topblog Ivoire blogs

mercredi, 19 octobre 2011

L'EXPLICATION PROPHETIQUE DE L'ABIDJANAISE PAR LE PASTEUR DALI CLAUDE



ETERNEL NOTRE BANNIERE.jpg

Chers lecteurs et chers Ivoiriens,


C'est la seconde bande audio du Pasteur DALI Claude enregistrée à la RTI, Radio Fréquence 2, en 2006 (après celle spécifiquement consacrée à la crise ivoirienne, en mars de la même année), que je vous propose d'écouter, ce jour.

Elle est très explicite et édifiante sur l'état spirituel actuel de la Côte d'Ivoire qui lui vaut cette grave crise, sur les attentes du SEIGNEUR ETERNEL vis-à-vis de ce peuple qu'il s'est choisi, selon l'homme de DIEU, pour un réveil spirituel mondial, sur l'issue réaffirmée de la crise ivoirienne et sur la prospérité à venir de la Côte d'Ivoire et sa destinée glorieuse. Tout ceci, à partir de l'explication prophétique de l'hymne national de la Côte d'Ivoire, "l'Abidjanaise".

Cette interview a été réalisée par la journaliste ivoirienne Juliette Anzian, à l'émission "Mythes et Mystères", qui se tenait alors tous les jeudis, de 22 heures à Minuit.

Un enregistrement de 50 minutes à ne manquer d'écouter, sous aucun prétexte.

87ce4c56.png

DALI Claude - ABIDJANAISE, 1ère partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 2ème partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 3ème partie


podcast


DALI Claude - ABIDJANAISE, 4ème partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 5ème partie


podcast

 

ARMOIRIES COTE D'IVOIRE 4.jpg

Que DIEU vous bénisse, richement, et qu'il bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

COTE D'IVOIRE: LE GRAND RETOUR DES FAUX COMPLOTS


GENDARMES IVOIRIENS.jpg

La Côte d'Ivoire avance vraisemblablement à reculons. Après le retour des nombreux coopérants occidentaux, notamment dans les domaines de l'économie et de la défense, c'est bien l'époque des «faux complots» qui réapparaît. Avec la vraie fausse attaque du camp Agban le week-end dernier. Décryptage des zones d'ombres qui attestent la thèse du  complot fabriqué de toutes pièces.


Dans la nuit du vendredi à samedi dernier, des tirs nourris à l'intérieur du camp de gendarmerie d'Agban sont entendus durant plus d'une demi-heure de temps. Au petit matin, les supputations vont bon train. Le ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, fait convoquer une conférence de presse pour ce même samedi à 11h. «Importante rencontre à 11h ce jour samedi 15 octobre à la Défense, pour faire le point et communiquer sur les évènements de la nuit à Agban », c'est en substance le contenu du SMS reçu à 8h 58 mn des services de communication du ministre. Une conférence de presse qui finalement n'aura pas lieu. Les journalistes ont attendu en vain avant de se faire prier de regagner leurs domiciles. Première incohérence, pourquoi convoquer aussi prestement la presse pour disent-ils «communiquer sur les évènements de la nuit à Agban» et reculer par la suite.

Ce qui est intrigant jusqu'à ce jour, ce sont les multiples zones d'ombre qui continuent d'entourer l'affaire dite de «tentative de déstabilisation !!!». Alors que la presse pro-Ouattara affirme la main sur le cœur que leur champion aurait échappé à une tentative de coup d'Etat (drôle de coup de force d'ailleurs) dans la nuit du vendredi à samedi dernier à travers des coups de feu entendus au camp Agban, situé à plus d'une vingtaine de kms de la résidence du chef de l'Etat. Il est utile de revenir sur ces faits.

Chasse aux gendarmes, arrestations tous azimuts

Pendant les détonations, selon les témoignages recueillis, les gendarmes sont restés terrés chez eux, parce que n'ayant pas pour la plupart d'armes. De plus, pour une attaque attribuée au Cdt Abéhi et à plusieurs de ses hommes restés sur place, selon la presse pro-Ouattara, il n'y a ni cibles ni champ de bataille. Encore moins de blessés ou de morts, pour une attaque à l'arme lourde et automatique ayant duré près d'une heure pour certains. Et comme par enchantement, ce fameux commando a été «mis en déroute» par les hommes du Général Gervais Kouassi, Cdt supérieur de la gendarmerie qui auraient bénéficié dit-on du renfort des forces spéciales encore inexistantes.

Comme il fallait s'y attendre, la «chasse aux gendarmes» s'est déclenchée, avec des arrestations tous azimuts. Et le clou de ce scénario bien orchestré étant l'expulsion de plusieurs familles de gendarmes réputés proches du Commandant Abéhi. Puisqu'un message radio a été attribué à un certain Tizon qu'on aurait identifié comme étant le Cdt Abéhi et qui appelait ses frères d'armes à la libération de la Côte d'Ivoire. Une orchestration vraiment digne d'un film hollywoodien version «James Bond». Jusqu'à hier soir, les riverains du camp d'Agban cherchaient toujours le «théâtre des affrontements» entre le commando et les gendarmes «loyalistes» ou encore les impacts des fortes détonations entendues.

Une «connexion» ratée avec le meeting de la JFPI

En tout cas, les responsables du Fpi ont été bien inspirés en reportant sine die le meeting de sa jeunesse prévu pour le samedi 15 octobre dernier. Sinon vraisemblablement, un vrai-faux complot se préparait contre eux. Dans le seul but de décapiter totalement ce parti, dont le réveil n'avait nullement été prévu dans tous les schémas de calculs des tenants actuels du pouvoir. Pour eux, le Fpi était bien mort après la valse des arrestations et les nombreux cadres en exil. Ainsi, en maintenant son meeting, les responsables du parti du président Gbagbo allaient se fait cueillir. Avec cette vraie fausse attaque du camp Agban, attribué aux hommes du Cdt Abehi et qui s'est perpétrée, selon toute coïncidence, le jour même de la tenue de la manifestation publique du Fpi. On aurait vite fait une connexion entre le meeting dit de «libération» et l'attaque du plus grand camp militaire du pays. Comme pour faire croire que l'opposition fomentait un coup d'état qui se cachait derrière une manifestation publique. Seulement, les ateliers de fabrique de «faux complots» du pouvoir avait omis un seul détail : que le meeting pouvait être reporté le jour même de l'évènement.

Comme en 1963 avec la valse des «faux complots» d'Houphouët, ses héritiers ne sont pas prêts de laisser ces vieilles méthodes qui permettent de régner d'une main de fer. L'opposition est donc avertie.


Gérard Koné


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 18 octobre 2011

TUERIES DES FEMMES D'ABOBO - ALAIN DOGOU MINISTRE DE LA DEFENSE ET DU SERVICE CIVIQUE DU GOUVERNEMENT AKE N'GBO: «LAURENT GBAGBO N'EST PAS CONCERNE»

 

 

ALAIN DOGOU ET PHILIPPE MANGOU.jpg

La chambre d'enquêtes préliminaire n°3 de la Cour Pénale Internationale a demandé au procureur, l'ouverture d'une enquête sur les événements post-électoraux survenus en Côte-d'Ivoire. En attendant l'aboutissement de ces procédures judiciaires, je voudrais en ma qualité de Ministre de la Défense d'alors, présenter d'abord mes condoléances aux familles de toutes les victimes de cette crise, ensuite apporter mon témoignage sur l'affaire des femmes d'Abobo, et enfin partager des interrogations sur cette affaire douloureuse vécue à l'époque par le gouvernement du professeur Aké N'GBO. 

LES FAITS

Le jeudi 3 mars 2011, autour de 14 heures, au sortir du Conseil hebdomadaire de Ministres, le premier coup de fil que je reçois lorsque je reprends mon Global Système Mobile (GSM), est celui d'un journaliste de Radio France Internationale (RFI) qui voulait avoir mon opinion sur l'assassinat de sept (7) femmes tuées à l'arme lourde à Abobo. Je lui réponds que c'est lui qui m'informait et lui ai demandé de me situer le lieu exact des faits qu'il me rapportait ainsi.

Il me rétorqua qu'il ignorait lui-même le lieu exact mais, on lui a dit que c'était à Abobo à un carrefour. Je lui ai demandé lequel des carrefours de la grande commune d'Abobo? Il m'a répondu qu'il ne connaissait pas bien la commune d'Abobo et qu'il n'était pas sur les lieux des faits qui lui ont été rapportés par une source qui n'en savait pas plus non plus. J'ai encore demandé s'il avait échangé au préalable avec ses confrères qui ont certainement plus d'informations que lui, ce qui me permettrait de diligenter rapidement, relativement au contexte, une enquête des Services d'intelligences dans l'attente des rapports des Services opérationnels.

Il me répondit qu'eux non plus, n'en savaient pas plus que lui. Je lui ai alors conseillé de se rapprocher des Services du ministère de l'intérieur qui sont compétents à un premier niveau pour l'encadrement des manifestations publiques.

A peine ai-je raccroché avec le journaliste de RFI que mon collègue, Ministre de l'Intérieur m'appelle pour me dire qu'il venait de raccrocher avec un journaliste de l'Agence France Presse (AFP) qui l'a interrogé sur une prétendue répression par les FDS d'une marche de femmes RHDP à Abobo qui aurait occasionné six (6) morts. Je lui rapporte le contenu de mon entretien téléphonique avec le journaliste de RFI et mon collègue me dit que ce sont à peu près, les mêmes questions qu'il a posées au journaliste de l'AFP qui n'avait pas plus d'informations que celui de RFI. Dix (10) minutes plus tard, c'est le Ministre Porte-parole du Gouvernement Aké N'GBO, qui m'appelle au téléphone parce qu'assailli dit-il, par des journalistes de la presse étrangère qui réclamaient une déclaration du Gouvernement sur la répression sanglante par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d'une marche de femmes à Abobo.

J'entre alors en contact avec le Commandant Supérieur de la Gendarmerie puis le Chef d'Etat Major pour en savoir un peu plus sur cette prétendue affaire. Ils me répondirent l'un après l'autre qu'ils n'en savent rien. Je leur demande néanmoins d'interroger leurs différents collaborateurs sur le terrain pour être situés sur ces allégations contre les FDS et de me faire parvenir un rapport circonstancié.

Dans le même temps, les chaînes de télévisions françaises : I-Télé et France 24 diffusaient en boucle, des images d'une prétendue marche de femmes à Abidjan réprimée violemment par les FDS ayant occasionné (six) 6 morts. A l'évidence, les images qui sont diffusées pour illustrer les commentaires étaient des images d'archives d'une manifestation qui s'était déroulée quelques mois plutôt dans une autre commune d'Abidjan. Mais, pour « tromper » les téléspectateurs, la mention « images d'archives » ne figurait ni en haut ni au bas de l'écran comme l'exige la déontologie en la matière. Les commentaires tendaient à montrer au contraire, que c'étaient des images de la marche qui avait commencé dans une ambiance de gaieté, le jeudi 3 mars 2011 et qui par la suite, auraient été dispersée à l'arme lourde par des FDS.

Après les investigations de la Police et de la Gendarmerie, l'Etat Major des FDS a produit et rendu public le 4 mars 2011 un communiqué dans lequel il ne se reconnaissait pas dans une prétendue tuerie de femmes à Abobo à l'arme lourde consécutivement à une marche.

Plus tard, au cours de la journée du vendredi 4 mars 2011, des images étaient diffusées sur des sites Internet où l'on voyait en gros plan, des hommes, des enfants et des femmes dans un fond de grand bruit puis soudain, une femme à terre avec du sang ou de l'éosine sur la tête, la camera fait un gros plan sur elle, et l'on voit qu'elle tente de se relever et quelqu'un lui souffle de se recoucher et on revoit la jeune dame entrain de se recoucher effectivement. Le cameraman certainement amateur va plus loin, fait un « balayage » rapide et présente en gros plan une femme dont la tête a explosé. Puis, dans un « zoom arrière », la camera montre le passage d'un blindé, d'un véhicule de Police et d'une ambulance. 

L'ANALYSE

A l'analyse des seules images publiées sur Internet, il est difficile d'affirmer que les faits se déroulent sur le même théâtre ou qu'il s'agit d'un montage digne d'un film de James Bond. Ce sont les seules images véritables de cette supposée marche.

Le même jeudi 3 mars 2011 au même moment où se tenait le Conseil des Ministres, l'ONUCI organisait à son siège de l'hôtel Sebroko, une conférence de presse sur les justifications de sa réception de deux (2) hélicoptères de combat MI-24 dans une crise civile de contestation de résultats d'une élection. Ce faisant, les journalistes étaient certainement tous occupés par le Conseil des Ministres et la conférence de presse de l'onuci. Il n'y avait donc aucun journaliste de la presse nationale, ni de l'Onuci, encore moins de la presse étrangère pour couvrir la troisième plus importante activité de la journée du 3 mars 2011 à savoir la marche des femmes du RHDP qui se déroulait à Abobo, à la même heure et qui aurait été violemment réprimée à l'arme lourde par des FDS de Côte d'Ivoire.

Il est tout de même curieux de constater que les seules images disponibles de cette affaire sont celles d'un caméraman amateur. Elles sont à dessein non seulement utilisées pour émouvoir la communauté nationale et surtout internationale mais également présenter le Président Laurent GBAGBO comme un tueur de manifestantes pacifiques, un tyran qu'il fallait déloger part tous les moyens de son palais, rebaptisé « bunker » par la presse internationale en comparaison de celui du boucher Adolph Hitler en 1939-1945.

Ce n'est que le sept (7) mars, soit quatre jours après, que le quotidien proche du Rassemblement des Républicains(RDR) « le Patriote » qui avait volontairement cessé de paraitre depuis une semaine est revenu pour tenter de justifier les « tueries massives » des femmes à Abobo par des FDS. A la Une de ce journal, il était écrit en surtitre : « NOUS SOMMES DE RETOUR » accompagné de trois commentaires en forme de titres : « ils ont osé tirer sur des femmes » ; « ces gens sans cœurs, sans raisons » ; « le capitaine Allah livre les noms des commanditaires ».

Trois photographies isolées illustraient ces commentaires : la première présente en gros plan des femmes avec des pancartes, la seconde montre une seule femme à terre et, la troisième est une photo d'un char dans une rue. Ces trois photos, on peut en trouver de la même nature dans les photothèques de tous les journaux ivoiriens qu'ils aient couverts ou pas, une manifestation publique de cette envergure le 3 mars 2011.

Interrogée sur les mouvements de véhicules de Gendarmerie et de Police effectués dans la commune d'Abobo le jour des prétendus faits, la hiérarchie militaire a répondu que le jeudi 3 mars 2011, il y a eu sans incident, le ravitaillement des troupes de maintien d'ordre stationnées au camp de Gendarmerie d'Abobo.

L'affaire du massacre à l'arme lourde de femmes manifestantes a été surmédiatisée sans que personne ne situe ni les lieux ni l'heure de survenue, en dehors des images de la camera amateur. Les illustrations du journal « le Patriote » relevaient plus d'une imagination malsaine savamment préméditée. Malgré cela, L'ONUCI a repris à son compte les dépêches d'Agences de presse et le Conseil de Sécurité a été saisi d'un rapport sur une prétendue utilisation d'armes lourdes sur des femmes par les FDS.

C'était l'indignation et la consternation internationale malgré les démentis formels faits par le Gouvernement Aké N'GBO par son porte-parole le 4 mars 2011 et la conférence de presse des Ministres de l'Intérieur et de la Défense le 5 mars 2011, le Président Laurent GBAGBO est accusé par la presse étrangère et la Communauté Internationale d'avoir assassiné des femmes opposantes à son régime.

Quelle menace particulière pouvait représenter une manifestation publique de surcroit pacifique de femmes du RHDP à Abobo le 3 mars 2011 contre le régime du Président Laurent GBAGBO pour qu'il décide de la réprimer à l'arme lourde?

Que voulait donc prouver le président Laurent GBAGBO à la communauté internationale en ordonnant le « massacre » des femmes aux mains nues ?

De la version des faits selon le reportage du journal « le patriote » du 7 mars 2011, surgissent des interrogations non encore élucidées. Le char présenté à la Une de ce journal hautement partisan est-il celui qui a effectivement tiré ou est-ce une photo d'archives ? Combien de fois le char a-t-il tiré ? Comment la cible a-t-elle réagi ? Logiquement, si un blindé tire sur une foule aux mains nues, il survient une débandade généralisée occasionnant des morts, des blessés et autres dégâts collatéraux. Dans l'affaire d'Abobo, l'on ne parle que de femmes mortes et point de blessées comme si l'objectif poursuivi était exclusivement un décompte macabre. 

A QUI PROFITE LE CRIME ?

La question fondamentale que l'on est en droit de se poser est celle de savoir à qui profite le crime ? Cela parce que dès le dimanche 06 mars 2011, des femmes RHDP d'Abobo ont rendu une visite de compassion aux familles des défuntes et à celle d'un garçon de quinze (15) ans présenté par la presse proche du RDR comme la septième victime.

Au moment où le monde entier s'apprêtait à commémorer la journée internationale de la Femme célébrée tous les 8 mars de chaque année, qui avait intérêt à susciter l'émoi par l'assassinat de femmes quelques jours plus tôt ?

Des femmes mortes le 3 mars 2011, il y en a certainement eues, ce jour là, à Abobo. Mais sûrement pas dans les conditions décrites par la presse tendancieuse nationale et étrangère.

Sept (7) mois après, nombreux sont ceux qui comme moi demeurent encore dans l'expectative relativement aux conditions dans lesquelles elles furent tuées, surtout que jusqu'au mois de juillet 2011, certaines familles des victimes réclamaient au directoire du RHDP, les corps de leurs parentes pour les enterrer selon leurs rites culturels et religieux. D'autres familles de victimes ont fait leur deuil parce que le directoire du RHDP leur a répondu que leur parente a été enterrée le même jour et à leur insu !!!

Comment comprendre qu'une dépouille mortelle soit enterrée par la famille politique sans l'autorisation de la famille biologique étant entendu qu'elle n'appartient pas à la première mais à la seconde ? Et comment expliquer que des femmes supposées tuées par des FDS soient enterrées dans la précipitation, sans le moindre respect d'une procédure médico-légale ? Y avait-il des informations ou des données secrètes qu'il fallait absolument protéger ? En dehors du message de compassion apporté le dimanche 6 mars par une délégation des femmes du RHDP, quelles étaient les informations sur les dépouilles mortelles données aux familles de femmes « martyres » ?

Pourquoi le RHDP a tenu à organiser un rassemblement spécifique pour rendre des hommages particuliers à ces femmes sans attendre la cérémonie officielle dédiée à leurs victimes de la commune d'Abobo ? Y a t-il au RHDP une gradation des martyrs de la crise post-électorale ? Ou alors, est ce parce que les morgues d'Anyama et d'Abobo n'avaient pas les commodités pour recevoir des dépouilles issues d'attaques à l'armes lourdes que les femmes « martyres » du 3 mars ont été enterrées précipitamment?

La cérémonie de décoration à titre posthume, de ces femmes d'Abobo reconnues martyres par la Grande Chancellerie le 2 août 2011, n'élucide en rien le mystère de cette macabre histoire. Une telle cérémonie ne clôt pas non plus le débat sur les circonstances de leur mort provoquée.

Le constat est que les dépouilles mortelles des autres victimes d'Abobo ont été officiellement remises aux familles respectives au cours d'une cérémonie officielle le 13 octobre 2011, alors que les femmes martyres ont été enterrées dans la précipitation à l'insu de leurs familles.

Pourquoi ces traitements différentiels des victimes d'un même conflit ?

Pour mémoire, il faut rappeler que plusieurs montages grossiers ont été réalisés dans la crise ivoirienne si bien que l'on ne serait pas surpris que l'affaire des tueries des femmes d'Abobo et le charnier de Yopougon aient le même réalisateur et le même producteur parce que la mise en scène obéit à la même logique et l'objectif poursuivi est le même, diaboliser le président Laurent GBAGBO.

Dans le charnier de Yopougon, les médecins légistes avaient trouvé de l'eau dans les poumons des personnes décédées par suite de noyade au plateau et présentées comme ayant été froidement exécutées à N'dotré. Puis, l'on a vu au mois de janvier 2011 sur les écrans de télévisions françaises une personne, présentée comme un manifestant du RDR supposée morte à la suite d'une répression sanglante des FDS devant le siège de l'Onuci au Plateau, se relever tranquillement après avoir fini de jouer sa partition, ignorant qu'une autre camera continuait de tourner. Enfin, on avait aussi annoncé dès décembre 2010, l'existence d'un nouveau charnier à N'dotré. L'ONUCI après des investigations infructueuses a été obligée d'infirmer l'existence.

Dans l'affaire des tueries des femmes d'Abobo, la scène montrait une dame couverte d'un liquide de couleur rouge similaire au sang. Elle tentait de se relever quand l'ordre lui a été intimé dans une langue nationale de se recoucher car la prise de vue n'était pas encore finie...

Il est aussi intéressant d'indiquer que depuis janvier 2011, un commando dit invisible, aux méthodes médiévales sévissait dans la commune d'Abobo : six policiers tenant un poste d'observation au carrefour de la mairie ont explosé après une attaque à l'arme lourde dans la nuit du 12 au 13 janvier ; le secrétaire de la fédération FPI de Madinani venu s'abriter chez son oncle a été égorgé comme un mouton le 17 janvier sous le prétexte d'être un partisan du Président Laurent GBAGBO; un capitaine de Gendarmerie et deux de ses éléments en mission de reconnaissance ont été portés disparus au carrefour de N'Dotré le 18 janvier ; une expédition punitive nocturne a été organisée du 6 au 7 mars 2011 contre le village d'Anonkoua-kouté réputé favorable au président Laurent Gbagbo.

Tous les commissariats de Police et brigades de Gendarmerie d'Abobo ont été les cibles du commando invisible durant le mois de février 2011, ce qui a contraint l'Etat Major des FDS sous embargo depuis sept ans, à concentrer tous les Services de sécurité au camp de la Gendarmerie de ladite commune, pour continuer d'assurer la sécurité des populations résiduelles dans le contexte nouveau de guérilla urbaine imposé par le commando invisible.

Toutes les missions de ravitaillement des Forces de Sécurité rassemblées au camp de la Gendarmerie ont été attaquées par des snipers faisant presque régulièrement des dégâts du côté des FDS. A cette occasion, ont été tués un Officier et des Sous-officiers de police. Deux gendarmes ont été blessés et un char incendié à la grenade. Dans la nuit du 5 au 6 mars 2011, le centre émetteur de la télévision ivoirienne a été détruit et trois agents de sécurité qui étaient en service à l'intérieur des locaux ont été brûlés vifs après avoir été ligotés comme des cabris.

C'est dans cet environnement de troubles sérieux et graves à l'ordre public qu'on a pu observer pendant la période allant de janvier à mars 2011, des marches qualifiées de pacifiques du RHDP. Les images de ces manifestations de rue montraient parmi les marcheurs des individus munis d'armes légères et parfois lourdes ainsi que des chasseurs traditionnels « dozo » portant des fusils dont ils ne se séparent jamais. La supposée marche des femmes annoncée ou organisée le 3 mars dans cette commune aurait-elle échappé à ce dispositif ?

Dans cette affaire de tueries de femmes d'Abobo, aucune enquête spécifique n'a été réclamée ni exigée par les nouvelles autorités en place car pour le RHDP, le président Laurent GBAGBO est le seul responsable et les FDS les seuls coupables. A quoi servirait donc une enquête ? De toutes les façons, les supposés faits se seraient passés dans une commune favorable à Monsieur OUATTARA.

Pour notre part, nous sommes convaincus qu'une enquête transparente et sérieuse révélera bien de surprises. Sinon, comment expliquer la coïncidence remarquable entre la célébration nationale de la journée internationale de la femme annoncée depuis deux (2) semaines par la Télévision Nationale dans la commune de Yopougon supposée acquise au président Laurent GBAGBO et le « massacre » de femmes du RHDP à Abobo prétendu fief de Monsieur OUATTARA. A qui profite le crime ?

Une enquête minutieuse doit être menée pour déterminer les circonstances de la survenue de la tuerie de ces femmes, car ce n'est pas le Président Laurent GBAGBO qui a ordonné leurs assassinats. Ce n'est pas non plus le Premier Ministre Aké N'GBO.

Ce n'est ni le Ministre de la Défense ni celui de l'Intérieur. Rappelons que Le Chef d'Etat Major, le Commandant Supérieur de la Gendarmerie et le Directeur Général de la Police interrogés ont affirmé ne rien savoir de cette douloureuse affaire.

Mais une idée germait déjà dans l'opinion internationale, celle de faire interdire l'usage d'armes lourdes dans le District d'Abidjan dans le but d'affaiblir considérablement le système de défense des Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) dans la perceptive de la bataille d'Abidjan. Parce que ceux qu'on appelle à tort les soldats du président Laurent Gbagbo sont, en réalité les Forces de Défense et de Sécurité nationales en charge conformément aux dispositions pertinentes constitutionnelles (article 24) d'assurer la protection des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national. Ce qui n'était plus le cas depuis le déclenchement de la crise en 2002 ayant consacré la partition de fait du pays. Le président Laurent GBAGBO ne pouvait donc s'en servir contre les populations civiles contrairement aux allégations diffusées.

Tout ceci n'était-il pas le prétexte pour justifier l'intervention de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l'ONU? 
Les enquêtes nous situeront certainement mais le constat est que, la mise en scène du commanditaire de l'assassinat des femmes s'est déroulée de manière linéaire. A partir de cette affaire, le Conseil de Sécurité de l'ONU a décidé d'interdire l'usage d'armes lourdes dans le seul district d'Abidjan, puis, prenant un autre faux prétexte de la violation de cette résolution le 17 mars par les FDS, il a donné mandat à l'ONUCI et à la force française LICORNE de détruire les sites stratégiques des FANCI et des Institutions de la République de Côte d'Ivoire. La suite est connue. 

EN CONCLUSION

Les procédures spécifiques engagées devant les juridictions compétentes par les avocats du Président Laurent GBAGBO et l'enquête de la Cour Pénale Internationale permettront certainement de découvrir la vérité sur les conditions de survenue de la mort de ces femmes. Leurs morts ont affecté les ivoiriens de tous les bords politiques tout simplement parce qu'on ne tire pas sur des femmes aux mains nues. C'est pourquoi, il faut, en toute objectivité et indépendance laisser la justice mener impartialement les investigations nécessaires à l'éclatement de la vérité en s'assurant que ces femmes ont été effectivement tuées et dans quelles conditions et circonstances l'ont-elles été, pour que soient situées les responsabilités afin de traduire devant les juridictions compétentes les coupables conformément aux lois en vigueur.

Contrairement à une idée répandue, les personnes qu'on qualifie de proches du Président Laurent GBAGBO ne sont pas contre la justice. Ce qu'elles réfutent c'est la justice des vainqueurs qui a cours depuis le 28 novembre 2010 avec d'un côté, les bons (les sauveurs dixit le procureur KOFFI) qui auraient mené le bon combat et de l'autre, les mauvais qui auraient agi en toute illégalité, comme si l'arrêt du Conseil Constitutionnel ivoirien qui proclame le président Laurent GBAGBO vainqueur du deuxième tour de l'élection présidentielle ne devrait produire aucun effet juridique.

Les proches du Président Laurent GBAGBO veulent savoir si oui ou non six femmes ont été tuées à Abobo et qui les a tuées. Mais au delà, élucider toutes les tueries d'Abobo comme celles des six policiers au rond point de la mairie de la même commune et les villageois d'Anonkoua-kouté. Mais avant, ils voudraient aussi savoir comment sont morts les anciens Ministres de l'Intérieur BOGA Doudou Emile et TAGRO Désiré ; les officiers des FANCI, DALI Oblé, DAGROU Loula et tous les gendarmes de Bouaké; les artistes CAMARA Yeréfè dit « H » et Marcellin Yacé; les chefs rebelles qu'étaient Oumar Diarrassouba dit « zaga-zaga », BAMBA Kassoum dit « kass », COULIBALY Adama dit « Adams » ainsi que tous les morts devant l'Hôtel Ivoire (2004) et du moyen Cavally (2011). On ne peut pas les occulter en cherchant simplement à faire inculper le président Laurent GBAGBO et le traduire devant la Cour Pénale Internationale.

Les ivoiriens veulent savoir la vérité sur tous les crimes commis depuis septembre 2002 et après cela, ils iront certainement à la réconciliation.

Laurent GBAGBO voulait simplement le recomptage des voies pour mettre définitivement fin à la crise politique née des proclamations divergentes du résultat de l'élection présidentielle faite par la Commission Electorale Indépendante et le Conseil Constitutionnel. Ceux qui ont refusé sa proposition et préféré le règlement du conflit politique par une solution militaire lui imputent la responsabilité exclusive des dégâts.

Les différentes enquêtes nous situerons sur les responsabilités des uns et des autres et permettront surtout d'identifier les véritables coupables.

 

Mardi 18 Octobre 2011


Alain DOGOU


Ministre de la Défense et du Service Civique du Gouvernement du Professeur Aké N'GBO Gilbert-Marie

 

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

dimanche, 16 octobre 2011

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA CDVR ONT DEJA ECHOUE (Réédition)

 


CHARLES KONAN BANNY.gif

Le meeting pacifique de la JFPI à la place CP1 combattu, diabolisé et finalement reporté sous la pression des nouvelles autorités ivoiriennes, de jeunes patriotes partis au meeting (en dépit de l'annulation de fait) tabassés par les FRCI, un d'entre eux blessé par balle et transporté dans un hôpital de la place, pendant que le RHDP tenait tranquillement un meeting à la place Ficgayo (à seulement 1 Km de là), bien encadré par les FRCI qu'on disait ne pas pouvoir encadrer le leur; le commandant Séka Yapo Anselme, militaire ivoirien en exil à Accra, mis aux arrêts lors d'une escale technique de son vol en provenance du Ghana et en partance pour la Guinée. Continuité de la chasse à l'homme. Que d'impairs du gouvernement Ouattara! Je l'avais dit, la semaine dernière: Banny et la CDVR ont échoué, avant même d'avoir commencé. Nous en avons la preuve, chaque jour. Requiem pour la démocratie en Côte d'Ivoire et pour la réconciliation nationale. Bonne (re)lecture!


Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

samedi, 15 octobre 2011

REACTION A L’ARTICLE «UN VENT D’OPTIMISME SUR LA COTE D’IVOIRE» DU JOURNAL FRANÇAIS «LA CROIX»

 

JOURNAL LA CROIX.jpg

Réaction à l'article « Un vent d'optimisme sur la Côte d'ivoire » du journal français « La Croix ». Quand la presse française vient au secours du régime Ouattara.


Monsieur,

Pour répondre à l'article de votre journal dont voici le lien:

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Un-ven...,

je peux vous dire que les contacts que j'ai sur place à Abidjan n'ont pas du tout le même sentiment que votre correspondant.

Tous les jours, on tue en Côte d'Ivoire. Ce sont les chasseurs traditionnels illettrés originaires du Nord de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Burkina Faso (les dozos) qui font régner la terreur à Abidjan et dans tout le pays. Ils ont pris la place des policiers et gendarmes (désarmés par l'ONU et la France). Pour ne parler que des alentours d'Abidjan, hier 2 personnes ont été tuées à Bingerville, d'autres à Yopougon et des médecins ont mêmes été tabassés au CHU de Treichville. Un meeting de l'opposition a été violemment attaqué le week-end dernier.

Il y a un manque de sécurité total dans le pays (d'ailleurs le journal britannique the Guardian annonce hier:''La Côte-d'Ivoire 2ème pays au monde où il y a le plus de meurtres'') et c'est peut-être pour cette raison que les abidjanais commencent leur journée à 7h30 au lieu de 8h parce que dès 17h la population rentre chez elle pour sa sécurité!

Votre correspondant sur place à Abidjan est très mal informé en diffusant partout que les ivoiriens sont heureux depuis que Monsieur Ouattara dirige la Cote d'Ivoire.


Sylvie Bocquet


59790 Ronchin - France


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 14 octobre 2011

LE REGARD DE LAURENT GBAGBO SUR LA COTE D'IVOIRE ET OUATTARA, DEPUIS KORHOGO, 5 MOIS APRES AVOIR ETE RENVERSE PAR LA FRANCE

 


LAURENT GBAGBO 6.jpg

Une interview du Président Laurent Gbagbo que nous avons reçue dans notre boîte e-mail et dont nous ne pouvons garantir l'authenticité. Néanmoins, son extrême proximité avec la ligne de pensée de son auteur présumé sur certains points, nous a finalement décidé à la publier sur votre blog préféré. Réalité ou manipulation? A chacun son appréciation. Bonne lecture!


Laurent Gbagbo dans tous ses états... Fernand Malgeer a interviewé le président ivoirien déchu le mois dernier, en septembre 2011. L'homme reste convaincu que la partie n'est pas encore perdue pour la démocratie. L'adversaire l'a certes neutralisé, mais l'animal politique, spécialiste du pocker menteur, qu'on appelle aussi le boulanger est étrangement animé d'un espoir voilé comme s'il détenait le joker secret de la crise ivoirienne.

 

FM : Comment vous portez-vous après cinq mois à Korhogo loin du pouvoir?

LG : Bien. Je vous le souhaite à vous et tous mes compatriotes exilés internes et externes qui souffrent encore de cette situation dramatique. 

FM: L'hebdomadaire Jeune Afrique L'intelligent nous apprend que vous êtes un peu perturbé.

LG : N'ayez pas peur des mots. Dites plutôt que je deviens fou. Je confonds mon lieu de détention au palais présidentiel, je donne des ordres, convoque des conseils des ministres... (rires). Il se dit beaucoup sur mon compte. Ne vous y trompez pas, cela fait partie du processus: on vous diabolise, on vous renverse, et on vous fait passer pour débile. Ai-je le parlé de quelqu'un qui perd la tête? 

FM: Vivez-vous en permanence dans la résidence présidentielle à Korhogo? Qu'en est-il exactement de vos conditions de détention? Vous avez été formellement inculpé, que dites-vous des chefs d'accusation qui justifient votre inculpation?

LG : Souffrez que je n'en dise pas un mot.

FM : Pourtant l'opinion nationale et internationale souhaiterait en savoir du concerné que vous êtes.

LG : Cela révèle du domaine judiciaire. Seuls mes avocats peuvent vous entretenir là-dessus. Le prévenu qu'on dit que je suis, ne souhaite donc pas se prononcer sur ces sujets. Pour le reste, excepté la politique intérieur des autres pays, je suis ouvert à vous, monsieur.

FM : Savez-vous que monsieur Koulibaly Mamadou l'ex-N° 2 de votre régime a crée son parti politique, le LIDER?

LG : J'en suis heureux pour lui. (rires).

FM : Mais il n'est pas tendre avec vous.

LG : Personne n'a jamais été tendre avec moi depuis mon entrée en politique.

FM: Vous semblez être sa cible préférée à chacune de ses sorties. Cela ne vous interpelle pas?

LG : Pourquoi cela devrait m'interpeller? (rires).  À chaque nouveau parti sa stratégie de positionnement ! Si ma modeste personne peut l'y aider, pourquoi voulez-vous qu'il s'en prive? Laissez Mamadou tranquille, c'est comme ça qu'il est, et comme ça que nous l'aimons. (rires).

FM : Que répondez-vous, lorsqu'il accuse le FPI d'être un parti tribal qui l'aurait accepté pour se donner une caution nordique?

LG : Rien qui puisse engager la polémique, si c'est que vous attendez de moi. Je suis simplement peiné, parce que nous le savons capable de mieux. S'il y a un mot ou sujet que j'évite en politique, où tout ce que vous dites, vous suit à vie, c'est bien celui-là. Nous savons où cette façon de faire la politique nous a conduit. Il faut se méfier de ceux qui jouent avec les ethnies.

FM : Est-ce à dire que le FPI (Front Populaire Ivoirien), votre formation politique, n'est pas tribal?

LG : Je vous renvoie à la carte électorale de la présidentielle. Nous comptons au moins soixante ethnies dans ce pays où, en plus de cinquante années de vie commune, le lien du mariage nous a entremêlés. Vous ne pouvez pas pointer du doigt l'autre sans que votre doigt ne soit dans votre direction. Il en est de même pour les 35% d'étrangers qui nous font l'honneur de vivre avec nous. Vous ne pouvez pas toucher à un seul d'entre eux sans toucher à un ivoirien, parce qu'il n'y a pas d'ivoirien, je dis bien un seul, qui puisse se targuer de ne pas avoir d'étranger au sein de sa famille....

C'est pourquoi malgré la prise de position de certains d'entre eux, qui continuent encore à tort de croire que la guerre faite à la Cote d'Ivoire l'est pour eux, aucune conduite à la frontière n'a été envisagée en violation de certaines lois de la sous-région, comme ce fut le cas pour des burkinabé vivant dans le sud-ouest, sous Bédié.

FM : Pourtant, il se dit que votre passage aux affaires a été des plus meurtriers pour beaucoup d'entre eux, tout comme il l'a été pour les ressortissants du nord acquis à la cause d'Alassane Ouattara.

LG : A vous entendre, on aurait dit qu'il n'y a pas de ressortissants du nord avec moi, mais pire je faisais la chasse à une certaine population. Non, c'est un mauvais procès qu'on me fait, il n'en est rien de tout ce qui se dit. Entre un président qui dirige un Etat de droit dont un des rôles régaliens est d'assurer la sécurité et un opposant qui excelle dans l'art du communautarisme à la limite du fanatisme religieux, à qui la faute s'il y a mort d'hommes? Qui réunit ces hommes et femmes très souvent armés, sur la base de la région et de la religion, pour aller défier les forces de l'ordre qui, elles-mêmes, sont représentatrices d'une Côte d'Ivoire diverse? Il n'y a qu'un seul que les ivoiriens désigneront facilement, si vous leur posez la question. C'est la deuxième fois que le même me met en prison sans que j'en appelle à la révolte de ma communauté religieuse, de ma région voire de ma tribu. Dommage que les autres veuillent forcement se voir en moi.

FM : Robert Bourgui a récemment révélé que vous avez financé la campagne de Jacques Chirac. Qu'en est-il? Je suppose que, comme les autres mis en cause, vous me direz que ce n'est pas vrai.

LG : Comment voulez-vous que je réponde à des accusations de quelqu'un qui dit ne pas avoir de preuve de ce qu'il avance? Où bien on attend de moi que je dise que je ne l'ai pas fait, mais je manque aussi de preuve pour clamer mon innocence? 

FM : Monsieur Koulibaly Mamadou le confirme...

LG : Espérons qu'il lui procure des preuves, dans la mesure où, lui, était du même camp que moi, lors de la remise de cet argent... Croyez-vous vraiment que si je faisais partie de ces magouilles, on m'aurait largué toutes ces bombes sur la tête? Le bon sens n'a jamais été une tare...

FM : Pourquoi monsieur Konan Bédié Henri, l'ex-président ivoirien et président du PDCI, vous voue-t-il cette haine viscérale?

LG : Vous l'a-t-il dit?

FM : Non... Mais il en donne l'air. Après avoir aidé monsieur Ouattara à vous ravir le poste de chef de l'Etat, il ne ferait pas d'effort pour vous sortir de là où vous êtes.

LG : Écoutez, c'est à monsieur Bédié qu'il faut poser la question, puisque personne ne m'accuse de lui avoir fait du mal, bien au contraire. Quant à me sortir d'ici, ne vous inquiétez pas, je suis assez responsable.

FM : Reconnaissez-vous maintenant monsieur Alassane Ouattara comme président de la République de la Côte d'Ivoire, après plusieurs mois de détention?

LG : Je suis allé à une élection où mon adversaire et moi soutenons tous les deux avoir remporté le scrutin. J'attends qu'on me dise qui de lui et moi est le vrai vainqueur.

FM : Mais le conseil constitutionnel l'a déclaré vainqueur !

LG : Après m'avoir déclaré en premier... Est-ce à dire que nous le sommes tous les deux? Ce serait impensable. Un pays comme le nôtre, riche de sa diversité, ne devrait pas s'éloigner de la démocratie et du respect des lois dont il s'est librement doté. Cela y va de sa stabilité. Ce serait hasardeux de croire qu'on pourra éternellement bâillonner cette énorme partie du peuple qui croit en cette voie.

FM : Etes-vous déçu de votre ami Yao Paul N'dré, l'ex-président du conseil constitutionnel?

LG : Je n'ai rien à dire.

FM : Souhaitez-vous toujours le recomptage des voix? N'avez-vous pas peur d'être perçu comme celui qui veut ressusciter la crise électorale?

LG : Ah bon ! Parce qu'elle était terminée? C'est vous qui me l'apprenez... Je sais que la France m'a renversé militairement à la demande de mon adversaire pour y être installé. Mais le fond du problème demeure. Qui de Ouattara et moi a remporté l'élection? Le candidat que je suis a le droit et le devoir de le savoir. Ceux qui ont voté pour Gbagbo ont le droit de savoir. Tout démocrate devrait le réclamer.

FM : Certains des vôtres soutiennent que vous avez perdu la présidentielle.

LG : Et d'autres, s'ils ne se posent pas des questions, affirment que je l'ai remporté.

FM : Ceux qui le soutiennent sont-ils des traîtres ou des cadres qui veulent vous régler leur compte?

LG : J'en sais rien, moi ! Mais ceux que vous appelez traîtres et que je crois manquer de conviction sont inhérents à la vie politique. La conviction est celle qui à mon sens détermine l'homme politique. Si elle vous manque, vous êtes un mâle en jupette. Dieu merci, les hommes et femmes déterminés, il y en a encore assez au FPI et dans La majorité présidentielle (LMP) qui m'a accompagné à la présidentielle, tout comme au sein du peuple de Côte d'Ivoire qu'on sous-estime gravement, à tort.

FM : Savez-vous qu'Abidjan a fière allure et qu'on y respire mieux?

LG : Dommage que je n'y sois pas pour profiter de cet air !  (rires).

FM : La population ou du moins les partisans de Ouattara célèbrent leur champion qui aurait réussi en quelques mois, ce que vous n'avez pas pu faire en dix ans. Il est au travail pour le bonheur du pays, disent-ils.

LG : Mais si c'était pour embellir Abidjan, il n'avait pas à me faire la guerre pendant des années ! Il m'aurait demandé le poste de gouverneur du district d'Abidjan, qu'il l'aurait obtenu. Ne riez pas... Honnêtement... Soyons sérieux, cher ami... Qui n'aurait pas nettoyé la ville d'Abidjan après ces violents combats qui ont fait des milliers de morts avec des ordures ménagères qui exposaient la population à des maladies? Moi, Gbagbo?

FM : Mais la situation n'était pas reluisante avant la bataille d'Abidjan.

LG : Soit, mais nettement acceptable en comparaison à celle d'après les combats. C'est vrai que le respect des lois n'est pas leur fort, mais s'ils sont honnêtes, ils vous diront que le cadre légal qui leur permet de dégager les domaines publics, malheureusement, sans dédommagement et recasement, a été défini sous mon autorité. Mais nous avons du ajourner son application pour des questions évidentes d'humanisme. Depuis 2002, tous ceux qui ont fui les combats de la rébellion se sont réfugiés à Abidjan et ne sont plus repartis jusqu'à ce jour, pour la plupart. Abidjan a vu sa population doubler. Ceux qui les ont accueillis ont du se lancer dans le système D que nous, gouvernants, avons décidés de laisser faire jusqu'à l'unification réelle du pays afin que chacun regagne sa base et que cette loi soit appliquée sans trop de désagréments. Gouverner, c'est aussi être humain. À quoi ça sert de s'en prendre aux plus démunis quand on a rien à leur donner en retour? Seraient-ils dans une logique de rendre Abidjan agréable pour le plaisir de leurs maîtres venus les encadrer et assurer leur sécurité? Ou bien le font-ils pour les ivoiriens? Si oui, où mettent-ils toutes ces ordures collectées? La Côte d'Ivoire n'a pas encore d'usine d'incinération ou de transformation des déchets que nous prévoyions. Certains seraient-ils plus aptes à vivre avec des ordures ménagères de près de 5 millions d'habitants que d'autres? Non, Ouattara ne travaille pas. Il fait du tape à l'oeil. Ses partisans feraient mieux de l'attendre sur l'Etat de droit, la sécurité des personnes et des biens, la pauvreté qui a gagné toutes les populations, la réouverture de toutes ces entreprises sinistrées par la faute de son appel à la guerre... 

FM: Vous ne pouvez pas lui en vouloir de manquer d'effort. Il est à la recherche de 13.000 milliards qu'il serait en passe d'obtenir pour exécuter son programme et démarrer ses grands chantiers. Tout ce que vous citez-là ne sera que mauvais souvenirs pour les ivoiriens, d'ici peu.

LG : Ne me faites pas rire, monsieur... Qui va-t-il les lui donner, ces milliards? Les ivoiriens sont ouverts au reste du monde et voient que des mesures d'austérités se mettent  en place partout en Europe et en Amérique. Depuis qu'ils l'ont installé, a-t-il un traitement particulier de la part de la Banque Mondiale et du FMI? Non. La Côte d'Ivoire suit les mêmes procédures et a droit aux mêmes montants de prêts qui avait occasionné son endettement par le passé, et dont nous avons tenté de rembourser une bonne partie. Demandez donc à Ouattara d'avoir un peu de respect pour ceux qui ont eu à voter pour lui. Car, nous autres savons qu'il a la frime facile et le mensonge aisé. Ce n'est pas parce que vous vous croyez ami des milliardaires qu'ils vous rendront milliardaire ! Si tel étaient le cas, avouions que leurs épouses feraient partie de la liste Forbes des fortunés. Parce qu'elles, au moins, ont l'avantage d'être plus proche de leurs époux milliardaires que le prétendu ami. Non, Ouattara n'apportera rien à la Côte d'Ivoire. Juste quelques temps et vous le découvrirez dans toute son incapacité.

FM : Que faites-vous de ses nombreuses années dans la haute finance et son carnet d'adresses qu'il met souvent en avant !

LG : Combien de fois vais-je vous le dire, cher monsieur. Ce type-là n'apportera rien à ce pays. C'est de là-bas qu'il venait, lorsqu'il fut premier ministre d'Houphouët. Il s'en est allé d'ici avec un blâme du FMI pour le plan qu'il était censé appliquer et une Cote d'Ivoire en cessation de paiement ! Le temps serait long pour vous énumérer ses méfaits de 90 à 93. Montrez-moi les pays qu'il a développé comme il le prétend de la BCEAO au FMI. Aucun ! Il excelle dans la mystification comme un gourou de secte.

FM : Aimerez-vous qu'il échoue?

LG : Honnêtement non, si tel est que c'est lui le vrai vainqueur de la présidentielle comme il le prétend. Parce qu'il est celui dont les agissements ont mis ce pays dans ce gouffre. Quoi de plus normal qu'on attende de lui réparation. Mais je suis sceptique quant à sa capacité à unir les ivoiriens d'abord et à trouver les  moyens pour réussir cette remise sur pied du pays. Observez-le, vous retiendriez qu'il est friand du superflu, du cérémonial, du beau décor, du coté martial du pouvoir...que du travail lui-même. On fait jurer les membres du gouvernement, chose qui n'existe nulle part dans notre constitution ; on dit aux chefs militaires qu'ils sont les seuls responsables des erreurs de la troupe, comme si on voulait être chef d'Etat sans être le chef suprême de son armée des temps anciens... Les plus enchantés de son camp commenceront bientôt à se poser des questions sur ses prétendues relations qui feraient pleuvoir des milliards sur le pays. Et puis, cela m'étonnerait qu'on l'ait installé pour le bonheur du peuple ivoirien après 18 ans de déstabilisation. Depuis 1993, lui et ses soutiens extérieurs empêchent les ivoiriens de vivre décemment.

FM : Pourtant, je me souviens que vous avez confié à Jeune Afrique qu'il était plutôt travailleur. Ou bien, je me trompe?

LG : Non, j'ai dit : de Bédié et lui, il est travailleur pendant que Bédié, lui, sait se faire entourer. Toute la nuance est là.

FM : Il n'a que quelques mois de pouvoir. Attendons de voir, pourrait-on être tenté de vous dire...

LG : Le début est très souvent un bon indicateur de la fin. Et ceux qui l'ont installé au mépris des règles démocratiques et de celui d'un peuple souverain qu'ils sous-estiment totalement, y compris lui-même, savent bien ce qu'ils font. Ils veulent un semblant de chef qui soit malléable parce qu'entre deux pressions : la leur et celle d'un peuple qui ne tardera pas à se faire entendre. Voyez l'état global du pays... Les problèmes qu'ils croyaient me créer lui retombent aujourd'hui dessus : l'insécurité est totale ; les bandes armées contrôlent encore le pays ; l'ouest montagneux est meurtri par un génocide ; les forêts classées sont occupées par des populations venues d'ailleurs ; le chômage a atteint son point crucial ; les concours et examens de la Fonction publique annulés ; les salaires des fonctionnaires ont du mal à être payés chaque mois ; le cacao fuit vers les pays limitrophes ; les universités sont encore fermées pendant que le primaire, le secondaire convergent vers elles. C'est très facile de créer un désordre. Mais il n'est pas donné à tous de ramener l'ordre, surtout quand vous êtes l'instigateur de ce désordre.

FM : On est un peu étonné de la virulence de vos propos alors que vous n'êtes pas libre de vos mouvements.

 

LG : Ce n'est pas parce qu'on fait des critiques qui ne plaisent pas qu'on est virulent. Je suis encore très loin de menacer de frapper un quelconque pouvoir moribond, le moment venu. Et puis, qu'est-ce qu'on me montrerait encore après tout ce que j'ai vu? La mort, me direz-vous. Celui qui me la donne, aura en héritage mes péchés.

FM : Y a-t-il des erreurs à mettre à votre compte en 10 ans de règne?

LG : Bien sûr que oui. Tous ceux qui travaillent ont droit à l'erreur.

FM : Lesquelles par exemple?

LG : La première qui peut nous être souvent fatale à tous : faire confiance.

FM : Quoi d'autre?

LG : Le reste n'est pas important...

FM : Vous ne vous sentez pas responsable de cette crise?

LG : Je ne sais pas ce que vous entendez par responsable, mais pas de la manière que l'entendent mes adversaires. Est-ce moi qui ai envoyé l'ivoirité qui leur a servi de base de revendication? Non. Est-ce moi qui ai demandé à mes militants d'aller prendre le pouvoir dans la rue après le départ du général Guéi, lors de la présidentielle qui nous a opposés? Non. Est-ce encore moi qui ai attaqué mon propre pouvoir, le 18 septembre 2002? Non. Alors, d'où vient-il que les gens soient devenus subitement amnésiques?

FM : Pourquoi 50 ans après, l'Afrique est encore à la traîne avec des guerres un peu partout où des populations d'un même pays se tirent dessus?

LG : Le refus du respect des lois. Tout bêtement. Les plus simplistes vous diront à cause des impérialistes. Mais si vous respectez la loi qui vous interdit de mettre le feu à votre pays, l'impérialiste ne peut pas vous contraindre à prendre ses armes pour le faire. Eux, sont dans leur logique de déstabilisation d'un continent qui regorge encore assez de ressources pour le piller. Mais que faisons-nous pour bâtir une unité qui les en dissuaderait? Pas grande chose ! L'occident sait qu'il est l'auteur de la balkanisation de l'Afrique, il peut donc quand bon lui semble opposer qui il veut, dans un pays qui lui doit ses frontières. Demandez à une ethnie ou région A de se mettre ensemble pour revendiquer, et vous verrez que de façon contagieuse le rival d'en face B fera de même. Une fois que les deux camps sont créés, il n'y plus qu'à aller à l'affrontement pour en sortir avec une grosse fracture sociale sur laquelle il pourra jouer à l'infini au gré de ses intérêts

FM : Vous ne faites pas cas de l'iniquité de certaines lois dans votre raisonnement.

LG : Si les lois sont iniques, faisons comprendre à celui ou ceux qui les ont mis en place, qu'elles le sont par des protestations démocratiques que sont les marches, grèves et autres. Mais jamais par les armes. Faute de quoi, les mêmes armes viendront vous arracher, tôt ou tard, ce que vous avez acquis. Dans son jeu, l'impérialisme n'a pas d'amis. Il n'a que des intérêts. Il n'aura aucune gêne à se mettre avec celui qu'il a fait chasser par vous pour vous évincer un jour.

FM : L'Afrique a donc intérêt à promouvoir le droit dans un vrai état de droit, si je vous suis?

LG : Absolument. À condition que ceux qui l'enseignent et le pratique au plus haut niveau ne donnent pas le mauvais exemple en cautionnant le faux.

FM : Qu'en est-il des milliards que vous aurez détournés pendant la décennie de pouvoir?

LG : C'est la aussi un stéréotype du président africain. On ne peut pas imaginer l'exercice du pouvoir sans détournement de deniers publics. Eh bien, j'en suis l'exception. On ne m'a pas encore montré un seul compte m'appartenant, au solde de milliards. Et quand c'est un ancien de la haute finance, comme vous le dites, qui dit n'avoir rien trouvé, (rires) vous pouvez croire que Gbagbo n'est pas venu se servir, mais servir le peuple de Côte d'Ivoire.

FM : Mais monsieur Ouattara a dit récemment, depuis New York, que vous irez en prison.

LG : Parce que je n'y suis pas encore? Laissez Ouattara à son cirque. Ce n'est pas avec cela qu'on fait  peur à un mortel de mon âge. Mieux il veut montrer qu'il est à la tête de ce pays en lambeaux, plus il nous étale sa dictature. Quand la moins attractive des marionnettes se mue en juge, cela donne aux démocrates l'idée du combat qui les attend. Ce monsieur ne fera pas reculer ce  pays sur le chemin de la démocratie.

FM : Et son envie de vous envoyez à la CPI, par exemple...

LG : Qui vous dit que je le mérite mieux que d'autres? Et en quoi cela résoudra quelque chose? On pourra m'enfermer dans une cellule en Europe, parce que je serais celui qui veut que la démocratie s'exerce dans ce pays. Mais est-ce qu'on l'aura fait pour chacun de tous ces ivoiriens qui se sentent concernés, abusés, révoltés par ce que traverse leur pays? L'histoire nous démontre que face au peuple, il n'y pas d'armée aussi puissante. En choisissant de faire la politique, j'ai aussi choisi d'accepter ce qu'elle m'offrirait comme fin. Mais qu'en est-il pour ceux d'en face? Accepteraient-ils la leur? En partant pour la CPI, je me permettrais de leur souhaiter une paix durable et une stabilité à tout épreuve.

FM : Est-ce une menace? Il ne se passe pas de jour sans rumeur de coup d'Etat. Vos partisans réfugiés au Ghana sont fortement soupçonnés de vouloir tenter un coup de force.

LG : Non, je n'ai pas l'habitude des menaces. Le FPI n'est pas non plus abonné aux putschs, son parcours le démontre. Ce n'est pas avec nous que cette pratique a gagné ce pays jadis stable.

FM : Etes-vous pour une participation du FPI aux législatives?

LG : Je n'ai aucune responsabilité au sein du FPI, le président Affi et d'autres hauts responsables du parti sont en prison comme moi. Mais, si c'est ma position que vous voulez savoir, elle a déjà été exprimée par mon porte-parole, le ministre Katinan.

FM : La réconciliation, mais justice d'abord, attend-on dire du côté du palais présidentiel, à Abidjan.

LG : On ne peut pas être démocrate et ne pas aimer la justice qui nous ramène au respect des lois. Je suis donc à l'aise dans ce schéma de réconciliation avec la justice. Cela nous amènera à comprendre beaucoup de choses. Par exemple, qui sont les agresseurs et qui sont les agressés. Comment la rébellion est née et est partie d'ici au Nord, en 2002, pour prendre le pouvoir en 2011, au Sud. Et non dans le sens inverse où on aurait vu les forces régulières partir du Sud, où elles sont le plus basées, pour reconquérir le Nord. Rien qu'avec ce tableau, l'on peut savoir qui voulait la guerre et qui était pour la paix. Bien sûr, il y a aussi les crimes de sang et économiques à élucider.

FM : Avec le recul n'avez-vous pas l'impression d'avoir été piégé en organisant la présidentielle sans le désarmement?

LG : Piégé, moi? S'il y a eu piège, il se refermera sur celui qui me l'a tendu. En politique, rien n'est jamais gagné ou perdu d'avance. On peut faire le dos rond au début et se convaincre après de la nécessité de ce qu'on vous avait proposé au début. Que les ivoiriens restent sereins et très mobilisés, la vérité éclatera. Jamais le faux n'a eu raison du vrai.

FM : Justement, à propos d'ivoiriens, ceux qui sont pour vous vous reprochent d'être trop clément avec vos adversaires.

LG : Ils ont peut-être raison. Mais, moi, je fais de la politique et non la guerre.

FM : Même quand l'adversaire vous malmène comme c'est le cas présentement?

LG : Vous savez, n'est pas cruel qui veut. C'est d'abord et avant tout une question de nature. Et puis, je crois... Si on part d'une logique, pour pouvoir assassiner son adversaire politique (c'est peut-être ce que certains me reprochent, ici), il faut être sûr qu'il est seul dans sa famille et qu'il n'a pas de militants, pour espérer ne pas subir la vengeance des siens. Or cela est impossible. Dans les pays où d'autres ont pris ce raccourci, la paix n'est plus jamais revenue. Voilà pourquoi face à un adversaire qui vous brandit la force des armes, brandissez-lui, celle du droit et soyez déterminé jusqu'à ce qu'il cède. Si vous voulez, je préfère la légitime défense, qui a un fondement juridique.

FM : Est-ce vrai qu'on vous promet la libération contre la reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président? On se rappelle qu'au plus fort de la crise, monsieur Alain Jupé, ministre des affaires étrangères français, avait parlé d'un document à signer par vous, votre reddition.

LG : Je ne crois pas être le mieux placé pour vous répondre.

FM : Comment va votre mère qui serait réfugiée au Ghana, après que sa maison ait été pillée comme la vôtre au village?

LG : D'après mes avocats, elle va bien, merci. Si ma mère a eu le tort de m'avoir mis au monde, les ivoiriens eux ne méritent pas d'être pris en otage sur leurs propres terres par des bandes armées. Ce n'est pas bon, ce n'est pas humain. Que ceux qui ont pensé, ordonné et exécuté cette dérive y mette immédiatement fin. Evitons le chaos total au pays.

FM : Que diriez-vous d'un tête-à-tête avec Alassane Ouattara?

LG : Tout ce qui peut sortir le pays de cette impasse est le bienvenu. Mais, qu'on libère ces hommes et femmes qui sont détenus parce qu'ils ont été, pour certains, soit nommés par moi, soit mes partisans, soit des parents à  moi. Je le répète à qui veut l'entendre, le régime présidentiel qui est le nôtre fait de moi le seul responsable de ce qu'on pourrait leur reprocher.

FM : Jamais de jour sans que vous ne soyez en couverture des quotidiens ivoiriens. Est-ce à dire que vous hanter encore la scène politique ivoirienne et le pouvoir actuel?

LG : C'est peut-être là une des facettes de la gestion du pouvoir qui nous oppose. La méthode dictatoriale rend plus service à l'opposition qu'aux tenants d'un quelconque pouvoir. Peut-être aussi la crise qu'on dit être terminée ne l'est pas du tout, en réalité.

FM : Avez-vous noté que je me suis gardé d'user du titre de président pour désigner Monsieur Alassane Ouattara?

LG : Non, pas du tout. Pourquoi me le demandez-vous?

FM : Cela vous aurait peut-être fâché.

LG : Pour si peu? Non, je ne suis pas un malade du pouvoir. Ce n'est pas moi non plus qui désigne le président ivoirien. (rires).

FM : Au revoir, monsieur le président !

LG : Au revoir monsieur et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

ALASSANE OUATTARA EST-IL UN RECONCILIATEUR?


ALASSANE OUATTARA 14.jpg

La crise postélectorale a jeté sur les pistes et les routes africaines des centaines de milliers d'Ivoiriens, au comble du malheur et du désastre ou hantés par l'angoisse des lendemains improbables. Certains pour fuir une mort inéluctable, d'autres pour se mettre à l'abri d'éventuelles exactions ou maltraitances des « vainqueurs » désormais au pouvoir, en Côte d'Ivoire. D'autres encore, en quête de sérénité parce que ne supportant plus le bruit des armes. Pour cela, ils ont dû franchir la frontière de leur pays pour demander l'hospitalité et l'asile, loin de chez eux et, quelquefois, abandonner famille, biens et projets d'avenir. Des milliers d'entre eux en ont, pour ainsi dire, été réduits à leur plus simple expression. Des années de durs labeurs et de sacrifice parties en fumée. Un seul véritable bien leur restant, désormais : la vie sauve !

Voici la condition désastreuse de bon nombre de nos concitoyens partis en exil et vivant, pour le plus grand nombre, dans une précarité à fendre le cœur. Mais ils ont au moins le bénéfice d'une certaine quiétude et d'un répit salutaire pour leur âme en détresse. Cela, semble-t-il, n'est pas du goût du pouvoir Ouattara. Il faut absolument faire rentrer ces Ivoiriens, et surtout tous ces pro-Gbagbo en exil, qui ternissent l'image policée de l'homme du slogan médiatique de « la Côte d'ivoire rassemblée » qui peine à les convaincre d'amorcer le mouvement de retour au pays. Plusieurs délégations mandatées par le nouveau pouvoir ivoirien se sont heurtées à un mur de réticence des exilés ivoiriens.

Toutes les démarches de ses émissaires ayant fait long feu, Ouattara se charge lui-même de faire le « ménage ». Le chef de l'Etat ivoirien semble visiblement manquer de sérénité. La réconciliation faite maison tarde à venir, pour la consolidation de son pouvoir certifié par la « communauté internationale ». Il va falloir lui donner un coup de fouet pour la booster dans le sens souhaité. Surtout qu'il entendrait des bruits de bottes venir du Ghana voisin contre son régime, aux dires de la presse locale, au point de jeter quelque ombre sur les relations légendaires entre le pays de Kwamé Nkruma et le sien. Au-delà des sourires protocolaires et des discours diplomatiques. Et pour se faire, il met à contribution le président Ghanéen, John Evans Atta Mills himself, qui en bon africain nourri aux mamelles de la fraternité et de l'hospitalité, va lui ouvrir grands les bras, pour lever tout malentendu entre les deux pays.

ALASSANE OUATTARA ET ATTA MILLS.jpg

Reçu avec tout le faste et les honneurs dus à son rang, Alassane Ouattara ne sera malheureusement pas à la hauteur de toute la confiance investie en lui par le Président ghanéen pour rencontrer les autorités ivoiriennes et les responsables du FPI en exil, dans une entrevue qui devait servir de cadre à un échange fructueux, à un dialogue constructif, pour le retour de nos frères. Son agenda secret - le rapatriement des personnalités proches de Laurent Gbagbo poursuivies ou non - gâche la belle initiative. Le tête-à-tête annoncé et arrangé par Atta Mills se mue en une vulgaire instrumentalisation politique : la délégation des cadres LMP aura le désagrément de se rendre compte que la conférence de presse initialement prévue à House Parlement par le gouvernement ghanéen a été, soudainement et sans explication, transférée à la Conference Center du stade de Oussou. Apparemment, sous l'insistance de Ouattara. Selon des sources diplomatiques. Nos cadres en exil se retrouvent donc installés au premier rang d'une salle chauffée à blanc par des Ivoiriens, censés être des exilés en T-shirts à l'effigie de Ouattara, visiblement heureux de retrouver leur président. Jamais vu des « victimes » aussi heureuses de retrouver leur « bourreau ». Il n'en était, en fait, rien. Il s'agissait simplement du comité d'accueil RHDP transporté de Côte d'Ivoire et également suscité sur place au Ghana, pour célébrer son mentor. Ouattara, soigneux de son image internationale, n'avait qu'une obsession : montrer au monde, à travers cette machination indigne, que les exilés proches de l'ancien président sont heureux de le voir, qu'ils sont prêts à rentrer - pour preuve, les personnalités pro-Gbagbo étaient toutes présentes à son « meeting » - et que la page Gbagbo était tournée. De tête-à-tête arrangé, point question. Subodorant le coup, les personnalités ivoiriennes en exil prennent le soin de se retirer de l'auditorium avant l'arrivée de Ouattara.

Mais qu'à cela ne tienne. Le voyage officiel du chef de l'Etat ivoirien en terre ghanéenne aurait pu s'avérer, malgré tout, fructueux s'il n'en avait lui-même torpillé l'issue. Car comment comprendre qu'on puisse s'afficher comme un réconciliateur parti rencontrer ses compatriotes pour les convaincre de rentrer et demander, dans le même temps, leurs têtes à leur hôte sur un plateau d'argent ? Oui, Ouattara a bel et bien demandé au président Atta Mills d'exécuter les mandats d'arrêt qu'il a lancés contre ses propres concitoyens. Ceux mêmes qu'il était censé rencontrer en aparté, dans un dialogue franc et fraternel, loin de son « meeting ». Il s'est même félicité, sur la base des discussions qu'il a eues avec les autorités ghanéennes, de leur prochaine arrestation, à son retour à Abidjan. Quel est donc ce réconciliateur ? Des Ivoiriens ont fui leur pays pour vivre à l'étranger, afin d'avoir la paix et retrouver un peu de quiétude. Il faut encore qu'Alassane Ouattara aille les y tourmenter avec des mandats d'arrêt et des ordres de gel de comptes bancaires ! Quelle est donc cette étrange disposition de cœur ? Quel sens Ouattara a-t-il de l'hospitalité et de la fraternité africaines pour demander au Ghana de lui livrer ses protégés, contre sa propre Constitution qui lui interdit le rapatriement de force et sans raisons objectives de réfugiés ?

Au demeurant, les propos tenus par Alassane Ouattara au Ghana laissent pantois : « Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon ». Ah bon ?! J'aurais parié pour  le contraire. Monsieur le président, j'ai justement l'honneur de vous contredire ! C'est plutôt la réconciliation et le pardon qui vont accélérer le développement de notre pays. Certainement pas l'inverse ou autre chose.

ALASSANE OUATTARA ET ATTA MILLS 2.jpg

Alassane Ouattara dit, en outre : « Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive ». Honnêtement, quel criminel ou individu soupçonné de l'être viendrait-il allègrement s'offrir aux mailles de la justice qui doit l'écrouer ? Et surtout quand il s'agit de celle des « vainqueurs » que la Côte d'Ivoire s'est désormais offerte ? Cela ne correspond à aucune logique ni à aucun bon sens. Monsieur le président, la solution du retour de ces plus de 200.000 Ivoiriens en exil se trouve ailleurs, et d'ailleurs entre vos mains, et vous la connaissez très précisément : il s'agit de la libération du président Laurent Gbagbo et de tous vos prisonniers politiques et militaires. Arrêtez de chercher ailleurs et de nous conduire tous dans l'impasse d'une réconciliation des « vainqueurs ».

Pour clore le tout, Alassane Ouattara lance aux exilés ivoiriens : «  N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit. (...) Rentrez, le pays est désormais en paix ». Entre nous soit dit, de quelle paix et de quel Etat de droit s'agit-il ? Une paix et un Etat de droit faits d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement social, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances ? « Non, merci ! », semblent répondre les réfugiés ivoiriens qui sont encore et toujours massivement présents au Ghana, au Bénin et au Togo (pour ne citer que ces trois pays) et ne semblent aucunement pressés de regagner la Côte d'Ivoire, terres de leurs pères.

Un seul signal pourra convaincre nos compatriotes de rentrer : la liberté de Laurent Gbagbo. Il ne faut pas avoir fait Havard pour le comprendre. La semaine où Gbagbo sera libéré, les exilés envahiront la Côte d'Ivoire, sans aucun mot d'ordre, et la réconciliation s'amorcera d'elle-même, sans discours. C'est aussi simple que cela !

Comme nous pouvons donc l'apprécier, même en prison, c'est encore Laurent Gbagbo qui a les cartes en main. La réconciliation incombe à titre principal à Alassane Ouattara. Mais que nous donne-t-il à voir ? La continuité de la chasse à l'homme. Et pourtant, il faut bien peu pour réconcilier les Ivoiriens, quand on a une grande âme. Par la façon dont il règlera la question Gbagbo, Ouattara scellera son avenir politique. Soit comme le « réconciliateur tant attendu », soit comme le « pyromane national ». Avec les conséquences y afférentes. C'est à lui de voir. L'Histoire l'observe.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 341 du jeudi 13 octobre 2011.

mercredi, 12 octobre 2011

SIX MOIS DEJA: SOUVENIR, LA GUERRE D'ABIDJAN N'AURA PAS LIEU!


PORTE-HELICOPTERE TONNERRE.jpg

Le porte-hélicoptères "Tonnerre" venu au large d'Abidjan en mars-avril 2011 avec des commandos français

 

Le rappel douloureux d'un jeune patriote qui a vu sa nation basculer.

 

C'était des points noirs dans le ciel, et d'où nous étions, on pouvait apercevoir les tracés luminescents que faisaient les missiles dans l'horizon. Les gens s'exclamaient, ahuris de voir ces hélicoptères de  la Force Licorne pilonner, en plein jour, la résidence présidentielle.

BOMBARDEMENT HELICOPTERE LICORNE.jpg

C'était le lundi 11 avril et il était environ 10 heures. Moi, je savais au fond que la partie était pliée et que le Léviathan avait décidé de passer à la vitesse supérieure. A mon alentour,  j'entendais des murmures, de vagues prières adressées à la providence divine. L'attente du miracle se lisait sur tous les visages anxieux. Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonna, un ami m'informait qu'une colonne de chars français se dirigeait vers Cocody. Mes yeux s'embuèrent de larmes. La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu...

CHAR FRANçAIS A ABIDJAN.jpg

Char français de la force Licorne à Abidjan

Et pourtant, le deuxième tour des élections s'était déroulé relativement bien dans mon centre de vote. Ce dimanche 30 novembre 2010,  les citoyens avaient voté dans la discipline. L'engouement n'était pas pareil mais il y avait un bon petit monde. Cependant  personne n'aurait pu se douter qu'on s'apprêtait, bientôt, à rentrer dans une phase triste de notre histoire. C'est lors des décomptes de voix qu'on se rendit vite à l'évidence qu'un coup fumant se préparait.

En effet l'hésitation des journalistes, les atermoiements des membres de la CEI nous indiquèrent que les choses ne tournaient pas rond. Et ce fut l'intervention de Damana Pickas qui vint confirmer nos craintes. Pour sûr, une machination se déroulait au sein de l'organe électoral.

Ensuite vint l'annonce de la victoire d'Alassane Ouattara par le biais d'un Youssouf Bakayoko tout timoré à l'Hôtel du Golf. Les médias internationaux en firent leurs choux gras. De là, malheureusement allait naître tous nos soucis. Quelques heures plus tard, la cour constitutionnelle trancha et donna Laurent Gbagbo vainqueur. L'ONUCI de Yong-Jin Choï prit position. L'huile fut jetée sur le feu ! Et voilà, une Côte d'Ivoire,  deux présidents... Puis deux gouvernements... Dans notre quartier déjà les affrontements avaient commencé, les jeunes du RDR, nuitamment lançaient des attaques contre nos domiciles. Ils venaient pour la plupart de quartiers précaires et nous en voulaient pour notre soutien à Gbagbo.  Alors  nous aussi, nous prîmes nos dispositions pour l'affrontement. Les rumeurs d'attaque se faisaient de plus en plus entendre et nous nous attelions à ériger des clôtures pour protéger nos cités. La méfiance était au paroxysme entre famille pro-Gbagbo et pro-Ouattara. La division était lisible entre les différentes confessions  religieuses mais passée sous cape. Avec l'intervention de la communauté internationale, les évènements allaient de mal en pis. Ayant pris fait et cause pour Alassane, la France se voulait intransigeante envers mon président Gbagbo qui ne demandait que le recomptage des voix.

Fin Janvier, les sanctions pleuvaient de partout, mais la ville tournait encore, les rues se désertaient plus vite et un mystérieux commando invisible se  mit à opérer dans la commune d'Abobo semant la mort dans le rang des FDS (Forces de défense et de sécurité). Jusqu'à cet instant, j'espérais un retour à la normal, mais la fermeture de la BCEAO et  des banques amenuisa mes espoirs. Dans le monde entier, la mobilisation se faisait, de toute part, les intellectuels africains, comprenant la portée de la crise se mobilisaient pour Gbagbo. Moi, je partais à tous les meetings de Blé Goudé. Je savais que la bataille finale allait se mener bientôt à Abidjan. Les comités d'autodéfense  se créèrent, on était prêt à se battre pour notre nation, prêt à défendre  nos institutions. Le chef d'Etat-major, Philipe Mangou jurait de sa fidélité à la nation. « La mort est un gain, Christ est ma vie », disait-il, lors d'un fameux rassemblement.

Vers la fin de février, la situation était encore plus tendue et c'est avec soulagement qu'on apprenait par KONE Katinan, alors ministre du budget que les virements seraient faits dans les banques désormais nationalisées. Chaque soir, avec des amis, je papotais dans le bistrot du coin. On appréciait les ballets diplomatiques, interprétait la venue de tel ou tel émissaire, on évoquait la fin de la crise avec en main notre délivrance totale du joug colonial. On parlait de la nouvelle monnaie que le PR allait sûrement mettre en place pour contourner les sanctions économiques. « Il fallait qu'on cloue une fois pour de bon le bec à ces rebelles qui depuis 10 ans nous pourrissent la vie », se disait-on. Et on  vantait les mérites de notre armée citoyenne avec à sa tête ses valeureux soldats. « Non ! Jamais IL ne sera président car la bataille d'Abidjan aura bien lieu », pensai-je.

BOMBARDEMENT CAMP AGBAN.jpg

Bombardement du Camp Agban par l'armée française

Puis vint la fin mars, au petit matin du 30, j'appris sur RFI qu'une offensive généralisée  avait été lancée par les FRCI, pro-Ouattara. Je me mis à sourire, malgré la faim qui tenaillait mon ventre, j'étais béat ; la prophétie d'un certain pasteur semblait s'accomplir. Puis vint les désertions, les fuites, les défections de soldats. « Sûrement une stratégie orchestré de main de maître par nos généraux », justifiai-je. Le 3 avril, l'assaut final fut lancé sur un Abidjan efflanqué. C'est alors qu'on allait comprendre que la Force Licorne était notre cheval de Troie en Côte d'ivoire... mais hélas, il était déjà trop tard !


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

Visitez le blog d'Argentus: LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

OH HAPPY DAY!

MANIFESTATION PRO-GBAGBO.jpg

Le regard sévère, caustique même, d'un patriote sur une certaine Côte d'Ivoire « nouvelle ». Mais aussi, un chant d'allégresse que nous espérons tous pouvoir, un jour, chanter sur les bords de la lagune Ebrié. Nous le souhaitons de tous nos vœux, ce jour. Mais, il faut compter avec DIEU. Lui seul décide de toutes choses. Nous portons vers lui nos regards et nos cœurs suppliants, pour que soient rétablies la vérité et la justice pour notre nation.


La semaine dernière, j'ai exprimé  ma profonde affliction face  à la tournure que prenaient les évènements en Côte d'Ivoire. Il fallait que le nœud noué dans mon ventre se délie, que j'évacue le trop plein de stress et d'amertume qui emplissait mon âme. J'ai pleuré en toute innocence, versé les larmes comme un bagnard condamné à tort et cela m'a fait du bien.

Maintenant, j'ai les idées claires et le cœur, somme toute, soulagé. Ma mélancolie s'est muée en une détermination ferme et mes veines bouillonnent d'une énergie nouvelle. Je suis ragaillardi, prêt à continuer le combat pour mon pays puisqu'il est juste, louable et impérieux...

Mes chers frères, on peut, en tout état de cause,  marquer une pause dans cette longue lutte qui nous a été imposée par l'ennemi mais ne jamais baisser les bras, ni renoncer à nos idéaux car nous sommes confronté à un défi de taille : LA RECONQUETE DE NOTRE NATION. Et ce challenge demande de nous, ABNEGATION, COMBATIVITE, FOI, COURAGE, PERSEVERANCE. Mais surtout CONVICTION ! Conviction d'avoir fait le bon choix.  En effet cette conviction doit être la base de notre engagement. Elle doit être l'élément moteur et fédérateur qui anime nos volontés.  Elle doit être sincère, pure et inébranlable. Jamais le doute ne devra  nous habiter, que ce soit dans  notre conscience comme dans notre inconscient. Et les termes de cette certitude sont les suivants: Gbagbo est le président des vrais ivoiriens et ADO (...), est celui qui depuis des années endeuille la Côte d'Ivoire. Ce doit être pour nous un postulat : Gbagbo est le véritable vainqueur des élections de novembre 2010!

Pour moi, cette affirmation ne souffre d'aucune équivoque, elle n'est pas une phrase proférée en l'air mais le résultat d'une observation évidente. Ladite observation prenant forme dans l'analyse d'une question. A savoir, qu'est ce que la démocratie ?  Vous me direz comme l'avait déjà défini Abraham Lincoln que la démocratie est «  le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Alors dans le cas de la Côte d'Ivoire, quel est ce peuple sachant que divers groupes socioculturels subsistent ? Sans risque de polémiquer, on peut dire que le peuple ivoirien, c'est cet ensemble composé de différentes ethnies (plus d'une soixantaine) originaires des divers régions du pays. Dans ce cas de figure, la démocratie  est la prise en compte de toutes ces ethnies constitutives du peuple. Cette démocratie ne peut donc être ni partielle ni mono ethnique mais consensuelle. C'est à dire qu'elle ne doit pas être l'apanage d'un groupe, elle ne doit pas se limiter qu'à un décompte arithmétique des électeurs mais plutôt à une prise en compte globale de la volonté  des différentes ethnies du pays. A bien y regarder, Alassane peut se prévaloir, par un tour de passe-passe mathématique, de la victoire hypothétique des élections considérant le bétail ethnique (dioula et baoulé) qu'il a pu ameuter (cela reste encore à vérifier), toutefois le véritable gagnant du scrutin présidentiel est fondamentalement Gbagbo car de manière objective, nationale, pluriethnique,  il a été le plus plébiscité.

Par ailleurs, ma conviction en Gbagbo est d'autant plus ferme qu'au regard d'une étude comparative faite des actes posés par ces deux hommes pour notre pays, Gbagbo s'avère être le démocrate par excellence.  En effet, je constate que quand Gbagbo a proposé la démocratie, Ado a proposé la rébellion. Quand il a préconisé les marches pacifiques, Ado a créé les manifestations armées. Quand Gbagbo a prôné l'indépendance du pays, lui a préféré la soumission. Lorsque Gbagbo a proposé la liberté économique, lui a opté pour l'esclavage financier. Lorsque Gbagbo a proposé la réforme de la terre, lui l'a bradée aux étrangers. Là où Gbagbo a bâti une armée souveraine, loyale et fière, lui a érigé une meute affamée de mercenaires et de déserteurs. Ado a introduit la haine dans ce pays, la division ethnique, religieuse. Hypnotiseur aguerri, il a embarqué le peuple baoulé dans un chemin sinueux, loin de tout idéal patriotique.

Au vu de tous ces antagonismes, j'estime que mon choix  pour Gbagbo est le plus judicieux car là où il a tendu la main, Alassane, lui, a tendu le poing. C'est en cela que  l'historien est le meilleur des choix. Certes, il est loin d'être un saint, loin d'être un innocent mais il est humain et mille fois préférable à l'économiste au cœur d'acier. Sans nul doute, je sais être du côté de la raison et ma foi ne cesse de croître quant à la fin prochaine de cette galéjade politique.

Bientôt, la vérité éclatera au grand jour, elle se fera si incandescente qu'elle consumera les yeux de tous ces illuminati, ces francs-maçons qui se croient maîtres du monde. Les princes qui ont été dépossédés de leur hongre remonteront en selle et ces analphabètes qui se sont arrogé le droit de vie et de mort iront croupir en enfer. Bientôt ces fieffés voleurs rencontreront la justice divine, celle qui ne se compromet pas, qui ne se négocie pas, qui ne se circonscrit pas dans une période donnée et ils auront des comptes à rendre. Ces meurtriers qui oublient le sang versé, les femmes violées, les innocents estropiés, les maisons parties en fumée. Le glaive les frappera durement et ils partiront comme ils sont venus, dans le chaos et la désolation totale. Tout cet argent, cet or, ce diamant, ce cacao, ce coton volés et entrés dans leurs poches ressortiront (...). Ce jour viendra, bientôt !

PLACE DE LA REPUBLIQUE.jpg

Et nous qui sommes restés fermes dans notre conviction, ce sera notre happy day! Ces impénitents  seront balayés par un coup de mistral violent et sur tous les toits, on annoncera l'arrivée de notre P.R à l'aéroport F.H.B. Toutes les communes seront en ébullition. Yopougon, Treichville, Cocody, Marcory... seront en transe. Déjà dès l'aube, les oiseaux chanteront dans le ciel l'hymne de la liberté, la rosée bénira le sol d'une eau cristalline. Le soleil, à l'horizon, irradiera de ses rayons la douce lagune Ebrié. Et de minute en minute, les abidjanais sortiront de leurs maisons, formeront des groupes hissant les oriflammes de la nation. La ville, vêtue d'orange, blanc et vert, célèbrera la dignité retrouvée. Comme un seul homme, la foule convergera vers Port-Bouët accueillir  le héros national. Même ces détracteurs se dissimuleront dans les cortèges pour aller l'admirer, honteux qu'ils seront de s'être fourvoyés. Et on attendra, sur le tarmac luisant de l'aéroport F.H.B, l'ivoirien qui a bravé la France, défié l'ONU et confondu tous les suppôts du Diable pour l'honneur de son pays. On chantera en cœur son nom et on glorifiera le Seigneur pour sa magnificence. Ils reviendront tous, ce jour-là, ces déportés du grand nord, victimes malheureuses de la vengeance inique. De l'orient à l'occident, les frontières s'ouvriront et tous nos exilés rentreront au pays dans de longues colonnes de cars grisés de joie.

Ce jour-là est pour bientôt, mes amis, et on fera alors notre Sainte cène. Dans l'exultation et la ferveur absolue, on organisera un merveilleux banquet dans un jardin irrigué de fleurs multicolores. Sous un immense flamboyant ocre, on se retrouvera tous, autour d'une grande table garnie de mets exotiques. On festoiera entre amis de lutte, amis de conviction. Et enfin je pourrai  coller un visage et un nom sur chacun d'entre vous. Vous, patriotes anonymes que je n'ai jamais vu et qui pourtant me semblez si proches et si familiers. Je verrai Jean-Christ Decimus, Prisca Joëlle Stani, Altesse Kafe, Justine Kiss, Loving Koudou Gbagbo, Fernand Agbo Dindé, Mathieu D. Jouan, Kouamé Célestin M'brah, Marie Paule Kodia,  Suzanne Dahouet, Stelro Gomlan, Marie Danielle, Serge Pacôme Diai, Pat Berluti et tous ceux que je ne peux citer (la liste est si longue). Je rencontrerai, enfin, tous ces amis virtuels qui sont devenus, par la force des choses, mes frères et sœurs à vie, et ensemble, on entonnera ce gospel qui a, au fil du temps, traversé les générations, réchauffé les foyers :

ECLATS DE JOIE.jpg

« Oh happy day!

Oh happy day!

When Jesus washed!

Oh when he washed!

Washed my sins away!

Oh Happy day...»


Argentus Côte d'Ivoire, blogueur ivoirien, sur sa page Facebook.

 

Visitez le blog d'Argentus: LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

mardi, 11 octobre 2011

COMMENT VA LA COTE D'IVOIRE, 6 MOIS APRES LE 11 AVRIL?


RESIDENCE PRESIDENTIELLE DE CI LE 11 AVRIL 2011.JPG

Le match du storytelling pro-Ouattara contre la réalité du terrain bat son plein.

- Dans la famille du storytelling, je vous présente un pays où souffle "un vent d'optimisme", où même ceux qui ont voté pour Gbagbo se réjouissent que "les choses commencent bien" sous le règne de Ouattara où l'opération pays propre bat son plein et où les pelleteuses et les grues virevoltent. C'est le pays du bonheur, et aucun jugement foncièrement négatif n'a droit de cité, malgré la violence politique et sociale qui règne. Cette fable-là est racontée par le correspondant local du quotidien La Croix. Lire en cliquant ICI.

- Dans la famille de la réalité, je vous présente cette vidéo d'Action contre la faim (destinée certes à collecter des fonds...), qui décrit un pays où l'exode d'une bonne partie de la population dans certaines zones durant la période des semailles a créé les conditions d'une insécurité alimentaire inédite qui s'étalera sur l'année prochaine, où un grand nombre de personnes ont vu leurs maisons détruites par les "sauveurs" du pays et ont besoin d'une aide au retour - ce qui rend encore plus irresponsable la destruction dans ce contexte des quartiers précaires -, où l'insécurité effraie les entreprises et où il est moins question de création que de destruction d'emplois. Regardez.


 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 09 octobre 2011

VISITE DE OUATTARA AU GHANA: CE QU'ON VOUS A CACHE


ALASSANE OUATTARA 13.jpg

Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Comme vous le savez, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Dramane Ouattara, a passé une journée au Ghana le jeudi 6 octobre dernier. Dans ce papier, nous ne reviendrons pas sur les objectifs et les acquis de ce voyage éclair au pays d'Atta Mills. Parce que tout le monde sait que Dramane y était pour se faire remettre les exilés politiques ou tout au moins obtenir l'exécution des nombreux mandats d'arrêt émis contre des pro-Gbagbo séjournant actuellement au Ghana. On sait aussi ce que les autorités ghanéennes lui ont donné comme réponse à sa requête. A savoir par exemple, que la Constitution ghanéenne n'autorise jamais les expulsions de ressortissants d'un pays tiers sur la base d'arguments infondés. Nous n'insisterons donc pas sur l'échec de cette visite. Nous nous permettrons cependant de vous livrer des informations non divulguées et qui ont pourtant leur importance.

Initialement prévu pour trois jours, le séjour de Ouattara a été réduit à une seule journée. Et cela, parce que M. Ehui Bernard, représentant de Dramane Ouattara au Ghana, a pris soin d'informer son chef sur l'ambiance prévalant au Ghana dans l'attente de l'arrivée du '' Brave Tchê''. En effet, ni les politiques de la coordination LMP, ni les réfugiés dans leur ensemble, ne tenaient à rencontrer Dramane Ouattara encore moins échanger avec lui sur un quelconque sujet. Quant aux autorités ghanéennes, elles avaient depuis toujours fait savoir aux dirigeants actuels de la Côte d'Ivoire qu'elles n'étaient pas prêtes à transiger sur leurs principes en ce qui concerne les rapatriements politiques non fondés.

Selon des sources diplomatiques, sachant tout cela, Dramane Ouattara a failli annuler son voyage. Mais il en a été dissuadé par son ambassadeur ( Ehui) qui lui aurait quand même donné des assurances sur le fait qu'il serait traité comme un chef d'Etat à son arrivée dans la capitale ghanéenne. En plus des assurances de M. Ehui, les habituels serviteurs du vrai patron du RHDP se sont mis dans la danse à travers des initiatives ubuesques, en vue de faire passer Dramane Ouattara pour un visiteur de marque très attendu dans la communauté ivoirienne du Ghana. On notera entre autres, les actions suivantes:

Premièrement, M. N'Zi, président de la communauté RHDP au Ghana, n'ayant pu convaincre les réfugiés et exilés ivoiriens à aller accueillir Dramane Ouattara et le rencontrer par la suite, s'est résolu à sensibiliser et à rassembler les Maliens, Guinéens, Sierra Léonais et Sénégalais d'Accra pour accompagner les militants RHDP du Ghana au contact de Ouattara.

Evidemment, cela se paye et cela s'est payé en cedis (la monnaie ghanéenne). Ce sont ces gens-là que vous avez du voir sur les images.

Deuxièmement, M. Adama Bictogo, homme de main de Ouattara, n'étant pas très sûr du succès de l'initiative de N'Zi, a pris sur lui de convoyer de nombreux militants RDR d'Abidjan à Accra dans une vingtaine de cars (de 60 places chacun) de transport inter-Etats. Les réfugiés des camps d'Elibou et surtout de Buduburam se sont amusés toute la journée du mardi 4 octobre à compter les cars. Quelques jours avant, le même Bictogo voulait marquer un grand coup en Côte d'Ivoire. En effet, à l'occasion d'une visite flash au Ghana, il a réussi à prendre contact avec de nombreux réfugiés grâce à l'intermédiation de Yaké Evariste, ex-patriote aujourd'hui pro-Ouattara.

Bictogo voulait faire rentrer en Côte d'Ivoire, de nombreux réfugiés avant même que Alassane Ouattara ne vienne au Ghana. Question de démontrer que les pro-Gbagbo ont enfin compris que Ouattara a un grand sens du pardon. Des réfugiés se sont prêtés à ce jeu contre 225 cedis (75 000Fcfa) par ''volontaire rentrant''. Mais l'affaire s'est soldée par un échec ridicule, car seul un car a pu arriver à Elibou et avec seulement trois commerçantes d'Adjamé venues à Accra pour autre chose et qui ont profité d'un voyage retour ''cadeau''.

Troisièmement, Hamed Bakayoko, lui, s'est contenté de distribuer des récompenses en espèces aux militants RDR de la sous-région, mobilisés par N'ZI pour l'accueil avec des mots d'ordre venus d'Abidjan. Devant ces initiatives très peu prometteuses, des proches de Ouattara ont conseillé à leur champion, de réduire son séjour à Accra pour ne pas s'y faire ridiculiser.

Le chef de l'Etat ivoirien a écouté ce conseil avisé et a modifié la configuration de ce voyage. Ainsi, est-il arrivé à Accra aux environs de 7 h00 du matin soit plusieurs heures avant l'heure retenue avec le protocole d'Etat du Président ghanéen. Mais ce n'est pas tout. Ouattara n'a pas passé plus de 15 minutes à l'aéroport. Il a modifié le trajet proposé par le protocole ghanéen. La conférence de presse initialement prévue à House Parlement a été soudainement transférée à Conference Center du stade de Oussou sous l'insistance, selon des sources diplomatiques de Ouattara. C'est après cette conférence qu'il a rencontré le groupe RHDP de N'ZI et un autre groupe de réparateurs de portables et des tenanciers de kiosques du camp de Buduburam, tous originaires du Mali, du Niger, du Burkina, de Guinée, présentés comme réfugiés ivoiriens.

Comme il l'a fait pour son arrivée à Accra, le nouvel homme fort de la Côte d'Ivoire est reparti du Ghana plus tôt que prévu contrairement au programme conçu par les directions du protocole d'Etat de Côte d'Ivoire et du Ghana. 14h au lieu de 16h.

 

In Notre Voie

 

Source: AFRICAN LIBERTY

samedi, 08 octobre 2011

RENCONTRE D'ACCRA: LES VERITES D'ASSOA ADOU A OUATTARA


ASSOA ADOU.jpg

Discours du Dr. Assoa Adou, Porte-parole de la Coordination du FPI en exil

 

Excellence Monsieur le Président de la République du Ghana,

Excellence Monsieur le Président de la République Fédérale du Nigéria,


Nos premiers mots sont à l'endroit de SEM. Atta Mills, Président de la République du Ghana. Nous voudrions encore une fois vous dire toute notre reconnaissance à vous et à tout le peuple ghanéen pour l'hospitalité et l'attention que vous n'avez cessez de nous accorder depuis que, par milliers, nous sommes venus trouver refuge dans votre pays. Nous vous remercions également pour tous les efforts que vous déployez pour la paix en Côte d'Ivoire. La présente rencontre en est une illustration parfaite.

Nous voudrions saluer son excellence M. Goodluck Jonathan, pour sa présence.

Quant à M. Alassane Dramane Ouattara nous sommes heureux de sa présence qui nous donne l'occasion de nous adresser à lui.

Nous sommes venus lui dire que nous sommes pour la paix, mais une paix qui réconcilie les ivoiriens, à l'exemple de Laurent Gbagbo, qui a œuvré pendant dix ans pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. On citera entre autres actions: le financement des partis d'opposition lorsqu'il a accédé au pouvoir en 2000 et qui a permis au RDR qui n'y avait pas droit, de bénéficier d'une subvention annuelle de 800 millions de francs CFA ; le retour d'exil de MM. Ouattara et Bédié dans le cadre du forum pour une réconciliation inclusive en 2001 ; la décision de 2005 qui a rendu éligibles MM. Ouattara et Bédié aux élections  présidentielles de sortie de crise, suite à l'Accord de Pretoria ; la prise d'une loi d'amnistie pour les rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire en septembre 2002 ; la signature de l'Accord politique de Ouagadougou avec la rébellion armée et la nomination au poste de premier ministre du chef des rebelles, M. Soro.

La crise ivoirienne n'a pas commencé le 28 novembre 2010 contrairement à l'opinion courante, elle a commencé le 19 septembre 2002 par un coup d'Etat manqué qui s'est mué en une rébellion armée, organisée et planifiée par la France.

L'élection du 28 novembre 2010 devait mettre fin à cette longue et grave crise mais hélas, elle l'a aggravée et prolongée.

Le refus des résultats du Conseil constitutionnel proclamant le Président  Laurent Gbagbo vainqueur a entraîné un contentieux électoral qui n'a pas été vidé par le recomptage des voix, comme préconisé par le Président Laurent Gbagbo, ni par la solution politique négociée proposée par l'Union Africaine et acceptée par le Président Laurent Gbagbo. En lieu et place, la rébellion, appuyée par la France et l'Onu a déclenché  la guerre qui a abouti à l'arrestation le 11 avril 2011 du Président Laurent Gbagbo par les forces française qui l'ont remis aux rebelles. Au cours de cette guerre, les forces rebelles ont perpétré des massacres politiques et ethniques, comme le génocide du peuple wè dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et l'exécution sommaire de centaines de jeunes à Adjamé et Yopougon.

Le Président Laurent Gbagbo est aujourd'hui détenu à Korhogo dans des conditions indignes et humiliantes d'un Président de la République et traité moins bien qu'un vulgaire délinquant de droit commun. Nous avons appris que suite aux démarches entreprises par les autorités ivoiriennes et françaises auprès de la CPI (Cour Pénale Internationale) les tractations sont en cours en vue de traduire le Président Laurent Gbagbo devant cette juridiction.

Par ailleurs, depuis le 11 avril 2011, les tueries, pillages, viols, occupations de plantations et domiciles par les rebelles et les dozos rebaptisés FRCI sont ininterrompus et ont occasionné un exil  interne et externe de plus de deux millions d'ivoiriens.

M. le Président Atta Mills, les milliers d'exilés que nous représentons refusent que la force soit utilisée pour imposer une solution à un camp.

Nous refusons l'instrumentalisation de la justice ivoirienne et la justice internationale pour exclure de la vie politique des adversaires.

Pour nous, la vraie solution à la crise ivoirienne, celle qui ramènera la paix définitive ne peut être qu'une solution politique. Cette solution commence par la libération immédiate du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, civils et militaires en vue d'un dialogue inclusif au sommet de l'Etat et entre les ivoiriens.

Le Président Laurent Gbagbo qui représente plus de 50% de la population, n'est pas, comme nous l'avons entendu dire, l'obstacle à la paix mais au contraire l'élément clé pour la paix en Côte d'Ivoire.

C'est pourquoi, pour nous, détenir le Président Laurent Gbagbo et ne pas le libérer c'est faire obstacle à la paix.

Transférer le Président Laurent Gbagbo à la CPI alors que les criminels notoires sont en liberté et ne sont pas inquiétés, c'est hypothéquer définitivement la paix en Côte d'Ivoire.

Nous sommes pour notre part dans l'attente d'initiatives africaines allant dans le sens de la paix véritable en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut intervenir que par la libération du Président Laurent Gbagbo et l'instauration d'un dialogue direct entre lui et M. Ouattara.

C'est pourquoi nous vous saluons encore une fois Messieurs les Présidents pour cette initiative et vous remercions de nous avoir écoutés.


Dr Assoa Adou, Président et Porte-parole de la coordination FPI en exil.

In « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : Le blog de Claudus

HUMAN RIGHTS WATCH: UN RAPPORT MENSONGER!


LOGO HUMAN RIGHTS WATCH.png

Dans un rapport truffé de contre-vérités, l'organisation financée par Georges Soros, proche d'Alassane Ouattara, essaie de donner de la consistance à sa stratégie de défense. Concoctée pour éviter de recevoir en pleine figure le boomerang de «sa» CPI.

Les observateurs les mieux informés connaissaient déjà la proximité entre l'organisation de défense ( ?) des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et le milliardaire américain George Soros, réputé avoir financé la campagne électorale d'Alassane Ouattara. Ils notaient déjà le parti pris manifeste de cette ONG par rapport à ses homologues, pourtant pas tendres avec Laurent Gbagbo. Mais le dernier rapport de HRW sur la situation en Côte d'Ivoire achève de la discréditer. Et dévoile, au grand jour, son rôle dans l'orchestration de l'impunité d'Alassane Ouattara et dans la mise en place idéologique d'une justice des vainqueurs «acceptable».

GEORGE SOROS.jpg

Les yeux les plus distraits pourraient se laisser illusionner. Dans un faux équilibrisme, le rapport affirme que «l'obsession de Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir a sans doute été à l'origine du dernier conflit armé» et que «malgré les promesses répétées du gouvernement [Ouattara, ndlr] de tenir responsables tous ceux qui ont commis des crimes graves durant le conflit, la réalité est celle d'une justice des vainqueurs - aucun membre des Forces républicaines n'avait été inculpé au moment de la rédaction de ce rapport». Mais l'essentiel est ailleurs. HRW veut justifier à l'avance l'injustice qui se prépare et qui s'annonce criarde : si les deux camps ont commis des «atrocités», pourquoi donc la «justice parfaite» consisterait-elle à livrer le chef d'un des deux camps et les «gros poissons» de son bord d'une part, et à sacrifier du menu fretin d'autre part ?

Manipulation sous le couvert d'un «grand label» humanitaire

En avocate quasi-assumée de Ouattara, Human Rights Watch dévoile sa stratégie de défense médiatique. Gbagbo est responsable des crimes, parce qu'il a mis en place une sorte d'idéologie haineuse, alors que les forces pro-Ouattara n'ont fait que «réagir», sans avoir été instruites dans ce sens par leur chef suprême. Une telle affirmation est farfelue, tant il faut des enquêtes longues et contradictoires pour arriver à cette conclusion. Mais on peut toujours faire illusion quand on manipule sous le couvert d'un «grand label» humanitaire.

Human Rights Watch est pourtant prise en flagrant délit de mensonge clair ou par omission, dès qu'elle se hasarde à ce type de démonstration artificielle. «Avec la montée des tensions post-électorales, les invectives de Laurent Gbagbo redoublent, comparant les supporters d'Alassane Ouattara à des «rats d'égouts» ou à des «oiseaux abattus», et exhortant ses partisans à ériger des barrages routiers et à «dénoncer tout étranger», appel immédiatement suivi d'attaques ciblées d'une violence épouvantable», écrit l'ONG. Contrairement à sa méthodologie d'usage, elle ne référence pas ces prétendus propos en notifiant une source en bas de page. Et pour cause : ces propos sont introuvables. Ils n'ont jamais été tenus. HRW diffame sans la moindre éthique l'adversaire de Ouattara. Donc son adversaire...

Ces propos fabriqués ne sont pas un détail. Ils dévoilent dans toute sa nudité une construction cynique et malhonnête.  Tout aussi malhonnête est la référence à la RTI, qui «après le second tour des élections (...) incite à la violence contre ces groupes (les étrangers ndlr), les désignant systématiquement comme des «rebelles» ou des indésirables menaçant la nation». Bien entendu, aucune référence au moindre propos n'est disponible. Quand on sait que c'est au nom de telles contrevérités facilement lancées que notre confrère Hermann Aboa est dans les geôles de Ouattara, on mesure l'irresponsabilité du procédé.

16 décembre 2010 : la vidéo de Soro qui discrédite les propos de HRW

On n'est donc plus surpris des omissions et des ruses de HRW, qui essaie d'accréditer la thèse selon laquelle les pro-Ouattara, qui ont pourtant pris l'initiative de la guerre et ont mis en place une logistique meurtrière avec l'aide de la «communauté internationale», n'ont fait que «réagir», tardivement, à la violence de l'armée ivoirienne. Pour imposer cette idée fausse, HRW feint d'ignorer que le 16 décembre 2010, Guillaume Soro a lancé depuis l'hôtel du Golf une opération militaire assumée comme telle - ce qui est documenté par une vidéo qui a « fuité » et qui a créé le buzz en son temps. «Soldats, militaires, je vais à la RTI pour installer le nouveau DG de cette télévision parce que le président de la République me l'a demandé. Vous devez vous tenir prêts (...) Jeudi, nous allons à la télévision», dit ainsi Soro (voir la vidéo ici). Dont la pensée est clarifiée par un de ses lieutenants, qui s'adresse à sa suite aux hommes en armes. «Rassemblement à la piscine, avec tous vos équipements militaires et de combats. L'amusement est terminé» : c'est l'ordre qu'il donne aux soldats des Forces nouvelles. Cela n'empêche pas HRW d'affirmer que « l'écrasante majorité des manifestants semble avoir eu un comportement pacifique tout au long des événements ; cependant, Human Rights Watch a documenté le meurtre de plusieurs membres des forces de sécurité de Laurent Gbagbo - dont un a été tué par une foule déchaînée après avoir tiré sur plusieurs manifestants depuis le toit d'un bâtiment». Et les autres, dans quelles conditions ont-ils été tués ? HRW se garde de le dire, pour ne pas accréditer la thèse de manifestations de type civilo-militaire. Aucun témoignage direct ne permet d'entrer en empathie avec les militaires tués dans ces circonstances.

Des enquêtes sur les financiers du «commando invisible» nécessaires

Pour établir un lien direct entre Laurent Gbagbo et les exactions supposées de ses forces, HRW utilise en permanence l'insinuation. «Les principaux responsables de ces crimes étaient des unités d'élite étroitement liées à Laurent Gbagbo, dont la Garde républicaine, le CECOS (Centre de commandement des opérations de sécurité, une unité d'intervention rapide), la BAE (Brigade anti-émeute) et la CRS (Compagnie républicaine de sécurité, une unité de police d'élite)», écrivent les chercheurs de l'organisation. Bien entendu, ils restent muets sur les liens particuliers entre Chérif Ousmane et Alassane et Dominique Ouattara, témoins de son mariage en 2007 à Ouagadougou... Cela relèverait, pourtant, du même type de méthodes.

Plus loin, HRW essaie de protéger Alassane Ouattara des crimes contre l'humanité commis - bien avant le mois de mars, contrairement à ce qui est prétendu - par le «commando invisible». « Le Commando invisible, s'il comptait des militants pro-Ouattara, n'affichait aucune chaîne de commande claire avec le gouvernement Ouattara. Celui qui apparaissait être à la tête du Commando invisible, connu sous le nom d'IB Coulibaly, était un ex-commandant supérieur des Forces nouvelles qui s'était violemment opposé à Guillaume Soro sur le contrôle du groupe rebelle en 2003. Cette lutte intestine aboutira à la mort d'IB Coulibaly, tué par les Forces républicaines de Guillaume Soro le 27 avril 2011».

L'organisation a-t-elle enquêté sur le financement et les connexions du «commando invisible» pour arriver à une telle conclusion ? Dans un entretien publié par Jeune Afrique dans son édition du 9 au 16 avril 2011, Ibrahim Coulibaly invoque des contacts réguliers avec Alassane et Dominique Ouattara. Seule une enquête judiciaire sérieuse et contradictoire peut permettre d'en savoir plus sur les financiers et les soutiens du Commando invisible. Mais la démarche de déculpabilisation précipitée d'HRW est profondément suspecte.

Entre propos instrumentalisés pour entrer dans le canevas de la haine ethnique et du «logiciel rwandais», réécriture sournoise de l'Histoire visant à attribuer la paternité de l'ivoirité à Laurent Gbagbo et raccourcis simplificateurs, le reste est à l'avenant, et nécessiterait un contre-rapport. Une chose est sûre : après la FIDH qui a tenté d'expliquer les massacres massifs de Duékoué par une sorte de volonté de «prévenir un génocide» puis a renoncé à publier un rapport annoncé, c'est HRW qui vient de se brûler les ailes au chaud soleil ivoirien.


Théophile Kouamouo


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION ONT DEJA ECHOUE

 

CHARLES KONAN BANNY 2.jpg

Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

vendredi, 07 octobre 2011

MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES DE DUEKOUE-CARREFOUR: L’HISTOIRE EFFROYABLE D’UN GENOCIDE PLANIFIE



MASSACRES DE DUEKOUE.jpg

Le mystère des tueries massives perpétrées contre les populations Guéré, le 29 mars 2011, à Duékoué par les forces armées pro-Ouattara, se dévoile progressivement. Nous nous sommes rendus à Duékoué-carrefour, théâtre des massacres pour interroger les rares rescapés qui cohabitent aujourd'hui avec les fosses communes faites par l'Onuci.

Certaines maisons calcinées, ouvertes et sans toitures. D'autres, incendiées à moitié portant les stigmates des flammes et des impacts de balles. Dans ce décor macabre, règne un silence de mort. Nous sommes à Duékoué, quartier carrefour (488 km d'Abidjan, extrême Ouest du pays). Important bourgade de Duékoué, peuplé uniquement d'autochtones Guéré et particulièrement pris pour cible par les forces armées pro-Ouattara pendant la crise postélectorale. Avant cette crise, la population dudit quartier était estimée à environ 10 mille habitants. Mais après les massacres, c'est à peine le tiers des habitants que nous avons trouvé sur place en cette fin de mois de septembre 2011.

Duékoué tombé aux mains des forces pro-Ouattara, le lundi 28 mars dernier


Les tueries par milliers commises à Duékoué-carrefour ont une histoire. Remontons donc au lundi 28 mars 2011, aux premières heures du jour. Puisque ce jour-là, la ville de Duékoué était le théâtre d'intenses combats entre les forces armées régulières de Côte d'Ivoire (Fds) et les forces armées pro-Ouattara constituées de combattants de la rébellion armée des Fafn ainsi que de mercenaires burkinabés. A ces derniers, il faut ajouter les chasseurs traditionnels malinkés communément appelés « dozos », reconnaissables par leurs innombrables gris-gris. Mais également par les machettes, les sabres et les fusils dont ils sont munis. Après avoir tué leurs « ennemis », les dozos les égorgent suivant des rituels cabalistiques. Ce 28 mars donc, les forces armées pro-Ouattara étaient appuyées, au dire des populations rescapées, des soldats de l'Onuci lors des combats contre les Fds. Ayant débuté au petit matin, les combats se sont achevés aux environs de 18h. Heure à laquelle, les forces armées pro-Ouattara aidées de l'Onuci sont arrivées à bout de l'armée régulière ivoirienne dont certains militaires se sont repliés sur Guiglo (30km de Duékoué).

A la faveur de la nuit et de l'accalmie sur le théâtre des opérations, certaines populations civiles ont quitté le quartier carrefour pour se réfugier dans la forêt. D'autres ont couru vers le camp onusien du contingent marocain situé à l'entrée de Duékoué (route de Daloa). Evidemment, les jeunes autochtones, membres groupes locaux d'autodéfense (qualifiés de miliciens par l'Onuci) basés au quartier carrefour qui est, en fait leur village, ont pris le large après le repli des Fds sur Guiglo. Les populations restées sur place se sont terrées dans leurs maisons ou dans des églises. Il en est de même partout dans la ville de Duékoué, chef lieu de département dans la région du moyen-Cavally. Les autochtones Guérés ont pris d'assaut les églises de la ville, pensant y échapper à la furia des forces armées pro-Ouattara. Ce fut une grossière erreur ! Le chef de guerre pro-Ouattara, d'origine burkinabé, Amadé Ouéremi (vêtu tantôt en tenue de dozos, tantôt treillis arborant le macaron Frci) et ses 500 hommes venus du mont Péko, furent sans pitié pour les populations civiles qui n'ont pu fuir la ville. Les témoignages des rescapés des massacres du quartier carrefour sont insupportables.

Amadé Ouérémi et ses hommes n'ont fait aucun tri

« Oulognion, ohowê ». Cette phrase en langue Wê (Guéré) signifie littéralement « l'être humain ne finit pas ». Sa signification exprime l'émotion forte dans un contexte où des humains sont massacrés délibérément en grand nombre. Mais en même temps, les populations martyrisées se consolent en se disant qu'il y aura des survivants pour assurer la pérennité humaine. En tout cas, « Oulognion ohowê » s'applique parfaitement aujourd hui à Duékoué-carrefour après la boucherie qui y a eu cours. « Amadé et ses hommes dans le plan d'attaque des Frci contre Duékoué sont chargés de la zone comprenant Duékoué-carrefour. Ainsi, partis de la forêt classée du mont Péko, leur fief, ils sont parvenus à Duékoué-carrefour », révèle un responsable administratif proche de la direction locale des Frci. Mais avant d'arriver à Duékoué, poursuit la même source, Amadé et ses combattants n'ont épargné aucun village situé sur leur passage. Des tueries massives comme à Duékoué-carrefour ont été donc commises dans les villages. « Parce qu'il fallait casser du Guéré, peu importe son bord politique ou religieux. Comme on dit, Guéré, c'est Guéré ! », précise une jeune rescapée en larmes.

« On continue de retrouver les corps des victimes grâce aux habits qu'ils portaient parce que les habits ne pourrissent pas vite », poursuit-elle. Avant d'ajouter que la découverte des corps effroyablement mutilés est encore fréquente en brousse sur les axes menant aux villages tels que Blodi, Zia, Yorozon, Bagohouo, Nidrou,Sibably, Ponan. Si bien qu'aujourd'hui, on ne peut pas chiffrer avec exactitude le nombre de civils exécutés sommairement. Toutefois, des témoignages coordonnants recueillis auprès des rescapés de Duékoué-carrefour, parlent de 2 700 tués. « Il n'y a pas longtemps, à moins d'un kilomètre d'ici, on a découvert le corps sans vie du père de l'artiste musicien Pahin Lenou dans un champ », raconte la jeune rescapée. Ses camarades et elle affirment avoir identifié formellement quelques auteurs du génocide commis à Duékoué-carrefour et ses alentours. « Quand ils cassaient les maisons, pillaient et tuaient, ils disaient tuez-les tous, comme ça, ils vont laisser les forêts », raconte une dame rescapée, qui a requis l'anonymat. En plus des motifs fonciers, il y a des raisons politiques. « C'est à cause de Laurent Gbagbo que vous avez des problèmes. L'affaire de Gbagbo qui est dans votre tête est trop. On va vous tuez, comme ça, ça va finir », soutenaient les bourreaux, au dire des rescapés.

Pour dame Colette, une rescapée, qui a déjà livré ses témoignages dans certains médias occidentaux, la boucherie sauvage dont a été victime son village ne peut nullement « les détourner de Laurent Gbagbo quoique renversé par les Blancs ». Puis qu'elle clame à qui veut l'entendre qu'elle « est Gbagbo et demeure Gbagbo » même si on la tue. Et de poursuivre en dépit de l'émotion qui l'étreint. « Ici à Duékoué-carrefour, on a tué tout le monde. Quand les Frci sont arrivées, ils ont dit qu'ils ne tuent pas les femmes. Mais ils ont tué les femmes, les enfants et les hommes. Pour preuve, ils ont tué la vieille Ouli Jeannette. Elle a été égorgée. Les vieux, les femmes, les jeunes et les bébés qui ont été découpés ». Dame Martine, les larmes aux yeux, s'attarde sur les atrocités dont se sont rendus coupables Amadé Ouéremi et ses hommes à Sibably. « Ablo (un jeune élément des forces pro-Ouattara, ndlr), lui, pour tuer, il filme d'abord ses futures victimes à l'aide d'un appareil photographique. Lui-même n'apparait pas dans le film. Il éprouvait un réel plaisir d'écouter les pleurs de ses victimes avant leur mise à mort. Puisqu'il ne se gênait pas de dire que le Guéré est agréable à tuer parce qu'il parle comme le coq », raconte- t-elle. La plupart des rescapés trouvés sur place à Duékoué-carrefour sont des femmes. Leurs époux ayant été exécutés sommairement après la prise de Duékoué par les forces armées pro-Ouattara. Et pourtant, les femmes soutiennent avoir prévenu les casques de l'Onu des massacres imminents.

L'Onuci n'a rien fait pour prévenir
les massacres des populations civiles

L'Onuci qui d'ordinaire clame à qui veut l'entendre qu'elle est là pour protéger les populations civiles a été inactive à Duékoué. Les soldats du contingent marocain sont restés passifs devant les massacres des populations aux mains nues. L'Onuci a laissé les forces pro-Ouattara massacrer les populations civiles. Pourquoi cette non assistance à personne en danger ?

D'autant que les milliers de femmes et d'enfants qui se ruaient à la mission catholique de la ville, ce mardi 29 mars 2011, ont adressé un S.O.S aux soldats onusiens présents sur les lieux. « Les femmes ont informé l'Onuci que leurs époux et leurs fils sont aux mains des Frci. Mais l'Onuci a refusé d'intervenir. C'est ainsi que tout le monde a été tué, ce jour-là », explique notre interlocuteur proche de la direction locale des Frci. Les forces pro-Ouattara ont initié un contrôle d'identité qui leur a permis d'identifier formellement les autochtones Guéré avant de les exécuter. Comme le voit, le procédé était similaire à celui pratiqué en 1994 au Rwanda contre les Tutsi. C'est tout le sens du génocide contre les Guérés à Duékoué. Cette planification a même conduit les forces pro-Ouattara à exécuter des pasteurs et des religieux en soutane parce qu'ils sont des Guérés. « Il y a un pasteur en soutane qui avait approché les Frci pour demander leur clémence afin qu'ils ne s'attaquent pas à son église. Ils lui ont demandé de prier et après ça, ils l'ont abattu avant d'abattre ses fidèles restés à l'église », soutient un rescapé des faits. Une importante église évangélique au cœur du quartier carrefour a été brûlée à l'aide d'explosifs de guerre alors que cette chapelle était bondée de refugiés. Là, les témoignages concordants parlent d'au moins 100 personnes ayant péries dans les flammes. «Une américaine est passée ici au moment où il y avait encore les ossements humains des gens incendiés à l'église. Elle n'a pas retenu ses larmes», a révélé une dame rescapée du secteur sinistré.

Lors de notre passage, les ruines de cette église dénommée « Eglise de Jésus christ, le sauveur » étaient visibles. Mais les ossements humains avaient été ramassés. Les soldats onusiens 'ont pas investi la broussaille qui environne Duékoué pour y ramasser les corps sans vie, cependant ils se sont attelés à ramasser ceux trainant pêle-mêle dans la ville. Ainsi, dans le seul quartier de Duékoué-carrefour, 6 fosses communes ont été confectionnées à la hâte par l'Onuci. La fosse commune la plus grande reste celle creusée dans les marécages par l'Onuci en face de l'entrée de Duékoué-carrefour. Ce charnier contiendrait 54 corps.

Des traumatismes à vie


Le moins qu'on puisse dire, c'est que les rescapés de Duékoué-carrefour traineront à vie des traumatismes. Tant les cruautés vécues sont indescriptibles. « Où on est ici, on est toujours étourdi. Quand on entend le bruit d'un véhicule qui entre dans le village, on cherche à se cacher. Pensant que ce sont nos agresseurs qui reviennent à la charge », explique une dame. Cette psychose touche également les enfants. « Le 6 septembre dernier à l'école primaire publique Carrefour 1, les écoliers étaient dans la cour attendant l'heure de la composition pour l'entrée en 6ème et du Cepe. A la vue des véhicules des Frci venues pour la sécurité, il y a eu débandade au sein des enfants. Ils fuyaient pour se cacher dans les herbes, en criant. Les candidats sont revenus dans les salles quand les Frci ont quitté précipitamment l'école », rapporte avec émotion un examinateur.



Félix Téha Dessrait


dessrait@yahoo.fr

Envoyé spécial dans l'Ouest

 

Source: NOTRE VOIE

LA CPI, UNE COUR D'INJUSTICE INTERNATIONALE


COUR PENALE INTERNATIONALE 2.jpg

Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification.

La France qui a signé et ratifié le statut de Rome, s'est longtemps singularisée en se soustrayant à la compétence de la Cour pour l'une des catégories de crimes qui sont de son ressort: les crimes de guerre. Mettant ainsi à l'abri de toute poursuite internationale, les crimes de guerre commis par des soldats français en territoire étranger. La loi d'adaptation d'août 2010 n'a pas fait taire toutes les critiques.

La volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales a pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres.

A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650 000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160 000 morts), en Afghanistan et à Gaza etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous.

L'indépendance et l'impartialité sont pourtant deux principes fondamentaux du système judiciaire international. La CPI, dans ses règles de fonctionnement est censée être indépendante du pouvoir politique.

LUIS MORENO-OCAMPO 2.jpg

Dans les faits, en Libye notamment, le Conseil de Sécurité a, dans la résolution 1970 du 26 février 2011, saisi le procureur de la CPI de la situation qui régnait en Libye depuis le 15 février 2011. Peu importe que la Libye n'ait pas signé le statut de Rome (l'affaire étant transmise ad hoc par le Conseil de Sécurité, point besoin donc de ratification du statut). Peu importe que 3 des 5 membres permanents ne reconnaissent, pas pour leurs ressortissants, la compétence de la Cour qu'ils souhaitent voir appliquer à d'autres.

Le 3 mars 2011, 5 jours à peine après la saisine de la Cour par le Conseil de Sécurité, le procureur décide quasi-simultanément de l'ouverture d'une enquête sur la situation en Libye. Sait-il que le déferrement par le Conseil de Sécurité d'une situation ne déclenche pas systématiquement une enquête de la CPI? Sait-il aussi que les textes du statut de Rome donnent au procureur le pouvoir et le temps d'apprécier par le biais d'un examen approfondi des données préliminaires, s'il existe un motif raisonnable de procéder à une enquête?

Le cas ivoirien est lui aussi édifiant. La guerre y a fait une dizaine de milliers de morts depuis 2002, et une rébellion partie du Burkina Faso voisin. Mais il faut attendre 2011, et l'intervention militaire de la France aux côtés d'un des belligérants pour voir le procureur s'auto-saisir (deuxième cas d'auto-saisine du procureur après le Kenya); en ouvrant une enquête visant quasi-exclusivement l'autre partie. Peu importe aussi que la Côte d'Ivoire qui a signé le statut de Rome ne l'ait pas ratifié.

En Côte d'Ivoire, la CPI veut enquêter uniquement sur les crimes commis après le 28 novembre 2010. Est-ce une manière habile d'exclure de la compétence de la Cour, les crimes de guerre commis par des soldats d'une puissance étrangère faisant, en novembre 2004, près d'une centaine de victimes civiles et plus d'un millier de blessés? A quelles victimes ivoiriennes, le procureur peut-il expliquer qu'elles n'obtiendront pas réparation du préjudice subi, pour la simple raison que l'obus qui les a blessées a été tiré par un assassin se trouvant du bon côté de l'histoire? A quelles familles, Mr Moreno-Ocampo pourra-t-il expliquer que justice ne sera pas rendue aux leurs, parce que la balle qui les a tués a été tirée avant le 28 novembre 2010? Le rôle de la justice est de dire le droit, pas de régler des comptes ou de faire de la politique.

Est-ce la raison pour laquelle les Etats-Unis souhaitent voir leurs ressortissants au-dessus des textes internationaux? Faut-il dès lors comprendre les réticences de certains Etats vis-à-vis de cette Cour ? Soucieuse de sa souveraineté, la Russie refuse toute ratification du statut de Rome. Inquiète du rôle politique que peut jouer le procureur, la Chine ne veut toujours pas signer le statut.

Le principe de subsidiarité permet pourtant aux Etats de conserver, à titre principal, la responsabilité de poursuivre et juger les crimes les plus graves. La CPI n'étant compétente qu'en cas de défaillance ou de mauvaise volonté des Etats.

Il n'y a donc qu'en Afrique qu'on peut voir un État organiser artificiellement sa propre défaillance (en limitant sa compétence aux seuls crimes économiques); et appeler de vive voix l'intervention de la CPI. Il n'y a qu'en Côte d'Ivoire qu'on peut apercevoir un ministre des Droits de l'Homme faire le tour des capitales occidentales, pour livrer un de ses compatriotes à la vindicte d'une grande injustice internationale.

 

Anicet Djéhoury, Essayiste.

 

Source: PENSEES NOIRES

ALASSANE OUATTARA DEMANDE A ACCRA D'ARRETER DES IVOIRIENS REFUGIES AU GHANA


ALASSANE OUATTARA 12.jpg

200.000 Ivoiriens ont fui la Côte d'Ivoire meurtrière et justicière d'Alassane Ouattara pour avoir un repit et retrouver un peu de paix. Il faut encore que Ouattara aille au Ghana les tourmenter avec des mandats d'arrêt et des menaces à peine voilée. Quel coeur a-t-il donc? Quel sens a-t-il de l'hospitalité? "Rentrez, le pays est désormais en paix. La Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit". Quelle paix et quel Etat de droit, entre nous soit dit? Une paix et un Etat de droit faits de crimes, d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances? Pauvre de toi, ma Côte d'Ivoire bien-aimée! Tu es morte, le jour où cet homme a pris le pouvoir. Requiem pour une nation en déliquescence.


Le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé jeudi à Accra d'arrêter des Ivoiriens réfugiés au Ghana, terre d'exil de nombreux proches du chef d'Etat déchu Laurent Gbagbo, dont certains coulent des jours paisibles malgré des mandats lancés par Abidjan.

Arrivé dans la capitale ghanéenne dans la matinée, M. Ouattara s'est entretenu avec son homologue John Atta Mills et a rencontré la communauté ivoirienne du Ghana avant de repartir en début de soirée, ont constaté des journalistes de l'AFP.


Selon une déclaration conjointe des deux présidents, M. Ouattara "a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise postélectorale ivoirienne".


Le Ghana a accepté d'étudier cette requête, ajoute le texte, et une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays devrait bientôt se tenir à Abidjan.


Il s'agissait du premier voyage officiel de M. Ouattara chez son voisin de l'est, près de six mois après la fin de la crise née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts selon l'ONU.


Des milliers d'Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo.


Un accord tripartite prévoyant le rapatriement des exilés a été signé jeudi par le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une cérémonie en présence de MM. Atta Mills et Ouattara.


S'adressant à quelque 1.500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d'Accra, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu'ils "rentrent au pays" désormais "en paix".


"Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (...) N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit", a-t-il lancé.


"Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive", a-t-il assuré.


Une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana devait participer à la rencontre, mais elle est repartie peu après son arrivée au centre de conférence, semble-t-il après avoir constaté qu'elle n'aurait pas d'entretien particulier avec le président, contrairement à ce qu'elle prévoyait.


Alors que des dizaines de figures du régime déchu, dont Laurent Gbagbo lui-même, sont détenues en Côte d'Ivoire, des cadres politiques et d'anciens militaires de son bord se sont installés à Accra.


Une "Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) en exil" a ainsi été montée, sous la direction d'Assoa Adou, un ancien ministre.


Le porte-parole de l'ex-chef d'Etat, Justin Koné Katinan, qui fut son ministre du Budget en pleine crise, signe ses communiqués virulents depuis la capitale ghanéenne.


Dans la matinée, M. Katinan avait estimé auprès de l'AFP que la rencontre avec M. Ouattara serait "une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes".


L'activisme à ciel ouvert du camp Gbagbo à Accra agace le nouveau régime ivoirien, avaient indiqué des sources concordantes avant la visite.


"Ce qui irrite le pouvoir, c'est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d'arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l'encontre de certains d'entre eux", avait expliqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.


"Ouattara vient mettre la pression sur Atta-Mills", avait-elle estimé avant la visite.


A Abidjan, on en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen et proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise et de protéger les pro-Gbagbo.


Lu sur ABIDJAN.NET


Source : AFP

ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «TU ES MAL PLACE POUR JUGER GBAGBO»


ABOU CISSE.PNG

Je veux, à travers ce courrier, rafraîchir ta mémoire. Tu es mal placé pour juger le Président Laurent Gbagbo. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, sa succession est assurée par Henri Konan Bédié. Son échec patent avec l'ivoirité, sa gestion calamiteuse de l'après dévaluation du francs Cfa, son goût à la facilité, son sectarisme tribal sont parmi tant d'autres les vraies causes de la crise actuelle. L'aperçu financier de cet homme de succession est plus explosif. Et l'imagination tourne en dérision lorsqu'on se rend compte qu'au moment de la période difficile, cet homme politique fêtait ses milliards qui, convertis aujourd'hui, s'évaluent en centaines de milliards. Cet homme et d'autres avec lui n'ont pas été inquiétés d'aucune mesure disciplinaire. Mais récompensés par le système.

À preuve, le plus grand des milliardaires d'entre eux est devenu Président de la république, puis éjecté du pouvoir plus tard sans que quelqu'un ne prouve un sentiment de désolation. Il est parti par la justice du temps. Il vit en pacha comme si rien ne s'était passé. Pourtant celui qui traitait de journaleux, nos valeureux journalistes, de burkinabé, toute personne qui désirait discuter le pouvoir avec lui, comme vous, (à l'époque pourtant, votre désir du pouvoir n'était pas évident), de Malien, lorsque je lui discutais son identité face à son affirmation, que vous êtes burkinabé. Il diligenta même des policiers, pour effrayer une pauvre femme qu'il voulait contraindre à dire que tu n'étais pas son fils, en vue de vous inculper et vous expulser de la Côte d'Ivoire.

De non éligibilité au poste de Président de l'assemblée nationale : lorsque au lendemain du décès de Charles Bauza Donwahi, le Secrétaire général du Pdci de l'époque Laurent Dona Fologo, homme du nord qui devait être logiquement proposé à la tête du perchoir. On lui a préféré un autre homme. Les diatribes de sa presse traduisaient bien sa tragédie intérieure, faite de haine pour tous ceux qui s'opposaient à sa politique destructrice du tissu national. Pourtant le Pdci-Rda est le produit des gens du nord, qui par civilité, ont accepté le Président Félix Houphouët-Boigny, comme leur leader. Sans les gens du nord comme le mystique Gon Coulibaly, Yaya Cissé, Guibo Soukalo, le Pdci ne serait pas devenu ce qu'il est. Le fait que les tenants actuels veulent identifier le Pdci au seul V baoulé est ingrat et peut à court terme, disloquer le parti et le pays avec, et ce n'est pas un Bédié qui pourra colmater les brèches.

Et c'est pourquoi tous ces faits et méfaits ont amené à la création des partis dont le Rdr et l'Udpci. Pour le Rdr, nous avons choisi votre personne, sur suggestion de Phillipe Yacé déchu de son perchoir pour des questions tribales. Ce dernier d'une intégrité exemplaire, ne s'associait pas à notre initiative. Mais partageait l'idéal qu'animait notre démarche.

Cher neveu, ce rappel s'adresse à vous, à votre conscience d'homme, qui se transforme peu à peu en un roc, qui s'identifie à une vengeance répétitive qui n'a de comparaison que le coeur d'un Français sans âme et d'un Américain sans identité. Ceux qui vous ont précédé, ont dirigé ce pays en considérant notre culture, notre identité. Sinon comment comprendre que des hommes d'Etat qui ont fêté leurs milliards alors que le peuple mourait de faim n'ont pas été inquiétés, ni jugés ? Et comment comprendre, venu à la rescousse d'une Côte d'Ivoire moribonde, Premier ministre à l'époque, vous avez bradé l'essentiel du tissu économique, qui, à court terme, devait aboutir à la fameuse dévaluation, mettant en péril l'âme de la Côte d'Ivoire. Faut-il vous soustraire de cette comédie de gestion qui ne pouvait qu'aboutir à l'avènement du Président Laurent Gbagbo, à qui on veut faire porter tout un chapelet de crimes? Faut-il laisser écrire l'histoire des vainqueurs sur le papier du mensonge alors que le Président Laurent Gbagbo n'est pas le produit qui a modelé l'actuelle situation ?

Non, monsieur Alassane Ouattara ! Vous êtes dans le même bateau avec ceux qui vous ont précédé. Vous êtes en attente du temps pour écrire l'histoire vraie que seule la génération future appréciera. Alors monsieur Alassane Ouattara, vous qui êtes le petit fils de l'empereur Ouattara dont le règne était fait d'équité et de justice vous ne pouvez, petit fils de Mangan Cissé, le roi des rois de l'empire du Ghana, vous autorisez à commettre de l'injustice face à une situation qui ne demande que la mesure.

Monsieur Alassane Ouattara, une justice sans le savoir n'est pas une justice, un savoir sans justice n'est pas un savoir. La faute du Président Laurent Gbagbo, n'a rien de criminel. Et les faits qui lui sont reprochés semblent être le fait de notre désir de nuisance. Ce qui indique bien qu'il n'a fait que terminer l'oeuvre de ses prédécesseurs. Et si le hasard a fait de vous le nouvel homme fort, faites attention à vous-mêmes. Car autant responsable que vos prédécesseurs, les actes que vous posez aujourd'hui ne se différencient pas du passé. Et l'histoire, mon fils, est têtue. Alors, évite à la Côte d'Ivoire, à ses enfants, ces procès qui n'ont ni tête ni queue, qui à long terme ou à court terme, vous balanceront dans les geôles de l'histoire et nos compatriotes Dioulas en souffriront. Parce qu'ils ne savent pas que le pouvoir temporel ne s'identifie pas à un homme, à une race. Vous êtes un économiste, je vous demande de faire l'économie d'un procès pour que vous puissiez appliquer votre savoir pour des bonnes causes. Faites l'économie d'un procès, pour ne pas être victime de vos alliés. Notamment les Forces nouvelles qui n'attendent qu'une petite erreur pour s'accaparer le pouvoir. Et j'ose croire que ce premier faux pas sera l'ouverture d'un procès contre nature.

La Côte d'Ivoire a besoin d'une démocratie humaine. Et non une démocratie tribale, et si vous ne le savez pas, vous êtes dans le collimateur du temps. Savez-vous ce que c'est que le temps ? Et bien, c'est l'affirmation de Dieu. Il vous dit, par ma voix, que l'homme Laurent Gbagbo est innocent. Il vous dit aussi de vous réconcilier avec lui et de l'amener dans le jeu démocratique, pour qu'il s'exprime, qu'il se désavoue dans le jeu démocratique. Les Ivoiriens n'ont pas d'animosité entre eux. Ils vaquent à leur occupation, seulement, ils ont faim. Ce qu'ils veulent, c'est du travail, la paix et la liberté. Et non des procès dont tout le monde est fautif.

Mais sachez, aux dires des uns et des autres, un procès transformera la Côte d'Ivoire en un pays ingouvernable, cela malgré vos talents. Ce ne sont pas vos armées qui empêcheront le peuple de se défaire de ce nouveau joug colonial. Je suis Dioula, musulman et fils d'Iman. Je dis et je le répète, ne laissez pas rentrer seul dans l'histoire le Président Laurent Gbagbo. Et sachez que sans le Président Laurent Gbagbo et sa suite, il n'y a pas de développement apaisé. Et sans le Président Laurent Gbagbo, il n'y a pas de sécurité pour vous. Parce que vous êtes seul parmi les soixante ethnies, si jamais la raison ne vous revient pas.

Enfin, monsieur Alassane Ouattara, je ne suis d'un parti que lorsque ce parti incarne la liberté, la tolérance. La création du Rdr devait, dans la conquête comme dans l'exercice du pouvoir, nous inscrire dans des grands partis et vous devez vous installer dans l'histoire des grands hommes comme les Nelson Mandela. Mais aujourd'hui, je me pose la question de savoir qui de vous et le Président Laurent Gbagbo est démocrate ? N'est-ce pas aux ex-rebelles qu'il appartenait de l'incarcérer? Parce que vous êtes censé ne pas être de connivence avec l'insurrection. Votre devoir devait être de défendre un Président pour que vous ne subissiez pas, les mêmes vexations que votre prédécesseur. N'est ce pas grâce à lui que vos différentes pièces administratives vous ont été livrées, notamment : le certificat de nationalité, votre carte d'identité, votre passeport ivoirien, votre éligibilité et votre dignité d'homme Ivoirien. Comment pouvez-vous accepter de pourfendre cet homme de cœur qui a trahi ses proches. Parce qu'il vous a donné tous vos papiers. Alors que pour ces mêmes papiers, les autres vous pourchassaient par Interpol, dans le monde entier.

A la lumière de ce que je vois, je crains de savoir que les grands vainqueurs de ces élections ne sont pas les partis et leurs leaders. Mais bien les combattants rebelles. Et si je ne m'abuse, ce sont eux qui devaient être au pouvoir pour juger les trois (03) Présidents que sont : Bédié, Gbagbo et vous-même. Peut-être, avec ceux-là et avec l'âme d'Africains lucides qu'ils ont, ils auraient évité à la Côte d'Ivoire sa dislocation et son érection en département français.

Pourquoi au Mali n'a-t'on pas fait un grand procès à Moussa Traoré? Et pourtant, le Mali se porte mieux ! Pourquoi Nelson Mandela, le grand Mandela, n'a t-il pas emprisonné tous les blancs qui l'ont incarcéré pendant 27 ans ?

Monsieur Alassane Ouattara, vous êtes devant l'histoire, mais sachez que la vraie victoire, celle qui vaut d'être vécue, est celle que l'on a sur soi-même.

 

A quoi sert la victoire ?

A quoi sert ta victoire ?

Des morts et des morts élus après ta victoire

Et des prisonniers qui aux larmes sèches te regardent, regardent ta victoire

Sans âme, plus que tu es victoire sans être né comme les autres

De multiples cimetières, qui à perte de vue, gisent des hommes

Des femmes, des enfants qui ne voulaient que vivre

A quoi sert ta victoire, seigneur, toi qui est venu de loin de très loin ?

Et conquérir le cœur des peuples des cimetières

Qui aujourd'hui sombrent dans l'épée et pour l'épée sur l'existant qui n'est plus

A quoi sert ta victoire, toi qui viens de loin dans ce lointain pays qui n'est pas le mien ?

A quoi sert ta victoire, sinon remplir à nouveau tes cimetières avec ses hommes et ses femmes prisonniers ?

Dont tes protecteurs veulent qu'ils soient pendus, fusillés par les cordes d'esclaves

Par les armes qui ont fait leur preuve en tuant notre peuple sans arme

A quoi sert ta victoire, juvénile victoire?

A te pendre dans le temps, dans le bref temps de l'histoire.

 

Abou Cissé,

Membre fondateur du Rdr et combattant de la liberté

 

In le quotidien ivoirien « Le Temps » du 06 octobre 2011.

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

jeudi, 06 octobre 2011

UNE DES FILLES DU COUPLE GBAGBO PARLE...

ANTOINETTE GBAGBO.jpg

Dans ce témoignage poignant, Marie-Antoinette Singleton, une des filles du couple Gbagbo qui vit aux Etats-Unis, parle de ses parents et de son frère Michel, auxquels elle n'a pas le droit de parler, même par téléphone. Elle évoque également sa certitude que le combat mené par ses parents vaut la peine d'être mené. Et se terminera par la victoire de la Côte d'Ivoire indépendante.

 

Cela fait plus de cinq mois que vos parents et votre frère Michel ont été arrêtés. Avez-vous des nouvelles régulières d'eux ? Si oui, ces nouvelles sont-elles rassurantes ?

Non, nous n'avons pas de nouvelles régulières d'eux. Mais ça va ! Ils se portent bien, selon ce que nous avons pu avoir comme informations. On ne nous a pas encore donné l'autorisation de leur parler ni de les voir. Mes avocats se battent pour ça. Une lettre en ce sens a été envoyée au ministre de la Justice qui a refusé tout simplement...

Votre famille a subi de gros chocs émotionnels. Comment on survit à une telle bourrasque ?

Toute la famille a été déstabilisée, dispersée. Mais ayant grandi dans un environnement de combattants, ce n'est pas qu'on souhaite des choses pareilles mais on se fait un moral plus ou moins prêt à résister à de telles bourrasques. Et on bénit Dieu qu'ils soient en vie, c'est l'essentiel. Et comme il s'agit d'une vision... La vision n'est pas morte, nous avons l'espoir de voir la vision s'accomplir. Ça suffit pour tenir bon. Pour ce qui est du quotidien, on est obligés de se réorganiser. Parce que tout le monde a été délocalisé...

Et vos sœurs, elles vont bien ?

Oui, elles vont bien.

Quel regard portez-vous sur les premiers mois d'Alassane Ouattara ? Lors des moments les plus durs d'avril, on vous a entendu avec des accents politiques. Et nous sommes curieux d'avoir votre analyse sur ce régime qui a déjà passé l'étape symbolique des cent premiers jours. Que pensez-vous d'eux ? Avez-vous eu des contacts avec eux ? La réconciliation qu'ils prônent vous semble-t-elle envisageable ?

D'un point de vue personnel, je trouve qu'ils ne font pas un bon boulot. Même s'ils semblent avoir des raisons de kidnapper des gens pour leurs opinions politiques, je ne comprends pas pourquoi le contact avec la famille devrait être un problème. Je ne comprends pas pourquoi ils ne permettent même pas un coup de fil. C'est aberrant, cela n'a pas de sens.

Au-delà de cet aspect personnel, familial, j'étais le vice-consul à Washington. Quand il y a eu ces événements,  je me suis retirée. Et j'ai reçu une note du ministère des Affaires étrangères me demandant, en tant que diplomate, de rentrer sur Abidjan. Ce qui n'est pas envisageable. Je n'ai plus personne à Abidjan. Tous nos domiciles ont été totalement pillés. Tout ce qui n'a pas été emporté a été détruit.  J'ai fait savoir à l'ambassadeur que je n'étais en mesure de rentrer.

Pour ce qui est de la réconciliation, il faut que les gens soient réalistes. Il y a un grand nombre de personnes qui sont réfugiées à l'étranger, apeurées. Certains continuent à subir des exactions. Il ne faut donc pas rester dans la théorie. Il faut porter des actions concrètes sur le terrain qui montrent le désir de voir les gens se réconcilier.

Vous vous êtes beaucoup impliquée dans le plaidoyer, au service de la cause des vôtres et des autres détenus politiques. Avez-vous eu des contacts haut placés dans ce cadre, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ?

GBAGBO ET SIMONE.jpg

J'ai surtout des contacts avec la population. C'est une action qui concerne avant tout les Ivoiriens. C'est vrai que mes parents sont impliqués, à un niveau suffisamment haut. Mais tous les Ivoiriens que je connais ont subi une perte. C'est au niveau de la communauté que nous travaillons, que nous menons des actions.

Des ONG de défense des droits de l'homme, des gouvernements étrangers vous ont écoutée ?

Pas de gouvernement étranger pour ma part. Le sénateur Inhofe, ici aux Etats-Unis, est très impliqué et nous essayons de lui donner le maximum d'informations. J'ai envoyé un courrier au secrétariat général de l'ONU et à la structure spécialisée chargée des droits de l'homme. Sans réponse.

Durant les bombardements, est-ce que vous vous êtes dit, à un moment donné, que votre place était aux côtés de vos parents, de votre mère, à la Résidence, plutôt qu'au chaud, d'une certaine manière ?

Non. Je ne crois pas que quelqu'un aurait envie de se retrouver dans cette atmosphère-là. Je me suis  dit que si Dieu a permis qu'un membre de la famille soit à l'extérieur c'est pour une raison. Rien n'est le fruit du hasard quand on croit en Dieu. Il a sans doute permis que je sois à l'extérieur pour donner un autre son de cloche, le point de vue de la famille. C'était une expérience traumatisante d'après ce que tout le monde m'a dit. Mes sœurs, mes amis... Des gens qui n'étaient même pas à la Résidence mais dans les environs en sont sortis traumatisés. Je pense que personne ne souhaiterait vivre ça.

Quelle image de tous ces événements vous a le plus marquée ?

Le souvenir le plus douloureux, ce sont les humiliations que certaines personnes comme le gouverneur Dacoury-Tabley ont subies. C'est allé vraiment trop loin. C'était énorme. J'ai lu au-delà de la première réaction d'humiliation, de violence contre la Première Dame, le président et Michel, j'ai vu des gens qui subissaient quelque chose sur la base de la vision qu'ils ont. Quand je vois les photos de la Première Dame par terre, les cheveux arrachés, je vois la violence, certes. Mais je vois aussi la sérénité sur son visage. C'est un combat qu'elle mène depuis qu'elle est jeune. Un combat pour la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique. Personne n'enlèvera cette conviction de son esprit. Dieu étant fidèle, lorsqu'on met sa cause dans la main de Dieu, on ne se laisse pas envahir par l'anxiété. Je n'ai pas vu la peur sur leur visage, ni sur le visage de Michel. Michel avait du sang sur la tête, sur le dos, mais il avait les mains croisées. Je n'ai pas vu de panique sur son visage. Et moi je rends gloire à Dieu pour ça. Et pour les films qu'on a pu voir du président à l'hôtel du Golf. Il expliquait seulement ce qui venait de se passer, et ce qu'il avait suggéré de faire. Passé l'effet de violence, j'ai vu des gens qui croient en leur combat. Et qu'ils font ce qu'il faut faire. Si les humiliations sont le prix à payer, ils sont prêts à payer ce prix-là.

Que pensez-vous de l'attitude et de la démarche politiques de Mamadou Koulibaly qui était le numéro deux du système Gbagbo ?

Moi, je n'étais pas du tout impliqué dans la politique, vous savez. J'ai suivi ces choses-là de loin. Je ne connais pas les motivations de Mamadou Koulibaly, le raisonnement qui l'a amené à prendre une telle décision. J'avais déjà été déçue de voir qu'il n'a pas pris en main le problème de succession. La solution pour moi était qu'il prenne le pouvoir dans le chaos que nous avons vécu après le 11 avril. Il ne l'a pas fait. Il a choisi de faire autre chose. Aujourd'hui, il décide de se séparer du FPI. Je ne sais pas s'il a cru en cette vision. Parce que dans la matérialisation d'une vision, il y a des choses qui ne sont pas forcément positives, qu'on n'approuve pas. Mais cela ne nous pousse pas à abandonner cette vision pour autant. Si le président Gbagbo devait laisser tomber sa vision sous prétexte que les individus ne faisaient pas leur part du travail, le FPI n'existerait pas. La démocratie n'existerait pas en Côte d'Ivoire. Il faut comprendre la vision et être prêt à payer le prix et à porter le fardeau. Manifestement, nous ne sommes pas nombreux à réfléchir comme cela. C'est bien dommage, mais on verra jusqu'où les choses iront. Quand on parle de vision, on ne se limite pas aux hommes. Parce qu'il  y en aura toujours pour la porter.

On a senti des dissensions entre des collectifs d'avocats se réclamant de la défense du président Gbagbo...

Je ne souhaite pas en parler parce que ce n'est pas très beau et cela peut faire irrespectueux. Le moment viendra certainement où ces questions-là seront résolues.

En tant que femme, que diriez-vous à Dominique Ouattara si vous l'aviez en face de vous ?

Franchement, je ne sais pas, je ne pense pas à elle... Donc je n'ai pas de propos préparé. Il faut peut-être que je réfléchisse à ce sujet...

Et si vous aviez Simone Ehivet Gbagbo en face de vous ?

(Rires). Que je l'aime énormément, que je suis fière d'elle, qu'elle m'inspire, et que je suis prête à porter le flambeau, à marcher dans ses pas. Je vais m'organiser pour. Je lui dirai de tenir bon, parce que le Dieu qu'elle sert est fidèle. Cette vision qu'il leur a donnée pour la Côte d'Ivoire, elle s'accomplira certainement.

Que diriez-vous aux Ivoiriens qui vivent dans le pays, qui ont cru en Laurent Gbagbo et qui sont aujourd'hui apeurés après une répression qui n'est toujours pas terminée ?

Je leur dirai que le combat vaut absolument la peine d'être mené. Personne ne viendra mener à notre place le combat de libération de notre pays. C'est difficile. Je suis de tout cœur avec eux. Je ne demande à personne de faire des actes de folie. Ce qu'il faut savoir, c'est que nous avons un devoir de libération vis-à-vis de notre pays et de notre continent. Et que si nous ne prenons pas sur nous de le faire, les générations prochaines le feront. C'est une réaction naturelle. Tous les peuples aspirent à cette liberté et passent par des moments difficiles pour l'acquérir. Nous devons passer par ces moments difficiles. Le combat ce n'est pas seulement d'être dans la rue, de manifester. Mais si chacun a son niveau choisit de rectifier les erreurs qui nous ont mené là où nous sommes et choisit de marcher différemment, c'est déjà le début du combat. Que chacun quotidiennement fasse sa part. Tout le monde n'est pas soldat. Mais ce combat, nous devons de toute façon le mener.


Recueilli par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

PLAINTES DEVANT LA CPI, LE TEMPS PRESSE!

COUR PENALE INTERNATIONALE.jpg

Chacun a jusqu'au 31 octobre pour envoyer sa plainte et/ou dénonciation des violations et crimes de guerre de tout ordre (violation des Droits de l'Homme, crimes économiques, etc) commis entre 2002 et 2010, à la CPI. Même un simple mail qui détaille les faits et l'accusation suffit. Celui qui le désire peut faire une lettre postale. On peut le faire en tant que victime, ayant-droit ou simple témoin, individuellement ou en tant qu'association.

Il faut que les faits soient clairs et précis avec des noms, dates et lieux. On peut accompagner cela de pièces à conviction (ce n'est pas une obligation) comme des enregistrements vidéo (même YouTube est permis), des coupures de presse (journal papier ou article en ligne), des rapports d'ONG internationales comme Amnesty, Human Rights, Croix Rouge et d'ONG locales Lidho, Fidhop, etc...

Email : otpnewsdesk@icc-cpi.int

Adresse postale:
International Criminal Court
Po Box 19519
2500 CM, The Hague
The Netherlands

A chaque patriote sa plainte ou dénonciation. Ne restons pas les bras croisés. Chacun est/connaît au moins une victime. C'est le moment d'agir, ne perdons pas de temps, ne soyons pas passifs. Ne remettons pas à demain.


La lutte continue !!!