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mercredi, 05 octobre 2011

URGENT: COMMUNIQUE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO

 

KONE KATINAN JUSTIN.png

Ce lundi 3 octobre 2011, la Cour Pénale Internationale a rendu public un communiqué selon lequel, la Chambre Préliminaire III a autorisé le Procureur de la République Près de cette Cour, à ouvrir une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Cote d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

Les juges ont, par ailleurs, demandé au « Procureur de leur fournir toutes les informations supplémentaires qui sont à sa disposition sur les crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Suite à ce communiqué de la CPI, le Président Laurent GBAGBO fait les observations suivantes:

A/ La période couverte par l'enquête

L'autorisation de l'ouverture de l'enquête donnée par la Chambre préliminaire ne concerne que la période qui court à partir du 28 novembre 2010. Le Président GBAGBO fait remarquer que cette période est celle demandée par monsieur Ouattara, partie prenante au conflit.

Le Président Laurent GBAGBO s'interroge sur la raison pour laquelle l'autorisation de l'ouverture de l'enquête ne concerne que la période demandée par son adversaire, Monsieur Ouattara, alors que la chambre s'intéresse également aux crimes commis depuis 2002, qui est l'année de départ de la rébellion armée qui se réclame de Monsieur Ouattara. Pourquoi n'a-t-elle pas attendu d'avoir suffisamment d'informations sur le reste de la période de la crise pour laquelle elle sollicite des informations supplémentaires ?

La jonction des faits entre les deux périodes étant une évidence, il aurait été juste que la Chambre reçoive toutes les informations sur les deux périodes qui en fait, ne font qu'une seule, puisque la situation post électorale n'a été qu'une pique comme il y en a eu d'autres depuis la rébellion armée de 2002, dont tout le monde sait maintenant qu'elle agissait pour le compte du Président OUATTARA. L'alignement de la Cour sur la volonté d'une seule partie au conflit jette une suspicion sur sa décision. Cette suspicion se renforce lorsque l'on prend en compte les circonstances troublantes de l'ouverture de cette enquête.

B/ Les circonstances de l'ouverture de l'enquête

Le Président Laurent GBAGBO tient à informer l'opinion publique nationale et internationale que l'autorisation d'enquête est intervenue le lendemain de la visite qu'a effectuée monsieur Michel MERCIER, le Garde des sceaux et Ministre de la Justice et des libertés du Gouvernement Français, le jeudi 29 septembre 2011. Au cours de cette visite, il a rencontré respectivement le Président de la Cour, Monsieur SANG HYAN SONG et Madame le Greffier en Chef, Madame Silvana ARBIA.

Cette visite est intervenue immédiatement après celle effectuée par l'émissaire du Gouvernement Ivoirien, le ministre des droits de l'homme, qui s'est également rendu à la HAYE au siège de la CPI pour y rencontrer les responsables de cette Cour après avoir été reçu préalablement par les autorités françaises. L'on se rappelle des déclarations qu'il a faites à la presse selon lesquelles, le transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI constituait la condition de la réconciliation en Cote d'Ivoire et permettrait de dépassionner le débat sur les élections législatives.

Enfin, cette ouverture d'enquête intervient quelques jours seulement après la première rencontre que le Président Ouattara a enfin daigné accorder aux partis et groupements politiques qui sont proches du Président L. GBAGBO en vue de relancer le débat politique, condition sine qua non d'une vraie réconciliation.

Les visites de l'émissaire du Gouvernement ivoirien et de l'émissaire du Président SARKOZY, quelques jours seulement avant l'autorisation de l'ouverture de l'enquête ne peuvent nourrir que des suspicions sur la crédibilité de cette décision. Ces visites confirment le rôle politique que l'on veut faire jouer à la Cour. Le Président GBAGBO voit en la présence de l'émissaire du Président français à la HAYE, la manifestation visible de la pression politique que Monsieur SARKOZY exerce sur la Cour. Ce dernier continue d'utiliser le pouvoir d'État que le Peuple français lui a confié pour s'acharner contre lui et le peuple ivoirien.

Par ailleurs, il faut bien s'inquiéter de l'impact que pourrait avoir l'ouverture d'une enquête judicaire suffisamment politisée sur le débat politique qui semble s'amorcer en Cote d'Ivoire. Le Président GBAGBO émet des doutes sérieux sur la volonté de ses adversaires à aller à la réconciliation nationale qu'ils disent pourtant rechercher.

En définitive, le Président GBAGBO, reste attaché à la justice qui s'établit sur la vérité des faits. Le Président GBAGBO tient à ce que le monde entier sache ce qui s'est passé dans son pays. Il attend que l'on lui explique pourquoi, alors qu'il a été élu démocratiquement en 2000, une rébellion armée dont l'on connaît maintenant tous les parrains, a attaqué son pays dans l'indifférence de la Communauté Internationale. Il voudrait savoir également pourquoi l'armée française a tué les ivoiriens en 2004 et en 2011 dans le silence du monde entier.

Le Président GBAGBO attend que la lumière soit faite sur tous ces crimes et tous les autres que l'on tente de cacher. Il attend que le droit soit dit et que justice soit rendue non pas seulement pour faire plaisir aux vainqueurs de la guerre illégale qui lui a été livrée, mais pour qu'enfin, la vérité soit définitivement connue sur la crise ivoirienne depuis 2002. C'est à cette fin, qu'il a écrit au Secrétaire Général de l'ONU, Monsieur BAN KI MOON, pour demander la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale à l'effet d'établir la réalité des tueries présumées des femmes d'ABOBO et d'en déterminer le cas échéant, les auteurs et les commanditaires. C'est pourquoi, il dénonce l'activisme de ses adversaires déclarés qui vise à instrumentaliser la Justice pour l'écarter du débat politique, qu'il n'a eu de cesse de réclamer même sous les bombes.

Étant engagé sans réserve dans le combat pour la souveraineté des peuples africains, le Président GBAGBO s'insurge contre le fait que les juridictions ivoiriennes, expression de cette souveraineté soit dessaisies du simple fait de la volonté du Président SARKOZY, d'un dossier aussi important qui intéresse en premier chef le Peuple Ivoirien.

Il est bon que l'opinion sache que le département des droits de l'homme de l'ONUCI émet aussi des réserves sur l'éventualité d'un transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI, puisqu'il ne constitue pas une menace pour la paix sociale en Côte d'Ivoire.

Enfin, le Président Laurent GBAGBO considère comme relevant de la diffamation, les propos relayés par certaines presses, notamment l'Agence France Presse (AFP), selon lesquels la crise postélectorale est née suite à son refus de reconnaitre la victoire de M. OUATTARA. Ces propos le rendent responsable sans jugement et entame son honneur. Il tient à rappeler qu'il ne s'est pas autoproclamé vainqueur de l'élection présidentielle. Il en a été reconnu vainqueur par une décision souveraine du Conseil Constitutionnel de son pays qui l'a investi également Président de la République. Il a instruit ses avocats d'analyser la possibilité de poursuites judiciaires contres les auteurs de telles affirmations.

 

Le Ministre KONE Katinan Justin,

Représentant et Porte-parole du Président GBAGBO

 

Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 04 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA, LE NOUVEAU BEN ALI DE LA FRANCE?


ALASSANE OUATTARA SUR TF1.png

C’était le 13 septembre dernier. Laurence Ferrari recevait, sur le plateau de TF1, Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Durant cet entretien, la présentatrice de la chaîne parvenait à faire l’impasse sur les sujets les plus dérangeants pour son interlocuteur. Pas un mot sur la grande insécurité qui règne dans le pays, entretenue par les éléments les plus criminalisés de la nouvelle armée, dominée par les ex-rebelles qui ont combattu Laurent Gbagbo durant neuf ans. Aucune question sur les promotions dont ont bénéficié les chefs de guerre accusés, dans des rapports de  l’ONU et des organisations de défense de droits de l’Homme, d’exécutions sommaires ou de recrutement d’enfants-soldats.

Quelques mois plus tôt, une présentatrice de CNN, interviewant Alassane Ouattara, insistait sur le sort d’Hermann Aboa, journaliste de la RTI arrêté pour des faits relevant de l’exercice normal de sa profession, et dont Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, et même certains quotidiens pro-Ouattara, ont demandé la libération. Cette question n’était visiblement pas prioritaire pour la journaliste française, qui a préféré donner l’occasion à Ouattara de parler du phénoménal taux de croissance que la Côte d’Ivoire devrait avoir en 2012, et des grands travaux d’infrastructure engagés par son exécutif. Les mauvaises langues diront que ce tropisme n’est pas étonnant, dans la mesure où Martin Bouygues, actionnaire principal de TF1 et  ami proche d’Alassane Ouattara depuis une vingtaine d’années, à qui la construction du troisième pont d’Abidjan a d’ores et déjà été confiée, est un professionnel du béton…

Aucune enquête sur la fortune de Dominique Ouattara et ses liens avec les «biens mal acquis»

Au-delà de l’anecdote, de nombreux observateurs africains sont frappés par l’incroyable protection dont bénéficie Alassane Ouattara en France, où tout est mis en œuvre dans les cercles politiques et médiatiques les plus influents, pour sculpter sa légende. Opposant, il passait pour la victime immaculée de l’ivoirité, un concept tellement flou qu’il a servi à diaboliser successivement Henri Konan Bédié, Robert Guei et Laurent Gbagbo. Ses propos incendiaires attisant, dès 1999, le «dolorisme» nordique et la fameuse «charte du Nord» rédigée dès le début des années 1990 par ses partisans n’ont quant à eux presque jamais été relevés dans les médias français. Ses relations troubles avec la rébellion qui a éclaté le 19 septembre 2002 alors que son parti avait des représentants au sein du gouvernement de réconciliation mis en place par Laurent Gbagbo n’ont jamais été véritablement interrogés, y compris après que des enquêtes d’ONG comme Global Witness aient mis en lumière la forte implication de cadres de premier plan de sa formation politique dans l’économie de contrebande en zone «occupée» et le trafic du «cacao de la guerre». La fortune de son épouse, dont l’agence immobilière a géré le patrimoine de chefs d’Etat comme Omar Bongo Ondimba, symbole de toute la lutte contre les «biens mal acquis» des  présidents africains en Occident, n’a jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses dans la presse parisienne.

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Durant l’épreuve de force qui a suivi l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la classe politique française s’est alignée derrière Ouattara, au nom de la validation onusienne de son élection, sur laquelle de nombreuses zones d’ombre persisteront toujours. En effet, pour la première fois dans l’histoire mondiale, un organisme chargé de proclamer les résultats d’un scrutin donnait un taux de participation officiel (70%), puis se ravisait plusieurs jours plus tard, et augmentait de 11% ce taux, en validant des centaines de procès-verbaux où le nombre d’électeurs dépassait largement le nombre d’inscrits… Ce détail plutôt comique n’est que l’une des nombreuses données troublantes qui, mises à la disposition de l’opinion, auraient soutenu la demande du camp Gbagbo, qui sollicitait alors un recomptage des voix, comme cela a été fait dans le même type de circonstances à Haïti. Mais, une fois de plus, l’omerta pro-Ouattara a prévalu.

Un establishment politico-médiatique parisien déterminé à soutenir Ouattara

Aujourd’hui, Alassane Ouattara est au pouvoir. Amnesty International a accusé ses troupes d’avoir perpétré le plus grave massacre de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire dans le quartier Carrefour à Duékoué. Un massacre aux motivations purement ethniques, comme le prouvent les cartes d’identité collectées et jetées à proximité des charniers. Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé accusé d’avoir dirigé ce massacre, n’a été ni inculpé ni même désarmé. Il continue de semer la terreur dans la région. Imaginons un seul instant qu’il s’agissait d’un mercenaire à la solde de Laurent Gbagbo durant sa présidence. Qu’aurait écrit la presse hexagonale ?

La détermination de l’establishment politico-médiatique parisien à soutenir Alassane Ouattara est telle que même la mort de Philippe Rémond, un professeur d’Université français, tué selon ses amis par les forces soutenant Alassane Ouattara lors de leur entrée à Yamoussoukro en mars dernier, a été fort peu médiatisée. L’enquête n’a pas avancé d’un pas, aucune inculpation n’a été enregistrée, l’enterrement s’est déroulé dans la plus grande indifférence… Ressortissant français, le fils aîné de Laurent Gbagbo, qui n’a jamais été un activiste de premier plan, est incarcéré depuis plus de cinq mois à Bouna, petite ville du nord du pays. Motif officiel : «il était avec son père», nous apprend le ministre de la Justice de Ouattara.

Sur le terrain du dialogue politique, les choses ne s’améliorent pas en Côte d’Ivoire. Le FPI, parti de Laurent Gbagbo, a suspendu sa participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), pour une raison qui mérite que l’on s’y attarde. La CEI est contrôlée à 95% par des membres de la coalition au pouvoir. En clair, ce sont les partisans de Ouattara qui doivent organiser de bout en bout un scrutin au cours duquel ils seront arbitre et partie. Quand l’on sait qu’en 2003, à la faveur des accords de Linas-Marcoussis, la France faisait pression pour que cette Commission soit plus «équilibrée», alors qu’elle était nettement moins favorable au pouvoir de l’époque, l’on mesure le degré d’amertume qui peut être celui de l’opposition d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Les Français, qui aiment à croire que leur exécutif est l’héroïque accompagnateur des révolutions arabes, avec les promesses de démocratisation qu’elles charrient, doivent se souvenir d’une chose. C’est le soutien œcuménique de la classe politique française, gauche et droite confondues, et l’aveuglement de la presse de leur pays face aux dérives progressives de Zine-el-Abidine Ben Ali, qui ont contribué à forger et à renforcer sa dictature «développementaliste». Petit signe qui vaut son pesant de signification. Ouattara et Ben Ali ont un point commun. Ils ont l’un et l’autre signé des contrats globaux de communication avec Anne Méaux, la patronne d’Image 7, une société chargée de dompter les médias hexagonaux à leur profit.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER.INFO

CRIME DE SANG EN COTE D'IVOIRE: LA CPI LIVRE LES RESULTATS DE SES ENQUETES - OUATTARA ET SORO INDEXES



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Les récentes sorties médiatiques de deux membres du gouvernement Ouattara posent à nouveau la question de la comparution du chef d'Etat ivoirien M. Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale. Selon le ministre des Droits de l'homme et des Libertés publiques du gouvernement Ouattara «un transfèrement du Président, Laurent Gbagbo à la Haye serait à l'étude». Ce transfèrement, selon lui «faciliterait le processus de réconciliation».

Dans le même registre, Guillaume Soro déclarait "La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis dans les journaux .Il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. « Mais arrêtons! », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Bouaké : «Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », a-t-il poursuivi à l'adresse des partisans du président Gbagbo.

Visiblement cette course de vitesse engagée par le camp Ouattara aurait pour but de dépassionner le débat à la veille des élections législatives prévues le 11 décembre 2011 et alors même que les bruits d'un possible coup de force ne se dégonflent toujours pas du coté d'Abidjan. Des arrière-pensées de politique intérieure seraient donc à la base de cette subite accélération du gouvernement Ouattara. La Cpi ne devrait cependant pas se laisser embarquer dans cette course à l'échalote si elle ne veut pas voir sa crédibilité sérieusement entamée. Les opposants d'Alassane Ouattara ont cru déceler dans cette agitation gouvernementale une tentative d'instrumentalisation de la Cpi par son gouvernement.

A propos de la crise ivoirienne, le procureur de la Cpi, M Luis Moreno-Ocampo avait demandé en juin dernier, l'autorisation des juges pour diligenter une enquête impartiale sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Côte d'Ivoire depuis la dernière élection présidentielle, le 28 novembre 2010.

Effectivement et pour faire suite à la requête du camp Ouattara, la Cpi a enquêté en Côte d'Ivoire et remis un rapport intitulé «situation in the Republic of Côte d'Ivoire». La version publique de ce document est consultable en ligne à l'adresse suivante : http://www.icc-cpi.int/iccdocs/ doc/doc1223025.pdf

Les dépositions des victimes y ont été classées en deux groupes. Celles relatives à des faits ayant eu lieu avant le 28 novembre 2010 et celles qui sont liées à des faits postérieures à cette date. Les juges de la Cpi ont sélectionné des faits classés comme des atteintes graves aux droits humains. Sur un ensemble de 655 victimes interrogées, 567 ont déclaré faire partie du lot concerné par les violences de l'après 28 Novembre. Lorsque les juges se sont penchés sur les auteurs de ces crimes, il est apparu très clairement que les hommes de Ouattara ont été les responsables des violences sur 3/4 de cette population et les hommes de M. Gbagbo sur 1/4.

Les juges se sont aussi penchés sur le cas des victimes de la période antérieure au 28 novembre 2011. La responsabilité des hommes de Ouattara et Soro est presque totale dans ce dernier cas de figure. 68% attribuée aux hommes de M. ouattara, 28% aux hommes de Guillaume Soro et 4% aux hommes de Gbagbo.

Au regard de ce document, les trois principaux responsables des crimes contre l'humanité perpétrées en Côte d'ivoire ces dernières années, sont clairement identifiés. Messieurs Alassane Ouattara, Guillaume Soro et le président Laurent Gbagbo.

S'il s'agit de punir ceux qui ont été sur le terrain alors ce sont les chefs militaires qui ont fait exécuter les ordres de barbarie qui devront être recherchés et poursuivis. Mais si à l'inverse ce sont les hauts responsables politiques qui devront répondre, alors les trois cités nommément par le rapport de la Cpi devraient être tous convoqués par la Cpi.

Ouattara et Soro Guillaume peuvent s'appuyer sur leur logique de «justice des vainqueurs» en Côte d'ivoire, mais on ne voit pas vraiment pourquoi la Cpi prendrait le risque de se décrédibiliser en les suivant dans cette logique et surtout après avoir rendu publique ce document.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

MICHEL GALY: POURQUOI OUATTARA ET SORO RISQUENT LA CPI


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Après l'intervention militaire d'Abidjan en avril dernier, l'Onuci, et au-delà le système des Nations unies, ont renoué avec leur pire histoire : ainsi l'Histoire rappelle que l'action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigu, notamment en se faisant le relais des intérêts américanos belges, et contribuant à créer la situation qui a livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l'ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui dès fin 2010 dénonçait cette situation) le représentant du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, M. Choi, a fait plus : proclamant dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis M. Ouattara élu (au lieu de certifier l'élection comme le prévoyaient les accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes. La « responsabilité de protéger »est bien morte début avril : détournant la résolution 1975 lui permettant de détruire les armes lourdes menaçant les civils, l'ONU est intervenu par des hélicoptères d'assaut en tuant, à l'inverse de son mandat et à l'encontre du droit international, des civils désarmés -quelques centaines ou quelques milliers ? En même temps que la résidence et la présidence, les hélicoptères de M. Choi ont en effet délibérément bombardé des camps habités par des familles de militaires (Agban et Akouédo), un supermarché, une université et un hôpital- puis ont tiré sur des civils proches du président Laurent Gbagbo, qui essayaient de faire autour de lui un bouclier humain, pour protéger leur régime et leur Constitution.

Transformant en cibles vivantes les personnels occidentaux et même africains des agences des Nations unies, cette forfaiture risque d'avoir de très graves conséquences pour l'institution et l'idéal de concorde entre nations égales, qu'elle a autrefois représenté : déjà au Nigeria, le mouvement fondamentaliste Boko Haram s'en est pris violemment aux membres des Nations unies (18 morts à Abuja, fin août dernier), et il est à craindre que ces actes se multiplient.

Crimes de guerres que partagent les militaires français de Licorne, forces spéciales faisant prisonnier un président nommé par son Conseil Constitutionnel en déployant chars et hélicoptères pour participer au même massacre : quand les donneurs d'ordre rendront-ils des comptes ?

Mais ce sont surtout Alassane Ouattara et son chef de guerre, Guillaume Soro, qui pourraient dans l'immédiat relever de la Cour pénale internationale, pour le « massacre d'Abidjan » commis pendant les mois d'avril et mai dans la capitale, l'épuration ethnique en brousse contre les peuples Guéré, Bété et Attié, faisant suite au massacre de Duékoué -plus de mille victimes hommes, femmes et enfants- à tel point que le CICR est sorti de sa neutralité pour condamner implicitement le camp Ouattara pour cet acte qui pourrait être qualifié de génocidaire.

Quelle retenue des chancelleries, des médias et des « organisations des droits de l'homme » devant ces crimes de guerre - et pour certains, de génocide ! Il apparaît que les FRCI pro Ouattara ont exterminé en deux mois plus de 3000 ivoiriens au bas mot, le massacre étant « protégé » par les patrouilles de la force Licorne et de l'ONUCI qui, au lieu de sauvegarder les civils, ont laissé faire - et pourraient logiquement être poursuivis pour cette passivité ou même pour leur complicité.

Les ONG et le CICR n'en sortent pas indemnes : ils ont les chiffres et des morts civils de la « bataille d'Abidjan » (la Croix rouge ivoirienne ayant, par exemple, ramassé les cadavres) et des milliers de morts de la conquête de la capitale ou des colonnes infernales en brousse- et se refusent à les communiquer, renforçant par leur silence la gouvernance Ouattara.

