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mardi, 17 avril 2012

ADIEU A SARKOZY ET A SA POLITIQUE BLING-BLING EN ZIGZAG

 

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Mort de fatigue à quelques encablures de la date fatidique

 

La France de notre enfance était un grand pays. C’était un grand pays de culture feutrée, mais c’était également un pays de grands hommes et d’hommes grands (un coup d’œil dans le rétroviseur de De Gaulle à Mitterrand pour s’en convaincre). D’aucuns diront que la France était grande parce qu’elle avait un empire colonial, et que depuis l’accession à l’indépendance de nombre de ses colonies d’Afrique et d’Asie, elle est restée réduite à la portion congrue. Certainement, cela peut être vraie, mais elle aurait pu garder tout de même, sa force économique d’antan, encore faut-il que ses dirigeants actuels reflètent cette élégance idéelle !

Le quinquennat de son dernier président, M. Nicolas Sarkozy a donné l’estocade sur tous les plans à la grandeur perdue de la France. Pour excuser ses dérives et ses déboires, l’on a qualifié cette descente aux enfers, de politique bling-bling. En Côte d’Ivoire l’on dirait de cette politique qu’elle est celle du parler « gbêh » où ignorance et insolence se disputent la part du lion. En quoi consiste-t-elle ?

Dans sa réalité, cette manière de s’exprimer consiste à dire brutalement tout haut, sans porter de gant, certaines choses que tout le monde pense tout bas. C’est le propos de l’homme qui va droit au but. En début de campagne à Argenteuil, une des banlieues Nord de Paris dans le département du Val d’Oise (95), cet homme a insulté les enfants issus de l’immigration en les traitant de « racaille ». Et comme si cela ne suffisait pas, il a promis la manière forte pour les débarrasser de la cité en les faisant passer au carsher. Il a du coup oublié que la société française, a sa part de responsabilité dans l’échec des jeunes qui se tournent vers la drogue et autres fléaux sociaux. Lui-même issu de l’immigration, aurait pu donner l’espoir à ces jeunes, en leur disant qu’eux aussi peuvent y arriver s’ils s’en donnent la peine… A un moment donné, cet homme a suggéré l’idée de supprimer l’aide aux familles dont les enfants ont échoué. En l’espèce, il s’agissait de sanctionner les familles en coupant l’allocation familiale qui leur permettait de faire face aux nombreuses dépenses, car ces enfants en échec scolaire, proviennent de milieu défavorisé (Famille nombreuse, enfants abandonnés à eux-mêmes, parents au travail de 06h à 22h passées le plus souvent, Etc.).

Quand l’homme est arrivé au pouvoir, ses méthodes de plouc parachuté au sommet de l’Etat (petites tapes dans le dos, accolades peu catholiques à ses collègues présidents, absence de diplomatie dans la manière d’être), ont fini par agacer ceux qui soutenaient sa promesse du changement. Il se faufilait entre les problèmes aux plans national et international ; alors ses détracteurs ont parlé de politique de zigzag (Dixit F. Hollande), mais aussi de comportement d’un agité.

Certes les crises internationales de la finance et de la dette, ont complètement enseveli toutes les promesses du candidat Sarkozy, mais surtout la défense de la démocratie « spécieuse» (soutenue par sa clique onusienne et lui), a fait naître le slogan « Sarkozy dégage ». La coupe était trop pleine : trois fronts de guerre à la fois en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en Libye etc. ne lui suffisaient pas, il cherchait maintenant une guerre civile en opposant les Français. Dans un tel cas, il est normal que par reflexe, les Français s’accordent à lui rendre son bras d’honneur de plouc en le chassant du palais de l’Elysée.

Si dimanche prochain, la France vote pour la fin des privilèges, par ricochet, ceux d’Afrique par Françafrique interposée, verront le glas sonner pour eux. Nous dirons préventivement adieu à la promesse des pluies des milliards de francs CFA ; suivez mon regard !

 

Louis-Freddy Aguisso


Source: JUSQU'AU BOUT.FR

lundi, 16 avril 2012

PREMIER CONGRES DU MOUVEMENT DES AFRICAINS-FRANÇAIS: LE DISCOURS INTEGRAL DE CALIXTHE BEYALA

 

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Chers amis,

Merci d’être venus aussi nombreux, d’être venus quelquefois de si loin, d’Allemagne ou de Dakar, de l’Italie ou de Ouagadougou pour assister à ce premier Congrès extraordinaire du Mouvement des Africain-français.

Etre Africain-français, c’est clamer son attachement à la France, c’est  l’aimer et la chérir, mais aussi d’avoir une passion pour l’Afrique, pour sa culture et se soucier de son avenir. 

Etre Africain-Français c’est se reconnaître dans des valeurs de paix universelle, d’égalité universelle et de fraternité universelle

Etre Africain-français,  c’est réaffirmer son attachement aux valeurs de la République.

Etre Africain-français c’est être fiers d’être français, tout aussi fiers de puiser ses racines dans l’Afrique Ancestrale, cette Afrique berceau de l’humanité et de la civilisation, mais qui en ce troisième millénaire a décidé de sortir de son berceau.

Etre Africain-français, c’est se réclamer aussi bien des Lumières que de l’Africain Wilhem AMO, d’APULEE DE MADAURE que de Condorcet.

Etre Africain-français c’est être fiers d’avoir pour ancêtre le berbère Saint-Augustin d’Hippone un des pères fondateurs de l’église, que d’Olympe de Gouge, la révolutionnaire qui a combattu l’esclavage  et rédigé la déclaration universelle des droits de la femme et de la citoyenne.

Etre Africain-français c’est être cette double combinaison, d’Occident et d’Afrique dont l’un ne saurait se prévaloir sur l’autre.

Etre Africain-français, c’est accepter son métissage culturel, ethnique et géographique qui est un atout pour la France 

Etre Africain-français c’est contribuer à la civilisation française dans sa vocation universaliste.

Chers amis, Honorables invités, 

Etre Africain-français n’est pas une question de couleur de peau étant donné que l’Afrique est le continent de toutes les couleurs, de toutes les nuances … Etre Africain-français est avant tout une vision, une manière de concevoir l’humanité comme un tout indissociable au-delà des différences culturelles, ethniques ou religieuses,

Etre Africain-français est un art de vivre.

Etre Africain-français, c’est faire partie sans nul doute du dernier carré des Républicains porteurs des idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité

C’est pourquoi chers amis,

Les Africain-français ont le privilège aujourd’hui, dans ce lieu mythique en cette date du 14 avril de l’année 2012 d’annoncer l’abrogation du décret Royal du 5 avril et 9 août 1777 interdisant aux Noirs, mulâtres et autres hommes de couleur, l’entrée sur le territoire Français et les mariages interraciaux.

Etre Africain-Français, c’est proclamer l’abrogation de ce décret Royal, avec effet immédiat, d’autant qu’il est censé être toujours en vigueur. 

Etre Africain-français, c’est s’interroger  sur ce curieux oubli qui donne une légitimité aux partis de l’extrême droite française dont les programmes portent en eux la gangrène du racisme, les nécroses du rejet de l’Autre et dont les discours nauséabonds se résument à faire de l’immigration-intégration, un couple indissociable, responsable des tous les malheurs de la France, responsable de l’insécurité, du chômage et de la déliquescence de notre identité française.   

Qu’ils sont ridicules ces partis xénophobes qui se donnent tant de mal  pour exprimer de telles inepties, de telles stupidités !

Chers amis, Honorables invités, mes frères et sœurs, 

Nous, Africain-français tenons à dire à ces politiques xénophobes et racistes qu’ils sont indignes de représenter notre si belle République car elle est  fondée sur des principes humanistes.

Nous leur disons d’une seule et même voix  que, la générosité, l’altruisme, la bonté, l’hospitalité sont les socles de la République française !

Nous leur disons avec virulence que la haine,  l’égoïsme et l’individualisme qu’ils prônent sont contraires à notre tradition judéo-chrétienne. 

Nous leurs disons que nous ne nous tairons plus face à leurs diatribes ignobles, à leurs libelles infâmes, à leurs palabres hideuses.

Nous affirmons d’une seule et même voix, à ceux qui préconisent la haine et le rejet,  nous crions à Marine Le Pen,  que pour nous Africain-français donner à boire à celui qui a soif est pour nous un besoin et non une obligation, que donner à manger à celui qui a faim est pour nous une nécessité, qu’offrir un coin de feu pour se réchauffer à celui qui a froid est pour nous une aspiration aussi forte que celle de vivre. Car générosité et hospitalité fondent notre identité africaine et chrétienne. Nous  soignerons le malade et l’indigent tel que l’exigent les préceptes que nous épousons. Nous nous battrons pour que notre cher pays la France et nos HLM demeurent des lieux d’accueil pour tous  les nécessiteux sans distinction de race, de couleur ou de religion !

Parce que donner nous enrichit, parce que donner nous donne sens, parce que donner nous distingue de l’animal car cet acte fait de nous des hommes

Nous affirmons cela avec d’autant plus de force que les valeurs d’égalité et de fraternité si chères à notre République, vont chaque jour en s’effilochant. 

Nous mettons en garde, les partis politiques Républicains tentés de reprendre à leur compte ce discours honteux pour des raisons électoralistes, ceux-là qui quelques mois encore nous proposaient un misérable débat sur l’identité nationale, un débat somme toute passionnant, mais étriqué et douteux dans sa formulation. 

Nous affirmons qu’une identité est comme une planète, en perpétuelle mouvement… ce qui fait toute sa beauté, toute sa richesse, toute sa magnificence n’en déplaise aux tenants d’une identité française figée qui serait exclusivement  d’extraction européenne et judéo-chrétienne.

Nous sommes convaincus que,  l’identité géographique des peuples  est plus importante que l’identité raciale. 

Nous sommes convaincus que les hommes appartiennent plus à leur époque et à leur espace géographique qu’à leur origine ethnique. 

Ce constat établi, nous appelons - d’une seule et même voix tous les partis -politiques à travailler ardemment au renforcement de la cohésion sociale, mise à mal depuis cinq ans par moult discours et propositions clivant 

Honorables invités, chers amis,

Plaider la cause d’un peuple devant une nation à laquelle il est censé appartenir voilà qui n’est pas aisé ; ceci est d’autant plus difficile que ce peuple a depuis des siècles accepté par la force ou par facilité les épithètes les plus saugrenues qu’on lui accole ; Il arrive quelquefois qu’il utilise lui-même  certaines épithètes qui le disqualifient en tant qu’être social, en tant que entité culturelle ayant une pensée, une capacité d’analyse et finalement en tant que personne physique ayant des droits et des devoirs.

La dernière trouvaille en date pour désigner les Africain-français est le mot « diversité. » Et nul n’argue que s’il existe bel et bien une diversité dans la faune et la flore, il n’existe qu’une seule race humaine, celle des hommes.

Pourtant, personne ne s’étonne d’entendre d’éminents politiques ou intellectuels hautement instruits, de grands journalistes et d’importants économistes qualifier les africain-français de « diversité » Et sans esprit de polémique, nous invitons le lecteur à se référer au Petit Larousse qui propose d’autres mots de la même famille, dont il ne serait point vain d’en faire un rapprochement avec « diversité » à savoir, divergent, divers, diversifier …. Jusqu’à divertissement !

L’utilisation du mot « diversité » à l’égard de l’Africain-français est-elle une manière de le considérer comme une quantité négligeable au sein de la Nation ? Est-ce une tournure linguistique pour lui signifier qu’en tant que « diversité » il n’est pas une nécessité absolue ? Est-ce un contournement pour lui notifier qu’il n’est pas essentiel au fonctionnement d’une économie, d’une administration et encore moins de la politique exclusivement réservée à une certaine élite ? Le « divers » n’est pas le centre de préoccupation d’une société ; il est son accessoire, sa périphérie… Et l’on peut s’en passer sans que n’intervienne un bouleversement dans l’établi.

Chers amis, honorables, nous ne sommes pas une diversité, nous sommes des Africain-français.

Des Français se définissant comme des Africain-français représentent près de 20 % de la population nationale.

Pourtant, aucun Africain-français ne dirige une entreprise du CAC 40, aucun  Africain-français n’occupe un haut poste de responsabilité dans les instances politiques.  Le taux de chômage dans cette frange particulière des Français y est de 40 % alors que sur le plan national il oscille autour de 10 %. Comment s’en étonner si nous sommes considérés comme une diversité ?

Cette absence des Africain-français dans les sphères politiques, économiques et culturelles est liée à l’incapacité des dirigeants de cette cinquième République à veiller à l’application de notre constitution qui stipule que l’on ne saurait discriminer un citoyen en fonction de sa couleur, de ses origines, de sa croyance religieuse ou de son sexe…

Et le Mouvement des Africain-français s’est créé  pour obliger la République à revenir à ses fondamentaux, à respecter ses principes, tous ses principes sans exception. 

En ce sens, le Mouvement des Africain-français usera de tous les moyens légaux dont il dispose pour obtenir gain de cause.

Honorables invités, Chers amis,

Nous sommes aujourd’hui réunis pour dire notre malaise face à de telles injustices, pour exiger notre part du gâteau Républicain. Nous exigeons que sortent de nos rangs des députés, des ministres, d’imminents industriels et d’hommes et femmes de culture et nous disons d’une seule et même voix : assez de l’exclusion ! Assez des discriminations ! Assez de ces formes d’occultations subtiles mais réelles d’une grande frange de la population française. 

Africain-français : D’une seule et même voix nous disons

Que Nous sommes des métis et non des métèques.

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Premier congrès du Mouvement des Africains-Français (MAF)

D’une seule et même voix nous exigeons que des mesures d’urgence soient prises afin que le mot égalité devienne une réalité pour chaque homme, chaque femme ! Nous exigeons une égalité de fond et non seulement de forme comme c’est encore le cas jusqu’à ce jour.

Parce que nous en avons assez de voir nos CV rejetés à cause de la consonance ou de la couleur de notre peau; parce que nous en avons assez de n’avoir point accès à un logement  décent du fait de nos origines…. 

Chers amis, Honorables invités, ces discriminations dont nous sommes victimes ne s’expriment pas seulement sur le territoire national, mais également à l’extérieur. C’est ainsi que nous constatons avec tristesse, que le sort d’un Africain-français emprisonné dans les geôles des pays étrangers n’intéresse personne, fût-il innocent. Michel Gbagbo, un Africain-français innocent emprisonné depuis plus d’un an en Côte d’Ivoire en est la parfaite illustration alors qu’au même moment, l’Etat déploie des moyens colossaux pour libérer nos compatriotes emprisonnés en Amérique Latine.

Nous disons, ça suffit ! Assez ! Assez !

Africain-français !!!!!!

D’une seule et même voix, nous appelons au respect les tenants du discours universaliste qui n’ont cesse de dénoncer toute manifestation de nos revendications, toute tentative de regroupement des populations africain-françaises en nous accusant de communautaristes.

D’une seule et même voix nous les enjoignons de nous accepter dans notre totalité.

D’une seule et même voix, nous leurs signifions que nous connaissons leur manœuvre qui ont pour but de nous acculer au silence, alors que dans le même temps nous avons observé de leur part une acceptation sans aucune forme de procès, de l’expression des cultures d’extractions européennes alors même qu’elles se définissent comme une communauté. 

Leurs tentatives d’occultation de notre présence explique sans doute pourquoi, la population africain-française n’a pas donné lieu à des études scientifiques approfondies susceptibles d’en cerner les contours démographiques, les aspirations, les attentes, les pensées, les parcours socioprofessionnels, le niveau de vie, le taux de chômage, les maladies spécifiques dont elle souffre etc.… Pourtant on se rend compte que dans le même temps, ces experts sont à même de produire des statistiques des jeunes Africain-français emprisonnés dans les geôles de la République ou leur taux d’échec scolaire.

Chers amis, honorables invités, nous dénonçons ces travers, cette manière différentielle de nous traiter non dans un esprit de polémique, mais de rapprochement.

Nous sommes intimement convaincus que les mots, la connaissance, l’éthique et la pensée peuvent conquérir le chaos, venir à bout de l’ignorance et transformer le mépris d’hier en admiration d’aujourd’hui.

Chers amis, Honorables invités, avez-vous comme nous constatez oh, combien est absente la politique étrangère de la France dans les débats de ces présidentielles ? 

 Existe-t-il réellement une politique Africaine de la France ? 

A cette question, la réponse est non. Il n’existe aucune lisibilité, aucune ligne directrice de la politique de la France en Afrique. Celle-ci varie en fonction des intérêts de petits groupes et autres obscures officines.

Politiques et médias nous ont justifié  les interventions armées de l’année 2011 sur le continent noir par le souci de nos dirigeants occidentaux d’instaurer la démocratie dans les pays africains. 

Nous rétorquons que la démocratie n’est pas un produit exportable. Il appartient à chaque peuple de construire la sienne en fonction de son histoire et de son évolution.

Nous disons que notre si belle République a tant d’atouts, qu’elle n’a pas besoin de mener des croisades çà et là pour s’imposer dans un univers mondialisé. Nous ne saurons soutenir ces guerres de conquête et de recolonisation d’un nouveau genre.

Nous exigeons le retrait rapide de nos soldats de plusieurs pays, parmi lesquels l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la RCA, le Tchad et le Gabon.

Au Mouvement des Africain-français, nous aimons la paix, la fraternité, la solidarité et la justice. Nous disons qu’avec les pays émergeants, la France se doit d’entretenir des relations de partenariat et de respect mutuel.

Chers amis, Honorables invités, les pays d’Afrique, notre continent d’origine n’est pas seulement victime des guerres meurtrières menées contre ses populations pour la captation de ses matières premières. Il est également de nouvelles formes des pressions juridiques spécifiquement conçues.

C’est ainsi que la dernière trouvaille des dirigeants du Nord pour mieux soumettre les gouvernements du Sud à travers des ONG complices est la notion de « Biens Mal acquis ».

Nous constatons :

A – Que les pays concernés par la question des « biens mal acquis » sont les pays pétroliers du Golfe de Guinée, de la Guinée Equatoriale au Cameroun, du Gabon en passant par le Congo.  Quid des Emirats ? Quid du Qatar ? Quid de la Russie ? Pourquoi les dirigeants de ces pays ne sont pas eux aussi mis au banc des accusés alors qu’ils achètent palaces et yachts de luxe en France ? S’agirait-il de faire chanter les dirigeants Africains pour les rendre encore plus dociles ? S’agirait-il de fragiliser ces Etats pour ensuite justifier des interventions militaires comme en Côte d’Ivoire ou en Libye ? 

Où sont donc passés les milliards soit disant volés par Mobutu ? Qu’en est-il de la fortune Libyenne ? Quant à ceux de la Côte d’Ivoire, nous savons aujourd’hui que Laurent Gbagbo est indigent et que la Cour Pénale Internationale est obligée de payer ses avocats.

Chers amis, Honorables invités, 

Nous venons de  nommer la Cour Pénale Internationale.

Il est curieux de constater que la plupart des puissances occidentales qui ne reconnaissent pas la compétence de cette cour pour juger leurs propres ressortissants, sont les mêmes qui exigent à cors et à cris que les Africains y soient envoyés pour y être jugés et ceci pour des crimes commis en Afrique contre les Africains. Il est temps de dénoncer cette fumisterie au nom des droits universels de l’homme.

L’existence de la Cour Pénale Internationale est pour chaque Africain descendant une humiliation. Elle nous rappelle les périodes sombres de l’esclavage lorsqu’on expédiait les résistants Noirs mourir loin de la chaleur de leur terre natale, loin de leur soleil. Il en avait été ainsi de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines,  de Boukman Duty,  de Makandal pour ne citer que ceux-là, paix à leur âme !

Nous ne préjugeons pas de l’innocence ou de la culpabilité de ceux qui sont enfermés dans cette prison pour nègre. Nous demandons pour eux un traitement humain, à savoir celui d’être jugés dans leur pays, sur la terre de leurs ancêtres et par les leurs. 

Ceci explique pourquoi, le Mouvement des Africain-français demande la fermeture de la cours pénale Internationale, cette prison qui porte en elle les germes de l’esclavage et de la colonisation, cette prison qui ressemble étrangement en un purgatoire pour Africain récalcitrant, ce goulag pour peuple dominé.

Nous, au Mouvement des Africain-français déclarons, que dorénavant nous serons l’interface entre la France et l’Afrique parce que nous sommes les héritiers naturels de l’Afrique en Occident, parce que nous sommes les mieux fondés à défendre les intérêts des peuples d’Afrique.

Chers amis, Honorables Invités,

Nous ne saurons conclure ce congrès sans vous parler des objectifs à court long et moyen terme de notre Mouvement.

Le Mouvement des Africain-français, n’est pas  un mouvement de contestation, mais de construction et de responsabilisation. 

Oui, les Africain-français ont décidé en se réunissant, en formant un tout indissociable, de prendre leur responsabilité devant les hommes et devant la République.

Oui, nous voulons exister au sein de la République par nous-mêmes et non sous forme d’assistanat. Nous n’accepterons jamais une subvention sous une forme ou sous une autre. Nous tenons à rester autonomes, à financer nous-mêmes nos différentes activités et nos différents projets.  

Etre au MAF, c’est être une femme ambitieuse,  c’est être un homme extrêmement courageux.

Au Mouvement des Africain-français, nous suscitons les ambitions et nous les accompagnons. Nous voulons des postes et nous allons les conquérir afin d’apporter notre contribution à la construction Républicaine.

En matière économique, grâce au nombre de nos adhérents qui nous l’espérons atteindront 1 000 000 de personnes en une année, voire au plus tard  dans deux ans, nous générerons de l’argent. Nous serons alors en mesure de prêter des fonds à nos entrepreneurs afin qu’ils puissent créer des entreprises et des emplois, améliorant ainsi la condition sociale des Français.

Et nous y arriverons. 

Sur le plan culturel, le MAF a pour projet la création des MAISONS DES CULTURES AFRICAIN-FRANCAISES. Et ce, grâce aux cotisations, à la bonne de volonté de chaque adhérent et aux divers dons. Nous ne tendrons plus jamais la main, car la main qui donne est au dessus de celle qui reçoit. 

Dans les 10 prochaines années, nous envisageons d’acheter un bien immeuble à Paris, Lille, Marseille, Lyon et Bordeaux.

Ces lieux seront des endroits d’éducation de nos jeunes, de lecture, d’apprentissage des langues africaines, de prise en charge de ceux qui ont été déscolarisés, un lieu de formation à une véritable citoyenneté. 

Oui, nous y réussirons, nous le ferons, ensemble, main dans la main, comme un seul homme !

En matière politique… fort de l’engouement que suscite notre Mouvement, fort de l’approbation et du crédit que lui porte chaque Africain-français dans l’hexagone, à travers l’Afrique, l’Europe et même l’Amérique, le Mouvement des Africain-français sera dans un futur très proche, le premier Mouvement politique de France. Il compte peser lourdement sur les prochaines échéances électorales en France.

Pour les élections régionales, municipales ou législatives, nous voterons au coup par coup, selon l’esprit des candidats à partir des accords préétablis avec les différents candidats au-delà des partis.

Il n’est pas question pour le MAF de nous contenter du saupoudrage habituel où l’on nous jette çà et là, sur des listes électorales quelques Noirs, quelques arabes sans que l’on sache d’où ils viennent, où ils vont, ce, juste pour capter nos voix. Aussi, les seuls qui feront parti des listes et pour lesquels nous voterons seront d’abord et avant tout des membres du MAF. Les Africain-français sont d’abord du MAF avant d’être au PS, à l’UMP ou au Parti communiste. Le MAF vote pour le MAF.

Le MAF est d’abord le MAF car il contient en son sein tous les ingrédients pour bâtir une vie meilleure, une société de paix et de respect telle que l’ont imaginé les grands humanistes, les grands hommes de paix et les grands universalistes. 

Au cas où nous n’aurions pas d’accord avec les partis classiques, fort de notre mobilisation en France, nous présenterons nos propres candidats aux diverses élections.

Parce que nous en avons assez de souffrir.

Parce que nous en avons assez d’être méprisés.

Parce que nous en avons assez d’être exclus. Nous nous inclurons dans la République avec l’amour qui nous caractérise, avec le sens d’équité et de justice que nous ont légué nos ancêtres Africains et Français.

Dimanche 22 avril,  les Africain-français voteront d’une seule et même voix lors des Présidentielles pour le candidat de gauche ou de droite, qui répondra de manière claire aux doléances des Africain-français et prendra des engagements ferme avec le MAF

Et en ce sens, notre candidat est François Hollande.

Nous tenons à remercier tous les africain-français pour leur forte mobilisation, pour leur sens aigu des responsabilités dans l’organisation de cette rencontre exceptionnelle. Chacun de nous, chacun de vous à donner le meilleur de lui-même pour que plus jamais, il ne soit dit que nous n’existons pas, que nous ne savons pas faire foule

Merci à tous et que la Mobilisation Continue ! Vive les Africain-français. Vive la France !

 

Calixthe Beyala


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

AFRIQUE - MALI: LA CONSPIRATION SE POURSUIT

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Richard (Attias) coeur d'or noir au secours de l'Afrique

 

Dans un récent article que l'on croirait tout droit sorti de la plume du puissant ex-mari de sa femme actuelle, Cécilia, l'homme d'affaires Richard Attias – publiciste et organisateur, entre autres, du “forum économique de Davos” depuis 1994 : c'est tout dire…–, nous brosse le portrait idyllique d'une Afrique à l'en croire bien près d'atteindre son PMP – Point de Maturité Politique – à l'aune des critères de la jet set des maîtres du monde. A l'origine de ce satisfecit : le succès de l'arbitrage mené par la CEDEAO, ayant abouti au désistement du capitaine Sanogo en faveur du président de l'assemblée nationale Dioncounda Traoré, dont le retour providentiel avait été curieusement “prophétisé” par le ministre français de la coopération Henri de Raincourt, lors d'une interview dans le cadre de l'émission “internationales” de TV5monde-Rfi-Le Monde, le dimanche 25 mars 2012.

Commençant par une allusion émue au pauvre “Amadou Toumani Touré (ATT), qui était pourtant un exemple démocratique dans la région” – alors que, ce n'est un secret pour personne, les gouvernants français n'avaient pardonné à ce dernier ni ses sympathies pour le Président Gbagbo et sa modération lors de la crise ivoirienne, ni son refus d'installer une base militaire française à Sévaré –, Monsieur Richard Attias feint de s'émerveiller devant la “médiation ferme et efficace qui a permis, pour la première fois en Afrique, de faire plier (par le dialogue et des menaces de mesures de rétorsion), la junte qui avait pris le pouvoir à Bamako”, avant d'évoquer en termes judicieusement réprobateurs – sur l'air de “vous voyez, je n'ai rien à voir avec ces gens-là”– “le silence assourdissant du ministère des affaires étrangères français” à l'occasion de cette crise.

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Cecilia Sarkozy et Richard Attias

Il fait ainsi mine de croire à la fois que la France n'a rien à voir avec les bouleversements subis par le Mali, et que les initiatives de la CEDEAO échappent au contrôle de la France. Une France, pourtant, – la “leur”, celle des copains fortunés de son actuel Président, celle de BHL et de Monsieur Attias – dont nul n'ignore qu'au travers de son ignoble guerre du pétrole en Lybie, elle a sciemment et puissamment contribué à armer la rébellion touareg, et, par delà, les extrémistes musulmans d'Aqmi; une CEDEAO plus que jamais soumise aux “diktats” de l'Élysée, depuis qu'elle s'est vu imposer pour président un sous-préfet “ivoirien” qui est aujourd'hui à Nicolas Sarkozy ce que Philippe Pétain était au chancelier du Reich...

Monsieur Attias fait également mine de croire que le premier enjeu de la crise malienne résidait dans le coup d'État d'une “junte” dont il s'avère aujourd'hui qu'elle n'était qu'un leurre destiné à servir les intérêts stratégiques de la rébellion nordiste, en éliminant tout risque d'un éventuel échec dans sa prise de contrôle de la moitié du pays (régions pétrolifères incluses). En effet, tout le monde l'a compris, les pressions exercées par la France – par CEDEAO interposée – n'ont fait que porter le coup de grâce à toute velléité de résistance nationale à l'irruption d'une catastrophe annoncée, non seulement prévisible, mais ardemment souhaitée par les vautours que l'on sait.

Fidèle à la rhétorique du vœu pieu, – sédatif de prédilection d'une opinion internationale sous influence –, Monsieur Attias ne manque pas de nous servir l'impeccable couplet soulignant la nécessité de “restaurer la souveraineté nationale dans le nord du pays”, préoccupation soi-disant partagée par l'Europe et les États-Unis, deux entités prédatrices qui, de fait, unissent et multiplient actuellement leurs efforts pour accélérer le démantèlement par étapes de tous les états africains.

Tout cela ne serait évidemment rien si Monsieur Attias avait oublié de prononcer le mot magique : la “menace” liée à l'émergence d'Aqmi. Comme si les quelques otages occidentaux – évoqués à point nommé par ce chantre de la Cause confraternelle – pesaient plus lourd que les 100 000 morts de la récente tuerie occidentale en Libye, les 20 000 morts de la rébellion dirigée depuis plus de dix ans par le burkinabé Ouattara contre l'intégrité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire, et les d'ores et déjà innombrables viols et assassinats objectivement commandités par les autorités Françaises – ces grandes pourvoyeuses de violence guerrière – au Nord-Mali, sans parler des millions de morts d'Irak et d'Afghanistan.

Mais Monsieur Richard Attias ne s'en tient pas là. En comparant la “crise politique” malienne, née du renversement d'ATT par le capitaine Sanogo, et celle selon lui “imposée” à la Côte d'Ivoire par SEM le Président Gbagbo, Monsieur Attias réussit un double tour de force :

- mettre sur le même plan l'incontestable légitimité d'un président élu et officiellement reconnu par la plus haute juridiction d'un État souverain – confronté aux menées d'un putschiste soutenu par une “communauté internationale” prise en otage par la France et les États-Unis –, et l'anti-constitutionnalité foncière du coup d'État de Bamako;

- noyer au passage l'énorme poisson des criantes similitudes entre la rébellion Ouattaro-sorienne et la rébellion touarego-aqmienne, la seconde inscrivant son programme de déstabilisation, de purification ethnique et de destruction “sur commande” dans le sillage de la première.

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Nicolas Sarkozy et Richard Attias

Et que dire du vibrant plaidoyer auquel se livre Monsieur Attias en faveur d'une plus grande implication de l'Europe et des États-Unis dans la lutte des Africains contre le “terrorisme” – un terrorisme dont chacun sait que toutes les ficelles de démagogie manipulatrice sont depuis longtemps déjà tirées depuis Paris, Londres ou Washington, trois capitales d'un Empire qui fonde sa stratégie de prise de contrôle planétaire sur l'utilisation parfaitement cynique de ce commode épouvantail – ? Nul doute que des millions d'Africains sauront retrouver, dans ce “morceau de bravoure” d'hypocrite ironie, l'écho de leur pire cauchemar : celui de l'assassin protecteur, paternaliste en diable et humanitaire à souhait, dégoulinant de compassion feinte pour les quelques rescapés d'entre la masse anonyme de ses victimes.

En formulant le souhait que les États-Unis et l'Europe – entendez la France, exécutrice des basses besognes de l'Empire dans cette région du monde – “s'associent à la démarche” d'une Afrique “officielle”– désormais capable d'après lui “de se réunir pour faire face à des enjeux globaux”, Monsieur Attias demande en somme aux colonisateurs esclavagistes d'avant-hier, mués entre hier et aujourd'hui en tueurs et montreurs de sanglantes marionnettes – ces chefs d'état à la solde des maîtres, grassement rétribués en pourcentage sur les richesses volées à leurs propres peuples –, d'accroître la pression sur les Africains jusqu'à leur voler leur âme, celle au fond de laquelle résonne cette vérité fort simple : la première des menaces – bien réelle celle-là – à laquelle doivent faire face les peuples d'Afrique – une Afrique méthodiquement mise à sac par les mêmes prédateurs, et cela sans interruption depuis trois siècles et demi –, c'est précisément celle que font peser sur son avenir et sa simple survie ces “parrains” occidentaux prêts à tout pour entraîner dans la spirale infernale de leurs conquêtes mortifères des populations entières scientifiquement condamnées à disparaître.

Heureusement, et nous ne pouvons que l'en remercier, Monsieur Attias contribue à trahir les projets inavouables de ses frères de pouvoir. Au moment où il évoque “l’émergence d’Aqmi" et "ses liens avec les indépendantistes Touaregs”, Monsieur Attias lève un pan du voile sur ce qui aurait dû rester secret : contrairement à la version relayée par les médias des marchands d'armes – celle d'une rébellion Touareg malencontreusement débordée par les extrémistes d'Al-Qaïda –, nous apprenons par sa plume que les deux ne forment qu'un seul et même “ennemi” : celui précisément dont la France a tout fait, depuis un an, pour favoriser la victoire, avant que ne vienne le moment de le brandir dans sa version “croque-mitaine-prêt-à-dévorer-nos-démocraties”.

Sous les dehors irréprochables d'un discours lénifiant, Monsieur Attias cache mal son jeu de représentant de commerce des terroristes en col blanc d'un Occident pillard assoiffé d'or noir ou jaune, de café et de cacao, de bois précieux et de métaux rares, comme du sang de tous ceux qui s'opposent à la réalisation de ses projets de domination sans partage de l'Afrique, cet immense coffre-fort de ressources naturelles. Souffrez, Monsieur Attias, que de cet “accompagnement” évoqué dans le titre de votre article, une immense majorité d'Africains, dès longtemps abreuvés des crimes de vos pairs, ne veuillent surtout pas. Car si l'effroyable cortège d'exactions, de mensonges, et les fleuves de sang qui ont précédé le début de cette ère nouvelle appelée de vos vœux caractérisent pour vous le temps de l'“absence” des occidentaux de la scène africaine, que pourrait représenter pour l'Afrique l'avènement d'un tel accompagnement, sinon la garantie à terme de son anéantissement pur et simple ?

Mais rassurez-vous : L'Afrique ne pourra plus longtemps faire l'économie d'une confrontation ouverte avec ses maîtres d'hier, grands sorciers d'aujourd'hui. L'Afrique ne se relèvera qu'au prix d'une union sans retour, passant par l'expulsion des chasseurs de sa chair; l'Afrique debout, c'est celle qui sera parvenue à interdire jusqu'au dernier d'entre ces arrogants l'accès à ses terres sacrées, terres depuis trop longtemps profanées, violées et piétinées. Alors, les cœurs de ses milliers de peuples et de langues battront à l'unisson de ses inépuisables ressources, sous le signe désormais inaltérable des promesses de DIEU pour elle.



Eliahou Abel


Jérusalem, le 15 avril 2012, 23 Nissan 5772.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 15 avril 2012

CAMP OUATTARA: DUR, DUR, LE METIER DE MENTEUR!

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"Le Débat" de France 24 sur le 11 Avril 2011: Adama Diomandé et le difficile métier de "menteur".

"Côte d'Ivoire, 1 an après: Réconciliation, quelle réconciliation?"

Bernard Houdin, Leslie Varenne, Antoine Glaser et encore Adama Diomandé (Le Représentant du RDR et des rebelles FRCI) sur France 24, pour l'anniversaire du tristement célèbre 11 Avril 2011.


Le représentant de Ouattara prend l'eau de toutes parts, balbutie et cafouille face à la vérité des faits. Dur, dur, le métier de menteur! Lentement mais très sûrement, la vérité est en train de se mettre en place et de confiner le mensonge dans ses derniers retranchements. C'est en cela que nous attendons avec impatience l'audience de confirmation des charges du 18 Juin 2012, à La Haye. Qui vivra verra!

 


11/04/2012 "LE DEBAT" PARTIE 1 par France 24


Dimanche 15 avril 2012: Les services de veille français à la solde d'Alassane Ouattara viennent de faire retirer les vidéos de cette émission de DAILYMOTION. Preuve que nous venons de marquer un excellent point. Le combat est multiforme! On ira jusqu'au bout!


Lundi 16 avril 2012: Après avoir été vertement chargés et incriminés sur la toile, ils viennent à nouveau de rétablir les vidéos.
Soit dit en passant, ces vidéos ne sont même pas encore disponibles sur le site internet de FRANCE 24.
C'est tout dire!!!



11/04/2012 "LE DEBAT" PARTIE 2 par France 24


Source: Le blog de Claudus

samedi, 14 avril 2012

RESISTANCE A LA RESIDENCE DE COCODY, ARRESTATION DE GBAGBO, SEJOUR AU GOLF: CE QUI N'A JAMAIS ETE DIT

 

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Mystères et questionnements. Les derniers jours passés par le président Laurent Gbagbo dans sa Résidence présidentielle de Cocody encerclée par des troupes pro-Ouattara incapables de venir à bout de la résistance de quelques centaines de loyalistes mais surtout par l’armée française dont les bombardements ont fini par incendier quasi-totalement l’édifice, continuent d’alimenter rumeurs, fantasmes et interrogations. Parce que de nombreux acteurs de ces moments terribles sont aujourd’hui embastillés, donc privés de leur droit à la parole et de toute possibilité de raconter.

Mais également parce que ces jours de feu et de sang témoignent de la vraie nature des relations entre la France et ses ex-colonies plus de cinquante ans après les indépendances formelles. A l’occasion de ce triste anniversaire, Le Nouveau Courrier révèle quelques-uns des secrets de cette période peu ordinaire.

 La force mentale et les interrogations de Laurent Gbagbo 

«Tant qu’il était là, nous n’avions pas peur. Jusqu’à ce qu’on vienne le prendre, le président Gbagbo était égal à lui-même. Avec son même sens de l’humour. C’est vrai qu’il était sérieux, mais détendu.

Jusqu’à la fin, il a cherché à comprendre l’acharnement toujours plus grandissant de la France. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a envoyé Alcide Djédjé à l’ambassade de France pour savoir pourquoi la France nous bombarde parce qu’il n’était pas en guerre contre la France», raconte une des personnes qui l’ont accompagné jusqu’au bout.
 
Ces snipers français qui ont commis des homicides en toute connaissance de cause

Bien entendu, Louis Moreno-Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI) et Fatou Bensouda, qui va bientôt le remplacer, n’ouvriront jamais d’enquête sur l’armée d’un des principaux Etats bailleurs de fonds de leur institution. Mais des témoignages concordants attestent de la présence de snipers français dans le périmètre de la Résidence de Cocody, plus particulièrement sur le toit de la Résidence de France, où s’est trouvé par moments l’ambassadeur Jean-Marc Simon. Ce sont ces snipers qui ont tué le colonel-major Hilaire Babri Gohourou, ex-porte parole des FDS à la grande entrée de la Résidence présidentielle, qui donne sur l’ambassade de France. Bloqué par de jeunes militaires accusant les généraux et les hauts gradés qui leur sont proches d’avoir «trahi», Babri, qui se trouve en dehors de toute position de belligérance, reçoit une balle dans la cuisse gauche. Puis une deuxième dans le dos. Il décède de ses blessures à l’infirmerie. A quoi répondaient ces crimes crapuleux de militaires français absolument pas mandatés pour faire directement la guerre, surtout à des personnes ne combattant pas? Bien entendu, tout cela relevait d’une bataille psychologique totale, et avait pour objectif de créer une psychose et empêcher l’afflux toujours plus grandissant de militaires à la Résidence, où un commandement cohérent se réorganisait après le lâchage d’une hiérarchie militaire travaillée au corps pendant des mois, souvent directement par des ambassadeurs accrédités à Abidjan.

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Simone Gbagbo ne contrôlait pas tout dans le «bunker», loin de là…

Pendant le siège de la Résidence de Cocody et même après, la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo a été décrite par certains médias comme une sorte de Messaline mystique et hystérique régnant impitoyablement sur la Résidence et radicalisant un époux sous influence. On peut aujourd’hui dire qu’il s’agissait de fausses informations, maintenant que des ex-pensionnaires de ce que l’on a appelé le «bunker» peuvent parler sous couvert d’anonymat. «C’est vraiment n’importe quoi. Simone était en retrait. Elle passait tout son temps dans la prière. C’est seulement le soir qu’elle rejoignait son époux. C’est le ministre Désiré Tagro qui était vraiment opérationnel. Il faisait le gros du boulot. Quand chacun finissait ce qu’il avait à faire, on rendait compte au chef. Qui décidait seul, sous le regard d’Aboudrahmane Sangaré et non de Simone. C’est clair qu’elle pouvait donner son avis, mais elle ne validait rien. Elle n’avait pas le rôle qu’on lui prête. Les gens racontent n’importe quoi», nous révèle un témoin.
 
La ministre Christine Adjobi confondue avec Simone Gbagbo

Une double ration de coups. Parce que son visage en sang a souvent été pris pour celui de Simone Gbagbo au Golf Hôtel, la ministre Christine Nebout Adjobi a été particulièrement malmenée. Malmenée par ceux qui la reconnaissaient, quasiment déchiquetée par ceux qui la prenaient pour Simone, elle a été battue au point d’être laissée pour morte. Comme Simone, ses cheveux ont été arrachés, ses vêtements ont été enlevés et déchirés. Elle a été poignardée d’un coup de couteau avec lequel ses bourreaux ont sectionné une de ses cuisses. Mais c’est aussi la confusion avec Simone qui l’a sauvée.

C’est parce qu’un FRCI l’a prise pour Simone devant un militaire de la force Licorne que ce dernier a arrêté la voiture qui la menait à Anyama pour être éliminée selon toute évidence. Devant les réticences du soldat pro-Ouattara, le Français a prononcé des mots très clairs, le renvoyant à son statut de supplétif. «Ici, l’autorité, c’est nous», a-t-il dit.
 
Un Casque bleu au moins parmi les tortionnaires du Golf

Les photos et les vidéos diffusées depuis un an ont très clairement établi que les Casques bleus de l’ONUCI, présents de manière massive, ont oublié leur fameuse «responsabilité de protéger» les civils pro-Gbagbo (dont Simone et Michel Gbagbo) contre la furia des FRCI et de leurs auxiliaires civils pro-Ouattara à l’hôtel du Golf. Mais un témoignage troublant nous est parvenu. Un Casque bleu au moins (au profil «asiatique») a prêté main forte aux bourreaux de cette journée atroce du 11 avril. Comment en avoir le cœur net? En ouvrant une Commission d’enquête, ce que l’ONU ne fera pas.
 
L’hypothèse d’une transition avec Mangou ou Koulibaly

Désespérés par l’incapacité des FRCI à prendre le contrôle d’Abidjan malgré l’aide multiforme reçue de la part de l’armée française et de l’ONUCI et inquiets du manque de coopération des Chinois et des Russes au Conseil de sécurité (avant leur assouplissement), certains «réseaux» parisiens au sommet ont évoqué, alors que la Résidence était assiégée, une sortie de crise «par le haut» qui verrait le président Gbagbo abandonner le pouvoir au profit soit de Mamadou Koulibaly, alors dans les bonnes grâces des patriotes, soit de Philippe Mangou. L’hypothèse a été vite abandonnée au profit d’un schéma maximaliste mais l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire lui donne du piquant a posteriori.
 
Le dévouement émouvant de la garde rapprochée de Gbagbo

Dans sa prison de La Haye, Laurent Gbagbo se remémore sans doute les trahisons d’un certain nombre de généraux croulant sous les honneurs et les privilèges. Mais il sait aussi l’héroïsme d’un certain nombre de «corps habillés» ivoiriens. Au moment où il devait finalement être pris, son aide de camp, Dua Kouassi Norbert, s’est couché sur lui, pour prendre l’éventuelle balle lui étant destinée.

Tandis que des membres de sa garde rapprochée dont l’adjudant Zokoubi et les lieutenants Kobly Rémi et Guédé Zagahi se sont levés pour dresser un ultime bouclier humain autour de leur chef. Fidèles jusqu’au bout, même face à la mort.
 
 
Philippe Brou


ERIC KAHE: «A L'EVOCATION DES MASSACRES DE L'OUEST, JE TOMBE DANS LES POMMES DANS LES BRAS DE MA FILLE DE 9 ANS»

 

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Le 11 avril, c'est d'abord le 28 mars avec la descente des FRCI sur Duékoué accompagnée de violents pillages et du carnage dont j'ai encore la chair de poule. Ce sont trois semaines de communications avec des populations et des parents réfugiés en brousse, sans nourriture ni chauffage, vivant de tubercules et de fruits sauvages et traqués par des Dozos qui tiraient sur eux comme des lapins. 

Le 11 avril, ce sont les pleurs d'adultes, entre le 28 mars et le 15 avril, qui résonnent encore dans mes oreilles. Ce sont des femmes et des enfants, en brousse avec un seul vêtement ou même presque nus. Cachés dans les forêts de sommet de montagne ou sur les flancs si ce n'est dans les grottes, ils sont dépassés par les évènements et ne comprennent pas la cruauté qu'ils subissent, incapables de pointer le nez dans un sentier. Pour beaucoup, le cauchemar n'a pas de nom et l'issue semble sans issue. 

Le 11 avril, c'est le souvenir du quartier Carrefour de Duékoué, c'est Guitrozon, Pinhou, Bagé "B", Fengolo, Guézon, Adzopé, Daloa, Yakro, le Zanzan, Guiglo, Toulepleu et tant d'autres localités, etc. Ce sont des appels au secours pour lesquels je suis d'une impuissance qui en ajoute à mes peines et douleurs. 
 
Le 11 avril, c'est un homme impuissant, brisé, informé de graves détresses et d'exactions inhumaines et appelant à son tour des secours qui ne se manifestent pas. C'est la crainte de voir les téléphones portables des survivants se décharger et me mettre dans une position de ne plus pouvoir communiquer avec eux. De sorte que mon premier reflexe est de leur faire éteindre tous les portables sur une zone de cachette et de ne communiquer que sur un seul. Une fois cette batterie épuisée on passe à un autre portable avec la même puce. Ce sont les exécutions sommaires dans de nombreux villages de l'Ouest et presque partout en Côte d'Ivoire. La vie humaine naguère si sacrée a alors moins de valeur que celle d'un poulet. La longue liste des décès annoncés au fur et à mesure. L'impression d'être dans un cauchemar sans fin.
 
Le 11 avril, c'est un homme qui quitte son domicile d'Abidjan le 30 mars pour une réunion et qui n'y est jamais retourné. Commence alors une longue errance à la recherche d'un toit pour passer la nuit du 30 mars, ma famille ayant fui les bombardements pour me rejoindre dans la rue. Oui, surréaliste mais dans la rue. Très tard dans la nuit, je trouve refuge, coincé avec ma famille dans un studio donnant directement sur une rue en Zone 4. Je vais rester cloîtré dans ce studio sans jamais voir le soleil, du 30 mars au 15 avril, moralement incapable d'abandonner le président Laurent Gbagbo sous les bombardements et quitter Abidjan. 
 
Le 11 avril, c'est un homme exténué, vidé de tout influx nerveux pour être passé par toutes sortes d'émotions. C'est la peur d'une agression, notamment sexuelle sur les enfants, et craignant de manquer à tout moment d'eau ou de nourriture pour des gamins. C'est assister en direct par téléphone aux pillages de longues années de travail, sous prétexte que ce sont les biens de l'Etat.

Des montagnes entourant Guitrozon, les jeunes décrivaient la rotation des camions entiers de transport affectés aux pillages. C'est le souvenir de mon oncle Nahi Doh, abattu à bout portant par ceux qui voulaient emporter mon cheptel. 
 
Le 11 avril est aussi pour moi, le souvenir de ma fillette qui m'arrose d'eau quand je tombe dans les pommes à la description des massacres du quartier Carrefour de Duékoué. Devoir s'occuper de son père à 9 ans! Et pourtant, nous avions tout fait pour cacher notre désarroi aux enfants. Etre en vie relève de la grâce de Jésus Christ, même si des serviteurs de Dieu ont subitement choisi de me renier, au nom des intérêts de leur pays.
 
Le 11 avril, c'est cette image de l'arrestation du président Laurent Gbagbo devant laquelle toute la famille s'est effondrée. Si la loyauté et la fidélité sont des qualités, alors les nôtres lui sont garanties. 

Car le 11 avril, c'est aussi le 7 avril, 30ème anniversaire du TGV. Ce jour est marqué sur les chaînes françaises, par les témoignages poignants de fidélité de Guy Labertit à Laurent Gbagbo. Sous les bombes assourdissantes qui illuminaient le ciel abidjanais, je savais la cause entendue et perdue mais un homme avait conquis mon cœur, sans compter l'héroïsme émouvant et la fidélité des collaborateurs immédiats du Chef. L'entreprise de mon épouse réussira à l'exfiltrer avec les enfants le 13 avril pour une capitale de la sous-région où je ne me sentais malheureusement pas le bienvenu. 
 
Le 11 avril, c'est une sortie miraculeuse d'Abidjan le 15 avril grâce à cet appel miraculeux, la veille, d'un homme dont j'avais du mal à reconnaître la voix et qui me demande de lui faire confiance. C'est quand je suis hors du pays qu'il décline son identité, ayant agi pour le compte d'un aîné qui a pensé à moi dans cet océan de sollicitations.
 
Le 11 avril, ce sont ces questions qu'on ne finit pas de se poser: pourquoi, comment, pour qui, jusqu'où, jusques à quand? Comment, pourquoi des organisations naguère si crédibles à nos yeux ont-elles pu s'installer dans le mensonge et le complot?
 
Le 11 avril, c'est déjà un an d'exil auquel je n'étais guère préparé mais tout au long duquel j'ai pu expérimenter l'amour de Dieu. C'est enfin des hommes et des femmes, majoritairement victimes, de qui l'on attend qu'ils se repentent pour des fautes qu'il n'ont jamais commises, les opinions politiques et la relative réussite sociale à la force du poignet ne pouvant être des délits. 

Le 11 avril, c'est surtout un homme prêt au pardon et à la réconciliation dans la dignité. Devant l'immense besoin de réconciliation en pansant sincèrement les plaies, je prie Dieu qu'il touche le cœur de chacun. Pour que cesse les comportements de revanchards - de quoi d'ailleurs? - et qu'ensemble nous puissions regarder avec réalisme la situation catastrophique du pays et entamer un nouveau départ.
 

Eric Kahé, président de l'AIRD


vendredi, 13 avril 2012

DES IMAGES DES PATRIOTES CANARDES PAR L’ARMEE FRANÇAISE CHEZ GBAGBO – RESISTANTS JUSQU’AU BOUT!

 

ARMEE FRANçAISE A ABIDJAN.jpg

Entre la nuit du 31 mars, date de l’entrée des Forces nouvelles rebaptisées Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à Abidjan et le 11 avril 2011, date de l’arrestation du président Laurent Gbagbo, sa famille et ses proches par les forces françaises, des atrocités ont été commises à la résidence présidentielle où des jeunes patriotes, partis pour défendre la République les mains nues, ont péri en grand nombre. Si l'offensive lancée contre la République dans la deuxième quinzaine du mois de mars par les forces pro-Ouattara – la coalition Forces nouvelles/FRCI appuyée d’une part par les forces françaises et onusiennes et d’autre part par des supplétifs dozos et miliciens lourdement armés – a connu une ascension fulgurante, ceux qui pensaient que la prise du palais et la reddition du président Gbagbo n’étaient qu’une question d’heure le 31 mars 2011 ont dû déchanter. Entre le 1er et le 10 avril 2011, la coalition qui allait finir par ouvrir les portes du palais à Ouattara dès le 11 avril, au prix de bombardements intenses de l’armée française sur la résidence du président Gbagbo, a dû faire face à une résistance farouche des forces loyalistes. 

 Parallèlement, et comme ce fut le cas depuis novembre 2004, lors de la quasi-guerre franco-ivoirienne, des patriotes ivoiriens ont rallié en grand nombre la résidence du président Gbagbo où ils ont, les mains nues, manifesté contre la volonté de la France d’imposer à la tête de l’Etat ivoirien, envers et contre tout, Alassane Ouattara, «l’ami personnel du président Nicolas Sarkozy». Jeunes, vieux, adolescents, hommes et femmes ont constitué un bouclier humain qui a plus ou moins retardé l’assaut final qui sera lancé finalement dans la mi-journée du 10 avril 2011. 

Une vidéo retraçant le parcours de milliers d’Ivoiriens de toutes origines, en provenance principalement de «Yopougon de Gbagbo», jusqu’en  plein cœur de Cocody, nous donne une idée du drame qui s’est joué dans cette commune transformée en champ de bataille. Cet élément filmé d’environ une heure est la propriété d’un rescapé de l’aventure dont nous avons pu recueillir le témoignage. 

La vidéo débute sur une scène de joie des populations de Yopougon sorties en grand nombre sur le boulevard Saint-André, malgré le crépitement des armes et les coups de canon plus ou moins lointains qui rappellent que la Côte d’Ivoire est en guerre. De fait, les forces de Ouattara et Soro Guillaume qui tentaient de prendre pied dans la commune venaient de subir de lourdes pertes. Les FRCI ont été contraints d’abandonner les positions qu’ils occupaient à la brigade anti émeutes (BAE), à l’entrée de la commune. «Respectez Yopougon de Gbagbo! Respectez Yopougon de Gbagbo!» ; «On a installé Gbagbo! On a installé Gbagbo! Arrêtez de faire coup d’Etat !», scandaient les populations déterminées à défendre leur patrie par tous les moyens, y compris au prix de leurs vies. Mais et surtout les mains nues. 

Mais comment arriver à la résidence du président Gbagbo? A bien y regarder, cela ressemble à un parcours du combattant. Pour rallier Cocody, raconte le rescapé, l’autoroute et la voie passant par la forêt du banco n’étaient pas conseillées. Les communes d’Adjamé et d’Attécoubé étaient aux mains des forces pro-Ouattara qui tiraient sur les populations à partir des positions stratégiques qu’elles occupaient. La seule alternative, c’était donc de converger vers Abobodoumé afin d’y emprunter les bateaux-bus à destination de la commune du Plateau encore aux mains des FDS.

Sur le chemin des patriotes, que d’embûches! Premier obstacle, en plein Yopougon, au niveau du marché de la Sicogi. Des assaillants planqués en ce lieu n’hésitent pas à tirer sur les manifestants. Au niveau du collège William Ponty, un patriote est atteint d’une balle en pleine cuisse. Il est secouru par d’autres jeunes qui le transportent au CHU pour y recevoir des soins, à bord d’un pousse-pousse. Les jeunes qui refusent de se laisser ainsi intimider mettent le feu au marché afin de se frayer un chemin. 

 

 
La foule est immense au niveau du boulevard Saint-André, quand l’appel invitant les jeunes à sortir pour aller faire front à la résidence du président Gbagbo passe en boucle sur les antennes de la RTI, qui émettait de nouveau après les combats intenses de la nuit du 28 mars 2011. Toute la population de Yopougon est en ébullition. Un commandant des Fds mobilise les jeunes, les rassurant que les assauts des assaillants lourdement armés avaient été contenus. Surtout, insistait-il, la BAE n’était plus aux mains des forces de Ouattara qui s’y étaient installées. Pour galvaniser les troupes, les leaders entonnent des chants patriotiques et religieux. Après quoi,  tout le monde peut prendre la route. 

De Yopougon à la résidence : un parcours périlleux

«De la Sicogi, nous avons convergé vers Abobodoumé, commune d’Attécoubé, où nous avons emprunté le bateau-bus pour rallier le Plateau. Au niveau de l’ambassade de France, on aperçoit des snipers français lourdement armés, dont certains étaient accrochés à leurs talkies walkies, donnant les positions des patriotes à leurs alliés des forces pro-Ouattara. Après que tous les volontaires de Niangon, Sideci, Sicogi, etc. ont pu faire la traversée et ont été rassemblés au niveau de la Gare Sud, au Plateau, nous avons rallié la résidence du président de la République par la Corniche. Tous voulaient partir. Jeunes, vieux, adolescents, hommes, femmes, etc., toutes les  couches sociales et ethnies de la Côte d’Ivoire étaient représentées. Mais il ne fallait pas aller en rangs dispersés. Il fallait donc des gens capables de mener des troupes avec des chants patriotiques et des messages forts», raconte notre témoin.

Il fallait surtout de la ruse. Les MI 24 de l’Onuci et les hélicoptères de l’armée française patrouillaient continuellement dans le ciel, donnant les positions des forces loyales au président Gbagbo aux forces pro-Ouattara. «La situation était assez pénible. Nous nous sommes tous retrouvés effectivement à la résidence du président Gbagbo aux environs de 16 heures. Sur place, il y avait le show, entrecoupé de prières intenses. Il y avait des chanteurs de wôyô, des artistes zouglouman, des pasteurs, etc. Notre message, c’était de dire à ceux qui attaquaient le président Gbagbo qu’il est le président que les Ivoiriens ont librement choisi. Et que nous étions, nous jeunes de Côte d’Ivoire, déterminés à défendre son pouvoir et sa personne», martèle le témoin des atrocités de l’armée française à la résidence du Président de la République.
 
 
Sur place à la résidence, des milliers de jeunes qui étaient là pour la plupart depuis deux jours racontent aux nouveaux venus comment les Français tentaient de favoriser l’avancée des FRCI et de fragiliser les FDS qui assurent la sécurité de la résidence du président Gbagbo. 
 
«Nous étions des jeunes aux mains nues, contrairement à ce que les partisans de Ouattara ont voulu faire croire. On n’avait aucune arme. Nous sommes allés les mains nues, je le répète, pour défendre le président que nous avons librement choisis.  Nous étions au 1er avril 2011 et trente minutes après notre arrivée, nous essuyions les premiers tirs de l’armée française. Des tirs de rafales de l’armée française sur la foule immense qui faisait le siège de l’entrée de la résidence du président Gbagbo», explique le rescapé.  «Chacun de nous a dû se cacher comme il pouvait, malheureusement nous n’avions pas de grande possibilité, faute d’abris. Nous nous sommes couchés sur la pelouse pour échapper aux tirs de l’armée française. Quand les tirs se sont arrêtés, nous avons recréé l’ambiance de départ et avons chanté, prié et dansé avec davantage d’ardeur. Nous n’avions pas enregistré des morts ce jour-là. C’était une victoire et nous l’avons célébrée bruyamment pour marquer notre reconnaissance à l’Eternel. Nous voulions leur montrer notre détermination, leur faire comprendre que nous n’avions pas peur. Mais sous le coup de 19h, les avions français sont revenus à la charge et nous avons dû nous disperser pour échapper à la mort. Certains d’entre nous n’ont pas eu cette chance ; ils ont été cueillis par les rafales de l’armée française», soutient-il. 
 
La guerre des nerfs

«Au matin du 2 avril, nous sommes revenus devant la résidence malgré tout, conscients que nous dérangions l’armée française et qu’à tout moment, elle pouvait décider de nous écraser pour enfin commettre son forfait. Sous la pluie, nous avions dansé et chanté à Dieu. Mais il a suffi de quelques minutes pour que les tirs français reprennent, créant à nouveau la panique au sein de l’immense foule.
 
Ce jour-là, c’est dans l’après-midi que nous avons pu nous regrouper à nouveau. Hélas, à 19h, l’armée française est revenue à la charge, tirant sur les manifestants de partout, sous une pluie qui nous avait pourtant donné du tonus. Nous nous sommes relevés à nouveau, une fois que les frappes se sont estompées et nous avons encore manifesté vigoureusement. Ce jour-là, nous avions trouvé refuge à l’église catholique de Blockauss», relate le jeune homme qui a tenté, malgré les écueils, de sauvegarder quelques instants précieux de la guerre de la France contre le président Gbagbo. Dans la nuit du 2 au 3 avril, les Français ont détruit deux chars qui étaient postés devant la résidence du président Gbagbo et qui avaient servi à libérer la RTI quelques jours auparavant. 
 




 
«Le 3 avril, poursuit-il, nous sommes revenus mais nous n’avons pu nous rassembler véritablement tant la tension était vive et les tirs nourris dès les environs de 12 heures. C’est ce jour-là que les Casques bleus sont venus chez le président Gbagbo après la signature d’un cessez-le-feu. Les jeunes étaient encore là, sur le périmètre de la résidence. C’est au-delà de 16h que nous avons pu nous rassembler. J’ai dû me refugier avec d’autres manifestants jusqu’au 4 avril dans une résidence abandonnée, sans vivres ni effets. Puis j’ai regagné le temple du Jubilé de l’Eglise méthodiste unie de Cocody, non loin du Lycée sainte Marie». 
 
Où sont passés tous ces Ivoiriens ? 

Après avoir visionné ce film qui témoigne des rassemblements devant la résidence du président Gbagbo, la question essentielle qu’on peut se poser, c’est de savoir où sont passés tous ces jeunes aux mains nues qui ont osé défier l’armée de Nicolas Sarkozy? Dans une commune de Cocody déserte, transformée en champ de bataille par l’armée française appuyée par les FRCI. Ils étaient des milliers partis de Yopougon, Cocody, etc. Une certitude, c’est qu’un grand nombre d’entre eux sous tombés sous les balles de l’armée française qui devenait de plus en plus nerveuse à chaque fois qu’elle échouait à dissuader les jeunes de continuer de manifester. 
 
«Il y a eu des centaines de morts. L’armée française tirait dans tous les sens. Il est vrai qu’il y en a qui ont pu échapper aux tueries comme moi. Certains sont en exil au Togo, au Ghana, au Bénin, etc. Des zodiacs faisaient la navette entre la résidence et la frontière du Ghana où un bateau les transportait hors de la Côte d’Ivoire. Nous autres avons pu regagner Yopougon mais il fallait vraiment avoir de la chance pour échapper à la mort. Cocody était devenu un champ de guerre. Chaque jour, l’armée française larguait au moins vingt-deux missiles. Les hélicoptères faisaient la ronde de 8h à 22h. Le 11 avril, j’étais déjà à Yopougon quand ils ont lancé l’assaut final. La situation était devenue intenable et la veille, un ami qui venait de sortir de Cocody m’a rapporté que le président Laurent Gbagbo avait demandé aux jeunes de rentrer chez eux, leur expliquant que l’armée française et celle de Ouattara ont déjà fait trop de morts dans leurs rangs et n’hésiteraient pas à tuer encore», explique avec beaucoup d’amertume, le patriote ivoirien.
 
 
Emmanuel Akani

 

jeudi, 12 avril 2012

EN CONTACT DIRECT AVEC LA RESIDENCE BOMBARDEE – GUY LABERTIT RACONTE SON 11 AVRIL

 

GUY LABERTIT - RESIDENCE PRESIDENTIELLE BOMBARDEE.gif

Un an après le «grand choc», Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de longue date du président Laurent Gbagbo, raconte comment il a vécu les heures douloureuses qui ont conduit à la victoire militaire sanglante d'un Alassane Ouattara et de ses troupes soutenues à la fois par les bombes et les chars de l'armée française. Et il évalue le chemin parcouru en un an, sans oublier d'éventrer le mythe indécent du «retour à la démocratie» en Côte d'Ivoire.

 

Le 11 avril 2011 est une journée que vous avez vécue bien évidemment très douloureusement, et en prise directe avec les événements. Vous avez progressivement senti venir l'inéluctable...

J'étais en contact avec des amis très proches qui se trouvaient à la Résidence et qui m'appelaient, notamment pour me faire entendre les bombardements qui avaient commencé sur Abidjan durant la nuit du 4 au 5 avril. Plus les jours passaient, et plus l'étau se resserrait sur la Résidence du président. J'ai eu quelques contacts avec le directeur du protocole d'Etat, Koné Boubacar, le 5 avril, et avec un ami très proche, que j'ai plusieurs fois eu au téléphone, notamment le 11 au matin. Il était sept heures à Abidjan. Selon ce que je savais qui s'était passé dans la nuit, et après les bombardements que j'avais ressenti à travers le téléphone, je lui dis : «Je pense que la Résidence est en partie détruite.» Il me répond : «Ce n'est pas en partie, elle est totalement détruite. Cela brûle même. Moi-même, je n'ai plus d'habit. Je suis en treillis.» Cela a été mon dernier contact avec la Résidence le 11 avril au matin. Peu avant 15 heures en France, les médias ont annoncé l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et de la plupart des gens qui étaient à la Résidence. Je dois dire que j'ai eu un moment d'incrédulité. Je redoutais terriblement - ce qui allait être le cas - l'humiliation dont a été en particulier victime Simone Gbagbo. Ce qui montrait bien que ceux qu'on appelait les chantres de la démocratie ont eu un comportement quasi-animal ce jour-là. En humiliant de cette façon la présidente du groupe parlementaire du FPI. Et en la présentant comme un trophée.

Très rapidement, la nouvelle s'est confirmée. J'ai eu beaucoup de contacts avec les médias qui me téléphonaient, sachant ma relation très ancienne avec le président Gbagbo.  J'ai fait beaucoup d'interviews au téléphone (I-Télé, BFM, Africa 24, TV5, France Info...) Le soir, j'ai été sur un plateau d'I-Télé.

Est-ce qu'on peut dire que le 11 avril, les médias français vous ont ouvert des portes qui vous étaient fermées dans la mesure où tout était terminé et que tout ce que vous auriez pu dire ne pouvait pas changer l'ordre des choses ?

Je dois reconnaître que pendant les jours qui ont précédé, les radios comme RTL, Europe 1, France Inter et France Info m'ont interviewé. Mais je dois dire qu'il y avait des personnes interviewées qui passaient en boucle. Nous, on passait une fois, et puis c'était terminé.

Certains médias comme RFI et France 24 m'ont interviewé à plusieurs reprises et décommandé au dernier moment. Le 10 avril, je devais être l'invité du journal de 13 heures et on m'a annoncé à 11 heures que c'était annulé. Je pense qu'il devait y avoir des pressions, des formes d'autocensure de ces médias à diffuser des points de vue marquant une condamnation de la politique de la France. C'était ça aussi l'enjeu. Et à gauche, nous étions quand même très peu nombreux à condamner cette politique. Il y avait quelques parlementaires comme Henri Emmanuelli et François Loncle. Il y avait aussi des dirigeants du Parti communiste, et moi-même longtemps responsable du Parti socialiste. Et on ne peut pas dire que nos points de vue ont été ignorés, mais c'était une sorte de léger contrepoint au tsunami médiatique diabolisant Laurent Gbagbo et laissant apparaître Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme les chantres de la démocratie.

D'ailleurs, pendant toute l'année qui a suivi, le gouvernement et le président français n'ont cessé de dire que la démocratie avait été restaurée en Côte d'Ivoire. Je crois que pour ceux qui analysent la situation aujourd'hui, on se rend compte que l'opposition est terriblement muselée, que la plupart de ses leaders sont soit en prison soit en exil. D'ailleurs, l'opposition n'a pas participé aux élections législatives. Il y a une forme de retour au parti unique ! Mais on parle très peu de cette situation en France, en Europe, puisqu'on veut rester attacher à cette image fausse de la démocratie instaurée en Côte d'Ivoire avec le départ de Laurent Gbagbo.

Ce n'est pas le moindre paradoxe, puisque c'est précisément Laurent Gbagbo qui a été l'acteur-symbole de l'avènement du pluralisme politique en Côte d'Ivoire et qui a réellement essayé jusqu'au bout de maintenir ce processus. Je me souviens d'ailleurs qu'entre les deux tours, les médias avaient des mots bien doux pour ce fameux débat qui a opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et qui était une sorte de première en Afrique.

Vous avez, quelques jours avant le 11 avril, dit que Laurent Gbagbo n'en sortirait pas vivant. Des propos qui ont inquiété à la fois ses adversaires et ses partisans. Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous teniez ces propos ?

Je dois dire aujourd'hui que des très proches de Laurent Gbagbo m'ont dit alors qu'ils partaient à la Résidence soutenir ce qui allait être un siège : «On ne peut pas faire moins qu'Allende» [le président socialiste du Chili qui a trouvé la mort le 11 septembre 1973 dans sa résidence assiégée par les troupes de Augusto Pinochet, soutenu par les Occidentaux, et qui allait se révéler comme un impitoyable tyran, ndlr]. Je peux dire aujourd'hui que c'est certainement cela qui m'a fait dire qu'il se pourrait que Laurent Gbagbo ne sorte pas vivant de la Résidence. Quand j'ai tenu ces propos, j'ai eu des coups de fil de gens qui n'ont pas compris, et ont dit que je racontais n'importe quoi. D'autres ont pris peur et ont dit : «Il ne faut pas faire de Laurent Gbagbo un martyr.» A partir de ce moment-là, à un très haut niveau politique en France, on a commencé à entendre un discours selon lequel il fallait absolument sauvegarder la vie de Laurent Gbagbo. Lui-même dans ses dernières interviews a dit qu'il aimait la vie, et qu'il ne tenait pas à mourir martyr. Je me souviens que quand j'ai connu Laurent Gbagbo lors de son exil, il m'avait dit : «Guy, tu sais, en Europe, on aime bien la gauche martyre.» Il faisait allusion au Chili. «Moi, je n'ai pas cette vision de la gauche. Je veux moi une gauche qui prend le pouvoir, qui transforme, qui vit».

Mes propos ont été diversement interprétés, mais au fond, ils ont fait prendre conscience que par rapport à l'histoire de la Côte d'Ivoire, faire de Gbagbo un martyr desservirait complètement les puissances occidentales qui avaient voulu le diaboliser.

Le temps est passé. De longs mois sans contact avec un Laurent Gbagbo coupé du monde à Korhogo. Quand vous le revoyez pour la première fois à son procès puis dans sa prison, est-ce que vous vous dites «on a évité le pire, il est tout de même vivant». Qu'est-ce qu'on peut ressentir quand on rencontre son ami qu'on n'imaginait plus revoir en vie ?

Votre question est très forte. J'ai parlé pour la première fois à Laurent Gbagbo le 31 mars 2011. Et je lui ai reparlé le 19 janvier de l'année suivante. Je dois dire que je craignais terriblement l'humiliation. Et c'est cette humiliation qu'on lui fait vivre en le conduisant devant cette Cour pénale internationale (CPI) dont j'ai dit qu'elle ne disait pas le droit puisqu'un an après, on voit bien que lui seul est jugé devant cette juridiction. Lui-même m'a dit en janvier : «Mon épouse et mon fils sont des otages. Celui qu'on veut détruire, c'est moi.» Je crois que cette analyse est très juste puisqu'on voit bien que le procureur Louis Moreno-Ocampo et son adjointe Fatou Bensouda se heurtent visiblement à certaines résistances des autorités ivoiriennes pour d'autres transferts.

Aujourd'hui, Laurent Gbagbo est vivant. Il a dit, devant la CPI le 5 décembre, «nous irons jusqu'au bout». L'enjeu des futures audiences, ce n'est pas seulement le sort de Laurent Gbagbo, c'est la crédibilité de l'institution. Je voudrais faire une remarque : je ne peux pas prendre au sérieux une Cour pénale internationale dont l'autorité n'est même pas reconnue par la première puissance du monde, les Etats-Unis. D'ailleurs, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le traité de Rome instituant cette institution.

Avec le recul d'un an, la mouvance politique que Laurent Gbagbo représente a-t-elle remonté la colline ou est-elle descendue dans les profondeurs ?

Pour répondre à cette question, il faut intégrer une perspective historique. Elu en 2000, Laurent Gbagbo n'a en fait gouverné que pendant dix-huit mois. Il portait un projet social-démocrate, et il s'est attaqué à trois dimensions : l'éducation en la rendant libre et gratuite dans le primaire pour ce qui est des écoles publiques, la santé en faisant voter la loi sur l'assurance maladie universelle, qui n'a malheureusement pas pu être appliquée mais qui a été votée, et la modernisation de l'Etat, avec des élections départementales réussies en juillet 2002.

Il avait donc fait beaucoup de choses en dix-huit mois et je dois dire que le coup d'Etat qui va échouer en septembre 2002 et qui va entraîner une partition du pays et cette crise dont on n'est toujours pas sorti est réalisé alors même que Laurent Gbagbo a mis en place un gouvernement où siègent toutes les forces politiques représentatives, notamment le RDR d'Alassane Ouattara. Contrairement à ce que l'on dit, Laurent Gbagbo chef d'Etat se veut rassembleur, alors qu'on l'a présenté comme un homme qui excluait. Aujourd'hui, un an après, celui qu'on présentait comme un exclu, est en train d'exclure. Il a tenu lui-même des propos assez extravagants sur le «rattrapage». Même s'il nie aujourd'hui ces propos, le constat est évident au regard des nominations et même de la représentation de l'Etat à son plus haut niveau - le président, le président de l'Assemblée nationale, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale sont tous du Nord. Plus que jamais, on a une déconstruction de la Nation. Ce qui a été très grave dans la politique de la France, c'est que n'admettant pas que Laurent Gbagbo gouverne avec son projet, elle a tout fait pour l'exclure du champ politique alors même que lui tentait de bâtir une Nation autour d'un Etat moderne.

Les interventions extérieures ont brisé cet élan et fait revenir la Côte d'Ivoire en arrière.

Aujourd'hui, c'est la «justice des vainqueurs» et un peu «la revanche du Nord» qui sont à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Avec ce qui se passe au Mali en ce moment, on voit que les Nations en construction sont aujourd'hui mises en danger par les politiques conduites par les puissances occidentales. Ce qui se passe aujourd'hui au Mali est la conséquence de la politique de l'OTAN, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis en Libye. En Libye même, l'Etat est déliquescent. Il y a de nouveau l'émergence très forte au plan politique de ce qu'on appelle les «tribus». Et l'une des conséquences va être de déstabiliser le Sahel avec des remises en cause du processus de construction des Nations. Je crois que c'est ce qu'on vit en Côte d'Ivoire aujourd'hui. Il faudra un peu plus de recul historique pour s'en apercevoir.

Assez piteusement, les nouvelles autorités ivoiriennes cassent cette politique de réforme de Laurent Gbagbo. La communalisation a été remise en cause. L'assurance maladie universelle est remplacée par des ersatz de politique sociale. On voit que ce que l'on a présenté comme une restauration de la démocratie en Côte d'Ivoire est totalement faux. Mais le Front populaire ivoirien (FPI) incarne une véritable opposition, notamment à travers son dernier meeting de Yopougon qui a été très sévèrement réprimé. On sent qu'il incarne encore non seulement une forme de résistance, bien que la quasi-totalité de ses leaders sont soit en prison soit en exil mais aussi que se dessinera peu à peu la reconquête du pouvoir. D'autant que le sort de Laurent Gbagbo n'est pas encore réglé. Et l'on sent que malgré toute son ardeur à appliquer la volonté de la France et des puissances occidentales, le procureur de la CPI s'est mis dans un mauvais pas, au point de risquer aujourd'hui de remettre en cause la crédibilité de son institution.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 10 avril 2012

LE FMI COMMENCE A DOUTER - LA PLUIE DE MILLIARDS AJOURNEE


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Charles Diby et Doris Ross, chef de mission du FMI, ici à Abidjan le 14 mars dernier.

 

Alors que du côté d'Abidjan on laisse miroiter l'approche du point d'achèvement de l'initiative PPTE comme pour rassurer les marchés et les investisseurs, du côté de New York et du Fmi, le dossier ivoirien ne susciterait guère l'enthousiasme.

En effet, selon une indiscrétion émanant d'un proche collaborateur de Christine Lagarde, revenu en France pour le week-end Pascal et rencontré ce lundi, le FMI commencerait à revoir à la baisse ses prévisions de croissance et de confiance sur la Côte d'Ivoire.


A l'en croire les obstacles seraient de plus en plus nombreux notamment au niveau de la relance économique toujours attendue, de la non transparence de la gestion des fonds publics, de la sécurité et de l'attractivité du pays en matière d'investissement-confiance.


Christine Lagarde serait elle même, apprend-on, très préoccupée de la forte montée du chômage et de l'immigration en Côte d'Ivoire.


Rappelons que le FMI prévoyait à l'arrivée du président Ouattara au pouvoir une croissance autour de 8% en 2012, en Côte d'Ivoire, ce qui semble selon bon nombre d'observateurs quasi irréaliste à cette heure.



Mahoudi Innoncent, KOACI.COM Paris, copyright © koaci.com


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

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Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

lundi, 09 avril 2012

BILAN EXHAUSTIF DE 10 MOIS DE OUATTADICTATURE!


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Le Président de la République, Alassane Ouattara lors de son interview-fleuve à la  RTI,  le  vendredi 31 mars 2012 a dit que ce qu'il a fait en 10 mois, le président Gbagbo ne l'a pas fait en 10 ans.


Excellence Monsieur le Président de la République, c'est vous qui avez raison.

En  10 mois, vous avez demandé à une armée étrangère de détruire la résidence des Chefs d'Etat construite par le Président Houphouët Boigny, ce que le Président Gbagbo n'a pas fait en 10 ans.

En 10 mois vous avez humilié et jeté en prison la femme de celui qui vous a toujours accordé de la considération, ce que le Président Gbagbo n'a pas fait à votre épouse en 10 ans.

En 10 mois vous avez fermé toutes les Universités publiques, ce que le Président Gbagbo n'a pas fait en 10 ans.

Excellence Monsieur le Président de la République, c'est vous qui avez raison.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vos FRCI ont massacré plus d'Ivoiriens que pendant les 10 ans de pouvoir du Président Gbagbo.

Oui, c'est vrai qu'en un jour, vos FRCI ont massacré plus de 800 personnes à Duékoué ; massacre que les Forces loyales au Président Gbagbo n'ont pas perpétré pendant ses 10 ans de pouvoir. C'est même la raison de toutes les négociations que vous faites pour une visite d'État dans l'Ouest.  Or, en 10 ans, ce sont les peuples qui demandaient les visites du Président Gbagbo.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous avez  réussi à envoyer en exil des centaines de milliers d'Ivoiriens alors que le Président Gbagbo en 10 ans,  a tout fait pour que ses compatriotes reviennent au pays à commencer par vous même et votre  allié le Président Bédié.

Excellence Monsieur le Président de la République, c'est vous qui avez raison.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous avez  fait partir la mère du Président Laurent Gbagbo en exil là où le Président Gbagbo vous a apporté sa solidarité pendant le décès de votre  mère.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous avez  mis, pour la deuxième fois, le Président Gbagbo, son épouse, son fils aîné en prison ; un traitement que le président Laurent Gbagbo n'a jamais fait subir à ses opposants.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous  avez méprisé vos opposants, là où le Président Gbagbo a toujours fait preuve d'humilité en discutant et en faisant rois ceux-là même qui ont eu le courage de revendiquer la rébellion qui a causé tant de morts et de désolations en Côte d'Ivoire.

Oui, c'est vrai que depuis 10 mois, vous appliquez  la politique du « rattrapage » favorisant les populations d'une région au détriment des autres régions du pays. Alors que sous le Président Gbagbo, seule la compétence prévalait avec des appels à candidatures à divers niveaux de l'administration ivoirienne.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, les prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité ont pris l'ascenseur, livrant les populations ivoiriennes à ce qu'on appelle « la mort subite », c'est-à-dire un repas par jour. Alors que sous le Président Gbagbo, les Ivoiriens n'étaient pas malheureux.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous avez passé plus de temps à l'extérieur du pays que le Président Gbagbo en 10 ans de pouvoir.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, sous vous, des milliers d'Ivoiriens ont été renvoyés de leur travail (cas de la Présidence de la République, de la SOTRA, du PAA, de la RTI...) alors que pendant son mandat, le Président Gbagbo à créer des centaines de milliers d'emplois.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous avez suspendu les soldes des FDS alors qu'en 10 ans le Président Gbagbo a accordé son pardon et rétabli les soldes des militaires de la rébellion armée qui divisait son pays.

Excellence Monsieur le Président de la République, c'est vous qui avez raison.

Oui, c'est vrai qu'en 10 mois, vous n'avez fait électrifier aucun village en Côte d'Ivoire là où le Président Gbagbo a électrifié 1033 villages, dépassant le record des présidents Houphouët et Bédié.

Donc, chers Ivoiriens, chers patriotes, soyons d'accord avec le Président « hors série » quand il a dit que ce qu'il a fait en 10 mois, notre Président bien-aimé, Laurent Gbagbo ne l'a pas fait en 10 ans.

 

Que Dieu soit loué !


Le président du « Cri de la Liberté »

Bamba Mamadou, in ABIDJAN DIRECT.NET


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

dimanche, 08 avril 2012

JOYEUSE FETE DE PAQUES A TOUS!

RESURRECTION DE JESUS-CHRIST.jpg

Joyeuses fêtes de Pâques et des

pains sans levain à tous et que

DIEU vous bénisse richement !

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire

et puisse-t-elle sortir de son

tombeau et connaître la

Résurrection !

Aperçu de la carte virtuelle

DINDE Fernand AGBO

samedi, 07 avril 2012

MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


MOSSA AG ATTAHER LE TOUAREG.jpg

Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

vendredi, 06 avril 2012

ABEL NAKI, PRESIDENT DU CRI PANAFRICAIN, DE RETOUR DE LA HAYE OU IL A RENCONTRE LE PRESIDENT GBAGBO



ABEL NAKI ET CHRISTIAN VABE.JPG

Abel Anaki (à droite, avec Christian Vabé, Directeur de Publication de IvoireBusiness.net, à gauche): «Ce que Gbagbo m'a dit». «Le Président m'a donné des consignes». «Il m'a donné mandat».

 

Le 26 mars dernier, Abel Naki, président du Cri-panafricain, était reçu en audience par le Président Laurent Gbagbo au quartier VIP de la prison de Scheveningen à La Haye. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était la première fois qu'il rencontrait le Président Gbagbo. Selon Abel Naki, il a fait le point de la mobilisation au Président Gbagbo, qui lui a donné des consignes et des conseils, comme un père. C'est donc un mandat qu'Abel Naki a reçu du Président Gbagbo, ce qui est une tâche très lourde.

Ce dernier a insisté pour que la diaspora, surtout celle de France mette en place un comité central pour la mobilisation. Il nous livre en exclusivité, le contenu de son entretien avec le Président Laurent Gbagbo. Il parle avec émotion du mandat qu'il a reçu par ce dernier pour travailler à l'union de la résistance. Tâche à laquelle il a commencé à s'atteler sans délai, et dans la plus grande humilité.


Christian Vabé


IvoireBusiness : Pourquoi êtes-vous allé voir le Président Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Je suis allé voir le Président parce que la CPI m'a convoqué pour me donner rendez-vous avec le Président. C'est une visite qui m'a permis de faire le point de la mobilisation, parce que c'est de ça qu'il s'agit, et de lui faire part de toutes nos actions que nous avons menées peu avant le 11 avril 2011 et juste après le 11 avril, jusqu'à aujourd'hui.

IvoireBusiness: Est-ce pour vous une reconnaissance que le Président ait accepté de vous recevoir ?

Abel Naki: Ce n'est pas une reconnaissance pour moi en tant que Abel Naki, mais c'est une reconnaissance pour toute la diaspora, pour chaque leader, pour chaque responsable d'association, pour chaque responsable de mouvement. Pour tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre à l'édifice de la résistance. Je pense que c'est une reconnaissance du Président au combat que nous avons commencé à mener au niveau de la diaspora.

IvoireBusiness : A la veille de cette visite au Président Laurent Gbagbo, vous avez été arrêté. Pourquoi ?

Abel Naki: J'ai été arrêté parce que les forces de l'ordre, sinon les services de police ont estimé que j'avais eu des propos antisémites, des propos terroristes. Ils ont dit que je faisais l'apologie du terrorisme et que je soutenais Mohamed Merah, celui qui a perpétré les tueries de Montauban et de Toulouse.

C'est pour ces raisons que j'ai été arrêté. J'ai dit ici que mes propos ont été mal interprétés et mal compris parce que c'est dans un cheminement, dans un raisonnement que le nom de Mohamed Merah est sorti. Ce n'était peut-être pas le bon exemple à choisir. C'était dans un cheminement bien précis et cela a été mal interprété par les services secrets français qui étaient présents à la manifestation.

IvoireBusiness : Est-ce à dire que vous ne soutenez pas les actions de Mohamed Merah ?

Abel Naki: Je ne peux pas soutenir les actions de Mohamed Merah parce que je ne suis pas un terroriste. Mohamed Merah a été qualifié de terroriste. Je ne suis pas un antisémite. Je ne peux pas soutenir et je ne peux pas louer les actions de Mohamed Merah. Les services secrets français nous connaissent parce que ça fait plus d'un an que nous sommes dans les rues de Paris. Et nous travaillons avec eux car ce sont eux qui coordonnent nos marches. Ce sont eux qui sont avec nous dans les marches, nous les connaissons, ils nous connaissent, on n'a jamais tenus de tels propos. Il est arrivé que cette fois le nom de quelqu'un qui est l'objet d'actes terroristes et d'actes antisémites est sorti dans mes propos. Mes propos ont été mal interprétés tout simplement parce que nous sommes dans une période très sensible où il y a des noms qu'il ne faut pas prononcer.

IvoireBusiness : Est-ce vous avez évoqué cette question avec le Président ?

Abel Naki : Avec le Président, j'ai évoqué cette question mais je ne suis pas rentré dans les détails.

IvoireBusiness : Que lui avez-vous dit ?

Abel Naki: J'ai dit au Président que je venais de sortir juste d'une garde-à-vue et le Président m'a dit, on t'a encore arrêté? J'ai un peu tiqué et je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Que j'aie parlé de cette affaire ou pas, je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Je lui ai simplement dit que j'ai été arrêté par rapport à la manifestation que nous avons faite et que mes propos avaient été mal interprétés.

IvoireBusiness: Comment avez-vous trouvé le Président ?

Abel Naki: J'ai trouvé le Président en tout cas serein, en très bonne forme, en bonne santé, et jovial. C'est en tout cas le Laurent Gbagbo que nous avons toujours connu et courtois. J'ai trouvé en tout cas un Président de la République droit dans ses bottes, avec toutes ses facultés en place. Il y a même pendant notre entretien, de petites anecdotes qu'il ressortait et qui me faisaient penser à quand il était encore aux affaires en Côte d'Ivoire.

IvoireBusiness : De quelles anecdotes s'agit-il ?

Abel Naki: En tout cas, je vais me garder de dire certaines choses que j'ai eu à évoquer avec le Président. Tout ce qu'on doit savoir, c'est que le Président se porte très bien et qu'il est en bonne santé.

IvoireBusiness : Que vous a dit le Président Gbagbo ?

Abel Naki: Le Président a insisté sur l'union de la mobilisation parce que moi Abel Naki, résistant à Paris avec tous mes camarades ayant fait le point de la mobilisation et de tout ce qui entre en ligne de compte, le Président a souligné que c'est l'union dans la mobilisation qui est essentiel. Le Président a donc insisté sur le fait que nous soyons unis parce que les divisions entre nous, il est au courant et ça l'a beaucoup affecté. Son plus grand souhait, c'est que tous ses enfants, tous les ivoiriens, en tout cas tous les leaders soient unis pour pouvoir gagner ce combat-là.

IvoireBusiness : Vous-a-t-il donné mandat pour travailler à cette union ?

Abel Naki: On ne peut pas dire que j'ai eu mandat. Mais je pense que j'ai eu un mandat par le fait d'y aller et que le Président mette l'accent sur l'union, je pense que j'ai eu mission pour œuvrer à ce qu'effectivement, il y ait union dans toutes nos activités, dans tout ce que nous faisons.

Je m'attèle à cela. Quand je suis revenu, j'ai appelé tous mes camarades, tous ceux avec qui on pouvait peut-être ne pas s'entendre, je les ai tous appelés pour leur faire part de ma visite au Président et leur faire un compte-rendu. Je pense qu'il faut que nous nous inscrivions dans cette dynamique unitaire pour pouvoir gagner le combat.

IvoireBusiness: Alors ce mandat du Président, comment comptez-vous l'utiliser? Allez-vous écraser vos adversaires ?

Abel Naki: On ne pas revenir de chez le Président Laurent Gbagbo et avoir un air hautain ou alors vouloir écraser les autres! Parce que vous-même, quand vous le voyez et quand vous le rencontrez, vous vous dites que vous n'êtes rien par rapport à lui. Donc ça permet à ceux qui le rencontrent de pouvoir se maintenir dans leur position d'humilité. C'est donc vraiment avec humilité que je prends ce mandat. Je ne suis pas le chef de quelqu'un, je ne suis pas le patron de quelqu'un. Je suis allé voir notre chef à nous, la phrase ou le mot d'ordre qui est sorti, c'est l'union dans la mobilisation, je l'ai bien compris et je voudrais bien le transmettre à mes camarades pour que nous puissions tous travailler à cette union-là. Chacun peut avoir son groupe, chacun peut avoir son association, son mouvement, mais quand il s'agit des grands rassemblements, quand il s'agit des grandes plateformes, il est important et impératif que nous soyons sur la même longueur d'onde et que nous puissions travailler de façon unitaire.

IvoireBusiness : Avez-vous parlé de Miaka Ouretto, car ce dernier, lorsqu'il est allé voir le Président a dit que Koné Katinan n'était pas le porte-parole de Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Vous savez, cette visite au Président, ça a été une surprise pour moi. C'est avec honneur que je l'ai rencontré. Nous n'avons pas parlé de ces choses, parce que j'estime que je ne suis pas allé le voir pour parler de ça. Et je n'ai pas évoqué ce problème parce que je considère que ce n'est pas un problème qui me concerne moi. Ce qui me concerne et qui concerne mes camarades de lutte, c'est la mobilisation. Alors j'ai fait le point et le Président nous a donné des consignes. Il nous dit d'être unis dans la mobilisation. Donc, je n'ai pas touché tous ces aspects parce que je ne suis pas responsable du FPI, ni représentant du ministre Koné Katinan. Donc je n'ai pas abordé ces sujets.

IvoireBusiness : Récemment, Laurent Gbagbo était au centre de l'actualité, surtout par IvoireBusiness qui a évoqué l'imminence de son empoisonnement à La Haye. En avez-vous parlé ?

Abel Naki: Lorsqu'on discutait et que je lui posais des questions sur sa santé, il me disait qu'il était en bonne santé et qu'il était bien traité. L'imminence de cet empoisonnement, je n'en ai pas parlé pour ne pas entrer dans des situations qui risquent peut-être de fâcher la CPI. Parce qu'il ne faut pas ignorer que là où nous sommes assis, il y a peut-être une camera qui nous regarde ou des micros. Donc j'ai pris sur moi de ne pas parler de ces choses-là, parce que c'est quand même de la CPI qu'il s'agit dans ce cas précis. J'ai eu le réflexe de ne pas en parler.

IvoireBusiness : Comment le Président Laurent Gbagbo appréhende t-il l'ouverture de son procès le 18 juin prochain ?

Abel Naki: Le Président compte d'abord sur lui-même, sur ses avocats qui font un travail excellent et il compte sur la mobilisation de la diaspora et de tous les ivoiriens. Alors, il a insisté pour que nous la diaspora, surtout nous en France, parce que c'est nous qui sommes allés le voir, nous mettions en place un comité central pour la mobilisation, pour qu'il n'y ait pas plusieurs organisateurs, et qu'il n'y ait pas différents prix pour décourager bon nombre d'ivoiriens, et bon nombre d'africains qui ont envie de participer à ce procès. Alors, nous allons mettre en place un comité central d'organisation avec toutes les sensibilités et tous les différents mouvements, toutes les plateformes et coalitions. Pour que tous les ivoiriens, on ait un seul langage et un seul moyen de transport pour aller à La Haye, le 18 juin prochain.

IvoireBusiness : Comment avez-vous trouvé le Président, a-t-il récupéré ?

Abel Naki : Il a récupéré, il m'a même accompagné jusqu'à la sortie.

IvoireBusiness : Comment était habillé le Président ?

Abel Naki: Le Président avait porté une tunique, mais je peux dire que sous l'émotion, je n'ai même pas remarqué la couleur de son pantalon, je n'ai même pas remarqué les chaussures qu'il avait portées. C'est pour vous dire que c'était pour moi un honneur de voir celui pour qui nous avons lutté depuis 2002 jusqu'aujourd'hui en 2012. C'était un grand jour, je n'avais jamais vu le Président Laurent Gbagbo face à face. On l'a toujours vu à la télévision ou de passage dans un cortège présidentiel. Mais imaginez-vous, moi Abel Naki, assis dans une petite salle d'audience seul à seul avec le Président de la République et sans témoin. C'était très émouvant et je peux vous dire qu'il était lui aussi très content de me voir. Quand il m'a vu, il a grandement ouvert ses bras. En tout cas, c'était une visite d'un fils à un père. C'est comme ça que je qualifie ma visite à Laurent Gbagbo.

IvoireBusiness : Quel appel avez-vous à lancer ?

Abel Naki: Je voudrais lancer un appel aux ivoiriens d'être sereins, parce que le Président Laurent Gbagbo compte sur toute la Côte d'Ivoire. Il est informé sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans la diaspora. Et il compte sur nous pour pouvoir gagner son procès. Et le 18 juin, il faut que tous les ivoiriens du monde entier et toute la diaspora, puissent se rendre à La Haye, afin que nous allions soutenir notre Président.

IvoireBusiness : Merci, Abel Naki!


Propos recueillis à Paris par Christian Vabé.


Source: IVOIREBUSINESS

REACTION AUX VOEUX DE LA CPI A SORO - LES AVOCATS DE GBAGBO: «OCAMPO DOIT ETRE RECUSE»



SORO ET OCAMPO.jpg

C'est un courrier qui crée actuellement le buzz sur Internet, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Le Procureur sortant de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a envoyé une lettre à Soro Guillaume, pour le féliciter après son élection à la tête du Parlement ivoirien. « J'ai l'honneur de vous adresser mes plus sincères félicitations ainsi que celles de mes collaborateurs pour votre nomination à la présidence de l'Assemblée nationale de la Côte d'Ivoire », écrit le magistrat argentin. Dans ce courrier, daté du 27 mars 2012 (voir fac-similé), le Procureur le plus puissant du monde invite l'ancien chef du gouvernement ivoirien à continuer la coopération judiciaire avec son successeur. « Je tiens à vous réitérer ma reconnaissance pour votre action et votre soutien au travail de mon Bureau en Côte d'Ivoire, et j'espère que vous allez poursuivre la même collaboration de qualité avec mon successeur, Madame Fatou Bensouda », poursuit Ocampo. Avant d'ajouter : « (...) J'espère que nous aurons l'occasion de nous voir dans les toutes prochaines semaines afin de continuer la fructueuse coopération entre votre Gouvernement et mon Bureau ».

C'est Soro Guillaume lui-même qui a pris l'initiative de publier, hier mercredi 4 avril sur sa page Facebook, cette lettre censée être confidentielle. Puisque le courrier ne figure nulle part sur le site Internet officiel de la CPI ; pas même dans les documents mis à la disposition du grand public dans la rubrique « Le Bureau du Procureur », sur ledit portail d'informations en ligne.

Que vise le président de l'Assemblée nationale en mettant ce courrier sur la place publique ? Est-on tenté de se demander. Par cette action de communication, assurément Soro voulait montrer à l'opinion nationale et internationale qu'il n'a rien à cacher ni à se reprocher. Surtout que le Procureur Ocampo vient de confirmer qu'il n'a jamais fait ou tenté de faire obstruction aux enquêtes de la CPI sur le territoire ivoirien.

Le président du Parlement ivoirien voudrait aussi prouver à ses détracteurs qu'il n'a rien à craindre de la CPI, vu la qualité de ses rapports avec le Procureur Ocampo. Soro s'est-il senti honoré de « l'amitié » et le satisfecit du magistrat argentin, au point de penser que lui ou ses proches seraient à l'abri de toutes poursuites au cas où les investigations de la CPI les mettraient en cause ? Si c'était ce raisonnement qui l'a motivé à publier la lettre du Procureur, le président de l'Assemblée nationale pourrait se tromper lourdement sur le compte de la justice internationale. Le bout de phrase : « (...) J'espère que nous aurons l'occasion de nous voir dans les toutes prochaines semaines afin de continuer la fructueuse coopération entre votre Gouvernement et mon Bureau », n'est-elle pas une formule quelque peu enrobée du Procureur Ocampo pour inviter Soro Guillaume à continuer de coopérer avec la CPI, quelle que soit l'issue des enquêtes et de la procédure ?

La réaction des avocats de Gbagbo

Toujours est-il que cette lettre d'Ocampo à Soro va relancer le débat sur l'impartialité et la crédibilité de la CPI. En effet, en rendant publique cette lettre, Soro Guillaume pourrait conforter la position de tous ceux qui ont toujours estimé qu'il y avait une certaine collusion entre les nouvelles autorités ivoiriennes et le Procureur Ocampo.

C'est en tout cas ce que pensent les conseillers juridiques de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo. Voici à ce propos, la réaction de Me Lucie Bourthoumieux, avocate franco-camerounaise de l'ancien chef de l'Etat. « C'est la preuve de la très grande neutralité de la CPI ! Plus sérieusement, ceci remet en cause la crédibilité de la CPI, qui ne pourra se racheter qu'en annulant purement et simplement le mandat d'arrêt à l'encontre du Président Gbagbo », s'est insurgé hier l'avocate inscrite au Barreau de Paris, qui nous a envoyé un mail. « Je vous rappelle qu'en son temps, nous avions demandé la récusation du Procureur Ocampo pour dévoiement de la justice internationale. Ocampo doit être récusé, ainsi que tous les actes de procédure qu'il aura entrepris dans le cadre de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ; notamment à l'encontre du Président Laurent Gbagbo », a réclamé Me Bourthoumieux.

Avant l'ouverture du procès du 18 juin, nul doute que cette lettre va alimenter pendant quelque temps les discussions sur la toile et dans les chaumières.


Anassé Anassé, in LA DEPECHE D'ABIDJAN


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT

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La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d'ailleurs: « C'est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l'humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l'examen d'un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d'une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l'est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l'humanité ?

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C'est en raison de cette prétention à l'universalité, qu'elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n'a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C'est pour ces mêmes raisons qu'OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n'a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l'engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d'ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE...) dont les pays n'ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n'est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité dans la crise en Cote d'Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

Pour les africains qui en sont restés à l'idéalisme de l'enfance juridique, il faut qu'il soit su ce qui suit. Au fond, ce n'est jamais l'acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l'apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

Et c'est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d'erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c'est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l'interprétation juridique est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l'infaillibilité de la C.P.I.

Quand un homme, par le biais d'une déportation, sort de l'orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l'étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l'objet d'une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d'Etat, en l'occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d'ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires.

Sachez qu'aucune forme d'esclavage n'est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d'autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l'Architecte de l'indépendance de l' Haïti) ; celle de  L'ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

Quand les projecteurs de l'histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd'hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d'être « partial, partiel et parcellaire ». Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d'un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l'esclavage.

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l'instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE...) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n'est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n'est pas parce qu'on s'en détourne qu'elle devient mensonge.


Séry Zadi Gboziagnon

Juriste, Politologue, Traducteur.

jeudi, 05 avril 2012

SANCTIONS DE LA CEDEAO: QUAND LE CLUB DES CHEFS D'ETAT MAL ELUS DECIDE DU SORT DU MALI



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La presse malienne charge Ouattara et les chefs d'Etat de la CEDEAO. Sans concession aucune.

 

Réunis à Abidjan le 27 avril en sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sur la situation du Mali, les chefs d'Etat ouest africains, installés dans le sang et ou dans la fraude massive au pouvoir, ont pris des mesures non pas pour contraindre la junte militaire à rétablir l'ordre constitutionnel, rompu le 22 mars par un coup d'Etat, mais pour se prémunir d'un scénario dont ils ne sont jamais à l'abri.

Avant de monter sur l'arbre de la transparence, la sagesse recommandait à ces présidents mal élus de jeter un coup d'œil critique sur le fond de leur pantalon, maculé du sang des innocents sur lesquels ils ont marché pour accéder au Palais.

Non seulement, ils ne l'ont pas fait, mais ils se sont précipités pour prendre des sanctions contre les putschistes de Bamako avec lesquels ils ont un dénominateur commun : le pouvoir usurpé.

A la seule différence que les militaires du Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l'Etat (CNRDRE) sont arrivés au pouvoir par la voie des armes, mais pour donner vie à un Etat qui était par terre.

Depuis l'instauration de la démocratie sur le continent, les pseudo- démocrates, désignés par les Occidentaux et non choisis par les électeurs africains, pour présider aux destinées de nos pays, ont mis l'Afrique sens dessus dessous, assassinant l'espoir de tout un continent qui ne rêvait qu'à des lendemains meilleurs après les années de dictature.

Une fois leur désignation légitimée par la voie des urnes avec la caution des observateurs internationaux, les programmes de campagne électorale à partir desquels ils promettaient un véritable changement à leurs compatriotes sont mis au placard. Et place à l'exécution des mots d'ordre de l'épreuve de dictée préparée qu'ils ont subie dans l'Hexagone. A savoir le renforcement et la préservation des intérêts de leurs parrains et de leur propre enrichissement et celui de leur clan. Souvent au prix du sang de leurs frères.

La mise en route d'une telle sale besogne contre les peuples africains ne pourrait se réaliser sans des relais en Afrique et la redéfinition des objectifs assignés par les pères de l'indépendance aux organisations continentales et sous-régionales. Ainsi l'Organisation de l'unité africaine (OUA), créée en 1963, devient l'Union africaine (UA) en 1999, à l'image de l'Union européenne (UE) menacée d'implosion par des crises économiques, la Communauté économique ouest africaine (CEAO) est dissoute et remplacée, dans un premier temps, par l'Union monétaire ouest africaine (UMOA) et avant qu'on ajoute, dans un second temps, un E pour prendre l'appellation de l'Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA).

Toutes ces modifications ne visent qu'un seul objectif: l'instrumentalisation des décisions de ces organisations au gré des intérêts des impérialistes et le maintien contre vents et marées de leurs protégés, honnis par les gouvernants.

Si les présidents Blaise Compaoré du Burkina, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Yayi Boni du Bénin, Mamadou Issoufou du Niger, Mme Ellen Searlf Johnson du Libéria sortent leur gant pour assener des coups au Mali chancelant, il faut les comprendre. Ils veulent faire croire à leur mentor qu'ils jouent parfaitement leur rôle dans la Françafrique.

Mais de là à outrepasser les relations de bon voisinage entretenues par les peuples des siècles durant, il va falloir interroger la conscience de ces présidents qui ne jurent que par une France qui elle-même a beaucoup à se reprocher.

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Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso

Le président du Burkina Faso, médiateur attitré des crises dont il est le pyromane. Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 dans le sang avec l'assassinat d'un certain Thomas Sankara, alors président du Faso, Blaise Compaoré instaure un régime de terreur dans son pays. Il commence d'abord à éliminer tous ses frères d'armes qui l'ont aidé à abattre le jeune capitaine, l'incarnation de l'espoir de la jeunesse africaine.

Avec la démocratisation voilée de son pays, où son pouvoir est de tout temps contester par la population, il multiplie les assassinats contre les opposants politiques. Dans cette folie meurtrière de se maintenir au pouvoir, la presse n'est pas épargnée. Le journaliste d'investigation, Norbert Zongo, qui enquêtait sur les malversations de sa famille et d'un assassinat lié à la mafia de son frère, est tué en décembre 1998.

Après avoir mis son pays en coupe réglée, cape sur l'Afrique de l'Ouest où il devient le pyromane et le bras déstabilisateur de la France dans la sous-région.

Du Libéria à la Sierra-Leone en passant par la Côte d'Ivoire, il est le parrain de la rébellion dans ces pays. Le Burkina, au grand désespoir de ses compatriotes, devient la base arrière des mouvements rebelles. Ils sont entraînés par l'armée du pays des "Hommes intègres" et équipés par la France.

Au moment où le pays est à feu et à sang, le sanguinaire Blaise Compaoré sécurise les zones minières et agricoles par son armée, afin que les sociétés des puissances impérialistes exploitent les richesses de ces pays, faisant de son pays, au moment de la guerre, la plaque tournante du trafic de l'or, du diamant et du cacao.

Les cruautés, les atrocités commises durant ces guerres sur les pauvres populations sont sorties de son laboratoire criminel. Qui ne se souvient pas des enfants soldats et des manches courtes et longues avec son cortège de viol, de réfugiés.
Ce criminel, qui n'a sa place que dans une juridiction internationale, veut mettre le Mali sous sa dépendance comme la Côte d'Ivoire.
En un mot, cet homme n'incarne que Satan en personne.

Alassane Dramane Ouattara, Président de la Côte d'Ivoire, et président en exercice de la CEDEAO

Son cas est des plus pathétiques. Incapable d'arriver au pouvoir par la voie des urnes, il suscite une rébellion dont les ficelles sont tirées par ses parents burkinabé. Il déstabilise son pays. N'eut été le poids économique de la Côte d'Ivoire et la ténacité des hommes qui la dirigeaient à l'époque, le géant de l'Afrique de l'Ouest allait droit au mur.

La rébellion et Blaise Compaoré, ayant échoué à l'installer au pouvoir et les pressions économiques de l'UEMOA ayant montré leurs limites, la France intervient dans le sang avec un mandat des Nations unies à la suite d'une élection déjà pipée à l'avance pour imposer aux Ivoiriens cet homme obsédé par le pouvoir.

Un tel dirigeant est loin d'être un modèle pour donner des leçons à d'autres. La voie empruntée par le CNRDRE pour accéder au pouvoir est loin d'être un coup d'Etat. Comme le disait le président Ahmed Sékou Touré, toute irruption de l'armée sur la scène politique est abusivement appelée coup d'Etat alors que certains, comme le nôtre, sont salutaires car mettant fin à des régimes corrompus. Ce qui est réconfortant, c'est que les militaires maliens n'ont pas pris l'avis de la France pour chasser ATT du Palais de Koulouba.

Yayi Thomas Boni, Président du Bénin et président en exercice de l'Union africaine

Par la fraude électorale, il est réélu avec un score nord coréen face à des adversaires coriaces. Qui ne se souvient pas du passage du président Yayi Boni en larmes à la télé béninoise présentant ses excuses au peuple béninois après l'omission sur le fichier électoral d'un million d'électeurs dans le camp de l'opposition. Indépendant, président mal élu comme ATT dans une fraude éhontée, le président béninois est loin d'être cet homme qui pourra donner des leçons de démocratie. Avec lui, le Bénin a perdu le charme de son modèle démocratique.

Mamadou Issoufou, Président du Niger

Mamadou Issoufou est la marionnette de la junte militaire qui a renversé le président Tandja. Nul doute que le coup d'Etat du commandant Saliou Djibo a été une opportunité qui a ouvert les portes du Palais pour lui. On voit bien qu'un coup d'Etat est inversement apprécié selon qu'il porte au pouvoir un protégé de la France ou qu'il chasse du pouvoir un protégé de la France. M. Issoufou, n'est-ce pas? Le silence serait d'or pour vous.

Mme Ellen Sirleaf Johnson du Libéria

La présidente du Libéria, portée au pouvoir par l'ancienne puissance entre les deux tours d'une élection qu'elle perdait face à un George Weah très populaire dans son pays, avait déclaré pour calmer les Libériens très remontés, qu'elle fera un seul mandat de cinq ans. La suite est connue, elle marchera sur ses engagements.

Quand les anciennes provinces du Grand Mali, s'étendant de l'Atlantique à l'Aïr, viennent à son secours de façon arrogante, il y a de quoi pleurer pour ne pas rire. Mais la faute n'incombe qu'à nous-mêmes, du moment où nous avons élu des présidents comme Alpha Oumar Konaré et ATT qui ont contribué à la déchéance de notre pays.


Yoro Sow, in l'«Inter de Bamako» du 3 avril 2012.

SENEGAL: MACKY SALL OU LE CHANGEMENT DANS LA CONTINUITE COLONIALE


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Dans une Afrique où il est de coutume pour les tyrans de s'accrocher à leur fameux fauteuil présidentiel, lorsque dans un territoire un satrape perd le pouvoir, c'est plutôt normal que les partisans du changement pour le changement soient aux anges. Des Africains du territoire du Sénégal et beaucoup d'autres sont à la fête après que Abdoulaye Wade ait été sorti et qu'on ait porté, par vote, à sa place son ancien premier ministre Macky Sall. Ce matin, on apprend par la presse qu'un peu partout dans ce territoire l'heure est à la fête et aux réjouissances populaires. Mais si on prend un peu de recul, il est à constater que ce changement n'annonce rien de nouveau et même, il faut oser le dire, rien de bon. Mieux, il ressemble fort malheureusement pour les fêtards et autres optimistes béats à une continuité. C'est juste un changement de personne pour mieux ancrer le système.

Tout d'abord : le nouvel élu se définit lui-même comme un libéral. Wade est aussi un libéral et il l'a toujours revendiqué et assumé. Qu'est-ce dont qu'un libéral dans le champ politico-économique ? Un libéral c'est un partisan sur le plan politique de la démocratie et des libertés individuelles ; et sur le plan économique c'est un capitaliste. Dans le contexte africain où les Etats ne sont que le visage d'autrui, l'expérience a montré que le libéral est un fervent partisan de la suppression des barrières douanières, de la libéralisation du mouvement des capitaux, de la construction des infrastructures moins rentables pour le pays mais bénéfiques aux entreprises transnationales, de l'augmentation des taxes et impôts, de la privatisation des secteurs publics de l'eau, de l'électricité, de la réduction des dépenses de santé, de l'éducation, de la réduction des salaires, du blocage des avancements voire du dégraissage dans la fonction publique, de la suppression de tout soutien public aux agriculteurs et de tous les frais affectés au bien-être de notre peuple. Bref, le libéral est celui qui a pour mission de transposer mécaniquement le modèle libéral en Afrique et détruire la vision africaine de la vie en communauté. Et toutes ces mesures ne visent rien sauf à faire des économies pour payer la « dette » et attirer les « bailleurs » et les « opérateurs économiques étrangers ». Un libéralisme de plus en plus rejeté violemment dans son berceau occidental où on lui cherche désespérément des alternatives mais revendiqué sous les cieux africains. Macky Sall est de ceux-là qui vantent la fameuse initiative PPTE qui énonce débilement que plus un pays alourdit sa pauvreté et sa dette, plus il va vers son développement.

Ensuite : Macky Sall est un homme du système. Il a été nourri à la mamelle de l'ex-président Wade auprès de qui il a fait ses premières armes depuis les années 1980 au sein du PDS (Parti Démocratique Sénégalais). Elu président de la cellule Initiatives et Stratégies et secrétaire général de la Convention régionale du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Fatick en 1998, il fut l'un des artisans en 2000 de la victoire de Wade qui le récompense en le nommant Conseiller Spécial. Son ascension ne s'arrête pas là. En 2001, Sall devient ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique, puis ministre d'Etat en 2002 à différents postes. En avril 2004, il est nommé vice-président du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS) et le 21 avril 2001 Macky Sall est nommé Premier ministre par Abdoulaye Wade, poste qu'il occupe jusqu'à la réélection d'Abdoulaye Wade en 2007.

Continuant sa carrière, Sall passe de la primature à la présidence de l'Assemblée nationale le 20 juin 2007. C'est à ce poste qu'il va rencontrer sa première pierre d'achoppement. Certain d'être par son parcours politique un fils du président Wade, il "ose" convoquer Karim Wade, fils du président Wade à l'Assemblée pour audition sur les travaux de l'Agence nationale de l'Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI). Le courroux du vieux lion de la Teranga Wade est immédiat. Il opte pour les liens du sang en punissant le « fils politique » au bénéfice de Karim. Le poste de numéro 2 du PDS est supprimé par le comité directeur qui décide aussi de réduire le mandant du président de l'Assemblée de cinq à un an. L'infamie est insupportable pour Sall qui démissionne du PDS et crée son propre parti, l'Alliance pour la République. Comme on peut le voir, Macky Sall est un homme du système qui l'a fait du début jusqu'à son niveau actuel. Il ne l'a jamais remis en cause et ne le fera pas. Macky Sall se définissant comme un libéral n'a jamais posé que de question sur l'économie coloniale dans laquelle le territoire du Sénégal baigne en compagnie de tous les autres avec le Franc CFA à l'appui. Jamais de question non plus sur les cultures coloniales notamment l'arachide dans laquelle le territoire du Sénégal excelle. jamais, il n'a mentionné que le cadre africain est un cadre vicié et impropre au développement à cause de son extraversion absolue depuis des siècles à présent. Il n'a pas quitté le navire colonial (Etat colonial) parce que fondamentalement il est mauvais et que piloté avec la boussole étrangère, il ne peut donc que mener le peuple africain du Sénégal à l'accident final.

Enfin : Macky Sall est Grand Croix de l'Ordre national du Lion et Grand Officier de l'Ordre de la Pléiade de la Francophonie. Il a été surtout fait Grand Officier de la Légion d'Honneur française, le 25 mars 2008 en plein trouble avec son mentor Abdoulaye Wade par l'Ambassadeur français Jean-Christophe Ruffin. Les textes de la Légion sont clairs : « La Légion d'honneur est la plus haute décoration française. Elle récompense les mérites acquis par les citoyens, en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce, dans tous les secteurs d'activité du pays. » La Légion d'Honneur n'est attribuée qu'aux français, comme le précise l'article R.16 du Code de la Légion d'Honneur. A titre exceptionnel toutefois les étrangers peuvent être décorés en fonction de leur personnalité et des services rendus à la France. Macky Sall est-il français ? Si, oui dans ce cas, les Africains du Sénégal auront élu un français qui ne peut que travailler pour son pays à la tête de ce territoire. Il y aurait alors erreur sur la personne. S'il ne l'est pas, quels sont donc ces services que Macky Sall a rendu, rend et rendra encore à la France pour qu'il ait cette récompense ? On peut aisément le deviner, mais bien malin est celui qui pourra montrer des preuves quand on sait que la caractéristique principale de la Françafrique est de procéder dans l'opacité. Mais étant à plusieurs reprises ministre des mines, de l'énergie et de l'hydraulique, on peut imaginer des contrats en faveur des multinationales françaises. Mais, pas seulement. Avec cette médaille, il n'est pas seulement question de récompenser les services rendus dans le passé. Il est probablement question aussi de préparer le terrain pour d'autres bonnes œuvres dans le futur en faveur de la Métropole. Car, la France a ceci de particulier qu'elle sait repérer très tôt les bons chevaux sur lesquels elle mise depuis leur plus jeune âge en leur offrant des gadgets les plus clinquants afin de les mettre sous son contrôle très tôt. C'est cette caste que les coloniaux appelaient « l'élite indigène » dont la mission est de lier solidement les territoires d'Afrique à la Métropole. Et c'est dans ces relations que vivent jusqu'ici les territoires africains.

Dans un cadre colonial comme c'est le cas dans l'Afrique actuelle, le pouvoir d'Etat ne peut être remis en n'importe quelle main. Il ne peut que quitter une main soumise pour retomber dans une autre encore voire plus servile. Lorsque, par le hasard de l'histoire, ce pouvoir parvient à un homme qui n'est pas coopté par la Métropole, la vie de ce dirigeant devient un enfer. Tout est mis en oeuvre pour l'assassiner (Sankara et bien d'autres) ou pour le renverser (Laurent Gbagbo et bien d'autres). Ce système ne peut dès lors se sentir que renforcé si la transmission du pouvoir se fait avec la participation du peuple à travers la voie électorale comme c'est le cas au Sénégal. Le peuple africain de ce territoire vient de "choisir" le changement de personne dans la continuité d'un système.

Mais pour beaucoup d'Africains tout ceci n'est qu'accessoire, l'essentiel étant que Wade, le "vieux Wade" s'en aille. Ainsi donc, en poursuivant la curiosité de visiter ce qu'on appelle la toile et les réseaux sociaux, on s'aperçoit que ce qui préoccupe effectivement ce n'est ni de se demander de quoi cette fameuse alternance et cette « leçon de démocratie » a le nom, ni d'interroger la politique dont Macky Sall est porteur, ni d'étudier le cadre dans lequel le « nouvel élu » devra agir, ni de mesurer les résultats que cet homme a fait, puisqu'il a été au pouvoir depuis 10 ans et ceux qu'il pourra obtenir avec ses nouvelles responsabilités. Non, tout ceci n'est que questionnements académiques voire hors-sujet. Ce qui intéresse et qui est motif de joie c'est que non seulement Wade et Cie aient quitté le pouvoir, mais encore que la nouvelle première dame du territoire du Sénégal ne soit pas une « blanche », mais une noire, une Africaine.

Que les compatriotes du Sénégal aient mis en échec le projet Sarkowade qui visait à monarchiser ce territoire avec un plan qui devrait léguer le trône présidentiel à Karim Wade après le règne de son père, c'est un fait, mais si « le changement » doit uniquement signifier pour beaucoup le changement de personne à la tête de nos territoires et l'avènement d'une première dame noire au lieu d'une blanche alors là, on est plus que mal barrés. A ce coup, il n'est pas étonnant que l'Afrique soit toujours dans la colonisation sans que beaucoup s'en aperçoivent.

En conclusion, il faut redire que le cadre africain est un cadre colonial. Il fonctionne pour satisfaire les besoins de l'extérieur au mépris des préoccupations endogènes. Tant que ce cadre ne sera pas remis en cause, détruit et reconstruit à l'aune des valeurs et des besoins intérieurs, c'est peine perdue qu'on se tue à doter les proto-Etats africains de présidents et des gouvernements. Espérer que l'Afrique sortira des rapports d'exploitation et de soumission qu'elle entretient avec l'extérieur (notamment avec l'Occident) avec des élections à l'issue desquelles on attend des élus des réformes revient à jouer à une poule qui couve des œufs pourris avec l'espérance que les 21 jours de couvaison déboucheront sur l'éclosion de poussins. On ne réforme pas la colonisation, on la détruit. Si tel n'est pas le cas, alors les rapports coloniaux deviennent selon les mots prononcés dans son allocution radiotélévisée du 6 avril 1962 par De Gaulle, des "rapports de coopération" qui en réalité continuent par servir la Métropole.

Les Africains doivent se rendre à l'évidence que lorsqu'on ne maîtrise pas son espace, on ne peut le transformer. Les africains du Sénégal peuvent avoir le sentiment de choisir « leur président », mais ils ne décident de rien du tout. Ils vivent sur un territoire qu'ils ne maîtrisent pas. D'où l'urgence de ne pas se satisfaire d'un changement qui n'en est pas un. D'où l'urgence de refuser de célébrer le faux et le mirage.

Le travail revient donc une fois encore aux filles et fils du peuple noir. Lorsque chacun assumera sa part de responsabilité avec gravité en pensant à l'avenir et au devenir de nos enfants, nous pourrons nous lever pour dire non à un système qui présente nos illusions comme nos plus brillantes réussites. Et ceci nécessite de la formation, des stratégies les plus redoutables et des hommes cohérents, aguerris et capables d'organiser la masse au mieux désordonnée, au pire, orientée quasi-totalement vers un paradis dont l'accès est conditionné par la pauvreté sur terre, la soumission à toute autorité y compris la plus crasse sous le fallacieux prétexte qu'elle vient de "Dieu". Seul un Etat véritable, une construction maîtrisée de l'intérieur peut conduire les populations d'Afrique à la satisfaction de leurs besoins. Mais pour arriver à cet Etat en Afrique, il faudra nécessairement et préalablement mettre à sac les proto-Etats érigés en Afrique par le colonialisme uniquement pour ses propres besoins.


Le 26 mars 2012

Komla KPOGLI, in LA JUDA (Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique).

 

Source: AGORAVOX

EXPLOITATION ILLICITE DES FORETS: UNE NOUVELLE GUERRE MENACE L'OUEST IVOIRIEN


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Jeudi 22 mars 2012. Sous-préfecture centrale de Blolequin, dans la région du Moyen-Cavally. Trois jeunes autochtones trouvés sur place sont venus déposer une plainte contre Jean-Pierre, chef des Burkinabè de Tinhou et Ahmed, le boutiquier du village. Ils leur reprochent de vendre le patrimoine forestier de Tinhou après avoir démarché certains de leurs compatriotes qui deviennent par l'acte d'achat propriétaires de parcelles. Le bureau du sous-préfet central de Blolequin, Koffi Yao Kan-Claude, ne désemplit pas. A chaque jour correspond ses nombreuses plaintes relatives aux litiges fonciers dans le département.

A CIB, gros village de la sous-préfecture de Blolequin qui doit son nom à une compagnie d'exploitation de bois, les conflits fonciers font rage. Serge Alain Téha et sa mère Madeleine Vouho sont dans le viseur de Robert Kaya. Il y a plus de 50 ans, Pierre Téha, père de Serge Alain, offre une parcelle de forêt de 4 hectares à son cousin pour exploitation sur deux ans. Le délai acquis, celui-ci cède la propriété de son parent. Pierre Téha, à son tour, décède en 1995 et ses enfants, au nombre de 10, héritent du patrimoine forestier de la famille. A la faveur de la guerre qui secoue l'ouest, huit de ces enfants sont tués et il n'en reste que deux (un homme et une femme). Après le conflit, Robert Kaya pointe son nez dans la famille Téha et s'arroge le droit de disposer de ses biens. Il prend langue avec des allogènes burkinabè en quête de forêt pour exploitation. Moyennant 75 000 FCFA l'hectare, il vend la parcelle qui lui avait été offerte provisoirement dans le passé sous prétexte qu'elle lui revient de droit. Serge Alain Téha, qui n'est pas de cet avis, lui oppose un refus catégorique.

A l'allogène burkinabé, K. Zouani, qui n'a pas mis de temps à défricher sa parcelle, il exige l'arrêt des travaux et son retrait immédiat du patrimoine forestier de la famille. C'est la pomme de discorde entre la famille Téha et Robert Kaya qui encourage son "client" à poursuivre ses travaux. Mieux, face à l'intransigeance du fils de son cousin, il conseille au Burkinabè de lui faire payer son «manque de respect». Serge Téha dit s'en remettre aux autorités compétentes du département pour trancher cette affaire qui fait planer sur lui une menace de mort. En attendant le règlement de ce conflit foncier, Alain Serge Téha et sa mère, qui le soutient dans ce combat, ont élu résidence à Blolequin-ville, au quartier Gama.

Médibly, Diboké, Oulaïtahibly, Zilébly... : les Burkinabè s'installent

Sawadogo Moussa dit Saga, chef de la communauté burkinabè, installé à Zilébly (dernier village ivoirien à la frontière avec le Liberia) depuis plusieurs années se dit lui-même surpris par le nombre qui va crescendo de ses compatriotes dans le village et surtout par leur comportement qui consiste à acheter la forêt à des jeunes alors que leurs parents sont encore réfugiés au Liberia. «Je n'ai aucun pouvoir d'empêcher qui que ce soit de venir faire fortune. Quand j'ai tenté de raisonner certains de mes frères, ils m'ont répondu que c'est parce que je veux les empêcher de faire fortune», se dédouane-t-il. Aujourd'hui, le constat est frappant à Zilébly : seulement 15 autochtones contre plus de deux cents hommes d'origine burkinabé, selon le décompte de Sawadogo Saga, exploitent la forêt des propriétaires terriens eux-mêmes encore réfugiés au Liberia. Tout comme à Médibly, Diboké et Oulaïtahibly où l'on note leur forte présence, ils disposent de gros quartiers dans lesquels des cases ont poussé comme des champignons.

Ceux qui leur permettent de s'arroger les biens qu'ils exploitent sont pour la plupart des jeunes wê. Profitant de l'absence de leurs parents qui sont les véritables propriétaires terriens, ces jeunes prennent langue avec des démarcheurs. A Blolequin-ville, sont basés S. Abdoulaye, D. Gilbert. Ce sont eux qui sont en contact avec les allogènes qui recherchent un eldorado forestier pour faire fortune. Ils connaissent également la plupart des vendeurs qui se comptent parmi les jeunes des villages de Blolequin. «Notre rôle consiste à faciliter le contact entre le vendeur et l'acheteur moyennant une commission une fois l'affaire conclue. Le reste n'est pas de notre ressort», explique S. Abdoulaye. C'est lui qui a été à l'origine de la transaction portant sur la vente du patrimoine forestier du patriarche Manhan Douhou et de bien d'autres propriétaires terriens de Zilébly alors que ceux-ci sont encore réfugiés au Libéria pour certains et en activité dans les différentes villes du pays pour d'autres. A Zilébly ses contacts sont Dandé Anselme (dit Hobou), Bangny Zoba Raphaël, Bangny Serge Omer (dit Omer) et Gnahé Sylvain. L'objectif de ces démarcheurs au commerce douteux ? S'acheter de grosses motos pour frimer, ou monter leurs propres affaires. Le patrimoine forestier, long de 2 Km, du patriarche Manhan Douhou, encore en exil au Liberia, fera l'objet de transaction entre ces jeunes et les nommés Seydou Sawadogo, Kontougni Desiré, Zoungrana Yacouba, Ouédraogo Karim, Nikiema, Emmanuel, Sawadogo Adama, Beda Robert, Pate Jeremy... A peine ont-ils fini d'''acheter'' cette forêt qu'ils se sont lancés dans les travaux de défrichage sans même prendre soin de remplir les conditions de propriété. Face au fils du patriarche, Pascal Douhou, Clerc d'huissier à Abidjan, qui leur a exigé des documents attestant qu'ils sont devenus propriétaires du bien de leur père, ils font planer des menaces.

La stratégie des vendeurs illégitimes pour se sortir d'affaire

Lorsque les sexagénaires Bah Jeannot et Kpazaï Victor se sont rendus dans leur village à Zilébly pour vérifier que leur forêt n'avaient pas encore fait l'objet de transaction entre des autochtones, pour la plupart des militants Rhdp, restés au village, et des allogènes en quête de parcelle à cultiver, ils sont tombés des nues. Non seulement leur forêt a été bradée, mais ils ont été dénoncés aux éléments Frci du village comme étant des militants pro-Gbagbo qui ont soutenu les miliciens lors des événements post-électoraux. La stratégie des vendeurs des forêts (qui se comptent tant parmi les Wê que les allogènes) dans le département de Blolequin pour se sortir d'affaire est toute simple. Créer une peur permanente chez les propriétaires terriens réfugiés au Liberia en leur rapportant que s'ils tentent un quelconque retour, ils seront traqués et liquidés par les Frci qui ont pris pied dans leur région depuis la crise post-électorale et ceux qui exploitent leur patrimoine. C'est un argument parmi tant d'autres qui maintient les réfugiés ivoiriens au Liberia loin de leurs terres au profit des allogènes dont la présence à Médibly, Diboké, Oulaïtahibly et Zilébly où nous avons séjourné durant quatre jours est frappante. Dans ces localités, ce sont des quartiers entiers, quelquefois d'une plus grande taille que ceux des autochtones, qui sont construits. Des fois, des nouveaux arrivants nettoient, sans autorisation, des lopins de terre dans le village et s'y installent, quand ils ne prennent pas possession des maisons d'autochtones qui ont fui le village. La maison de Bahi Gervais, Secrétaire général  de section du Front populaire ivoirien (Fpi) de Zilébly, Oulaïtahibly, est à ce jour occupée par des allogènes burkinabè.

L'administration préfectorale prêche dans le désert

Le préfet de Blolequin Dembélé Lassana, pour anticiper sur le danger qui plane à l'horizon dans cette partie de la Côte d'Ivoire où la moindre étincelle se transforme en volcan, a pris une réquisition pour faire sortir les nouveaux migrants des forêts qu'ils «occupent de façon illicite». Mais cette action est entravée par des croque-en-jambes politiques dans le département. Certains cadres locaux du Rhdp qui bénéficieraient de l'appui du Lieutenant Zouoti Eloi alias commandant Zoulou couvriraient les manœuvres de dépossession des terres des personnes identifiées comme des militants Lmp en exil. «Ils se sont calmés parce que nous avons menacé de saisir la hiérarchie s'ils continuent d'entraver l'action de l'administration préfectorale», a indiqué une indiscrétion à la préfecture de Blolequin. Toutefois, le processus de retrait forcé des allogènes des forêts qu'ils occupent illégalement tarde à se mettre en place. Et les nouveaux migrants, dans les villages, accélèrent le défrichage des parcelles qu'ils ont acquis après la fuite des vrais propriétaires.


Saint-Claver Oula


Source: LE NOUVEAU COURRIER

BENSOUDA A RENCONTRE OUATTARA - TOUJOURS A LA RECHERCHE DE PREUVES CONTRE GBAGBO


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La procureure de la Cpi, Fatou Bensouda, a été reçue en audience hier mardi 3 avril 2012, successivement par le Premier ministre - ministre de la Justice, Jeannot Ahoussou et par le chef de l'Etat - ministre de la Défense, Alassane Ouattara. Dans le cadre du dossier ivoirien, dont les enquêtes sont en cours depuis le 15 octobre dernier. Le dossier ivoirien parait-il plus complexe que cela aux yeux de la Cour pénale internationale ? A l'analyse de la démarche des « justiciers de La Haye », on pourrait répondre par l'affirmative. En tout cas, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, qui aura les pleins pouvoirs dès le mois de juin a échangé avec les nouvelles autorités ivoiriennes. Aussi bien après l'audience avec le Premier ministre qu'au sortir de son tête-à-tête avec le chef de l'Etat, la procureure de la Cpi a affirmé qu'étant donné que les enquêtes se poursuivaient toujours, il était important pour la CPI de faire le point de la situation avec les autorités ivoiriennes. «Les enquêtes se poursuivent...Nos hommes sont au travail dans l'ouest de la Côte d'Ivoire pour nous éclairer sur ce qui s'y est passé. Cette fois, notre mission c'est pour discuter avec les autorités, la société civile et tout ceux qui peuvent nous aider à avancer sur la question », a déclaré Fatou Bensouda. Qui a affirmé ne pas être arrivée en Côte d'Ivoire dans le cadre d'une procédure visant particulièrement Mme Gbagbo.

Elle a par ailleurs insisté sur la coopération des autorités ivoiriennes devant faciliter le travail des enquêteurs de la CPI sur le terrain. «Je suis venue en Côte d'Ivoire pour parler avec les autorités des questions de coopération dans la conduite de nos enquêtes», a-t-elle fait savoir. Comment parler encore de coopération avec les autorités et de facilitation du travail des enquêteurs de la CPI sur le terrain, quand en juin dernier, lors de la première visite de Bensouda à Abidjan, l'on avait annoncé en grande pompe une franche coopération entre l'Etat de Côte d'Ivoire et la CPI ? C'est que le cas Duekoué est en passe de constituer une pomme de discorde entre  les deux parties. Sinon pourquoi est-ce  au moment où les enquêteurs de la CPI ont envahi l'ouest, notamment Duekoué et ses environs, que la procureure revient à Abidjan pour parler de «franche coopération des autorités pour faciliter le travail sur le terrain » ?

Les preuves se font-elles rares ?

A seulement deux mois et demi de l'audience de confirmation de charges contre le président Laurent Gbagbo, la CPI est encore à la recherche de preuves sur le terrain et de «personnes qui peuvent les aider à avancer sur la question». Le procureur Moreno Ocampo, en visite à la mi-octobre dernier à Abidjan, avait annoncé le début des enquêtes sur la crise post-électorale. Seulement un mois et demi ont suffi pour aboutir à la déportation du président Gbagbo, le 29 novembre dernier à La Haye. Et depuis, quatre mois se sont écoulés et plus rien. Sinon que «silence, ici la CPI travaille».  En réalité, la mayonnaise politico-judiciaire visait à éloigner le président Gbagbo de la Côte d'Ivoire, avec ou sans preuves, pour permettre à Ouattara de se détendre. Une fois l'opération réussie, il apparait difficile pour le bureau du procureur de boucler le dossier. C'est pourquoi il sollicite constamment les autorités ivoiriennes avec leurs satellites de la société civile pour engranger de quoi faire «écrouer » pour longtemps Laurent Gbagbo. Alors même qu'après plus de 5 mois d'enquête, seul l'ex-président  a été transféré à la prison de Scheveningen.  Pour masquer  cette situation ubuesque,  la CPI préfère verser dans le dilatoire et  se murer derrière des enquêtes interminables à quelques 75 jours du 18 juin prochain, date d'ouverture du procès contre Laurent Gbagbo. En tout cas, la suite des évènements nous situera mieux sur ce que trame le régime Ouattara avec la CPI.


Frank Toti

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER