topblog Ivoire blogs

dimanche, 08 janvier 2012

APRES 5 SEMAINES D'ENQUETES A TRAVERS LE MONDE: GBAGBO GAGNE SA PREMIERE BATAILLE DEVANT LA CPI

 

LAURENT GBAGBO A LA CPI.jpg

Le conseil du président Gbagbo pourra enfin disposer de l'aide judiciaire à laquelle ont droit les pensionnaires de la Cour pénale internationale (CPI) jugés indigents pour préparer sa défense. Cinq semaines d'enquête ont suffi pour confondre Ocampo.

 

Le président Laurent Gbagbo a finalement obtenu d'un greffier de la Cour pénale internationale l'aide judiciaire que réclame depuis trois semaines un de ses avocats, Maître Emmanuel Altit. Il est présumé «indigent», selon Le Figaro. Qui affirme : «Malgré les investigations engagées dès son transfèrement hors de Côte d'Ivoire, l'enquêteur financier mandaté par la CPI n'a en effet trouvé aucune trace d'avoirs attribuables à l'ex-homme fort d'Abidjan».

«Un examen préliminaire (...) laisse penser, a priori, que le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge tout ou partie des coûts de sa représentation légale devant la cour», indique la décision rendue par le greffier Esteban Peralta Losilla. Qui s'empresse de dire que l'aide judiciaire octroyée ne l'est qu'à titre provisoire, la CPI n'ayant pas renoncé à trouver des biens à Gbagbo, «auquel des rumeurs jamais confirmées ont notamment prêté des avoirs aux Etats-Unis et en Afrique du Sud», affirme Le Figaro.

Le fait qu'après plus de cinq semaines d'enquêtes, auxquelles ont évidemment collaboré avec zèle les dirigeants de pays occidentaux - particulièrement de la France, qui «piste» le fondateur du FPI depuis toujours, et qui a accentué son effort lors de l'opération de gel des avoirs des personnalités de son régime -, aucune fortune cachée ni aucun bien immobilier n'aient été découverts, est une victoire pour Laurent Gbagbo, quand on sait que les «biens mal acquis» des présidents africains pourtant amis de la France sont longuement documentés. Et que ses rivaux Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara revendiquent leur riche patrimoine immobilier dans l'Hexagone. Le chef d'Etat le plus détesté par la «communauté internationale» en Afrique serait-il donc un honnête homme?

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la CPI s'est engagée à prendre à sa charge, selon Le Figaro, « la rémunération d'un avocat, d'un assistant juridique et d'un gestionnaire de dossier ainsi que le remboursement des frais engagés par la défense de Laurent Gbagbo à hauteur de 76 000 euros. «C'est un pas dans la bonne direction et nous sommes ravis que le greffe se soit finalement rangé à nos arguments», s'est réjoui Maître Altit. Qui a tout de suite déploré le caractère «manifestement insuffisant» de cette aide, «complètement inadaptée à la mise en place d'une défense effective et réelle dans une affaire de cette importance».


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 410 du samedi 7 et du dimanche 8 janvier 2012.

samedi, 07 janvier 2012

EXCLUSIF: DES FRCI RECLAMENT LE RETOUR DE GBAGBO


FRCI 20.png

Le syndrome Gbagbo Kafissa refait surface

 

Enregistrement audio obtenu à la suite d'une conférence de presse - version dozo - des FRCI dans la commune d'Abobo, à Abidjan, cette semaine (du Nouvel An). Alassane traîne un caillou dans sa chaussure... Le sait-il vraiment ? Certaines déclarations nous laissent dubitatifs. Témoignage plein d'enseignements.


Traduit en français élémentaire, on obtient ceci:


(Une voix sourde : peux-tu nous faire le compte rendu de tes différentes tournées ?)

J'ai fait un peu le tour. Je suis allé à Abobo, je suis allé voir les imans, je suis allé voir les chefs des différentes communautés pour m'entretenir avec ces derniers. On doit mettre les choses au point. Tout d'abord, il faut qu'on se mette d'accord sur certaines choses. Les jeunes ont pris les fusils pour pouvoir faire partir Gbagbo maintenant ils ne veulent pas désarmer. Tout le monde leur à parlé. Soro a parlé, Bakayoko a parlé tout le monde a parlé, amis, ils ne veulent pas désarmer. On leur parlé de toutes les façons possible mais ils ne veulent pas déposer leurs armes.  Nous on est obligé de les désarmer par la force.

La seule chose que je veux vous dire est que nous allons les désarmer par la force. Je ne veux pas après qu'on vienne dire que nous avons tué les enfants de ces personnes. Nous on ne veut pas tuer les enfants des gens. Allez dire aux parents, aux hommes, aux femmes et à toutes les familles que nous allons les désarmer par la force. Que les femmes se mettent dans la tête que lorsque leurs fils seront morts, ce ne sera pas de la faute de Ouattara mais de la faute de leurs enfants. Parce que nous ne ferons pas de quartier. Il ne faudrait pas qu'on accuse après Ouattara de les avoir tués. S'ils meurent ou s'ils perdent la vie, ça sera de leur propre faute. Voilà ce que je voulais vous dire. Ce message s'adresse surtout à nos mères car ce sont encore elles qui vont perdre leurs fils.

Nous voulons éviter une effusion de sang dans ce pays. Car si nous passons à l'acte, ça ne sera vraiment pas bon pour tous ceux qui refusent d'obtempérer. Ces soldats disent qu'ils vont prendre ce pays si on veut les désarmer par la force. Je veux leur demander de ne pas se donner des illusions pour rien. Nous allons les mater et les tuer, sérieusement. Nous ne voulons pas que cela se produise, voila pourquoi je vous parle aujourd'hui.

En ce qui concerne les commandants qui ont été nommés. Le nouveau chef est un chef rebelle qui a été dans le Nord et dans certaines villes du Nord. Ce commandant a la confiance de Soro, voilà pourquoi il doit être là, à son poste. Les jeunes ne veulent pas du commandant d'Abobo mais c'est lui qui a été placé. Un point et c'est tout. La chaîne de commandement ne fonctionne pas à Abobo parce que les soldats ne reconnaissent pas le chef qui y a été nommé. Ce chef est venu du Nord et a été placé, sur décision de Soro. Mais les jeunes disent qu'il n'avait pas combattu lors de la bataille d'Abidjan.

Je sais que la fin de Ouattara va venir d'Abobo parce qu'Abobo est le secteur le plus difficile et le plus rebelle, en ce moment. Je reconnais que les éléments d'Abobo sont très difficiles à maîtriser. Je vous le dis, aujourd'hui : la fin du régime de Ouattara pourrait venir d'Abobo.

Je dois aussi vous le dire: Gbgabo n'était pas mauvais. On nous a dit que Gbagbo était mauvais et nous avons accepté cela. Moi-même, souvent j'entends dire que le temps d'Houphouët était bon. Mais mon propre père me disait souvent que le temps d'Houphouët n'était pas si bon que cela, dans tous les domaines. Moi-même, j'ai été avec Guéï Robert et j'ai été en poste juste un mois quand Gbagbo est arrivé. Le problème n'est pas là. Le problème est que si Gbagbo doit revenir alors qu'il revienne. On me traite souvent de pro-Gbagbo mais je ne fais que dire la vérité.

Et la vérité est que Gbagbo n'était pas si mauvais que cela. Tout ce qu'il voulait, c'était que la richesse de notre pays reste dans notre pays. La Côte d'Ivoire est très riche mais cette richesse vous ne la verrez pas, je vous le dit en vérité. Si Gbagbo est la solution réelle et que le destin veut qu'il revienne alors qu'il revienne pour diriger ce pays, c'est tout ce que je voulais vous dire. Nos jeunes ne doivent pas avoir peur de cela. Parce que des gens pensent que si Gbagbo revient, ça ne sera pas bon pour eux.

J'étais jeune sous Houphouët, j'ai connu Bédié, j'ai connu Guéï, j'ai connu Gbagbo et je connais Ouattara. Chacun a ses forces et chacun a ses faiblesses. En vérité, c'est sous Gbagbo que moi-même j'ai commencé à me retrouver. Je ne suis pas gbagboïste mais je veux juste dire les choses comme elles sont. En vérité, Gbagbo luttait pour la souveraineté du pays. D'autres veulent donner notre argent aux blancs. Les gens ne sont pas payer. Les fonctionnaires ne sont pas payer à temps. On leur paye un mois de salaire alors qu'on leur en doit trois. Certains voient leurs salaires amputés de la somme de 100 000 FCFA, sur chaque paye.

Vous les jeunes, c'est votre avenir qui est en jeu. Je sais aussi que Ouattara est bon. Mais je sais aussi, au fond, que je n'aimais pas personnellement Gbagbo mais j'aimais à vrai dire sa politique. On a mis Ouattara en place mais si on se rend compte que c'était Gbagbo qui était meilleur alors qu'il revienne continuer son pouvoir pour le bien du pays, un point c'est tout. Gbagbo lui-même a signé en son temps des accords à Marcoussis ainsi que l'Accord politique de Ouagadougou et pour être franc, il avait commence à nous payer l'argent qu'il nous avait promis.

Nous ne voulons plus de guerre mais il faut être honnête. C'est nous qui avons mis Ouattara au pouvoir. Nous avons donc un droit de regard sur lui. Je suis au courant de certaines choses. Je ne suis pas lettré, il est vrai, mais je suis en contact permanent avec des personnes qui travaillent dans l'administration. Je vois donc des choses de mes propres yeux. Aujourd'hui, on nous dit que celui qui va nous payer n'est pas encore prêt. Alors qu'on apprend que cet homme qui a été nommé pour le faire convoie des camions remplis d'argent. Cet argent est le nôtre. Non seulement ce n'est pas ce qui nous avait été promis, mais en plus on ne nous le rend pas. On a appris que cet homme qui a été nommé pour payer les soldats est un burkinabé. Les jeunes sont en colère parce qu'ils disent qu'ils n'ont pas pris les armes pour qu'un burkinabé vienne s'enrichir dans notre pays. Moi, je n'ai pas pris les armes pour des miettes. Si Gbagbo était encore là, on aurait obtenu bien plus car c'est un homme de parole.

En ce moment il n'y a pas d'argent au pays. Je vous le dis car je le sais. Il n'y a pas un seul rond, en ce moment, dans les caisses; tenez-le vous pour dit. Je vous disais moi-même, tout me temps, que la Côte d'Ivoire est un pays très riche. Mais est-ce que vous m'entendez parler de cela encore. Le pays a des ressources mais en ce moment, il n'y a pas d'argent. Je sais de quoi je parle, je le vois chaque jour de mes propres yeux. Il ne s'agit pas de nous mais de vous les jeunes, de votre avenir.

(Une voix distincte : En ce qui concerne le secteur d'Abobo ?)

Je dois reconnaitre qu'Abobo me préoccupe vraiment. Il y a trop de désordre dans ce secteur. Les soldats s'entretuent à la gare routière d'Abobo. Tout le monde veut être commandant. Certains font partie de plusieurs casernes différentes. J'en suis témoin. Les gens n'en parlent pas mais ils savent ce qui se passe. Moi, je n'ai pas la langue dans ma poche. Je dis ce que je vois. Et ce que je vois n'est pas bon. Les gens ne respectent plus rien. Moi-même, j'ai été à Abobo et j'ai été témoin du désordre, de racket, de taxage et de vol. Cela se fait tous les jours et cela se fait par nos hommes. Je connais un jeune qui n'était pas soldat et qui a décidé de devenir FRCI le jour même où il a été décidé de désarmer tout le monde.

Il exagère celui-là. Il s'est proclamé commandant alors qu'il ne connait aucune règle militaire. Tout le monde veut être commandant et personne ne veut se faire commander. Tout ça crée le désordre dans ce secteur. Dans ce secteur, il existe un couvre-feu de facto. J'ai moi-même entendu à Abobo, alors que j'y étais de passage, des tirs d'une forte intensité et je savais sûrement que ces tirs allaient finir par faire plusieurs victimes. Des individus se baladent dans les rues avec des armes, à n'importe quel moment de la journée, et vont dans n'importe quel endroit. À partir d'une certaine heure, tout le monde reste chez soi et personne ne veut mettre les pieds dehors.


Transcription: Romaric Okou


Source: CAMEROON VOICE

vendredi, 06 janvier 2012

COTE D'IVOIRE: LE SENTIMENT DU STATU QUO AD VITAM


ALASSANE OUATTARA 28.JPG

A l'occasion du Nouvel An 2012, Alassane Ouattara a sacrifié au rituel institutionnel et adressé les vœux traditionnels du chef de l'Etat aux Ivoiriens. Nous laissant le sentiment que dans ce pays, les messages enjoliveurs continueront à jamais de prendre le pas sur la réalité et qu'il faudrait peut-être désespérer, pour de bon, de voir nos nouvelles autorités gouverner autrement la Côte d'Ivoire et conduire notre peuple à une vraie réconciliation.

Nous aurions bien voulu partager son optimisme pour la « Côte d'Ivoire de demain », qu'il annonce comme un « pays rayonnant, ouvert sur le monde » mais la réalité totalement décalée qu'il ne semble pas prendre en compte dans son discours lénifiant sur une Côte d'Ivoire que seuls lui et son entourage voient comme pleine du « bonheur d'être ensemble », célébrant « la paix et l'espoir retrouvés » quand la misère, la pauvreté, le chômage galopant et la déchirure sociologique rongent la nation, ne nous y autorise guère.

Après son adresse à la nation à la faveur du 51ème anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, c'est la deuxième fois qu'Alassane Ouattara nous sidère par sa vision scandaleusement décalée de la situation en Côte d'Ivoire. Nous comprenons qu'en tant que chef de l'Etat, il veuille donner de l'espoir à ses concitoyens par un discours rassurant mais il ne s'agit pas, pour y parvenir, d'escamoter la réalité et de lustrer plus que de nature le quotidien désastreux des ivoiriens, échappant ainsi à une autocritique indispensable, à une peinture honnête du vécu de nos compatriotes et à un devoir de vérité. Nous donnant clairement le sentiment d'avoir affaire à deux Côte d'Ivoire bien distinctes : celle reluisante et enviable des discours d'Alassane Ouattara et l'autre des Ivoiriens plongés dans le désastre, aux cœurs horriblement mortifiés par les crimes, massacres et pillages des FRCI et des milices pro-Ouattara que sont les Dozos.

De sorte qu'avancer que « nos familles ont retrouvé la sérénité » est une contrevérité. Parce que l'Ouest de la Côte d'Ivoire ne fait pas partie de ce pays que dépeint ainsi le chef de l'Etat. Il n'évoque pas même en une phrase le drame épouvantable de cette partie de notre territoire nationale. De quelle Côte d'Ivoire parle donc Alassane Ouattara, honnêtement ? De quelle Côte d'Ivoire est-il question, quand il affirme que « chaque ivoirien peut vaquer tranquillement à ses occupations, en dépit de quelques dérapages de certains éléments des FRCI » ? « Quelques dérapages », dit-il ? Vit-il vraiment avec nous, sur le territoire ivoirien ? Parce que tous ceux qui vivent sur cette terre d'Eburnie savent que depuis les évènements d'Avril 2011, les FRCI n'ont jamais cessé de faire la Une des quotidiens ivoiriens, tant leurs exactions sont récurrentes et destructrices. Des dizaines voire des centaines de vies humaines ont été ainsi fauchées par leurs armes. Dans l'impunité la plus totale.

Mais tant qu'il s'agissait des pro-Gbagbo, il n'y avait guère de quoi ameuter la terre. Dès que 5 de ses partisans ont été occis à Vavoua, la machine sécuritaire ouattarandienne s'est mise en branle : « Nous avons pris des mesures énergiques à cet égard, notamment la création d'une police militaire, pour y remédier ». Ainsi donc il y aurait deux catégories d'Ivoiriens : ceux qui peuvent subir toutes sortes de maltraitances sans que personne n'en soit ému et ceux auxquels il ne faut absolument pas toucher.

Au titre de ces mesures énergiques, « partout dans le pays, les policiers et les gendarmes sont redéployés, pour veiller à la sécurité des personnes et des biens.  Près de 10.000 hommes ont été désarmés. Nous mettons tout en œuvre pour assurer leur réinsertion économique et sociale.». Mais la précision de taille à apporter, c'est que ces policiers et gendarmes, accusés - pour l'essentiel du peloton - d'être des pro-Gbagbo, opèrent sans la moindre arme et que les 10.000 hommes désarmés en question le sont sur un total de 27.000 supplétifs et FRCI au statut hybride et encore très mal défini qui occupent toute la Côte d'Ivoire, dont bon nombre se sont reconvertis aux braquages et attaques à main armées, écumant Abidjan et les villes de Côte d'Ivoire. De quelle sécurité des personnes et des biens parle-t-on donc ?

Dans bien de villes de l'intérieur du pays, commissariats et tribunaux sont encore inopérants, huit mois après la saga des FRCI. La situation sécuritaire dans notre pays est si préoccupante que même l'ambassade de France, soutien indéfectible de Ouattara, exige des ressortissants français la plus grande vigilance et une prudence de tous les instants ; des consignes fermes ont été, à cet effet, éditées à leur attention sur le site Internet de l'institution. Les Etats-Unis, eux-mêmes classent la Côte d'ivoire, aujourd'hui, parmi les pays à risque pour ne pas dire les plus dangereux de la planète. C'est au point où le Canada a tout bonnement délocalisé sa représentation diplomatique au Sénégal. Plus personne ne fait confiance à la Côte d'Ivoire quand à sa capacité à protéger les populations ivoiriennes, les étrangers et leurs biens. Comme on peut le voir, La France, les Etats-Unis et le Canada ne parlent pas de la même Côte d'ivoire qu'un Alassane Ouattara contemplatif et en pleine extase.

Quant à la salubrité qui couvre le gouvernement Ouattara de fierté au point qu'il puisse dire dans une adresse de fin d'année : « Des moyens considérables sont mis en place pour améliorer la salubrité dans nos villes ainsi que l'hygiène et le cadre de vie de nos populations (même s'il est de notoriété que les balayeuses de nos rues ne sont pas payées et que ces projets avaient été déjà bouclés par Gbagbo, en collaboration avec la Banque mondiale)», elle n'a en fait cours qu'à Abidjan et, dans une moindre mesure, à Yamoussoukro. L'intérieur du pays croule sous les ordures et l'anarchie, occasionnant, actuellement, une endémie de fièvre typhoïde et des épidémies de choléra dans plusieurs villes de Côte d'Ivoire. Et même la fameuse « Opération pays propre » à Abidjan, n'a été menée que pour les indispensables besoins médiatiques du nouveau pouvoir. La preuve, à ce jour, l'opération a connu un coup d'arrêt inexplicable, au regard de la détermination de départ, et de vastes quartiers connus pour leur insalubrité légendaire et gérés par des municipalités à dominance RDR (le parti de Ouattara) n'ont pas été le moindre du monde effleurés. C'est le cas des quartiers des communes d'Abobo, d'Adjamé et d'Attécoubé. Or, s'il y a des espaces urbains à assainir de toute urgence, ce sont bien ces communes-là. Que nenni ! Elles ont été royalement ignorées. Allez-y comprendre quelque chose.

Côté santé, « d'énormes efforts sont fournis pour que les soins de santé des Ivoiriens les plus défavorisés soient gratuits, sur toute l'étendue du territoire national ». Une autre affirmation en décalage avec la réalité : officiellement, les consultations, les analyses médicales et les médicaments sont gratuits. Mais les pharmacies de nos hôpitaux et centres de santé sont désespérément vides et les réactifs chimiques des laboratoires inexistants, le plus clair du temps. Les salles d'hospitalisation et les cabinets des praticiens sont crasseux. Les techniciens de surface, comme il est convenu de les appeler, ne travaillent plus ; ils ne sont plus payés par les hôpitaux du fait de la gratuité des consultations qui les privent de précieuses ressources de fonctionnement auxquelles l'Etat ne peut faire face. Spectacle irréel que celui de nos hôpitaux, aujourd'hui, surtout en cette période de vents secs et de poussière de l'Harmattan.

Sur le crève-cœur de nos universités publiques fermées pour deux années, livrant nos étudiants à la rue, le chef de l'Etat ne s'embarrasse pas de se justifier : « Les universités sont en train d'être réhabilitées à cause de l'état de dégradation avancé des infrastructures. Ces travaux de réhabilitation sont indispensables pour donner aux étudiants et aux enseignants, un meilleur environnement ». Combien d'universités africaines peuvent-elles se prévaloir d'avoir les infrastructures de nos écoles supérieures et universités ? Sont-elles pour autant fermées ? Point du tout. Au demeurant, une réhabilitation peut-elle justifier qu'on ferme des universités pour deux années de suite ? On comprendrait pour quelques mois. Mais deux années ? C'est impensable. Cette décision échappe à toute logique. A moins qu'elle ait pour objectif de cacher au monde, sous des dehors de réfection et tapie derrière le souci de remise à neuf, l'ampleur de la destruction et du pillage des FRCI, en avril 2011, sur nos universités publiques.

Le chef de l'Etat clame également, à notre grande surprise : « La confiance des partenaires extérieurs a été restaurée. Les investisseurs reviennent, chaque jour plus nombreux et plus motivés ». Et pourtant un banquier en poste à Abidjan est catégorique : « Personne ne peut s'amuser, en ce moment, à venir investir dans notre pays. Le racket et le braquage y sont un frein. Les autorités gouvernementales ont peur des hommes armés. Puisqu'elles leur doivent leur pouvoir. C'est l'économie du pays qui en prend un coup. C'est dommage pour la Côte d'Ivoire. On aurait pu éviter cette situation. Si on ne réagit pas le plus rapidement, on va droit dans le mur ». Il n'y a aucune garantie sécuritaire en Côte d'Ivoire. Pire, les armes de guerre sont en libre circulation, sur toute l'étendue du territoire. Alassane Ouattara n'aurait-il pas la situation réelle de son pays ? Pas si sûr ! Il fait de la diversion pour espérer séduire les investisseurs, l'opinion internationale et ses partenaires politiques occidentaux. Les croit-il assez naïfs pour être à ce point dupes ou espèrent-ils mettre de la poudre aux yeux des Ivoiriens ? Peu de chance qu'ils s'y prennent et que lui-même y parvienne.

Nous avons été encore plus stupéfaits de l'entendre plastronner : « A l'occasion de ce scrutin, vous avez exprimé, une fois de plus votre attachement à la démocratie et réaffirmé votre volonté de doter notre pays d'institutions fortes et légitimes ». « 2011 a ainsi consacré la victoire de la démocratie dans notre pays ». Il importe de rappeler que le nouveau découpage électoral ayant servi aux législatives a été conduit dans la plus totale illégalité. Le chef de l'Etat a pris par devers lui un décret pour relever le nombre des députés sans avoir mené aucun recensement national, sans avoir associé l'Assemblée nationale, et a procédé tout seul à l'affectation des nouveaux sièges. La CEI, sensé être indépendante, est entièrement à coloration RHDP, la formation politique qui l'a investi au second tour de la présidentielle. Des fraudes massives et de graves irrégularités ont été enregistrées lors du scrutin législatif du 11 décembre 2011 et laissent de nombreuses plaintes pendantes sur la table du Conseil constitutionnel, portées par des alliés contre d'autres alliés du RHDP. Comment comprendre une telle aberration ? Il est, en outre, resté sourd aux revendications de l'opposition menée par le FPI-CNRD pour un dialogue républicain devant conduire à la participation de tous les partis politiques du pays. Résultat : l'opposition a été marginalisée. A dessein, dirions-nous, histoire d'accaparer la majorité des sièges du parlement, dans un désormais célèbre « désert électoral ». Le Conseil constitutionnel - renouvelé anticonstitutionnellement - la CEI et ce nouveau parlement ne peuvent pas très exactement être considérés comme des « institutions fortes et légitimes », à moins que nous soyions tous frappés de cécité dans ce pays.

Le chef de l'Etat, pour finir, espère « une Côte d'Ivoire rassemblée » et « un ivoirien nouveau, plus respectueux des valeurs de la République ». Faut-il le croire quand la chasse à l'homme est toujours à l'ordre du jour contre les pro-Gbagbo en exil ou en prison et quand lui-même foule allègrement au pied notre Constitution pour laquelle il a prêté serment ? Un gouffre bien visible entre un discours enjoliveur et une réalité implacable. On ne peut tromper les Ivoiriens. Alassane Ouattara doit revoir sa copie s'il veut réussir à réconcilier les ivoiriens et leur redonner espoir. Les esquives ne servent à rien.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 408 du jeudi 5 décembre 2012.

jeudi, 05 janvier 2012

AHOUA DON MELLO: «COMMENT NOUS ALLONS METTRE FIN A LA DICTATURE DE OUATTARA»



AHOUA DON MELLO 5.jpg

Lors de notre récent séjour dans la capitale ghanéenne, le ministre Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement Aké Ngbo et grand expert en développement, a bien voulu nous accorder une entrevue, dans laquelle il appelle les Ivoiriens à mettre fin à l’arrogance sarkozienne par un boycott des produits français, et se prononce par ailleurs sur le ré-endettement de la Côte d’Ivoire par le régime Ouattara et sur l’énigme Frci.

 

Nous sommes entrés de plain-pied dans une nouvelle année. Quels sont vos vœux pour l’année 2012 ?

Mon vœu le plus cher est que l’année 2012 soit pour la Côte d’Ivoire l’année de la délivrance :

- Délivrance du Président des Ivoiriens Laurent GBAGBO actuellement détenu à la Haye, de tous les détenus politiques et de tous les exilés internes et externes.

-Délivrance de la Côte d’Ivoire du joug de l’impérialisme français.

-Délivrance de la Côte d’Ivoire de la dictature tribale et fascisante qui s’y installe.

Dans vos différentes analyses post-11 avril, vous vous êtes toujours évertué à démontrer que Laurent GBAGBO a gagné les élections présidentielles. Qu’est-ce qui fonde cette conviction?

Ce n’est pas une conviction, c’est une vérité. Les élections législatives qui sont toujours considérées comme le troisième tour des élections présidentielles ont mis en évidence les mécanismes de fraude et viennent de confirmer la victoire de Laurent GBAGBO.

Revenons à vos vœux pour 2012. En parlant de délivrance de la Côte d’Ivoire, ne donnez-vous pas raison à ceux qui soupçonnent les exilés de fomenter un coup ?

Un coup de force ne peut provenir que de leur propre camp. Préparer un coup de force pour les militants pro-GBAGBO que nous sommes, c’est demander à une équipe de football de jouer du rugby. Dans la vie politique ivoirienne, seul le RDR s’est constitué une équipe de rugbymen politiques en créant une branche armée d’abord clandestine puis officielle depuis 2002 et qui pratique la violence ouverte depuis 1999. Certains n’ont ni parents ni amis en Côte d’Ivoire, donc que les Ivoiriens meurent ou souffrent ne créent aucune compassion de leur part. Les militants pro-GBAGBO que nous sommes, ayant des parents et amis en Côte d’Ivoire, avons été nourris à la sève de la lutte pacifique. Et cela nous a permis d’avoir une opposition civilisée sous le régime de Feu Félix HOUPHOUET-BOIGNY, tout en arrachant des victoires importantes en balayant le parti unique et en balayant la dictature militaire de feu le Général GUEI Robert. C’est avec cette même méthode pacifique que nous mettrons fin à la dictature tribale et fasciste soutenue par l’impérialisme français.

Mais justement ces voies pacifiques sont aujourd’hui obstruées par la répression du régime en place. Comment allez-vous vous y prendre ?

La période de grâce du régime OUATTARA est terminée, car les parrains ont besoin d’exploiter la Côte d’Ivoire pour payer la facture de neuf (9) ans de soutien à une rébellion. La sécurité est donc le serpent qui se mord la queue. M. OUATTARA est obligé de scier la branche sur laquelle est assise son pouvoir en se débarrassant de l’ex-rébellion, condition nécessaire pour rendre la Côte d’Ivoire exploitable par ses parrains. Le peuple lui-même est sorti de la torpeur et pose des actes de bravoure face à la barbarie de l’ex-rébellion rebaptisée FRCI. Les voies démocratiques s’ouvrent progressivement et le peuple s’exprimera.

A chaque époque et face à chaque régime, la méthode de lutte pacifique s’adapte. Nous avons pris le temps de caractériser le régime en place. Les élections législatives ont montré que ce régime n’a pas l’onction du peuple mais tire sa force de la fraude et du soutien de la France de SARKOZY. Ce n’est pas le PDCI qui dira le contraire, lui qui crie aujourd’hui à la fraude et est passé de 94 députés lorsqu’il était dans l’opposition à 77 députés dans sa cogestion de l’Etat avec le RDR. Ce pouvoir est donc perdant dans un jeu démocratique normal, dans des conditions consensuelles et inclusives. Le choix du boycott pacifique des élections législatives a prouvé son efficacité, car il est difficile de mettre un militaire français ou onusien derrière chaque électeur pour le contraindre d’aller voter. Par contre, il est facile de contraindre le Président de la commission électorale indépendante d’annoncer de faux chiffres.

Les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts. La France agit pour conserver le marché ivoirien à son seul profit, ce que refusait le Président GBAGBO. Si 85% des ivoiriens décident aujourd’hui de ne plus consommer français lorsqu’ils ont le choix, ne vous en faites pas, des instructions claires seront données à OUATTARA de revoir sa copie et des conditions consensuelles et inclusives seront créées pour mettre fin à cette parenthèse de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Avec le développement prodigieux des pays émergents, l’Occident n’a plus le monopole des produits manufacturés et de la haute technologie. Et comme le client est roi au sens strict du terme dans l’économie de marché, il a donc le choix. Quel militaire français ou onusien peut vous obliger à téléphoner avec une puce d’une compagnie de télécoms française, à remplir votre véhicule d’essence dans une station-service contrôlée par une multinationale française, à payer un billet d’avion dans une compagnie française ou à ouvrir un compte dans une banque française, etc ?

Le boycott politique qui a fait ses preuves lors des élections législatives constitue une voie royale et non violente applicable dans le domaine économique et financier pour mettre fin à l’arrogance ‘sarkozienne’ et à cette dictature ethnique et fascisante.

Comment pensez-vous faire adhérer la majorité des Ivoiriens lorsqu’on sait que les Ivoiriens ont leurs habitudes, leurs préférences ?

Aucune victoire ne se gagne sans un minimum de sacrifice. 85% des ivoiriens vivent aujourd’hui dans l’angoisse de perdre un parent, un ami ou leur vie ; de perdre leur plantation, leur emploi, leur maison ou leur fortune. Par conséquent, perdre des habitudes ou des préférences pour libérer tout un peuple n’est qu’un sacrifice honorable.

Toute méthode de lutte nouvelle a besoin d’être enseignée ; les pro-GBAGBO en Côte d’ivoire et sa diaspora à travers le monde, constituent les meilleurs pédagogues de cette lutte pacifique. Au-delà de la Côte d’Ivoire, tous les peuples d’Afrique ont entre leurs mains, leur destin face à la barbarie occidentale contre l’Afrique. La barbarie esclavagiste a permis à l’occident de développer l’Amérique et bâtir des fortunes européennes, la conférence de Berlin en 1885 leur a permis de se partager l’Afrique par des méthodes barbares pour assurer des monopoles économiques face à la crise qui frappait l’Europe, et les accords de coopérations post coloniaux ont prolongé le régime colonial. La multipolarisation de l’économie nous offre l’unique chance de coopérer avec ceux qui sont prêts à respecter notre souveraineté et cela ne dépend que de nous. Le ballon est donc dans notre camp ; à nous de nous organiser et de jouer pour redresser le destin de notre continent et réaliser un nouvel ordre fondé sur le principe du respect de la souveraineté et le règlement pacifique des conflits.

Les Frci, majoritairement des ex-rebelles, constituent un véritable problème pour Ouattara du fait des dérives dont ils sont quotidiennement coupables. Quel commentaire ?

Vouloir bâtir un état de droit avec des ignorants du droit conduit inévitablement vers des dérives. Les ex-rebelles rebaptisés FRCI ont pour colonne vertébrale des chasseurs qui confondent protection des civils et chasse à l’homme. Tout régime qui n’a pas de soutien populaire règne par la terreur, car aucun appel ne peut être suivi d’effet, donc la seule façon d’ordonner est de contraindre par les armes comme à l’époque de la colonisation. La destruction de l’Etat depuis 2002 a abouti à faire de ces ex-rebelles, des tyrans locaux qui concentrent tous les pouvoirs de collecte d’impôt, de justice et de parlement. Ils décident des lois à appliquer, des impôts à collecter et des sanctions à faire subir en se réservant le droit de vie et de mort sur chaque citoyen. Cette organisation de l’Etat n’est que la réplique de l’Etat colonial avec les gardes cercles, les tribunaux d’exception et le code de l’indigénat. Cela relève donc d’une volonté de recolonisation de la Côte d’Ivoire.

Après avoir soutenu fortement Alassane Ouattara pendant la crise postélectorale, les Etats-Unis, le Canada (et bientôt d’autres pays) déconseillent vivement la destination Côte d’Ivoire à leurs ressortissants pour cause d’insécurité chronique. Quel sens donnez-vous à cette sorte de revirement de ses soutiens ?

Ils ont tout simplement découvert que la France veut se réserver le droit d’exploiter seule la Côte d’Ivoire. Après  neuf mois, la période de grâce est terminée, les discours et les promesses ne suffisent plus. La sécurité n’est pas effective et tous les grands marchés sont donnés de gré à gré aux entreprises françaises. Venir dans un pays à haut risque sans espoir de faire une seule affaire est une aberration dans un monde où les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts.

Au plan économique, comment jugez-vous la politique du ré-endettement massif de la Côte d'Ivoire, actuellement en cours? Principalement auprès de la France de Nicolas Sarkozy?

M. OUATTARA a oublié que la campagne électorale est terminée et continue de promettre un lendemain meilleur pendant que les Ivoiriens s’enfoncent chaque jour dans le sous-sol de la misère par l’accroissement du chômage, de la cherté de la vie et l’insécurité.

La Côte d’Ivoire a enregistré le plus bas taux de croissance de son histoire économique (-5.8%). Avant l’ère OUATTARA, le plus bas taux de croissance avait été enregistré en 1983 (-3.9%). Sous le Président GBAGBO malgré la guerre et l’occupation de la moitié nord du pays, l’absence d’aide, le taux de croissance le plus bas a été de -1.7% sur la période 2002-2003.

L’histoire de la dette en Côte d’Ivoire nous démontre que le pouvoir OUATTARA veut mettre une autre corde au cou des Ivoiriens dans un environnement économique incertain.

En effet, le boom pétrolier en 1973 avait été le point de départ de l’endettement de la Côte d’Ivoire pour financer les différents plans quinquennaux à l’image des différents pays du Tiers Monde. La plus part des ressources mobilisées étaient dirigées vers des secteurs improductifs. En 1982, le Mexique refuse de payer sa dette. Pour arrêter l’effet boomerang, les bailleurs de fonds mettent en œuvre pour les pays surendettés comme la Côte d’Ivoire, le plan BRADY de rééchelonnement accompagné de nouveaux prêts  pour rembourser les intérêts de la dette de 1982 à 1985. Cette potion magique n’a pas arrêté la crise et en 1987, la Côte d’Ivoire suspend le paiement de sa dette commerciale. De 1990 à 1993, le plan de stabilisation et de relance du Premier ministre OUATTARA relance l’endettement de la Côte d’Ivoire à un rythme effréné avec une moyenne de 500 milliards l’an, suivi du bradage des secteurs stratégiques de l’Etat et fin 1993 la dette est de 2408,5 milliards pour un PIB 3127.7 milliards de FCFA. Après la dévaluation de 1994, la dette est mécaniquement multipliée par deux et atteint la montagne de 8 468 milliards en 1996 après avoir intégré les arriérés du service de la dette commerciale suspendue depuis 1987. En décidant de rembourser cette dette sous l’ère GBAGBO, la Côte d’Ivoire consacrait presque la moitié de ses recettes fiscales pour le service de la dette ; autant de manque à gagner pour financer le développement. Ce sacrifice a permis un allègement après 2008 avec le point de décision du processus PPTE et ce n’est qu’à partir de cette dette que les travaux de remise en état des infrastructures avaient démarré ainsi que le Grand Abidjan et le transfert de la capitale, le troisième et le quatrième pont, le pont de Jacqueville, l’autoroute du Nord, l’autoroute de Bassam, le VITIB, l’extension du port, la route Boundiali-Tingrela, bref tous les projets qui sont actuellement en cours d’exécution sous l’ère OUATTARA. Depuis 1982, la mauvaise politique d’endettement a freiné pendant 26 ans le développement de la Côte d’Ivoire. Une étude sur la nouvelle politique d’endettement avait été confiée au BNETD par le ministère de l’Economie et des Finances. Le pouvoir OUATTARA fait exactement ce que cette étude déconseille en matière d’endettement pour éviter à terme l’asphyxie.

En réendettant la Côte d’ivoire pour faire face à des dépenses improductives avec un taux de croissance de -5.8% dans un environnement de crise de l’Euro avec un risque sur le FCFA, c’est emprunter la voie de la dépendance, du chantage des bailleurs de fonds et de l’étranglement économique. C’est pour avoir refusé cette politique là que Laurent Gbagbo se retrouve à la CPI. Notez bien cela et rien d’autre.

Votre dernier mot ?

La délivrance de l’Afrique sera, en premier lieu, l’œuvre des Africains eux-mêmes avec le soutien de tous les peuples aspirant à un nouvel ordre mondial. Que 2012 soit donc l’année de la délivrance.

 

Réalisée à Accra par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

APRES LES REVELATIONS SUR L’AFFAIRE KIEFFER, LES JOURNALISTES DU NOUVEAU COURRIER MENACES



UNE N° 408 NOUVEAU COURRIER.jpg

La Rédaction du Nouveau Courrier a été assaillie de coups fils très menaçant tout au long de la journée d’hier mercredi 4 janvier. Et ce, après la publication du témoignage-révélation d’un présumé co-auteur de l’enlèvement puis l’assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Des coups de fils anonymes aux coups de fils de personnes reliées à l’actuel régime. Quelques-unes n’ont pas hésité à nous demander de faire très attention à l’endroit où nous mettons nos pieds. «Ça pourrait être très dangereux pour vous. En tout cas, je vous suggère d’être prudents et de faire faire très attention. Parce que cela pourrait être très dangereux pour vous», n’a cessé de répéter quelqu’un ayant requis l’anonymat et qui dit avoir appelé pour nous mettre en garde, nous prévenir. Prévenir de quoi, lui avions-nous demandé. «En tout cas, vous êtes averti», a-t-il répondu avant de couper la communication. En tout cas, les menaces et intimidations n’ont cessé d’être proférées.

Ce que l’opinion nationale et internationale doit retenir est que Le Nouveau Courrier a fait son devoir, celui d’informer. Et en le faisant ainsi, nous n’avons voulu qu’apporter une pièce maitresse à l’éclatement de la vérité dans l’affaire Kieffer qui perdure depuis bientôt 8 ans, sans qu’on avance véritablement. Si le juge Patrick Ramaël qui, selon nos investigations, était au fait de cet énième élément dans l’affaire sur laquelle il enquête, a jugé bon d’effectuer un voyage à Abidjan, c’est que vraisemblablement ces informations sont utiles et peut-être capitales à l’avancement du dossier et surtout à la manifestation de la vérité. En le faisant, Le Nouveau Courrier n’a fait que respecter son credo qui est «La passion de l’info, le sens de l’histoire». Et nous ne pensons pas avoir commis un crime de lèse-majesté en informant les lecteurs, les Ivoiriens et le monde entier.


Gérard Koné

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 04 janvier 2012

QUAND GUY-ANDRE KIEFFER DENONÇAIT ANTHONY WARD, LE TRADER DE OUATTARA


ANTHONY WARD.jpg

Anthony Ward

En général, Guy-André Kieffer est présenté comme le journaliste d’investigation poil à gratter qui enquêtait sur les « affaires » réelles ou supposées dans lesquelles étaient mouillés les barons du régime Gbagbo. Mais il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros « buzz » international mettait en cause… Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara.

C’était juste après le déclenchement de la rébellion ivoirienne, le 19 septembre 2002. Dans un article paru en dernière page de Fraternité-Matin, signé « Laurent », Guy-André Kieffer dénonçait « Armajaro et AIG Fund : les financiers de la déstabilisation ». Il met en relation l’achat de plus de 5% de l’offre mondiale de cacao par Armajaro et le lancement de la rébellion, qui permet une déstabilisation des approvisionnements, une hausse des cours et une grosse plus-value pour les spéculateurs encagoulés. A l’époque, l’évocation d’Armajaro par Kieffer divise les différents clans autour de Gbagbo, dans la mesure où lui-même a à cœur de faire payer ses déconvenues en affaires à certains d’entre eux. Notre Voie riposte à l’article. La confusion s’empare de l’opinion ivoirienne qui oublie. La mort de Guy-André Kieffer enterre définitivement ce fameux dossier Armajaro. Jusqu’au mois d’août 2010, où il récidive dans une opération d’achat massif de cacao comme celle qui a précédé la « première guerre ».
GUY-ANDRE KIEFFER 2.jpg
Guy-André Kieffer

Ministre du Budget sous le gouvernement Aké N’Gbo, Koné Katinan a confirmé, dans Côte d’Ivoire : le coup d’Etat, la forte implication d’Armajaro dans le financement des assauts sur Abidjan par les forces pro-Ouattara. « En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro. »

Au moment où l’affaire Kieffer se retourne spectaculairement contre le régime Ouattara, les informations qui précèdent permettent de comprendre que le journaliste et consultant franco- canadien n’inquiétait pas que certains barons de la Refondation. Et qu’il avait été le premier à mettre en lumière une des plus grosses affaires de spéculation et de guerre économique de ces dernières années.



LES DESSOUS DE LA DERNIERE VISITE DU JUGE PATRICK RAMAEL A ABIDJAN


GUY-ANDRE KIEFFER. AFFICHE.jpg

Le juge français Patrick Ramaël est arrivé presque précipitamment, le lundi 2 janvier en soirée, à Abidjan pour – officiellement – poursuivre son enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Alors qu’il y a à peine plus d’un mois, en novembre dernier, le juge français était à Abidjan où il a pu interroger une quinzaine de personnes dans le cadre de la disparition du franco-canadien. Cette énième visite du juge d’instruction Ramaël laisse croire assurément qu’il y a une du nouveau dans l’affaire, à moins que le juge n’ait des envies de soleil au moment où l’hiver est rude à Paris. Les autorités politiques et judiciaires ivoiriennes, selon une source au ministère de la Justice, ont été quasiment mises devant le fait accompli quant à cette énième arrivée du juge français sur le sol ivoirien. Cette visite express de Patrick Ramaël sur les bords de la lagune Ebrié, cacherait-elle un certain nombre d’informations à même de faire évoluer le dossier ?

Au Nouveau Courrier, nous avons sur cette affaire quelques certitudes. Premièrement, «Gorge profonde» a été mis en contact, par une figure politique ivoirienne dont nous taisons le nom pour l’instant, avec un Français spécialiste du renseignement qui évolue depuis plus de dix ans dans les eaux saumâtres des intrigues d’Etat ivoiriennes. Contacté par nos soins, il a affirmé de ne pas être au courant du dossier qu’il a «traité», puis a par la suite essayé d’en savoir plus… sur ce que nous savons. C’est cet homme qui a été selon toute évidence chargé de faire le lien entre celui qui se présente comme un criminel repenti, l’Ambassade de France et le juge Ramaël. Est-il vraiment désireux, alors que son nom a été cité dans cette sombre affaire, de «noyer» un système Ouattara avec lequel il collabore aujourd’hui officiellement, après des coups de main officieux ? «Gorge profonde» affirme en tout cas que les effets personnels de Kieffer, soutirés par ses ravisseurs, ont été remis par ses soins à ce Français.

Nous savons également que «Gorge profonde» a eu un contact, dont nous ne connaissons pas la profondeur, avec le juge Ramaël, qui n’a pas souhaité communiquer sur un nouvel interlocuteur dont le témoignage est pourtant pris au sérieux, selon plusieurs indices. Nous savons, surtout, que les «sécurocrates» du régime ont été mis au courant de l’initiative de «Gorge profonde», par une des personnes en contact avec le dossier, et que ce dernier a subi des menaces explicites. Selon toute évidence, nous sommes en face d’une authentique affaire d’Etat.


Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

DISPARITION DE GUY-ANDRE KIEFFER : DES REVELATIONS TROUBLANTES METTENT EN CAUSE LE CAMP OUATTARA


GUY-ANDRE KIEFFER.jpg

La disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en avril 2004 a alimenté l’actualité nationale 7 ans durant, sans que le dossier n’avance réellement. Des personnes avaient été soupçonnées dans l’affaire de la disparition du journaliste. Après un mutisme de plusieurs années, un des auteurs du crime, comme il se présente lui-même, s’est ouvert au Nouveau Courrier pour dire toute la vérité sur cette affaire. «Je ne veux pas que des innocents paient pour ce que nous avons fait», lâche-t-il. Un témoignage-révélation que nous vous livrons.

Il est 20 heures, ce mercredi 21 décembre 2011, quand nous recevons un appel de quelqu’un qui prétend avoir des révélations à nous faire. Nous insistons à avoir la teneur de ces révélations qui, selon lui, pourraient nous intéresser. «Guy-André Kieffer», lâche-t-il. «Est-il vivant, où est-il ?», nous demandons-lui d’emblée. «Non, mais je sais qui l’a tué, parce que je fais partie de ceux qui l’ont enlevé ce jour-là», rétorque notre interlocuteur. «Mais pourquoi, vous ne saisissez pas la police ou l’Ambassade de France, puisque ce sont eux les mieux placés pour ce dossier ?», proposons-nous. «Je ne peux pas me livrer à la police ivoirienne, à cause de ceux qui sont impliqués dans l’affaire Kieffer. Ce sont des personnalités de l’actuel régime, donc vous comprenez. Je préfère me confier aux journalistes avant de saisir l’Ambassade de France. Parce que je ne sais pas ce qui peut m’arriver», nous explique-t-il. Après quelques secondes d’hésitations, nous faisons savoir gentiment à notre interlocuteur que nous le recontacterons dans les minutes qui suivent. Une réunion de crise est improvisée à l’instant. Deux blocs se dégagent : d’un côté, il y a ceux qui pensent à un piège et de l’autre ceux qui estiment que l’interlocuteur devrait être entendu, malgré les risques que cela comporte.

Quelques minutes après, nous recontactons notre «Gorge profonde», c’est ainsi que nous avons décidé de le nommer pour préserver son identité, qui avance quelques détails fort intéressants et à même de crédibiliser sa version, dès lors qu’un juge prendrait la peine de les vérifier. Rendez-vous est donc pris pour 23 heures quelque part au Plateau, après avoir pris des dispositions sécuritaires renforcées.

Nous nous retrouvons finalement face-à-face avec «Gorge profonde», un homme bien bâti, mais de taille moyenne. Une fois les présentations faites, nous entrons dans le vif du sujet. «Vous nous avez dit que vous avez des révélations sur l’affaire Guy André Kieffer, qu’en est-il ?», attaquons-nous directement. «Ce n’est pas comme si j’ai des révélations à vous faire, mais c’est plutôt la vérité sur ce qui s’est passé que je veux vous dire. Parce que je fais partie de ceux qui ont réellement tué Guy-André Kieffer. Il n’est pas normal qu’on accuse d’innocentes personnes, alors que les véritables coupables sont vivants et ne sont pas inquiétés. Vous allez certainement me demander pourquoi maintenant, eh bien parce que je me rends compte qu’on s’apprête à faire payer des innocents pour un meurtre qu’ils n’ont pas du tout commis. Alors que ceux qui nous ont envoyé et les exécutants sont libres et nullement inquiétés. Je n’en pouvais plus de garder ça sur la conscience», s’est justifié «Gorge profonde».

Détail d’un témoignage explosif

Selon les explications de «Gorge profonde», sachant que Guy-André Kieffer était présenté comme un journaliste d’investigation et qui enquêtait sur les ressources du café-cacao et surtout le pétrole, il constituait de ce fait un pou sur la tête de l’ex-pouvoir. Ainsi, une fois le journaliste franco-canadien éliminé, tous les soupçons se tourneraient le plus logiquement du monde vers le président Laurent Gbagbo et son entourage. Et c’est justement ce scénario qui a prévalu, en tout cas jusqu’à maintenant.  «Nous étions cinq personnes qui avions été choisies pour cette opération. Nous étions tous dans le maquis à cette époque là. Il y avait Waré Ouézimba dit petit Fofié, Guindo Omarba, Coulibaly Lamine, Koné Mamadou (décédé depuis lors, ndlr), ex-commandant de Koni (localité située entre Korhogo et M’bengué) et moi-même. Pour cette opération, personnellement j’ai été contacté par un ministre RDR (…)  Il m’a expliqué l’importance de l’opération et combien de fois, cela pouvait permettre à notre champion, le Dr Alassane Dramane Ouattara, d’arriver facilement au pouvoir. Puisque les Occidentaux le soutiendraient. Donc nous, comme notre objectif qu’on visait était que le président Alassane Ouattara puisse arriver au pouvoir, nous avons été plus motivés à mener cette opération. On nous avait promis 5 millions de Fcfa en cas de succès de l’opération. Nous avions reçu des mains du ministre une avance de 2 millions de Fcfa. Il nous a remis cette somme à son cabinet au Plateau un soir vers 19 heures», détaille-t-il.

Du commando de 5 personnes recruté pour l’opération, «Gorge profonde» avouera que 3 «exercent» encore. En clair, ils font partie des Frci, deux sont à Abidjan et le troisième à Korhogo. Quant à lui, il a choisi une autre voie et le cinquième est décédé.

Le film de l’enlèvement du franco-canadien, selon notre interlocuteur

«Depuis le jeudi 8 avril 2004, Guy-André Kieffer était pisté par deux d’entre nous, grâce aux informations détaillées qu’ils ont mises à notre disposition. Et c’est finalement le vendredi 16 qu’on a jugé le moment favorable à son enlèvement. Aux alentours de 15h – 16 h, il quittait la Galerie du Parc, où il avait rendez-vous avec une dame. Mais quelques heures plus tôt, il avait rencontré quelqu’un. Il a quitté les lieux à bord d’un véhicule 405 qui était garé sur le parking du supermarché. Je ne sais pas si c’était son véhicule, mais en tout cas ce jour-là, c’est à bord de la 405 qu’il roulait. Nous, nous étions dans notre véhicule, on attendait qu’il monte dans son véhicule. Une fois monté dans la 405, on l’a suivi de la Galerie du Parc et c’est au niveau de l’Hôtel de ville qu’on a réussi à l’intercepter. Nous étions aux alentours de 16h à 16h 30 mn par là. Arrivés à son niveau, nous lui avons demandé de garer son véhicule et nous avons affirmé que nous étions de la Brigade des recherches et qu’il devrait nous suivre pour quelques questions. Bien sûr, nous étions en tenues civiles et avions à l’occasion de fausses cartes de la Brigade des recherches qu’on nous avait remises. On lui a demandé donc de nous suivre. Il n’a pas opposé de résistance, il s’est exécuté sans problème. On l’a donc fait monter dans notre véhicule et j’ai demandé à l’un de nous, d’aller garer le véhicule de Guy-André Kieffer à l’aéroport. Tout simplement pour ainsi faire diversion. Nous l’avons conduit, sous la menace de nos armes, dans une des maisons inachevées qui bordent la forêt du Banco», raconte-t-il avec un sang froid qui donne du froid dans le dos. Il déclare aujourd’hui être prêt à affronter la justice, mais pas la justice ivoirienne qu’il juge complètement inféodée au régime Ouattara, dont certains gourous, selon ses révélations, sont impliqués dans l’enlèvement et l’assassinat du journaliste franco-canadien.

«Comment il a été tué et où il a été enterré»

Selon «Gorge profonde», Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par balle comme les gens l’ont laissé croire et il n’a jamais été conduit aussi dans la forêt du Banco. «C’est archifaux», assure-t-il. Il détaille ici l’assassinat du franco-canadien, après son enlèvement. «Guy-André Kieffer a été étranglé et non tué par une arme. Nous étions cinq gaillards sur lui seul. Après l’avoir étranglé, nous l’avons emballé dans des sacs.

Nous avons retiré tout ce qui était comme appareil sur lui. Il avait même un enregistreur, des téléphones portables et puis certains documents. Il y a une femme qui a appelé sur son téléphone au moment où on embarquait le corps et j’ai répondu à la dame qu’elle ne le reverra que dans l’au-delà. Elle avait une voie de femme de race blanche. Je lui ai dit «adieu tu ne reverras plus jamais ton homme» et j’ai raccroché, puis retiré la puce de Kieffer. J’ai même utilisé l’appareil pendant quelque temps. Entre 19h et 20h par là, nous avons pris l’autoroute jusqu’à la Gesco et avons pris une voie non bitumée au quartier Micao, pour pouvoir contourner le corridor qui en ce moment n’était pas construit comme il se présente actuellement. Nous sommes sortis dans la forêt et avons rattrapé l’autoroute pour continuer à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan. Son corps a été enterré entre Sikensi et Abidjan. Et jusqu’au jour d’aujourd’hui, je suis en mesure de vous conduire là où on l’a enterré et vous montrer les restes de Guy André Kieffer», a fait savoir «Gorge profonde». Il affirme avoir toutes les preuves de ses rencontres avec le ministre RDR encore en activité actuellement qui les aurait contactés pour l’opération. Après l’opération, «Gorge profonde» affirme être rentré plusieurs fois en contact avec le ministre en question pour rentrer en possession de leur dû, mais en vain.

«Aujourd’hui, je suis près à me rendre à la justice si les garanties sont réunies et si c’est sûr et certain que je ne serai pas tué. Je suis prêt à faire la prison, pourvu que justice soit rendue et que nous tous qui sommes impliqués dans la disparition du journaliste puissions payer», affirme-t-il. Le juge Patrick Ramaël vient de débarquer à Abidjan, et Le Nouveau Courrier est en mesure de confirmer que «Gorge profonde» est en relation avec lui. Il affirme également avoir contacté l’Ambassade de France, afin que la vérité éclate. Seul l’examen minutieux de son témoignage par le juge Ramaël, loin de toute pression politique, pourrait permettre de savoir si cet autre rebondissement avec ce témoignage-révélation conduira à la manifestation de la vérité.

Bien entendu, nous nous gardons pour l’instant de révéler le nom du collaborateur de Ouattara cité par «Gorge profonde», le temps que notre informateur soit en de bonnes mains ; hors de portée des représailles du régime.

 

Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

FACE A L'INSECURITE GALOPANTE: L'AMBASSADE DU CANADA DELOCALISEE AU SENEGAL


FRCI 19.jpg

«Il faut que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir pour qu’Alassane Ouattara puisse s’installer. Et cela va apporter la sécurité, la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire». C’était le message de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy aux premières heures de la crise post électorale. Huit mois après son arrivée au pouvoir, dans les conditions obscures que tout le monde sait, la réalité est autre chose.

L’insécurité est galopante. La stabilité du pays est dans l’impasse. Face à cette situation, des pays faisant partie des soutiens extérieurs d’Alassane Ouattara ont décidé de prendre des mesures. Afin de mettre leurs ressortissants à l’abri. Ainsi, les autorités canadiennes, dans un communiqué lu jeudi 29 décembre 2011, sur les antennes de la télévision ivoirienne, ont décidé de délocaliser leur ambassade d’Abidjan à Dakar.

Tous ceux qui voudraient aller dans ce pays doivent se déplacer dans la capitale sénégalaise pour se faire établir un visa. Bien avant, ce sont les Etats-Unis qui déconseillaient la Côte d’Ivoire à leurs ressortissants. Et leur message est clair : «L’ambassade américaine à Abidjan et le département d’Etat continuent de suivre, de très près, la situation en Côte d’Ivoire. L'ambassade des Etats-Unis conseille aux citoyens américains voulant se rendre en Côte d’Ivoire, d’être très vigilants. Car des risques de troubles sociaux, d’instabilité politique, de violence et de violation des droits de l’homme sont présents dans le pays. Les citoyens américains demeurant en Côte d’Ivoire sont invités à rester informés à travers les médias, des événements locaux. Et demeurer attentifs à leur environnement.

L’incertitude politique et l’imprévisibilité du conflit recommandent une extrême prudence aux citoyens américains en Côte d’Ivoire ». Le secrétariat d’Etat américain ne dit pas le contraire. Il soutient : « Les capacités de l'ambassade des Etats-Unis à offrir les services consulaires et assister les ressortissants américains au-delà d’Abidjan sont très limitées. De nombreuses zones de la Côte d’Ivoire sont difficiles d’accès. Et se rendre dans ces zones est hasardeux. En dehors des principales villes, les infrastructures sont pauvres. L’assistance médicale limitée et il existe peu d’opportunités pour les touristes.

LES INVESTISSEURS EXTERIEURS DANS LA DANSE

Les investisseurs extérieurs de leur côté, selon des informations en notre possession, n’entendent pas venir maintenant en Côte d’Ivoire. Ils estiment qu’il n’y a aucune garantie sécuritaire. En plus, les armes circulent partout sur le territoire national. Dans ces conditions, aucun investisseur n’est dupe pour jeter ses fonds dans un pays dont l’avenir est incertain. La preuve, depuis huit mois, le gouvernement cherche des investisseurs. « Quelqu’un ne peut s’amuser en ce moment à venir investir dans notre pays. Le racket et le braquage sont un frein. Les autorités gouvernementales ont peur des hommes armés. Puisqu’elles leur doivent leur pouvoir », fait remarquer J.T, un banquier. Et de poursuivre : «C’est l’économie du pays qui prend un coup. C’est dommage pour la Côte d’Ivoire. On aurait pu éviter cette situation. Si on ne réagit pas le plus rapidement, on va droit dans le mur.

UN CAMOUFLET POUR OUATTARA

A la lumière de ce qui précède, on peut dire que c’est un camouflet pour le régime d’Alassane Ouattara qui n’a que ses yeux pour pleurer. Ces décisions sonnent comme un coup de poignard. Les nouveaux tenants du pouvoir ne s’attendaient pas à une telle position des autorités américaines et canadiennes.

Puisque les Etats-Unis et le Canada font partie des pays qui ont été très actifs à ses côtés pendant la crise post électorale. La pilule est amère. Il faut l’avaler. Le régime d’Alassane Ouattara ne peut que s’en prendre à lui-même. Dans la mesure où en huit mois de gestion du pouvoir, il a montré ses limites en matière de sécurisation des biens et des personnes sur l’ensemble du pays. Il ne se passe pas de jour sans qu’il y ait affrontement entre population et les soldats d’Alassane Ouattara, qui se solde par des morts et des destructions de biens et matériels. Le racket, le vol et le braquage sont le lot quotidien des populations. Tout se passe sous les yeux de « docteur solution ». Même son appel demandant à ses soldats de retourner dans les casernes est resté lettre morte. Puisque les Frci n’ont pas bougé. Montrant son incapacité à maîtriser l’armée.

Ce qui fait dire à des observateurs qu’il n’est pas l’homme qu’il faut pour sauver la Côte d’Ivoire. Certains de ses anciens soutiens extérieurs sont également déçus. Ils ont du remord. Ce n’est que le début des déboires du régime Ouattara. Les pays n’ont pas d’amis. Mais des intérêts à défendre. Il faut dire que le très faible taux de participation aux législatives du 11 décembre dernier n’ont fait que l’enfoncer. Puisque tout le monde a vu le poids réel d’Alassane Ouattara. Il se raconte que certains pays s’apprêtent à taper du poing sur la table. En tout cas, attendons de voir.


Yacouba Gbané

yacou06336510@yahoo.fr


In le quotidien ivoirien "Le Temps" du 3 janvier 2012.


Source: INFO D'ABIDJAN

mardi, 03 janvier 2012

RECONCILIATION A LA ALASSANE OUATTARA: QUE SE PASSE-T-IL DANS L'OUEST?


FRCI 18.jpg

Nous avons toujours clamé que la réconciliation version Ouattara mettait notre pays gravement en danger par le fait qu'il écrasait ses adversaires politiques et célébrait la justice des "vainqueurs". Avons-nous eu tort d'avoir eu raison? Les prémices d'une grande déflagration pointe à nouveau à l'horizon, si les faits sont vérifiés et si l'on s'en tient au propos ci-dessous tenus par le Commando Beinguiste, une milice qui se signale depuis quelques semaines dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire (attaque d'un convoi de deux cargos FRCI qui a fait 32 morts, tous des FRCI, selon les informations en circulation). Les bruits de bottes refont leur apparition dans le pays. Fruit de l'inconséquence d'un régime qui se complait dans la jubilation et qui élude les vrais problèmes des Ivoiriens, dont la réconciliation, la cohésion nationale, la restauration du tissu social en lambeaux et la justice, cadet de ses soucis? Peut-être. Qui sème le vent récolte la tempête, dit-on. Alassane Ouattara pourra-t-il éviter à la Côte d'Ivoire un nouvel accès de violence, après un discours du Nouvel An lénifiant et coupé de la réalité? La nouvelle année 2012 nous le dira. Espérons que tout ceci ne soit que rumeurs. Vivement, la sagesse pour nos gouvernants et la paix pour notre pays!


Dans un Communiqué dont IvoireBusiness a eu copie, le Commando Beinguiste annonce avoir pris le contrôle de la ville de Bangolo à l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Il déclare que ses hommes ont mis en déroute les FRCI présents à Bangolo, et que ceux-ci ont pris la clé des champs pour se réfugier dans la ville voisine de Logoualé.

Il annonce qu’un combat très rude est mené, en ce moment, par les chefs « Gah Dèbè » et « Piment rouge », membres du Commando, pour le ratissage de la ville.

Le Commando Beinguiste annonce que très bientôt, il lancera une opération armée de grande envergure pour la prise de plusieurs villes du pays.

Il lance un appel au calme et à la sérénité car ces attaques, à la différence de celles des FRCI, ne visent pas la population civile, mais l’armée tribaliste et mortelle d’Alassane Ouattara, qui a encore tué des populations civiles à Vavoua (6 morts) et Sikensi (5 morts et une trentaine de blessés par balles).

Le Commando Beinguiste termine par ces paroles pleines d’espoir : «Restons tous sereins et prions tous l’Eternel pour la victoire de la Côte d’Ivoire et la liberté de l’Afrique».


Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS

lundi, 02 janvier 2012

MESSAGE A LA NATION DE OUATTARA: RIEN QUE DU FAUX! LES FAITS


ALASSANE OUATTARA 4.jpg

Alassane Dramane Ouattara s'est adressé le samedi dernier aux Ivoiriens dans un message où il a tenté de communiquer sa foi en un avenir radieux pour la Côte d'Ivoire. «Toute la Côte d'Ivoire est en chantier. Chacun peut le constater. Et la satisfaction qu'affichent déjà nos compatriotes est un encouragement pour le gouvernement», a-t-il déclaré. Pourtant, la morosité des fêtes de fin d'année et surtout le désert électoral du 11 décembre sont les preuves patentes que les Ivoiriens ne sont ni contents de leurs conditions de vie, ni du bilan du gouvernement Ouattara.

Et ce ne sont pas les quelques manifestations d'autocélébration de quelques partisans du pouvoir qui cacheraient la dure réalité. «C'est un gouvernement de publicité et de propagande», faisait remarquer à juste raison un cadre du Front populaire ivoirien (Fpi). C'est peut-être dans cette logique que se situe le message de vœux du chef de l'Etat. A force de répéter le mensonge, dit-on, il finit par passer pour la vérité.

Le chômage au quotidien

La réalité des Ivoiriens, c'est le chômage au quotidien. Les entreprises continuent de licencier ou de faire du chômage technique. Les sociétés d'Etat et les établissements publics nationaux n'échappent pas à la donne. Le Port autonome d'Abidjan vient de mettre à la porte au moins 120 personnes. La première vague d'un programme de réduction du personnel qui devrait concerner 400 personnes. A l'Hôtel Ivoire, ce sont également des centaines de personnes qui sont concernés par le chômage. La RTI s'est déjà séparée de plus de 300 agents et des centaines d'autres pourraient suivre dans les semaines à venir. Les agents non fonctionnaires des programmes du ministère de la Santé sont dans l'œil du cyclone. Même Alassane Ouattara, lui-même, a mis à la porte plus de mille personnes.

Ce ne sont là que quelques exemples de cas bien connus. On ne parlera pas des milliers de personnes qui sont mis à la porte dans le plus grand secret dans les nombreuses entreprises qui ont subi de plein fouet la crise post-électorale et qui ne sont pas sur le point de retrouver leurs emplois.

La cherté de la vie

C'est un secret de Polichinelle, la vie est très chère en Côte d'Ivoire sous Alassane Ouattara. Les prix des denrées alimentaires sont hors de portée. Et le gouvernement ne fait absolument rien pour remédier à cette situation. Sous Laurent Gbagbo, l'opposant Ouattara critiquait la cherté de la vie. Aujourd'hui, il n'y fait même pas allusion. Mais plus grave, il fait croire que la population est heureuse alors que la situation a empiré. Alors qu'il trouvait le coût du litre de carburant exorbitant, M. Ouattara ne pense même à pas réduire le prix à la pompe. Au contraire, c'est la menace d'une augmentation qui se fait plus persistante.

Et puis l'insécurité ambiante que M. Ouattara a fini par admettre est là pour montrer que les Ivoiriens ne peuvent aucunement être satisfaits des actions du gouvernement Ouattara. Les Frci et leurs supplétifs les dozos qui écument villes et villages, où ils s'adonnent à tous les excès, ont fini de prouver que le nouveau pouvoir est totalement incapable de créer les conditions de tranquillité des citoyens. Si finalement M. Ouattara a réagi parce que les victimes des Frci dans le cas de Vavoua étaient ses partisans, il est trop de juger de l'efficacité des mesures qu'il a prises. Les événements de Sikensi, juste après les menaces de Ouattara, sont bien la preuve que le pouvoir n'a pas toujours le contrôle de ses troupes. De sorte qu'il est archi-faux de déclarer que «nos familles ont retrouvé leur sérénité» et que «chaque Ivoirien peut vaquer tranquillement à ses occupations».

En réalité, les Ivoiriens vivent dans une véritable psychose, ne sachant pas quand ils peuvent être confrontés à ceux qui sont abusivement présentés comme des éléments indisciplinés des Frci. Juste pour sauver les apparences.

Les chantiers de Gbagbo

Quant aux travaux en cours et pour lesquels Ouattara ne s'est nullement gêné pour affirmer que le pays est en chantier, on ne cessera jamais de rappeler qu'il s'agit bien de travaux du président Laurent Gbagbo. Certains étaient en cours de réalisation, d'autres étaient pratiquement achevés. En tout cas, tout le financement était bouclé pour l'ensemble de ces travaux que M. Ouattara inscrit dans son bilan. Les deux ponts entre les 7ème et 8ème Tranches, le pont-piéton à Williamsville, le troisième pont Marcory-Riviera, l'échangeur de la Riviera II et le programme d'enlèvement des ordures ménagères ne sont nullement des inventions de Ouattara et de son équipe.

La particularité avec le gouvernement Ouattara c'est que les nombreuses femmes qui ont été recrutées pour le balayage des rues d'Abidjan sont nourries de paroles mielleuses. Les braves dames dont le travail a rendu si fier le nouveau pouvoir n'ont jamais reçu les salaires qu'on leur a promis. Conséquence : les rues sont de nouveau envahies par les ordures.

Finalement qu'a fait M. Ouattara en huit mois de présence au Palais présidentiel ? La remise en marche de l'administration à Abidjan et quelques rares villes de l'intérieur du pays ? Avoir créé 5.000 emplois pour ses combattants ? Mais où sont-ils ?

M. Ouattara dit aussi avoir désarmé « 10.000 ex-combattants ». Ce qui reste à prouver.


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du lundi 2 janvier 2012.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

2012: LA REPONSE DE LA BERGERE AU ROI ALASSANE

ALASSANE OUATTARA 27.jpg

Je viens de lire la dernière prose du représentant de la Communauté internationale en Côte d'Ivoire à l'occasion du Nouvel An !

Au moins, il n'a pas eu l'indécence à la fin de son discours de demander à Dieu de bénir sa chère Côte d'Ivoire ! Une fois encore, nous constatons que, plus la démocratie est bafouée, plus les dictateurs se sentent investis d'une âme de démocrate ... Comme dans son discours précédent, Alassane nous remet le couplet du « cadre de vie » : pas d'argent, pas de travail, pas d'universités, pas de soins, mais un beau cadre de vie. « Stop ! Arrêt sur image ! » Juste le temps de constater le regroupement (spontané ?) de centaines de milliers de personnes (comment ne pas voir la singerie des 25-26 mars, à l'appel de Charles Blé Goudé) pour une media-magie des yeux, en ce bref instant de fin d'année ! Abidjan a retrouvé son faste !

Pas besoin de passer par les paroles, la réflexion et l'analyse ! Si la Côte d'ivoire est au travail, peu importe le travail ! Les ex-gendarmes de profession devenus cantonniers de fortune pour combler les nids de poule : voici un exemple de la nouvelle avancée de la Côte d'ivoire. Plus d'universités, mais du travail sans méninges pour les ex-étudiants...

« Les investisseurs reviennent, chaque jour plus nombreux et plus motivés. » : une phrase destinée aux investisseurs potentiels pour qu'ils soient séduits par les enjambées de la « démocrature », cette dictature vécue de l'intérieur mais qui a toutes les apparences de la démocratie, par le langage et les signes qui sont renvoyés à l'extérieur ! Soyez dociles, avec moi et les investisseurs, vous aurez « panem et circenses » : vous aurez le cirque, les lumières, les feux d'artifices, les bulldozers de la salubrité, le cadre de vie sans la reconstruction, les cartables d'écoliers sans les fournitures scolaires qui vont avec, et le pain, cette manne non biblique, que vous jetteront les investisseurs qui ont besoin de gros bras sans têtes pensantes pour sortir les richesses hors du pays.

La Côte d'ivoire d'aujourd'hui, il ne l'évoque pas beaucoup : quelques exactions minimes des FRCI, et encore, elles se comptent sur les doigts d'une seule main, mais mes amis, projetons nous dans la Côte d'Ivoire de demain : « Je peux vous assurer que le gouvernement travaillera sans relâche à la reconstruction de la Côte d'Ivoire de demain. » Voilà, la page est tournée, il n'y a pas lieu de revenir en arrière, 2012 sera l'année de la côte d'ivoire nouvelle, du langage nouveau, aseptisé. Les universités détruites par les bombardements français deviennent des bâtiments « en cours de réhabilitation », à cause de « l'état de dégradation avancé » des infrastructures. Une nouvelle histoire s'écrit, celle de la falsification, puisque la côte d'ivoire était un phare, et que les étudiants étrangers y affluaient car ils y trouvaient une université de pointe, des études, un diplôme reconnu et respecté.

La Constitution et les institutions entérinent maintenant les falsifications et les détournements de la vérité et de la justice; « vous avez, en élisant vos députés, posé un acte qui consolide la Côte d'Ivoire nouvelle. » La nouvelle Côte d'Ivoire est amnésique, aucune lucarne ouverte sur les embastillés de la république, sur Laurent Gbagbo dont la célébrité dépasse celle du discoureur, sur le FPI, juste un petit appel, sans insistance pour dire aux exilés de rentrer. Mais cette phrase encore, est juste destinée aux occidentaux, pour saupoudrer d'humanité bon marché le discours.

La Justice et la Vérité, déjà sorties par deux fois des urnes labellisées « commission électorale indépendante », verra encore une fois la commission Banny dévolue à la noble tâche d'analyser les « causes de la crise politique et identitaire qui a ébranlé notre pays. »

Nous voila rassurés, 2012 sera une Bonne année, le discours d'Ado rédigé par les "nègres" en écriture français, nous le promet. Une fois la magie des lumières estompée, les ivoiriens retourneront avec joie dans leur aujourd'hui minable et misérable, réconfortés par ces lendemains qui chantent, sous l'œil bienveillant des « spécialistes » du déploiement militaire et stratégique onucien et licornien. Ils seront fiers de tous ces conseillers étrangers qui pullulent et qui encadrent leur dirigeant de pacotille ! L'Économiste célébrissime qui n'a écrit aucun livre auquel on pourrait se référer pour connaître enfin le modèle de sortie de crise, qui n'a aucun disciple parmi les économistes de la jeune génération, va s'essayer cette année dans un genre nouveau : le Microcrédit. Dommage que le prix Nobel ait déjà été offert en 2006 à l'économiste Muhamad Yunus pour cette innovation ! mais là encore , on ne peut que rester très sceptique, car très vite le projet de Yunus, au départ philanthropique, avait été récupéré et déformé par les « amis » d'Alassane, ceux de la finance internationale ! Gageons que cette nouvelle idée, directement sortie du chapeau de magicien du locataire en sursis de Élysée, est une idée forte, qui véhiculera pendant des mois un message fort, à des investisseurs potentiels qui se bousculeront fortement pour encourager et multiplier cette forte initiative !

« Vous garantir une rémunération à la hauteur de votre travail », voila l'ambition d'Alassane. Belles paroles encore ; en les lisant, je n'ai pu m'empêcher d'entendre en écho les paroles, toujours, du maître français : « travailler plus pour gagner plus », un fiasco total quand on examine de près le bilan quinquennal du dernier président français !

Enfin la fin du discours nous renvoie de nouveau au virtuel, nous quittons définitivement le domaine du réel ! Projetons-nous dans l'avenir ! Alors qu'il n'y a plus d'élections en vue, Ouattara est de nouveau en campagne, oubliant qu'entre-temps il y a eu un putsch, un renversement de régime, de vrais élus en prison et en exil, un président légitime mis au cachot, loin de la Côte d'ivoire. Les promesses électorales précédentes non tenues du candidat-dictateur, ne peuvent pas simplement être remplacées maintenant par celles-ci qui s'adossent à du vent ! La côte d'ivoire de demain, c'est aujourd'hui ! La campagne est terminée depuis belle lurette !

« Goûtons le bonheur d'être ensemble. » cette phrase est terrible ! C'est le mensonge à la puissance X ! Ouattara qui jamais ne se déplace pour apporter sa compassion au peuple qui souffre, qui parle de réconciliation à droite et à gauche, alors qu'il y a toujours de nouveaux emprisonnements, qui ne donne même pas de financement pour que sa commission Justice et Vérité soit viable, s'approche, et mielleusement susurre « Goûtons le bonheur d'être ensemble ! » A des ivoiriens qui ont le ventre vide, qui ne savent comment subvenir aux besoins de leurs familles, de leurs enfants livrés à eux-mêmes, il s'approche, déguisé en mère attentive, une cuillère de sirop à la main, feignant de vouloir "rassasier" d'un ridicule échantillon de « bonheur d'être ensemble » son enfant affamé. Là encore arrêt sur image : "être ensemble" le temps d'un flash, sourires convenus pour la galerie, et puis plus rien. Pour ce qui est de vivre ensemble, en verra plus tard ... Au lieu de prendre la situation à bras le corps, Alassane se déculotte pour imiter sa femme dans sa distribution de sucres d'orge !

Une première pierre posée, c'est l'assurance que bientôt il y en aura d'autres et que l'édifice verra le jour ! Une bouchée virtuelle de « bonheur d'être ensemble » avec un Président qui fuit, qui fait tous ses discours depuis ses voyages à l'étranger sauf celui de son investiture et celui-ci pour 2012, quelle honte ! Qu'y aura-t-il au menu après la dégustation ? Les coquilles vides des huîtres qu'il aura certainement partagées avec ses amis du cercle très restreint des adorateurs de sa personne !

Monsieur Ouattara, vous et votre chère côte d'ivoire ne pouvez plus en être au stade de la dégustation, même de chocolat, manufacturé en Belgique ou en France, si fin et délicat soit-il, car vous avez tout faussé ! C'est à la Communauté internationale qu'il fallait dire « Goûtez le bonheur d'être ensemble, avec tout ce que je mets à votre disposition » : un pays en ruine, aubaine gustative pour les Bouygues et consorts, des ressources naturelles, aubaines pour tous les pilleurs et rapaces qui ne se contentent pas de bouchées, mais qui grâce à vous ont déjà complètement entortillé, ligoté, livré le pays aux fripouilles de la "communauté internationale".

Côte d'ivoire ! Redresse-toi ! Ne courbe plus l'échine, sonne l'année de la délivrance ! Trop c'est trop ! Le festin auquel tu es conviée, ce ne sont pas les miettes qu'il te laisse dans sa grande bonté ! Son cœur, sa générosité, son amour pour toi, tu l'as vérifié, tu lui as donné du temps pour faire ses preuves, mais ses règles ne sont définitivement pas les tiennes : vol, corruption, emprisonnements, violence, meurtres, viols, perversion, injustice, mensonges ! Redouble de prières pour que ceux qui seront la réponse et la mise en œuvre de la délivrance se lèvent, soient équipés et formés ! Qu'ils entendent la force de votre appel muet et se mettent ensemble en marche, de partout, car c'est la délivrance de la Côte d'ivoire qui inaugurera celle de toute l'Afrique.

Et à ce moment là, les paroles du mercenaire qui n'est pas encore roi, le fragile David encore en fuite devant ses ennemis, au psaume 34 tout entier, seront un véritable bonheur, « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! Heureux le Guibbor,qui cherche en lui son refuge ! » (v 9, en hébreu : homme fort, guerrier)


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

samedi, 31 décembre 2011

KONE KATINAN: «JE VOUDRAIS AU NOM DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO VOUS SOUHAITER UNE TRES BONNE ANNEE 2012!»

 

 

http://gbagbovictorieux.g.b.pic.centerblog.net/o/10c9c5a0.jpg

Ivoiriens, ivoiriennes, chers compatriotes, chers habitants de la Côte d'Ivoire,


Je voudrais au nom du Président Laurent GBAGBO vous souhaiter une très bonne année 2012. En son nom je formule le vœu que cette nouvelle année qui commence soit meilleure à celle qui s'achève.

En effet, c'est peu de dire que l'année 2011 aura été une année particulièrement éprouvante pour notre pays. Les blessures profondes visibles de nos corps et celles non visibles de nos cœurs témoignent de l'extrême traumatisme que nous avons connu au cours de l'année qui s'écoule. Il reste indéniable que cette année-là marque une étape importante de l'Histoire de notre pays en ce qu'elle nourrit tous les questionnements de notre devenir en tant que peuple appelé à participer à la construction de l'humanité. Sous quelque angle où l'on la consulte, l'année 2011 n'aura apporté que désolation au peuple ivoirien. La contre-valeur en gain de la douleur subie reste très marginale. Le bilan reste donc très négatif à tout point de vue.

Sur le Plan politique, après Décembre 1999, la Côte d'Ivoire a enregistré au cours de l'année écoulée une deuxième rupture de l'ordre constitutionnel. En effet, le 11 Avril 2011, le Président de la République investi comme tel par le Conseil Constitutionnel qui l'avait déclaré vainqueur de l'élection présidentielle du 28 Novembre 2010 a été renversé par l'armée française placée à l'avant-poste d'une armée de mercenaires spécialement recrutés à cette fin. Contre cette armée étrangère les forces de défense et de sécurité toutes unités confondues ont défendu avec honneur et bravoure la République et l'ordre constitutionnel. Le Président Laurent GBAGBO continue de leur exprimer sa profonde estime pour leur sens élevé du patriotisme. Pour ceux des nôtres qui l'ont combattu sans en mesurer les conséquences sur la patrie et la souveraineté de notre peuple, le Président Laurent GBAGBO les rassure de son pardon. Le Président Laurent GBAGBO a été renversé et détenu arbitrairement à Korhogo pendant six mois dans des conditions que lui-même a décrites le 5 décembre dernier suivi de sa déportation à la Haye. Cette rupture de l'ordre constitutionnel est l'accomplissement d'un long processus de dégénérescence de l'Etat et de mise à mort symétrique des valeurs qui le sous-tendent entamées depuis le 19 septembre 2002.

Ce n'est donc pas un fait accidentel. Ce processus procède d'une logique portée par un certain ordre mondial pervers qui perturbe l'échelle des valeurs de toute la planète. Le code d'honneur de l'action politique n'existe plus. L'Etat tel que nous l'avons connu et aimé semble vivre ses derniers moments. Les grandes valeurs que l'Humanité a drainées dans son évolution tombent sous le coup de la censure. La patrie, la souveraineté, l'Etat, la Nation, le Peuple sont devenus des termes hérétiques dans la nouvelle « religion » qui oriente notre monde. La mondialisation en tant que vecteur de rapprochement des peuples unis par le même destin se corrompt chaque jour davantage. Pourtant elle constitue une belle occasion pour l'humanité de réaffirmer son unité dans sa diversité. La prise en otage de ce mouvement salutaire pour l'Homme par une minorité manipulatrice en assombrit les horizons pourtant prometteurs. La Côte d'Ivoire, notre pays en a été le champ d'expérimentation en 2011.

C'est pourquoi il nous faut faire une lecture sereine et profonde des évènements politiques de 2011. La bonne lecture que nous ferons de ces évènements permettra d'ajuster notre détermination et de rationnaliser nos efforts pour mener ce combat qui s'annonce vital pour nous. Il faut que nous ayons une claire vision de la logique implacable de notre monde. L'arrestation du Président Laurent GBAGBO et de tous les hauts cadres qui lui sont proches politiquement ou administrativement ainsi que l'exil forcé des autres rentrent dans un schéma de déréglementation d'un ordre devenu gênant pour une coterie de personnes dont la cupidité n'a d'égal que leur égocentrisme démesuré. Toutes les dimensions de notre communauté humaine à l'échelle planétaire sont entrain d'être soumises aux dictats de cette coterie. C'est pourquoi un esprit rationnel ne peut comprendre ce qui se passe dans notre pays. Une élection fut-elle présidentielle qui reste avant tout une affaire domestique à chaque Etat ne peut donner lieu à autant de désolation. La déportation du Président Laurent GBAGBO dans une prison à la Haye est certainement la plus grande injustice de notre jeune Histoire. Mais elle nous offre en même temps la formidable occasion de démontrer au monde notre détermination à nous battre pour garder la maîtrise de notre destin et celui de tous les peuples enchaînés. C'est le défi majeur que nous devons relever pour l'année 2012. La grande chaine de solidarité qui se dresse autour du Président Laurent GBAGBO à travers le monde traduit la justesse de son combat dont la cause transcende les seules frontières ivoiriennes. L'adhésion massive des ivoiriens au boycott lancé par le FPI et le CNRD nous donne de bonnes raisons d'espérer sur l'issue favorable de notre combat.

Nous osons croire que chacun a pu tirer objectivement les leçons de ce faible taux de participation jamais enregistré par une élection dans notre pays. Il est constant que dans la marche de l'humanité que chaque cause soit incarnée par un homme. Le Président Laurent GBAGBO incarne celle qui sous-tend le combat que nous menons. Notre liberté, notre dignité sont portées par lui et le peuple le lui rend bien aussi bien en Côte d'Ivoire que partout ailleurs. Il me semble opportun que chaque acteur de la vie politique de quelque bord qu'il se situe ait pu tirer leçon du message du peuple ivoirien. Le peuple a voulu tout simplement nous rappeler que le dialogue politique qui doit déboucher sur la réconciliation ne peut exclure en aucun cas le Président Laurent GBAGBO. Le peuple ivoirien a voulu également rappeler qu'il reste encore en attente des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Jaloux de ses prérogatives, le peuple a crié son indignation face à la communauté internationale qui l'a spolié avec violence de son droit de vote.

La révolte silencieuse du peuple ce 11 décembre 2011 s'inscrit dans la mobilisation générale qui s'observe à travers le monde autour de la question essentielle de qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Je voudrais à ce niveau de mes propos, au nom du Président GBAGBO, remercier solennellement toutes ces nombreuses personnes qui se dressent chaque jour en Côte d'Ivoire, en Afrique, en Europe, en Amérique sans distinction de race pour soutenir le combat du Président Laurent GBAGBO. Je les invite à demeurer dans la posture du combattant permanent : « aller jusqu'au bout », aller jusqu'à ce que justice soit rendue. Il est bon de savoir que le Président Laurent GBAGBO est en prison avec toutes les restrictions que cela comporte. Il faut se garder de se laisser endormir par la rhétorique selon laquelle, il est dans de bonnes conditions à la Haye. Les conditions sont aussi drastiques que partout ailleurs dans les prisons. Seule notre mobilisation reste le gage de la restauration de la dignité du Président Laurent GBAGBO qui est également la nôtre. Le coup d'Etat du 11 avril 2011 a été perçu comme onde de choc qui a impacté négativement la cohésion sociale.

En effet, sur le plan social, le Président Laurent GBAGBO a posé les bases d'une intégration sociale solide. Cette intégration sociale s'est ressentie dans l'Administration et dans l'armée, les creusets de notre identité nationale. L'attachement du Président Laurent GBAGBO à la République a guidé son action sur le plan social. Dans un pays coupé en deux, l'Etat sous le Président Laurent GBAGBO a respecté tous ses engagements vis-à-vis de ses citoyens sans distinction d'ethnie, de religion ou d'opinion politique. Vu sous cet angle, depuis le 11 Avril 2011, la Côte d'Ivoire fait de graves pas en arrière. La cohésion sociale s'est rompue. Les multiples licenciements qui ressemblent plus à des règlements de comptes politiques sont les derniers coups qui portent l'estocade à la famille déjà affaiblie par les emprisonnements arbitraires, l'exil forcé et la rétention illégale des moyens de subsistance par un Etat qui a tourné définitivement le dos au droit. Faut-il le rappeler, la famille constitue la fondation sur laquelle se construit la cohésion sociale. Les meurtres et les assassinats qui se perpétuent rapprochent malheureusement notre pays d'une déflagration sociale plus importante. C'est pour prévenir un chaos généralisé que nous devons nous battre pour sauver notre République et notre Nation en 2012. Nous ne pouvons les abandonner à l'aventure. Pour se faire, le débat politique doit s'ouvrir impérativement en Côte d'Ivoire. Un débat inclusif qui suppose l'élargissement de tous les détenus civils et militaires, le retour des exilés, la fin des tueries.

Toujours au niveau social, la fermeture prolongée de l'université place dans une situation stressante les étudiants et leurs parents notamment les plus démunis. Ce sont au total plusieurs dizaines de milliers d'étudiants issus de trois promotions de terminale qui s'interrogent sur leur avenir. L'école est devenue un droit censitaire là où le Président Laurent GBAGBO l'avait rendu gratuit. En décidant de maintenir l'université fermée contre tout bon sens, la République abandonne ses propres enfants et avec eux son propre avenir. La Côte d'Ivoire n'a jamais connu pareille situation de toute son Histoire. Deux raisons majeures expliquent le drame de l'université ivoirienne. La phobie ressentie par le Gouvernement de la contestation estudiantine inhérente à toute société démocratique, mais surtout son souci de se faire des économies.

L'impact économique de la crise politique ivoirienne est multiforme. Sous le saupoudrage de quelques actions d'éclat se cache une véritable incapacité à tenir les engagements les plus élémentaires de l'Etat, malgré le retour à la politique de l'endettement exorbitant. Le Président Laurent GBAGBO a donné au monde entier de découvrir le génie de la Côte d'Ivoire qui malgré une conjoncture des plus difficiles a entrepris une vaste politique de désendettement sans pour autant compromettre les engagements de l'Etat vis-à-vis des citoyens. Les paysans ont eu droit à une juste rémunération du fruit de leur travail. Le kilogramme de cacao qui se négociait à 1200 F CFA, en 2010, est tombé à moins de 500 F après le 11 avril 2011. Les travailleurs du secteur public ont connu une amélioration de leur rémunération. Le budget arrêté par le Gouvernement AKE NGBO avait pris en compte l'amélioration du statut financier de plusieurs corps dont notamment les diplomates, les sages-femmes, etc, pour un coût budgétaire de l'ordre de 14 milliards de francs CFA. Les grands travaux d'urgence de la ville d'Abidjan notamment l'échangeur du carrefour de la Riviera II et la jonction de la 7ème Tranche et de la 8ème Tranche des II plateaux financés par la Banque mondiale se poursuivraient avec la construction sur fonds propres du troisième pont. La poursuite des travaux du Pont reliant Jacqueville au continent et la fin des travaux de l'autoroute du nord témoignent de l'engagement du Président Laurent GBAGBO de construire son pays en mobilisant le maximum de ressources intérieures. La déclaration obligatoire des biens des ministres avant leur entrée en mission exigée par le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre AKE NGBO constitue une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire et traduit la volonté du Président Laurent GBAGBO d'engager sans réserve la lutte contre la corruption.

Mesdames et Messieurs, chers compatriotes, la Côte d'Ivoire nous appelle. L'Afrique nous interroge et le monde entier nous regarde. Notre salut et notre destin sont plus que jamais dans nos mains. Nous avons le devoir devant notre propre Histoire de nous battre pour imposer le bon sens et la justice dans le débat politique en Côte d'Ivoire. Cela passe par la libération du Président Laurent GBAGBO et l'ouverture d'un vrai dialogue politique dans notre pays. C'est le minimum de considération que l'on doit aux électeurs ivoiriens qui ont réaffirmé leur choix du 28 novembre 2010 le 11 décembre dernier. Que la nouvelle année qui commence aide les nouveaux promoteurs de la démocratie à la baïonnette à comprendre que partout ailleurs dans le monde, seul le peuple souverain décide de son avenir en dehors de toute pression y compris celle des armes les plus puissantes. Le peuple ivoirien entend ne pas faire l'exception.


Bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous, dans la paix vraie. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!


Pour le Président Laurent GBAGBO,

le Ministre KONE Katinan Justin


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

INTERVIEW EXCLUSIVE DE CHARLES BLE GOUDE SUR SON DERNIER LIVRE ET A PROPOS DU TRANSFEREMENT DE GBAGBO A LA HAYE

 


BLE GOUDE CHARLES 3.jpg

Après l'annonce de la livraison de Laurent Gbagbo à la Haye, le «Général de la rue», leader des jeunes patriotes ivoiriens, expose  dans cet entretien sa version des faits. C'était peu avant la parution de son livre intitulé «Traquenard Electoral».


Dans un premier temps, comment souhaiteriez-vous qu'on vous nomme? Ancien ministre du dernier gouvernement pro-GBAGBO, Président du Cojep, Général ou par votre patronyme simplement ?

Je suis Charles Blé Goudé. Mais je vous laisse le choix. Je n'ai pas à vous dire comment vous devez m'appeler, mais sachez que je suis Charles Blé Goudé.

Vous allez publier aux éditions l'harmattan, le 11 décembre prochain, un nouvel ouvrage intitulé « Traquenard électoral ». Pourquoi avoir choisi un tel titre ?

J'ai d'abord décidé d'écrire par devoir de mémoire, pour que la vérité se sache, car j'estime que beaucoup de contre-vérités on été racontées autour des élections en Côte d'Ivoire. C'est pourquoi j'ai écrit. Vous comprenez bien qu'il y a eu une crise post-électorale et dont les conséquences n'ont pas finies d'être évaluées. C'est pourquoi j'ai décidé de dire ce que j'ai vécu, de faire parler les faits, afin que le monde entier sache ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire. Pour moi, c'est un Traquenard électoral, c'est-à-dire que les élections ont été dites élections de sortie de crise alors qu'il s'agissait d'un piège pour enlever Gbagbo Laurent du pouvoir et, aujourd'hui, l'amener à La Haye. C'est pourquoi j'ai pensé que le titre de Traquenard électoral était celui qui convenait le mieux.

Il s'agit donc d'un ouvrage pour dénoncer ?

C'est un ouvrage pour expliquer. C'est un ouvrage pour dire ce que l'on tente de cacher. C'est un ouvrage pour faire éclater la vérité, enfin.

On sait Charles Blé Goudé que vous avez déjà publié deux autres ouvrages. Quelle est la particularité de publier un ouvrage en étant en exil ?

Comme vous le dites dans votre question, la particularité de cet ouvrage est qu'il a été écrit étant en exil. Et cet ouvrage trouve sa particularité du fait qu'aujourd'hui je ne suis pas avec le peuple et dans le peuple. Et que pour cet ouvrage, je ne suis pas dans l'action perpétuelle au moment où j'écris. Donc j'ai eu tout le temps pour me concentrer pour écrire. Contrairement aux autres ouvrages où je devais être à la fois dans l'action et dans l'écriture.

Et combien de temps ça vous a pris pour écrire cet ouvrage ?

5 mois environ.

On peut donc dire que depuis le 11 avril, vous êtes concentré sur la rédaction de ce livre ?

Dès que les évènements du 11 avril sont passés, et dès que j'ai vu que ça prenait une tournure que nous n'avions pas souhaité, j'ai décidé d'écrire afin que la vérité soit sue et que nul ne l'ignore. Et surtout dans cet ouvrage, la particularité est que j'ai fait parler les faits, tel que je les ai vécus.

Mais comment allez-vous faire pour la campagne de communication ? Vous êtes loin, vous ne pouvez pas faire de séance de dédicace, ni rencontrer le public, comment ça va se passer ?

C'est cela aussi la particularité de cette œuvre. Je pense que les lecteurs ont besoin de lire, de comprendre ce qui s'est réellement passé dans notre pays, ont besoin de savoir la vérité que l'on tente de falsifier. En fait, c'est raconter la vraie histoire qui est l'essentiel. Pour le reste, nous sommes dans un monde qui, aujourd'hui, s'apparente à un village planétaire et les moyens de communication sont trop modernes.

Avez-vous des représentants qui vont se charger de cette campagne de communication ?

Je suis certes leader, et je me dois de travailler en équipe. Je pense que j'ai beaucoup de représentants à travers le monde qui vont se charger de faire ce travail. Et je voudrais ici les remercier, car l'œuvre dont vous parler est une œuvre où j'ai eu aussi leur assistance à tous les niveaux.

Au moment où vous publier ce livre, votre mentor le président GBAGBO comparait devant la CPI. Comment avez-vous accueilli la nouvelle de son transfèrement et quel est votre sentiment par rapport à cette situation?

Mais j'ai mal et je dois le dire tout net. J'ai mal de ce que la victime ait été mise en prison par les bourreaux. Je connais le Président Laurent Gbagbo, c'est un homme de paix. C'est un Président qui a réussi à travailler avec la rébellion, ce que d'autres président n'auraient pas fait. Un président qui a toujours voulu discuter avec les opposants. Disons même que durant les 10 années qu'il a passées au pouvoir, l'opposition a été choyée. Il leur a tout donné. Au point où on se demandait si en Côte d'Ivoire, il y avait une opposition. Faites le tour de l'Afrique et dites moi dans quel pays on traite aussi bien l'opposition. Aujourd'hui, j'ai mal que l'opposition qui, hier, a été dorlotée par Gbagbo Laurent, est une opposition qui fait à Gbagbo le contraire de ce qu'il leur a fait. J'ai mal mais en même temps j'ai le sentiment que le Président Gbagbo saisira cette tribune pour dire au monde entier la vérité que l'on a toujours tenté d'étouffer par canaux interposés, par médias interposés. J'ai espoir et je sais que c'est un homme qui a toujours le moral et qui sait ce qu'il veut. A ceux qui pensent que c'est la fin, je veux tout de suite leur dire que non, c'est plutôt le début.

Que comptez-vous faire suite à ce transfert ? Allez-vous mener des actions avec le Cojep, les membres de la galaxie patriotique et de l'ancien gouvernement ? Qu'allez-vous faire ?

Je ne suis pas porte-parole de l'ancien gouvernement et je ne saurais vous le dire. Tout simplement, sachez que la précipitation est source d'erreur et nous nous donnons le temps d'observer ce qui va réellement se passer et nous aviserons. Mais tous les états-majors de tous les mouvements sont en alerte et tout le monde a les yeux rivés vers La Haye. Et nous verrons si cette justice est impartiale, neutre. Mais telle que les choses sont en train de se dérouler, est-ce du droit ou de la politique ?

Charles Blé Goudé, nous allons aborder la seconde partie de cette interview. Pouvez-vous nous dire quand est-ce que vous avez vu et parlé à Laurent GBAGBO, pour la dernière fois?

Dans ce sens, je vais un peu vous décevoir car vous allez devoir vous référer à mon livre Côte d'Ivoire : le Traquenard électoral, publié aux éditions l'Harmattan et disponible dès le 11 décembre prochain. Car tout y est. Tout ce qui n'a jamais été dit, est dit, et je demande à tous ceux qui veulent savoir de se référer au bouquin. Je vous invite à lire le livre et vous aurez les réponses à toutes vos questions.

On reproche à votre génération (vous, les anciens de la FESCI, Blé Goudé/SORO) d'être à l'origine de l'instabilité politique en Côte d'Ivoire. Que répondez-vous à cette question ?

Je ne crois pas qu'Alassane Ouattara soit de ma génération. Je ne crois pas qu'Henri Konan Bédié soit de ma génération. Je ne crois pas non plus que Gbagbo Laurent soit de ma génération. Je voudrais simplement vous dire que tous ces acteurs politiques-là ne sont pas de ma génération. L'origine de cette crise ivoirienne, part de la guerre de succession qui a eu lieu entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. A la mort d'Houphouët-Boigny, ne voulant pas céder le fauteuil à Henri Konan Bédié, comme le recommandait l'article 11 (de la Constitution, Ndlr), une guerre a éclaté entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. La suite, on la connait, coup d'état et autre, jusqu'à ce qu'on en arrive à la crise de 2002. Je voudrais simplement dire qu'aujourd'hui si Henri Konan Bédié est allié à Alassane Ouattara, on peut tout simplement dire, qu'ils auraient pu faire l'économie de cette guerre-là. Mais cela dit, je ne crois pas fondée cette vérité. On a toujours voulu comme les autres nous perçoivent. Moi, j'étais à Manchester quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire où j'ai interrompu mes études. Dans la rue, comme aujourd'hui les gens sont descendus dans la rue en Tunisie, en Egypte. C'est loué, non ? Mais en Côte d'Ivoire, dès que nous sommes descendus dans la rue pour nous opposer aux armes, on nous a traité de miliciens, de petits et autres.

Vous faites en quelque sorte un reproche à vos ainés ? Celui de vous avoir donné le mauvais exemple ?

Je crois que les différentes classes politiques vieillissantes en Côte d'Ivoire sont à la base de la crise dans notre pays.

Êtes-vous prêt à appeler à la réconciliation malgré tout et malgré le mandat d'arrêt lancé contre vous par la justice ivoirienne?

Bien sûr! Vous savez que la vie d'une nation est au-dessus de nos ressentiments personnels et individuels. De nos frustrations. Je pense que la Côte d'Ivoire a besoin de ses fils et de ses filles unis. En tout cas, quand nous étions au pouvoir j'y tenais, aujourd'hui encore, j'y tiens. J''invite le pouvoir à faire en sorte de rapprocher les ivoiriens. Une réconciliation, on la fait avec deux camps qui ont été séparés par un manque de confiance, par une crise. On ne se réconcilie pas seulement avec son clan.  Et la réconciliation n'est pas aussi un programme de gouvernement. La réconciliation est la conséquence des actes du gouvernement. La manière dont vous traiter vos leaders de l'opposition, de cette manière dépend le climat politique. C'est vrai qu'on veut bien se réconcilier, mais je demande au gouvernement d'accompagner ses paroles par des actes et des actions concrètes et qui vont dans le sens de la réconciliation. On ne peut pas dire qu'à midi on veut se réconcilier et à 14h, on fait des arrestations, on bloque des comptes et on lance des mandats d'arrêt. Il faut créer l'environnement de la réconciliation. Je pense que si nous nous basons sur les chiffres truqués de la CEI, le Président Gbagbo représente quand même plus de 46% de la population et plus de la moitié de la population d'Abidjan a voté pour lui. Je pense que si les actes sont posés, la réconciliation se fera d'elle-même. C'est pourquoi, je lance cet appel, pour que les ivoiriens puissent se retrouver et pour que le pays puisse se remettre sur les rails. Pour moi, cela est primordial et va au-delà de nos petits intérêts politiques et personnels.

Charles Blé Goudé, vous sentez-vous aujourd'hui inquiété par un mandat d'arrêt de la CPI ?

Quelqu'un qui a passé tout son temps avec un matelas sur l'épaule, qui a passé tout son temps avec des micros, quelqu'un qui a fait des campagnes de paix, ce qu'aucun homme politique n'a jamais fait en Côte d'Ivoire, ne peut pas être inquiété par la CPI.
A moins qu'il y ait d'autres raisons que j'ignore.

On sait que dans quelques jours, le 11 décembre, le jour qui coïncide avec la sortie de votre livre, auront lieu les élections législatives en Côte d'Ivoire. Comment analysez-vous cette nouvelle échéance ?

J'ai bien peur que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Mais comme le pouvoir va seul aux élections avec ses seuls candidats en lice, avec une commission électorale aux ordres et sous contrôle, qui n'est même plus indépendante. Je pense qu'en ce moment, il n'y a pas danger. Parce qu'aujourd'hui en Côte d'Ivoire, je dois vous dire que les conditions d'un scrutin d'apparence juste et ouvert à tous ne sont pas réunis. Les conditions sécuritaires d'une campagne ne sont pas réunies. Le mot de rassemblement est interdit. Les meetings sont interdits. Les opposants sont soit en prison, soit en exil soit ont été exterminés. Je pense que dans ces conditions, le pouvoir veut rester seul en lice, il faut le laisser faire. Mais ça sera une assemblée nationale pas représentative et pas digne de la Côte d'Ivoire qui sera mise en place.

L'absence du FPI aux élections est -il justifiée selon vous ?

C'est de cela que je suis en train de vous parler. Le FPI, je ne parlerai pas en son nom mais je crois que le FPI n'a pas refusé d'aller aux élections. Les conditions ont-elles été réunies pour que le FPI parte aux élections ? Dans tous les cas, il faudra poser les questions aux leaders du FPI, ils vous répondront.

Revenons au FPI, justement. On sait que vous n'étiez pas apprécié pas certains cadres de ce parti. Pensez-vous qu'ils aient été à l'origine de certaines erreurs de Laurent Gbagbo ?

Pourquoi voulez-vous que je parle dans la presse de mes rapports avec le FPI? ça c'est entre le FPI et moi. Si vous voulez savoir si le FPI a fait commettre des erreurs à Laurent Gbagbo, il faut interroger le FPI. Je pense qu'ils répondront. Une poule qui se respecte, ne pond pas ses œufs en public.

Charles Blé Goudé, en guise de conclusion, quel message souhaitez-vous lancer aux ivoiriens et aux africains qui vous liront?

Je voudrais simplement dire au ivoiriens, aux africains et au reste du monde que ce qui se passe en Côte d'Ivoire, c'est certes la réalité mais ce n'est pas la vérité. Sous nos yeux, on tente de falsifier l'histoire réelle de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. En Côte d'Ivoire, Gbagbo Laurent a invité la communauté internationale a un recomptage des voix pour éviter une crise, comme cela a été fait en Haïti, en novembre 2010, en Afghanistan en 2009. Ce refus de recompter les voix a aujourd'hui engendré des conséquences que tout le monde connait et que tout le monde déplore. Je le répète, un contentieux électoral a été transformé en un véritable cauchemar, par la faute de ceux qui ont décidé de tordre le cou à la vérité, par la faute de ceux qui voulaient installer un ami au pouvoir et qui voyaient  en Laurent Gbagbo un obstacle à la réalisation de leur objectif d'exploiter l'Afrique. C'est ça la vérité. Je pense que l'histoire est en train d'être falsifiée. Mais un jour, la vérité se saura et il faut que les africains le sachent.


In "Les Afriques"


Source: IVOIRE DIASPO.NET

vendredi, 30 décembre 2011

LA COTE D'IVOIRE DU TROMPE-L'ŒIL ET DE LA COM

 
SYMBOLES EGYPTE ANCIENNE - PALAIS DE JUSTICE.jpg

Depuis l'avènement du pouvoir Ouattara, dans les conditions calamiteuses que l'on sait, nous avions espéré qu'au bout de huit mois d'exercice et de règne sans partage (l'opposition étant totalement absente de la gestion d'Etat), un certain nombre de promesses faites par le nouveau régime et la normalisation de la vie sociale et politique ivoirienne allaient devenir réalité pour permettre aux Ivoiriens de retrouver leur quiétude et se refaire une nouvelle vie. Au décompte final, tout cela n'aura été que leurre et chant de sirène.

Quand un pays vient de connaître la fracture profonde qui a été celle de la Côte d'Ivoire, le souci premier, que commandent la gravité de la situation et l'urgence de faire la paix, devrait être la réconciliation nationale. Par la faute de nos dirigeants actuels, cette réconciliation est au point zéro. Peut-on avoir déporté Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) et espérer une réconciliation? Et pourtant, le chef de l'Etat Alassane Ouattara l'avait promis: rassembler à nouveau les Ivoiriens, allait être sa priorité. Il les a plutôt à jamais divisés. Et se complait avec son régime dans une jubilation impudique des « vainqueurs ». Seul son camp et lui ont, aujourd'hui, le sourire et semblent revivre. Le reste de la Côte d'Ivoire est dans la douleur et la souffrance morale. Il ne semble guère s'en apercevoir, lui qui clame sur les chaînes internationales que tout va pour le mieux en Côte d'Ivoire et que notre pays passera bientôt à un taux de croissance à deux chiffres, là où, en cette fin d'année 2011, la Côte d'Ivoire enregistre -7% de taux de croissance.

Des centaines d'entreprises ont fait faillite des suites de pillages et des effets de la crise postélectorale, d'autres peinent à retrouver leur rythme normal d'activités, des milliers d'Ivoiriens sont ainsi au chômage et ne peuvent faire la fête avec leurs familles, ni pour Noël ni pour la Saint-Sylvestre. D'autres, plus chanceux, vivent à moitié salaire dans des sociétés sous contrôle budgétaire et sous mesures techniques. Certains autres ne perçoivent leurs émoluments que par à-coup, avec des arriérés de salaire de plusieurs mois. Des familles Ivoiriennes souffrent ainsi atrocement pendant que le régime ivoirien verse dans le jubilatoire et la célébration victorieuse. Les vrais problèmes des ivoiriens sont éludés ou ont peu de place en son cœur.

Prenons l'exemple de l'Ouest de la Côte d'Ivoire. On en parle très peu, mais cette région a un besoin désespéré d'aide. Les massacres y ont laissé des séquelles à vie, les destructions et les pillages des FRCI y ont été innommables. Des milliers de Wè n'ont plus de demeures où vivre ni de plantations où cultiver de quoi survivre. Bien de leurs terres sont occupées par les « vainqueurs » de la crise postélectorale, les laissant orphelins et sans ressources dans leurs propres terroirs. Le chef de l'Etat qui y avait promis une visite d'Etat a remis son voyage sine die. Pire, il a fait déguerpir les camps de réfugiés et de déplacés situés dans les missions catholiques, en prévision de sa tournée dans l'Ouest, jetant une fois de plus des centaines de familles à la rue, sans ressources, sans aucune prise en charge de l'Etat. Comment peut-on annoncer au monde entier que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes en Côte d'Ivoire quand des centaines de milliers d'Ivoiriens sont à la ruine et au désespoir? Qu'on nous dise concrètement ce qui a été fait pour l'Ouest de notre pays, si tant est qu'on peut prétendre nous apporter un quelconque démenti.

Les ONG Care, Oxfam et le Conseil Danois pour les Réfugiés sont formelles: l'Ouest de la Côte d'Ivoire est un creuset de misère et de désolation. Les informations recueillies par leurs soins auprès des «personnes déplacées et retournées chez elles pendant les mois de juillet et août (2011) révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès du tout aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance», ont révélé ces ONG. La situation n'est pas plus reluisante, quatre mois après. Bien au contraire !

Il ne s'agit guère d'y faire une ou deux virées hyper-médiatisées, qui ne résolvent rien, avec quelques denrées, du reste largement insuffisantes. Il faut un plan national d'urgence et de salut public pour cette région du pays. Une sorte de plan Marshall pour l'Ouest. A-t-il eu un début de commencement? Trois fois, non ! Et pendant ce temps, à quoi a-t-on droit ? L'achat de 40 berlines Mercedes acquises à plus d'un milliard de nos francs pour notre gouvernement, qui n'était pas précisément le moins nanti au monde de ce point de vue, aux slogans du genre « on a fait plus que Gbagbo en quelques mois », à des opérations de salubrité boiteuses et sélectives (Adjamé et Abobo, fiefs du RDR d'Alassane Ouattara restent encore intouchées et désespérément intactes) qui tardent à s'étendre à l'intérieur du pays et des séances d'illumination d'Abidjan qui s'apparentent plus à un culte maçonnique de l'obédience Memphis-Misraï, avec tous les symboles mystiques de l'Egypte ancienne (le serpent, le compas, le triangle flamboyant, l'œil d'Osiris, l'équerre maçonnique, la règle graduée, l'étoile flamboyante), qu'à une opération d'embellissement festif de la ville d'Abidjan.

Les campagnes de communication politique que sont les cérémonies de lancement de travaux et d'inauguration d'œuvres et d'ouvrages déjà programmés et budgétisés sous la gouvernance Gbagbo sont également à relever, à ce titre (Pont Riviera-Marcory, Pont de la 7ème tranche d'Angré, restauration de la voirie, traitement des eaux, travaux d'assainissement, etc). Toutes ces opérations ne visent qu'à donner le sentiment que le nouveau régime ivoirien est au travail, sous le génie d'Alassane Ouattara. Il n'en est rien. Ce n'est qu'un trompe-l'œil, au même titre que toutes les acrobaties médiatiques auquel se livre le nouveau pouvoir à l'étranger pour se targuer d'un retour de la Côte d'Ivoire sur l'échiquier international. La pluie de milliards annoncée a fait long feu. Pendant que prospère une justice des « vainqueurs » qui demande des comptes aux seuls pro-Gbagbo, en prison ou en exil (lui-même étant déporté à la CPI), que des milliers d'Ivoiriens demeurent encore au comble du désastre et de la pauvreté et que les FRCI continuent de semer mort et désolation dans le pays, sans être inquiétés, malgré un ultimatum plus médiatique que réel du chef de l'Etat, qui n'a vu le jour que parce que des malinké pro-Ouattara ont été tués à Vavoua par des soldats tout aussi pro-Ouattara, qui se sont rendus coupables de massacres à Duékoué et de crimes dans tout le pays sans jamais en répondre, ni en Côte d'Ivoire ni devant la CPI. Voici les vrais problèmes de la Côte d'Ivoire. Et c'est là que les Ivoiriens l'attendent. Mais Alassane Ouattara n'y touche pas. La réconciliation est au point mort. L'opposition, réduite au silence. Les universités publiques fermées. Il n'en a cure. Il préfère gouverner la Côte d'Ivoire en trompe-l'œil et par coups médiatiques. Plus soucieux de son image personnelle que des priorités des Ivoiriens, qui lui ont envoyé un signal fort aux législatives, avec un taux d'abstention record que même la presse internationale a qualifié de «désert électoral».

Sur le dossier de la restauration de la voirie, un brillant article du blogueur Fabien d'Almeida, sur le site « Pensées Noires », nous révèle qu'au premier trimestre 2009, Monsieur Bouaké Fofana, alors Directeur Général de l'AGEROUTE (Agence de Gestion des Routes), avait accordé un entretien à un mensuel économique ivoirien, « Tycoon », s'inscrivant dans un dossier de six pages intitulé «Où va la route ivoirienne?». Il relève un détail croustillant : le directeur de publication dudit magazine est un certain Fabrice Sawégnon. Pour rappel, cet homme est l'artisan de la campagne de communication d'Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010. L'on le dit très proche d'Hamed Bakoyoko et on ne pourrait pas le soupçonner d'être un pro-Gbagbo. C'est pourtant son magazine qui, affirme Fabien d'Almeida, sous la plume du journaliste Francis Yédan, a publié cet excellent travail d'investigation qui annonçait, alors, le projet de réhabilitation du réseau routier actuellement en cours et dont se targue abusivement le camp Ouattara:

« Avec la période post-crise qui s'annonce, le financement des bailleurs de fonds dans ce secteur [routier] a repris. La réhabilitation d'infrastructures routières à Abidjan et à Bouaké, d'un coût total de 28 millions de dollars E.U [14 milliards de francs CFA, Ndlr] est effective. Ce, dans le cadre du Projet d'Urgence d'Infrastructures Urbaines (PUIUR) financé par la Banque Mondiale. La composante 4 de ce projet est réservée aux infrastructures routières. Les routes exploitées par les services de transport public, les travaux d'amélioration, la fourniture et l'installation de panneaux routiers verticaux sont les principaux axes de cette composante. Egalement au nombre de cette composante, le marquage horizontal sur le plus de routes possibles et la réhabilitation de 7,2 km de voirie revêtue à Bouaké. Huit axes routiers (12,4 km de voirie revêtus) empruntés par la SOTRA seront réhabilités à Abidjan. Ajoutée à cela, la construction d'une passerelle à piétons, d'un pont de 120 mètres [à la Riviera 2, Ndlr] et d'une route à la Riviera Palmeraie [celle réalisée depuis 2009-2010 qui relie la Riviera Attoban à la Riviera Palmeraie, Ndlr]. La composante 3 du PUIUR financée à hauteur de 12 millions de dollars E.U est consacrée à l'élimination des principaux dépôts sauvages dans l'agglomération urbaine d'Abidjan. Quand on sait que les ordures jonchant les routes déversent un liquide corrosif. L'assainissement urbain (eaux usées) constitue la composante 2 du PUIUR. 15,2 millions de dollars E.U [7,6 milliards de francs CFA, Ndlr] sont déjà mobilisés. La réhabilitation des principales stations de pré-pompage, de pompage, des égouts secondaires, constituera une bouffée d'oxygène pour le réseau routier abidjanais. Vu le nombre de canalisations bouchées et autres problèmes d'assainissement. La phase active du PUIUR [composante 1] est prévue, dans quelques semaines, pour une durée allant de quatre (4) mois à quatre (4) années [...] ».

Cet article a non seulement le mérite de dévoiler le mensonge odieux qui a prospéré jusqu'à ce jour sur « l'arrêt total du financement des bailleurs de fonds à la Côte d'Ivoire avant le 11 avril 2011 », sur « le manque de volonté ainsi que l'inaptitude de l'ancien pouvoir à faire face au problème de l'insalubrité publique », mais aussi et surtout, « l'opportunisme trompeur » qui attribue ce résultat au génie d'Alassane Ouattara. Pour Fabien d'Almeida, « c'est tout simplement faux. L'équipe gouvernementale actuelle ne fait que poursuivre un projet qui était déjà amorcé avant que la crise postélectorale ne le mette en veilleuse, temporairement ». « Là, pourtant, n'est pas le plus important, selon lui. L'article du magazine Tycoon rappelle surtout que la restauration des routes ivoiriennes est le résultat d'un processus qui s'est étendu sur plusieurs années et qui a rassemblé diverses compétences nationales, en matière de finances, d'ingénierie technique, etc ».

Cette performance remarquable de la gouvernance Gbagbo a été récupérée à son compte par le pouvoir Ouattara, sans aucune humilité ni honnêteté mais pire, il a fait passer le président Gbagbo pour un incapable et un pilleur, lui qui a réussi l'exploit de boucler tous ces projets et à financer, dans le même temps, les élections les plus chères du monde ainsi que la sortie de crise la plus budgétivore d'Afrique, au moins.

Vivement que le nouveau régime ivoirien attaque enfin les vrais problèmes des ivoiriens plutôt que de faire de la com' et que l'année nouvelle 2012 apporte joie et paix au peuple mien.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 403 du jeudi 29 décembre 2011.

MAMADOU KOULIBALY SUR AFRICA 24: «OUATTARA, C'EST LA DECEPTION!»

 


LE TALK - Mamadou KOULIBALY - Côte d'Ivoire par AFRICA24


"LE TALK" du président Mamadou Koulibaly de Côte d'Ivoire sur Africa 24. Un regard pointu et sans concession sur la gestion étatique anticonstitutionnelle d'Alassane Ouattara.

mercredi, 28 décembre 2011

LES EX-REBELLES INTEGRES A L'ARMEE IVOIRIENNE, UN VERITABLE CANCER!


ARMEE IVOIRIENNE.jpg

Côte d'Ivoire: les ex-rebelles intégrés à l'armée, une plaie pour Ouattara

 

Les incidents meurtriers à répétition entre civils et ex-rebelles intégrés à l'armée ivoirienne mettent le régime d'Alassane Ouattara sous pression et soulignent l'urgence d'une réforme des forces de défense dans un pays toujours fragile après la crise de 2010-2011.

Une simple altercation entre un militaire des Forces républicaines (FRCI) et un jeune à Sikensi, près d'Abidjan, a dégénéré en conflit entre autochtones d'un côté, Malinké (ethnie du nord) et FRCI de l'autre, qui s'est soldé lundi par un bilan de quatre morts - deux soldats et deux jeunes -, une quinzaine de blessés et de nombreux dégâts.

Une semaine après des affrontements entre habitants et FRCI à Vavoua (centre-ouest) ayant fait six morts, ces événements jettent une lumière crue sur l'état de l'armée.

L'essentiel de ses éléments opérationnels est constitué des ex-rebelles venus du nord qui ont aidé le président Ouattara à accéder au pouvoir en avril, après quatre mois de crise et deux semaines de guerre contre les forces de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo (...)

Nord-Sud, quotidien proche de Guillaume Soro, Premier ministre et chef de l'ex-rébellion, mettait mardi le dernier incident sur le compte de "provocations" de pro-Gbagbo qui, par "haine", "refusent de voir" dans les FRCI "le symbole de l'armée nationale".

Mais le journal reconnaissait qu'on ne peut "absoudre" les FRCI après des semaines d'exactions.

Autochtones pro-Gbagbo face à Malinké pro-Ouattara et FRCI: les violences de Sikensi montrent que "le contentieux ethnique et politique est encore très fort: la réconciliation va mettre du temps", affirme à l'AFP un expert, sous couvert d'anonymat.

"Cancer"

Mais dans l'immédiat le problème tient surtout aux milliers d'ex-rebelles, armés et pour l'heure intégrés de facto à l'armée régulière, auxquels le régime doit offrir un avenir.

"Tous ne resteront pas dans l'armée: quand on les mettra à la porte, certains deviendront coupeurs de route, voleurs ou pourront être recrutés par les uns et les autres en cas de tension politique. C'est un vrai cancer", prédit l'expert.

Après Vavoua, le chef de l'Etat a décrété la "tolérance zéro" face à l'"indiscipline": il a créé une police militaire pour faire le ménage, confiée à un ancien commandant rebelle charismatique, Zakaria Koné.

Guillaume Soro, également ministre de la Défense, a promis pour janvier une tournée des casernes, et des "assises nationales" sont prévues début 2012 pour élaborer une réforme de l'armée.

Mais huit mois après la crise, ces annonces ne font que souligner que ce chantier reste quasi-vierge et qu'un programme de désarmement-réinsertion se fait toujours attendre.

Le pouvoir "ne sait pas par quel bout prendre le problème", pris entre les contraintes financières et sa difficulté à écarter des hommes qui se voient en "libérateurs", estime une source proche du dossier.

Les incidents sont en tout cas "le meilleur argument pour maintenir Soro comme Premier ministre", juge-t-elle.

Cette hypothèse fait toutefois grincer des dents chez les partisans de l'ex-président Henri Konan Bédié, principal allié de M. Ouattara, à qui le poste doit théoriquement revenir malgré la majorité absolue obtenue par le parti présidentiel aux législatives du 11 décembre.

Pour International Crisis Group (ICG), le président doit de toute façon être en première ligne.

Pointant dans un rapport publié mi-décembre une "criminalisation" des forces de sécurité, le groupe de réflexion appelait M. Ouattara, réputé plus amateur de dossiers économiques, à "ne déléguer à personne" le chantier sécuritaire.



DON MELLO FAIT LE BILAN DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE 2011

 

AHOUA DON MELLO 4.jpg

1- DE LA LEGITIMITE DE M. OUATTARA


L
es élections législatives de 2011 en Côte d'Ivoire viennent de s'achever. Le taux de participation était certainement plus attendu que la liste des élus et cela, afin de pouvoir mettre un chiffre officiel devant le désert électoral que tous les observateurs nationaux comme internationaux ont constaté pendant la journée du Dimanche 11 Décembre 2011 où il y avait plus de soldats français et onusiens autour des bureaux de vote que d'électeurs ivoiriens.

Le taux de participation qui est toujours le premier chiffre annoncé dans toutes les élections du monde, a été le dernier chiffre sorti des laboratoires de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Il ne fallait surtout pas  dépouiller le pouvoir de M. OUATTARA Dramane de toute légitimité surtout que ces élections représentaient le troisième tour des élections présidentielles de Novembre 2010 !

Deux mots d'ordre se sont affrontés lors de ces élections : l'appel à voter, lancé par M. OUATTARA et l'appel au boycott, lancé par les partisans du Président Laurent GBAGBO.

Le constat est sans équivoque. Selon les observateurs du monde entier, l'appel au boycott était le grand vainqueur des élections législatives du 11 décembre 2011 et ces élections ont enregistré le plus bas taux de participation de l'histoire électorale de la Cote d'Ivoire : moins de 20%.

Pour masquer cet échec du camp OUATTARA, la CEI tente désespérément de dépasser le taux de participation de 2000 (33%)en relevant le taux de participation de 2011 à 36.56% avec des  revenants  ayant participé au vote (cas d'ATTECOUBE ou plusieurs morts ont voté dont Feu SYLLA  moussa décédé le 6 mars 2011 a voté le 11 décembre 2011 etc.), des bourrages d'urnes avec expulsion de représentants de candidats non RDR ou séquestration de présidents de bureau de vote(cas de  YOPOUGON, de BOUAKE, de DUEKOUE, de KOUIBLY etc.) et des procès verbaux fictifs (cas de YOPOUGON avec 500 procès verbaux fictifs venant des résultats préenregistrés, BOUAKE, DIVO, MAN etc.).

Or l'appel au boycott des élections législatives, lancé par le RDR en 2000 a eu peu d'influence sur le taux de participation enregistré lors des élections présidentielles de 2000  (le taux est passé de 37% aux élections présidentielles à 33% aux élections législatives). Pis, en 2000, son fameux appel à la participation à l'élection des conseils généraux suite aux journées de réconciliation n'a pas non plus rehaussé le taux de participation qui est au contraire descendu à 28.01%. Le peuple de Côte d'Ivoire est donc resté indifférent aux appels au boycott du RDR comme aux appels à participer.

Ce qui n'est pas du tout le cas pour les élections présidentielles et législatives de 2010 et de 2011 où le taux de participation est passé de 81.10% aux élections présidentielles à moins de 20% aux élections législatives selon les observateurs, et a été bonifié à 36.56%  par la CEI. Cela ressemble à n'en point douter, à une chute libre quelque soit le chiffre considéré.

Le laboratoire de la CEI, en affichant un taux de participation de 36.56% proche du taux de participation de 37% aux présidentielles de 2000, veut faire avaler aux Ivoiriens qu'il ya eu autant d'engouement  aux élections présidentielles de 2000 qu'aux élections législatives de 2011. Ce qui frise le ridicule car aux législatives de 2011 il y avait plus de soldats onusiens et français dans les lieux de vote que d'électeurs vivants et cela tranche avec la grande mobilisation observée lors des élections présidentielles de 2000 !

Même ce taux bonifié ne sauve pas pour autant la légitimité du pouvoir OUATTARA et la suite de notre propos, nous le prouvera.

Le taux de désaffection en 2000 était de  moins de 4% entre les élections présidentielles et législatives  à l'appel au boycott du RDR, et de moins de 9% à l'appel à participation du RDR aux élections des conseils généraux.

Même en considérant le taux bonifié de 36.56% soit 2.070.793 votants (y compris « les revenants », les bourrages d'urnes et les procès verbaux fictifs), ce nombre est inférieur de 17% au nombre de votants pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles (2 483 164).

Sur les 4.843.445 de votants au deuxième tour des élections présidentielles, 2 772 652 électeurs ont respecté le boycott, soit 57.2% d'électeurs c'est-à-dire plus de la moitié des électeurs ayant voté aux présidentielles de 2010 ont boycotté les élections et donc ne se sont pas rendus aux urnes !

Ces résultats permettent de formuler deux hypothèses :

1-    Soit plus de la moitié des personnes ayant voté au deuxième tour des élections présidentielles sont des pro-GBAGBO et donc ont respecté le boycott, ce qui confirme à posteriori que le Président Laurent GBAGBO est le vrai vainqueur des élections présidentielles ;

2-    Soit, en plus des pro-GBAGBO,  17% de ceux qui ont voté pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles se sont abstenus d'accompagner un pouvoir ethno génocidaire qui n'est ému que lorsque ses partisans sont tués et sont donc déçus de sa politique menée depuis le 11 avril 2011 ou ont été empêchés de voter. Vu l'enjeu et les appels successifs à voter en pleine élection, les cas d'empêchement  sont certainement minimes même s'ils  existent. Ce n'est pas non plus à cause de l'insécurité vu le nombre de soldats français et onusiens par lieu de vote. Cela prouve au moins une chose : M. OUATTARA, non seulement n'a pu obtenir un début de réconciliation avec les pro-GBAGBO, mais il a augmenté le nombre de mécontents dans son propre camp y compris dans son bastion nord.

Dans les deux cas de figure, la légitimité de M. OUATTARA est fortement entamée. Pour sauver son régime, il instrumentalisme de plus en plus les ressortissants du nord et devient plus un chef de tribu qu'un Chef d'Etat en se réfugiant dans un communautarisme primaire comme nous allons le démontrer à travers les résultats de ces fameuses élections législatives.

2- DE L'ETAT-NATION LIBRE A L'ETAT TRIBAL ASSIEGE

Sur 254 sièges à pourvoir, le RDR s'est octroyé  127 sièges, le PDCI gagne péniblement 77 sièges.

Sur les 127 élus du RDR répartis sur l'ensemble du territoire, 103 sont des ressortissants du Nord soit 81% des élus. Là où le PDCI choisit des ressortissants de la localité pour représenter la population, le RDR préfère choisir un nordiste. Dans un pays où le taux d'analphabétisme dépasse les 50%, cela veut dire qu'entre la population et certains élus RDR, il ne peut qu'y avoir un dialogue de sourd à moins qu'un des objectifs inavoués du RDR ne soit d'imposer le Dioula comme langue nationale. La plupart des élus RDR ne représentent donc qu'eux mêmes et certainement pas la population.

Une telle volonté hégémonique et communautariste d'une tribu sur l'ensemble de la population qui  compte plus de 60 ethnies, ne peut que porter un coup mortel à l'unité nationale et à la diversité culturelle.

Après avoir détruit les corps d'armée régulière, la gendarmerie et la police en les remplaçant par une armée tribale FRCI, M. OUATTARA s'est constitué une administration tribale à travers les différentes nominations aux fonctions administratives et judiciaires. L'architecture d'un Etat tribal vient d'être parachevée par un parlement qui ressemble à  un parlement tribal avec des observateurs extérieurs à la tribu où la majorité qui va voter toutes les lois est du Nord de la Côte d'Ivoire.

Le PDCI  a été créé comme un instrument de lutte anticolonial et le FPI,  créé sur des bases idéologico-politiques (lutte pour le multipartisme, la démocratie et le socialisme). Ces partis ont donc  pu s'implanter dans tous les groupes ethniques. Le RDR quant à lui, est un parti fondé sur un sentiment infondé de rejet d'une tribu. Aussi se réfugie-t-il dans le communautarisme et  constitue-t-il une menace sérieuse pour l'unité nationale et la diversité culturelle.

Ainsi, après avoir détruit l'Etat, M. OUATTARA entreprend la destruction du tissu national par une tribalisation injustifiée et outrancière de la vie politique.

En effet, le recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 1998, donne une répartition de la population selon les origines ethniques. Sur une population de 15 millions d'habitants en 1998, il ressort que les divers groupes ethniques du Nord totalisent un effectif de 3.868.635 soit 19.34% de la population. Sur cet effectif, les Dioulas ne représentent que 505.764 soit 03.37% de la population. Une minorité si forte, ostentatoirement visible dans tout l'appareil d'Etat, ne peut qu'engendrer des ressentiments aux conséquences imprévisibles. Les ressortissants du nord non membres du RDR sont considérés comme des traitres et sont traités comme tels. On peut raisonnablement se demander : où va M. OUATTARA ?

Vouloir concentrer tous les pouvoirs d'Etat entre les mains d'un groupe ethnique minoritaire par un désir de vengeance, ne peut que compromettre l'harmonie de la société ivoirienne et  l'unité nationale et exacerber les haines. Si Nelson MANDELA s'était vengé, si Laurent GBAGBO en avait fait autant, ou serait l'Afrique du Sud, ou serait la Cote d'Ivoire ? La grandeur d'un homme politique se mesure par l'idéal qu'il souhaite et réalise pour chacun de ses concitoyens indépendamment de son appartenance politique, ethnique ou religieuse. Que souhaite M. OUATTARA pour 85% de ses concitoyens ? La réponse a cette question, détermine le projet de société réel du RDR.

Le seul projet de société du RDR semble donc de combattre l'exclusion par l'exclusion et de vivre ensemble sous une dictature tribale par une liquidation politique, économique, financière, voire physique de toute résistance que constitue 85% des ivoiriens avec la complicité de la communauté internationale dirigée par la France de SARKOZY dans sa volonté de reconquête coloniale. Elle qui était prompte à faire passer en boucle sur les télévisions internationales les moindres égratignures de ses alliés au nom des Droits de l'Homme, reste aveugle, aphone et sourde face aux meurtres commis chaque jour  sous ses yeux par les forces pro-OUATTARA confirmant cette règle d'or de toute stratégie de communication : on ne sert au public une information qu'à condition que cette information serve les intérêts de ceux qui la communiquent.

Il ne reste plus désormais, à M. SARKOZY  qu'à applaudir gaillardement « sa démocratie » qu'il est venu installer violemment avec ses bombes en ignorant plus de 80% du peuple mais s'alliant allègrement avec des « revenants » et autres citoyens fictifs. Incapable de régler les problèmes pour lesquels les Françaises et les Français l'ont élu, il décide de régler les problèmes de ceux qui ne l'ont pas élu pour distraire l'opinion publique en plongeant chaque jour son pays dans un surendettement.

Quand un pays africain a pour police la force française LICORNE, pour armée l'armée onusienne avec comme supplétifs des mercenaires africains, un parlement tribal, une administration tribale, une rébellion tribale dite force républicaine, ce n'est plus un ETAT-NATION libre mais un ETAT TRIBAL  assiégé. La réconciliation est devenue impossible avec un pouvoir de plus en plus assujetti, sourd, haineux, tribaliste et revanchard. Aucun pouvoir n'étant eternel, puisse la prochaine alternance, permettre aux ivoiriens de dépasser les haines tribales et raciales pouvant naitre de cette imposture qui n'est qu'une parenthèse de l'histoire de la Côte d'Ivoire pour forger dans l'unité retrouvée par la réconciliation, la patrie de l'hospitalité et de la vraie fraternité dans le respect de la souveraineté, du droit à la vie, du droit au travail quelque soit son bord politique, de la liberté d'expression, de l'égalité des citoyens devant la justice et les emplois publics, de la présomption d'innocence, de la volonté du peuple... c'est à dire : dans le strict respect de la charte des nations unies et  la déclaration universelle des droits de l'homme.



Dr DON MELLO Ahoua

 

Ministre de l'équipement et de l'assainissement  et

Porte-parole du Gouvernement AKE N'GBO

 

Source: INFOS COTE D'IVOIRE

L'ENVERS D'UN «PRINTEMPS»

REBELLES DU CNT 2.JPG

La «démocratie», version «printemps», est en train de faire des siennes dans la tête de pas mal d'excités qui croyaient dur comme fer que leur heure était venue. Ils se voyaient en haut, tout en haut de la vague irrépressible qui devait balayer les gouvernants arabes et leurs assimilés. On leur avait pourtant offert plateaux télévisés et prime time. On leur avait offert le plus puissant feu d'artillerie médiatique. On a fait d'eux le «peuple en marche» et la «révolution inéluctable». Leurs chefs, ceux qui avaient droit aux forêts de micros et aux lumières des projecteurs, jubilaient et ne croyaient plus qu'au sacre.

Et puis, rien de tout ça. La «démocratie», même entre guillemets, ne figurait pas, en définitive, dans les préoccupations de la «communauté internationale». Faisant feu de tout bois, elle a choisi ce qui est au plus près de l'efficacité recherchée et qui a les capacités de capter et de catalyser les mouvements populaires aux dérives imprévisibles. Le «printemps» prend l'allure d'un cauchemar. Fidèles aux signaux des maîtres, les têtes d'affiche se sont mises à féliciter les «islamistes», qu'hier elles voulaient éradiquer.

Les courtisans, moins initiés aux coulisses, en marge des QG de manœuvres, assistent médusés à l'effondrement d'un monde qu'ils pensaient à portée de main. Leurs pires ennemis sont les vainqueurs inattendus de ce qui figurait dans leurs agendas. On peut, désormais, lire leur panique, leurs lamentations ou leur amertume à longueur d'articles.

Les médias mainstream  ne sollicitent plus leurs leaders. Ils ont été surestimés...un temps. Ils ont eu droit aux sollicitations empressées et aux honneurs. Ils ont pu vivre le tourbillon que procurent la notoriété et les feux de la rampe. Ils n'ont été qu'une éventualité, pas une certitude. Inaptes à remplir les termes du contrat, ils ont été jetés à la poubelle ou remisés, en attendant. Seuls, abandonnés de tous, ils ramassent ce qui leur reste de bon sens et tentent de se ressaisir.

Tout s'est passé si vite ! Hier, adulés ils ne sont même plus des ombres. A leur place, ce sont les islamistes qui tiennent la vedette, qui ont le vent en poupe et qui caracolent sur la scène «printanière». Chose inimaginable, il y a peu, quand il fut établi que le «changement» devait survenir hic et nunc et que le peuple ne voulait rien d'autre que leur «démocratie» aux contours et au contenu non identifiés. Quand ils pouvaient jusqu'à se permettre de menacer ceux qui ne voulaient pas de leur diktat. A leur décharge, il était difficile pour eux de ne pas se laisser prendre par le délire, médiatisé, qui a déferlé sur la région et de ne pas avoir la grosse tête devant le statut qu'on leur a offert.

Reçus partout, reconnus et honorés, la tentation submergeait la raison. Ils étaient l'avenir et Alassane Ouattara en était la démonstration, la bande de Benghazi en prime. Il suffisait d'un petit mouvement, une petite secousse, une esquisse pour Al Jazeera, France 24 et consorts, qui feraient le reste et fabriqueraient les foules qui manquent à l'appel. Il n'en a rien été et il est dur d'en revenir.

 

Badis Guettaf


Source: LE JOUR D'ALGERIE

BONJOUR, LA ROUTE!

LOGO AGEROUTE.gif

Quelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d'être remise dans des habits dignes d'une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l'enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l'état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps « abandonné » à son triste sort... Mais voilà qu'aujourd'hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu'ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d'un bitume conséquent.

C'est un plaisir difficile à bouder. La dette ? La pauvreté ? L'insécurité ? En réalité, toutes ces questions devraient être prioritaires. Mais, à vrai dire, peu importe au touriste assez courageux pour braver les « alertes » sécuritaires du Département d'Etat américain concernant la troisième ville la plus « dangereuse » du monde. Une fois à Abidjan, ébloui par « ces lumières [qui] illuminent le cœur des Ivoiriens et symbolisent la renaissance de la Côte d'Ivoire » (dixit Dominique Ouattara), ce qui ravit immédiatement le visiteur, c'est la facilité avec laquelle il déambule à 120 km/h sur l'asphalte flambant neuf qui relie les quartiers de la ville, sans s'inquiéter des nids de poules qui, il y a quelques mois encore, rendaient le périple plus ou moins cruel. Aujourd'hui, des artères que personne n'imaginait pouvaient traverser des bas-fonds jamais exploités sont nées. Des quartiers qui, hier seulement, n'étaient accessibles qu'avec une bonne dose de témérité, sont en train d'être bitumés. Des désenclavements opportuns, qui facilitent le ralliement d'un point à un autre des cités, sont dument aménagés. Bref, ces travaux sont bienvenus... et l'expérience serait encore plus alléchante si seulement le racket policier (intensif un jour, minimal un autre) avait totalement disparu.

A en croire Guillaume Soro, là se trouve la preuve de l'efficacité ouattariste. Certains Abidjanais, interrogés pour l'occasion, partagent clairement ce point de vue : « Qu'est-ce que Gbagbo a fait pour la route auparavant ? En dix ans, les Refondateurs n'ont rien fait ! Voici la preuve qu'Ouattara travaille ! Quand quelqu'un fait bien les choses, il faut le reconnaitre ! ». Reconnaissons donc... en notant, au passage, la grande ignorance des populations sur la question.

En effet, contrairement à ce que le camp Ouattara enseigne à ceux qui se nourrissent exclusivement du 20h de RTI 1, de France 24 et d'abidjan.net, la remise à neuf de la route ivoirienne ne date pas d'il y a six mois. Non, le projet n'a, ni été conçu dans les laboratoires de la rébellion armée (à Bouaké), ni dans l'antre mystique du RHDP (qu'elle soit située au Golf Hôtel ou ailleurs). Le projet est bel et bien né sous la Refondation, pendant cette dernière décennie où le pays était scindé en deux.

Non ? Eh bien, retour deux ans en arrière, au premier trimestre 2009. A l'époque, Bouaké Fofana, Directeur Général de l'AGEROUTE (structure étatique en charge de la gestion de l'infrastructure routière), avait accordé un entretien à un mensuel économique ivoirien, Tycoon, en marge d'un dossier de six pages intitulé « Où va la route ivoirienne ? ». Nota béné précieux : le directeur de publication dudit Tycoon magazine est un certain Fabrice Sawégnon, artisan de la campagne de communication d'Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010, que l'on dit très proche d'Hamed Bakoyoko et que l'on pourrait difficilement accuser d'être un pro-Gbagbo. C'est pourtant son magazine qui, sous la plume du journaliste Francis Yédan, a publié cet excellent travail d'investigation qui annonçait, alors, le projet de réhabilitation du réseau routier actuellement en cours :

« Avec la période post-crise qui s'annonce, le financement des bailleurs de fonds dans ce secteur [routier] a repris. La réhabilitation d'infrastructures routières à Abidjan et à Bouaké, d'un coût total de 28 millions de dollars E.U [14 milliards de francs CFA, ndlr] est effective. Ce, dans le cadre du Projet d'Urgence d'Infrastructures Urbaines (PUIUR) financé par la Banque Mondiale. La composante 4 de ce projet est réservée aux infrastructures routières. Les routes exploitées par les services de transport public, les travaux d'amélioration, la fourniture et l'installation de panneaux routiers verticaux sont les principaux axes de cette composante. Egalement au nombre de cette composante, le marquage horizontal sur le plus de routes possibles et la réhabilitation de 7,2 km de voirie revêtue à Bouaké. Huit axes routiers (12,4 km de voirie revêtus) empruntés par la SOTRA seront réhabilités à Abidjan. Ajoutée à cela, la construction d'une passerelle à piétons, d'un pont de 120 mètres [à la Riviera 2, ndlr] et d'une route à la Riviera Palmeraie [celle réalisée depuis 2009-2010 qui relie la Riviera Attoban à la Riviera Palmeraie, ndlr]. La composante 3 du PUIUR financée à hauteur de 12 millions de dollars E.U est consacrée à l'élimination des principaux dépôts sauvages dans l'agglomération urbaine d'Abidjan. Quand on sait que les ordures jonchant les routes déversent un liquide corrosif. L'assainissement urbain (eaux usées) constitue la composante 2 du PUIUR. 15,2 millions de dollars E.U [7,6 milliards de francs CFA, ndlr] sont déjà mobilisés. La réhabilitation des principales stations de pré-pompage, de pompage, des égouts secondaires constitueront une bouffée d'oxygène pour le réseau routier abidjanais. Vu le nombre de canalisations bouchées et autres problèmes d'assainissement. La phase active du PUIUR [composante 1] est prévue, dans quelques semaines, pour une durée allant de quatre (4) mois à quatre (4) années [...] ».

Voilà qui balaie deux niaiseries fortement médiatisées :

a) l'arrêt total du financement des bailleurs de fonds à la Côte d'Ivoire avant le 11 avril 2011 ;

b) le manque de volonté et/ou l'inaptitude de l'ancien pouvoir à faire face au problème de l'insalubrité publique.

Mais voilà, surtout, qui atomise l'opportunisme trompeur qui tente de faire croire que ce qui se fait aujourd'hui est le résultat du génie d'Alassane Ouattara. C'est tout simplement faux. L'équipe gouvernementale actuelle ne fait que poursuivre un projet qui était déjà amorcé avant que la crise postélectorale ne le mette en veilleuse, temporairement.

Là, pourtant, n'est pas le plus important. L'article du magazine Tycoon rappelle surtout que la restauration des routes ivoiriennes est le résultat d'un processus qui s'est étendu sur plusieurs années et qui a rassemblé diverses compétences nationales, en matière de finances, d'ingénierie technique, etc. Quelles sont les chances que ces personnes partagent tous la même opinion politique ? Elles sont quasiment nulles. D'ailleurs, n'est-ce pas sous la férule d'un nommé Patrick Achi, Ministre des Infrastructures (hier et aujourd'hui), que la réhabilitation du réseau routier ivoirien a été pensée, étudiée, financée et lancée ? Si. A qui Patrick Achi rendait-il compte à cette époque ? A Laurent Gbagbo.

Le meilleur des responsables politiques ivoiriens se dévoile donc quand ils savent s'élever au-dessus de la basse-cour partisane pour faire ce que la population attend d'eux : travailler. Hélas, la sorcellerie politique reste le dénominateur commun des chapelles politiques ivoiriennes. Elles excellent dans la négation de leurs acquis communs et sont conscientes que les électeurs raffolent de ce type de palabres. Aussi, les leçons de novembre 2010 n'ayant jamais été apprises et l'attention des uns et des autres restant focalisée sur les intérêts partisans, les politiques ivoiriens misent sur une nouvelle ronde de fébrilité militante qui se prépare déjà pour 2015. En témoigne le sempiternel débat sur qui est président et qui ne l'est pas, dans lequel tombent tous les somnambules trop groguis pour noter les réalisations concrètes qui impactent leur propre qualité de vie.

La route fait partie de ces réalisations. En tant qu'infrastructure de développement, le seul débat qui devrait l'entourer relève, à la rigueur, des conditions de son financement. Seulement, combien s'intéressent même à ce point d'interrogation ? A Abidjan, tout ce que l'on sait, c'est que « ADO a goudronné ! ». Ce qui suffit à l'argumentation ou à la diabolisation. Le reste ? On s'en fiche éperdument. Bonjour la route... à vive allure, en ignorant les feux tricolores, les passages piétons... et l'essentiel de la question.


Fabien D'Almeida

fdalmeida007@gmail.com
Fabien D'Almeida ...Correctement politique


Source: PENSEES NOIRES.INFO