topblog Ivoire blogs

lundi, 26 mars 2012

UNIVERSITE DE COCODY: VASTES CHANTIERS, PETITS TRAVAUX, DES ETUDIANTS MANOEUVRES A L'OEUVRE


UNIVERSITE D'ABIDJAN COCODY - CAMPUS.jpg

Silence de mort à l'université de Cocody, en cette matinée du mardi 13 mars 2012. Rien n'a changé depuis le «tsunami» du fameux 11 avril 2011 où les ex-rebelles ont tout détruit et rasé sur leur passage (maquis, restaurants, boutiques, kiosques à café, salles de jeu vidéo, salons de coiffure et de couture..) et pillé les résidences et les bâtiments administratifs. L'imposante et majestueuse église coréenne qui surplombe cette université, visible au Chu de Cocody, est abandonnée par ses occupants, et réquisitionnée par le régime Ouattara pour en faire une radio et une télévision des étudiants, mais aux ordres. L'université de Cocody est toujours déserte, onze mois après sa fermeture. Elle peine à renaître malgré la présence d'ouvriers relativement nombreux qui depuis quelques jours effectuent des travaux de réhabilitation de certains bâtiments. Sous un soleil de plomb, un petit groupe d'entre eux, pelle, truelle, marteau, pointe et brouette en main, travaillent avec empressement, sur un des bâtiments des résidences universitaires, adossé au CHU de Cocody. Certains crépissent les murs ou sont en train de le peindre en blanc et jaune, d'autres enlèvent la toiture, les cadres des portes et fenêtres pour les remplacer par du neuf.

Le rythme de travail n'est malheureusement pas le même partout. Tous les ouvrages à réhabiliter ne sont pas logés à la même enseigne. Si certains font l'objet d'une attention particulière des entreprises de travaux publics, d'autres, en revanche ne constituent pas une priorité. Le beau siège de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), inauguré avant le déclenchement de la crise postélectorale, et qui a fait la fierté des étudiants, tombe lentement mais surement en ruine. La rénovation du siège du célèbre mouvement syndical estudiantin n'est pas à l'ordre du jour. Onze mois après la fermeture de cette université et quelques semaines après le démarrage des travaux de réhabilitation. Odeur de moisissure, portes arrachées ou défoncées... accueillent le visiteur. Le confort a foutu le camp. On a même effacé les traces de tout ce qui est FESCI. L'écriteau Fesci qui était très visible sur le mur du siège a été effacé aux premières heures de l'entrée des forces pro-Ouattara à Abidjan.

La salle informatique Laurent Gbagbo en ruine

A quelques mètres de là, se trouve la grande salle informatique offerte par le président Laurent Gbagbo lors de sa campagne présidentielle de 2010. Situé au premier étage du restaurant universitaire et de l'espace des loisirs des étudiants, cette salle informatique hyper équipée et qui comptait une quarantaine d'ordinateurs de dernière génération, n'existe que de nom. Car pillée et à l'abandon. Elle attend comme le restaurant et l'espace loisirs situé au rez-de chaussée, sa couche de peinture, son nouveau mobilier. Les travaux piétinent également du coté des amphithéâtres. Le célèbre amphithéâtre Léon Robert où des étudiants suivaient avec beaucoup d'intérêt et de passion, les cours magistraux d'éminents professeurs de droit, est à l'agonie. Les portes, les bancs, le plafond et les fenêtres souffrent de la moisissure. Les travaux de construction des deux amphithéâtres, des deux bâtiments administratifs et des salles de travaux dirigés, déjà financés par le gouverneur Amondji Pierre, sous l'ère Gbagbo, avancent à pas de tortue. La finition des travaux se fait au compte goutte.

Autre constat qui donne la chair de poule, l'état de décrépitude avancé des bâtiments des Unités de Formation et de recherche (UFR) de biosciences, des sciences de la terre et des ressources minières, vidés de leurs contenus pendant la crise postélectorale. Dans toutes les UFR, les tables, bancs et chaises, les documents administratifs et des étudiants, trainent sur les espaces verts donnant l'impression au visiteur d'être dans une décharge publique en miniature. Les ordures déposées à l'ex-Faculté des sciences et techniques (FAST), au département des lettres modernes ne passent pas inaperçu. Ce sont également des tonnes de cadres de portes et fenêtres, fabriquées en aluminium, qui sont entassés ici et là, non encore fixés.

A l'UFR des sciences juridiques, les travaux à terminer restent considérables. La bibliothèque centrale, vétuste, n'a reçu, elle aussi, aucune couche de peinture. La salle de sports du Forum, le célèbre restaurant «les Palmiers» et la piscine olympique qui ne sont plus fonctionnels, n'ont pas encore reçu la visite d'ouvriers. «Il y a beaucoup de travail qui reste à faire. L'Etat veut tellement bien et tout faire en même temps qu'il oublie qu'il faut beaucoup d'argent. Remplacer toutes les portes et fenêtres en bois par des vitres, relève de la folie en ces temps où Ouattara se débat pour que les caisses de l'Etat ne soient pas vides. C'est du gaspillage. Pour réhabiliter une université, on n'a pas besoin de ces dépenses folles. C'est ce qui fait aussi que les travaux sont non seulement lents mais accusent un grand retard par rapport au délai de livraison des travaux que l'Etat s'est fixé. Parce qu'il faut toujours attendre du nouveau matériel pour redémarrer les travaux, faute d'argent», raconte un ouvrier qui a requis l'anonymat. Ce que d'aucuns pourraient considérer comme un scandale financier, ce sont les travaux de reconstruction de la clôture de l'université. Nul ne peut avancer de chiffres précis.

L'ancienne, adossée au quartier présidentiel, coté lycée Sainte Marie, a été détruite puis reprise. Plus de deux kilomètres de clôture sont prévus. Elle part du carrefour du quartier présidentiel à l'ex-bidonville Blingué (route de l'hôtel du Golf). Faute d'argent, un quart seulement des travaux a été fait. Tout est arrêté. Idem pour la clôture, du coté du CHU de Cocody. Les travaux de construction des deux corridors de sécurité, aux deux des trois entrées principales de l'université de Cocody, ne sont pas mieux lotis. La réfection des aires de jeu de football, de basket ball et de hand-ball, des courts de tennis, ne se fait pas, selon des étudiants manœuvres, au rythme souhaité par des entreprises de travaux publics retenus par le Crou-a. Le délai de la pose des vitres ou des portes en vitres en lieu et place du bois a pris plus de temps que prévu et jugé onéreux.

La construction de l'Hôtel des enseignants, du centre commercial, d'une station d'essence annoncée à cor et à cri par le régime Ouattara, n'est pour le moment qu'une vue de l'esprit. La création d'une «Silicon Valley» (un pôle technologique à l'image des Etats-Unis), dans le bas-fond, entre le Chu et l'université, est encore dans les tiroirs de l'Etat. «Le travail est énorme et les ouvriers sont insuffisants pour un tel boulot», confie un autre ouvrier sous le sceau de l'anonymat. Les travaux de plomberie, d'étanchéité, et d'électricité à la Présidence de l'Université, dans les résidences, à la direction du Crou-a, sont loin d'être achevés. Vu l'ampleur du travail à abattre et voyant septembre arriver à grands pas, le régime Ouattara pour sauver la face, a fait appel à mille étudiants pour parer au plus pressé et annihiler toutes velléités de fronde. Ils ont été recrutés pour être des manœuvres. Mais la désillusion est grande.

C'est la seconde vague du millier d'étudiants recrutés par le régime Ouattara que nous avons découverte à l'œuvre sur le campus de Cocody. Ils sont une centaine, payée pour certains à 50 mille FCFA la quinzaine, et pour d'autres à ce montant mais pour un boulot de trois semaines. Ils ont une particularité par rapport aux ouvriers ordinaires. Ceux qui sont vêtus de gilets de couleur jaune sont chargés de planter des arbres, de les arroser, d'arroser le gazon. Ils ont planté plus d'une centaine d'arbustes (des palmiers) de l'entrée coté Chu de Cocody jusqu'à l'antenne de l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro. Leurs camarades qui portent des gilets de couleur rouge sont des maçons, des menuisiers, des peintres chargés de la voierie.

Etudiants manœuvres, la grande désillusion !

Les promesses n'ont pas été respectées par le régime Ouattara. Les jardiniers se contentent seulement de quinze jours de travail et de 50 mille FCFA et les maçons, peintres et menuisiers de 50 mille FCFA pour trois semaines. Les 100 mille FCFA par mois promis par les pouvoirs publics dans le cadre du Projet Volontariat ne seront plus payés. Certains étudiants manœuvres ne cachent pas leur déception. «A petit salaire, petit travail. C'est pourquoi, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique nous a confinés dans des petites tâches. Nous arrosons les nouvelles plantes, reboisons le campus, bouchons les nids de poule avec du goudron, améliorons la voierie du campus. Ils ne peuvent pas nous demander plus parce qu'ils n'ont pas tenu leurs promesses», confie Koné. B, cet étudiant maçon.

La présence de ces étudiants pas comme les autres suscite la curiosité des étudiants de l'antenne de l'INP-HB de Yamoussoukro, de l'Ensea, et de l'ENS, trois établissements d'enseignement supérieur qui cohabitent avec l'Université de Cocody. «Ce n'est pas le rôle de nos camarades même s'ils se considèrent comme des indigents. C'est au régime Ouattara de tout faire pour que ces travaux finissent rapidement. Ces étudiants ne doivent pas s'humilier pour quelques billets de banque. Ne nous déculottons pas devant le régime. Ouattara a sacrifié sciemment trois générations d'étudiants. Ne lui donnons pas l'occasion, pour des miettes, de nous humilier pour la seconde fois. J'ai honte quand je les vois travailler. J'appelle pas ça du djossi, mais une humiliation», s'exprime avec colère, K. O, un étudiant en expertise comptable à l'antenne de l'INP-HB.



Un reportage de Charles Bédé in Notre Voie.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

INTERDITE D'EVACUATION SANITAIRE EN FRANCE - LA PETITE SOEUR DE SIMONE GBAGBO EST DECEDEE

 

SIMONE GBAGBO.jpg

Temps d'épreuve. Alors qu'elle est incarcérée à Odienné (nord-ouest de la Côte d'Ivoire), très loin des siens, et qu'elle n'a pas pu voir ses enfants depuis bientôt un an, la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo a appris, dimanche dernier, le décès de sa sœur cadette, Françoise Ehivet épouse Légré. «Bien entendu, elle est affectée. Etre loin des siens et apprendre ça, en sachant dans quelles conditions les choses se sont passées, c'est difficile. Mais nous confions toutes choses à Dieu. Nous prions», a confié au Nouveau Courrier une des parentes de Simone Gbagbo.

Françoise Ehivet a rendu l'âme à la polyclinique Saint-Gabriel des Deux-Plateaux samedi dernier à 18 h 45 minutes. Malade d'un cancer, traitée habituellement en France, elle a essuyé deux refus de visa pour raisons médicales alors qu'elle devait aller suivre son traitement. Si aucune raison officielle ne lui a été donnée, il faut noter que d'autres proches de personnalités politiques ivoiriennes subissent le même type de blocages. Ainsi, l'époux d'une ancienne ministre incarcérée dans un des bagnes du Nord s'est vu refuser un visa alors qu'il devait aller au Canada pour le suivi de son traitement, et en dépit du fait qu'une de ses filles est citoyenne canadienne et vit effectivement dans ce pays d'Amérique du nord. Où l'on s'aperçoit que le principe de «culpabilité génétique» appliqué à Michel Gbagbo, arrêté «parce qu'il était avec son père» selon l'actuel Premier ministre d'Alassane Ouattara, est mis en exécution par les chancelleries occidentales à Abidjan. Françoise Ehivet Legré sera inhumée assez vite, probablement durant la semaine prochaine, selon des membres de sa famille.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 24 mars 2012

LE Pr BERNARD ZADI ZAOUROU MORT LORS D'UNE DISPUTE AVEC UN ENVOYE DE OUATTARA!


ZADI ZAOUROU 2.jpg

Nos sources viennent de nous porter l'information. Le Pr. Zadi Zahourou a fait une crise d'AVC au cours d'une dispute avec un envoyé de Ouattara. L'histoire est partie d'une commande d'un scénario de film de sensibilisation sur la réconciliation, adressée au Professeur par un proche de Ouattara dont nous confirmerons le nom sous peu.

Intéressé par l'affaire, le Professeur réunit une équipe de comédiens ivoiriens dont Madame Thérèse T. pour lui apporter un coup de main. Très vite, l'équipe du Professeur boucle le scénario du film de sensibilisation et le Professeur en informe le commanditaire. Une facture pro forma du travail lui est demandée. Il évalue le travail: scénario, plus tournage et diffusion et, produit la facture pro forma du travail.

L'envoyé de Ouattara trouve la facture trop élevée. Le Professeur lui répond que c'est un travail d'Expert et qu'il a un coût. Mais la rencontre entre le Professeur et l'envoyé de Ouattara va tourner mal.

Souffrant d'un mal cardiaque depuis le coup d'Etat de 1999, le Professeur Zadi Zahourou est suivi médicalement et il lui est fait interdiction de se mettre en colère ou de s'exposer à une émotion forte. Ce sont ces recommandations des médecins qui l'ont amené à se retirer de la vie politique.

Mais, nos sources, confirment que l'émissaire de Ouattara va se montrer très désobligeant à l'égard du Professeur qui sous la menace et les propos méchants, va s'écrouler devant son interlocuteur.

Il venait ainsi de faire un accident cardiovasculaire. Conduit d'urgence à la PISAM, il ne se réveillera pas du coma.

Le Professeur laisse une famille inconsolable, menacée de représailles si elle révèle l'information à la Presse. Mais, les murs ont des oreilles et nous avons été contactés ce soir du 22 mars 2012, par une jeune étudiante inconsolable qui refuse de se taire sur ce qu'elle qualifie d'assassinat de son Père spirituel et Professeur à l'Université.

Pour que la Vérité se sache et que Justice soit rendue, nous avons jugé utile d'informer l'opinion internationale et nationale sur les circonstances réelles de la mort du Professeur Zadi Zahourou, cette énième victime d'un régime sans cœur.

Que l'âme du Professeur Zadi repose en paix!


Hassane Magued


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

vendredi, 23 mars 2012

AMADOU SOUMAHORO: DE L'IRRESPONSABILITE D'UN GARDIEN DU TEMPLE


AMADOU SOUMAHORO.jpg

Si nous partons de l'idée que tout pouvoir émane de Dieu, il nous sera aisé de déduire que seul Dieu assure la protection du pouvoir. Mais l'immatérialité de Dieu fait du pouvoir militaire et du peuple, les délégataires du pouvoir de protection.

De façon pratique, l'armée s'investit dans la protection des frontières du pays afin d'éviter la déstabilisation de celui-ci par des forces étrangères. La police quant a elle, assure la sécurité intérieure et appuie l'armée en cas de coup de force. Il peut se trouver que, pour des raisons diverses, l'armée ne puisse pas venir à bout des assaillants, ou que ceux-ci occupent frauduleusement une partie du territoire. Dans l'un de ces cas, l'attitude du peuple, finit par révéler son rôle de gardien du temple. En effet, le peuple sent le besoin de faire bloc autour du chef, afin de lui assurer sa fidélité. Cette fidélité affirme nettement la légitimité du pouvoir.

La période de pénétration coloniale a démontré, à suffisance, le rôle de gardien du temple assigné au peuple. En effet, la conquête française n'a pas été facile, dans bien de régions, les guerriers, les chefs traditionnels, les populations ont résisté aux colons français. Ceux-ci, malgré leurs canons ont eu du mal a occupé les terres des autochtones. La même opération, à quelques différences près, a été constatée dans notre actualité récente.

En effet, au soir de l'attaque terroriste contre la Côte d'Ivoire le 19 Septembre 2002, les forces militaires, les populations ont fait front pour éviter que la Côte d'Ivoire échoue entre les mains des assaillants. L'armée, bien qu'ayant enregistré de maigres défaillances, a affirmé son allégeance au Président Laurent GBAGBO, jusqu'à ce que le 11 Avril 2011, la France réussisse son coup d'Etat et installe OUATTARA au pouvoir dans des fourgons bleu blanc rouge.

L'action de l'armée française a démontré deux choses diamétralement opposées. La première est que le Président Laurent GBAGBO bénéficiait d'une légitimité débordante. La seconde est que Dramane OUATTARA, jouissait d'une illégitimité qui crève l'œil au point où il a fallu une armée étrangère et des mercenaires pour lui confier le temple.

Le temple à lui confié a nécessairement besoin d'être protégé. Mais ici, contrairement à la logique des choses, ce sont les forces étrangères (Onuci et Licorne), quelques bidasses ivoiriens, des mercenaires burkinabés, certains guides éclairés qui jouent le rôle de gardiens. Concernant l'armée, ses déplacements sont vaillamment suivis par les cargos de l'ONUCI, affichant ici, le peu de confiance que le pouvoir place en l'armée. Alors si le pouvoir n'a pas totalement confiance en l'armée, fait-il confiance au peuple? En d'autres termes, existe-il une complicité entre le peuple et OUATTARA? A l'évidence non car, en Côte d'Ivoire ce n'est pas le peuple, d'ailleurs ignoré, qui défend bec et oncle OUATTARA, mais c'est la minorité concentrée au Rassemblement Des Républicains (RDR) aidée par des ressortissants de la CEDEAO. Cette minorité illuminée parle par le canal de son chef, Amadou SOUMAHORO. Le pouvoir a donc transféré cette confiance dans la personne d'Amadou SOUMAHORO, Secrétaire Général par intérim du (RDR), parti dont OUATTARA assure la présidence.

M. Amadou SOUMAHORO, l'autre Amadou GON Coulibaly, grand insulteur devant l'éternel, inaugure une nouvelle ère d'irresponsabilité de son parti. Rien qu'à l'entendre, les ivoiriens ont froid dans le dos. Ces propos volent de violence en violence, d'irresponsabilité en irresponsabilité montrant, par là même, le nécessaire besoin de recadrer l'homme. Nous avons la nette impression qu'il ne parvient pas à faire le départ entre les charges de Secrétaire Général de son parti et les pulsions d'un  militant de base d'Adjamé coupé des bienfaits de l'école. En sa qualité de Secrétaire Général par intérim, il a le devoir d'éduquer, de former et d'orienter dans le bon sens les militants de son parti. Le financement des partis politiques répond à cette exigence républicaine. L'exigence est d'autant plus forte que les fonds publics alloués au RDR proviennent de la poche des pauvres contribuables ivoiriens, qui en ont marre d'entendre les insanités débitées à tout bout de champ. Amadou SOUMAHORO a ouvert la voix à la répression des meetings du Front Populaire Ivoirien (FPI) en affirmant haut et fort : « Toute manifestation arrogante sera matée... ». Aussitôt dit, aussitôt fait. En Effet, Le FPI a reçu lors de ses différentes manifestations pacifiques, des déluges de haine et de feu. Des nervis chauffés à blanc par les propos d'Amadou SOUMAHORO ont démontré leur vampirisme sans bornes. En invitant ses militants à casser le FPI, Amadou SOUMAHORO, créait une infraction dont les contours ne manquent pas d'être flous. Que recouvre le terme « manifestation arrogante »? La tâche est laissée aux érudits du RDR, de donner un contenu à cette infraction. Et Dieu seul sait avec quel zèle ils le font bien!

Après avoir passagèrement cédé la parole à Alphonse Soro, qui pense à tord que ses menaces rangeront le FPI au placard, Amadou SOUMAHORO a encore repris la verge dont il se sert pour mâter les pro-GBAGBO. Comme un gamin il argue : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mâter tous les militants du FPI qui s'attaqueront au Président Alassane... S'ils nous attaquent, nous allons répliquer du tic au tac... Tous ceux qui s'attaquent à OUATTARA vont au cimetière... ». De tels propos traduisent la nature du régime au pouvoir à Abidjan.

Le régime en place en Côte d'Ivoire, est un régime autocratique, fermé aux critiques qui ne peut supporter l'expression plurielle. Son pouvoir repose sur les pratiques qui nous rappellent bien la dictature mussolinienne. Il ne reste qu'à interdire les partis d'opposition, principalement le FPI et le tour est joué.

En outre, le fait de faire tacitement, de Amadou SOUMAHORO, le gardien du temple, le pouvoir confirme tout le bien que les ivoiriens pensaient de lui. C'est un pouvoir qui n'a aucune assise populaire et qui ne peut, en conséquence, compter sur le peuple pour sa protection et sa défense. Le pouvoir s'adosse piteusement à son ghetto électoral, le nord pris en otage. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à consulter la cartographie électorale issue des élections présidentielles d'Octobre et Novembre 2010 et même des législatives 2011.

Dans un Etat civilisé lorsque l'on atteint  ce degré d'irresponsabilité c'est que l'on est dans une République bananière. Le pouvoir agit comme si la Côte d'Ivoire faisait partie du patrimoine du RDR qu'il faut par tous les moyens protéger contre des prétendus gangsters. Nous pouvons admettre que l'on critique le niveau de culture des élèves et étudiants ivoiriens. Mais nous accepterons difficilement que l'on soutienne que des leaders d'opinion ont une culture citoyenne et politique en deçà de la norme. Nous pensons sincèrement qu'Amadou SOUMAHORO est au dessus de la norme. C'est pourquoi, la justice impartiale et indépendante de OUATTARA, devrait pouvoir se pencher sur le cas de son gardien qui ne cesse d'appeler au meurtre. Aussi, prions-nous M. BANNY à ôter ses genoux du sol afin de tenir les pieds de SOUMAHORO. Qu'il l'invite à rendre humain ses propos car, être gardien du temple de OUATTARA, ne signifie pas « loubardiser » la politique ivoirienne. De plus, jouir abondamment de la qualité de gardien du temple, ne dépouille pas le pouvoir de son caractère temporel.

Que Dieu nous garde.


Alain BOUIKALO

Juriste consultant

bouikhalaud@deboutciv.com

DEPUIS L'EXIL, BLE GOUDE TRES MALADE

CHARLES BLE GOUDE.jpg

Son long silence livre enfin des secrets. Alors que des rumeurs persistantes continuent de le donner pour mort, Charles Blé Goudé donne des signes de vie, mais pas sous de bons auspices. Selon des proches qui le rencontrent fréquemment, le leader du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP), serait très malade. L'ancien ministre de la Jeunesse et de l'Emploi dans le dernier gouvernement de Laurent Gbagbo avant sa chute le 11 avril 2011, serait en effet mal en point depuis quelques jours. Charles Blé Goudé souffrirait de maux de tête aigus et fréquents, accompagnés d'insomnie.

Pis, toujours selon ses proches, la voix du bouillant orateur de la place de la République d'Abidjan, serait de plus en plus inaudible. Pour ainsi dire, cet inconditionnel soutien au régime de Laurent Gbagbo jusqu'à ses derniers instants, est en train de perdre la voix. Toutes choses qui inquiètent ses proches. C'est que le leader des jeunes patriotes ivoiriens sur qui plane un mandat d'arrêt international lancé par les autorités ivoiriennes, se trouve ainsi limité dans ses mouvements. L'accès aux soins devient de ce fait compliqué, puisque Blé Goudé souhaite rester caché et maintenir secrète sa cachette. Une situation inconfortable qui ne favorise pas le traitement du mal dont il souffre. Ses proches avec qui nous avons échangé, assurent que l'homme avait souvent des maux de tête pendant qu'il était encore à Abidjan. Il voyait alors régulièrement son médecin qui l'examinait et lui prescrivait ce qu'il fallait pour le soulager de son mal. Mais tous, son médecin et lui, sont en exil, et « se cherchent » comme on le dit à Abidjan.

Ces compagnons de Blé Goudé qui ont accès à lui mèneraient des démarches en ce moment pour lui trouver un médecin. Mais ce dernier devra faire preuve de discrétion pour éviter de dévoiler la cachette de celui qu'on appelle « le génie de Kpô ». Avec la chute de son mentor, l'ex-président Laurent Gbagbo, le leader du Cojep a pris la route de l'exil. Après quelques brèves apparitions sur des écrans de télévision, des déclarations à la radio et dans les journaux, Blé Goudé s'est terré, laissant prospérer les supputations et autres rumeurs sur son compte. Tantôt il est annoncé au Ghana, tantôt en Gambie, au Zimbabwe ou en Afrique du Sud. Hier, ce sont des proches du leader de la galaxie patriotique ivoirienne qui nous apprenaient qu'il est malade. Affaire à suivre.


Hamadou ZIAO


Source: L'INTER

mardi, 20 mars 2012

UN KIVU-BIS A L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE?

DEPLACES DE GUERRE DE DUEKOUE.jpg

Et si les Africains cessaient de regarder les situations politiques de leurs pays comme des phénomènes isolés les uns des autres, uniquement explicables par les passions localisées agitant leurs peuples ? S'ils cessaient de se gaver sans discernement des récits médiatiques superficiels et du storytelling ? S'ils se rendaient compte qu'au-delà des émotions et des réflexes pavloviens, il est impossible de saisir la quintessence de la politique internationale contemporaine sans faire appel aux invariants de la géopolitique, du jeu des intérêts, de l'évolution des tendances et des principes régissant la diplomatie ?

Une nouvelle fois, le Mali est soumis à une rébellion partie du Nord touareg. Mais cette insurrection est bien plus grave et plus dangereuse pour l'intégrité de son territoire que les précédentes. La rébellion accuse le pouvoir central d'exclure une partie de la population, privée de tout. Le pouvoir et plus globalement les Maliens sudistes crient à la malhonnêteté et au chantage permanents. Des représentants de la force publique sont cruellement assassinés par les rebelles. Des débordements malheureux et des manifestations de dépit dans le Sud font craindre des pogroms de Nordistes. Ancienne puissance colonisatrice, la France est sur le banc des accusés en raison de son jeu trouble. Les atrocités des insurgés ne suscitent pas l'indignation internationale qu'on aurait pu imaginer et la communauté internationale appelle tout le monde à la table des négociations, mettant sur le même pied d'égalité la République et ceux qui la défient.

Comment ne pas avoir l'impression diffuse de revivre le début de la rébellion ivoirienne, il y a presque exactement dix ans ? A l'époque, le gouvernement du Mali et une bonne partie de l'opinion publique de ce pays ont soutenu le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), lui servant plus ou moins de base-arrière sans pour autant aller jusqu'aux outrances du Burkina Faso de Blaise Compaoré. Ceux qui ont justifié hier le lancement d'une rébellion sur des bases régionalistes et les complaisances de l'ancien maître commun chez leur voisin du Sud peuvent-ils aujourd'hui, en toute logique, se plaindre du même type de traitement ? Iront-ils jusqu'à tenter de théoriser sur les «bonnes» et les «mauvaises» rébellions ? Il n'y a pour l'instant pas de procédé scientifiquement accepté permettant de distinguer les unes des autres. Les Etats africains gagneraient donc à se déterminer au sujet de ce qui passe chez leurs voisins sur la base des principes et non sur le fondement d'émotions passagères souvent trompeuses voire manipulées par les maîtres du storytelling. Il est par exemple évident que la création de l'Etat du Sud-Soudan et son admission au sein de l'Union africaine - quoi que l'on puisse penser des acteurs locaux - est un «beau» précédent sur lequel se fonderont demain les sécessionnistes «azawadiens» et les autres aventuriers de la nouvelle balkanisation de l'Afrique.

Il faut bien admettre que dès lors qu'une expérience de «gouvernance» d'un certain type s'impose dans un pays africain, elle devient un précédent facile à dupliquer dans d'autres contrées, surtout si elle peut profiter à ceux que la journaliste belge Colette Braeckman a appelé «les nouveaux prédateurs». Ainsi, il devient de plus en plus évident que l'Ouest de la Côte d'Ivoire s'apparente irrésistiblement à un nouveau Kivu (région de l'est de la République démocratique du Congo en conflit structurel depuis une quinzaine d'années).

Les parallèles sont frappants. La RDC et la Côte d'Ivoire sont des Etats au fort potentiel de prospérité, clients du camp occidental pendant la guerre froide, qui se sont progressivement affaiblis en raison d'une mauvaise gestion de la question du renouvellement de leur leadership (Mobutu, Houphouët). Les deux pays ont été soumis à des rébellions parties de voisins moins nantis mais dotés de pouvoirs forts, militarisés et alliés aux puissances occidentales (Etats-Unis pour le Rwanda, France pour le Burkina Faso) dans le cadre de leur stratégie d'influence géopolitique. Le Burkina Faso et le Rwanda sont soumis à des pressions démographiques les poussant à rechercher des «déversoirs» pour leur trop-plein de population, et peuvent compter, dans les pays où ils se projettent, sur des migrants de plus ou moins longue date, mal intégrés et armés, qui jouent un rôle de cheval de Troie, dans un contexte où la thématique de la nationalité est explosive. Ce sont eux qui affrontent et très souvent mettent en déroute des milices autochtones qui se sont créées en réaction comme les Maï-Maï ou le Front de libération du Grand Ouest (FLGO).

La guerre structurelle de l'est du Congo est une aubaine pour l'oligarchie mondiale. Elle justifie la présence pérenne des troupes et de l'administration onusiennes. Le désordre organisé rend possible une exploitation maximale des innombrables ressources minières de la région. Et si les médias internationaux sont prompts à dénoncer les viols et les violences des différentes milices, leurs liens avec les multinationales qui profitent de leur barbarie sont bien peu documentés. Si l'ouest de la Côte d'Ivoire ne fait pour l'instant pas l'objet d'une exploitation minière conséquente - quoique son sous-sol soit riche lui aussi -, il est le cœur du pays cacaoyer. Et l'afflux concerté de miliciens burkinabé (comme le tristement célèbre Amadé Ouérémi, qui fait irrésistiblement penser à Laurent Nkunda) et de travailleurs agricoles qui se jettent sans trop réfléchir sur les plantations des autochtones exilés après les massacres massifs des forces pro-Ouattara mais aussi sur les forêts classées (où sont passées les grandes consciences écologiques ?) suscite des inquiétudes légitimes. Il est vrai que la disparition de la propriété villageoise traditionnelle et son remplacement par une sorte de politique du fait accompli pourrait ouvrir la voie à une appropriation des terres âprement disputées par des grands groupes transnationaux ayant les moyens de se faire «respecter» par les uns et par les autres. Dans un contexte où la course aux terres arables devient un des principaux enjeux du capitalisme mondial.

Face à ces défis qui interpellent la conscience nationale ivoirienne, dont la mauvaise gestion pourrait ouvrir la voie à des conflits structurels comme en Colombie où la guérilla est devenue un sport national, face au risque réel de dépossession, où sont les voix courageuses qui peuvent tirer la sonnette d'alarme ? Que fait l'opposition ? Que dit la société civile ? Où sont les ecclésiastiques ? Et Charles Konan Banny, n'a-t-il pas mieux à faire que se transformer devant nos yeux médusés en une sorte de navrant exorciste laïc, adepte de la politique de l'autruche ? Pour éviter le pire à la Côte d'Ivoire, il faut du courage. Encore du courage. Toujours du courage.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

SANGUINAIRES, INCOMPETENTS MAIS PAS IDIOTS!


CHERIF OUSMANE.jpg

Craignant d'être arrêtés par la CPI, les Com'zones Wattao, Cherif Ousmane, Morou refusent d'aller en formation en France

 

Les Com'zones ivoiriens Wattao, Cherif Ousmane, Morou Ouattara, Vetcho, Zacharia, comme nous l'avions déjà dit, sont en formation accélérée par la force Licorne, à la base militaire du 43ème BIMA à Abidjan. Mais cette formation n'est apparemment pas suffisante ou est incomplète. La décision a donc été prise, qu'ils viennent en France pour parfaire leur formation militaire.

Mais contre toute attente, ces derniers, craignant un coup fourré, ont refusé. Ils prefèrent rester à Abidjan et ne pas prendre de risques.

La récente condamnation par la CPI du chef de guerre de la RDC Congo, Thomas Lubanga, n'a pas dû les rassurer. En effet le 14 mars dernier, Lubanga a été reconnu coupable par la CPI de crimes de sang, de crimes de guerre, et d'utilisation d'enfants soldats en Ituri : Il risque une peine d'emprisonnement maximale de 30 ans de réclusion.

Nul doute que cette condamnation n'est pas passée inaperçue du côté des FRCI et de ses Com'zones dont les plus célèbres sont Wattao, Cherif Ousmane, Koné Zacharia, Morou, Vetcho, etc...
C'est certainement la raison pour laquelle, ils ont décliné l'offre de se rendre en France pour une formation militaire.

Surtout que depuis quelques temps, les enquêteurs de la CPI sont présents sur les bords de la lagune ébrié et ont effectué le déplacement de Duékoué à la recherche des preuves concernant les 1000 civils pro-Gbagbo massacrés par les FRCI. Recherches qui se sont révélées concluantes. Ils devraient aussi faire la lumière sur les massacres de gendarmes et de certains membres de leurs familles à Bouaké en 2002, sur les charniers découverts par la Croix Rouge à Yopougon, et sur bien d'autres crimes non encore élucidés.

Du côté des FRCI, où l'étau commence à se resserrer, la sérénité n'est effectivement plus de mise.

D'où le refus des Com'zones, sur qui plane la menace d'un mandat d'arrêt de la CPI, de venir en France se former.


Eric Lassale, in IVOIREBUSINESS


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

L'AVOCAT DES VICTIMES FRANÇAISES DE NOVEMBRE 2004: «POURQUOI JE CROIS QUE GBAGBO EST INNOCENT»

 

JEAN BALAN.jpg

Pas de doute, c'est un personnage. Jean Balan, l'avocat des soldats français morts en novembre 2004 à Bouaké dans des circonstances non encore élucidées, n'a pas peur, et le montre. Il a vu passer quatre juges d'instruction et est à ce jour le meilleur connaisseur de cette affaire obscure, maîtrisant quasiment sur le bout des doigts les 12 000 pages du dossier. Acharné à ne pas laisser enterrer cette affaire d'Etat, très peu familier de la langue de bois, il livre ses convictions dans cette interview. Au départ persuadé que Gbagbo avait commandité le bombardement, il a désormais changé d'avis. Et s'en explique, tout en dénonçant violemment les mensonges et les mystifications de Michèle Alliot-Marie, alors ministre française de la Défense, et de Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur de l'époque. Il évoque aussi l'omerta médiatique en France sur cette affaire. Et livre une analyse intéressante que nous ne partageons pas. De son point de vue, la presse française est discrète sur cette affaire parce qu'elle ne dérange pas Nicolas Sarkozy mais pourrait éclabousser Dominique de Villepin. Pour notre part, nous pensons qu'elle est surtout aveuglée par son prisme anti-Gbagbo forcené, qui fait qu'elle répugne à lui faire le cadeau de la vérité. Pourquoi, au Nouveau Courrier, nous sommes autant «obsédés» par novembre 2004 ? Parce que cette période nous apparaît comme un condensé de vérités sur ce qui s'est tramé en Côte d'Ivoire de nombreuses années durant. Aux condamnations médiatiques sans appel et à la diabolisation de Gbagbo, ont souvent succédé de nombreuses interrogations sur les versions officielles répandues sans nuance par des médias dominants pas soucieux du «droit de suite» que pourraient revendiquer à juste titre leurs lecteurs. Si des mensonges d'Etat énormes ont pu prospérer sur ce dossier, comme on en a aujourd'hui la preuve, cela ne signifie-t-il pas qu'il faut revisiter d'autres accusations faciles brassées par la sphère médiatique et institutionnelle occidentale contre la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo, et qui ne résisteraient pas, comme la thèse officielle sur Bouaké, au goût de l'enquête et à l'exigence de vérité de citoyens curieux et iconoclastes à l'image de Jean Balan ? Le débat est ouvert.

Avant d'être sollicité par une partie liée à la crise en Côte d'Ivoire, aviez-vous une opinion sur ce qui se passait dans ce pays depuis 2002 ?

Généralement, je m'intéresse beaucoup à la politique, à ce qui se passe partout dans le monde, je suis assez bon connaisseur de la géopolitique. Mais ce qui est clair, c'est que la Côte d'Ivoire ne faisait pas partie de mes préoccupations premières.

Donc vous êtes arrivé vierge de tout préjugé dans cette affaire ?

Oui, je suis arrivé vierge de tout préjugé... Pas complètement au début ! Mais j'avais l'esprit complètement ouvert dans cette affaire.

Quels préjugés aviez-vous ?

Pas vraiment de préjugés, mais je croyais sincèrement au début que le bombardement de Bouaké était une action commanditée par Gbagbo. J'ai changé d'avis par la suite assez rapidement.

Qui vous a contacté dans cette affaire, et quand ?

C'est compliqué. Il y avait beaucoup de parties civiles dans ce dossier qui n'avaient pas d'avocats. Madame Raynaud a demandé au Conseil de l'ordre des avocats de mettre des avocats dans l'affaire. Des avocats qui n'avaient pas «peur» des actions difficiles, complexes. C'est comme cela que je suis arrivé dans le dossier comme commis d'office. Et immédiatement, les gens m'ont adopté. Donc je suis leur avocat, mais plus commis d'office.  Quand cette affaire s'est présentée à moi, je savais comme tout le monde ce qui se passait en Côte d'Ivoire puisque la presse et la télé en avaient parlé abondamment. Evidemment, j'avais l'impression d'une certaine complexité. En dehors des victimes, l'affaire impliquait des relations internationales, l'armée... ce n'était pas une affaire extrêmement simple dès le début. Et elle s'est encore plus compliquée par la suite.

Est-ce que vous vous souvenez du premier élément qui vous a interpellé ?

Le premier élément qui m'a interpellé énormément, c'est quand la mère d'un enfant s'est rendue compte que ce n'était pas son enfant qui était sur les photos le désignant dans le dossier. Il y a eu tout simplement inversion des corps. Des corps que les familles n'ont jamais pu voir.

C'est juste une erreur...

On ne fait pas une erreur comme ça... Arrêtez un peu ! C'est quoi une erreur ? On ne vérifie même pas qui on enterre ? On n'était pas dans un état de guerre absolue lors de la guerre mondiale 1914-1918 avec les soldats inconnus... Je n'ai pas considéré cela comme une erreur, les familles non plus. C'est à cette occasion que j'ai commencé à me poser des questions. Pourquoi cette précipitation ? Et ce qu'on a découvert quand on a déterré les deux corps pour changer leurs sépultures, on s'est rendu compte qu'ils avaient été enterrés en l'état, sans être lavés, sans être nettoyés, sans que leurs vêtements aient été changés, avec leurs blessures, pleins de boue. Si ces deux ont été enterrés comme cela, je suppose que les autres l'ont été de la même manière. Et là j'ai commencé réellement à me poser des questions. Il y avait quelque chose qui clochait. Et au fur et à mesure, ça s'est développé.

Cela s'est développé comment ? Quels autres éléments vous ont fait tiquer ?

Plein d'éléments ! Ce n'était pas facile. On n'avait aucun document valable dans le dossier. Le secret défense était bien gardé. Madame Raynaud, qui était le premier juge d'instruction dans cette affaire, a fait un travail formidable. Je vous le dis franchement, c'est grâce à Sarkozy qui était ministre de l'Intérieur à l'époque, que l'enquête a commencé à se développer. Il a donné des ordres précis à la Brigade criminelle de participer le plus possible à l'enquête, et d'informer le juge. C'est dès ce moment qu'on a commencé à découvrir des éléments pas connus ou très peu connus.

Par exemple ?

Par exemple, quand les mercenaires qui étaient sur le terrain ont été arrêtés immédiatement après le bombardement puis relâchés et remis à l'ambassade de Russie. Sans être interrogés selon la thèse officielle, au nom de multiples motifs invraisemblables. J'ai la conviction profonde qu'ils ont été interrogés, mais que ces interrogatoires ne figurent pas dans le dossier jusqu'à présent. Cette conviction est d'ailleurs confirmée par plusieurs déclarations dans le dossier. Je me pose alors une question. Mais pourquoi diable quand on tient des éléments absolument essentiels pour savoir qui a bombardé, qui a donné l'ordre, comment et pourquoi... les relâche-t-on ? Je commence à poser des questions, je les pose publiquement. Et j'ai des réponses complètement alambiquées et fausses de Michèle Alliot-Marie. Une guéguerre par l'intermédiaire de la presse commence. Et on se pose des questions. Mais pourquoi essaie-t-on de cacher les choses ? On avait arrêté des pilotes au Togo, ils avaient été donnés sur un plateau à la France. On a tout fait pour qu'ils soient libérés, pas entendus, etc... Sur ce sujet, on a eu des déclarations complètement aberrantes de la ministre de la Défense qui se sont avérées toutes aussi fausses les unes que les autres. Ce n'est même plus discutable maintenant...

Tellement aberrantes que l'on se demande si elle a pu être l'instigatrice de tout cela...

Non, je ne pense pas qu'elle ait été l'instigatrice directement. Mais en bon petit soldat, très fidèle au camp élyséen de l'époque, elle a fait tout pour couvrir quelque chose. Mais elle l'a fait de manière tellement maladroite que ça s'est retourné contre elle. Elle a tout de même menti sous serment devant le juge d'instruction, ce qui est très grave. Mais ça c'est une autre histoire...

Des mensonges par omission ?

Non, des mensonges par volonté. Clairs, nets et précis. Vous savez le dossier fait 12 000 pages actuellement. Les déclarations d'Alliot-Marie sont contredites par des dizaines de pages.

Pourquoi ce dossier stagne-t-il maintenant ?

Disons que c'est pour des raisons administratives. La juge d'instruction Florence Michon, qui a succédé à Madame Raynaud - et qui a fait un travail remarquable - était arrivée à la fin de sa mission au tribunal aux armées de Paris. Un autre juge devait la remplacer fin septembre 2010. Il n'est arrivé qu'en février 2011. Par la suite, il a eu un accident et a été indisponible pendant une très longue période. Il a repris fin septembre début octobre 2011. Sa mission se terminait fin 2011 parce que le tribunal aux armées de Paris a cessé d'exister fin 2011 et que ses missions ont été transférées dans un autre cadre au Tribunal de grande instance (TGI)) de Paris. Avec d'autres juges d'instruction qui étaient nommés. Non seulement il ne pouvait plus s'occuper de ce dossier-là mais il devait préparer tous les autres dossiers pour les transmettre à celui qui viendrait à sa suite.

Au TGI de Paris, un seul juge d'instruction avait été nommé pour s'occuper de toutes les autres affaires qui relevaient du tribunal aux armées. J'ai insisté mais je ne crois pas que ce soit seulement à cause de moi qu'un deuxième juge d'instruction a été nommé. Je leur ai transmis des éléments nouveaux recueillis pendant les longs mois d'inaction... durant lesquels je ne suis pas resté inactif. Je suis un peu sorti de mon cadre. Je ne suis pas un avocat anglo-saxon, je n'ai pas des moyens de recherche, mais j'ai recueilli beaucoup d'impressions, de témoignages officieux. J'ai remis tout cela à la nouvelle juge d'instruction Sabine Khéris qui est une personne remarquable. Mais elle hérite d'un dossier énorme ! C'est un travail dur, long, complexe, très difficile parce que ce n'est pas facile d'établir la vérité quand on veut l'enfouir à tout prix. Surtout quand ça se passe dans certaines sphères...

On en est là à l'heure actuelle. J'ai mes convictions qui demeurent sur la forme d'hypothèses. Je les transmets au juge d'instruction mais pas aux journalistes parce que je n'ai pas les moyens de les prouver. Même si on peut les prouver.

Il y a eu assez peu de choses dans la presse française sur ce dossier. Pourtant, avec des victimes françaises, on pouvait imaginer que...

C'est une chose assez aberrante. Parce que quand je vois le battage médiatique dans le dossier Karachi où tout ce que l'on fait n'apportera pas de réponse sur qui a commandité l'attentat. Mais la presse française, dès que le nom de Sarkozy apparaît quelque part, monte tout et n'importe quoi.

Plus que quand il s'agit des noms de Chirac et de De Villepin...

Mais bien sûr. Il y a des journalistes qui m'ont dit très clairement : «Implique un peu Sarkozy dans cette affaire-là et on va faire monter la mayonnaise !» Mais il n'y est pour absolument rien dans l'affaire de Bouaké. En revanche, sur Alliot-Marie, on tape assez facilement. Mais dès qu'il s'agit de mettre en cause De Villepin dont le rôle n'est, à mon avis, pas très neutre dans tout cela, il n'y a plus personne. Plus personne ne veut enquêter dans ce sens.

Vous dites que Sarkozy a fait bouger l'enquête quand il était ministre de l'Intérieur. Mais y a-t-il eu de grosses déclassifications sous sa présidence, en ce qui concerne les documents verrouillés par le secret défense ?

Oui, il y a eu beaucoup de déclassifications. Peut-être il y a des choses encore classifiées, mais sans aucune mesure avec le début de l'enquête. Il ne reste à mon avis que les interrogatoires des mercenaires qui ont été arrêtés à Abidjan, si ces interrogatoires existent. Vu l'évolution du dossier, ces interrogatoires ont aujourd'hui beaucoup moins d'importance que ce qu'ils pouvaient avoir au début de l'enquête.

Avez-vous subi des pressions ?

Non, pas particulièrement. Au début, Michèle Alliot-Marie a écrit au bâtonnier pour se plaindre de moi. C'est de bonne guerre. Mais je ne peux pas dire que j'ai été menacé ou quoi que ce soit.

Maintenant que Michèle Alliot-Marie n'est plus au gouvernement, n'est-il pas possible de relancer l'affaire, par exemple en la mettant en cause de manière personnelle ?

Ce sont des détails techniques qui vont évoluer par la suite dans le dossier. Il est important pour moi de voir l'évolution de l'instruction avec le nouveau juge, en fonction des éléments que je lui ai donnés. J'ai demandé l'audition et l'interrogatoire d'une vingtaine de personnes. Dont Gbagbo. Tant que ces actes de procédure qui étaient demandés ne sont pas faits, je ne peux pas avancer dans un sens ou dans l'autre.

Avez-vous une vraie chance de pouvoir interroger le président Gbagbo ?

Oui, je pense. C'est une personne qui n'a plus d'immunité, donc c'est un justiciable comme les autres.

Même dans sa situation à la Cour pénale internationale ?

Je ne suis pas si fort en droit international, mais à mon avis M. Gbagbo a aussi tout intérêt à parler dans cette affaire.

Pourquoi ?

S'il n'est coupable en rien et si tout simplement c'est une action qui avait pour but de le faire chuter, je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas parler. C'est une des hypothèses que j'évoque...

Pourquoi n'aurait-il pas parlé avant ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué une chose. Vous savez très bien que Gbagbo avait des relations exécrables avec la France, et cela depuis 2002. Après cette affaire tragique de Bouaké, vous avez remarqué que jusqu'en 2011, il a été laissé tranquille. Il n'y a plus eu de pression sur lui. Les relations se sont comme par hasard, disons, apaisées...

Vous pensez que la France l'a laissé tranquille pour ne pas qu'il parle ?

C'est une des hypothèses. Comme toute hypothèse, il peut y avoir du vrai et du faux.

Des gradés français se sont-ils confiés à vous sous couvert d'anonymat ?

Oui. Oui.

Et ils ont conforté vos hypothèses ?

C'est sous couvert d'anonymat, donc je n'irais pas plus loin. Je leur ai demandé de témoigner devant le juge d'instruction. Le feront-ils ou pas ? Je ne sais pas.

Dans l'appareil d'Etat français, qui a été amené à témoigner à part Alliot-Marie ?

De Villepin. Mais son témoignage, c'est de la «foutaise». Laissez tomber... C'est à peine s'il sait que la Côte d'Ivoire existe...

Est-ce que vous diriez que c'est une affaire d'Etat ?

C'est sûrement une affaire d'Etat. Est-ce l'Etat français, l'Etat ivoirien ? J'ai mon opinion là-dessus.

Et votre opinion, c'est...

Vous savez, quand on dit très clairement une opinion, en tant qu'avocat, il faut avoir des éléments de preuves absolues pour la dire publiquement. Je peux laisser entendre des choses, j'ai beaucoup de convictions soutenues par des éléments qui me disent qu'en tout cas, l'enquête qui pouvait avancer extrêmement vite a été totalement sabordée par l'intervention très claire des politiques français de l'époque ! Si elle a été sabotée, c'est qu'il y a des choses à cacher... On ne voulait en aucun cas que la justice soit saisie, parce qu'elle aurait pu l'être dès le premier jour.

On a appris qu'il n'y a pas eu d'autopsie...

Il y a eu toutes sortes de choses. Je peux faire une liste longue de trois pages !

L'autopsie aurait dû, aux termes de la loi, être pratiquée par les Français ou les Ivoiriens ?

Par les Français. Par la justice française. Il y a eu une enquête criminelle ouverte. En cas de crime, selon la loi française, l'autopsie est obligatoire.

Y compris lorsque le crime est commis à l'étranger ?

Evidemment. Surtout que les victimes ont été amenées en France par la suite. Autre chose : les exécutants qui étaient parfaitement identifiés dès le début, on a fait tout le possible pour qu'ils disparaissent dans la nature. On ne voulait pas qu'ils parlent !

Quels sont les personnes que vous tenez le plus à voir témoigner ?

Les deux pilotes, d'abord. Il y a eu toutes sortes de rumeurs, notamment qu'ils auraient été assassinés en Hongrie. J'aimerais bien qu'on interroge Montoya, pas sur les raisons pour lesquelles il a vendu ses avions. On a fait des tas d'enquêtes dessus, saisi ses comptes, mais la vente s'est faite de manière totalement légale. Point final. Ce qui m'intéresse, c'est qui l'a averti de la présence des pilotes au Togo après le bombardement pour qu'il fasse l'exfiltration. C'est un vieux de la vieille, il dira ce qu'il voudra dire, mais bon... Je voudrais bien que Gbagbo donne sa version des faits, qu'il n'a jamais donnée. Je voudrais que les deux copilotes qui se trouvent en Côte d'Ivoire, qui sont visés par un mandat d'arrêt international depuis très longtemps, soient interrogés aussi. Même si je ne sais pas ce qu'ils vont dire à l'heure actuelle. Cela fait peut-être partie du deal dont je parlais tout à l'heure, mais Gbagbo ne les a jamais extradés en France. Ils ont même été promus à un moment donné. Maintenant, ils sont sous Ouattara. Vu les bonnes relations avec Paris, qu'est-ce qu'ils vont dire ? J'aimerais bien que quelques généraux de l'armée française, qui sont maintenant à la retraite et qui en a gros sur la patate, témoignent. J'aimerais réécouter De Villepin parce qu'il ne m'a pas beaucoup convaincu dans son premier témoignage qui est complètement aberrant. Chirac est-il en état de répondre à quoi que ce soit ? Il y a beaucoup de personnes qui peuvent être écoutées.

Quel est l'état d'esprit des familles des victimes qui attendent depuis bientôt huit ans ?

Elles attendent avec impatience de connaître la vérité. La question des indemnisations qu'elles doivent recevoir se pose. Ils n'ont jamais été indemnisés ou très peu, dans des conditions particulières.

Pensez-vous qu'une commission d'enquête parlementaire sur novembre 2004 serait légitime ?

Oui, je pense que ce serait légitime. Ça m'étonne que personne ne l'ait demandé.

Les groupes communiste et socialiste avaient demandé une telle commission en 2004, mais ils étaient minoritaires. En cas de changement de majorité, cela peut-il évoluer ?

La question va se poser à un moment donné. Je suis en stand-by actuellement. Je ne peux pas intervenir pendant les présidentielles. Cela va donner lieu à des commentaires et je ne le souhaite pas. Changement de majorité ou pas, je vais repasser à l'attaque avec des choses très concrètes. Il faudrait aussi que les journalistes français comprennent que cette affaire est plus importante en termes de justice et d'implications que l'affaire de Karachi. Maintenant, je tiens à dire que la réaction de l'armée française se justifiait sur le moment par la légitime défense et le souci de protéger la population française avec les informations dont elle disposait. Que l'armée ait été manipulée ou dépassée, c'est autre chose. Elle n'aurait pas pu réagir autrement à ce moment-là. La question qui se pose est : comment on en est arrivé là ?

Est-ce qu'il est possible d'imaginer que toute cette affaire aurait été possible sans que le sommet de l'exécutif français ait été informé ?

Non.

Est-ce que Villepin aurait pu être mis au courant et pas Chirac ?

Vous posez une question piège. On sait très bien que Chirac n'aimait pas Gbagbo et réciproquement. De Villepin aurait-il manipulé quelque chose pour faire en sorte que le souhait du président soit exaucé sans que le président le sache ? C'est une hypothèse qui doit être démontrée. On ne peut pas jeter l'anathème comme cela. Mais ce que je sais est que De Villepin est très insaisissable dans cette affaire.

Les neuf morts peuvent-ils être le résultat d'une bavure française ?

Oui. Cela fait partie des hypothèses que je ressors. Ce n'est pas à exclure. Pourquoi je dis cela ? Si c'était à exclure, je ne vois pas quel aurait été l'intérêt de tenir la justice complètement à l'écart. Mais j'affirme que s'il y a une bavure, les morts n'ont pas été planifiés ou désirés ou prévus. De nombreux éléments dans le dossier laissent présumer que ces morts furent le fruit d'une confusion, pour ne pas entrer dans les détails.

Qu'en est-il du mort américain ?

C'est une des questions que je pose au juge.

Parce qu'il a disparu à un moment de l'Histoire...

Totalement.

Les Américains ne le revendiquent pas !

C'est exactement ce que je dis au juge. Pour moi, c'est un mystère ! Les Américains, quand ils ont un mort, ne l'oublient jamais. Les familles, leurs avocats, rentrent dans l'affaire totalement. Quand on connaît la puissance des avocats américains, cela permet de penser que pour éviter qu'ils mettent le nez dans cette affaire-là, on a indemnisé la famille, les proches ou l'Etat américain très vite pour que l'on n'en reparle plus.

Peut-on imaginer que cet Américain n'existe pas ?

Non. Il y a son nom, son identité, dans le dossier.

Il y a sa photo ?

Non, je n'ai pas vu ses photos.

A ce jour, que réclament vos clients ?

Que la vérité soit connue, tout simplement. Il y a des gens qui ont perdu leur mari, leur enfant, leur père. Alors que l'on n'était pas dans une situation de guerre. On était juste en train d'empêcher que les gens s'entretuent. Et voilà qu'on nous tue.

Vous avez une longue expérience du Tribunal aux armées de Paris. Avez-vous le souvenir d'une affaire aussi carabinée que celle-là ?

Il y en a une autre, mais je ne veux pas entrer dans les détails...

C'est l'affaire Mahé ?

Oui. L'affaire Mahé, selon moi, est un contre-feu de l'affaire de Bouaké. Elle a été mise sur la place publique par Michèle Alliot-Marie pour qu'on ne parle pas de Bouaké. C'était un assassin absolument notoire qui a été liquidé dans des conditions qui n'étaient pas nobles par les militaires français, mais cela a tout de même suscité un soulagement au sein de la population. Mais en donnant cette affaire en pâture à la presse, il était question de se débarrasser de Poncet qui commençait à l'emmerder drôlement dans l'affaire Bouaké. Par ses questions.

Avez-vous des relations avec les nouvelles autorités ivoiriennes ?

Non. Pas du tout. Je ne vois pas en quoi elles sont concernées.

Les bons rapports qu'elles ont avec Paris pourraient militer en faveur de l'extradition des copilotes...

C'est une des choses que j'ai évoquées quand je demandais l'extradition maintenant des copilotes. Maintenant, il n'y a aucune réponse en ce sens.

Vous avez fait cette demande après le changement de régime ?

Oui, il y a plusieurs mois.

Et il n'y a pas eu de réponse ?

Non. Le nouveau juge chargé de l'affaire vient de prendre ses fonctions il y a un mois environ. On attend. Mais c'est une affaire difficile. Il y a énormément d'éléments épars, différents, contradictoires et il faut qu'elle trace une ligne directrice. J'ai essayé d'aider le juge en lui fournissant deux lettres assez longues. J'en avais fait un pour la juge Florence Michon qui a beaucoup servi. La juge d'instruction n'est pas obligée de me croire. Elle doit aussi suivre les choses personnellement, de toute façon. J'essaie d'être le plus objectif possible, mais je suis subjectif aussi puisque je représente les victimes. Madame Michon ne me croyait pas trop au début. Après, elle s'est rendue compte que je disais vrai et l'enquête a beaucoup évolué dans le sens que je préconisais.

Qu'est-ce qui fait courir l'avocat Jean Balan ?

J'ai l'habitude en tant qu'avocat de me battre au maximum pour mon client. Et mon caractère déteste l'hypocrisie et les mensonges. Et il y en a beaucoup eu dans cette affaire. Mais avant tout, je fais mon travail d'avocat. Cela fait sept ans que je suis dans cette affaire, et j'ai fait beaucoup évoluer le dossier en fonction de ce que je préconisais. Maintenant, il y a une différence entre avoir raison sur de nombreux points et avoir raison sur tout.

En tant que citoyen français, avez-vous découvert des choses qui vous ont déplu dans la manière dont les institutions françaises fonctionnent?

Je ne suis pas né de la dernière pluie. J'ai bourlingué dans le monde, et je sais comment fonctionnent les institutions ici et là. Je ne suis pas surpris par certaines choses. Mais en France, on est dans un pays où on arrive à déterrer des choses même quand elles sont profondément enfouies.


Propos recueillis par Grégory Protche (Le Gri-Gri International) et Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 19 mars 2012

GBAGBOMANIA: PLUS D'HOTELS DISPONIBLES A LA HAYE ET SES ENVIRONS


IVOIRIENS A LA HAYE.gif

 

Le lundi 18 juin 2012, date du début du procès de confirmation des charges contre le président Gbagbo risque de rester une date gravée dans l'histoire de la Cpi, des Hollandais en général et des habitants de la petite ville de La Haye, particulièrement. Tant les patriotes, panafricains et démocrates annoncent un déferlement humain sans pareil.

Alors que la bataille juridique est dans sa phase décisive, avec les enquêtes du bureau du procureur Ocampo et les contre enquêtes de la défense du président Gbagbo, un autre enjeu et non des moindres pointe déjà, à trois mois du 18 juin prochain. Celui de la mobilisation des patriotes et panafricains. Certes, on ne peut rien reprocher à la mobilisation quasi permanente des résistants sur le vieux continent, l'Europe, depuis le 11 avril dernier et plus particulièrement depuis la déportation du président Gbagbo à la prison de Scheveningen, mais l'approche de la date du 18 juin fait monter l'adrénaline.

Plus que convaincus de l'innocence de Laurent Gbagbo, victime à leurs yeux d'un complot international, les Africains et patriotes ivoiriens de la diaspora ont décidé de marquer à leur manière l'évènement.  Depuis plusieurs semaines, des réunions sont organisées dans le seul but de battre le record des mobilisations ce jour-là. Et à trois mois, jour pour jour, du 18 juin, plus de chambres d'hôtels de libres dans la ville de La Haye. Des leaders locaux de mouvements patriotiques ont décidé d'entreprendre des démarches auprès de la municipalité de La Haye pour pouvoir disposer de stades ou d'éventuels entrepôts devant servir de dortoir aux nombreux manifestants qui effectueront le déplacement. Certains patriotes ont souhaité venir avec des camping-bus. Quand d'autres ont carrément choisi d'établir leur QG dans la ville d'Amsterdam, distante seulement de 45 km de la petite ville de La Haye.

Pour sa part, le porte-parole du Cpad (un des principaux organisateurs du 18 juin, ndlr), Apollos Dan Thé a fait savoir qu'ils sont encore en discussions avec les autorités de la ville et la police hollandaise pour les dispositions plus pratiques. «Il y aura du jamais vu dans cette petite ville hollandaise. Mais nous espérons que le procès ne sera pas reporté», a déclaré Claude N'da Gbocho, président d'un mouvement de résistance en Allemagne dénommé Akonda-eine-Welt-Café.

Ce que la diapora prépare

Tous les mouvements politiques ivoiriens et de la société civile en Europe travaillent activement à créer le buzz à l'approche du 18 juin prochain. Plusieurs séances de travail ont lieu dans les capitales et certaines grandes villes européennes. Le samedi 31 mars prochain d'ailleurs, une grande réunion initiée par le Comité de pilotage des actions de la diaspora (Cpad) va rassembler à Cologne en Allemagne, toutes les organisations et mouvements de la résistance en Allemagne. «Non seulement pour les remobiliser pour le combat en général, mais surtout pour préparer l'«assaut» sur La Haye en juin, qui est une grande étape du combat », a fait savoir Apollos Dan Thé, porte-parole du Cpad que nous avons joint.

Selon certaines indiscrétions, des manifestions quasi quotidiennes pourraient se tenir à La Haye dans la dernière semaine avant le lundi 18 juin prochain. Histoire d'informer les Hollandais et Européens que l'Afrique digne a pris ses quartiers dans la ville pour apporter son soutien à l'un de ses dignes fils, Laurent Gbagbo, victime d'un complot international. Des réseaux de communication seront installés pour relayer l'information en temps réel sur place, explique un des organisateurs qui assure que le dispositif à cet effet est déjà prêt.

Si les choses sont fin prêtes en attendant le jour du procès c'est surtout grâce à la symbiose du travail accompli par toutes les organisations de la diaspora ivoirienne et africaine. Au nombre desquels l'on peut citer, les représentations Fpi Europe, le Cpad, le Cri-panafricain, le mouvement Akonda-eine-Welt-Café, le Cojep France, Allemagne, Italie, Angleterre, Suisse, les Femmes patriotes de France, le Moraf (Mouvement pour la renaissance africaine), ainsi que les organisations africaines. Tous ont joué et continuent de jouer un rôle déterminant dans la poursuite du combat pour l'Afrique digne. A trois mois du procès, les yeux sont désormais rivés vers La Haye qui abrite le siège de la Cour pénale internationale (Cpi). La résistance est plus que jamais debout et déterminée, pour aller jusqu'au bout


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du samedi 17 mars 2012.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LE QUOTIDIEN LE MONDE INCENDIE LE PROCUREUR DE LA CPI: «OCAMPO EST SOUMIS AUX OCCIDENTAUX»

 

LUIS MORENO-OCAMPO.jpg

Dans un article au vitriol, la correspondante du quotidien parisien du soir, «déshabille» le magistrat argentin, dénonce sa servilité vis-à-vis des puissances occidentales et dévoile ses méthodes absolument douteuses. Ces critiques sont émises depuis plusieurs mois déjà... par votre quotidien préféré. La charge est violente. Et surprenante de la part du quotidien Le Monde, soutien inconditionnel de la «gouvernance mondiale» et des aventures guerrières occidentales en Côte d'Ivoire, en Libye et en Syrie. Dans son édition datée d'aujourd'hui, Le Monde revient, sous la plume de Stéphane Maupas, sur le premier jugement rendu par la Cour pénale internationale en dix ans d'existence. Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga a en effet été reconnu coupable de «crimes de guerre» avant-hier. Ce jugement sera sans doute le seul rendu par le procureur Louis Moreno-Ocampo, qui plie ses bagages en juin prochain. La question de son bilan et de ses méthodes plus que discutables est donc à l'ordre du jour. Et Le Monde ne passe pas par quatre chemins pour le tacler sévèrement. «Dans ses communiqués, M. Moreno-Ocampo revendique une impartialité qui est démentie par les faits. Poignée de main chaleureuse avec l'Ougandais Yoweri Museveni, admiration déclarée pour le Rwandais Paul Kagamé, dont les pratiques sont pourtant dénoncées par l'ONU et les ONG», écrit Le Monde. Qui aurait également pu noter la rencontre discrète d'Ocampo et de Ouattara à son domicile privé parisien, et la «poignée de main chaleureuse» avec Guillaume Soro, pourtant soupçonné des pires crimes contre l'humanité. A Yoweri Museveni et Paul Kagame, qui ont historiquement prêté leurs pays comme bases arrières aux rébellions congolaises et qui ont été les alliés indispensables des multinationales qui pillent la RDC, Le Monde aurait pu adjoindre Blaise Compaoré, revolver françafricain tendu sur l'Afrique de l'Ouest, complice de Charles Taylor au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire mais jamais inquiété, tellement dans le secret des dieux qu'il a pu «prophétiser» dès 2003 sur l'extradition du président Laurent Gbagbo à la CPI. Museveni, Kagame et Compaoré sont les alliés des Occidentaux et des «nouveaux prédateurs» en Afrique et, sous Ocampo, cela vaut impunité.

Le Monde poursuit dans sa lancée. «C'est par le jeu des preuves que la justice internationale peut être manipulée. En enquêtant par des intermédiaires, par procuration, le procureur multiplie les risques. Sa victoire dans l'affaire Lubanga semble être une goutte d'eau dans la lutte contre l'impunité au Congo. En obéissant à la même stratégie au Darfour, en Libye ou en Côte d'Ivoire, M. Moreno-Ocampo reste soumis au bon vouloir des puissances régionales et occidentales», écrit Stéphanie Maupas. En évoquant les «intermédiaires» dont se sert l'actuel procureur, la journaliste du Monde met les pieds dans le plat et permet de comprendre la pertinence de la démarche de l'avocat principal du président Gbagbo à la CPI, Maître Emmanuel Altit, qui entrave la stratégie d'Ocampo, qui veut «expurger» (faire disparaître des dossiers) de manière systématique et sans s'expliquer les noms de ses «victimes» mais également de tous les membres de son bureau, de tous ses enquêteurs et de tous ses traducteurs. Parce que, selon toute évidence, il a travaillé main dans la main avec des officines du RDR, et ne voudrait pas que la Défense enquête sur ses enquêteurs et leur crédibilité. La référence aux «intermédiaires» fait également penser à l'utilisation excessive de Human Rights Watch, ONG financée en grande partie par le milliardaire Georges Soros, qui est réputé avoir financé la campagne d'Alassane Ouattara.

Couper ses accusations de la racine du conflit

La technique d'Ocampo, qui consiste à «séquencer» les crises et les crimes liés à ces crises afin d'accabler les personnes qu'il vise, sans avoir à s'en prendre aux protégés des grandes puissances, est également dénoncée par la correspondante du Monde à La Haye. «Jean-Pierre Bemba, principal opposant au président congolais, Joseph Kabila, est à La Haye depuis novembre 2010. Il est un acteur majeur des guerres de l'est du Congo. Mais pourtant, devant la CPI, il ne répond que des crimes commis en République centrafricaine. Un peu comme si le tribunal pour l'ex-Yougoslavie avait inculpé l'ancien président Slobodan Milosevic pour la seule guerre du Kosovo, faisant l'impasse sur son rôle en Bosnie-Herzégovine. Les accusations du procureur sont circonscrites à quelques faits. Elles ne donnent pas une vision claire des responsabilités dans la guerre féroce que se sont livrés par milices interposées l'Ouganda, le Rwanda et le Congo. Seuls deux autres chefs de milices, Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité en raison du massacre de 230 personnes à Bogoro, village d'Ituri, le 24 janvier 2003. Une seule journée dans une guerre de dix ans pour laquelle il n'existe pas de bilan précis, mais qui, selon l'ONU et les ONG, a fait plusieurs centaines de milliers de morts. En coupant ses accusations de la racine du conflit, le procureur a posé un acte politique. Ni le pouvoir ougandais ni le régime rwandais ni les responsables de Kinshasa n'ont été inquiétés ; aucun responsable clé n'a été cité, ne serait-ce que comme témoin», écrit-elle. La volonté d'Ocampo de n'enquêter, au départ, que sur la guerre post-électorale ivoirienne ne relève-t-elle pas des mêmes techniques de saucissonnage opportuniste ? Sur le dossier ivoirien, la question de «la racine du conflit» est un tabou réel. Le malaise du bureau d'Ocampo à l'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter sur le dossier ivoirien au début de la rébellion en 2002 est ainsi apparu dans les propos de Pascal Turlan, conseiller français du magistrat argentin. «On va regarder ce qui s'est passé depuis 2002 mais on n'a pas d'obligation d'enquêter sur ces crimes-là, on a maintenant la compétence pour le faire si on le souhaite et si on l'estime pertinent».

«Il voulait conduire une affaire rapide et facile»

Le pli politicien de Luis Moreno-Ocampo, plus soucieux des effets de manche que de la soif de justice des victimes, transparaît également de l'article du quotidien français. Pour gagner du temps, et se donner de la contenance avant son départ, le procureur qui n'avait jusque-là bouclé aucun de ses nombreux dossiers, a envoyé valdinguer toutes les charges relevant des violences sexuelles et des massacres au sujet de l'affaire Lubanga. «Le procureur nous avait demandé d'oublier les massacres, il voulait conduire une affaire rapide et facile», affirmait en 2009 un enquêteur qui avait claqué avec amertume la porte de la Cour», révèle Stéphanie Maupas. Au final, l'article du Monde reprend quasiment tous les griefs que les analystes ivoiriens critiquant la méthode Ocampo ont développés ces derniers mois. Le Nouveau Courrier n'est pas peu fier d'avoir été à la pointe du combat contre les impostures du procureur argentin sur une affaire Gbagbo qu'il laissera comme une patate chaude à son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, qui sera déjà à la barre lors de l'audience de confirmation des charges le 18 juin prochain. Bien entendu, rien ne prouve qu'elle sera plus soucieuse du droit et moins politicienne que son prédécesseur. Comme lui, elle a été, au fond, cooptée par les puissances occidentales qui utilisent tant la CPI comme un jouet que son crédit ne cesse de s'éroder. Dangereusement.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COMBAT CONTRE LA FRANÇAFRIQUE ET L'IMPERIALISME: LA LETTRE EMOUVANTE D'UN CITOYEN FRANÇAIS AU PRESIDENT GBAGBO

 

UNE N° 467 LE NOUVEAU COURRIER.jpg

Le combat pour une Afrique digne et véritablement indépendante mené par Gbagbo est entré dans les esprits de ses concitoyens, mais pas seulement. Des amis de l'Afrique, opposants au néocolonialisme et la Françafrique ont bien perçu ce message et sont décidés à le mener avec les Africains. Ainsi du français Stéphane Gayet, qui, dans une lettre émouvante au président Gbagbo, loue son mérite et son courage d'homme d'Etat, face aux impérialistes de tous poils. Un texte dense.

Monsieur le Président Gbagbo, je ne vous ai jamais rencontré et je ne suis même jamais venu dans votre beau et auparavant riche pays, la Côte d'Ivoire. Français blanc de France, fils de résistant chef d'équipe pendant l'occupation allemande, j'ai appris à vous connaître par l'intermédiaire de la diaspora ivoirienne de Strasbourg, où je vis. J'ai eu beaucoup de difficultés à vous cerner correctement, tant la désinformation au sujet de la politique ivoirienne depuis 2002 a été la règle dans les médias français. C'est grâce à mes amis ivoiriens que j'ai fini par comprendre qui vous étiez vraiment. C'est en m'intéressant à votre parcours et à vos luttes d'ancien opposant politique que j'ai pu vous saisir. Car on ne connaît bien un homme que lorsque l'on s'est imprégné de son histoire personnelle. Ce que j'ai compris de vous, c'est que vous ne vous êtes pas engagé dans le socialisme par opportunisme, mais par profonde conviction. J'ai découvert en vous un homme épris de loyauté, de justice et d'équité ; un homme authentique ; un leader réellement investi pour le bien de son peuple et de son pays ; un homme d'État courageux n'ayant pas peur de résister aux puissances financières et politiques internationales. Vous avez certainement des choses à vous reprocher, commis des erreurs préjudiciables, comme tout chef d'État. Mais je tiens à vous exprimer ici que je suis solidaire, pour l'essentiel, de vos options et de vos actions, car, nonobstant ce que l'on peut vous objecter, je considère que vous incarnez le juste combat d'une Afrique de l'Ouest victime d'un néocolonialisme machiavélique, inéquitable et ravageur qui maintient les pays cibles dans un état de dépendance et de pauvreté. Vous avez résolument pris un chemin difficile, mais noble, celui de l'indépendance vraie, non de celle de façade.

J'admire l'homme déterminé, pugnace et courageux que vous êtes. Mais que pouviez-vous faire face à ce complot, cette coalition dirigée contre vous dès votre élection de 2000 et dont la première offensive a été menée en 2002 ? Vous avez réussi à résister pendant huit années de guerre anti-Gbagbo, pendant lesquelles vous ne pouviez pas gouverner correctement. L'accord de Linas-Marcoussis a été le deuxième acte, après le coup d'État raté de 2002, de votre élimination. L'élection présidentielle de fin 2010, qui ne pouvait pas bien se dérouler étant donné le contexte, en a été le troisième. Sachez, Monsieur le Président, que je ne suis pas du tout convaincu que vous avez perdu cette élection. Je sais que les fraudes et autres irrégularités de toutes natures de la part de vos opposants ont dépassé l'entendement et que la soi-disant Commission électorale indépendante était tout sauf indépendante. Vous avez demandé un recomptage des voix et l'on vous a bombardé.

Vous êtes, j'en suis intimement convaincu, victime d'un complot international qui vous a conduit dans cette situation scandaleuse. Heureusement, une résistance s'est organisée, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ; cette résistance est extrêmement déterminée et ne lâchera pas, j'en suis persuadé. Recevez, Monsieur le Président, mes salutations très distinguées et respectueuses.


Dr Stéphane Gayet


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 16 mars 2012

DANS LA COTE D'IVOIRE «RESTAUREE», UN DEUIL NATIONAL DE «PURIFICATION» ANNONCE POUR LE 17 MARS

 

CHARLES KONAN BANNY.jpg

Nous savons ce qu'est un deuil, ce qu'est marquer le deuil ; nous savons aussi, spirituellement, ce que signifie la purification, mais dans le jargon pseudo religieux du nouveau gouvernement qui veut instaurer un deuil national de purification le 17 mars prochain, on découvre une spiritualité de ténèbres, une spiritualité de vaudou, toute imprégnée de magie, à laquelle manque l'essentiel : en effet, comment passer directement au stade de la purification, si on n'a pas constaté que l'on est sale, que l'on est coupable ? Pourquoi se laver quand on n'est pas sale ? Ou alors est-ce encore toujours le même discours, celui du gouvernement, blanc comme neige, propre et pur, qui n'a pas besoin de purification ; et c'est donc lui qui va, encore et encore, demander un Nième mea culpa aux sympathisants du Président Gbagbo, en leur imposant de reconnaitre des fautes imputables aux seuls rebelles et associés... Enfin cette commission réconciliation et vérité, que fait elle ? Très concrètement on nous parle d'échéances, fin juillet, fin aôut, dernier trimestre ; c'est ce moquer des ivoiriens ! J'imagine que le Président Banny, même s'il a la volonté d'orienter positivement sa commission, manque totalement de moyens, et ne rencontre personne, dans son camp, prêt à dire, « nous avons fauté gravement, nous avons du sang plein les mains, nous avons renversé l'Etat et nous sommes en pleine illégitimité ! ».

Rappelons encore que cette date s'inscrit presque jour pour jour, un an après le grand rassemblement des 15-16 mars 2011, qui a mobilisé 2 millions de personnes à Abidjan, à l'appel de la Galaxie patriotique et de son Leader, Charles Blé Goudé. J'ai pu suivre tous les discours, toutes les interventions, car en Israël, la RTI n'était pas censurée comme en France. Je me souviens du discours impressionnant de cet imam dont je ne connais pas le nom, citant les Écritures, et qui a dit sept fois, « Écoute Côte d'Ivoire, notre Seigneur est Un ! » et trois fois « Le  peuple périt, faute de connaissance ! ».

Enfin, cette année la portion d'Ecritures pour le Shabbat du 17 mars est justement la parachah de la « vache rousse », (Nombres 19: 1-22, avec en parallèle, Ézéchiel 36: 16-36), la purification quand il y a eu contact avec un mort ! Étrange coïncidence encore ! Mais voilà, les milieux maçonniques jouent et surfent sur les évènements, empruntant ce qu'ils veulent, rejetant ce qui ne leur convient pas, embrouillant tout le monde... mais Dieu saura en son temps les rétribuer comme il convient ! Et honorer le petit peuple qui est resté fidèle, n'en doutons pas ! Pâques est proche : Les esclaves seront libérés et le Préfet-Pharaon et ses cavaliers s'embourberont fatalement et définitivement !


Shlomit Abel, ce 8 mars 2012.


Source: Facebook Shlomit Abel

MAMADOU KOULIBALY: LA PRIMATURE D'AHOUSSOU JEANNOT, UNE COQUILLE VIDE

MAMADOU KOULIBALY.jpg

"Je souhaite bonne chance à Ahoussou Jeannot parce qu'on lui a donné un portefeuille duquel sont sorties des valeurs qui réduisent nécessairement la valeur du portefeuille de Premier ministre. Quand le président de la République devient lui-même ministre de la Défense, cela signifie qu'il a dépouillé le... Premier ministre de toutes les questions de défense et de sécurité.

Quand en plus, le président de la République nomme son petit-frère, ministre chargé des questions présidentielles, c'est l'administration du gouvernement, et c'est comme s'il dépouille le Premier ministre de ce qui est gestion des autres portefeuilles ministériels et la coordination de l'action gouvernementale revient de nouveau à son petit-frère. Et donc naturellement, le Premier ministre se trouve dépouillé. La défense et le gouvernement général vont être gérés en famille chez le président de la République.

Troisièmement, le fait de nommer un ministre délégué opérationnel auprès du Premier ministre qui doit être chargé de l'action gouvernementale, le ministre délégué dépouille le Premier ministre de son pouvoir de ministre de la Justice. Donc on se retrouve là avec un Premier ministre, qui est un ami, que j'encourage, mais en même temps je crains fort, avec toutes les pièces qui ont été enlevées de son portefeuille et qui se retrouve avec le titre de Premier ministre qui n'a pas le pouvoir.

Et ça, c'est relativement dommage. Moi je l'ai fréquenté pendant les premiers moments de la crise postélectorale. C'est avec lui que j'ai négocié et obtenu la libération des premiers prisonniers détenus au Golf Hôtel et à la Pergola après le 11 avril 2011. Je me dis donc que c'est quelqu'un qui est capable de par sa compréhension de mener progressivement la machine de la réconciliation et cela suppose qu'il ait de l'autorité.

Mais si on lui enlève la justice, la défense et les autres manteaux gouvernementaux qu'on a confiés au petit-frère, je crains fort que la Primature qu'on lui a donnée ait été vidée de son contenu. Quand Soro était Premier ministre, toutes ses valeurs là étaient dans le même portefeuille. Quel est le besoin aujourd'hui de le dépouiller de tout cela ?"

Mamadou Koulibaly

Source: Service Communication Lider.

COTE D'IVOIRE: AU PAROXYSME DE LA DEMENCE JURIDIQUE


FRANCIS WODIE.jpeg

Le lundi 12 mars 2012, l'ex chef des rebelles, ancien Premier ministre ivoirien Soro Guillaume, a été élu président de l'Assemblée nationale à 39 ans. Cette montée fulgurante du jeune Soro est à saluer, surtout, à cause de son jeune âge et de son parcours ex-cep-tion-nel. Bravo Monsieur ! Paradoxalement, cette montée contraste avec l'idée qu'elle donne de la Côte d'Ivoire. Pendant que l'auteur de «Pourquoi je suis devenu rebelle» prend son envol comme l'oiseau de Minerve, la Côte d'Ivoire voit chaque jour son image s'affaisser, sa dignité trainée dans la boue pour enfin devenir comme, l'a noté avec une intelligence déchirante Le Nouveau Courrier, «la République du n'importe quoi». Désormais, l'huissier de l'Assemblée nationale, lors des séances plénières, annoncera l'entrée de M. le président de l'Assemblée nationale, M. Soro Guillaume, et tous les autres parlementaires se lèveront pour accueillir celui dont l'élection a porté la démence juridique à son paroxysme.

Quelle est donc cette démence juridique?

Le pouvoir d'Abidjan excelle dans la violation des règles d'accession et d'exercice du pouvoir politique. Les exemples en la matière sont pléthores. Sans nous attarder sur ces exemples, allons à l'essentiel. Relativement à l'élection du président de l'Assemblée nationale, les règles sont strictes. Il n'y a aucune dérogation possible. En effet, l'article 65 de la Constitution du 1er août 2000 dispose : «Le Président de l'Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature. Le président de l'Assemblée nationale et le premier vice-président sont soumis aux mêmes conditions d'éligibilité que le président de la république». Si le mandat du président est clair, pour ce qui concerne les conditions générales et singulièrement celles liées à la condition d'âge, l'article 65 nous renvoie à l'article 35. Lequel précise : «Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus». Dans notre cas, à quoi avons-nous assisté? Soro, né le 08 mai 1972 et à 39 ans il n'aura 40 ans que le 08 mai 2012. Pourtant il a été élu, contre tout bon sens, président de l'Assemblée nationale, échappant par là à la rigueur de l'article 35 de notre Constitution. Certainement que des dispositions de certaines lois autorisent une telle anomalie. Cherchons donc la base légale de l'acte posé par les parlementaires ivoiriens.

La constitution du 03 mars 1960 ne contient aucune disposition mentionnant l'âge légal, le règlement de l'Assemblée nationale non plus n'en parle, qui elle, vient en application de l'article 70 de la Constitution. Nous ne commettrons pas la bêtise d'examiner le code électoral. Peut être que si nous le faisons, les Ivoiriens excuseront notre errance, habitués qu'ils sont à voir des incohérences. La Constitution de 1960 ne précisant pas l'âge des postulants, l'on pouvait comprendre aisément qu'à 39 ans, un député devienne président de l'Assemblée nationale. Mais en 2012, nous ne comprenons pas comment un jeune de 39 ans peut être élu président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Pour se dédouaner, les violateurs permanents de la Constitution brandissent un décret.

Un décret illégal aux effets nuls

Précisons d'entrée de jeu que dans la hiérarchie des normes juridiques, le décret est de loin inférieur à la Constitution, la loi fondamentale. Cela veut tout simplement dire, qu'un décret ne peut en aucune manière modifier la constitution ou créer une dérogation à des dispositions constitutionnelles. Le décret lui-même découle des pouvoirs que confère la Constitution au Président de la République qui, en le signant(le décret), met en mouvement son pouvoir réglementaire. De plus, le parallélisme des formes n'autorise pas le Président de la République à utiliser un décret pour modifier une loi ordinaire. Le faire serait battre en brèche le riche travail abattu par Montesquieu. Cela dit, penchons nous maintenant sur le décret pris par Ouattara pour positionner «son petit». Le décret partiellement porté à la connaissance des Ivoiriens (cela se comprend) s'appuie sur les accords de Linas Marcoussis, pour aider Soro. Soro devient donc un candidat ex-cep-tion-nel comme Ouattara et Bédié.

Mais là encore, Ouattara est dans le faux parce que cet accord est ici inopérant. En effet, les modifications constitutionnelles souhaitées par Marcoussis  n'ont pu être effectives car les rebelles pro-Ouattara de Soro avaient refusé de déposer les armes, ce qui rendait impossible l'organisation d'un référendum. L'idée de référendum ici à tout son sens dans la mesure où l'article querellé exigeait, pour la validité de la modification, un référendum. Il s'agit de L'article 35 relatif aux conditions d'éligibilité du candidat aux élections présidentielles. Le caractère exceptionnel des candidatures de Bédié et Ouattara découle de l'accord de Pretoria et non de celui dit de Marcoussis. Toutefois, tentons de pénétrer la logique de Ouattara. Marcoussis n'a jamais indiqué que ses signataires devaient d'office être candidats à la présidence de l'Assemblée nationale. Seuls les signataires de l'accord étaient concernés et seulement aux élections présidentielles. Par ailleurs, notons que si Ouattara et Bédié sont devenus des candidats ex-cep-tion-nels, c'est simplement par l'exercice de «la dictature constitutionnelle» du président de la République dont la base légale réside dans l'article 48 de notre constitution. Dans son application, le président Laurent Gbagbo avait respecté toute la procédure. Que fait Ouattara ? Il s'autorise à prendre un décret pour faire bénéficier à Soro de circonstances exceptionnelles. Alors, sur quelles dispositions constitutionnelles Ouattara s'est-il appuyer pour prendre ce décret?  A l'évidence aucune. Le seul article que Ouattara pouvait utiliser est l'article 48. Là encore il y a problème car ce n'est pas un article bateau qui permettrait de faire n'importe quoi. Lisons ensemble : «Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le président de la république prend les mesures exceptionnelles exigées par les circonstances après consultation obligatoire du président de l'Assemblée nationale et de celui du Conseil constitutionnel. Il en informe la nation par message. L'Assemblée nationale se réunie de plein droit». Nous voyons clairement que les conditions liées au recours à l'article 48 ne sont pas cumulatives c'est-à-dire que l'une peut exister indépendamment de l'autre. Toutefois, le président se doit de consulter obligatoirement les présidents de l'Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, s'adresser à la nation et l'Assemblée nationale doit se réunir de plein droit. Ce sont donc des conditions très rigoureuses. Qui nous dira ici que les conditions exigées par la constitution sont réunies ? Même Maurice Hauriou ne réussira pas l'exercice.  Ouattara ne dit donc pas qu'il a utilisé l'article 48, il nous dit simplement que Soro  sera candidat à 39 au lieu de 40 ans. Silence ! Qu'elle est la base de sa décision? Motus ! Quelle est donc cette République où tout fonctionne comme si l'on se trouvait au marché d'Abobo? Même dans un micro Etat, de tels actes démentiels ne peuvent être posés.

En outre, il est opportun de noter que l'évocation des accords de Marcoussis pose problème. Le problème, c'est de savoir si cet accord régente encore la marche de la nation. Marcoussis est mort lui et tous les autres accords. Même ceux de Ouaga ont leur sépulture à l'Elysée, non loin du regard de Sarkozy. En effet, l'objectif pour lequel les rebelles du MPCI avaient pris les armes est atteint : Ouattara est au pouvoir. Alors pourquoi nous parler de façon incantatoire de Marcoussis et ses frères? Il apparait clairement que Ouattara veut faire de ces accords un vêtement de rechange chaque fois qu'il sera confronté à des difficultés majeures. Attention, le danger nous guette ! Pris dans tous les sens, ce décret est manifestement illégal. Son illégalité contamine l'élection de Soro. C'est donc dire que de Soro, il ne pourra sortir que des actes illégaux. Mais cela ne pose aucun problème tant que nous avons des adjuvants comme Bédié et  Wodié.

Bédié, Wodié, les adjuvants de la démence juridique

Henri Konan Bédié, celui sous l'autorité de qui Ouattara travaille (Cf discours de Ouattara lors l'investiture du candidat RHDP au deuxième tour des élections présidentielles de 2010) a offert la Côte d'Ivoire à la vindicte populaire. En effet, au nom de ses intérêts, il a engagé son parti le PDCI à rendre effective cette démence juridique. En sa qualité d'ancien chef d'Etat, il sait mieux que quiconque la valeur de la Constitution. N'est-ce pas lui qui, le 22 décembre 1999, a affirmé : «Un Etat de droit est un pays où les lois régulièrement votées par le parlement élu s'appliquent à tous. Cela est vrai des lois ordinaires, cela l'est plus encore des lois constitutionnelles»? A voir Bédié comme il agit actuellement, nous sommes tentés de dire que le respect des lois n'avaient de valeur à ses yeux que parce qu'il était président de la république. Il a déversé de l'eau bénite sur la dérive de Ouattara en déshonorant la Côte d'Ivoire contre le poste de Premier ministre, lequel peut être révoqué ad nutum. Si Ouattara a fait de Soro le président de l'Assemblée nationale, c'est bien avec la bénédiction de Bédié. N'ayant peut être plus rien à perdre, l'auteur de «Les chemins de ma vie»  a préféré s'accrocher au peu de privilèges qui lui reste, au mépris de l'intérêt du peuple ivoirien.

Quant à Wodié, le président du Conseil constitutionnel, nommé en violation de l'article 90 de notre Constitution, il garde un silence coupable. Son silence peut se comprendre dans la mesure où sa nomination est aussi illégale. Son expertise en droit a foutu le camp depuis qu'il travaille pour Alassane Ouattara, qu'il a qualifié d'«ivoirien de fraîche naissance» (in Institutions politiques et droit constitutionnelles en Côte d'Ivoire. PUCI, Juillet 1996, page 352). S'il ne peut se saisir des violations constantes de la Constitution, la morale et son rigorisme devraient l'aider à démissionner. Mais que non, il assiste tranquillement au viol de la loi fondamentale. Que dira t-il des lois qui émaneront de cette législature? Seront-elles régulières ? Franchement nous ne le croyons pas car, celui même qui dirigera l'institution n'a pas été élu selon les règles. Alors vu qu'une autorité illégale ne peut que sécréter des normes illégales, nous disons que Wodié et l'institution qu'il dirige n'ont plus rien à faire parce qu'ils n'auront pas l'occasion de vérifier la constitutionnalité de la loi. Wodié sera-t-il en harmonie avec lui-même lorsqu'il se tiendra auprès de Soro lors des cérémonies officielles? Dieu seul sait !

L'élection-plébiscite de Soro vient donc d'inscrire la Côte d'ivoire sur la liste des pays dont la simple évocation du nom fait sourire n'importe qui. Aujourd'hui, la démence juridique est telle que même les plus grands constitutionnalistes du monde avoueront leur finitude face au cas, objet de notre réflexion. Il n'y a donc pas de remède approprié.

Pauvre Côte d'Ivoire!


Par Alain Bouikalo, juriste consultant


Source: LE NOUVEAU COURRIER

DERRIERE LE LEURRE DE LA PRIMATURE «DONNEE» AU PDCI - OUATTARA ET LE RDR PRENNENT TOUS LES POUVOIRS



BEDIE-OUATTARA-MADY.jpg

Après plusieurs jours sans gouvernement, la Côte d'Ivoire a enfin des ministres. Rien de nouveau sous le soleil, ou presque : le Pdci-Rda a été floué avec une primature vide. Ouattara et les siens ayant déjà pris soin de tout «délocalisé» à la présidence. Décryptage. Comment monopoliser tous les pouvoirs tout en donnant l'impression d'être partageur, et de respecter - après tout de même près d'un an - ses engagements avec l'allié PDCI ? C'est  cette question que les stratèges du RDR ont visiblement eu à l'esprit dans l'orchestration du mouvement de chaises musicales que représentent la mise en place de l'Assemblée nationale et d'un nouveau gouvernement. Certes, Jeannot Ahoussou Kouadio est désormais le locataire de la «Maison Blanche». Mais il est d'ores et déjà sérieusement circonvenu à la fois par Alassane Ouattara, par les «historiques» et les «durs» du RDR qui affûtent leurs longs couteaux - à titre préventif - dans les bureaux feutrés de la Présidence et par une Assemblée nationale majoritairement contrôlée par les ouattaristes. Selon toute évidence, «la Case» se prépare à phagocyter Ahoussou et les prétentions du PDCI - ou à les combattre sans la moindre complaisance.

Les signes de cet état d'esprit sont évidents. La prise en main directe de la Défense, donc de la gestion au quotidien des FRCI et de la réforme de l'armée par Ouattara, empêchera Ahoussou de seulement oser mettre son nez dans la tambouille sécuritaire du pays, dans la délicate gestion des comzones, des dozos et de tout l'appareil répressif de l'Etat-RDR. De plus, le ministère de l'Intérieur reste entre les mains d'Hamed Bakayoko, fils spirituel du couple Ouattara. Tout ce qui est «corps habillés» restera donc étranger à Ahoussou.

La montée en puissance de l'administration de la Présidence, avec la nomination comme ministres de grognards historiques du RDR comme Amadou Gon Coulibaly - ministre d'Etat - et Marcel Amon Tanoh, ainsi que de Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l'Etat chargé de gérer la «cagnotte», indique très bien que plus que jamais, le Palais est le principal centre de décision. Le rôle du gouvernement deviendra de plus en plus décoratif, et c'est peut-être pour cela que revoir le casting n'était pas la priorité. La Présidence se renforce donc. Notamment pour donner une vraie marge de manœuvre institutionnelle aux nombreux conseillers français qui la hantent, dont le symbole est Philippe Serey-Eiffel, et qui n'auront plus à subir les humeurs ombrageuses d'un Guillaume Soro tenu à l'écart.

La guerre de l'ombre contre les FRCI va-t-elle commencer ?

Les Français du Palais, comme les analystes de la «bulle explicative mondiale» (Human Rights Watch, International Crisis Group, etc.) et les diplomaties occidentales plaident depuis longtemps pour la mise hors d'état de nuire des anciennes figures de la rébellion, pudiquement appelée «Forces armées des forces nouvelles». Désormais qu'ils seront «traités» à partir de la présidence, peut-on imaginer que le général Claude Réglat et le colonel Marc Paitier, tous anciens de la Direction du renseignement militaire (DRM) française, vont renforcer leur guerre secrète destinée à faire diminuer l'influence des figures de proue des FRCI ? Le pari est risqué pour un Ouattara qui apparaîtrait en première ligne contre ceux qui l'ont fait roi. Plus sûrement, on peut penser qu'il mettra à profit les mois qui viennent pour prendre le contrôle direct de la troupe, sans passer par le truchement de Soro. Une configuration périlleuse pour lui : en tant que ministre de la Défense, il est directement responsable des exactions de ses nervis, qui ne s'arrêteront pas automatiquement parce qu'il se sera octroyé un maroquin.

Un cadeau piégé pour le PDCI

Le vieux parti s'est battu et a crié pour que la promesse de la Primature soit honorée par Ouattara. Mais d'ores et déjà, ce poste se présente comme un cadeau piégé pour le PDCI. Parce que Jeannot Ahoussou Kouadio s'installe à la Primature dans un climat de «guerre civile» entre deux camps : le camp «collaborationniste» qui assume une dilution dans la «maison Ouattara», et le camp «autonomiste» qui veut assumer sa singularité et aller seul aux municipales demain et à la présidentielle de 2015 après-demain. Ahoussou est la tête de file des «collaborationnistes» quand Kouadio Konan Bertin dit KKB incarne celui des «autonomistes». En renforçant Ahoussou, Ouattara sert ses intérêts puisqu'il permet à ses partisans au sein du PDCI d'avoir les moyens d'une machine clientéliste dans le cadre d'une bataille interne qui s'annonce rude. Mais il irrite encore plus un grand nombre de cadres du PDCI qui rongent leur frein. Surtout, la personnalité d'Ahoussou, peu charismatique, ne représente un danger ni pour Bédié (qui veut garder le parti alors qu'il ne sera selon toute évidence pas candidat en 2015) ni pour Ouattara. Contrairement à un Patrick Achi par exemple, il n'a pas d'emblée un profil de présidentiable à court terme. Mais il va mener la bataille contre le camp adverse. Et c'est toujours ça de pris pour le RDR.

 

Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

SORO SE HISSE SUR LE PERCHOIR AVEC DES MOYENS ANTICONSTITUTIONNELS - TOUTES LES PREUVES D'UNE GIGANTESQUE IMPOSTURE



SORO GUILLAUME.jpg

Une junte militaro-civile qui cache mal son visage derrière le masque d'institutions sans fondement constitutionnel sérieux. C'est le visage qu'a montré hier la Côte d'Ivoire à la faveur du couronnement parlementaire ambigu de Guillaume Soro. L'homme pressé de la classe politique ivoirienne devient donc président de l'Assemblée nationale, donc numéro deux de l'Etat et chef de l'Etat par intérim en cas de vacance du pouvoir. Mais sa promotion est marquée du sceau de l'anti-constitutionnalité. Aucun analyste sérieux ne peut prétendre le contraire.

Ce que dit la Constitution sur le président de l'Assemblée nationale

En son article 65, la Loi fondamentale dit ceci : «Le Président de l'Assemblée nationale est élu pour la durée de la législature. Le Président de l'Assemblée nationale et le Premier Vice-Président sont soumis aux mêmes conditions d'éligibilité que le Président de la République». Des conditions d'éligibilité qui sont contenues dans l'article 35 de la Constitution en ces termes : «Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. (...)»

Né le 8 mai 1972, Guillaume Soro a 39 ans. Il n'est donc naturellement pas constitutionnellement éligible à la tête de l'Assemblée nationale ivoirienne. Les arguments prétendant qu'il est dans sa quarantième année ne sont pas valables. Cela reviendrait à dire que l'on peut voter avant son 18ème anniversaire si l'on est dans l'année de sa majorité, ou que l'on peut aller à la retraite l'année de ses 60 ans avant la date de son anniversaire. On n'a pas 40 ans avant son quarantième anniversaire. C'est aussi simple que cela. Au demeurant, si Soro remplit vraiment les conditions d'âge évoquées, pourquoi Alassane Ouattara s'est cru obligé de signer un décret permettant à tous les signataires des accords de Linas-Marcoussis de se présenter aussi au poste de président de l'Assemble nationale ?

Le décret de Ouattara est illégal : la preuve !

Alassane Ouattara a donc rédigé un décret pour permettre à Guillaume Soro d'être candidat exceptionnel à la présidence de l'Assemblée nationale, et de marcher ainsi sur les pas de son «mentor». Le problème est que ce décret est manifestement illégal. Un décret ne peut s'opposer à la Loi fondamentale. Dans ce cas, il est évidemment frappé d'inconstitutionnalité et doit, dans une République normale, être rejeté par le Conseil constitutionnel. Le malaise est évident. Et il est assez révélateur que l'intégralité de ce décret singulier n'ait pas été lue par le secrétaire général de la Présidence et n'ait pas été publiée au moins par Fraternité-Matin, le quotidien national.

L'on nous dit que la «dérogation» de Soro se fonde sur les accords de Linas-Marcoussis. Si ces accords ont préconisé une réforme constitutionnelle prévoyant, entre autres, que le président de la République - donc le président de l'Assemblée nationale - soit âgé d'au moins 35 ans - et non 40 ans -, cette réforme constitutionnelle n'a jamais été adoptée, notamment parce que le refus de désarmer de la rébellion empêchait tout référendum. Du coup, l'accord de Pretoria a réglé le problème de l'éligibilité, exclusivement pour la présidentielle de sortie de crise, par la parade de l'article 48 de la Constitution. Un article qui est très clair : «Lorsque les Institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances après consultation obligatoire du Président de l'Assemblée nationale et de celui du Conseil constitutionnel. Il en informe la Nation par message. L'Assemblée nationale se réunit de plein droit». Non seulement les conditions d'utilisation de l'article 48 ne sont plus réunies - le pays est réunifié et la question de l'élection de Soro ne met pas en péril les engagements internationaux du pays, pas plus qu'elle menace le fonctionnement normal des institutions -, mais en plus la procédure très précise évoquée par la Constitution n'a pas été suivie.

Nous ne sommes plus en République

N'ayons pas peur des mots. La Constitution de la Deuxième République de Côte d'Ivoire a été tellement violée qu'il est légitime de penser que nous ne sommes désormais plus en République. La prestation de serment de Ouattara ne respectait pas la Constitution. La nomination de Francis Wodié, président du Conseil constitutionnel, s'est faite en violation de la Loi fondamentale. Guillaume Soro se hisse sur le perchoir aujourd'hui en dehors de toute règle de droit. L'exécutif, le législatif et le judiciaire sont donc illégitimes si l'on s'en tient aux textes. La Côte d'Ivoire n'a pas le choix. Elle doit passer à la Troisième République. Mais comment le faire alors que l'Etat RDR qui se met en place ne se distingue pas par son ambition en termes de construction démocratique à long terme ? D'ores et déjà une question se pose : inéligible pour la prochaine présidentielle, Alassane Ouattara, qui ne répond pas à tous les critères de l'article 35, se soumettra-t-il à un périlleux référendum populaire visant à «normaliser» sa prochaine candidature, et qui pourrait se résumer à un référendum pour ou contre sa personne ? Ou alors procèdera-t-il avec la désinvolture qui caractérise aujourd'hui le rapport de son régime au droit ? Qui vivra verra.

 

Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 15 mars 2012

GBAGBO, L’EXTRATERRESTRE

LAURENT GBAGBO EN CAMPAGNE.jpg


Curieux non comme titre d’article, vous ne pensez pas ? Eh bien, nous n’avons pas trouvé mieux pour espérer qualifier, de la façon la plus exacte et qui la campe le mieux, cette situation rocambolesque que vit, en ce moment, la Côte d’Ivoire.

Nous avons tous entendu l’incroyable communiqué du gouvernement ivoirien du mercredi 7 mars 2012 annonçant la suppression de 1.126 communes créées par le président Laurent Gbagbo, de 2001 à 2010. En clair, toutes les communes nées sous la gouvernance de Gbagbo, pendant ses 10 années de pouvoir. Argument avancé pour prendre une décision aussi impensable : « Ces communes ont été créées sur des bases politiques ». Ah bon ? Et le gouvernement actuel, sous quels auspices prend-il ses décisions, depuis son avènement violent au pouvoir, le 11 avril 2011 ? : le nouveau découpage administratif de la Côte d’Ivoire, tout comme le nouveau découpage électoral qui fait la part belle aux départements du Nord, la composition même de la Commission électorale indépendante (CEI) acquise à 100% au RHDP, la justice des vainqueurs en vigueur en Côte d’ivoire qui pourchasse un seul camp, l’emprisonnement des journalistes, le musellement de la presse pro-Gbagbo par le Conseil national de la presse (CNP) à travers des sanctions intempestives et ciblées, le gel des avoirs des opposants, les arrestations arbitraires, les mandats d’arrêts internationaux contre les cadres LMP, le maintien en exil des autorités ivoiriennes de l’ancien régime, les tentatives de mise à mort du FPI et de La Majorité Présidentielle, le maintien des supplétifs de la guerre d’avril dans les rangs des FRCI, la tolérance coupable des milices « Dozos » par la République bien que reconnues pour leurs nombreux crimes et exactions contre les populations ivoiriennes, la liquidation des banques nationales, le rattrapage ethnique cher à Ouattara qui promeut les ressortissants du Nord au détriment de tous les autres ivoiriens, etc.


Si on devait reprocher à un camp de la crise ivoirienne de prendre des décisions qui ne se justifient pas, sur la seule base politicienne, il y a fort à parier que le régime Ouattara soit inscrit sur le pire des tableaux. Il est donc très mal inspiré pour clouer quiconque au pilori. Après la dissolution en cours des Conseils généraux (décision complètement inopportune), le coup d’arrêt brutal porté à la communalisation générale de la Côte d’Ivoire consacre définitivement la volonté du régime RHDP de tirer notre pays vers le bas, au nom d’une incroyable propension vengeresse et négationniste visant à effacer toute trace du président Laurent Gbagbo. S’il le pouvait, Ouattara effacerait même les augmentations substantielles opérées par le réprouvé de Scheveningen sur les salaires des fonctionnaires. Mais mal lui en prendrait ! Il peut toujours essayer.


A notre sens, l’argument politique avancé par le gouvernement est totalement léger et, à la limite, fallacieux. Le souci premier dans la communalisation, c’est de rapprocher le centre de décision des populations et de favoriser leur participation à un développement local plus rapproché. Etant entendu qu’elles y contribuent à travers des instruments remarquables comme les FRAR/FIAU (Fonds d’Investissement et d’Aménagement Urbain) qui ne demandent qu’à être redynamisés et boostés. Une commune née créé sa propre dynamique de développement à travers ses populations et ses cadres. Cela est déjà une chose hautement appréciable pour la vie rurale. Il ne reste plus qu’à l’Etat de venir en appui de ce regain d’activité local par une subvention qui ne devrait logiquement plus faire défaut, compte tenu du retour présumée à la paix, en Côte d’Ivoire. C’est de là que part la viabilité d’une commune ; elle ne tombe pas du ciel comme le laisse supposer les propos du gouvernement Ouattara. En clair, la viabilité, il faut la créer et non l’attendre pieusement.


La vérité de cette affaire, c’est que Ouattara n’a pas de solutions pour nos populations rurales, pas plus qu’il n’a les moyens de les subventionner. La principale raison de ces suppressions et dissolutions est financière. Elles sont liées à la sécheresse désespérée des caisses de l’Etat, curieusement, depuis que Ouattara est arrivé au pouvoir.

LAURENT GBAGBO ET AKE NGBO.jpg

De ce point de vue, Gbagbo apparaît comme un extraterrestre ! Comment s’est-il pris pour financer la sortie de crise et les élections les plus chères du monde, augmenter les salaires des fonctionnaires, des corps militaires et paramilitaires, du corps préfectoral, du corps médical, des députés, des juges, et tout à la fois financer les Conseils généraux et subventionner les Communes ? Il ne se passe pas d’émission télé sur la Fonction Publique sans entendre le ministre Gnamien Konan geindre piteusement sur la masse salariale. Comment Gbagbo faisait-il pour payer ces salaires et même prévoir une augmentation de quasi 50% qui devait être effective en Juillet 2011 et dont les fonctionnaires bénéficient déjà de la première tranche, depuis le deuxième semestre 2010 ?

Etait-il un magicien, un surhomme, un prestidigitateur, un alien ? Pourquoi ceux qui nous ont annoncé des pluies de milliards se retrouvent-ils ainsi à grommeler sur les salaires des agents de l’Etat et à réendetter gravement notre pays, eux les « éminents économistes » reconnus par la Communauté internationale ? Comment, avec un pays coupé en deux et en guerre, sous divers embargos et le boycott de bien de bailleurs de fonds, Gbagbo a-t-il réussi, en pleine crise, là où ADO « La Solution » annoncée, en temps de paix, perd pied et peine à nous convaincre, passant le plus clair de son temps à gémir avec ses ministres de la sécheresse des caisses ? Comment se fait-il qu’il n’y ait subitement plus d’argent en Côte d’Ivoire ? Que fait Ouattara de notre argent ? Ne le mettrait-il pas, par hasard, en « mode béquille » pour secourir une France sarkozienne en faillite ? La question mérite d’être posée, tant la situation semble suspecte. Finalement, avec le recul, qui est la véritable « Solution », dans notre pays ? Les Ivoiriens devraient répondre à cette question et en tirer toutes les conséquences politiques.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 465 du mardi 13 mars 2012.

LA COTE D’IVOIRE PIRE QUE LE FAR WEST

FRCI.jpg


Dire au monde entier que Ouattara ne maîtrise rien en Côte d'Ivoire, tel devra désormais être notre rôle face à toutes les dérives politiques et à tous les crimes qui se commettent par les FRCI et les milices tribales « Dozos » de la république ouattarandienne.

L’actuel chef de l’Etat, pour parvenir au pouvoir de la façon désastreuse dont nous avons été tous les témoins, a engagé des milliers de supplétifs et de chasseurs traditionnels « Dozos », avec la bénédiction du futur ex-président français Nicolas Sarkozy, pour faire la guerre au Président Laurent Gbagbo. La victoire acquise, il est incapable de leur payer leur dû: les 5 millions de francs CFA promis par personne, depuis maintenant une petite éternité.

Résultat, ils vivent dans la misère la plus totale et donc pour survivre, s'en prennent aux pauvres et innocentes populations, pendant que ses lieutenants et lui roulent sur l'or et sont barricadés derrière des forces étrangères et des renégats sur-armés.

Nous confirmons ce que tout le monde dit à voix basse : tous les jours dans nos villes et campagnes, c’est la croix et la bannière ; les habitants et les opérateurs économiques se font braquer, voler, violer, agresser et tuer; des magasins et boutiques sont éventrés, des salaires de fonctionnaires arrachés de force, des gens sont suivis depuis la banque jusqu'à leur domicile et dépouillés. Les nouvelles nous parviennent quotidiennement. Nous vivons dans la plus grande insécurité, et nous périssons incognito. En la matière, le Nord de la Côte d’Ivoire vit un calvaire particulier. Les FRCI et supplétifs laissés pour compte se vengent sur les populations. Les braqueurs et autres coupeurs de route y sévissent de façon dramatique. Des amis et frères ivoiriens du Nord approchés nous attestent que le Nord de la Côte d’ivoire est devenu un véritable nid d’insécurité. Des cars en partance pour le Burkina Faso se font régulièrement braquer et dépouiller, et quelquefois, purement et simplement mitrailler à la kalachnikov.

Les commissariats et tribunaux sont quasi inexistants puisque non-opérationnels par manque de dotation d’armes, de locaux appropriés, d’équipements administratifs ou de prisons. L’appareil judiciaire en Côte d’Ivoire est totalement grippé. Les justiciables ne savent plus à quel saint se vouer quand ils ont subi des préjudices. On nous cache tout, dans ce pays, et on nous sert quotidiennement du trompe-l’œil et du mensonge à la télé nationale. Les ivoiriens ne dorment plus que d’un œil et s’en remette à DIEU pour leur sécurité. Le calvaire des opérateurs économiques est encore plus grand. A l’intérieur du pays, leur drame est absolu. Souvent braqués et pillés à domicile ou au lieu de leur commerce, ils s’entendent dire par les forces de l’ordre appelées à la rescousse : « Nous n’avons pas d’armes pour intervenir sur le terrain ». Qui s’occupe donc de la sécurité des Ivoiriens ?

A côté de ce véritable drame, se dressent, plus effrayants, les crimes et exactions des FRCI et des milices pro-Ouattara, les « Dozos », à la gâchette et à la… machette terriblement faciles ! Pire qu’au Far West. Ils font couler, sans discontinuer, le sang innocent des ivoiriens depuis qu’ils ont pris le pouvoir en Côte d’Ivoire ; c’est le lieu de le dire : Vavoua (5 morts), Arrah (15 morts), Bangolo (20 morts), Abobo (1 mort, abattu dans le dos pour 600 F CFA), Dabou-Lopou-Bonoua-Sikensi-Ndouci (menaces de mort à peine voilées, y compris contre la royauté), Séguéla (2 morts), Bouaké (2 morts), Soubré-Gagnoa-Issia (expropriation foncière sous silence), Aboisso (suspicion permanente et oppressante), Taï (exécutions sommaires ; les terres puent la mort), Abidjan (palme d’or des braquages, des arrestations arbitraires, des crimes crapuleux et de l’insécurité tous azimuts).

Dans quel pays sommes-nous donc ? Quelle est cette république où les milices sont maîtresses, avec la bénédiction du pouvoir et avec droit de vie et de mort sur les populations ? A qui revient donc la mission d’assurer la sécurité des Ivoiriens ?


Que DIEU ait pitié de la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 465 du mardi 13 mars 2012.

mercredi, 14 mars 2012

JEANNOT AHOUSSOU KOUADIO, PREMIER MINISTRE DE OUATTARA: VOICI LA LISTE DES MEMBRES DE SON GOUVERNEMENT



JEANNOT AHOUSSOU KOUADIO.JPG

Rien que du réchauffé! Nous n'avons pas vu le nouveau gouvernement annoncé avec tant de verve. Encore du bruit pour rien! Fernand Dindé.


Premier Ministre, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice :  M. Jeannot Kouadio AHOUSSOU

Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur : M. Hamed BAKAYOKO

Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères : M. Daniel Kablan DUNCAN

Ministre d'Etat, Ministre de l'Emploi, des Affaires Sociales et de la Solidarité : M. Gilbert Koné KAFANA

Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement : M. Albert Toikeusse MABRI

Ministre d'Etat, Ministre de l'Industrie : M. Moussa DOSSO

Ministre de l'Economie et des Finances : M. Charles Koffi DIBY

Ministre des Infrastructures Economiques : M. Patrick ACHI

Ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie : M. Adama TOUNGARA

Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA : Mme Thérèse Aya N'DRI-YOMAN

Ministre de l'Education Nationale : Mme Kandia KAMISSOKO CAMARA

Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative : M. Konan GNAMIEN

Ministre de l'Artisanat et de la Promotion des PME : M. Sidiki KONATE

Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : M. Ibrahima CISSE BACONGO

Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : M. Kobena Kouassi ADJOUMANI

Ministre de l'Agriculture : M. Mamadou Sangafowa COULIBALY

Ministre du Commerce : M. Dagobert BANZIO

Ministre de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : M. Albert FLINDE

Ministre des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques : M. Gnénéma Mamadou COULIBALY

Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Maurice Kouakou BANDAMAN

Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant, Porte-parole Adjoint du Gouvernement : Mme Raymonde GOUDOU COFFIE

Ministre de la Communication : M. Souleïmane Coty DIAKITE

Ministre de l'Environnement et du Développement durable : M. Rémi Allah KOUADIO

Ministre du Tourisme : M. Charles Aké ATCHIMON

Ministre de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme : M. Mamadou SANOGO

Ministre des Sports et Loisirs : M. Philippe LEGRE

Ministre de la Poste et des Technologies de l'Information et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement : M. Bruno Nabagné KONE

Ministre des Transports : M. Gaoussou TOURE

Ministre des Eaux et Forêts : M. Clément Boueka NABO

Ministre  de l'Intégration Africaine : M. Adama BICTOGO

Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique : M. Alain Michel LOBOGNON

Ministre de la Promotion du Logement : Mme Nialé KABA

Ministre des Ex-combattants et des Victimes de Guerre : M. Mathieu Babaud DARRET

Ministre de la Salubrité Urbaine : Mme Anne Désirée OULOTO

Ministre délégué auprès du Premier Ministre, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, chargé de la Justice : Mme Loma CISSE MATTO.

 

AU TITRE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

 

Ministre d'Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République : M. Amadou Gon COULIBALY ;

Ministre,  Directeur de Cabinet du Président de la République: M. Marcel AMON-TANOH ;

Ministre chargé des Affaires Présidentielles : M. Tené Birahima OUATTARA ;

Ministre auprès du Président de la République, chargé de la Défense : M. Paul Koffi KOFFI ;

Ministre auprès du Président de la République, chargé des Relations avec les Institutions de la République : M. Albert AGGREY.


 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

L'ETAT EN AFRIQUE MENACE DE DESTRUCTION

AFRIQUE.png

C'est une question qu'il serait intéressant de soumettre aux étudiants des différents instituts de sciences politiques du continent, voire à leurs enseignants, en vue de susciter un débat fécond et accoucheur de bonnes résolutions pour l'avenir. Quelle est la principale menace qui guette l'Afrique contemporaine ? Bien entendu, les possibilités de réponse sont infinies. On peut évoquer le sida, qui décime la jeunesse. Les guerres civiles. Le déficit démocratique. La faiblesse de la norme de droit. La crise énergétique. La mondialisation. L'enjeu démographique. Toutes ces problématiques sont pertinentes et se rejoignent. Mais il me semble - puisqu'il faut bien désigner la priorité des priorités pour ne pas se laisser entraîner dans des combats superflus ou mal posés - que les attaques toujours plus violentes dirigées contre les Etats et même contre la notion d'Etat en Afrique pourraient déboucher sur les pires déconvenues.

Une fausse évidence continue d'habiter de nombreux analystes de l'actualité dans nos contrées. Elle considère comme certaine la permanence et le caractère incontournable des Etats situés à l'intérieur des frontières héritées de la colonisation et représentés au sein de l'Assemblée générale des Nations unies. Pourtant, le travail rationnel de délégitimation et d'émasculation de ces Etats, engagé depuis une vingtaine d'années, s'accélère devant nos yeux. Pendant que, dans un combat de coqs, Francophones et Anglophones, Afrique de l'Ouest et Afrique australe, s'affrontent à grands renforts d'orgueil pour le poste de président de la Commission de l'Union africaine.

Au commencement étaient les plans d'ajustement structurel. Ils ont déconsidéré l'Etat en Afrique en lui enlevant toute marge de manœuvre économique. Endetté au nom du clientélisme en vigueur pendant la guerre froide, bridé dans ses capacités d'investissement, contraint de remettre les clés des entreprises publiques à des multinationales qui ont plus profité de l'existant que construit des routes, des ponts, des complexes agronomiques - mais est-ce leur rôle ? -, soumis aux caprices des institutions de Bretton Woods et de leurs recettes tout aussi idéologiques qu'inopérantes, l'Etat africain a perdu sa crédibilité. Selon le même procédé qui a amené les pères «compressés», «déflatés» et «décrochés», à être considérés comme financièrement impotents par leurs propres enfants.

Un néocolonialisme occidental déguisé en «démocratisme»

L'ajustement structurel, d'une certaine manière, a préparé le terrain pour les rébellions, les sécessions et les irrédentismes. Sous la double pression des ingérences occidentales prétendument pourvoyeuses de démocratie et des croisés de l'islamisme sunnite le plus rétrograde, le continent se délite. Focalisés sur les enjeux nationaux et politiciens de chacune des crises qui éclatent ici et là, les Africains ne distinguent pas toujours le fil blanc qui les relie. Pourtant, tout se rejoint. Cette année, le Nigeria, qui se plaît à se croire gendarme de l'Afrique de l'Ouest et qui était prêt à  envoyer ses soldats servir de tirailleurs en Côte d'Ivoire l'année dernière, fait face à une véritable guerre civile opposant la secte Boko Haram, que l'on dit proche d'Al Qaida, à l'Etat central. Un Etat tellement compromis avec les multinationales pétrolières occidentales qu'une partie de ses populations autochtones prennent leur part de la manne nationale les armes à la main, à travers des opérations de piraterie que l'on peut comprendre, même si on les désapprouve. Des cellules de Boko Haram, nous dit-on, sont déjà installées à Douala, au Cameroun.

En 2011, le néocolonialisme occidental déguisé en «démocratisme» a ravagé la Côte d'Ivoire et la Libye. En 2012, la déstabilisation de la Libye par les Occidentaux, objectivement aidés par les groupuscules d'Al Qaida, a entraîné le déclenchement d'une rébellion touarègue bien plus dangereuse que toutes les précédentes pour l'intégrité territoriale du Mali. Demain, fatalement, une succursale du MNLA s'ouvrira au Niger, sur les terres gorgées d'uranium que les pays industrialisés convoitent.

Comme en Côte d'Ivoire en 2002, la France glorifie les exploits de la rébellion au Mali, accrédite la thèse de sa puissance militaire, et plaide pour un accord qui consacrera, on l'imagine, une partition provisoire du pays et une institutionnalisation du MNLA sur le modèle des «Forces nouvelles». Le MNLA, prétend-on, aidera mieux que l'armée malienne, à lutter contre AQMI. Plus certainement, il sera bien plus inféodé aux Occidentaux et à leurs visées économiques... Au nom de quel type de priorités stratégiques l'OTAN se mobilise-t-il pour chasser Kadhafi mais pas pour neutraliser les différentes succursales de la nébuleuse Al Qaida, présentée comme l'ennemie publique numéro un ? Pourquoi a-t-on l'impression qu'en Afrique et au Moyen-Orient, l'Occident se mobilise plus pour démembrer les Etats - Irak, Libye, Syrie, Côte d'Ivoire, Mali... - que pour affronter les vraies menaces globales ?

Il y a quelques jours, la Cyrénaïque, province pétrolière de Libye, a fait une déclaration d'autonomie. Dans un contexte où l'Etat central s'est effondré, où chaque chef local a sa milice surarmée, qui peut arrêter ce processus ou dire avec certitude qu'il n'y aura pas d'effet d'entraînement ? Qui peut dire qu'un «Areva State», un Etat-AREVA, ne naîtra pas de l'unification des Touaregs du Mali et du Niger ? L'indépendance du Sud-Soudan a constitué une jurisprudence dans laquelle beaucoup de minorités ethniques vivant au-dessus de richesses minières peuvent désormais s'engouffrer. Dans vingt ans, l'Union africaine abritera-t-elle 70 ou 80 Etats ? Existera-t-elle encore ?

Alerte ! L'Afrique doit se réveiller. Elle doit comprendre que l'existence d'un Etat minimal, déconsidéré, aux frontières floues, sans maîtrise territoriale, sans règles constitutionnelles sérieuses, est le rêve fondamental des multinationales et des Etats qui les sponsorisent. A cet égard, la République démocratique du Congo, toujours instable, toujours pillée, malgré la présence désormais structurelle d'une administration civile et militaire onusienne, représente un spectre inquiétant pour tous.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER