais qui ne voulait pas voir pour le moment, Me Dadjé libre. «C’est le ministère de l’Intérieur qui décide de tout. C’est là-bas que toutes les décisions se prennent. C’est lui qui décide de qui on doit libérer », explique un magistrat.

Certes il y a cette affaire de Me Dadjé, mais il y a aussi le ministre Lida Kouassi qui se trouve aujourd’hui dans l’enfer de Bouna. Il a été pris au Togo par Ouattara qui l’a brandi comme un trophée de guerre, comme la plus grande menace de son pouvoir. Lors du one man show télévisé du ministre Ahmed Bakayoko, le régime qui excelle bien dans les tortures lui a arraché des «aveux». Toute la Côte d’Ivoire a vu un Lida complètement affaibli, mal en point. Les Ivoiriens s’attendaient donc qu’il soit inculpé comme le plus déstabilisateur du pouvoir Ouattara. Mais que non. Lida est dans le goulag du régime pour «détournement de fonds». Que s’est-il passé pour qu’on arrive à ce chef d’inculpation ? Et le coup d’Etat qu’il préparait depuis la capitale togolaise? Qu’a-t-il volé pour qu’il soit maintenant inculpé pour détournement de fonds ?

Autant de questions que toute la Côte d’Ivoire continue de se poser. Il y a certes le ministre Lida. Mais il y a aussi le cas du jeune Martial Yavo, président par intérim du Cojep. Il a été pris par les hommes de Koné Zakaria au sortir d’une interview avec le confrère «Notre voie». Cela, dans le cadre du congrès que ce mouvement prépare dans le mois d’août prochain. Yavo avait même pour l’occasion, entrepris des tournées dans plusieurs villes de la Côte d’Ivoire, rien que pour remobiliser les militants du Cojep. Le pouvoir lui a alors reproché ses va-et-vient dans la ville de Dabou où il travaille pourtant. Sans la moindre enquête, Koné Zakaria l’a accusé d’entretenir des milices dans cette ville. Yavo a alors passé plusieurs jours entre les mains de Koné Zakaria au camp militaire d’Adjamé, coupé de tout, de sa famille et d’une assistance judiciaire. Là-bas, près de 500 mille Fcfa ont été réclamés à ses amis avant qu’il ne soit libéré. En fait, comme dans un régime mafieux. Le pouvoir n’ayant pas eu ce qu’il voulait, Martial Yavo a été déféré à la Maca, pour «trouble à l’ordre public». Ouattara veut forcement Blé Goudé dans ses prisons. A défaut du leader des jeunes Patriotes, il se contente de son bras droit le plus direct. Car en quoi l’organisation d’un congrès peut-elle constituer des troubles à l’ordre public? Surtout que le ministère de l’Intérieur a donné son accord pour la tenue de cette manifestation. Mais bien plus, toutes les tournées organisées par le Cojep pour les préparatifs de cette rencontre, se sont faites avec l’autorisation des préfets des localités visitées. Ça été le cas dans le département d’Adzopé et bien d’autres régions où le Cojep est passé.

On n’omettra pas le cas du général Guiai Bi Point, anciennement commandant de l’Ecole de la gendarmerie. Il a été dans le temps, mis aux arrêts parce qu’un charnier aurait été découvert dans cette école. Pendant que la Côte d’Ivoire attendait que les corps soient exhumés, l’homme a été mis aux arrêts puis transféré à la Maca. Les Ivoiriens n’ont plus vu les corps de ces victimes. La justice a aussi abandonné cette piste. Mais comme Ouattara voulait forcément avoir sa tête, Guiai Bi Point a été inculpé pour «détournement de fonds» avant qu’il ne soit libéré.

Ainsi va aujourd’hui la justice ivoirienne, qui depuis longtemps, a fait sa messe de requiem… au palais. A la grande joie du pouvoir qui n’est nullement gêné de la voir s’affaisser.


Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps" 

gbrence02063193@yahoo.fr


SourceIVORIAN.NET

samedi, 14 juillet 2012

GBAGBO TIENT, OUATTARA PROMET EN VAIN


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Entre le régime de la Refondation et celui de la Solution, les populations constatent de plus en plus la nette différence. Alassane Ouattara promet des Solutions là où Laurent Gbagbo a déjà donné des résultats. Analyses chiffres à l’appui.


La dette extérieure de la Côte d’Ivoire était de 6700 milliards en octobre 2000 quand Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. Mais l’Etat sous Laurent Gbagbo a fait face à ses engagements internationaux en remboursant 750 milliards par an. Et a permis au pays de remplir toutes les conditions pour aller vers le point d’achèvement Ppte qui va nous soulager de la dette. Hélas depuis le 11 avril 2011, les Ivoiriens ont cessé de rêver. En un peu plus d’un an de présidence sous Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a renoué avec l’endettement. Et tente de faire croire que l’Atteinte du Ppte est son oeuvre. Un véritable acte d’«usurpation». On l’a vu, Laurent Gbagbo n’est certes, pas un économiste, mais sa gestion de l’Etat demeure de très loin, supérieure à celle de Ouattara et la plus profitable aux collectivités. Avec Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire a marqué des bons points reconnus par les bailleurs de fonds, relativement à la croissance.

Croissance et sources de la croissance

La première mise en œuvre de mesures de stabilisation sous Laurent Gbagbo a eu pour premier résultat une croissance de +0,1% dès 2001, soit un gain réel de croissance de +2,4% en comparaison de la situation de 2000. La dynamique de croissance positive a été maintenue et renforcée de façon constante de 2004 à 2009 après les chutes de 2002 (-1,6%) et 2003 (-1,7%). Ainsi, chaque année le Pib (produit intérieur brut) s’est accru positivement (+1,6% en 2004, +1,8% en 2005, +1,2% en 2006, +1,5% en 2007, +2,3% en 2008, +3,8% en 2009).

Le Pib nominal est passé de 7 630,3 milliards de Fcfa en 2000 à 10 486,5 milliards de francs Cfa en 2008. Il s’est établi à 10 925 milliards de francs Cfa en 2009. Petit bilan, en (seulement) 10 ans de présidence, Laurent Gbagbo a fait électrifier 1035 villages contre 1700 villages en 40 ans du régime houphouëtiste. En atteste l’indice de la production industrielle. En effet, les branches agro-alimentaires et textiles à 105,1 entre 2000 et 2009 vont connaître un essor. En termes de production en général, après avoir connu une stabilisation en 2008 (+0,1%), l’activité industrielle affiche au terme de l’année 2009, une hausse de sa production de 4,8%. Cette évolution provient des performances des branches : extraction de pétrole et mines, +11,4%, industries agro-alimentaires, +17,8% et énergie électrique, eau, +2,1%…

La confiance des bailleurs de fonds en Gbagbo et le boom de la téléphonie mobile

Quant au secteur des télécommunications il connaît une réorganisation avec d’importants investissements de plus de 1006 milliards entre 1998 et 2008. Près de 11 millions d’abonnés en 2008. Les chiffres d’affaire sont en progression, passant de 109 milliards de Fcfa à 681 milliards de Fcfa. Il en va de même du secteur développement de la téléphonie mobile en plein développement. Si la Côte d’Ivoire souffre des caprices de son opposition, à cette époque le Rhdp passé maître de destruction et des casses, elle connaît des moments de joie. Malgré les campagnes de dénigrement à travers le monde, les investisseurs continuent de faire confiance en l’équipe dirigée par le Président Laurent Gbagbo. Ce qui fait que le secteur de la télécommunication connaît d’importantes mutations: Ivoiris devient Orange CI, télécel devient MtN, Koz, Moov, Green se font enregistrer et portent le chiffre des opérateurs de téléphonie cellulaire à cinq (05). Augmentant de façon considérable le nombre d’abonnés. Ces derniers sont près de 4,5 millions d’abonnés pour le sous-secteur de la téléphonie mobile qui a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires passant de 258 milliards en 2000 à plus de 680 milliards de Fcfa en 2008. Sans oublier l’augmentation du chiffre d’affaires du marché de la téléphonie fixe qui est passé de 71 milliards de Fcfa en 2000 à 138 milliards en 2008.

Formation et emploi

Malgré la rébellion qui a divisé le pays en deux territoires dont un est privé de ses ressources potentielles, l’État recrute  5.634 professeurs, 21.129 instituteurs, 1.261 éducateurs. L’on note ainsi, un programme recrutement important «Formation et Emploi» qui a permis de recruter de nouveaux agents de l’État : 75000 emplois publics (2000 à 2009) soit plus de la moitié de l’effectif global actuel de la Fonction publique.

C’est également en cette période de crise que les Collectivités territoriales connaissent une amélioration substantielle de leurs financements. Financements qui passent de 30 milliards en 40 ans à 400 milliards en 10 ans (2000-2010). En 2005, Laurent Gbagbo réactive le Fonds de Soutien à l’Emploi par les travaux d’utilité publique à Haute Intensité de Maind’oeuvre (Fse-thimo). Il va également définir et mettre ne oeuvre une Politique d’Aide à l’Emploi avec. Celle-ci consistera à la création de Centres de Gestion Agréés (CGA) et du Fonds National de Solidarité (Fns) pour la Création d’Emplois jeunes, à la mise en place d’une Plate-forme de service (Pfsci) par la synergie des quatre structures agissant dans le domaine de la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle en Côte d’Ivoire que sont le Fdfp, l’Agefop, l’Agepe et le Fns. L’objectif visé à court terme à travers le projet pilote est de former et d’insérer sur la période 2005-2007, environ 50 000 jeunes qui, pour la plupart, n’ont jamais eu de contact avec le monde du travail.

Secteur de la Santé

Dans le secteur de la Santé, 398 nouvelles structures de prise en charge et de traitement des malades du Vih ont été ouvertes. Il est bon de savoir qu’il y en avait seulement six (6) avant l’accession au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. 547 nouveaux centres de dépistage du Vih sont créés. Notons également une réelle efficacité de ce programme de lutte contre le Vih Sida qui se solde par la prise en compte du plus grand nombre de nouveaux cas de malades sous traitement antirétroviraux: 69.511 nouveaux cas sous traitement Arv (antirétroviraux) en 2010, contre seulement à 2500 en 2000. L’acquisition de 168 nouvelles ambulances pour les structures sanitaires, l’amélioration du plateau technique des Chu, par l’acquisition de deux (2) nouveaux scanners, une imagerie par résonnance magnétique et deux (2) nou-velles unités d’hémodialyse.

Jusqu’en 2000, le pays ne comptait que seulement un (1) scanner et une (1) unité d’hémodialyse. Ce regain d’intérêt pour la santé va s’accompagner d’un vaste mouvement de recrutement exceptionnel de 3073 médecins, 2150 infirmiers et 1364 sages-femmes. De toute évidence, il y a une nette amélioration du ratio personnel de santé/population. En effet, de 1 médecin pour 9400 habitants, la Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo est passée à 1 médecin pour 5695 habitants. Ce ratio approche modestement les normes de l’organisation mondiale de la santé (Oms) qui sont de 1 médecin pour 3000 habitants. Etant donné que l’ancien pourcentage de l’année 2000 qui était d’un (01) infirmier pour 2570 habitants, est passé à infirmier pour 2231 habitants largement en deçà de la norme oms. (1 infirmier pour 2500 nationale. Le personnel de la santé connaît une hausse de son salaire. Cette revalorisation salariale du personnel de santé passe de 30% à 40%. Avec en sus la réhabilitation de 55 structures sanitaires dégradées dans les zones centre, nord et ouest du fait de la rébellion. Il faut tout simplement souhaiter que ce travail entrepris sous Laurent Gbagbo ne soit démoli par la politique de « Rattrapage» imposée par le régime Ouattara. Le pouvoir qui croyait séduire les populations ivoiriennes avec la « gratuité des soins », a vite déchanté.

Le voilà qui revient à ce qui cadre avec ses propres capacités. C’est-à dire la « gratuité sélective ». Mais là encore autant demander à l’eau de remonter la pente, car le pouvoir Ouattara est à la peine pour traduire dans les faits ses propres promesses. Véritable contraste avec Laurent Gbagbo qui promet et qui réalise.

Infrastructures socio-économiques

En effet, sous Gbagbo, du point de vu des infrastructures socio-économiques, il y a le prolongement de l’autoroute du nord jusqu’à Yamoussoukro, la réfection de la route Abidjan-Adzopé, le bitumage de l’axe Odienné-tengrela (zone rebelle), la mise en place de l’Agence de Gestion des Routes (Ageroute) et du Fonds d’Entretien Routier (Fer). Les chantiers des travaux routiers et d’aménagement urbains à travers le Programme d’urgence d’infrastructure urbaine (Puiur) par le Président Laurent Gbagbo en 2008 avec le financement de la banque mondiale. Le tronçon reliant le carrefour du zoo à celui de Samaké à Abobo. L’élargissement de la voie reliant le carrefour de Williamsville à celui du zoo, sur une distance de 2,2 km, le bitumage de la route de 2 km de long, qui part du côté d’André Malraux, la réfection l’échangeur de Gesco-autoroute du Nord-route de Dabou, l’échangeur (nouveau pont piéton) de Bracodi-Williamsville, ajouté à l’aménagement du bassin du Gourou à Adjamé à partir de l’échangeur d’Agban, le nouveau château d’eau du quartier Abbata à Bingerville, le traitement de plusieurs points critiques à Yopougon Niangon et Sideci et à la Riviera.


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Prolongement de l'Autoroute jusqu'à Yamoussoukro 


Et le projet de l’échangeur de la Riviera. Un projet démarré le 25 avril 2009. La construction de ce pont de 120m devant relier la 7e à la 9e tranche reste très attendue. Le résultat de la bonne gouvernance économique appliquée par l’Etat de Côte d’Ivoire sous le président Laurent Gbagbo : La modernisation des infrastructures portuaires et l’extension du Port autonome d’Abidjan (Paa) en font foi. Ceci se passe dans le cadre du projet Grand Abidjan initié par l’ex-chef de l’Etat. La modernisation du Port autonome d’Abidjan (Paa) favorise 6700 entrées et sorties de navires en moyenne entre 2000 et 2009. Ce qui donne une hausse du trafic de 2000 à 2002 avec une croissance de 7,1%. Entre 2008 et 2009, il y a une nouvelle hausse de trafic de 9,1% grâce une politique managériale de la direction de cette structure étatique alors dirigée par Marcel Gossio, avec plus de 20 millions de tonnes de marchandises enregistrées en 2009. Soit une augmentation de 30% par rapport au trafic de l’année 2000.

La réforme du secteur de l’agriculture

La filière Café-cacao dont la Côte d’Ivoire est respectivement 3ème producteur mondial et 1er producteur mondial), expérimente ses réformes sous l’ère Gbagbo. Des nouveaux textes adoptés par le parlement régissent désormais les activités de cette filière. Des textes que le nouveau régime a remis en cause. En effet, le nouveau pouvoir a dissout les anciennes structures pour en créer une nouvelle, le Conseil Café-Cacao qui est une concentration en lieu et place de la décentralisation prônée par le régime des Refondateurs.

Pour revenir aux textes de Laurent Gbagbo, ils sont nécessaires pour accompagner ces réformes qui prennent en leurs comptes la création des structures de gestion. L’Agence de régulation café cacao (Arcc) voit le jour en octobre 2000, elle est suivie par la Bourse du café et du cacao (Bcc) en août 2001, naît ensuite le Fonds de régulation du café cacao (Frc) en 2002. Un mécanisme de gestion de la filière café est installé, par la réduction de la fiscalité et de la parafiscalité. Son but est de soutenir les prix du café qui se trouvaient à des niveaux très bas sur le marché depuis 2001.

Cette réforme va jusqu’à la réduction de la parafiscalité, la création et l’accélération des activités du Cgfcc et du Fimr. Conséquence, la production de cacao monte à 1,3 million de tonnes en 2009. Mais Laurent Gbagbo poursuit ses réformes Il réussit à faire adopter à l’Assemblée nationale des textes nécessaires à l’accompagnement des réformes engagées. Le prix bord champ du cacao est relevé à plus de 1200 Fcfa le kilo en 2009, soit 56% du prix Caf. Grâce à la baisse de la parafiscalité, la production est de 1,321 million tonnes en moyenne par an entre 2000 et 2009. Avec un niveau record de 1,455 million de tonne en 2005.

Alassane Ouattara propose une autre solution : Depuis son avènement à la tête de l’Etat, les producteurs ont perdu le sourire. De 1000 F.cfa prix officiel le kilogramme bord champ est bradé à moins de 600 F.cfa. L’Etat ayant abandonné les paysans à leur sort, les dirigeants fermant les yeux sur les acheteurs véreux. Ce qui était impensable sous Laurent Gbagbo, où l’on a connu une valorisation de la vie quotidienne du planteur. La culture du riz connaît elle aussi une politique de développement. Le gouvernement Gbagbo se fixe l’objectif de parvenir à l’autosuffisance alimentaire en riz. De même que le coton qui enregistre une Régulation de coton et de l’anacarde (Areca) qui est une société d’Etat créée par décret n°2002-449 du 16 septembre 2002 dans le cadre de la mise en place des structures de régulation et de gestion des filières agricoles chargées de prendre le relais de l’Etat, en application de sa politique de désengagement.

Le commerce extérieur et la balance de paiement

Dans la Côte d’Ivoire du régime Gbagbo l’exportation est en forte progression. Le pays a exporté globalement en 2009 pour une valeur de 4 054 milliards de F.cfa contre une valeur de 2 812 milliards de F.cfa en 2000. La progression est de +44,16%. A destination de l’Afrique, on enregistre 3,7 milliards de tonnes de produits en 2009 pour une valeur de 1449 milliards de F.cfa contre 3,69 milliards de tonnes en 2000 pour une valeur de 948 milliards de F.cfa. Soit un accroissement de 52,8%. Le solde commercial est passé de 578,1 milliards en 2000 à 558,5 milliards de F.cfa (Contre 32 milliards de F.cfa en 1993 et 646,4% en 1999). Le solde commercial entre la Côte d’Ivoire et l’Europe est passé de 1.127 milliards de Fcfa en 2008 à 1.465 milliards de F.cfa en 2009, soit une hausse de 30% sur la période.

Au niveau de l’Afrique, le solde commercial est passé de 121 milliards de F.cfa à 511 milliards de F.cfa, soit une progression de 321,4% sur la même période. Avec la contrebande et les trafics en tout genre des nouveaux dirigeants dont des anciens chefs de guerre, à partir des frontières Nord, il n’est pas évident que le pays renoue avec ce glorieux passé récent. Toutes les matières premières de la Côte d’Ivoire connaissent un trafic illicite au nez et à la barbe des nouveaux dirigeants plus occupés à se remplir les poches qu’à favoriser le développement au service des collectivités.

Les grands chantiers du Président Gbagbo à Yamoussoukro

Le transfert de la capitale d’Abidjan à Yamoussoukro coûte au contribuable ivoirien 1500 milliards de F.cfa sur 7 ans. Plusieurs infrastructures voient le jour. A commencer par la construction du palais présidentiel, la construction de l’Hôtel des députés dont le seul financement étranger provient de la Chine. La construction de l’Assemblée nationale, du Bloc administratif (programmée et déjà financée), la réhabilitation des autres édifices construits par Houphouët, et laissés en ruine et en léthargie sous le Président Bédié, la réhabilitation des voiries à Yamoussoukro, le réaménagement du réseau public d’eau, d’assainissement, d’électricité et de téléphone. Le prolongement de l’autoroute du nord (plus de 40 kilomètres ont été déjà réalisés, sur les 87 kilomètres dont la réalisation globale a coûté 90 milliards de F.cfa), la reprise des travaux de bitumage Boundiali-tengrela-frontière du Mali à 100 milliards de F.cfa, la construction du pont de Jacqueville à hauteur de 17 milliards de Fcfa après 40 ans sous les régimes Houphouëtistes d’utilisation de bac pour la traversée des personnes et des biens (Société de Construction du Pont de jacqueville-Socojac), la création de la Sodase (Société pour le Développement de l’Autoroute du Sud Est) pour la construction de l’autoroute de Grand Bassam, la construction du poste à péage d’Attinguié (Autoroute du nord), la construction de 2 postes à péage sur la route d’Adzopé, l’un à Moapé et l’autre au carrefour de tommassé au nord d’Abidjan, l’extension du Port Autonome d’Abidjan jusqu’à l’île Boulay, la construction d’un nouveau terminal à conteneurs à l’île Boulay, la construction du pont Laurent Gbagbo qui devait relier Yopougon-Azito à Vridi dont les travaux ont été interrompus par le nouveau régime, la rénovation de l’hôtel Ivoire, la construction du mémorial Houphouët-Boigny au Plateau, la rénovation et construction de nouveaux locaux à la Rti , la construction de nouveaux amphithéâtres à l’université de Cocody, la construction de l’hôpital d’Angré depuis 2009, la construction de l’hôpital de Gagnoa (inauguré en 2011, toute honte bue, par l’ex-Secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces nouvelles Guillaume Soro après l’arrestation du Président Gbagbo), la construction (achevée et inaugurée par le même Soro en 2011) du pont reliant la 7è tranche aux 8è et 9è tranches à Angré, la construction d’un pipeline Abidjan-Bouaké à hauteur de 110 milliards de F.cfa pour le transport du carburant, la reconstruction du dépôt de la Gestoci à Bouaké, la construction d’une deuxième raffinerie (Raffinerie de la Paix ) Petroci en partenariat avec les Groupes américains (Energy-Allied International et Wcw International), la seconde d’une capacité de 60 000 barils / jour, soit 3 000 000 tonnes par an. Cette raffinerie devrait, si le nouveau pouvoir respectait la continuité républicaine, apporter une contribution à la résolution de l’épineux problème de raffinage qui se pose en Afrique Occidentale. Hélas, sous Ouattara, on parle de plus en plus du bradage de la Société ivoirienne de raffinage (Sir). A ne pas oublier la construction programmée par Gbagbo d’une 2è centrale thermique.


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L’Hôtel des Députés, chef d’œuvre architecturale bâti par le Président Laurent Gbagbo

 

La Côte d’Ivoire et la Libye avaient en effet, signé une convention à hauteur de 47,543 milliards. La construction d’une troisième centrale thermique. L’Etat ivoirien a concédé, le 5 août 2010, la construction et l’exploitation pour 24 ans de la troisième centrale thermique du pays à la société Energie électrique ivoirienne (Eei). L’investissement est chiffré à 56,54 milliards de F.cfa (86 millions d’euros) dont 47 milliards apportés par Libyan-African-Investment-Company (Laico), 339 millions mobilisés par EEI et 5 milliards par Ecobank, le chef de file du pool bancaire. Le partenaire technique est le chinois tianjin Machinery Import and Export Corporation. Située à Vridi, l’installation sera dotée de 3 turbines au gaz naturel : 2 de 35 mégawatts et 1 de 34 mégawatts. Avec la construction de cette centrale programmée pour être livrée dans 22 mois (si l’on respecte les engagements de l’Etat relativement à la continuité républicaine) -après celles d’Azito et de Vridi exploitées par le groupe français Bouygues -, la Côte d’Ivoire devrait pouvoir répondre, grâce à Laurent Gbagbo, à ses problèmes énergétiques. Hélas il n’est pas évident que ce projet se réalise avec surtout les interruptions intempestives de la fourniture de l’électricité constatées depuis l’avènement de Ouattara. Etait aussi prévue la relance du projet de barrage hydraulique de Soubré, en vue d’augmenter la production électrique. Comme on le voit Laurent Gbagbo n’est pas homme de parole en l’air. Il est concret. Il ne proclame pas des solutions que les populations attendent sans jamais les voir. Comme ironisent les Ivoiriens depuis le 11 avril 2011, «on connaît les problèmes, on a vu les solutions, il reste maintenant le résultat».


Simplice Allard


Source: EBURNIENEWS

vendredi, 13 juillet 2012

VOICI L'INTEGRALITE DE LA LETTRE DE BLE GOUDE A BANNY (DATEE DU 10 JUILLET)

 

CHARLES BLE GOUDE.png


Monsieur le Président,

Je vous prie de bien vouloir excuser le caractère public et peu protocolaire de ma lettre. Au-delà de la Commission que vous présidez, je souhaite aussi prendre à témoin l'opinion nationale et internationale. C'est pourquoi, j'ai choisi ce canal pour m'adresser à vous. Monsieur le Président, La Côte d'Ivoire croule sous le poids des conséquences de la crise postélectorale. Notre pays continue de chercher les voies et moyens pour réconcilier ses fils et filles, profondément divisés par ce conflit. Dans leur quête de paix, toutes les couches sociales, politiques et apolitiques, ont, à juste titre, salué la mise sur pied de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) sous votre houlette.

Votre mission, aussi difficile soit-elle, consiste, entre autres à rétablir la confiance rompue entre les personnes et groupes de personnes. Elle consiste aussi à veiller à ce qu'il n'y ait pas davantage de frustrés, d'exclus et d'opprimés afin de créer un environnement propice à la réconciliation.

C'est dans cette optique que je vous écris afin d’appeler votre attention sur certains agissements qui, si l'on n'y prend garde, risquent de rendre encore plus complexe votre travail.

Monsieur le Président,

La réconciliation doit se faire sur la base du respect des règles élémentaires de la démocratie et de l'acceptation des uns par les autres, quelles que soient leurs différences idéologiques, ethniques ou religieuses. Ce qui n'est malheureusement pas le cas dans notre pays, au moment où je vous adresse cette correspondance. En effet, la plupart des cadres de l'opposition sont soit en prison, soit en exil, soit sous le coup de mandats d'arrêt. Leurs biens mobiliers et immobiliers (maisons, voitures, exploitations agricoles, etc) sont entre les mains d'individus qui n'en sont pas les propriétaires. Aujourd'hui, pour jouir d'une liberté apparente en Côte d’Ivoire, il faut désormais se taire ou dire du bien du régime actuel.

Ainsi, sur la base de dénonciations calomnieuses et mensongères, nos camarades sont traqués et enlevés, de jour comme de nuit, puis conduits vers des destinations inconnues où ils subissent les pires sévices et autres traitements inhumains. C'est le cas de Youan Bi Agenor, deuxième vice-président du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), kidnappé à Aboisso alors qu'il venait de participer à une cérémonie à laquelle il représentait son supérieur hiérarchique de l'Agence pour la promotion de l'emploi (AGEP). Le camarade Martial Yavo, président par intérim du COJEP, et deux coordinateurs dudit mouvement ont récemment subi le même sort.

Monsieur le Président,

En dépit des graves injustices de toutes natures dont sont chaque jour victimes nos camarades, je n’hésite pas à vous tendre la main afin de jouer ma partition et vous accompagner dans votre difficile mission de réconcilier les Ivoiriens. Je le fais dans l'intérêt supérieur de notre pays, comme je l'ai fait par le passé. Par exemple, en 2006, j’ai facilité la signature d’un accord de cessation de violences entre les jeunes patriotes et la jeunesse du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). En 2007, j’ai parcouru campements, villages et villes du pays afin de convaincre les plus sceptiques de mon propre camp à aller au pardon et à accepter de dialoguer avec nos frères de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN). Malheureusement, en guise de réponse à ma main tendue, le pouvoir vient d'incarcérer arbitrairement mes plus proches collaborateurs, avec des chefs d'accusation à la mode dans notre pays : “atteinte à la sûreté de l'Etat et trouble à l'ordre public”. Dans le même élan, trente-quatre (34) nouveaux mandats d'arrêt viennent encore d'être lancés contre des cadres pro-Gbagbo.

Monsieur le Président,

Est-il besoin de rappeler que la réconciliation doit être facilitée par les actes posés par le pouvoir ? Car le décryptage du tableau analytique des actes posés par le pouvoir en place suscite, à n'en point douter, des interrogations au sein de la population et parmi les observateurs de la vie politique ivoirienne. Le régime veut-il vraiment de la réconciliation ou s'en sert-il comme simple slogan à usage de communication aux fins de polir son image auprès de la communauté internationale ? A y regarder de plus près, nous pouvons, sans risque de nous tromper, conclure que la réconciliation reste un simple slogan pour les dirigeants actuels de notre pays. Ils en parlent sans véritablement la vouloir.

Monsieur le Président,

Même si le pouvoir ne veut pas de la réconciliation – tout porte à le penser -, la Côte d’Ivoire et son peuple, en ont besoin. C'est pourquoi, je saisis une fois encore cette occasion pour vous réitérer que ma main reste toujours tendue pour la réconciliation. Dans notre pays, le triomphalisme ambiant et l'enthousiasme naïf doivent enfin faire place nette à une prise de conscience constructive. L'humilité ne doit pas seulement être réclamée à l'opposition. Elle doit aussi et surtout habiter le pouvoir dont la responsabilité reste grande pour le retour de l'harmonie et la paix en Côte d’Ivoire. Car, lentement mais sûrement, le régime est en train de créer les conditions d'une implosion sociale et politique. Son entêtement à traquer, emprisonner et à vouloir en finir avec tous les pro-Gbagbo en étant les principaux ingrédients.

Monsieur le président,

Je pense, en toute franchise, qu'il est encore temps d'arrêter l'escalade. C'est pourquoi, je vous implore d'interpeller le pouvoir actuel sur sa responsabilité à créer un environnement propice à la réconciliation en cessant les actes d'injustice que j'ai énumérés plus haut.

C'est le lieu d'interpeller également la communauté internationale, les diplomates accrédités en Côte d’Ivoire, les organisations de défense des droits de l'homme et tous ceux ayant des intérêts dans notre pays afin qu’ils jettent un regard attentif sur la situation actuelle caractérisée par des enlèvements et incarcérations sur fond de règlements de comptes politiques et d'instrumentalisation de la justice.

En ce qui me concerne, je renouvelle mon souhait, ainsi que celui de bien d'autres leaders et responsables politiques, l'intention de vous rencontrer afin que nous parlions en toute responsabilité de notre pays et de son avenir, dans le respect de la dignité et des convictions politiques de chacune et de chacun.

Dans l'espoir que mes propos auront auprès de vous un écho favorable,

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et son peuple.

 

Monsieur Charles Blé Goudé


Ancien Ministre
Opposant politique en exil forcé


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 12 juillet 2012

LES FORMIDABLES AVEUX DU REGIME OUATTARA

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S’agit-il d’un signe de frilosité ou d’une manifestation d’une forme d’ivresse de la puissance sans limites apparentes ? En tout cas, des personnalités emblématiques du régime Ouattara se sont permises, ces derniers temps, un certain nombre de déclarations qui constituent de formidables aveux sur l’état d’esprit véritable des actuels maîtres d’Abidjan. Un état d’esprit profondément préoccupant, et qui augure de lendemains sombres pour le pays des Eléphants. Dans une tribune publiée il y a une semaine par Slate Afrique, Venance Konan, patron du quotidien gouvernemental Fraternité-Matin, justifiait de manière assez surprenante la «justice des vainqueurs» qui a cours à Abidjan, et qui est critiquée – juste pour «faire joli» ? – par la «communauté internationale» et les organisations de défense des droits de l’homme.

En effet, son argumentaire trahit une réalité : celle de la faiblesse d’un pouvoir pris en otage par des criminels de guerre supposés, dont il est d’autant plus dépendant qu’il a choisi de régner par une stratégie permanente de la tension, la persécution de son opposition et l’humiliation des forces armées conventionnelles du pays. «Aujourd’hui, une pression est exercée par certaines chancelleries et Ong ainsi qu’une partie de la presse internationale sur les autorités ivoiriennes pour qu’elles jugent les membres des Frci (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) soupçonnés d’avoir commis des massacres à l’ouest de la Côte d’Ivoire (…) Au nom de la justice égale pour tous. (…) La justice est toujours rendue dans tous les pays au nom de la société. Mais lorsque son application a pour conséquence la déstabilisation et la mise en danger de la société, lui a-t-on rendu service? (…) Ne faut-il pas être dupe pour ne pas comprendre que les seules forces sur lesquelles repose la stabilité actuelle de la Côte d’Ivoire sont constituées de ces hommes mis à l’index?» Faut-il en déduire que les FRCI sont les véritables chefs d’une Côte d’Ivoire en réalité dirigée par une junte civilo-militaire ? N’est-ce pas le prix d’une instabilité structurelle que la Côte d’Ivoire est en train de payer pour avoir cette prétendue «stabilité» faite de rackets, d’impunité généralisée sur le fond d’ethnicisation de la violence d’Etat… donc de rancœurs et d’angoissantes hypothèques sur l’avenir ?

 
Ouattara violera-t-il une fois de plus ses engagements ?

«Pourquoi donc insiste-t-on tant ici pour que M. Ouattara juge aujourd’hui ceux sur qui repose la stabilité de son pays? Peut-être parce qu’il a prononcé le mot «réconciliation.» […] Personne n’a demandé des comptes aux Alliés qui ont largué des milliers de bombes sur l’Allemagne, tuant des centaines de milliers d’innocents. Personne n’a demandé des comptes aux États-Unis qui ont lancé deux bombes atomiques sur le Japon, tuant des centaines de milliers d’innocents. Qui a parlé de justice de vainqueurs?», s’indigne Venance Konan. Au-delà du caractère ambigu du propos – s’agit-il de menaces voilées contre ce qui reste de l’opposition ivoirienne, qui pourrait se voir traitée comme les Nazis ou les Japonais défaits à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ? – et de l’absurdité de la comparaison – peut-on comparer un conflit interne, malgré les implications étrangères, à une guerre mondiale ? –, Venance Konan oublie un fait fondamental. C’est Alassane Ouattara lui-même qui a promis, sur tous les tons, et sur tous les toits, qu’il n’y aurait pas de justice à sens unique.«J'entends dire qu'il y a une «justice des vainqueurs». Ce n'est pas du tout mon approche. J'ai mis en place une commission nationale d'enquête qui va terminer ses travaux d'ici à la fin de l'année. Nous prendrons alors les mesures nécessaires. Ceux qui doivent être jugés le seront, de quelque bord qu'ils soient. Il n'y aura pas de volonté de punir les uns et de créer l'impunité pour les autres», promettait-il le 12 septembre 2011 dans une interview au Figaro. Si Ouattara ne livre pas à la justice les nervis armés qui lui ont permis de prendre le pouvoir, cela sera donc d’abord et avant tout une énième violation de ses engagements. Ne pas travestir le débat, s’il vous plaît !
 
Soro peut compter sur les contradictions de la «communauté internationale»

Au-delà de Venance Konan, la semaine qui vient de s’écouler a été riche en dérapages révélateurs. Ainsi de ceux de Félicien Sékongo, conseiller de Guillaume Soro, accusant avec ignominie Jacqueline Chamois, la mère de Michel Gbagbo, d’avoir «abandonné» son fils et de n’avoir «aucune notion» de la bonne éducation pour finir par accuser le prisonnier de Bouna d’être «congénitalement criminel». Criminel héréditairement, autrement dit. Ce qui au final accrédite paradoxalement la thèse qu’il était question de démonter : celle d’un Michel Koudou Gbagbo «arrêté parce qu’il était avec son père».

De son côté, Guillaume Soro a lui-même révélé sa ligne de défense en cas de poursuites judiciaires internationales. Les FRCI, qui ont commis des crimes contre l’humanité selon les organisations de défense des droits de l’Homme, ont agi «de concert avec la communauté internationale, je dis bien la communauté internationale», a-t-il martelé sur France 24. Et il peut compter sur les contradictions de cette fameuse communauté internationale. Sur celles de la Cour pénale internationale (CPI) qui prétend enquêter sur lui tout en l’invitant à ses agapes et en l’informant en exclusivité – si ce qu’il a dit à RFI est vrai – de ce qu’elle prépare contre Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Bruno Dogbo Blé.

Sur celles de l’ONU qui organise à l’Ouest des opérations militaires conjointes avec un Losséni Fofana qui se trouve sur la «short-list» des responsables présumés de crimes contre l’humanité. Et sur celles des organisations de défense des droits de l’Homme qui ont accusé «Loss», et se taisent désormais sur le fait qu’il dirige l’opération de «pacification» de l’Ouest qui ne va pas, selon de nombreux témoignages, sans de nouvelles violations des droits de l’Homme se structurant sur une base fondamentalement tribale.
 
 
 
Théophile Kouamouo


LA REUNION DU 6 JUILLET A PARIS DES « AMIS DE LA SYRIE »: UNE AUTRE AUDACE DE L’IMPERIALISME INSATIABLE DES OCCIDENTAUX

 

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Les participants à la troisième réunion des Amis du peuple syrien, lors du discours de François Hollande, vendredi, à Paris, au ministère des Affaires étrangères. Crédits photo: FRANCOIS BOUCHON/FRANCOIS BOUCHON 

 

Extrait de l'article "Syrie: A Paris, l'insurrection appelle à l'aide" du FIGARO, daté du 6 juillet 2012:

«La défection du général Tlass, un proche d'el-Assad, a été annoncée à la conférence des Amis de la Syrie.

En ouvrant la troisième réunion des Amis du peuple syrienFrançois Hollande a demandé vendredi une minute de silence pour les 16.000 victimes d'une répression dont le terme n'est toujours pas en vue. «Le régime de Bachar ne tiendra pas, sa chute est inéluctable, le plus tôt sera le mieux», a dit le chef de l'État devant la centaine de pays et d'organisations présents à Paris - ils étaient une soixantaine à Tunis, en février dernier, et 80 environ à Istanbul en avril, lors des deux premières conférences».

 

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Ils ne renonceront jamais ! Ils n’abandonneront jamais leurs réflexes de prétentieux boulimiques, ces occidentaux ! Non contents de tirer en sous-terrain les ficelles de la désagrégation des Etats arabes, après avoir désorganisé la Libye et la Côte d’Ivoire, et ouvert la voie à la destruction du Mali,  les Etats occidentaux s’acharnent toujours sur la Syrie. Leur prétexte, « sauver ce pays du dictateur Bachar El Assad». Alors, avec des dirigeants de pays sous leur contrôle, ils usent de la manipulation de leur presse aux ordres, pour commettre une autre forfaiture contre l’ordre de justice et d’égalité, l’ordre de dignité et de liberté, un ordre contre lequel ils sont montés depuis de nombreuses décennies. L’ambition de soumettre l’humanité à leurs choix, pour le règne du plus pervers, la domination sans partage du plus fort, la prédominance du mal sur la terre est si forte sur eux que rien ne les arrête. Ils n’hésitent pas à soutenir des dictateurs sanguinaires dans certains pays, en même temps qu’ils prétendent défendre la démocratie dans d’autres, en occasionnant des massacres de populations et des destructions massives, la dégradation des institutions et la destruction de l’Etat de droit.

A Paris, on reçoit des fossoyeurs de démocraties sur le tapis rouge pendant qu’on arme des rebelles, et  cela serait la marque de pays des Droits de l’homme:

Comme si tous les droits, y compris celui de massacrer des populations et celui d’être contre la démocratie, étaient à exercer pour elle, la France est partisane de tout. Vain espoir que celui qui habita de nombreuses personnes, en Afrique et certainement en Europe, de voir la France prendre véritablement des habits de pays des Droits de l’Homme, à la défaite du président de tous les excès que fut Nicolas Sarkozy. C’était ignorer le côté hypocrite de la politique française, qui n’a jamais fait que tirer profit de façon malicieuse des autres. Tant de choses ont montré que la France reste ce pays des déboires de l’humanité, ce pays où le sort de notre monde s’est vu si souvent malmené. Sous le prétexte de se prémunir contre de graves dérives, on a embrigadé l’humanité dans des projets aux contours sombres : de la première guerre dite mondiale à la deuxième, tout est parti de la France, et ce tout a façonné le visage actuel du monde. Le monde a été aiguillé sur des voies de souffrance quel que fût la personne qui se retrouva à la tête de l’Etat français. On a donc eu tort de croire que Sarkozy était la mauvaise personne. Certes, on trouvera difficilement quelqu’un de pire que ce Sarkozy-là. Mais les faits nous montrent, avec les deux guerres mondiales, que la France, dans ce monde, est le pays d’où partent les pires souffrances de l’humanité. Hier, on a vu Nicolas Sarkozy sur la scène internationale, mener des actes criminels, notamment en Afrique. A peine s’est-il retiré que son successeur, a qui on a volontiers attribué des a priori favorables, parce qu’il est socialiste, se fait leader de positions va-t-en- guerre : On se réunit sous son autorité, à Paris, pour donner des armes aux rebelles de Syrie (comme on le fit en Lybie)…Et on veut faire croire au monde entier que c‘est en armant des rebelles pour faire partir du pouvoir un chef d’Etat, fût-il un mauvais dirigeant, qu’on travaille pour la démocratie ! On se gargarise de la défection des soldats en faveur de la rébellion. Mais on se garde bien de montrer comment on persuade ces hommes-là de trahir leur pays, leur peuple, leur patrie, en s’alliant à une rébellion dont les ficelles sont tirées de l’extérieur, par les occidentaux.

Les dirigeants occidentaux sont pressés de faire partir le président Bachar de la tête de la Syrie avant que ne se découvrent les coups tordus qu’ils font dans ce pays, pour des raisons très loin des intérêts des Syriens :

L’excitation des Hillary Clinton et autres dirigeants occidentaux contre le président syrien et l’empressement de ces occidentaux démontre au moins deux choses.

La première, c’est que le départ de Bachar El Assad n’est qu’un élément d’un programme qu’ils ont besoin d’exécuter absolument. Et l’intérêt de ce programme n’a rien à voir avec les arguments avancés publiquement. A la vérité, il s’agit d’avoir à la tête de la Syrie des hommes à leur solde, pour la réalisation d’un projet inavouable. Lequel ? Nous pouvons seulement dire que ce projet servira la domination de l’occident sur le reste du monde.

La deuxième, c’est que plus le temps passe, plus il devient possible de découvrir tous les coups tordus que les occidentaux ont fait dans cette partie du monde où se trouve la Syrie. Une telle découverte compromettrait la suite des plans de l’occident dans son ambition de soumettre l’humanité à ses choix et désirs : il faut donc aller vite.

Pour ces deux raisons et certainement d’autres, les occidentaux sont pressés. Ils ont même essayé de donner dans la provocation, histoire de mesurer de quoi était capable l’armée syrienne qu’ils ont baptisée «  l’armée de Bachar », afin d’apprêter les armes indiquées pour leur forfait : l’avion turque abattu est une preuve sans ambages que militairement le coup n’est pas si facile ! Ils savent maintenant avec une certaine précision à quoi s’en tenir militairement. Mais les occidentaux ne peuvent pas attendre. Et la réunion prévue à Moscou, non seulement ne leur garantit rien, mais elle est trop loin. Ils sont pressés ! On comprend dès lors que la Russie et la Chine qui, quoi qu’on dise, demeurent des acteurs majeurs dans la situation ne se sentent pas concernées par la réunion de Paris.

Au demeurant, la Russie et la Chine ne font pas partie du dispositif de l’occident pour manipuler l’humanité à sa guise et ne sont pas les bienvenus à cette réunion des « amis de la Syrie » qui se tient à Paris. En fait d’ « amis », il faudrait plutôt parler des « ennemis », et chercher les « amis de la Syrie » du côté de la chine, de la Russie, de l’Iran et ailleurs.

Que Dieu nous protège.


Une Contribution de Nda Adjoua Suzanne

LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: «DES CHEFS D'ETAT, DES DIPLOMATES... SE MOBILISENT POUR GBAGBO»

 

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Une excellente interview du ministre Koffi Koffi Lazare que vous ne pouvez manquer d'apprécier. Bonne lecture!  

 

La situation sociopolitique que vit la Côte d’Ivoire depuis l’installation du régime de «rattrapage» d’Alassane Ouattara intrigue et inquiète. Malgré les apparences du «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes» que tente de diffuser les hagiographes du Rdr. Dans une entrevue accordée au Nouveau Courrier, Lazare Koffi Koffi, ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo, et actuel directeur de cabinet du porte-parole du président Laurent Gbagbo, depuis son exil analyse la Côte d’Ivoire version Ouattara, tout en apostrophant les nouvelles autorités françaises. Et fait des révélations sur les soutiens grandeur nature qui se mobilisent pour le président Laurent Gbagbo. Entretien !

Un exil qui dure aujourd’hui quinze mois. Comment vous sentez-vous?

Cela fait en effet 15 mois que nous sommes, pour la plupart d’entre nous, hors du pays, en exil. Notre état d’esprit d’exilés et de réfugiés politiques est au beau fixe. Il est vrai que le pays nous manque, mais nous n’allons pas rentrer à n’importe quel prix. Un de mes parents, Ehounoud Bilé, qui a vécu la même situation sous Houphouët, avait l’habitude de dire : « La liberté de l’homme ne doit pas être l’objet d’un marchandage pour des intérêts matériels et sordides». Là où nous sommes, malgré les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, malgré toutes les turpitudes de qui-vive au quotidien, nous nous sentons moralement forts parce que en sécurité et libres. Vivre libre, sentir la fraîcheur matinale des fleurs et du vent, se familiariser à tous les mouvements humains, aller et venir selon son vouloir, goûter aux joies du milieu et partager des instantanés avec nos compatriotes et nos hôtes, tout cela nous maintient en vie et entretient notre moral.

Plus d’un an après, Ouattara semble plus déterminé à vous traquer…

Oui, c’est vrai nous sommes poursuivis dans notre exil. En dehors des nombreux mandats d’arrêt internationaux lancés contre nous, il ne se passe pas de jour sans que des éléments de la DST ivoirienne franchissent la frontière pour être à nos trousses. Il ne se passe pas de jour sans que des tueurs à gage à la solde de Ouattara nous filent pour nous abattre en temps voulu. Même des jeunes filles chèrement payées nous sont envoyées pour nous séduire aux fins de nous empoisonner. Nous ne sommes pas démontés pour autant. Chacun fait son travail auquel il est destiné. Si Ouattara a voulu être Chef d’Etat pour utiliser toutes ses énergies et son intelligence pas pour construire le pays mais pour traquer et tuer ses adversaires politiques, nous, avec l’aide de Dieu, nous travaillons pour rester en vie. Soyez donc rassurés, nous reviendrons vivants au pays. Par la grâce de Dieu.

C’est vrai que nous comptons dans nos rangs des morts et non des moindres : le ministre d’Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, les maires Raymond Gnan et Jean-Baptiste Diagou Gomont de regrettés mémoire sans oublier les nombreux anonymes qui meurent abandonnés dans les camps de réfugiés. Avec ces morts, mais aussi avec l’arrestation spectaculaire et stalinienne du ministre Lida Kouassi et celle imaginaire digne d’un conte de fée du ministre Koné Katina, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, notre histoire, l’histoire des exilés s’écrit. C’est une histoire douloureuse certes, mais c’est une histoire qui s’écrit en lettres d’or avec nos héros et nos légendes tandis que celle de Ouattara et de ses sbires se noircit chaque jour.

Pourquoi le régime Ouattara ne cesse d’accuser les exilés de planifier des coups?

Je ne sais pas. C’est à lui peut-être qu’il faut demander. Cependant, je puis dire que cette frénésie de Ouattara à voir des coups d’Etat partout est une projection de la conscience de l’homme dans celle d’autrui. Mais cette propension à voir des ennemis partout rappelle fort curieusement celle d’Houphouët au début de son règne en Côte d’Ivoire. On se souvient en effet, qu’après la proclamation de la République de Côte d’Ivoire le 4 décembre 1958, Houphouët-Boigny, alors ministre dans le gouvernement de De Gaulle puis de Michel Debré, sera imposé à notre pays par la France comme Premier Ministre en 1959. L’année suivante, après la proclamation de l’indépendance le 7 août, Houphouët sera, sans élection, proclamé Président de la Côte d’Ivoire en dehors de toute règle démocratique. Conscient de cette irrégularité dans son ascension au sommet de l’Etat, dans un environnement où le pays comptait de nombreux intellectuels de valeur pouvant lui apporter la contradiction comme J.B. Mockey, Germain Coffi Gadeau, Kacou Aoulou, Me Kouamé Binzème, Joachim Bony, Jean Konan Banny, Ernest Boka, Charles Donwahi, etc. Houphouët voyant en eux de réels concurrents qui pouvaient lui disputer le pouvoir, trama avec Philippe Yacé toute une série de complots qui ont endeuillé notre pays entre 1959 et 1963 et traumatisés à jamais des familles entières.

C’était donc l’époque des faux complots?

Effectivement ! C’étaient des complots juste pour asseoir, affermir son pouvoir. Quand cet objectif a été atteint, un jour, Houphouët est venu dire au peuple, sans vergogne et sans repentir qu’il n’y a jamais eu de complots en Côte d’Ivoire. C’est cette voie d’Houphouët que, de toute évidence, emprunte Ouattara qui a eu, lui aussi, le pouvoir presque dans les mêmes conditions. Et les cadres du Fpi et leurs alliés qui peuvent s’opposer à lui, il leur colle ce délit de putschistes. Un jour viendra, lorsqu’il se sera assis confortement dans son fauteuil présidentiel, où il annoncera qu’il n’y a jamais eu de coups d’Etat. Pour le moment il fait le vide autour de lui par la terreur. Mais il se trompe d’époque. Nous ne sommes plus dans les années 60.

Mais, n’a-t-il pas réussi à écarter le président Gbagbo et bon nombre d’entre vous?

Oui, mais c’est en apparence. Cela fait 15 mois que le Président Gbagbo n’est plus au pouvoir. Mais pendant ces 15 mois, il occupe la Une des journaux, y compris et surtout ceux proches de Ouattara. Gbagbo se vend bien, en même temps que par ces journaux on mesure le niveau de sa popularité et la place qu’il occupe dans le cœur des Ivoiriens. En le déportant à la Cpi, Ouattara espérait sans doute que les Ivoiriens allaient se décourager et se lasser d’attendre son retour. Mais que non ! Il se rend bien compte que cette déportation a été une erreur. Et pourtant il en avait été déconseillé. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que tant que le Président Gbagbo sera à la Haye, Ouattara n’aura pas la sérénité nécessaire pour diriger ce pays. Parce que, un homme comme Gbagbo, on ne peut pas se débarrasser de lui comme un vulgaire malfrat. Il est et demeure le choix des Ivoiriens. Plus il restera donc à la Haye, plus sa popularité ira croissante, devenu désormais pour les Ivoiriens mais aussi pour les Africains du continent et de la diaspora l’icône de l’Afrique libre, indépendante et souveraine, et plus l’espace de manœuvre de ceux qui nous gouvernent par le fusil se réduira. Et plus, la réconciliation attendue sera incertaine.

Tout semble fonctionner en Côte d’Ivoire, selon le régime Ouattara…

En vérité, tout est bloqué. Au plan intérieur, le pouvoir d’achat s’est considérablement réduit. Le panier de la ménagère s’est profondément aminci depuis ces 15 derniers mois. L’insécurité est vécue par tous au quotidien. Les droits humains n’ont plus de sens en Côte d’Ivoire. On tue impunément. La peur a gagné tout le monde y compris les pro-Ouattara. Les hôpitaux ne désemplissent pas. L’aide sociale est restée un vœu pieu. Que dire de l’emploi promis ! Rien ne se dessine à l’horizon. L’assainissement de la société et la lutte contre la corruption qui ont été brandis lors de leur campagne sont loin des préoccupations des tenants actuels du pouvoir devenus pour la plupart des grilleurs d’arachides. Au plan extérieur, Ouattara court en vain après des investisseurs qui tardent à venir à cause du climat incertain dans lequel se trouve le pays qui court chaque jour le risque d’un isolement. On annonce des milliards dont on ne voit pas les effets sociaux. Comme vous voyez, Ouattara s’est précipité pour prendre le pouvoir avec l’aide des Blancs, et 15 mois après, tout le monde se rend bien compte de son incapacité à le gérer et à proposer de véritables solutions pour la reconstruction économique et sociale du pays, mais aussi des solutions humaines pour rassembler et soigner les cœurs meurtris des Ivoiriens. C’est pour cacher cela qu’il y a cette fuite en avant, celle de traquer les cadres du Fpi, d’entretenir un climat de terreur dans le pays en faisant courir des bruits de coup d’Etat et en planifiant un génocide à l’ouest. Pour tout dire, tout est en panne en Côte d’Ivoire sous Ouattara et, croyez-moi, ce n’est pas le Ppte qui va arranger les choses.

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Dans un mois Gbagbo comparait à la Cpi. Comment envisagez-vous son avenir?

Le Président Gbagbo nous reviendra contrairement à ce que pensent nos gouvernants actuels. Devenu un os dans la gorge de ceux qui voulaient l’avaler, ces derniers sont obligés de le cracher s’ils veulent vivre. Son ombre plane sur la Côte d’Ivoire. Ouattara lui-même ne manque jamais de parler de lui à chacune de ses sorties médiatiques. Gbagbo est devenu son cauchemar. Tout restera bloqué sans lui dans ce pays. Je crois que même ses plus irréductibles adversaires et ses ennemis en sont convaincus qui donnent de la voix pour qu’il revienne au plus vite au pays. On a entendu récemment Amoikon Edjampan ; à l’Onu, en France, aux Etats-Unis, et en Afrique, des diplomates, des leaders d’opinion, des Chefs religieux et des Chefs d’Etat se mobilisent en sa faveur et vous verrez, les jours prochains, ils se feront entendre. La question qui revient souvent, c’est comment vider définitivement le contentieux électoral qui fait de notre pays un no man’s land.

Selon vous, comment peut-on vider justement ce contentieux électoral?

Je ne vois qu’une et une seule solution : à défaut du recomptage des voix proposé en son temps par le Président Gbagbo et refusé par ses adversaires,- ce qui nous aurait évité tous les blocages actuels -, il faut courageusement mais humblement reprendre les élections présidentielles.

Pensez-vous que Ouattara et ses hommes peuvent accepter une telle proposition?

Mais, c’est la seule voie s’ils veulent diriger ce pays sereinement. Mais ils ne devraient pas en avoir peur, surtout qu’ils clament partout qu’ils sont majoritaires dans ce pays. Ma position est fondée sur le fait suivant : comme c’est le Conseil Constitutionnel version Paul Yao Ndré qui a proclamé deux vainqueurs des élections de 2010 en l’espace de quelques mois, la sagesse commande qu’on reprenne ces élections qui seront arbitrées par le Conseil Constitutionnel version Francis Wodié sous la supervision active mais désintéressée et sans parti pris de la France, les Etats-Unis, l’Onu, l’Union Africaine et toute organisation non gouvernementale qui le désire. Il faut scruter cette voie, la seule à mon sens pour sortir notre pays du bourbier actuel.

Vous parliez tantôt de la France qu’on sait un acteur clé de cette crise. Que peut-elle faire actuellement?

Elle peut faire beaucoup. La France de François Hollande s’entend. Le nouveau président français dont je salue au passage la brillante victoire aux dernières élections, a tout pour redorer l’image de la France trop ternie par son prédécesseur en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. La France de Sarkozy est vue par tous les Africains épris de justice et de liberté comme une France génocidaire, une France arrogante, une France inutilement interventionniste qui s’ingère dans les affaires intérieures des Etats indépendants et souverains, une France des coteries et des affaires mafieuses. Hollande doit faire oublier tout cela et il le peut.

Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il le peut?

D’abord c’est le slogan de sa campagne «le changement c’est maintenant ». C’est tout un programme dont le monde attend beaucoup. Mais nous les Africains, ce changement ne doit pas se réduire à un simple ménage de meubles dans la maison. Ce que l’Afrique attend, c’est une véritable rupture d’avec une vision du monde coupé en deux, l’un détenteur de la force nucléaire qui veut imposer sa volonté à l’autre qui ploie sous le poids de la misère et à qui on refuse le droit minimum de disposer de lui-même. Ce que l’Afrique attend c’est une rupture radicale avec une certaine politique étrangère outrancière, outrageante et arrogante, une rupture avec l’interventionnisme militaire tous azimuts, rupture avec une coopération financière stressante, avilissante, oppressante et appauvrissante. Hollande doit savoir que le monde aujourd’hui et surtout l’Afrique appelle au changement comme en France.

Ensuite, Hollande doit lui-même tirer les leçons de la chute de Sarkozy et savoir avoir une oreille pour les Africains qui voient dans la date du 6 mai 2012 qui a marqué son élection comme une date porteuse de grands bouleversements comme celle de 1789 de la Révolution Française qui a proclamé la République, 1917 de la Révolution russe qui a sanctionné la fin du régime des Tsar, 1948 qui a vu la naissance de l’Onu et 1989 qui a mis fin à la guerre froide après la chute du mur de Berlin. Les Africains ont soif de changement comme ils l’ont eu après la Deuxième Guerre Mondiale, soif qui a enclenché la décolonisation. Nous sommes dans les mêmes dispositions d’esprit aujourd’hui. L’Afrique appelle au respect de l’indépendance et de la souveraineté de ses Etats. Et Hollande devrait être attentif à cela et ne doit pas se laisser devancer et dominer par les événements comme ses prédécesseurs dans les années 50 «pour ensuite céder aux revendications lorsqu’elles s’expriment sous une forme violente. Il importe de prendre en temps utile les dispositions qui permettent d’éviter les conflits graves» ainsi que le recommandait le projet du préambule de la Loi-Cadre.

Pour vous donc, dans quel sens les choses peuvent-elle évoluer?

D’abord la France officielle ne doit pas avoir peur des Africains, surtout ceux de l’espace qu’elle contrôle et auxquels elle est historiquement liée. Elle ne doit pas un seul instant présumer que ces Africains de culture française, de sentiments français, placés depuis longtemps dans un système économique français, ayant pour référence le modèle français, peuvent se détourner d’elle. Ensuite, elle doit, par une conférence internationale du type de celle qui a eu lieu à Brazzaville en 1944, avec tous ses diplomates mais aussi tous les Africanistes pour faire le point de sa présence en Afrique, mais aussi de la vérité sur les réalités africaines colportées, pour bâtir une nouvelle politique de coopération avec les Etats africains. Au-delà de tout çà, Hollande doit rompre courageusement avec la Françafrique ainsi que les sommets anachroniques France-Afrique. Et plus que cela, le gaullisme qui engageait vers la fin des années 50, la France à voir chez les nouveaux Etats africains, des partenaires privilégiés parce que, «si leur administration novice, leur économie naissante, leurs finances désorganisées, leur diplomatie tâtonnante, leur défense à ses débuts, recouraient à elle pour s’établir, il faudrait s’y prêter». La France doit cesser de voir les Etats africains comme des Etats naissants. Elle doit voir autrement nos Etats devenus matures car à vouloir les maintenir sous une quelconque domination «peut devenir une gageure, où la France, pour ne rien gagner peut tout perdre ».

Pour en revenir à vos vies d’exilés. Comment arrivez-vous à survivre quand on sait que vous avez vos avoirs gelés?

(Rires). Ça, c’est une grâce de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous. J’ai souvent entendu dire que nous avons fui du pays avec des caisses d’argent et que nous vivons un exil doré. On a même dit que le gouvernement ghanéen nous soutient financièrement. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet espace pour remercier vivement et très sincèrement tous nos compatriotes qui, depuis le pays, ne cessent de nous soutenir aussi bien moralement que financièrement. Cela est très encourageant et cela montre aussi que nous sommes dans la vérité. Fait surprenant, il y a parmi ceux qui nous aident de nombreux pro-Ouattara découragés sans doute de l’orientation nouvelle de l’action politique dans notre pays. Je n’oublie pas dans mes remerciements les associations et les groupements religieux qui, au-delà des soutiens matériels, prient pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Je voudrais leur dire ici de ne pas désespérer et de rester toujours mobilisés pour la Côte d’Ivoire éternelle. La nuit est longue, il est vrai, mais le jour finira par se lever.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 11 juillet 2012

INTERVIEW: «LA DEMOCRATIE SE CONSTRUIT AVEC LES IDEES DE L'OPPOSITION ET PAS AVEC LE SANG DES OPPOSANTS»

 

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Alors que Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) s’apprête à fêter sa première année d’existence, nous nous sommes entretenus avec la Conseillère exécutive du président de LIDER, Nathalie Yamb. Elections municipales, statut de l’opposition, critique du gouvernement, bilan du parti, personnalité de Mamadou Koulibaly, un entretien sans tabous et sans langue de bois.


Dans quelques jours, le 14 juillet 2012, LIDER soufflera sa première bougie. Quel bilan tirez-vous ?

Nathalie Yamb : Un mois après la création de LIDER, nous avons procédé au lancement officiel du parti. Au bout de quatre mois, après l’obtention du récépissé du ministère de l’Intérieur, nous avons organisé notre premier congrès, au cours duquel les textes du parti et sa structure ont été adoptés. Nous avons commencé l’installation du parti sur le territoire national. Nous avons participé aux élections législatives en présentant douze candidats dans huit circonscriptions. Certes, nous n’avons eu aucun élu, mais le parti en a profité pour se faire connaître. Nous étions le seul parti qui expliquait aux électeurs que le rôle du député n’est pas de construire des routes et des hôpitaux, mais de contrôler l’activité gouvernementale. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et le résultat est que nous nous retrouvons avec un parlement monocolore qui ne touche à aucune loi alors que le gouvernement prend des ordonnances à tour de bras. Nous avons organisé la critique gouvernementale, dénoncé l’hyper-présidence d’Alassane Ouattara, proposé une réforme constitutionnelle pour passer au régime parlementaire, proposer un statut de l’opposition, proposé un chronogramme de dialogue gouvernement / opposition pour aller à la réconciliation. Nous avons organisé et réussi le bilan de l’an 1 de gouvernance RHDP. Nous avons lancé notre site web, notre page Facebook, notre compte Twitter. Le 14 juillet prochain, le Pr. Koulibaly lancera sa propre page Facebook et ouvrira son propre compte Twitter et d’autres innovations suivront. A ce jour, nous avons plus de 50.000 adhérents, même s’il n’y a qu’environ 2.000 qui paient leurs cotisations. Nous avons participé à différents séminaires ici et à l’étranger. Nous avons présenté le parti à la communauté internationale, avons eu des rencontres fructueuses et intéressantes avec les ambassadeurs d’Allemagne, de Suisse, des Etats-Unis, d’Arabie Saoudite, du Japon, de Belgique, du Burkina Faso, du Nigeria, de Chine, de Russie etc. et nous continuons cette intense activité diplomatique. Nous organisons des formations pour nos militants, car il faut savoir que 60% de nos adhérents n’ont jamais fait de politique et trouvent à LIDER le discours et le cadre idoines pour sortir du carcan triangulaire Bédié – Gbagbo – Ouattara qui ne propose que querelles, haine et tribalisme. Nous avons distribué des milliers de manifestes afin de disséminer nos idées et nos propositions aux populations. Nous avons investi des coordinations à Abidjan et à l’intérieur du pays et travaillons à l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, toute chose nécessaire pour réussir l’alternance en 2015.

Le président de la République vient de saisir le conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir l’appui de l’ONUCI pour l’organisation des élections municipales avant la fin de l’année 2012. Quel est votre avis là-dessus ?

NY : Il y a deux mois, à Grand-Bassam, nous sommes tombés d’accord avec le gouvernement pour convenir que des questions vitales devaient être réglées en urgence afin de paver la route de la réconciliation et de la paix en Côte d’Ivoire, qui sont les conditions nécessaires à la tenue de consultations électorales sereines, inclusives et crédibles. Il s’agissait entre autres, d’effectuer un recensement de la population, à propos duquel le gouvernement nous a informé qu’il serait terminé avant fin 2012 ; d’actualiser la liste électorale élaborée en 2009 en y incluant les nouveaux majeurs ; de recomposer la CEI, au sein de laquelle siègent encore des forces militaires ;  de réaliser effectivement le désarmement et de sécuriser réellement les biens et les personnes sur l’intégralité du territoire national et de mettre en place le statut de l’opposition. Nous pensons qu’il n’y a aucune urgence à organiser les élections municipales en l’absence d’unenvironnement serein et d’un cadre démocratique réel. S’il est vrai que les scrutins locaux n’ont pas un enjeu aussi vital que les élections nationales, les municipales à venir seront considérées par tous comme le socle d’une élection présidentielle de 2015 apaisée. Nous ne comprenons donc pas la volonté du chef de l’Etat à courir aux élections avant la fin de l’année, sauf à penser qu’il a un agenda caché et table à nouveau sur un boycott des élections de la part de l’opposition pour rafler intégralement la mise lors du scrutin, alors que la coalition gouvernementale assure déjà la gestion de la majorité des municipalités depuis 2001.

On sent une obsession et un besoin de statut de l'opposition et de financement public de la part de LIDER.

NY : Le statut de l’opposition n’est pas agencé uniquement autour du financement des partis. Il est construit autour de l’idée que ceux qui gagnent les élections gouvernent et que ceux qui les perdent ont également un rôle à jouer dans la construction démocratique. L’opposition a des droits et des devoirs qui s’exercent dans un cadre spécifique et suivant des règles bien précises. C’est parce que l’opposition n’a pas de statut clair, cohérent, connu et reconnu que la défaite électorale est souvent vécue comme une disgrâce ultime et que les conflits sanglants et crises meurtrières naissent, durent et perdurent en Afrique noire dite francophone. Sous Ouattara, l’opposition  a disparu du parlement ivoirien, pourtant il ne peut y avoir de démocratie s’il n’y a pas d’opposition. La démocratie se construit avec les idées de l’opposition et pas avec le sang des opposants. L’opposition est interdite d’accès aux média d’Etat. Les opposants sont étouffés financièrement. Les salaires et indemnités des députés de la législature sortante sont toujours retenus illégalement par le président de la République. Leur droit à la retraite, pour laquelle ils ont pourtant cotisé, n’est pas encore reconnu. Les avantages liés au statut d’ancien président d’institution, qui fait l’objet d’une loi, sont refusés au président de LIDER, ancien président de l’Assemblée nationale, alors que d’autres en bénéficient sans problème. Pour jouer pleinement leur rôle, les partis d’opposition ont besoin d’un financement clair, pour lequel ils doivent rendre compte. Nous rappelons que le RDR, bien que non représenté au Parlement de 2001 à 2011, a été financé sur fonds publics. Monsieur Ouattara souhaite sûrement que Mamadou Koulibaly vienne nuitamment lui demander de l’argent, comme le font bien d’autres acteurs politiques. Cela nous a d’ailleurs été fortement suggéré, mais nous disons clairement que cela n’arrivera pas. A LIDER, nous disons qu’il faut cesser de nier le rôle de l’opposition. Nous refusons sa clochardisation et la compréhension opportuniste que le gouvernement en a. Le chef d’Etat préfère de loin avoir quelques opposants comme ministres afin de les avoir à sa merci. Tous ceux qui ne sont pas à sa solde courent le risque d’être présentés comme des putschistes putatifs, agents de l’étranger, déstabilisateurs... A LIDER, nous disons que la Côte d’Ivoire n’est pas un gâteau et que les motivations des hommes et femmes politiques ne doivent pas être comment se partager les richesses entre eux, mais comment mettre en place un cadre de développement qui profitera à toutes les populations.

Pourquoi LIDER prend un savant plaisir à critiquer Ouattara et ses actions, plutôt que de mettre l’accent sur ses propres propositions?

NY: En tant que parti d’opposition, le rôle de LIDER est d’informer les Ivoiriens sur ce que le président Ouattara leur cache ou ne leur dit pas et de proposer un programme d’alternance. Notre programme n’a pas à se superposer au sien. L’alternance implique l’altération de la politique du gouvernement. A chaque fois que nous avons critiqué les «solutions» du gouvernement Ouattara, nous avons énoncé les propositions de LIDER comme le meilleur choix alternatif.

Nous avons critiqué les ordonnances illégales dont il raffole, et nous avons recommandé de prendre le chemin de l’Assemblée nationale. Nous avons critiqué son hyper-présidence qui a fini par plonger dans la tyrannie, et nous avons proposé le régime parlementaire pour limiter les dérives de ce genre à l’avenir. Nous avons dénoncé sa vengeance justicière et avons proposé une justice équitable et un système judiciaire réformé et crédible. Nous avons dénoncé sa gouvernance obscure et avons proposé de passer aux appels d’offre ouverts à tous et transparents. Nous avons dénoncé vivement sa politique de rattrapage ethnique et disons que chez LIDER, nous voulons construire une nation cohérente et prospère. Nous avons fait le bilan de sa première année de gouvernance et avons critiqué sa propension systématique à étouffer les Ivoiriens. En parallèle, nous proposons de libérer les énergies. Nous avons critiqué son fourvoiement dans la gestion de la crise malienne en suggérant dès le départ que l’on puisse considérer comme prioritaire la question de la rébellion Touareg et sa résolution. Nous dénonçons le fait que Ouattara fasse croire aux Ivoiriens que l’obtention du PPTE est la panacée et nous expliquons qu’il va falloir rembourser quand  même, autant sinon plus qu’avant et qu’aucun pays émergent n’est jamais passé par le PPTE. Nous critiquons sa politique de décentralisation et nous suggérons un débat public sur le découpage, ce qu’il s’était engagé à faire mais semble avoir oublié. A propos de son programme du «Vivre ensemble», nous disons que les Ivoiriens vivent déjà ensemble, mais que ce qu’il manque, c’est le savoir-vivre.

Ceci ne nous empêche pas, lorsque le gouvernement fait quelque chose de bien, de le reconnaître. Ainsi, lorsqu’il a invité les partis d’opposition au conclave de Grand-Bassam, nous avons salué son initiative et participé aux travaux, qui ont été francs et productifs. Force est cependant de constater que tout cela n’était pas bien sérieux et que le gouvernement cherchait simplement à obtenir une photo de famille pour faire croire à l’opinion publique ivoirienne et à ses créanciers et donneurs d’ordre internationaux qu’un semblant de cadre démocratique existe en Côte d’Ivoire. Deux mois après Grand-Bassam, alors que le gouvernement s’est inscrit aux abonnés absents et qu’aucune des résolutions convenues à l’unanimité n’a été mise en œuvre, nous pouvons affirmer que le président de la République ne veut pas du dialogue républicain et que la perspective d’une décrispation réelle et d’une réconciliation profonde ne l’arrange pas. Mais ne pensez surtout pas que cela nous fait plaisir. A chaque fois que nous devons tirer ce genre de conclusion ou avons matière à critiquer l’action gouvernementale, cela nous attriste parce que cela signifie que les populations sont encore maintenues en otages dans l’insécurité et la pauvreté qu’elles n’ont que trop endurées.

Certains voient en Mamadou Koulibaly une sorte de Bayrou local, c'est-à-dire, un fort en thème et agitateur d'idées, peu enclin à être plus que le troisième homme...

NY : L’analogie avec Bayrou ne me paraît pas claire, mais je suis toujours étonnée quand l’on met idées et actions en opposition. C’est très dramatique, parce que c’est ainsi qu’on voit des gens qui, dans l’opposition, promettent des actions et des solutions irréfléchies, et qui, une fois arrivés au pouvoir, mélangent tout, tournent en rond, ne savent plus quoi faire et se réfugient dans une communication vide de contenu ou dans la violence et l’intimidation.

Mamadou Koulibaly a l’avantage de brasser des idées, des propositions, mais en même temps, il a été ministre du Budget, ministre de l’Economie et des Finances, président de l’Assemblée nationale de ce pays. Il a, en tant que ministre du gouvernement de transition, dans une situation de crise et de tension de trésorerie, conçu et fait exécuter le budget de l’Etat et réussi à organiser les élections de 2000 sans un centime de financement extérieur. C’est du concret. Il a défendu la souveraineté de la Côte d’Ivoire quand elle était mise en danger à Marcoussis ou par le GTI en 2004. C’est du concret. Certaines personnes s’irritent quelques fois du fait que Mamadou Koulibaly a souvent raison, et que si on l’avait écouté, on n’en serait pas là où nous sommes aujourd’hui. Mais ce n’est pas un sorcier. C’est simplement qu’en prenant le temps de réfléchir à une situation, on en cerne tous les contours et on se prépare en conséquence. Et que si on choisit, en tout connaissance de cause, d’entrer dans un tunnel, alors qu’il y a plein de chemins et d’avenues en plein air qui sont disponibles, alors il ne faut pas s’étonner que la seule voie de sortie, c’est le bout du tunnel, sans possibilité de retour.

A LIDER, nous sommes très à l’aise avec le fait de que le programme, les idées et la vision que nous proposons sont pensés, débattus, planifiés. Nos idées font l’objet d’échanges constants avec la société civile : c’est ainsi qu’on a rencontré les quatre grandes centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité, Humanisme), pour exposer notre stratégie de création d’emplois pour les jeunes et de modernisation du système de retraite en Côte d’Ivoire pour les moins jeunes, et recueillir en retour leurs suggestions et conseils au vu de leur plus grande connaissance du terrain. C’est dans le même esprit que nous avons rencontré les associations de commerçants, grossistes et détaillants pour discuter avec eux de notre stratégie de réduction du coût de la vie et des contraintes qui sont les leurs. La réforme du foncier et la remise de la terre kidnappée par l’Etat aux paysans étant au cœur de notre programme, nous nous sommes rapprochés des acteurs majeurs, comme les géomètres-experts de Côte d’Ivoire, qui, bien qu’ils soient les seuls habilités à délimiter le cadastre, n’ont jamais fait l’objet d’aucune consultation par le gouvernement, qui s’est pourtant réuni à Yamoussoukro en séminaire il y a quelques jours pour ne rien dire. Chez nous, les politiques sont agencées sur des idées opérationnelles capables de résoudre effectivement les problèmes qui accablent les Ivoiriens. La liberté et la démocratie sont des thèmes trop importants pour ne pas faire l’objet de profondes et sérieuses réflexions.

Peut-on envisager un retour de Mamadou Koulibaly au FPI, ou à défaut un rapprochement ? D’aucuns évoquent cette perspective parce qu’ils estiment que le FPI n’a plus de candidat de poids.

NY : Non, un retour de Mamadou Koulibaly au sein de son ancienne formation politique est exclu. Par contre, ceux qui disaient au FPI «après Gbagbo, c’est Mamadou Koulibaly», ceux qui se reconnaissaient dans ses idées, dans son franc-parler, dans sa façon de faire la politique, ceux qui sont prêts à laisser les stratégies divisionnistes et les discours sectaires, vindicatifs et violents derrière eux et qui partagent notre vision pour le progrès social en Côte d’Ivoire, tous ceux-là sont les bienvenus à LIDER.

Qui est Nathalie Yamb? Est-il exact que vous avez tout laissé et abandonné pour suivre Mamadou Koulibaly et ensuite LIDER ?

NY : (Rires). C’est bien la première fois que j’entends cela. Le suivisme n’est pas quelque chose qui me caractérise et ce n’est pas une valeur LIDER. On ne vient pas à LIDER pour suivre Koulibaly, mais parce que l’on partage les mêmes idéaux et le même projet de société et que l’on veut contribuer à sa réussite. Si demain, Koulibaly s’éloigne de notre combat, nous ne le suivrons pas dans ses bifurcations et continuerons tout droit, sans lui. 

 

Interview réalisée par Charles Kouassi pour L’Intelligent d’Abidjan le 10 juillet 2012.

 

Source: LIDER-CI.ORG

CPI: CES REVELATIONS DE SORO QUI GENENT OUATTARA

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L’information a été glissée furtivement. Mais elle a retenu l’attention des oreilles exercées. Dans un entretien à bâton rompu accordé à Rfi dimanche dernier, dans le cadre de l’émission « Le débat africain », Guillaume Soro a pour ainsi dire vendu la mèche en faisant cette révélation : « Jusqu’à présent, la Cpi a été appelée à venir investiguer en Côte d’Ivoire. 
 
Mais en ma connaissance, elle n’a émis que quatre mandats d’arrêt, qui évidemment ont été émis contre monsieur Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et le général Dogbo Blé ». C’est là assurément une information nouvelle qui a dû faire tilt dans la tête de certaines personnalités bien au fait des procédures judiciaires en cours aussi bien sur le plan national qu’international, depuis la fin de la crise post-électorale. Parce que capitale, cette information, lâchée au détour d’une phrase, pourrait mettre à mal ceux qui gèrent les dossiers encore pendant devant les tribunaux nationaux voire internationaux. De quoi s’agit-il ? 

Pour mémoire, il y a quelques mois, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, Simone Gbagbo, devait comparaître au tribunal d’Odiénné où elle est incarcérée depuis novembre 2011. L’audience, qui avait été annoncée publiquement pour le vendredi 30 mars 2012, a été annulée sine die. Sans la moindre explication officielle. Même les avocats de l’ex-première dame, qui étaient en route pour Odiénné pour assister à l’audience, ont été pris de court, la veille, par la décision d’annulation. Joint par téléphone, voici l’explication que nous avait donné, l’un d’entre eux, Me Serge Gougnon : « Nous sommes en route pour Abidjan, nous sommes présentement à l’entrée de Yamoussoukro. Le Parquet (service du Procureur de la République, ndlr) nous a informés ce matin (jeudi 29 mars) que l’audience est annulée, sans aucune explication. Ils nous ont juste dit que les juges ne viendront plus à Odienné, et que la Première Dame ne sera plus auditionnée, en tout cas demain (vendredi 30 mars, ndlr). Ils nous ont fait savoir qu’ils nous donneront les raisons de cette annulation d’audience quand nous serons à Abidjan »( Cf L’inter du vendredi 30 mars 2012). 

A l’époque, le bruit avait couru qu’il s’agissait en fait, au cours de cette audience, pour le procureur Simplice Kouadio, d’aller notifier à Mme Gbagbo un mandat d’arrêt que la Cour pénale internationale(Cpi) aurait délivré contre elle. Des partisans de l’ancien régime avaient d’ailleurs alerté l’opinion sur cette audience par un tapage médiatique, craignant qu’elle ne vire au scénario vécu par l’époux Gbagbo au sortir d’une brève audience qui s’est tenue à Korhogo. Audience que celui-ci avait qualifiée de « volée » lors de sa première comparution à la Cpi. On se souvient que c’est au sortir de cette audience de Korhogo qu’il a pris le chemin de La Haye. 

Simone, Dogbo Blé: Pourquoi ils ne sont pas encore à la Cpi

En ce mois de mars donc, la rumeur avait couru que l’audience d’Odiénné devait être l’occasion de porter à la connaissance de Mme Gbagbo le mandat d’arrêt délivré contre elle par la Cpi et qu’au final elle devait, à son tour, prendre la route de La Haye au Pays-Bas. Info ou intox ? Il reste qu’à l’époque, l’annulation de cette audience avait nourri des commentaires, surtout qu’aucune explication officielle convaincante n’avait été donnée. 

D’aucuns avaient laissé entendre que le régime Ouattara s’était vu bel et bien signifier un mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo. Information que ni les services du procureur de la République, Simplice Kouadio, ni le président Alassane Ouattara, ni même le procureur Luis-Moreno Ocampo et son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, de passage à Abidjan, n’ont daigné confirmer ; se bornant tous à botter en touche quand ils étaient interpellés sur ce fameux mandat d’arrêt. 

Or, voilà que, trois mois plus tard, on apprend de la bouche du n° 2 du régime, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qu’il y a eu bel et bien un mandat d’arrêt lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et mieux, contre le général Dogbo Blé, le redoutable chef de la Garde républicaine, sous Gbagbo. Or donc, un mandat d’arrêt avait été émis par la Cpi à l’encontre de la célèbre prisonnière d’Odiénné ! Ceux qui avaient flairé que l’audience avortée du 30 mars, qui devait se tenir dans cette cité, visait à porter l’information à Mme Gbagbo, n’étaient donc pas dans le faux. De sources proches de ces procédures judiciaires, il semble que ce sont les autorités gouvernementales, au plus au sommet, qui ont « mis le pied » sur ce mandat d’arrêt en refusant de le mettre à exécution. Et cela, à juste titre. 

En effet, elles craindraient que l’exécution des mandats d’arrêt contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, ouvre la boîte de pandore. En clair, ça pourrait apparaître comme la porte ouverte au transfèrement à La Haye de tous les militaires proches du pouvoir, soupçonnés d’être dans le viseur de la Cpi. Ce qui pourrait être préjudiciable au régime, qui a alors sagement opté pour la traduction de Simone Gbagbo et autres devant les tribunaux ivoiriens. 

En balançant donc l’information selon laquelle un mandat d’arrêt avait été bel et bien lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, Guillaume Soro met les autorités ivoiriennes dans une mauvaise posture : celle de devoir s’expliquer sur la non-exécution de ce mandat d’arrêt depuis son émission. Et ça, c’est bien embarrassant.



Assane Niada, in le quotidien ivoirien L'INTER.

mardi, 10 juillet 2012

LA COTE D'IVOIRE ET LE POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE: QU'IL SOIT FAIT DROIT A L'ACTEUR PRINCIPAL

 

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Depuis la fin du mois de juin 2012, la Côte d’Ivoire a enfin atteint le  point de décision de l’initiative PPTE, qui correspond à un abandon substantiel de sa dette extérieure. A l’annonce de cette décision, les nouvelles autorités ivoiriennes dans un euphorisme sans limite, tentent d’une part de s’octroyer la paternité de ce succès, et d’autre part font croire que la Côte d’ivoire est devenue subitement un nouvel eldorado.

Au terme de la réflexion tout à fait personnelle qui suit, l’on se rendra  certainement compte que la vérité est toute autre et qu’elle prend à contrepied le triomphalisme affiché par les autorités ivoiriennes. Le cheminement adopté s’articule autour de trois points essentiels :

v  Le rappel du contexte de l’avènement de l’initiative PPTE

v  Les principes généraux qui gouvernent l’initiative PPTE

v  L’historique de la marche de la Côte d’Ivoire sur le point de l’achèvement de l’initiative PPTE et les effets qui en sont attendus 

 

I – CONTEXTE DE L’AVENEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


Les différents modes de traitement de la dette appliqués depuis l’éclatement de la crise de la dette à partir de septembre 1982, n’ont pu véritablement apporter une solution durable au problème de la dette croissante des pays débiteurs. En effet, de 1982 à 1989, le rééchelonnement classique de la dette pour les pays en programme  d’ajustement structurel avec le Fonds Monétaire International, a simplement accordé au pays une bouffée d’oxygène temporaire et  n’a permis de régler en profondeur le problème de la dette. Le report des échéances dans le futur et les nouveaux prêts d’ajustement structurel ont contribué à l’augmentation du volume de la dette de l’ensemble des pays débiteurs.

A partir de 1989, la Communauté Financière Internationale a admis que la crise de la dette n’était pas un problème temporaire de liquidité et que son traitement nécessitait une solution novatrice. Pour la première fois, la notion de réduction de la dette a été évoquée et intégrée dans la stratégie de traitement de la dette. Ainsi, lors des réunions successives des pays riches les plus industrialisés, pays du G7 qui deviendra par la suite G8, il a été possible d’admettre une réduction de dette au pays débiteur pour réduire le service futur de la dette (rééchelonnement comportant dose d’annulation de dette à partir de 1990 – Termes de Houston, termes de Londres ou Toronto renforcé, termes de Naples, termes de Lyon, termes de Cologne sous IPPTE).

C’est dans cette veine qu’en septembre 1996, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont mis sur pied, l’Initiative d’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE) dont l’objectif principal est de ramener le service de la dette du pays débiteur à un niveau supportable et compatible avec sa capacité de remboursement.

La partie qui suit énonce les principes généraux qui gouvernent l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés, notamment les conditions d’éligibilité, la réduction de la dette accordée au pays récipiendaire par les institutions multilatérales de développement, les pays créanciers membres du Club de Paris et certains créanciers bilatéraux à travers des initiatives unilatérales d’allègement additionnel de la dette. La deuxième partie retrace les différentes étapes franchies par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus PPTE. 

 

II – PRINCIPES GENERAUX DE L’INITIATIVE PPTE


II.1 – CONDITIONS D’ACCES AU TRAITEMENT PPTE    


Pour être éligible au traitement PPTE, le pays débiteur doit remplir les conditions suivantes :

  • Ø Etre en programme avec le FMI,
  • Ø Avoir son ratio Valeur Actualisée Nette (VAN) dette/ revenus budgétaires > 250 %
  • Ø Avoir son ratio  Service dette/ revenus fiscales > 150 %
  • Ø Avoir un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)


II.2 – TRAITEMENT PPTE OFFERT AU PAYS ELIGIBLE


De façon générale, le pays PPTE bénéficie d’une réduction du flux du service de sa dette entre le point de décision et le point d’achèvement du processus PPTE. L’annulation du stock de la dette n’est accordée qu’au point d’achèvement. Toutes les annulations de dette se font dans la proportion nécessaire pour rendre le service futur de la dette supportable par le pays débiteur.

  • Ø Entre le point de décision et le point d’achèvement : Réduction du flux du service de la dette en valeur actualisée de 90 % (Termes Cologne)
  • Ø Au point d’achèvement : Annulation du stock de la dette 


II.3 – TRAITEMENT OFFERT PAR LES INSTITUTIONS MULTILATERALES


Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de Développement 

  • Ø A partir du  point de décision : annulation partielle du flux du service de la dette
  • Ø Au point d’achèvement : annulation partielle du stock de la dette à travers l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) 


II.4 – INITIATIVES BILATERALES D’ALLEGEMENT DE LA DETTE ACCORDE PAR LES CREANCIERS DU CLUB DE PARIS


Au point d’achèvement, allègement additionnel de dette au-delà de l’Accord cadre du Club de Paris :

  • Ø France : Contrat Désendettement- Développement (C2D)
  • Ø Royaume Uni : Annulation totale du stock dès le point de décision
  • Ø Autres pays créanciers : Annulation totale ou partielle du stock au cas par cas, mais tendance à l’effacement total de la dette.

Contrairement à tous les autres créanciers, la France n’annule pas immédiatement la dette ; elle conclut un contrat de Désendettement/Développement d’une durée renouvelable de 15 ans aux termes duquel le service de la dette doit normalement être payé. A l’issue du remboursement de l’échéance, la France délivre son allègement de dette à travers le reversement au pays débiteur d’une partie du montant réglé. Ce montant est reversé sur un compte spécial afin de financer des projets sélectionnés par les deux parties et à réaliser dans le pays débiteur dans le cadre de l’IPPTE. 


III- MARCHE DE LA COTE D’IVOIRE VERS L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


III.1 - ELIGIBILITE DE LA COTE D’IVOIRE A L’INITIATIVE PPTE


Le processus PPTE pour la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, commence en 1998 lorsque bénéficiant d’un programme économique triennal (1998-2000) avec le Fonds Monétaire International, le Gouvernement du Président Henri Konan BEDIE, introduit auprès des institutions de Bretton Woods, le dossier de candidature de la Côte d’Ivoire à l’éligibilité à l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). La Côte d’Ivoire est donc déclaré pays PTTE en 1998. Mais les problèmes de gouvernance sous le Régime Bédié; notamment, les dépenses non ordonnancées, le problème de la gestion des fonds de l’Union Européenne, conduisent à la suspension du  programme économique et financier triennal conclu avec le FMI.Le coup d’Etat militaire de décembre 1999 vient définitivement anéantir toutes les chances de la Côte d’Ivoire d’accéder au point de décision de l’Initiative PPTE. Malgré la rupture avec les bailleurs de fonds, le pays a été maintenu au nombre des pays éligibles à l’IPPTE.


III.2- REMISE DU PROGRAMME PPTE SUR LES RAILS PAR LE GOUVERNEMENT GBAGBO DE 2001 A 2010


  • III.2.1 ACTIONS MENEES POUR L’ATTEINTE DU POINT DE DECISION DE L’IPPTE


Dès son accession au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2000, le Président Laurent GBAGBO et son gouvernement travaillent d’arrache-pied à partir de 2001, pour renouer avec la Communauté financière Internationale. L’action du gouvernement est axée prioritairement sur l’assainissement des finances publiques. Des réformes structurelles et sectorielles sont élaborées et mise en œuvre pour relancer l’activité économique rudement éprouvée par une année de pouvoir militaire jalonnée par des tentatives de reprise en main des affaires de l’Etat par d’autres groupes militaires.

Grâce aux réformes engagées, le pays bénéficie progressivement de la confiance des institutions de Bretton Woods qui accordent à la Côte d’Ivoire en 2002, un programme intérimaire sans appui financier. Ce programme permet à la Côte d’Ivoire d’engager des négociations avec les pays créanciers membres du Club de Paris pour la restructuration de sa dette bilatérale. C’est ainsi qu’un accord de restructuration de dette est conclu le 10 avril 2002  avec le  Club de Paris selon les termes de Lyon (annulation des deux tiers du stock des échéances consolidées). Les créanciers du Club de Paris ont dans le cadre de cet accord promis d’accorder à la Côte d’Ivoire le traitement de Cologne (annulation de 90% du stock de dette consolidée) dès que le pays aura franchi le point de décision sous l’Initiative PPTE.

Le point de décision de l’Initiative PPTE n’est pas atteint comme prévu en fin septembre 2002, en raison du déclenchement de la rébellion armée qui a rapidement annexé les régions centre, nord et ouest du pays. En avril 2003, les principaux bailleurs de fonds suspendent tous les décaissements des prêts et dons en faveur de la Côte d’Ivoire.

Malgré les difficultés récurrentes de trésorerie, l’Etat a continué à faire face à  ses engagements au titre du Budget de fonctionnement  et à honorer le service de sa dette envers les principaux bailleurs de fonds jusqu’à la mi-2004, bien que ces transferts restent sans contrepartie.

A la faveur de la normalisation progressive de la situation socio politique liée à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou en mars 2007, la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (AUPC), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (FMI). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés envers respectivement la Banque Mondiale en avril 2008 et la Banque Africaine de Développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du FMI le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la  Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative PPTE en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009.

Ce nouveau programme économique et financier  triennal a ouvert la voie à la Côte d’Ivoire pour engager les négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres en vue de l’allègement de sa dette bilatérale d’une part, et de sa dette commerciale d’autre part. Conformément au principe de partage égalitaire du fardeau de la dette entre les créanciers comme le prévoit l’Initiative PPTE, la Côte d’Ivoire a obtenu les niveaux d’allègement de dette suivants de la part de ses créanciers pendant la période intérimaire de l’Initiative PPTE, période qui court entre le point de décision et le point d’achèvement.

Au Club de Paris, les négociations des 14 et 15 mai 2009 ont abouti à un accord de rééchelonnement de dette comportant une annulation de dette d’un montant au moins équivalant à 435 milliards de FCFA et le rééchelonnement de 1820 milliards de FCFA sur un stock total de dette estimé à 2255 milliards de FCFA. Ce stock comprenait  les échéances  tombant du 1er avril 2010 au 31 mars 2012 et les arriérés accumulés au 31 mars 2009.

Au Club de Londres, les négociations débutées en octobre 2008 sont achevées le 31 mars 2010 par une opération d’échange des titres Brady émis en 1998 contre un nouveau titre obligataire libellé en dollar US, d’une durée de 23 ans dont 6 ans de différé, assorti d’un taux d’intérêt fixe et faible. Cette restructuration de dette qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a permis à la Côte d'Ivoire d’obtenir l’annulation de 287 milliards de FCFA de dette sur un stock de dette estimé à 1435 milliards de FCFA  au 31 décembre 2009.

S’inscrivant dans la logique du partage du fardeau de la dette, certains créanciers tels que la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ont délivré leur allègement de dette  sur la période intérimaire de l’Initiative PPTE. Au total, c’est au moins 720 milliards de FCFA  de dette qui sont annulés en 2010. 

 

  • III.2.2 L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’IPPTE ET REFLEXIONS

 

La Côte d’Ivoire a mis en œuvre les réformes exigées et a finalisé l’élaboration de son Document  de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2010.L’atteinte du point d’achèvement qui était prévue avant la fin 2010 a été reportée en raison de la crise  post-électorale et la guerre qui en a découlé. A la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu est estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 

De ce montant global d’allègement de dette attendu, il convient de déduire les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) d’une part et d’autre part, les annulations de dette consenties par le Club de Paris du 15 mai 2009 et  la restructuration de la dette Brady du 31 Mars 2010.

Le bénéfice de l’annulation du solde restant estimé à 1700 milliards de FCFA dépendra de la capacité du pays à poursuivre sainement les  réformes engagées depuis 2002 pour assainir les finances publiques, les réformes dans le secteur du cacao, les réformes dans le secteur énergétique ; mais aussi et surtout engager des réformes pour relance de la croissance et la réduction de la pauvreté dans les secteurs sensibles tels que la santé, l’éducation.

Si les annulations de dette sont immédiates pour les autres créanciers, elles sont différées pour la France à travers le contrat de Désendettement et Développement communément appelé C2D conclu avec le pays débiteur sur une durée renouvelable de 15 ans. La France qui détient près de la moitié du stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, environ  3000 milliards de FCFA, aura un rôle important à jouer dans la réussite du processus d’annulation de dette. Le stock de dette due  à la France sera traité dans le cadre du contrat de C2D qui prévoit le reversement au pays débiteur sur un compte spécial, d’une partie du montant de dette remboursée à l’échéance. Le montant ainsi reversé au pays débiteur sert à financer des projets identifiés, sélectionnés et retenus d’accord parties. La mise en œuvre du C2D reste tributaire de la capacité de paiement du pays en ce qu’il exerce les mêmes pressions sur le Budget de l’Etat qu’auparavant.

Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE et estimé à 4000 milliards de FCFA devra être remboursé à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjointement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. C’est à ce niveau que se situera le problème essentiel. En effet, il faudra faire suffisamment de croissance  pour couvrir le service de la dette extérieure et celui de la dette intérieure galopante, depuis que l’Etat se refinance sur le marché des capitaux. Cette dette intérieure a, elle aussi, atteint 2000 milliards de FCFA. 


CONCLUSION

 

Si le processus PPTE a commencé en 1998 sous le Président BEDIE dont le gouvernement a ardemment travaillé pour obtenir l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’Initiative PPTE, il est largement revenu au gouvernement du Président Laurent GBAGBO, d’élaborer les réformes structurelles et de remplir toutes les conditionnalités économiques et financières, de 2001 à 2010, malgré la crise politico-militaire que traversait le pays, afin que le pays puisse enfin bénéficier en juin 2012, de l’annulation de dette tant espérée.

A ce stade, il convient de reconnaître l’engagement et le soutien total  du Président Laurent GBAGBO aux actes de gestion  posés par les cadres de l’administration des finances et des autres structures de l’Etat sur la voie du PPTE. Il faudrait aussi apprécier à sa juste valeur, la contribution des organisations de la Société Civile de la Côte d’Ivoire pour leur contribution très constructive dans le processus de l’élaboration et la finalisation du Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSRP).

Il faut également saluer les différents ministres des économies et des finances qui ont conduit ce projet depuis le gouvernement BEDIE et  notamment le ministre d’Etat  Paul Antoine BOHOUN BOUABRE qui l’a piloté dans les pires des conditions, mais qui ne verra malheusement pas sa finalisation.

Il faut également rendre hommage à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat toutes catégories confondues du ministère de l’Economie et des Finances, qui ont consenti d’énormes sacrifices pour supporter la pression liée à  la mise en œuvre de ce projet.

Enfin, tout le mérite revient a la population ivoirienne qui a tant souffert et à qui l’on promet une pluie de milliards  qui  s’avère être en fin de compte  des milliards issus  des ressources PPTE pour apporter une solution immédiate à tous leurs problèmes quotidiens, notamment, la cherté de la vie, dégradation avancée du système de santé, blocage du système éducatif dans le supérieur, insécurité galopante etc.… Il convient de dire que le PPTE n’est pas la panacée au regard de l’expérience des pays qui ont déjà bénéficié de l’allègement de dette. Citons au passage les cas du Mali et  du Cameroun qui ont des difficultés à mettre en œuvre le C2D et qui ne peuvent de ce fait bénéficier des ressources d’allègement de la dette.

Le point d’achèvement aurait pu être atteint bien plutôt par la Côte d’Ivoire.

v  Déjà sous le règne de BEDIE  

v  Ensuite, dés les premières années de la présidence du Président LAURENT GBAGBO

Mais le coup d’état  de 1999, celui de septembre 2002 mué en rébellion, la guerre inutile livrée à la Côte d’Ivoire depuis 2010 ont empêchés chaque fois notre pays d’atteindre le point d’achèvement. Or il est constant que dans l’opinion majoritaire de la cote d’ivoire, les tenants actuels de la Cote d’Ivoire ne sont pas loin de tous ces mauvais coups. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la dette asservit un Etat. Elle porte atteinte à sa  souveraineté. L’on se rend compte que bien qu’allégeant de façon substantielle la dette ivoirienne, l’Etat ivoirien n’a pas le libre arbitrage de la gestion des recettes qui en sont induites. A titre d’exemple, en ce qui concerne la dette française, qui constitue la part prépondérante de l’ensemble de la dette ivoirienne,  les règles de gestion prévues par le contrat C2D soumettent les autorités ivoiriennes mains et pieds liés aux autorités françaises.

Prions pour que Le Tout Puissant Dieu, inspire les tenants actuels du pouvoir afin qu’ils ne reconstituent pas, pour le plus grand malheur des générations à venir, un stock de dette encore plus élevé.

Les chiffres que les ivoiriens doivent connaitre.

Au moment où Laurent GBAGBO prend le pouvoir en 2000 le stock de la dette extérieure est de 7180 milliards de FCFA.

Au moment où il est chassé du pouvoir en 2010, malgré l’état de guerre, les 8 dernières années le stock de la dette est ramené à 6500 milliards, soit 680 milliards de remboursement de la dette colossale contractée par ses devanciers.

De 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a signé des prêts pour un moment de 1000 milliards, sur ce stock signé, seulement  3111 milliards de FCFA ont été effectivement décaissés  au profit de la Côte d’Ivoire, ce montant encaissé  fait partie des 6500 milliards. Sur le montant des prêts signé il en reste donc 689 milliards. Ces sommes doivent être décaissées en fin 2010 au point d’achèvement. C’est ce montant qui fait rêver les tenants du pouvoir actuel. Voilà l’origine des pluies de milliards annoncés.

Les ivoiriens sont maintenant situés sur qui a inlassablement œuvré pour l’annulation de leur dette. Même la haine qu’on ressent pour son adversaire ne peut empêcher de reconnaître ses mérites. Rendons à GBAGBO ce qui est à GBAGBO.  



Le Ministre Koné Katinan Justin


Administrateur des Services Financiers

Ancien Ministre délégué au Budget

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

lundi, 09 juillet 2012

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE - SERAPHIN DJAKI KOUDOU: «LE REGIME OUATTARA TORTURE: J'EN SUIS LA PREUVE VIVANTE!»

         

                           

côte d'ivoire,nouveau courier n°559 du lundi 09 juillet 2012,www.nouveaucourrier.info,violation des droits de l’homme en côte d’ivoire,séraphin djaki koudou,‘‘le régime ouattara torture : j’en suis la preuve vivante !’’,propos recueillis par théophile kouamouo

Séraphin Koudou a décidé de témoigner à visage découvert


Le Nouveau Courrier publie aujourd’hui le témoignage particulièrement poignant et les photos de Séraphin Djaki Koudou, qui ose parler à visage découvert. Et raconte les méthodes de torture particulièrement violentes du régime Ouattara qui datent de son avènement, en avril 2011.


Cela fait plusieurs semaines qu’une partie de la presse ivoirienne tente d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une affreuse réalité du régime Ouattara que les associations de défense des droits de l’Homme refusent de voir : la torture, qui se pratique aujourd’hui à un rythme industriel, et qui est devenue un élément de domestication mentale de tout un pays. Face aux dénégations de la presse du régime, qui fait cyniquement passer les témoignages concordants sur le caractère massif et préoccupant de ces pratiques pour des «films d’horreur» fabriqués par le FPI, Le Nouveau Courrier rend public aujourd’hui un témoignage d’une importance capitale.

Premièrement, parce qu’il permet de faire un lien entre la manière violente par laquelle Alassane Ouattara a pris le pouvoir et sa pratique quotidienne de ce pouvoir-là.

Deuxièmement, parce que la victime qui se confie à nous a réussi à «sauver» des photographies qui ne laissent pas la place au doute sur la gravité des sévices subis.

Troisièmement, parce que l’histoire de Séraphin Djaki Koudou, qui prend le risque de témoigner à visage découvert, montre également le comportement pour le moins étrange des organisations internationales, plus soucieuses de protéger le régime Ouattara que d’exercer leur mandat de manière impartiale.

Au départ, une dénonciation fallacieuse et la trahison d’un voisin de quartier…

La mésaventure de Séraphin, actif sur le plan social – il a présidé un mouvement des «déguerpis» – et sur le plan politique – il a participé à la campagne électorale du président Laurent Gbagbo sans être le moins du monde impliqué dans la guerre post-électorale – commence le 28 avril 2011. Il se trouve alors vers le «terminus» de la Riviera 2, pas loin de la Résidence d’Alpha Blondy, où il attend un de ses amis qui doit l’y rejoindre. Il est assis non loin d’une cabine téléphonique gérée par un jeune homme auprès duquel il a ses habitudes. Tout à coup, un véhicule 4X4 passe. Puis un deuxième où se trouve quelqu’un qui le désigne du doigt. Puis un troisième, qui dépasse le deuxième. Deux voitures s’arrêtent. «Tu me connais non ? Tu me connais non ?», éructe celui qui le désignait du doigt de l’intérieur d’un des véhicules, et qui en est sorti. «Tu me connais à Abobo, non ?», précise l’accusateur. Séraphin organise sa défense, en notant qu’il vit à la Riviera 2 depuis longtemps et qu’il n’est donc pas d’Abobo. Mais il se souvient bien de celui qui lui fait face. Séraphin vivait à la cité universitaire d’Abobo 1 quand il était étudiant. C’est à Abobo qu’il a battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo, aux côtés de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Et il a eu maille à partir avec des éléments fanatisés du camp Ouattara, bien décidés à créer un climat de terreur dans les quartiers où ils étaient majoritaires, pour dissuader les électeurs de Gbagbo de s’aventurer dans les bureaux de vote. 

Le 28 avril 2011, c’est un de ces jeunes du RDR bien décidés à empêcher par tous les moyens les sympathisants LMP de voter qui se retrouve face à lui… à la Riviera 2. Et qui l’accuse d’avoir«tué des gens» à Abobo «avec Simone Gbagbo».

Des accusations aussi vagues que fantaisistes auxquelles le gérant de cabine du quartier, que Séraphin considère comme son ami et dont il est un client fidèle, donne du crédit. «Sans qu’on ne lui demande rien, il a menti en disant qu’on ne me connaissait pas dans mon propre quartier. Comme pour accréditer la thèse selon laquelle je vivais à Abobo. Il a dit que c’est la première fois que je le vois, alors que tous les matins quand j’allais au travail, il me faisait des transferts de crédit. Certaines fois, quand j’étais loin du quartier, je l’appelais, il me faisait des transferts, et je payais à mon retour», se souvient Séraphin. «Beaucoup d’habitants du quartier sortaient la tête de leurs maisons et observaient ce qui se passait. Ce qui a dérangé la patrouille qui m’avait interpellé. J’ai été embarqué dans un des véhicules.»

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Ici le dos méconnaissable de Séraphin Koudou torturé avec du plastique fondu


«Hé, les gars, il s’appelle Koudou hein…»

Le véhicule prend le chemin d’Abobo. «En chemin, mon dénonciateur prétend que j’ai tué ses soeurs et que j’ai volé leurs portables. Je fais remarquer qu’il est étrange que quelqu’un dont les soeurs ont été tuées mette leurs morts sur le même plan qu’une affaire de téléphones mobiles, et j’explique que ce qu’il raconte n’est pas crédible. Parmi les membres de l’équipée qui me séquestre, je connais deux personnes. Un jeune Nigérian nommé Venance, qui est un des syndicalistes qui font payer des jetons aux chauffeurs des gares de wôrô-wôrô et de gbakas. Il y a là également un ancien loubard du PDCI, surnommé YulBrynner et dont le groupe de voyous s’appelait Gestapo. A un moment donné, je pense pouvoir m’en sortir. Quand on arrive à la station Petro-Ivoire d’Angré, mes geôliers s’apprêtent à me libérer au point de me faire descendre du véhicule. Mais l’un des leurs voit que j’ai un paquet de cigarettes. Il me demande une cigarette. Quand je sors le paquet pour la lui donner, il voit que j’ai un billet de 10 000 FCFA. Les gars me fouillent, et prennent tout mon argent. 86 000 FCFA. Ils tombent sur mon portefeuille, dans lequel se trouve ma carte électorale. Sur laquelle mon nom est inscrit.

«Hé le gars-là s’appelle Koudou hein! C’est un gars de Gbagbo», dit l’un d’entre eux, ce qui excite tout le monde. A cause de mon patronyme, on me remet dans le véhicule. Je continue la route vers Abobo. Nous arrivons dans un secteur du quartier Habitat qui s’appelle SOS.»

«Une cour qui empeste la mort, comme si on y avait entassé de la viande pourrie»

L’équipée arrive dans une résidence qui a été transformée en «base» FRCI. «On me fait asseoir. On me pose des questions banales. Je m’évertue à m’expliquer sur mon innocence. Mais je me rends compte que personne n’écoute ce que j’ai à dire. Je parle à quelqu’un, mais je n’ai même pas encore fini qu’il s’en va. Un véhicule arrive. C’est celui du chef «militaire» qui dirige cette base. Il demande des explications sur mon identité. Ses hommes disent que je suis un milicien de Gbagbo et qu’ils vont «m’accompagner », c’est-à-dire m’exécuter. Le chef se met à rire, l’air de rien, comme si c’était une pratique routinière. On m’amène à Abobo- Derrière-Rails, dans une grande cour fermée. Une cour qui empeste la mort, comme si l’on avait entassé de la viande pourrie là-bas. C’est là que la torture a commencé. Ils m’ont tabassé, tabassé, tabassé. J’étais couché sur le gravier. Ils organisaient des concours. Qui peut se tenir en équilibre en se mettant debout au-dessus de ma tête le plus longtemps avec des Rangers au pied ? Ce qui va me sauver, c’est que leur chef arrive. Et m’adresse la parole : «C’est toi le milicien- là ?» Je réponds mais personne n’écoute. Ils rient entre eux. Et à un moment donné, comme par miracle, le chef m’écoute un peu plus. J’essaie de me faire le plus convaincant possible. J’admets que j’ai voté Gbagbo. Je dis même que si on refait l’élection, je vais voter Gbagbo. Mais je dis que je suis loin de toute violence post-électorale. Il rappelle le chef de ceux qui m’ont arrêté. Et il le rabroue.»

«Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaise en plastique sur mon dos… mes ongles ont été arrachés un à un»

Séraphin croit son martyre terminé. Mais l’équipe qui l’a pris à la Riviera 2 le ramène dans la villa du quartier SOS. «De 23 heures à 4 heures du matin, j’ai été tabassé, torturé au delà de ce que l’on peut imaginer. Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaises en plastique pour me brûler le dos, qu’ils frottent à l’aide d’un bâton. Les ongles de mes orteils ont été arrachés un à un. Pourquoi tout ça ? Pour me faire avouer, devant leur magnétophone, que j’ai été formé par le colonel Boniface Konan, qui nous donnait soi-disant 5 000 FCFA par jour, etc.

J’ai une entaille sur la tête qui a «fait» cinq points de suture. Quand le chef arrive, les gars lui expliquent que j’ai avoué que j’étais un élément de Konan. Le chef en question demande qu’on aille me chercher. Mes tortionnaires m’ont au préalable nettoyé de mon sang. Quand le chef a fini de me harceler de questions, j’ôte la casquette qu’ils ont mis sur ma tête, et je montre mes orteils écorchés. Et je lui demande si c’est dans cet état qu’il m’a laissé la veille. Le chef semble convaincu par mon argumentaire», raconte Séraphin. En tout cas, il ne veut plus laisser le jeune homme à ses éléments, qui continuent de faire courir le bruit selon lequel leur supérieur hiérarchique veut empêcher la liquidation physique d’un «milicien». «A l’hôtel du Golf, un féticheur habillé en dozo orchestre un rituel macabre» A bord de la même voiture que «le chef», Séraphin se retrouve à l’hôtel du Golf où son drôle de protecteur a une réunion. Le «chef» le confie à un élément qui se trouve sur les lieux. «Le gars qui est là, garde le pour moi !»

Séraphin est conduit dans un lieu d’incarcération pour «pro-Gbagbo» de l’hôtel du Golf.

«Dans cette salle où il y avait environ trente personnes, j’ai trouvé des jeunes qui, s’ils sont encore en vie, c’est qu’ils sont devenus fous. Tu vois quelqu’un qui reste prostré, dans la même position, pendant de longues heures. Et qui ne sort de son silence que pour tenir des propos incohérents. Des phrases comme «tout le monde à gauche, tout le monde à droite» répétées machinalement. Un événement va me frapper là-bas à l’hôtel du Golf. Un gars dit qu’il a soif. Il y a un cadavre qui flotte dans de l’eau stagnante. Et on puise «l’eau du corps» et on le lui donne.

C’est un féticheur habillé en dozo qui orchestre ce rituel macabre.

Il y a aussi quelque chose qu’un certain F. m’a expliqué. Je ne l’ai pas vécu, mais c’est crédible. Selon ce qu’il m’a expliqué, les gens du Golf ont exigé des jeunes arrêtés et retenus à l’hôtel du Golf de faire des témoignages fabriqués pour accabler Gbagbo et ses hommes. Et ce simulacre était organisé par Guillaume Soro lui-même qui leur indiquait les questions qui allaient être posées et les réponses qu’ils  evaient donner. La promesse était claire : après leurs déclarations arrangées, ils seraient libérés. Des caméras sont venues filmer leurs faux aveux. Quand ils se trompaient dans leurs pseudo-témoignages, les cameramen – des Blancs, notamment – arrêtaient de filmer pour qu’ils fassent des corrections. Comme s’il y avait une sorte de complicité entre les cameramen et les gens du Golf.»

A la recherche d’hypothétiques caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2

Séraphin quitte le Golf en compagnie du «chef» d’Abobo qui est devenu, d’une certaine manière, son protecteur. Motif officiel invoqué devant les dizaines de miliciens des FRCI qui ne comprennent pas pourquoi on ne le tue pas : il doit être le guide permettant de retrouver de prétendues caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2. «Je lui avais pourtant tout expliqué, et là il venait me parler de choses dont nous n’avions jamais parlé et dont je n’avais aucune connaissance. Comme pour lui mettre la pression, les éléments qui m’avaient torturé à Abobo sont venus pour voir ce qui adviendrait de moi», explique Séraphin. Au final, le jeune homme est conduit à la Cité universitaire de la Riviera 2 à la recherche d’hypothétiques caches d’armes. Bien entendu, il n’a aucune idée d’où peuvent se trouver des armes. La Cité est par ailleurs entièrement occupée par des éléments armés des FRCI, qui ont les moyens de la tourner et de la retourner dans tous les sens. Une fois de plus, il est torturé jusqu’à arriver au bord de l’évanouissement. Alors que «le chef» revient auprès de lui et que ses tortionnaires commencent à se désintéresser de son cas, Séraphin réunit ses dernières forces, entre dans un bâtiment de la Cité universitaire, passe par une fenêtre et réussit à s’enfuir. Il va se réfugier dans un célèbre maquis appelé «F 14», puis se cache pendant plusieurs mois à Bingerville. Au moment opportun, il quitte clandestinement la Côte d’Ivoire. Direction le Ghana, puis le Togo.

Au Togo, l’étrange comportement d’une fonctionnaire du HCR

«Quand le responsable des réfugiés ivoiriens au Togo a vu mon état, il a pris mes photos, et il a réussi à me faire obtenir un document de réfugié très rapidement. Mais une chose m’a frappé. Une certaine Nathalie, de nationalité togolaise, chargée de la protection au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), m’a donné rendez-vous dans son bureau. La première chose qu’elle m’a demandé lors de ce rendez-vous, ce sont les photos témoignant des tortures que j’ai subies. Trois ou quatre photos. Des photos où on voit mon visage tuméfié, mon dos écorché et mes ongles de les orteils arrachés. Elle me dit qu’elle va les garder, parce que quand je les ai, elles me traumatisent. Je refuse. Mais elle insiste. Elle dit qu’elle veut joindre ces photos à mon dossier. Je proteste en disant que ces photos avaient déjà été scannées pour être mises dans mon dossier. Elle continue d’insister. Je les lui prête. Deux semaines plus tard, je commence à vouloir les récupérer. Je n’arrive pas à la voir quand je vais à son bureau. Elle me fait marcher, me donne des rendez-vous à plusieurs endroits. Et chaque fois que j’arrive, elle n’est jamais là. La seule fois où je réussis à la voir, c’est un jour où j’ai rendez-vous avec quelqu’un d’autre et où je tombe par hasard sur elle. Elle affirme qu’elle ne sait plus où elle a mis mes photos, et feint de les chercher dans son bureau. Je comprends son jeu. Heureusement que la personne qui les avait prises après mes mésaventures avait gardé certaines d’entre elles dans son appareil photo. Il me les a envoyées par courrier électronique. C’est de cette manière-là que je les ai sauvées», explique Séraphin. Qui a désormais fui le Togo, en raison de la collusion entre les régimes Gnassingbé et Ouattara, qui inquiètent les réfugiés. Quand s’achèvera donc sa fuite éperdue ? Quand pourra-t-il rejoindre un Etat de droit, où les nervis du régime ivoirien ne pourront pas lui faire la peau, le faire taire à jamais ? «Si je suis vivant, c’est vraiment que Dieu l’a voulu. Je Lui fais confiance», répète inlassablement Séraphin.

 


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER 

dimanche, 08 juillet 2012

PDCI-RDR: L'EPREUVE DU FONCIER RURAL

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La réunion du bureau politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du 2 juin 2012 a été sanctionnée par un  communiqué qui a fait deux recommandations importantes : « la mise en œuvre d’une politique de l’immigration qui en assure le contrôle et la régularité et favorise l’intégration régionale » ainsi que « la gestion et l’exploitation rationnelle des terres agricoles … et l’application effective de la loi de 1998 sur le foncier rural ».

Depuis la publication de ce communiqué, les supputations vont bon train. Et au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), l’allié principal du PDCI au sein du RHDP, certains n’ont pas hésité à crier à la trahison, y percevant, les signes d’une fracture probable.

Les divergences sont en effet profondes. Qu’il suffise de rappeler que l’immigration et le foncier rural font partie des sujets qui ont permis à Ouattara et au RDR d’entretenir la fronde contre l’ennemi de l’époque (le Président Bédié) alors au pouvoir. L’ère Bédié (1993-1999) avait en effet été marquée par des lois emblématiques qui, pour  l’essentiel, portaient sur trois points : la suppression du vote des étrangers, l’adoption de conditions d’éligibilité plus contraignantes à la Présidence de la République et l’adoption d’une loi sur le foncier rural en réservant la propriété aux nationaux. Qualifiées d’« ivoiritaires » par le camp Ouattara, lesdites lois avaient fait l’objet de vives critiques, dans une campagne de mobilisation sans précédent de la presse et l’opinion publique nationales et internationales.

Et pourtant, à l’occasion de rencontres de conciliation (forum pour la réconciliation nationale, rencontre des quatre grands leaders, table ronde de Linas Marcoussis), ces lois avaient fait l’objet d’une approbation quasi unanime. Le summum aura été la Table ronde de Linas Marcoussis qui, après s’être livrée à un diagnostic du système juridique ivoirien, a trouvé que les textes tant critiqués étaient soit de référence, soit ouvert et libéral, soit encore constituait un progrès significatif.

C’est pourquoi ces rencontres n’ont jamais préconisé l’abrogation des dites lois. Dans un souci d’apaisement, elles ont néanmoins dégagé des solutions consensuelles : sensibilisation pour une meilleure connaissance de la loi, identification des problèmes en vue de leur apporter des solutions, modifications législatives pour une reconnaissance de certains droits acquis, adoption de mesures visant à combler les lacunes législatives et correction des pratiques administratives.

Les recommandations récentes du PDCI semblent s’inscrire dans la logique de ces solutions, envisageables dans le contexte de personnes dont l’ignorance a conduit parfois à une non sollicitation de certains droits ou à suivre des procédures non légales pour exploiter la terre. De même, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’innove pas. Si l’on s’en tient à son rapport final, il est demeuré dans les lieux communs, en préconisant par exemple « le positionnement du droit au cœur de la question foncière » ainsi que « la libération des terres illégalement occupées dans les forêts classées, parcs, réserves et aires protégées ».

La faiblesse principale de ces récentes propositions réside dans le fait qu’elles ne se semblent pas prendre en compte l’évolution fondamentale intervenue dans le domaine foncier, pourtant perçue par des députés lors de la récente « mission parlementaire à l’ouest ». Car le contexte et la nature des problèmes ayant changé, les solutions devraient s’adapter.

Des colons burkinabè ont envahi l’ouest

En effet, la question foncière rurale ne doit plus être envisagée dans les seuls termes d’immigrants ayant cultivé des portions de terre et qui ont des problèmes divers avec leurs hôtes propriétaires terriens. Un phénomène nouveau s’est introduit, consécutif à l’invasion de l’ouest de la Côte d’Ivoire par des colonies de peuplement et d’exploitation en provenance du Burkina Faso dans leur majorité. Des convois entiers de burkinabè s’y sont installés de force soit dans des forêts classées, soit dans des forêts et plantations appartenant à des populations autochtones à la suite d’exactions diverses, dont des assassinats.

Ces colons se sont installés au bénéfice de la rébellion dont ils ont été des acteurs et depuis l’installation de Ouattara au pouvoir. Leur occupation se conçoit comme une récompense pour service rendu à la rébellion qui a porté Ouattara au pouvoir, un tribut pour d’ex-combattants.

Ces colons sont armés au même titre que les populations étrangères installées dans la zone depuis longtemps. Ils sont en outre protégés par une armée de miliciens bien équipée et installée par la rébellion et qui continue de régner en seigneurs sous le commandement d’Amandè Ouérémi et de Issiaka Tiendrébéogo. Parmi eux, les dozos exploitent des parcelles de forêt où ils se rendent toujours avec leur fusil en bandoulière. Les FRCI (armée nationale sous le régime Ouattara) leur apportent tout l’appui nécessaire dans leur mission de sécurisation de l’ouest, en terrorisant les jeunes Wê, accusés de d’entretenir et de cacher des miliciens pro-Gbagbo. La  connivence entre les « seigneurs » burkinabè et le pouvoir actuel pour laisser l’ouest sous l’administration des envahisseurs ne fait l’ombre d’aucun doute.

L’installation des colons s’accompagne d’une consignation au village ou d’une contrainte à l’exil pour les populations autochtones. Pis, elles sont souvent assassinées pour faire place aux nouveaux arrivants. Commencée dès 2002, l’extermination méthodique des Wê, population autochtone, a connu des pics en 2005 avec le Massacre de petit Duekoué et Guitrozon et le 29 mars 2011 à Duekoué-carrefour où il a été dénombré près d’un millier de morts, dévoilant une politique bien pensée et exécutée froidement. Il y a des raisons de penser que ces faits sont constitutifs du crime  de génocide. Mais il n’y a pas que le peuple wê qui est victime de cette politique d’expropriation et d’extermination. La population baoulé installée dans la zone en subit les affres.

La question se complexifie davantage avec l’attribution de cartes nationales d’identité à ces nouveaux colons et anciens immigrants  ayant permis leur participation au  vote lors de la présidentielle de 2010. Le chiffre de trois millions est avancé. Et ceux qui n’en ont pas encore  revendiquent le précieux sésame comme le gage d’une appropriation durable ou définitive de la terre.

Ainsi, la triptyque Immigration-nationalité-foncier rural se trouve entremêlée sur un terreau électoral pour offrir un cocktail des plus explosifs.

Le séminaire gouvernemental ne préconise pas l’application de la loi foncière de 1998

Devant l’ampleur du phénomène, les analystes, les leaders politiques de l’ouest, tout comme des partis politiques comme le PDCI n’hésitent à exhiber la loi foncière de 1998 comme une solution. Votée à l’unanimité des partis représentés (FPI, PDCI, RDR) à l’hémicycle à l’époque après une tournée de consultation dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, elle a été passée au tamis de la Table ronde de Linas Marcoussis qui n’a trouvé à redire que sur une seule disposition (l’article 26) qui a du reste été modifiée en 2004 dans le sens préconisé. Elle présente l’avantage de faire référence aux droits coutumiers pour fonder l’appropriation foncière originelle, tout en traçant un cadre juridique de libre disposition ultérieure.

Mais, elle risque de devenir inapplicable à l’ouest du fait de la politique génocidaire qui y a cours. Bientôt, il risque de ne plus avoir de wê susceptibles de revendiquer un quelconque droit coutumier du fait de  la disparition programmée de ce groupe.

Du reste, même si la non application de la loi foncière de 1998 a été un sujet de préoccupation pour les participants, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’a pas recommandé formellement sa mise en œuvre. Aucun analyste sérieux de la situation politico-foncière ivoirienne ne peut prétendre qu’il s’agit d’un simple oubli, puisque des initiatives suscitées par le pouvoir agissent dans l’ombre pour faire accepter l’idée de son abrogation pure et simple et son remplacement par une autre.

Des questions connexes

Mais quoi qu’il en soit du sort futur de cette loi, elle n’avait pas vocation à résoudre certains problèmes connexes auxquels il faudrait cependant s’attaquer. Peut-on laisser longtemps prospérer cette population en armes à l’ouest de la Côte d’Ivoire sans que cette situation n’incite les populations des autres parties du territoire à en faire de même ? Pense-t-on au bouleversement démographique qui pourrait survenir à l’ouest du fait de la présence burkinabè que l’on veut imposer vaille que vaille à la Côte d'Ivoire, et à laquelle l’on veut attribuer non seulement les meilleurs terres de notre pays, mais aussi une citoyenneté ? Déjà, le jeu démocratique a été faussé lors de la présidentielle par  l’inscription illégale de millions de burkinabè sur la liste électorale, rétablissant du même coup, de manière ignoble le vote étranger. Qu’en sera-t-il demain lorsque le fait colonial burkinabè se sera consolidé ? Car, réaffirmons-le, il ne s’agit pas d’une immigration ordinaire qui a vocation à se laisser contrôler et qu’il faudrait chercher à régulariser. Quand va-t-on mettre fin au supplice des populations de l’ouest et à leur extermination ? Quelle action à l’encontre des génocidaires wê ?

En définitive, il ne faut pas être un démiurge pour noter l’importance des recommandations du bureau politique du PDCI. Marqueraient-elles le point de départ d’une rupture avec son allié de circonstance ? Pour autant, le PDCI va-t-il abandonner la langue de bois pour poser le vrai problème de la colonisation burkinabè rampante à l’ouest ? M. Kablan Ducan du PDCI et ministre des affaires étrangères peut-il solliciter une intervention internationale au Mali contre Ançar dine et autre MLNA et feindre d’ignorer l’occupation de l’ouest de son pays ? Le PDCI peut-il constater ce phénomène et continuer à participer à ce gouvernement sans se rendre complice de cette aventure coloniale d’un autre âge ? On n’imagine en effet difficilement que le parti de l’émancipation politique de la Côte d’Ivoire soit le fossoyeur de l’indépendance en bradant le pays pour quelques postes ministériels et quelques caisses de champagne.

 

Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant 

COTE D'IVOIRE: LA REPUBLIQUE DES MENTEURS

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Après le retentissant mensonge d’Etat d’Alassane Dramane Ouattara à propos de l’arrestation imaginaire de Justin Koné Katinan au Cameroun et des contacts imaginaires de Ouattara avec le Président Paul Biya à ce sujet, c’est au tour de Guillaume Soro de servir un des plus gros mensonges à la Côte d’Ivoire.

A la suite de sa visite controversée au Président de l’Assemblée Nationale Française Claude Bartolone, le journal L’INTER dans son édition N°4229 du MERCREDI 04 JUILLET 2012 - en Page 14 a écrit ceci :

SORO ET BARTOLONE : Comment les 2 hommes (se sont connus: d’Archives)

''il faut savoir que Claude Bartolone et Guillaume Soro se connaissent depuis longtemps. C'est le président du Parlement ivoirien lui-même qui le révèle sur son blog officiel. «J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'Unef (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, ndlr). Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins», a révélé Guillaume Soro. On l'imagine, le président du Parlement ivoirien devait être très à l'aise face à son ami''

Alors quelque chose a fait tilt dans notre tête. Claude Bartolone est né en 1951. Soro est né en 1972 .Comment Bartolone qui avait donc 21 ans et fini ses études alors que Soro n’était pas encore né peut il partager des souvenirs estudiantins avec Soro ???

Nous avons fait des recherches. Voici ce que nous avons trouvé :

Enfance et études de Bartolone …

Cadre de l'industrie pharmaceutique, Claude Bartolone est né le 29 juillet 1951 à Tunis sous le Protectorat français de Tunisie à, dans une famille d'ouvriers agricoles d'origine sicilienne par son père, qui a émigré en Tunisie pour fuir le fascisme, et maltaise par sa mère. La famille Bartolone et leurs trois enfants viennent s'installer en France en 1960 au Pré-Saint-Gervais où ils vivent dans la cité Jean-Jaurès. Claude Bartolone fait sa scolarité au collège Anatole-France et, alors qu'il doit s'inscrire en CAP de mécanique, décide de poursuivre ses études au lycée Turgot à Paris sur les conseils de sa professeur de français qui convainc ses parents, en 1965, des capacités de leur enfant. Après son baccalauréat, en 1968 Claude Bartolone s'inscrit à l'université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, où il obtient une licence de mathématiques en 1971 (à cette date Soro n’était pas encore né)

Les débuts de Bartolone dans la vie politique

Claude Bartolone devient membre du Parti socialiste en 1974 (Soro avait 2 ans) après la défaite de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1974. Il est élu pour la première fois en 1979 comme conseiller général du département 3. (Soro avait 7 ans)

Ancien cadre commercial de l’industrie pharmaceutique, il est élu député en 1981(Soro avait 9 ans) à la surprise générale à la faveur de la vague rose des législatives de 1981. Il est réélu, sans discontinuer et pour la dernière fois le 17 juin 2012, pour la XIVe législature (2012-2017), dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis, composée du canton de Bagnolet, des Lilas, du canton de Pantin-Est et de Pantin-Ouest. Il fait partie du groupe socialiste 6.

GUILLAUME SORO a été secrétaire général de la FESCI de 1995 à 1998.

A cette date Bartolone était :

• Du 19 juin 1995 au 9 mars 2008 : membre du conseil municipal du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 19 juin 1995 au 25 octobre 1995 : adjoint au maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 26 octobre 1995 à 1998 : maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 1er juin 1997 au 30 avril 1998 : député de Seine-Saint-Denis
• Du 16 mars 1998 au 28 juin 2002 : membre du conseil régional d'Île-de-France 
• Du 30 mars 1998 au 5 mai 2002 : ministre délégué à la ville du gouvernement de Lionel Jospin.


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Voici donc les faits. Vous en savez désormais un peu plus sur la décence morale des deux personnalités qui dirigent la Cote d’ivoire ; Le chef de l’état Alassane Dramane Ouattara et son dauphin constitutionnel Guillaume Kigbafori Soro .

Les faits on ne le dira jamais assez sont sacrés et les commentaires sont libres …. Dans l’attente du prochain mensonge d’État !!!

Steve Beko

Le mensonge mis à nu de Soro Guillaume vient d'être corrigé sur son blog dans la version suivante

"J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'UNEF (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci. Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins. Mon ami et frère Guillaume Houzel était son adjoint à l'Unef. Il s'agit du député Amirshahi Pouria. Il a participé à l'audience avec M. Claude Bartolone. C'est peu dire que d’affirmer que c'est avec joie que je l'ai revu. "

Nous attendons le rectificatif du journal l’Inter.

 

Source: FACEBOOK Steve Beko 

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


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Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

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Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

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Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 06 juillet 2012

KONG ET GBELEBAN, NOS BELLES ELUES

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« Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité… »

Alassane Ouattara,  In L’Express, 25 Janvier 2012

 

Deux de nos plus grandes localités viennent de faire leur entrée triomphale dans le cercle très fermé des départements ivoiriens. Kong, la mythique ville, la ville des grands, celle qui s’était énervée parce que la loi avait vaincu un duc. A l’occasion, les singes et les moutons avaient reçu précairement des cartes d’électeurs pour narguer les gouvernants. « Ce sont les singes et les moutons qui iront voter » avait-on entendu dire. Leur « rébellion » vient de payer cash. Désormais,  Kong est un département. Sa sœur ou mère Gbéléban, a elle aussi été élue. Voici une autre ville, géante, élancée, gravement belle qui avait été injustement abandonnée, déposée dans l’arrière cour de l’affection. Aujourd’hui, « la grande royale », vient d’être réhabilitée. Saluons hautement la famille Kong-Gbéléban !

Certaines langues jalouses disent que ces villes ne méritent pas d’être des départements. Je les regarde, les yeux pleins d’effroi. Mais pourquoi ? Pourquoi toute cette morgue ? Ceux qui ont été incapables de faire de Koukourandoumi, Gouessesso, Gnaliépa, Ouragahio, Mama des départements, retiennent leurs regrets. Mais c’est déjà trop tard. Les temps ont changé, de nouvelles théories ont germé. Il faut tout simplement les appliquer avec dextérité. Chez eux, on ne remet pas à demain, parce qu’à l’affût se trouve le malheur. En même temps est mieux !

Pour rassurer les aigris, les griots du couple leur ont offert un mouchoir sur lequel sont marqués les critères qui ont facilité l’élection de nos belles villes. D’abord sur le plan démographique, il est internationalement reconnu que la population de Gbéléban n’a rien à envier à Yamoussoukro, l’autre ville de notre Allah Gnissan. Cela est valable pour Kong. En effet, les Kongois (1) savent que sous ce critère, aucune autre ville ne peut leur arracher la palme d’or de la densité exemplaire. Kong et Gbéléban ont sous leur coupole, plusieurs grandes sous-préfectures, des villages et campements aussi peuplés qu’Abidjan. Ensuite du point de vue de la superficie, ces deux villes sont aussi vastes que le désert qui abrita Moïse et son peuple. Elles s’étendent à perte de vue, impossible de cerner leurs bornes. Enfin au niveau des infrastructures, les griots de ces deux villes nous ont appris qu’elles réunissent les infrastructures adéquates pour être érigées en département. Voici donc les critères qui ont pesé. Il était même prévu qu’elles deviennent immédiatement des districts autonomes. Mais par pudeur politique, elles ont été élues départements.

A ceux qui s’irritent, dois-je dire que le trône est à cheval entre Kong et Gbéléban ? Non. Ce sont Kong et Gbéléban qui ont les caisses, les signatures. C’est pourquoi, dans l’attribution des dotations, ces deux villes seront bien garnies puisque les critères cités seront pris en compte. Elles auront des budgets que le district d’Abidjan jalousera.

Dois-je encore dire qu’elles ont un statut particulier ? Bien sûr que non. La paire élue n’est pas le nid des « Kafri » (2) et autres « Boussoumani » (3), c’est quand même le grand nord et vous savez que le grand nord, en plus d’être un domaine réservé, il est une principauté tenue par le duc Warifatchè (4) et la duchesse Fanta Gbê (5). C’est ce grand nord qui est actuellement à l’honneur. C’est pour ce grand nord qu’a été conçue la belle théorie du rattrapage ethnique, théorie qui dame le pion à celle de l’ivoirité conçue par la petite rivière et magnifiée par ses petits suiveurs. Il n’y a donc pas lieu de se faire du mauvais sang ou se provoquer des ulcères d’estomac pour rien. Nous sommes à l’heure du rattrapage ethnique. C’est tout. Combien de villes « krafri » ont-elles eu la chance de s’asseoir à côté de dame kong et de « la grande royale » Gbéléban ? Peu. Celles qui ont eu cet honneur jouissent par extension, à titre spécial, des jets du rattrapage ethnique. Ce sont les villes du centre ou celles qui ont des cadres qui exaltent le rattrapage.

Vous souvenez-vous du découpage électoral fait à la veille du « désert électoral » du 11 Décembre 2011 ? Ce découpage qui pue à mille lieues, le rattrapage ethnique, annonçait déjà la nouvelle organisation administrative présentée. C’est cela la nouvelle Côte d’Ivoire.

L’autre nous disait que ceux qui détestent les FRCI quittent la Côte d’Ivoire. Moi je vous dis que si vous détestez le rattrapage ethnique, allez vivre à Banfora ou à Sindou, au moins là- bas, vous vivrez en paix. Mais en attendant d’emprunter le train, saluons hautement Kong et Gbéléban, nos belles élues.

Seul Dieu nous délivrera.

 

(1)  Ressortissants de Kong

(2)  Désigne dans le jargon malinké les non musulmans

(3)  Synonyme de « Kafri», non musulman

(4)  Désigne en Malinké, le diamantaire, riche homme

(5)  Femme de teint clair, femme blanche, Fanta la blanche

 

Les pamphlets d’Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

jeudi, 05 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, «LE PRESIDENT DE L'ETRANGER»

 

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Il est toujours réjouissant de constater que des médias qui sont à mille lieues de nous au point de vue idéologique finissent par confirmer des informations que nous avons données par le passé. Pour une raison simple : leurs «validations» permettent de clore le débat sur les faits, surtout quand on sait que nos contradicteurs sont des spécialistes du «pas vu, pas pris» et des audacieux négateurs des évidences.

Nous ne boudons pas notre plaisir de voir l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont Alassane Ouattara était jusqu’à une date récente un actionnaire minoritaire, qui l’a soutenu quand il était dans l’opposition et qui le soutient aujourd’hui, énoncer quelques vérités que nous répétons depuis longtemps à propos de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Jugez-en par vousmêmes. «Fidèles à Laurent Gbagbo, les natifs de la région ont beaucoup perdu à la faveur de la crise postélectorale: nombre d’entre eux se sont vus chassés de leurs maisons et de leurs terres, à l’exemple des Oubis, expropriés au profit de nouveaux arrivants. L’installation des étrangers et des travailleurs agricoles originaires du Nord est appuyée par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, dont le commandement est assuré par Losseni Fofana, dit Loss, un ex-rebelle) et par les Dozos, ces chasseurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest qui ont troqué leurs vieux fusils contre des kalachnikovs. Ces derniers seraient aujourd’hui 10 000, contre un petit millier avant la crise : ils règnent en seigneurs de la guerre et font payer un droit de protection aux nouveaux arrivants.

En ville, c’est la même chose. Les commerçants doivent verser leur obole. (…) Il y a aussi les miliciens burkinabè installés avec leurs hommes dans les forêts classées de l’Ouest. Parmi eux : Issiaka Tiendrébéogo et Amadé Ouérémi – lequel est soupçonné par HRW d’avoir joué un rôle dans les massacres de Duékoué, en mars 2011. (…) Surtout, reconnaît-on à Abidjan, ils entretiennent avec les FRCI un système d’activités illégales mais fort lucratives : trafic d’armes, exportation de cacao vers le Burkina Faso, exploitation aurifère forestière, et vente de terres.» Jeune Afrique publie également une infographie qui situe l’implantation de ces miliciens burkinabè sur le territoire ivoirien. Leurs noms se passent de tous commentaires : Sana Salifou, Issa Ouédraogo, Kouanda Lassané, etc…

Le constat est désormais indiscutable. Une opération concertée de colonisation armée des régions les plus convoitées de la Côte d’Ivoire est en cours. Qui dirige cette opération? Difficile de ne pas orienter les regards vers deux hommes : Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Premièrement, parce qu’ils en sont les bénéficiaires politiques. Ouattara profite des miliciens burkinabé pour effrayer voire pousser à l’exil les soutiens politiques de son adversaire embastillé à La Haye, le président Laurent Gbagbo. Quant à Compaoré, c’est son pays qui jouit depuis plusieurs années des filières d’évasion du cacao; il se débarrasse de son trop-plein démographique tout en élargissant son «espace vital» et ses territoires d’influence. En réalité, le président burkinabè est ici dans le même type de stratégie que le Rwandais Paul Kagame en République démocratique du Congo. Et l’Ouest ivoirien est dans la même position géopolitique que la région martyre du Kivu, comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes. Il faut toutefois noter qu’Alassane Ouattara s’associe avec entrain à l’opération de colonisation de la Côte d’Ivoire, alors que Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir avec l’aide des Rwandais et des «nouveaux prédateurs» occidentaux, s’est rebellé contre la «prise en main» de son pays. Et est mort en martyr national.

Face à cette incontestable réalité, face à ce danger qui pèse sur la Côte d’Ivoire, que font les consciences morales de la Nation? Rien ou presque. A la fois soucieux de préserver la présence de ses électeurs de plus en plus menacés sur les riches terres de l’Ouest et désireux de continuer à profiter des privilèges du pouvoir, le PDCI porte un regard névrotique sur cet enjeu – et les «Unes» du quotidien qui porte sa voix traduisent bien ce malaise. Complexés par les accusations de xénophobie, de nombreux intellectuels ont capitulé alors que la stature de certains objecteurs de conscience leur permet de s’exprimer clairement et sans haine sur ce qui n’est rien d’autre qu’une vaste stratégie de dépossession.

Une chose est sûre : par son action, Alassane Ouattara donne un caractère prophétique aux propos de campagne du président Laurent Gbagbo qui le qualifiait pendant la campagne en vue de la présidentielle de «candidat de l’étranger». Qu’on en juge. Sans l’aide de forces étrangères, jamais il n’aurait pris le pouvoir, concèdent aujourd’hui tous les analystes sérieux, quel que soit leur bord. Le premier cercle des militaires qui veillent sur sa vie est constitué de soldats burkinabè – comme nous l’a récemment confirmé, effaré, le collaborateur d’un chef d’Etat de la région. Les soudards qui règnent sur son «coffrefort» (l’Ouest minier et cacaoyers) sont burkinabè. Une bonne partie de sa stratégie de persécution de son opposition est fondée sur l’instrumentalisation de ses «relations» avec des chefs d’Etat étrangers. Toutes ses prétentions économiques s’appuient sur ses «relations» à l’étranger et sur un endettement massif qui, comme l’occupation des terres de l’Ouest, participe d’une logique de soumission voire «d’esclavagisation» durable de la Côte d’Ivoire.

Dès lors que l’on se débarrasse de toute complaisance et de notre tendance naturelle à la politique de l’autruche, l’on ne peut pas sérieusement accréditer la thèse généralement véhiculée selon laquelle l’invasion de la Côte d’Ivoire par des hordes armées non conventionnelles est le résultat d’une crise de l’ordre sécuritaire contre laquelle le pouvoir central se bat. De toute façon, cette thèse est absurde. La Côte d’Ivoire est un pays où la police et la gendarmerie ont été désarmées par le pouvoir central. La nature des armes dont sont dotées les milices ethniques qui prolifèrent de toutes parts est telle qu’il n’y a qu’un Etat qui peut les fournir. Le numéro de série de chaque arme permet de connaître sa provenance. Quand on connaît l’acharnement avec lequel le régime traque ses ennemis, prétendre que les ex Forces nouvelles, les Dozos et les Burkinabè de l’Ouest sont armés sans son consentement revient à prendre ses interlocuteurs pour des imbéciles.

Le 15 novembre 2000, avant la guerre donc, Laurent Gbagbo, nouvellement élu, disait : «Un jour viendra où, dans ce pays, il y aura deux camps. D’un côté celui dont le territoire et la Nation se confondent pour la défense de ce que nous sommes et de l’autre, celui pour lequel ni la Nation, ni le territoire, encore moins la République que nous tentons de bâtir n’a de sens, encore moins de valeur». Nous sommes en plein dedans. Ceux qui ne le savent pas sont sans intelligence. Ceux qui le savent et se taisent sont des lâches.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D’IVOIRE: SILENCE, ON TORTURE SOUS DES REGARDS PASSIFS ET COMPLICES!!!

  

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« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

 Article 5, déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

  

La Côte d’ivoire, depuis plus d’un an est devenue un Etat d’exception. Tout ce qui choque l’entendement humain est célébré comme un fait heureux. Au delà de la célébration des contre-valeurs, il apparait clairement que l’une des cordes que le régime d’Abidjan manie bien, c’est  la violation des droits de l’homme. Bien que notre Constitution proclame, dans son préambule, « son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 et dans la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 1981 », rien n’empêche le pouvoir de Dramane Ouattara de méconnaitre, dans les faits, cette affirmation. Or, le rôle d’un gouvernement sérieux est de veiller à la protection des droits des citoyens, à les promouvoir en vue de permettre l’épanouissement de tous, sans distinction aucune.  Mais en Côte d’Ivoire, ne sont élevés à la dignité d’être humain que les partisans d’Alassane Dramane Ouattara. A l’opposé, les citoyens de « seconde zone » que sont les pro-Gbagbo, ont droit à tous les lots de traitements inhumains et cruels. Ces traitements se déroulent de façon paisible et continue dans l’indifférence totale des organisations de défense des droits de l’homme. En un mot, le régime Ouattara torture sous le regard passif et complice des ONG.

Le régime Ouattara torture…

Le régime de Ouattara, prétendument qualifié par ses amis et partisans, de démocratique, s’est spécialisé dans l’art d’arrêter, torturer, arracher des aveux infondés, exécuter sommairement des citoyens, violer  les domiciles etc. Toutes ces arrestations et perquisitions sont faites en violations flagrantes de règles en vigueur. Les rares témoins qui ont pu échapper miraculeusement à leurs tortionnaires, ont relaté dans la presse de l’opposition, les méthodes et les techniques utilisées par les hommes du régime. Pour procurer du plaisir au régime, tous les traitements cruels sont les bienvenus.

En effet, certains infortunés reçoivent des braises de feu sur le dos, des gouttes de sachets plastics brûlés sur les mains et parties sensibles, d’autres sont marqués au fer rouge. Certains d’entre eux sont enchainés à quatre ou à cinq comme furent les esclaves du temps de la traite négrière. Point n’est besoin de préciser qu’ils sont journellement battus comme des animaux. Tous ces faits se déroulent dans des lieux tenus par les hommes du régime. Yopougon, une commune pro-Gbagbo est présentée comme un super « camp de concentration ». Le régime a transformé, « la place de la liberté », patrimoine du FPI (parti de Laurent Gbagbo), en lieu de torture. Est-il utile de noter que l’activité sordide qui se déroule sur cette place est totalement contraire à l’esprit du lieu. Il s’agit en effet d’une place qui célèbre les libertés et non les exactions.

En dehors de Yopougon, il existe un  autre « camp de concentration » à PK 17, route de Dabou ; ce camp devait servir de site pour le service civique. Les pratiques qui s’y déroulent sont les mêmes constatées dans le camp de Yopougon. Ces deux camps « spécimens » sont les prolongements d’autres lieux tenus par les hommes du pouvoir. Et ces hommes n’ont qu’une seule cible : les pro-Gbagbo ou supposés. Ce sont ces citoyens qui peuplent les camps du régime. Ils viennent principalement des villes qui ont affirmé leur attachement au Président Laurent Gbagbo. Certains sont arrêtés à Abidjan, d’autres à l’intérieur du pays et convoyés soit dans les camps de l’intérieur soit dans ceux de la capitale économique. Ils sont des civils et militaires, tous accusés de vouloir renverser le régime. Ces accusations sont fallacieuses d’où, les traitements inhumains infligés à ces pro-Gbagbo. Car, si elles étaient fondées, le régime ouvrirait un procès qui donnerait l’occasion aux accusés de se défendre.

Ayant choisi la voie des camps de concentration, le régime d’Abidjan avoue le peu d’intérêt qu’il accorde aux droits humains. Cela est d’autant plus vrai que les tortionnaires eux-mêmes sont des ex-rebelles, maîtres dans l’art de la torture, connus pour être des criminels de guerre, des mercenaires, des miliciens tribaux.

Cette addiction à la torture donne du lustre au classement fait par l’Onu. En effet, selon l’organisation mondiale, le régime Ouattara, est un régime autoritaire. La chaine de télévision française France 2 en avait parlé le 26 Mars 2012 (édition de 20h). Mais si la Côte d’Ivoire est devenue championne en tortures et traitements inhumains, c’est bien parce qu’elle peut compter sur  le silence coupable de certaines organisations.

…sous le regard passif et complice des ONG

Le feu de la torture qui s’abat sur les pro-Gbagbo et supposés n’est dénoncé que par les journaux proches du Président Gbagbo. Ces organes se battent en publiant les témoignages des personnes ayant connu les flammes de la torture. Pendant qu’elles donnent de la voix, les ONG de défense des droits de l’homme brillent par leur mutisme. Elles assistent, passives, impassibles au drame que subit une partie des citoyens ivoiriens. Pourtant, elles se disent être équidistantes des pouvoirs politiques.

Notre actualité récente nous permet de dire que certaines ONG nationales sont complices du jeu du pouvoir. En effet, lors de la crise post-électorale, la Présidente du Réseau paix et sécurité des femmes dans l’espace Cedeao côte d’ivoire (Repsfeco-ci) Salimata Porquet, s’était vidée de ses larmes, lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja en Mars 2011. En substance, elle demandait à l’institution d’intervenir pour  sauver « les victimes si nombreuses ». Depuis que son mentor Ouattara est aux affaires, elle a séché ses larmes, plus de pleurs, même pour ceux qui sont torturés par le régime. Ces personnes qui sont torturées ne descendent-elles pas de femmes ? A l’évidence leur vie n’a aucune importance tout simplement parce qu’elles ont eu le tord d’être des « Gbagboïstes ». N’Gouan Patrick, coordinateur national de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), lui et sa « convention » sont muets comme une carpe face au règne des « camps de concentration ». Pourtant, Patrick N’Gouan ne manquait pas de s’offrir en spectacle sur la chaine Africa 24 pour demander le départ de Laurent Gbagbo, il ne manquait pas d’organiser des séminaires pour montrer les tares du régime de Gbagbo. Où se trouve t-il pendant que des citoyens, des contribuables sont arbitrairement détenus dans les fers ? Le Mouvement Ivoirien des droits de l’Homme (MIDH), connu pour être un démembrement du RDR, parce que créé par des pro-Ouattara dont « le Petit Juge militant » Epiphane Zoro Bi Balo (actuel DG de l’AICF), est lui aussi passif. Il a perdu et on le comprend, sa verve des premiers jours. Ce mouvement a été rejoint par la Ligue Ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO). C’est à croire que l’universalité des droits de l’homme est sujette à caution en Côte d’Ivoire. Comme le dirait Mobutu du haut de la tribune de l’Onu en 1973, lorsque qu’on parle des droits de l’homme on doit savoir de quel homme on parle. Est-ce des militants et sympathisants du Rhdp ou des pro-Gbagbo ? S’il s’agit des pro-Gbagbo, alors exit le respect des droits de l’homme et bonjour la torture !

A l’image de ces ONG nationales, celles dites internationales, semblent avoir d’autres préoccupations. En effet, elles ferment royalement les yeux sur cette prouesse du régime d’Abidjan. Amnesty International, Human Right Watch, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), la division des Droits de l’Homme de l’ONUCI, La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), toutes ces organisations sont devenues subitement aphones. Elles sont dans une sorte de complicité qui donne de la graisse à la dictature instaurée par le régime d’Alassane Dramane Ouattara. Pourquoi un tel mutisme ? Tous ceux qui sont torturés dans ces « camps de concentration » devenus un « archipel de torture », sont-ils des sous-hommes ? N’ont-ils pas aussi droit à un brin de dignité ? Qui portera devant l’histoire, la responsabilité des errements du pouvoir d’Abidjan ?

Disons clairement que ces ONG muettes, seront autant responsables que le pouvoir actuel.

Voici donc, sur le chemin de l’hypocrite réconciliation nationale, les actes du pouvoir qui énervent le processus. Les gouvernants ivoiriens  ont les mains dénouées et toujours tendues sur la tête des pro-Gbagbo, comme une épée de Damoclès. Et lorsque cette épée frappe, les ONG applaudissent pas leur mutisme. Il est peut être politiquement correct que les membres et amis du pouvoir s’invitent à ce mutisme, mais il est inacceptable que des ONG, par essence neutres, s’adonnent à ce jeu macabre. L’histoire les jugera avec rigueur.

 

Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com

DEMENTI DE LA FAMILLE GBAGBO AUX ACCUSATIONS D'HAMED BAKAYOKO

 

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Le Premier Ministre Me Joseph KOFFIGOH dément au nom et pour le compte de la famille du Président Laurent Gbagbo les graves accusations portées contre elle par Hamed BAKAYOKO.

 

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Joseph Kokou KOFFIGOH

Avocat à la Cour, Ancien Bâtonnier


Communiqué

 

Nous soussigné, Joseph Kokou KOFFIGOH, Avocat à la Cour, demeurant et domicilié à Lomé,

Agissant au nom et pour le compte de :

 

1- Madame Jeannette KOUDOU, de nationalité ivoirienne, en exil,

2- Monsieur Laurent OTTRO, de nationalité ivoirienne en exil,

3- Monsieur Bertin KADET, de nationalité ivoirienne, en exil

4- Docteur Hervé Brice ABIE, de nationalité ivoirienne en exil,

 

Les requérants ayant tous élu domicile au cabinet du conseil soussigné, à Lomé  Togo Quartier Hédzranawoé, BP : 671, Cel : (228) 90 04 01 58, e-mail : jkkoffigoh@yahoo.fr

Rendons public leur démenti ci-après face aux allégations de complot contre la sureté de l’état de Côte d’Ivoire, telles que formulées le 12 juin 2012 sur les antennes de la RTI, par le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur Monsieur Hamed BAKAYOKO.

  

Démenti des parents du président GBAGBO suite aux allégations de complot

 

« Le 12 Juin 2012 sur les antennes de la Radio Diffusion Télévision Ivoirienne, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Ivoirien, M. Hamed BAKAYOKO, annonce à la Nation, la découverte d’un complot visant à renverser le régime de OUATTARA.

Ce complot selon les informations du Ministre, serait fomenté par les proches du Président GBAGBO. 

1- Les faits:

Suite à l’arrestation de M. OUSMANE SY Savané, journaliste au quotidien "Le Temps", et à la perquisition faite dans ses bureaux, un document de réflexion portant sur la restauration de l’image du Président LAURENT GBAGBO ternie par un vaste complot international aurait été trouvé dans la mémoire de son ordinateur.

Dans ce document des personnes ressources ont été proposées pour animer des activités en vue de la restauration de cette image déformée.

C’est cette note rédigée dans la période de mai à juin 2011, c’est-à-dire deux mois après l’arrestation du Président Laurent GBAGBO donc depuis un an -,  qui sera présentée par le Ministre de l’Intérieur  comme la trame d’une conspiration.

Il est à préciser que les personnes comme Jeannette KOUDOU, Laurent OTTRO, Bertin KADET et Dr Hervé Brice ABIE dont les noms figurent dans ce document n’étaient pas informées de son existence.

En outre, dans son interview télévisée de 52 minutes, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Hamed BAKAYOKO, utilise abondamment l’image de la mère du Président Laurent GBAGBO pour jouer sur les émotions de son public.

Tels sont les faits.

2- Les parents du Président Laurent GBAGBO s’indignent des propos calomnieux du Ministre Hamed BAKAYOKO et du Gouvernement ivoirien qui ne fait rien pour mettre un terme aux mensonges, aux accusations et arrestations arbitraires, aux persécutions, tueries, vols et viols des Ivoiriens, y compris la chasse aux refugiés.

En effet depuis l’arrestation du Président GBAGBO par les Forces Françaises le 11 Avril 2011 et sa remise aux forces rebelles d’Alassane OUATTARA consacrant ainsi le coup d’état de OUATTARA et ses Alliés, la famille toute entière de Laurent GBAGBO avec en tête la mère (88 ans) vit en exil.

M. Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur ne s’est point indigné quand sa troupe de rebelles déversés dans la Côte d’Ivoire, a mis à sac des centaines de maisons avant de les détruire.

Ces actions de pillage ont visé principalement tous les proches du Président GBAGBO, notamment, sa famille, les responsables du Front populaire ivoirien (FPI), son parti politique et tous les responsables de la Majorité Présidentielle (LMP).

Les parents ont trouvé leur salut dans la fuite vers l’exil. Malgré cet exil, la nouvelle administration ivoirienne, dans son œuvre de persécution, les poursuit en gelant leurs avoirs, en dépit des règles élémentaires des droits humains, pour les humilier,  et les amener à l’asphyxie.

Si le Gouvernement de Côte d’Ivoire parvenu au pouvoir  par un coup d’état conduit par la France de SARKOZY, n’a rien d’autre à proposer aux Ivoiriens que la chasse à l’homme, qu’il laisse la paix aux parents du Président Laurent GBAGBO notamment à sa mère suffisamment éprouvée par tant de méchancetés. 

La concorde nationale, le retour à  un régime démocratique apaisé en Côte d’Ivoire passent par la libération du Président Laurent GBAGBO et de tous les prisonniers politiques, la fin de l’exil pour de nombreux Ivoiriens refugiés dans les pays ouest-africains, le déblocage de leurs avoirs et de leurs biens, enfin par une justice équitable, c’est-à-dire une justice qui ne soit pas seulement en faveur des "vainqueurs" de la guerre.

Enfin la Côte d’Ivoire qui assure la présidence de la CEDEAO, se doit de respecter les droits des refugiés dans l’espace sous régional et arrêter de les harceler, en violation des dispositions pertinentes des instruments juridiques régionaux et internationaux »

 

Fait en exil, le 03 juillet 2012 

 

En conséquence, le conseil soussigné notifie le présent démenti à la presse et à qui de droit et se réserve le droit légitime d’agir par les voies légales, y compris des poursuites judiciaires contre les auteurs et les complices de ces diffamations dont le seul objectif est de perpétuer les traitements cruels et inhumains dont ils  accablent les parents et les proches du Président Laurent GBAGBO.

 

Fait à Lomé, le 03 juillet 2012

    

Maître Joseph Kokou KOFFIGOH

mercredi, 04 juillet 2012

REPORTAGE TV5: LES BURKINABES OCCUPENT LES TERRES A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE



Les Ivoiriens perdent leurs terres, avec la bénédiction d'Alassane Ouattara, de la coalition qui l'a installé au pouvoir (France, Etats-Unis, Cedeao, Onu), de certains autres ivoiriens et de la communauté internationale pourtant si prompte à décrier la violation des droits humains et toutes sortes d'abus sous d'autres cieux. Le cas ivoirien avec la dictature en place, le piétinement du droit et de la Constitution, les crimes et les spoliations tous azimuts, n'émeut personne.

Il faudra craindre avec le plus grand effroi et la pire angoisse tout retournement de situation. Une bombe terrifiante se met insidueusement mais très sûrement en place pour la Côte d'Ivoire et pour toute la sous-région ouest-africaine.

Que les voix les plus autorisées parlent maintenant ou se taisent à jamais.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!