Qu'ils aient ordonné ou échoué à empêcher ces massacres - l'instruction le dirait -, Guillaume Soro et Alassane Ouattara en portent la responsabilité politique- ni plus ni moins que Jean Pierre Bemba ou Charles Taylor dans leurs procès respectifs. Si leur menace perpétuelle est actuellement de déférer Laurent Gbagbo à la CPI, leurs actes les rendent eux aussi passibles du même tribunal : nul doute que cette institution internationale, suspectée et même accusée d'être un relais des intérêts occidentaux et de pratiquer le « deux poids deux mesures »  en Afrique voudra pour une fois équilibrer les inculpations.

Bien plus, depuis 2002, ces deux leaders du RDR et de la rébellion (dont 2011 a démontré la complicité active depuis leur coup d'Etat, en 2002) sont judiciairement comptables du « système de violence continue » qui a livré Bouaké, Korhogo et la partie septentrionale du pays à l'arbitraire total d'une guérilla sans foi ni loi, si ce n'est aux exactions bien pires des Dozos. Combien de milliers de morts (sans doute plus de 8000 cadavres au passif des rebelles !), viols, ou exactions criminelles sont impunis et parfois méconnus ? Leur défèrement éventuel à la CPI sera l'occasion de faire la lumière sur ces violences et de les punir enfin, tout en révélant les bailleurs de fonds, instructeurs et complices occidentaux (et sans doute français !) de la déstabilisation, depuis une décennie, de la Cote d'Ivoire.

Il est cependant une autre voie : devant cet équilibre de la terreur judiciaire, un pas vers la libération des prisonniers et des déportés politiques, une annulation de toute procédure judiciaire permettant leur réintégration dans le jeu politique en vue des législatives de décembre.

Bien sûr, cela suppose aussi que des conditions équitables soient remplies : les partisans de Laurent Gbagbo ont actuellement 3 délégués sur 31 (à la Commission Electorale Indépendante, Ndlr), les mouvements fantômes rebelles en possédant autant ! Présidée par Youssouf Bakayoko par qui le coup d'Etat franco-onusien a été légitimé, cette institution très contestée prévoit de réintégrer des dizaines et peut-être des centaines de milliers d' « électeurs » pro Ouattara sur les listes électorales (sans compter les milliers de sahéliens s'installant dans la « nouvelle Cote d'ivoire », selon eux, le « pays de tous ») : qui peut aller aux élections avec une commission électorale partisane et des listes d'électeurs truquées ?

Et que se passerait-il si l'Elysée cessait d'être un protagoniste et arrêtait de souffler sur les cendres du conflit ? Les élections françaises de 2012 pourraient être l'occasion pour une majorité de gauche de rompre avec le camp du néolibéralisme et de la Françafrique la plus sanglante, ce qu'incarne Alassanne Ouattara. Si l'Occident retirait ses deux contingents militaires, Licorne et Onuci, la régulation du conflit se ferait spontanément- et sans nul doute, pour Abidjan et le Sud, au profit des partisans de Laurent Gbagbo.

Une solution négociée n'est elle pas meilleure que ces perspectives ? Une judiciarisation du conflit, au lieu de conduire à la réconciliation, serait à coup sur le signal du retour à la violence, si ce n'est à la guerre civile.

 

Par Michel Galy


Source : LE GRI-GRI INTERNATIONAL

dimanche, 02 octobre 2011

VOICI LE DOCUMENT EXPLOSIF REMIS PAR LE FPI ET LE CNRD A ALASSANE OUATTARA



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INTRODUCTION

Le Front Populaire ivoirien (Fpi) et ses alliés du congrès national pour la résistance démocratique (Cnrd) accueillent avec beaucoup d'espoir ce début de dialogue républicain à travers l'audience que lui accorde le Président Alassane Ouattara ce jeudi 30 septembre 2011 au Palais de la Présidence. Faisant suite à trois (03) demandes d'audience dont deux (2) émanant du Cnrd dans son ensemble et une (1) du Fpi seul, cette rencontre ouvre, nous en sommes persuadés, la voie à la réalisation de la démocratie pleine et entière dans la côte d'ivoire post crise électorale.

Aussi convient-il d'accorder la plus haute priorité à l'ouverture du dialogue politique pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Dès lors, saisissant cette opportunité historique le Fpi/Cnrd qui entend pleinement assumer sa position de parti dans l'opposition en toute responsabilité entend exposer sans ambiguïtés le constat qu'il fait de l'environnement politique actuel. Mais pour éviter un exposé trop «large et éparpillé», il se concentrera sur les préoccupations urgentes liées à la sécurité, à l'Etat de droit et au fonctionnement des institutions de l'Etat, à la réconciliation nationale et au jeu démocratique.

Ce faisant, les élections à venir, revêtent pour le Fpi/Cnrd, des enjeux de taille non seulement parce qu'elles représentent un repère majeur pour la paix dans notre pays mais aussi et surtout, elles réconcilieront les ivoiriens avec les institutions de la république qu'ils se sont librement données à travers la constitution. Car en vérité, la représentativité d'un parti politique fusse-t-il dans l'opposition se mesure à sa représentation nationale quand la crédibilité des dirigeants d'un Etat se jauge par l'organisation d'élections transparentes, crédibles, ouvertes et acceptées de tous. C'est donc le lieu pour nous de réaffirmer notre doctrine d'accession au pouvoir d'Etat par les urnes et notre disponibilité à assumer notre part dans les prochaines élections.

Celles-ci intervenant après une crise post électorale sanglante ne sauraient être une opération toute «banale». C'est pourquoi pour assurer à ces élections et singulièrement à l'élection législative, tout son sens il conviendrait de se concentrer avec sérieux sur trois (3) éléments importants qui en influenceront l'issue. Il s'agit d'abord de l'environnement sécuritaire, ensuite du cadre organisationnel et enfin de l'environnement judiciaire. Ces trois facteurs imbriqués représentent le gage d'une élection réussie dont émaneront des institutions crédibles, acceptées et respectées des citoyens ivoiriens, à des habitants et des amis de la côte d'ivoire.

Pour les besoins d'ordre rédactionnel nous présentons les attentes du Fpi/Cnrd sur chacune des préoccupations.

I- De l'environnement sécuritaire

C'est un truisme d'affirmer que la situation sécuritaire est des plus délétère. Des hommes armés se réclamant des Forces républicaines de côte d'ivoire(Frci) ou des chasseurs traditionnels dont l'aire culturelle d'activité était bien circonscrite dans le nord (dozo), paradent dans les centres urbains et ruraux. Il n'existe aucun site habité de notre pays (villages, villes, quartiers, campements) qui ne dispose de son contingent de Frci ou de dozos. Ceux-ci continuent d'occuper des brigades de gendarmeries, des commissariats de police, des cantonnements forestiers et des postes douaniers. Ils font la loi selon leur bon vouloir, s'érigent en «officiers de police judiciaire, procureurs et juges». Dans ces conditions le citoyen est livré à lui-même car le corps préfectoral demeure impuissant devant ces personnes armées et qui se croient investis de tous les pouvoirs y compris celui d'ôter la vie aux populations.

Il ne se passe pas de jours sans que les exactions diverses, les tueries et les humiliations ne soient exercées sur les populations. La liberté de circuler est gravement entravée aussi bien pour les personnes que pour les biens. Si cette situation prévalait déjà en zones dites cno avant l'élection présidentielle, elle s'est généralisée depuis la crise post électorale à l'ensemble du territoire nationale.

Par ailleurs, les biens, maisons, les plantations des personnes privées sont confisqués par les Frci et les dozos. Pour le Fpi/Cnrd, la période électorale est un moment très sensible où par la force d'arguments, les candidats se donnent les moyens d'acquérir l'adhésion du maximum d'électeurs à leur cause. La période électorale est un moment de grande mobilité où les horaires de circulation ne se mesurent qu'à la stratégie de conquête de l'électorat. Les candidats se déplacent à toute heure et selon la disponibilité des électeurs. La nuit n'est pas un obstacle à cette activité et la liberté d'aller et de venir avec les moyens (biens) de déplacement qui sied au candidat et à son équipe est de mise. La trop grande insécurité qui prévaut actuellement dans le pays est à tout point de vue incompatible avec une vie nationale paisible.

C'est pourquoi le Fpi/Cnrd est fortement préoccupé par la situation délétère qui prévaut depuis avril 2011 et qui perdure aussi s'agissant de la sécurité des personnes et des biens nous faisons deux (2) groupes de propositions.

 

Il s'agit dans l'immédiat :

- de procéder au retrait total et au désarmement des Frci et des dozo ;

- d'encaserner les militaires; de rétablir la police et la gendarmerie dans leur mission de sécurité intérieure.

 

Le Fpi/Cnrd voudrait avoir la garantie que pendant la période électorale, par exemple, que ces personnes désarmées ne sortiront pas de leur lit pour empêcher la libre circulation des personnes et des biens, influencer le libre exercice du devoir électoral et pour commettre des voies de fait susceptibles d'entacher la sincérité du vote.


Dans le court terme:

- il faudrait réactiver les fondamentaux de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) en particulier l'accord complémentaire IV relatif à la nouvelle armée.


Cet accord, seul consensus national autour des forces armées, donnent les éléments pour régler de manière efficace et définitive l'environnement sécuritaire national. Les autorités actuelles n'ayant pas dénoncé l'Apo (et en ont-elles d'ailleurs le droit ?), il convient de prendre des dispositions y inscrites et applicables à tous les corps armés (militaires, gendarmes, policiers, agents des eaux et forêts et agents de la douane, etc.) pour rapprocher des hommes qui se sont combattues et de leur réapprendre à vivre ensemble. C'est une telle approche qui évitera la création d'une armée sur des bases partiales qui peut, certes, satisfaire un camp mais sans jamais assurer la réconciliation des factions de l'armée entre elles, ni la réconciliation de l'armée avec le peuple.

Pour nous, toutes les décisions prises depuis l'élection présidentielle et qui se poursuivent actuellement donnent le net sentiment de la construction d'une «armée des vainqueurs» d'une guerre postélectorale. Créer un environnement sécuritaire immédiat et bâtir une armée nouvelle sur la base de l'Apo, voilà les ingrédients d'un environnement sécuritaire favorable non seulement à la tenue d'élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous mais aussi d'un meilleur «vivre ensemble» qui contribuera durablement à la vie démocratique et apaisée dans notre pays.

II- De l'Etat de droit et le fonctionnement des institutions de l'Etat

Le peuple de côte d'ivoire s'est librement dotée d'une constitution en août 2000. C'est sur cette constitution que vous avez prêté serment en mai 2011 en jurant de la protéger et de la respecter. Le respect de cette constitution était de mise dans notre pays depuis sa promulgation jusqu'au 19 septembre 2002. L'insécurité, l'absence des administrations régnaient dans les zones Centre-Nord-Ouest (Cno). Néanmoins, dans la partie du pays dénommée zone gouvernementale, la constitution ivoirienne était scrupuleusement respectée et protégée et les institutions de la république fonctionnaient.

À l'inverse, depuis le 11 avril 2011, il est courant de constater de graves violations de la loi fondamentale ivoirienne. Retenons à titre d'exemples :


- le nouveau chef d'état n'a pas déclaré ses biens et continue d'être président du Rdr.

- la nomination à la présidence du conseil économique et social d'une personnalité qui n'en est pas membre ;

- le replacement du président et des membres du conseil constitutionnel dont le mandat était en cours ;

- la dissolution de fait de l'assemblée nationale.

 

En outre, dans le fonctionnement de l'appareil administratif de notre pays, les nominations civiles et militaires se font sur des bases claniques, soit partisanes, soit tribales, excluant toute notion de compétence. Dans la plupart des cas, surtout concernant les conseils d'administration, on n'attend pas les délais règlementaires pour procéder à des remplacements de personnes soupçonnées d'être non membres du clan.

Face à ces dérives, le Fpi/Cnrd préconise un dialogue politique pour renforcer la gouvernance démocratique dans notre pays et ainsi normaliser la vie publique. Par ailleurs, l'environnement judiciaire se caractérise par ce que les organisations des droits de l'homme qualifient à juste titre de «justice déséquilibrée». Le Fpi/Cnrd adhère à ce constat car depuis l'avènement du nouveau pouvoir le 11 avril 2011 suite à la guerre post électorale, la justice ivoirienne s'est acharnée sur les cadres et militants du Fpi/Cnrd. De plus, la liberté de presse est mise à mal par le président du conseil national de la presse (Cnp).

Pendant ce temps, les tueries massives, les exactions, les confiscations de biens, de domiciles et de plantations perpétrées par les hommes en armes (Frci et dozos) proches du pouvoir ne font l'objet d'aucune mesure judiciaire ne serait ce que les enquêtes préliminaires. Même dans l'ouest, notamment à Duékoué, où les populations Wê sont confrontées à des tueries massives ciblées telles que rapportées par les organisations internationales des droits de l'homme et l'Onuci, il n'y a aucune suite judiciaire. C'est le lieu de donner quelques indications majeures sur des faits marquants qui seront fortement gravés dans l'histoire de nos pays et dans la mémoire collective des ivoiriens et des africains :


-la déportation au nord du président Laurent Gbagbo à Korhogo, de son épouse Simone (Odienné) et de son fils Michel (Bouna) ;

-déportation du président du Fpi Affi N'guessan, des cadres du Cnrd/Lmp et militants du Fpi au nord-est (Bouna) ;

-la déportation du vice-président du Fpi Sangaré Abou Drahamane et de plusieurs cadres du parti et du Cnrd à Katiola au centre nord ;

-la déportation du premier ministre Aké N'gbo, économiste émérite de renommée internationale et des membres de son gouvernement à Boundiali au nord ;

-le lancement de plusieurs mandats d'arrêts internationaux contre les cadres, ministres et militants du Fpi/Cnrd contraints à l'exil dans la sous région ouest africaine où on dénombre près d'un million d'exilés auquel il convient d'ajouter au moins deux millions de déplacés internes ayant fuit les exactions et exécutions sommaires.

-le gel des avoirs des cadres et militants Lmp/Cnrd non seulement au plan national et aussi à l'extérieur de la côte d'ivoire ;

- l'incarcération des hauts gradés de l'armée ivoirienne à Korhogo et Abidjan.

 

Ce survol succinct de l'environnement judiciaire pré élections législatives et autre permet de parler d'une véritable insécurité judiciaire dans le pays pour les membres du Fpi/Cnrd. Pour se justifier les autorités évoquent la lutte contre l'impunité. Mais l'on est en droit de savoir si dans une communauté humaine il est vrai de considérer qu'il n'y a qu'un camp des fautifs face à un autre des «saints» ? Telle n'est pas notre conviction et plus cela ne correspond à rien de la situation actuelle de notre pays.

Au demeurant, l'on constate qu'il a fallu attendre quatre mois (4) après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de son épouse pour lui «coller» le chef d'accusation de crime économique. Son fils, Michel Gbagbo, à qui le ministre de la justice avait trouvé un délit de patronyme sur le plateau de Tci (télévision ivoirienne du camp Ouattara) écope désormais d'un chef d'accusation d'atteinte à la sûreté de l'état. Chef d'accusation d'ailleurs devenu très générique pour tous les déportés, trois à quatre mois après leur arrestation et leur détention. C'est donc dans un environnement judiciaire crispé et véritablement délétère que les élections législatives sont annoncées. Objectivement que peut on attendre d'un parti politique dont les référents moraux, les inspirateurs, les principaux cadres dirigeants sont emprisonné ou exilés ? Que peut-il valoir si les ressources humaines et financières sur lesquelles ce parti peut compter pour une compétition équitable sont bloquées?

La situation à laquelle le Fpi/Cnrd est invité s'apparente à un jeu de perte «si tu ne t'y engages pas tu perds et si tu y renonces tu perds !» dans ces conditions comme le disent les ivoiriens renoncer n'est il pas mieux ?

Mais nous ne voulons pas pour autant désespérer de la côte d'ivoire de ses filles et fils, et de ses politiques. C'est pourquoi aussi difficile que soit la situation nous gardons l'espoir dans le discernement et la clairvoyance du Président Alassane Ouattara de mettre un frein à cette machine judiciaire. Ce qui est attendu et qui fonde notre espérance, c'est plus une décision politique. Ainsi, nous suggérons pour un apaisement général, la création des conditions pour :

 

-la libération du Président Gbagbo Laurent, de son épouse et de son fils ;

-la libération du Président, du Fpi, Pascal Affi N'guessan, du vice-président Sangaré Abou Drahamane, des cadres et militants du Fpi/Cnrd-Lmp

-la libération de tous les détenus militaires de la crise post électorale;

-le retour de tous les exilés et les déplacés -l'arrêt de toutes les procédures judiciaires.

 

Pour la mise en oeuvre de cette noble mission à la fois politique et humanitaire, nous suggérons la prise d'une loi d'amnistie générale et la mise en oeuvre de la loi portant financement des partis politiques.

III. De la Réconciliation nationale

La réconciliation nationale représente un vaste programme transversal dont la mise en oeuvre nécessite l'engagement effectif et non supposé de tous les acteurs de notre société. Puisqu'il s'agira de réconcilier les différences et de recréer la confiance, la réconciliation doit être comme un espace de dialogue et de vérité pour aboutir à une cohésion sociale nationale renforcée. Le Fpi en fait une préoccupation majeure basée sur une analyse en profondeur dont un aperçu succinct est, ici, présentée.

 

Ainsi trois points essentiels méritent l'attention :

- Les origines de la fracture sociale

- Les justifications de la réconciliation

- La mise en oeuvre du processus de réconciliation en parcourant l'histoire de la côte d'ivoire, l'on note que différentes situations assimilables aux fractures ont jalonné la vie sociale du pays.

 

Toutefois il convient de noter que le pays a connu une paix relative jusqu'en 1999 date du coup d'état même si les épisodes douloureux du temps colonial, les arrestations de 1963, de la crise du Sanwi, de la guerre en pays Guébié, du retour tumultueux au multipartisme, de l'arrestation des leaders de l'opposition et responsables syndicaux en 1992, du boycott actif des élections de 1995, de la gestion difficile de la succession du Président feu Félix Houphouët-Boigny ne peuvent être ignorés.

Ainsi donc le coup d'état du 24 décembre 1999 apparaît véritablement comme le point de départ de la grande fracture sociale en ce sens qu'il mettait fin pour la première fois en côte d'ivoire aux activités d'un gouvernement légalement établi et des institutions de la république. Le régime militaire issu du coup d'état à travers sa mauvaise gestion des résultats de l'élection présidentielle contribuera à la détérioration du climat politique.

Arrivé au pouvoir en octobre 2000 dans «les conditions calamiteuses» le Président Laurent Gbagbo va prendre de grandes initiatives pour rétablir la cohésion nationale. En témoignent les gouvernements d'ouverture successifs (27 octobre 2000 : Fpi, Pdci, Pit), janvier 2001 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci) et août 2002 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci, Rdr).

Par ailleurs, il organise un forum national pour la réconciliation nationale auquel participent tous les leaders dont les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara rentrés de France où ils étaient en exil, de même que le général Guéi robert retranché avant dans son village natal dans les montagnes de l'ouest après son échec électoral d'octobre 2000. Ce forum a formulé des recommandations pertinentes à même de «ressouder» la société ivoirienne.

Malheureusement l'attaque armée intervenue la nuit du 18 au 19 septembre 2002 viendra briser l'espoir suscité par cette amorce de stabilisation de la situation sociopolitique.

Ainsi au lendemain de l'attaque du 19 septembre 2002 la côte d'ivoire va être défigurée et divisée en deux zones : La zone centre -nord- ouest contrôlée par les rebelles et la zone gouvernementale. Cette guerre, représentera un traumatisme encore plus grand que le coup d'état de 1999 au regard des violences, des exactions, des meurtres et du nombre de victimes.

Les ivoiriens ont perdu confiance les uns dans les autres et se regardent alors désormais en chiens de faïence. Les accords successifs conclus à l'extérieur n'ont pas réussi à rétablir la paix. C'est alors que le président Laurent Gbagbo initie le dialogue direct avec le secrétaire général des forces nouvelles aboutissant à l'accord politique de Ouagadougou (Apo) le 04 mars 2007. Cet accord a défini une série d'étapes civilo-militaires comme gage d'une élection présidentielle apaisée.

A la vérité les aspects essentiels de cet accord n'ont pu être mis en oeuvre précipitant la côte d'ivoire dans des élections dont la gestion maladroite et contradictoire par les institutions nationales et internationales a conduit à l'affrontement militaire d'avril 2011. Cet affrontement s'est soldé par la victoire militaire de Alassane Ouattara aidé par les forces coalisées (France -Onuci-Frci) et l'arrestation du président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs.

Devenu président de la côte d'ivoire dans les conditions ci-dessus décrites, Alassane Ouattara prône la réconciliation et la lutte contre l'impunité. C'est alors que nous assistons depuis avril 2011 à la persécution des pro-Gbagbo (tueries et exécutions sommaires, vols, viols, confiscation de biens et patrimoine... action judiciaire unilatérale) on compte par centaine de milliers les exilés et déplacés intérieur. Pendant ce temps, le processus de réconciliation piétine et aucune visibilité n'est perceptible tant au niveau de la méthode que de l'action. Toutefois, le Fpi est convaincu que la réconciliation se justifie amplement. Il l'a démontré en 2001 en inspirant et en soutenant l'initiative du président Gbagbo pour organiser le forum national pour la réconciliation. Il ne cesse de déclarer par tout moyen (diplomatique, politique et communicationnel) sa disponibilité à prendre part à la réconciliation nationale prônée par les nouvelles autorités.

Le rétablissement de la paix, les conséquences graves et multiples de la crise sur la société ivoirienne, la détresse et les souffrances multidimensionnelles des populations, l'idéal d'un développement socio-économique et la cassure de la côte d'ivoire sont au moins des éléments suffisants non exhaustifs qui justifient la réconciliation nationale. Ce processus comportera des étapes et niveaux d'intervention, des méthodes et des approches impliquant toute la communauté nationale. Il s'agira en réalité de retrouvailles autour de l'arbre à palabre à l'africaine au cours desquelles chaque «famille» sera conduite par son «père ou chef spirituel ou inspirateur». Tous devraient être présents à commencer par le Président Laurent Gbagbo et tous les exilés. Il faut alors créer les conditions de ce rassemblement dont l'initiative appartient aux autorités. Des choix clairs et des priorités doivent être établis en toute sincérité : réconciliation et lutte contre l'impunité en concomitance, pardon et justice en concomitance et pour quelle priorité et quel résultat ?

Le Fpi ne croit pas à une réconciliation à la Nuremberg, ni à un oubli forcé. Il est adepte d'une approche méthodique basée sur une première sécurisation du processus de concertation à travers la manifestation d'une volonté des autorités publiques de rassembler tous les acteurs. À partir de ce gage de sécurité dont une amnistie générale n'est pas le moindre aspect, l'on est rassuré d'un processus non piégé et donc ouvert et crédible. Au demeurant, le Fpi prône une approche inclusive à travers une démarche emprunte d'humilité, de tolérance, d'acceptation et de considération mutuelles. La côte d'ivoire doit faire face à elle-même en interrogeant sa propre histoire sociopolitique pour trouver les racines de la crise contemporaine. Dès lors, aucun sujet ne doit être tabou et tout doit être abordé. À titre illustratif, il faudra passer en revue les éléments actuels et lointains qui ont pu s'accumuler pour créer les conditions d'une crise aussi grave que celle-ci.

 

À présent une chronologie succincte:

- Les évènements d'avant les années 50 et l'instrumentalisation de la diversité ethnique et des communautés par le pouvoir coloniale (ex : l'association des ressortissants de côte d'ivoire et les évènements de 1938) ;

- Les années 50 et la lutte pour l'émancipation avec la manipulation ethnique contre le Pdci, le nationalisme anti gouvernement fédéral, l'utilisation des leaders politiques non ivoiriens, la lutte pour le leadership dont les points culminant sont repris dans le rapport damas auxquels, il convient d'ajouter la mort de Biaka Boda ; frustrations et regroupement forcé des partis politiques.

- Les années 1960 avec les faux complots de Houphouët-Boigny dont certaines personnalités de la vie actuelle garde un amer souvenir. À cela s'ajoute la crise du Sanwi, la gestion approximative des problèmes de cohésion restés en suspens avant les indépendances et non élucidés par la suite.

- La décennie 1970, avec l'affaire Kragbé Gnangbé à Gagnoa. Arrêté par l'armée ivoirienne, il n'est jamais réapparu ; la répression des leaders syndicaux estudiantins et enseignants ; l'arrestation de jeunes officiers de l'armée ;

- La décennie 1980 caractérisée par la crise économique et l'avènement des premières mesures d'ajustements structurels que les ivoiriens ont dénommés "la conjoncture". La répression des mouvements sociaux, et exil de citoyens ivoiriens dont Laurent Gbagbo en France. Premières révoltes publiques de Félix Houphouët-Boigny contre le système de prévarication capitaliste avec "la crise du cacao".

- La décennie 1990 : la réinstauration du multipartisme dans des conditions tumultueuses et non acceptées de tous les acteurs ; la "loubardisation" du milieu estudiantin; l'accentuation de la crise économique et la surchauffe de la vie politique et syndicale dont les points forts sont l'arrestation de leaders politiques, syndicaux et de la société civile (février 1992), la mauvaise gestion de la succession de Félix Houphouët Boigny (décembre 1993), notamment le refus du premier ministre d'alors de l'application de la constitution ; le boycott actif des élections présidentielles par la coalition de l'opposition Fpi-Rdr suivi de plusieurs arrestations et condamnations et l'humiliation du chef d'état major (1995), le mandat d'arrêt international contre Alassane Ouattara avec l'emprisonnement de plusieurs cadres du Rdr (1998) et la déclaration à caractère ethnique, régionaliste et religieux du leader du Rdr à Paris (1999), le summum des évènements des années 1990 étant le coup d'état du Général Guéi (24 décembre 1999).

- La décennie 2000 se caractérise par l'éclatement au grand jour de la crise qui puise sa source dans un passé lointain et proche dont le cumul aboutit à la situation actuelle :


 2000 :

  • nouvelle constitution, nouveau code électoral ; profond désaccord sur les critères d'éligibilité à la présidence de la république;
  • élection et accession de Laurent Gbagbo à la présidence de la république malgré la tentative de confiscation du pouvoir par le général Guéi. Formation d'un premier gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Pit) ;
  • refus du Rdr de participer aux élections législatives et troubles de 2 jours à Abidjan (décembre 2000) ;


 2001 :

  • deuxième gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Udpci)
  • coup d'état manqué (8-9 janvier 2001)
  • organisation du forum pour la réconciliation nationale
  • élections municipales : le Rdr obtient la majorité des communes


 2002 :

  • élections (départementales) des conseils généraux le Fpi et le Pdci arrivent coude à coude tandis que le Rdr cantonnée en région nord n'obtient à peine que 15% des départements.
  • Gouvernement de très large ouverture avec la participation du Rdr (5 août 2002) ;
  • septembre 2002, tentative de coup d'état muée en rébellion et consacrant la partition du pays;


 2003 :

  • accord de Linas Marcoussis et formation d'un gouvernement de réconciliation national avec la présence des partis politiques et des mouvements rebelles signataires dudit accord suite à la désignation d'un premier ministre dit consensuel (Seydou Diarra) ;
  • déclaration officielle de fin de belligérance entre les Fds et les forces de la rébellion ;
  • installation de la "centrale", régie financière de la rébellion dans les zones Cno ;


 2004 :

  • tentative de marche à Abidjan de l'opposition alliée aux forces de la rébellion (G7) interdite et réprimée par le gouvernement (mars 2004) ;
  • tentative de libération des zones occupées par la rébellion (opération dignité novembre) ;
  • intervention de l'armée française (Force Licorne) qui attaque l'armée ivoirienne et massacre des jeunes patriotes aux mains nues ;


 2005 :

  • report de l'élection présidentielle avec prolongation du mandat du Président Gbagbo par le conseil constitutionnel conformément à la constitution ; la communauté internationale suit ;
  • Prolongation subséquente du mandat des députés ;
  • nomination du nouveau premier ministre (Charles Konan Banny) et d'un nouveau gouvernement de réconciliation.


 2006 :

  • tentative de dissolution de l'assemblée nationale par la communauté internationale (Gti) qui se heurte au soulèvement des ivoiriens ;
  • Lancement des audiences foraines et tentatives de révision unilatérale de la liste électorale occasionnant des affrontements meurtriers dans plusieurs localités;
  • crise des déchets toxiques : le Premier ministre présente sa démission et celui du gouvernement au Président de la république Laurent Gbagbo qui, séance tenante le reconduit. Après deux (02) semaines, le Premier ministre présente la liste de nouveaux ministres sans photo de famille avec le président de la république (une grande première dans l'histoire de notre nation !) ;
  • consultation générale des populations du pays par le président de la république concluant à la nécessité d'un dialogue direct avec la rébellion ;


 2007 :

  • Lancement du dialogue direct aboutissant à l'accord Politique de Ouagadougou (Apo) ;
  • mise en place d'un nouveau cadre institutionnel (Premier ministre et gouvernement) ;
  • organisation de la flamme de la paix à Bouaké ;


 2008-2009 :

  • Le pays retrouve un calme relatif permettant la mise en oeuvre d'une partie de l'Apo, la circulation des personnes sans beaucoup d'entrave, la réalisation de l'identification, du recensement et du contentieux électoral avec la distribution des rôles (Cei, conseil constitutionnel, Onuci, communauté internationale en particulier la France, les Usa et l'Ue) avec toutefois des entraves graves sur le volet militaire,
  • Visites des régions par le président de la république.


 2010 :

  • découverte de fraude organisée par le président de la Cei sur la liste électorale aboutissant à la dissolution de la Cei et du gouvernement ;
  • mise en place d'une Cei et d'un gouvernement remaniés ;
  • Pression de la communauté internationale pour l'organisation des élections alors que le désarmement (point majeur de l'accord politique de Ouagadougou) n'est pas réalisé ;
  • organisation de l'élection présidentielle débouchant sur des résultats contradictoires, le conseil constitutionnel (juge des élections) proclamant finalement la victoire de Laurent Gbagbo ;


 2011 :

  • L'union africaine préconise une médiation en nommant un haut représentant suite à la mission du panel des chefs d'état du conseil de paix et de sécurité qui reconnaissait la victoire de M. Ouattara ;
  • M. Ouattara déclenche l'affrontement militaire avec l'appui de la France et de l'Onuci ;
  • arrestation de Laurent Gbagbo et prise de pouvoir par m. Alassane Ouattara ;
  • Vastes mouvements de répression contre les personnes soupçonnées d'être "partisans de Gbagbo" (militaires, cadres, intellectuels, populations, etc.).


Ce survol chronologique rappelle que la crise actuelle est la résultante de plusieurs frustrations, et même des méprises sur l'évolution de la société ivoirienne. Des concepts ont été introduits dans le langage politique sans que l'on en mesure toujours les conséquences. Aussi à l'occasion des travaux de la commission dialogue vérité et réconciliation, il faudra s'appesantir sur des thèmes dont la compréhension purgerait les malentendus et favoriserait de ce fait la réconciliation. Ainsi au moins sept (07) groupes thématiques mériteraient d'être abordés en profondeur en se référant à l'histoire de leur avènement et aux compréhensions antagoniques qu'ils ont engendrées.

 

1- La nationalité ivoirienne avec pour corollaire la xénophobie, l'exclusion, l'ivoirité ;

2- La cohésion nationale comprenant l'intégration nationale, le régionalisme, le tribalisme, la religion et la cohabitation, le népotisme, etc.

3- La constitution, les lois et règlements et le respect des institutions de la république ;

4- L'état de droit, les droits humains, l'appareil judiciaire, la démocratie, le multipartisme et le mode de scrutin ;

5- La défense et la sécurité nationale : l'armée et la police ;

6- L'intégration sous-régionale et le droit d'établissement ;

7- Le problème foncier : foncier rural, urbain, droit de la femme et des jeunes sur la terre, le droit des étrangers et des allochtones sur les terres, etc.

 

Les thématiques (non exhaustives) évoquées ci-dessus devront être abordées sans langue de bois et faire l'objet d'une analyse rigoureuse dans une démarche toute méthodique du processus de mise en oeuvre de la réconciliation. S'il est de notoriété que la crise est d'ordre essentiellement politique liée à la prise et à la gestion du pouvoir d'état, retenons que plusieurs mécanismes plus ou moins lointains ont été actionnés pour assouvir ces ambitions politiques. C'est pourquoi le FPI préconise une grande attention dans les éléments relatifs à la période et aux acteurs à considérer, à la faisabilité, à la durée et au choix du type de réconciliation. Mais auparavant nous ne répéterons jamais assez, il y a lieu de créer les conditions idoines à la réussite de ce "grand rassemblement sous l'arbre à palabre à l'africaine".

Ainsi il conviendra de couvrir au moins la période de 1990 à 2011 pour mieux apprécier les fondements de la crise dont la phase post électorale 2010-2011 n'est que le point culminant d'un iceberg social et politique profond et lointain. Les acteurs sont à rassembler et à identifier dans la classe politique consensuelle certes, mais aussi dans toute la société nationale au titre duquel on ne saurait ignorer la société civile, les forces belligérantes (militaires, rébellion, etc.), les leaders religieux, les groupes sociaux, les ressortissants des pays frères et amis et les membres de la communauté internationale avec en tête la France. Pour une bonne conduite du processus de réconciliation, il faudra adopter des termes de références (Tdr) consensuels et transcrits par au moins un acte (décret) pour lui conférer une valeur dépassant le simple symbole et soustraire sa mise en oeuvre de tout folklore et amalgame entre cérémonie de réjouissance ou de retrouvailles et la réconciliation. Un tel acte réglementaire devra indiquer la durée assortie d'un chronogramme et d'indicateurs de performance acceptables et vérifiables pour tous.

En outre le processus en lui-même doit clairement établir la typologie des manquements à pardonner ou à absoudre par des mécanismes idoines à convenir. De là, des résolutions à caractères obligatoires seront formulées en vue d'un nouveau départ de la cohésion nationale et préparant les esprits à une bonne intégration sous-régionale. Afin de donner à la réconciliation les chances de réussite attendue, les autorités sont invitées à créer les conditions minimales de confiance en prenant une loi d'amnistie générale pour arrêter les poursuites judiciaires, libérer les biens confisqués, restaurer la libre circulation des personnes et des biens et garantir la sécurité par l'encasernement des forces militaires, favoriser le retour des exilés.

Au total, le Fpi s'inscrit pleinement dans la réconciliation préalable à la reconstruction et au développement. Ce référant à l'histoire de l'humanité, trois (03) modèles de réconciliation s'offrent à la côte d'ivoire :


  • le modèle de justice grecque du IVème siècle avant J-C, préconisant l'oubli pour ne pas ressusciter les maux et les blessures du passé ;
  • le tribunal de Nuremberg institué par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale qui retient une sanction imprescriptible pour les crimes contre l'humanité ;
  • la commission vérité et réconciliation inspirée par l'Afrique du sud qui construit une voie entre l'oubli et la vengeance.


Le Fpi privilégie la voie sud africaine car il est faux de croire que dans ce pays il y a un camp des victimes en face d'un autre, celui des bourreaux.

IV- Du jeu démocratique

S'il est indéniable que le Fpi est le fils des élections au regard de sa doctrine d'accession au pouvoir par les urnes, il n'en demeure pas moins très attaché aux conditions d'organisation du processus électoral. C'est d'ailleurs parce que le Fpi ne voit d'autre possibilité de prise de pouvoir qu'il fait du cadre organisationnel des élections sa grande priorité. Au demeurant, le Fpi est d'avis constant que la non participation à une élection laisse des traces mais il pense fortement à prendre part à un scrutin aux contours biaisés est le pire des risques démocratique à ne jamais tenter.

Au surplus, nous disons que c'est une grave erreur de gouvernance en ne créant pas les conditions de la pleine participation de tous les acteurs politiques au processus électoral. Cette participation de tous passe nécessairement, nous dirons même obligatoirement par l'assainissement du cadre organisationnel des élections. Car si le penseur affirme «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» que vaudrait une élection gagnée d'avance par un groupement de partis politiques qui, par le refus obstiné d'un jeu transparent s'adjugeait une majorité aux ordres.

La nature a horreur du vide a-t-on coutume de dire. Dans un hémicycle composé uniquement de parts alliés, il n'est pas évident que l'harmonie projetée soit de mise. Bien au contraire les rivalités internes peuvent s'exacerber et fragiliser dangereusement la cohésion sociale de la nation. Une alliance politique quelle qu'elle soit n'est jamais définitive, elle est toujours conjoncturelle en fonction de l'opportunité du moment. L'histoire récente de notre pays nous en donne plusieurs exemples. Le pouvoir corrompt le détenteur et le pouvoir absolu corrompt absolument. Voilà ce qui fonde la nécessité de disposer d'une contradiction démocratique pour l'équilibre de la république. Dans le cas contraire c'est l'absolu avec pour corollaire l'abus et in fine, le chaos. Pour avoir subi les affres du parti unique mais surtout pour en avoir analysé les contradictions, le Fpi sait de quoi il parle. Évitons le recul démocratique de la côte d'ivoire en mettant en place un cadre organisationnel des élections acceptables pour tous.

Les prochaines élections devront être l'occasion de panser ou d'atténuer le traumatisme né de l'organisation chaotique de l'élection présidentielle d'octobre 2010. Elles devraient être, et nous le répétons parce que nous en sommes convaincus, la base durable d'une réconciliation nationale autour des institutions de la république et renforcer l'unité et la cohésion nationale. C'est un virage historique et exaltant à ne pas rater.

Aussi, le Fpi/Cnrd ne peut faire l'économie d'un certain nombre de préoccupation majeure assortie de suggestion forte à même d'assurer des élections acceptables pour tous et un environnement post électoral apaisé.

À cet effet, le Fpi/Cnrd se préoccupe du déséquilibre encombrant de la composition de la commission électorale indépendante (Cei) dont sur 31 membres 27 proviennent des partis du Rhdp. La tendance de dire qu'on ne change pas les règles de jeu en cours de partie s'apparente dangereusement à l'expression «le débat est clos» lancé par le Pdci en 1995 aux yeux de la coalition de l'opposition du front républicain (Fpi-Rdr). Dans la république le débat sur les conditions d'élection qui déterminent l'avenir de la communauté ne saurait jamais être «clos». Tout au contraire, seul le dialogue républicain permanent assure le bien individuel et collectif. La république n'est jamais un champ d'application des règles sportives encore qu'à chaque étape d'un tournoi sportif l'on procède à des ajustements du corps arbitral et chaque match est toujours précédé d'une réunion technique pour harmoniser les points de vue. Non ! La composition actuelle de la Cei est trop suspecte aux yeux du Fpi/Cnrd car à la vérité quelle est l'existence réelle «des Mpci, Mpigo, Mjp» fondus dans les forces nouvelles (Fn) et qui ont publiquement adhéré au Rhdp ?

La responsabilité des dirigeants et du chef de l'état en personne est de rassurer l'opposition, non à travers les déclarations d'intention mais en posant des actes qui convainquent. La composition de la Cei est un challenge qu'ensemble nous devons lever. Non moins important est le challenge portant sur le président de la Cei M. Youssouf Bakayoko dont la partialité, le parjure et la responsabilité sont patents et ne sauraient être occultés pendant l'élection présidentielle. Le président du conseil constitutionnel a bien été remplacé. Pour rassurer l'opposition de la crédibilité de la Cei, il faudra remplacer l'actuel président par une personnalité consensuelle, crédible et non partisane. La côte d'ivoire en dispose autant qu'on voudra car l'essentiel est de présenter les gages d'équité qu'à chaque acteur pour sa pleine participation aux élections. Que dire des notions de certification et de validation ?

Pour le Fpi/Cnrd il y a un besoin de clarification de ces notions, les responsabilités institutionnelles y afférentes et surtout du positionnement protocolaire des organismes chargés de chaque aspect. Cette préoccupation prend tous son sens dans les élections à venir au regard de la confusion enregistrée après l'élection présidentielle d'octobre 2010. La liste électorale recelait des points de désaccord qui n'ont pas été purgés avant l'élection présidentielle. Ce sont des points politiques et non techniques que la Cei n'a pas le droit de traiter en dehors de tout arrangement entre partis. Le faisant, la Cei et son président outrepassent leur mission et compromettent sciemment la sincérité des futures élections.

L'accès au media d'état est une donnée fondamentale de la démocratie en période électorale. C'est un sujet d'ordre stratégique qui a besoin d'être inscrit au chapitre des préoccupations tout comme les hypothèques qui pèsent aujourd'hui sur les journaux proches de l'opposition. Des préoccupations sus-évoqué découle les propositions du Fpi/Cnrd relatives au cadre organisationnel des élections :


-1) Révision de la composition de la Cei

Cette préoccupation tient son fondement de ce qu'après l'élection présidentielle, des leçons doivent être tirées de la nécessité d'un organe arbitral équilibré dans lequel chaque acteur a confiance. Le Fpi/Cnrd pense qu'il faut revisiter les données en retenant pour l'essentiel : l'équilibre et la confiance. Pour se faire, dans la mesure où l'échiquier politique national se gère entre deux blocs que sont le Rhdp et le Cnrd, la Cei doit être composée de quinze (15) membres pour chaque partie, le trente et unième membre devant être proposé par le président de la république.

-2) Changement du président de la Cei

Nous ne le répéterons jamais assez que l'enjeu est d'organiser des élections crédibles basées sur la confiance des acteurs au système arbitral. Le Fpi/Cnrd a fini de faire confiance à M.Youssouf Bakayoko. Il n'est plus à nos yeux un arbitre et même un juge crédible. Nous demandons des pourparlers pour désigner une personne acceptable par les deux parties. Car dans une compétition dès lors qu'un camp ne fait pas confiance à l'arbitre, il ne peut l'accepter. D'ailleurs même le processus judiciaire prévoit la récusation du juge de siège.

-3) Nécessité de clarification des notions de certification et de validation

Ces deux notions si elles ne sont pas bien comprises par les acteurs et surtout par les institutions dédiées sont susceptibles d'engendrer des équivoques regrettables. C'est pourquoi le Fpi/Cnrd demande une clarification par des définitions précises de ces notions à formuler dans un document de valeur règlementaire suite à un accord entre parti ; il est également suggérer de désigner les institutions chargées de ces aspects tout en établissant l'ordre protocolaire.

-4) La liste électorale

Comme indiqué plus haut, plusieurs points de discordes demeureraient sur la liste électorale notamment les personnes n'ont prises en compte en 2010 et les nouveaux majeurs. Pour ces points politiques le Fpi/Cnrd demande une réunion politique pour une décision consensuelle à laquelle la Cei doit se soumettre.

-5) Les découpages électoraux et les circonscriptions électorales

Le dernier découpage électoral date de 2000, au moment de la rédaction du nouveau code électorale adopté par référendum. Deux éléments avaient été pris en compte : la population et la superficie. Cette dernière étant fixe, il apparaît indiquer d'adapter le nombre de députés et la répartition de leur nombre dans les circonscriptions à l'évolution de la population sur la base de documents techniques fiables.

-6) L'accès aux médias d'Etat

Le Fpi/Cnrd suggère que cette préoccupation fasse l'objet de décisions consensuelles pour que les partis engagés dans la compétition aient un accès équilibré à ces organes publics.

-7) La date des élections législatives

Le Fpi/Cnrd face à l'importance des problèmes à réglés suggère que la date des élections soit repoussée d'au moins... par les autorités ivoiriennes. Toutes ces propositions sont pour nous fondamentales car gage de transparence et de crédibilité des futures élections. Il s'agit de redonner confiance à tous les acteurs et en particulier à l'opposition démocratique que représente le Fpi/Cnrd.

 

V- Chronogramme de mise en oeuvre

Une revue d'ensemble permet de classer les mesures demandées comme suit :


- Au titre de la sécurité

 

  • désarmement des Frci et encasernement des militaires
  • désarmement des dozos et regroupement dans leur ère culturelle
  • réhabilitation des policiers, gendarmes dans leur mission
  • réactivation de l'Apo
  • création de la nouvelle armée conformément à l'Apo
  • libération des domiciles des biens confisqués et dédommagement


- Au titre du cadre organisationnel des élections


  • révision de la composition de la Cei
  • changement du président de la Cei
  • clarification des notions de certification et de validation
  • redressement de la liste électorale
  • découpage électoral et circonscriptions électorales
  • conditions d'accès aux médias d'état
  • élections législatives


- Au titre de l'Etat de droit


  • Loi d'amnistie
  • Libération des détenus
  • retour des exilés
  • retour des déplacés
  • Financement des partis politiques sur les ressources publiques


Le chronogramme ci-après (voir en annexe) est suggéré à titre indicatif étant entendu que le délai de 15 décembre 2011 arrêté pour les législatives peut être prorogé de 30 à 45 jours.

 

CONCLUSION GENERALE

Après une décennie de crise militaro-politique pleine et entière la côte d'ivoire est face à son destin. De la lucidité dans les choix et dans l'établissement des priorités dépendra l'avenir de ce pays. La sagesse voudrait que l'on privilégie tout ce qui rassemble. Les élections à venir devrait constituer le premier grand test du «vivre ensemble» parce que la participation de tous découlera du degré de consensus autour de cette opération. Cela constituera un pas de géant.

Pour se faire la mise en confiance de tous les acteurs est une nécessité. Ceci suppose un environnement sécuritaire maîtrisé, un cadre organisationnel des élections consensuel et enfin le retour au calme avec le règne de l'état de droit.

Le Fpi/Cnrd estime que la responsabilité de cet apaisement général appartient en priorité au chef de l'état car c'est à l'aune des grandes décisions que l'on s'inscrit dans l'histoire immortelle. Il doit ouvrir le dialogue politique ici et maintenant. Nous sommes prêts à jouer notre partition car il faut à tout prix nous éloigner de la «République des vainqueurs, avec une armée des vainqueurs, un parlement des vainqueurs et in fine, une réconciliation des vainqueurs».


Fait à Abidjan, le 29 septembre 2011


FPI/CNRD

 

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DOCUMENT DU FPI-CNRD REMIS A OUATTARA

DE LA PRETENDUE SUSPENSION DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D'IVOIRE PAR ALASSANE OUATTARA



ASSEMBLEE NATIONALE IVOIRIENNE.gif

« Le mandat de l'actuelle législature a pris fin avec la chute de Laurent Gbagbo ». Alassane Ouattara répondait ainsi à l'Honorable Gaston Ouassénan Koné, Député, ancien Président du Groupe parlementaire PDCI, venu il y a quelques mois s'enquérir auprès de lui des indemnités des députés en souffrance depuis Mars 2011. Cette position d'Alassane Ouattara était officiellement confirmée quelques jours plus tard par le Porte-parole du gouvernement, le ministre Bruno Koné qui lançait à la presse que l'Assemblée Nationale était provisoirement suspendue. Trois faits au moins semblent confirmer cette position d'Alassane Ouattara : son refus en avril dernier de se rendre à l'Assemblée Nationale à l'invitation du président Mamadou Koulibaly pour s'adresser aux Députés de la 9ème législature à l'occasion de la séance solennelle d'ouverture de la première session ordinaire de l'année 2011; le non-paiement à ce jour des indemnités parlementaires d'avril à août 2011 ; la non- tenue de la première session ordinaire de l'année 2011, conformément à l'article 62 de la Constitution qui dispose : « Chaque année, l'Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires. La première session s'ouvre le dernier mercredi d'avril ; sa durée ne peut excéder trois mois. La deuxième session commence le premier mercredi d'octobre et prend fin le troisième vendredi de décembre ».

Mais tous ces faits et déclarations n'avaient pas un caractère véritablement officiel et l'on avait pensé qu'une normalisation interviendrait tôt ou tard avant les élections législatives, le temps pour Alassane Ouattara de prendre conscience de l'importance de l'Assemblée Nationale dans la vie de la Nation et des conséquences que l'absence de celle-ci pourrait entrainer. C'est peine perdue. En effet, le 25 septembre 2011, de retour de voyage aux Nations-Unies, Alassane Ouattara parlant du nouveau Parlement qu'il voulait mettre en place, a déclaré ceci : « il est essentiel que nous puissions mettre en place cette grande Institution qu'est le Parlement dont le mandat est venu à expiration depuis décembre 2005 ». C'est donc officiel, pour Alassane Ouattara, il n'y a plus d'Assemblée Nationale en Cote d'Ivoire.


En vérité, Alassane Ouattara et ses conseillers juridiques, encore une fois, abusent des ivoiriens. Ils sont dans le faux. C'est Ouassénan Koné qui a raison, le mandat de l'actuelle législature (la 9ème) court jusqu'à l'installation de la prochaine législature c'est à dire après les élections projetées. Il ne prend pas fin avant celles-ci (I). C'est à tort que Alassane Ouattara, qui n'a ni titre, ni qualité, ni pouvoir pour bloquer le fonctionnement de l'Assemblée nationale ait pourtant agi dans ce sens (II). L'absence de réaction vigoureuse des Députés et particulièrement du Président de cette Institution depuis le mois d'Avril à ce jour, s'apparente à une démission de fait des députés face à une grave violation de la Constitution, d'autant plus inacceptable qu'elle porte sérieusement atteinte à la séparation des pouvoirs et à la Représentation Nationale (III). Il faut se réjouir de voir le Président Mamadou Koulibaly, réagir ces derniers temps pour, enfin, s'inquiéter de la fin lamentable qu'Alassane Ouattara réserve à l'Institution parlementaire qui lui a été confiée.


I - LE MANDAT DE LA 9ème LEGISLATURE COURT JUSQU'A L'INSTALLATION DE LA PROCHAINE LEGISLATURE


La poursuite du mandat parlementaire en cours trouve son fondement d'abord dans l'article 59 de la Constitution, ensuite dans l'Avis no 2005-01CCSG du 15 décembre 2005 du Conseil Constitutionnel, le tout conforté par une pratique continue et acceptée par l'ensemble de la classe politique.

La pratique parlementaire et gouvernementale confirme et consolide la poursuite du mandat de la 9ème législature.


En effet, l'article 59 alinéa 1 de la Constitution fixe à 5 ans la durée normale du mandat parlementaire. Il précise même à l'alinéa 3 que le mandat se termine à la fin de la 2ème session ordinaire de la dernière année de son mandat. Il en ressort que c'est en décembre 2005 qu'aurait du prendre fin la 9ème législature. Or tout le monde aura constaté que l'Assemblée Nationale, passée cette échéance, a continué de fonctionner jusqu'en 2010, sans qu'aucun parti ni groupement ou responsable politique n'ait trouvé à redire. Les partis politiques et mouvements membres du RHDP qui avaient fort bruyamment contesté la poursuite du mandat du Président de la République au-delà d'octobre 2005 n'ont émis aucune protestation au cours de cette période contre la poursuite du mandat de la 9ème législature. Les Députés du RHDP ont continué de siéger aux cotés de ceux du FPI, de l'UDPCI, du PIT, du groupe Solidarité ainsi que du groupe Loyauté. Courant 2010 on s'en souvient, le Groupe parlementaire RHDP avait demandé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire à propos de l'affaire Désiré Tagro. De même, le gouvernement de son côté a continué durant toute cette période de travailler avec l'Assemblée Nationale comme prévu et organisé par la Constitution. Le fruit de cette collaboration institutionnelle est matérialisé par une quarantaine de lois votées par l'Assemblée Nationale au cours de la période 2005-2010 ( Voir Adresse à la Haute attention du peuple de Côte d'Ivoire du Président Mamadou Koulibaly, l'Inter du 29 septembre 2011).

Il ressort des faits qu'au-delà de la durée formelle du mandat parlementaire (5ans), l'Institution a fonctionné avec le sentiment, tant de ses membres que des autres institutions politiques, que cette pratique n'était pas contra legem , qu'elle était conforme à la Constitution. Mais cette intime conviction source d'une pratique politique notoire, continue, uniforme et incontestée repose sur un double fondement juridique : l'article 59 alinéa 4 de la Constitution et l'Avis no 2005-013 /CC/SG du 15 décembre 2005.

L'article 59 de la Constitution prescrit la continuité parlementaire 

Après avoir établi la durée du mandat parlementaire à 5 ans en son premier alinéa, l'article 59 en son alinéa 4 dispose que les « élections ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale. ».


Deux observations s'imposent ici :

D'une part, le Constituant distingue la durée formelle du mandat (5 ans), de la durée matérielle, effective, qui elle n'intervient qu'avec l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale, laquelle elle-même, dépend de l'organisation préalable d'élections destinées à renouveler le Parlement. Cette formule de fin de mandat n'est pas propre à la seule Assemblée Nationale, on la retrouve également à propos de la durée du mandat présidentiel fixée à 5 ans mais dont l'article 39 alinéa 1 de la constitution dispose que « les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la date de la prise de fonction du Président élu, laquelle a lieu dès la prestation de serment ». Ce qui veut dire ici aussi, qu'il faut d'abord organiser des élections avant que n'intervienne la fin effective du mandat présidentiel en cours. 

D'autre part, le Constituant prévoit des élections de renouvellement du corps législatif, enfermées dans une double conditionnalité temporelle. Concernant le moment, elles doivent intervenir avant la fin des pouvoirs. Concernant le délai, elles doivent être organisées entre 20 et 50 jours.


Il faut voir que c'est l'organisation des élections qui donne leur sens à la notion de souveraineté nationale et à la durée du mandat prescrite par la Constitution. L'élection, c'est l'acte périodique par lequel le peuple souverain désigne ceux qui auront qualité pour le représenter et exprimer sa volonté.


Il apparait ainsi que la fin du mandat parlementaire, ne va pas sans la condition de l'organisation des élections en vue du renouvellement du corps législatif.


L'usage du mot « avant » indique clairement que ces élections sont une nécessité pour sanctionner la fin du mandat en cours mais aussi et surtout un préalable à celle-ci, préalable dont le sens et la portée ne s'éclairent que par le souci du constituant d'éviter à la fois un vide parlementaire ( la non représentation du peuple souverain conformément à l'article 32 alinéa 1 « le peuple exerce sa souveraineté par la voie du referendum et par ses représentants élus »), et un vide juridique( l'absence de l'Assemblée nationale ,organe institutionnel chargé de faire les lois de la République). Peut-on imaginer un seul instant que le pouvoir judiciaire soit suspendu par l'exécutif ? Que l'ensemble du système judiciaire soit interdit d'exister ou empêché de fonctionner pour rendre la justice ?


Enfin, il s'agit pour le constituant d'éviter un vide parlementaire ou juridique qui porterait immanquablement atteinte au principe de l'existence, de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tel que prévu et organisé par la Constitution du 1er Août 2000 dans son Préambule et aux Titres II, III , IV, V, VI, VII, VIII, IX, XIV. La continuité parlementaire et par conséquent la continuité de l'actuelle législature se déclinent aussi du principe de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs, un principe inscrit dans le préambule de la Constitution et donc de valeur constitutionnelle. C'est d'ailleurs dans ce sens que s'est prononcé le Conseil Constitutionnel formellement saisi à propos de la prolongation du mandat de la 9ème législature.


L'avis n° 2005-013/CC/SG du 15 décembre 2005 autorise la prolongation du mandat de l'actuelle législature


A suffisance, la mauvaise foi politique et juridique a caractérisé le (faux) débat lancé fin 2005 par le RHDP, exigeant la fin obligatoire en octobre 2005 du mandat du Président Laurent GBAGBO, malgré la crise militaro-politique qui a fait obstacle à l'organisation à cette époque de l'élection présidentielle. En vue de clore ce débat qui touchait également les Députés, le Président de la République a tenu à s'assurer, en sa qualité de garant du respect de la Constitution, de la conformité de la poursuite de la 9ème législature à celle-ci. C'est dans ce contexte et dans ce cadre qu'il a saisi le Conseil Constitutionnel d'une demande d'Avis à l'effet de savoir « si le défaut d'élection dû à la situation de crise que connaît la Côte d'Ivoire, entrainait la dissolution et la fin des pouvoirs de l'Assemblée Nationale ? ».


Dans son Avis précité du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a apporté une réponse claire et négative qu'il importe de rappeler.


Le Conseil constate d'abord, « que l'atteinte portée à l'intégrité du territoire depuis le 19 septembre 2002 n'a pas permis la tenue d'élection dans les délais constitutionnels ». Puis il poursuit aussitôt par un considérant mémorable : « ...considérant cependant, qu'à défaut d'élections dans les délais constitutionnels, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et des règles de valeur constitutionnelle à savoir :

- la séparation et l'équilibre des pouvoirs exécutif et législatif, la cessation des fonctions de l'Assemblée Nationale pouvant rompre l'équilibre ;
- la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement.
- La mise en œuvre de l'article 48 de la constitution au terme duquel l'Assemblée nationale se réunit de plein droit et ce aux fins de contrôle des mesures exceptionnelles pouvant être prises par le Président de la République.

De ce qui précède, le Conseil Constitutionnel tire la conclusion que « l'Assemblée Nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs ».


Faut-t-il rappeler qu'aux termes de l'article 88 de la Constitution, c'est au Conseil constitutionnel et à lui seul que revient la compétence de régulation du fonctionnement des pouvoirs publics. Si l'article 34 de la Constitution donne au Président de la République mission de « veiller au respect de la Constitution », en revanche en ce qui touche le fonctionnement des Institutions de la République, ses attributions au titre de l'article 48 de la Constitution qui du reste sont exceptionnelles, ne concernent nullement leur régulation mais plutôt la prise de mesures exceptionnelles en vue d'assurer leur fonctionnement régulier dans l'hypothèse ou celui-ci serait « gravement menacé ou interrompu » . Par ailleurs il aurait été paradoxal, vue la nature présidentielle du régime ivoirien, qui postule une stricte séparation des pouvoirs politiques, exécutif et législatif, de confier à l'un, la compétence de réguler le fonctionnement de l'autre, sans affecter ce principe et sans détruire l'équilibre constitutionnel et politique institué à dessein. Sous cet angle, les mesures prises par Alassane Ouattara et qui ont pour effet ou pour conséquence d'empecher le fonctionnement de l'Assemblée nationale sont manifestement anticonstitutionnelles.


Mais elle l'est encore plus, d'autant qu'elle méconnait l'Avis du 15 décembre 2005, rendu par l'Autorité habilitée à réguler le fonctionnement des pouvoirs publics. Or, l'Avis du 15 décembre 2005 disposant que « l'Assemblée Nationale n'est pas dissoute, elle demeure en fonction », s'impose sans discussion à Alassane Ouattara. Il s'impose parce que aucune autre Autorité n'est habilitée à donner un autre Avis sur la question.


Ainsi Alassane Ouattara n'a pas compétence pour mettre fin au fonctionnement de l'Assemblée nationale ni pour la suspendre ; mieux il est même tenu, au regard, tant de l'article 98 que de l'article 48 de la Constitution, d'assurer par tous les moyens, y compris par des mesures de caractère exceptionnel, le fonctionnement régulier de l'institution parlementaire. Il ne saurait dans ces conditions constituer un obstacle au fonctionnement de l'institution parlementaire sans se rendre coupable de violation manifeste et délibérée de la Constitution.


II - SUSPENSION OU EMPECHEMENT DE l'ASSEMBLEE NATIONALE DE FONCTIONNER ?


Alassane Ouattara en vérité n'a pris aucun acte formel de dissolution, ni de suspension de l'Assemblée nationale, cependant le résultat à l'arrivée est le même : celle-ci ne fonctionne pas depuis le 11 avril 2011, aucune réunion officielle ni même officieuse, n'a été tenue! La première session ordinaire 2011 qui devrait s'ouvrir le dernier mercredi du mois d'avril n'a jamais eu lieu.


Dans les faits il y a blocage, il y a empêchement de l'Assemblée nationale de fonctionner du fait de certains actes posés par Alassane Ouattara :

- Il y a d'abord les déclarations affirmant la fin du mandat des Députés de la 9ème législature. Lancées officiellement dans le contexte socio-politico-militaire actuel, caractérisé par une insécurité généralisée, de tels messages sont de nature à tempérer fortement les ardeurs des représentants du Peuple. 
- La non allocation d'un budget de fonctionnement à l'Assemblée nationale. Sans moyens financiers comment l'institution pourrait-elle faire face aux dépenses courantes que sont le salaire du personnel, les indemnités parlementaires, le fonctionnement de l'administration... ?
- Le refus du versement de leurs arriérés d'indemnités aux députés de la 9ème législature, malgré l'insistance de ceux-ci auprès de AO . Le silence par lui adopté sur cette question ne peut être interprété autrement que dans ce sens ; 
- L'arrestation et la détention de nombreux Députés en dépit de leurs immunités qui traduit de la part d'Alassane Ouattara un mépris manifeste de l'institution parlementaire, de son « essence souveraine », de ses principes et règles fondamentaux. Cette violation flagrante de la Constitution a pour conséquence directe d'empêcher des députés de siéger et pour conséquence indirecte, de dissuader les députés non arrêtés mais craignant pour leur liberté, tant de parole que d'aller et de venir, de participer aux sessions parlementaires, dans la mesure ou « la couverture immunitaire statutaire » que leur garantissait les articles 67 et 68 de la Constitution a été rendue inopérante par Alassane Ouattara.

Et pourtant la Constitution fait obligation à Alassane Ouattara, sauf si elle est suspendue en droit ou en fait, de ne pas bloquer mais d'assurer le fonctionnement régulier des institutions y compris l'Assemblée Nationale qui vote le budget de l'Etat (article 48 précité).


En effet, notre régime constitutionnel est de type présidentiel et se présente donc comme un régime de séparation rigide et équilibré des pouvoirs. Dans un tel régime le Président de la République ne peut ni dissoudre ni suspendre l'Assemblée nationale et à fortiori bloquer son fonctionnement. A l'inverse, la responsabilité politique du Président de la République et de son Gouvernement ne peut être engagée devant l'Assemblée Nationale.


A la vérité, affirmer que l'Assemblée Nationale est suspendue relève à notre sens d'une grave méconnaissance du rôle et des missions de cette institution dans le fonctionnement de l'Etat. En effet, la Constitution confie à l'Assemblée Nationale des missions propres qu'elle exécute seule, et des missions qu'elle exécute en liaison obligatoire avec le Président de la République, mais toutes ces missions s'inscrivent dans le principe de la continuité de l'Etat.


MISSIONS PROPRES DEVOLUES A L'ASSEMBLEE NATIONALE


Au titre des fonctions propres, Les fonctions législatives et le vote du budget sont certainement les mieux connues. Ce sont des attributions propres et permanentes que nul ne peut confisquer ni exercer en ses lieux et place, pas même le Président de la République, du fait du principe de la séparation des pouvoirs. L'adoption du budget par voie d'ordonnance suite à une habilitation formelle de l'Assemblée Nationale est une exception qui ne saurait être érigée en une règle de gouvernement sauf bien sur s'il s'agit d'un régime d'exception.


Outre ces deux fonctions, d'autres sont prévues dont l'importance n'est pas des moindres.

Aux termes de l'article 32 de la Constitution, les députés sont des représentants du Peuple souverain, élus comme tels, avec pour mission d'exprimer sa volonté dans le temps de leur mandat. Seul le Peuple qui l'a mandaté peut mettre fin au mandat du Député, à l'exclusion du Président de la République qui n'est rien d'autre qu'un autre élu mandaté aussi par le même Peuple. En déclarant la fin de l'Assemblée Nationale, Alassane Ouattara se rend-t-il compte qu'il s'arroge le droit de mettre fin au mandat des Députés qu'il na pas désignés, en lieu et place de leur mandant qui est le Peuple de Côte d'Ivoire ? Pense-t-il être égal ou supérieur au Peuple de Côte d'Ivoire au point d'ignorer la souveraineté et la volonté de celui-ci ?
L'Assemblée nationale est par ailleurs chargée d'une mission de contrôle de l'action gouvernementale, même si la responsabilité politique de l'exécutif ne peut être mise en cause. C'est le sens des moyens d'information prévus par l'article 82 de la Constitution que sont les questions orales et écrites et les commissions d'enquête parlementaires. Qui assurera un tel contrôle sur le Gouvernement en l'absence de l'Assemblée nationale ? 
L'Assemblée Nationale est également chargée de surveiller le Président de la République agissant es qualité dans le cadre de l'article 48 de la Constitution qui confère à celui-ci des pouvoirs exceptionnels. De même, l'Assemblée Nationale joue un rôle déterminant en cas de crime de haute trahison du Président de la République, la responsabilité pénale de ce dernier pouvant être engagée. Aucune autre Institution en dehors de l'Assemblée Nationale ne peut assumer de telles fonctions.

L'Assemblée Nationale est chargée de la protection des Députés, en s'assurant du respect des immunités parlementaires tant pendant les sessions qu'en dehors des sessions. Comment une telle obligation pourra-t-elle etre assurée en son absence ?


Le Président de l'Assemblée Nationale assure l'intérim de la Présidence de la République en cas de vacance du pouvoir (article 40 de la Constitution). En l'absence du Parlement comment réglerait-on la question du vide juridique qu'entrainerait une éventuelle vacance du pouvoir ?

L'Assemblée Nationale est enfin chargée, tout comme le Président de la République, de protéger la Constitution par le déferrement au Conseil constitutionnel, des engagements internationaux visés à l'article 84 avant leur ratification, ainsi que des lois avant leur promulgation. Comment désormais assurer efficacement cette fonction protectrice de la loi fondamentale en l'absence de l'Assemblée nationale ?

ATTRIBUTIONS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE IMPLIQUANT OBLIGATOIREMENT L'ASSEMBLEE NATIONALE.


Il en va ainsi en matière de référendum ou le Président de la République est tenu de consulter le Bureau de l'Assemblée nationale (article 43 alinéa 1). Toute déclaration de guerre, doit être autorisée par l'Assemblée nationale (article 73) de même que la prorogation de l'état de siège au-delà de 15 jours requiert également son autorisation (article 74 alinéa 2). Il y a enfin la procédure budgétaire telle qu'organisée par l'article 80 de la Constitution. Si l'éventualité d'un référendum, d'une déclaration de guerre ou d'un état de siège n'est qu'hypothétique, en revanche s'agissant du budget nous sommes dans l'actualité récente. Le budget actuel a été adopté par voie d'ordonnance sans aucune habilitation parlementaire préalable ainsi que l'exige l'article 75 alinéas 1,2 et 3. Nous sommes ici dans un cas de violation flagrante de la Constitution.


Ce qui précède montre bien la complexité de la fonction parlementaire qui ne saurait être réduite à la seule fonction de voter la loi. Suspendre l'Assemblée Nationale reviendrait par conséquent à paralyser le Gouvernement et l'Etat dans la gestion du pays, sauf bien sûr si le Président décide de gouverner par voie d'ordonnances. Mais, alors nous serions dans l'hypothèse d'un coup d'Etat qui ne dirait pas son nom.


A l'évidence, le régime instauré par Alassane Ouattara est un régime d'exception dans lequel les violations quotidiennes délibérées de la Constitution loin d'être le fruit de l'ignorance participent d'une politique délibérée pour atteindre des objectifs politiques majeurs. S'agissant du cas particulier de l'Assemblée nationale, les motivations et les objectifs n'échappent à personne.


POURQUOI Alassane Ouattara A-T-IL BLOQUE LE FONCTIONNEMENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE ?


Les blocages contre le fonctionnement de l'Assemblée ne sont pas fortuits mais bien pensés et pour cause. En empêchant le parlement de fonctionner, Alassane Ouattara escompte les gains suivants :

-Tout d'abord Alassane Ouattara manœuvre dans le but d'être la seule institution politique active dans le jeu politique. Gouvernant alors par ordonnances du fait de l'absence du Parlement du champ politique, il peut agir en « dictateur constitutionnel » tant dans le domaine du règlement que dans celui de la loi. Actuellement, le train de mesures prises par voie d'ordonnances, c'est-à-dire dans le domaine de la loi qui relève normalement de l'Assemblée Nationale, en sont la preuve : l'ordonnance portant découpage des circonscriptions électorales ; l'ordonnance sur les collectivités territoriales... 
- En l'absence du Parlement, il est débarrassé du contrepoids politique qu'il constitue et se trouve dégagé de tout contrôle parlementaire sur l'action gouvernementale tel qu'institué par l'article 82 précité. Ainsi son Gouvernement n'aura-t-il pas à se justifier pour les hauts faits d'armes des FRCI qui émaillent hélas le triste quotidien des ivoiriens. Tout comme il n'aura pas à s'expliquer sur son engagement précipité dans des accords de défense avec la France.
- En l'absence du parlement il peut continuer de garder en détention le Président Laurent Gbagbo, les membres de son Gouvernement ainsi que des députés, notamment Simone Gbagbo, Présidente du Groupe parlementaire FPI, malgré les immunités fonctionnelles qui les couvrent, sans être interpelé par l'Assemblée nationale ou son Bureau, sur cette grave et manifeste violation de la Constitution.

I
II - SAUVER L'ASSEMBLEE NATIONALE, DE LA FIN PREMATUREE PROGRAMMEE PAR Alassane Ouattara : UN DEFI MAJEUR A RELEVER POUR LA SURVIE DE LA REPUBLIQUE, DE LA DEMOCRATIE ET DE LA LEGALITE CONSTITUTIONNELLE

Au regard de la Constitution, Alassane Ouattara ne peut pas suspendre l'Assemblée Nationale, cela ne souffre d'aucune discussion. Il n'a pas compétence pour le faire et l'on serait bien curieux d'être instruit de la disposition constitutionnelle qui lui confère un tel pouvoir exorbitant mais surtout de l'acte pris pour décider d'une telle suspension.


L'argument tiré des élections législatives projetées pour « décembre 2011 », pour justifier la suspension de la 9ème Législature ne peut nullement prospérer, il est même dangereux pour notre système politique qui s'en trouverait profondément modifié et affecté dans sa nature de régime présidentiel. Cela reviendrait à établir une prééminence du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif dans la mesure où le premier peut mettre fin à l'existence du second sans possibilité pour le second d'abréger le mandat du premier. Cela est contraire à la lettre et à l'esprit de notre Constitution qui institue une séparation équilibrée des deux pouvoirs. Ensuite accepter un tel argument c'est accepter l'instabilité parlementaire subséquente à de tels aménagements dictés par des considérations essentiellement circonstancielles. Enfin, on ne voit pas pourquoi la simple annonce d'une élection dont la date est susceptible de modification, devrait mettre fin au mandat de l'Assemblée Nationale, nonobstant les dispositions pertinentes de la Constitution et l'Avis du Conseil Constitutionnel du 15 décembre 2005. En Côte d'Ivoire, les élections présidentielles prévues pour 2005 ont finalement eu lieu en 2010 et le contexte reste le même, il n'a pas fondamentalement changé, bien au contraire.


Bien entendu les déclarations multiples d'Alassane Ouattara et de ses collaborateurs pour marteler que le mandat parlementaire a pris fin depuis 2005, de même que diverses mesures prises pour empêcher le fonctionnement de l'Assemblée nationale telles que la confiscation du budget du Parlement et le non- paiement des députés et des fonctionnaires de l'institution, ne sont pas en soi des actes formels de suspension. Ils sont tout simplement des obstacles destinés à décourager la reprise des activités parlementaires ou à donner prétexte à ceux qui ne souhaitent pas voir le Parlement revivre, d'en sonner le glas.


Mais ces déclarations et ces obstacles n'empêchent pas la convocation de la deuxième session ordinaire du Parlement dans les formes prévues par la Constitution en son article 62 alinéa 3. Il n'est pas inutile à ce stade de reprendre une disposition de la Constitution de la IIème République française (Constitution du 4 novembre 1848, article 68) dont la pertinence pour notre propos est notable : « ...Toute mesure par laquelle le Président de la République dissout l'Assemblée Nationale, la proroge ou met obstacle à l'exercice de son mandat est un crime de haute trahison. ».

Oui, si AO s'oppose au fonctionnement de l'Assemblée nationale et s'il pose des actes matériels pour concrétiser un tel projet au lieu d'agir pour en faciliter le fonctionnement, devoir républicain auquel l'invitent les articles 34 et 48 de la Constitution, alors il aura trahi le serment qu'il a prêté conformément à l'article 39 : « ...je jure solennellement et sur l'honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution.... Que le Peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment ».

C'est le lieu de rappeler au professeur Mamadou Koulibaly , que ce n'est pas à Alassane Ouattara qu'il revient légalement de convoquer l'Assemblée nationale en sessions ordinaires ou de donner son accord , mais plutôt au Président de l'Assemblée Nationale qu'il continue de demeurer en vertu de l'article 59 alinéa 3 et de l'Avis du Conseil Constitutionnel du 15 décembre 2005 , car les sessions sont de plein droit (article 52), elles ont un caractère statutaire et ne requièrent en aucun cas l'autorisation de Alassane Ouattara.


Le Président de l'Assemblée Nationale, le Bureau, Les responsables des Groupes parlementaires et l'ensemble des députés doivent agir dans l'urgence afin que se tienne la deuxième session ordinaire qui normalement doit s'ouvrir le 5 octobre 2011.


La convocation de cette session qui rentre dans l'ordre normal des choses, aurait pour effet positif de repositionner l'Assemblée nationale dans la vie de l'Etat en cette étape cruciale de l'histoire de notre pays, de lui permettre de jouer le rôle qui est normalement le sien dans un Etat de démocratie soucieux des droits et libertés des citoyens et du respect des lois. Elle permettra aussi et surtout d'éviter à la Côte d'Ivoire le dangereux précédent de voir dans notre régime politique de type présidentiel, régime de séparation stricte et équilibré des pouvoirs, l'Assemblée Nationale suspendue par les simples déclarations du Chef de l'exécutif.


KOUDJA KOUASSI JEAN-NOEL, Docteur en Droit, Politologue.


Source : LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

samedi, 01 octobre 2011

CHARLES KONAN BANNY EST-IL PROPHETE?

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« Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d’aujourd’hui fourbira ses armes dans l’espoir de devenir le vainqueur de demain ».

 

Dixit Charles Konan Banny, à l'investiture de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, le mercredi 28 septembre 2011, à Yamoussoukro.

 

Est-ce une prophétie ? Wait and see !

 

Comme dit si bien mon ami Alexis G. : « C’est un terrible aveu. Il faut comprendre par cette phrase que Banny considère que Ouattara est arrivé au pouvoir par la force et qu’il jouit d’une victoire précaire ».

 

L'Histoire nous situera!

vendredi, 30 septembre 2011

J'AI FAIT LE REVE D'UNE GRANDE COTE D'IVOIRE ET D'UN GRAND PRESIDENT



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Les turpitudes de la vie politique ivoirienne de cette dernière décennie auront réussi le tour de force de nous plonger, nous, Ivoiriens bons vivants pleins d'humour, dans une mélancolie, une torpeur et une léthargie d'après-guerre qui nous consument lentement mais sûrement. Au point de nous donner la nostalgie de ses beaux jours du temps passé où il faisait bon vivre en Côte d'Ivoire (même en temps de crise) et où notre pays faisait l'objet de toutes les envies.

Sortie tout droit d'un cauchemar, la réalité actuelle sur cette belle terre éburnéenne n'incline guère plus à la joie, à la sérénité et à l'espoir d'une cohésion sociale sans hypocrisie. Les sourires et les regards ne sont plus francs, les belles amitiés d'il y a quelques temps se retrouvent empruntées dans leurs nouveaux épanchements ; même les liens familiaux en sont arrivés à se distendre, la jovialité s'est figée dans du plâtre et n'est plus que sa propre ombre et les cœurs, plus que jamais amers. La prise de parole libre et publique devient un exercice d'un péril certain. Chaque mot doit être pesé, chaque pas, mesuré. Pour chaque « dérapage », vous pouvez en répondre de votre vie ou, au meilleur des cas, de votre journal. CNP oblige !

La sécurité ? S'en remettre à la grâce de DIEU. Car ceux dont elle constitue la principale attribution en sont devenus la principale menace. On ne sait par quelle prestidigitation abracadabrantesque. En Côte d'Ivoire, désormais, l'insécurité est, à titre principal, le fait des FRCI, nos bien-aimés « sauveurs ». Peut-on envisager pire tableau ? L'actualité nous renseigne largement sur cette réalité désormais toute ivoirienne. Les tueries de Ziriglo, dans la Sous-préfecture de Taï, menées par les FRCI, en expédition punitive contre une population sans défense et excédée, qui a protesté contre le fait d'être régulièrement l'objet du racket, des injustices, des exactions et de l'insécurité entretenus par les nouveaux occupants de leur village, en est un exemple patent. A titre de parole de consolation et de commisération, le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi, n'a rien trouvé d'autre à leur dire que ces propos totalement irréels : « Nous enverrons plus de FRCI pour assurer votre sécurité. Ils vont s'installer ici pour longtemps. Que vous le vouliez ou pas, vous êtes obligés de les accepter. Celui qui ne veut pas des FRCI, qu'il change de pays et aille vivre ailleurs ». Paroles d'un ministre de la République ! Rien qui soit plus désolant.

Lourd tribut que le prix que nous payons à la politique, dans ce pays ! Pour aboutir, au final, à une réconciliation à la baïonnette, en marche et cadence militaires.

Mais nous ne nous résignons pas à cette sombre peinture de notre patrie et souhaitons, pour l'heure (seulement pour l'heure), ne pas nous afficher de façon définitive comme ivoiro-dépressif pratiquant. Nous avons, à l'instar du combattant des droits civiques, l'afro-américain Martin Luther King Jr - auteur du célèbre discours « I have a dream » délivré sur les marches du Lincoln Memorial, à Washington D.C, le 28 octobre 1963, dans lequel il manifeste sa volonté et son espoir de connaître une Amérique fraternelle - fait le rêve d'une grande Côte d'Ivoire et - malgré tout - d'un grand président.

Une grande Côte d'Ivoire où l'amour sincère reprenait le dessus sur la haine et la méfiance morbide, où le pardon faisait place à la rancœur et au sentiment de vengeance ; où le militant RHDP et le militant LMP marchaient bras dessus-dessous en s'esclaffant d'un rire bon enfant, se serraient les coudes pour désherber, repeindre, restaurer ensemble toutes les infrastructures et services pillés et incendiés du pays ; où tous les fils et filles du pays, dans un seul et même élan fraternel, balayaient les rues de nos villes au sein d'associations de quartier, sans attendre d'être rémunérés ou de bénéficier d'une quelconque reconnaissance ou distinction sociale ; où les femmes, les hommes et les jeunes réalisaient des ouvrages d'intérêt public, conduisaient des actions de développement communautaire, menaient des opérations de propreté dans nos hôpitaux et maternités, avec à leur tête les hommes de DIEU, les chefs de partis locaux et nos hommes en armes.

J'ai fait un rêve où les Ivoiriens s'étaient vraiment et totalement pardonnés, non pas sur ordre, par communiqué officiel, décret présidentiel ou annonce de presse ; où ils bénissaient et priaient pour ceux qui avaient été leurs ennemis, donnaient à boire et à manger à ceux qui s'étaient révélés être leurs bourreaux, portaient leurs enfants sur leurs épaules et les chérissaient, compatissaient sincèrement à leurs douleurs et détresses. Ne se reconnaissant désormais qu'en un seul et unique peuple. Indivisible et bienheureux. J'ai rêvé d'un peuple qui a fait sa catharsis et qui a été conquis par l'amour.

Oui, j'ai fait un rêve où l'ethnie n'était plus une référence politique ou religieuse mais simplement une information indicative pour les statistiques de l'administration. J'ai fait un rêve où les journaux ivoiriens faisaient vraiment de l'information et avaient cessé d'être les caisses de résonnance des obédiences politiques et les courroies de transmission de la haine ambiante, dans une guerre de chiffonniers dépenaillés.

J'ai fait un rêve où tous les Ivoiriens et les hautes autorités de l'Etat en exil étaient rentrés en chantant, la tige de fleur au coin de la bouche, accueillis et célébrés chez eux par les militants LMP et RHDP de leur quartier, en totale symbiose, même si de ligne politique différente ; où les ex-FDS de retour au pays ont été reçus par un comité d'accueil présidé par les ex-FAFN, à une cérémonie au cours de laquelle ils ont fait la promesse sincère de ne jamais plus offrir aux Ivoiriens ce spectacle désolant d'affrontements et de guerre fratricides.

J'ai fait le rêve de la naissance d'une vraie nation ivoirienne plus que jamais fraternelle, prospère et unie, avec une économie amorçant une émergence fulgurante, le travail pour devise réaffirmé, la droiture et la justice pour socle, la vérité et la crainte de DIEU pour fondement moral et spirituel.

Mais j'ai aussi fait le rêve que cette nouvelle Côte d'Ivoire est née sous l'impulsion d'un grand président, unificateur, rassembleur, magnanime, repentant, modeste, initiateur d'une réconciliation vraie, pas celle des vainqueurs en cours en ce moment, mais celle fondée sur l'amour, le pardon, la compassion et la vérité. Un grand président qui a libéré Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils Michel et tous ses partisans et collaborateurs croupissant dans les geôles ivoiriennes. Un grand homme d'Etat qui a remis à tous leurs fautes et crimes, y compris ceux humblement reconnues de ses propres affidés, dans une amnistie générale à la sud-africaine. Ce geste majeur de miséricorde l'a grandi encore plus, l'a fait aimer même par ses pires détracteurs et a ramené la consolation, la joie de vivre et le bonheur dans le cœur meurtri de chaque ivoirien.

Ce grand homme a pansé les plaies du peuple, a mis du baume au cœur des affligés, a consolé les veuves et les orphelins de la crise ivoirienne issue de tous les bords et de toutes les conditions par des paroles appropriées et des actes de grande munificence, a rassuré tous ceux que ses actes antérieurs avaient terrifié ou apeuré, qui se sont terrés, qui n'osaient plus se montrer, et a secouru le malheureux et le pauvre, en leur accordant la priorité de toutes ses actions.

Oui, j'ai fait le rêve qu'Alassane Ouattara a su rassembler à nouveau tous les Ivoiriens, leur a redonné la joie de servir leur pays et d'en être ressortissant, a formé un nouveau gouvernement en prenant conseil auprès des présidents Gbagbo et Bédié, dans une union sacrée de salut national pour la Côte d'Ivoire qu'ils jurent tous d'aimer et de chérir. Après avoir, chacun en ce qui le concerne, fait amende honorable auprès du peuple ivoirien déchiré pour le mal qu'il lui a personnellement fait, en reconnaissant sa part objective dans la déflagration nationale. Parce que tout pardon et toute absolution part de la repentance.

Ensuite, dans un brassage ethnique, politique, religieux et régionaliste achevé, ils ont procédé ensemble, sous la signature du chef de l'Etat, à la nomination dans les institutions et services du pays de valeurs sûres dont cette nation regorge en termes de compétence, de qualification et d'excellence. En prenant l'engagement formel et formalisé de veiller à une alternance systématique et tournante à la tête de l'Etat, tous les quinquennats, entres les formations politiques les plus significatives du pays. Toutes choses qui auront eu le mérite incommensurable de solder définitivement 10 années de crise ivoirienne et de taire, ad vitam aeternam, toutes les rancœurs qu'a cristallisées la crise postélectorale.

Merveilleux, ce rêve, non ? Mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve. Certainement, totalement fou. Pourra-t-il malgré tout, un de ces prochains matins, devenir réalité et faire émerger cette nouvelle nation que nous appelons de tous nos vœux ? Fasse le Créateur que cette prière soit entendue en haut ! Comme disent les anglophones : « Dream can come true » ! A moins qu'à défaut d'accéder à la grandeur, nous ne nous satisfassions tous de notre triste petitesse et de nos médiocrités individuelles.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 329 du jeudi 29 septembre 2011.

DIALOGUE AVEC ALASSANE OUATTARA - KONE KATINAN: «VOICI LES INSTRUCTIONS DE GBAGBO»



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Le porte-parole du fondateur du FPI évoque, dans cet entretien, l'initiative tardive de dialogue d'Alassane Ouattara, la centralité du rôle de Gbagbo dans la réconciliation, ainsi que l'offensive judiciaire tous azimuts déployée en ce moment.


L'actualité de ces derniers jours est marquée par la manifestation de la volonté d'Alassane Ouattara d'engager des discussions avec le FPI autour des élections législatives. Que pensez-vous de ce revirement ?

Je pense que les personnes les mieux indiquées pour répondre à cette question, ce sont les membres de la direction du FPI. Mais entant que cadre, j'observe que ce revirement s'est fait à la suite d'un voyage que M.Ouattara a entrepris en Occident. Et comme la Côte d'Ivoire est dirigée depuis la France et l'Europe, on peut en conclure que ce sont des instructions qu'il a reçues. Je constate que cela fait plus de trois ou quatre mois que la direction du FPI a déposée - sans suite - une requête auprès de M. Ouattara. Je suppose que tout simplement ceux qui dirigent vraiment la Côte d'Ivoire lui demandent de le faire. Et qu'il s'est exécuté.

Dans le fond, comment le FPI doit-il aborder cette question du dialogue avec Ouattara ?Quel est le regard du porte-parole et représentant du président Gbagbo ?

Comme je l'ai expliqué, ce sont des souhaits, des directives que je peux donner. Le FPI est un parti politique qui a des organes compétents qui décident. Les instructions du président Gbagbo sont en tout cas claires sur la question. Il y a un premier contentieux électoral- il concerne le scrutin présidentiel -qui n'a jamais été vidé. (...) Ce contentieux est pendant. (...) Il faut que cette question-là soit posée et réellement discutée. On n'a pas fini ce contentieux électoral et on nous invite à aller à de nouvelles élections. Et dans les mêmes conditions ! Hier, l'armée (...) qui occupait le Nord du pays n'avait pas désarmé. Aujourd'hui, elle occupe tout le pays. J'ai du mal à voir comment dans ce contexte on peut aller à des élections sans que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Selon vous, la clé d'une discussion sérieuse, c'est un dialogue entre Gbagbo et Ouattara...

M. Ouattara (...) a besoin de la légitimité du FPI pour gouverner. Et il veut que le FPI lui donne cette légitimité en faisant fi du candidat qu'il a présenté (...) Et qui se trouve être en prison. On se bat pour l'écarter par tous les moyens du débat politique en instrumentalisant le parti qu'il a créé contre lui-même. Evidemment, c'est peine perdue. Entre Gbagbo et le FPI, il y a une telle synergie qu'on ne voit pas comment Ouattara pourrait bien procéder. Pour nous, la question préalable à toute négociation, c'est la libération du président Gbagbo et l'ouverture d'un débat politique franc autour de la question : qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ? On ne peut pas faire l'économie de ce débat entre Ouattara et le président Gbagbo.

Le président Gbagbo a justement lancé un certain nombre d'offensives judiciaires et politiques. Plainte contre l'armée française pour «tentative d'assassinat», demande d'une Commission d'enquête onusienne, plainte contre la candidate à la candidature socialiste Martine Aubry. Quelle est la logique qui en découle ?

Les choses sont simples. Les armes n'ont jamais conféré la légitimité, la clameur publique de la communauté internationale non plus. Quand les clameurs se sont tues, la vérité est têtue, il faut bien qu'elle sorte. L'armée française, manipulée par Nicolas Sarkozy, s'est invitée dans un conflit qui n'était pas le sien. Pendant dix jours, elle alargué des bombes et des missiles sur la Résidence officielle du chef de l'Etat où se trouvait sa famille y compris un enfant de deux ans. En français, cela s'appelle au moins une tentative d'assassinat. Par ailleurs, il y a eu des assassinats. Dans les alentours de la Résidence, il y a eu des personnes qui sont mortes suite au lancer de bombes et de missiles par l'armée française. Nous présenterons les preuves au tribunal. Puisque nous avons l'intention de déposer une autre plainte contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre. En ce qui concerne Abobo, les gens sont partis d'un fait. Des femmes auraient été tuées à Abobo, dans un endroit contrôlé au moment des faits par deux factions rivales de la rébellion, celles d'IB et de Soro. L'armée ivoirienne était dans une position de retrait. L'armée ivoirienne ne pouvait se trouver sur le théâtre d'opérations. L'ONU a établi qu'il y a eu tueries mais n'a pas pu déterminer qui a tué. Sur la base de la clameur qui accusait le président Gbagbo, l'ONU a donné mandat à l'ONUCI et à la Force Licorne de détruire les armes lourdes dirigées contre les civils. C'est pour cela qu'il est important de savoir qui a tué ces femmes d'Abobo. Il faut situer les responsabilités! Parce que c'est cette tuerie qui a ouvert la voie à la résolution 1975. Parce que c'est au nom de cette résolution, faussement interprétée d'ailleurs, que l'armée française est intervenue. Et a tué de nouveau des Ivoiriens en 2011, après en avoir tué en 2004.Cela ne peut rester sans suites ! Pour ce qui est de Martine Aubry, il nous semble que certaines personnes éprouvent du plaisir à parler du président Gbagbo en termes désobligeants et calomnieux. Les avocats du président Gbagbo considèrent que ces propos ne peuvent pas passer inaperçus. Et ont porté plainte contre elle. Tout cela exprime quelque chose : nous exigeons le respect pour le président Gbagbo. Même s'il est prison.


Par Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

mercredi, 28 septembre 2011

RETOUR DU 3EME BATAILLON A BOUAKE LES FRCI MENACENT: «NOS 5 MILLIONS, SINON ÇA VA SAIGNER!»

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Les éléments des Frci se sont opposés avant hier dimanche 25 septembre, à l'arrivée des militaires à Bouaké. Raison évoquée : ils ont été floués par leurs chefs. ça sent la poudre dans la capitale du centre.


« Donnez nos 5 millions ou ça va saigner », telle est la menace que les éléments des ex-Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire ont lancé avant hier à l'adresse du général Soumaila Bakayoko, ex-chef d'état major des Fafn, devenu chefd'état major des Frci, depuis le mois de juillet dernier. De fait, les militaires du 3e bataillon des Fanci de Bouaké et de la compagnie territoriale de Korogho, devaient regagner leur ancien site. Ainsi, plus de dix(10) cars Utb affrétés pour le transport de ces soldats sont repartis dimanche après-midi sans un seul soldat à son bord. La passation de service qui devait intervenir hier lundi, entre le lieutenant colonel SoualifouKoulibaly, chef de corps sortant et le lieutenant colonel Léon N'goranKouamé, nouveau chef de corps, n'a pas eu lieu. L'ancien chef de corps du 3ème Bataillon qui a reçu des menaces, aurait tenté de négocier. Il a essayé de raisonner les éléments Frci. Il a dit en substance, que tous les problèmes trouvent toujours leurs solutions dans le dialogue et non dans la violence.

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Mais, les hommes en armes campaient sur leur position. «On nous a promis 5 millions de f Cfa par soldat pour aller au front, chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et le donner à Alassane Ouattara. Nous avons accompli avec succès notre mission. Nos chefs ont eu des promotions. Nous sommes sortis ''gbanzan'', bredouilles. Et on nous demande de céder la place aux gendarmes, militaires et policiers. Certains de nos camarades, seront dans la nouvelle armée, mais et les autres ils vont devenir quoi ? Pour nous, c'est de la foutaise tout cela. Quand on nous demandait de prendre les armes, ils n'ont pas demandé notre âge, ni notre profession. On veut notre argent. C'est tout. Sinon ça va saigner », a déclaré en substance celui qui passait pour leur meneur.Le collaborateur du général Bakayoko aurait plaidé auprès de ces manifestants en arguant que le retour du 3e bataillon à Bouaké et de la compagnie territoriale de Korhogo , s'inscrit dans le processus de réunification de l'armée et du processus de normalisation du pays. Aussi, les militaires n'ont-ils rien à voir avec la supposée prime de guerre.

Mais, les laissés pour compte (sic) ont mis en garde le chef de corps en ces termes : « Si vous vous entêtez à faire venir vos éléments, nous allons les prendre en otage au meilleur des cas ; sinon ils seront fusillés. ». De guerre lasse, il a dû appeler son successeur resté au camp Galliéni avec ses éléments pour leur déconseiller de partir pour Bouaké. Le nouveau commandant du 3e bataillon de Bouaké a trouvé finalement sage de suspendre la décision de retour dans l'ex-fief des ex-rebelles. Il faut noter que le 3e bataillon de Bouaké a été délocalisée à Anyama du fait de la guerre depuis 2002. Ce n'est pas de sitôt que le lieutenant colonel Léon N'Goran Kouamé et ses éléments vont retrouver leur base.


Laurent Okoué et Youssouf Sylla à Bouaké. In le quotidien ivoirien « Le Quotidien d'Abidjan » du mercredi 28 septembre 2011.


elie_laurent@yahoo.fr


Source : TELEDIASPORA.NET

TUERIES D'ABOBO - GBAGBO SAISIT BAN KI-MOON: CE QUE L'ANCIEN CHEF DE L'ÉTAT RECLAME



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Rebondissement dans l'affaire des tueries de 7 femmes à Abobo. Le week-end dernier, l'ancien chef de l'État, Laurent Gbagbo en résidence surveillée à Korhogo, a reçu la visite de ses principaux avocats au niveau international. A savoir maîtres Lucie Bourthoumieux, Roland Dumas, Jacques Vergès et Marcel Ceccaldi. A cette occasion, Laurent Gbagbo a instruit ses conseils juridiques d'entreprendre toutes les actions nécessaires en vue de faire toute la lumière sur les événements qui se sont déroulés le jeudi 3 mars 2011 à Abobo. Et qui ont causé la mort de sept manifestantes du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

La volonté de l'ancien chef de l'État vient d'être traduite en acte. Hier mardi, nous avons reçu un mail via les services du cabinet d'avocats de Me Bourthoumieux, nous informant que le ministre Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, venait d'adresser ce jour même un courrier au Secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon. La lettre dont nous avons reçu copie (voir en fac-similé l'intégralité du courrier) indique dans son objet, que l'ex-numéro un ivoirien demande la mise en place par l'Organisation des Nations unies, d'une commission d'enquête internationale sur les tueries d'Abobo et les actes consécutifs de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire depuis 2002. « Dans un double souci d'établir la vérité sur ces événements et sur tous ceux qui se sont déroulés dans son pays depuis septembre 2002 et de renforcer la crédibilité de l'ONU dont l'image s'est dégradée dans la conscience d'une bonne partie de la population ivoirienne, le Président Laurent GBAGBO vous demande de constituer une commission d'enquête internationale à l'effet d'établir la réalité des faits et d'en rechercher les auteurs et leurs complices », écrit Koné Katinan.

Me Lucie Bourthoumieux que nous avons jointe dans la soirée au téléphone depuis Paris, nous a situé sur les motivations et les objectifs de la sollicitation de l'ancien chef de l'État. « Le Président Laurent Gbagbo veut que toute la vérité éclate pour déterminer qui sont les véritables auteurs de ces présumées tueries. Parce qu'il n'est pas convaincu que c'est l'armée ivoirienne (dont il était le chef suprême au moment des faits) qui est l'auteur de ces présumées tueries à Abobo », a expliqué l'avocate.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien « L'INTER » du mercredi 28 septembre 2011.


Source : TELEDIASPORA.NET

lundi, 26 septembre 2011

COTE D'IVOIRE - TAÏ: LES AUTOCHTONES FUIENT EN MASSE LEURS VILLAGES

 

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Selon des informations recueillies sur place, le ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi se rend aujourd'hui (mercredi 21 septembre 2011) à Ziriglo où un commando de six personnes encagoulées a exécuté des villageois parmi la population allogène et autochtone. Les dernières informations pointent d'ailleurs du doigt la réunion tenue le 14 septembre par les FRCI. Leur vengeance aurait été en effet décidée ce jour-là.


Après avoir accusé des mercenaires libériens pro-Gbagbo d'être à l'origine de l'attaque meurtrière du jeudi 15 septembre dernier dans la petite localité de Ziriglo, le gouvernement se rend aujourd'hui sur les lieux du massacre. Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi devrait être accompagné du chef d'Etat-major des Forces républicaines de Côte d'Ivoire Soumaïla Bakayoko après avoir annoncé la présence des gendarmes jusqu'à hier invisibles dans ladite localité.

Menacées par les FRCI locales, les populations autochtones de Ziriglo mais aussi de Ningré et Covin affluent désormais vers Taï où leur exode bat son plein. « Ne revenez plus ici », auraient menacé plusieurs soldats des FRCI. De fait, c'est à cette force que les infortunées populations ont affaire depuis le déclenchement de ce massacre attribué pour des raisons évidentes de communication aux miliciens libériens pro-Gbagbo. Pourtant les dernières informations en notre possession montrent que ce sont six personnes encagoulées qui sont à l'origine du massacre. Les populations, après avoir soupçonné un temps le riche planteur burkinabé à qui profitait à priori ce crime ont désormais de nombreux faisceaux d'indice contre les FRCI de la localité qui n'auraient  pas supporté le début de rébellion contre leur autorité dans ce patelin d'environ mille âmes. Selon des informations que nous avons recoupées avec des sources à Abidjan, deux semaines avant les événements, les jeunes du village de Ziriglo ont tenu une réunion à la Mairie de Taï . A cette occasion, deux d'entre eux, en l'occurrence Coulibaly Abou et Jean Toclin ont montré toute leur hostilité à l'ordre instauré par les soldats des FRCI. Cet ordre tient essentiellement au racket sur les populations qui va du droit de péage pour ceux qui quittent le village pour aller au champ aux 25.000 F nécessaires pour répondre à une convocation d'un commandant. Or, tout est sujet à convocation : une simple dispute anodine, des bisbilles entre amoureux... Les camions qui sortent vide du village payent pour leur part 15.000 F,  ceux qui sont chargés 320.000 F et les libérations de « prisonniers » 300.000 F. Les populations de toutes obédiences (autochtones comme allogènes) n'en peuvent plus et au cours de cette réunion, elles applaudissent Coulibaly Abou et Jean Toclan qui dénoncent ouvertement le racket des FRCI. Les deux conférenciers appellent aussi à la levée des barrages. C'est cet  affront que les FRCI auraient lavé dans le sang.

De fait, selon des sources sur place, le 14 septembre, les FRCI tiennent une réunion à Sakré dans un petit village de Taï pour arrêter le principe de l'attaque. Le lendemain, six personnes encagoulées déferlent sur le village endormi. Les récalcitrants sont les premiers visés. Coulibaly Abou est découpé à la machette et son condisciple a la chance de ne pas être dans sa maison ce soir-là. Il réussit à prendre ses deux jambes à son cou. Il serait d'ailleurs à Abidjan après avoir réussi à gagner Taï. Car le lendemain, les FRCI qui vont se donner le prétexte d'avoir été attaquées par des miliciens libériens lourdement armés lesquels seraient venus à pied, les auraient attaquées et se seraient enfuis par la même piste, vont se livrer à une vengeance surfaite mais terrible. Le chef de village Benoit Diaï est arrêté avec ses cinq garçons. Il est accusé de détention illégale d'armes et est amené par le lieutenant Roger Yah qui n'est autre que le chef de la sécurité de Ningré et Ziriglo. A la sortie du village, quatre des cinq garçons sont exécutés, le dernier blessé par balles réussit à s'enfuir. Quant au père dont on ignorait le sort jusqu'à hier, il serait détenu à la prison de Paré.

La terreur depuis s'est emparée des populations autochtones directement visées par les menaces des forces républicaines de Côte d'Ivoire. Les Ouibis, une ethnie minoritaire Guéré qui vit au milieu des populations allogènes a préféré aller se réfugier à Taï pour fuir les exactions qui continuent. Le gouvernement avait annoncé à grand renfort médiatique des gendarmes pour protéger les populations civiles. Mais jusqu'à hier, seul le commandant Doumbia de la légion de Daloa a été vu à Ziriglo. Pour le reste, ce sont les FRCI qui quadrillent et contrôlent le village. Les gendarmes en poste à Taï qui s'étaient rendus sur place pour procéder, comme il est de coutume en pareilles circonstances, aux enquêtes préliminaires ont été menacés et congédiés. Les maîtres du village plus que jamais demeurent les dozos, les burkinabé et un certain Ouremi Amadi, tous des hommes du commandant Loss, le vrai dieu de ce bout de terre ivoirien où l'insécurité est chronique.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 69 du mercredi 21 septembre 2011.

dimanche, 25 septembre 2011

OU ETAIENT LE CNP ET EUGENE KACOU QUAND LES JOURNAUX DU RHDP ONT PONDU CES BRULOTS?



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Voici quelques Unes des journaux de la coalition anti-Gbagbo. Ils se permettaient d'écrire toutes les vacheries possibles et imaginables. Au nom de la liberté de la presse, le président Laurent Gbagbo n'a jamais porté plainte contre eux. Le CNP (Conseil National de la Presse), qui est l'organe de régulation de la presse écrite, était étrangement silencieux devant ces dérives. Aujourd'hui, son président Eugène Kacou retrouve subitement la voix, menace et suspend à tour de bras les journaux libres (Notre Voie et Aujourd'hui) qui disent qu'Alassane Ouattara est un putschiste et qu'il a été installé au pouvoir suite à un coup d'Etat sanglant de la France contre le Président ivoirien Laurent Gbagbo. Ces faits sont ceux de notre histoire récente. Peut-on les falsifier sans être accusé de manipulation et de révisionnisme? Le relever, en outre, est-il un crime de lèse-majesté dans la nouvelle République de Côte d'Ivoire?

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Ce faisant, le constat est évident pour nous, et d'ailleurs, pour tous les Ivoiriens lucides et objectifs: il y a manifestement deux poids et deux mesures. Le CNP est-il désormais aux ordres de Ouattara pour réduire au silence la presse indépendante et celle de l'opposition, instaurer l'ère de l'encensement béat du pouvoir, de la pensée unique et de l'unilatéralisme journalistique? La question reste posée. "Reconnaître Ouattara ou disparaître", telle semble être la nouvelle dévise du CNP. Visiblement, les dictateurs en Côte d'Ivoire ne sont pas forcément du côté où on veut nous obliger à les voir!

Source photos et première partie du premier paragraphe :

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samedi, 24 septembre 2011

LEGITIMITE D'ALASSANE OUATTARA - EUGENE KACOU ET LE CNP VEULENT FALSIFIER L'HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Dans sa volonté d'asseoir un régime de fer en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat peut être assuré du soutien à la limite de la folie du patron du Conseil national de la presse, engagé dans une course à l'embrigadement de l'esprit et de la liberté.


Le président du Conseil national de la presse (CNP), certainement pour nous montrer qu'il est au travail, conformément à la promesse d'Alassane Ouattara de remettre ce pays au travail, (comme si tout s'était arrêté avant sa prise de pouvoir), a distribué, hier, à la presse, ses petits biscuits préférés de rappel à l'ordre sur des manquements qu'il aurait noté sur la pratique journalistique. Pour bien faire et pour ne pas être pris à revers sur la partialité légendaire qui transparait généralement de ses courriers, Eugène Dié Kacou a élargi la missive à l'ensemble de la presse nationale. Mais en réalité celle-ci vise les journaux, tels que le quotidien Aujourd'hui, qui refusent jusque-là d'obéir au doigt et à l'œil, à Alassane Ouattara. Pour construire son argumentaire, et prenant appui, selon des indiscrétions sur notre « numéro spécial 19 septembre 2002 », le président du CNP part du constat selon lequel :

« Depuis la fin de la crise postélectorale, des journalistes s'évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l'opinion que les autorités politiques en place seraient issues d'un coup d'Etat opéré contre leurs prédécesseurs. A cet effet, les concepteurs de ces idées présentent le chef de l'Etat Ivoirien comme un « président installé par coup d'Etat » et son « régime installé par la France », tandis que l'ancien chef de l'Etat est vu comme « renversé par l'Armée française » voire « prisonnier du chef de l'Etat français ». Ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d'informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité. Le Président de la République de Côte d'Ivoire exerce son mandat actuel des suites d'élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges. »

C'est vrai qu'Eugène Kacou est bien dans son élément ; celui de brandir le grand sabre du chef pour trancher la tête à tous les récalcitrants de la cité. Pour mériter son salaire certainement. C'est de bonne guerre, mais de grâce qu'il ne falsifie pas l'histoire, surtout quand celle-ci est aussi récente que la crise postélectorale ivoirienne. Dans sa croisade, le président du CNP nous accuse de vouloir faire passer Alassane Ouattara comme un président installé par coup d'Etat et Laurent Gbagbo comme un président renversé par la France. Peut-être que nous ne maîtrisons pas assez la langue française et n'avons pas fait une école de sciences politiques pour  décrire exactement ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire entre le 9 et le 11 avril derniers, mais nous voulons simplement demander comment appelle-t-on une situation politique où un chef d'Etat accède au pouvoir après que son  prédécesseur, encore en exercice selon les lois du pays, soit arrêté suite à plusieurs jours de bombardements intensifs de sa résidence  par une force étrangère, en l'occurrence la France puis remis à son ennemi ? Nous sommes bien curieux de le savoir, car jusqu'à preuve du contraire, cela n'est rien d'autre, à nos yeux,  qu'un coup d'Etat. Autrement, l'on n'aurait pas eu besoin de larguer quelques 800 tonnes de bombes sur la résidence du président Laurent Gbagbo, pour un simple contentieux électoral. Car en démocratie,et Eugène Kacou devrait le savoir,  ce genre de conflit est réglé par le Droit et non la force. On l'a vu en 2000, aux Etats-Unis et récemment encore en Haïti, où l'on a eu recours au recomptage des voix pour départager les différents protagonistes. Chez nous, malgré les appels incessants de l'ex-chef de l'Etat à recompter les voix, rien n'y fit. Parce que justement, fort du soutien de l'armée française, Ouattara a préféré passer en force. Alors de quoi parle Eugène Kacou ? De quelles « élections démocratiques » parle le président du CNP quand il sait lui-même les conditions scandaleuses dans lesquelles le scrutin s'est déroulé en zones CNO ? Les faits sont encore vivaces dans l'esprit de tous.

Et l'histoire est têtue. Vouloir nier cette réalité, comme le fait Dié Kacou c'est se moquer par exemple, du martyr de toutes ces mères de famille qui ont été malmenées et/ou violées  lors du scrutin présidentiel, au Nord, par les  bandes armées de Guillaume Soro. A défaut d'avoir pour ces dames et toutes les autres victimes, des mots de réconfort, il faut au moins respecter leur douleur et leur dignité. En la bouclant tout simplement. Car il est des moments où le silence est vraiment d'or.  Poursuivant, et comme il fallait s'y attendre, le patron du CNP brandit des menaces : « Le CNP met en garde les auteurs de tous écrits de presse qui travestissent les faits et leur rappelle que pareilles dérives les exposent, eux et leurs organes de presse, à la rigueur de la loi. » Si Eugène Kacou pense ainsi nous amener à nous renier, il a tout faux car jamais le quotidien Aujourd'hui n'acceptera de se faire complice de la dictature qui se met en place sous nos yeux.  C'est pourquoi il continuera à dénoncer avec la dernière énergie, la forfaiture et l'imposture où qu'elles se trouvent, fussent-elles au palais présidentiel. Candidat à la suspension à vie, pour préserver notre liberté d'esprit, le quotidien Aujourd'hui attend donc les petites notes arbitraires du président du CNP.

 

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 70 du jeudi 22 septembre 2011.

RECOLONISATION DE L'AFRIQUE: MBEKI APPELLE A DES PROTESTATIONS DE MASSE SUR TOUT LE CONTINENT

 

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L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki au forum mondial de l'économie.


Thabo Mbeki, ancien président de l'Afrique du sud, appelle les Africains à une union véritable pour défendre leurs intérêts face à l'Occident. Il est formel : «L'Afrique doit se dresser contre l'Occident».

 

Dans une interview au Sunday Times, Thabo Mbeki s'indigne du comportement des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire. Et estime que le centenaire de l'ANC doit être une occasion pour relancer le combat de libération du continent.

Ex-chef de l'Etat et figure centrale de l'ANC, Thabo Mbeki est en colère.

Et il est décidé à lancer sa nouvelle croisade : celui du nécessaire combat contre un Occident de plus en plus agressif contre l'Afrique. Alors qu'il était très en retrait de l'activité de son parti politique, il revient au devant de la scène à l'occasion des célébrations du centenaire du parti. «Nous ferons de notre mieux pour que l'anniversaire soit célébré comme il se doit. Un centenaire, ça arrive une seule fois par siècle et je suis sûr que c'est une occasion de réflexion pour le peuple», a-t-il dit lors d'une interview avec le Sunday Time.

«Je sais que les camarades de l'ANC préparent activement la célébration du centenaire l'année prochaine. Cela doit être un jour important pour réfléchir sur le passé mais, plus particulièrement, pour regarder le présent et le futur. Où en est le processus qui a abouti sur l'indépendance du continent africain et sur la fin de l'apartheid? Où en sommes-nous aujourd'hui et où en serons-nous demain?».

Evoquant les bombardements aériens de l'OTAN en Libye, mais aussi l'implication française dans le conflit ivoirien, Mbeki a appelé à des protestations de masse sur tout le continent, rapporte le Sunday Times. Il a aussi appelé les gouvernements à condamner ce type d'actes. Choqué, Thabo Mbeki n'a pas manqué de s'indigner.

« En tant qu'Africains, nous avons besoin de faire notre introspection et de nous dire ce que nous devons faire pour défendre nos intérêts. La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c'est un grand désastre», a-t-il dénoncé.

«Un grand désastre»

Thabo Mbeki compte donc faire du centenaire de l'ANC un moment-clé pour nos luttes communes. Ses propos interviennent à un moment de violence extrême sur l'Afrique et de prise de conscience de certains milieux, jusque-là plutôt conservateurs et complaisants avec les Occidentaux.

Ainsi, l'on a entendu Jean Ping, le secrétaire général de l'Union africaine charger Louis Moreno Ocampo, Procureur près la Cour pénale internationale, le qualifiant de «plaisantin» après ses manœuvres politico-judiciaires contre Muammar Kadhafi. Il l'a invité à dire le droit au lieu de faire de la politique et s'est demandé pourquoi il n'y avait que des Africains qui étaient poursuivis devant la «Cour pénale internationale».

Source : AFRIKA UNITED.COM

LETTRE OUVERTE D'ABOU CISSE, ONCLE MATERNEL D'ALASSANE OUATTARA A L'IMAM ABOUBACAR FOFANA: «DITES A ALASSANE DE LIBERER GBAGBO»




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Abou Cissé, oncle maternel d'Alassane Ouattara (frère de Nabintou Cissé, mère d'ADO) revient à la charge. Cette fois, à travers un courrier, il interpelle l'imam Aboubacar Fofana et crache des vérités crues.

 

A son excellence Cheick Aboubacar Fofana.


C'est en raison du double titre que vous portez :

- Celui d'imam comme mon père dont l'imamat de l'avis de tous ceux qui l'ont connu fut un exemple à suivre.

-Celui d'être le Cheick et le chef de tous les Imams de Côte d'Ivoire, que j'ai l'honneur de m'adresser, à l'imam, au guide spirituel de la communauté musulmane. Vos sermons de tous les vendredis ne laissent indifférents aucune communauté tant musulmane que d'autres confessions. Ceci fait de vous un guide de référence en témoigne votre nomination au sein d'une des structures de réconciliation nationale. Ce qui corrobore l'homme politico-religieux que vous êtes.

Souvenez-vous au lendemain de l'indépendance de notre pays. Un certain nombre de leaders politiques, ont eu la vie sauve et la Côte d'Ivoire avec à cause de l'intervention du premier des imams de l'époque el hadj Yaya Cissé, en leur faveur. Parce que de façon injuste ou juste de la mort d'un certain Mamadou Koné (ministre) était certaine à cause d'un faux coup d'Etat. Crime ou pas, suscité par nos colonisateurs qui demandent un procès avec tous les tintamarres.

La volonté de l'époque orchestrée par les sbires s'est transformée en ce que l'on a appelé le dialogue national. Ce dialogue comme vous le savez, c'est fait autour de tous les fils de ce pays avec l'assentiment d'un Président qui est arrivé à se libérer des dictats du colon. Les imams qui l'ont suscité tenaient compte des faiblesses humaines et se sont attelés à cultiver, à faire valoir l'humanisme africain. ne faut-il pas croire que tout être si parfait qu'il soit est    la jonction de l'imparfait et du parfait. C'est pourquoi, certains jugements à la lueur de ce qui s'est passé laisseront du goût amer dans le tissu social, dans l'humanisme que nous a enseigné le    premier des Présidents.

C'est pourquoi le Cheick que vous êtes, je demande d'établir le dialogue produit de notre propre inspiration et non de confectionner des procès à l'image de la France au lieu d'être à l'image de l'Afrique. C'est pourquoi les procès, l'appel à la vengeance, l'intolérance ne donneront pas la victoire au pouvoir actuel. Et ne peut engendrer dans le futur d'autres procès, peut-être ceux des dirigeants d'aujourd'hui qui chantent leur victoire au clairon. Vous    conviendrez avec moi les conséquences néfastes pour tout le monde, homme du nord comme du Sud. J'en appelle à votre conscience que la communauté dans son ensemble et les Dioula en particulier,    que le pouvoir est temporel. Aucune ethnie ne peut se prévaloir de diriger le monde jusqu'à la fin des temps.

Si le jugement de l'histoire arrive et sans aucun doute, il arrivera, ce n'est pas parce que vous êtes Dioula avec votre communauté que les conséquences de vos agissements resteront impunies ; qu'aujourd'hui par la volonté de l'Occident, de ceux qui ont la puissance financière,    on détient de façon arbitraire des Ivoiriens qui n'ont eu pendant leur exercice du pouvoir qu'à servir l'Etat dans toute sa dimension.

Aujourd'hui, c'est le Président Laurent Gbagbo et sa suite qu'on veut faire juger. L'instigateur de cette opération ne doit pas avoir la mémoire courte. Des gens qui l'ont fait rechercher par toutes les polices du monde et que seul le Président Laurent Gbagbo a été capable de procéder à l'annulation de toutes les poursuites contre le détenteur du pouvoir actuel, à lui donner le certificat de nationalité refusé en son temps par son allié d'aujourd'hui. En    conséquence faut-il croire que ceux qui sont en prison méritent-ils de l'être ?

Quand bien même les fautes qui restent à vérifier ne ressemblent pas à des crimes nazi. Mais à des actes simples, que tout dirigeant, dans l'exercice du pouvoir temporel peut commettre. La responsabilité en politique et surtout en temps de guerre est partagée. Alassane Ouattara doit    le savoir. Ainsi que ses partisans. Depuis la mort du Président Houphouët-Boigny en passant par ses successeurs, le cas d'Alassane Ouattara reste inique. S'il peut se garder de se condamner lui-même. C'est parce qu'en faisant juger le Président Laurent Gbagbo et son équipe, il se juge lui-même. Il se condamne lui-même. Et enterre pour toujours le Président Félix Houphouët-Boigny.

En effet, toutes les erreurs d'aujourd'hui ne sont que la conséquence de l'incompréhension de la société multiforme, multiraciale que nous avons mise en place avec ses faiblesses et ses avantages. Pourquoi en Afrique du Sud, Nelson Mandela n'a-t-il pas traduit tous les blancs qui ont tué, séquestré la population noire qui ne demandait qu'à vivre en paix ? et Mandela disait lors de son investiture : «L'Afrique du Sud doit être une Nation arc-en-ciel    avec ce qu'il y a de vérité. Celle de s'accepter les uns les autres malgré nos différences».

Mon cher Imam, être à la tête d'une communauté, c'est servir la vérité rien que la vérité. Parce que tout procès sans équité aliène la société contre ses propres dirigeants. Monsieur le guide suprême, avant tout procès, il faut se référer à l'humanisme des Africains. Combien de Dioula sont-ils mariés aux non Dioula ? Combien de Dioula vivent dehors de leur région d'origine ? Faire un procès, arrêter certaines personnes pour des opinions politiques, c'est contribuer à diviser la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas d'un forum de réconciliation que l'on pourra souder les différentes communautés. C'est pourquoi, monsieur le guide, en dehors de toutes velléités politiques, un procès politique d'un fils de la Côte d'Ivoire en état actuel ne va qu'envenimer la haine dont les tenants du pouvoir actuel faisaient leur cheval de bataille.

Comment ne pas s'inquiéter, se révolter devant les nominations qui s'adressent aux ressortissants du nord ? Comme si la Côte d'Ivoire n'avait pas aussi d'autres valeurs aussi responsables, bien formés par les différentes universités du monde. Ce genre d'appréciation de l'Etat par le jugement du Président Laurent Gbagbo est le prélude d'un jugement d'Alassane Ouattara lui-même dans la Côte d'Ivoire de demain. Ce jugement aura pour conséquence une guerre tribale. Parce que les victorieux d'aujourd'hui seront les vaincus de demain avec pour corollaires des guerres fratricides.

Comment ne pas s'inquiéter de la destruction massive des biens des gens qui avaient pour seuls biens sur terre, des magasins, des kiosques à café... dont le coût de construction s'élève à des centaines de millions. Tous ces biens détruits au nom de l'insalubrité. Quelle insalubrité?

Mon guide, celui qu'on veut juger mort ou vivant, rentre dans l'histoire par notre incompétence à apprécier l'histoire. Il sera comme Lumumba, N'krumah, Sankara, Mandela... Ceux qui sont morts, à la vérité, ils sont morts parce qu'ils avaient la vérité avec eux. Alors Cheick Aboubacar Fofana, dites à Alassane Ouattara d'arrêter toute procédure judicaire en libérant tous les prisonniers politiques et de favoriser le retour de tous ceux qui sont hors du pays. Afin de consolider l'unité nationale. La Côte d'Ivoire n'a pas besoin de forum de réconciliation. Elle a besoin d'un dialogue national initié par les Ivoiriens eux-mêmes et non par les Français.

Ce que le Président Laurent Gbagbo a apporté à l'islam

Il ne faut pas oublier ce que le Président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane. L'apport du Président Laurent Gbagbo à la promotion de l'islam est énorme. Depuis son arrivée au pouvoir, l'islam a plus bénéficié que les autres religions. La subvention et la construction de    mosquée, il le fait. Chaque année, des centaines de billets sont mis à la disposition de la communauté musulmane pour l'accomplissement du hadj. Avec lui le nombre a triplé. La prise en charge des pèlerins de 2006 en 2007 appelé pèlerinage 2006 bis. Le pèlerinage était devenu un véritable et un grand fond de commerce par certaines associations islamiques et par certains leaders. Le point culminant, 2000 pèlerins sont restés en Côte d'Ivoire.

Le président Laurent Gbagbo les a pris en charge en 2007 en leur offrant le meilleur pèlerinage de tous les temps jusqu'alors. La baisse relative du coût du pèlerinage en Côte d'Ivoire (1.5 millions de Fcfa) par rapport aux autres pays de la sous-région. Puisque dans ces pays, le coût se situe entre 2 millions et 3 millions de Fcfa. La gestion de plusieurs institutions d'État par des musulmans. Sans oublier la distribution de vivres et de denrées alimentaires à des guides religieux musulmans pendant le mois de ramadan. Ainsi que des moutons pour la fête de la Tabaski. Octroi de deux ambulances, deux minicars pour les pèlerins de 2005. L'appartenance de la Côte d'Ivoire aux organisations et aux institutions internationales islamiques, Oci (Organisation de la Conférence islamique), Cen-Sad (Communauté des États Sahélo-Sahariens), L'Isesco (Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture), Bid (Banque Islamique de Développement). Notons que cette banque a financé le prolongement de l'autoroute du nord jusqu'à Yamoussoukro, création d'un ministère du culte dont l'un des objectifs était de faciliter le pèlerinage. Il fait des contributions à un certain niveau.

Sur le plan institutionnel, nous avons la présentation institutionnelle des voeux des débuts d'années. Sous les régimes du Président Houphouët et du Président Bédié, seul le nonce apostolique confession chrétienne catholique qui adressait ses voeux aux chefs de l'Etat. Avec le Président Laurent Gbagbo, plusieurs confessions religieuses y compris les musulmans présentent leurs voeux, au chef de l'Etat. Exauçant ainsi le souhaite de la communauté musulmane. Le conflit qui vous a opposé longtemps avec Idriss Koné président du Cni avait impacté négativement la communauté musulmane. Tous les efforts endogènes (au sein de la communauté musulmane tant sur le plan national que international n'ont eu aucun effet dans cette crise, qu'il a apaisé. C'est bel et bien le président Laurent Gbagbo en 2009 au palais de la présidence.

Il faut dire que lorsque le Président Laurent Gbagbo était à l'opposition a trouvé anormal que les musulmans ivoiriens partent chercher leur visa dans les pays limitrophes. Afin de partir au pèlerinage. C'est ainsi qu'une Ambassade de la Côte d'Ivoire à Ryad a été ouverte. Lorsqu'il prend le pouvoir, il fait ouvrir une Ambassade de l'Arabie Saoudite en Côte d'Ivoire. D'autres représentations sont ouvertes. Représentations diplomatiques avec les pays islamiques Ambassade de Côte d'Ivoire en Iran, Ambassade d'Iran en Côte d'Ivoire, Consulat de Côte d'Ivoire à Djeddah (Arabie Saoudite) pour faciliter le pèlerinage à la Mecque sans oublier le renforcement  de la coopération avec la Jamahiriya islamique de Libye, renforcement de la coopération avec les Émirats Arabes Unis, avènement de l'Émir du Qatar en 2001 pour le développement d'écoles confessionnelles et d'université islamiques en Côte d'Ivoire, l'introduction du patrimoine islamique au Musée national des Civilisations de Côte d'Ivoire. Il y a une chose qu'il faut saluer chez le Président Laurent Gbagbo, c'est la suppression de la carte de séjour.

Le contrôle de la carte de séjour se faisait aux abords et dans les mosquées. La création de ladite carte a été la porte ouverte à toutes les dysfonctions sociales. Sans oublier les abus sur la communauté musulmane nationale et étrangère. C'est une réalité sociologique, nous ne sommes contre personne. Contrairement à Bédié, l'Assemblée nationale un Malinké (Koulibaly), la primature un Akan (Affi), le Ces (Fologo), un Sénoufo nordiste, la chancellerie, un Malinké (Youssouf Koné)... Il a donné des pouvoirs politiques aux musulmans. Mieux son dauphin constitutionnel est un musulman. Il s'agit de Mamadou Koulibaly. Jamais, un nordiste ou un musulman n'était    héritier constitutionnel en Côte d'Ivoire depuis le temps d'Houphouët. On s'est arrangé pour ne pas que soit possible. Il a tout donné aux musulmans.

Le droit à l'information religieuse est de mise avec lui. Certains responsables religieux, souvent à travers notre radio, adressent des propos à caractère insurrectionnel contre son régime. Le Président Gbagbo ne demande pas la restriction des programmes ni la fermeture de la radio. en 2005, il y a eu son appui technique et logistique aux pèlerins. Il leur a offert deux mini cars. Même les pays qui sont en majorité musulman ne l'ont jamais fait à leurs pèlerins. Il faut dire sous le Président Gbagbo, le nombre d'association islamique a drastiquement augmenté. C'est du jamais vu dans ce pays. Sous Gbagbo, on a l'aumônerie militaire. Alors que le décret sur l'aumônerie militaire existe depuis 1969. Il n'a jamais été mis en application.

Aujourd'hui avec Gbagbo, les Forces de Défense et de Sécurité vivent pleinement leur foi. A partir de tout cela, nous disons que le Président Laurent Gbagbo est le parrain, le protecteur, le prometteur de l'Islam en Côte d'Ivoire. Nous avons un devoir éthique, moral pour restaurer la vérité. Aucun régime n'a fait ce qu'il a fait pour la communauté musulmane. Son apport au développement de l'Islam est un apport exponentiel. C'est du jamais vu. Laurent Gbagbo a apporté une contribution inestimable pour l'Islam. On ne peut même pas l'identifier.

En plus, L'Islam c'est la justice, les gens ont beaucoup menti pour leur intérêt égoïste. Il faut donc restaurer la vérité et la justice. L'Islam c'est la reconnaissance, un hadit dit que celui qui n'est pas reconnaissant à son prochain ne peut être reconnaissant à Dieu. Tous les musulmans et même tous les croyants et les aspirants à Dieu doivent reconnaissance au Président Laurent Gbagbo. Car il a renforcé la liberté de culte de quelque religion qu'on se trouve. Une telle personnalité doit avoir le soutien de notre communauté dans ces moments difficiles qu'il traverse.

Ne ce reste que pour ces faits énumérés, je vous demande cher Cheick, de demander à Alassane Ouattara de le libérer. Ainsi que son épouse et les autres cadres de Lmp. Excellence, comprenez ma très haute considération.


Abou cissé,

Combattant de la liberté,

Membre fondateur du Rdr.

 

Source : INFO D'ABIDJAN

samedi, 17 septembre 2011

SARKADO: LE POIDS DE LA VERTU


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Il était une fois un putschiste félon qui, en l'espace de deux mois à l'hôtel du Golf, parvint à "claquer" 452 milliards de Fcfa (689 millions d'euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu'il animait de 40 % des ressources de l'État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l'augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d'annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d'un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo...

Les investisseurs (hormis quelques charognards de l'immobilier, qui s'enrichissent déjà sur le dos des innombrables "déguerpis" de la vaste opération "villes mortes") persistent à fuir comme la peste un pays toujours rongé par l'anarchie et la délinquance d'État (quel autre nom donner en effet aux exactions quotidiennes des frci?), gangrené par le racket et les détournements de fonds tous azimuts.

Par contre, continuer à faire le malheur des petits, en les enfonçant toujours plus profondément dans la boue d'une précarité pourvoyeuse à terme de juteux dividendes FMIesques, çà, le SarkAdo y excellera toujours...

Si nous avions une suggestion à faire au sous-préfet momentanément en poste à la tête de l'arrondissement ivoirien de l'empire sarkafricain, ce serait de garder secrètes les minutes des sous-conseils qu'il préside, pour épargner aux Ivoiriens encore aptes à la gaieté - en dépit du malheur dont il restera longtemps le symbole - le risque de s'étouffer de rire à la lecture des vœux pieux surréalistes dont elles sont truffées.

Le dernier compte-rendu en date (celui du 7 septembre dernier) nous offre la burlesque mise en scène d'un Drame Man, tour à tour et en vrac:

-soudainement épris de respect de l'environnement lui, le champion toute catégorie du saccage à grande échelle;

-soucieux de sécurité pour tous, après avoir instauré le règne de la terreur dozo et licornue;

- soucieux également de santé publique, après avoir mis à mal le système de santé ivoirien, en commençant par condamner à mort des dizaines de dialysés victimes de l'ignoble boycott imposé par son parrain Sarko, avant d'encourager ce dernier à bombarder les hôpitaux;

- soucieux aussi de présider à l'avènement d'une "école ivoirienne d'excellence" (si vous avez trop mal aux côtes, arrêtez de lire!), après avoir durablement désorganisé le système éducatif en sabotant l'année scolaire en cours au moment de son putsch, et en détruisant écoles et universités;

- soucieux toujours de création d'emplois, après avoir ruiné des millions d'Ivoiriens et jeté sur les routes de l'exil près de trois millions d'entre eux (et il ose promettre et s'engager, le bougre !);

- tout fier d'avoir ramené l'effondrement du taux de croissance provoqué par ses menées criminelles (il était de +4 % en 2010 avec SEM Laurent Gbagbo) de -6 à -5,3 %, évoquant même une projection de croissance de +8 % pour 2012 ! (au rythme actuel, et dans le meilleur des cas, on arriverait péniblement à 2,8 % fin 2012, et il faudrait au moins cinq ans pour atteindre ces mirifiques 8%.)

- enfin pour couronner l'ensemble, auto-promu, lui, le fraudeur invétéré, qui n'a cessé de mentir éhontément sur tout (ses origines, sa fortune, ses compétences, sa victoire aux élections...), en "terminator" de ... la fraude.

Comme quoi, et plus que jamais, Ado solution, c'est PrestigitAdo rêve éveillé sur scène, cauchemar Adormir debout en coulisses...

Quant à la docte (?) assemblée de sinistres fantoches opportunistes suffisamment lâches ou pervertis pour cautionner une telle mascarade, en consentant à avaler autant de couleuvres, à céder au chant d'aussi piètres sirènes, à prendre d'aussi piteuses vessies pour autant de phares d'Alexandrie : ça a la couleur d'un gouvernement, le goût d'un gouvernement, mais ça n'est pas le gouvernement de Côte d'Ivoire, lequel est très provisoirement en prison ou en exil.

 

Eliahou Abel

 

SourceRESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

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11 Avril 2011 - 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

 

Fait le 12 Septembre 2011.


Pour l'AIRD, le  Ministre Eric KAHE, Président

vendredi, 16 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: UNE BIEN CURIEUSE DEMOCRATIE


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Dans quelques mois, les Ivoiriens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire députés, maires et présidents de conseils généraux. Dans une atmosphère de totale suspicion qui en dit long sur les vertus et les valeurs démocratiques du nouveau pouvoir ivoirien.

D'abord, la crédibilité du président de la Commission Electorale Indépendante, Youssouf Bakayoko. Largement entachée, quand on sait les circonstances dans lesquelles cet homme, encadré des ambassadeurs Philip Carter 3 des Etats-Unis et Jean-Marc Simon de France, sur ordre du conspirateur patenté de l'ONU en Côte d'Ivoire, Young Jin Choï, a proclamé le résultat du second tour de l'élection présidentielle de Novembre 2010, il est totalement disqualifié à occuper ce poste : proclamation des résultats hors délai (donc forclusion), hors cadre (au quartier général d'un des candidats, Alassane Ouattara en l'occurrence, à l'Hôtel du Golf), en l'absence des commissaires et des vice-présidents de la CEI, sur des médias étrangers, tout seul, avec des résultats non consolidés et un taux de participation contraire de 11 points à celui annoncé quelques jours plus tôt par ses propres soins, à travers la très officielle voix de son vice-président, sur le plateau du Journal de 20h de la RTI (de 70% à 81%. Abracadabrant !).

Ne serait-ce que pour la suspicion légitime de partialité qui pèse sur sa personne et par la gravité extrême des actes qu'il a posés en Décembre 2010, au mépris de la Constitution et du Code électoral ivoiriens, il devrait tirer sa révérence, s'il était un homme d'honneur. Que nenni ! Il demeure bel et bien à son poste. Il a même été décoré, par Alassane Ouattara, pour service rendu. Que peut-on donc espérer d'un tel administrateur électoral ?

Ensuite, le bureau même de la CEI postélectorale : quasi à une seule et unique teinte ! Tous les pro-Gbagbo et représentants du pouvoir ivoirien de 2010, déjà largement minoritaires du fait des accords de Tschwane (Prétoria) et de Ouagadougou, vont être éjectés ou remplacés au sein de la structure par des proches de Ouattara. Entre temps, tous les représentants de l'opposition d'alors, composée du PDCI-RDA, du RDR, du MPCI, du MJP, du MPIGO (les trois milices armées regroupées sous l'appellation « Forces Nouvelles » par la Chiraquie), du PIT, du MFA et de l'UDPCI ont conservé leurs postes. Quand on a clamé sur tout le pourtour de la terre qu'on est « démocrate », reconsidérer ces dispositions, dans un souci évident de justice et d'équité, est d'une trivialité désarmante ! Mais monsieur le nouveau chef de l'Etat n'en a cure et se sert de l'accord de Prétoria comme échappatoire pour justifier l'injustifiable. Gbagbo l'aurait fait que la planète entière s'en serait émue, tant les médias pro-Sarkozy, soutiens indéfectibles de Ouattara, l'aurait ameutée. Et même que le ciel serait tombé sur la tête des Ivoiriens.

Quand on a traité les autres de « dictateurs », il faut soi-même montrer patte blanche, si on veut rester crédible et ne pas passer pour des êtres vils. Le pouvoir Ouattara n'a pas même l'élégance de cacher un tantinet son jeu en associant ses adversaires politiques à la discussion, à la concertation - fût-elle de façade - et en relevant un tant soit peu la représentativité de l'opposition actuelle qu'assurent La Majorité Présidentielle (LMP) et LIDER, le parti du président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Gbagbo a concédé beaucoup ! Il a même fait rentrer d'exil, formalisé le statut d'anciens Président et Premier ministre, payé, logé et blanchi ses adversaires d'alors, aujourd'hui au pouvoir et se délectant sans retenue de l'ivresse du trône et de la puissance qu'il confère. Il leur a donné, au nom de la paix et des accords y afférents, la majorité dans une commission électorale qu'il a véritablement rendue indépendante. A son tour, on ne lui a rien concédé. Pas même le droit d'être assigné à résidence chez lui avec son épouse, son fils, Michel Gbagbo et d'avoir droit aux visites de ses proches.

C'est avec raison que le FPI, le parti du président Laurent Gbagbo, menace de se retirer des futurs scrutins. Il n'a que trop raison. Les dés sont déjà pipés. Une CEI à une seule coloration, présageant clairement le retour au parti unique, qui ne semble pas émouvoir les donneurs de leçons internationaux et tous les loups qui hurlaient en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, « le dictateur ». La « technologie électorale » RHDP est en marche. Les résultats sont connus d'avance. Comme l'a si bien dit un homme politique ivoirien : « Autant nommer les députés », pour faire économiser de l'argent à l'Etat de Côte d'Ivoire !

Ouattara est en pleine manœuvre - oh, extase de la victoire ! - pour se tailler une majorité confortable à l'hémicycle, de sorte à faire passer les lois les plus impopulaires, sur simple ordre à des parlementaires (d'opérette ?), qui obéiraient au doigt et à l'œil, pour asseoir durablement, et certainement définitivement, un parti unique à l'ancienne et un régime dictatorial « stické » démocratique. Une menace à peine voilée, voire un péril national, de formatage et de reconfiguration de la Côte d'Ivoire que les Ivoiriens doivent prendre avec le plus grand sérieux. Quand on connait la capacité de nuisance et les connexions extérieures peu recommandables de ceux qui sont, aujourd'hui, parvenus au pouvoir en Côte d'Ivoire, après moults contorsions politiques, coups tordus, coups d'Etat, rébellions, crimes de sang, crimes économiques et fraudes électorales. Ils ne s'embarrasseront d'aucun scrupule. Absolument aucun.

Enfin, les adversaires et opposants significatifs au pouvoir RHDP, ainsi que bon nombre des potentiels candidats aux législatives proches de Laurent Gbagbo, sont quasiment tous en exil ou en prison. Quant aux conditions de sécurité, de transparence, de crédibilité et d'ouverture du scrutin à tous, le rêve n'est pas permis. La réalité est crue, impitoyable, sans concession : il n'y a plus de démocratie en Côte d'Ivoire. Tout juste une mascarade, un affreux simulacre devant servir de faire-valoir aux yeux de la « communauté internationale », des bailleurs de fonds et des investisseurs (qui ne sont d'ailleurs pas dupes). Pourquoi, en bons « démocrates », ne pas désarmer les « Dozo », mercenaires et autres miliciens venus combattre à Abidjan et dans toutes les villes du pays, les renvoyer à leurs plantations, forêts et savanes et permettre aux exilés de rentrer sans être inquiétés, ainsi qu'aux prisonniers de prétendre à une candidature aux futures échéances électorales ?

Nous avons pour notre part, une intime conviction : si le jeu politique était véritablement démocratique et que les armes ne circulaient plus de façon aussi intimidante et visible dans nos rues et villages malgré les promesses (jamais tenues) du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau, après ce que nous avons vu des quelques mois de règne de Ouattara et de son bras séculier, les FRCI transmués - ou plus exactement bombardés - FANCI, le plébiscite du camp Gbagbo aurait été total ! Tant les exactions, la terreur, le mépris et les injustices du pouvoir RHDP en ont fait voir des vertes et des pas mûres aux Ivoiriens, tous bords confondus, depuis six longs et pénibles mois. Les commerçantes d'Adjamé ne se sont-elles pas faites copieusement injurier par le Commandant Koné Zacharia pour avoir clamé : « Gbagbo kafissa (Gbagbo était mieux, en langue malinké) ? ».

Si Ouattara veut jauger sa vraie popularité, qu'il libéralise et sécurise le jeu démocratique des prochaines échéances. Même sans Gbagbo et les autres. Il pourrait alors apprécier son véritable poids politique et ne plus avoir à se dissimuler derrière le cache-sexe des résultats proclamés par la « Communauté internationale » qui ne sont revêtus d'aucune légitimité, d'aucune constitutionnalité. Malheureusement, une élection législative démocratique en Côte d'Ivoire constitue pour lui, tout comme pour le RHDP et l'ex-rébellion, un véritable épouvantail. Hors de question donc d'en réunir les conditions. Un autre aveu de la victoire, de la popularité et de la majorité de Laurent Gbagbo au sein du peuple ivoirien.

Vivement, que tous les démocrates de Côte d'Ivoire, d'Afrique et du monde, embouchent le cor de la dénonciation véhémente pour décrier sans détours et de la façon la plus audible la conspiration et le hold-up électoral en cours, une fois de plus, dans notre pays. Il en est encore temps ! Mais ce temps nous est désormais compté.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 317 du jeudi 15 septembre 2011.

mercredi, 14 septembre 2011

LE PRESIDENT GBAGBO PORTE PLAINTE CONTRE SARKOZY ET SON ARMEE



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Excellence Monsieur le Président (Nicolas Sarkozy),

Le 31 août 2011, lors de la conférence annuelle des Ambassadeurs à Paris composée de diplomates du monde accrédités près de la France, vous avez mis un point d'honneur à vous étendre sur votre vision nouvelle de la politique étrangère de la France. Certainement pris de remords, de tourments et d'une gêne bien visible, vous vous êtes cru obligé, sur un ton répétitif, de justifier l'intervention illégale de votre «puissante armée» en Côte d'Ivoire et en Libye pour des raisons que vous énoncez vous-mêmes difficilement, tant elles paraissent absurdes. Vous justifiez en effet l'intervention armée de votre pays en Afrique, notamment en Côte d'Ivoire et en Libye, par un nouveau concept ; celui «de la responsabilité de protéger».

Monsieur le Président de la République, ce qui paraît une trouvaille pour vous, n'est qu'une variante des idéologies impérialistes déjà développées par vos illustres prédécesseurs. 

Les Africains sont peut-être, de grands enfants pour vous, mais ils ont au moins de la mémoire. Ils se rappellent donc que chaque action prédatrice de votre cher peuple occidental en Afrique a toujours été justifiée par votre soi-disant humanisme. C'est bien au nom de cet humanisme que vous avez justifié la colonisation en Afrique après l'avoir soumise au joug de l'esclavage. Le Président Laurent Gbagbo suffisamment instruit de l'histoire du peuple africain, fait partie hélas de ceux qui trouvent votre amour pour les peuples africains trop suspect pour être sincère. Ils vous soupçonnent de vouloir corrompre le droit international humanitaire en Afrique pour des raisons qui relèvent de votre intérêt personnel qui du reste, se détachent des grandes valeurs que la France a légué à l'humanité. Votre regard condescendant sur l'Afrique traduit tout au moins le mépris que vous avez pour ce continent qui ne serait pas, suivant votre échelle à vous, entré dans l'Histoire. Ce regard condescendant manque donc d'honnêteté. C'est pourquoi vous avez du mal à comprendre et admettre qu'un pays souverain ne puisse avoir, du seul fait qu'il soit africain, les moyens de réguler ses contradictions internes.

Monsieur le Président de la République, souffrez que je vous rappelle que la Côte d'Ivoire reste un Etat souverain au même titre que la France. A ce titre, la Côte d'Ivoire possède une Constitution comme la France. Elle s'est dotée d'organes de gestion de l'Etat pour réguler les rapports sociaux à l'image de ce qui se passe en France. Le Président Laurent Gbagbo a été déclaré vainqueur d'une élection qui s'est déroulée sur le sol ivoirien conformément aux règles et procédures que le peuple ivoirien s'est souverainement données. Il tient à rappeler solennellement qu'il demeure le Président légitime et légal de la Côte d'Ivoire parce qu'il a gagné l'élection présidentielle. Son arrestation arbitraire et sa détention tout aussi illégale n'entament en rien cette réalité.

Monsieur le Président de la République, au cas où vous ne le sauriez pas, votre homologue, le Président Laurent Gbagbo, a porté une plainte auprès du tribunal aux armées de Paris contre l'Armée française pour assassinat et tentative d'assassinat. La plainte régulièrement formulée a été introduite par les soins de ses avocats le 5 juillet 2011. D'autres actions sont en cours auprès des tribunaux français et internationaux. Elles vous visent directement pour votre action illégale en Côte d'Ivoire. Il est bon de rappeler qu'aucune disposition légale ni du droit interne française ni du droit international ne vous a donné mandat pour agir en Côte d'Ivoire comme vous l'avez fait. La résolution 1975 de l'Onu ne vous a jamais donné mandat pour arrêter le Président Gbagbo et le remettre à l'ennemi.

Le Président Laurent Gbagbo tient à rassurer l'Armée française que, c'est dans la douleur qu'il a été contraint d'engager des poursuites contre elle. Il est tout simplement à la recherche de la vérité. Il tient à ce que le monde entier sache que c'est bien lui qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire. Il n'a aucune animosité personnelle contre l'Armée française, lui, fils du sergent chef Koudou Paul dans l'Armée française, qui a combattu sans regret pour restaurer la grandeur perdue de la France dans les Ardennes. Un lien fort l'unit à cette grande Armée. Ceux qui - ni eux, ni leurs ascendants - n'ont jamais pu connaître l'Armée française de façon aussi intime, ne peuvent comprendre ces liens. Il est malheureux de constater que l'Armée française, dont les souvenirs ont souvent occupé les conversations de son père, soit obligée de combattre aux côtés de mouvements rebelles pour défendre des causes qui sont aux antipodes de la grande espérance que la révolution française et la déclaration de 1789 qui en a suivi, ont apporté à l'humanité tout entière.

Les mobiles de l'intervention de l'Etat français en Côte d'Ivoire restent totalement étrangers aux intérêts du peuple français. Il s'agit de la manifestation des appétits exagérés de réseaux pervers qui tentent de soumettre le monde et particulièrement l'Afrique à leurs intérêts égoïstes. Le Président Gbagbo en est conscient. C'est pourquoi il refuse l'amalgame que l'on tente de faire à dessein en le présentant comme étant l'ennemi des Français. Le Président Gbagbo réaffirme son attachement au peuple français à qui des raisons affectives le lient solidement. Il y a fait une partie de ses études et a bénéficié, de ce fait, de l'hospitalité de nombreux Français. Cela constitue une attache solide qui ne peut se défaire aussi facilement à coups de campagne de dénigrement par ceux qui méconnaissant l'Histoire du grand peuple qu'ils sont censés diriger.

Cependant, le Président Gbagbo reste inflexible sur sa détermination à défendre et à préserver la souveraineté du peuple africain. Cette détermination est l'axe majeur de son combat politique vieux de plus d'un demi-siècle. Ce ne sont donc pas les bombes, encore moins les campagnes de dénigrement, qui sauraient le détourner de son combat.

C'est au nom de ce principe essentiel de sa vie qu'il a refusé que son armée aille défiler sur les Champs Elysées, le 14 juillet 2010, alors que le gouvernement ivoirien attendait du gouvernement français un début de réparation des tueries perpétrées sur les civils, en 2004, par l'armée française et qui ont fait plus de 60 morts. C'est pour cette même raison qu'il a refusé de se rendre aux assises Franco-Afrique de Nice 2010.

Monsieur le Président de la République, vous aurez du mal à convaincre le monde que vous n'avez pas trouvé intolérable cet affront venant, de surcroît, d'un Président africain. Le monde aura compris alors votre haine vis-à-vis du Président Laurent Gbagbo.

Aucune peine n'est trop grande pour qui se bat pour la grandeur de son peuple. Monsieur le Président de la République, le pays que vous dirigez en donne plusieurs exemples. Le plus récent reste le cas du Général de Gaulle. Peut-être que si vous appreniez à mieux connaître son amour pour le peuple français, vous comprendriez certainement mieux, avec un peu de bonne foi, l'amour du Président Gbagbo pour le sien.

Le Président Laurent Gbagbo vous informe par ailleurs qu'il a instruit ses avocats à l'effet de demander une enquête internationale sur les tueries d'Abobo dont vous l'accablez. Il reste convaincu que cette enquête vous révèlera des surprises désagréables. Il espère que l'Onu sera assez courageuse pour accepter d'ouvrir cette enquête. Le monde entier a besoin de connaître la vérité sur tout ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. Tout comme le monde aussi a besoin de savoir pourquoi l'on a préféré une guerre qui a semé tant de désolation, à une simple opération de recomptage de voix, déjà expérimentée quelques mois auparavant en République d'Haïti. Cette vérité est essentielle et ne saurait être occultée du simple fait de l'arrestation et de la détention arbitraire du Président Gbagbo et de ses principaux collaborateurs. Pour vous en convaincre, je vous prie de faire analyser le document joint en annexe, dressé par un homme qui s'est attelé à faire le travail de recomptage des voix proposé par le Président Gbagbo, et que vous avez rejeté du revers de la main au profit d'une opération militaire. Au terme de ce travail scientifique, c'est bien le Président Laurent Gbagbo qui a remporté l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. L'auteur de ce travail de recherche a mis deux mois pour le faire seul. C'est dire qu'une commission aurait mis moins de deux semaines. Vous auriez pu faire l'économie de cette guerre, à tout point de vue inutile, et affecter ainsi l'argent des contribuables français à d'autres fins que celle «de protéger» des Africains en larguant - suprême paradoxe - sur leurs têtes, des bombes.

Dans l'attente que cette vérité soit enfin sue, je vous prie d'agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.


Le ministre Koné Katinan


Représentant et porte-parole du Président Laurent Gbagbo


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE