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mardi, 28 février 2012

QUE OUATTARA EVITE UNE GUERRE FRATRICIDE A LA COTE D'IVOIRE


DOSSO CHARLES RODEL.gif

J'ai écouté la peur au ventre tout au long de la crise militaro-politique, une série de prophéties sur la Côte d'Ivoire, ma chère patrie bien aimée. Les unes parlaient d'une guerre à venir dont le bilan serait plus macabre que celui de la deuxième guerre mondiale, d'une guerre généralisée dans toute la Côte d'Ivoire qui ferait entre 5.000.000 et 11.000.000 de morts où les ethnies tireraient le couteau les unes contre les autres.  Certaines ont parlé de semblant de victoire au cours de laquelle les victorieux  damneront   les saints et les personnes paisibles avant que ne survienne un  revirement de situation qui verrait les vaincus relever la tête. D'autres plus explicites, ont déclaré que Gbagbo perdrait le pouvoir face à l'armée Française qui utiliserait tous les moyens militaires afin d'installer la rébellion au pouvoir avant que ne survienne une résurrection inattendue du pouvoir Gbagbo au prix d'une guerre meurtrière du peuple ivoirien contre l'envahisseur et ses alliés.  Ainsi, sur le conflit ivoirien, Dieu fut-il suffisamment bavard avant que ne survienne la chute du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011.

Après le 11 avril 2011, ignorant littéralement ces paroles divines, les victorieux ont jubilé et continuent de le faire tandis que les vaincus, humiliés et  en proie à toutes sortes de brimades, cherchent désespérément une main salvatrice pour  les uns, qui dignement, malgré l'animosité du ''nouveau pouvoir'' poursuivent la lutte alors que d'autres ont préféré sauter dans le camp adverse pour préserver leurs acquis ou troquer leur dignité contre des prébendes.

C'est dans cette atmosphère politique nauséabonde que les Hommes de Dieu, les croyants, continuent de fléchir genoux afin que le Dieu sauveur épargne la nation ivoirienne d'une guerre ethnique, fratricide préjudiciable à tous. Ce, en dépits de la parole de Dieu annoncée dans Esaïe 55-11 qui dispose qu'aucune parole ne sort de la bouche de l'Eternel et retourne à lui sans avoir accompli ses effets. Nous, ivoiriens, continuions de garder le secret espoir que la nation soit épargnée d'une autre guerre meurtrière, plus atroce que celles déjà vécues.

Mais, 10 mois après le drame du 11 avril 2011, cet espoir d'une Côte d'Ivoire paisible commence à être étouffé de plus en plus par une peur de revoir la mère patrie s'embraser, de voir le Dieu sauveur, bon, miséricordieux, faire sa volonté telle qu'annoncée  par ses prophètes.   Les faits nous horrifient et la tentative d'en donner les causes ne résout rien. Pis, les esquisses de solutions pour exorciser le mal semblent d'emblée inefficaces. Malheureusement, ceux à qui est destiné l'exploit divin annoncé, courent vers celui-ci dans l'arrogance, en ignorant le divin maître. Plus grave, ils caressent le désir de ruser avec l'être suprême.

En effet, 10 mois après la prise de pouvoir de Monsieur Ouattara par le coup d'Etat de la France contre le Président Laurent Gbagbo, le tableau est sombre. La cohésion sociale même précaire qui avait existé avant la crise post-électorale semble être désormais  très loin de nos rêves. Le corps de Christ est durement éprouvé, l'armée, jadis symbole de l'unité nationale est profondément divisée. La rébellion armée, alliée de la France dans le conflit ivoirien, victorieuse du 11 avril 2011, continue d'humilier les militaires de métier. Ce, avec la bénédiction de Monsieur Ouattara qui fait la promotion tous azimut des caporaux de la rébellion aux grades d'officiers supérieurs pour mettre sous leur commandement leurs supérieurs d'hier.

Aussi, l'armée nationale est-elle devenue hétéroclite avec des pro-Ouattara choyés d'un coté et des militaires républicains humiliés et bafoués de l'autre coté. Comme dans l'administration générale, cette promotion est faite sur une base  essentiellement ethnique.  Pour se justifier, Monsieur Alassane Ouattara ne manque pas de se présenter comme le Président des ivoiriens du nord contre  les ivoiriens des autres régions de la Côte d'Ivoire dont la mission prioritaire est de refaire « les torts » causés aux nordistes par les pouvoirs  précédents. Les conflits récurrents entre les populations et les FRCI (force pro-Ouattara) continuent d'allonger une liste déjà trop longue de personnes innocentes tuées pour ses ambitions. Alors que les FRCI malmènent dans l'impunité totale une frange de la population, les groupes ethniques commencent à se lever les uns contre les autres. C'est dans cette grisaille d'incertitude que les gouvernants nous annoncent des bruits de bottes de milices pro-Gbagbo dans certaines forêts. Pendant ce temps, les exilés dont des milliers de militaires, sous le poids des souffrances ignorées, pour éviter la mort devenue leur partage,  donnent de la voix. Et, peu à peu, la peur d'un lendemain ensanglanter  nous envahit.

Notre soif d'un futur meilleur nous pousse à rechercher les causes de la désagrégation du tissu social qui nous permettront certainement de proposer un remède fiable.

Du malaise de l'armée, aux conflits interethniques ça et là en passant par les affrontements entre les FRCI et les populations, sans oublier le fait que Monsieur  Ouattara revendique être le chef des tribus du nord après avoir endeuillé toute la nation pour en avoir la commande, sans ignorer les excitations militaires contre le pouvoir Ouattara,  une seule raison semble justifier ce chaos : L'INCERTITUDE SUR SON ELECTION.

Hier, alors que le Président Laurent Gbagbo, au nom de la démocratie préconisait un recomptage des voix pour vider le contentieux électoral comme dans les grandes démocraties, Monsieur Ouattara avec l'appui de la France et de sa rébellion armée a préféré faire la guerre pour conquérir le pouvoir. Ainsi, le 11 avril 2011, il a vaincu militairement sans convaincre qu'il a battu Laurent Gbagbo dans les urnes. Il a parachevé ainsi par les armes un processus électoral de sortie d'une crise armée qui devrait asseoir la démocratie là où les armes, ses armes avaient endeuillé de milliers de familles.

Cette guerre a jeté le doute dans tous les esprits quant à la victoire de Monsieur  Ouattara à cette élection. Le transfèrement du Président Gbagbo à LA HAYE n'a rien changé en cela et le doute court toujours. Tous ces bruits semblent chercher la réponse à  une question et une seule : QUI A GAGNE LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE NOVEMBRE 2010 EN COTE D'IVOIRE ? QUI ???

Pour se faire, au nom de la stabilité en Eburnie, il nous parait impérieux qu'une réponse soit donnée à cette question afin de ne pas perpétuer la dictature des armes dans une Côte d'Ivoire  jadis havre de paix. Même la mise en alerte maximale des forces onusiennes, Françaises et leurs supplétifs des FRCI, ne saurait nous empêcher de craindre un embrasement. Car, cette question hante l'esprit de chacun des ivoiriens au point où l'action de  déstabilisation peut venir de partout et de nulle part.

A regarder de près, nous pouvons dire sans risque de nous tromper, que nous tendons allégrement vers l'accomplissement des prophéties.

Malheureusement. Ces paroles divines prononcées sur la Côte d'Ivoire tendraient donc à se réaliser en dépit de nos prières à Dieu. Je veux refuser de croire et de penser qu'il y a encore une possibilité d'exorciser le mal. Une réponse existe à cette question et une seule : Le Recomptage des Voix. Seul le recomptage des voix  peut garantir la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire. Sans le recomptage des voix, l'apologie des armes pourrait faire école. Malheureusement !!!

Mais, Monsieur Ouattara qui a refusé le recomptage des voix à l'opposition, peut-il l'accepter maintenant alors qu'il parade ça et là fièrement en tant que ''Président de la Côte d'Ivoire'' ? La parole de Dieu sur la Côte d'Ivoire ayant été dite irrévocable, je ne serai  pas étonné de son refus.

Dans tous les cas, le juste sera justifié. Seulement que chaque pro-Gbagbo sache que c'est l'huile qui se répand sur la tête d'Aaron qui descend sur sa barbe pour ensuite couler sur le bord de ses vêtements. La tête de cette lutte en ce qui les concerne est Laurent Gbagbo.

Nous ne faisons que jouir, autant que nous sommes, à quelque niveau que nous soyons, de l'onction déposée sur sa vie. L'enjeu de la lutte est de réhabiliter la démocratie en Côte d'Ivoire par le rétablissement de la vérité des urnes relativement aux élections de novembre 2010 et non promouvoir de nouvelles valeurs à la place de celui qui a tout donné pour la liberté de l'ivoirien et par extension de l'africain. Dans cette lutte hautement spirituelle, différente d'une lutte politique ordinaire, la ruse n'a point sa place, seule la quête de la vérité et de la justice nous fera triompher. Laurent Gbagbo ne sera jamais un objet de  marketing pour l'ascension sociale et politique d'aucune  personnalité. En tout cas, pas dans cette phase de la lutte. Dieu y veillera car les souffrances que Gbagbo endure, sont à la gloire de l'Eternel et à lui seul.

Frères et sœurs, Dieu s'est disposé à essuyer nos larmes de douleur, de maltraitance. Face à cette coalition d'armées étrangères qui assiègent ton pays depuis des mois, aie l'assurance de la victoire car elle t'est gracieusement offerte par Dieu, le Saint d'Israël. Il t'a éprouvé dans la fournaise de l'adversité mais pour l'amour de son nom qui est invoqué sur toi, il veut agir afin que son nom ne soit point profané  et que sa gloire ne soit point partagée. Soit dans son temps et soit un bon instrument à sa gloire.


QUE DIEU BENISSE CHACUN DE NOUS !


Fait à Abidjan, le 26 février 2012.


LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO

LETTRE OUVERTE DU Dr CHEICK DIABATE A NICOLAS SARKOZY


LA FRANCE FORTE.jpg

ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANÇAISES

LE Dr CHEICK DIABATE ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT NICOLAS SARKOZY A PROPOS DE SA POLITIQUE D'INGERENCE EN COTE D'IVOIRE ET INTERPELLE LES ELECTEURS FRANÇAIS

 

M. Le Président, votre candidature à la Présidence de la République Française est effective même si vous avez démarré depuis longtemps la campagne avec les moyens de l'Etat. C'est l'heure du bilan c'est-à-dire l'heure pour dire aux françaises et aux français ce que vous avez fait des impôts qu'ils ont payés, des dettes que vous avez contracté en leur nom et du pouvoir d'Etat à vous confié. Evidemment vous leur direz ce que vous avez envie de leur dire pour assurer votre retraite sans tracasserie juridique ou votre réélection. Une partie du peuple français n'aura aucun élément pour vous contredire car nourrie par une presse d'Etat instrumentalisée par vous. Etant donné que les ivoiriens ne seront pas invités au débat au nom du principe sacro-saint de la souveraineté des états, ils n'auront donc pas l'occasion de dire ce que votre presse aux ordres n'a pas voulu dire, à savoir, comment vous vous êtes invité dans les élections en Cote d'Ivoire en violation du principe de la souveraineté et des règles internationales qui encadrent toute présence étrangère dans un pays hôte. Pour que les françaises et les français soient informés en dehors de l'AFP, France 24, TV5 ou RFI et compagnies de vos agissements en leur nom sur la scène internationale, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour donner l'exemple de la Cote d'Ivoire qui n'est pas différent d'autres cas à travers le monde.

La guerre inutile et couteuse contre la Cote d'Ivoire

Suite aux élections présidentielles en Cote d'Ivoire de 2000 qui a vu l'élection de Laurent GBAGBO comme président de la république de Cote d'Ivoire, votre prédécesseur Jacques CHIRAC attaque la Cote d'Ivoire sous le masque d'une rébellion armée et entrainée avec les moyens de l'Etat français. Le pays est alors divisé en deux et l'armée française règne en maitre pendant 9 ans se donnant le droit de détruire les avions de l'armée ivoirienne et de tuer 56 jeunes ivoiriens en 2004 devant l'hôtel ivoire à Abidjan. La raison de cette rébellion inutile était simple : Le Président GBAGBO n'était pas le choix de la droite française en 2000 et sa politique est déterminée sans l'aval de la France.

En Novembre et Décembre 2011, le Président Laurent GBAGBO a été proclamé Président de la république de Cote d'Ivoire avec 51.45% par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire, organe chargé de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles en Cote d'Ivoire. Contre toute attente, l'ambassadeur de la France en Cote d'Ivoire, s'ingérant d'une manière inacceptable dans une élection qui ne le regarde pas, kidnappe le président de la Commission électorale, organe chargé de l'organisation technique des élections et fait proclamer un autre résultat en faveur de l'adversaire du Président GBAGBO peu avant celui du conseil constitutionnel, en dehors de toute règle, et, chose curieuse au QG du candidat adverse : M. OUATTARA Alassane. Actionné par votre soin, seule la télévision française France 24 a eu la primeur de l'information certifiée ensuite par l'ONU. Une crise postélectorale s'ouvre. Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix pour trouver une solution pacifique à la crise comme cela a été fait en HAITI dans le même mois suite à une crise identique.

M. SARKOZY, vous devez dire au français pourquoi vous n'avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour le blocus du port d'Abidjan privant la Cote d'Ivoire de médicaments ayant entrainé plusieurs morts, pour l'embargo sur le cacao ivoirien, pour la fermeture des banques, pour les sanctions européennes contre les personnalités proches de Gbagbo et les entreprises publiques, etc. Lorsque cette méthode macabre n'a pas marché, vous avez violé le mandat de l'ONU et l'embargo sur les armes pour armer des rebelles et faire débarquer des contingents entiers de l'armée française pour larguer plusieurs es dizaines de bombes sur les ivoiriens qui sont morts par centaines. Là où CHIRAC a échoué en 2002 en se cachant derrière les rebelles, vous avez réussi à parachever le coup d'Etat de votre prédécesseur en bombardant la résidence officielle d'un chef d'Etat sans déclaration de guerre autorisée par le peuple français. Vous avez fait croire comme un refrain par media français instrumentalisé, que GBAGBO a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections présidentielles alors que c'est bien vous qui aviez refusé de reconnaitre la décision prise par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire le proclamant vainqueur de l'élection présidentielle. Une décision constitutionnellement sans recours.

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République de France, la France ne peut éternellement soumettre la Côte d'Ivoire à cette négation de sa souveraineté qui rappelle l'époque de la colonisation et en cette période de mondialisation. Cette forme de collaboration à coup de bombes ne peut durer qu'un temps. Cette tromperie intellectuelle qui consiste à faire voter une résolution à l'ONU pour contourner la Constitution de votre pays dans le but de faire la guerre à un autre pays et à bombarder les résidences des Présidents appelées bunker pour la circonstance ne peut tromper qu'un instant. Vous tirez aujourd'hui les conclusions de votre tricherie intellectuelle qui ne prend plus. Car, en Syrie où il y a plus de morts qu'en Côte d'Ivoire avant votre guerre, vos vœux de résolutions restent sans suite. Les pays émergents restent sourds à vos sollicitations. L'Afrique du Sud et le Brésil ne veulent plus vous suivre dans vos chevauchées guerrières estampillées ONU. La Russie et la Chine vous montrent leur veto.

Les bombes

Vous qui espérez un deuxième mandat, avez-vous pris une seule fois l'avis des français avant d'aller bombarder des femmes et des enfants et traumatiser des populations entières ? Les avez-vous seulement consultés pour aller dépenser leurs impôts et autres cotisations fiscales dans des bombes meurtrières.

Monsieur Sarkozy, sachez qu'en Afrique sinon en Côte d'Ivoire quand on bombarde les casernes de gendarmes où vivent femmes et enfants, on ne bombarde pas que des poudrières, on bombarde aussi ces femmes et ces enfants. Nous vous demandons d'avoir le courage d'informer vos compatriotes de ces femmes et enfants que vous avez tués. Ces morts dont ni Radio France Internationale (RFI), ni France 24 ne parlent. Tous ces employés et ces jeunes morts à la résidence du Président GBAGBO que vous avez traité de bouclier humain.

Prenez le soin Monsieur le Président de dire aux Français que la « démocratie » que vous avez installée en Côte d'ivoire tue plus que la « dictature » que vous avez enlevée car cette « démocratie » a sélectionnée une ethnie « pure » en Côte d'ivoire pour constituer une armée, une administration et un parlement constitués de cette ethnie « pure » qui applique la solution finale : le massacre des « impurs », femmes et enfants qui s'étaient réfugiés à la mission catholique de Duékoué et d'ethnie « impure » (plus de 800 morts en une seule journée selon le CICR). On appelle cela un génocide dont vous êtes coauteur.

Vous êtes complice de Monsieur Alassane Ouattara et de « sa solution finale » faite de massacres, de déportations, d'emprisonnements dans des camps de concentration et de gels des avoirs des « impurs » qui ne veulent pas se soumettre. Plus d'une centaine de prisonniers politiques, plus de 200 comptes bancaires gelés et une dizaine de personne assassinées, violée ou blessées chaque jour, telle est le sort des « impurs » ivoiriens aujourd'hui et vous le savez.

Si vous avez pris le temps de réfléchir sur vos actes vous comprendriez que leur portée n'a été que négative ; vous avez largué des bombes sur Abidjan, résultat : vous avez créé une dictature tribale comme régime, assistée d'experts français avec une Côte d'Ivoire divisée sans espoir de réconciliation.

Vous avez largué des bombes sur la Libye et dites-nous quelle démocratie avez-vous instaurée dans ce pays ? Des innocents sont morts, des travailleurs noirs croupissent dans les prisons libyennes car considérés comme des miliciens de Kadhafi, alors que l'Union Africaine (UA) demandait de dialoguer avec Monsieur Kadhafi.

Vous avez bombardé dans le nord du mali les 4x4 contenant vos jeunes compatriotes pris en otage par AQMI et résultat, ils sont morts. Là aussi vous avez choisi la force. Vous voyez Monsieur Sarkozy si la force était l'unique solution les Fourmies n'auraient jamais construit leur termitière.

Les prisonniers politiques et exilés

La Première dame Simone Gbagbo à Odienné, les neuf (9) prisonniers politiques de Boundiali, les quatre (4) de Katiola, les deux (2) de Bouna, ceux d'Abidjan et de Korhogo qui croupissent dans des conditions carcérales sans nom. Votre silence les tuera.

Madame Hilary CLINTON s'est rendue en Côte d'Ivoire pour parler de pétrole mais aussi pour parler avec Monsieur OUATTARA de justice, de démocratie, de sécurité et de dialogue avec l'opposition pour asseoir une réconciliation durable entre Ivoiriens. Et vous Monsieur Sarkozy, vous avez dépêché M. COPE chez M. OUATTARA pour parler de financement de l'UMP et des élections en France sans se préoccuper du sort de son homologue AFFI N'GUESSAN, chef du plus grand parti politique de Cote d'Ivoire emprisonné par M. OUATTARA et vous avez reçu en grande pompe M. OUATTARA sans que les françaises et les français ne sachent le contenu des valises transportées par l'avion de M. OUATTARA et sans même avoir la décence de l'interroger sur le sort de Michel GBAGBO, votre compatriote français de mère française comme vous dont le seul crime est de s'appeler Gbagbo, pris en otage dans les geôles de Bouna dans le nord de la Côte d'Ivoire par les hommes de Ouattara. Vous êtes-vous interrogé sur la mort de tous ces exilés internes et externes qui ont souffert dans les douleurs des maladies et morts par manque de soins car vos résolutions ont gelé leurs comptes bancaires. La faute de ces hommes et de ces femmes est d'avoir été du côté de Monsieur Gbagbo lors des élections présidentielles de 2010, est-ce un crime ? Non, mais vous aux yeux des Ivoiriens vous êtes un criminel.

Exactions sur les journalistes

Monsieur Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne que vous avez présenté aux yeux de tous, surtout en Europe, comme un dictateur, a fait voter une loi interdisant l'emprisonnement des journalistes. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire nous assistons à une régression des conditions de vie des journalistes. Vous êtes-vous interrogé sur le sort de ces journalistes qui sont emprisonnés ou licenciés sans motif valable. En 9 mois de pouvoir, la Cote d'Ivoire enregistre 9 journalistes prisonniers et 300 mis au chômage technique. Ces hommes et ces femmes qui ne font que leur métier et ne font qu'apporter la contradiction aux discours propagandistes de Monsieur Ouattara en livrant une autre information. Est-ce un crime ? Non, mais votre surdité à leur égard vous rend complice. Vous êtes leur geôlier et bourreau.

L'université d'Abidjan

Les étudiants ont été des cibles de bombardement de l'armée française en violation des franchises universitaires car la majorité de la jeunesse estudiantine se reconnait dans la politique du Président GBAGBO. Considérés comme des miliciens pendant la guerre que vous avez menée contre la Cote d'Ivoire, tout étudiant tombant entre les mains de l'armée ethnique de M. OUATTARA était systématiquement exécuté.

La première grande « solution finale » pour l'université, a été la fermeture pure et simple de l'université. Plusieurs générations d'ivoiriens se trouvent privées d'université. L'avenir de la Cote d'Ivoire se fera sans les ivoiriens. Peut être est-ce la « solution » SARKOZY-OUATTARA pour dominer longtemps la Cote d'Ivoire.

Conclusion

Monsieur le Président Sarkozy, au moment où cette lettre vous parviendra vous serez devant les Français pour les prochaines élections présidentielles. Dans votre bilan de fin de mandat, de grâce, n'oubliez pas de dire aux Français qu'à cause de vos ambitions personnelles des hommes, des femmes et des enfants sont mort en Côte d'Ivoire sous des bombes, par des exactions, par manque de soins. Vous avez de façon directe ou indirecte participé à la mort de ces personnes et cela n'oubliez pas de le dire aux Français vous leur devez cette vérité.

Vous avez placé à la tête de la Côte d'Ivoire Monsieur Ouattara (il ne représente que 23% de la population ivoirienne selon les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010) comme Président, vous étiez présent à son investiture. Son Premier Ministre et chef des armées est Monsieur Guillaume Soro. Une armée composée d'ex-rebelles d'un même groupe ethnique, de chômeurs et de prisonniers qui chaque jour tuent, violent et volent en Côte d'Ivoire en toute impunité. Votre silence assourdissant nous effraie et vous rend complice une fois de plus de ces nombreux meurtres.

Dites aux Français que c'est la Licorne (armée française) qui lui sert de garde rapprochée car il n'a plus confiance en l'armée rebelle, FRCI, que lui-même a créée.

Au moment où la Côte d'Ivoire n'a plus d'Etat et que des braconniers, les dozos, font office de policiers et de gendarmes et tuent chaque jour des civils sous le regard de l'ONUCI et de la force française Licorne, n'allez pas faire croire en France que votre politique extérieure de copinage a pu instaurer la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire. Non, il n'en est rien. Vous n'avez fait que repousser les échéances et derrière ce calme de façade la Côte d'Ivoire se déchire et se meurt un peu plus chaque jour.

Monsieur le Président, lorsque ce courrier vous parviendra et comme vous avez fait l'aveu d'avoir le courage de dire la vérité aux françaises et aux français pendant votre campagne, ayez le courage de livrer le contenu de cette lettre par vos presses qui leur ont caché la vérité sur la Côte d'Ivoire pour qu'ils sachent ce que vous avez fait de leur argent en Côte d'Ivoire.

Vous remerciant,


Dr Cheick DIABATE

Enseignant-Chercheur,

Université de Colorado, USA

AFFRONTEMENTS ARMES ENTRE L'ONUCI ET LE RDR: 7 MORTS, VIVE TENSION A BONON


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Les 7.741 votants sur 24.823 inscrits dans les 99 bureaux de vote dans la circonscription électorale des sous-préfectures de Bonon et de Zaguiéta étaient convoqués pour les législatives partielles du 26 février dernier. Ouverts à 8h, les bureaux de vote ont fermé à 17 h. Pendant le déroulement du scrutin aucun incident majeur n'avait été signalé. Il est 20 h. L'Onuci est alertée que les partisans du candidat Rdr, Koné Yacouba, sont allés à Gbangbokouadiokro en vue d'empêcher l'acheminement des procès verbaux des bureaux de vote de ce campement à la Cei locale parce qu'ils ont appris que leur adversaire, le candidat indépendant mais pro-Pdci, Kouadio Kouassi Denis, a eu 5.654 voix contre 2.951 pour Koné Yacouba.

Les casques bleus de l'Onuci se rendent dans le campement pour escorter alors les urnes et les procès verbaux. Selon notre source digne de foi, ce cortège onusien a été attaqué en route dans une plantation d'anacardiers à 500 mètres de Gbangbokouadiokro. Aux environs de 21 h, le cortège de l'Onuci et de la Cei arrive devant la pharmacie de Bonon à quelques 150 mètres du quartier général du candidat du Rdr, Koné Yacouba. Il est encore attaqué par les militants du Rdr à l'arme de guerre. La rispote des soldats de l'Onuci est immédiate et fatale. Bilan des échanges de feu : 7 militants du Rdr tombent sous les balles.

Malgré la présence des plus de 400 agents de forces de l'ordre, Bonon est sous tension. Toute la direction de campagne du candidat indépendant mais pro-Pdci, Kouadio Kouassi Denis, était enfermée dans son quartier général apeurée.

Il est 21 h 15 mn, ce 26 février au siège de la Cei locale. Le candidat rdr, Koné Yacouba, a intimé l'ordre à ses représentants à la Cei d'arrêter le travail. Ce qui a été exécuté par le superviseur national, Mme Touré.

Les élections législatives se sont achevées dans la violence sans résultats. Joint, le Sous-préfet de Bonon, Guillaume Yapi Yapi, nous a exprimé son amertume. « Les candidats nous ont promis de privilégier les règles de la démocratie pour le bonheur du pays en général et des Sous-préfectures de Bonon et de Zaguiéta en particulier. Je suis touché par ces pertes en vie humaine. Je prie Dieu qu'une telle situation malheureuse ne se répète plus à Bonon», soutient-il.

La population de Bonon a vécu du 26 février à hier, 27 février, un véritable environnement de guerre. On entendait des coups feu partout. Les populations innocentes se sont terrées chez elles. Tous les campements Baoulé ont été vidés de leurs habitants de peur d'être attaqués. Les membres de la direction de campagne de Kouadio Kouassi Denis se sont enfermés dans leur quartier général. La joie qui les animait par rapport aux résultats partiels des 65 bureaux de vote qui donnaient 5.654 voix à leur candidat contre 2.951 voix au candidat du Rdr s'est vite transformée en inquiétude voire en peur. Bouh Gilbert, directeur de campagne du candidat Kouadio Kouassi Denis, déclare que les résultats partiels donnent son candidat vainqueur. Mais pour l'heure, Bonon n'a toujours pas de député.



Eustache Gooré Bi


Source: NOTRE VOIE

MANDATS D'ARRET CONTRE LES PRO-GBAGBO: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BENINOIS BONI YAYI

 

YAYI BONI.jpg

Lettre ouverte au Président Boni Yayi, Chef de l'Etat, Chef du gouvernement et au Ministre de l'Intérieur Benoît Dègla

 

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,


Il nous revient que des manœuvres politiques secrètes sont actuellement en cours visant à exécuter les termes d'un mandat d'arrêt international  contre de paisibles personnalités ivoiriennes réfugiés chez nous. La récente visite d'Alain Juppé, Ministre français des Affaires Etrangères, au Bénin s'inscrit certainement aussi dans ce cadre, eu égard au rôle combien néfaste que joua la diplomatie française dans le coup d'Etat militaire contre le Président Gbagbo en Avril 2011.

En effet, dans sa parution du 20 février 2012, le quotidien béninois Fraternité nous apprend que 13 hauts dignitaires de l'ancien régime de Laurent Gbagbo sont l'objet d'un mandat d'arrêt international  par la section béninoise d'Interpol.

Par ailleurs, une note du Ministre béninois de l'Intérieur Benoît Dègla, à votre attention,  affirmait que « D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Je voudrais vous signifier, au travers de cette interpellation publique, le caractère dangereux et suicidaire d'une telle entreprise si elle venait à s'accomplir. Votre responsabilité en tant que Chef d'Etat béninois ainsi que celle de votre gouvernement seraient clairement engagées devant l'Histoire, l'opinion publique béninoise et africaine comme responsable de ce qu'il adviendrait de ces personnalités réfugiées chez nous.

Au regard de ce qui précède, mon hostilité à l'exécution de ce mandat se fonde entre autres, sur les raisons suivantes :

1- Votre responsabilité de Président en exercice de l'Union Africaine

Monsieur le Président, vous aviez à votre corps défendant, tenté de concilier les vues des différents protagonistes de la crise ivoirienne avec l'infortune qu'on sait. Donc vous connaissez parfaitement les méandres de cette crise ainsi que les responsabilités de chaque acteur politique ivoirien. A ce titre, vous devez claire¬ment vous opposer à cette manœuvre politique de M. Ouattara et ses complices qui voudraient faire du Bénin l'allié objectif d'une mascarade judiciaire grave¬ment attentatoire à une véritable réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. 

Par ailleurs, en votre qualité de Président assurant la présidence tournante de l'Union Africaine, il n'est pas superflu de porter à votre attention que de nombreuses personnalités ivoiriennes et leurs proches sont détenues dans les prisons de M. Ouattara au mépris des dispositions juridiques de la Charte africaine des droits de l'Homme notamment en ses articles 5, 6, et 7 qui consacrent la liberté et sécurité individuelles ainsi que la dignité humaine hors de tout traitement inhumain dégradant. Ces personnalités, depuis plusieurs mois sont incarcérées sans jugement.

Il est aussi de votre ressort d'exhorter de manière ferme les nouvelles autorités à cultiver un dialogue inclusif sans préalable visant à créer les conditions d'une sécurité réelle des biens et des personnes, laquelle favoriserait le retour d'exil des milliers de réfugiés ivoiriens vivant au Togo, Bénin, Libéria et au Ghana.

C'est le minimum qu'on puisse attendre de votre mandat à la tête de l'Union Africaine.

L'Union Africaine, vous en conviendrez sans doute, doit impérativement faire peau neuve et changer de paradigme quant à sa façon de résoudre les conflits qui meurtrissent si souvent l'Afrique. Son discrédit va grandissant au sein de l'opinion publique africaine qui la perçoit comme une institution-croupion phagocytée par l'Occident.

2- Préserver la réputation de terre d'hospitalité du Bénin

Excellence, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Malgré tous les soubresauts qu'a connu notre pays, il est édifiant de constater combien ont toujours été sauvegardées la cohésion nationale et une certaine « paix des braves » entre les différentes chapelles politiques béninoises.

Même durant les années où nous étions considérés à juste titre comme « l'enfant malade » de l'Afrique à cause de la propension du Dahomey d'alors, à enfanter des putschs militaires, jamais nous n'avions franchi le rubicond des assassinats politiques et autres massacres massifs des populations béninoises.

C'est une expérience politique à faire partager aux nouvelles autorités en charge de la Cote d'Ivoire. Comment ne pas ressentir une certaine fierté personnelle lorsqu'à l'occasion d'un évènement officiel (la fête nationale du 01 Août, par exemple), tous nos anciens Chefs d'Etat -civils ou militaires- se tenaient proches les uns des autres et ce, en estime réciproque. Ainsi les Présidents Maga, Ahomadegbé, Zinsou, Kouandété, Kérékou, Soglo... ont su préserver l'essentiel en évitant de recourir à l'assassinat politique de leurs adversaires respectifs. Leur esprit de tolérance et d'ouverture politique explique sans doute cela.

Sur un tout autre plan, le Bénin a longtemps accueilli des milliers de réfugiés togolais sur son sol durant les années 90 et plus récemment en 2005 lors des massacres ayant suivi le décès du Président togolais Gnassingbé Eyadema et le transfert des charges présidentielles à son fils Faure Gnassingbé.

Idem pour de nombreux citoyens rwandais et burundais durant le génocide au Rwanda et les massacres au Burundi dans les années 1994/1995.

Que dire des nombreux citoyens congolais des deux rives du fleuve Congo que notre pays a accueilli en 1997 durant la guerre civile à Brazzaville (Congo) d'une part et l'arrivée au pouvoir de Laurent Désiré Kabila en République Démocratique du Congo d'autre part. L'accueil récent des centaines de réfugiés ivoiriens fuyant la barbarie des milices tribales de Guillaume Soro sous la responsabilité de M. Ouattara, s'inscrit aussi dans cette longue tradition d'hospitalité béninoise.

Or la perspective d'une extradition éventuelle des personnalités ivoiriennes proches du Président Gbagbo ou anciens serviteurs de l'Etat de Côte d'Ivoire serait non seulement une faute politique grave mais aussi une menace pour la cohésion nationale ivoirienne déjà fort mise à mal par « le rattrapage ethnique » de M. Ouattara. Cette extradition éventuelle pourrait dissoudre le « contrat d'accueil » qui nous lie depuis plusieurs décennies déjà aux personnes réfugiées dans nos contrées.

Vous devez, Monsieur le Président, ne pas prêter flanc à cette mascarade judiciaire en vous opposant fermement à tout renvoi de ces réfugiés vers Abidjan.

3- Récuser la vengeance justicière en cours en Côte d'Ivoire

Une sagesse bantoue nous apprend que « lorsqu'on a mis les genoux de son adversaire à terre, il est inutile de lui jeter du sable à la figure ».

L'innommable se produit sous nos yeux à Abidjan ! Le crime, le mensonge, le déshonneur et le poltronisme politique dans toute sa laideur. Sans parler de la Justice ivoirienne, cette faucheuse à sens unique dont le discrédit public a atteint le seuil de l'infamie. Comment qualifier aujourd'hui ce qui se passe à Abidjan sinon d'une volonté d'humilier et de faire rendre gorge tous ceux qui n'ont pas l'heur de plaire aux nouveaux « administrateurs » de l'Etat de Cote d'Ivoire et à leurs mandataires occidentaux. Les dignitaires de l'ancien régime relégués désormais au rang de « sans-culottes », sont contraints à la mendicité, à la maladie et à l'indigence matérielle pour survivre. Rien pourtant ne justifie cette chasse à l'homme.

Tous les proches de M. Ouattara et des FRCI (Forces Républicaine de Côte d'Ivoire !) coupables de pires crimes comme les massacres à Duékoué (27 au 29 mars 2011), les incendies de villages, les pillages de banques locales, les exécutions sommaires de citoyens, les pillages et vols à main armée, ne sont guère inquiétés et narguent leurs victimes.

Plus affligeant encore, est l'absence d'un grand dessein national dans ce sombre tableau ivoirien. La Côte d'Ivoire est « gérée » au jour le jour sans rétrospective et hélas, sans prospective. Une gouvernance à la petite semaine !

L'insécurité règne en maître, le saupoudrage est partout, l'auto-adoration est célébrée et le griottage médiatique fait le reste. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont licenciés sans ménagement de l'administration publique et autres offices d'Etat parce que jugées proches de Gbagbo. Cette nouvelle doxa politique s'appelle le « rattrapage ethnique », sorte de néologisme de l'Etat-dioula inventé par M. Ouattara, ce Barrientos aux petits pieds. 

Cet état de fait abondamment décrit par les médias ivoiriens et internationaux résume bien le nouvel ordre ivoirien.  Un pays en réalité victime de ce que Wangari Maathai, l'ancienne Prix Nobel de la Paix qualifie de « syndrome du mauvais autobus » parce que porteur d'instabilité, de précarité sociale et d'impasse politique.

Monsieur le Président, vous avez à l'égard du peuple ivoirien et des africains, une exigence de vérité et de justice, loin de toutes collusions politiciennes. 
Le Bénin vous observe.

En guise de conclusion, je voudrais vous rappeler que le Bénin n'est pas une république bananière, par conséquent, votre responsabilité politique est clairement engagée  si ces différentes personnalités ivoiriennes venaient à être renvoyées à Abidjan. Inutile de vous décrire ce qui les attend dans les geôles ivoiriennes. Le Bénin a une ancienne culture de dialogue politique, ce qui fait qu'aucun prisonnier politique ne croupit dans nos prisons depuis le Renouveau démocratique opéré après la Conférence Nationale de Février 1990.

Votre leadership doit pouvoir capitaliser tout cet héritage historique et politique béninois, en affirmant clairement la primauté des principes et règles démocratiques face à la tentation autocratique de M. Ouattara.

Salutations distinguées.                       


Bruxelles, le 26 février 2012



Olivier FADO


Citoyen béninois
Vice-président du MORAF (Mouvement pour la Renaissance Africaine)
m.moraf@yahoo.fr

COTE D'IVOIRE: LA SOCIETE DE MEFIANCE

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Après Gbagbo, qui ? L'annonce de l'élargissement de l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Louis Moreno-Ocampo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a dominé l'actualité de la semaine qui vient de s'écouler et a objectivement créé un vent de panique au sein d'une partie de la classe politique ivoirienne, et parmi les chefs de guerre qui ont fait rois les hommes qui nous gouvernent. Persuadés jusqu'à il y a peu que la CPI était un bagne réservé à Laurent Gbagbo et à ses «semblables», un certain nombre de personnalités et d'hommes de main du régime Ouattara ont progressivement commencé à s'inquiéter.

Le premier signal est venu des «fuites» orchestrées autour de la visite à Abidjan de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, dont certains médias ont assuré qu'elle a demandé le départ de Guillaume Soro de la Primature et sa comparution devant la CPI, au moins «à titre de témoin». Désormais, les «parties ivoiriennes» semblent résolues à admettre que «la grande faucheuse» de La Haye s'abattra sur tous les camps, même si l'on continue de supputer sur le niveau auquel ceux qui vont frapper frapperont, s'agissant des actuels hommes forts du pays.

Désormais, les haines inter-ivoiriennes se cristallisent sur les supputations autour des futurs compagnons de bagne du président Laurent Gbagbo. Les pro-Ouattara veulent penser que l'élargissement aggravera le cas de ses opposants, mais peuvent difficilement ignorer que la perspective de transfèrements crée l'inquiétude et aggrave les dissensions sourdes en leur sein. Les pro-Gbagbo ne sont pas persuadés que le fameux élargissement, encadré idéologiquement par une juridiction et un procureur dont le caractère partisan n'échappent plus à personne, arrange leurs affaires. Mais ils ont pleuré, et essuieront un peu leurs larmes si le mal qui les a frappés s'abat également sur les différents actionnaires de l'ex-rébellion. Les militants du PDCI, parti dont l'influence ne cesse de diminuer, espèrent en un «grand nettoyage» qui affaiblira à la fois les «drôles d'alliés» du RDR - Forces nouvelles et les ennemis jurés du FPI.

Au-delà des considérations politiques immédiates, il est important de noter que la problématique de la justice internationale appliquée à la Côte d'Ivoire vient renforcer la logique de la «société de méfiance» qui a cours depuis bientôt vingt ans. Tout le monde soupçonne tout le monde de vouloir l'envoyer à la CPI, de vouloir instrumentaliser la communauté internationale contre lui, de préparer un «coup» pour éviter l'inéluctabilité d'un transfèrement ou d'un «grand déballage» consécutif à un transfèrement. Dans ce contexte, l'idée selon laquelle «la lutte contre l'impunité» pourrait participer à réconcilier les Ivoiriens et à exorciser les démons de la guerre apparaît comme une dangereuse illusion. Une illusion de plus.

Une lourde bombe de non-dits fait tic-tac-tic-tac

Pourquoi donc ? Pourquoi les gouvernements de réconciliation, les forums de réconciliation, les commissions de réconciliation et désormais les juridictions internationales ne parviennent-elles pas à normaliser les relations politiques et sociales au pays des Eléphants depuis tant d'années ? Il semble clair qu'au-delà de tout, les Ivoiriens ne sauraient faire la paix des cœurs sans se réconcilier sur leur récit national commun. Quelles sont les causes profondes de la longue guerre à bas bruit qui ne cesse de recommencer ? Problèmes identitaires insolubles ? Mauvaise foi des politiques ? Volonté forcenée de parvenir au pouvoir en dépit des règles républicaines ? Difficulté à admettre la diversité des opinions politiques et à les faire cohabiter au sein des institutions ?

Quelle est la réalité du rôle des uns et des autres dans la guerre et la déstabilisation du pays ? Qui a fait quoi ? Pourquoi ? Y a-t-il quelque chose à regretter dans ce mode d'accession au pouvoir ? Si la réponse est négative, quel impératif moral pourrait-on opposer aujourd'hui à ceux qui, voyant la prime accordée hier à la rébellion, rêvent de rééditer l'exploit du duo RDR-FN ? L'absence de réponses sérieuses à ces questions rend toute réconciliation sincère impossible.

C'est notamment parce que l'histoire secrète de la rébellion est secrète que l'alliance Soro-Ouattara est tant malmenée par le spectre de la CPI. Si à l'étranger, l'on peut considérer le lâchage annoncé par Ouattara de son Premier ministre comme une sorte de «mise à égalité» des deux camps pouvant atténuer le sentiment d'injustice des pro-Gbagbo, l'on a conscience, en Côte d'Ivoire, que toute inculpation ou transfèrement de Soro ou d'un de ses principaux chefs de guerre aurait un goût amer de sacrifice destiné à garantir une fois de plus l'impunité et l'irresponsabilité de «l'âme invisible» de la rébellion, qui a vampirisé toute une génération et mené à la mort des milliers de jeunes sans prendre de risques. Pour satisfaire ses ambitions en gardant l'image du «technocrate policé» qui ne saurait être parasitée par un profil de chef de guerre à la Jonas Savimbi. Une lourde bombe de non-dits fait «tic-tac-tic-tac-tic-tac».

Et si l'on admettait une fois de plus que les interférences diplomatiques, les diktats, les interventions armées, les interprétations intéressées du récit national par ce qu'il est convenu d'appeler «la communauté internationale» contribuent plus à crisper le débat national qu'à l'ouvrir et à le dynamiser ? Le bouclier que la France accorde aujourd'hui de manière grossière à Alassane Ouattara renforce l'arrogance de son camp et le conforte dans son refus de tout compromis à même de rassembler les fils de la Côte d'Ivoire autour d'une espérance démocratique saine. Posons la question qui fâche : la «société de méfiance» à l'ivoirienne n'est-elle pas une aubaine pour l'ONUCI désormais installée dans le pays de manière structurelle et pour l'ancienne puissance coloniale et les autres nations occidentales, qui tirent profit de manière générale de «l'ingouvernabilité» africaine pour mettre en œuvre leurs stratégies impériales ?

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

RUMEURS DE COUP D'ETAT: OUATTARA PREPARE UNE PURGE AU SEIN DE L'ARMEE

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« Chers parents, comme je suis votre fils, je vous dois la vérité. Je n'aime pas l'injustice et je ne pose jamais d'actes sans preuves. Des gens ici tentent de s'organiser pour déstabiliser les institutions. Quand j'ai été informé, j'ai infiltré le réseau avec des gens. Ceux-ci ont suivi de bout en bout l'opération. Quatre jours avant le coup, j'ai fait arrêter tous les comploteurs. Il y avait d'anciens militaires, des marins et des gendarmes ». Tel est le point fait par Koné Zakaria aux populations de Bonoua après un séjour de plusieurs jours dans la cité. Et quand on sait les raisons inavouées de cette battue dans la ville natale de l'ex-première dame, on peut facilement affirmer que la mission assignée au commandant de la police militaire, a porté ses fruits. Selon le service de communication de la police militaire, il y a eu l'arrestation de plusieurs personnes par le patron de la police militaire dirigée par le «commandant» Koné Zakaria,  accompagné pour la circonstance, de ses hommes. Plusieurs personnes innocentes donc  illégitimement soupçonnées par  l'actuel pouvoir  de vouloir le déstabiliser, sont, sans motif valable, détenus dans les geôles de la police militaire.

Pour  parvenir à ce résultat bien apprécié par ses mandants, il a fallu aux sécurocrates du pouvoir, créer les raisons de la mission de cette police militaire à Bonoua. C'est d'ailleurs cette manipulation de certains collaborateurs de la royauté, qui entretiendraient d'excellents rapports avec  la présidence, qui explique le contenu de leur discours, lequel avait d'ailleurs tout l'air d'une plainte. On s'entendra dire par exemple que le patron de la police militaire a été ''convoqué'' pour non seulement, s'expliquer sur les récentes arrestations opérées dans la cité, mais aussi, pour situer les causes des différents cas de viols, de vols et autres assassinats constatés ces derniers temps dans la ''paisible'' cité. «A Bonoua, nous sommes inquiets. Depuis quelque temps, il y a des viols, vols, enlèvements et assassinats dans cette cité jadis paisible. Nous ne comprenons plus que Bonoua, réputée pour être une ville calme et paisible, baigne aujourd'hui dans l'insécurité. Face à une telle situation, nous avons jugé bon de convoquer notre fils (Koné Zakaria) pour l'entendre ».


Le poisson ayant mordu à l'hameçon, il ne restait plus qu'à  Koné Zakaria qui tenait entre ses mains toutes les cartes pour lancer sa machine de la grande purge au sein de l'Armée nationale, d'agir. Très remonté,  l'homme va lancer des piques  aux parents de Bonoua  avant d'annoncer des actions de grandes envergures indispensables au maintien de la sécurité dans le  pays. « Parlez à vos enfants parce que mon souhait n'est pas d'arrêter des innocents, mais des auteurs des exactions. Je le fais pour  que chaque Ivoirien soit en paix. Je vous demande de donner des conseils aux jeunes. Il faut que la paix revienne définitivement pour que le développement soit possible ».


Le commandant de la police militaire a soutenu avoir arrêté des personnes aux intentions inavouées. « J'ai arrêté un groupe de personnes (militaires) en pleine réunion. Qui préparait une attaque sur la ville de Bonoua et d'autres localités ». Et d'ajouter qu'il est  informé que ces personnes viennent du Ghana, notamment des marins en complicité avec des jeunes de Bonoua  pour perpétrer ces attaques. Il faut souligner que  ce n'est pas seulement à Bonoua que Koné Zakaria a procédé aux arrestations. A Abidjan comme à l'intérieur du pays, le patron de la police militaire a arrêté des civils et des gendarmes soupçonnés de vouloir porter un coup au pouvoir de Ouattara.  Au dire du commandant, Bonoua est devenu le lieu privilégié des exilés d'Accra, des militaires pro-Gbagbo qui y ont installé de nombreuses caches d'armes. Ce n'est pas la première fois que Koné Zakaria fait de telles incursions dans des cités sur délations, le patron de la police militaire s'est déjà rendu dans plusieurs localités de la Côte d'Ivoire à la recherche de militaires, policiers, gendarmes et marins supposés pro-Gbagbo.  A Dabou, Sikensi, Gagnoa, Azaguié, Agboville et Bouaké,  l'ancien Com'zone de Vavoua et Séguéla, a affirmé avoir déniché des soldats qui seraient encore loyaux à l'ancien chef d'Etat en pleine réunion pour préparer un coup d'Etat en Côte d'Ivoire.



Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 156 du mardi 28 février 2012.

lundi, 27 février 2012

COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES ETUDIANTS POUR LA REOUVERTURE IMMEDIATE DES UNIVERSITES PUBLIQUES

 

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Al Hosseine Gbané

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Collectif des Etudiants pour la Réouverture immédiate des Universités Publiques de Côte d'Ivoire (CERUPCI) que je représente dans ce communiqué est très préoccupé par la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire notamment l'université de Cocody, l'université d'Abobo-Adjamé, l'URS de Korhogo et Daloa.

En effet, depuis le mois d'avril 2011, au sortir de la grave crise post-électorale qu'a connue notre pays, les universités publiques d'Abidjan ainsi que celles de Korhogo et Daloa ont été fermées par les autorités gouvernementales ivoiriennes. La réouverture de ces établissements avait été annoncée pour le mois d'octobre 2011. Malheureusement, le Président de la République lors d'une visite officielle au Togo, en novembre 2011, a dans son discours, fait mention du report de cette réouverture en octobre 2012. Cette fermeture prolongée des universités publiques constitue pour nous, une grave atteinte à notre droit à l'éducation.

Les quelques mois de fermeture initialement annoncés se sont donc prolongés et nous n'avons aucune certitude d'ailleurs sur la date d'octobre 2012. Ce délai permet, selon les autorités, de restaurer les locaux et de lutter contre les réseaux estudiantins qui se sont avérés préjudiciables à la sécurité et à l'équité au sein de l'université. Or, nous évaluons à 2% le nombre d'étudiants sensés appartenir à la FESCI, syndicat qu'accuse l'actuel pouvoir, à juste titre, d'avoir fait régner l'insécurité sur les campus universitaires. Sachant que le problème ne peut être traité dans des locaux vides, il faut d'évidence que l'université rouvre pour gérer la situation de violence et la circonscrire s'il le besoin s'en faisait sentir. Nous demandons instamment au gouvernement de ré-analyser cette situation.

Notons que la connaissance est la base de tout projet professionnel et au-delà, elle est le fondement de la démocratie. Or, les années blanches successives sont préjudiciables aux étudiants qui se retrouvent désœuvrés, dans l'incertitude et le stress de l'attente.

Bourses suspendues

Notons que cette fermeture des universités publiques handicape vivement les étudiants dont les parents n'ont pas les capacités financières nécessaires pour les inscrire dans des universités privées. Situation d'autant plus gênante que depuis 2009 les années blanches s'enchainent. On se retrouverait ainsi à la rentrée 2012-2013 avec quatre promotions de bacheliers et des centaines de doctorants en attente de soutenance. Ces derniers sont d'ailleurs particulièrement contrariés par cette décision qui ne leur offre aucune alternative. Les bourses des doctorants qui sont supposés assurer la relève de l'enseignement universitaire en Côte-d'Ivoire ont été suspendues par une décision unilatérale du Ministre de l'Enseignement supérieur qui considère qu'il ne s'agit pas d'une priorité. Les bacheliers de l'année scolaire 2009-2010 qui ont été orientés au titre de l'année universitaire 2010-2011 accumuleront deux années d'interruption d'études injustifiées. Notons que près de 60% de la population ivoirienne vit dans l'extrême pauvreté ce qui explique le besoin crucial de pouvoir s'appuyer sur l'enseignement public.

Cette période de vacuité freine l'avenir de la jeunesse et par voie de conséquence celui du pays qui a véritablement besoin d'une jeunesse bien formée et efficiente pour relever les défis du développement. Or, le développement d'une nation vient de la valorisation de ses ressources humaines. Tous les Etats qui progressent, se soucient de l'avenir social et du développement, font de l'éducation une priorité. Cependant, depuis les années 80 notre système éducatif connait une tournure de détérioration. Cette crise constante au fil des temps prend une allure étouffante puisque qu'elle débouche, aujourd'hui, sur la fermeture des universités publiques de Côte d'Ivoire alors que nous attendions des solutions et au contraire de nouvelles universités dans le pays. Cette décision, nous le répétons est inadmissible pour nous, les étudiants de Côte d'Ivoire et notamment par le collectif au sein duquel nous sommes réunis, qui représente l'ensemble des étudiants. Nous sommes indignés.

Décision inadmissible

Nous invitons massivement les étudiants de Côte d'Ivoire concernés, les parents d'élèves et tous ceux qui sont sensibles à notre cause, notamment toutes les associations défendant les droits de l'homme et l'éducation dans le monde, à soutenir notre action en participant à la signature d'une pétition en ligne à l'adresse suivante : http://campuslibre.wordpress.com

Nous demandons, entre autres, au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour accélérer les travaux à l'université, pour la restauration des bâtiments de cours, plutôt que de privilégier la construction des murs d'enceinte qui pourraient être construits ultérieurement. Les cours pourraient reprendre durant la finalisation de cette phase des travaux. On peut imaginer, comme cela a été fait dans d'autres pays, la mise en place de grandes bâches en lieu et place des salles de cours dans l'attente de la finalisation des travaux. Quand il y a la volonté, on avance et on trouve les solutions.

Nous demandons au gouvernement de régler les arriérés de salaire des professeurs en veillant à ce que l'ensemble des professeurs soit rémunéré pour éviter un mouvement de grève à la reprise des cours. Grève qui serait encore fortement préjudiciable aux étudiants. Toutes les propositions sont sur le texte court de la pétition mise en ligne.

 

Fait à Abidjan, le 19 janvier 2012.

 

Gbané Aleoussene
Contact : 02 65 11 43


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 26 février 2012

APRES UN MEETING A BONON, KKB TABASSE - LE PRESIDENT DE LA JPDCI ACCUSE LES MILITANTS DU RDR

 

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Difficile journée pour le président de la jeunesse du Pdci (Jpdci), hier vendredi 24 février 2012, à Bonon. Présent dans cette localité pour soutenir le candidat indépendant Kouadio Kouassi Déni qui animait son meeting de clôture avant les législatives partielles de ce dimanche 26 février 2012, Konan Kouadio Bertin dit KKB, a été copieusement tabassé par un groupe de jeunes à la fin du meeting.

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Joint par téléphone, en fin d'après-midi, alors qu'il se trouvait au centre hospitalier régional (Chr) de Daloa, le nouveau Député de Port-Bouët a expliqué les circonstances de sa bastonnade. ''Je suis venu à Bonon soutenir le candidat indépendant au cours d'un meeting. Après ce rassemblement, nous sommes allés saluer le maire de Bonon. C'est à ce moment que des jeunes m'ont encerclé et se sont rués sur moi. J'ai échappé à la mort. J'ai le visage tuméfié et mon épaule droite est mal en point'', a-t-il soutenu sans donner les raisons qui ont poussé les agresseurs à agir ainsi.

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A la question de savoir s'il avait une idée de l'identité de ses bourreaux, KKB a répondu sans hésiter : ''Ce sont des militants du Rdr. Ils portaient des tee-shirts à l'effigie d'Alassane Ouattara''. Notons que KKB, depuis quelques semaines, réclame au sein de son parti le Pdci, un bilan des élections législatives et présidentielles. « Personne ne réussira à me faire taire. Si on cherche à me faire peur, à me faire taire, alors qu'ils sachent qu'ils se sont trompés de cible. Il faut qu'on sorte le débat de là où on veut l'installer, c'est-à-dire que je m'attaque à Bédié, pour en faire un débat sain », avait-il confié à Soir Info, le lundi 20 février 2012.


BAMBA Idrissa


Source: SOIR INFO

MAMADOU BEN SOUMAHORO: LE DERNIER PLAN D'ALASSANE OUATTARA, TUER GUILLAUME SORO

 

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Crise politique et postélectorale en Côte d'Ivoire - Cour pénale internationale - Le procureur général l'argentin Moreno-Ocampo étend le champ de son enquête en Côte d'Ivoire à l'année 2002

Cette décision de la cour pénale internationale me permet de cerner quelques personnages incontournables de cette saga funeste qui a endeuillé la Côte d'Ivoire pendant près de 20 ans.

DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA, par ses actions dérisoires prétendument humanitaires a essayé toute sa vie de s'acheter un supplément d'âme vite assimilé à de la générosité par ses thuriféraires et par les sofas de son usurpateur de mari.


ALASSANE DRAMANE OUATTARA : en fin absolue de course, il devient l'arroseur arrosé. Alassane qui est habité par un instinct de grand prédateur n'a jamais eu que le crime, l'élimination physique comme solution à toutes ses adversités personnelles et politiques. Ainsi donc la Rébellion et plus singulièrement SORO GUILLAUME s'exposent à leur sacrifice obligé pour avoir suivi sans retenue les desseins de l'usurpateur OUATTARA. Parce que si SORO GUILLAUME l'ignore, je me fais un plaisir de lui apprendre que son mentor ALASSANE DRAMANE OUATTARA va ici et maintenant mettre à exécution son dernier plan : tuer SORO GUILLAUME pour de multiples raisons que je me fais le devoir d'exposer aux fidèles lecteurs de ce journal ainsi qu'à ces pourfendeurs.


1- Les circonvolutions, les contorsions et les circonlocutions des occidentaux mais surtout des dirigeants français depuis JACQUES CHIRAC jusqu'à NICOLAS SARKOZY ont toujours eu pour but d'exonérer ALASSANE DRAMANE OUATTARA de ses crimes et de lui donner un vernis d'honorabilité. Sinon à l'évidence ALASSANE DRAMANE OUATTARA devait être le seul sinon le premier délinquant politique à subir les rigueurs de LA LOI. Chacun sait ici et là-bas que OUATTARA est le seul bénéficiaire de la déstabilisation de la Cote d'Ivoire depuis 1990. Après avoir été le concepteur, l'initiateur, l'organisateur et le principal financier de tous les coups tordus portés contre notre pays sans jamais vouloir assumer ses forfaits, voici donc ALASSANE DRAMANE OUATTARA obligé de tuer SORO GUILLAUME pour les raisons qui vont suivre:


2- ADO va donc tuer SORO GUILLAUME. Fin de parcours pour cet ancien Fesciste dont la devise a toujours été un dicton populaire de la société ivoirienne dont on a toujours su que sa principale qualité est de tourner en dérision toutes les situations graves.


L'image de marque de ce demi - intellectuel est donc servie par la formule :
<< Cabri mort n'a pas peur de couteau >>. N'en riez pas parce qu'il est aisé de comprendre à cause de cette assertion populiste que ce jeune homme se soit lancé à corps perdu dans cette agression sauvage et inattendue de son propre pays, pour satisfaire les lubies d'un apatride atteint de trouble bipolaire. ALASSANE va tuer SORO.

Démonstration :

3- Depuis le début des malheurs de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME a toujours été l'instrument d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA, de BLAISE COMPAORE, et des Présidents français JACQUES CHIRAC et NICOLAS SARKOZY. Il vous suffit de vous souvenir des voyages incessants du « petit gros » à travers l'Afrique dans les avions de l'armée française, de la médiatisation de ses séjours en France, de la scandaleuse publicité déployée par les services de l'Elysée pour faire de son ridicule fascicule qu'il n'a pas écrit et qui se voulait révolutionnaire un succès de librairie, sans compter ses sorties tonitruantes coachées par le correspondant éternel de RFI à Bamako, Mr SERGE DANIEL, sur toutes les chaines de radios et de télévisions de France et de Navarre.

Cerise sur le gâteau, une double conférence a été mise sur pieds par les dirigeants français à Linas Marcoussis et à l'avenue Kléber à Paris pour légitimer et boucler cette danse du scalp pour donner le coup de grâce au Président LAURENT GBAGBO. Des sommités de la diplomatie mondiale étaient conviées à cette danse des sorciers conduite par l'ancien secrétaire général de l'ONU KOFI ANAN qui s'est surpassé au cours de ces débats. (Il faut toujours aux blancs, un nègre de service).

Il est difficile de passer sous silence les sollicitations par SORO GUILLAUME de plusieurs chefs d'Etats africains dont le plus actif et le plus déterminé était l'excentrique ABDOULAYE WADE du Sénégal. D'une manière certaine, SORO GUILLAUME était l'obligé mais surtout le confident de tous ces chefs d'Etats qui s'étaient imprudemment engagés dans le soutien et la promotion d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Il ne faut jamais oublier que ce diable agissait et manipulait tout le monde dans l'ombre.

A l'intérieur de la Côte d'Ivoire, SORO GUILLAUME assume et gère la Rébellion et les coups d'Etat, pendant que ALASSANE DRAMANE OUATTARA s'exerce à sauter les murs d'ambassades pour se faire exfiltrer par ces indécrottables français à chaque échec de leurs initiatives déstabilisatrices. SORO GUILLAUME est donc dans le secret des dieux, position enviable et avantageuse mais qui maintenant se retourne contre lui parce qu'il sait trop de choses. Les occidentaux veulent absolument garder propre leur étalon du Yénéga ALASSANE DRAMANE OUATTARA. Le mouton du sacrifice est tout trouvé : SORO GUILLAUME.

Mais ils pensent que SORO GUILLAUME est maître du terrain. C'est lui et lui seul qui contrôle les rebelles pompeusement rebaptisés FRCI. Malgré leur fausse allégeance à OUATTARA, les chefs de guerre récemment et brusquement « bombardés » colonels de l'armée nationale restent secrètement fidèles à SORO GUILLAUME à qui ils doivent leur position et avec qui ils ont passés un pacte de sang.

Tout le monde réclame aujourd'hui la tête de SORO GUILLLAUME et son transfèrement à la cour pénale internationale. Tout le monde, y compris les Américains. La visite de Madame HILARY CLINTON à Abidjan était assez significative à ce sujet. Pour tout observateur averti, la chef de la diplomatie américaine n'est pas passée par quatre chemins pour signifier à ALASSANE DRAMANE OUATTARA cette exigence de son administration. Quant aux Français, ils n'ont pas besoin d'effectuer le déplacement d'Abidjan parce qu'ils squattent déjà le palais de la présidence de la République et la salle de bain de leur protégé.

4- SORO doit donc aller à La Haye. Mais en même temps qu'il se trouve dans l'obligation de libérer la PRIMATURE pour se plier à une promesse de campagne et éviter une fronde du PDCI, Alassane Dramane Ouattara est parfaitement incapable de signifier cette décision à SORO GUILLAUME qui le tient. ALASSANE DRAMANE OUATTARA sait que s'il réussit à déférer SORO GUILLAUME, les chefs de guerre vont se déchaîner contre son pouvoir qu'ils ont contribué à installer.


Deuxième solution :

Les chefs de guerre sont transférés à la Haye sans SORO GUILLAUME. Les rebelles-sofas risquent de lancer une offensive meurtrière à la fois contre OUATTTARA et contre SORO. Tout ceci explique la relative sérénité de SORO GUILLAUME. À cela il faut ajouter que si par extraordinaire SORO se rendait à la CPI, il représenterait à coup sûr un très grave danger pour OUATTARA lui-même et pour les chefs d'Etat français impliqués dans la déstabilisation de la Côte d'Ivoire et dans l'agression illégale du pouvoir du Président Laurent Gbagbo.

Décidément SORO sait trop de choses et chacun là-bas et ici sait que SORO n'aurait pas pu recruter, entraîner, entretenir une armée de 40.000 dozos dont la plupart sont venus du Mali, du Nigéria, du Libéria, de France mais surtout du Burkina Faso. Sans compter les salaires de leurs Forces Nouvelles et les armes les plus sophistiquées dont elles étaient dotées. Imaginer que SORO GUILLAUME soit déféré à la CPI. Croyez-vous un seul instant qu'il va plonger tout seul ? Bien sûr que NON. OUATTARA et ses amis savent et craignent une telle éventualité parce que si SORO parle, tout le monde tombe et enfin OUATTARA devra rendre des comptes aux Ivoiriens et au Monde qu'il a trompé. Et il ne sera pas le seul.

C'est pour cette raison que j'affirme qu'il n'obéira pas à ses commanditaires Américains et Français. Ouattara se trouve donc à la croisée des chemins, apparemment sans solution... C'est mal le connaitre. Cet homme-là n'a aucun respect pour l'être humain et pour la vie. Son passé le montre à l'envi. Si, pour prendre de force un fauteuil et exercer le pouvoir dans un pays qui n'est pas le sien, ALASSANE DRAMANE OUATTARA n'a pas hésité à créer une demi-douzaine de coups d'Etat et faire massacrer au total plus de dix mille personnes innocentes, SORO GUILLAUME sera tout simplement tué sur le sol ivoirien avant un quelconque transfèrement à la Haye. Il sera tué pour l'empêcher de parler. Il sera très probablement assassiné par ses propres hommes qui auront été retournés par ALASSANE DRAMANE OUATTARA et par son épouse DOMINIQUE NOUVIAN FOLLOROUX OUATTARA. C'est ainsi que ''les histoires heureuses'' finissent chez les OUATTARA. Et comme on ne le dit pas dans les contes d'amour « ils s'unirent et tuèrent beaucoup d'enfants ». Bien entendu, ceux des autres. Leurs propres et vrais enfants ont uniquement vocation à s'enrichir avec le cacao de Côte d'Ivoire.

SORO GUILLAUME n'aura été qu'une microscopique victime dans les projets diaboliques d'ALASSANE DRAMANE OUATTARA et une toute petite victime insignifiante dans l'océan des charniers et fosses communes du pouvoir usurpé de OUATTARA et DOMINIQUE.

Quant à vous, chères sœurs ivoiriennes et chers frères ivoiriens, vous avez le choix entre deux options : vous laisser écraser par la haine historique, viscérale et incommensurable de ce malade maniaco dépressif qu'est ALASSANE DRAMANE OUATTARA, ou vous indigner et arracher votre sort du mépris, de l'injustice et de l'abaissement. Sachez que si vous ne le faites pas, personne ne viendra le faire à votre place. A cet égard les Sénégalais, encore une fois, nous offrent un exemple édifiant à méditer. Et pas seulement. A bon entendeur...


 

Mamadou Ben SOUMAHORO

Député indépendant à l'Assemblée nationale


24 Février 2012


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 25 février 2012

ELARGISSEMENT DES ENQUETES DE LA CPI A 2002 : COMMENT OCAMPO CONTINUE DE PROTEGER SORO, OUATTARA ET LA FRANCE



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De nombreux observateurs se sont réjouis de ce que les crimes commis depuis le début de la guerre en Côte d'Ivoire pourront désormais être examinés par la Cour pénale internationale. Mais la lecture de la décision de la Chambre préliminaire III montre bien un procédé idéologique bien rôdé, dont l'objectif est de garantir l'impunité des «barons» du camp Ouattara-Soro. Et bien entendu de Blaise Compaoré et de la France.

L'information est tombée hier. La Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé d'élargir son «autorisation d'enquêter» sur la situation en Côte d'Ivoire. Désormais, les crimes commis entre le 19 septembre 2002, date du début du conflit ivoirien, et le 28 novembre 2010, peuvent être l'objet d'investigations. «La Chambre a considéré que les événements violents survenus en Côte d'Ivoire pendant cette période (y compris ceux qui auraient eu lieu depuis le 28 novembre 2010) doivent être traités comme une seule situation dans laquelle une crise continue, impliquant une querelle politique prolongée et une lutte pour le pouvoir, a mené aux événements sur lesquels la Chambre a déjà autorisé l'ouverture d'une enquête. En se concentrant sur les exemples les plus significatifs d'incidents, la Chambre a conclu qu'il y a une base raisonnable de croire que des crimes de meurtre et de viols, qui pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, auraient été commis au cours de ces événements», résume l'institution judiciaire internationale.

Est-ce une victoire pour ceux qui sont foncièrement opposés à la justice des vainqueurs, dans ses volets national et international, qui tente à toute force de s'imposer sur le dossier ivoirien ? D'une certaine manière oui, dans la mesure où Louis-Moreno Ocampo, procureur près la Cour pénale internationale (CPI), ne comptait enquêter au départ que sur le dernier épisode de la guerre ivoirienne, la bataille postélectorale. Dès le 3 octobre 2011, la Chambre préliminaire III avait demandé à Ocampo de «lui fournir toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010». Des «informations supplémentaires» fournies le 4 novembre 2011. Avocat de Laurent Gbagbo à la CPI, Emmanuel Altit expliquait il y a de cela quelques jours : «Vous savez comme moi que la Côte d'Ivoire n'ayant pas signé le traité de Rome, il fallait l'accord des juges pour que le procureur puisse renvoyer l'affaire devant la CPI. Ce qui a été motivé par le procureur le 23 juin 2011 sur la base d'une liste de crimes que des pro-Gbagbo auraient commis entre le 28 novembre 2010 et le 11 avril 2011. Voilà comment après l'autorisation de la chambre préliminaire III du 3 octobre 2011, les enquêtes ont abouti au transfèrement du président Gbagbo à la CPI (...) A l'époque, je n'étais pas encore dans la procédure avant que Gbagbo ne soit transféré, mais malgré cela, mon équipe et moi avions dénoncé l'attitude du procureur Ocampo qui n'est qu'un acte purement politique. Car en demandant aux juges de le laisser enquêter sur cette période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, il voudrait conclure par le fait que tout ce qui est arrivé par la suite, est la résultante du refus du président Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara (...) Nous avons produit une démo d'une trentaine de pages, démontrant que le procureur ne peut pas tenir compte dans la situation de la Côte d'Ivoire, que de la seule période du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011... Il faudra qu'il enquête également sur tout ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire depuis 2002 (...)  C'est pourquoi, le procureur était obligé de faire des observations complémentaires le 3 novembre 2011 en demandant aux juges de lui permettre d'enquêter sur la période allant jusqu'en 2002. C'est une première victoire».

Une sélection très claire des crimes supposés

Faut-il pour autant triompher et imaginer que, bientôt, Alassane Ouattara, selon toute évidence inspirateur et «père» de la rébellion, Guillaume Soro, en première ligne, ou Blaise Compaoré, qui a joué en Côte d'Ivoire exactement le même rôle que Charles Taylor en Sierra Leone, seront arrêtés et transférés à La Haye ? Selon toute évidence, non. Déjà parce que les Etats qui subventionnent la CPI sont quasi exclusivement occidentaux, et ne sauraient se tirer une balle dans le pied en mettant hors jeu les forces politiques subventionnées par certains d'entre eux à coups de livraisons d'armes, de bombes lancées sur leurs adversaires et de centaines de milliards de FCFA dépensés à entretenir les troupes de Licorne et de l'ONUCI.

De plus, la lecture minutieuse de la décision de la troisième Chambre préliminaire, qui n'a naturellement utilisé que les documents transmis par Ocampo, démontre très bien qu'il y a eu une sélection très claire des crimes supposés des différents camps pour accabler encore plus le président Laurent Gbagbo et tout au plus offrir quelques gages en «mettant en danger» quelques seconds couteaux de l'ex-rébellion. Ainsi, les crimes commis par la Force Licorne, notamment en novembre 2004, devant l'hôtel Ivoire, sur les ponts d'Abidjan et d'ailleurs documentés par Amnesty International, pourtant une des sources fétiches de Louis Moreno-Ocampo, ne sont absolument pas cités. Alors que les neuf soldats français qui auraient été tués dans l'offensive de récupération du Nord par l'armée ivoirienne le sont. En dépit de la requête de l'association Survie, membre de la Coalition française pour la Cour pénale internationale, qui offre de nombreux éléments pertinents à la CPI.

Nous reviendrons largement dessus, mais l'écrémage des crimes de la rébellion est frappant. Ainsi, le massacre des danseuses d'adjanou à Bouaké est «oublié». Les crimes massifs commis par les hommes de Sam Mosquito Bockarie, sanguinaire chef de guerre au service du couple Charles Taylor - Foday Sankoh, dès la création du MPIGO ne sont pas évoqués dans le document produit par la Chambre préliminaire et tout se passe comme si la violence à l'Ouest avait commencé avec le massacre supposé de Bangolo qu'auraient commis des forces loyalistes, en mars 2003 ! Les massacres particulièrement odieux de Petit-Duékoué et de Guitrozon ne sont pas évoqués - il fallait visiblement, dans cet exercice de style, éviter de «coller» tout crime contre l'humanité au camp Soro-Ouattara. Les crimes contre l'humanité attribués par l'ONU à Martin Fofié Kouakou ne sont visiblement pas assez «intéressants» pour être mis dans la liste d'exemples cités par la Chambre préliminaire dans sa décision. Tout cela est fondamentalement idéologique !

Classification idéologique

L'on se demande pourquoi les éléments de preuve et les témoignages sollicités à grand renfort de publicité auprès des victimes ivoiriennes l'ont été. Dans la mesure où Ocampo ne transmet essentiellement aux juges que des éléments provenant de trois sources : d'abord l'ONG Human Rights Watch, en grande partie financée par Georges Soros, soutien financier d'Alassane Ouattara, la plus abondamment citée, puis Amnesty International et un rapport de l'ONU datant de 2004 au demeurant jamais officiellement publié.

De manière plus frappante, si l'on a droit à une sorte d'équilibrisme en ce qui concerne les exemples de «crimes de guerre» (chaque camp étant cité pour des exactions supposées), seul le camp gouvernemental est cité dans des «crimes contre l'humanité» supposés. Le fait est d'une importance capitale. En effet, si l'on peut considérer qu'a priori les crimes de guerre sont du ressort de chefs de guerre d'importance plus ou moins grande, il paraît évident que les «crimes contre l'humanité» impliquent le gouvernement ou le leadership politique de l'organisation mise en cause. Au plus haut niveau. Cette classification idéologique est d'autant plus troublante que c'est la même qui a structuré le très médiatisé rapport d'Human Rights Watch (encore !) du 6 octobre 2011, qui citait treize personnes considérées comme responsables directs des massacres. Jeune Afrique écrivait alors que HRW «mâchait» le travail pour la CPI. Parmi les responsables tels que présentés par HRW, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Brou Amessan... et zéro responsable politique du camp Soro-Ouattara. Le rapport d'HRW n'attribuait déjà des crimes contre l'humanité qu'à un seul camp : celui du président Gbagbo.

Personne ne peut obliger Ocampo à mettre en cause tel ou tel

Le texte produit par la Cour pénale internationale relie ainsi directement les violences exercées contre les soutiens présumés des rebelles au pouvoir Gbagbo en ressortant les termes notamment théorisés par le passé : «escadrons de la mort bien organisés et visant des personnes en particulier», «listes noires», «désignation par la propagande d'Etat comme ennemis» de certaines personnes sur des bases ethniques», «informations suffisantes indiquant que les attaques contre les personnes civiles par les forces gouvernementales étaient larges et systématiques, et qu'elles relevaient d'une politique d'Etat». Nulle part dans la décision de la troisième Chambre préliminaire, de telles phrases catégoriques n'existent concernant le camp Ouattara-Soro. Et il est évident que le contenu de ce texte, influencé par les éléments remis par Ocampo, qui sont en réalité des documents souvent produits par des organisations partisanes mais se prétendant neutres, en tout cas jamais exhaustifs, influencera en conséquence, par la suite, ses enquêtes... Comment, sans avoir patiemment enquêté sur la base du contradictoire le plus strict, peut-on balancer de tels présupposés ravageurs ? En quoi un rapport d'une ONG financée par des gouvernements et des groupes de pression est-il plus ou moins crédible qu'un récit de journaliste, de blogueur ou de victime ? Tout se passe en réalité comme si l'on voulait dire aux pro-Gbagbo : «Vous avez voulu élargir nos poursuites au 19 septembre 2002, eh bien, nous nous en servirons pour vous accabler davantage !»

Faut-il du coup penser que tout est perdu et que la machine folle de protection forcenée d'Alassane Ouattara et de criminalisation du président Gbagbo est en roue libre ? Pas forcément. A la CPI, le procureur est en réalité l'avocat de l'accusation, qui doit a priori disposer des mêmes moyens que l'avocat de la défense. Cela dit, c'est le procureur qui lance les mandats d'arrêt et accuse. S'il ne le désire pas, personne ne peut l'obliger à mettre en cause tel ou tel, à accuser les «gros bonnets» plutôt que les «seconds couteaux». On touche là aux limites d'une justice politique, financée par les grandes puissances, orientée par les ONG occidentales, et qui ne saurait cracher dans la soupe.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

PRESIDENTIELLE 2010 EN COTE D'IVOIRE: LA GUERRE POSTELECTORALE PREPAREE AVANT LE PREMIER TOUR



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Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l'ONU, tenus pour coresponsables d'un bain de sang prévisible. La formule, que l'AFP reproduit à longueur de dépêches pour s'assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L'on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d'Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire, terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l'élection, IB a rencontré François Hurtut, l'ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d'IB et la possibilité d'une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l'histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l'élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l'affaire (...) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d'Abidjan ; c'est à Abobo qu'ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu'il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo...

La France et l'ONUCI, impliquées dans l'attaque de l'émetteur d'Abobo et d'Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l'opération de destruction de l'émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d'assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l'indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d'impunité autour d'Alassane Ouattara. Les compagnons d'IB vont jusqu'à affirmer que l'ONUCI a couvert l'attaque du village d'Anonkoua Kouté, même s'ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n'était rien d'autre qu'une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages...

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l'ONU. Et montre que l'option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l'Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d'instructeurs français et un général américain se sont réunis à l'hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l'ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (...) Le but de l'opération est d'aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l'Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l'Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (...) De vastes mouvements de troupes s'opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (...) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l'embargo sur les armes. Et l'ONU, présente à Bouaké, ne peut l'ignorer !»

Michel Gueu et un officier français présents à l'Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s'enrôler dans le cadre de la bataille d'Abidjan. Et explique pourquoi l'armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France - le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité - ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l'avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d'Ivoire» (...) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d'autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (...) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (...) C'est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l'ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (...) Lancer une armée ethnique à l'assaut d'une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l'ONU savait, l'ONU était présente et l'ONU n'a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l'on attribue toujours les massacres de Duékoué à d'incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu'un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l'Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d'un lieutenant-colonel de l'armée française commandant la mission. C'est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également dans d'autres villes de l'Ouest, dont Bloléquin. Cet homme-clé de la République du Golf, c'est le général Michel Gueu.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE: QUAND L'ETAT CENTRALISE SE NOURRIT DE LA DIVISION ETHNIQUE

 

Tout commence, comme souvent, par une petite phrase entendue dans la rue : « La Côte d'Ivoire ne peut pas être en paix puisqu'elle est composée d'ethnies différentes ; des groupes sociaux différents ne peuvent pas cohabiter, ils sont trop différents ». Il y a aussi des déclarations telles que celle du Président Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, en janvier 2012 dernier, qui dans le journal « l'Express », alors qu'on lui demandait « pourquoi tant de "nordistes" étaient brutalement nommés à des postes à responsabilité dans son pays », a déclaré qu'il s'agissait « [...] d'un simple rattrapage. Sous Laurent Gbagbo la communauté du Nord, soit 40% de la population, était exclue des postes de responsabilité ». Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio.



Quand la division ethnique se nourrit de l'Etat centralisé

Cette logique tribale émanant du chef de l'Etat sensé être le garant de l'« unité nationale » pose problème et semble extrêmement dangereuse pour la réconciliation de la Côte d'Ivoire puisque le Président lui-même se pose en défenseur de son propre groupe, ce qui ligue les autres contre lui et nourrit la division.

Des théories à une approche pratique: fondements des maux?

Qu'est-ce qu'une ethnie ? L'« ethnie » est un groupe social à transmission identitaire par le sang, c'est-à-dire que se mêlent deux données complémentaires : d'une part le caractère héréditaire de l'appartenance (il faut que les parents appartiennent à une certaine « ethnie » pour que l'enfant puisse prétendre l'intégrer par la suite) et, d'autre part, l'imprégnation dès les premiers instants de l'existence par un ensemble normatif fort, affirmé en opposition de ceux des autres groupes humains présents sur la même aire géographique.

Ethnie et tribu: une pure différence de mots?

Non ; les deux termes désignent bien deux réalités différentes. D'une part l'« ethnie », qui est composée de tribus différentes mais qui reprennent, toutes, dans leurs processus de reproduction identitaire via les mécanismes mimétiques un fonds commun et un lien au-delà des sphères sociales : un lien de sang, partagé, inaliénable. Et d'autres part les tribus qui, bien qu'appartenant à la même ethnie, ont vis-à-vis d'elle des adaptations différentes consubstantielles à leur implantation géographique et aux impératifs extérieurs (vêtements différents si l'« ethnie » est implantée sur un vaste territoire mais qu'une partie des « tribus » qui la composent vivent en plaine et une autre partie en montagne). Les codes sociaux, l'ensemble normatif qui va régir la vie en commun au sein d'un même groupe humain, peuvent varier entre deux « tribus » qui, pourtant, se rejoignent, d'un point de vue identitaire, au sein de la même «ethnie».

Qu'est-ce qui différencie l'ethnie et la nation?

La question est formidablement intéressante car elle permet de dégager deux dimensions opposées de la vie en commun des êtres humains. L'« ethnie » est la formation spontanée, c'est-à-dire qu'elle obéit à un ordre échappant aux volontés humaines : ses modalités de vie en commun, ses valeurs, ses règles, évoluent avec le temps en fonction de contraintes extérieures. Les « langues tribales », par exemple, tendent à être complétées, pour certains mots introduits par des rencontres avec d'autres groupes, par d'autres termes jusque là ignorés puisque ne renvoyant pas l'esprit de celui qui parle à un état de réalité (le terme soda, par exemple, n'était pas utilisé avant l'arrivée des premières boissons sucrées) ; les ethnies dont les individus ont souhaité en consommer se sont donc adaptées en intégrant ce terme à leur lexique traditionnel. La « Nation », quant à elle, est une formation politique -ce qui tend à la rendre artificielle-. Elle est accompagnée d'un Etat qui va la régir, la modifier, en fixer les règles et veiller à ses applications en sanctionnant, voire en éliminant, ceux qui refuseront de se soumettre.

Tribus, ethnies, nations et Etas centralisés: c'est concilier l'inconciliable?

D'un point de vue anthropologique, concilier des groupes humains aux normes sociales différentes ne pose pas de problème puisque, sans intervention extérieure, la coexistence de « tribus », sur un même territoire, même si elles appartiennent à des « ethnies » différentes se règlera soit par une mutation des normes sociales communes (avec, en parallèle, renforcement de « l'identité tribale et ethnique ») soit par un évitement consciencieux (caractère « tabou » de certaines zones, mécanismes de captation de la violence individuelle et transposition à un degré supérieur).

Pourtant, il est facile d'objecter à ce constat des phénomènes d'une cruauté particulière ; songeons, pour n'emprunter à l'histoire qu'un seul type d'exemples, aux épurations ethniques. Or, l'histoire ne méconnait pas la barbarie dont les hommes sont capables ; mais elle permet aussi, par une lecture attentive des données factuelles, de dégager un acteur souvent ignoré car gênant : les structures étatiques, lesquelles génèrent les facteurs déclencheurs de conflits.

Ainsi, des hommes obligés à vivre ensemble par des contraintes géographiques, devant partager par exemple la même source d'eau, les mêmes terres, et des espaces sociaux proches, vont être obligés de cohabiter dans une harmonie réglée et convenue. Point n'est besoin de verser dans un angélisme déplacé pour ne pas insister sur des manifestations de victimisation visant à la paix sociale : c'est le cas, par exemple, lorsqu'une personne d'une « tribu » voisine était sacrifiée, physiquement, ou moralement, afin que son groupe social soit sauvé (règlement d'un conflit autour d'un vol entre deux tribus, par exemple). De cette justice, pourtant, découlait une harmonie globale, prenant en compte les typicités normatives des groupes sociaux en présence, et de leurs habitudes ancestrales.

Ce système d'autorégulation de la vie en société fonctionne spontanément et s'adapte parfaitement aux diverses contraintes extérieures, et engendre, sans aucune intervention, ses propres solutions. Même la violence trouve une explication cohérente dans pareille lecture des sociétés ivoiriennes, servant souvent de thermomètre des contraintes difficilement compressibles : le manque de nourriture et le vieillissement d'un groupe faute de naissances, par exemple, entrainant souvent la destruction de la « tribu » concernée puis son intégration dans une « tribu » plus forte où les individus encore capables de procréer sont mêlés à leurs semblables et garantiront, ainsi, la pérennité de l'ensemble. Le système « juridique/de droit » s'adapte lui aussi et confère soit, par le mariage, un statut à la femme concernée comme étant semblable à une native de cette « tribu », soit un statut hybride mais garantissant, par le sang du nouveau mari, une intégration parfaite des enfants. Or, le système s'enraye lorsque des modèles d'organisation sociale différents font ingérence.

L'apport colonial le plus marquant, et le moins naturellement en accord avec la Côte d'Ivoire, est un Etat centralisé. Il rejette, de par son existence et la forme figée de ses structures publiques, toutes les différences entre tribus, et entre « ethnies ». Il est le responsable majeur d'une dynamique sociale allant à l'encontre de toute idée de « réconciliation nationale ». La raison en est assez simple : quiconque est à la tête de la machine étatique va porter les couleurs de sa propre appartenance tribale et, par ce biais, générer spontanément contre lui l'opposition des autres groupes sociaux, des autres tribus, des autres ethnies. Et de se demander si ce n'est pas dans la décentralisation, c'est-à-dire dans la création de structures locales de gouvernance, où toutes les tribus seraient représentées, que se trouve la clef de la réconciliation nationale ivoirienne. La voie de l'adoption d'un régime parlementaire est à explorer également puisqu'un tel régime limite le pouvoir absolu des dirigeants et donne du poids aux parlementaires issus de toutes les régions du territoire national.

[ N'est-ce pas le plus grand des droits de l'Homme que de pouvoir vivre conformément à sa nature dans le respect de ses coutumes et de ses semblables? ]
NOTE:


Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio, Enseignant, Chercheur-associé au « CREEADP (Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence) »; membre du Collège des personnalités qualifiées, « Audace Institut Afrique ». Article publié en collaboration avec « Audace Institut Afrique ».


Source: NERRATI.NET

QU'ALLEZ-VOUS FAIRE MAINTENANT

KOUAME ROSALIE DITE ROSKA.jpg

Poème plus que d'actualité de ROSKA (Rosalie Kouamé), avec tous ces décès de cadres ivoiriens en exil pour cause de gel d'avoirs bancaires du régime Ouattara.

 

Vous qui avez divisé les Ivoiriens pour vous donner l'impression d'être au pouvoir!

Vous qui avez organisé les coups d'Etat (méthode inconnue des ivoiriens) pour vous voir au commande d'un peuple qui pleure rien qu'à vous voir!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous qui avez fait le tour du monde pour promouvoir le mensonge qui vous a portés au pouvoir afin de gouverner plus de cadavres que de survivants!

Vous qui avez choisi de tuer les ivoiriens parce qu'il vous fallait le pouvoir par tous les moyens!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous pour qui des Ivoiriens ont été jetés dans le feu jusqu'à être calcinés!

Vous par qui l'Occident est passé pour nous réduire à la soumission comme un bon peuple sans droit, sans loi ni souveraineté!

Qu'allez-vous faire maintenant?

Oui, je demande cela parce qu'ici encore, votre choix de l'indifférence face à la souffrance d'autrui rencontre mon indignation.

Tous ces gens malades et mourant à petit feu parce que votre pouvoir a gelé leurs avoirs dit-on...

Tous ces ivoiriens et ivoiriennes refugiés loin de leurs terres parce que votre pouvoir a choisi de les exterminer pour repeupler leurs terres ?

Oh, si vous savez combien de fois votre choix de célébrer la victoire de votre guerre par le mépris de la valeur humaine m'écœurait!

Qu'allez-vous faire maintenant face à la mort que vous savez si bien produire?

Même dans l'adversité, on peut rester humain, si jamais on l'a déjà été!

Si non, on peut apprendre à devenir humain lorsque l'on a atteint ses objectifs qui ont semé la mort pendant plus d'une décennie sur la terre Ivoirienne.

Vous avez refusé de dégeler les avoirs d'un serviteur de la nation afin qu'il puisse se soigner!?

Vous avez voulu qu'il vous fasse allégeance avant de lui donner cette possibilité de se soigner !?

Qu'allez-vous faire maintenant qu'il est mort de votre indifférence?

Maintenant que sa conviction, même irréaliste pour une Côte d'Ivoire digne et souveraine l'a emporté, faut-il dire que votre objectif le concernant est atteint?

Messieurs et mesdames de cette Côte d'Ivoire Franco-Burkinabée, qu'allez-vous faire maintenant?

Allez-vous attendre qu'il fasse allégeance à titre posthume avant d'accepter qu'il soit enterré?

Allez-vous dégeler ses avoir afin que sa famille puisse au moins organiser ses funérailles?

Qu'allez-vous faire maintenant des reste d'un serviteur de la Nation Ivoirienne que vous avez conduit à la mort, en lui refusant le droit à la santé !?

Allez-vous maintenant vous réjouir en lui offrant un cercueil à prix d'or, où c'est écrit « ca fait un en moins, on attend le prochain » ?

Allez-vous attendre que d'autres meurent avant de dégeler leurs avoirs?

Oh oui! Allez-vous ignorer la souffrance des autres malades et attendre qu'ils meurent pour ensuite envoyer une délégation soi-disant gouvernementale se pavaner devant les familles éplorées?

Allez-vous, pour le malheur de mon peuple, continuer à vous servir du pouvoir à des fins criminelles?

Allez-vous tuer ou faire tuer tous les Ivoiriens afin d'atteindre l'objectif du repeuplement de la Côte d'Ivoire, savamment orchestré dans le bruit de vos canons et de vos mensonges?

Hélas, le silence de mon peuple traumatisé ne doit pas être pour vous une source d'abus!

Pourquoi toujours servir pire que ce que l'on a déjà vu, à ce peuple?

Ah, le pouvoir, je prie Dieu qu'il ne m'en donne pas, si c'est pour m'en servir à des fins criminelles ou devenir co-auteur direct et indirect de crime!

On dit que c'est Dieu qui donne le pouvoir, que c'est lui qui permet à ce que quelqu'un accède au pouvoir... On dit aussi que Dieu peut même laisser l'agent du diable accéder au pouvoir s'il juge cela nécessaire... Mais on oublie d'ajouter que beaucoup, une fois parvenus au pouvoir, s'en servent pour servir le diable et oublie Dieu!

Ce diable qui veut qu'on refuse à un être humain, le droit à la santé, en ne lui laissant que le choix de la mort parce qu'il a refusé de faire allégeance au vainqueur de la guerre!

Ce diable qui veut qu'on laisse un serviteur de la Nation mourir dans l'indifférence parce qu'il est un adversaire politique!

Ce diable qui veut que les dirigeants de l'Occident décident depuis l'Occident, de ce que l'on doit faire des serviteurs déchus de la Nation Ivoirienne!

Ce diable qui impose les diktats de ses agents, maîtres de la terre qui, étant chez eux décident de comment nous devons vivre chez nous!

Ce diable qui veut qu'on continue de faire le mal pour se voir au pouvoir et se sentir important ...

Se sentir important parce qu'on porte une étiquette obtenue dans le sang des innocents;

Ou alors parce qu'on a les moyens de pratiquer cette justice des vainqueurs...

Qu'allez-vous faire maintenant?

En tout cas, c'est une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire maintenant...

En attendant, soyez réconciliés avec votre conscience afin que la réconciliation entre vous et vos adversaires ou ennemis soit une réalité!

Dieu bénisse, délivre et restaure la Côte d'Ivoire!


Rosalie Kouamé «Roska»

Poésie tirée de mon cri de cœur, «le ministre Bohoun Bouabré s'en est allé, qu'allez-vous faire maintenant».

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

vendredi, 24 février 2012

PK 17: LES FRCI AU BORD DU SOULEVEMENT

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Etat-major, Camp Galliéni, Abidjan Plateau

Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi, le sous-chef d'état-major, Firmin Déto Létoh et le porte-parole du ministère de la Défense, Léon Allah Kouakou ont-ils réussi, hier, au Kilomètre 17, à éteindre le feu qui couvait chez les éléments des Frci ? Pas si sûr puisque, hier, au moment où Koffi Koffi et sa délégation quittaient ce camp militaire, un élément de cette garnison, le caporal T., nous a joint pour nous expliquer tout.

Selon le militaire qui était très remonté contre sa hiérarchie et qui disait porter la parole de ses camarades, le ministre Koffi Koffi est juste venu leur demander «de se calmer et de regarder faire. Car les choses iront bien après». C'est cela qui a énervé le caporal et ses camarades.

«Je t'appelle, frère, parce que nos chefs viennent de partir. Ils étaient là avec la télévision. Comme je sais qu'ils ne diront pas la vérité et comme je sais que ton journal n'était pas là, c'est pour cela que je vais te donner les vraies informations pour que tu puisses informer les Ivoiriens et la communauté internationale. Ils sont arrivés ici parce qu'ils ont été informés du soulèvement national que nous préparons, nous les Frci».

Quand on lui demande pourquoi ils veulent se soulever, il répond avec force et conviction que personne ne s'occupe d'eux. «Par exemple, raconte-t-il, ici au camp, notre infirmerie n'est pas équipée. Alors que nous avons parmi nous plusieurs blessés graves et légers. Nous n'avons pas de dortoir. Plus grave, nous ne mangeons même pas parce que, pour eux, nous sommes des militaires. Comme si quand on est militaire, on cesse d'être un homme. Nous sommes des milliers de personnes et on mange à peine un repas par jour. Ça ne peut plus continuer. On est fatigués !»

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Le caporal T. a égrené d'autres griefs dont le fonds de commerce qui avait été promis à certains des leurs et qui ne vient toujours pas. «Certains d'entre nous ont laissé leurs familles à Korhogo, Boundiali, Man, etc., et ils n'ont pas de quoi manger, encore de quoi envoyer à leurs enfants. Le soulèvement que nous préparons allait dégénérer dans tout Abidjan et partout à l'intérieur du pays. Mais, croyez-moi, ce n'est pas fini. Il y aura un soulèvement d'ici la fin de l'année».

Aujourd'hui, on peut le dire, le caporal T. et ses camarades regrettent amèrement l'époque de Laurent Gbagbo : «Avec l'ancien régime, assure-t-il, on était à l'aise. Ce qu'il nous a dit quand il n'était pas sur le fauteuil, ce n'est pas ce qu'il fait aujourd'hui. Regardez par exemple.

Nous qui sommes en vie, on ne veut rien faire pour nous. Et les morts alors ? Il y a trois mois que nous sommes en caserne et nous ne voyons rien venir. Même la nouvelle tenue, nous ne l'avons pas. Pourquoi ?»

Le porte-parole des frondeurs est sûr de ce que les nouvelles autorités ne veulent pas s'occuper des militaires qui les ont aidés à prendre le pouvoir. Selon lui, ce sont surtout les militaires venus d'Abobo qui paient le prix de leur méchanceté. Et comme ils ne peuvent pas rester là sans rien faire, certains sont retournés dans leurs familles les mains vides, quand d'autres ont choisi de faire des braquages pour survivre.

«Tous ceux qu'on voit en ville qui font des braquages sont pour la plupart des Frci. Ils sont obligés de se chercher pour avoir à manger», dit-il, avant de porter l'estocade au nouveau pouvoir : «Si c'était le président Gbagbo, ça n'allait pas se passer comme ça!»

Ce n'est pas la première fois que des éléments des Frci nous appellent pour nous supplier de les aider à s'adresser aux nouvelles autorités.

Cette fois, les choses semblent beaucoup plus sérieuses. Les frustrations qu'ils ont accumulées, les promesses non tenues et l'arrogance de certains collaborateurs de Ouattara ont fini par les pousser à bout. D'où la révolte. Alors, alors!

Abdoulaye Villard Sanogo


Source: NOTRE VOIE

SOUTIEN AUX PEUPLES EN LUTTE: AU SENEGAL COMME AILLEURS, LA FRANCE DOIT CESSER SON AIDE AU «MAINTIEN DE L'ORDRE»


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Manifestant sénégalais anti-wade brutalisé par la police

 

ATTAC France tient à exprimer sa solidarité à l'égard du large mouvement populaire au Sénégal. Par sa résistance et la constance de sa mobilisation, le peuple sénégalais montre qu'il ne se laissera pas confisquer sa souveraineté par la mascarade électorale que tente d'imposer Abdoulaye Wade.

Plus largement, cela démontre, si besoin était, que l'exaspération face à des pouvoirs illégitimes et l'aspiration à une véritable démocratie dépassent les pays du Maghreb et du Machrek, et s'expriment indépendamment de l'agenda politique des grandes puissances occidentales. Alors que celles-ci prétendent exporter la démocratie par la guerre en Côte d'Ivoire ou en Libye, leur attitude face au hold-up électoral du Président Wade dira si elles continuent de fermer les yeux tant que le régime est un allié de leurs intérêts économiques.

La France est particulièrement concernée par ce qui se passe au Sénégal, comme partout en Afrique francophone, puisque dans le cadre de sa coopération militaire et policière, scellée par un accord en cours de renégociation, elle contribue à équiper et former les unités qui répriment actuellement les manifestations. À l'occasion de la semaine anti-coloniale et d'une campagne présidentielle dont ces questions sont absentes, il est urgent de le dire et de le répéter : Paris doit rompre toute coopération militaire avec des régimes illégitimes, et cesser toute présence et intervention militaire extérieure en dehors de mandats d'une ONU réformée, qui ne sera plus instrumentalisée par les grandes puissances.

Celles-ci doivent maintenant se positionner publiquement : reconnaîtront-elles la "victoire" de Wade dans de telles conditions?

Comme lors de la tenue du forum social mondial à Dakar (février 2011), la solidarité entre les peuples doit l'emporter.

Attac France


Paris, le 24 février 2012.

TUERIES DES FEMMES D'ABOBO: LE LIVRE-ENQUETE QUI VA FAIRE TREMBLER LE CAMP OUATTARA

 

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Une journaliste française, qui a couvert la guerre postélectorale pour le quotidien suisse La Tribune de Genève, et qui a passé du temps à Abobo aux côtés des combattants du Commando invisible, vient de publier un livre plein de révélations très embarrassantes pour le régime Ouattara. Notamment au sujet des mortes d'Abobo.

C'est un témoignage précieux. Publié aux Editions Mille et une Nuits, le livre-enquête «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire : terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne sera à coup sûr abondamment annoté par tous ceux qui s'intéressent à la guerre postélectorale ivoirienne - notamment dans ses conséquences judiciaires. En effet, Leslie Varenne a vécu une bonne partie du dernier épisode du conflit ivoirien à partir de la commune d'Abobo, où est né le «Commando invisible» et où se sont livrés un grand nombre de combats. Ayant développé un bon relationnel avec Ibrahim Coulibaly dit «IB» et ses lieutenants les plus proches, elle est en quelque sorte dépositaire du «testament moral» de l'ancien garde de corps de la famille d'Alassane Ouattara, qui a quasiment été de toutes les conjurations depuis le 24 décembre 1999 et la chute d'Henri Konan Bédié. Elle a donc la connaissance d'un des terrains de guerre et des hommes mystérieux qui ont lancé la bataille d'Abidjan. Forcément, elle sait une partie des choses gênantes que le camp Ouattara-Soro voulait sans doute cacher en procédant à l'exécution sommaire d'IB.

Leslie Varenne ne peut être qualifiée facilement de pro-Gbagbo, selon le procédé habituel utilisé par le régime Ouattara et ses alliés internationaux pour discréditer les porteurs de vérités qui les dérangent. Dans son livre, elle multiplie les jugements de valeur définitifs sur le premier président de la Deuxième République ivoirienne, et reprend souvent sans recul les lieux communs qui parasitent une grande partie des écrits publiés en France sur Gbagbo.  Elle n'a pas vraiment enquêté sur le contentieux postélectoral mais dit, en quatrième de couverture, que Ouattara a été «globalement démocratiquement élu». Elle affirme que sous Houphouët, il suffisait de vivre cinq ans sur le territoire ivoirien pour être automatiquement naturalisé, ce qui n'est pas vrai. Elle se fonde sur des confidences d'anciennes amies de Simone Gbagbo pour affirmer que cette dernière est «richissime» sans dire un mot de ses supposées bonnes affaires.

Mais l'intérêt du livre de la journaliste française, envoyée spéciale de La Tribune de Genève à Abidjan durant les mois d'enfer, n'est pas dans le background mais dans les témoignages de terrain qu'elle met en lumière. Et qui sont déterminants. Notamment en ce qui concerne la fameuse «tuerie des femmes d'Abobo», qui a justifié le vote de la résolution 1975 instrumentalisée par la France officielle pour camoufler son entrée en guerre contre l'Etat de Côte d'Ivoire derrière un texte international de toute façon dévoyé.

Que s'est-il passé à Abobo ? Extraits du livre de Leslie Varenne.

«Le 3 mars, deux ou trois mille femmes défilent aux cris de «Gbagbo dégage». La manifestation est bon enfant. (...) Le rassemblement se tient au rond-point d'Anador, aussi appelé le carrefour du Banco. Le cortège croise les chars sortant du camp-commando d'Abobo pour aller se ravitailler au camp de gendarmerie d'Agban, circulant en sens inverse de la manifestation en direction d'Adjamé. Les femmes leur adressent des coucous de la main en signe de ralliement. Elles sont certaines d'avoir en face d'elles des tanks soustraits à l'armée par le Commando invisible lors des batailles. Subitement, des tirs atteignent les femmes. Le cortège panique, les femmes crient, s'enfuient dans la stupeur générale, personne ne comprend ce qu'il se passe. Officiellement, sept femmes meurent ce jour-là (...) Je n'étais pas sur place ce jour-là, mais lors de mes voyages à Abidjan, j'ai enquêté sur cet événement. Il me faudra des mois pour comprendre ce qu'il s'est réellement passé. Dans cette affaire, de nombreux points sont particulièrement troublants. Abibia, une marcheuse témoigne : «Au départ, nous ne voulions pas y aller. Abobo était en guerre à cette époque et cette marche était dangereuse. Mais le Golf nous a rassuré, il nous a dit que les Fongnons (les hommes du Commando invisible, ndlr) sécuriseraient la marche, et nous, nous avions une totale confiance en eux. Le Golf nous avait dit aussi que l'Onuci serait là. C'est pour cela que nous y sommes allées confiantes, habillées en boubous. Nous étions tellement rassurées qu'une des femmes est venue avec son bébé dans le dos. Elle est morte, mais personne n'a jamais mentionné le décès de son enfant.»

De son côté, le Commando invisible a été totalement surpris par cette manifestation : il n'avait tout simplement pas été prévenu par le Golf. Lorsque les hommes d'IB ont vu les femmes affluer, ils ont tout fait pour leur dire de rentrer chez elles. Mais ils ont seulement réussi à faire rebrousser chemin aux mères qui arrivaient de PK 18 et d'Anyama. En outre, à l'époque, le rond-point d'Anador n'est pas encore un territoire sous leur contrôle. Le choix du lieu du rassemblement est donc curieux. Pourquoi donner le rendez-vous sur la route et à l'heure où les chars passent pour aller se ravitailler ?

Huit mois après, Abiba s'interroge toujours : «Je n'ai pas toujours compris pourquoi le RHDP a choisi ce lieu.» L'endroit aurait pu apparaître comme stratégique si les femmes avaient marché en direction d'Abidjan, mais le meeting de fin de cortège devait avoir lieu devant la mairie d'Abobo. Autre élément incompréhensible, les femmes et les chars circulent en sens inverse, donc ils se font face. Or, les femmes sont atteintes dans le dos par des balles de mitrailleuse. Selon tous les témoignages recueillis, les tirs sont partis de la station Mobil à quelque quatre cents mètres environ du rond-point d'Anador. Les douilles ramassées par un des combattants du Commando invisible arrivé sur place après les tirs sont des douilles de calibre 12,7. Or les chars russes de Laurent Gbagbo sont équipés de mitrailleuses de 14 mm. (...) Le corps d'une femme a été emmené par sa famille, présente à proximité et inhumé le jour même.

Selon des témoins, les corps des six autres femmes auraient été ramassés par des jeunes hommes du RDR, parti d'Alassane Ouattara, puis transportés dans des estafettes (petits fourgons, ndlr). (...) Autre point étonnant : même en ces temps troublés, à Abidjan, la procédure est stricte, les victimes auraient dû être transportées à la morgue d'Anyama. Une autopsie aurait dû être pratiquée et les cadavres auraient dû être remis aux familles. Or, il n'en a rien été. Les six corps ont été enterrés dans un terrain vague, à l'insu de leurs parents, qui mettront des mois avant de connaître le lieu d'inhumation. Plusieurs mois après les faits, la Cour pénale internationale (CPI) se rend en Côte d'Ivoire et ne rencontre pas les familles. En revanche, l'ONUCI a interrogé les parents des victimes pour connaître leur version des faits et les a encouragés à prendre des avocats. Mais sans le soutien d'une organisation, comment ces familles pourraient-elles suivre une procédure aussi complexe et payer les honoraires des avocats ? Le parquet d'Abidjan, lui, signale l'ouverture d'une procédure.

Lors de mon investigation, j'apprendrai que deux commandants proches de Guillaume Soro étaient sur place ce jour-là. Etaient-ils là pour protéger les manifestantes ?»

Que d'éléments troublants !

Pour résumer, après son investigation, la journaliste française affirme que le RDR a en quelque sorte piégé ses militantes d'Abobo en leur mentant que le Commando invisible, non tenu au courant, et l'ONUCI, les protégeraient. Le parti ouattariste a choisi à dessein de faire manifester ses femmes sur la route où les FDS passent pour aller se ravitailler, et à l'heure de leur passage. Au final, des manifestantes affirment que les tirs de mitrailleuses criminels ne sont pas venus des chars de l'armée ivoirienne tandis que des combattants venus sur le terrain par la suite affirment que les douilles ne sauraient provenir desdits chars. De plus, il est incompréhensible que des mortes soient touchées dans le dos alors que les chars étaient en face d'elles. Ce qui est en outre frappant, c'est le fait que le RDR ait choisi d'empêcher toute autopsie et tout examen des corps des tuées en les soustrayant à leurs familles et en les enterrant à la va-vite dans un terrain vague, alors que la grande majorité des corps de la guerre postélectorale se trouvaient tout de même dans les morgues, malgré le conflit. Cette volonté délibérée d'empêcher des expertises sur les corps et d'empêcher les familles de les voir fait curieusement penser à ce qui s'est passé en novembre 2004 avec les dépouilles des neuf soldats français...

Les révélations de Leslie Varenne donnent en tout cas une légitimité nouvelle à la demande du président Laurent Gbagbo, qui sollicite depuis des mois une enquête internationale sur la fameuse tuerie des femmes d'Abobo. Une autre révélation de la journaliste confirme l'intuition répandue selon laquelle coups fourrés et montages visant à manipuler l'opinion publique internationale afin de légitimer une entrée en guerre directe de la France et de l'ONU. Une intuition qui fait que la version officielle sur le kidnapping de l'hôtel Novotel suscite jusqu'à présent de lourds questionnements...

Leslie Varenne explique, sur la base de confidences exclusives, que les attaques de l'hôtel du Golf le 9 avril, attribuées bruyamment aux FDS, ont été... des auto-coups des forces internationales.

«Des gars de l'ONUCI en tenue de camouflage»

Extraits du livre «Abobo la Guerre» évoquant le 11 avril, après le transfert violent de Laurent Gbagbo et de ses proches à l'hôtel du Golf. «Une heure après l'arrivée de ces illustres hôtes, son QG (l'hôtel du Golf, ndlr) est à nouveau attaqué à l'arme lourde. Comme la première fois, cette offensive ne fait ni blessé grave ni dégât majeur. Pourquoi les fidèles de Gbagbo bombardent-ils le lieu où se trouvent leur chef et son clan ? Pourquoi prennent-ils le risque de les tuer ou de les blesser ? Cette nouvelle agression a de quoi étonner. Un fonctionnaire de l'hôtel Sebroko révèle la vérité : «C'est l'ONUCI qui s'est tiré dessus lors des deux attaques, celle du 9 avril et celle du 11 avril, contre le Golf. La première fois, c'était pour légitimer les opérations en cours après la demande de cessez-le-feu de Laurent Gbagbo. La deuxième pour justifier sa capture et faire diversion. Un militaire ayant séjourné un mois à l'hôtel Sebroko après la guerre confirme : «En fait ce sont les gars de l'ONUCI en tenue de camouflage qui ont fait le coup. Bien sûr, les gars qui défendaient le Golf n'étaient pas au courant».

«La première victime d'une guerre, c'est la vérité», écrivait Hiram Warren Johnson, sénateur américain aujourd'hui décédé. Il avait décidément raison.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 23 février 2012

SABOTAGE DE LA RECONCILIATION NATIONALE: OUATTARA TRAQUE LES CADRES PRO-GBAGBO JUSQU'AU BENIN

 

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Les cadres de l'ex-majorité présidentielle qui se sont réfugiés au Bénin après le 11 avril et l'orgie de violence qui a coûté la vie à des milliers d'Ivoiriens soupçonnés d'être pro-Gbagbo, seront-ils «livrés» à la «justice des vainqueurs» de leur pays, dénoncée par la quasi-totalité des organisations internationales de défense des droits de l'Homme ? Le régime Ouattara, qui  manœuvre à fond et traque partout où ils peuvent se trouver les cadres proches du président Gbagbo, parviendra-t-il à ses fins au Bénin ? En tout cas, il semble avoir l'oreille de l'administration Yayi Boni. En effet, par le Soit-Transmis n° 0187/PRC du 20 Janvier 2012, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou a fait parvenir au Commissaire chargé du Bureau Central National Interpol Cotonou, treize (13) mandats d'arrêts internationaux décernés par le juge d'instruction en charge du 6ème cabinet du Tribunal de Première Instance d'Abidjan contre des cadres pro-Gbagbo.

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Le macabre s'ajoute à l'arbitraire dans ce cas précis : en effet, le premier sur la liste de ceux que le gouvernement béninois s'apprête à livrer est... Paul-Antoine Bohoun Bouabré, ancien ministre d'Etat, décédé le 12 janvier dernier à Jérusalem, en Israël, alors que ses avoirs étaient gelés.

Les motifs au nom desquels le régime Ouattara veut «capturer» ces treize Ivoiriens sont les mêmes motifs génériques qui sont opposés à tous ceux qui sont considérés comme des obstacles à l'hégémonie de l'homme fort d'Abidjan : vols en réunion, à main armée, commis avec infraction ou violence, détournement de deniers publics et complicité, atteinte à l'économie publique et complicité, concussion, pillage.

C'est la presse de Cotonou qui a révélé le «coup» qui, selon toute évidence, était en préparation. Si l'on ne peut pas affirmer que le président Boni Yayi a donné son accord, une lettre du ministre de l'Intérieur Benoît Assouan C. Degla au chef de l'Etat, qui a fuité dans la presse, notamment dans le quotidien Fraternité, est très claire sur ses intentions. «D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Vigilance de l'opinion publique béninoise

D'ores et déjà, la classe politique et les médias béninois, très puissants, sont en émoi. La chaîne de télévision Canal 3 a consacré sa chronique à un projet d'ores et déjà désapprouvé par l'opinion publique nationale. Toutes les radios se sont emparées de la polémique. «Le président Boni Yayi livrera-t-il, sans distinction aucune les 13 cadres ivoiriens à la justice ivoirienne ? S'il le faisait, ne porterait-t-il pas entorse à la réconciliation en Côte d'Ivoire ? Autant de questions qui doivent amener le président Yayi à réfléchir par trois fois avant d'agir. En effet, rien ne dit que les conditions sont remplies en Côte d'Ivoire pour que ces personnes soient jugées de façon équitable et transparente. Aussi, rien ne dit que ces 13 présumés coupables de divers crimes en Côte d'Ivoire ne rentreront pas d'eux-mêmes si la reconstruction nationale est effective. Le Bénin, un pays de liberté et de paix n'aidera aucunement le président Alassane Ouattara en lui livrant ses compatriotes sans faire la part des choses. Au président Yayi d'en tenir compte», écrit le quotidien Fraternité. D'autres commentateurs s'étonnent que Yayi Boni, en sa qualité de nouveau président de l'Union africaine, pense à s'adonner à un jeu qui renforcera les fractures ivoiriennes.

Rappelons que l'Union africaine a en quelque sorte «abandonné» la Côte d'Ivoire après le 11 avril en renonçant à y envoyer un Représentant spécial chargé d'appuyer résolument la réconciliation nationale. En dépit des résolutions qu'elle avait librement prises en mars 2011.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER


Source: LE COTE D'IVOIRE DEBOUT

ALASSANE OUATTARA, L’HOMME PAR QUI LE CHOMAGE ETHNIQUE EST ARRIVE


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Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d'Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l'on pourrait s'attendre à de nouveaux feux d'artifice dans le ciel abidjanais, à l'image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l'occasion de la fin d'année 2011.

Un constat s'impose pourtant: Au lieu du million d'emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu'Alassane Ouattara a déversé en Côte d'Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d'un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l'Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d'en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n'étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s'agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d'un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d'Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l'Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d'août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

La tribu comme premier critère qualifiant

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d'Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d'un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

Ce tribalisme d'Etat domine également l'affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l'éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l'Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu'il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s'offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d'autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l'inventeur du pernicieux concept de l'ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s'en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l'apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l'instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d'attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s'apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l'an Un de l'accession de leur champion à la présidence que le plus fort d'aujourd'hui ne demeurera pas indéfiniment en position d'écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d'avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l'avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d'éviter les ravages d'une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux, uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n'est pas inlassablement combattu.


Abidjan, le 22 février 2012

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER


Liberté et Démocratie pour la République

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

DECES EN CASCADE EN EXIL DES PRO-GBAGBO POUR CAUSE DE GEL DES AVOIRS: L'UNION EUROPEENNE DESAVOUE OUATTARA

 

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Le vendredi 17 février, les ivoiriens ont été surpris par l'annonce de la mort subite à Accra de Jean-Baptiste Diagou Gomont, maire de la commune Cocody. Cet autre décès en exil intervient quelques semaines après ceux de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré et du maire de Facobly, Gnan Raymond, et dont les causes directes sont liées à la mesure injuste, illégale et arbitraire du gel des comptes bancaires des cadres du front populaire ivoirien.

Les trois personnalités avaient en commun d'avoir été les directeurs de la campagne électorale pour Laurent Gbagbo dans leur localité de naissance respective. Elles ont été contraintes à l'exil pour des questions sécuritaires; leurs domiciles et leurs entreprises saccagés mais aussi leurs comptes bancaires gelés par le procureur de la république ivoirien, agissant sur instruction du gouvernement de monsieur Alassane Ouattara.

Après le récent décès de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré pour cause d'insuffisance de revenu pour la satisfaction de ses besoins primaires, lié au gel de ses avoirs bancaires en Côte d'Ivoire, voici qu'intervient dans les conditions similaires, la mort en exil d'un autre cadre du régime de Laurent Gbagbo qui, du fait des mesures de gel de ses comptes, n'avait pu effectuer à des périodes régulières, les différents bilans de santé que nécessitait sont état physique.

Pour bien comprendre le lien direct des décès constatés avec la mesure arbitraire du gel de leurs comptes bancaires, il est bon de savoir que pour minimiser les coûts, tous les cadres de l'ancien parti au pouvoir en Côte d'Ivoire et qui se retrouvent aujourd'hui en exil, ne vont consulter un médecin spécialiste que lorsqu'ils ressentent une alerte, alors que leur état physique lié à l'âge nécessite des contrôle préventifs réguliers.

Face à ses morts en cascade des anciens collaborateurs de Laurent Gbagbo, l'Union Européenne qui, dans le but d'accentuer la pression contre le régime de l'intéressé avait pris des mesures de gel des comptes contre 70 personnalités qui lui étaient proches notamment sa famille politique et nucléaire, son gouvernement, le conseil constitutionnel, des officiers généraux et des chefs d'entreprises tend aujourd'hui à se démarquer nettement de cette tragédie.

La décision de gel des comptes des proches du président Laurent Gbagbo est régulièrement visitée par les instances compétentes de Bruxelles si bien qu'à la date d'aujourd'hui, il a été procédé à la libération des comptes de certains membres de la famille de l'ancien président, de tous les membres de l'ancien conseil constitutionnel, de certains officiers généraux de l'armée, de toutes les entreprises d'Etat et de certains chefs d'entreprises privées et publics. En outre, la décision de restriction des comptes prise pour une année civile qui frappait les personnalités de l'ancien régime ivoirien a expiré officiellement depuis le 14 janvier 2012 et n'a pas été reconduite par l'instance compétente à savoir le parlement européen. Aussi, l'examen des dossiers pour la main levée des comptes de tous les membres du gouvernement dirigé par l'universitaire Aké N'gbo et les autres personnalités  proches de Laurent Gbagbo a  commencé depuis le début du mois de février 2012 et se poursuit dans le cadre des procédures internes à l'Union Européenne.

En attendant le terme de l'examen de ces dossiers prévue avant la fin du mois de mars 2012, l'on a pu observer sur le site officiel de l'Union Européenne, la publication de l'article 215  de son traité de fonctionnement et surtout, la décision n°  656-PESC qui  prévoyait  en son article 2, l'adoption de mesures restrictives à l'encontre des personnes en Côte d'Ivoire qui font obstruction au processus électoral. Ainsi sont gelés « les fonds et ressources économiques appartenant à, en possession de, détenus ou contrôlés par les personnes physiques ou morales, entités ou organismes proches de Laurent Gbagbo dont la liste est jointe en annexe ».

La décision de l'Union Européenne  laissait une lucarne à chaque état membre dans l'application des dites mesures, de respecter les droits de l'Homme afin de permettre aux personnes concernées de continuer à satisfaire leurs besoins primaires.

L'article 3 de la décision de l'Union Européenne indique que « par dérogation à l'article 2, les autorités compétentes des états membres peuvent autoriser le déblocage ou la mise à disposition de certains fonds ou ressources gelées, aux conditions qu'elles jugent appropriées après avoir établi que ces fonds ou ressources sont nécessaires pour régler les dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, des loyers ou mensualités des prêts hypothécaires, des médicaments ou frais médicaux, des impôts, des primes d'assurances et pour assurer des rémunérations de services d'utilité publique. Il est aussi autorisé une dérogation destinée aux règlements d'honoraires d'un montant  raisonnable et au remboursement des dépenses engagées pour assurer les services de juristes ».

Les dérogations de l'Union Européenne tendent à maintenir en vie, les personnes concernées par les mesures de restrictions des comptes bancaires. Elles se démarquent totalement des objectifs du gouvernement de monsieur Ouattara pour qui la mise en application de la mesure du gel des avoirs des proches de Laurent Gbagbo comme l'avait révélé le chef rebelle Morou Ouattara est de leur assurer une mort lente. Sinon, comment interpréter le fait que les personnes concernées par les mesures de gel de leurs comptes bancaires depuis dix mois, qui n'ont plus de travail, ni de salaire, ne puissent pas bénéficier de leurs épargnes pour se nourrir, se soigner et se vêtir  et dire que la cause de leur mort, quand elle survient, n'est pas liée à la mesure injuste qui les frappe?

Les morts en cascade observées depuis le début de l'année 2012 parmi les personnalités en exil proches de Laurent Gbagbo et les membres anonymes de leurs familles ne sont pas liées à la  fatalité. Ces décès sont véritablement  les conséquences irréversibles de la mesure illégale, injuste et arbitraire sans aucune dérogation de gel des comptes bancaires de personnes cinquantenaires qui sont en général de grands malades de diabète, d'hypertension artérielle et les effets collatéraux des ces deux maladies qui nécessitent une surveillance régulières des organes vitaux qui sont le cœur et les reins et qui sont les causes des décès successifs de Gnan Raymond, Bohoun Bouabré et de Diagou Gomont.


Une correspondance de Philippe Traoré.

mercredi, 22 février 2012

NON SEULEMENT ILS VIVENT EN EXIL, PIS ILS Y MEURENT, ET POURTANT QUE DIT NOTRE CONSTITUTION?

 

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Le Ministre d'Etat, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, décédé en Israël

 

ILS MEURENT EN EXIL ET POURTANT...

Nous avons oublié qu'en août 2000, nous avons profondément modifié notre loi fondamentale tant les occasions de sa violation ne se comptent plus. Permettez que je rappelle à notre souvenir quelques articles de cette Constitution qui ne vous diront certainement plus rien. Il n'y a désormais plus de gouvernement pour s'y référer de temps en temps et nous donner le sentiment d'être un peuple, une nation.

L'Article 2, alinéa 1, 3 et 4 du chapitre I du titre I relatif aux libertés et aux droits stipule : « 1- La personne humaine est sacrée. 3- Les droits de la personne humaine sont inviolables. Les autorités publiques ont l'obligation d'en assurer le respect, la protection et la promotion. 4- Toute sanction tendant à la privation de la vie humaine est interdite ».

Vous souvenez-vous de la dernière fois où l'actuel chef d'Etat s'est soucié du caractère sacré de la vie humaine en Côte d'ivoire?

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Le Maire de Facobly, Gnan Raymond, décédé au Bénin


L'Article 5 du même chapitre dit ceci : « La famille constitue la cellule de base de la société. L'État assure sa protection ». Dans le dernier licenciement des 1.200 cadres de la SOTRA, au minimum 5 couples ont été mis à la rue.

A l'article 10 alinéa 2 nous avons cette formule qui nous montre peut être la justesse de la politique de rattrapage : « Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d'encourager la haine raciale ou religieuse est interdite ».

Les deux derniers alinéas de l'article 22 du même chapitre nous enseignent que l'Etat de droit a fait place à un Etat d'exception depuis le 11 avril 2011 : « 1- Nul ne peut être arbitrairement détenu. 2- Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense ». Il n'est certainement pas le plus protecteur de nos libertés, mais il est certainement l'article de notre constitution dont la violation est la plus pernicieuse actuellement.

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Le Maire de Cocody, Gomont Diagou, décédé au Ghana


L'alinéa 1 de l'article 12 dit : « Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l'exil ». Non seulement ils vivent en exil, pis ils y meurent. Même par tous les euphémismes, on ne dira pas dans une totale indifférence du pouvoir public ivoirien. Fait comme des rats, les pro-Gbagbo sont tous victimes d'un plan diabolique d'extermination. Contraints à l'exil avec leurs comptes gelés, Dramane Ouattara sait qu'ils n'ont aucune chance d'échapper à la mort ainsi programmée.

Joseph Marat

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: Le blog de Joseph Marat