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mercredi, 14 mars 2012

PARODIE D'ELECTIONS A L'ASSEMBLEE NATIONALE - LA CONSTITUTION ENTERREE A YAMOUSSOUKRO

 

SORO GUILLAUME. PDT ASSEMBLEE NATIONALE.jpg

Comme le cordonnier mal chaussé, les députés ivoiriens, à leur corps défendant, ont adoubé Soro, l'ex-chef de la rébellion au perchoir ce matin, quasiment à l'unanimité (94,77%), et en toute illégalité. Alors que rien ne justifiait une intrusion de l'exécutif dans les affaires du Parlement, donc du législatif, Ouattara a fait une descente dans l'arène pour imposer la candidature de Soro. Une situation difficilement vécue par des élus du peuple, ceux-là mêmes qui votent les lois, pour qu'elles soient appliquées. Au nom des arrangements de leurs partis politiques, personne n'ose parler ouvertement sur la question, au risque de s'attirer les foudres des responsables de la coalition au pouvoir.

La cérémonie de ce matin, qui a été célébrée avec faste, et retransmise en direct pour permettre au nouveau président du parlement de «faire son farot» est la énième violation de la loi fondamentale, et sonne comme la mise en bière de celle-ci. Cerise sur le gâteau, le chef de l'Etat, à en croire le secrétaire général du Rdr Amadou Soumahoro, a personnellement insisté pour que l'ex-chef de la rébellion soit le candidat du Rdr. Il a donc donné des instructions fermes pour que tous les députés de «la case» votent bêtement pour lui. La fonction de chef de l'Etat est-elle constitutionnellement compatible avec la présidence d'un parti politique ? Ou alors Ouattara a une autre lecture de la Constitution ivoirienne ? Et le Conseil constitutionnel de l'éminent juriste Francis Wodié, que dit-il de tout cela ? Ne peut-il s'autosaisir quand la Loi fondamentale est piétinée de jour comme de nuit ? En même temps, quand on sait la manière par laquelle il a été nommé à ce poste, on peut comprendre son mutisme. C'est le fruit d'une autre forfaiture constitutionnelle. Son prédécesseur l'avait à juste titre félicité pour sa «brillante nomination».

Dire que nous sommes dans un état d'exception ne serait pas faux. A l'allure où vont les choses, mieux vaudrait franchement suspendre la Constitution et permettre au chef de l'Etat de s'adonner à son jeu préféré : tordre le cou à la loi. Il le faut d'autant plus que les ordonnances et décrets produits par Ouattara ne s'embarrassent même plus de la nécessaire référence rédactionnelle à la Constitution (le fameux «vu la Constitution» et aux lois qui fondent ces décisions manifestement hors-la-loi.


Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 12 mars 2012

COUP D'ETAT CONTRE LE PRESIDENT GBAGBO: DES IMAGES QUI ACCABLENT LA FRANCE


LE DRAPEAU IVOIRIEN ENTRE LES MAINS DE L'ARMEE FRANçAISE.jpg

La vérité éclate progressivement au grand jour ! Une photo inédite est disponible sur le net. Selon des sources concordantes, cette image ferait même partie des nombreuses preuves accablantes rassemblées par la Défense du Président Gbagbo contre l'armée française. La photo daterait du 11 avril 2011, jour du renversement de Gbagbo par la France. Sur cette image écœurante pour l'Afrique digne, on voit des soldats français posant avec, comme un butin de guerre, le drapeau national de Côte d'Ivoire. De toute évidence, le drapeau orange-blanc-vert ainsi brandi par les soldats français a été pris à l'intérieur de la résidence présidentielle.

Selon toute vraisemblance, les militaires français qui ont pénétré dans la résidence du chef de l'Etat ivoirien et renversé le Président Gbagbo avant de le remettre aux forces armées pro-Ouattara, le lundi 11 avril 2011, n'ont pu se retenir d'immortaliser leur forfaiture. Nullement gênés d'avoir fait la guerre à un pays souverain avec lequel aucun conflit n'a été officiellement déclaré, ces soldats à la solde de Nicolas Sarkozy ont arraché l'écharpe une fois à l'intérieur de la résidence officielle présidentielle. Et là, sûrement au moment où les chefs rebelles de Ouattara partaient au Golf Hôtel, QG de Ouattara, avec le Président Gbagbo qui venait d'être renversé, les soldats français, ont certainement ameuté cameramen et photographes français pour se faire filmer. Comme pour dire : on y était effectivement et c'est nous qui avons fait le boulot.

Lors de sa première audience devant les juges de la chambre préliminaire 3 de la Cour pénale internationale (Cpi), le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo, expliquant les circonstances de son renversement du pouvoir, avait nommément indexé la France de Nicolas Sarkozy : « J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises...La résidence du Président de la République a été bombardé du 31 mars au 11 avril, et c'est dans ces conditions-là, le 11 avril, pendant qu'on me bombardait, qu'on bombardait la résidence qui était déjà à terre- nous, on se cachait dans les trous de la résidence- et, une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence pendant que les hélicoptères bombardaient ; C'est dans ces conditions là que j'ai été arrêté. C'est l'armée française qui a fait le boulot ».

Ce témoignage du Président Laurent Gbagbo a fait « boom » dans l'opinion internationale. Comme il fallait s'y attendre, la France et ses médias ont tenté de discréditer les propos du chef de l'Etat ivoirien renversé. Mais en vain. Les témoignages concordants et les preuves qui accablent la France pour son coup d'Etat contre Gbagbo sont légion. A preuve, cette photo inédite de soldats français à côté d'un de leurs nombreux chars de combat, brandissant tel un trophée de guerre, le drapeau de Côte d'Ivoire. Les soldats français qui viennent d'investir la résidence officielle du chef de l'Etat ivoirien et d'arrêter le Président Laurent Gbagbo, tournent en dérision le plus grand symbolise de la Côte d'Ivoire. Ils souillent notre drapeau et foulent ainsi au pied notre souveraineté.

Une façon explicite de dire aux ivoiriens que l'armée française a reconquis la Côte d'Ivoire par les armes. Qu'elle n'est plus un pays indépendant et souverain comme le voulait Gbagbo. Qu'elle est désormais redevenue une colonie française où Paris vient d'installer, ce 11 avril 2011, son « pion » Alassane Dramane Ouattara. C'est l'analyse qu'inspire la photo des soldats français posant en conquérants.


Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr

Source: NOTRE VOIE

 

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TOUS DANS LEURS PETITS SOULIERS


Dans un communiqué du 21 septembre 2011, le Conseil national de la Presse (Cnp, organe de régulation de la presse écrite), proférait des menaces graves tendant à nier l'évidence : « (Des) journalistes s'évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l'opinion que les autorités politiques en place seraient issues d'un coup d'Etat opéré contre leurs prédécesseurs...

Les concepteurs de ces idées présentent le Chef del'Etat Ivoirien (Ndlr, Alassane Dramane Ouattara) comme un président installé par coup d'Etat et son régime installé par la France, tandis que l'ancien chef de l'Etat (Ndlr, Laurent Gbagbo) est vu comme renversé par l'Armée française et prisonnier du chef de l'Etat français ».

Pour le Cnp, « ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d'informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité ». Quelle est donc cette réalité ? Réponse du Cnp : « Le Président de la République de Côte d'Ivoire exerce son mandat actuel des suites d'élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges ».

Et le Cnp de continuer : « ces faits étant établis et de notoriété, le Cnp, à compter de la publication du présent communiqué, sera intraitable sur les écrits à caractère subversif et insultant non seulement pour les autorités en place mais également pour le peuple ivoirien qui a, dans la transparence, élu son président ».

Et depuis ce communiqué, le Cnp s'est bandé les yeux et a bouché ses oreilles sur toute autre réalité. En tout cas, quand ils daignent les rouvrir, c'est pour distribuer des sanctions à la presse libre. On se prend de pitié en regardant les décideurs du Cnp s'épuiser à vouloir masquer lavérité pour plaire à Ouattara. Leur « combat » est devenu bassement ridicule depuis le 5 décembre 2011, quand, lors de sa toute première audition à la Cpi, le Président ivoirien renversé a proclamé, parlant de ce coup d'Etat, en direct et devant les cameras des télévisions du monde entier : « C'est l'armée française qui a fait le boulot ! ».

Cette déclaration aurait pu conduire le Cnp à un peu de pudeur, de discernement et de nuance sur le sujet, mais que non ! La structure continue à exercer ses tentatives de musèlement de la presse libre sur le «boulot» scandaleux de l'armée française. Démontrée par cette image des soldats français plastronnant avec le drapeau de notre pays, comme un butin de guerre. Dites-nous, Messieurs les décideurs, pourquoi doit-on se taire quand une armée étrangère profane notre drapeau national !? Que gagnez-vous à cacher la vérité au monde entier ? Pour ce qui nous concerne, nous, presse libre et attachée à la mère-patrie, refuserons toujours «la collaboration». C'est-à-dire la traitrise à la Côte d'Ivoire!


César Etou

cesaretou2002@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4082 du lundi 12 mars 2012.

dimanche, 11 mars 2012

ELECTION DU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE: COMMENT OUATTARA MENACE LA SEPARATION DES POUVOIRS

 

HEMICYCLE.jpg

Les députés de Côte d'Ivoire se réunissent lundi prochain à Yamoussoukro pour élire leurs président et vice-président. Une fois n'est pas coutume Ouattara s'est encore invité dans le processus pour donner un coup de main à son «bon petit» Soro. Si Ouattara pouvait signer un décret pour nommer Soro au perchoir, il l'aurait certainement déjà  fait. Sans hésitations. Après avoir joué au jeu de cache-cache avec le Pdci-Rda à qui devrait revenir la Primature, le voilà coincé, face à la grogne des militants du vieux parti que Bédié n'arrive plus à canaliser. De son côté, le secrétaire général des ex-rebelles fait de la résistance, et veut se maintenir à la Primature. Des émissaires de chef d'Etat étrangers sont même envoyés en renfort pour raisonner Soro et l'amener à lâcher prise. Il accepte, mais pas à n'importe quelles conditions. En contrepartie, il veut le poste de président de l'Assemblée nationale. Au Rdr, majoritaire à l'Assemblée, ça ne fait pas l'unanimité. Mais le plus grand obstacle est l'âge minimum pour postuler : avoir 40 ans. Comment surmonter cette disposition constitutionnelle pour satisfaire Soro ? C'est le tour de force que vient d'opérer Alassane Ouattara en s'invitant dans un débat qui concerne le pouvoir législatif par un décret relatif «à l'élection à la présidence et à la vice-présidence de l'Assemblée nationale pour la deuxième législature, dont le dispositif est le suivant : Article 1. Pour les élections à la présidence et à la première vice-présidence de l'Assemblée nationale, de la deuxième législature, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l'accord de Linas Marcoussis sont éligibles».

Le tour est joué. Soro n'a plus besoin d'avoir 40 ans comme le stipule la Loi fondamentale pour être président de l'Assemblée nationale. Ouattara vient de tout déverrouiller avec l'accord de Marcoussis.  Ses députés, domestiqués, ont reçu instruction ferme de voter pour l'ancien leader estudiantin qui a assumé la rébellion en Côte d'Ivoire avec son corollaire de morts par milliers. Et dire qu'on viole la loi, le règlement de l'Assemblée nationale, celle-là même qui fait la loi. Il y a de quoi désespérer.

Constitution-Ouattara : «je t'aime, moi non plus»

Alassane Ouattara, principal bénéficiaire et financier de la rébellion ivoirienne - si l'ont en croit les révélations du chef de guerre Koné Zakaria - a pu être candidat de façon exceptionnelle à la présidence de la République de Côte d'Ivoire, à la suite de différents accords, notamment celui de Pretoria. C'est certainement cet arrangement politique qui lui a fait prendre goût aux mesures d'exception, qui lui collent à la peau dans sa gouvernance. Même le Conseil constitutionnel, garant de la Constitution, n'y a pas échappé. Après sa prestation de serment épistolaire, il a franchi le Rubicon en nommant un nouveau président à la tête de l'institution, au mépris de la loi. Ironie du sort, c'est un constitutionnaliste de renom qui en est le principal bénéficiaire. Qui ne s'en est pas senti gêné du tout. On se demande bien, en tout cas, à quoi va servir cette Assemblée nationale cornaquée pour être un béni-oui-oui de l'exécutif. C'est quand même choquant de constater que l'Assemblée nationale, qui vote les lois, puisse voir son règlement violé de la sorte par l'exécutif. C'est aussi ça l'envers de la «nouvelle» Côte d'Ivoire. C'est-à-dire la «République du N'importe-Quoi».


Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

24 HEURES APRES SON INTERPELLATION PAR LA DST - LAURENT AKOUN DETERMINE: «COMMENT NOUS ALLONS DEGAGER OUATTARA»

 

LAURENT AKOUN.jpg

Monsieur le Secrétaire général, vous avez été interpellé par la DST, jeudi dans l'après-midi et libéré tard dans la nuit. Qu'est-ce qu'on vous reprochait exactement ?

Jusqu'à ce jour, je reste toujours sur ma faim quant au pourquoi de mon interpellation. Je n'en sais toujours rien. Toutefois, j'ai été interpellé et gardé dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (Dst) de 16h 20 à 22h 40 minutes. Je ne suis sorti qu'à 22 h 45 mn. Et c'est à cette heure-là que, sans être accompagné, j'ai pu avoir accès à un taxi qui m'a déposé à mon domicile, avec tout ce que cela comporte comme dérives dans un contexte comme celui que nous connaissons. Je suis donc arrivé à mon domicile vers 23h 10 mn. Alors qu'est-ce qu'on me reproche ? Je n'en sais rien. Retenez que j'ai été fouillé de fond en comble, comme ce n'est pas permis. Mes bagages, puisque je revenais de voyage, ont été passés au peigne fin. Alors qu'est-ce qu'on a retrouvé sur moi ? Absolument rien. Ce qu'ils se sont contentés de faire, c'est de confisquer mes deux téléphones portables et mon ordinateur portable. Je les ai même aidés en leur donnant les codes d'accès à mon ordinateur. Mais en retour, lorsque je suis allé récupérer mes effets aujourd'hui aux environs de 15 heures (hier, ndlr), tous les paramètres d'accès de mon ordinateur ont été modifiés.

Avez-vous subi un interrogatoire ?

Oui, j'ai subi un interrogatoire de 19h à 23h. Et les principaux points de cet interrogatoire étaient qu'est-ce que je suis allé faire au Ghana, qui j'ai rencontré là bas... Je leur ai expliqué en résumé que je suis allé voir mes camarades qui sont non seulement des cadres, mais des membres de la direction du Fpi et du comité central. C'est vrai qu'ils ne sont pas ici avec nous, mais pour tout ce que nous devrons faire, nous écoutons, prenons leurs avis, analyses et leurs réflexions critiques. Et cela nous permet bien sûr d'aller dans le sens de trouver les chemins qui vont nous permettre de reconquérir le pouvoir d'Etat, en relevant les défis principaux que sont la libération de nos camarades qui sont emprisonnés, le retour de tous ceux qui sont exilés. C'est bien sûr en relevant ces deux défis principaux là, il y en a d'autres, que nous allons dégager M. Ouattara du pouvoir par les moyens légaux. C'est-à-dire les moyens démocratiques, notamment par les meetings, les marches, les sit-in, conférences de presse publiques, mais aussi par la voie diplomatique, avec les échanges que nous avons avec ceux et celles qui représentent les intérêts de leurs pays en Côte d'Ivoire. Si tout cela peut permettre non seulement de montrer notre position, notre bonne foi, mais aussi de faire les pressions nécessaires pour que M. Ouattara quitte le pouvoir, pour que nous puissions l'exercer. Mais toujours par les voies démocratiques.

Ce n'est pas la première fois que vous effectuez des voyages hors du pays, notamment au Ghana. Pourquoi cette interpellation d'hier?

Je n'en sais rien, puisqu'ils ne m'ont rien dit. C'est à eux de vous le dire. Ce qui m'a fait sourire, c'est qu'ils m'ont dit qu'ils cherchent quelque chose. Je leur ai posé la question de savoir ce qu'ils cherchaient. Ils ne savaient pas eux-mêmes ce qu'ils cherchaient, sinon ils m'auraient demandé. Je ne sais vraiment pas ce qu'ils cherchaient. Ils ont confisqué mon matériel, voilà.

Il ne s'agissait pas pour eux de retrouver des traces d'exilés politiques ?

Mais c'est facile ça. Ils sont tous à Accra. Ils y sont tous et ils sont connus des fichiers des autorités ghanéennes. Ils ne sont pas cachés.

Votre interpellation apparait comme une énième dérive et violation des libertés par le régime Ouattara.

Je crois que la direction du Fpi que j'ai officiellement informé ce matin, se propose de faire connaitre sa position sur l'ensemble de ces graves atteintes aux libertés individuelles et collectives. Mais qui sont devenues une des caractéristiques du pouvoir de M. Ouattara. Le label que le pouvoir a inventé en matière d'exercice des lois et libertés, ce sont ces atteintes.

Ce harcèlement des cadres de l'opposition a-t-il un impact sur votre détermination à poursuivre le combat ?

Nous, nous essayerons de continuer notre travail tel que défini par la Constitution, c'est-à-dire un contre-pouvoir institutionnel qui dit son accord quand il l'est et son désaccord quand il n'est pas d'accord avec ceux qui aujourd'hui sont au pouvoir. Il faut surtout que M. Ouattara comprenne que ce n'est pas une question d'amour. C'est ça les règles de la démocratie et qui exigent le droit à la différence. Etre différent ne veut pas dire qu'on est inutile ou supérieur, non. Chacun fait ce qu'il peut et c'est pour cela qu'on se concerte et qu'on parle du dialogue politique. Nous sommes aujourd'hui pour la transition pas pacifique à la démocratie, mais nous sommes pour la transition pacifique à l'alternance démocratique. Parce que nous avons déjà conquis le pouvoir d'Etat. On est tous d'accord que le pouvoir se conquiert par les urnes, même s'ils savent comment ils sont arrivés là.

Un mot à l'endroit des militants du Fpi et de tous les démocrates ivoiriens émus par votre interpellation ?

Qu'ils demeurent vigilants, mobilisés et qu'ils sachent que le combat pour la refondation de la Côte d'Ivoire continue. Vous savez, il y a des méandres dans l'histoire et c'est une des phases de l'histoire que nous vivons en ce moment et que je peux assimiler à des méandres dans un cours d'eau. Mais dans le cours d'eau, il a un amont et un aval. Ça ne coule jamais de l'aval vers l'amont, c'est toujours dans le même sens. Peu importe les méandres, le cours d'eau coule toujours de l'amont vers l'aval. Le sens de notre lutte demeure, c'est-à-dire une société plus juste, plus démocratique, une société plus solidaire. Ce but là, on ne peut pas le perdre de vue et le combat continue !


Réalisée par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LES PROUESSES ANTICONSTITUTIONNELLES DU REGIME OUATTARA


ALASSANE OUATTARA.jpg

Nous vous reproposons, pour mémoire, la revue des articles de la Loi fondamentale sur lesquels le pouvoir actuel s'assoit sans scrupules, déjà publiée dans le Nouveau Courrier 248 du mercredi 22 juin 2011. La liste n'est donc pas exhaustive dans la mesure où près de neuf mois se sont écoulés entretemps, sans pour autant que la logique d'humiliation quotidienne des institutions inaugurée le 11 avril 2011 ne cesse. Jusqu'où l'Etat de Côte d'Ivoire sera-t-il défiguré avant que les membres du Conseil constitutionnel, et les objecteurs de conscience de la Nation aient le courage d'arrêter cette machine folle?

Article 22

Nul ne peut être arbitrairement détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense.

Comment l'article 22 a été violé

La quasi-totalité des arrestations de nature politique qui ont menées par le pouvoir actuel ont eu un caractère «arbitraire», c'est-à-dire non encadré par la loi. Les prisonniers politiques ivoiriens n'ont reçu, au moment de leur incarcération, aucune notification de mise en résidence surveillée ou de mise sous écrou. De manière assez curieuse, c'est une fois que des personnes ont été privées de liberté, du droit de communiquer et même du droit de visite (drôle de conception de la résidence surveillée), qu'une enquête préliminaire a été ouverte. Schématiquement, on cherche de quoi peuvent être coupables des personnes après les avoir humiliées, tabassées et (pour certaines) déportées.

Par ailleurs, Alassane Ouattara et son ministre de la Justice ne cessent de marteler qu'un certain nombre de leurs prisonniers sont coupables alors que la procédure judiciaire qui les touche n'en est qu'à ses débuts. La presse pro-Ouattara raconte des scénarios qui tendent à imposer l'idée de la culpabilité de certaines personnes dans la disparition des deux Français, du Béninois et du Malaisien kidnappés à l'hôtel Novotel. Dans l'indifférence du CNP et de la Justice.

Article 24

La défense de la Nation et de l'intégrité du territoire est un devoir pour tout Ivoirien. Elle est assurée exclusivement par des forces de défense et de sécurité nationales dans les conditions déterminées par la loi.

Comment l'article 24 est violé

Au quotidien, les membres de milices informelles non recensées et non rémunérées par l'Etat sont dissimulés sous l'appellation Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Des «comzones» dont le statut républicain n'est pas clarifié, qui ont la particularité d'être quasiment tous originaires d'une seule partie de la Côte d'Ivoire - et qui protègent à ce titre certains Ivoiriens plus que d'autres - se sont partagé la ville d'Abidjan, mettant à l'écart, avec le soutien de l'exécutif, les Forces de défense et de sécurité nationales - police, gendarmerie, armée.

Article 25

Les biens publics sont inviolables. Toute personne est tenue de les respecter et de les protéger.

Comment l'article 25 a été violé

Le monde entier a vu, médusé, comment la Résidence officielle du chef de l'Etat, incendiée par les bombardements de l'ONUCI et de Licorne, a été littéralement pillée par les éléments des FRCI partis de l'hôtel du Golf... et retournés avec leur butin à l'hôtel du Golf. Si cette Résidence n'est pas un «bien public», on se demande si cette notion ne doit pas être revue ! Les riverains de l'Institut national de statistique (INS) ont vu comment ce bien public a été détruit volontairement, ainsi que les données officielles de l'Etat, comme si le nouveau pouvoir redoutait la mémoire nationale... Les voitures de l'Etat «privatisées» par les chefs de guerre et les uniformes des «corps habillés» récupérés finissent de brosser un tableau inquiétant.

Article 38

En cas d'événements ou de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire, ou de catastrophes naturelles rendant impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats, le Président de la Commission chargée des élections saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation. Le Conseil constitutionnel décide, dans les vingt quatre heures, de l'arrêt ou de la poursuite des opérations électorales ou de suspendre la proclamation des résultats. Le Président de la République en informe la Nation par message. Il demeure en fonction.

Comment l'article 38 est violé

Lors d'une hallucinante conférence de presse (donnée le mardi 21 juin 2011), les ministres Jeannot Ahoussou Kouadio et Gnénéma Coulibaly ont remis en cause cet article, qui a justifié le maintien du président Laurent Gbagbo en fonction durant tout le moment où le pays était coupé en deux par la rébellion assumée par le chef de leur gouvernement.

Article 39

Les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la date de prise de fonction du Président élu, laquelle a lieu dès la prestation de serment.

Comment l'article 39 est violé

La Constitution ivoirienne ne prévoit en aucun cas de vacance du pouvoir. Si l'on considère que la prestation de serment d'Alassane Ouattara est régulière, on doit bien admettre que Laurent Gbagbo a cessé d'être président le 6 mai dernier. Or Alassane Ouattara a affirmé, lors de sa récente visite en France, lors du sommet de Deauville, devant des journalistes français médusés, que Laurent Gbagbo a cessé d'être président le 4 décembre 2010. Ce qui est en contradiction flagrante avec l'argumentaire de ses ministres qui, hier, ont affirmé que Gbagbo n'a plus été président depuis le vote de la résolution 1721. Le fait que Laurent Gbagbo ait été président jusqu'au 6 mai dernier invalide toutes les poursuites qui sont lancées contre lui, comme nous l'expliquons plus bas dans cet article.

Article 68

Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale, sauf le cas de flagrant délit.

Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives. La détention ou la poursuite d'un député est suspendue si l'Assemblée nationale le requiert.

Comment l'article 68 est violé

De nombreux députés ont été mis aux arrêts après le 11 avril, dont la présidente du groupe parlementaire FPI, Simone Ehivet Gbagbo. Les ministres d'Alassane Ouattara estiment qu'elle n'est plus députée parce que le mandat de l'Assemblée nationale avait expiré. Le problème est que c'est un arrêt du Conseil constitutionnel qui avait prolongé le mandat des députés comme celui des autres élus de la République, suite à l'arrêt du fonctionnement normal des institutions républicaines. Un autre problème est l'opportunisme institutionnel de l'actuel exécutif. Si le mandat des députés avait expiré depuis près de cinq ans, comment expliquer que le protocole d'Etat ait placé Mamadou Koulibaly à l'endroit où, selon les procédures de la République, devait siéger le chef du législatif, le 6 mai dernier, lors de la prestation de serment d'Alassane Ouattara? Comment justifier que les mairies continuent de fonctionner, alors que leur mandat a expiré lui aussi, à tel point que le RDR se vante de « récupérer » certaines d'entre elles? Mystère et boule de gomme.

Article 75

Le Président de la République peut, pour l'exécution de son programme, demander à l'Assemblée nationale l'autorisation de prendre par ordonnance, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres après avis éventuel du Conseil constitutionnel. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais, deviennent caduques si le projet de loi de ratification n'est pas déposé devant l'Assemblée nationale avant la date fixée par la loi d'habilitation. A l'expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans leurs dispositions qui sont du domaine législatif.

Comment l'article 75 est violé

Depuis sa prise de pouvoir, Alassane Ouattara prend des «ordonnances» qui ne sont ni autorisées ni ratifiées par l'Assemblée nationale. Elles ne sont encadrées par aucune loi d'habilitation.

Article 85

Les Traités de paix, les Traités ou Accords relatifs à l'organisation internationale, ceux qui modifient les lois internes de l'État ne peuvent être ratifiés qu'à la suite d'une loi.

Comment l'article 85 est violé

Paul Yao N'Dré, par peur (et on le comprend !), n'a pas osé obliger Alassane Ouattara, dans son arrêt «politique» l'investissant, à faire valider la décision de l'Union africaine faisant de lui le président de la République par le vote d'une loi. Mais le fait que les ministres de Ouattara prétendent que la résolution 1721 a dissous de manière automatique l'Assemblée nationale traduit leur mépris de la Loi fondamentale.

Article 88

Le Conseil constitutionnel est juge de la constitutionnalité des lois. Il est l'organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics.

Comment l'article 88 est violé

En tant qu'organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, le Conseil constitutionnel a «réglé» la question de la pérennité du pouvoir législatif jusqu'aux prochaines élections. Mais ADO et ses ministres n'en ont cure.

Article 89

Le Conseil constitutionnel se compose : d'un Président; des anciens Présidents de la République, sauf renonciation expresse de leur part (...)

Comment l'article 89 est violé

En tant qu'ancien président de la République, Laurent Gbagbo est membre de plein droit du Conseil constitutionnel depuis le 6 mai dernier. Or selon l'article 93 (violé par voie de conséquence), «aucun membre du Conseil constitutionnel ne peut, pendant la durée de son mandat, être poursuivi, arrêté, détenu ou jugé en matière criminelle ou correctionnelle qu'avec l'autorisation du Conseil».

Article 109

Le Président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions et traduit devant la Haute Cour de Justice qu'en cas de haute trahison.

Comment l'article 109 est violé

Dans leur conférence de presse d'hier (mardi 21 juin 2011, ndlr) les ministres d'Alassane Ouattara prétendent faire passer Laurent Gbagbo devant une Cour d'assises, et non devant la Haute Cour de Justice.

 

Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 08 mars 2012

FORMATION D'UN NOUVEAU GOUVERNEMENT: LE FPI N'EST PAS INTERESSE

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C'est une réponse qui coupe court au débat. Le ministre Michel Amani N'Guessan que nous avons joint hier au téléphone pour avoir des précisions sur la position  du FPI relative à une probable entrée dans le tout prochain gouvernement, s'est dit surpris par cette information.

Qualifiant de manipulation la nouvelle de l'entrée de son parti dans un gouvernement sous le régime de Ouattara. « Non seulement le FPI n'a jamais été contacté pour faire partie d'un quelconque gouvernement, mais il  n'est pas demandeur. D'ailleurs, qui vous dit que notre parti est intéressé par cette histoire de gouvernement ? », s'est-il interrogé avant de relever que le problème du FPI se trouve ailleurs.

Le souci majeur du FPI en ce moment est la condition à laquelle le FPI  affirme lui tenir principalement à cœur est la libération sans condition de Laurent Gbagbo et de tous ceux qui sont actuellement détenus dans les geôles du Nord pour leur accointance avec  Laurent Gbagbo. Pour rappel, le FPI avait  condamné l'attitude du gouvernement qui, malgré la pertinence des questions qu'il avait soulevées lors des premières discussions entre les deux parties, avait refusé d'entendre raison. « Il ne faut pas fuir le dialogue républicain qui, à notre sens, permettra d'examiner entre autres, les difficultés du pays relatives à la sécurité  à la réconciliation dont l'une des conditions reste la libération de Laurent Gbagbo et de tous ses proches illégalement détenus».

Pour Laurent Akoun, la position du FPI n'a pas bougé d'un iota parce que le pouvoir n'a pas apporté un début de solution aux problèmes qu'il avait  posée au Chef de l'Etat. « Nous prendrons part aux activités gouvernementales si les difficultés évoquées à l'intention du pouvoir sont un tant soit peu résolues. Tant que les conditions d'une sécurité auxquelles nous joignons d'ailleurs d'autres conditions indispensables à la reconstruction post-crise, ne sont pas réunies, il n'est pas question de faire légitimer ce régime ». Et Laurent Akoun de conclure que son parti a engagé des négociations avec le pouvoir. « Nous avons engagé des négociations avec le gouvernement et notre décision dépendra de l'issue de ces nouvelles discussions républicaines ».



Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 164 du jeudi 8 mars 2012.

mardi, 06 mars 2012

GOUVERNANCE DE OUATTARA: AUTANT EN EMPORTE LA BETISE


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Adama Toungara

Alors que les populations ivoiriennes sont encore en proie à des délestages dans plusieurs zones du pays, le gouvernement d'Alassane Ouattara, par la voix de son ministre de l'Énergie Adama Toungara, se joue de la souffrance des Ivoiriens.

Dans une récente déclaration, ce dernier a tenté de justifier les jours durs qui attendent les Ivoiriens et, par la même occasion, à dédouaner son mentor de toute responsabilité, le présentant plutôt comme « Super Ouattara », l'homme qui, en moins d'un an, a fait de la Côte d'Ivoire un havre de paix, de joie et de bonheur parfait.

A bien comprendre le ministre, la population ivoirienne devrait même se réjouir des délestages qu'elle subit. Et pour cause : ils sont la preuve que le grand docteur ès-sciences économiques travaille. En fait, il travaille tellement bien, depuis son arrivée au pouvoir, que la Côte d'Ivoire totalise, en moins d'un an, près de 6000 milliards de francs CFA de dettes, alors que le point d'achèvement de l'initiative PPTE est censé conduire à l'effacement de 6500 milliards sur un total de 10 000 milliards de francs CFA de dettes.

Ouattara creuse donc un trou pour en boucher un autre, là où son prédécesseur, Laurent Gbagbo, avait fait des mains et des pieds pour que la Côte d'Ivoire puisse, chaque année et pendant huit ans, repayer régulièrement sa dette. La croissance qui, en 2000, était de -3%, est passée à 4% en 2010. Cependant, moins d'un an après l'accession au pouvoir de Ouattara, le taux de croissance de la Côte d'Ivoire a chuté à -5,8%, contrairement au 10% annoncé.

La pauvreté n'a donc jamais été aussi forte et le désespoir si grand pour les Ivoiriens. A ce jour, de nombreux salariés n'ont toujours pas touché leur paie quand beaucoup d'autres s'attendent déjà à n'avoir que la moitié de leur salaire. Chômage, insécurité, cherté de la vie, baisse du pouvoir d'achat, licenciement massif : voilà le fruit du travail de Ouattara.

Par quel mécanisme le ministre Toungara peut-il donc affirmer que tout va tellement bien, que « les familles ont acheté des réfrigérateurs et des congélateurs partout », afin de justifier les coupures intempestives d'électricité ? C'est intolérable et révoltant ! Par quel miracle compte-t-il trouver les 200 milliards de francs CFA qu'il a pompeusement annoncés le 2 mars 2011 sans creuser encore plus profondément le fossé de l'endettement ? Personne ne devrait pouvoir se cacher derrière l'ignorance et les faux-semblants. Le régime de Ouattara expose chaque jour son incompétence, l'immoralité de ses choix politiques et se moque du peuple et de sa conscience.

Cette déclaration serait risible si la situation n'était pas aussi dramatique. Quel est le fondement d'une telle explication, au moment où le prix des carburants flambent dans le Nord du pays, qu'il ne se passe pas un seul jour sans que les FRCI n'agressent ou n'assassinent de pauvres civils innocents, que le prix des denrées alimentaires est passé du simple au double et que les travailleurs sont victimes de la politique de « rattrapage ethnique » chère à Ouattara ?

Il faudrait peut-être se demander si le ministre ne fait pas allusion aux pillages de masse commis par les hordes de rebelles et de mercenaires venus du Nord du pays pour installer Alassane Ouattara au pouvoir. Mais dans ce cas, le terme qu'il devrait plutôt employer serait « vol et recel de bien volé »...

Faut-il pour autant être étonné de ce cynisme ? Probablement non. Le ministre Toungara lui-même avoue que Ouattara avait « prévenu de ce qu'il ferait du pays lorsqu'il arriverait au pouvoir ». Mais ce cynisme dénote aussi de la fébrilité et de la perte complète de contrôle des affaires du pays par Ouattara. Quand, à cause de simples rumeurs d'augmentation des tarifs du transport en autobus, le directeur général de la SOTRA parle « d'incitation à l'insurrection », c'est que ce régime est loin de baigner dans la sérénité. Par ses ridicules sorties médiatiques, le gouvernement Ouattara tente alors de maquiller la réalité et de détourner l'attention du peuple des vrais problèmes.

Pendant combien de temps les Ivoiriens supporteront-ils ces humiliations et ces souffrances? Il est grand temps que Ouattara commence à se préoccuper des difficultés qui s'accumulent en Côte d'Ivoire. Sinon, le peuple ne tardera pas à lui retirer totalement sa confiance, si ce n'est déjà fait.

D'évidence, Alassane Ouattara est incapable de gérer la Côte d'Ivoire. Lui qui pensait que ses amis occidentaux le couvriraient d'argent, se retrouve aujourd'hui, au pied du mur. Son gouvernement, dans l'intérêt général, gagnerait à engager un dialogue franc avec l'opposition qui chaque jour se bat pour qu'un contre-pouvoir crédible équilibre la vie politique de la nation.

Tant qu'il continuera d'ignorer les appels au retour à des valeurs démocratiques et au respect de la Constitution, Alassane Ouattara continuera tout seul à conduire tout un pays dans l'abîme. Parce que, quand les lois ne règnent pas, ce sont les hommes qui le font. Et la communauté internationale qui l'a porté au pouvoir, commence déjà à se poser de sérieuses questions...

L'homme est donc condamné à cohabiter avec l'opposition. C'est ce qu'il y a de mieux à faire pour lui et pour la Côte d'Ivoire.


Mohamed Radwan est un chercheur et analyste politique ivoirien.


Source: PENSEES NOIRES.INFO

AVANT SON DEPART DE LA PRIMATURE, GUILLAUME SORO REGLE SES COMPTES


SORO GUILLAUME - INTERVIEW TELE DU 5 MARS 2012.JPG

Entre mensonges et vérités: "Je ne serai pas Premier ministre à vie", "400 FRCI ont été arrêtés".

 

Guillaume Soro, Premier ministre sortant, dont le successeur sera probablement connu aujourd'hui, était face à la presse nationale (RTI) et internationale (BBC), hier. Nous vous livrons l'intégralité de son interview, entre vérités et contre-vérités, accusations contre le Président Gbagbo et rumeurs persistantes sur son transfèrement à la CPI. Une chose est sûre : Il est, dans sa tête, prêt à quitter la Primature pour, probablement, le perchoir de l'Assemblée nationale, même s'il n'ose pas le dire.


La vidéo

http://www.ivoirebusiness.net/?q=node/9261

 

Cela fait une année que le pouvoir est en place. C'est vrai qu'il ne faut pas occulter le passé. Mais les populations vivent des difficultés. Je parle de certaines exactions des Frci, et les Frci associées qui dans les régions de l'ouest où les populations vivent terrorisées, où elles n'ont pas beaucoup de liberté de mouvement.

GS : Je vous concède ces critiques. Et c'est normal. Les populations sont impatientes. Je viens d'une mission au Rwanda. Je me suis rendu compte que pour stabiliser ce pays, pour apporter une vraie sécurité à ce pays, ils n'ont pas mis un an, ils n'ont pas mis six mois, ils ont mis 17 ans. Le génocide a été stoppé au Rwanda en 1994. Quelle est la situation exacte en Côte d'Ivoire ? Le gouvernement a été formé le 1er juin 2011. A partir de là, nous avons commencé à faire des réformes en vue de ramener la sécurité dans notre pays. Vous avez vu que nous avons nommé les commandements, de parer au plus pressé en réhabilitant quelques fois sommairement les casernes. Au lendemain du 11 avril, il n'y avait plus de policiers, ni de gendarmes, de commissariats, de brigades de gendarmerie. Tout avait été vandalisé. Evidemment vous avez votre évaluation de la sécurité huit mois après, mais la réalité est celle-là. Aujourd'hui quand vous sortez, vous voyez des policiers pour réguler la circulation, des gendarmes de plus en plus opérationnels, une armée en pleine restructuration. On ne peut pas dire qu'il n'y pas eu de progrès. Ceci dit, il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour amener la Côte d'Ivoire à niveau de sécurité parfait. Mais nous avons des contraintes. La première, c'est l'embargo qui nous empêche de doter nos forces de première catégorie que sont la police et la gendarmerie d'armes pour assurer la sécurité de ces populations. En plus, nous avons des contraintes financières. Nous sommes dans une situation de décroissance économique où on a un pays qui n'a pas les ressources qu'il faut. Il faut donc injecter beaucoup d'argent pour reconstruire ces casernes pour intégrer les jeunes associés aux forces armées, c'est-à-dire la réserve. Je suis certes d'accord avec vous, mais vous ne pouvez donc pas dire que la situation sécuritaire en mars 2012 est la même que celle d'avril 2011.

Il y a eu évolution. Mais lorsque des braqueurs s'attaquent au convoi du ministre délégué à la défense, c'est plus que de la provocation.

GS : Je conviens avec vous que ce sont des situations regrettables, déplorables. Ça montre aussi que ce n'est pas le citoyen simple qui est en proie à l'insécurité, que les autorités en sont aussi victimes. Nous en avons conscience, nous y travaillons, et vous verrez que la sécurité va se faire. Je voudrais simplement prendre l'exemple de décembre 2011. Vous savez très bien qu'en Côte d'Ivoire, depuis 1999, chaque fois qu'on approchait des fêtes de fin d'année, c'était comme une sorte de psychose liée aux questions des coups d'Etat. Pourtant, nous avons fait des fêtes paisibles, agréables. Les Ivoiriens se sont retrouvés, ceci a été chanté et loué partout. Ça veut dire qu'il y a eu des progrès. Evidemment, il y a encore des braquages çà et là. Mais ne restons pas les bras croisés. Je suis sûr que le trimestre prochain, les résultats seront palpables.

Certains observateurs notent que chaque fois que Guillaume Soro est menacé dans ses positions, l'insécurité grandit. Comme pour dire, c'est l'homme de la situation, il faut le laisser là.

GS : (Rires) Vous faites écho des ragots de bas étages. Vous savez, quand on est responsable, Premier ministre, on ne peut pas descendre à des choses ainsi faites. Si je veux demeurer ''ad vitam aeternam '' Premier ministre, j'en parlerai au Président de la République. En l'état actuel des relations que j'ai avec le Président de la République, je pourrais lui en parler, lui demander à continuer ma mission à la Primature. Donc je suis investi de sa confiance et de son soutien.

Les Ivoiriens qui sont sortis de cette crise avaient poussé un ouf de soulagement, et voilà que cette situation continue. Les populations sont prises en otage. Si ce ne sont pas les FRCI déguisés en bandits, ce sont des coupeurs de route qui sévissent de jour et de nuit au vu et au su de vos hommes en armes. N'est-ce pas là la promesse non tenue d'un deal avec eux?

GS : Ça m'amuse. Vous savez que j'ai eu ces types d'accusations très longtemps quand j'étais Premier ministre avec M. Laurent Gbagbo. On m'accusait de retarder les élections, de ne pas les faire parce que je voulais rester Premier Ministre. Vous n'imaginez même pas la charge de Premier ministre. Vous, quand vous finissez votre travaille, vous rentrez paisiblement à la maison. Vous avez votre femme, vos enfants, mais nous, nous avons des insomnies. Au moment où vous et le citoyen lambda êtes en train de dormir, je veille jusqu'à 5h du matin pour m'assurer que la situation sur nos frontières, à l'intérieur du pays sont sécurisées. Ce n'est pas une tâche aisée. Sur la question de la sécurité, je pense pour un pays comme le nôtre qui a connu la guerre, qui a à ses frontières, des pays fragilisés par la guerre comme le Libéria, le Mali où il y a une instabilité, vous ne pouvez pas dire que des efforts n'ont pas été faits en terme de sécurisation des populations. Evidemment, il y a encore des dérapages, mais nous ne restons pas insensibles à ce qui se passe. Nous avons aujourd'hui presque 400 éléments des FRCI qui ont été arrêtés et emprisonnés pour des faits qui leur sont reprochés. Il y a quand même la sanction que nous appliquons. Le tribunal militaire a ouvert et nous avons commencé à les juger, à sortir des rangs des FRCI, les brebis galeuses. Il y a donc beaucoup de choses qui sont en train de se réaliser. Je demande beaucoup de patience. Ceci dit, je suis plutôt surpris, car quand je pars dans les autres pays, on voit le nombre d'investisseurs qui viennent à Abidjan. Les gens considèrent pour la plupart que la sécurité est revenue à Abidjan. Mais si nos journalistes insistent pour dépeindre la Côte d'Ivoire comme un pays où il y a des hordes de bandits, je suis surpris.

On entend beaucoup dire qu'il y a des tentatives de déstabilisation. Notamment à la frontière vers le Libéria. Même des camps d'entrainement qui seraient démantelé dans le pays. On pourrait avoir un point là-dessus ?

GS : Il faut que les Ivoiriens restent sereins, nous veillons au grain, nous ne craignons pas ces déstabilisateurs. Evidemment, il est vrai que certains miliciens dans leur repli se sont réfugiés dans des forêts quelque part, mais ils sont suivis par nos forces. Et je suis convaincu que le suivi que nous faisons permet d'anticiper toute forme d'action. Je peux donc rassurer les Ivoiriens que nous sommes biens là et nous veillons au grain.

Les producteurs de café-cacao sur l'axe sud-ouest, les axes sud-nord, maintenant Bouaké aux frontières, les gens sévissent tous les jours, et on a l'impression que vos hommes font trop de réunions.

GS : Evidemment, il faut commencer par une réunion. On ne va pas en rangs dispersés pour combattre la sécurité. Il faut un minimum d'organisation. On peut vous sortir les statistiques. Mars 2012 n'est pas mars 2011, je comprends l'impatience des Ivoiriens, je comprends la préoccupation des Ivoiriens, et nous sommes-là pour donner des réponses aux préoccupations des Ivoiriens. Mais je peux vous dire que lorsque nous constatons la recrudescence de l'insécurité dans des régions, des dispositions sont aussitôt prises. La gendarmerie a mis un dispositif spécifique anti-coupeurs de route dénommé ''renard'' qui fonctionne parfaitement.

Il y a aussi le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye. Beaucoup de questions sont posées. Est-ce qu'on n'aurait pas pu juger Laurent Gbagbo ici à Abidjan ? Ou bien ça vous arrangeait de le juger à La Haye, ainsi vous seriez tranquille.

GS : Sur cette question, il me faut certainement donner des éléments d'appréciation. Le Président de la République, le gouvernement ivoirien depuis décembre 2010, nous avons demandé à la CPI de venir enquêter en Côte d'Ivoire. Si M. Gbagbo ne voulait pas d'un tel destin, il aurait estompé les tueries. Peut-être qu'on n'en serait pas là. Première chose. Deuxième chose, les tueries ont non seulement continué, mais se sont intensifiées. Et si vous vous souvenez, la CPI avait fait des mises en garde qui n'avaient d'autres objectifs que d'empêcher la continuation des tueries. Aujourd'hui, la CPI est venue et a enquêté et a trouvé qu'il y avait suffisamment d'éléments pour inculper certaines personnalités ivoiriennes. Entre temps, le Président de la République à la recherche de l'apaisement, de la réconciliation nationale, au mois de mai, m'a demandé de former un gouvernement de réconciliation nationale. J'ai moi-même rencontré toutes les forces politiques en vue de former ce gouvernement de réconciliation nationale. J'ai rencontré le FPI, à l'époque, c'était M. Mamadou Koulibaly qui était le premier responsable du FPI. Je lui ai donné les raisons qui fondaient la démarche que j'effectuais auprès de lui. A savoir qu'il rentre au gouvernement. Alors qu'il était totalement bien disposé, quelle ne fut ma surprise, de recevoir un courrier quelques jours plus tard pour dire que le FPI n'entrerait pas au gouvernement. Nous avons donc formé le gouvernement sans le FPI.

Et pour la réconciliation ?

GS : Evidemment ce n'est pas une bonne chose. Rappelez-vous en 2006, au début du dialogue direct, M. Laurent Gbagbo lui-même a tendu la main aux Forces nouvelles. Si nous avions refusé de faire le dialogue direct, où en serions-nous aujourd'hui ? Contre la volonté de certaines personnes de mon camp des Forces nouvelles et de l'opposition, j'ai considéré que l'intérêt de la Côte d'Ivoire devrait prévaloir avant tout. J'ai accepté le dialogue direct. J'ai été taxé de tous les noms dans ce pays. J'ai même échappé à un attentat parce que certaines personnes n'étaient pas d'accord pour que j'aille au dialogue direct. Mais pour accepter le dialogue direct, il faut être courageux pour le faire. Mais pourquoi, le Président Alassane Ouattara tend la main au FPI qui, lui, refuse de saisir cette main tendue. Ils ne sont pas allés au gouvernement. Vous savez, certaines choses se règlent au détail près. Si le FPI était au gouvernement, tous les jours avec le Président de la république, il serait en conseil avec le Président, il lui aurait parlé en disant, M. le Président, il est vrai nous avons fauté. Mais nous sommes entre Ivoiriens, réconcilions-nous, votre frère Laurent Gbagbo est à Korhogo, nous voulons aller lui rendre visite. Nous voulons que vous vous parliez au téléphone. Peut-être que les choses auraient été différentes. Mais qu'est-ce que nous avons constaté ? Non seulement on refuse d'aller au gouvernement, mais on incite les partisans à faire des révoltes dans le pays. On joue contre la réconciliation. Dans ces conditions, comme la CPI, au terme de son enquête décide de transférer M. Laurent Gbagbo à La Haye, parce que sachez que ce n'est pas le gouvernement qui l'a transféré, le gouvernement ivoirien n'a aucune capacité d'influencer les juges de la CPI, décide de transférer M. Laurent Gbagbo à La Haye, que voulez-vous que nous fassions ? M. Ouattara n'a pas d'argument pour dire : « Nous sommes dans un processus de réconciliation. Voyez, le FPI est au gouvernement, ils vont aller à l'Assemblée nationale. Permettez que la réconciliation se fasse ». Je pense que c'est une erreur de ne pas aller au gouvernement.

Aux dernières nouvelles, la CPI a décidé d'élargir son champ d'investigation pour s'intéresser aux évènements de 2002. Est-ce que ça vous inquiète ? Surtout que vous ...
On vient de parler de Laurent Gbagbo qui est soupçonné d'être co-auteur direct de crimes durant cette crise, vous êtes le chef des FN, les enquêtes ont été remontées, est-ce que vous ne craignez pas d'être mis en cause comme co-auteur ?

GS : Comme disent les latins, ''non timore''. Cela veut dire je n'ai aucune crainte. C'est le gouvernement et je l'ai dit depuis 2008, j'ai demandé que la CPI viennent faire des investigations. On ne peut pas être contradictoire. On demande à la CPI de faire des enquêtes, ce n'est pas contre quelqu'un. On demande des enquêtes impartiales. Donc, si la CPI au terme de ces enquêtes en venait à inculper quelques personnalités que ce soient, celles-ci devront répondre. C'est mon point de vue et je suis serein, parce que je considère que la justice de la CPI est une justice impartiale.

Les Nations Unies ont condamnés quelques com'zones et vous êtes leurs chefs...

GS : Bien sûr, j'ai assumé la responsabilité de secrétaire général des Forces nouvelles, certains effectivement ont été condamnés. Je le sais, mais je demeure serein parce que ni le niveau de crime, ni l'origine des crimes ne sont comparables.

Même à Duékoué ?

GS : Bien sûr, même à Duékoué où il y a une commission nationale que nous avons mise en place pour enquêter.

Qui n'a pas encore fini ses enquêtes jusqu'à présent.

GS : Oui la commission n'a pas encore fini, donc n'anticipons pas. Laissons la commission faire tranquillement ses enquêtes. Ni vous, ni moi ne sommes juges, donc attendons les résultats.

Revenons au transfèrement. Il est de plus en plus question d'éventualité du transfèrement de Mme Gbagbo à La Haye. Qu'en savez-vous ?

GS : Ce que je peux dire en tant que gouvernement, c'est que la CPI, donc est indépendante. Donc, ne pensez pas que la CPI nous rend compte tous les jours. Alors, donc nous savons que les enquêtes sont faites. Nous avons que des éléments sont recherchés. Maintenant pour l'heure, je n'ai pas encore entendu dire que Mme Gbagbo était inculpée, nous attendons de voir.

Mais vous attendez certainement de voir que cela peut arriver. Mais dans un gouvernement qui compte ministère de la femme de la famille et de l'enfant, est-ce qu'il n'y a pas une certaine émotion à avoir vis-à-vis d'une famille qui risque d'être décapitée à ce niveau.

GS : Ecoutez, je dis que la CPI est en train de faire ses enquêtes. Elle n'a pas encore achevé ses enquêtes, rien ne vous dis que la CPI a décidé de transférer Mme Simone Gbagbo ? En tout cas, je n'ai pas encore les éléments. Ceci dit, vous savez, on oublie trop vite aussi que la Côte d'Ivoire est sortie d'un traumatisme où il y a eu près de 3000 morts. Les Etats-Unis qui ont eu un peu moins de 3000 morts le 11 septembre 2002 n'ont pas encore fini de faire le deuil de ses morts. Donc, je pense qu'effectivement on peut bien s'inquiéter pour Mme Simone Gbagbo et autres (...)

J'aimerais aussi qu'on fasse le point sur les dignitaires de l'ancien régime qui sont soupçonnés, en tout cas leurs enquêtes sont en cours et quand pense-t-on qu'ils pourront comparaître éventuellement devant un juge ?

GS : Je veux quand même insister sur ce que nous avons trouvé le 11 avril 2011. Tout a été détruit. Il n'y a avait pas de MACA, il n'y avait pas de prisons, il n'y avait pas de tribunaux ; tout avait été saccagé. Et vous avez très bien qu'on ne construit pas une prison en un mois ; au moins les architectes le savent. Donc, il fallait que nous puissions procéder à la réhabilitation des infrastructures. Cela nous a pris au moins 6 à 8 mois. C'est maintenant que nous sommes dans des dispositions optimales pour mieux faire évoluer ces enquêtes. Donc, ces dignitaires ont été détenus comme vous le savez, mais bien d'entre eux ont été mis en liberté. Vous le savez aussi et le dégel de leur compte a été effectif pour bien d'entre eux on l'a fait par plusieurs vagues. Donc, ceux qui sont là les enquêtes sont en cours. Le ministre de la Justice a eu l'opportunité de nous rendre compte il y a seulement quelques semaines. Les enquêtes sont en cours et quand on aura fini, on sera transparent avec les Ivoiriens, ont leur dira ce que nous entendons de faire. Et les procès, évidemment, suivront.

Et ceux qui sont en exil ? Ils attendent de vous un signe pour rentrer en Côte d'Ivoire.

GS : Ah oui, mais le président de la République a lancé plusieurs appels pour leur demander de rentrer. Bien d'autres sont déjà rentrés.

Est-ce qu'il n'y a pas un piège là-dessous ?

GS : Mais pourquoi vous voulez qu'un gouvernement sérieux, un président de la République qui s'engage, on veuille jouer au piège de la souris. Ça n'a rien à voir.

Les gens de l'opposition estiment que les conditions ne sont pas réunies. Certains dignitaires du FPI, par exemple, ont toujours leurs maisons occupées par des militaires, d'autres effectivement ont toujours leurs avoirs gelés. Et il y a beaucoup de choses aussi qui se disent à l'extérieur sur la sécurité ici. Donc, qu'est-ce qu'il vaudrait trouver pour les rassurer, surtout rassurer leur inquiétude pour qu'ils aient envie de rentrer?

GS : Déjà, que ceux qui veulent rentrer, qu'ils entrent. Je n'ai pas encore eu ou entendu dire qu'un seul est rentré et n'a pas pu occuper sa maison. Donc, ceux qui veulent rentrer de bonne foi, qu'ils viennent. Nous prendrons toutes les dispositions, j'en donne la garantie pour qu'ils soient sécurisés et qu'ils soient ici au pays. Je dis encore, bien d'entre eux sont rentrés, depuis les opérateurs économiques jusqu'aux politiques qui sont là.

M. le Premier ministre, on vous a vu dans ce rôle d'attaquant, au stade Houphouët-Boigny, lors de ce match Gouvernement-FIF , vous avez montré des prouesses et tout cela pour nous montrer la voix à suivre. Et toujours est-il que nous sommes partis et vous connaissez la suite. Pour certains, c'était plutôt un calcul politicien ; si vous aviez gagné, peut-être que ça aurait pu vous servir pour accélérer certaines choses, notamment, la réconciliation. Vous avez jouez et perdu. Commentaire.

GS : Vous savez, la posture des hommes publiques et des dirigeants est toujours difficile. Nous sommes l'objet de bien de procès d'intention. Nous voulions que notre équipe remporte la coupe pour la Côte d'Ivoire et les Ivoiriens. Ce serait quand même un sentiment patriotique de fierté de remporter cette coupe. Malheureusement, nous n'avons pas remporté la coupe et certains Ivoiriens ont célébrés cette défaite. C'est bien regrettable qu'on en soit là, mais toujours est-il que nous ne désespérons pas de continuer à travailler sur les mentalités, pour que nous allions à la construction d'une nation. C'est cela le vrai problème. Que tous les Ivoiriens de quelque bord politique, de quelque religion, de quelque région, se sentent concernés par la Côte d'Ivoire. Ce que je peux dire, notre équipe n'a pas remportée la coupe ; mais elle n'a pas démérité. Et je dois dire personnellement que j'ai plutôt bien digéré.

Et, certains ivoiriens ont célébré cette défaite !

GS : C'est bien regrettable qu'on en soit arrivé là. Mais nous ne désespérons pas de continuer à travailler sur les mentalités pour que nous allions à la construction d'une vraie Nation. Que tous les Ivoiriens, de quelque bord politique, de quelque religion, de quelque région se sentent concerner par la Côte d'Ivoire. Ce que je peux dire, c'est que notre équipe nationale n'a pas remporté la coupe mais elle n'a pas démérité. Et je dois dire que, personnellement, j'ai plutôt bien digéré cette défaite en finale, parce que nous avons une équipe qui a pratiqué du beau football, qui n'a pas encaissé de but. On a vu une équipe solidaire, des garçons déterminés.

Revenons à l'actualité pour parler de l'assemblée nationale. A quel genre de débats parlementaires doit-on s'attendre d'un parlement dans lequel ne siège pas l'opposition significative ?

GS : Première des choses, vous voulez me faire participer à un débat qui n'a pas encore lieu. L'Assemblée nationale ne siège pas pour l'instant.

Gérer c'est prévoir...

GS : Je veux bien ! Celui qui présidera aux destinées de l'Assemblée nationale, je crois, est en train d'y réfléchir. Moi je suis député. Si je devais siéger dans cette assemblée, j'y apporterai ma contribution. Mais j'ai un sentiment contraire à ce que vous dites. La démocratie, ce n'est pas la démocratie des partis politiques. La démocratie, c'est le peuple. Et, les partis politiques, ce n'est pas forcément tout le peuple. Combien de petits partis, faute de moyens financiers, n'ont peut-être pas pu présenter de candidats aux législatives et ne se retrouveront pas à l'Assemblée nationale ?

L'opposition, dans chacune de ses déclarations, demande aux autorités d'ouvrir le dialogue. Qu'est-ce qu'il en est actuellement ?

GS : Nous ne pouvons pas nous en tenir aux déclarations démagogiques. La réalité est là. Moi je suis partisan d'un vrai dialogue avec l'opposition. Et, je militerai pour cela. J'ai déjà eu des entretiens avec le président de la République qui est soucieux d'avoir ce contact avec cette opposition. Mais, malheureusement, elle ne m'a pas l'air prête, aujourd'hui, pour ce dialogue. Il y a du reste une Commission Dialogue, vérité et réconciliation qui existe. On a même créé une instance pour engager ce dialogue. Donc, je pense que l'opposition a tellement de possibilité pour engager le dialogue. Nous sommes disponibles. Je vous dirai qu'on ne peut pas m'apprendre le dialogue. En ma qualité de secrétaire général des Forces nouvelles, j'ai fait le dialogue direct. Ce n'était pas à moi de faire de récrimination sur les conditions du dialogue. Vous savez, si je devais écouter mes partisans à l'époque, jamais je ne serais allé à la table des négociations. L'erreur qui est en train d'être commise, c'est de pratiquer la politique de la chaise vide. Ça ne mène à rien. Je pense que c'est important et, je prie le FPI d'accepter le dialogue quelles que soient les conditions. C'est en commençant ce dialogue qu'on peut progressivement engranger des résultats. Mais on ne peut pas dire : « Nous avons des préalables pour engager le dialogue ». Vous croyez que si moi j'avais posé des préalables à l'ancien président, Laurent Gbagbo en 2006 pour faire le dialogue direct, ce dialogue n'aurait jamais eu lieu.

Dernièrement, il y a eu beaucoup de personnes qui ont été arrêtées, maintenues en garde à vue prolongée de façon illégale allant au-delà des 48 heures requises. Vous ne pensez pas que ce sont là des dérapages qu'on peut facilement contrôler ?

GS : Je n'ai pas ces informations. De qui s'agit-il ?

Il y a eu les journalistes de Notre Voie, par exemple, des investisseurs qui s'occupent de la réfection des commissariats...

GS : Je considère que le ministre, Garde des Sceaux, un ministre compétent, qui fait son travail avec efficacité et qui connaît bien les procédures judiciaires pour être lui-même avocat, laisse prospérer de tels dérapages.

Toujours est-il que pour une partie de l'opinion, il y a une justice à deux vitesses pour ne pas dire une justice des vainqueurs contre les vaincus.

GS : Où ?

En Côte d'Ivoire !

GS : C'est pour ne pas être accusé de justice des vainqueurs que certains ont jugé que c'était une bonne chose de transférer monsieur Laurent Gbagbo à La Haye. Au moins, on ne dira pas que cette justice est partiale. Et qu'il aura un traitement dû à un prisonnier de son rang. Et, qu'il sera traité avec équité. Si nous l'avions jugé ici, c'est ce que vous auriez dit. C'est ce que ses partisans auraient dit. Je pense donc qu'il ne faut pas systématiquement dénigrer ces institutions. Notre justice, je vous l'ai dit, a eu des difficultés au-delà des infrastructures, au niveau des ressources humaines. Nous sommes en train de la construire. Il faut encourager le ministre garde des sceaux dans cette entreprise. Je suis convaincu que les choses iront de mieux en mieux.

Vous encouragez le garde des sceaux, mais des préoccupations demeurent notamment avec les législatives où on a dit qu'il y a eu des fraudes. On est reparti à des partielles et on s'est arrêté-là. Mais quand il y a eu des fraudes, quand on fait voter des morts on doit rechercher les coupables.

GS : Le principe de la séparation des pouvoirs existent en Côte d'Ivoire. Le gouvernement n'est pas chargé d'organiser les élections. Il y a une commission électorale indépendante qui organise les élections. Le juge de ces élections, c'est le Conseil constitutionnel. Et, je m'interdis, en tant que chef d'institution, de porter des jugements de valeur sur une autre institution. Je considère que le conseil constitutionnel a fait son travail. Et, qu'il l'a bien fait. La preuve : des circonscriptions ont été annulées. Je m'en tiens à cela.

Quel sentiment vous a-t-il animé lorsque vous avez appris, en tant que chef de gouvernement, qu'il y a eu des fraudes dans des localités où des ministres étaient candidats ?

GS : Bah, je considère que le Conseil constitutionnel a bien fait son travail. Je ne connais pas les motivations de l'annulation de telle ou telle circonscription parce que je ne m'en suis pas préoccupé particulièrement. Mais je considère simplement que c'est une bonne chose qui renforce la démocratie, s'il y a des fraudes ça et là, que le Conseil constitutionnel prenne ses responsabilités en les invalidant, c'est cela qui renforce la démocratie. Ce n'est pas parce qu'il y a des policiers, qu'il y a des gendarmes, qu'il n'y a pas de voleurs. La société est ainsi faite. Mais ce qui aurait été condamnable, c'est que le Conseil constitutionnel laisse faire les fraudes. Vous devez vous réjouir qu'on ait, aujourd'hui, un Conseil constitutionnel suffisamment crédible, capable de frapper là où il faut.

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CPI, UN TRIBUNAL HAUTEMENT POLITIQUE

UNE N° 160 AUJOURD'HUI.jpg

Le monde entier se mord aujourd'hui les doigts sur l'orientation donnée au fonctionnement de la Cour pénale internationale par les Occidentaux.  Créée avec pour objectif précis de juger les personnes accusées de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l'humanité, elle est devenue un instrument hautement politique utilisé par les Etats-Unis et la France contre les chefs d'Etat qui refusent de leur faire allégeance.

Sur les 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome, seulement, ces deux pays dont l'un, (les Etats-Unis) n'a pas ratifié ledit traité,  font de  cette juridiction internationale leur chasse gardée. Ils s'en servent abondamment pour régler les comptes politiques à certains de leurs ennemis. La déportation de Laurent Gbagbo à la Haye le 29 novembre 2011, en est une parfaite illustration. Il a fallu que ces deux pays qui ne veulent pas le voir au pouvoir fassent pression sur le procureur Ocampo pour qu'il agisse dans la précipitation et procède à l'enlèvement de l'ex-Président de la République. Nicolas Sarkozy et Barack Obama en ont fait leur affaire personnelle parce que Laurent Gbagbo n'est pas celui qui sacrifie les intérêts de son peuple sur l'autel de l'égoïsme économique de l'étranger.

On l'a vu, avant d'envoyer ses hommes chercher le  célèbre prisonnier  à Korhogo, Ocampo a fait des tours aux Etats-Unis et en France pour prendre les consignes auprès de ses « maîtres ». Au cours de son séjour parisien, Il a rencontré également Alassane Ouattara pour les décisions finales  sur le transfèrement de Laurent Gbagbo. Ce ballet politico-diplomatique est la preuve que le politique a une réelle emprise sur  le fonctionnement et les décisions de la Cour pénale internationale dont le premier responsable agit selon les humeurs de Sarkozy et son Américain et non sur la base du droit, comme le prévoient  les textes fondateurs.

Le procès qui attend l'ancien chef de l'Etat ivoirien, est donc purement politique. Le droit n'y aura pas sa place. C'est « la volonté des pères qui sera faite ». C'est ce qui fonde d'ailleurs la grande sérénité qu'il affiche depuis sa déportation à la prison de la Haye. Son choix porté sur  Me Emmanuel  Altit, un avocat rompu aux arcanes des procès politiques comme celui qui attend Laurent Gbagbo, la légende vivante de la lutte contre la nouvelle forme de l'impérialisme occidental. « Nous avons une équipe de professionnels expérimentés et aguerris »  disait Me Altit, hier, dans les colonnes d'un confrère de la place.

Cette assurance qui augure d'une belle victoire en ajoute à l'espoir des milliers d'Ivoiriens et de sympathisants qui se mobilisent à travers le monde. «J'entends vos pleurs. Mais continuez le combat», disait récemment Laurent Gbagbo à tous ces hommes et femmes qui se battent pour sa cause à travers les 6 continents qui composent le globe terrestre. Comme cela se voit, le Woody de Mama s'apprête à aller jusqu'au bout.

Les armes dont il dispose pour réaliser ce vœu, ce sont les preuves et la force de ses  arguments pour convaincre cette cour politique quant à son innocence dans toutes ces accusations fantaisistes mises à sa charge. Parce qu'il n'a pas commis les crimes dont on l'accuse et dont les vrais auteurs continuent dans la plus grande impunité de tuer en Côte d'Ivoire sous l'œil parfois complice de l'Onuci. Malgré les manœuvres politiciennes des parrains occidentaux de l'actuel régime ivoirien, Laurent Gbagbo va gagner.

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 160 du samedi 3 mars 2012.

lundi, 05 mars 2012

UN DOCUMENT POUR LA CPI: VIOLATIONS MASSIVES DES DROITS DE L’HOMME DANS L’OUEST DE LA COTE D’IVOIRE

 


Fichier:International Criminal Court logo.svg

Dans l'enfer de la rébellion ivoirienne à ses débuts, à l'Ouest de la Côte d'Ivoire, en 2002-2003.


Ayant retrouvé dans mes archives ce document de 2003 qui concerne les violences effectuées par la rébellion ivoirienne de 2002 à 2003 à l'Ouest du pays - et dans le contexte de la récente décision de la CPI qui prendra en compte les évènements depuis 2002, nous avons cru bon de le diffuser, tout en le confiant aux avocats intéressés par ce sujet, évitant au gouvernement en place à Abidjan une longue et fastidieuse recherche dans ses archives...

Toutefois, le gouvernement Ouattara/Soro se fera certainement un devoir de retrouver dans les dites archives (si les FRCI ne les ont pas brûlé lors de la « bataille d'Abidjan !) l'équivalent de ce document pour le Nord de la Côte d'ivoire - à défaut, les récipiendaires de ce type de document : agences des Nations Unies, ONG, Ligues des droits de l'Homme internationales et ivoiriennes peuvent utilement les identifier, les publier, et les confier à la CPI !

Document officiel, et non confidentiel, ce travail effectué par recoupements de récits de déplacés (1,5 millions de personnes ont fui la zone rebelle pour se réfugier en zone gouvernementale - évènement politique majeur sur lequel on reviendra) m'a été confié personnellement par le président Laurent Gbagbo, comme documentation, après une interview à Abidjan.

Il comprend, outre l'introduction publiée ici, plusieurs tomes de témoignages personnels - souvent terribles à lire, et qui démontrent dans des détails monstrueux ce qu'est la gouvernance par la violence que j'ai analysée dans l'article « politologie d'une rébellion (revue « Cultures et conflits, en ligne ici : index2208.html).

Resterait à synthétiser, de 2002 à 2012, les milliers de victimes, en zone Nord et Sud, causées par la rébellion, avant et après le 11 avril 2011. Bien qu'inquantifiables avec précision, à cause notamment de la carence injustifiable des « organisations de droits de l'homme », juges et partie, ces massacres de masse attendent leur recension.

 

Michel Galy, politologue, Paris.

La saisie a été effectuée par
Fatou Mahine, respectant la forme et la pagination du document.

MICHEL GALY 2.jpg

Michel Galy

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Le début du document se présente ainsi (la version WORD complète est télechargeable plus bas). Saper Aude:

 

MINISTERE DELEGUE AUX DROITS DE L'HOMME


CRISE SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

VIOLATIONS MASSIVES DES DROITS DE L'HOMME DANS L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

I - INTRODUCTION

II - SELECTION DE TEMOIGNAGNES

Dans un rapport publié le 12 décembre 2002, au nom du Gouvernement Ivoirien, le Ministre Délégué aux Droits de l'Homme a fait un bilan partiel de la situation des Droits de l'Homme depuis l'agression barbare perpétrée contre la Côte d'Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

De nombreux témoignages concordants, recueillis auprès de témoins ou rapportés par la presse, ont permis de se rendre compte de plusieurs cas de violations graves des Droits de la Personne Humaine commises par les rebelles du MPCI (Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire) dans le Nord et le Centre de la Côte d'Ivoire, à savoir :

  • Les violations du droit à la vie (exécutions sommaires de populations civiles et militaires),
  • Les tortures et traitements cruels inhumains et dégradants (viols, tortures et mauvais traitements, administration de substances nuisibles à la santé),
  • Les violations du droit au respect de la vie privée (violation de domiciles),
  • Les violations du droit à la libre circulation,
  • Le travail forcé ou obligatoire (enrôlement forcé de nombreuses personnes dont les mineurs),
  • Les disparitions,
  • Les violations du droit à la non discrimination,
  • Les violations du droit à la sécurité,
  • Les violations du droit à la reconnaissance de la personnalité juridique (destruction de l'Etat civil).

La totalité de l'introduction de cette abjection totale, ici :

 

Pour télécharger le fichier WORD de cette précieuse archive, cliquer sur: UN DOCUMENT POUR LA CPI

 

Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

dimanche, 04 mars 2012

JEU TROUBLE DU PROCUREUR DE LA CPI: COMMENT LA DEFENSE DE GBAGBO FAIT ECHEC A OCAMPO

 

SORO ET OCAMPO.jpg

Un document rédigé par les avocats du président Gbagbo à la CPI montre comment le procureur Louis Moreno-Ocampo s'évertue à introduire des règles d'opacité dans la procédure pour empêcher la Défense de le contredire et de détruire ses «preuves» visiblement très fragiles. Et comment il viole sans vergogne les décisions des juges et la jurisprudence de la Cour. Qui a, à plusieurs reprises déjà, donné raison aux avocats du président Gbagbo. La guerre de tranchées judiciaire de La Haye a bel et bien commencé.

 

La guerre des longs couteaux a commencé dans la perspective de l'audience de confirmation des charges dans l'affaire Laurent Gbagbo contre le procureur Louis Moreno-Ocampo, à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Au cœur des affrontements qui ont cours actuellement, les manœuvres désespérées d'Ocampo en vue de maintenir l'opacité dans la procédure et de monter un type d'accusation qui enlèvera au mis en cause tout moyen de se défendre efficacement. Les deux parties se focalisent sur une expression qui semble technique mais qui est facile à comprendre : l'expurgation des éléments à charge et à décharge.

De quoi s'agit-il ? Ocampo a déjà prévenu. Il fera intervenir très peu de personnes devant la Cour, ce qui aura l'avantage pour lui d'éviter des débats contradictoires qui pourraient confondre les témoins à charge que le régime Ouattara s'est déjà chargé de lui fournir pour accabler le président Gbagbo. De plus, il avait, dès le départ, l'intention de rendre encore plus difficile en camouflant l'identité de ces témoins de manière systématique. Plus grave, il voulait également que l'identité des membres de son bureau ne figure pas sur les documents transmis à la Défense. Et ce de manière systématique. Comme l'indique un observateur attentif de la justice internationale, Ocampo et son équipe «voulaient pouvoir présenter comme preuve des affirmations du genre «une personne inconnue a affirmé à un enquêteur inconnu, dans un lieu inconnu et à une date inconnue» telle ou telle chose». Bien entendu, le procédé est absolument douteux et ne saurait prospérer dans les institutions judiciaires des pays démocratiques. Comment, en effet, apporter la contradiction à un témoin dont on ne connaît pas l'identité, qu'on ne peut interroger, dont on ne peut scruter les failles et les éventuels mensonges sur (par exemple) son identité et sa présence en certains lieux ? La CPI, qui n'ignore pas le préjudice que de telles dispositions peuvent engendrer, les maintient au nom du devoir de protection des témoins.

C'est également au nom de la «protection» des membres de son équipe qu'Ocampo essaie de faire admettre à la Cour que l'identité de ses enquêteurs, traducteurs, etc... ne doit pas être connue. Ce qui est curieux est que de nombreuses personnes travaillant au Bureau du procureur sont notoirement connues parce qu'elles déambulent au quotidien dans les couloirs de l'institution. Elles bénéficient, de plus, de mesures de protection particulières.

Qu'est-ce que Ocampo veut cacher ? Et si l'identité des personnes ayant recueilli des témoignages sur le terrain, par exemple, permettait de se rendre compte de la collusion notoire entre le procureur et le régime Ouattara, qui pourrait avoir mis à son service ses «petites mains» dans le cadre d'une enquête forcément partisane ? La question mérite d'être posée.

L'on comprend en tout cas pourquoi la question de «l'expurgation» est centrale et pourquoi Emmanuel Altit, conseiller principal du président Laurent Gbagbo, ne veut rien lâcher sur ce terrain où il a d'ores et déjà réussi à empêcher Ocampo de faire ce que bon lui semble. Des observations qu'il a transmises à la Cour le 20 février dernier et qui viennent d'être rendues publiques sur le site de la CPI témoignent de l'âpreté de la bataille et d'une certaine habileté manœuvrière de l'équipe de défense du président Gbagbo, qui réussit à obtenir des juges des éléments qui entravent la stratégie de «roue libre» d'Ocampo. Têtu dans sa volonté de s'affranchir de tout devoir de transparence, Ocampo finit par apparaître comme un homme de droit malhonnête, de mauvaise foi, qui viole les accords passés avec le juge et la Défense, parce que son dossier est manifestement fragile et qu'il a des choses à cacher.

Extraits d'un document d'importance, qui devrait intéresser les passionnés de droit et tous ceux qui observent un strict devoir de vigilance vis-à-vis de ce qui se joue au sujet de la Côte d'Ivoire et contre le président Gbagbo, entre les murs froids de la CPI, à La Haye, aux Pays-Bas.

Le 14 décembre 2011, un premier accord de principe indique que les expurgations doivent obéir à un contrôle judiciaire au cas par cas

«Le 14 décembre 2011 a eu lieu une audience de mise en état qui portait sur les procédures de divulgation et notamment sur les modalités d'expurgation. Lors de cette audience de procédure, le Juge unique décidait qu'une «proposition conjointe [...] du système [...] de divulgation à adopter par la Chambre» devait être présentée à la Chambre à la suite de «réunions» entre l'Accusation et la défense. Les parties se réunirent le 20 décembre 2011. Il fut convenu, concernant les modalités d'expurgation, que : l'expurgation des éléments à décharge se ferait par le biais d'échanges inter parties ; tout besoin de clarification se ferait d'abord de manière informelle puis devant la Chambre en cas de problème ; l'expurgation des éléments à charge serait soumise, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas. Dans un second temps, si les échanges se déroulent sans heurt, la défense étudierait toute simplification de la procédure des échanges ; à condition qu'une notice explicative accompagne les échanges. La défense avait en effet demandé au Bureau du Procureur que les documents à charge soient accompagnés d'une notice expliquant les raisons de l'expurgation afin qu'elle puisse disposer d'une base pour discuter les expurgations. Cette notice ou toute autre explication appropriée était l'une des conditions mise par la défense à l'acceptation du système négocié avec le Procureur.»

Le 12 janvier 2012, Ocampo a tenté de «doubler» la Défense

«Le Bureau du Procureur soumit, le 12 janvier 2012, une requête dans laquelle il demandait à la Chambre d'avaliser l'accord entre les parties alors même que des points importants, qui étaient la condition même d'un accord, restaient en suspens, notamment concernant les modalités d'expurgation. L'équipe de défense du Président Gbagbo saisissait à son tour la Chambre, le 13 janvier 2012, afin de lui exposer de la manière la plus précise possible l'état des discussions».

Le 24 janvier 2012, le juge rend une décision qui va dans le sens de la Défense

«Le 24 janvier 2012, le Juge Unique décidait que les demandes d'expurgation du Procureur devaient être soumises, dans un premier temps, à un contrôle judiciaire effectué au cas par cas. Le Juge Unique ajoutait que le Bureau du Procureur était désormais tenu d'informer la Défense de l'existence d'une demande d'expurgation concernant une information dont la divulgation pourrait porter préjudice aux enquêtes en cours ou futures. En outre, le Juge demandait au procureur d'indiquer à la défense les fondements légaux et factuels qui sous-tendent sa demande d'expurgation, et ce de la manière la plus complète et détaillée possible. Le Juge Unique ordonnait aussi au Procureur de soumettre à la Chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d'expurgation portant sur les éléments de preuve recueillis avant le 25 octobre 2011 et sur lesquels le Procureur aurait eu l'intention de se fonder lors de l'audience de confirmation des charges.

Le 13 février 2012, Ocampo viole la décision du juge

«Le 13 février 2012, la défense était avisée du dépôt par le Procureur d'une première demande à la Chambre afin de faire avaliser les expurgations proposées en vertu de la Règle 81 du Règlement de procédure et de preuve. Cette requête portait également sur une mise à jour d'autres mesures de protection. À aucun moment l'équipe de défense du Président Gbagbo n'a été informée préalablement par le Bureau du Procureur de l'existence et du dépôt d'une telle demande, contrairement à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Conformément à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012, la défense saisit par la présente la Chambre afin de lui exposer ses observations sur les demandes d'expurgation du Procureur et sur ce qu'il appelle la «mise à jour d'autres mesures de protection». (...) Dans sa décision établissant un système et un calendrier de divulgation du 24 janvier 2012 (ci-après la Décision du 24 janvier 2012) le Juge unique a ordonné au Procureur d'informer préalablement la défense de l'existence d'une ou de plusieurs demandes d'expurgation qu'il compterait déposer et de lui indiquer de la manière la plus détaillée possible des fondements juridiques et factuels qui sous-tendent cette ou ces demandes 8. En l'espèce, d'une part le Procureur n'a pas informé la défense de ce qu'il comptait adresser à la Chambre des demandes d'expurgation ; d'autre part, il n'a pas indiqué à la défense les fondements juridiques et factuels qui sous-tendent ses demandes d'expurgation.

Par conséquent, l'Accusation n'a pas rempli ses obligations telles qu'ordonnées par le Juge Unique le 24 janvier 2012. De plus, au lieu d'énumérer les raisons justifiant la nécessité de cacher telle ou telle information particulière, le Procureur s'est contenté de solliciter de la Chambre des expurgations à caractère systématique, contrairement à la jurisprudence constante de la Cour et à la décision du Juge Unique du 24 janvier 2012. Ainsi, le Bureau du Procureur souhaite que soient expurgés les noms de tous les membres de son Bureau. À aucun moment, il n'explique pourquoi une telle expurgation, aussi large, serait nécessaire. De plus, il n'explique pas en quoi la divulgation de l'identité des membres du Bureau du Procureur à la défense - et non au public - pourrait créer un risque objectif pour la sécurité des membres de son Bureau ou en quoi la divulgation de ces informations serait préjudiciable à des enquêtes en cours (...) Le Procureur demande aussi à la Chambre de pouvoir expurger «toute information concernant les sources du Procureur». À aucun moment, il n'explique ce qu'il entend par l'expression «sources du Procureur». S'agit-il de déclarations de témoins ? D'informations documentaires ?

De sources « ouvertes » donc publiques ? Il est indispensable de comprendre ce que recouvre la notion de « source » du Bureau du Procureur ; il en va de la capacité de la défense de vérifier l'authenticité et la fiabilité des informations fournies par le Bureau du Procureur. En outre, l'absence de ce type d'information empêcherait que la défense puisse formuler et déposer une réponse construite et argumentée aux demandes d'expurgation du Procureur. De plus, de telles demandes à caractère systématique peuvent avoir pour effet de rallonger les procédures. Si la défense n'était pas en mesure de discuter les décisions d'expurgation, faute d'en connaître les raisons, elle n'aurait comme seul moyen d'action que le dépôt de requêtes contestant ces expurgations.

Enfin, une demande d'expurgation à caractère systématique ne peut être acceptée car, par hypothèse si une expurgation peut se justifier dans un cas elle peut l'être moins dans un autre ou bien porter atteinte à la stratégie de la défense : l'examen au cas par cas doit être la règle. Toute démarche systématique porte atteinte aux droits de la défense et à la possibilité qu'elle a de connaître - à travers les éléments de preuve - la nature des charges envisagées par l'Accusation. Les demandes d'expurgations du Bureau du Procureur sont donc trop générales et insuffisamment motivées.

Ocampo viole la jurisprudence de la CPI

«Tout Accusé a le droit de connaître l'identité de celui qui le poursuit de manière à pouvoir mettre en cause sa responsabilité si besoin était. Dans l'affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a considéré que :

«l'identification du personnel du Bureau du Procureur et de l'Unité d'aide aux victimes et aux témoins présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus, de même qu'une condition officielle de leur admissibilité. Supprimer ces informations serait donc préjudiciable ou contraire aux droits de l'accusé et aux exigences d'un procès équitable et impartial». (nous soulignons).

Un groupe d'accusateurs non identifiés représente un danger : l'anonymat est propice à toutes les manoeuvres et à tous les règlements de compte. Pour être crédible dans leur démarche, les membres du Bureau du Procureur doivent donner à la défense et aux Juges l'occasion de retracer ce qui les a conduits à accuser tel ou tel individu. La transparence est une condition de validité non seulement du processus dans son ensemble mais à chaque étape.

Ainsi, un enquêteur qui refuserait de donner son identité ne pourrait valablement recueillir une déposition. En d'autres termes, le procès équitable repose sur la transparence. Par exemple, dans la situation en République Démocratique du Congo, la Chambre Préliminaire I a rappelé que l'anonymat n'est pas compatible avec le rôle de Conseil. C'est pourquoi l'expurgation des noms des membres du Bureau du Procureur devrait toujours être justifiée par la démonstration d'un préjudice objectif possible qui résulterait de la divulgation à la défense de l'identité d'un membre particulier du Bureau du Procureur.
(...) Surtout, la Chambre d'Appel a rappelé que la divulgation est le principe et l'expurgation l'exception.

Rôle de la défense : l'approche fallacieuse d'Ocampo et de son équipe

«Le Bureau du Procureur considère que l'expurgation de l'identité de tous les membres de son Bureau n'aurait pas de conséquences inéquitables pour l'Accusé lors de l'audience de confirmation des charges puisque d'après lui elle ne porterait pas sur des informations utiles à la Défense. Cette interprétation par le Procureur du travail de la défense est erronée.

Au contraire, l'expurgation de l'identité des membres du Bureau du Procureur porte une atteinte disproportionnée aux droits de la défense. La défense à besoin de connaître l'identité des enquêteurs du Bureau du Procureur dans différentes hypothèses : par exemple, la défense doit pouvoir mettre en cause un enquêteur identifié du Bureau du Procureur si elle se rend compte qu'une partie des déclarations qui lui sont soumises a été recueillie par le biais d'une mauvaise technique d'investigation ou si elle apprend que l'enquêteur en question a omis de suivre des pistes pertinentes qui auraient permis de remettre en cause les déclarations litigieuses. La connaissance par l'équipe de défense de l'identité et des qualifications de l'enquêteur sont des éléments cruciaux pour la défense : cela permet d'évaluer le sérieux des enquêtes, d'en mettre en cause le résultat et d'organiser une stratégie fondée sur la faiblesse des déclarations et le manque de crédibilité des témoins.

En outre, la défense peut appeler un enquêteur du Bureau du Procureur en tant que témoin lors de l'audience de confirmation des charges afin qu'il explique ou éclaircisse les méthodes d'investigation utilisées par le Bureau du Procureur. Dans le même sens, la défense doit pouvoir vérifier la qualité du travail effectué par les enquêteurs de l'Accusation : en cas de déclarations se ressemblant ou utilisant des termes semblables ou stéréotypés, la défense doit pouvoir vérifier qui est l'enquêteur à l'origine de ces déclarations et s'il a guidé ou influencé le récit des témoins. C'est pourquoi dans l'affaire Katanga et Ngudjolo, le Juge Unique a souligné que l'identification du personnel du Bureau du Procureur présent lors des déclarations de témoins est une garantie fondamentale de la régularité procédurale de ce processus (...)

Pourquoi il est important que la Défense «surveille» les traducteurs et interprètes d'Ocampo

Le Procureur demande à la Chambre l'autorisation d'expurger l'identité des traducteurs et interprètes. Il y a en Côte d'Ivoire - en plus du français qui est la langue officielle - un peu plus de 70 langues nationales. Le travail des interprètes est donc essentiel et participe largement de la récolte de témoignages et du récolement des témoins.

De la même manière que l'équipe de défense doit pouvoir identifier les différents enquêteurs du Bureau du Procureur, elle doit pouvoir identifier aussi qui sont les traducteurs et interprètes afin d'être en mesure d'évaluer leurs qualifications et leur neutralité. En outre, si un interprète a utilisé une fois une terminologie incorrecte, la défense doit pouvoir vérifier si ces erreurs apparaissent dans d'autres déclarations ou d'autres documents qu'il aurait traduits. Par ailleurs, si plusieurs traductions de déclarations se ressemblent, reprennent des termes semblables ou sont stéréotypées la défense doit pouvoir vérifier s'il s'agit de la conséquence du travail de traduction ou si ces similitudes résultent du mode d'investigation utilisé par le Bureau du Procureur.»

Comment Ocampo veut faire disparaître des documents la date et le lieu des entretiens avec les témoins, et pourquoi c'est scandaleux

«Sur l'expurgation de la date et du lieu des entretiens avec les témoins.
Le Procureur demande à la Chambre l'autorisation d'expurger la date et le lieu des entretiens avec les témoins sans jamais justifier au cas par cas les risques éventuels que la divulgation de ces renseignements à la défense pourrait faire courir aux témoins ou en quoi cela pourrait compromettre des enquêtes en cours.

Concernant la date de l'entretien, il s'agit d'un élément clé d'un témoignage.

La date permet de savoir combien de temps après un événement donné un témoin a été interrogé et permet d'évaluer la pertinence du témoignage et sa crédibilité. Elle indique le contexte dans lequel le témoignage a été recueilli. En outre, elle permet à la défense d'orienter ses propres enquêtes. Dans le cas où le témoin aurait fait plusieurs déclarations, les dates sont nécessaires pour retracer la chronologie de ces déclarations et leur évolution. Enfin, la date pourrait coïncider avec des événements qui pourraient avoir une incidence sur le souvenir du témoin ou ses motivations. Il est impensable que la défense n'ai pas connaissance de la date à laquelle un entretien entre le témoin et le Bureau du Procureur a eu lieu. Il s'agirait d'une atteinte disproportionnée aux droits de la défense.

Concernant le lieu de l'entretien, il s'agit ici d'un élément d'information très important pour la défense.

Dans l'hypothèse où un témoin est originaire d'une région donnée ou d'une ville particulière et qu'il a témoigné loin de chez lui, la défense pourra chercher à savoir pourquoi le témoin est parti. Il en va de l'examen de la crédibilité des témoins. Connaître le lieu de l'entretien permet aussi à la défense de recouper les témoignages et d'identifier d'éventuelles collusions entre les témoins ou de déterminer si la présence de membres d'institutions ou d'organisations intervenant dans un lieu précis aurait pu influencer les témoins.

Comment Ocampo n'a pas respecté des délais de rigueur imposés par le juge

«Dans sa décision du 24 janvier 2011, le Juge Unique ordonnait au Bureau du Procureur de soumettre à la chambre le plus tôt possible et au plus tard le 10 février 2012 toute demande d'expurgation d'éléments de preuve récoltés avant le 25 octobre 2011 sur lesquels il aurait l'intention de se fonder lors de l'audience de confirmation des charges. (...) Bien que la demande du Procureur soit datée du 10 Février 2012, elle n'a été distribuée à la défense le 13 Février 2012 et semble-t-il enregistrée le même jour, 13 février 2012 ; ce qui signifie qu'elle a été déposée hors délai.»


Une introduction et une sélection de Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 03 mars 2012

DE QUOI OUATTARA A-T-IL PEUR? AU COEUR DE SON DISPOSITIF SECURITAIRE

 

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Dispositif sécuritaire d'Alassane Ouattara

 

Qu'est-ce qui se passe ? L'homme qui prétend que la sécurité est de retour en Côte d'Ivoire et qui se plaît à dire, à qui veut l'entendre, que plus de 80% des ivoiriens sont heureux de sa gestion du pouvoir, se barricade, renforce de plus en plus sa sécurité. De quoi Ouattara a-t-il peur ? Qu'est-ce qui le rend autant fébrile ?


Il faut le dire tout net, Alassane Ouattara, fait certainement partie des chefs d'Etat les plus surveillés en Afrique. En tout cas, selon le confrère La Lettre du Continent (LC), il vient de renforcer sa sécurité grâce à l'aide de la France, 11 mois après sa prise de pouvoir. Pendant ce temps, les ivoiriens vivent dans l'insécurité la plus totale... (les miliciens pro-ouattara, aujourd'hui transformés en coupeurs de route, sèment la désolation partout). Tous les observateurs sont unanimes, la Côte d'Ivoire vit dans une atmosphère de crise sécuritaire évidente.

Pendant que les ivoiriens vivent continuellement dans la peur, Ouattara qui prétend être leur président, s'est barricadé derrière plusieurs unités d'élite aussi bien ivoiriennes qu'étrangères.

Comme nous le montre l'image ci-dessus, sa sécurité, au second niveau est assurée par le Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), commandé par le Lieutenant-colonel Diomandé Vagondo. Il est secondé par le chef rebelle Chérif Ousmane, commandant de la Compagnie Guépard des Forces Nouvelles (la rébellion pro-ouattara venue du Nord de la Côte d'Ivoire).

Cette unité qui semble avoir supplanté la Garde républicaine (GR, l'unité traditionnellement chargée de la sécurité du président de la République et des institutions), est de plus en plus visible avec ses véhicules avant-blindés (VAB), positionnés dans les rues d'Abidjan, chaque fois qu'Alassane Dramane Ouattara se déplace. Cette unité dispose de plusieurs dizaines de véhicules blindés tout terrain du constructeur ACMAT, le fournisseur exclusif de l'armée française, selon La Lettre du Continent. Le GSPR, bien équipé, travaille de concert, selon notre source, avec des éléments des Forces spéciales françaises (FSF) qui tiennent leurs ordres d'un officier de l'armée française détaché auprès de la présidence. Cet officier, révèle le confrère, est placé sous les ordres du commandant de la force Licorne, le Colonel Daniel Jaunin.

En outre, à en croire cette source, la récente visite d'Alassane Ouattara à Paris, du 25 au 28 janvier 2012, lui a été bénéfique à plus d'un titre. Il a obtenu de l'Elysée l'affectation à Abidjan de plusieurs hommes du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), un service du ministère de l'Intérieur français spécialisé dans la protection rapprochée des hautes personnalités. Paris, poursuit la LC, aurait également obtenu des Nations Unies, une dérogation spéciale sur l'embargo pour faciliter l'achat de matériel militaire pour équiper le GSPR.

Deux membres du SPHP devraient se rendre, fin mars, dans la capitale ivoirienne pour faire un audit du ministère de l'Intérieur de Côte d'Ivoire. La GR, moins équipée que le GSPR, accomplit toutefois sa mission régalienne sous le commandement du Colonel Kouaho Amichia. Elle est secondée par le chef de guerre Issiaka Ouattara dit Wattao, de la compagnie Anaconda de la rébellion. Travaillant dans l'ombre du GSPR, la GR reste discrète mais bien visible.

La Lettre du Continent révèle par ailleurs que Ouattara bénéficie du soutien du président burkinabé Blaise Compaoré, en plus de celui de la France. Le facilitateur dans la crise ivoirienne n'aurait pas hésité, dès la prise du pouvoir d'Alassane Ouattara, à lui affecter des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), un bataillon d'élite qui est chargé de la sécurité du président Compaoré.

Et, en plus des éléments non armés de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et du GSPR pour protéger le cortège de Alassane Ouattara, les unités au sol sont soutenues par un hélicoptère de type Apache, qui patrouille très souvent au-dessus dudit cortège.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire joue également un rôle important dans cette surveillance. En effet, des éléments jordaniens des Forces tactiques d'intervention (SWAT), régiments spéciaux des Nations Unies, formés aux Etats-Unis, sont très visibles dans la sécurité présidentielle.

Le palais présidentiel du Plateau et la résidence privée, modifiée, d'Alassane Ouattara sont sous le contrôle des casques bleus béninois, sénégalais et togolais de l'ONUCI. Le constat est clair, la sécurité d'Alassane Ouattara s'est renforcée davantage, près d'un an après sa prise effective du pouvoir.

Qu'est-ce qu'il craint ?

Affaire à suivre....


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 02 mars 2012

TRAFIC DE DIAMANTS: UN NOUVEAU SCANDALE MENACE LE REGIME OUATTARA


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C'est une véritable «bombe» que le périodique «La Lettre du Continent» dégoupille dans sa dernière édition. Alors que l'on pensait que le business de la guerre et les diverses formes de contrebande qui ont prospéré à la faveur du conflit ivoirien dans l'ex zone rebelle s'arrêteraient naturellement avec la réunification du pays, conséquence de la conquête définitive de tout le territoire par le camp Ouattara-Soro, l'on apprend que le trafic de ce qu'on appelait hier «les diamants du sang» continue de plus belle. En violation totale de l'embargo des Nations Unies. «Alors que les Nations unies maintiennent toujours leur embargo sur l'exportation des pierres précieuses ivoiriennes, le ministère des mines, du pétrole et de l'énergie, dirigé par Adama Toungara, n'a toujours que peu de contrôle sur certains gisements situés au Nord du pays, comme ceux de Séguéla et Tortiya. Ces sites restent aux mains de clandestins et de trafiquants bénéficiant localement de la protection d'éléments de la rébellion des ex-Forces nouvelles (FN)», écrit La Lettre du Continent.

Le périodique cite des noms qui prouvent que des figures centrales du régime Ouattara orchestrent et tirent profit de ces activités illicites. Ainsi, le maire RDR de Tortiya, Siaka Sekongo,  «octroie lui-même les permis et les périmètres d'exploitation» de façon totalement illégale. Les trafics ont un caractère si «officiel» que des avions de type Cessna atterrissent dans la zone pour récupérer les pierres précieuses ivoiriennes. Qui peut vraiment croire que des avions atterrissent en Côte d'Ivoire sans que les services de renseignements ivoiriens, fortement appuyés par la France, ne soient au courant ? Justement, ce sont les hommes du numéro deux des services de renseignement de la présidence, Hervé Touré dit «Vetcho», qui contrôlent le terrain à Tortiya, nous apprend La Lettre du Continent. Qui les juge «pas très enclins à lutter contre les trafics».

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Des hommes proches d'Al Qaïda impliqués

A Séguéla, autre carrefour du trafic de diamants, ce sont les hommes d'Issiaka Ouattara dit Wattao, ex-commandant de zone bombardé numéro deux de la Garde républicaine, qui ont pignon sur rue. Dans ce contexte, les éléments de la Gendarmerie nationale, dirigée par le général Gervais Kouassi, sont impuissants. Quant au Premier ministre Guillaume Soro, il «ne parvient pas à mettre un terme à ces activités qui ont permis, par le passé, de financer la rébellion ivoirienne», écrit La Lettre du Continent. Qui nous apprend qu'une mission du comité des sanctions des Nations unies pourrait arriver en Côte d'Ivoire dans les prochaines semaines.

Ces informations à forte odeur de scandale sont d'autant plus dérangeantes que des personnes liées aux émirs d'Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) seraient présentes de manière permanente sur ces zones d'exploitation de diamant à ciel ouvert, selon la Central Intelligence Agency (CIA), qui n'a pas manqué d'exprimer son agacement. Alors qu'AQMI se rapproche dangereusement d'Afrique de l'Ouest, se signalant au nord du Mali, et qu'Alassane Ouattara se plaît à dire à quel point il aimerait mettre son pays à la disposition des Occidentaux dans le cadre de leur «guerre mondiale contre le terrorisme», ces liaisons dangereuses que rien ne semble pouvoir troubler font désordre. C'est le moins que l'on puisse dire.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 01 mars 2012

LA REPUBLIQUE DANS UNE ZONE DE TURBULENCES


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Le Nouveau Réveil se "réveille"-t-il, enfin? Le PDCI-RDA est-il parcouru par un instant de lucidité avec les sorties remarquables du désormais "patriote" KKB? Osons l'espérer avant qu'ils ne deviennent tous comptables du plus grand chaos, en approche, de l'histoire de la Côte d'Ivoire, et peut-être de l'Afrique! Merci, Akwaba Saint-Clair, même si je ne partage pas tous les passages de cet article, notamment les suspicions contre le camp Gbagbo car à cette allure, vous allez (le RHDP) faire encore plus de victimes innocentes, sur la base du simple soupçon et Ouattara finira par lancer un mandat d'arrêt international contre sa propre ombre, à force de se faire peur à lui-même. Et si pour mettre un terme à tout ceci, il envisageait, enfin, une VRAIE réconciliation entre les Ivoiriens? Fernand Dindé.


En dépit des efforts considérables et des moyens colossaux consentis par les autorités ivoiriennes pour remettre la Côte d'Ivoire sur les rails de la normalité, l'horizon politique national demeure encore brumeux, le grand chantier de la réconciliation nationale reste toujours un gros point d'interrogation. Et pendant ce temps-là, les clivages politiques s'accentuent, les tensions sociales s'éveillent, la vie est chère et l'école tarde à retrouver ses marques.

L'Etat a-t-il attrapé un gros rhume ?

L'atmosphère est lourde et cela est bien perceptible à divers égards.

Au plan politique d'abord. Tout se passe comme si le pays est dans l'attente d'une renaissance, comme si nous vivions une trêve, une sorte de transition politique qui doit déboucher sur la mise en place d'un nouveau gouvernement et de la nouvelle Assemblée nationale. Et cette attente impulse un ralentissement général à toutes les activités, à toutes les initiatives. La République semble quelque peu crispée, à commencer par les membres du gouvernement, ceux-là mêmes qui devraient être les catalyseurs et donner du rythme à la marche du pays vers l'avant sont si préoccupés par leur avenir politique personnel que cela crée à leur niveau une espèce de sclérose. Leur attitude semble guidée par une calculette, il faut tout faire pour ne pas se faire virer du gouvernement. Et aussi longtemps que cette situation perdurera, le pays ne retrouvera pas sa vitesse de croisière.

Dans cet imbroglio politique, il y a la situation du Premier ministre Soro qui devra être clarifiée, au plus vite. L'incertitude sur le point de chute de celui qui est annoncé comme partant de la Primature est devenue une source de vive préoccupation depuis que la Cpi a décidé d'ouvrir les yeux sur les évènements antérieurs à la crise post-électorale. Du moins pour le commun des Ivoiriens qui souhaiterait être rassuré.

Par ailleurs, depuis quelque temps, les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo ne cachent pas leurs intentions subversives vis-à-vis du pouvoir en place. A l'instar de Bernard Doza (in Le Quotidien d'Abidjan du lundi 27 février), ils ébruitent des scénarios visant à renverser les institutions de la République. Et effectivement, ils ne dorment pas. Puisque les plus hautes autorités militaires du pays viennent de révéler, par la voix du Cdt Koné Zakaria, qu'un coup d'État, en voie de préparation à Bonoua, aurait été déjoué il y quelques semaines. De manière périodique, des heurts entre les Frci et la population viennent nous rappeler que les partisans de l'ex-président ont plus d'un tour dans leur sac et que peut-être que les autorités commettent une erreur de les minimiser.

En outre, au sein même du pouvoir, il faut admettre que l'épreuve des élections locales a révélé les plaies cachées du Rhdp. Or, jusqu'à ce jour, aucune initiative appropriée n'a été envisagée ni même étudiée pour essayer de panser ces blessures qui tendent au contraire à s'aggraver.

Tout cela a, bien entendu, des répercussions sur l'économie du pays. Car les opérateurs économiques composent avec la météo politique, c'est connu. Tant qu'on restera dans cette espèce de transition, il sera difficile d'envisager des solutions durables contre la cherté de la vie qui étrangle les ménages et qui en rajoute aux tensions sociales.

De fait, les échéances sont connues. Le gouvernement (le nouveau) ne sera mis en place que lorsque l'Assemblée nationale sera installée début avril.

Pour autant, le pays ne peut sombrer dans cette sorte de somnolence. Il revient donc au chef de l'Etat de libérer les énergies, de donner du rythme à la vie publique, d'insuffler le dynamisme nécessaire, de mettre ses ministres en confiance. Il faut rassurer, remettre le pays au travail.


Akwaba Saint-Clair


Source: LE NOUVEAU REVEIL

LES FRCI ET LES DOZOS TUENT, OUATTARA RESTE SILENCIEUX


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Le ministre Jean-Jacques Béchio ensanglanté à l'Hotel du Golf

 

La Côte d'Ivoire vit dans une totale insécurité depuis dix mois que Ouattara est au pouvoir. Les populations ivoiriennes baignent dans la psychose. Les milices du pouvoir composées des Frci et des dozos sont auteurs de diverses exactions sous le regard silencieux du nouveau chef de l'Etat.

Les populations de Bonon (localité du Centre-Ouest du pays) se remettent difficilement du traumatisme dans lequel les a plongés la barbarie du Rdr et de sa milice armée pompeusement baptisée « armée de réserve ».

Le bilan partiel de cette violence qui a opposé le Rdr aux casques bleus de l'Onuci fait état de 7 morts, des blessés et d'importants dégâts matériels. Le dimanche 26 février dernier, aux environs de 20 h, le dépouillement pour les législatives partielles de Bonon donnait 5654 voix au candidat indépendant mais soutenu par le Pdci, Kouadio Kouassi Denis, et 2951 voix pour le candidat du Rdr, Koné Yacouba. Selon des sources concordantes sur place, tout portait à croire que l'écart entre les deux candidats allait se creuser de plus en plus. Au nombre des bureaux de vote restant figuraient les deux bureaux de vote de Gbangbokouadiokro, un campement baoulé comptant 1240 inscrits. Ce campement est favorable au candidat soutenu par le Pdci. Le Rdr sent donc sa défaite se profiler à l'horizon. Le parti de Ouattara décide alors de faire ce qu'il sait accomplir le mieux : la violence politique, le vol et la destruction des urnes. Évidemment, le campement de Gbangbokouadiokro est le premier site dans le viseur des miliciens du Rdr. Alertés, les forces onusiennes se rendent dans ce campement. Et c'est au moment où les casques bleus de l'Onuci escortaient les urnes et les procès-verbaux qu'ils sont attaqués par les miliciens du Rdr au niveau de Gobazra, un village de la commune. Les militants du Rdr ouvrent le feu sur les forces onusiennes, leurs alliés d'hier. La réplique des casques bleus est fatale : 7 morts dans les rangs du Rdr. En représailles, le Rdr et sa milice s'attaquent aux populations gouro et baoulé. Plusieurs maisons sont pillées et brulées.

Déjà vendredi dernier, les militants du Rdr s'en étaient pris violemment au président de la JPdci, Kouadio Konan Bertin dit Kkb, allé soutenir à Bonon, le candidat de son parti. Les miliciens du Rdr l'avaient bastonné. Et pourtant, le Pdci est l'allié principal du Rdr dans le cadre du Rhdp. Comme quoi, le parti de Ouattara n'a pas d'état d'âme quand il se sent battu à une élection. Pour lui, seule la fin justifie les moyens et les méthodes. Et comme les militants du Rdr possèdent des armes qui leur ont été distribuées au temps fort de la rébellion armée, ils opèrent avec aisance sous le regard impuissant des policiers et des gendarmes désarmés par le régime Ouattara.

Bonon, Facobly... tout le pays Wê

La situation de Bonon n'est pas un cas isolé. A Facobly, dans le pays Wê, les miliciens du Rdr ont détruit 24 bureaux de vote (BV) quand ils ont senti la défaite de leur candidat poindre à l'horizon. Heureusement, les autres BV ont pu être sauvés par l'Onuci qui a transporté les urnes à Man où le dépouillement s'est déroulé. Les résultats ont dévoilé la défaite cuisante du candidat du Rdr.

En vérité, le Rdr ne peut pas remporter en Côte d'Ivoire, une élection démocratique, juste et transparente. Mais ce n'est pas seulement en période électorale que les miliciens du Rdr se dévoilent.

Depuis une semaine, les populations de nombreux villages du département de Gagnoa vivent le martyr. Des individus, armés et vêtus de treillis ou en tenue de dozo (supplétifs des Frci), transportés nuitamment dans des mini-cars s'attaquent aux paysans. Sous la menace de leurs armes, ils leurs prennent tout : argent et biens matériels. Ainsi les villages de Digbeugnoa, Todiognoa, Dagodio et Guessihio sur l'axe Gagnoa-Guibéroua ont été attaqués. Une semaine auparavant, c'était les villages de Kokouezo et Gnalihépa sur l'axe Gagnoa-Ouragahio qui étaient pris pour cibles par les hommes de Ouattara. Le dimanche 12 février dernier, la Côte d'Ivoire a été réveillée par des affrontements entre les forces armées pro-Ouattara et les populations d'Arrah. Le bilan a fait 3 civils morts, plusieurs maisons pillées et brûlées.

Gnagbodougnoa, Bonoua, Divo, Vavoua, Alépé, Issia... attaqués

Les localités attaquées par les forces armées pro-Ouattara sont légions. Taï, Gnagbodougnoa, Bonoua, Divo, Vavoua, Alépé, Issia, Saïoua, Sikensi etc., ont toutes subi la terreur des Frci et des dozos. Si on ajoute à tout cela, les ravages faits par les coupeurs de route, les braquages et les attaques de domiciles, on se rend compte que la Côte d'Ivoire a atteint le summum de l'insécurité. On peut même dire que notre pays constitue une poudrière à ciel ouvert. Les populations ne dorment plus que d'un œil. Ce qui est inquiétant dans cette affaire, c'est que ces malfaiteurs opèrent dans l'indifférence totale de Ouattara et de son gouvernement. Depuis que les Frci tuent, pillent et brûlent, aucun élément n'a été interpellé parmi eux. Et pourtant, ils ne sont pas inconnus des gouvernants. Tout porte à croire que les Frci et les dozos sont protégés par le pouvoir. Les discours que le pouvoir Ouattara tient, le prouvent. A Taï, quand les populations ont exigé que les Frci quittent leur ville après les exactions commises, le ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, a menacé en ces termes : «celui qui ne veut pas voir les Frci, doit quitter le pays». Pour lui, les populations doivent subir les Frci et ne rien dire.

Le silence coupable du pouvoir

Dans le cas échéant, ces populations peuvent rejoindre d'autres Ivoiriens exilés au Libéria ou au Ghana. Le ministre délégué, Paul Koffi Koffi, est revenu récemment à la charge à Arrah. « Les Frci ne quitteront jamais les villes sous la pression des populations », a-t-il martelé à la face d'une population locale en détresse.

Et pourtant, quand les Frci avaient tué des civils à Vavoua, Alassane Dramane Ouattara, en colère, avait donné 48h à l'Etat-major général pour les encaserner. On saura plus tard que cette colère était liée au fait que les civils tués étaient des militants du Rdr, ressortissants du nord. Cependant, on constate que plus de deux mois après l'ultimatum de Ouattara, les Frci sont toujours dans les rues et sévissent plus que jamais. On peut donc en déduire que c'est le ministre délégué à la défense qui traduit réellement la volonté du gouvernement. Celle de maintenir les Frci et les dozos dans les villes, villages et hameaux pour gouverner sous la menace de leurs armes.

Selon les sources concordantes, Ouattara est impuissant devant les Frci et les dozos qui pullulent dans le pays. Parce qu'il ne les aurait pas payés après les avoir utilisés dans la rébellion armée. Ceux-ci auraient donc décidé de se faire payer à travers les pillages, vols et agressions. La Côte d'Ivoire est donc installée pour longtemps dans l'insécurité.


Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: IVOIREBUSINESS.NET

KONAN BEDIE, LE CHEF DEVENU UN CHIFFON

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Lors de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, mon parti, le PDCI-RDA avait pour slogan : « Notre expérience au service de la Côte d'Ivoire ». Le PDCI-RDA, parti bâtisseur de la Côte d'Ivoire moderne, avec toutes ces années passées à diriger le pays d'abord sous le président Félix Houphouët Boigny et ensuite sous  le Président Henri Konan Bédié était pour nous le parti le mieux indiqué pour sortir la Côte d'Ivoire notre chère patrie des moments difficiles qu'elle traverse depuis le funeste coup d'état de décembre 1999.

Pour nous jeunes du PDCI-RDA, il était plus que nécessaire de remettre l'enfant qui pleure à sa mère car elle seule sait comment le faire taire. Depuis que le PDCI-RDA a été injustement chassé du pouvoir par la force des armes, notre pays a rompu avec les mots PAIX et STABILITE, pour nous c'était l'élection de l'espoir, il fallait remettre notre pays sur les rails pour sortir de cette honteuse crise qui n'avait déjà que trop duré. En tout cas au niveau de la jeunesse, DIEU est au courant, malgré nos maigres moyens, nous avons vendu le produit 'Bédié', nous avons mouillé le maillot mais malheureusement notre candidat est tombé au premier tour. Nous avons beaucoup  pleuré et ce n'est pas Kouadio Konan Bertin qui nous dira le contraire. C'était difficile pour nous. Pour la première fois de son histoire, le PDCI-RDA venait de perdre à l'élection du Président de la République. On venait ainsi de rater l'occasion de mettre notre expérience au service de la Côte d'Ivoire, le rêve de mettre notre expérience au service de la jeunesse, venait ainsi de se briser.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, installé au pouvoir par la force des hélicoptères de guerre de l'armée française sur ordre de Nicolas Sarkozy après avoir massacré des milliers d'ivoiriens, dit qu'il gouverne la Côte d'Ivoire sous l'autorité de Bédié. Ivoiriennes, ivoiriens, démocrates, militantes et militants du PDCI-RDA, voilà maintenant plus de dix mois que Monsieur Alassane Ouattara gouverne notre pays sous l'autorité de Bédié. Ensemble faisons le point.

Depuis l'avènement d'ADO Solutions (?), l'insécurité s'est accrue de façon exponentielle, la Côte d'Ivoire est bien classée parmi les pays les plus dangereux du monde, la preuve : des ambassades délocalisent et la destination Côte d'Ivoire est déconseillée. On assiste à plusieurs braquages et même les églises ne sont pas épargnées. Les universités sont fermées, les étudiants qui constituent l'élite de demain ne vont plus à l'école, pourtant le Président Bédié voulait mettre son expérience au service de l'école. A la place des emplois promis, on nous sert des licenciements massifs dans toute l'administration, le chômage augmente à grand échelle. Nos parents paysans sont spoliés de leur plantation et de leur terre. Le tribalisme a pris de l'ampleur, les admissions dans les concours et les nominations se font sur des bases ethniques. Les FRCI, la milice ethno-religieuse du RDR, continue de tuer les populations ivoiriennes. Les commandants de zone font la loi partout dans le pays. La liberté d'expression a vraiment perdu la langue et la démocratie a foutu le camp.

Tout ceci favorise la division entre les différents peuples de Côte d'Ivoire. Vigilance, vigilance, vigilance ! Ivoiriennes, ivoiriens, militantes, militants et sympathisants du PDCI-RDA, ouvrons les yeux sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire. On tue sous l'autorité de Bédié, on viole sous l'autorité de Bédié, on pille sous l'autorité du président du PDCI-RDA. Pour la Côte d'Ivoire, nous invitons le Président Bédié à refuser la gouvernance de Monsieur Alassane Dramane Ouattara sous son autorité parce qu'à cette allure, nous risquons de détruire tout l'héritage du père fondateur.

Au PDCI-RDA, nous parlons de politique intérieure unificatrice dont le substratum est LA PAIX PAR LE DIALOGUE tandis qu'au RDR, ils sont adeptes de la paix par le massacre des opposants. A l'antipode des valeurs fondatrices du PDCI. Il est donc difficile de faire chemin  ensemble.

Monsieur Alassane Dramane Ouattara, ayant échoué au sommet de l'état, veut maintenant nous imposer une guerre civile. Les peuples de Côte d'Ivoire ne laisseront pas « le rattrapage » aller à son terme. PDCI-RDA, notre accointance avec le RDR nous perdra (preuve, voir résultats des élections législatives). Chers aînés,  Houphouët-Boigny vous a laissé un PDCI-RDA très fort et au pouvoir ; pourquoi donc vous voulez à tout prix nous laisser un parti vomi de tous, à votre tour ? Jeunes du PDCI-RDA, voilà pourquoi nous devons demeurer toujours vigilants et mobilisés en prenant nos responsabilités. L'histoire nous regarde.

Les dix mois de Monsieur Alassane Dramane Ouattara nous démontrent que la rébellion qui a endeuillé notre pays est aux commandes aujourd'hui !  Donc le masque du vrai chef de la rébellion est maintenant tombé.

Pour s'en apercevoir, faisons une petite étude comparative entre la Côte d'Ivoire actuelle et les zones sous contrôle des rebelles. Vous verrez, par exemple, les groupes de Wattao, les groupes de Zackaria Koné, les groupes de Chérif Ousmane, ainsi de suite. Chaque secteur a un commandant. L'école n'est ni une nécessité, ni une priorité pour eux, ils sont arrivés au sommet de la société sans la fréquenter, la preuve : l'université est fermée et ils sont d'accord avec ça. On assiste aux phénomènes de braquage des banques, les intimidations, les viols, les tueries partout dans le pays. Une dictature rampante s'est installée. Des leaders politiques et des chefs militaires sont emprisonnés. Nos parents meurent en exil, ils ont leurs comptes bloqués, ils meurent de faim, incapables de se soigner.

Et c'est dans cette atmosphère qu'un certain Charles Konan Banny devra réconcilier les ivoiriens. Voici encore un cadre du PDCI-RDA à qui on confie une mission impossible. Pourquoi le PDCI et non le RDR ? Attention ! Ce Monsieur a une volonté farouche d'en finir avec notre parti.  Monsieur Charles Konan Banny, Alassane Dramane Ouattara, sachant que vous êtes un de ses concurrents, veut vous conduire à l'échec pour que les ivoiriens vous rejettent; il s'en fout de votre Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Ecoutez, Alassane Dramane Ouattara ne fait rien avec la réconciliation entre les ivoiriens car ayant opté pour  le « rattrapage »; donc comprenez enfin que vous n'avez pas les mêmes objectifs.

A la limite, il ne vous accorde aucun respect parce que nous vous savons travailleur, nous savons aussi que vous avez la volonté de faire de grandes choses mais malheureusement vos efforts sont noyés par le sang des ivoiriens qui continue de couler par la volonté du RDR et sa milice ethno-religieuse alias FRCI. Lorsque vous arrangez, eux ils s'évertuent à gâter. Monsieur Charles Konan Banny, de nombreux ivoiriens espèrent encore en vous. Vous êtes encore utiles pour le PDCI-RDA et la Côte d'Ivoire. Notre pays est à un tournant assez décisif de son histoire alors c'est le moment où nous devons prendre des décisions courageuses. Cher aîné, le monde entier vous regarde. Mais la seule chose dont vous devez être sûr, c'est que jamais vous ne pourrez réconcilier les ivoiriens à l'ère du « rattrapage » et vous serez définitivement écarté de la scène politique ivoirienne.

Ne serait-il pas bon pour nous d'analyser la vraie nature du nouveau pouvoir d'Abidjan avant d'aller encore plus loin ? Continuerons-nous de confondre dialogue et tueries ? Paix et guerre ? Houphouétisme et anti-Houphouétisme ?

Agissons maintenant car demain peut s'avérer très tard.

L'histoire est têtue.

Dieu  aime la Côte d'Ivoire et les ivoiriens.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Vive le PDCI-RDA!


Pour la jeunesse du PDCI-RDA,

Yao Kouamé Patrick

Président de la jeunesse du PDCI-RDA en exil.

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

DES NOUVELLES FRAICHES DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO DEPUIS LA CPI!

 

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Nouvelles fraiches de notre Président, depuis La Haye, notre combat commence à porter des fruits, frères et sœurs.

Tout d'abord, les visites au Président Gbagbo ont été stoppées de manière arbitraire par la prison. On voit la main du procureur OCAMPO derrière cette décision qui n'a aucune base juridique. Les avocats du Président Gbagbo, bien évidemment, ont fait un scandale en bonne et due forme parce qu'on essaie d'enlever le droit fondamental qu'est le droit de visite. Et ce droit devrait être rétabli, cette semaine.

Quelques informations croustillantes.

1 - Le site Internet de la CPI a eu, en 2 mois, 2 fois plus de visites qu'en 8 ans d'existence.

2 - Le standard de la CPI a reçu 500 appels, en près d'une semaine, et ça leur a montré l'importance du Président Gbagbo pour les Africains. Mais à ce point, nous demandons aux patriotes de ne plus le faire, car le Président est fatigué et doit se reposer, donc les appels, laissons-les de côté. Envoyons plutôt, de façon massive, des cartes à notre Président qui aime bien lire.

3 - La CPI n'arrive plus à gérer les demandes de visites car l'affluence dépasse leur capacité de gestion.

4 - Le Président Gbagbo est serein, tranquille, toujours de bonne humeur (tant qu'il peut manger la nourriture africaine, ça va). Il prie beaucoup. Sans arrêt.

La mobilisation continue frères et sœurs... Pour l'Afrique, pour la Côte d'Ivoire, on va aller jusqu'au BOUT!

Merci au patriote qui nous a donné ces infos toutes croustillantes...


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ELLE ETAIT AVEC LUI A KORHOGO DEUX JOURS AVANT SON TRANSFEREMENT – LES CONFIDENCES D’UNE AVOCATE DE GBAGBO

 

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Lucie Bourthoumieux est l'une des avocates du président Laurent Gbagbo. Elle est dans son sillage depuis une dizaine d'années. De passage à Yaoundé, cette femme de droit exerçant en France mais d'origine camerounaise nous a accordé un entretien où elle s'exprime sans détours sur de nombreux sujets. Notamment les derniers jours de Gbagbo à Korhogo et les intrigues liées à son transfèrement à La Haye. Un transfèrement qui nous ramène, selon elle, "à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître."

Comment êtes-vous devenue une des avocates du président Laurent Gbagbo ?

J'ai eu l'extrême honneur de conseiller le président Laurent Gbagbo depuis 2001 à travers un domaine qui est le mien à savoir le droit international des affaires. A l'époque j'avais été approchée par un de ses conseillers car le président, de retour d'une visite de Chine  où il avait visité la zone franche de nouvelles technologies de Fsé,  avait jugé utile d'en créer une pour la Côte d'Ivoire et pour la sous région ouest-africaine. Voilà comment est née la zone franche des nouvelles technologies et de la biotechnologie de Grand-Bassam. Je voulais dire sans m'en vanter que c'est moi qui ai ajouté le thème «biotechnologie» dans le projet. J'ai été honorée d'avoir collaboré avec le président Laurent Gbagbo sur ce projet qui est d'ailleurs l'une de mes satisfactions professionnelles d'autant plus que ce projet a fait l'objet d'une loi qui a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. J'ai donc contribué à la mise en place du VITIB, un projet cher au président Laurent Gbagbo.  J'ai apprécié au cours de l'élaboration de ce projet la dimension humaine du président qui voulait, à travers ce projet, rassembler tous les Ivoiriens. Et j'ai fortement apprécié ses paroles rassembleuses et d'homme de paix.

Vous êtes allés plusieurs fois à Korhogo, lorsqu'il y était détenu, faites-nous un bref résumé de vos rencontres.

Vous savez que je suis avocate donc tenue par le secret professionnel, vous comprenez que très humblement je ne peux m'étendre sur la nature et le contenu de nos échanges. Mais j'ai été impressionnée de voir un mois après les bombardements sur sa résidence, bombardements multiples et répétitifs subis avec sa famille dont un enfant de deux ans ainsi que ses collaborateurs, j'ai été surprise de voir un Laurent Gbagbo sans rancune et qui parlait de faire en sorte de créer des conditions d'une paix définitive en Côte d'Ivoire.

Pour vous, qu'est ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire ?

En Côte d'Ivoire, la charte des Nations Unies qui érige comme principe fondamental et inviolable la non-ingérence a été méprisée. Les Nations Unies ne sont pas formées de partis politiques mais d'Etats. Il y a eu donc ingérence en Côte d'Ivoire car la France et les Nations Unies se sont impliquées militairement dans le règlement d'une crise électorale, sapant par là la souveraineté de la Côte d'Ivoire. C'est le principe de non-ingérence qui a été enfreint par le représentant de l'ONU qui s'est arrogé le droit de se prononcer sur le résultat des  élections en Côte d'Ivoire avant le Conseil constitutionnel alors que ces élections ont été financées à plusieurs centaines de milliards par la Côte d'Ivoire elle-même. Pour en revenir au Conseil Constitutionnel dont la décision a été bafouée par la France, je rappelle qu'il est à quelques légères différences près le clone de son homologue français. On a donc piétiné la loi fondamentale ivoirienne en rejetant la décision du  Conseil constitutionnel, en faisant la guerre et en tuant 10 000 Ivoiriens là où le président Gbagbo demandait le recomptage des voix. La communauté internationale s'agrippe à des chiffres et non à des résultats car il n'y a pas eu de PV, ni de décomptes définitifs. Bakayoko Youssouf, de manière solitaire, a proclamé des résultats qui ne reflétaient pas la réalité : voilà ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire.

Abordons l'un des tournants de la crise ivoirienne à savoir la fameuse affaire des «femmes tuées à Abobo» qui fait toujours couler de l'encre, plusieurs mois après. Avez-vous des éléments là-dessus ?

Ces évènements resteront très importants dans la crise en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, les Africains et le monde entier ont besoin de savoir ce qui s'est réellement passé à Abobo. C'est pourquoi le Président Laurent Gbagbo a demandé une enquête internationale pour situer les responsabilités et la nature des crimes d'Abobo. C'est d'une extrême importance car figurez vous que ces crimes d'Abobo sont à l'origine de la résolution 1975 qui a permis aux Nations unies et surtout à la France de déclencher la guerre contre l'Etat ivoirien. Donc il est très important de savoir ce qui s'est réellement passé. Le président, par l'entremise de son porte-parole, le ministre Koné Katinan, a écrit au secrétaire général des Nations Unies un courrier dans ce sens. Nous savons qu'il en a accusé réception. Donc nous attendons la suite.

On vous sait observatrice avertie de la situation en Côte d'Ivoire, quelles sont selon vous les solutions pour une sortie de crise définitive ?

J'ai une lecture juridique de la situation qui n'épouse malheureusement pas la réalité du terrain. Il s'agit ici de savoir qu'une élection a eu lieu, il y a eu un vainqueur, le Président Laurent Gbagbo. Cela a été confirmé par le Conseil constitutionnel devant qui il a prêté serment et l'a investi. Ce même Conseil constitutionnel a rejeté la prétendue prestation de serment d'Alassane Ouattara qui lui a été signifiée par voie d'huissier. Par la suite le président Laurent Gbagbo a été renversé par une armée étrangère. On ne peut pas faire, comme le dit Laurent Gbagbo, l'économie de la vérité. Il faut qu'on sache pourquoi la communauté internationale a  falsifié  à ce point la réalité à la fois juridique et politique de la Côte d'Ivoire ! On doit le savoir par respect pour ces nombreux morts. Tant que cette vérité n'est pas sue, il n'y aura aucune solution juridique véritable. Maintenant, comme nous savons tous que cette crise est éminemment politique, son règlement doit donc se faire de cette manière. Il est donc évident que dans ce cas, il faut libérer le président Laurent Gbagbo et s'asseoir avec lui autour d'une table de négociation en vue de répondre au besoin légitime de vérité du peuple ivoirien.

Laurent Gbagbo est à La Haye. Vous étiez à Korhogo à la période de son transfèrement, dites nous comment cela s'est véritablement passé ?

J'ai vu le Président Laurent Gbagbo à Korhogo deux jours avant son transfèrement qui, en ce moment-là n'était pas d'actualité. Nous avons fait le point des missions qu'il m'a confiées et je suis repartie. Lorsque le 27 novembre, j'ai été alertée  qu'une chose de ce genre se préparait, j'ai joint la Commission des droits de l'homme de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui m'a rassurée que ce n'était pas d'actualité car si cela était le cas, ses cadres auraient été les premiers à en être informés.  Le responsable de cette commission avec qui j'ai discuté m'a rassurée en me disant que c'était impossible et que ce serait une violation flagrante des règles si d'aventure la Commission n'était pas prévenue du transfèrement. Grande fut ma surprise quand j'ai été informée, vers 13 heures, qu'un mandat venait d'être émis pour le transfert du Président.

J'ai tout de suite pensé à l'information que j'avais eue quelques jours plus tôt, selon laquelle Dominique Ouattara et son époux Alassane Ouattara s'impliquaient  personnellement à fond dans le transfèrement du président. Au mépris des avis de plusieurs chefs d'Etat africains, d'anciens chefs d'Etat africains, d'autorités politiques et religieuses que nous avons rencontrées personnellement et qui  privilégiaient la voie du dialogue politique et s'opposaient fermement au transfèrement du Président Laurent Gbagbo. Ce transfert qui est plutôt pour moi une déportation est, comme le dit l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, une humiliation pour l'Afrique. Cela nous ramène à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître.

Quelle est la ligne de défense de Laurent Gbagbo aujourd'hui ?

Le président Laurent Gbagbo a déjà donné le ton lors de sa comparution devant la Cour le 5 Décembre 2011. Souvenez-vous de la dernière interview qu'il a accordée le 8 avril 2011 sous les bombes. Alors qu'on tentait de faire  croire qu'il avait abdiqué et reconnu la victoire d'Alassane Ouattra, il a dit en substance : «Je vous dis que j'ai gagné les élections. Le Conseil  Constitutionnel de mon pays l'a attesté. Mon adversaire et ses soutiens internationaux contestent cela, ce qui est absurde car les décisions du Conseil Constitutionnel sont irrévocables. Je demande qu'on recompte les voix.». Voilà la ligne de défense du Président, on y ajoutera qu'au lieu de recompter les voix, on a préféré compter les morts en envoyant  une armée étrangère, à savoir celle de la France faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Sans déclaration de guerre officielle. A ce sujet je suis certaine que les vaillants officiers de l'armée française sont aujourd'hui dans leurs petits souliers, eux qui ont enfreint le code de l'honneur militaire en tirant dans le dos de la Côte d'Ivoire sans sommation ni déclaration. On s'est abrité derrière la résolution 1975 pour faire la guerre à un Etat alors que cette même résolution exigeait et exige toujours la neutralité des forces dites impartiales et la protection des civiles. Or il y a eu 10 000 morts qui sont la conséquence du mépris de Nicolas Sarkozy pour le peuple ivoirien.

Aujourd'hui que faites-vous exactement pour contribuer à sa libération, étant donné que ce n'est pas vous qui plaidez à La Haye ?

Ce dossier ivoirien a tellement de ramifications qu'il ne peut se contenter justes des codes de procédures conventionnelles. Il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte et souffrez que je n'en dise pas plus. Nous travaillons et nous avons l'entière confiance du président.

L'Union Européenne vient de dégeler les avoirs de plusieurs pro-Gbagbo, bonne nouvelle ?

Oui c'est une très bonne nouvelle. D'ailleurs j'avais reçu à mon cabinet la notification des conseils de l'Union Européenne et je me suis empressée d'annoncer la bonne nouvelle aux intéressés. C'est une décision administrative. Reste donc à savoir sur quels critères ces personnes ont été choisies car nous avons envoyé plusieurs requêtes et nous voulons savoir pourquoi un tri a été opéré.  Cela crédibiliserait l'Union Européenne de prendre en compte tous les prisonniers du régime Ouattara.


Propos recueillis par Marc Blanchard K. au Cameroun.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 29 février 2012

RDR ET ONUCI: JEU DE CACHE-CACHE AUTOUR DES MORTS DE BONON

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Trois jour après les tueries de Bonon, le mystère continue de planer sur les auteurs du massacre car ni l'Onuci, sur qui planent de lourds soupçons, ni le RDR qui dénonce la perte de ses militants, n'ont le courage de situer clairement les responsabilités dans cette affaire qui fait désordre au sein de la grande coalition anti Gbagbo.

Depuis le début de la semaine, les graves évènements survenus au soir du scrutin législatif partiel, à Bonon, occupent la UNE des principaux tabloïds de la place. Les uns pour s'interroger sur les auteurs des cinq morts enregistrés dans cette petite localité du centre-ouest, les autres pour indexer les soldats de l'Onuci qui selon plusieurs témoignages concordants, ont fait le massacre en ripostant aux coups de feu d'inconnus armés. Pour éclairer la lanterne de tous, les premiers responsables de l'Onuci, civils comme militaires ont effectué le déplacement sur Bonon. Leurs enquêtes se poursuivent encore et nul ne sait pour l'heure, le jour de la publication des conclusions des limiers onusiens.

Quant au RDR, s'il a tout de suite reconnu les victimes comme étant ses militants, il continue cependant de s'interroger sur l'origine des balles assassines qui ont fauché les siens. Une attitude bien curieuse de la part d'un parti politique habituellement prompte à crier au loup et à jouer à fond la carte de la victimisation. Alors que les informations largement relayées par les radios onusienne et française (RFI), indexent clairement les forces de l'Onuci, les partisans du chef de l'Etat se gardent toujours de briser la glace. Certainement qu'ils ne veulent pas indisposer un allié qui leur a été d'un soutien précieux dans la guerre menée en son temps contre le président Laurent Gbagbo.

C'est sûr que pareille dénonciation viendra remettre au goût du jour toutes ces victimes ivoiriennes tombées sous les balles assassines des soldats de l'Onuci et que dénonçait justement le camp Gbagbo. Et comme si elle se gardait de trahir un secret de confrérie, la force onusienne refuse visiblement de dire plus qu'elle n'en sait ; pour ne pas reconnaitre officiellement que les partisans de Ouattara et les inconnus armés en question, ne font en réalité qu'un. Une révélation qui pourrait bien brouiller la communication gouvernementale sur le « caractère pacifique » des militants du RDR tout en donnant accréditant la thèse des adversaires du FPI.

En somme, un jeu de cache-cache autour des morts de Bonon, sacrifiées sur l'autel des ambitions politiques de personnes qui n'ont visiblement pour seul argument, que les muscles. L'ordre, la discipline, et l'autorité, ils n'ont qu'en faire. La preuve, le sous-préfet de la ville vit aujourd'hui caché et sa résidence saccagée par les partisans du candidat malheureux du RDR qui lui impute la reprise du scrutin à Bonon alors qu'il avait triomphé avec de nombreuses irrégularités.

On se demande bien ce qu'en dira Hamed Bakayoko, le ministre de l'intérieur et donc patron du corps préfectoral, devant pareille situation où ceux qui sont chargés de prolonger l'autorité du chef de l'Etat à l'intérieur du pays ne représentant plus rien aux yeux de leurs administrés.

Mais çà, c'est aussi la conséquence de plus de dix ans d'incivisme, de défiance à l'autorité de l'Etat inculqués aux militants du RDR par les gouvernants actuels. Il ne faudra pas être étonnés que dans les prochains jours, un préfet ou un sous-préfet soit battu, traîné dans la poussière et jeté hors de sa sphère de commandement pour la seule raison que sa tronche ne plaise pas à certains de ses administrés assurés que rien de grave ne peut leur arriver en agissant de la sorte. Ainsi va la Côte d'Ivoire, après dix mois de gouvernance sous Ouattara.

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 157 du mercredi 29 février 2012.

COTE D'IVOIRE: LE PDCI RATTRAPE PAR LA VIOLENCE DU RDR QU'IL FEIGNAIT DE NE PAS VOIR


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Le RDR inaugure une série d'agressions sur ceux qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en Côte d'Ivoire. L'UDPCI de Mabri Toikeusse s'en mord déjà les doigts puisque tout est fait pour l'empêcher d'avoir un groupe parlementaire. Quant au PDCI, c'est le président de sa jeunesse qui vient d'être lynché par une cohorte d'hommes armés de gourdins à Bonon et qui pour KKB sont membres du RDR.

Au royaume du RHDP, les alliés ne comptent plus. Alors que le pouvoir ne lésine plus sur aucun moyen pour faire mordre la poussière à l'UDPCI en veillant à ce qu'il n'obtienne pas un groupe parlementaire dans la prochaine assemblée nationale, le PDCI a eu vendredi dernier la frayeur de sa vie. Aussi bien son délégué départemental  Yves N'dia que le président de la jeunesse du parti Bertin Kouadio Konan ont été tabassés par des individus armés de gourdins qui ont forcé l'entrée de la mairie de Bonon.

« Ils criaient tuez-le ! » a raconté le président de la JPDCI qui n'en sait pas plus, à part que c'est un message clair qui lui est adressé. Bertin Konan Kouadio n'est pas à son premier effroi. Il s'était déjà fait malmener par des individus non identifiés au cours d'une marche de prise de la télévision ivoirienne trop pro-Gbagbo selon le PDCI et ses alliés.

Mais KKB sait aussi se servir de la violence. C'est lui qui avait organisé la bastonnade de l'Ambassadeur Gnamien Yao qui s'était rendu au siège de Cocody pour répondre à une convocation de la direction. Le président de la jeunesse du PDCI avait notamment revendiqué son action et montré la nécessité d'obliger le diplomate à avoir plus de considération pour le président du PDCI, Henri Konan Bédié, à qui KKB veut désormais arracher l'organisation d'un congrès.

La violence fait partie l'environnement du président des jeunes du PDCI, soit parce qu'il l'instrumentalise, soit parce qu'il en est la victime. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire lui-même ne s'en était jamais autant repu que pendant ces dernières années, lorsqu'elle visait les étudiants qu'on prend grosso modo pour les gbagboïstes.  La maison du parti, situé à quelques encablures de la résidence présidentielle où vivait Laurent Gbagbo a même servi, pendant la crise postélectorale de pièce à déstabilisation. Le PDCI dont les dirigeants s'étaient repliés au Golfe hôtel y avait installé des rebelles armés pour attaquer la résidence universitaire située dans les environs avant, sans doute de mettre le cap sur la résidence de Gbagbo.

Lorsque la police, en désespoir de cause finit par les déloger, le PDCI se plaignit qu'on ait attaqué son siège. Mais depuis qu'Alassane Ouattara a pris le pouvoir en Côte d'Ivoire, les militants se sentent de plus en plus agressés. A commencer par ceux qui espéraient tirer quelques prébendes de la nomination d'un premier ministre PDCI. Cette désillusion faillit d'ailleurs emporter le RHDP dont la cohésion est toujours menacée de toutes parts par les promesses tous azimuts faites par Alassane Ouattara. Pour sa part, Henri Konan Bédié continue de rêver aux 230 postes  de nomination qu'il pourrait s'offrir pour mieux tenir en laisse des militants de plus en plus impatients et dont certains lui réclament sans circonlocutions aucunes un bilan lors d'un congrès du parti.

La réalité, elle, est plutôt autre chose. Le PDCI fait surtout face à une agressivité surprenante de son allié du RDR qui s'est permis de faire élire des députés, grâce à la fraude notamment, dans les circonscriptions qu'il voulait. Ainsi, la ville d'Abidjan a été entièrement raflée par la liste de la case, se permettant même le luxe d'y voler l'allié du PDCI qui est sur ses terres lorsque le FPI n'est pas de la partie. C'est justement pour ne plus servir d'échelle au RDR que le président de la jeunesse du PDCI attaque Bédié, falot depuis sa retentissante défaite au premier tour de la présidentielle et se contentant de têtes-à-têtes avec Alassane Ouattara qui lui a même grillé la politesse en ne respectant pas sa promesse de campagne.

Le parti d'Houphouet-Boigny recule sur le terrain parce que son président se complait dans les rodomontades anti-Gbagbo contre lequel il n'a jamais une haine de trop et dont il espère tirer des dividendes de la  déportation à la CPI, analysent ceux qui savent lire dans le marc de café à lui. La direction du PDCI a condamné ces violences contre Bertin Kouadio Konan et même le journal « Nouveau Réveil » qui a montré des aptitudes, ces derniers temps, à servir d'abord les intérêts de la ouattarandie avant ceux du PDCI dont il est proche a musclé sa Une pour dénoncer l'agression du président du PDCI.

Mais cette violence n'est-elle pas celle que le parti feignait de ne pas voir, ni dans l'escalade meurtrière contre les policiers ou militaires ivoiriens égorgés chez eux pendant la crise postélectorale ni pendant les attaques du commando dit "invisible"? N'est-ce pas la même, mis à part que les tueurs pour cette fois étaient de la force Licorne, qui a déferlé sur les patriotes aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?


Jeanne Tétiahonon, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 155 du lundi 27 février 2012.