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vendredi, 04 mai 2012

INTERNET - RESISTANCE DEMOCRATIQUE POUR LA COTE D'IVOIRE: LUMIERE SUR CES SITES PATRIOTIQUES QUI SOUTIENNENT LE COMBAT

 

LA DEPECHE D'ABIDJAN. MUR.jpg

Un brillant hommage aux sites de la résistance. Même si bien d'autres parmi eux n'ont pu être cités dans cet article. Merci, cher frère Germain Séhoué!


Les sites internet patriotiques sont ces portails créés sur la toile par des patriotes d’ici  et d’ailleurs pour permettre à la dispora ivoirienne, africaine, au monde d’être informés sur la Côte d’Ivoire. Par leur résistance et leur pugnacité, les démocrates ivoiriens sont en train de remporter la victoire de la communication. Mais qui sont ces sites ? Enquête.
 
Dans une dictature comme celle de la Côte d’Ivoire où la télévision nationale (Rti) est devenue un instrument de propagande du régime Ouattara, l’Internet joue un rôle primordial dans la diffusion de l’information plurielle. Comment informer la diaspora et la communauté internationale sur les faits et méfaits, les crimes et autres exactions contre lesquels luttent quotidiennement les populations ? L’Internet constitue un réel contrepouvoir. Car les sites patriotiques relaient les publications des journaux libres, les articles allant dans le sens du combat pour les libertés et les opinions d’analystes et de politologues indépendants. Bien sûr, que les partisans de la dictature ont leurs sites web pour les conforter, désinformer et manipuler. Mais au moins l’Internaute a le choix de ne pas être intoxiqué, en allant sur les sites qui lui montrent la Côte d’Ivoire telle qu’elle souffre en ce moment. C’est pourquoi il convient de présenter l’essentiel de ses sites et leur rendre hommage pour leur travail bien souvent bénévole, mais combien formidable ! 
  
Outil de résistance 
  
Au fort de la crise, lorsque le site abidjan.net a montré sa proximité avec l’agresseur de la Côte d’Ivoire, les patriotes et amis de notre pays, ont été heureux de découvrir un autre portail, relayant les informations, les vraies préoccupations de la Nation en danger. Il s’agit de Telediaspora.net, site patriotique populaire administré par Demba Traoré (ancien Dg de Vitib) et sa jeune et dynamique équipe. On a également, un groupe qui, en un temps record, fait autorité dans le milieu des sites patriotiques non seulement dans la spontanéité du relai de l’information, mais surtout dans la particularité et l’adaptation géniale des images illustrant ses informations. Le groupe se nomme SPRI (Sites pionniers de la résistance ivoirienne : Infodabidjan.net; Ivorian.net; Abidjandirect.net ; Côtedivoire-lavraie.fr; Ivoirediaspo-Abidjanici.net; Afrik53.com). Mais comment est né Infodabidjan.net, le premier du groupe?   
  
Nous sommes en novembre 2010. Un groupe de jeunes intellectuels ivoiriens décide de s’engager dans la campagne présidentielle en Côte d’Ivoire, en participant au débat démocratique à travers leur analyse des projets de société des différents candidats. Pour être efficaces, ils décident de produire des écrits de facon quotidienne, des articles destinés à être publiés sur les sites internet gérés par des ivoiriens. Mais malgré leurs efforts, très peu de sites acceptent de publier leurs écrits. Leurs articles sont segrégués. Ou alors certains sites ivoiriens établis à l’époque, demandent à se faire payer, parfois jusqu’à 50 dollars américains, « pour publier de simples contributions ». Comment dans ces conditions, peut-on contribuer à éclairer l’opinion nationale et internationale sur les abus et mensonges ressassés de façon effrénée  sur nos pays? L’administration légale de la Côte d’Ivoire a des difficultés pour se faire entendre. La crise sévit. Il est difficile de retrouver des informations assez élaborées autres que celles relayées par les réseaux de Alassane Dramane Ouattara. Il suffit de faire une simple recherche sur Google en écrivant Côte d’Ivoire, pour s’en rendre compte. Que faire ? Pas question de laisser les impérialistes malmener la Côte d’Ivoire comme pendant la traite négrière ! Le 7 mars 2011, infodabidjan.net est lancé, avec un objectif clair: « donner au monde entier des informations non tendancieuses sur notre Afrique et susciter le débat entre les Africains en général et les Ivoiriens en particulier », explique son administrateur et Coordinateur général du SPRI, Don Sihi Luc olivier, résidant en Allemagne. Et le site a pris. Si bien que, grâce à ses collaborateurs et la bonne volonté d’amis et de contributeurs bénévoles dont Hassane Magued, Eliahou Abel et bien d’autres, infodabidjan.net met à nu les mensonges et violations de droit de l’homme dans nos pays. Crimes dont sont coupables nos autocrates, soutenus momentanément par les prédateurs de nos ressources. 
  
Le combat contre les oppresseurs du peuple ivoirien 
  
Presse et portail d'informations générales, www.ivorian.net est créé en novembre 2002 par Severin Labé, quelques mois après l'attaque de la Côte d'Ivoire par une rébellion armée. Ce portail ivoirien se voulait dans un premier temps un support de communication pour relayer et élargir les informations de sources authentiques sur la Côte d'ivoire et un portail d'informations générales sur l'Afrique et le Monde. Ivorian.net, membre et partenaire de l'Organisation de la Presse africaine, connaît, selon ses dirigeants, près de 40 000 visiteurs par jour. Le site est devenu de ce fait, l'un des instruments de communication de référence les plus prisés. 
  
Le réseau des sites patriotique compte également abidjandirect.net. Un site créé en janvier 2011 pour contrer la désinformation menée à outrance par les sites ivoiriens au service du camp Ouattara. Il est l'œuvre de jeunes Ivoiriens et Africains. Il a fait de la vraie information son leitmotiv. Aujourd’hui ce site a plus de 7.000 visiteurs par jour repartis dans plusieurs pays. 
  
Quant au site www.cotedivoire-lavraie.fr, il est créé le 10 décembre 2010 et totalise à ce jour, selon sa gestionnaire Prisca Joelle Stani, plus de 2 000 000 de pages visitées. Il a vu le jour pour faire face à la désinformation des médias français sur les vrais enjeux de la crise postélectorale. C'est un site d’information générale : actualité ivoirienne, internationale, politique, économique, militaire, religieux, sportif, culturelle et touristique. De même, www.ivoirediaspo.net, créé en novembre 2002 et dirigé par Daniel Atteby, mène sans relâche la résistance contre les oppresseurs du peuple ivoirien. 
   
Les nouveau-nés du groupe SPRI
  
Les derniers nés du groupe  SPRI  sont Eburnienews.net ; Civox.net ; Ladepechedabidjan.info. Pour ce groupe, l’image de l’Afrique, berceau de l’humanité, mérite d’être peinte en des termes plus glorieux que cela ne l’est par les occidentaux. Eburnienews.net, un des dernier-nés du groupe, est lancé dans cette ambiance. Il se présente comme un site d’information générale conçu par des ivoiriens soucieux de donner au monde entier des informations nuancées sur la Côte d’Ivoire en particulier et l’Afrique en général. ”A l’écoute des souffrances de nos peuples africains, de la Libye à la Côte d’Ivoire, en passant par le Mali, la Rdc ou encore le Sénégal, notre coeur a vibré au son des baillonettes des boureaux de nos peuples. Nous avons donc pris partie pour la liberté d’expression et pour le droit de nos peuples à réflichir par eux-mêmes et pour eux-mêmes.”, explique la Direction de publication basée en Europe. 
  
Détermination et bénévolat 
  
A écouter ces hommes et ses femmes engagés, ce qui fait leur fierté, c'est leur liberté d'esprit, justifiée par leur indépendance de tout groupe de pression. L’amour de la patrie sublimant toute autre considération. La production du contenu de Eburnienews est le fruit d’une franche collaboration entre des journalistes de la rédaction, des experts, des passionnés de l’information juste et vraie, des témoins et tous les visiteurs du site. Les visiteurs et utilisateurs sont appelés à participer à l’animation de l’information sur le site à travers leurs commentaires, leurs contributions et leurs réactions. Et le résultat est bon. 
  
Un autre de la dernière génération : www.civox.net.  Officiellement mis en ligne le vendredi 13 avril 2012 par le confrère Zéka Togui, ce site est un organe d'informations générales, relatives à la Côte d'Ivoire, à l'Afrique et au reste du monde. Il est également au service de la diaspora dont il procède. Ses dirigeants tirent leur fierté de son caractère d’outil de résistance patriotique. Une résistance, selon eux, grosse de promesse de restaurer la démocratie, la liberté, la souveraineté et la prospérité de la Côte d'Ivoire. A travers sa rubrique "Pensées politiques", il se veut un site de formation politique. 
  
La Dépêche d'Abidjan (ladepechedabidjan.info) est créée en 2009 par Axel Illary, journaliste-réalisateur ivoirien résidant en France, pour combler un déficit communicationnel. Le site met essentiellement en avant l'actualité ivoirienne, africaine mais aussi celle des Ivoiriens et Africains de la diaspora. En plus d’être un relai de publications diverses,  ladepechedabidjan.info produit de l’audiovisuel et des articles. 

Si le site www.abidjandici.net, du groupe SPRI n’existe plus, son combat mérite néanmoins d’être salué.    
  
Au-delà de ce groupe, il y a d’autres sites patriotiques qui mènent la haute lutte pour la libération de la Côte d’Ivoire des mains des prédateurs. Ainsi on a Ivoirebusiness.net de Christian Vabé, Deboutciv.com, Legrigriinternational.com ; Cameroun24.net, etc. La résistance est également bien menée au sein d’autres réseaux sociaux dont Facebook où des Ivoiriens et amis de la Côte d’Ivoire, à travers leurs pages directement connectées sur Tweeter, animent intensément l’information. Les blogs de Théophile Kouamouo et Fernand Dindé Agbo sont parmi tant d’autres, des relais et sources d’opinions confortées. 
 
C’est donc pour leur rôle important que les sites web patriotiques sont bien souvent l’objet d’attaque d’hackers et autres cybercriminels. 
  
Les attaques contre les sites 
  
Les sites patriotiques sont confrontés à deux types d’attaque : les attaques d’origine externe et les attaques de source interne. Les attaques d’origine  externe sont le fait des adversaires connus. Les attaques internes sont celles émanant de personnes malveillantes, issues du milieu même de la résistance qui, à un certain moment de la lutte, pensaient que ces sites devaient leur servir de lieu de dénigrement interne. C’est le constat du contraire qui les a retournés. Tous ceux-là agissent ainsi dans le but de saboter et de paralyser la résistance en ligne ou de nuire au propriétaire du site. Ce qui revient au même. Les attaques se caractérisent par l’indisponibilité temporaire du site. Ou alors les internautes se rendant sur le site découvrent autre chose en lieu et place de la page d’accueil. Les hackers détruisent des pages ou les remplacent par d’autres produites par eux-mêmes. Ils paralysent tout, bloquent le fonctionnement du site. 
  
« A la nomination du porte-parole officiel du Président Gbagbo, nous avions mis les sites de notre rayon à la disposition du Porte-parolat afin de mieux expliquer la ligne de conduite voulue par le Président. C’était un travail immense. Il fallait en même temps inonder les pages Facebook, les forums, etc. et on avait donné aussi priorité à tout communiqué venant des exilés », explique Don Sihi Luc Olivier. Et ce moment crucial ne fut pas de tout repos pour les administrateurs des sites patriotiques. Don Sihi poursuit : « On était attaqué par les adversaires grâce à des génies de l’informatique. Des gens qui allaient jusqu’à l´hébergeur, après localisation du lieu de résidence du propriétaire du site. C’est la raison qui pousse à ne jamais dévoiler dès le commencement, qui était derrière le site. Lorsqu’ils remarquent durant une semaine que la presse en ligne était totalement Pro-Gbagbo, ils attaquent le site moteur. Ils se demandent: Qui est le  site ? D´où part la première mise en ligne d’un important communiqué repris par d’autres sites qui marquent Source : manioc.net, par exemple ?» 
  
Dans ces conditions, Don Sihi par exemple, appelle les différents responsables  de son rayon par téléphone ou email et les informe qu’il a un important communiqué à mettre en ligne. Et leur demande donc de se préparer. Une fois trois sites mettent simultanément l’important communiqué en ligne, les cybercriminels ont du mal à repérer le site moteur. Quand un site est attaqué, il demande à un autre d´informer les lecteurs du site en difficulté. « Je restais souvent devant mon ordinateur jusqu´à 3h du matin  pour voir si un site de mon rayon n’est pas attaqué », confie-t-il. 
  
Lorsqu’ils remarquent que le repérage du site moteur est devenu difficile, ils adoptent le brouillage du pays où les sites ont le plus de visites. Mais là encore, les résistants finissent par trouver une solution. La lutte est donc permanente. « Mais je pense que leur jalousie est due au  fait que leurs sites web, qui ont les soutiens financiers, ont perdu la lutte de la presse en ligne. Une bataille que nous avons remportée grâce à la volonté, au sacrifice de notre temps, à la vie de nos foyers… Et je suis heureux de voir que les sites ce créent aujourd’hui comme un jeu ». Car il est bon de le savoir, tous ces sites, les patriotes les créent sur fonds propres ou en associations de moyens. 
  
Dans un paysage où sévit le Conseil national de la presse (Cnp), que serait aujourd’hui l’information sans les sites internet et autres blogs patriotiques ? On peut le dire, ces canaux en ligne sont d’excellents outils où s’expriment de plus en plus aisément les intellectuels du monde pour participer aux débats d’ici et d’ailleurs, donnant ainsi de la matière à la presse locale. C’est vrai, il faut prendre soin de bien trier les contributions et ne pas céder au sensationnel, mais il est indéniable qu’à travers les sites patriotiques, l’Internet joue un rôle majeur dans la résistance de l’Afrique digne.      
  
  
Germain Séhoué in le quotidien ivoirien "Le Temps".

gs05895444@yahoo.fr


 

dimanche, 29 avril 2012

DE L’IMPROBABLE RECONCILIATION IVOIRIENNE

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Drôle de réconciliation que celle proposée par Alassane Ouattara aux Ivoiriens ! Une réconciliation faite de superficialité, de parodies et de parades, à l’image de son voyage dans le grand Ouest où aucune amende honorable sincère n’a été faite mais où bien au contraire beaucoup de justificatifs ont été donnés pour s’éterniser dans la posture de l’auto-victimisation permanente. En Côte d’Ivoire, il urge de guérir les cœurs et les esprits. Faute de quoi, de nouveaux troubles sont prévisibles, comme le craint d’ailleurs le général Béréna Gnakoudè, le chef militaire de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), appréhensions relevées dans ses mots d’adieu à la Côte d’Ivoire, sur Onuci FM. Ouattara offre en lieu et place quelques pauvres infrastructures. Que sert-il de marcher sur du nouveau bitume avec un cœur ulcéré, un esprit en peine et une âme tourmentée ? Si bien qu’à Man et Kouibly, ce sont des malinkés qui ont été coptés porte-paroles des autochtones. Où sont donc passés ces autochtones ? A la vérité, le discours tranche totalement avec les actes. Pour contraindre les réticents à venir accueillir « leur président », des quasi battues ont été organisées par les Dozos dans les campements et villages avec, quelquefois, des chiens de chasse pour les résoudre à en sortir et aller dresser des haies d’honneur à celui qu’ils considèrent encore comme leur bourreau.

Pour la même cause, les marchés ont été fermés, les commerçantes, obligées à aller sur les places de meeting, et les taxis, forcés au stationnement, sous peine de mise en fourrière. On se serait à nouveau cru dans une Côte d’Ivoire à jamais révolue. Celle du temps de la colonisation et des travaux forcés.

Selon des fils de la région, des victimes seraient même encore venues alourdir le déjà-insupportable passif de la crise ivoirienne dans ces contrées montagneuses. Pour la simple et bonne raison qu’au nom de dispositions sécuritaires, le nouveau pouvoir d’Abidjan a organisé une véritable traque contre les Wè, estampillés pro-Gbagbo, à l’approche de la visite d’Alassane Ouattara. La chasse à l’homme a donc repris, à la faveur d’une visite présidentielle (si elle a même cessé, un jour !).

Des populations, tout naturellement terrifiées par un traumatisme récent, et sous la menace, qu’il a été aisé de convaincre d’afficher des sourires de circonstance pour faire plaisir à l’illustre hôte, dussent-elles ravaler leurs amertumes et leurs morgues pour tous les crimes continuellement subis. La paix par la peur, la terreur et le mutisme, qui oblige la victime à se terrer et à faire profil bas, voici le type de paix que Ouattara propose aux Ivoiriens. Est-ce cela la réconciliation tant annoncée et chantée, mais qui jamais ne pointe à l’horizon ? S’il y a encore des personnes honnêtes et lucides autour de Ouattara, qu’elles le lui disent : Nous allons droit dans le mur !

Nous autres, sommes des « renards du Net » et en avons parcouru, des sites, des blogs et des réseaux sociaux ! Où que vous alliez, une chose vous frappe invariablement : les ivoiriens sont profondément opposés et divisés. Et c’est un euphémisme de le dire. Passez sur n’importe quel forum où il est loisible aux Ivoiriens de s’exprimer, vous verrez des positions ivoiriennes inconciliables, tranchées, voire guerrières et franchement macabres. Des forums où fusent des injures et des insanités impossibles à reproduire, tant elles sont d’une vilenie renversante. Impossible d’engager le moindre débat, sereinement. Tout observateur et analyste sérieux se rend tout de suite compte que la fracture ivoirienne est totale, consommée, cristallisée, quasi irréversible.

Cette guerre de tranchées et cette intransigeance jusqu’au-boutiste des positions sont indissociablement liées au manque déprimant de tact des nouveaux gouvernants ivoiriens qui ont opté pour la jubilation indécente et la diabolisation permanente contre Laurent Gbagbo (qui continue de hanter leurs nuits), postures qui n’ont pas faibli en une année de pouvoir. Il n’y a qu’à voir tous les plateaux télé consacrés à la crise ivoirienne sur RTI 1, les discours du Chef de l’Etat et du nouveau président de l’Assemblée nationale. Pas plus que ne s’estompent les mensonges éhontés sur la crise ivoirienne depuis 2002, qui ne voient des victimes que dans un camp, ainsi que sur la crise postélectorale de 2010-2011, et la justice de vainqueurs qui a vu récemment mettre aux arrêts Me Rodrigue Dadjé, avocat de Mme Simone Gbagbo, en pleine préparation de dossier de défense. L’homme de droit est accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de trafic d’armes, et subit le chantage d’une certaine autorité ministérielle pour la remise de sommes indues (10 millions de francs CFA) devant conditionner sa libération.

C’est un grand opprobre pour ce qui est censé être la « République de Côte d’Ivoire », si du moins elle est encore pourvue de scrupules. Mais cela, nous semble-t-il, n’émeut personne dans la « nouvelle Côte d’Ivoire ». Bien au contraire ! Tous saluent ou assistent indifférents, passifs – à commencer par la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) –, aux dérives du régime et à l’escalade dans les actes antirépublicains et fossoyeurs de paix. Incarcérer l’avocat de son opposante, en pleine affaire, il faut vraiment le faire ! Ce pouvoir est-il sérieux ? Au reste, quel crédit accorder à une réconciliation qui en une année n’a pas fait le moindre pas significatif en avant. En la matière, la CDVR est une désolation nationale. Toutes choses qui n’ont pas manqué d’arracher à la diva de la musique ivoirienne, Aïcha Koné, en exil en Guinée, cet aveu : « Je ne comprends pas bien cette réconciliation ». Elle n’a pas tort. Nous n’y comprenons pas grand-chose, nous non plus ! Et des millions d’Ivoiriens avec nous. Il y a véritablement matière !

Finalement, il faut se le dire honnêtement et sans ambiguïtés, on ne fera jamais l’économie du recomptage des voix pour solder le contentieux électoral ivoirien et pour le retour d’une paix véritable en Côte d’Ivoire, à moins d’y arriver par des arrangements politiques au plus haut niveau. Encore faut-il que le pouvoir Ouattara ait cette culture et cette élégance. Attendons de voir.

C’est par la sagesse et le tact du souverain, du gouvernant, que les cœurs se désarment et que la paix a lieu. Quand il n’en a pas, il faut en faire le deuil. Continuer de mentir ainsi, comme des arracheurs de dents, et retenir dans les bagnes du Nord ses adversaires politiques comme des trophées de guerre, les persécuter sans relâche et se susciter une autre opposition, sur mesure, sélective, sans consistance véritable, ordonnée par les partenaires financiers et sous leur pression (tout comme le premier voyage présidentiel à l’Ouest pour rassurer les investisseurs et alliés internationaux sur la bonne marche du processus de réconciliation), ne donne absolument aucune chance à la paix en Côte d’Ivoire. Toutes choses qui nous ont inspiré ce titre si peu optimiste. Peut-il en être autrement quand celui qui nous tient lieu, actuellement, d’«héritier du père de la nation» est d’une accablante incapacité à réunir les fils de la Côte d’Ivoire pour faire la paix des braves, englué qu’il est dans les petits calculs de survie et de pérennité au pouvoir, par la mise à mort de la seule opposition significative, le FPI-CNRD, volontairement décapité pour s’incruster.

Ouattara ne peut faire croire au peuple ivoirien qu’il est un homme de paix avec des discours lénifiants et des promesses. Pas plus qu’il ne peut faire croire que la crise ivoirienne a débuté en 2010, qu’il est blanc du pourrissement de l’atmosphère politique, dans notre pays, depuis deux décennies, et doit cesser de s’afficher en permanence comme l’unique victime de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, victime qui, du reste, serait pur du sang des Ivoiriens et qui, aujourd’hui au pouvoir, pardonne à ses bourreaux. La campagne électorale est passée. Il est primordial de mettre un bémol aux promesses, tout comme aux contes de fées, et de passer aux actions. Cela fait plus d’un an que le peuple attend des actes véritables de réconciliation, par l’élargissement des adversaires politiques incarcérés dans ses goulags du Nord et la ré-civilisation de la vie politique ivoirienne qui est devenue un champ de tous les périls pour les opposants.

Y parviendra-t-il ? Nous le lui souhaitons. Car en réalité, à cela, nous, peuple ivoirien, pourrons juger de sa grandeur d’homme d’Etat ou de sa petitesse de calculateur médiocre. L’histoire le regarde et retiendra chacun de ses actes.

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien N° 504 des samedi 28 et dimanche 29 avril 2012.

INCARCERE A LA COUR PENALE INTERNATIONALE: GBAGBO VA FAIRE UNE DEMANDE DE MISE EN LIBERTE

 

côte d'ivoire

 

Du nouveau du côté de La Haye. On en sait un peu plus sur la stratégie de défense du président Gbagbo qui comparaitra le 18 juin prochain devant le tribunal de la Cour pénale internationale (CPI) pour l’audience de confirmation de charges. Selon nos informations, ce sera avant le 18 juin prochain.

Incarcéré à la prison de Scheveningen, aux Pays-Bas, dans le cadre de la procédure ouverte contre lui par le procureur de la Cour pénale internationale – Louis Moreno-Ocampo, qui sera bientôt remplacé par son adjointe Fatou Bensouda –, le président Laurent Gbagbo va faire une demande de mise en liberté provisoire avant l’échéance de la très attendue audience de confirmation des charges. «C’est un homme qui a subi des traitements assimilables à de la torture à Korhogo, il a été maltraité au-delà de l’imaginable. L’ONU le savait, la France le savait, les Etats-Unis le savaient, et la CPI le sait. Cette institution doit montrer qu’elle n’approuve pas ces traitements qui l’ont profondément affaibli aux points de vue physique et psychologique,  et elle doit créer les conditions optimales pour lui permettre de récupérer. La procédure est longue, et c’est dans l’intérêt de la CPI de maintenir en forme le président – qui n’est pas encore accusé encore moins reconnu coupable», explique un membre de sa «task-force» juridique.

Cette demande de mise en liberté provisoire sera-t-elle acceptée par les juges ? Difficile à dire. D’une certaine manière, le contexte général – justice des vainqueurs, refus du régime Ouattara de livrer ses hommes et manœuvres partisanes d’Ocampo – joue en faveur de Gbagbo. Lui accorder la liberté provisoire recrédibiliserait quelque peu sur le continent une institution considérée par beaucoup comme un bagne uniquement réservé aux Africains «récalcitrants». Cela dit, les facteurs politiques sont prédominants dans ce type de dossier. La France et les Etats-Unis, qui ont surinvesti sur leur allié Ouattara et connaissent sa fragilité, voudront sans doute éviter de donner une victoire psychologique à son opposition. Même si Laurent Gbagbo est loin d’être un chef de guerre, et que c’est bel et bien sa présence à La Haye qui peut hystériser ses partisans et entraver le processus de paix. 

Quel pays accepterait d’accueillir le fondateur du FPI ? L’on se souvient que, par exemple, la CPI a accordé une mise en liberté provisoire au Congolais Jean-Pierre Bemba en 2009 avant de se rebiffer en appel, en mettant notamment en avant la difficulté à trouver un pays d’accueil – les pays pressentis s’étant rebiffés et la République démocratique du Congo ayant refusé de le recevoir. On peut penser que Gbagbo conserve tout de même quelques solidarités à l’étranger, contrairement à Bemba… Mais son habileté politique, sa prise de parole qui peut faire mal et son aura auprès des Africains le rendent tout de même dangereux pour la «coopérative des puissants», au-delà de la personne d’Alassane Ouattara. 
 
Comment le bureau du procureur de la CPI veut «coincer» Gbagbo

Par ailleurs, on en sait un peu plus sur la stratégie du duo Ocampo-Bensouda pour «coincer» le «réprouvé de Scheveningen». Partis avec la certitude que le dossier Gbagbo serait un dossier facile, bercés de fausses assurances sur les «preuves en béton» de la France et de Ouattara, ils se rendent progressivement compte qu’ils peuvent perdre leur procès. Ils axent toute leur stratégie sur leurs complicités douteuses avec le régime Ouattara. Il est question de faire parler les «ralliés» au nouveau régime, qui «vendront» leur ancien bienfaiteur contre quelques témoignages orientés – et pourquoi pas imaginaires… Il est également question de faire «craquer», par l’arme de la torture, un général ou du moins un officier supérieur en vue lors des années Gbagbo, et aujourd’hui traité dans les pires conditions dans un des mouroirs du régime, comme celui de Korhogo, tenu par Fofié Kouakou, considéré comme un criminel contre l’humanité par l’ONU – qui l’a soumis à des sanctions pour cette raison. Habilement «retourné», rassuré par un «deal» sur une peine d’emprisonnement «light» puis transféré à La Haye, un tel pion viendrait établir une relation directe entre Gbagbo et les exactions qu’on lui imputerait, en jouant «le témoin-clé qui a tout vu et tout entendu».

Un problème demeure : réussiront-ils à retourner un officier supérieur «pro-Gbagbo» par l’arme de la torture ? Sera-t-il «fiable» jusqu’au bout ? Craquerait-il en face du «chef» calomnié par ses soins ? Plus profondément, le choix d’Alassane Ouattara de ne pas envoyer le moindre sous-fifre de son camp à La Haye, et du coup de ne plus transférer aucun Ivoirien, brouille la stratégie du bureau du procureur. Qui, pour la première fois, n’a plus les mêmes intérêts que les actuels maîtres d’Abidjan.
 

Philippe Brou


samedi, 28 avril 2012

VOYAGE EN COTE D'IVOIRE - LE DEPARTEMENT AMERICAIN DECONSEILLE: VOICI LE COMMUNIQUE OFFICIEL


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Contrairement à ce que tente de faire croire le régime Ouattara sur la situation sécuritaire en Côte d’ivoire, l’alerte est toujours de mise. Ça ne va toujours pas. La preuve…

Dans un communiqué officiel dont le quotidien ivoirien « Notre voie » a pu avoir copie, le Département d’Etat (ministère américains des affaires étrangères) a pondu, le lundi 23 Avril 2012, une sévère mise en garde contre ceux des citoyens américains appâtés par un voyage en Côte d’ivoire. Mais plus qu’une alerte aux américains, le ministère dirigé par Hilary Clinton a déclaré que la Côte d’ivoire sous le régime Ouattara, est  une destination à éviter, pour des questions de sécurité et de « troubles civils » probables et imprévisibles.

Un an après avoir contribué à installer Alassane Ouattara par les bombes au palais présidentiel ivoirien, la lassitude gagne ses parrains américains. Voici, traduit en français, la teneur de cette mise en garde du gouvernement de Barack Obama adressée aux citoyens américains.

« Côte d’ivoire : avertissement aux voyageurs.. »

 

« Le Département d’Etat met en garde les citoyens des Etats Unis sur des risques liés aux voyages à destination de la Côte d’ivoire. Les citoyens américains résidant ou effectuant un voyage à destination de la Côte d’ivoire devrait suivre de près les conditions, avoir conscience de la situation y prévalant et faire très attention à leur sécurité personnelle. Certes, la situation sécuritaire s’est améliorée au cours des quelques mois écoulés, mais les possibilités de troubles civils demeurent. Les conditions sécuritaires pourraient changer de manière rapide et imprévisible.

Le présent avertissement se substitue à celui du 16 Décembre 2011 et vise à informer les citoyens américains de ce que l’ambassade des Etats-Unis en Côte d’ivoire (…) sur la situation sécuritaire actuelle.

Les crimes, tels que les agressions, vols, cambriolages et braquages de véhicules à Abidjan et partout dans le pays constituent des risques auxquels s’exposent les visiteurs étrangers. Le personnel de l’ambassade est tenu de requérir l’approbation du service de sécurité de l’ambassade pour des propositions de voyages à l’ouest de la Côte d’ivoire, en raison des tensions ethniques et des activités criminelles visant les voyageurs occidentaux. En raison du risque de voies de fait et/ou vol qualifié, il conviendrait que vous preniez des précautions lorsque vous êtes bloqués dans un trafic intense ou à des barrages routiers ; de même, il conviendrait d’éviter les déplacements à l’extérieur d’Abidjan à la tombée de la nuit. Les routes terrestres conduisant aux pays voisins sont ouvertes, mais la prudence et la vigilance devraient être de mise lorsque vous voyagez sur ces routes. Les autorités policières locales disposent de moyens limités pour répondre aux urgences.

Instruction est donnée par l’ambassade à son personnel d’éviter les grands attroupements, les foules, manifestations et évènements politiques. Il est rappelé aux citoyens des Etats-Unis que même les manifestations et/ou évènements politiques censés être pacifiques peuvent se muer en confrontation et, éventuellement, dégénérer en violence. Il est, par conséquent, vivement conseillé aux citoyens américains d’éviter les lieux où se tiennent les manifestations et de faire preuve de prudence s’ils se trouvent à proximité de toutes manifestations ou de tous évènements politiques. (…)

Si vous avez des questions ou des préoccupations quant à la sécurité ou aux sujets connexes, nous vous exhortons à contacter la section consulaire de l’ambassade en envoyant un message par courriel à l’adresse suivante : AbjAmcit@state.gov

Ce communiqué se justifie d’autant plus que la côte d'Ivoire n'a surement pas finit de pleurer ses fils et filles. La répression aveugle qui a succédé aux attaques d'hommes armés non identifiés contre les miliciens de Ouattara prouve combien ce régime tire ses racines de la pire des expériences de régimes autoritaires que le monde ait connu… lire la suite ici

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

PRETENDUS MERCENAIRES ARRETES DANS LA FORET DU BANCO: DES RESCAPES TEMOIGNENT

 

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Le régime Ouattara englué dans une dérive dictatoriale irréversible voit des tentatives de coups d’Etat ou de déstabilisation et des mercenaires partout. Les journaux proches du pouvoir et la Rti version Ouattara ont présenté, dans leurs éditions d’hier, des jeunes gens comme étant des miliciens et des mercenaires en préparation d’un coup d’Etat que les Frci, forces armées pro-Ouattara, auraient arrêtés, jeudi, dans la forêt du banco à Abidjan.

Au nombre de 18, ces hommes étaient, dit-on, en réunion pour déstabiliser le pouvoir en place. Ils sont actuellement détenus au camp commando d’Abobo où les soldats de Ouattara les brandissent comme des trophées de guerre. Ces arrestations ne sont rien d’autres que des actes dictatoriaux qui reposent sur de l’intox. Un rescapé, témoin oculaire de ces enlèvements en cascades, et un des parents de certains des jeunes gens arrêtés se sont rendus hier à notre rédaction pour témoigner afin que l’opinion publique sache la vérité.

« Le jeudi 26 avril vers 13h, je mangeais de l’attièké à la maison à Abobo-Sagbé avec mon neveu Lêgbou Djoni, étudiant à l’Université de Cocody, mais qui ne va plus à l’école du fait de la crise. Tout d’un coup, nous avons entendu des tirs dans le quartier et nous avons donc fui pour rentrer dans la cour. Trois éléments des Frci (Forces pro-ouattara) armés sont alors entrés chez moi. L’un d’eux m’a demandé s’il n’y a pas de garçons dans la maison. Je lui ai répondu que nous, les garçons, sommes au nombre de trois. Mon neveu l’étudiant, un ami baoulé couturier qui s’appelle Gustave et moi. Ils nous ont dit de les suivre pour aller rejoindre un autre groupe d’hommes qu’ils avaient aussi arrêtés.

Quelque temps après, ils m’ont dit de retourner chez moi parce que je suis vieux. C’est comme ça que j’ai été libéré et je ne sais même pas où ils ont emmené mon ami et mon neveu qui vit avec moi depuis trois ans après le décès de son père Lêgbou Zoané», témoigne le doyen Lêgbou D., la soixantaine passée, qui vit depuis cinq ans à Abobo-Sagbé où il exerce la profession de chauffeur. Féhi Jules qui vit également dans le même quartier relate des faits quasi-similaires. « Dans la cour où j’habite, les Frci ont fait irruption et ont pris mon neveu Francis Djè Bi Irié, vigile à Vigassistance et sont partis aussi avec lui pour une destination inconnue», révèle t-il. Selon lui, un autre jeune homme nommé Zê Bi, originaire de Zuénoula, qui venait de prendre sa douche pour se rendre à son lieu de service à Filtisac a été arrêté par les forces armées pro-Ouattara.

Ces deux rescapés de la barbarie du pouvoir Ouattara disent être venus à Notre Voie pour révéler la vérité mais surtout pour protester contre l’arrestation qu’ils jugent arbitraire de leurs enfants qui ne sont pas des mercenaires comme on tente de le faire croire. Comme on peut le constater, les jeunes gens arrêtées n’étaient pas dans la forêt du banco en train de préparer la déstabilisation du pouvoir Ouattara. A Yopougon, 100 personnes sont arrêtés et détenues par les Frci à Yopougon-Nouveau quartier.


Vincent Deh


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

jeudi, 26 avril 2012

OUEST IVOIRIEN: OUATTARA S'EN VA, RIEN NE CHANGE POUR LES POPULATIONS

 

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Alassane Ouattara a achevé, lundi dernier, une visite surmédiatisée qu’il a effectuée dans l’ouest du pays, notamment à Man, Toulepleu, Blolequin, Guiglo, Duékoué et Bangolo. Morceaux choisis par l’actuel numéro un ivoirien : l’éternelle litanie de promesses face à des solutions urgentes. C’est à une course contre la montre, comme s’il se retrouvait en territoire hostile, qu’Alassane Ouattara s’est adonné lors de sa visite éclaire dans les régions des 18 montagnes,  le Guémon et le Moyen-Cavally. En trois jours, il a pu s’imprégner des réalités des populations de Man, Toulepleu, Blolequin, Guiglo, Bangolo et Duékoué. Dans certaines localités, les populations mobilisées par ses proches pour les besoins de la cause n’ont eu droit qu’à moins d’une heure de présence de leur hôte sur leur sol, souvent même dans l’évitement de la tradition locale. 

C’est le cas au stade de Man où, contrairement à Laurent Gbagbo qui avait mâché la noix de cola de ses hôtes après la cérémonie de libation des propriétaires terriens pendant la campagne électorale, Alassane Ouattara s’est dérobé à la tradition. Une pratique courante chez le peuple Dan pour symboliser l’estime qu’il porte à son hôte de marque. Soit. La visite en elle-même était opportune ? En ce sens que dans les régions du Guémon et du Moyen-Cavally notamment, les populations autochtones, propriétaires terriens, dans leur grande majorité, ont déserté les lieux pour se mettre à l’abri des massacres depuis avril 2011. 
 
Il ne s'est pas démarqué de ses incessantes promesses

Leurs biens abandonnés ont été pillés et leurs forêts aujourd’hui aux mains d’allogènes majoritairement burkinabè. L’insécurité est de mise et lorsque certains s’essaient au retour, ils sont taxés de miliciens ou pro-Gbagbo et sont passés à la guillotine. Les Dozos, chasseurs traditionnels originaires du nord de la Côte d’Ivoire et au delà de la frontière ont pris pied dans les régions et s’érigent en justiciers. En s’aventurant dans leurs régions, les populations du Guémon et du Moyen-Cavally s’attendaient à un signal fort de la part d’Alassane Ouattara pour le retour de la normalité. L’actuel numéro un ivoirien était attendu sur le dossier des Dozos qui détiennent illégalement des armes de guerre et se substituent à l’armée régulière dans les villes, villages et campements. Là où l’on s’attendait à un discours de démobilisation de cette confrérie, Ouattara a plutôt préféré leur rendre les honneurs, leur apportant ainsi, de façon sournoise, sa caution à l’exercice de basses manœuvres dans les localités sous leur contrôle.

Alassane Ouattara n’a pas également apporté de solutions urgentes à la question de réhabilitation des résidences détruites des populations à qui il demande de retourner chez elles. Elles sont nombreuses à vivre sous les tentes à Duékoué et en dehors de la Côte d’Ivoire, ruinées par la guerre et ne disposant pas de ressources pour se construire ou réhabiliter leur toit. La question foncière, la plus cruciale, Alassane Ouattara l’a botté en touche et l’a lié à la question de la nationalité. Alassane Ouattara veut-il entériner le peuplement des régions du Moyen-Cavally et du Guémon par la colonie d’allogènes burkinabè qui s’arrogent des parcelles de forêts au mépris de la loi sur le foncier ? Donne-t-il des signaux de naturalisation de la cohorte d’allogènes qui prennent pied à l’ouest et entériner leur installation définitive dans les régions en question ? Il a donné son quitus à la nouvelle assemblée qui nous éclairera davantage. 

Ce qu’il faut retenir de cette visite, c’est qu’Alassane Ouattara ne s’est pas une fois de plus démarqué de ses incessantes promesses depuis la campagne électorale dont les signaux ne sont nullement visibles depuis un an qu’il a accédé brutalement au pouvoir. Ouattara s’en va, rien ne change dans la vie des populations. Celles qui étaient réfugiées dans leur tente de fortune y retournent…
 

Saint-Claver Oula


PRESIDENTIELLE FRANÇAISE: SARKOZY DIVISE LA CLASSE POLITIQUE IVOIRIENNE

 

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L'élection présidentielle en France ne laisse pas indifférents les Ivoiriens, particulièrement la classe politique divisée entre pro et anti Nicolas Sarkozy, le président sortant, arrivé deuxième dimanche derrière François Hollande à l'issue du premier tour.

 

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a maintenu des relations privilégies avec son ex-métropole qui demeure un de ses principaux fournisseurs et clients.

Mais, c'est surtout l'intervention décisive de l'armée française pour permettre l'arrestation de Laurent Gbagbo et installer Alassane Ouattara au pouvoir après les meurtriers affrontements post-électoraux de novembre 2010 qui façonne le regard des Ivoiriens sur l'élection présidentielle en France.

Ce regard est bien évidemment différent selon que l'on est proche du camp Ouattara ou que l'on est militant du Front populaire ivoirien (FPI) ou sympathisant du président déchu Laurent Gbagbo.

Pour ou contre Sarkozy?
                                                                                     
Le Rassemblement des Républicains (RDR) et ses alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), partisans d'Alassane Ouattara, sont sans réserve pour la réélection de Nicolas Sarkozy. Le RDR, parti d'Alassane Ouattara, a signé le 14 avril à Paris avec l'UMP de Nicolas Sarkozy un "accord de coopération et d'amitié". Les deux présidents se targuent d'être des amis intimes de longue date et le pouvoir à Abidjan voit d'un mauvais œil une défaite de M. Sarkozy qui signifierait la perte d'un soutien de taille à l'Elysée.

"Si Sarkozy tombe, nous n'aurons plus les mêmes relations avec les nouvelles autorités françaises. Nous n'aurons plus droit à un certain nombre de privilèges que nous avons avec Sarkozy en terme d'appui auprès des institutions internationales, des entreprises françaises, au plan de la sécurité", fait savoir un militant du parti de M. Ouattara. En face, les partisans de Laurent Gbagbo ne jurent que par la défaite de M. Sarkozy considéré comme leur "principal ennemi". "Nous souhaitons que Sarkozy perde les élections parce qu'il s'est présenté comme notre principal ennemi", soutient un responsable du FPI, Raymond Abouo N'Dori.

"Moi, je ne comprends pas pourquoi les partisans de Gbagbo voient en François Hollande un sauveur", s'interroge un enseignant qui relève que le Parti socialiste français avait demandé, au plus fort de la crise post-électorale, l'exclusion du FPI de l'Internationale socialiste et ne s'était point opposé aux bombardements qui ont entraîné la chute de Gbagbo.

"Nous n'avons pas de raisons objectives de pavoiser sur l'arrivée des socialistes au pouvoir puisqu'ils ne nous ont jamais soutenu mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Hollande représente le moindre mal pour nous", tranche Abouo N'dori. Pour de nombreux Ivoiriens, la réélection ou non de Sarkozy ne changera rien à la politique africaine de la France. 

Hollande et Sakozy? Blanc bonnet et bonnet blanc
                                                 
"La politique reste la politique, je ne vois pas ce que Hollande fera de spécial au niveau des accords de coopération entre la France et ses colonies d'Afrique", se demande Habib, un couturier. "Sarkozy ou Hollande, la politique de la France vis-à-vis de la Côte d'Ivoire ne changera pas d'un iota, la France n'a pas d'amis en Afrique mais plutôt des intérêts", estime Joël Bouabré, fonctionnaire de son Etat.

Pour le politologue Maurice Fahé, les Ivoiriens ont des raisons de ne pas être indifférents à ce qui se joue en France même s'il pense qu'un changement de président ne bouleverserait pas les rapports entre la France et la Côte d'Ivoire.

"La pratique a montré que, que ce soit un gouvernement de gauche ou un gouvernement de droite, la politique africaine de la France restait toujours la même", affirme-t-il. Le politique indique toutefois qu'il peut se produire des "changements à la marge" liés à la personnalité du chef de l'exécutif français ou à son appartenance idéologique. "Si François Hollande venait à être élu président de la France, cela ne changerait pas grand-chose, sauf la proximité avec le président ivoirien et peut-être certains engagements personnels de M. Sarkozy en Côte d'Ivoire", explique-t-il.

"Après tout, la Côte d'Ivoire, comme l'Afrique, n'est qu'un sous-thème dans la présidentielle française, son sort étant depuis longtemps réglé par les accords de coopération, les traités monétaires et la pratique économique, politique et diplomatique", conclut le politologue.

 

Source: CAMEROON VOICE

lundi, 23 avril 2012

QUAND IL PLEUT A PARIS, ABIDJAN EST MOUILLE - SARKO MENACE, OUATTARA TREMBLE

 

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Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Le premier tour de la présidentielle française vient de livrer ses résultats, et il paraît évident que Nicolas Sarkozy est en ballottage défavorable dans la perspective de la «lutte finale». La gauche est à son plus haut niveau depuis longtemps, et selon les sondages le président sortant bénéficiera d’un report de voix globalement assez médiocre de la part des électeurs du Front national (extrême-droite) et du MODEM (centre). La perspective la plus probable est donc la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, même si les jeux ne sont pas faits. 

Ces dernières semaines, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont tous pris acte de la nervosité qui s’est emparée des dignitaires du Rassemblement des républicains (RDR) et du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ne se sentant pas satisfaits de l’étrange accord de partenariat signé avec l’UMP, ils ont demandé solennellement à leurs sympathisants ayant la nationalité française de voter pour Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy qui devait se demander pourquoi il n’y avait pas de réaction en France à l’activisme des Africain-Français hostiles à sa double épopée ivoirienne et libyenne. Certes, le RDR et l’UMP sont des formations politiques de droite, avec tout ce que cela comporte. Mais l’on ne sent pas la même fièvre dans les autres pays du «pré carré» dirigés par des alliés objectifs de l’UMP. De quoi a donc peur le régime Ouattara ?
 
Un système de gouvernance autoritaire qui repose sur des complaisances parisiennes

Une chose est à noter : si Nicolas Sarkozy perd le pouvoir, ce sera la première fois, depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, que les alliés traditionnels du PDCI et du RDR quitteront les lambris dorés de l’Elysée et des cabinets ministériels pour s’installer sur les sièges réservés à l’opposition parlementaire. Ce sera donc un grand saut dans le vide. Déjà, avant la crise, les liens entre la nomenklatura ivoirienne et la droite française étaient patents. Malgré une prévenance de tous les instants des socialistes, Félix Houphouët¬-Boigny soupçonnait François Mitterrand d’instrumentaliser son opposition pour l’affaiblir. Quand Jacques Chirac a été élu en 1995 en battant Lionel Jospin, les journaux progouvernementaux d’alors ont exulté. Pendant longtemps, l’affrontement entre bédiéistes et ouattaristes se déroulait selon la grille chiraquiens contre balladuriens. C’est pour cette raison que l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir sera un sujet de grande joie pour Ouattara, heureux d’avoir «noyé» les réseaux parisiens de Bédié, et de faire savoir à Gbagbo qu’il était le seul opposant d’Afrique subsaharienne à avoir été reçu à plusieurs reprises à l’Elysée dans un contexte de guerre froide franco-ivoirienne où Gbagbo n’avait «droit» qu’à des échanges non formalisés avec des seconds couteaux ou à une photo à la volée à New York, à l’occasion d’une Assemblée générale des Nations Unies. Dans une logique similaire, la victoire électorale de Jacques Chirac en mai 2002 devait sonner l’heure de la reconquête dans l’arrière-cour ivoirienne, où la «normalisation» et la «prise de distance» voulues par le gouvernement de Lionel Jospin avaient permis aux rapports de force internes de s’accomplir à travers l’élection de Laurent Gbagbo en octobre 2000. Le coup d’Etat du 19 septembre 2002, s’il avait abouti à la capitulation d’un Laurent Gbagbo acceptant un exil doré en France, aurait parachevé la «reprise en main» des lobbies droitiers français pour qui la Côte d’Ivoire doit être la continuité géostratégique de la France…
 
C’est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour faire prévaloir le récit médiatique douteux accréditant la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Il a même appelé à onze reprises en une seule journée un chef d’Etat ouest-africain pour le rallier à la guerre de Ouattara. Contre un grand nombre d’officiers supérieurs de son pays, il a engagé l’armée française dans la bataille d’Abidjan, ordonné l’omerta sur les crimes commis par les supplétifs FRCI qui avançaient grâce aux missiles de la force Licorne, fermé les yeux sur l’assassinat du Français Philippe Rémond à Yamoussoukro et sur le martyre de son compatriote Michel Gbagbo, vidé les fonds de caisse de l’Agence française de développement (AFD) pour payer les salaires du régime Ouattara, intrigué pour envoyer Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, applaudi la justice des vainqueurs et les dérives tribales du régime ivoirien…
 
Un départ de Sarkozy viendrait au pire moment pour Ouattara…

Nicolas Sarkozy est allé tellement loin avec Alassane Ouattara que ce dernier sait pertinemment  qu’un changement de pouvoir à l’Elysée baissera forcément le niveau des complicités crapuleuses dont il bénéficie à Paris. Il a pourtant construit tout son système autoritaire de gouvernance sur le «droit d’humilier» dont il dispose et sur la muraille d’impunité qui est bâtie autour de lui par la France et au-delà de la France – à l’ONU, dans les institutions de Bretton Woods. Alassane Ouattara est allé tellement loin dans les démonstrations d’amitié avec Sarkozy qu’il pourrait à juste titre craindre un «retour de bâton» des futurs maîtres de la France, qu’il a toujours cajolés grâce à ses relations au Parti socialiste. Des relations – son avocat Jean-Pierre Mignard par exemple – désormais en porte-à-faux avec leur famille politique, «grâce» à la stratégie caricaturale du «tout-Sarkozy» adoptée par l’homme fort d’Abidjan. S’il est élu, François Hollande devra normaliser la relation franco-ivoirienne, désormais regardée même en France comme un signe du renouveau de la Françafrique. Et cette normalisation, Alassane Ouattara, qui supplie la France de maintenir ses bases militaires et de truffer son Palais de coopérants de tous genres, n’en veut absolument pas. Comment gouverner sans béquille ? Là est la question.

Un éventuel départ de l’Elysée de Nicolas Sarkozy interviendrait au pire moment pour Ouattara. Après un an de «grâce internationale» et plus de dix ans d’accompagnement médiatique complaisant, la «bulle explicative internationale», notamment représentée par les différentes ONG financées par les Etats et les grandes entreprises occidentales et qui «notent» la gouvernance des pays africains, commence à se montrer plus exigeante. Tandis que les analystes de la presse parisienne considèrent désormais qu’une dérive autoritaire guette le régime d’Abidjan.

C’est pour anticiper les nouvelles exigences de l’étranger qu’Alassane Ouattara, qui répugne à négocier avec les corps intermédiaires comme les syndicats ou avec son opposition, communique sur le thème d’une main tendue à son opposition qui n’a aucune consistance puisque la logique des inculpations à caractère politique et de la «justice des vainqueurs» se poursuit, voire se renforce avec les dérives de la Direction de la surveillance du territoire (DST). D’une certaine manière, cet ersatz de dialogue inter-ivoirien pourrait même viser à donner de la consistance à Nicolas Sarkozy qui veut visiblement «capitaliser» sur sa prétendue «crédibilité internationale», se fondant notamment sur ses sanglantes épopées libyenne et ivoirienne, «vendues» comme des «victoires de la démocratie» là où elles ont semé la mort et la désolation. Des informations sur un processus de «réconciliation» en Côte d’Ivoire avant le second tour seraient une aubaine pour lui. C’est pour cette raison que l’opposition ivoirienne ferait une belle passe à l’adversaire en se soumettait à l’agenda et au «storytelling» de Ouattarakozy.
 
 
Théophile Kouamouo


CONSEQUENCES DE LA CRISE IVOIRIENNE: LES PSYCHOLOGUES ONT PEUR D'EN PARLER

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Des actes et scènes d’une extrême violence ont éclaté, dans plusieurs localités de la Côte d’ivoire, au lendemain de la crise post-électorale, débutée le 28 novembre 2010. Les rescapés sont choqués, sans doute pour le restant de leur vie. Ils porteront les traces de ces événements douloureux à plus ou moins long terme. Alors que l’on s’attendait à ce que les psychiatres soient prolixes sur la question, c’est à un mur que nous nous sommes plutôt heurtée dans nos tentatives d’en savoir plus sur la situation réelle en matière des désordres psychiatriques occasionnés par les récentes violences post-électorales, ainsi que les clés pour en sortir.


Un psychiatre rencontré au CHU de Treichville (Abidjan) refuse de répondre à la moindre question concernant les victimes de la récente crise. « La situation est encore sensible. Je ne veux pas voir mon nom dans un quelconque journal », avertit-il. Même son de cloche au service d’Hygiène mentale de l’Institut national de santé publique (INSP) dans la commune d’Adjamé. En revanche, le ton est plus modéré: « Je suis médecin psychiatre, certes, mais avant tout fonctionnaire de l’Etat de Côte d’Ivoire, et à ce titre, je ne peux pas répondre à vos préoccupations (…) sans l’avis de ma hiérarchie ». Hiérarchie? Nous joignons un peu plus tard le directeur du programme de santé mentale… qui "botte" aussitôt en touche: « Je ne peux pas officiellement m’exprimer sur ce sujet ».

C’est que, expliquera plus tard notre contact à l’INSP qui insiste pour garder l’anonymat, il est impossible aujourd’hui pour un psychiatre de rendre publique sa lecture de la situation, sans que ses propos ne soient mal interprétés par les pouvoirs politiques. « Aucun camp n’est prêt actuellement à voir en face les dégâts considérables qu’il a créés, depuis plus d’une décennie, dans la tête de chaque ivoirien ou habitant de la Côte d’Ivoire. Car en réalité, tous les camps ont perpétré des horreurs », martèle-t-il. Avant de déplorer le fait qu’aucune prise en charge psychologique réelle n’est faite en direction des victimes des violences successives. « Ce que nous faisons, depuis tout ce temps, c’est de gérer l’immédiat », avoue le médecin. Car malheureusement, aucune structure, aucune volonté politique ne prend en compte « de façon sincère » les besoins en matière de gestion des traumatismes. En Côte d’ivoire, comme dans tous les pays ayant connu la guerre, la prise en charge psychologique est en elle-même tout un processus auquel doivent participer, non seulement le patient et son médecin, mais aussi toute la société dans toutes ses composantes, indique le spécialiste.

Il est vrai qu’après les dommages considérables occasionnés par la guerre, il importe absolument de reconstruire le pays. Mais la population est à un pays ce qu’est le sang au corps humain. Aussi, est-il plus que nécessaire d’œuvrer d’abord à la reconstruction des cœurs et des esprits. Et le gouvernement l’a bien compris, en créant une Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Or, les psychiatres ivoiriens sont plus d’une fois montés au créneau pour dénoncer leur non-implication dans les différents forums et commissions dits de réconciliation qui se sont succédés, en Côte d’Ivoire.

Mais, réconciliation avec qui? Pourquoi? Pour quoi? Comment? Autant de questions auxquelles ces spécialistes auraient aidé à répondre, si les commissions de réconciliation qui se sont succédées en Côte d’Ivoire avaient prêté attention à leurs interpellations. Pourtant, si les choses demeurent telles qu’elles le sont aujourd’hui, « nous sommes bien partis pour 50 ans » de conséquences psychologiques, a, enfin, regretté le médecin psychiatre rencontré à l’INSP qui voit affluer chaque jour, au service d’hygiène mentale, de plus en plus de victimes venues se décharger de leurs douleurs enfouies tellement profondément…


Ghislaine Atta


In le magazine "LE FILAMENT" N° 21 du 15 avril 2012.


Source: SLATE AFRIQUE

dimanche, 22 avril 2012

LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO: «IL FAIT NUIT ACTUELLEMENT SUR LA COTE D'IVOIRE»

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Une interview du Ministre Charles Rodel Dosso, depuis son exil.


1- Que devenez-vous depuis votre exil ?

Acceptez que je dise simplement que tout va bien. Il a plu à Dieu que je sois là où je devrais être en ce moment pour améliorer ma connaissance de la vie et des hommes. L’humiliation, le mépris, l’arrogance à nous imposés par le "pouvoir" Ouattara nous créent certes d’énormes difficultés mais qu’il convient  de mettre rapidement sur le compte de la formation. Mieux, c’est un moment de pénitence qui nous rapproche davantage de Dieu en vue de nous préparer à rentrer dans la nouvelle Jérusalem, la terre promise, la Côte d’Ivoire nouvelle. Dans notre justice, nous sommes frappés, bafoués, humiliés. La souffrance succède à la souffrance. Le méchant semble réussir dans ses voies. Cependant, mon cœur demeure dans la joie. Dieu ne dit-il pas que le malheur frappe souvent le juste mais qu’Il l’en délivre toujours ? Mieux, ne dit-il pas encore : "Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car, ils sont fauchés aussi vite que l’herbe et ils flétrissent comme le gazon vert"? Pendant que le désespoir humain devient grand et la souffrance de plus en plus atroce, c’est que la main divine n’est plus loin. Nous nous rapprochons inexorablement vers le terme de la crise ivoirienne. A ce terme, le juste sera justifié et le mal rendu à celui qui l’a semé. Nous sommes donc zen en gardant les yeux rivés vers la nouvelle Côte d’Ivoire qui pointe déjà à l’horizon. Certainement comme toute naissance, elle sera pénible voire horrible mais la joie sera au bout. Les pleurs de douleur du juste seront transformés en pleurs de bonheur. En ce moment, il n’aura plus d’exilés et le peuple ivoirien sera libre, en harmonie avec lui-même. Le Premier citoyen aura du respect pour le dernier, le nord aura de l’amour pour le sud et l’Est pour l’Ouest et vice-versa. 

2- Parlons du 11 avril 2011, où étiez vous ce jour là? Comment avez-vous vécu la chute de Laurent Gbagbo?

J’étais à mon poste. Après, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo par les forces françaises, je me suis mis à l’abri dans une église dans la banlieue abidjanaise. Au premier instant, j’étais choqué, scandalisé de savoir que des ivoiriens puissent se liguer avec l’extérieur pour désacraliser l’Etat de Côte d’Ivoire, tuer des milliers d’ivoiriens pour avoir droit à un fauteuil présidentiel par procuration.  Car, ce n’est un secret pour personne, la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui depuis l’Élysée.

J’ai eu mal de savoir que l’élection qui devrait ramener la paix après 9 ans de crise armée se termine par une autre guerre à l’initiative des mêmes personnes qui ont déclenché celle de 2002. C’est-à-dire M. Ouattara et ses compagnons, tous des sbires de la France. Une guerre post-électorale dont on aurait pu faire l’économie en recomptant simplement les voix, à l’image des grandes démocraties, comme souhaité par le Président Laurent Gbagbo. 

Mais, quand j’ai vu Laurent Gbagbo sorti vivant des décombres de sa résidence totalement détruite par les bombes françaises, je me suis rappelé la Parole de Dieu à Satan, parlant de Job : "Voici, je te le livre ; seulement, épargne sa vie". Quant on sait que JOB fut victorieux après l’épreuve, je compris dès lors que nous venions de perdre un combat mais que la bataille était encore très ouverte. Mieux, qu’à son terme, nous gagnerons car les ténèbres n’auront jamais raison de la lumière.        

3- Personnellement, comment êtes-vous sorti du pays? Avez-vous été exfiltrés par les Frci?

Si exfiltration y a eu, je crois qu’elle fut menée par la main de Dieu et non par les hommes habités par la rage de croquer toutes personnes ayant servi l’Etat auprès du Président Laurent Gbagbo.  Ma sortie du pays fut véritablement une grâce de Dieu.  L’homme de Dieu chez qui j’avais trouvé refuge est venu à moi, le soir du 15 Avril, et  m’a dit que Dieu lui demandait de m’envoyer hors du pays, le lendemain. Le 16 Avril 2011, à  bord de son véhicule, nous avons quitté l’endroit de refuge  pour la première ville ghanéenne, par la voie principale, sans être arrêté une seule fois. C’est le lieu de bénir l’Eternel et lui  rendre toute la gloire pour son serviteur. 

4- Souhaitez-vous rentrer au pays? Si oui, à quelles conditions?

Je souhaite rentrer au pays. Il est toujours difficile de vivre éloigné des siens. Toutefois, j’attends le temps de Dieu, le temps de la restauration, le temps de la délivrance. Ce temps ne semble plus loin. Moi, mortel, je n’ai donc aucune condition pour rentrer au pays. Seulement, l’Eternel nous rappelle ceci en 2 corinthiens 6-14 :"Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?".

Comme des macrophages, M. Ouattara, sa suite et leurs soutiens extérieurs ont mis à mort la nation ivoirienne et jouissent avec une joie funeste de sa dépouille. Je veux ne pas souiller ma main en prenant part à un tel festin. Je préfère travailler à la résurrection de la mère patrie. Une résurrection du reste irrévocable.

Il fait nuit actuellement sur la Côte d’Ivoire, bientôt, il fera jour. Il appartiendra à chacun de courir vers sa nation libre, digne et fière.


5- Un an après, quel regard jetez-vous sur l'avenir du Fpi mais aussi sur les actions du président Alassane Ouattara?                                                                                                                                    

J’aurais voulu ne pas dire un seul mot sur la gestion des affaires de l’Etat et des hommes par M. Ouattara. J’ai répondu invariablement que je n’attends rien de bon de lui encore moins un assouplissement de la souffrance qu’il impose au Président Laurent Gbagbo et ses collaborateurs. Le faire, serait refuser que l’histoire de la Côte d’Ivoire soit scellée par le sceau divin. De Ouattara, la Bible dit ceci, en Daniel 8 à partir du verset 23 : "…il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force, il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuples des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement et il s’élèvera contre le chef des chefs, il sera brisé sans l’effort d’aucune main ". 

 Ainsi, que M. Ouattara veuille humilier son "opposition", qu’il mette des feux d’artifices à coût de plusieurs centaines de millions au Plateau, se paye un avion à des milliards pour ses balades pendant que les universités sont fermées et que l’ivoirien n’a pas le minimum vital, que les FRCI martyrisent la population et terrorisent les hommes de Dieu, que Soro exige de lui et obtient la Présidence de l'Assemblée nationale avant de partir de la Primature pour la guerre menée pour lui, que la France obtienne tous les marchés pour le bombardement de la résidence de Gbagbo et sa présence militaire dissuasive au coté de Ouattara, qu’il soit président de la CEDEAO par un forcing de la France… n’est que l’accomplissement de la Parole de Dieu. Elle ne revient jamais à l’Eternel sans avoir été accomplie. Elle s’accomplira totalement dans sa vie et la vie de la nation ivoirienne. Que ceux qui veulent pour l’heure éprouver la Parole l’éprouvent. Mais le temps vient où ils rendront témoignage de la puissance de Dieu.

Concernant le FPI, je voudrais féliciter la direction et les militants restés au pays. Car, grâce à leur effort, progressivement mais sûrement, nous sortons la tête de l’eau. La lutte n’est certes pas facile dans les conditions délétères imposées par "le pouvoir" mais nous n’avons pas le choix. Faire front ou mourir. Le choix de la lutte a été vite fait par la direction. J’ai foi que dans la fournaise de l’adversité, le FPI a des arguments pour vaincre. Le Front Populaire Ivoirien est un parti de combat. Dieu qui, dans sa fidélité, ne permet pas que l’on soit éprouvé au-delà de ses forces, nous donnera les ressources nécessaires pour tenir bon face à cette animosité politique à nous imposée par le RDR et ses alliés. Je ne doute pas un seul instant du triomphe du FPI.


Charles Rodel Dosso


Secrétaire d'Etat chargé des victimes de guerre

dans le Gouvernement Aké Ngbo

samedi, 21 avril 2012

ROMPRE LE SILENCE SUR LE MASSACRE DE DUEKOUE

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Le massacre de Duékoué, devenu symbole de la tragédie et de l’épuration ethnico-politique a commencé en 2002 et se poursuit aujourd’hui dans toute la Côte d’Ivoire. Le peuple wê vit depuis une décennie les moments les plus dramatiques de son Histoire, celui de la destruction, de l’extermination, de l'exil et de l’expropriation. Les villages et quartiers wê ont été massivement pillés et incendiés lors des épouvantables massacres de 2002, 2003, 2005 et 2011. 

Des milliers d’autochtones wê sont donc réfugiés au Liberia (160.000 personnes selon l'ONU), traqués dans les forêts ou terrés dans des camps improvisés autour d'institutions chrétiennes (missions catholiques ou protestantes). Ceux qui s'étaient réfugiés dans des bâtiments publics en sont chassés par les autorités de fait et ont dû improviser des habitations de fortune sans aucune aide des ONG ou du pouvoir en place. 

Dans la seule zone de peuplement wê, le bilan de ces crimes depuis novembre 2002 serait de plus de 10 000 morts et disparus, des milliers de blessés, des milliers d'habitations détruites ainsi que presque tous les lieux sacrés du pays qui constituent l'âme et les symboles du peuple wê (les Kwi et les Glaé). L'Ouest ivoirien a été envahi par une coalition de rebelles armés. Avec le retour à une situation de ni paix/ni guerre à la mi-2003, suite aux accords signés, des forces armées onusiennes (ONUCI) et française (Licorne) ont été positionnées dans plusieurs villes de l'Ouest ivoirien, notamment à Duékoué. Elles n'ont cependant pas empêché le massacre de Guitrozon en 2005, au cours duquel 107 villageois Wê de deux villages voisins de Duékoué ont été assassinés pendant leur sommeil.

Ces mêmes forces internationales dites de paix n'ont pas non plus empêché les Dozos (chasseurs traditionnels venus du Nord ivoirien) de brûler le quartier "Guéré" de Duékoué, tuant une trentaine de personnes en janvier 2011 et provoquant la fuite de 20 000 Wê vers la Mission Catholique de la ville. 

Les populations wê s'étaient rassemblées autour des missions catholique et protestante de Duékoué (30.000 à 40.000 personnes) en avril 2011 ou avaient gagné d'autres régions de Côte d'Ivoire. 

Selon une enquête d'Amnesty International, 60 à 75 % des Wê n'étaient toujours pas rentrés chez eux en septembre 2011 (date dudit rapport). L'ONU, qui ne s'est jamais préoccupée du cas des réfugiés se soucie toujours très peu de compter ceux qui ont fui les exactions des rebelles aujourd’hui rebaptisées FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire). La Communauté internationale coalisée derrière la France et le Conseil de sécurité des Nations Unies s'efforce surtout de minimiser leur nombre en les encourageant à rentrer dans les ruines de leurs maisons tout en diminuant les allocations de nourriture des récalcitrants. De son côté, le gouvernement menace régulièrement de fermer les camps qui les abritent. 

D’après de nombreux témoignages qui se recoupent, ceux qui rentrent sont confrontés à des occupants qui leur interdisent l'accès à leurs plantations. Parler de cette épuration ethnique peut valoir des représailles au nom de la lutte contre la xénophobie et l'incitation à la haine. De nombreux crimes sont commis par les différentes forces armées supposées veiller à l’ordre public (Dozos, FRCI, "faux-FRCI", etc. suscitant un climat d'insécurité généralisée). Parfois, ils s'en prennent même aux membres de leur propre groupe ethnique, suscitant alors des soulèvements populaires (événements de Vavoua fin 2011). 

Pour en revenir au massacre de Duékoué devenue ville martyre, un an après le rôle de la Communauté internationale reste très controversé, de même que plus largement son rôle dans la crise ivoirienne. 

Les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) se sont rendus sur place tout récemment avec un drone et des sondes archéologiques pour tenter de retrouver les corps des victimes. Après avoir mis en œuvre leur matériel sophistiqué en présence des médias, leur porte-parole a déclaré lors d'une conférence de presse le 14 mars 2012 : 

«Nous avons trouvé trois aires géographiques localisées dans le ‘’quartier Carrefour’’ où on pourrait avoir des charniers possibles, des charniers probables et des charniers quasi-certains». Pourtant, ces charniers étaient parfaitement identifiés par les organisations internationales puisque l'inhumation des corps y a été effectuée par le bataillon marocain des forces de l'ONU avec la Croix-Rouge locale : «Ces corps ont été enterrés dans trois fosses communes localisées au quartier Carrefour. (Rapport ONU du 10 mai 2011)».

 A ce jour, aucun des suspects incriminés pour ce massacre ne semble avoir été désarmé, interrogé ou inquiété. Amnesty international s'en étonné d’ailleurs car Amédé Ouéremi, ressortissant du Burkina Faso a été accusé par l'ONU (rapport du 10 mai 2011) d'être le chef des Dozos qui auraient commis le massacre du quartier Carrefour. Il commande toujours ses Dozos. Les autres chefs des FRCI qui ont pris Duékoué, Losseni Fofana et Eddy Medy (rapport HRW), ont été promus dans l'Armée et continuent de faire régner la terreur parmi les populations autochtones Wê.

Dans le contexte du conflit post-électoral ivoirien, il était évident que la mission de protection des civils par les Casques Bleus et la Licorne aurait dû s'exercer à Duékoué où les tensions inter-ethniques étaient déjà à leur paroxysme. 

Lorsque les Frci ont pris la ville d’assaut, les centaines de soldats des forces internationales d’interposition présents se sont contentés d'observer les exécutions avec un hélicoptère sans même signaler quoi que ce soit aux médias, interdisant même l’accès de leurs casernes aux populations civiles venues implorer leur protection. Il a fallu que la Croix-Rouge se départisse de sa réserve habituelle pour que le massacre soit connu du grand public. 

Mieux encore, l'ONU a tenté d'en minimiser l'ampleur en annonçant un nombre de tués inférieur au nombre de corps enterrés conjointement par ses hommes et la Croix-Rouge, avant de réviser ce chiffre à la hausse quand le coup de feu médiatique a cessé. Il faut bien reconnaitre que le peuple wê n'est qu'une victime collatérale du conflit entre les factions ethnico-politiques de la classe politique ivoirienne. Utilisé comme chair à canon et victimes emblématiques, les Wê ont payé un lourd tribut à cette crise. 

Or, il est impossible de faire son deuil sans la reconnaissance du statut de victime. Mais pourquoi donc la quasi-totalité des médias occidentaux, africains, des ONG et des organisations nationales ou internationales ont-ils passé sous silence le calvaire de ce petit peuple à la légendaire hospitalité ? 

Pourtant, la réconciliation – préalable indissociable du retour à la paix – suppose donc que les coupables de tous ces crimes qui ont endeuillé et continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire soient poursuivis, jugés et condamnés. 

L’impunité est le pire gage de l’appropriation et de la conservation du pouvoir par la force. J’en veux pour preuve l’abominable assassinat de François Gboblemon enlevé sous les yeux terrorisés de sa famille à Guéhiebly (circonscription de Duékoué) dans la nuit du 18 au 19 mars 2012. Les photos insoutenables qui m’ont été transmises de ce meurtre sont édifiantes du degré d’inhumanité atteint par cette justice des vainqueurs. 

A l’heure où nous sommes, aucune enquête digne de ce nom ni aucune mise en examen des responsables pourtant connus de ces massacres n’a eu lieu, contrairement à ce qui avait été promis par le nouveau régime. 

Or la plupart des médias et des responsables tant nationaux qu’internationaux savent que de la réconciliation des populations de Duékoué et du pays wê dépend la réconciliation nationale toute entière. «Un peuple qui oublie son histoire se condamne à la revivre de nouveau», disait Churchill.  

En attendant cette véritable réconciliation que nous appelons de toutes nos forces, nous lançons un cri du cœur pour venir en aide à nos frères et sœurs qui souffrent au pays, tout particulièrement aux milliers d’orphelins livrés à toutes sortes de maux (prostitution juvénile, drogue, viol, famine, malnutrition,…). 

 

Martine Keï Vaho

Présidente de ARDEFE 

(Association des ressortissants de Duékoué en France et en Europe)


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES GRAVES REVELATIONS DU PROPHETE DALI CLAUDE SUR LA COTE D'IVOIRE EN VERSION TEXTE

 

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Cujema : Frères et sœurs, depuis le 17 Février 2005, le prophète DALI CLAUDE a parlé de la crise ivoirienne quant à sa fin et est revenu deux ans plus tard sur les antennes de la radio (ivoirienne) Fréquence 2 pour nous livrer le message de Dieu à l’émission « Mythes et Mystères ». Mais beaucoup d’ivoiriens ont exprimé le désir de l’avoir en texte pour prendre le temps de bien lire et faire lire à des proches. Je pense que c’est chose faite par la grâce de Dieu. Le Seigneur nous a donné la force et le temps pour retranscrire ces messages terribles mais glorieux à la fin, pour que nous sachions ce qui nous attend. Bonne lecture dans le nom de Jésus-Christ, celui qui est vivant et qui règne aux siècles des siècles.

AMEN!

 

L’EMISSION (Jeudi 9 mars 2006).


1- JULIETTE ANZIAN : Alors prophète DALI CLAUDE, vous êtes prophète d’une église ou bien simplement prophète, parce qu’aujourd’hui on commence à faire la différence. Il y a des prophètes qui gèrent des églises, il y a des prophètes qui n’ont pas d’église qui simplement prophétisent, qui disent ce qui va arriver. Vous vous situez dans quelle vague?

2- DALI CLAUDE : Oui, par la grâce de Dieu avant que je n’exerce dans le prophétisme, j’ai été pasteur pendant 13 ans dans une église de la place (Eglise Protestante Baptiste Œuvres et Missions Internationales, Ndlr). Bien avant que le Seigneur me donne ces messages de prophétie, il m’a donc fait retirer pendant deux à trois ans et depuis lors, je reçois des révélations pour les communiquer à toute la Côte d’Ivoire et je n’ai pas d’église sauf depuis quelques temps, j’ai une cellule où je prie à la maison.

3- JULIETTE : Et aujourd’hui, ça fait trois ans si mes souvenirs sont bons, ça fait trois ans que vous êtes passé à la radio pour vraiment dire des choses graves, graves et vous m’avez dit pendant qu’on préparait cette émission quand je vous ai vu, ah Juliette, le temps est arrivé pour que je parle. Pourquoi avoir mis tout ce temps avant de réagir et de venir nous dire des choses qui vont certainement nous faire peur.

4- DALI CLAUDE : Oui, pour mémoire, il faut dire que ce fut le 17 Février 2005 que j’étais venu ici pour la première fois et c’est ce que vous avez entendu. Maintenant depuis lors, le Seigneur pendant presque deux ans que je ne parle plus dans les rues, il m’a demandé de me taire et maintenant de revenir parce que le temps est presqu’arrivé…

5- JULIETTE : …Est presque… ou est arrivé ?

6- DALI CLAUDE : Est arrivé!

7- JULIETTE : Le temps est arrivé, pour tout ce que vous avez dit là, ah bon ?! Et ça va se faire vraiment ?

8- DALI CLAUDE : Oui, ça va se faire.

9- JULIETTE : D’accord, donc notre thème aujourd’hui, c’est la solution à la crise ivoirienne, à la lumière des révélations de Jésus. Qu’est-ce que cela veut dire d’abord?

10- DALI CLAUDE : Ça veut dire que par rapport à cette crise ivoirienne, Dieu qui est Dieu, a son mot à dire. Et c’est à la lumière des révélations, des prophéties, des visions, qu’il nous a données, qu’il a donc jeté les bases de solution aux problèmes de cette crise ivoirienne.

11- JULIETTE : Oui alors, des pasteurs sont passés, à la radio, à la télé. Partout dans les églises aussi, même des imams, des hommes de Dieu je veux dire tout court; il y a eu des intellectuels qui sont intervenus, des hommes de la société civile, les artistes ; même les politiciens, et aujourd’hui on a l’impression qu’on tâtonne, on n’avance pas, qu’est-ce qui se passe ? Selon vous? Quelle est la voix de Dieu? Qu’est-ce-que Dieu veut nous dire?

12- DALI CLAUDE : Dieu est merveilleux, il est souverain et il ne fait rien au hasard. Nous voudrons dire tout de go aux uns et aux autres, que le Dieu qui a créé le ciel et la terre, ne fait jamais rien au hasard. Au temps de Noé, il a envoyé Noé et il lui a donné une mission, celle de construire l’Arche. Pour ce qui concerne le cas de la Côte d’Ivoire, bien de prophètes ont parlé. Mais nous, nous savons de quoi nous parlons. Et ce que vous entendez, c’est ce qui s’accomplira à la lettre pour la Côte d’Ivoire.

13- JULIETTE : Et qu’est-ce qui va se passer ?

14- DALI CLAUDE : Ce qui va se passer, c’est que des choses à la fois glorieuses, je pourrai donc dire hyper-glorieuses, mais qui seront précédées d'évènements hyper-dramatiques, attendent la Côte d’Ivoire. Mais de quoi s’agit-il ? C’est que la Côte d’Ivoire fait l’objet du choix de l’Eternel pour diriger le plus grand réveil jamais connu, un réveil sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

15- JULIETTE : Réveil quoi ? Spirituel ?

16- DALI CLAUDE : Oui, je voulais parler de réveil spirituel. Maintenant, on pourrait se demander qu’est-ce que c’est que le réveil spirituel ?

Le réveil, c’est quand Dieu lui-même prend le contrôle de toutes choses en main dans la vie d’un homme ou d’une nation, détruisant avec force tout ce qui est du pouvoir de l’Ennemi, en vue d’établir son règne sans partage et ce dans tous les domaines. Quand on parle de réveil, outre ce que vous venez d’entendre, c’est aussi les miracles, les guérisons en masse, la conversion en masse. Nous voudrions dire aux uns et autres que l’humanité est presqu'à son terme, et Dieu est en train de préparer son Eglise, ceux qui le craignent réellement, véritablement, pour l’enlèvement. Donc il faut une évangélisation tous azimuts dont la Côte d’Ivoire sera le porte-flambeau pour engranger suffisamment de personnes pour préparer l’enlèvement; vous avez bien entendu, l’enlèvement, parce que Dieu ne cache rien du tout.

17- JULIETTE : L’enlèvement, on va en parler tout à l’heure. Pourquoi ? C’est la question que je pose à la plupart de mes invités. Pourquoi le choix de la Côte d’Ivoire ? Je n’ai pas encore bien perçu ce choix-là. Pourquoi le choix de la Côte d’Ivoire ?

18- DALI CLAUDE : Comme je l’avais dit Il y a quelques années, à vous JULIETTE ANZIAN et aussi à toute la Côte d’Ivoire, le choix de Dieu ne souffre d’aucune pression. Il est fait, le choix, simplement parce qu’il (Dieu) choisit. Nous pourrons expliquer de manière plus agrandie pour dire que Israël avait été choisi en son temps pour diriger les nations et faire connaître la Parole de Dieu aux nations. Mais lorsque Jésus-Christ est venu et qu’il a été tué, voici bientôt deux milles ans, l’évangile s’est ouvert aux nations. Alors donc Dieu se choisit une nation dans les nations, notamment la Côte d’Ivoire, pour éclairer les nations en vue de préparer l’enlèvement.

19- JULIETTE : Maintenant, dans le choix de la Côte d’Ivoire, on parle de nettoyage. Avant de parler de ce nettoyage, prophète, les hommes en général pensent que, quand ça vient de Dieu, c’est parfait, c’est bon, il n’y a pas de morts, il n’y a pas de souffrance, il n’y a pas de problèmes. Alors quand vous dites - on parle de nettoyage - le choix de Dieu pour la Côte d’Ivoire mais dans ce choix-là, il faut d’abord nettoyer; quand vous parlez de nettoyage, vous parlez de quoi ? Qu’est-ce qu’on peut entendre par nettoyage ?

20- DALI CLAUDE : C’est une très bonne question et nous voudrions parler le plus simplement possible, le plus clairement possible, pour que les uns et les autres comprennent. Oui, il y aura un nettoyage. On a coutume de penser au balayage et autres, mais cette fois-ci, le nettoyage qui sera utilisé, c’est la guerre.

21- JULIETTE : La guerre, la guerre même? Et ça va se passer comment?

22- DALI CLAUDE : La guerre, G - U - E - 2R - E, ce sera une terrible guerre. C’est par la guerre que Dieu va opérer le nettoyage parce qu’il ne viendra pas pour pouvoir mettre dans son rang ceux qui ne voudrons pas se soumettre à la Seigneurie du Christ et comme il y a beaucoup qui ne voudrons pas se soumettre à l’Eternel, ils mourront. Peut-être par la suite nous allons parler des personnes que le Seigneur va utiliser pour faire ce nettoyage, mais comme le dirait les gens pour le livre «la guerre de Troie», nous dirons pour la guerre de la Côte d’Ivoire, elle aura bel et bien lieu et elle sera terrible.

23- JULIETTE : Mais je vous ai demandé, les gens disent souvent, Dieu va faire que ça va aller, il n’y aura pas de guerre, Dieu va tout faire pour qu’on ne meurt pas. Qu’est-ce que vous répondez à tous ces gens-là ? Est-ce qu’on comprend bien la Parole de Dieu ?

24- DALI CLAUDE : Oui, ce qu’ils disent, ils n’ont pas tort, mais dans Romains 11. 22, il est dit: "Considère la bonté et la sévérité de Dieu". Dieu est bon mais il est juste. Nous voudrions dire à ces personnes qui le disent, ils n’ont pas tort, mais ils ont une mauvaise approche de la Parole de Dieu ; car dans le livre de 2 Chroniques 7 qu’ils aiment souvent citer, mais qu’ils enlèvent du contexte. Je voudrais donc dire (que dans) 2 Chroniques chapitre 7. 11-22, Dieu dit : Si mon peuple sur lequel est invoqué mon nom cherche ma face s’humilie, et se détourne de ses mauvaises voies, alors moi aussi je l’exaucerai. Mais pour le cas de la Côte d’Ivoire, depuis lors, on cherche à prier mais on ne se repent pas sincèrement. Les maux, les vices et les péchés ne font que s’accroitre, alors c’est un peu comme de l’hypocrisie, ils sont en train de singer, Dieu est obligé de frapper.

25- JULIETTE : Mais pourquoi ? Est-ce que Dieu ne peut pas procéder autrement ? Au lieu de frapper, au lieu d’amener la souffrance, la mort, la désolation, on ne peut pas faire autre chose ? Passer par un autre chemin?

26- DALI CLAUDE : Oui, le problème des hommes et particulièrement celui de la Côte d’Ivoire c’est que les gens veulent que Dieu se soumette à leur volonté mais ils ne veulent pas se soumettre à la volonté de Dieu. Quel est l’enfant qui ne voudrait pas accepter la correction de son papa et qui voudrait que son papa accepte ses caprices ? Il doit s’aligner, au quel cas le papa va le châtier, va le corriger, c’est le cas de Dieu. Il est appelé aussi un bon Dieu mais il est aussi appelé l’Eternel des armées. Et quiconque parle de l’Eternel des armées, parle à la fois des armes, de stratégie de guerre, mais parle en même temps de victoires et de défaites vis-à-vis de quiconque va s’opposer à l’Eternel. Donc les gens, s’ils se soumettaient un temps soit peu à la volonté de Dieu, Dieu n’utiliserait pas les moyens forts. Dans le livre de 1 Samuel 15. 22, il est écrit : "L’obéissance vaut mieux que les sacrifices", mais dès lors qu’on ne veut pas obéir à Dieu, Dieu est obligé de monter sur ses grands chevaux pour frapper. Ce sera le cas de la Côte d’Ivoire.

27- JULIETTE : D’accord, il y en a aussi qui disent qu’on va prier, on va jeuner et ça va passer.

28- DALI CLAUDE : Pour le cas de la Côte d’Ivoire, la période de jeûnes et de prières est passée. Parce que quoi qu’on fasse, monter descendre, je le dis aisément à la limite de la présomption, de l’orgueil, de la fierté, car nous sommes sûr de ce dont nous parlons; monter descendre, cette crise se terminera par une terrible guerre et elle sera plus forte que la guerre du Rwanda. Dieu m’a dit ceci qu’il va ouvrir une fenêtre de l’Apocalypse sur la Côte d’Ivoire. La guerre qui va se passer ici, c’est une guerre qui, du point de vue rendement macabre, sera plus lugubre et sera plus mauvaise que celles de la première et de la deuxième guerre mondiales, en comptant sur le domaine statistique, parce que la première guerre, ça a duré 4 ans, la deuxième, ça a duré 5 ans et ça a fait des millions de morts. A supposer pour la Côte d’Ivoire, si la guerre a lieu en une semaine ou en deux semaines et qu’on va trouver au moins au moins 5 à 11 millions de morts, comprenez très bien que ça sera plus macabre et plus meurtrier que la première et la deuxième guerre mondiales.

29- JULIETTE : Vous dites des choses très graves et ça fait peur et c’est grave ce que vous dites!

30- DALI CLAUDE : Oui, JULIETTE ANZIAN, et toute la Côte d’Ivoire qui m’écoutez, ça fait peur mais à la lettre, c’est ce qui va se passer, car Dieu ne ment pas.

31- JULIETTE : Qu’est-ce qu’on a fait de si mal ?

32- DALI CLAUDE : Oui, les Ivoiriens ne veulent pas se repentir, ils ne veulent pas laisser le péché, mais pire, je pourrais dire mieux, c’est que la Côte d’Ivoire a été choisie. Et lorsqu’on veut faire un champ de café ou de cacao, la nuit sur sa couche, on réfléchit à son patrimoine forestier et la partie qu’on a choisi, les arbres ne seront pas debout là-bas. Les arbres vont tomber parce qu’on veut planter le café ou le cacao. Comme Dieu a choisi la Côte d’Ivoire, il va faire tomber les arbres, nettoyer balayer et semer car on ne peut pas mettre de la nourriture dans une assiette sale, donc il va nettoyer d’abord avant d’accorder cette hyper et grande bénédiction à la Côte d’Ivoire.

33- JULIETTE : Mais si… Justement par rapport à la grande bénédiction que la Côte d’Ivoire aura, si tout le monde meurt, qui va bénéficier ? Qui va en profiter ?

34- DALI CLAUDE : Tout le monde ne mourra pas comme je ne cesse de le dire. En Israël, quand de telles choses ce sont continuellement passées, il y a toujours eu un petit reste, le reste de ceux qui croient effectivement en Jésus-Christ. Donc ceux qui vont se confesser, se repentir et donner leur vie à Jésus-Christ, à savoir demander pardon à Dieu et se convertir à Jésus. Je dis bien à Jésus-Christ, c’est ceux-là qui seront préservés. Qu’ils soient peu ou pas, peu importe. Seulement que Dieu regarde à ceux qui se seront soumis à lui.

35- JULIETTE : Est-ce qu’aujourd’hui, on a encore l’occasion de se repentir, de demander pardon pour que les choses aillent pour chacun de nous, peut-être, ou bien pour tout le monde, de façon collective.

36- DALI CLAUDE : C’est vraiment une très bonne question. Oui, il y a encore le temps, mais de le faire avant qu’il ne soit trop tard ; et je souhaiterais que pour chacun, ce soit maintenant parce que du jour au lendemain on peut mourir. Il est mieux de se réconcilier avec Dieu maintenant, car ce n’est pas en pleine guerre qu’on serait en train de le faire. Et ça viendra subitement, ça viendra subitement et ça sera très fort. Ça va embraser tout le pays. Aucun mètre-carré de la Côte d’Ivoire ne va échapper. Campement, hameaux, villes et villages. Quartier, maison, sera systématiquement pris.

37- JULIETTE : Et qu’est-ce qui va provoquer…… qui va faire ça ? C’est vrai qu’on dit c’est Dieu. Mais Dieu ne descend pas pour le faire. Qui sont ceux qui vont….. enfin est-ce qu’on peut savoir ?

38- DALI CLAUDE : Pas de problème. Selon les révélations, les prophéties que nous avons reçues, nous mettons n’importe qui au défi quant à l’accomplissement de ces prophéties; c’est ce qui va se passer. Dieu m’a dit et ce n’est pas une seule fois, c’est plusieurs fois, qu’il a mandaté la France….. il a mandaté la France pour que la France accomplisse le jugement sur la Côte d’Ivoire.

39- JULIETTE : Pourquoi la France ?

40- DALI CLAUDE : Pourquoi la France, bon ! C’est son choix, c’est tout. Voilà, de la même manière qu’il a choisi en son temps Babylone de Nébucadnetsar pour châtier Israël impénitent, c’est de la même façon qu’il a choisi la France pour châtier la Côte d’Ivoire. Et quiconque s’opposera à la France sera en train de s’opposer à Dieu, parce que la France fera office de verge de l’Eternel.

41- JULIETTE : Quand vous parlez de quiconque s’opposera à la France, si par exemple aujourd’hui comme on l’a déjà vu en 2004, l’association (la galaxie, Ndlr) des patriotes qui vont s’opposer, par exemple, parce que pour eux leur pays est en train d’être pris. Est-ce que c’est de ça que vous parlez?

42- DALI CLAUDE : Oui, en Novembre 2004 avec précision, avec ce qui s’est passé à l’Hôtel Ivoire, sans compter les frappes ciblées sur Bouaké et autres, Korhogo. La riposte française a été fatale. En si peu de temps les aéronefs ivoiriens ont disparu. C’était déjà un signal très fort pour dire que la France a mandat divin pour accomplir le châtiment sur la Côte d’Ivoire.

43- JULIETTE : On ne doit même pas s’opposer, on ne doit pas agir, réagir ?

44- DALI CLAUDE : Si la Côte d’Ivoire utilise les moyens militaires pour pouvoir résoudre le problème de la crise en s’attaquant aux Français, ils seront vaincus… ils seront vaincus.

45- JULIETTE : Vous dites aussi que… justement cette crise a des causes essentiellement spirituelles et non politiques.

46- DALI CLAUDE : Oui, cette crise a des causes essentiellement spirituelles.

47- JULIETTE : Expliquez-vous !

48- DALI CLAUDE : Je m’explique. Les hommes de Dieu de la génération finissante, à savoir ces grands hommes de Dieu qui sont donc dans ce pays qui porte le nom de Serviteurs de Dieu, mais en réalité qui ont pactisé avec le diable. Et ce n’est donc pas étonnant qu'en son temps, Béhanzin ait parlé de certaines personnes qui sont venus le voir. J’affirme de manière péremptoire que c’est vrai, selon ce que Dieu m’a dit, et je peux - mais je m’en garde - citer le nom de certains grands hommes ou de soi-disant grands hommes de Dieu de ce pays qui ont pactisé avec le diable; je les connais, Dieu ne cesse de me les montrer.

49- JULIETTE : Donc vous dites que Béhanzin a eu raison?

50- DALI CLAUDE : Béhanzin a eu raison car les hommes de Dieu ont pactisé avec le diable.

51- JULIETTE : D’accord, on continue, et qu’est-ce qui va se passer alors ?

52- DALI CLAUDE : Et à eux la mission avait été donnée de diriger ce réveil, ils se sont détournés et ils sont allés chercher la puissance chez le diable, chez les marabouts, chez les charlatans, chez les féticheurs. C’est fort de cela que Dieu a bien voulu faire descendre sa colère sur le pays. Donc la raison fondamentale, elle est avant tout foncièrement spirituelle avant d’être politique.

53- JULIETTE : Alors Dieu sait que… si c’est les hommes de Dieu, il les connaît, pourquoi c’est tout le peuple qui doit payer pour des gens qui ont commis le péché ou bien la faute ?

54- DALI CLAUDE : C’est vraiment une très bonne question. Les hommes de Dieu sont comme la lanterne, sont comme les sentinelles d’une nation ou sont comme les chauffeurs d’un véhicule. Alors, si les sentinelles n’ont pas vu le danger venir, il va s’en dire que ceux qui sont dans le véhicule, qui sont donc les ivoiriens, vont aussi tomber avec le chauffeur, c’est le cas.

55- JULIETTE : Je reviens maintenant à la question…. Vous avez parlé de la France, j’ai l’envie de dire que vous avez accusé la France. Elle peut porter plainte contre vous pour dire que vous l’avez accusée de vouloir faire du mal à la Côte d’Ivoire. Ce que je veux savoir est : Comment elle va procéder ?

56- DALI CLAUDE : Quant à ce qui est d’accuser la France et qu’elle pourrait porter plainte, je suis responsable de ce que je déclare car je parle de la part de l’Eternel. Et si la France n’a pas été créée par Dieu, c’est alors qu’en voulant s’opposer à ce qui vient d’être dit, elle verra « qui a mis l’eau dans coco » (comme disent les Ivoiriens, Ndlr), car si elle veut dénier cela, elle verra par la suite qu’elle sera obligée, qu’elle le veuille oui ou non, d’agir conformément à la volonté de l’Eternel.

Voici donc comment ça va se passer. Certainement que la Côte d’Ivoire voudrait peut être engager la guerre en voulant donc avoir une autonomie de son pays, se libérer totalement. Donc si elle le faisait, la France va intervenir de manière frontale avec son armement. Ça sera une guerre totale, elle sera à la fois navale, terrestre et aérienne.

57- JULIETTE : Avec les bombes et tout ça ?

58- DALI CLAUDE : Avec les bombes, vous savez que la France est une superpuissance. Elle ne va pas aller de main morte. Selon les prophéties, les visions, les révélations que nous avons eues, nous avons vu l’aviation française agir, les chars d’assaut agir. Nous avons aussi vu, n’est-ce pas, les bateaux de guerre agir. Et la France, aujourd’hui, ne peut pas dire qu’elle ne pourra pas faire cela. C’est une vision et elle s’accomplira car Dieu dans le livre de Nombre 23 verset 19 n’est pas un homme pour mentir. Tout cela parce que la Côte d’Ivoire ne veut pas se repentir. Elle marche dans l’orgueil et elle est dans une corruption sans nom. Dieu va frapper, et cela, du planton jusqu’au sommet de l’Etat; Dieu va frapper. Je parle de la part de l’Eternel. Ce que les uns et les autres doivent savoir, c’est que lorsque Dieu établit un Serviteur de Dieu, le Serviteur de Dieu est établi sur tout ce qu’il entend. Je fais mon travail et je suis conscient de ce que je suis en train de dire et j’endosse l’entière responsabilité parce que Dieu m’envoie pour avertir toute la nation ivoirienne afin de se repentir pour ne pas qu’elle périsse. Mais si elle ne se repent pas et qu'elle veut marcher dans son orgueil et aller selon sa propre volonté régler cette crise, la Côte d’Ivoire et ceux qui ne voudront pas se soumettre passeront, ils mourront physiquement mais également aussi éternellement, pour passer leur éternité en enfer.

59- JULIETTE : D’accord, donc la France va…. En fait, moi je veux encore savoir hein… C’est vrai, vous dites que si on ne se soumet pas par rapport à la spiritualité bien sûr, si on ne se soumet pas à Dieu, Dieu va frapper et sévèrement, de façon sanglante. Je… sais pas, c’est nous qui allons... aller taper la France au point de la provoquer pour pouvoir nous tuer ou bien….. ça… va se passer comment ?

60- DALI CLAUDE : Je ne saurais dire exactement comment ça va se passer, je ne fais que dire ce que Dieu m’a dit.

Certainement que peut-être la Côte d’Ivoire voudra se libérer comme j’ai dit tout à l’heure et alors la France va riposter. Mais là, Dieu ne me l’a pas dit, je ne peux pas inventer. Ce que je sais, c’est que de manière frontale, il y aura une guerre entre la Côte d’Ivoire et la France qui, d’ailleurs, va travailler sur le couvert de l’ONU.

61- JULIETTE : L’ONU, donc avec la caution de l’ONU, la France va nous frapper?

62- DALI CLAUDE : Avec la force Licorne, comme vous le savez.

63- JULIETTE : Ceux qui sont là encore-là ?

64- DALI CLAUDE : Oui, mais dans un premier temps, la France, la France va avoir la victoire et va positionner les rebelles. Mais par la suite, l’armée céleste avec les anges va intervenir pour libérer magistralement la Côte d’Ivoire.

65- JULIETTE : Mais puisque tout le monde est mort !

66- DALI CLAUDE : Non tout le monde ne sera pas mort, je ne cesse de vous le dire.

67- JULIETTE : C’est… c’est…. On dit des millions de morts !

68- DALI CLAUDE : Oui, il y aura des millions de morts, il y aura des millions de morts. Celui qui en doute, je vais déjà prématurément donner mon contact pour dire que je sais de quoi je parle.

69- JULETTE : Ça sera à la fin de l’émission, à la fin on va donner le numéro. Mais pour vous, vous dites qu’à partir de ce moment-là, quand la France va vraiment frapper, qu’on sera dans le désarroi, Dieu va envoyer son armée céleste, n’est-ce pas, qui va……. Ça va se passer comment ?

L’armée céleste de Dieu, est-ce que tout le monde pourra voir cette armée? Comment ça va se passer?

70- DALI CLAUDE : Les anges ont cette capacité d’être invisibles. Ils peuvent aussi se rendre visibles, à dessein. Mais cette armée a continuellement été souvent utilisée dans les grandes guerres pour libérer la nation que Dieu supporte, que Dieu soutient. Parce que je ne cesse de dire, Dieu aime la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas qu’il n’aime pas, mais il y a des individus dans cette nation ou des personnes dans cette nation qui n’ont pas envie de se rallier à la cause du Christ, c’est pour ceux-là que la guerre viendra et ils mourront parce qu’ils auront refusé de se soumettre à Dieu. Dans Psaumes 24, 1er verset, il est écrit : "A l’Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent!". Il n’a jamais été dit : A aucun homme politique la terre; mieux, un pays, ça appartient à Dieu. On doit donc se soumettre à la volonté de Dieu. Quiconque ne se soumet pas à la volonté de Dieu est considéré comme un rebelle et il va donc trouver Dieu en face de lui. Nous demandons donc aux uns et aux autres de se confesser, s’il vous plait, de se repentir, de demander pardon à Dieu, et donner leur vie à Christ car le jugement dont nous parlons est imminent. Deux ans après que je me sois retiré des lieux publics, Dieu m’a demandé de revenir pour dire aux Ivoiriens que le jugement est imminent. Il va frapper et très, très, très, très, très-très fort!

71- JULIETTE : Oui, ça… donc… C’est sans appel hein?

72- DALI CLAUDE : C’est sans appel et c’est fort possible que la France utilise des armes non conventionnelles.

73- JULIETTE : Qui veut dire ?

74- DALI CLAUDE : Qui veut dire l’armement chimique. Ils vont aussi utiliser des armes qu’ils n’ont encore jamais essayées.

75- JULIETTE : Pourquoi, la Côte d’Ivoire va résister ? Va être forte aussi ou bien ?

76- DALI CLAUDE : Oui, oui, oui, la Côte d’Ivoire va résister, oui. Bon nombre qui n’ont pas encore compris et qui penseraient que ce serait une guerre de délivrance du néocolonialisme, donc beaucoup voudront s’engager dedans, à savoir les patriotes, les étudiants, les politiciens, et les différentes ethnies et autres. Ils vont vouloir s’engager. Alors la France ne va pas aller de main morte, elle sera sans pitié. J’en veux pour preuve les évènements qui se sont passés en Novembre 2004, voilà ! Mais je voulais aussi dire que cette guerre aura un élan de guerre civilo-militaire à consonance politique, religieux, ethnique, militaire, sous-régionale, entendez par là, Ivoiriens contre étrangers, ce serait un méli-mélo. L’ennemi et l’adversaire ne viendront pas de loin ou ça ne sera pas entre rebelles et loyalistes. Ce sera entre le voisin d’à coté et soi-même. Les autres viendront demander: Quelle est ton ethnie ? Tu es de quelle religion ? Tu es de quel parti politique ? Si ça ne l’arrange pas, il va terminer celui qui est en face de lui. Ce sera très… très fort. Ne m’en voulez pas, je ne fais que dire ce que le Seigneur ne cesse de me dire. Toutes les nuits, il ne cesse de me parler. Et c’est ce qui va se passer. Je vous avertis, s’il vous plait, par amour.

77- JULIETTE : D’accord, et vous dites aussi que ce sera le jugement de Dieu!

78- DALI CLAUDE : Oui, ce sera le jugement de Dieu.

79- JULIETTE : Et c’est ça hein ! Vraiment, il n’y a rien à faire ?

80- DALI CLAUDE : Il n’y a rien à faire, ce sera un jugement irrévocable. Vous lisez le livre de Amos chapitre 1, dedans, vous allez trouver à chaque fois où Dieu dit que le jugement sera irrévocable. Vous lisez le livre de Jérémie 14. 11 à 16, Dieu dit: Que ce peuple-là jeûne, prie ou s’humilie ou pas, je vais frapper. Voilà ! Vous lirez aussi le livre d’Ezéchiel, tout le chapitre 9, où Dieu parle aussi du jugement. Ce qui va se passer, ce sera terrible, ce sera apocalyptique.

81- JULIETTE : Vous avez aussi dit que la France va utiliser les rebelles. C’est ça ?

82- DALI CLAUDE : Oui, vous savez que dans un premier temps, ce n’est un secret pour personne, les rebelles qui sont venus avaient pour parrain la France. J’en ai pour preuve sur les journaux, il est écrit que le QG des rebelles était le Quai d’Orsay et c’était une parole du président et c’est écrit sur les journaux, ce n’est un secret pour personne.

N’ayant pas donc réussi eux-mêmes, ils vont donc venir, mais comme le pays ne leur appartient pas, lorsqu’ils vont combattre, qu’ils vont gagner, parce que dans un premier temps ils vont gagner, ils vont positionner les rebelles au pouvoir. Et Dieu va cautionner cela, parce que les rebelles viendront avec une telle colère et une telle haine que sans pitié, ils vont aller tuer tous ceux qui ne voudront pas se soumettre à la Seigneurie de Jésus-Christ, parce que nous ne cessons de le dire. Dieu a pris ce pays, il veut prendre ce pays comme modèle. Après la crise, la Côte d’Ivoire, je le dis de manière péremptoire, ne sera plus un pays laïc. La Côte d’Ivoire sera un pays missionnaire. Si vous ne croyez pas, cessez d’être des perroquets et de chanter l’hymne national dont un des vers dit ceci : Notre devoir sera d’être un modèle non pas de corruption ni de "mapouka serré" mais un modèle de l’espérance promise à l’humanité. Qu’est-ce à dire ?

L’avenir de la Côte d’Ivoire est hyper-glorieux et c’est Dieu qui va prendre ce pays en main pour faire de ce pays un pays théocratique, comme ce fut le cas au temps du règne de David, et c’est la Bible qui va servir donc de Constitution à la Côte d’Ivoire, qui sera dirigée par des hommes craignant Dieu. C’est ce qui va se passer, je le dis et je m’engage entièrement à cela, c’est ce qui va se passer. Dieu ne ment pas.

83- JULIETTE : D’accord, et donc après, vous dites que la Côte d’Ivoire, dans les perspectives, la Côte d’Ivoire va connaître, n’est-ce pas, un essor glorieux, mais il faut passer par ce petit… problème….

84- DALI CLAUDE : Oui, il faut passer par le désert; le peuple d’Israël en partance pour Canaan, venant d’Egypte, est passé par le désert. Mais après, ils sont devenus un pays très florissant et fort. Ce sera le cas de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire sera une plaque incontournable sur le plan spirituel, mais vous savez que si spirituellement une personne est avancée, économiquement, financièrement, socialement et autres, alors la personne est, comme le dirait l’autre, "est devant". Donc la gloire qui attend la Côte d’Ivoire, elle est une grande gloire; même le sous-sol ivoirien, le seigneur va permettre qu’on puisse découvrir encore de l’or, du diamant, du pétrole en quantité, juste pour avoir suffisamment de l’argent pour faire l’évangélisation internationale et mondiale. La Côte d’Ivoire est le porte-flambeau de l’Evangile dans le monde entier. Ce qui attend la Côte d’Ivoire, ce sont des choses glorieuses. L’humanité tout entière va envier la Côte d’Ivoire, c’est pourquoi je prie ceux qui sont en Côte d’Ivoire et les ivoiriens de se repentir pour bénéficier de ces heures glorieuses qui arrivent. Ceux qui ne se repentiront pas, ils mourront. D’aucuns me diront: Pasteur ou prophète, tu exagères, je voudrais dire….

85- JULIETTE : Oui, j’allais le dire, vous exagérez quand même! C’est tellement sombre que même le survivant, il ne va même pas en profiter!

86- DALI CLAUDE : Je n’exagère pas et comme je n’ai cessé de le dire, s’il n’y a pas eu assez de morts, ça fera au moins 5 millions de morts voire 11 millions de morts…

87- JULIETTE : Mais nous sommes combien ?

88- DALI CLAUDE : Je n’exagère pas; voici ce que la Bible dit dans Matthieu 24 verset 6, voici les signes qui annonceront mon retour. Premier signe, c’est la guerre, ce n’est pas la paix. Donc ces fossoyeurs de l’Evangile, soi-disant serviteurs de Dieu, prophètes, pasteurs et autres, qu’ils cessent d’amuser la galerie. Qu’ils annoncent le retour du Christ qui marche avec le fait d’annoncer les cataclysmes, les guerres et autres. Jésus a dit dans le livre de Matthieu 24. 37 à 44: "Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emportât tous".

Je voudrais dire aux uns et aux autres, les démographes disent qu’au temps de Noé, il y avait environ un milliard de personnes. S’il vous plait, tout le milliard est mort, c’est seulement huit (8) personnes qui ont été sauvées : Noé, sa femme et ses six enfants.

89- JULIETTE : Vous parliez aussi du peuple juif, l’exemple du peuple juif qui a traversé l’eau pour arriver à Canaan, qui a traversé le désert et tout, alors que là-bas, les écrits saints disent que ça a duré 40 ans ou 400 ans, je sais plus…

90- DALI CLAUDE : Ils ont fait 40 ans dans le désert.

91- JULIETTE : 40 ans, est-ce que c’est ce que nous, on va faire ? On va faire 40 ans aussi ?

92- DALI CLAUDE : Ooooh, la raison qui a fait qu’ils ont duré 40 ans dans le désert, c’était leur incrédulité. Non, nous, on ne durera pas 40 ans dans le désert, ça va pas durer.

93- JULIETTE : Ça ne va pas durer, cette crise aussi ne va pas durer ?

94- DALI CLAUDE : Cette crise ne va pas durer, ce sera une guerre-éclair.

95- JULIETTE : Eclair, quand vous dites éclair, vous l’estimez à combien de temps, par exemple ?

96- DALI CLAUDE : Dieu ne m’a pas dit le temps et donc le temps lui appartient, selon Daniel 2. 19 à 22…

97- JULIETTE : Mais quand vous dites déjà éclair… c’est quelque chose qui est rapide.

98- DALI CLAUDE : Bon, ça sera rapide mais je ne peux dire en combien de semaines ou en combien de mois.

99- JULIETTE : D’accord, maintenant les perspectives. Vous dites que ça sera un moment glorieux après tout ça. Dites-nous un peu, ces perspectives-là, comment ça va se faire ? Vous avez parlé du pétrole, le sous-sol sera très riche, il y aura beaucoup d’argent, la Côte d’Ivoire sera enviée, essayez de nous expliquer.

100- DALI CLAUDE : Une reconstruction aussi très moderne; la Côte d’Ivoire aussi… ça sera une plaque tournante des choses spirituelles, ce sera aussi comme un lieu de pèlerinage. Dieu va susciter des grands hommes de Dieu qu’il a appelés les para-commando spirituels suicides qui vont aller par le monde entier annoncer l’Evangile de Dieu. Ces personnes seront dotées et nanties d’une onction jamais expérimentée. Ce que Moise a eu à faire, ce que Paul a eu à faire, ce que des éminents Serviteurs de Dieu ont eu à faire, ceux que le Seigneur va utiliser très bientôt à partir de la Côte d’Ivoire, ça va dépasser pour ces personnes que je viens de citer.

101- JULIETTE : Ce sera quand même des Ivoiriens ?

102- DALI CLAUDE : Ce sera des Ivoiriens et je veux citer un verset de Jean 14 verset 12 où Jésus a eu à dire : "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père". En réalité, nous tendons vers la fin des temps et l’enlèvement n’est pas pour… (longtemps).

103- JULIETTE : C’est quoi, l’enlèvement ?

104- DALI CLAUDE : L’enlèvement, c’est quand Christ… selon la Bible, vers la fin des temps, viendra pour enlever les vrais croyants, comme ce fut le cas au temps du déluge. Avant le déluge, Dieu a pris ceux qui ont cru en lui. Donc avant qu’il y ait ce que la Bible appelle, selon Apocalypse, la guerre de l’Armagueddon, si vous voulez la dernière guerre mondiale, on pourrait dire la troisième et dernière guerre mondiale, avant cela, alors Dieu va venir enlever son Eglise. Et l’Eglise est composée des vrais croyants qui ont donné leur vie à Jésus-Christ et non pas de lieux ou de dénominations.

105- JULIETTE : A vous écouter, on a l’impression que beaucoup de gens ont déçu surtout… vous êtes un homme de Dieu. Beaucoup d’hommes de Dieu, comme vous dites, ceux qui étaient chargés de propager la lanterne ont dévié, ont déçu, qu’est-ce que vous voulez dire ?

106- DALI CLAUDE : Oui… mais ce n’est un secret pour personne. Voilà, pourquoi : Rien qu’à écouter leurs prêches, ils mettent l’accent sur la prospérité, tu vas voyager, tu vas prospérer, tu vas te marier, tu vas faire ceci, tu vas faire cela, et ils parlent aussi de paix. Mais tout ça, c’est faux. La Bible déclare que les choses, selon le livre de 2 Timothée 3 à partir du premier verset, iront de mal en pire jusqu’à ce que le Seigneur revienne. Qu’ils aient le courage de prêcher l’Evangile pur qui dit de donner sa vie à Jésus et d’annoncer le retour du Christ, mais comme ils veulent pactiser avec les politiciens, comme ils veulent plaire… prendre de leur argent, ils ne veulent pas annoncer l’évangile pur. Nous voudrions dire aux uns et aux autres que ce que Dieu nous a dit, c'est que l’Eglise, ici en Côte d’Ivoire, et partout dans le monde, est à 95% apostate, donc sur 100 chrétiens, on peut trouver 3, 4, voire 5 donc…

107- JULIETTE : Disons les vrais chrétiens hein ?

108- DALI CLAUDE : Les vrais chrétiens, il n’y en a pas beaucoup, il n’y en a pas beaucoup.

109- JULIETTE : Vous avez dit aussi, il y a deux ans, trois ans, quand on vous a reçu que…Vous avez dit: Juliette, il faut photographier le Plateau, il faut filmer les immeubles, parce qu’il n’y en aura plus. Vous affirmez encore ce que vous avez dit, il y a trois ou quatre ans ?

110- DALI CLAUDE : Je le réitère tout de go, l’aviation française, je le dis une fois de plus, je le répète encore une seconde fois, je mets n’importe qui au défi de cette révélation, elle va s’accomplir. Pas que je souhaite le mal de la Côte d’Ivoire, mais puisque les ivoiriens ne veulent pas se repentir. Donc l’aviation française va travailler et elle va détruire systématiquement le Plateau. Mais ils vont nous rendre service parce qu’après, on va exploiter le pétrole…ah oui, on va exploiter le pétrole et on aura une autre capitale, bien construite.

111- JULIETTE : Et, bon, c’est peut-être la dernière question. Vous avez dit aussi qu’après tout ceci, Dieu va faire venir son armée céleste et elle va bombarder aussi… je ne sais pas si c’est bombarder ou… en tout cas, vaincre la France, qui va devenir notre "David contre Goliath", c’est bien ça ? Est-ce que vous pouvez réitérer ce que vous avez dit ?

112- DALI CLAUDE : Pas de problème; ce qui devait nous réjouir et nous amener à nous repentir parce que Dieu nous aime et il envoie l’armée céleste pour nous défendre. Donc la France, cinquième puissance militaire du monde, selon ce que nous savons, sera face à une armée invisible mais puissante, l’Armée de Dieu; elle ne pourra pas tenir.

113- JULIETTE : Vous avez dit une poignée d’armée, un petit groupe !

114- DALI CLAUDE : Non, non pas une poignée, une grande puissance, voilà… puissante armée céleste devant laquelle la France ne pourra pas tenir, je dis bien la France ne pourra pas tenir.

115- JULIETTE : On pourra les voir physiquement ?

116- DALI CLAUDE : On peut les voir comme on ne peut pas les voir, mais ils seront très peu ceux de la Licorne qui vont retourner en Europe.

117- JULIETTE : Oui, oui…

118- DALI CLAUDE : La plupart, ils vont tous mourir ici, c’est du jamais vu. Et c’est là que l’humanité tout entière va dire: Mais un pays qui a été déjà défait militairement par une grande puissance, comment se fait-il qu’il ressurgit pour pouvoir vaincre cette puissance, et la gloire, selon le livre d’Esaïe 42 verset 8, reviendra non pas à la Côte d’Ivoire, non à aucun individu, ni à aucun général d’armée qui soit un stratège fin, mais ça reviendra au seul général d’armée qui est Dieu, Jésus-Christ, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le Prince de la paix, l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, celui qui était, qui est et qui vient, car c’est à lui qu’appartiennent toutes choses et c’est pour lui que sont toutes choses.

118- JULIETTE : D’accord, prophète DALI CLAUDE, avant de donner vos contacts, est-ce que quand même il y a des recommandations, j’espère que vous allez pouvoir le faire.

119- DALI CLAUDE : Oui, j’ai un profond amour pour mon pays, c’est pourquoi la recommandation que je voudrais faire à chacun d’entre nous, qu’on soit Ivoirien ou pas mais pourvu qu’on soit sur la terre d’Eburnie, c’est de demander aux uns et autres de se confesser, de se repentir, de demander pardon à Dieu pour leurs péchés et donner leur vie à Jésus-Christ, non pas à une religion, et ils seront épargnés. Voici la recommandation que je voulais faire. Et cela concerne aussi bien celui qui est au bas de la société jusqu’à ceux qui sont "en haut de en haut" (comme disent les Ivoiriens, Ndlr). Et je le dis aussi même à ceux qui portent le titre de pasteur, de prophète, de chrétien, qu’ils n’ont qu’à faire un examen de conscience car la Bible déclare que le jugement…

120- JULIETTE : Oui, allons doucement, lentement.

121- DALI CLAUDE : Que le jugement commencera par la maison de Dieu. Je voudrais dire à cet effet, que bien des églises qui ont été construites à coût de milliards seront littéralement bombardées par l’aviation française. Je demande aux uns et aux autres de se confesser, de se repentir, de demander pardon à Dieu et de donner leur vie à Jésus-Christ car l’avenir qui attend la Côte d’Ivoire est un avenir hyper, hyper, hyper, hyper-glorieux. Ce que Dieu ne cesse de me faire voir et même pendant que je suis en train de parler et ce que je vois actuellement (rires), c’est merveilleux et c’est glorieux!

122- JULIETTE : Mais il faut passer par le tunnel de feu d’abord.

123- DALI CLAUDE : Il faut passer par le feu et ça sera terrible, jamais une guerre ne sera aussi meurtrière que celle qui va se passer, ici, en Côte d’Ivoire. Et elle aura bel et bien lieu.

124- JULIETTE : Merci, prophète DALI CLAUDE, vous êtes prophète et vous dites que vous n’avez aucune église, vous priez simplement en cellule et vous êtes Ivoirien, Ivoirien de père et de mère.

125- DALI CLAUDE : Oui, je suis ivoirien, je suis Bété.

JULIETTE : Bété ?

126- DALI CLAUDE : De Gagnoa.

127- JULIETTE : Bété de Gagnoa, ah d’accord !

On va prendre vos contacts. Vous répondez à quel numéro?

128- DALI CLAUDE : Voilà mon contact, mais avant cela je voulais dire que je suis marié et père de six enfants, et j’ai des enfants qui sont au supérieur, donc je suis responsable de ce que je dis. Alors mon contact, c’est 05 - 63 - 87 - 92.

129- JULIETTE : Je vais reprendre pour vous: 05 - 63 - 87 - 92. Merci beaucoup, merci! Il a dit, mesdames et messieurs, il a dit, il est responsable, il est père de famille, il est marié, il parle au nom de Dieu et il prend toutes ses responsabilités parce que c’est Dieu qui l’a mandaté pour nous livrer ce message terrible. Merci beaucoup.


NB : Lisez et faites lire, même dans les villages reculés, les campements, les hameaux.

Retranscrit par Cujema et corrigé par Fernand Dindé.


Source: Cujema.unblog.fr

jeudi, 19 avril 2012

PPTE COTE D’IVOIRE: LE POINT D’ACHEVEMENT ET APRES?

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Bref historique et enjeu du dossier PPTE-Côte d’Ivoire

 

Lancée en 1996, l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) aux yeux des partenaires au développement correspondait exactement aux besoins des pays comme la CI, pour lesquels les rééchelonnements successifs de la dette extérieure depuis le début des années 1980 et les Plans d’ajustement structurels (PAS) qui les accompagnaient n’ont pu régler la crise d’endettement. C’est pourquoi dès 1998 l’éligibilité du pays à ce programme est obtenue. Malheureusement la mauvaise gouvernance du régime Bédié (entre autres l’affaire des 18 Milliards de l’Union Européenne, les immenses dépenses engagées non ordonnancées (Denos), les exportateurs défaillants et des créances compromises ders exportateurs du café/cacao, etc., qui ont conduit à la rupture entre la Côte d’Ivoire et l’ensemble des bailleurs de fonds) et les effets du coup d’Etat de Guéi du 24  Décembre 1999 vont retarder l’atteinte du point de décision. Ce sont les réformes engagées par Laurent Gbagbo dès 2001 qui ont permis de renouer rapidement avec ces derniers de sorte que l’atteinte de ce point de décision serait intervenue fin 2002 au plus tard sans la tentative de coup d’Etat de septembre 2002. Toutefois, la stabilisation de la situation politique, la reprise rapide des réformes et la conclusion d’un nouvel accord avec les bailleurs de fonds à partir de 2007 (à travers un ambitieux programme post-conflit-EPCA1 et 2, l’apurement de tous les arriérés vis-à-vis des créanciers multilatéraux, et l’élaboration d’un DSRP original) ont permis l’atteinte effective du point de décision du PPTE en Mars 2009.

L’atteinte du point d’achèvement du PPTE qui était attendue au plus tard en 2011, a été reportée du fait de la crise postélectorale et de la guerre qui s’en est suivie. Le FMI et la Banque Mondiale envisagent de décider d’accorder le point d’achèvement en juin de cette année. Ce qui serait une très bonne chose. Le gouvernement Ouattara tout en omettant de mentionner les efforts qui ont été fait par l’équipe du Président Gbagbo pour faire progresser ce dossier, jubile sans retenu (Notez par exemple que les réponses aux différentes revendications sont reportées dans 3 mois) en oubliant que l’atteinte du point d’achèvement du PPTE ne signifie pas automatiquement la garantie du bénéfice immédiat des avantages qui lui sont attachés sans efforts. L’objet de cette réflexion est de rappeler les avantages attendus du PPTE et les conditions pour y arriver rapidement et pleinement. 

Les avantages attendus au point d’achèvement du PPTE et les conditions pour en bénéficier

Les avantages attendus au point d’achèvement du PPTE (au titre du PPTE et de l’IADM) sont les suivants: allègement de la dette à travers une baisse du service et une réduction du stock de la dette/ amélioration des ratios de la dette (stock de la dette sur PIB, exportations et revenu ; services de la dette sur exportations et revenu), grâce à l’annulation des intérêts et l’annulation partielle et la restructuration du stock. Amélioration de la solvabilité du pays et possibilités accrues d’accès à de nouveaux emprunts publics. Encouragement aux IDE, accélération des investissements en général et stimulation de la croissance pouvant se traduire par une forte réduction de la pauvreté. Ainsi, l’avantage direct attendu du point d’achèvement du PPTE c’est une accélération de l’allègement de la dette.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire l’allègement attendu est de 3 milliards de dollars US au titre du PPTE et de 2 milliards de dollars US au titre de l’IADM. Le total de l’allègement attendu est ainsi de 5 milliards de dollars US, environ  2 500 milliards de F CFA. La Côte d’Ivoire a déjà reçu près de la moitié de son allégement estimé au titre de l’Initiative PPTE à la faveur de rééchelonnements et d’opérations d’apurement des arriérés concessionnels passés, soit 1.5 milliards dollars US, ce qui ramène le gain attendu à seulement 3.5 milliards de dollars US, soit environs 1700 milliards de F.cfa. L’enjeu de ce programme est considérable autant pour la Côte d’Ivoire que pour les bailleurs de fonds (le montant de l’allègement est supérieur à tout ce qui a été payé par le FMI au titre du programme depuis son lancement et représente le 2ème montant le plus élevé après celui de la RDC, 12.3 milliards de dollars US).    

Si l’amélioration des ratios du stock de la dette est immédiate dans tous pays bénéficiaires du PPTE, la baisse du service de la dette extérieur n’est pas évidente. En réalité la baisse du service effectivement payé est très faible car les pays surendettés n’assurent en général que le service de la dette vis-à-vis des créanciers multilatéraux. Or, dès l’atteinte du point de décision c’est l’ensemble du service sur la dette non éligible qui est payé. C’est ainsi que le Mali par exemple devait, selon les estimations du FMI, rembourser 16,1 millions de dollars en 2010 pour 19,7 millions en 2000 et la Tanzanie ne verrait son service de la dette diminuer que de 7% dans le meilleur des cas. En Côte d’Ivoire le service de la dette extérieure augmente en 2012 du fait des paiements croissants aux créanciers bilatéraux et privés (62 milliards des 145.1 milliards d’échéances exigibles, soit 42.7%), qui n’étaient pas servis avant les accords récents sur la dette extérieure. De plus, le pays doit rester à jour de ces paiements sur la durée du programme.

Tous les scénarii esquissés par le FMI dans l’analyse de la soutenabilité de la dette ivoirienne prévoient une hausse des ratios du service de la dette, après la baisse initiale au point d’achèvement, jusqu’en 2017, et une autre hausse à partir 2021 après une brève baisse entre 2017 et 2021. Les obligations qui pèsent sur la dette extérieure conduisent souvent à un alourdissement de la dette intérieure, dont le service s’accroit fortement. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, selon les projections du ministère de l’économie et des finances le service de la dette intérieure, après une baisse significative en 2012 (en passant de 869.8 Mds de F.CFA à 421.7 Mds de F.CFA), reste compris entre 470 et 570 Mds de F.CFA jusqu’en 2016 et ne passe en dessous de 200 Mds de F.CFA qu’en 2017.

Les ressources attendues de l’allègement de la dette ne sont donc pas toutes disponibles immédiatement. L’effet des annulations du stock est immédiat pour tous les créanciers (y compris les créanciers multilatéraux avec l’IADM) à l’exception de la France, qui les intègre dans un programme désendettement/développement (C2D) d’une durée de 15 ans au moins. Celui de l’effacement des intérêts de la dette se fait aux échéances prévues. Ici aussi la France intègre ces éléments dans le C2D. Le mécanisme du C2D est la forme la plus achevée des entraves à l’utilisation des ressources du PPTE. En effet, ici le pays continue d’assurer le service de sa dette, que lui reverse la France sur un compte spécial conformément à une convention qui détermine les conditions d’utilisation des fonds. La lourdeur et les contraintes de ce mécanisme expliquent que de nombreux pays qui ont franchi le point d’achèvement depuis des années peinent à utiliser les ressources du C2D. C’est le cas du Mali, de la Mauritanie, du Cameroun. L'Etat du Cameroun par exemple a régulièrement remboursé puis s'est vu remis (selon le mécanisme du C2d), à échéance, une moyenne de 70 milliards de F.cfa par an. Mais, les tirages sur ces fonds, qui sont logés à la Banque centrale (Beac), sont souvent freinés pour des raisons de procédures. Dans tous les cas les pays bénéficiaires sont tenus de tenir une comptabilité séparée de l’utilisation de ces ressources en vue de garantir qu’elles servent avant tout à la réduction de la pauvreté. 

De fait, pour continuer à bénéficier des ressources PPTE le pays doit poursuivre ses efforts de réformes qui lui ont permis de franchir les différentes étapes du processus. Il doit s’assurer que le cadre macroéconomique est sein (notamment réformes des secteurs clé de l’économie, amélioration de l’environnement des affaires, bonne tenue du commerce extérieur et des comptes extérieurs en vue de bons résultats macroéconomiques), que les performances finances publiques sont bonnes, tout en conduisant une politique de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance.

En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, après le choc de la crise postélectorale, de la guerre et des tâtonnements des premiers gouvernements de Ouattara en 2011, des réformes importantes sont attendues : elles devraient porter entre autres sur la restauration et la consolidation des finances publiques (les régies financières dévastées par les exaction restent peu performantes), réformes du secteur cacao, la libéralisation ou la révision des prix des produits pétroliers et de l’électricité et la réforme du secteur énergie, la réforme du secteur bancaire et financier et la restructuration des banques publiques en vue du financement de l’économie (au lieu de la fuite en avant de la liquidation ou de la privatisation des banques publiques), la réhabilitation et le redéploiement de l’administration, la réhabilitation du secteur privé et la promotion de la compétitivité, etc..

Ces réformes ainsi que la mise en œuvre du DSRP sont indispensables à la Côte d’Ivoire. Comme elles sont inscrites dans les différents programmes signés avec les bailleurs de fonds, elles sont autant de conditionnalités à l’accès aux ressources du PPTE. A ce niveau, malgré la succession des communiqués d’autocélébration du gouvernement, la Côte d’Ivoire n’est pas bien avancée dans ces différents domaines. En particulier, une dégradation du cadre macroéconomique et les contreperformances des finances publiques peuvent éloigner une bonne partie des avantages attendus du PPTE. La Mauritanie, qui a franchi le point d’achèvement du PPTE en 2002, n’avait pas encore bénéficié de l’allègement au titre de l’IADM et de l’intégralité de l’allègement au titre du PPTE en 2007 du fait de la dégradation des résultats macroéconomiques et des finances publiques. Les problèmes de gouvernance qui apparaissent en Côte d’Ivoire (attribution de marchés publics par gré à gré ou des appels d’offre bidons, nominations complaisantes-sur des bases ethniques et partisanes- dans l’administration et les entreprises publiques, justice aux ordres, l’insécurité généralisée, etc.) ne sont pas faits pour faciliter l’accès aux ressources du PPTE.  

 A ces conditionnalités des bailleurs de fonds il convient d’ajouter des conditions internes (économiques et financières, mais aussi institutionnelles, administratives et sociopolitiques). La première condition économique du bénéfice effectif des ressources du PPTE c’est la croissance et les performances des régies financières. Les scénarii du FMI pour la soutenabilité de la dette de la Côte d’Ivoire prévoient un taux de croissance de 8.5% en 2012, de 5.7% en moyenne jusqu’en 2016, et de 5% en moyenne entre 2017-2031. Ils prévoient également des recettes publiques hors dons représentant 20.3% du PIB en 2016 et qui passent 22% en 2031. C’est sur la base des recettes attendues que les dépenses sont projetées à 23.9% du PIB en 2016 et à 25.3% du PIB en 2031. Mais bien plus, les annulations du stock et l’effacement des intérêts se faisant sous la forme de remises de dette, ils ne peuvent être effectifs que si le pays mobilise suffisamment de recettes propres pour les conserver et les utiliser. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, des recettes à plus de 20% du PIB c’est plus de 2000 milliards de F.CFA. L’état actuel des régies financières ne permet pas de garantir une telle performance. Je ne parle même pas des projections de croissance irréalistes qui sous-tendent les prévisions de recettes.  

Relativement à l’utilisation des ressources PPTE, leur suivi suppose l’élaboration et l’exécution de budgets-programme (CDMT) dans les secteurs ciblés pour la lutte contre la pauvreté, à savoir l’éducation, la santé, l’assainissement et l’eau, les infrastructures, l’agriculture, etc.. Les capacités administratives actuelles, suite à la dévastation de l’administration sur l’ensemble du territoire pendant la guerre et les recrutements complaisants, sur fond de Rattrapage ethnique, qui ont désorganisé complètement ce qui restait de notre administration, ne semblent pas être à même de conduire ce processus. Avec l’administration Gbagbo une première esquisse de CDMT avait été élaborée pour les secteurs de l’éducation et de la santé. Aujourd’hui on ne sait pas où on en est avec ce projet, d’autant que les premiers responsables de ces départements inspirent peu confiance. De même un rapport d’étape de l’exécution du DSRP avait été rédigé. Est-ce le ministère du plan tel qu’il est géré aujourd’hui peut-il poursuivre l’exercice? Plus globalement le suivi de l’utilisation des ressources PPTE suppose une production régulière et abondante de données statistiques. La Côte d’Ivoire, qui a du mal à conduire à son terme un projet de restauration des statistiques après la crise, peut-elle produire en quantité et en qualité les données requises pour suivre l’allocation optimale des ressources attendues du PPTE?

Le gouvernement Ouattara devrait plutôt s’employer à répondre à ces préoccupations légitimes au lieu de se complaire dans un triomphalisme béat, oubliant tout le travail à faire pour permettre un accès large et rapide aux ressources PPTE en vue d’en tirer le maximum d’avantages dans l’hypothèse du franchissement du point d’achèvement au deuxième trimestre 2012.

 

Jean Charles TIEMELE

Economiste Financier

LA COTE D’IVOIRE SELON LE «RISQUE PAYS»: UN DEVENIR GEOPOLITIQUE INCERTAIN ET DES INVESTISSEMENTS A DIFFERER

 

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Le régime de monsieur Ouattara, notamment pendant sa visite récente en France et son discours au Medef, assure que dans la «nouvelle Côte d’Ivoire», la guerre est finie et que le «temps béni d’Houphouët-Boigny» est de retour pour les investisseurs extérieurs.

Est-ce si sûr? Procédant par scénarios géopolitiques et projection sur les prochaines échéances, on peut remarquer que l’hypothèse évoquée – de la fin de la violence et de la prospérité retrouvées est quelque peu hasardeuse, et sans doute peu probable si les rapports de force actuels persistent.

Les études de «risque pays», si utiles pour les banques et les industriels, par exemple, s'efforcent au-delà des discours, propagande et alliances immédiates, de discerner à des dates différentes, l'évolution probable d'un régime et d'un pays, pour conseiller les acteurs extérieurs dans leurs investissements, et la note ci-dessous se distingue de la propagande officielle ou de la méthode Coué des milieux d’affaires franco-ivoiriens comme par sa dimension géopolitique, dans la durée.

Endettement et fragilité

La situation actuelle d'un petit pays comme la Côte d'Ivoire en phase de post-conflit dépend en effet fortement des appuis internationaux, pour la dette et la reconstruction du pays, mais aussi pour le développement de projets de coopération et d'investissement privés.

Sa fragile économie détruite par 10 ans de sanctions internationales, aggravées par les destructions des quatre mois de crise dite «postélectorale» est-elle relancée par les massifs investissements extérieurs, comme l'affirme le régime Ouattara? La sécurité des investissements est-elle garantie par un retour à la paix civile et à l'ordre constitutionnel? Quelles sont les alternatives au régime, notamment après le possible changement de majorité à Paris, la complexité de la situation régionale (Mali), le jeu des acteurs ivoiriens eux même?

Les investissements internationaux en question sont tout d'abord des prêts et le niveau d'endettement de la Côte d'ivoire atteint des chiffres record: 4,5milliards d'euros. Il est vrai que l'ambition du régime Ouattara, comme celui de Laurent Gbagbo qui avait préparé cet allègement massif de la dette est d'obtenir dans les 6 mois le point d’achèvement du programme PPTE (Pays pauvres très endettés).

Par contre si son allié géopolitique à Paris, le président Sarkozy, avait l'intention de remettre la dette ivoirienne, il est douteux que l'opinion publique française et les adversaires du locataire de l'Elysée, acceptent un cadeau de 2 milliards d'euros en pleine campagne électorale ou durant la période de transition en cas de victoire de François Hollande.

Si les fondamentaux: café, cacao, pétrole, peuvent rester au même niveau (bien que soumis aux fortes fluctuations des marchés) que sous le régime précédent, du moins si les infrastructures routières et portuaires sont reconstruites, c'est pour des motifs géopolitiques internes et externes que les investisseurs et «développeurs» étrangers sont tentés de s'abstenir tant que la situation ne sera pas éclaircie.

Sociologiquement deux types d'entreprises françaises sont diversement vulnérables aux aléas apolitiques, et ont des politiques d'investissement, de maintien ou de retrait opposées: les grandes entreprises comme Bolloré ou Bouygues qui ont collaboré à tous les régimes et risquent au pire, en cas de changements, de perdre leur monopole; et les Pme françaises, qui représentent un certain archaïsme (50%des emplois formels à Abidjan leur sont dus), bien plus vulnérables devant le chaos et concernées par une ivoirisation de l'économie ou un nationalisme anti-français, dénonçant leur présence comme un reliquat néocolonial.

Violence et insécurité

Paradoxalement, l'insécurité qui préoccupe les investisseurs et l'importante communauté française (environ 7000 français venus de métropole, autant de binationaux) est le fait des forces pro Ouattara, qui dans une certaine mesure restent incontrôlables. A cet égard, le Nord de la Côte d'ivoire (qui reste une zone d'arbitraire, où aucun investisseur sensé ne devrait entreprendre), de 2002 à 2011, a servi de banc d'essai à cette «gouvernance par la violence», le racket et les exactions étendus par les Frci (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, favorables à Ouattara) et dozos (chasseurs traditionnels supplétifs des forces rebelles) à Abidjan et au Sud après avril 2011.

Juridiquement, la situation est celle d'une violation massive et continue des lois constitutionnelles, d'une «justice de vainqueurs» et d'une inquiétante illégalité foncière, jointe à des tensions ethnopolitiques exacerbées, qui augurent mal de l'avenir.

Sans revenir sur le contentieux électoral, le fait que monsieur Ouattara ait été à la fois le candidat et «élu» de l'étranger (ou «candidat étranger», par allusion aux querelles sur sa nationalité d'origine, pour la moitié du pays) contre l'avis du Conseil constitutionnel ivoirien constitue la tare fondamentale de son régime. Un régime qui a vu les forces spéciales françaises arrêter après une série de bombardements le président dans sa résidence, tandis que l'Onuci (force onusienne de maintien de la paix en Côte d’Ivoire) sortant de son rôle et de son mandat, bombardait d'un côté des civils et aidait de l'autre les rebelles.

Le nombre de civils victimes des deux corps expéditionnaires reste inconnu, et au-delà de la Cour Pénale Internationale (CPI) (auprès de qui aucun acteur pro-Ouattara n'a encore été inculpé) de nombreuses actions judiciaires sont en cours, et pourraient empêcher bientôt les dignitaires du nouveau régime de séjourner sans problèmes juridiques en Europe.

Les violations mineures des lois ou de la Constitution sont légion, tandis que le retour à une forte présence de «coopérants» français dans l'administration lui retire encore de son peu de légitimité, (y compris un général à la présidence!). Ainsi la nomination de Guillaume Soro, poursuivi pour crimes de guerre et passible de la CPI, comme président de l'Assemblée nationale n'a pu se faire qu'en violant les dispositions constitutionnelles sur son âge ; l'obligation faite à l'ancien président du conseil constitutionnel monsieur Yao N'dré, de se déjuger, puis de se démettre, comme la nomination de monsieur Wodié, son successeur, est plus digne d'une république bananière que d'un Etat de droit.

Les fraudes multiples du RDR (Rassemblement des républicains), aux législatives de décembre 2011, pour l'emporter sur le Pdci (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, parti de Henri Konan Bédié) corroborent comme pratiques les accusations de fraude massive au Nord pour les présidentielles, tandis que le retrait du FPI (Front Populaire ivoirien, parti de Gbagbo) transforme l 'Assemblée en «chambre introuvable» à la dévotion de M. Ouattara, obérant une fois de plus sa légitimité.

L'échec de la réconciliation est principalement dû au transfert (déportation pour ses partisans) du président Laurent Gbagbo à La Haye et à l'incarcération sans jugement des élites sudistes, gouvernementales et universitaires (notamment le premier ministre Gilbert Aké N'gbo ou le franco-ivoirien Michel Gbagbo détenu et maltraité pour «fait de parenté»: son père étant l'ancien président Laurent Gbagbo!), dans des camps ou prisons au Nord, au maintien de nombre d'exilés au Ghana et au Libéria; le fait que son président, monsieur Konan Banny, soit très marqué coté RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la paix, coalition qui a amené Ouattara au pouvoir) et que sa «commission» soit sans budget autonome ni autonomie réelle explique techniquement son insuccès.

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Un pays sous tension: la construction d'un «Etat dioula»?

La géopolitique interne de la Côte d'ivoire traduit ce que les observateurs étrangers, notamment les économistes, n'ont pas voulu, avant les élections et après, reconnaître: il s'agit, dans une vie politique marquée par les trois grands «blocs ethno régionaux» d'une victoire du Nord dioula sur le Sud, en particulier le Sud-ouest. Construction de l’État dioula et politique de discrimination positive (dite de «rattrapage ethnique» par monsieur Ouattara) créent de fait une tension extrêmement forte au Sud et dans la capitale (majoritairement acquise électoralement à monsieur Gbagbo), tandis qu'étrangers à cette région, les 30% de nordistes dioula se comportent en pays conquis. De manière bien plus dangereuse, à l'Ouest, les problèmes fonciers redoublent les conflits ethniques et politiques, et plus que la vengeance individuelle ou les plaintes juridiques, le combat des Guérés autochtones contre les migrants dioulas pro-Ouattara est vital pour leur propre survie collective.

Cette situation explosive, déniée par les autorités politiques actuelles, est pourtant relevée par toutes les ONG et «organisations des droits de l'homme» occidentales: devenues minoritaires sur leurs propres terres, les Guérés sont exilés en grande partie au Libéria (65000 sont dans les camps du HCR, beaucoup plus chez leurs «frères» krahn (il s’agit en fait d'un même peuple, séparé par la frontière coloniale).

Bien plus grave encore est l'installation, par les Frci, dozos ou allogènes eux même, de milliers de migrants agricoles burkinabè (et maliens, en augmentation depuis la conquête du Nord de ce pays par les diverses rebellions) sur les rares forêts encore libres (jusqu'aux «bois sacrés» ou forêts classées!).

Bien entendu, aucun investissement ne semble possible dans le grand Ouest, et les grandes plantations d'hévéa, les entreprises forestières, les plantations de café et cacao risquent de faire les frais d'un conflit de plus en plus menaçant dans cette région poudrière.

Géopolitique régionale et internationale

En un an l’évolution régionale de l'Afrique de l'Ouest a connu des éléments déstabilisateurs pour le régime ivoirien, surdéterminés par un possible changement de régime à Paris (J.L. Mélenchon, acteur montant de la gauche française s'est publiquement déclaré contre l'intervention néocoloniale et le «coup d’État franco-onusien» à Abidjan). Jusque-là en phase avec son «parrain français» comme avec ses homologues régionaux du Sénégal ou du Burkina, le président ivoirien risque, en cas d’alternance à Paris d'être lâché par l'Elysée, en butte à un régime sénégalais opposé à celui de son partenaire Wade, tandis que son homologue burkinabé pourrait connaître le sort du président malien.

Dans ce scénario catastrophe pour monsieur Ouattara (ou de l’alternance pour les partisans de monsieur Gbagbo, qui reprennent déjà des thématiques et des slogans anti dictature du type: «Ouattara, dégage!»), l'élection de François Hollande pourrait être, bien au-delà de la Côte d’Ivoire, celui d'un «printemps des peuples» africains, voire des «révolutions africaines» (sur le modèle évidement des révolutions arabes) qui lui serait fatal.

Des scénarios intermédiaires pourraient toutefois s’articuler à cette hypothèse de la chute d'un régime ouattariste assimilé à un exemplaire produit des réseaux françafricains: une négociation avec son opposition, alliée avec une libération de Laurent Gbagbo pourrait aboutir à des changements d'alliances (par exemple par un retournement du PDCI, ou son éclatement), comme l’histoire de la Côte d'Ivoire en a donné nombre d'exemples, à un gouvernement d'union nationale, voire à une «cohabitation à l'ivoirienne»)

Des éléments contingents sont évidemment difficiles à prévoir; si la CPI, qui jusqu'ici n'a inculpé que des acteurs africains en fonction des desiderata des pouvoirs occidentaux ou de leurs affidés, suivait un pouvoir de gauche à Paris, des partisans de M. Ouattara (ou lui-même, comme responsable politique des crimes de guerre), pourraient être concernés: notamment Guillaume Soro et ses comzones (commandants de zone, les chefs militaires de la rébellion), pour crimes de guerre ou actes de génocide, comme les 1000 morts de Duékoué le 29 Mars 2011. Plus encore une «solution biologique» comme en Tunisie (l'expression vient du sort de Bourguiba) ou au Malawi pourrait toucher certains grands acteurs ivoiriens (âgés et en mauvaise santé notoire pour les deux gérontes du RHDP), et leur succession amènerait inéluctablement à une période de troubles.

De la résistance non violente à la guérilla hypothèses de changement politique en Côte d’Ivoire

Dans la perspective d'un changement de régime à Paris, il est probable que la gauche française, comme lorsque Jospin a empêché Jacques Chirac de rétablir par la force Konan Bédié, la «Force Licorne» serait retirée ou neutralisée, ainsi que les «coopérants» militaires ou civils (comme Serey Eiffel) trop liés au régime Ouattara et à la répression de l’opposition ; les 10 000 hommes de l'Onuci, suivant ce scénario, seraient aussi retirés ou verraient leur mandat redéfini, de sorte que les régulations politiques et militaires puissent agir librement.

Il est alors probable que dans l'Ouest , en milieu rural, on assiste à un retour massif des réfugiés Guérés du Liberia et à un reflux du colonat agricole baoulé et dioula du nord de la Côte d'ivoire mais surtout à un retour des migrants sahéliens vers leur pays d’origine, comme le Burkina ou le Mali; si l'on peut souhaiter que cette alternance après un «génocide par substitution» se fasse pacifiquement, de violents troubles ne sont pas à exclure; de même en pays attié, au Nord d'Abidjan ou bété (ethnie d'origine de Laurent Gbagbo à l’Ouest) qui ont été décimées par les FRCI.

De même à Abidjan ou des tueries dans le quartier pro Gbagbo de Yopougon ont été nombreuses d'avril à juin 2011, après le retour possible des exilés du Ghana : ce serait lors la population dioula des quartiers comme Abobo qui seraient dans l'insécurité.

On ne peut exclure ce à quoi se sont toujours refusé les fidèles de Laurent Gbagbo (qui quoiqu'en disent les travestissements médiatiques occidentaux, a toujours privilégié la voie pacifiste et électorale pour la résolution des conflits): un début de guérilla armé, venant notamment de la zone forestière libérienne, ou les Guérés peuvent compter sur l'appui des Krahns du Liberia, peuple frère à la forte tradition guerrière.Les évolutions chaotiques de la dernière décennie se sont faites, notamment à cause de la présence du corps expéditionnaire Licorne, et du caractère pacifique des revendications sudistes, sans prise à partie des communautés occidentales, en particulier française.

Cependant, comme lors de l'exil de 2004, il est probable qu'en cas d'alternance violente à Abidjan, une «exfiltration» des ressortissants soient nécessaire, ce qui concernerait notamment les familles et les employés des nombreuses PME françaises, et les ressortissants dispersés en brousse.

Quant aux conséquences pour les investissements privés, il est évident qu'un lien trop étroit avec les acteurs de l’«Etat dioula» et les dignitaires du régime Ouattara exposerait les entrepreneurs français à de lourdes pertes en cas d’alternance. Certes, selon les options ou sympathies politiques, la bouteille ivoirienne peut aussi bien sembler à moitié pleine (une croissance de 6% en 2012) qu'à moitié vide. Mais il s'agit ici, plus qu'un diagnostic de l’existant, d'une anticipation des possibles: en raison des échéances à venir, on ne peut que conseiller de temporiser des investissements à risques dans un pays qui connaît des retournements de situation rapide, des alternances chaotiques, toujours au bord d'une guerre civile larvée.

Au fond, pour les six prochains mois après les présidentielles françaises, réduire la voilure et se retirer des zones à risques, être prêt à faire partir les familles et retarder les investissements. Le doute ne peut que conduire à la prudence, et pour le reste, comme disent nos voisins anglo-saxons, Wait and see...


Michel Galy

Politologue français.

mercredi, 18 avril 2012

KARAMOKO YAYORO (RJR) EN CAMPAGNE A PARIS: «SI SARKOZY PERD, NOTRE POUVOIR EST EN DANGER»

 

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Une délégation du Rhdp, conduite par Karamoko Yayoro, séjourne à Paris (France), afin de mobiliser les pro-Ouattara pour accorder leurs suffrages au Président français, Nicolas Sarkozy, dans le cadre du premier tour de l’élection présidentielle qui a lieu, le dimanche 22 avril 2012. A cet effet, vendredi dernier, la délégation a tenu une réunion dans une salle située non loin de la bouche de métro Alexandre Dumas. Selon un participant à cette réunion, M. Yayoro, lors de sa prise de parole, n’est pas passé par quatre chemins pour galvaniser les partisans du chef de l’Etat ivoirien à s’aligner derrière le candidat de l’UMP: «Si Sarkozy perd, notre pouvoir est en danger». Introduisant son discours, le patron du RJR a indiqué : «Nous sommes spécialement venus d’Abidjan pour vous rencontrer. Notre mission est de vous mobiliser afin de voter tous pour Nicolas Sarkozy, celui-là grâce à qui le président Ouattara a été installé au pouvoir». Et d’indiquer, avec une rare lucidité : «Si Sarkozy ne nous était pas venu en aide, Gbagbo serait encore là».
 
Voulant décupler les ardeurs quant à une mobilisation sans faille le dimanche 22 mars, Karamoko Yayoro a cité en exemple la mobilisation des pro-Gbagbo : «N’ayez plus de complexe car ceux d’en face n’en ont pas! Ils ne se cachent pas de supporter les socialistes. Regardez Calixthe Beyala, elle mobilise les Français d’origine africaine à voter pour Hollande». Pour cette raison, dira Yayoro, «je vous demande solennellement d’aller dans tous les foyers parler à vos enfants, aux ressortissants de vos villages respectifs qui ont la nationalité française et dites-leur qu’ils doivent voter pour Sarkozy».
 
En guise de rappel des hauts faits du président sortant dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, M. Yayoro affirmera, pour certainement convaincre les indécis : «C’est ce monsieur qui a autorisé la déportation de Laurent Gbagbo. Pour ceux qui croient en Dieu, priez, pour les autres sollicitez vos marabouts, consultez vos cauris, faites tout ce que vous pouvez, mais il faut que Sarkozy passe». Et de conclure, sentencieux : «Nous lui devons ça».
 
Le président de la jeunesse du RDR sera-t-il entendu? Nul doute. Mais la mobilisation de ses ouailles sera-t-elle suffisante pour incliner le plateau de la balance électorale dimanche en faveur d’un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse et que les dernières enquêtes d’opinion donnent perdant au second tour face à son rival du Parti socialiste avec au moins dix points? La réponse sera donnée le 6 mai prochain, date de la tenue du second tour de la présidentielle française.
 
 
Souleymane T. Senn in le quotidien ivoirien Notre Voie du 18 avril 2012.

RATTRAPAGE ETHNIQUE DE OUATTARA: UNE IVOIRIENNE DU NORD TIRE LA SONNETTE D'ALARME

 

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Se rendent-ils compte des conséquences?

 

C'est vrai que l'Ivoirien moyen a, en ce moment, d'autres sujets de préoccupation (ne serait-ce que le coût très élevé de la vie) que ce que j'ai à dire, mais je ne pouvais pas rester «la bouche fermée» face à ce que je vois. Depuis le temps où j'observe l'actualité ivoirienne, mes inquiétudes ne font qu'augmenter, à tel point que j'en suis arrivée à la conclusion que l'aventure «dramanienne» risque de très mal se terminer.

J'aime vraiment la Côte d'Ivoire, sans doute de façon exagérée même, raison pour laquelle mon cœur saigne de la voir ainsi malmenée. Chaque jour qui passe ajoute à ma tristesse au travers d´informations glanées ici et là, soit sur le Net soit auprès de ma famille ou encore de mes amis. Ma plus grande peur est causée par le danger d'une explosion de la situation, d´un conflit entre ressortissants du Nord et du Sud. Je suis l'une de ceux qui sont convaincus que la situation qui prévaut en ce moment en Côte d'Ivoire ne durera pas éternellement, tellement elle hérisse une partie de la population, pas toujours membre du camp LMP comme on voudrait le faire croire. Je ne suis pas seulement triste, mais je suis inquiète et même très inquiète du traitement que l'on fait subir à certains groupes ethniques de Côte d'Ivoire sans que personne ne s'en émeuve ou n'élève la voix (du moins officiellement): agressés, battus, leurs villages détruits ou pillés, des femmes violées, leurs terres occupées contre leur gré etc...etc...Tout cela, sans compter les nombreux morts qu'il y a déjà eu.

L'exclusion des populations du Nord, au nom de laquelle les anciens rebelles devenus Forces Nouvelles et enfin FRCI et leurs chefs ont pris les armes, est plus que jamais d'actualité sous leur «règne». Sans doute se sont-ils accaparés tous les «bons» postes qu'ils croient leur revenir, mais savent-ils ce qui se passe dans le cœur des autres habitants de ce pays? De tous ceux-là qu'ils maltraitent ou exproprient selon leur bon plaisir? Pensent-ils, ces hommes ou femmes «du Nord» (et leurs complices des autres régions) qui nous dirigent, que le reste de la population ivoirienne se tait simplement parce qu'il approuve ce qu'ils font? Je souffre, je suis attristée et j'ai peur, car contrairement à eux qui pourront fuir (voyez les cadres LMP en exil), le moment venu, la population nordiste restera en grande partie sur place, exposée à la vindicte des anciens oppressés. Je ne parle pas de ceux qui sont coupables d'exactions et autres crimes à l'endroit de la population civile. Mais j'ai surtout peur pour tous ces innocents embarqués dans une aventure dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. Tous ces innocents qui ont étés abreuvés de propagande jusqu'à perdre de vue la vérité, même quand elle se présente à eux de manière têtue, et qui sont convaincus qu'ils ont étés très mal traités depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire (ce qui est faux, Ndlr). C'est maintenant que leur exclusion a véritablement lieu par la faute de leurs soi-disant «défenseurs».

Deux anecdotes racontées par un parent illustrent bien, à mon avis, la situation actuelle en Côte d'Ivoire. Elle m'ont, pour l'une, mise en colère et pour l'autre, très attristée: la première qui depuis a reçu le nom de «rattrapage», date de l'année 2011. Étant du nord (tout comme moi d'ailleurs), mon parent a une femme ressortissante du Centre; ce qui n´est pas étonnant, vu le brassage des populations en Côte d'Ivoire. Cette dernière travaillait dans une boîte (une entreprise, Ndlr), dont le chef a été remplacé - ou rattrapé, selon le cas - après le changement de l'équipe dirigeante du pays; chose à laquelle je ne trouve pas vraiment à redire, chacun «plaçant» en général ses hommes (ou ses femmes). Là où le bât blesse, c'est que non content de remplacer le personnel qualifié, on est allé même jusqu'à remplacer le petit personnel par des personnes ayant des noms à consonance... nordiste ! Au grand dam de ma «belle-soeur».

La seconde s'est passée au moment des affrontements entre les FRCI et une partie de la population à Arrah, à la mi-février. J'appelle encore une fois ce même parent qui habite la région pour lui demander s'il se porte bien, tout en espérant qu'il n'ait aucun problème. Dieu merci, c'était le cas. Mais comme je lui racontais que j'étais assez choquée que la population «civile» du nord se soit associée aux FRCI pour attaquer d'autres civils, il me sort l'autre anecdote: sa ville n'étant pas loin d'Arrah, un de ses amis, qui lui n'est pas du nord, est venu lui confier des biens de grande valeur (de un à deux millions de francs CFA), par crainte qu'ils ne tombent aux mains des FRCI. C'est le message caché dans cette démarche (le fait qu'il lui confie ces affaires) qui est en fait le plus inquiétant: craignant que les FRCI ne déferlent aussi sur ce lieu, il met tout simplement ses biens à l'abri chez... un nordiste qui lui, ne sera certainement pas inquiété en cas d'attaque des FRCI... Mon parent me dit: «Imagine que l'histoire se soit passée dans l'autre sens...». Sans commentaires!

Le drame dans tout cela, c'est que les barrières sont plus que jamais déterminées par l'appartenance régionale. Le vote pluriethnique connu sous Gbagbo ne semble plus être qu'un vieux souvenir. Car ce qu'il faut savoir, c'est que ce parent, tout comme moi, ne sommes nullement sympathisants du RDR ou encore moins de l'ancienne rébellion qui dirige actuellement la Côte d'Ivoire. Ce fait qui est pourtant connu de cet ami ne l'a pas empêché de mettre ses biens « à l'abri » chez lui. On semble donc en être arrivé à une équation aussi réductrice que dangereuse en Côte d'Ivoire: Rébellion + RDR + FRCI = Ivoirien du Nord. Est-ce cela la «solution»? Merci «ADO solutions»!

Que Dieu ait pitié de la Côte d'Ivoire!

 

N. COULIBALY

TOUSSAINT ALAIN: «LA POLITIQUE, CE N'EST PAS LA GUERRE»

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Entretien avec l’un des soutiens de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo

 

Toussaint Alain est l’un des indéfectibles soutiens de Laurent Gbagbo. L’ancien président ivoirien est détenu à La Haye. Il est inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Un an après l’arrestation de l’ancien chef d’Etat et à quelques jours de l’ouverture du "dialogue républicain" entre le pouvoir et l’opposition, notamment le Front populaire ivoirien (FPI) et La Majorité présidentielle (LMP) de Laurent Gbagbo, Toussaint Alain revient sur la situation politique en Côte d’Ivoire qu’il qualifie de « dictature ». S’il n’est pas tendre avec le régime d’Alassane Ouattara, il salue néanmoins l’avènement de ce dialogue inter-ivoirien.

Toussaint Alain a été le conseiller de Laurent Gbagbo d’août 2001 à fin 2011. Il est actuellement le président de "Côte d’Ivoire Coalition", un groupe de pression de droit américain qui milite «pour une Afrique indépendante et débarrassée de l’impérialisme».


Afrik.com : Comment se porte Laurent Gbagbo ?

Toussaint Alain : D’après les informations fournies par sa famille, le Président Gbagbo se porte bien. Il est serein et attend le 18 juin, date à laquelle se tiendra l’audience de confirmation des charges devant la Cour pénale internationale (CPI).

Afrik.com : Laurent Gbagbo est-il revenu récemment sur ses conditions de détention aussi bien à La Haye qu’à Korhogo, sur les évènements qui ont conduit à sa chute ?

Toussaint Alain : Le 5 décembre dernier, lors de sa première comparution, il avait déjà tout dit sur ses conditions de détention à Korhogo. Par ailleurs, la teneur de ses conversations avec ses visiteurs est confidentielle.

Afrik.com : Le gouvernement d’Alassane Ouattara a maintes fois appelé le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo à la réconciliation nationale. Le FPI envisage-t-il de répondre à cette main tendue ?

Toussaint Alain : Je ne peux pas m’exprimer au nom du FPI. Je sais seulement que le gouvernement a entamé des discussions avec l’opposition dans son ensemble, pas seulement avec le FPI et La Majorité présidentielle (LMP) qui inclut notamment le CNRD (Le Congrès national de la résistance pour la démocratie), dont l’ancien président du Conseil économique et social Laurent Dona Fologo est le vice-président. Ce dialogue inter-ivoirien devrait débuter à partir du 27 avril prochain à Grand-Bassam (située à l’est de la capitale Abidjan, ndlr). Outre le FPI, des formations politiques comme Agir pour la paix et la nation (APN), Liberté et démocratie pour la République (Lider) de Mamadou Koulibaly et le Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (RPCI) de Bamba Moriféré sont conviées. Le dialogue n’est donc pas exclusivement réservé aux seuls pro-Gbagbo. Pour ce qui est du processus de réconciliation nationale, il revient aux partis politiques d’en parler. C’est plutôt la manière dont la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui qui m’interpelle.

Afrik.com : Qu’est-ce qui vous interpelle exactement ?

Toussaint Alain : Depuis un an, nous assistons à l’émergence d’un régime autocratique et tyrannique. M. Alassane Ouattara est arrivé au pouvoir dans des conditions calamiteuses. Sa prise de pouvoir s’est faite à l’issue d’une guerre de plusieurs semaines menée par les forces de M. Ouattara et l’armée française contre Laurent Gbagbo. Depuis, la situation n’a cessé d’empirer aussi bien en matière de sécurité, de respect des droits de l’Homme que sur les plans politique et économique.

Afrik.com : Que reprochez-vous au régime d’Alassane Ouattara en ce qui concerne la sécurité et les droits de l’Homme ?

Toussaint Alain : Nous assistons à la désintégration de l’armée nationale. Elle s’est transformée en une milice de type ethnique composée essentiellement par les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, armée constituée par Alassane Ouattara lors de la crise post-électorale et composée en majorité des hommes de l’ex-rébellion des Forces nouvelles, ndlr). Cette garde prétorienne d’Alassane Ouattara se livre à des exécutions extra-judiciaires, à une chasse à l’homme permanente, dont les partisans de Laurent Gbagbo sont les principales victimes. Les hommes qui sont aujourd’hui les soldats de l’armée ivoirienne n’ont reçu aucune formation. Ce sont de simples combattants recrutés ça et là dans les villes et villages du nord de la Côte d’Ivoire, voire dans les pays voisins comme le Burkina Faso, le Mali, le Liberia et la Guinée. En outre, la dislocation de l’Etat s’est accélérée, notamment dans le Nord où l’Etat était déjà déliquescent depuis la partition du pays en septembre 2002. En ce qui concerne les droits de l’Homme, plusieurs dizaines de cadres du parti de Laurent Ggabgo ainsi que ses proches sont détenus dans le nord de la Côte d’Ivoire qui est devenu le goulag d’Alassane Ouattara. L’épouse de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, son fils Michel Gbagbo, qui n’a commis aucun crime sauf ceux imaginés par l’actuel pouvoir, le Premier ministre Aké N’Gbo, le président du FPI, Affi Nguessan sont quelques-unes des personnalités arbitrairement emprisonnées. Au nom de la paix, toutes ces personnes doivent être remises en liberté. Par ailleurs, plusieurs centaines de jeunes combattants, qui avaient répondu à l’appel de l’armée nationale et recrutés au début de l’année 2011, sont portés disparus. Leurs familles sont inquiètes. J’ai rencontré récemment, à Londres, le père de l’un de ces jeunes combattants qui m’a de nouveau interpellé. Nous avons pris attache avec des organisations de défense des droits de l’Homme et une campagne internationale sera lancée prochainement afin que la lumière soit faite sur le sort de ces disparus. La presse internationale en a d’ailleurs fait déjà écho car plusieurs dizaines d’entre eux ont été photographiés alors qu’ils avaient été arrêtés par les FRCI, puis parqués par eux dans une station Texaco du quartier des Deux-Plateaux, à Abidjan. Que sont devenus ces jeunes gens ? Ont-ils été déférés dans le Nord pour être détenus dans des prisons de fortune ou alors ont-ils été exécutés ? La dernière hypothèse ne m’étonnerait guère parce que les exécutions extra-judiciaires ont été érigées en règle par le pouvoir ivoirien. Enfin, au nom du « rattrapage ethnique » - c’est l’expression de M. Ouattara -, les autorités de mon pays se livrent à une chasse aux sorcières au sein de l’administration, où la promotion se fait exclusivement sur des critères ethniques. Cette pratique n’est pas républicaine. Nous parlons de sécurité, de droits de l’Homme. Mais l’économie n’est pas en reste…

Afrik.com : Les compétences économiques du nouveau président ivoirien sont pourtant celles qui font le moins débat ?

Toussaint Alain : : « ADO Solutions » était le slogan de sa campagne. Mais depuis un an, le miracle attendu s’est transformé en mirage. On assiste à des licenciements massifs aussi bien dans la fonction publique que dans le privé ...

Afrik.com : On ne peut pas directement imputer les licenciements dans le privé à Alassane Ouattara, compte tenu de la situation de crise qui est celle de la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie ?

Toussaint Alain : M. Ouattara est aujourd’hui incapable d’apporter des réponses aux préoccupations des ménages ivoiriens dont le pouvoir d’achat s’est réduit comme peau de chagrin. Les syndicats n’ont plus voix au chapitre. Les droits élémentaires des travailleurs sont bafoués. Plus d’un millier d’employés de la Sotra (Société des transports abidjanais, une société d’économie mixte, ndlr) on été abusivement licenciés, de même que des salariés de la RTI, l’audiovisuel public ivoirien, et du Port d’Abidjan. Dans le même temps, ces entreprises embauchent des personnes originaires du Nord. C’est également ainsi que M. Alassane Ouattara procède pour les recrutements dans l’armée, la police et la gendarmerie. Officiellement, les concours d’entrée sont suspendus mais on intègre des éléments des FRCI. Il y a une liquidation des règles républicaines qui est inquiétante. En lieu et place de la démocratie et de l’Etat de droit, c’est une dictature qui s’est installée en Côte d’Ivoire. Nous assistons à un net recul de la liberté de la presse. Ousmane Sy Savané, le directeur général du groupe Cyclone, éditeur du journal Le Temps pro-Laurent Gbagbo, est détenu par les services secrets d’Alassane Ouattara, la DST, sans qu’on sache pourquoi. Des journaux sont suspendus quand les articles ne sont pas du goût du pouvoir et leurs responsables jetés en prison. L’avocat de Simone Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, a été également appréhendé, il y a deux semaines, par les services secrets ivoiriens et on ne connaît toujours par les motifs de cette arrestation. Des journalistes français, comme Antoine Glaser, reconnaissent aujourd’hui que la Côte d’Ivoire « court vers un régime totalitaire ». Nous avons de profondes inquiétudes sur la gestion du pays.

Afrik.com : Vous avez de nombreux griefs contre le pouvoir ivoirien, mais vous saluez l’avènement de ce que l’on appelle désormais le "dialogue républicain". Pourquoi ?

Toussaint Alain : Nous dénonçons, à raison, M. Ouattara mais ce n’est pas pour autant qu’il faut fermer la porte du dialogue. Le dialogue peut être une arme puissante pour vaincre la tyrannie et la dictature. Le régime d’Alassane Ouattara est en train de tuer à petit feu l’opposition et d’asphyxier le contre-pouvoir qu’il représente. Depuis plusieurs mois, nous appelons à ce dialogue. Un an après, le pouvoir se résout enfin à discuter. Il faut s’en réjouir car c’est ensemble que les Ivoiriennes et les Ivoiriens éviteront à la réconciliation nationale de n'être qu'une vue de l’esprit. Quand bien même, l’on sait que le régime de M. Ouattara est un habitué des passages en force. Il a imposé Guillaume Soro à la présidence de l’Assemblée nationale alors qu’il n’avait pas les 40 requis pour être à la tête du parlement ivoirien. Il avait déjà fait fi des règles républicaines en nommant Francis Wodié à la tête du Conseil constitutionnel, en remplacement de Paul Yao N’Dré. M. Ouattara ne s’est pas non plus soumis aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, après la présidentielle de novembre 2010, qui donnaient victorieux Laurent Gbagbo. Cependant, il est urgent de repartir sur de nouvelles bases. Discuter avec ce pouvoir illégitime, c’est surtout penser aux populations et aux souffrances quotidiennes qu’elles endurent. Pour autant, la finalité du dialogue ne doit pas être la participation à un gouvernement. Cela peut être une option mais pas le but ultime. « Le pouvoir gouverne, l’opposition s’oppose. L’un et l’autre dans le strict respect des règles républicaines et de la loi », affirmait Laurent Gbagbo. Le dialogue doit conduire à une décrispation de la vie politique, à la confiance et à l’apaisement partout dans le pays, à un consensus national débouchant, à très court terme, sur le retour des exilés politiques et des réfugiés en Côte d’Ivoire. […] M. Ouattara a une peur bleue de la démocratie. Les libertés publiques sont bafouées et les journaux sont menacés de fermeture. Le dialogue est l’occasion de remettre tout cela à plat, d’obtenir les réponses à nos interrogations et de renouer avec un esprit de fraternité. La politique, ce n’est pas la guerre. Nous aspirons à une vraie démocratie en Côte d’Ivoire.

 
Source: AFRIK.COM

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI

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La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause ? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques : les intérêts «français» et «individuels».

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités.

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Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon… sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs.

Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

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Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale. Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

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Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger à faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.


Calixte Baniafouna

 

Source: MWINDA.ORG

GRANDE INTERVIEW AVEC HASSANE MAGUED: «JE SUIS UN RESISTANT AFRICAIN ET UN GUERRIER ENGAGE CORPS ET AME»

 

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Infodabidjan: Dans un premier temps, comment souhaiteriez-vous qu’on vous nomme? En un mot présentez-vous au grand public.

H.M: (Sourire) Il serait assez délicat de me présenter en un seul mot au grand public. Je me nomme Hassane Magued. Ça vous le savez déjà. Est-ce un nom à l’Etat civil ou un nom de Code? Je ne vous répondrai pas et n’en soyez pas déçus. Alors s’il était indispensable que Hassane Magued se présente au grand public en un seul mot, il dirait: Résistant. Je suis un Résistant africain. Et un guerrier engagé corps et âme pour la libération totale et irréversible de la Côte d’Ivoire de l’occupation étrangère.

Infodabidjan: Pourquoi avoir choisi d’écrire?

HM: Auriez-vous préféré la tradition orale? (Rire) Juste pour rigoler un peu. Hassane Magued a toujours écrit. Mais il a choisi d’écrire d’une façon particulière maintenant parce que l’Histoire en construction de la Nouvelle Afrique l’y a invité.

De tout temps, ma plus grande peine a été la faiblesse de la plume du journaliste africain en situation de guerre de communication. Nous nous contentons d’un journalisme d’information et de dénonciation. Ce type de journalisme est extrêmement utile et efficace, mais ayons la modestie de reconnaître qu’il est d’une efficacité limitée lorsqu’il s’agit de gagner la guerre de l’opinion.

Dans le contexte de l’invasion de la Côte d’Ivoire, il s’est imposé à moi, par devoir citoyen et panafricaniste de tenter de combler un certain vide. Car de mon humble point de vue, la préparation psychologique de nos peuples à des grands bouleversements imminents, la préparation des générations futures à l’esprit d’une lutte permanente contre les velléités d’invasion, le travail d’information stratégique des forces engagées dans la Résistance, entre autres, sont le devoir premier de l’intellectuel quand une nouvelle page de l’histoire des nations s’écrit.

Alors, Hassane Magued a choisi de faire du journalisme de combat pour mener une guerre sans répit et sans merci contre la machine de propagande de l’agresseur parce que cela est un devoir citoyen et panafricaniste pour lui.

Infodabidjan: Il s’agit donc d’articles de dénonciation et de mobilisation!

H.M: Oui, mais nos écrits vont bien au-delà. La propagande de l’ennemi a construit un empire de mensonge et de faux. Nous avons déconstruit ce mensonge et vous voyez désormais comment l’opinion africaine réagit à la vue de l’agresseur. Elle le hue. La prochaine étape sera de lui jeter des pierres.

La propagande de l’ennemi a diabolisé le juste et habillé en fourrure d’agneau, l’imposteur, le criminel, le voleur, le génocidaire. Eh bien notre travail reste, entre autres, de restituer devant l’histoire, le profil réel de l’imposteur, du criminel, du voleur, du génocidaire quels que soient les parures, les fonctions, les appellations ou les montages médiatiques qu’il s’offre. Puis dans un second temps, ce travail se parachève par un rétablissement de l’image écornée ou défigurée du juste afin que l’histoire retienne cela et qu’elle le réhabilite.

Ce sont juste, quelques pistes d’analyse que nous énumérons pour comprendre le travail que nous faisons. Ce qu’il faut donc retenir, c’est que nous ne faisons pas que de la mobilisation et de la dénonciation. Nous bâtissons de façon transversale, tout un système de communication qui déconstruit, construit, maintien en éveil, prépare aux grands bouleversements, exhorte à la patience, affermi l’esprit de Résistance et donne des indicateurs, parfois précis, parfois codés, des acquis de la lutte qui cachent mal notre Victoire dans un futur certain et très proche.

Infodabidjan: Quelle est la particularité de publier de tels articles en étant en exil?

H.M: Hassane Magued se sent à la maison partout en Afrique. Le sentiment d’être en exil est un esprit d’abandon et de désespoir. Il faut se sentir chez soi, sur un nouveau théâtre de combat, dans un contexte social différent. Et chaque jour, il faut renforcer la détermination, la hargne de vaincre. Hassane Magued ne se sent pas et ne sentira jamais en exil. Dès lors, il n’y a aucune particularité à être ici ou là. En Tunisie ou en Algérie, en Afrique du Sud ou en Angola, Hassane Magued mènera le combat en étant chez lui, en Afrique, à la maison, sur la terre de nos ancêtres, digne et fier de servir.

Infodabidjan: Comment l’idée vous est venue d’écrire?

H.M: Je recadrerai cette question, si vous me le permettez. Je dirai pourquoi avez-vous choisi le concept idéologique de la Révolution Permanente ?

Et je répondrai : Hassane Magued, a toujours écrit et théorisé sur les grandes questions politiques, dans des cadres privés ou dans l’antichambre d’un certain pouvoir politique. Mais il se sent dans la peau d’un idéologue et d’un stratège politique.

Du point de vue idéologique, Hassane Magued, n’est pas un politicien. Mais il pourrait être un réformateur socialiste ; il peut être aussi appelé trotskiste. Ce qu’il faut retenir, c’est que Hassane Magued croit que la Révolution Permanente du point de vue idéologique est la panacée dans le combat de libération engagé par la Résistance africaine.

La Révolution Permanente est la vision idéologique de Léon Trotski. Pour simplifier, la Révolution Permanente prône un combat révolutionnaire permanent, qui ne doit pas se contenter marquer des bémols avec des victoires au coup par coup comme le préconisait Lénine, mais devra mener la Révolution jusqu’à la réalisation complète de l’objectif que l’on s’est fixé.

Aujourd’hui, l’Afrique ne peut pas se contenter de victoires thématiques du genre, on voulait voler notre victoire à l’élection, nous avons résisté et la vérité a été rétablie donc, nous continuons avec le prédateur qui a tenté le coup et nous oublions le passé.

Deux ou trois années plus tard, on se réveil avec une rébellion armée qui partitionne le pays et on se contente de résister, obtenir la condamnation hypocrite de cette rébellion par ses vrais parrains et puis, on est heureux et on décide de faire copain – copain. C’est une grave erreur dans l’approche du combat révolutionnaire. C’est le prix de ce genre d’erreur que la Côte d’Ivoire paie aujourd’hui.

Pour la Révolution Permanente, si notre objectif est l’Indépendance économique, le respect de la Souveraineté de nos Etats, la fin du dictat d’une puissance armée se comportant comme un mal dominant vis-à-vis de nous, eh bien, dès que nous déclenchons un processus révolutionnaire, il faut maintenir le cap jusqu’à atteindre le point de réalisation complet et irréversible de notre objectif. Tout contentement qui vise à baisser la garde après des victoires thématiques, des victoires au coup par coup, est une erreur d’approche idéologique.

Voici pourquoi nous avons choisi d’écrire pour partager cette vision idéologique distillée dans toutes les Chroniques que nous publions.

Infodabidjan: Et combien de temps ça vous prends pour écrire ces articles?

H.M: Le temps le plus long est celui de la compilation des informations et des analyses consacrées au traitement des informations compilées grâce un puissant réseau qui a des acteurs dans tous les milieux sociopolitiques et socioéconomiques de la Côte d’Ivoire. Après coup, une proposition venant d’un acteur de la Révolution Permanente pour harmonisation du style de rédaction ou un travail de rédaction venant directement de ma modeste personne, ne prend jamais une heure de temps. Quand ce temps moyen doit être dépassé, c’est que la Chronique du jour s’est voulue un peu plus longue, allant de 4 à 5 pages.

Infodabidjan: D’où tirez-vous votre inspiration ?

H.M: (Sourire) De Dieu, car il n’y a que Lui pour donner de l’intelligence et la capacité aussi bien d’analyse que de rédaction que nous avons. Des fois, (silence), j’ai l’impression que quelqu’un me dicte ce qui doit être écrit et dit. Il y a forcément la Main de Dieu dans le travail de nous faisons. J’en suis plus que convaincu. Je n’en dis pas plus.

Infodabidjan: On peut donc dire que depuis le 11 avril, vous êtes concentré sur les faits de la crise ivoirienne!

H.M: Avant le 11 avril 2011 dans des cercles privés d’analyse stratégique et après cette date maudite, nous avons décidé de constituer une force de Résistance sur un des fronts sur lesquels l’ennemi nous battait les yeux fermés autrefois ; je veux parler de la guerre de communication. Mais de temps à autres, nous interpellons des pays comme le Cameroun, l’Angola, la RD Congo, la Guinée Equatoriale et nous ne manquons pas de mettre Monsieur Nicolas Sarkozy devant ses responsabilités historiques dans l’agression barbare qu’il conduit par mépris racial contre une Afrique qui ne lui a rien fait de mal et dont le seul tort est de posséder des richesses immenses.

Infodabidjan: Ecrivez-vous seul ou vous le faite en équipe?

H.M: Cette question a déjà été répondue.

Infodabidjan: Avez-vous des représentants qui sont chargés de faire la campagne de communication?

H.M: Cette question a déjà été répondue.

Infodabidjan: Comment avez-vous accueilli la nouvelle du transfèrement de Gbagbo devant la CPI?

H.M: Sans surprise car nous avions prévenu dans une Chronique d’indignation adressée plus ou moins à Monsieur Koné Katina, qui s’était félicité de l’ouverture d’une enquête décidée par la CPI sur les événements consécutifs au braquage électoral de l’ONU et de la France perpétré du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011 date de capture du Président GBAGBO par la France.

Et sur la question, notre position a toujours été constante et elle ne variera pas tant que l’histoire ne nous a pas démontré que nous nous sommes trompés.

Ce qui se joue autour de la personne du Président GBAGBO n’a rien de juridique. Et la solution ne sera pas juridique ou simplement juridique, pour être plus précis.

Il y a deux angles sous lesquels nous analysons la capture et la déportation du Président GBAGBO: 1) l’angle du mépris racial, 2) l’angle de la rectification coloniale conceptualisée par certains comme étant une simple recolonisation.

Sous l’angle du mépris racial, le Président GBAGBO a été diabolisé puis humilié par Nicolas Sarkozy et la classe politique française, par ce que – et là je tiens cette opinion de Nicolas Sarkozy lui-même – il fait partie d’une espèce de sous-hommes, qui ne sont pas encore entrés dans l’Histoire et qui osent tenir tête à un président civilisé, bâtisseur de l’histoire des nations et maître incontestable du destin de l’Afrique. Résultat : à la façon dont les esclaves impolis étaient punis et humiliés autrefois par leurs maîtres blancs, le Président GBAGBO a été traqué comme un Noir marron, capturé, humilié et déporté dans une prison d’asile. Et il n’y a pas institution plus appropriée que la CPI, cette cour créée par l’ONU pour légaliser le traitement méprisant et dégradant du Noir qui ose dire “Non”.

Sous cet angle, aucun avocat, avec tous les meilleurs arguments du monde, ne réussira jamais à sortir le Président GBAGBO de cet asile pour les Noirs, les ex-esclaves insoumis.

Sous l’angle de la rectification coloniale, nous sommes convaincus que la décolonisation des années 60 n’a jamais été prise au sérieux par les Colons d’hier. Il y a donc eu un malentendu entre les Colons d’hier et les Colonisés. Ces derniers pensaient qu’ils avaient recouvré la Liberté et qu’ils étaient devenus maîtres de leurs destins. Mais le Colon n’entendait pas cette décolonisation de cette façon.

Il traite les anciennes colonies comme des délégataires de droit d’administration de propriétés coloniales. C’est ce qui explique que si le délégataire principal, celui qu’on appelle abusivement Président, n’emporte pas l’adhésion du Colon ou ne lui offre pas des garanties de soumission, le Colon procède à une rectification. Ou si vous le voulez, il procède à une annulation de la décision.

Et cette dynamique de rectification s’observe dans la déconstruction et la recomposition des frontières nationales héritées de la colonisation, telle qu’amorcée en 2011. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est en plein repeuplement avec un schéma très clair de fendre le pays en deux en partant du Nord-Ouest jusqu’au Sud-Ouest pour le donner au Burkina Faso. Parce que Blaise Compaoré contesterait l’ancien découpage qui a fait que la Haute Volta était restée confinée dans la partie désertique et la Côte d’Ivoire, dans la partie humide. Si les Ivoiriens ne se réveillent pas pour mettre fin à ce repeuplement, la Côte d’Ivoire subira une nouvelle partition, cette fois-ci, pas de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre du pays, mais du Nord-Ouest au Sud-Ouest en incluant le Port de San Pedro et la zone cacaoyère de Soubré.

C’est ce projet de rectification coloniale qui a donné la partition du Soudan. C’est ce même projet qui est en train de donner la partition du Mali. Cette même volonté de rectification coloniale va se réaliser en RD Congo dès qu’un acteur crédible sera trouvé. Etc. Etc.

Alors pour en revenir au Président GBAGBO, sa résistance, ayant empêché la réalisation du projet de partition de la Côte d’Ivoire dans le bon sens, a été une des raisons fondamentales de sa déportation. Il n’est ni plus ni moins qu’un Résistant qui menace un projet de rectification coloniale visant les frontières de la Côte d’Ivoire héritées de la Colonisation.

Infodabidjan: Quel est votre sentiment par rapport à cette situation?

H.M: là aussi, notre position est très claire. La Côte d’Ivoire est un pays envahi et occupé par des armées étrangères. Il faut procéder à la libération conséquente de la Côte d’Ivoire et à la construction d’un système de gouvernance révolutionnaire qui permettra l’émergence d’un pays fort, craint, respecté et ouvert sur le monde dans le cadre d’un recentrage diplomatique, économique et monétaire.

La Côte d’Ivoire libérée équivaut à un Laurent GBAGBO libéré. Sinon, en partant de report en report du procès à la CPI, avec des exceptions de procédures et autres raisons farfelues, le tout couronné par une manipulation du temps, le Président GBAGBO sortira un jour de son asile de déportation, blanchi, mais à un âge où il viendra trouver ces petits fils à naître, déjà adultes.

Infodabidjan: Hassane, nous allons aborder la seconde partie de cette interview. Pouvez-vous nous dire quand vous avez vu et parlé à Laurent GBAGBO pour la dernière fois?

H.M: (Sourire) Tout comme vous, j’ai vu le Président GBAGBO pour la dernière fois la télévision, après sa déportation. Quand est-ce que je lui ai parlé pour la dernière fois ? Je dirai, par personne interposée, avant le 11 avril 2011, par correspondance ouverte, dans une Chronique l’invitant à la Repentance. Repentance, non parce qu’il aurait été condamnable mais parce que cela est un geste d’humilité que Dieu agrée. La Bible enseigne que « Car tous ont péché qu’ils sont privés de la gloire de Dieu ». C’était juste dans cet esprit biblique que nous avions demandé la repentance.

Infodabidjan: Que pensez-vous de la communication mise en place par les résistants? Je veux parler de Infodabidjan, de notre partenaire de la Radio VRA et tous les autres sites qui défendent le droit humain et la liberté de ivoiriens y compris le travail que vous faite.

H.M: Alors vous me donnez là l’occasion, pour la première fois d’exprimer ma fierté devant le réveil de la Résistance patriotique et révolutionnaire qui a investi tous les canaux de communication et a damé le pion de très loin aux menteurs qui faisaient la pluie et le beau temps hier.

C’est aussi l’occasion pour dire grand merci à Infodabidjan et à la Radio VRA, que j’ai découverts grâce à un ami, et qui aujourd’hui, sont la vitrine, sinon l’une des vitrines majeures de la guerre de communication engagée par la Révolution Permanente et tous les Résistants contre les envahisseurs de la Côte d’Ivoire. Ma modeste personne ne peut pas vous remercier. Mais le peuple ivoirien et les Patriotes africains sauront mieux que moi, trouver les mots et les gestes forts pour vous dire merci.

Si vous le permettez, je voudrais saluer dans une union de cœur et de prière, les Guerrières et Guerriers Touré Zeguen, Abel Naki, Awansou Sehivé, Steve Beko, Shlomit Abel, Prisca Joelle Stani, … pour ne citer que ces noms et dire ma fierté à tous les tenants de la flamme de la Résistance Patriotique et Révolutionnaire (Administrateurs de sites web, de Blogs, de Pages sur les réseaux sociaux, Communicateur de Web radios, etc.) qui font un travail qui dépasse toute espérance et dont les résultats sont maintenant visibles. Merci et tous mes encouragements à la Presse Imprimée. Merci du fond du cœur pour votre engagement patriotique et citoyen. Votre amour manifesté pour la Côte d’Ivoire est une leçon de civisme et un témoignage vivant que les jeunes générations hériteront avec fierté et dignité. Merci.

Infodabidjan: Êtes-vous prêt à appeler à la mobilisation des ivoiriens face à tout ce qui se passe tous les en Côte d’Ivoire? Nous ne parlons pas d’insurrection.

H.M: (Silence) Qu’est-ce qui vous gênerait si nous appelions à une insurrection du peuple de Côte d’Ivoire contre les armées étrangères qui l’ont asservi, protègent des égorgeurs, voleurs et violeurs et tirent sur des citoyens libres, pour protéger leur entreprise de pillage organisé et de déconstruction de la Côte d’Ivoire ?

(Sourire) Mais soyez rassurez. Je ne vais pas vous embarrasser en utilisant le cadre de cette interview dont vous m’en faites l’honneur, pour passer un tel message.

(Le ton grave) L’heure vient et elle est là où les rires moqueurs vont se changer en pleurs et où le fardeau de la responsabilité et du devoir de rendre compte, mettront fin à jamais, au mépris de la vérité, de la justice mais aussi et surtout, au plaisir de faire mal. Ce jour vient et il est là. L’histoire est notre témoin à tous.

Infodabidjan: Que pensez-vous des cadres du FPI? Pensez-vous qu’ils aient été à l’origine de certaines erreurs de Laurent Gbagbo?

H.M: Souffrez que je ne sois pas juge du FPI et non plus juge du Président GBAGBO. Le FPI fera son propre bilan. Chaque cadre fera son examen de conscience. Et nous ferons notre travail de Combattant au service d’une Côte d’Ivoire forte, débarrassée des insouciants et des prétentieux.

Le plus important, c’est que cette situation de déconfiture nous serve de leçon d’histoire et d’école de la vie. Mais à tous ceux à qui cette situation de perdition ne donnera aucun enseignement en vue de s’améliorer, je voudrais dire que la Côte d’Ivoire libre et restaurée les rejettera comme des malpropres.

Infodabidjan: Ils sont nombreux ces ivoiriens qui ne cessent de vous lire, quel message leur donnez-vous?

H.M: Je voudrais leur dire trois choses : la première, c’est mon infinie reconnaissance et mes remerciements soutenus pour leurs encouragements et leur engagement aux côtés d’une Côte d’Ivoire qui se meurt. Ils sont gagnés parfois par le doute, le désespoir et l’impatience. Je voudrais leur dire que si le temps de Dieu était celui des Hommes, la cause de leur malheur aurait été extirpée avant la fin de l’année 2011. Mais ce n’est que partie remise.

La deuxième chose que j’aimerais leur dire, c’est que nous avons besoin de leur implication pour une diffusion plus large des idées et idéaux que la Révolution Permanente diffuse à travers ses Chroniques. Partages par courriels, impression et distribution dans des cercles parentaux ou d’amis, récupération des arguments développés pour convaincre des interlocuteurs, voici l’approche participative que nous attendons des Ivoiriens et Résistants africains.

Et enfin, je leur dirai, bientôt, nous nous regarderons assis face à face et ensemble, nous regarderons vers des horizons plus heureux dans un esprit de fraternité vraie.

Infodabidjan: Certains nous ont contacté et nous ont demandé si Hassane publiera un livre que leur répondez-vous?

H.M: (Rire) Je leur répondrai que j’ai moi-même été contacté, par personne interposée, par certains éditeurs, sur de tels projets mais pour l’heure, nos priorités sont ailleurs.

Je crains d’avoir à participer à une vaste entreprise de “mercantilisation” de la souffrance des Ivoiriens en tirant de faux honneurs à goûter au fruit défendu de la célébrité commerciale. Ce genre de chose doit être abordé froidement, avec l’intention de faire œuvre utile, de fortifier l’esprit de combat et créer les pistes pour la victoire finale sur l’ennemi.

Si tel est la motivation de mettre un ou des ouvrages à la disposition de la Résistance, nous nous ferons le devoir d’apporter notre contribution. Sinon, cela est sans intérêt pour nous.

Mais il nous plairait bien, comme Mao Tse Toung l’a fait dans le Petit Livre Rouge, de mettre à la disposition des Résistants africains, des Ouvrages dont le plus important pour moi, sera probablement, « Mes Méditations sur la thématique du développement souverain ». J’y travaille et une surprise n’est pas loin.

Infodabidjan: Votre dernier mot aux ivoiriens.

H.M: (Rire). Si je n’ai droit qu’à un seul mot, ce sera « Merci ».

 

Interview réalisée par Sonia Kouamé pour Infodabidjan.


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

mardi, 17 avril 2012

COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

 

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L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo?

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Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »

Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse ! 

Photo - dr   Texte - J.O.


PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL